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Thèmes du document : Histoire et mémoire, Armement, Guerre en Ukraine,
1
71ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945
DISCORSU DI U MERRE
Chers Amis,
Cari Paisani,
Le 8 mai 1945, fut signé à Berlin l'acte solennel de capitulation sans
condition de l'Allemagne nazie qui mettait fin à la Seconde Guerre mondiale.
Ainsi s'achevait nombre d'années de terreur, de souffrance, de
destructions irréparables et de privations.
Aujourd'hui, devant ce monument aux morts, nous commémorons
avec émotion le 71ème anniversaire de la victoire des forces alliées contre le nazisme et la barbarie.
Comme chaque année, nous tenons à rendre hommage aux
combattants héroïques, aux victimes de ces terribles années de guerre, à toutes celles et tous ceux qui ont risqué ou sacrifié leur vie afin que nous recouvrions notre liberté.
Car, surgissant des profondeurs du pays, la résistance des anonymes,
ces hommes et ces femmes ordinaires qui ont réalisé des actions extraordinaires, a grandi: passeurs de frontières, saboteurs de chemins de fer, sauveurs de juifs et bien d'autres...
Malgré le temps et les pages d'histoire qui nous ont dévoilé tous les
ressorts de ce terrible moment du XXème siècle, nous ne pouvons et ne pourrons jamais comprendre ce qui a pu germer dans l'esprit des hommes, ce qui a rendu possible l'horreur totalitaire.
Cette guerre qui a ravagé l'Europe durant six terribles années et qui
se poursuivra durant de longs mois en Asie et dans le Pacifique, fut sans précédent.2
Au conflit militaire entre Nations, s'est ajoutée une persécution
volontaire et systématique de populations civiles, hommes, femmes, enfants, parce qu'ils étaient juifs, slaves, tsiganes, opposants politiques ou homosexuels.
Cette guerre fit plus de victimes civiles que de victimes militaires.
Plus de 50 millions d'êtres humains périrent pendant le conflit.
A ce sinistre chiffre, doivent encore être ajoutés 35 millions de
blessés et plus de 3 millions de disparus.
Ce 8 mai nous rappelle donc que la paix, la démocratie, les valeurs
républicaines, le respect de l'autre, la tolérance, le progrès économique et social, sont des combats quotidiens et qu'à aucun moment nous ne devons baisser la garde ni relâcher notre vigilance.
Comme le disait le grand philosophe allemand Schopenhauer:
"l'Histoire est au peuple ce que la Conscience est pour un homme. Un peuple qui oublie son histoire est un homme qui perd sa conscience".
Aussi, pour ne pas perdre cette conscience, nous devons nous
souvenir aujourd'hui, demain, toujours, ce que signifie ce 8 mai 1945.
A Corsica, hè stata u primu dipartimentu liberatu,
Ind'u 1939, l'armata alemana di u dittatore HITLER, invadisce a
Pulonia, a Francia, quasi tutta l'Europa è una parte di l'Africa suprana.
L'Italia si liga cù l'Alemagna. U so capiguvernu, Mussolini vole
pigliassi a Corsica.
Ind'u 1942, 80 000 suldati taliani invadiscenu l'isula.
I corsi resistenu urganizendusi in gruppi clandestini armati. Parechji
capi di a resistenza, chiappi da i taliani, sò straziati ò fucilati. U sottumarinu francese u "Casabianca" passa è vene da l'Algeria à a Corsica, sbarchendu caricamenti d'arme è posti di radiò.
Americani, inglesi è francesi i caccianu d'Africa Suprana.3
Ritirendusi d'Africa, un'armata alemana di 30 000 omi passa pè a
Sardegna è a Corsica. Per apreli a strada, c'hè digià, ind'è l'isula, un'armata di 10 000 omi, appughjati da 100 carri di battaglia.
L'ottu di sittembre di u 1943, l'Italia capituleghja. E campane d'ogni
paese annunzieghjanu a gioia di a Corsica. L'arme escenu di i piattatoghji.
Parechji suldati taliani si mettenu cù i Corsi contr'à l'alemani. I corsi
taglianu e strade è mitraglianu e filarate di camiò per ritardà l'avanzu di l'alemani. Questi, per prutegesi, lampanu i ponti, minaccianu di strughje i paesi è mettenu mine in ognilocu.
Da aiacciu, prestu liberatu, un'armata francese parte versu Bastia. Hè
appughjata da un gruppu americanu è da l'artiglieria taliana. L'aviazione americana bumbarda à Bastia, strughjendu parechji quartieri, ma l'alemani riescenu quantuque à imbarcassi.
U quattru ottobre di u 1943, a liberazione di a Corsica hè compia.
Hè u primu dipartimentu francese à esse liberatu.
Ci sò parechje cintinaie di morti.
I corsi partenu numerosi per cuntinuà à battesi sin'à a capitulazione
di l'Alemagna, l'ottu di machju di u 1945.
Ùn ci nè scurdemu. Ne les oublions pas.
C'est grâce à ces hommes et à ces femmes, réunis par un idéal
commun, que nous sommes aujourd'hui libres.
C'est grâce à nos combattants dont les noms sont inscrits sur ce
monument au morts que nous vivons en démocratie. Je veux citer GUISSANI Victor, POGGI Jean, CRISTOFINI Dominique et POGGI Ange.
A l'heure où deux résistantes déportées, Geneviève de GAULLE-
ANTONIOZ et Germaine TILLION, rentrent au Panthéon, je veux aussi saluer la mémoire de leurs camarades corses oubliées de l'histoire, pour la plupart totalement méconnues et qui nous ont été révélées dans l'excellent documentaire réalisé par Jackie POGGIOLI "Résistantes Corses déportées". Celles-ci se nomment: Danielle CASANOVA, Graziella CANAZZI, Marie COLOMBANI, Antonia MAESTRACCI, Marie Louise4
ANTELME, Maria de PERETTI della ROCCA, Janine CARLOTTI et Noëlle VINCENSINI.
Rendons leur à tous hommage en partageant cette poésie écrite par
Jean FERRAT:
"Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été
La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir
Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux
Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues
Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers
On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare5
Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez
Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent"
Rendons-leur aussi hommage en chanson avec notre amie Anghjula
POTENTINI qui va nous interpréter "Quellu Affizzu Zifratu" (transposition par Ghjacumu Fusina du poème de Louis ARAGON, "L'Affiche Rouge":
Sciacconu quell'affissu una mane d'inguernu
Nant'à li muri scalcinati di a cità
À l'albore tristezza è senza umanità
U carrughju paria a porta di l'infernu
Chì sparitu ne era ogni segnu pietà
Eranu una vintina d'omi ritrattati
A faccia mascherata à tratti d'al di là
Chì lasciavanu sola un'idea d'età
È u penseru stancu à l'ochji tribulati
Quale sò issi figlioli, dite per carità
Ma nimu si frastorna è nimu si ribella
Chì pesa tantu in core a guerra à sistemà
Chì costa troppu tandu un attu libertà
È si terne dinù la disgraziata stella
Chì quella infamità fermava da inventà
Eppuru issi zitelli casconu quella mane
È colma fù cusì la morte assurdità
Chì le cose n'ùn fussinu fatte à metà
È ch'ellu ùn si perdissi u gustu di u pane
Oghje quale sà più, oghje quale a sà6
Tenimu à mente i fatti è tenimuli cari
Quelli morti di l'ombra è di a libertà
Quelli figlioli astuti eroi à parità
Di l'affissu zifratu à rossi calamari
Chì scrissenu la storia, quella chì venerà.
Ti ringraziu Anghjula,
Merci à tous