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Document publié le Vendredi 22 avril 2022
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 12)
Thèmes du document : Espaces terrestres et maritimes, Aménagement du territoire, Animaux,
page 177
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Habitats Zone humide Surface totale (ha) Surface détruite (ha) %
Surface
dégradée
par effet de
lisière
Symphonia globulifera
Friches secondaires arbustives 5,8395 3,7940 65 0,8813
Ce tableau indique par ailleurs la proportion, au sein de la zone d’étude, de chaque habitat concerné
par le défrichement. On peut remarquer que l’habitat qui sera le plus affecté est la forêt de terre ferme
dégradée, qui verra sa surface réduite de 55% (42,7 ha) au sein de la zone d’étude principale
(périmètre du projet). Soulignons ici que faire porter la majeure partie des impacts à la forêt
dégradée de terre ferme est un choix délibéré et judicieux du maître d’ouvrage qui s’inscrit
dans la démarche Éviter, Réduire, Compenser (ERC).
L’évitement des zones humides est maximal avec des surfaces affectées minimes voire
négligeables. Les 22,6 ha de zones humides présentent sur l’aire d’implantation possible sont
donc presque totalement évitées (0,0271 ha détruites).
Les forêts de terre ferme dégradées représentent un moindre enjeu de conservation que les autres
habitats étant donné l’exploitation forestière à laquelle elles ont été soumises. Les installations de parc
photovoltaïque se sont par ailleurs concentrées sur les forêts situées à l’ouest de la zone d’étude, car
étant plus proche de la piste Sainte-Anne et donc plus accessibles à l’exploitation, leur faciès est plus
dégradé.
Au-delà de la conservation d’un habitat favorable à la conservation des espèces, la conversion de
forêt en parc photovoltaïque entrainera la libération du carbone qu’elle séquestre. L’étude de la
quantité de bois renfermé par les forêts de Guyane a fait l’objet de nombreux travaux de recherche
scientifique, et ce, depuis plus d’une trentaine d’années.
Les valeurs disponibles dans la littérature scientifique sont présentées dans le tableau ci-après. Elles
varient en Guyane de 388 Mg.ha-1 à 673 Mg.ha-1 (Lescure et al. 1983, Molto 2012, Rutishauser et al.
2009). La conversion de 47,2 ha de forêt entrainera donc la suppression de 16 684 Mg à 28 939 Mg
de masse végétale aérienne fraîche. À cette valeur, il faudra également ajouter la masse végétale
représentée par le système racinaire, difficilement évaluable.
Remarquons que les valeurs fournies dans le Tableau 21 sont issues de la mesure de forêts matures
en bon état de conservation, ce qui n’est pas le cas des forêts de terre ferme qui seraient défrichées
pour l’installation du parc photovoltaïque. Les forêts concernées par le projet de la Piste Sainte-Anne
ont en effet été exploitées et ont donc perdu une certaine partie de leur masse végétale initiale. On
peut donc estimer que le volume de bois produit se trouvera dans la fourchette basse des valeurs
indiquées.
Notons qu’il existe des valeurs de masse végétale de forêts exploitées estimée sur le dispositif de
Paracou, qui se rapprocheraient certainement des valeurs attendues pour le défrichement occasionné
par le projet. Ces valeurs n’ont cependant pu être obtenues.
Tableau 21 : Valeur de masse végétales mesurées ou estimées en Guyane issues de la littérature (source : BIOTOPE)
Source Masse végétale (Mg.ha-1)
Rutishauser et al. (2009) 388
Rutishauser et al. (2009) 395page 178
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Source Masse végétale (Mg.ha-1)
Rutishauser et al. (2009) 427
Rutishauser et al. (2009) 443
Rutishauser et al. (2009) 413
Rutishauser et al. (2009) 421
Rutishauser et al. (2009) 403
Rutishauser et al. (2009) 426
Rutishauser et al. (2009) 424
Rutishauser et al. (2009) 429
Rutishauser et al. (2009) 402
Rutishauser et al. (2009) 427
Molto (2012) 464,88
Molto (2012) 465,22
Molto (2012) 533,19
Molto (2012) 540,11
Molto (2012) 588,2
Molto (2012) 594,04
Molto (2012) 640,62
Molto (2012) 673,33
Lescure et al. (1983) 589,44
La friche arbustive située tout au nord de la zone d’étude constitue le deuxième habitat à être
notablement affecté par le projet. Il ne représente qu’un très faible enjeu de conservation.
Les autres habitats forestiers ne seront détruits que sur des surfaces anecdotiques compte
tenu de leur étendue au sein de la zone d’étude (<1%). Limiter les impacts sur cet habitat, en
particulier les zones humides, est, là encore, une volonté délibérée du maître d’ouvrage
s’inscrivant dans la démarche ERC. Ces forêts représentent un plus fort enjeu de
conservation, ayant été préservées d’une forte exploitation forestière et accueillent plusieurs
espèces patrimoniales, tant du point de vue de la flore que de la faune. Évolution des habitats en
l’absence du projetpage 179
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
L’habitat supportant la majorité des impacts sera la forêt exploitée de terre ferme. L’exploitation s’est
vraisemblablement produite voici une vingtaine d’années et a eu pour conséquences :
▪ La diminution de la masse végétale, notamment ligneuse,
▪ La réduction des populations des essences exploitées (Dicorynia guianensis, Vouacapoua americana, Qualea rosea, Sextonia rubra …),
▪ L’ouverture de l’habitat forestier entrainant l’implantation d’espèces héliophiles,
▪ Une chasse très importante diminuant drastiquement les populations d’espèces gibiers,
▪ Une banalisation des cortèges de faune avec l’absence des espèces rares de forêts primaires.
Ces forêts sont actuellement en cours de cicatrisation. Les espèces héliophiles (Inga spp., Balizia
pedicellaris, Pseudopiptadenia spp.) ont bénéficiées de l’ouverture du milieu qui leur a permis
d’atteindre de fort diamètre, reconstituant ainsi une partie de la masse végétale. Ces forêts ont donc
recouvert une structure proche de celle des forêts matures. Elles accueillent d’ailleurs des espèces
caractéristiques des forêts matures en bon état de conservation diffusant du massif forestier intact se
trouvant au sud de la zone d’étude.
Cependant, l’accès fourni par la Piste Sainte-Anne permet la conversion de ces forêts en abattis ainsi
que le prélèvement de bois d’œuvre (Dicorynia guianensis, notamment), ce qui ralentit voire annule
cette restauration naturelle. Compte tenu de l’augmentation des besoins en espaces aménageables
pour la culture, il est vraisemblable que les forêts situées à l’ouest de la zone d’étude soient, petit à
petit, mitées par la culture sur brûlis, et ce malgré le classement de la zone en ENCD par le SAR
(2016).
La friche arbustive située au nord de la zone d’étude à pour vocation, en l’absence du projet et de
toute autre perturbation anthropique, à évoluer vers une forêt secondaire mature. Les autres habitats
affectés sont des habitats naturels à l’équilibre depuis plusieurs siècles. En l’absence du projet, et de
toutes autres sources de perturbation anthropique, cet équilibre devrait perdurer indéfiniment.page 180
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
b Incidence sur la flore
Espèces arborescentes
Impact sur les espèces arborescentes déterminantes de ZNIEFF (2 espèces)
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact Direct
Durée de l'impact Permanent
Nature de l'impact Destruction des individus situés dans l’emprise des parcs photovoltaïques
Valeur patrimoniale et statut
juridique
Dicorynia guianensis et Recordoxylon speciosum sont les deux
espèces ligneuses et déterminantes de ZNIEFF concernées par cet
impact. La première est la principale espèce exploitée en Guyane. Elle
est abondante dans la quasi-totalité des forêts de ce département, ne
présente aucun problème quant à sa régénération.et représente un
faible enjeu de conservation malgré sa faible aire de répartition à
l’échelle mondiale (Guyane française, Suriname)
Recordoxylon speciosum est une espèce qui présente également une
faible aire de répartition (Bouclier Guyanais, nord du Brésil) mais qui
est bien moins fréquente dans le peuplement forestier. Il peut
ponctuellement être exploité pour son bois, qui présente des propriétés
proches de Vouacapoua americana.
Capacité de régénération Forte : en dehors de l’emprise du projet
Appréciation générale
Six spécimens de D. guianensis sont concernés parmi les 15
récences. Un seul spécimen de R. speciosum a été localisé au niveau
de l’un des parcs photovoltaïques.
L’impact du projet sur le maintien de ces espèces en Guyane française
peut-être estimé à négligeable, compte tenu de leur répartition dans le
département.page 181
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Espèces épiphytes
Impact sur une espèce épiphyte déterminante de ZNIEFF
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact Direct
Durée de l'impact Permanent
Nature de l'impact Destruction d’un spécimen de Bollea violacea situé dans l’emprise des parcs photovoltaïques
Valeur patrimoniale et statut
juridique
Bollea cf violacaea est orchidée épiphyte dont l’aire de répartition est
restreinte au Bouclier Guyanais (Guyana, Suriname, Guyane
française). Peu fréquente dans le peuplement forestier, elle est
considérée comme une espèce déterminante de ZNIEFF.
Capacité de régénération
Modéré : Les conditions de germinations de cette espèce sont
méconnues. La germination des orchidées est tributaire de la présence
de champignons symbiotiques, ce qui réduit les sites accessibles à
colonisation des représentantes de cette famille.
Appréciation générale
L’impact du projet sur le maintien de ces espèces en Guyane française
peut-être estimé à faible, compte tenu qu’un seul spécimen est a priori
concerné.page 182
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Espèces herbacées
Impact sur les espèces herbacées déterminantes de ZNIEFF (2 espèces)
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact Direct
Durée de l'impact Permanent
Nature de l'impact Destruction des spécimens de Palmorchis prospectorum et Disteganthus lateralis situés dans l’emprise des parcs photovoltaïques
Valeur patrimoniale et statut
juridique
Palmorchis prospectorum est une orchidée terrestre qui se plait dans
les forêts marécageuses du département. Elle peut être observée dans
des forêts secondaires, lorsque les impacts n’ont pas été trop étendus
(abattis). Cette espèce est sub-endémique de Guyane.
Disteganthus lateralis est une Bromeliaceae assez fréquente dans le
département, en particulier au sein des forêts sur sable blanc. Son
niveau d’enjeu de conservation est faible
Capacité de régénération
Forte : D. lateralis est fréquente en Guyane et sa conservation ne pose
pas de problème particulier. Des populations sources sont conservées
en dehors de l’emprise du projet.
Palmorchis prospectorum est abondante dans le secteur et son habitat
préférentiel est préservé (forêt marécageuses). Des populations
sources sont conservées en dehors de l’emprise du projet, notamment
le long de la Crique Sainte Anne (à l’est).
Appréciation générale
L’impact du projet sur le maintien de ces espèces en Guyane française
peut-être estimé à très faible compte tenu de leur large répartition
dans le département d’une part et à l’évitement d’une partie des
individus d’autre part.
c Incidence en phase travaux sur la faune
Incidence sur l’ichtyofaune
Aucun enjeu de conservation notable n’a été découvert pour ce groupe taxonomique. Par
ailleurs les impacts sur les habitats exploités par les poissons seront globalement
négligeables, car aucun cours d’eau permanent ne sera affecté par le projet.
Il faudra cependant être vigilant en phase travaux à maîtriser les remaniements de terrain afin de
limiter les rejets dans le milieu (limons, argiles) qui pourraient avoir un impact en aval.
Incidence sur la batrachofaune
La batrachofaune patrimoniale occupe les secteurs de forêt marécageuse situés au centre de
la zone d’étude et les vallons encaissés y affluant. Ces secteurs ont été volontairement exclus
du périmètre d’implantation des parcs photovoltaïques, aussi l’impact sur ce groupe
taxonomique peut-il être considéré comme négligeable.page 183
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Il faudra cependant être vigilant en phase travaux à maîtriser les remaniements de terrain afin de
limiter les rejets dans le milieu (limons, argiles) qui pourraient avoir un impact en aval sur les sites de
reproduction. Notons également la présence de deux espèces peu fréquentes observées le long de la
Piste Sainte-Anne (Dendropsophus walfordii et Boana crepitans) à proximité du futur accès aux
champs de panneaux photovoltaïques situé à l’ouest. Ces espèces pourraient être dérangées en
phase de travaux si le chantier n’est pas correctement balisé.
Incidence sur l’herpétofaune
Impact sur Cnemidophorus lemniscatus
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact Indirect
Durée de l'impact Permanent
Nature de l'impact Création d’habitat favorable à l’espèce
Valeur patrimoniale et statut
juridique
Faible : C. lemniscatus est un lézard déterminant de ZNIEFF dont les
habitats naturels sont les savanes de Guyane. Il trouve des habitats de
substitution dans les espaces ouverts artificiellement (pistes, abattis
…). Les populations de C. lemniscatus semblent en expansion en
raison de l’augmentation du défrichement des forêts.
Capacité de régénération Très forte : Cette espèce pourrait bénéficier de l’ouverture du parc photovoltaïque
Appréciation générale
L’impact peut être considéré comme positif sur cette espèce. La
conversion de la forêt en parc photovoltaïque créera des espaces
ouverts qui, s’ils ne sont pas couverts d’asphalte, pourront être
colonisé par cette espèce.page 184
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Incidence sur l’avifaune
▪ Rapaces forestiers
Impact sur les rapaces forestiers (6 espèces)
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact Indirect
Durée de l'impact Permanent
Nature de l'impact
Destruction d’habitat exploitées six espèces de rapaces :
▪ Sarcoramphus papa
▪ Spizaetus tyrannus
▪ Leucopternis melanops
▪ Megascops watsonii
▪ Lophostrix cristata
▪ Micrastur mirandollei
Les espèces fréquentant préférentiellement le sous-bois (L. melanops,
M. watsonii, L. cristata, M. mirandollei) seront les plus affectées car
leur territoire est plus réduit.
Valeur patrimoniale et statut
juridique
Tous les rapaces sont protégés en Guyane. Aucune de ces espèces
n’est déterminante de ZNIEFF.
Capacité de régénération
Modérée : ces espèces sont très sensibles à la perturbation de leur
habitat et abandonneront le périmètre du projet, menant à leur
disparition locale de la zone d’implantation du projet. Les spécimens
ayant fuit lors du défrichement retourneront en compétition pour le
territoire avec leurs congénères installés.
Appréciation générale
L’impact peut être considéré comme faible. La conversion de la forêt
en parc photovoltaïque est incompatible avec le maintien de ces
espèces au sein de la zone d’étude. Il n’y aura cependant pas
d’atteinte aux individus qui pourront fuir, en phase travaux, vers des
habitats qui leur seront favorables, ce qui ne remettra pas en cause le
maintien de ces espèces ni localement, encore moins en Guyane
française.page 185
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
▪ Oiseaux patrimoniaux des strates basses
Impact sur les oiseaux protégés des forêts de terre ferme (3 espèces)
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact Indirect
Durée de l'impact Permanent
Nature de l'impact Destruction d’habitats exploités par ces espèces
Valeur patrimoniale et statut
juridique
Trois espèces déterminantes de ZNIEFF sont concernées dont une est
également protégées :
▪ Notharchus macrorhynchos
▪ Psophia crepitans
▪ Amazona dufresniana
Ces espèces sont globalement rares dans le département
Capacité de régénération
Modérée : ces espèces sont très sensibles à la perturbation de leur
habitat et abandonneront le périmètre du projet, menant à leur
disparition locale de la zone d’implantation du projet. Les spécimens
ayant fuit lors du défrichement retourneront en compétition pour le
territoire avec leurs congénères installés.
Appréciation générale
L’impact peut être considéré comme faible. La conversion de la forêt
en parc photovoltaïque est incompatible avec le maintien de ces
espèces au sein de la zone d’étude. Il n’y aura cependant pas
d’atteinte aux individus qui pourront fuir, en phase travaux, vers des
habitats qui leur seront favorables, ce qui ne remettra pas en cause le
maintien de ces espèces localement ou encore moins en Guyane
française.page 186
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
▪ Espèces forestières représentant un fort enjeu de conservation
Impact sur les oiseaux protégés des forêts de terre ferme (3 espèces)
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact Indirect
Durée de l'impact Permanent
Nature de l'impact Destruction d’habitat exploitées par ces espèces probablement nicheuse sur la zone.
Valeur patrimoniale et statut
juridique
Deux espèces protégées sont concernées :
▪ Jacamerops aureus
▪ Bucco capensis
Une espèce dont la présence en Guyane n’est connue que depuis
quelques années, ne bénéficiant pas de statut :
▪ Amaurolimnas concolor
Capacité de régénération Faible : ces espèces sont très sensibles à la perturbation de leur habitat et abandonneront le périmètre du projet.
Appréciation générale
L’impact peut être considéré comme modéré. Il s’agit d’espèces peu
fréquentes. La conversion de la forêt en parc photovoltaïque est
incompatible avec le maintien de ces espèces au sein de la zone
d’étude. La phase de défrichement du site est délicate car elle risque
de détruire des couvées si elle est programmée au cours des périodes
de reproductions connues de ces espèces. Il n’y aura cependant pas
d’atteinte aux individus qui pourront fuir, en phase travaux, vers des
habitats qui leur seront favorables, ce qui ne remettra pas en cause le
maintien de ces espèces à l’échelle du département.page 187
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
▪ Espèces forestières représentant un très fort enjeu de conservation
Impact sur une espèce d’oiseaux protégés avec son habitat (1 espèce)
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact Indirect
Durée de l'impact Permanent
Nature de l'impact Dérangement d’une espèce protégée avec son habitat
Valeur patrimoniale et statut
juridique
Seul le Milan à long bec est concerné. Cette espèce est rare dans le
département et protégée avec ses habitats
Capacité de régénération
Forte : Helicolestes hamatus est une espèce inféodée aux forêts
marécageuse où elle trouve sa nourriture. Cet habitat n’est pas
concerné par le projet photovoltaïque
Appréciation générale
L’impact peut être considéré comme négligeable. L’habitat privilégié
par cette espèce a été préservé dans le cadre de la démarche ERC.
Elle ne sera affectée qu’en phase de travaux lors du défrichement des
parcs photovoltaïques qui pourrait faire fuir temporairement les
individus.
Incidence sur la mammalofaune
La présence d’aucune espèce de mammifère patrimoniale n’a pu être mise en évidence au sein de la
zone d’étude. La proximité d’habitations, de zones cultivées et la facilité d’accès au massif forestier
explique probablement que le cortège de ce groupe soit réduit à des espèces communes en Guyane
française. L’impact du projet ne remettra pas en cause leur maintien avec la préservation de grande
surface boisée au sein du projet.
6.1.3.2. Mesures d’évitement sur le milieu naturel
Les informations présentées ci-après proviennent du rapport d’expertise écologique réalisé par
BIOTOPE, dénommé :
« Biotope, 2020, Site photovoltaïque de la Piste Sainte-Anne, Etude de la faune, de la flore et des
habitats, Voltalia. 125 pp. + Cartes + Annexes ».
Le rapport complet est présenté en annexe de la présente Etude d’Impact.
a Intégration de la démarche Éviter, Réduire, Compenser (ERC) dans la conception du projet
Le maître d’ouvrage, dès le début des études, s’est positionné dans une démarche visant à éviter au maximum les impacts sur l’environnement. Le projet initial, notamment l’implantation des parcs photovoltaïques et leurs voies d’accès ont fait l’objet d’importantes évolutions visant à prendre en compte les enjeux de conservation (cf. 5.4.7. Présentation des variantes étudiées et raisons du choix du projet).page 188
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Choix du positionnement des parcs
Le positionnement des parcs photovoltaïques a directement pris en compte les plus forts enjeux de
conservation identifiés au sein de la zone. Ce sont notamment les forêts inondables de bas-fonds et
les criques qui ont été soigneusement évitées, car :
▪ Elles sont en meilleur état de conservation comparativement aux forêts de terre ferme exploitées,
▪ Elles accueillent une batrachofaune riche ainsi que plusieurs plantes déterminantes de ZNIEFF, ou protégée (Pachira dolichocarpus).
Ainsi, la partie centrale de la zone d’étude, où s’écoule une petite crique forestière, ainsi que les
affluents de ce cours d’eau seront préservés du défrichement. Toute la forêt bordant la Crique Sainte
Anne, qui s’écoule à l’est de la zone d’étude et qui abrite un spécimen de Pachira dolichocalyx sera
également préservée.
De même, les secteurs de forêts de terre ferme comparativement plus dégradés situés à l’ouest de la
zone d’étude ont été privilégiés pour accueillir les parcs photovoltaïques.
Double accès aux parcs photovoltaïque
Le projet initial prévoyait le seul accès aux parcs photovoltaïques par la RN1. Un pont au dessus de la
crique s’écoulant au centre de la zone d’étude aurait alors été nécessaire pour relier les parcs situés
au sud-ouest. Le maître d’ouvrage a saisi l’opportunité qu’offre la piste Sainte-Anne de créé une
entrée au sud, ce qui évite toute voirie au sein des zones humides présentes au sein de la zone
d’étude.page 189
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Figure 89 : Comparaison des projets initial et final (source : BIOTOPE)page 190
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
6.1.3.3. Mesures de réduction sur le milieu naturel
Les informations présentées ci-après proviennent du rapport d’expertise écologique réalisé par
BIOTOPE, dénommé :
« Biotope, 2020, Site photovoltaïque de la Piste Sainte-Anne, Etude de la faune, de la flore et des
habitats, Voltalia. 125 pp. + Cartes + Annexes ».
Le rapport complet est présenté en annexe de la présente Etude d’Impact.
a Gestion des particules fines (argiles, limons)
La mise en place des parcs photovoltaïques engendrera la mise à nue de vastes étendues. Les sols seront donc exposés aux précipitations qui engendreront de l’érosion par ravinement et donc le risque de relargage de particules fines dans les habitats situés en aval (forêts inondables, forêts de vallon, criques) entrainant un risque de dégradation et de colmatage. Il est donc indispensable de stabiliser rapidement les sols sous les panneaux et dans les pentes.
Stabilisation des pentes
Deux techniques peuvent être mises en œuvre dès la phase de travaux pour stabiliser rapidement les
pentes mises à nue :
▪ L’emploi de géotextiles (fibres de coco perméables) enrichis d’une couche de composte d’environ 10 cm qu’ils protègeraient, formeraient un substrat favorable à la reprise de la végétation,
▪ Le mulchage, qui consisterait au broyage d’une partie de la masse végétale issue de la déforestation et l’épandage de ce broyat sur le sol dénudé sur une épaisseur de 30 cm.
La seconde option sera sans doute la plus efficace, la moins onéreuse et la plus rapide à mettre en
œuvre. Elle présente également l’intérêt de minimiser le risque d’apport d’espèces allochtones
potentiellement envahissantes. Le mulchage devrait donc être effectué, à minima, sur les bas de
pente sur une largeur de 5 m, dès que les travaux de terrassement seront achevés. De cette manière,
la couche de broyat végétal pourra assurer un rôle de filtre à particules fines (argiles, limons) avant la
reprise de la végétation qui stabilisera, à terme, les sols.
VOLTALIA a fait le choix de mettre en place l’option de mulchage, afin de stabiliser les terrains
affectés par l’implantation du parc photovoltaïque.
Choix des espèces pour la revégétalisation
La méthode la plus respectueuse pour l’environnement serait la revégétalisation des terrains décapés.
Nous préconisons l’emploi d’un mélange de graines, de préférence locale, ou à défaut, dont les
espèces ne soient pas considérées comme des espèces végétales envahissantes. Le « Rapport
DEAL sur les Espèces Exotiques Envahissantes en Guyane. » (Léotard G. & Chaline O. 2013)
mentionne à ce sujet : « Urochloa humidicola et U. brizantha sont utilisées en revégétalisation des
zones décapées en bord de route. Il serait utile de proscrire cette pratique (en raison de leurs
caractères exotique et envahissant) et de trouver des espèces alternatives dans la flore locale. Dans
le cas présent l’utilisation d’Homolepis aturensis, une espèce certes probablement exotique mais
d’origine néotropicale serait préférable. Son écologie et sa croissance rapide nous semble à première
vue adaptés à cette utilisation. Certaines fougères de la famille des Glecheniaceae colonisent
naturellement les talus latéritiques et mériterait d’être également étudiés. »
Cette réflexion peut se transposer à Urochloa decumbens et Urochloa ruziziensis, deux espèces
également utilisées par les éleveurs et possédant à peu près les mêmes traits écologiques que
Urochloa humidicola. Ainsi, malgré les possibilités d’approvisionnement relativement faciles pour ces
espèces, d’autres alternatives vis-à-vis du choix des espèces sont intéressantes à mener.page 191
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Homolepis aturensis est une Poaceae des groupements secondaires et des abattis en zone côtière,
est appelée localement « herbe à vache ». Son indigénat en Guyane fait débat, originaire du
Venezuela avec une aire de répartition actuelle s'étendant du Mexique à la Bolivie, ainsi qu'au Brésil.
Elle est, a priori, non indigène, introduite relativement récemment. Elle est extrêmement fréquente en Guyane et colonise abondamment les lisières forestières semi‐ombragées notamment sur sol
latéritique (en partie pionnière). Espèce très stolonifère, son pouvoir couvrant est très élevé. Son
expansion en Guyane est probablement achevée. Menace sur la flore indigène plutôt modérée, elle
ne semble pas avoir de comportement envahissant fort.
Les possibilités d’approvisionnement demeurent complexes en Guyane pour cette espèce. Des
prélèvements sur les bords de routes semblent toutefois possibles. Cette espèce est notamment
présente dans les secteurs en fiche jouxtant le projet.
Une alternative à l’emploi de mélange de graines vendu dans le commerce pourrait-être l’utilisation de
fauche effectuée dans des habitats ouverts situés à proximité. Le cortège floristique des graines ainsi
récoltées, présenterait l’intérêt d’être adapté aux conditions pédologiques et climatiques du site et
d’être constitué d’un plus grand nombre d’espèces autochtones. Les secteurs en friches situés au sud
du périmètre du projet pourraient être une source de matériel, notamment ceux situés en deçà de la
ligne électrique à haute tension. Le risque d’un apport d’espèces arbustives est certes plus important
qu’avec l’emploi d’un mélange purement herbacée, mais remarquons que ces espèces arbustives ne
manqueront pas de coloniser un jour ou l’autre les secteurs ouverts étant donné leur abondance
autour du site.
On pourrait également avoir recours des espèces lianescentes (eg. Merremia umbellata, Passiflora
coccinea). Ces espèces possèdent un fort pouvoir couvrant et colonisent rapidement les bas-côtés et
les remblais. Elles présentent cependant le désavantage de chercher un support pour s’y développer
et risqueraient de coloniser rapidement les grillages protégeant les panneaux photovoltaïques. Leur
utilisation serait donc à restreindre aux bas de pentes des zones défrichées.
VOLTALIA s’engage à prendre en compte les recommandations faites à l’issu de l’expertise
écologique en termes de révégétalisation des terrains d’implantation du projet.
Protection des cours d’eau en phase travaux
La mise à nu des terrains devant accueillir les parcs photovoltaïques, ainsi que la mise en place de
voie d’accès traversant des cours d’eau, est susceptible d’entrainer une augmentation de leur turbidité
pouvant avoir des conséquences nocives pour la faune. La mise en place de mulch au niveau des bas
de pente des terrains mis à nu, puis leur revégétalisation constitue une première réponse pour réduire
cet impact. Au niveau des cours d’eau, l’installation de rideaux à sédiment en aval des travaux
permettra également limiter le transport de particules fines (limons et argiles) dans le bassin versant
de la Crique Sainte-Anne.
Le rideau à sédiments devra être installé à au moins 5 m du lieu des travaux et dans une profondeur
d’eau d’au moins 450 mm ; son ancrage doit être suffisamment résistant pour s’assurer que le rideau
ne bougera pas. Il devra être laissé en place pour une durée minimale de 48 heures suite à la fin des
travaux dans l’eau, de manière à permettre le dépôt des sédiments mis en suspension par les
activités de construction. Les vides de maille du rideau doivent correspondre à la nature du sédiment
remis en suspension. Il sera nécessaire de vérifier le comportement du rideau durant les travaux et
remédier à toute anomalie. Le nettoyage du rideau des sédiments accumulés devra être réalisé à
distance de la bande riveraine, des milieux humides et de toute zone inondable, entre chaque
utilisation.page 192
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Pendant la phase de travaux, VOLTALIA s’engage à mettre en place les mesures décrites ci-avant,
afin de garantir la protection des cours d’eau présents sur les terrains d’impolantation du projet.
b Valorisation de la masse végétale
L’implantation des parcs photovoltaïques entrainera le défrichement de 47,2 ha de forêt, ce qui se
traduira par une perte notable de masse végétale de ces forêts et, in fine, à un déstockage de
carbone. Il conviendrait que cette masse végétale soit valorisée, afin que ce défrichement ne constitue
pas une perte pour l’environnement. Deux voies de valorisation peuvent être proposées.
La première voie est la valorisation des essences forestières encore présentes dans la parcelle. Le
peuplement est encore riche en espèce commerciales, notamment en Angélique (Dicorynia
guianensis) et Gonfolos (Qualea, Ruitzeria), qui sont parfois prélevées par les populations locales. Le
peuplement comporte également beaucoup de Sapotaceae (Chrysophyllum sanguinolentum
notamment). On notera le maintien dans le peuplement de quelques beaux Mahot cigar (Couratari
guianensis), de beaux Yayamadou montagne (Virola michelii, V. kwatae), pouvant être valorisés par
l’industrie forestière ou l’artisanat local (Latreille et al., 2004). Notre inventaire visant à étudier la
richesse en espèce du peuplement, il ne peut être utilisé pour quantifier les volumes et les essences
exploitables. Un inventaire de la ressource forestière pourrait être mené afin d’identifier, de quantifier
et de localiser avec précision les essences d’intérêt pour la filière bois. Les populations locales
prélevant d’ores et déjà du bois dans ces forêts, il serait judicieux de les associer à ce plande
valorisation.
La seconde valorisation envisagée est l’utilisation de la masse végétale pour l’alimentation d’une
centrale de biomasse. Cette action accélèrera la libération de carbone dans l’atmosphère, mais
l’énergie libérée pourra être récupérée pour la production d’électricité.
Remarquons qu’il pourrait être intéressant du point de vue écologique de ne pas employer toute la
masse pour une valorisation commerciale et anthropocentrée. La communauté des insectes
xylophages pourrait en effet être promue si l’on maintenait les plus grosses billes de bois sur le site.
Aussi préconisons nous d’effectuer un tri des billes de bois lors du défrichement afin de conserver les
troncs de diamètre >80 cm sur site, s’ils ne sont pas des essences commerciales. Une partie de la
masse végétale pourrait également être employée pour la stabilisation des sols mis à nu par
mulchage.
VOLTALIA s’engage à valoriser la masse végétale, issue du défrichement des terrains, selon les
recommandations du rapport de BIOTOPE. A noter qu’il sera privilégié un mix des trois voies de
valorisation proposées par BIOTOPE.
c Organisation des travaux : Phasage en saison sèche
Nous préconisons l’initiation des travaux en saison sèche (octobre à décembre) pour deux motifs. Le
premier étant la protection des habitats humides, qui s’avèrerait délicate en saison des pluies. La mise
à nu de terrains en cette saison entraine un risque plus important d’érosion par ravinement, et donc de
pollution des cours d’eau situés en aval (particules fines).
Le second motif justifiant le phasage des travaux en saison sèche vise à limiter le risque de
destruction de couvée des espèces d’oiseau identifiées comme de forts enjeux de conservation. Les
périodes de nidifications des différentes espèces sont peu renseignés en ce qui concerne la Guyane
française ; trois sources d’information peuvent cependant être exploitées pour les estimer :
▪ La série des “Handbook of the birds of the World” (Del Hoyo et al. 1992-2013),
▪ Le guide des oiseaux de Guyane (Tostain et al. 1992),