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Document publié le Jeudi 1 janvier 2026 par la commune de Vernouillet.
Lien du pdf (unknown - message de la ministre)
Thèmes du document : Armement, Guerre en Ukraine, Religion et laïcité,
E
MINISTÈRE
DES ARMÉES ET DES ANCIENS
COMBATTANTS L iberté
Égalité
Fraternité
Journée nationale commémorative de l'Appel historique du général
de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre
l'ennemi
Jeudi 18 juin 2026
Alice RUFO, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et
des Anciens combattants
Page 1 sur 4
La Ministre déléguéeLe 18 juin 1940 au soir, sur les ondes de la BBC, un général de brigade à
titre temporaire, sous-secrétaire d'État, prenait la parole pour refuser
l'abandon que d'autres s'apprêtaient à accepter.
I était seul. Il n'avait ni armée, ni territoire, ni ressources.
Il s'apparaissait à lui-même, écrira-t-il plus tard, « comme un homme
au bord d'un océan qu'il prétendrait franchir à la nage ».
Et pourtant, dans cette voix qui montait de Londres vers une France
où descendait la nuit, il y avait tout le réveil à venir.
À travers cet homme seul, la France refusait de mourir.
La veille, le 17 juin, Un commerçant de Brive-la-Gaillarde, Edmond
Michelet, diffusait clandestinement un tract reprenant les mots de
Charles Péguy pour rappeler la France à «sa vocation de liberté »:
« celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend, [...] quel qu'il
soit, d'où qu'il vienne, et quel que soit son parti. [ll est l'héritier] de
celle qui fit lever le siège d'Orléans ». Ce fut l'un des tout premiers
actes de la Résistance sur notre sol.
Le 10 mai 1942, à Londres, le général de Gaulle lui-même évoquerait la
fille de Lorraine, sans pouvoir ni prestige : « si la France trouva en elle-
même, il y a cinq cents ans, à l'appel de Jeanne d'Arc, la flamme
nécessaire à son salut, elle peut aujourd'hui retrouver la même
flamme. »
Un mois plus tard, dans le désert libyen, cette flamme resurgissait.
À Bir Hakeim, la 1#® Brigade française libre tenait tête, quinze jours
durant, aux forces de l'Axe.
Sous les ordres du général Koenig, combattaient côte à côte
légionnaires européens, tirailleurs d'Afrique, volontaires du Pacifique
et Compagnons de la Libération.
Page 2 sur 4Avec eux se trouvait aussi une Britannique : Susan Travers.
Dans la nuit du 10 au 11 juin, conductrice du général, elle mena sous le
feu la percée qui devait déjouer l'encerclement.
Ni sa naissance, ni sa condition, ni sa place ne l'y prédestinaient. Elle
n'avait rien demandé pour elle-même. Elle ouvrit la voie.
« Quand, à Bir Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu
caresser le front sanglant de ses soldats, dira le général de Gaulle, le
monde a reconnu la France. »
De nouveau, la force de la France se révélait là où sa faiblesse avait
semblé la plus grande.
La France libre n'était plus seulement une voix dans la nuit : elle était
devenue la preuve que la France n'avait jamais cessé d'être elle-même.
Ceux qui avaient répondu à l'Appel lui donnaient un visage universel :
parmi eux, Joseph Kessel, né en Argentine, auteur du Chant des
Partisans; Joséphine Baker, enfant de Saint-Louis du Missouri devenue
héroïne du renseignement : Félix Éboué, petit-fils d'esclave et
gouverneur du Tchad, qui offrit à la France libre son premier point
d'appui.
Car le sens de leur combat dépassait le territoire national.
Dès 1941, à Oxford, de Gaulle rappelait l'enjeu profond de ce conflit :
« sauver l'ordre du monde {..] tel que la liberté, la sécurité, la dignité
de chacun soient garanties, [et] assurer en définitive le triomphe de
l'esprit sur la matière. »
À l'heure où le monde est à nouveau travaillé par la tentation de la
force brute, l'Appel du 18 juin nous élève à la hauteur d'une exigence :
notre peuple n'est jamais aussi grand que lorsqu'il refuse la défaite de
l'esprit, et se donne les moyens de défendre sa liberté.
Page 3 sur 4Cette exigence, le Général l'avait rappelée quelques jours après son
premier appel.
Le 24 juin 1940, il s'adressait encore aux Français en ces termes :
« La France est comme un boxeur qu'un coup terrible à terrassé.
Elle gît à terre.
Mais elle sait, elle sent qu'elle vit toujours d'une vie profonde et forte.
Elle sait, elle sent que l'affaire n'est pas finie, que la cause n'est pas
entendue.
I faut qu'il y ait un soleil.
I faut qu'il y ait une espérance.
Il faut que, quelque part, brille et brûle la flamme de la Résistance
française.
Un jour, je vous le promets, nous serons ensemble l'armée qui rendra
la liberté au monde et la grandeur à la patrie. »
Sur la croix de Lorraine du mémorial où reposent les combattants du
maquis de Charente, qui avaient choisi le nom de Bir Hacheim, sont
gravés ces mots : « Pour la liberté et la grandeur de la patrie. »
Is résument ce que fut l'esprit du 18 juin
La conviction que rien n'est jamais perdu, tant qu'il existe des femmes
et des hommes pour refuser, en leur âme, de s'estimer vaincus.
La foi qu'il demeure en chacun une part irréductible que la force ne
peut ni contraindre ni détruire.
La fidélité à ce que le général de Gaulle appelait le « pacte vingt fois
séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ».
Vive la Liberté. Vive la République. Vive la France.
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