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Arrêté - Ville dOnnaing ARRETE CHOLAGE1827
Conseil Municipal - Ville dOnnaing CM 100723910
Compte-Rendu - Ville dOnnaing CR CM 20022023887
Acte - Ville dOnnaing l2 04242938
unknown - Ville dOnnaing Message Vel dHiv3171
Document publié le Dimanche 21 juillet 2024 par la commune d'Onnaing.
Lien du pdf (unknown - Ville dOnnaing Message Vel dHiv3171)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Guerre en Ukraine, Libertés publiques,
Message de Patricia Mirallès
Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Armées, chargée des
Anciens combattants et de la mémoire
Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et
antisémites de l'Etat français et d'hommage aux « Justes » de
France
21 juillet 2024
Il est des horreurs qui hantent sans fin la conscience humaine, et la rafle du Vel
d'Hiv est de celles-ci. Il y a 82 ans. C'est une vie, et pourtant c'était hier. L'Etat
français a écrit ce qui restera à tout jamais Une page d’une noirceur insondable
de notre histoire nationale.
«Il est 4 heures du matin. Ils sont venus nous chercher. Je vous dis adieu ». Ces
mots, écrits par une adolescente de 16 ans à l'aube d'une tragédie, ces mots
dont la simplicité ne dissimule ni l'amour ni la souffrance, nous touchent et
nous glacent aujourd'hui encore.
Trois phrases qui, par-delà le temps passé, sont l'une des milliers de cicatrices
que laissera dans la mémoire du peuple français ce jour de juillet 1942.
Le 16 juillet 1942, vers quatre heures du matin, alors que les victimes dormaient
encore, les képis zélés du régime de Pétain ont commencé à frapper aux portes.
Cela dura toute la journée, et encore le lendemain. Pour les familles qui étaient
de l'autre côté, dans l'intimité déjà profanée de leur foyer, la mort les attendait.
Les enfants dormaient, les couples chuchotaient, un homme laçait ses
chaussures pour aller ouvrir son commerce, une femme mettait la bouilloire sur
le feu. Ce jour-là, ces gestes quotidiens furent les derniers pour 13 000
innocents qui allaient être précipités dans l'enfer concentrationnaire.
Les célibataires sont directement envoyés au camp de Drancy; les couples sans
enfant aussi. Les familles, 8 160 personnes, sont quant à elles parquées dans le
Vélodrome d'Hiver. Les cris des spectateurs sont remplacés par les cris des
victimes.
Page 1 sur 3Innocents, ces hommes, femmes et enfants ont été pris dans l'engrenage
meurtrier du nazisme, simplement parce qu'un jour ils étaient nés. Juifs, ils
avaient confiance dans la France, dont les Lumières avaient autrefois éveillé
l'Europe et donné à l'homme des droits universels.
Ces hommes, femmes et enfants, qui avaient gardé, comme le grand rabbin de
France Jakob Kaplan après la promulgation de l'odieux statut des juifs, « une foi
profonde en l'esprit de justice de la France éternelle », ont bel et bien été trahis.
La vérité, c'est que la collaboration avec l'ennemi, la trahison de l'essence
même de la France, le régime de Vichy les a choisies délibérément. Dans nos
campagnes les plus reculées jusqu'aux confins du Sahara algérien, les Juifs
français furent les victimes d'une politique antisémite résolue, à l'initiative du
régime.
La vérité, c'est que la police française s'est chargée d'arrêter les milliers
d'innocents du 16 juillet. La vérité, c'est que pas un soldat allemand ne fut
mobilisé ce jour-là. La vérité, c'est que l'Etat français est allé au-delà des
exigences de l'occupant, et que ce crime fut commis en France, par la France
et contre elle-même. Comme l'a dit le président Jacques Chirac il ÿy a presque
30 ans, notre pays « ce jour-là, accomplissait l'irréparable ».
Et pourtant, au cœur de l'effondrement militaire, politique et moral, quand
certains s’abaissaient dans la compromission, d'autres se sont élevés avec
dignité. Face au mal qui rongeait la France et l'Europe, ils ont fait le choix de
répondre par l'évidence du bien. Ces hommes et ces femmes qui refusèrent
d'emprunter la voie que suivirent tant d’autres sont les « Justes » de France.
Ce sont eux qui, en accueillant un homme traqué, une famille pourchassée, ont
sauvé les idéaux républicains, aux côtés de la Résistance. Ce sont eux qui ont
incarné, avec un sens du devoir plein d'humanité, les valeurs et l'âme de la
République. C'est grâce à leurs actions que les trois quarts des Juifs de France
ont survécu.
Malgré les falsificateurs de l'histoire, n'oublions jamais l'alliance fatale entre le
projet génocidaire nazi et le régime de Pétain. Cette collaboration de la haine
qui a abouti à la Rafle du Vel d'Hiv, à toutes celles qui ont précédé ou qui ont
Page 2 sur 3suivi, à l'assassinat de si nombreux Juifs et Tziganes, frères et sœurs dans la
souffrance.
Les actes et discours antisémites et racistes sont plus nombreux lorsque
l'ignorance et l'oubli sont à l'œuvre, car la haine de l'autre, tapie dans l'ombre,
guette les fragilités de nos mémoires, de notre histoire, de notre culture.
Elle guette nos inquiétudes et nos faiblesses. Elle guette les dissensions de la
fraternité républicaine que certains cherchent à aggraver. Et la haine précède
souvent de peu la barbarie.
Aujourd'hui, face à l'histoire, face à nos responsabilités, affirmons ensemble
que la lutte contre les crimes de haine, contre l'antisémitisme, contre le
racisme, doit être la marque distinctive de notre époque.
Vive la République!
Vive la France!
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