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Arrêté - Préfecture - Haute-Savoie - Circulaire préfectorale du 21 septembre 2023 cérémonie en hommage aux harkis et message ministériel
Document publié le Jeudi 21 septembre 2023
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Haute-Savoie - Circulaire préfectorale du 21 septembre 2023 cérémonie en hommage aux harkis et message ministériel)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Armement, Guerre en Ukraine,
PRÉFET Direction du cabinet DE LA HAUTE-SAVOIE
Liberté
Égalité
Fraternité
Direction du cabinet Annecy, le 2 1 SEP. 2073
Bureau de la Représentation
et de la Communication de l'Etat
Le préfet de la Haute-Savoie
à
Mesdames et Messieurs les maires du département
- copie à Monsieur le Président du Conseil départemental
- copie à Mesdames et Messieurs les Sous-préfets
Objet : Journée nationale d'hommage aux Harkis et aux autres membres des formations supplétives le
lundi 25 septembre 2023.
P] : Message de M. le ministre des Armées.
Par décret du 31 mars 2003, le président de la République a instauré une «journée nationale d'hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives» afin de permettre à la nation toute entière de leur exprimer sa reconnaissance pour leur courage et leur dévouement à la patrie. Cette journée nationale est fixée le 25 septembre 2023.
La cérémonie organisée à cette occasion au niveau départemental se déroulera le lundi 25 septembre à 11h00, au mémorial des victimes d'Afrique du Nord à Bonneville.
Vous avez toute latitude pour organiser, dans votre commune la manifestation que vous jugerez utile, à condition que celle-ci soit, dans sa forme, adaptée au contexte local. Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint le message de M. le ministre des Armées à lire à cette occasion.
Je vous rappelle enfin, comme pour toute journée nationale, que les édifices publics devront être pavoisés aux couleurs françaises ce lundi 25 septembre 2023 et qu'il convient de veiller à ce que l'état des drapeaux utilisés soit toujours conforme au respect dû à l'emblème de la nation.
Pour le Préfet, , -
le Secrétaire génér#
Rue du 30" régiment d'infanterie
BP 2332 - 74034 Annecy cedex Préfecture Lbolinée Quie-Prf u
Tel : 04 50 33 60 00 depuis le 18 décembre 2019. © Modules 1 et 7 : Relation générale avec Mél : pref-cabinet@haute-savoie.gouv.fr ls cmenrs à Conmriciion http://{www.haute-savoie.gouv:fr/ 1/1 d'urgence en cas d'événement majeurMessage de Patricia Mirallès
Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Armées, chargée des
Anciens combattants et de la mémoire
Journée nationale d'hommage aux Harkis et autres membres des
formations supplétives
25 septembre 2023
Longtemps dans notre histoire nationale, la voix des Harkis et des
autres supplétifs de l'armée française de la guerre d'Algérie a
résonné dans le silence. En ce 25 septembre, nous sommes à
nouveau réunis pour revenir sur ces années d’ignorance et, à défaut
de pouvoir les effacer, contribuer à les dissiper.
L'histoire des Harkis a nourri une mémoire douloureuse et
lancinante car elle est tissée d'abandon, de relégation et d'oubli.
C'est une histoire qui se découvre encore, qui heurte, qui choque,
qui laisse interdit, quand on constate à quel point la France a pu
manquer à sa parole et la République à ses promesses.
L'histoire des Harkis, c'est d’abord l’histoire d’un engagement, celle
de soldats au service d’un pays dont ils attendaient tant. Ils se sont
engagés dans les montagnes de Palestro, dans le Constantinois,
dans les Hauts Plateaux et ailleurs en Algérie.
Avant eux, leurs pères avaient combattu l'envahisseur nazi en Italie
ou dans le sud de la France. Leurs grands-pères s'étaient déjà
illustrés sur les champs de bataille de la première guerre mondiale.C'est ensuite l’histoire d’un abandon répété deux fois, sur chacune
des deux rives de la Méditerranée. Le premier a lieu en Algérie car,
quand la guerre prend fin pour les soldats français venus de
métropole, les représailles s'abattent sur les Harkis et leurs familles
qui. découvrent avec horreur l'irréversibilité des choix. Des milliers
d'entre eux se voient refuser l'embarquement pour la France et sont
abandonnés à un avenir sanglant.
Ceux qui parviennent à rejoindre le pays pour lequel ils ont
combattu font l'expérience d'un second abandon. Avec leurs
familles, ils ne sont pas accueillis, et pour beaucoup sont parqués
dans des camps, des hameaux de forestage, dans des conditions où
la précarité le disputait à l'indignité.
Pourtant, dans ce voyage par-delà l'indifférence, dans cette
tragédie d'un exil redoublé, certains Harkis ont pu bénéficier de
l’aide de celles et de ceux qui n'avaient pas perdu de vue ce qu'est
la France quand elle est fidèle à elle-même.
C'est un jeune lieutenant devenu général qui, dans les soubresauts
de la déchirure, place sa parole d'officier donnée à ses soldats au-
dessus des ordres reçus.
C'est cette institutrice de Rivesaltes ou cet instituteur de l'Orne qui,
quelques années après être sortis de l’école normale, ont refusé de
considérer différemment ces élèves, accomplissant ainsi la
promesse de l'école républicaine.
L'histoire tourmentée des Harkis, c'est aussi l’histoire de la France,
et personne ne saurait nier que leur mémoire fait et doit faire
pleinement partie de celle de notre Nation. Ce fut une trop grande
injustice qu'on leur refuse le droit à l'histoire.Ils ne méritaient pas d'être absents de notre histoire nationale, et
nous reconnaissons aujourd’hui la place qu'ils y occupent.
Cette indifférence dont ils ont souffert pendant des décennies, le
Président Jacques Chirac a enclenché le mouvement de son
renversement. Le Président Macron lui a donné une dimension
nouvelle, demandant pardon au nom de la République. Aujourd'hui,
nous le poursuivons, dans la conscience de sa nécessité et avec
l'exigence de la vérité.
Mais tous les hommages réunis, quand bien même ils durent depuis
20 ans, ne suffiront jamais à panser la plaie encore vive de la
tragédie vécue par les Harkis, par tous les autres supplétifs, par leurs
épouses et leurs veuves, par leurs filles et leurs fils.
Les Harkis ont besoin que l'Etat se souvienne de la détresse et des
immenses difficultés qu'ils ont connues. Et il est juste que la France
s'acquitte de la double dette qu'elle a contractée à leur égard : une
dette de reconnaissance et une dette de réparation.
Il y a deux ans, le Président de la République a entendu leurs
attentes et fait ce que la République n'avait pas encore fait. La
demande de pardon qui a été prononcée à cette occasion était en
même temps une reconnaissance des fautes de notre pays vis-à-vis
des Harkis.
Dans le prolongement de ces mots que toutes les générations de
Harkis ont attendu depuis 60 ans, la loi du 23 février 2022 a été
adoptée par l'Assemblée Nationale et le Sénat.
Aujourd'hui, si nous voulons éviter de nous égarer sur les chemins
obscurs qui conduisent là où l'avenir ne construit plus rien, il est
indispensable de consolider les liens profonds, parfois abimés, qui
unissent la France et chacun de ses enfants.Nous devons continuer de prouver, toujours et partout, que la
communauté de destin qui existe entre les Harkis, leurs
descendants et la France, si elle a été trop longtemps oubliée par la
République, est désormais reconnue et solidement établie.
Le Gouvernement continue d'œuvrer pour que, demain, entre
l'histoire de France et la mémoire des combattants Harkis, il ne
demeure plus de distance triste.
Vive la République.
Vive la France.