Offres
API
Connexion
Documents similaires
unknown - 11+novembre+2017 Commémoration+du+centenaire+de+la
unknown - 11+novembre+2015 Commémoration+du+centenaire+de+la
Acte - 11+novembre+2014 100ème+anniversaire+du+début+de+l
Acte - 8+mai+2016 71ème+anniversaire+de+la+Victoire+du+8+
Acte - commemoration du 11 novembre 2015
Conseil Municipal - commemoration 11 novembre 2018 article
Conseil Municipal - commemoration 11 novembre 2018 article
unknown - 8+mai+2015 70ème+anniversaire+de+la+Victoire+du+8+
Acte - 8+mai+2017 72ème+anniversaire+de+la+Victoire+du+8+
Acte - 2014 M04 29 Commémoration+de+la+fin+des+Guerres+en
unknown - 11+novembre+2016 Commémoration+du+centenaire+de+la+Grande+Guerre
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Poggio-d'Oletta.
Lien du pdf (unknown - 11+novembre+2016 Commémoration+du+centenaire+de+la+Grande+Guerre)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Armement, Guerre en Ukraine,
1
U Poghju d'Oletta, l'òndeci di nuvembre di u 2016
Commémoration du 100ème anniversaire
de la Grande Guerre
Célébration de l’armistice du 11 novembre 1918
Discours du Maire
Chers Amis,
Cari paisani,
Nous sommes aujourd'hui réunis pour commémorer la fin des
combats et la capitulation de l'Allemagne, symbolisés par la signature de l'Armistice de la 1ère Guerre Mondiale.
En 1918, cet évènement redonnait l'espoir en la paix définitive,
puisque cette guerre devait être la "der des ders" après quatre années atroces de sang et de larmes, quatre années d'horreur, d'angoisse, de souffrance et de privations, quatre années qui virent disparaître plusieurs générations.
Tous ceux qui vécurent cette période et qui revinrent des
combats à jamais marqués, pour certains à jamais brisés, exprimèrent le souhait de raconter et de témoigner.
Voici d'ailleurs les mots poignants d'un poilu de vingt neuf ans
en 1914, témoignage si précieux de ce conflit dont la mémoire nous rassemble en ce lieu:2
"Quand nous sommes arrivés par ici au mois de novembre,
cette plaine était alors magnifique avec ses champs à perte de vue, pleins de betteraves, parsemés de riches fermes et jalonnés de meules de blé. Maintenant, c'est le pays de la mort, tous ces champs sont bouleversés, piétinés, les fermes sont brûlées ou en ruines et une autre végétation est née: ce sont les petits monticules surmontés d'une croix ou simplement d'une bouteille renversée dans laquelle on a placé les papiers de celui qui dort là".
Il n'y pas de mots assez forts pour décrire l'horreur du champ
de bataille, l'interminable attente des poilus dans les tranchées avec la peur au ventre, avant de se lancer à l'assaut des lignes ennemies.
Le bilan de cette guerre est connu de tous et les chiffres en
donnent le vertige.
Ce fut la Grande Guerre par son intensité et son impact sur les
civils: près de 10 millions de morts, 20 millions de blessés, des individus déboussolés, des familles éprouvées.
Ce fut la Grande Guerre par sa durée, 4 ans, avec une guerre
interminable des tranchées.
Ce fut la Grande Guerre par sa dimension internationale
inconnue jusqu'alors et un bouleversement des équilibres géopolitiques avec des Etats fragilisés, voire démembrés.
Ce fut la Grande Guerre par le degré d'horreur et le souvenir,
toujours présent, des gueules cassées.
Pour nos compatriotes, l'hécatombe est fort bien résumée par le
Maréchal Joffre que je cite: "Les corses viennent au front par bateaux entiers mais quelques barques suffisent pour les ramener dans leur île".
La Grande Guerre a affecté la Corse en profondeur.3
En 1914, près de 50 000 insulaires sont mobilisés et envoyés au
front pour la défense de la mère patrie.
Par un "décret spécial" à la Corse, Georges Clemenceau, ministre
de la guerre, fait alors mobiliser les hommes corses jusqu'aux pères de famille de 6 enfants, ce qui sera d'ailleurs décrié en 2000 par Michel Rocard, qui précisera que la France a mobilisé en Corse ce qu'elle n'a jamais osé faire sur le continent.
Le sacrifice de nos soldats, leurs douleurs et leurs croyances dans
les valeurs de la république sont d'ailleurs gravés sur les monuments aux morts érigés à partir de 1920 dans tous nos villages.
Les pertes sont élevées et la Corse est l'un des départements les
plus touchés: 11 325 morts (soit entre 22 et 28% des classes mobilisables contre 16,3 % en moyenne nationale) et 12 000 invalides revenus du front.
Le 173ième RI que je souhaite particulièrement mettre à l'honneur
en ce jour, unique régiment basé dans l'île et dont la devise est "Aiò Zitelli" perd à lui seul 3 541 hommes entre 1914 et 1918.
Ce régiment, composé de quatre bataillons, principalement de
corses, restera 4 ans en première ligne. Il sera décimé à plusieurs reprises et sera reconstitué régulièrement par des apports issus le plus souvent du 373ième RI qui était le régiment de réserve du 173ième.
C'est finalement un pan entier de notre population qui a été
sacrifié dans cette guerre et la Corse ne s'en remettra jamais.
Durant des décennies de désespoir, de lamentation et de
malheur, dans de nombreux villages corses, la procession du 15 août sera d'ailleurs appelée la Procession des Veuves.
La saignée dans les forces vives de la Corse est lourde et
aggravée par le fait que de nombreux insulaires mobilisés, en s'établissant sur le continent dès la fin de la guerre, ont contribué à en accentuer le dépeuplement.4
Aujourd'hui, en ce 11 novembre, notre communauté se
rassemble et se recueille afin de rendre hommage à ces soldats de 14- 18 qui ont combattu et qui sont tombés pour la patrie.
C'est parce qu'il n'épargna aucune famille que le souvenir de ce
terrible conflit, achevé depuis près d'un siècle, demeure toujours aussi vivace.
Ce 11 novembre est finalement devenu un jour de mémoire et
votre présence citoyenne, ce matin, témoigne de votre attachement à cette commémoration et de votre conscience qu'un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.
Sachons, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, tirer les
leçons du passé afin de construire un avenir de paix.
Comme le disait Victor Hugo: "La guerre, c'est la guerre des
hommes, la paix, c'est la guerre des idées".
Je terminerai mon propos en vous rappelant que toutes les
familles de notre village ont été concernées par cette guerre.
Sur la durée du conflit, l’abbé Antoine Costa, curé de notre
village de 1910 à 1948, a recensé 113 de nos hommes y ayant participé.
Dix sept d'entre eux sont morts au cours de cette guerre et je
vous demande tout particulièrement d'avoir une pensée pour eux au moment où je vais prononcer leur identité.
Remercions:
Biaggi Cosme Roch, soldat au 72ème RI, décédé des suites de ses
blessures à Marseille le 12 mai 1919 à l’âge de 24 ans,
Cardi Alexandre Jean-Baptiste, sergent au 73ième RI, tombé au
combat à Vassy dans la Marne le 15 juillet 1918 à l’âge de 28 ans,5
Cardi Philippe Mathieu Vital, soldat au 129ième RI, tombé au
combat à Saint-Waast dans le Pas de Calais le 25 septembre 1915 à
l’âge de 20 ans,
Clementi Jean Edouard Paul, caporal au 110ième RI, tombé au
combat à Mangelare en Belgique le 9 octobre 1917 à l’âge de 24 ans,
Giraldi Jean-Baptiste, soldat au 6ième RI Coloniale, tombé au
combat à Souain dans la Marne le 25 septembre 1915 à l’âge de 24
ans,
Gregogna Joseph Antoine, soldat au 159ième RI, tombé au
combat au Bois de Berthonval dans le Pas de Calais le 1er avril 1915 à
l’âge de 20 ans,
Grimaldi Jean-Baptiste, soldat au 173ième RI, tombé au combat
au Bois Bouchot dans la Meuse le 21 décembre 1914 à l’âge de 31
ans,
Lorenzetti Pierre, soldat au 112ième RI, tombé au combat au Bois
de la Gruerie dans la Marne le 30 juin 1915 à l’âge de 39 ans,
Mannoni Michel, soldat au 111ième RI, décédé le 24 janvier 1919
à U Poghju d’Oletta à l’âge de 32 ans suite à une maladie contractée
au front,
Mannoni Joseph Antoine, sergent au 55ième RI, tombé au
combat à Verdun dans la Meuse le 20 août 1917 à l’âge de 27 ans,
Nobili Pierre Félix, Caporal au 132ième RI, tombé au combat à
Vaux dans la Meuse le 20 août 1917 à l’âge de 20 ans,
Olivacce Ange Gabriel, soldat au 112ième RI, tombé au combat à
Malancourt dans la Meuse le 17 janvier 1915 à l’âge de 27 ans,
Poggi Jean Dominique, soldat au 112ième RI, tombé au combat à
Argonne dans la Marne le 30 juin 1915 à l’âge de 19 ans,6
Poggi Jean Bernardin (Bernard), soldat au 173ième RI, tombé au
combat au Bois de Rauzières dans la Somme le 21 février 1915 à l’âge
de 33 ans,
Poggi Marius, adjudant au 4ième Régiment de marche des
zouaves tirailleurs, tombé au combat à Pleine-Selve dans l’Aisne le 30
août 1914 à l’âge de 30 ans,
Ribolla François, soldat au 46ième RI, tombé au combat à
Sermaize dans l’Oise le 25 mars 1918 à l’âge de 26 ans,
Ristorcelli Dominique Cerbon, soldat au 41ième RI coloniale,
décédé en captivité à Giessen en Allemagne le 29 décembre 1918 à l’âge de 24 ans.
Je vous remercie de votre attention.
Vi ringraziu.
Je vais maintenant passer le témoin à notre amie Anghjula
POTENTINI qui va nous interpréter la très belle chanson U 173 écrite par Jean-Paul POLETTI en hommage à nos poilus du 173ième RI.
À tè Anghjula.7
U 173 di Ghjuvan Paulu POLETTI
SOL ................................. DO .......................................... SOL
Sentu dì chì ci hè qualcosa, piattu cum'è un sicretu
......................................... Mim ....................................... RE
Oghje in caserna di Bastia si rende onore discretu
..... DO ................................... SOL .............. DO .............................. SOL
Ùn si sente nunda in carrughju, un vechju pienghje in u caffé
DO .............................. SOL ........................ (do)* ..... SOL
Deve avè qualchì ricordu, di u Centu Settanta Trè.
DO .................... SOL ...................................................
Eramu in tempi neri di e più feroce battaglie
..................................... Mim ...................................... RE
Quantu funu i giuvanotti à cascà sott'e mitraglie
DO .............. SOL .......... DO .......... SOL
Paisani o citadini, Orsu Carlu o Dumè
DO ................................ SOL ..................(do)* ........... SOL
Sott'à a listessa bandera di u Centu Settanta Trè.
Aiò zitelli hè più chè ora a libertà si ne spenghje
Ùn sintite i mughji fora, c'hè più d'una mamma chì pienghje
Ùn hè più tempu di dorme ma quellu di fassi valè
Noi figlioli di Cirnu, di u Centu Settanta Trè
O Signore s'è tù i vedi quassù in lu to paradisu
Ùn hè mai troppu tardi pè rende qualchì surisu
À l'eroi di a nostra terra, Orsu Carlu o Dumé
'ssi zitelli morti in guerra, di u Centu Settanta Trè
Ognunu s'hè scappellatu è po anu fattu un discorsu
U più cortu chì si sia fattu, mancu una parolla di corsu
Mute eranu e vechje trombe, andati Carulu o Dumè
Ver'di e silenziose tombe di u Centu Settanta Trè
S'anu falatu a bandera, a s'anu piegata in trè
Un suldatu a s'hà purtata, cumu pudia sapè
Ch'in celu pienghjianu l'ombre di u Centu Settanta Trè
Ch'in celu pienghjianu l'ombre di u Centu Settanta Trè.
(do)* : Ghjè un Do cù u ditucciu nantu à a corda SI, terza casa. Dopu à l'arechja si sente
l'accunciamentu ch'ellu ci vole à fà è chì rivene ancu ind'è l'introitu.
________________