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Arrêté - 8pg6a0yxpxrs29n
Arrêté - 1976489
Document publié le Dimanche 8 juin 2025 par la commune de Regrippière.
Lien du pdf (Arrêté - 1976489)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Guerre en Ukraine, Armement,
Message de Patricia MIRALLES
Ministre déléguée auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et
des Anciens Combattants
Journée nationale d'hommage aux Morts pour la France en Indochine
8 juin 2025
Ce 8 juin, la République rend hommage aux Morts pour la France en Indochine.
De la Seconde Guerre mondiale au lendemain des accords de 1954, plusieurs
centaines de milliers d'hommes y furent engagés sous nos couleurs. Plus de
47 000 soldats métropolitains, légionnaires, tirailleurs africains, ainsi que 28 000
vietnamiens, cambodgiens et laotiens, combattant au sein du Corps
expéditionnaire français en Extrême-Orient, y trouvèrent la mort.
Alors que nous parvenons au terme du cycle de commémoration du 80°
anniversaire de la Libération, il faut d’abord rappeler la place qu'y prit
l'Indochine, y compris dans ce qui allait devenir les prémisses d'un nouveau
conflit. Souvenons-nous du coup de force japonais du 9 mars 1945, de ces
combats qui ne s'arrêtèrent pas le 8 mai 1945, de ces hommes qui résistèrent
dans les citadelles et maquis d'Indochine, dans les deltas ou les rizières.
Rendons hommage aux trois Compagnons de la Libération, Jean d'HERS, René
NICOLAU et Charles LE COCQ, tués par les Japonais en mars 1945 ainsi qu'aux
457 médaillés de la Résistance française au titre de l'Indochine.
Ce n'est que le 2 septembre 1945 que le général LECLERC signait l'acte de
capitulation japonaise à bord du cuirassé Missouri. Dans les semaines qui
suivirent, il prenait le commandement du corps expéditionnaire français et
débarquait à Saigon pour redonner à la France toute sa place. Des unités
entières, dont de nombreux combattants venaient de prendre part à la victoire
contre le nazisme et le fascisme, furent redéployées : commandos, comme le
commando PONCHARDIER, parachutistes, comme ceux du 1° BCCP, dont
deux soldats seront inhumés aujourd'hui à la nécropole nationale de Fréjus,
aviateurs de plusieurs escadrilles de chasse, contingents formés en métropole
ou en Afrique. Tous rapidement engagés dans une tâche plus complexe
qu'attendue, où la guerre finit par succéder à la tension.
Les héros de la Libération se retrouvaient acteurs d'un conflit aux contours
nouveaux, dans lequel ils s'engagèrent avec la même bravoure et la même
abnégation, malgré l'indifférence et l'incompréhension d'une société française
trop occupée à se reconstruire, et désireuse d'oublier les affres de la guerre.
Qu'il soit donc rendu hommage à ceux qui, après le 8 mai 1945, continuèrent
de servir fidèlement les armes de la France jusqu'en juillet 1954.
Que leurs combats, dans les conditions les plus rudes, ne soient jamais oubliés.Sur les mers, dans les airs, sur la terre, appuyés par un soutien logistique capital,
soldats des trois armées et supplétifs indochinois affrontèrent un ennemi
déterminé, redoutable, dans un environnement éminemment hostile. Toujours
et partout, par-delà les jungles et les rizières, jusqu'au bout de l'enfer de Dien
Bien Phu, les personnels du service de santé — à l'exemple héroïque de
Geneviève de GALLARD ou de Valérie ANDRÉ, récemment disparues — firent
preuve d'un dévouement sans réserve pour porter assistance aux blessés sous
le feu.
Qu'il soit toujours rappelé l'absolu de leur bravoure, et la grandeur de leur
sacrifice qui ennoblissent notre histoire.
Que soit salué, aussi, le courage de tous ceux qui, d'abord silencieux, surent
trouver les mots, souvent longtemps après les combats, pour dire l'épreuve, la
souffrance, la honte parfois. Par l'héroisme de leur témoignage, ils ont permis
à la mémoire nationale de devenir plus juste et plus complète.
Qu'il soit rendu hommage aux milliers de prisonniers, et que jamais ne s'efface
le souvenir de ceux que la faim, la maladie ou l'épuisement ont brisés dans les
camps. Quand les accords de Genève ont mis officiellement fin aux combats,
plus de 20 000 soldats français sont demeurés prisonniers.
Ils devaient connaître encore les longues marches infernales, leurs chairs
martyrisées, les privations, et pour beaucoup la mort. Leur endurance face à
l'épreuve, leur force d'âme inexpugnable, leur courage, souvent oubliés,
appartiennent à notre histoire.
Que le souvenir soit honoré, enfin, des civils arrachés à leur foyer par les
bouleversements de 1954. Rapatriés dans l'urgence, souvent démunis, ils
durent tout reconstruire dans une métropole inconnue, mais dont ils
acceptèrent de faire leur terre d'avenir.
Que soit transmis aux générations nouvelles ce double héritage : celui du
courage, et celui de la vérité. Non pour exalter la guerre, mais pour comprendre
ce qu'elle exige, ce qu'elle détruit, et ce qu'elle révèle aussi de la force humaine.
En réunissant les Françaises et les Français devant les monuments aux morts, à
travers tout le pays, cette journée nationale d'hommage rappelle que la
reconnaissance de la Nation ne s'éteint pas : elle s'approfondit au fil du temps,
à mesure que le souvenir devient mémoire, et que la mémoire devient
conscience.
À ceux qui sont morts pour elle, à ceux qui ont été prêts à donner leur vie, à
ceux qui ont souffert, la Nation exprime aujourd'hui sa fidélité et sa gratitude.
Elle rappelle également son attachement à cette mémoire partagée, la reliant,
dans l'estime et l'amitié entre les peuples, à des pays devenus des partenaires de confiance.
Honneur à ceux d'Indochine. Vive la République et vive la France
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