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PLU - Annexes - Périmètre de développement prioritaire économie d'énergie
Document publié le Mardi 19 décembre 2023 par la commune de Chamrousse.
Lien du pdf (PLU - Annexes - Périmètre de développement prioritaire économie d'énergie)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Environnement, Espaces terrestres et maritimes,
5.4 RÈGLEMENTATION DES
BOISEMENTS / PLAN DE GESTION
CEMBRAIE
PLAN LOCAL D’URBANISME
DE CHAMROUSSE
Dossier d’approbation par
le Conseil Municipal en
date du 25 Novembre
2019
Le Maire
Philipe CORDONCommune de Chamrousse Direction Départementale des Territoires 38
Jako Martinet
Plan de gestion
de la cembraie
de Chamrousse
Juin 2012Maîtres d’ouvrage
Commune de Chamrousse
35 places des Trolles
38410 CHAMROUSSE
Direction Départementale des Territoires de l’Isère
BP 45
17 bd Joseph Vallier
38 040 GRENOBLE Cédex 9
Plan de gestion de la cembraie
de Chamrousse
Juin 2012
Réalisation : Bureau d’études Territorial – Unité de Production Isère
9 quai Créqui 38026 GRENOBLE Cédex
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 2Sommaire
CONTEXTE DE L'ETUDE ................................................................................. 4
DEFINITION DE LA ZONE D’ETUDE ............................................................... 5
LA CEMBRAIE DE CHAMROUSSE ................................................................. 6
EVOLUTION DE LA CEMBRAIE ...................................................................... 9
1- Historique de la station ......................................................................................................................... 9
2- Etudes sur la cembraie........................................................................................................................ 10
3- Actions menées par les Associations de Protection de la Nature..................................................... 14
4- Plantations............................................................................................................................................ 15
PLAN DE GESTION DE LA CEMBRAIE ........................................................ 17
1- Méthodologie........................................................................................................................................ 17
2- Diagnostic hivernal.............................................................................................................................. 19
3- Diagnostic estival ................................................................................................................................. 23
3.1 - Cembraie des Pourettes .................................................................................................................. 25
3.2 - Cembraie du domaine skiable ......................................................................................................... 31
4 - Cartographie....................................................................................................................................... 37
5 - Inventaire des pratiques et activités sur la zone d’étude................................................................. 39
5.1 - Activités hivernales......................................................................................................................... 39
5.2 - Activités estivales ........................................................................................................................... 41
6 - Définition des enjeux et des objectifs ................................................................................................ 47
6.1 – Enjeux........................................................................................................................................... 47
6.2 – Objectifs........................................................................................................................................ 48
7 - Propositions d’actions ........................................................................................................................ 49
CONCLUSION ................................................................................................. 99
BIBLIOGRAPHIE........................................................................................... 102
ANNEXES...................................................................................................... 104
LISTE DES CARTES..................................................................................... 123
LISTE DES FIGURES.................................................................................... 123
LISTE DES TABLEAUX ................................................................................ 123
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 3Contexte de l'étude
Depuis la création de la station de ski de
Chamrousse (Isère) dans les années
cinquante, de nombreuses évolutions ont
été réalisées dans le domaine skiable. De
gros travaux de reprofilage du terrain en
place ont été notamment nécessaires pour
les Jeux Olympiques de 1968.
La forêt de pin cembro est traversée par
les pistes de ski et les remontées
mécaniques. Elle a subi de multiples
bouleversements au fil du temps.
Grignotée par les emprises de pistes, de
télécabine, télésièges et téléskis, elle a fait
l’objet de plusieurs déboisements qui ont
nécessité des dossiers de défrichement
déposés auprès de l’administration
forestière.
La Direction Départementale de
l’Agriculture et de la Forêt, lors de
l’autorisation donnée en 2009 pour la
construction de la télécabine de la Croix
de Chamrousse, a demandé à la
commune de Chamrousse de mettre en
œuvre des mesures compensatoires :
- plantation de 200 pins cembro,
- établissement d’un plan de gestion
de la cembraie du domaine skiable.
Deux études ont été menées
conjointement en 2011 et 2012 :
- l’une sur la cembraie du domaine
skiable, avec la commune de
Chamrousse comme maître d’ouvrage,
- l’autre sur la cembraie des Pourettes,
commanditée par la Direction
Départementale des Territoires (DDT),
sur le territoire du site Natura 2000 I11
« Cembraie, pelouses, lacs et tourbières
de Belledonne, de Chamrousse au
Grand Colon ».
Le présent document présente le plan de
gestion de la cembraie de Chamrousse
dans son ensemble, en définissant deux
zones distinctes dans le programme
d’actions, correspondant au domaine
skiable d’une part, au site dans
Natura 2000 d’autre part.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 4Définition de la zone d’étude
Les mesures compensatoires de l’arrêté
préfectoral de défrichement du
23 avril 2009 indiquent la nécessité de
rédiger un plan de gestion de la cembraie
de Chamrousse, en plus de la plantation
de 200 pins cembro.
Lors de la réunion du 16 novembre 2010
de la commission environnement et cadre
de vie, en mairie de Chamrousse, la zone
d’étude a été définie en concertation entre
tous les membres présents et suivant les
directives de la DDT.
La zone d’étude s’étend ainsi :
- de la piste des Coqs sur Roche
Béranger (Chamrousse 1750) à la piste
Olympique hommes sur Recoin
(Chamrousse 1650), pour la partie sous
maîtrise d’ouvrage de la commune. Nous
l’appelerons dans la suite de l’étude
« cembraie du domaine skiable »,
- de la piste Olympique hommes au
secteur des Pourettes, pour la partie
commandée par la DDT, en site
Natura 2000, appelée « cembraie des
Pourettes ».
Elle ne comprend pas les secteurs de
l’Arselle, Bachat-Bouloud et du lac
Achard, dont les peuplements forestiers
sont constitués principalement d’épicéas
et de pins à crochets.
La carte ci-contre indique cette
délimitation et le nom des secteurs.
cembraie du domaine skiable
cembraie des Pourettes
Pourettes
Roche Béranger
Recoin
limite de commune
limite de la cembraie des Pourettes
limite de la cembraie du domaine skiable
limite de la partie boisée sur le domaine skiable
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 5La cembraie de Chamrousse
L’intérêt principal de la forêt de pin
cembro située sur Chamrousse réside
dans sa surface et dans sa localisation
géographique. C’est la cembraie la plus
occidentale du massif alpin pour une
essence qui est peu représentée au niveau
national.
En effet, seulement 30 000 ha de
cembraie se dispersent dans les Alpes,
dont 4 à 5 000 dans l’hexagone (Ravanat
1984), essentiellement dans les Alpes du
Sud.
La formation forestière que l’on trouve à
Chamrousse et qui est nommée
« cembraie » est en fait constituée d’un
peuplement forestier à l’allure de pré-bois
(clairiérié, lâche, laissant de multiples
ouvertures entre des arbres aux houppiers
le plus souvent bien développés),
composé de plusieurs essences en
mélange : le pin cembro (Pinus cembra), le
pin à crochet (Pinus uncinata) et l’épicéa
commun (Picea abies). La forêt du
domaine skiable, en allant du nord vers le
sud, des Pourettes vers Roche-Béranger,
est constituée :
- d’une pessière surmontée d’une
cembraie presque pure sur le haut du
secteur des Pourettes, peu traversée par
les installations de ski et les pistes,
- d’un peuplement majoritaire de pins
cembro sur Recoin, en mélange avec du
pin à crochet et de l’épicéa commun,
fortement laniéré par les pistes et les
remontées mécaniques,
- d’une pineraie mélangée de pins à
crochets et cembro vers Roche-Béranger,
densément parcourue par les installations
de ski au point de constituer une forêt
extrêmement morcelée composée de très
petits bosquets de quelques individus
parfois.
Plus l’exposition du versant orienté ouest
se rapproche du sud, plus la présence du
pin à crochets est importante, au
détriment du cembro.
Le pin cembro
Je porte une écorce lisse gris
verdâtre quand je suis jeune
mais qui s'écaille avec le
temps. Eté comme hiver, mes rameaux
pubescents gardent une couleur vert-bleuté.
Mes aiguilles vert foncé, denses et rigides,
sont regroupées par 5, chose rare chez les
pins. De section triangulaire, elles mesurent
de 5 à 12 cm.
Monoïque, je porte mes fleurs mâles et
femelles sur le même pied. Mes chatons
mâles sont pourpres puis jaunes quand ils
s'ouvrent et mes chatons femelles rouges.
Mes bourgeons sont cylindriques et pointus.
Mes cônes de 8 cm sont ovoïdes, trapus et
violacés, pruineux avant maturité. Leurs
écailles sont larges et arrondies. La première
année, ils tombent sans s'ouvrir.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 6Seul pin indigène à cinq aiguilles, le pin
cembro (Pinus cembra L.) ou « arole », ou
encore pin des Alpes est une essence
emblématique de la forêt alpine du fait de
sa rareté, de son port majestueux (en
candélabre souvent), de sa croissance
extrêmement lente mais aussi de sa
longévité (supérieure à 600 ans - Dinger
1985). Il pousse dans l’étage subalpin,
entre 1 200 et 2500 m, où il est le dernier
représentant de la végétation forestière.
Cette essence de climax est donc soumise
à des conditions climatiques
particulièrement difficiles, ce qui l’amène
à croître très lentement. Les différents
auteurs qui ont travaillé sur cette essence
(Oswald 1963, Contini et Lavarelo 1982,
Wiart 1984) évoquent une croissance
juvénile de 5 à 10 mm par an, un port
arborescent vers 10 ans seulement et une
taille de 1,30 m à 35 ans et 2 m à 50 ans !
La maturité de l’arbre est seulement
atteinte à l’âge de 40-60 ans et les années
de fructification ne sont réellement
abondantes que tous les 5 à 10 ans (Holzer
1974, Contini et Lavarelo 1982). Il faut
également avoir à l’esprit que la
production maximale de graines a lieu à
un âge très avancé (250 à 300 ans !).
Au fil du temps, la forêt de pin cembro a
fortement régressé du fait des variations
climatiques de la période postglaciaire.
Plus près de nous, c’est le pâturage qui est
responsable du recul des cembraies :
défrichement massif des montagnes,
notamment en limite supérieure des
forêts pour agrandir les hauts-plateaux.
Le cembro, subalpin par nature, a donc
souffert en premier de ces déboisements
d’autant que son couvert dense,
favorisant peu la végétation herbacée, l’a
desservi par rapport à d’autres essences
telles que le mélèze. Sa croissance lente
contribue de plus à mal supporter le
pâturage dans son jeune âge. Depuis la
seconde guerre mondiale et la déprise
agricole, encore plus prononcée en zone
de montagne, la tendance s’est un peu
inversée : le cembro recolonise les alpages
abandonnés.
Toutes ces considérations montrent bien
la spécificité de la cembraie et la fragilité
de cet écosystème forestier vis-à-vis de
son renouvellement qui est donc
particulièrement lent et difficile. Il est par
conséquent aisé d’entrevoir les
conséquences que peut avoir le ski en
forêt sur les jeunes pins cembros…
On ne peut parler du pin cembro sans
évoquer son compagnon de toujours, le
Casse-noix moucheté (Nucifraga
caryocatactes). En effet, l’un ne peut vivre
sans l’autre et réciproquement. L’oiseau
se nourrit quasi exclusivement de ses
graines, les cache dans le sol et les
retrouve l’hiver sous la neige, même sous
une épaisse couche.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 7Cela permet la régénération de l’arole car
le Casse-noix ne retrouve pas toutes les
graines qu’il a enfouies (75 à 80% des
graines sont retrouvées, ce qui est déjà
important, sachant que l’oiseau en
dissémine plusieurs milliers, à partir de
juillet jusqu’en novembre, sur plusieurs
hectares).
C’est le principal mode de
renouvellement de la cembraie car les
cônes du cembro sont indéhiscents (ne
s’ouvrent pas avec le temps), les graines
de pins sont très lourdes et par
conséquent ne se disséminent pas par le
vent.
Seuls les cônes tombés au sol par gravité,
et décortiqués par la faune, dont le Casse-
noix principalement, peuvent contribuer
à la régénération.
Ce phénomène de dépendance du
cembro vis-à-vis du Casse-noix explique
la disposition des semis naturels. Ceux-ci
se retrouvent très souvent en bouquets de
plusieurs individus, situés près de grands
arbres ou de barres rocheuses, qui sont
autant de repères pour l’oiseau l’hiver.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 8Evolution de la cembraie
Afin de mieux comprendre la nécessité de
gérer la cembraie de Chamrousse, il est
important de connaître son évolution au
cours du temps qui est très liée au
développement de la station. De même,
les diverses études réalisées et les actions
menées par les acteurs du site sont autant
de témoignages du passé qui apportent
un éclairage utile à la compréhension du
territoire.
1- Historique de la station
Même si la station de sports d’hiver a
fortement impacté la cembraie de
Chamrousse, le site a été soumis au cours
du temps à d’autres activités telles que le
pâturage notamment.
C’est au moyen-âge qu’on mentionne
pour la première fois le nom de
Chamrousse. En 1260, les moniales de la
Chartreuse de Prémol, située en
contrebas, se voient dotées de la
montagne entre Recoin et le sommet de
Chamrousse. Jusqu’à cette date, la
population locale avait l’usage du site et y
pratiquait bûcheronnage et pacage, sans
autorisation légale.
L’histoire de Chamrousse est très liée
dans un premier temps à celle de la
Chartreuse de Prémol puis à la station
thermale d’Uriage par la suite. En effet,
les thermes d’Uriage, créés en 1820,
attirent de nombreux touristes venus
profiter des eaux thermales. L’ascension
du sommet de l’alpage du Recoin
(surmonté d’une croix en 1850) faisait
partie très souvent du séjour.
Puis sa renommée grandit avec l’arrivée
du Père Tasse qui pendant un quart de
siècle, à partir de 1863, utilise les alpages
pour fabriquer du fromage (il édifie une
fromagerie qui servira par la suite de
refuge et de restaurant), cultive des
légumes, fabrique de l’essence de lavande
et des savons et plante même un jardin
botanique alpin (le premier de France
mais qui ne durera qu’une dizaine
d’années environ).
Par la suite, c’est le ski qui fera connaître
Chamrousse, dès 1902, avec la première
ascension à ski jusqu’à la Croix de
Chamrousse.
Fromagerie du père Tasse devenue...
... refuge-restaurant
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 9En 1911, le Club Alpin Français (CAF)
obtient la location d’une petite surface de
0,3 ha pour édifier le chalet du Recoin, le
premier refuge d’altitude pour le ski. La
station naît en 1947, à l’initiative du
Conseil Général et le téléphérique de la
Croix de Chamrousse est construit en
1952.
En 1968, c’est l’apothéose pour la
renommée de Chamrousse : les épreuves
de ski alpin des Jeux Olympiques de
Grenoble s’y déroulent.
Evénements importants pour la station, la
construction des deux routes d’accès :
celle par Prémol d’abord de 1937 à 1949,
celle par les Seiglières ensuite de 1954 à
1956.
Le centre montagnard de jeunesse de
Bachat Bouloud voit le jour dans les
années soixante.
Un syndicat mixte de gestion de la station
est créé en 1965 et préside aux destinées
du site jusqu’en 1989, date à laquelle
paraît l’arrêté préfectoral de création de la
commune de Chamrousse (sise sur les
territoires de Vaulnaveys-le-Haut et
St Martin d’Uriage).
2- Etudes sur la cembraie
Pendant toute cette période, peu d’écrits
et de témoignages évoquent la forêt de
pins cembro. On peut penser
raisonnablement que la cembraie n’a
jamais été exploitée intensivement pour
son bois car les forêts d’épicéas situées en
contrebas étaient beaucoup plus proches
et productives.
Même si le pâturage y est pratiqué depuis
fort longtemps (500 avant JC), la
cembraie a su se maintenir au fil des
siècles, soit par la nature même des
troupeaux (ovins ?), soit par la pression
pastorale compatible avec le milieu.
L’occupation des alpages par des bergers
a certainement engendré la coupe de
quelques bois, les animaux ont
vraisemblablement contribué à dégrader
partiellement les conditions du milieu
mais la forêt a perduré, s’est renouvelée et
a résisté à ces usages, même si les zones
les plus pâturées se trouvaient sur l’actuel
domaine skiable, Recoin et Roche
Béranger en particulier, que l’on voit très
bien aujourd’hui.
L’évolution de la cembraie, constatée
depuis plusieurs dizaines d’années, est
apparemment due principalement au
développement de la station de sports
d’hiver et à la multiplication des nouvelles
pistes et remontées, ainsi qu’aux
nombreux dégâts provoqués par les
skieurs et leurs carres de ski.
Plusieurs études ont été menées sur la
station de ski de Chamrousse, afin de
déterminer les conséquences du ski hors
piste sur le renouvellement de la
cembraie.
Refuge CAF
non datée
2006
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 10Citons d’abord les deux rapports du
CEMAGREF (Centre d’Etudes du
Machinisme Agricole et du Génie Rural
des Eaux et Forêts) de Grenoble en
1984 et 1985.
Le premier mémoire avait pour objectif
d’établir les conditions d’installation
d’une pépinière d’altitude de pins cembro
pour reboiser le domaine aménagé et de
définir des mesures propres au maintien
de la forêt des Pourettes.
Le second document, rédigé dans le cadre
du plan pluriannuel de développement
touristique, détaille à nouveau les mesures
de gestion à prendre sur le secteur des
Pourettes dans l’optique du
développement des pistes dans cette
zone.
Les deux mémoires détaillent les
différentes méthodes de reboisement
avec du cembro, les possibilités de mise
en culture de cette essence avec des
graines de provenance locale.
Les types de peuplements présents dans
la cembraie (structure équilibrée, fragile et
déstabilisée), ainsi que la localisation des
régénérations (très localisée, localisée,
éparse) sont définis. Il est constaté un
déficit de régénération pour des classes
de hauteur de 3 à 5m (la hauteur de tige la
plus touchée par les dégâts de ski hors
piste se situant entre 3 et 3,5m).
Les conclusions évoquent donc la
nécessité de protéger les régénérations
des Pourettes et de sensibiliser les skieurs.
Naturellement le boisement se défend
assez bien car les cembros sont
naturellement sur les crêtes et les croupes,
répartis en bouquets selon des couloirs
naturels proches des courbes de niveaux,
zones dans lesquelles les skieurs ne
s’aventurent pas.
L’étude préconise de planter en
respectant cette disposition naturelle des
semis, afin de limiter les dispositifs de
protection et de concevoir une « micro-
gestion » de bosquets d’arbres sur
éperons rocheux et croupes, plutôt
qu’une gestion de grands massifs.
Lorsque ce n’est pas possible, différentes
méthodes de protection sont proposées :
rubans ou cordes plastique, filets, clôtures
barbelées ou métalliques fixes, piquets en
amont des arbres, souches hautes en
amont, plantations de dissuasion à forte
densité (cf. note technique du CEMAGREF
de 1985).
En 1984, une autre étude fort
intéressante est effectuée par la DDA de
l’Isère par Jacques Wiart. Elle compare
les formations forestières dans les
secteurs aménagés et non aménagés de la
cembraie et préconise des mesures de
gestion.
Le constat est que la cembraie aménagée
présente des signes de déséquilibre
(malgré une bonne régénération
apparente) et notamment un déficit des
jeunes arbres de 0,6 à 2 m, dû selon
l’auteur au développement de la station.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 11Les jeunes semis semblent protégés par la
couche de neige jusqu’à une hauteur de
60 cm., puis les dégâts de ski touchent
90 % des semis de hauteur comprise
entre 1,5 et 2m (60 % entre 0,6 et 2 m).
L’histoire du développement de la station
l’amène à définir trois niveaux de
morcellement de la cembraie. Le premier
d’origine naturel (pins localisés sur
éperons rocheux en bouquets), le second
lié aux pistes de ski et aux remontées
mécaniques, le dernier entraîné par les
skieurs hors piste et l’érosion régressive.
La conclusion est sans appel : « la cembraie
aménagée est amenée à disparaître dans un laps
de temps plus ou moins long » si aucune
mesure n’est prise. Des préconisations
sont donc données :
- reboisement,
- mise en défens de secteurs régénérés
pour empêcher le hors piste,
- suivi régulier du maintien de l’équilibre
de la forêt,
- éducation et sensibilisation du public.
En 1985, Vincent SEGEL, dans un
rapport de stage pour le compte de la
DDAF de Haute-Savoie, étudie les
« Réalités des dommages du ski hors piste
en forêt » dans plusieurs stations de ski
des Alpes, dont Chamrousse.
Les observations générales sur les dégâts
liés au ski indiquent que :
- moins de 40 % des dégâts
entraînent une interruption de croissance,
- la mort des semis reste
exceptionnelle,
- les blessures majoritaires se
situent entre 0,5 et 2,5 m,
- les semis s’autodéfendent entre
1,75 et 4 m (selon l’essence),
- la durée de protection des plants
est comprise entre 5 et 30 ans,
- il y a moins de 20 % de dégâts
irréversibles dans les zones les plus
skiées.
Pour Chamrousse, il observe que les taux
de dégâts les plus forts sont similaires
(environ un quart de la surface
concernée) entre Roche Béranger et
Recoin, mais que le bilan est nettement
plus défavorable à Roche Béranger car
63 % de la zone est « dédiée » au ski,
contre 42 % à Recoin.
Par ailleurs, il identifie les conséquences
sylvicoles de ces dégâts sur la forêt :
- baisse de la densité de semis à
l’hectare (évolution de la forêt vers une
structure de pré-bois),
- dégradation de l’état sanitaire et
allongement de la durée de régénération.
Il conclut qu’un diagnostic précis de l’état
des jeunes arbres est nécessaire
lorsqu’une forêt est traversée par des
skieurs. Il peut se faire par l’observation
des traces de skieurs qui suffit à estimer
les taux de dégâts. La gestion des
peuplements doit selon lui se rapprocher
d’une sylviculture de parc.
Enfin, l’information du public et des
professionnels constitue aussi des pistes
d’actions à mettre en œuvre. Il insiste
également beaucoup sur le suivi et le
contrôle des régénérations en place ou
installées, afin de bien appréhender
l’efficacité des dispositifs.
Pour Chamrousse, il préconise des
plantations au niveau de la microstructure
des peuplements, c'est-à-dire par petits
placeaux naturellement abrités des
skieurs, en indiquant que les pré-bois
d’altitude, du type de la cembraie de
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 12Chamrousse, constituent une structure
assez stable vis-à-vis des dégâts du ski
hors piste.
L’un des documents bibliographiques
majeurs sur la forêt de Chamrousse est
certainement le mémoire de
Gaëlle Deletraz rédigé à l’Institut de
Géographie Alpine (IGA) en 1996. Le
rapport examine les conséquences de
l’action humaine (pastoralisme et surtout
ski) sur l’évolution de la cembraie.
Des données de terrain, relevées sur les
zones transitoires entre pistes de ski et
boisements, montrent des taux de dégâts
significatifs (la hauteur la plus touchée se
situe entre 0,6 et 1 m - 79 % des pins
traumatisés).
La liaison hauteur des dégâts/épaisseur
de la couche de neige est avancée pour
expliquer un décalage par rapport aux
résultats de Wiart, douze ans plus tôt.
Les principaux facteurs influençant la
régénération de la cembraie sont analysés
dans le détail :
- les milieux les plus favorables
sont les rochers à matrice fine et les
milieux ouverts (pistes et bordures),
- les milieux les plus défavorables
sont les landes à rhododendron ou
genévriers, les zones où la strate herbacée
est dense et haute et les dépressions.
Elle conclut en évoquant la dynamique
du pin cembro qui se caractérise par une
extension des formations forestières vers
les pistes (le domaine skiable est donc
intrinsèquement favorable au
renouvellement de la cembraie). Mais la
menace des skieurs pour les jeunes pins
est forte (écorçages, étêtages,
arrachements pouvant entraîner la mort)
et il est de la responsabilité de la station
de s’assurer que la forêt se pérennise par
le recrutement naturel.
Des propositions sont donc émises :
- actions à court terme de
reboisement à l’intérieur des îlots de
peuplements existants,
- actions d’observation de
l’évolution de la cembraie à long terme :
installation de placettes permanentes
d’analyse des dégâts de ski, avec des
placettes témoins non protégées et des
placettes de semis naturels ou plantations
protégées,
- actions d’information et
d’éducation de la population locale et des
enfants notamment par l’édition de
panneaux ou plaquettes mais aussi des
interventions dans les écoles et des visites
guidées sur site.
Il faut noter que c’est la seule étude qui
aborde la connaissance de la cembraie par
le public et ses habitudes de
fréquentation. Un questionnaire remis
aux touristes permet de montrer que
20 % des skieurs font du hors piste, que
70 % ne seraient pas gênés par des
dispositifs de protection type barrière,
que les supports d’information privilégiés
seraient le dépliant puis la table de
lecture. Autre élément édifiant, seul 2,5 %
des skieurs donnent la bonne
dénomination aux pins rencontrés sur le
domaine !
Si toutes ces études se sont attachées à
relever des données sur le site même de la
cembraie du domaine skiable, il faut bien
relativiser les résultats par rapport à la
période actuelle. En effet, les dernières
données datent d’il y a quinze ans (étude
Deletraz en 1996) et certains éléments
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 13ont évolué depuis. On peut citer le
réchauffement climatique, qui ne fait que
s’accentuer et qui amène des
modifications de la répartition des
espèces suivant l’altitude, des diminutions
des hauteurs de neige et dont les
conséquences à moyen terme sont
difficiles à apprécier.
La fréquentation des skieurs a également
changé avec l'apparition de nouvelles
pratiques (développement du surf, hausse
du nombre de free-riders). Il faut donc
s’inspirer fortement de leurs conclusions,
mais se garder de tirer des leçons
définitives de ces études. Pour prendre un
exemple, l’actualisation des relevés de
dégâts est nécessaire, ainsi que le suivi des
plantations réalisées.
Certains taux d’échantillonnages semblent
faibles, d’autres sont orientés sur les
zones les plus fréquentées. Des
conclusions générales sont tirées à partir
de quelques exemples parfois et des
méthodologies peuvent être discutables.
Il faut donc prendre du recul, même s’il
est indéniable qu’un problème de
régénération de la cembraie existe et que
des dégâts importants aux semis naturels
s’observent toujours actuellement.
3- Actions menées par les
Associations de Protection de la
Nature
Depuis de nombreuses années, les
associations de protection de la nature
comme l'ADHEC (Association de
Défense des Habitants et de
l’Environnement de Chamrousse) et la
FRAPNA ont conscience de l’intérêt
patrimonial remarquable de la cembraie
de Chamrousse. Elles se sont démenées
et continuent à le faire pour que la
commune et la station prennent en
compte la cembraie dans les
aménagements et engagent des actions de
reboisements et de protections des
régénérations.
Ainsi, des propositions ont été faites. Une
charte de l’environnement, en 1994,
demandait d’arrêter de créer de nouvelles
pistes, de protéger les îlots de pins
cembro isolés dans le domaine skiable et
menacé par les skieurs, de reboiser des
zones altérées, d’informer le public, de
créer une pépinière locale de pins
cembro, de mettre en place un suivi de
ces actions sur vingt ans.
Des actions administratives ont été
menées auprès des autorités pour
demander un classement en forêt de
protection en 1987 ou de faire relever la
cembraie du régime forestier.
En 1989, le Préfet envisage un arrêté de
protection de biotope. Le Conseil
général, propriétaire du domaine skiable,
émet en 1992 un avis favorable de
principe pour valoriser et protéger la
cembraie.
Des actions de promotion de la forêt de
Pin cembro sont également proposées à
la commune et à la station entre 1986 et
1996 :
- présentation de l’exposition
itinérante du CEMAGREF sur les
dangers du ski hors piste en forêt,
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 14- création d’un arboretum et d’une
pépinière,
- création d’un sentier de
découverte d’arbres remarquables, avec
dépliant,
- exposition sur la nature à la
bibliothèque,
D’autres actions sont menées dans cette
période :
- plantation de 1 000 pins cembro
au Recoin en 1991, en collaboration avec
la mairie et la fondation Alp’Action
présidée par l’Aga Khan,
- journées d’animation en 1996 à
l’Arselle où la cembraie est un sujet parmi
d’autres.
Citons enfin pour terminer ce chapitre,
les actions judiciaires entreprises auprès
du tribunal administratif :
- en 1992 contre la construction du
télésiège des Gaboureaux et des
Amoureux,
- en 1994 contre la piste de
Casserousse qui traverse la cembraie des
Pourettes.
4- Plantations
Les seules actions significatives pour la
cembraie ont consisté à renforcer les
régénérations naturelles par des
plantations de pins cembros.
Elles ont eu lieu principalement à deux
périodes :
- en 1991, mise en place de 1 000
plants sur le secteur de Recoin,
- en 2000 et 2001, installation de
10 000 petits pins, après un contrat
d’élevage en pépinière pendant 5 ans.
Des plantations plus petites ont permis
d’installer à diverses époques d’autres
essences telles que le mélèze ou l’épicéa
pungens.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 15Localisation des plantations effectuées sur le domaine
skiable de Chamrousse en 2000 et 2001
(source Journal de l’ADHEC Mars 2004)
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 16Plan de gestion de la cembraie
L’élaboration d’un plan de gestion de la
cembraie de Chamrousse a été décidée
par la commune lors de la délibération du
conseil municipal du 16 décembre 2010.
L’étude s’est déroulée sur une période
d’un peu plus d’un an, de février 2011 à
juin 2012.
1- Méthodologie
Afin de connaître l’état de la forêt, un
diagnostic était obligatoire. Etant donnée
la situation de la cembraie dans le
domaine skiable, une vision pendant
l’hiver permettant d’appréhender les
conséquences du ski en forêt était
nécessaire. Celle-ci a été complétée par un
état pendant l’été car la couche de neige
ne permet pas de voir la totalité des semis
naturels ou des plants, certains étant à
l’abri plus ou moins longtemps selon la
rigueur de l’hiver.
Avant d’établir l’état de la cembraie sur le
terrain, une phase cartographique s’est
avérée indispensable. En effet, aucune
carte des peuplements forestiers n’existe
sur le domaine skiable et un repérage des
bosquets boisés est nécessaire au
préalable. Ce travail cartographique a été
effectué, à dire d’expert et au bureau, à
partir d’une photographie aérienne de
2009, sur laquelle ont été identifiés des
îlots d’arbres plus ou moins épars mais
présentant une certaine « consistance ».
Ainsi, plus de 200 bouquets ont été
numérotés sur la totalité de la zone
d’étude (410 ha environ) représentant
350 ha de boisements (cf. carte du zonage
des parties boisées). Les surfaces des
bouquets vont de quelques ares à
plusieurs dizaines d’hectares. A noter que
ce travail a été réalisé également en ayant
connaissance des zones de plantation,
afin que ces dernières soient intégrées
au dispositif.
Ces deux diagnostics ont pour but
d’évaluer les conséquences des activités
de sports d’hiver (ski alpin, de randonnée,
raquettes, etc) sur les boisements (dégâts
aux régénérations naturelles notamment)
et sur les espèces qu’ils abritent (tétras-
lyre notamment). Celui d’hiver permet de
plus d’appréhender l’intensité de
fréquentation de la cembraie par les
skieurs. Celui effectué pendant la période
estivale permet de relever les
caractéristiques des boisements
(composition en essences, classes d’âge,
état de la régénération, stratification, état
sanitaire, etc).
La méthodologie détaillée de ces
inventaires se trouve en annexe. Il faut
d’ores et déjà noter que les relevés de
terrain ne peuvent prendre en compte la
totalité des paramètres de la cembraie, ni
des espèces qu’elle accueille. Pour donner
quelques exemples, seul le tétras-lyre a été
choisi comme espèce patrimoniale
intéressante, alors que d’autres le sont
certainement mais pâtissent d’un déficit
de connaissance qu’il n’est pas possible
de combler dans le cadre de cette étude
(insectes, papillons, libellules, etc). Les
potentialités d’accueil de certaines espèces
de la cembraie sont toutefois évaluées par
l’approche des très gros bois et du bois
mort qui sont le support d’insectes
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 171
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Echelle : 1 / 10 000
0 300 m
NG
SATI 38 - AB - Septembre 2011 BDORTHO© IGN 2009
Zonage des parties
boisées sur la
Cembraie de CHAMROUSSE
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts
18saproxyliques ou d’oiseaux cavernicoles
(pics, chouettes).
Lors de ces relevés de terrain, des
observations ont amené à identifier les
autres pratiques et activités qui peuvent
impacter la cembraie de manière positive
ou négative. On peut citer le VTT, la
randonnée pédestre hiver comme été, la
chasse et le pastoralisme.
Parallèlement à ces inventaires sur site, de
nombreux contacts avec les divers acteurs
de la station ont été menés, soit au cours
des réunions du comité de pilotage, soit
lors d’entretiens bilatéraux.
Le processus de concertation mis en
œuvre tout au long de l’étude a été décidé
dès le départ afin que tous les acteurs de
la station, qui ont parfois des intérêts
contradictoires, prennent conscience de la
valeur patrimoniale de la cembraie et se
mettent d’accord sur des actions à mettre
en œuvre, dans le but de sa préservation.
Ainsi, plusieurs rencontres ont eu lieu sur
site, de la réunion de lancement du
25 janvier 2011 à la réunion de
présentation finale le 04 juin 2012, en
passant par des comités de pilotage
intermédiaires, 03 octobre et 21
novembre 2011. A noter la
tournée réalisée en octobre pour la
présentation du diagnostic des
peuplements, qui s’est déroulée sur le
terrain en présence de toutes les parties
prenantes et qui a permis des échanges
fructueux et animés.
Huit entretiens ont été réalisés avec les
principaux « utilisateurs » de la cembraie :
les remontées mécaniques (RRMC), le
groupement pastoral des Gaboureaux,
l’association communale de chasse
(ACCA), l’association de défense des
habitants et de l’environnement de
Chamrousse (ADHEC), les
accompagnateurs en montagne de la
Maison de la Montagne, l’école de ski
(ESF), le club de VTT local, l’office de
tourisme et la commune de Chamrousse.
Une grille d’entretien préalablement
définie a permis d’orienter les questions
et d’échanger autour de la cembraie avec
comme objectif principal de recueillir la
perception et les attentes de chacun
concernant la cembraie, ainsi que les
propositions éventuelles de gestion. Il
faut signaler que de nombreux
documents et informations divers ont été
récoltés à cette occasion. Ces entretiens
se sont déroulés pendant l’été.
Toutes ces rencontres ont permis aux
différents acteurs de se rencontrer, et
d’échanger sur des préoccupations
communes. Les actions à mettre en
œuvre pour protéger la cembraie, afin
qu’elle se pérennise à long terme, ont été
validées conjointement par tous les
partenaires, ce qui est un gage de réussite
pour leur mise en œuvre ultérieure.
L’étude se termine par l’élaboration de
fiches actions (travaux, études,
communication, etc) qui doivent
contribuer à atteindre les objectifs définis
au regard des enjeux (une estimation
financière des coûts est également
mentionnée).
2- Diagnostic hivernal
Les 200 zones définies sur la
photographie aérienne ont été
inventoriées pendant la saison hivernale
2010-2011. Plusieurs critères ont été
relevés (cf. fiche de relevés en annexe) :
- l’essence principale rencontrée,
- la régénération en place avec
indication de l’essence,
- le passage des skieurs par
l’observation des traces de skis,
- les dégâts aux semis et plants,
engendrés par les skieurs le plus souvent,
- les protections à envisager afin de
protéger les jeunes arbres des skieurs,
ainsi que leurs dimensions et leurs
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 19orientations (ceci afin de préparer les
actions à mettre en œuvre).
NB : à ce stade, l’origine des blessures observées
sur les jeunes arbres n’a pu être identifiée
précisément, même si l’impact du ski hors piste
est prépondérant. La cotation des dégâts n’est pas
basée sur l’origine des blessures mais sur la
viabilité des semis, en estimant l’avenir de ces
régénérations (dégâts irréversibles compromettant
le renouvellement de la forêt, significatifs mais ne
remettant pas en cause l’avenir de la forêt, faibles
ou nuls).
Résultats
Le traitement de la base de données ainsi
obtenue permet une analyse à deux
niveaux :
- quantitative, en donnant des
indications sur les proportions d’essences
rencontrées, les taux de dégâts aux
régénérations ou les intensités de ski hors
piste,
- spatiale, en permettant une
cartographie par bouquets des différents
indicateurs relevés, indiquant les secteurs
les plus touchés par le ski hors-piste et les
conséquences sur les semis qu’il
provoque (cf. carte du diagnostic
hivernal).
Les deux tableaux ci-dessous indiquent
les principaux résultats issus de ce
traitement. L’essence principale est
appelée « essence 1 », les moins
représentées « essence 2 et 3 ».
Essence peuplement adulte (en surface)
essence 1 ha % essence 2 ha % essence 3 ha %
épicéa 65,73 29 autres feuillus 2,02 1 épicéa 33,16 15
pin cembro 142,75 64 épicéa 119,53 53 pin cembro 6,01 3
pin à crochets 14,44 6 pin cembro 21,3 10 pin à crochets 1,93 1
(vide) 1,07 0 pin à crochets 24,84 11 sapin pectiné 30,32 14
Total 223,99 100 sapin pectiné 1,76 1 (vide) 152,57 68
(vide) 54,54 24 Total 223,99 100
Total 223,99 100
Régénérations (en surface)
essence 1 ha % essence 2 ha % essence 3 ha %
épicéa 52 23 épicéa 94,32 42 autres feuillus 0,12 0
pin cembro 131,73 59 pin cembro 34,49 15 épicéa 16,48 7
pin à crochets 8,56 4 pin à crochets 16,63 7 pin cembro 0,97 0
(vide) 31,7 14 sapin pectiné 0,56 0 pin à crochets 10 4
Total 223,99 100 (vide) 77,99 35 sapin pectiné 55,12 25
Total 223,99 100 (vide) 141,3 63
Total 223,99 100
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Cembraie de Chamrousse
DIAGNOSTIC HIVER
Echelle : 1 / 10 000
0 300 m
NG
SATI 38 - AB - Septembre 2011 BDORTHO© IGN 2009
Zone boisée inventoriée
0 : Aucun
1 : Quelques traces
2 : Traces nombreuses
3 : Neige damée
n°
Traces de ski observées :
Dégâts occasionnés par le ski :
3 : Irréversible
2 : Fort ( dégâts significatifs sur régénération )
1 : Faible ( régénération non compromise)
0 : Aucun
Pas de semis
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts
21Concernant les essences
rencontrées, aussi bien dans les
peuplements adultes que pour les
régénérations :
l’essence principale rencontrée
est bien le pin cembro, même si
des variations significatives
s’observent du sud de la zone, où
c’est le pin à crochets qui domine,
au nord vers les Pourettes où le
cembro devient quasiment pur
l’essence secondaire est
l’épicéa ; le pin à crochets est
la troisième espèce bien
représentée. Ces observations
sont identiques pour les
régénérations.
Pour les traces et dégâts liés au skieurs :
Quatre niveaux de fréquentation de la
forêt par les skieurs ont été définis,
d’aucune trace observée sur la neige à une
multitude de passages rendant le manteau
neigeux damé. C’est la troisième catégorie
qui est la plus fréquente, c'est-à-dire des
traces nombreuses, encore discernables
sur la neige, indiquant le passage de très
nombreux skieurs sur la zone. Un quart
seulement des zones n’est pas parcourue
et le 1/10e est fortement traversé par les
skieurs.
Fréquentation par le ski
32%
33%
28%
7%
aucune trace quelques traces
traces nombreuses neige damée
Concernant les dégâts infligés aux
régénérations, le tiers des îlots d’arbres
est fortement impacté, car concerné par
des dégâts forts ou irréversibles.
Dégâts aux sem is
31%
32%
21%
2%
14%
aucun faible fort irréversible pas de semis
Ce sont toutefois les blessures jugées
faiblement impactantes et qui ne
remettent pas en cause l’avenir des semis
qui sont prédominantes (42%). Un quart
des bosquets est indemne de dégâts.
Le croisement cartographique de ces
deux paramètres montre une bonne
corrélation entre fréquentation
importante et fort taux de dégât (cf.
carte). Les bouquets où les atteintes aux
semis sont jugés irréversibles sont tous
codifiés 2 et 3 en fréquentation (traces
nombreuses et neige damée). A contrario,
les secteurs sans dégâts ne sont pas ou
très peu traversés par les skieurs.
En première approche, il peut être
curieux de trouver des îlots fortement
parcourus sans ou avec très peu de
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 22traumatismes aux semis (neige damée
avec dégâts faibles). L’examen de la base
nous permet de constater qu’en fait
aucune régénération naturelle ne s’y
trouve.
Concernant les protections à installer, il
serait utile de prévoir que le tiers des
bosquets soit protégé contre les
skieurs.
Protection
utile modalités
barrière plantation filet
nb d’îlots 62 59 2 1
% 30% 28% 1% 0%
Dans la quasi-totalité des îlots nous avons
considéré que la barrière en bois était le
dispositif le mieux adapté, car c’est une
protection physique rigide ne nécessitant
pas de maintenance après les chutes de
neige et ne constituant pas un point noir
visuel trop important l’été si on choisit le
matériau bois.
La modalité « plantations de protection »
est certainement largement sous-évaluée
en première approche, car ce moyen
paraît séduisant pour l’acceptabilité par le
public (qui ne se rend pas compte que
c’est une protection) et son intégration
paysagère.
Le filet a le même intérêt que la barrière
mais nécessite un entretien lourd et
coûteux, ce qui fait qu’il n’a pas souvent
été proposé.
Près de 4 km de protections linéaires ont
été préconisées, à l’issue des descriptions
de terrain, ce qui est considérable.
3- Diagnostic estival
Pour les inventaires réalisés pendant l’été,
la présence de semis en dehors des zones
boisées identifiées sur la carte nous a
conduit à effectuer une reconnaissance de
l’ensemble de la zone d’étude suivant un
maillage carré de 100 m de côté. Une
grille automatique, générée par
informatique (SIG), sert de support aux
415 points d’inventaire.
Sur chacun de ces points, est décrit :
- le peuplement adulte : essences,
Très Gros Bois (TGB)*, état sanitaire,
bois mort et type de peuplement GSM
(Guide de Sylviculture de Montagne),
- la régénération, naturelle ou
artificielle, par essence et classe de
hauteur, ainsi que sa mortalité,
- les dégâts causés aux semis,
- les principales espèces
floristiques,
- les dégâts aux sols.
NB : les relevés pour les arbres adultes se font en
surface terrière au moyen d’un relascope. Les
semis et plantations sont inventoriés dans une
placette d’un rayon de 2 m de diamètre. La
limite entre boisement adulte et régénération est
déterminée par la stratification verticale des
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 23peuplements. La strate 4 constituant les
régénérations.
Résultats
Nous distinguerons dans la suite de
l’analyse la cembraie des Pourettes, située
sur le site Natura 2000, de celle du
domaine skiable.
Les tableaux et graphiques ci-dessous
illustrent les principales données
analysées.
(* TGB = diamètre à 1,30 m > 55 cm)
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 243.1 - Cembraie des Pourettes
Surface terrière totale
(G)
dont Très Gros Bois
(TGB) Essence
m2/ha % m2/ha %
pin
cembro 411 39 9 20
pin à
crochets 4 0 0 0
épicéa
commun 587 56 37 80
autre
essence 52 5 0 0
Total 1054 100 46 100
Le pin cembro n’est plus majoritaire
comme pour le diagnostic d’hiver car les
résultats ne sont plus globaux sur
l’ensemble de la zone d’étude mais sur la
seule cembraie des Pourettes qui englobe
un secteur de pessière pure jusqu’au
niveau de la route d’accès à Chamrousse ;
l’épicéa étant de surcroît en formation
plus dense d’où sa prédominance. En
réalité, on peut distinguer une cembraie
quasi pure au-delà de 1750 m et une
pessière au-dessous. Le pin à crochet a
quasiment disparu de la cembraie.
pin cembro et à crochets
Le capital sur pied est très faible (6,7
m2/ha au total et 8,1 m2 en enlevant du
calcul les prairies et autres espaces non
boisés). Cela traduit bien la configuration
même de la cembraie, qui est très lâche et
se rapproche d’un pré-bois clairiéré (pour
information, une formation forestière « moyenne »
de type sapinière ou pessière a un capital compris
entre 15 et 30 m2 /ha). La proportion de
TGB est faible (4%) et principalement
représentée par l’épicéa, même si 20% est
constitué de cembro.
Par ailleurs, 1% seulement de la surface
terrière totale se compose de bois mort
de diamètre supérieur à 35 cm.
L’état sanitaire des peuplements est
très satisfaisant.
état sanitaire nombre %
bon 126 84
moyen 0 0
mauvais 0 0
non boisé 24 16
total 150 100
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 25Tableau des types de peuplement
Type GSM
Nombre de
placettes %
Landes 89 59
Pelouses 18 12
Autre espace
non boisé 8 5 Type GSM
Nombre de
placettes %
Clair 0 0 Clair 0 0
Régénération 0 0 Régénération 0 0
Jardiné 0 0 Jardiné 0 0
Strate 1 20 13 Strate 1 20 57
Strate 2 4 3 Strate 2 4 11
Strate 3 2 1 Strate 3 2 6
Strates 12 9 6 Strates 12 9 26
Strates 23 0 0 Strates 23 0 0
Total 150 100 Total 35 100
Les types de peuplements, définis selon le
Guide de Sylviculture de Montagne
(GSM), montrent la prédominance des
landes boisées (L), suivies par les
forêts adultes régulières (strate 1) et
les prairies (P).
Cela semble logique, vu la zone d’étude
qui englobe de grandes surfaces non
forestières.
En examinant les formations forestières,
on s’aperçoit que moins de 10% de la
surface est constituée de jeunes
peuplements (type 3). Par conséquent, la
grande majorité de la forêt est adulte
et régularisée (68% de types à une
strate).
Tableau de répartition des semis par classes de hauteur (m)
essence pin cembro pin à crochet épicéa autre total
hauteur (m) nb % nb % nb % nb % nb %
<0.3 26 31 1 100 18 38 0 0 45 28
0.3-1 44 52 0 0 18 38 19 70 81 51
1-2 9 11 0 0 4 9 5 19 18 11
2-3 0 0 0 0 5 11 1 4 6 4
>3 1 1 0 0 2 4 2 7 5 3
mort 4 5 0 0 0 0 0 0 4 3
total 84 100 1 100 47 100 27 100 159 100
% / essence 53 1 30 17 100
Le tableau ci-dessus indique la répartition
des semis (c'est-à-dire la strate 4 qui est le
quart inférieur de la hauteur totale
potentielle des arbres) par classes de
hauteur. On observe que la régénération
est composée pour moitié de pin
cembro (53%), de 30% d’épicéa et de
17% d’autres essences (notamment
feuillus).
Ce diagnostic indique également que la
moitié des semis ont une hauteur
comprise entre 30 cm et 1 m (1/3 font
moins de 30 cm).
Seuls 3% des jeunes arbres sont morts
mais ce sont uniquement des pins
cembro.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 26Il faut mettre en regard de ce constat, la
densité de semis, le pourcentage de
placette sans semis et les taux de dégâts
dus aux skieurs. En effet, si 75% des
semis sont indemnes mais que peu de
placettes en présente ou que la densité
totale est faible, le problème de
renouvellement de la forêt reste prégnant.
Tableau des densités de semis
essence
densité
placette
densité
/ha
densité
/m2
pin
cembro 0,5600 446 0,045
pin à
crochets 0,0067 5 0,001
épicéa
commun 0,3133 249 0,025
autre
essence 0,1800 143 0,014
total 1,0600 844 0,084
Cela ne semble pas le cas ici, puisque la
densité est satisfaisante, calculée à 840 par
ha (même si peu de références
bibliographiques existent pour la
sylviculture du pin cembro) et la moitié
des placettes présente des semis. La
densité de semis monte à 860/ha si on
retire les formations non boisées.
Tableau des densités de semis
(hors types P-pelouse et A-espace non boisé)
essence
densité
placette
densité
/ha
densité
/m2
pin
cembro 0,5714 455 0,045
pin à
crochets 0,0068 5 0,001
épicéa
commun 0,3197 254 0,025
autre
essence 0,1837 146 0,015
total 1,0816 861 0,086
En comparant ces données aux études
précédentes, notamment celle de G.
DELETRAZ en 1996, des différences
significatives apparaissent : 84% des
cembros mesurent moins de 30 cm et la
densité de pin est de 0,33/m2 . J. WIART
en 1984 comptabilise 0,05 pin cembro au
m2 ce qui est très proche de notre chiffre.
CONTINI N et LAVARELO en 1981
trouvent des densités comprises entre
0,02 et 0,05 au m2 sur des placettes de
cembraie naturelle dans les Hautes Alpes
(légèrement mélangées avec du mélèze).
On peut donc raisonnablement
avancer que l’état de la régénération
naturelle de la cembraie des Pourettes
est globalement satisfaisant. Elle est
beaucoup plus faible que celle estimée par
G. DELETRAZ mais ceci peut
facilement s’expliquer par la méthode
d’inventaire mise en œuvre dans cette
étude, qui s’est focalisée sur les écotones
de bords de pistes, dont il est admis par
tous que ce sont les milieux les plus
favorables à la régénération naturelle.
Pour les dégâts liés aux skieurs, 86%
des semis sont indemnes et 4%
subissent de forts impacts.
Tableau des dégâts de ski aux semis
dégâts ski
nombre de
placettes %
aucun 62 86
faible 7 10
fort 3 4
irréversible 0 0
total 72 100
Ces données sont plus faibles que celles
observées l’hiver, ce qui est logique du
fait de la protection naturelle qu’offre la
couche de neige. Il faut aussi avoir en tête
que le secteur des Pourettes est nettement
moins skié que le reste du domaine.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 27En rapprochant ces résultats du tableau
des hauteurs de semis, on peut donc
supposer que les jeunes cembros de
moins d’1 m sont protégés des dégâts de
ski car protégés par la couche de neige.
En effet, 82% des semis font moins d’1m
et 86% ne présentent aucun dégât.
Toutefois il faut rester très prudent car
ces proportions peuvent varier fortement
en fonction des hauteurs de neige
(variable selon les années et selon les
expositions) et de la localisation des semis
(les études passées ont bien montré la
sensibilité plus forte des jeunes arbres en
lisière des pistes : DELETRAZ indique
79% de pins touchés dans la classe
60 cm-1 m et WIART 60% entre 60 cm
et 2 m).
En comparant avec les résultats de l’étude
de DELETRAZ il y a 15 ans, il
semblerait que les dégâts à la régénération
naturelle aient augmenté. En effet, en
1996, cette étude notait 84% de semis
indemne. La méthode utilisée
comptabilisant seulement les semis les
plus exposés (en bordure de pistes)
devrait conduire à obtenir une part
encore plus forte sur l’ensemble des
boisements, ce qui n’est pas le cas (81%
dans cette étude). On peut dès lors
supposer que les dégâts se sont aggravés
au cours du temps, ce qui semblerait
cohérent avec la hausse de fréquentation
en hors piste (avec notamment les
nouvelles pratiques, free-ride et snow-
board) et la baisse des hauteurs moyennes
de neige.
Il faut cette fois encore cependant rester
prudent sur l’interprétation des résultats,
étant données les différences dans les
méthodes d’échantillonnage.
L’approche floristique réalisée au cours
des inventaires montre la prépondérance
du rhododendron sur les placettes, suivi
de la myrtille. Ces facteurs peuvent
influencer les caractéristiques de
renouvellement de la forêt. La strate
dense de rhododendron et genévrier
empêche notamment aux jeunes plantules
de se développer.
Tableau de composition de la flore
flore
nombre de
placettes %
R 34 55
MR 0 0
GMR 0 0
GR 0 0
G 4 6
GM 2 3
M 22 35
total 62 100
R : rhododendron
M : myrtille
G : genévrier
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Echelle : 1 / 10 000
0 300 m
NG
SATI 38 - AB - Mars 2012 BDORTHO© IGN 2009
Surface terrière des
peuplements adultes
par essence
Zone d'étude
Pin cembro
Pin à crochet
Epicéa
2 à 10 m²
> à 20 m²
Autres essences
# Pas de peuplement
10 à 20 m²
Essences :
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29# #
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Echelle : 1 / 10 000
0 300 m
NG
SATI 38 - AB - Mars 2012 BDORTHO© IGN 2009
Surface terrière des
peuplements adultes
pour les Très Gros Bois
par essence
Zone d'étude
# Point d'inventaire
Surface terrière TGB en Pin cembro
Surface terrière TGB en Pin à crochet
Surface terrière TGB en Epicéa
1 à 2 m²
> à 6 m²
3 à 5 m²
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts
303.2 - Cembraie du domaine skiable
Surface terrière totale
(G)
dont Très Gros Bois
(TGB) Essence
m2/ha % m2/ha %
pin cembro 584 61 60 80
pin à crochets 180,5 19 8 11
épicéa commun 186,5 19 7 9
autre essence 12,5 1 0 0
Total 963,5 100 75 100
Le pin cembro est l’essence
majoritaire, suivi à part égale du pin à
crochets et de l’épicéa commun.
Lorsque l’on parle de la cembraie du
domaine skiable de Chamrousse, on
évoque donc une forêt mélangée de trois
espèces d’arbres, dont le pin cembro est
l’essence principale.
La part de TGB est faible mais
concentrée à 80% sur le cembro. La
surface terrière de bois à l’hectare est très
faible (3,5 m2 ) ; elle double cependant en
enlevant les pelouses et landes non
boisées mais reste nettement inférieur à
des forêts « traditionnelles » de montagne,
de type sapinière ou pessière (15-30 m2 ).
L’état sanitaire des peuplements est
très bon, comme sur les Pourettes et le
bois mort (de diam. > 35 cm) ne
représente que 4% du volume.
Type GSM
Nombre de
placettes %
Landes 90 36
Pelouses 94 37
Autre espace
non boisé 24 9
Clair 7 3
Régénération 6 2
Jardiné 1 0
Strate 1 10 4
Strate 2 2 1
Strate 3 1 0
Strates 12 16 6
Strates 23 2 1
Total 253 100
Comme pour les Pourettes, ce sont les
formations non boisées qui dominent
sur 80% de la surface. Cela confirme
bien l’emprise du domaine skiable sur la
forêt.
Même si on ne peut dire que 80% de la
cembraie est « mitée » par les pistes et
remontées mécaniques (car la zone
d’étude s’étale au-delà de la limite
forestière naturelle), on voit que l’impact
des installations de ski est forte.
Type GSM
Nombre de
placettes %
Clair 7 16
Régénération 6 13
Jardiné 1 2
Strate 1 10 22
Strate 2 2 4
Strate 3 1 2
Strates 12 16 36
Strates 23 2 4
Total 45 100
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 31En examinant les proportions de types de
formations boisées, les strates 1 et 2 sont
majoritaires et l’ensemble de la forêt
adulte représente 62% de la surface. Il
n’y a que 19% de forêt jeune, ce qui
constitue un fort déséquilibre pour
assurer l’avenir de la cembraie. En
effet, ce sont les strates 3 (constituées
d’arbres de hauteur comprise entre 4 et 8
m en moyenne) et 4 (régénérations de
moins de 4 m) qui doivent assurer le
renouvellement de la cembraie. Nous
verrons plus loin que la 4 est assez bien
représentée mais la 3 est insuffisante.
Etant donnée la lenteur de croissance du
cembro, cette strate est âgée au minimum
de 50 ans et le déficit observé pourrait
s’expliquer par les pratiques pastorales de
l’époque. En effet, avant la période
d’après guerre - où la déprise agricole a
débuté - le pâturage était intensif sur ces
alpages et le moindre pin cembro était
arraché par les bergers, pour éviter leur
colonisation. Le pin cembro ayant un
houppier dense ne laisse pas passer la
lumière au sol et induit une faible
croissance de l’herbe.
Tableau de répartition des semis par classes de hauteur (m)
essence Pin cembro Pin à crochet épicéa autre total
hauteur (m) nb % nb % nb % nb % nb %
<0.3 36 35 20 41 6 46 1 7 63 35
0.3-1 46 45 20 41 6 46 12 80 84 47
1-2 10 10 6 12 0 0 1 7 17 9
2-3 2 2 1 2 1 8 0 0 4 2
>3 2 2 0 0 0 0 1 7 3 2
mort 6 6 2 4 0 0 0 0 8 4
total 102 100 49 100 13 100 15 100 179 100
% / essence 57 27 7 8 100
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
50
<0.3 0.3-1 1-2 2-3 >3 mort
hauteur totale (m)
nombre de semis
pc
px
epc
aut
Répartition des semis par classes de hauteur (m)
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 32Le tableau ci-dessus indique clairement
que le pin cembro est majoritaire
(57%) et que le pin à crochets est
encore très présent (27%) au niveau
des semis.
La répartition par classes de hauteur
des régénérations naturelles sur le
domaine skiable montre que la classe
dominante est entre 30 cm et 1 m,
comme pour les Pourettes, et que plus du
tiers fait moins de 30 cm. Seuls 18% des
semis font plus de 1 m.
Peu de semis sont morts mais le
pourcentage est plus fort pour le cembro
même si la cause de la mort est inconnue
(dégât irréversible lié aux skieurs ou aux
engins de damage ?, mort naturelle ?).
Le déficit observé pour la classe < 30 cm
n’est qu’artificiel car les amplitudes de
classes de hauteur sont différentes. La
très faible proportion des arbres de
hauteur supérieure à 2 m est plus
inquiétante car elle aboutira
inévitablement à un déséquilibre lorsque
ces arbres devront remplacer les vieux
dépérissants. Ce déficit correspond à des
arbres qui ont au moins 50 ans et leur
faible représentation est due au
surpâturage avant guerre, où tous les
semis présents dans les pâturages étaient
éliminés. On ne peut expliquer cela par le
ski qui lui a débuté après cette période.
WIART en 1984 constatait ce déficit mais
aussi un autre correspondant à des classes
d’âge plus récentes (0,6 à 2 m de hauteur)
lié selon lui au développement de la
station. Il est difficile d’être affirmatif
dans la relation dégâts de ski/densité de
semis naturels car les réactions des
régénérations se font à un pas de temps
sensiblement différent de l’évolution de la
station. La station est relativement
récente (50 ans environ) par rapport à la
présence de la cembraie et la croissance
des pins cembro est extrêmement lente
(hauteur moyenne de 2 m en 50 ans). Il
faut donc rester très prudent quant à
l’interprétation des résultats et à la
comparaison entre les études, car les
méthodes de relevés sont variables
(l’étude de WIART reste muette d’ailleurs
à ce sujet), les classes de hauteur sont
différentes et les amplitudes parfois
hétérogènes pour une même étude.
Tableau des densités de semis
essence
densité
placette
densité
/ha
densité
/m2
pin
cembro 0,4032 321 0,032
pin à
crochets 0,1937 154 0,015
épicéa
commun 0,0514 41 0,004
autre
essence 0,0593 47 0,005
total 0,7036 563 0,056
Le tiers des placettes seulement
comporte des semis, ce qui est logique
étant données les surfaces non boisées de
la zone d’étude, au-delà de la limite
forestière naturelle.
Tableau des densités de semis
(hors types P-pelouse et A-espace non boisé)
essence
densité
placette
densité
/ha
densité
/m2
pin
cembro 0,6343 505 0,050
pin à
crochets 0,3433 273 0,027
épicéa
commun 0,0672 53 0,005
autre
essence 0,1119 89 0,009
total 1,1567 920 0,092
La densité de semis est de 560 par ha et
atteint 920 si on retire du calcul les
placettes hors forêt. Pour affiner
l’analyse, il faut considérer la part de
cembro dans cette densité totale et l’état
de ces semis.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 33de ns i t é de s e mi s / ha
320 155
41
48
pc px epc aut
Le cembro seul ne se situe plus qu’à 320
arbres/ha (ou 505 hors types P et A).
Tableau des dégâts de ski aux semis
dégâts ski
nombre de
placettes %
aucun 44 54
faible 18 22
fort 17 21
irréversible 2 2
total 81 100
La moitié des semis est indemne (ce
qui est très nettement inférieur aux
observations faites sur le secteur des
Pourettes) mais les ¾ peuvent assurer
le renouvellement car faiblement
touchés. Le quart des semis est fortement
impacté. Ce chiffre est plus faible que les
observations effectuées l’hiver, ce qui
s’explique par la protection hivernale de
la neige pour les semis de faible hauteur.
Il y a donc environ 250 semis de pin
cembro à l’hectare dans la forêt, qui ne
sont pas touchés par les dégâts de ski
et assureront son renouvellement.
On peut considérer que ce chiffre est
satisfaisant si l’on se réfère à CONTINI
et LAVARELO (100 à 150/ha dans des
cembraies naturelles les Hautes Alpes).
Concernant la flore rencontrée, le tableau
ci-dessous indique la prépondérance du
rhododendron et de la myrtille, qui sont
deux espèces qui ralentissent la
colonisation du cembro par leur couvert
important.
Tableau de composition de la flore
flore
nombre de
placettes %
R 34 39
MR 11 13
GMR 5 6
GR 5 6
G 3 3
GM 13 15
M 16 18
total 87 100
R : rhododendron
M : myrtille
G : genévrier
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 34# #
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Echelle : 1 / 10 000
0 300 m
NG
SATI 38 - AB - Mars 2012 BDORTHO© IGN 2009
Régénération
par essence
(naturelle ou plantation)
Zone d'étude
Pin cembro
Pin à crochet
Epicéa
1 à 3 semis ou plants
4 à 6 semis ou plants
10 à 12 semis ou plants
Autres essences
# Pas de semis ou plant
7 à 9 semis ou plants
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts
35# #
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Echelle : 1 / 10 000
0 300 m
NG
SATI 38 - AB - Mars 2012 BDORTHO© IGN 2009
Zone d'étude
Densité à l'hectare :
# Pas de régénération
# Densité 800/ha - (1/placette)
#
#
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Densité 1600/ha - (2/placette)
Densité 2400/ha - (3/placette)
Densité 3200/ha - (4/placette)
Densité >4000/ha - (5 à 12/placette) #
Densité par hectare
de la régénération
(naturelle ou plantation)
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts
364 - Cartographie
L’examen des cartes de relevés des
données montre la répartition des
essences des peuplements adultes et des
semis, les secteurs les plus régénérés, les
plus forts en capital sur pied, la
localisation des divers types de
peuplements, les zones les plus impactées
par les dégâts de ski, la localisation des
TGB.
Ainsi, se confirment certaines
observations réalisées lors du diagnostic
de l’hiver :
la cembraie adulte est de plus en
plus pure du sud vers le nord
pour être quasiment pure vers les
Pourettes,
les deux essences qui
accompagnent le cembro sont le
pin à crochets, largement
majoritaire au sud en exposition
sud-ouest, et l’épicéa commun,
fortement représenté en bas de
station ; les feuillus restant
largement minoritaires,
la forêt comporte plus de volume
de bois en bas de station et dans
le secteur du Schuss des Dames.
D’autres constats résultent de
l’observation des cartes :
les types de peuplements adultes
sont principalement concentrés
en partie inférieure de la station,
dans le secteur du Schuss des
Dames et au-dessus du lac des
Vallons ; les autres secteurs
abritant plutôt des peuplements
clairiérés (landes peu boisées),
les très gros bois (diamètre
supérieur à 55 cm) sont
disséminés dans toute la zone
d’étude mais sont présents en
plus grande quantité dans le
secteur du Schuss des Dames et
au-dessus du lac des Vallons,
le bois mort, de diamètre > 35 cm
se trouve en faible quantité mais
sur l’ensemble de la zone,
L’observation des cartes de répartition
des régénérations naturelles montre que :
la régénération naturelle est plus
mélangée que la forêt adulte et les
feuillus y sont mieux représentés,
les densités de semis les plus
élevées se situent plutôt dans les
zones les plus ouvertes (Roche
Béranger et haut de station) ce
qui semble logique par rapport à
l’éclairement du sol,
la densité de semis est très
variable selon les secteurs et assez
bien répartie, même si elle est
plus présente dans la partie sud et
en haut de station,
il n’y a pas de secteur qui se
distingue quant aux hauteurs de
semis.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 37# 0 Ê Ú Ê Ú
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Echelle : 1 / 10 000
0 300 m
NG
SATI 38 - AB - Mars 2012 BDORTHO© IGN 2009
Dégats de ski
observés sur la régénération
Zone d'étude
Dégats de ski :
# Y nul
" 8 faible
# 0
moyen
Ê Ú
fort
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts
38Concernant les dégâts de ski, la
comparaison entre les deux diagnostics
hiver et été montre une bonne corrélation
au bas de la station et au-dessus du lac
des Vallons. Par contre, ce n’est pas le cas
pour le secteur de Roche Béranger et
lorsqu’on s’approche des Pourettes. Les
principales explications de ces différences
proviennent des méthodes d’inventaire
qui sont largement différentes. Si les
relevés hivernaux ont estimé une classe
de dégâts pour un bouquet de forêt (de
surface très variable, de quelques ares à
plusieurs hectares), les relevés d’été sont
beaucoup plus précis, puisque réalisés à
raison d’un point par hectare. Il n’est
donc pas surprenant de trouver des
divergences. C’est bien la méthode
utilisée pendant l’été qui est la plus
précise et la plus exhaustive puisqu’elle
permet d’inventorier la totalité des arbres
(l’hiver, une partie d’entre eux est cachée
sous la neige).
Les grandes tendances se retrouvent
cependant :
- les secteurs les plus touchés sont sur
Roche Béranger (forêt découpée en
petits lambeaux par les équipements
de ski et topographie assez douce)
- les moins impactés vers les Pourettes
(fréquentation plus faible, forêt plus
compacte et ski plus difficile).
5 - Inventaire des pratiques
et activités sur la zone d’étude
Afin de bien intégrer l’ensemble des
problématiques, il est indispensable
d’établir un inventaire exhaustif des
activités qui se déroulent sur la zone
d’étude.
Si l’activité principale qui ressort en
premier est bien évidemment le ski, de
nombreuses pratiques ont lieu sur le
domaine skiable et le secteur des
Pourettes, aussi bien l’hiver que l’été.
5.1 - Activités hivernales
Le ski alpin est bien évidemment la
pratique de masse la plus importante sur
le territoire considéré. C’est aussi
certainement la principale contrainte vis-
à-vis du renouvellement de la cembraie.
On a vu dans les chapitres précédents
l’influence des skieurs, notamment en
hors piste, sur les jeunes pousses de pin
cembro.
Il faut signaler également les
conséquences des installations des
remontées mécaniques sur le
morcellement de la forêt. Le manteau
forestier est « découpé », « mité » par les
pistes de ski et les remontées mécaniques,
qui engendrent des morceaux de forêt de
surface variable, déconnectés les uns des
autres. La continuité forestière est ainsi
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 39mise à mal et cela a des conséquences sur
l’écosystème. Par exemple, certaines
espèces ont besoin de cette continuité
pour vivre normalement et n’apprécient
pas de devoir s’exposer dans des milieux
ouverts dans leur aire vitale. On peut citer
les grands ongulés, les chiroptères et de
nombreux oiseaux forestiers. La plupart
des espèces s’adaptent cependant mais ne
sont pas dans des conditions de vie
optimales. J. WIART parlait en 1984 de
trois niveaux de morcellement de la
cembraie : le premier d’origine naturel car
ce type de formation forestière est
clairiérée, le secondaire lié aux
équipements pour le ski (remontées et
pistes), le troisième issu des skieurs hors
piste qui provoquent des couloirs
d’érosion régressive, qui tendent à
disjoindre les entités boisées
préexistantes.
L’impact des remontées mécaniques est
très fort sur les populations de tétras-lyre,
notamment à cause des câbles des
téléskis, qui constituent des obstacles
difficilement repérables pour ces oiseaux.
Les collisions sont fréquentes et
entraînent malheureusement de la
mortalité chez le tétras. Des initiatives
sont menées par la station pour prévenir
ces problèmes, par la pose de flotteurs de
couleur rouge, régulièrement répartis sur
les câbles et qui aident les oiseaux à les
repérer. La station a décidé que
désormais toute nouvelle installation sera
équipée de ce dispositif.
On peut noter aussi l’initiative récente
d’un moniteur de ski, par ailleurs
accompagnateur moyenne montagne
l’été, qui a tenté de sensibiliser ses
collègues en début de saison hivernale.
Par une intervention lors de la journée de
formation obligatoire, une centaine de
moniteurs de l’Ecole du Ski Français ont
ainsi été sensibilisés à la préservation de la
cembraie et aux espèces qu’elle abrite.
La pratique de la raquette à neige et du
ski de randonnée en peau de phoque
existe également mais est limitée
cependant géographiquement. C’est le
secteur des Pourettes qui accueille la
majorité des skieurs de randonnée, qui
n’occasionnent que peu de dégâts, vu leur
nombre et leurs parcours (la plupart
redescendent par la piste de Casserousse
car les boisements assez denses ne
permettent pas une progression aisée en
hors piste).
Pour la raquette qui est peu pratiquée
dans le secteur d’étude, elle se situe sur
les Pourettes car la densité du réseau de
pistes de ski de pistes est telle sur le
domaine skiable qu’elle ne permet guère
ce loisir. Là encore, les pratiquants
n’induisent pas de dégâts sur les
régénérations naturelles, même si des
conséquences néfastes peuvent s’observer
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 40sur le milieu, notamment pour le
dérangement du tétras-lyre.
D’autres activités telles que les
motoneiges se pratiquent à Chamrousse,
seulement sur les pistes, après leur
fermeture.
5.2 - Activités estivales
En dehors des pratiques de loisirs,
randonnée et VTT principalement, les
activités pastorales et de chasse qui se
déroulent sur le site ont une importance
significative sur le milieu.
Le pâturage existe depuis très longtemps
sur le site de Chamrousse. Si son intensité
a évolué au fil du temps, il n’en reste pas
moins que c’est une pratique qui a eu une
influence significative sur la cembraie. En
effet, le pin cembro a toujours été
un « ennemi » pour le pastoralisme, du
fait d’un couvert relativement épais qui
entrave la pousse de l’herbe. Sa
croissance très lente joue aussi contre lui
car il gêne durablement le pâturage, aussi
bien dans sa phase juvénile que pendant
de longues décennies, contrairement au
mélèze (par exemple), qui par son couvert
clair, la chute de ses aiguilles et sa
croissance plus rapide lui permettent de
se maintenir.
Les pratiques actuelles sont beaucoup
moins intensives que par le passé, ce qui a
permis au pin cembro de recoloniser
progressivement ces forêts d’altitude. Il
n’y a plus d’arrachage systématique
depuis plusieurs décennies et l’alpagiste
est en relation étroite avec les acteurs de
la station (commune, remontées
mécaniques, chasseurs) pour concilier son
activité avec celle du domaine skiable.
Des réunions sont ainsi organisées en
début de saison de pâturage pour
informer le berger des travaux qui seront
réalisés sur le domaine (broyage de
végétation, régénération de tapis herbacé
par reverdissement des pistes,
plantations) et le sensibiliser aux zones
sensibles pour le tétras-lyre.
Aujourd’hui, le Groupement Pastoral des
Gaboureaux gère un troupeau ovin de
1500 têtes, une vingtaine de chèvres et
une dizaine de vaches. Sur une surface
totale de 948 hectares, environ 660 sont
effectivement parcourus par le cheptel
(en retirant rochers, falaises et lacs).
Six propriétaires de bétail sont associés
dans ce groupement, qui est présidé par
Joël VILLARD, dont le fils est le berger.
La plupart des pistes de ski sont pâturées,
à des intensités et des époques variables.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 41Conduite pastorale
(Source : Fédération des
Alpages se l'Isère - 2002)
± Echelle : 1 / 10 000 p^qfPU=J=^_=J=j~êë=OMNO 0 150 300 m 75 scan25©IGN 09
Légende
Zone d'étude
Clôture électrique pour bovins
Parcouru de début juillet à fin juillet
Parcouru de fin juillet à fin août
Parcouru de mi-juin à début juillet
Re-parcouru de fin août à début octobre
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts
42La carte des zones parcourues indique
également les périodes auxquelles le
troupeau se trouve. Sur une période de 4
mois, il débute par le bas de station en
juin (Recoin et Roche Béranger) puis
pâture le domaine skiable à partir de
juillet en commençant pas le bas, pour
n’atteindre la Croix de Chamrousse qu’en
août, après la période de nidification du
tétras-lyre. La redescente a lieu en
septembre ; le troupeau progresse du
haut vers le bas, au gré de la repousse de
l’herbe. Cette conduite de troupeau évite
également de laisser les bêtes dans les
zones de plantations (ce sont surtout les
feuillus qui sont sensibles). Ces pratiques
permettent de concilier pâturage, autres
activités du domaine (dont la chasse et la
préservation du tétras-lyre) et
renouvellement de la forêt.
Si le pin cembro a payé un lourd tribut
aux animaux par le passé, force est de
constater qu’actuellement, les dégâts sont
très limités et ne remettent en tout cas
pas en cause la pérennité de la cembraie.
La chasse est une activité importante du
secteur d’étude, non seulement parce
qu’elle concerne l’ensemble du domaine
mais aussi parce qu’elle est un véritable
enjeu pour la conservation du tétras-lyre.
La commune de Chamrousse couvre un
territoire de 1330 hectares, dont 900
environ sont chassables. Une trentaine de
chasseurs pratique cette activité, dont la
moitié sont des chamroussiens, qui
connaissent bien le site.
Les animaux chassés sont constitués du
petit gibier (lièvre, tétras-lyre) et du grand
gibier (chevreuils, chamois). 15 ongulés,
10 lièvres et 6 tétras-lyre représentent le
plan de chasse moyen de ces dernières
années (en 2010, 4 coqs de tétras-lyre).
Les activités de sports d’hiver et le
pâturage ont une influence sur la faune,
par le dérangement apporté par la
fréquentation, mais il semble que les
impacts soient compatibles avec la
préservation des espèces. Ainsi, le tétras
s’est accommodé des skieurs qui peuvent
cependant le faire fuir l’hiver de son
igloo. La demande faite au berger de ne
pas pâturer les zones où se trouvent les
nichées avant le 15 juillet permet aussi de
l’épargner.
Certains pensent qu’il pourrait même y
avoir des effets positifs de la présence de
la station (par l’ouverture de trouées dans
la forêt), ce que semble attester les
comptages au chant (estimation du
nombre de coqs chanteurs) et aux chiens
d’arrêt (estimation du nombre de
poussins dans les couvées) réalisées
depuis 1983). En effet, les ouvertures
créées par les pistes et les remontées sont
autant de milieux favorables à la présence
du tétras-lyre, qui a besoin de clairières et
d’une mosaïque de milieux pour vivre.
L’ouverture de milieux est effectivement
favorable au tétras-lyre, mais l’alternance
de faciès n’est pas due seulement aux
pistes de ski. Les mesures liées à la
réouverture de pâturage ont aussi
contribué à cette mosaïque. Depuis une
quinzaine d’années, des actions de coupe
de rhododendron, d’aulne vert et de
quelques épicéas sont menées également
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 43_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 44par les chasseurs lors de corvées
annuelles.
La pratique du VTT est une activité en
pleine expansion sur le domaine skiable
de Chamrousse. Si elle existe depuis de
nombreuses années, elle n’est partagée
avec la station (commune et remontées
mécaniques) que depuis 5 ans. Ce loisir
permet l’utilisation des remontées
mécaniques l’été (10 000 rotations à la
télécabine par an) ; les cyclistes
empruntent ensuite des itinéraires balisés
qui traversent le domaine skiable sur des
sentiers pédestres, des pistes de ski ou des
passages dédiés.
Cela ne va pas sans causer quelques
conflits d’usage, avec les randonneurs
notamment, lorsque les itinéraires sont
communs, ce qui est aujourd’hui une
préoccupation des responsables de
l’association qui gère l’activité sur le site.
L’objectif est d’éviter le plus possible
d’avoir ce genre de chevauchement pour
des raisons de sécurité notamment, même
s’il est inévitable qu’il y ait des
croisements à certains endroits. 20 km de
pistes VTT sont balisées et entretenues et
2 à 3 nouveaux itinéraires sont en cours
de réflexion. Même si les équipements ne
nécessitent pas de gros travaux, les
passages créés dans la cembraie ont
détruit quelques arbres, amené quelques
terrassements et permis la pénétration
dans des peuplements parfois très fermés.
L’impact sur les régénérations de pin
cembro n’est donc pas neutre, même si
son importance est mesurée. Le passage
répété des VTTistes entraîne l’érosion du
sol, notamment aux endroits les plus
pentus sur la piste noire et aucun semis
ne peut durablement s’installer. Les pistes
peuvent aussi causer des problèmes par
rapport aux couvées de tétras-lyre qui se
trouvent l’été dans des zones herbeuses
facilement traversables par les cyclistes.
C’est d’ailleurs pour cela que la piste
noire n’est ouverte qu’à partir du 15
juillet. Il faut donc être vigilant sur les
nouveaux projets, bien en discuter avant
réalisation avec les acteurs du site
(commune, station, chasseur, gestionnaire
de la forêt) afin de rendre compatible
l’itinéraire avec les enjeux du site (cf. carte
des itinéraires VTT).
La randonnée pédestre est une activité
phare de Chamrousse en été. La plupart
des touristes viennent pour se promener
en montagne. La fréquentation des
sentiers est ensuite largement renforcée
par la population locale.
Certains sentiers connaissent une
fréquentation très importante,
notamment celui du lac Achard (plusieurs
centaines de personnes par jour), dont le
départ traverse la cembraie. L’impact des
randonneurs est très faible sur le milieu, à
partir du moment où les randonneurs
sont canalisés sur les sentiers balisés.
Des impacts sont toutefois observés :
piétinement excessif de certaines portions
qui peuvent entraîner de l’érosion, dépôts
de déchets dans la nature, dérangement
lorsque la fréquentation est massive. Pour
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 45le renouvellement de la cembraie, on peut
raisonnablement penser que les impacts
sont très limités, d’une par parce que les
sentiers qui la parcourent ne sont pas les
plus fréquentés, d’autre part parce que les
randonneurs restent le plus souvent sur
les itinéraires dédiés.
Les professionnels de cette activité
(accompagnateurs en montagne issus
principalement de deux associations
locales) sont sensibilisés à la valeur
patrimoniale de la cembraie, en
connaissent la fragilité, le mode de
régénération principale par le casse-noix
(qu’ils ne manquent pas d’expliquer à
leurs clients). Ils se montrent intéressés
pour mieux informer le public,
notamment par la communication de
données, écrites ou verbales.
Le tableau ci-dessous récapitule, par type
d’activités, le niveau de fréquentation et
les impacts sur le milieu, sur la cembraie
et sur le tétras-lyre qu’elle engendre.
Activités Fréquentation Impact sur
milieu
Impact sur
cembraie
Impact sur
tétras
Ski sur pistes +++ ++ ++ +
Ski hors-pistes ++ +++ +++ ++
Ski randonnée + + ++ ++
Randonnée
pédestre hiver
(raquettes)
+ + + ++
Pâturage ++ ++ + +
Chasse + ++ +++
VTT ++ ++ ++
Randonnée
pédestre été
++ +
Tableau : Caractérisation et impacts des pratiques sur la zone d’étude du plan de gestion (+ faible ++ moyen +++ fort)
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 466 - Définition des enjeux et
des objectifs
6.1 – Enjeux
L’analyse des caractéristiques principales
de la cembraie (aspect écologique) et des
usages, que ce soit au niveau touristique
ou pastoral, permet d’appréhender les
enjeux. Ceux-ci sont liés non seulement
aux activités humaines s’exerçant sur le
site mais aussi aux caractéristiques
intrinsèques du milieu. Ainsi l’étude des
interactions entre les caractéristiques du
milieu ou d'une espèce (valeur,
importance sur le site, état de
conservation…) et l'importance des
activités humaines (impact négatif ou
positif, réel ou potentiel) amène à définir
le niveau de l’enjeu.
Finalement, les enjeux pour les habitats
ou les espèces dépendent de leur
représentativité sur le site, de leur état de
conservation, du risque de dégradation
(par dynamique naturelle ou par les
activités anthropiques), et de la possibilité
de restauration.
Les enjeux concernent donc :
en tout premier lieu la forêt de pin
cembro en elle-même, menacée par
les activités humaines que sont le
ski et le VTT et, dans une moindre
mesure, par le pastoralisme,
puis le tétras-lyre, autre espèce
emblématique du site, qui est
impactée significativement par le ski
et la chasse,
enfin les zones humides résiduelles
sur la zone d’étude, qui constituent
un réel enjeu dont il faut tenir
compte, car certaines sont
dégradées et d’autres nécessitent
une gestion particulière.
Le tableau ci-dessous présente
l’importance des enjeux au regard des
critères énoncés plus haut (valeur
patrimoniale, importance, état de
conservation, impact des activités de
l’homme) :
Enjeux Valeur
patrimoniale
Importance
sur site
Etat de
conservation
Impact
activités
humaines
Cotation
de l’enjeu
Forêt de pin
cembro du
domaine skiable
++++ ++++ - - +++ 10
Forêt de pin
cembro des
Pourettes
++++ ++++ - ++ 9
Population de
tétras-lyre ++ ++ - ++ 5
Zones humides ++++ +++ - - - +++ 7
De façon plus synthétique et par ordre de priorité, on peut présenter le tableau récapitulatif des enjeux ci-dessous :
Enjeux Importance
Forêt de pin cembro du domaine skiable *****
Forêt de pin cembro des Pourettes ****
Zones humides ***
Population de tétras-lyre **
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 476.2 – Objectifs
Le travail de collecte puis de
synthèse de nombreuses données
écologiques, naturalistes, socio-
économiques, complété de la définition
des principaux enjeux, permet d’élaborer
les objectifs majeurs quant à la
conservation des habitats et des espèces
d'intérêt patrimonial.
Les objectifs de gestion du site
sont en adéquation avec les enjeux définis
et sont répartis en cinq groupes. Quatre
concernent la préservation des milieux et
espèces intéressants, le cinquième est un
objectif transversal qui vise à
communiquer sur la cembraie et les
espèces qu’elle abrite, envers les touristes
mais aussi la population locale,
professionnelle ou non.
Objectifs
Pérenniser la cembraie du domaine skiable
Préserver la cembraie des Pourettes
Préserver la population de tétras-lyre
Restaurer et préserver les zones humides
Communiquer sur les actions et les évaluer
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 487 - Propositions d’actions
La réalisation de ces objectifs passe par
l'application de mesures de gestion. Ainsi,
pour chaque objectif défini, une liste
d’actions est établie. Ces actions se
traduisent par des études, des travaux ou
des prestations intellectuelles
(communication par exemple), qui vont
permettre d’agir sur les enjeux, de mieux
les prendre en compte au fil du temps et
de répondre aux objectifs.
Chaque action fait l’objet d’une fiche,
qui :
détaille le contexte actuel,
prévoit la localisation précise de
l’action à mener avec ses
quantités,
décrit les techniques à mettre en
œuvre ou le cahier des charges à
appliquer,
propose un maître d’ouvrage et
les prestataires qui peuvent
réaliser le projet,
définit un calendrier
d’intervention,
chiffre les coûts des interventions,
indique un indicateur d’évaluation
de l’action.
Le plan de gestion est défini pour une
durée de 10 ans. Les actions sont donc à
mettre en œuvre pendant cette période,
en suivant le calendrier proposé dans
chaque fiche-action.
Un bilan de la réalisation des
interventions proposées sera utile à mi-
parcours (5 ans) pour examiner la
proportion mise en œuvre, mais aussi
évaluer les premières actions et en tirer
les enseignements pour les futures. On
peut même envisager de modifier
certaines actions, notamment au niveau
des techniques de protection employées,
ou du calendrier, pour la seconde période
d’application.
La liste d’actions proposées est listée ci-
dessous par objectif. Les fiches-actions
sont présentées par la suite.
Objectif n°1 :
Pérenniser la cembraie du domaine
skiable
1.1 : Limiter la pénétration des
peuplements par les skieurs et protéger
les régénérations (des dégâts du ski hors
piste) en testant différents dispositifs
1.2 : Densifier les semis naturels par des
plantations
1.3 : Mettre en place une signalétique
adaptée
1.4 : Mettre en place un suivi des
dispositifs installés
1.5 : Limiter les extensions de pistes,
reconsidérer certaines liaisons
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 49Objectif n°2 :
Préserver la cembraie des Pourettes
2.1 : Limiter la pénétration des
peuplements par les skieurs
2.2 : Mettre en place un suivi de
l’évolution de la cembraie par
l’installation de placettes permanentes
2.3 : Proscrire les extensions de pistes
Objectif n°3 :
Préserver la population de tétras-lyre
3.1 : Suivre l’évolution des populations
(comptages au chant, inventaires des
couvées au chien d’arrêt)
3.2 : Poursuivre la conduite pastorale du
troupeau
3.3 : Limiter la pénétration des
peuplements par les skieurs
3.4 : Poursuivre les actions d’ouverture
du milieu
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 50Objectif n°4 :
Restaurer et préserver les milieux
humides
4.1 : Diagnostiquer l’état et le
fonctionnement des zones humides
4.2 : Restaurer les zones humides
dégradées par les pistes de ski
4.3 : Protéger les tourbières encore
indemnes
4.4 : Mettre en place des actions
d’information sur la valeur patrimoniale
des tourbières
Objectif n°5 :
Actions transversales concernant
l’ensemble du site
5.1. : Communiquer sur l’intérêt
patrimonial de la cembraie et des milieux
et espèces qu’elle abrite (bulletin
municipal, revue spécialisée, etc) et créer
des outils de communication à
destination des utilisateurs du site
(panneaux d’information, tables de
lecture, affiches, dépliants, etc). Mettre en
place des actions de sensibilisation et
d’information des usagers
(professionnels, population locale,
touristes) du site (formation des
professionnels, réunions publiques
d’information, conférences, etc)
5.2.: Sensibiliser le public scolaire local à
la préservation du site
5.3. : Evaluer l’impact des mesures de
gestion engagées sur le site (suivi des
plantations, des dispositifs de protection,
enquêtes auprès des usagers, etc) et en
rendre compte périodiquement
5.4. : Etablir une convention
d’application du plan de gestion entre les
différents partenaires
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 51Extrait du journal
municipal de
Chamrousse de
décembre 2011
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 52Commune de Chamrousse
OBJECTIF 1
Pérenniser la cembraie du domaine skiable
FICHE ACTION 1.1
Limiter la pénétration des peuplements
par les skieurs et protéger les
régénérations
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Dans certains secteurs du domaine skiable, les peuplements sont régénérés ou en cours de colonisation par des semis naturels, mais ces jeunes arbres sont très vulnérables. En effet, ils sont soumis aux dégâts causés par les skieurs (carres des skis qui blessent plus ou moins profondément les bourgeons terminaux ou les branches latérales des semis) et risquent à terme de ne pouvoir assurer le renouvellement de la forêt.
OBJECTIF GENERAL
Le renouvellement naturel de la cembraie ainsi que sa
pérennité à long terme sont recherchés pour des raisons
écologiques (la cembraie est naturelle et autochtone ; son
renouvellement naturel évite les risques de pollution
génétique) et financières (le renouvellement naturel ne coûte
rien).
OBJECTIF DE L’ACTION
L’objectif immédiat est de protéger les semis existants
contre les dégâts dus à la fréquentation hivernale et
notamment le ski hors piste.
LOCALISATION DE L’ACTION
Plusieurs secteurs se prêtent à ce type d’action, mais pour des raisons essentiellement économiques, l’intégralité des zones en cours de renouvellement ne pourront être protégées au cours de ce plan de gestion de 10 ans. Il faudra suivre les protections mises en place dans la durée et envisager les mesures à mettre en oeuvre au-delà de 10 ans, pour voir s’il y a lieu de poursuivre sur d’autres zones.
Trois sites sont identifiés pour ce plan, en tenant compte des diagnostics effectués en hiver et en été : l’examen des cartes de densité de régénérations naturelles, des dégâts occasionnés par le ski, de la fréquentation des bosquets de peuplements par les skieurs, de localisation des places de chant du tétras-lyre permettent de mettre en évidence des secteurs où cette action paraît la plus bénéfique. La carte des zones à protéger indique trois secteurs :
1) secteur Recoin : la piste noire des vallons est étroite et traverse sur un linéaire de 600 à 700m un vaste peuplement faiblement régénéré. Quelques semis naturels s’y trouvent toutefois, notamment de jeunes pins cembros mais qui sont assez fortement impactés par les skieurs. La fermeture de cette piste permettrait de reconstituer un secteur non menacé par les skieurs hors piste de l’ordre de 17 ha et reconstituerait ainsi une ambiance forestière suffisamment vaste pour assurer la pérennité de la cembraie. La piste ne pouvant être condamnée, il est toutefois intéressant de préserver au moins les parties médiane et basse, en reconnectant cette piste à celle plus au sud (piste des Gaboureaux). Par l’installation de 2x50 m de protections physiques (barrières bois) en « V inversé », au niveau de la bifurcation avec l’ancienne piste, les skieurs seront invités à rester sur la piste actuelle ou à rejoindre celle des Gaboureaux.
Barrières bois
Carte de la régénération naturelle
Carte des dégâts hivernaux
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 532) secteur Schuss des Dames : il serait intéressant de fermer le bas de la piste des Loups et Jardins, ce qui permettrait de « libérer » une douzaine d’hectares de la pression des skieurs hors piste. Ce secteur est assez bien régénéré mais les semis se trouvent aussi bien en bordure de piste que sur la piste, aux endroits les plus sensibles où les dégâts sont les plus forts. Les semis sont par conséquent fortement vulnérables et auront beaucoup de mal à constituer la forêt de demain sans protection. Cette piste passe de plus sur une zone humide. La condamnation de cette piste peut se faire par l’installation d’un filet sur 60 m environ.
3) secteur Roche Béranger : la liaison entre le secteur de Recoin et celui de Roche Béranger passe dans un bouquet de forêt où les dégâts aux régénérations naturelles sont très forts : les semis tout en étant peu nombreux sont blessés. La déviation de cette liaison semble possible en passant plus en amont dans une zone déjà très ouverte et terrassée pour le passage d’un téléski. Ce projet est facile à mettre en place car il ne nécessite que l’implantation de protection (barrières végétales) sur un linéaire de 25 m en deux portions (15 m + 10 m). Il ne traite cependant qu’une surface de forêt relativement réduite (3 ha). Par ailleurs, la station projette également de modifier cette liaison à moyen terme, dans le même sens que celui décrit ci-dessus.
Filet
Carte de la régénération naturelle
Carte des dégâts hivernaux
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 54Ces zones à traiter ne sont pas exhaustives mais ont été validées par une tournée de terrain avec le service des remontées mécaniques et la commune (le 07 février 2012). L’ensemble des acteurs gagnerait à être consulté pour s’assurer que toutes les contraintes sont bien prises en compte (tétras, pâturage, circuits de VTT, etc).
SURFACE
Les surfaces à traiter par ce type de dispositif sont, pour la durée de ce plan de gestion, d’environ 32 ha, ce qui est relativement faible, au regard de la totalité de la zone d’étude.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
ONF, Régie Remontées Mécaniques
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Le but est de mettre en place une protection physique qui empêche les skieurs de pénétrer dans les peuplements et d’y causer des dégâts.
La mise en place doit être réfléchie pour constituer un réel obstacle à la pénétration des skieurs. La topographie du terrain devra être finement étudiée pour trouver l’emplacement le plus approprié. Des équipements complémentaires seront peut-être à prévoir à l’issue d’une saison de ski, si l’efficacité de la protection n’est pas totale.
Différents types de protection peuvent être envisagés :
- barrières en bois, suffisamment hautes pour ne pas être franchissables lorsqu’il y a de la neige. La hauteur sera donc variable selon l’altitude et l’exposition mais une hauteur de 2 m est le minimum - filets de protection souple de 2 m de hauteur, qui ont l’avantage de pouvoir s’adapter à la hauteur du manteau neigeux, mais qui ont l’inconvénient de devoir être relevés à chaque chute de neige - barrière végétale, constituée de plants haute tige, disposés en quinconce sur plusieurs lignes avec une interdistance faible entre les plants (1 m), ceci afin de constituer un mur végétal, dense et impénétrable. L’avantage de ce type de dispositif est de s’intégrer complètement au site et de constituer un obstacle « naturel » et pérenne, mais l’efficacité n’est pas forcément immédiate, compte tenu de la reprise et la croissance des plants, lente à ces altitudes.
Les essences à utiliser pour les plantations haute tige seront, en priorité des espèces locales, telles que le pin cembro, le pin à crochets et l’épicéa en priorité, suivi du sapin pectiné, du pin sylvestre (plutôt en versant chaud), voire du mélèze, même s’il a le désavantage de perdre ses aiguilles l’hiver. On limitera les feuillus car la perte de leurs feuilles les rend moins visibles et efficaces pour empêcher les skieurs de passer. On privilégiera les essences à croissance rapide et les plants de grande hauteur, plus chers à l’achat mais efficaces beaucoup plus rapidement.
Afin de tester les différents dispositifs de protection, les trois types sont proposés pour chacun des secteurs.
INDICATEUR D’EVALUATION
Linéaire de protections mis en place et suivi des dégâts sur les semis ainsi protégés.
Barrières végétales
Déviation possible
Carte de la régénération naturelle
Carte des dégâts hivernaux
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 55DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
barrières
bois
(Recoin)
5000 500
(mainte-
nance)
500
(mainte-
nance)
filets de
protection
(Schuss des
Dames)
1500 300
(mainte-
nance)
300
(mainte-
nance)
300
(mainte-
nance)
300
(mainte-
nance)
300
(mainte-
nance)
300
(mainte-
nance)
300
(mainte-
nance)
300
(mainte-
nance)
plantation
(Roche
Béranger)
3000 300
(Regarnis
10%)
300
(Regarnis
10%)
Coût
annuel (€)
5000 1500 3300 600 800 600 300 300 300 800
Coût total de l’action (€) 13 500
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Protection par barrière bois (coût au ml) : 50 € HT
Protection par filet (coût au ml) : 25 € HT
Protection par barrière végétale (coût au ml) : 115 € HT
(dont fourniture des plants (2 plants/ml) : 100 € HT
et mise en place des plants (ml) : 15 € HT)
Entretien de la barrière (coût au ml) : 5 € HT
Relevage des filets (après chute de neige au ml) : 5 € HT
Regarnis de plantation (coût au ml) : 115 € HT
Secteur 1 :
barrières
bois
Secteur 2 : filet
Secteur 3 : barrières
végétales
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 56Commune de Chamrousse
OBJECTIF 1
Pérenniser la cembraie du domaine skiable
FICHE ACTION 1.2
Densifier les régénérations naturelles
par des plantations
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Sur certains secteurs du domaine skiable, des zones forestières clairiérées et morcelées par des couloirs non boisés ou des liaisons entre les pistes, sont faiblement régénérées. Même si quelques semis de pins cembro arrivent à se maintenir, souvent dans des endroits abrités naturellement par des rochers ou des grands arbres, leur nombre est souvent insuffisant pour garantir le renouvellement de la forêt. Les causes du manque de régénération sont difficiles à appréhender, mais l’insuffisance de semenciers proches de ces zones (due notamment au morcellement des peuplements), ainsi que le passage répété des skieurs en hors piste ne contribuent pas à créer une ambiance forestière favorable au renouvellement du peuplement.
OBJECTIF GENERAL
A long terme, en émettant l’hypothèse qu’une ambiance
forestière sera ainsi reconstituée, on peut penser que le
renouvellement naturel de la cembraie ainsi que sa pérennité
seront assurés.
OBJECTIF DE L’ACTION
L’objectif à court terme est de renforcer la densité de
semis naturels pour retrouver une continuité dans le
peuplement et recréer une ambiance forestière.
LOCALISATION DE L’ACTION
Plusieurs secteurs se prêtent à ces renforcements de régénérations, sachant que pour des raisons essentiellement économiques, l’intégralité des zones ouvertes ne seront pas plantées. En effet, le coût en serait prohibitif et l’intérêt discutable, au regard de la nature même de la structure de la cembraie à l’état naturel. Ces forêts sont naturellement clairsemées et ont une structure de pré-bois, et il serait illusoire de vouloir recréer des cembraies denses et pures artificiellement.
Trois sites sont identifiés, à partir notamment du croisement des cartes de densité de régénérations, de dégâts de ski, de fréquentation par les skieurs, de localisation des places de chant et de reproduction du tétras-lyre (cf. carte) :
1) secteur Recoin : au niveau de l’ancien pylône P2 du téléphérique, entre le réservoir et le transformateur, en condamnant la piste et en installant une barrière bois à l’amont (20 m) + en amont du lac des vallons dans une zone très ouverte peu régénérée sans protection (car relativement plate), entre la piste des Vallons et la piste des Gaboureaux
2) secteur Schuss des Dames (liaison Roche-Recoin) : entre la piste de compétition de slalom et la piste des Loups et Jardins, en amont de la grande zone humide, sur un replat. Aucune protection physique ne semble nécessaire étant donnée la configuration du terrain et l’emplacement de la plantation naturellement protégée par un bouquet d’arbres adultes sur un promontoire. La station envisage cependant une barrière en bois (30 m) pour des raisons de sécurité.
3) secteur Roche Béranger : aucune plantation n’est envisagée car les semis s’installent naturellement d’une part et les peuplements sont trop morcelés d’autre part pour pouvoir protéger efficacement les plants
Ces zones ne sont pas exhaustives et ont été validées par une tournée de terrain avec le service des remontées mécaniques et la commune (le 07/02/2012). Toutefois, l’ensemble des acteurs devront être consultés pour s’assurer que toutes les contraintes sont bien prises en compte (tétras, pâturage, circuits de VTT, etc). Dans cette optique, le secteur de l’ancien P2 a déjà été validé par le comité de pilotage de l’étude lors de la tournée du 03/10/11.
SURFACE
La surface à planter est de l’ordre d’1 hectare, réparti sur l’ensemble du site, en plusieurs parties. Les sites identifiés représentent environ 1,2 ha (0,5 au P2, 0,5 au-dessus du lac des vallons et 0,2 sur Schuss des Dames). Avec une densité de 2500 plants/ha (soit un écartement moyen de 2m entre les plants), 3000 jeunes arbres sont nécessaires. Cette densité est maximale (le coût par conséquent également) car on peut aussi planter à plus faible densité avec des essences secondaires en complément (bourrage).
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Régie Remontées Mécaniques, ONF
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 57DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Les travaux consistent à effectuer des plantations à dominante résineuse, dans des zones ouvertes et insuffisamment régénérées.
Les essences à replanter seront variées, afin de conserver un mélange favorable à la biodiversité et d’augmenter les chances de reconstituer une forêt pérenne, mais toujours autochtones et déjà représentées sur le site. On proscrira l’utilisation d’essences exotiques - même si certaines ont donné de bons résultats par le passé lors de plantations antérieures - ceci afin de ne pas perturber le message pédagogique de la préservation du pin cembro, essence naturelle d’intérêt patrimonial. L’essence majoritaire sera évidemment le pin cembro (60 à 80%), accompagnée d’épicéa commun (10 à 20%), de pin à crochet (10 à 20%) et de quelques feuillus (10 à 20% : bouleaux, sorbiers des oiseleurs, alisiers blanc, érables en bas de station). Des tailles variées de plants seront utilisées, afin de constituer le plus rapidement possible une forêt qui « s’autodéfendra » par rapport aux dégâts de ski. Pour le pin cembro notamment qui a une croissance juvénile extrêmement lente, l’utilisation de plants haute tige s’avère particulièrement intéressante. L’utilisation de jeunes semis naturel de pin cembro pourra également être tentée. En effet, une régénération naturelle abondante de cembro se présente sur certaines pistes ; ces arbres étant condamnés à terme, on peut envisager de les transplanter dans les zones à reboiser. Les avantages sont nombreux : origine autochtone des semis, évitant d’éventuelles pollutions génétiques, gratuité de ces arbres, aucun frais de port depuis la pépinière, adaptation et reprise meilleure (si l’on prend beaucoup de précautions lors de la transplantation pour ne pas abîmer le système racinaire).
Dès que la pente est prononcée, ces régénérations artificielles seront impérativement protégées contre le passage des skieurs hors piste, qui pourraient leur occasionner de graves traumatismes en l’absence de protections. Des barrières en bois seront ainsi installées sur deux des trois zones.
La technique de plantation par collectifs ou par bouquets semble bien adaptée à la cembraie et à la contrainte d’un domaine skiable. En effet, naturellement le casse-noix engendre une régénération par groupes d’arbres, et ces bosquets se défendent mieux vis-à-vis des dégâts potentiels des skieurs (effet de masse, plus visible des skieurs) qui peuvent ainsi les contourner.
Il sera utile de dégager ces plantations de la concurrence herbacée pendant 3 ans et de prévoir des regarnis en cas de mortalité importante. Par contre aucun dégagement ne semble nécessaire dans les 10 ans, étant donnée la croissance lente des arbres à ces altitudes.
INDICATEUR D’EVALUATION
Nombre de plants installés et pourcentage de reprise des plants.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
plantation 60 000 (ancien
pylône
P2)
60 000
(amont
lac
vallons)
24 000
(schuss
des
dames)
dégagements
et regarnis
7250 1000 +
7250
7250 +
1000 +
2900
1000 +
7250 +
400
1000 +
2900
400
protection 1000 1500 100 150 100
Coût annuel
(€)
61 000 67 250 33 750 11 150 8 750 3 900 550 100
Coût total de l’action (€) 186 450
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Fourniture des plants (plants/ha) : 120 000 € HT
Mise en place des plants (/ha) : 5000 € HT
Protection par barrière (coût/ml) : 50 € HT
Dégagements (/ha) : 2000 € HT
Regarnis 10% (/ha) : 12 500 € HT
Entretien de la barrière (coût au ml) : 5 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 58Plantations
0,5 ha
0,5 ha
0,2 ha
Barrière bois (protection)
Barrière bois (sécurité)
Secteur 3
Secteur 2
Secteur 1 : ancien pylône P2
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 59BDORTHO© IGN 2009 Echelle : 1 / 5 000
NG
0 200 m
SATI38 - AB - Juillet 2012
Zone d'étude
Zone de plantations
Barrières de protection
Itinéraires VTT existants
Itinéraires VTT en projet
Piste de ski alpin
Barrières végétales
Filets de protection
Projets de plantations
et
protections
______________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts
60Commune de Chamrousse
OBJECTIF 1
Pérenniser la cembraie du domaine skiable
FICHE ACTION 1.3
Mettre en place une signalétique
adaptée
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Actuellement, sur le domaine skiable, aucune information n’est en place à destination des usagers, concernant la préservation de la forêt. Les skieurs parcourent librement les peuplements, parfois sur des itinéraires balisés et damés, le plus souvent en hors piste et occasionnent des dégâts aux régénérations de jeunes arbres, aux pins cembros en particulier.
OBJECTIF GENERAL
Faire prendre conscience de l’intérêt patrimonial de la
cembraie et la préserver des dégâts du ski par voie de
conséquence.
OBJECTIF DE L’ACTION
Garantir le renouvellement de la cembraie en informant
les pratiquants du hors piste des menaces qu’ils font peser
sur les semis de pins cembro.
LOCALISATION DE L’ACTION
Plusieurs sites se prêtent à l’implantation de dispositif d’information. Le public cible est constitué avant tout des skieurs (l’été, l’information est utile mais ce ne sont pas les randonneurs qui causent les dégâts). Les panneaux d’information ou autre support de communication seront donc installés prioritairement aux endroits où les skieurs se trouvent en nombre et restent parfois à attendre. On peut citer les départs de remontées mécaniques où il y a souvent un temps d’attente, notamment aux périodes de forte fréquentation. Les appareils transportant les usagers sont aussi des cibles intéressantes car les skieurs sont en phase de repos et peuvent ainsi prendre du temps pour lire des informations et être réceptifs aux messages de recommandations. Les télésièges peuvent en être le support (par exemple sur les pylônes mais cela nécessite des supports résistants aux intempéries et de grande dimension) mais aussi et surtout la télécabine, qui peut être équipée au moyen de panneaux classiques mis en place à l’intérieur des cabines.
On peut imaginer également des panneaux informatifs disposés sur le terrain, en bordure de pistes, à des endroits bien choisis où les skieurs font régulièrement des pauses (en partie médiane de longues pistes par exemple ou sur des replats bien exposés). Ces équipements seront toutefois plus fragiles car soumis aux conditions climatiques difficiles.
Enfin, le dernier support proposé se présente sous forme de plaquettes d’information, type dépliant en trois volets ou affichettes de petite taille. On peut également imaginer disposer des informations sur les forfaits ou sur le plan des pistes. Ce dernier moyen présente l’avantage de localiser les zones les plus fragiles directement sur la carte de la station.
QUANTITES
L’idéal est de mettre en place beaucoup d’informations sur le site, pour essayer de toucher le maximum d’usagers, en variant les supports (panneaux, affiches, dépliants, etc). Toutefois, il faut avoir à l’esprit de ne pas aboutir à l’effet inverse en mettant en place trop d’équipements (trop d’information « tue » l’information). En disposant des panneaux d’informations aux 5 principales remontées mécaniques (de préférence au départ mais possible aussi à l’arrivée), des affiches dans toutes les cabines, des bâches sur les pylônes des télésièges, quelques panneaux au milieu du domaine en bordure de pistes, ainsi que des informations sur le plan des pistes et les forfaits, l’objectif sera atteint.
Au total : 10 panneaux 1,5 m x 1 m ; 20 bâches 1,2 m x 0,8 m ; 100 affiches A3 ; 10 panneaux triangulaire type « routier » avec poteaux et colliers ; 5000 dépliants
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
ONF, Pic Bois, Alp’Com, etc
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Il s’agit de concevoir des panneaux d’informations, messages de communication et autres pictogrammes, et de les mettre en forme sur différents supports : panneaux, bâches pour pylônes de télésièges, affiches ou plan des pistes. Avant d’élaborer les documents par une phase d’infographie, la recherche ou la prise de photos, et la conception des textes est une étape primordiale pour s’assurer d’avoir un message clair, précis et adapté aux publics ciblés. Il faut avoir à l’esprit que la fréquentation est très variée sur un domaine skiable, allant des plus jeunes enfants aux séniors, de touristes
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 61français et étrangers (beaucoup de nationalités différentes avec des cultures différentes, notamment en matière d’environnement), de publics locaux et provenant de toute la France (présentant des connaissances par conséquent très hétérogènes du contexte local).
Par ailleurs, une étude sur la stratégie de communication de la commune est en cours ; elle devra tenir compte de la cembraie et de la signalétique à y installer.
INDICATEUR D’EVALUATION
Nombre d’équipements mis en place et de supports édités.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Conception
supports
5000
Fabrication 17000
(10
panneaux)
+ 500 (10
panneaux
routier)
1400
(20
bâches) +
100 (100
affiches)
+ 500
(5000
dépliants)
Mise en place
et
maintenance
2000 +
500
1000 +
300
500 500 2000 500 500
Coût
annuel (€)
5000 20000 3300 500 500 2000 500 500
Coût total de l’action (€) * 32300
* le coût de mise en œuvre d’informations sur le plan des pistes et des forfaits n’est pas intégré car considéré comme déjà pris en charge par la Régie des Remontées Mécaniques
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Conception des supports : 5000 € HT
Fabrication de supports : 19500 € HT
Mise en place des équipements : 3800 € HT
Lasurage montants panneaux d’information : 500 € HT
Remplacement éventuel de supports : 2000 € HT
Il n’est pas forcément question de tout concevoir pour tous les supports car
certains documents existent déjà et une phase de recherche dans d’autres
stations devra être entreprise au préalable.
On pourra par exemple s’inspirer de supports élaborés il y a quelques
années par l’ANENA (Association Nationale pour l’Etude de la
Neige et des Avalanches), en partenariat avec l’ONF et le
CEMAGREF (Centre d’Etudes du Machinisme Agricole et du Génie
Rural des Eaux et Forêts) : un pictogramme expliquant les menaces du
ski hors-piste sur les jeunes plants ou semis, ainsi qu’un document
pédagogique expliquant plus en détail les conséquences des skieurs sur les
régénérations et le renouvellement de la forêt.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 62Commune de Chamrousse
OBJECTIF 1
Pérenniser la cembraie du domaine skiable
FICHE ACTION 1.4
Mettre en place le suivi des
dispositifs installés
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Depuis de nombreuses années des plantations ont été effectuées sur le domaine skiable de Chamrousse, soit lors d’opérations de mécénat (plantation Aga-Khan), soit pour des aspects paysagers (retenue du lac des Vallons par exemple), soit pour prendre en compte les dégâts occasionnés aux semis par les skieurs. Diverses essences d’arbres ont été implantées par la régie des remontées mécaniques qui a réalisé les travaux le plus souvent.
Malheureusement, ces plantations n’ont pas toutes été répertoriées et suivies dans le temps, ce qui aboutit aujourd’hui à une méconnaissance du nombre total d’arbres installés, de la surface plantée, des essences mises en place, des taux de reprise et des coûts de mise en œuvre.
Seuls quelques suivis ont été réalisés par l’ADHEC en 2003 : établissement de cartes de répartition indicative (sans échelle ni report sur fonds IGN), comptage du nombre de plants encore présents.
OBJECTIF GENERAL
Pérenniser la cembraie en tirant partie des expérimentations
mises en place pour assurer son renouvellement.
OBJECTIF DE L’ACTION
Tirer les enseignements des dispositifs mis en place pour
protéger et renouveler la cembraie : plantations,
protections mises en place, équipements de signalétique
informatifs.
LOCALISATION DE L’ACTION
Au niveau de tous les dispositifs ou équipements mis en place, un suivi est nécessaire : - plantations avec contrôle de la reprise des plants et regarnis si besoin
- contrôle de l’état et de l’efficacité des protections des régénérations, individuelles, par filets ou barrières - suivi des supports de communication : panneaux grand format, panneaux « routier », affiches et bâches.
Non seulement le contrôle de tous ces équipements est utile pour en tirer les enseignements pour les années futures (efficacité de la protection ou du support de communication, reprise des plants selon l’essence, résistance aux skieurs, etc) mais il est aussi important pour les maintenir en bon état (regarnis de plantation, réparation des dégradations éventuelles, compléments d’installation de dispositifs, etc).
QUANTITES
Un suivi est nécessaire pour l’ensemble des dispositifs et équipements installés.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
ONF pour le suivi des plantations, Régie Remontées
Mécaniques pour le suivi des protections et de la
signalétique
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Il s’agit tout d’abord d’élaborer une carte des plantations, des protections et des équipements de signalétique mis en place (avec couche SIG), qui servira de support pour effectuer un contrôle régulier des plantations. Pour les plantations, le taux de reprise des plants, ainsi que l’évaluation de travaux complémentaires à réaliser (dégagements, regarnis) sera contrôlé au moins 1 fois par an. Pour les régénérations naturelles en aval des filets et barrières, le suivi devra évaluer l’efficacité des protections par le relevé des dégâts sur les semis. Cela passera au préalable par un état initial précis des dommages sur un échantillon d’arbres avant mise en place de la protection. Un rapport annuel sera rédigé qui rendra compte des constatations effectuées et des travaux à entreprendre l’année n+1. Pour les autres équipements (panneaux, affiches, bâches), il s’agira d’apporter une attention particulière au « vieillissement » des matériaux dans le temps, pour s’assurer qu’ils soient toujours en bon état. Il faudra lasurer les montants et entourages en bois des grands panneaux, surveiller l’état des panneaux installés en bordure de pistes pour s’assurer qu’ils soient bien scellés, contrôler et réparer les barrières en bois qui protègent les plants, remplacer les affiches dans les cabines et désinstaller les filets et bâches en fin de saison.
Toutes ces opérations auront lieu au minimum 1 fois par an pour une meilleure efficacité.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 63INDICATEUR D’EVALUATION
Taux de reprise des plants et efficacité des protections sur les régénérations.
Nombre de sorties de contrôle des équipements.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Contrôle
plantations et
semis
naturels
2400 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000
Contrôle
protections et
signalétique *
Coût
annuel (€)
2400 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000 1000
Coût total de l’action (€)* 11400
* le coût du suivi des protections et de la signalétique n’est pas intégré au chiffrage car il est considéré comme assuré par la Régie des Remontées Mécaniques, au même titre que les autres équipements (filets, matelas, autre signalétique)
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Inventaire, cartographie des zones plantées et protégées
(localisation, nombre par essence) ; inventaire et
cartographie des zones protégées (localisation, nombre
par essence, dégâts de ski) : 2400 € HT
Rapport de contrôle annuel des plantations et régénérations
naturelles protégées : 1000 €/an HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 64Commune de Chamrousse
OBJECTIF 1
Pérenniser la cembraie du domaine skiable
FICHE ACTION 1.5
Limiter les extensions de pistes,
reconsidérer certaines liaisons
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Le domaine skiable s’étend sur une surface de 350 ha de forêt, dont la quasi-totalité est parcourue par les pistes de ski, découpant ainsi le manteau forestier en de multiples polygones, plus ou moins traversés par les skieurs et impactés par des dégâts aux régénérations. Certains lambeaux de forêts de surface très réduite, du fait de la création de pistes de ski et de remontées mécaniques qui les ont isolés du reste de la forêt, se trouvent très fréquenté par les skieurs et deviennent de véritables pistes, aussi bien damées que les pistes balisées. De ce fait, aucune chance n’est laissée aux semis qui devraient assurer le renouvellement du peuplement forestier.
Par ailleurs de multiples pistes, plus ou moins « officielles » et balisées par la station traversent la forêt et amènent des menaces sur les régénérations. Dans certains secteurs, les skieurs ne peuvent plus vraiment faire la différence entre les « vraies » pistes et le hors piste.
Certains secteurs sont plus touchés que d’autres par les dégâts : Roche Béranger est très impacté car le ski est plus facile, Recoin l’est moins du fait de plus grandes surfaces boisées et d’un ski plus technique.
OBJECTIF GENERAL
Assurer le renouvellement de la cembraie.
OBJECTIF DE L’ACTION
Permettre d’épargner certaines zones des dégâts du ski, en
abandonnant quelques tracés et en limitant les nouvelles
pistes.
LOCALISATION DE L’ACTION
Cette action recoupe la fiche action 1.1 car les liaisons entre pistes qui sont reconsidérées dans cette fiche permettent ensuite de protéger des régénérations existantes, objet de la première fiche.
Trois sites sont donc identifiés : piste des Vallons à Recoin, piste des Loups et Jardins au Schuss des Dames et liaison Recoin-Roche Béranger sur le dernier site.
Ici encore, ces propositions ne sont ni exhaustives, ni définitives, car elles devront au préalable être validées par l’ensemble des acteurs du domaine.
SURFACE
Les surfaces de semis protégés représentant environ 32 ha, celles des pistes abandonnées sont nettement plus restreintes (750 m x 20 m soit 1,5 ha environ).
MAÎTRE D’OUVRAGE
Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Régie Remontées Mécaniques
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
L’action est simple à mettre en œuvre puisqu’il s’agit seulement de fermer certains itinéraires. Cela passe par : - la mise en place de filets, de barrières ou de plantations qui doivent empêcher le passage des skieurs - l’installation éventuelle de panneaux pour renforcer l’interdiction de pénétrer - la correction du plan des pistes pour ne pas inciter les skieurs à toujours emprunter ces itinéraires désormais fermés.
INDICATEUR D’EVALUATION
Nombre et surface de portions de pistes fermées.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 65DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Fermeture
de liaisons déjà chiffré dans la fiche action 1.1
Coût
annuel (€) déjà chiffré dans la fiche action 1.1
Coût total de l’action (€)
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Cf. fiche action 1.1 Cf. fiche action 1.1
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 66Commune de Chamrousse
OBJECTIF 2
Préserver la cembraie des Pourettes
FICHE ACTION 2.1
Limiter la pénétration des
peuplements par les skieurs
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Globalement, les peuplements de pins cembro des Pourettes sont relativement épargnés des dégâts de ski (cf. diagnostic) et bien régénérés ou en cours de colonisation par des semis naturels. Toutefois, le long de la piste de Casserousse et dans quelques secteurs, on observe des dégâts causés par les skieurs (carres des skis qui blessent plus ou moins profondément les bourgeons terminaux ou les branches latérales des semis) qui risquent à terme de contrarier le bon renouvellement de la forêt.
OBJECTIF GENERAL
Le renouvellement naturel de la cembraie ainsi que sa pérennité à
long terme sont recherchés pour des raisons écologiques (la
cembraie est naturelle et autochtone ; son renouvellement
naturel évite les risques de pollution génétique) et financières (le
renouvellement naturel ne coûte rien).
OBJECTIF DE L’ACTION
L’objectif immédiat est de protéger les semis existants
contre les dégâts dus à la fréquentation hivernale et
notamment le ski hors piste.
LOCALISATION DE L’ACTION
Les dégâts étant nettement moins importants que sur le domaine skiable d’une part, la régénération naturelle meilleure d’autre part, les protections à mettre en place pour la cembraie des Pourettes ne sont pas chiffrées dans ce plan de gestion mais reportées dans le suivant.
Vu les coûts conséquents de mise en oeuvre de ces protections, il nous semble préférable, dans ce premier plan de gestion, de concentrer les efforts sur la cembraie du domaine skiable. Cela permettra de plus de valider la meilleure protection en terme d’efficacité et de coût, entre le filet, la barrière bois ou la barrière végétale. Ce report ne veut pas dire qu’il n’est pas utile d’envisager ces mesures, qui restent nécessaires à long terme, pour assurer la pérennité de la forêt.
Le secteur hors piste traversant les Pourettes d’Est en Ouest à la descente est celui qu’il faudra protéger en priorité car les semis naturels, présents en nombre, sont assez fortement endommagés (en orange sur la carte des dégâts hivernaux).
SURFACE
La surface à traiter est très faible puisqu’il s’agirait seulement de densifier quelques ouvertures du peuplement sur un linéaire très faible, de l’ordre de quelques dizaines de mètres tout au plus, pour protéger la forêt en aval.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
ONF, Régie Remontées Mécaniques
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Le but est de mettre en place une protection physique qui empêche les skieurs de pénétrer dans les peuplements et d’y causer des dégâts. La mise en place doit être réfléchie pour constituer un réel obstacle à la pénétration des skieurs. La topographie du terrain devra être finement étudiée pour trouver l’emplacement le plus approprié. Des équipements complémentaires seront peut-être à prévoir à l’issue d’une saison de ski, si l’efficacité de la protection n’est pas totale. Différents types de protection peuvent être envisagés (cf fiche action 1.1) : barrières bois, filets ou plantations denses.
INDICATEUR D’EVALUATION
Suivi des dégâts sur les semis ainsi protégés.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 67DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Chiffrage lors du prochain plan de gestion
Coût
annuel (€)
Coût total de l’action (€)
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 68Commune de Chamrousse
OBJECTIF 2
Préserver la cembraie des Pourettes
FICHE ACTION 2.2
Mettre en place un suivi de
l’évolution de la cembraie
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Plusieurs études ont été réalisées sur la cembraie de Chamrousse et sur celle des Pourettes, en particulier depuis les années 80. Elles ont le plus souvent comporté des relevés de terrain, constituant autant d’états initiaux de la forêt à un instant donné. Malheureusement, aucun protocole pérenne n’a été mis en place pour un suivi dans le temps des placettes inventoriées. Aujourd’hui, il n’y a donc pas d’indicateur qui permette d’observer l’évolution naturelle des peuplements forestiers, aussi bien sur la croissance des semis, que sur leur résistance aux dégâts de ski.
OBJECTIF GENERAL
A long terme, l’objectif est de s’assurer de la bonne
évolution de la cembraie et de sa résilience, face aux
événements naturels ou artificiels.
OBJECTIF DE L’ACTION
L’objectif immédiat est suivre l’évolution des peuplements
forestiers et d’en tirer des conclusions quant aux actions à
mener, si l’on s’aperçoit que naturellement elle risque
d’avoir du mal à se renouveler.
LOCALISATION DE L’ACTION
Cette action pourrait être envisagée sur la totalité de la zone d’étude. Cependant, étant donnée la surface importante (350 ha) et l’enjeu patrimonial de la cembraie des Pourettes (quasi-pure et encore peu impactée par les actions anthropiques, sise sur le site Natura 2000), nous restreindrons le suivi sur cette dernière.
SURFACE
La surface à traiter représente une centaine d’hectares sur les Pourettes.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
ONF
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Une série de placettes permanentes devront être assises sur le secteur selon un maillage d’une par hectare. Elles ne seront pas matérialisées sur le terrain, pour des raisons économiques et pour éviter un comportement différent des skieurs par exemple à la vue de ces placettes. Elles seront repérées par coordonnées GPS et report sur cartes. Les données relevées devront être précises et suivre un protocole de mesure établi en se rapprochant d’autres stations ou forestiers ayant déjà mis en place ce type de placettes. Les données relevées ne seront pas seulement dendrométriques (essence, hauteur, diamètre, densité) ; elles intégreront également l’identification des dégâts aux régénérations (types, essence, hauteur, etc).
L’objectif est d’avoir deux types de suivis : l’un concernant l’évolution forestière des peuplements (croissance des arbres, capacité de régénération), l’autre sur l’évolution des dégâts liés au ski hors piste. En répétant ces relevés à une périodicité de 5 ans, différents indices pourront être comparés, à partir de l’état initial.
INDICATEUR D’EVALUATION
Mise en place des placettes et renouvellement des mesures tous les 5 ans.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 69DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Préparation
cartogra-
phique (SIG)
500
Mise en place
et relevés
initiaux
4000
Suivi des
placettes
6000
Coût
annuel (€)
4500 6000
Coût total de l’action (€) 10 500
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Préparation cartographique : 500 € HT
Premiers relevés et synthèse : 4000 € HT
Seconds relevés au bout de 5 ans (avec rapport synthèse) :
6000 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 70Commune de Chamrousse
OBJECTIF 2
Préserver la cembraie des Pourettes
FICHE ACTION 2.3
Proscrire les extensions de pistes
dans la cembraie des Pourettes
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
La cembraie des Pourettes revêt une importance particulière du fait de sa quasi-pureté, de son étendue et de sa situation sur un site Natura 2000. Elle est encore relativement épargnée des actions de l’homme (peu de pistes et de remontées mécaniques et de ski hors piste). Les peuplements de pin cembro constituent un habitat d’intérêt communautaire remarquable en Isère (c’est le seul de cette importance).
OBJECTIF GENERAL
A long terme, l’objectif est de préserver cette cembraie.
OBJECTIF DE L’ACTION
Dans l’immédiat il s’agit de ne pas engager de projet de
nouvelles pistes ou d’emprises de remontées mécaniques
dans le périmètre de la forêt des Pourettes.
LOCALISATION DE L’ACTION
Toute la cembraie des Pourettes incluse dans le périmètre du site Natura 2000 I11 « Cembraie, pelouses, lacs et tourbières de Belledonne de Chamrousse au Grand Colon »
SURFACE
La surface concernée est de 100 ha.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Il s’agit de ne pas créer de nouvelles emprises de pistes de ski ou de remontées mécaniques, afin de préserver la forêt en l’état et de ne pas aggraver le mitage déjà commencé par la piste de Casserousse. Le but est de ne pas arriver aux constats de la cembraie du domaine skiable qui, largement impactée par les nombreuses emprises de l’activité hivernale, a du mal à se pérenniser.
INDICATEUR D’EVALUATION
Nouvelles pistes ou emprises de remontées mécaniques.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Néant
Coût
annuel (€)
Coût total de l’action (€)
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 71Commune de Chamrousse
OBJECTIF 3
Préserver la population de tétras-lyre
FICHE ACTION 3.1
Suivre l’évolution des populations de
tétras-lyre
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
La population de tétras-lyre est significative sur la cembraie de Chamrousse. Des comptages au chant au printemps et des couvées en été permettent de quantifier annuellement le niveau des effectifs. Ces données servent ensuite à définir les plans de chasse annuels, après synthèse des résultats par grands massifs (Espace Belledonne dans le cas présent). Sur Belledonne, la densité de tétras est l’une des plus fortes de l’Isère, avec plus de 1,4 coq au km 2 (source OGM) et une population totale estimée à 500 oiseaux (source « réseau tétras-lyre Belledonne »). Les équipements liés à la station de ski et notamment les nombreux câbles des remontées mécaniques constituent de réels dangers pour le tétras-lyre, qui risque de se blesser ou de se tuer lors de collisions en plein vol. De même, le dérangement occasionné par les skieurs en hors piste contribue à fragiliser cette espèce. L’hiver, le tétras se réfugie dans un igloo creusé dans la neige, et n’en sort que quelques heures par jour pour s’alimenter (aiguilles de résineux) pour éviter de consommer de l’énergie. Le passage répété de skieurs (ou de pratiquants de la raquette à neige) à proximité de ce refuge hivernal l’oblige à le quitter temporairement et à s’envoler, ce qui lui demande une forte dépense d’énergie.
OBJECTIF GENERAL
Le maintien de l’espèce tétras-lyre est recherché, du fait de
la relative rareté de cette espèce et de son caractère
patrimonial et emblématique sur les Alpes.
OBJECTIF DE L’ACTION
Un suivi annuel des populations est nécessaire afin de
s’assurer que l’espèce ne pâtit pas des installations
anthropiques et du dérangement hivernal.
LOCALISATION DE L’ACTION
Toute la forêt de Chamrousse est concernée, même si les tétras se concentrent préférentiellement dans les parties hautes, en limite de l’état boisé (leur espace vital se situe entre 1400 m et 2400 m d’altitude). En effet, le galliforme recherche des formations clairiérées, constituées de grands arbres pour se percher, de résineux pour se nourrir, mais aussi de trouées non boisées pour y consommer les myrtilles notamment. Du fait du morcellement causé par les pistes de ski dans la cembraie, la totalité du domaine skiable devient potentiellement intéressant pour le tétras, car constitué d’une mosaïque de milieux ouverts (pistes, remontées) et fermés (bosquets boisés plus ou moins denses). Les couvées se situent quant à elles en milieux ouverts, recouverts d’un tapis herbacé. L’action est donc à mener en limite supérieure de la forêt pour les comptages au chant et également en zone d’alpage pour les nichées.
SURFACE
Les surfaces concernées recouvrent l’ensemble de la cembraie (domaine skiable et Pourettes) et dépassent même le périmètre de l’étude, puisque les formations herbacées d’alpage sont aussi concernées.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Observatoire des Galliformes de Montagne (OGM), DDT
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
ACCA, ONF
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Deux types d’actions sont à poursuivre sur le site :
- les comptages de coq de tétras au printemps
- les dénombrements de nichées de poussins en été
Le dénombrement de mâles chanteurs au printemps (mois de mai) se fait par la présence d’observateurs, qui écoutent, essayent de voir les oiseaux (sans les déranger). Les équipes se mettent en place avant le lever du jour, à proximité des places de chant, et comptent le nombre de coqs. Les poules de tétras sont également répertoriées à titre d’information
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 72mais ne constituent pas l’indicateur d’évaluation. Ces comptages se répètent à trois reprises, espacés environ d’une semaine au long du mois de mai. Les mêmes places de chant et les mêmes circuits sont inventoriés chaque année, pour pouvoir comparer les données.
Le suivi des nichées de tétras se fait en été (août) au moyen de chiens, qui repèrent les nids et s’y arrêtent (chiens d’arrêt). Les sorties se répètent également à plusieurs reprises et dans les mêmes secteurs d’une année sur l’autre.
Ces actions se réalisent depuis le milieu des années 80 et doivent se poursuivre, afin de suivre ces deux indicateurs, reconnus par l’OGM et servant à définir les niveaux de populations. Même si les effectifs ne sont pas définis précisément et de manière exhaustive, les comparaisons interannuelles permettent d’identifier les variations du nombre de mâles chanteurs et les succès de la reproduction. Plusieurs critères peuvent ensuite expliquer les différences (dérangement hivernal, climat, etc) et bien qu’il soit très difficile d’en ressortir les plus déterminants, ces indicateurs permettent de gérer les populations à l’échelle du massif. Une année donnée, un nombre de coqs chanteurs inférieur à la moyenne observée des dernières années, ainsi qu’une diminution du nombre de poussins par couvée indiquera par exemple la nécessité de limiter le prélèvement par la chasse si l’on veut garder des effectifs stables. L’ONCFS préconise un prélèvement de 5 à 20% des effectifs selon le nombre de jeunes par poule adulte (de moins de 1 à plus de 1,8). L’idéal est d’effectuer ces suivis tous les ans. En raison de la sollicitation de nombreuses personnes, bénévoles pour la plupart (chasseurs, associations de protection de la nature), il faut réaliser ces comptages au minimum tous les deux ans.
Enfin, il paraît important de rédiger un rapport synthétique spécifique à la station, chaque année de comptage au chant ou aux chiens d’arrêt, ceci afin de préparer les plans de chasse et de garder la mémoire des chiffres et des localisations. Une carte regroupant les places de chant et les nichées sera élaborée.
INDICATEUR D’EVALUATION
Nombre de coqs de tétras.
Nombre de couvées et nombre de poussins par nids.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Comptages
coqs
bénévolat
Comptages
couvées
bénévolat
Rédaction
rapport de
synthèse
500 500 500 500 500 500 500 500 500 500
Coût
annuel (€)
500 500 500 500 500 500 500 500 500 500
Coût total de l’action (€) 5000
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Rédaction d’un rapport de synthèse annuel : 500 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 73Commune de Chamrousse
OBJECTIF 3
Préserver la population de tétras-lyre
FICHE ACTION 3.2
Poursuivre la conduite pastorale du
troupeau
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Les couvées de poussins de tétras-lyre se situent au beau milieu des alpages, mais aussi au sein de clairières recouvertes de graminées en forêt, sans protection particulière. Les femelles pondent en juin (8 à 10 œufs) dans le tapis herbacé, et couvent leurs œufs pendant 3 à 4 semaines. Les éclosions s’étalent de mi-juin à mi-août (pic en juillet) avant que les jeunes ne quittent le nid pour aller s’alimenter accompagnés de leur mère puis seuls (végétaux et petits insectes notamment).
Les nids et les poussins sont par conséquent très vulnérables et peuvent être endommagés par le piétinement des troupeaux.
OBJECTIF GENERAL
Préserver la population de tétras-lyre.
OBJECTIF DE L’ACTION
L’objectif immédiat est de protéger les couvées des poules
de tétras du piétinement des bovins et ovins.
LOCALISATION DE L’ACTION
Les parties en alpage ou très ouvertes en forêt sont concernées. Certaines se situent au-delà du secteur d’étude mais d’autres peuvent être aussi à l’intérieur de la cembraie. En effet, les poules recherchent des milieux ouverts, recouverts d’herbes hautes et ce type de milieux se rencontre fréquemment au sein même de la cembraie, constituée de parties non boisées enherbées (pistes et clairières naturelles). Ces milieux sont donc potentiellement concernés par cette problématique.
SURFACE
Toutes les surfaces de prairies ouvertes sont potentiellement à prendre en considération, même si la localisation des nichées se fait préférentiellement sur de grandes zones ouvertes, de surface significative (les toutes petites trouées englobées dans un massif boisé dense sont moins concernées). De plus, seules les zones parcourues par le troupeau de moutons, et dans une moindre mesure les vaches, sont à surveiller, car c’est le piétinement des animaux qui est le facteur impactant.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse, Régie des Remontées
Mécaniques, ACCA
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Groupement pastoral des Gaboureaux
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
L’objectif est d’éviter que les moutons ne viennent piétiner les nids de poussins de tétras. Sachant que les jeunes sont autonomes au bout de quelques semaines, et à partir de la mi-août en année « normale », il faut s’assurer que le troupeau ne pâture pas sur les secteurs concernés avant la mi-juillet.
Pour ce faire, il faut avant tout avoir connaissance des emplacements des couvées (cf. fiche action 3.1) et ensuite indiquer au berger les zones à éviter, à contourner ou à n’utiliser qu’après la fin juillet ou la mi-août. Ces indications feront l’objet d’une carte de conduite pastorale des troupeaux sur le site, donnée à l’éleveur après concertation avec lui lors d’une réunion annuelle, à l’initiative de la commune. Même si une carte générale du parcours optimal des animaux sur le domaine skiable, avec des périodes de pâturage par secteur, est établie pour toutes les années, il est utile de prévoir de l’affiner chaque année au vu des comptages de tétras effectués.
De la même façon, certains itinéraires VTT seront ouverts plus tardivement (après le 15 juillet) pour préserver les zones de nidification (2 pistes sont concernées : une noire et une rouge).
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 74INDICATEUR D’EVALUATION
Respect du calendrier de pâturage par l’éleveur.
Succès de l’émancipation des jeunes et de leur survie, par rapport aux comptages effectués en nichées.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Réunion
annuelle
Etablisse-
ment d’une
carte
Coût
annuel (€)
Coût total de l’action (€)
Aucun moyen financier n’est indiqué pour cette action car la réunion annuelle a déjà lieu depuis plusieurs années, à l’initiative de la commune, et fait partie des relations habituelles entre acteurs de la station. La carte de la conduite pastorale des troupeaux existe également ; seule l’actualisation annuelle est une action qui n’est pas effectuée aujourd’hui.
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 75Commune de Chamrousse
OBJECTIF 3
Préserver la population de tétras-lyre
FICHE ACTION 3.3
Limiter la pénétration des peuplements
par les skieurs
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Dans certains secteurs du domaine skiable, les peuplements sont fortement parcourus par les skieurs en hors piste. Les tétras-lyre se réfugient l’hiver dans des igloos creusés dans le manteau neigeux. Sans vivre une période d’hibernation, les oiseaux ralentissent fortement leurs activités qui se bornent à se nourrir au plus près des caches au moyen d’aiguilles de résineux. Le dérangement provoqué par les skieurs lorsqu’ils passent à proximité de ces abris les oblige à s’envoler et à dépenser de l’énergie. La répétition de ces phénomènes provoque un épuisement progressif des oiseaux qui peut engendrer la mort.
OBJECTIF GENERAL
Préserver la population de tétras-lyre.
OBJECTIF DE L’ACTION
Préserver la tranquillité hivernale des animaux, en évitant
de perturber leur léthargie.
LOCALISATION DE L’ACTION
Plusieurs secteurs se prêtent à ce type d’interdiction, bien qu’il soit difficile de les localiser précisément du fait de l’ignorance des emplacements précis des igloos : le plus souvent, c’est uniquement lorsqu’un oiseau s’envole près d’un skieur que l’on a connaissance de sa présence à cet endroit ; de plus, les oiseaux ne se cachent pas tous les ans au même endroit.
Par conséquent, aucune localisation précise ne peut être donnée et il faut envisager l’action de manière globale sur la zone d’étude en mettant en oeuvre des moyens d’information des usagers et de sensibilisation à une espèce patrimoniale.
SURFACE
La totalité de la zone d’étude est concernée, et notamment les secteurs où le hors piste est le plus important (cf. carte du passage des skieurs dans les peuplements).
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
ONF, ACCA, Pic Bois, Alp’Com
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Etant donnée l’impossibilité de connaître les situations précises des tétras l’hiver, la mise en place de moyens de protection physique type filets ou barrières, n’est pas utile pour empêcher les skieurs de pénétrer en forêt. Il faut donc avoir recours à des moyens de communication, de type panneaux explicatifs en bordure des pistes et en bas de station, ainsi que des brochures expliquant au public les conséquences de la pratique du hors piste (ou de la raquette) sur le tétras-lyre.
L’action rejoint donc celle de la fiche 1.3 pour mettre en place une signalétique adaptée à la préservation de la cembraie. Pour ne pas multiplier les supports et brouiller le message à destination du public, l’idée est de regrouper sur les mêmes panneaux, les mêmes dépliants, les mêmes bâches, etc, les deux types d’informations. En effet, préserver la forêt de pin cembro en limitant la pénétration des skieurs, concourt aussi à garantir la survie du tétras-lyre qui utilise cette cembraie. Il est donc tout à fait cohérent de sensibiliser le public au caractère patrimonial de l’écosystème dans lequel il évolue, qui abrite de nombreuses espèces qui sont impactées par les pratiques de l’homme.
INDICATEUR D’EVALUATION
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 76Nombre d’équipements mis en place
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Conception
supports
déjà chiffré dans la fiche action 1.3
Fabrication déjà chiffré dans la fiche action 1.3
Mise en place
et
maintenance
déjà chiffré dans la fiche action 1.3
Coût
annuel (€)
déjà chiffré dans la fiche action 1.3
Coût total de l’action (€)
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
déjà chiffré dans la fiche action 1.3 déjà chiffré dans la fiche action 1.3
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 77Commune de Chamrousse
OBJECTIF 3
Préserver la population de tétras-lyre
FICHE ACTION 3.4
Poursuivre les actions d’ouverture
du milieu
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
La cembraie est constituée d’une mosaïque de formations plus ou moins boisées. Le tétras-lyre a besoin pour sa survie de disposer d’espaces forestiers fermés constitués de grands arbres (perchoirs) mais aussi de milieux plus ouverts pour se nourrir notamment (clairières à myrtilles). La dynamique naturelle de la végétation concourt à refermer les milieux ouverts et à ce que des espèces indésirables colonisent les formations intéressantes pour le tétras. On peut citer l’aulne vert qui est très dynamique et concurrence fortement d’autres espèces car sous son couvert peu de végétation s’adapte. Les semis naturels d’épicéas et de pins à crochets colonisent également rapidement des milieux ouverts, du fait du caractère héliophile de ces essences.
OBJECTIF GENERAL
La préservation de la population de tétras-lyre passe par le
maintien d’une juxtaposition de milieux ouverts et de
formations plus denses.
OBJECTIF DE L’ACTION
L’objectif de l’action est de rouvrir des milieux qui se sont
refermés par la colonisation naturelle d’espèces parfois
envahissantes et contrariant le bon développement du
tétras-lyre.
LOCALISATION DE L’ACTION
En superposant la photographie aérienne des forêts avec la carte des zones de présence du tétras, on peut identifier des secteurs à traiter. Ils se localisent essentiellement sur la cembraie des Pourettes car la cembraie du domaine skiable comporte déjà de multiples ouvertures créées par les pistes et les remontées mécaniques. Ainsi, il est proposé de n’intervenir que sur la cembraie des Pourettes.
SURFACE
Les surfaces à traiter par ce type d’action sont à définir annuellement, comme cela se pratique déjà aujourd’hui par les acteurs de la station (commune, Régie, berger et chasseurs), en fonction notamment des possibilités de financement des actions (PPT, Natura 2000). En effet, ces travaux sont onéreux et doivent être en adéquation avec les contraintes pastorales, afin que ces zones réouvertes puissent être entretenues par le pâturage pour ne pas se refermer. L’intérêt est également d’augmenter les surfaces apétentes pour le troupeau.
On se basera sur l’ordre de grandeur des actions menées ces dernières années pour estimer la quantité à prévoir dans ce plan de gestion, en considérant que la population de tétras s’est maintenue à un niveau acceptable depuis que ces mesures sont mises en œuvre.
1,5 ha par an en moyenne sont proposés à travailler suivant cette technique.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Régie Remontées Mécaniques, Groupement pastoral des
Gaboureaux, ACCA, ONF
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Le but est de créer des ouvertures dans des milieux relativement fermés et envahis d’espèces indésirables, telles que le rhododendron, l’aulne vert ou les semis d’épicéas et de pins.
On fera attention toutefois à ne pas aller à l’encontre de l’objectif de renouvellement des peuplements forestiers pour ces dernières espèces, en épargnant bien évidemment les semis de pins cembro, même s’ils se situent dans des zones potentiellement intéressantes pour le tétras-lyre.
L’opération consiste à broyer la végétation indésirable de façon mécanique (si la topographie le permet) ou manuelle.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 78L’objectif final est aussi de retrouver des surfaces pâturables, même si à terme la myrtille est souhaitée puisque l’action est avant à destination du nourrissage de ces oiseaux.
La technique du brûlage dirigé hivernal peut aussi être employée pour ouvrir la rhodoraie : elle favorisera la repousse de graminées.
INDICATEUR D’EVALUATION
Nombre de trouées créées, surface cumulée de ces trouées.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Broyage de
végétation
5000 5000 5000 5000 5000 5000 5000 5000 5000 5000
Coût
annuel (€)
5000 5000 5000 5000 5000 5000 5000 5000 5000 5000
Coût total de l’action (€) 50 000
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Broyage de végétation : 50 000 € HT (environ 3000 €/ha)
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 79Commune de Chamrousse
OBJECTIF 4
Restaurer et préserver les milieux humides
FICHE ACTION 4.1
Diagnostiquer l’état et le
fonctionnement des zones humides
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Sur l’ensemble de la zone d’étude se trouvent de nombreuses zones humides, plus ou moins importantes en surface. Leur état de conservation est très variable : certaines paraissent intact, d’autres sont largement impactées par les pistes de ski (terrassements qui les ont détruites parfois partiellement).
Une ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) de type I (n°38210018) intitulée « petites zones humides », éclatée en plusieurs secteurs (cf. carte), se situe au beau milieu du domaine skiable, ce qui confirme bien le potentiel de la zone.
Elles sont d’origine naturelle pour la grande majorité mais peuvent aussi avoir été remaniées par l’action de l’homme (Lac des Vallons).
OBJECTIF GENERAL
Le but à terme est de protéger les zones humides de
Chamrousse, qui ont un intérêt patrimonial considérable.
OBJECTIF DE L’ACTION
L’action vise à mieux connaître ces zones humides, en
établissant un recensement et un état de leur conservation,
ainsi que leurs relations avec le reste de l’écosystème.
LOCALISATION DE L’ACTION
De multiples secteurs sont concernés par des lacs, tourbières, mares plus ou moins vastes et zones humides, répartis sur l’ensemble du domaine skiable et de la cembraie des Pourettes. Les plus connues sont le lac des Pourettes, le lac Levetel et le lac des Vallons.
SURFACE
Même si les zones humides au sens strict ne recouvrent que de faibles surfaces, il faut tenir compte de leur contexte proche pour mieux les appréhender et les gérer (bassin versant d’alimentation notamment, connexions entre zones proches). Les superficies à prendre en compte couvrent la ZNIEFF en premier lieu (7,8 ha) mais aussi d’autres secteurs en dehors de cette zone, pour une contenance totale de l’ordre de 10 ha.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Avenir, bureaux d’études
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Il s’agit avant tout d’établir un recensement exhaustif de toutes les zones humides sur le secteur d’étude. Même si les principales sont connues, d’autres sont plus difficiles à identifier, notamment les plus petites. On pourra pour ce faire s’appuyer sur l’inventaire des zones humides de l’Isère, élaboré par le Conservatoire départemental des Espaces Naturels (Avenir).
Ensuite, un diagnostic descriptif de toutes les zones recensées devra permettre d’appréhender leur niveau d’intérêt patrimonial et leur état de conservation. Des relevés faunistiques, floristiques, mais aussi topographiques et pédologiques seront à mener : ils serviront à avoir un état initial, à comprendre le fonctionnement de ces secteurs et à envisager les éventuels travaux à mettre en œuvre pour les restaurer si nécessaire.
La dernière partie de l’étude consistera donc à établir les éventuelles mesures de conservation ou de restauration à prévoir, avec le chiffrage des actions.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 80INDICATEUR D’EVALUATION
Elaboration de l’étude.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Relevés de
terrain
3600
Rédaction
de l’étude
3600
Coût
annuel (€)
3600 3600
Coût total de l’action (€) 7200
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Elaboration de l’étude : 7200 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 81_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 82Commune de Chamrousse
OBJECTIF 4
Restaurer et préserver les milieux humides
FICHE ACTION 4.2
Restaurer les zones humides dégradées
par les pistes de ski
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
De nombreuses zones humides situées sur la cembraie de Chamrousse sont en mauvais état de conservation, étant donnée leur localisation sur le domaine skiable. Certaines sont fortement impactées par les terrassements liés aux pistes de ski qui les ont dégradées : assèchement, diminution de leur superficie, comblement partiel, modification de l’écoulement des eaux et notamment de leur alimentation.
D’autres zones se trouvent isolées entre les pistes et les remontées mécaniques et se trouvent déconnectées de leur contexte.
OBJECTIF GENERAL
L’objectif à long terme est la préservation des zones
humides, milieux d’intérêt patrimonial remarquable.
OBJECTIF DE L’ACTION
A court terme, le but est de restaurer les secteurs les plus
détériorés par les installations de l’exploitation des sports
d’hiver.
LOCALISATION DE L’ACTION
Les localisations précises des zones à restaurer ne peuvent être définies aujourd’hui ; elles le seront par l’étude diagnostic réalisée en amont (cf. fiche 4.1).
SURFACE
De la même manière, les superficies concernées ne peuvent être indiquées à ce stade.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Entreprises de travaux publics, Régie Remontées
Mécaniques, ONF
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Il s’agira de réaliser les travaux définis par l’étude préalable, qui pourront être de diverses natures. Pour prendre quelques exemples, sans préjuger de la réalité des travaux à effectuer, pourront être envisagés des :
- travaux importants de déviation de pistes qui éviteront ainsi de se situer sur l’emprise même des zones humides (ex : lac Levetel, secteur Schuss des Dames au croisement avec la piste Loups et Jardins) - travaux lourds de terrassements pour reconnecter la zone humide à son environnement hydrologique (alimentation, exutoire), la recreuser si elle s’est comblée, reprendre les berges pour les plus importantes - travaux légers d’amélioration de l’état de la zone : nettoyage des dépôts divers (gravats, troncs d’arbres, branchage), aménagements de petits seuils sur les ruisseaux d’approvisionnement en eau - travaux de protection après remise en état par l’installation d’enrochements ou de barrières
INDICATEUR D’EVALUATION
Travaux réalisés.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 83DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Restauration
de ZH
10000 10000
Protection
de ZH
5000 500
Coût
annuel
(€)
10000 10000 5000 500
Coût total de l’action (€) 25 500
Le chiffrage est difficile à faire car il dépendra fortement des résultats de l’étude préalable de diagnostic de ces zones et de la faisabilité des actions à mener. Certains travaux nécessiteront par exemple des autorisations au titre de la loi sur l’eau. Toutefois, les constats actuels montrent que des actions sont à entreprendre pour retrouver un état de conservation acceptable des ces zones.
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Restauration et protection des ZH : 25000 € HT Entretien des barrières de protection : 500 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 84Commune de Chamrousse
OBJECTIF 4
Restaurer et préserver les milieux humides
FICHE ACTION 4.3
Protéger les tourbières encore
indemnes
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Certaines tourbières situées sur la cembraie de Chamrousse sont indemnes de toutes interventions humaines et sont restées dans leur état naturel.
OBJECTIF GENERAL
Il est primordial de préserver les zones humides sur le
domaine skiable de Chamrousse, dont les tourbières.
OBJECTIF DE L’ACTION
Inventorier les tourbières épargnées par les activités du ski
et les protéger pour les maintenir en l’état.
LOCALISATION DE L’ACTION
L’étude réalisée dans l’action 4.1 permettra de recenser toutes les zones humides intéressantes de la station. Les secteurs les plus menacées et qui sont encore indemnes de dégâts mériteront alors d’être protégés.
SURFACE
Leur nombre et leur surface dépendront des résultats de l’étude diagnostic.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Entreprises de travaux publics, Régie Remontées
Mécaniques
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
L’action consiste à protéger les zones humides à fort enjeu patrimonial (tourbières) qui sont encore dans leur état naturel et qui sont menacées par des projets liés au ski ou à d’autres activités (itinéraires VTT par exemple). Les protections à mettre en place peuvent être de diverses natures :
- la première des protections est l’établissement d’une carte de situation de toutes ces zones à enjeux, qui soit communicable aux acteurs de la station,
- ensuite des protections physiques peuvent être mises en place : enrochements, barrières en bois ou végétales par plantations,
- enfin des protections réglementaires peuvent être envisagées : arrêtés de biotopes par exemple INDICATEUR D’EVALUATION
Réalisations des actions de protection.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
carte déjà chiffré dans l’étude de la fiche 4.1
protections 5000 5000 1000
Coût
annuel (€)
5000 5000 1000
Coût total de l’action (€) 11 000
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Mise en place des protections : 10 000 € HT Entretien des barrières de protection : 1000 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 85Commune de Chamrousse
OBJECTIF 4
Restaurer et préserver les milieux humides
FICHE ACTION 4.4
Mettre en place des actions
d’information sur la valeur
patrimoniale des tourbières
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
Sur la station de Chamrousse, de nombreuses zones humides se situent sur l’emprise du domaine skiable. Eté comme hiver, beaucoup de pratiquants d’activités de montagne (ski et randonnée principalement) passent à proximité de tourbières, sans en connaître précisément leur fonctionnement, leur intérêt et leur valeur patrimoniale.
OBJECTIF GENERAL
L’objectif général est la préservation de ces zones humides
qui jouent un rôle fondamental dans la régulation du régime
des eaux (réservoir l’hiver et redistribution en période
sèche).
OBJECTIF DE L’ACTION
L’action a pour but de sensibiliser le grand public à la
valeur patrimoniale des tourbières : milieux remarquables
et en voie de régression, fonctions de limitateur des crues
et de rétention des flux d’eau, réservoir de biodiversité par
la présence d’espèces protégées.
LOCALISATION DE L’ACTION
Une fois les tourbières en bon état de conservation repérées dans l’étude (cf. fiche action 4.1), quelques unes d’entre-elles seront choisies et serviront de support d’information auprès du public.
SURFACE
Deux tourbières seront aménagées pour sensibiliser, leur superficie importe peu.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
ONF, Avenir, Régie Remontées Mécaniques
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
La mise en valeur des tourbières se fera au travers de la mise en place d’un panneau d’information du public. Le support de dimension 1,5 m x 1 m avec encadrement bois (mélèze de préférence) sera disposé près de la tourbière, si possible à proximité du sentier de randonnée ou de la piste de ski. Ce critère sera déterminant pour le choix des sites. Les informations données seront axées autour du rôle des tourbières dans les régimes hydriques à l’échelle d’un bassin versant, de leur fonctionnement écologique dans le cycle de l’eau, de leur formation au fil des siècles, du biotope qu’elle constituent et qui accueille diverses espèces de haute valeur patrimoniale, des menaces auxquelles elles sont soumises.
INDICATEUR D’EVALUATION
Nombre de panneaux d’information mis en place.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 86DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Travaux 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Conception
supports
1000
Fabrication 3400
Mise en place
et
maintenance
1200 300
Coût
annuel (€)
5600 300
Coût total de l’action (€) 5900
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Conception des supports : 1000 € HT
Fabrication de supports : 3400 € HT
Mise en place des équipements : 1200 € HT
Lasurage montants panneaux d’information : 300 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 87Commune de Chamrousse
OBJECTIF 5
Communiquer sur les actions et les évaluer
FICHE ACTION 5.1
Communiquer sur l’intérêt patrimonial
de la cembraie et mettre en oeuvre des
actions de sensibilisation
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
La cembraie de Chamrousse est la plus occidentale de l’aire de répartition naturelle du pin cembro dans les Alpes. D’une surface relativement importante (350 ha environ) comparée à la totalité de la superficie occupée par cette essence au niveau national, cette formation forestière revêt un caractère patrimonial fort.
Soumise à la pression touristique des activités de sports d’hiver, son renouvellement est entravé par les dégâts causés aux régénérations naturelles par les skieurs. La sensibilisation de ces pratiquants de la montagne s’avère donc un vecteur important dans la préservation de cet espace naturel.
OBJECTIF GENERAL
Préserver la cembraie et assurer son renouvellement.
OBJECTIF DE L’ACTION
Sensibiliser les skieurs aux conséquences de leurs pratiques
(notamment le hors-pistes) sur le renouvellement de la
cembraie.
LOCALISATION DE L’ACTION
L’ensemble de la forêt est concerné et en particulier le domaine skiable.
SURFACE
Toute la surface de la zone d’étude mérite d’être « équipée », soit 410 ha environ.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Régie Remontées Mécaniques, OGM, FDC, Avenir,
ONF, Pic Bois, Alp’Com, etc
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
L’action consiste à élaborer des supports de communication à destination des usagers de la station et notamment les skieurs.
De nombreux vecteurs peuvent être utilisés :
- panneaux d’information, tables de lecture, disposés aux départs et arrivées des remontées mécaniques ou le long des pistes à des endroits stratégiques tels que les lieux de pause et de pique-nique (cf. fiche action 1.3) - dépliants, affiches, bâches et plaquettes 3 volets (cf. fiche action 1.3)
- un sentier d’interprétation de la cembraie, montrant les différentes étapes de la vie d’un arbre et d’une forêt, du semis à l’arbre mort en passant par les différents stades d’évolution (8 tables de lecture). - articles dans le bulletin municipal ou dans des revues spécialisées pour les pratiquants de la montagne - réunions publiques d’information de la population locale (1 en début de saison), conférences grand public pour les touristes sous forme de diaporamas (6 réparties sur les vacances scolaires : 2 à Noël, 4 en février) - formation des professionnels de la station (2 en début de saison : 1 écoles de ski, 1 remontées mécaniques)
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 88Le public destinataire de ces actions est varié :
- Les touristes skieurs sont bien évidemment les premiers concernés car causant les dégâts les plus forts du fait de leur nombre.
- Les usagers locaux sont également ciblés car ce sont eux qui connaissent le mieux le domaine et osent s’engager parfois dans des zones difficiles d’accès et relativement préservés. Du fait de leur niveau de ski plus élevé que la moyenne des autres skieurs, ils empruntent des itinéraires hors-pistes moins connus, mais qui peuvent le devenir car lorsque les premières traces sont faites la fréquentation augmente.
- Enfin, les professionnels (employés des remontées mécaniques, pisteurs, moniteurs de ski, club des sports, accompagnateurs moyenne montagne) sont aussi concernés car bons skieurs avant tout mais aussi en contact permanent avec les touristes, ils peuvent constituer des relais d’information particulièrement intéressant pour démultiplier les messages de sensibilisation. Les moniteurs des écoles de ski et les accompagnateurs moyenne montagne sont spécifiquement à sensibiliser car ils sont en contact tout au long de la saison avec les touristes et notamment les enfants. En début de saison, des informations doivent être communiquées à tous ces acteurs, lors de la journée de formation obligatoire des moniteurs des écoles de ski, lors d’une réunion spécifique pour les professionnels des remontées mécaniques et de l’office de tourisme, à laquelle peuvent se joindre les élus et les accompagnateurs.
Pour le grand public, on peut imaginer des conférences le soir, regroupant tous les aspects patrimoniaux liés au milieu naturel de Chamrousse et aux espèces qu’elle accueille : cembraie, tétras-lyre, tourbières. L’organisation de ces conférences peut être assurée conjointement par différents professionnels du milieu : Observatoire des Galliformes de Montagne (OGM) et Fédération des chasseurs (FDC) pour la partie tétras, Conservatoire des espaces naturels (AVENIR) pour la partie tourbières, Office National des Forêts (ONF) pour la partie cembraie.
INDICATEUR D’EVALUATION
Le nombre de supports réalisés et de réunions organisées constituera l’indicateur de suivi de l’action.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Panneaux,
affiches,
dépliants, etc déjà chiffré dans la fiche action 1.3
Articles
spécialisés
300 300
Sentier
thématique
4000 4000
Réunions,
conférences
2000 1400 1400 1400 1400 1400 1400 1400 1400 1400
Formation
professionnels
400 400 400 400 400 400 400 400 400 400
Coût
annuel (€)
2700 5800 5800 1800 1800 2100 1800 1800 1800 1800
Coût total de l’action (€) 27 200
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Conception- réalisation du sentier thématique,
préparation des réunions et rédaction des articles :
9 200 € HT
Réalisation des réunions et conférences : 18 000 € HT
A ce titre, l’idée d’un sentier sur les arbres remarquables avait émergée en
1997 par l’ADHEC, qui se proposait de signaler la présence d’une
dizaine de pins cembro, mélèze et pins à crochets en bas de station. Ce
projet pourrait être repris dans le cadre de ce plan (l’ADHEC vient de
réinventorier ces arbres).
Ce sentier pourrait servir aussi bien entendu de support aux
accompagnateurs moyenne montagne.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 89Commune de Chamrousse
OBJECTIF 5
Communiquer sur les actions et les évaluer
FICHE ACTION 5.2
Sensibiliser le public scolaire local à la
préservation du site
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
La cembraie de Chamrousse est la plus occidentale de l’aire de répartition naturelle du pin cembro dans les Alpes. D’une surface relativement importante (350 ha environ) comparée à la totalité de la superficie occupée par cette essence au niveau national, cette formation forestière revêt un caractère patrimonial fort.
Soumise à la pression touristique des activités de sports d’hiver, son renouvellement est entravé par les dégâts causés aux régénérations naturelles par les skieurs. La sensibilisation des enfants des écoles sur ces pratiques s’avère donc un vecteur important dans la préservation de cette espace naturel.
OBJECTIF GENERAL
Préserver la cembraie et assurer son renouvellement.
OBJECTIF DE L’ACTION
Sensibiliser le public scolaire aux conséquences du ski sur
le renouvellement de la forêt.
LOCALISATION DE L’ACTION
L’action concerne les écoles de la commune de Chamrousse avant tout, mais aussi celles des communes environnantes. On peut également sensibiliser les enfants des classes de neige.
QUANTITES
Il faut prévoir de sensibiliser tous les enfants de l’école de Chamrousse et quelques classes de St Martin d’Uriage et Vaulnaveys. Une dizaine de sorties par saison sont à réaliser.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
OGM, FDC, Avenir, ONF, accompagnateurs en
montagne
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
L’action consiste à amener les enfants des écoles sur le terrain, pour leur montrer les conséquences de la pratique du ski hors-pistes sur les jeunes semis de pin cembros. Par une sortie d’une demi-journée, que l’on peut imaginer l’hiver à ski ou hors saison hivernale (où l’on voit mieux les dégâts), des professionnels de la gestion des espaces naturels (OGM, Avenir, ONF) pourront sensibiliser les enfants au respect de la forêt et aux espèces (tétras-lyre notamment) et milieux fragiles (tourbières) qu’elle abrite. Les résultats attendus sont une modification des pratiques de ces enfants lorsqu’ils skieront sur Chamrousse, afin qu’ils restent le plus possible sur les pistes et qu’ils évitent les zones sensibles (de semis et plantations par exemple).
Pour les écoles locales, les sorties peuvent avoir lieu lors des heures habituelles consacrées à ce sport dans le cadre scolaire. Pour les classes de neige, ces sorties devront être proposées par les centres d’hébergement, dès la préparation du programme de la semaine.
Par la sensibilisation des enfants, l’idée est également que l’information remonte jusqu’aux parents afin qu’eux-mêmes prennent conscience des dégâts liés au ski et adaptent leurs pratiques. De plus, pour les écoles de Chamrousse, ces parents sont souvent impliqués dans la station, en tant qu’employés des remontées mécaniques ou de l’office de tourisme, moniteurs de ski, accompagnateurs moyenne montagne. Ils deviendront ainsi des relais de sensibilisation intéressant auprès des touristes.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 90INDICATEUR D’EVALUATION
Nombre de sorties effectuées avec les écoles.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Préparation
sorties
300 300 300 300 300 300 300 300 300 300
Sorties 2000 2000 2000 2000 2000 2000 2000 2000 2000 2000
Coût
annuel (€)
2300 2300 2300 2300 2300 2300 2300 2300 2300 2300
Coût total de l’action (€) 23 000
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Préparation de la sortie : 300 € HT Réalisation des sorties : 20 000 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 91Commune de Chamrousse
OBJECTIF 5
Communiquer sur les actions et les évaluer
FICHE ACTION 5.3
Evaluer l’impact des mesures de
gestion engagées sur le site
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
De nombreuses opérations de reboisements ont été engagées sur le site de la cembraie de Chamrousse ces dernières années, soit pour des raisons paysagères, soit pour tenir compte des conséquences du ski hors-pistes. Malheureusement, peu d’actions de suivi ont été effectuées, que ce soit au niveau de la reprise des plants que de l’entretien indispensable à la réussite de l’installation du boisement.
Dans le cadre de cette étude, d’autres actions sont envisagées : reboisements, protections physiques contre la pénétration des skieurs, restauration et préservation des tourbières, actions liées au pâturage et à la présence du tétras-lyre, actions d’information et de sensibilisation diverses.
Il est impératif de contrôler et de suivre l’évolution des mesures de gestion mises en œuvre, afin : - d’effectuer d’une part les entretiens nécessaire à la reprise des plants ou au bon fonctionnement des protections par exemple,
- d’autre part, d’en tirer les enseignements pour rectifier certaines données dans ce plan de gestion mais aussi d’en corriger d’autres pour les plans ultérieurs.
OBJECTIF GENERAL
Garantir la pérennité de l’écosystème cembraie (espèces et
milieux).
OBJECTIF DE L’ACTION
Garantir que les actions mises en œuvre sont pertinentes
et en tirer des enseignements.
LOCALISATION DE L’ACTION
Toute la zone d’étude est concernée puisque les actions prévues s’étendent sur l’ensemble du site.
SURFACE
Toute la surface de la zone d’étude, soit 410 ha environ.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse ou Régie Remontées Mécaniques
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
OGM, FDC, ACCA, Avenir, ONF, Régie Remontées
Mécaniques, commune
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Il s’agit de réaliser le suivi des actions engagées sur la cembraie, par la mise en place d’un tableau de bord du plan de gestion, reprenant la totalité des indicateurs de suivi.
Ce tableau indiquera en regard de l’action, l’indicateur d’évaluation établi et la mesure de cet indicateur à un instant donné avec sa périodicité, ainsi que les mesures à prévoir pour rendre la mesure plus efficace. Pour prendre quelques exemples :
- plantations : contrôle de la reprise des plants et regarnis à envisager
- protections : suivi de l’état des barrières, filets et contrôle de leur efficacité par l’estimation de la fréquentation en aval par exemple
- supports de communication (panneaux, bâches, dépliants, pictogrammes) : contrôle régulier de leur état, actions de maintenance à prévoir, estimation de leur efficacité et de leur compréhension par les usagers par sondage et questionnaire de satisfaction
- placettes permanentes aux Pourettes : suivi de l’évolution de la cembraie tous les 5 ans - comptages tétras (au chants et aux chiens d’arrêt pour les couvées) : réalisation annuelle et analyse des résultats
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 92- ouverture du milieu pour le tétras : suivi des surfaces traitées et de l’efficacité de la mesure - restauration et protection des tourbières : suivi des actions réalisées et contrôle de leur pertinence sur le fonctionnement des tourbières
Ces indicateurs de suivi et contrôles à réaliser sont parfois annuels, parfois étalés sur plusieurs années. Il faudra cependant évaluer tous les ans l’impact des mesures de gestion engagées, afin de piloter le plan de gestion. Ce suivi permettra d’établir le bilan des actions menées l’année N-1 et de planifier les mesures à mettre ne place l’année N. Ce dernier point servira à engager les budgets et à engager les dossiers de demandes de subvention le cas échéant.
Des enquêtes de « satisfaction » auprès des usagers devront être envisagées pour appréhender la pertinence des actions mises en œuvre et en estimer la compréhension générale par le public. Deux enquêtes seraient utiles, l’une en début de période d’application du plan de gestion, qui constituerait l’état initial et l’autre à la fin pour comparer avec la première.
La conception de ce tableau de bord devra se faire dès le début du plan de gestion. Le renseignement des différents indicateurs se fera tout au long de l’année puis le bilan annuel aura lieu en fin d’année.
INDICATEUR D’EVALUATION
Mise en place du tableau de bord.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Conception
du tableau de
bord
600
Evaluation
indicateurs et
enquêtes
usagers *
600 600 +
1200
enquête
600 600 600 600 600 600 600 600 +
1200
enquête
Bilan annuel 600 600 600 600 600 600 600 600 600 600
Coût
annuel (€)
1800 2400 1200 1200 1200 1200 1200 1200 1200 2400
Coût total de l’action (€) 15 000
* L’évaluation de la plupart des indicateurs est déjà chiffré dans d’autre fiches actions : plantations, protections et signalétique dans fiche 1.4, placettes permanentes des Pourettes dans fiche 2.2, comptages tétras dans fiche 3.1.
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Conception outil : 600 € HT Mise à jour annuelle du tableau de bord et bilan : 14 400 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 93Commune de Chamrousse
OBJECTIF 5
Communiquer sur les actions et les évaluer
FICHE ACTION 5.4
Etablir une convention d’application
du plan de gestion entre les partenaires
DESCRIPTION DE L’ETAT ACTUEL
La préservation de la cembraie de Chamrousse nécessite de mettre en place de multiples actions de gestion, qui font l’objet du présent plan de gestion.
Actuellement et en l’absence de gestion globale de la cembraie, différents acteurs y mènent des actions, concertées le plus souvent mais pas toujours, sans vision générale et avec un déficit de suivi et de contrôle. Le présent document présente l’intérêt justement d’avoir une vision et une réflexion d’ensemble sur la cembraie et ses acteurs, afin d’aboutir à la pérennité de cette formation forestière et de prendre en compte les milieux et espèces qu’elle abrite. Encore faut-il que le plan de gestion soit appliqué et suivi pour que les mesures prévues soient réellement mises en œuvre.
OBJECTIF GENERAL
Préserver la cembraie de Chamrousse à long terme en
s’assurant de sa pérennité.
OBJECTIF DE L’ACTION
Garantir que les mesures prévues au plan de gestion de la
cembraie soient mises en oeuvre.
LOCALISATION DE L’ACTION
Toute la zone d’étude est concernée.
SURFACE
L’ensemble du site est à prendre en compte, soit 410 ha environ.
MAÎTRE D’OUVRAGE
Commune de Chamrousse
MAITRE D’ŒUVRE ET PRESTATAIRES
Régie Remontées Mécaniques, ONF
DESCRIPTION TECHNIQUE DE L’ACTION
Pour la mise en œuvre de toutes les mesures du plan de gestion, des budgets doivent être votés par différents partenaires, des dossiers de demandes de subvention doivent être élaborés par divers maîtres d’ouvrage auprès de plusieurs acteurs institutionnels, des évaluations doivent être menées pour suivre l’application du plan, de nombreuses structures et entreprises doivent se mobiliser et s’impliquer dans la démarche.
Les différents partenaires impliqués dans la gestion du site sont :
- la commune de Chamrousse
- la régie des remontées mécaniques
- le groupement pastoral des Gaboureaux
- l’office de tourisme
- l’association communale de chasse agréée
- l’association de défense des habitants et de l’environnement de Chamrousse
- l’école du ski français
- la maison de la montagne
- le club local de VTT
L’idée est de faire signer à tous ces acteurs une convention d’application du plan de gestion de la cembraie, afin de garantir la réalisation des actions prévues. Celle-ci indiquera la nécessaire implication de chaque structure dans la mise en œuvre des mesures de gestion.
La participation financière ou bénévole de chaque organisme pourra ainsi être abordée, de même que le calendrier de
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 94mise en place des actions.
La durée de la convention devra être cohérente avec la durée du plan, soit 10 ans au minimum. La convention désignera également l’organisme qui pilotera l’application des mesures et fera vivre le plan de gestion : le gestionnaire de la cembraie. Ce prestataire aura pour mission de réunir annuellement les différents partenaires (comité de suivi), d’établir le bilan annuel des actions passées l’année N-1 et d’établir la programmation des actions de l’année N, en proposant des budgets aux différents partenaires. Il participera également au montage des dossiers de demande de subventions, notamment pour les actions situées sur les Pourettes situées dans Natura 2000, en lien avec l’animateur du site, ou pour les actions liées au pâturage et au tétras. Il réalisera pour certaines actions une mission de maîtrise d’œuvre, en élaborant les cahiers des charges, rédigeant le dossier de consultation et participant au choix des entreprises ou bureaux d’études, ainsi qu’en effectuant le suivi et la réception des travaux.
Ces missions pourraient être assurées, au moins partiellement, par l’un ou plusieurs des partenaires du site, mais gagneraient en efficacité en étant dévolues à un prestataire extérieur (ONF par exemple).
INDICATEUR D’EVALUATION
Elaboration de la convention d’application.
DUREE DE L’ACTION ET CHIFFRAGE
Actions 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Elaboration
de la
convention
1200
Missions du
gestionnaire
3000 3000 3000 3000 3000 3000 3000 3000 3000 3000
Coût
annuel (€)
4200 3000 3000 3000 3000 3000 3000 3000 3000 3000
Coût total de l’action (€) 31 200
COUT D’INVESTISSEMENT COUT DE FONCTIONNEMENT
Etablissement de la convention et gestion du site :
31 200 € HT
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 95Tableau récapitulatif des actions prévues au plan de gestion de la cembraie de Chamrousse de 2012 à 2021 (en euros HT) n° objectif
intitulé objectif
n° action
intitulé action
détail action
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021 total action
total/objectif
1
Pérenniser la cembraie du domaine skiable
1.1
Limiter la pénétration des peuplements par les skieurs et protéger les régénérations
barrières bois (Recoin)
5000
500
500
filets de protection (Schuss des Dames)
1500
300
300
300
300
300
300
300
300
barrière végétale (Roche Béranger)
3000
300
300
13 500
1.2
Densifier les régénérations naturelles par des plantations
plantation
60000
60000
24000
dégagements et regarnis
7250
8250
11150
8650
3900
400
protection
1000
1500
100
150
100
186 450
1.3
Mettre en place une signalétique adaptée
Conception supports
5000
Fabrication
17500
2000
Mise en place et maintenance
2500
1300
500
500
2000
500
500
32 300
1.4
Mettre en place le suivi des dispositifs expérimentaux installés
Contrôle plantations et semis naturels
2400
1000
1000
1000
1000
1000
1000
1000
1000
1000
Contrôle protections et signalétique
11 400
1.5
Limiter les extensions de pistes, reconsidérer certaines liaisons
Fermeture de liaisons
déjà chiffré dans la fiche action 1.1
0
243 650
2
Préserver la cembraie des Pourettes
2.1
Limiter la pénétration des peuplements par les skieurs dans la cembraie des Pourettes
Chiffrage lors du prochain plan de gestion
0
2.2
Mettre en place un suivi de l’évolution de la cembraie des Pourettes
Préparation cartographique (SIG)
500
Mise en place et relevés initiaux
4000
Suivi des placettes
6000
10 500
2.3
Proscrire les extensions de pistes dans la cembraie des Pourettes
Néant
0
10 500
3
Préserver la population de tétras-lyre
3.1
Suivre l’évolution des populations de tétras-lyre
Comptages coqs
bénévolat
Comptages couvées
bénévolat
Rédaction rapport de synthèse
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
5 000
3.2
Poursuivre la conduite pastorale du troupeau
Réunion annuelle Etablissement d’une carte
0
3.3
Limiter la pénétration des peuplements par les skieurs
Conception supports
déjà chiffré dans la fiche action 1.3
Fabrication
déjà chiffré dans la fiche action 1.3
Mise en place et maintenance
déjà chiffré dans la fiche action 1.3
0
3.4
Poursuivre les actions d’ouverture du milieu
Broyage de végétation
5000
5000
5000
5000
5000
5000
5000
5000
5000
5000
50 000
55 000
4
Restaurer et préserver les milieux humides
4.1
Diagnostiquer l’état et le fonctionnement des zones humides
Relevés de terrain
3600
Rédaction de l’étude
3600
7 200
4.2
Restaurer les zones humides dégradées par les pistes de ski
Restauration de ZH
10000
10000
Protection de ZH
5000
500
25 500
4.3
Protéger les tourbières encore indemnes
carte de situation
déjà chiffré dans la fiche action 4.1
protections
5000
5000
1000
11 000
4.4
Mettre en place des actions d’information sur la valeur patrimoniale des tourbières
Conception supports
1000
Fabrication
3400
Mise en place et maintenance
1200
300
5 900
49 600
5
Actions transversales concernant l’ensemble du site
5.1
Communiquer sur l’intérêt patrimonial de la cembraie et mettre en oeuvre des actions de sensibilisation
Panneaux, affiches, dépliants, etc
déjà chiffré dans la fiche action 1.3
Articles spécialisés
300
300
Sentier thématique
4000
4000
Réunions, conférences
2000
1400
1400
1400
1400
1400
1400
1400
1400
1400
Formations professionnels
400
400
400
400
400
400
400
400
400
400
27 200
5.2
Sensibiliser le public scolaire local à la préservation du site
Préparation sorties
300
300
300
300
300
300
300
300
300
300
Sorties
2000
2000
2000
2000
2000
2000
2000
2000
2000
2000
23 000
5.3
Evaluer l’impact des mesures de gestion engagées sur le site
Conception du tableau de bord
600
Evaluation des indicateurs et enquêtes usagers
600
1800
600
600
600
600
600
600
600
1800
Bilan annuel
600
600
600
600
600
600
600
600
600
600
15 000
5.4
Etablir une convention d’application du plan de gestion entre les différents partenaires
Elaboration de la convention
1200
Missions du gestionnaire
3000
3000
3000
3000
3000
3000
3000
3000
3000
3000
31 200
96 400
Totaux
94 400
112 350
62 750
47 650
39 350
31 100
17 650
15 600
16 400
17 900
455 150
455 150Le tableau récapitulatif des actions avec le
chiffrage et leur calendrier de mise en
œuvre permet de constater qu’un budget
de 455 k€ est nécessaire sur 10 ans. Ce
sont les plantations qui sont les
opérations les plus onéreuses car elles
sont constituées de plants de haute tige
(un pin cembro d’1m de hauteur coûte
environ 100 €). Cela montre bien l’intérêt
de protéger les semis naturels dès leurs
plus jeunes âges pour éviter des dépenses
conséquentes en reboisement.
Montant des actions par année (€)
0
20 000
40 000
60 000
80 000
100 000
120 000
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
années
Sur les 10 ans d’engagement du plan de
gestion, les efforts financiers sont :
- importants les deux premières
années (environ 100 k€ par an),
- autour de la moyenne jusqu’en
2017 (30 à 60 k€ avec une moyenne à
40 k€),
- plus faible pour les quatre
dernières (15 à 18 k€/an).
Par enjeu et par ordre décroissant, le
montant des actions à réaliser se répartit
de la manière suivante :
* 54 % pour la cembraie du
domaine skiable (244 k€)
* 21 % pour les actions transversales
dont communication et la gestion (96
k€)
* 12 % pour le tétras-lyre (55 k€)
* 11 % pour les zones humides
(50 k€)
* 2 % pour la cembraie des
Pourettes (10 k€).
Cette répartition confirme bien la
prédominance du domaine skiable dans
les actions à mener, qui comprend plus
de la moitié des crédits à engager.
Par ordre décroissant de montant et par
nature d’actions :
* 62 % en travaux (280 k€ dont
186 k€ pour plantations haute tige)
* 20 % en communication (88 k€)
* 10 % en suivi (42 k€)
* 7 % en gestion (31 k€)
* 2 % en études (7 k€).
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 97_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 98Conclusion
Dans le cadre des mesures
compensatoires liées au renouvellement
d’une remontée mécanique en 2009,
l’Etat a demandé à la commune de
Chamrousse d’élaborer un plan de
gestion de la cembraie qui se trouve
traversée par le domaine skiable.
Cette étude a débuté en 2011 par des
relevés de terrain en période hivernale
puis estivale pour estimer l’état actuel de
la cembraie et les impacts des skieurs sur
les régénérations naturelles. Elle propose
toute une série de mesures destinées à
protéger et à renouveler la forêt mélangée
de pin cembro, épicéa et pin à crochets.
Les principales conclusions du diagnostic
se résument ainsi :
- la prépondérance du pin cembro sur
l’ensemble de la zone d’étude (410 ha
dont 350 boisés), suivi de l’épicéa et
du pin à crochets en mélange
- la quasi-pureté de la cembraie des
Pourettes
- la présence de régénération naturelle
en semis de pin cembro en quantité
suffisante, mais dégradée pour partie
par les skieurs hors-pistes,
notamment dans le domaine skiable
- 30% de la surface est fortement
parcourue par les skieurs, qui
occasionnent des dégâts importants
voire irréversibles (sur 25 % des
semis)
- 4 km de protections seraient
nécessaires pour rendre les semis
- complètement indemnes vis-à-vis du
ski
- l’état sanitaire est jugé bon, le capital
sur pied de la forêt est faible (< 10 m2
à l’ha) et le nombre de Très Gros
Bois et bois mort peu important
- les peuplements forestiers sont vieillis
et souffrent d’un déficit de jeunes
bois, qui pourrait s’expliquer par des
pratiques pastorales intensives il y a
50 ans
- les régénérations naturelles sont
majoritairement constituées de pin
cembro (plus de la moitié), en densité
suffisante, même après avoir enlevé
ceux qui semblent condamnés par les
impacts du ski
- la comparaison avec les études
précédentes semble montrer une
aggravation du taux de dégâts sur les
semis
- les proportions de semis inférieurs à
1m sont élevées puis leur nombre
chute fortement ensuite, ce qui
pourrait laisser penser que la couche
de neige protège les jeunes arbres
lorsqu’ils sont tout petits et les laisse
ensuite vulnérables vis-à-vis des
dégâts des skieurs notamment. Au-
delà de 2 mètres de hauteur, ce n’est
plus le ski qui peut expliquer le déficit
de jeunes arbres mais l’intensité du
pâturage par le passé
- les formations non boisées dominent
sur la zone d’étude ce qui confirme le
mitage de la cembraie par le domaine
skiable, même si naturellement ce
type de forêt est assez claire
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 99- les secteurs les plus touchés par les
dégâts de ski sont sur Roche Béranger
(forêt découpée en petits lambeaux
par les équipements de ski et
topographie assez douce) et les moins
impactés vers les Pourettes
(fréquentation plus faible, forêt plus
compacte et ski plus difficile).
Au vu de ces analyses les différents
acteurs de la station ont été rencontrés et
interrogés quant à leur vision de la
cembraie.
Des enjeux et des objectifs se sont
ensuite dégagés lors des comités de
pilotage de l’étude qui ont permis
d’identifier la nécessité de :
- préserver la cembraie dans sa
globalité mais surtout de ne plus
impacter celle des Pourettes qui est
encore relativement indemne
- protéger les semis naturels de pins
cembro et engager des opérations de
reboisement ciblées
- prendre en compte le tétras-lyre dans
la pratique du ski par les touristes et
lors des actions de pâturage
- restaurer et protéger les tourbières,
encore nombreuses sur le site et
notamment celles qui sont encore
indemnes
- entreprendre des actions de
sensibilisation du public, de la
population locale (dont les scolaires)
mais aussi des professionnels de la
station à l’intérêt patrimonial de la
cembraie et des espèces et milieux
qu’elle accueille
- de suivre les actions engagées pour en
tirer les enseignements pour l’avenir
- signer une convention entre tous les
partenaires et trouver un gestionnaire
de la cembraie.
Toutes ces mesures de gestion de la forêt
de Chamrousse ne pourront être réalisées
qu’avec une large concertation de tous les
acteurs du site : remontées mécaniques,
commune, groupement pastoral,
chasseurs, ADHEC, association de VTT,
école de ski, accompagnateurs moyenne
montagne, etc.
Un gestionnaire, si possible extérieur à
Chamrousse, permettrait un suivi de la
mise en oeuvre du plan de gestion pour
les 10 ans à venir. Il aurait également une
vision objective de l’évolution du site.
Espérons que ce plan de gestion ne soit
pas une étude de plus sans suite sur la
cembraie de Chamrousse. Il se veut
opérationnel par une présentation
synthétique sous forme de fiches- actions,
qui reprennent le détail technique des
mesures, établissent un calendrier de mise
en œuvre et évaluent le montant des
opérations à engager.
Bien évidemment, c’est aussi le contexte
financier qui permettra ou non de réaliser
les travaux et études proposés. Mais avant
tout, il est nécessaire qu’une réelle
volonté des principaux acteurs que sont la
commune et les remontées mécaniques
soit mise en œuvre pour agir. Cette
volonté était présente tout au long de la
rédaction de ce document, une
dynamique est lancée, les acteurs
concernés se sont parlés, et écoutés lors
des comités de pilotage.
Il n’y a pas de raison suffisante pour que
cet engouement retombe… car la
cembraie de Chamrousse mérite que l’on
s’en occupe, du fait de sa valeur
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 100patrimoniale, des menaces qui pèsent sur
elle, notamment liées aux activités de
loisirs de l’homme.
Tous les acteurs ont un intérêt à ce que
cette formation forestière relativement
exceptionnelle perdure, que ce soit pour
des raisons économiques,
environnementales ou sociales.
Ce sont ces enjeux, perçus différemment
selon les partenaires qui permettront à la
forêt de survivre.
Comment imaginer le site de Chamrousse
sans forêt de pins cembro ! tout le monde
y aurait à perdre et personne n’y a
quelconque intérêt à trouver.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 101Bibliographie
ADHEC (1999) – Impact du ski sur la forêt de pins cembros de Chamrousse – 22 p.
ADHEC (1999) – Planter 10 000 pis cembros à Chamrousse – 7 p.
ADHEC (2004, 2006) – Le journal de l’ADHEC
BARTOLI Ch. (1966) – Etudes écologiques sur les associations forestières de la Haute- Maurienne - Annales des sciences forestières - 321 p.
BOCK Jérôme (2002) – Analyse comparée de trois massifs forestiers présentant différents niveaux de gestion – Parc nationaux de France - 55 p.
CEMAGREF (non datée) – Ski en forêt – plaquette d’information - 16 p.
CHARVET Didier (1997) – mémoire de BTSA Gestion et protection de la nature sur le lac des Pourettes
COMITO Christophe (2001) – Protection et valorisation des espaces naturels de
Chamrousse – 21 p.
CONTINI Laurence et LAVARELO Yves (1982) – Le Pin Cembro, Répartition, écologie, sylviculture et production – INRA - 197 p.
CROCQ Claude (1990) – Le Casse-noix moucheté (Nucifraga caryocatactes) – collection monographies ornithologiques, Lechevallier – R. Chabaud – 326 p.
DELETRAZ Gaëlle (1996) – L’impact des aménagements sur la dynamique de la cembraie de Chamrousse – Université Joseph Fourier - Institut de Géographie Alpine - 196 p.
DELETRAZ Gaëlle (1997) – L’impact des aménagements sur la dynamique de la cembraie de la station de sports d’hiver de La Plagne (Savoie) – Elaboration d’un SIG en vue d’une gestion environnementale de la cembraie – Université Joseph Fourier Institut de Géographie Alpine - 206 p.
DELIRY Cyrille (1993) – Impact des aménagements réalisés et prévus et propositions de gestion rationnelle concernant les libellules et les espèces inféodées aux zones humides sur le secteur des Gaboureaux (Chamrousse - 38) – Groupe de Recherche et de Protection des Libellules Sympetrum – 11 p.
DINGER Françoise (1985) – Gestion des prébois d’altitude de la station de Chamrousse – Plan pluriannuel de développement touristique – CEMAGREF de Grenoble - 92 p.
Direction Départementale de l’Agriculture de l’Isère (1984) – Projet de protection des pré-bois de Chamrousse – Etude préalable et suivi de l’opération – 2 p.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 102Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt de l’Isère (2007) –
Document d’objectifs du site I11 Cembraie, pelouses, lacs et tourbières de Belledonne, de Chamrousse au Grand Colon – 84 p.
Fédération des Alpages de l’Isère (2002) – Diagnostic pastoral – commune de
Chamrousse - 62 p.
Fédération des Chasseurs de l’Isère (2007) – Inventaire et classification des espaces de reproduction à Tétras-lyre (Tetrao tetrix) sur le territoire d’Espace Belledonne - 27 p.
FOURCHY Pierre (1968) – Notes sur le pin cembro dans les Alpes françaises dans Revue Forestière Française – p. 77 à 94
GILOT Jean-Claude (1972) – Note sur la cembraie de Chamrousse (Isère) et la végétation environnante dans Documents pour la carte de la végétation des Alpes – Université scientifique et médicale de Grenoble - p. 25 à 41
MDP Ingénierie Conseil (2009) – Demande d’autorisation de défrichement pour la restructuration de la piste Olympique Hommes – 65 p.
RAVANAT Frédéric (1984) – Participation à un projet d’aménagement de la cembraie de Chamrousse - CEMAGREF de Grenoble - 61 p.
SEGEL Vincent (1985) – Réalités des dommages du ski hors piste en forêt – Impact sur les régénérations, conséquences sylvicoles, prise en compte dans l’aménagement et la gestion forestière - 90 p.
WIART Jacques (1984) – Note sur la cembraie de Chamrousse – DDA de l’Isère – 21 p.
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 103Annexes
Annexe 1 : arrêté défrichement et mesures compensatoires 130
Annexe 2 : fiches diagnostic relevés de terrain été et hiver 132
Annexe 3 : typologie de peuplements du GSM (Guide de Sylviculture de Montagne) 134
Annexe 4 : grilles d’entretien avec les acteurs du site 135
Annexe 5 : extrait du bulletin municipal de Chamrousse de décembre 2011 142
Annexe 6 : plaquette « Ski en forêt » du CEMAGREF 145
_________________________________________________________________________________________________________________ Plan de gestion de la cembraie de Chamrousse - juin 2012 - Office National des Forêts 104Fiche de diagnostic estival
peuplement adulte
(strates 1 à 3)
régénération
(strate 4)
en nb
(rayon de 2m)
Date
Placette
PC
PX
EPC
Autre
(G)
ess non
(G)
TGB (55 et +) (G) bois mort
Etat
type
PC
PX
EPC
Autre
Dégât Flore
Dégât
Autres
Observations
EPC
épicéa commun
(G)
(G)
(G)
typiques
PC
PX
EPC
(>35cm) (G) sanitaire
GSM
< 0.3m
0.3-1m 1-2m
2-3m
> 3m
mort
< 0.3m
0.3-1m 1-2m 2-3m > 3m mort
< 0.3m
0.3-1m 1-2m 2-3m > 3m mort
< 0.3m
0.3-1m 1-2m 2-3m > 3m mort
ski
typique
sol
atteintes
PC
pin cembro
PX
pin à crochet
Autre
S
sapin pectiné
AF
autre feuillu
Dégât ski
0 aucun 1 faible (régé non compromise) 2 fort (dégâts significatifs régé) 3 irréversible
Etat sanitaire
1 bon 2 moyen 3 mauvais
Flore typique
liste d'espèces indicatrices
Dégât sol
O
Oui
N
Non
Flore
M
Myrtille
typique
G
Génévrier
R
RhododendronFiche de diagnostic hivernal
Date :
Polygone Ess 1 Ess 2 Ess 3 Ess Régé 1 Ess Régé 2 Ess Régé 3 Ski Dégât ski Protection Type protection Longueur (ml) Orientation Obs 1
2 Essence E épicéa commun 3 PC pin cembro 4 PX pin à crochet 5 S sapin pectiné 6 AF autre feuillu 7
8 Ess Régé E épicéa commun 9 PC pin cembro 10 PX pin à crochet 11 S sapin pectiné 12 AF autre feuillu 13
14 Ski 0 aucun 15 1 qq traces 16 2 traces nombreuses 17 3 neige damée 18
19
20 Dégât ski 0 aucun 21 1 faible (régé non compromise) 22 2 fort (dégâts significatifs régé) 23 3 irréversible 24
25
26
27
28
29
30
31
32
33
34
35
36
37
38
39
40
41
42
43
44
45
46
47
48
49
50
51
52
53
54
55
56
57
58
59
60
61
62
63
64
65
66
67
68
69
70
71
72
73
74
75
76
77
78
79
80
81
82
83
84
85
86
87
88
89
90
91
92
93
94
95
96
97
98
99
100
101
102
103
104
105
106
107
108
109
110
111
112
113
114
115
116
117
118
119
120
121
122
123DATE DE L'ENTRETIEN :
06/07/11
NOM DE L'ENQUÊTEUR :
Didier CHARON
ORGANISME / PERSONNE INTERVIEWEE :
ACCA Chamrousse / Pascal GAIDET - Président
COORDONNEES :
06-20-08-20-70
Avez-vous connaissance de la rédaction d'une étude sur la cembraie ? Qu'en pensez-vous ? Savez-vous pourquoi cette étude ?
Quelle est votre perception générale du site ? Pour vous, la cembraie est-elle banale, intéresssante, exceptionnelle ? Pourquoi l'utilisez-vous (vos pratiques) ?
A votre connaissance, qu'a été fait pour la cembraie par le passé ?
Quelles actions réalisées vous semblent pertinentes ?
Quelles actions à réaliser vous semblent nécessaire ? Seriez-vous prêt à les prendre en charge ?
Remarques générales
- oui, par le service des pistes
- pin cembro rare, donc pas banal
- préservation des pins cembros
- plantations réussies (pin cembro, épicéas commun et pungens, sorbiers et bouleaux) par le service des pistes, il y a 18-20 ans
- protéger certaines zones par filets (mieux qu'autres protections mais à voir au cas par cas)
- commune = 1345 ha (dont 900 de chassable)
- compensation défrichement
- cembraie se porte bien, mieux que dans les années 50 où plus de vaches, de pâturage (Pourettes), de fauche et casse noix chassé
- plantations résineuses et feuillues
- attention à ne pas planter les zones réouvertes pour le tétras-lyre
- 4 coqs au plan de chasse en 2010 (5, 6 en moyenne)
- chasse au tétras-lyre
et suivi par comptage au
chant et nichées = 30 cpqs chanteurs
- information par panneaux
- pâturage cohérent avec nichées (après 15 août sur places de chant)
- chasse au chevreuil (8/an et 2, 3 sur zone d'étude), au chamois (7/an) sur Casserousse) et au lièvre (10/an)
- financement des réouvertures des milieux par contrat Natura 2000 pour les Pourettes en cours
- réouverture des milieux par des corvées depus 15-20 ans sur Pourettes et Achard : coupes desrhodois, vernes et épicéa mais pas les cembros ; laisser bande boisée en amont des pistes pour éviter ski hors piste (financement FDCI) ACCA = 30 chasseurs (1/2 chamrousse 1/2 Vaulnaveys et SMU), pas de problème de réalisation du plan de chasse
GRILLE D'ENTRETIEN
Plan de gestion de la cembraie de ChamrousseDATE DE L'ENTRETIEN :
11/07/11
NOM DE L'ENQUÊTEUR :
Didier CHARON
ORGANISME / PERSONNE INTERVIEWEE :
ADHEC / Kurt SORG (Président) - Patrick BROUET et Bernard BONNEVILLE
COORDONNEES :
06-73-61-92-37
Avez-vous connaissance de la rédaction d'une étude sur la cembraie ? Qu'en pensez-vous ? Savez-vous pourquoi cette étude ?
Quelle est votre perception générale du site ? Pour vous, la cembraie est-elle banale, intéresssante, exceptionnelle ? Pourquoi l'utilisez- vous (vos pratiques) ?
A votre connaissance, qu'a été fait pour la cembraie par le passé ?
Quelles actions réalisées vous semblent pertinentes ?
Quelles actions à réaliser vous semblent nécessaire ? Seriez-vous prêt à les prendre en charge ?
Remarques générales
- oui, pour la protection de la cembraie
- site exceptionel car cembraie la plus au sud
- plantations de pins cembros par mécénat Laga-Khan, mais non suivies
- plantations mais nécessité de protéger contre les skieurs
- plantations avec feuillus (sorbiers, bouleaux)
- VTT depuis 3, 4 ans qui pose problème de fréquentation avec les randonneurs
- depuis 25 ans, l'ADHEC propose un plan de gestion mais pas de réponse de la station
- protection par rochers en bordure des pistes pour satbiliser les îlots de plants
- circuit de quads l'été et de motoneiges l'hiver
- protéger plutôt de grandes zones
problème de surfréquentation au lac Achard
- planter au moins 200 pins cembro - communication envers le Comité de pilotage de l'étude mais aussi vers les professionnels, les touristes et les médias
GRILLE D'ENTRETIEN
Plan de gestion de la cembraie de ChamrousseDATE DE L'ENTRETIEN :
11/07/11
NOM DE L'ENQUÊTEUR :
Didier CHARON
ORGANISME / PERSONNE INTERVIEWEE :
Groupement pastoral des Gaboureaux / Joël VILLARD - Président
COORDONNEES :
06-86-72-97-62
Avez-vous connaissance de la rédaction d'une étude sur la cembraie ? Qu'en pensez-vous ? Savez-vous pourquoi cette étude ?
Quelle est votre perception générale du site ? Pour vous, la cembraie est-elle banale, intéresssante, exceptionnelle ? Pourquoi l'utilisez- vous (vos pratiques) ?
A votre connaissance, qu'a été fait pour la cembraie par le passé ?
Quelles actions réalisées vous semblent pertinentes ?
Quelles actions à réaliser vous semblent nécessaire ? Seriez-vous prêt à les prendre en charge ?
Remarques générales
- oui
- pâturage sur pistes de ski sauf sur Pourettes (Casserousse seulement)
- plantations
- prise en compte le pâturage pour le tétras-lyre, qui se fait déjà (accord avec ACCA)
- plantations au niveau du réservoir, et du transformateur à Roche Béranger avec protections (résineux moins apétents que feuillus)
- pas de conflit avec les promeneurs ; moins de chiens et moins de détritus que par le passé
- 940 ha mais seulement 660 ha de pâturables (en retirant rochers, barres rocheuses et lacs)
- plantations sous les 2 rochers à Recoin mais avec protections brebis (filets) pendant 10 ans au minimum
- troupeau de 1500 moutons, 20 chèvres et 11 vaches
- ouverture milieux (PAH encore 1 an) avec FAI ; nouvelle PAC en 2013 ou N2000 pour financement ; opération conjointe avec commune et ACCA
- groupement pastoral (6 propriétaires) : vaches locales (SMU et Vaulnaveys), moutons d'Arles et Tarascon
- plantations clôturées
- saison de 4 mois (juin à septembre) - locataire de la commune (bail de 99 ans, gratuit) - pâturage à Recoin puis Roche Béranger (juin) puis domaine skiable (juillet), Croix de Chamrousse (août) et redescente en seprembre - création pistes de ski dans la pente alors que brebis pâturent en courbes de niveau donc difficile de n'utiliser que les pistes
GRILLE D'ENTRETIEN
Plan de gestion de la cembraie de ChamrousseDATE DE L'ENTRETIEN :
11/07/11
NOM DE L'ENQUÊTEUR :
Didier CHARON
ORGANISME / PERSONNE INTERVIEWEE :
Remontées mécaniques / Daniel LEYSSIEUX - Directeur des Remontées Mécaniques et ex-président de l'ACCA pendant 20 ans
COORDONNEES :
06-80-24-70-99
Avez-vous connaissance de la rédaction d'une étude sur la cembraie ? Qu'en pensez-vous ? Savez-vous pourquoi cette étude ?
Quelle est votre perception générale du site ? Pour vous, la cembraie est-elle banale, intéresssante, exceptionnelle ? Pourquoi l'utilisez- vous (vos pratiques) ?
A votre connaissance, qu'a été fait pour la cembraie par le passé ?
Quelles actions réalisées vous semblent pertinentes ?
Quelles actions à réaliser vous semblent nécessaire ? Seriez-vous prêt à les prendre en charge ?
Remarques générales
- oui
- cembraie intéressante
- plantations et protections
- câble meutrier équipé (visualisé) ou enterré en relation avec l'OGM, pour préserver le tétras-lyre
- réunion de sensibilisation en début d'année avec berger
- historique station : création station en 1952 par achat de terrains par le CGI à St Martin d'Uriage, Vaulnaveys et Séchilienne
- station bénéfique pour le tétras-lyre du fait des ouvertures du milieu (confirmation par comptage depuis 1983, nichées au chien d'arrêt et infos des chasseurs)
- réouverture clairières pour être pâturées ensuite (pas encore le cas partout)
- gestion par SAC puis Transmontagne (1992) puis RMM depuis 2007 (régie autonome dont le maire est président et CA avec 5 administrateurs (dont 4 élus)) - JO en 1968 = gros terrassements sans attention portée à l'environnement - création commune de Chamrousse en 1989 - 140 salariés l'hiver (25 permanents l'été) - station de 12 000 lits - 70 à 80% de clientèle de proximité - schéma de développement de la station sur 15 ans : passage de 26 remontées à 18 en 2011, avec un objectif de 16 - technique d'engazonnement des pistes avec foin et mélange de graines
GRILLE D'ENTRETIEN
Plan de gestion de la cembraie de ChamrousseDATE DE L'ENTRETIEN :
11/07/11
NOM DE L'ENQUÊTEUR :
Didier CHARON
ORGANISME / PERSONNE INTERVIEWEE :
Association VTT / David MAS - Président de "Alternative bike Chamrousse"
COORDONNEES :
06-61-71-60-94
Avez-vous connaissance de la rédaction d'une étude sur la cembraie ? Qu'en pensez-vous ? Savez-vous pourquoi cette étude ?
Quelle est votre perception générale du site ? Pour vous, la cembraie est-elle banale, intéresssante, exceptionnelle ? Pourquoi l'utilisez- vous (vos pratiques) ?
A votre connaissance, qu'a été fait pour la cembraie par le passé ?
Quelles actions réalisées vous semblent pertinentes ?
Quelles actions à réaliser vous semblent nécessaire ? Seriez-vous prêt à les prendre en charge ?
Remarques générales
- oui, entendu parlé mais sans savoir pourquoi
- cembraie pas exceptionnelle mais mérite attention
- plantations au-dessus de la déchetterie et vers le chemin du litre
- canaliser les VTTistes sur les itinéraires balisés (pas d'attrait à rouler en forêt)
- créer encore quelques itinéraires
- étude racinaire en cours par INRA depuis 3 ans (sur Chamrousse, Prémol, lac Achard) par un thésard
- il faut des règles pour gérer le VTT avec le reste des activités
- VTT ne nécessite pas de gros terrassements car utilisation sentiers existants en s'écartant le plus possible des sentiers pédestres, des pistes engazonnées et des zones à coq - pratique existe depuis longtemps mais partagée avec Régie Remontées Mécaniques et mairie depuis 5 ans - projets de piste désormais portés par l'association (par société privée avant) - 2 à 3 itinéraires restent encore à créer - travaux faits par l'association mais payés par Régie Remontées Mécaniques et mairie - pratique sur 20 km de pistes ; jusqu'à 1000 rotations de télécabine
GRILLE D'ENTRETIEN
Plan de gestion de la cembraie de ChamrousseDATE DE L'ENTRETIEN :
11/08/11
NOM DE L'ENQUÊTEUR :
Didier CHARON
ORGANISME / PERSONNE INTERVIEWEE :
ESF / Antoine VIALLET - délégué ESF à la commission environnement de la commune
COORDONNEES :
06-80-25-47-39
Avez-vous connaissance de la rédaction d'une étude sur la cembraie ? Qu'en pensez-vous ? Savez-vous pourquoi cette étude ?
Quelle est votre perception générale du site ? Pour vous, la cembraie est-elle banale, intéresssante, exceptionnelle ? Pourquoi l'utilisez- vous (vos pratiques) ?
A votre connaissance, qu'a été fait pour la cembraie par le passé ?
Quelles actions réalisées vous semblent pertinentes ?
Quelles actions à réaliser vous semblent nécessaire ? Seriez-vous prêt à les prendre en charge ?
Remarques générales
- oui par la commission environement de la commune
- cembraie représente une forêt exceptionnelle
- intervention auprès des moniteurs ESF en début de saison 2010-2011 sur la cembraie (lors de la journée de formation obligatoire ; 20 mn par groupe)
- intervention auprès des moniteurs ESF en début de saison sur la cembraie
- cadre agréable pour le ski
(- intervention à prévoir auprès des clubs de sports et des entraîneurs
- 100 moniteurs à l'ESF
- prise en cahrge possible pour intervenir auporès des moniteurs de ski - demande d'un petit document de commincation
GRILLE D'ENTRETIEN
Plan de gestion de la cembraie de ChamrousseDATE DE L'ENTRETIEN :
11/08/11
NOM DE L'ENQUÊTEUR :
Didier CHARON
ORGANISME / PERSONNE INTERVIEWEE :
Maison de la montagne / Antoine VIALLET et Olivier BIZET
COORDONNEES :
06-80-25-47-48 (JC. Chaix - président)
Avez-vous connaissance de la rédaction d'une étude sur la cembraie ? Qu'en pensez-vous ? Savez-vous pourquoi cette étude ?
Quelle est votre perception générale du site ? Pour vous, la cembraie est-elle banale, intéresssante, exceptionnelle ? Pourquoi l'utilisez- vous (vos pratiques) ?
A votre connaissance, qu'a été fait pour la cembraie par le passé ?
Quelles actions réalisées vous semblent pertinentes ?
Quelles actions à réaliser vous semblent nécessaire ? Seriez-vous prêt à les prendre en charge ?
Remarques générales
- oui par la commission environement de la commune
- cembraie représente une forêt exceptionnelle
- rien
- produit spécifique cembraie à créer, mais pas sur le domaine skiable, peut-être sur le lac des vallons (majorité du public va au lac Achard et traverse peu la cembraie)
- surfréquentation pour le lac Achard (100 à 200 personnes/jour l'été)
- communication
- 5 accompagnateurs permanents sur site et 3 guides à la maison de la montagne (autre structure sur SMU : Belledonne en Marche), avec sensibilités flore/forêt, tourbière
- interdire accès à certaines zones sur le terrain
- partenariat avec hébergeurs (Arselle)
- réunion d'information
GRILLE D'ENTRETIEN
Plan de gestion de la cembraie de ChamrousseDossier : politique environnementaleDOSSIER
«
Dès 2002, nous avons créé un poste
dédié à l'environnement et décidé la création d'une commission extra-muni- cipale
Environnement
et
Patrimoine
constituée d'élus municipaux, de repré- sentants de l'ADHEC (Association de défense des habitants et de l'environne- ment
de
Chamrousse),
de
l'ACCA
(Association
communale
de
chasse
agréée), du GPG (Groupement pastoral des Gaboureaux), de l'ESF (Ecole de ski français), de la Maison de la Montagne, de la RRMC (Régie Remontées Méca- niques Chamrousse)
, », précise Fabien
Bessich. «
Cette initiative répondait à la
volonté municipale d'avoir des rapports plus directs avec tous les acteurs de la vie économique
et
associative
de
Chamrousse et de discuter ensemble des actions à mettre en œuvre dans le cadre de l'aménagement de la station en parallèle avec l'environnement ».
Signature de la
Charte
en faveur du développement durable Fin 2007, l'Association nationale des maires des stations de montagne (dont notre maire, Jacques Guillot, est vice- président), en partenariat avec l'ADEME et Mountain Riders, créait la Charte nationale en faveur du développement durable dans les stations de montagne. « Chamrousse signe cette charte et, conformément au principe fondateur numéro 8 de celle-ci, nomme un coor- dinateur local en la personne d'Isabelle Le Bachelet-Nuret et crée dans la fou- lée un comité de suivi local chargé de veiller à l'application et au respect de la charte. Les membres de ce comité sont quasiment les mêmes que ceux qui siègent à la commission Environne- ment et Patrimoine », précise l'adjoint au maire. Cette charte engage la station dans un plan d'actions pour dix ans et traduit la volonté des maires de stations de montagne d'apporter des réponses aux évolutions climatiques mais aussi à l'aménagement
des
stations
afin
de
Depuis de nombreuses années, notre station, comme l'ensemble de la société, a pris en compte les aspects environnementaux liés à son aménagement et à son développement économique. La création d'un poste de chargé Environnement en 2002 puis la constitution, la même année, d'une commission extra-municipale Environnement et Patrimoine, témoignent de la précocité de cet engagement politique. Depuis, des étapes significatives ont été franchies qui confirment l'avancée des idées et des actes. Nous vous proposons dans ce dossier de dresser avec Fabien Bessich, premier adjoint au maire, un bilan intermédiaire des actions en faveur de l'environnement engagées par la commune. Chamrousse
ou
l'équilibre entre
économie
e t
environnement
Plan de gestion de
la cembraie
La réalisation d'un plan de gestion de la cembraie (voir encadré page sui- vante), la plantation de 200 arbres et la mise
en
défens
de
ces
plantations,
constituent les trois mesures compen- satoires
demandées
par
l'Etat
et
la
DDT
(Direction
départementale
des
territoires) à la commune à l'occasion de la réalisation de la nouvelle téléca- bine. En réponse à ces mesures, la commune a d'ores et déjà comman- dité une étude d'un plan de gestion à l'ONF (Office national des forêts). Didier Charon, responsable du bureau d'études de l'ONF Isère, réalise le diagnostic depuis le mois de février 2011. « Cette étude porte sur les pins cem- bros du domaine skiable mais aussi sur le domaine des Pourettes. Le périmètre d'étude
est
d'environ
410
hectares
dont 350 sont boisés. En réalité, le pin cembro ne représente que deux tiers de la forêt, le reste étant constitué d'épi- céas, de pins à crochets et d'arbres feuillus.
Nous
avons
commencé
en
février à établir une cartographie des zones de boisement et un diagnostic de peuplement
de
cette
forêt.
Il
s'agit
d'identifier
notamment
les
passages
des skieurs en hors-piste et les dégâts causés
à
la
régénération
des
semis
naturels des pins cembros. Un tiers de la surface ne présente pas de dégâts sur les semis naturels, un tiers présente des dégâts très faibles et le reste présente des
dégâts
significatifs.
Un
second
diagnostic a été réalisé cet été, pour vérifier ces éléments en l'absence de neige. Nous avons également profité de cette étude pour affiner la composi- tion
de
la
cembraie
en
termes
d'espèces. Ce diagnostic estival révèle que les semis naturels de pins cembros
sont constitués de 57 % de pins cem- bros, d'un tiers de pins à crochets, le reste
étant
constitué
d'épicéas.
Ces
57 % assurent donc le renouvellement de la cembraie et c'est sur eux que doi- vent porter nos actions de préservation. Ce diagnostic estival nous a également permis
d'identifier
les
dégâts
des
skieurs sur la totalité des semis. Les résultats sont meilleurs que l'hiver puis- que 54 % des semis sont indemnes de dégâts. Ces constats et l'identification des zones à risques nous permettront d'identifier des enjeux, de déterminer des objectifs et d'élaborer un plan d'ac- tions et des mesures de préservation. L'enjeu principal est naturellement de pérenniser
la
cembraie,
mais
deux
autres enjeux liés ont été identifiés : la protection du tétras-lyre, espèce patri- moniale intéressante que l'on se doit de préserver et qui aime vivre en limite supérieure de la forêt de pins cembros, et la préservation, voire la restauration des
tourbières
présentes
dans
cette
zone d'étude. Le 3 octobre dernier, nous avons présenté les premiers résul- tats
du
diagnostic
hivernal
et
du
diagnostic estival au comité de pilo- tage. La troisième phase se déroulera en 2012 avec la présentation d'un plan d'actions répondant aux objectifs défi- nis à
la
suite
du
diagnostic.
Des
propositions ont d'ores et déjà été faites par le comité de pilotage. Elles portent sur des
plantations
complémentaires
aux semis naturels de pins cembros ou sur la protection de ces zones par des barrières ou des filets. De même, en termes de communica- tion, nous avons imaginé des actions transversales avec les professionnels de la station pour les sensibiliser à la pré- servation de la forêt afin qu'eux-mêmes répercutent
cette
information
auprès
des skieurs. Ainsi, des panneaux pour- ront informer les touristes de l'intérêt patrimonial de préserver les pins cem- bros et par là même, les tétras-lyres. »
• Journal municipal de Chamrousse • Décembre 2011 • Numéro 9 •
4
5
• Journal municipal de Chamrousse • Décembre 2011 • Numéro 9 •
pérenniser
les
économies
locales
et
leurs emplois, en garantissant un tou- risme durable. En 2009, la commune lance le diagnostic initial développe- ment durable. «
Il s'agit de réaliser un
audit global de la station sur les 130 points
de
la
charte,
c'est-à-dire
les
problématiques
de
fonctionnement,
l'accueil des touristes, les déplacements dans
la
station,
le
ramassage
des
ordures
ménagères,
l'impact
des
aménagements, la consommation éner- gétique des bâtiments communaux, les problématiques de l'eau, les logements et les spécificités liées à l'accueil des saisonniers…
Isabelle
Le
Bachelet-
Nuret s'est attelée à cette tâche avec l'aide
d'un
stagiaire
embauché
en
contrat d'apprentissage dans le cadre de cette mission. Les résultats de cette enquête, présentés au comité de suivi cet été et validés par le conseil munici- pal, ont permis d'identifier nos points faibles et nos points forts. Nous avons créé des groupes de travail sur les thè- mes suivants : - les déchets et l'eau ; - les énergies et habitat, aménagement et patrimoine ; - espaces naturels, domaine skiable et remontées mécaniques ; - transport et sensibilisation et commu- nication. À l'issue des discussions qui vont être menées, nous validerons en 2012 un plan d'actions prioritaires à trois et à dix ans pour mettre en œuvre concrè- tement la charte sur notre territoire », conclut Fabien Bessich.
commission extra-municipale Environnement et Patrimoine
en repérage…Roger Marciau, responsable des études au sein du conservatoire des espaces naturels de l'Isère, évoque les spécificités de la tourbière de l'Arselle. « Dans le cadre de l'arrêté de biotope,
le plan de gestion de la tourbière de l'Arselle demandé par l'Etat par le biais de la DDT, a pour but de mettre en place les moyens de préserver ce site remarquable. Ce type d'habitat de tour- bière est en effet rare en France. Il se reconnaît par la présence de deux espè- ces de plantes carnivores, le Droséra à feuille longue et le Droséra à feuille ronde et d'autres espèces moins specta- culaires qui sont en réalité des reliques glaciaires.
Notons
également
la
pré-
sence
de
nombreuses
libellules.
Le
diagnostic et le plan de gestion doivent nous aider à conserver le fonctionne- ment hydrologique du site (la quantité et la qualité de l'eau) qui explique la présence de cette faune et de cette flore. Au vu des éléments observés lors du diagnostic, le plan de gestion liste les travaux à réaliser, l'organisation de la fréquentation à envisager ou encore les plans de circulation préconisés pour l'ensemble
des
activités
touristiques
proposées sur cette zone. Les points sensibles
concernent
notamment
la
qualité des eaux, la régulation du nom- bre de chevaux présents en été et la modification de certains passages de pistes de ski nordique. Le diagnostic a été présenté au comité de gestion de l'Arselle en septembre dernier. Les élus des deux communes concernées doi- vent
désormais
valider
le
plan
de
gestion proposé par Avenir. »
Débroussaillage et
Régénération
Depuis
de
nombreuses
années,
Chamrousse œuvre à la préservation du pastoralisme en engageant des tra- vaux
de
réouverture
du
milieu,
en
menant des actions de débroussail- lage,
de
régénération
du
tapis
herbacé ou encore en construisant un abri de berger. Ainsi depuis la création de la com- mune en 1989, plus de 580 000
€
(subventionnés à environ 50 %) ont été consacrés à ces actions. Ces réalisa- tions
sont
toujours
conduites
en
concertation avec le GPG (Groupe- ment
pastoral
des
Gaboureaux),
l'ACCA (Association
communale
de
chasse
agréée),
la
RRMC
(Régie
Remontées Mécaniques Chamrousse) après validation par la Commission Environ- nement et le Conseil munici- pal. Dès 2002, un diagnostic pastoral ainsi qu'un plan de pacage (utilisation des
pâturages)
ont
été
élaborés
en
relation avec le GPG les remontées mécaniques, le service des pistes, le poney-club des Rapeaux et la mairie. Il s'agissait de définir, sur le domaine skiable mais aussi sur la prairie de l'Arselle,
les
zones
de
pâturage,
la
capacité fourragère, les actions et les secteurs
de
débroussaillage
ou
de
réengazonnement. Depuis lors, l'es- pace de pastoralisme et, au-delà, les pistes de ski, font chaque année au printemps, l'objet d'une étude appro- fondie. Cet automne, il a été décidé de proposer un programme de régéné- ration du tapis herbacé sur 3 ans pour un coût de 45 000
€
sur une surface
de 15 hectares tout en continuant à
• Journal municipal de Chamrousse • Décembre 2011 • Numéro 9 •
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réaliser, depuis 2003, des travaux de débroussaillage
sur
les
secteurs
des
Pourettes,
du
col
de
Balme
et
du
Schuss des Dames. « Chaque année, pour financer en partie ces travaux, nous
déposons
un
dossier
de
demande de subventions auprès de l'Espace Belledonne et la Fédération des Alpages. Au travers de ces asso- ciations,
c'est
la
Région
et
le
Département qui nous accordent ces financements. Les taux de subvention- nement sont en fonction du type de travaux et varient de 35 à 75 %. Le reste
du
financement
est
pris
en
charge par répartition entre la Com- mune, la RRMC, le GPG et l'ACCA », précise
Fabien
Bessich.
Malgré
des
subventions en baisse, la mairie de Chamrousse a la volonté de continuer à valoriser l'alpage et à préserver la population de tétras-lyres sur son terri- toire.
Car,
au-delà
du
pastoralisme,
ces actions ont également pour but la préservation du territoire du tétras-lyre devenu
oiseau
emblématique
de
Chamrousse, reconnu comme le "Terri- toire de Référence" de cet oiseau sur Belledonne.
7
• Journal municipal de Chamrousse • Décembre 2011 • Numéro 9 •
DOSSIER
Plan de gestion de
la tourbière
Située à 1 620 mètres, la tourbière de l'Arselle a fait en 2003 l'objet d'un arrêté
préfectoral
de
protection
de
biotope (APPB). Cet arrêté, destiné à protéger
cet
environnement
remar-
quable,
implique
que
des
mesures
soient prises afin de lutter contre la disparition
d'espèces
animales
et
végétales protégées et de maintenir ce milieu humide. Le périmètre de l'ar- rêté de biotope comprend 45 hectares dont 15 situés sur la commune de Séchilienne. La commune de Cham- rousse souhaitait donc que, dans le cadre de mesures de protection, cette commune
voisine
soit
également
impliquée. Après de nombreuses dis- cussions et l'implication du Conseil général – la commune de Chamrousse ayant adhéré au réseau des Espaces Naturels Sensibles de l'Isère – et celle de l'association Avenir (Agence pour la
valorisation
des
espaces
naturels
isérois remarquables), les deux com- munes se sont liées pour travailler de concert à la mise en œuvre des mesu- res de
protection
signifiées
par
la
préfecture.
Dès
lors,
une
étude
de
plan de gestion de la tourbière de l'Ar- selle a été diligentée. Son coût sera pris en charge par le Conseil général et par
l'association
Espace
Belle-
donne.
Le
diagnostic
en
cours
de
réalisation aboutira à un plan d'ac- tions destinées à protéger cet espace dès 2012. Chamrousse
ou
l'équilibre entre
économie
et
environnement
Rapport de la commission départementale
des sites.
Le
22
novembre,
la
commission
départementale des sites a approuvé à l'unanimité le projet d'aménage- ment du site sommital de la Croix.
…à Chamrousse Le 1 er
octobre dernier, la commune
a participé à l'événement national Le Jour de la nuit, destiné à sensibi- liser nos concitoyens à la pollution lumineuse et à la protection de la biodiversité
nocturne.
C'est
donc
pour la bonne cause que cette nuit- là la station est restée dans le noir mais sous un beau ciel étoilé !
Une cembraie remarquable Située dans la partie supérieure de la forêt, la cembraie de Chamrousse contribue à la beauté du paysage de la station. Elle présente un intérêt exceptionnel puisqu'elle se situe en limite occidentale
de
l'aire
de
répartition
géographique
du
pin
cembro (ou pin arolle) et Cham- rousse est la seule station des Alpes françaises où cette essence se mêle aux pins à crochets. Elle est particu- lièrement
importante
dans
le
secteur des Pourettes même si on en trouve sur l'ensemble de la com- mune.
Ré-engazonnement piste Eterlou
Droséras
Débroussaillage
EpandageListe des cartes
Carte 1 : zonage des parties boisées sur la cembraie de Chamrousse 18
Carte 2 : cembraie de Chamrousse - diagnostic hiver 21
Carte 3 : surface terrière des peuplements adultes par essence 29
Carte 4 : surface terrière des peuplements adultes pour les Très Gros Bois par essence 30
Carte 5 : régénération par essence (naturelle ou plantation) 35
Carte 6 : densité par ha de la régénération (naturelle ou artificielle) 36
Carte 7 : dégâts de ski observés sur la régénération 38
Carte 8 : conduite pastorale (source FAI 2002) 42
Cartes 9 : densité d’observation de tétras-lyre en Août et en Mai 44
(source FDCI -ACCA Chamrousse)
Carte 10 : projets de plantations et protections 60
Liste des figures
Diagnostic hivernal : Fréquentation par le ski 22
Diagnostic hivernal : Dégâts au semis 22
Diagnostic estival cembraie du domaine skiable : répartition des semis par classes de hauteur (m) 32
Diagnostic estival cembraie du domaine skiable : densité de semis / ha 34
Montant des actions par année (€) 97
Liste des tableaux
Diagnostic hivernal
Essence peuplement adulte (en surface) 20
Régénérations (en surface) 20
Protection 23Diagnostic estival cembraie des Pourettes
Surface terrière dont Très Gros Bois 25
Etat sanitaire 25
Types de peuplement 26
Répartition des semis par classes de hauteur (m) 26
Densités de semis 27
Densités de semis (hors types P-pelouse et A-espace non boisé) 27
Dégâts de ski aux semis 27
Composition de la flore 28
Diagnostic estival cembraie du domaine skiable
Surface terrière dont Très Gros Bois 31
Types de peuplement 31
Répartition des semis par classes de hauteur (m) 32
Densités de semis 33
Densités de semis (hors types P-pelouse et A-espace non boisé) 33
Dégâts de ski aux semis 34
Composition de la flore 34
Caractérisation et impacts des pratiques sur la zone d’étude du plan de gestion 46
Cotation de l’enjeu 47
Importance des enjeux 47
Objectifs 48
Tableau récapitulatif des actions prévues au plan de gestion de 2012 à 2021 (en € HT) 96