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Document publié le Jeudi 26 septembre 2019 par la commune de Saint-Étienne-de-Serre.
Lien du pdf (PLU - Annexes - cahier recommandations architecturales)
Thèmes du document : Énergies, Environnement, Aménagement du territoire,
Commune de SAINT ETIENNE DE SERRE (07)
PLAN LOCAL D’URBANISME
RECOMMANDATIONS
ARCHITECTURALES 12
Révisions et Modifications
- …..
Référence
: 4
6065
Plan Local d’Urbanisme
- Décision d’élaboration du P.L.U. par délibération du Conseil Municipal en date du 26 septembre 2019 - Arrêt du P.L.U. par délibération du Conseil municipal en date du 15 septembre 2022 - Approbation du P.L.U. par délibération du Conseil municipal en date du 6 juin 2023 Vu pour être annexé à la délibération du Conseil municipal du 6 juin 2023L L E ES S B B O OU UT TIIÈ ÈR RE ES S
H H A AB BIIT TE ER R D DA AN NS S
C C A A H H II E E R R D D E E R R E E C C O O M M M M A A N N D D A A T T II O O N N S S
A A R R C C H H II T T E E C C T T U U R R A A L L E E S S
Parc naturel
régional
des Monts d’ArdècheU U N N T T E E R R R R II T T O O II R R E E A A U U T T O O U U R R D D ’’ U U N N E E V V A A L L L L É É E E
LES BOUTIÈRES Page 2
Une identité paysagère
UN PAYSAGE ORGANISÉ Page 3
Les Boutières de haut en bas
Utiliser et maîtriser l’eau
UN PAYSAGE CONSTRUIT Page 5
Habiter la pente
Matériaux locaux et matériaux manufacturés
R R E E S S T T A A U U R R E E R R S S A A M M A A II S S O O N N
RÉNOVER L’EXISTANT Page 8
Bâtir la pierre, un savoir-faire
La charpente et la couverture
Les façades
Les enduits et les ouvertures
AGRANDIR SA MAISON Page 12
Modifier ou créer une ouverture
Les projets d’extension
Petites interventions
C C O O N N S S T T R R U U II R R E E A A U U J J O O U U R R D D ’’ H H U U II
BÂTIR UN PROJET Page 16
Définir ses besoins
S’IMPLANTER SUR LA PENTE Page 17
S’adapter au terrain
Volumes et couleurs
HABITER AUJOURD’HUI Page 19
L’architecture contemporaine
Nouveaux matériaux, nouvelles démarches
G G U U II D D E E P P R R A A T T II Q Q U U E E
LE CADRE RÉGLEMENTAIRE Page 22
À QUI CONFIER SON PROJET Page 23
ADRESSES UTILES Page 24
S S O O M M M M A A II R R E E É É D D II T T O O R R II A A L L
P P A AR RC C N N A AT TU UR RE EL L R R É ÉG GIIO ON NA AL L D DE ES S M M O ON NT TS S D D’’ A A R RD DÈ ÈC CH HE E
Les paysages exceptionnels des Monts
d’Ardèche ont été reconnus au niveau national
avec le classement en Parc Naturel Régional
le 9 avril 2001. Nous nous sommes engagés
ensemble à les préserver et les valoriser.
Lors de l’élaboration du Plan du Parc qui
accompagne notre charte constitutive, six
“grands paysages” ont été identifiés : plateau de
Vernoux, massif du Mézenc-Gerbier, Boutières,
Haute Cévenne, Cévenne méridionale et
Piémont cévenol.
Depuis nous nous sommes employés à démontrer leurs spécificités,
à apprendre leur histoire et décrire leurs fonctionnements. Car on ne
construit bien l’avenir qu’en comprenant mieux le passé, sans
nostalgie mais avec la ferme conviction que nos paysages sont
porteurs de sens, qu’ils nous racontent une histoire, notre histoire.
Ce cahier technique est le troisième d’une série de six que nous
élaborons grâce à l’appui et aux compétences du Conseil
d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de l’Ardèche (CAUE).
Consacré aux Boutières, il présente des Monts d’Ardèche qui offrent
des paysages exceptionnels depuis les serres couvertes de landes,
les versants dominés par les châtaigneraies jusqu’aux fonds des
rivières qui se rétrécissent parfois en gorges. Un patrimoine bâti
riche lié à la conquête des pentes et à la maîtrise de l’eau pour
l’agriculture et l’industrie ponctue ces paysages. Les villages et
hameaux se sont adaptés à des pentes couvertes de terrasses.
Ce cahier technique s’adresse à tous ceux qui peuvent avoir un
projet de construction ou de rénovation. Il a la prétention d’aider à
découvrir ou redécouvrir ce qui fait le caractère des Boutières :
un regard éclairé sur son environnement est un premier pas pour
réussir son projet.
Des conseils pratiques pour rénover et agrandir son habitation et
quelques recommandations simples pour réaliser une construction
qui intègre son environnement sont ensuite proposés : l’implantation
de la maison, son adaptation à la pente, son volume, ses couleurs,
sont parmi les éléments les plus importants à étudier. Des
recommandations simples sont données pour prendre en compte
les économies d’énergies, utiliser les énergies renouvelables et des
matériaux écologiques.
Enfin quelques informations pratiques pourront accompagner la
mise en oeuvre d’un projet : quelles démarches administratives
doivent être conduites, qui peut apporter des conseils spécifiques
ou des aides?
Je sais que vous saurez trouver dans ce cahier tous les éléments
permettant de préserver et valoriser les paysages de nos Boutières.
Henri BELLEVILLE
Président du Parc naturel régional des Monts d’ArdècheU U N N T T E ER RR RIIT TO OIIR RE E
A AU UT TO OU UR R D D’’U UN NE E V V A AL LL LÉ ÉE E
Parler d’habitat demande tout d’abord
d’identifier et de comprendre le caractère très
particulier des paysages des Boutières.
Notre environnement quotidien mérite d’être connu :
sa géologie, son relief des plateaux jusqu’aux vallées,
sa maîtrise de l’eau pour l’agriculture et l’industrie,
et naturellement son patrimoine paysager et bâti.
En quelques pages, des clés vous sont données pour mieux
comprendre l’habitat des Boutières afin de réussir
votre projet de rénovation ou de construction.
1 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E SU U N N E E II D D E E N N T T II T T É É P P A A Y Y S S A A G G È È R R E E
L L E ES S B B O OU UT TIIÈ ÈR RE ES S
Un bloc cristallin entaillé par l’eau
Les Boutières sont situées sur un bloc
cristallin formé de granites variés et de roches
métamorphiques fortement transformées
(migmatites). Au sud du territoire, le grès
témoigne de dépôts sédimentaires
anciens. À l’ouest, la transition progressive
avec le plateau des Sucs est notamment
marquée par la présence de basaltes.
Ces roches ont toujours constitué la
matière première de construction. Elles
participent à l’intégration des bâtiments
dans leur environnement.
La topographie très variée des Boutières
résulte principalement de l’action des cours
d’eau qui ont entaillé le socle cristallin.
L’Eyrieux forme la colonne vertébrale de
ce réseau hydraulique principalement
développé en rive droite. Des serres plus
ou moins larges compartimentent les vallées
encaissées.
L’implantation des activités humaines et des
réseaux de communication est largement
induite par la forme des vallées.
Aujourd’hui comme hier, l’adaptation à
la pente est essentielle pour créer son
habitat.
2 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E3
L L E E S S B B O O U U T T II È È R R E E S S D D E E H H A A U U T T E E N N B B A A S S
U U N N P P A AY YS SA AG GE E O O R RG GA AN NIIS SÉ É
L’organisation du paysage des Boutières
est visible par un étagement vertical des
activités, constitué de manière rigoureuse
et précise.
Les plateaux les plus difficiles d’accès
depuis le grand axe de la vallée du Rhône
restent, aujourd’hui encore, exclusivement
consacrés à l’agriculture. Les échanges, le
commerce et le progrès ont pénétré le
territoire petit à petit par les vallées.
Les versants, très abrupts, rendent en
effet difficile l’accès aux plateaux. Ils sont
dominés par la culture du châtaignier.
Les terrasses cultivées sont étroites et
soulignent la déclivité.
Les vallées sont marquées par l’industrie,
en particulier depuis l’arrivée du chemin de
fer. Les contraintes techniques liées à la
complexité de ce territoire tourmenté ont
rendu très prégnants les ouvrages liés à ce
nouveau mode de communication et
d’échange.
Les routes et les ouvrages d’art
Les routes des Boutières sont étroites et
sinueuses. Elles empruntent les fonds de
vallées avant de passer en corniche pour
offrir des panoramas impressionnants.
Le tracé des routes et celui du chemin de fer
ont engendré des travaux de terrassement,
de soutènement et des ouvrages d’art
remarquables qui ponctuent le paysage
des Boutières.
Les soutènements
La technique de construction dite en pierres
sèches est la plus souvent utilisée.
Contrairement aux murs de béton qui
nécessitent d’importantes fondations, ces
murs simples et solides présentent une
forte résistance aux poussées du sol.
La technique du gabion, aujourd’hui
utilisée, est un substitut à la pierre sèche,
envisageable dans la mesure où les pierres
constituant le gabion sont prises localement.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LE PAYSAGE EST CONSTRUIT
Comme un mur porteur ou une
charpente pour une maison, les
terrasses sont l’ossature du paysage.
Pour construire sur cette ossature et
rechercher l’insertion la plus cohérente
avec le relief et les terrasses existantes,
il faut :
- limiter les terrassements,
- respecter les courbes de niveaux,
- éviter les bouleversements du sol et
les terrassements déstabilisants et
coûteux,
- éviter la mise en oeuvre
d’enrochements gigantesques.
Coux Saint-Julien-Boutières
Ouvrage routier, route de Chalencon
Vallée de l’Eyrieux, vers Saint-Sauveur-de-Montagut
Gabion de galets
Châtaigneraie
Murs de soutènement
maçonné et en pierres
sèches, Beauvène
P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S4 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
L L A A M M A A ÎÎ T T R R II S S E E D D E E L L ’’ E E A A U U
U U N N P P A AY YS SA AG GE E O O R RG GA AN NIIS SÉ É
Les ouvrages liés à l’eau et à sa maîtrise
ont profondément modifié le paysage des
Boutières. Ils posent les jalons de l’histoire
de la région dans sa mutation d’un espa-
ce exclusivement agricole à un
territoire industrialisé.
Les moulinages
Les moulinages marquent la tradition indus-
trielle de la vallée de l’Eyrieux.
Une fois le travail de filature réalisé (dévidage
du cocon et confection du fil de soie), le
travail du moulinage intervient pour la
consolidation du fil et sa finition.
Les bâtiments sont situés en fond de
vallée, proche de l’eau indispensable pour
le fonctionnement des machines ou usines.
Ils sont remarquables par leur volumétrie et
leur ordonnancement rigoureux.
Les barrages et retenues d’eau
Les barrages et retenues d’eau ont un
impact visuel très fort.
Ils permettent de réguler le débit des rivières,
de produire de l’électricité et d’alimenter
usines et usagers en eau.
Les béalières
Les béalières sont des canaux qui
permettent l’irrigation des terres agricoles.
Cette technique de captage très
simple permet d’agrandir de manière
significative le domaine agricole.
Le captage de l’eau permet également
de faire fonctionner des moulins pour la
fabrication de la farine ou de l’huile.
Les terrasses
Les terrasses témoignent de l’ingéniosité
de l’homme à adapter des sols difficiles à
l’activité quotidienne.
La préservation des terrasses est vitale :
- elles assurent la gestion des eaux de
ruissellement,
- elles dessinent le paysage et ouvrent des
vues sur les vallées.
L’édification des terrasses agricoles a
modelé les versants des Boutières en lui
conférant un caractère paysager très
particulier.
Selon la configuration de la pente (pente
forte ou pente douce), les terrasses agricoles
peuvent être très simples (levées de terre
appelées “chambas”) aux plus complexes
(murets de pierres sèches soutenant les
levées de terre).
Aujourd’hui, leur manque d’entretien
contribue au développement de la
friche et à la fermeture des paysages.
Moulinage, Les Ollières-sur-Eyrieux
Béalière agricole
Terrasses entretenues :
Bonne gestion
des eaux de pluie
Terrasses abandonnées :
Éboulements et inondations
Terrasses,
vallée de l’Eyrieux
Mur en pierres sèches
Murs en pierres sèches,
Saint-Maurice-en-Chalencon
Équipement touristique en terrasse,
Dunière-sur-Eyrieux. Aménagement hors d’échelle
et présentant une faible stabilité.5
H H A A B B II T T E E R R L L A A P P E E N N T T E E
U U N N P P A AY YS SA AG GE E C C O ON NS ST TR RU UIIT T
Construire sur la pente
L’implantation des bâtiments est
toujours soigneusement choisie et tient
compte de plusieurs paramètres :
- proximité de la ressource en eau
(rivière, source…),
- proximité des voies de circulation ,
- terrains peu favorables à l’agriculture
(souci d’économiser les bonnes terres) ,
- bonne situation par rapport aux intempéries
(vent dominant, ensoleillement,…).
Ceci est particulièrement vrai pour les
bâtiments agricoles. Selon que les bâtiments
sont situés sur le bord des plateaux, sur les
pentes ou au fond des vallées, la différen-
ce des types d’exploitation donne des
formes et des volumes très différents.
Les structures des bourgs
Toujours très regroupés, cinq grands types de
structure de villages peuvent être identifiés. Ils
correspondent à une implantation liée à la
topographie du terrain, à l’orientation par
rapport au soleil, à l’activité principale de ses
habitants, qui a évolué avec le développement
industriel des vallées :
- Les villages de pente, sont implantés
selon un étagement de terrasses successives
et sont fortement liés à une activité agricole
et pastorale.
- Les villages de crête ou de croupe,
à vocation plutôt défensive. Ce sont les
villages les plus anciens. Ils rappellent des
périodes très tourmentées de l’histoire de
la région.
- Les villages de col, sont nichés dans un
repli de la montagne. Ils s’organisent
autour d’une croisée de chemins et
s’étendent ensuite sur la pente, de part et
d’autre du col.
- Les villages linéaires, sont plus récents
et se retrouvent pour la plupart le long des
vallées, sur les axes routiers. Ces
villages s’étirent en longueur sur les berges
de la rivière.
- Les villages de plateau, restent à
vocation majoritairement agricole et
s’organisent autour d’une place centrale
avec l’église ou le temple et les services
communaux.
Les grands types architecturaux
Les Boutières se caractérisent par deux
types d’habitat ayant un point commun :
des volumes toujours simples dans leur
forme.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
ÉVITER LE MITAGE
Le mitage c’est l’éparpillement des
constructions dans la campagne.
Ce mode d’urbanisme est très
consommateur de territoire au
détriment de l’activité agricole, de la
préservation des espaces naturels et
des formes traditionnelles des villages.
Afin d’enrayer ce phénomène, les
collectivités doivent bâtir des projets
de développement adaptés à chaque
type de villages en favorisant le
regroupement et les retranscrire
dans les documents d’urbanisme.
La maison rurale
Groupée ou isolée, la maison rurale a une forme
qui correspond à la nature du terrain et au type
d’exploitation agricole.
La maison de village
Quelle que soit la structure et la
forme des rues, ces maisons
hautes, étroites et mitoyennes
constituent l’image classique
des bourgs des Boutières.
Les maisons de village
ont des formes très
simples avec
des travées de
fenêtres et de
portes alignées.
Les façades
comportent
de une à cinq
travées.
Ferme du plateau
Ferme des vallées
Maison de village
Le Moulinon, Saint-Sauveur-de-Montagut.
Contraste entre un habitat traditionnel de hameau
et d’un habitat groupé récent qui exprime
la transformation du hameau en faubourg.
Bâtiment en bois avec panneaux solaires, Jaunac
Ferme fortifiée, Col de l’Escrinet
Bâtiment d’élevage, La Croix, Saint-Jean-Roure.
À l’évidence, le bois est un matériau très intéressant
par sa qualité, son aspect et son économie pour la
réalisation de bâtiments agricoles.
Sa matière et son aspect contribuent à une bonne
intégration dans la nature.
Bâtiment d’élevage récent implanté sur
des terrasses existantes
P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S
Dans les vallées, l’industrialisation a fait grandir les
villages en y ajoutants des bâtiments industriels et
en créant des faubourgs (neufs ou en annexant des
hameaux proches) avec un habitat plus dense et
resséré.M M A A T T É É R R II A A U U X X L L O O C C A A U U X X E E T T M M A A T T É É R R II A A U U X X M M A A N N U U F F A A C C T T U U R R É É S S
U U N N P P A AY YS SA AG GE E C C O ON NS ST TR RU UIIT T
Prendre les matériaux de construction sur
place, les bâtir pour élever sa maison,
c’est le fondement de l’architecture
vernaculaire. Les difficultés de transports
des matériaux, la simplicité des outils de
construction expliquent cette démarche.
La pierre
La pierre, prise sur place, est utilisée telle
quelle ou taillée, pour construire les murs.
La construction en pierre utilise une
technique ancestrale qui fait la richesse du
bâti traditionnel. Quelques principes doivent
être respectés pour assurer la qualité des
ouvrages.
Brique, béton et tôle ondulée
L’amélioration des voies de communication,
en particulier l’arrivée du chemin de fer, a
permis l’acheminement de matériaux
manufacturés faciles à mettre en oeuvre
et souvent bon marché.
Une extrême prudence est recommandée
aujourd’hui dans l’utilisation de ces matériaux
de substitution. L’économie en terme de
coût et de mise en oeuvre ne justifie pas
obligatoirement leur usage. Construire
simple et raisonné permet l’utilisation
des matériaux locaux pour une meilleure
adaptation au contexte bâti local.
6 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
Saint-Cierge-la-Serre. Même ouverture avec linteau
en bois et jambages en briques. La forme régulière
de la brique permet une réalisation correcte et rapi-
de de l’ouvrage dans sa finition.
Saint-Cierge-la-Serre. Petite ouverture avec linteau,
jambages et appui en pierres d’une seule pièce.
Désaignes
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LE PAVAGE, LE CALADAGE
La calade traditionnelle est le plus
souvent construite à l’aide de pierres
prises sur place. Elle se construit
comme un mur qui serait couché au
sol. Selon la richesse de la commune
et le type de pierre disponible, les
rues présentent une grande variété
de revêtements de sol, par leur forme
et par leur mise en oeuvre.
Caladage.
À ÉVITER.
Assemblage en opus incertum.
Pavés assemblés en arc de cercle.
Dallage régulier en pierres taillées.
Dunière-sur-Eyrieux. Cabanon de stockage des
fruits. Les cagettes de fruits étaient directement
collectées sur place par le train afin de les
transporter rapidement vers la vallée du Rhône.
La forme et les matériaux du bâtiment sont
naturellement caractéristiques de l’architecture
des gares (ciment et béton, tuiles mécaniques).
Saint-Cierge-la-Serre Arcens
Cintre en briques. Linteau en métal.
L’arrivée du chemin de fer par les vallées a vulgarisé l’usage de nouveaux matériaux comme le métal et la brique. Ceux-ci ont rapidement été utilisés pour agrandir des ouvertures souvent trop étroites. La logique d’utilisation et la simplicité de mise en oeuvre de ces nouveaux matériaux peuvent permettre de maintenir équilibre et harmonie dans la façade.
Château de RochebonneL’habitat traditionnel des Boutières, bâti sur la pente
ou le long des vallées participe à la qualité des paysages
du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche.
Quelques clés sont proposées pour que ce bâti traditionnel
puisse évoluer en conservant son caractère,
tout en y intégrant des éléments plus contemporains
liés à de nouveaux modes de vie.
Ces recommandations concernent la manière
de protéger l’existant, de traiter
les ouvertures en place et celles à créer, d’aborder
l’extension d’une maison sans la dénaturer.
R R E ES ST TA AU UR RE ER R
S SA A M M A AIIS SO ON N
7 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S8 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
B B Â Â T T II R R L L A A P P II E E R R R R E E ,, U U N N S S A A V V O O II R R - - F F A A II R R E E
R R É ÉN NO OV VE ER R L L’’ E E X XIIS ST TA AN NT T
La maison est avant tout constituée de
quatre murs. Construits traditionnellement
en pierre, ils font appel à un savoir-
faire universel basé sur des règles
constructives précises.
Il est important de rappeler ces règles de
base afin d’éviter bien des erreurs.
Le mur de pierre
En élévation (à la verticale), le mur traditionnel
présente toujours la même structure. C’est
une superposition de rangées de
pierres (les assises), soigneusement
disposées à l’horizontale et d’épaisseur
constante.
Les lignes horizontales de séparation
(les lits) sont des droites continues. Les
lignes verticales de séparation (les joints)
sont discontinues et crénelées.
Le mur de pierre traditionnel présente
toujours la même structure, quelle que
soit sa nature (granite ou grès).
Il est composé en trois parties, deux
parties externes dites de parement et
une partie interne de remplissage (ou
remplage).
La pierre de taille
Elle constitue le parement définitif d’un
mur de pierre. Elle est en appareillage
soigneusement dressé et assisé, à joints et
lits de mortier maigre. La pierre de taille se
retrouve naturellement dans les éléments
structurants du bâtiment.
Le limousinage
Il constitue l’essentiel du bâti ancien. Il est
éventuellement destiné à être protégé d’un
enduit. Plus ou moins équarri et dressé, à
joints gras et irréguliers, approximativement
assisé, il est présent sur toute la hauteur
de la façade.
Le blocage
Il est formé d’un empilement inorganisé
de moellons ou de galets de rivière. Il est
difficile de repérer une assise régulière ou
des joint ordonnés.
Le blocage est la maçonnerie de
remplissage des édifices les plus modestes
ou les plus récents.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
PIERRE POSÉE,
PIERRE COLLÉE
Construire un mur de pierre à deux
parements, selon les règles de l’art,
permet d’avoir un ouvrage solide. Les
pierres sont en effet posées les unes
sur les autres avec une stabilité
parfaite due au poids de l’ensemble.
Plaquer de la pierre sur un mur
nécessite de la coller pour assurer
sa tenue. Dans ce cas la logique
d’équilibre et de stabilité n’existe
plus.
C’est là la différence entre la copie
de l’ancien (qui est la reproduction
scrupuleuse d’un savoir-faire et d’une
logique constructive) et le pastiche
(qui est une imitation de l’ancien
sans la connaissance et la mise en
oeuvre).
Assemblage de pierres de taille Assemblage de pierres tout-venant et enduit
Les constructions de pierre ont peu de fondation. C’est le plus souvent un simple premier rang de pierres, un peu plus large que le mur et enterré (libage). Que la pierre soit taillée ou équarrie, on distingue trois sortes de pierre de construction :
- le carreau ou panneresse qui est la pierre occupant au plus l’épaisseur du parement, plus courte ou égale en queue (ou profondeur) qu’en tête (ou largeur).
- la boutisse qui est la pierre qui pénètre dans le remplissage, plus longue en queue qu’en tête. - le parpaing qui est la pierre occupant toute l’épaisseur du mur en composant les deux faces de parement. Le parpaing est nécessaire pour assurer la solidité du mur, en évitant qu’il s’écarte. Mur à deux parements Assemblage opus incertum9 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S
L L A A C C H H A A R R P P E E N N T T E E E E T T L L A A C C O O U U V V E E R R T T U U R R E E
R R É ÉN NO OV VE ER R L L’’ E E X XIIS ST TA AN NT T
Des charpentes simples
Dans les Boutières, la charpente support
de la couverture, est le plus souvent un
simple tronc d’arbre reposant d’un mur
à l’autre. La dimension moyenne des
arbres a défini une portée d’environ
cinq mètres de mur à mur.
Cette simplicité des charpentes donne une
architecture aux volumes simples.
Choisir une couverture
Refaire sa toiture, c’est idéalement
pouvoir conserver la toiture d’origine. En
cas d’impossibilité il est bon d’observer
attentivement son environnement avant de
choisir un nouveau matériau de couverture.
La lauze nécessite une pose attentive.
L’ouverture des Boutières à l’extérieur et le
développement des échanges et du
commerce ont permis d’importer, dans les
années 1950, des matériaux usinés de
substitution comme la tuile mécanique
(tuile plate de couleur rouge).
Les années 1960 ont vu fleurir la tuile
béton, souvent de couleur noire, qui était
censée ressembler à la lauze.
Tous les systèmes de tuiles à emboitement
sont considérés comme plus fiables. Les
tuiles ne glissent pas, l’ensemble de la
couverture travaille de manière homogène.
Une observation attentive de toutes les
sortes de couvertures présentes sur le
territoire des Boutières permet de noter
que la tuile canal, en terre cuite, est
souvent le meilleur matériau lorsque la
rénovation d’une toiture est indispensable :
- par sa nature, terre issue du sol et cuite,
- par sa facture, emboitements irréguliers,
- par sa texture, forme et cuisson différenciées,
- par sa couleur, changeante d’une tuile à
l’autre.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LA SIMPLICITÉ DES FORMES
Le bâti traditionnel est fait de formes et
de volumes simples.
Cette simplicité facilite la restauration
ou l’extension d’un bâtiment. Elle
permet aussi de bien répondre à des
besoins plus contemporains, tant du
point de vue des volumes que des
matériaux.
En règle générale,
les pentes de toiture
sont comprises entre 30 et 35%
Ferme de Sardiges, Mézilhac
Tuile romane
Tuile canal
Toiture en Lauzes, Saint-Jean-Roure
Lauze
Tuile béton
Tuile mécanique
Toiture à quatre pentes,
Le Bateau, vallée de l’Eyrieux,10 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
L L E E S S F F A A C C A A D D E E S S
R R É ÉN NO OV VE ER R L L’’ E E X XIIS ST TA AN NT T
Les murs sont maintenant bâtis ou confortés.
Il faut désormais les protéger et “planter
le décor”. Enduire, jointer ou laisser en
l’état, la décision devra répondre à
différents critères techniques (type de
maçonnerie) et culturels (effets des modes).
Enduire ou jointer
Depuis les années soixante, la mode est à
la pierre apparente pour répondre à une
recherche d’authenticité. Or, dès que cela
était possible, la maison était enduite.
En effet, l’enduit protège la pierre des
dégradations liées aux intempéries. Dans
l’habitat le plus rustique des joints épais
et largement couvrants étaient utilisés.
La plupart des maisons de village
étaient protégées par un enduit. Bien
que l’architecture de ces maisons fut bana-
le mais régulière, il existait une
tradition picturale et constructive qui
révélait une grande ingéniosité dans la
façon d’ordonnancer les façades.
La chaux,
un matériau ancestral
Depuis des millénaires et jusque dans les
années 1950, la chaux a été la composan-
te exclusive des liants de maçonnerie et
d'enduit de façade.
La chaux naturelle sans adjuvant
(aérienne ou hydraulique) permet de
confectionner des mortiers pour la
construction (hourdage) et des enduits
souples et respirants.
La chaux hydraulique naturelle (XHN
ou NHL) est utilisée pour le scellement
de la maçonnerie de pierre. Elle peut
également être utilisée pour des enduits
de complément ou de remplacement de la
chaux aérienne.
Le mortier de hourdage est généralement
assez maigre et constitué de sable
grossier. Il ne sert pas à coller les pierres,
mais à les caler. Sa grande porosité en fait
un excellent isolant thermique et
hygrométrique.
Le mortier destiné aux enduits de faça-
de est également dosé maigrement, la
chaux ayant une adhésivité exceptionnelle.
Il est mélangé à des sables plus ou moins
finement tamisés et soigneusement serré
à la taloche et aplani, pour constituer une
surface imperméable aux eaux de pluie.
Le rôle de l’enduit de jointoiement est
d’obturer toutes les infractuosités du
support, en venant mourir sur les têtes
des moellons de construction.
Les enduits sont des mortiers de chaux
naturelle aérienne et de sable qui donne
la teinte. Les mortiers peuvent être
colorés par un badigeon.
De par sa prise lente à l’air, la chaux
aérienne (CAEB ou CL) donne à l’enduit
souplesse et résistance. C’est le
matériau idéal pour la maçonnerie
ancienne car il assure une imperméabilité
du mur tout en le laissant respirer.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LES DANGERS DU CIMENT
Le ciment artificiel est d’invention
très récente (vers le milieu du XIXème
siècle). Il n’a réellement pénétré le
marché de la construction qu’entre
les deux guerres, n’y prenant la place
que l’on connaît aujourd’hui qu’à
partir de la reconstruction en 1945.
Le ciment artificiel est dangereux
pour la tenue de la pierre dans le
temps et, n’étant pas perméable à
l’eau, générateur d’humidité interne
au mur. De plus, il tache la pierre de
manière indélébile.
Corps d’enduit à la chaux, Saint-Christol
Pierres de la tour hourdées à la chaux,
enduits et décors en liaison de la tour, Désaignes.
Enduits colorés, badigeons et décors peints
Enduit et décors Joints “beurrés” Façade mise
à nue ou
mauvais enduit
Enduit “écrasé” À ÉVITER
Le corps d’enduit n’est pas
homogène et présente des
différences d’épaisseurs qui
nuisent à la bonne étanchéïté
du mur ainsi enduit.
Saint-Cierge-la-Serre. Façade ocre rouge avec
encadrements des ouvertures et chaînes d’angle
soulignés en blanc. Ce choix permet d’affirmer le
caractère d’une maison de forme banale (mur droit
percé d’un minimum d’ouvertures).11 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S
L L E E S S E E N N D D U U II T T S S E E T T L L E E S S O O U U V V E E R R T T U U R R E E S S
R R É ÉN NO OV VE ER R L L’’ E E X XIIS ST TA AN NT T
L’enduit de jointoiement
Dans les Boutières, une manière plus
fréquente, de protéger la façade est
l’enduit de jointoiement. Il est également
dénommé à “joints beurrés” ou encore à
“têtes vues”, qui est l’appellation la plus
révélatrice de son aspect final.
Du linteau au cintre
Créer une ouverture dans un mur de pier-
re est un acte difficile. La pierre est lour-
de, difficile à tailler et à manipuler.
Traditionnellement fenêtres et portes de
l’habitat étaient étroites de manière à
mieux protéger la maison du froid et
surtout à pouvoir utiliser une simple pierre
droite en linteau. Cette solution permettait
de fabriquer facilement des menuiseries
vitrées simples à confectionner.
La possibilité d’accéder à de nouveaux
matériaux a permis l’utilisation du métal
et du béton à la place du bois pour les
linteaux.
Il faut naturellement éviter d’habiller ces
matériaux nouveaux dans le but de les
cacher (pierre collée, habillage bois).
Les arcs
L’arc de décharge
L’arc de décharche
soulage la pierre de
linteau de la charge
de la maçonnerie,
afin d’éviter qu’elle ne
casse.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
CHAÎNES D’ANGLE
ET ENCADREMENTS
La manière dont sont taillées les pierres
constituant les chaînes d’angles et
encadrements de fenêtre renseigne
souvent sur la volonté initiale de la mise
en enduit.
La pertinence du recours à la technique
de l’enduit est indiquée par la saillie de 3
à 4 centimètres des pierres structurantes
(encadrements d’ouvertures, chaînes
d'angle) par rapport au nu des moellons
de remplissage.
L’enduit est indispensable dans le cas
d’un blocage inorganisé de pierres. Il est
nécessaire de suivre cette règle en
restauration.
Enduit et chaîne
d’angle apparente
Enduit de jointoiement
Enduit avec
chaînes d’angle
et encadrement peints
L’arc en anse de panier
est la version la plus
sophistiquée du cintre
(à partir de 3 cercles)
L’arc de plein
cintre est constitué d’un
demi cercle parfait.
À ÉVITER
Finition sur l’angle.
Il n’est pas en saillie
et oblige à casser l’enduit.
Arcs de décharge en pierre
de forme d’arc surbaissé.
Souvent deux simples
planches sont utilisées
pour le créer (technique
du coffrage), Chalencon.
Arc surbaissé,
Saint-Jean-Roure
L’arc surbaissé est une
portion d’arc de cercle
posé sur les jambages.
Pierre taillée en contrefort, pierre de blocage en
remplissage. Cette dernière était certainement prévue
pour être enduite à l’origine.
Pierres de blocage dressées en lits horizontaux.
La partie inférieure du mur présente des joints
largement “beurrés” à la chaux.
Cette technique a l’avantage de protéger la pierre
des intempéries et l’intérieur de la maison de l’humidi-12 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
M M O O D D II F F II E E R R O O U U C C R R É É E E R R U U N N E E O O U U V V E E R R T T U U R R E E
A A G GR RA AN ND DIIR R S SA A M M A AIIS SO ON N
Les fenêtres
Le linteau droit de pierre est limité dans sa
dimension (environ 1 mètre de long). De ce
fait les fenêtres étaient assez hautes
pour pouvoir capter la lumière.
Ces contraintes ont défini la proportion des
ouvertures qu’il convient aujourd’hui de
respecter pour la création d’une fenêtre.
Les couleurs des menuiseries
Dans l’habitat traditionnel les menuiseries
ont toujours été peintes. La peinture
protégeait le bois des portes, fenêtres et
volets des intempéries.
Aujourd’hui, les fabricants offrent une large
gamme de couleurs. Il est souhaitable de
rester dans des tons chaleureux et discrets
qui accentueront la qualité du bâti.
Les volets
Peu répandus dans les Boutières, les volets
ont néanmoins une grande importance
pour l’habitat.
Ils ont d’abord un rôle de protection évident
contre les intempéries.
Ils apportent de la couleur sur les façades
de pierre et soulignent enfin les proportions
des ouvertures.
Le volet à cadre
Présent dans les Boutières, c’est la
fabrication la plus aboutie. Ce type de volet
correspond à la maison bourgeoise.
Le volet à lames
C’est le volet le plus classique des
Boutières. Il est composé de simples lames
verticales tenues par des pentures de fer.
Le volet roulant
Il peut être utilisé pour les grandes ouvertures
(porte de grange transformée en baie), à la
condition que le mécanisme et son coffre
soient intégrés à la maçonnerie, du côté
intérieur du mur.
Récupérer de la lumière
Les ouvertures existantes peuvent être
conservées telles quelles pour leur qualité
architecturale propre ou pour leur
ordonnancement sur la façade. Un choix
judicieux de menuiserie vitrée permettra
d’optimiser l’apport de lumière naturelle.
Des solutions simples peuvent être
adoptées pour agrandir une fenêtre et
apporter plus de lumière et de soleil à la
maison.
Une fenêtre peut être transformée en porte vitrée
pour apporter juste un peu plus de lumière (le linteau
qui est la pièce la plus difficile à transformer reste
ainsi en place)
Il est possible de créer une deuxième fenêtre
identique à celle d’origine quand la largeur de la
pièce d’habitation le permet.
Un élément d’architecture plus contemporain
peut être envisagé en élevant sur toute la hauteur
l’ouverture. Cela nécessite cependant un soin
particulier.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LES MENUISERIES EN PVC
Il est tentant d’utiliser le PVC car il
paraît robuste et ne demande aucun
entretien.
Il présente cependant la particularité
d’avoir des profils menuisés très
épais qui obturent plus de lumière
que des menuiseries en bois ou en
aluminium. De plus, il soulève de
nombreuses questions en terme de
recyclage. Sa couleur blanche est
souvent inadaptée aux dominantes
de l’environnement.
Volet à cadre Volet à lames
À ÉVITER.
Les volets dits “à barres
et écharpe” sont réalisés
avec une technique qui
n’existe pas en Ardèche.
Cette fabrication est très
sommaire et ne donne
pas de garanties de
bonne solidité. Le volet à
lames devra plutôt être
mis en oeuvre.
Les volets et les fenêtres
étaient toujours peints, il
faut éviter le bois naturel
ou les lasures “ton bois”.
La création d’ouverture, peu importe sa forme, doit
tenir compte de la composition générale de la faça-
de. L’utilisation de chassis de toiture peut être une
solution à envisager lorsque les ouvertures en faça-
de ne sont pas possibles, notamment pour l’aména-
gement de combles. Leur mise en oeuvre doit être
soignée.13 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S
L L E E S S P P R R O O J J E E T T S S D D ’’ E E X X T T E E N N S S II O O N N
A A G GR RA AN ND DIIR R S SA A M M A AIIS SO ON N
Respecter l’habitat existant
Quelles que soit la taille et la forme de
l’extension, il convient de conserver
l’intégrité et le caractère du bâtiment
existant, en particulier s’il est un bel
exemple d’habitat traditionnel.
La partie rapportée peut également
souligner et mettre en valeur l’ensemble
construit par un changement de matériau,
par une implantation volumétrique en retrait.
L’habitat vernaculaire a toujours évolué
dans sa forme au fil des générations et
on peut toujours “lire” aujourd’hui la
succession des volumes rapportés, qu’ils
soient dans le même matériau de
construction ou non.
Extension en continu
L’extension en continuité bâtie d’un volume
existant (par mimétisme) peut poser
quelques problèmes à la réalisation.
De plus, la reproduction de volumes
anciens (trames réduites) ne correspond
peut-être plus aux modes de vie et aux
envies actuels.
Prévoir une extension
L’habitat traditionnel des Boutières s’est
souvent transformé au fil du temps.
D’une génération à l’autre, les occupants
ont agrandi l’habitat ou ajouté de nouveaux
bâtiments pour l’exploitation agricole.
Les volumes d’origine en hauteur
permettaient des extensions et des rajouts
aisés à réaliser.
Un bâtiment d’origine assez haut offre une
grande souplesse dans les possibilités
d’extension. Selon la forme de la parcelle,
sa topographie, l’orientation du bâti et les
ouvertures existantes, les choix sont possibles
sur les quatre côtés de la maison.
Les maisons trop basses, telles qu’on les
construit souvent aujourd’hui, offrent beaucoup
moins de choix pour une extension.
Celle-ci ne peut être que linéaire dans la
continuité du sens du faîtage, pour garder
une cohérence au niveau de la toiture.
Visuellement, il y a un risque d’avoir un
nouveau bâtiment trop long et mal
proportionné.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
MATÉRIAUX ET RAJOUTS
Il est souvent difficile de bâtir en pierre
pour des problèmes d’approvisionnement
et de coût.
Les matériaux de substitution sont donc
nécessaires et ils doivent être correcte-
ment mis en oeuvre. Dans ce cas, on
réfléchira à l’utilisation de matériaux
sains, qui préservent l’environnement et
qui peuvent être fabriqués localement.
Il est important d’éviter les rajouts mal
finis sous le prétexte qu’ils sont à
l’arrière de la maison. Ils sont souvent
très visibles de loin. Une surélévation
avec un autre matériau doit être évitée ;
c’est une des parties les plus visibles
d’un bâtiment, en particulier de loin. La
solution est de faire l’effort de continuer
le bâti du mur dans le même matériau.
Saint-Cierge-la-Serre, pierre et béton
Création d’une liaison bâtie entre deux bâtiments
anciens, Gluiras.
L’option résolument contemporaine donne beaucoup
de transparence à ce rajout qui contribue ainsi à
souligner la qualité architecturale de l’existant.
La légèreté de la nouvelle construction crée un
contraste subtil avec la masse des édifices en pier-
re.14 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
P P E E T T II T T E E S S II N N T T E E R R V V E E N N T T II O O N N S S
A A G GR RA AN ND DIIR R S SA A M M A AIIS SO ON N
Les terrasses et loggias
Pour des raisons de confort (apport de
lumière, espace supplémentaire), des
loggias vitrées sont souvent rapportées en
extension d’un bâti existant.
Ces pièces rapportées sont souvent trop
visibles et rajoutées en “verrue” sur une
façade très ordonnée.
Une bonne solution d’aménagement est de
créer ces nouveaux espaces à partir
d’éléments du bâtiment déjà existants.
Par exemple en fermant la terrasse couverte
(couradou) pour la transformer en loggia
afin de créer de la surface supplémentaire
et une nouvelle pièce très éclairée.
En l’absence d’éléments pré-existants, il
conviendra de créer un nouveau volu-
me en harmonie avec l’existant, par
exemple en utilisant les mêmes matériaux
de construction que le bâtiment d’origine.
Les balcons
Les balcons de pierre étaient composés de
dalles posées sur des corbeaux ouvragés
(pierres de support encastrées dans le mur
porteur). Les balcons de voutains (apparus
plus tard) sont beaucoup plus légers et
soulignent souvent la finesse et le dessin
des balustrades de métal assemblé.
C’est un exercice très difficile que
de créer un balcon sur une façade
existante. Les balcons étaient souvent
construits en même temps que la maison.
Quand un balcon a été rajouté, il était
soutenu par des pièces métalliques (IPN)
en support de voutains.
Le béton utilisé aujourd’hui donne souvent
un élément très lourd par rapport au bâti.
Il semble préférable de construire des
balcons les plus légers possibles
(voutains dur métal ou bois) et d’éviter les
balustrades moulurées.
Adapter des panneaux solaires
Rénover sa maison, c’est se donner
l’occasion de réfléchir à l’utilisation des
énergies renouvelables. Des panneaux
solaires peuvent poser quelques problèmes
d’adaptation à un bâti existant. Les croquis
suivants donnent quelques solutions
simples.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
PROTÉGER
LES ESPÈCES SAUVAGES
Nos maisons peuvent être très utiles
à certains animaux, notamment
aux oiseaux (moineaux, mésanges,
hirondelles, martinets…) et aux
chauves-souris.
Une simple anfractuosité dans un
vieux mur, une avancée de toiture,
des combles ou un grenier peuvent
leur permettre d’élire domicile. Ces
espèces sont protégées par la loi,
certaines sont menacées.
Aussi, avant tous travaux, assurez
vous qu’il n’y a pas de nid occupé et
évitez la saison de nidification.
Conservez des ouvertures dans
les combles utilisés par les chauves-
souris et évitez de traiter le bois aux
insecticides.
De la même manière, des clôtures
bien conçues doivent jouer leur rôle
de séparation mais autoriser le
passage naturel des petits animaux.
En cas de doute avant une intervention,
notamment si vous observez des
chauves-souris, prenez contact avec
les associations de protection de la
nature qui sauront vous conseiller.
Balcons, Chalencon Véranda en métal gris, Coux. Technique ancienne
très adaptée au vernaculaire par la rigueur de sa
composition verticale.
Panneaux solaires posés au sol, Saint-Pierreville
La nécessité d’une extension de la
maison peut permettre d’installer
les panneaux solaires sur la toiture
terrasse de cet aménagement.
Créer une serre contribue à
l’amélioraton du confort thermique
de la maison.Des panneaux solaires
peuvent facilement s’intégrer à
cette extension.
Le terrain, est assez grand,
le panneau solaire est posé au sol.C C O ON NS ST TR RU UIIR RE E
A A U UJ JO OU UR RD D’’H HU UII
Construire une nouvelle maison dans un paysage tel que celui des
Boutières mérite une réflexion approfondie. Il s’agit de s’insérer dans un
lieu déjà riche de son habitat vernaculaire et d’y bâtir un projet qui le
respecte par une architecture directement inspirée des Boutières
ou par une réalisation plus contemporaine d’aspect.
Ce chapitre aborde la manière d’implanter une nouvelle construction en
tenant compte des spécificités du territoire en particulier l’adaptation
à la pente, le volume et les couleurs des constructions.
L’utilisation de matériaux respectueux de l’environnement,
la réflexion sur les économies d’énergies et sur les énergies
renouvelables sont des points fondamentaux qui doivent
être étudiés dès le lancement d’un projet.
15 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S16
D D É É F F II N N II R R S S E E S S B B E E S S O O II N N S S
B B Â ÂT TIIR R U UN N P P R RO OJ JE ET T
Concevoir son habitat
Un projet ne se concrétise pas sans
avoir élaboré un programme précis. Il
s’agira d’analyser ses modes de vie et
de les transcrire au travers d’un plan de
fonctionnement.
Mettre à plat ses besoins et ses envies,
envisager toutes les contraintes sont la
garantie d’un projet cohérent et adapté.
Concevoir sa maison c’est mettre en
relation des oppositions.
Une maison sert à abriter des fonctions
essentielles : manger, dormir, se détendre,
se laver etc... Ce sont des fonctions
privées (se laver, dormir...) ou des fonctions
sociales (manger, se détendre en famille
ou avec des amis).
Il faut aussi gérer une série de dualités
qui peuvent être opposées et les articuler
de manière harmonieuse :
- l’espace public et l’espace privé ;
- le dedans et le dehors ;
- la partie jour et la partie nuit de la maison.
Les espaces intermédiaires et de
service ont une grande importance dans le
fonctionnement de l’habitat. Plus une
maison est grande, plus les espaces de
service sont importants (à l’échelle d’un
garage ou d’une remise, jusqu’aux
placards de rangement).
Les schémas ci-dessous synthétisent les
relations à trouver entre chaque élément
d’un habitat et son environnement.
Choisir son lieu d’habitation
Un projet de nouvelle construction nécessite
une approche globale qui va du territoire
à la parcelle. Prendre en compte les
spécificités du territoire, c’est réfléchir à
ses besoins et trouver le site le plus adap-
té à son projet.
L’évolution des modes de vie
Les modes de vie ont évolué au fil des
générations. L’habitat ancien était lié au
travail. L’habitat d’aujourd’hui a une vocation
davantage dédiée aux loisirs et au repos.
L’habitat n’étant plus en relation avec
l’activité agricole, sa forme a changé et
évolué.
Aujourd’hui, la maison est le plus souvent de
plain-pied afin d’accéder directement au
jardin. Sa forme est désormais liée à des
modèles souvent en décalage avec les
spécificités architecturales locales. C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LES ÉTAPES DU PROJET
- Choisir sa région d’implantation.
- Choisir sa commune.
- Choisir entre acquisition,
restauration ou construction neuve.
- Définir les grandes lignes de son
budget.
Prendre en compte le contexte urbain
Imaginer la relation dedans-dehors
Maison traditionnelle Villa des années 60 Pavillon d’aujourd’hui
C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E17 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S
S S ’’ A A D D A A P P T T E E R R A A U U T T E E R R R R A A II N N
S S ’’IIM MP PL LA AN NT TE ER R S SU UR R L LA A P P E EN NT TE E
Respecter le lieu d’implantation de sa
maison c’est personnaliser son projet en
croisant ses propres envies avec les
contraintes du site (pente, ensoleillement,
végétation existante, accès). Résoudre
cette équation c’est également gérer
l’économie de son projet sans faire de
concession sur la qualité des matériaux
mis en oeuvre.
S’adapter au site
Un terrain en
pente n’est pas
un obstacle à la
construction.
On peut en tirer parti pour bénéficier d’un
meilleur ensoleillement et des vues plus
lointaines sur l’extérieur.
Orienter sa maison
Les critères les plus déterminants sont
le parcours du soleil, les vues, les vents
dominants.
Une maison bien implantée doit permettre
de recevoir un maximum de soleil en hiver
et un minimum en été pour optimiser les
économies d’énergie et la régulation
thermique naturelle.
Optimiser les accès
Au delà des questions d’ensoleillement et
de vues, l’implantation d’une maison
sur la pente est tributaire de la voirie
d’accès au terrain.
S’implanter sur la parcelle
L’idée de pouvoir tourner autour de sa
maison est fortement ancrée dans l’esprit
du futur constructeur.
Implanter sa maison sur une parcelle
n’est pas si simple.
Hormis les contraintes données par la
structure du terrain (pente), il faut s’implanter
par rapport à l’ensoleillement, les vues et
les constructions voisines. Il faut également
penser à l’extension possible du bâti et à
l’aménagement du jardin.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LES SENS DE FAÎTAGE
Le faîtage est toujours dans le sens
de la plus grande longueur de la
maison.
Selon l’implantation de la maison, il est
perpendiculaire ou parallèle à la
pente.
Ainsi le volume bâti est toujours
implanté de manière logique par
rapport aux contraintes de la pente.
La maison sur talus
rapporté est en équilibre
instable. Pour éviter le
glissement du bâtiment
un ancrage au sol
important est
nécessaire et
onéreux.
La maison sur un décaissement
trop important oblige à tenir le
talus arrière par un mur de
soutènement lourd et
coûteux. Cette
implantation réduit
l’apport de lumière
naturelle.
Le terrassement est
équilibré. On rapporte en
talus ce qui est enlevé
en décaissement.
Cette solution permet
de reconstituer des
soutènement à
moindre frais.
La maison épouse la
forme du terrain.
Cette implantation
apporte des solutions
innovantes dans
l’organisation de la
maison et l’économie
du projet.18 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
V V O O L L U U M M E E S S E E T T C C O O U U L L E E U U R R S S
S S ’’IIM MP PL LA AN NT TE ER R S SU UR R L LA A P P E EN NT TE E
Une architecture simple
L’architecture traditionnelle des Boutières
est simple :
- simplicité des matériaux (pierre et bois),
- simplicité des formes architecturales
(issue de la simplicité des charpentes à
porter),
- unité de teintes des façades dans les
villages et hameaux (même pierre de
construction),
- implantation du bâti commandée par la
pente.
Les constructions existantes sur un même
secteur présentent souvent des caractères
communs (hauteur de faîtage, pente des
toits, etc.).
Tenir compte de ces caractéristiques c’est
à la fois se fondre dans une volumétrie
générale et en même temps proposer des
solutions plus innovantes sous réserve de
bien étudier la conception d’un habitat
répondant à des exigences plus actuelles.
Les couleurs de la maison
La couleur est un repère fort dans le
paysage. Elle contribue à la lecture d’une
façade et souligne les caractéristiques de
celle-ci.
Si la couleur est une réalité physique, sa
perception est par contre très subjective.
Choisir une couleur d’enduit, une teinte
pour les menuiseries est fonction de critères
simples:
- le lieu où l’on va l’appliquer,
- l’environnement coloré dans lequel
elle va s’inclure,
- la lumière qui éclaire l’endroit.
Choisir des couleurs c’est également
distinguer les fonctions des différentes
parties de la maison.
Les teintes des fenêtres, des volets, des
portes et portails peuvent être choisies
dans une large gamme de couleurs. Le
choix doit être fait en fonction de la teinte
de l’enduit afin de créer un contraste.
Il convient de manier avec prudence les
couleurs et d’éviter les teintes trop vives et
trop tranchées.
Les clôtures et les haies
Les limites séparatives des terrains sont
souvent constituées de murs, clôtures, haies.
Elles sont visibles de loin et doivent faire
l’objet d’une attention particulière.
Les clôtures en pierre sont fréquentes
dans l’habitat traditionnel. Souvent bâties
en pierres sèches elles permettaient de
délimiter un parcellaire tout en “nettoyant”
le sol du surplus de cailloux. Ces murettes
constituent des milieux rupestres propices à
l’accueil d’une faune et d’une flore
naturelle. Elles sont souvent préférables à
un mur maçonné et enduit.
Les clôtures végétalisées participent à la
réalisation du jardin (arbres d’ornement,
jardin potager ou massifs fleuris).
L’utilisation de variétés locales qui sont
adaptées aux conditions climatiques et à la
nature des sols permet d’optimiser la
croissance des végétaux. L’absence
d’essences exogènes (cyprès, thuya, laurier...)
permet également de délimiter l’espace
privatif sans rupture visuelle brutale.
Enfin, l’association d’essences locales
différentes constitue des haies vives qui
jouent un rôle fondamental dans le maintien
de la biodiversité en constituant des
habitats idéaux pour la faune et la flore.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
PALETTE DE COULEUR
La couleur est un repère fort dans le
paysage, mais à l’inverse ne doit pas
créer de tache. De ce fait, il importe
de chercher une teinte neutre et
relativement foncée pour les
constructions isolées, à l’instar des
constructions traditionnelles anciennes.
HABITAT ANCIEN
Les maisons sont très regroupées et sont
implantées suivant les courbes de niveaux en
épousant parfaitement la forme du terrain.
HABITAT RÉCENT
Les maisons sont éparpillées (mitage) et sont
posées sur un talus rapporté sans tenir
compte de la forme initiale du terrain.
Enduit ton pierrre en
harmonie avec l’envi-
ronnement proche.
Enduit visible de très
loin, maison posée
sur un enrochement
Clôture végétale en saule tressé19 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S
L L ’’ A A R R C C H H II T T E E C C T T U U R R E E C C O O N N T T E E M M P P O O R R A A II N N E E
H H A AB BIIT TE ER R A A U UJ JO OU UR RD D’’H HU UII
Oser innover
L’architecture traditionnelle des Boutières
est un bel exemple de l’emploi de matériaux
issus du sol au service de formes
architecturales adaptées à un terrain difficile.
Elle est liée à une activité humaine bien
définie.
La richesse de cette architecture rurale est
une démonstration que chaque époque a
su innover. Ces innovations constituent
une grande diversité patrimoniale.
Aujourd’hui nous recherchons dans l’habitat
de vastes volumes, des grandes
ouvertures pour la vue et de la clarté
pour les pièces de vie.
Cependant, si une nouvelle maison fait
référence par sa forme à un habitat
traditionnel, alors ce doit être l’habitat local
(vernaculaire). Ceci pour éviter la maison
provençale, savoyarde voire normande
(pastiche et non copie).
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
DE NOUVELLES FORMES
Un projet résolument contemporain
peut, dans sa conception, répondre
à ces nouvelles exigences et être
parfaitement en harmonie avec son
environnement, qu’il soit bâti ou naturel.
Le choix judicieux d’un nouveau
matériau de construction, d’une
forme d’ouverture ou d’un volume
particulier, le tout conçu avec simplicité
et harmonie, peut souligner et enrichir
un lieu donné.
Jeu de toitures, Lyas
Accès protégé, Beauvène
Verticalité affirmée, Gluiras
Extension contemporaine, Coux
Aménagement d’un petit collectif dans un bâtiment
ancien, Gluiras. Le volume d’entrée rapporté est trai-
té comme une serre pour laisser passer la lumière
dans les parties communes.
Volume en rupture avec la pente
Volume intégré à la pente20 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
N N O O U U V V E E A A U U X X M M A A T T É É R R II A A U U X X ,, N N O O U U V V E E L L L L E E S S D D É É M M A A R R C C H H E E S S
H H A AB BIIT TE ER R A A U UJ JO OU UR RD D’’H HU UII
La brique de terre cuite
La brique est connue
depuis l’Antiquité. Ses
qualités sont nombreuses et
reconnues. C’est un matériau
naturel pré-fabriqué à base
d’argile cuite doté d’un
important pouvoir isolant.
Le bois
Le bois est un matériau issu
aujourd’hui d’une ressource
renouvelable et en croissance.
Il a de bonnes propriétés
d’isolation et contribue
également à la réduction
de l’effet de serre.
Le béton
Malgré une image souvent
négative, le béton est un
matériau très souple pour
créer des formes originales
ou pour réaliser des structures
de grande portée.
Le métal et le verre
Proche du bois par sa struc-
ture, le métal est un matériau
d’une grande souplesse
d’usage et économique.
Le double vitrage permet
d’agrandir les ouvertures et
conserver des propriétés
isolantes satisfaisantes.
L’éco-construction
L’impact environnemental des matériaux
de construction est un critère de choix au
même titre que le prix et la qualité.
Dans ce cas, il s’agit de prendre en comp-
te l’impact global du matériau (fabrication,
transport, durée de vie et recyclage).
Par ailleurs, au delà du matériau, c’est une
démarche de conception aboutie et une
mise en oeuvre adaptée des matériaux
choisis qui permettent de réduire l’impact
environnemental de la construction.
La Haute Qualité
Environnementale (HQE )
La qualité environnementale d’un bâtiment
doit satisfaire à plusieurs exigences :
- Maîtriser les impacts du bâtiment sur
l’environnement immédiat en utilisant les
opportunités offertes par le site.
- Gérer globalement les avantages et
inconvénients de sa parcelle en l’organisant
pour y créer un cadre de vie agréable.
- Créer un environnement confortable et
sain en terme de confort de vie mais
également par l’utilisation des matériaux
de construction.
- Préserver les ressources naturelles en
optimisant leur usage par une bonne
gestion de l’eau potable, un assainissement
correct des eaux usées et un recyclage
des eaux pluviales.
La démarche HQE se base sur l’objectif
de quatorze cibles à atteindre dans une
démarche de qualité.
Les énergies renouvelables
Il est nécessaire de maîtriser ses besoins
en énergie. Il faut également bien orienter
sa maison, bien l’isoler et avoir une bonne
régulation du chauffage.
Parallèlement aux économies d’énergie,
l’utilisation d’énergies renouvelables doit
être envisagée : bois énergie, solaire ther-
mique ou photovoltaïque, hydro-électricité,
pompes à chaleur, etc...
Les économies d’eau
Les économies représentent une nécessité
d’intérêt général. Si les économiseurs de
robinet ou de chasse d’eau tendent à se
démocratiser, on peut aller plus loin dans
un projet de construction ou de rénovation
en intégrant un système de récupération
des eaux pluviales (toitures principalement).
L’assainissement
La collecte et le traitement des eaux usées
est une priorité sanitaire pour la collectivité.
Aujourd’hui, qu’il s’agisse d’un projet
construction ou de rénovation, la question
de l’assainissement doit absolument être
abordée avant même l’achat du terrain.
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
DES CONSEILS
Polénergie, Espace Info Énergie de
l’Ardèche, est une association de
promotion de la maîtrise de l’énergie
et des énergies renouvelables, en
partenariat avec l’ADEME (Agence De
l’Environnement et de la Maîtrise de
l’Énergie) et la Région Rhône-Alpes.
Forte d’un réseau de conseillers, son
action vise à renseigner et accompagner
les candidats à la construction ou à
la réhabilitation sur les équipements
techniques.21 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S 21
Ce guide a pour objectif de transmettre des informations
essentielles sur les démarches à suivre du
point de vue réglementaire et pratique.
Des adresses utiles vous permettront de contacter
et de rencontrer les organismes pouvant vous
accompagner dans votre démarche.
G G U UIID DE E
P P R RA AT TIIQ QU UE E22 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
L L E E C C E E R R T T II F F II C C A A T T
D D ’’ U U R R B B A A N N II S S M M E E
L L E E P P E E R R M M II S S
D D E E C C O O N N S S T T R R U U II R R E E
L L E E C C A AD DR RE E R R É ÉG GL LE EM ME EN NT TA AIIR RE E
DÉFINITION
Le certificat d’urbanisme renseigne à
un moment donné sur les règles de
constructibilité d’une parcelle, ainsi que
des contraintes applicables au terrain.
Ce document est délivré gratuitement.
CONTENU
Il existe deux sortes de certificats d’urbanisme.
L’un fournit des renseignements très
généraux sans préciser la constructibilité
du terrain, l’autre est un certificat plus
détaillé qui répond à une demande sur un
projet bien précis.
DÉMARCHE PRATIQUE
Ce document peut être demandé par
quiconque est intéressé par un terrain,
sans même l’autorisation du propriétaire.
Le certificat d’urbanisme est à déposer en
mairie.
L L A A D D É É C C L L A A R R A A T T II O O N N
D D E E T T R R A A V V A A U U X X
DÉFINITION
La déclaration de travaux concerne des
petits projets. Cela correspond à des
modifications d’aspect extérieur (toiture,
créations d’ouvertures ou création de
balcons, etc) ou des extensions de moins
de 20 m2.
CONTENU
Le dossier comprend un plan de situation
du terrain, un plan de masse et un
document graphique faisant apparaître les
modifications apportées. Un document
photographique de l’existant est souvent
très explicite.
DÉFINITION
Le permis de construire est une autorisation
obligatoire pour tout projet de construction.
Le recours à l’architecte est obligatoire si le
projet représente plus de 170 m 2 de
surface hors-oeuvre nette.
CONTENU
Le dossier de demande de permis de
construire doit comporter les documents
suivants qui sont l’explication et la
justification du projet :
- le plan de situation du terrain et l’état
parcellaire du secteur,
- le plan de masse des bâtiments à édifier
ou à modifier, comportant les indications
d’accès au terrain, le branchement aux
réseaux et le système d’assainissement
(collectif ou autonome),
- les vues en élévation des façades,
- les vues en plan des distributions
intérieures (documents non obligatoires
mais utiles à la compréhension du projet),
- les vues en coupe précisant l’implantation
de la construction, la position du terrain
naturel et des terrassements éventuels à
effectuer,
- le volet paysager, incluant les documents
photographiques situant le terrain dans
son environnement et montrant l’impact
visuel du projet, ainsi qu’une notice
justifiant des choix retenus pour la
construction (c’est le volet paysager qui a
un caractère essentiel pour la bonne
compréhension du projet).
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LE VOLET PAYSAGER
Le volet paysager est la traduction du
processus de reflexion débouchant
sur le projet. C’est un document très
important pour l’expression et la
compréhension du projet par le service
instructeur. Il est réalisé à partir de
photographies et de montages
graphiques comme le dessin sur
photo ou la simulation informatique.
La vue d’ensemble situe le terrain
dans son contexte général. Elle relève
les éléments marquants du paysage
(espaces naturels, espace urbanisé,
végétation, relief).
La vue rapprochée situe le terrain dans
son contexte immédiat. Elle indique la
topographie du terrain, l’occupation
des parcelles voisines, la présence de
plantations et de clôtures.
Le document graphique représente le
projet dans son environnement afin de
permettre d’évaluer son impact visuel
et son insertion. Ce document peut être
établi à partir de la vue d’ensemble.
Vue d’ensemble, document photographique
Vue rapprochée, document photographique
Document graphique, montageL’architecte transcrit en dessins et esquisses
ces idées, jusqu’à des plans aboutis. Le
projet sera le fruit d’un travail commun
entre le maître d’œuvre et le maître
d’ouvrage. La maison aura son caractère
propre et sera un objet unique dans sa
fonction, sa forme et son aspect.
Le travail du constructeur a relativement
évolué depuis son apparition sur le marché
de la maison individuelle. Ils ne
présentent plus de catalogue de modèles
figés dans leur structure, où il était
impossible de changer quoi que ce soit au
plan-type proposé. Les plans de maison
sont maintenant adaptés à la demande du
maître d’ouvrage, dans la mesure de ses
possibilités financières.
Cependant la maison reste un objet
manufacturé, un produit commercial,
suivant les cours du marché et les modes
en terme d’esthétisme.
Le suivi du chantier suit les mêmes
procédures pour l’architecte et le
constructeur. L’architecte va détailler les
modes d’intervention de chacun
(l’économiste, les ingénieurs en structure,
en chauffage et en électricité, les entreprises).
Il sera mandataire des bureaux d’études
La mise en oeuvre du projet peut se
dérouler selon plusieurs possibilités, soit
en passant par un architecte, soit en
confiant son projet à un constructeur.
Maîtrise d’ouvrage et maîtrise
d’oeuvre
Les éléments du projet établis (terrain
trouvé, budget défini, programme
élaboré), le projet peut-être réalisé et
suivi par un architecte ou par un
constructeur. Ils assurent la maîtrise
d’œuvre de ce projet. Le client assurant
quand à lui la maîtrise d’ouvrage.
Les méthodes de travail et d’élaboration
du projet sont sensiblement différentes
entre la pratique de l’architecte et celle du
constructeur. C’est au niveau de la
conception du projet que l’architecte a le
plus souvent une approche différente.
L’essentiel de ce travail va consister à
compléter le programme défini par les
futurs occupants, à vérifier par le dialogue
qu’ils n’ont rien oublié dans leur démarche,
à préciser le budget. Il étudiera également
la manière dont le programme pourra
s’adapter au terrain choisi et ses contraintes.
23 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S
À À Q QU UII C C O ON NF FIIE ER R S SO ON N P P R RO OJ JE ET T
techniques et le maître d’ouvrage passera
un contrat à part avec les entreprises en
charge des travaux.
Le constructeur va regrouper toutes les
compétences dans un seul contrat de
réalisation de la maison individuelle.
Les garanties
Établies par la loi, elles sont identiques
quels que soient les professionnels que
vous emploierez.
A partir de la signature du contrat, le
constructeur vous garantie la « livraison en
prix et délais ». Une fois le chantier
terminé, la réception des travaux vous fait
bénéficier d’une garantie de un an dite de
« parfait achèvement » (enduits, menuiseries,
finitions…), d’une garantie de deux ans
dite « de bon fonctionnement » (concernant
l’équipement dissociable du bâtiment
comme chaudière, électricité…), et d’une
garantie décennale concernant le gros
œuvre (maçonnerie, charpente…).
Les assurances
En tant que maître d’ouvrage, vous êtes
tenu de souscrire une assurance dite
« dommage ouvrage » qui servira de relais
avec l’assurance du constructeur en cas
de dommage concernant la garantie
décennale.
Les risques de dégradations et de vols sur
le chantier sont pris en charge par les
entreprises qui en ont obligatoirement la
garde. Une fois les travaux réceptionnés,
c’est l’habitant qui assure la maison de
façon classique.
ENTREPRISES
Maçon
Charpentier
etc...
suivi de
chantier
MAÎTRE
D’OUVRAGE
Client
CONSTRUCTEUR
(maître d’oeuvre
et entreprise)
contrat +
paiements
contrat +
paiements
MAÎTRE
D’OEUVRE
Architecte,
Bureau d’étude MAÎTRE
D’OUVRAGE
Client24 C A H I E R D E R E C O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E
A A D DR RE ES SS SE ES S U U T TIIL LE ES S
Parc Naturel Régional des Monts
d’Ardèche
La Prade - BP 3
07560 Montpezat-sous-Bauzon
Tel : 04.75.94.35.20 Fax : 04.75.94.35.21
Courriel : accueil@parc-monts-ardeche.fr
CAUE - Conseil d’Architecture,
d’Urbanisme et de l’Environnement de
l’Ardèche
6, Cours du palais – BP 101
07001 Privas cedex
Tel : 04.75.64.36.04 Fax : 04.75.64.01.30
Courriel : caue-07@wanadoo.fr
SDAP - Service Départemental de
l’Architecture et du Patrimoine de
l’Ardèche
35, Avenue de la gare – 07000 Privas
Tel : 04.75.66.74.90 Fax : 04.75.64.55.12
DDE - Direction Départementale de
l'Équipement de l’Ardèche
2, Place des Mobiles - BP 613
07006 Privas cedex
Tel : 04.75.65.50.00 Fax : 04.75.64.59.44
Courriel : DDE-Ardeche@equipement.gouv.fr
DDE - Subdivision de l’équipement du
Cheylard
Allée des Vergers - 07160 LE CHEYLARD
Tel : 04.75.29.50.30 Fax : 04.75.29.42.67
DDE - Subdivision de l’équipement de
Privas
Chemin du Tram - 07000 PRIVAS
Tel : 04.75.66.39.10 Fax : 04.75.64.42.09
DDE - Subdivision de l’équipement
de Lamastre / Saint-Agrève
Rascle - 07320 SAINT AGREVE
Tel : 04.75.30.31.20 Fax : 04.75.30.09.77
ANAH - Agence Nationale
d’Amélioration de l’Habitat
2, Place des Mobiles - 07000 Privas
Tel : 04.75.65.50.00 Fax : 04.75.65.50.02
Courriel : DDE-Ardeche@equipement.gouv.fr
ADEME - Agence de l’Environnement
et de la Maîtrise de l’Énergie
10, rue des Émeraudes - 69006 Lyon
Tel : 04.72.83.46.00 Fax : 04.72.83.46.26
DIREN RHÔNE-ALPES - Direction
Régionale de l’Environnement
208 bis, rue Garibaldi - 69422 Lyon cedex 03
Tel : 04.37.48.36.00 Fax : 04.37.48.36.01
Courriel : diren@rhone-alpes.ecologie.gouv.fr
DDAF - Direction Départementale
de l’Agriculture et de la Forêt
7, boulevard du Lycée - 07000 Privas
Tel : 04.75.66.70.00 Fax : 04.75.66.70.70
DDASS - Direction Départementale
des Affaires Sanitaires et Sociales
2 bis, rue recluse - 07000 Privas
Tel : 04.75.66.78.06 Fax : 04.75.64.50.03
Courriel : dd07-direction@sante.gouv.fr
Chambre d’Agriculture de l’Ardèche
4, avenue de l’Europe Unie - 07000 Privas
Tel : 04.75.20.28.00 Fax : 04.75.20.28.01
Courriel : contact@ardeche.chambagri.fr
Chambre des Métiers de l’Ardèche
5, rue Ile - 07300 Tournon
Tel : 04.75.07.54.00 Fax : 04.75.08.09.22
Courriel : chametie@inforoutes-ardeche.fr
Ordre des architectes Rhône-Alpes
7, avenue de Birmingham - 69004 Lyon
Tel : 04.78.29.09.26 Fax : 04.78.29.63.35
Courriel : croara@wanadoo.fr
Syndicat des architectes de l’Ardèche
56, rue Olivier de Serre - 07400 Le Teil
Tel : 04.75.49.09.80 Fax : 04.75.49.26.78
CAL 07 - Centre d’Amélioration du
Logement de l’Ardèche
6, Cours du palais – BP 409
07004 Privas cedex
Tel : 04.75.66.13.80 Fax : 04.75.66.13.81
Courriel : cal-07@wanadoo.fr
Polenergie - Espace Info Énergie de
l’Ardèche
39, rue Jean Mermoz - 07200 Aubenas
Tel : 04.75.35.59.65 Fax : 04.75.89.00.76
courriel: info@polenergie.org
ADQE - Association pour le
Développement de la Qualité
Environnementale Drôme-Ardèche
Girodet concept, bâtiment B
26500 Bourg-les-Valence
Tel : 04.75.78.17.17 Fax : 04.75.55.63.09
Maisons paysannes d’Ardèche
Dusayes, 07160 Saint-Jean-Roure
Tel : 04.75.29.26.43
Le pin, 07130 Saint-Martial
Tel : 04.75.29.30.89
Fondation du Patrimoine -
Délégation Rhône-Alpes
55, avenue Galline BP1353
69609 Villeurbanne Cedex
Tel : 04.72.44.45.28 Fax : 04.72.44.45.29
Courriel : delegation-rhones-alpes@fondation-
patrimoine.com
Fibois Ardèche-Drôme
220 rue Louis Saillant
26800 Portes-les-Valence
Tel : 04.75.57.98.35 Fax : 04.75.57.98.36
Courriel : contact@fibois.com
C C e e q q u u ’’ ii ll ff a a u u tt rr e e tt e e n n ii rr
LE SERVICE
DÉPARTEMENTAL
DE L’ARCHITECTURE
ET DU PATRIMOINE
Le SDAP intervient en matière de
protection des sites, des abords de
monuments historiques, des secteurs
sauvegardés et des Zones de
Protection du Patrimoine Architectural,
Urbain et Paysager (ZPPAUP).
L’avis de l’Architecte des Bâtiments
de France est obligatoire pour toutes
les demandes d’autorisation de
travaux dans les espaces protégés
(avis simple ou conforme, selon le
cas).
Il est préférable de le consulter
en amont de toute démarche
administrative.
LE CONSEIL
D’ARCHITECTURE,
D’URBANISME ET DE
L’ENVIRONNEMENT
DE L’ARDÈCHE
Le CAUE tient des permanences sur
tout le département. Des architectes
conseil sont gratuitement au service
des particuliers pour les conseiller et
les assister dans leur démarche de
projet.
LA FONDATION
DU PATRIMOINE
Organisme à but non lucratif, la
Fondation du Patrimoine vise à
promouvoir la sauvegarde, la
connaissance et la mise en valeur du
patrimoine non protégé par l’État. Dans
le cadre d’un projet de restauration, la
Fondation du patrimoine peut, sous
certaines conditions, apporter son
aide.25 P A R C N AT U R E L R É G I O N A L D E S M O N T S D’A R D È C H E / C O N S E I L D’A R C H I T E C T U R E , D’ U R B A N I S M E E T D E L’ E N V I R O N N E M E N T D E L’A R D È C H E C A H I E R D E R EC O M M A N D AT I O N S A R C H I T E C T U R A L E S
B B L LO OC C- -N NO OT TE ES SLe Parc naturel régional des Monts d’Ardèche a été
créé le 9 avril 2001.
Sur un vaste territoire entre Boutières et Cévenne
d’Ardèche, une identité commune existe sur ces pentes
ardéchoises où le châtaignier et les terrasses sont les
éléments les plus visibles.
Le projet de développement durable porté par le Parc
repose sur un environnement, des paysages et des
cultures riches autant que fragiles.
Les communes, le Département de l’Ardèche, la Région
Rhône-Alpes et les chambres consulaires se sont
engagés à promouvoir un développement économique
harmonieux, fondé sur la préservation et la valorisation
des patrimoines. L’État a accepté de les accompagner.
Ouvert à l’ensemble des habitants du territoire, des
associations et des acteurs présents sur le territoire, le
Parc naturel régional des Monts d’Ardèche oriente ses
interventions sur quatre axes principaux :
-
-
-
-
Territoire d’exception, le Parc protège ses patrimoines
naturels, architecturaux, paysagers et culturels par une
gestion concertée fondée sur leur connaissance,
reconnaisance, préservation et valorisation.
Le Parc encourage les initiatives qualitatives pour la
préservation et l’amélioration des paysages et
de l’environnement.
Territoire vivant, le Parc participe au maintien et
au développement des activités artisanales,
commerciales, industrielles et touristiques
respectueuses de l’environnement.
Il contribue au développement social, culturel et à la
qualité de la vie sur son territoire.
Territoire d’échanges, le Parc assure l’accueil,
l’éducation et l’information du public pour un projet de
développement durable compris et partagé par tous.
Territoire d’expérimentation, le Parc réalise des
opérations innovantes, exemplaires et démonstratives
et contribue à des programmes de recherche.
P P A AR RC C N N A AT TU UR RE EL L R R É ÉG GIIO ON NA AL L D DE ES S M M O ON NT TS S D D’’ A A R RD DÈ ÈC CH HE E
Rédaction : Parc naturel régional des Monts d’Ardèche et Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de l’Ardèche. Dossier suivi par Patrice Flambeaux, architecte (CAUE de l’Ardèche). Assistance technique : David Martin, Stéphane Robert (CAUE de l’Ardèche). Suivi d’édition : Xavier Bernard-Sans et Jérôme Damour (PNR des Monts d’Ardèche), Patrick Fifre (CAUE de l’Ardèche). Photos : CAUE de l’Ardèche, PNR des Monts d’Ardèche. Dessins, croquis : CAUE de l’Ardèche.
Merci aux représentants des services de l’État, établissements publics
et associations pour l’aide apportée à la réalisation de ce document.
Décembre 2005MONTS D’ARDÈCHE
Mémento
Traitement des façades :
recommandations architecturales
Matières & couleurs du ParcCOULEURS ET MATIÈRES D’HIER...
Répartition diffuse de l’habitat (villages, hameaux et fermes)
Effet de mitage autour d’un bourg
Étalement urbain
MATIÈRES ET COULEURS
DES MONTS D’ARDÈCHE
Le Parc des Monts d’Ardèche possède sur
son territoire un patrimoine géologique
remarquable (notamment lié à l’activité
volcanique) qui a façonné son paysage, son
histoire et ses activités.
La pierre, matériau de base de son bâti
traditionnel, est omniprésente.
Ses variétés donnent une couleur
particulière à chaque secteur.
Le schiste de la Cévenne méridionale, le grès
du Piémont cévenol, le granite de la Haute
cévenne ou des Boutières, le basalte de la
région des Sucs offrent des textures différentes.
Cévenne méridionale
Piémont cévenol
Haute Cévenne
Plateau de Vernoux Les Sucs Les Boutières
cév
rég
Par sa teinte et sa matière, l’architecture
traditionnelle se fond dans le paysage
pour ne former qu’un avec celui-ci.
L’architecture traditionnelle des Monts
d’Ardèche s’est construite avec des
matériaux pris sur place (pierre de
maçonnerie, bois de charpente, etc.).
Ces constructions étaient en osmose
EZIGPIYVIRZMVSRRIQIRXc
unité de matériaux, unité de couleur.
Dans l’habitat récent, la mise en
œuvre de nouveaux matériaux
manufacturés et de nouvelles
techniques a souvent un impact visuel
plus fort qui peut nuire à la qualité des
paysages.
Comment rénover une façade
ancienne en respectant les règles de
PŞEVXc#
Comment traiter des façades de
maisons contemporaines qui soient
en accord avec leur environnement
TE]WEKIVc#
Le présent mémento a pour objectif
de comprendre l’impact visuel du bâti
aujourd’hui et d’apporter des
recommandations concernant le
traitement de la couleur en
EVGLMXIGXYVI EƙR HI VIWTIGXIV PI
patrimoine paysager Monts d’Ardèche
et de le faire vivre de manière durable.
La Présidente du Parc
Lorraine CHENOT
LE DIFFUS, LE MITAGE & L’ÉTALEMENT
Les nouveaux visages de l’habitat
Le territoire des Monts d’Ardèche est
caractérisé par une répartition très diffuse de
son habitat.
Les bourgs, villages, hameaux et fermes
isolées composent le paysage.
La déprise agricole et le développement
urbain de la seconde moitié du vingtième
siècle ont contribué à une urbanisation
ncWEYZEKIc~ PIQMXEKI
Ce nouvel habitat n’a plus de relation di-
VIGXIEZIGPcŝEGXMZMX¬¬GSRSQMUYIIXPEJSVQI
EVGLMXIGXYVEPIWŞIWXQSHMƙ¬IEGGIRXYERXWSR
impact visuel.
De plus, les nouvelles techniques de
construction en rupture avec l’architecture
traditionnelle apportent de nouveaux coloris
jusqu’ici inexistants.
L’effet d’étalement et de mitage rend les constructions visibles de loin et
renforce leur impact visuel si la couleur est mal maîtrisée.
L
r...À AUJOURD’HUI DANS LE PARC
COULEUR, MATIÈRE,
TEXTURE & FACTURE
On ne peut pas aborder le thème de la
couleur des bâtiments sans évoquer le
matériau sur lequel elle est posée.
L’habitat traditionnel utilisait majoritairement
la pierre, matériau brut laissant apparaître sa
matière et sa texture (avec enduit à la chaux
ou jointoiement) .
Aujourd’hui, le bâti utilise des matières
manufacturées comme le béton, le ciment et
la brique, toutes protégées par un enduit de
ƙRMXMSR
La mise en oeuvre de l’enduit ne laisse plus
apparaître le matériau de construction et
présente très peu de texture.
La couleur de l’enduit est la seule marque
visible. Il convient donc de la choisir avec
le plus grand soin.
HABITAT TRADITIONNEL VILLA ANNÉES 60 &70 PAVILLON CONTEMPORAIN
8YMPIWnGEREP~ Menuiserie bois
Pierre de pays
Tuiles mécaniques
Pierre jointée
Persienne en métal 8YMPIWnVSQERIW~ Menuiserie PVC
ERHYMXnTVSNIX¬~HIXIMRXIGPEMVI Enduit ciment
LA COULEUR DE LA FACADE
Les constructions ont un impact
visuel fort dans les paysages des Monts
d’Ardèche, en grande partie dû à la
coloration des façades et la manière dont
elles captent la lumière.
La description d’une couleur en
architecture fait appel à deux notions
IWWIRXMIPPIW PE XSREPMX¬ IX PE GPEVX¬
Ces deux notions permettent ainsi de
préciser la couleur d’un bâtiment et
de mesurer son impact en toute saison
(plus ou moins de lumière naturelle, zones
d’ombre...).
LA TONALITÉ
La tonalité est couramment appelée couleur, ton
ou teinte. Les tonalités de base sont au nombre de
trois : le bleu, le rouge et le jaune, qu’on appelle les
couleurs primaires qui permettent d’obtenir par mélange
toutes les autres couleurs.
LA CLARTÉ
La clarté, appelée aussi valeur ou luminosité, concerne
l’intensité de la couleur qui est plus ou moins claire ou
foncée.
Plus une couleur est claire avec une matière lisse, plus
son impact visuel est fort.
MATIÈRE ET TEXTURE DIFFÉRENTES : IMPACT DE LA COULEUR
Couleur et matière sont indissociables dans l’appréhension de l’impact visuel d’un bâtiment. Une même coloration donnera des effets de couleurs très différents selon la matière et la texture du support. Il s’agira, quelle que soit la couleur retenue, de ne pas ignorer les caractéristiques des aspects de surface. Une matière lisse et sèche apparaît plus lumineuse, plus « claire » que la même matière rugueuse qui semble plus « sombre ».
Vue d’ensemble des deux maisons, contemporaine et traditionnelle, proches l’une de l’autre par leur volume. En vue lointaine le principe de mimétisme architectural a peu d’impact visuel dans l’environnement. Par contre, la couleur de la maison contemporaine ressort énormément dans la lecture du paysage.
Maison contemporaine, conçue par mimétisme de l’architecture traditionnelle.
Le mimétisme est parfait dans la volumétrie générale et dans le type de couverture (tuiles nGEREP~
L’impact de la couleur est différent par sa teinte trop claire et sa texture (enduit lisse et uniforme sur une maçonnerie de blocs de béton).
Maison traditionnelle, le bâti est en pierre apparente de site.
L’ensemble présente une texture particulière et une
teinte issue des matériaux sortis du sol (pierre, sable de
pays).
MA M M M MA M MA MA MA MA MA A A A A A A A A MA MA A A A A A M M MA M M M MA A A A A A A M M MA A ATIÈRE ET
C
d
Il s’agira, q
sèche appa
M i t iMAISONS DE VILLE, FERMES ANCIENNES.
LES MAISONS DE VILLAGE,
COMPOSITION DE LA FACADE
ANCIENNE
Depuis les années soixante, la mode est à la
pierre apparente pour les ravalements de
façade.
Pourtant, traditionnellement, les maisons de
village étaient enduites et souvent
décorées. Dans l’habitat plus rustique comme
les fermes d’exploitation agricole, des joints
épais et largement couvrants étaient
utilisés (enduit de jointoiement).
Dans les deux cas, les techniques utilisées
permettaient de protéger la maçonnerie
des intempéries et d’apporter un meilleur
confort à l’habitat.
L’ordonnancement de la façade est la
manière dont celle-ci est organisée entre
les parties bâties (parties pleines), les
ouvertures (parties vides) et les éléments
en reliefs (modénature). Il donne nombre
d’indications sur la manière dont la façade
était traitée.
MAISONS ISOLÉES ET HAMEAUX
COULEUR ET TEXTURE
Les maisons et fermes isolées, les hameaux
et nombre de villages sont en pierres
apparentes de site.
Les murs en pierre, bâtis et rejointés avec
un mortier de chaux et de sable de pays,
mettent en valeur les façades.
Les couleurs des pierres sont les couleurs du
paysage.
Seuls les volets, toujours peints, apportent
une touche de couleur.
Un regard attentif à la structure d’une façade est riche d’enseignement sur sa composition initiale. La chaîne d’angle HVSMXIIRTMIVVIXEMPP¬IETTEVIRXI¬XEMXV¬WIVZ¬IEY\QEMWSRWRSFPIWIXEY\F¥XMQIRXWSJƙGMIPW Pour les maisons plus humbles (maisons de village), la chaîne d’angle, même taillée, était enduite avec souvent une chaîne peinte de fausses pierres.
En règle générale la façade est composée d’une
XVEQI LSVM^SRXEPI UYM H¬ƙRM PIW HMJJ¬VIRXW RMZIEY\
du rez-de-chaussée aux combles et d’une trame
verticale qui permet l’alignement des ouvertures.
Les éléments de modénature sont les ouvrages en
saillie tels que le soubassement, le couronnement de
l’immeuble, les corniches, les balcons, etc.
Ces éléments structurent et animent la façade.
Ferme des Boutières assise sur ses terrasses en pierre.
Ton sur ton, un bâti en osmose avec sa terre. Mur de pierre avec un enduit de jointoiement.
LA CHAUX, UN MATÉRIAU NATUREL ET ANCESTRAL
Jusque dans les années 1950, la chaux a été la composante exclusive des liants de maçonnerie et des enduits de façade.
La chaux naturelle (aérienne ou hydraulique) permet de réaliser des
enduits souples et respirants. Le mortier destiné aux enduits de façade est dosé maigrement, la chaux ayant une adhésivité exceptionnelle.
Pour les maisons non enduites, le rôle de l’enduit de jointoiment est d’obturer toutes les infractuosités du support, en venant se terminer sur les têtes des pierres de construction. De sa prise lente à l’air, la chaux aérienne (CAEB ou CL) donne à l’enduit souplesse et resistance. C’est le matériau idéal car il assure une imperméabilité du mur tout en le laissant respirer. Ancien enduit à la chaux Enduit de jointoiment...QUEL TRAITEMENT DES FACADES?
Maison de ville aujourd’hui
Sa façade latérale a été conservée avec son enduit
d’origine. La façade sur le boulevard a été décroutée et
jointée, laissant apparaître tous ses éléments constructifs
au détriment des élément nobles à mettre en valeur.
Simulation
Mise en oeuvre d’un corps d’enduit sur l’ensemble
du bâtiment lui restituant ainsi son caractère et son
équilibre d’origine.
Corps d’enduit avec encadre-
ment de fenêtre et chaîne
d’angle droits et en pierre de
taille apparente.
Enduit de jointoiement avec
encadrement de fenêtre et
chaîne d’angle harpés en
pierre apparente dégrossie.
À privilégier :
Enduit avec encadrement
de fenêtre et chaîne d’angle
avec décor peint.
À éviter :
Enduit cassé (surépaisseur)
pour laisser apparaître
l’encadrement de fenêtre
et la chaîne d’angle.
LECTURE DE LA FAÇADE ANCIENNE
Enduire ou jointer la façade de pierre: dès que cela était possible, les maisons étaient enduites en totalité ou avec des joints épais et couvrants. L’enduit sert à protéger les maçonneries et réguler les variations thermiques. Il permet également de mettre en valeur les éléments structurants du bâtiment (chaînes d’angles, encadrements de fenêtres, portes d’entrée).
CHAÎNE D’ANGLE ET ENCADREMENT
La manière dont sont mises en oeuvre les
pierres d’angle et les encadrements de
fenêtres renseigne sur la présence ou non
d’un enduit.
Par exemple, si ces pierres ont une saillie de
3 à 4 centimètres par rapport au mur, cela
indique la présence dès l’origine d’un enduit
venant se caler contre ladite saillie.
Les pierres d’angles au même nu que la
maçonnerie indiquent soit un enduit de
NSMRXSMIQIRX£ƚIYVHIWTMIVVIWWSMXYRGSVTW
d’enduit complet avec chaînes d’angle et
encadrements peints et décorés.
Il a été longtemps convenu que la pierre d’angle
grossièrement taillée n’était pas digne d’être
montrée.
ISOLATION DE LA MAISON ANCIENNE
PAR UN ENDUIT CHAUX-CHANVRE
L'enduit chaux-chanvre permet une correction thermique des murs épais maçonnés en pierre. Une couche de 4 à 6 cm d'enduit intérieur chaux-chanvre est un compromis idéal pour supprimer l'effet de paroi froide de ce type de mur, WERWTIVXYVFIVWSR¬UYMPMFVIL]KVSQ¬XVMUYIIXXSYXIRGSRXMRYERX£F¬R¬ƙGMIVHI son inertie.
Ce type d’enduit qui améliore le confort des maisons anciennes est similaire par son aspect aux anciens enduits intérieurs à la chaux qui donnaient le caractère de ces maisons.
Diversité et richesse des modèles de chaînes d’angle peintes (droites, harpées, avec ombres portées). Chaîne d’angle droite. Chaîne d’angle harpée.MATIÈRES & COULEURS DE L’HABITAT...
0IWQEXM«VIWIXXI\XYVIWSRXXIRHERGI£WInPMWWIV~EZIGPŞYXMPMWEXMSRHIWQEX¬VMEY\QERYJEGXYV¬W0IWGSYPIYVWSRXXIRHERGI£WެGPEMVGMVIXPŞMQTEGXHIWGSRWXVYGXMSRWHERWPITE]WEKIIWXTPYWJSVX
Si le bâtiment est visible de loin, mieux vaut choisir une teinte soutenue de 50% de gris à plus. Si le bâtiment n’est visible que de près ou se situe dans une zone ombragée, une teinte plus claire peut être retenue. Les bardages en bois ont une teinte soutenue qui s’intègre naturellement dans le paysage.
À privilégier : enduit gratté
À privilégier : enduit frotté À éviter : enduit écrasé
À éviter IRHYMXnX]VSPMIRRI~
L’ÉVOLUTION DANS LE TEMPS DES REVÊTEMENTS DE FAÇADE
À éviter IRHYMXnVYWXMUYI~
Grand bâtiment agricole dans un environnement bâti de
qualité. Ses matériaux sont manufacturés et sa teinte
est trop claire. Son impact visuel est impressionnant et
rompt l’harmonie du site.
Simulation de colorisation en brun foncé pour atténuer
l’impact visuel. Il est important de traiter murs et toitures
de la même couleur. Des plantations supplémentaires
peuvent contribuer à mieux le masquer. Bâtiment secteur tertiaire avec deux couleurs.
IMPACT VISUEL DES BÂTIMENTS
L’échelle de graduation des teintes (de
0% du blanc à 100% du noir) permet de
mesurer l’intensité visuelle d’un bâtiment et
d’appréhender son impact en vue lointaine
dans l’environnement.
Plus la teinte d’une façade est foncée,
moins elle est visible dans le paysage.
Les maisons anciennes, en pierre, ont une
teinte foncée, voire très foncée, à l’inverse
des maisons plus récentes.
TEXTURE DES ENDUITS
%ƙR HŞXVI IR GSL¬VIRGI EZIG PIW IRHYMXW
anciens, il convient de les réaliser à la chaux
avec une texture simple et sobre.
Les enduits frottés ou grattés mettent le
mieux en valeur le bâti.
0IWIRHYMXW¬GVEW¬WSYPIWnX]VSPMIRRIW~WSRX
à éviter car peu performants (protection à la
pluie) et munis d’infractuosités accumulant
poussières et salissures.
LES BÂTIMENTS D’ACTIVITÉS
DE GRANDES DIMENSIONS
Les nouveaux bâtiments d’activités
artisanales, commerciales ou
agricoles sont de plus en plus grands.
Ils ont un impact visuel très important
dans le territoire de pente des Monts
d’Ardèche.
Leurs matériaux de construction sont
usinés et issus des bâtiments industriels.
Il est important d’apporter un soin particulier
dans le choix des coloris à utiliser.
Bâtiment artisanal de teinte très soutenue. Bâtiment artisanal en bois avec panneaux photovoltaïques
DE GRANDES
Les nouvea
artisanales
agricoles so
Ils ont un im
dans le terr...LES CHOIX POUR AUJOURD’HUI
Deux maisons récentes aux teintes violentes, à côté
d’un petit bâtiment en pierre de pays. L’impact visuel est
ƚEKVERXIXH¬REXYVIPŞLEVQSRMIHŞIRWIQFPIHYWMXI
Simulation de teinte et de matière pour les deux
maisons récentes. Ton pierre pour l’une, bardage bois
pour l’autre. L’ensemble est en concordance avec le site.
Extension d’une maison ancienne.
L’enduit est trop clair donc trop visible.
Simulation 1, avec un enduit lissé ton
pierre, plus neutre.
Simulation 2, avec un enduit gratté qui
donne plus de texture.
Simulation 3, avec un bardage en bois
qui donne plus de matière.
Maison contemporaine, blanche.
CONSTRUIRE AUJOURD’HUI,
QUELLES TEINTES CHOISIR?
Construire par mimétisme, c’est
concevoir une maison dans le «style du
TE]W~ IR WŞMRWTMVERX HI PŞEVGLMXIGXYVI
vernaculaire, tant dans la forme que dans les
teintes.
Les couleurs du bâti ancien ont toujours été
en harmonie avec l’environnement naturel.
Il convient donc de bâtir par mimétisme en
utilisant des teintes neutres et soutenues
EƙRUYIPIF¥XMQIRXWIJSRHIHERWPITE]WEKI
Utilisation de la couleur dans un groupe d’habitations.
CHOISIR LA COULEUR DES VOLETS
Les volets étaient tradtionnellement peints,
EƙRHITVSX¬KIVPIFSMW0EGSYPIYVHIWZSPIXW
permet d’animer une façade en apportant
une tache de couleur dans la composition de
celle-ci.
Éviter les volets en bois naturel lazuré qui
n’ont jamais existés auparavant et qui se
dégradent vite aux intempéries.
Construire par opposition, c’est concevoir
une maison contemporaine (toiture ter-
rasse, volumes simples) adaptée aux usages
d’aujour’hui.
Bien implantée sur la pente et dans son
environnement bâti ou naturel, on peut
considérer qu’une architecture différente
TIYXnXVERGLIV~TEVWEXIMRXITEVVETTSVXEY
TE]WEKI)PPIIWXZMWMFPIIXWŞEJƙVQI
Volets persiennés. Volets à lames, bois peint.
À proscrire
Volets à lames, bois brut. Volets à cadre.
LA SOLUTION BOIS
Les bardages en bois naturel ont
une teinte soutenue qui s’intègre
naturellement dans le paysage.
La maison en ossature bois a un fort
potentiel écologique.
La structure en bois peut être associée
avec d’autre matériaux pour donner plus
de caractère à la maison.
Les bardag
une teinte
naturellem
Maison à ossature et bardage bois Mariage bois et pierre de pays
Maison double, bois et verre Mariage bois et maçonnerie enduiteParc naturel régional
des Monts d’Ardèche
www.parc-monts-ardeche.fr
04 75 36 38 60
accueil@pnrma.fr
Direction Départementale
des Territoires
www.ardeche.equipement.gouv.fr
04 75 65 50 00
ddt@ardeche.gouv.fr
Service Territorial
Architecture et Patrimoine
04 75 66 53 95 (numéro provisoire)
sdap@culture.gouv.fr
POLENERGIE
Espace Info Énergie
www.polenergie.net
04 75 35 59 65
info@polenergie.org
Conseil d’Architecture
d’Urbanisme et de
l’Environnement de l’Ardèche
www2.archi.fr/CAUE07
04 75 64 36 04
caue-07@wanadoo.fr
he Le CAUE de l’Ardèche tient
des
permanences
gratuites pour
les
particuliers,
EƙR HI PIW GSRWIMPPIV IX HI PIW
orienter dans
leurs projets
de
construction ou de rénovation.
Rédaction
Parc naturel régional
des Monts d’Ardèche,
Conseil d’Architecture, d’Urbanisme
et de l’Environnement de l’Ardèche.
Suivi d’édition
Fabrice Di Russo,
Jérôme Damour
(PNR des Monts d’Ardèche).
Isabelle Bon (CAUE de l’Ardèche).
Dossier suivi par
Patrice Flambeaux, architecte,
CAUE de l’Ardèche.
Photos
CAUE de l’Ardèche,
PNR des Monts d’Ardèche,
les Panoramistes.
Dessins, croquis
CAUE de l’Ardèche.
3T¬VEXMSRV¬EPMW¬IEZIGPIWSYXMIRHI
MAI 2013
Découvrez à la Maison du Parc
PIncQYVX¬QSMRc~
sur les enduits de façade.
Le Parc naturel des Monts d’Ardèche
assure une mission de conseil sur
la réhabilitation du patrimoine bâti
et la promotion d’une architecture
contemporaine
respectueuse
de
l’environnement.
Espace Info Energie
(EIE)
Sensibilisation à la maîtrise de l’énergie et
aux énergies renouvelables,
promotion des
changements de
comportements
vers une
société plus sobre
en énergie.intégration paysagère des
bâtiments agricoles
Construire ou aménager :
les étapes clés
Mémentovivre et cultiver sur les pentes des Monts
d’Ardèche a toujours été un défi. à force
de travail et d’ingéniosité, l’agriculture
s’est développée et a contribué à créer
des paysages exceptionnels.
Les bâtiments d’exploitation traditionnels
ont été formidablement adaptés au
territoire. Ils constituent aujourd’hui un
patrimoine remarquable.
Depuis les années soixante-dix, l’évolution
des pratiques agricoles a conduit à de
nouveaux types de bâtiments : logique
d’implantation différente, volumes plus
imposants, nouvelles techniques de
constructions, nouveaux matériaux.
Ces nouvelles constructions peuvent
parfois avoir un fort impact paysager et
environnemental.
Le présent mémento a ainsi pour objectif
d’accompagner les porteurs de projets
à aménager ou créer des bâtiments en
préservant les patrimoines agricoles et
paysagers et en contribuant à l’attractivité
du territoire.
La présidente
du parc des Monts d’Ardèche
Lorraine CHeNOt
LES bâtimEntS agricoLES d’hiEr …
Une agriculture traditionnelle économe
Une priorité à l’économie de l’espace
Une large part du territoire des Monts d’Ardèche est constituée de terrains difficiles au regard de la pente et de l’exposition. Les exploitations agricoles ont toujours été économes de l’espace et du paysage pour l’implantation de leurs bâtiments, afin de préserver le maximum de terres exploitables.
Des paysages à préserver
L’activité agricole a conduit à la construction de
paysages remarquables : fermes, étables et bergeries,
soutènements en pierres sèches, ouvrages de
récupération des eaux pluviales, etc. Ces paysages ont
été créés à partir de ressources naturelles locales
(pierre, bois de charpente, etc.). Un équilibre s’est ainsi
constitué entre l’activité humaine et l’environnement. C’est
un atout patrimonial, environnemental, économique et
touristique.
Une approche bioclimatique
à partir des matériaux de construction issus du sol, les
bâtiments agricoles ont été édifiés en tenant compte
notamment :
• du climat souvent difficile et extrême : le froid hivernal
de la région des Sucs, la chaleur estivale de l’Ardèche
méridionale, la pluie violente de la Cévenne, etc ;
• de la topographie tourmentée des vallées encaissées
et peu ensoleillées, des plateaux balayés par le vent
(« la burle »), des pentes difficiles d’accès ;
• de l’orientation de bâtiments aux typologies
correspondantes à l’activité (culture, élevage) ;
• de la proximité des axes de circulation pour faciliter
les déplacements et limiter les travaux.
Ces principes contribuent à la qualité des constructions
et des paysages des Monts d’Ardèche.
1. L'exploitation agricole est au cœur du village, contribuant
à son activité et à sa vie communautaire.
2. L'exploitation est légèrement à l'écart du village pour
bénéficier de la proximité de la rivière.
3. L’exploitation agricole est isolée, à proximité d’une
source, pour préserver les meilleures terres.
Paysage de plateaux. Paysage de vallées (pentes).
Paysage de piémont.
1
3
2
Une organisation adaptée de l’exploitation agricole
L’exploitation agricole traditionnelle regroupait le plus souvent en un même lieu (voire dans la même bâtisse) l’habitat, les bâtiments d’élevage ou d’exploitation et les remises ou hangars de rangement du matériel. Cette organisation contribuait à économiser les surfaces exploitables, à limiter les déplacements des agriculteurs et à mieux se prémunir des intempéries. L’habitat était partie intégrante de l’outil de travail. Cela correspond à une organisation sociale aujourd’hui révolue. Mais ces principes restent d’actualité pour créer de nouveaux bâtiments qui s’intègrent dans leur environnement.… à aujourd’hui
Une évolution des pratiques agricoles
Les productions agricoles actuelles
Sur les zones de pentes, les principales activités agricoles sont la castanéiculture et l’élevage ovin. Des exploitations mixtes, cultures maraichères et fruitières, se maintiennent en fonds de vallées. Les exploitations bovines sont présentes sur les secteurs de plateaux. Le vignoble et les oliveraies se situent sur la partie sud du territoire en Cévenne méridionale et Piémont cévenol.
Les systèmes agricoles actuels des Monts d’Ardèche sont le
fruit de l’évolution de systèmes traditionnels. Certains se sont aujourd’hui spécialisés (viticulture, élevage ovin ou bovin), d’autres ont développé une multitude d’activités (production et transformation locale, commercialisation en vente directe, accueil touristique,
etc.). Tous ont contribué à créer des formes architecturales et des
paysages particuliers.
La transformation des pratiques agricoles
L’agriculture contemporaine a contribué à la création de nouvelles typologies de bâtiments d’exploitation : bâtiments plus grands, matériaux de construction issus de procédés industriels, etc.
Cette évolution a également généré une nouvelle organisation des exploitations agricoles en terme d’occupation de l’espace :
étalement du bâti, création de voies d’accès complémentaires,
terrassements très importants. De plus, la législation impose des périmètres de protection pour les bâtiments d’élevage, ce qui les isolent des unités bâties traditionnelles. L’usage des matériaux industrialisés et préfabriqués a souvent répondu à une urgence de réalisation et à une économie budgétaire.
L’agriculture aujourd’hui évolue, se repense, dans le cadre
d’un ancrage territorial marqué et des connexions fortes avec
l’environnement, les paysages, les consommateurs.
Cette évolution oblige les exploitants agricoles à repenser leur
activité sur le territoire. Le bâtiment agricole peut ainsi refléter
une image très positive de l’agriculture.
Les enjeux paysagers
Afin de concilier les besoins de l’agriculture contemporaine
avec la préservation et la valorisation des paysages des Monts d’Ardèche, certains points doivent faire l’objet d’une vigilance
particulière :
• l’implantation par rapport à l’orientation du terrain et sa topographie ; • l’adaptation à la pente ;
• la volumétrie des bâtiments d’exploitation et leur impact visuel ;
• les matériaux utilisés en construction ou en revêtement pour
les bâtiments ;
• la couleur des parois extérieures et des couvertures.
Une bonne analyse de l’impact visuel des bâtiments en vue proche
et lointaine est primordiale compte tenu des volumes bâtis souvent importants à implanter sur un relief très marqué.
Bâtiment agricole traditionnel.
Bâtisse simple et compacte en
pierre, couverture en tuile, située
en bordure de voirie. L’ensemble
s’adapte à son environnement
proche.
Bâtiment agricole contemporain.
Bonne orientation, volume
simple, bardage bois adapté
naturellement au paysage.
Bâtiment agricole actuel
peu adapté à son
environnement :
- trop de terrassements ;
- abords non aménagés ;
- matériaux disparates.
Diversification des activités : vente à la ferme, gîtes ruraux, etc.
à éviter
- implantation trop haute du bâtiment
par rapport au bâti environnant
- adaptation complexe à la pente,
terrassements importants
- volume imposant
- matériaux issus de la préfabrication
charpente métallique, tôle laquée
- couleurs trop vives
à priviLégier
- implantation dans le bâti environnant
- adaptation à la pente par plusieurs volumes décalés
- matériaux identiques au bâti existant en particulier en couverture - volumes simples avec une échelle raisonnable
- couleurs neutres en harmonie avec le village1. Implanter correctement le bâtiment
économiser l’espace
Traditionnellement les fonctions d’habitat et d’exploitation étaient regroupées dans un même ensemble ou sous un même toit, ce qui donnait lisibilité et cohérence à l’activité des hommes.
Aujourd’hui avec le développement des granges et remises
(sans animaux d’élevage), ce principe de regroupement doit
être pérennisé pour rendre tout projet économe en espace et en financement.
Les étapes clés pour un projet réussi
Construire ou aménager des bâtiments agricoles implique de bien
réfléchir à la future exploitation au regard des points essentiels
suivants :
1 Bien situer son bâtiment sur le terrain pour préserver
le maximum d’espace libre.
2 Bien adapter le bâtiment à la pente pour réduire l’impact
des voies d’accès pour des véhicules de plus en plus
grands (tracteurs, camions).
3 être vigilant sur l’insertion d’un bâtiment visible de très loin
par sa volumétrie et sa couleur.
4 Proposer une organisation de l’exploitation et une
architecture qui valorisent l’espace et l’outil de travail.
Adapter et implanter un grand bâtiment dans
son environnement
La législation impose aujourd’hui des périmètres de protection autour des bâtiments d’élevage. L’organisation du territoire rural se trouve ainsi bouleversée par une certaine propension à l’étalement des exploitations agricoles en dehors des secteurs habités. De ce fait, ces bâtiments sont de plus en plus visibles dans des zones autrefois vierges de constructions.
Il est indispensable, pour le futur constructeur de bien réfléchir à l’intégration du nouveau bâtiment pour qu’il soit pratique d’usage et bien implanté sur sa parcelle.
aSSurEr L ’inSErtion dES bâtimEntS agricoLES
Exploitation regroupée sous un
même toit : habitat, étable et fenière.
Exemple d’extension économe d’une exploitation viticole.
Cohabitation difficile d’un bâtiment agricole volumineux avec l’habitat.
Bâtiment agricole implanté à proximité d’un village, trop visible sur la pente, avec un chemin d’accès
complexe et trop large (effet cicatrice).
Grand volume bâti, compact et adapté au site.
à priviLégier
à éviter
Implantation à la même altitude que l’habitat existant et intégré à celui-ci.
à éviter
à priviLégier2. S’adapter aux contraintes locales
L’activité agricole est liée aux éléments naturels (saisons, pluies, etc.) et au relief. Une réflexion importante doit être conduite pour intégrer correctement les contraintes topographiques et climatiques afin de garantir la viabilité économique du projet, d’en assurer la
durabilité dans le temps et de proposer une facilité d’utilisation et
un confort des occupants (bâtiments d’élevage).
intégrer les contraintes climatiques
La réflexion pour une implantation correcte des bâtiments par rapport aux contraintes climatiques et topographiques doit accompagner les principes imposés par le type d’exploitation et sa meilleure rentabilité : • tenir compte des atouts du relief ;
• se protéger des vents dominants et de la pluie ;
• récupérer et utiliser les eaux pluviales.
gérer les infrastructures
Créer ou développer une exploitation agricole, c’est également porter une réflexion particulière sur les accès et les divers réseaux.
Construire un bâtiment agricole sur la pente
S’intégrer à la pente, c’est gérer au mieu les terrassements à réaliser pour réduire l’impact visuel de l’exploitation.
Quand l’usage et la fonction le permettent, deux façons de s’adapter à la pente afin de limiter la taille des plateformes et les terrassements : en construisant sur deux niveaux superposés ou en deux demi-niveaux décalés qui épousent la pente.
Bâtiment agricole classique, bien implanté dans
un repli du terrain à l’abri du vent.
schéma 1
fig 1
fig 2
fig 3
fig 4 fig 5
schéma 2
schéma 3
Ferme des Sucs (secteur au climat très rigoureux
sous la neige). Bâtiment ramassé sur lui même,
constitué de matériaux solides et pérennes
(pierre, lauze).
Le schéma 1 montre l’état initial de l’exploitation.
Le schéma 2 souligne l'impact visuel fort du
nouveau bâtiment d'exploitation et la cicatrice
laissée par le chemin d'accès agrandi et élargi.
Ces types d’implantation et d’accès doivent être
évités .
Le schéma 3 montre une implantation au plus
près de la route et plus bas sur la pente. Les
terrassements pour le bâtiment et les accès
sont réduits. L’impact visuel est plus limité,
l’économie générale du projet est évidente.
La montagne est « découpée » pour pouvoir implanter un bâtiment trop grand au regard de la topographie du site : impact paysager fort, risque d’éboulement.
Hangar agricole de taille raisonnable dont l’implantation nécessite peu de travaux de terrassement
et dont l’impact visuel paysager est faible.
Bâtiment (plus grand et volumineux) avec un terrassement beaucoup plus visible, même en étant bien équilibré (le déblai est égal au remblai).
Même bâtiment construit sur une plateforme rapportée qui, outre les problèmes de stabilité de l’ouvrage, est trop prégnant en vue lointaine ou proche.
à éviter
à éviter
à priviLégierPierre et lauze en couverture.
Bois et tuile en couverture.
Bac acier en mur et couverture.
La teinte du bâti s’intègre avec son environnement
(60 à 70% de gris). Il est peu visible même de près.
Bâtiment agricole aux teintes trop claires, visible de loin
dans le paysage.
Bâtiment agricole monochrome, à la teinte soutenue qui se
« fond » dans le paysage.
La teinte du bâti contraste avec son environnement
(10 à 20% de gris). Il est très visible de loin comme de près.
Pierre et tôle ondulée en couverture.
Pierre et tuile en couverture.
Tunnel en plastique.
Préfabriqué béton et amiante ciment.
Charpente lamellé-collé et bac acier.
Pierre, tuile et lauze en couverture.
3. proposer une volumétrie
cohérente et des couleurs
adaptées
Les fermes et l’habitat traditionnels utilisaient des
matériaux pris sur place du fait des difficultés de
déplacement et de transport des matériaux : murs
de pierre, couvertures de lauze, de genêt, de tuiles
« canal ». Les charpentes étaient en bois assemblé ou
constituées de pannes portant de mur à mur.
Progressivement des matériaux manufacturés,
moins onéreux et plus facile à mettre en œuvre,
ont été utilisés : la brique, l’aggloméré de ciment, la
tôle ondulée, le métal pour la charpente et la tuile
mécanique.
Aujourd'hui, la nécessité de redimensionnement des
bâtiments agricoles a favorisé le développement des
constructions en bac acier en ossature bois avec une
charpente de grande portée.
Ces matériaux doivent être utilisés avec soin.
Une utilisation adaptée des nouveaux matériaux
Le constat démontre qu'il est vain de vouloir
"maquiller" un matériau moderne en ancien
matériau. Un bâtiment tout en bac acier avec des
murs blancs et une toiture rouge ne donne pas
l'illusion de murs maçonnés et de couverture en tuiles.
Il s'agit d'utiliser le matériau pour ses propriétés et
de le mettre en valeur par un bon usage :
• mettre en œuvre des grandes portées de charpente ;
• uniformiser les couleurs pour un même matériau ;
• définir une teinte en harmonie avec l'environnement,
exclure les matériaux trop brillants ;
• recouvrir les matériaux devant recevoir un bardage
ou un enduit.
Ces nouvelles formes bâties trouveront une meilleure
place sur le territoire en se démarquant par des
formes adaptées à chaque site.
Couleur et teinte des bâtiments
La couleur est un repère fort dans le paysage. Un
nouveau bâtiment agricole peut avoir un impact fort
sur son environnement (car le bâti est visible de loin).
Cet impact peut être atténué par des couleurs et
des matériaux discrets et sobres.
Plus la teinte de la façade est foncée, moins elle est
visible dans le paysage.
L’échelle de graduation des teintes (de 0% ou blanc
à 100% ou noir) permet de mesurer l’intensité d’un
bâtiment et son impact dans son environnement.
Si le bâtiment est visible de loin, mieux vaut choisir une
teinte soutenue de 50% de gris à plus. Si le bâtiment
n’est visible que de près ou se situe dans une zone
ombragée, une teinte plus claire peut être retenue.
Les bardages bois sont intéressants par leur teinte
qui s’intégre naturellement dans le paysage.
à éviter
à éviter
à priviLégiervaLoriSEr L’ExpLoitation agricoLE
Extension de l’exploitation par :
- à gauche, le batiment d’origine en pierre
et tuiles canal,
- à droite le nouveau batiment de même volume
mais en tole. Il reste trop visible.
Grand batiment d’élevage dans son
environnement bâti traditionnel. on peut mesurer
la différence d’échelle et de proportion qui
rompent l’équilibre visuel.
Très grande structure en photovoltaïque visible de très loin
en sommet de colline.
Extension de l’exploitation également par
mimétisme. Le nouveau batiment, à gauche,
est en bois avec une couverture en bac acier.
Son volume est moins important que l’habitat,
son impact est moins fort.
Des plantations au pied du batiment permettent
d’atténuer l’impact visuel trop prégnant du
nouveau batiment.
Bâtiment bien adapté au photovoltaïque et bien implanté
sur son terrain.
Projet de chèvrerie et fromagerie.
Batiment intégré à la pente du terrain en ossature et bardage bois.
(Jérémie Cardinal, architecte)
4. Valoriser l’espace et
l’outil de travail agricole
Un nouveau bâtiment agricole doit être fonctionnel et permettre de valoriser l’exploitation et son cadre de vie. Cela est
particulièrement vrai en cas de pluriactivité : activité agro-touristique, vente de produits à la ferme.
Le « bon sens paysan » a donné des projets agricoles économes, adaptés au site et respectueux des paysages. Dans un même esprit, une architecture agricole plus contemporaine et répondant
aux contraintes actuelles doit répondre à ces mêmes objectifs ancestraux.
Le photovoltaïque
Les économies d’énergies et le développement
des énergies renouvelables doivent être favorisés.
Les bâtiments agricoles présentent souvent des
surfaces de toitures propices à l’accueil de panneaux
photovoltaïques.
Pour les nouveaux bâtiments agricoles, le projet devra
démontrer précisément la nécessité d’un nouveau
bâtiment pour les besoins de l’exploitation agricole
afin d’éviter un mitage de l’espace, la destruction de
terres agricoles et les atteintes aux paysages.
Aménager les abords
Des plantations judicieuses (haies vives et massifs boisés,
mélanges composés d’essences locales) peuvent permettre
de valoriser un bâtiment neuf, de « camoufler» en totalité ou
partiellement un bâtiment trop imposant et de se protéger des
intempéries.
L’exemple du projet de chèvrerie à genestelle
La commune de Genestelle est propriétaire du château de Crau
(bâtiment classé au titre des Monuments Historiques) et d’un
domaine de quarante hectares de terres agricoles.
La commune a souhaité favoriser l’installation d’un éleveur (élevage
caprin pour une cinquantaine de bêtes) en accompagnant le projet
de construction du bâtiment d’élevage et de sa fromagerie.
Pour élaborer ce projet, la commune a travaillé en relation avec le
Pays de l’Ardèche Méridionale, la Chambre d’Agriculture et le Parc
naturel régional les Monts d’Ardèche.
Le projet retenu est un bâtiment avec ossature et bardage bois qui
s’intègre de manière discrète dans son environnement.
faire cohabiter bâtiments anciens et nouveaux bâtiments
Souvent, une exploitation agricole s’agrandit autour de bâtiments anciens, représentatif de l’architecture locale (pierre, lauze … ).
Il est naturellement impossible de construire des bâtiments neufs par mimétisme avec l’ancien (volume, forme et usage différents).
Par contre, une bonne organisation sur la ou les parcelles reste une évidence pour réduire les chemins d’accès, compacter au mieux le bâti et offrir une architecture de qualité.
à éviter
à éviter
à priviLégier
à priviLégierLES étapES du projEt
pArC NAtUreL régiONAL
DeS MONtS D'ArDÈCHe
Domaine de Rochemure 07380 JAUJAC
Tél : 04.75.36.38.60 / Fax : 04.75.36.38.61
accueil@parc-monts-ardeche.fr
www.parc-monts-ardeche.fr
CONSEIL D’ARCHITECTURE
D’URBANISME ET DE L’ENVIRONNEMENT
DE L’ARDÈCHE (CAUE 07)
2 bis avenue de l’Europe Unie
BP 101 - 07001 Privas cedex
Tél : 04 75 64 36 04 / Fax : 04 75 64 01 30
caue-07@wanadoo. fr
DireCtiON
DépArteMeNtALe DeS
TERRITOIRES DE L’ARDÈCHE
2 place des mobiles 07000 Privas
Tél : 04 75 65 50 00
ddt@ardeche.gouv.fr
SERVICE TERRITORIAL DE L’ARCHITECTURE
et DU pAtriMOiNe
35 avenue de la gare
BP 727 - 07007 Privas cedex
Tél : 04 75 66 74 90 / Fax : 04 75 64 55 12
sdap07@culture.gouv.fr
CHAMBRE D’AGRICULTURE
DE L’ARDÈCHE
4 avenue de l’Europe Unie
BP 114- 07001 Pnvas cedex
Tél : 04 75 20 28 00 / Fax : 04 75 20 28 01
contact@ardeche.chambagri.fr
pOLéNergie
35 rue Jean Mermoz 07200 Aubenas
Tél : 04 75 35 87 34
info@polenergie.org
rédaction
Parc naturel régional des Monts
d’Ardèche et Conseil d’Architecture,
d’Urbanisme et de l’Environnement
de l’Ardèche.
Dossier suivi par
Patrice Flambeaux, architecte,
CAUE de l’Ardèche.
Suivi d’édition
Fabrice Di Russo, Jérôme Damour
et Richard Bonin. (Parc des Monts
d’Ardèche),
Isabelle Bon (CAUE de l’Ardèche).
Emmanuel Bouhelier.
(Chambre d’agriculture de l’Ardèche).
photos
CAUE de l’Ardèche,
Parc des Monts d’Ardèche,
Les Panoramistes.
Dessins, croquis
CAUE de l’Ardèche
novEMBRE 2012
Opération réalisée avec le soutien financier de :
Imprimé sur papier produit à partir de fibres 100
% recyclées (écolabel européen) par une entreprise Imprim’Vert garantissant la gestion des déchets dangereux dans des filières agréées.
Ce point de départ essentiel permet d’éva-
luer précisément l’ampleur d’un projet.
Il s’agit notamment :
• de clairement définir les objectifs de
l’exploitant et les besoins de l’exploita-
tion :
- pour une exploitation existante,
analyser les principales difficultés
et programmer son développement
(utilisation des bâtiments existants,
extension de l’existant ou création d’un
nouveau bâtiment, etc.) ;
- pour un nouveau bâtiment, définir le
programme de construction, optimiser
la qualité des accès, prendre en compte
l’accueil éventuel de visiteurs, etc.
• d’analyser les contraintes réglemen-
taires : droit des sols, protections existantes,
règles sanitaires, distances réglementaires
entre les bâtiments d’élevage et les habita-
tions, normes de bien-être animal (type et
surface de logement, éclairement, volumes
d’air), etc.
• d’évaluer le budget et les possibilités de
financement.
• d’intégrer les contraintes de gestion et
d’évolutivité : tout projet doit prendre en
compte un coût d’investissement (qualité des
constructions et des abords) et d’entretien, et
être programmé dans le temps (prévoir des
évolutions de l’exploitation).
Différents partenaires peuvent être
sollicités pour accompagner cette
réflexion préalable qui conduit à définir
des objectifs clairs pour la création ou
le développement d’une exploitation
(conseiller bâtiments agricoles de la
Chambre d’Agriculture, architecte conseil
du CAUE, Parc, etc.).
Cette phase doit permettre d’identifier les
enjeux paysagers et techniques à prendre
en compte pour assurer la qualité du projet :
• observer l’exploitation dans son envi-
ronnement : perceptions du site depuis les
routes et les reliefs environnants, points de
vue particuliers et éléments remarquables,
etc.
• recenser les principaux enjeux dans le
fonctionnement de l’exploitation pour tirer
parti du site : organisation des bâtiments
entre eux, circulations, espaces de stockage,
accueil du public et stationnement, affectation
des bâtiments existants, etc.
• analyser l’implantation du bâti en inté-
grant : la gestion de la pente (adaptation du
bâtiment sur la pente, impact éventuel des
terrassements, pluvial, etc.), la future compo-
sition d’ensemble des bâtiments, la réflexion
sur le choix des matériaux et des couleurs,
etc.
• examiner les abords immédiats de
l’exploitation pour proposer un traitement
paysager de qualité.
Cette phase essentielle permet d’évaluer
l’ensemble des potentialités et contraintes
du site. Elle pose les enjeux et les
objectifs paysagers et environnementaux.
Elle conduit à réfléchir aux points de vues
à préserver, au type de volumes le plus
adapté et leur orientation préférentielle, et
à imaginer pour les façades et la toiture,
les teintes les plus adaptées, etc.
Les besoins techniques de l’exploitation
conditionnent la forme du futur bâtiment et
les techniques de constructions. à partir des
analyses préalables et des échanges avec
des conseillers aux compétences et expé-
riences diverses, un projet architectural de
qualité peut être établi.
à ce stade, un plan d’aménagement traduit
graphiquement le projet architectural qui
répond :
• aux besoins techniques de l’exploitation,
• aux besoins en matière d’organisation
du travail,
• aux enjeux environnementaux de main-
tien de la biodiversité et paysagers,
• aux questions de maîtrise de l’énergie,
• au contexte réglementaire.
En lien avec la commune, les différentes
administrations, les organismes profes-
sionnels, les organismes de conseils en
matière d’environnement et de paysage, le
projet peut être finalisé. Les compétences
d’un concepteur (architecte, paysagiste)
permettent d’adapter au mieux le projet
dans son environnement avec une maîtrise
des contraintes techniques, réglemen-
taires et des coûts de construction.
1. DéfINIR SES BESOINS 2. ANALySER L’ENVIRONNEMENT
DE L’ExpLOITATION ET
SON fONCTIONNEMENT
3. pASSER DU pROjET AGRICOLE
AU pROjET ARCHITECTURALLe Photovoltaïque
MONTS D’ARDÈCHE
guide de développementDes ressources énergétiques
locales à valoriser
Le territoire du Parc des Monts
d’Ardèche exploite différentes
ressources (bois, vent, eau,
etc.). La quantité d’électricité
issue de sources renouvelables
y est deux fois supérieure à
celle consommée. À l’inverse, la production d’énergie
thermique renouvelable se révèle plus faible que les
besoins du territoire et nécessite d’être soutenue,
notamment la filière bois-énergie.
La production en énergie renouvelable sur le Parc
couvre environ 55% des besoins en énergie du territoire.
60% de l’énergie renouvelable produite provient de
l’hydroélectricité, contre 0,03% seulement pour le
photovoltaïque.
À l’échelle de Rhône-Alpes, les Monts d’Ardèche
représentent une zone favorable à la production
photovoltaïque compte tenu des bonnes conditions
d’ensoleillement.
Le photovoltaïque peut constituer une ressource
économique pour le territoire :
• installation d’équipements (entreprises artisa-
nales d’ores et déjà implantées sur le territoire)
et formation de techniciens,
• revenu complémentaire pour les acteurs du territoire,
notamment dans le cadre de projets collectifs.
Une démarche globale
Le Parc souhaite que le développement de l’énergie
photovoltaïque s’inscrive dans une réflexion globale
de maîtrise de la consommation en énergie :
• sobriété énergétique : supprimer les gaspillages
et les besoins superflus tant au niveau des
comportements individuels que collectifs ;
• efficacité énergétique : réduire les consommations
d'énergie (bâtiments, transports, équipements
électroménagers, etc.), optimiser son utilisation
(programmateurs, etc.) ;
• énergies renouvelables : répondre à nos besoins
énergétiques avec un faible impact sur
l’environnement et une gestion décentralisée.
… AUX ENJEUX LOCAUX
Les objectifs du Parc en matière d’installations
photovoltaïques
La volonté de développement de l’électricité renouvelable
sur le territoire s’inscrit dans la logique des engagements
nationaux. En 2009, la puissance en photovoltaïque sur
les Monts d’Ardèche est d’environ 0,4 MWc. Elle devrait
être multipliée par 27. Ainsi en 2020, la puissance installée
s’élèverait à 10,8 MWc, soit une production totale
d’électricité d’origine solaire de 11 880 MWh par an (10,8
MW x 1100 heures d’ensoleillement annuelles).
Cette production correspondrait à :
• environ 10,8 ha de surface photovoltaïque ;
• 198 kWh/hab/an d’électricité photovoltaïque produite,
soit environ 20 % de la consommation électrique
annuelle par habitant du Parc (1000 kWh/hab/an) ;
• environ 13 000 jours d’activité pour les entreprises
locales (installation, maintenance).
Les installations photovoltaïques peuvent être implantées
sur toiture ou au sol sous certaines conditions.
Leur localisation doit faire l’objet d’une attention
particulière pour concilier la préservation des patrimoines
architecturaux, paysagers et environnementaux.
Le Parc s’engage à :
• soutenir les démarches d’économies d’énergies pour
une sobriété énergétique et une efficacité accrue
(recommandations architecturales, sensibilisation à
la qualité environnementale des constructions,
diagnostics énergétiques, etc.). Cette logique doit
être préalable à tout projet d’installation solaire ;
• encourager les projets photovoltaïques qualitatifs
respectant les enjeux environnementaux et paysagers
et privilégiant l’investissement partagé.
Evolution du photovoltaïque sur le Parc des Monts d’Ardèche
Production d’énergies renouvelables (EnR)
et consommation énergétique sur le Parc des Monts d’Ardèche
Le gisement solaire* en France et sur le Parc des Monts d’Ardèche
en kWh/m2/an.
* valeur de l’énergie du rayonnement solaire reçu sur un plan d’inclinaison égal à la latitude et orienté vers le sud.Une politique européenne ambitieuse, déclinée au
niveau national
Afin de lutter contre le changement climatique, d’assurer
une sécurité d'approvisionnement et de préserver la
santé humaine et l'environnement (qualité de l'air, des
paysages et des écosystèmes), l’Union Européenne a fixé
à l’horizon 2020 l’objectif des « 3 fois 20 » à ses Etats
membres :
• Réduire de 20% les émissions de gaz à effet de
serre ;
• Réduire de 20% les consommations d’énergie ;
• Porter à 20% la part des énergies renouvelables.
La France décline ces ambitions sur le territoire national,
en insistant sur les énergies renouvelables dont la
part doit atteindre 23% de la consommation finale
d’énergie. Elle précise ses objectifs pour certaines
énergies renouvelables :
À travers cette politique validée par le « Grenelle de
l'environnement » en 2007, l’objectif est ainsi de
diviser par 4 les émissions nationales de gaz à effet
de serre d'ici à 2050 (année de référence 1990).
En matière de photovoltaïque, la priorité nationale
porte sur le développement de dispositifs intégrés au
bâti. Néanmoins pour assurer le développement
national de la filière, des installations photovoltaïques
au sol pourront également être réalisées en prenant
en compte les enjeux environnementaux, paysagers et
agricoles.
Nota : Le photovoltaïque représentera 1 % du total des
énergies produites sur le territoire français lorsque les
objectifs 2020 seront atteints.
L’évolution du marché
Actuellement fluctuants, les tarifs d’achat du kWh
photovoltaïque restent élevés afin de dynamiser
l’ensemble de la filière. Les effets cumulés de
l’augmentation du prix de l’électricité d’une part et de
la baisse du coût de production de l’électricité
photovoltaïque d’autre part (augmentation des
rendements, diminution des coûts de production dûe
aux effets d’échelle, etc.), devraient permettre
d’atteindre la parité avec le réseau. À moyen terme,
le coût de production du kWh photovoltaïque sera égal
au coût d’achat de l’électricité au détail.
Ces tarifs d’achat, délibérément incitatifs, conduisent à
un engouement croissant pour le photovoltaïque. De
nombreux acteurs ont investi ce marché, les démarchages
commerciaux sont de plus en plus fréquents tant auprès
des particuliers que des collectivités et exploitants
agricoles notamment. Une vigilance doit être de mise
avant le lancement des projets (liste des organismes de
conseil en dernière page).
Habitants, communes et entreprises sont de plus en plus sollicités par des opérateurs privés pour l’installation de panneaux photovoltaïques. Devant le risque d’une multiplication hétérogène de projets, le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche souhaite promouvoir un développement du photovoltaïque en cohérence avec les enjeux environnementaux, paysagers, économiques et sociaux de son territoire. En effet, un projet photovoltaïque bien conçu peut être l’occasion de favoriser des démarches coopératives, de renforcer la richesse du territoire et de réduire sa dépendance énergétique tout en intégrant les sensibilités paysagères et environnementales.
L’installation de capteurs solaires photovoltaïques et thermiques est clairement encouragée lorsque les projets prennent en compte les spécificités du territoire du Parc. Cette démarche s’inscrit dans la politique énergétique du Parc en complément au « Guide du développement éolien dans les Monts d’Ardèche ». Elle prend en compte les objectifs européens et s’adapte au contexte local.
Véronique Rousselle
Conseillère régionale, Vice-Présidente du Parc déléguée à l’énergie
L’utilisation de l’énergie solaire la plus ancienne et la plus
simple est le solaire passif , utilisation directe du soleil pour
chauffer des bâtiments conçus avec bon sens.
Deux technologies sont devenues courantes aujourd’hui :
• Les capteurs solaires
thermiques captent l'énergie
solaire pour fournir de l'eau
chaude (sanitaire, appoint
chauffage,...) en complément
d'autres sources énergétiques
(bois, électricité, fuel,...).
• Les panneaux photovoltaïques
captent les rayonnements
solaires (photons) pour les
transformer en énergie électrique.
Ces technologies permettent de
réduire les émissions de gaz à
effet de serre. Elles peuvent être
installées au sol ou en toiture.
LE PHOTOVOLTAÏQUE DANS LES M ONTS D ’A RDÈCHE : DES OBJECTIFS EUROPÉENS …Le Parc naturel régional des Monts
d’Ardèche encourage le développe-
ment des installations photovoltaïques
intégrées au bâti, dans la mesure où :
• le projet prend en compte les
contraintes paysagères et
architecturales locales ;
• le porteur de projet privilégie
préalablement une démarche
d’économies d’énergie.
Le Parc incite plus particulièrement au développement
des installations à dimension collective.
La majorité des installations actuelles en toiture ont
une puissance d’environ 3kWc (données ERDF -
décembre 2009). Elles sont essentiellement implan-
tées sur le bâti individuel et contribuent, en partie,
à atteindre les objectifs de 2020.
Ces installations pourraient aussi, à terme, participer
à l’alimentation en énergie photovoltaïque des
véhicules électriques individuels.
Toutefois le développement à l’échelle individuelle
génère des surcoûts, une efficacité moindre si l’orien-
tation des panneaux n’est pas optimale, ainsi qu’un
impact potentiel sur la qualité architecturale et
paysagère d’ensembles bâtis (hameaux tradition-
nels, toitures en lauzes et genêts, etc.). Une vigilance
particulière est nécessaire.
Intégration des capteurs solaires
Avant d’envisager la mise en place de panneaux
solaires, il est nécessaire de réfléchir en préalable à
une isolation performante du bâtiment. Il convient
d’économiser l’énergie avant d’en augmenter la
production.
L’implantation de capteurs
doit ensuite être étudiée le
plus possible en amont d’un
projet afin d’assurer une
bonne intégration architec-
turale et paysagère.
Les panneaux solaires
constituent des éléments
nouveaux d’architecture.
Leur intégration sur des
constructions anciennes
isolées, au cœur de villages
ou sur des constructions plus
récentes est souvent possible.
Bien étudiés, ces éléments
contemporains peuvent alors
s’harmoniser avec l’existant.
Il s’agit donc d’évaluer
l’impact des panneaux sur le
paysage à l’échelle du
bâtiment lui-même mais
aussi de son environnement
(harmonie des volumes et des
couleurs dans le site, regrou-
pement des capteurs, prise en
compte de la végétation, etc.).
Partant de cette analyse, différentes implantations
sont possibles : sur toiture du bâtiment principal,
sur une annexe ou un appentis, un mur de façade
ou de clôture, au sol dans un jardin, etc.
Le Parc préconise de solliciter les architectes -
conseillers du CAUE et de s’inspirer de projets
exemplaires présents dans les Monts d’Ardèche. Un
échange préalable avec les services de la commune
est recommandé afin de connaître les démarches
administratives (permis de construire ou déclaration
préalable). L’avis de l’Architecte des Bâtiments de
France est requis si le projet se situe dans un périmè-
tre protégé (sites classés ou inscrits, secteurs
sauvegardés, ZPPAUP).
Selon l’Institut National de l’Energie Solaire,
si
toutes les toitures des bâtiments en France
étaient équipées en photovoltaïque, les
besoins
nationaux en électricité seraient couverts.
Intégration du photovoltaïque
Le Parc considère que le photovol-
taïque peut concourir à la
promotion d’une architecture
contemporaine adaptée aux
spécificités des Monts d’Ardèche.
Le Parc encourage :
• un regroupement des installa-
tions (éviter les panneaux isolés
au centre du toit, regrouper les capteurs en un
seul ensemble, solaire thermique inclus) ;
• un investissement collectif pour rechercher la
meilleure implantation et préserver la qualité
architecturale des ensemble bâtis traditionnels.
L’avis du Parc par type d’installation : HABITAT ET BÂTI DE PETITE SURFACE
Exemples d’intégration de
panneaux au bâti, hors toiture
Installation sur maison individuelleLes projets photovoltaïques couvrant des surfaces
de toiture comprises entre quelques centaines et
quelques milliers de mètres carrés peuvent concerner
des bâtiments publics (écoles, hangars, etc.) ou
privés (agricoles, commerciaux, artisanaux et
industriels, etc.).
Ce type d’équipements peut actuellement apporter de
nouvelles ressources pour les acteurs locaux (en
fonction des montages financiers et juridiques retenus).
Une attention particulière doit être portée au volet
architectural et paysager compte tenu de l’impact
potentiel de ce type d’équipement.
Une concertation préalable est à engager avec la
Commune et les architectes - conseillers pour une
meilleure approche du projet.
Pour les installations de plus de 10 kWc en toiture, le
Parc pourra proposer aux porteurs de projets qui le
souhaitent une rencontre avec la commission
« Energie » du Parc.
Sur les nouveaux bâtiments, une vigilance particulière
est à porter sur les points suivants :
• l’installation de panneaux ne peut pas être le
critère principal d’orientation des bâtiments et
d’organisation de ceux-ci. C’est particulière-
ment le cas pour les bâtiments d’élevage dont
la fonctionnalité doit d’abord être optimisée
par rapport à l’accueil d’animaux (ventilation,
lumière naturelle, etc.),
• l'implantation du bâtiment doit intégrer le
contexte paysager et le bâti existant: respect
des courbes de niveau, limitation des terras-
sements, localisation hors lignes de crêtes,
cohérence avec les démarches de type biocli-
matiques,
• les toits en bi-pente sont à privilégier.
Zoom sur les nouveaux bâtiments
En ce qui concerne les nouveaux bâtiments agricoles, le projet devra démontrer précisément la nécessité d’un nouveau bâtiment pour les besoins de l’exploitation agricole afin d’éviter un mitage de l’espace, la destruction de terres agricoles et les atteintes aux paysages.
La construction de bâtiments destinés uniquement à recevoir du photovoltaïque n’apparaît pas pertinente pour le territoire des Monts d’Ardèche et n’est donc pas souhaitée. Dans le cas de projets susceptibles de porter atteinte aux milieux naturels et aux paysages, et lorsque le Parc est consulté dans le cadre des procédures d’instruction des dossiers de demande d’autorisation, un avis défavorable pourra être rendu par le Parc.
L’avis du Parc par type d’installation : BÂTI DE GRANDE SURFACE
Intégration verticale de panneaux photovoltaïques
Installation sur bâtiment agricole
Installation sur bâtiment commercialLe Parc encourage le développement de projets
collectifs en investissement partagé. Ce type
d’investissement assure une maîtrise collective du
déploiement du photovoltaïque et fait bénéficier
collectivement de la ressource solaire. Le soutien du
Parc à ce type d’installations est conditionné par la
bonne prise en compte des enjeux paysagers et
environnementaux.
Les projets collectifs peuvent s’inspirer de l’exemple
de « centrales photovoltaïques villageoises ». Cette
démarche vise à développer des installations
photovoltaïques de l'ordre de 100kWc (soit environ
1000m 2 de surface de toit) auquel participerait
activement et financièrement un ensemble de partenaires
locaux (habitants, collectivités, entreprises, etc.).
Dans l’habitat groupé caractéristique des Monts
d’Ardèche (villages et hameaux), cette démarche offre
l’occasion aux propriétaires de bâtiments inadaptés
au photovoltaïque (mauvaise orientation, ombre,
impact paysager, …) de bénéficier de l’énergie
photovoltaïque en participant à des projets collectifs.
Par ailleurs, ce type de démarche diminue les surcoûts
des installations individuelles.
Les quatre principes de la « centrale villageoise » :
1 - Une démarche de territoire
À travers des débats ouverts à l’ensemble des acteurs
du territoire, les règles sont posées, le projet est
partagé et il s’inscrit dans une démarche globale.
2 - Une analyse paysagère et une intégration
architecturale
Les enjeux de protection patrimoniale sont analysés
avec des architectes - conseillers et l’Architecte des
Bâtiments de France, notamment sur les vues à
préserver (covisibilité), les lieux d’implantation à
privilégier sur un village (hangar, maison individuelle,
etc.).
3 - Une analyse technico-économique
À partir des données d’ensoleillement, du
positionnement des toitures sur le site sélectionné
(inclinaison, orientation, disposition par rapport aux
masques éventuels) et les contraintes liées aux
bâtiments du site (résistance de la charpente, liaison
inter-toitures, accès au poste de raccordement, etc.),
l’analyse technico-économique détermine les
conditions de viabilité du projet.
4 - Une analyse juridique
L’analyse juridique définit le statut le plus adapté pour
ce type de projet collectif et répond aux différentes
contraintes liées à l’exploitation de la centrale
villageoise (type de mise à disposition par le propriétaire
d’une toiture, assurance des panneaux, etc.)
Ces « centrales villageoises » peuvent apporter de
nombreux bénéfices au territoire :
• maintenir la richesse sur le territoire et offrir des
compléments budgétaires aux Communes ou
Communautés de communes à travers
l’investissement partagé ;
• créer du lien localement par la construction
concertée du projet ;
• conforter le réseau électrique avec l’implantation
de la centrale ;
• allier la production locale d’énergie et la
préservation des qualités architecturales et
paysagères du territoire.
La « centrale villageoise »
La « centrale villageoise » regroupe un ensemble de
panneaux photovoltaïques installés majoritairement en
toiture d’un ou plusieurs bâtiments proches. Le site est
choisi collectivement. L’installation photovoltaïque
s’intègre au contexte patrimonial
et paysager. Les
habitants, élus et acteurs du territoire investissent
ensemble dans la centrale villageoise.
Simulation d'une centrale villageoise photovoltaïque
L’avis du Parc par type d’installation : PROJETS COLLECTIFS À INVESTISSEMENT PARTAGÉ
Réunion de définition d’un projetLes installations au sol sont des centrales photovol-
taïques de puissance importante, installées sur des
superficies allant de quelques hectares à plusieurs
dizaines d’hectares.
Ces installations sont fortement consommatrices
d’espace et les puissances mises en jeu permettent
d’assimiler de telles installations à une production
industrielle.
Une grande vigilance s’impose au regard de l’impact
paysager et de la concurrence foncière que de tels
projets peuvent induire.
L’implantation des installations au sol distingue deux
types de sites :
• Friches industrielles, anciennes décharges ou
sites pollués, mines ou carrières, etc.
• Espaces agricoles, forestiers ou naturels.
Le Parc naturel régional des Monts d‘Ardèche est
favorable aux projets d’installations photovoltaïques
au sol localisés sur des terres déjà artificialisées
(type anciennes décharges, anciennes carrières ou
sites miniers), sous réserve d'études environne-
mentales et paysagères précises.
Les espaces à usages agricoles ou forestiers et les
espaces naturels à enjeux patrimoniaux et paysagers,
éléments fondateurs du territoire du Parc naturel
régional des Monts d’Ardèche, n’ont pas vocation à
recevoir des équipements consommateurs de grandes
surfaces foncières.
Le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche émet
de grandes réserves sur ce type d’ouvrage.
Pour tout projet situé en zone agricole, forestière ou
naturelle, le Parc met en place une concertation avec
ses partenaires (services de l’Etat, Conseil Général,
Chambre d’Agriculture, Conservatoire Régional des
Espaces Naturels…).
Le Parc donne un avis défavorable pour tout projet
ayant un impact négatif sur les espaces agricoles,
forestiers ou naturels et sur les paysages.
Photovoltaïque et réglementation
Une réglementation spécifique existe et
se décline en fonction des puissances
projetées et de la typologie des
installations.
En 2010, pour des installations de plus
de 250 kWc, une étude d’impact et une
enquête publique sont obligatoires.
L’avis de la Chambre d’Agriculture de l’Ardèche
Dans sa délibération du 25 juin 2009, la Chambre
d’Agriculture a affirmé son opposition vis-à-vis
des centrales photovoltaïques au sol sur des terres
à potentiel agricole.
L’avis du Parc par type d’installation : INSTALLATIONS AU SOL
Centrale photovoltaïque au sol sur ancienne décharge
Centrale photovoltaïque au sol en zone agricoleCarnet d’adresses, pour tout renseignement avant le lancement de votre projet :
Maison du Parc
Domaine de Rochemure
07380 JAUJAC
Tél. 04 75 36 38 60
www.parc-monts-ardeche.fr
Parc naturel régional des Monts d’Ardèche
Télécharger les cahiers de recommandations architecturales
www.parc-monts-ardeche.fr
Polénergie, Espace Info Energie de l’Ardèche
Conseils gratuits pour tout public
www.polenergie.org
Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de
l’Energie (ADEME)
Soutien à la mise en œuvre des politiques publiques
www.ademe.fr
Direction Départementale des Territoires (DDT)
Pôle départemental des énergies renouvelables
Information sur la réglementation en vigueur
www.ardeche.pref.gouv.fr
Service Départemental d’Architecture et Patrimoine
de l’Ardèche (SDAP07)
Avis sur les projets en site inscrit ou classé
www.culture.gouv.fr
Syndicat Départemental des Energies de l’Ardèche
(SDE07)
Accompagnement des collectivités adhérentes
www.sde07.com
Chambre d’Agriculture
Information et accompagnement de projets portés par les
agriculteurs
www.ardeche.chambagri.fr
Chambre de Commerce et de l’Industrie
Information et accompagnement de projets portés par les
commerçants et industriels
www.ardeche-meridionale.cci.fr
www.annonay.cci.fr
Chambre des Métiers et de l’Artisanat
Information et accompagnement de projets portés par les
artisans
www.cma-ardeche.fr
Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de
l’Environnement (CAUE)
Conseils pour les collectivités et les particuliers
www.archi.fr/CAUE07
CNAM Centre d'enseignement de l'Ardèche
Licence professionnelle Energies renouvelables
www.cnam-rhonealpes.fr
Pour aller plus loin :
Association HESPUL
www.photovoltaique.info
Rhônalpénergie-Environnement (R.A.E.E.)
Agence régionale de l'énergie et de l'environnement en
Rhône-Alpes
www.raee.org
Association Negawatt
www.negawatt.org
LEXIQUE
Le watt (W) est l’unité de mesure de la puissance (kW : kilowatt,
MW : mégawatt…). La puissance mesure la mise en œuvre
d’une quantité d’énergie pendant un temps donné. C’est
donc un flux, l’équivalent d’un débit.
Le kilowattheure (kWh) correspond à l’énergie consommée
par un appareil d’une puissance de 1000 W pendant une
heure. L’énergie est la capacité à produire un mouvement,
de passer d’un état à un autre.
Le watt-crête (Wc) est une unité de mesure représentant
la puissance électrique maximale délivrée par une installation
photovoltaïque pour un ensoleillement standard de
1 000 W/m 2 à 25°C.
La tonne équivalent pétrole (Tep) est une unité d’énergie
d’un point de vue économique et industriel qui permet de
comparer les sources d’énergie entre elles. 1 Tep = 11628 kWh
1 kWc = environ 10 m2 de panneaux standards = environ
1000 kWh/an.
À l’échelle européenne, 1000 kWh/an de production
photovoltaïque permettent d’économiser 340 kg de CO2/an
(source : ADEME)
Crédit photos : René Borel, Alexis Nouailhat, Ville de Manosque, Gamm Vert, C.A.U.E., R.A.E.E., Polénergie, PNRMA. Agence Grège. Imp. Cévenole. Novembre 2010