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Déliberation - a0405055
Document publié le Jeudi 13 mai 2004 par la commune de Besançon.
Lien du pdf (Déliberation - a0405055)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Médias,
Question orale de M. ROSSELOT, Conseiller Municipal,
concernant les découvertes archéologiques
M. LE MAIRE : Nous avons une question orale de M. ROSSELOT. Je rappelle que l’article 12 de notre règlement intérieur stipule que l’orateur pose sa question orale, que le Maire y répond et qu’il n’y a pas de débat. Vous avez donc la parole cher Jean ROSSELOT.
M. Jean ROSSELOT : Monsieur le Maire, mes chers collègues, dans un registre qui m’est familier, ça ne vous étonnera pas…
M. LE MAIRE : Vous allez nous parler patrimoine je pense ?
M. Jean ROSSELOT : …je vais vous dire que tout autant que le sport, l’archéologie et l’histoire peuvent être leviers de développement touristique et même un excellent vecteur de communication. Certes, le Tour de France est une formidable opportunité pour le rayonnement de Besançon, mais il y a quand même une vingtaine d’étapes, il y a de la concurrence entre les villes…
M. LE MAIRE : Et il peut pleuvoir.
M. Jean ROSSELOT : …et il peut pleuvoir absolument ! et ce dont je voudrais parler est tout de même assez spécifique pour Besançon au moins en Europe Septentrionale. Je pense que Suisses, Allemands, Belges, Néérlandais, Autrichiens et demain Polonais et Hongrois peuvent représenter de substantielles nuitées, repas restaurant et commerces et achats divers dans la Ville de Besançon et la faire connaître et la faire rayonner. Alors de ce point de vue, les découvertes récentes sans être exceptionnelles dans ce qui fut l’empire romain, parachèvent quand même un ensemble de vestiges qui lui, par cet ensemble justement, peut être considéré comme exceptionnel et on peut même rattacher à ces découvertes Monsieur le Maire, le concept de temps que la Ville décline à souhait, dans la mesure où tout ce qui a été retrouvé sous le Palais de Justice, sous Marché Beaux-Arts, sous le parking de la Région et la Porte Marc Aurèle, tout remonte au temps de la célèbre pacifique et prospère dynastie des Antonins. Le temps des Antonins à Besançon concerne évidemment des spécialistes mais à l’échelle de l’Europe, ça peut faire beaucoup de monde. Ce que je voudrais, ce n’est pas tant qu’on ait élaboré tout de suite quelque chose de concret pour demain, non, c’est qu’on élabore une perspective, une vision de valorisation de cet ensemble constitué comme je viens de le rappeler des vestiges gallo-romains trouvés dans cette Boucle où chaque opération de travaux butte justement sur des vestiges très intéressants.
Identifier ce patrimoine du temps des Antonins qui reste une référence alors qu’on parle aujourd’hui d’une Europe citoyenne, d’une Europe réussie, qui reste dans ces 2 000 ans qui nous séparent de la naissance du Christ comme une des rares périodes où l’Europe a représenté quelque chose de très humain, donc identifier ce patrimoine du temps des Antonins, le structurer de manière cohérente dans sa présentation, dans sa lecture, ce qui voudrait dire qu’il faudrait relier entre eux tous les éléments que je viens de citer en y intégrant le musée lapidaire Saint-Paul qui reste outrageusement fermé à la population et à tous les visiteurs potentiels. Mobiliser les acteurs scientifiques, au premier rang l’Université, les acteurs politiques, les collectivités publiques, État, collectivités territoriales, les acteurs économiques et touristiques non seulement de Besançon mais de toute la région et tracer des perspectives de réalisation, d’actions à court, moyen et long terme. Tel est l’objectif, Monsieur le Maire, sur lequel j’interroge la Municipalité et qui, s’il était atteint, pourrait contribuer à faire sortir Besançon d’un relatif anonymat européen.
BULLETIN OFFICIEL DE LA COMMUNE DE BESANÇON 649
13 mai 2004M. LE MAIRE : Monsieur ROSSELOT, je vous remercie. Vous avez raison, l’archéologie mais plus largement la culture est une occasion exceptionnelle pour promouvoir notre ville. Je suis allé il y a quelques jours à Charlottesville aux Etats-Unis où j’ai été très fier de parler du patrimoine architectural et culturel de notre ville. Donc effectivement nous avons là une chance que beaucoup nous envient. Vous avez raison, le sous-sol de Besançon est riche d’une histoire d’il y a 2 000 ans, même plus. Cette richesse a donc conduit au fil des fouilles à la constitution de fonds archéologiques très très importants dont seule une partie actuellement est exposée au Musée des Beaux-Arts, entre autres la mosaïque de Neptune conservée au musée et qui vient du lieu où on est en train de préserver ces fouilles qui sont les mosaïques les plus importantes en place du monde romain tout du moins pour ce qui concerne sa partie occidentale.
Je voudrais vous rassurer et vous dire que les choses ont avancé. Tout d’abord, j’ai parlé de la mise en valeur des vestiges avec le Président du Conseil Général, Claude JEANNEROT. Je l’ai rencontré très longuement mardi quasiment toute une journée à ce sujet. Nous pensons qu’il faut effectivement que la Ville, le Conseil Général et l’État puissent envisager la présentation des mosaïques peut-être même sur place, c’est quelque chose qui est envisagé.
La Ville, le Maire et l’Adjoint à la Culture Michel ROIGNOT sont tellement conscients de l’importance de cet enjeu pour le développement et la notoriété de notre ville, c’est un véritable levier de promotion de la ville, que la Ville a recruté récemment un nouveau conservateur en archéologie, il s’agit de Mme LEGROS qui est d’ailleurs ici et que je vous présente. Mme LEGROS est arrivée à la Ville en janvier dernier, on l’a laissée s’installer et elle travaille actuellement sous la responsabilité de notre Directrice du Musée des Beaux-Arts, Claire STOULIG à un projet d’exposition d’archéologie avec les services de l’État, avec l’INRAP qui est l’Institut National d’Archéologie Préventive pour une exposition d’archéologie qui devrait voir le jour en 2006, j’aimerais même qu’elle voie le jour en 2005, peut-être un compromis disons fin 2005. Il y aura donc une exposition bien sûr mais il y aura aussi surtout une mise en valeur du patrimoine archéologique sur toute la ville, car il ne faut pas, effectivement, que ce patrimoine soit uniquement exposé dans les musées mais qu’il soit sur toute la ville intégrant les vestiges qui existent déjà. Je rappelle au passage qu’il y a un très gros travail fait sur le square Castan, il y a une réunion à laquelle d’ailleurs vous participiez hier au soir avec là aussi la demande forte de la Région de s’investir encore un peu plus avec nous sur ce patrimoine.
J’ai évoqué aussi avec Claude JEANNEROT, qui est d’accord sur le principe, la réimplantation sur le terrain du Conseil Général à la Gare d’Eau du mur de berge romain qui a été découvert lors des fouilles du parking des Remparts Dérasés. Au niveau du Palais de Justice, il y a aussi des choses intéressantes qui ont été trouvées, donc nous voudrions aussi, dans le cadre de cette exposition et Mme LEGROS travaille là-dessus, mettre en place une signalétique un peu particulière qui repérerait les principaux sites de la ville, par exemple l’ancien amphithéâtre de la rue d’Arènes, le forum, etc., donc nous avançons pas mal car je crois qu’il y a peu de villes, très peu de villes en France et en Europe qui peuvent se vanter d’avoir eu une telle richesse, sans discontinuer pendant plusieurs siècles, puisque ça va de l’époque gauloise jusqu’à notre époque, avec toutes les époques, l’époque romaine, l’époque mérovingienne, donc c’est une véritable richesse. Je voudrais vous persuader comme je le suis, qu’une des clefs du développement et de la notoriété de Besançon passe, certes par le Tour de France et le sport mais aussi, et tu as raison, par l’exploitation de ce patrimoine archéologique et culturel. Quand vous visitez un musée américain, que vous voyez les collections à l’intérieur et que vous leur dites que vous, dans votre musée, vous avez 5 500 dessins et que vous allez leur en prêter 150, ils sont très étonnés. Quand aux États-Unis, les chercheurs fouillent sur les restes de la ferme de Jefferson en 1850, c’est quelque chose d’extraordinaire. Je leur ai dit : envoyez-nous quelques-uns de vos chercheurs parce qu’à Besançon on est en train de découvrir des ruines romaines. Quand on leur a dit ça, effectivement… et donc je crois que même là, au niveau de nos échanges, il y a beaucoup de choses à faire.
650 BULLETIN OFFICIEL DE LA COMMUNE DE BESANÇON
13 mai 2004Ce que je voudrais dire aussi, c’est que l’espace d’exposition au Musée des Beaux-Arts va être, à terme, revu car nous devons exposer beaucoup plus de nos collections et les conservateurs de la Ville de Besançon, entre autres Mme LEGROS, travaillent actuellement avec la DRAC et le Service Régional d’Archéologie sur le cahier des charges d’une étude qui va être lancée avec l’État d’ici la fin 2004, donc c’est prochainement, sur la mise en place de réserves communes au musée, aux bibliothèques et à l’archéologie, pour mettre en place un dépôt régional d’archéologie à Besançon que nous ferons financer par l’État.
D’autre part, je vous rappelle que nous avons inscrit, dans le projet d’agglomération la création à Besançon, à terme, d’un musée pour l’archéologie, mais ce n’est pas pour la fin de ce mandat malheureusement. J’ajoute que par ailleurs j’ai demandé à la conservatrice de la Bibliothèque Municipale de réfléchir aussi à la mise en place -il faut qu’on en parle avec Michel ROIGNOT, 2005 ça serait bien- d’une exposition sur les 200 ou 300 plus beaux livres de la Bibliothèque de Besançon. Elle est assez enthousiasmée par cette idée. Vous savez par exemple qu’avec le psautier de Beaumont, nous avons le plus beau livre gothique du XIIIème siècle, le plus beau livre d’heures, celui de l’Empereur Maximilien. C’est le plus beau manuscrit gothique de ce type qui existe en Europe, donc je crois que là on va aussi pouvoir promouvoir notre ville à travers des livres de ces bibliothèques.
La difficulté que nous rencontrons, lorsque par exemple on a une exposition comme les 150 dessins du Cabinet des Dessins, qui est une exposition d’importance internationale, malgré les efforts que nous avons faits, à part la presse locale que je remercie, au niveau régional, radios, télés, presses écrites, qui a largement diffusé l’information, c’est qu’on ne peut pas déplacer les journalistes de la presse nationale ici ou c’est très difficile. Je vous donne un exemple : l’exposition «Victor HUGO vu par RODIN» est une exposition qui a attiré 20 000 personnes -c’était la première fois que des œuvres de RODIN sortaient de la Villa Débriant à Meudon-la-Forêt, des œuvres uniques, jamais vues-. On a eu les pires difficultés à faire venir ici la presse, or la même exposition un peu diminuée en quantité a été présentée six mois après dans la Maison Victor HUGO à Paris, toute la presse nationale se répand dans cette exposition-là en occultant l’exposition de Besançon. C’est une chose que je trouve particulièrement injuste et contre laquelle on se bat. On se bat mais on a peut-être pris du retard. Heureusement, je ne le dis pas pour les féliciter parce qu’ils sont là, nous avons les médias locaux avec des relais nationaux mais on a beaucoup de mal.
Mon cher Jean ROSSELOT, je voulais presque te remercier, tout arrive à qui sait attendre, de m’avoir posé cette question qui me permet de dire combien le Maire et son équipe et la Municipalité considèrent qu’avec l’archéologie, avec le patrimoine culturel et architectural et intellectuel de notre ville, nous avons un levier important pour le développement de la notoriété de Besançon.
Dont acte.
Récépissé préfectoral du 11 juin 2004.
BULLETIN OFFICIEL DE LA COMMUNE DE BESANÇON 651
13 mai 2004