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Conseil Municipal - acte 20080108 D
Conseil Municipal - acte 00135437 D
Conseil Municipal - acte 00141417 D
Document publié le Mardi 15 avril 2025 par la commune de Bordeaux.
Lien du pdf (Conseil Municipal - acte 00141417 D)
Thèmes du document : Environnement, Changement climatique, Humanitaire,
EXTRAIT DU REGISTRE DES DELIBERATIONS
DU CONSEIL MUNICIPAL
___________
Conseillers en exercice : 65
Reçu en Préfecture le : 16/04/2025
ID Télétransmission : 033-213300635-20250415-141417-DE-
1-1
Date de mise en ligne : 17/04/2025
certifié exact,
Séance du mardi 15 avril
2025
D-2025/106
Aujourd'hui 15 avril 2025, à 14h05,
le Conseil Municipal de la Ville de Bordeaux s'est réuni à Bordeaux, sous la présidence de
Monsieur Pierre HURMIC - Maire
Suspension de séance de 17h21 à 17h40
Etaient Présents :
Monsieur Pierre HURMIC, Madame Claudine BICHET, Monsieur Stéphane PFEIFFER, Madame Camille CHOPLIN, Monsieur Didier JEANJEAN, Madame Delphine JAMET, Monsieur Mathieu HAZOUARD, Madame Harmonie LECERF MEUNIER, Madame Sylvie SCHMITT, Monsieur Dimitri BOUTLEUX, Madame Nadia SAADI, Monsieur Bernard G BLANC, Madame Céline PAPIN, Monsieur Olivier CAZAUX, Madame Pascale BOUSQUET-PITT, Monsieur Olivier ESCOTS, Madame Fannie LE BOULANGER, Monsieur Vincent MAURIN, Madame Sylvie JUSTOME, Monsieur Dominique BOUISSON, Madame Sandrine JACOTOT, Monsieur Laurent GUILLEMIN, Madame Françoise FREMY, Madame Tiphaine ARDOUIN, Monsieur Baptiste MAURIN, Madame Marie-Claude NOEL, Monsieur Didier CUGY, Madame Véronique GARCIA, Monsieur Patrick PAPADATO, Madame Pascale ROUX, Madame Brigitte BLOCH, Madame Isabelle ACCOCEBERRY, Madame Isabelle FAURE, Monsieur Francis FEYTOUT, Madame Eve DEMANGE, Monsieur Maxime GHESQUIERE, Monsieur Matthieu MANGIN, Monsieur Guillaume MARI, Madame Marie-Julie POULAT, Monsieur Jean-Baptiste THONY, Monsieur Radouane-Cyrille JABER, Monsieur Marc ETCHEVERRY, Monsieur Maxime ROSSELIN, Madame Léa ANDRE, Monsieur Maxime PAPIN, Monsieur Pierre De Gaétan NJIKAM MOULIOM, Madame Nathalie DELATTRE, Madame Alexandra SIARRI, Madame Anne FAHMY, Madame Géraldine AMOUROUX, Monsieur Marik FETOUH, Monsieur Aziz SKALLI, Monsieur Fabien ROBERT, Monsieur Guillaume CHABAN-DELMAS, Monsieur Nicolas PEREIRA, Monsieur Philippe POUTOU, Madame Magali FRONZES,
Monsieur Francis FEYTOUT présent à partir de 16H30, Monsieur Baptiste MAURIN présent jusqu'à 17H00, Monsieur Nicolas PEREIRA jusqu'à 17H03, Madame Magali FRONZES présente jusqu'à 17H21, Madame Nathalie DELATTRE présente jusqu'à 17H45
Excusés :
Madame Servane CRUSSIERE, Monsieur Stéphane GOMOT, Madame Charlee DA TOS, Madame Béatrice SABOURET, Monsieur Thomas CAZENAVE, Madame Catherine FABRE, Madame Evelyne CERVANTES-DESCUBES, Madame Myriam ECKERT,Attribution d'une subvention à l'Association Climate Chance -
Autorisation - Décision
Madame Céline PAPIN, Adjointe au Maire, présente le rapport suivant :
Mesdames, Messieurs,
Alors que la transition écologique progresse dans de nombreux secteurs, les émissions
mondiales de CO₂ atteignent pourtant des niveaux record. La mondialisation des activités
économiques, les fortes inégalités de consommation entre pays et catégories sociales
contribuent à cette tendance.
Le changement climatique s’accélère et ses effets se multiplient : catastrophes naturelles plus
fréquentes, dégradation des écosystèmes, augmentation du nombre de réfugiés climatiques. La
biodiversité s’en trouve d’autant plus menacée, avec la destruction des habitats naturels,
l’effondrement de certaines populations animales et végétales, et la perturbation des
écosystèmes essentiels à la vie.
L’ensemble du vivant est contraint de s’adapter à des transformations rapides et souvent
irréversibles. Selon l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la
biodiversité et les services écosystémiques), plus d’un million d’espèces animales et végétales
sont aujourd’hui menacées d’extinction, illustrant l’ampleur de la crise environnementale en
cours et l’urgence de préserver la biodiversité.
La ville de Bordeaux s’investit activement dans la lutte contre le changement climatique et la
préservation de la biodiversité aussi bien à l’échelle locale qu’internationale. En plus de mener
des actions conjointes avec ses villes jumelles, elle s’implique au sein de réseaux dédiés à la
préservation des biens communs. Fidèle à ses engagements, elle propose ainsi de soutenir
l’association Climate Chance à hauteur de 30 000€, afin de renforcer son impact et
d’accompagner ses initiatives en faveur de la transition écologique et la préservation de la
biodiversité, en particulier la coalition internationale « corridors de biodiversité en Afrique ».
La subvention sera ventilée sur 2 volets :
- 10 000€ pour accompagner les synergies entre les acteurs locaux sur les questions de
questions de protection de la biodiversité,
- 20 000€ pour soutenir le projet démonstrateur de corridor de biodiversité en Guinée.
1 - Climate Chance :
Créée en 2015 dans le prolongement du sommet « Climat et territoires » qui a mobilisé les
acteurs du climat à Lyon en amont de la COP21, « Climate Chance » est la seule organisation
internationale fédérant tous les acteurs non-étatiques reconnus par la Convention cadre des
Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) : collectivités locales, entreprises
et industrie, organisations non-gouvernementales, les organisations de travailleurs et les
syndicats, la communauté scientifique, les organisations de femmes, de la jeunesse, des
peuples autochtones et des agriculteurs.
L'objectif de l’association est de renforcer l'action climatique des collectivités locales, des
entreprises et de la société civile en fournissant un espace de mise en réseau, en encourageant
la priorisation et le développement de propositions communes, et en contribuant ainsi à la
réalisation des objectifs de l'Accord de Paris. Elle soutient ainsi le rôle central des territoires tant
dans l'action climatique, que l’atteinte des Objectifs de Développement Durable. Plusieurs
outils : l'organisation de sommets, l'animation de coalitions thématiques, et la publication
annuelle d'un rapport sur l'action climatique locale.
En 2024, l'association Climate Chance a poursuivi ses efforts pour renforcer l'action climatique
des acteurs non étatiques avec plusieurs événements et projets majeurs : Sommet ClimateChance Europe à Liège, représentation de la Coalition internationale des corridors de
biodiversité en Afrique à la COP16 à Cali (Colombie), organisation à Bordeaux du colloque
« Regards croisés Afrique-Europe, Connecter les acteurs du climat, de la conservation et du
développement », poursuite du développement de l’observatoire mondial de l’action climat
(notes d’analyses, un bilan mondial annuel…), et de l’observatoire mondial de l’action climat en
Afrique…
2 – Accompagner les synergies entre les acteurs locaux sur les questions de protection
de la biodiversité.
Le partenariat entre Climate Chance et ses membres contribue au renforcement des actions en
matière d’expertise, de plaidoyer, et de mise en réseau, notamment à l’occasion d’évènements
et rencontres locales, nationales et internationales. Ces démarches bénéficieront à la ville de
Bordeaux notamment en :
- Agissant et contribuant aux échanges entre acteurs sur le territoire bordelais par une mise en avant des sujets de la biodiversité et de ses travaux, notamment à l’occasion des « Rendez-vous avec les Afriques » organisés par Bordeaux Métropole en novembre 2025. Ces interventions offriront une analyse des défis et perspectives liés à la biodiversité et au climat en Afrique, avec des recommandations concrètes pour intensifier les actions sur le terrain ;
- Renforçant la visibilité internationale de la ville de Bordeaux par :
o Le partage de son expertise et son réseau international autour de sujets
d’actualité tels que la convergence biodiversité-climat, la compensation
carbone et les financements innovants (notamment les bio crédits et certificats
nature…), le lien solidarité internationale-lutte contre le changement climatique
et protection de la biodiversité (un grand nombre de partenaires communs
entre la Ville de Bordeaux et l’Association Climate Chance pourront être
mobilisés en vue d’évènements conjoints: ICLEI - Conseil international pour les
initiatives écologiques locales, Cités Unies France, AIMF - Association
Internationale des Maires Francophones, CGLU - Cités et Gouvernements
Locaux Unis, ensemble des partenaires de coopération).
o Le positionnement du territoire bordelais sur les questions liées à la transition et à la connectivité écologiques à l’échelle européenne et internationale, en valorisant certaines de ses politiques notamment en matière de coopération décentralisée et de protection de la biodiversité (développement de trames vertes et bleues),
o La participation aux projets et aux événements qui y sont liés en faisant partie
de la coalition internationale « corridors de biodiversité en Afrique » et en
participant aux sommets annuels « Climate Chance ». Ces derniers constituent
le moment de convergence des acteurs engagés et sont l’occasion de faire
émerger des priorités et des propositions communes portées lors des grands
événements de l’agenda climat, en particulier les COP (Sommet Climate
Chance Europe Afrique qui s’est tenu du 31 mars au 1er avril à Marseille 2025).
La ville apporterait sur ce volet un appui de 10 000 €.
3 – Projet démonstrateur « Corridors de Biodiversité en Guinée »
Le projet de corridor de biodiversité dans le Nord de la Guinée vise à protéger les écosystèmes
tout en impliquant les communautés locales et en mobilisant des financements innovants.
Lancé en mai 2023 sous l’égide du Ministère guinéen de l’Environnement et du Développement
Durable, il repose sur un partenariat multi-acteurs et s’étend sur trois ans (2023-2025).
L’initiative, menée par Climate Chance, prévoit d’identifier et cartographier des corridors
écologiques dans la région de Labé, reliant le Parc national du Badiar au Parc national du
Moyen-Bafing, sur environ 62 000 ha.L’objectif est d’assurer que ces corridors ne soient pas menacés notamment par des projets
miniers ou d’infrastructures. Le projet cherche à sensibiliser les populations locales à
l’importance de la préservation des corridors et à définir des mécanismes de financement,
incluant des certificats biodiversité et des crédits carbone-biodiversité. Des cadres contractuels
entre États, collectivités et communautés seront mis en place pour garantir le suivi et la
vérification des actions de conservation. Ce projet (cf. présentation complète en annexe) a reçu
le soutien du Ministère guinéen de l’Environnement et du Développement Durable et de
l’Agence française de développement. Sur un budget total de 257 500 € sur 2025 (budget total
de 891 195 € sur 3 ans), la ville apporterait en 2025 un appui de 20 000 €.
Il est ainsi proposé que la ville soutienne en 2025 l’association Climate Chance à hauteur de
30 000 €, sur un budget prévisionnel total de 915 000 €.
Est annexé à ce rapport le projet de convention présentant les modalités du partenariat entre la
Ville de Bordeaux et « Climate Chance ».
En conséquence, nous vous demandons, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir :
Autoriser sur le budget principal 2025 le versement à l’association « Climate Chance »
d’une subvention de trente mille euros (30 000 €) pour l’année 2025, selon les
modalités fixées par la convention de partenariat jointe ;
Autoriser M. le Maire à signer la convention ci-dessus mentionnée
D’imputer la dépense correspondante sur le budget 2025 – chapitre 65 – article 65748 – fonction 048.
ADOPTE A L'UNANIMITE DES VOTANTS ABSTENTION DU GROUPE ROUGE BORDEAUX ANTICAPITALISTE
Fait et Délibéré à Bordeaux, le 15 avril 2025
P/EXPEDITION CONFORME,
Madame Céline PAPIN1
CONVENTION DE PARTENARIAT
ENTRE LA VILLE DE BORDEAUX ET
L’ASSOCIATION "CLIMATE CHANCE"
La VILLE de BORDEAUX, représentée par Monsieur Pierre HURMIC agissant en sa qualité de
Maire, habilité aux fins des présentes par délibération n° 2025/ Conseil Municipal de ladite
Ville en date 15 avril 2025, et reçue à la Préfecture de la Gironde le
Ci-après dénommée "la Ville"
D'une part,
Et
L’association CLIMATE CHANCE, représentée par Monsieur Ronan DANTEC agissant en sa
qualité de Président, habilitée aux fins des présentes par les statuts déposés en préfecture
le 1er mars 2016, modifié le 16 novembre 2020
Ci-après dénommée "l’association"
D'autre part,
IL A ETE CONVENU CE QUI SUIT :
ARTICLE 1 : ACTIVITÉS ET PROJETS DE L’ASSOCIATION
Souhaitant faire du changement climatique et de la biodiversité des axes forts de sa politique internationale, la ville de Bordeaux propose de soutenir les deux projets ci- dessous de l'Association « Climate Chance » qui promeut activement ces valeurs :
- Accompagnement des synergies entre les acteurs locaux sur les questions de protection de la biodiversité, en agissant et contribuant aux échanges entre acteurs sur le territoire bordelais par une mise en avant des sujets de la biodiversité et de ses travaux, notamment à l’occasion des « Rendez-vous avec les Afriques » organisés par Bordeaux Métropole en novembre 2025, mais également en renforçant la visibilité internationales de la ville de Bordeaux par le partage de son expertise et son réseau international autour de sujets d’actualité, le positionnement du territoire bordelais sur les questions liées à la transition et à la connectivité écologiques à l’échelle européenne et internationale, la participation aux projets et aux événements qui y sont liés en faisant partie de la coalition internationale « corridors de biodiversité en Afrique »,
- Projet de corridor de biodiversité en Guinée visant à protéger les écosystèmes du nord de la Guinée sur une zone de 62 000 ha reliant le Parc national du Badiar2
au Parc national du Moyen-Bafing. Il repose sur un partenariat multi-acteurs et s’étend sur trois ans (2023-2025) – plaquette en pj
Créée en 2015, Climate Chance a pour mission de renforcer l’action climatique des collectivités locales, des entreprises et de la société civile. Elle offre un espace de mise en réseau, encourage la définition de priorités et le développement de propositions communes, contribuant ainsi aux objectifs de l’Accord de Paris. L’association met en avant le rôle central des territoires, tant dans la lutte contre le changement climatique que dans l’atteinte des Objectifs de développement durable.
Pour y parvenir, Climate Chance déploie plusieurs outils : l’organisation de sommets et de rencontres internationales, l’animation de coalitions thématiques et la publication annuelle d’un rapport sur l’action climatique.
ARTICLE 2 : MISE À DISPOSITION DE MOYENS
Afin de soutenir la réalisation de ces missions, la Ville s’engage à verser à l’association une subvention de 30 000 euros au titre de l’année 2025 soumis à la remise :
- d’un rapport d’activités chiffré,
- d’un rapport financier avec justificatifs.
La ventilation sera la suivante :
- 10 000€ pour l’accompagnement des synergies entre les acteurs locaux sur les
questions de questions de protection de la biodiversité,
- 20 000€ pour soutenir le projet de corridor de biodiversité en Guinée.
ARTICLE 3 : CONDITIONS GÉNÉRALES
L’association s’engage :
- à déclarer à la Ville, tout changement intervenu dans son Conseil d’Administration dans un délai de trois mois,
- à rappeler, sur l’ensemble de ses outils d’information ou de communication et sur les supports qu’elle estimera les plus adaptés, l’aide que lui apporte la Ville, notamment sous la forme et la présence du logo municipal.
ARTICLE 4 : CONTRÔLE DE LA VILLE SUR L’ASSOCIATION
Conformément à l’article L1611-4 du Code général des collectivités territoriales, l’association s’engage à communiquer aux fins de vérification par des délégués mandatés par le Maire :
- une copie détaillée et certifiée de son budget au 1er novembre de l’année en cours
- une copie certifiée de ses comptes (bilans et compte de résultat) pour l’exercice écoulé (la certification doit se conformer aux dispositions légales et réglementaires en vigueur, notamment les décrets du 27/03/1993 et 01/03/1984).
ARTICLE 5 : DURÉE DE VALIDITÉ
La présente convention, qui s’achèvera le 31 décembre 2025 ne donnera lieu à aucun renouvellement automatique.
Seule une nouvelle convention signée par les deux parties serait de nature à prolonger dans le temps les effets de cette convention.3
ARTICLE 6 : COMPÉTENCE JURIDICTIONNELLE
Tous les litiges relatifs à l’interprétation ou à l’exécution des présentes seront soumis, en tant que de besoin, aux juridictions compétentes siégeant à Bordeaux.
ARTICLE 7 : ELECTION DE DOMICILE
Pour l’exécution des présentes, il est fait élection de domicile : - pour la Ville de Bordeaux, en l’Hôtel de Ville
- pour l’association, 21 rue du Faubourg Saint-Antoine, 75011 Paris
Fait à Bordeaux en 4 exemplaires, le …….. 2025
Pour la Ville de Bordeaux, Pour
l’association,
Le Maire Le Président
Pierre HURMIC Ronan DANTECProjet démonstrateur
CORRIDORS
DE BIODIVERSITÉ
EN GUINÉE
Couleurs Web indexéesLe projet de définition de corridor de biodiversité
dans le Nord de la Guinée, que porte Climate
Chance, est une initiative ambitieuse, fondée sur
une logique de planification multisectorielle et
de soutien au développement des communautés
locales, en cherchant à mobiliser des financements
nouveaux et innovants.
Il s’inscrit dans l’ambition de la COP15 biodiversité
et de l’accord de Kunming-Montréal, notamment
l’objectif 30x30 visant à protéger 30 % des terres
et des océans d’ici 2030, mais aussi dans les
mécanismes de l’accord de Paris sur le climat,
concernant la séquestration du carbone forestier,
et dans les objectifs du développement durable
(ODD) pour le renforcement des ressources des
communautés locales ou l’égalité des genres.
Il s’appuie sur les principes qui ont nourri la
création de l’ONG internationale Climate Chance :
faire converger les agendas du climat, de la
biodiversité et du développement ; et dans son
savoir-faire et sa méthode : sa capacité à fédérer
et faire travailler ensemble sur un projet commun
des acteurs très différents, en l’occurrence
ici, Etat guinéen, collectivités territoriales,
communautés locales, ONG de conservation et
de développement, financeurs internationaux
publics et privés.
LES CORRIDORS DE BIODIVERSITÉ :
UN ENJEU DE PRÉSERVATION
ET DE DÉVELOPPEMENT
Le risque de perte de biodiversité par la
fragmentation des habitats et la réduction
des échanges génétiques est aujourd’hui
parfaitement documenté et est l’un des grands
enjeux de la conservation, souligné dans toutes
les grandes déclarations internationales (UICN,
COP) sur la protection de la biodiversité.
Par définition les corridors sont des lieux où
vivent des humains. Préserver des corridors de
biodiversité signifie donc s’intéresser au devenir
des populations locales, répondre aux difficultés
de cohabitation homme-animal, fournir des
ressources pérennes aux communautés pour
remédier à d’éventuelles pertes de revenus
agricoles.
Cette importance de la connectivité a ainsi fait
l’objet d’une nouvelle initiative spécifique, lors
de la COP14 de la convention sur les espèces
migratrices (CEM) : le Partenariat mondial
pour la connectivité écologique (GPEC - Global
Partnership on Ecological Connectivity), dont
Climate Chance est l’un des membres fondateurs
en tant qu’organisation assurant le secrétariat
de la Coalition internationale sur les corridors
de biodiversité en Afrique.
UN PROJET AMBITIEUX À GRANDE ÉCHELLE
ALLIANT BIODIVERSITÉ ET DÉVELOPPEMENTLa Guinée abrite une biodiversité unique en
Afrique de l’Ouest, notamment dans ses reliquats
de forêts denses humides classées comme zone
à haute biodiversité (hotspot). On y trouve les
principales populations restantes de chimpanzés.
Mais la Guinée est aussi l’un des pays présentant
des sous-sols parmi les plus riches en minerais,
d’où un nombre important de projets miniers,
avec son corollaire d’infrastructures de transport,
routes et chemins de fer. Avec l’extension urbaine
et des projets de barrage hydro-électriques,
la Guinée est ainsi l’un des pays où les risques
de fragmentation de la biodiversité sont les plus
importants. Le pays constitue ainsi un parfait
terrain pilote pour ce projet démonstrateur.
Le projet porté par Climate Chance vise ainsi
d’abord, à cartographier de possibles corridors
dont le renforcement ne sera pas menacé à moyen
terme par des projets miniers ou d’infrastructures.
Basé en Moyenne Guinée, dans la région de
Labé, les corridors identifiés démarrent à la
frontière du Sénégal et relient le Parc national
du Badiar au Parc national du Moyen-Bafing.
Ils traversent 10 communes rurales et couvrent
près de 62 000 ha.
Il s’agira dans un deuxième temps, à partir d’un
mapping précis des acteurs intervenant sur le
terrain, de convaincre les populations locales de
l’importance de la préservation des corridors,
et de définir les modalités de soutien financier
pouvant leur être apportées. Ces financements
s’inscriront dans les mécanismes innovants,
actuellement en discussion au niveau
international (certificats biodiversité, crédits
carbone - biodiversité…). Il s’agit aussi de définir
et d’expérimenter des cadres contractuels multi-
niveaux (États, collectivités-communautés) pour
les financements de soutien et les mécanismes
de vérification des actions de préservation.
Ce projet a reçu le soutien du
Ministère guinéen de l’Environnement et
du Développement Durable et de l’AFD
LE PROJET DE CORRIDOR EN GUINÉE CONAKRYLE LANCEMENT
Le projet démonstrateur en Guinée a été
officiellement lancé le 19 mai 2023 à Conakry sous
le haut patronage du Ministère de l’Environnement
et du Développement Durable de la Guinée, en
présence de Madame Safiatou Diallo, Ministre de
l’Environnement et du Développement durable,
des autorités guinéennes compétentes, de son
excellence Monsieur Marc Fonbaustier,
Ambassadeur de France en Guinée et en Sierra
Leone et de Monsieur Ronan Dantec, Sénateur de
Loire-Atlantique, Président de Climate Chance.
LE RÉALISÉ
Le projet porte sur une durée de trois ans (2023-
2025).
L’année 2023 a permis de déployer les principaux
partenariats et de lancer le travail de cartogra-
phie.
Le premier volet du projet s’est terminé avec la
réalisation de 3 grandes actions :
• Le développement d’une méthodologie robuste
pour obtenir la cartographie précise du corridor
de biodiversité et des zones de projet à déve-
lopper.
• Le mapping des acteurs permettant de recenser
l’ensemble des initiatives, internationales, natio-
nales et locales, pouvant impacter positivement
ou négativement la biodiversité dans la zone
d’étude.
• L’identification des territoires à enjeux, à partir
du croisement de l’ensemble des données obte-
nues par les deux premiers points.
LA CONSTRUCTION
D’UN PARTENARIAT ROBUSTE
Le projet s’appuie sur un partenariat technique
multi-acteurs et transversal engagé, invité à suivre
et à contribuer au projet.
Parmi les institutions guinéennes compétentes
impliquées, le Ministère guinéen de l’Environnement
et du Développement Durable (MEDD), l’Agence
Nationale de Financement des Collectivités
(ANAFIC), l’Office Guinéen des Parcs Nationaux et
Réserves de Faune (OGPNRF), les entreprises
minières rassemblées dans la Chambre des Mines
de Guinée… ; des organisations onusiennes : FAO,
PNUD, UNISS… ; des ONG très investies sur le terrain :
Guinée Écologie, Guinée 44, Renascedd… ; des
organisations expertes dans leur domaine :
Biotope, Ecoact, WCF, Matthieu Wemaere Avocat,
WECF, UICN…
Nos partenaires techniques
LES AVANCÉES DU PROJET
Le rôle de Climate Chance
L’a s s o c i a t i o n a s s u re l a co o rd i n a t i o n ,
la planification et la supervision du projet, avec
l’ambition de renforcer les dynamiques d’acteurs
et de favoriser le dialogue entre l’ensemble des
parties prenantes.La cartographie
L’année 2024 a été l’occasion de finaliser la carto-
graphie en suivant une méthodologie bien définie :
rencontre avec des acteurs institutionnels, col-
lecte de données, création de l’espace système
d’information géographique (SIG) avec la syn-
thèse de l’ensemble des données existantes.
Ces activités de cartographie s’appuient sur le
travail réalisé par le bureau d’études Biotope et
sa filiale Biotope Guinée.
L’élaboration de la cartographie fine du corridor
s’accompagne de l’identification des acteurs
présents et des actions menées puis, d’un décou-
page du corridor en territoires de projet selon les
enjeux et les contextes locaux.
Ce tracé fera encore l’objet d’échanges avec le
gouvernement guinéen, les acteurs économiques
et les ONG de conservation, avant sa validation
définitive.
Tracé 1 15 792,30 ha
Tracé 2 26 074,30 ha
Réservoir 1 15 494,30 ha
Réservoir 2 4 605,90 ha
Total 61 966,90 ha
Surface
Méthodologie Biotope
Définition
de la zone
d’étude et
d’analyse
Recherche
et collecte
des données
Identification
des obstacles
au déplacement
de la faune
Atelier de travail
pour validation
de la méthodologie
Atelier de validation
de la cartographie et
appui à la sélection des
corridors prioritaires et
secteur d’intervention
Modélisation
des continuités
écologiques
Sélection
du/des
corridors
prioritaires
Sélection
des secteurs
d’intervention
Définition
des réservoirs
de biodiversité
Priorisation des corridors du projetLes vérités terrains
Guinée Écologie s’est engagé en 2024 dans la
phase de vérité-terrain permettant d’affiner la
cartographie et d’assurer une compréhension plus
précise des enjeux et des besoins sur chaque
territoire. Des enquêtes individuelles, des études
socio-économiques et des focus-groupes à
différentes échelles (allant des préfectures aux
communautés locales) ont permis de valider les
données issues des cartes satellitaires et les
territoires à enjeux.
Le mapping des acteurs
Le travail, essentiel, de sensibilisation des
différentes parties prenantes au projet, a été
activement mené par l’équipe en Guinée.
De nombreuses discussions et réunions bilatérales
ont été engagées dans le cadre du mapping des
acteurs, impliquant diverses ONG et OSC locales
ainsi que des organisations internationales telles
que Kew Gardens et la Banque mondiale, pour
inscrire plus largement le projet parmi les actions
entreprises en Guinée (NaturaGuinée, Combo+ etc.)
Le mapping des acteurs, c’est un total de
107 projets et initiatives recensés dans la zone
d’étude – dont 41 sont en cours, 56 sont déjà
clôturés, et 10 sont prévus – et 100 acteurs qui
interviennent : ONG, communautés locales,
services étatiques, partenaires techniques et
financiers et, un travail auprès des autorités
administratives mené à toute l’échelle de la zone
du corridor : préfectures, sous-préfectures,
communes rurales, villages…
L’identification des territoires de projets
Des territoires à enjeux ont été identifiés à partir du croisement des données suivantes :
• Localisation des réservoirs de biodiversité
• Calcul du degré de continuité écologique
• Identification de la résistance au déplacement de la faune
• Recensement des projets infrastructurels en cours et à venir
• Identification des zones à fort potentiel de restauration
• Type d’occupation des sols
À partir du travail complémentaire de mapping des acteurs, des prises de contact avec les autorités des communes rurales traversées par le corridor ont été faites.
Cela permettra de travailler à la mise en place d’un chapelet de projets au niveau local pour assurer l’appropriation des actions de restauration par les communautés elles-mêmes, condition indispensable à la pérennité du corridor.
© Biotope
Continuité écologique Résistance au déplacement de la faune Réservoirs de biodiversitéLA DEUXIÈME PHASE
Poursuivre la mobilisation et découper
le corridor en territoires de projet
À partir du mapping des acteurs et des vérités
terrains, il s’agit maintenant de découper le
corridor en autant de territoires de projet, sur
lesquels une contractualisation sera possible avec
les acteurs de terrain. Il s’agit d’un travail très fin
unissant découpages administratifs, enjeux de
biodiversité, mobilisation des communautés
locales, actions déjà développées par des ONG…
Ces territoires seront traités comme autant de cas
particuliers en termes d’acteurs, de gouvernance
locale, de cohabitation homme-animal, d’enjeux
de conservation, de financements existants et à
venir et de législation. L’objectif est de présenter
une réponse adaptée, notamment en termes de
financements, aux enjeux spécifiques de ces
territoires, qui ne présentent pas tous les mêmes
problématiques.
Construire les flux de financement
Au-delà d’une cartographie robuste, d’une
planification territoriale précise et partagée,
l’enjeu de ce projet est de sécuriser des
financements significatifs dans la durée pour les
communautés locales et les collectivités
s’engageant dans la préservation du corridor.
Cet aspect central du projet s’appuie sur l’étude
permanente par Climate Chance de l’évolution
des financements innovants pour la biodiversité
(certificats biodiversité, financements hybrides
climat-biodiversité, subventions, philanthropie…),
et la volonté de définir pour chaque territoire de
projet la forme de soutien la plus appropriée.
En plus de définir les types de certificats / crédits
les plus adaptés, avec leurs méthodes robustes
de certification (gain en biodiversité et pour le
développement local, dont l’égalité de genre),
il s’agit de proposer des cadres opérationnels de
distribution des revenus générés, un « partage des
bénéfices » permettant dans la durée l’adhésion
de tous.
Cela signifie aussi de déterminer les instances de
gouvernance les plus appropriées, de mener une
action forte de formation et de renforcement de
capacités.
En cherchant des financements à l’échelle du
grand corridor, répartis ensuite entre les territoires
de projet, il s’agit à la fois de crédibiliser l’impact
global et de diminuer les coûts de structure.
Un rapide calcul amène à rechercher, pour une
superficie totale de 60 000 hectares, entre 10 et
20 millions de dollars par an de financements
réguliers pour les acteurs des territoires, ce qui
signifie donc une grande robustesse tant des
contractualisations avec les populations locales
que dans les processus de vérification / certification.Design graphique : Atelier Franck Tallon
Depuis sa création en 2015, l’association CLIMATE CHANCE soutient le rôle central des territoires dans l’action climatique et le lien indissociable entre les agendas du climat, de la biodiversité, de la désertification, en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD). Il s’agit de la seule association internationale cherchant à fédérer l’ensemble des acteurs non-étatiques d’Europe et d’Afrique : gouvernements locaux, entreprises, organisations de la société civile, mais aussi médias, chercheurs et citoyens, œuvrant ainsi à l’accélération de l’action dans les territoires. A été lancée fin 2022, lors de la COP15 Biodiversité, une initiative ambitieuse : la Coalition internationale corridors de biodiversité en Afrique, regroupant acteurs du climat et de la conservation. Le projet démonstrateur “Corridors de biodiversité en Guinée”, projet de connectivité sur le terrain, s’inscrit concrètement dans ce cadre : rassembler et faire dialoguer l’ensemble des acteurs concernés par cet enjeu.
Alice Malek
Directrice biodiversité
Souleymane Condé
Chargé de projet Guinée
Ronan Dantec
Président de l’association Climate Chance
Sénateur de Loire-Atlantique,
VOS CONTACTS
www.climate-chance.org
www.biodiversity-coalition.org
association@climate-chance.org
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