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Arrêté - Préfecture - Martinique - RAA 02 2023 368
Document publié le Dimanche 1 janvier 2023
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Martinique - RAA 02 2023 368)
Thèmes du document : Santé, Handicap et inclusivité, Fin de vie,
PRÉFET
DE LA MARTINIQUE
RECUEIL DES ACTES
ADMINISTRATIFS
N°R02-2023-368
PUBLIÉ LE 31 OCTOBRE 2023Sommaire
ARS / Direction de l’offre de soins et de l’autonomie (DOSA)
R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet
régional de Santé Martinique (202 pages) Page 3
2ARS
R02-2023-10-30-00003
ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet
régional de Santé Martinique
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 3ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 4ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 5Cadre d’orientation stratégique pour le Projet
régional de santé de Martinique
2018-2027
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 62
PREAMBULE .......................................................................................................................................................... 3
I. INTRODUCTION............................................................................................................................................. 5
A. UN PROJET REGIONAL DE SANTE DE NOUVELLE GENERATION .......................................................................................... 5
B. DES ORIENTATIONS ET UNE STRATEGIE CO-CONSTRUITES AVEC LES ACTEURS DE SANTE MARTINIQUAIS .................................... 6
II. ELEMENTS DE CONTEXTE .............................................................................................................................. 7
A. LES FORCES ET LES FAIBLESSES DU TERRITOIRE : EVOLUTION DES DONNEES DE SANTE PUBLIQUE ET DES BESOINS DES
MARTINIQUAIS.............................................................................................................................................................. 7
1. Un territoire insulaire plus exposé aux risques ............................................................................................ 7
2. Une population en diminution, répartie inégalement sur le territoire ........................................................ 8
3. Un vieillissement accéléré de la population ................................................................................................. 8
4. Des situations de forte précarité et d’importantes inégalités de ressources ............................................... 9
5. Une amélioration globale de l’état de santé de la population .................................................................... 9
6. Des indicateurs de santé qui restent inquiétants et des problématiques de santé publique qui persistent
10
B. LES FORCES ET LES FAIBLESSES DU SYSTEME DE SANTE : MENACES ET OPPORTUNITES POUR DEMAIN ..................................... 11
1. Une démographie médicale fragile, insuffisante pour couvrir les besoins de demain et une offre
hospitalière en tensions ...................................................................................................................................... 12
2. Un accès parfois complexe à l’offre de santé ............................................................................................ 13
3. Des coordinations intersectorielles à renforcer pour répondre à l’évolution des besoins de prise en charge
« complexe »....................................................................................................................................................... 13
4. Des problématiques de santé publique qui demandent à conforter la démarche globale de promotion de
la santé, déclinée par territoire de proximité ..................................................................................................... 13
5. Un Service Santé des Armées acteur de Santé Publique ............................................................................ 14
III. LES ENJEUX A RELEVER POUR LA MARTINIQUE ............................................................................................17
A. LES PRIORITES POUR LA MARTINIQUE : DEUX GRANDES AMBITIONS POUR DEMAIN ........................................................... 17
1. Améliorer l’état de santé de la population : relever 5 grands enjeux ........................................................ 17
2. Réduire les inégalités sociales et territoriales de santé ............................................................................. 21
B. ADAPTER LE SYSTEME DE SANTE AUX ENJEUX D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN : 6 PRINCIPES ORGANISATEURS POUR LES 10 ANNEES
A VENIR...................................................................................................................................................................... 22
IV. LES ORIENTATIONS REGIONALES .............................................................................................................23
A. 3 GRANDES ORIENTATIONS STRATEGIQUES ET 8 OBJECTIFS GENERAUX POUR RELEVER LES DEFIS ACTUELS ET A VENIR ............... 23
1. Orientation 1 : Développer une culture partagée de la promotion de la santé permettant à chacun de
devenir co-auteur de sa santé ............................................................................................................................ 23
2. Orientation 2 : Viser l’excellence du système de santé Martiniquais ........................................................ 25
3. Orientation 3 : Assurer la fluidité des parcours de santé par la définition d’une offre de santé graduée et
intégrative en favorisant la coordination des acteurs en tout point du territoire .............................................. 28
B. LES CONDITIONS DE LA REUSSITE : DES LEVIERS D’ACTION TRANSVERSAUX A PROMOUVOIR ................................................. 31
1. Garantir la poursuite de la stratégie d’Animation Territoriale et favoriser la coordination des acteurs à
l’échelle régionale et locale ................................................................................................................................ 31
2. Replacer l’usager au cœur du système de santé........................................................................................ 31
3. Développer l’innovation en santé .............................................................................................................. 32
4. Renforcer la coopération régionale caribéenne et entre DOM/COM ........................................................ 32
5. Renforcer l’observation et l’évaluation en santé au service du pilotage et de la montée en compétence
des acteurs ......................................................................................................................................................... 33
C. LES RESULTATS ATTENDUS A 10 ANS ....................................................................................................................... 33
V. SYNTHESE ....................................................................................................................................................34
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 73
Préambule
L’évaluation du premier PRS a permis de tirer les enseignements nécessaires pour fixer le cap de la politique régionale de santé de la Martinique pour les prochaines années. Ainsi, le nouveau PRS, en étroite articulation avec la Stratégie Nationale de Santé qui inclut un volet spécifique aux territoires ultramarins, se veut être la feuille de route pour l’ensemble des acteurs régionaux en santé afin de favoriser :
le décloisonnement de notre système de santé par la mise en place de parcours fluides une gouvernance partenariale et participative de la politique de santé
une meilleure territorialisation des actions de santé.
La Région Martinique fait face à des enjeux de santé publique très sensibles, dont certains lui sont propres et inscrits dans un contexte de mutation sociétale (institutionnelle, démographique).
Ces enjeux de santé sont aussi liés à la prévalence des maladies cardio-vasculaires, à la mortalité infantile ainsi qu’aux cancers, à l’obésité et aux addictions. De façon spécifique, la Martinique se caractérise par le vieillissement de sa population et par des problématiques bien identifiées, parfois associées à des risques environnementaux à fort impact, au rang desquels les maladies vectorielles, telles les épidémies récurrentes de dengue, de Chikungunya et plus récemment de Zika en 2016.
Autre caractéristique : les établissements de la région présentent des déséquilibres structurels majeurs, à forts retentissements financiers, capables de fragiliser une prise en charge de qualité de la population.
Le contexte particulier des maladies chroniques aux indicateurs supérieurs à la moyenne nationale, impose une politique de santé publique affichant des priorités claires et mobilisant des moyens et compétences au service d’actions coordonnées et efficientes de l’ensemble des acteurs nationaux et locaux. Elle doit aussi répondre à une exigence nettement accrue en termes de démocratie sanitaire, d’égalité d’accès aux soins et à la santé.
Dans ce contexte, notre ambition à travers le PRS est d’améliorer l’état de santé global de la population et de réduire les inégalités sociales et territoriales en santé. Les objectifs stratégiques pour la Martinique, inscrits dans le cadre du PRS, concernent :
- La nécessaire anticipation du vieillissement de la population et de la perte d’autonomie, - L’amélioration de la santé des mères et des enfants et la lutte contre la mortalité infantile et périnatale,
- La réduction de l’impact du surpoids et de l’obésité et leurs incidences sur les maladies chroniques (diabète, HTA, IRC, maladies cardio-vasculaires),
- La prise en charge de qualité des cancers,
- La santé mentale.
Ces axes procèdent d’une réflexion collective et d’une large concertation pour apporter des réponses adaptées aux enjeux et défis à relever pour les Martiniquais et leurs besoins de santé. Parmi leurs conditions de réussite, figurent de façon particulière la coordination des acteurs de santé (notamment à travers des dispositifs d’appui aux professionnels), la démocratie en santé, et la coopération régionale caribéenne et entre DOM/COM, capable d’optimiser l’efficience des moyens.
L’Agence Régionale de Santé a pour mission de planifier et de mettre en œuvre les actions qui viendront répondre à l’ensemble de ces objectifs autour de principes clés :
une cohérence avec les textes nationaux (Stratégie Nationale en Santé particulièrement) et locaux (Schéma de l’autonomie 2018 – 2023 de la CTM, PRSE 3, Plan Chlordécone, …) afin que le PRS renforce les synergies locales en étayant les plans déjà à l’œuvre.
une transparence : une place centrale a été donnée, au niveau méthodologique, à la concertation, laissant à chacun la possibilité de participer à l’élaboration de ce nouveau plan. une opérationnalité à travers la définition d’un périmètre circonscrit d’intervention, le développement de parcours de soins permettant de fluidifier l’accompagnement proposé ou
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encore la structuration d’un plan agile grâce à son dispositif de gouvernance qui autorisera une animation active et une mise en œuvre à géométrie variable.
Conformément à l’article 1434-1 du Code de la Santé Publique, complété par le Décret n° 2016-1023 du 26 juillet 2016, le Projet Régional de Santé, est articulé autour de 3 documents distincts et néanmoins complémentaires :
le Cadre d’Orientation Stratégique (COS), qui propose des orientations stratégiques et leurs résultats attendus à 10 ans,
le Schéma Régional de Santé (SRS), qui établit pour 5 ans les prévisions d’évolution de l’organisation de l’offre de santé et définit des objectifs opérationnels
le Programme régional d’accès à la prévention et aux soins (PRAPS) des publics vulnérables
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I. Introduction
Le Projet régional de santé (PRS) constitue le document directeur fixant le cap de la politique de santé de Martinique pour les prochaines années. Elaboré en concertation avec les acteurs de santé du territoire, le PRS a pour priorité d’améliorer l’état de santé des populations tout en favorisant leur égal accès à l’offre de prévention, à l'accompagnement médico-social, aux soins ambulatoires et hospitaliers, dans une perspective de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé.
L’Agence Régionale de Santé a pour mission de mettre en œuvre et de planifier les actions stratégiques qui viendront répondre à ces objectifs, en proposant des réponses nouvelles et adaptées aux besoins et aux parcours des personnes tout au long de leur vie.
Le présent Cadre d’Orientation Stratégique a été actualisé en 2023 pour présenter la stratégie régionale sur la période 2023-2027, déclinée dans le Schéma Régional de Santé 2023-2027.
Pour la période 2023-2027, le SRS fixe des objectifs qualifiés de « prioritaires », afin de cibler certains champs et enjeux particuliers, permettant des approfondissements, une accentuation des actions engagées sur la période précédente, ou bien le développement d’actions nouvelles répondant à des besoins émergents ou des orientations nationales.
A. Un projet régional de santé de nouvelle génération
L’élaboration de ce nouveau document de planification intervient dans un contexte national en évolution. La loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 redéfinit le contenu du Projet Régional de Santé, composé désormais de trois documents :
- Un Cadre d’Orientation Stratégique (COS), fixant les grands objectifs à atteindre d’ici 10 ans,
- un Schéma Régional de Santé (SRS), plus opérationnel, définissant des priorités d’actions pour les 5 prochaines années,
- un Programme Régional d’accès à la Prévention et aux Soins des plus démunis (PRAPS).
Le premier Projet de Santé a marqué l’acte de naissance de l’ARS Martinique. L’exhaustivité du diagnostic
réalisé, la qualité du travail de co-construction engagé, la diversité des actions entreprises ont permis à
l’ARS et à l’ensemble de ses partenaires de disposer d’une feuille de route ambitieuse à décliner de 2012
à 2017.
Un travail d’évaluation externe a été réalisé en 2016 : il visait très explicitement à renforcer notre
connaissance des leçons à tirer du passé. Portant sur l’ensemble des étapes traversées par le PRS1, de son
élaboration jusqu’à son pilotage en passant par les conditions de sa mise en œuvre, les constats évaluatifs
ont permis d’identifier des lignes directrices pour la conception du nouveau document.
Quatre axes doivent traverser le nouveau PRS dont son cadre d’orientation stratégique :
- Participation et co-construction :
La mise en place d’un dispositif de gouvernance partenarial, rassemblant une diversité d’acteurs, a été
une volonté claire du premier PRS. Cependant, l’implication trop réduite des partenaires dans
l’élaboration du document, et la sous-mobilisation de certains acteurs tels que les membres de la
démocratie sanitaire, ont conduit à repenser la stratégie d’animation pour le PRS de nouvelle génération.
Ainsi, il s’est agi, lors des travaux du PRS 2 de mettre en place une animation transversale et partenariale
renforcée, mobilisant à la fois les partenaires institutionnels et les acteurs de terrain tout en veillant à
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 106
tenir compte des contraintes d’organisation des acteurs. L’ensemble des problématiques ont ainsi fait
l’objet d’échanges et d’une réflexion collective, donnant lieu à des constats et propositions partagés.
Cette dynamique de concertation et de co-construction est appelée à se poursuivre tout au long du
déploiement du PRS. L’horizon de 10 ans, qui est celui du COS, impliquera un travail de révision régulier :
les avancées en matière de recherche médicale, l’évolution des lois et des règlements, les ajustements
suite au développement des nouvelles actions, sont autant d’éléments qui alimenteront les échanges entre l’Agence et ses partenaires, et qui pourront conduire à des réactualisations du PRS.
- Parcours de santé
Le décloisonnement et le développement d’une approche par parcours constituaient déjà un enjeu
majeur du PRS1. Il s’agit à présent de donner corps à cette notion de « parcours », en organisant les
articulations et en fluidifiant les échanges entre la ville et l’hôpital, entre le sanitaire et le médico-social,
entre les acteurs de la prévention et les professionnels du soin, et en permettant de ce fait l’organisation
de parcours personnalisés de santé, avec une garantie de continuité des soins et des accompagnements
et une autonomie accrue des patients.
L’approche par parcours conduit également à repenser la place de la prévention. Celle-ci doit traverser
l’ensemble des champs et des interventions : il s’agit de donner à chacun la possibilité d’être acteur de sa
santé, tout en mobilisant les professionnels de santé et l’ensemble des politiques publiques pour
promouvoir un environnement propice à la vie en bonne santé.
- Prise en compte des spécificités locales
Le développement d’une approche territoriale est un fait marquant du précédent projet de santé. Le
découpage infrarégional en territoires de proximité permet de mettre en exergue les différences d’accès
aux offres, de besoins et de fonctionnement, et guide d’ores et déjà l’intervention de l’Agence.
Le PRS 2 reprend et poursuite cette approche, avec un objectif de réduction des inégalités territoriales, et
de ciblage des interventions en fonction des besoins identifiés au niveau local.
- Opérationnalité et priorisation
Enfin, le PRS2 vise à proposer une feuille de route claire et concrète permettant de guider la politique de
santé sur les prochaines années. En cela, il se doit d’être davantage programmatique et stratégique que
son prédécesseur. Le nouveau projet de santé a donc clairement pris le parti de prioriser les objectifs et
de prendre en compte les réalités et contraintes des territoires, pour que la stratégie arrêtée puisse être
déclinée de façon opérationnelle et que chacun puisse s’en saisir.
Le COS constitue le pilier de la politique de santé pour les 10 années à venir. Il est volontairement resserré
autour de trois grandes orientations stratégiques et de huit objectifs généraux.
B. Des orientations et une stratégie co-construites avec les acteurs
de santé martiniquais
Fruit d’un travail collectif mené à la fois par les services de l’Etat et les collectivités, les opérateurs sanitaires, médico-sociaux et acteurs de la prévention, les instances de la démocratie sanitaire et des représentants d’usagers, la méthodologie déployée pour élaborer le nouveau PRS vise à relever un triple défi :
- Mettre en œuvre, la démocratie sanitaire, en proposant une méthode et des outils permettant la participation des acteurs.
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- Organiser la réflexion de manière intersectorielle et pluridisciplinaire, autour de la notion de « parcours », et de thématiques transversales.
- Articuler le Projet avec les priorités des plans et programmes en cours, tels que la Stratégie Nationale de Santé structurante pour la réflexion.
L’animation d’un séminaire de réflexion régionale, réunissant une centaine de participants, acteurs de la santé en Martinique, a permis de structurer la réflexion et de co-construire des orientations stratégiques partagées pour les 10 prochaines années. C’est autour de ces orientations et des huit objectifs généraux qui en découlent que le PRS est construit.
II. Eléments de contexte
A. Les forces et les faiblesses du territoire : évolution des données
de santé publique et des besoins des Martiniquais
Territoire insulaire, la Martinique doit aujourd’hui faire face à de nombreuses mutations, notamment démographiques, affectant l’ensemble des secteurs de la société. Ces évolutions ont contribué à renforcer certains contrastes, voire paradoxes, qui marquent le paysage martiniquais. La Martinique connaît ainsi une situation sanitaire beaucoup plus satisfaisante que celle des pays qui l’avoisinent, mais les déterminants de santé liés aux inégalités économiques et sociales contribuent à renforcer les écarts de vulnérabilité face aux maladies. Aux difficultés sanitaires persistantes (mortalité infantile et maternelle, maladies infectieuses et chroniques, conduites addictives,…), s’ajoutent des risques environnementaux et naturels liés au caractère ultra-marin de l’île. Ces constats sont autant de déterminants qu’il convient d’intégrer à l’approche globale de l’état de santé, afin de créer un environnement et des stratégies d’intervention propices à réduire les inégalités et à faire progresser l’état de santé général de la population martiniquaise.
1. Un territoire insulaire plus exposé aux risques
Petit territoire insulaire, la Martinique, située en zone tropicale chaude, doit faire face à de nombreuses évolutions, naturelles et environnementales (augmentation des températures, des jours d’orages, des phénomènes météorologiques violents – cyclones, ouragans, insularité montagneuses limitant les déplacements d’une zone à l’autre…) qui ne sont pas sans conséquences sur la multiplication des éléments favorisant certaines maladies ou leurs vecteurs. Il en est ainsi de l’aggravation des maladies respiratoires (avec la diffusion de spores, et la possible augmentation des épisodes de brumes de sable...), des maladies zoonotiques (teigne, chikungunya, …) ; de la recrudescence d’épisodes d’invasion d’algues toxiques ; de la vulnérabilité des personnes âgées liée à la fréquence plus élevée des épisodes de fortes chaleurs1. En outre, l’impact sur la santé de certains facteurs pathogènes liés à l’environnement et au cadre de vie est de plus en plus reconnu, et constitue un enjeu majeur. L’intensification des activités agricoles, l’augmentation de la production de déchets, l’insalubrité des logements sont autant de facteurs pouvant entrainer une dégradation des milieux et pouvant avoir des conséquences graves sur l’état de santé des populations (cancers, allergies, infections, etc.). En Martinique, le risque environnemental le plus connu est celui du chlordécone, un perturbateur endocrinien. Ce produit classé comme neurotoxique cancérigène, a été déversé en quantités importantes jusqu’à 1993, contaminant de manière durable les sols et l’eau.2 La prévention de ce type de risque, qui passe par la promotion de la qualité de l’environnement et du cadre de vie, est donc un enjeu majeur pour améliorer l’état de santé de la population.
1 Voir l’étude de la DEAL, « Le changement climatique en Martinique », Olivier PERRONNET, mars 2015.
2 Cour des Comptes, « La Santé dans les Outre-mer », 2014
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Par ailleurs, l’insularité peut constituer une contrainte à la fois pour l’organisation de parcours de soins, qui peuvent nécessiter de recourir à des offres de prises en charge située en dehors de l’île, ou pour la survie de filières de prise en charge spécialisées (recrutement d’une patientèle suffisante).
Ainsi, la réflexion autour de l’évolution du système de santé ne pourra faire l’économie d’une prise en compte à la fois du caractère insulaire et des risques naturels et environnementaux auxquels la Martinique est confrontée.
2. Une population en diminution, répartie inégalement sur le
territoire
La Martinique est caractérisée par une croissance démographique peu dynamique. Le nombre d’habitants s’élevait en 2016 à 376 8473, contre près de 400 000 habitants en 20084. Bien que deuxième région française en termes de densité5, la Martinique se trouve néanmoins parmi les régions les moins peuplées (derrière la Guyane et la Corse), et est la région de France subissant la plus forte décroissance démographique,6 faisant peser des incertitudes sur le maintien de certaines filières de soins spécialisés.
De plus, 44 % de la population sont concentrés au centre de l’île sur quatre communes où Fort-de-France compte à elle seule près d’un quart des habitants de l'île. Le centre connaît une densité de 948 habitants/km2, alors que la frange nord-caribéenne, légèrement plus étendue (210km2) connaît une densité de 111habitants/km2. Dans un contexte insulaire, où les infrastructures de transports sont peu développées, l’enjeu de l’organisation spatiale de l’offre de santé et de son accessibilité est exacerbé.
3. Un vieillissement accéléré de la population
La Martinique est marquée depuis plusieurs années par une diminution régulière de la part des moins de 20 ans, à laquelle s’ajoute une augmentation du nombre des personnes âgées de 60 ans et plus. Avec 18% de personnes âgées de 60 ans et plus,
elle est le département français d'outre-mer
le plus âgé. Ainsi, la Martinique se caractérise
par une évolution structurelle où la
proportion des populations jeunes diminue
au profit des populations plus âgées7 : l’âge
médian de la population départementale est
désormais supérieur à celui de la métropole (40 ans contre 39,4 en 2012).
Selon les projections de l'Insee, elle serait, d'ici à 2030, la cinquième région française la plus âgée avec plus d'une personne sur trois âgée de 60 ans et plus. D’ici 2040, 40 % des Martiniquais auront plus de 60 ans (contre 31% en France Métropolitaine).
Cette évolution peut s’expliquer à la fois par l’accroissement de l’espérance de vie8, la diminution du nombre de naissances mais aussi par l’émigration de jeunes Martiniquais venant accélérer le
3 Insee - Estimations de population (résultats provisoires arrêtés fin 2016).
4 388 363 habitants en 2012 ; 383 911 en 2014 ; 380 440 en 2015 - Insee - Estimations de population (résultats provisoires arrêtés fin 2016)
5 Avec un donc près de 380 000 habitants5 répartis sur un peu plus de 1120 kilomètres carrés, la Martinique est l’un des territoires français les
plus denses (ses 356 habitants/km2, en font le territoire ayant la deuxième plus forte densité de France, après l'Ile-de-France). 6 Diagnostic OSM, « Contexte »
7 La part des « moins de 20 ans » étant passée de 28% à 24% entre 2006 et 2013, alors que celle des « plus de 60 ans » a connu une hausse de
17 à 22% de la population totale sur la même période. Chiffres Insee, consultables sur https://www.insee.fr/fr/statistiques/2540164 8 Aujourd’hui estimée à 79,4 ans pour les hommes et 84,7 ans pour les femmes à la naissance, contre 75,3 ans pour les hommes et 81,5 ans
pour les femmes en 2001. Espérance de vie en 2015, Insee, consultable sur https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012749#titre-bloc-3
D'ici 2030, la Martinique sera la cinquième région
française la plus âgée avec plus d'une personne sur
trois âgée de 60 ans et plus.
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vieillissement de la population : les personnes nées en Martinique présentent un solde négatif à tous les âges jusqu’à 28 ans. Un pic est atteint entre 18 et 27 ans, classe d’âges qui concentre 50 % des sorties du territoire (contre 20 % des entrées). Le départ des jeunes adultes tend à avoir un impact négatif sur la natalité, contribuant à renforcer le phénomène de vieillissement.9
4. Des situations de forte précarité et d’importantes inégalités de
ressources
La Martinique compte proportionnellement deux fois plus de ménages pauvres qu'en métropole et une forte proportion de bénéficiaires d'allocations attribuées en dessous d'un certain niveau de ressources, comme l'allocation parent isolé (API), l'allocation adulte handicapé (AAH), le revenu de solidarité active (RSA) et l'allocation solidarité vieillesse (ASV). 22,8% des Martiniquais sont couverts par le RSA en 2016, contre 7,7 % dans l’Hexagone, et 24,4% de la population est bénéficiaire de la CMU-C (6,9% en métropole).
Concernant l’emploi, le taux de chômage reste élevé, même si cette tendance tend à s’améliorer, puisqu’il continue de de baisser (-0,5% en 2015) pour
s’établir à moins de 19% (18,9%), soit trois points de
moins que la Guyane et cinq de moins que la
Guadeloupe10. Il s’agit d’une baisse continue depuis
2013, où il atteignait près de 23% (22,8)11.
Toutefois, le chômage de longue durée (demandeurs
d’emploi inscrits depuis plus d’un an) a augmenté de
2,3% en 2015, alors que le chômage de courte durée à
lui baissé de 1%. De plus, plus de la moitié des demandeurs d’emploi (catégories A, B et C) sont des femmes (58%)12. Ce fort taux de chômage est généralement corrélé avec un faible niveau de diplôme.
Le creusement des inégalités de ressources et d’accès à l’emploi fait de la Martinique le troisième département le plus inégalitaire de France en termes d’inégalités de revenus en 2013.13
Ces problématiques sont d’autant plus prégnantes en ce qui concerne les jeunes, les plus diplômés et insérés professionnellement tendant à quitter le territoire. Ainsi, les jeunes Martiniquais présents sur le territoire sont touchés à plus de 50% par le chômage.
5. Une amélioration globale de l’état de santé de la population
L’espérance de vie à la naissance est comparable à la moyenne nationale et atteint en 2015 84,7 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes, en forte progression depuis 2001 (où elle s’élevait à 81,5 et 75,3 ans respectivement), mais avec des fluctuations importantes (chute de l’espérance de vie en 2014 notamment).14
Sur la période 2010-2013, la Martinique présente un taux de mortalité prématurée inférieur au taux national (190,6 contre 204,1 pour 100 000 habitants). La mortalité globale est également inférieure à la métropole, et tend à diminuer : en 2005, le taux standardisé de mortalité s’élevait à environ 1 200 pour 100 000 habitants chez les hommes et à 700 chez les femmes, contre respectivement 1 000 et 600 en 2012.15
9 Synthèse démographique de la Martinique - La baisse de la population martiniquaise se poursuit en 2014, INSEE Flash Martinique, N°57,
17/01/2017
10 Bilan économique de la Martinique 2015, Insee, 2016.
11 19,4 % en 2014 et de 22,8 en 2013 – Note emploi Martinique, Dieccte, janvier 2016.
12 « Zoom sur la Martinique », Pôle emploi.org, 2017
13 L’indice de Gini s’élevait à 0,47 en Martinique en 2013, contre 0,29 en France Métropolitaine (plus l’indice se rapproche de 1, plus les
inégalités sont fortes)- « Santé des populations vulnérables », OSM, 2017
14 Diagnostic OSM, « Vue d’ensemble »
15 Diagnostic OSM, « Vue d’ensemble »
La Martinique compte deux fois plus de
ménages pauvres qu'en métropole et
une forte proportion de bénéficiaires
d'allocations attribuées sur la base des
ressources.
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De même, l’on constate une diminution de la mortalité par maladies cardio-vasculaires sur les 10 dernières années liée notamment à une faible consommation de tabac : on recense en Martinique des proportions significativement plus basses de fumeurs quotidiens, ainsi qu’une prévalence tabagique de fumeurs quotidiens (14,7%) plus faibles que celles observées dans les autres régions métropolitaine (entre 23 et 31 %)16. Des études montrent également une baisse de l’incidence des AVC entre 1999 et 2012, et ce malgré le vieillissement de la population et l’augmentation de l’hypertension artérielle - signe d’une meilleure prise en charge et aussi d’une meilleure information de la population17. Les maladies cardio- vasculaires restent tout de même la deuxième cause de mortalité en Martinique, ayant causé ¼ des décès entre 2010 et 2013.18
Pour autant, si l’espérance de vie est comparable à la moyenne nationale, le niveau de santé perçue est en revanche inférieur, puisque 56% des Martiniquais déclarent un bon ou très bon état de santé (contre 69% en France hexagonale).
6. Des indicateurs de santé qui restent inquiétants et des
problématiques de santé publique qui persistent
Travailler à l’amélioration de l’espérance de vie en bonne santé des Martiniquais, demande d’agir sur la réduction de certaines prévalences plus fortes sur l’île
qu’en métropole :
- Les indicateurs de santé périnatale sont
particulièrement défavorables : la
Martinique fait partie des territoires les plus
touchés par la mortalité maternelle, avec un
taux de décès bien au-dessus de l’ensemble
des régions métropolitaines, (15,5 décès pour
100 000 naissances vivantes, contre 7,5 sur
l’hexagone hors Ile de France), quoique
inférieur aux autres DROM. Par ailleurs, on compte 4 fois plus de naissances prématurées que la moyenne nationale, et la mortalité infantile est en augmentation depuis 2013 : elle était de de 7 pour 1000 en Martinique en 2015, contre 6,6 en 2013 et 3,5 en métropole. 19
- On constate une forte prévalence de l’obésité et de ses comorbidités telles que le diabète, les maladies rénales chroniques, les maladies cardio-vasculaires et les troubles musculo- squelettiques sur tous les territoires martiniquais : plus de la moitié des adultes (58,8%) est en surcharge pondérale, dont 27,7 % de personnes obèses.20 Le surpoids touche également les jeunes : près d’un jeune (15-29 ans) sur deux est concerné par la surcharge pondérale, et près de 10% de cette tranche d’âge est en situation d’obésité, contre 6,1 en France métropolitaine.21 Par ailleurs, le diabète est en augmentation (+3,5 % de prévalence de diabète déclaré entre 2003 et 2013), touchant une personne sur 10 et en majorité les femmes, et la prévalence des patients traités par dialyse pour insuffisance rénale est deux fois supérieure à la métropole.22
- Les cancers restent la première cause de mortalité, avec une incidence importante de certains cancers : Cancer de la prostate (2 676 nouveaux cas entre 2010 et 2014, soit 54,3% des cancers chez l’homme), Cancer du sein (1 079 nouveaux cas sur la même période, soit 32,6% des cancers chez la femme) et le cancer colorectal (93 nouveaux cas et 44 décès par an chez l’homme et 85 nouveaux cas et 46 décès par an chez la femme). Si le risque de développer un cancer reste tout
16 « Comparaison régionale du tabagisme et de l’usage de cigarette électronique en France en 2014 », Nicolas Berthier , Romain Guignard, Jean-
Baptiste Richard, Raphaël Andler, François Beck, Viêt Nguyen-Thanh –InVS, Mai 2016. (accessible sur : http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2016/30-31/pdf/2016_30-31_4.pdf). 17 Etude Ermancia I et II, citées dans le diagnostic OSM, « Pathologies », Avril 2017 18 Ibid.
19 Diagnostic OSM, « santé des populations vulnérables »
20 Diagnostic OSM, « Déterminants de santé »
21 Diagnostic OSM, « Santé des populations vulnérables »
22 Diagnostic OSM, « Pathologies », Avril 2017
L’île connaît un taux de mortalité
périnatale 2 à 3 fois supérieurs qu’en
métropole, et 4 fois plus de naissances
prématurées que la moyenne
nationale.
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de même moindre en Martinique que dans l’Hexagone, la Martinique est particulièrement touchée, à l’instar des autres DFA, par le cancer de la prostate, le cancer du col de l’utérus et le cancer de l’estomac. 23
Par ailleurs, si la consommation de tabac en Martinique est la plus faible des régions françaises, l’île présente des enjeux spécifiques liés aux addictions, du fait de la fréquence de consommation d’alcool, mais également de l’usage de cannabis et de crack. Ainsi, la Martinique est l’une des six régions françaises les plus concernées par la dépendance à l’alcool (12,6 % de la population est à risque).24 Par ailleurs, le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée par les jeunes, plus d’un tiers des jeunes de 17 ans l’ayant expérimenté, et les taux de consommation de crack sont nettement plus élevés qu’en France métropolitaine (quoi que circonscrits à une population marginalisée). L’ampleur de la consommation de ces substances pourrait par ailleurs être sous-évaluée, du fait de l’absence d’un diagnostic actualisé et de la difficulté à identifier repérer certaines addictions.
Enfin, si elles sont moins documentées, les problématiques liées à la santé mentale apparaissent également comme inquiétantes du point de vue des acteurs de santé Martiniquais.
Synthèse
Points forts Points faibles
Une sous-mortalité générale par rapport à la
moyenne nationale et en diminution depuis 2002
Une espérance de vie en constante augmentation
Des solidarités intergénérationnelles, familiales,
culturelles qui pourraient faciliter le
développement de démarches communautaire
en santé
Une prise en compte croissante de la promotion
de la santé dans les orientations politiques
(publiques et structurelles) et des citoyens de plus
en plus préoccupés par leur santé
Une consommation de tabac parmi les plus
faibles de France
Une diminution de la mortalité par maladies
cardio-vasculaires sur les 10 dernières années
Un territoire insulaire, éloigné des grands pôles
spécialisés de la Métropole
Des risques sanitaires plus importants liés à la
situation géographique du territoire
Des controverses publiques sur les sujets de
santé environnementale
Une partie de la population en situation de forte
précarité
Des difficultés d’appropriation et d’adoption de
comportements favorables à la santé
Une croissance rapide du nombre de personnes
âgées dépendantes
Des indicateurs encore défavorables autour de la
périnatalité (prématurité, mortalité maternelle
et infantile notamment)
Une prévalence forte de l’obésité et de ses
conséquences en termes de diabète, insuffisance
rénale chronique et maladies cardio-vasculaires
et ostéoarticulaires
Consommation de drogues (crack, cannabis…)
sous-évaluée
Les évolutions observées ces dernières années en Martinique et les perspectives qui se dessinent aujourd’hui nécessitent des adaptations rapides du système de santé pour répondre aux besoins actuels et émergents.
B. Les forces et les faiblesses du système de santé : menaces et
opportunités pour demain
Dans la perspective de mieux répondre aux besoins actuels et futurs des Martiniquais, il est important de pouvoir accompagner la transformation du système de santé pour mieux l’adapter aux enjeux futurs.
23 Registre Général des cancers de la Martinique, CHU Martinique, 2018
24 Plan régional de lutte contre les addictions
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Si le système de santé martiniquais présente aujourd’hui des lacunes et rencontre des difficultés, la Martinique dispose de ressources importantes sur lesquelles il est possible de s’appuyer et l’on identifie des opportunités à saisir pour assurer cette transformation.
1. Une démographie médicale fragile, insuffisante pour couvrir
les besoins de demain et une offre hospitalière en tensions
En Martinique, territoire à la densité démographique élevée, les densités médicales sont inférieures à la moyenne de la France hexagonale et l’on constate un vieillissement des médecins généralistes : 53% des médecins généralistes en Martinique ont 55 ans ou plus en 2015, contre 49% en France métropolitaine25 et sont plutôt concentrés dans le centre de la Martinique.
Par ailleurs on constate une faible densité de pharmaciens, tous modes d’exercices, (91,0 en Martinique contre 113,7 en métropole) malgré un nombre de pharmacies de ville pour 100 000 habitants supérieur à la moyenne nationale (45 contre 36,5).
A l’inverse, les densités paramédicales d’infirmiers et de masseurs kinésithérapeutes exercice libéral ou mixte sont plus importantes qu’en métropole (respectivement +124% et +31%). En tenant compte des professionnels salariés l’écart se réduit par rapport à la métropole mais reste à la faveur de la région (+10% pour les infirmiers et +18,7% pour les masseurs-kiné)26.
Compte tenu de la poursuite attendue du vieillissement de la population et de l’augmentation attendue de la prévalence des maladies chroniques, les besoins en offre de soins de premier recours, aujourd’hui déjà insuffisamment couverts, iront croissants.
Aux fragilités de l’offre de soins de ville, s’ajoutent les difficultés rencontrées par les établissements de santé à attirer et recruter des professionnels de santé. Ces difficultés peuvent s’expliquer en partie par l’attractivité insuffisante de ces établissements pour des professionnels spécialisés ou rares.
Par ailleurs, la situation financière des établissements de santé Martiniquais, à commencer par le CHUM, apparaît depuis plusieurs années comme une priorité. Bien que les dépenses pour les établissements publics de santé soient le premier poste des dépenses locales en matière de santé (36%, soit 400 M€), elles ont chuté de près de 15% entre 2014 et 2015. La Martinique a consacré, en 2015, 1,3 milliards d’euros (Assurance maladie et Etat) pour la santé de ses habitants, soit une augmentation de 3,18% par rapport à l’exercice précédent (mais il est à noter une diminution globale des dépenses de santé du régime général en 2016 de 2,6%). Ce niveau de dépense représente 0,67% des dépenses nationales pour la population. Cette évolution des dépenses est moindre que celle constatée au niveau nationale (+1,68%)27.
Focus : les dépenses de santé en Martinique
Le niveau des dépenses de santé en Martinique a progressé rapidement, s’élevant à 1,33 Md€ en 2015, soit une évolution de 12% depuis 2011 (10% en moyenne nationale). Les progressions les plus importantes, allant très au-delà de la moyenne nationale, ont été enregistrées sur les établissements sanitaires (+22,65% sur la période) et médico-sociaux (+19,75%).28
La soutenabilité financière de l’activité des établissements sanitaires, tout comme la question de la démographie des professionnels de santé et son renouvellement, étaient déjà identifiées, en mai 2016, comme priorités dans le cadre de la feuille de route régionale déclinant la Stratégie de Santé pour les Outre-Mer. Cela demeure aujourd’hui un axe de travail cadrant les politiques à déployer dans les années à venir.
► Notre ambition : Rechercher l’excellence pour le système de santé Martiniquais
25 Données Statiss 2015.
26 Source : PPRGDRESS 2016-2017
27 Etat financier au titre de l’année 2015, juin 2016, consultable sur : https://www.ars.sante.fr/les-depenses-de-sante-en-region
28 PPRGDRESS 2016 - 2017
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2. Un accès parfois complexe à l’offre de santé
Dans un contexte marqué par :
- une fragilité importante d’une partie de la population martiniquaise qui rencontre des difficultés à accéder au système de santé (défaut de lisibilité, défaut de mobilité, manque de ressources financières),
- une répartition inégale de la population et des activités économiques, concentrées au Centre, - un développement insuffisant de l’offre de transports, freinant la mobilité des Martiniquais, notamment les plus vulnérables,
la question de l’accès à l’offre de santé se pose de manière incontournable et nécessite des adaptations franches vers davantage de proximité, d’accompagnement vers l’existant, et de lisibilité.
En effet, on observe des disparités importantes dans la répartition territoriale de l’offre de soins primaires et de l’offre médico-sociale, concentrée sur le centre de la Martinique. On compte par exemple 94,4 médecins généralistes libéraux pour 100 000 habitants au Centre, contre 62,6 en Nord Atlantique en 2010. Il doit cependant être noté que ces taux ont augmenté entre 2010 et 2016, plus fortement sur les territoires les moins dotés : +8,4% au Nord Caraïbe, +10% sur le Nord Atlantique. Le Nord de la Martinique compte par ailleurs cinq communes sans médecin généraliste (Ajoupa-Bouillon, Macouba, Fonds-Saint-Denis, Morne-Vert, Grand-Rivière). Enfin, le taux d’équipement en places en établissements sanitaires est nettement plus élevé au Centre que sur le Nord Atlantique par exemple (11,5 pour 1000 contre 1,8)
► Notre ambition : Construire une l’offre de santé graduée et intégrative
3. Des coordinations intersectorielles à renforcer pour répondre à
l’évolution des besoins de prise en charge « complexe »
Le vieillissement, la précarité d’une partie importante de la population (notamment jeune), la prévalence importante des situations de handicap, le développement des maladies chroniques sont autant d’évolutions qui nécessitent aujourd’hui mais également dans les années à venir, de structurer des prises en charges pluridisciplinaires, mobilisant les acteurs du sanitaire, du médico-social voire du social.
L’étroitesse relative du territoire martiniquais apparaît comme un facteur facilitant l’interconnaissance des acteurs et le travail en commun. Par ailleurs, ces dernières années, une stratégie d’animation territoriale a permis de mobiliser les partenaires sur chaque territoire de proximité, facilitant la coordination intersectorielle entre les acteurs autour de projets communs. Il s’agit désormais de renforcer et de structurer les interventions coordonnées autour de patients, pour faciliter leur parcours de santé et de vie et prévenir les ruptures, notamment en favorisant les échanges entre les professionnels de santé autour du patient.
► Notre ambition : Assurer la fluidité des parcours de santé et favoriser la coordination des acteurs
4. Des problématiques de santé publique qui demandent à
conforter la démarche globale de promotion de la santé, déclinée par
territoire de proximité
Les problématiques de santé publique auxquelles est aujourd’hui confrontée la Martinique (évolution du
surpoids et de l’obésité, vieillissement accéléré de la population, indicateurs de santé périnatale
défavorables…) appellent le renforcement d’actions de promotion de la santé, permettant aux individus
d’acquérir les connaissances, les compétences et de bénéficier des informations pour faire les bons choix
en matière de santé et de prévention de la perte d’autonomie.
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Pour cela, il convient de développer une approche partagée en promotion de la santé et soutenue par
l’ensemble des acteurs et décideurs intervenant dans le champ des politiques publiques, de manière intersectorielle.
Parallèlement, de manière à définir des interventions efficaces, la territorialisation des réflexions et des
modes d’action, est un levier incontournable. Ces dernières années, une dynamique territoriale a été
impulsée, à l’échelle des territoires de proximité mobilisant les partenaires locaux, facilitant la
coordination entre les acteurs et permettant à l’ARS de mener un politique de santé de proximité.
C’est aussi à l’échelle locale que le développement de la participation citoyenne dans le champ de la santé – accélérateur d’une démarche de promotion de la santé – pourra être favorisée et renforcée.
► Notre ambition : Développer une culture partagée de la promotion de la santé permettant à chacun de devenir auteur de sa santé
5. Un Service Santé des Armées acteur de Santé Publique
La loi 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé a renforcé la place du Service Santé des Armées (SSA) en tant qu’acteur du service public de santé dans plusieurs domaines. Par ailleurs, les relations entre ARS et SSA ont été renforcées par le protocole Santé-Défense du 6 avril 2017 ainsi que l’ordonnance 2018-20 du 17 janvier 2018 relative au SSA et ses textes d’application.
Au niveau régional, l’ensemble des composantes du SSA présentes en région Martinique (Direction interarmées du service de santé aux Antilles, centre médical interarmées, services médicaux embarqués et service médical du régiment de service militaire adapté) sont engagées dans cette nouvelle coopération. Elle inclut à la fois la veille et la sécurité sanitaire, l’offre de soins, l’enseignement et la formation, l’expertise, la recherche, l’épidémiologie, la prévention et la santé publique, la participation des structures civiles à l’effort de défense et la promotion conjointe de la réserve.
Ce partenariat déjà existant devra par ailleurs faire l’objet d’un contrat spécifique entre ARS et SSA afin de permettre au SSA de mieux répondre aux besoins de santé du territoire et à l’ARS de prendre en compte les besoins spécifiques de la défense nationale.
Synthèse
Points forts Points faibles
Des acteurs de proximité, compétents et mobilisés
Une approche partagée de la promotion de la santé
Une offre diversifiée et graduée répartie sur
l’ensemble du territoire
Des plateaux techniques et équipements de haute
technologie accessibles au niveau local
Un accès aux soins pour tous garanti par le système
de santé actuel
Une dynamique territoriale qui mobilise les
partenaires sur chaque territoire de proximité,
facilitant la coordination entre les acteurs et
permet la mise en œuvre concrète de la démocratie
en santé
Une stratégie d’animation territoriale qui a permis
d’interroger les habitants sur leurs besoins dans le
cadre des diagnostics par territoire et d’identifier 4
territoires de projet permettant à l’ARS de mener
un politique de santé de proximité
Une avancée sur la coordination des financements
de projets, mise en œuvre dans le cadre de la
conférence des financeurs ARS
Une demande sociale importante pour
l’amélioration de système de santé
Une répartition encore inégale de l’offre médico-
sociale et des territoires peu pourvus en offre de
soins renforçant les difficultés géographiques
d’accès (cap nord notamment)
Une organisation des transports publics perfectible
et des dispositifs de transports sanitaires innovants
à développer
Une lisibilité insuffisante de l’offre existante
Des points de rupture dans les parcours de santé
liés à la fois à un défaut de coordination et à un
défaut de certaines offres
Des publics vulnérables qui rencontrent encore des
difficultés à accéder au système de santé
Une situation financière des établissements de
santé dégradée
Une vétusté importante d’un certain nombre de
structures malgré les efforts régionaux en matière
d’investissements
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Des efforts importants en matière
d’investissements réalisés ces dernières années
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Opportunités ! Menaces
Une interconnaissance des acteurs et un travail en
commun favorisé par la dimension du territoire
Des mutualisations d’actions, un partage de
compétences et une définition d’objectifs
communs à des acteurs qui se connaissent et sont
mobilisés
Une coopération régionale et interrégionale
pouvant potentiellement permettre de dépasser la
petitesse du territoire, et de renforcer la qualité et
la sécurité des soins
Un développement de nouvelles technologies au
service de la santé présentant un potentiel pour
une amélioration de l’offre (accessibilité, qualité,
innovation)
Des évolutions règlementaires et législatives
favorisant la transversalité inter-secteurs et la
promotion de la santé et renforçant la place des
usagers au sein du système de santé
Un nombre de paramédicaux libéraux (IDE et
Masseurs kiné) permettant de pallier en partie la
faiblesse de la démographie médicale dans la prise
en charge en proximité
Certaines activités hautement spécialisées limitées
par l’étroitesse du territoire et du bassin de vie et
pour lesquelles le développement de coopérations
extrarégionales est nécessaire au maintien d’une
attractivité professionnelle, d’un niveau de qualité
des professionnels et d’un équilibre financier
Une croissance rapide du nombre de personnes
âgées sur le territoire, entraînant des adaptations
rapides nécessaires pour la prise en charge de la
dépendance et de la perte d’autonomie
Un territoire à hauts risques (sismiques,
cycloniques, pollutions des sols et des eaux…)
Une démographie médicale déséquilibrée et en
tension sur certaines spécialités et un vieillissement
des médecins généralistes et spécialistes
Une dégradation des conditions d’exercice des
professionnels de santé, nuisible à la santé au
travail des acteurs, à la performance, la qualité et
l’attractivité du système de santé Martiniquais
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III. Les enjeux à relever pour la Martinique
A. Les priorités pour la Martinique : deux grandes ambitions pour
demain
1. Améliorer l’état de santé de la population : relever 5 grands
enjeux
a) Anticiper les effets du vieillissement et la perte d’autonomie de la population
La part des personnes âgées de 60 ans ou plus devrait fortement augmenter dans les années à venir, passant de 23% à 35%, soit plus d’un tiers de la population. 40 % des Martiniquais auront plus de 60 ans en 2040 contre 31% en France Métropolitaine.29
De telles évolutions démographiques appellent nécessairement des réponses adaptées aux besoins et aux évolutions sociétales puisqu’elles ne manqueront pas d’avoir d’importantes conséquences pour l’offre sanitaire et médico-sociale ainsi que sur l’évolution des maladies chroniques.
A ce jour, la prévalence du diabète, de l’hypertension artérielle, ainsi que les chiffres concernant le surpoids sont à la hausse (voir ci-dessous). Par ailleurs, une augmentation des troubles cognitifs et notamment du nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés est à prévoir : près d’une personne de plus de 75 ans vivant à domicile sur cinq est concernée, une proportion supérieure aux estimations nationales.30
Les problématiques et enjeux sont similaires pour les personnes âgées en situation de handicap. Alors que le nombre de personnes en situation de handicap est estimé à près de 18% de la population (73 000 personnes), plus de la moitié d’entre elles sont âgées de 50 ans et plus. Pour cette catégorie de population, l’âge est un facteur aggravant du handicap quel que soit le sexe ; les maladies touchent deux fois plus les seniors en situation de handicap que les valides (maladies chroniques, problèmes cardio-vasculaires, problèmes articulaires notamment) 31
Alors que la majorité des personnes âgées et personnes handicapées vivent à domicile, le phénomène de décohabitation en cours sur l’ensemble des territoires avec une diminution de la taille des ménages et une augmentation du nombre de personnes vivant seules32 est une source d’inquiétude pour l’accompagnement de ces publics. Près de la moitié des personnes handicapées sont aidées, principalement par leur famille et proches. Cette part atteint 65% à partir de 60 ans. Ainsi, si les solidarités familiales sont encore importantes sur l’île, elles tendent à s’essouffler : les proches aidants, fortement mobilisés aux côtés des services de soins et d’aide, n’ont toutefois pas les pleines capacités ou disponibilités pour accompagner leurs proches, que ce soit en raison d’un épuisement progressif, d’activités salariées, familiales ou de loisirs, de l’éloignement géographique et de leur propre vieillissement.
Ces évolutions nécessitent de faire évoluer les réponses apportées aujourd’hui vers :
- Le développement de l’offre médico-sociale : à ce jour, le taux d’équipement en offre d’accueil pour personnes âgées (EHPAD ou EHPA) se situe en dessous des taux moyens nationaux ; une part importante de personnes âgées très dépendantes (bénéficiaires de l’APA en GIR 1 ou 2) vit à son domicile. Un travail simultané autour de l’amélioration des conditions de soutien à domicile pour des personnes très dépendantes devra être poursuivi ou renforcé, tout comme le développement
29 Diagnostic OSM, « Contexte »
30 Diagnostic OSM « Santé des populations vulnérables »
31 « Le handicap en Martinique », études Insee, novembre 2016.
32 Tous les territoires de l’île connaissent en effet une baisse de la taille des ménages, du nombre de familles à l’intérieur des ménages et une
hausse de personnes vivant seules. Insee, Recensement de la population 2012
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et la valorisation de solutions intermédiaires entre le domicile et l’établissement (par exemple, la professionnalisation et la promotion des accueillants familiaux)
- Le renforcement de l’accès aux soins et à la prévention de la perte d’autonomie pour les personnes âgées et des personnes handicapées vieillissantes, dans la perspective d’accroître l’espérance de vie en bonne santé
- Le renforcement de la coordination entre les acteurs pour éviter les ruptures du parcours de vie et fluidifier les prises en charge, de plus en plus complexes et pluridisciplinaires : développement de filières de prise en charge spécialisées, amélioration de la coordination entre les professionnels de santé (ville-hôpital, acteurs du domicile, …), développement d’outils structurants pour faciliter cette articulation (plateforme d’appui, systèmes d’informations partagés, adaptés à l’exercice libéral créés avec et pour les professionnels de soin de premier recours).
- Une plus grande prise en compte de l’environnement social et familial de la personne et du soutien aux proches aidants.
b) Périnatalité et petite enfance : améliorer la santé des mères et des enfants et lutter contre la mortalité infantile
Les problématiques de périnatalité et de mortalité infantile sont de véritables priorités pour améliorer l’offre et le système de santé Martiniquais. Les conditions de déroulement des grossesses et la santé à la naissance diffèrent fortement entre la métropole et les territoires ultra-marins : densités de gynécologues-obstétriciens et de médecins généralistes inférieures à la métropole, taux de prématurité plus élevé, etc. La Martinique n’échappe pas au constat général : la mortalité infantile et la mortalité périnatale sont plus élevées qu’en métropole.
La mortalité périnatale (enfants mort-nés et mortalité au cours de la première semaine de vie du nouveau- né) s’élève à 15,4 décès pour 1000 naissances contre 5,7 au niveau hexagonal sur la période 2009-2011. D’après l’INSEE, la moyenne des années 2012-2014 est de 6,6 décès d’enfants de moins de 1 an pour 1000 naissances en Martinique, contre 3,4 au niveau national. A noter qu’elle connaît une légère inflexion : de 2008 à 2015, le taux de mortalité infantile est en effet passé de 8,5‰ à 7‰ – taux qui demeure néanmoins deux fois plus élevé que le taux métropolitain33.
La mortalité maternelle est également importante en Martinique, avec 27,9 décès pour 100 000 naissances vivantes entre 2008 et 2013 (taux brut de mortalité), en augmentation par rapport à la période 2001-2006 (21,5). Si ces taux sont inférieurs à d’autres DROM, la Martinique était l’un des territoires français les plus touchés par la mortalité maternelle en 2001-2006.34
En outre, en 2016, plus de 10% des naissances étaient des naissances prématurées, nécessitant un suivi à long terme de ces enfants après l’accouchement, ce qui semble aujourd’hui insuffisamment réalisé dans les faits.
Les conditions sociales plus défavorables dans les territoires ultramarins contribuent aux mauvais indicateurs de santé périnatale qui y est observée. La précarité, les addictions, les pathologies chroniques (hypertension, diabète) entraînent une vulnérabilité de certaines femmes enceintes. Cette surmortalité maternelle et infantile n’a pas trouvé d’amélioration notable malgré le développement de l’offre de soins et en dépit d’actions de prévention soutenues.
L’enjeu que représente l’amélioration de la santé périnatale est double :
- D’une part il s’agit de réduire la mortalité infantile et maternelle, encore trop élevée par rapport aux taux métropolitains ;
- D’autre part, il s’agit d’assurer la prise en charge et le suivi des nouveau-nés, notamment ceux nés vulnérables, de manière précoce pour réduire les risques de troubles du développement et de sur-handicap.
Il s’agit donc, dans les années à venir, d’améliorer le système de santé de manière à :
33 Santé périnatale en Martinique n°1/ décembre 2016, Réseau Santé Périnat Matnik
34 Diagnostic OSM, « santé des populations vulnérables »
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- Renforcer la prévention mais également la promotion de la santé pour limiter la vulnérabilité des femmes en âge de procréer
- Mieux structurer les filières de prise en charge et de suivi des femmes enceintes et des nouveau- nés, en favorisant la transversalité mais aussi la surveillance des mères et des enfants vulnérables dans le temps (au-delà de 6 ans).
c) Réduire l’impact du surpoids et de l’obésité et leurs incidences sur les maladies chroniques (diabète, insuffisance rénale chronique, maladies cardio-
vasculaires, Troubles musculo-squelettiques)
Le surpoids et l’obésité continuent à être une problématique majeure de santé publique, notamment car le nombre de personne en situation de surcharge pondérale ne cesse d’augmenter, concernant plus d’un adulte de plus de 16 ans sur deux en 2013. La surcharge pondérale concernerait 53,3 % des plus de 16 ans en 2003, et elle atteint 58,8 % des adultes en 2013, soit une augmentation de 5,5%. Si le surpoids est en légère baisse pour les adultes, il augmente considérablement pour les enfants, passant de 16 % à 1/4 des 3-15 ans. Par ailleurs, l’obésité touche de plus en plus de personnes : elle concerne 28% de la population de la population adulte en 2013 (une augmentation de 8 points en 10 ans) et près de 10 % des enfants.35
En parallèle, les pathologies liées au surpoids augmentent également. La prévalence du diabète déclaré a augmenté de 10 points entre 2003 et 2013, passant de 7% à 10% (contre 4,6% en France en 2012 en France métropolitaine selon l’Institut de veille sanitaire). Le diabète est par ailleurs la première cause d’admission en ALD. 36 Les professionnels de santé repèrent également une augmentation des maladies articulaires et troubles musculo-squelettiques associés au surpoids.
La mortalité liée aux maladies cardio-vasculaires est en nette régression entre 2001 et 2013, et reste inférieure à la moyenne nationale. Cependant, les maladies cardio-vasculaires représentent tout de même ¼ des décès entre 2010 et 2013, et les AVC et l’HTA sont l’une des principales causes d’admission en affection de longue durée (ALD) – en lien avec une augmentation de la prévalence de l’hypertension artérielle (HTA) traitée (passant de 16% à 19 % entre 2003 et 2013).37
L’insuffisance rénale chronique, associée au diabète notamment, constitue, elle aussi une problématique majeure de santé. Elle concerne plus de la moitié des patients diabétiques ou en situation d’obésité (près de 60%), et son diagnostic est généralement tardif. La prévalence de patients traités par dialyse était deux fois supérieure au niveau hexagonal en 2015, mais cette prise en charge est généralement tardive et se fait plus souvent en urgence qu’en métropole.38 Par ailleurs, en 2014 seuls 6,3 % des patients ont eu accès à une greffe, contre 20,9 % des patients au niveau national.
Ainsi, ces évolutions engagent à intervenir de manière plus précoce que ce soit en matière de prévention, dans la mesure où l’on observe de plus en plus de situation de surpoids chez les enfants, ou en matière de dépistage, dans la mesure où ces pathologies sont repérées ou traitées encore trop tardivement. La structuration de véritables filières de dépistage et de prise en charge des maladies chroniques est un axe important du PRS, tout comme le renforcement des actions de promotion de la santé visant l’adoption de comportements favorables à la santé, par exemple la promotion d’activités sportives pour les enfants sans que l’aspect financier ne soit un frein.
d) Garantir une prise en charge des cancers de qualité
Première cause de mortalité globale en Martinique comme dans l’Hexagone, les cancers représentent environ 1 650 nouveaux cas par an (période 2010-2014) selon les données du Registre Général des cancers de la Martinique. L’incidence est la plus importante pour le cancer de la prostate qui concerne 515 cas nouveaux par an – comme pour les autres DFA, la Martinique est beaucoup plus touchée par le cancer de
35 Diagnostic OSM, « Déterminants de santé », Avril 2017
36 Diagnostic OSM « Pathologies », 20 avril 2017
37 Ibid.
38 PRGRESS Martinique
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la prostate qu’en métropole. Viennent ensuite les cancers du sein (216 cas par an) et colorectal (178 cas par an). 39.
Cette situation requiert des interventions fortes à la fois en faveur :
- Du développement d’études épidémiologiques pour identifier les spécificités de certains cancers en s’appuyant sur les dispositifs de surveillance et de Recherche tels que le Registre Général des cancers de la Martinique et la CIRE
- De l’adaptation des programmes de dépistages organisés des cancers (sein, colorectal, col de l’utérus)
- Du repérage et du dépistage des cancers, notamment ceux qui n’entrent pas dans les dispositifs organisés nationalement et régionalement à ce jour ;
- Du maintien ou de la structuration de filières de prise en charge en oncologie à l’échelle de la Martinique ou de la région Antilles-Guyane ;
- De la mise en place d’équipements lourds innovants (Cyclotron/Tep Scan, robot chirurgical) - De la mise en place d’une unité de thérapie cellulaire Antilles
- Du développement des soins de support et de l’accès aux soins palliatifs - De l’accompagnement du patient et de sa famille, dans une démarche d’éducation thérapeutique
- Du rapprochement entre les acteurs des secteurs public et privé de cancérologie afin d’optimiser les ressources médicales et matérielles disponibles.
- Du renforcement des liens ville-hôpital.
e) Améliorer les prises en charge en matière de Santé Mentale
On estime que 12 millions de Français souffrent d’au moins un trouble psychiatrique en 2016, soit près de 18% de la population, presque 1 Français sur 5. Parmi les 44 millions d’adultes vivant à domicile en France, 18,5 % souffriraient d’une pathologie psychiatrique dont 15% d’une forme sévère.
Les indicateurs disponibles sur la question de la santé mentale restent globalement plus favorables en Martinique que sur l’Hexagone, avec notamment des prévalences d’épisodes dépressifs et une consommation de médicaments psychotropes qui reste limitées par rapport aux moyennes métropolitaines. En 2014, 15% des 15-30 ans avaient consommé des médicaments psychotropes au cours de leur vie selon le Baromètre santé DOM, et 6,4 % avaient déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie (soit 0,5 points de plus qu’en métropole). Les épisodes dépressifs touchent principalement les femmes : 7,6 % des femmes.40
Cependant, cette problématique demeure sous-documentée et les données existantes (qui se fondent sur des éléments déclaratifs) pourraient sous-évaluer sa gravité. Cela s’explique notamment par le tabou persistant autour de ces enjeux, ainsi que par la difficulté de détecter de façon efficace les épisodes dépressifs voire les tendances suicidaires. Les personnes ayant des problématiques psychiatriques ne sont par ailleurs pas toujours identifiées et diagnostiquées comme telles, notamment lorsqu’elles sont éloignées du système de soins (personnes en situation d’errance par exemple).
La nécessité de faire de la santé mentale une priorité de ce PRS vient aussi et surtout d’une réalité observée sur le terrain par l’ensemble des professionnels sanitaires et médico-sociaux, d’une augmentation des cas de troubles psychiques à domicile et en établissement de santé, avec des difficultés à proposer des réponses coordonnées et pertinentes, en situation d’urgence ou sur le long terme.
La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de la communauté. Loin d’être limitée au seul champ de la psychiatrie, cette définition de la santé mentale, promue par l’Organisation mondiale de la santé, implique de développer en amont et en complémentarité de l’offre de soins des approches préventives, en renforçant les facteurs de protection individuels et
39 Registre Général des cancers de la Martinique
40 Données diagnostic OSM « Pathologies » 20 avril 2017
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environnementaux (compétences psychosociales, compétences parentales, bien‑être à l’école, au travail, lutte contre les stigmatisations des personnes en situation de handicap psychique,…).
Il est essentiel de faire évoluer les réponses apportées aujourd’hui vers :
- Une prévention et un repérage plus précoces des troubles en santé mentale, notamment en luttant contre les paramètres socio-environnementaux défavorables : stigmatisation, précarité, mal-être, etc.
- Une structuration de l’offre de prise en charge plus solide, garantissant un maillage en proximité et une bonne coordination ville-hôpital ;
- Une coordination plus importante des acteurs, par exemple en poursuivant le déploiement des Conseils locaux de santé mentale (CLSM).
- In fine, l’élaboration du projet territorial de santé mentale à partir de diagnostics partagés.
2. Réduire les inégalités sociales et territoriales de santé
a) Agir sur les difficultés d’accès aux soins et à la prévention pour les populations les plus vulnérables
Les caractéristiques sociales et économiques présentées ci-avant induisent une fragilité importante d’une partie de la population martiniquaise et d’une partie du territoire. Les populations vulnérables ou en situation de précarité connaissent des difficultés particulières en ce qui concerne l’accès aux soins et à la prévention, du fait de l’existence de freins à la fois financiers, de mobilité ou encore sociaux pouvant entrainer un renoncement ou un recours tardif aux soins. Selon l’Observatoire régional des situation de fragilités, 15,8% des Martiniquais assurés sociaux du régime général âgés de 16 ans et plus n’ont pas déclaré de médecin traitant en 2015, contre 10,8% au niveau national, et que 8,6% des Martiniquais assurés sociaux du régime général âgés de 16 ans et plus n’ont pas eu recours aux soins au cours des 24 derniers mois en 2015 contre 7,9% au niveau national.
La qualité de l’éducation, l’accès à une alimentation de qualité, le contexte social, la mobilité des personnes, la qualité des relations sociales et l’isolement social, l’accessibilité aux services sociaux, de prévention, médico-sociaux, à l’emploi et à la formation sont autant de facteurs générateurs d’inégalités territoriales et sociales de santé. Ces déterminants touchent de façon plus importante certaines populations fragiles et vulnérables, qui accèdent avec difficultés aux ressources et à l’offre présentes sur le territoire. Ces populations sont ciblées par le Programme Régional pour l’Accès à la prévention et aux soins des plus démunis (PRAPS) : les personnes en errance sans domicile fixe, les personnes en perte d’autonomie, les jeunes avec de faibles niveaux de ressources et en rupture familiale, les familles monoparentales en difficultés financières, les personnes victimes de violences, les personnes sous main de justice.
Les évolutions du système de santé devront donc nécessairement tenir compte des difficultés d’accès que rencontrent aujourd’hui certaines populations particulièrement vulnérables de manière à ce que les améliorations à venir profitent équitablement à tous les Martiniquais.
b) Organiser un maillage territorial garantissant une égalité d’accès à l’offre de santé
Les inégalités territoriales de santé sont également un enjeu majeur. Des efforts visant à renforcer l’offre de soins de premier recours ont été fournis durant la période couverte par le premier PRS : l’offre de proximité a été renforcée avec l’ouverture de centres de santé de proximité (annexe du centre de santé de Saint Pierre, centre de santé et centre périnatal de proximité sur Basse Pointe, maison pluridisciplinaire de santé à Sainte Marie) et le soutien à l’installation de praticiens territoriaux de médecine générale.41 Cependant, le déséquilibre dans la répartition de l’offre de santé sur le territoire demeure.
41 Document ARS « ILLUSTRATION THEMATIQUE – Réduction des inégalités de santé »
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Plus qu’une répartition égalitaire de l’offre de soin et de l’offre médico-sociale, la question de l’égalité d’accès à l’offre existante est centrale pour le territoire insulaire qu’est la Martinique. Il s’agit de structurer une offre de santé graduée, permettant à chacun et pour chaque territoire, d’accéder à des soins de proximité, puis à un parcours de soins organisés en fonction de ses besoins.
Cette ambition nécessite aussi bien de veiller, dans les développements à venir, à une juste répartition territoriale des moyens au regard des besoins, mais aussi à renforcer les dispositifs de mobilité, pour favoriser l’accès des Martiniquais à l’offre existante d’une part, mais aussi « l’aller-vers » des professionnels.
B. Adapter le système de santé aux enjeux d’aujourd’hui et de
demain : 6 principes organisateurs pour les 10 années à venir
En parallèles des priorités de santé publique qui doivent être traitées dans le cadre de ce projet de santé, l’agence régionale de santé a choisi de faire reposer la politique de santé sur 6 principes d’action transversaux et organisateurs du système de santé. Ces principes doivent constituer autant d’outils servant à la déclinaison opérationnelle des 8 objectifs généraux identifiés et exposés ci-dessous.
Les enjeux posés au territoire Martiniquais nécessitent d’adapter et de faire évoluer le système de santé autour de 6 grands principes structurants à court, moyen et long termes :
1. Un système de santé tourné vers la promotion de la santé et la prévention, 2. Un système de santé transversal et coordonné à l’échelle régionale et à l’échelle territoriale 3. Un système de santé performant, innovant et attractif
4. Un système de santé réactif
5. Un système de santé qui place l’usager au cœur des préoccupations et veille à sa présence dans toutes les instances, réglementaires ou non
6. Un système de santé lisible pour les usagers comme pour les professionnels
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IV. Les orientations régionales
A. 3 grandes orientations stratégiques et 8 objectifs généraux pour
relever les défis actuels et à venir
1. Orientation 1 : Développer une culture partagée de la
promotion de la santé permettant à chacun de devenir co-auteur de
sa santé
Contexte et enjeux
La loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 fait du renforcement de la prévention et de la promotion de la santé son titre premier, et réaffirme la lutte contre les inégalités sociales de santé comme priorité nationale. Défini en 1986 par l’OMS dans la Charte d’Ottawa, le concept de promotion de la santé conduit à élargir les préoccupations au-delà de la seule approche par la pathologie. La prise en compte des déterminants socio- économiques et socio-environnementaux, ainsi que des inégalités sociales de santé, semble indispensable à la définition d’une politique de santé efficace. La promotion de la santé doit donner de nouveaux outils, notamment aux plus vulnérables, pour prendre soin de soi et des autres. Ces politiques doivent être universelles, mais également fortement renforcées dans les territoires et à l’égard de populations moins favorisées, afin de tenir compte des fragilités d’une partie de la population.
Définition de la promotion de la santé
Définition OMS – Charte d’Ottawa 1986
« La promotion de la santé a pour but de donner aux individus davantage de maîtrise de leur propre santé et davantage de moyens de l'améliorer. Pour parvenir à un état de complet bien-être physique, mental et social, l'individu, ou le groupe, doit pouvoir identifier et réaliser ses ambitions, satisfaire ses besoins et évoluer avec son milieu ou s'y adapter. La santé est donc perçue comme une ressource de la vie quotidienne, et non comme le but de la vie; c'est un concept positif mettant l'accent sur les ressources sociales et personnelles, et sur les capacités physiques. La promotion de la santé ne relève donc pas seulement du secteur de la santé : elle ne se borne pas seulement à préconiser l'adoption de modes de vie qui favorisent la bonne santé ; son ambition est le bien-être complet de l'individu. »
En Martinique, le développement de la politique de prévention, d’éducation et de promotion de la santé a été identifié en mai 2016 comme première priorité de santé dans le cadre de la déclinaison locale de la Stratégie de santé pour les Outre-Mer (feuille de route régionale). La prise en compte des risques environnementaux comme déterminant de santé, est également intégrée à la feuille de route régionale (ex : réduction des expositions particulières d’origine alimentaire par les sols). La protection des populations s’étend en effet également au cadre et à la qualité de vie : une mobilisation de l’ensemble des politiques publiques est de ce fait essentielle. Le logement et l’habitat, l’éducation, la protection environnementale… constituent autant de secteurs mobilisables pour agir sur les facteurs pouvant avoir un effet sur la santé des Martiniquais.
Les enjeux propres au contexte régional justifient d’autant plus le développement d’une politique de promotion de la santé forte et structurée :
- des caractéristiques sociales et économiques induisant une fragilité importante d’une partie de la population martiniquaise et d’une partie du territoire ;
- un contexte de surpoids et de forte prévalence de maladies chroniques associées (hypertension, diabète), avec des indicateurs au-dessus de la moyenne des régions hexagonales;
- des professionnels qui constatent des difficultés d’appropriation et d’adoption de comportements favorables à la santé.
Cela implique d’une part de renforcer la mobilisation intersectorielle des acteurs publics, et d’autre part de poursuivre les efforts engagés à la fois :
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- en matière de déploiement d’une politique de promotion de la santé pour conférer à la population un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les décisions qui affectent sa santé, - et en matière de prévention afin diminuer la fréquence d’apparition et la prévalence des problèmes de santé ou des facteurs de risque dans la population, en agissant de manière graduée et ciblée.
Objectifs généraux à 10 ans
► Objectif 1 : Placer la promotion de la santé au cœur de toutes les politiques ► Objectif 2 : Renforcer les actions et dispositifs de promotion et de prévention ciblés en visant la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé
Notre stratégie pour la période 2018-2023
► Développer le plaidoyer en promotion de la santé et faire évoluer les représentations pour développer une approche positive de la santé, en ciblant notamment les collectivités et les élus locaux
► Créer et développer des environnements favorables et facilitateurs en renforçant la connaissance des liens entre santé et environnement pour les acteurs du territoire et le grand public, et en développant et diffusant des outils permettant d’adopter une démarche de promotion de la santé dans les projets d’aménagement et d’équipement – en lien avec le Plan Régional Santé Environnement
► Renforcer les compétences et capacités des individus à agir sur leur santé et dans la définition des politiques de santé locale, dans une logique d’empowerment et de renforcement de la littératie en santé. Ce qui passe à la fois par :
o un renforcement de la démocratie en santé en soutenant à la fois les représentants d’usagers dans les instances règlementaires de démocratie sanitaire, et la participation citoyenne d’usagers sans mandat
o le soutien aux actions visant à développer les compétences psychosociales des individus
► Poursuivre et renforcer les actions de prévention autour de priorités de santé publique : dans le champ de la lutte contre les maladies chroniques et de l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive.
Notre stratégie pour la période 2023-2027
La stratégie définie pour la période 2023-2027 s’inscrit dans la continuité des 5 années précédentes avec comme
objectifs de :
► Continuer à intervenir de manière globale en promotion de la santé en amenant la Prévention et l’Education à la Santé au plus près des populations, en poursuivant le travail de renforcement des Compétences Psychosociales, et ce, de manière coordonnée et en continuant à sensibiliser les acteurs et la population à l’ensemble des facteurs pouvant avoir un effet sur la santé (approche des « déterminants de la santé »).
► Renforcer les dispositifs de prévention primaire, secondaire et tertiaire, en particulier : o Dans le champ de la nutrition (alimentation et activité physique)
o En faveur du dépistage précoce des maladies chroniques aux âges clés de la vie et du dépistage des cancers,
o En ce qui concerne la vaccination
o Via le développement de l’offre d’éducation thérapeutique du patient et de son accessibilité.
► Promouvoir une approche globale des enjeux de santé et des enjeux environnementaux, via le développement d’une culture globale et intersectorielle autour du concept « Une seule santé » qui propose une approche intégrée et unifiée de la santé publique, animale et environnementale, au fondement des orientations du 4ème Plan National Santé Environnement.
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2. Orientation 2 : Viser l’excellence du système de santé
Martiniquais
Contexte et enjeux
La question de l’organisation du système de santé existant et sa capacité à répondre aux besoins de la population aujourd’hui et dans les années qui viennent est un sujet central pour la définition d’orientations à 10 ans. La qualité du service rendu aux usagers constitue par ailleurs un point de référence pour identifier les évolutions souhaitables.
Au niveau national, l’accessibilité et la qualité des services actuellement rendus par le système de santé, par la prévention et les soins, contribuent de façon importante au haut niveau actuel de l’espérance de vie en France, ce qui avait conduit l’OMS à classer le système de santé Français au premier rang mondial en 2000. Dans le même temps l’accroissement des dépenses liées à la santé, en lien avec l’accroissement de l’espérance de vie et le développement des maladies chroniques, interroge la soutenabilité du système.
En octobre 2010, dans son guide méthodologique relatif à l’élaboration du Plan Stratégique Régional de Santé, l’Etat soulignait déjà l’enjeu de la maîtrise des dépenses par la recherche de l’efficience dans tous les secteurs du système de santé, mise en avant comme la seule orientation possible pour assurer la soutenabilité, et la qualité à long terme.
En Martinique, le système de santé fait par ailleurs face à des problématiques fortes, auxquelles il convient de répondre, et qui avaient par ailleurs déjà été identifiées dans la feuille de route régionale déclinant la Stratégie de Santé pour les Outre-Mer :
- La démographie médicale demeure fragile, si ce n’est insuffisante, et la concentration de l’offre dans le centre-sud représente un frein à l’accès aux soins. Certaines communes du Nord sont ainsi sans médecins libéraux, et des spécialités entières restent peu couvertes (pneumo, gastro, pédiatrie, anesthésie, urgentiste, ophtalmo, psychiatrie, rhumatologie)42 Le vieillissement attendu d’une partie des professionnels de santé de ville, conjugué aux difficultés récurrentes de recrutement de certaines professionnels au niveau des établissements de santé sont des risques qui pèsent aujourd’hui sur le système de santé Martiniquais et qu’il convient de juguler dès à présent.
- Par ailleurs, la qualité du service rendu aux patients et usagers demeure une priorité, qui se conjugue à un objectif de soutenabilité et de performance du système de santé : il s’agit de faire en sorte que le patient soit pris en charge au bon endroit, dans des délais rapides, par des professionnels qualifiés, juste le temps nécessaire, dans de bonnes conditions. La formation continue des professionnels du sanitaire ou du médico- social, tout comme la structuration des filières de soins coordonnés, sont autant d’objectifs à poursuivre dans une perspective d’amélioration continue. Les déficits chroniques de certains établissements empêchent ou retardent des politiques d’investissement nécessaires pour améliorer l’accueil et la prise en charge des patients. Cette situation appelle à conserver une vigilance particulière à la soutenabilité financière de l’activité des établissements sanitaires, en particulier au vu des surcoûts engendrés par l’exercice en contexte insulaire. La nécessité de rechercher l’efficience de l’offre hospitalière a été soulignée au niveau national, et constitue le premier axe du Plan Pluriannuel Régional de Gestion du Risque et d’Efficience du Système de Soins ;
- D’autre part, le caractère insulaire de la région, et la diminution de la population observée depuis plusieurs années, font peser des incertitudes sur le maintien de certaines filières de soins spécialisées, si une organisation suprarégionale n’est pas structurée.
- Enfin, l’île fait face à une réalité de menaces épidémiques propres aux pays tropicaux et à des risques de catastrophes naturelles accrus pouvant déstabiliser l’offre de soins dans un contexte d’éloignement géographique, et qui impliquent de conforter sa capacité de gestion de crises et de veille et sécurité sanitaire.
Pour apporter des réponses à ces problématiques, un certain nombre de leviers doivent être activés. Il s’agit notamment de tirer parti des potentialités offertes par les nouvelles technologies de l’information et de la communication et à développer de nouveaux services facilitant l’accès à la santé pour la population : E-Santé,
42 Feuille de route Martinique SSOM
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Télémédecine, etc. L’innovation et la recherche doivent ainsi être davantage mobilisées pour répondre aux besoins nouveaux mais aussi pour renforcer l’attractivité, de la qualité et efficience.
Il s’agit, pour les 10 années à venir, de faire évoluer le système de santé de manière à :
- Le rendre plus attractif pour attirer de nouveaux professionnels de santé et renforcer l’offre de soins de premier et de second recours,
- Renforcer en continu sa qualité et son efficience
- Assurer sa réactivité et sa capacité à gérer les risques et les situations de crises sanitaires
Objectifs généraux à 10 ans
► Objectif 3 : Renforcer la démographie des professionnels de santé
► Objectif 4 : Assurer la performance du système de santé, la qualité, la pertinence et la sécurité des soins ► Objectif 5 : Améliorer la veille, l’évaluation et la gestion des risques et des crises sanitaires ► Objectif 6 : Développer les études, la recherche et l’innovation en santé
Notre stratégie pour la période 2018-2022
► Favoriser l’installation de professionnels de santé, notamment dans les zones fragiles, en : o soutenant les structures d’exercice coordonné
o poursuivant la mise en œuvre des dispositifs nationaux de soutien aux professionnels libéraux o accompagnant les jeunes aspirant en facilitant leur accès à la formation initiale puis leur installation
► Continuer à garantir la qualité et la sécurité des soins via :
o L’organisation régionale des vigilances et l’appui à la gestion des risques et à la sécurité des soins o L’accompagnement, via la contractualisation, des établissements de santé et établissements médico-sociaux dans leurs démarches qualité et leurs actions d’amélioration de l’efficience, en lien avec les outils nationaux
o L’appui au renforcement de l’expertise et de la formation des professionnels o La poursuite des actions visant le « virage ambulatoire » dans les champs sanitaire et médico-social, qui s’accompagnent d’une rationalisation de l’organisation de l’offre ambulatoire de premier recours
o La promotion de systèmes d’information performants permettant d’accompagner et de soutenir ces évolutions
o Dans le respect du Plan National pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie (2015-2018), améliorer l’organisation du système de santé pour favoriser l’accès aux soins palliatifs et aux dispositifs de prise en charge de la douleur – gage de qualité des prises en charge.
► Améliorer la veille, l’évaluation et la gestion des risques et des crises sanitaires, aussi bien en ce qui concerne l’organisation de la veille (surveillance, promotion de la culture du signalement) que de la gestion des situations sanitaires exceptionnelles (urgences sanitaires, plan ORSAN…)
► Améliorer la connaissance et la recherche, en privilégiant une dimension régionale Antilles-Guyane, en ciblant deux champs d’investigation : les cancers et la périnatalité (prévention / prise en charge des enfants vulnérables)
► Renforcer les outils et les dispositifs de suivi-évaluation, de manière à concevoir un système d’observation permettant l’évaluation et le réajustement en continu des interventions de l’ARS et de ses partenaires
Notre stratégie pour la période 2023-2027
Pour la période 2023-2027, en déclinaison des objectifs généraux 3, 4, 5 et 6, le Schéma régional de santé fixe plusieurs priorités :
► Déployer la politique régionale de ressources humaines en santé, enjeu fort pour la période à venir, dans un contexte où celles-ci ont été fortement fragilisées par la crise sanitaire de la COVID-19 et où les besoins de prise en charge liés au vieillissement ou à l’augmentation des maladies chroniques vont croissants. Il s’agira de travailler au renforcement de l’attractivité du territoire pour l’exercice soignant, qu’il soit médical ou paramédical. En particulier, l’ARS et ses partenaires, la CTM en premier lieu, s’attelleront à la
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structuration et la promotion des filières professionnelles de la géronto-croissance, en particulier les métiers du soin et des accompagnements des seniors et plus globalement les activités de la Silver économie.
► Continuer à assurer la pertinence, l’efficience et la sécurité des soins, au travers :
o du renforcement du rôle de l’Instance régionale chargée de l’amélioration de la pertinence des soins (IRAPS)
o de la pertinence et de l’efficience de l’activité d’imagerie
o du renforcement de l’usage du numérique au service de l’efficience des prises en charge, de concert avec le renforcement de la cybersécurité
► Passer progressivement du management de la qualité au management par la qualité en accompagnant le renforcement d’une culture de la qualité et de la sécurité des soins au sein des établissements de santé et des établissements et services médico-sociaux, passant par la mise en place d’une Structure Régionale d’Appui dédiée à la qualité.
► Renforcer la préparation aux situations sanitaires exceptionnelles, via une mobilisation interacteurs structurée et organisée, permettant d’accroître davantage encore la résilience du système de santé face aux risques (sanitaires, environnementaux, sociaux).
► Dans le SRS 2023-2027, la stratégie vise à donner une place plus grande aux expérimentations et à la capacité d’innover des acteurs Martiniquais. Le soutien à la recherche et à l’innovation en santé est ainsi envisagé, comme un axe transversal aux différents objectifs prioritaires et parcours de santé. Il se traduira, par exemple, par la structuration d’espaces de recherches et de réflexion, comme la mise en place d’un Gérontopôle ou d’une commission régionale de l’innovation en Promotion de la santé.
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3. Orientation 3 : Assurer la fluidité des parcours de santé par la
définition d’une offre de santé graduée et intégrative en favorisant
la coordination des acteurs en tout point du territoire
Contexte et enjeux
La notion de parcours s’est imposée en réponse à la progression des maladies chroniques et à la nécessaire évolution du système de santé vers une prise en charge plus complète de l’individu. Privilégiant une approche globale et continue, au plus près des lieux de vie des usagers, les parcours s’articulent autour de la prévention, des soins, du médico-social et du social, qui impose une prise en charge pluridisciplinaire fondée sur la coordination d’une multiplicité d’acteurs. Ce constat implique la mise en place d’un système de santé plus décloisonné, mais également organisé au plus près du lieu de vie de l’individu, de façon territorialisée. Le développement d’une offre graduée, se déployant de façon efficace au niveau local, parait donc essentiel pour proposer une réponse adaptée aux besoins de la population.
En Martinique, le vieillissement de la population, la précarité d’une partie importante de la population, la prévalence importante des situations de handicap, le développement des maladies chroniques sont autant d’évolutions qui nécessitent aujourd’hui mais également dans les années à venir, de structurer des prises en charges pluridisciplinaires, mobilisant les acteurs du sanitaire, du médico-social voire du social.
La réduction des inégalités d’accès aux soins et l’amélioration des prises en charge passe par une meilleure structuration des parcours, et un accès aux soins primaires.
Il s’agit ainsi de faire évoluer le système de santé Martiniquais vers :
- Une plus grande de prise en compte de l’individu pour le placer au cœur des accompagnements et des prises en charge,
- Davantage de coordination des acteurs à l’échelle régionale et à l’échelle des quatre territoires de proximité,
- Davantage de lisibilité pour faciliter l’orientation et l’accès à un accompagnement pertinent pour l’usager et les professionnels.
Objectifs généraux à 10 ans
► Objectif 7 : Améliorer l’accès à l’offre de santé et développer les soins de proximité ► Objectif 8 : Assurer la coordination des acteurs autour des parcours de santé
Notre stratégie pour la période 2018-2022
► Renforcer l’accessibilité géographique de l’offre de soins en visant un renforcement du maillage territorial et une utilisation plus rationnelle des ressources existantes, dans un contexte de ressources humaines en santé contraintes
► Développer les dispositifs favorisant « l’aller-vers » ou la mobilité des publics cibles, dans le champ de la prévention et des soins de premier recours
► Doter la région des outils permettant une coordination des acteurs autour des parcours de santé, ce qui passe par :
o Le renforcement de l’appui aux professionnels de premier recours pour les situations complexes (PTA, réseaux de santé)
o Le développement des coopérations formalisées entre secteurs
o Le déploiement progressif d’un bouquet de services numériques auprès des acteurs participant à la coordination des parcours
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 3329
► Limiter les ruptures dans les parcours de santé - de la prévention à la prise en charge, la réadaptation et le suivi - en défendant :
o Une meilleure prise en compte de l’environnement social et familial (notamment des aidants) des personnes, ce qui passe entre autres par la reconnaissance de l’expertise d’usage o Une vision régionale des parcours :
renforcement de la coordination des interventions des acteurs par la poursuite / la mise en place d’instances régionales,
structuration de filières de soins interrégionales et définition d’un circuit du patient étranger, en coopération avec les autres DFA.
► Décliner les orientations régionales dans le cadre de parcours de santé et de vie prioritaires : o Parcours de publics à forts enjeux
Femmes enceintes et nouveau-nés
Enfants et jeunes
Personnes en situation de handicap
Personnes âgées
o Parcours autour d’enjeux de santé spécifiques
Maladies chroniques
Cancers
Addictions
Santé mentale
Maladies rares
Notre stratégie pour la période 2023-2027
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 3430
En déclinaison des objectifs 2.1 à 2.5, le Schéma Régional de Santé 2023-2027 définit plusieurs priorités :
► Dans la continuité du SRS 2018-2022, renforcer l’accessibilité de l’offre de santé via le renforcement du maillage territorial et de l’aller-vers, notamment au travers du développement de la médiation en santé, afin de réduire les inégalités sociales et territoriales de santé avec comme cibles:
o La réduction du non-recours aux soins en déployant une stratégie territorialisée de déploiement de l’offre de premier recours
o La réduction de la part de la population n’ayant pas de médecin traitant
► Assurer la réponse aux besoins de soins urgents et de soins non programmés, en poursuivant la dynamique engagée avec la mise en place du Service d’Accès aux Soins, et en travaillant au renforcement des services d’urgences. Les ambitions régionales sont définies et seront pilotées au travers de la feuille de route « Urgences / Soins non programmés / PDSA » qui vise :
o l’amélioration de l’offre de prise en charge des Soins Non Programmés (SNP) o l’amélioration de l’offre de soins d’urgence
o la mise en place un observatoire régional des urgences
o le renforcement de la communication institutionnelle autour des urgences / SNP
► Continuer à renforcer la coordination des acteurs autour du patient, en mettant l’accent sur :
o La poursuite du déploiement des outils numériques de coordination de parcours de santé auprès des acteurs de la coordination
o Le développement des relations entre les acteurs de la ville et de l’hôpital au service de parcours de santé coordonnés
► Améliorer la visibilité et la lisibilité de l’offre de santé et rendre les Martiniquais acteurs de leur santé en leur permettant de mieux se repérer dans le système de santé, d’accéder plus facilement aux ressources du territoire, d’avoir la main sur leurs données de santé. Il s’agira d’accompagner le déploiement de « Mon Espace Santé » et son utilisation, et de développer les outils numériques et cartographiés de connaissance de l’offre de santé.
► Renforcer les espaces et les modalités de concertation citoyenne permettant de mieux identifier les attentes des Martiniquais. La concertation citoyenne est comprise comme un levier de mobilisation de l’ensemble des acteurs du système de santé, en faveur de la structuration de parcours de santé et de vie pertinents, fondés sur le principe de l’autodétermination.
► Structurer des parcours en santé dans 8 domaines prioritaires en intervenant sur plusieurs dimensions : la prévention / le repérage des problématiques ; la structuration d’une offre graduée et de filières de prise en charge spécifiques ; la coordination des acteurs, notamment ville-hôpital ; la formation, la montée en compétences et en connaissance sur les différents champs.
o Parcours de publics à forts enjeux :
Périnatalité / santé maternelle et santé des jeunes enfants
Personnes en situation de handicap
Personnes âgées
o Parcours autour d’enjeux de santé spécifiques :
Maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, maladies rénales chroniques, asthme, drépanocytose, SIDA, etc.)
Obésité
Cancers
Addictions
Santé mentale
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B. Les conditions de la réussite : des leviers d’action transversaux à
promouvoir
1. Garantir la poursuite de la stratégie d’Animation Territoriale et
favoriser la coordination des acteurs à l’échelle régionale et locale
La politique de santé est structurée autour d’un unique Territoire de santé, ce qui permet une intervention
homogène, au regard de la configuration géographique, de la répartition de la population et de la
concentration de l’offre de soins au centre de la Martinique.
Cependant, l’identification par l’ARS de 4 territoires de proximité, correspondant à des besoins
différenciés, permet aujourd’hui en parallèle d’adapter la politique régionale de santé aux spécificités
locales, en résonnance et en cohérence avec les attentes et les besoins locaux. Cette stratégie d’animation
territoriale facilite la mobilisation des acteurs de terrain, de manière intersectorielle, mais est également un cadre intéressant pour favoriser la participation citoyenne.
L’évaluation du premier PRS a montré que ce découpage territorial a fait ses preuves et est reconnu par
la majorité des acteurs du champ de la santé.
Il s’agira ainsi, sur un territoire où le nombre d’acteurs est relativement réduit, de définir et structurer à
la fois :
- Des espaces de dialogue et de concertation régionale, mobilisant les acteurs pertinents, dont les
acteurs institutionnels copilotes ou co-financeurs des politiques de santé publiques, pour analyser
les besoins et co-construire des orientations partagées (COPIL régionaux, thématiques)
- Des instances et dispositifs de coordination locaux, articulés aux territoires de proximité
(poursuite et dynamisation des COTECH et COTERR).
Cette coordination des interventions est indispensable pour donner cohérence et complémentarité aux actions qui sont déployées.
Elle est complémentaire à la coordination interprofessionnelle et intersectorielle qui devra être
développée autour du patient.
2. Replacer l’usager au cœur du système de santé
Une appropriation par la population des enjeux de santé permet d’obtenir des résultats importants,
notamment par le développement de la démocratie participative en matière d’observation et
d’évaluation.
La loi de modernisation de notre système de santé instaure des mesures fortes visant à faire progresser
la démocratie en santé via notamment :
- La mise en place du conseil territorial de santé, dont le rôle est, entre autres, de :
o veiller à conserver la spécificité des dispositifs et des démarches locales de santé fondées
sur la participation des habitants.
o d’organiser, au sein d'une formation spécifique, l'expression des usagers, en intégrant
celle des personnes en situation de pauvreté ou de précarité.
- Le renforcement des compétences des commissions des usagers dans les établissements de
santé.
Pour la réalisation des orientations stratégiques prévues à 10 ans, il est indispensable de pouvoir placer
l’usager au cœur des actions qui seront déployées :
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 3632
- Pour développer une approche en promotion de la santé efficace et partagée par tous, qui vise à
valoriser les ressources individuelles de chacun ;
- Pour articuler les interventions des acteurs autour du parcours de la personne, en dépassant les
cloisonnements sectoriels.
3. Développer l’innovation en santé
Pour accompagner les orientations régionales à 10 ans, l’innovation est un levier d’action indispensable
pour faire face aux profondes évolutions qui vont intervenir dans le champ de la santé (développement
des technologies numériques au service des soins, développement des sciences cognitives, développement de l’utilisation des objets connectés…).
Sur la durée du Projet Régional de Santé, seront favorisées à la fois les actions visant à intégrer et développer les innovations technologiques et les innovations organisationnelles.
Concernant les innovations technologiques :
- De nouvelles technologies en faveur de la santé seront développées pour faciliter l’information
et le recours aux soins. Ainsi, le développement de la télémédecine, est une forme de réponse
aux enjeux d’accessibilité des soins, notamment dans un contexte insulaire, en cohérence avec
l’axe 4 du plan national pour l’égal accès aux soins dans les territoires.
- Il s’agit par ailleurs de permettre aux professionnels de santé de pouvoir s’appuyer sur des
systèmes d’informations centrés sur le patient pour éviter les ruptures de parcours de soins.
Ainsi, seront développés les outils numériques au service de prise en charge coordonnées et
articulées entre professionnels.
Concernant les innovations organisationnelles, seront recherchés :
- Une plus grande participation des patients au diagnostic et au choix thérapeutique ;
- Les formes organisées de prises en charge en ambulatoire, en appui au « virage ambulatoire »,
et le développement de dispositifs innovants de soutien au domicile, dans le champ de
l’autonomie notamment.
4. Renforcer la coopération régionale caribéenne et entre
DOM/COM
Les liens entre la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane sont déjà existants et des projets déjà montés en commun. Dans le champ de l’offre de soins hospitalière, un second Schéma Interrégional d’Organisation Sanitaire Antilles-Guyane a été élaboré en 2014 pour couvrir la période 2015-2020, dans la perspective de structurer l’accès des habitants à des plateaux techniques et à des prises en charge de qualité et hyperspécialisés. La coopération permet d’atteindre des seuils d’activité garantissant la qualité des interventions ainsi que des seuils économiques pour des activités qui requièrent des investissements coûteux. Parallèlement, l’objectif est de maintenir et de renforcer l’excellence de l’offre de soins dans la perspective d’en faire également bénéficier les ressortissants des Etats voisins.
Outre le domaine des soins hospitaliers hyperspécialisés, la dynamique interrégionale de coopération apparaît comme un levier potentiellement intéressant pour partager des réponses à des besoins parfois identiques, mais également, pour innover dans les réponses à apporter aux populations ultramarines par le partage de pratiques, de réflexions, voire de moyens.
La coopération régionale, internationale et entre DOM / COM est un objectif de la Stratégie de Santé pour les Outre-Mer qui a également été intégré dans les CPOM qui lient les ARS de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane à l’Etat.
Elle apparaît comme un outil particulièrement utile et à renforcer en faveur :
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 3733
- De la structuration de filières de santé, dans une logique de construction et de valorisation du parcours de santé du patient étranger
- De la recherche autour de problématiques de santé publique partagées.
5. Renforcer l’observation et l’évaluation en santé au service du
pilotage et de la montée en compétence des acteurs
Afin de renforcer le pilotage du système de santé et d’appuyer la réalisation des objectifs généraux définis
pour les 10 prochaines années, l’ARS souhaite renforcer ses fonctions d’observation au service de
l’évaluation de manière à ajuster les politiques menées au regard de l’évolution des besoins constatée.
Pour cela, il s’agit de pouvoir :
- Renforcer la connaissance et l’observation en santé, dans une perspective de coopération
régionale, et en mobilisant notamment la recherche interventionnelle et les données probantes
- Renforcer les outils de suivi des actions et de l’activité des opérateurs
- Développer une culture de l’évaluation qui a vocation à irriguer l’ensemble des actions et politiques déployées, dès leur conception.
Fixer ces objectifs devrait permettre en parallèle de renforcer les compétences et la qualité des
interventions des acteurs :
- La diffusion des éléments de connaissance et d’observation aux acteurs impliqués dans les
politiques de santé publique devrait permettre une amélioration des réponses et de leur
adéquation avec les besoins ;
- la diffusion d’une culture de l’observation, de la recherche-action et de l’évaluation, devra
s’appuyer sur des formations ciblées en faveur des acteurs - locaux et régionaux - du territoire.
C. Les résultats attendus à 10 ans
Les orientations stratégiques ainsi que les principes organisateurs du système de santé devraient permettre d’atteindre, à 10 ans et à minima, les résultats suivants :
1. Une amélioration des indicateurs de périnatalité
2. Une diminution de l’incidence des maladies liées au surpoids et à l’obésité (diabète, insuffisance rénale chronique, maladies cardio-vasculaires, maladies ostéoarticulaires)
3. Des risques sanitaires et environnementaux (maladies vectorielles etc.) anticipés et maîtrisés 4. Une amélioration de la performance, de l’efficience et de l’attractivité du système de santé 5. Un accès équitable à la prévention, aux soins de premier et de second recours et à l’offre médico- sociale, quel que soit le territoire de proximité
6. Des prises en charge pluridisciplinaires et coordonnées autour des personnes, notamment les plus vulnérables
7. Une politique régionale et territoriale de santé coordonnée et partagée par tous les acteurs du territoire
8. Des indicateurs de santé globale (santé physique, psychologique et sociale) en progression
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 3834
V.Synthèse
2 ambitions régionales
Renforcer la maîtrise des risques sanitaires
liés à l’environnement et accompagner
l’adoption de comportements favorables à
la santé
Intervenir de manière globale en
promotion de la santé
Renforcer les dispositifs de prévention
primaire, secondaire et tertiaire
Promouvoir une approche globale des
enjeux de santé et des enjeux
environnementaux
Renforcer la préparation aux
situations sanitaires
exceptionnelles
Favoriser l’accès aux soins de proximité et
accompagner la structuration de parcours
de santé gradués et coordonnés
Renforcer l’accessibilité de l’offre de
santé via le renforcement du maillage
territorial et de l’aller-vers
Assurer la réponse aux besoins de soins
urgents et de soins non programmés
Renforcer la coordination des acteurs
autour du patient
Améliorer la visibilité et la lisibilité de
l’offre de santé et rendre les
Martiniquais acteurs de leur santé
Structurer des parcours en santé dans 8
domaines prioritaires
Poursuivre l’amélioration de la qualité, de
la sécurité et de la pertinence du système
de santé
Déployer la politique régionale de
ressources humaines en santé
Assurer la pertinence, l’efficience et la
sécurité des soins
Accompagner le renforcement d’une
culture de la qualité et de la sécurité
des soins au sein des établissements de
santé et des établissements et services
médico-sociaux
Améliorer l’état de santé de la
population
Réduire les inégalités sociales
et territoriales de santé
Adapter le système de santé autour de 6 principes :
Un système de
santé tourné vers
la promotion de la
santé et la
prévention
Un système de
santé transversal
et coordonné à
l’échelle régionale
et territoriale
Un système de
santé performant,
innovant et
attractif
Un système de
santé réactif
Un système de
santé qui place
l’usager au cœur
des préoccupations
Un système de
santé lisible pour
les usagers comme
pour les
professionnels
5 leviers d’actions transversaux
Garantir la poursuite de la stratégie d’Animation Territoriale et
favoriser la coordination des acteurs à l’échelle régionale et locale
Replacer l’usager au cœur du système de santé
Développer l’innovation en santé
Renforcer la coopération régionale caribéenne et entre DOM/COM
Renforcer l’observation et l’évaluation en santé au service du pilotage et de la montée en compétence des acteurs
8 résultats attendus à 10 ans
Une amélioration des indicateurs de périnatalité
Une diminution de l’incidence des maladies liées au surpoids
et à l’obésité (diabète, insuffisance rénale chronique,
maladies cardio-vasculaires, maladies ostéoarticulaires)
Des risques sanitaires et environnementaux (maladies
vectorielles etc.) anticipés et maîtrisés
Une amélioration de la performance, de l’efficience et de
l’attractivité du système de santé
Un accès équitable à la prévention, aux soins de premier et de
second recours et à l’offre médico-sociale, quel que soit le
territoire de proximité
Des prises en charge pluridisciplinaires et coordonnées autour
des personnes, notamment les plus vulnérables
Une politique régionale et territoriale de santé coordonnée et
partagée par tous les acteurs du territoire
Des indicateurs de santé globale (santé physique,
psychologique et sociale) en progression
Stratégie 2018-2022 : 3 orientations stratégiques déclinées en 8 objectifs généraux
Stratégie 2023-2027 : 3 orientations stratégiques déclinées en 12 objectifs prioritaires
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 39SCHEMA REGIONAL DE SANTE
PROJET REGIONAL DE SANTE DE MARTINIQUE
2023 - 2027
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 401
Schéma régional de santé
2023-2027
Sommaire
INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 3
AXE 1 : RENFORCER LA MAITRISE DES RISQUES SANITAIRES LIES A L’ENVIRONNEMENT ET
ACCOMPAGNER L’ADOPTION DE COMPORTEMENTS FAVORABLES A LA SANTE ................. 12
OBJECTIF 1.1 : INTERVENIR DE MANIERE GLOBALE EN PROMOTION DE LA SANTE ........................................... 12
OBJECTIF 1.2 : RENFORCER LES DISPOSITIFS DE PREVENTION PRIMAIRE, SECONDAIRE ET TERTIAIRE ............. 14
OBJECTIF 1.3 : PROMOUVOIR UNE APPROCHE GLOBALE DES ENJEUX DE SANTE ET DES ENJEUX
ENVIRONNEMENTAUX ...................................................................................................................................... 17
OBJECTIF 1.4 : RENFORCER LA PREPARATION AUX SITUATIONS SANITAIRES EXCEPTIONNELLES.................... 21
AXE 2 : FAVORISER L’ACCES A LA SANTE EN PROXIMITE ET ACCOMPAGNER LA
STRUCTURATION DE PARCOURS DE SANTE GRADUES ET COORDONNES ............................. 23
OBJECTIF 2.1 : RENFORCER L’ACCESSIBILITE DE L’OFFRE DE SANTE VIA LE RENFORCEMENT DU MAILLAGE
TERRITORIAL ET DE L’ALLER-VERS ..................................................................................................................... 23
OBJECTIF 2.2 : ASSURER LA REPONSE AUX BESOINS DE SOINS URGENTS ET DE SOINS NON PROGRAMMES .. 26
OBJECTIF 2.3 : RENFORCER LA COORDINATION DES ACTEURS AUTOUR DU PATIENT .................................... 29
OBJECTIF 2.4 : AMELIORER LA VISIBILITE ET LA LISIBILITE DE L’OFFRE DE SANTE ET RENDRE LES MARTINIQUAIS
ACTEURS DE LEUR SANTE .................................................................................................................................. 31
OBJECTIF 2.5 : STRUCTURER DES PARCOURS EN SANTE DANS 8 DOMAINES PRIORITAIRES ........................... 33
AXE 3 : POURSUIVRE L’AMELIORATION DE LA QUALITE, DE LA SECURITE ET DE LA
PERTINENCE DU SYSTEME DE SANTE ................................................................................................ 37
OBJECTIF 3.1 : DEPLOYER LA POLITIQUE REGIONALE DE RESSOURCES HUMAINES EN SANTE ......................... 37
OBJECTIF 3.2 : ASSURER LA PERTINENCE, L’EFFICIENCE ET LA SECURITE DES SOINS ...................................... 39
OBJECTIF 3.3 : ACCOMPAGNER LE RENFORCEMENT D’UNE CULTURE DE LA QUALITE ET DE LA SECURITE DES
SOINS AU SEIN DES ETABLISSEMENTS DE SANTE ET DES ETABLISSEMENTS ET SERVICES MEDICO-SOCIAUX .... 42
ANNEXES ................................................................................................................................................... 44
ANNEXE 1 - DECLINAISON DES PARCOURS DE SANTE PRIORITAIRES...................................... 44
MALADIES CHRONIQUES .................................................................................................................................. 44
OBESITE ............................................................................................................................................................ 49
CANCERS .......................................................................................................................................................... 52
ADDICTIONS .................................................................................................................................................... 55
SANTE MENTALE ............................................................................................................................................... 58
PARCOURS PERINATALITE / ENFANTS / SANTE MATERNELLE............................................................................ 61
PARCOURS DE SANTE DES PERSONNES AGEES ................................................................................................. 65
PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP ....................................................................................................... 69
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 412
ANNEXE 2 : FEUILLES DE ROUTE TERRITORIALES ........................................................................... 72
TERRITOIRE DE PROXIMITE DU CENTRE ............................................................................................................ 72
TERRITOIRE DE PROXIMITE DU NORD CARAÏBE ............................................................................................... 74
TERRITOIRE DE PROXIMITE DU NORD ATLANTIQUE ........................................................................................ 76
TERRITOIRE DE PROXIMITE DU SUD .................................................................................................................. 78
ANNEXE 3 : INDICATEURS DE SUIVI................................................................................................... 80
INDICATEURS DU SCHEMA REGIONAL DE SANTE ............................................................................................ 81
INDICATEURS DU PROGRAMME REGIONAL D'ACCES A LA PREVENTION ET AUX SOINS ................................ 84
ANNEXE 4 - ACTIVITES DE SOINS / EQUIPEMENTS MATERIELS LOURDS ET FILIERES DE
SOINS.......................................................................................................................................................... 86
OBJECTIFS QUANTITATIFS ET QUALITATIFS DES ACTIVITES DE SOINS STRUCTURANTES POUR LES PARCOURS
DE SANTE .......................................................................................................................................................... 86
OBJECTIFS QUANTITATIFS ET QUALITATIFS DES EQUIPEMENTS MATERIELS LOURDS DONNANT LIEU A
AUTORISATION ............................................................................................................................................... 119
ANNEXE 5 - GLOSSAIRE ....................................................................................................................... 121
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 423
Introduction
Le Projet régional de santé de troisième génération (PRS 3) couvre la période 2023-2027 et se
compose des documents suivants :
• Le Cadre d’orientation stratégique (COS), valable 10 ans et arrêté en 2018, qui fixe trois grandes orientations pour notre région : 1) Développer une culture partagée de la promotion de la santé permettant à chacun de devenir co-auteur de sa santé; 2) Viser l’excellence du système de santé Martiniquais; 3) Assurer la fluidité des parcours de santé par la définition d’une offre de santé graduée et intégrative en favorisant la coordination des acteurs en tout point du territoire.
• Le Schéma régional de santé (SRS), présent document, décliné en trois axes stratégiques correspondant aux parcours de santé en population générale et permettant d’agir sur l’organisation transversale du système de santé bénéficiant à tous, et de 8 parcours de santé spécifiques.
• Le Programme Régional d’Accès à la Prévention et Aux Soins des plus démunis (PRAPS), qui décline les objectifs du SRS au regard des difficultés particulières des publics qu’il vise.
La méthode
Le Schéma Régional de Santé définit la stratégie en santé de l’Agence à 5 ans (2023-2027).
Fruit d’un travail de co-construction engagé en 2022, articulé avec la démarche du Conseil
National de la Refondation, le contenu du Schéma Régional de santé a été élaboré avec l’aide
d’une trentaine de groupes de travail, réunis chacun à une ou deux reprises. Ces groupes de
travail techniques associant des professionnels de santé, professionnels du secteur social ou
médico-social, et des représentants des usagers ont travaillé sur une vingtaine de thématiques
de santé pour analyser les besoins de santé en regard de l’offre existante et émettre des
préconisations portant sur l’adaptation du système de santé martiniquais aux besoins
objectivés.
Des réunions de partage et de concertation ont été menées, au premier semestre 2023,
associant élus locaux et partenaires, pour croiser les regards et compléter les propositions des
groupes de travail. Le présent Schéma intègre également des projets issus des réunions de co-
construction menées dans le cadre du « CNR Santé » et du « CNR Bien Vieillir »1, en
collaboration étroite avec le Conseil Territorial de Santé. Ces réunions, conduites entre le 28
novembre et le 9 février 2023, ont permis d’échanger avec près de 500 participants,
majoritairement des professionnels de santé, mais également des élus et des citoyens.
Ces travaux d’élaboration du PRS 3 ont été présentés et validés par les membres du comité de
pilotage du PRS (parlementaires, élus de la collectivité territoriale, préfecture, CGSS, DRAJES,
rectorat, université des Antilles, CRSA, CTS, IREPS, DPJJ…).
1 Les projets qui ont émergé dans ce cadre sont identifiés dans le Schéma de la manière suivante : CNR
Santé / CNR Bien Vieillir.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 434
Les caractéristiques territoriales et socio-démographiques
La Martinique présente des singularités très marquées avec une population de 364 508
habitants2, en diminution et âgée (baisse de -0,9% par an depuis 2013 qui s’explique selon les
données de l’INSEE par des départs du territoire plus nombreux que les arrivées), un taux de
précarité élevé et un creusement des inégalités de revenus. 27,4 % des Martiniquais vivent ainsi
sous le seuil de pauvreté qui est de 1 100 € par mois (2019) et 23,2 % de la population active est
au chômage.
Bien que l’espérance de vie soit comparable à la moyenne nationale, le niveau de santé est
perçu comme inférieur.
C’est aussi le département d’Outre-Mer le moins étendu (1 128 km²) et celui où la proportion
de ménages possédant au moins une voiture est la plus forte (74 %), ce qui conduit à la
saturation du réseau routier et complique les conditions d’accès aux soins des populations
isolées (accès supérieur à 30 minutes d’un point d’urgence). A noter que la Martinique connait
des difficultés prégnantes d’organisation des transports en commun (malgré des efforts ces
dernières années), notamment s’agissant des territoires Nord de l’île.
La configuration géographique, la répartition de la population et la concentration de l’offre de
soins sur le centre de la Martinique ont conduit l’ARS de Martinique, pour une répartition
homogène de l’offre, à n’identifier qu’un territoire unique de santé organisé autour de 4
territoires de proximité qui font face à une demande de soins supérieure à l’offre et une offre
de proximité insuffisante.
Avec 14% de médecins de moins qu’au niveau national, la population ne peut s’appuyer sur
l’offre libérale. On assiste alors à un sur-recours de la population aux urgences lié à cette
intensification des déserts médicaux, à une coopération ville-hôpital encore trop limitée et un
renoncement aux soins généralisé en population générale qui induit des prises en charge
hospitalières dégradées.
2 INSEE 2019
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 445
Enfin, l’île reste exposée cycliquement à des risques environnementaux (cyclones,
tremblements de terre, sargasses…) et des crises sanitaires hors COVID (dengue, …) ; qui
impactent régulièrement les services d’urgence et désorganisent le système de santé.
Les enjeux identifiés en 2017 dans le cadre de l’élaboration du Projet Régional de Santé, et qui
ont soutenu la définition du Cadre d’Orientation Stratégique, demeurent ainsi d’actualité :
• Un territoire insulaire plus exposé aux risques environnementaux
• Un vieillissement accéléré de la population et une population en diminution, inégalement répartie sur le territoire
• Des situations de forte précarité et d’importantes inégalités socio-économiques
• Une amélioration globale de l’état de santé de la population mais des indicateurs de santé qui restent inquiétants (santé périnatale ; obésité – surpoids et ses comorbidités ; cancers)
Principaux indicateurs de santé
La population Martiniquaise est impactée par des problématiques de santé, qui marquent tout
l’enjeu de la poursuite et du renforcement d’une stratégie de Promotion de la Santé et de
Prévention :
Chez les adultes de 16 ans et plus, la surcharge pondérale touche 52 % d’hommes
contre 64 % de femmes en 2013. Chez les enfants, la prévalence de cette surcharge
pondérale est de 35 %, dont près de 10 % d’obèses (Enquête Kannari, 2013).
Parallèlement, on observe une plus grande sédentarité de la population. Les femmes et
les enfants pratiquent moins d’activité physique que dans l’Hexagone (expertise
collective IRD 2021)
En corrélation, le poids des maladies chroniques est plus important qu’en moyenne
nationale, avec 12% de femmes se déclarant diabétiques et 10,8% d’homme, tandis que
31,4% de femmes et 24,1 % d’hommes se déclarent hypertendus (Baromètre santé
2021). La prévalence du diabète se conjugue aussi parfois avec une incidence et une
prévalence de l’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT) plus élevées.
La dernière enquête périnatale (2021) montre par ailleurs que :
▫ 52, 5 % des femmes sont en surpoids ou obésité avant la grossesse (37 % en
France Hexagonale)
▫ 7,8 % des femmes sont hypertendues en cours de grossesse (4,3 % en France
Hexagonale)
▫ Et que 10,3% des femmes sont concernées par un diabète gestationnel au cours
de leur grossesse (vs 16,4 % France Hexagonale), soit deux fois plus en
proportion qu’en 2016.
Le cancer reste la principale cause de mortalité sur notre territoire
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Le taux de mortalité des pathologies liées directement à l’alcool est environ 20 fois
inférieur à celui de la France Hexagonale, chez l’homme et la femme, et les niveaux de
consommation d’alcool sont davantage préoccupants chez les jeunes avec une
consommation hebdomadaire d’alcool chez les 18-30 ans plus élevée qu’en Hexagone
(47,7 % contre 32,5 %) et une expérimentation à 17 ans plus importante.
Si la consommation de tabac est la plus faible de France (taux de tabagisme quotidien
de 15% contre 28,6% en Hexagone), l’usage régulier de cannabis est quasi-équivalent à
celui de l’Hexagone (de l’ordre de 3%). La Martinique est aussi parmi les territoires
français les plus touchés par la consommation de crack (0,5% d’initiés), principalement
chez les personnes les plus marginalisées.
Le territoire Martiniquais est par ailleurs très fortement impacté par des
problématiques environnementales à risque potentiel sur la santé : contamination des
sols par la chlordécone, échouages massifs d’algues sargasses sur les côtes atlantiques
notamment et brume de sable.
Les enjeux du PRS 2023-2027
Ce nouveau projet régional de santé s’inscrit dans une vision actualisée des besoins et des
enjeux pour le territoire de la Martinique. Les fragilités du système de santé demeurent en
sortie de la crise sanitaire du COVID-19, et si le territoire a fait preuve de résilience, certaines
ont été exacerbées. Comme dans d’autres régions, la Martinique doit faire face à une
problématique de renforcement des ressources humaines en santé, dans un contexte insulaire,
de vieillissement de la population et de croissance des maladies chroniques.
Soigner autrement est donc un impératif de santé publique, mais aussi économique, compte
tenu de la difficulté à financer les dépenses de santé. Ce sont autant de défis qui appellent à
trouver de nouvelles solutions et de nouveaux leviers.
Les 6 principes définis à 10 ans dans le Cadre d’Orientation Stratégique continueront à guider
l’action de l’ARS et de ses partenaires pour la période 2023-2027 :
Un système de santé tourné vers la promotion de la santé et la prévention
Un système de santé transversal et coordonné à l’échelle régionale et à l’échelle
territoriale
Un système de santé performant, innovant et attractif
Un système de santé réactif
Un système de santé qui place l’usager au cœur des préoccupations
Un système de santé lisible pour les usagers comme pour les professionnels
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Mais ce nouveau projet régional de santé entend leur donner une dimension opérationnelle et
une résonnance territoriale forte, autour des axes suivants :
Renforcer la place donnée aux espaces de démocratie en santé,
Rendre effective et visible l’approche territoriale des politiques de santé,
Renforcer et continuer à garantir la qualité du système de santé et la maîtrise des
risques, notamment ceux liés à l’environnement et agir sur le renforcement de l’offre
de soins
Innover et accompagner la montée en compétences et le développement des
connaissances en santé
Renforcer la communication et la valorisation de l’existant pour rendre plus lisible
l’offre du territoire
La démocratie en santé au cœur de la politique régionale de santé
« La démocratie en santé est une démarche qui vise à associer, dans un esprit de dialogue, de
concertation et de réflexion partagée, l’ensemble des acteurs et usagers du système de santé
dans l’élaboration et la mise en œuvre de la politique de santé ».
La démarche du Conseil National de la Refondation (CNR) a permis de donner une dimension
plus « terrain » et plus concrète à notre approche de la démocratie sanitaire.
Pour l’Agence, il s’agira d’abord d’accentuer l’accompagnement et le soutien aux instances et
de développer la participation de l’ensemble des acteurs du système de santé (professionnels
de santé, usagers et élus) en structurant le débat public et les consultations citoyennes, en
dynamisant la concertation dans le cadre des démarches participatives (CNR, CLS, CLSM, ASV),
leviers de démocratie en santé, et en associant plus systématiquement aux décisions les
instances de la démocratie en santé (CRSA, CTS).
Il s’agira aussi de promouvoir plus directement la place et le rôle du patient dans le système de
santé. S’il faut assurer un meilleur accès à l’information et le respect des droits des usagers,
leur participation plus active à l’écologie du système de santé, au travers notamment des
patients-experts, doit devenir une dimension essentielle.
La territorialisation des politiques de santé : l’enjeu majeur du PRS
Il ne s’agit plus seulement de décliner les politiques dans les territoires, mais de faire émerger
les attentes et les propositions des territoires.
Enjeu majeur du Projet régional de Santé, la territorialisation des politiques de santé se traduit
en 3 grandes orientations :
Renforcer la capacité d’action de l’ARS en proximité
Le PRS comportera une feuille de route qui sera animée, discutée et suivie dans chacun des
quatre territoires de proximité (Centre, Nord Caraïbe, Nord Atlantique et Sud) ; l’échange, la
co-construction avec la population, les différents acteurs en santé et les élus et la transparence
seront au cœur de la démarche.
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Des Comités de Territoires (COTER) seront remis en place pour porter cette approche.
L’organisation de l’ARS va également être adaptée pour accentuer sa présence sur les
territoires de proximité, s’inscrire dans les dynamiques locales, et apporter une réponse
adaptée aux besoins des acteurs locaux en matière de portage des projets de santé dans leurs
lieux de vie.
Instaurer une culture partagée de l’animation territoriale
La stratégie de territorialisation, outre les COTER qui en seront le lieu de pilotage et d’échange,
doit s’appuyer sur les outils existants.
Les Contrats Locaux de Santé devront être plus largement déployés et intégrer l’ensemble des
dimensions de la santé de la prévention à l’organisation de l’offre de soins.
Améliorer la visibilité et la lisibilité des actions de l’ARS
Il s’agit d’adopter une communication plus adaptée aux enjeux du territoire, à son histoire, sa
culture, ses modes de vie, dans une démarche d’ « aller vers » permettant de mieux porter à la
connaissance des élus et partenaires, les politiques de santé et l’action de l’ARS. En particulier,
la communication vers les élus doit être développée et plus systématique.
Garantir un haut niveau de qualité et de maîtrise des risques en santé
Accentuer les efforts en faveur de la qualité et de la pertinence du système de santé
L'accès à des soins de qualité, dans des conditions de sécurité optimale, est un défi pour la
Martinique, comme pour les autres régions ultramarines, du fait à la fois de l'éloignement
géographique, d’inégalités sociales et territoriales de santé, des ressources limitées par la taille
du territoire. Faire face à cet enjeu implique de renforcer l’offre de soins, développer
l’attractivité médicale du territoire, utiliser la télémédecine et les technologies de
l'information, sensibiliser et éduquer la population, et favoriser la collaboration, la
coordination et l'échange de bonnes pratiques entre professionnels de santé, entre
départements français des Amériques, comme avec ceux de métropole mais aussi plus
largement ceux de l’Arc Caraïbe.
La pertinence des soins constitue elle aussi un axe fort de la maîtrise du risque assurantiel, elle
vise à garantir le bon service de santé, pour la bonne personne au bon moment. Cela implique
d’évaluer les besoins de santé locaux, de former les professionnels de santé, d’accéder aux
technologies médicales appropriées, de promouvoir la prévention et de surveiller les pratiques
de soins.
La plus grande implication des usagers du système de santé, composante essentielle de la
démocratie sanitaire, constitue par ailleurs un levier de renforcement de la qualité, dont l’ARS
et ses partenaires sont convaincus.
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Mieux maîtriser les risques en santé, en s’appuyant sur une appréhension plus globale de la
santé
La Martinique est un territoire spécifique, soumis à des risques multiples : naturels (tempêtes
et cyclones, risque sismique, …), épidémiques (maladies vectorielles, arbovirose, …),
environnementaux (sargasses, chlordécone, mais aussi pollution de l’air, des eaux, des sols…).
Plus qu’ailleurs, l’enjeu de la maîtrise des risques implique une approche globale, appelant à
un renforcement des capacités de veille et d’anticipation des acteurs du système de santé
d’une part, mais aussi des acteurs de l’économie globale dont les activités influent sur l’état de
santé final des populations.
Reconnaitre l’interconnexion de l’ensemble de ces dimensions selon le principe « Une seule
santé » (« One Health »), c’est adopter une approche intégrée, pluridisciplinaire et globale de
la santé publique (humaine animale, environnementale). C’est sur cette approche qu’est
structuré le 4ème Plan National Santé Environnement et que seront mises en œuvre les actions
de l’ARS et de ses partenaires pour les prochaines années.
La maitrise des risques en santé, c’est enfin aussi se préparer et anticiper pour conforter les
capacités de réponse du système de santé martiniquais aux situations sanitaires
exceptionnelles et à la gestion de crise.
Innover pour monter en connaissances et en compétences
Promouvoir l’e-santé, pour améliorer l’efficacité et l’efficience du système de santé
Le terme e-santé a une acception très large puisqu’il désigne tous les aspects numériques
touchant de près ou de loin la santé. Elle englobe aujourd’hui les innovations d’usages des
technologies de l’information et de la communication à l’ensemble des activités en rapport
avec la santé.
L‘e-santé, avec les grands chantiers en cours comme le Ségur numérique ou les deux premières
feuilles de route du numérique en santé, contribue à apporter des réponses concrètes, qui
permettent de préserver les bases de notre système de santé, tout en améliorant le service
rendu tant pour les professionnels que pour les patients.
L’e-santé touche toutes les activités du champ de la santé et va continuer à profondément
modifier les pratiques des professionnels et des citoyens pour contribuer à -
• Garantir un accès aux soins et de qualité pour tous (ex : prise de rendez-vous en ligne, identifications de créneaux préférentiel, téléconsultations, …),
• Garantir le partage fluide, sécurisé et instantané des données de santé entre professionnels comme pour le patient, avec les standards de sécurité du « Ségur Numérique », services et référentiels socles,
• Renforcer la prévention et la médecine prédictive avec notamment « Mon Espace Santé » et « l’Intelligence Artificielle »,
• Renforcer les citoyens dans leur position d’acteur et de les mettre en capacité de faire des choix favorables de leur propre santé.
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Innover et expérimenter des solutions nouvelles
Le présent Schéma Régional de Santé poursuit une politique de soutien aux expérimentations
et à la capacité d’innover des acteurs Martiniquais. Outre les innovations technologiques, les
transformations organisationnelles du système de santé et les nouvelles formes d’intervention,
dépassant les cadres de travail traditionnels, sont soutenues, dès lors qu’elles permettent de
répondre aux besoins de la population.
Transversale à l’ensemble des axes du SRS, cette capacité à innover en région et dans les
territoires pourra être davantage soutenue et renforcée à l’avenir, avec la structuration
d’espaces de recherches et de réflexion, comme la mise en place d’un Gérontopôle ou d’une
commission régionale de l’innovation en Promotion de la santé.
Accompagner la montée en compétences des acteurs
Innover et expérimenter impliquent de conforter les compétences en ingénierie de projet et
la culture de l’évaluation, dans un objectif plus large de montée en compétences des acteurs
de la santé.
Des actions de formations, d’observation et de développement des connaissances dans le
champ de la santé continueront à être menées, avec l’appui de nouvelles structures. La mise
en place d’un centre régional d'Etudes d'Actions et d'Informations (CREAI), ou la Structure
Régionale d’Appui (SRA) engagée dans l’amélioration continue de la qualité des soins et la
sécurité des patients contribueront à cette montée en gamme.
Un travail de rénovation et de renforcement des outils d’Observation en santé présents sur le
territoire sera également engagé, en capitalisant sur les ressources existantes et en favorisant
une approche partagée coordonnée et partenariale.
Communiquer de manière adaptée et inclusive
Les réunions de concertation organisées dans le cadre du Conseil National de la Refondation
(CNR Santé) comme les groupes de travail du PRS ont fait émerger des constats communs :
- Une partie de la population Martiniquaise, en situation de précarité, manque de
moyens pour mettre en œuvre les conseils de prévention et est souvent contrainte à
placer d’autres sujets au rang de préoccupations prioritaires, devant la santé (logement,
alimentation, …).
- Une partie de la population se sent peu concernée par les actions de prévention qui
selon elle, se font toujours aux mêmes endroits, sur les mêmes thématiques
- La communication est jugée globalement peu adaptée aux habitudes et à la réalité
locale.
Adapter les stratégies de communication
Pour plus d’efficacité dans la diffusion des messages de prévention, le projet régional de santé
veut mettre en œuvre plusieurs principes:
• Partir des connaissances des populations
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• Respecter les principes de la littératie en santé, c’est-à-dire communiquer de manière positive et compréhensible par tous,
• Prendre en compte la dimension culturelle et historique, proposer une traduction des messages en créole,
• Diversifier les outils (visuels, audio, vidéos…) et canaux de communication,
• Diversifier aussi les canaux de communication locaux et proches de la population (radios locales, bulletins municipaux, télévisions associatives, relais sur le terrain…),
• Co-construire les messages de communication avec des représentants des publics concernés.
Ces principes guideront les actions de communication déployées sur le territoire, que ce soit
dans le champ de la prévention ou de l’accès aux soins.
Un besoin d’assurer une plus grande lisibilité et visibilité de l’existant
Le sujet de la communication englobe également celui de la lisibilité de l’offre.
C’est un objectif transversal à l’ensemble des axes du SRS. Elle passera à la fois par une
meilleure valorisation des actions menées par les acteurs de santé, par une plus grande
pédagogie dans la présentation des actions et dispositifs, d’autant plus indispensable dans un
contexte en évolutions rapides, et par une centralisation des informations et des ressources
au sein d’espaces et d’outils déjà existants, au niveau local ou bien national (par exemple, le
site « sante.fr » ou le dispositif « La Boussole des Jeunes »).
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Axe 1 : Renforcer la maîtrise des risques sanitaires liés à
l’environnement et accompagner l’adoption de comportements
favorables à la santé
Objectif 1.1 : Intervenir de manière globale en promotion de la santé
Contexte
La promotion de la santé est le processus qui confère aux populations les moyens d'assurer un
plus grand contrôle sur leur propre santé, et d'améliorer celle-ci. Cette démarche relève d'un
concept définissant la "santé" comme la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut :
D'une part, réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins et,
D'autre part, évoluer avec le milieu ou s'adapter à celui-ci.
La santé est donc perçue comme une ressource de la vie quotidienne, il s'agit d'un concept
positif mettant en valeur les ressources sociales et individuelles, ainsi que les capacités
physiques. Ainsi, la promotion de la santé ne relève pas seulement du secteur sanitaire : elle
dépasse les modes de vie sains pour viser le bien-être.
Au regard des enjeux relatifs au vieillissement de la population et au poids des maladies
chroniques, la promotion de la santé occupe une place centrale en Martinique.
Depuis 2018, les actions de sensibilisation et de formation des instances de coordination sur
les grands sujets de santé, les travaux avec les partenaires et l’engagement des collectivités
dans le déploiement des Contrats Locaux de santé (CLS) ont favorisé la diffusion d’une culture
de « promotion de la santé » dans les territoires.
De nombreuses actions de prévention sur les sujets prioritaires (nutrition, addictions, santé
sexuelle, chlordécone, …) ont également été mises en œuvre, en cohérence avec les objectifs
définis dans le précédent Schéma Régional de Santé.
Dans la continuité des orientations du PRS 2, l’ARS et ses partenaires soutiennent l’adoption
d’une approche globale et intégrée, mobilisant tous les déterminants de santé en associant les
acteurs de divers secteurs (éducation, environnement, urbanisme, etc.).
Les actions prévues pour les 5 années à venir reposent ainsi sur plusieurs principes
fondamentaux :
- La montée en compétence des acteurs dans le champ de la promotion de la santé,
- La prévention et l’éducation à la santé, relatives à tous les déterminants de santé,
- Le développement des compétences psychosociales pour promouvoir l’autonomie
des individus dans la gestion de leur santé,
- La territorialisation et le soutien aux interventions de proximité, dans la perspective
de réduire les disparités et les inégalités socio-territoriales en santé.
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Nos priorités à 5 ans
Amener la Prévention et l’Education à la Santé au plus près des populations et soutenir les
acteurs
Accompagner le développement d’actions de renforcement des Compétences
psychosociales de manière coordonnée
Sensibiliser les acteurs et la population à l’ensemble des facteurs pouvant avoir un effet sur
la santé (approche des « déterminants de la santé »)
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Amener la Prévention et l’Education à la Santé au plus près des populations et soutenir les acteurs
Construire un parcours de prévention et d’éducation pour la santé à la disposition des acteurs de
proximité : identifier les associations « labellisées » pour intervenir sur le terrain en promotion de la
santé et en mesure d’offrir une offre de prévention couvrant différents volets d’ingénierie et leviers
méthodologiques (formation / accompagnements / ateliers / mise en situation) …
Soutenir le déploiement de dispositifs reconnus et méthodologies validées en promotion de la santé
sur le territoire au travers des démarches d’AAP ou de conventions partenariales : santé
communautaire, Lieux de santé sans tabac, Lieux de santé promoteurs de santé, Evaluations
d’impacts en santé…
Etablir un plan de montée en compétences pour les professionnels, acteurs de terrain et élus, sur les
outils et méthodes en Promotion de la Santé (santé communautaire, One Health, Urbanisme
Favorable à la Santé, Evaluations d’Impact Sanitaire, …)
2 Mettre en place une commission régionale de l’innovation en Promotion de la santé, réunissant les
porteurs et financeurs d’actions de prévention et promotion de la santé
Ses missions : identifier, prioriser, valider, financer, susciter l’innovation, valoriser et communiquer.
Repérer / recenser les actions innovantes sur l’ensemble des territoires
Proposer le renforcement / l’expérimentation d’actions innovantes cofinancées de manière
partenariale (ou bien via AAP ou bien sur la base du diagnostic réalisé)
Déployer les actions innovantes validées, prioritairement sur les territoires du Nord
Assurer l’évaluation de ces actions.
3 Accompagner la déclinaison territoriale de la stratégie nationale multisectorielle de développement
des compétences psychosociales des enfants et des jeunes
Les compétences psychosociales (CPS) sont l’ensemble de compétences sociales, émotionnelles et
cognitives qui concourent à améliorer les relations à soi et aux autres. Facteur clé de la santé, du bien-
être et de la réussite éducative et sociale, le développement des CPS est un des 5 axes d’action de la
promotion de la santé et une stratégie majeure en prévention pour prévenir les conduites à risque
(addictions, santé sexuelle, santé mentale, ...).
En déclinaison de l’instruction interministérielle du 19 août 2022 relative à la stratégie nationale
multisectorielle de développement des compétences psychosociales chez les enfants et les jeunes –
2022-2037, il s’agira pour l’ARS d’impulser une coordination en engageant en particulier le Rectorat, la
CTM et d’autres partenaires, pour assurer :
La réalisation d’un diagnostic territorial partagé (offre / besoins en matière de CPS)
L’élaboration d’un plan d’actions
L’outillage des acteurs
Le suivi du déploiement des actions et leur évaluation
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Objectif 1.2 : Renforcer les dispositifs de prévention primaire, secondaire et
tertiaire
Contexte
En complément des actions de promotion de la santé, l’ARS et ses partenaires souhaitent
renforcer le déploiement et l’accès aux dispositifs de prévention primaire, secondaire et
tertiaire.
La prévention primaire englobe l’ensemble des mesures visant à éviter ou à réduire la survenue
ou l’incidence des maladies, des accidents et des handicaps, en travaillant, entre autres, à la
prévention des conduites individuelles à risque. La prévention secondaire vise à diminuer la
prévalence d’une maladie dans une population. Elle recouvre les actes destinés ou bien à agir
au tout début de l’apparition du trouble ou de la pathologie afin de s’opposer à son évolution,
ou bien à faire disparaître les facteurs de risque identifiés dans une population donnée. Enfin,
la prévention tertiaire intervient après la survenue de la maladie et tend à réduire les
complications et les risques de rechute.
L’ARS Martinique a mis en place durant la période du PRS 2 (2018-2022) plusieurs programmes
de prévention : dépistage des cancers, promotion de la nutrition-santé, repérage des maladies
chroniques, programme « 1000 premiers jours » de l’enfant, dosage de la Chlordéconémie,
promotion de la santé sexuelle, prévention des violences envers les personnes, vaccination,
développement de l’éducation thérapeutique du patient (ETP) et de l’activité physique
adaptée, etc.
Ces actions doivent être poursuivies et renforcées en facilitant l’accès des personnes
vulnérables à cette offre, dans une perspective de réduction des inégalités sociales de santé,
et dans une logique d’« aller-vers ». La mise en place des « rendez-vous de prévention », prévus
par la Loi de Financement de la Sécurité Sociale de 2023, aux âges clés de la vie, constitue un
levier important pour répondre à cet objectif. La poursuite des efforts engagés en faveur de la
nutrition est par ailleurs indispensable pour diminuer les facteurs de risques liés à une mauvaise
alimentation ou l’insuffisance d’activité physique - le surpoids en premier lieu. Le renforcement
et la promotion de l’ETP constituera également un axe clef pour les 5 prochaines années ; la
vaccination également.
Nos priorités à 5 ans
Renforcer les actions dans le champ de la nutrition (alimentation et activité physique)
Renforcer le dépistage précoce des maladies chroniques aux âges clés de la vie
Renforcer le recours au dépistage organisé des cancers
Renforcer la couverture vaccinale obligatoire et recommandée
Développer et faciliter l’accès à l’offre d’éducation thérapeutique du patient
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Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Promouvoir une alimentation favorable à la santé
Mettre en œuvre, suivre et évaluer le Volet Outre-Mer du Programme national nutrition-santé
Promouvoir cette nutrition favorable à la santé dès les 1000 premiers jours de l’enfant et tout au long
de la vie : réduire l’exposition aux pesticides ; poursuivre et renforcer les actions en milieu scolaire
(école promotrice de santé) et auprès des jeunes ; relayer la semaine nationale de dénutrition ;
Protéger les enfants et jeunes du marketing défavorable à la santé en partenariat avec l’ARCOM
notamment : encourager les médias à s’engager dans des Chartes santé en partenariat avec l’ARCOM.
Conventionner entre l’ARS et les radios associatives pour des temps d’antenne sur la santé
Effectuer une campagne de communication en population générale sur la nutrition, adaptée aux
spécificités locales
Poursuivre l’animation territoriale en santé autour de « La Martinique bouge »
2 Renforcer la promotion d’une activité physique en prévention primaire, secondaire et tertiaire
Intégrer l’activité physique dans le parcours de santé des personnes
o Accompagner le renforcement et la structuration des Maisons Sport Santé (MSS) sur le
territoire en lien avec la nouvelle procédure d’habilitation des MSS définie au niveau national
(Arrêté du 25 avril 2023 portant cahier des charges des maisons sport-santé et contenu du
dossier de demande d’habilitation et de renouvellement d’habilitation)
o Intégrer l’activité physique adaptée au parcours de soins des patients en surpoids, en obésité
et atteints de maladies chroniques, enfants et adultes
o Poursuivre et renforcer l’inscription du sport-santé dans les Contrats Locaux de Santé
Encourager au sport-santé en milieu professionnel : promouvoir le label PNNS-administration ou
entreprise
3 Favoriser l’accès précoce à la prévention et au dépistage aux âges clés de la vie, en priorité pour les
publics vulnérables
Se saisir de la mise en place des « rendez-vous de prévention » pour renforcer le dépistage et la prévention autour des priorités de santé Martiniquaises.
o Prévus par la Loi de Financement de la Sécurité Social (LFSS), les « rendez-vous de
prévention » aux âges clés de la vie (20-25 ans, 40-45 ans et 60-65 ans) « peuvent donner lieu
à des consultations de prévention et à des séances d’information, d’éducation pour la santé,
de promotion de la santé et de prévention. Ces rendez-vous de prévention doivent aussi être
le lieu de repérage des violences sexistes et sexuelles et des risques liés à la situation de
proche aidant. ». Dans le respect des éléments de cadrage quant au déploiement de ces
« rendez-vous de prévention » attendus au niveau national, les acteurs régionaux souhaitent
se saisir de cette nouvelle offre de prévention pour renforcer :
L’accès au dosage de la chlordécone
Le dépistage des maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires,
respiratoires et rénales), de l’obésité et du surpoids
L’éducation à la vie affective et sexuelle (IST dont VIH, questions du genre, aspects
éthiques, stigmatisation, etc.)
Prévention/dépistage des addictions
Prévention/dépistage des vulnérabilités psychiques
o Par ailleurs, la structuration de « filières » d’accès à ces « rendez-vous de prévention », sera à
envisager pour les publics les plus éloignés d’un parcours de soin (=> voir PRAPS)
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Garantir l’accès des jeunes suivis par la PJJ aux examens de prévention en santé (EPS) afin de repérer
leurs problématiques de santé (bilan somatique et psychiatrique, addiction, santé mentale, etc.) (=>
voir PRAPS).
4 Renforcer la couverture vaccinale obligatoire et recommandée de la population
Déployer la vaccination contre les papillomavirus en milieu solaire
Communiquer auprès de la population et les professionnels de santé sur la vaccination
S'appuyer sur les PMI, centres de vaccination publics et professionnels de santé en général pour
renforcer la couverture vaccinale
Coordonner les acteurs dans le cadre d’une commission régionale de vaccination
5 Renforcer l’accès à l’offre d’éducation thérapeutique du patient
Mettre en place un « pôle ressources ETP » ou « Maison de l’ETP » : ses missions :
o Faciliter l’accès à l’ETP pour la population
o Accompagner les porteurs de projets d’ETP dans le montage des projets
o Fédérer les acteurs formés à l’ETP,
o Développer l’offre d’ETP
o Favoriser le déploiement de l’ETP sur tout le territoire avec des actions d’aller-vers en prenant
en considération les spécificités de chaque territoire,
o Communiquer sur l’offre d’ETP auprès des professionnels et du grand public.
o Secteurs clefs : maladies neuro-évolutives / surpoids et obésité / diabète / maladies
cardiovasculaires / maladies rénales / maladies respiratoires/ santé sexuelle/apnée du sommeil
et problèmes respiratoires liés à l’obésité/ maladies neuro-évolutives/ Drépanocytose adulte/
asthme adulte/ cancérologie/ endométriose
Feuilles de route / programmes associés
Feuille de route régionale de lutte contre les cancers
Volet Outre-Mer du Programme national nutrition-santé
Programme autour des 1000 premiers jours de l’enfant
Stratégie nationale de santé sexuelle
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Objectif 1.3 : Promouvoir une approche globale des enjeux de santé et des
enjeux environnementaux
Contexte
L’environnement est un déterminant majeur de notre santé. L’Organisation mondiale de la
santé (OMS) estime en effet que les facteurs environnementaux sont responsables de 23% des
décès et 25% des pathologies chroniques dans le monde. Sur cinq nouvelles maladies humaines
qui apparaissent chaque année, trois sont d’origine animale. La crise de la Covid-19 a ainsi remis
en avant liens étroits entre notre santé, la santé animale et la santé des écosystèmes. Il apparait
désormais essentiel de reconnaitre l’interconnexion de l’ensemble de ces dimensions selon le
principe « Une seule santé » (« One Health ») qui propose une approche intégrée et unifiée de
la santé publique, animale et environnementale, au fondement des orientations du 4ème Plan
National Santé Environnement.
Le concept « Une seule santé » appelle à sortir d’une logique anthropocentrée de la santé
humaine. Il reconnaît l'interconnexion étroite entre la santé humaine, animale et
environnementale, soulignant qu’elles sont indissociables et interdépendantes. Il invite à
adopter une approche intégrée, pluridisciplinaire et globale des enjeux de santé et justifie
pleinement la prise en compte de déterminants multiples et variés (sociaux,
environnementaux, économiques, accès aux services de santé…).
L’ARS et ses partenaires s’appuient sur cette approche pour la construction de la stratégie
régionale dans le champ de la santé environnementale. Il s’agira de passer du concept « Une
seule santé » à son intégration réelle dans les politiques locales via la création de processus
permettant une collaboration interdisciplinaire et une communication ouverte entre les
professionnels de la santé, les scientifiques, les vétérinaires, les écologistes et d'autres parties
prenantes. L’approche « Une seule santé » constitue un socle sur lequel seront menées les
actions de renforcement de la surveillance environnementale, de sensibilisation de la
population, de prévention et de contrôle des maladies, en particulier celles qui sont transmises
par des vecteurs tels que les insectes, particulièrement présentes en Martinique. D’autres
problématiques spécifiques au territoire sont identifiées et feront l’objet d’actions sur les 5
prochaines années :
- Les échouages massifs d’algues sargasses
- La pollution atmosphérique
- Les maladies infectieuses comme la dengue, la leptospirose, le chikungunya, le zika
Nos priorités à 5 ans
Actualiser et assurer le pilotage du Plan de surveillance d’alerte et de gestion des épidémies
(PSAGE) sur le volet arbovirose
Renforcer la sensibilisation et la mobilisation citoyenne autour du concept « Une seule
santé »
Renforcer la stratégie territoriale de lutte antivectorielle
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Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Favoriser le développement d’une culture globale et intersectorielle autour du concept d’« Une seule
santé »
Décliner le Projet Régional de Santé Environnement 4 (démarrage 2024) fondé sur le concept d’« Une
seule santé», une approche renouvelée de la santé environnement
Intégrer le concept « Une seule santé » dans les Contrats Locaux de Santé (CLS)
o Projet pilote avec la ville de Fort de France
o Articuler les objectifs du CLS relatifs à la Lutte antivectorielle avec les autres politiques
environnementales au niveau des communes et des intercommunalités,
o Désigner un référent technique au sein de l’ARS qui veille à la mise en œuvre des mesures
identifiées dans le CLS en lien avec la coordination ARS et ville déjà existante
o Porter la réflexion Santé à l’échelle intercommunale via les CLSI
Former les opérateurs de l’aménagement à la notion d’« urbanisme favorable à la santé » et réaliser
des « Evaluations d’impacts en santé » sur des projets structurants
2 Améliorer la prévention des maladies à transmission vectorielle
Elaborer une stratégie de communication territoriale sur la Lutte Antivectorielle et le concept « Une seule Santé »
o Sensibiliser de manière récurrente la population (jeunes, adultes, personnes âgées, personnes
en situation de handicap, élus, les décisionnaires, etc.) à la lutte antivectorielle en organisant
des actions adaptées à chaque public cible : publicité, spot radio, événement public,
communication sur les réseaux sociaux, etc.
o Impliquer les acteurs du premier recours et de proximité à cette sensibilisation : médecins
généralistes, infirmiers, pharmaciens, laboratoires.
Développer une mallette pédagogique d’éducation à la lutte antivectorielle et au concept d’« Une seule santé » à destination des enseignants en primaire et collège
o Capitaliser sur les supports existants en les actualisant et les adaptant si besoin,
o Associer l’ARS, la CTM, le Rectorat, les acteurs de la santé publique, animale et végétale, le
conseil des jeunes et toutes les communes à la construction de la mallette pédagogique,
o Former les enseignants au concept d’ « une seule santé » et à l’utilisation de la mallette,
o Former les enfants à devenir des ambassadeurs « environnement »
o Evaluer cette action dans un objectif d’amélioration des pratiques et de pérennisation.
Mobiliser les citoyens dans la lutte antivectorielle
o Sensibiliser les acteurs intervenant au domicile des personnes (SAAD, SSIAD, portage des
repas, etc.) au repérage du risque et à son signalement
o Promouvoir une attitude écoresponsable (méthodes alternatives qui minimisent l’utilisation
de produits chimiques nocifs pour l’environnement, gestion intégrée des vecteurs qui vise à
réduire les vecteurs nuisibles tout en préservant les espèces bénéfiques, etc.) dans la lutte
antivectorielle.
3 Développer une offre de formation universitaire dans le domaine de la lutte antivectorielle
Créer une formation universitaire de lutte antivectorielle
o Cette formation peut intégrer plusieurs modules (obligatoires et complémentaires), à adapter en
fonction des besoins des acteurs et de chaque territoire de proximité,
o Elle peut être portée par les experts, les acteurs et les spécialistes sur le sujet, les universités des
Antilles (à déterminer).
Créer des formations continues pour les référents de la lutte antivectorielle leur permettant
d’actualiser leurs connaissances, d’en acquérir des nouvelles et de développer leurs compétences.
4 Améliorer la surveillance des maladies à transmission vectorielle
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Renforcer le réseau de médecins sentinelles, par le recrutement d’autres médecins généralistes, en
particulier dans les zones sous-dotées du territoire. Dans ce cadre, sensibiliser les cliniciens à
l’importance de la surveillance des maladies vectorielles
Faire évoluer le PSAGE dengue en plan arbovirose => Stratégie de diagnostic, filière de prise en
charge, enquêtes entomo-épidémiologiques
Rendre opérationnel le dispositif intégré de surveillance, prévention de la leptospirose (DISP Lepto)
5 Renforcer les mesures de prévention et de réductions des risques liés à la qualité de l’air intérieur et
extérieur
Développer les mesures citoyennes de la qualité de l’air afin de sensibiliser et informer efficacement
les Martiniquais et aider à changement de comportement : mettre en place des campagnes de
mesures citoyennes (PM10 et COV) en prenant en compte les conclusions de l’expérimentation
réalisée dans le PRSE3, notamment à destination des populations vulnérables
Engager des actions d’amélioration de la qualité de l’air intérieur
o des établissements accueillant des populations sensibles en continu et notamment aux moments
clef de la vis du bâtiment ;
o des logements insalubres.
Mise en place d’une « Force d’intervention rapide » pour mesurer en urgence les polluants dans l’air
Evaluer les polluants émergents dans l’air : mesurer les perturbateurs endocriniens et les
microplastiques dans l’air
Recenser les nuisances olfactives dans l’air à travers une plateforme collaborative de recensement
des nuisances olfactives et visuelles (signal’air)
Poursuivre la surveillance des pollens et moisissures dans l’air : pérenniser la mesure des pollens et
moisissures dans l’air afin de créer un calendrier pollinique, créer des pollinariums
Evaluer l’impact de la pollution atmosphérique sur la biodiversité, développer la bio-indication de la
pollution de l’air : mettre en place des bio indicateurs végétaux ou animaux dans des jardins partagés
ou autres, à proximité des zones impactées par la pollution atmosphérique
Financer les CEI (Conseiller en Environnement Intérieur) et sensibiliser les médecins généralistes à leur
prescription, pour les patients atteints de pathologies respiratoires chroniques (Asthme, BPCO,
pneumopathie d’hypersensibilité…), d’allergies ou de tout autre symptôme semblant être en lien avec
leur logement. Le rôle des CEI est de réaliser un audit de l’environnement du patient et de délivrer
des conseils aux occupants du logement pour limiter voire supprimer les polluants de l’air intérieur.
6 Poursuivre les actions relatives à la prévention et la maîtrise des risques liés à l’exposition aux
pesticides
Mieux connaitre l’exposition aux pesticides des populations vivant à proximité de zones agricoles et
non-agricoles : mener une étude sanitaire pour savoir s’il existe une différence entre l’exposition aux pesticides des personnes vivant près des cultures et de celles vivant loin de toute culture (sur le modèle de PestiRiv).
Poursuivre et renforcer les actions santé du plan chlordécone IV
7 Rechercher des solutions concrètes pour soustraire les populations aux risques liés à l’exposition aux
sargasses
Evaluer les autres composés gazeux (autres que H2S et NH3) et particulaires pouvant être émis par
la décomposition des sargasses : mesure des autres composés à proximité des zones d’échouements
Définir des niveaux d’exposition des populations en fonction des zones d’échouements à partir des
capteurs et des investigations complémentaires : Cartographier les niveaux d’exposition des populations aux concentrations en H2S, en fonction d’une méthodologie statistique. La méthodologie tiendrait compte des concentrations mesurées par les capteurs, les données de la spatialisation, les zones d’échouements et la direction des vents
Préconiser des bonnes pratiques pour limiter l'exposition aux émanations des algues sargasses dans
les bâtiments à ventilation naturelle (projet AQACIA)
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Feuilles de route / programmes associés
Projet Régional de Santé Environnement 4
Plan de surveillance d’alerte et de gestion des épidémies
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Objectif 1.4 : Renforcer la préparation aux situations sanitaires exceptionnelles
Contexte
Les récentes crises sanitaires dont la pandémie COVID-19 ont démontré la nécessité d’une
montée en puissance de manière graduée et coordonnée du système de santé.
La Martinique est par ailleurs exposée à de nombreux risques majeurs : naturels (cyclones,
séismes, éruption, tsunami), technologiques (accidents industriels, incendie, déversement de
toxique etc.) et sociaux (blocages prolongés d’accès et/ou d’approvisionnement).
Pour faire face aux situations sanitaires exceptionnelles (SSE), pouvant être provoquées par les
risques majeurs, la coordination des acteurs de santé doit pouvoir s’appuyer un dispositif
d’organisation de la réponse du système de santé : le dispositif ORSAN (« Organisation de la
réponse du système de santé en situation sanitaire exceptionnelle »). Elaboré par l’ARS,
« ORSAN » constitue le cadre de réponse opérationnelle du système de santé face aux
situations sanitaires exceptionnelles.
Cette planification prédéfinit les parcours de soins des patients à partir des scénarii de
situations susceptibles d’impacter le système de santé. Elle doit reposer sur une mobilisation
intersectorielle et coordonnée des professionnels de santé (établissements de santé,
établissements médico-sociaux, soins de ville dont particulièrement les structures d’exercice
coordonné et la CPTS).
L’instruction du 26 juillet 2019 transforme les six volets ORSAN existants (AMAVI, EPI-VAC,
CLIM-E, UMP, NRC et BIO3) en cinq volets (AMAVI, EPI-CLIM, UMP, NRC et REB). Ce changement
de doctrine intervenant juste avant la crise Covid a entrainé la suspension de l’élaboration du
dispositif ORSAN. Actuellement, un peu plus de la moitié des plans ORSAN ont été élaborés
en région. En 2021, un volet « ORSAN COVID » a également été élaboré.
Parallèlement à la finalisation des volets « ORSAN », le développement de comportements
adaptés face aux crises et améliorer la coordination des acteurs de santé face aux situations
sanitaires exceptionnels (SSE) constitue un axe de travail pour les années à venir.
Nos priorités à 5 ans
Finaliser l’élaboration des volets du dispositif ORSAN
Accroitre les compétences et la mobilisation des professionnels de santé dans la réponse
aux situations sanitaires exceptionnelles
3 - Plan d’accueil massif de victimes (ORSAN AMAVI) prenant en compte le parcours de soins spécifique aux
blessés notamment par armes de guerre ;
- Plan de prise en charge médico-psychologique de nombreuses victimes (ORSAN MÉDICO-PSY) pour la prise en charge immédiate, post-immédiate et le suivi des blessés psychiques et des proches des victimes ; - Plan de gestion des tensions dans l’offre de soins provoquées par une épidémie saisonnière ou un phénomène climatique et/ou environnemental (ORSAN EPI-CLIM) pour la prise en charge des patients notamment les plus fragiles dans le système de santé ;
- Plan de gestion du risque épidémique et biologique connu ou émergent (ORSAN REB) pour la prise en charge des patients infectés par un agent infectieux à risque épidémique potentiel ou avéré ; - Plan de gestion du risque NRC (ORSAN NRC) pour la prise en charge des patients victimes d’un agent chimique ou radiologique mais aussi l’accueil et la prise en charge dans les établissements de santé de nombreuses victimes contaminées.
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Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Accroître l’efficience et la coordination de la réponse sanitaire aux situations sanitaires
exceptionnelles (SSE)
Finaliser l’élaboration des volets du dispositif ORSAN en y association les acteurs des 3 secteurs de
santé (ambulatoire, hospitalier et SSR; Etablissements et services médico-sociaux) : améliorer la
connaissance de l’impact des risques majeurs sur le système de santé, identifier les points de rupture
du système de santé et formaliser la déclinaison des doctrines stratégiques
Accompagner les établissements dans leur démarche d’élaboration de leurs plans de crise : mettre
en place un dispositif d’appui aux établissements en lien.
Accompagner la formation des acteurs de santé à la gestion de crise
Optimiser la maintenance régulière et la mobilisation des lots PSM : développement des SI de gestion
des stocks et recherche pour la centralisation des stocks stratégiques
Formaliser la stratégie et les modalités de mobilisation des renforts locaux, zonaux et nationaux :
disposer d’une cartographie actualisée des renforts locaux
2 Accroitre la culture et les compétences des professionnels de santé aux risques majeurs
Associer les acteurs du système de santé aux exercices de gestion de crise : veiller à la participation
de chaque secteur du système de santé (ES et ESMS, secteur libéral) à au moins un exercice par an.
Promouvoir l’évaluation des pratiques par des retours d’expériences systématiques : formaliser un
cadre commun de rédaction des retours d’expérience.
Garantir des formations régulières aux risques spécifiques (NRBC, Damage Control) et aux risques
majeurs : mettre en place un plan de formation régionale et/ou zonal
3 Formaliser et renforcer l’implication du secteur libéral dans la réponse aux situations sanitaires
exceptionnelles
Accompagner la formation et le déploiement d’outils visant à faciliter et sécuriser la mobilisation des
professionnels de santé libéraux
Associer le secteur libéral aux exercices de crise
Feuilles de route / programmes associés
Plans ORSAN
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Axe 2 : Favoriser l’accès à la santé en proximité et accompagner la
structuration de parcours de santé gradués et coordonnés
Objectif 2.1 : Renforcer l’accessibilité de l’offre de santé via le renforcement
du maillage territorial et de l’aller-vers
Contexte
La question de l’accessibilité à l’offre – dans ses différentes dimensions – est ressortie comme
une préoccupation importante des Martiniquais dans le cadre de la démarche du « Conseil
National de la Refondation – Santé ». La Martinique se caractérise en effet par des inégalités
sociales et territoriales dans l’accès aux soins et à la prévention. Ces inégalités peuvent être le
reflet de différents freins à l’accès à l’offre existante, des freins géographiques mais également
financiers ou socio-culturels.
Le PRS 2 mettait déjà l’accent sur l’objectif de renforcement du maillage territorial de l’offre
et le développement de dispositifs favorisant « l’aller-vers ».
Dans le cadre du PRS 3, ces deux objectifs sont maintenus : outre la mise en place d’équipes
mobiles dans différents champs, permettant d’améliorer la fluidité des parcours de santé4,
plusieurs actions seront poursuivies pour lever les freins géographiques à l’accès aux soins. Le
développement de la télésanté constitue par exemple un des leviers qui sera activé permettant
également de favoriser l’accès à certaines offres et expertises. Le renforcement du maillage
territorial des structures d’exercice coordonné, dont les Maisons de Santé Pluridisciplinaires,
améliorera l’accès aux soins de premier recours, mais aussi à la prévention, composante
essentielle des projets de santé de ces structures.
Un travail visant à développer le maillage de l’offre de prévention, via l’identification de relais
de proximité, au plus près des populations, sera également engagé. Ce travail devrait
permettre, d’une part d’améliorer l’efficacité des actions de prévention et la délivrance des
messages, d’autre part de contribuer à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.
Enfin, l’accès territorial à l’offre de prise en charge de la douleur sera renforcé, dans la
continuité des réflexions déjà menées dans le cadre du PRS 2, et en cohérence avec les
principes de démocratie en santé et de respect des droits des malades.
Nos priorités à 5 ans
Réduire le non-recours aux soins en déployant une stratégie territorialisée de déploiement
de l’offre de premier recours
Réduire la part de la population n’ayant pas de médecin traitant
Développer l’aller-vers et la médiation en santé pour contribuer à la réduction des
inégalités sociales de santé
4 Voir la partie dédiée à la structuration des parcours de santé (objectif 2.5)
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Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Développer l’accès territorial aux soins de premier et second recours en proximité
Développer les structures d’exercice coordonnées
o Accompagner les porteurs de projets pour la constitution de structures associant plusieurs
professionnels de santé
o Accentuer le partenariat entre ARS et Assurance Maladie pour fluidifier l’instruction des projets
d’exercice coordonné
o Faciliter en lien avec la CGSS l'accès au médecin traitant
Accroitre l’offre de consultations avancées au plus proche de la population
o S’appuyer sur le Groupement Hospitalier de Territoire, ou des partenariats public-privé, pour
déployer des consultations de spécialistes et une offre spécialisée (chirurgie dentaire notamment)
dans les établissements de proximité
o Inclure des consultations avancées dans les projets de santé des structures d’exercice coordonné
Déployer des solutions innovantes pour faciliter l’accès aux soins o Expérimenter des solutions de pratique médicale mobile dans le champ de l’imagerie, de
l’optique
o CNR Santé Expérimenter le déploiement de consultations avancées de médecine générale en
association avec une offre de transport solidaire
2 Accompagner le développement de la télésanté pour pallier les difficultés d’accès aux ressources en
santé
Faire émerger de nouveaux services de télémédecine pour pallier les difficultés de la région (manque
d’expertises, inégalités d’accès aux soins, etc.)
o Développer la télésanté dans les zones sous-denses
o Soutenir & évaluer la télésanté au service des parcours de santé prioritaires
o Réguler les outils de télésanté pour les rendre davantage interopérables, sécurisés & éthiques
Structurer l'offre de télésanté en intra-Martinique & en interrégion
o Développement des usages entre la ville et l’hôpital, ouverture de nouveaux services à l’hôpital,
extension à d’autres Centres Hospitaliers
o Développement de l’activité de coopération Antilles-Guyane
3 Développer la médiation en santé et l’aller-vers
La médiation en santé constitue un outil important de lutte contre les inégalités sociales de santé. Sur la
durée du Schéma régional de santé, deux actions sont envisagées, visant à renforcer la démarche « d’aller-
vers » les publics éloignés – d’un point de vue géographique ou socio-culturel - de l’offre de santé
existante :
CNR Santé Expérimenter le recrutement de médiateurs* en santé: expérimentation sur 3 ans, la mise en
place d’équipes de médiateurs en santé territorialisées visant à accompagner les populations en
situation de fragilité ou éloignées du système de santé, dans des parcours de santé. Ces équipes
joueront le rôle d’interface, en proximité, entre ces populations et les acteurs du système de santé
dans ses différentes dimensions (accès aux soins, aux dispositifs de prévention, aux droits).
CNR Santé Organiser un réseau de professionnels « relais de prévention » pour mailler le territoire :
identifier les relais de proximité existants et potentiels, les faire monter en compétences sur les
thématiques de santé prioritaires du Schéma Régional de Santé, les outiller ; construire et assurer
*Les médiateurs facilitent l'accès de la population aux soins et à la prévention. Assurent les liens entre les personnes vulnérables et le système de santé
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 6425
l’animation des réseaux de « relais », insérés dans l’écosystème des acteurs présents en proximité des
populations (CCAS, Espaces d’Animation et de Vie Sociale…).
Créer des équipes mobiles de prévention, dépistage, prise en charge et ETP sur les maladies
chroniques
4 Développer l’accès territorial à l’offre de soins palliatifs et de prise en charge de la douleur
Créer une Equipe Mobile territoriale de Soins Palliatifs (EMSP), intra, inter et extrahospitalière
o L’EMSP a pour mission d’apporter une aide, un soutien, une écoute active, des conseils aux
soignants qui prennent en soins des patients en fin de vie dans d’autres services. La mission de
l’EMSP concerne : la prise en soins globale du patient et de son entourage familial, la prise en soins
de la douleur et des autres symptômes, l’accompagnement psychologique et psychosocial, le
rapprochement, le retour et le maintien à domicile, la sensibilisation aux soins palliatifs et à la
réflexion éthique.
o Elle joue un rôle essentiel pour faciliter l’intégration et le développement de la démarche
palliative dans les soins donnés aux malades, quel que soit le lieu de prise en soins. La formation
des acteurs de santé est un levier majeur.
o L’EMSP interviendra à la fois en milieu hospitalier et au sein d’établissements sociaux et médico-
sociaux, sur les territoires Nord Caraïbe, Nord Atlantique et Centre, le territoire Sud étant déjà
couvert par l’Equipe Mobile Inter Hospitalière de Liaison (EMIL), permettant ainsi d’assurer une
couverture globale de la région.
Améliorer le recours à la prise en charge de la douleur chronique sur l’ensemble du territoire
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Objectif 2.2 : Assurer la réponse aux besoins de soins urgents et de soins non
programmés
Contexte
Les services d’urgences ont pour mission de prendre en charge 24 heures sur 24 et 7 jours sur
7, en priorité :
- Les besoins de soins immédiats, susceptibles d’engager le pronostic vital et/ou
fonctionnel, qui exigent, quels que soient l’endroit ou les circonstances,
l’intervention d’un médecin formé à la prise en charge des urgences,
- Et les besoins de soins urgents qui appellent la mobilisation immédiate d’un médecin
ayant les compétences et les moyens d’intervenir.
La prise en charge des « soins non programmés » vise à répondre aux besoins des patients
souffrant d’un problème de santé dont la prise en charge ne peut être ni anticipée ni retardée
au-delà de 48h mais qui ne relève pas de l’urgence vitale et ne nécessite pas une prise en charge
par les services hospitaliers d’accueil des urgences. Elle nécessite l’implication des
professionnels de santé de ville qui s’organisent pour couvrir la prise en charge entre 7H et 19H
hors « Permanence des Soins Ambulatoires ». Les « soins non programmés » permettent de
proposer des soins de proximité et rapides, et évitent le recours aux urgences. Ils favorisent
l’accès à des soins de qualité, sont adaptés aux besoins de la population et permettent un
parcours plus fluide.
Le système de santé Martiniquais fait face à plusieurs enjeux :
- Une offre de soins de ville mise en difficulté par une sous-densité médicale de ville.
- Une paupérisation de la population et un important renoncement aux soins.
- Un difficile accès à une offre de diagnostic de ville conduisant la population à
recourir aux urgences par substitution et entrainant des retards de soins et par
conséquent une dégradation de la santé, voire des fuites vers l’Hexagone
- Une rationalisation des sites d’urgence conjuguée à des durées de transports trop
longues
- Une régulation pré-urgences trop longue et parfois complexe
- Des durées moyennes de séjours (DMS) élevées dans les services de médecine en
raison parfois de manque de solutions d’aval, dont d’hébergement, associées à des
délais administratifs incompatibles avec le temps médical
Le déploiement progressif du Service d’Accès aux soins (SAS 972), la Martinique ayant fait
partie des territoires expérimentaux, constitue une avancée importante dans l’organisation de
l’accès aux soins non programmés en coordination avec la régulation des urgences
hospitalières. Le SAS, dispositif prévu par le Pacte de refondation des urgences en 2019,
constitue en effet un nouveau service d’orientation de la population dans leur parcours de
soins. Il repose sur une collaboration étroite de l’ensemble des professionnels de santé du
territoire, qu’ils relèvent de la filière de l’aide médicale urgente (AMU) ou de celle de médecine
générale. Cette collaboration se traduit par la mise en place d’un plateau de régulation des
appels du SAS, accessible 24H/24 et 7J/7, auquel participent les deux filières : d’une part, la
régulation médicale de l’aide médicale urgente (SAMU) 24H/24 et 7J/7, et d’autre part, une
régulation de médecine générale en journée pour les soins non programmés, accessible de 7H
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à 19H du lundi au vendredi et de 7H à 13H le samedi. Cette dernière est portée à la fois par des
médecins régulateurs et des opérateurs de soin non programmés (OSNP). La poursuite du
déploiement du SAS constitue un axe de travail structurant sur la durée du SRS.
Les orientations pour les 5 années à venir s’inscrivent en outre dans un contexte en évolution :
- Réflexions nationales qui ont eu ou pourront avoir un impact sur le cadre
règlementaire de fonctionnement des soins non programmés et des soins urgents :
Pacte de refondation des urgences (2019), Plan Braun (mission flash 2022) ;
- Révision du cahier des charges relatif à la PDSA afin de prendre en compte les
nouvelles évolutions organisationnelles et règlementaires ;
- Réforme des autorisations de la médecine d’urgence.
La poursuite et la consolidation des réflexions engagées, notamment au travers du COPIL
« Urgences et soins non programmés », permettra d’apporter des réponses aux difficultés
mises en évidence : le renforcement de l’offre d'urgence et de soins non programmés, la
coordination des acteurs de santé impliqués et la sensibilisation et l'éducation de la population
au bon usage des services d’urgences.
Nos priorités à 5 ans
Déclinaison de la feuille de route urgences / soins non programmés / PDSA • Améliorer l’offre de prise en charge des Soins Non Programmés (SNP)
• Améliorer l’offre de soins d’urgence
• Mettre en place un observatoire régional des urgences
• Renforcer la communication institutionnelle autour des urgences / SNP
Déclinaison opérationnelle – projets structurants / actions prioritaires
1 Poursuivre la structuration et le renforcement des dispositifs d’accès aux soins non programmés
Renforcer l’articulation entre SAS et PDSA pour une meilleure régulation des demandes de soins
non programmés
Améliorer la régulation à l’entrée et l’accueil des maisons médicales de garde (MMG)
Compléter les possibilités d’orientation et de régulation offertes via le SAS (mobilisation de
transports, accès à des avis spécialisés ou des plateaux techniques en ville…) / Expérimenter le
SAS psychiatrie entre AMU et CHMD
Organiser une offre des SNP dentaires
Renforcer l’offre d’effection mobile de médecine générale et paramédicale libérale CNR Santé, dans
le Sud et le Nord principalement
Développer l’offre de véhicules légers infirmiers sur les territoires plus difficilement accessibles
et éloignés d’un service d’urgences : permettre selon les situations, de différer les passages aux
urgences voire d’organiser l’hospitalisation du patient dans les hôpitaux périphériques
2 Améliorer l’offre de soins d’urgence
Organiser des filières courtes en accès direct sans passer par les urgences
Donner aux médecins généralistes un accès direct aux avis des spécialistes du CHU (« CHUM
line » à élargir à d’autres spécialités que celles déjà ciblées)
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Compléter l’offre de soins non programmés : CH du Marin et à la Clinique Saint-Paul (selon les
possibilités offertes par les textes qui régissent l’activité de soins de médecine d’urgence), voire
dans le Nord Caraïbe
Création d’un « Bed management » territorial externalisé à l‘échelle du GHT, en lien avec l'outil
d'orientation ViaTrajectoire
Conforter la position de la HAD au sein des urgences du CHUM
Mettre en place des services post-urgences (« unités tampons ») pour des publics identifiés avant
admission en service spécialisé : gériatrie, psy…
Améliorer l’offre et la régulation des transports sanitaires notamment la coordination des
transports inter-établissements (GHT) :
• Dématérialisation des outils de commande de transport
• Gestion de l’urgence préhospitalière dématérialisée
• Géolocalisation des ambulances de garde
• Structuration des EVASAN
3 Renforcer le pilotage et le suivi des parcours d’accès aux soins non programmés urgents et non
urgents
Se doter d’outils d’analyse et de pilotage des parcours d’accès aux SNP : mettre en place des
outils de quantification des patients pris en charge en SNP dans les cabinets médicaux libéraux
Structurer et partager les données issues des différents acteurs
Mettre en place un Observatoire régional des urgences
4 Renforcer la sensibilisation des professionnels de santé et l’éducation du grand public sur
l’organisation des soins urgents et des soins non programmés
Sensibiliser le grand public sur le fonctionnement des différents dispositifs en place (SNP, soins
urgents, SAS…) et sur le bon usage des services d’urgences et l’accès aux soins de manière non
programmée
o Adapter les campagnes nationales de communication pour limiter le recours au 15 et aux services
d’urgences pour des soins pouvant être différés
o Faire évoluer les modalités de communication selon les spécificités locales, pour toucher
davantage de Martiniquais (ex: diffusion en créole)
Renforcer la communication et la visibilité du maillage local en offre de SNP et sur les dispositifs en
place auprès des professionnels de santé
o Structurer la communication des situations sanitaires exceptionnelles (SSE) dans la relation ville-
hôpital
Mettre en place une stratégie de communication autour des évènements majeurs du territoire :
Carnaval, Course des Yoles, festivals…
Feuilles de route / programmes associés
Feuille de route Urgences / Soins non programmés / PDSA
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Objectif 2.3 : Renforcer la coordination des acteurs autour du patient
Contexte
Au cœur de la stratégie nationale « Ma Santé 2022 », l’amélioration de l’organisation et de la coordination
des professionnels de santé autour des usagers vise à réduire les ruptures de prise en charge, à définir et
apporter des réponses adaptées aux besoins de chaque personne, et à replacer le patient au cœur du
soin, dans le cadre d’un parcours coordonné entre les professionnels.
Ce mouvement nécessite de transformer l’organisation territoriale des soins pour permettre une plus
grande coopération entre la ville et l’hôpital. La mise en place des parcours de santé doit s’appuyer sur
une coordination fluide entre l’ensemble des acteurs et professionnels.
Cela s’avère d’autant plus indispensable dans un contexte de vieillissement et de développement des
maladies chroniques, dont les prises en charge nécessitent de coordonner les acteurs du champ sanitaire,
à l’hôpital ou en ambulatoire, du médico-social et du social.
Plusieurs projets illustrent cette évolution et seront poursuivis sur la durée du SRS : la mise en œuvre du
projet du Groupement Hospitalier de Territoire et des filières de prise en charge impliquant la
coordination de différents acteurs en ville comme à l’hôpital ; le développement des liens entre
professionnels libéraux et hospitaliers, notamment dans le cadre de la structuration du Service d’Accès
aux Soins.
Cela implique également de mettre en place des dispositifs de collaboration entre les différents
professionnels de santé, les établissements de soins, les services médico-sociaux et les acteurs sociaux –
dans la continuité des travaux initiés par le PRS 2 : élaboration de la stratégie régionale e-Santé et
déploiement du service numérique d’appui à la coordination – et de structurer l’organisation des acteurs
de la coordination (DAC, CPTS, etc.) dans l’écosystème de santé.
Nos priorités à 5 ans
Déployer les outils numériques de coordination de parcours de santé auprès des acteurs de la coordination
Développer les relations entre les acteurs de la ville et de l’hôpital au service de parcours de santé coordonnés
Déclinaison opérationnelle – projets structurants / actions prioritaires
1 Améliorer la coordination ville-hôpital
Développer les liens entre CPTS, Hôpitaux de proximité et structures de prévention (maisons
sport-santé, maison 1000 premiers jours, CEGIDD, structures en addictologie, etc.) pour
favoriser le parcours patient.
Rédiger un protocole Ville/hôpital sur la prise en charge des maladies chroniques (diabète, HTA,
maladies rénales chroniques, asthme)
Renforcer la prise en charge en libéral pour les patients qui le nécessitent en sortie SMR.
Engager une réflexion autour de chirurgie ambulatoire (orthopédie / ophtalmologie) en cabinet
ou salles blanches en cours avec l’Assurance Maladie (expérimentation)
Définir un protocole partagé pour la prise en charge du pied diabétique
Renforcer les centres périnataux de proximité avec diversification des activités pré et post
partum.
Déployer la téléconsultations et télésurveillance au service des femmes enceintes.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 6930
Développer les solutions pour désengorger la maternité de la MFME (hôtels hospitaliers, lien
avec les sage-femmes libérales).
Faciliter l’accès pour les examens complémentaires orienté par des médecins de ville (accès aux
plateaux techniques – avis spécialistes)
Mettre en place un bus itinérant en radiologie conventionnelle au domicile, un bus optique (attention: dérogation nécessaire) et un bus santé
2 Mieux coordonner les parcours de santé grâce au numérique (E-parcours)
Déployer les outils numériques de coordination de parcours de santé avec le programme E-
parcours et en lien avec la feuille de route du Numérique en santé (2023-2027)
o Plateforme e-Parcours @nsamn Martinique pour le DAC et les parcours de santé :
• Outiller la coordination complexe (DAC et parcours)
• Articuler la solution régionale avec le socle et la solution de coordination usuelle
des libéraux (Entr'Actes)
• Développer les usages et accompagner la conduite du changement
• Intégrer de nouveaux parcours et adapter la solution à leurs besoins
o Dossier Communicant de Cancérologie régional pour le GIP PROM et les professionnels
hospitaliers
• Mettre en œuvre la solution sur la partie gestion des Réunions de Concertation
Pluridisciplinaires
• Déploiement sur le GIP PROM et les RCP
• Mise en œuvre de la version cible et déploiement sur les volets DCC et PPCS
3 Améliorer la coordination des acteurs autour des situations complexes
Poursuivre le déploiement du Dispositif d’Appui à la Coordination (DAC) :
o Poursuivre et améliorer la coordination avec les acteurs
o La structuration et l’organisation du DAC étant opérationnelles depuis 2022, l’objectif
est désormais de le faire connaitre dans l’écosystème de santé et définir les modalités
de coopération avec les acteurs en charge de la coordination des parcours de santé :
médecins traitants (1ere ligne), MSP / CPTS / ESP (2e ligne).
o Investir progressivement la mission d’animation territoriale visant l’amélioration des
parcours de santé complexes, dévolue au DAC.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7031
Objectif 2.4 : Améliorer la visibilité et la lisibilité de l’offre de santé et rendre
les Martiniquais acteurs de leur santé
Contexte
L’amélioration de la visibilité et de la lisibilité de l’offre de santé a été identifiée comme un
enjeu primordial du PRS par l’ensemble des acteurs mobilisés dans le cadre de la concertation.
Par ailleurs, la lisibilité de l’offre est une condition importante pour faciliter sa mobilisation par
les professionnels mais également les usagers du système de santé. En effet, il est essentiel que
chaque personne puisse accéder facilement à une information adaptée sur l’offre de santé :
prévention, différents niveaux de prise en charge, professionnels de santé et leurs spécialités,
établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, etc.
Les actions définies ci-après visent à faciliter l’accès à ces informations en capitalisant sur les
ressources existantes. Il s’agira de continuer à développer les outils numériques et
d’accompagner leur usage pour faciliter le repérage des Martiniquais dans le système de santé.
Le déploiement et la montée en charge de Mon Espace Santé constitue par exemple un levier
important permettant de rendre chacun acteur de son parcours de santé, contribuant à
l’exigence de démocratie en santé.
Trois dimensions, qui se rejoignent, seront travaillées :
- La visibilité de l’offre pour les professionnels ;
- La visibilité et la lisibilité de l’offre pour le grand public ;
- L’inscription, dans la durée et les pratiques, de la concertation citoyenne comme
levier d’amélioration de l’offre de santé.
Nos priorités à 5 ans
Accompagner le déploiement de Mon Espace Santé et son utilisation
Développer les outils numériques et cartographiés de connaissance de l’offre de santé
Renforcer les espaces et les modalités de concertation citoyenne permettant de mieux
identifier les attentes des Martiniquais
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Généraliser l’ouverture & l’usage de Mon Espace Santé et accompagner tous les citoyens dans le
virage du numérique en santé
Assurer la promotion auprès des Martiniquais, de Mon Espace Santé, service numérique de
confiance (garantie de la protection de la donnée et la préservation du secret médical) qui
permet d’avoir à portée de main les documents et informations utiles pour leur santé et de gérer
l’accès aux informations aux professionnels de santé.
Accompagner son utilisation auprès des personnes les plus éloignées du numérique via la
mobilisation des ambassadeurs MES, dont la mission est d'accompagner les utilisateurs dans la
prise en main de l'outil, de les sensibiliser aux avantages de la digitalisation de leur parcours de
soins et de les aider à devenir autonomes dans la réalisation de leurs démarches en ligne.
Structurer les liens entre organismes de santé et structures de médiation numérique
Former les médiateurs numériques et sociaux
Accompagner les citoyens dans la prise en main et l'utilisation du numérique en santé
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7132
2 Accompagner l’actualisation et la promotion du site « sante.fr » pour en faire un espace de référence
pour se repérer dans l’offre de santé en Martinique
Recenser les annuaires existants et les intégrer à l’outil « sante.fr »
Mettre à jour régulièrement les données et assurer leur actualisation dans l’outil
Communiquer auprès des professionnels et de la population sur l’outil et son utilisation
3 Améliorer la visibilité de l’offre de santé à destination des jeunes
Accompagner le Comité Local pour le Logement Autonome des Jeunes (CLLAJ) dans le déploiement du
volet « santé » du dispositif « La Boussole des Jeunes » à destination des jeunes de 16 à 30 ans afin de
faciliter la mise en relation des jeunes avec les structures existantes selon leurs besoins.
4 Améliorer la stratégie de consultation citoyenne en santé
Coordonner et mutualiser : mettre en commun toutes les consultations existantes, en exploiter
les résultats et les partager pour alimenter les travaux, réflexions et outils de planification portés
par les différentes institutions
Partager une culture commune de la consultation et de ses enjeux pour le territoire
Définir les modalités innovantes et adaptées d’une consultation régionale
Travailler en collaboration avec le CTPS (Centre Territorial de Promotion de la Santé)
Feuilles de route / programmes associés
Stratégie régionale e-santé 2019-2023 / feuille de route nationale du numérique en santé
2023/2027
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7233
Objectif 2.5 : Structurer des parcours en santé dans 8 domaines prioritaires
Un parcours s’entend comme la prise en charge globale, structurée et continue des patients,
au plus près de chez eux. Le parcours peut avoir de multiples déclinaisons. Trois niveaux de
prise en charge sont habituellement identifiés :
- Les parcours de santé, qui articulent les soins avec, en amont, la prévention en santé
et, en aval, l’accompagnement médico-social et social, le maintien et le retour à
domicile ;
- Les parcours de soins, nécessitant la structuration d’une offre de prise en charge
graduée, du premier recours au second recours voire à une prise en charge plus
spécialisée en troisième intention ;
- Les parcours de vie, qui envisagent la personne dans son environnement : famille et
entourage, scolarisation, prévention de la désinsertion professionnelle, réinsertion,
logement…
Ceci nécessite une évolution assez majeure de notre système de santé pour réunir prévention,
soins, suivi médico-social voire social. Le parcours nécessite en effet de travailler de concert en
tant que professionnels, en fonction des compétences de chacun et avec, au centre, le
consentement de la personne concernée et ses choix éclairés.
Dans le cadre de ce projet régional, la structuration des parcours de santé présentée ci-après
s’appuie sur plusieurs dimensions clés :
- La prévention et le repérage
- La structuration d’une offre graduée de prise en charge
- La coordination, notamment dans sa dimension ville-hôpital
- La montée en compétence des professionnels
- L’observation et la connaissance
La combinaison de ces différentes dimensions au sein d’un même parcours favorise une
approche globale et intégrée de la santé visant à améliorer la qualité, l’accessibilité et la
pertinence des soins.
Huit parcours sont déclinés ci-après : 5 concernent des problématiques de santé identifiées
comme prioritaires pour la Martinique et 3 parcours « populationnels », :
- Maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, maladies rénales chroniques,
asthme, drépanocytose, SIDA, etc.)
- Obésité
- Cancers
- Addictions
- Santé mentale
- Périnatalité / santé maternelle et santé des jeunes enfants
- Personnes âgées
- Personnes en situation de handicap
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7334
Pour chacun de ces parcours, des priorités sont définies sur la durée du schéma régional de
santé, pouvant porter sur tout ou partie des dimensions clés d’un parcours de santé. Les
programmes d’actions pour chacun des parcours sont présentés en annexes.
Nos priorités à 5 ans
Maladies chroniques
Prévenir et repérer le plus précocement possible et en proximité les maladies chroniques
Améliorer la prise en charge, notamment de proximité, des patients atteints de maladies
chroniques
Renforcer la coordination des professionnels et des parcours
Développer la recherche dans le champ des maladies chroniques
Renforcer la visibilité de l’offre pour les professionnels et la population
Obésité
Structurer le Centre spécialisé dans la prise en charge de l’Obésité (CSO) et le parcours
« Obésité »
Renforcer la prévention et le repérage du surpoids et de l’obésité
Cancers
Renforcer la prévention et le dépistage
Améliorer la coordination entre les acteurs pour un meilleur suivi et une qualité de vie
accrue pour les patients
Réduire les délais de prise en charge pour garantir une égalité des chances.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7435
Addictions
Développer et diversifier l’offre de prise en charge des personnes souffrant d’addictions
Renforcer le repérage précoce
Améliorer la coordination des acteurs en faveur de l’accompagnement et de la prise en
charge des personnes souffrant d’addictions
Santé mentale
Finaliser le projet d’établissement unique de santé mentale
Améliorer les liens ville-hôpital dans la prise en charge en santé mentale
Périnatalité / santé maternelle et santé des jeunes enfants
Repérer de la période préconceptionnelle, à l’accouchement et durant la période
néonatale les facteurs qui peuvent affecter la santé des individus en âge de procréer et le
développement psychomoteur des enfants
Améliorer la prise en charge de la femme enceinte et du nouveau-né
Structurer la filière endométriose
Renforcer l’observation en périnatalité
Personnes âgées
Renforcer et mieux coordonner l’offre de prévention de la perte d’autonomie sur le
territoire
Renforcer le repérage précoce des situations de fragilités
Favoriser le virage domiciliaire des personnes âgées
Renforcer l’offre de services à destination des personnes âgées sur le territoire et améliorer
la qualité de l’accompagnement
Renforcer la coordination entre les acteurs accompagnant les personnes âgées
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7536
Améliorer l’observation et la recherche dans le champ du vieillissement
Personnes en situation de handicap
Développer la prévention et l’éducation à la santé de façon adaptée aux besoins des
personnes handicapées
Structurer le parcours des troubles du neurodéveloppement (TND, dont troubles dys) et
renforcer le repérage pour intervenir précocement
Transformer l’offre médicosociale afin de mieux répondre aux aspirations des personnes
et d’améliorer la qualité de l’accompagnement proposé sur le territoire
Faciliter l’accès aux soins courants à tous types de handicap
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7637
Axe 3 : Poursuivre l’amélioration de la qualité, de la sécurité et de
la pertinence du système de santé
Objectif 3.1 : Déployer la politique régionale de ressources humaines en santé
Contexte
Le fonctionnement et la qualité du système de santé reposent sur les professionnels de santé,
dont les effectifs sont de plus en plus fragiles.
La question de la démographie des professionnels de santé est déterminante pour la
Martinique qui se caractérise par une offre de soins globalement insuffisante du fait d’un
manque de médecins ainsi que des inégalités territoriales marquées. Pourtant, les besoins en
soins et accompagnements n’ont jamais été aussi importants, sous l’effet notamment du
vieillissement de la population, du développement des maladies chroniques et de la forte
progression des personnes dépendantes.
Dans ce contexte, l’attractivité des métiers médicaux et paramédicaux constitue un enjeu
majeur pour l’amélioration du système de santé martiniquais, ce qui en fait une des priorités
de ce PRS. Ainsi, plusieurs leviers seront activés afin d’améliorer les conditions d’exercice des
métiers et fidéliser les étudiants qui font le choix d’exercer en Martinique.
Nos priorités à 5 ans
Renforcer l’attractivité des métiers de la santé
Accroître l’attractivité du territoire pour l’exercice soignant, qu’il soit médical ou
paramédical
CNR Bien-Vieillir Structurer et promouvoir (formation, orientation, attractivité, appui aux
opérateurs, partenariats) les filières professionnelles de la géronto-croissance, en
particulier les métiers du soin et des accompagnements des seniors et plus globalement les
activités de la Silver économie.
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Assurer la mise en œuvre de la feuille de route « Attractivité médicale »
Celle-ci est structurée autour de 4 objectifs :
1- Mieux communiquer auprès des professionnels de santé, en mettant notamment en place une
plateforme de recrutement couvrant l’ensemble des disciplines médicales, afin de permettre d’améliorer
la mise en relation de l’offre et de la demande.
2- Mieux accueillir et accompagner nos professionnels de santé, notamment avec la mise en place d’un
service de conciergerie pour faciliter l’arrivée sur le territoire, ou encore un partenariat ARS / Pôle Emploi
pour faciliter l’implantation familiale des professionnels de santé.
3- Dynamiser les modes d’exercice, notamment au travers du soutien à la mise en place d’équipes de
soins primaires pour favoriser le travail en équipe pluridisciplinaire et sécuriser l’exercice professionnel.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7738
4- Installer une gouvernance régionale, la Commission régionale d’Attractivité associant tous les
partenaires institutionnels.
Au-delà de la feuille de route attractivité médicale, il conviendra de mobiliser les leviers réglementaires
disponibles pour faciliter et sécuriser le recrutement des Praticiens à diplômes hors Union Européenne
relevant du décret n° 2020-377 du 31 mars 2023 et les accompagner dans leur exercice professionnel.
2 Elaborer la feuille de route « Attractivité des métiers du médico-social »
Cette feuille de route sera élaborée de manière collégiale avec les partenaires de l’ARS concernés par
cette problématique. Les axes stratégiques seront centrés sur tous les aspects susceptibles d’influencer
l’attractivité des métiers du médico-social tels que les conditions de travail, les perspectives de carrière,
la formation continue, les conditions de stages, la valorisation sociale des professionnels, etc.
CNR Bien-Vieillir La structuration de cette feuille de route pourra s’appuyer sur les propositions mises en
exergue par des acteurs du territoire, par exemple dans le cadre de la démarche « CNR Bien Vieillir » :
• Développer la professionnalisation des intervenants au domicile et l’attractivité des métiers grâce aux moyens renforcés pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Ces intervenants forment une pluralité d’acteurs, dont les métiers méconnus demandent à être répertoriés dans le CASF. • Développer les démarches d’amélioration de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail qui visent simultanément l’amélioration du « bien-être au travail » et la « performance des organisations », et qui ont montré leur efficacité dans les établissements et structures médico-sociales. • Définir les « métiers du bien vieillir » en lien avec l’éducation nationale, et inclure les jeunes dans le processus de valorisation des métiers du bien vieillir
3 Renforcer les coopérations interprofessionnelles et le déploiement de la pratique avancée infirmière
La démographie encore favorable observée en Martinique sur certaines professions paramédicales (IDE,
Kinésithérapeutes notamment) ouvre des possibilités de déploiement de protocoles de coopération dans
le cadre d’un exercice coordonné ou en équipe, indifféremment du mode d’exercice (salarié ou libéral)
et du cadre d’exercice (établissements de santé, centres de santé, cabinet libéral, maisons de santé
pluriprofessionnelles…).
Dans ce contexte, les objectifs seront de :
- Accompagner la constitution d’équipes territoriales souhaitant entrer dans des protocoles
de coopération susceptibles de rendre plus attractif l’exercice paramédical et médical et
d’améliorer l’accès à certaines activités ou actes de prévention, de diagnostic et de soins ;
- CNR Santé Renforcer l’offre en Infirmier·ère·s en Pratique Avancée (IPA), notamment en
soutenant la mise en place d’une formation IPA à l’Université des Antilles, et développer le
protocole de délégation sur les territoires;
- CNR Santé Promouvoir le dispositif des infimier·ère·s de santé publique Asalé·e·s auprès des
médecins du territoire.
Feuilles de route / programmes associés
Feuille de route « Attractivité médicale »
Feuille de route « Attractivité du secteur médico-social »
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7839
Objectif 3.2 : Assurer la pertinence, l’efficience et la sécurité des soins
Contexte
Garantir la qualité, la sécurité et la pertinence des prises en charge à chaque étape du parcours
de santé est au cœur de l’action de l’ensemble des acteurs de santé. Cette « doctrine » a fait
l’objet d’un axe au sein de la stratégie nationale de santé 2018-2022 et a été déclinée au sein
du PRS2. L’évolution des maladies chroniques nous oblige à sans cesse mettre en avant ce
triptyque (qualité, sécurité et pertinence).
La pertinence des actes est également une thématique du plan triennal ONDAM, décliné par
les agences régionales de santé à travers le plan d’actions pluriannuel régional d’amélioration
de la pertinence des soins (PAPRAPS) ainsi que ses modalités d’élaboration et d’évaluation. La
pertinence des soins renvoie à la notion de « juste soin », c’est-à-dire un soin approprié, adapté
aux besoins individuels des patients en évitant les traitements injustifiés, et conforme aux
meilleurs standards cliniques.
La pertinence des soins constitue à la fois un levier d’amélioration de la qualité et de la sécurité
des soins – les traitements inadéquats ou les interventions excessives du système de santé
étant porteurs de risques potentiels pour les patients – et un levier d’efficience du système de
santé, en évitant des dépenses inutiles pour la collectivité. Dans le cadre du projet régional de
santé, ces notions se déclinent prioritairement dans le champ de l’activité d’imagerie.
Par ailleurs, en complément des efforts visant l’amélioration de la pertinence des soins, l’e-
santé constitue une opportunité majeure pour accompagner le renforcement de l’efficacité et
de l’efficience du système de santé. Cependant, le développement des services numériques
en santé et de leur usage doit se faire selon un cadre défini, en termes de règles socles et de
sécurité des données des patients et des systèmes informatiques des établissements sanitaires
et médico-sociaux, en cohérence avec les grands chantiers en cours comme le Ségur
numérique ou les deux premières feuilles de route nationales du numérique en santé.
Nos priorités à 5 ans
Améliorer la pertinence des actes et l’efficience des services de santé
Redonner du temps aux professionnels de santé et améliorer la prise en charge des
personnes grâce au numérique
Renforcer la cybersécurité de notre système de santé
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Relancer la culture de la pertinence et renforcer le rôle de l’instance régionale chargée de
l’amélioration de la pertinence des soins (IRAPS).
Cette dernière contribue à l’amélioration de la pertinence des prestations, des prescriptions et des actes
dans la région en prenant appui sur les constats régionaux.
2 Mettre en œuvre et déployer les leviers existants contribuant à l’amélioration de la qualité et de
l’efficience des soins
Actualiser le plan d’action pour l’amélioration de la pertinence de soins (PAPRAPS)
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 7940
Accompagner les établissements, et notamment le CHUM, dans une démarche d’amélioration de leur
fonctionnement pour gagner en efficience, en qualité des soins et en qualité de vie au travail pour les
professionnels y travaillant. Dans ce cadre, les établissements pourront s’appuyer sur les outils mis à
disposition par l’ANAP et ponctuellement sur des missions d’accompagnement sur des chantiers
prioritaires (virage ambulatoire, fonctionnement et organisation des blocs opératoires, optimisation
des parcours patients : secrétariat médicaux / consultations externes…)
Mettre en œuvre le contrat tripartite d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins (CAQES).
Ce dispositif de contractualisation uniquement incitatif, s’inscrit dans une démarche globale de
recherche de pertinence, d’efficience et de régulation de l’offre de soins et constitue le support d’un
dialogue de gestion annuel entre l’établissement, l’ARS et la caisse d’assurance maladie. Il peut
comporter un ou plusieurs volets relatifs :
o au bon usage des médicaments, produits et des prestations,
o à l’amélioration de l’organisation des soins portant notamment sur les transports,
o à la promotion de la pertinence des actes, prescriptions et prestations
3 Renforcer la pertinence et l’efficience de l’activité d’imagerie
Optimiser l’utilisation du parc d’IRM présents en Martinique via :
o Le renforcement du pilotage et du suivi de l’utilisation des équipements :
Mettre en place un observatoire de l’activité en partenariat ARS/Assurance
Maladie/Etablissements ;
Piloter la mise en place des nouvelles autorisations, en fonction des données
d’utilisation remontées
o Le développement des partenariats public / privé favorisant l’utilisation des équipements
installés (montage juridique et conventionnel à définir), dans l’objectif de réduire les délais
d’accès ;
o L’harmonisation des outils, protocoles et transferts de données et le déploiement du projet
national DRIM-M (Data Radiologie Imagerie Médicale & Médecine Nucléaire) permettront
aux professionnels de santé de visualiser un examen réalisé n’importe où sur le territoire et
de prendre connaissance de l’antériorité des examens du patient afin d’éviter les examens
redondants et de réduire ainsi l’exposition du patient aux radiations.
4 Poursuivre le déploiement et l’usage des services numériques socles au service de la prise en charge
des patients
Harmoniser les solutions logicielles référencées Ségur des professionnels de santé
o Sensibiliser et informer l’écosystème sur l’échange et le partage de données de santé
o Promouvoir l’adoption et contribuer au déploiement des solutions référencées Ségur
Favoriser les usages, notamment dans les services et référentiels socles
o Promouvoir les usagers numériques (Dossier médical partagé, messageries sécurisées de
santé…)
o Engager les établissements de santé dans SUN-ES et les ESMS dans « ESMS numérique »
o Généraliser l’alimentation et la consultation de Mon Espace santé par les professionnels
o Généraliser l’enregistrement dans RPPS + (Répertoire Partagé des professionnels de
santé)
5 Renforcer la cybersécurité de notre système de santé
Renforcer la cybersécurité et la résilience des établissements et structures de santé
o Elaborer un schéma directeur cyber pluriannuel
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 8041
o Mise en œuvre d’une gouvernance adaptée à chaque échelon
o Mettre en œuvre le triptyque (prévenir / détecter / réagir)
o Enrichir le centre de ressources régional cyber
Poursuivre la convergence des SI du GHT de Martinique
o Structurer la DSI de territoire
o Déployer le DPI de territoire au sein du GHT
o Définir la trajectoire de convergence des autres outils (GAM, RH etc.)
Feuilles de route / programmes associés
Stratégie régionale e-santé 2019-2023 / feuille de route nationale du numérique en santé
2023/2027
Plan d’actions pluriannuel régional d’amélioration de la pertinence des soins (PAPRAPS)
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 8142
Objectif 3.3 : Accompagner le renforcement d’une culture de la qualité et de
la sécurité des soins au sein des établissements de santé et des établissements
et services médico-sociaux
Contexte
L’une des ambitions du Cadre d’Orientation Stratégique (COS) est de « renforcer en continu la
qualité et l’efficience du système de santé, et adapter l’offre aux besoins de santé ». A ce titre,
les acteurs de santé Martiniquais ont souligné la nécessité de poursuivre les efforts engagés en
faveur de l’amélioration de la qualité, qui constitue une attente légitime des usagers.
L’amélioration continue de la qualité au sein des établissements de santé et médico-sociaux
s’inscrit en cohérence avec les évolutions et les réformes engagées au niveau national :
- La réforme des autorisations d’activités de soins pour mieux prendre en compte les
critères de qualité,
- La refonte du dispositif IFAQ visant à introduire une part de financement à la qualité
dans les modèles de financement des établissements de santé et dont l’enveloppe
a évolué (700 millions d’euros en 2022 contre 50 millions en 2018),
- La révision de la procédure de certification des établissements de santé en 2020,
- La réforme du dispositif d’évaluation des établissements et services médico-sociaux
et l’élaboration d’un nouveau référentiel par la HAS, applicable à partir de janvier
2023.
Au-delà de la mise en application des nouveaux référentiels HAS, la qualité du système de santé
repose sur un principe et une exigence d’amélioration continue qui pourra notamment passer
par une meilleure implication des citoyens dans ce processus, dans une logique de
transparence. La mise en place d’une Structure Régionale d’appui dédiée sera facilitante pour
accompagner la diffusion d’une « culture qualité » en Martinique.
Nos priorités à 5 ans
Mettre en place une Structure régionale d’Appui
Renforcer la « culture qualité » auprès de l’ensemble des professionnels de santé,
notamment au sein des ESMS
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
1 Mettre en place une Structure régionale d’appui (SRA) engagée dans l’amélioration continue de la
qualité des soins et la sécurité des patients
La SRA devra être mise en place dans les conditions prévues par le cahier des charges défini par
l’arrêté du 19 décembre 2017 et aura vocation à assurer les missions prévues par l’article R1413-
75 du Code de la Santé publique.
2 Sensibiliser les professionnels et le grand public autour de la qualité des soins
Renforcer le partenariat et les interventions de France Asso Santé
Animer une journée régionale dédiée à la qualité des soins et visant à sensibiliser sur les droits
des usagers, et les enjeux de « qualité »
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 8243
Profiter du déploiement de la nouvelle certification HAS pour renforcer l’implication des usagers
au sein des établissements dans la gestion et le suivi des sujets « qualité »
3 Renforcer le suivi des plans d’actions et mesures correctives définies par les établissements suite à
une inspection
Mettre en place un comité de suivi interne à l’ARS, visant à assurer le suivi des établissements
inspectés, en priorité ceux pour lesquels une mise en demeure ou une injonction a été formulée.
4 Sensibiliser les professionnels aux vigilances relatives aux produits de santé
Mettre en place une formation à l’intention des professionnels des établissements de santé visant
à les sensibiliser et informer sur ce que recouvrent précisément les vigilances relatives aux
produits de santé et à déclaration obligatoire. Cette formation pourrait être assurée par l’ARS.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 8344
ANNEXES
Annexe 1 - Déclinaison des parcours de santé prioritaires
Maladies chroniques
Contexte
La Martinique fait face à une prévalence croissante des maladies chroniques. Elle est
particulièrement touchée par des pathologies telles que l’hypertension artérielle et le diabète,
le plus souvent en lien avec le surpoids et l’obésité.
Les maladies cardiovasculaires font partie des principales causes de mortalité en Martinique.
L’hypertension artérielle est la pathologie la plus souvent observée en population générale,
notamment à partir de 50 ans où elle est présente chez un adulte sur deux aux Antilles ; sa
particularité est de toucher plus fréquemment les femmes qu’en hexagone du fait d’une forte
prévalence de l’obésité féminine.
Le diabète de type 2 est très fréquent en outre-mer avec une proportion de personnes
concernées jusqu’à deux fois plus élevée que la moyenne nationale. Comme en hexagone, le
diabète de type 2 représente plus de 90 % des cas de diabète. Il est lié à l’évolution des
habitudes de vie : activité physique insuffisante et sédentarité, alimentation déséquilibrée,
surpoids et obésité, etc. Les femmes sont plus touchées que les hommes. La plaie du pied
diabétique représente une complication fréquente et un problème de santé publique
conduisant à de nombreuses hospitalisations (10% des séjours de patients diabétiques) et
pouvant conduire à l’amputation.
La maladie rénale est également un problème de santé important en Martinique. En effet, elle
connait une prévalence deux fois plus élevée, avec une incidence de l’Insuffisance Rénale
Chronique Terminale (IRCT) de 1,5 à 2 fois plus élevée que la moyenne nationale, en lien avec
une prévalence du diabète et de l’HTA élevée.
La prévalence standardisée des personnes prises en charge pour la dialyse chronique en
Martinique est de 1,9 ‰. Le nombre de patients en traitement par dialyse augmente de façon
régulière (+6%) tous les ans. Ces chiffres d’incidence et de prévalence sont deux fois supérieurs
au territoire hexagonal.
La prévalence de ces pathologies est en partie liée à des habitudes de vie (alimentation,
sédentarité, etc.). Ainsi, il est essentiel de sensibiliser la population à ces facteurs de risque et
de promouvoir des mesures préventives adaptées (voir Axe 1 du présent Schéma Régional de
Santé).
Pour réduire la prévalence de ces pathologies et améliorer le parcours des maladies chroniques,
plusieurs actions ont été mises en place sur la durée du PRS 2 (2018-2022). Ces actions ont
concerné la sensibilisation des professionnels de santé à la culture de prise en charge et de
suivi des maladies chroniques, l’amélioration de la prise en charge des patients en surpoids ou
obèses, l’amélioration de l’accès au dépistage et à la prise en charge précoces des maladies
rénales chroniques, le renforcement des actions en faveur de la prévention et de la prise en
charge des risques cardio-vasculaires, l’amélioration de la coordination des acteurs du parcours
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 8445
des patients avec une maladie chronique et l’amélioration du suivi, de la surveillance et la prise
en charge des patients diabétiques.
Les objectifs identifiés par les acteurs pour les 5 années à venir visent à poursuivre cette
dynamique en renforçant :
- Le dépistage précoce qui est crucial pour ralentir la progression de la maladie et réduire
ses complications. Le dépistage précoce doit permettre d’identifier les personnes à
risque pour les orienter vers les accompagnements spécialisés,
- L’accompagnement et la prise en charge de proximité des personnes concernées,
- La lisibilité de l’offre auprès de professionnels de la prévention et de la prise en charge
ainsi qu’auprès des habitants,
- La coordination des acteurs accompagnant les maladies chroniques qui nécessitent
souvent une approche multidisciplinaire pour une prise en charge efficace.
Nos priorités à 5 ans
Prévenir et repérer le plus précocement possible les maladies chroniques
Améliorer la prise en charge, notamment de proximité, des patients atteints de maladies
chroniques
Renforcer la coordination des professionnels et des parcours
Renforcer la visibilité de l’offre pour les professionnels et la population
Développer la recherche dans le champ des maladies chroniques
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
Prévention /
repérage
- Développer une équipe mobile de prévention et de dépistage des
maladies chroniques pour mener des actions d’aller-vers, notamment
vers les jeunes et le public vulnérable :
o Elle sillonnera tout le territoire martiniquais et s’installera dans des
espaces ciblés (centres commerciaux, intervention sous forme
d’ateliers au sein des établissements scolaires partenaires, journée
de sensibilisation dans les lieux fréquentés par les jeunes, etc.)
o Lieu d’échanges et d’informations, cette équipe mobile aura pour
objectif de réduire les inégalités sociales et territoriales en menant
des actions d’information, de prévention et de dépistage des
maladies chroniques (diabète, maladies rénales, respiratoires et
cardiovasculaires),
o Les résultats des dépistages positifs seront communiqués aux
médecins traitants des patients qui en disposent, sinon à la CPTS
Madinina qui se chargera de leur trouver un médecin traitant.
- Etendre la compétence de la maison des 1000 premiers jours à la
prévention, au dépistage, la prise en charge des maladies chroniques
et l’ETP et/ou créer des maisons des maladies chroniques sur le
territoire (1 par territoire de proximité et en priorité au Nord et Sud de
l’île), dotées d’un système d’informations partagé entre la ville et
l’hôpital, adossées à des établissements hospitaliers, à des maisons
sport-santé, Centres de Santé ou Maisons de Santé pluridisciplinaires,
maison des 1000 premiers jours. Parmi ses missions : favoriser le
dépistage et la prévention des maladies chroniques, développer des
stratégies et les compétences d’adaptation, accompagner vers
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l’Activité Physique Adaptée (APA) et le lien social et culturel, limiter les
ruptures de parcours et décloisonner les prises en charge (lien ville
hôpital effectif), etc.
- Développer l’offre d’Education Thérapeutique du patient, transversale
aux 3 maladies chroniques (diabète, obésité et maladies rénales
chroniques). Développer le concept du patient expert dans la prise en
charge des maladies chroniques. => Voir axe 1, objectif 2 du SRS.
- Renforcer la visibilité de l’offre : annuaire maladies chroniques à créer
- Campagne de communication grand public adaptée aux spécificités
locales
- Agir en amont de l’apparition de l’insuffisance cardiaque chronique en
mettant en place un protocole commun pour la prise en charge de
l’hypertension artérielle entre la ville et l’hôpital.
- Renforcer le dépistage de l’asthme et de l’insuffisance respiratoire
chronique (qui est généralement dépistée lors du syndrome de l’apnée
du sommeil) via :
o Les actions communautaires comme les actions de
sensibilisation et de formation de la population sur l'asthme,
en s’appuyant sur l'éducation nationale pour le dépistage et
l'orientation des enfants asthmatiques.
o La sensibilisation et la formation des personnels de santé de
premier recours : médecin traitant, IDEL et autres acteurs de
santé de proximité.
o L’élaboration d’un protocole de soins avec un parcours balisé
pour la prise en charge.
- Dépister les maladies rénales le plus précocement possible,
notamment chez les personnes à risque :
o Permettre le dépistage de l’insuffisance rénale chronique dans
les laboratoires sans ordonnance gratuitement (comme pour le
VIH et la Chlordécone),
o Sensibiliser les professionnels de santé à promouvoir le
dépistage des maladies rénales pour les personnes à risque
(notamment les personnes diabétiques, avec HTA et obèses),
o Mettre à disposition des laboratoires un outil d’orientation en
cas de dépistage d’une atteinte rénale : médecin traitant du
patient ou la CPTS pour les patients qui ne sont pas
accompagnés,
o Garantir l’accès aux structures d’aval suite au dépistage des
maladies rénales,
o Garantir pour les patients dépistés positifs l’accès à une
consultation remboursée de diététique en ville ou à l’hôpital.
o Renforcer la semaine du rein, dont l’un des objectifs est
d’inciter les participants à se faire dépister, en ciblant
également les personnes âgées de moins de 65 ans et les jeunes
- Renforcer la communication et l’information sur la drépanocytose en
population générale et auprès des professionnels de santé :
o Développer des actions avec la médecine scolaire au moment
de l’adolescence pour que chacun ait connaissance de son
type d’hémoglobine
Offre graduée de
prise en charge /
filière de soin
Maladies cardiovasculaires :
- Développer la télésurveillance pour les patients atteints de maladies
cardiovasculaires chroniques,
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- Développer la télémédecine sur le territoire pour pallier les
problématiques de l’attractivité des métiers de la santé. A noter qu’une
expérimentation est en cours au CHU de la Martinique,
- Mettre en place un parcours de soin pour les patients atteints d’une
insuffisance cardiaque chronique
- Développer les consultations avancées en cardiologie dont l’onco-
cardiologie (les nouvelles préconisations encouragent un suivi
cardiologique rapproché des patients oncologiques sous
immuno/chimio thérapie) : installer ces consultations à Clarac avec des
vacations tournantes en impliquant les cardiologues libéraux.
Insuffisance rénale chronique :
- Développer le parcours pluridisciplinaire (APA, diététique, social, etc.)
du patient en Insuffisance Rénale Chronique, dans le cadre du
protocole ville-hôpital
- Développer la greffe rénale en Martinique : informer le patient de la
possibilité de s’inscrire sur la liste pour la greffe dès l’inclusion en centre
de dialyse; effectuer une communication grand public sur le don du
vivant, en lien avec l’agence de biomédecine et le CHU-M
- Développer la télé-expertise et un réseau de soin intégrant tous les
acteurs de la néphrologie.
- Mettre en place une structure régionale liée à la maladie rénale
chronique, rassemblant toutes les structures de Martinique, pour
porter des actions et manifestations relatives à cette thématique
depuis la prévention jusqu’à la greffe, en passant par la dialyse
Diabète
- Structurer une offre d’éducation à la santé à destination des femmes
ayant développé un diabète gestationnel
- Améliorer le suivi, la surveillance et la prise en charge des patients
diabétiques, notamment des femmes dépistées avec un diabète
gestationnel,
- Améliorer la prise en charge du diabète : établir un protocole partagé
ville/hôpital de prise en charge du diabète
- Améliorer la prise en charge du pied diabétique : réduire les délais
d’accès à l’angiographie et aux biopsies osseuses,
- Améliorer le suivi, la surveillance et la prise en charge des patients
diabétiques, notamment des femmes dépistées avec un diabète
gestationnel
Maladies respiratoires :
- Développer une offre d’ETP dédiée à l’apnée du sommeil et aux
problèmes respiratoires liés à l’obésité
- Améliorer la prise en charge en ville des maladies respiratoires, chez les
enfants,
- Développer la télésurveillance des patients appareillés à domicile.
Drépanocytose :
- Continuer à assurer le fait que chaque enfant ait dans son carnet de
santé les résultats du dépistage de la drépanocytose,
- Regrouper les services en charge de la drépanocytose sur le même site
de PZQ : déménager le centre de drépanocytose et le laboratoire de
référence situés à Mangot-Vulcin vers PZQ où se trouve la Maison de la
Femme, de la Mère et de l’Enfant (MFME), l’hospitalisation
conventionnelle et les urgences,
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 8748
Coordination ville -
hôpital
- Établir un protocole partagé ville/hôpital de prise en charge du diabète
capitalisant sur les coordinations déjà existantes, y compris sur la prise
en charge du pied diabétique. Il existe ainsi une coordination entre le
service d’endocrinologie du CHU et la CPTS via l’outil Entr’Actes. Aussi,
la CPTS en partenariat avec les laboratoires se charge de trouver un
médecin traitant aux patients dépistés positifs qui ne sont pas déjà
accompagnés
- Établir un protocole partagé de prise en charge ville/hôpital des
maladies rénales
- Renforcer la coordination ville-hôpital autour d’un véritable parcours
de prise en charge de la plaie du pied diabétique en s’appuyant sur la
délégation de tâches et des outils e-Santé avec les IDEL et en favorisant
l’intégration de la problématique dans les projets de santé des
structures d’exercice coordonné
- Mettre en place une coordination de parcours régionale des maladies
chroniques qui intègre tous les professionnels libéraux et hospitaliers,
dont la gouvernance associera CPTS, CHU, et GHT.
Montée en
compétence des
professionnels /
formation
- Sensibiliser et former les professionnels de santé à la prévention et au
dépistage des maladies chroniques
- Sensibiliser et former les professionnels aux risques et à la prise en
charge du pied diabétique
Observation /
connaissances
- Elaborer un protocole de recherche transversal aux maladies
chroniques à soumettre à la Direction de la Recherche Clinique et de
l’innovation (DRCI). Développer le concept du patient expert dans la
recherche autour des maladies chroniques.
Feuilles de route / programmes associés
Projet médical GHT – Martinique
Projet CPTS Madinina
CPOM ARS/URML
Volet Outre-Mer du Programme national nutrition-santé
Programme autour des 1000 premiers de l’enfant
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 8849
Obésité
Contexte
L’obésité est un problème de santé majeur en Martinique.
En effet, 53% des Martiniquais sont en surpoids ou en obésité (contre 47% en France
hexagonale) dont 20 % en état d’obésité (14% en France hexagonale). Les femmes sont plus
concernées que les hommes par l’obésité (25 % des femmes contre 13 % des hommes) dans les
DROM, phénomène observé aussi en France hexagonale5.
Concernant la population pédiatrique de moins de 15 ans : 9,4% sont en situation d’obésité en
Martinique, 25% sont en situation de surpoids, soit un tiers en situation de surcharge pondérale
(Chiffres tirés de l’étude Kannari de 2013 publiée en 2015).
De façon transversale, toutes les études nationales ont montré une plus forte prévalence et
progression du surpoids et de l’obésité dans les DROM et COM rendant la situation
particulièrement préoccupante.
Outre l’alimentation, d’autres facteurs peuvent interagir, tels que l’environnement social
(famille, amis), physique proche (disponibilité et choix alimentaire au sein des écoles, lieux de
travail, dispositifs publicitaires, infrastructures, les transports, la topographie de l’Ile…). De
manière plus large, les facteurs structurants comme les normes sociales ou les revenus ont
également un impact.
Il est donc important de disposer de mesures permettant d’accéder à une alimentation plus
saine, et à un environnement physique favorable permettant de lutter contre la sédentarité
dès le plus jeune âge et tout au long de la vie.
Le PRS 2018-2022 a permis la mise en œuvre de plusieurs actions pour améliorer cette
situation : déploiement de plusieurs projets de prévention, installation d’une commission
régionale du surpoids/obésité, partenariat ARS/CTM pour la lutte contre l’obésité, etc.
Cette dynamique est poursuivie en renforçant les actions de prévention du surpoids et de
l’obésité (en lien avec l’Axe 1 du Schéma régional de santé), en structurant les filières, favorisant
ainsi une meilleure prise en charge des patients tout en évitant les ruptures de parcours.
Nos priorités à 5 ans
Structurer le Centre spécialisé dans la prise en charge de l’Obésité (CSO) et la filière
« Obésité »
Renforcer la prévention et repérage du surpoids et de l’obésité
5 : Insee Analyses Martinique n°46 – Septembre 2021
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 8950
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
Prévention /
repérage
- Déployer l’équipe mobile de prévention contre l’obésité (M’OB KIDS)
o Population cible : enfants (-18 ans)
o Les objectifs sont de sensibiliser le grand public aux questions du
surpoids et de l’obésité dans la population pédiatrique, de
renforcer le dépistage pondéral (mesure, taille, poids,
impédancemétrie) et la prise en charge précoce (orientation vers un
parcours de soin), de développer une prise en charge de proximité
grâce à des équipes pluridisciplinaires mobiles adaptées aux
spécificités d’âge et de mesurer l’impact sociétal, médical de ce
genre de dispositif et identifier les leviers d’optimisation en vue d’un
déploiement sur l’ensemble du territoire martiniquais,
o Les lieux d’intervention de cette équipe mobile seront les centres
commerciaux, les établissements scolaires identifiés et les plages
ciblées par secteur (Nord Atlantique, Nord Caraïbe, Centre, Sud),
o Orientation des patients en surpoids ou en obésité vers le premier
et deuxième recours pour une prise en charge en les informant sur
le parcours de soin qui leur est offert.
- Dépister l’obésité chez les mères, dans la période des 1000 premiers
jours de l’enfant et les prendre en charge de manière globale (suivi
diététique, activité physique, accompagnement psychologique)
- Dépistage systématique de l’obésité en milieu scolaire (maternelle, 6e
et lycée), en partenariat avec les PMI pour les moins de 6 ans, suivi d’une
prise en charge globale
- Mettre en œuvre le programme « Retrouve ton cap » chez les enfants
- Développer le projet « M’Ton corps », en partenariat avec l’assurance
maladie, qui consistera à offrir tous les 3 ans une consultation de
prévention du surpoids et de l’obésité, notamment au public éloigné
des soins
- Recenser et évaluer les pratiques de repérage des professionnels de
premier recours dans un objectif de partage et d’amélioration des
pratiques
Offre graduée de
prise en charge /
filière de soin
- Structurer le Centre spécialisé dans la prise en charge de l’Obésité
(CSO) dont l’une des missions est de contribuer à l’organisation et la
coordination de la filière de prise en charge de l’obésité. L’organisation
de la filière doit répondre aux besoins suivants :
o Prise en charge graduée en fonction de la gravité, la complexité
de l’obésité et du risque de complications,
o Formation, actualisation des connaissances pour
contribuer à l’amélioration des pratiques
professionnelles (graduation et pertinence des soins)
o Diffusion d’informations visant à améliorer la lisibilité de
l’offre de soins et de l’organisation de la prise en charge
de l’obésité auprès du grand public, des patients et des
professionnels de santé et de soins
o Renforcement et développement des programmes
d’éducation thérapeutique dont pré et post chirurgie
bariatrique en associant les patients experts
o Développement de l’offre de prise en charge sur tout le
territoire avec des actions d’aller-vers et en intégrant le
parcours des personnes en surpoids ou obésité dans les CLS.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 9051
Coordination ville -
hôpital
- Structurer le CSO (voir ci-dessus)
- Relancer les « Cotech » sur le parcours obésité (prévention, prise en
charge, financement et recherche) en lien avec la Commission
Régionale du Surpoids et de l’Obésité afin de favoriser la coopération
des acteurs,
- Communiquer de manière adaptée auprès des professionnels sur
l’offre de prise en charge du surpoids et de l’obésité via l’élaboration
d’un annuaire permettant d’identifier « qui fait quoi » à chaque étape
du parcours
Montée en
compétence des
professionnels /
formation
- Développer les formations et les échanges de pratiques entre les
acteurs, notamment auprès des patients experts.
- Travailler en pluridisciplinarité sur des sujets prioritaires identifiés tels
que :
o Repérage des facteurs de risque du surpoids et de l’obésité
o Prise en charge pluriprofessionnelle du surpoids et de l’obésité
notamment chez les personnes en situation de handicap et les
personnes présentant un trouble mental,
o Prescription de l’Activité Physique Adaptée (APA), y compris
pendant la grossesse et en post partum,
o Accompagnement psychologique
o Causes (notamment médicamenteuses : antidépresseurs,
antipsychotiques, corticoïdes, etc.) et conséquences de
l’obésité,
o Questions relatives à la prévention de la stigmatisation,
o Education Thérapeutique du Patient,
o Prises en charge innovantes : thérapies cognitives par exemple
o Approches décentralisées du poids dans la prise en charge.
Observation /
connaissances
- Identifier les causes profondes des rechutes ainsi que la pertinence de
l’acte de chirurgie via l’étude des parcours des patients qui ont eu
recours à plusieurs actes de chirurgie de l’obésité
- Mieux connaître et suivre la prévalence du surpoids et de l’obésité des
étudiants : recueil pluriannuel des données relatives à l’IMC des
étudiants, en partenariat avec le Rectorat et Santé Publique France
Feuilles de route / programmes associés
Feuille de route nationale déclinée en feuille de route régionale
Programme National Nutrition Santé 4 (PNNS-4) 2019-2023, volet outre-mer
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Cancers
Contexte
En Martinique, si les taux d’incidence et de mortalité par cancer sont globalement inférieurs à
la moyenne nationale, ils sont majorés sur certaines localisations : Prostate, Estomac, Col de
l’utérus, Myélomes multiples. Cependant, la croissance du nombre de cancers du sein et du
côlon diagnostiqués est plus rapide que la moyenne nationale.
Par ailleurs, certains facteurs de risques sont sur-représentés (surpoids/obésité, risque
infectieux, Chlordécone).
La participation aux dépistages organisés des cancers féminins est particulièrement faible : le
taux de recours au dépistage du cancer du col de l’utérus est inférieur à 15 points par rapport
à la moyenne nationale, de 8 points en ce qui concerne le cancer du sein. En 2019, 19 % des
Martiniquaises de 55 à 74 ans n’ont jamais effectué de frottis cervico-utérin et 42 % des
femmes de plus de 75 ans (contre 27 % des plus de 75 ans en France métropolitaine)
Concernant le dépistage du cancer colorectal, 34 % des 55-74 ans et 52 % des 75 ans et plus
en Martinique n’ont jamais fait de dépistage de cancer colorectal par recherche de sang dans
les selles (contre 66 % des 55-64 ans, 55 % des 65-74 ans et 54 % des 75 ans et plus en France
métropolitaine)6.
On observe également des délais d’attente importants entre les étapes du parcours de soins
dans un contexte de tensions sur les ressources médicales (médecine générale et spécialisée)
nécessaires au diagnostic et à la prise en charge.
Plusieurs avancées ont toutefois été déterminantes ces dernières années et constituent des
opportunités pour améliorer les parcours de diagnostic et de prise en charge :
- La poursuite du virage numérique : eParcours, de la dématérialisation des images dans
le cadre du DOCS, renouvellement DPI régional, développement télé-expertise,
téléconsultation et télé-RCP
- La coordination régionale des dispositifs en cancérologie assurée par la Plateforme
Régionale d’Oncologie Martinique
- La mise en place d’un Dispositif d’Appui à la Coordination unifié
- Le pilotage structuré au sein d’une plateforme régionale
Depuis 2022, des travaux sont en cours visant à assurer la déclinaison régionale de la stratégie
décennale de lutte contre les cancers, via l’élaboration de la feuille de route régionale Cancer.
Celle-ci est structurée autour de 4 objectifs :
1) Mieux prévenir et dépister
2) Coordonner les acteurs pour un meilleur suivi et une qualité de vie accrue pour les
patients
3) Réduire les délais de prise en charge
6 Insee Analyses Martinique, n° 46, Septembre 2021
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 9253
4) Lutte contre les inégalités.
Le suivi et la mise en œuvre de cette feuille de route constitue le socle des interventions de
l’ARS et de ses partenaires pour les 5 années à venir.
Nos priorités à 5 ans
Renforcer la prévention et le dépistage
Améliorer la coordination entre les acteurs pour un meilleur suivi et une qualité de vie
accrue pour les patients
Réduire les délais de prise en charge pour garantir une égalité des chances.
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
Prévention /
repérage
- Organiser un maillage territorial des acteurs pour assurer l’information
au plus près de la population
- Développer les interventions d’aller-vers les populations cibles du
dépistage organisé :
o Actions de dépistage en coordination avec le bus mis en place par
la Collectivité Territoriale de Martinique
o Actions d’aller vers pour la réalisation de frottis pour éviter les
diagnostics tardifs
- Impliquer davantage le réseau des professionnels de santé dans le
dispositif de dépistage organisé des cancers :
o Information aux professionnels de santé pour inciter à la réalisation
de frottis
o Accompagner l’appui des pharmaciens d’officine comme relai des
dépistages organisés
o Visiter des centres d’imagerie médicale pour une meilleure
intégration dans le DOCS
- Déployer un Système d’information unique pour les dépistages
organisés (DOCS, DOCCR, DOCCU)
- Communiquer/sensibiliser la population sur les comportements ayant
un impact favorable ou défavorable sur les cancers
- Poursuivre les actions visant à faciliter l’accès aux soins oncologiques
de support (référencement, publication dans un guide, formation des
professionnels, etc.)
Offre graduée de
prise en charge /
filière de soin
- Mettre en place des plages dédiées aux diagnostics cancers pour les
examens d’imagerie
- Analyser et identifier les filières les plus en difficultés et mettre en
place des plans d’actions correctifs
- Structurer des filières et identifier les voies de recours inter-régionales
ou nationales
- Formaliser des partenariats interrégionaux autour des activités de
chirurgie carcinologique les plus fragiles (ORL, Gynéco / Ovaire, Viscéral
/ Œsophage, chirurgie pédiatrique)
- Etendre les autorisations de chimiothérapie, notamment vers le
domicile
- Structurer un circuit pour la prise en charge des effets secondaires sans
passage aux urgences
- Mettre en place un système d’alerte et des procédures pour garantir la
continuité en cas de crise
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 9354
- Développer une filière d’oncocardiologie
Coordination ville -
hôpital
- Accompagner la définition des parcours :
o Déployer le e-Parcours cancer et le DCC pour renforcer le suivi
du parcours patient et mieux maîtriser les délais de prise en
charge
o Identifier les différents freins au parcours en termes de délais
de prise en charge et proposer des actions de correction
- Améliorer le fonctionnement des RCP en mettant l’accent sur la
coordination parcours pour envisager les prises de rendez-vous au plus
tôt
o Faciliter l’accès pour les examens complémentaires orienté par
des médecins de ville (accès aux plateaux techniques – avis
spécialistes)
o Faciliter l’accès à un avis spécialiste par les professionnels de
ville
Montée en
compétence des
professionnels /
formation
- Déployer des IPA en cancérologie facilitant la prise en charge suivi
patients et la gestion de la toxicité des chimiothérapies
Observation /
connaissances
- Renforcer la recherche, notamment par une approche sociologique, pour identifier les freins au dépistage et à la vaccination HPV
Feuilles de route / programmes associés
Feuille de route régionale de lutte contre les cancers
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 9455
Addictions
Contexte
Dans le champ des addictions, l’ARS de Martinique développe une politique en matière de
prévention et assure également la gestion, le suivi et le financement des structures médico-
sociales et hospitalières en addictologie.
La Martinique présente quelques spécificités par rapport aux autres régions ultramarines et à
l’hexagone. Tandis que les niveaux de consommation d’alcool et l’élargissement de la diffusion
du cannabis sont particulièrement préoccupants chez les jeunes, la Martinique reste la région
où la consommation de tabac est la plus faible.
Au-delà des consommations avec substances, des inquiétudes sur la problématique des
addictions sans substance sont remontées par les professionnels (usage problématique des
écrans, jeux d’argent et de hasard notamment). L’élargissement du périmètre du fonds de lutte
contre les addictions aux addictions sans substances permet, depuis 2022, d’investir davantage
ce champ. La Martinique fait figure d’exemple au niveau national en ce qui concerne la qualité
de la collaboration entre ARS et MILDECA. En effet, depuis de nombreuses années, l’ARS et la
MILDECA, sous l’autorité de la Préfecture, travaillent en coordination sur la question des
addictions autour d’un projet commun : l’élaboration, l’animation et le suivi d’une stratégie
régionale partagée.
Ainsi, dès 2014, des travaux de réflexion et d’animation conjoints ont permis l’élaboration du
Plan régional de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2015-2017 sous l’égide des
deux administrations. Ce plan est venu concrétiser un travail de mise en commun des objectifs
sur le territoire et des manières de collaborer pour les atteindre. Suite à cette première
expérience et au bilan qui en a été tiré, l’ARS et la MILDECA se sont à nouveau engagées dans
la rédaction d’une stratégie actualisée pour répondre aux enjeux du territoire.
Le plan régional de mobilisation contre les addictions 2019-2022 constitue le cadre de
référence en matière de lutte contre les addictions en Martinique. La politique publique
déployée en Martinique propose une mobilisation partagée et globale contre les addictions à
travers une collaboration des deux administrations en lien avec les partenaires institutionnels
et les acteurs de terrain. Le Plan régional cible en priorité les jeunes et les personnes vulnérables
(personnes sous main de justice, personnes ayant des comorbidités psychiatriques, personnes
en situation d’exclusion, femmes).
Actuellement en cours d’évaluation, l’élaboration du futur plan 2023-2027 est attendue fin
2023, et s’inscrira à la fois dans les orientations nationales et régionales, en cohérence avec le
présent Schéma Régional de Santé et la feuille de route MILDECA.
Nos priorités à 5 ans
Développer et diversifier l’offre de prise en charge des personnes souffrant d’addictions
Renforcer le repérage précoce
Améliorer la coordination des acteurs en faveur de l’accompagnement et de la prise en
charge des personnes souffrant d’addictions
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Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
Prévention / repérage - Mettre en place un plan de formation au repérage précoce et à
l’intervention brève (RPIB) et à l’entretien motivationnel à
l’intention des professionnels de santé de premier recours de
manière à renforcer le repérage précoce des problématiques
addictives.
Offre graduée de
prise en charge /
filière de soin
- Développer et renforcer les dispositifs d’aller-vers, en complément
de l’unité mobile du CAARUD
- Mettre en place un dispositif de prise en charge adapté aux femmes
ayant des problématiques d’addictions, en particulier les plus
vulnérables.
- Offrir une prise en charge spécifique pour les personnes
vieillissantes ayant des problématiques addictives. Problématique
émergente, qui risque de s’accentuer dans les années à venir,
nécessitant d’adapter les actions de repérage et de prise en charge
pour un public en perte d’autonomie.
- Renforcer la coordination psy et addicto pour la prise en charge des
personnes présentant des comorbidités psychiatriques, par
exemple via la création d’une nouvelle équipe de liaison et de soins
en addictologie (ELSA) intervenant sur l’ensemble des
établissements de santé et mettant en œuvre une coordination Psy
et Addicto renforcée
- Développer des outils numériques de coordination entre
professionnels des secteurs social, médico-social et sanitaire, en lien
avec les réflexions autour de la structuration de « e-parcours » en
addictologie
- Mettre en place une communauté thérapeutique, un lieu d'accueil
résidentiel mixte, proposant un accueil sur une période de 12 à 24
mois, ouvert à des personnes souhaitant s'engager dans une
démarche de soin de leur addiction. La spécificité des communautés
thérapeutiques, qui s’adressent à un public de consommateurs
dépendants à une ou plusieurs substances psychoactives, est de
placer le groupe au cœur du projet thérapeutique et d’insertion
sociale avec l’objectif d’abstinence des substances psychoactives.
La participation au groupe, selon des règles de vie collective,
représente le moteur du changement, de l’abstention de toute
consommation, de l’abandon des comportements associés et du
maintien de comportements et de modes de vie adaptés.
- Création d’un pôle sanitaire à orientation addicto (filière complète)
au Centre Hospitalier Saint-Esprit
- Créer une unité niveau 3 au CHUM, couvrant l’ensemble des
missions dévolue à une prise en charge de niveau 3
- Impliquer les patients et usagers dans l’amélioration de nos
parcours de prise en charge (patient-experts, prévention par les
pairs…), en développant leurs compétences pour former des
patients experts qui pourront mettre leur expérience au service de
la collectivité et de leurs pairs (=> voir parcours « Santé mentale »)
Coordination ville -
hôpital
- Accompagner les usagers en post-cure pour limiter les risques de
rechute. Assurer le lien avec le domicile et les acteurs de la ville
(CSAPA, médecin traitant) et fournir un soutien motivationnel visant
à soutenir l’abstinence
- Améliorer la coordination des prises en charge des personnes sous
main de justice avec une problématique d’addiction au moment des
sorties pour prévenir les risques de ruptures de parcours : mise en
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 9657
place d’une commission de préparation des sorties pour les détenus
en situation « complexe » ; renforcement du CSAPA référent
pénitentiaire en lien avec l’ouverture de la Structure
d’Accompagnement à la Sortie (SAS) ; renforcement de la
coordination entre CSAPA et PJJ (voir PRAPS).
Montée en
compétence des
professionnels /
formation /Observati
on / connaissances
- Développer les formations croisées (secteurs social, médico-social,
sanitaire, éducation nationale, …) pour accompagner la montée en
compétence et favoriser l’interconnaissance des acteurs
intervenant dans les parcours en addictologie
- Continuer à réaliser des études permettant d’avoir une meilleure
connaissance de la situation en Martinique, dans la continuité des
actions menées au titre du PRS 2 et du Plan régional de mobilisation
contre les addictions (=> voir PRAPS)
- S’appuyer sur l’ethnopsychiatrie pour mieux comprendre la façon
dont la population appréhende les problématiques de santé
mentale et d’addictions sur les territoires de proximité, afin
d’apporter des réponses adaptées. En ce sens, les réflexions sur
l’utilisation de la pharmacopée locale doivent être approfondies (=>
voir parcours « Santé mentale »).
Feuilles de route / programmes associés
Plan régional de mobilisation contre les addictions
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 9758
Santé mentale
Contexte
Selon l’OMS, 1 personne sur 4 est touchée par des troubles psychiatriques à un moment de sa
vie. Ces troubles représentent aujourd’hui le premier poste de dépenses de santé en France
avec un coût total de 23,4 milliards d’euros pour l’assurance maladie (14,5% des dépenses) et
30 milliards d’euros avec les aides indirectes (Indemnités journalières et aide sociale).
En Martinique, en 2019, 3,07% de la population (vs 4,22 % au niveau France entière) était prise
en charge pour une maladie psychiatrique et 3,15% (vs 8,33% France entière) était sous
traitement psychotropes.
Dans le cadre du PRS 2, des avancées importantes ont été réalisées avec :
- La mise en place du dispositif VigilanS, dispositif de veille et de re-contact téléphonique
qui vise à maintenir le lien avec les patients ayant réalisé une tentative de suicide
- L’élaboration partenariale et la validation du Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM)
en 2020
- La mise en place et le développement des conseils locaux de santé mentale (CLSM), qui
constituent des espaces de concertation et de coordination entre les élus, la
psychiatrie, les représentants des usagers, les aidants et l’ensemble des professionnels
du territoire. Les CLSM ont pour objectif de définir et de mettre en œuvre des
politiques locales et des actions permettant l’amélioration de la santé mentale des
populations concernées
- Mise en place et développement des équipes mobiles (Equipe mobile de psychiatrie
précarité, Equipe mobile de psychiatrie de la personne âgée, Equipe mobile de Suivis
Intensifs dans le milieu de réhabilitation psychosociale, Equipe mobile premiers
épisodes psychotiques)
- Développement des alternatives à l’hospitalisation (Habitat inclusif, ACT un chez soi
d’abord, village du rétablissement)
- Création de la Maison des Adolescents et des Jeunes adultes (MDAJA) en 2021 et
ouverture au public en 2022.
Les orientations prévues pour les années à venir s’inscrivent dans la continuité des actions déjà
engagées et en cohérence avec les évolutions en cours au niveau national :
- La feuille de route de la santé mentale et de la psychiatrie qui vise l’amélioration des
conditions de vie, de l’inclusion sociale et de la citoyenneté des personnes vivant avec
un trouble psychique, de l’accès aux soins et aux accompagnements
- La poursuite de la mise en œuvre et de l’animation du projet territorial de santé
mentale
- La stratégie nationale de prévention du suicide, visant à mettre œuvre de façon
coordonnée dans les territoires un ensemble d’actions intégrées de prévention du
suicide (Dispositif VigilanS, formation à la prévention du suicide, lutte contre la
contagion suicidaire, Numéro national)
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 9859
- La feuille de route pour la prévention du mal-être et l’accompagnement des
agriculteurs en difficulté visant la coordination entre tous les acteurs pour
accompagner les agriculteurs et salariés agricoles qui en ont besoin dans toutes les
dimensions de leur vie (économique, social, santé)
Nos priorités à 5 ans
Finalisation du projet d’établissement unique de santé mentale
Améliorer les liens ville-hôpital dans la prise en charge en santé mentale
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
Prévention / repérage - Sensibiliser le grand public à la promotion de la santé mentale dans
le cadre de la Semaine d’Information sur la Santé mentale tous les
ans
- Déployer la journée caribéenne annuelle du bien-être
- Promouvoir la santé mentale par l’activité physique régulière
- Repérer les problématiques de santé mentale en lien avec l’obésité,
le surpoids, les problématiques de violences, d’endométriose,
addictions et proposer un accompagnement global => poursuivre
l’inclusion d’un volet psychologique dans les projets de prévention
le nécessitant
Offre graduée de prise
en charge / filière de
soin
- Accompagner la finalisation du projet d’établissement unique de
santé mentale
- Améliorer l’accès aux soins somatiques hospitaliers
- Mettre en place un service d’accès aux soins psy
- Développer et renforcer des équipes mobiles pour la prise en
charge hors les murs de l’Etablissement Unique de Santé Mentale
(pédopsychiatrie, EPIC…)
- Développer la télémédecine et la téléexpertise
- Organiser la prise en charge des patients comorbides (addicto/psy)
(=> voir parcours « Addictions »)
- Créer une unité d’hospitalisation de court séjour pour les personnes
âgées souffrant de troubles psychiatriques
- Impliquer les patients et usagers dans l’amélioration de nos
parcours de prise en charge (patient-experts, prévention par les
pairs…), en développant leurs compétences pour former des
patients experts qui pourront mettre leur expérience au service de
la collectivité et de leurs pairs (=> voir parcours « Addictions »)
Coordination ville -
hôpital
- Améliorer le lien ville-hôpital en s’appuyant sur les textes
règlementaires
- Mise en place de comités techniques régionaux thématiques
Montée en
compétence des
professionnels /
formation /Observation
/ connaissances
- Mettre en place des rencontres institutionnelles autour de la
protection des majeurs
- Former aux premiers secours en santé mentale
- Donner les moyens à la Maison des Adolescents et des Jeunes
Adultes (MDAJA) de porter la coordination et l’animation d’un
réseau d’acteurs à destination des jeunes, au niveau régional et sur
les territoires. Accompagner la mobilisation de co-financeurs et/ou
la mobilisation des collectivités locales (communes, EPCI) pour la
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 9960
mise à disposition de moyens nécessaires au déploiement territorial
des missions de la MDAJA.
- S’appuyer sur l’ethnopsychiatrie pour mieux comprendre la façon
dont la population appréhende les problématiques de santé
mentale et d’addictions sur les territoires de proximité, afin
d’apporter des réponses adaptées. En ce sens, les réflexions sur
l’utilisation de la pharmacopée locale doivent être approfondies (=>
voir parcours « Addictions »).
Feuilles de route / programmes associés
Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM)
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Parcours périnatalité / enfants / santé maternelle
Contexte
Le parcours de santé « Périnatalité / enfants / santé maternelle » couvre toute la période allant
du désir de grossesse, en passant par la grossesse, la naissance et toute la petite enfance jusqu’à
l’âge de 3 ans (1000 premiers jours).
La santé maternelle et infantile pendant cette période constitue un fondement pour la santé
future de la population.
En Martinique, les indicateurs en matière de périnatalité sont plus défavorables que dans
l’Hexagone :
- Un taux de mortalité périnatale de 13,5 ‰, supérieur à celui de la France hexagonale
(8,5 ‰)7,
- Un taux de mortalité infantile de 7,2‰, supérieur à celui de la France hexagonale (3,6
‰)8,
- Un taux de naissances prématurées qui a diminué entre 2016 (11,9%) et 2021 (8,6 %) mais
qui reste toutefois supérieur à celui de la France hexagonale (7‰)9.
Cette situation pourrait s’expliquer, entre autres, par :
- L’augmentation de l’âge des mères (une moyenne de 31 ans, identique à France
hexagonale)10
- Des facteurs liés à l’hygiène de vie des femmes enceintes (10% de diabète gestationnel
en 2021 Vs 4,6% en 2016 ; 25% des femmes qui accouchent sont obèses Vs 14% en
France hexagonale ; 7,7% des femmes enceintes touchée par l’Hypertension artérielle)11
- La précarité : en 2020, 29% des Martiniquais vivaient en dessous du seuil de pauvreté
contre 12,1% en France hexagonale. Aussi, la Martinique se caractérise par un fort taux
de familles monoparentales (53,6 %, contre 26 % dans la région hexagonale la plus
concernée), très majoritairement féminines12 ;
- L’accès à la prévention et aux soins (démographie médicale).
Dans ce cadre, le PRS 2018-2022 avait pour priorités d’agir sur les facteurs qui peuvent affecter
la santé et le développement psychomoteur des enfants et de garantir l’accès de la femme
enceinte et du nouveau-né à une prise charge adaptée et coordonnée.
Les actions menées concernent principalement le risque lié à l’exposition à la chlordécone, le
dépistage et la prise en charge de l’obésité chez les femmes, le déploiement de l’Entretien
Prénatal Précoce (EPP) et la coordination entre les différents acteurs qui interviennent dans ce
champ.
Dans cette même perspective et afin d’améliorer les indicateurs martiniquais en matière de
périnatalité, les enjeux pour les 5 ans à venir consistent en priorité à poursuivre et renforcer le
7 Source : DREES 2017 - 2019
8 Source : Insee 2020
9 Source : ENP 2016 - 2021
10 Source : Santé publique France, 2021
11 Ibid.
12 Source : Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté 2019-2021
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10162
dépistage des vulnérabilités et leur prise en charge chez les individus en âge de procréer et de
développer l’offre sanitaire.
Aussi, au regard des recommandations nationales, le développement de la filière endométriose
est identifiée comme une mesure importante pour améliorer la prise en charge et la
sensibilisation à cette affection gynécologique courante mais qui reste encore méconnue.
Nos priorités à 5 ans
Repérer de la période pré conceptionnelle, à l’accouchement et durant la période
néonatale les facteurs qui peuvent affecter la santé des individus en âge de procréer et le
développement psychomoteur des enfants
Améliorer la prise en charge de la femme enceinte et du nouveau-né
Structurer filière endométriose
Renforcer l’observation en périnatalité
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
Parcours périnatalité
Prévention /
repérage
- Faire connaître davantage la consultation préconceptionnelle pour en
augmenter le recours
- Augmenter le recours aux entretiens pré et post natals en lien avec la CTM,
dans le cadre de la contractualisation ARS/DEETS/CTM en cours
- Organiser des groupes de travail de structuration d’un parcours de repérage
des facteurs de risques via les consultations/entretiens de prévention
(consultations pré-conceptionnelles, bilan prénatal, entretien prénatal
précoce, consultation post-natale, entretien post-natal) – avec les
professionnels de santé, la CGSS, l’ARS et la PMI – afin de renforcer et
d’améliorer le repérage des facteurs pouvant affecter la santé des individus
en âge de procréer (accès à une Chlordéconémie, dépistage des maladies
chroniques, du surpoids, etc.) (=> voir PRAPS)
Offre graduée
de prise en
charge / filière
de soin
- Créer la maison des 1000 premiers jours de l’enfant : prévention primaire,
dépistage, prise en charge périnatale et ETP pour les futurs parents et enfants
jusqu'à 2 ans
- Créer une maison de naissance en Martinique pour diversifier l’offre de prise
en charge. Les « maisons de naissance » sont des structures autonomes qui,
sous la responsabilité exclusive de sage-femmes, accueillent les femmes
enceintes dans une approche personnalisée du suivi de grossesse jusqu’à leur
accouchement, dès lors que celles-ci sont désireuses d’avoir un
accouchement physiologique, moins médicalisé et qu’elles ne présentent
aucun facteur de risque connu. Les conditions d’installation des Maisons de
naissances sont définies dans le décret du 26 novembre 2021.
- Mettre en place un hôtel hospitalier – près de la maternité de niveau 3 – pour
les femmes enceintes avec une grossesse pathologique, financé par la
sécurité sociale si leur domicile est à plus de 30 minutes de la maternité.
- Renforcer les Centres Périnataux de Proximité (CPP) et optimiser leur fonctionnement (étendre les plages d’ouverture, renforcer les équipements minimaux, renforcer la coordination des acteurs, etc.), en lien avec le projet médical du CHUM
Coordination
ville - hôpital
- Assurer la prise en charge des vulnérabilités repérées (psychologiques,
psychiatriques, sociales, sanitaires) en renforçant le lien ville-hôpital (MFME,
PMI, etc.) via la mise en œuvre de conventions de partenariat : le projet vise
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10263
à renforcer le lien entre les différents acteurs qui interviennent auprès des
individus en âge de procréer via la mise en place de conventions de
partenariat. Ces conventions permettront d’établir une collaboration étroite
entre les structures de soins en ville et les hôpitaux, afin de faciliter la
coordination des services et d'assurer un suivi sans rupture dans la prise en
charge des vulnérabilités.
- Mettre en place un dossier de suivi informatisé des grossesses, partagé entre
tous les acteurs de la prise en charge (poursuite du « e-parcours » déjà
engagé)
- Elaborer un annuaire des ressources territorialisées sur les différents champs
de la périnatalité à l’intention des professionnels
- Mettre en place un réseau de suivi des enfants vulnérables (incluant
l’accompagnement des enfants nés prématurés, des enfants à risque de
troubles du neurodéveloppement, des enfants exposés in-utéro à la
chlordécone, et de leurs parents)
Montée en
compétence
des
professionnels
/ formation
Observation /
connaissances
Filière endométriose
Prévention /
repérage
- Cibler les populations et les départements dont la prise en charge est
inégale grâce notamment au travail des associations de patientes et des
observatoires régionaux de santé. Utiliser notamment le volet régional
du dispositif Santé.fr, afin de relayer des campagnes de sensibilisation
et de formation dans ces départements,
- Mener des actions d’informations et de prévention en lien avec les
associations de patientes,
- Encourager l’intervention des associations de patientes dans les écoles,
les entreprises, les associations sportives en lien avec l’ARS pour
élaborer les messages de sensibilisation,
- Favoriser l’organisation de groupes de parole en lien avec les
associations de patientes.
Offre graduée de
prise en charge /
filière de soin
- Organiser la structuration d’une offre de soins graduée sur l’ensemble
du territoire via la mise en place d'une filière dédiée à la prise en charge
de l’endométriose s’intégrant aux organisations et aux dispositifs de
coordination préexistants, en assurer le suivi et l’évaluation.
- Faciliter le recours à l’IRM en cas d’infertilité inexpliquée : réforme des
autorisations (autorisation pour plusieurs équipements)
- Développer et financer au sein des filières et en lien avec les
associations des programmes d’ETP pour mieux prendre en charge la
douleur : en cours de discussion pour un appel à projet dédié
Coordination ville -
hôpital
- Assurer la collaboration des acteurs en mettant notamment en place
des RCP communes et de recours
- Mener un maillage territorial de RCP radio-cliniques : organisation de
RCP radio cliniques pluridisciplinaires à visée diagnostique ou
thérapeutique. Inciter les professionnels de santé à participer aux
réunions de concertation pluriprofessionnelles
.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10364
Montée en
compétence des
professionnels /
formation
- Contribuer à l’amélioration des pratiques professionnelles
- Diffuser au sein des filières les bonnes pratiques en matière de prise en
charge de l’endométriose qui pourra prendre la forme d’un programme
de mentorat
- Favoriser le déploiement de la formation continue, notamment au sein
des filières
- Favoriser les stages cliniques en centres multidisciplinaires
- Promouvoir la participation des patientes expertes aux instances de
concertation régionales
Observation /
connaissances
- Mettre en place une action de recherche
Lisibilité de l’offre
sur le territoire
- Diffuser les coordonnées des structures de prises en charge au niveau
territorial. Lancement de travaux au national / Annuaire santé.fr.
- Identification des centres imagerie par les filières : définis dans le cadre
des niveaux de la filière.
Feuilles de route / programmes associés
Programme 1000 premiers jours de l’enfant
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10465
Parcours de santé des personnes âgées
Contexte
La Martinique fait partie des régions les plus âgées de France. En 2016, un quart de la population
de la Martinique est âgée de 60 ans et plus, soit 97 000 individus. Cette proportion est similaire
en Guadeloupe (24%) et en France métropolitaine (25%).
La Martinique se caractérise par des territoires inégaux face au vieillissement. Les personnes
âgées de 60 à 74 ans se retrouvent principalement dans la Communauté d’Agglomération du
Centre de la Martinique (CACEM) et l’Espace sud de la Martinique.
Bien qu’ayant été une des plus jeunes régions de France dans les années 1980, elle est de plus
en plus touchée par le vieillissement de sa population et pourrait ainsi devenir la région la plus
âgée de France en 2050 avec plus de quatre personnes sur dix âgées de 65 ans et plus. Sous
l’effet du vieillissement, la population dépendante continuerait de croître. Les femmes, ayant
une espérance de vie plus longue, seraient plus touchées par la dépendance.
L’impact du vieillissement est plus prononcé en Martinique en raison de plusieurs facteurs : une
situation géographique spécifique pouvant exacerber les difficultés de mobilité, une offre
d’accompagnement des personnes âgées et de leurs aidants plus faible (notamment à
domicile), un taux de précarité des personnes âgées plus important, des difficultés
d’appropriation et d’adoption de comportements de santé favorables qui exposent les
Martiniquais aux affections de longue durée et à la perte d’autonomie plus précocement et
plus fortement.
La croissance prévisible du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie ou dépendantes
à l’horizon 2030 et au-delà entraînera de nouveaux besoins humains, techniques et
d’adaptation de l’habitat d’autant que le parcours résidentiel martiniquais est essentiellement
centré sur le domicile. Cette problématique deviendra de plus en plus prégnante avec
l’aggravation des situations de dépendance à domicile et l’affaiblissement de l’aide familiale,
ce qui nécessite de mobiliser davantage des aides professionnelles.
Face à ces constats, l’enjeu pour la région est de renforcer sa stratégie d’accompagnement du
vieillissement en développant à toutes les étapes du parcours de la personne une nouvelle
culture du vieillissement avec une prise en charge en soins et un accompagnement gradués en
fonction des problématiques rencontrées, dans le respect du projet de vie de la personne et
du principe d’auto-détermination.
Nos priorités à 5 ans
Renforcer et mieux coordonner l’offre de prévention de la perte d’autonomie sur le
territoire
Renforcer le repérage précoce des situations de fragilités
Favoriser le virage domiciliaire des personnes âgées
Renforcer l’offre de service à destination des personnes âgées sur le territoire
Améliorer la qualité, l'accompagnement et le parcours de la personne âgée en amont et en
aval et particulièrement d'une hospitalisation
Renforcer la coordination entre les acteurs accompagnant les personnes âgées
Améliorer l’observation et la recherche dans le champ du vieillissement
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10566
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
Prévention / repérage - CNR Bien-Vieillir Mettre en place le programme ICOPE de l’OMS, qui
permet de dépister, à partir de 60 ans, les fragilités liées à l’âge pour
prévenir, ralentir et limiter la perte de capacités sur les fonctions
déterminantes. Déployer en articulation avec ce programme, le
plan antichute :
o Sensibiliser et former les professionnels du premier recours (y
compris le secteur social) au repérage de la perte d’autonomie
et des fragilités,
o Créer des centres de prévention de la perte d’autonomie
proposant aux personnes âgées de plus de 65 ans (à domicile
et/ou en établissements) des bilans de santé réguliers avec des
équipes pluridisciplinaires. Ces bilans auront pour objectifs de
repérer les fragilités le plus précocement possible et d’orienter
les personnes vers les prises en charge adaptées,
o CNR Santé Renforcer les actions d’aller-vers pour le repérage des
fragilités,
o Déployer des actions de prévention coordonnées d’aller-vers,
avec les partenaires de la prévention, pour toucher le public
vulnérable (personnes isolées, personnes avec une mobilité
réduite, etc.),
o Mettre à disposition des acteurs des outils d’orientation
permettant une prise en charge coordonnée des personnes
repérées (aménagement du logement, prévention secondaire,
tertiaire, aide aux repas, etc.).
o Renforcer et mieux coordonner les actions de prévention de la
perte d’autonomie : inscrire les actions de prévention de la
perte d’autonomie dans les CPOM des ESSMS (en cours), pour
promouvoir la bientraitance des personnes âgées dans les
établissements et domicile, lutter contre l’isolement des
personnes âgées
- CNR Santé Mettre en place une action de repérage précoce et
anticipation des dégradations de l’état de santé des résidents en
EHPAD : développer les évaluations anticipées en EHPAD réalisées
par l’HAD, pour repérer les résidents qui ne souhaitent pas être
transférés à l’hôpital et dont l’état de santé est susceptible de se
dégrader à courte échéance, et éviter les prises en charge tardives
et les transferts aux urgences
- CNR Bien-Vieillir Former les équipes des bailleurs sociaux au repérage des
signes précurseurs des fragilités liées à l’âge afin de passer le relais
aux partenaires (prévention et accompagnement) dont le maillage
territorial doit être construit.
Offre graduée de prise
en charge / filière de
soin
Renforcer et développer l’offre de soutien aux aidants non professionnels
- CNR Bien-Vieillir Renforcer la communication sur les offres de répit pour les aidants, les développer et créer un parcours de répit avec toutes
les formes disponibles : accueil de jour, baluchonnage et relayage.
- Mettre en place une stratégie territoriale d’aide aux proches
aidants : territorialiser l’offre d’aide aux aidants en fonction des
besoins de chaque territoire de proximité (maison destinée au répit,
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10667
plateforme de répit, accueil de jour, soutien psychologique, écoute,
formations, activités aidants-aidés, répit à domicile / hors domicile,
etc.),
Accompagner le virage domiciliaire
- Renforcer les actions d’adaptation du logement en renforçant
l’accès aux logements adaptés et l’acquisition des aides techniques,
en lien avec les partenaires
- Accompagner le développement des services autonomie à domicile
(SAD) en les incitant à conventionner pour bénéficier de la dotation
complémentaire pour accompagner les usagers sur des horaires
atypiques et renforcer les actions de prévention, etc.
Renforcer l’accompagnement en développant les SSIAD et SSIAD
renforcés
- Accompagner la transformation des EHPAD en créant des Centres
de Ressources Territoriaux. Les Centres de Ressources Territoriaux
ont pour objectif de permettre aux personnes âgées de vieillir chez
elles le plus longtemps possible grâce à un accompagnement renforcé
à domicile, lorsque l’accompagnement classique déjà assuré par un
service proposant de l’aide ou des soins à domicile n'est pas suffisant.
Il s’agit, notamment, de développer une alternative à l’entrée en
établissement. La mission de centre de ressources territorial est
divisée en 2 volets : le premier propose un appui aux professionnels
du territoire (formation des professionnels, appui administratif et
logistique, mise à disposition de compétences et ressources
gérontologiques, gériatriques et de ressources et équipements
spécialisés ou de locaux adaptés ; et le second propose un
accompagnement renforcé pour des personnes âgées en perte
d’autonomie nécessitant un accompagnement à domicile plus
intensif, en alternative à l’EHPAD.
Développer l’offre de solutions intermédiaires entre le domicile et
l’établissement
- Diversifier l’offre intermédiaire et améliorer l’accès à l’offre
d’accueil intermédiaire (accueil journalier, accueil temporaire
notamment) en améliorant la mobilité des séniors sur le territoire.
- Créer des petites unités de vie (PUV),
- Développer des Unités Cognitivo Comportementale (UCC),
Renforcer l’accès aux soins et à la prévention
- Créer une unité d’hospitalisation de court séjour pour les
personnes âgées souffrant de troubles psychiatriques
- Poursuivre les travaux de renforcement de la filière
gérontologique.
- CNR Bien-Vieillir Améliorer l’hygiène bucco-dentaire des personnes âgées
avec l’instauration d’un examen dentaire obligatoire par an à partir
de 62 ans (et à l’entrée en institution), la formation des personnels
et accompagnants, et l’installation de cabinets dentaires en EHPAD.
Qualité de l’accompagnement et bientraitance
- Mettre en place des formations flash concernant les principes
essentiels des prises en soins et des accompagnements des
personnes âgées à travers des campagnes massives pour le
développement de la culture de la bientraitance
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10768
Coordination ville -
hôpital
- Mettre en place une Equipe Régionale Vieillissement visant à
coordonner les professionnels du territoire
- Améliorer le retour à domicile après hospitalisation en lien avec le
DAC pour les situations complexes (ex : personnes âgées sans
hébergement) : étendre le PRADO à tous les établissements,
accompagner les problématiques sociales (hébergement par
exemple), introduire le suivi post hospitalisation dans le parcours de
santé de la personne âgée, etc.
Montée en
compétence des
professionnels /
formation /Observation
/ connaissances
- CNR Bien-Vieillir Envisager la structuration d’un gérontopôle articulé avec
le CREAI, structure spécialisée dans le domaine du vieillissement et
de la gériatrie (=> voir également le PRAPS). Ses objectifs seront :
o D’objectiver les besoins et de suivre leur évolution, en intégrant,
si possible une dimension de « parcours »,
o De soutenir la recherche sur le sujet du vieillissement en
Martinique pour une meilleure connaissance des besoins ;
o Documenter les besoins du public cible telle que les personnes
de moins de 60 ans, notamment public MND : nombre de
personne concernée.
Feuilles de route / programmes associés
CNR Bien vieillir
Feuille de route vieillissement
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10869
Personnes en situation de handicap
Contexte
La loi du 11 février 2005 pose les grands principes de la politique du handicap qui conjugue une
stratégie d’accessibilité et une stratégie de compensation pour réduire les incapacités
fonctionnelles des personnes.
Le PRS3 s’inscrit d’ores et déjà dans cette dynamique en continuité du précédent PRS avec :
- Un repérage précoce destiné à réduire le surhandicap notamment des enfants atteints
de troubles du neurodéveloppement
- Une société plus inclusive avec une insertion en milieu ordinaire dès le plus jeune âge à
travers la scolarité et qui se poursuit à l’âge adulte.
- Une attention particulière au public des personnes handicapées vieillissantes en
établissement, au domicile, vulnérables, ou en errance – priorité développée dans le
PRAPS.
Le PRS 2 a marqué également l’inscription de la Martinique dans la feuille de route territoire
100 % inclusif visant à améliorer la participation et la coordination de tous les acteurs engagés
dans le parcours de vie d’une personne en situation de handicap afin de lutter contre les
ruptures de parcours. Cela a permis d’inscrire au sein du PRS3, des projets innovants répondant
à un besoin en terme d’offre, le territoire étant déficitaire sur le secteur adulte. Des dispositifs
intégrés restent à développer autour du public enfants.
Nos priorités à 5 ans
Développer la prévention et l’éducation à la santé de façon adaptée aux besoins des
personnes handicapées
Structurer le parcours des troubles du neurodéveloppement (TND, dont troubles dys) et
renforcer le repérage pour intervenir précocement
Transformer l’offre médicosociale afin de mieux répondre aux aspirations des personnes
et d’améliorer la qualité de l’accompagnement proposé sur le territoire
Faciliter l’accès aux soins courants à tous types de handicap
Déclinaison opérationnelle – projets structurants et actions prioritaires
Prévention / repérage - Renforcer l’accès des personnes handicapées à la prévention
o Développer les actions de prévention et d’éducation à la santé
et former les réseaux d’acteurs par thématique de prévention
pour répondre aux besoins identifiés.
o Communiquer, informer et sensibiliser (notamment par les
pairs) les personnes en situation de handicap aux dépistages
organisés en adaptant et générant des messages, supports et
d’outils accessibles et compréhensibles ;
o Continuer à inscrire le dépistage des cancers dans les CPOM,
dans les projets associatifs et d’établissements en les incitant à
formaliser des conventions avec les cabinets de radiologie et le
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 10970
Centre de coordination des dépistages des cancers (CRCDC –
GIP ROM).
- Renforcer et structurer le repérage des signes d’alerte d’un TND :
o Organiser une démarche d’information sur le repérage auprès
des acteurs en contact avec les enfants afin de faciliter leurs
actions
o Structurer le repérage en mettant à disposition des acteurs
concernés des outils de repérage et d’orientation vers le
dépistage et le diagnostic
o Autoriser administrativement le CAMSP Nord Caraïbe et créer
un CAMSP Sud
Offre graduée de prise
en charge / filière de
soin
Accompagner la structuration des parcours et des filières de prise en charge
- Structurer la filière des troubles du langage et de l’apprentissage
sur le territoire (du repérage à l’accompagnement, en passant par
les diagnostics pluridisciplinaires) en 3 niveaux. Dans ce cadre, créer
les Centres Ressources des Troubles du Langage et de
l’Apprentissage (CRTLA) afin de pouvoir intervenir en recours sur
des situations difficiles qui ne répondent pas aux premières mesures
mises en œuvre
- Affirmer le parcours des TND, en 3 niveaux : repérage (voir partie
prévention/repérage ci-dessus) ; dépistage et accompagnement.
- Développer le parcours des personnes déficientes visuelles
Accompagner l’évolution de l’offre médico-sociale en faveur des personnes
en situation de handicap
- Développer les dispositifs médico-sociaux intégrés sur le territoire
afin d’apporter des réponses souples et individualisées. Ce mode
d’organisation vise à décloisonner les structures, notamment entre
le secteur médicosocial et l’éducation nationale, à donner de la
souplesse pour une réponse adaptée aux besoins évolutifs de
l’enfant ou adolescent.
- Favoriser le regroupement des établissements d’accompagnement
des personnes en situation de handicap afin d’optimiser leur
organisation et leur fonctionnement et d’harmoniser les pratiques
entres les établissements offrant le même type de service
- Accompagner les transitions et prévenir les risques de rupture dans
les parcours de vie :
o Définir les besoins et les modalités d’accompagnement des
personnes handicapées vieillissantes par les secteurs du
grand âge et du handicap,
o Favoriser la coordination entre les structures du handicap
(SAVS, SAMSAH, établissements) et les acteurs du champ
gérontologique (CCAS, DAC SAAD, médecins
coordinateurs…) pour construire des réponses adéquates,
o Poursuivre le développement de l’offre adulte ayant de
faibles taux d’équipement pour éviter les ruptures de
parcours,
- Structurer la prise en charge coordonnée des situations de
handicap individuelles complexes / critiques
o Réaliser un état des lieux de toutes les situations complexes
existantes sur le territoire,
o Identifier les différents dispositifs mobilisables dans les
situations critiques en lien avec les acteurs de la
coordination : C360, DAC,
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11071
o Structurer des réponses graduées en fonction de chaque
situation en identifiant le champ d’intervention de chaque
acteur. Développer des offres innovantes pour
accompagner les situations de handicap complexes :
équipes itinérantes, équipes mobiles d’appui aux situations
complexes, etc.
o Former les professionnels à l’accompagnement
pluridisciplinaire des situations complexes,
o Développer / renforcer la coordination des acteurs dans
l’accompagnement de ces situations via l’organisation de
réunions régulières dédiées aux situations complexes du
handicap pour recueillir les besoins des acteurs dans
l’accompagnement de ces situations et partager les bonnes
expériences.
Favoriser l’accès aux soins et à la prévention :
- Faciliter l’accès aux soins courants en déployant le dispositif
Handiconsult
- Sensibiliser les personnes au remplissage du questionnaire
Handifaction afin d’améliorer les pratiques
Citoyenneté et inclusion sociale :
- Favoriser l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap
o Cartographier l’offre existante pour les bénéficiaires et les
professionnels
o Favoriser l’insertion professionnelle des personnes en
situation de handicap, notamment en milieu ordinaire en
créant des passerelles entre le milieu protégé et le milieu
ordinaire
Coordination - Organiser un séminaire annuel entre les acteurs accompagnant les
personnes en situation de handicap (social, sanitaire et
médicosocial) afin de favoriser leur interconnaissance et le partage
des expertises et savoirs relatifs à l’accompagnement du handicap.
Montée en
compétence des
professionnels /
formation /Observation
/ connaissances
- Mettre en place un CREAI (au sens de l’arrêté du Ministère de la
Santé du 22 janvier 1964) (mise en œuvre prévue pour 2025) (=>
voir PRAPS)
- Mettre en place Handidonnées à l’échelle du territoire (projet validé
en avril 2023).
- Sensibiliser les acteurs au renseignement de la plateforme
Viatrajectoire
- Remobiliser les établissements à renseigner le tableau de bord
ANAP afin d’exploiter les données publiées et partager les
conclusions
- Renforcer les compétences des professionnels dans les domaines
du repérage, de l'orientation et de l'accompagnement des
personnes en fonction des besoins et en lien avec les thématiques
prioritaires de l’HAS (Ex : formation START/certification Nationale
d’Intervention en Autisme)
- Evaluer les actions de prévention déployées dans les établissements
médico-sociaux dans un objectif d’amélioration des pratiques
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11172
Annexe 2 : Feuilles de route territoriales
Territoire de proximité du Centre
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11273
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11374
Territoire de proximité du Nord Caraïbe
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11475
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11576
Territoire de proximité du Nord Atlantique
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11677
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11778
Territoire de proximité du Sud
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11879
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 11980
Annexe 3 : Indicateurs de suivi
Le schéma régional de santé, détermine pour l’ensemble de l’offre de soins et de services de santé, y
compris en matière de prévention, de promotion de la santé et d’accompagnement médico-social, des
prévisions d’évolution et des objectifs opérationnels. Le programme régional d’accès à la prévention et
aux soins des personnes les plus démunies (PRAPS) décline les objectifs opérationnels du schéma régional
de santé dans leur composante réduction des inégalités sociales et territoriales de santé et amélioration
de l’accès à la prévention et aux soins des personnes démunies.
Afin d’en assurer le suivi, des indicateurs quantitatifs, de résultats, ont été sélectionnés. Ils ont été définis
en fonction des objectifs et en cohérence des projets structurants/actions prioritaires.
La question de la mesure étant essentielle, sont privilégiés des indicateurs disponibles dans une source
de données.
D’autres indicateurs seront identifiés et mis en œuvre en partenariat avec les institutions, les instances
de démocratie en santé.
La mise en œuvre du PRS sera appréciée au travers d’un bilan pluriannuel, des mesures déclinant des plans
d’actions.
L'évaluation du PRS pourra s'envisager avec d'une part le suivi de ces indicateurs permettant d'apprécier
la mise en œuvre des objectifs opérationnels, prioritaires et, d'autre part de manière plus globale la
mesure de l'impact sur l'état de santé de population.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 12081
Indicateurs du Schéma Régional de Santé
AXE 1 - Renforcer la maîtrise des risques sanitaires liés à l’environnement et accompagner l’adoption de comportements favorables à la santé
Objectif 1.1 - intervenir de manière globale en promotion de la santé
Nombre d’associations engagées dans le parcours de prévention
Nombre et typologie des actions de formation mises en place
Nombre de professionnels formés aux compétences psychosociales
Nombre d’actions visant le développement des compétences psychosociales mises en place
Nombre de projets financés par la Commission régionale de l’innovation en Promotion de la santé et montants financiers par territoire
de proximité
Pourcentage de la population couverte par un contrat local de santé
Objectif 1.2 - Renforcer les dispositifs de prévention primaire, secondaire et tertiaire
Evolution du taux de participation au dépistage du cancer colorectal
Evolution du taux de participation au dépistage du col de l’utérus
Evolution du nombre de bénéficiaires des « rendez-vous prévention » par catégories d’âges
Nombre de personnes bénéficiaires d'un programme d'éducation thérapeutique
Nombre de maisons sport santé habilitées par territoire de santé de proximité
Objectif 1.3 - Promouvoir une approche globale des enjeux sanitaires et environnementaux
Nombre de foyers ayant bénéficié d'au moins d'une analyse de sol du jardin familial dans le cadre du programme JaFa (chlordecone)
Nombre de femmes prises en charge dans le programme de protection des générations futures (chlordécone)
Taux d'évolution des médecins sentinelle par territoire de proximité
Pourcentage de collectivités mettant en œuvre un plan de lutte contre les vecteurs
Objectif 1.4 - Renforcer la veille sanitaire, la prévention et la gestion des situations sanitaires exceptionnelles
Taux de réalisation des 5 plans ORSAN
Nombre de signaux sanitaires traités par le Point Focal Régional
Axe 2 - Favoriser l’accès à la santé en proximité et accompagner la structuration de parcours de santé gradués et coordonnés
Objectif 2.1 - Renforcer l'accessibilité de l'offre de santé via le renforcement du maillage territoriale et de l'aller-vers
Nombre d'actes de télésanté réalisés (par type d'actes)
Part de la population sans médecin traitant
Part de patients en affection longue durée sans médecin traitant
Objectif 2.2 - Assurer la réponse aux besoins de soins urgents et de soins non programmés
Optimisation du taux d'occupation des lits / Réduction du nombre de « bedbloqueurs »
Nombre de consultations/orientation en ville prises par le service d’accès aux soins
Part des professionnels de santé effecteurs dans le service d’accès aux soins
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 12182
Taux de réponses aux demandes de transport / transfert (ambulances, VSL, Taxi….)
Nombre (évolution) de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) adhérentes à l'Accord Conventionnel Interprofessionnel (ACI)
Nombre de création de centres de santé pluriprofessionnels dans l'année
Objectif 2.3 - Renforcer la coordination des acteurs autour du patient
Nombre de professionnels utilisateurs de la solution e-Parcours @nsamn
Nombre de dossiers de coordination créés via l’outil e-Parcours @nsamn
Objectif 2.4 - Améliorer la visibilité et la lisibilité de l’offre de santé pour rendre les Martiniquais acteurs de leur santé
Déploiement du SPIS en région / Nombre de visites annuelles
Nombre d'ouvertures Mon Espace Santé
Nombre d'utilisateurs de Mon Espace Santé
Mise en œuvre du volet santé « Ma Boussole Jeunes » et nombre (évolution) de visites
Objectif 2.5 - Structurer des parcours en santé dans 8 domaines prioritaires
Maladies chroniques Prévalence du diabète en Martinique
Nombre de greffes rénales
Nombre de personnes incluses dans le programme d'éducation à la santé
Obésité Evolution du taux de prévalence de l’obésité en population générale
Taux d'évolution de l'acte de chirurgie bariatrique
Cancers Délais (évolution) cancer colo-rectal
Délai moyen d’accès à l’IRM des patients avec suspicion de cancer
Addictions Nombre d’usagers de la communauté thérapeutique
Evolution de la part et du nombre de femmes prises en charge en CSAPA
Nombre de professionnels de premier recours formés au Repérage Précoce et Intervention brève (RPIB)
Santé mentale Nombre de personnes incluses dans le dispositif VigilanS
Périnatalité / santé
maternelle et santé
des jeunes enfants
Prévalence du diabète gestationnel
Taux de femmes concernées par le diabète gestationnel ayant bénéficié d'un entretien prénatal précoce
Nombre de nouveau-nés avec un faible poids de naissance
Taux de femmes concernées par le diabète gestationnel ayant bénéficié d'un entretien postnatal
Personnes âgées
Nombre d'actions réalisées en faveur du répit des aidants
Taux de recours à l'« EHPAD à domicile »
Nombre de personnes âgées bénéficiant d'un hébergement temporaire en sortie d'hospitalisation
Taux d'évolution du nombre de dispositifs d'aller vers pour les personnes âgées vulnérables
Taux d'évolution du nombre de bénéficiaires de services autonomie à domicile (aides et les soins)
Taux de réalisation des évaluations anticipées en EHPAD par l'Hospitalisation à Domicile
Taux de scolarisation des enfants accompagnés en établissement spécialisé
Nombre d'enfants repérés ayant un trouble du neuro-développement
Nombre d'enfants sous forfait
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 12283
Personnes en
situation de
handicap
Part de l'offre médico-sociale des services proposant un accompagnement en milieu ordinaire (enfants et travailleurs handicapés)
Nombre de dispositifs intégrés sur le territoire (créé puis évolution) pour les enfants scolarisés en école spécialisée (ITEP, IME et EAP)
Part de l'offre médico-sociale en établissement réservée aux personnes handicapées vieillissantes
Nombre de structures ayant mis en place des consultations adaptées aux personnes en situation de handicap
Taux de résolution des situations complexes en lien avec les ESMS et l'éducation nationale (personnes handicapées vieillissantes,
scolarisation)
Taux d'évolution des dispositifs innovants (PCPE..)
Axe 3 - Poursuivre l’amélioration de la qualité, de la sécurité et de la pertinence du système de santé
Objectif 3.1 - Déployer la politique régionale de ressources humaines en santé
Nombre de médecins généralistes installés en Martinique en libéral / salarié / exercice mixte
Nombre de professionnels de santé exerçant en MSP / Centre de Santé ou membre d’une équipe de soins primaires
Nombre de protocoles de coopération interprofessionnelle déployés en région
Taux d'absentéisme dans les établissements (sanitaires et ESMS)
Nombre [ou Part] d’ESMS accompagnés action QVT / lutte contre la sinistralité
Nombre de places ouvertes en instituts de formation AES/AS/IDE
Objectif 3.2 - Assurer la pertinence, l'efficience et la sécurité des soins
Taux d'adoption des solutions Ségur/ Part des commandes Ségur installées (mise à jour logiciel SEGUR compatible)
Nombre de documents alimentés dans « Mon Espace Santé »
Taux de dossiers médicaux partagés DMP alimentés au moins une fois, tous secteurs confondus
Objectif 3.3 - Accompagner le renforcement d'une culture de la qualité et de la sécurité des soins au sein des établissements de santé et des établissements et
services médico-sociaux
Nombre d’évènements indésirables graves associés aux soins (EIGS) déclarés par les établissements sanitaires, ESMS, et soins de ville
transmis via le Système d’Information Veille et Sécurité Sanitaire (SI VSS)
Nombre d’EIGS déclarés, validés, clôturés et transmis à la haute autorité de santé (HAS)
Nombre d’EIGS ayant fait l’objet d’inspections et/ou réquisition judiciaire
Qualité au sein des ESMS/ Pourcentage d'ESMS ayant réalisé une démarche d'évaluation
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 12384
Indicateurs du Programme Régional d'Accès à la Prévention et aux Soins
Axe 1 - Mieux connaître les problématiques de santé des populations concernées et renforcer la coordination des acteurs
Objectif 1.1 - Renforcer la connaissance des besoins en santé des publics prioritaires du PRAPS
Développer les possibilités d’études et de recherches sur la santé et le bien être des jeunes
Actualiser tous les 4 à 5 ans une étude sur les profils des personnes en errance et les besoins de prise en charge
Renforcer le partage des données d’activité des différents partenaires
Objectif 1.2 - Renforcer le travail partenarial, l’interconnaissance des acteurs et améliorer la coordination à l’échelle régionale et locale
Mise en place et animation d’une commission régionale santé-justice
Mise en place et animation d’une commission régionale
Personnes en errance
Nombre de commissions de préparation des sorties pour les détenus en situation « complexe »
Nombre de familles monoparentales bénéficiaires des actions d’accompagnement de la PMI
Compte-rendu des COPIL NEET – ni en emploi, ni en éducation, ni en formation : évolution des prises en charge des jeunes en situation
de « NEET », évolution du nombre de jeunes en situation de « NEET »
Nombre de rencontres organisées entre acteurs du grand âge et du handicap
Objectif 1.3 - Améliorer la visibilité de l’offre et des dispositifs existants
Favoriser l’accès à une solution d’interprétariat : nombre de quarts d’heure d’utilisation de la plateforme d’interprétariat
Exhaustivité des dispositifs et ressources intégrées dans la cartographie de l’offre de prévention et la prise en charge des victimes de
violences
Evolution du nombre d’appels au Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO)
Axe 2 - Renforcer et faciliter l’accès à la prévention auprès des populations cibles
Objectif 2.1 - Favoriser l’accès aux bilans de santé et de prévention
Nombre de cas de tuberculose au sein du centre pénitentiaire de Ducos
Part des mères ayant réalisé un entretien prénatal précoce
Taux de dépistage du cancer du sein chez les 20% des femmes les plus défavorisées
Profil des bénéficiaires des rendez-vous de prévention santé (% des publics PRAPS dans l’ensemble des bénéficiaires)
Objectif 2.2 – Développer l’aller-vers et les actions de proximité
Nombre de permanences santé mises en place dans les Maisons France Services (MFS)
Nombre de partenariats signés entre maisons-sport-santé et épiceries sociales et solidaires
Nombre de journées de permanence en santé dans les Maisons France Services (MFS)
Expérimentation d’un lieu d’accueil ouvert pour les jeunes et évaluation
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 12485
Objectif 2.3 - Former les professionnels et accompagner la montée en compétences pour améliorer le repérage des besoins et les accompagnements
Nombre de formations partagées entre professionnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et du Centre pénitentiaire
Nombre de professionnels formés à la prise en charge des personnes victimes de violences
Objectif 2.4 - Développer les actions de prévention ciblées, favorisant le développement des Compétences psychosociales
Actions d’éducation à la vie affective et sexuelle et de prévention des violences
Nombre d’évaluations d’actions de prévention de la perte d’autonomie et résultats de ces évaluations
Axe 3 - Garantir un accès effectif aux soins
Objectif 3.1 - Renforcer l’accès aux droits et aux soins de ville / offre de « droit commun »
Mise en conformité des PASS – Permanences d’Accès aux Soins de Santé - du CHUM avec le cahier des charges national
Nombre de PASS – Permanences d’Accès aux Soins de Santé - de ville déployées sur le territoire
Nombre de dépistages réalisées dans le programme « santé des jeunes »
Nombre de réunions de coordination entre la CPAM du Lot et la CGSS (suivi des délais moyen d’ouverture de droit par la CGSS à l’issue de
la sortie des détenus)
Nombre d’utilisations / d’utilisateurs de la borne d’accès aux droits
Nombre (évolution) de personnes sans médecin traitant
Objectif 3.2 - Développer l’offre de prise en charge dédiée et adaptée aux publics PRAPS
Procès-verbal de conformité des 7 chambres détenus
Nombre de téléconsultations /télé-expertises au niveau de l’unité sanitaire
Nombre d’interventions par un médecin libéral au centre pénitentiaire de Ducos durant les heures de PDSA
Mise en place d’équipe mobile d’intervention de crise
Mise en place d’une UAPED et nombre de bénéficiaires
Mise en place d’une EPRED et nombre de bénéficiaires
Formalisation de conventions de partenariat PJJ / CSAPA
Nombre de femmes accueillies dans les structures d’hébergement d’urgence et faisant l’objet d’un suivi
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 125Annexe 4 - Activités de soins / Equipements matériels lourds et
filières de soins
Objectifs quantitatifs et qualitatifs des activités de soins structurantes pour
les parcours de santé
Les objectifs quantitatifs de l’offre de soins (OQOS) font partie intégrante du schéma régional de santé
(SRS).
Opposables, ils portent sur les 21 activités de soins et les 4 équipements matériels lourds (EML) soumis à
autorisation du Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé (DG ARS), en application des articles
R. 6122-25 et R. 6122-26 du code de la santé publique (CSP).
La Martinique constitue une unique zone donnant lieu à la répartition des activités et des équipements
matériels lourds (articles L1434-9 et R 1434-30 à 1434-32 du CSP).
L’élaboration de ces OQOS est fortement marquée par la réforme des autorisations sanitaires prise par
ordonnance n°2021-583 du 12 mai 2021. Les décrets pris en application de cette ordonnance définissent
de nouvelles conditions d’implantation et conditions techniques de fonctionnement pour nombre
d’activités de soins et EML. Certaines activités de soins, à l’instar de la médecine nucléaire ou de la
radiologie interventionnelle, sont désormais soumises à autorisation du DG ARS.
L’indicatif « réformé » sera précisé dès lors que l’activité est concernée. A défaut, cela signifie que
l’activité n’a pas (encore) été révisée.
Aussi, ce SRS est impacté par l’abrogation du schéma interrégional de l’organisation des soins (SIOS) par
décret n° 2022-702 du 26 avril 2022. En principe, les activités qu’il encadrait peuvent désormais être
autorisées et mises en œuvre dans chaque région. En pratique, l’ARS Martinique envisage de maintenir la
promotion de ces activités au niveau de l’interrégion en complémentarité avec la Guadeloupe et la
Guyane, autant que faire se peut.
Les présents OQOS suivent la méthodologie suivante :
- Si l’activité est réformée, présenter un bilan du PRS 2 en rappelant les cibles arrêtées ainsi que
les sites géographiques13 autorisés à date des travaux d’élaboration du PRS 3 (31/05/2023) ;
La présentation se fait selon les modalités/mentions en vigueur lors du PRS 2.
- Présenter les bornes basses et hautes projetées dans le cadre du PRS 3.
La présentation se fait selon les modalités/mentions en vigueur au moment des travaux d’élaboration du
PRS 3.
Enfin, les titulaires d’autorisations réformées devront, dès publication du PRS 3 et dans la période de
dépôt correspondante, déposer de nouvelles demandes d’autorisations selon une procédure qui leur sera
communiquée par ailleurs.
En effet, à date, aucun établissement n’est autorisé selon les nouvelles modalités/mentions s’agissant de
ces autorisations.
13 les sites géographiques autorisés sont exprimés en nombre d’implantations. Il faut distinguer le FINESS dit juridique
(EJ) du FINESS dit géographique (ET). L’EJ est associé à une personne morale (l’établissement), alors que l’ET est associé
à un site géographique de l’établissement (l’implantation). Un établissement peut avoir plusieurs sites géographiques.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 126Médecine
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2 Implantations
autorisées au
31/05/2023 Borne basse Borne haute
Hospitalisation complète et alternatives 9 9 8
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Les décrets n° 2022-1046 du 25 juillet 2022 relatif aux conditions d’implantation et n° 2022-1047 du 25
juillet 2022 relatif aux conditions techniques de fonctionnement norment l’activité de soins de médecine.
Le régime d’autorisation distingue désormais l’activité pour les adultes de celle pour les enfants et
adolescents. Il n’y a pas d’OQOS spécifique mais la mention de la prise en charge des « adultes » et/ou «
enfants et adolescents » devra être précisée dans la demande d’autorisation et mentionnée dans la
décision d’autorisation.
Par principe, le titulaire de l’autorisation de médecine doit mettre en œuvre une activité d’hospitalisation
à temps complet et à temps partiel, adaptés à l’âge et à l’autonomie du patient. Par dérogation,
l’autorisation peut être accordée à un titulaire disposant sur le site d’un seul mode de prise en charge :
S’il détient une autre autorisation de médecine proposant la forme d’hospitalisation manquante
sur un site à proximité,
S’il conclut une convention avec un autre titulaire proposant la forme d’hospitalisation
manquante situé sur le même site, ou à défaut, sur un site de proximité.
Cibles PRS 3
Activité Borne basse Borne haute
Médecine 8 10
Commentaires : La crise covid a conduit, en Hexagone comme en Martinique, à l’octroi d’autorisations
sanitaires dites dérogatoires. Leur intérêt était double :
- Permettre à des établissements de pratiquer des activités de soins pour lesquelles ils n’étaient
pas autorisés, afin de participer à « l’effort sanitaire » dans un contexte de menace sanitaire
grave constatée par le Ministre chargé de la santé ;
- Apporter une réponse flexible aux besoins immédiats de la population dans un contexte
sanitaire dégradé et de restrictions des libertés.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 127Par dérogation à l’article R. 6122-37 CSP, ces autorisations étaient délivrées pour une durée de six mois.
Elles n’étaient pas non plus comptabilisées aux OQOS.
Localement, deux établissements ont été autorisés à pratiquer l’activité de médecine à titre dérogatoire.
Ces autorisations ont indéniablement révélé le besoin d’agir en faveur d’une gradation des soins. C’est
d’autant plus nécessaire considérant l’insularité du territoire et les risques naturels auxquels il est exposé.
Définis par la loi d’organisation et de transformation du système de santé, les hôpitaux de proximité
constituent le premier niveau de la gradation des soins hospitaliers. L’une des conditions de labélisation
tient au fait d’être autorisé à pratiquer l’activité de soins de médecine.
A ce jour, deux établissements en Martinique sont labellisés Hôpitaux de proximité : les Centre
Hospitaliers du Marin et du Saint-Esprit.
Aussi dans ce cadre, l’ARS examinera prioritairement les projets des structures qui accepteront d’assurer
cette mission de responsabilité populationnelle. L’objectif est de proposer une offre de médecine de
proximité.
Ces éléments motivent de nouvelles implantations. Celles-ci devront tenir compte de la nouvelle
règlementation.
En outre, les liens entre communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et hôpitaux de
proximité devront se développer au bénéfice du parcours patient et du lien ville-hôpital.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 128Hospitalisation à domicile
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2 Implantations
autorisées au
31/05/2023 Borne basse Borne haute
Médecine en hospitalisation à domicile 2 2 1
Gynécologie-Obstétrique en hospitalisation à
domicile 1 1 0
SSR en hospitalisation à domicile 0 1 0
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Le PRS 3 revêt une importance singulière s’agissant de l’hospitalisation à domicile (HAD) : la publication
des décrets l’érige en activité de soins à part entière, et, la publication de la feuille de route stratégique
de l’HAD 2021-2026 arrête les grandes orientations et leviers d’actions pour l’activité sur les années à
venir.
En effet, l’hospitalisation à domicile quitte le rang des modalités de prise en charge pour compter au
nombre des activités de soins soumises à autorisations, par décrets n° 2021-1954 du 31 décembre 2021
relatif aux conditions d’implantation et n° 2022-102 du 31 janvier 2022 relatif aux conditions techniques
de fonctionnement.
Cibles PRS 3
Mention Borne basse Borne haute
Socle 1 2
Réadaptation 0 1
Ante et post-partum 0 1
Enfants de moins de trois
ans
0 1
Commentaires : La détention des mentions spécialisées est conditionnée à la détention préalable de la
mention socle. Dès lors, le territoire ne pourra compter que deux acteurs d’hospitalisation à domicile.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 129Un acteur est d’ores et déjà implanté et identifié en Martinique. Il a su prouver le caractère
incontournable de cette prise en charge/activité que ce soit sur le long terme, au cours de la période
covid ou d’épisodes de tensions hospitalières.
L’hospitalisation à domicile c’est :
La première solution proposée en évitement de l’hospitalisation avec hébergement ;
Rappeler que le domicile peut être un lieu de soins très complexes grâce à une prise en charge
experte de l’évaluation des besoins, de la coordination et de l’organisation des soins au
domicile ;
Une activité évaluée sur la qualité et la sécurité des soins par une démarche très exigeante,
identique à celles des autres établissements hospitaliers ;
Des compétences médicales et paramédicales (médecins, infirmiers, aide soignants, assistantes
sociales et psychologues voire professionnels de la rééducation ou diététiciens)
Six axes de développement de l’activité sont envisagés sur le territoire :
- Systématiser l’évaluation des patients hospitalisés dans les 48h pour envisager d’un éventuel
retour au domicile ;
- Poursuivre le développement du dispositif dit « IDE HAD » qui tend à fluidifier les parcours de
patients depuis un service d’urgence vers une hospitalisation à domicile ;
- Favoriser le développement des soins palliatifs à domicile ;
- Développer la mention de réadaptation en partenariat avec les acteurs de la rééducation du
territoire ;
- Développer la mention enfants de moins de trois ans
- Développer l’accompagnement des grossesses pathologiques dans le Nord et le Sud du
territoire.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 130Soins médicaux et de réadaptation
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2
Implantations
autorisées au
31/05/2023
Borne
basse
Borne
haute
Prise en charge non spécialisée - - 11
Prise en charge des affections de l'appareil locomoteur 4 4 4
Prise en charge des affections du système nerveux 4 4 4
Prise en charge des affections cardio-vasculaires 1 1 1
Prise en charge des affections respiratoires 0 1 0
Prise en charge des affections des systèmes digestif,
métabolique et endocrinien 1 1 1
Prise en charge des affections onco-hématologiques 0 0 1
Prise en charge des affections des brûlés 0 0 0
Prise en charge enfants et adolescents 2 2 2
Prise en charge des affections liées aux conduites addictives 1 1 1
Prise en charge des affections de la personne âgée
polypathologique, dépendante ou à risque de dépendance 5 5 6
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
L’activité de soins de suite et de réadaptation (SSR) devient l’activité de soins médicaux et de
réadaptation (SMR) par décrets n° 2022-24 et n° 2022-25 du 11 janvier 2022 relatifs aux conditions
d’implantation et conditions techniques de fonctionnement.
A cette évolution terminologique, s’ajoutent entre autre de nouvelles mentions (cancer et pédiatrique).
Cette réforme vise en somme à conforter la place du SMR dans le parcours patient en améliorant l’accès
à une offre de réadaptation de qualité et homogène sur l’ensemble du territoire.
Sauf exception, les opérateurs doivent proposer tout type de modalités de prise en charge (en
hospitalisation à temps partiel et en hospitalisation à temps complet).
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 131Cibles PRS 3
Modalité Mention Borne basse Borne haute
Polyvalent 11 11
Locomoteur 4 4
Système nerveux 3 4
Cardio-vasculaire 1 1
Pneumologie 1 1
Système digestif - endocrino
diabétologie - nutrition
1 1
Conduites addictives 1 1
Gériatrie 6 7
Brûlés 0 0
Cancer
Onco-hématologie 1 1
Oncologie 1 1
Pédiatrie Enfants & adolescents 2 2 Jeunes enfants, enfants, adolescents 1 2
Commentaires : Dès que nécessaire, les établissements devront aller vers une organisation de la
mutualisation des ressources, notamment paramédicales.
L’accueil en soins médicaux et de réadaptation des patients complexes devra se développer en passant
par :
- Le renforcement de l’offre spécialisée ;
- Le développement des coopérations interrégionales.
L’objectif est de garantir une offre adaptée en sortie d’hospitalisation.
Une implantation de SMR mention pneumologie (anciennement affections respiratoires) est
prévue au vu des files actives étudiées. En effet, cette prise en charge s’est développée de
manière satisfaisante, à titre dérogatoire, sur le territoire en parallèle de la crise covid.
La possibilité est laissée de compléter l’offre pédiatrique en développant la mention jeunes
enfants, enfants et adolescents.
Le développement de la mention SMR brûlés se fera en concertation avec la Guadeloupe afin
que soit défini un parcours patient adapté du traitement des grands brûlés à leur réadaptation.
Enfin, une filière régionale addictions devra se structurer :
o En amont, au sein d’une unité de sevrage complexe ;
o En aval, au sein d’un pôle sanitaire à orientation addictologique implantée dans un
établissement autorisé pour l’activité de SMR mention conduites addictives.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 132Chirurgie
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2 Implantations
autorisées au
31/05/2023 Borne basse Borne haute
Chirurgie complète et alternatives 4 5 4
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Réformée par décrets n°2022-1766 du 29 décembre 2022 relatif aux conditions techniques de
fonctionnement et n°2022-1765 du 29 décembre 2022 relatif aux conditions d’implantation, l’activité de
chirurgie se divise désormais en trois modalités : adultes, pédiatrique et bariatrique.
Le titulaire assure :
- soit à la fois une prise en charge de chirurgie ambulatoire (CA) et de chirurgie en hospitalisation
complète à temps complet (HC) ;
- soit la seule prise en charge en chirurgie ambulatoire. Dans ce cas, convention de repli avec un
établissement pratiquant l’hospitalisation complète dans des délais compatibles avec les impératifs de
sécurité des soins.
Par dérogation, la prise en charge en hospitalisation complète seule est possible si le titulaire détient une
autre autorisation de CA sur un site à proximité ou en cas de coopération avec un établissement
pratiquant la CA sur le même site ou, à défaut, sur un site à proximité.
Pour l’activité de soins de chirurgie pratiquée chez des patients adultes, 11 pratiques thérapeutiques
spécifiques sont énumérées :
- Chirurgie maxillo-faciale, stomatologie et chirurgie orale ;
- Chirurgie orthopédique et traumatologique ;
- Chirurgie plastique reconstructrice ;
- Chirurgie thoracique et cardiovasculaire à l'exception de l'activité de chirurgie cardiaque ;
- Chirurgie vasculaire et endovasculaire ;
- Chirurgie viscérale et digestive ;
- Chirurgie gynécologique et obstétrique à l'exception des actes liés à l'accouchement réalisés au
titre de l'activité de soins de gynécologie-obstétrique, néonatologie, réanimation néonatale ;
- Neurochirurgie se limitant aux lésions des nerfs périphériques et aux lésions de la colonne
vertébro-discale et intradurale, à l'exclusion de la moelle épinière ;
- Chirurgie ophtalmologique ;
- Chirurgie oto-rhino-laryngologique et cervico-faciale ;
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 133- Chirurgie urologique.
La ou les pratiques thérapeutiques spécifiques mises en œuvre seront précisées dans la demande
d'autorisation et mentionnées dans la décision d'autorisation.
L’activité de chirurgie bariatrique est soumise à un nombre minimal annuel d’actes défini par arrêté.
Cibles PRS 3
Modalités Borne basse Borne haute
Adultes 4 7
Pédiatrique 4 4
Bariatrique 1 2
Commentaires : Les implantations actuelles relatives à l’activité de chirurgie couvrent les besoins du
territoire.
Les prévisions d’évolution de l’offre sont circonscrites.
Pour mémoire, l’intérêt de santé publique est défini par la doctrine de la Haute Autorité de Santé (HAS)
comme le bénéfice apporté à une collectivité en termes de santé publique. Pour être bénéfique, il faut
qu’un besoin médical ou qu'un besoin d’amélioration du parcours de santé et/ou de vie pour le patient
et son entourage soit constaté.
Il n’y a pas d’intérêt de santé publique à créer un nouvel établissement de santé en Martinique (en prises
en charge ambulatoires et en hospitalisation complète à temps complet).
Par ailleurs, la Martinique s’inscrit dans un parcours interrégional d’établissement de recours, au bénéfice
de patients guyanais, pour la pratique thérapeutique de la chirurgie thoracique.
En revanche, un besoin s’est singularisé s’agissant de la prise en charge adultes en ambulatoire.
Les trois nouvelles implantations inscrites en borne haute de l’OQOS visent donc à répondre à ce besoin
en permettant la mise en place éventuelle de structures ambulatoires « légères » permettant des prises
en charge rapides. Aussi, visent-elles prioritairement des projets conçus sur le modèle de « l’office surgery
» (chirurgies en cabinet), en orthopédie et en ophtalmologie.
L’objectif est de davantage favoriser la prise en charge en chirurgie sans hébergement de nuit.
Une attention particulière sera portée aux projets répondant au triptyque : innovation, ambulatoire et
partenariat public/privé.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 134Gynécologie - Obstétrique
Cible PRS 3
Modalité Existant - implantations autorisées au 31/05/2023 Borne basse Borne haute
Gynécologie-obstétrique (I) 3 3 3
Néonatologie (IIA) 1 1 1
Néonatologie avec soins
intensifs (IIB) 1 1 1
Réanimation néonatale (III) 1 1 1
Commentaires : Pas d’évolution quantitative.
A titre informatif, il est à rappeler que les Martiniquaises disposent de trois maternités.
Deux dites de niveau 1 qui ne sont autorisées qu’à pratiquer la modalité gynécologie-obstétrique.
Les parturientes prises en charge ne présentent, en principe, aucun risque. Les accouchements y sont
possibles dès 37 semaines d’aménorrhées.
Une dite de niveau 3 qui est autorisée à pratiquer l’ensemble des modalités de l’activité de soins. Cette
maternité dispose par conséquent d’unités de néonatologie avec et sans soins intensifs ainsi que d’une
unité de réanimation néonatale.
Elle est spécialisée dans le suivi des grossesses pathologiques (hypertension sévère, diabète…). Les
accouchements à moins de 33 semaines d’aménorrhées y sont possibles.
En lien avec les relations ville-hôpital, l’Agence soutient :
- Le renforcement des centres périnataux de proximité, comme structures médicales qui assurent
des consultations ante et post-partum, des cours de préparation à la naissance, de
l'enseignement des soins aux nouveau-nés et des consultations de planification familiale ;
- La mise en place de solutions de désengorgement de la maternité de niveau 3 du territoire,
notamment :
Favoriser l’implantation d’hôtels hospitaliers, afin de fluidifier les prises en charge dans les
services et de mieux gérer les lits disponibles en offrant aux patientes une alternative à
l’hospitalisation complète ;
Renforcer le lien avec les sage-femmes libérales.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 135Soins de longue durée
Cibles PRS 3
Existant - implantations autorisées au 31/05/2023 Borne basse Borne haute
3 2 3
Commentaires : Le PRS 2 convenait d’une rationalisation de sites géographiques autorisés (de 3 à 2)
motivée par des considérations d’efficience organisationnelle de l’établissement autorisé.
Cette perspective de rationalisation est d’autant plus d’actualité au regard de la feuille de route EHPAD-
USLD 2021-2023 publiée en mars 2022. Bien que publiée par le Ministère des Solidarités et de la Santé
cette feuille de route impacte le volet sanitaire.
Elle part du constat de l’inadaptation des structures sanitaires à certains profils de soins. Le rapport
Jeandel-Guérin indique qu’actuellement les unités de soins de longue durée (USLD) ne permettent pas de
répondre de manière satisfaisante aux besoins de prise en charge médicale complexe, lourde et
prolongée de tout âge.
De facto, la prise en charge est inadéquate et les besoins de ces patients ne sont pas couverts.
En ce sens, l’offre sanitaire devrait évoluer et conduire à la disparition des USLD au profit d’unités
sanitaires prolongées complexes (USPC) destinées à des patients nécessitant des soins lourds et
complexes avec une surveillance constante mais sans besoin de soins aigus ou réadaptatifs actifs.
Dès lors, compte tenu de la structuration de son projet médical, de l’organisation d’une éventuelle
nouvelle filière de soins et de cette évolution, l’établissement autorisé devra envisager une conversion.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 136Médecine d’urgence
-En attente des textes-
Cibles PRS 3
Modalités Existant - implantations autorisées au 31/05/2023 Borne basse Borne haute
Service d'aide médicale urgente
(SAMU) 1 1 1
Structure mobile d'urgence et de
réanimation (SMUR) 2 2 2
Structure mobile d'urgence et de
réanimation pédiatrique (SMUR
pédiatrique)
0 0 0
Structure des urgences (SU) 3 3 3
Structure des urgences pédiatriques
(SUP) 1 1 1
Structures d’urgence saisonnières 0 0 0
Antennes SMUR 0 0 0
SMUR héliporté 0 0 0
NB : La prise en charge des urgences psychiatriques est réalisée par l’établissement spécialisé en santé
mentale.
Commentaires : A date, un seul établissement est autorisé, sur trois sites géographiques, à accueillir sans
sélection toute personne se présentant en situation d’urgence. La règlementation en vigueur n’encadre
que l’accueil de patients vingt-quatre heures sur vingt-quatre (H24).
Dans l’hypothèse :
- où la règlementation venait à évoluer
- et que cette évolution encadrerait désormais l’accueil de patients douze heures sur vingt-quatre
(H12)
l’Agence planifierait l’ouverture de deux nouvelles structures d’urgences.
En effet, l’accueil en H12 serait la principale évolution des textes en attente de publication. L’objectif est
de compléter l’offre de soins non programmés (SNP) du territoire.
Le développement de structures d’exercice coordonnée (MSP) pour faciliter la réponse aux besoins en
soins non programmés est à favoriser. En effet, les professionnels du premier recours ont un rôle majeur
pour limiter le poids du gradient social puisqu’ils sont au plus près des préoccupations des personnes.
Le développement de leurs pratiques en exercice coordonné est un facteur favorisant la pris en compte
de la démarche préventive.
La révision des cahiers des charges de la permanence des soins ambulatoires (PDSA) est la condition sine
qua non de nouvelles implantations de maisons médicales de garde (MMG) / effection mobile (SOS
Médecin).
Le levier des expérimentations pourrait être un premier pas vers des réponses innovantes aux SNP
(structures, coopérations interprofessionnelles…).
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 137Psychiatrie
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Psychiatrie générale
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2
Implantations autorisées
au 31/05/2023 Borne
basse
Borne
haute
Structures d’hospitalisation complète 3 3 4
Structure d’hospitalisation de jour 4 4 5
Structures d'hospitalisation de nuit 0 0 0
Services de placement familial thérapeutique 30 60 1
Appartements thérapeutiques 1 1 1
Centres de crise 1 1 1
Centres de postcure psychiatrique 0 0 0
Psychiatrie infanto-juvénile
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2
Implantations autorisées
au 31/05/2023 Borne
basse
Borne
haute
Structures d’hospitalisation complète 1 1 1
Structure d’hospitalisation de jour 1 1 1
Structures d'hospitalisation de nuit 0 0 0
Services de placement familial thérapeutique 1 1 0
Appartements thérapeutiques 0 0 0
Centres de crise 0 0 0
Centres de postcure psychiatrique 0 0 0
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
La réforme des autorisations introduit les mentions « Périnatal » et « Soins sans consentement » par
décrets n° 2022-1264 du 28 septembre 2022 relatif aux conditions techniques de fonctionnement de
l’activité de psychiatrie et le décret n° 2022-1263 du 28 septembre 2022 relatif aux conditions
d’implantation.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 138Désormais par principe, trois modes de prises en charge (ambulatoire, temps complet, temps partiel)
devront être proposées, sur site ou par convention, pour chaque mention.
Le titulaire a la possibilité de déployer certains modes de prise en charge, définis limitativement par arrêté
ministériel du 28 septembre 2022, en dehors du site géographique autorisé.
Cibles PRS 3
Mention Borne basse Borne haute
Adultes 4 4
Enfants et adolescent 2 2
Périnatal 1 1
Soins sans
consentement 1 1
Commentaires : Selon la législation en vigueur, les établissements actuellement désignés par le DGARS
doivent déposer une demande d’autorisation dans la mention « soins sans consentement » pour prendre
en charge des patients en soins sans consentement.
La prise en charge psychiatrique spécialisée pourrait se structurer davantage avec l’implantation :
- d’une unité de soins intensifs psychiatriques (USIP) contractualisée.
- d’une unité pour malades difficiles (UMD), sous couvert de protocoles de soins intensifs définis.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 139Médecine nucléaire
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Equipement matériel lourd
Cibles PRS 2 Appareils
autorisés
au 31/05/2023
Borne
basse
Borne
haute
Caméra à scintillation sans détecteur d'émission de positons 4 5 3
TEP Scan 2
TEP IRM 1 1 1
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
L’activité de médecine nucléaire entre au nombre des activités de soins soumises à autorisation.
La médecine nucléaire n’était jusqu’à présent abordée qu’à travers l’utilisation d’équipements matériels
lourds (EML) spécifiques : la tomographie d’émission monophotonique (TEMP), la tomographie par
émission de positons (TEP), éventuellement couplées à d’autres systèmes d’imagerie et les caméras à
scintillation dites gamma-caméras
Cibles PRS 3
Mention Borne basse Borne haute
A - Actes diagnostiques ou thérapeutiques hors pathologie cancéreuses réalisés par
l'administration de mrp en système clos 1 1
B - Actes diagnostiques ou thérapeutiques y compris pour les pathologies
cancéreuses réalisés par l'administration de mrp en système clos ouvert 1 1
Commentaires : L’ARS Martinique a autorisé en janvier 2023 l’exploitation de trois EML de type
tomographe à émission de positions (TEP) :
- 1 TEP-IRM
- 1 TEP-SCAN Moyen champ
- 1 TEP-SCAN Grand champ
La combinaison de ces trois équipements devrait concourir à l’amélioration des délais de rendez-vous et
de la qualité des soins grâce à la mise en place d’un guichet unique (de la prise en charge à la remise des
résultats, permettant la réalisation le même jour des examens d’imagerie nécessaires).
Aussi, la mise en œuvre de ces équipements devrait permettre de :
- Répondre aux besoins insuffisamment couverts en oncologie, puisque l’axe clinique y est dédié
à 50% ;
- Mieux soigner, en amont, en cardiologie et en neurologie ;
- Résorber les inégalités d’accès aux soins, géographiques d’abord et financières par conséquent ;
- Apporter une réponse adaptée à des patients avec des problématiques spécifiques (obésités,
claustrophobie, protocoles de soins oncologiques) ;
- Être vecteur d’attractivité médicale pour les praticiens, d’une part du fait du caractère innovant
; d’autre part grâce aux temps de recherche dédiés.
Ces équipements devront être mis en œuvre dans les conditions règlementaires.
Il n’y aura qu’une seule implantation de médecine nucléaire en Martinique.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 140Radiologie interventionnelle
-Réformé-
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
L’activité de radiologie interventionnelle fait désormais l’objet d’autorisations sanitaires, depuis les
décrets n° 2022-1237 et n° 2022-1238 du 16 septembre 2022 relatif aux conditions d’implantation (CI) et
aux conditions techniques de fonctionnement (CTF) des équipements matériels lourds d’imagerie et de
l’activité de soins de radiologie interventionnelle.
La radiologie n’était abordée jusqu’à présent qu’à travers l’utilisation d’équipements matériels lourds
(EML) spécifiques : l'imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) et la scanographie.
L’activité de radiologie interventionnelle comprend l’ensemble des actes médicaux à but diagnostique
ou thérapeutique réalisés avec guidage et contrôle de l’imagerie médicale par accès percutané,
transorificiel, transpariétal ou intraluminal, portant sur une ou plusieurs cibles inaccessibles dans des
conditions de qualité et de sécurité satisfaisantes sans utiliser un moyen de guidage par imagerie.
Les activités interventionnelles sous imagerie médicale en cardiologie et en neuroradiologie, faisant
l’objet de réglementations propres, sont exclues du champ de la définition.
Cibles PRS 3
Mention Borne basse Born haute
Mention A : actes de radiologie interventionnelle par voie endo-veineuse, y compris
pour pose de voies d'abord, ainsi que les actes percutanés et par voie
transorificielle suivants : infiltrations profondes, ponctions, biopsies et drainages
d'organes intra-thoraciques, intra-abdominaux ou intra-pelviens, hors actes des
mentions B, C et D
1 2
Mention B : en sus des actes autorisés au titre de la mention A, et à l'exception des
actes relevant spécifiquement des mentions C et D, les actes de radiologie
interventionnelle par voie endo-veineuse profonde et endo-artérielle, ainsi que les
autres actes de radiologie interventionnelle par voie percutanée ou transorificielle
0 1
Mention C : en sus des actes autorisés au titre de la mention B et à l'exception des
actes réalisés dans les conditions spécifiquement prévues au titre de la mention D,
les actes de radiologie interventionnelle thérapeutiques du cancer par voie
percutanée et par voie transorificielle, ainsi que les actes thérapeutiques du cancer
par voie endoveineuse et endoartérielle
0 1
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 141Mention D : ensemble des actes mentionnés à l'article R. 6123-165, y compris les
actes de radiologie interventionnelle thérapeutiques, assurés en permanence,
relatifs à la prise en charge en urgence de l'hémostase des pathologies vasculaires
et viscérales hors circulation intracrânienne, dont ceux requérant un plateau de
soins critiques
0 1
Traitement des grands brûlés
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Cibles PRS 3
Modalité Existant - implantations autorisées au 31/05/2023 Borne basse Borne haute
Adultes 0 0 0
Enfants 0 0 0
Commentaires : L’activité de soins de traitement des grands brûlés relevait du SIOS.
A date, l’activité est exclusivement réalisée en Guadeloupe pour le compte de l’interrégion (Martinique-
Guadeloupe- Guyane). Cette organisation devrait perdurer au bénéfice des patients martiniquais afin de
leur assurer une prise en charge experte.
Ces prises en charges feront objet d’une organisation spécifique d’évacuation sanitaire vers la
Guadeloupe.
L’ARS s’engage à porter la discussion au niveau de l’interrégion en y associant les praticiens localement
impliqués afin de tirer les conséquences de cette abrogation et de sécuriser la prise en charge. A l’instar
des autres activités antérieurement traitées dans les SIOS, l’activité de traitement des grands brûlés
pourrait s’organiser au sein de filières interrégionales.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 142Chirurgie cardiaque
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2 Implantations autorisées au
31/05/2023 Borne
basse
Borne
haute
Adultes 1 1 1
Enfants 0 0 0
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Cette activité a été réformée par décrets n°2022-1765 du 29 décembre 2022 relatif aux conditions
d’implantation et n°2022-1766 du 29 décembre 2022 relatif aux conditions techniques de
fonctionnement.
Cibles PRS 3
Modalité Borne basse Borne haute
Adultes 1 1
Pédiatrique 0 1
Commentaires : L’activité de soins de chirurgie cardiaque relevait du SIOS.
A date, la prise en charge Adultes de l’activité est réalisée en Martinique pour le compte de l’interrégion
(Martinique- Guadeloupe- Guyane). La prise en charge pédiatrique est réalisée dans l’Hexagone.
Cette organisation devrait perdurer au bénéfice des patients guyanais et guadeloupéens afin de leur
assurer aussi une prise en charge experte. Ces prises en charges feront objet d’une organisation spécifique
d’évacuation sanitaire des établissements de la Guadeloupe et de la Guyane vers la Martinique.
L’ARS s’engage à porter la discussion au niveau de l’interrégion en y associant les praticiens localement
impliqués afin de tirer les conséquences de cette abrogation et de sécuriser la prise en charge. A l’instar
des autres activités antérieurement traitées dans les SIOS, l’activité de chirurgie cardiaque pourrait
continuer à s’organiser au sein de filières interrégionales.
Des travaux sont en cours pour développer la prise en charge en chirurgie pédiatrique sur le territoire.
Dans l’attente de la mise en place de cette nouvelle activité de soins, la prise en charge des patients
s’effectuera vers l’Hexagone
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 143Activité interventionnelle en cardiologie
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2 Implantations
autorisées au
31/05/2023
Borne
basse
Borne
haute
Rythmologie interventionnelle, de stimulation
multisites et de défibrillation 1 1 1
Actes portant sur les cardiopathies de l'enfant, y
compris ré interventions à l'âge adulte sur les
cardiopathies congénitales (hors urgences)
1 1 1
Actes portant sur les autres cardiopathies de l'adulte 1 1 1
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Les activités interventionnelles sous imagerie médicale, par voie endovasculaire, en cardiologie
deviennent activité interventionnelle sous imagerie médicale en cardiologie. Les décrets n° 2022-380 et
n° 2022-382 du 16 mars 2022 fixent les nouvelles conditions d’implantation et conditions techniques de
fonctionnement de l’activité interventionnelle sous imagerie médicale en cardiologie.
L’activité comprend l’ensemble des actes de cardiologie à but diagnostic ou thérapeutique réalisés par
voie percutanée, transpariétale ou intraluminale, portant sur une ou plusieurs cibles inaccessibles dans
des conditions de qualité et de sécurité satisfaisantes sans utiliser un moyen de guidage par imagerie. Elle
s’organise en trois modalités.
La ligne directrice de cette évolution règlementaire était d’organiser l’offre de santé « dans une logique
de gradation des soins entre proximité, soins spécialisés, soins de recours et de référence, organisées à
des échelles territoriales nécessairement différentes et en s’appuyant sur des seuils d’activité quand cela
est pertinent au regard des enjeux de qualité et de sécurité des soins ».
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 144Cibles PRS 3
Modalité Mention Borne basse Borne haute
1° Rythmologie
interventionnelle
A - Actes interventionnels d’électrophysiologie diagnostique
et les actes de poses de pace maker mono et double chambre
avec sonde
1 1
B - Actes d'ablation atriale droite et atrioventriculaire, de
poses de défibrillateurs et de stimulateurs multisites ; 1 1
C - Actes d'ablation atriale droite et atrioventriculaire, de
poses de défibrillateurs et de stimulateurs multisites ; 1 1
D - Actes à haut risque de plaie cardiaque ou vasculaire et les
actes de rythmologie réalisés chez un patient ayant une
cardiopathie congénitale complexe
1 1
2° Cardiopathies
congénitales hors
rythmologie
A - Actes de prise en charge des anomalies du cloisonnement
inter atrial, fermeture du canal artériel, dilatation de sténose
valvulaire pulmonaire, cathétérisme diagnostique des
cardiopathies congénitales
1 1
B - Geste de dilatation, toute pose de stent ou de dispositif
intracardiaque, toute intervention sur septum atrial ou
ventriculaire
1 1
3° Cardiopathies
ischémiques et
structurelles de
l'adulte
1 1
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 145Traitement du cancer
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Chirurgies des cancers
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2
Implantations autorisées
au 31/05/2023 Borne
basse
Born
haute
Chirurgie viscérale 3 3 2
Chirurgie mammaire (tumeurs du sein) 2 2 2
Chirurgie gynécologique 1 1 1
Chirurgie ORL 1 1 1
Chirurgie maxillo-faciale 1 1 1
Chirurgie urologique 2 3 1
Chirurgie thoracique 1 1 1
Chirurgie hors soumis à seuil (si nécessaire) - - -
Les autres traitements du cancer
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2 Implantations autorisées au
31/05/2023 Borne
basse
Born
haute
Radiothérapie externe, curiethérapie 1 1 1
Curiethérapie 1 1 1
Chimiothérapie ou autres traitements médicaux
spécifiques du cancer 1 1 1
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Les évolutions règlementaires ont été entérinées par :
Décret n° 2022-693 du 26 avril 2022 relatif aux conditions techniques de fonctionnement de
l’activité de soins de traitement du cancer ;
Arrêté du 26 avril 2022 portant modification de l’arrêté du 29 mars 2007 fixant les seuils
d’activité minimale annuelle applicables à l’activité de soins de traitement du cancer ;
Décret n° 2022-689 du 26 avril 2022 relatif aux conditions d’implantation de l’activité de soins
de traitement du cancer.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 146Chirurgies des cancers Cibles PRS 3
Modalité Mention Borne basse Borne haute
Chirurgie
oncologique
A
A1 - Viscérale et digestive 1 2
A2 - Thoracique 1 1
A3 - Sphère ORL, cervico-facial, maxillo-
faciale 0 1
A4 - Urologique 2 2
A5 - Gynécologique 0 1
A6 - Mammaire 2 2
A7 - Indifférencié 0 1
B
B1 - chirurgie oncologique viscérale et
digestive complexe 0 1
B2 - chirurgie oncologique thoracique
complexe 0 1
B3 - chirurgie oncologique ORL, cervico-faciale
et maxillo-faciale complexe 0 1
B4 - chirurgie oncologique urologique
complexe 0 1
B5 - chirurgie oncologique gynécologique
complexe 0 1
C Chirurgie oncologique chez l'Enfant et les adolescents de moins de 18 ans. 0 1
Les autres traitements du cancer Cibles PRS 3
Modalité Mention Borne basse Borne haute
Radiothérapie
externe,
curiethérapie
A Radiothérapie externe chez l'adulte 1 1
B Curiethérapie chez l'adulte 1 1
C
Radiothérapie externe chez l'adulte et
chez l'enfant et l'adolescent de moins de
18 ans - Curithérapie chez l'adulte et chez
l'enfant et l'adolescent de moins de 18 ans
0 1
Traitements
médicamenteux
systémiques du
cancer
A TMSC chez l'adulte 1 1
B
TMSC chez l'adulte comprenant les
chimiothérapies intensives entrainant une
aplasie prévisible de plus de huit jours
0 1
C
TMSC chez l'Enfant et l’adolescent de
moins de 18 ans comprenant les
chimiothérapie intensives entraînant une
aplasie prévisible de plus de huit jours
0 1
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 147Commentaires : La Plateforme Régionale d’Oncologie Martinique a mis en place depuis 2020 un tableau
de suivi des délais de prise en charge des patients atteints de cancer en Martinique distinguant les
différentes étapes du parcours et les délais correspondant :
- Entre la biopsie et la validation des résultats ANAPATH (1) ;
- Entre la validation ANAPATH et la Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) où sont
discutée collégialement les modalités de traitement (2) ;
- Entre la RCP et la consultation médicale d’annonce (3) ;
- Entre la consultation d’annonce et la mise en traitement (4) ;
- Et spécifiquement pour les parcours donnant lieu à chirurgie, entre la RCP ayant pris la décision
de chirurgie et la réalisation de l’acte de chirurgie (5).
Le suivi actualisé au mois de mars 2023 fait état des délais suivants :
Délais moyens en jours
Toutes
localisations
Cancers
urologiques
Cancers
gynécologique
s
Cancers
colorectaux Cancer du sein
2019 2023 2019 2023 2019 2023 2019 2023 2019 2023
(1) 17,6 31,5 21,2 46,6 14,3 36,5 17,4 8,3 15,5 14,4
(2) 130,8 311,8 241,5 510,9 69,2 158,5 48,3 51,5 97,7 91,8
(3) 20,6 28,9 21,4 29,9 18,3 31,5 12,8 37,2 22,6 27,5
(4) 24,4 25,0 37,1 34,3 24,8 29,0 27,6 18,3 16,7 15,4
(5) 45,0 42,8 ND 133,3 ND ND ND 19,0 45,0 24,1
Les échanges institutionnels montrent que les délais observés sont tributaires d’éléments conjecturels,
tels que des difficultés de recrutement médical, la réduction d’effectifs ou encore les difficultés d’accès
aux blocs durant la crise covid.
Ce constat a motivé la structuration d’un plan d’action régional :
- Sans délai : la mise en place d’un comité des délais en cancérologie qui associent les acteurs
institutionnels et les établissements de santé impliqués ;
- A court terme : la structuration d’un parcours « imagerie » sur le territoire ;
- A long terme : de nouvelles implantations pour la pratique de la chimiothérapie.
L’arrêté du 26 avril 2022 fixe de nouveaux seuils d'activité minimale annuelle applicables à l'activité de
soins de traitement du cancer. L’autorisation ne pourra être délivrée, maintenue ou renouvelée qu’à la
condition de respecter par site géographique, une activité minimale, par mention voire par pratique
thérapeutique.
L’enjeu lié au respect des seuils pourrait conduire à une baisse de l’offre en Martinique. Une organisation
interrégionale pourrait être prévue et organisée avec la Guadeloupe.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 148Neurochirurgie
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Modalités d’exercice
Cibles PRS 2 Implantations autorisées
au 31/05/2023 Borne
basse
Borne
haute
Neurochirurgie générale pour adultes 1 1 1
Neurochirurgie fonctionnelle cérébrale 0 0 0
Neurochirurgie intracrânienne et extra crânienne
en conditions stéréotaxiques 0 0 0
Neurochirurgie pédiatrique 1 1 1
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Cibles PRS 3
Modalité Borne basse Borne haute
Socle 1 1
Neurochirurgie fonctionnelle cérébrale 0 0
Radiochirurgie intracrânienne et
extracrânienne en conditions stéréotaxiques 0 0
Neurochirurgie pédiatrique 1 1
Commentaires : L’activité de soins de neurochirurgie relevait du SIOS.
A date, la prise en charge « générale » et pédiatrique de l’activité de neurochirurgie est réalisée en
Martinique pour le compte de l’interrégion (Martinique- Guadeloupe- Guyane). Les prises en charge
spécialisées de Neurochirurgie fonctionnelle cérébrale et de Radiochirurgie intracrânienne et
extracrânienne en conditions stéréotaxiques sont réalisées dans l’Hexagone.
Cette organisation devrait perdurer au bénéfice des patients guyanais et guadeloupéens afin de leur
assurer aussi une prise en charge experte. En effet, l’activité de neurochirurgie satisfait la condition
d’activité minimale et est en constante augmentation.
La quasi-totalité des pathologies rentrant dans le champ d’expertise est prise en charge.
L’ARS s’engage à porter la discussion au niveau de l’interrégion en y associant les praticiens localement
impliqués afin de tirer les conséquences de cette abrogation. A l’instar des autres activités
antérieurement traitées dans les SIOS, l’activité de neurochirurgie pourrait s’organiser au sein de filières
interrégionales.
Ces prises en charges feront objet d’une organisation spécifique d’évacuation sanitaire des
établissements de la Guadeloupe et de la Guyane vers la Martinique.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 149Activités interventionnelles en neuroradiologie
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Cibles PRS 2
Implantations autorisées au 31/05/2023
Borne basse Borne haute
1 1 1
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Suite à l’évolution règlementaire que connait cette activité, elle s’exerce désormais selon deux modalités :
la thrombectomie mécanique et à l’ensemble des activités de NRI.
Cibles PRS 3
Modalité Borne basse Borne haute
A - Thrombectomie mécanique 0 0
B - Ensemble des activités de NRI 1 1
Commentaires : Les activités interventionnelles en neuroradiologie relevaient du SIOS.
A date, la prise en charge des activités interventionnelles en neuroradiologie est exclusivement réalisée
en Martinique pour le compte de l’interrégion (Martinique- Guadeloupe- Guyane). Cette organisation
devrait perdurer au bénéfice des patients guyanais et guadeloupéens afin de leur assurer une prise en
charge experte.
Les Antilles sont marquées par une surexpression d’hypertension artérielle et de diabète qui favorise le
développement de pathologies vasculaires du système nerveux central. Les accidents vasculaires
ischémiques ainsi que la surexpression phénotypique de pathologies vasculaires malformatives
intracrâniennes sont prépondérants.
Qui plus est, il s’agit de pathologies complexes à traiter.
L’année 2021 a été un tournant pour la Martinique, et pour l’interrégion. Jusqu’alors les patients atteints
des pathologies les plus complexes devaient être transférés dans l’Hexagone. Depuis la consolidation des
effectifs médicaux de l’établissement autorisé, par des ressources expertes, ces prises en charge sont
réalisées en Martinique.
La Martinique est le seul territoire de l’interrégion à compter des neuroradiologues interventionnels. A
noter qu’il n’y en a que 150, étudiants compris, sur le territoire national.
L’activité interventionnelle en neuroradiologie concerne les actes relatifs aux diagnostiques et
thérapeutiques qui portent sur la région cervico-céphalique et médullo-rachidienne et qui sont réalisés
par voie endovasculaire ou par voie percutanée, hors localisation ostéoarticulaire. Les actes portant sur
la thyroïde ne sont pas concernés.
L’ARS s’engage à porter la discussion au niveau de l’interrégion en y associant les praticiens localement
impliqués afin de tirer les conséquences de cette abrogation. A l’instar des autres activités
antérieurement traitées dans les SIOS, l’activité de neuroradiologie interventionnelle pourrait s’organiser
au sein de filières interrégionales. Ces prises en charges feront objet d’une organisation spécifique
d’évacuation sanitaire des établissements de la Guadeloupe et de la Guyane vers la Martinique.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 150Soins critiques
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Modalités d’exercice de l’activité de Réanimation
Cibles PRS 2 Implantations autorisées
au 31/05/2023 Borne
basse
Borne
haute
Adultes 1 1 1
Pédiatrique 1 1 1
Pédiatrique spécialisée 0 0 0
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
L’activité de soins critiques nait de la fusion de deux régimes juridiques :
- Les autorisations de réanimation ;
- Les reconnaissances contractuelles de soins intensifs.
Le décret n° 2022-690 du 26 avril 2022 relatif aux conditions d'implantation et le décret n° 2022-694 du
26 avril 2022 relatif aux conditions techniques de fonctionnement redéfinissent les modalités de cette
activité de soins.
Les soins critiques doivent permettre la prise en charge des patients qui présentent ou sont susceptibles
de présenter une ou plusieurs défaillances aigües mettant directement en jeu le pronostic vital ou
fonctionnel et pouvant impliquer le recours à une ou plusieurs méthodes de suppléance.
Organisée autour de deux modalités, l’activité se subdivise en quatre à cinq mentions.
1. L’unité de réanimation assure la prise en charge des patients qui présentent ou sont susceptibles
de présenter une ou plusieurs défaillances aigües mettant directement en jeu leur pronostic vital
ou fonctionnel, et pouvant impliquer le recours à une ou plusieurs méthodes de suppléance.
Les unités de soins intensifs polyvalents contiguës et les unités de soins intensifs polyvalents
dérogatoires, en l’absence d’une unité de réanimation sur le site, assurent la prise en charge des
patients qui sont susceptibles de présenter une ou plusieurs défaillances aigües mettant
directement en jeu leur pronostic vital ou fonctionnel, et pouvant impliquer de façon transitoire
le recours à une méthode de suppléance, dans l’attente le cas échéant d’un transfert en
réanimation. Lorsque le patient présente une ou plusieurs défaillances aigües mettant en jeu son
pronostic vital ou fonctionnel et nécessitant un traitement de suppléance d’organe, il est
transféré en réanimation.
2. L’unité de soins intensifs de cardiologie assure la prise en charge des patients qui présentent ou
sont susceptibles de présenter une défaillance aigüe liée à une pathologie cardiovasculaire,
mettant directement en jeu leur pronostic vital ou fonctionnel, imposant des traitements
spécifiques cardiologiques et pouvant impliquer le recours à une méthode de suppléance.
3. L’unité de soins intensifs de neurologie vasculaire assure la prise en charge des patients qui
présentent ou sont susceptibles de présenter une défaillance aigüe liée à une pathologie neuro-
vasculaire mettant directement en jeu leur pronostic vital ou fonctionnel et imposant des
traitements spécifiques neuro-vasculaires, de prévention et de rééducation neurologique et
cognitive.
4. L’unité de soins intensifs d’hématologie assure la prise en charge des patients qui présentent ou
sont susceptibles de présenter une défaillance aigüe liée à une pathologie hématologique
mettant directement en jeu leur pronostic vital ou fonctionnel et imposant des traitements
spécifiques hématologiques nécessitant un ou des séjours en secteur stérile.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 151Lorsque les activités du site le justifient, le titulaire de la mention Réanimation et soins intensifs
polyvalents peut également disposer d’unités de soins intensifs de spécialité notamment : néphrologie,
respiratoire, hépato-gastro-entérologie.
Cibles PRS 3
Modalité Mention Borne basse Borne haute
Adultes
1° Réanimation et soins intensifs
polyvalents, et de spécialité le cas
échéant
1 1
2° Soins intensifs polyvalents
dérogatoires 1 4
3° Soins intensifs de cardiologie 1 1
4° Soins intensifs de neurologie
vasculaire 1 1
5° Soins intensifs d'hématologie 1 1
Pédiatriques
1° Réanimation de recours et soins
intensifs pédiatriques polyvalents, et
de spécialité le cas échéant
1 1
2° Réanimation et soins intensifs
pédiatriques polyvalents, et de
spécialité le cas échéant
0 0
3° Soins intensifs pédiatriques
polyvalents dérogatoires 0 1
4° Soins intensifs pédiatriques
d'hématologie 0 0
Commentaire : la Martinique s’inscrit dans un parcours interrégional d’établissement de recours, au
bénéfice de patients guyanais, pour la prise en charge en soins intensifs d’hématologie adultes et
pédiatriques.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 152Insuffisance rénale chronique
Cibles PRS 3
Modalité Existant - implantations autorisées au 31/05/2023 Borne basse Borne haute
Dialyse à domicile par hémodialyse ou par dialyse
péritonéale 1 1 4
Hémodialyse en centre 3 3 3
Hémodialyse en unité d'autodialyse simple ou assistée 5 3 5
Hémodialyse en unité de dialyse médicalisée 1 1 3
Commentaires : Dans l’intérêt de la santé publique, trois nouvelles implantations de dialyse à domicile
sont ouvertes sur le territoire afin de permettre, entre autre, de :
- Pallier les problématiques de transport sanitaire ;
- Anticiper et assurer la dialyse du grand âge ;
- Autonomiser le patient.
La Martinique constitue une unique zone. Pour autant, l’offre d’hémodialyse en unité de dialyse
médicalisée devrait préférentiellement s’étoffer dans le Nord afin de garantir un égal accès aux soins sur
le territoire en favorisant l’accessibilité.
Enfin, l’ARS Martinique favorise les conversions d’activité entre les différentes modalités de traitement
de l’insuffisance rénale chronique. Ceci explique notamment les bornes fixées pour la modalité
Hémodialyse en unité d'autodialyse simple ou assistée et celles fixées pour la modalité Hémodialyse en
unité de dialyse médicalisée.
Les actions de dépistage en laboratoire en lien avec les médecins de ville sont à développer. Des travaux
complémentaires devront être menés sur la thématique de la greffe rénale.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 153Activités cliniques et biologiques d’AMP et activités biologiques de diagnostic
prénatal
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Le décret n° 2021-1933 du 30 décembre 2021, fixant les modalités d'autorisation des activités
d'autoconservation des gamètes pour raisons non médicales en application de l'article L. 2141-12 du code
de la santé publique et portant diverses adaptations de la partie réglementaire du même code au regard
des dispositions de la loi n° 2021-1017 du 2 août 2021 relative à la bioéthique, vise à mettre en œuvre les
mesures phares votées dans la loi de bioéthique concernant :
-L’extension de l’assistance médicale à la procréation (AMP) à l’ensemble des femmes - aux couples de
femmes et aux femmes seules - avec ou sans don.
-L’autoconservation de ses propres gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) à but non médical.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 154Cibles PRS 3
Activité Modalité Borne basse Borne haute
AMP clinique
Prélèvement d'ovocytes en vue d'une assistance médicale à la
procréation 1 2
Prélèvement de spermatozoïdes 1 1
Transfert des embryons en vue de leur implantation 1 1
Prélèvement d'ovocytes en vue d'un don 0 0
Mise en œuvre de l'accueil des embryons 0 0
Prélèvements d'ovocytes en vue de leur conservation pour la
réalisation ultérieure d'une assistance médicale à la procréation en
application de l'article L. 2141-12
0 0
AMP
biologique
Préparation et conservation du sperme en vue d'une insémination
artificielle 1 1
Activité relative à la FIV avec ou sans micromanipulation 1 1
Recueil, préparation, conservation et mise à disposition du sperme
en vue d'un don 0 0
Préparation, conservation et mise à disposition d'ovocytes en vue
d'un don 0 0
Conservation à usage autologue des gamètes et préparation et
conservation à usage autologue des tissus germinaux 0 0
Conservation des embryons en vue d'un projet parental 1 1
Conservation des embryons en vue de leur accueil et mise en œuvre
de celui-ci 1 1
Activités relatives à la conservation des gamètes en vue de la
réalisation ultérieure d'une assistance médicale à la procréation en
application de l'article L. 2141-12
0 0
DPN
Examens de cytogénétique y compris les examens moléculaires
appliqués à la cytogénétique 0 0
Examens de génétique moléculaire 0 0
Examens en vue du diagnostic de maladies infectieuses 0 0
Examens de biochimie portant sur les marqueurs sériques maternels 0 0
Examens de biochimie fœtale à visée diagnostique 0 0
Examens de génétique portant sur l’ADN Fœtal libre circulant dans
le sang maternel 0 0
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 155Commentaires : Le développement du diagnostic prénatal non invasif est à envisager à long terme, en
interrégion.
Examen d'une personne ou identification d'une personne par empreintes génétiques
à des fins médicales
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
La génétique est une spécialité mixte clinico--biologique s’appuyant sur des tests génétiques
(cytogénétique ou génétique moléculaire) sous responsabilité d'un médecin généticien. Les autorisations
abordées ici concernent les analyses de génétique postnatales (les analyses prénatales étant définies dans
le cadre des autorisations de DPN).
Conformément à l’article R.1131-1 du code de la santé publique, les analyses de génétique postnatales
ont pour objet :
- De poser, de confirmer ou d’infirmer le diagnostic d’une maladie à caractère génétique chez
une personne ;
- De rechercher les caractéristiques d’un ou plusieurs gênes susceptibles d’être à l’origine du
développement d’une maladie chez une personne ou les membres de sa famille
potentiellement concernés ;
- D’adapter la prise en charge médicale (certains traitements ou pas) d’une personne selon ses
caractéristiques génétiques.
Cibles PRS 3
Modalité Existant - implantations autorisées au 31/05/2023 Borne basse Borne haute
Analyses de
cytogénétique 1 1 1
Analyse de
génétique
moléculaire
0 0 1
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 156Greffes d’organes et greffes de cellules hématopoïétiques
Greffes d’organes Cibles PRS 3
Modalité
Existant -
implantations
autorisées au
31/05/2023
Borne basse Borne haute
Adulte
Rein 0 0 0
Pancréas 0 0 0
Rein et pancréas 0 0 0
Foie 0 0 0
Intestin 0 0 0
Cœur 0 0 1
Poumon 0 0 0
Cœur et poumon 0 0 0
Enfants
Rein 0 0 0
Pancréas 0 0 0
Rein et pancréas 0 0 0
Foie 0 0 0
Intestin 0 0 0
Cœur 0 0 1
Greffes de cellules hématopoïétiques
Cibles PRS 3
Modalité Existant - implantations autorisées Borne basse Borne haute
Adultes 0 0 0
Enfants 0 0 0
Commentaire : L’activité de greffes d’organes et greffes de cellules hématopoïétiques relevait du SIOS.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 157A date, seule la prise en charge des greffes rénales est réalisée en Guadeloupe pour le compte de
l’interrégion (Martinique- Guadeloupe- Guyane). Les autres prises en charge sont réalisées dans
l’Hexagone.
Cette organisation devrait perdurer au bénéfice des patients martiniquais afin de leur assurer une prise
en charge experte. Ces prises en charges feront objet d’une organisation spécifique d’évacuation sanitaire
vers la Guadeloupe et l’Hexagone.
L’ARS s’engage à porter la discussion au niveau de l’interrégion en y associant les praticiens localement
impliqués afin de tirer les conséquences de cette abrogation et de sécuriser la prise en charge. A l’instar
des autres activités antérieurement traitées dans les SIOS, l’activité de greffes d’organes et greffes de
cellules hématopoïétiques pourrait s’organiser au sein de filières interrégionales.
Des travaux seront menés avec les professionnels de santé de la Guadeloupe et sous l’égide de l’agence
de Biomédecine, concernant l’inscription sur les listes de greffes des patients martiniquais afin de leur
garantir un égal accès aux soins.
Pour information, en dehors de cette activité soumise à autorisation qui n’est pas pratiquée en
Martinique, le CHUM réalise des prélèvements d’organes multiples et de tissus sur personne décédée (en
arrêt circulatoire ou mort encéphalique).
Le développement de la greffe de cœur chez les patients adultes et enfants pourrait s’envisager
Dans le cadre de la Campagne de communication relative au don d’organes, lancée par l’Agence de la
biomédecine, l’ARS en lien avec les professionnels de santé du territoire, va développer la promotion du
don d'organes qui est essentielle pour sensibiliser et informer le public sur l'importance de ce geste
généreux qui peut sauver des vies.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 158Objectifs quantitatifs et qualitatifs des équipements matériels lourds
donnant lieu à autorisation
Equipements d’imagerie en coupes utilisés à des fins de radiologie diagnostique
-Réformé-
Bilan des OQOS du PRS 2, 2018-2023
Equipement
matériel lourd
Cibles PRS 2 Existant – nombre d’appareils autorisés au 31/05/2023
Borne
basse
Borne
haute
IRM 7 8 6
Scanographe 7 8 8
Projections des OQOS du PRS 3, 2023-2027
Conséquemment à la réforme des autorisations, seuls les appareils d’IRM, scanographes, caissons
hyperbare et cyclotrons à utilisation médicale sont soumis à autorisation de l’Agence.
La méthode de comptabilisation des équipements matériels lourds (EML) a évolué.
Les EML d’imagerie en coupes utilisés à des fins de radiologie diagnostique14 (scanner et IRM) sont
uniquement comptabilisés en nombre d’implantations.
Désormais, s’agissant ces EML :
- L’autorisation initiale d’exploiter les EML doit être sollicitée ;
- Une fois délivrée, l’autorisation vaut pour l’exploitation de 3 EML maximum. Dans cette borne,
l’installation d’EML est déclarative et suppose une hétérogénéité des équipements.
- A partir du 4e équipement, tout projet d’installation doit être soumis à l’Agence via la procédure
de modification des conditions d’exécution.
En dépit de l’évolution règlementaire, l’ARS joue toujours son rôle de régulateur de l’offre de soins sur le
territoire et priorise :
- l’optimisation des équipements déjà implantés sur le territoire via :
▫ L’harmonisation des outils et protocoles ainsi que les transferts de données afin de disposer des
antécédents radiologiques et de justifier les demandes d’actes.
▫ La maintenance des équipements et la sécurisation de l’environnement et locaux des
équipements.
- les projets d’installations motivés par le développement de partenariats public/privé et participant à la
réduction des délais d’accès.
- l’accès à des équipements dédiés en situation d’urgence.
14 Ne sont pas soumis à autorisation les équipements matériels lourds d’imagerie en coupe utilisés pour des activités
soumises à des autorisations propres (activité de médecine nucléaire, activité interventionnelle sous imagerie
médicale en cardiologie ou en neuroradiologie, activité de radiologie interventionnelle)
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 159Cibles PRS 3
Equipement matériel lourd Borne basse Borne haute
Equipements d’imagerie en coupes comprenant les appareils d’imagerie ou
de spectrométrie par résonnance magnétique nucléaire à utilisation clinique
ou les scanographes à utilisation médicale à l’exception des équipements
hydrides
8 12
Equipements Matériels Lourds : caissons hyperbares et cyclotrons à utilisation
médicale
Les cyclotrons et caissons hyperbare sont comptabilisés en nombre d’implantations et en nombre
d’appareils.
Equipement
Existant -
implantations
autorisées au
31/05/2023
Nombre
d’implantations Nombre d’appareils
Borne
basse
Borne
haute
Borne
basse
Borne
haute
Caisson hyperbare 1 1 1 1 1
Cyclotron à utilisation
médicale 0 0 0 0 0
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 160Annexe 5 - Glossaire
ACI : Accord Conventionnel Interprofessionnel
ACT : Appartement de Coordination Thérapeutique
ADN : Acide Désoxyribo Nucléique
AES : Accompagnant Educatif et Social
AHI : Accueil, Hébergement, Insertion
ALD : Affection Longue Durée
AMAVI : Accueil massif de victimes non contaminées
AMP : Assistance médicale à la procréation
AMU : Aide médicale urgente
ANAP : Agence Nationale d’Appui à la Performance
ANAPATH : anatomopathologie
APA : Activité Physique Adaptée
ARCOM : Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique
ARS : Agence Régionale de Santé
ASV : Atelier Santé Ville
APIJ : Agence Publique pour l'Immobilier de la Justice
C360 : Communauté 360
CAARUD : Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Risques pour Usagers de
Drogues
CACEM : Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique
CAMSP : Centre d’Action Médico-Sociale Précoce
CAQES : Contrat d’Amélioration de la Qualité et de l’Efficience des Soins
CASF : Code de l’Action Sociale et des Familles
CATTP : Centre d'Aide Thérapeutique à Temps Partiel
CCAS : Centre Communal d’Action Sociale
CDAD Conseil Département d’Accès aux Droits
CDS : Centre de Santé
CEGIDD : Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic Gratuit
CGSS : Caisse Générale de Sécurité Sociale
CH : Centre Hospitalier
CHLD : Centre Hospitalier Louis Domergue
CHMD : Centre Hospitalier Maurice Despinoy
CHUM : Centre Hospitalier Universitaire de Martinique
CLLAJ : Comité Local pour le Logement Autonome des Jeunes
CLAS : Contrat Local d'Accompagnement à la Scolarité
CLAT : Centres de Lutte Anti-Tuberculeuse
CLS : Contrat Local de Santé
CLSM : Conseil Local de Santé Mentale
CNPE : Centre National de Protection sociale des personnes Ecrouées
CNR : Conseil National de la Refondation
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 161COM : Collectivité d’Outre-Mer
COPIL : Comité de Pilotage
COS : Cadre d’Orientation Stratégique
COTECH : Comité Technique
COTER : Comité territorial
COV : Composés Organiques Volatiles
CP : Centre Pénitentiaire
CPAM : Caisse primaire d'assurance maladie
CPOM : Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens
CPP : Centre Périnatal de Proximité
CPS : Compétence Psycho Sociale
CPTS : Communauté Pluriprofessionnelle Territoriale de Santé
CRCDC : Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers
CREAI : Centre Régional pour l'Enfance et l'Adolescence Inadaptée
CRSA : Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie
CSAPA : Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie
CSO : Centre Spécialisé de l’Obésité
CTM : Collectivité Territoriale de Martinique
CTS : Conseil Territorial en Santé
DAC : Dispositif d’Appui à la Coordination
DCC : Dossier Communiquant en Cancérologie
DEETS : Direction de l'Economie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités
DISP : Dispositif Intégré de Surveillance et de Prévention
DMP : Dossier Médical Partagé
DOCCR : Dépistage organisé du cancer colorectal
DOCCU : Dépistage organisé du cancer du col de l’utérus
DOCS : Dépistage organisé du cancer du sein
DP : Dossier Patient
DPI : Dossier Patient Informatisé
DPN : Diagnostic prénatal
DPJJ : Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse
DRAJES : Délégation Régionale Académique Jeunesse Engagement et Sport
DRCI : Délégation à la Recherche Clinique Innovation
DROM : Départements et Régions d’Outre-Mer
DSI : Direction des Systèmes d’Information
DU : Diplôme Universitaire
EEAP : Etablissement pour Enfants et Adolescents Polyhandicapés
EHPAD : Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes
EIGS : Evènement indésirable grave associé aux soins
ELSA : Equipe de Liaison et de Soins en Addictologie
EMIL : Equipe Mobile Inter hospitalière de Liaison
EML : Equipement Matériel Lourd
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 162EMPP : Equipe Mobile Précarité Psychiatrie
EMRI : Equipe Mobile de Rue et d’Intervention
EMSP : Equipe Mobile de Soins Palliatifs
EMUP : Equipe Mobile d’Urgences Psychiatriques
ENRS : Espace Numérique Régional de Santé
EPCI : Etablissement Public de Coopération Intercommunale
EPIC : Equipe Psychiatrique d’Intervention de Crise
EPI-CLIM : Prise en charge de nombreux patients suite à un phénomène climatique
EPP : Entretien Prénatal Précoce
ESMS : Etablissement Social et Médico-Social
ESP : Equipe de Soins Primaires
ETP : Education Thérapeutique
EVASAN : Evacuation Sanitaire
GHT : Groupement Hospitalier de Territoire
GIP PROM : Groupement d’Intérêt Public – Plateforme Régionale d’Oncologie de Martinique
HAD : Hospitalisation A Domicile
HAS : Haute Autorité de Santé
HC : Hospitalisation complète
HCSP : Haut Conseil de la santé publique
IFAS : Institut de Formation d'Aides-Soignants
HPV : Human Papilloma Virus
ICOPE : Integrated Care for Older People
IFAQ : Incitation financière à l’Amélioration de la Qualité
IDE : Infirmier Diplômé d’Etat
IDEL : Infirmier Diplômé d’Etat Libéral
IFSI : Institut de Formation aux Soins Infirmiers
IME : Institut Médico-Educatif
INCa : Institut National du Cancer
INSEE : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques
IPA : infirmier de Pratique Avancée
IRAPS : Instance Régionale pour l’Amélioration de la Pertinence des Soins
IRC : Insuffisance Rénale Chronique
IRCT : Insuffisance Rénale Chronique Terminale
IREPS : Instance Régionale d’Education de Promotion de la Santé
IRM : Imagerie par Résonance Magnétique
IST : Infection Sexuellement Transmissible
ISTS : Inégalités Sociales et Territoriales de Santé
ITEP : Institut Thérapeutique Educatif et pédagogique
JAFA : Jardin Familial
LFSS : Loi de Financement de la Sécurité Sociale
MDAJA : Maison des Adolescents et des Jeunes Adultes
MFME : Maison de la Femme de la Mère et de l’Enfant
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 163MILDECA : Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives
MMG : Maison Médicale de Garde
MMPH : Maison Martiniquaise des Personnes en situation de Handicap
MND : Maladies NeuroDégénératives
MPR : Médecine Physique et de Réadaptation
MRC : Maladie Rénale Chronique
MSP : Maison de Santé Pluridisciplinaire
MSS : Maison Sport Santé
MSS : Messagerie Sécurisée de Santé
NEET : acronyme anglosaxon [Not in Education, Employment or Training] - Ni en emploi, ni en
étude, ni en formation
NRC : risque nucléaire, radiologique ou chimique
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONDAM : Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie
OQOS : Objectifs Quantifiés de l’Offre de Soins
ORL : Otorhinolaryngologie
ORSAN : Organisation de la Réponse du Système de santé en situations sanitaires
exceptionnelles
OSNP : opérateurs de soins non programmés
PAPRAPS : Plan d’Actions Pluriannuel Régional pour l’Amélioration de la Pertinence des Soins
PASS : Permanence d’Accès aux Soins de Santé
PCPE : Pôle de Compétences et de Prestations Externalisées
PDSA : Permanence des Soins Ambulatoire
PH : Personne en situation de handicap
PHV : Personne en situation de Handicap Vieillissante
PJJ : Protection Judiciaire de la Jeunesse
PLANIR : Plan Local d'Accompagnement du Non Recours, des Incompréhensions, des Ruptures
PM10 : particules de diamètre inférieur à 10 μm
PMI : Protection Maternelle et Infantile
PNNS : Plan National Nutrition Santé
POSS : Plateforme d’Observation Sociale et Sanitaire
PPS : Plan Personnalisé de coordination en santé
PRADO : Programme d'Accompagnement du Retour à Domicile
PRAPS : Programme Régional pour l’Accès à la Prévention et aux Soins des plus démunis
PRS : Projet Régional de Santé
PSAGE : Programme de Surveillance, d’Alerte et de Gestion des Epidémies et des Emergences
PTSM : Projet Territorial de Santé Mentale
PUV : Petite Unité de Vie
PZQ : Hôpital Pierre Zobda-Quitman
QVT : qualité de vie au travail
RCP : réunion de concertation pluridisciplinaire
RDRD : Réduction Des Risques et des Dommages
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 164REAAP : Réseaux d'Ecoute, d'Appui et d'Accompagnement des Parents
REB : Risque biologique
RPIB : Repérage Précoce et Intervention Brève
RPPS : répertoire partagé des professionnels de santé
SAD : Service Autonomie à Domicile
SAAD : Services d'Aide et d'Accompagnement à Domicile
SAMSAH : Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés
SAMU : Service d’Aide Médicale Urgente
SAS : Service d’accès aux soins
SAVS : Service d’Accompagnement à la Vie Sociale
SIDA : syndrome d'immunodéficience acquise
SIOS : Schéma Inter-Régional de l’Offre de Soins
SMR : Soins Médicaux et de Réadaptation
SMUR : Service Mobile d’Urgence et de Réanimation
SNP : Soins non programmés
SRA : Structures Régionales d’Appui
SRS : Schéma Régional de Santé
SSE : Situations Sanitaire Exceptionnels
SSIAD : Services de Soins Infirmiers A Domicile
SSR : Soins de Suite et de Réadaptation
SU : Structure des urgences
SUMPPS : Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé
SUN – ES : Ségur usage numérique en établissement de santé
SUP : Structure des urgences pédiatriques
TISF : Technicien de l'Intervention Sociale et Familiale
TMSC : Traitements médicamenteux systémiques du cancer
TND : Trouble du neurodéveloppement
UAPED : Unité d’Accueil Pédiatrique Enfant en Danger
UMP : urgence médico-psychologique
URML : Union Régionale des Médecins Libéraux
USLD : Unité de Soins de Longue Durée
USMP : Unité Sanitaire en Milieu Pénitentiaire
USMP-SAS : Unité Sanitaire en Milieu Pénitentiaire de la Structure d'Accompagnement vers la
Sortie
USPC : Unité Sanitaire Prolongée Complexe
VHB : Virus de l'Hépatite B
VHC : Virus de l'Hépatite C
VIH : Virus de l’Immunodéficience Humaine
VSL : Véhicule Sanitaire Léger
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 1651
PROGRAMME REGIONAL D’ACCES A LA
PREVENTION ET AUX SOINS
PROJET REGIONAL DE SANTE DE MARTINIQUE
2023 - 2028
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 1662
« Programme Régional d’Accès à la Prévention et
aux Soins des personnes les plus démunies »
Sommaire
INTRODUCTION .................................................................................................................................................................... 4
CONTEXTE REGIONAL..................................................................................................................................................................... 4
Les personnes victimes de violences ................................................................................................................................. 5
Les jeunes avec de faibles ressources et en dehors des circuits d’accompagnement ........................................... 6
Les personnes en situation d’errance ou de squat ......................................................................................................... 6
Les personnes sous main de justice .................................................................................................................................... 7
Les personnes en charge de familles monoparentales .................................................................................................. 7
Les personnes en perte d’autonomie et en situation de vulnérabilité ...................................................................... 8
METHODOLOGIE D’ELABORATION ................................................................................................................................................. 8
GOUVERNANCE .............................................................................................................................................................................. 9
AXE 1 : MIEUX CONNAITRE LES PROBLEMATIQUES DE SANTE DES POPULATIONS CONCERNEES ET
RENFORCER LA COORDINATION DES ACTEURS ....................................................................................................... 10
1.1. RENFORCER LA CONNAISSANCE DES BESOINS EN SANTE DES PUBLICS PRIORITAIRES DU PRAPS .................................. 10
Contexte ................................................................................................................................................................................. 10
Population cible .................................................................................................................................................................... 10
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 10
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 11
1.2. RENFORCER LE TRAVAIL PARTENARIAL, L’INTERCONNAISSANCE DES ACTEURS ET AMELIORER LA COORDINATION A
L’ECHELLE REGIONALE ET LOCALE ................................................................................................................................................ 11
Contexte ................................................................................................................................................................................. 12
Population cible .................................................................................................................................................................... 12
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 12
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 14
1.3. AMELIORER LA VISIBILITE DE L’OFFRE ET DES DISPOSITIFS EXISTANTS .................................................................................. 16
Contexte ................................................................................................................................................................................. 16
Population cible .................................................................................................................................................................... 16
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 16
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 18
AXE 2 - RENFORCER ET FACILITER L’ACCES A LA PREVENTION AUPRES DES POPULATIONS CIBLES ......... 20
2.1. FAVORISER L’ACCES AUX BILANS DE SANTE ET DE PREVENTION .......................................................................................... 20
Contexte ................................................................................................................................................................................. 20
Population cible .................................................................................................................................................................... 20
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 20
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 22
2.2. DEVELOPPER L’ALLER-VERS ET LES ACTIONS DE PROXIMITE ................................................................................................. 23
Contexte ................................................................................................................................................................................. 23
Population cible .................................................................................................................................................................... 23
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 23
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 1673
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 24
2.3. FORMER LES PROFESSIONNELS ET ACCOMPAGNER LA MONTEE EN COMPETENCES POUR AMELIORER LE REPERAGE DES
BESOINS ET LES ACCOMPAGNEMENTS .......................................................................................................................................... 26
Contexte ................................................................................................................................................................................. 26
Population cible .................................................................................................................................................................... 26
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 26
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 28
2.4. DEVELOPPER LES ACTIONS DE PREVENTION CIBLEES, FAVORISANT LE DEVELOPPEMENT DES COMPETENCES
PSYCHOSOCIALES ......................................................................................................................................................................... 29
Contexte ................................................................................................................................................................................. 29
Population cible .................................................................................................................................................................... 29
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 29
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 31
AXE 3 - GARANTIR UN ACCES EFFECTIF AUX SOINS ................................................................................................ 32
3.1. RENFORCER L’ACCES AUX DROITS ET AUX SOINS DE VILLE / OFFRE DE « DROIT COMMUN » .............................................. 32
Contexte ................................................................................................................................................................................. 32
Population cible .................................................................................................................................................................... 32
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 32
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 35
3.2. DEVELOPPER L’OFFRE DE PRISE EN CHARGE DEDIEE ET ADAPTEE AUX PUBLICS PRAPS....................................................... 36
Contexte ................................................................................................................................................................................. 36
Population cible .................................................................................................................................................................... 36
Programme d’actions à 5 ans............................................................................................................................................. 36
Mise en œuvre ....................................................................................................................................................................... 39
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 1684
Introduction
Contexte régional
Le Programme Régional pour l’Accès à la Prévention et aux Soins (PRAPS) des personnes les plus démunies
fait partie intégrante du Projet Régional de Santé (PRS), il se décline en cohérence avec les objectifs définis
dans le cadre du Schéma Régional de Santé (SRS) de Martinique pour assurer une parfaite complémentarité
entre ces deux plans.
Le PRAPS cible les actions à conduire pour améliorer l’accès aux soins pour les personnes les plus démunies
et l’amélioration des conditions de vie favorables à la santé. Une attention particulière est ainsi portée à la
réduction des Inégalités Sociales et Territoriales de Santé (ISTS) en favorisant les interventions auprès des
personnes les plus éloignées du système de santé, notamment par le déploiement de dispositifs « d’aller-
vers ». La crise sanitaire liée à la COVID-19 a récemment confirmé la persistance voire l’aggravation de ces
inégalités en santé. Plusieurs facteurs sociaux et territoriaux de ces inégalités ont été mis en avant : les
conditions de logement, l’accès aux transports, l’offre de soins du territoire, les conditions de travail,
l’éducation à la santé, l’environnement etc…, ce qui nécessite de renforcer la coordination des acteurs pour
apporter une réponse globale à ces problématiques.
Ces inégalités s’ajoutent à d’autres facteurs aggravants, telles que les situations d’isolement, de ruptures de
droits et de soins qui fragilisent un peu plus l’état de santé des plus précaires. Or, ceux-ci sont plus exposés
que d’autres à des pathologies lourdes ou chroniques. A cela s’ajoutent des renoncements aux soins, la santé
étant souvent reléguée au second plan pour ces personnes confrontées à l’urgence du quotidien et à des
difficultés financières particulièrement marquées en Martinique.
En 2019, en Martinique, 27,4% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Ce taux de pauvreté est près de
deux fois plus important qu’en France hexagonale. La situation sur le marché de l’emploi est la principale
cause de pauvreté : le taux de chômage atteignait en 2021, 19% des personnes de 15 à 64 ans. Cette part est
deux fois plus élevée qu’en France hexagonale.
Les inégalités de niveau de vie en Martinique sont par ailleurs plus fortes que dans l’Hexagone : les 10 % les
plus riches gagnent au moins 4,1 fois plus que les 10 % les plus pauvres, contre 3,4 fois dans l’Hexagone.
Ces disparités se retrouvent également au niveau territorial : dans la Communauté d’Agglomération du Pays
Nord Martinique, tournée vers l’activité agricole, se trouvent les neuf communes les plus pauvres. En
particulier, le niveau de vie médian y est de seulement 1 108 euros par mois et par unité de consommation au
Prêcheur contre 1 548 euros en Martinique. Bien que plus riches, beaucoup de communes du sud de l’île
restent défavorisées : 30 % des habitants des communes du Vauclin, de Rivière-Pilote, du Marin, de Sainte-
Anne et des Anses d’Arlets vivent sous le seuil de pauvreté. À l’inverse, les communes de Sainte-Luce, Le
Diamant et Trois-îlets font partie des plus aisées, grâce notamment au tourisme, mais sont aussi plus
inégalitaires. Fort-de-France et son agglomération concentrent l’activité économique de l’île et les retombées
économiques s’étendent aux autres communes alentours. Enfin, les communes de Schoelcher, Case-Pilote et
Ducos sont les trois communes aux niveaux de revenu par unité de consommation les plus élevés.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 1695
Source : Insee-DGFIP-Cnaf-CCMA, Filosofi 2019
Il faut souligner que le mécanisme de transferts sociaux réduit fortement ces inégalités, puisque que, sans
redistribution, le taux de pauvreté s’élèverait à près de 40 %, et plus de 5% des Martiniquais vivraient sans
ressource ou presque. Aussi, il diminue le niveau de vie plafond des “10 % les plus aisés” de 9 % et multiplie
par 3 le niveau de vie plancher des “10 % les plus modestes”.
Dans ce contexte de pauvreté et de précarité plus marqué par rapport à la France Hexagonale, le PRAPS
constitue un levier majeur pour améliorer la prévention et l’accès aux soins des plus démunis sur le territoire.
L’élaboration du PRAPS 2023–2028 s’est appuyée sur les travaux des 25 groupes de travail constitués dans le
cadre du PRS et ont conduit à retenir une structuration du PRAPS autour de trois axes stratégiques en
cohérence avec le SRS, à partir desquels sont déclinés des objectifs prioritaires adaptés au contexte de la
Martinique, eux même déclinés en actions opérationnelles, qui s’imposent comme autant de leviers pour
parvenir à l’objectif de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé.
Par ailleurs, afin de proposer des projets pertinents vis-à-vis des spécificités de la Martinique, un travail
d’identification et de caractérisation des publics les plus démunis a été réalisé pour permettre d’adapter un
programme d’actions spécifique. Ainsi, plusieurs populations cibles ont été retenues au titre du PRAPS 2023-
2028 dans la continuité du précédent PRAPS :
Les personnes victimes de violences
A travers cette dénomination, l’ARS entend accompagner l’ensemble des personnes (sans distinction de sexe,
d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de lieu de résidence en Martinique, etc.) victimes de violences
sexuelles et/ou conjugales, ainsi que les co-victimes (descendants ou ascendants).
Ces violences constituent un problème de santé publique important si l’on prend en compte la fréquence, la
gravité des répercussions sur l’état de santé des victimes (lésions traumatiques, troubles gynécologiques et
obstétricaux, pathologies chroniques, développement de comportements à risques etc.) et leur impact sur le
système de santé.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 1706
Plusieurs types de violences nécessitent une attention particulière :
- Les violences faites aux mineurs : en 2021, 13% des femmes et 4% des hommes ont déclaré des
violences sexuelles avant l’âge de 18 ans. Les situations d’inceste représentent 20% de ces violences
sexuelles.
- Les violences faites aux femmes : on recense 762 faits de violences conjugales en 2021 en zone
gendarmerie, soit une augmentation de 57,7% par rapport à 2017. Les déclarations de situations de
violences sexuelles ont augmenté de 78,7% par rapport à 2017. Si ces déclarations ont fortement
progressé, notamment en raison du contexte actuel de libération de la parole, il subsiste encore de
nombreux freins à la dénonciation des faits.
- Les violences faites aux femmes migrantes en situation de prostitution: au-delà de la violence
intrinsèquement liée au système prostitutionnel, près de 72 % des femmes en situation de prostitution
déclarent avoir été victimes de violences physiques pendant leur activité. Par ailleurs, 73% de ces
femmes ont des enfants mineurs à charge.
- Les violences faites aux personnes LGBTQIA+ : 11 signalements ont été remontés sur l’application FLAG
et 4 plaintes ont été déposées en 2022, bien que ces recensements très partiels ne reflètent pas
l’ampleur de la situation.
Les jeunes avec de faibles ressources et en dehors des circuits d’accompagnement
En ciblant ce public, l’ARS et ses partenaires souhaitent se donner les moyens d’accompagner le public des
jeunes de 15 à 29 ans, à faible niveau de ressources financières car sans emploi ou sortis du système scolaire
puisque non insérés dans un circuit de formation ou d’orientation, voire en rupture familiale.
La cible du PRAPS 2023-2028 concerne plus spécifiquement les jeunes en situation de « NEET », acronyme
anglosaxon (Not in Education, Employment or Training [NEET], selon la définition d’Eurostat) qui désigne les
jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation. En Martinique, 26 % des jeunes de 15 à 29 ans sont en
situation de NEET, soit deux fois plus qu’en France Hexagonale. Si une majorité de ces jeunes dispose d’un
faible niveau de qualification et vit encore chez ses parents, 3% d’entre eux sont en situation d’exclusion
sociale et professionnelle. Enfin, il faut souligner aussi que près d’1/4 des jeunes en situation de NEET en
Martinique sont des jeunes chômeurs diplômés, ce qui pose la question de l’accès à l’emploi et renforce la
nécessité d’une action coordonnée des acteurs pour ce public spécifique.
Les personnes en situation d’errance ou de squat
En 2018, il a été estimé une population de 600 à 650 personnes en situation d’errance diurne ou nocturne en
Martinique ; situation qui résulte de parcours de vie complexes (hospitalisation et/ou incarcération, etc..).
Le rapport de l’observatoire de santé de la Martinique (OSM) de décembre 2020 a identifié une certaine
diversité dans les particularités de ce public, essentiellement masculin : on retrouve des personnes présentant
des problématiques psychiatriques ou d’addiction, mais aussi des femmes et des jeunes qui sont de plus en
plus nombreux à être en situation de rupture et qu’il est nécessaire d’accompagner.
De même, ce même rapport souligne une insuffisance des sorties de l’errance par le logement en raison d’un
retard dans les équipements d’hébergement : la Martinique comptait, fin 2020, 152 places d’hébergement
soit 0,41 pour 1000 habitants contre 2,04 au niveau national. D’où un flux d’entrées dans l’errance bien plus
important que celui de sorties de l’errance.
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Par ailleurs, il faut aussi souligner l’évolution progressive des profils du public errance, avec un nombre accru
de personnes âgées ou de femmes, parfois enceintes, qui nécessitent d’adapter les modalités de prise en
charge.
Les personnes sous main de justice
La Martinique compte un seul et unique établissement pénitentiaire, le centre pénitentiaire de Ducos. En
janvier 2023 on dénombrait 967 usagers pour 738 places, chiffre témoignant de la situation de surpopulation
carcérale, déjà pointée du doigt par la Cour européenne des droits de l’Homme en 2020.
D’après les dernières données datées de 2022, 1577 personnes ont été prises en charge par l’unité sanitaire
en milieu pénitentiaire (contre 1236 personnes en 2020), soit 1512 hommes (95,8%) et 65 femmes (4.2%), pour
un âge médian de 33 ans (un âge minimum de 16 ans et maximum de 78 ans), 60 personnes détenues étaient
âgées de 60 ans et plus (47 en 2020).
La population carcérale se caractérise par une sur représentation des catégories sociales les moins favorisées,
avec un cumul fréquent de difficultés socio-économiques et de santé. À l’entrée en détention, les personnes
incarcérées présentent un état de santé fragilisé avec une prévalence importante de troubles mentaux et de
comportements à risque. La mortalité des personnes détenues est respectivement 1,2 et 2,0 fois supérieure
à la mortalité en population générale chez les hommes et les femmes - la mortalité des ex-détenus dans les
cinq ans suivant la libération est 3,6 fois supérieure à celle de la population générale française
De même, plus de la moitié des personnes détenues en France ont des antécédents psychiatriques avant leur
entrée en détention (1/6 ont déjà été hospitalisés). Les troubles psychotiques en détention ont une
prévalence de 5 à 10 fois plus importante qu’en population générale, les dépressions majeures sont
multipliées par 4 et le taux de suicide chez les hommes incarcérés majeurs est 7 fois supérieur à la moyenne
nationale.
Les données 2021 de l’Unité Sanitaire en milieu pénitentiaire relatives aux problématiques de santé des
détenus du Centre Pénitentiaire de Ducos, mettent en lumière deux enjeux prioritaires :
- D’une part, la santé mentale : 42% des personnes détenues au centre pénitentiaire de Ducos
présentent des antécédents psychiatriques et 7% des détenus ont un antécédent de tentative de
suicide.
- D’autre part, les conduites addictives : le nombre de détenus qui présentent une addiction soit au
tabagisme actif (68% vs. 78% au niveau France hexagonale), soit au cannabis (61% vs. 33%), soit à
l’héroïne (0,3%) soit à l’alcool (31% vs 31%).
Par ailleurs, les jeunes pris en charge par la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) sont plus vulnérables que
leurs pairs des mêmes tranches d’âges, sur le plan social, comportemental et sanitaire.
Les personnes en charge de familles monoparentales
Les familles monoparentales représentent 31% de la population en Martinique, contre 23% en France
hexagonale, avec un niveau de vie particulièrement faible de 1280 euros par mois, soit 270 euros de moins
que le revenu médian de Martinique, déjà en fort décalage par rapport à la France hexagonale.
Ce public constitue un enjeu pour la Martinique, car 38,6% des familles monoparentales vivent dans la
précarité, sachant que les familles monoparentales où le parent est une femme sont davantage marquées par
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la précarité, le taux de pauvreté atteint en effet près de 40% pour ce public (contre un taux de pauvreté de
30% pour les familles monoparentales où le parent est un homme). S'ajoute à cela le fait que la proportion
de familles monoparentales dont le parent est une femme est largement majoritaire (près de 90%), même si
de plus en plus de monoparents sont des hommes.
Parmi les familles monoparentales, on identifie également un certain nombre de personnes d’origine
étrangère souvent peu qualifiées et en difficulté d’insertion professionnelle, ce qui a pour conséquence des
droits très limités.
Par ailleurs, on retrouve des familles déclarées « monoparentales » auprès des institutions mais inscrites dans
des parcours familiaux plus complexes (concubinage, multipartenaires, etc.). Parmi ce public, le nombre
d’enfants dans la famille monoparentale est un facteur aggravant : plus le nombre d’enfants est important,
plus la situation est complexe sachant que l’âge des enfants est à prendre également en considération (un
enfant plus âgé pourra mieux prendre soin de lui-même). Le secteur géographique est également un autre
facteur aggravant : en milieu rural, ces familles sont encore plus isolées et rencontrent davantage de freins
pour recourir aux droits et aux dispositifs existants.
Les personnes en perte d’autonomie et en situation de vulnérabilité
Le PRAPS 2023 – 2028 souhaite aussi retenir comme public cible les personnes en perte d’autonomie et
vulnérables, public rassemblant d’une part les personnes en situation de handicap vulnérables, c’est-à-dire
cumulant handicap et un facteur complexifiant (tutelle, problématique de mobilité forte, troubles cognitifs,
faible niveau de ressources…) et, d’autre part, les personnes vieillissantes en perte d’autonomie et en situation
de vulnérabilité (isolement, faible niveau de ressources…).
Le territoire est confronté depuis plusieurs années à un vieillissement accéléré de la population : en 2030, on
dénombrera 167 personnes âgées pour 100 jeunes, contre 104 dans l’Hexagone. De plus, en 2017, près de 25%
des 60 ans et plus vivaient sous le seuil de pauvreté. Cette fragilité est renforcée par un taux d’équipement
en hébergement et en SSIAD inférieur à la France Hexagonale, un déficit de professionnels de
l’accompagnement et une certaine vétusté du bâti corrélée à une situation financière des EHPAD fragiles. Ce
vieillissement risque d’augmenter également la prévalence des maladies chroniques sur le territoire.
En 2021, la part des bénéficiaires de l’Allocation Adultes Handicapés (AAH) vivant avec des ressources
inférieures au seuil de bas revenus s’élève à près de 55% en Martinique contre 42,1% en Hexagone. La même
tendance a été identifiée chez les bénéficiaires de l’Allocation d'éducation de l'enfant handicapé : 55,5% des
familles bénéficiaires vivent avec des ressources inférieures seuil de bas revenus contre 36% en France
hexagonale. Les adultes et enfants en situation de handicap sont ainsi plus fréquemment dans des situations
de précarité et de pauvreté que le reste de la population, et qu’en France hexagonale.
Méthodologie d’élaboration
Les travaux de révision du Projet Régional de Santé de Martinique se sont appuyés sur les réflexions menées
dans le cadre d’instances de travail déjà existantes mais également sur l’animation de 25 groupes de travail.
Les groupes de travail, réunis à plusieurs reprises entre les mois de mars et de juin 2023, ont eu à questionner
la déclinaison des objectifs et projets pressentis, pour les publics du PRAPS.
C’est sur cette base de réflexion que le contenu du programme a été structuré, discuté et amendé, avec les
partenaires clefs du PRAPS, réunis en comité de pilotage.
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Le présent PRAPS s’appuie par ailleurs sur le bilan du PRAPS 2018-2022 qui a fait ressortir à la fois des avancées
mais également des objectifs encore d’actualité pour les années à venir. Ainsi, des objectifs et orientations
déjà fléchés pour la période 2018-2022 sont repris dans le présent document.
Enfin, le programme d’actions s’inscrit en cohérence avec les évolutions nationales et régionales, dans un
contexte renouvelé, qui permet d’accélérer certains projets et actions engagées sur le territoire.
Gouvernance
Au regard des enjeux du PRAPS, un suivi régulier de la mise en œuvre des actions prévues s’avère indispensable
pour en mesurer l’avancement et le cas échéant ajuster ou compléter le plan d’actions.
Un comité technique de coordinations des référents thématiques du PRAPS sera organisé sur un rythme
trimestriel pour assurer le suivi transversal interne à l’ARS.
Par ailleurs, il faut souligner la mise en place en juin 2022 du comité de pilotage régional de la stratégie de
réduction des inégalités de santé, en association étroite avec la commissaire régionale à la lutte contre la
pauvreté, qui favorise la concertation renforcée des acteurs du territoire, en y associant les élus locaux, les
représentants d’organismes de protection sociale ou encore les usagers et les représentants d’associations.
L’ARS s’appuiera ainsi sur ce comité stratégique pour rendre compte aux nombreux partenaires mobilisés de
la mise en œuvre du programme, confortant ainsi le caractère opérationnel du plan d’actions du PRAPS.
Enfin, le dispositif de gouvernance pourra aussi s’appuyer sur un outil de suivi de type « 6PO » ou tout autre
outil similaire, qui permettra notamment de faciliter la consolidation des données d’avancement transmises
par les différents porteurs d’actions et aussi permettre des synthèses selon l’arborescence du PRAPS.
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Axe 1 : Mieux connaître les problématiques de santé des populations
concernées et renforcer la coordination des acteurs
1.1. Renforcer la connaissance des besoins en santé des publics prioritaires du
PRAPS
Contexte
Le précédent PRAPS avait déjà pointé l’enjeu du renforcement de la connaissance des besoins et attentes des
publics ciblés, de manière à adapter l’offre et les accompagnements de la manière la plus pertinente possible.
Deux axes de travail sont identifiés pour les 5 ans à venir :
- Améliorer le partage des outils et données d’activités, recueillies par les différentes institutions du
territoire, pour avoir une plus grande visibilité sur le profil des publics actuellement accompagnés par
les acteurs et leur évolution
- Continuer à mener des études plus globales sur l’état de santé des publics vulnérables, cibles du
PRAPS, en élargissant l’approche aux publics qui ne sont pas encore connus / accompagnés par les
partenaires institutionnels.
Population cible
Ensemble des publics PRAPS
Programme d’actions à 5 ans
1. Développer les possibilités d’études et de recherches sur la santé pour les publics cibles du PRAPS,
en lien avec les outils d’observation déjà existants
Le précédent PRAPS identifiait déjà le besoin de renforcement de la connaissance des besoins des publics
cibles. Deux publics étaient alors fléchés comme devant faire l’objet d’études spécifiques : les personnes en
perte d’autonomie et les personnes en errance. Plusieurs études ont ainsi été réalisées depuis 2018 : une étude
relative aux freins à l’accès aux soins pour les porteurs de handicap ; une relative aux publics en errance.
Une enquête a également été conduite, à l’initiative du Conseil Territorial de la Citoyenneté et de
l’Autonomie (CTCA) et de la Conférence des Financeurs de la prévention et de la perte d’Autonomie (CFPPA),
visant à connaître les profils et les besoins de proches aidants. Ainsi, il est désormais nécessaire de consacrer
un temps d’appropriation des résultats des différentes études, mais aussi d’en lancer de nouvelles pour
analyser les évolutions dans le temps ou mieux apprécier les particularités de certains publics sur notre
territoire.
De même, une étude de décembre 2020 de l’observatoire de santé de la Martinique (OSM) avait permis de
décrire la diversité des publics en errance et les particularités de ce public. Il conviendrait de réactualiser ce
type d’étude pour permettre d’apprécier les évolutions des profils en errance sur une fréquence à définir
(tous les quatre à cinq ans) et nous permettre ainsi d’adapter l’offre de prise en charge en conséquence.
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Sur les cinq prochaines années, les « jeunes » et plus particulièrement les jeunes « hors radar » ou en situation
de « NEET » sont identifiés comme le public sur lequel les prochaines études devront porter.
2. Renforcer le partage des données d’activité des différents partenaires, pour avoir une meilleure
visibilité des publics accompagnés, de leur profil et des évolutions constatées
L’objectif est d’avoir une meilleure visibilité des publics accompagnés, de leur profil et des évolutions
constatées, ce qui constituait déjà un objectif du précédent PRAPS.
L’enjeu consiste ainsi à mieux centraliser l’information, la coordonner et la rendre visible pour les acteurs de
santé ou le grand public.
Si, à ce jour, un espace partagé en interne à l'ARS a été créé, le partage d’informations inter-institutions reste
à renforcer et systématiser.
A ce titre, il conviendra notamment de s’appuyer sur la Plateforme d’Observation Sociale et Sanitaire (POSS)
de la DEETS, mise en place depuis de nombreuses années en renforçant sa visibilité et le recours plus général
et systématique à cette plateforme. Le site internet de la POSS répertorie et classifie toutes les études
relatives aux champs social et sanitaire, tout en y facilitant l’accès par des liens d’accès et des modules de
recherches.
Le renforcement et la structuration de l'observation des données de santé seront indispensables pour
atteindre cet objectif. Enfin, il conviendra aussi de mieux coordonner l’information, en identifiant des acteurs
thématiques référents en charge de la centralisation et la mise à jour des données et de favoriser les liens vers
ces portails dédiés pour éviter la démultiplication d’informations et les risques de données contradictoires
(exemple : la Maison des Adolescents et Jeunes Adultes qui assure la mise à jour des informations pour ce
public).
Mise en œuvre
Acteurs associés Territoire
Développer les possibilités d’études et de
recherches sur la santé et le bien être des
jeunes
Observatoire de la protection de l’enfance
Membres du COPIL « NEET »
Observatoire ou plateforme d’observation
sanitaire et sociale
Régional
Actualiser tous les 4 à 5 ans une étude sur
les profils des personnes en errance et les
besoins de prise en charge
DEETS
Préfecture
Observatoire ou plateforme d’observation
sanitaire et sociale
SIAO
Acteurs associatifs
Régional
Renforcer le partage des données d’activité
des différents partenaires
Ensemble des membres du COPIL ISTS Régional
1.2. Renforcer le travail partenarial, l’interconnaissance des acteurs et améliorer la
coordination à l’échelle régionale et locale
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Contexte
L’interconnaissance et les échanges entre professionnels de santé sont un levier pour une meilleure prise en
charge de chaque personne, particulièrement dans un système qui promeut la structuration de parcours. De
surcroit, les publics ciblés par le PRAPS, sont des publics qui cumulent des difficultés d’ordre social,
d’insertion, de santé, nécessitant la structuration de prises en charges intersectorielles et coordonnées.
Selon les publics, des espaces de coordination et de travail interpartenariaux se structurent, ou ont vocation
à se structurer.
Population cible
Jeunes
Personnes placées sous main de justice
Familles monoparentales
Personnes victimes de violence
Personnes en perte d’autonomie et en situation de vulnérabilité
Personnes en situation d’errance
Programme d’actions à 5 ans
1. Poursuivre l’animation du comité de pilotage NEET
Piloté par la Préfecture, le comité de pilotage cible les jeunes en situation de « NEET », à savoir, le jeunes ni
en emploi, ni en étude, ni en formation. Ce COPIL associe de manière pluridisciplinaire et partenariale, des
acteurs du champ du social, du médico-social, de l’insertion et de la santé.
Le COPIL prévoit la mise en place de trois groupes de travail dont un serait dédié à la santé (prévention, accès
aux soins des jeunes en situation de « NEET »), permettant de travailler sur les freins à l’accès à la prévention
et aux soins pour ce public évoluant actuellement en dehors des « radars » des dispositifs de droit commun.
2. Améliorer la coordination des acteurs santé-justice
Mettre en place une commission régionale santé-justice
En lien avec le guide méthodologique relatif à la prise en charge sanitaire des personnes placées sous main
de justice (2019) et avec la nouvelle feuille de route nationale 2023-2027 relative à la santé des personnes
placées sous main de justice, une commission régionale sera mise en place, et réunie de manière régulière (a
minima, annuelle). Elle permettra d’organiser la coordination de l’ensemble des partenaires, incluant les
professionnels de santé mais également l’ensemble des institutions santé-justice concourant à cette
politique.
Améliorer la préparation des sorties via la mise en place d’une commission de préparation des sorties
pour les détenus en situation « complexe »
Afin d’assurer de manière plus optimale la continuité des soins à la sortie, une commission de préparation
des sorties sera mise en place pour assurer la coordination des acteurs des différents champs (social, médico-
social, somatique, psychiatrie, insertion…) pouvant intervenir dans le parcours de la personne. Cette
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commission traitera des situations les plus « complexes », c’est-à-dire celles cumulant des difficultés sur le
plan social, voire médico-social, du soin somatique et/ou psychiatrique, de l’accès aux droits. La recherche de
solutions et de relais sur ces différents volets est indispensable à la continuité des prises en charge à la sortie,
notamment pour les détenus rencontrant des comorbidités psychiatriques et addictives.
3. Favoriser la coordination entre tous les acteurs de la prévention et de la prise en charge de la femme
et des enfants
L’enjeu ici est de favoriser la coordination entre tous les acteurs de la prévention et de la prise en charge de
la femme et des enfants et notamment les acteurs sociaux qui interviennent dans l’accompagnement des
familles vulnérables, ce qui se traduit par plusieurs objectifs :
Renforcer et améliorer l’information sur le rôle des centres de protection maternelle et infantile (PMI)
auprès des familles vulnérables
Les centres de PMI, composés d’équipes pluridisciplinaires, sont des lieux de ressources ayant vocation à
accompagner l’ensemble des familles et des enfants jusqu’à leurs 6 ans. Les missions de ces centres ont été
renforcées ces dernières années, notamment en matière d’accompagnement des familles présentant des
vulnérabilités conjoncturelles ou structurelles. Ces centres prévoient d’augmenter les actions d’aller-vers,
dans le cadre de la contractualisation ARS-DEETS-CTM 2022-2024.
Néanmoins, selon l’Enquête Nationale Périnatale 2021 en Martinique, seules 53,5% des femmes enceintes
reçoivent des informations sur le rôle et les modalités de contact des services de PMI. Par ailleurs, les PMI sont
peu consultées durant les 6 premiers mois après la naissance de l’enfant.
Par conséquent, des actions d’information à destination du grand public et des femmes enceintes sont à
renforcer, pour que l’ensemble des familles soient renseignées de façon fiable sur les missions et les points
d’accès des centres de PMI.
Soutenir l’action des centres de PMI dans l’accompagnement des familles monoparentales
Afin de fluidifier le parcours d’accompagnement des familles monoparentales, il convient de soutenir les
actions de la PMI en matière d’accompagnement des familles monoparentales, en renforçant la
communication autour de ses actions et en favorisant ses liens entre les autres services et acteurs intervenant
dans l’accompagnement social et psychosocial et de santé et dans le soutien à la parentalité des familles
vulnérables. Cette approche transversale permettra également d’apporter une réponse adaptée aux besoins
de chacun (la femme, le couple, la fratrie, la famille élargie, etc…).
4. Renforcer le travail partenarial, l’interconnaissance des acteurs et améliorer la coordination à
l’échelle régionale et locale pour le public des personnes en situation errance
Il s’agit ici de mettre en place une commission régionale annuelle sur les personnes en situation d’errance
pour permettre de favoriser le travail en réseau entre les différentes institutions et les acteurs de terrain, en
partageant des données d’activités (cf point 1.1) et les problématiques liées à l’évolution des profils de publics
en situation d’errance : personnes âgées, jeunes, femmes enceintes… et permettre ainsi de mieux coordonner
les actions.
5. Organiser des rencontres formalisées et régulières entre les secteurs du handicap et du grand âge
L’avancée en âge des personnes en situation de handicap soulève de nouvelles problématiques, notamment
en ce qui concerne la qualité d’accompagnement pour assurer des parcours de santé sans rupture.
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Le secteur de l’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes est structuré entre les
établissements ou services œuvrant dans le champ du handicap et les EHPAD. Ce fonctionnement ne permet
pas de répondre pleinement aux besoins spécifiques de ce public.
Au regard ce cette problématique et des enjeux sur le territoire lié au vieillissement de la population, il
convient de considérer les personnes en situation de handicap vieillissantes comme une sous-catégorie
spécifique du public « personnes en perte d’autonomie » du PRAPS.
Ainsi, le présent PRAPS identifie comme objectif de définir pour ce public une offre d’accompagnement
adaptée et variée pour répondre à la diversité des besoins.
Pour ce faire, il est important de favoriser la collaboration et la complémentarité, dans le cadre de rencontres
formalisées et régulières, entre les deux secteurs pour garantir la construction d’une stratégie de prise en
charge globale qui prenne en compte à la fois les besoins spécifiques relatifs au handicap et au vieillissement
(=> voir SRS « Parcours personnes âgées » et « parcours personnes en situation de handicap »).
6. Mettre en place un Centre Régional d’Etudes, d’Actions et d’Informations en faveur des personnes en
situation de vulnérabilité (CREAI) Martinique, adapté aux spécificités martiniquaises
L’objectif ici est de créer un CREAI adapté aux enjeux et spécificités de la Martinique et répondant aux
grandes missions suivantes (=> voir SRS « Parcours personnes âgées » et « parcours personnes en situation de
handicap ») :
Animer le réseau des acteurs du secteur social et médico-social pour créer des complémentarités et
favoriser ainsi l’interconnaissance entre l’ensemble des acteurs,
Examiner les textes législatifs et réglementaires qui déterminent le cadre des actions qui sont menées,
Réaliser des missions d’études et d’observations dans le but d’aider les acteurs du secteur dans leur
prise de décision, de dispenser des préconisations pour mettre en adéquation les besoins des
personnes en situation de vulnérabilité et l’offre de service, améliorer la qualité de l’offre,
Apporter une expertise et accompagner les projets et les professionnels à travers des prestations de
conseil,
Former les professionnels du secteur pour les aider à améliorer l’accompagnement des personnes en
situation de vulnérabilité.
Mise en œuvre
Acteurs associés Territoire
Poursuivre l’animation du COPIL NEET Membres du COPIL NEET Régional
Améliorer la coordination des acteurs
santé-justice
ARS
SPIP
PJJ
Centre pénitentiaire
CHUM / Unité sanitaire – Service social
CSAPA référents
CGSS
Régional
Favoriser la coordination entre les acteurs
de la prévention et de la prise en charge des
femmes et des enfants
ARS
CTM
CAF
DEETS
TISF
Régional
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 17915
CHUM
Réseau Périnatalité
Ensemble des professionnels de santé
libéraux
Acteurs associatifs
Renforcer l’interconnaissance des acteurs
de soutien à la parentalité
CAF
ARS
DEETS
CTM
Réseau Périnatalité
Acteurs des dispositifs suivants : Reaap,
Laep, Clas, médiation familiale, espaces
de rencontre
Acteurs associatifs, maison de la
parentalité
Régional
Mettre en place une commission régionale
dédiée aux personnes en errance
ARS
DEETS
Préfecture
CTM
SIAO
Acteurs associatifs
Collectivités locales
Régional
Organiser des rencontres entre les secteurs
du handicap et du grand-âge
ARS
CTM
Communauté 360
DAC
Ensemble des acteurs médico-sociaux PA
et PH
Régional
Mettre en place le CREAI Porteur à identifier Régional
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18016
1.3. Améliorer la visibilité de l’offre et des dispositifs existants
Contexte
L’amélioration de l’interconnaissance et de la coordination des acteurs et des parcours de santé dépend,
entre autres, de la visibilité de l’offre et des dispositifs existants.
Le bilan du précédent PRAPS de même que les groupes de travail pour l’élaboration du PRS 3 ont mis en
évidence le besoin encore actuel, de renforcer cette visibilité, dans un contexte en évolution.
Deux dimensions, qui se rejoignent, sont à travailler :
- La visibilité de l’offre pour les professionnels ;
- La visibilité et la lisibilité de l’offre pour le grand public.
Population cible
Personnes victimes de violences
Personnes placées sous main de justice
Personnes en errance
Personnes en perte d’autonomie vulnérables
Familles monoparentales
Programme d’actions à 5 ans
1. Créer une cartographie des professionnels et des structures engagés dans la prévention et la prise en
charge des victimes de violences
Si des avancées sont observées en ce qui concerne l’interconnaissance des acteurs et des dispositifs de prise
en charge des personnes victimes de violences, notamment via les actions de sensibilisation et de formation
conduites ces dernières années, le groupe de travail dédié à ce public souligne encore un manque de visibilité
sur les actions menées par les associations et sur les outils disponibles.
Par ailleurs, l’instruction DGOS/R3/2020/201 du 18 novembre 2020 relative au renforcement de la prise en
charge des femmes victimes de violences sur le territoire, charge l’ARS d’organiser la lisibilité des ressources
auprès des professionnels.
Un travail de cartographie des ressources présentes sur le territoire sera ainsi mené sur la durée du PRAPS,
aussi bien en ce qui concerne la prévention des violences que la prise en charge des personnes victimes ou
auteurs. Ce travail devrait aboutir à la production d’un outil (cartographie / annuaire…) opérationnel,
mobilisable par les professionnels ou le grand public. Une articulation avec le site internet « sante.fr » sera
assurée.
2. Mettre en place des actions de communication à destination du grand public pour les sensibiliser à la
question des violences
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18117
Cet objectif de sensibilisation du grand public à la question des violences, déjà présent dans le précédent
PRAPS, reste d’actualité. L’ARS poursuivra son soutien et sa participation à la mise en place de campagnes de
communication à destination du grand public, notamment dans le cadre de la campagne annuelle pour
l’élimination des violences faites aux femmes en Martinique (CEVIFeM), pilotée par la Directrice de la
Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité. Une attention particulière sera également
apportée à la sensibilisation et l’information des mineurs sur la question de la prostitution ; cet axe est intégré
au dispositif de contractualisation ARS/DEETS/CTM relative à la protection de l’enfance.
3. Renforcer l’interconnaissance des acteurs intervenant auprès des personnes en perte d’autonomie
vulnérables
Elaborer une cartographie de l’offre d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie
vulnérables
Les personnes en perte d’autonomie vulnérables sont accompagnées par des acteurs de différents secteurs
(sanitaire, social et médicosocial) qui proposent un panier de services divers et variés, peu visible et lisible
dans son ensemble auprès des personnes concernées et des professionnels.
Ainsi, l’élaboration d’une cartographie de l’offre d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie
vulnérables – adaptée à chaque public cible – vient répondre à cette problématique.
Pour les personnes en perte d’autonomie vulnérables, elle vise à faciliter l’identification et la mobilisation du
dispositif adapté ainsi qu’à apporter des informations sur leurs droits et les possibilités d’accompagnement.
Pour les professionnels, elle permettra la coordination et la collaboration interdisciplinaire ainsi que la
connaissance des ressources disponibles dans chaque secteur pour une orientation vers des
accompagnements cohérents et appropriés.
Organiser tous les 2 ans un forum des acteurs de l’accompagnement des personnes en perte
d’autonomie vulnérables
Le projet consiste à organiser un forum/salon dédié à l’offre d’accompagnement et de services destinés aux
personnes en perte d’autonomie vulnérables et à leurs aidants.
Cet évènement proposera des stands avec un large éventail de professionnels et d’acteurs des différents
secteurs sanitaire, social et médicosocial œuvrant dans l’accompagnement de ce public. Cette organisation
permettra à chaque acteur de présenter ses services et compétences et de répondre aux questions des
participants.
Ses objectifs sont multiples :
- Favoriser la rencontre et l'échange entre les différents acteurs de l'accompagnement des personnes
en perte d'autonomie vulnérables,
- Décloisonner les différents secteurs en encourageant la collaboration et la complémentarité des
acteurs présents
- Permettre aux personnes en perte d’autonomie vulnérables de découvrir les multiples options
d’accompagnement offerte, en échangeant avec les acteurs pour obtenir des informations
personnalisées.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18218
4. Promouvoir les dispositifs d’interprétariat déjà existants pour favoriser le suivi des personnes ne
maitrisant pas la langue française en toute confidentialité
L’ARS finance depuis 2022 un dispositif d’interprétariat adossé à la Permanence d’Accès aux soins de santé
(PASS) permettant, pour les services du CHUM, d’accéder à une solution d’interprétariat (plateforme
téléphonique multilingue, accessible 24h/24). Ce dispositif, à ce jour peu utilisé, est méconnu notamment de
l’Unité Sanitaire en milieu pénitentiaire. Sa promotion auprès des professionnels du CHUM est à encourager
de manière à améliorer les conditions de réalisation des consultations auprès des patients qui ne maîtrisent
pas ou mal le français, dans le respect de la confidentialité. Au-delà, la mobilisation de ce dispositif dans
d’autres services accueillant des patients étrangers est aussi à promouvoir (urgence, pédiatrie…).
Une extension du dispositif à d’autres partenaires accueillant des publics PRAPS d’origine étrangère pourra
être étudiée à l’issue de la phase d’évaluation du dispositif au sein du CHU.
5. Communiquer autour de l’offre en accompagnement à la parentalité
Le projet a pour objectif de mettre en place une communication territoriale spécifique pour promouvoir et
informer sur l'offre d'accompagnement à la parentalité dédiée aux parents ayant des enfants handicapés ou
étant eux-mêmes en situation de handicap. Elle sera destinée au grand public et aux professionnels.
Il s’agit d’élaborer des outils de communication adaptés à chaque cible sur l’offre et les ressources existantes
sur le territoire, en ce qui concerne les droits des parents, l’accès aux services et aux aides, les ressources
disponibles pour soutenir les parents, etc.
Cette communication sera établie avec l’ensemble des acteurs locaux qui œuvrent dans l’accompagnement
des parents afin d’assurer une communication cohérente et complète.
6. Mieux faire connaitre l’offre dédiée aux personnes sans domicile fixe, en particulier les nouveaux
dispositifs mis en place et ceux à venir
Les groupes de travail réunis dans le cadre de l’élaboration du PRS ont mis en lumière un besoin de renforcer
l’interconnaissance entre les acteurs de la santé et ceux de l’accueil, de l’hébergement et de l’insertion.
Une meilleure visibilité du fonctionnement et des parcours d’accès aux structures d’hébergement d’urgence
et d’insertion (rôle et missions du SIAO, qui pourra assurer la coordination de la mise à jour d’une plateforme
de recueil des centres d’hébergement d’urgence, des CHRS…localisation, précisions sur leur périmètre
d’intervention) de même que des dispositifs à la croisée de l’hébergement et du soins (Lits d’accueil
médicalisé [LAM], Lits Halte Soins Santé [LHSS], Appartements de coordination thérapeutique [ACT],
CSAPA…) est attendue, dans un contexte d’évolution de l’offre :
- Développement des LHSS et des LAM
- Développement à venir du dispositif « Un chez soi d’abord » (55 places à terme, d’ici 2024) permettant
l’accès à un hébergement pour des personnes sans logement et en situation de grande précarité avec
des problématiques psychiatriques.
Mise en œuvre
Acteurs associés Territoire
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18319
Cartographie de l’offre pour personnes
victimes de violences
ARS
PREFECTURE
CTM
ACTEURS ASSOCIATIFS
Régional
Communication/ sensibilisation grand public
à la question des violences
ARS
PREFECTURE
CTM
ACTEURS ASSOCIATIFS
Régional
Cartographie de l’offre de prise en charge
des personnes en perte d’autonomie
vulnérables
ARS
CTM
Régional
Forum des acteurs de l’accompagnement
des personnes en perte d’autonomie
vulnérables
ARS
CTM
ACTEURS ASSOCIATIFS
Régional
Promotion des dispositifs d’interprétariat ARS
CHUM
Régional
Communication autour de l’offre
d’accompagnement à la parentalité
ARS
PREFECTURE
CTM
CAF
Régional
Renforcement de la visibilité de l’offre pour
personnes sans domicile
ARS
DEETS
CTM
Préfecture
SIAO
Régional
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18420
Axe 2 - Renforcer et faciliter l’accès à la prévention auprès des populations
cibles
2.1. Favoriser l’accès aux bilans de santé et de prévention
Contexte
L’accès à des bilans de santé permet de limiter les risques de développer des maladies graves qui ne seraient
pas détectées à temps. Les publics ciblés par le PRAPS concentrent davantage de facteurs de risques par
rapport à la population générale, l’accès à ces dispositifs de prévention constitue donc une priorité pour
accompagner les parcours de soins.
Le précédent PRAPS avait mis l’accent sur l’accès aux dispositifs de prévention et de dépistage pour les
personnes en situation de handicap ou les personnes âgées en perte d’autonomie. Ainsi, des actions ont été
déployées à destination des établissements et services médico-sociaux visant à favoriser le recours au
dépistage du cancer du sein. Des actions adaptées ont également été menées à l’intention de personnes en
situation de handicap (déploiement du programme « MT Dents » en ESMS pour enfants porteurs de handicap,
campagnes de prévention santé sexuelle menées en ESMS par le CREPSS…)
Si ces actions ont vocation à être poursuivies, pour les cinq années à venir, la priorité va aussi porter sur :
- Les publics sous main de justice, notamment les mineurs, dans la continuité de la convention signée
récemment entre l’ARS et la PJJ
- La structuration de filières d’accès aux « rendez-vous de prévention » déployés à partir de 2023 pour
les publics du PRAPS.
Population cible
Ensemble des publics du PRAPS
Personnes sous main de justice
Personnes en errance
Familles monoparentales
Programme d’actions à 5 ans
1. Favoriser l’accès à la prévention et au repérage des besoins de santé via l’examen de prévention en
santé et les « rendez-vous de prévention » aux âges clefs de l’Assurance Maladie
Faciliter l’accès aux examens de prévention en santé (EPS) – examen gratuit, ouvert aux plus de 16
ans. Les personnes en situation de précarité ou rencontrant des difficultés à accéder aux soins font
partie des publics prioritaires pour accéder à ces EPS.
o L’accès aux EPS est à organiser pour tous les jeunes de 16 ans et plus suivis par la PJJ, dès leur
entrée dans la file active PJJ et leur accès aux droits.
o Une réflexion sur les modalités d’accès à ces examens pour les publics en errance est
également à envisager, en lien avec le déploiement des « rendez-vous de prévention » aux âges
clefs de la vie (ci-dessous).
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18521
Prévoir d’accompagner les publics les plus vulnérables dans l’accès aux « rendez-vous de prévention »
aux âges clés de la vie (20-25 ans, 40-45 ans et 60-65 ans) dès 2023. Prévus par la Loi de Financement
de la Sécurité Sociale (LFSS), ces rendez-vous « peuvent donner lieu à des consultations de prévention
et à des séances d'information, d'éducation pour la santé, de promotion de la santé et de prévention.
Ces rendez-vous de prévention doivent aussi être le lieu de repérage des violences sexistes et sexuelles
et des risques liés à la situation de proche aidant. » La structuration de filières d’accès à ces « rendez-
vous de prévention » pour les publics du PRAPS, notamment pour les personnes en errance, est à
organiser, dans des conditions qui dépendront notamment des modalités de réalisation de ces
rendez-vous (instruction nationale à venir).
2. Structurer le parcours de repérage des facteurs de risque pouvant affecter la santé physique et
mentale des individus en âge de procréer, de la femme enceinte, du couple en période post partum
et du nourrisson
Les consultations et entretiens de préventions constituent des moments clés du parcours de santé de
l’individu qui permettent de repérer les facteurs de risque pouvant affecter sa santé. Ce repérage
représente un levier aboutissant à une prise en charge précoce des vulnérabilités.
La structuration des parcours de repérage, élaborée en lien avec les professionnels de santé impliqués
dans les bilans de prévention, la CGSS, l’ARS et la PMI, permettra un meilleur recours aux
consultations/entretiens de préventions. Les entretiens obligatoires pré et post natals précoces en sont
également un levier.
Ainsi elle permettra la diffusion de 5 bonnes pratiques à intégrer dans les consultations prévention, tout
en prenant en compte les risques liés au territoire :
Le dépistage surpoids et diabète et orientation,
Le dépistage pratiques addictives et orientation,
Le repérage des situations de violences intrafamiliales et orientation,
Le repérage exposition à un risque environnemental : chlordéconémie et exposition aux sargasses,
Le repérage situation de précarité économique et orientation adaptée.
3. Poursuivre le repérage systématique des problématiques de santé à l’entrée en détention
En cohérence avec la feuille de route nationale relative à la santé des personnes placées sous main de justice,
le repérage des problématiques de santé, actuellement réalisé par l’Unité Sanitaire en milieu pénitentiaire
(USMP) du CHUM, reste une mission essentielle.
Une vigilance particulière doit être portée sur :
- Le repérage et la prise en charge des addictions (voir également axe 3),
- Le dépistage bucco-dentaire,
- Le repérage des situations de handicap, de fragilité ou de perte d’autonomie des personnes détenues,
- Le dépistage des infections par le VIH, le VHB et le VHC,
- L’amélioration de la prévention et du repérage de la tuberculose, dans un contexte de réapparition
de cas de tuberculose en Martinique.
Sur ce dernier point, au niveau national, les données font état d’une prévalence de la tuberculose multipliée
par 10 en milieu carcéral.
Sur les 5 années à venir, plusieurs actions pourront ainsi être engagées :
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18622
- Appliquer les recommandations issues des avis du HCSP du 10 mai 2019 et de la HAS (à venir) sur les
modalités de dépistage adaptées aux populations les plus exposées afin de limiter la transmission de
la tuberculose en détention
- Renforcer le partenariat entre l’USMP et le Centre de Lutte Antituberculose (CLAT) de Martinique.
Engager une réflexion sur les modalités d’intervention du CLAT en milieu pénitentiaire.
4. Favoriser l’accès aux bilans de santé et de prévention pour les personnes en errance
Au regard des spécificités du public des personnes en errance, l’enjeu sera de leur permettre de bénéficier
de bilans de santé (notamment podologie, dentaire, dépistage des maladies chroniques) dans une démarche
d’aller-vers, en lien avec les équipes mobiles existantes. La structuration et la coordination de ces actions
pourront s’appuyer sur la mise en place de la commission régionale « personnes en situation d’errance » à
constituer.
Mise en œuvre
Calendrier Acteurs associés Territoire
Favoriser l’accès à la prévention et au
repérage des besoins de santé via
l’examen de prévention en santé et les
rendez-vous de prévention pour les
différents publics cibles
2023-2024 / puis
en continu
CGSS
ARS
PJJ
Régional
Promouvoir les consultations/entretiens
de prévention auprès des familles
monoparentales/vulnérables
(consultations de prévention 18-25 ans,
consultations pré-conceptionnelles,
bilans prénatal, entretiens prénatals
précoces, consultations post-natales
Calendrier à
préciser
ARS
CGSS PMI
Professionnels de santé
libéraux
Régional
Poursuivre le repérage systématique des
problématiques de santé à l’entrée en
détention
En continu ARS
CHUM (USMP + CLAT)
Centre Pénitentiaire
Régional
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18723
2.2. Développer l’aller-vers et les actions de proximité
Contexte
A travers le PRAPS, l’ARS s’est fixé pour objectif de mieux adapter sa stratégie d’accompagnement
personnalisé des personnes démunies et éloignées du système de droit commun, en développant notamment
le recours aux démarches d’« aller-vers », et en sortant d’une logique de guichet.
Même si de nombreux opérateurs soutenus par l’ARS ont déjà déployé des dispositifs en ce sens, il convient
de poursuivre et d’accentuer le déploiement de cette stratégie.
L’« aller-vers » se déclinera essentiellement via le renforcement du travail partenarial entre les acteurs de la
santé, et les acteurs de terrain, présents en proximité avec les publics et spécialistes des méthodes « d’aller-
vers ». Il s’agira entre autres de s’appuyer sur des espaces connus et identifiés des publics, pour y déployer
des actions de prévention et d’accès aux droits dans le champ de la santé.
Population cible
Ensemble des publics PRAPS
Programme d’actions à 5 ans
1. Faire du lien avec les ressources et dispositifs présents en proximité des jeunes en rupture et de leurs
familles
S’appuyer sur les ressources et acteurs présents sur le terrain, en proximité des jeunes et de leurs familles
(médiateurs sociaux présents dans certaines communes; équipes de prévention spécialisée; conseils citoyens
mis en place dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville …) pour accompagner la diffusion de
messages de prévention et/ou proposer des évènements mobilisateurs pour les jeunes (culturels / sportifs)
durant lesquels des acteurs de la prévention pourraient intervenir (présentation des services et associations
existantes dans le champ de la santé; actions de réduction des risques; …)
Il s’agira notamment de faire du lien avec les dispositifs présents dans les quartiers prioritaires de la politique
de la ville : conseils citoyens, cités éducatives, réflexions en cours dans le cadre des Contrats de Ville autour
de la médiation sociale…
2. Envisager la mise en place de lieux d’accueil ouverts, pour permettre aux jeunes de se retrouver, dans
un cadre sécurisé et encadré (ex: Espace jeune / foyers ado…)
La difficulté sur le public dit « NEET » est véritablement liée aux stratégies d’approche. En Martinique, une
partie de ce public est facilement repérable mais l’autre partie qui concerne notamment les jeunes qualifiés
et au chômage reste moins visible. Mettre en place une stratégie d’approche nécessite de mettre en place
des partenariats forts avec les institutions incontournables en matière de cohésion sociale, d’insertion socio-
professionnelle et d’accompagnement à la parentalité. Ensuite, il apparaît évident d’organiser une approche
qui corresponde plus généralement aux modes de vie et aux codes sociaux des jeunes.
En ce sens, il convient d’ambitionner, non seulement une organisation de l’espace socio-culturel sur le
territoire mais également d’élaborer des actions d’aller-vers qui mobiliseront l’ensemble des services
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18824
déconcentrés de l’Etat (notamment la Direction de l’Economie, de l’Emploi et du Travail et la Direction des
Affaires Culturelles), les institutions et collectivités locales ainsi que les partenaires identifiés comme œuvrant
en faveur, à destination et avec le public jeune.
La mise en place de lieux d’accueil ouverts représente une forme d’aller-vers à développer. Au travers de ces
lieux, pourraient être proposés une information transversale et une orientation vers les services de droit
commun le cas échéant. Ainsi, l’ARS pourra accompagner les collectivités à mettre en place un espace à
destination des jeunes, engageant des jeunes. Un cahier des charges pourra être défini en ce sens, pour lancer
une expérimentation dans le Nord et le Sud de la Martinique.
3. Faire des Epiceries sociales et solidaires des points d’entrée dans le système de santé
L’alimentation est un des déterminants majeurs de la santé. Elle joue également un rôle essentiel sur les
questions d’identité, de lien social et familial, de plaisir, de culture, d’appartenance. La politique de lutte
contre la précarité alimentaire menée par l’État vise à favoriser l’accès à une alimentation sûre, diversifiée, de
bonne qualité et en quantité suffisante aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale.
Les épiceries sociales et solidaires habilitées par la DEETS, permettent de lutter contre la précarité
alimentaire.
Dans une logique d’approche globale en santé, ces points de mise à disposition de denrées peuvent constituer
un point d’entrée dans le système de santé :
- Informer les professionnels des épiceries de l’offre en santé pour faciliter l’orientation des
bénéficiaires : transmettre les annuaires, mailing d’information, rencontre annuelle en partenariat
avec la DEETS
- Proposer des cours de cuisine, ateliers de renforcement des compétences psycho-sociales sur la
nutrition ;
- Proposer des séances d’activité physique adaptée dans les épiceries en partenariat avec les maisons
sport-santé
4. Prévoir une permanence en santé dans les Maisons France Service
Les Maisons France Service, en tant que lieux de proximité et d’accès aux services publics, offriront aux
Martiniquais un espace d’écoute, de soutien et d’information en matière de santé, adaptés aux besoins et aux
préoccupations de chaque public cible. Les permanences en santé seront assurées par des professionnels de
santé qualifiés.
Il s’agit de prévoir une permanence en santé dans ces maisons, en commençant par un point d’accueil de la
plateforme régionale d’oncologie de Martinique puis en l’étendant aux maladies chroniques (prévention,
dépistage, éducation thérapeutique du patient).
Mise en œuvre
Acteurs associés Territoire
Faire du lien avec les ressources et dispositifs
présents en proximité des jeunes et de leurs
familles
ARS
DEETS
Missions locales
Ecole de la 2eme Chance
PJJ – CP Ducos
CTM / ASE
Martinique
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 18925
Expérimenter la mise en place de lieux
d’accueil ouverts, pour permettre aux jeunes
de se retrouver, dans un cadre sécurisé et
encadré
ARS
DEETS
Direction des affaires culturelles
EPCI / Communes
Association des jeunes
Nord et Sud
Faire des Epiceries sociales et solidaires des
points d’entrée dans le système de santé
ARS
DEETS
CTM
CCAS
Association des épiceries sociales
Banque alimentaire
CAF
CGSS
Professionnels de santé
Nord
Prévoir une permanence en santé dans les
Maisons France Service
MFS
Préfecture
GIP PROM
Associations
ARS
CGSS
CAF
Collectivités locales
Tout le
territoire
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19026
2.3. Former les professionnels et accompagner la montée en compétences pour
améliorer le repérage des besoins et les accompagnements
Contexte
Les publics cibles du PRAPS se caractérisent par des parcours de vie qui, par nature, ne sont pas linéaires et
simples de compréhension. L’accompagnement adapté et l’orientation de ces publics fragiles est aussi par
essence un objectif complexe pour les professionnels.
Dans ce contexte, le renforcement des compétences et des connaissances des acteurs de santé aux
spécificités de ces publics constitue un enjeu essentiel pour permettre d’être plus efficaces et pertinents,
dans les phases de repérage, prise en charge et d'orientation.
Population cible
Personnes sous main de justice
Jeunes
Personnes victimes de violences
Les personnes en perte d’autonomie et en situation de vulnérabilité
Personnes en situation d’errance
Familles monoparentales
Programme d’actions à 5 ans
1. Développer les formations croisées PJJ / Centre pénitentiaire dans le champ de la prévention du
suicide
Le repérage et la prise en charge des situations de mal-être font partie des objectifs prioritaires de la feuille
de route nationale 2023-2027 relative à la santé des personnes placées sous main de justice. En ce sens, les
formations au repérage de la souffrance psychologique et à la prévention du suicide doivent être poursuivies.
Sur la période du précédent PRAPS, les personnels du centre pénitentiaire avaient en effet bénéficié d’une
formation dédiée, de même que les professionnels de la PJJ.
En lien avec le développement des formations de premier secours en santé mentale, les formations croisées
entre professionnels de la PJJ et du Centre pénitentiaire seront favorisées pour permettre ainsi de créer des
synergies et mieux mutualiser les expertises existantes entre le milieu ouvert et fermé.
2. Renforcer la formation des professionnels au repérage des violences
Dans le cadre du précédent PRAPS, plusieurs actions visant la sensibilisation et la formation des acteurs au
repérage et à la prise en charge des personnes victimes de violences ont été mises en place, comme par
exemple :
- Des formations auprès des professionnels de la santé sexuelle, à l’école de sage-femmes, en IFAS, IFSI,
auprès de CCAS sur le repérage, l’accueil et l’orientation des femmes victimes de violences (UFM)
- Une formation des personnels des urgences gynécologiques aux violences sexuelles (CREPSS)
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19127
Parallèlement, la mise en place récente du Centre de Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de
Violences Sexuelles (CRIAVS), espace gratuit de soutien et de ressources pour les professionnels qui
interviennent auprès des personnes auteurs de violences sexuelles, permet d’étoffer l’offre de formation des
acteurs.
Pour le PRAPS 2023-2028, deux champs prioritaires sont ciblés pour la poursuite d’actions de formation et de
sensibilisation :
- Les professionnels de premier recours. Il s’agira notamment de mettre à la disposition des
professionnels de premier recours, un outil (arbre décisionnel) permettant de faciliter l’orientation
des personnes victimes de violences en fonction de leur situation
- Les acteurs de l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap
pour qu’ils soient mieux armés pour le repérage et le suivi des violences, en établissement et à domicile
3. Renforcer le soutien et l’accompagnement des professionnels du secteur de l’Accueil, Hébergement
et Insertion dans le champ de la santé mentale et de l’addictologie
Les troubles en santé mentale et les problématiques addictives sont fréquents chez les publics en situation
d’errance. Les professionnels du secteur de « l’Accueil, Hébergement, Insertion » (AHI) sont ainsi
fréquemment confrontés à des publics consommateurs ou présentant des troubles psychiatriques.
Le soutien à ces équipes pour assurer un accompagnement plus adapté de ces publics, dans la perspective
de favoriser leur accueil dans les structures d’hébergement d’urgence ou d’insertion est essentiel. Si
l’abstinence n’est pas un critère à l’entrée en structure, selon les dispositifs, le seuil de tolérance vis-à-vis de
la consommation est plus ou moins bas.
Sur la durée du PRAPS, il s’agira ainsi de promouvoir l’acculturation entre les secteurs de l’addictologie et de
l’AHI : formation des professionnels aux principes de la réduction des risques et des dommages (RDRD),
diffusion et accompagnement à l’appropriation des référentiels existants relatifs à l’accueil des personnes
souffrant d’addictions en structures d’hébergement, mise à disposition de matériel de réduction des risques…
De même, l’intervention renforcée des équipes de liaison et de soins en addictologie (ELSA) dans les
établissements de santé du territoire devra être recherchée, favorisant ainsi une coordination « Psy » et
« Addicto » (=> voir SRS « Parcours Addictions »)
4. Renforcer le repérage des vulnérabilités (psychologiques, psychiatriques, sociales, sanitaires) auprès
des familles monoparentales en renforçant le lien ville-hôpital (MFME, PMI, tissu social etc.) via les
conventions de partenariat
Les familles monoparentales sont confrontées à des difficultés particulières (sociales, économiques, etc.)
nécessitant une attention spécifique pour répondre à leurs besoins.
Dans ce cadre, le présent PRAPS souhaite renforcer le repérage des vulnérabilités de ce public afin de leur
offrir un accompagnement adapté.
Pour ce faire, cette action implique la mise en place de conventions de partenariat entre les différents acteurs
en contact avec ce public (acteurs du champ sanitaire, social et médicosocial) pour favoriser un
accompagnement global, coordonné et cohérent.
Cette action prévoit également de former les acteurs partenaires au repérage et à l’orientation des familles
vers les prises en charge appropriées. Ainsi, des outils de repérage et d’orientation seront développés et mis
à leur disposition.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19228
5. Sensibiliser et former les professionnels amenés à intervenir auprès du public « personnes victimes
de violences
Certains professionnels non sensibilisés à la problématique des violences peuvent, dans le cadre de leurs
missions, être confrontés à la révélation de faits de violence. Ces professionnels peuvent se sentir démunis et
isolés face à ces situations qui peuvent à la fois générer un stress intense, mais également nécessiter une
écoute et une orientation vers une prise en charge adaptée. Il conviendra, pour les 5 prochaines années, de
former et d’accompagner ces professionnels amenés à intervenir auprès de personnes victimes de violences
(institutions, collectivités, établissements scolaires) pour qu’ils puissent intervenir plus sereinement dans ces
situations spécifiques.
6. Former les professionnels du médico-social à la prise en charge des personnes en situation de
handicap, notamment des situations évolutives et complexes (dont les PHV).
(=> voir parcours « personnes en situation de handicap » du SRS)
Mise en œuvre
Acteurs associés Territoire
Développer les formations croisées PJJ /
Centre pénitentiaire
ARS
Centre Pénitentiaire
PJJ
Régional
Formation des professionnels au repérage
des violences
ARS
PREFECTURE
RECTORAT
COLLECTIVITE
Régional
Soutien aux professionnels de l’AHI dans le
champ de la santé mentale et de
l’addictologie
ARS
CAARUD
DEETS
Régional
Repérage des fragilités chez les familles ARS
CTM- PMI
CHUM –staffs médico-psycho-sociaux
Professionnels de santé
CAF
Préfecture
CGSS
CCAS
Régional
Sensibilisation et formation des
professionnels intervenant auprès de
personnes victimes de violences
ARS
PREFECTURE
RECTORAT
COLLECTIVITE
Régional
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19329
2.4. Développer les actions de prévention ciblées, favorisant le développement des
Compétences psychosociales
Contexte
La seule diffusion des messages de prévention et de promotion de la santé est insuffisante pour l’adoption
de comportements favorables à la santé, notamment chez les personnes en situation de précarité ou de
vulnérabilité, nécessitant ainsi de développer des modalités d’action adaptées.
Le schéma régional de santé identifie un certain nombre d’actions et de priorités, qui ont vocation à être
déclinées pour les publics prioritaires du PRAPS.
Plus particulièrement, il s’agira de renforcer :
- La prévention des violences
- La prévention et l’accompagnement des familles en situation de vulnérabilité
- Le développement et l’évaluation des actions de prévention de la perte d’autonomie, notamment en
direction des personnes en situation de handicap.
Population cible
Personnes victimes de violences
Familles monoparentales
Les personnes en perte d’autonomie et en situation de vulnérabilité
Programme d’actions à 5 ans
1. Prévenir les comportements sexistes et les violences sexuelles dès le plus jeune âge et promouvoir
l’égalité
L’ampleur des comportements sexistes et des violences sexuelles dans nos sociétés résulte notamment de la
persistance d’inégalités entre femmes et hommes et de stéréotypes sexistes. La lutte contre les violences,
notamment à l’égard des femmes, nécessite de promouvoir l’égalité et de déconstruire les stéréotypes de
genre, et ce dès le plus jeune âge. Ainsi, il conviendra de renforcer les actions d’éducation à la vie affective et
sexuelle et de prévention des violences. Les actions de soutien à la parentalité devront également comporter
des actions de sensibilisation des futurs et jeunes parents à la question des violences et à en prévenir la
répétition. L’offre de prévention du territoire nécessitera par ailleurs d’être structurée, coordonnée et sa
lisibilité renforcée.
2. Agir dès la grossesse, à l’accouchement et durant la période néonatale sur les facteurs qui peuvent
affecter la santé et le développement psychomoteur des enfants vivant dans des familles
monoparentales et/ou vulnérables
Les familles monoparentales sont particulièrement exposées à différents types de vulnérabilités qui peuvent
affecter la santé et le développement psychomoteur des enfants qui naissent et vivent dans ces familles
(obésité, violences, facteurs environnementaux…).
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19430
Le repérage précoce de ces vulnérabilités permettrait de soutenir ces familles et de favoriser des conditions
optimales pour le développement de leurs enfants.
Pour ce faire, des partenariats seront établis avec les acteurs locaux des différents secteurs qui accompagnent
les femmes enceintes et les nouveau-nés. Il sera également renforcé lors des consultations et bilans suivants :
bilan pré-conceptionnels, bilan prénatal, entretien prénatal précoce, consultation post-natale, entretien
post-natal (=> voir SRS ; parcours « périnatalité /enfants / santé maternelle »).
Pour atteindre les résultats escomptés, des actions de sensibilisation, de formation et d’information seront
déployées auprès des partenaires. Aussi, des outils de repérage et d’orientation leur seront fournis.
L’orientation des personnes se fera vers les services de soutien et d’accompagnement, y compris vers des
actions de prévention fondées sur le renforcement des compétences psychosociales.
3. Prévenir les pertes d’autonomie évitables auprès des personnes handicapées vulnérables et des
personnes handicapées vieillissantes
Les personnes handicapées vulnérables et vieillissantes sont par nature, fortement exposées à des risques de
dépendance plus importants, nécessitant des interventions spécifiques.
Ainsi, ce projet vise à mettre en place des mesures préventives et des interventions précoces afin de favoriser
le plus longtemps le maintien de l’autonomie chez ce public.
Pour ce faire, une stratégie de repérage précoce des fragilités chez les personnes les plus susceptibles de
présenter des pertes d’autonomie évitables doit être déployées auprès de tous les acteurs en contact avec
les personnes en situation de handicap (professionnels de santé libéraux, structures sanitaires,
médicosociales, aidants, travailleurs sociaux, etc.).
Afin d’harmoniser les pratiques, des actions de sensibilisation, de formation et d’information – relatives au
repérage précoce et à l’orientation – seront déployées auprès des acteurs partenaires.
Parallèlement des actions et des dispositifs de prévention de la perte d’autonomie évitable chez ce public
seront coconstruites et structurées avec les acteurs concernés.
4. Evaluer les actions de prévention de la perte d’autonomie déployées dans les établissements médico-
sociaux dans un objectif d’amélioration des pratiques.
Ce projet s’inscrit dans une volonté de garantir une offre de prévention de qualité aux résidents des
établissements sociaux et médicosociaux. (=> voir SRS ; parcours « Personnes âgées »).
Les objectifs sont d’une part d’évaluer la pertinence et l’adéquation des actions déployées par rapport aux
besoins des personnes. D’autre part, il s’agit de mesurer leur impact sur le niveau d’autonomie des
bénéficiaires.
Pour bien mener ce projet, un protocole et des outils d’évaluation seront élaborés par l’ARS et la CTM, puis
partagés avec l’ensemble des structures concernées.
Les résultats de cette évaluation permettront d’orienter les politiques de prévention de la perte d’autonomie
vers une optimisation des pratiques.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19531
Mise en œuvre
Acteurs associés Territoire
Prévenir les comportements sexistes et les
violences dès le plus jeune âge
ARS
Délégation régionale aux droits des
femmes et à l’égalité
Rectorat
Associations œuvrant dans le champ de
la prévention des violences
Collectivités locales
Forces de l’ordre
Régional
Agir dès la grossesse, à l’accouchement et
durant la période néonatale sur les facteurs
qui peuvent affecter la santé et le
développement psychomoteur des enfants
vivant dans des familles monoparentales
et/ou vulnérables
ARS
CHUM
Réseau périnatalité
Clinique Saint-Paul
Professionnels de santé
PMI
Associations
CCAS
CHRS
Régional
Prévenir les pertes d’autonomie évitable ARS
CTM
Professionnels de santé libéraux,
Structures sanitaires, Structures
médicosociales, Aidants,
Travailleurs sociaux
Régional
Evaluer les actions de prévention de la perte
d’autonomie
CFPPA
ARS
CTM
CGSS
Usagers
Régional
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19632
Axe 3 - Garantir un accès effectif aux soins
3.1. Renforcer l’accès aux droits et aux soins de ville / offre de « droit commun »
Contexte
L’enjeu de l’accès à un parcours de soins complet, mobilisant les dispositifs de « droit commun », est encore
freiné pour une partie des Martiniquais faute de droits ouverts. Or, l’absence de droits ouverts ou les
difficultés d’accès aux prestations ou aides auxquelles elles peuvent prétendre, peuvent expliquer, au moins
en partie, le renoncement aux soins de populations fragiles, en situation de précarité.
Le précédent PRAPS avait défini comme objectif de travailler à la limitation des ruptures de droits pour les
jeunes à leur entrée dans la vie active. Il était également question de développer des actions d’aller-vers pour
accompagner les publics dans la structuration d’un parcours de soins et le relais vers l’offre de droit commun.
Le PRAPS 2023-2028 s’inscrit dans la continuité de ces orientations et se fixe des objectifs plus ambitieux
structurés autour de trois grands axes de travail:
1 Le développement des dispositifs dédiés aux droits de santé et à l’accès aux soins des personnes
démunies, en lien avec les évolutions soutenues au niveau national : restructuration et renforcement de
la PASS du CHU ; mise en place de PASS de ville ; mise en place d’une consultation d’accueil de soins et
d’orientation. Tous les publics cibles du PRAPS sont ainsi concernés, en particulier les plus vulnérables et
les plus éloignés de l’offre ;
2 L’accompagnement dans l’accès aux droits et aux soins des jeunes en situation d’insertion, suivis par la
Mission Locale ;
3 L’amélioration des dispositifs d’accès aux droits et aux soins des personnes sous main de justice en milieu
ouvert ou fermé.
Population cible
Ensemble des publics du PRAPS
Programme d’actions à 5 ans
1. Accompagner la mise en conformité de la PASS du CHU et le développement d’activités
complémentaires
L’instruction N° DGOS/R4/2022/101 du 12 avril 2022 relative au cahier des charges des permanences d’accès
aux soins de santé hospitalières (PASS) prévoit la mise en conformité des PASS existantes au nouveau cahier
des charges dans un délai de 3 ans à compter de sa publication, à savoir avril 2025.
Le cahier des charges définit à la fois :
Des obligations communes à toutes les PASS :
- Les activités « socles » devant être réalisées par les PASS, auprès des patients ou pour le bénéficie des
patients auprès des professionnels de l’établissement et des partenaires extérieurs ;
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19733
- Les modalités d’organisation et de déploiement des missions des PASS (obligation de structurer une
unité fonctionnelle pluridisciplinaire, composée de personnels dédiés [a minima 0,2 ETP médicaux
dédiés à la médecine générale polyvalente, 0,5 ETP d’IDE et 0,5 ETP d’assistant de service social]).
- La mise en place d’un COPIL PASS, réuni annuellement
- Le renforcement de l’articulation avec les services d’urgences
- La formalisation du partenariat avec les services de l’Assurance Maladie
- L’identification d’un coordonnateur régional.
Des activités complémentaires avec la définition :
- D’actions d’aller-vers
- De parcours dédiés aux soins dentaires, aux mères et enfants
2. Mettre en place la consultation de soins et d’orientation pour les personnes en situation de précarité
au sein de la PASS hospitalière et communiquer vers les acteurs de la précarité
Il s’agit d’accompagner le CHUM dans la création de son unité de soins associant compétence médicale et
infirmière intégrée à la PASS. Cette équipe aura pour mission d’assurer une première évaluation de l’état de
santé des personnes en situation de précarité et de développer un partenariat avec les filières spécialisées et
les professionnels de santé du premier recours pour orienter le public (gynécologie, ophtalmologie, ORL,
dentaire, …).
3. Mettre en place les PASS de ville sur le modèle prévu par l’instruction nationale en cours de rédaction
:
Les PASS de ville, dont la généralisation est prévue en 2023, poursuivent plusieurs objectifs :
- Permettre à des personnes sans couverture maladie d’accéder à des soins de ville
- Bénéficier d’un accompagnement pour faciliter leur ouverture de droits
- Limiter le recours aux PASS hospitalières et les passages aux urgences
Leur déploiement en Martinique sera à envisager sur la durée du PRAPS, selon les orientations et le cadre
actuellement en cours de réflexion au niveau national et au regard des adaptations nécessaires pour notre
territoire.
4. Mettre en place le programme « santé des jeunes » dans les missions locales
Dans le cadre du Contrat Engagement Jeune (CEJ), dispositif qui s’inscrit dans la continuité du plan « 1 jeune,
1 solution » et qui remplace la Garantie Jeunes, le champ de la santé fait partie intégrante de
l’accompagnement individuel mis en place au travers la démarche globale du CEJ.
Le CEJ s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans révolus (ou 29 ans révolus lorsqu’ils disposent d’une reconnaissance
de la qualité de travailleur handicapé), qui ne sont pas étudiants, ne suivent pas une formation et présentent
des difficultés d’accès à l’emploi durable. Mis en œuvre par Pôle emploi et les missions locales, le CEJ propose
un parcours entièrement personnalisé, de 6 à 12 mois, pour les jeunes en fonction de leur profil, avec pour
objectif de les aider à définir leur projet professionnel et à trouver un emploi. Or, les problématiques de santé
font souvent partie des freins à l’accès à l’emploi pour ces jeunes.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19834
Le programme « Ta santé, ta priorité, t’as capté », mis en place en partenariat avec l’ARS, la CGSS, le SUMPPS
(Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé) et l’URML, va ainsi être adapté et
déployé auprès de ce public avec pour ambition de :
- Favoriser l’accès aux droits
- Mettre en place des actions de prévention
- Apporter de l’information aux jeunes sur les outils et dispositifs existants
- Améliorer l’accès aux soins à travers des parcours de santé.
5. Améliorer la coordination avec la CPAM du Lot en charge de l’ouverture des droits pour les détenus
du Centre pénitentiaire
Actuellement, dès la mise sous écrou, les détenus sont administrativement et automatiquement rattachés au
régime général d’assurance maladie et affiliés auprès du pôle du Centre national de protection sociale des
personnes écrouées (CNPE) situé dans le Lot. A la sortie, le délai de transfert du dossier entre la CPAM du Lot
et la CGSS peut parfois engendrer des ruptures de parcours de prise en charge. Pour les détenus pour lesquels
les droits n’étaient pas ouverts avant leur incarcération, le délai d’ouverture des droits peut également
constituer un frein à la mise en place des soins.
Une réflexion sera ainsi menée pour améliorer la coordination entre la CGSS et la CPAM du Lot. Une
proposition viserait à dupliquer le système actuellement mis en place entre le service social du CHUM et la
CGSS autour de l’accès aux droits des personnes en situation de précarité (convention PLANIR). Il s’agirait de
prévoir des temps d’échanges pour passer en revue les dossiers les plus problématiques d’accès aux droits
des détenus pour apporter une réponse adaptée et rapide.
6. Rendre opérationnelle la borne d’accès aux droits au Centre Pénitentiaire
La convention de mise en place de la borne d’accès aux droits entre le Conseil département d’accès aux
droits (CDAD) et les différents partenaires est signée depuis décembre 2022. Il convient désormais
d’accompagner la mise en œuvre opérationnelle du dispositif nécessitant d’affiner la répartition des rôles
entre les conseillers numériques du CDAD qui accompagneront les détenus dans les démarches d’accès aux
droits et les partenaires (SPIP notamment).
7. Renforcer l’accès aux droits et aux soins de ville / de « droit commun » pour les personnes en errance
L’accès aux droits et aux dispositifs de droits communs pour les personnes en errance sera articulé autour de
trois axes :
- Mettre en place un dispositif spécifique pour lever les freins à l’accès aux droits communs pour les personnes
en errance (procédure accélérée pour obtention de pièces d’identifié notamment)
- Mettre en place un dispositif « passerelle » entre hospitalisation en psychiatrie et offre d’hébergement pour
éviter les « sorties sèches »
- Renforcer la coordination entre EMPPA et CCAS afin de faciliter l’accès aux dispositifs de droit commun
pour l’hébergement des personnes âgées en errance diurne
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 19935
Mise en œuvre
Acteurs associés Territoire
Mise en conformité de la PASS du CHU CHUM
ARS
Assurance Maladie
Régional
Mise en place d’une consultation de soins et
d’orientation
CHUM Régional
Mise en place des PASS de ville A définir en fonction de l’appel à projet à
venir Régional
Mise en place du programme « santé des
jeunes » dans les missions locales
ARS
CGSS
Missions locales
URML
CPTS
Centre de santé
Professionnels de santé
CEGIDD
NORD
CENTRE
SUD
Renforcement de la coordination avec la
CPAM du Lot
PASS du CHUM
USMP
Assurance Maladie
Régional
Rendre opérationnelle la borne d’accès aux
droits au CP de Ducos
CDAD
Centre pénitentiaire
SPIP
Régional
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 20036
3.2. Développer l’offre de prise en charge dédiée et adaptée aux publics PRAPS
Contexte
L’adaptation de l’offre de soins aux problématiques des populations les plus fragiles constitue une priorité
déjà identifiée dans le précédent PRAPS, qu’il convient encore de renforcer. En effet, la crise Covid-19 a
contribué à accentuer les inégalités d’accès aux soins déjà fortement marquées pour les populations cibles
du PRAPS.
En complément des actions visant à accompagner les publics du PRAPS vers l’offre de droit commun en
s’appuyant sur des dispositifs d’accompagnement ou d’accès aux droits (voir 3.1.), il s’agira de développer des
offres de prise en charge dédiées, spécifiques et adaptées, dépassant une simple mobilisation et adaptation
du droit commun. Le renforcement de l’offre de soins pour les personnes sous main de justice en milieu fermé,
ou encore le renforcement de dispositifs mobiles dédiés sont prévus.
Par ailleurs, certains dispositifs spécifiques n’ont pas encore pu être déployés sur le territoire à l’instar de
l’unité d’accueil pédiatrique enfant en danger (UAPED), il convient donc d’en accélérer la mise en œuvre.
Population cible
Personnes victimes de violences
Personnes sous main de justice
Personnes en errance
Les personnes en perte d’autonomie et en situation de vulnérabilité
Programme d’actions à 5 ans
1. Renforcer l’offre de soins des personnes sous main de justice en milieu fermé
Sur la durée du PRAPS, plusieurs évolutions sont attendues :
- Augmentation des capacités d’hospitalisation complète au sein du CHUM dédiées aux détenus (7
chambres livrées fin 2023, soit augmentation de 4 chambres, dans un secteur sécurisé)
- Développement du recours à la télémédecine (téléconsultation /téléexpertise) au sein de l’USMP pour
limiter les besoins d’extraction
- Renforcement de l’offre de prise en charge en milieu pénitentiaire en lien avec la création de la SAS
(« Structure d’accompagnement à la sortie ») prévue en 2025 (unité de 120 places, dédiée aux détenus
en fin de peine) :
o Création d’une seconde Unité sanitaire au sein de la SAS en 2025. Il s’agira d’ici 2025 de définir
le projet de santé de l’USMP dans ses différentes dimensions (somatique et psychiatrique).
o Cette seconde USMP sera assortie d’un CATTP et d’un renforcement du CSAPA référent (+0,5
ETP).
- Réaménagement de l’unité sanitaire actuelle du centre pénitentiaire en doublant les surfaces et en
reliant l’unité psychiatrique et somatique (en 2027).
- Organiser l’accès aux soins en période de PDSA au sein du Centre Pénitentiaire
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 20137
Le précédent PRAPS pointait déjà les fragilités de l’organisation de l’accès à la PDSA pour les détenus
du Centre pénitentiaire de Ducos. L’actuel cahier des charges régional de la PDSA est actuellement
en cours de révision et sera publié en 2023. Celui-ci intégrera un volet d’intervention en milieu
pénitentiaire. La procédure d’accès au Centre pénitentiaire pour les médecins de garde sera à réviser.
- Rendre accessible l’offre d’imagerie aux patients du Centre pénitentiaire
Un projet de parcours d’accès à l’imagerie pour les détenus du Centre pénitentiaire a été formalisé.
Une convention tripartite entre ARS, URML et Centre de détention est à relancer.
En parallèle, une réflexion autour de la mise en place d’une nouvelle unité inter-régionale UHSA pour la
Martinique, la Guadeloupe et la Guyane pourra être engagée en inter-ARS, ce qui permettrait d’améliorer le
parcours de soins en santé mentale sur 3 niveaux (ambulatoire, hospitalisation à temps partielle, et
hospitalisation complète).
2. Organiser des parcours de soins coordonnés dans le cadre des « modules santé » pour les jeunes suivis
par la PJJ.
Dans le cadre des mesures éducatives judiciaires, la Protection Judiciaire de la Jeunesse réalise un
accompagnement socio-éducatif en milieu ouvert. Depuis 2019, le juge peut ajouter à cet accompagnement,
en fonction de la personnalité, des besoins et de l’évolution du jeune, un ou plusieurs modules et obligations.
Il existe 4 modules, dont un module « santé » qui peut consister en :
1° Une orientation du mineur vers une prise en charge sanitaire adaptée à ses besoins ;
2° Un placement dans un établissement de santé, à l'exclusion des services de psychiatrie ;
3° Un placement dans un établissement médico-social. (Article L112-11, code la justice pénale des mineurs)
Un travail partenarial associant PJJ, partenaires de la protection de l’enfance, mais également l’ensemble des
acteurs de la santé et du médico-social, est à mener, de manière à structurer des parcours de prise en charge
en ville, adaptés aux besoins des jeunes accompagnés.
En particulier, des relais sont à penser avec les acteurs de l’addictologie : une convention entre CSAPA et PJJ
serait à envisager pour faciliter les orientations et l’accès aux accompagnements en CSAPA, notamment au
titre de leur mission CJC (repérage précoce, accompagnement motivationnel), et favoriser la continuité des
prises en charge entre milieu fermé et milieu ouvert.
3. Limiter l’impact des violences subies par une prise en charge pluridisciplinaire et adaptée
Le renforcement de l’offre de prise en charge des personnes victimes de violences, via notamment, la mise
en place de dispositifs prévus nationalement est prévu sur la durée du PRAPS :
- Renforcer les dispositifs de prise en charge des femmes victimes de violences au sein des
établissements sanitaires
- Mettre en place une unité d’accueil pédiatrique enfant en danger (UAPED)
- Mettre en place une équipe pédiatrique référente enfant en danger (EPRED)
- Mettre en œuvre le protocole de prise en charge des enfants présents lors d’un féminicide/homicide
au sein du couple
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 20238
- Etudier, en lien avec les partenaires institutionnels et associatifs, les conditions de mise en place d’une
Maison des Femmes, espace visant à favoriser l’accès aux droits, la capacité d’agir et l’autonomie des
femmes, en particulier celles victimes de violences.
En parallèle, une réévaluation de l’amplitude horaire de l’unité médico judiciaire (actuellement ouverte du
lundi au vendredi de 8h à 17h) sera engagée afin de couvrir une plage horaire plus grande.
4. Renforcer l’accompagnement des public-cibles vers une sortie des situations de violences
Sortir de situations de violences est souvent difficile, surtout lorsqu’il existe une relation d’emprise entre
l’auteur et la victime. Aussi, il est indispensable d’accompagner ces publics en levant les obstacles à une sortie
des violences qu’ils subissent. Ainsi, durant la période du PRAPS, le soutien au parcours de sortie de
prostitution, placé sous l’autorité du Préfet, sera renforcé. Par ailleurs, une attention particulière sera portée
au renforcement du maillage territorial de l’accompagnement des personnes victimes de violences sur les
territoires de proximité du Nord.
5. Structurer une prise en charge coordonnée des situations de handicap individuelles complexes
(=> voir parcours « personnes en situation de handicap » du SRS)
6. Adapter l’accompagnement médico-social aux besoins des personnes en situation de handicap, des
personnes en grande précarité vieillissantes et au public des femmes en errance
Favoriser des liens de complémentarité entre les structures du handicap (SAVS, SAMSAH,
établissements) et les acteurs du champ gérontologique (DAC, SAAD…) pour construire des réponses
adéquates.
L’absence de données sur le nombre de personnes handicapées vieillissantes rend difficile une projection
capacitaire. En lien avec la CTM, il conviendra de solliciter le CREAI pour une étude sur les PHV en
établissements médico-sociaux mais aussi sur le domiciliaire. Cette étude permettrait de construire les
réponses adéquates aux besoins des personnes handicapées vieillissantes
Définir les modalités d’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes par les secteurs du
grand âge et du handicap
Les modalités d’accompagnement seront définies en fonction du résultat de l’enquête CREAI. Pour
autant, dans les structures médico-sociales de types maison d’accueil spécialisée ou foyer d’accueil
médicalisé, l’usager est voué à vieillir sur son lieu de vie. Il conviendra d’adapter l’accompagnement aux
publics vieillissants. Des leviers sont d’ores et déjà repérés : échanges sur les pratiques professionnelles
entre la gériatrie et le handicap ; la formation des équipes, acquisition de matériel adapté aux PHV. Pour
les PHV, au domicile, il conviendra de développer des structures de type : SSIAD, SAVS, SAMSAH… et
faire de la communauté 360, un dispositif ressource pour les aidants par le biais de la communication.
Pour les PHV n’étant jamais allées en établissement médico-social, il conviendra soit de réserver des places
en EHPAD pour un accompagnement PHV, ou de créer un EHPAD pour PHV ou des petites unités de vie
en coordination avec la CTM.
Engager une réflexion sur l’accompagnement et la prise en charge des personnes sans domicile
vieillissantes et des femmes en situation d’errance.
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 20339
Les publics sans domicile, en situation d’errance, rencontrent davantage de problématiques de santé qu’en
population générale, pouvant accélérer le processus de perte d’autonomie. Ces situations peuvent donner
lieu à la fois :
- À des prises en charge inadaptées (accueil dans des structures d’hébergement d’urgence ou
d’insertion de personnes en perte d’autonomie qui pourraient, en faisant abstraction de l’âge, relever
d’une prise en charge en EHPAD)
- À des besoins d’adaptation et d’étayage des structures dédiées à la prise en charge de la perte
d’autonomie pour assurer l’accompagnement de ces publics aux profils complexes.
Par ailleurs, au regard des spécificités de ce public, il est aussi nécessaire prévoir des dispositifs dédiés lors
des prochaines créations d’hébergements, pour les femmes en errance, consommatrices de substances
psychoactives, ayant des comorbidités psychiatriques et parfois en situation de grossesse.
7. Renforcer les dispositifs d’aller-vers pour les publics cibles du PRAPS
Le mouvement de renforcement des prises en charge en santé mentale a permis de diversifier l’offre du CH
Maurice Despinoy avec le développement de plusieurs dispositifs :
- Equipe Mobile de Psychiatrie Précarité (EM PP)
- Equipe Mobile de Psychiatrie de la Personne Âgée (EM PPA)
- Urgences Psychiatriques Martinique UPM et dispositif de Régulation (numéro d’appel pour les
professionnels de santé)
- Equipe Mobile Suivi Intensif dans le Milieu et de Réhabilitation Psychosociale (EM SIMRP)
- Equipe Mobile Premiers Episodes Psychotiques (EM PEPS)
Au regard des besoins de prise en charge, notamment en situation de crise, l’ARS a prévu de financer une
expérimentation sur 2 ans d’une « Equipe psychiatrique d’intervention et de crise » (EPIC) qui devrait
permettre de faciliter les coordinations interprofessionnelles et l’accompagnement vers les soins, notamment
des publics en errance. La pérennisation du dispositif sera étudiée à l’issue d’une phase d’évaluation.
Par ailleurs, il est aussi prévu le développement à venir du dispositif « Un chez soi d’abord » (55 places à terme,
d’ici 2024) permettant l’accès à un hébergement pour des personnes sans logement et en situation de grande
précarité avec des problématiques psychiatriques.
Mise en œuvre
Acteurs associés Territoire Evolution de l’offre
Renforcement de l’offre de soins
des personnes sous main de
justice en milieu fermé
ARS
CHUM
CP DUCOS
APIJ
Régional +4 chambres
+1 USMP-SAS
+1 CATTP
renforcement du CSAPA
référent (+0,5 ETP)
Mise en place de parcours de
soins coordonnés dans le cadre
des « modules santé »
PJJ
Partenaires de la
protection de l’enfance
Acteurs de la santé et du
médico-social
CSAPA
Régional
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 20440
Limiter l’impact des violences
subies par une prise en charge
pluridisciplinaire
ARS
CHUM
Porteurs des dispositifs
UAPED/EPRED/Maison des
femmes
Régional Création d’une UAPED
Création d’une EPRED
Adaptation de
l’accompagnement médico-
social aux besoins des PHV et
publics en errance
ARS
CTM
ACISE
Croix Rouge
Partenaires dans le champ
médico-social
Régional A expertiser au regard
des études réalisées
Renforcement des dispositifs
d’aller-vers
ARS
CHMD
Régional Mise en place d’une EPIC
ARS - R02-2023-10-30-00003 - ARS MARTINIQUE-Arrêté 222-30102023-Projet régional de Santé Martinique 205