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unknown - Communauté d'agglomération - Marne et Gondoire - aMGS221
Document publié le Lundi 20 octobre 2025
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Marne et Gondoire - aMGS221)
Thèmes du document : Éducation, Culture et patrimoine, Industrie,
L’ACTUALITÉ INTERCOMMUNALE / N°221 - 20 OCTOBRE 2025
Bussy-Saint-Georges / Bussy-Saint-Martin
Carnetin / Chalifert / Chanteloup-en-Brie /
Collégien / Conches-sur-Gondoire /
Dampmart / Ferrières-en-Brie / Jablines
Jossigny / Guermantes / Gouvernes /
Lagny-sur-Marne / Lesches / Montévrain /
Pomponne / Pontcarré / Saint-Thibault-des-
Vignes / Thorigny-sur-Marne
LE MOT DU PRÉSIDENT
DANS CE NUMÉRO
CAP’MÉTAL RECRUTE
SES JEUNES PROS
AVEC LES MUSICIENS
D’AUTOMNE JAZZ
Marne et Gondoire Agglo / www.marneetgondoire.fr
Les collectivités doivent plus que jamais être efficaces, continuer leur
action pour l’intérêt général, soutenir la production, soutenir la création,
accompagner les habitants. C’est ce que nous devons aux citoyens en
cette période agitée.
Jean-Paul MICHELMARNE ET GONDOIRE SCOPE L’actualité intercommunale - N°221 20 OCTOBRE 2025 / www.marneetgondoire.fr
Le 16 octobre, lors des Ateliers de la biodiversité
et de la transition écologique, rencontre qu’elle
organise chaque année, Marne et Gondoire
conviait les élus et agents des communes à un jeu
collectif : concevoir un projet d’aménagement
pour un terrain fictif comprenant boisement et
zone humide. Objectif : y construire un ensemble
de logements collectifs et individuels avec leurs
places de parking ainsi que des terrains de sport.
Au préalable, les agents de la communauté
d’agglomération ont rappelé la façon dont ils
appuient les projets municipaux. La direction des
services techniques, celle de l’environnement et le
service urbanisme accompagnent les communes
pour les aspects techniques, réglementaires et
environnementaux. La direction de la stratégie et
du développement apporte un appui en matière
d’aménagement, de foncier, de planification, de
logement et d’habitat et enfin le service de la
commande publique aide à la passation d’environ
150 à 200 marchés par an.
Répartis en deux groupes, les élus et services ont
ensuite tâché de «diagnostiquer» la parcelle en
recensant les données disponibles et les études
à lancer afin d’identifier les opportunités et
contraintes d’aménagement, puis ils ont placé
sur la carte les différentes composantes de leur
programme avec l’objectif de lancer les travaux
avant la date limite fixée. Un exercice où l’on voit
que «les règles d’urbanisme et environnementales
sont exigeantes mais constituent une opportunité
pour bâtir des projets de qualité et peuvent
inspirer des idées», comme l’a rappelé le vice-
président à l’environnement et à l’agriculture,
Patrick Maillard, en introduction.
ACTUALITÉ
On aménage
ensemble ?
L’atelier avait lieu au Parc culturel de Rentilly
TU
Organisée par l’association La piste de coquelicots
cette course emblématique faisait le tour de
Marne et Gondoire le 28 septembre. Félicitations
à Dimitri Valsot, venu de l’Yonne, qui a bouclé les
42 km en 3 heures et 3 minutes sur 219 concurrents
à l’arrivée. Bravo également à Gabriel Gueniffet
(Val d’Europe athlétisme) qui remporte le 12 km
en 44 minutes et 38 secondes sur 215 concurrents.
Le maratrail de Marne et Gondoire
TU Mairie de Conches-sur-Gondoire
VUMARNE ET GONDOIRE SCOPE L’actualité intercommunale - N°221 20 OCTOBRE 2025 / www.marneetgondoire.fr
Le groupe Bic a ouvert son usine de Marne-la-
Vallée à l’aube du nouveau millénaire. Implanté
à Montévrain, cet outil industriel baptisé Bic
Écriture 2000 était alors «un pari sur l’avenir
face à une concurrence internationale de plus
en plus féroce». C’est la fille de Marcel Bich,
Marie-Aimée Bich-Dufour, membre du conseil
d’administration du groupe, qui, à l’occasion
des 25 ans du site, rappelle ces mots prononcés
par son frère Bruno lors de l’inauguration en l’an
2000. Le groupe a continué d’écrire son avenir
puisqu’un quart de siècle plus tard, il réalise plus
de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel
dans 160 pays.
Le secret de la réussite ? Inchangé
depuis l’origine : «pouvoir écrire
plus de 3 kilomètres pour quelques
dizaines de centimes d’euros»,
rappelle le directeur général du
site de Marne-la-Vallée, Fabrice
Dieudonat.
C’était cela l’idée de génie du baron Bich,
fondateur de l’entreprise : le stylo à bille, tout
autant appelé stylo Bic, tant son usage s’est
répandu. Lancé en 1950, l’iconique Bic Cristal
fête aujourd’hui ses 75 ans en pleine forme,
puisque des dizaines de millions s’en écoulent
chaque année dans le monde, rendant «l’écriture
simple et accessible à tous», selon David Cabero,
directeur de la catégorie Écriture de l’entreprise.
Plus que des chiffres de ventes ou de parts de
marché, les différents dirigeants qui se succèdent
à l’estrade évoquent la place particulière de cet
objet intergénérationnel entré dans «la culture
populaire» et dans «le quotidien des Français»,
pour écrire mais aussi dessiner. Et que dire du
fameux 4 couleurs ? «Je l’interdisais en classe
à cause du clic lorsqu’on change de couleur, je
préférais demander 4 bics de 4 couleurs», titille
le préfet délégué à l’égalité des chances, Benoît
Kaplan, ancien professeur de collège, non sans
avoir auparavant rappelé «la fierté française» que
constitue l’ascension de Bic. Le nouveau directeur
général du groupe, Rob Versloot, adresse des
messages de remerciements et de félicitations
aux 350 collaborateurs du site. L’assistance
regroupe une grande partie du personnel, à la
fois des bureaux et de l’usine. Le
Néerlandais, en fonction depuis
2 semaines seulement, s’exprime
dans un français encore mâtiné
d’anglais.
Si le siège social du groupe
demeure à Clichy, les activités
qui y étaient auparavant disséminées
ont été regroupées à Montévrain :
la production mais aussi la recherche
et développement et le laboratoire
d’industrialisation. «Vous êtes les gardiens
de notre héritage industriel», souligne Marie-
Aimée Bich-Dufour qui rappelle que «les sites
industriels et la distribution commerciale sont
les deux piliers du groupe». Et d’expliquer :
«Nous concevons nos propres machines. Mon
père avait compris qu’il lui fallait maîtriser
entièrement le processus industriel pour réussir
à fabriquer des produits de haute qualité en
TU
ACTEUR DU TERRITOIRE
Tous les stylos bille de Bic produits en
France sont fabriqués à Montévrain. Les
dirigeants du groupe étaient présents à
l’occasion des 25 ans du site de Marne-la-
Vallée, qui produit des milliards de billes et
des millions de stylos chaque année.
L’usine Bic de
Montévrain fête
ses 25 ans
FairshotMARNE ET GONDOIRE SCOPE L’actualité intercommunale - N°221 20 OCTOBRE 2025 / www.marneetgondoire.fr
très grandes quantités et à des prix abordables.
Il ne s’est d’ailleurs jamais présenté comme un
dirigeant d’entreprise mais toujours comme un
industriel.»
On l’aura compris, l’usine de Montévrain n’est
pas un simple site d’assemblage mais un véritable
outil de fabrication : les entrants sont uniquement
des matières premières, à commencer par le
carbure de tungstène qui compose la bille
du stylo Cristal. Le métal arrive en poudre,
transformée en pellets durcis par cuisson à haute
température. Pour les rôder et les polir, il faut un
matériau encore plus dur. Les pellets sont donc
centrifugés avec de la poudre de diamant. Mais
gare à l’excès de polissage ! «À l’écriture, il ne
faut ni sensation d’accroche trop prononcée,
ni impression de fuite de la bille», explique un
opérateur. Une affaire de précision donc pour
des milliards de billes produites chaque année
et dont le diamètre est identique au millionième
de millimètre près ! Ces billes sont fournies
également à d’autres usines du groupe hors
d’Europe. Montévrain produit aussi les moules
pour la production des manches de rasoirs et
autres produits fabriqués dans d’autres sites.
C’est le laboratoire d’industrialisation situé juste
au-dessus de l’atelier qui conçoit ces moules et,
plus globalement, les machines de montage.
Mais l’usine Bic Écriture 2000, c’est avant tout
100% de la production française de stylos
billes du groupe et 100% de sa production
mondiale de stylos 4 couleurs, soit des millions
d’unités par an... à une cadence intensive (140
capuchons en 15 secondes) accompagnée d’une
démarche de réduction des matières premières.
Ainsi, le corps du Bic Cristal a adopté en 2010
une forme hexagonale à l’intérieur, identique
à la forme extérieure. Résultat : «avec une
tonne de plastique, nous produisons 214 000
stylos aujourd’hui contre 160 000 en 1950»,
souligne Fabrice Dieudonat. Le dégraissage
des pointes se fait aussi désormais pour moitié
avec du CO2 recyclé (déchet industriel d’Air
liquide reconditionné). L’objectif est d’éliminer
complètement l’usage de solvants chlorés à
moyen terme. Bic, une entreprise à la pointe !
ACTEUR DU TERRITOIRE
christophe Lepetit
Le maire de Montévrain, Christian Robache, et son adjoint
Serge Dujarrier entourent le directeur de l’usine, Fabrice
Dieudonat... et l’incontournable bonhomme Bic !
TU
Une halle d’alimentation locale à la
cueillette de Chanteloup
Le 29 septembre, la famille Cozon, propriétaire
et exploitante de la cueillette de Chanteloup
inaugurait des commerces juste à côté de ses
maraîchages. De part et d’autre de cette allée
avec vue sur les champs, 4 nouveaux installés
proposent cours de cuisine et expériences
culinaires en groupe, boulangerie bio (ouverte
par un céréalier de Coulommiers), herboristerie,
bar à bières... sans oublier le café-restaurant
de Sophie et Benoît Cozon, qui utilisent les
produits de la cueillette. Une initiative saluée
par le maire de Chanteloup, Olivier Colaisseau
et le directeur général d’EpaMarne, Laurent
Girometti, qui voient là une manière de marier
activité économique et écologique.
TU
Sophie Cozon a
réalisé elle-même
la décoration de
son café
BRIÈVEMENTMARNE ET GONDOIRE SCOPE L’actualité intercommunale - N°221 20 OCTOBRE 2025 / www.marneetgondoire.fr
ACTUALITÉ
L’école de
production
Cap’Métal recrute
Getty Images
Faire connaître l’école de production Cap’Métal,
tel est l’objectif de sa directrice de projet,
Frédérique Rémond, en cette période où
l’Éducation nationale a ouvert les réorientations.
«Nous nous adressons aux élèves qui sortent de
Troisième et n’ont pas d’affectation en lycée,
ne se sentent pas faits pour le système scolaire
ou sont en décrochage», expose l’ancienne
enseignante lors d’une réunion de présentation
de l’école aux travailleurs sociaux le 16 octobre
au centre socioculturel Mix’City (Lagny). Et de
présenter les avantages de cette formation
tournée vers l’employabilité : «Nos apprenants
doivent avoir entre 15 et 18 ans. Ils apprendront
le métier d’usineur et passeront au bout des
deux ans de formation le CAP Conducteur
d’installations de production. La différence
avec un CFA est que deux tiers des 35 heures
hebdomadaires sont passées en atelier, en plus
de l’enseignement général. C’est la pédagogie
du faire pour apprendre.»
Aux côtés d’un maître d’apprentissage
expérimenté, qui participait à la réunion
également, les élèves répondront à des
commandes d’entreprises partenaires. «C’est
une école fondée par et pour l’industrie. Le
client viendra présenter son cahier des charges
au maître professionnel en présence des élèves
et effectuera le contrôle qualité devant eux,
une fois la pièce produite. C’est pourquoi nous
appelons nos élèves, jeunes professionnels. Nous
leur donnerons tous les codes du savoir-être en
entreprise.»
Le modèle des écoles de production a le vent en
poupe avec 70 établissements de ce type ouverts
en France dont 6 en Île-de-France, soutenus par
la Région. Cap’Métal en sera la septième à son
ouverture début novembre.
Pour l’heure, les machines-outils sont en cours
d’acheminement dans les locaux, situés dans la
zone d’activités de l’Esplanade à Saint-Thibault-
des-Vignes, juste en face de l’entreprise Coupery
et Masson.
Cette installation est aubaine pour ce, petit,
mais reconnu fabricant d’engrenages pour
l’aéronautique, l’armement et le médical et qui va
faire partie du conseil d’administration de l’école.
Amirouche Igui, son directeur des achats, nous
confirme la difficulté de sa société à recruter des
profils compétents pour le tournage des pièces
avant leur taillage. «Le problème s’amplifie, nous
avons donc dû proposer cette année à deux
de nos salariés expérimentés, 6 mois après leur
retraite, de reprendre une activité chez nous.»
Pour lui, «les jeunes qui sortiront de cette école
n’auront aucun mal à trouver un emploi. Avec
des rémunérations élevées, équivalentes à celles
de certains Bac+4.» 1700 euros nets par mois
en début de carrière semble être une estimation
réaliste d’après les participants. Le tout, dans des
ateliers qui utilisent du matériel sophistiqué, de
plus en plus automatisé et informatisé. Les élèves
Accompagnée par Marne et Gondoire,
l’école de production Cap’Métal, qui va
ouvrir début novembre à Saint-Thibault,
recrute en ce moment ses élèves à la faveur
des réorientations scolaires, ou plutôt «ses
jeunes pros» tant cet établissement sera
tourné vers l’opérationnel.MARNE ET GONDOIRE SCOPE L’actualité intercommunale - N°221 20 OCTOBRE 2025 / www.marneetgondoire.fr
ne seront toutefois pas rémunérés pendant
leur formation, les commandes d’entreprises
finançant l’école et donc leur apprentissage
gratuit.
Comme dans toutes les écoles de production,
cet apprentissage se fera en petit effectif, de
12 à 14 places maximum. «C’est une formation
d’excellence», conclut Frédérique Rémond. 3
élèves sont déjà inscrits. L’un d’eux se présentait
lors de la réunion. «J’avais trouvé un travail dans
la vente et ça se passait bien, mais je veux faire un
métier manuel.» La motivation est précisément
le critère de recrutement de l’école, dont Marne
et Gondoire, qui l’a initiée aux côtés d’industriels
locaux, est partenaire.
Renseignements : capmetal.org
ACTUALITÉ
Quelle est votre expérience ?
Nicolas Ehrhart : J’ai dirigé pendant longtemps
un atelier dans une usine. J’ai ensuite participé
un gros fab-Lab à Paris, ce qui a actualisé mes
connaissances. J’ai monté une start’up puis ai
été professeur dans un lycée professionnel.
Pour moi, cette école, c’est comme monter une
nouvelle boîte !
Qu’est-ce qui vous motive dans Cap’Métal ?
La part laissée à la pratique. La théorie seule, c’est
rébarbatif pour les jeunes : leur parler puissance
et couple moteur dans une salle de classe, ça ne
les intéresse pas ! Il faut leur montrer ce que ça
donne sur une machine en fonctionnement. Je
veux donc leur transmettre mon savoir car j’aime
l’industrie de mon pays. Il y a une demande
énorme en France pour le métier d’usineur, dans
plein de petites boîtes qui fonctionnent bien, qui
sont très compétitives, contrairement à ce qu’on
entend. Je suis allé visiter une usine à Courtry
récemment. Tous avaient le sourire dans l’atelier.
Ça m’a surpris. De mon temps, l’ambiance était
un peu plus terne.
Qu’allez-vous leur dire en premier et qu’allez-
vous leur faire faire en premier ?
Je vais d’abord leur parler sécurité, c’est
primordial. Ensuite, la première chose qu’on
fera après avoir découvert les machines, c’est
ce qu’on appelle la mise en touche : le réglage
du point de contact entre l’outil et la pièce.
Les premières pièces que je leur ferai fabriquer
seront basiques : des cylindres avec les tours et
des cubes avec les fraiseuses.
TU
Maître
professionnel
de Cap’Métal
3 questions
à Nicolas
Ehrhart
La communauté d’agglomération aux côtés de l’école de production. Ici, la directrice de projet, Frédérique Rémond, et Remy Peres, directeur général adjoint de Marne et Gondoire, lors de la réunion.
TU
La deuxième séance de formation aux outils d’intelligence
artificielle faisait à nouveau le plein dans les locaux
de l’agglomération. Ce programme qui s’adresse aux
professionnels est organisé par Marne et Gondoire qui
prend en charge 50 % du coût d’inscription.
VU
TUMARNE ET GONDOIRE SCOPE L’actualité intercommunale - N°221 20 OCTOBRE 2025 / www.marneetgondoire.fr
ENTRETIEN
Comment vous êtes-vous mise à jouer de la kora ?
Senny Camara : De façon naturelle, alors que
pourtant ce sont les griots qui traditionnellement
en jouent, de père en fils. Ces membres de la
cour étaient autrefois les messagers du roi et
les seuls autorisés à jouer de la kora, qui est une
harpe africaine datant du 13e siècle.
Petite, j’étais plus connectée avec la calebasse,
qui est la caisse de résonance de la kora : j’ai
grandi dans un petit village à 90 kilomètres
de Dakar où on l’utilisait pour tout, comme
instrument de percussion mais aussi pour la
maison. Ma grand-mère mettait tout ce que je
mangeais dans des calebasses. Et
un jour j’ai entendu de la musique
traditionnelle à la radio. C’était
tellement beau que j’ai demandé ce
que c’était et ma grand-mère m’a
expliqué toute l’histoire de la kora.
J’ai voulu en voir une et j’en suis
tombée amoureuse.
Et comment êtes-vous devenue
professionnelle ?
Petite, je chantais naturellement
mais ma mère me l’interdisait car seuls les griots
peuvent chanter en Afrique. Il y avait aussi ma
grand-tante qui soignait par la musique. Ma
grand-mère m’emmenait la voir mais ne voulait
pas que je chante à mon tour car je n’étais pas
guérisseuse. Mais je chantais quand même et j’ai
gardé ces chansons jusqu’à présent. J’ai ensuite
appris la musique au conservatoire de Dakar car
tout le monde dans mon entourage trouvait que
je chantais bien et m’encourageait. J’y ai aussi
appris la kora. Pour payer le conservatoire, j’allais
jouer dans des hôtels. Et après, je suis arrivé en
France en 2002 et j’ai continué au conservatoire
de Saint-Denis, où j’habite toujours, et petit à
petit j’ai fait mon chemin. Dans mes albums, je
mélange la musique traditionnelle de chez moi et
un peu de blues des États-Unis, un peu de tout.
Aimez-vous donner des concerts ?
Oui, la scène est mon lieu préféré dans la vie. Je
suis quelqu’un qui ne sort pas beaucoup. Aller
jouer ma musique, c’est ça qui me fait vivre, c’est
une thérapie pour sortir de chez moi. J’aime
les lieux intimistes, où tu es près du public, où
tu peux expliquer et partager ta
musique, tout simplement.
Renaud Ollivier (qui accompagnait
Senny Camara à la callebasse) :
«J’ai accompagné plusieurs
musiciens d’Afrique de l’ouest.
La musique mandingue met
immédiatement le doigt
exactement là où il faut dans
ton cœur. C’est addictif. Je suis également
pédagogue à la Philharmonie de Paris pour les
tout-petits. Jouer de la musique avec les enfants
est ce qu’il y a de plus surprenant. Ils n’ont pas
de codes donc ils vont essayer tout ce qu’il est
possible d’essayer. Un adulte qui découvre le
violon cherchera comment bien le tenir, à bien
placer ses doigts… Un enfant, lui, va poser le
violon par terre et tapoter, grattouiller… et la
recherche musicale sera beaucoup plus grande.»
La chanteuse sénégalaise Senny Camara
était au parc de Rentilly le 8 octobre
lors d’Automne jazz. Elle nous explique
comment elle est devenue joueuse de kora,
instrument traditionnellement réservé aux
hommes.
«Partager ma
musique, c’est ça
qui me fait vivre»
TU
Senny Camara et Renaud Ollivier après leur concert à RentillyMARNE ET GONDOIRE SCOPE L’actualité intercommunale - N°221 20 OCTOBRE 2025 / www.marneetgondoire.fr
Êtes-vous heureux d’être en France ?
Giorgi Mikadze : Bien sûr que je suis heureux !
Je connais Raphaël Pannier depuis longtemps,
quand nous étions étudiants ensemble aux États-
Unis, et j’ai rencontré François Moutin lorsque
nous enregistrions le premier album de Raphaël.
Ce sont des amis et nous avons donc formé ce
trio. Nous l’avons enregistré en France et il a été
lancé en France. Il s’appelle Georgian songbook
– Face to face et nous le jouons depuis 2023.
Je suis donc content de revenir en France pour
jouer cet album, et pas seulement Paris mais
dans différentes villes.
Quelle a été votre source
d’inspiration pour cet album ?
Elle vient de l’enfance, de ces
mélodies que j’écoutais dans les
films géorgiens, de la musique
provenant du théâtre ou même
des dessins-animés. Je voulais
écrire des arrangements pour mettre en lumière
ces mélodies très connues en Géorgie. Tout
comme j’ai commencé en Amérique en jouant
le répertoire américain, j’ai décidé de jouer
aujourd’hui un répertoire géorgien. Pour cela,
avoir constitué ce trio est fantastique car Raphaël
et François sont des musiciens français mais
aussi, je dirais, des musiciens new-yorkais. Ils ont
cette expérience américaine avec en plus cette
incroyable french touch. Ils comprennent donc
bien ces fragiles mélodies.
L’idée est de montrer à quel point de belles
mélodies ont été écrites dans les années 1960 et
1970 en Géorgie. Comme en France d’ailleurs,
où il y a tant de si beaux films, notamment les
comédies. Un de mes acteurs favoris est Louis
de Funès, j’ai vu tous ses films. La musique est
incroyable, en particulier celle de Fantômas.
Certes, c’est de la musique old school mais c’est
justement ça que j’ai voulu apporter aujourd’hui,
en l’intégrant dans les standards et settings du
jazz.
C’est la musique classique qui vous a révélé. En
jouez-vous encore ?
Non seulement, je continue à en jouer mais
je l’enseigne car j’ai acquis une
importante expérience dans une
très grande école de musique en
Géorgie (conservatoire de Tbilissi).
L’une des plus célèbres pianistes
en France, Khatia Buniatishvili,
en est issue également. Cette
expérience, je l’ai emportée aux
États-Unis, où j’enseigne maintenant. Je suis un
grand fan de Bach. Alors, même si je ne fais plus
de concerts, je continue à jouer de la musique
classique car c’est là que sont mes racines.
Quelles sont vos sensations sur scène ?
D’abord, j’ai toujours été reconnaissant envers
chaque personne qui vient à mes concerts.
Je respecte beaucoup le public et j’essaie de
m’impliquer envers lui. Parfois, pendant le
concert, je regarde les gens et essaie de voir
comment ils réagissent. C’est quelque chose
que j’ai développé ces 10 dernières années alors
qu’avant je restais davantage concentré sur mon
ENTRETIEN
Le pianiste géorgien Giorgi Mikadze, qui
enseigne au Berklee college of music à
Boston, jouait le 7 octobre à Lagny lors du
festival Automne jazz. Rencontre avec l’un
des grands musiciens du jazz actuel.
«Sur scène, il y
a un processus
magique»
TU
TU
À Lagny, avant le concertMARNE ET GONDOIRE SCOPE L’actualité intercommunale - N°221 20 OCTOBRE 2025 / www.marneetgondoire.fr
jeu. Je veux développer un contact intime, ce qui
est très précieux pour un musicien. Et chaque
public est différent. Le meilleur moment, c’est
avant le concert quand on le sent prêt à partager
avec nous la musique que nous allons créer.
La scène est un endroit spécial pour moi, c’est là
que je me sens le meilleur. Sur scène, vous vous
sentez libre, vos émotions ressortent, surtout
quand vous avez de grands musiciens à vos
côtés. Nous sommes trois, mais sur scène nous ne
sommes plus qu’un. On communique ensemble,
c’est un processus magique, qui forme un cercle
avec le public.
Comment vous viennent vos improvisations ?
L’improvisation, je dirais que c’est d’abord une
capacité qui se révèle dès l’enfance. En tout
cas, c’est comme ça que cela s’est passé pour
moi. Je n’étais pas un élève de piano comme
les autres : j’étais toujours en train d’improviser
sur Beethoven, Mozart, et Bach et Chopin… je
changeais tout le temps la musique. Mais il y a
des règles. Donc je me suis dit, «commence à
créer ta propre musique». Nous jouons beaucoup
d’idées musicales et nous gardons les meilleures
pour la composition. Nous avons cette structure
harmonique et ce réseau harmonique du jazz et
nous improvisons dessus, en sentant comment
réagit le public, en essayant de deviner ce qu’il
ressent à travers l’atmosphère du moment.
Mais si vous me demandez ce qu’est
l’improvisation techniquement, je dirais que
c’est une tournure d’esprit et une part de talent
avec laquelle on naît. Bien entendu, il faut aussi
avoir étudié les différents langages du jazz : old
school jazz, be-bop, cool jazz, modern jazz… être
vraiment éduqué au monde du jazz. Mais après,
le meilleur son que vous pouvez trouver, c’est
quand vous commencez à écrire votre propre
musique. Pour le premier album produit que j’ai
enregistré, j’avais des standards du répertoire
géorgien et mes propres compositions. Et je
continue à composer de cette façon.
Êtes-vous fier de faire connaître la musique
traditionnelle géorgienne ?
La musique folklorique géorgienne de l’ouest
est l’une des musiques polyphoniques les plus
avancées dans le monde. Même si je dirais que
la plus proche polyphoniquement est la musique
corse, vous ne pouvez la comparer à aucune
autre. Son système harmonique est spécifique, si
bien que vous ne pouvez pas en jouer au piano,
il faut ce clavier électronique par exemple (en
montrant l’instrument rangé dans la salle du
conservatoire où nous sommes). Un autre de
mes projets, à côté du jazz, est d’apprendre à
en jouer du mieux possible. Cette musique est
le fruit de tellement de siècles de création que
c’est sans fin. C’est mon rôle, ma motivation et
ma mission de l’apporter au monde.
ENTRETIEN
TU
Le 7 octobre, lors du concert à Lagny
Raynald PhilippartMarne et Gondoire Scope - Lettre numérique d'actualité de Marne et Gondoire N°221 - Communauté d’agglomération de Marne et Gondoire, octobre 2025 Conception, rédaction, mise en page : Thomas Umiastowski
Ferrières-en-Brie, dans le jardin
de la Maison de la nature.
☑ Y. Bouquet
Réponses de la
quatrième manche
Cinquième manche
OÙ EST-CE ?
Dans quelles communes ont été prises ces photos ?
Vous avez au moins une réponse ? envoyez-la à
hebdo@marneetgondoire.fr
Classement
2 victoires : Jean-Paul Zita
1 victoire : Yves Bouquet
Edwige Lagouge, Natacha
Sartori
TU
TU TU
TU
Bussy-Saint-Georges, vue sur
les vignes depuis le village
ancien ☑ E. Lagouge,
Y. Bouquet
Chalifert, vue sur la Marne
☑ Y. Bouquet, J.-P. Zita
Chanteloup-en-Brie, verger
communal
Les anciens bains turcs au parc
culturel de Rentilly, domaine qui
appartenait auparavant à la famille
Menier. ☑ J.-P. Zita, E. Lagouge
TU