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Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 22
Document publié le Vendredi 22 avril 2022
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 22)
Thèmes du document : Animaux, Aménagement du territoire, Espaces terrestres et maritimes,
Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
autorisation préalable de Biotope
IV Évaluation des enjeux
61
Etude de la faune, de la flore et
des habitats
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Voltalia
février 2020
ce domaine. Ainsi, il convient de garder à l’esprit que des surfaces plus ou moins grandes autour des points d’observations sont utilisées par les espèces pour se nourrir et se reproduire notamment (en fonction des habitats présents et des exigences écologiques de chaque espèce évidemment).
Enjeux de conservation faible
Sont concernées des espèces présentant des effectifs importants en Guyane. Si ces espèces sont inféodées à un habitat particulier, celui-ci ne doit pas être menacé. Dans cette catégorie d’enjeu, on retrouve des espèces migratrices communes, des oiseaux de passage en vol au-dessus du site (Urubus sp par exemple), des espèces anthropophiles à forte valence écologique et des espèces communes non-menacées. En général, ces espèces sont seulement protégées (pas avec habitats) et figurent en LC sur la liste rouge UICN. Attention, un grand nombre de taxons seulement protégés et en LC peuvent également figurer parmi les enjeux modérés et forts (espèces rares des forêts de l’intérieur notamment). Une certaine flexibilité dans l’évaluation des enjeux est laissée à l’expert en fonction des zones, des effectifs des espèces, du statut reproducteur sur le site, des menaces déjà existantes, du degré de complétude de l’inventaire et des nombreuses méconnaissances de l’avifaune guyanaise.
Cette catégorie concerne 14 espèces sur le site d’étude.
Tableau 9 : Listes des espèces d'oiseau patrimoniales (protégée : P, ou déterminante de ZNIEFF : D), LRR : Liste Rouge Régionale
Nom normalisé Nom
scientifique
Législati
on
Liste
rouge
régionale
Habitat en Guyane Abondance en Guyane Statut sur le site d’étude
Grand Urubu Cathartes melambrotus P LC
Forêts primaires mais
s’aventure aussi au-dessus
des forêts secondaires du
littoral.
Espèce commune. Non nicheur à priori. Quelques individus en vol à
la recherche de nourriture.
Harpage bidenté Harpagus bidentatus P LC
Forêts, en général de terre
ferme dans l’intérieur,
sèches ou marécageuses
dans la plaine côtière. Tend
à s’associer aux Tamarins
dans la canopée pour
profiter des gros insectes et
petits vertébrés dérangés par
les singes.
Espèce commune.
Nicheur possible.
Un adulte observé posé sur la
zone.
Râle kiolo Anurolimnas viridis P LC
Fréquente les terrains
broussailleux et herbeux, les
friches, les bords de pistes et
les cultures à l’abandon.
Espèce commune
dans toute la région
littorale où il profite
des défrichements.
Nicheur très probable dans
les abattis hors de la zone. Au
moins deux couples.
Tamatia pie Notharchus tectus P LC
Grande variété de faciès
forestiers avec une
préférence pour la canopée
de la forêt primaire.
Espèce plutôt
commune.
Nicheur possible dans des
termitières en canopée sur la
zone. Au moins un couple
présent.Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
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IV Évaluation des enjeux
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Faucon des
chauves-souris Falco rufigularis P LC
Clairières et bords de
rivières au sein de la forêt
primaire et sur les lisières
des bosquets en région
littorale.
Espèce commune
dans l’ensemble des
biotopes favorables en
Guyane.
Nicheur possible dans les
cavités d’arbres de la zone.
Un individu en chasse
observé.
Grisin sombre Cercomacroides tyrannina P LC
Forêts marécageuses, lisières
secondaires, abattis... Mal
connu dans le détail.
Espèce assez peu
commune à
répartition sporadique.
Nicheur probable dans les
abattis sur la zone et en
dehors.
Au moins deux couples
chanteurs dans le secteur.
Grimpar barré Dendrocolaptes certhia P LC
Forêts primaires et
secondaires anciennes de
sols drainés.
Espèce assez
commune répartie sur
l’ensemble du massif
forestier de l’intérieur.
Nicheur possible à probable
partout sur la zone. Plusieurs
individus observés dans des
rondes de sous-bois.
Entendu tous les matins sur
le secteur ouest.
Tyranneau
minute Ornithion inerme P LC
Forêts basses de lisière,
forêts marécageuses
inondables et forêts de terre
ferme. Strates hautes de la
forêt avec les rondes de
canopées.
Espèce commune
mais difficile
d’observation.
Nicheur possible à probable
partout sur la zone. Entendu
tous les jours en différents
points de la zone.
Microtyran
bifascié
Lophotriccus
vitiosus P LC Milieux secondaires.
Espèce assez
commune.
Nicheur probable en
différents points de la zone.
Plusieurs individus chanteurs
présents.
Platyrhynque à
miroir
Tolmomyias
assimilis P LC
Canopée de la forêt primaire
et vieilles formations
secondaires. Dans les rondes
de sous-bois en hautes
strates (accompagnant les
Formicaridés?).
Espèce commune.
Nicheur possible.
Un individu entendu au sein
d’une ronde à mi-hauteur.
Platyrhynque à
tête d'or
Platyrinchus
coronatus P LC
Sous-bois de la forêt
primaire de terre ferme.
Espèce commune (le
plus fréquent des
platyrhynques).
Nicheur très probable dans le
sous-bois en différents
points de la zone. Plusieurs
individus observés.
Tyran des
savanes Tyrannus savana P
LC
(savana)
Milieux ouverts de savanes,
pelouses et abattis.
Espèce migratrice
assez commune sur le
littoral. Migrateur
austral présent de fin
mars à octobre.
Non nicheur. Un individu en
transit sur l’abattis de la zone.
Tyran grisâtre Rhytipterna simplex P LC
Forêts primaires, strates
moyennes et hautes, dans les
rondes de canopée.
Espèce commune. Nicheur probable. Plusieurs chanteurs contactés en
différents points de la zone.Propriété de Biotope
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Microbate à long
bec
Ramphocaenus
melanurus P LC
Canopée de la forêt
primaire. Se nourrit dans les
massifs de lianes en
draperies verticales.
Espèce commune.
Nicheur possible. Un
individu observé à une
reprise en marge d’une
ronde.
Enjeux de conservation modéré
Cette catégorie d’enjeu est la plus difficile à caractériser précisément car certaines de ces espèces pourraient être mentionnées en enjeu faible à modéré ou modéré à fort par exemple. Les différences entre les enjeux apparaissent diffuses parfois. C’est pourquoi il est nécessaire de laisser de la flexibilité à l’expert, qui par son expérience, peut déceler des différences subtiles. En général, les espèces concernées par cette catégorie sont assez communes à peu communes, protégées et possiblement déterminantes de ZNIEFF et classéees en LC, NT ou DD. Ces oiseaux sont dans l’ensemble peu menacés à l’heure actuelle et il en est de même pour leur habitat.
Cette catégorie concerne 11 espèces sur le site d’étude.
Tableau 10 : liste des espèces d’oiseau présentant un enjeu de conservation modéré sur le secteur d’étude (LRR : Liste Rouge Régionale, P : espèces protégée, D : Espèce déterminante de ZNIEFF)
Nom normalisé
Nom
scientifique Statut L.R.R Habitat en Guyane Abondance en Guyane Statut sur le site
d’étude
Sarcoramphe roi Sarcoramphus papa P NT Forêts primaires. Espèce relativement commune et répandue. Non nicheur a priori. Un adulte
en vol à la recherche de
nourriture.
Aigle tyran Spizaetus tyrannus P LC
Recherche les ouvertures
au sein de la forêt
primaire, se limitant même
parfois à des secteurs
dégradés de végétations
secondaires, forêts
marécageuses mais
également sur les lisières
des boisements du littoral.
Espèce peu commune mais
bien répartie.
Nicheur possible à probable.
Deux individus entendus avec
insistance à plusieurs reprises sur
le secteur Est. Ce comportement
social combiné à cet habitat
favorable laisse entrevoir une
possible à probable nidification
sur zone.
Buse à face noire Leucopternis melanops P LC
Sous-bois de la forêt
primaire. Extrêmement
discrète ne volant que
rarement au dessus de la
forêt.
Espèce peu commune mais
répandue sur l’ensemble du
massif forestier.
Nicheur possible (en marge de la
zone ?). Un adulte posé en lisière
forestière à 350 mètres à l’ouest
de la zone.
Agami trompette Psophia crepitans D LC
Forêts primaires sur sols
drainés. Vit en troupes
comptant souvent plus
d’une douzaine
d’individus.
Espèce assez commune dans
les secteurs les plus reculés
du massif forestier de
l’intérieur.
Nicheur possible en cavité sur la
zone. Un petit groupe observé
dans l’est de la zone.
Petit-duc de
Watson Megascops watsonii P LC Forêts primaires. Espèce peu commune.
Nicheur possible voir probable
sur la zone en cavité d’arbre. Un
chanteur très actif tous les soirs
en saison des pluies au sud-
ouest.Propriété de Biotope
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Duc à aigrettes Lophostrix cristata P LC
Forêts primaires, parfois
de jour en bordure des
chablis.
Espèce commune et
répandue en Guyane.
Nicheur possible à probable sur
la zone en cavité d’arbre. Un
chanteur très actif tous les soirs
en saison des pluies en différents
points de la zone.
Ibijau gris Nyctibius griseus P LC
Forêts primaires, vieilles
forêts secondaires du
littoral et lisières de
savanes et rivières.
Espèce localement
commune.
Nicheur possible. Un individu
chanteur en lisière du boisement
au sein de l’abattis de la zone.
Tamatia à gros
bec
Notharchus
macrorhynchos P / D LC Paysages forestiers variés.
Espèce discrète mais assez
commune.
Nicheur possible dans une
termitière arboricole. Un
chanteur en lisière du boisement
à l’ouest.
Carnifex ardoisé Micrastur mirandollei P LC Strates supérieures de la forêt primaire. Espèce assez commune.
Nicheur probable sur le secteur
ouest. Un chanteur territorial et
très actif avec un comportement
suspect (nid à proximité ?).
Amazone de
Dufresne
Amazona
dufresniana D LC
Forêts primaires de terre
ferme. Espèce peu commune.
Nicheur possible (?) ou
erratiques venant d’autres pays
limitrophes. Un groupe
d’environ 10 individus sur la
zone et en marge.
Grimpar enfumé Dendrocincla fuliginosa P LC
Sous-bois de la forêt
primaire, où on la trouve
régulièrement liée aux
nappes de fourmis
itinérantes à l’image du
Grimpar à menton blanc.
Mais capture aussi des
insectes sur les troncs, à
l’écart des fourmis,
comme des cigales.
Espèce peu commune mais
répandue dans toute la forêt
de l’intérieur.
Nicheur possible. Un individu
observé au sein d’une ronde liée
aux nappes de fourmis dans l’est
de la zone.Propriété de Biotope
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Enjeu de conservation fort
Dans cette catégorie, on retrouve des espèces assez rarement observées en Guyane qui peuvent être seulement protégées ou avec habitats. On y trouve des espèces classées en LC ou NT parfois (espèces forestières pour la plupart) qui demeurent plutôt rares avec les connaissances actuelles. Les tendances d’évolutions démographiques et le rôle écologique des espèces sont évidemment pris en compte. Comme pour les autres niveaux d’enjeux, l’expérience de l’expert joue un grand rôle dans la classification.
Cette catégorie concerne 3 espèces sur le site d’étude.
Tableau 11 : liste des espèces d’oiseau présentant un enjeu de conservation fort sur le secteur d’étude (LRR : Liste Rouge Régionale, P : espèces protégée, D : Espèce déterminante de ZNIEFF)
Nom normalisé Nom scientifique Statut L.R.R Habitat en Guyane Abondance en Guyane Statut sur le site
d’étude
Grand Jacamar Jacamerops aureus P LC Strates hautes et canopée de la forêt primaire. Espèce assez rare.
Nicheur probable en
cavité ou termitière
arboricole sur la zone
(secteur de forêt de
terre ferme de qualité
au centre-est). Un
couple observé et
entendu. Des cris
spécifiques (type
parade nuptiale)
entendus.
Râle concolore Amaurolimnas concolor
Non
évaluée
(espèce
confirmée
en
Guyane
depuis
2014)
DD
Forêt de terre ferme,
marécageuse, lisières
forestières et recrûs.
Espèce très rare faisant
l’objet d’une fiche
d’homologation.
Cependant, de plus en
plus repéré par son
chant, désormais
davantage connu des
ornithologues guyanais.
Nicheur possible à
probable sur la zone.
Entendu à deux
reprises sur l’ouest de
la zone.
Tamatia à collier Bucco capensis P LC Sous-bois et canopée de la grande forêt primaire. Espèce assez rare.
Nicheur possible dans
le secteur. Un individu
entendu en marge de
la zone au crépuscule.
Ensuite en vol vers le
sud-ouest.Propriété de Biotope
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Enjeu de conservation très fort
Dans cette catégorie, on retrouve des espèces rarement observées en Guyane qui peuvent être seulement protégées ou avec habitats. Toutes les espèces classées VU, EN ou CR sur la liste rouge UICN figurent dans les enjeux très forts. Ces espèces sont menacées et/ou localisées sur des milieux rares à l’échelle de la Guyane (espèces de savane par exemple). Les tendances d’évolutions démographiques sont évidemment prises en compte. Comme pour les autres niveaux d’enjeux, l’expérience de l’expert joue un grand rôle dans la classification.
Cette catégorie concerne 1 espèce sur le site d’étude.
Tableau 12 : liste des espèces d’oiseau présentant un enjeu de conservation fort sur le secteur d’étude (LRR : Liste Rouge Régionale, P : espèces protégée, D : Espèce déterminante de ZNIEFF)
IV.1.4.5 La mammalofaune
Aucune espèce de mammifère présentant de statut de protection particulier n’a pu être observée au cours des inventaires menés en saison sèche et en saison humide. Cependant il est très probable que la zone soit fréquentée par des espèces à enjeux tel que le Tapir commun (Tapirus terrestris) une espèce déterminante de ZNIEFF ou encore le Puma (Puma concolor) une espèce protégée et déterminante de ZNIEFF. Cependant le secteur étudié présente de nombreux layons qui indiquent la présence régulière de plusieurs chasseurs. Cette pression liée à la chasse explique surement la raréfaction des grands mammifères au sein de la zone d’étude
Concernant les chiroptères, toutes les espèces inventoriées sont très communes partout en forêt.
Nom normalisé Nom scientifique Statut L.R.R Habitat en Guyane Abondance en Guyane Statut sur le site
d’étude
Milan à long bec Helicolestes hamatus H / D EN
A la différence du Milan
des marais qui affectionne
des espaces marécageux
ouverts, se rencontre
plutôt en lisières des
milieux forestiers
marécageux du littoral.
Tout comme le Milan des
marais, le Milan à long bec
se nourrit essentiellement
d’escargots.
Espèce rare et localisée
(littoral).
Nicheur possible sur la
zone ou en marge (plus
en aval de la crique
Sainte-Anne ?). Un
individu posé au nord
de la N1.V
lkhkjhkj
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V Appréciation de l’incidence
du projet sur les espèces
et les habitatsPropriété de Biotope
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V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
68
Etude de la faune, de la flore et
des habitats
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V.1 Incidence sur les habitats et la flore en phase
travaux
V.1.1 Incidence du projet sur les habitats
L’impact majeur du projet de parc photovoltaïque au niveau de la Piste Saint-Anne sera le défrichement d’environ 47 ha des habitats forestiers. À ce défrichement s’ajoute un effet de lisière, qui traduit la dégradation de l’habitat forestier, sans changement radical de sa structure. Les valeurs fournies dans le tableau ci-dessous (Tableau 13) indique les surfaces d’habitat concernées par l’un ou l’autre de ces impacts ; l’effet de lisière étant estimé par une bande de 20 m entourant les surfaces défrichées.
Tableau 13 : Surfaces des habitats affectés par le projet (ha).
Habitats Zone humide Surface totale (ha) Surface détruite (ha) % Surface dégradée par effet de lisière
Abattis noir marron 3,7004 0,0575 1,6 0
Crique en sous-bois de forêt dense × 0,3582 0 0 0
Forêts des vallons encaissés et des bas de pente
humides
× 2,7338 0,0112 0,4
0,9081
Forêts denses su pentes à Spatanthus lateralis 11,1280 0,0105 0,1 0,8976
Forêts ripicoles × 5,6746 0 0 0
Forêt dégradées dense et haute de basse altitude 77,190 42,6833 55,3 12,5184
Forêts denses sur sol meubles et profond 15,0960 0,0725 0,5 0,43
Forêts marécageuses sur argiles à Symphonia
globulifera
× 13,8830 0,0159 0,1
1,9589
Friches secondaires arbustives 5,8395 3,7940 65 0,8813
Ce tableau indique par ailleurs la proportion, au sein de la zone d’étude, de chaque habitat concerné par le défrichement. On peut remarquer que l’habitat qui sera le plus affecté est la forêt de terre ferme dégradée, qui verra sa surface réduite de 55% (42,7 ha) au sein de la zone d’étude principale (périmètre du projet). Soulignons ici que faire porter la majeure partie des impacts à la forêt dégradée de terre ferme est un choix délibéré et judicieux du maître d’ouvrage qui s’inscrit dans la démarche Éviter, Réduire, Compenser (ERC ; voir chapitre VI.1).Propriété de Biotope
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V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
69
Etude de la faune, de la flore et
des habitats
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L’évitement des zones humides est maximal avec des surfaces affectées minimes voire négligeables. Les 30 ha de zones humides présentent sur l’aire d’implantation possible sont donc totalement évitées.
Les forêts de terre ferme dégradées représentent un moindre enjeu de conservation que les autres habitats étant donné l’exploitation forestière à laquelle elles ont été soumises. Les installations de parc photovoltaïque se sont par ailleurs concentrées sur les forêts situées à l’ouest de la zone d’étude, car étant plus proche de la piste Sainte-Anne et donc plus accéssibles à l’exploitation, leur faciès est plus dégradé.
Au-delà de la conservation d’un habitat favorable à la conservation des espèces, la conversion de forêt en parc photovoltaïque entrainera la libération du carbone qu’elle séquestre. L’étude de la quantité de bois renfermé par les forêts de Guyane a fait l’objet de nombreux travaux de recherche scientifique, et ce, depuis plus d’une trentaine d’années.
Les valeurs disponibles dans la littérature scientifique sont présentées dans le Tableau 14. Elles varient en Guyane de 388 Mg.ha-1 à 673 Mg.ha-1 (Lescure et al. 1983, Molto 2012, Rutishauser et al. 2009). La conversion de 43 ha de forêt entrainera donc la suppression de 16 684 Mg à 28 939 Mg de masse végétale aérienne fraîche. À cette valeur, il faudra également ajouter la masse végétale représentée par le système racinaire, difficilement évaluable.
Remarquons que les valeurs fournies dans le Tableau 14 sont issues de la mesure de forêts matures en bon état de conservation, ce qui n’est pas le cas des forêts de terre ferme qui seraient défrichées pour l’installation du parc photovoltaïque. Les forêts concernées par le projet de la Piste Sainte-Anne ont en effet été exploitées et ont donc perdu une certaine partie de leur masse végétale initiale. On peut donc estimer que le volume de bois produit se trouvera dans la fourchette basse des valeurs indiquées.
Notons qu’il existe des valeurs de masse végétale de forêts exploitées estimée sur le dispositif de Paracou, qui se rapprocheraient certainement des valeurs attendues pour le défrichement occasionné par le projet. Ces valeurs n’ont cependant pu être obtenues.Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
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V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
70
Etude de la faune, de la flore et
des habitats
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Tableau 14 : Valeur de masse végétales mesurées ou estimées en Guyane issues de la littérature
Source Masse végétale (Mg.ha-1)
Rutishauser et al. (2009)
388
Rutishauser et al. (2009)
395
Rutishauser et al. (2009)
427
Rutishauser et al. (2009)
443
Rutishauser et al. (2009)
413
Rutishauser et al. (2009)
421
Rutishauser et al. (2009)
403
Rutishauser et al. (2009)
426
Rutishauser et al. (2009)
424
Rutishauser et al. (2009)
429
Rutishauser et al. (2009)
402
Rutishauser et al. (2009)
427
Molto (2012)
464,88
Molto (2012)
465,22
Molto (2012)
533,19
Molto (2012)
540,11
Molto (2012)
588,2
Molto (2012)
594,04Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
autorisation préalable de Biotope
V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
71
Etude de la faune, de la flore et
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Source Masse végétale (Mg.ha-1)
Molto (2012)
640,62
Molto (2012)
673,33
Lescure et al. (1983)
589,44
La friche arbustive située tout au nord de la zone d’étude constitue le deuxième habitat à être notablement affecté par le projet. Il ne représente qu’un très faible enjeu de conservation.
Les autres habitats forestiers ne seront détruits que sur des surfaces anecdotiques compte tenu de leur étendue au sein de la zone d’étude (<1 %). Limiter les impacts sur cet habitat, en particulier les zones humides, est, là encore, une volonté délibérée du maître d’ouvrage s’inscrivant dans la démarche ERC. Ces forêts représentent un plus fort enjeu de conservation, ayant été préservées d’une forte exploitation forestière et accueillent plusieurs espèces patrimoniales, tant du point de vue de la flore que de la faune. Évolution des habitats en l’absence du projet
L’habitat supportant la majorité des impacts sera la forêt exploitée de terre ferme. L’exploitation s’est vraisemblablement produite voici une vingtaine d’années et a eu pour conséquences :
● La diminution de la masse végétale, notamment ligneuse
● La réduction des populations des essences exploitées (Dicorynia guianensis, Vouacapoua americana, Qualea rosea, Sextonia rubra …)
● L’ouverture de l’habitat forestier entrainant l’implantation d’espèces héliophiles
● Une chasse très importante diminuant drastiquement les populations d’espèces gibiers
● Une banalisation des cortèges de faune avec l’absence des espèces rares de forêts primaires
Ces forêts sont actuellement en cours de cicatrisation. Les espèces héliophiles (Inga spp., Balizia pedicellaris, Pseudopiptadenia spp.) ont bénéficiées de l’ouverture du milieu qui leur a permis d’atteindre de fort diamètre, reconstituant ainsi une partie de la masse végétale. Ces forêts ont donc recouvert une structure proche de celle des forêts matures. Elles accueillent d’ailleurs des espèces caractéristiques des forêts matures en bon état de conservation diffusant du massif forestier intact se trouvant au sud de la zone d’étude.
Cependant, l’accès fourni par la Piste Sainte-Anne permet la conversion de ces forêts en abattis ainsi que le prélèvement de bois d’œuvre (Dicorynia guianensis, notamment), ce qui ralentit voire annule cette restauration naturelle. Compte tenu de l’augmentation des besoins en espaces aménageables pour la culture, il est vraissemblable que les forêts situées à l’ouest de la zone d’étude soient, petit à petit, mitées par la culture sur brûlis, et ce malgré le classement de la zone en ENCD par le SAR (2016).Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
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V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
72
Etude de la faune, de la flore et
des habitats
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La friche arbustive située au nord de la zone d’étude à pour vocation, en l’absence du projet et de toute autre perturbation anthropique, à évoluer vers une forêt secondaire mature. Les autres habitats affectés sont des habitats naturels à l’équilibre depuis plusieurs siècles. En l’absence du projet, et de toutes autres sources de perturbation anthropique, cet équilibre devrait perdurer indéfiniment.Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
autorisation préalable de Biotope
V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
73
Etude de la faune, de la flore et
des habitats
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V.1.2 Incidence sur la flore
V.1.2.1 Espèces arborescentes
Impact sur les espèces arborescentes déterminantes de ZNIEFF (2 espèces)
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact
Direct
Durée de l'impact
Permanent
Nature de l'impact
Destruction des individus situés dans l’emprise des parcs
photovoltaïques
Valeur patrimoniale et
statut juridique
Dicorynia guianensis et Recordoxylon speciosum sont les deux
espèces ligneuses et déterminantes de ZNIEFFconcernées
par cet impact. La première est la principale espèce
exploitée en Guyane. Elle est abondante dans la quasi-
totalité des forêts de ce département, ne présente aucun
problème quant à sa régénération.et représente un faible
enjeu de conservation malgré sa faible aire de répartion à
l’échelle mondiale (Guyane française, Suriname)
Recordoxylon speciosum est une espèce qui présente également
une faible aire de répartition (Bouclier Guyanais, nord du
Brésil) mais qui est bien moins fréquente dans le
peuplement forestier. Il peut ponctuellement être exploité
pour son bois, qui présente des propriétés proches de
Vouacapoua americana.
Capacité de régénération
Forte : en dehors de l’emprise du projet
Appréciation générale
Six specimens de D. guianensis sont concernés parmi les 15
reçencés. Un seul spécimen de R. speciosum a été localisé au
niveau de l’un des parcs photovoltaïques.
L’impact du projet sur le maintien de ces espèces en
Guyane française peut-être estimé à négligeable, compte
tenu de leur répartition dans le département.Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
autorisation préalable de Biotope
V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
74
Etude de la faune, de la flore et
des habitats
Site photovoltaïque de la Piste
Sainte-Anne
Voltalia
février 2020
V.1.2.2 Espèces épiphytes
Impact sur une espèce épiphyte déterminante de ZNIEFF
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact
Direct
Durée de l'impact
Permanent
Nature de l'impact
Destruction d’un specimen de Bollea violacea situé dans
l’emprise des parcs photovoltaïques
Valeur patrimoniale et
statut juridique
Bollea cf violacaea est orchidée épiphyte dont l’aire de
répartition est restreinte au Bouclier Guyanais (Guyana,
Suriname, Guyane française). Peu fréquente dans le
peuplement forestier, elle est considérée comme une espèce
déterminante de ZNIEFF.
Capacité de régénération
Modéré : Les conditions de germinations de cette espèce
sont méconnues. La germination des orchidées est tributaire
de la présence de champignons symbiotiques, ce qui réduit
les sites accéssibles à colonisation des représentantes de
cette famille.
Appréciation générale
L’impact du projet sur le maintien de ces espèces en
Guyane française peut-être estimé à faible, compte tenu
qu’un seul spécimen est a priori concerné.Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
autorisation préalable de Biotope
V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
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V.1.2.3 Espèces herbacées
Impact sur les espèces herbacées déterminantes de ZNIEFF (2 espèces)
Poste évalué Quantification ou nature de l'impact
Type d'impact
Direct
Durée de l'impact
Permanent
Nature de l'impact
Destruction des specimens de Palmorchis prospectorum et
Disteganthus lateralis situés dans l’emprise des parcs
photovoltaïques
Valeur patrimoniale et
statut juridique
Palmorchis prospectorum est une orchidée terrestre qui se plait
dans les forêts marécageuses du département. Elle peut être
observée dans des forêts secondaires, lorsque les impacts
n’ont pas été trop étendus (abattis). Cette espèce est sub-
endémique de Guyane.
Disteganthus lateralis est une Bromeliaceae assez fréquente
dans le département, en particulier au sein des forêts sur
sable blanc. Son niveau d’enjeu de conservation est faible
Capacité de régénération
Forte : D. lateralis est fréquente en Guyane et sa
conservation ne pose pas de problème particulier. Des
populations sources sont conservés en dehors de l’emprise
du projet.
Palmorchis prospectorum est abondante dans le secteur et son
habitat préférentiel est préservé (forêt marécageuses). Des
populations sources sont conservées en dehors de l’emprise
du projet, notamment le long de la Crique Sainte Anne (à
l’est).
Appréciation générale
L’impact du projet sur le maintien de ces espèces en
Guyane française peut-être estimé à très faible compte tenu
de leur large répartition dans le département d’une part et à
l’évitement d’une partie des individus d’autre part.Propriété de Biotope
Ne peut être diffusée sans
autorisation préalable de Biotope
V Appréciation de l’incidence du projet sur les espèces et les habitats
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V.2 Incidence en phase travaux sur la faune
V.2.1 Incidence sur l’ichtyofaune
Aucun enjeu de conservation notable a été découvert pour ce groupe taxonomique. Par ailleurs les impacts sur les habitats exploitées par les poissons seront globalement négligeables, car aucun cours d’eau permanent ne sera affecté par le projet.
Il faudra cependant être vigilant en phase travaux à maîtriser les remaniements de terrain afin de limiter les rejets dans le milieu (limons, argiles) qui pourraient avoir un impact en aval.
V.2.2 Incidence sur la batrachofaune
La batrachofaune patrimoniale occupe les secteurs de forêt marécageuse situés au centre de la zone d’étude et les vallons encaissés y affluant. Ces secteurs ont été volontairement exclus du périmètre d’implantation des parcs photovoltaïques, aussi l’impact sur ce groupe taxonomique peut-il être considéré comme négligeable.
Il faudra cependant être vigilant en phase travaux à maîtriser les remaniements de terrain afin de limiter les rejets dans le milieu (limons, argiles) qui pourraient avoir un impact en aval sur les sites de reproduction. Notons également la présence de deux espèces peu fréquentes observées le long de la Piste Sainte-Anne (Dendropsophus walfordii et Boana crepitans) a proximité du futur accès aux champs de panneaux photovoltaïques situé à l’ouest. Ces espèces pourraient être dérangées en phase de travaux si le chantier n’est pas correctement balisé.