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Procès Verbal - PV 20090015 C
Document publié le Lundi 23 novembre 2009 par la commune de Bordeaux.
Lien du pdf (Procès Verbal - PV 20090015 C)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Mode, textile et habillement,
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Communication de Monsieur le MaireSéance du lundi 23 novembre 2009
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Evento
M. LE MAIRE. -
Comme cela avait été souhaité par plusieurs d’entre-vous je vous présente donc des éléments de bilan de notre premier festival d’art contemporain dans la rue dénommé Evento.
Pour cela nous vous avons distribué un bilan établi par la Direction Générale des Affaires Culturelles, le bilan artistique élaboré par M. Didier Faustino lui-même, une analyse des retombées de presse, un pré-bilan comptable, le discours du Ministère de la Culture rendant hommage à cet événement.
Je ne vais pas reprendre en détail tous ces documents. Je voudrais simplement souligner un certain nombre de points forts.
D’abord Evento a bénéficié d’une fréquentation très élevée. Ce n’était pas évident pour une première, il y a eu beaucoup de monde. Evidemment, s’agissant d’une manifestation qui se déroule dans la rue il est toujours difficile d’avoir des comptages à la personne près, mais il y a des méthodes qui sont généralement admises.
On distingue d’abord le public volontaire, c’est-à-dire les participants qui sont allés volontairement assister à un spectacle, à une exposition, à un débat. On en a compté 162.000.
Quant à la fréquentation globale qui a fait l’objet d’un tableau qui vous est distribué, on peut l’évaluer à plus de 350.000 au total.
Donc beaucoup de monde avec des publics très variés, très mixtes. On n’avait pas simplement les spécialistes ou les amateurs de l’art contemporain, mais des publics populaires, avec l’osmose qui s’est faite – c’était un pari qui a été gagné – entre le public de la foire aux plaisirs et le public d’Evento. A ma grande surprise, je dois le dire, les forains de la foire aux plaisirs étaient très mobilisés par Evento et m’ont dit que la fréquentation de leur propre foire avait bénéficié de la grande foule qui s’est pressée le premier week-end sur les quais.
Deuxième élément du bilan, le succès médiatique est évident dans la presse nationale et dans la presse européenne, notamment dans les revues spécialisées dans le domaine artistique. Vous avez la liste des articles qui ont été publiés dans le dossier qui vous a été distribué.
Le budget a été bien tenu puisque nous sommes exactement dans les coûts qui avaient été prévus, en particulier pour le marché de production : 3.961.070 euros. Et nous avons réuni les financements complémentaires qui sont venus s’ajouter à ce qu’à apporté la Ville. Je vous rappelle que ces apports supplémentaires se montent à 1.461.000 euros de certains partenaires publics et également du secteur privé.
Quatrième point, les retombées économiques. A très court terme on peut d’ores et déjà dire qu’elles sont très positives puisque 85% de la production artistique dont j’ai rappelé tout à l’heure le budget, pratiquement 2.600.000 euros, ont donné lieu à des commandes passées auprès de prestataires de Bordeaux et de l’Aquitaine. C’est donc 70 entreprisesSéance du lundi 23 novembre 2009
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de l’agglomération qui ont travaillé pour Evento. On peut estimer que cela a donné du travail pendant plusieurs semaines à 340 personnes.
Nous mesurerons évidemment avec le temps l’impact sur la fréquentation touristique présente et future de Bordeaux.
On peut déjà remarquer que, même si ce n’est pas directement lié à Evento, Bordeaux a été la ville de province qui a envoyé le plus de galeries d’art contemporain à la FIAC. Quand on lit la presse on se rend compte qu’il y a eu 5 galeries bordelaises qui ont participé à cet événement majeur de portée nationale et internationale. C’est donc une mise en valeur de la relation de Bordeaux avec l’art contemporain qui a été ainsi renforcée.
Enfin la dimension artistique. L’accès à la création contemporaine n’est jamais facile. De ce point de vue je voudrais souligner la très bonne initiative qui a été prise de mettre dans la rue des médiateurs, souvent des étudiants de l’Ecole des Beaux Arts ou de l’Ecole d’Architecture qui ont fait un travail passionnant, de leur propre aveu, pour répondre aux questions des badauds qui étaient là, qui s’étonnaient parfois devant les œuvres qui étaient mises sous leur regard.
J’ai d’ailleurs demandé qu’un cahier – je ne sais pas, M. DUCASSOU, si c’est en cours – des remarques faites auprès des médiateurs, des entretiens qu’ils ont pu avoir avec le public soit établi parce que je pense que ce sera un document extrêmement riche.
Dans le même esprit, avec le réseau associatif bordelais nous avons essayé d’attirer dans cette manifestation des publics qui n’y allaient peut-être pas spontanément, je pense en particulier à tous les publics scolaires, avec la participation des centres d’animation, des maisons de quartiers, de nos bibliothèques, du CCAS. Egalement le public qui ne va pas spontanément dans les musées. De ce point de vue-là Aquitanis, le CCAS, les associations de handicapés nous ont été d’un grand secours.
Sur la dimension artistique des œuvres je ne porterai pas de jugement. Chacun a apprécié ce qu’il a vu. Je crois qu’on peut dire, parce que ça fait l’objet d’un large consensus, que la présentation des extraits de films d’Amos Gitai à la Base sous-marine a été un moment d’une extraordinaire intensité artistique et émotionnelle.
La passerelle de Kawamata, je n’en parle pas, elle a été publicitée par les Bordelais.
Le film de Denis Adams, a été je crois un véritable choc pour ceux qui l’ont regardé de bout en bout.
L’exposition Insiders au CAPC a eu un grand succès de fréquentation.
La Jeune Scène Landaise a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme.
Sur les 26 créations je voudrais souligner que 3 ont été le fait d’artistes bordelais : Ma Asso, Monoquini et Nicolas Milhé, et que plusieurs associations bordelaises ont participé à la production de certaines œuvres, ou à l’animation de la fête. Cela a été le cas de l’association Zébra 3, du collectif Pola, de la Nouvelle Agence, cabinet d’architectes bordelais, qui a conçu l’œuvre de Nicolas Milhé.
Voilà donc quelques éléments de bilan. Je fais confiance à tous ceux pour qui l’art contemporain n’est pas une évidence pour dénigrer l’événement, mais globalement je crois que l’on peut être satisfait de ce qui s’est passé.Séance du lundi 23 novembre 2009
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M. Didier Faustino sera suspect aux yeux de certains d’être juge et partie, mais je crois que c’est quelqu’un d’extrêmement affectif qui donc a écrit ce qu’il a écrit parce qu’il le pensait et non pas pour faire plaisir. Je vous cite la fin de son témoignage :
« J’ai participé en tant qu’auteur depuis 2000 à 23 biennales et triennales d’art et d’architecture dans le monde entier dont Venise, Sao Paulo, Yokohama, Pékin, New York, mais ce que j’ai vécu à Bordeaux reste un des moments les plus intenses, les plus magiques et les plus généreux de ces dernières années. J’ai également vu dans les yeux des artistes que nous vivions un instant unique.
J’aime les fêtes. L’organisation d’Evento était pour moi, architecte, un vrai défi. Elle a probablement était la plus ambitieuse et la plus risquée qu’il m’ait été donné de concevoir et je sais qu’elle a été réussie car on me demande déjà quand aura lieu la prochaine. »
Ce qui fait la transition avec ma conclusion. Il nous faut voir maintenant la suite.
D’abord comment pérenniser des œuvres qui par définition étaient éphémères ? Ce n’est pas simple. La seule qui se succèdera à elle-même c’est sans doute la passerelle de Kawamata. Nous allons voir dans quelles conditions on peut la conserver pendant quelques mois, voire au-delà.
Il y a évidemment des améliorations à apporter. Si on avait fait la perfection dès le premier coup ce serait un miracle.
Je pense notamment à la communication et à la signalétique.
Le programme imprimé était illisible. Disons les choses comme elles sont. Donc il faudra y mettre plus de clarté.
Les délais de réalisation ont été très courts, donc il faudra dès maintenant se lancer dans la préparation de 2011 si l’on veut améliorer l’efficacité de la préparation.
Troisièmement il faut aussi réfléchir à la durée et au rythme de la manifestation. Le premier week-end a été magnifique. L’itinérance ensuite dans Bordeaux et dans les communes voisines a rencontré des succès divers, mais beaucoup d’événements ont été très marquants. Il a manqué vraisemblablement quelque chose qui permette le deuxième week-end de clôturer l’événement avec autant de visibilité que le lancement le premier week-end.
C’est dans cet esprit que je propose donc de réunir en décembre ou en janvier une assemblée d’acteurs institutionnels, d’acteurs privés, d’associations, de personnalités et d’experts d’art contemporain pour que nous puissions engager une concertation de fond, d’abord sur le concept même de l’événement. Faut-il le garder tel qu’il est ? Faut-il l’adapter, le modifier, le compléter ? Et également sur le choix du directeur artistique, parce que je pense que la meilleure façon de réussir ce genre d’opération est de faire confiance à un directeur artistique. Il faut bien le choisir. C’est pour cela que je souhaite m’entourer avant de prendre toutes décisions du maximum d’avis et aller jusqu’au bout d’une concertation approfondie non seulement avec les responsables bordelais, mais aussi avec les personnalités venues d’ailleurs qui pourront enrichir notre propre réflexion.
Je voudrais terminer en remerciant Dominique DUCASSOU qui s’est engagé avec beaucoup d’enthousiasme dans la préparation et le déroulement de cet événement, et également notre Direction Générale des Affaires Culturelles, Brigitte PROUCELLE et l’ensemble de ses collaborateurs. Cela a été beaucoup de travail pour la DGAC. Je crois que cela a été un travail récompensé par le succès. Le bonheur qui se peignait sur lesSéance du lundi 23 novembre 2009
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visages de l’ensemble de notre équipe culturelle au soir d’Evento était à soi seul une récompense.
Je donne maintenant la parole à ceux qui souhaitent s’exprimer sur ce dossier à commencer par M. PEREZ.
M. PEREZ. -
Monsieur le Maire, mes chers collègues, tout d’abord une remarque d’ordre général. Je crois qu’il ne faudrait pas limiter ce débat comme vous l’avez fait un moment à une soi- disant querelle entre les anciens et les modernes, entre ceux qui admettraient et comprendraient l’art contemporain et ceux qui, vu qu’ils ne sont pas d’accord avec certaines formes d’Evento, seraient forcément des gens qui n’aimeraient pas l’art contemporain. Je crois que le problème est vraiment ailleurs. Fausse donne.
Monsieur le Maire, vous ne nous avez même pas proposé le verre à moitié plein contre le verre à moitié vide. C’est le verre à moitié plein contre la bouteille à moitié vide… que dis- je, le tonneau à moitié vide… que dis-je, la cuve à moitié vide. Moi je vais quand même rester peut-être au niveau du verre.
Effectivement vous pensez que cela a été un succès. Oui, pour nous la foire aux plaisirs a été un succès. Quant à Evento, est-ce que c’est un succès ? Est-ce que c’est un échec ? Très franchement sans doute ni totalement l’un ni totalement l’autre.
Vous nous avez dit que l’objectif a été atteint de mêler le populaire à l’artistique. La météo et la foire aux plaisirs ont sans doute contribué à l’affluence il est vrai. Pour le reste, à l’image des monuments furtifs voulus par Didier Faustino on gardera l’idée d’un événement très furtif plaqué sur la réalité d’une ville qui est sans doute passée furtivement à côté des habitants et des acteurs locaux.
Indéniablement quelques expos de qualité, une passerelle audacieuse, mais la ville n’a pas été bouleversée selon nous. La programmation habituelle des théâtres et des cinémas continuait comme à l’ordinaire sans tenir compte de l’événement. Elle a continué avec ses subventions habituelles dont on chuchote qu’elles pourraient être amputées de 8% l’an prochain.
Trop ignorés peut-être, les acteurs locaux ont regardé de loin, furtivement, un événement qui les regardait de loin, furtivement.
Le budget de l’opération, près de 4,5 ME, aurait sans doute mérité plus de véritable mixité sociale et culturelle. Peut-être peut-on faire aussi bien avec un budget plus étroit. Mais si vous avez su mobiliser cette somme pour cet événement, là est bien la preuve que l’on peut trouver les moyens pour financer une politique culturelle vraiment ancrée dans le local, faite avec davantage d’acteurs locaux.
De quoi s’agit-il au bout du compte avec Evento ? D’une opération au service de l’image de la ville. Soit.
On nous dit pourtant que les Bordelais ont été associés aux interventions artistiques, en ont été parties prenantes. Je cite :
« Ce projet entendait repenser la présence humaine dans la ville du point de vue de l’habitant, du citoyen, du résident, du voyageur. Il était porté par l’idée que c’est à travers l’humain qu’il est possible de réactiver l’espace public, les lieux pour que la ville existe et devienne présente. »Séance du lundi 23 novembre 2009
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C’est là aussi un terrible constat d’échec pour ce qu’il fut. A l’heure du bilan on peut légitimement s’interroger sur le succès de ce pari. Je crois qu’il faut reprendre la conclusion de l’article de Sud-Ouest du 19 octobre. Je cite :
« En définitive les questions que l’on se posait avant le début d’Evento restent entières. De quel retentissement national ou international Bordeaux aura-t-il bénéficié avec cette première biennale ?
L’implication du tissu artistique local aura-t-elle était satisfaisante et envisagée suffisamment en amont et en profondeur ?
Le contrat initial, faire entrer le grand public avec l’art contemporain a-t-il été rempli ?
La Ville de Bordeaux réitèrera-t-elle l’aventure d’Evento dans 2 ans ? »
Sur cette dernière question vous nous avez apporté la réponse, tout au moins pour l’instant.
Sur les autres ont eut aimé que le bilan soit moins rapide, que l’on consulte les Bordelais, que l’on fasse preuve de plus d’humilité.
Un mot sur les propos de Didier Faustino dans ce qu’il confie à Sud-Ouest. On ne lui en voudra pas pour le côté un peu adolescent de ses réponses, mais quand même, quel autisme…
« Je n’ai eu que de bons retours. Je suis super-heureux », avoue-t-il. Il ajoute même quelques lignes plus loin : « Plusieurs artistes m’ont envoyé des SMS pour me dire que c’était magique ».
Magique… Soit. D’accord. Parfait. Mais je ne suis pas certain que tous les artistes bordelais aient le numéro de portable de Didier Faustino. Cela fait un peu copain-copain.
C’est ce même Didier Faustino qui disait combien les artistes avaient joué le jeu, vantant à cet égard la faible rétribution qu’ils avaient sollicitée, 7.000 euros si ma mémoire est bonne. Mais quelle a été la rémunération exacte de Didier Faustino ? 250.000 euros me restent en tête. On voit bien que ce n’est pas tant l’artiste qui est reconnu dans sa création que celui qui la suscite.
On n’est pas tenu d’être d’accord avec ce choix, surtout si les écarts sont aussi gigantesques.
Lorsqu’il affirme enfin, je cite : « Les Bordelais ont surtout pris plaisir à gambader dans leur ville, et ça c’est encore plus fort qu’Evento », vous admettrez que l’on peut sourire. En somme le but d’Evento était-il de supplanter l’art par la balade ? Vous m’excuserez, mais un jogging à 4,5 ME ça fait cher l’Adidas.
Comment en effet ne pas s’inquiéter maintenant du coût exorbitant de ce festival ? Plus de 4,5 ME, alors que tant d’associations ont à peine de quoi survivre, que les créateurs bordelais ne sont pas ou mal reconnus, que tant de lieux culturels sont en difficulté, que l’on refuse une subvention de 120 euros à des bouquinistes pour cause d’Evento.
Que ne vous inspirez-vous de la Ville de Nantes qui a fait le pari de l’inventivité et de la reconnaissance de ses acteurs dans sa politique culturelle avec un budget culturel moindre que celui de Bordeaux ?Séance du lundi 23 novembre 2009
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A l’heure où tant d’artistes connaissent la précarité et que des manifestations souffrent, comment justifier un tel choix ?
L’ambition d’une politique culturelle ne se limite pas à de grands événements, et un grand événement ne fonde pas une politique culturelle, selon nous.
Vous avez fait le pari de poursuivre cette aventure en faisant fi, comme pour Bordeaux 2013, du nécessaire bilan humain qu’un tel projet nécessitait. Il vous appartient de nous l’expliquer. De nous dire quelle est véritablement désormais votre politique culturelle. Une politique qui semble plus soucieuse du paraître que d’un projet replaçant l’art tout au long de l’année au cœur de la cité.
Ce n’est pas notre vision des choses. Vous ne nous contesterez pas le droit de ne pas penser comme vous. Vous ne nous le contesterez d’autant moins que nous avons soutenu votre démarche loyalement, même si vous nous avons manifesté parfois nos doutes, souvent nos interrogations sur le virage que prenait le projet et les avoir manifestés ici même.
Alors oui, pour nous la foire aux plaisirs a été un succès dont a bénéficié Evento. D’ailleurs je remarque que l’anagramme d’Evento c’est « ovent ». J’espère que cela sera le vent qui amène les graines pour faire germer partout, et non celui qui éparpille la poussière. Merci.
M. LE MAIRE. -
Merci, M. PEREZ, de ce beau numéro de style. Je ne vous conteste absolument pas le droit de partager votre propre opinion avec vous-même, encore faut-il utiliser des arguments qui sont de bonne foi.
Vous faites le parallèle avec Nantes. Nantes, Les Folles Journées et l’Estuaire, c’est 11 millions d’euros. Alors opposer d’un côté Bordeaux qui ferait des paillettes et Nantes qui aurait une action en profondeur pour ses propres créateurs, ça ne tient pas la route.
Ensuite, bravo pour ce joli jeu de mot « c’est un succès de la foire aux plaisirs ». Ne méprisez pas trop les milliers de gens qui sont allés à la Base sous-marine communier avec les émotions de Amos Gitai. Ce n’était pas uniquement des gens qui fréquentaient les manèges. Ç’aurait peut-être nécessité aussi qu’on vous y voit davantage.
M. HURMIC. -
Monsieur le Maire, moi j’ai fréquenté les deux en même temps, la foire aux plaisirs avec mes enfants et Evento, toujours avec mes enfants, en regrettant que la foire aux plaisirs ne soit pas également gratuite… Effectivement ça aurait beaucoup intéressé mon budget familial…
(Rires)
M. HURMIC. -
Plus sérieusement, Monsieur le Maire, vous vous félicitez aujourd’hui de la fréquentation importante d’Evento. Je crois que cela a été le cas. Pour y avoir été j’ai pu me rendre compte qu’effectivement il y avait du monde. Donc c’est une appréciation très quantitative de la fréquentation d’Evento.Séance du lundi 23 novembre 2009
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Pouvons-nous aujourd’hui nous livrer à une appréciation plus qualitative de ce qu’a réellement apporté Evento ?
Je ne m’en sens pas personnellement tout à fait capable. J’ai envie de dire que c’est peut-être un peu tôt pour juger aussi du succès ou de l’échec d’Evento.
Si vous le permettez, moi aussi, pour faire « mon Pérez », je ferai une boutade. Je me souviens, quand j’ai lu les mémoire de Henry Kissinger, qu’à un moment il dit qu’il interroge le Premier Ministre Chinois de l’époque M. Chou En-Lai, en lui disant : « Monsieur Chou En-Lai, que pensez-vous de la Révolution Française de 1789 ? » A ce moment-là Chou En-Lai a cette réponse magnifique, il lui dit : « Je pense que c’est un peu tôt pour juger ».
(Rires)
M. HURMIC. -
Et je dirai pour Evento, sans aller rechercher dans la sagesse asiatique toutes les précautions oratoires nécessaires, que c’est aussi un peu tôt pour juger, y compris par rapport aux critères que vous-même vous aviez fixés, Monsieur le Maire, par rapport à ce qui pouvait être le succès éventuel d’Evento. Vous avez dit, je vous cite :
« Le critère de réussite sera d’abord que cet événement fasse parler de Bordeaux, enrichisse son image en montrant qu’elle est une ville moderne, dynamique, innovante. Ensuite que les Bordelais s’approprient Evento et y participent nombreux. »
J’ai noté que le journal Télérama dit : « Vous voyez bien que l’appropriation des Bordelais passe vraiment après le rayonnement de la Ville de Bordeaux à travers cette manifestation ». Mais peu importe.
Je crois que sur cette fréquentation c’est un succès. Vous avez mis vous-même un bémol qui me paraît parfaitement légitime. Je crois qu’à peu près 91% de la fréquentation, si mes chiffres sont exacts, ça s’est passé durant le premier week-end et que le reste de la semaine et le deuxième week-end ont été beaucoup moins fréquentés par les Bordelais.
Si je peux me permettre, autorisez-moi une deuxième boutade dans cette intervention, je dirai : la thématique était l’intime collectif. Le collectif c’était le week-end et l’intime c’était le reste de la semaine. Donc c’est vrai que la fréquentation n’y a pas été. Mais vous l’avez vous-même dit ; et je dois dire très honnêtement que le bilan écrit qui est fait de cette manifestation, notamment page 16, insiste sur cette distorsion entre la fréquentation du week-end et le reste de la semaine, et surtout le reste des quartiers qui ont pu bénéficier des expositions itinérantes.
Je dirai aussi que cette manifestation Evento est à analyser dans le cadre d’une politique nationale, d’une politique des villes, en ce qui concerne l’art contemporain aujourd’hui. Bordeaux est à la mode dans la mesure où l’art contemporain est devenu en 5 ans le joker culturel des villes. Nombreuses sont les villes qui participent actuellement à ce qu’on appelle ces véritables fiestas urbaines autour de l’art contemporain.
Il a été cité effectivement la Biennale Estuaire de Nantes très fréquentée. Mais ce qui m’a paru intéressant à la Biennale Estuaire de Nantes c’est qu’on a des chiffres comme quoi 30% de la fréquentation de cette biennale est hors région nantaise. Je crois que ça serait important de voir également ici à Bordeaux quel a été le taux de fréquentation en dehors de notre agglomération et en dehors de notre région.Séance du lundi 23 novembre 2009
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C’est vrai que Lyon a également sa biennale d’art contemporain, Lille également a ses manifestations urbaines de ce type, donc tout cela est à analyser dans ce contexte national.
Ce contexte national aux yeux de beaucoup de commentateurs fait l’objet d’une critique qui est aussi imputable à la politique culturelle de Bordeaux : on a tendance actuellement à beaucoup favoriser l’événementiel, c’est-à-dire l’éphémère, au détriment des politiques de fond. C’est bien que l’art contemporain soit dans les rues de Bordeaux et que les Bordelais tentent de se l’approprier, mais il serait bien également que l’art contemporain irrigue les musées de la ville et qu’il y ait une véritable politique, notamment d’acquisition, du CAPC et d’autres musées qui n’est actuellement pas à l’ordre du jour. Cela est regrettable. Il ne faut pas faire de l’art contemporain uniquement une manifestation événementielle et éphémère. Je pense que l’art contemporain mérite beaucoup plus que cela.
Vous nous avez adressé la revue de presse qui a été faite autour d’Evento J’ai été frappé d’une réflexion que fait le philosophe Yves Michaud dans le Monde 2 du 12 juin qui dit :
« Les responsables politiques portent ce phénomène. L’éphémère serait authentique alors que le lieu culturel permanent - musée et salle de concerts - pâtit d’une image trop institutionnelle . Que pèse cette voie face au formidable succès de l’art dans la rue ? »
C’est vrai, je pense que c’est une réflexion que nous devons ensemble nous poser.
Et quand je dis que c’est tôt pour juger Evento, je pense que ça serait intéressant de voir à quel point le succès populaire de cette manifestation, au moins du week-end, va permettre d’irriguer l’ensemble de la politique culturelle de la ville, notamment cette politique d’acquisition d’art contemporain par un certain nombre de musées bordelais.
Je ne veux pas être trop long parce que Marie-Claude NOËL va dans un instant compléter mes propos. Voilà une première réflexion rapide que m’inspire le succès naturellement nuancé, contrasté, que l’on peut éventuellement attribuer à la manifestation Evento.
M. LE MAIRE. -
Merci. Avec un peu plus d’impatience que Chou En-Lai je suis néanmoins d’accord pour dire qu’il ne faut pas se précipiter avant de tirer le bilan d’un tel événement. Je vous rappelle qu’on m’avait demandé de le faire à la séance dernière. J’ai au moins gagné un mois sinon 10 ans. On va continuer à y réfléchir.
En vous écoutant, quand même je prends du plaisir parce que vous me rappelez qu’il ne faut pas faire le procès de l’investissement municipal dans les grandes institutions qui donnent à la culture sa vraie dimension. La culture ce n’est pas simplement la créativité spontanée de chacun d’entre-nous. La culture c’est un savoir, c’est un héritage, c’est un patrimoine. Ça s’apprend à l’université, et ça s’apprend en écoutant les grandes œuvres du répertoire au théâtre comme en musique. Alors je suis content que vous validiez l’effort que nous faisons pour ces grandes institutions qui pourtant donnent lieu ici souvent à beaucoup de critiques au motif qu’il faudrait saupoudrer nos crédits sur des milliers de petites associations plutôt que de permettre au TNBA, à l’Ecole des Beaux- Arts, ou au Conservatoire National de Région de faire leur travail.Séance du lundi 23 novembre 2009
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J’ai oublié de signaler, mais Dominique DUCASSOU le fera peut-être tout à l’heure, l’implication des étudiants du Conservatoire Régional dans cette magnifique opération à travers les rues de la ville qui a montré que là aussi des centaines de jeunes participaient à l’événement.
M. PAPADATO
M. PAPADATO. -
Monsieur le Maire, permettez-moi de faire quelques remarques qui vont peut-être un peu revenir sur ce qui a déjà été dit.
C’est vrai qu’à la lecture de ce document d’Evento je me suis posé la question : que faut- il penser de ces chiffres et de ce bilan ? A quoi voit-on qu’un festival est un succès ? Pouvons-nous nous baser sur les chiffres pour dire que c’est une réussite, sinon sur quoi d’autres ?
C’est vrai que le premier argument que vous développez dans le document c’est la presse et les articles publiés.
En ce qui concerne la presse, quand on voit le budget alloué à la communication, à la médiation et aux relations presse on a tendance à se dire : heureusement qu’on a eu des articles dans la presse. 446.610 euros pour ce poste de dépense… Je rappelle que le budget de Novart était lui de 550.000 euros.
Nous avons eu une couverture locale et nationale. C’était, il me semble, la moindre des choses. Mais en ce qui concerne la couverture internationale il faudra certainement attendre un peu que le festival mûrisse, comme cela vient d’être dit, pour que cela soit plus conséquent et moins anecdotique. La preuve : dans le document vous parlez peu de ce bilan presse pour l’international.
Le deuxième point c’est le nombre de public. On en a parlé, celui de la foire aux plaisirs, des quais ou du CAPC.
Le public des quais. A combien estimez-vous le nombre de personnes qui déambulent naturellement tous les samedis et dimanches sur les quais ? Je crois que quelle que soit l’exposition proposée sur les quais, la foule des congés de fin de semaine sera au rendez- vous. Mettez n’importe quoi sur les bords de Garonne, ça sera vu par autant de personnes que les œuvres d’Evento. De là à en déduire que c’est une réussite…
En ce qui concerne le public de la foire, bon nombre de commentateurs ont surtout noté que la porosité n’était pas aussi évidente que cela. Il n’est pas toujours noté que les gens qui venaient à la foire passaient devant les œuvres d’Evento et vice versa.
En ce qui concerne le reste du public institutionnel et culturel, c’est vrai que le CAPC, la Base sous-marine, l’Opéra ont fait le plein, mais surtout le week-end, ce qui prouve surtout que ce festival a du mal à toucher les Bordelais, à faire bouger Bordeaux.
Enfin ce qui ressort fortement c’est votre volonté non pas de faire un festival pour les Bordelais, mais de créer un événement de portée internationale.
Déjà lors de la lancée de Novart vous disiez vouloir hisser un grand événement culturel au niveau d’une notoriété nationale et internationale qu’ont atteinte d’autres grandes villes. Mais Novart n’a jamais vraiment trouvé sa place. Il faut dire qu’avec un budget de 550.000 euros…Séance du lundi 23 novembre 2009
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Bref. Ce que je retiens c’est qu’à Bordeaux nous aimons la ville, le patrimoine, les œuvres d’art plastiques, les œuvres contemporaines ; Evento et prochainement Agora le prouvent. C’est une bonne chose. Mais nous avons plus de mal à sortir du discours autour de la ville et de ses mutations.
Je rappelle qu’il avait été noté que les œuvres contemporaines présentées aux Bordelais avaient pour but de « magnifier » la ville - Je reprends le terme - Quand il s’agit de le faire avec les arts de la scène c’est plus difficile. Les déboires ou difficultés de Novart, des Grandes Traversées ou du Festival de Jazz le prouvent. Avec cette première édition d’Evento, c’est un peu, à mon avis, ce qu’il manque.
En dehors de quelques rares interventions scéniques, le choix a été de mettre l’accent sur des œuvres plastiques. C’est un choix. Mais tout ceci reste à mon avis un peu figé. Tout ceci manque considérablement de vie, d’émotion partagée, en dehors de quelques expos ou moments musicaux partagés. Effectivement, je le redis et mes collègues l’ont dit, il y a eu de très bons moments dans ce festival à la Base sous-marine, ou même à l’Opéra. Mais c’est vrai qu’intégrer plus clairement les arts de la scène reviendrait à faire un festival qui, je vous le rappelle, a déjà été fait, qui associait simultanément avant-garde des arts de la scène et des arts visuels, expositions au CAPC, au Centre d’Art Plastique et grandes tendances artistiques.
M. LE MAIRE. -
Merci.
Mme VICTOR-RETALI
MME VICTOR-RETALI. -
Monsieur le Maire, chers collègues, il semble qu’à l’heure des bilans Evento ait laissé tout de même un sentiment mitigé aux Bordelais.
Oui, des moyens pour la culture c’est une bonne chose. Des moyens publics surtout. Certaines structures comme le CAPC l’ont largement montré. Mais non, la culture populaire ne s’improvise pas par la simple proximité d’une foire aux plaisirs.
Oui le décor de la foire était somptueux, mais non les jeunes venus à la foire n’ont pas réellement profité des œuvres artistiques présentes.
Oui l’idée d’une migration des œuvres dans la ville était une bonne idée, mais non le public populaire bordelais n’a pas vraiment était touché par l’opération.
Il semble donc que le bilan à tirer ne puisse être totalement négatif particulièrement quant à la qualité de certaines œuvres.
Il semble également que les Bordelais aient reconnu quelque chose d’eux-mêmes dans cette passerelle qui ne traverse jamais le fleuve, et s’arrêtant tout au bord permet de contempler de loin l’autre rive.
Il est à ce propos intéressant de noter que l’on s’apprête à surveiller jour et nuit le seul pont piéton jeté d’une rive à l’autre, le Pont de Pierre.
Pour ce qui est du bilan social et local il est beaucoup plus mitigé. Combien de personnes interrogées aux abords de l’événement ne savaient absolument pas que c’était uneSéance du lundi 23 novembre 2009
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manifestation artistique qui se déployait sous leurs yeux ? La communication, bien qu’énorme, fut redoutablement inefficace pendant cette biennale.
Les médiateurs n’étaient pas toujours très disponibles. C’est un euphémisme. Il faut dire, si nous appliquons vos chiffres, qu’ils étaient 50 pour 400.000 visiteurs, c’est-à-dire 1 pour 8.000 visiteurs, ce qui fait beaucoup… Je pense qu’ils devaient être débordés. Ce sont des témoignages que j’ai recueillis à ce propos.
Ils ne suffisaient pas du tout à accompagner des publics souvent désarçonnés.
Je tiens à préciser ici que rien ne remet en cause le choix d’art contemporain tel qu’il a été présenté, que les œuvres étaient souvent magnifiques. Le problème n’est pas du tout là.
Par contre il y a un travail à faire lorsque l’on emmène une population à la rencontre de ces œuvres. Il a été difficile de le mener à bien apparemment.
La migration des œuvres qui au départ était une bonne idée n’a pas été accompagnée comme il se doit. Elle n’a pas réellement permis la rencontre magique espérée.
C’est sans doute que ce type de rencontre n’a rien de magique et que seul un maillage territorial de longue haleine permet à tout un chacun d’apprivoiser l’art et d’y confronter sa propre expérience. Or l’aspect « bleak-streak »(?) et un peu « bling-bling » de l’événement ne pouvait permettre ce type d’appropriation.
En ce qui concerne les artistes locaux, malgré les noms qui servent parfois d’alibi il est clair qu’ils n’ont pas été suffisamment associés et que c’est un raté de cette édition. J’estime que 3 artistes locaux… Alors ce n’est pas tellement le nombre d’artistes locaux, c’est plus le partenariat avec toutes les structures locales qui a manqué, surtout sur la conception artistique. Evidemment il y a eu des partenariats. Je vois que Pola a récupéré des meubles. C’est très bien, mais ça, à mon sens, ce n’est pas un partenariat.
Or donc, si l’on voulait pérenniser l’expérience il faudrait plancher dès aujourd’hui sur la circulation de l’argent qui lui serait dédié afin que les sommes allouées drainent aussi la création contemporaine locale de manière significative.
Il faudrait également plancher sur la manière d’amener les publics les plus variés à s’approprier les œuvres, c’est-à-dire prévoir en amont un budget destiné aux écoles, aux centres de loisirs et autres centres sociaux. Je vois ici qu’un seul centre social a été vraiment associé au projet. C’est vraiment dommage, parce que les centres sociaux existent et je pense qu’ils sont demandeurs - je ne parle pas du CCAS qui avait un travail différent dans le projet et qu’il a mené à bien ; mais ce n’est pas suffisant – afin de préparer avec les artistes locaux et les acteurs sociaux à une éventuelle prochaine biennale pour laquelle j’ai un certain accord.
Il y a eu quelques soucis. C’est normal. Cela a été préparé de manière très très courte. Lorsqu’on a eu des articles élogieux dans la presse c’était très souvent avant Evento. Les articles qui viennent après sont beaucoup plus mitigés malgré tout. On a du « bof, bof… », on a du « les Bordelais, accueil mitigé », etc, etc. Bon. C’est juste pour remettre un peu les choses en place. Et c’est normal parce qu’il y a des choses qui ne se sont pas déroulées comme on aurait pu le souhaiter.
Je crois que l’ancrage territorial et l’ancrage social sont des choses essentielles pour mener à bien une prochaine biennale.Séance du lundi 23 novembre 2009
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D’autre part je tiens à préciser qu’il me semble que la personne qui dirige tout cela devrait changer à chaque fois de manière à ce que ça tourne un peu sur les artistes et sur les œuvres. Autrement ça risque de ronronner assez vite.
La dernière chose que je voulais dire c’était à propos de Nantes. Il me semble qu’à Nantes c’est un festival qui dure beaucoup plus longtemps, qui est beaucoup plus ancré dans le territoire national. J’ai rencontré des artistes plasticiens de Nantes. Ils ne sont pas ravis de tout ce qui s’y passe, mais il y a quelque chose de beaucoup plus territorial dans la création et extérieur à la région dans la visite. Mais on l’obtiendra peut-être au fur et à mesure. Je crois qu’on peut améliorer les choses.
Les 14% de fréquentation de l’Office du Tourisme en plus semblent nous donner l’idée que le tourisme n’est pas forcément la première chose qui s’est améliorée à ce moment- là. Mais c’est la première fois. Peut-être y aura-t-il d’autres façons de faire plus tard.
M. LE MAIRE. -
Merci.
M.RESPAUD
M. RESPAUD. -
Monsieur le Maire, nous n’avons pas voté contre les délibérations successives que vous nous avez soumises sur Evento car pour nous il faut un véritable temps fort de la politique culture à Bordeaux. C’est une nécessité. Mais aujourd’hui nous disons : plus jamais comme ça. Jean-Michel PEREZ l’a exprimé tout à l’heure. Loin de votre optimisme nous tenons à vous dire que cet essai est à déclarer hors du jeu bordelais.
Tout à l’heure Jean-Michel PEREZ est intervenu sur la perception des Bordelais. Je vous ai trouvé un peu injuste d’ailleurs en disant : vous n’y avez pas participé ou on ne vous y a pas assez vu. Il y en a d’autres qu’on a vu un peu plus souvent, qui y ont assisté et qui font le même constat que celui que nous avons présenté. Ce n’est pas personnellement qu’on le fait c’est à partir de tout ce que nous avons entendu autour de nous. Donc je pense que ça ne doit pas avoir lieu.
Nous, nous avons simplement vu qu’il y avait 38.406 personnes, comme je vous l’ai dit, qui ont participé à Evento, sur un comptage qui s’est effectué à côté du chapiteau qui était dressé. Vous, vous dites 400.000. Ce sont peut-être les chiffres de la police municipale. On connaît ça dans les manifestations. En tout cas il y a eu beaucoup de doubles comptes. Nous, on en trouve beaucoup moins. Mais 38.406 c’est déjà pas mal.
Je voulais intervenir sur la conception même qui a présidé à Evento.
Le premier constat qui s’impose sur Evento c’est que la Ville de Bordeaux n’a pas été capable de trouver dans ses murs des porteurs de projets susceptibles de répondre à ses attentes événementielles en matière culturelle.
Aveu d’impuissance ? Volonté délibérée de chercher un ailleurs nécessairement plus fécond ? Il est loin le temps de Sigma où un maire intuitif faisait confiance à une proposition artistique portée par un Bordelais, proposition qui était totalement ouverte sur le monde.
La Ville de Bordeaux a-t-elle aujourd’hui confiance dans ses inventeurs, ses créateurs ? Faute de posséder cet état d’esprit elle se tourne vers des porteurs de projets extérieurs.Séance du lundi 23 novembre 2009
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Loin de nous l’idée d’affirmer qu’il n’est de bons becs qu’à Bordeaux. Un événement culturel doit se bâtir dans une indispensable relation dedans-dehors. Mais nous sommes persuadés que c’est aussi en partant du dedans que l’on peut aller vers le dehors. C’est d’ailleurs le propre de la création artistique.
Evento procède à l’inverse. Je crois qu’un meilleur équilibre eût été souhaitable.
La seconde critique sur la conception de la Biennale Evento Festival de Création Urbaine part du texte de présentation de ce festival qui nous a été présenté au printemps.
Je m’étonne que le Maire de Bordeaux, par ailleurs agrégé de lettres classiques, n’y ait pas été plus attentif. Difficile en effet d’y trouver la clarté nécessaire à la compréhension du propos. Citons au hasard un extrait.
« A l’opposé d’une pensée planifiée et globale, il constitue – Evento – une occurrence spatio-temporelle, ponctuelle et micro. »
Par contre, faut-il y voir un aveu de lucidité lorsqu’il est écrit :
« Pour faire en sorte que cette biennale trouve sa pleine réussite elle se situe dans l’espace public hors du contexte figé de l’institution. »
Que penser par ailleurs de ce patchwork intellectuel qui en appelle à Roland Barthes, à (… ?), Gilles Deleuze ou à Félix Guattari qui doit se retourner dans sa tombe, pour justifier une telle démarche.
Le mieux peut-être eut été de faire référence à Guy de B…(?) et à sa Société du spectacle.
Il faut bien dire que fumeux , c’était bien comme ça, fumeux, que ça apparaissait dans la présentation de ce festival et on le retrouve un peu dans vos commentaires, Monsieur le Maire, qu’on peut qualifier aussi en partie le déroulement d’Evento.
D’autre part, je voudrais revenir sur cette phrase lucide :
« …hors du contexte figé de l’institution ».
C’est bien le CAPC, Arc en Rêve, le Grand Théâtre, la Base sous-marine, j’ajouterai le Conservatoire mais c’est un peu marginal, qui en ont été à la base, certes avec la passerelle et la foire aux plaisirs qui ont été un franc succès quant à elles.
Loin de rééquilibrer notre politique culturelle entre les grandes institutions culturelles et les autres lieux créateurs de la culture à Bordeaux, on a accentué, peut-être par facilité, le déséquilibre grandissant entre les temples de la culture bordelaise et le reste.
Je dois dire aussi à ce sujet que j’ai été assez choqué de lire dans Sud-Ouest des plaidoyers pour Evento de la part de certains responsables de structures culturelles municipales qui ont quand même à garder une certaine neutralité. Peu importe. C’est un curieux mélange des genres. Mais je les comprends parce que ça a été pour les institutions culturelles une manne supplémentaire assez importante.
Au lieu de rééquilibrer les acteurs culturels de Bordeaux, de lancer des créateurs bordelais sur la scène internationale, finalement on est resté au statu quo.Séance du lundi 23 novembre 2009
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Vous avez fait le pari, Monsieur le Maire, aujourd’hui de poursuivre cette aventure. Ça nous renforce dans notre volonté d’avoir une autre politique culturelle sur Bordeaux. Non une politique trop soumise à ce que j’appelle « le paraître », mais un projet qui replace l’art tout au long de l’année au cœur de la cité. Je vous remercie.
M. LE MAIRE. -
En parallèle à l’expression des responsables de certaines structures municipales que vous appelez au devoir de réserve – c’est curieux, ça me rappelle autre chose – on pourrait mettre les déclarations d’associations grassement subventionnées par la ville et qui n’hésitent pas à la critiquer avec verdeur.
Vous voyez que la liberté de parole devrait s’appliquer à tout le monde et pas simplement à certains.
Mme NOËL.
MME NOËL. -
Juste un mot parce que beaucoup de choses ont été dites. Simplement parce que tout à l’heure vous avez réinterpellé Pierre HURMIC sur la question des équipements.
Ce qui me semblait important dans ses propos c’était la question des grands équipements culturels qui à mon avis doit être posée, mais posée ici comme ailleurs. Donc effectivement, il y avait une demande forte pour qu’il y ait un événement, mais nous n’avons fait que rejoindre l’ensemble des villes qui se mettent en compétition pour organiser de grands événements qui sont de plus en plus grands, de plus en plus spectaculaires, de plus en plus internationaux, etc. Mais le problème c’est que ces événements sont tous très consommateurs de budgets.
Vous citiez Nantes avec 11 millions d’euros, on peut citer Lyon avec près de 6 millions d’euros, on peut citer La nuit Blanche à Paris qui pour une seule nuit dépense 1 million d’euros, c’est-à-dire la politique d’acquisition sur un an du Musée d’Art Moderne. Voilà. La question est celle-là. Non pas de l’intérêt que peuvent présenter ces manifestations, mais tout de même de mettre en avant qu’il s’agit de faire beaucoup de happening, beaucoup de communication, beaucoup de choses extrêmement spectaculaires.
Et la question qui se pose c’est de savoir en quoi ces événements fugaces et fugitifs peuvent être complémentaires à d’autres actions, et pas concurrents. Quand on connaît la dimension de nos budgets qui ne cessent de diminuer on peut s’interroger sur le fait qu’il puisse y avoir plutôt concurrence que complémentarité.
C’est vrai, on investit dans des lieux inhabituels. Il y a une diffusion dans la ville. C’est bien. On constate, qu’on le veuille ou non, un public inhabituel puisqu’il est dans la rue et que ce public en général ne se déplace pas dans les musées. On investit dans des médiateurs pour un peu expliciter le propos. Mais il n’en reste pas moins – ça a été fait en bilan d’Evento – que la diffusion dans les quartiers n’a pas fonctionné. Comme il a été dit, la manifestation a tout montré dès son premier week-end.
A mon sens il y a deux questionnements : il y a eu un problème de signalétique, qui n’est pas un problème majeur, et il y a eu un problème de programme car c’était vraiment une information extrêmement élitiste. Mais le problème le plus important à mon avis c’est le maillage avec les partenaires locaux.Séance du lundi 23 novembre 2009
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En tout état de cause il n’en reste pas moins que la question qui se pose c’est plus largement celle des grands événements. A mon avis cette réflexion doit être faite comme elle doit l’être dans d’autres villes, parce que toutes les villes font la même chose.
M. LE MAIRE. -
Merci.
M. DUCASSOU.
M. DUCASSOU. -
Merci, Monsieur le Maire, de me donner la parole. Je vais globalement répondre à tout ce qui vient d’être dit.
Premier point, sur la politique culturelle. Il y a une politique culturelle, elle vous a été présentée au début de la mandature, vous l’avez débattue, dans laquelle il y a tout l’aspect de proximité, la dynamique au niveau des publics, l’action des établissements culturels dépendants de la ville, ceux qui sont des structures privées qui participent à cela, et la relation internationale entre les artistes de la ville vers l’extérieur, mais également le problème des événements. Cela vous a été présenté. Vous l’avez débattu. Si vous ne l’avez pas je vous le repasserai avec grand plaisir.
Deuxième point, n’allez pas me dire que cet événement-là n’a pas fait référence à des artistes locaux. Ça voudrait dire qu’on les néglige et qu’il n’y a pas d’artistes locaux. C’est faux. Il n’y a qu’à se référer au domaine des arts de la scène, voire de la FIAC, comme cela a été dit il y a quelques instants puisque des artistes locaux ont été présentés à la FIAC, pour constater qu’assurément il y a une vie artistique. Il y a un certain nombre d’artistes qui dans le domaine du théâtre, de la musique, de la danse, mais également au niveau des arts plastiques sont amenés à rayonner et sont connus bien au-delà des limites de notre territoire. Encore fallait-il qu’ils déposent un projet et que ce projet soit analysé et retenu.
Car, ça n’a pas été dit, ce que je voudrais souligner particulièrement c’est que cette manifestation a été, comparativement à d’autres notamment au niveau national, chargée d’innovations.
D’abord, Monsieur le Maire, vous l’avez confiée à Dider Faustino. Ce n’est pas un organisateur de manifestations. C’est un artiste, un architecte, qui est amené très régulièrement à être commissaire d’expositions. Il rayonne à travers le monde. Il connaît la scène artistique et le milieu artistique. C’est une carte blanche qui lui a été donnée. Donc à partir de là, sur la thématique qui avait été dégagée et qu’il a été amenée à nous présenter, un certain nombre – peu nombreux – ont déposé des projets. Il y a eu débat. Certains ont été retenus. D’autres n’ont pas été retenus.
Ce n’est pas vis-à-vis de Didier Faustino ou des artistes qui sont venus une négligence s’agissant de la scène artistique bordelaise. Pas du tout. D’ailleurs il y a eu plusieurs rencontres à ce sujet d’une grande convivialité. Au contraire, c’est aussi la possibilité par la venue d’artistes extérieurs à Bordeaux qui ont marqué leur discipline et continuent à la faire évoluer d’avoir une dynamique partagée vis-à-vis justement des artistes locaux.
Donc sur l’innovation, vous avez sous-estimé la relation entre la foire aux plaisirs et la manifestation Evento. Je trouve que c’est dommage. Cela a été certainement une très grosse innovation parce qu’il y a eu un croisement de ces publics. Et ça, vraiment c’est un public de proximité. Celui qui est au niveau des Quinconces il vient de tous lesSéance du lundi 23 novembre 2009
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quartiers, de Bordeaux comme de toute l’agglomération. Il était là et il était aussi sur les quais.
En effet, il y a eu une interpénétration qui ne se limitait pas à la passerelle de Kawamata. Il y avait également un certain nombre de films, celui de Dominique Gonzalez-Foerster, celui des scènes et des éléments artistiques de Nicolas Lelièvre qui étaient répartis dans la foire, l’énorme travail qui a été réalisé avec le pôle Xylofutur, tout le milieu éducatif de l’université, de la recherche, avec le monde de l’industrie et de la production de la sylviculture qui, eux-mêmes, vantaient les mérites de Kawamata qui leur a permis d’avoir une vraie ouverture d’esprit - donc de la Ville de Bordeaux - d’avoir du pin vert, récent, celui de la tempête, pour pouvoir être qualifié comme bois de construction sur la réalisation d’une œuvre d’art. C’est assurément quelque chose de très important qui mérite aussi d’être souligné.
Pour cette manifestation, effectivement il y a plusieurs critères d’évaluation.
Le nombre : 380.000, certes au niveau du premier week-end. Le maire s’en est expliqué et cela a été rappelé.
La possibilité d’une itinérance qui aurait dû effectivement… (inachevé). Cela a été débattu et objectivement rapporté au niveau du document que vous avez. Vous l’avez signalé il y a un instant.
Et la presse. Alors moi j’entends et j’en suis absolument estomaqué, que la presse par définition si on l’invite elle fait de bons articles… Excusez-moi… Je suis désolé, dites-moi quelle presse, on saura la contacter et la faire venir prioritairement. Je ne pense pas que l’Humanité qui a fait un très bon papier et d’autres journaux qui ont fait des papiers après, puissent être considérés comme des gens qui ont été achetés. Allons…
Il y a la presse généraliste, il y a la presse spécialiste nationale et internationale qui ont fait de très bons papiers. Ils ont reproduit ce qu’ils ont constaté. Ils n’étaient pas là pendant 10 jours, c’est clair, mais en tout cas ils ont observé un certain nombre de choses qu’ils ont rapportées, et ça aussi c’est un critère qui n’est pas négligeable.
Alors, bien sûr, là je suis d’accord avec Pierre HURMIC, c’est quelque chose qui doit s’inscrire dans une durée, dans une analyse, dans la conséquence, la répercussion de cela.
Vous citiez Nantes. C’est intéressant. D’abord, bien sûr les gens viennent de l’extérieur de Nantes, c’est sur l’estuaire. Nantes / Saint-Nazaire… Evidemment il n’y a pas que Nantes. Les gens de Saint-Nazaire viennent à Nantes. Premier point.
Deuxième point. Les Folles Journées. Je suis un passionné des Folles Journées. Aujourd’hui je vais aller aux Folles Journées à Bilbao, je vais aller aux Folles Journées à Lisbonne, je suis allé aux Folles Journées à Tokyo puisque l’orchestre de l’ONBA y était, et ainsi de suite. Ce n’est pas une carte blanche, c’est la propriété d’une personne qui vend son concept à travers le monde. C’est très bien.
Mais quand vous discutez avec les Nantais – il y a eu un article local là-dessus il n’y a pas longtemps – ils disent : ces événements c’est très bien, mais pendant l’année on n’a pas de musique classique.
Eh bien nous, il y a de la musique classique et il y a des événements ; il y a des artistes plasticiens et il y un événement. Il y a un brassage tout au long de l’année et un certainSéance du lundi 23 novembre 2009
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nombre de temps forts dans une logique de reconnaissance et d’identification à l’international.
Je recevais la semaine dernière un journaliste qui venait de lui-même faire un papier sur les arts plastiques à Bordeaux. Vous lirez l’article s’il le produit. Il disait qu’il était impressionné par le nombre de galeries ouvertes au cours des trois dernières années, par les dynamiques impressionnantes qu’il avait pu constater en les rencontrant. Il était bluffé. Ce n’est pas par l’opération du Saint Esprit. Ça veut dire très clairement que ça se nourrit progressivement. C’est ça qu’il faut suivre dans le temps. Je suis tout à fait d’accord avec Pierre HURMIC. Mais quand même les frémissements sont là et même fortement là.
Le problème des réseaux. Oui, beaucoup de réseaux ont été réalisés.
On a dit : le CCAS c’est à part. Non. Le CCAS était impliqué dans Evento. Nicolas, je pense que tu en es bien d’accord. Il y a eu très beau travail partagé, un désir et de l’émotion partagés.
Le milieu scolaire, il était là ! On avait travaillé en amont avec les enseignants. Ils étaient là ! Les élèves de l’Ecole des Beaux-Arts, ils étaient là ! Un certain nombre d’étudiants étrangers sont venus le samedi pour visiter et découvrir Bordeaux, mais également ses œuvres et Evento.
Je crois que franchement on peut considérer qu’aujourd’hui à travers tous ces éléments-là Evento est un succès.
Monsieur le Maire, vous avez pris un risque important en confiant une carte blanche à quelqu’un qui n’est pas un organisateur. Ce n’est pas celui qui organise les Folles Journées de Nantes dont je tairai le nom. Ce n’est pas ça. C’est quelqu’un qui tourne. D’ailleurs il va participer – c’est dans votre document - à un certain nombre de tables rondes où il va être interrogé parce que cela a suscité de la curiosité envers les uns et les autres et il va être amené à plancher sur Evento : comment il a vécu cette manifestation, comment il l’a organisée.
Je trouve que c’est aussi une notoriété. Une reconnaissance.
Alors, on dit : les élèves du Conservatoire… Attendez ! Vous n’y étiez pas ! Ce n’est pas vrai ! Je suis désolé, moi ça m’a créé beaucoup d’émotion. Les élèves du Conservatoire qui étaient là, c’était extraordinaire !
Donc par respect pour eux, par respect pour leurs enseignants, par respect pour les artistes new-yorkais, ce qui leur a permis de s’exprimer, je trouve que ça a été un très bon moment ! Et ça, vous pouvez le multiplier par des tas, et pas que le premier week- end ! Tout le temps !
(Applaudissements)
M. LE MAIRE. -
Merci, Monsieur l’Adjoint…
M. RESPAUD. -
(Hors micro)Séance du lundi 23 novembre 2009
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M. LE MAIRE. -
M. RESPAUD, perdez l’habitude de parler à la cantonade. Calmez-vous. Ce que dit M. DUCASSOU vous dérange un peu dans vos certitudes mais ne vous excitez pas.
Je voudrais remercier Dominique DUCASSOU pour ce vibrant plaidoyer fait avec beaucoup de conviction et beaucoup d’émotion.
En tout cas je peux vous dire que rien de ce que j’ai entendu dans ce débat ne m’amène à réviser fondamentalement ce que j’ai dit d’entrée.
Je mets de côté la charge un peu grossière du parti socialiste qui ne s’est pas grandi par les propos que j’ai entendus qui sont d’ailleurs extrêmement méprisants, extrêmement condescendants pour tous ceux qui y ont cru : pour les élèves du Conservatoire qui sont considérés, cela a été dit, comme quelque chose de marginal, pour tous les acteurs culturels de Bordeaux et d’ailleurs qui se sont passionnés pour cet événement, pour tous les spectateurs aussi qui ont vibré, qui ont été émus. J’ai reçu des lettres extrêmement émouvantes sur ce terrain-là. Alors laissons de côté la caricature.
Quand on nous dit que ça coûte cher, j’ai donné des éléments de comparaison. Tous les grands événements qu’on nous donne en exemple coûtent beaucoup plus cher. On nous compare avec des manifestations qui ont 3, 4, 5, 10 ans d’âge, alors que c’était un coup d’essai. Je ne dirai pas que c’est un coup de maître mais c’est une réussite. Je persiste et je signe.
J’ai été beaucoup plus attentif à ce qu’ont dit le groupe vert et le groupe communiste qui ont eu une appréciation beaucoup plus nuancée. Je suis tout à fait prêt à suivre leurs conseils pour préparer la deuxième édition dont je m’empresse de dire que le directeur artistique ne sera pas le même, puisque c’est le principe que nous avions fixé dès le départ : faire confiance à chaque biennale à quelqu’un de nouveau.
Le grand problème - et ce qui me rassure, parce que j’ai quelques remontées de Nantes ou d’ailleurs, c’est que c’est partout pareil - le grand problème c’est : est-ce qu’on a fait suffisamment de places aux acteurs culturels bordelais ?
Je vais vous dire. En 2001 j’ai convoqué un conseil de la vie culturelle. Il y avait tout le monde, les grandes institutions, les associations, et je leur ai dit : est-ce que vous avez une idée pour organiser à Bordeaux une manifestation qui ait à la fois une visibilité nationale et européenne - parce que ça je n’y renoncerai pas, ça fait partie de l’attractivité d’une ville - et qui en même temps soit de nature à mobiliser la population ?
Je parle sous le contrôle de Dominique DUCASSOU, qu’est-ce qu’il en est sorti ? Rien.
On va recommencer. Ce que vous m’avez dit me donne quand même envie, je pense aux prises de position du groupe vert et du groupe communiste, de lancer une sorte d’appel à projets. Y a-t-il dans Bordeaux un directeur artistique qui soit capable de nous proposer un projet d’ampleur, dans les limites budgétaires qui sont les nôtres - pas plus, parce qu’évidemment si on me propose les Folles journées à 11 millions on ne pourra pas suivre - est-ce qu’il y a aujourd’hui une équipe culturelle à Bordeaux qui soit prête à venir à la mairie et dire : moi je vous monte un grand événement de portée nationale ?
Il ne s’agit pas de faire notre petite tambouille entre nous. Une grande ville doit sortir de ses murs. Cette espèce de frilosité vis-à-vis de tout ce qui vient de l’extérieur est extrêmement surprenante notamment en matière de culture. La culture c’est bienSéance du lundi 23 novembre 2009
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l’ouverture sur les autres, c’est bien s’enrichir de l’échange, faire venir des personnalités extérieures.
Il n’y a pas eu d’artiste qui ait conçu la passerelle en bois de la place des Quinconces à la Garonne à Bordeaux. Est-ce qu’il y en aura un demain qui me proposera autre chose ?
Je lance un appel à projets. S’il y a véritablement des grands créateurs bordelais - il y en, a bien sûr, de grande qualité à Bordeaux - qui soient prêts à s’engager dans cette aventure et à monter un projet, banco. On va ouvrir le jeu.
Donc on va s’engager dans cette concertation comme je l’ai dit tout à l’heure. Il faut qu’on aille vite parce que pour monter un événement comme celui-là c’est très difficile, très lourd, très lent. Il faut contacter des personnalités qui ont des agendas extrêmement chargés, deux ans à l’avance. Donc on n’a pas 6 mois pour faire ça. Et puis 6 mois c’est quoi ? 6 mois c’est la parlotte. On ne va pas recommencer ce qu’on a fait en 2001. On a fait des semaines et des semaines de parlotte pour qu’il n’en sorte rien.
On va lancer un appel à projets sur décembre / janvier et on verra qui va se manifester. A ce moment-là nous verrons qui nous pourrons choisir pour être le directeur artistique de l’événement de 2011.
En tout cas, je le répète, ramener cette manifestation à une espèce de concurrence avec Adidas ou Nike, ça me fait de la peine de la part de celui qui a dit ça parce que j’avais plus de considération pour sa hauteur d’esprit que devant cette mauvaise caricature d’un événement qui a suscité beaucoup d’enthousiasme, beaucoup de passion et beaucoup d’émotion.