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Document publié le Mardi 23 juillet 2019
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Centre Corse)
Thèmes du document : Tabac et addictions, Santé, Jeunesse,
Objet : Problématique de la drogue et des conduites addictives qui en
découlent chez les jeunes.
Monsieur le Président du Conseil exécutif,
Le 1er mai 2016 en Corse, une jeune femme est décédée sous les coups de son ex-
compagnon. La veille de ce drame, ce dernier avait consommé stupéfiants (MDMA,
Cannabis) et alcools.
Si je débute cette question orale en évoquant ce drame douloureux, c’est parce que
cette calamité qu’est la drogue, et les conduites addictives qui en découlent, ne
représentent pas seulement un problème de santé publique, un facteur de délinquance
ou un trouble à l’ordre public, il s’agit aussi d’un véritable fléau qui menace gravement
notre cohésion sociale.
Vous avez souhaité, en 2016, solliciter l’ORS (Observatoire Régional de la Santé) pour
la réalisation d’une enquête sur la santé des jeunes corses. Cette étude, menée de
concert avec les Missions Locales, avait pour objectif d’améliorer la connaissance de
l'état de la santé des jeunes de 12 à 25 ans, et notamment dans le domaine des
conduites addictives.
Les résultats sont alarmants :
- Sur un panel de 530 jeunes interrogés, 29 % d’entre eux signalaient avoir
consommé du cannabis dans leur vie ;
- Pour plus de moitié d’entre eux, la consommation de cannabis était de « 10 fois
ou plus » par mois ;
- 16 % des jeunes du panel déclaraient avoir consommé d’autres drogues ;
2019/E3/074- En cumulant les différents types de produits, c’est au total 32% du panel qui
consomme un ou des produits stupéfiants, sans différence suivant le sexe.
En outre, une étude menée en 2017 par l'Observatoire Français des Drogues et des
Toxicomanies (OFDT) a montré que la jeunesse insulaire est également fortement
concernée par l’usage de deux autres substances psychoactives, que sont l’alcool et
le tabac.
Le niveau des alcoolisations ponctuelles importantes (API) chez les jeunes est, en
Corse, largement plus élevé que la moyenne française. Notre île est d'ailleurs en tête
concernant le niveau d'expérimentation de l'alcool à 17 ans, avec 94% des personnes
questionnées contre 85,7% au plan national.
De plus, dans une île où le paquet de cigarettes coûte moins cher qu'ailleurs, les
jeunes sont fortement touchés par un usage quotidien du tabac : plus de 31% de
l'échantillon a répondu positivement à la question, contre 25,1% à l'échelle nationale.
La part de jeunes qui déclarent consommer du tabac de manière intensive – c’est-à-
dire fumer au minimum 10 cigarettes par jour – est même deux fois plus élevée que la
moyenne française.
Les chiffres concernant la Corse dépassent donc nettement la moyenne, que ce soit
au niveau de l’expérimentation ou de la consommation régulière et intensive d’alcool
et de tabac.
La lutte contre les trafics de stupéfiants et la sanction des consommateurs est bien
évidemment en premier lieu, du ressort des pouvoirs de l’Etat, mais réprimer les trafics
n’est qu’une partie de la solution. La prévention des addictions n’est pas non plus une
compétence directe de la Collectivité de Corse. Pourtant, nous avons l’ambition
légitime de reconstruire un pays, et par conséquent nous ne pouvons pas éluder la
question des conduites addictives chez les jeunes.
Il est de notre devoir, en tant que citoyen ayant aujourd’hui une responsabilité élective,
de trouver des moyens d’endiguer ce fléau, et ainsi de protéger notre jeunesse, car
ce projet de société s’adresse d’abord et surtout à notre jeunesse. Pour elle, celle qui
construira l’avenir de notre pays, nous devons sans cesse tenter de faire mieux, et de
faire plus !
Nous devons poursuivre notre engagement et agir dans la lutte contre la drogue, en
déployant une politique de prévention, déjà initiée dans le « Pattu per a Ghjuventù »
porté par la Conseillère exécutive Lauda Guidicelli, et à travers les actions de la DGA
en charge des affaires sociales et sanitaires, sous l’autorité de la Conseillère exécutive
Bianca Fazi.
Mais nous devons aussi mobiliser tous les acteurs - je pense notamment aux Missions
Locales, à l’Education Nationale, ou aux différentes associations qui agissent dans ce
domaine - et être la force motrice de cette démarche. Initier des actions de prévention
et d’information au sujet des comportements addictifs et de leurs conséquences dansle cadre des évènements festifs qui jalonnent la saison estivale, mais également tout
au long de l’année, pourrait être une première piste, la prévention étant un des piliers
de la protection.
Aussi, Monsieur le Président du Conseil Exécutif, pourriez-vous détailler devant
cette assemblée l’état d’avancement des travaux de notre collectivité dans le
domaine de la sensibilisation aux comportements addictifs des jeunes, et nous
préciser les contours de la politique que vous souhaitez mettre en œuvre ainsi
que les actions que vous prévoyez de mener dans ce domaine ô combien
sensible et important ?