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unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 20 Contrat Dev Transitions 2023 2025 PaysBasque 1 Note d enjeux
Document publié le Samedi 1 juillet 2023
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 20 Contrat Dev Transitions 2023 2025 PaysBasque 1 Note d enjeux)
Thèmes du document : Environnement, Changement climatique, Espaces terrestres et maritimes,
Annexe 1
NOTE D’ENJEUX ASSEYANT LA STRATEGIE TERRITORIALE PARTAGEE
DU CONTRAT DE DEVELOPPEMENT ET DE TRANSITIONS 2023-2025
I - Dynamique territoriale et caractéristiques de vulnérabilité
-Quelles sont les dynamiques identifiées dans le territoire (démographie, économie, transitions
énergétiques et environnementales…) ?
A son échelle, la Communauté d’Agglomération Pays Basque concentre des réalités territoriales très différentes : attractivité, dynamisme économique, ressources naturelles exceptionnelles, etc. Cette diversité est source de complémentarités et de richesses, et ne doit pas occulter le fait que le Pays Basque est également exposé à des fragilités et des défis à relever : vieillissement de la population, disparités territoriales, risques naturels, déprise médicale, transitions écologiques et énergétiques, etc.
I. Un territoire attractif mais des dynamiques contrastées
Le Pays Basque connait une croissance très importante de sa population : elle est deux fois plus forte que celle observée au plan national. Elle est construite sur deux phénomènes distincts avec, d’une part un solde naturel négatif et d’autre part un solde migratoire extrêmement important. Le solde migratoire explique à lui seul l’ensemble de la croissance de la population. Si la jeunesse (15/25 ans) connait un solde migratoire négatif, les familles (30/40 ans) et les personnes âgées (60/70 ans) constituent les deux piliers de la croissance démographique.
Au cours de la période 2013-2018, la CAPB a connu une forte croissance démographique de l’ordre de +0,9% / an faisant suite à celle déjà observée entre 1999 et 2010. La croissance démographique qui s’observe dans l’Agglomération est uniquement due à une croissance migratoire de +1,1% / an sur la période. Cependant, les pôles territoriaux n’exercent pas tous le même pouvoir d’attraction envers les populations extérieures.a) Une attractivité qui, en intensité et en nature, est différenciée au sein du territoire :
- Le littoral de la CAPB bénéficie d’une forte attractivité à l’échelle nationale. Alors que le solde migratoire est négatif avec le reste de l’agglomération, il reste fortement positif avec les autres territoires nationaux et particulièrement avec la région Île de France et les territoires hors Nouvelle-Aquitaine. On notera que les pôles littoraux de la CAPB profitent fortement de l’héliotropisme et attirent de nombreux ménages, retraités et actifs qui cherchant une qualité de vie supérieure.
- Les pôles rétro-littoraux disposent quant à eux d’un rayon d’attractivité aussi bien local que national. Ils attirent des ménages qui quittent un littoral devenu trop cher et ne permettant pas d’accéder à la propriété en maison individuelle ainsi que des ménages du Pays Basque intérieur qui souhaitent se rapprocher des zones d’emplois. Ils sont rejoints par des ménages métropolitains qui cherchent un territoire proche des zones d’emplois mais conservant son caractère de « ville à la campagne ».
- Les pôles du Pays Basque intérieur connaissent quant à eux un départ relativement important de leurs ménages vers les pôles rétro-littoraux, non compensé par les arrivées (415 individus sortants vers le rétro-littoral pour 215 entrants en 2015).
b) Les projections démographiques de l’INSEE pour le territoire indiquent qu’à l’horizon 2050, le nombre de personnes de plus de 65 ans est appelé à être multiplié par deux
A l’échelle des pôles territoriaux, la Soule et Côte Basque Adour sont des territoires où la part des ménages des séniors est la plus importante (respectivement 37% et 32% de leur population totale). A contrario, les pôles territoriaux de Nive Adour et Hasparren apparaissent les plus jeunes (les plus de 60 ans représentent 25 à 26%). D’une manière générale, le vieillissement de la population se renforce (les plus de 60 ans représentent 30 % de toute la population, taux plus important que celui observé pour l’ensemble du département, de la région, ou au plan national avec 5 points de plus) et la proportion aidants/aidés diminue.
c) Des disparités territoriales vis-à-vis des niveaux de vie
Près de 36 000 personnes se trouvent en dessous du seuil de pauvreté. La grande précarité s’accentue sur le territoire.
Le nombre de jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation progresse. La pauvreté est plus forte pour les jeunes de moins de 30 ans (19%) et les familles monoparentales (27%), alors qu’elle n’est que de 5% pour les couples sans enfant.
La croissance de la population et la baisse du nombre de personnes par ménage (4 logements sur 10 sont occupés par une seule personne) créent des tensions en matière d’accès au logement. La proportion des familles monoparentales augmente (1/4 des familles avec enfants de 0 à 25 ans sont monoparentales), ce qui génère des besoins nouveaux en termes d’accompagnement des familles (activité des enfants, diversité des modes de garde et adaptation des horaires décalés).D’après les chiffres de l’INSEE, avec 1 710 €, le niveau de vie1i médian des habitants est équivalent à celui observé au plan national, avec un peu moins de dispersion. Le taux de pauvreté (moins de 60% du revenu médian, soit moins de 1 000 € par mois) est de 12% en Pays Basque contre près de 15% au niveau national.
55 870 ménages bénéficient de minima sociaux en 2016 sur l’ensemble du Pays Basque. La part de ces ménages reste plus importante sur les pôles territoriaux Côte Basque Adour et Sud Pays Basque (respectivement 22 et 17% de la population totale). A l’échelle des communes, on observe que cette proportion est particulièrement élevée pour les communes de Bayonne (26%), Guéthary et Bidart (22%), Luxe-Sumberraute (25%), Saint-Palais (24%) et Mauléon-Licharre (19%).
Salaire brut mensuel moyen au Pays Basque (source : Urssaf - Acoss 2019T1 : CCI 2019) : 2 164 € Salaire brut mensuel moyen au Pays Basque par secteur d’activité :
- Industrie : 2 603 €
- Construction : 2 198 €
- Commerce : 2 167 €
- Services : 2 100 €
- Hôtel, café, restaurant : 1 825 €
- Intérim : 1 900 €
Globalement, les revenus des ménages du Pays Basque se situent dans la moyenne nationale. Les ménages de la CAPB disposent d’un revenu médian par unité de consommation (1 710€/mois) similaire à celui du reste des habitants des Pyrénées-Atlantiques (1 715€/mois) et plus globalement à celui des ménages français (1 721€/mois). Mais avec de nettes disparités : des revenus fréquemment beaucoup plus bas dans le Pays Basque intérieur, et des taux significatifs de ménages à faibles revenus voire pauvres partout, y compris sur la frange littorale tendue. Des écarts importants existent entre les différents pôles de la CAPB. La médiane des revenus mensuels par unité de consommation des ménages d’Iholdi-Oztibarre est inférieure de 26% à celle des ménages de Nive- Adour (-484€ mensuels / UC).
Plus globalement, les pôles rétros-littoraux et littoraux affichent des niveaux de revenus supérieurs aux ménages du Pays Basque intérieur.
Des conditions de vie globalement favorables mais que ne doivent pas masquer des disparités importantes et des besoins sociaux spécifiques
En termes de conditions de vie, les indicateurs au niveau de l’ensemble du territoire sont favorables, que ce soit au niveau de la scolarité, de la situation socio-économique ou des taux d’allocataires de minima sociaux. Ces données globales cachent cependant des disparités importantes, avec trois profils qui se dessinent.
D’une part, le Pays Basque intérieur (pôles de Soule-Xiberoa, Iholdi-Oztibarre, Garazi-Baigorri et Amikuze) où réside une part importante d’agriculteurs et peu de cadres, une population aux revenus moins élevés et plus précaire (taux de pauvreté important).
1 Le niveau de vie prend en compte l’ensemble des ressources du ménage (revenus de travail, retraite,
prestations sociales, etc.).La situation est également moins favorable en milieu urbain (pôle Côte Basque Adour et plus particulièrement les communes de Bayonne et Biarritz), où les bénéficiaires de minima sociaux sont nombreux, le taux de chômage élevé et où la part de familles monoparentales est importante. Ce constat est d’autant plus frappant sur les deux quartiers politique de la ville de Bayonne. Enfin, le troisième profil concerne les pôles à proximité de Bayonne et Biarritz (le nord-ouest du territoire) dont la population est globalement plus favorisée sur le plan socio-économique (notamment les pôles Nive-Adour et Errobi).
d) Un maillage de services à conforter
Le Pays Basque est aujourd’hui globalement bien desservi en équipements et services. Les besoins du quotidien de la population sont assurés et les temps d’accès à ces équipements et services sont plutôt réduits. Pour autant, des disparités territoriales apparaissent dans ce constat et certaines franges en dehors des axes structurants sont en situation de fragilité.
Le territoire se structure autour de trois pôles de services supérieurs concentrés sur le littoral (Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz) et d’une grande densité de pôles de services intermédiaires à l’Ouest. Le maillage de polarité est en revanche beaucoup plus lâche à l’Est avec notamment peu de pôles de proximité. Les bassins de vie de Saint-Palais, de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Mauléon- Licharre sont en effet dépendants de ces communes centres pour accéder aux services. Ce constat souligne ainsi un enjeu de veille au maintien de ces pôles d’équilibre : Saint-Etienne de Baïgorry, Saint- Jean-Pied-de-Port, Saint-Palais, Mauléon Licharre, Tardets Sorholus et Iholdy.
II. Une montagne vivante mais fragile
Près de 70 % des communes du Pays Basque - 111 communes pour environ près de 80 00O habitants - sont classées en zone montagne et/ou massif par arrêté préfectoral. 78 % du territoire est occupée par la montagne, soit une superficie de 2 331 km². La montagne basque se caractérise par une faible altitude mais de fortes pentes, qui constituent un handicap naturel pour l’activité agricole. Le territoire de la montagne basque connait des dynamiques démographiques contrastées : la partie la plus rurale et les hauts de vallée (Vallée des Aldudes et Haute-Soule) souffrent de déprise démographique (-1.89 %/an à Larrau et -2.43 %/an à Urepel entre 2008 et 2013) et d’un vieillissement de la population, alors que la partie la plus occidentale, connait une forte augmentation démographique (Ex : + 1,67 % /an à Sare et +1,91 %/ an à Ascain entre 2008 et 2013).
L’offre de services y est globalement satisfaisante, même si son maillage mériterait d’être mieux organisé. Le maintien des services publics sur la partie la plus rurale constitue un fort enjeu pour l’attractivité de ces espaces.
L’économie de la montagne repose essentiellement sur l’activité agricole – garante de l’attractivité de la montagne basque - et l’activité de tourisme et loisirs, en plein développement. L’agriculture se caractérise principalement par un tissu de petites exploitations familiales, de 28 ha en moyenne (deux fois plus petite que la moyenne française qui est de 55 ha), tournées principalement vers l’élevage, avec plus d’un millier d’éleveurs qui transhument contribuant ainsi à l’entretien de l’espace montagnard.Dans le contexte de réchauffement climatique observé qui suppose une attention particulière aux zones arborées et à leur développement, cet entretien de la montagne par le pastoralisme est essentiel pour lutter contre les risques grandissant de fermeture du milieu et de feux de forêts. Par ailleurs, plus de la moitié des fermes de la montagne basque produisent sous signe de qualité. Enfin, ce territoire de montagne fait l’objet d’une démarche de création d’un Parc Naturel Régional ; démarche co-portée par l’Association des Commissions syndicales, la Communauté d’Agglomération Pays Basque et la Région Nouvelle-Aquitaine.
III. Des marqueurs culturels forts de l’identité du territoire
Ici, peut-être un peu plus qu’ailleurs, la culture est fondatrice de l’identité du territoire. Le Pays Basque est riche de ses langues. Elles contribuent à fonder la singularité et l’identité du territoire. La langue basque (euskara) connaît aujourd’hui un renouveau grâce à l’action conjuguée des pouvoirs publics et de la société civile dont l’objectif commun est de former des locuteurs complets. Le nombre des bascophones (51 000 personnes) ne diminue plus et la réappropriation de la langue basque par les jeunes générations est en marche : 41 % d’élèves du primaire sont scolarisés en basque. Cette reprise reste néanmoins fragile et doit être renforcée au quotidien. 49 % des bascophones ont plus de 50 ans et le flux de nouveaux arrivants est continu.
Les données concernant l’occitan-gascon font état d'un vivier de locuteurs restreint (6 000 personnes) mais d'une forte adhésion de la population dans les communes concernées. Ces éléments démontrent que pour entrer véritablement dans une dynamique de revitalisation, il est nécessaire de renforcer le rythme de transmission de la langue basque et d’élargir les dynamiques d’usage.
La culture est également l’apanage d’un secteur associatif et professionnel foisonnant et créatif. Le secteur culturel du Pays Basque repose à la fois sur des outils publics (Conservatoire, musées, médiathèques, salles de spectacles..), des scènes conventionnées (Centre Chorégraphique National Malandain Ballet Biarritz, scène de musiques actuelles Atabal) et sur une myriade d’acteurs amateurs et professionnels.
Le patrimoine culturel mobilier est présenté dans les musées et centres d’interprétation, au niveau du patrimoine culturel immobilier (monuments et sites archéologiques) le Pays Basque compte, 2 villes et Pays d’Arts et d’Histoire, plusieurs châteaux (Hendaye, Bidache, Mauléon etc.), des villas à l’architecture Art Déco, des sites inscrits dont certains sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO, au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le territoire dispose également d’un patrimoine culturel immatériel très riche : chants populaires, fêtes patronales, chasse au filet, cuisine, sport (surf, pelote, rugby), langue, rituels, pastoralisme, etc.
Dans le domaine du spectacle vivant et globalement de l’action culturelle, il existe au Pays Basque une grande diversité d’acteurs et d’initiatives : entre des structures professionnelles et un vivier amateur très important, partagé entre expressions plus « classiques » et des spécificités artistiques liées à la « culture basque » (danse, bertsularisme, mascarades, chant, etc.). Le Pays Basque dispose d’une offre importante, avec un nombre de structures labellisées supérieure à d’autres territoires comparables, une activité festivalière dynamique et variée, une prise en compte par les pouvoirs publics du soutien à la « culture basque » via des opérateurs structurants (Institut culturel basque, Fédération de danse basque etc.).Les établissements de droit privé, surtout associatifs, représentent la majorité des structures de formation d’enseignement artistique. Cependant, le Pays Basque bénéficie de la présence du Conservatoire Maurice Ravel – Pays Basque, établissement classé par le Ministère de la Culture dans la catégorie des Conservatoires à Rayonnement Régional « Garantie de qualité et de professionnalisme », est en gestion directe de la CAPB. Trois spécialités sont proposées – Musique, Danse, Théâtre – aux 1700 élèves répartis sur la Côte Basque. La Communauté Pays Basque gère et soutient l'enseignement artistique sur le territoire, également à travers la gestion de 6 écoles de musique intercommunales.
IV. Une biodiversité, des paysages et des patrimoines riches sous pression
Le territoire de la CAPB est caractérisé par une grande diversité de milieux naturels et d’espèces en raison notamment de sa localisation géographique,au carrefour du climat montagnard et océanique et de ses spécificités géologiques. Une grande partie de la biodiversité est protégée ou connue via des dispositifs de protection et d’inventaire du patrimoine naturel :
- 32 sites Natura 2000 ; soit près de 60 % du territoire ; c’est-à-dire la quasi-totalité des montagnes, du littoral et des cours d’eau basques) ;
- 63 Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF), soit environ 57 % du territoire basque qui concernent tous les milieux : forêts, barthes, estuaires, landes, milieux rocheux, milieux montagnards, étangs, etc. ;
- 25 Espaces Naturels Sensibles (ENS) ; 2 Arrêtes Préfectoraux de Protection de Biotope (APPB), 2 Réserves Naturelles Régionales (RNR),etc.
Comme ailleurs, le patrimoine naturel du Pays Basque n’échappe pas à de nombreuses pressions. Les hommes, par leurs activités et leur présence, sont à l’origine de nombreuses menaces : - destruction directe des milieux et des espèces : artificialisation des sols, changement d’occupation des sols, écobuage etc. ;
- dégradation des milieux : modification du régime hydraulique des cours d’eau, intensification des pratiques agricoles, etc. ;
- fragmentation du territoire : morcellement des milieux naturels, disparition de continuités naturelles etc. ;
- développement non maîtrisé du tourisme et des activités de pleine nature : dérangement de la faune, sur-fréquentation, destruction de milieux naturels et d’espèces, pollution par les déchets, etc. ; - changement climatique : modifications des conditions biogéographiques, migration des espèces vers les altitudes, prolifération d’espèces exotiques envahissantes, risque incendie, diminution des ressources en eau, etc. ;
Le changement climatique opère comme un accélérateur d’évolution des milieux, habitats et espèces.
Le littoral basque est, lui aussi, Sous pression car il concentre la plupart des activités et de la population du territoire et connaît encore une forte attractivité et donc un développement urbain. Cette artificialisation augmente le ruissellement et le lessivage des sols et provoque également une rupture des continuités écologiques et sédimentaires.V. Une économie dynamique mais un modèle de développement sous tension.
L’économie du Pays Basque est structurée autour de deux piliers et 9 secteurs : - Un pilier productif qui fédère les secteurs de l’industrie dont l’aéronautique, la mécanique et la robotique, de l’agriculture et de la pêche, de l’agroalimentaire, du numérique, des transports et de la santé ;
- Un pilier résidentiel, constitué du BTP, du commerce et des services et du tourisme, qui s’est développé en lien avec la forte attractivité du territoire (littoralisation, cadre de vie et environnement, proximité transfrontalière, etc.).
Au-delà de la structure même de son économie, le Pays Basque se singularise par une dynamique continue qui en fait un de ses marqueurs les plus significatifs :
- Une croissance ininterrompue du nombre d’entreprises (+ 16 % entre 2012 et 2017) ; - Une augmentation soutenue du nombre d’emplois (+ 7 % entre 2012 et 2017) ; - Un taux de pérennité des entreprises élevé (82 % des établissements créés en 2014 actifs en 2017) ; - Une dynamique de création d’entreprises forte (ratio immatriculations / radiations de 1,98) ; - Un taux de chômage en deçà des moyennes régionales et nationales (8,7 % au 4e trimestre 2016 contre 9,3 au niveau régional et 9,7 au niveau national).
L’étude réalisée par la Banque de France à l’été 2021, à la demande de la CAPB, concernant l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises du Pays Basque confirme que la reprise économique est forte et plus soutenue que le niveau global constaté en Nouvelle-Aquitaine. Cette dynamique a une répercussion directe sur le taux de chômage, qui est en baisse et qui retrouve son niveau d’avant-crise (7,4 % INSEE -2021). Les Prêts Garantis par l’Etat (PGE) ont pu être massivement mobilisés par les entreprises du Pays Basque. Ainsi, plus de 553 millions d’euros ont été accordés (juillet 2021). L’endettement additionnel des PGE a peu altéré le taux d’endettement des entreprises basques qui disposent donc d’un bon niveau de capitalisation traduisant des structures financières saines. Le nombre de défaillance est en retrait net par rapport aux années précédentes (51 défaillances ont été constatées fin juillet 2021, contre 128 à la même période en 2019 et 106 en 2020).
Malgré cette « bonne santé » générale, le Pays Basque, à l’instar de la plupart des territoires de l’hexagone, doit faire face à un certain nombre d’enjeux, liés aux grands cycles conjoncturels nationaux, et qui concernent tour à tour :
L’activité agricole : recul constant de la part de l’activité agricole, perte tendancielle de surface agricole utile et du nombre d’agriculteurs ;
L’industrie : compétitivité, accès à la ressource humaine qualifiée, accès à l’innovation, acceptabilité des populations,
Le marché du travail : difficultés récurrentes de recrutement, d’adéquation de l’offre de formation, freins pour maintenir et attirer les nouveaux talents ;
La reprise d’entreprises : plus de 50 % des chefs d’entreprises âgés de plus de 55 ans à l’horizon 2022, enjeu de la transmission d’entreprises et de la pérennisation de la richesse et de la variété du tissu économique ;
Le foncier économique : rareté des surfaces à vocation économique, pression résidentielle et inflation du prix du foncier, offre concurrentielle des territoires voisins, en particulier ceux du Sud des Landes ; Des déséquilibres territoriaux : en lien avec l’urbanisation constante, les activités économiques ont eu tendance à se concentrer sur certains territoires (50% des établissements au sein du pôle territorial Côte Basque Adour).
Si la part des activités « productives » reste encore prégnante, le tissu économique du Pays Basque est néanmoins largement structuré par des opérateurs liés à la satisfaction des besoins de proximité des populations (métiers de bouche, métiers artisanaux, etc.), qu’elles soient résidentes ou de passage. A l’heure actuelle, le poids de cette économie représente à lui seul près des 2/3 des établissements et de l’emploi du Pays Basque.
Malgré l’indéniable contribution qu’il apporte à la croissance d’un territoire, le développement résidentiel ne peut être le seul moteur de son développement. Porté à l’excès, il compte des effets pervers et génère des emplois précaires. Au-delà, il provoque des difficultés d’accès au logement, des phénomènes d’exclusion des populations et de déséquilibres territoriaux. Enfin, il met le territoire en situation de forte fragilité, le soumettant à des facteurs exogènes (aléas climatiques, phénomènes d’insécurité liés à des troubles géopolitiques, risques sanitaires et de santé publique, baisse d’attractivité en raison de perte de pouvoir d’achat ou d’effet de mode de la part des touristes, etc.) sur lesquels ce dernier n’a pas de prise.
INSEE -2018
Les chiffres clés de la situation de l’emploi au Pays Basque révèlent que la part des actifs dans la population est plus élevée qu’aux niveaux régional et national. Le taux de chômage suit également la même tendance et montre une situation globale relativement favorable, malgré une grande disparité des situations à l’échelle de l’ensemble du territoire. Ces chiffres démontrent également que la part des salariés dans la population active est plus faible que la situation régionale et largement en deçà du taux constaté à l’échelle nationale, ce qui peut induire une plus grande fragilité des situations d’emplois (indépendants, artisans, commerçants, entrepreneurs individuels, etc.) sur le territoire et par conséquent des ajustements conjoncturels en matière de chômage potentiellement plus marqués qu’ailleurs.
Le tourisme : un secteur de poids avec des flux à réguler
Le Pays Basque est la 2ème destination française la plus attractive pour les Français, derrière la Bretagne et devant la Corse. Les retombées économiques touristiques estimées représentent environ 1,6 milliard d’euros, soit près de 76 % des retombées économiques touristiques totales du
Situation de l’emploi au Pays Basque CAPB Région France
Part des actifs dans la population 75,4% 74,3% 74,1%
Part des élèves, étudiants (dans la population inactive) 8,9% 10% 10,7%
Part des retraités (dans la population inactive) 7,5% 7,9% 6,4% Taux de chômage (15 à 64 ans) 11,3% 12,7% 13,4% Taux de chômage des 15 à 24 ans 22,6% 26,8% 27,2% Part des salariés dans la population active 79,8% 84,2% 86,7% Dont temps partiel 14,6% 14,9% 15% Dont femmes salariées 41,8% 43,1% 43,6%Département des Pyrénées-Atlantiques, estimées autour de 2 milliards d’euros. Le territoire compte près de 3 000 établissements touristiques représentant 6,5 % des emplois directs du territoire2 soit 10 000 emplois directs (et au moins autant d’emplois indirects et induits).
Par effet rebond, le tourisme produit certaines externalités qu’il est important d’analyser pour y apporter des solutions, voire les réguler. En effet, le tourisme reste très saisonnier, et la présence des nouvelles populations temporaires augmente la charge en matière de production de déchets, de consommation d’eau potable et de quantité d’eaux usées à traiter. Il pose également des difficultés en matière de congestion des axes de circulation, de préservation des espaces naturels et de conflits d’usages. Le développement des meublés de tourisme vient concurrencer le marché du logement pour la population locale sur la côte basque.
VI. Un territoire où l’usage de la voiture est prédominant et pèse lourdement sur son empreinte carbone
Avec 76,5 % de déplacements réalisés en voiture, le territoire se place parmi les plus grands utilisateurs de la voiture de France, mais également de deux-roues motorisés. La comparaison avec d’autres territoires met en évidence localement le faible poids des transports en commun, du vélo et plus encore de la marche (1% seulement utilise le vélo pour se déplacer au Pays Basque, contre 20 à 25 % ailleurs). Les déplacements domicile-travail comptent pour 17 % des déplacements et sont réalisés à plus de 80 % en voiture. C’est le premier motif de recours à la voiture.
L’utilisation de la voiture est :
- massive dans les communes les plus dépendantes en matière d’emploi (+ de 90 % pour Nive-Adour et Errobi) ;
- plus modérée dans celles qui disposent d’emplois et d’offres de mobilité (79 % pour Côte - Basque - Adour) ;
- beaucoup plus faible dans l’intérieur ou une part importante des emplois se fait à domicile (78 % pour Soule-Xiberoa et 72 % pour Iholdi-Oztibarre). A noter aussi que les échanges domicile-travail sont également nombreux avec le Sud des landes.
Les consommations d’énergie directes sur le territoire du Pays Basque sont évaluées en 2019 à 6 446 GWh d’énergie finale d’après les données de l’AREC. La mobilité et le transport de marchandises représentent le second poste de consommation d’énergie (35% des consommations). C’est également le deuxième secteur le plus émetteur de GES du Pays Basque : il est responsable de 32% des émissions de GES, soit 729 ktCO2e, derrière le secteur agricole avec 841 ktCO2e.
Enfin, le secteur résidentiel, premier consommateur énergétique du territoire (38%) est responsable de 15% des émissions de GES, soit 328 ktCO2e. C’est le troisième secteur le plus émetteur du Pays Basque. Les besoins de chauffage sont à l’origine de 75% des émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel, soit 238 kteqCO2. On retrouve ensuite les besoins liés à l’eau chaude sanitaire (11%, soit 34 kteqCO2).
2 Données 2018 : INSEEVII. Un territoire transfrontalier au cœur des échanges internationaux
Territoire transfrontalier, au cœur d’une euro-région dynamique et de l’arc atlantique, le Pays Basque occupe une position stratégique dans les échanges européens nord-sud.
Il s’agit d’un corridor européen de transport entre péninsule Ibérique et Europe du Nord, impacté par un fort trafic de transit poids lourds de 10 000 camions par jour, soit plus de 40 % du trafic de l’A63 et 600 000 tonnes qui transitent par le combiné rail/route au centre européen de fret de Mouguerre.
Malgré cette proximité géographique, selon l’étude réalisée par l’Eurorégion en 2017 (Projet Empleo soutenu dans le cadre du Poctefa), seules 3 863 personnes traversent quotidiennement la frontière pour travailler sur le territoire de l’Eurorégion (dont 87 % d’Espagnols, majoritairement résidant en France et empruntant un trajet nord-sud) ; le bassin d’emploi transfrontalier entre, d’une part, la Nouvelle-Aquitaine et, d’autre part, la Communauté autonome du Pays Basque (Euskadi) et la Navarre est donc quasi-inexistant. L’apprentissage des langues des trois territoires serait une des clés pour développer ce bassin d’emploi. Il existe néanmoins une tradition d’échanges avec la Communauté autonome du Pays Basque (Euskadi) et la Communauté forale de Navarre basée sur les traditions culturelles, les déplacements de loisirs et de commerces. Un mouvement que la Communauté d’Agglomération Pays Basque (CAPB) entend rejoindre avec des projets transfrontaliers qui vont renforcer les coopérations transfrontalières.
VIII. Modifications constatées dans les vulnérabilités (économiques, sociales, environnementales) du territoire par rapport à la précédente période de contractualisation
Le précédent Contrat s’étalant sur la période 2O20 à 2022, il semble difficile de mesurer des modifications significatives et durables sur les éléments de contexte sur un pas de temps aussi rapproché. Néanmoins, la pandémie de COVID-19 a eu de nombreuses conséquences économiques, sociales et sociétales au niveau mondial, auxquelles le Pays Basque n’a pas échappé. La crise sanitaire a largement et durablement bousculé de nombreux secteurs au Pays Basque tels que le logement, l’économie, le tourisme, la culture et la santé. En outre, les modes de vie et le rapport au travail ont également évolué et requestionne les politiques de mobilité, l’aménagement du territoire ou encore les relations transfrontalières.
Sur-fréquentation touristique et hausse des prix de l’immobilier sont donc deux conséquences majeures de la crise du Covid-21. Déjà très attractif, le Pays Basque, et notamment sa zone côtière, vit depuis la crise des tensions touristiques et immobilières de plus en plus fortes. La crise a accentué l’évolution du profil démographique du territoire avec une gentrification des quartiers littoraux, des résidences secondaires qui sont de plus en plus occupées voire qui deviennent des résidences principales. Les locations à l’année ne cessent de s’amenuiser au profit des logements touristiques de courte durée.
L’impact environnemental de la sur-fréquentation touristique a également pu être relevé avec outre une pression sur la biodiversité et les habitats des sites montagnards, mais également une augmentation des conflits d’usages.
Cette crise requestionne le maillage territorial car elle a modifié notre façon de vivre et de travailler sur le territoire : rendre accessible des services publics essentiels à la population (maisons de santé par exemple), proposer des transports publics adaptés au territoire, ouvrirdes lieux hybrides mixant espaces de travail et services aux entreprises, associations et habitants sont autant d’enjeux auxquels les collectivités doivent s’atteler.
Les effets du Covid sur le secteur culturel ont été étudié sur le plan national. Le spectacle vivant a perdu 72% de son CA en 2020 par rapport à 2019 (source Ministère de la culture – cabinet Accenture). Les périodes de confinement ont permis aux plateformes à la demande d’accroitre leur nombre d’abonnés au détriment des salles de spectacles qui peinent à retrouver leur niveau d’activités d’avant crise. C’est donc toute la filière du spectacle vivant qui s’en trouve fragilisée.
Enfin, l’impact de la fermeture des frontières sur le quotidien des habitants a révélé l’importance du sujet transfrontalier et la faible prise en compte de ces effets sur les réalités vécues par les habitants : accès à l’école, familles binationales etc.
Sont repris ci-après les principaux points saillants du diagnostic :
Social :
Des conditions de vie globalement favorables mais qui ne doivent pas masquer des disparités territoriales importantes en matière de niveaux de revenus et des besoins sociaux spécifiques. Des disparités importantes, avec trois profils qui se dessinent. D’une part, le Pays Basque intérieur (pôles de Soule-Xiberoa, Iholdi-Oztibarre, Garazi-Baigorri et Amikuze) où réside une part importante d’agriculteurs et peu de cadres, une population aux revenus moins élevés et plus précaire (taux de pauvreté important). La situation est également moins favorable en milieu urbain (pôle Côte Basque Adour et plus particulièrement les communes de Bayonne et Biarritz), où les bénéficiaires de minima sociaux sont nombreux, le taux de chômage élevé. Des tensions sur le foncier accentuant les problèmes d’accès au logement notamment au logement social.
Les jeunes en situation d’autonomie représentent la tranche de population au revenu médian le plus faible.
La monoparentalité augmente fortement et va peser sur les politiques publiques notamment en matière d’accès au logement.
La population âgée progresse plus fortement que toutes les autres catégories d’âge et engendre des besoins d’accès aux services notamment en matière de santé sur l’ensemble du territoire.
Economie :
Une économie fortement tournée vers la sphère présentielle et structurée par un pôle d’emploi principal, Côte Basque Adour, qui génère de fortes migrations pendulaires Une offre foncière qui ne répond pas à la demande des entreprises, des prix élevés, une offre concentrée sur la côte et des entrepôts en inadéquation avec la demande de grandes surfaces Un manque de visibilité sur le parcours d’accompagnement et de financement des acteurs de l’ESS sur le territoire, une faible représentation des tiers lieux ruraux et l’existence de véritables zones blanches sur la zone rétro-littorale et l’arrière-pays.
Des secteurs traditionnels et historiques à fort poids économique mais confrontés aux nouveaux enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux.
Des impacts du tourisme à mieux connaître et maîtriser ; un déséquilibre territorial avec des
problèmes de sur fréquentation de certains sites sensibles. Une déconnexion entre le territoire promu par l’activité touristique et la réalité du territoire
vécu par les habitants.
Environnement :
Une artificialisation des sols liée à la pression foncière (surface totale de 6%), un territoire occupé à 44% par des espaces agricoles, 50% de forêts et milieu semi-naturels et moins de 1% de surfaces en eau et de zones humides
Un littoral basque urbanisé aux enjeux multiples et sensible aux risques de submersion et d’érosion qui se traduisent par un recul progressif du trait de côte, un abaissement de certaines plages et des mouvements de terrain (éboulements, glissements) au niveau des falaises de la côte rocheuse.
Sous l’effet du changement climatique, apparition d’algues toxiques depuis plusieurs saisons qui nécessite une vigilance accrue des eaux de baignade.
Un des risques majeurs au Pays Basque est le risque inondation. En effet, que ce soit à cause des submersions marines ou des fortes pluies, les communes les plus concernées par l’aléa inondation sont celles de la façade littorale, et celles situées aux abords des cours d’eau et rivières tels que l’Adour et la Nivelle.
La mobilité et le transport de marchandises sont le second poste de consommation d’énergie (35% des consommations). C’est également le deuxième secteur le plus émetteur de GES du Pays Basque : il est responsable de 32% des émissions de GES, soit 729 ktCO2e. En comparant ces données avec les échelles départementales et régionales, la principale singularité du Pays Basque réside dans une moindre consommation de la part du secteur de l’industrie (6% soit 388 GWh) au profit des secteurs résidentiel et tertiaire.
IX. Les opportunités identifiées pour le territoire
Aménagement
Favoriser le renforcement et la revitalisation des espaces centraux des villes structurantes du territoire pour retrouver des centralités durables notamment par la rénovation du parc de logements, de locaux commerciaux et artisanaux et plus globalement du tissu urbain. Conserver et dynamiser les fonctions économiques, commerciales et sociales essentielles pour permettre un renouveau d’attractivité et recréer du lien social dans les centres villes/bourgs. Développer une offre d’équipements, de logements et de services durables répondant aux besoins des résidents et accessibles en tout point du territoire.
Dans un objectif de « ville plus durable », réintroduire la nature en centre-ville. Construire des modèles de villes vertes et durables en favorisant un aménagement urbain moins consommateur d’espace, en veillant à limiter les pollutions, en ramenant la nature dans les centres-villes/bourgs et en facilitant le lien social.
Culture, Patrimoine & Langues
Consolider les connaissances du secteur culturel, du patrimoine, de l’économie de la création et de la diffusion.
Développer des stratégies et actions collectives autour du patrimoine culturel (incluant le paysage) matériel et immatériel et pour promouvoir les cultures basque et gasconne. Rendre accessibles les équipements et l'offre culturelle. Accompagner les opérateurs culturels, professionnels et amateurs, de la création à la diffusion. Développer la transmission et les usages des langues basque et gasconne pour favoriser leurs revitalisations.
Cohésion sociale
Renforcer les services à destination des personnes les plus vulnérables. Favoriser le lien social et la cohésion.
Renforcer les politiques de santé et les dispositifs d'insertion, de formation pour les publics les plus éloignés de l’emploi et en situation d’exclusion sociale.
Accompagner les jeunes dans leurs parcours de vie et favoriser leur retour au Pays Basque.
Prévention, collecte et traitement des déchets – économie circulaire
Moderniser, optimiser et harmoniser les services de collecte des déchets sur l'ensemble du territoire.
Soutenir la mise en place de projets et d'actions de sensibilisation pour la prévention, la réduction et le meilleur tri des déchets. Accompagner le développement de filières émergentes de l’économie circulaire sur le territoire, notamment les filières de production de ressources locales et de réemploi
Agriculture et Alimentation
Rendre accessible à tous une alimentation de qualité.
Préserver les biens communs de notre territoire, foncier, eau, etc.
Adapter l'agriculture aux enjeux de la transmission et de la viabilité économique des exploitations, des mutations vers un modèle plus durable, pour faire face aux évolutions de la consommation.
Montagne
Maintenir une montagne habitée à travers le développement et la présence d’une offre de logements, de services et d'équipements.
Créer du lien et des opportunités d’échanges et d’interconnaissance entre les habitants de la Côte et de l’Intérieur.
Renforcer la gestion collective des espaces montagnards et forestiers, favoriser une cohabitation équilibrée des usages et la préservation des ressources et des patrimoines. Renforcer l’agropastoralisme transhumant, le développement d'activités économiques diversifiées en montagne et la valorisation de filières à forts potentiels répondant à l'impératif d'un développement durable de ces espaces. Encourager les possibilités d’une meilleure valorisation du bois local.
Développement économique
Atténuer les écarts de développement sur le territoire notamment par l’accompagnement à la création entrepreneuriale (ex: incubateurs, pépinières d’entreprises, tiers-lieux) et la relocalisation de projets économiques dans les centres villes.
Relever les défis environnementaux en diffusant la culture de l'innovation sociale et soutenant les initiatives innovantes (par exemple : via la création de tiers-lieux, lieux hybrides, expérimentations d'habitat partagé etc.) Créer les conditions d'un développement économique équilibré sur notre territoire favorisant les logiques de l’économie circulaire et de l’ESS ainsi que les activités économiques préservant nos ressources naturelles, et relevant les défis sociaux liés à l'insertion, l'emploi et la formation.
Eau – Biodiversité - Littoral
Maintenir et protéger notre territoire, nos populations et écosystèmes face aux changements climatiques par l’amélioration de la connaissance et la gestion des risques notamment. Préserver la ressource en eau en limitant la consommation et en améliorant la qualité (eau potable et baignade).
Climat – Air- Energie
S'adapter, anticiper le changement climatique par une culture et gestion du risque, la réduction des polluants atmosphériques et gaz à effet serre.
Développer les énergies renouvelables.
Réduire les consommations énergétiques du territoire par la sobriété et l’efficacité énergétique, notamment en lien avec les secteurs les plus énergivores que sont les logements, la mobilité et le secteur tertiaire.
Mobilités
Accompagner les changements de mentalité et d’usage pour encourager le développement des mobilités douces.
Renforcer l’intermodalité et les offres de mobilité durable, à mettre en cohérence avec la planification du développement urbain du territoire et en proposant des solutions différenciées pour favoriser l'accessibilité.
II – Les grands enjeux pour la stratégie du Contrat de développement et de transitions
Le précédent Contrat avait défini 6 axes stratégiques :
Axe 1 : Mieux maitriser l'attractivité et l'accueil dans le territoire : organiser les déplacements de
demain, développer l'intermodalité, répartir l'activité touristique
Axe 2 : Réduire les inégalités sociales et territoriales
Axe 3 : Préserver les biens communs, les paysages et les patrimoines
Axe 4 : Répondre au défi d'un développement équilibré en faveur de l'économie productive : accélérer
la structuration des filières d'excellence autour de la Technopole Pays Basque
Axe 5 : Développer des alliances territoriales et transfrontalières
Axe 6 : Accompagner la transition écologique et énergétique du territoireI. A partir des dynamiques et vulnérabilités relevées, des modifications ont été apportées
à la stratégie territoriale
Il s’agit de poursuivre et conforter les actions engagées pour accélérer la transition écologique et
énergétique et s’adapter au changement climatique.
Il s’agit aussi de faire du Pays Basque un territoire en tout point vivant et habité en luttant contre les
villes-dortoirs et l’étalement urbain, en dynamisant les villes et villages, dans un objectif de cohésion
sociale et territoriale.
ll s’agit également d’encourager les solutions de mobilité décarbonées permettant une alternative
efficace à la voiture individuelle.
La politique touristique prévoit par ailleurs de lisser les flux à l’année et sur l’ensemble du territoire
pour s’engager dans la voie d’un tourisme soutenable.
II. Quelques projets émergents ou en cours de réalisation/acteurs publics, associatifs,
entrepreneuriaux permettront d’y apporter une réponse
- le déploiement des Maisons de santé pluridisciplinaires en Pays Basque intérieur pour maintenir une
offre de santé de proximité et conforter le maillage existant (à Mauléon, à Aïcirits etc.)
- la création du Parc Naturel Régional Montagne Basque pour maintenir une montagne vivante et
habitée, maintenir la richesse naturelle, patrimoniale et paysagère, assurer une concertation durable
autour de la valorisation des patrimoines
- le développement du Centre Européen de Fret pour accroitre le report du trafic poids lourds vers le
ferroviaire et réduire ainsi les impacts négatifs en matière de pollution et de nuisances
- l’aménagement d'itinéraires cyclables structurants rétro-littoraux
- le développement d’une Plateforme Territoriale de Rénovation Energétique, intégrée à la Maison de
l’Habitat et de l’Energie
- le développement de tiers lieux, notamment en Pays Basque intérieur, vecteur de redynamisation
des territoires :
- un tiers lieu à Barcus (réhabilitation de l'ancien presbytère avec également création de
logements communaux)
- le projet Olha à Banca, dédié à l’entrepreneuriat et à la filière du porc basque Kintoa
- le développement d’un laboratoire d’innovation en économie circulaire et la création d’une pépinière
dédiée à l’économie circulaire, en complément des outils existants au service des filières innovantes
et à fort potentiel du territoire.
- le développement de la plateforme technologique Turbolab, projet phare du programme Territoire
d’industrie Pays Basque, à la croisée de la recherche technologique, de l’industrie et de la formation.- le développement d’un pôle Usine du Futur en matière de formation et de support technologique
aux entreprises du Pays Basque intérieur
- la construction d’une pépinière technopolitaine agroalimentaire et territoriale sur le territoire
d’Amikuze
III. Au regard de ces éléments, le Contrat de Développement et de Transitions devra
répondre à plusieurs enjeux
Cohésion et transitions : pour répondre aux défis d'avenir du territoire, dans une logique de développement durable et différencié, adaptée aux spécificités territoriales du Pays Basque.
Comment déployer une approche territoriale différenciée capable d'offrir un niveau de services et d'équipements de qualité à tous les habitants et en tout point du territoire, face à des dynamiques de développement contrastées ?
Comment lutter contre les inégalités sociales et favoriser le bien vivre ensemble aussi bien dans les quartiers urbains (politique de la ville) qu’en zone rurale ?
Comment faire des langues basque et gasconne et de la culture un vecteur de lien social ? Comment transformer les pressions migratoires, foncières et touristiques inhérentes à l’attractivité du Pays Basque en atouts de développement pour le territoire, au service de l’emploi ?
Comment lutter contre le chômage des catégories les plus fragiles et répondre aux besoins en recrutement du territoire ?
Comment préserver l'environnement et les biens communs, en limitant l'impact des activités humaines et les conflits d'usages ?
Comment devenir un territoire résilient pour faire face au changement climatique (et aux risques naturels induits) et à la raréfaction des ressources ?
Comment adapter nos modes de vie (habiter, se déplacer, consommer) et notre économie pour faire face à la raréfaction des ressources et réduire notre impact sur l'environnement ? Comment agir pour le développement d'une économie productive de proximité diversifiée qui vise un développement économique équilibré, garantissant la diversité des activités, des entreprises, des emplois et des dynamiques territoriales, et qui doit se décarboner ? Comment créer des synergies entre filières traditionnelles et innovantes du territoire, répondre
aux besoins en formation et favoriser l'accompagnement à la création entrepreneuriale ?
Comment réinventer nos modèles de développement en donnant une part plus active à l’ESS
dans le développement économique du territoire ?
III- Pour répondre à ces enjeux, des solutions construites avec les parties
prenantes
En réponse à ces enjeux, 3 grands axes stratégiques ont ainsi pu être redéfinis dans la perspective du
Contrat Régional de Développement et de Transitions 2023-2025.Axe 1 : Pour un Pays Basque solidaire : adapter les modalités du développement à chaque contexte géographique et social
Indicateurs d’évaluation rattachés à cet axe :
o Nombre de projets accompagnés, notamment en zone montagne
o Nombre / nature / localisation d’équipements et de services de proximité créés
o Nombre d’habitants sur les communes de montagne
o Nombre d’emplois sur le territoire par pôle
Sous-axe 1 : Favoriser la cohésion et les solidarités par le développement d'une offre de services et d'équipements accessibles à tous, dans une logique d'équité territoriale et de développement sobre et durable.
en conservant et en dynamisant les fonctions économiques, commerciales et sociales essentielles pour permettre un renouveau d’attractivité et recréer du lien social dans les centres villes/bourgs.
en créant du lien et des opportunités d’échanges et d’interconnaissance entre les habitants de la Côte et de l’Intérieur.
en développant des stratégies et actions collectives autour du patrimoine culturel (incluant le paysage) matériel et immatériel et pour promouvoir les cultures basque et gasconne. en rendant plus accessibles les équipements et l'offre culturelle.
en accompagnant les opérateurs culturels, professionnels et amateurs, de la création à la diffusion.
en développant la transmission et les usages des langues basque et gasconne pour favoriser leurs revitalisations.
en accompagnant notamment à l’intérieur du Pays Basque, la création entrepreneuriale (ex: incubateurs, pépinières d’entreprises, tiers-lieux) et la relocalisation de projets économiques dans les centres villes.
en renforçant l’intermodalité et les offres de mobilité durable, et en les mettant en cohérence avec la planification du développement urbain du territoire et en proposant des solutions différenciées pour favoriser l'accessibilité.
Sous-axe 2 : Maintenir une montagne entretenue, vivante et habitée, préservant et valorisant ses ressources et patrimoines, dans une logique de développement durable et d’adaptation au changement climatique.
en maintenant une montagne habitée à travers le développement et à la présence d’une offre de logements, de services et d'équipements.
en renforçant l’agropastoralisme transhumant, le développement d'activités économiques diversifiées en montagne et la valorisation de filières à forts potentiels répondant à l'impératif d'un développement durable de ces espaces.
en encourageant les possibilités d’une meilleure valorisation du bois local en renforçant la gestion collective des espaces montagnards et forestiers, favoriser une cohabitation équilibrée des usages et la préservation des ressources et des patrimoinesAxe 2 : Pour un Pays Basque résilient : préserver nos écosystèmes et limiter notre vulnérabilité face au changement climatique
Indicateurs d’évaluation rattachés à cet axe :
o Nombre de projets mis en œuvre ou accompagnés en faveur de la lutte contre le changement climatique, les risques et la transition écologique
o Nombre de tiers lieux créés
o Artificialisation des sols
Sous-axe 1 : Accompagner les démarches et expérimentations favorisant l’inclusion sociale, le développement des solidarités et le bien-vivre ensemble.
en renforçant les politiques de santé et les dispositifs d'insertion, de formation pour les publics les plus éloignés de l’emploi et en situation d’exclusion sociale.
en consolidant les connaissances du secteur culturel, du patrimoine, de l’économie de la création et de la diffusion.
en relevant les défis environnementaux en diffusant la culture de l'innovation sociale et soutenant les initiatives innovantes (par exemple : via la création de tiers-lieux, lieux hybrides, expérimentations d'habitat partagé etc.)
en accompagnant les jeunes dans leurs parcours de vie et favoriser leur retour au Pays Basque.
Sous-axe 2 : Limiter la vulnérabilité du territoire face aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles
induites en protégeant ses populations et son environnement naturel remarquable.
en préservant les biens communs de notre territoire, que sont le foncier et l’eau, en préservant la ressource en eau, en limitant la consommation et en améliorant la qualité (eau potable et baignade).
en maintenant et protégeant notre territoire, nos populations et écosystèmes face aux changements climatiques par l’amélioration de la connaissance et la gestion des risques notamment.
en anticipant le changement climatique par une culture et gestion du risque, la réduction des polluants atmosphériques et gaz à effet serre.
Axe 3 : Pour un Pays Basque engagé : accélérer les transitions vers un modèle de développement plus vertueux et des modes de vie plus durables
Indicateurs d’évaluation rattachés à cet axe :
o Nombre de projets accompagnés
o Consommation énergétique du territoire ; production d’énergies renouvelables o Volume de déchets produit par habitant
o Nombre d’opérations de renaturation accompagnée
o Parts modales des déplacements domicile-travail en voiture et en transports en communSous-axe 1 : Accompagner les changements de modes de vie vers des pratiques plus durables
en encourageant la réduction des déchets des entreprises et des particuliers et en sensibilisant davantage au recyclage.
en accompagnant les changements de mentalité et d’usage pour encourager le développement des mobilités douces.
en rendant accessible à tous une alimentation de qualité.
en réduisant les consommations énergétiques du territoire par la sobriété et l’efficacité énergétique, notamment en lien avec les secteurs les plus énergivores que sont les logements, la mobilité et le secteur tertiaire.
en développant les énergies renouvelables.
en réintroduisant la nature en centre-ville, dans un objectif de « ville plus durable », par la construction de modèles de villes vertes et durables, en favorisant un aménagement urbain moins consommateur d’espace, en veillant à limiter les pollutions, en ramenant la nature dans les centres-villes /bourgs et en facilitant le lien social.
Sous-axe 2 : Faire du développement économique un accélérateur des transitions, au service des changements de pratiques des entreprises et les accompagner dans l’émergence d’activités à impact positif.
en adaptant l'agriculture aux enjeux de la transmission et de la viabilité économique des exploitations, des mutations vers un modèle plus durable, pour faire face aux évolutions de la consommation.
en accompagnant les entreprises vers une adaptation de leur mode de production en réponse aux défis des transitions
en créant les conditions d'un développement économique équilibré sur notre territoire favorisant les logiques de l’économie circulaire et de l’ESS ainsi que les activités économiques préservant nos ressources naturelles, et relevant les défis sociaux liés à l'insertion, l'emploi et la formation.