Offres
API
Connexion
Documents similaires
unknown - 11+novembre+2016 Commémoration+du+centenaire+de+la
unknown - 11+novembre+2017 Commémoration+du+centenaire+de+la
Acte - 11+novembre+2014 100ème+anniversaire+du+début+de+l
Acte - commemoration du 11 novembre 2015
Déliberation - Ordre+du+jour+du+6+novembre+2015
unknown - 4+juillet+2015 Journée+Maria+Ghjentile+discours+du
unknown - 8+mai+2015 70ème+anniversaire+de+la+Victoire+du+8+
Acte - 8+mai+2016 71ème+anniversaire+de+la+Victoire+du+8+
unknown - 14+juillet+2014+ +Fête+Nationale
unknown - 23+juillet+2017+ +Cérémonie+dédiée+à+Maria+Ghjenti
unknown - 11+novembre+2015 Commémoration+du+centenaire+de+la+Grande+Guerre
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Poggio-d'Oletta.
Lien du pdf (unknown - 11+novembre+2015 Commémoration+du+centenaire+de+la+Grande+Guerre)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Guerre en Ukraine, Affaires étrangères et coopération,
1
U Poghju d'Oletta, l'òndeci nuvembre di u 2015
Commémoration du 100ème anniversaire
de la Grande Guerre
Célébration de l’armistice du 11 novembre 1918
Discours du Maire
Chers Amis,
À voi tutti,
"Le matin du 2 août ce fut l'appel général
Et jusqu'à la fin du monde
Toujours on en parlera...
Nous laissâmes le village
Dans la désolation
Jeunes et vieux
Faisaient pitié
Maudissant la guerre
Les fusils et les canons.
Dans la ville de Bastia
On ne nous laissa aucun répit
A toute heure, à tout moment
C'étaient des rassemblements
D'hommes désespérés
Portant sacs et fusils.2
Le départ fut fixé
A neuf heures
Et la séparation eut lieu
A la gare du Fango
Nous partîmes pour Ajaccio
En convoi pour le long voyage.
Nous roulâmes plus de sept heures
Dans toutes les gares
Des gens angoissés
Attendaient de voir passer
Qui un frère, qui un mari,
Qui un cousin.
Cette triste journée
Du départ d'Ajaccio
Nous arracha à notre terre corse
Nous partîmes pour la frontière
Pour rejoindre notre corps d'armée.
A peine avons nous franchi
Les nids de la frontière
Que nous commencions à voir
Les effets de la guerre
Un champ couvert de morts
Que je ne puis évoquer sans tristesse
En parler me fait beaucoup de peine
Et j'en ai encore le cœur serré
Ces jeunes soldats,
Qu'ils étaient pitoyables
Hachés par les balles
Et les obus!
A peine fûmes nous là bas
Face à cette hécatombe
Que le colonel nous commanda
De nous faire honneur.3
Mais en dépit de son grade, il n'avait
Pas, lui non plus, tellement le cœur à ça.
J'ai assez parlé du 2 août
Je peux maintenant évoquer
Celle du 26
Et la prise de "Guimaud"
Voilà un village
Qui coûta cher aux Corses.
Aucune plume ne saurait dire
Ce qui se passa dans la forêt
De Vassincourt le 9 septembre.
Des fleuves de sang mêlaient
Les Corses aux Allemands".
J'ai voulu commencer mon propos par ces mots du "Lamentu di
À
Guerra di 14", témoignage précieux d'un prisonnier de guerre Corse de ce conflit dont la mémoire nous rassemble aujourd'hui.
Nous sommes en ce moment réunis pour commémorer la fin
des combats et la capitulation de l'Allemagne, symbolisées par la signature de l'Armistice.
Ces commémorations sont également l'occasion de rappeler
l'honneur et la dignité de tous les soldats morts au cours de ce conflit.
Mais si nous sommes réunis, c'est bien davantage pour honorer
notre devoir de mémoire que pour célébrer une victoire qui, au fils du temps, s'est imprégnée d'un goût amer. En effet, comment parler de victoire lorsque l'on dénombre, au lendemain de cette guerre, près de 10 millions de morts, deux fois plus de blessés et quelques 6 millions de mutilés.
Le bilan de la Grande Guerre fut atroce !
C'est qu'en 1914 la guerre avait changé d'échelle.4
Les progrès de l'industrialisation, qui avaient semblé apporter le
bonheur aux hommes, se retournaient contre eux.
Et tout d'un coup la guerre prenait une figure apocalyptique.
Tous nos soldats, partis des villes et des campagnes dans
l'enthousiasme de cet été 1914 - "la fleur au fusil", comme on l'a dit depuis -, se retrouvaient soudain piégés dans la boue des tranchées, sous la pluie des obus, sous les rafales des mitrailleuses, dans les vapeurs asphyxiantes des gaz moutarde.
Tous les combattants de ce conflit, dont l'année écoulée a
marqué le début du centenaire, ont aujourd'hui disparu.
De 1914 à 1918, il faut signaler que plus de 50 000 corses ont
été mobilisés, soit approximativement 25% de la population de l'époque.
Notre île appartient, comme d'autres départements frontières,
aux régions qui connaissent alors les plus fortes levées en hommes.
Mais à la différence des autres départements, pour la Corse
toutes les classes ont été dirigées vers des zones de combats. Nombreux sont alors les hommes, y compris ceux qui ont entre
45 et 50 ans, souvent père de famille de six enfants et plus, qui se retrouvent dans les tranchées du front.
Cette mobilisation particulière reconnue aujourd'hui comme
une réelle injustice a marqué les consciences collectives. Elle a en outre contribué à la déstabilisation de notre territoire en le vidant de tous ses hommes valides.
Entre 10 000 et 13 000 Corses sont tombés au "champ
d'honneur" ou vont mourir des suites de leurs blessures.
Pour tous ceux portés disparus et dont le corps ne sera jamais
retrouvé, la souffrance aura été d'autant plus grande, dans une Corse5
où le culte des morts est profondément enraciné dans les pratiques religieuses, que le deuil sera presque impossible à porter.
Dans l'île, près de 7 000 enfants deviennent pupilles de la
nation.
Quant aux blessés, les chiffres, eux aussi, attestent de
l'engagement des Corses au feu, puisqu'ils oscillent entre 20 000 et 25 000. Beaucoup reviendront mutilés.
La Grande Guerre est maintenant passée de la mémoire à
l'Histoire.
Cette Histoire, Paul Valery disait qu'elle "donne les clés pour
comprendre notre présent et les moyens de penser notre avenir".
C'est bien le sens de cette commémoration.
Chaque 11 novembre doit être l'occasion de se souvenir qu'une
guerre ne vient jamais par hasard.
Le combat pour la paix n’a rien d’un combat d’arrière-garde.
L’engagement des peuples représente au contraire une condition indispensable au maintien de la paix.
Car, en effet, la paix a été signée à Rethondes, et des
institutions internationales ont été créées pour garantir le dialogue entre les nations, mais pour autant, les guerres ont continué. Elles ont perduré tout au long du XXe siècle. Elles sont multiples aujourd’hui, de la Syrie à l’Irak, de l’Afghanistan à la Somalie, la liste est longue des régions du globe où parlent les armes et où souffrent les peuples.
Les leçons du passé, nous les tirons chaque année ici même, en
nous recueillant au pied de ce monument aux Morts où sont inscrits les noms des enfants de notre village morts pour la liberté.
Mais surtout, ces leçons, transmettons-les.6
Par les mots, par l’éducation… transmettons à nos enfants les
valeurs de la paix et de la tolérance.
Souvenons-nous que l’expérience de la vie aide un homme à se
bâtir et que l’expérience de l’histoire aide un peuple à se construire.
Restons donc vigilants et transmettons notre histoire.
Maintenant, je voudrais rendre un hommage particulier aux 17
jeunes hommes de notre village, morts au cours de cette guerre, en citant leur nom, prénom et régiment de rattachement.
Je vous remercie, en ce jour, d'avoir une pensée particulière
pour:
Biaggi Cosme Roch, soldat au 72e RI, décédé des suites de ses
blessures à Marseille le 12 mai 1919 à l’âge de 24 ans,
Cardi Alexandre Jean-Baptiste, sergent au 73e RI, tombé au
combat à Vassy dans la Marne le 15 juillet 1918 à l’âge de 28 ans,
Cardi Philippe Mathieu Vital, soldat au 129e RI, tombé au
combat à Saint-Waast dans le Pas de Calais le 25 septembre 1915 à
l’âge de 20 ans,
Clementi Jean Edouard Paul, caporal au 110e RI, tombé au
combat à Mangelare en Belgique le 9 octobre 1917 à l’âge de 24 ans,
Giraldi Jean-Baptiste, soldat au 6e RI Coloniale, tombé au
combat à Souain dans la Marne le 25 septembre 1915 à l’âge de 24
ans,
Gregogna Joseph Antoine, soldat au 159e RI, tombé au combat
au Bois de Berthonval dans le Pas de Calais le 1er avril 1915 à l’âge de
20 ans,
Grimaldi Jean-Baptiste, soldat au 173e RI, tombé au combat au
Bois Bouchot dans la Meuse le 21 décembre 1914 à l’âge de 31 ans,7
Lorenzetti Pierre, soldat au 112e RI, tombé au combat au Bois
de la Gruerie dans la Marne le 30 juin 1915 à l’âge de 39 ans,
Mannoni Michel, soldat au 111e RI, décédé le 24 janvier 1919 à
U Poghju d’Oletta à l’âge de 32 ans suite à une maladie contractée
au front,
Mannoni Joseph Antoine, sergent au 55e RI, tombé au combat
à Verdun dans la Meuse le 20 août 1917 à l’âge de 27 ans,
Nobili Pierre Félix, Caporal au 132e RI, tombé au combat à
Vaux dans la Meuse le 20 août 1917 à l’âge de 20 ans,
Olivacce Ange Gabriel, soldat au 112e RI, tombé au combat à
Malancourt dans la Meuse le 17 janvier 1915 à l’âge de 27 ans,
Poggi Jean Dominique, soldat au 112e RI, tombé au combat à
Argonne dans la Marne le 30 juin 1915 à l’âge de 19 ans,
Poggi Jean Bernardin (Bernard), soldat au 173e RI, tombé au
combat au Bois de Rauzières dans la Somme le 21 février 1915 à l’âge
de 33 ans,
Poggi Marius, adjudant au 4e R de marche des zouaves
tirailleurs, tombé au combat à Pleine-Selve dans l’Aisne le 30 août
1914 à l’âge de 30 ans,
Ribolla François, soldat au 46e RI, tombé au combat à Sermaize
dans l’Oise le 25 mars 1918 à l’âge de 26 ans,
Ristorcelli Dominique Cerbon, soldat au 41e RI coloniale,
décédé en captivité à Giessen en Allemagne le 29 décembre 1918 à l’âge de 24 ans.
Observons une minute de silence en mémoire de nos
combattants de la Grande Guerre.
Je souhaitais aussi associer à cette cérémonie deux très belles
voix de notre village, Jean-Philippe GUISSANI et Maxime8
MERLANDI, qui ont accepté de nous interpréter la magnifique chanson des Chjami Aghjalesi, "Le Chemin des Dames", lieu entré dans notre mémoire collective pour avoir été le théâtre de plusieurs batailles meurtrières de la Première Guerre Mondiale dont celle du mois d'avril 1917.
Dans cette chanson, I Chjami Aghjalesi, chantent le mal du pays qu'a pu ressentir un soldat corse en 1917.
Merci Jean-Philippe et Maxime pour votre participation à cet hommage à nos poilus.
Ecoutons-les.
Vi ringraziu.
PS:Paroles de la chanson "LE CHEMIN DES DAMES" :
Vecu un pratu sott'à lu sole
e tanti panni tesi nantu,
un acellu piglia lu so volu
é aghju lu mio core frantu.
Culà l'occhji spenti Miola sunieghja
culà u mio estru corre à fideghja
culà ci s'hè firmata la mio vita.
Vecu un pagliaghju fumichendu
compulu à l'ora di a munta
è a mio memoria s'accende
per un pizzacciu di pane untu.
Culà Francesc'Antone zappa l'ortu
culà vecu ballà e barche in portu
culà ci s'hè firmata la mio vita.9
Vecu una scola è un tavulone
sentu mughjà mille zitelli
è di babbo tante canzone
mi danu lu fretu à a pella.
Culà Fasgianu trascina duie legne
culà sentu lu mio paese pienghje
culà ci s'hè firmata la mio vita.
Vecu una ghjesgia sott'à l'invernu
dui tizzoni è un casgile
a piaghja cutata è inferma
ch'aspetta lu mese d'aprile.
Culà sentu u ventu frà i pini
culà di Roccu sentu u viulinu
culà ci s'hè firmata la mio vita.
Vecu un chjarasgione fiuritu
è sentu fiscà i pastori
è tanti mumenti felici
l'aghju inchjudati in lu mio core.
Culà vecu a neve per i chjassi
culà sempre voltenu i mio passi
culà ci s'hè firmata la mio vita.
Traduction :
LE CHEMIN DES DAMES
Je vois un pré sous le soleil
Et beaucoup de linge étendu dessus
Un oiseau prend son envol
Et j'ai mon cœur broyé.10
Là bas, le regard éteint, Miola rêve
Là bas mon être courre et la regarde
Là bas est resté ma vie.
Je vois une bergerie qui fume
Un enclos à l'heure de la traite
Et ma mémoire se ravive
Pour un simple petit morceau de pain et d'huile.
Là bas Francesc' Antone bèche le jardin
Là bas je vois danser les barques du port
Là bas est resté ma vie.
Je vois une école et un grand tableau
J'entends crier des milliers d'enfants
Et de mon grand père tant de chansons
Me donnent la chair de poule.
Là bas Fasgianu traine un peu de bois
Là bas j'entends mon village pleurer
Là bas est resté ma vie.
Je vois une église en hiver
Quelques tisons et une bergerie
La plaine gelée et stérile
Qui attend le mois d'avril
Là bas j'entends le vent à travers les pins
Là bas j'entends le violon de Roccu
Là bas est resté ma vie.
Je vois un grand cerisier fleuri
Et j'entends siffler les bergers
Et tous ces moments heureux
Je les ai cloué dans mon cœur.11
Là bas je vois la neige sur les chemins
Là bas toujours retournent mes pas
Là bas est resté ma vie.
________________