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Acte - rapport egalite
Conseil Municipal - VDN BP2026 CM 05.12.2025 DEF
unknown - Rapporte Egalite femmes hommes NM 2021 web
unknown - rapport egalite femmes hommes
Conseil Municipal - Rapport VDN BP2026 DEF
unknown - rapport egalite femmes hommes
unknown - rapport egalite femmes hommes
Acte - Rapport 2021 Egalite VDN web
Document publié le Jeudi 9 décembre 2021 par la commune de Nantes.
Lien du pdf (Acte - Rapport 2021 Egalite VDN web)
Thèmes du document : Égalité et non-discrimination, Handicap et inclusivité, Culture et patrimoine,
Égalité Rapport d’activité 2021Sommaire
03 L’ÉGALITÉ À NANTES
03. Interview de Johanna Rolland
et de Mahaut Bertu
04. Pour une égalité à 360°
06. L’égalité, valeur essentielle
et force collective
08. Les temps forts, rétrospective 2021
10. La collectivité s’engage
12 PRÉVENIR ET LUTTER CONTRE TOUTES LES
DISCRIMINATIONS
14. Les enjeux de la lutte contre les
discriminations
16. Pour des politiques publiques non
discriminantes
22. Aux côtés des actrices et acteurs
du territoire
24 CONSTRUIRE LA VILLE NON-SEXISTE
26. La jeunesse au rendez-vous
28. Zéro tabou !
30. Des femmes dans la vi(ll)e
32. Pour en finir avec les violences
sexistes
34. L'égalité dans l'entreprise
35. Déconstruire les rapports de genre
36. Sportives !
37. LGBTQIA+ : visibles et soutenus
38 AGIR POUR UNE ACCESSIBILITÉ UNIVERSELLE
40. Du sport pour toutes et tous
41. Ouvrir les portes de l’éducation
42. La culture sans obstacle
43. Vivre la ville
44 CHIFFRES CLÉS
Interview
L’égalité est l'un des marqueurs piliers
du mandat 2020-2026. Mais qu’est-ce
qu’un marqueur ? Quel est son rôle
pour l’action de la Ville ?
Johanna Rolland : Les marqueurs sont
structurants dans le projet que nous
portons depuis 2014, pour Nantes, les
Nantaises et les Nantais. Ils appellent
une réponse immédiate et une évolu-
tion profonde de nos points de vue et
de nos méthodes sur le long terme.
Ils doivent irriguer l’ensemble des
politiques publiques pour qu’aucune
ne les ignore, pour nourrir le travail des
agents et favoriser le changement de
regard.
Mahaut Bertu : Certains marqueurs
sont interconnectés, comme l’égalité
et la transition écologique. Prenons
l’exemple des cours d’école. L’école
est le premier espace public vécu et
partagé par les enfants. Du point de vue
de l’égalité femmes-hommes, l’enjeu
est de lutter contre les stéréotypes et
d’assurer une utilisation plus égalitaire
de l’espace... En évitant notamment,
par exemple, que la moitié de la cour
soit réservée aux matchs de foot.
Du point de vue des enfants, l’enjeu est
d’installer des îlots de fraîcheur et de
les reconnecter à la nature. Les projets
de plantations d’arbres et d’aména-
gements végétaux dans les cours
répondent ainsi simultanément à ces
deux enjeux. C’est l’écologie au service
de l’égalité... Et réciproquement.
Dans le cadre du nouveau mandat,
nous avons noté « l’apparition » de
la justice sociale associée à l’égalité,
et la mise en avant de l’objectif de
la ville non-sexiste à 2030. Pourquoi
ces évolutions dans le discours ?
Johanna Rolland : Notre engagement
pour l’égalité réelle prenait déjà corps
dans nos politiques, quand la crise
sanitaire a percuté ce sujet de plein
fouet. Après les enjeux de préservation
de la santé face au Covid, la précarité
est ensuite devenue le sujet central et
l’urgence de solidarité s’est imposée.
La justice sociale est donc devenue un
pilier majeur de l’égalité, en affirmant
un principe essentiel : peu importe
nos moyens, notre situation, notre
lieu d’habitation, notre genre ou notre
origine, nous avons les mêmes droits,
nous devons pouvoir accéder aux
mêmes services, à la même mobilité ;
nous devons avoir les mêmes capacités
de prendre part à la ville. C’est cela,
la justice sociale. À titre d’exemple dans
les transports, la tarification solidaire et
la gratuité le week-end incarnent bien
des mesures d’égalité et de justice
sociale.
Mahaut Bertu : La vision de la ville
non-sexiste dépasse les logiques de
compensation des inégalités pour
interroger, très en amont, la fabrique
et l’ensemble de la politique de la Ville.
L’idée est de pousser les portes de toutes
les directions, de lever tous les tabous,
pour remettre en cause les fondations
du sexisme dans l’aménagement des
espaces, dans la programmation cultu-
relle, dans le choix des noms de rues,
dans le traitement du harcèlement de
rue et, par exemple, participer à l’appa-
rition du sujet des règles dans le débat
et dans l’espace public. L’objectif in fine :
produire des changements sociétaux
sur le long terme.
Johanna Rolland : Pour ce qui concerne
l’objectif de la ville non-sexiste à 10 ans,
soyons clairs : il sera difficile d’éradi-
quer totalement le sexisme de notre
territoire, mais nous avons l’ambition
d’abaisser drastiquement le seuil de
tolérance. Nous voulons susciter une
prise de conscience généralisée et
suffisante pour que, lorsqu’une femme
est importunée dans l’espace public,
ou subit une discrimination basée sur
le genre, des citoyennes et citoyens
s’insurgent et la défendent. Parce qu’ils
jugent cela inacceptable. Parce qu’ils
ont l’égalité et le non-sexisme pour
valeurs essentielles.
L’égalité doit
irriguer l’ensemble
des politiques
publiques pour
qu’aucune ne l’ignore,
pour nourrir le travail
des agents et favoriser
le changement
de regard.
Johanna Rolland
Johanna Rolland
Maire de Nantes
Mahaut Bertu
Adjointe à l’égalité, à la ville non-sexiste, à la lutte contre les discriminations et à la vie associative
2 3Agir dans toutes
les dimensions
du vivre ensemble
Cinq orientations guident l'action.
POU
VOIR DIRE ET AGIR
CHA
NGER LES REGARDS
A V O
IR LES
MÊMES DR
OIT
S
VIVR
E DANS LA VILLE
EMPLOI
SANTÉ
ÉDUCATION
MOBILITÉ
C HO
ISIR SON PARCOUR
S
L'égalité
Pour une égalité à 360°
Dans le cadre du mandat, un nouveau cap est fixé pour l'égalité : irriguer
l'ensemble de l'action publique. L'ambition est de faire de Nantes une ville
sans discriminations, non-sexiste, accessible et juste, en mobilisant
les énergies du territoire.
Garantir l'égalité dans les usages et
la fabrique de la ville : pour cheminer
librement, profiter toutes et tous des
espaces publics... Chaque citoyenne,
chaque citoyen doit pouvoir se dire :
« cette ville est également la mienne ».
Rendre effective l’égalité
dans les choix et les parcours
de vie : études, emploi,
logement, vie culturelle.
Créer les conditions de l’égal
accès aux droits et aux services,
aller vers les populations les
plus fragilisées et lutter contre
les discriminations et les
fractures territoriales.
Assurer l’égalité dans le pouvoir de
dire et d’agir pour que toutes les
voix puissent être entendues et que
toutes les initiatives soient possibles.
Construire l’égalité dans la visibilité
et dans les représentations
par l’éducation, la culture, la
sensibilisation, pour redonner la
place aux citoyennes et citoyens
injustement écartés de nos
mémoires et de nos représentations
collectives.
4 5
Accessibilité
universelle
Justice sociale
Non-sexisme
Non-
discriminationL’égalité, valeur
essentielle et force
collective
Les récents événements l’ont confirmé : certains acquis de l’égalité,
que nous pensions pérennes, sont fragilisés. Des ruptures d’égalité
et des discriminations perdurent, voire s’accentuent. Ces atteintes
à l’égalité fissurent nos capacités à inventer, bâtir et à vivre ensemble.
SENSIBILISER
À L’ÉGALITÉ,
UN ENJEU PARTAGÉ
La direction égalité a pour mission de faire
progresser l’égalité tant sur le territoire
qu’au sein des politiques publiques. Afin
d’accompagner ces changements de regards
et de pratiques, les actions de sensibilisation
et de formation constituent un levier.
La direction égalité de la Ville de Nantes
met à disposition des actrices et acteurs
du territoire des outils pédagogiques et de
sensibilisation à l’égalité : expositions, jeux,
guides, parcours de difficultés en fauteuil
roulant, kit de simulation vieillissement
et handicap, Tapiroul® (cheminement
temporaire accessible). 272 jours de prêt
ont été octroyés à 20 structures en 2021.
Malgré la crise sanitaire et ses nombreuses
annulations de rassemblements et
d’événements.
La direction égalité réalise aussi
des actions pour sensibiliser les agentes et
les agents de la Ville, les jeunes publics, les
actrices et acteurs associatifs et l’ensemble
des Nantaises et des Nantais.
L’ÉGALITÉ NOURRIE PAR
LA PAROLE CITOYENNE
Depuis 2014, des instances citoyennes
appuient la Ville de Nantes pour l'aider
à mieux saisir les enjeux, orienter, prioriser
(ou développer) ses actions : le Conseil
nantais pour l'accessibilité universelle (CNAU)
et le Conseil pour l'égalité Femmes-hommes
(CEFH). Au cours du mandat, une nouvelle
impulsion va être donnée à ces conseils.
UN ENGAGEMENT À
L’ÉCHELLE NATIONALE…
Un groupe de travail de France Urbaine réunit
des élus mobilisés contre les discriminations,
issus d’une vingtaine de villes de France.
Des élues nantaises en sont partie prenante :
Mahaut Bertu, adjointe à l’égalité, à la ville
non-sexiste, à la lutte contre les discrimina-
tions et à la vie associative
Nathalie Blin, conseillère municipale, déléguée
à la lutte contre l’homophobie et au suivi
des associations LGBTQIA+
Nadège Boisramé, conseillère municipale,
déléguée à l’intégration et à la citoyenneté
des étrangers, en charge de la lutte contre les
discriminations liées à l'origine
… ET EUROPÉENNE
Nantes est investie dans les réseaux européens
en faveur de l’égalité. Elle participe notam-
ment au réseau ECCAR, la Coalition des
villes européennes contre les discriminations
(European Coalition of Cities Against Racism).
Le 9 décembre 2021, la Ville de Nantes a accueilli une
délégation de Seattle pour évoquer son engagement pour
l’égalité. Mahaut Bertu, adjointe à l’égalité, a présenté
aux côtés de la direction égalité les axes stratégiques et
les champs d’interventions en matière de lutte contre les
discriminations et de ville non-sexiste. La délégation a
également visité Citad’elles, le lieu pour les femmes victimes
de violences.
Peut-on parler de progrès et de
« faire société », si les logiques
de domination perdurent ? Si
des citoyennes ou des citoyens
se trouvent empêchés, relégués,
discriminés, violentés ? Nantes porte
l’ambition d’être une ville égalitaire,
assurant l’accès aux droits pour
toutes et tous, une ville incluante
et émancipatrice.
Johanna Rolland
Une direction pilote pour l'égalité
à la Ville de Nantes
Dans le combat collectif pour l'égalité,
la direction égalité mobilise les énergies
du territoire. Elle accompagne la trans-
formation de l'action publique locale.
Elle garantit, à l'échelle de la collectivité,
la prise en compte de l'égalité à 360° dans
une logique d'exemplarité. Elle accompagne
(ou appuie) les autres directions sur trois
référentiels : la lutte contre les discriminations,
la ville non-sexiste et l'accessibilité universelle.
L'égalité
Égalité ! La lettre du réseau des
actrices et des acteurs de l'égalité
La lettre Égalité ! a vu le jour en septembre
2021. Elle est le fruit d'une démarche concertée
menée au printemps 2021 avec les actrices et
les acteurs de l'égalité : partenaires associatifs,
citoyens, élus et agents.
La lettre Égalité ! a pour ambition de rassem-
bler autour des enjeux d'égalité, de valoriser
les projets, d'éclairer et de sensibiliser. En 2021,
deux premières lettres sont parues. Elles ont
été adressées à plus de 900 destinataires.
Pour s'abonner, il suffit d'envoyer un mail
à lettre.egalite@mairie-nantes.fr
6 7Les temps forts
Rétrospective 2021
Lutter contre toutes les discriminations
Construire la ville non-sexiste
Agir pour une accessibilité universelle
FÉVRIER SEPTEMBRE MARS OCTOBRE JUIN NOVEMBRE JUILLET DÉCEMBRE
2 février
Premier atelier avec
les membres du CNAU
sur l’accessibilité des
nouveaux trams.
Deux autres ateliers
ont eu lieu les 23
mars et 1er septembre
(malgré les confine-
ments et contraintes
sanitaires)
Mars
Semaines d’éducation
contre le racisme
et toutes les formes
de discrimination,
coordonnées par
la Ligue de l'enseigne-
ment FAL 44
8 mars
Journée internationale
des droits des
femmes. Le territoire
nantais se mobilise
avec une vingtaine
d’événements
13 mars
Conférence « Une
ville non-sexiste, c’est
quoi ? »
25 juin
Adoption du Projet
éducatif de territoire
« Bien grandir à
Nantes », visant
notamment
à accompagner les
enfants en situation
de handicap tout
au long de leur
parcours éducatif
et sur l’ensemble
des temps scolaire
9 juin
l’ATDEC (Association
Territoriale pour
le Développement
de l’Emploi et des
Compétences de
Nantes Métropole)
présente les vidéos
réalisées avec l’École
de design pour
un recrutement
sans discriminations
1er et 2 juillet
Formation-action
du réseau jeunesse
contre les
discriminations
Été
Vérification
de l’accessibilité
des parcours et des
arrêts de transport
en commun pendant
les travaux d’été.
Tests sur l’accessibilité
des terrasses
18-19 septembre
Journées
européennes
du Patrimoine
et du Matrimoine.
Une vingtaine de
propositions met
en lumière les femmes
dans l’histoire nantaise
18 octobre
Présentation de
la saison culturelle
accessible
15 octobre
Vote en Conseil
municipal de la
délibération sur
l’installation de
distributeurs
de protections
périodiques dans
des équipements de
la Ville de Nantes
du 16 octobre
au 19 juin
« L’Abîme », exposition
Château des ducs
de Bretagne sur
l’esclavage
20 novembre
Mise en lumière
du miroir d’eau pour
la Journée du souvenir
trans en mémoire
des personnes trans
assassinées
25 novembre
Journée internationale
pour l’élimination des
violences à l’égard
des femmes :
mobilisation du
territoire, rencontres
de Citad’elles (table
ronde et séminaire
interprofessionnel),
spectacle « Depuis
l’aube » ouvert
à toutes et tous,
spectacle « Mots
pour maux » pour les
lycéennes et lycéens
16 décembre
Présentation
du baromètre du
Défenseur des droits
sur les discriminations
dans l’emploi subies
par les jeunes
L'égalité
8 9La collectivité s’engage
« Mettre en œuvre l’égalité au cœur
de la collectivité, c’est faire en sorte
que toutes les agentes et tous les
agents soient parfaitement intégrés,
que les pratiques professionnelles
évoluent et que les portes des
services s’ouvrent à toutes et tous.
C’est une responsabilité en tant
qu'employeur… Et un chantier
d’amélioration continue. »
UN CONSEIL INTERNE
Le Conseil consultatif interne égalité diversité mixité (CCIEDM)
propose des actions pour lutter contre les discriminations au
travail. Composé d’agentes et agents volontaires de la Ville
de Nantes, du CCAS et de Nantes Métropole, de membres
de l’administration et de représentantes et représentants des
organisations syndicales, il s’organise en groupes de travail
thématiques. Le Conseil a été renouvelé et installé en juin
2021 par la maire-présidente.
ON AVANCE ENSEMBLE
Le plan d’égalité professionnelle femmes-hommes
2022-2024 a été finalisé après une concertation avec les
organisations syndicales tout au long de l’année. La mise en
œuvre de la convention avec le Fonds d’insertion pour les
personnes handicapées de la fonction publique (FIPHFP) se
poursuit, au service de l’égalité et de l’inclusion des agentes
et des agents en situation de handicap.
SE FORMER POUR L’ÉGALITÉ
La formation « Égalité au travail » a renouvelé son format. Elle
s’adresse à l’ensemble des agentes et agents pour rappeler
le droit commun de ne pas être discriminé, ainsi que les
postures attendues au travail et dans les missions de service
public. 4 sessions se sont tenues en 2021.
Pour aller plus loin, un groupe d’agents volontaires intervient
dans les directions pour animer des temps d’échange sur
des situations concrètes de discrimination. 6 sessions se
sensibilisation ont ainsi été organisées en 2021.
LA DÉMARCHE ÉGALITÉ
AU TRAVAIL
La Ville de Nantes a engagé une démarche favorisant l’égalité,
la diversité et la mixité au sein de ses services.
Les objectifs :
Lutter contre toutes les formes de discrimination
Garantir une égalité de traitement de toutes
les agentes et tous les agents
Contribuer à une réelle égalité professionnelle
femmes-hommes
Faire en sorte que les services reflètent la diversité
de la population du territoire
Les labels Diversité et Égalité, attribués par l’État,
reconnaissent l’implication de la Ville.
AU SERVICE
DU PUBLIC SOURD
Un réseau s'est créé en interne avec les agentes et les agents
qui sont amenés à rencontrer du public sourd. Issus des
directions de la culture, de la vie associative, du CCAS, de
la relation aux usagers, les membres échangent sur la mise
en œuvre des obligations réglementaires, partagent les
bonnes pratiques et construisent des réponses aux besoins
des agentes et des agents (formation, outils, interprétariat).
DES TEMPS DE
SENSIBILISATION
Des temps de sensibilisation ont été organisés
en interne, dédiés à l’utilisation des boucles à
induction magnétique dans les équipements
de la Ville (pour le confort d’écoute des
personnes malentendantes). Les agentes et
les agents de la réglementation de l’espace
public en charge du contrôle des terrasses
ont été sensibilisés au respect des exigences
d’accessibilité, notamment suite aux
extensions autorisées après le confinement.
CHANGER LES PRATIQUES POUR
ACCUEILLIR TOUS LES PUBLICS
Les membres du réseau interne pour l'accueil du public
sourd, photographiés en train de signer les lettres "L" "S" et
"F" en langue des signes française.
Depuis 2021, un numéro de téléphone unique permet de
signaler tout agissement sexiste ou sexuel au travail. Une
référente égalité recueille et enregistre les signalements,
et oriente si besoin vers un accompagnement juridique et
psychologique.
Victime ou témoin d’une discrimination, de harcèlement
discriminatoire ou d’insulte avérée, chacune et chacun peut
contacter la cellule dédiée, « Alerte discriminations ».
LE DIRE,
C’EST AUSSI
AGIR
Que se passe-t-il
en cas de
discrimination ?
La grande majorité des agentes
et agents réagit et interpelle la
hiérarchie, les ressources humaines
ou la cellule d’alerte interne.
Les actions de formation et de
sensibilisation portent leurs fruits :
les équipes sont plus vigilantes face
aux situations vécues ou perçues.
Une forte attente s’exprime pour que
la collectivité agisse en matière
de lutte contre le racisme
et le sexisme.
L'égalité
UNE BOÎTE À
OUTILS POUR AGIR
Marie Vitoux,
Conseillère municipale à la
mixité et à la diversité dans
l'emploi
Aïcha Bassal,
Adjointe au personnel, à la
responsabilité sociale interne
et à la relation aux usagers
10 11Prévenir et lutter
contre toutes les
discriminations
Petit lexique
Une discrimination directe
se produit lorsqu’une personne est
traitée de manière moins favorable
qu’une autre ne l’est, ne l’a été
ou ne le serait dans une situation
comparable, sur la base d'un motif
prohibé par la loi.
Une discrimination indirecte
se produit lorsqu’une disposition, un
critère ou une pratique apparemment
neutre est susceptible d’entraîner
un désavantage particulier sur le
fondement d’un critère prohibé.
Une discrimination systémique
est une « discrimination qui
relève d’un système, c’est-à-dire
d’un ordre établi provenant de
pratiques, volontaires ou non,
neutres en apparence... »
(définition de Laurence Pecaut-Rivolier,
conseillère à la Chambre sociale
de la Cour de cassation).
25 critères au moins de discrimination sont reconnus
parmi lesquels l’origine réelle ou supposée,
le sexe, le handicap, l’âge...
Pour aller plus loin : loi 2008-496 du 27 mai 2008
Discriminer, c’est traiter
différemment deux personnes (ou
groupe de personnes) se trouvant
dans une situation comparable.
Il s’agit d’une discrimination
juridique si ce traitement inégal
est fondé sur un critère prohibé
par la loi, dans cinq domaines :
l’emploi, le logement, l’éducation
et la formation, l’accès aux biens et
services (publics et privés) et l’accès
aux soins et aux services sociaux.
Nantes est engagée dans
la Coalition européenne des
villes contre le racisme (ECCAR).
Les dix engagements partagés
collectivement par les villes de la
Coalition orientent notre action :
observer, sensibiliser, prévenir,
garantir l’égalité et soutenir
les victimes de discriminations.
Nadège Boisramé
Conseillère municipale déléguée à
l’intégration et à la citoyenneté des
étrangers, en charge de la lutte contre les
discrimination liées à l’origine
Contre les discriminations
Un traitement défavorable à l’encontre
d’une ou plusieurs personnes
Une discrimination intervient dans un domaine
déterminé par la loi (exemple : emploi, logement,
santé...)
Une discrimination est fondée sur un ou plusieurs
critères prohibés par la loi
AU REGARD DE LA LOI,
UNE DISCRIMINATION C'EST :
12 13Sur le territoire
L’ensemble des acteurs peut être
mobilisé pour une meilleure prise
en compte des publics discriminés,
et outillé pour agir contre toutes
les formes de discrimination.
> RDV page 22
Dans les politiques
publiques
Certains domaines de discri-
mination relèvent de nos
champs de compétences
(emploi, logement, accès
aux biens et services, aux
loisirs, au sport, à la santé…).
L’enjeu est de garantir
l’égalité et de prévenir
les discriminations sur
l’ensemble des politiques
publiques.
> RDV page 16
En interne
Lutter contre les discriminations, c’est inter-
roger l’ensemble des démarches et processus
de décisions - d’abord dans la sphère des
ressources humaines et plus largement pour
la qualité de vie au travail. Les démarches
de labellisation servent à faire progresser
la collectivité sur l'égalité de traitement :
label diversité, label égalité professionnelle.
> RDV page 12
Les enjeux de
la lutte contre
les discriminations
L’engagement de la collectivité
en matière de prévention et de
lutte contre les discriminations est
essentiel dans le cadre du marqueur
égalité, pilier des politiques
publiques. Agir pour le non-sexisme,
pour une ville inclusive
et accessible, c’est nécessairement
s’opposer à toutes formes de
discriminations.
QUI SONT LES ACTRICES ET
LES ACTEURS DE LA POLITIQUE
DE PRÉVENTION ET DE LUTTE
CONTRE LES DISCRIMINATIONS ?
Tout d’abord les instances politiques du territoire, l’État et
les collectivités. Elles sont impliquées par la gestion des
ressources humaines, l’attribution de biens, services ou
marchés publics. Ensuite, les actrices et acteurs de l’emploi,
du logement et de l’éducation : les entreprises, Maison de
l’emploi, direction régionale du logement, bailleurs publics
ou privés, services éducation ou petite enfance, les fédéra-
tions d'éducation populaire, etc.
Enfin, sont concernés ceux qui interviennent dans l’écoute,
l’accompagnement et l’accès aux droits des publics, notam-
ment le Défenseur des droits et la justice.
On s’explique
Qu’elles soient ressenties ou vécues,
les discriminations sont une atteinte
à la cohésion sociale.
Le non-traitement de ces questions
favorise la mise à l’écart et peut
produire, sur les populations
discriminées, des comportements
variés (retrait, communautarisme,
violence…).
Contre les discriminations
14 15Pour des
politiques publiques
non discriminantes
Qu’elles soient directes, indirectes ou systémiques, les discriminations
peuvent exister dans de nombreux pans de l'action publique. Les principaux
sont l’emploi, le logement, l’éducation, la santé et l’accès aux biens et aux
services. Dans ces domaines, la Ville s'engage à mobiliser les différents
acteurs et actrices du territoire en vue de mieux connaître les mécanismes
de discrimination, les prévenir et lutter contre ceux-ci.
PRÉVENIR LES
DISCRIMINATIONS
FAITES AUX
JEUNES AGIR EN RÉSEAU Nantes, en partenariat avec
Aubervilliers, Grenoble et
Villeurbanne, s’est engagée en
2019 dans un projet pour lutter
contre les discriminations liées
à l’origine et au territoire envers
les jeunes des quartiers prioritaires.
Cette initiative, soutenue par le
Fonds expérimental jeunesse de
l’Institut national de la jeunesse
et de l’éducation populaire
(Injep), capitalise sur le partage
d’expériences. Elle s’inscrit
dans la priorité commune de
la direction enfance jeunesse
et de la direction égalité d’agir
auprès des jeunes des quartiers
populaires.
QUELQUES TEMPS FORTS POUR LE RÉSEAU JEUNESSE
22 et 23 mars
Un temps de sensibilisation
animé par l’avocate Myriam
Matari avec le réseau Ravadis
sur le droit de la non-discri-
mination. 20 participants
pour chaque journée, soit
40 jours de formation.
1er et 2 juillet
Une formation-action avec
20 participants (ayant déjà
participé à la formation-
action des 22 et 23 mars).
Dans le cadre de la démarche
expérimentale, les partici-
pantes et les participants
ont réfléchi à de nouveaux
leviers pour aller vers les
jeunes discriminés : fluidifier
l’information, rendre plus
visibles les outils existants,
imaginer de nouveaux outils
numériques...
Novembre
La montée en compétences
des acteurs s’est poursuivie
avec un temps de forma-
tion et d’échange autour
de l’exposition « Nous !
Comment faire société
commune ».
Décembre
Le réseau jeunesse contre
les discriminations et le
Ravadis ont participé à la
présentation du baromètre
des discriminations dans
l’emploi du Défenseur des
droits.
La dimension de prévention des
discriminations doit s’articuler
avec l’accueil de la parole
des victimes lorsqu’elles se
manifestent, ainsi que leur
accompagnement. Sinon,
les victimes risquent de basculer
dans des trajectoires de rupture.
Myriame Matari
Avocate et intervenante lors de la formation
atelier de mars 2021
UNE ACTION SUR TROIS PLANS :
Agir sur les réseaux de vigilance
(Ravadis et réseau d’acteurs jeunesse), grâce à des
temps de sensibilisation et de formation
Agir sur les acteurs jeunesse
pour leur montée en compétence
Agir sur les jeunes eux-mêmes
pour leur pouvoir de dire et d’agir lorsqu’ils sont
confrontés à une discrimination. Des actions sont
menées en direction des jeunes, ou co-construites
avec eux
LE RAVADIS :
LA VIGILANCE
D’UN RÉSEAU
La Ville a structuré et anime un réseau d’acteurs
de vigilance et d’accompagnement contre
les discriminations : le Ravadis. En favorisant
le travail partenarial, la collectivité souhaite
améliorer la prise en charge des victimes.
En 2021, la Ville a œuvré au resserrement
des liens entre le Ravadis et le Défenseur des
Droits. Une charte de partenariat des réseaux
d’acteurs Ravadis et Réseau Jeunesse se
construit pour aboutir en 2022.
EMPLOI
SANTÉ
ÉDUCATION
MOBILITÉ
Contre les discriminations
16 1740 % des discriminations dans l’emploi
60 % en lien avec l’origine ethno-raciale 14e baromètre des discriminations dans
l’emploi du Défenseur des droits 2021
FAIRE BARRAGE AUX
DISCRIMINATIONS
AU TRAVAIL
CHANGER LES REGARDS,
CHANGER LES PRATIQUES
L’environnement professionnel reste le
principal lieu de discriminations. L’enjeu est
d’assurer une égalité de traitement dans
les procédures d’accompagnement (forma-
tion, emploi, création d’activités), mais aussi
de garantir l’accès au droit pour les personnes
confrontées aux discriminations.
Le réseau des référents emploi contre
les discriminations de l’ATDEC mobilise
les actrices et acteurs concernés pour
agir ensemble : entreprises, intermédiaires
à l’emploi, personnes en recherche d’emploi.
En 2021, il a mené deux actions :
Le 28 septembre
Une journée de sensibilisation a été menée
auprès des professionnels intermédiaires
à l’emploi des quartiers prioritaires.
Le 30 septembre
Un atelier a mobilisé les candidats et les
recruteurs. Le thème : « Entretien d’embauche :
faire face aux questions qui dérangent ». Après
avoir rappellé le cadre juridique en matière
de discrimination, l’atelier a donné des clés
pour recentrer les entretiens sur les compé-
tences et le poste à pourvoir.
Le message passe
HALTE AUX STÉRÉOTYPES !
Le réseau des référents emploi contre
les discriminations de l’ATDEC a construit
de nouveaux outils pour sensibiliser les
actrices et les acteurs économiques. Il a confié
à des étudiantes et des étudiants de l’École
de design la réalisation de 10 vidéos autour du
thème « Sortir des stéréotypes et diversifier
ses recrutements ». Dans un format court
et percutant, ces films d’animations invitent
les recruteurs à prendre conscience des
stéréotypes et à les dépasser pour remettre
au centre les compétences des candidats.
Le 9 juin, les étudiantes et étudiants réalisateurs
des films ont diffusé leurs créations devant
une trentaine d’entreprises (en présentiel et
distanciel), en présence d’André Sobczak,
vice-président de Nantes Métropole chargé de
l’emploi et président de l’ATDEC. Un moment
aussi sympathique que productif, ce temps
ayant permis un retour d’expérience des
professionnels.
LE BAROMÈTRE DES
DISCRIMINATIONS
DANS L’EMPLOI
Le 16 décembre, George Pau-Langevin,
adjointe de la Défenseure des droits en
charge de la lutte contre les discriminations
et de la promotion de l’égalité, est venue à
Nantes présenter les résultats du baromètre
discriminations dans l’emploi, construit avec
l’Organisation internationale du travail (OIT).
Cette édition faisait un focus sur les jeunes,
leurs expériences des discriminations et les
démarches engagées pour réagir… ou pas.
L’étude montre en effet que les jeunes sont
dans une forme de résignation face à ces
situations anormales et inacceptables, qui
a un effet délétère sur leur santé mentale
et physique.
Pour aller plus loin : https://bit.ly/3bReVvb
Retrouvez les vidéos en ligne : www.me-metropole-nantaise.org/recruter-
sans-cliches-ya-pas-photo/
À propos
de l’ATDEC
L’ATDEC, association territoriale
pour le développement de l’emploi
et des compétences,
réunit les activités de la Maison
de l’emploi, de la Mission locale
et du Plan local pour l’insertion
et l’emploi (PLIE).
L’ATDEC de Nantes Métropole
accompagne les entreprises
du territoire dans le recrutement
et l’intégration de leurs nouvelles
collaboratrices et nouveaux collabo-
rateurs. Elle les aide en particulier
à prévenir les discriminations
à l’emploi et à s’ouvrir à des profils
de candidats plus diversifiés.
Contre les discriminations
Présentation des vidéos contre les stéréotypes réalisées par
les éléves de l'École de design, le 9 juin 2021
George Pau-Langevin, adjointe de la Défenseure des droits
en charge de la lutte contre les discriminations et de la
promotion de l'égalité, lors de la présentation du Baromètre
des discriminations dans l'emploi.
18 19UN NOUVEL OUTIL POUR AGIR
Deux questions à Julie Béranger, cheffe du pôle régional du
Défenseur des droits et Clémence Richard-Parret, chargée
de mission.
En quoi consiste la nouvelle plateforme antidiscrimina-
tions.fr ?
Le Défenseur des droits l’a lancée en février 2021 pour
écouter et accompagner les victimes ou les témoins
de situations de discrimination. Elle comprend un numéro
de téléphone, le 3928, un module de tchat en ligne, un
annuaire des acteurs engagés dans la lutte contre les
discriminations. Une équipe d’écoutants-juristes assure
l’accueil, l’écoute et l’orientation des personnes appelantes,
via notamment des saisines directes du Défenseur des droits.
Elle vient compléter AlloNantes Discriminations ?
Oui, elle s’articule avec les démarches locales comme
AlloNantes Discriminations : pour rapprocher les victimes
des acteurs locaux, ces derniers peuvent solliciter leur
référencement dans l’annuaire auprès du Défenseur des
droits grâce à une charte d’engagement. Le recueil des
situations de discriminations contribue aussi à construire
un observatoire des discriminations à l’échelle locale, pour
mieux les comprendre et agir en amont.
VICTIME DE
DISCRIMINATION ?
J’APPELLE
La plateforme AlloNantes
Discriminations cible, pour chaque
appel, le bon interlocuteur selon
la situation. Partenaire de l’outil
depuis son lancement, l’ATDEC
traite les appels qui concernent
des discriminations à l’embauche,
par exemple en raison du genre,
de port de signes religieux ou de
la couleur de peau. Il peut aussi s’agir
de situations problématiques vécues
par des salariés, en raison de leur
action syndicale par exemple.
Notre but est de les aider à mettre
en mots, de rappeler les droits,
de s’assurer du suivi des démarches
engagées. La mise en confiance est
essentielle afin qu’aucune demande
ne reste à l’arrêt, qu’il s’agisse ensuite
pour eux d’aboutir à un rappel
à la loi, une action en justice ou
une médiation via le Défenseur
des droits.
Philippe Gouret
Chargé de projet diversité, lutte contre
les discriminations et RSE à l’ATDEC
de Nantes Métropole (Association territoriale
pour le développement de l’emploi et
des compétences)
La Ville de Nantes s’appuie sur
deux dispositifs, un local et un
national, pour offrir aux victimes
de discriminations une écoute
et un accompagnement dans
la reconnaissance de leurs droits.
Lancée en 2018, la plateforme AlloNantes Discrimina-
tions ouvre aux victimes un numéro d’appel unique pour
être écoutées, informées et orientées. Elles bénéficient
d’un accompagnement vers les actrices et les acteurs
partenaires de la direction égalité, membres du réseau de
la non-discrimination.
Les données collectées permettent de mieux connaître
la réalité des discriminations sur le territoire et de nourrir
la réflexion sur les actions à mener.
56 % de femmes 44 % d’hommes 41 situations enregistrées
en 2021
10 % pour celle d’un
ou d’une proche
90 % appellent pour
leur situation
40 % dans l’emploi
36 % dans l’accès
aux biens et
aux services
16 % dans l’accès
au logement
8%
autre
LES DOMAINES LES PLUS IMPACTÉS
PAR LES DISCRIMINATIONS
24 % le handicap ou
l’état de santé
16 %
autre
60 % l’origine
ethno-raciale
LES CRITÈRES ÉVOQUÉS
LA CONNAISSANCE
D’ALLONANTES DISCRIMINATIONS
50 % par les campagnes
d’affichage* 34 %
des personnes
n’avaient entrepris
aucune démarche
avant d’appeler
Et après ?
En 2021, 33 situations ont été orientées vers
le Défenseur des droits, en cohérence avec le
partenariat développé sur le territoire depuis deux
ans. La plateforme oriente aussi vers les autres
acteurs du réseau de la non-discrimination afin
d’augmenter les chances d’une prise de
rendez-vous rapide pour les victimes ou pour
proposer des approches complémentaires.
On en conclut quoi ?
Les différentes enquêtes et situations montrent
que les discriminations sont massives. Beaucoup
de personnes ne font pas valoir leurs droits.
En articulant AlloNantes Discriminations avec
la plateforme Antidiscriminations du Défenseur
des droits, la Ville de Nantes s’engage à rendre
visible le sujet des discriminations
pour mieux agir.
Contre les discriminations
*L’augmentation du nombre de situations enregistrées coïncide avec les campagnes
effectuées sur le numéro d’appel
20 21LES SEMAINES D’ÉDUCATION
POUR MOBILISER
Cette action départementale, véritable temps fort pour la
mobilisation et la sensibilisation, revient chaque mois de
mars. Elle est coordonnée par la Ligue de l’enseignement
FAL 44, avec l’implication de 70 structures. Sous l’effet de
la crise sanitaire, l’édition 2021 a proposé une centaine
d’initiatives en présentiel et en distanciel, avec une première
conférence « Médias et lutte contre les discriminations ».
Tout au long du mois, des ateliers invitaient à approfondir
ce thème en posant l’information comme outil de lutte
contre les discriminations.
+ de 900 jeunes
sensibilisés La campagne a été relayée par la Ville.
TISSER DES LIENS
AUX CHANTIERS NAVALS
Depuis 2019, la Ville a confié à Tissé Métisse la gestion d'un
fonds documentaire dédié à la mémoire de l’immigration et
à la lutte contre les discriminations. En 2021, ce fonds situé
au Parc des Chantiers sur l’île de Nantes a été contraint de
fermer une partie de l’année. Tissé Métisse y a programmé
des animations pour susciter l’échange sur l’histoire des
migrations, les quartiers populaires, les droits des femmes,
les discriminations. Le fonds accueille aussi régulièrement
des temps organisés par des associations partenaires.
THE BEIT * PROJECT
INTERROGE L’ESPACE
URBAIN
Ce projet « d’école urbaine éphémère »
propose aux ados de toute l’Europe de
questionner les traces du passé dans leur
ville. Le dialogue incite les jeunes à s’écouter
et à débattre, tout en partant de leur diversité.
Nantes offre un terrain de réflexion riche,
en particulier aux abords de la Loire, marqués
par l’histoire industrielle et sociale mais aussi
par celle de l’esclavage et de son abolition.
En 2021, The Beit Project s’est posé au Studio
11/15 et a accueilli 6 classes.
*beit signifie maison en hébreu.
Aux côtés des actrices
et acteurs du territoire
Mener une lutte active contre toutes les formes de discrimination, c’est
d’abord mieux connaître les outils du territoire, puis soutenir les acteurs
et événements engagés en ce sens. Du soutien financier à l’outillage
des associations ou initiatives, la Ville facilite certaines manifestations
citoyennes et permet de rendre plus visibles des actions de sensibilisation.
« NOUS ! » L’EXPOSITION
Immigration, assimilation, intégration… Comment sont
apparus ces termes et que disent-ils du rapport que
la société française entretient avec celles et ceux qui sont
définis comme « autres » ? Conçue par l’ISCRA Méditerranée,
« Nous ! » interroge la problématique contemporaine des
discriminations à partir d’archives, de dessins, de citations.
Elle fait partie de l’offre d’outils de sensibilisation aux discri-
minations proposée par la direction égalité.
Recruter sans discriminer
MOZAÏK RH LANCE LES DÉS
La Ville de Nantes a apporté son soutien au cabinet Mozaïk
RH, engagé en faveur de la diversité. Combinant un outil
ludique et le sérieux du propos, son jeu de cartes et de dés
sensibilise les entreprises aux discriminations dans l’emploi
et favorise un recrutement inclusif.
Grand retour de La Fête Tissé
Métisse en 2021 !
Dans le cadre de la manifestation, le groupe
Femmes de Tissé Métisse a animé un espace
égalité femmes-hommes. La programmation
comprenait aussi un court-métrage sur les
discriminations et une pièce de théâtre sur
l’égalité femmes-hommes. Un jeu développé
par l’association, « La spirale des discrimina-
tions », a permis d’aborder le sujet de manière
ludique et attractive. Il a également pu être
testé dans les établissements scolaires.
Discriminer est une violence,
discriminer est un délit. L’égalité
républicaine n’est pas qu’un mot,
elle doit se traduire en actes,
et pour toutes et tous.
Le mot d’ordre des Semaines d’éducation
contre le racisme et toutes les formes
de discriminations
Contre les discriminations
22 23Construire
la ville
non-sexiste
LE CEFH
Le Conseil nantais pour l’égalité femmes-
hommes (CEFH) regroupe des associations,
des actrices et des acteurs économiques, des
institutions, des citoyennes et des citoyens.
Le contexte sanitaire en 2021 en a freiné
l’animation. Néanmoins, ses membres ont été
sollicités pour nourrir les programmations du
8 mars et du 25 novembre, et participer à la
concertation sur l’élaboration de la lettre Égalité !
UN TERRITOIRE
FORTEMENT
MOBILISÉ
« UNE VILLE NON-SEXISTE,
C’EST QUOI ? »
Quels sont les leviers pour agir et relever
collectivement ce défi ? Quelles initiatives
sont développées ici et ailleurs ? Comment
prendre part à la construction d’une ville plus
égalitaire ?
Le 13 mars, la Ville a initié une rencontre
à distance en raison du contexte sanitaire,
pour échanger sur les contours de
la ville non-sexiste. Édith Maruéjouls,
géographe du genre, y expliquait en quoi
l’espace public est sexiste. Anne-Laure
Chateau, de l’association Trust et Willy Gibert,
directeur du CIDFF, ont présenté leurs actions
pour faire advenir la ville non-sexiste. Johanna
Rolland, maire de Nantes et Mahaut Bertu,
adjointe à l’égalité et à la ville non-sexiste,
ont détaillé l’engagement de la Ville.
LA JOURNÉE DU 8 MARS
Malgré le contexte sanitaire, les actrices et
les acteurs du territoire se sont mobilisés
pour la Journée internationale des droits des
femmes en proposant des initiatives sur sites
ou à distance.
Château des ducs, Archives, musée Jules
Verne, Bibliothèque municipale : les établis-
sements culturels ont aussi construit une
programmation pour rétablir la place des
femmes dans l’histoire, la mémoire collective
et la culture. La Ville de Nantes a relayé ces
événements dans une plaquette numérique
largement diffusée.
La ville non-sexiste de demain
doit traverser toutes les politiques
publiques. À chaque fois que l’on
met en œuvre un projet, qu’on
prend une décision, on doit se dire :
est-ce que ça fonctionne au prisme
de l’égalité femmes-hommes ?
Johanna Rolland
Débat « Une ville non-sexiste, c’est quoi ? »,
mars 2021
L'ambition de la Ville est
transversale et se retrouve
dans l'ensemble des politiques
publiques : culture, sports,
jeunesse, espace public, emploi...
La fabrique de la ville ne doit
plus faire perdurer un système
d'exclusion des femmes. La ville
non-sexiste ne se limite pas à la
Ville en tant que collectivité mais
est entendu comme un espace
géographique et social : chacune
et chacun peut et doit agir
à son niveau.
Construire une Ville non-sexiste,
c’est agir sur les mentalités et
les comportements individuels
et collectifs. C’est continuer à
agir pour corriger les inégalités,
lutter contre les manifestations du
sexisme, notamment les violences
sexistes et sexuelles. Mais c’est aussi
agir en amont, en questionnant
les représentations sociales pour
les faire évoluer. Travailler à la fois
sur le temps court et le temps long
est nécessaire : construire la ville
non-sexiste implique donc
l’engagement de toutes et tous,
d’une diversité d’actrices
et d’acteurs.
Mahaut Bertu
Adjointe à l’égalité, la ville non-sexiste,
la lutte contre les discriminations
et la vie associative
Au fait,
c’est quoi
le sexisme ?
Selon la définition du Haut conseil
à l’égalité entre les femmes et
les hommes, le sexisme est une
idéologie qui a pour racine la
croyance en l’infériorité systématique
des femmes et qui a pour effet
un ensemble de manifestations
(stéréotypes, discriminations,
atteintes à l’autonomie des femmes,
violences sexistes et sexuelles...) et
des conséquences : les inégalités.
Rapport « Premier état des lieux
du sexisme en France », 2019
Ville non-sexiste
24 25La jeunesse au
rendez-vous
L’enquête
« Aux filles
du temps »
Elle est née du travail réalisé par
Alexandra Benhamou avec Lady
de Nantes, suite à un constat :
il y a peu d’informations sur le
vécu des jeunes femmes dans
l’espace public et des violences
dans leur vie de couple. L’enquête
(70 questions) a été construite
avec deux sociologues et validée
avec des jeunes filles, puis
diffusée dans les établissements
scolaires et via les réseaux sociaux.
814 filles de 13 à 20 ans de
Loire-Atlantique et de Vendée
ont répondu.
« MOTS POUR MAUX »
150 jeunes des lycées Sacré-Cœur et
Bourdonnières ont assisté au spectacle de
slam « Mots pour maux » le 22 novembre
à l’espace Adelis-Port Beaulieu. Interprété par
le groupe Dialem, les chansons évoquaient
les violences faites aux filles et aux femmes.
À la fin de la représentation, un temps
d’échange s’est ouvert avec les jeunes pour
réagir aux sujets abordés dans les chansons
et engager le dialogue avec l’artiste Diariata
N’Diaye et l’adjointe à l’égalité, Mahaut Bertu.
Suite à ce temps, Resonantes a accueilli
14 jeunes, victimes ou témoins, et les a aidés
à libérer leur parole.
BOUGER LES LIGNES
AU COLLÈGE
La direction égalité est intervenue lors du
rallye des délégués de classes de collèges
piloté par la Ligue de l’enseignement FAL 44.
L’objectif : sensibiliser à la réalité du sexisme
et aux engagements de la Ville de Nantes pour
faire bouger les lignes.
La direction égalité a aussi présenté au collège
Rutigliano l'engagement de la Ville contre le
sexisme dans le cadre d’un projet mené par
les élèves de 4 e et 3 e : « Sexisme et préjugés ».
« FAIS PAS GENRE… »
La Ville de Nantes a acquis l’exposition
conçue par Resonantes pour sensibiliser les
jeunes sur les violences sexistes et sexuelles,
libérer la parole et encourager les échanges.
Sur un mode interactif, « Fais pas genre… »
présente des données statistiques, explique les
différentes formes de violences, leurs consé-
quences sur la santé physique et psychique, les
mécanismes du psycho-traumatisme.
Une extension sur le cyber-harcèlement
complète le propos. Ces deux supports
viennent enrichir l’offre de services de la
direction égalité.
79 % des jeunes filles de 13 à 20 ans disent avoir déjà été victimes
de harcèlement de rue
On a aimé :
des baby-foots mixtes !
Au foyer du lycée des Bourdonnières, deux
baby-foots sont prêts à accueillir les élèves pour
une partie entre deux cours. Mais les habituels
petits personnages masculins ont fait place à des
équipes mixtes ! Après avoir entendu des propos
discriminants, des élèves ont proposé de changer
ces symboles du sexisme et d’invisibilisation
dans le sport. La Maison des lycéens a fait aboutir
le projet en 2021, avec l’une des rares entreprises
en capacité de répondre à cette demande.
Ville non-sexiste
@le.roi.des.kobolds a réalisé les illustrations qui accompagnent
les résultats de l'enquête « Aux filles du temps »
26 27Zéro tabou !
Initialement, l'engagement de mandat portait
sur la lutte contre la précarité menstruelle
c'est-à-dire permettre à des femmes en situa-
tion de précarité d'accéder à des protections.
Mais le sujet des menstruations est égale-
ment lié à d'autres enjeux : santé, éducation,
environnement, tabou des règles...
La Ville a ainsi souhaité porter une ambition
plus large pour promouvoir, dans la ville du
quart d’heure, un accès universel à des protec-
tions périodiques gratuites et écologiques, et
mener des actions de sensibilisation autour du
tabou des règles.
LES AXES DE TRAVAIL
Lutter contre la précarité menstruelle. La Ville
s’engage aux côtés des actrices et acteurs de l’urgence
sociale pour assurer aux personnes précaires l’accès
à des protections périodiques gratuites en nombre.
Favoriser un accès universel à des protections
périodiques. Nantes lance l’expérimentation de
distributeurs de protections périodiques gratuites
dans 30 lieux publics, avec pour objectif de mailler
l’ensemble du territoire d’ici à 2024. Toutes les
personnes peuvent utiliser ces distributeurs, quelle
que soit la raison : problème financier, imprévu, oubli,
dépannage...
Combattre le tabou des règles. Nantes souhaite
déconstruire les mythes et les préjugés entourant
les règles. Un phénomène physiologique aussi naturel
que les menstruations ne doit plus être un sujet de
honte et conduire à des situations d’exclusion et
d’autocensure. C’est bien parce que les menstruations
sont un tabou qu’elles ont été, pendant longtemps,
un impensé de l’action publique.
Agir pour la santé et l’environnement. La qualité et
l’usage des produits peuvent avoir des conséquences
néfastes pour la santé : usage prolongé des protec-
tions périodiques, présence de perturbateurs endocri-
niens dans la composition... De plus, les protections
jetables ont un impact néfaste sur l’environnement.
Ces enjeux sont pris en compte par la Ville dans ses
actions.
La Ville de Nantes a adopté un plan d’actions autour des menstruations.
Elle s’engage notamment pour un accès universel à des protections
périodiques gratuites et biologiques, en installant des distributeurs dans
différents équipements publics. L’objectif est également de contribuer
à lever les tabous autour des règles.
CONTRE
LA PRÉCARITÉ
MENSTRUELLE
LA PRÉCARITÉ
MENSTRUELLE
Certaines femmes et jeunes filles
renoncent à acheter ou changer
de protections périodiques aussi
souvent qu’elles le souhaitent,
en raison du coût que cela
représente.
Les conséquences sont lourdes :
risques pour leur santé et risques
pluriels d’exclusion (renoncement
à fréquenter l’école, l’université,
les espaces de sport et de loisirs…)
L’accès aux protections
périodiques est donc un enjeu
de dignité humaine, de santé
publique et d’égalité entre les
femmes et les hommes.
La délibération sur l’action de la
collectivité pour lutter contre la
précarité menstruelle et le tabou
des règles a été présentée en
Conseil municipal le 15 octobre
2021, adoptée à l’unanimité et
applaudie. Ces expérimentations
se déploient en 2022.
Ville non-sexiste
EN FRANCE,
15,5 millions
de femmes se situent dans l’âge de la vie menstruée,
c’est à dire de 12 à 50 ans.
Au cours de cette période, elles auront
en moyenne
450 cycles soit environ
2 250 jours de menstruations
54 % des jeunes filles et
73 % des garçons considèrent
les règles comme un sujet tabou
Baromètre de l'association
Règles élémentaires, 2021
8 000 à 23 000 € c'est le budget dédié aux menstruations
sur l’ensemble d’une vie.
Inauguration du premier distributeur de protections
périodiques à la maison de quartier de l’Île de Nantes par
Mahaut Bertu, adjointe à l'égalité, à la ville non-sexiste,
la lutte contre les discriminations et la vie associative, et
Olivier Chateau, adjoint de quartier Île de Nantes.
28 29LES JOURNÉES EUROPÉENNES DU
MATRIMOINE ET DU PATRIMOINE
Depuis septembre 2020, une nouvelle impulsion a été
donnée à ces Journées pour valoriser la place des femmes
dans l’histoire et la mémoire des Nantaises et des Nantais.
La Ville a notamment proposé des parcours commentés, une
exposition sonore sur les femmes qui ont marqué de leur
empreinte l’histoire de Nantes, et une déambulation insolite :
« Les femmes du dessous », de la compagnie Mort dans la
Boîte, autour des femmes « remarquables » inhumées au
cimetière Miséricorde.
Les actrices et acteurs du territoire se sont aussi saisis de ce
temps fort pour proposer des événements et performances
thématiques, parmi lesquelles :
Les portraits de figures féminines militantes des
chantiers navals et le spectacle « Douze femmes en
colère », présentés par le Centre d’histoire du travail.
L’exposition « Ces femmes qui font rayonner
Nantes », enrichie d’un panneau sur les pontonnières,
réalisée avec La Maison des Hommes et des
techniques.
La mise en lumière de femmes illustres de l’histoire
des sciences et de la navigation avec des expositions
dédiées aux femmes pirates, corsaires et astronomes,
par l’association La Méridienne.
Des ateliers d’écriture par l’association Clown en Nez
Veille, autour des artistes nantaises Claude Cahun
et Marcel Moore.
Un temps de contribution à Wikipédia pour valoriser
des femmes oubliées, organisé par les Ateliers
Femmes et Féminismes et le Musée d'histoire de
Nantes.
Des femmes
dans la vi�ll�e
AU NOM DES FEMMES
Et si nous passions de l'invisibilisation des femmes à leur
mise en lumière ? C’est l’objectif poursuivi par la féminisation
des noms des voies et équipements publics ou privés.
Une cartographie réalisée par les Archives de Nantes recense
ce travail sur Nantes Patrimonia.
À la Caserne Mellinet : Cécile Brunschvicg et Suzanne Lacrore,
Marguerite Bodin, Marie Pape-Carpentier, Gabrielle Le Pan
de Ligny… Un quartier prend vie dans l’ancienne caserne
et les nouvelles voies se prénomment au féminin. L’histoire
militaire, les combats pour l’émancipation et l’éducation des
femmes ont inspiré la Ville.
Côté culture
LES FEMMES DURANT LA
PRÉHISTOIRE : MYTHE ET RÉALITÉ
Questionner les représentations collectives peut mener loin
dans le temps ! En octobre 2021, le Muséum a proposé une
conférence sur les femmes durant la préhistoire pour se
questionner sur les artistes de Lascaux : chasseurs de bisons
et tailleurs de silex, tous des hommes ? Aucune donnée
archéologique ne permet de répondre à cette question.
« La femme préhistorique ne faisait pas que balayer la
grotte ! » résume avec provocation l’historienne Marylène
Patou-Mathis.
MATRIMOINE,
NOM FÉMININ
L’inventaire féminin de l’histoire nantaise par Nantes Patri-
monia se poursuit. Le site contributif de la Ville enrichit
sa base documentaire d’éléments sur les femmes avec
35 notices biographiques, des podcasts, une exposition en
ligne… Le site présente aussi « Matrimoine et presse », projet
mené en 2021 par les Archives de Nantes avec des élèves
de collèges.
ET ENCORE ?
À l’occasion du festival jeunesse SPOT
en juillet et des Journées du Matrimoine
et du Patrimoine en septembre, le collectif
À côté, composé d’étudiantes et d’étudiants
en architecture, a questionné la dimension
spatiale des inégalités. De nouvelles plaques
de rues temporaires aux noms de femmes
ont été installées à travers la ville.
Ville non-sexiste
Objectif parité
La Ville de Nantes encourage
la parité des programmations
culturelles et artistiques chez les
structures qu’elle soutient. Le festival
des Scènes vagabondes, organisé par
la Ville de Nantes, veille à avoir une
programmation paritaire. De même,
les subventions sont attribuées en
restant vigilant sur la parité des
projets soutenus.
137 noms de femmes ont été donnés à des rues ou des équipements
depuis 2016
22 noms de femmes ont été donnés à des noms de rues ou d'établissements en
2021, soit 73 % des noms attribués
Parmi elles, les 6 femmes « Compagnons de la Libération »
2 boulevards structurants de Nantes portent désormais des noms de
femmes : Gisèle Halimi et Simone Veil
30 31Pour en finir
avec les violences
sexistes
DES SYSTÈMES
D’ALERTE EFFICACES
En novembre, la Ville de Nantes a relayé la
campagne de communication de l’application
App’elles. Développée par Resonantes, elle
permet aux femmes victimes de violences
d’alerter et de contacter rapidement des
proches de confiance, les secours ou des
associations ciblées.
25 NOVEMBRE
Point d’orgue de la lutte contre
les violences faites aux femmes.
À l’occasion de la Journée internationale de
lutte contre les violences faites aux femmes,
temps fort de mobilisation du territoire, la Ville
a réalisé un livret des initiatives proposées
aux Nantaises et aux Nantais. La veille, Les
premières Rencontres de Citad’elles ont réuni
les équipes, les opérateurs, des bénéficiaires
et des partenaires. L’objectif : croiser les
regards sur l’activité, aborder les évolutions
et perspectives pour le Centre et consolider
les partenariats.
CITAD’ELLES,
DEUX ANS DÉJÀ
Citad’elles, le centre dédié aux femmes victimes
de violences a ouvert le 25 novembre 2019.
Son offre de services est en constante évolu-
tion pour permettre, d’une part, d’assurer une
continuité d’accompagnement dans le respect
des conditions sanitaires imposées, d’autre part
pour faire face à une évolution des besoins :
la parentalité y prend une plus grande place,
tout comme l’accompagnement des enfants
victimes.
En 2021, de nouveaux partenaires ont rejoint
le centre, proposant par exemple des ateliers
ludiques mère-enfant pour renouer avec le
corps (Chapidok), de l’art thérapie ou des
ateliers photos. Des moments privilégiés qui
incitent au lâcher-prise et contribuent à la
reconstruction de soi.
« ÔDE AUX CLITORIS »
À l’occasion de la Journée internationale de
lutte contre les violences faites aux femmes,
la Ville a proposé aux Nantaises et aux Nantais
« Depuis l’aube, ôde aux clitoris », un spectacle
pour évoquer les violences commises envers
les femmes. 413 personnes y ont assisté.
L’actrice Pauline Ribat raconte les petites et
grandes violences que les femmes subissent,
leurs difficultés à en parler et à les dénoncer.
Elle porte aussi un regard malicieux sur l’un
des organes les plus mystérieux du corps
féminin : le clitoris.
POUR QUELS TYPES DE
VIOLENCES VIENNENT-ELLES ?
57 % psychologiques
45 % verbales
40 % physiques
20 % sexuelles
12 % économiques
4 % administratives
Ville non-sexiste
5 210 visites en 2021
1 240 femmes accueillies
78 % ont moins de 45 ans
96 % sont de Loire-Atlantique
47 % sont Nantaises
57 % viennent spontanément
38 % contactent par téléphone
Rendez-vous
Les premières Assises nationales de
lutte contre les violences sexistes
auront lieu les 25 et 26
novembre 2022.
32 33L'égalité
dans
l'entreprise
PARLONS SALAIRE
Les ateliers #NégoTraining, développés par la plateforme
RSE de la métropole nantaise et pilotés par la chaîne RSE
d’Audencia, permettent aux femmes de gagner en confiance
et mettre en œuvre des stratégies efficaces pour la négocia-
tion de leur salaire.
À Nantes
Depuis 2017, près de 2 900 femmes ont participé aux
133 ateliers organisés (dont 35 en ligne) et animés par le pool
de 242 formatrices et formateurs. En 2021, 5 ateliers ont été
proposés sur la métropole nantaise.
Les profils
43 ans : c’est l’âge moyen des participantes. Elles travaillent
dans des entreprises de toute taille. 3 femmes sur 4 ont eu
le sentiment d’avoir été traitées différemment qu’un homme
dans une entreprise : salaire, niveau de poste, légitimité,
propos disqualifiant...
Données établies en septembre 2021 par la 3e étude d’impact
du dispositif depuis son lancement en 2017.
UN AN APRÈS L’ATELIER
58 % se disent confiantes pour négocier leur
salaire (contre 7 % avant #NégoTraining).
64 % ont négocié leur salaire.
89 % ont obtenu soit une augmentation de
leur rémunération (salaire, prime ou avantage
en nature), soit une évolution de carrière
(promotion, changement de poste), soit un
changement dans leurs conditions de travail
(aménagement horaires et télétravail).
83 % des femmes estiment que
#NégoTraininig a eu un impact positif sur
elles, à titre personnel.
8/10 C’est la note donnée au dispositif
Déconstruire
les rapports
de genre
ÉDUCATION ET MIXITÉ :
DÉPLOIEMENT TOUS AZIMUTS
Le projet éducatif de territoire 2021-2023 « Bien grandir à
Nantes » se donne pour objectif de favoriser la mixité, l’égalité
filles-garçons et le droit à la différence.
Pour y parvenir, la Ville de Nantes active plusieurs leviers :
la formation de ses agents et celle des professionnels des
structures délégataires, des activités et des supports éducatifs
pour encourager la mixité et déconstruire les stéréotypes,
des espaces collectifs repensés (cours d’école, jardins de
crèche). La sensibilisation et la prévention sont également
au programme, afin de lutter contre toutes les formes de
violences et de discriminations.
QUELQUES ACTIONS
SIGNIFICATIVES EN 2021
Les filles ne jouent pas toutes à la poupée et les garçons
ne rêvent pas tous de camion ! Pour lutter contre
les stéréotypes et les discriminations entre les sexes,
des critères de notation sont intégrés aux marchés
d’achats de matériel pour les écoles, pour favoriser
les soumissionnaires offrant le plus large choix de jeux
et jouets inclusifs et mixtes.
Le pôle santé globale de l’enfant de la collectivité mène
des actions d’information et de prévention auprès
des enfants, avant l’entrée au collège. Elles abordent
les relations filles-garçons, la puberté et l’éducation
affective et sexuelle.
La Ville travaille au réaménagement des cours
de récréation, en favorisant la mixité et l’égalité
filles-garçons, le rapport à la nature, le bien-être
et l’épanouissement des enfants. Ce sujet a été évoqué
le 13 mars avec Édith Maruejouls lors de la conférence
« Une ville non-sexiste, c'est quoi ? ».
Elle accompagne aussi ses agentes et agents. En 2021,
lors des journées de formation des Atsem, un groupe
a suivi une intervention de la FAL 44 pour décrypter
les étapes de construction des rapports de genre.
Une action d’éducation aux médias et à l’informa-
tion a été menée par la Bibliothèque municipale en
partenariat avec Les Autres Possibles auprès des CM2
de l’école Port Boyer autour des stéréotypes de genre
dans les médias.
SOUTENIR L’ENTREPRENEURIAT
Les femmes font partie des publics prioritaires des dispositifs
de soutien à l’entrepreneuriat, pour lancer leurs projets et faire
tomber les barrières et stéréotypes.
Le réseau des Sup’Porteurs de la Création 44 fédère les princi-
paux acteurs de la création d’entreprises et facilite les parcours
des porteuses de projet de création ou de reprise. Il rend
visible l’offre d’accompagnement du territoire : financement,
hébergement et développement.
Des événements, comme le salon Go Entrepreneurs ou
Be-a-boss, mettent en valeur des femmes porteuses de projet
et favorisent la connaissance et la mise en réseau. Le salon
Go Entrepreneurs a comptabilisé 51 % de femmes parmi les
visiteurs. L’entrepreneuriat des femmes fait partie du top 5 des
centres d’intérêt des visiteurs du salon.
Dans les quartiers populaires, le dispositif « Osez entreprendre »
cible son action vers les femmes éloignées de l’emploi et
les entrepreneures ayant démarré sans accompagnement,
notamment avec l’organisation du salon Créa au féminin
et des tests d’activités comme le Flashcoop culinaire,
l’Incubateur culinaire ou l’Autre Marché.
29 femmes ont participé à Créa au féminin
dont 9 porteuses de projets issues des
quartiers prioritaires.
À noter
La Ville de Nantes met en œuvre la Convention
internationale des droits de l’enfant et s’inscrit
activement dans la démarche portée par l’Unicef,
« ville amie des enfants ». Dans le cadre de son plan
d’action 2020-2026, la Ville de Nantes s’engage plus
particulièrement pour un égal accès aux loisirs
pour les filles comme pour les garçons.
Ville non-sexiste
34 35Sportives !
Dans son ambition d’être la
première ville non-sexiste d’ici
2030, Nantes entend devenir la ville
du sport pour toutes et tous.
En soutien aux associations
Nantes renforce l’accompagnement, tant financier qu’humain,
des projets de développement d’équipes féminines ou
mixtes. L’aménagement des équipements est aussi primordial
pour encourager la pratique sportive des femmes, avec des
vestiaires adaptés et une bonne desserte en transports en
commun.
Pour encourager les femmes dans leurs
pratiques sportives libres
Les aménagements et les équipements en libre accès sont
pensés pour s'adapter à différents profils (hauteur, typologies)
et prendre en compte les enjeux de sécurité, d'environne-
ment et d'urbanisme.
TROPHÉES ALICE MILLIAT
La Ville a accueilli en octobre, dans les Salons Mauduit, les
premiers Trophées Alice Milliat. Ils récompensent les initia-
tives en faveur de la pratique sportive des femmes et de leur
prise de responsabilité dans les clubs.
UN PEU D’HISTOIRE
Le nom d’Alice Milliat résonne peu dans la tête
du grand public, une méconnaissance qui en
dit long sur le chemin qui reste à parcourir :
cette femme née à Nantes en 1884 est une
pionnière du sport féminin et l’une des grandes
initiatrices de sa reconnaissance. Sportive
elle-même, elle est l’une des fondatrices, en
1917, de la Fédération des sociétés féminines
sportives de France. Elle en devient la
présidente en 1919, organise des compétitions
féminines nationales et internationales et
crée, le 31 octobre 1921, la Fédération sportive
féminine internationale (FSFI), organisatrice
des Jeux mondiaux féminins. Une belle
réponse au refus du Comité international
olympique d’associer les sportives aux Jeux !
Le succès des deux premières éditions donne
enfin aux femmes l’accès aux JO d’Amsterdam
en 1928. Depuis le 8 mars dernier, une statue
à son effigie trône dans le hall du Comité
national olympique et sportif français, à côté
de celle de Pierre de Coubertin. À Nantes, une
salle du stadium Pierre Quinon porte le nom
d'Alice Milliat.
LGBTQIA+
visibles et
soutenus
SUCCÈS POUR CINÉPRIDE
Le festival CinéPride s’est tenu du 1er au 6 juin 2021, mais
sous contraintes sanitaires. Le public, lui, était bien présent,
tant à cette 17e édition qu’à l’habituelle soirée court-métrage
reportée fin août. 1 000 entrées ont été enregistrées pour 19
séances de cinéma, 12 films et 1 court-métrage
« UNIQUE EN SON GENRE »
Un documentaire de 52 min, de la réalisatrice Pascale
Fournier, a été diffusé sur France 3 Pays de la Loire
à l’automne. Tourné dans les locaux de Nosig, il montre
l’accueil de jeunes en transition et de leurs parents par
les bénévoles de l’association Nosig.
HAUTE EN COULEURS !
La médiathèque Jacques Demy a aussi
adopté les couleurs du Mois des Fiertés : quiz
sur les personnages LGBTQIA+ dans la pop
culture, rencontre sur les représentations
LGBTQIA+ dans la littérature jeunesse avec
l’autrice Cordelia, enregistrements d’extraits
de livres pour « la machine à lire » par des
artistes affiliés au centre LGBTQIA+ Nosig.
LGBTQIA+
Ce terme désigne les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles,
trans, queers, intersexes, asexuelles. Le « + » est ajouté pour
englober toutes les autres réalités. Le sigle LGBTQIA+ permet
d’évoquer la diversité des corps, des genres et des désirs
des personnes.
Pour soutenir la lutte
La Ville a mis en visibilité son engagement : le 20 novembre,
le miroir d’eau a été éclairé à l’occasion de la journée
de commémoration des personnes trans assassinées.
Une fresque en mémoire de Sasha, jeune victime de la
transphobie, était inaugurée le jour même boulevard Salvador
Allende. Le soutien à l’association Nosig s’est poursuivi
pour faire vivre le centre d’accueil, d’écoute, d’information
et d’accompagnement des personnes LGBTQIA+.
Pour rendre visibles les personnes LGBTQIA+
Le Mois des Fiertés a bénéficié d’une large campagne d’affi-
chage. En juin, Nosig relançait pour la deuxième année le
festival des fiertés avec Pride au balcon, invitant les habitants
à accrocher des drapeaux arc-en-ciel aux fenêtres. Dans un
contexte sanitaire contraint, le format allégé de la marche
des fiertés a néanmoins rassemblé près de 9 000 personnes.
Et le haut niveau ?
Ambassadrices de premier plan, les sportives de
haut niveau participent à la dynamique du territoire
nantais. Les équipes féminines qui évoluent en haut
niveau bénéficient du même accompagnement
que leurs homologues masculins.
Les événements internationaux accueillis (Coupe
du monde de rugby en 2023, JO en 2024) créeront
des passerelles avec les pratiques sportives des
Nantaises, dans le but de les développer.
Ville non-sexiste
Les discriminations envers les
personnes LGBTQIA+ sont aussi
une manifestation du sexisme. Elles
catégorisent et enferment dans des
hiérarchies. Chaque personne doit
être libre de construire son parcours
de vie, indépendamment des
modèles imposés. C’est le
sens de l’action de la Ville.
Nathalie Blin
Conseillère municipale déléguée à
la lutte contre l’homophobie et au suivi
des associations LGBTQIA+
36 37Tourniquet au rapport
En février, des membres du CNAU ont participé à un test sur
un nouveau tourniquet permettant l’accès à la plaine de jeu
de la Durantière. Le tourniquet permet le passage de fauteuil
roulant mais empêche l’accès aux véhicules non autorisés
sur la plaine (scooters, par exemple).
Pour des tramways (toujours plus) accessibles
3 ateliers de concertation avec des membres du CNAU
se sont tenus en 2021 (2 février, 23 mars, 1 er septembre)
pour étudier dans le détail les conditions de transport des
personnes en situation de handicap dans les futurs trams.
Le constructeur Alstom a réalisé des maquette à l’échelle
1 pour effectuer des tests et améliorer le confort d’usage :
boutons des portes, composteurs, écran dynamique, assises,
strapontins, espace PMR ont ainsi été passés au crible.
Ces ateliers permettent de faire évoluer les nouveaux
véhicules avant leur mise en circulation.
C’est garantir l’accès à une ville pensée
pour toutes et tous : ce qui s’avère
nécessaire pour 10 % de la population
est utile pour 40 %, et confortable
pour 100 % des usagères et usagers.
Les aménagements de l'espace public
a priori conçus pour un public en
situation de handicap renforcent le
bien-être et l'accessibilité de toutes
et tous : personnes âgées, accidentées
de la vie, enfants en bas âge, parents
avec poussettes, livreurs, touristes,
résidents étrangers, etc. L'accessibilité
universelle a bien d'autres dimensions :
signalétique, interprétariat en langue
des signes française...
Agir pour une
accessibilité
universelle
L’accessibilité universelle
concerne bien plus que nos
équipements, les transports,
le logement ou l’espace public.
Elle questionne aussi l’action
municipale : l’égalité est-elle
effective dans l’accès aux droits
et aux services publics ? Garantir
l’accès à l’éducation, la pratique
sportive ou culturelle, la qualité
d’accueil, c’est contribuer aux
conditions de l’émancipation
de chacune et chacun.
Marie Annick Benâtre
Adjointe en charge des migrants
de l’Est, des personnes handicapées
et de l’accessibilité universelle
LES EXPERTS ? CELLES ET CEUX
QUI VIVENT LA VILLE
Notre politique d’accessibilité universelle intègre l’expertise
d’usage, c’est-à-dire la prise en compte, avant tout, des
besoins des usagères et des usagers (actuels et futurs).
Cette démarche de conception garantit une réelle utilité
des réponses et solutions offertes, en anticipant les difficultés
que les habitants pourraient rencontrer. L'expertise usage
questionne et fait évoluer les pratiques professionnelles dans
les services de la Ville.
La réussite de l’accessibilité universelle, notre capacité à
rendre la vie plus facile à toutes et tous, reposent sur la prise
en compte d’un accès global à la Cité :
loisirs et sports logement
culture santé
éducation vie affective
information mobilité
travail et emploi citoyenneté
La ville inclusive est une ville qui offre à toute
personne, en situation de handicap ou non, la
possibilité d’accéder à l’ensemble des politiques
publiques, des activités et des domaines de la vie
sans jamais être empêchée par un environnement
hostile. C’est une façon de vivre ensemble, en
citoyennes et citoyens égaux et respectés.
Accessibilité universelle
L’ACCESSIBILITÉ
UNIVERSELLE,
C’EST DU CONCRET !
Ouvrir le dialogue citoyen
Le Conseil nantais pour l’accessibilité universelle (CNAU)
s’inscrit dans la démarche de dialogue citoyen portée par
la Ville de Nantes. Il participe à la co-construction des
politiques publiques avec les habitantes et habitants. Le
CNAU représente tous les types de handicap, les personnes
âgées, les acteurs économiques et d’autres usagères et
usagers de la ville.
Impacter nos politiques publiques
La direction égalité accompagne les directions concernées
et favorise les actions de sensibilisation à travers son offre
de services.
COMMENT
AGIR ?
38 39Du sport
pour toutes
et tous
Ouvrir les
portes de
l’éducation
SECTION CÉCIFOOT
AU FC NANTES
En décembre 2021, le FC Nantes a créé une section de
cécifoot - en signant un partenariat avec l’association Don
Bosco Cécifoot, dont le club évolue en haut niveau. Le FC
Nantes rejoint ainsi les deux autres clubs professionnels
évoluant au niveau national dans cette discipline. Le club
apporte ainsi son soutien financier, matériel et humain, ainsi
que sa notoriété au développement de ce sport, notamment
auprès des jeunes.
2019-2022
LE PLAN HANDISPORT
ET SPORT ADAPTÉ
Il a pour objectif de lever les freins à la pratique sportive des
personnes en situation de handicap. Près de 2 000 Nantaises
et Nantais bénéficient d’une offre et d’équipements adaptés.
Les actions du plan visent à développer la pratique sportive
des personnes en situation de handicap : formation des
encadrants, matériel, accompagnement des personnes en
situation de handicap mental. Les collaborations avec les clubs
sportifs de personnes valides sont encouragées.
Le sport est envisagé sous toutes ses formes : loisirs, décou-
verte dans le cadre éducatif, compétition et haut niveau.
L’accent est mis aussi sur la visibilité, par la communication
sur l’offre sportive (démonstrations, initiations, interventions
dans les instituts médico-éducatifs) et par l’organisation de
compétitions handisport et sport adapté. En parallèle, la mise
en accessibilité des équipements sportifs se poursuit.
UN PROJET ÉDUCATIF INCLUSIF
Le Projet éducatif de territoire 2021-2023 « Bien grandir à
Nantes » a notamment pour objectif d’accompagner l’enfant
ou l’adolescent en situation de handicap tout au long de son
parcours, sur l’ensemble des temps scolaire et périscolaire.
L’action de la Ville de Nantes se déploie dès la petite enfance,
avec une priorité donnée à l’accueil des enfants en situation
de handicap et atteints de maladies chroniques, au sein des
multi-accueils municipaux.
La Ville encourage aussi l’inclusion des enfants et des jeunes
en situation de handicap pendant les temps périscolaires,
dans les accueils de loisirs et les structures sportives. Pour
cela, elle soutient le développement d’une offre dédiée et
l’organisation d’événements mixtes.
Enfin, le Projet éducatif de territoire se donne comme
objectif de créer une plateforme multi-partenariale pour
accompagner les familles et faciliter les parcours éducatifs
sans rupture des enfants et des jeunes en situation de
handicap, de la petite enfance à l’insertion professionnelle.
L’INCLUSION SCOLAIRE
CONCRÉTISÉE
C’est l’engagement de la Ville de Nantes, en lien avec
l’Éducation nationale et les associations. Trois projets
d’unités d’enseignement spécialisé sont lancés pour une
ouverture d’ici 2023 pour les groupes scolaires Plantes,
Doulon Gohards et Felloneau. Ils s’ajouteront aux cinq unités
déjà existantes pour accueillir les enfants en situation de
déficience intellectuelle.
Les élèves accueillis bénéficient d’un accompagnement
spécifique mais profitent aussi des temps de récréation,
de cantine, d’activités artistiques et sportives et du temps
périscolaire avec les autres enfants.
CONNAÎTRE,
COMPRENDRE, ADAPTER
La Ville forme ses agentes et ses agents et adapte son
organisation au besoin, en particulier sur le temps du repas.
Côté périscolaire, le délégataire Léo Lagrange Ouest forme
ses animatrices et animateurs et renforce si besoin les
équipes pour mettre en place des solutions sur-mesure.
Il développe aussi des ressources pour sensibiliser les enfants.
L’Accoord, en charge des accueils de loisirs, forme ses
équipes et aménage ses locaux pour développer sa capacité
d’accueil des enfants en situation de handicap. Et parfois les
enfants prennent la main : un groupe de 9-12 ans, accom-
pagné par un animateur, a réalisé un jeu de société pour
sensibiliser à la question du handicap, appelé Handi-Pass.
Une belle initiative pour tous les publics !
ÉCOLE SULLY, SUR LE CHEMIN DE
L’ACCESSIBILITÉ UNIVERSELLE
Les travaux au sein du groupe scolaire Sully (335 élèves)
et de son pôle associatif intègrent la mise en accessibilité
à destination des personnes en situation de handicap.
À la fin du chantier, au printemps 2023, les accès aux quatre
entrées et à l’ensemble des locaux (restaurant scolaire,
locaux associatifs et centre de loisirs compris) seront entiè-
rement adaptés à toute forme de handicap moteur, visuel,
auditif, mental ou cognitif. Un deuxième ascenseur sera
mis en service au niveau de la cour de l’école élémentaire,
des rampes d’accès seront ajoutées et la signalétique et
l’éclairage seront renforcés afin de faciliter les déplacements
intérieurs.
Coût des travaux : 2,4 M d’euros.
634 enfants relevant de la Maison départementale des personnes handicapées
sont scolarisés dans les écoles publiques nantaises.
Parmi eux, 450 sont scolarisés dans des classes ordinaires.
24 disciplines sont répertoriées et soutenues dans le cadre du Plan handisport et sport
adapté 2019-2022
26 clubs sont engagés dans le développement des pratiques sportives adaptées
On a aimé :
Avançons Ansemble
Créée en 2016 par Ringo Pereira, personne non
voyante assidue de blind tennis, l’association
nantaise propose des activités sportives pour
favoriser l’inclusion. Torball (avec ballon sonore),
showdown (alliant air hockey et tennis de table),
sont ainsi conçus pour les aveugles et déficients
visuels et ouvertes aux valides. Sont aussi proposés
des sorties en tandem et des jeux de société. « Il y
a aussi un volet sensibilisation avec la découverte
des techniques de guide, l’apprentissage du braille
et des diners dans le noir », détaille Ringo Pereira.
Accessibilité universelle
40 41La culture
sans obstacle
« NOUS SOMMES DES
VOIX SANS BOUCHES »
C’est le nom de la création partagée, soutenue
par la Ville de Nantes, portée par le collectif
T’Cap et réalisée avec Stereolux, Trempolino,
Musique Action Handicap et le chanteur
Dominique A.
Né pendant le premier confinement, le projet
implique des musiciennes et des musiciens
amateurs en situation de handicap. Des ateliers
d’écriture ont permis de collecter la matière
première de la création artistique. Dominique A
a fait une proposition artistique en juin 2021,
enrichie par la suite avec les participantes et
les participants. La création artistique se
poursuit et s’affine, pour une restitution finale
sur scène au printemps 2022.
UNE SAISON CULTURELLE
ACCESSIBLE
Spectacles, concerts, musées, cinémas,
lectures et parcours dans la ville : les différentes
structures culturelles du territoire multiplient les
propositions et se mobilisent pour une culture
accessible à toutes et tous.
La Ville de Nantes a développé des supports
de communication adaptés pour présenter
la saison accessible au public en situation de
handicap visuel (avec des documents écrits
en gros caractères ou des audio-descriptions).
Vivre la ville CHEMINER LIBREMENT Le Schéma directeur d’accessibilité (SDA),
arrêté en 2016, identifie près de 300 km de
cheminements piétons sur Nantes, considérés
comme prioritaires par Nantes Métropole et
par les personnes en situation de handicap
représentées par les associations locales.
En 2021, 773 000 euros ont été investis
pour leur mise en accessibilité. Des travaux
d’aménagement ont aussi été réalisés hors du
cadre du SDA, qui améliorent l’accessibilité de
toutes et tous (personnes non marchantes,
mal marchantes, aveugles et malvoyantes
notamment).
Pour améliorer les transports en commun
Dans le cadre du Schéma directeur d’accessibilité program-
mée des transports collectifs de Nantes Métropole, le renou-
vellement de la flotte Proxitan s’est traduit par la livraison de
18 nouveaux véhicules en 2020, mieux adaptés aux besoins
du public et fonctionnant au gaz naturel (GNV). Une première
en France ! La Semitan et le constructeur se mobilisent pour
faire évoluer les véhicules suite aux retours des membres
du CNAU, dans une démarche d’amélioration continue.
Pour améliorer les cheminements en été
Des membres du CNAU ont réalisé des tests sur site pour vérifier
l’accessibilité des cheminements pendant les travaux de l’été
en centre-ville. En effet, les coupures de tramways pendant
les travaux obligent les piétons à emprunter des itinéraires afin
de rejoindre des arrêts provisoires de bus relais tram.
Pour accéder aux terrasses
Dans la continuité des visites sur site réalisées en 2020 dans
le cadre de la démarche « La rue pour tous », des membres
du CNAU ont testé, avec la direction égalité, l’accessibilité des
terrasses d’été pour les personnes en situation de handicap
comme pour les piétons. L’objectif était de repérer les
pratiques à éviter mais aussi celles à valoriser.
L’AMÉNAGEMENT DES BÂTIMENTS
L’agenda d’accessibilité programmée (Ad’AP) planifie les
travaux à réaliser pour permettre la mise en conformité
du patrimoine bâti de la Ville de Nantes. Il concerne 611
établissements recevant du public (ERP) et une centaine
d’installations ouvertes au public (IOP). La Ville de Nantes
veut aller au-delà de la mise aux normes réglementaires en
développant aussi le confort d’usage.
UNE CONCERTATION
PRODUCTIVE
208 ERP sont accessibles depuis fin 2021, soit 34 % (contre 5 % en 2015)
49 ERP ont été mis en accessibilité en 2021
Accessibilité universelle
ÉMOTION PARTAGÉE
À LA FOLLE JOURNEE
La Folle Journée a mis à disposition auprès
des personnes sourdes ou malentendantes
des gilets vibrants pour rendre accessibles
des concerts. Pour faire ressentir la musique,
ils transmettent au corps des vibrations.
Ce dispositif se développe au sein de l'événe-
ment aux côtés de l’interprétariat en Langue
des Signes Française (LSF), la mise en place
de plans tactiles, l’accueil de personnes
en situation de handicap.
L’accessibilité de nos bâtiments
s'impose de par la loi. C'est surtout
une opportunité pour ouvrir le dia-
logue sur les usages et les besoins
des personnes en situation de handicap.
C'est la citoyenneté du quotidien
qui est en jeu.
Pascale Robert
Conseillère municipale déléguée
à l'accessibilité des bâtiments
42 43272 jours de prêts des outils pédagogiques
et de sensibilisation de la direction
égalité aux actrices et acteurs
du territoire
Peu importe nos moyens, notre
situation, notre lieu d’habitation,
notre genre ou notre origine, nous
avons les mêmes droits, nous
devons pouvoir accéder aux mêmes
services, à la même mobilité ; nous
devons avoir les mêmes capacités
de prendre part à la ville.
C’est cela, l’égalité.
Johanna Rolland
226 577 € de subventions au titre de la ville non-sexiste ont bénéficié à 16 associations en faveur de :
• la défense et la promotion des droits des femmes et des personnes LGBTQIA+ : 145 200 € • la lutte contre les violences sexistes et sexuelles : 67 377 €
• la santé sexuelle : 8 000 €
• la visibilisation des femmes et de leur histoire : 5 000 €
• le lien social et la sororité : 1 000 €
566 859 €
de subventions attribués aux associations
en aide aux projets ou en soutien
au fonctionnement pour leur action
en faveur de l’égalité
176 882 €
de subventions ont été versés par Citad’elles aux
projets mis en place dans ses locaux
par 26 structures partenaires
61 400 €
de subventions ont été attribués pour le fonctionnement de
21 associations agissant pour les personnes en
situation de handicap
102 000 €
de subventions ont été versés à 6 associations au titre
de la prévention et de la lutte contre
les discriminations
30 lieux
d'expérimentation où des distributeurs de
protections périodiques
ont été installés.
3 projets d’unités d’enseignement
spécialisé sont en cours de
réalisation pour accueillir
les enfants en situation de
déficience intellectuelle.
Ils s’ajoutent aux 5 unités
déjà existantes
24 disciplines sportives sont soutenues
dans le cadre du Plan
handisport et sport adapté
22 noms de femmes ont été
attribués à des rues ou
des établissements en
2021 (137 depuis 2016)
975 abonnées
et abonnés à la lettre de l'égalité
02 40 41 95 96 le numéro d’AlloNantes
Discriminations, la plate-forme
pour écouter, informer et orienter
les victimes de discriminations
60 % des appels reçus par AlloNantes Discriminations évoquent
le critère ethno-racial dans les
situations de discriminations
24 % évoquent le critère du handicap ou de l’état de santé
1 240 femmes ont été accueillies
à Citad’elles en 2021
5 210 passages à Citad'elles ont été enregistrés
49 établissements recevant du public ont été mis
en accessibilité en 2021
Chiffres clés
44 45Ours Crédits photos :
@le.roi.des.kobolds p. 27
Audencia p. 34
Baptiste Roman, Hans Lucas p. 3
Célia Le Goaziou, Nantes Métropole p. 28
Céline Jacq, Nantes Métropole p. 11, 30, 37, 38, 40
Celine Ziwes p. 23
Direction égalité p. 16, 17, 18, 19, 22, 39, 42
Direction Europe & international p. 7
FAL 44 p. 23
Jean-Félix Fayolle, Nantes Métropole p. 10, 13, 26, 32, 38
Jérôme Blin p.32
Ludovic Failler, Nantes Métropole p. 36
Patrick Garçon, Nantes Métropole p. 3, 12, 10, 13, 37, 43
Philippe Gouret p. 21
Régis Rotier p. 27
Rodolphe Delaroque, Nantes Métropole p. 31, 35, 41
Tissé Métisse p. 22
Victor Tonelli p. 33
Directrice de la publication
Johanna Rolland
Réalisation
Direction égalité Ville de Nantes - Nantes Métropole
Conception éditoriale
De l’Autre Côté du Miroir / Elo A
Rédaction
Direction égalité, De l’Autre Côté du Miroir / Elo A
Création maquette et mise en page
VUPAR
Merci aux contributeurs et contributrices de ce rapport.
46 47Nous contacter
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