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Document publié le Jeudi 1 janvier 2026
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Thèmes du document : Logement, Tourisme, Ruralité,
1MA SESSIONE STRASURDINARIA DI U 2026
29 È 30 DI GHJINNAGHJU
1ère SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2026
29 ET 30 JANVIER
REPONSE DE MONSIEUR JULIEN PAOLINI A LA QUESTION DEPOSEE
PAR MADAME MARIE-CLAUDE BRANCA AU NOM DU GROUPE CORE IN
FRONTE
OBJET : Pà una vera maestria di u parcu suciali in Corsica
Merci Madame la Présidente,
Monsieur le Président du Conseil exécutif,
Mesdames et Messieurs les Conseils exécutifs,
Mesdames et Messieurs les élus de l'Assemblée de Corse,
Madame la Conseillère,
Merci pour votre question, tout d'abord pour avoir dressé un constat sur la problématique
du logement en Corse. Je crois qu’aujourd’hui plus personne ne conteste, ni dans cet
hémicycle, ni en dehors, la tension ou les tensions particulières qui règnent sur notre île
en matière d'accès au logement, que ce soit d'accès au logement social, d'accès au
logement à la propriété ou d'accès au logement en location. Vous l'avez dit, de nombreux
Corses rencontrent les plus grandes difficultés pour se loger à des prix abordables ou
dans des logements décents.
Cette situation, évoquée à plusieurs reprises, elle est aggravée par la croissance
démographique rapide de notre île, notamment dans certains territoires, qui entraîne une
augmentation des besoins en logement et qui entraîne également une hausse constante
N°2026/E1/001des prix du foncier et de l'immobilier, malgré une dynamique de construction
importante. De nombreux logements ont été construits et, pour autant, cela n’a pas
permis d’enrayer la hausse des prix, que ce soit du foncier ou de l'immobilier, avec bien
sûr la question de la prolifération des résidences secondaires, des meublés de tourisme
qui accentuent les tensions sur le marché du logement, en particulier pour les jeunes et
les ménages précaires. Il s’agit là d’un constat général, mais je crois qu'il faut qu'on
distingue les dynamiques en fonction des secteurs géographiques de l'île, puisque la
situation n'est pas la même dans les secteurs urbains ou périurbains de l'île, qui
concentrent l'essentiel des emplois, notamment Bastia, Aiacciu et le périurbain.
D'un côté, nous avons en grande partie des résidences principales et du logement à
l'année, et notamment du logement social, que ce soit les bailleurs publics, l'Office
public de l'Habitat de la Corse, de la CAPA, ou les bailleurs sociaux privés, comme Erilia
que vous avez cité. Et de l'autre, nous avons les zones littorales et touristiques, qui
présentent souvent des taux élevés de résidences secondaires, de meublés de
tourisme, vous avez cité l’exemple de Portivechju, mais on aurait pu en citer bien
d'autres, où là on a en effet un des taux significatifs de résidences secondaires, aux
alentours de 55%, quand la moyenne corse est établie à 35%, nous constatons ainsi un
écart de 20 points au-dessus de la moyenne insulaire, ainsi qu’une évolution marquée
ces dernières années : entre les années 90 et aujourd'hui, on est passé de 40 % à 55 %
de résidences secondaires dans ces secteurs. Il apparaît donc clairement que la
progression des résidences secondaires et des offres de logements non permanents est
particulièrement soutenue.
Et enfin, le dernier secteur, les zones rurales de montagne de l’intérieur, où l’on observe
également un taux important de résidences secondaires, davantage lié à la déprise rurale
et à des logements patrimoniaux : maisons de village et patrimoine des Corses.
Pour terminer, un dernier point sur le constat : le déficit structurel en logements sociaux.
On manque cruellement de logements sociaux en Corse, et les derniers chiffres sont
parlants : près de 8 000 demandes en 2023 pour 1 000 attributions. Ces données
illustrent la nécessité de renforcer l’offre, notamment par la construction de nouveaux
logements sociaux. Mais je crois que la principale question que vous posez n’est pas tant
celle du constat que celle des moyens dont nous disposons pour agir.
Alors, je rappelle ce qu’a fait la Collectivité de Corse depuis 2020, notamment au travers
du règlement d’aides « Una casa per tutti, una casa per ognunu ». Donc aujourd'hui, on
peut faire le bilan de ce règlement d'aides. Ce sont 5 ans de mise en œuvre de cette
politique d'aide aux logements, 75 millions d'euros mobilisés, 32 millions d'euros en
faveur des communes pour créer du logement locatif partout sur le territoire, et
notamment dans les communes de l'intérieur et de montagne.
Et plus précisément, en ce qui concerne les logements sociaux, ce sont 26 millions
d’euros qui ont été consacrés aux bailleurs sociaux, publics et privés. Ce qui est
intéressant, c’est que la priorité, comme en témoignent les engagements budgétaires, aété donnée aux bailleurs publics, sous maîtrise publique. En effet, sur les 26 millions
d’euros consacrés au développement des logements sociaux, 19 millions d’euros ont été
affectés à des projets portés par l’Office public de la Corse et par l’Office public de la
CAPA.
Et donc les 7 millions restants sont pour les bailleurs privés, notamment pour des
opérations de réhabilitation. La question de la maîtrise publique du parc social, est au
cœur de nos choix politiques. C'est valable sur la question du logement, les communes,
les bailleurs sociaux, qui ont été aidés de manière forte ces 5 dernières années, et on va
continuer de le faire, mais également dans d'autres secteurs stratégiques, bien sûr dans
le secteur des transports, de l'eau, des déchets ou encore de l'énergie.
Et vous savez également que le marché, mécaniquement, oriente le logement vers les
usages secondaires ou touristiques. Je voudrais rappeler les choix politiques qui sont les
nôtres.
Trois points principaux :
• Premier point, la priorité donnée au secteur public, je l'ai rappelé et j'ai donné les
chiffres, notamment par le soutien aux offices publics de l'habitat par des
conventions d'objectifs et de moyens. Et on aura une nouvelle convention
d'objectifs et de moyens qui vous sera présentée dans les prochains mois, qui
sera, je pense, très ambitieuse en matière de développement du logement social
avec les Offices Publics de l'Habitat.
• Deuxième point, la trajectoire de dépendance et de réduction par rapport aux
opérateurs extérieurs.
• Et enfin, la production de logements encadrés. On a besoin de créer des
logements, mais des logements encadrés, en particulier dans les zones à forte
pression touristique. Par logements encadrés, j’entends le logement social, le bail
réel et solidaire, ainsi que l’accession sociale encadrée.
Nous souhaitions vous proposer, dès le mois de février, la révision du règlement d’aide
au logement, qui réaffirme ces priorités politiques. Celle-ci sera finalement présentée au
mois d’avril, pour des raisons liées à la campagne électorale et à la nécessité de faire
preuve de prudence à l’approche des échéances municipales. La révision du règlement
d’aide au logement vous sera donc présentée au mois d’avril.
Il s’agira notamment, et j’insiste sur ce point, d’aider plus fortement les communes qui
mettent en œuvre des outils favorisant l’accession à la propriété pour les Corses, ainsi
que des dispositifs de régulation des résidences secondaires et des meublés de
tourisme.À cet égard, je rappelle que, lors de la dernière session, nous avons voté un nouveau
règlement d’aide aux communes, qui introduit une réserve stratégique destinée à
soutenir les projets d’investissement portés par les communes qui s’engagent à lutter
contre la spéculation foncière et immobilière.
Je regrette toutefois que, lors de cette session, les oppositions, notamment
nationalistes, n’aient pas soutenu ce choix, qui constituait un choix politique fort et
assumé.
C’était pourtant l’occasion d’affirmer collectivement que nous ne saurions accepter que
les seules logiques de marché compromettent la capacité des collectivités, qu’il s’agisse
de la Collectivité de Corse ou des communes, à répondre aux besoins essentiels des
insulaires. Dans l’attente de l’autonomie et d’un statut de résident, notre responsabilité
collective – Conseil exécutif, majorité et opposition – est d’agir conjointement, en
mobilisant l’ensemble des leviers législatifs et réglementaires à notre disposition, afin de
garantir à chaque Corse la possibilité de se loger dignement sur sa terre.
A ringraziavvi !