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Arrêté - Préfecture - Bouches-du-Rhône - 01 dossier demande de prelevement posidonie GIS Posidonie
Document publié le Jeudi 5 septembre 2024
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Bouches-du-Rhône - 01 dossier demande de prelevement posidonie GIS Posidonie)
Thèmes du document : Espaces terrestres et maritimes, Animaux, Changement climatique,
Restauration active par transplantation de
posidonies dans la baie de Marseille
Projet TRANSPO-Marseille
Contact : Patrick Astruch – patrick.astruch@univ-amu.fr
GIS Posidonie
MIO – OSU Pythéas
Campus de Luminy, Case 901
Avenue de Luminy
13288 MARSEILLE Cedex 09
Tel : 04 86 09 05 73/78
https://gisposidonie.osupytheas.fr/
A l’attention de : Marie Coudrillier
Chargée de mission biodiversité SMEE/PNT
Direction Départementale des Territoires et
de la Mer des Bouches-du-Rhône
16, rue Antoine ZATTARA
13332 MARSEILLE CEDEX 3Description du projet
Objectif : proposer une expérimentation visant à transplanter des boutures de posidonie selon plusieurs protocoles (densité, source des boutures) dans la baie de Marseille : perspectives d’optimisation et analyse critique.
Contexte
La restauration active, par exemple la transplantation de posidonie, est envisageable lorsque les pressions ayant conduit à sa régression sont maîtrisées voire supprimées. A condition que le bénéfice d’une opération de restauration soit supérieur à la recolonisation naturelle, ce type d’action peut présenter un intérêt pour ‘donner un coup de pouce’ à l’herbier, c’est-à-dire transplanter en différents endroits des boutures qui seront autant de zones de départ de faisceaux aidant à la recolonisation de zones autrefois occupées par la posidonie. Dans ce sens, toute opération de restauration de posidonie doit suivre le diagramme de Boudouresque et al. (2021) ci-dessous.
Code de bonne conduite pour la transplantation de Magnoliophytes marines.
Le programme RenforC, porté par l’antenne Corse du GIS Posidonie vise depuis 2021 à tester plusieurs protocoles de transplantation de boutures de posidonie, protocoles proposés par 4 équipes différentes de France, d’Italie et d’Espagne
(Monnier et al., 2023) dans la ZMEL de Sant’Amanza
(Bonifacio, Corse). Les premiers résultats, au bout
de deux ans, sont encourageants mais devront être
validés par au moins 5 ans de suivi. En effet, pendant
les premières années (4 à 5 ans), les transplants de
posidonie puisent essentiellement sur leurs réserves
pour survivre jusqu’à être en mesure de produire de
nouveaux faisceaux et ainsi démarrer véritablement
la recolonisation des fonds de matte morte.
Exemple de méthode de transplantation de boutures de
posidonie (RenforC, ©Thalassa MR&EA).Le programme REPOSEED, soutenu par la Fondation de la Mer, la Ville de Marseille et l’Office Français de la Biodiversité, a bénéficié de l’opportunité de la production massive de fruits de posidonie suite à la floraison sans précédent observée à la suite de l’été 2022. Initié en 2023, le programme REPOSEED a pour objectif de tester une méthode simple d’installation de graines sur deux sites répondant aux critères d’éligibilité de Boudouresque et al. (2021) : la baie du Prado (Marseille) et la baie de Sant’Amanza. Sur chaque site, 9 000 graines ont été récoltées puis installées respectivement à 25 et à 14 m de profondeur. Les premiers suivis montrent des taux de survie
encourageants malgré une pression de
prédation par les herbivores. Alors que les
prochains suivis apporteront des éléments
de réponse quant à la réussite ou non de
l’opération, de premiers enseignements
montrent la faisabilité d’une méthode
simple et déployable à plus grande échelle
à la suite de floraisons massives (tous les
3 à 10 ans environ).
Jeunes plantules de posidonie 4 mois après installation
de graines (Sant’Amanza, -14 m).
Le Mediterranean Posidonia Network (MPN, https://medposidonianetwork.com/) est un consortium de scientifiques et de gestionnaires méditerranéens autour des enjeux de gestion et de conservation de l’herbier de posidonie. Un groupe de travail, auquel le GIS Posidonie contribue, vient de publier des bonnes pratiques concernant la restauration active de la posidonie (https://medposidonianetwork.com/the-mediterranean-posidonia-network-at-the- cop23-med-barcelona-convention-copy-copy/). Ce guide soulève les pistes de réflexion et les axes de recherche nécessaires pour affiner les protocoles vers un caractère opérationnel non acquis à ce jour. Il est nécessaire de rappeler que la restauration de la posidonie implique impérativement la prise en compte du temps long : il faut des dizaines d’années pour qu’elle recolonise le milieu sur des surfaces significatives.
Objectif du projet
Fort de ces expériences récentes, le GIS Posidonie souhaite poursuivre ses expérimentations sur la transplantation d’herbier de posidonie. L’objectif du projet TRANSPO-Marseille est de tester plusieurs méthodes de transplantation, sur la base du retour d’expérience du programme RenforC et des recommandations du MPN (Mediterranean Posidonia Network), en particulier :
- tester deux classes de densité (par exemple 10 et 25 boutures par m²),
- tester la survie de boutures issues (i) d’un herbier source ou bien (ii) arrachées (naturellement ou par abrasion mécanique) et récupérées dans le milieu.
La zone d’étude du projet correspond à la baie de Marseille (en particulier la baie du Prado et l’archipel du Frioul), en raison d’une dynamique progressive de l’herbier observée depuisenviron 40 ans (exemple ci-dessous en limite inférieure d’herbier). Le site de transplantation et le design de l’installation des boutures seront définis en amont. Les boutures seront réparties sur une surface comprise entre 500 et 1 000 m² environ.
Evolution positive de l’herbier de posidonie de la baie du Prado, ici en limite inférieure (-25 m).
Déroulement du projet
Le projet TRANSPO-Marseille se découpera en plusieurs phases :
Phase 1 : diagnostic et sélection des sites de transplantation. Sur la base d’une analyse cartographique préalable, l’herbier de posidonie de la baie du Prado sera exploré afin d’identifier les sites potentiels favorables pour notre expérimentation (à proximité d’une zone d’herbier en progression, profondeur comprise entre -10 et -20 m, absence de pressions anthropiques significatives) ainsi que les herbiers sources (mêmes gammes de profondeur, bonne dynamique et bonne vitalité). Une évaluation de la qualité écosystémique du ou des sites identifiés sera menée en appliquant l’indice EBQI (Personnic et al., 2014). Cette phase se déroulera à partir du 2024.
Phase 2 : récolte des boutures et transplantation. Une fois le ou les sites sélectionnés, la campagne de récolte et de transplantation sera planifiée (environ une dizaine de jours). Il s’agit, dans la même journée d’effectuer : une première plongée pour récolter des boutures, les conditionner dans l’eau de mer sans les sortir du milieu. Une deuxième plongée est dédiée à la transplantation effectuée directement in situ à l’aide de piquets en métal afin de fixer les boutures dans la matte morte. Selon le retour d’expérience de RenforC, 400 à 500 boutures peuvent être récoltées et transplantées par jour en impliquant 4 plongeurs biologistes. Deux gammes de densité de boutures seront installées (e.g., 10 et 25 par m²). Environ la moitié des boutures proviendront d’un herbier source et l’autre moitié correspondra à des boutures échouées. La récolte de ces dernières sera effectuée si possible à la suite d’un coup de mer afin de récupérer des boutures récemment arrachées. Au total, jusqu’à 5 000 boutures seront prélevées, chaque bouture portant en moyenne 3 à 5 faisceaux de feuilles. A la suite de la transplantation, de premières mesures seront réalisées sur les transplants (densité par m², longueur de feuilles, pression d’herbivorie, orthophotomosaïque) en fonction des deux gammes de densité et des deux types de prélèvements (boutures arrachées vs herbier source). Un herbier de référence naturelle sera également suivi (même gamme de profondeur et même descripteur). La phase 2 est prévue entre l’hiver et le printemps 2025- 2026.Phase 3 : suivi de l’évolution des transplants (t+6 mois, t+1 an). Un premier suivi sera réalisé 6 mois après la transplantation (t+6 mois, fin 2025). L’objectif est d’identifier le taux de survie des transplants et l’évolution des paramètres de vitalité, en comparaison avec l’herbier naturel de référence. Une attention particulière sera portée aux paramètres qui pourraient expliquer le fonctionnement de l’écosystème (assemblages de poissons associés, filtreurs, détritivores, etc.). L’indice EBQI (indice qui évalue la qualité de l’écosystème, incluant des paramètres de l’herbier mais également des autres aspects de l’écosystèmes, comme les poissons, les filtreurs ou encore les détritivores) sera mesuré sur le ou les sites transplantés et sur l’herbier de référence. Ce même suivi sera renouvelé un an après l’opération (t+1 an, printemps 2026). Un bilan pourra être dressé sur le taux de survie un an après l’installation des boutures.
Suivi de plantules de posidonie au sein d’un quadrat sur le site de la baie du Prado (Marseille, -24 m).
Phase 4 : suivi de l’évolution des transplants (t+2 ans). Au printemps 2028, un nouveau suivi selon les mêmes méthodes sera mené, deux ans après l’opération. Ce suivi permettra un nouveau bilan qui visera à estimer le taux de survie des transplants. Dans le cadre de ce bilan, sur la base des résultats du projet et de l’expérience du GIS Posidonie, une analyse critique sur la restauration des herbiers de posidonie sera proposée. Cette analyse aura vocation à contribuer à l’amélioration de l’arbre de décision de la mise en œuvre d’opérations de transplantation et à proposer des pistes méthodologiques solides pour renforcer le caractère opérationnel des techniques de restauration. Le présent projet sera complété par d’autres phases de suivis des transplants à t+3 ans et t+5 ans (voire jusqu’à t+10 ans) pour observer les premières tendances à la progression des transplants. La Ville de Marseille soutiendra le projet financièrement sur une durée d’au moins 5 ans, permettant de garantir la réalisation des suivis.Résultats et livrables attendus
Les résultats attendus du projet sont :
- Une description et une analyse critique des protocoles mis en place (avantages/inconvénients) ;
- La transplantation d’environ 5 000 boutures de posidonie réparties sur 500 à 1 000 m² ;
- Une évaluation à t+6 mois, t+1 et t+2 ans du taux de survie et de la vitalité de l’herbier transplanté en comparaison avec un herbier de référence naturel. Une attention particulière sera portée au fonctionnement de l’herbier en temps qu’écosystème (e.g., approche écosystémique) ;
- Un retour d’expérience pour dresser un bilan et fournir une analyse critique sur les protocoles utilisés mis en œuvre et la restauration active de l’herbier de posidonie.
Un rapport d’avancement sera produit lors de chacune des 4 phases du projet.
Calendrier
Le projet démarrera dès le 1er semestre 2024.
Fait à Marseille le 26/06/2024
Thomas Changeux
Président du GIS Posidonie
Phases hiv-24 print-24 été-24 aut-24 hiv-25 print-25 été-25 aut-25 hiv-26 print-26 été-26 été-26 aut-26 hiv-27 print-27 été-27 hiv-27
Phase 1 prospections
Phase2 transplantation
Phase 3 suivis t+6 mois t+1 an
Phase 4 suivi t+2 ans