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Document publié le Samedi 1 janvier 2022
Lien du pdf (unknown - Métropole - Metz - C141122 P4 Annexe 4)
Thèmes du document : Environnement, Énergies, Changement climatique,
1
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
ENJEUX
CLIMAT AIR ENERGIE
DU TERRITOIRE2
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
ENJEUX
CLIMAT AIR ENERGIE
DU TERRITOIRE
SOMMAIRE GENERAL
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL …………… PAGE 3
FOCUS : LA PRECARITE ENERGETIQUE……………….… P 20
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS ..... PAGE 35
FOCUS : LA MOBILITE DECARBONEE ……………..…..… P 47
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE ... PAGE 50
FOCUS : L’ALIMENTATION DES METROPOLITAINS ... P 63
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE ………….….. PAGE 70
FOCUS : LES BATIMENTS TERTIAIRES PUBLICS ….… P 83
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE ……... PAGE 88
FOCUS : LE TRAITEMENT DES DECHETS ………….…. P 101
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION
ET DES GISEMENTS D’ENR&R …………………. PAGE 1093
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
S
1. Evolutions climat-air-énergie du secteur résidentiel de 1990 à 2019 .............................................. 5
1.1. Principaux repères concernant le secteur résidentiel ...................................................................... 5
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019 ...................... 5
2. Panorama détaillé climat-air-énergie du secteur résidentiel en 2019 ............................................. 7
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019 .............................................................. 7
2.2. Caractéristiques du secteur résidentiel à l’échelle des communes et des IRIS .............................. 8
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz pour le secteur résidentiel en 2019............ 10
3. Objectifs climat-air-énergie du secteur résidentiel pour 2026, 2030 et 2050 ................................ 14
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux .............................................................................. 14
3.2. Objectifs du secteur résidentiel sur le territoire de la métropole pour 2026, 2030 et 2050 ........... 17
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs chiffrés du secteur résidentiel ............................ 17
4. Focus : la précarité énergétique .................................................................................................... 20
ENJEUX CLIMAT AIR
ENERGIE DU SECTEUR
RESIDENTIEL4
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
SECTEUR RESIDENTIEL,
QUI ES-TU ?
Le secteur résidentiel regroupe tous les types de logements de l’Eurométropole de
Metz. Ce secteur inclut donc toutes les activités liées aux lieux d’habitation : chauffage,
ventilation, eau chaude sanitaire, cuisson, électricité spécifique, engins de jardinage…
Pour le territoire, à la fois urbain et périurbain, qui comporte un habitat diversifié
(maisons individuelles, appartements, foyers… occupants propriétaires ou locataires)
ce secteur est essentiel, notamment vis-à-vis des enjeux climat-air-énergie.
L’urgence climatique, la raréfaction des énergies fossiles, les fortes augmentations du
prix de l’énergie (notamment pour le gaz naturel et l’électricité), mais aussi les enjeux
de santé publique, encouragent l’Eurométropole de Metz à adopter une stratégie et
des objectifs ambitieux pour la rénovation énergétique des bâtiments résidentiels.
Après un bref rappel des évolutions des indicateurs climat-air-énergie du secteur
résidentiel au cours des 30 dernières années, puis un panorama détaillé des données
de 2019 et des problématiques qu’elles soulèvent, le présent document s’attachera à
proposer des objectifs chiffrés aux horizons 2026, 2030 et 2050, ainsi que des pistes
d’actions pour le nouveau PCAET de l’Eurométropole de Metz.5
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
1. EVOLUTIONS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR
RESIDENTIEL DE 1990 A 2019
1.1. Principaux repères concernant le secteur résidentiel
Le secteur résidentiel est celui qui consomme le plus d’énergie sur le territoire de l’Eurométropole de
Metz (exprimée en Gigawattheure (GWh) d’énergie finale - Pouvoir calorifique inférieur (PCI)), que ce
soit en 1990 ou en 2019.
Sur la même période, le résidentiel constitue le 2e secteur le plus important en matière d’émissions
directes de gaz à effet de serre que ce soit en 1990 ou en 2019.
Enfin, le résidentiel est également l’un des secteurs les plus émetteurs de polluants
atmosphériques, notamment de particules fines (PM 2,5) ou de composés organiques volatiles non
méthaniques (COVNM).
Pour le secteur du résidentiel, les évolutions des indicateurs climat-air-énergie (par rapport aux années
règlementaires de référence) sont les suivantes :
• Les consommations d’énergie finale (à climat réel) ont baissé de 12,1 % entre 2012 et 2019,
• Les émissions de GES ont baissé de 11,2 % entre 1990 et 2019,
• Les émissions de COVNM ont baissé de 29,4 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de NOx ont baissé de 54,7 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de PM10 ont baissé de 41,9 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de PM2,5 ont baissé de 41,8 % entre 2005 et 2019.
Les indicateurs sont donc tous en diminution, toutefois les objectifs de la directive européenne de 2008
pour l’année 2020 (dits « 3 x 20 ») en matière de gaz à effet de serre et de consommation énergétique
n’ont pas été atteints. Les objectifs nationaux ou régionaux ont globalement été atteints en termes
de qualité de l’air, mais pas d’efficacité énergétique, ni d’atténuation du changement climatique.
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019
La Figure suivante (graphique en base 100), permet de mettre en évidence l’évolution comparée des
indicateurs climat-air-énergie les plus représentatifs du secteur résidentiel, pour le territoire de
l’Eurométropole de Metz entre 2005 et 2019 :6
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 1 : Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie du secteur résidentiel pour la période 2005 à 2019
Ce graphique permet de visualiser les fortes baisses pour les émissions de PM2,5 et, dans une
moindre mesure, de COVNM, notamment entre 2005 et 2015. Pour mémoire, les COVNM du secteur
résidentiel proviennent de produits utilisés par les ménages pour leur qualité de solvant, dégraissant,
agent de nettoyage, conservateur, agent de synthèse etc. La diminution des émissions des COVNM
entre 2010 et 2015 est notamment due à l’affichage d’étiquettes (de A+ à C) rendue obligatoire en 2013
sur les matériaux et les produits de construction (exemple : peintures).
Les consommations d’énergie du secteur résidentiel connaissent également une forte baisse, limitée
à la période 2010 - 2014, puis une certaine stabilité (les variations d’une année sur l’autre étant
conjoncturelles, car liées aux conditions de froid de l’hiver et des intersaisons). La baisse des
consommations depuis 2012 est toutefois modeste (-12%), par rapport aux objectifs que l’Etat français
s’était fixé pour 2020 (-20%).
Enfin, les émissions de GES connaissent une baisse plus marquée, reflétant une décarbonation des
énergies utilisées pour le résidentiel. Ainsi les chaudières gaz à condensation sont plus sobres en
énergie qu’auparavant et donc moins émettrices de GES. En ce qui concerne le réseau de chaleur
urbain de l’Eurométropole de Metz, l’utilisation de charbon a été très fortement réduite, alors que le bois-
énergie s’est développé depuis fin 2012 (centrale d’UEM) permettant d’importantes réductions des
émissions de GES.
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
110%
2005 2010 2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Evolutions en base 100 du secteur résidentiel
Consommation d'énergie Gaz à effet de serre PM2,5 COVNM7
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2. PANORAMA DETAILLE CLIMAT-AIR-ENERGIE DU
SECTEUR RESIDENTIEL EN 2019
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019
Territoire de l’Euro-
métropole de Metz
Valeur du secteur résidentiel
pour 2019
Part du secteur en 2019
(sur l’ensemble des secteurs)
Consommation
d’énergie finale
(PCI et à climat réel)
2 007,7 GWh PCI (~ 230 M€)
dont Gaz naturel : 1 108,9 GWh (96 M€)
Electricité : 524,1 GWh (95 M€)
Réseau de chaleur : 165,7 GWh (14 M€)
39,5 %
(de 5 085,4 GWh PCI)
Emissions directes
de GES
304 460 t CO2 é
dont Gaz naturel : 225 620 t CO2 é
Electricité : 26 346 t CO2 é
Réseaux de chaleur : 28 601 t CO2 é
30,4 %
(de 1 000 273 t CO2 é)
Emissions de
polluants
atmosphériques
COVNM : 643,4 t
NOx : 152,3 t
PM10 : 106,1 t
PM 2,5 : 104,6 t
SO2 : 13,3 t
NH3 : 19 t
47 % (de 1365 t)
8 % (de 1949,7 t)
28 % (de 378,9 t)
48 % (de 218,2 t)
25 % (de 52,8 t)
5 % (de 385,9 t)8
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.2. Caractéristiques du secteur résidentiel à l’échelle des communes et des IRIS
Du point de vue de la consommation d’énergie finale, le résidentiel constitue un secteur essentiel.
Les valeurs pour 2019 sont très importantes, au sein des villes suivantes :
• Metz : 954 GWh PCI (où il est le 1er poste de consommation, part du résidentiel dans la consommation d’énergie totale du territoire : 39,5 %, 116 429 habitants),
• Montigny-lès-Metz : 196 GWh PCI (où il est de loin le 1er poste de consommation, part du résidentiel parmi la consommation d’énergie totale du territoire : 61,3 %, 21 819 habitants),
• Marly : 112 GWh PCI (1er poste de consommation également, part du résidentiel dans la consommation d’énergie totale du territoire : 54,5 %, 10 104 habitants),
• Woippy : 106 GWh PCI (1er poste de consommation également, part du résidentiel parmi la consommation d’énergie totale du territoire : 38,7 %, 14 214 habitants).
Les autres territoires communaux atteignent parfois une consommation de 30 à 50 GWh PCI,
notamment Moulins-lès-Metz, Longeville-lès-Metz, Saint-Julien-lès-Metz et Le Ban-Saint-Martin.
En matière d’émissions de gaz à effet de serre, le secteur résidentiel est un poste prépondérant,
quelle que soit la taille des communes, notamment pour les communes de taille moyenne au sein de
l’Eurométropole de Metz (Lessy, Lorry-lès-Metz, Plappeville, Pournoy-la-Chétive, Roncourt, Sainte-
Ruffine…). Ainsi, sur leur territoire en 2019, une très forte proportion d’émissions de GES est
directement liée au secteur résidentiel (1er poste d’émission) et les volumes correspondants peuvent
dépasser les 3 000 t CO2 é sur l’année.
Pour les communes de taille plus importante (villes), même si la typologie des émissions de GES est
plus mixte (équilibre entre résidentiel et transport, suivis par l’industrie et le tertiaire), les volumes
d’émissions de GES liés au secteur résidentiel sont très importants notamment à Ars-sur-Moselle,
Le Ban-Saint-Martin, Saint-Julien-lès-Metz (environ 6 000 t CO2 é émis par an sur chaque commune).
Il en est bien sûr de même dans les villes plus peuplées, à Woippy (16 400 t CO2 é, part du résidentiel
parmi les émissions de GES du territoire : 31,7 %), Marly (16 800 t CO2 é, part du résidentiel dans les
émissions totales de GES : 42,8 %), Montigny-lès-Metz (31 600 t CO2 é, part du résidentiel parmi les
émissions totales de GES : 52, 8 %) et à Metz (147 400 t CO2 é, part du résidentiel dans les émissions
totales de GES : 34,16 %).
Les Ilots regroupés pour l'information statistique (IRIS) sont des unités territoriales comportant environ
2 000 habitants, ou bien le périmètre complet d’une commune pour celles ayant une population
inférieure. Ils permettent donc de territorialiser les consommations d’énergie sur le territoire et de
faciliter l’analyse et les comparaisons.9
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
La Figure suivante représente les consommations énergétiques finales de 2019 du secteur résidentiel,
à l’échelle des IRIS. Cette carte permet de mettre en évidence que des quartiers de Metz situés à
proximité immédiate du centre-ville, ainsi que certaines communes de première couronne (Saint-
Julien-les-Metz, Woippy, Le Ban-Saint-Martin, Longeville-lès-Metz, Moulins-lès-Metz, Montigny-lès-
Metz, Marly…) sont les zones qui comportent les plus fortes consommations d’énergie liées au secteur
résidentiel, ceci pouvant donner une première indication sur la localisation des logements les plus
énergivores.
Figure 2 : Cartographie du territoire de l'Eurométropole de Metz, à l’échelle des IRIS, représentant la consommation énergétique finale, en GWh PCI à climat réel, pour le secteur résidentiel en 201910
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz pour le secteur résidentiel en 2019
On compte sur l’Eurométropole de Metz environ 100 000 résidences principales. Avec une
consommation énergétique moyenne de 20 MWh PCI et de 2 300 € par logement et par an, le
territoire affiche des chiffres supérieurs d’environ 30 % aux moyennes nationales. Comme nous le
verrons plus loin, cela est essentiellement lié au chauffage, qui est le principal poste énergétique du
secteur.
Pour le résidentiel, sur le territoire, le mix énergétique est le suivant : gaz naturel (55,2 % des
consommations d’énergie du secteur), électricité (26,1 %), chaleur et froid issus de réseau (8,3 %),
bois-énergie (3,6 %), autres énergies renouvelables (3,6 %) et produits pétroliers (3,2 %). Ce
dernier, en voie de disparition, est surtout utilisé sur les franges ouest, sud et nord-est du territoire
métropolitain, zones non desservies par le gaz ou par un réseau de chaleur.
Concernant les consommations locales supérieures de 30 % à la moyenne nationale, le climat hivernal
plus froid à Metz que sur l’ensemble du territoire national justifie un recours accru au chauffage de
l’ordre de 15 à 20 %.
Cependant, la surface moyenne des logements au sein de la métropole (environ 80 m²) est inférieure
de 11% à la moyenne française. Finalement, cela laisse supposer que :
• Le comportement des habitants du territoire est énergivore, peut-être en lien avec l’époque
où l’énergie était abondante et peu coûteuse, voire gratuite pour certains salariés,
• La performance énergétique des bâtiments est inférieure à la moyenne française, sans doute
dû au fait que beaucoup de résidences principales de la métropole ont été construites entre
1949 et 1974. En effet, d’une façon générale, les logements construits avant 1975 affichent les
plus hautes consommations de chauffage au m². Quant aux logements construits après 1990,
leur consommation est inférieure à la moyenne d’environ 25 %.
La rénovation thermique des bâtiments les plus énergivores représente donc un enjeu majeur, ainsi
que l’incitation aux changements de comportements, notamment pour l’utilisation du chauffage
(thermostats, réglage de la chaudière, entretien, gestes de sobriété, etc.).
Les émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel pour 2019 (304 460 t CO2 é) sont
étroitement liées aux usages de l’énergie dans le logement, qui représentent 98 % des émissions de
ce secteur. Pour information et comme repris sur la Figure ci-dessous, les « autres émissions »
(émissions non énergétiques) représentent quant à elles les engins de jardinage, les feux ouverts
(déchets verts ou au sein des logements), ainsi que l’utilisation de solvants, produits fluorés, tabac, etc.11
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En examinant la répartition des émissions directes de GES selon les années de construction des
logements (Figure 3 ci-après), on s’aperçoit que les logements construits entre 1949 et 1981
représentent un volume total d’émissions de 150 926 t CO2 é, c’est-à-dire la moitié des émissions de
GES du secteur résidentiel, à l’inverse des logements récents, qui ont une meilleure performance
énergétique grâce aux règlementations thermiques successives. C’est donc sur les logements de
l’Eurométropole de Metz des années 1950, 1960 et 1970 qu’il faudra axer l’effort de rénovation
énergétique.
Figure 3 : Emissions de GES des logements du territoire selon leur année de construction, en 2019
Si on s’intéresse maintenant à la répartition des émissions de GES de 2019 du secteur résidentiel selon
les types de logements, on observe en premier lieu qu’elles proviennent en immense majorité des
résidences principales (97,1%). Viennent ensuite les émissions non énergétiques (« autres
émissions ») qui comptent pour 2 % seulement. Enfin, les émissions de GES des logements vacants et
des résidences secondaires sont très minoritaires : elles ne représentent respectivement que 0,6 % et
0,3 % du secteur résidentiel de l’Eurométropole de Metz.
La Figure 4 ci-après met en évidence que l’enjeu de rénovation énergétique des logements concerne
autant les logements individuels de la métropole (qui représentent 43% des émissions de GES du
secteur résidentiel en 2019) que les logements collectifs (55 % des émissions). Pour ces derniers, un
effort particulier a été accompli par les bailleurs sociaux, depuis une quinzaine d’années. Un défi reste
à relever : celui de la rénovation thermique des copropriétés.
Figure 4 : Emissions de GES des logements du territoire selon leur type, en 2019
6 147
12 564
54 291 91 012 59 914 30 713 21 294 17 11611 408
0 50 000 100 000 150 000 200 000 250 000 300 000
Emissions de gaz à effet de serre des logements
selon leur année de construction (en tonnes CO2 é)
Autre émissions construit après 2012 construit avant 1949
construit entre 1949 et 1974 construit entre 1975 et 1981 construit entre 1982 et 1989
construit entre 1990 et 1998 construit entre 1999 et 2005 construit entre 2006 et 2011
2%
55%
43%
Emissions de gaz à effet de serre des logements
selon leur type (en % du secteur résidentiel)
Autre émissions
Logement Collectif
Logement individuel12
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En s’intéressant aux usages de l’énergie au sein des logements (cf. Figure 5 ci-dessous), on comprend
que le chauffage principal (individuel ou collectif) représente la part la plus importante (247 493 t CO2
é, soit 81,3 % des émissions de GES du secteur résidentiel). Il est suivi de l’eau chaude sanitaire (qui
représente 9,1 % des émissions) et la cuisson (3,9 %). Enfin, l’électricité spécifique (éclairage,
appareils…) représente seulement 3,1 % des émissions de GES du secteur résidentiel.
Figure 5 : Emissions de GES des logements du territoire selon les usages de l’énergie, en 2019
Du point de vue de la répartition par énergie des émissions de GES du secteur résidentiel (cf. Figure ci-
après), le gaz naturel apparaît comme très majoritaire, car son contenu en carbone (facteur d’émission)
est plus élevé que d’autres énergies : en 2019, ses consommations engendrent 225 620 t CO2 é (74,1
% des émissions de GES du secteur, alors qu’il représente 55,2 % du mix), loin devant la chaleur issue
de réseau urbain (28 601 t CO2 é), l’électricité (26 346 t CO2 é) et les produits pétroliers dont le fioul
(17 032 t CO2 é). A noter que le fioul a un contenu carbone encore plus élevé que celui du gaz naturel.
Plus particulièrement, parmi les émissions de GES liées au gaz naturel, les résidences principales
(collectives et individuelles) construites avant 1974 représentent quasiment la moitié (48,6 %). Elles
doivent donc constituer le cœur de cible d’une politique de rénovation énergétique des logements.
Figure 6 : Emissions de GES des différentes énergies utilisées pour le secteur résidentiel, en 2019
0 50 000 100 000 150 000 200 000 250 000 300 000
Emissions de gaz à effet de serre des logements
par usage (en tonnes CO2 é)
Chauffage d'agrément Chauffage d'appoint Chauffage principal collectif
Chauffage principal individuel Climatisation Cuisson
Eau chaude sanitaire Electricité spécifique Engins spéciaux
Pas d'usage énergétique
0 50 000 100 000 150 000 200 000 250 000 300 000
Emissions de GES des énergies utilisées
pour le résidentiel (en tonnes CO2 é)
Aucune énergie Autres énergies renouvelables (EnR)
Bois-énergie (EnR) Chaleur et froid issus de réseau
Electricité Gaz Naturel
Produits pétroliers13
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Concernant les enjeux de qualité de l’air, le secteur du résidentiel émet des polluants atmosphériques
très diversifiés (voir la Figure 7 ci-dessous pour le volume d’émissions de chacun des 6 polluants
réglementaires).
Avec 643,4 tonnes émis, les COVNM sont les polluants majoritaires de ce secteur (notons que le
résidentiel constitue également le premier secteur émettant des COVNM, à égalité avec l’industrie). Ce
polluant est lié à l’utilisation de solvants, de produits fluorés, de tabac, etc. Les émissions
correspondantes (non énergétiques) s’évaluent à plusieurs tonnes sur chaque IRIS du territoire de
l’Eurométropole de Metz.
Viennent ensuite les oxydes d’azote (NOx) et les particules fines (PM10 et PM 2,5), davantage liés aux
feux ouverts (dont ceux des déchets vers) et parfois au chauffage au bois de maisons individuelles (par
exemple dans un quartier de Marly datant des années 1980).
Figure 7 : Emissions de polluants atmosphériques du secteur résidentiel, en 2019
13,3
152,3
18,9
643,4
106,1
104,6
0 100 200 300 400 500 600 700
SO2 en T
NOx en T
NH3 en T
COVNM en T
PM10 en T
PM2.5 en T
Emissions de polluants du secteur résidentiel (tonnes)14
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3. OBJECTIFS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR
RESIDENTIEL POUR 2026, 2030 ET 2050
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux
À l’échelle nationale, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) d’août
2015 crée de nouveaux outils de planification énergie-climat pilotés par l’État : la Stratégie nationale
bas carbone (SNBC), la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et le Plan national de réduction
des émissions de polluants atmosphériques (PRÉPA) :
• Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PRÉPA) :
La réduction de la pollution atmosphérique est un enjeu sanitaire majeur : la LTECV (article 64) prévoit
l’élaboration d’un PRÉPA, afin de protéger la population et l’environnement. Ce document se compose
d’un décret fixant les objectifs de réduction à horizon 2020, 2025 et 2030 (tableau ci-dessous) et d’un
arrêté déterminant les actions de réduction des émissions à renforcer et à mettre en œuvre.
PRÉPA - POLLUANTS ATMOSPHÉRIQUES À PARTIR DE
2020
À PARTIR DE
2025
À PARTIR DE
2030
DIOXYDE DE SOUFRE (SO2) -55 % -66 % -77 %
OXYDES D’AZOTE (NOX) -50 % -60 % -69 %
AMMONIAC (NH3) -4 % -8 % -13 %
COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COVNM) -43 % -47 % -52 %
PARTICULES FINES (PM2,5) -27 % -42 % -57 %
PRÉPA - objectifs de réduction des émissions de polluants (par rapport à l’année de référence 2005)
• Stratégie nationale bas carbone (SNBC) et Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) :
La SNBC (Code de l’environnement, articles L.222-1B et suivants) vise la réduction de la dérive
climatique à long terme, par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Approuvée le 23
avril 2020 (décret n° 2020-457), elle dessine le chemin de la transition écologique et solidaire vers la
neutralité carbone en 2050. Ce principe impose de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que
notre territoire ne peut en absorber, via notamment les forêts ou les sols. La SNBC prévoit pour cela de
réduire les émissions d’un facteur d’au moins 6 par rapport à 1990, soit une baisse de 83 % à l’horizon
2050.
Figure 8 : SNBC - objectifs sectoriels à horizon 205015
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En effet, la loi dite « énergie-climat » (LEC) promulguée le 8 novembre 2019 a modifié l’objectif
préalable, qui était communément appelé « facteur 4 » (division par 4 des émissions de GES à horizon
2050). Ainsi, le nouvel objectif de la France est de : « réduire les émissions de gaz à effet de serre de
40 % entre 1990 et 2030 et (...) atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 en divisant les émissions
de gaz à effet de serre par un facteur supérieur à six entre 1990 et 2050. »
La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE, Code de l’énergie articles L.141-1 et suivants)
constitue l’outil de pilotage du système énergétique de la France. La PPE de la période 2019-2028
a été approuvée le 23 avril 2020 (décret n° 2020-456), elle fixe les priorités d’actions pour la gestion de
l’ensemble des formes d’énergie, avec des objectifs 2023 et une tendance 2028. Une nouvelle PPE,
pour la période 2024-2033, devra être définie prochainement par l’Etat.
Le tableau suivant synthétise les objectifs nationaux climat-énergie :
SNBC - GES ET ENERGIE 2030 2050
REDUCTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/1990) -40 % -83 %
REDUCTION DE LA CONSO. ENERGETIQUE FINALE (/2012) -20 % -50 %
REDUCTION DE LA CONSO. DES ENERGIES FOSSILES (/2012) -30 % /
% ENR DANS LA CONSOMMATION ENERGETIQUE FINALE 32 % /
SNBC - objectifs de réduction des émissions de GES et objectifs relatifs à l’énergie (par rapport à 1990 et 2012)
A l’échelle régionale :
• Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires
(SRADDET) de la Région Grand Est :
Le SRADDET du Grand Est, adopté en janvier 2020, affirme que les territoires et les acteurs du
monde économique ont un rôle à jouer pour atténuer le changement climatique, s’y adapter, mieux
utiliser l’énergie et améliorer la qualité de l’air. Pour que ces actions soient les plus structurantes, il est
essentiel d’aborder la question par une approche intégrée urbanisme-transport-énergie-
développement économique, afin d’engager les territoires dans une démarche vertueuse de réduction
des émissions à la source.
Concernant la qualité de l’air et en complément de cette approche croisée de la planification, la Région
Grand Est estime nécessaire de viser l’amélioration de la protection des populations exposées, en
particulier les plus sensibles (enfants, personnes âgées, femmes enceintes, personnes souffrant de
pathologies chroniques, etc.) au-delà des périmètres des Plans de protection de l’atmosphère (PPA)
prévus par la réglementation. En effet, dans une logique de santé publique, la Région Grand Est juge
nécessaire de viser les lignes directrices de l’OMS, plus protectrices que les normes actuelles, et de
sortir de la gestion de situations d’urgence lors des pics de pollution, en inscrivant ces mesures de
protection dans la durée.
Le tableau ci-dessous précise les objectifs du SRADDET concernant la diminution des émissions de
polluants atmosphériques pour 2021 et 2026 et les objectifs de plus long terme, pour 2030 et 2050 :
SRADDET - POLLUANTS ATMOSPHÉRIQUES 2021 2026 2030 2050
DIOXYDE DE SOUFRE (SO2) -78 % -81 % -84 % -95 %
OXYDES D’AZOTE (NOX) -49 % -62 % -72 % -82 %
AMMONIAC (NH3) -6 % -10 % -14 % -23 %
COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COVNM) -46 % -51 % -56 % -71 %
PARTICULES FINES (PM2,5) -40 % -49 % -56 % -81 %
SRADDET - objectifs de réduction des émissions de polluants (par rapport à l’année de référence 2005)16
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Enfin, le tableau ci-dessous précise les objectifs du SRADDET de diminution des émissions de gaz à
effet de serre (GES), ainsi que les objectifs relatifs à l’énergie à atteindre en 2021, 2026, 2030 et 2050 :
SRADDET - GES ET ENERGIE 2021 2026 2030 2050
REDUCTION DES EMISSIONS DE GES (/1990) -41 % -48 % -54 % -77 %
REDUCTION DE LA CONSO. ENERGETIQUE FINALE (/2012) -12 % -21 % -29 % -55 %
REDUCTION DE LA CONSO. DES ENERGIES FOSSILES (/2012) -15 % -32 % -46 % -90 %
% ENR DANS LA CONSOMMATION ENERGETIQUE FINALE 25 % 33 % 41 % 100 %
SRADDET - objectifs de réduction des émissions de GES et relatifs à l’énergie (par rapport à 1990 et 2012)
S’agissant cette fois spécifiquement du secteur résidentiel, le SRADDET pose les objectifs chiffrés
suivants (à titre indicatif) :
SRADDET - GES ET ENERGIE SPECIFIQUES AU RESIDENTIEL 2021 2026 2030 2050
REDUCTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/2014) -40 % -90 %
REDUCTION DE LA CONSO. ENERGETIQUE FINALE (/2012) -21 % -35 % -46 % -89 %
SRADDET - objectifs spécifiques au résidentiel de réduction des émissions de GES et objectifs relatifs à l’énergie17
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.2. Objectifs du secteur résidentiel sur le territoire de la métropole pour 2026, 2030 et 2050
En lien avec ces objectifs régionaux et nationaux, mais également avec les leviers d’actions permis par
le PCAET de l’Eurométropole de Metz et ses différentes politiques publiques, il est proposé d’adopter,
pour le secteur résidentiel, les objectifs chiffrés suivants :
NB : la méthode pour fixer les objectifs a été la suivante : les objectifs relatifs à l’énergie ont d’abord
été fixés pour 2030 à l’aide du SDE, puis pour 2026 et 2050 notamment en fonction des objectifs
régionaux et nationaux. Les objectifs en matière de GES ont été fixés en conséquence, car ils résultent
à la fois des baisses de consommation d’énergie et du développement d’énergies moins carbonées.
Enfin, avec la même logique, ont été fixés les objectifs en matière de polluants atmosphériques.
L’articulation entre les dimensions climat, air et énergie s’appuie aussi sur les courbes en base 100
(évolutions 2005 - 2019) présentées dans la première partie de ce document.
2026 2030 2050
EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/1990) -28 % -40 % -84 % CONSOMATION ENERGETIQUE FINALE (/2012) -24,8 % -26,5 % -60,6 % DIOXYDE DE SOUFRE (SO2) (/2005) -85 % -86 % -90 %
OXYDES D’AZOTE (NOX) (/2005) -50 % -55 % -65 %
AMMONIAC (NH3) (/2005) -16 % -25 % -50 %
COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COVNM) (/2005) -35 % -40 % -70 %
PARTICULES (PM10) (/2005) -63 % -68 % -80 %
PARTICULES FINES (PM2,5) (/2005) -48 % -53 % -76 %
Objectifs pour le résidentiel sur l’Eurométropole de Metz (par rapport à : climat 1990 / énergie 2012 / air 2005) ;
le / signifie : par rapport à l’année de référence correspondante
NB : pour certains polluants, les objectifs 2030 ou 2050 (découlant du PREPA ou du SRADDET) sont
déjà atteints en 2019. Dans ce cas, les objectifs fixés dans le cadre du PCAET sont bien entendu plus
ambitieux ; ils vont ainsi dans le sens d’une diminution continue.
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs
chiffrés du secteur résidentiel
3.3.1. SCENARIO 2026 :
Le scénario établi pour 2026 sur l’Eurométropole de Metz prévoit, pour le secteur résidentiel, un objectif
de consommation énergétique finale à 1712 GWh par an et un objectif d’émissions de GES d’environ
247 000 t CO2 é par an. En lien avec ces objectifs, un accent particulier est également mis sur les
diminutions d’émissions des principaux polluants du secteur : NOx, COVNM, PM10 et PM2,5. A titre
d’exemple, il est prévu que le volume de PM2,5 émis sur le territoire soit de 93 tonnes (contre 180
tonnes en 2005).
Deux actions principales sont à étudier et mettre en place : la rénovation et la sensibilisation. Pour
cela, l’Eurométropole de Metz peut s'appuyer sur ses partenariats, dans le cadre du nouveau
programme de Service d'accompagnement à la rénovation énergétique (SARE), avec l’ALEC du Pays
messin (Agence locale de l’énergie et du climat) ainsi qu’avec la SEM (société d’économie mixte)
OKTAVE.18
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
La sensibilisation, indissociable de la rénovation, est un réel enjeu permettant de travailler sur la
sobriété énergétique : écogestes quotidiens… La mise en place de dispositifs de sensibilisation du
grand public est donc à prévoir. Le besoin d'une assistance aux particuliers pour la rénovation
énergétique des logements, notamment pour le changement des chaudières au fioul (qui alimentent
encore 3% des logements) vers des systèmes plus économes et moins carbonés, est donc primordial.
De même, les anciens poêles à bois, peu efficaces et émetteurs de polluants atmosphériques,
paraissent nécessaires à changer à court terme. Pour cela, l’ALEC du Pays messin a été récemment
renforcée afin de conseiller au mieux les habitants, c’est d’ailleurs un des éléments du programme
SARE mis en place entre l’ALEC et l’Eurométropole de Metz.
La généralisation des isolations thermiques (par l’intérieur ou l’extérieur), l’installation de ventilations,
ainsi que le remplacement des chaudières vers des systèmes plus efficaces et/ou renouvelables auront
un fort impact environnemental et financier.
De plus, des outils juridiques et financiers devraient être développés pour accompagner la transition
énergétique, comme par exemple la mise en place d’une aide à la rénovation énergétique pour les
ménages modestes. Enfin, la lutte contre la précarité énergétique est un enjeu crucial, afin que les
personnes concernées sortent de cette situation de manière pérenne (voir focus dédié, pages
suivantes).
La mise en place d’une maison de l'habitat, qui serait le lieu central et unique d'information pour tous
les habitants de la métropole, pourrait revêtir une réelle plus-value dans le but de simplifier la recherche
d’informations et l’accompagnement des particuliers dans leurs projets.
3.3.2. SCENARIO 2030 :
Le Schéma directeur des énergies (SDE) de l’Eurométropole de Metz, finalisé début 2021, a permis
d’étudier précisément les objectifs à l’horizon 2030. Concernant la consommation énergétique pour le
secteur résidentiel, l’objectif serait d’atteindre un niveau de 1666 GWh d’énergie finale consommée
par an. Pour les émissions de GES, l’objectif serait d’atteindre 205 800 t CO2 é par an.
Le territoire a ainsi des visées encore plus ambitieuses qu’à l’échelle nationale. En effet, entre 2021 et
2030, environ 15 000 rénovations lourdes de logements (équivalent BBC, Bâtiment basse
consommation) sont à mettre en place, soit 15 % du parc actuel de logements. Elles permettront une
baisse de 40 % à 60 % des consommations énergétiques de chauffage (selon le type et l‘âge du
bâtiment). Le gain énergétique annuel, à la suite de ces rénovations énergétiques lourdes, ainsi qu’aux
campagnes de sensibilisation sur les écogestes, serait en moyenne de 31 GWh par an.
De plus, l’expérimentation de nouvelles formes de bâti résidentiel constituerait aussi une solution
intéressante et pertinente. : plus grande compacité (maisons jumelles ou en bande, petits collectifs…),
bioclimatisme, prise en compte de la nature en ville, amélioration de la qualité de l’air intérieur, réduction
des consommations d'énergie, harmonie avec l'ambiance de chaque quartier ou village de la métropole.
Face à l’augmentation importante des prix de l’énergie, ces solutions engendreront également des
gains sur la facture énergétique des ménages, ainsi qu’une meilleure synergie entre les acteurs du
territoire intervenant sur cette problématique. Cela permettrait notamment de venir davantage en aide
aux habitants les plus défavorisés et de lutter contre la précarité énergétique, notamment des personnes
âgées. La maison de l’habitat permettrait de faciliter la communication, au quotidien, entre les
différents acteurs, pour :
- Assurer une communication large et claire sur l'ensemble des dispositifs d'accompagnement à
la rénovation des logements : SARE, Ma Prime Rénov...
- Regrouper en un lieu unique les acteurs de la rénovation énergétique, afin de faciliter le
parcours usager : ALEC, CALM, ANAH, Direction de l’Habitat de l’Eurométropole de Metz, etc.19
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.3.3. SCENARIO 2050 :
Pour 2050, le scénario estime la consommation énergétique du secteur résidentiel entre 700 et 1100
GWh par an : prévision du scénario fixée à environ 890 GWh par an. Pour les émissions de GES,
l’objectif du secteur résidentiel serait d’atteindre environ 55 000 t CO2 é par an. Comme présenté dans
la partie précédente, les émissions des principaux polluants du secteur (NOx, COVNM, PM10 et PM2,5)
continueraient également à baisser. A titre d’exemple, le volume de PM2,5 émis serait de 43 tonnes,
contre 180 tonnes en 2005.
L’Eurométropole de Metz souhaite ainsi poursuivre son objectif de réduction des consommations du
secteur résidentiel de façon linéaire sur la période 2030-2050 (voir Figure ci-dessous). Les solutions
mises en place précédemment seraient donc à maintenir et à développer.
De plus, on peut imaginer que d’ici 2050 les habitudes des citoyens auront changé. En effet, les
comportements vertueux et les gestes simples pour éviter l’effet de passoire énergétique dans un
logement (comme par exemple de ne pas chauffer et d’aérer, fenêtre ouverte, en même temps) seront
(re-)devenus le quotidien de beaucoup de personnes. Ces comportements vertueux seront complétés
avec des actions ambitieuses mises en place en faveur de l’efficacité thermique de l’ensemble du parc
résidentiel du territoire. Sobriété et performance énergétique seront alors devenues la norme sur le
territoire de l’Eurométropole de Metz.
Le graphique ci-dessous illustre les différents objectifs de consommation d’énergie du secteur
résidentiel à horizons 2026, 2030 et 2050 :
Figure 9 : Objectifs de consommations d’énergie finale annuelle du secteur résidentiel à horizons 2026, 2030 et 2050
0
500
1000
1500
2000
2500
3000
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh EF
Années
Objectifs de réduction de la consommation énergétique
du Residentiel (GWh d'énergie finale par an)
CONSO réelle EMM SDE / PCAET VISION ADEME SRADDET GRAND EST20
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Réalisé avec l’appui de
4. FOCUS : LA PRECARITE ENERGETIQUE
4.1. Que signifie être en situation de précarité
énergétique ?
La précarité énergétique est définie par la Loi Grenelle II du 12 juillet 2010 comme étant « la situation
d’une personne qui éprouve des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie
nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses conditions
d’habitat ou de ses ressources. » L’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) considère
(depuis 2018) les logements qui consacrent plus de 8 % de leurs revenus aux dépenses d’énergie
comme étant en précarité énergétique.
Différentes données reflètent cet enjeu : l’indicateur Bas Revenu Dépenses Élevées (BRDE), qui
apporte une vision économique de la précarité énergétique ; l’indicateur du froid ressenti
(FR_PRECA_3D) déclaré par les ménages les plus pauvres, qui reflète le phénomène d’auto-
restriction… Ici, la méthodologie choisie s’appuie sur la part du budget que consacre un ménage à sa
facture énergétique : le taux d'effort énergétique (TEE). Ainsi, dans ce focus, est utilisé l’indicateur
TEE 3D > 8 %, c’est-à-dire, les ménages des trois premiers déciles de revenu disponible par unité de
consommation dont le taux d’effort énergétique est supérieur à 8 %.
• Ces indices peuvent être renseignés avec les dépenses liées au logement et à la mobilité :
La facture énergétique pour le logement est basée sur les consommations réelles de tous
les usages : chauffage, eau chaude sanitaire (ECS), cuisson, électricité spécifique.
• La facture énergétique concernant la mobilité relève uniquement de la mobilité domicile-
travail pour les déplacements en voiture et en deux-roues motorisés. Ces déplacements
représentent un tiers des dépenses liées au véhicule personnel. Cela inclut uniquement les
dépenses de carburant du véhicule, et non celles de son entretien ou de son assurance.
On assiste à deux phénomènes : soit il y a surconsommation, ce qui entraîne souvent endettement,
voire surendettement du ménage, soit les occupants se sous-chauffent pour réduire la facture
d’énergie, on peut parler de sous-consommation, et on assiste alors à une lente dégradation du
logement, entraînant des effets néfastes sur la santé des occupants, voire leur marginalisation.
4.2. Quelle est la situation en France ?
• En 2019, 53 % des foyers français ont déclaré avoir restreint leur chauffage afin de ne pas
avoir de factures trop élevées,
• Sur la base du taux d'effort énergétique, 11,9 % des Français sont considérés en situation de
précarité énergétique en France métropolitaine,21
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
• 1 français sur 5 a ressenti du froid dans son logement pendant au moins 24 heures (Source :
médiateur de l’énergie, 2019).
Au total, l'ONPE considère que « 5,6 millions de ménages en situation de précarité énergétique restent
particulièrement exposés aux aléas climatiques et aux variations du prix de l’énergie, malgré la
montée en puissance de politiques d’aide à la rénovation énergétique des logements depuis dix ans qui
s’est notamment traduite par une forte implication de l'ANAH et de ses opérateurs, qui accompagnent
les plus modestes sur des rénovations globales, par la mise en place de MaPrimeRénov et par
l’extension du chèque énergie à de nouveaux publics »
4.3. Quelles sont les conséquences sanitaires de la
précarité énergétique ?
Il existe une corrélation entre la déclaration d’un mauvais état de santé et les conditions de logement.
Suit une liste non exhaustive de conclusions issues de la recherche scientifique :
• En France, l’étude de Ledésert (2013) indique qu'il y a de la moisissure dans 64 % des
logements de ménages en précarité énergétique,
• Plusieurs facteurs de stress liés au logement et pouvant impacter la santé mentale ont été
identifiés et notamment les inquiétudes financières,
• L’étude de Barnes (2008) sur les impacts du mal logement sur les enfants montre que 28 %
des adolescents de l’échantillon vivant en situation de précarité énergétique présentent des
troubles mentaux multiples, contre 4 % des adolescents vivant dans des logements
confortables,
• Le froid peut impacter physiologiquement les habitants, les rendant moins adroits et
augmentant le risque de blessure (Marmot Review Team, 2011),
• Les chauffages de fortune, ainsi que les bougies pour s’éclairer en cas de restriction d’usage
de l’électricité, augmentent également les risques d’incendie dans le logement (Ezratty 2009)
ou d’intoxications au monoxyde de carbone (Deconinck et al 2012),
• De même dans certains cas, l’impossibilité d’avoir de l’eau chaude peut rendre difficile de
maintenir une hygiène satisfaisante et augmenter le risque infectieux (Ezratty 2009),
L’étude d’Eurofound (2016) a chiffré les coûts de santé directs et indirects du mal-logement : les coûts
médicaux directs y sont évalués à 930 millions d’euros. Les coûts indirects pour la société
(absentéisme au travail ou à l’école, perte de productivité, etc.) s’élèvent à près de 20 milliards d’euros,
soit vingt fois plus que les coûts directs.
NB : les ménages en précarité énergétique peuvent aussi être des ménages précaires exposés à de
multiples facteurs de risque pour la santé.22
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.4. Quelle est la situation sur l’Eurométropole de Metz ?
La métropole compte environ 100 000 logements, dont 27 708 logements sociaux (RPLS).
4.4.1. COMBIEN DE PERSONNES SONT CONCERNEES ?
D’après l’Observatoire régional de la précarité énergétique, environ 20 % des ménages sont exposés
au risque de précarité énergétique liée au logement (moyenne nationale), soit 18 300 ménages de
l’Eurométropole de Metz. Ce sont près de 25 % des ménages exposés pour le Grand Est, région
particulièrement exposée.
4.4.2. QUI SONT LES PERSONNES TOUCHEES ?
• 62% des ménages sont composés d'une personne, soit 11 400 ménages,
• 39% ont plus de 60 ans, soit 7 100 ménages,
• 39% sont des femmes seules, soit 7 200 ménages,
• La majorité vit dans un appartement : 76%, soit 13 800 ménages,
• La plupart sont locataires : 66%, soit 12 100 ménages,
• Une forte proportion utilise du gaz de ville : 50%, soit 9 100 ménages,
• 47% des ménages ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté, soit 8 600 ménages.
Même si les profils et les pratiques de chauffage sont très diverses, on peut dégager de ces éléments
deux profils-types :
• Une femme retraitée vivant seule à faible pension dans un logement énergivore,
• Un étudiant vivant seul dans un appartement mal isolé en centre-ville.
Selon l’étude menée par l’Insee en 2015, à l’Eurométropole de Metz, les ménages vulnérables sont plus
souvent des ménages jeunes.
En effet, d’après le Baromètre Info Energie réalisée par le médiateur national de l’énergie en avril 2020,
la précarité liée à l’énergie est plus forte chez les 18-34 ans dont :
• 29 % ont souffert du froid pendant au moins 24 heures,
• 32 % ont rencontré des difficultés pour payer certaines factures d’électricité ou de gaz,
• 66 % ont restreint le chauffage pour ne pas avoir de factures trop élevées,
• 20 % ont connu une coupure à la suite de difficultés de paiement.
Figure 10 : Répartition des ménages vulnérables selon les tranches d’âge. Source : Insee : RP, ERFS, RDL de 2008 ; SOeS ; Anah23
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.4.3. OU HABITENT LES PERSONNES TOUCHEES ?
Grâce à l’outil GEODIP, développé par l’ONPE, il est possible d’estimer et de cartographier la précarité
énergétique du territoire de l’Eurométropole de Metz, à l’échelle de l’IRIS.
Ménages sous le seuil de pauvreté :
Montigny-lès-Metz, Ars-sur-Moselle, Metz, Woippy et Longeville-lès-Metz ont plus d’un quart de
leurs ménages sous seuil de pauvreté. Pour Moulins-lès-Metz, c’est plus de 20 %.
0
5
10
15
20
25
30
Sainte-Ruffine
Mey
Laquenexy
Chesny
Jury
Chieulles
Coin-lès-Cuvry Lorry-lès-Metz
Mécleuves
Féy
Ars-Laquenexy
Saulny
Rozérieulles
Gravelotte
Pournoy-la-Chétive
Vany
Plappeville Noisseville Marieulles
Vaux
Vantoux
Cuvry Pouilly
Lorry-Mardigny
Vernéville
Saint-Julien-lès-Metz
La Maxe Roncourt
Nouilly
Châtel-Saint-Germain
Saint-Privat-la-…
Lessy
Amanvillers
Jussy Marly
Scy-Chazelles
Peltre
Coin-sur-Seille
Augny
Le Ban-Saint-Martin
Moulins-lès-Metz
Longeville-lès-Metz
Woippy
Metz
Ars-sur-Moselle
Montigny-lès-Metz
Part des ménages sous le seuil de pauvreté (%)
Figure 11 : Pourcentage des ménages vivant sous le seuil de pauvreté, en fonction des communes
Figure 12 : Pourcentage des ménages vivant sous le seuil de pauvreté, en fonction des IRIS24
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Précarité énergétique liée au logement à l’échelle de la commune :
Par définition, la pauvreté est le facteur le plus influent sur la précarité énergétique. Les communes
d’Ars-sur-Moselle et Augny se détachent avec plus de 20 % de ménages en situation de précarité
énergétique liée au logement, même si Augny est 8ème dans le classement des communes selon le
critère de pauvreté. Peltre apparaît ci-dessus en 3ème position, alors qu’il s’agit de la 10ème commune
selon le critère de pauvreté.
A l’inverse, des villes comme Montigny-lès-Metz, Metz ou Woippy ont un meilleur classement de
précarité énergétique liée au logement (respectivement 9ème, 7ème et 11ème) par rapport à celui répondant
au critère de pauvreté présenté précédemment (respectivement 1ère, 3èmeet 4ème). Cet écart peut
s’expliquer par des factures énergétiques liées au logement moins importantes dans les communes
plus urbaines comportant plus d’appartements, donc avec moins de surface à chauffer par logement.
La présence de logements sociaux, qui sont en moyenne plus performants énergétiquement,
expliquent aussi cette différence entre précarité énergétique et pauvreté.
A l’échelle de l’IRIS, il y a une forte
corrélation entre la part des ménages en
situation de précarité énergétique liée au
logement et celle des ménages vivant sous
le seuil de pauvreté (coefficient de
corrélation : 0.77) : voir cartes ci-après et
Annexe (liste détaillée des IRIS les plus
touchés par la précarité, avec le détail des
facteurs pouvant l’expliquer).
0
5
10
15
20
25
30
Sainte-Ruffine
Chesny
Laquenexy
Coin-lès-Cuvry
Chieulles
Jury
Lorry-lès-Metz
Mey
Mécleuves
Ars-Laquenexy
Féy
Noisseville
Pouilly
Le Ban-Saint-…
Gravelotte
Lorry-Mardigny
Nouilly
Rozérieulles
Vantoux
Saint-Julien-lès-…
Vany
Roncourt
Saulny
Amanvillers
Marly
Saint-Privat-la-…
Plappeville Marieulles Pournoy-la-…
La Maxe
Vaux
Vernéville
Châtel-Saint-…
Scy-Chazelles
Lessy Woippy Jussy
Montigny-lès-Metz
Cuvry Metz
Moulins-lès-Metz
Coin-sur-Seille Longeville-lès-…
Peltre
Ars-sur-Moselle
Augny
Part des ménages en situation de précarité énergétique liée
au logement par commune (%)
Part des ménages dont TEE 3D logement > seuil 8% Part des ménages sous le seuil de pauvreté (%)
Figure 13 : Pourcentage des ménages touchés par la précarité énergétique liée au logement par commune
Figure 14 : Consommation d'énergie moyenne
des logements par IRIS25
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
On remarque que le cœur métropolitain est davantage touché que les communes périphériques,
avec des disparités importantes entre les IRIS.
Les IRIS du Technopôle, Port - Île du Saulcy et Bridoux - Claude Bernard sont caractérisés par une
forte présence d’étudiants et de ménages composés d’une seule personne. Cela explique la part
élevée de ménages en situation de précarité énergétique. Néanmoins, pour les étudiants habitant
dans le parc dédié (résidences universitaires, foyers d’étudiants, etc.) la facture d’énergie est souvent
mutualisée via une redevance et les logements sont souvent peu énergivores. Ainsi, il s’agit d’étudiants
moins vulnérables que ceux à faibles revenus vivant seuls dans le parc locatif privé en centre-ville.
Les quartiers comportant des logements anciens (construits avant 1974), cumulés à une part
relativement importante de ménages vivant sous le seuil de pauvreté, sont aussi particulièrement
exposés. C’est le cas dans les quartiers politique de la ville de Bellecroix et de Saint-Éloy - Boileau -
Pré Génie, dans le centre-ville de Metz, dans le quartier Gare, à Montigny-lès-Metz et à Ars-sur-Moselle.
Les communes d’Augny et Peltre sont également touchées car beaucoup d’habitants sont des
propriétaires modestes de maisons individuelles, nécessitant de plus grandes surfaces à chauffer.
Figure 15 : Pourcentage des ménages touchés par la précarité énergétique liée au logement par IRIS26
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Précarité énergétique liée à la mobilité :
Il y a une forte corrélation entre la part des ménages en situation de précarité énergétique liée à la
mobilité quotidienne en voiture et celle des ménages vivant sous le seuil de pauvreté (coefficient de
corrélation : 0.85). Ars-sur-Moselle cumule les deux formes de précarité énergétique. Cela s’explique
par des logements anciens, des déplacements plus importants et des ménages plus âgés.
Longeville-lès-Metz et Metz arrivent respectivement 2ème et 3ème : même en cœur d’agglomération,
une part relativement importante de ménages éprouvent des difficultés vis-à-vis des dépenses de
carburant. Ainsi, la dépendance à la voiture pour des petits trajets (qui sont majoritaires, cf. Enquête
déplacement grand territoire, 2017) vulnérabilisent fortement les ménages messins et longevillois.
0
5
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Sainte-Ruffine
Féy
Lorry-lès-Metz Ars-Laquenexy
Laquenexy
Chesny Chieulles
Plappeville
Coin-lès-Cuvry
Saulny
Jury
Mécleuves
Vantoux
Vaux
Noisseville
Lessy
La Maxe Gravelotte
Pouilly
Roncourt
Vany Cuvry
Rozérieulles
Saint-Julien-lès-…
Châtel-Saint-… Marieulles
Mey Marly
Saint-Privat-la-…
Vernéville
Nouilly
Scy-Chazelles
Le Ban-Saint-…
Lorry-Mardigny
Pournoy-la-…
Augny
Amanvillers
Woippy Jussy
Montigny-lès-Metz Moulins-lès-Metz
Coin-sur-Seille
Peltre Metz
Longeville-lès-…
Ars-sur-Moselle
Part des ménages en situation de précarité énergétique liée
à la mobilité quotidienne par commune (en %)
Précarité énergétique liée à la mobilité TEE 3D >= seuil 4,5% Part des ménages sous le seuil de pauvreté (%)
Figure 16 : Pourcentage des ménages touchés par la précarité énergétique liée à la mobilité quotidienne par commune
Figure 17 : Pourcentage des ménages touchés par la précarité énergétique liée à la mobilité quotidienne par IRIS27
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.5. Je suis en situation de précarité énergétique, vers qui me tourner ?
A l’image des situations singulières des ménages, les acteurs et les dispositifs susceptibles
d’accompagner les ménages en situation de précarité énergétique sont nombreux et les dossiers
souvent complexes. Cette infographie issue du guide « Quels dispositifs pour accompagner les
ménages en précarité énergétique ? » du Réseau RAPPEL, paru en 2016, montre les organismes vers
qui se tourner selon sa situation :
• Si je suis locataire et mon logement est insalubre, c’est-à-dire que « son état ou ses conditions
d’occupation le rendent dangereux pour la santé de ses occupants ou du voisinage » (L. 1331-
26 du Code de la santé publique), je fais un signalement auprès de la Mairie ou je contacte
l’ADIL.
• Si je fais face à des impayés, je me tourne plutôt vers la CAF, le CCAS ou le service FSL
(Fonds de Solidarité Logement) de l’Eurométropole. Les associations solidaires peuvent
aussi m’aider.
• Si mon logement est énergivore et que j’envisage de le rénover, je me tourne vers l’ALEC du
Pays messin ou le CALM.
Figure 18 : Organismes vers qui se tourner, selon sa situation. Source : Réseau RAPPEL, 201628
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
NB : le chèque énergie est versé sous condition de ressources pour aider 5,8 millions de ménages
modestes en France. Son montant moyen est de 148 euros par ménage.
4.6. Quels sont les freins qui expliquent que trop peu de ménages recourent aux aides ou rénovent leur logement ?
4.6.1. LE MANQUE D’ACCOMPAGNEMENT ET DE COMMUNICATION SUR LES AIDES
« Ça ne répond pas à ma
demande, à mes attentes » ;
« Je ne suis pas au courant
» ; « Il y a plus nécessiteux
que moi » ; « Je ne sais pas à
qui m’adresser » ; « C’est trop
compliqué, je n’y comprends
rien » ; « Je n’en ai pas
vraiment besoin » ; « Je n’ai
pas besoin d’aide » ; « Je me
débrouille » ; « Ça ne me
concerne pas » …
Ces témoignages (Source :
Associations BCE, CLER et
Solibri, programme «Porteurs
d’Idées Énergétiques», 2019)
traduisent un manque de
connaissance et de
confiance vis-à-vis des aides
proposées. L’éclatement des
acteurs, la complexité des
dossiers, la gêne voire la
honte de demander de
l’aide ou le découragement
détournent les personnes
des aides.
Figure 20 : La Spirale « infernale » de la précarité énergétique
Figure 19 : Les différents dispositifs d’aides29
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En définitive, les aides ne s’adressent qu’à une faible minorité qui sont les ménages repérés et
volontaires.
L’ADEME, dans son guide « Précarité énergétique : Comment passer de l’urgence à la prévention ? »,
préconise de former plus de travailleurs sociaux, de décloisonner l’action entre les acteurs
techniques, administratifs et sociaux. L’agence conseille de mettre en place les « Fonds sociaux d’aide
aux travaux de maîtrise de l’énergie » notamment dans le cadre du plan départemental d’action pour
le logement des personnes défavorisées. Ces fonds regroupent les financements des différents
partenaires et peuvent compléter les aides et prêts existants (État, ANAH, CAF, etc.).
Isolation thermique, calfeutrage ou remplacement de fenêtres, thermostat d’ambiance programmable,
poêle à bois, mise en place d’un chauffage central, lampes à basse consommation, réparation des fuites
d’eau… :il existe de multiples possibilités d’intervention, dont le coût est rapidement amorti par les
économies réalisées.
L’étude « La précarité énergétique face au défi des données » (Erard, L. Chancel, M. Saujot, 2015)
constate que « la politique publique de lutte contre la précarité énergétique est […] comme éclatée en
une myriade d’acteurs sans gouvernance précise : les acteurs du logement, du social et de l’énergie
l’abordent, sans qu’aucun d’entre eux n’apparaisse réellement comme chef de file sur la thématique. »
4.6.2. LE RESTE A CHARGE TOUJOURS ELEVE POUR LES TRAVAUX DE REHABILITATION ET DE RENOVATION
« C’est trop loin » ; « Ce qu’on me demande en échange me fait peur, me bloque » ; « L’énergie n’est
pas ma priorité, j’ai d’autres problèmes ! » ; « On m’a dit que ça ne marchait pas » ; « C’est de l’arnaque
» ; « C’est le parcours du combattant » ; « Il y a trop de travaux à faire, ça me fait peur » …
L’un des principaux freins aux démarches de travaux permettant de résorber ce phénomène est le reste
à charge parfois élevé. Un levier est l’avance de subventions suffisantes, procurée par certains
organismes (ANAH, PROCIVIS ou OKTAVE). Par ailleurs, peu de banques prêtent aux ménages pour
financer le reste à charge.
4.6.3. UN RAPPORT DE FORCE DESEQUILIBRE ENTRE BAILLEURS ET LOCATAIRES
La tension du marché locatif amène à un positionnement de force du bailleur, qui n’est pas obligé de
rénover un logement énergivore pour le louer facilement. Aussi, des locataires concernés par la
précarité énergétique n’ont pas les moyens financiers de déménager.
La loi Climat et Résilience prévoit dès le 25 août 2022 le gel des loyers pour les passoires thermiques,
et, à partir de septembre 2022, une obligation d’audit énergétique pour la mise en vente des maisons
ou immeubles complets ayant une étiquette énergétique F ou G.
En 2025, puis 2028, seront interdits à la mise en location les logements classés respectivement G,
puis F.30
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.6.4. DES PRATIQUES DOMESTIQUES PARFOIS INCOMPATIBLES AVEC UN USAGE EFFICIENT DU LOGEMENT
Par manque d’entretien, de connaissance ou de moyens, de nombreux ménages détériorent le confort
de leur logement (sous ou sur-consommation d’énergie, manque de ventilation, non usage du
programmateur, etc.). Utiliser de façon optimale les différentes sources d’énergie n’est pas simple.
• Un enjeu fort porte sur l’enseignement de l’usage efficient d’un logement, des écogestes.
• Parallèlement, une piste d’action serait de sensibiliser les professionnels du bâtiment aux
bonnes pratiques pour qu’ils puissent mieux les relayer aux ménages.
4.6.5. LE ROLE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ EN MATIERE DE LUTTE CONTRE LA PRECARITE ENERGETIQUE
La métropole, à travers sa Direction de l’Habitat et du Logement, exerce les compétences relatives à la
politique locale de l’habitat, l’accueil et la gestion des aires des gens du voyage, la délégation des aides
à la pierre, le renouvellement urbain et les Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL).
Dans le cadre de son PLH 2020-2025, elle poursuit des politiques publiques en matière de logement
social, de rénovation du parc privé (orientation n° 3 « Réhabiliter le parc ancien et promouvoir un habitat
durable »), d’accession abordable à la propriété et de mise en œuvre du plan « logement d’abord » :
• Garanties d’emprunt et subventions du parc public : divers bailleurs sociaux, dont l’Office
Public de l’Habitat de Metz Métropole sont partenaires de l’Eurométropole et la sollicitent pour
des subventions et Garanties d’emprunt pour des réhabilitations de logements sociaux.
• OPAH : l'Eurométropole de Metz s’est engagée aux côtés de l’Agence nationale de l’habitat
(ANAH) à travers une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat 2017-2022. Ce
dispositif assure aux propriétaires-bailleurs et aux propriétaires sous plafonds de
ressources une aide complémentaire à celle octroyée par l’ANAH et un accompagnement de
leur démarche par l’équipe du CALM. Pour prendre la suite de ce programme, sont étudiées en
2022 : une nouvelle OPAH sur l’ensemble de la métropole et une seconde OPAH-RU sur le
périmètre de l’Opération de revitalisation de territoire (ORT).
• Accompagnement par la métropole des ménages à la rénovation énergétique (parc privé) :
o Avec le CALM, qui assure le suivi-animation de plusieurs démarches visant la
rénovation du parc privé (accompagnement gratuit des ménages à travers le montage
de plans de financements et plans de travaux pour les ménages sous plafonds ANAH),
o Avec l’ALEC du Pays messin, où sept conseillers accompagnent les particuliers (dont
quatre consacrés au périmètre de l’Eurométropole de Metz). En 2019, sur le périmètre
du SCOTAM, ce sont près de 2000 personnes conseillées, 44 copropriétés suivies
(1920 logements), 69 animations pour près de 1200 personnes sensibilisées. Sur ces
chiffres, environ deux tiers des conseils de l’ALEC s’adressent à un habitant de
l’Eurométropole de Metz,
o Le dispositif Pacte -15 %, programme expérimental national, financé par les CEE, porté
par l’association AMORCE avec 10 collectivités adhérentes, dont la Ville de Metz. Ce
programme est mené par l’ALEC du Pays messin, sur la période 2020-2022. Il consiste
à diminuer la précarité énergétique, avec pour objectifs, sur la durée de l’opération :
400 ménages à contacter, 200 diagnostics énergétiques à réaliser et 100 ménages à
accompagner vers des travaux de rénovation énergétique.31
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Concrètement, ce programme Pacte -15 % de la Ville de Metz consiste à réaliser :
• Un état des lieux de la performance énergétique des bâtiments,
• Un repérage des ménages exposés à la précarité énergétique,
• Des prises de contact, une visite au logement et un accompagnement des ménages :
o Réalisation d'une évaluation énergétique du logement, pour connaître l'état initial et le
potentiel de travaux, avec différents scénarios de rénovation énergétique,
o Sensibilisation des ménages au bon comportement à adopter dans le logement,
o Prise en charge de la partie administrative (désignation d'un mandataire administratif
dédié au ménage), diminution du reste à charge (réflexion sur une caisse d'avance…),
• Des actions de sensibilisation des acteurs locaux autour de la précarité énergétique liée au
logement (exemple : réunion du 18 novembre 2021 visant à faire connaître les organismes,
diffuser un retour d'expérience et travailler sur la mutualisation des outils et méthodes).
Les premières réalisations du programme Pacte -15 % sont les suivantes :
• Diagnostic territorial de la précarité énergétique sur la Ville de Metz, liant la base de données
du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment et d’autres indicateurs et statistiques,
• Formulaire en ligne ; mise à disposition de formulaires papier, flyers et affiches dans les mairies
de quartiers, centres socioculturels, MJC et bibliothèques municipales…,
• Entre octobre 2021 et février 2022 (résultat intermédiaire) : 315 appels passés, 29 diagnostics
réalisés (avec visite à domicile), 19 ménages en attente de réalisation des travaux,
• Signature d’un partenariat avec UEM pour la bonification des CEE et mise à disposition du pôle
partenaires installateurs du réseau UEM.
Plus largement, l’Eurométropole de Metz se positionne progressivement comme coordinatrice locale
des politiques sociales, d’habitat et d’énergie, en lien avec tout un ensemble d’acteurs : DREAL,
DDT 57, Syndics et administrateurs provisoires pour les copropriétés, ADIL, OKTAVE, VIVEST,
BATIGERE, PROCIVIS, Département de la Moselle, Région Grand Est, EPFGE, Action Logement, etc.
4.7. Conclusion
Au cœur des enjeux socio-écologiques, le phénomène de précarité énergétique est très présent sur
l’Eurométropole, avec près d’un ménage sur cinq concerné. Les facteurs fragilisant sont la pauvreté,
les mauvaises performances énergétiques du logement et la dépendance à la voiture pour la
mobilité quotidienne. Des aides et des dispositifs d’accompagnement existent, selon les situations de
chaque ménage. Cependant, le recours à ces différentes solutions est encore insuffisant.
En premier lieu, la rénovation énergétique massive des logements apparaît comme une solution
préventive pour faire face aux conséquences sanitaires et sociales du mal logement. Or, par manque
de confiance ou de lisibilité, mais également pour cause de subventions insuffisantes, relativement
peu de ménages font appel à un accompagnement via l’ALEC du Pays messin ou le CALM par exemple.
De plus, le rapport déséquilibré entre bailleurs et locataires rend plus difficile la réalisation de
travaux de réhabilitation ou de rénovation énergétique. Dans un contexte de tension immobilière, il est
souvent difficile pour certains locataires de déménager. Il est aussi constaté un besoin de pédagogie
afin que les particuliers optimisent l’usage de leur logement. Parallèlement, la formation des
professionnels du bâtiment à la rénovation énergétique et aux conseils des ménages est à renforcer.
En définitive, l’Eurométropole de Metz, via ses compétences, se positionne progressivement comme la
locomotive des politiques sociales, d’habitat et d’énergie sur le territoire. Elle peut, à ce titre,
répondre au besoin de coordination, de lisibilité et de synergie entre les acteurs concernés par la
précarité énergétique.32
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.8. Annexe : les IRIS les plus touchés par la précarité
énergétique liée au logement
Nom de l'IRIS Popu- lation
Part des
ménages
en situation
de
précarité
énergétiqu
e liée au
logement
Part des
ménages
sous le seuil
de pauvreté
importante
Surreprésen-
tation des
ménages
composés
d’une seule
personne
Présence
forte
d'étudiants
Forte
consom-
mation
d'énergie par
logement
Logements
anciens
importants
(construits
avant 1974)
Part de
maison
s
impor-
tante
Chauf-
fage
électrique
important
Moyenne EMM 16% 24% 41% 6,3% 20 MWh PCI 40% 31% 14%
METZ Technopole 2369 61% 71% 80% 47% 7,1 8% 5% 22%
METZ Port Ile du
Saulcy 2384 44% 51% 68% 31% 13,4 80% 1% 6% METZ Bridoux Claude
Bernard 1990 29% 39% 56% 15% 13,6 26% 12% 4% WOIPPY Saint-Eloy
Mairie Annexe 1294 27% 41% 45% 2% 13,1 72% 4% 5% METZ Hainaut
Boulonnais Normandie 1622 27% 29% 28% 3% 16,7 41% 16% 10% METZ Bellecroix
Terrasse Lyon 3105 25% 34% 37% 4% 17,7 62% 1% 2% METZ Centre
Esplanade 3740 24% 25% 61% 19% 10,3 54% 1% 27% MONTIGNY-LES-M.
Mermoz Frescaty
Patural l'Eveque 2006
24% 27% 44% 4% 18,7 68% 40% 3%
ARS-SUR-MOSELLE
Nord 2334 24% 28% 36% 2% 18,8 58% 45% 14% METZ Fournel T. de
Gargan Dassenoy 2079 23% 30% 36% 4% 15,2 55% 4% 3%
METZ Centre Gare 2316 22% 24% 50% 10% 12,7 61% 1% 15%
WOIPPY Quartier du
Roi 1130 21% 30% 36% 2% 17,9 69% 21% 7% AUGNY
(commune non irisée) 2080 21% 18% 25% 3% 23,3 26% 64% 11% METZ Bon Pasteur
Michelet Colombey 2070 21% 33% 40% 3% 16,8 14% 12% 6% METZ Les Iles Fort
Gambetta 2375 21% 31% 64% 16% 9,2 54% 1% 33% METZ Ancienne Ville
Sud 3348 21% 32% 57% 10% 10,6 45% 3% 27%
WOIPPY Pregenie 2752 20% 31% 36% 3% 15,6 39% 5% 3%
METZ Saint-Livier Don
Calmet 2000 20% 32% 59% 7% 11,9 61% 3% 11% WOIPPY Saint-Eloy
Chapelle 1820 20% 25% 19% 3% 20,6 69% 43% 1% MONTIGNY-LES-M.
Vacquiniere Botanique
Courcelle 1662
20% 21% 45% 3% 16,5 68% 9% 11%
METZ Hannaux Frecot 2290 20% 30% 34% 4% 14,6 37% 11% 1%
PELTRE
(commune non irisée) 1849 19% 18% 27% 5% 25,0 21% 74% 12% LONGEVILLE-LES-
METZ
(commune non irisée) 3993
19% 25% 47% 6% 15,8 53% 21% 10%
WOIPPY Saint-Remy
Route de Thionville 1171 19% 29% 47% 2% 10,3 15% 11% 16% ARS-SUR-MOSELLE
Sud 2380 18% 26% 39% 4% 17,8 44% 37% 13%33
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.9. Bibliographie
• Rode, El Fahli, Revil, « Observer la précarité énergétique. Retour sur une démarche de «
baromètre précarité énergétique » croisant santé et non-recours », Odenore, avril 2021
• Agence Régionale de Santé Ile de France (2015), Recrudescence d’intoxication liées à
l’utilisation d’appareils chauffants de fortune
• Barnes, Butt, Tomaszewski (2008). The dynamics of bad housing : the impact of bad housing
on living standards of children. National Centre for Social Research, London
• Deconinck, Schadkowski, Carteret, Hanoune (2012). Chauffage au pétrole : pollution induite,
pratiques et perception des risques, in AirPur, n°81
• Ezratty (2009), Précarité énergétique et santé : “to heat or to eat?”,Environnement, Risques et
Santé,vol.8,n°1
• Ledésert, Gazaix, Buresi (2013), Etude sur les liens entre précarité énergétique et santé dans
l’Hérault, CREAI-ORS–GEFOSAT
• Ledésert (2013), Liens entre précarité énergétique et santé analyse conjointe des enquêtes
réalisées dans l'Hérault et le Douaisis, CREAI-ORS Languedoc-Roussillon, Novembre2013
• Ledésert, Gazaix, Buresi (2016), Evolution de la consommation de soins à la suite de travaux
de réhabilitation de logements, CREAI-ORS–GEFOSAT
• Marmot Review Team, (2011) The Health Impacts of Cold Homes and Fuel Poverty,
Department of Epidemiology & Public Health, University College London
• ONPE, Revue bibliographique « Conséquences, Usages et Coûts induits de la précarité
énergétique » (2017)
• Oreszczyn, Ridley, Hong, Wilkinson (2006). Mould and winter indoor relative humidity in low-
income households in England. Indoor and Built Environment,15(2),125-135
• Rénovons ! (2017) Coûts et Bénéfices d’un plan de rénovation des passoires énergétiques à
horizon 2025–Etude économique
• https://onpe.org/30_portraits/les_mots_de_la_precarite_energetique
• « La précarité énergétique face au défi des données », T. Erard, L. Chancel, M. Saujot, IDDRI
Study, N°1/15 Mars 2015, 80pp.34
ENJEUX DU SECTEUR RESIDENTIEL DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.10. Glossaire
ADEME : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie
ADIL : Agence Départementale d’Information sur le Logement
AL/APL : Allocation Logement / Allocation Personnalisée au Logement
ALEC : Agence Locale de l’Énergie et du Climat
ALS : Allocation Spécifique de Solidarité
Anah : Agence Nationale de l’Habitat
ANRU : Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine
ARA : Auto-Réhabilitation Accompagnée
ARS : Agence Régionale de Santé
ASF : Allocation de Soutien Familial
CAF : Caisse des Allocations Familiales
CCAS / CIAS : Centre Communal d’Action Social / Centre Intercommunal d’Action Sociale
CDC : Caisse des Dépôts et Consignations
CDL : Commission Départementale de Conciliation
CEE : Certificats d’Economies d’Energie
CITE : Crédit d’Impôt pour la Transition Energétique
CLER : Réseau pour la Transition Energétique
CMEI : Conseiller Médical en Environnement Intérieur
DALO : Droit Au Logement Opposable
DDCSPP : Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations
DPE : Diagnostic de Performance Energétique
Eco-PTZ : Eco-Prêt à Taux Zéro
EIE : Espace Info Energie
FAP : Fondation Abbé Pierre
FSL : Fonds de Solidarité pour le Logement
MSA : Mutuelle Sociale Agricole
ONPE : Observatoire National de la Précarité Energétique
OPAH : Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat
OPAH RU : OPAH de revitalisation urbaine
PAH : Prêt à l’Amélioration de l’Habitat
PAS : Prêt à l’Accession Sociale
PDALHPD : Plan Départemental pour le Logement et l’Hébergement des Personnes Défavorisées35
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
S
Secteur des transports, qui es-tu ? ....................................................................................................... 36
1. Evolutions climat-air-énergie du secteur des transports de 1990 à 2019 ..................................... 37
1.1. Principaux repères concernant le secteur des transports ............................................................. 37
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019 .................... 37
2. Panorama détaillé climat-air-énergie du secteur des transports en 2019 ..................................... 39
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019 ............................................................ 39
2.2. Caractéristiques du secteur des transports à l’échelle des communes et des IRIS ..................... 39
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz pour le secteur des transports en 2019 ..... 42
3. Objectifs climat-air-énergie du secteur des transports pour 2026, 2030 et 2050 .......................... 44
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux .............................................................................. 44
3.2. Objectifs chiffrés du secteur des transports sur le territoire de la métropole pour 2026, 2030 et
2050 ....................................................................................................................................................... 44
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs chiffrés du secteur des transports ..................... 45
4. Focus : la mobilité décarbonée ...................................................................................................... 47
4.1. Le développement des IRVE ......................................................................................................... 47
4.2. L’hydrogène renouvelable, nouvelle filière du territoire ................................................................. 48
4.3. Les Zones à faibles émissions - mobilité ....................................................................................... 49
ENJEUX CLIMAT AIR
ENERGIE DU SECTEUR
DES TRANSPORTS36
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
SECTEUR DES TRANSPORTS,
QUI ES-TU ?
Le secteur des transports est constitué des transports routiers (donc des
déplacements sur route par des divers véhicules) et des autres transports, à
savoir, pour le territoire de l’Eurométropole de Metz, du ferroviaire et du fluvial. Ces
deux types de transports, qui apparaissent séparés dans les diagnostics énergie,
climat et qualité de l’air, sont ici regroupés pour une meilleure appréhension des
enjeux.
Le secteur des transports, qui englobe l’ensemble des activités de transport de
personnes et de marchandises, est essentiel au bon fonctionnement de
l’Eurométropole de Metz. En effet, le caractère urbain et périurbain du territoire, ainsi
que son contexte géographique qui lui confère une position proche des frontières
(Luxembourg, Allemagne, voire Belgique), rend le secteur des transports primordial
pour les habitants et les entreprises de la métropole. Ce secteur est au cœur des
enjeux environnementaux (l’urgence climatique et les conséquences du
réchauffement sur l’environnement), sociaux (les problématiques de santé publique
qui découlent des énergies fossiles) et économiques (l’augmentation des prix des
carburants) afin de réussir de façon pérenne la transition écologique.
Après un bref rappel des évolutions des indicateurs climat-air-énergie du secteur des transports au cours des 30 dernières années, puis un panorama détaillé des données de 2019 et des problématiques qu’elles soulèvent, le présent document s’attachera à proposer des objectifs chiffrés aux horizons 2026, 2030 et 2050, ainsi que des pistes d’actions pour le nouveau PCAET de l’Eurométropole de Metz.37
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
1. EVOLUTIONS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE 1990 A 2019
1.1. Principaux repères concernant le secteur des
transports
Le secteur des transports est le second secteur le plus consommateur en matière d’énergie sur le
territoire de l’Eurométropole de Metz, après le résidentiel, que ce soit en 1990 comme en 2019. Sur la
même période, le secteur des transports est un des secteurs qui émet le plus d’oxydes d’azote (NOx),
de particules fines (PM10) et de composés organiques volatiles non méthaniques (COVNM) même si
ces derniers ont des valeurs moins élevées en 2019 qu’au début du siècle. Enfin, c’est le secteur le
plus important en matière d’émissions directes de gaz à effet de serre, que ce soit en 1990 ou en
2019.
Pour le secteur du transport, les évolutions des indicateurs climat-air-énergie (par rapport aux années règlementaires de référence) sont les suivantes :
• Les émissions de GES ont augmenté de 11,5 % entre 1990 et 2019,
• Les consommations d’énergie finale (à climat réel) ont baissé de 3,2 % entre 2012 et 2019,
• Les émissions de COVNM ont baissé de 64,0 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de NOx ont baissé de 52,4 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de PM10 ont baissé de 49,1 % entre 2005 et 2019.
Les objectifs de la directive européenne de 2008 pour l’année 2020 (dits « 3 x 20 ») en matière de gaz
à effet de serre n’ont donc pas été atteints, puisqu’il y a une augmentation des émissions du secteur
des transports. C’est également le cas pour sa consommation d’énergie, qui est encore loin de
l’objectif de -20 %. En ce qui concerne les émissions des 3 polluants atmosphériques cités ci-dessus,
les objectifs régionaux et nationaux (PREPA et SRADDET) ont été atteints.
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019
La Figure ci-après (graphique en base 100), permet de mettre en évidence l’évolution comparée des indicateurs climat-air-énergie les plus représentatifs du secteur des transports, pour le territoire de l’Eurométropole de Metz entre 2005 et 2019 :38
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 1 : Evolution comparée d'indicateurs climat-air-énergie du secteur des transports pour la période 2005 à 2019
Ce graphique en base 100 permet de visualiser les fortes baisses pour les 3 principaux polluants
atmosphériques du secteur, à savoir les COVNM, les PM10 et les NOx. En effet, les émissions ont
fortement chuté entre 2005 et 2014, puis continué de baisser légèrement jusqu’en 2019, excepté pour
les COVNM dont les émissions ont connu un sursaut entre 2018 et 2019.
Ces 3 polluants se dispersent dans l’atmosphère à la suite des processus de combustion des véhicules
thermiques pour les NOx. Ils proviennent de l’usure des pneus, plaquettes de freins, abrasion des
routes, rails ferroviaires pour les PM10. Et ils ont pour origine l’évaporation de carburant pour les
COVNM. La réduction des émissions de l’essence et du gazole en lien avec les normes EUROs, ainsi
que le développement des pots catalytiques sur les véhicules, peuvent expliquer pourquoi ces 3
polluants connaissent une baisse depuis une quinzaine d’années. Ainsi, les normes ont notamment
favorisé la mise en place de procédés de retraitement des fumées sur les utilitaires lourds, qui
consomment majoritairement du gazole.
En ce qui concerne la consommation d’énergie et la production de gaz à effet de serre, les courbes
ci-avant mettent en évidence une diminution, sauf entre 2005 et 2010 où les gaz à effet de serre ont
diminué tandis que la consommation d’énergie a stagné. Les émissions de gaz à effet de serre
connaissent une plus forte baisse que celle de la consommation d’énergie. Pour finir, il n’y a que très
peu de diminution entre 2005 et 2019 pour ces deux indicateurs (-5,7 % et -11,2 %). Au vu des profils
similaires de ces deux courbes, on peut déduire que la baisse de l’un contribue à la diminution de l’autre.
L’Eurométropole de Metz doit donc mettre l’accent sur la sobriété énergétique et l’atténuation des
gaz à effet de serre causés par ce secteur.
0%
20%
40%
60%
80%
100%
120%
2005 2010 2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Evolutions en base 100 du secteur des
transports (routiers + autres transports)
Consommation d'énergie Gaz à effet de serre
COVNM NOX
PM1039
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2. PANORAMA DETAILLE CLIMAT-AIR-ENERGIE DU
SECTEUR DES TRANSPORTS EN 2019
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019
Territoire de l’Euro-
métropole de Metz
Valeurs du secteur des transports
pour 2019
Part du secteur en 2019
(sur l’ensemble des secteurs)
Consommation
d’énergie finale
(PCI et à climat réel)
1 735,9 GWh PCI
dont Produits pétroliers : 1 574,3 GWh
Autres énergies renouvelables : 121,2 GWh
Electricité : 27,1 GWh
34,1 %
(de 5 085,4 GWh PCI)
Emissions directes
de GES
437 978,7 t CO2 é
dont Produits pétroliers : 424 302,3 t CO2 é
Aucune énergie (usure des pneus, plaquettes de
freins… dégageant des GES) : 10 642,2 t CO2 é
Gaz Naturel : 2 372,9 t CO2 é
43,8 %
(de 1 000 273 t CO2 é)
Emissions de
polluants
atmosphériques
COVNM : 328,8 t
NOx : 1319,2 t
PM10 : 103,6 t
SO2 : 2,9 t
NH3 : 14,9 t
PM2.5 : 69,8 t
24,1 % (de 1365 t)
67,7 % (de 1949,7 t)
27,3 % (de 378,9 t)
5,6 % (52,8 t)
3,9 % (de 385,9 t)
32 % (de 218,2 t)
2.2. Caractéristiques du secteur des transports à l’échelle des communes et des IRIS
En 2019, le transport fluvial et ferroviaire représentait seulement une consommation de 45,5 GWh,
et des émissions directes de 5 509,6 t CO2 é : ces activités correspondent donc à une faible partie de
la consommation d’énergie sur la globalité du secteur des transport. Il y a une quasi-égalité d’émissions
de GES entre le transport ferroviaire et le transport fluvial : 2 758,2 t CO2 é pour le transport ferroviaire
et 2 751,3 t CO2 é pour le transport fluvial.
Les déplacements sur routes, quant à eux, représentaient en 2019 une consommation de 1 690,4
GWh, des émissions de 432 469 t CO2 é et la majorité des émissions de polluants atmosphériques.
Concernant les émissions directes de gaz à effet de serre, le secteur des transports est le secteur
majoritaire sur le ban de 22 communes (soit un peu moins de la moitié du territoire métropolitain), et ce
quelle que soit la taille des communes, y compris pour celles de moins de 1 000 habitants (par exemple
Lorry-Mardigny, Coin-lès-Cuvry, Marieulles, dont les bans communaux sont traversés par l’A31,
autoroute très fréquentée).40
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En ce qui concerne les communes de plus de 1 000 habitants, même si la typologie des émissions de
gaz à effet de serre est plus mixte (équilibre entre résidentiel et transport, suivis par l’industrie et le
tertiaire), les volumes d’émissions des GES issus du secteur des transports sont très importants,
notamment à Metz (133 500 t CO2 é liés aux transports), à Augny (traversée par l’A31, environ 38 500
t CO2 é), à Noisseville (croisement de l’A4 et de l’A314, environ 7 700 t CO2 é), à Peltre (traversée
d’importantes routes nationale et départementale, environ 8 647 t CO2 é), etc.
La Figure 2 ci-après illustre la consommation énergétique finale du secteur des transports de chaque
IRIS, en GWh PCI à climat réel. Les Ilots regroupés pour l'information statistique (IRIS) sont un maillage
territorial comportant environ 2 000 habitants, ou bien le périmètre complet d’une commune, pour celles
ayant une population inférieure. Ils permettent de territorialiser les consommations d’énergie sur le
territoire et de faciliter l’analyse et les comparaisons.
Avec une part de 34,1%, le secteur des transports constitue aussi un secteur prépondérant en matière de consommation énergétique finale pour l’Eurométropole. Les valeurs pour 2019 sont très importantes, au sein des territoires de ces communes :
• Metz : 513 GWh (les transports y sont le 3ème poste de consommation énergétique),
• Augny : 151 GWh (où les transports sont de loin le 1er poste de consommation),
• Moulins-lès-Metz : 108 GWh (1er poste de consommation également),
• La Maxe : 99 GWh (1er poste de consommation également),
• Longeville-lès-Metz : 60 GWh (1er poste de consommation ; commune traversée, comme les précédentes, par l’A31),
• Ainsi que sur les communes citées précédemment : Lorry-Mardigny, Marieulles, Coin-lès Cuvry… (les transports y sont le 1er poste de consommation énergétique).
La carte ci-après (Figure 2) met en évidence que, bien que Metz soit la ville où la consommation
énergétique finale (tout secteur confondus) est la plus élevée du territoire, il ne s’agit pas d’un territoire
où la part du secteur des transports est la plus importante. A l’inverse, la part du secteur des transports
est majoritaire lorsque les communes sont traversées par des axes routiers très fréquentés
(autoroutes, rocade sud-est, voies rapides, importantes routes départementales…). Pour le secteur des
transports, il existe une corrélation forte entre consommation énergétique et émissions de gaz à effet
de serre.41
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 2 : Cartographie du territoire de l'Eurométropole de Metz, à l’échelle des IRIS, représentant la consommation énergétique finale, en GWh PCI à climat réel, pour le secteur des transports en 2019
Au niveau de la pollution atmosphérique, c’est le territoire de Metz qui émet le plus d’oxydes d’azote,
polluant représentatif du secteur des transports, avec 400,5 tonnes émises en 2019. C’est également
le cas pour tous les autres polluants, ceci s’explique par la forte présence d’axes routiers et de lieux
d’activités économiques et touristiques. On retrouve ensuite les bans communaux de Augny, Moulins-
lès-Metz et La Maxe en matière de pollution aux oxydes d’azote.
En ce qui concerne les COVNM, toujours après celui de Metz, nous retrouvons les territoires d’Augny,
Woippy et Moulins-lès-Metz qui sont également des zones où le trafic routier est important. Pour les
PM10, viennent les bans communaux de Woippy, Moulins-lès-Metz et Augny. Fréquemment, les
mêmes bans communaux sont cités dans cette partie : ce sont les endroits de l’Eurométropole de
Metz où les transports, notamment les déplacements en voiture, sont fortement ancrés.42
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz pour le secteur des transports en 2019
La voiture individuelle est encore trop présente sur le territoire de l’Eurométropole de Metz, notamment pour les trajets de courte distance. Elle représente la moitié des trajets des personnes, mais quasiment la totalité des consommations énergétiques (88 %). A l'opposé, les transports collectifs urbains représentent 8 % des déplacements, mais seulement 2,3 % des émissions de GES.
En effet, l’Enquête déplacements grand territoire (EDGT) réalisée sur le territoire du SCoTAM (Schéma de cohérence territoriale de l'agglomération messine) en 2017 a montré que 55 % des 817 000 déplacements effectués chaque jour par les habitants de la métropole sont réalisés en voiture. Le deuxième mode de déplacement utilisé est la marche à pied (34 % des déplacements), suivi par les transports collectifs. L’utilisation du vélo, qui est une solution pratique et bien connue, reste encore faible. En effet, seulement 1 % des déplacements sont réalisés avec ce mode de transport, alors que les habitants estiment à 63 % que « le vélo en ville, c’est l’avenir » (cf. enquête d’opinion de l’EDGT).
60 % des déplacements sur la métropole font moins de 3 km et près de 45 % d’entre eux sont réalisés en voiture. Plus les distances sont longues, plus la place de la voiture est importante : ainsi la voiture est utilisée pour 27 % des déplacements dans le centre de Metz, contre près de 70 % en périphérie.
Pour le secteur des transports, sur la métropole, le mix énergétique est le suivant : produits pétroliers (90,7 % des consommations d’énergie du secteur), autres énergies renouvelables (7,1 %), électricité (1,6 %) et gaz naturel (0,6 %).
La figure suivante illustre les émissions de gaz à effet de serre par moyen de transport :
Figure 3 : Emissions de GES (en tonnes CO2 équivalent) en fonction des différents moyens de transport en 2019
Sans surprise, ce sont les voitures particulières qui émettent le plus de gaz à effet de serre, suivies
des poids lourds. Les transports en commun (bus) émettent très faiblement par rapport aux voitures
particulières : 7 386 tonnes CO2 équivalent pour les bus, contre 233 361 tonnes CO2 é pour les voitures
particulières.
233 361
0
73 386
2 751
2 758
99 504
0
3 598
7 386
10 414
4 821
0 50 000 100 000 150 000 200 000 250 000
Voitures particulières
Vélo
Véhicules utilitaires légers
Transport fluvial
Transport ferroviaire
Poids lourds
Marche à pied
Deux-roues motorisées et quads
Bus
Autres émissions (évaporation, climatisation, etc,)
Autocars
Emissions de GES (en tonnes CO2 é) par moyen de
transport43
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En ce qui concerne la pollution atmosphérique, les NOx sont le polluant le plus rejeté le plus dans
l’air, que ce soit pour les transports sur routes, sur fleuve ou sur rail (environ 1 319,2 tonnes élus en
2019). On retrouve ensuite les COVNM (liés à la combustion et à l’évaporation de carburant), en 2ème
position des polluants émis par le secteur : 319,4 tonnes uniquement pour les transports routiers ; les
autres transports étant faiblement émetteurs de COVNM avec seulement 9,4 tonnes.
Les particules fines PM10 arrivent en 3ème position, avec 86,5 tonnes pour les transports routiers et 17,1
tonnes pour les autres transports. Les particules fines PM2,5 arrivent en 4ème position des polluants
émis, avec 61,3 tonnes pour les transports routiers et 8,5 tonnes pour les transports fluviaux et
ferroviaires. Les NH3 arrivent bien plus loin, avec 14,9 tonnes pour le transport routier. Les SO2 sont
très minoritaires (émissions de 2,9 tonnes), davantage présents dans les transports routiers.
Figure 4 : Emissions de polluants atmosphériques (en tonnes) en fonction des types de transports en 2019
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
PM2.5 SO2 COVNM NOx NH3 PM10
Répartition des émissions de polluants atmo-
sphériques (en tonnes) selon les types de transports
Autres transports Transport routier44
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3. OBJECTIFS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR DES TRANSPORTS POUR 2026, 2030 ET 2050
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux
➢ Voir la partie III du document « Enjeux du secteur Résidentiel »
S’agissant spécifiquement du secteur des transports, le SRADDET pose les objectifs chiffrés suivants (à titre indicatif) :
SRADDET - GES ET ENERGIE SPECIFIQUES DU SECTEUR DES TRANSPORTS 2021 2026 2030 2050 REDUCTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/2014) -30 % -68 % REDUCTION DE LA CONSO. ENERGETIQUE FINALE (/2012) -7 % -14 % -19 % -45 %
SRADDET - objectifs spécifiques aux transports de réduction des émissions de GES
et de consommation d’énergie
3.2. Objectifs chiffrés du secteur des transports sur le
territoire de la métropole pour 2026, 2030 et 2050
En lien avec ces objectifs régionaux et nationaux, mais également avec les leviers d’actions permis par le PCAET de l’Eurométropole de Metz et ses différentes politiques publiques, il est proposé d’adopter, pour le secteur des transports, les objectifs chiffrés suivants :
NB : la méthode pour fixer les objectifs a été la suivante : les objectifs relatifs à l’énergie ont d’abord été fixés pour 2030 à l’aide du SDE, puis pour 2026 et 2050 notamment en fonction des objectifs régionaux et nationaux. Les objectifs en matière de GES ont été fixés en conséquence, car ils résultent à la fois des baisses de consommation d’énergie et du développement d’énergies moins carbonées. Enfin, avec la même logique, ont été fixés les objectifs en matière de polluants atmosphériques. L’articulation entre les dimensions climat, air et énergie s’appuie aussi sur les courbes en base 100 (évolutions 2005 - 2019) présentées dans la première partie de ce document.
2026 2030 2050
EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/1990) -20,9 % -39 % -82 % CONSOMATION ENERGETIQUE FINALE (/2012) -19,4 % -28,8 % -60,1 % DIOXYDE DE SOUFRE (SO2) (/2005) -81 % -83 % -86 %
OXYDES D’AZOTE (NOX) (/2005) -60 % -70 % -80 %
AMMONIAC (NH3) (/2005) -65 % -70 % -85 %
COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COVNM) (/2005) -70 % -75 % -82 %
PARTICULES (PM10) (/2005) -60 % -70 % -80 %
PARTICULES FINES (PM2,5) (/2005) -65 % -67 % -74 %
Objectifs pour les transports sur l’Eurométropole de Metz (par rapport à : climat 1990 / énergie 2012 / air 2005) ;
le / signifie : par rapport à l’année de référence correspondante45
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs
chiffrés du secteur des transports
3.3.1. SCENARIO 2026 :
Les prévisions calculées à l’horizon 2026 donnent un objectif de consommation énergétique du secteur
des transports (routiers, ferroviaire et fluvial) à environ 1 445 GWh d’énergie finale par an. Pour atteindre
cet objectif, des alternatives à la voiture pour les courtes distances doivent être mises en place. Il s’agit
par exemple de favoriser les modes de transport comme :
Le vélo : Le Schéma directeur cyclable (SDC), voté en 2020 dans le cadre du Plan de déplacements urbains, fixe des ambitions à 10 ans avec de nombreux projets de développement du vélo (voir « Scénario 2030 » ci-après),
Les transports en communs : création d’une 3e ligne Mettis (bus à haut niveau de service) entre Metz et Marly et prolongation de la ligne Mettis A vers l’Hôpital Schuman,
L’autopartage : ce service permet de partager des voitures sur le territoire et donc de libérer de la place en ville, de réduire globalement l’utilisation de la voiture et donc la consommation d’énergie. En plus des bienfaits écologiques, il y a des bienfaits économiques puisque c’est le service de location qui s’occupe de l’entretien, l’essence, l’assurance… Selon une étude sur l’autopartage en France, les utilisateurs parcourent 41 % de kilomètres en moins en voiture ; chaque voiture d’autopartage remplace 10 voitures personnelles et ainsi libère 9 places de stationnement. Le développement de ce service qui existe depuis une dizaine d’année est donc un réel atout pour le territoire de l’Eurométropole de Metz,
La marche : 60 % des trajets de 1 à 3 km sont actuellement réalisés en voiture (d’après l’Enquête déplacements grand territoire de 2017). L’identification précise de ces trajets est essentielle pour comprendre comment inciter les usagers à les remplacer par la marche ou le vélo, voire le vélo à assistance électrique.
L’autre enjeu majeur au cours des prochaines années sera de renouveler le parc (véhicules légers et
poids-lourds) restant nécessaire, en visant un développement important des motorisations
alternatives au diesel et l’essence (par exemple en scénarisant son évolution avec la base de données
SIV). Ce passage vers des technologies plus sobres ou durables comme l’électricité, l’hydrogène, le
bio-GNV (gaz naturel véhicule), voire les biocarburants locaux, sont des actions fondamentales pour
diminuer l’impact environnemental de ce secteur (voir Focus « mobilité décarbonée » ci-après). Ainsi,
la transition vers un mix énergétique diversifié est un enjeu majeur au sein du secteur des transports.
3.3.2. SCENARIO 2030 :
L’évolution de la consommation énergétique des transports pour l’année 2030, telle que prévue par le
Schéma directeur des énergies de l’Eurométropole, revient à un objectif d’environ 1 277 GWh d’énergie
finale par an. Il correspond à une évolution de -28,8 % par rapport à la consommation de 2012,
évolution plus ambitieuse que l’application des objectifs nationaux ou régionaux (1 450 à 1 500 GWh
/an à horizon 2030).
Ainsi, l’Eurométropole de Metz souhaite développer la motorisation électrique avec pour objectif
d’implanter des infrastructures de recharge de véhicules électriques (IRVE) accessibles au grand
public (voir Focus « mobilité décarbonée » ci-après). De plus, comme le prévoit le Schéma directeur
des énergies, 6 stations de (bio-)GNV devraient être installées, ainsi que 2 stations hydrogènes.
En ce qui concerne le vélo, la métropole possède actuellement un réseau cyclable de plus de 80 km.
L’objectif est d’aboutir à un réseau cyclable structurant, cohérent et fonctionnel de plus de 180 km.
L’objectif en 10 ans est de tripler la part modale du vélo sur tout le territoire (qui est actuellement à 146
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
%) et de passer à 7 % sur le territoire de la ville de Metz. Cela implique notamment de faire connaître
les itinéraires (nouvelles cartes en cours d’élaboration, jalonnement, partenariat avec géovélo, open
data…), d’accompagner les usagers en lien avec les associations (école du vélo, remises en selle…),
de développer les équipements de stationnement, de renforcer le service de location, etc.
Des actions ambitieuses sur la mobilité des personnes, dans la lignée de ce scénario, permettraient un
gain énergétique moyen de 41,7 GWh par an entre 2019 et 2030.
3.3.3. SCENARIO 2050 :
Pour 2050, le scénario estime la consommation énergétique finale du secteur des transports à une
fourchette comprise entre 670 et 870 GWh par an (prévision du scénario fixée à environ 715 GWh par
an). Est notamment envisagée une poursuite du développement des motorisations alternatives, ainsi
que de l’utilisation de transports en communs performants.
Des nouveaux modes de transport pourraient également voir le jour comme les véhicules
intelligents permettant d’optimiser les déplacements et de gagner du temps. Le projet local Urbanloop
constitue également une alternative prometteuse pour se déplacer rapidement, permettant à la fois de
fluidifier le trafic et d’économiser de l’énergie.
Cependant, les véhicules motorisés ne seraient qu’un moyen parmi tant d’autres pour se déplacer.
Les mobilités douces ou actives (vélo, trottinette, marche à pied) sont donc à développer et à
prioriser.
Enfin, l’accent devrait être mis davantage sur l’incitation à de nouvelles pratiques (déplacements
évités) et sur l’organisation des déplacements (télétravail et visioconférences pour réduire le nombre
de véhicules nécessaires et décongestionner les axes routiers, optimisation des pistes cyclables,
facilitation de la marche à pied, etc.).
Le graphique ci-dessous illustre les différents objectifs de consommation d’énergie à horizons 2026, 2030 et 2050 :
Figure 5 : Objectifs de consommations d’énergie finale annuelle du secteur des transports à horizons 2026, 2030 et 2050
0
250
500
750
1000
1250
1500
1750
2000
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh EF
Années
Objectifs de réduction de la consommation énergétique
des Transports (GWh d'énergie finale par an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRAND EST47
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4. FOCUS : LA MOBILITE DECARBONEE
La mobilité décarbonée est un enjeu crucial de nos sociétés actuelles et notamment pour
l’Eurométropole de Metz, lieu de vie d’environ 222 000 habitants. Comme expliqué dans la partie
précédente, le secteur des transports (routiers, fluviaux et ferroviaire) est un secteur essentiel au bon
fonctionnement de la métropole : déplacements de proximité, proches des frontières, besoin de mobilité
des populations en zone péri-urbaines, etc.
Dans ce focus, seront présentés trois aspects qui s’intègrent parfaitement dans les enjeux de mobilité
décarbonée, à savoir le développement des Infrastructures de recharge de véhicules électriques
(IRVE), la création d’une filière hydrogène renouvelable pour les transports en commun et d’autres
véhicules de la métropole, ainsi que la mise en place des Zones à faibles émissions - mobilité (ZFE-
m). La marche à pied et le vélo, qui sont bien évidemment l’enjeu crucial d’un territoire en termes de
mobilité décarboné, ne sont pas présenté dans cette partie (voir 3.3. Scénarios proposés pour atteindre
les objectifs chiffrés du secteur des transports).
4.1. Le développement des IRVE
Des Infrastructures de recharge de véhicules
électriques (IRVE) sont primordiales pour favoriser le
développement de ces véhicules n’émettant pas de
gaz à effet de serre ni de polluant atmosphérique
(hors émissions liées à la production et au transport de
l’électricité), représentant 22 % du marché en 2022.
L’objectif de l’Eurométropole de Metz est de développer
des services de recharge ouverts au public et
répondant aux besoins actuels et futurs, sur l’ensemble
du territoire métropolitain.
Une borne de recharge est un appareil fixe, raccordé
à un point d’alimentation électrique et pouvant intégrer
des dispositifs de communication, de comptage, de
contrôle ou de paiement. Dit autrement, la borne de
recharge est l’infrastructure en tant que telle.
Un point de charge est une interface associée à un emplacement de stationnement, qui permet de
recharger un seul véhicule électrique à la fois. Dit autrement, il s’agit de la prise ou du connecteur. Ainsi,
une borne peut comporter un ou plusieurs points de charge.
En 2021, sur le territoire de l’Eurométropole de Metz, on dénombre 39 bornes ouvertes au public, qui
correspondent à 60 points de charge ouverts au public.
Figure 6 : Un exemple d'IRVE à Metz48
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Pour les années à venir, l’ambition est de multiplier ces points de charge. En effet, l’Eurométropole de
Metz a un rôle central à jouer en termes d’électromobilité. Elle est notamment compétente, depuis
2018, en matière de création, gestion et entretien des infrastructures de charge nécessaire à l’usage de
véhicules électriques ou hybrides rechargeables. La métropole doit alors affirmer et consolider son rôle
dans le développement de l’électromobilité. C’est également l’occasion d’être un exemple au
changement nécessaire de motorisation du parc automobile français
En effet, elle souhaite multiplier par 4 le nombre d’IRVE durant les 3 prochaines années. Il existe
actuellement 39 bornes ouvertes au public sur le territoire ; le souhait est d’atteindre environ 150
bornes d’ici 2025 et un objectif d’environ 350 bornes accessibles au public d’ici 2032.
Pour atteindre ces objectifs, un schéma directeur (SDIRVE) permet de structurer et coordonner le
déploiement des IRVE, afin d’aboutir à des installations pertinentes. Un SDIRVE se construit autour des
étapes suivantes : un cadrage de la démarche, un état de lieux de la mobilité électrique et des
utilisations des IRVE ouvertes au public, ainsi qu’une évaluation de l’évolution des besoins et de l’offre
(en concertation avec les aménageurs), l’élaboration d’une stratégie et d’objectifs opérationnels, la
mise en œuvre des actions et un dispositif de suivi et d’évaluation. Le SDIRVE de l’Eurométropole de
Metz, lancé fin 2021, permettra, entre autres, de répondre à plusieurs interrogations : Quelle besoin ?
Quelle répartition ? Quelle tarification ?
L’Eurométropole de Metz souhaite également mettre en place un Appel à initiative privée (AIP) pour
la création de bornes sur la voirie publique. Ce dispositif récent (et qui s’échelonne sur 15 ans) est lié
à l’inexistence, l’insuffisance ou l’inadaptation de l’offre privée dans un secteur économique
déterminé, pour justifier de l’intervention d’une autorité publique. Un AIP permet aux collectivités de
mieux contrôler l’utilisation de leur patrimoine à des fins commerciales. Ainsi, grâce à l’AIP, la
métropole peut davantage s’impliquer sur le déploiement des IRVE, en intégrant les habitants dès le
départ, tout en conservant la gouvernance du projet. Le SDIRVE et l’AIP sont étroitement articulés.
4.2. L’hydrogène renouvelable, nouvelle filière du territoire
L’hydrogène est un gaz qui peut être produit à partir d’un processus chimique appelé électrolyse qui
décompose l’eau en oxygène et hydrogène, grâce à un courant électrique (NB : parmi les moyens de
production, il existe aussi le vaporeformage, la biomasse et thermochimie). L’hydrogène peut être utilisé
comme vecteur afin de faire fonctionner un moteur de véhicule électrique, via une pile à combustible.
Il n’émet alors aucun polluant puisqu’il ne rejette que de l’eau. Cette énergie est très prometteuse si le
courant électrique qui l’a produit est issu d’une source renouvelable. L’hydrogène dispose d’un vrai
engouement à l’échelle nationale depuis 2018, suite au Plan Hulot qui a proposé des appels à projets
Figure 7 : Cartes des bornes de recharge existantes (publiques et privées). Source : AGURAM, juin 202249
ENJEUX DU SECTEUR DES TRANSPORTS DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
dédiés. En 2019, des fonds ont été débloqués à hauteur de 7 milliards d’euros pour investir dans
l’hydrogène. Il y a donc une vraie volonté en France de développer ce gaz. Cela rejoint les dispositions
de la LTECV (Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte), qui impose aux collectivités
gérant plus de 20 bus de renouveler 100 % de leur parc avec des véhicules à faible émission à partir
de 2025.
Déjà engagée depuis une dizaine d'années dans
une démarche de transition énergétique,
l’Eurométropole de Metz s'est appuyée sur
l'évolution de la réglementation pour lancer une
réflexion globale portant sur les solutions
innovantes de décarbonation et plus
particulièrement sur l'hydrogène renouvelable.
La collectivité a souhaité s’inscrire dans cette
dynamique nationale et régionale (plusieurs
projets hydrogène étant présents sur la région,
comme celui de Sarreguemines) et porte le projet
de construire et mettre en œuvre une filière
d'hydrogène renouvelable sur son territoire :
production d’énergie renouvelable, production
d’hydrogène renouvelable par électrolyse de l’eau et distribution, consommation de l’hydrogène produit. Cette filière devra permettre de diminuer les émissions de GES du territoire, de diminuer sa dépendance aux énergies fossiles, et de se conformer à la réglementation (LTECV).
La première phase du projet de la collectivité consiste à progressivement convertir à l’hydrogène une partie de sa flotte de bus et de bennes à ordures ménagères, en commençant par la mise en service à l’automne 2025 de la troisième ligne de bus à haut niveau de service (Mettis), qui sera exploitée avec des véhicules à hydrogène. Ces véhicules seront alimentés par un électrolyseur d’une puissance de 2 MW, capable de produire jusqu’à 800 kg d’hydrogène par jour, qui sera implanté au plus près des usages. Ce projet, labellisé par le Pôle Véhicule du Futur, constitue la première brique d’un écosystème global d’hydrogène renouvelable et devrait agir comme un levier pour inciter d’autres acteurs à convertir leurs flottes ou leur procédés industriels à l’hydrogène, pour faciliter le développement d’autres usages et pour favoriser la création d’emplois et le développement de savoir-faire et compétences.
4.3. Les Zones à faibles émissions - mobilité
Les Zones à faibles émissions - mobilité (ZFE-m) constituent de nouveaux périmètres où seuls les
véhicules les moins polluants (en fonction de leur certificat Crit’Air) sont autorisés à circuler. C’est ce
qu’on appelle la circulation différenciée (à distinguer de la circulation alternée, basée sur les plaques
d’immatriculation). Les ZFE-m ont été créées afin de protéger les habitants de la pollution
atmosphérique et de ses effets sur la santé. Ce sont les métropoles et les communes qui fixent les
périodes où la circulation est restreinte, les types de véhicules concernées (véhicules légers, poids
lourds, etc.), ainsi que le niveau Crit’Air nécessaire pour pouvoir circuler au sein de la zone.
La Loi Climat et Résilience de 2021 prévoit la création de Zones à faibles émissions - mobilité dans les
agglomérations métropolitaines de plus de 150 000 habitants d’ici le 31 décembre 2024.
L’Eurométropole de Metz est donc concernée par ce nouvel enjeu. Ainsi, une étude sur le
déploiement de ces zones va être menée à partir de 2022.
La mise en œuvre future d’une ZFE-m constituerait aussi pour l’Eurométropole de Metz l’opportunité
d’améliorer la sécurité et le confort des piétons, de poursuivre l’aménagement de pistes cyclables,
ou encore de permettre le développement d’une logistique urbaine durable (livraisons en vélos cargos
ou véhicules plus propres, etc.).
Figure 8 : La station de production et de distribution
d’hydrogène de Sarreguemines50
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
S
1. Evolutions climat-air-énergie du secteur agricole de 1990 à 2019 ................................................ 52
1.1. Principaux repères concernant le secteur de l’agriculture ............................................................. 52
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019 .................... 53
2. Panorama détaillé climat-air-énergie du secteur de l’agriculture en 2019 .................................... 55
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019 ............................................................ 55
2.2. Caractéristiques du secteur de l’agriculture à l’échelle des communes et des IRIS ..................... 56
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz, pour le secteur de l’agriculture en 2019 ... 58
3. Objectifs climat-air-énergie du secteur de l’agriculture pour 2026, 2030 et 2050 ......................... 60
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux .............................................................................. 60
3.2. Objectifs chiffrés du secteur de l’agriculture sur le territoire de la métropole pour 2026, 2030 et
2050 ....................................................................................................................................................... 60
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs chiffrés du secteur agricole ............................... 61
4. Focus : l’alimentation des métropolitains et son impact carbone indirect ..................................... 63
4.1. Contexte de l’étude ........................................................................................................................ 63
4.2. Estimation des émissions indirectes de gaz à effet de serre pour nourrir le territoire de
l’Eurométropole de Metz........................................................................................................................ 67
ENJEUX CLIMAT AIR
ENERGIE DU SECTEUR
DE L’AGRICULTURE51
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
SECTEUR DE L’AGRICULTURE,
QUI ES-TU ?
Le secteur de l’Agriculture comprend les différents aspects liés aux activités
agricoles et forestières : cultures (avec ou sans engrais), élevage, autres
(combustion, engins, chaudières).
Les indicateurs « climat-air-énergie » de ce secteur ont des valeurs moins élevées,
par rapport aux autres secteurs d’activités. Toutefois, l’agriculture représente 40 % de
la surface du territoire métropolitain et concerne environ 2 000 emplois directs et
indirects. L’Eurométropole de Metz dispose également du premier port céréalier fluvial
de France.
L’agriculture relève des enjeux non négligeables en termes de développement et
d’adaptabilité. En effet, la production locale, les circuits courts, l’agriculture
biologique mais aussi l’impact environnementale de notre alimentation sont d’autant
de problématiques à étudier. C’est ce qui en fait, un secteur dynamique, riche en
projets à mettre en place sur le court, le moyen et le long terme.
Après un bref rappel des évolutions des indicateurs climat-air-énergie du secteur de
l’agriculture au cours des 30 dernières années, puis un panorama détaillé des données
de 2019 et des problématiques qu’elles soulèvent, le présent document s’attachera à
proposer des objectifs chiffrés aux horizons 2026, 2030 et 2050, ainsi que des pistes
d’actions pour le nouveau PCAET de l’Eurométropole de Metz.52
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
1. EVOLUTIONS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR
AGRICOLE DE 1990 A 2019
1.1. Principaux repères concernant le secteur de
l’agriculture
Le secteur de l’agriculture est le secteur le moins consommateur d’énergie sur le territoire de
l’Eurométropole de Metz, que ce soit en 1990 ou en 2019 (mis à part les secteurs « branche énergie »
et « déchets », dont les consommations sont nulles, pour les raisons expliquées dans la partie
Méthodologie du Diagnostic des consommations d’énergie).
En matière de pollution atmosphérique, le secteur de l’agriculture émet la grande majorité de
l’ammoniac du territoire métropolitain que ce soit en 1990 ou en 2019. En effet, en 2019,
l’agriculture a relargué 88 % des NH3 émis sur le territoire de l’Eurométropole de Metz. Comme le
montre la Figure 1 ci-dessous, ce secteur émet également une part non négligeable des PM10 (21%
des PM10 sont émis par l’agriculture en 2019).
Figure 1 : Emissions (en tonnes) des divers polluants atmosphériques par le secteur de l'agriculture en 2019
Enfin, l’agriculture est sur le territoire le 5ème secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre, que ce
soit en 1990 ou en 2019.
Pour le secteur de l’agriculture, les évolutions des indicateurs climat-air-énergie (par rapport aux années règlementaires de référence) sont les suivantes :
• Les émissions de GES ont augmenté de 7,7 % entre 1990 et 2019,
• Les consommations d’énergie finale (à climat réel) ont baissé de 13,6 % entre 2012 et 2019,
• Les émissions de NH3 ont augmenté de 16 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de PM10 ont augmenté de 2,1% entre 2005 et 2019.
0 50 100 150 200 250 300 350 400
SO2 en T
NOx en T
NH3 en T
COVNM en T
PM10 en T
PM2.5 en T
Distribution des polluants atmosphériques émis
par le secteur agricole (en tonnes)53
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Les objectifs de la directive européenne de 2008 pour l’année 2020 (dits « 3 x 20 ») en matière de gaz
à effet de serre (en progression), comme de consommation d’énergie (encore loin des objectifs de -20
%), ainsi que les objectifs régionaux et nationaux (SRADDET et PREPA) de pollutions atmosphériques
n’ont donc pas été atteints.
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019
La Figure 2 ci-après (graphique en base 100) permet de mettre en évidence l’évolution comparée des
indicateurs climat-air-énergie les plus représentatifs du secteur de l’agriculture, pour le territoire de
l’Eurométropole de Metz entre 2005 et 2019. Il est important de souligner que les données du secteur
de l’agriculture sont moins précises que pour les autres secteurs étudiés. Certaines informations ne
sont donc pas toujours interprétables.
Figure 2 : Evolution comparée d'indicateurs climat-air-énergie du secteur agricole pour la période 2005 à 2019
Ce graphique en base 100 permet de visualiser les hausses d’émissions de 2 polluants
atmosphériques importants pour le secteur de l’agriculture, à savoir l’ammoniac et les PM10. Le NH3
provient des déjections des animaux d’élevage et des engrais azotés, utilisés pour la fertilisation des
cultures. Les émissions de NH3 ont chuté entre 2010 et 2014, puis remontent fortement entre cette
dernière année et 2019.
80%
90%
100%
110%
120%
130%
140%
2005 2010 2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Evolutions en base 100 du secteur de
l'agriculture
Consommation d'énergie Gaz à effet de serre NH3 PM1054
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Ceci s’explique car des engrais minéraux, relarguant de l’ammoniac, de plus en plus utilisés dans
l’agriculture d’une manière générale. Quant aux PM10, ils proviennent des activités de labour, mais
également des épandages d’engrais. Les émissions de PM10 baissent légèrement depuis 2015.
En ce qui concerne la consommation d’énergie et les gaz à effet de serre, des similitudes de
trajectoires peuvent être observées sur le graphique : pic en 2010, puis baisse en 2014 pour ces deux
indicateurs. On peut apporter un début d’explication à ces évolutions : d’après les degrés jours unifiés
(c’est-à-dire la différence entre la température extérieure et une température de référence de 18 °C),
l’année 2010 a été particulièrement froide. En effet, en période froide, il est possible que des traitements
sur parcelles doivent être à nouveau effectués : pluie imprévue qui a lessivé les produits épandus,
fraicheur favorable au développement de tel moisissure qui nécessite plus d’interventions que
d’habitude etc. Cela implique donc l’utilisation d’engins agricoles augmentant donc la consommation
énergétique et donc les gaz à effet de serre sur le territoire. Les années suivantes, jusqu’en 2014 ont
été plus chaudes. Il en résulte une baisse de consommation d’énergie sur cette période, car il y a eu
moins besoin d’effectuer ces multiples traitements comme expliqué précédemment mais également de
chauffer les serres.
Une légère hausse est observée depuis 2018 pour ces deux indicateurs. Les gaz à effet de serre
progressent tout de même moins, de manière générale, que la consommation d’énergie entre les
années 2005 et 2019. Ces courbes témoignent cependant du lien entre consommation d’énergie et
émissions de gaz à effet de serre. L’Eurométropole de Metz doit donc susciter la sobriété énergétique
et l’atténuation des gaz à effet de serre dans le secteur agricole. Les émissions de NH3 et de PM10,
moins liées à la consommation d’énergie, doivent également être abaissées rapidement, afin de
pouvoir atteindre les objectifs nationaux et régionaux.55
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2. PANORAMA DETAILLE CLIMAT-AIR-ENERGIE DU
SECTEUR DE L’AGRICULTURE EN 2019
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019
Territoire de l’Euro-
métropole de Metz
Valeur du secteur agricole
pour 2019
Part du secteur en 2019
(sur l’ensemble des secteurs)
Consommation
d’énergie finale
(PCI et à climat réel)
49,3 GWh PCI
dont Electricité : 25,1 GWh
Produits pétroliers : 16,5 GWh
Gaz naturel : 6,5 GWh
Autres énergies renouvelables : 1,2 GWh
0,97 %
(de 5 085,4 GWh PCI)
Emissions directes
de GES
35 693,3 t CO2 é
dont Aucune énergie (engrais azotés
dégageant des GES) : 28 740,1 t CO2 é
Produits pétroliers : 4 835,3 t CO2 é
Gaz Naturel : 1314,6 t CO2 é
Electricité : 770,3 t CO2 é
Autres énergies renouvelables : 33 t CO2 é
3,6 %
(de 1 000 273 t CO2 é)
Emissions de
polluants
atmosphériques
NH3 : 339,7 t
PM10 : 80 t
NOx : 23,9 t
PM2.5 : 17,7 t
COVNM : 5,5 t
SO2 : 0,4 t
88,0 % (de 385,9 t)
21,1 % (de 378,9 t)
1,2 % (1949,7 t)
8,1 % (de 218,2 t)
0,4 % (de 1365 t)
0,7 % (de 52,8 t)56
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.2. Caractéristiques du secteur de l’agriculture à l’échelle des communes et des IRIS
Il n’existe sur le territoire métropolitain que 2 bans communaux où les gaz à effet de serre sont émis
en majorité par le secteur de l’agriculture en 2019 : ceux de Coin-sur-Seille (1 900 t CO2 é) et de
Laquenexy (2 073 t CO2 é). Ce sont également les territoires où les valeurs absolues d’émissions de
GES du secteur de l’agriculture sont les plus élevées, avec les bans communaux d’Amanvillers (2 484
t CO2 é), d’Augny (2 329 t CO2 é) et de Fey (1 972 t CO2 é).
L’agriculture est donc un secteur important dans ces communes péri-urbaines de moins de 2 500
habitants. En effet, pour le ban communal de Laquenexy, la présence de trois exploitations laitières,
mais aussi la présence de cultures, peuvent expliquer ces valeurs de GES. En ce qui concerne Coin-
Sur-Seille ce sont très majoritairement les cultures (surface agricole utile importante) qui émettent ces
GES.
La consommation énergétique finale du secteur de l’agriculture (en GWh PCI à climat réel) par IRIS
est illustré par la Figure 3. Les Ilots regroupés pour l'information statistique (IRIS) sont un maillage
territorial comportant environ 2 000 habitants, ou bien le périmètre complet d’une commune pour celles
ayant une population inférieure. Ils permettent de territorialiser les consommations d’énergie et donc
de faciliter l’analyse et les comparaisons.
Le secteur de l’agriculture constitue un secteur non négligeable, bien que moindre par rapport à
d’autres secteurs, en matière de consommation énergétique finale. Les valeurs pour 2019 sont assez
importantes au sein des territoires des communes suivantes :
• La Maxe : 13,5 GWh PCI (l’agriculture y est le 3ème poste de consommation) provenant d’électricité alimentant des chaudières et de gaz alimentant des serres. C’est en effet dans ce ban communal qu’il y a le plus de serres du territoire.
• Metz : 8,9 GWh PCI (l’agriculture y est le dernier poste de consommation, mis à part la branche énergie et les déchets). Comme sur le territoire de La Maxe, l’énergie électrique est consommée pour alimenter des chaudières du secteur de l’agriculture à Metz,
• Marieulles : 2,5 GWh PCI (l’agriculture y est le 4ème poste), provenant d’électricité alimentant des chaudières et de produits pétroliers pour les engins agricoles,
• Augny : 2,5 GWh PCI (l’agriculture y est le dernier poste de consommation, en excluant la branche énergie et les déchets), avec surtout des produits pétroliers pour les engins agricoles,
• Peltre : 2,1 GWh PCI (l’agriculture y est le dernier poste, mis à part la branche énergie et les déchets), liés à l’électricité des chaudières et à des produits pétroliers pour les engins agricoles.
Il est donc intéressant de noter que pour les 5 territoires qui consomment le plus d’énergie pour le
secteur de l’agriculture, un seul, à savoir celui d’Augny, fait partie des 5 territoires émettant le plus de
gaz à effet de serre pour ce secteur. Pour les 4 autres, c’est souvent dû à l’utilisation de l’électricité qui
émet moins de gaz à effet de serre que les produits pétroliers par exemple. Un ban communal peut
donc être très consommateur d’énergie mais pas forcément le plus impactant au point de vue
climat.57
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 3 : Cartographie du territoire de l'Eurométropole de Metz, à l’échelle des IRIS, représentant la consommation énergétique finale, en GWh PCI à climat réel, pour le secteur agricole en 2019
Au niveau de la pollution atmosphérique, c’est le territoire d’Amanvillers qui émet le plus de
polluants dans l’air, avec notamment 29,5 tonnes de NH3, suivi du territoire d’Augny avec 29,9 t de
NH3. On retrouve ensuite celui de Coin-Sur-Seille avec 24,8 t de NH3, puis celui de Gravelotte avec
20,4 t de NH3. Concernant la provenance de ces émissions, il est logique que le type « aucune énergie »
domine, car les polluants sont liés aux épandages d’engrais azotés, aux activités de labours et aux
déjections d’animaux d’élevage.
Lorsqu’on raisonne en pourcentage, c’est le territoire de Coin-sur-Seille où le secteur prédominant
en matière de pollution atmosphérique est l’agriculture (avec 90 % des polluants émis), suivi du territoire
d’Amanvillers avec 62 %. Gravelotte arrive en 3ème position avec 55 %, suivi de Laquenexy avec 54
%.58
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz, pour le secteur de l’agriculture en 2019
Il existe différents types d’agriculture sur le territoire de l’Eurométropole de Metz en 2019 :
• Les cultures de céréales, oléagineux et de protéagineux, qui sont donc très variées mais restent liées entre elles notamment par les rotations. On les appelle également les « grandes cultures » ou « polycultures ». Ces exploitations couvrent 75 % de la surface agricole métropolitaine,
• L’élevage bovin viande, qui est en régression sur le territoire métropolitain, concerne 34 % des exploitations et qui est systématiquement associé à la polyculture,
• L’élevage bovin lait, qui reste minoritaire sur la métropole,
• Le maraîchage, qui concerne 19 exploitations métropolitaines avec 91 hectares en extérieur et 10 hectares sous serres ou tunnels,
• L’arboriculture, qui ne concerne que 15 hectares de verger au total, cette activité étant associée à celle du maraichage,
• La viticulture, qui est représentée par 4 vignerons sur l’Eurométropole de Metz, exploitant environ 30 hectares.
Pour le secteur de l’agriculture, sur la métropole, le mix énergétique est le suivant : électricité (51 %),
produits pétroliers (33,4 %), gaz naturel (13,1 %) et autres énergies renouvelables (2,5 %).
Ce sont les engins spéciaux agricoles qui consomment le plus d’énergie, notamment des produits
pétroliers et dans une moindre mesure de l’électricité. Vient ensuite l’électricité dite « spécifique »
(utilisée pour des machines pouvant uniquement être alimentée à l’électricité), utilisée pour diverses
activités agricoles, mais ne concernant pas les serres qui, quant à elles, sont chauffées au gaz naturel.
En ce qui concerne les émissions directes de gaz à effet de serre du secteur agricole en 2019, la
Figure suivante apporte des renseignements intéressants :
Figure 4 : Emissions directes de gaz à effet de serre (en tonnes CO2 équivalent) par type d’activité agricole en 2019
0
2 000
4 000
6 000
8 000
10 000
12 000
14 000
16 000
18 000
Chaudières Cultures Elevage Engins agricoles Engins sylvicoles
Emissions de GES par type d'activité agricole
(en tonnes CO2 équivalent)59
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Ce sont bien les cultures qui émettent le plus de gaz à effet de serre sur le territoire métropolitain. En
effet, la principale source d’émission est l’épandage des engrais azotés. Les élevages bovins arrivent
en 2ème position, en lien avec le relargage par ces animaux dans l’atmosphère du méthane (CH4), gaz
à effet de serre ayant un pouvoir réchauffant 28 fois supérieur au CO2. Le fonctionnement des engins
agricoles et des chaudières est moins émetteur, mais reste tout de même non négligeable. Enfin, les
engins sylvicoles n’émettent que très peu de gaz à effet de serre, par rapport aux autres activités
agricoles.
La pollution atmosphérique engendrée par le secteur agricole, est quant à elle, illustré sur la Figure
5 ci-après. Ce sont les cultures qui génèrent très majoritairement les émissions de NH3, de PM10 et
de PM2.5. En effet, ce sont les activités de labour, d’épandage d’engrais azotés (ainsi que les
effluents d’élevage) qui émettent ces polluants. En ce qui concerne les émissions d’oxydes d’azote
(NOx), pour ce secteur, ce sont les engins agricoles qui sont en responsables en très grande majorité.
Figure 5 : Emissions (en tonnes) de polluants atmosphériques selon les activités agricoles en 2019
0
50
100
150
200
250
300
350
400
PM10 PM2.5 SO2 COVNM NOx NH3
Emissions de polluants par activité agricole (tonnes)
Chaudières Cultures Elevage Engins agricoles Engins sylvicoles60
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3. OBJECTIFS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE POUR 2026, 2030 ET 2050
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux
➢ Voir la partie III du document « Enjeux du secteur Résidentiel »
S’agissant spécifiquement du secteur de l’agriculture, le SRADDET pose les objectifs chiffrés suivants (à titre indicatif) :
SRADDET - GES ET ENERGIE SPECIFIQUES A L’AGRICULTURE 2021 2026 2030 2050
REDUCTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/2014) -56 % -66 % REDUCTION DE LA CONSO. ENERGETIQUE FINALE (/2012) -2,2 % -8,2 % -13 % -29 %
SRADDET - objectifs spécifiques à l’agriculture de réduction des émissions de GES
et de consommation d’énergie
3.2. Objectifs chiffrés du secteur de l’agriculture sur le territoire de la métropole pour 2026, 2030 et 2050
En lien avec ces objectifs régionaux et nationaux, mais également avec les leviers d’actions permis par
le PCAET de l’Eurométropole de Metz et ses différentes politiques publiques, il est proposé d’adopter,
pour le secteur de l’agriculture, les objectifs chiffrés suivants :
NB : la méthode pour fixer les objectifs a été la suivante : les objectifs relatifs à l’énergie ont d’abord
été fixés pour 2030 à l’aide du SDE, puis pour 2026 et 2050 notamment en fonction des objectifs
régionaux et nationaux. Les objectifs en matière de GES ont été fixés en conséquence, car ils résultent
à la fois des baisses de consommation d’énergie et du développement d’énergies moins carbonées.
Enfin, avec la même logique, ont été fixés les objectifs en matière de polluants atmosphériques.
L’articulation entre les dimensions climat, air et énergie s’appuie aussi sur les courbes en base 100
(évolutions 2005 - 2019) présentées dans la première partie de ce document.
2026 2030 2050
EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/1990) -24 % -40 % -82 % CONSOMATION ENERGETIQUE FINALE (/2012) -40,8 % -40,8 % -44,8 % DIOXYDE DE SOUFRE (SO2) (/2005) -99,6 % -99,6 % -99,7 %
OXYDES D’AZOTE (NOX) (/2005) -70 % -75 % -80 %
AMMONIAC (NH3) (/2005) * +15 % +5 % -14%
COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COVNM) (/2005) -67 % -68 % -70 %
PARTICULES (PM10) (/2005) -8 % -17 % -55 %
PARTICULES FINES (PM2,5) (/2005) -19 % -25 % -30 %
Objectifs pour l’agriculture sur l’Eurométropole de Metz (par rapport à : climat 1990 / énergie 2012 / air 2005) ; le / signifie : par rapport à l’année de référence correspondante
* NB : concernant l’ammoniac (NH3) provenant du secteur agricole, les émissions ont augmenté de
16 % entre 2005 et 2019. Les objectifs de diminution d’émissions pour ce polluant (entre 2019 et 2026,
puis entre 2019 et 2030) se manifestent donc avec des valeurs positives par rapport à 2005. En effet,
l’objectif de l’Eurométropole de Metz est d’abord de revenir à une valeur proche de la valeur de 2005
(passer de +16 % à +5 % en 2030), puis d’aboutir à des émissions de ce polluant atmosphérique à
l’horizon 2050 inférieures à celles de l’année de référence (-14 % par rapport à 2005).61
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs
chiffrés du secteur agricole
L’agriculture est à la croisée de multiples enjeux environnementaux et sociaux : rapport à
l’environnement (eau, sols…), rémunération des agriculteurs, lutte contre le gaspillage (selon la FAO
un tiers de la production alimentaire mondiale est perdue ou jetée chaque année), etc. C’est ce qui en
fait une thématique pertinente et dynamique, qui peut être l’un des leviers principaux en matière de
transition écologique, notamment sur les aspects climat air énergie.
3.3.1. SCENARIOS POUR 2026 ET 2030 :
D’un point de vue énergétique, l’enjeu des prochaines années est de poursuivre la diminution de la
consommation du secteur agricole (57 GWh en 2012 ; 49 GWh en 2019), pour atteindre 34 GWh
d’énergie finale par an, en 2026 comme en 2030. Plusieurs acteurs, du producteur au consommateur,
peuvent réduire les impacts environnementaux et économiques de l’agriculture. Bien qu’à
l’Eurométropole de Metz, le secteur agricole consomme relativement peu d’énergie, il est impératif de
maintenir, voire de diminuer cette consommation.
Les circuits courts (un intermédiaire maximum entre l’agriculteur et le consommateur) doivent être
développés mais surtout bien organisés car, s’ils ne le sont pas, ils peuvent être très énergivores : on
peut acheter des bananes qui font 5 000 km en circuit court. Les circuits locaux quant à eux (nombre
d’intermédiaires indifférent mais sur un territoire bien défini, en général 100 km) constituent aussi un
réel enjeu en termes de consommation énergétique et d’émissions associées si, encore une fois, ils
sont bien organisés.
Des changements, vers des pratiques moins impactantes sur l’environnement (exemple : limiter le
retournement des prairies) doivent être mise en place sur le territoire. La fixation d’objectifs, comme par
exemple l’objectif BNI (bas niveau d’intrants, productions agricoles qui garantissent un impact
environnemental compatible avec la politique de protection de l'eau et des milieux aquatiques), peuvent
constituer de réels enjeux et permettraient de mettre en place des actions pertinentes :
• Choisir des espèces végétales adaptées aux conditions climatiques de la région et à la saison,
• Diversifier les variétés cultivées sur une même parcelle,
• Favoriser l’agriculture biologique,
• Privilégier les systèmes de culture moins gourmands en eau…
L’élaboration du premier Programme Alimentaire Territorial de l’Eurométropole de Metz, depuis 2021,
a notamment pour buts de relocaliser l’alimentation, d’installer une gouvernance en réunissant tous les
acteurs de la chaine alimentaire au sein d’un territoire et des territoires voisin, ainsi que de mettre en
place des actions, comme par exemple :
• Mettre en avant les productions déficitaires : là où il y a un manque de denrées produites (exemple : maraichage). Ceci peut se faire via l’installation de jeunes producteurs sur des filières déficitaires ou inciter les agriculteurs en polyculture-élevage, à la diversification, en les aidant dans leur projet de conversion,
• Assurer le renouvellement des agriculteurs,
• Accompagner la contractualisation de la restauration collective avec des filières BNI, en cours de développement sur des zones à enjeux « eau » : pain, légumineuses et viande,
• Mettre en œuvre les Paiements pour Services Environnementaux (PSE), via des contrats signés avec l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, permettant de financer des pratiques plus responsables de l’environnement en matière d’agriculture,
• Mettre en place un pôle de transformation, afin de transformer les produits issus du territoire et de les vendre localement.62
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
D’autres sujets pourraient être étudiés avec du PAT, en lien avec le PCAET, comme le déploiement
d’un label bas carbone sur le territoire de l’Eurométropole de Metz : un agriculteur ayant des
pratiques favorisant le stockage de carbone (élevage extensif à l’herbe par exemple) pourrait vendre
des crédits carbones à des entreprises privées. Ce label pourrait permettre de valoriser
économiquement ces pratiques, mais aussi de limiter la perte de surfaces en prairies.
Les actions déjà en place, comme les trois « drive fermier » sur le territoire ou la réduction du
gaspillage alimentaire en restauration collective (qui vise aussi à sensibiliser les enfants sur ce thème),
sont d’autant d’éléments qui témoignent de l’implication de l’Eurométropole de Metz dans le secteur de
l’agriculture. Concernant les circuits courts, en plus des vertus écologiques (baisse de la
consommation énergétique et des émissions de gaz à effet de serre liées à l’export des produits),
l’intérêt est également de recréer du lien entre les producteurs locaux et les habitants du territoire.
Le consommateur est le pilier central du secteur de l’agriculture. La composition de son assiette est
un levier très important pour faire changer et évoluer les pratiques. Pour ce faire, la sensibilisation
visant à apporter des connaissances sur l’alimentation, est essentielle. Elle permet de faire comprendre
les problématiques environnementales, mais également sanitaires : consommation de viandes rouges,
de produits transformés…
3.3.2. SCENARIO 2050 :
Pour 2050, le scénario prévoit un objectif de consommation énergétique finale du secteur agricole à
environ 31 GWh par an (fourchette située entre 30 et 40 GWh par an). Cela est plus ambitieux que
l’application des objectifs nationaux et régionaux sur le territoire de l’Eurométropole.
On peut prévoir notamment des évolutions de la composition de nos assiettes. Des changements
d’habitudes alimentaires devraient entrer dans les mœurs. Le développement de l’alimentation
végétale fait partie des enjeux majeur de l’alimentation du 21ème siècle. En effet, une réduction des
protéines animales et une augmentation des protéines végétales devraient avoir lieu. De façon
générale, le rééquilibrage de l’alimentation est un élément important, aussi bien d’un point de vue
économique (diminution du gaspillage) que d’un point de vue sanitaire, environnemental et éthique.
En lien avec les objectifs nationaux et régionaux, les objectifs de consommation énergétique du
secteur agricole à horizons 2026, 2030 et 2050 sont illustrés par le graphique ci-dessous :
Figure 6 : Objectifs de consommations d’énergie finale annuelle du secteur agricole à horizons 2026, 2030, 2050
0
10
20
30
40
50
60
70
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh EF
Années
Objectifs de réduction de la consommation énergétique
de l'Agriculture (GWh d'énergie finale par an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRAND EST63
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4. FOCUS : L’ALIMENTATION DES METROPOLITAINS ET SON IMPACT CARBONE INDIRECT
4.1. Contexte de l’étude
MAIS D’ABORD, QU’EST-CE QUE LE SCOPE 3 D’UN DIAGNOSTIC GAZ A EFFET DE SERRE ?
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) anthropiques constituent l’un des principaux enjeux
actuels pour notre planète. Elles sont la cause du dérèglement climatique et leur forte réduction, voire
leur disparition, est nécessaire pour permettre la poursuite des activités humaines, dans des espaces
vivables. Le réchauffement causé par les GES concerne la globalité de la planète. C’est pour cela que
tous les Etats et acteurs, que ce soit aux niveaux national, régional ou territorial, doivent s’atteler à leur
diminution.
Au niveau territorial, le PCAET est un des outils permettant d’agir sur les émissions de GES du territoire.
La règlementation française impose de prendre en compte les émissions de GES dites de scope 1 (ou
périmètre 1) et de scope 2.
Le scope 1 représente les gaz à effet de serre émis directement dans l’atmosphère par le territoire.
Le scope 2 représente les gaz à effet de serre émis indirectement, pour faire fonctionner le secteur
« branche énergie » (production, transport, etc.).
Le scope 3 représente toutes les autres émissions de gaz à effet de serre indirectes, induites par les
acteurs et par les activités du territoire. Il s’agit par exemple :
➢ Des émissions dues à la fabrication d’un produit ou d’un bien à l’extérieur du territoire mais dont l’usage ou la consommation s’effectue sur le territoire,
➢ Des émissions associées à l’utilisation hors du territoire ou ultérieure de produits fabriqués par les acteurs du territoire,
➢ Des émissions liées au transport de marchandises hors du territoire.
Pour mieux comprendre ces 3 notions, on peut faire une analogie avec une voiture qui représenterait
ici l’Eurométropole de Metz. Les GES issus du pot d’échappement constitueraient le scope 1. Le scope
2 correspondrait aux GES engendrés par tous les processus permettant l’approvisionnement de la
voiture en carburant, des puits pétroliers à la pompe à essence. Enfin, le scope 3 correspondrait à toutes
les autres émissions de GES liées, par exemple à la fabrication des portières, des sièges, etc.64
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
La figure ci-dessous illustre plus en détail les 3 scopes et à quels périmètres ils correspondent :
QUEL EST L’INTERET DE PRENDRE EN COMPTE TOUT OU PARTIE DU SCOPE 3 ?
La prise en compte du scope 3 dans un PCAET n’est donc pas obligatoire, mais seulement recommandée. Pourtant, certains postes paraissent très pertinents à prendre en compte.
En effet, selon plusieurs sources, le scope 3 représenterait plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre d’un territoire :
« Ne pas tenir compte des émissions cachées, cela revient à oublier une grande part des émissions induites par le territoire » Charlotte Izard, responsable Climat et territoires du Réseau action climat (RAC) (Source : Prise en compte des émissions indirectes dans les collectivités territoriales, Réseau Action Climat, 2017)
De plus, le sujet des émissions indirectes est encore trop peu abordé par les acteurs des territoires (élus, grand public…). Cependant, au-delà du terme scope 3 qui est encore peu connu, les thématiques qu’il recouvre, telles que l’alimentation ou les achats, sont très concrètes pour les acteurs du territoire. Il y a donc un réel intérêt de prendre en compte le scope 3, car il s’agit d’un sujet où les citoyens se sentent concernés (habitudes, modes de vie, etc.).
Figure 7 : Illustration des 3 scopes à l’échelle d’un territoire. Source : Observatoire Climat des Haut de France65
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Comme indiqué en introduction, le phénomène du réchauffement climatique est un problème planétaire, qui concerne tout le monde. Même si un territoire réduit les émissions de gaz à effet de serre des scopes 1 et 2, les émissions indirectes liées au scope 3 seront toujours présentes et le phénomène climatique continuera à s’intensifier. Il en va donc de l’intérêt de chacun de prendre en compte certains postes du scope 3 dans le diagnostic territorial d’un PCAET. Ainsi, quelques territoires français expriment leur volonté de prendre en compte certaines thématiques de ce scope. Aborder de façon pragmatique des postes ciblés du scope 3 semble être le bon début pour se lancer dans ces démarches pouvant sembler compliquées au premier abord.
C’est dans ce cadre que L’Eurométropole de Metz a souhaité étudier le scope 3 lié à l’alimentation du territoire, dans le cadre de son second PCAET.
POURQUOI ETUDIER LE SCOPE 3 DE L’ALIMENTATION DU TERRITOIRE ?
L’alimentation semble être une thématique très pertinente à prendre en compte. Tout d’abord, c’est un thème qui anime de plus en plus le débat public. En effet, l’élevage correspond à environ 15% des 49 milliards de tonnes de gaz à effet de serre émis dans le monde (Source : IPCC, 2014. Climate Change 2014: Mitigation of Climate Change. Contribution of Working Group III to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change ).
Cela représente un volume de plus de 7 milliards de tonnes de CO2 équivalent par an, soit plus que les émissions des Etats-Unis et de la France en 2013. C’est légèrement plus que les émissions directes du secteur des transports (Source : FAO, 2013. Tackling Climate Change Through Livestock: A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities, Rome : Food and Agriculture Organisation of the United Nations).
De plus, ce secteur émet de plus en plus de gaz à effet de serre, notamment avec l’augmentation de la consommation de viande dans les pays en voie de développement. Ainsi, le 5ème rapport du GIEC recommande une diminution importante de la consommation de viande. La communauté scientifique est aujourd’hui unanime : il faut végétaliser nos assiettes car la viande a un fort impact carbone. Les gaz à effet de serre émis sont, d’une part, liés aux processus biologiques des animaux (CH4), d’autre part à la production de nourriture destinée aux animaux : consommation d’une grande partie des surfaces agricoles, consommation d’eau, production et transport de nourriture animale…
La Figure 8 ci-après met en évidence qu’un repas avec viande et produits laitiers (issus d’agriculture conventionnelle) consommé tous les jours pendant un an équivaut à un trajet automobile de 4 758 km par an.
Sur la Figure 9 sont représentées les émissions en gaz à effet de serre (en kg CO2 équivalent) correspondantes à des portions de 50 g de protéines. Les protéines animales émettent plus de gaz à effet de serre que les protéines végétales : ainsi, la production de 100 g de bœuf émet entre 8,5 et 25 kg CO2 é.
Enfin, la Figure 10 témoigne de l’impact en eau de portions d’1 kg d’aliment : il faut environ 1 078 litres d’eau pour produire un kilo de bœuf, contre 774 litres pour produire un 1 kg de riz. C’est encore la viande (y compris la viande blanche) qui prédomine en matière d’impact environnemental. NB : • Eau bleue : quantité d’eaux de surfaces ou d’eaux souterraines utilisées, • Eau grise : quantité d’eau douce nécessaire pour diluer une eau polluée.
C’est pour ces raisons environnementales, mais aussi parce qu’il s’agit d’un thème qui parle à tous, que l’alimentation des habitants de l’Eurométropole de Metz a été choisie comme sujet d’étude du scope 3 du nouveau PCAET.66
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 8 : Equivalent (en km) pour les émissions de gaz à effet de serre de différents repas, sur un an. Source : FOODWATCH
Figure 9 : Emissions de gaz à effet de serre (en kg CO2 é) liées à différents types de protéines. Source : Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers, Poore, J. and Nemecek, T., 201867
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.2. Estimation des émissions indirectes de gaz à effet de serre pour nourrir le territoire de l’Eurométropole de Metz
SOURCES DES DONNEES ET METHODOLOGIE APPLIQUEE
Une méthodologie précise a été mise en place, afin d’estimer les GES émis (en tonnes CO2 é) pour
nourrir le territoire de l’Eurométropole de Metz. L’étude nommée INCA 3 ainsi que la base de données
Agribalyse ont ainsi été utilisées pour réaliser ce calcul.
En effet, il n’existe pas de donnée locale sur ce que mangent ou boivent les habitants de
l’Eurométropole de Metz, ni même les lorrains. En revanche, il existe une étude réalisée par l’ANSES
(Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) en 2017,
appelée « Etude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 » (dite INCA 3). Selon
l’ANSES « plus de 5 800 personnes (3 157 adultes âgés de 18 à 79 ans et 2 698 enfants âgés de 0 à
17 ans) ont participé à cette étude nationale, qui a mobilisé en 2014 et 2015 près de 200 enquêteurs.
150 questions ont été posées aux participants sur leurs habitudes et modes de vie, 13 600 journées de
consommations ont été recueillies, générant des données sur 320 000 aliments consommés. Au total,
6 années auront été nécessaires pour actualiser la photographie des habitudes de consommations
alimentaires de la population française ». Des données sur ce que boivent les français sont également
présentes dans l’étude.
Figure 10 : Volumes d’eau nécessaires (en litres, hors eau de pluie) pour produire un kg de produit alimentaire. Source: A Global Assessment of the Water Footprint of Farm Animal Products, 201268
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Pour l’étude de ce poste « alimentation » faisant partie du scope 3 du PCAET, les habitudes
alimentaires nationales mises en évidence par INCA 3 ont été appliquées à la population réelle de
l’Eurométropole de Metz, répartie en 3 catégories de population, afin d’être le plus précis possible :
• Les enfants de 0 à 10 ans,
• Les adolescents de 11 à 17 ans,
• Les adultes (18 ans et plus).
Des catégories d’aliments (en % consommés : légumes, poissons, viandes, pommes de terre, pizzas,
soupes et bouillons etc…) sont associés à chaque âge au sein de l’étude INCA 3. En effet, les enfants
ne mangent pas la même chose que les adultes. Des quantités pour chaque aliment (en kg/jour) ont
alors pu être calculées sur cette base. Par exemple, un enfant de 0 à 10 ans mange environ 0,023
kg/jour (en moyenne) de pommes de terre et autres tubercules.
Ensuite, la base de données Agribalyse a été utilisée. Il s’agit d’une base produite par l’ADEME
(Agence de la transition énergétique) permettant de connaître l’impact environnemental des aliments et
boissons consommés par les français (mise à jour en juin 2020). Cette base de données donne des
facteurs d’émissions (émissions de GES, exprimées en en kg CO2 équivalent par kg de produit)
associés à des aliments précis, en se basant sur la méthode d’analyse de cycle de vie. 2 500 aliments
ont été répertoriés et analysés par des scientifiques et experts des secteurs agricole, agroalimentaire
et environnemental.
A noter qu’il existe plusieurs types de de données Agribalyse. Ont été pris en compte les « aliments
prêts à être consommés » (aliments que l’on retrouve dans les supermarchés, où sont réalisés 80 %
des achats alimentaires). Ces données prennent en compte des aliments très précis, ce qui permet
ainsi de produire une étude pertinente. Les autres données concernent seulement quelques produits
bruts (en fonction du type d’agriculture : biologique ou conventionnelle).
Les aliments ont donc été regroupés, selon les catégories d’aliments de l’étude INCA 3, puis pour
chacune, un facteur d’émission a été attribué (y compris pour les boissons). Enfin, grâce aux données
précises sur le nombre d’habitants de l’Eurométropole de Metz (source : INSEE, recensement de la
population de France métropolitaine, données d’octobre 2020) et sur leur répartition par tranche d’âge,
une estimation des émissions dues à l’alimentation (en tonnes CO2 é) a pu être calculée.
Ainsi, pour cette étude il ne s’agit donc pas précisément de ce que mangent les habitants du territoire,
mais d’une estimation de ce que mangent les français, rapportée aux habitants de
l’Eurométropole, selon les 3 catégories d’âge indiquées ci-avant.
RESULTATS : ESTIMATION DES EMISSIONS INDIRECTES DE GES LIEES A L’ALIMENTATION
L’analyse aboutit aux résultats suivants (empreinte carbone quotidienne par habitant) :
Emissions des
aliments
(en kg CO2 é / jour)
Emissions des
boissons
(en kg CO2 é / jour)
Emissions totales
(en kg CO2 é / jour)
Enfant de 0 à 10 ans 2,864 1,891 4,755
Adolescent de 11 à 17 ans 4,207 1,842 6,049
Adulte (18 ans et plus) 4,572 4,862 9,43469
ENJEUX DU SECTEUR DE L’AGRICULTURE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
L’utilisation de la base de données Agribalyse permet également de mettre en exergue :
• Les aliments les moins carbonés (en kg CO2 é / kg de produit) : Compotes et fruits au sirop (0,96),
Sucre et matières sucrantes (1,04),
Légumes (1,17),
Soupes et bouillons (1,19),
Pâtes, riz blé et autres céréales (1,46).
• Les aliments les plus carbonés (en kg CO2 é / kg de produit) : Viandes et volailles (22,36),
Charcuterie (9,49),
Confiserie et chocolat (8,43),
Poissons, crustacés et mollusques (7,6),
Fromages (6,06),
• Les boissons les moins carbonées (en kg CO2 é / kg de produit) : Eaux du robinet (0,00034),
Eaux conditionnées (0,28),
Boissons rafraichissantes sans alcool (0,55).
• Les boissons les plus carbonées (en kg CO2 é / kg de produit) : Boissons chaudes (8,54),
Laits et boissons infantiles (4,15),
Laits (4,52),
La mise en œuvre des sources et l’application de la méthodologie décrites ci-dessus permet
d’aboutir à une estimation des émissions indirectes de GES liées à l’alimentation :
L’impact indirect de l’alimentation de l’Eurométropole de Metz est estimé à 697 017 tonnes CO2 équivalent par an
Bien que ce chiffre soit une estimation, on peut tout de même souligner l’impact très important de
l’alimentation en matière d’émissions (indirectes) de gaz à effet de serre, approchant 70 % des
émissions de GES émis directement sur le territoire de l’Eurométropole de Metz pour l’année 2019.70
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
S
1. Evolutions climat-air-énergie du secteur tertiaire de 1990 à 2019 ................................................ 72
1.1. Principaux repères concernant le secteur tertiaire ........................................................................ 72
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019 .................... 72
2. Panorama détaillé climat-air-énergie du secteur tertiaire en 2019 ................................................ 74
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019 ............................................................ 74
2.2. Caractéristiques du secteur tertiaire à l’échelle des communes et des IRIS ................................ 75
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz pour le secteur tertiaire en 2019 ................ 77
3. Objectifs climat-air-énergie du secteur tertiaire pour 2026, 2030 et 2050 .................................... 80
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux .............................................................................. 80
3.2. Objectifs du secteur tertiaire sur le territoire de la métropole pour 2026, 2030 et 2050 ............... 80
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs chiffrés du secteur tertiaire ................................ 81
4. Focus : les enjeux de la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires publics ........................ 83
4.1. Pourquoi s’intéresser aux bâtiments publics ? .............................................................................. 83
4.2. Comment faire pour agir, quelle méthode ? .................................................................................. 84
4.3. Sur quels projets travailler en priorité ? ......................................................................................... 85
ENJEUX CLIMAT AIR
ENERGIE DU
SECTEUR TERTIAIRE71
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
SECTEUR TERTIAIRE,
QUI ES-TU ?
Le secteur tertiaire est un secteur qui recouvre un vaste champ d’activités, qui va du
commerce à l’administration, en passant par les services, l’éducation, la santé, etc.
Qui dit vaste champ, dit vaste consommation énergétique. C’est en effet un des
secteurs les plus consommateurs d’énergie, que ce soit au niveau national ou mondial.
Il constitue donc un enjeu majeur au sein de l’Eurométropole de Metz en matière de
transition écologique.
La rénovation énergétique, la sobriété, ou encore le développement des énergies
renouvelables doivent être des éléments pris en compte, afin de maintenir
performant ce secteur de manière pérenne, source de la majorité des emplois et de
très nombreux services sur le territoire métropolitain.
Après un bref rappel des évolutions des indicateurs climat-air-énergie du secteur
tertiaire au cours des 30 dernières années, puis un panorama détaillé des données de
2019 et des problématiques qu’elles soulèvent, le présent document s’attachera à
proposer des objectifs chiffrés aux horizons 2026, 2030 et 2050, ainsi que des pistes
d’actions pour le nouveau PCAET de l’Eurométropole de Metz.72
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
1. EVOLUTIONS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR
TERTIAIRE DE 1990 A 2019
1.1. Principaux repères concernant le secteur tertiaire
Le secteur tertiaire est le troisième secteur le plus consommateur en matière d’énergie sur le
territoire de l’Eurométropole de Metz, après les secteurs des transports et du résidentiel, que soit en
1990 comme en 2019.
Sur cette même période, le secteur tertiaire est également le troisième secteur le plus émetteur de
gaz à effet de serre, derrière les deux secteurs cités précédemment.
En matière de pollution atmosphérique, le secteur tertiaire est surtout concerné par les émissions de
NOx, de COVNM et de SO2 même si ces derniers ont fortement chuté depuis plusieurs années.
Pour le secteur tertiaire, les évolutions des indicateurs climat-air-énergie (par rapport aux années
règlementaires de référence) sont les suivantes :
• Les émissions de GES ont diminué de 31,1 % entre 1990 et 2019,
• Les consommations d’énergie finale (à climat réel) ont diminué de 5,5 % entre 2012 et 2019,
• Les émissions de SO2 ont baissé de 84,6 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de NOx ont baissé de 47,4 % entre 2005 et 2019.
Ainsi, les objectifs de la directive européenne de 2008 pour l’année 2020 (dits « 3 x 20 ») ont été atteints
en matière de gaz à effet de serre, mais non atteints concernant la consommation énergétique. En ce
qui concerne les deux polluants atmosphériques cités ci-dessus (importants pour le secteur tertiaire) :
la diminution des émissions de SO2 atteint largement les objectifs nationaux et régionaux (PREPA et
SRADDET) ; quant à celle des NOx, elle atteint les objectifs nationaux et atteint presque (à 2% près)
les objectifs régionaux.
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019
La Figure 1 ci-après (graphique en base 100) met en évidence l’évolution comparée des indicateurs
climat-air-énergie les plus représentatifs du secteur tertiaire, pour le territoire de l’Eurométropole de
Metz entre 2005 et 2019 :73
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 1 : Evolution comparée d'indicateurs climat-air-énergie du secteur tertiaire pour la période 2005 à 2019
Ce graphique en base 100 permet de visualiser la forte baisse des émissions des dioxydes de
soufre (SO2), polluant atmosphérique particulièrement néfaste pour la santé et pour l’environnement,
mais dont les émissions, fort heureusement, ont largement diminué depuis 2005 sur le territoire
métropolitain (84,6 % de réduction), ainsi que sur le territoire national. En effet, ces composés soufrés
étaient majoritairement émis par les installations de chauffage, qui ont été largement améliorées : cela
explique en grande partie cette forte baisse. Dans la même lignée, les émissions d’oxydes d’azote
(NOx) ont baissé également depuis 2005, malgré une légère hausse en 2015, du fait d’une année plus
froide que la précédente (engendrant une légère augmentation de la majorité des indicateurs). La
tendance à la baisse des émissions de SO2 comme de NOx se poursuit ensuite, de 2015 à 2019.
En ce qui concerne la consommation énergétique et la production de gaz à effet de serre, les
trajectoires des courbes semblent similaires aux précédentes, malgré quelques différences
notamment entre 2014 et 2015, où la consommation d’énergie a fortement augmenté, alors que les
émissions de gaz à effet de serre ont continué à diminuer. Les gaz à effet de serre émis par le tertiaire,
comme pour les autres secteurs du territoire, connaissent une plus forte baisse que celle de la
consommation d’énergie du secteur. On peut tout de même aboutir à la conclusion qu’en plus des
économies d’énergie réalisées par le secteur tertiaire (-19,4 % entre 2005 et 2019), les énergies
utilisées sont moins carbonées, ce qui engendre un gain supérieur pour les émissions de GES (-45,3
% sur la même période) ».
0%
20%
40%
60%
80%
100%
120%
2005 2010 2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Evolutions en base 100 du secteur tertiaire
Consommation d'énergie Gaz à effet de serre SO2 NOx74
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2. PANORAMA DETAILLE CLIMAT-AIR-ENERGIE DU
SECTEUR TERTIAIRE EN 2019
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019
Territoire de l’Euro-
métropole de Metz
Valeurs du secteur tertiaire
pour 2019
Part du secteur en 2019
(sur l’ensemble des secteurs)
Consommation
d’énergie finale
(PCI et à climat réel)
823,9 GWh PCI
dont Electricité : 431,5 GWh
Gaz naturel : 172,8 GWh
Chaleur et froid issus de réseau : 117,8 GWh
Produits pétroliers : 97,4 GWh
16,2 %
(de 5 085,4 GWh PCI)
Emissions directes
de GES
131 034,6 t CO2 é
dont Gaz Naturel : 35 155,8 t CO2 é
Produits pétroliers : 25 770,1 t CO2 é
Aucune énergie(prod. entretien): 32 573,3 t CO2 é
Chaleur et froid issus de réseau : 20 321,5 t CO2 é
Electricité : 17 198 t CO2 é
13,1 %
(de 1 000 273 t CO2 é)
Emissions de
polluants
atmosphériques
NOx : 73,6 t
COVNM : 16,6 t
SO2 : 15,1 t
NH3 : 0,5 t
PM10 : 3,82 t
PM2.5 : 3 t
3,8 % (de 1949,7 t)
1,2 % (de 1365 t)
28,6 % (de 52,8 t)
0,13 % (de 385,9 t)
1 % (de 378,9 t)
1,4 % de (218,2 t)75
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.2. Caractéristiques du secteur tertiaire à l’échelle des communes et des IRIS
Il n’existe qu’un seul lieu à l’Eurométropole de Metz où les gaz à effet de serre directs sont émis en
majorité par le secteur tertiaire : le ban communal d’Ars-Laquenexy, avec un volume de 7 028,7 t CO2
équivalent en 2019, ce qui représente environ 64 % des émissions de ce territoire. Ceci s’explique par
la présence du CHR Metz – Thionville (Hôpital de Mercy) sur le ban communal. A l’échelle de la
métropole, c’est également le 2ème ban communal où la valeur absolue d’émissions de GES (en t CO2
é) est la plus élevée, bien que loin derrière la valeur du territoire de Metz, qui représente un volume
d’émission de 87 463,8 t CO2 é.
Les territoires de Woippy (avec 5 290,5 t CO2 é), de Montigny-lès-Metz (3 736,3 t CO2 é) et de Marly
(3517,7 t CO2 é) génèrent également des émissions non négligeables en matière de gaz à effet de serre
liées au secteur tertiaire. Hormis Ars-Laquenexy, commune périurbaine accueillant l’hôpital, les autres
communes ayant les tonnages les plus important (en termes d’émissions en CO2 équivalent) sont les
communes urbaines, situées en continuité du tissu urbain de Metz, et constituent le cœur de l’activité
économique de la métropole.
La Figure 2 ci-après illustre la consommation énergétique finale du secteur tertiaire de chaque IRIS,
en GWh PCI à climat réel. Les Ilots regroupés pour l'information statistique (IRIS) sont un maillage
territorial comportant environ 2 000 habitants, ou bien le périmètre complet d’une commune pour celles
ayant une population inférieure. Ils permettent de territorialiser les consommations d’énergie finale
et donc de faciliter l’analyse et les comparaisons.
Avec une part de 16,2 %, le secteur tertiaire fait partie des trois secteurs majeurs en matière de
consommation énergétique pour l’Eurométropole. Les valeurs pour 2019 sont importantes pour les
territoires communaux suivants :
• Metz : 571,7 GWh (le tertiaire y est le 2ème secteur de consommation énergétique, après le résidentiel), la consommation provient majoritairement des bureaux et dans une moindre mesure des bâtiments d’enseignement,
• Woippy : 36,4 GWh (le tertiaire est le 4ème secteur de consommation sur le ban communal), la consommation provient majoritairement des bureaux et des commerces,
• Ars-Laquenexy : 28,5 GWh (le tertiaire y est le 1er secteur), la consommation énergétique provient majoritairement de l’hôpital et dans une moindre mesure de bureaux,
• Montigny-lès-Metz : 25,6 GWh (le tertiaire y est le 3ème secteur), la consommation énergétique provient des bureaux des bâtiments d’enseignement.
• Marly : 21,7 GWh (le tertiaire y est le 3ème secteur), la consommation énergétique provient surtout du commerce, puis de l’enseignement.
Il est donc intéressant de noter qu’il existe des similitudes et des différences entre la consommation
d’énergie et les émissions directes de gaz à effet de serre. Ainsi, Woippy est le 3e ban communal
du territoire le plus émetteur de gaz à effet de serre en matière de tertiaire, mais le 2e ban communal
en matière de consommation d’énergie (devant le ban d’Ars-Laquenexy), les bâtiments y étant
davantage énergivores. La figure 2 apporte des précisions sur les lieux qui consomment le plus
d’énergie pour le secteur tertiaire : le quartier de l’Esplanade à Metz (au centre de la carte), qui
accueille des bureaux (Palais de justice…), L’Arsenal (grande salle de spectacles), etc. Sur la frange
est de Metz, le Technopôle apparait également clairement en matière de consommation d’énergie, il
s’agit d’un lieu qui comporte beaucoup de commerces, de bureaux et des bâtiments d’enseignement
énergivores.76
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 2 : Cartographie du territoire de l'Eurométropole de Metz, à l’échelle des IRIS, représentant la consommation énergétique finale, en GWh PCI à climat réel, pour le secteur tertiaire en 2019
Au niveau de la pollution atmosphérique liée au secteur tertiaire, c’est le territoire de Metz qui
prédomine avec 37,5 tonnes de NOx et 4,7 tonnes de SO2. On retrouve ensuite le territoire d’Ars-
Laquenexy, avec 8 tonnes de NOx et 3,7 tonnes de SO2 émis en en 2019. Suit le territoire de Woippy,
avec 5,3 tonnes de NOx et 0,6 tonne de SO2 ; puis le territoire de Vantoux, avec 2,4 tonnes de NOx et
1,1 tonne de SO2. Ce dernier ban communal accueille l’Hôpital Robert Schuman et émet donc ces
polluants en lien à l’activité de santé.77
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz pour le secteur tertiaire en 2019
De la santé à l’enseignement, en passant par les sports et loisirs, les cafés et le commerce, le secteur
tertiaire est omniprésent sur le territoire de l’Eurométropole de Metz. Le mix énergétique du secteur
tertiaire est le suivant : Electricité (52,4 %), Gaz naturel (21 %), Chaleur et froid issus de réseau (14,3
%), Produits pétroliers (11,7 %), Bois énergie (0,5 %) et Autres énergies renouvelables (0,1 %).
La Figure 3 ci-après illustre la consommation d’énergie finale par usage et par type d’énergie pour
le secteur tertiaire sur le territoire de l’Eurométropole de Metz en 2019 :
Figure 3 : Consommation énergétique finale (en GWh PCI à climat réel) par usage et par type d'énergie, pour le secteur tertiaire en 2019
Sans surprise, c’est le chauffage qui consomme le plus d’énergie au sein du secteur tertiaire. C’est
majoritairement du gaz naturel qui alimente le chauffage des bâtiments concernés, suivi de la chaleur
issue de réseau. Dans une moindre mesure, on trouve les produits pétroliers et enfin l’électricité. Le
bois-énergie, quant à lui, ne représente qu’une infime part du mix énergétique du secteur tertiaire.
Le 2ème usage énergétique du secteur tertiaire est l’électricité spécifique, qui alimente divers appareils
(éclairage intérieur, matériel informatique, appareils frigorifiques…). Il est suivi de la climatisation,
entièrement alimentée en électricité, puis de l’eau chaude sanitaire, produite de façon assez diverse
sur le territoire : avec de l’électricité, du gaz, des produits pétroliers et de la chaleur issue de réseau.
0
50
100
150
200
250
300
350
400
Autres usages
énergétiques
Chauffage Climatisation Cuisson Eau chaude
sanitaire
Eclairage
public
Electricité
spécifique
Pas d'usage
énergétique
Consommation énergétique finale du tertiaire
par usage et par type d'énergie (en GWh PCI)
Aucune énergie Autres énergies renouvelables (EnR)
Bois-énergie (EnR) Chaleur et froid issus de réseau
Electricité Gaz Naturel
Produits pétroliers78
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En ce qui concerne les émissions directes de gaz à effet de serre du secteur tertiaire en 2019, la
Figure 4 apporte des renseignements intéressants :
Figure 4 : Emissions directes de GES (en tonnes CO2 équivalent)
par type d’activité tertiaire et type d’usage en 2019
Ce sont les bureaux qui émettent le plus de gaz à effet de serre au sein du secteur tertiaire, suivis des
commerces et de la santé (notamment les hôpitaux). Ceci s’explique par les surfaces de ces activités
et l’utilisation importante du chauffage pour celles-ci. L’enseignement, secteur très présent sur le
territoire métropolitain (plusieurs campus universitaires : Saulcy, Bridoux, Technopôle), utilise
également en majorité l’énergie pour le chauffage. L’accent doit donc être mis sur les actions de
performance énergétique des bâtiments (isolation, ventilation…), afin de réduire les consommations
comme les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur important sur le territoire de l’Eurométropole
de Metz.
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000
40 000
45 000
Emissions de gaz à effet de serre par type d'activité
tertiaire et par type d'usage (en tonnes CO2 é)
Autres usages énergétiques Chauffage Climatisation
Cuisson Eau chaude sanitaire Eclairage public
Electricité spécifique Pas d'usage énergétique79
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Enfin, la pollution atmosphérique engendrée par le secteur tertiaire pour l’année 2019, est illustrée
sur la Figure 5 ci-après :
Figure 5 : Emissions de polluants atmosphériques (en tonnes)
selon les usages énergétiques du secteur tertiaire en 2019
En 2019, ce sont les oxydes d’azote (NOx) qui sont, de loin, les polluants les plus émis par le secteur
tertiaire : c’est le chauffage qui produit en grande majorité ces émissions de NOx. Il émet également
une quantité non négligeable de dioxyde de soufre (SO2), polluant néfaste pour l’environnement et
pour l’homme, encore trop présent sur le territoire.
Quant aux composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), ils sont surtout émis par des
usages non énergétiques, c’est-à-dire issus des meubles, de la peinture, des colles, résines et toutes
sortes d’objets renfermant ces polluants néfastes pour la santé.
0
10
20
30
40
50
60
70
80
PM10 PM2.5 NH3 SO2 NOx COVNM
Emissions de polluants atmosphériques
par usage au sein du secteur tertiaire (en tonnes)
Autres usages énergétiques Chauffage Climatisation
Cuisson Eau chaude sanitaire Eclairage public
Electricité spécifique Pas d'usage énergétique80
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3. OBJECTIFS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR
TERTIAIRE POUR 2026, 2030 ET 2050
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux
➢ Voir la partie III du document « Enjeux du secteur Résidentiel »
S’agissant spécifiquement du secteur tertiaire, le SRADDET pose les objectifs chiffrés suivants à
titre indicatif :
SRADDET - GES ET ENERGIE SPECIFIQUES AU TERTIAIRE 2021 2026 2030 2050
REDUCTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/2014) -30 % -68 %
REDUCTION DE LA CONSO. ENERGETIQUE FINALE (/2012) -14 % -26 % -36 % -57 %
SRADDET - Objectifs spécifiques au tertiaire de réduction des émissions de GES
et de consommation d’énergie
3.2. Objectifs du secteur tertiaire sur le territoire de la
métropole pour 2026, 2030 et 2050
En lien avec les objectifs régionaux et nationaux, mais également avec les leviers d’actions permis par
le PCAET de l’Eurométropole de Metz et ses différentes politiques publiques, il est proposé d’adopter,
pour le secteur tertiaire, les objectifs chiffrés suivants :
NB : la méthode pour fixer les objectifs a été la suivante : les objectifs relatifs à l’énergie ont d’abord
été fixés pour 2030 à l’aide du SDE, puis pour 2026 et 2050, notamment en fonction des objectifs
régionaux et nationaux. Les objectifs en matière de GES ont été fixés en conséquence, car ils résultent
à la fois des baisses de consommation d’énergie et du développement d’énergies moins carbonées.
Enfin, avec la même logique, ont été fixés les objectifs en matière de polluants atmosphériques.
L’articulation entre les dimensions climat, air et énergie s’appuie aussi sur les courbes en base 100
(évolutions 2005 - 2019) présentées dans la première partie de ce document.
2026 2030 2050
EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/1990) -26 % -42 % - 85 % CONSOMATION ENERGETIQUE FINALE (/2012) -14,1 % -17,8 % -44,8 % DIOXYDE DE SOUFRE (SO2) (/2005) -85 % -87 % -90 %
OXYDES D’AZOTE (NOX) (/2005) -52 % -56 % -70 %
AMMONIAC (NH3) (/2005) * 0 % 0 % 0 %
COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COVNM) (/2005) -65 % -68 % -73 %
PARTICULES (PM10) (/2005) -53 % -55 % -70 %
PARTICULES FINES (PM2,5) (/2005) -50 % -53 % -70 %
Objectifs pour le tertiaire sur l’Eurométropole de Metz (par rapport à : climat 1990 / énergie 2012 / air 2005) ;
le / signifie : par rapport à l’année de référence correspondante
Certains objectifs chiffrés sont élevés dès les années 2026 ou 2030, notamment en matière de qualité de l’air, car d’importantes baisses ont déjà été enregistrées en 2019 par rapport à 2005 (exemples : -47 % de NOx, -48 % de PM10, etc.), toutefois il est nécessaire de poursuivre les diminutions d’émissions de ces polluants, notamment pour des raisons de santé publique.
* NB : pour l’ammoniac (NH3) est visée la stabilité car les émissions sont actuellement nulles.81
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs
chiffrés du secteur tertiaire
3.3.1. SCENARIO 2026 :
Pour 2026, le scénario envisagé est une baisse de la consommation d’énergie dans le secteur tertiaire,
qui s’élève actuellement à 824 GWh PCI par an, pour arriver à 749 GWh d’énergie finale par an. Pour
atteindre cet objectif, des pistes d’actions peuvent être proposées notamment en termes de rénovation
et de sensibilisation. Certaines actions ont un coût très faible, voire nul, notamment l’extinction de
l’éclairage des bâtiments non résidentiels au cœur de la nuit (qui est d’ailleurs une obligation
règlementaire).
Pour le secteur tertiaire privé, plusieurs actions sont nécessaires, en lien étroit avec la CCI (Chambre
de commerce et d’industrie) et la CMA (Chambre de métiers et de l’artisanat), ainsi qu’avec les diverses
organisations professionnelles, pour mettre en œuvre efficacement la rénovation des bâtiments
d'entreprises. Un travail axé sur la communication permettrait d’encourager les entreprises à rénover
leurs locaux.
Il s’agit aussi de lancer, pour le secteur public, la mise en œuvre de projets de rénovation, notamment
en poursuivant le service de Conseil en énergie partagé auprès des petites et moyennes communes,
qui existait entre 2012 et 2019, mais sous une autre forme.
Des programmes de sensibilisation aux questions environnementales des salariés des entreprises
et du secteur public sont à maintenir et à développer, comme les Eco-défis des artisans et
commerçants, ainsi que des ateliers de concertation. Ce type de mobilisation des salariés permettrait
d’aboutir à des projets écologiques conçus et menés par les salariés eux-mêmes.
3.3.2. SCENARIO 2030 :
Le Schéma directeur des énergies de la métropole fixe l’objectif d’une baisse de consommation à
l’horizon 2030, qui correspond à une consommation énergétique du secteur tertiaire de 717 GWh
d’énergie finale par an, dans un périmètre incluant les territoires de Roncourt et de Lorry-Mardigny (soit
une évolution de -17,8 % par rapport à l’année de référence 2012).
En premier lieu, L’Eurométropole de Metz, les communes du territoire, mais aussi les autres
propriétaires de bâtiments publics ou privés, doivent respecter le décret tertiaire (Décret n° 2019-771
du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d'actions de réduction de la consommation d'énergie finale dans
des bâtiments à usage tertiaire) qui impose une diminution de 40 % des consommations énergétiques
des bâtiments de plus de 1 000 m², par rapport à une année de référence de la période 2010 - 2019.
Ce décret concerne environ 30 % des surfaces à dominante publique, soit 15 % du parc tertiaire (sous-
secteurs enseignement, administration, santé, sports culture loisirs). Le tertiaire à dominante publique
représentant 50 % de la surface tertiaire totale, il est prioritaire à réaliser dès à présent les rénovations
de bâtiments publics. Par exemple, une conversion de 25 % des surfaces tertiaires du gaz vers
l’électricité en utilisant des pompes à chaleur pourrait être effectuée. Le verdissement du gaz distribué
sur le territoire, grâce à la méthanisation (production de biogaz local et renouvelable) est aussi un
élément important du scénario.
Le potentiel gain énergétique moyen vis-à-vis de la rénovation et de la sensibilisation (et donc de
la sobriété énergétique qui en découle) serait en moyenne de 9,7 GWh par an entre 2019 et 2030.
Ainsi, il faut continuer et accentuer les actions initiées sur le territoire les années précédentes, comme
par exemple :82
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
• L’intracting (contractualisation interne) qui constitue une avance financière permettant de rénover des bâtiments publics rapidement, cercle vertueux amorçant la transition énergétique,
• Des audits énergétiques sur les différents bâtiments métropolitains et communaux, ainsi que sur le tertiaire privé,
• Des suivis de consommation, sur l’ensemble des bâtiments tertiaires.
Ce sont ici des premières pistes d’actions, mais des efforts doivent être encore plus ambitieux car il y
a un vrai enjeu à baisser les consommations, notamment celles liées à la climatisation (ou au
rafraichissement) qui devraient devenir prépondérantes dans ce secteur important.
3.3.3. SCENARIO 2050 :
Pour 2050, le scénario prévoit un objectif de consommation énergétique finale du secteur tertiaire à 481
GWh par an (fourchette située entre 470 et 720 GWh par an). Ce potentiel de réduction se veut plus
ambitieux que celui correspondant à la Vision ADEME 2050 et assez proche de l’objectif régional
appliqué au territoire de la métropole. Les solutions mises en place sont à poursuivre et à accentuer
pour parvenir à cette valeur.
La modernisation des éléments techniques des bâtiments (remplacement des systèmes de chauffage,
de ventilation et de climatisation, isolation par des matériaux plus performants et à impact
environnemental réduit, etc.), ainsi que la sensibilisation des salariés sont des solutions qui seront
sans doute devenues des priorités dans la gestion du secteur tertiaire.
Pour des nouveaux bâtiments à construire, l’éco-conception, qui consiste à intégrer la préservation de
l’environnement dès le début de la mise en place d’un projet, sera certainement devenu la norme pour
le territoire.
Le graphique ci-dessous illustre les différents objectifs de consommation d’énergie à horizons 2026,
2030 et 2050 :
Figure 6 : Objectifs de consommations d’énergie finale annuelle du secteur tertiaire à horizons 2026, 2030 et 2050
0
200
400
600
800
1 000
1 200
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh EF
Années
Objectifs de réduction de la consommation
énergétique du Tertiaire (GWh d'énergie finale par an)
CONSO réelle EMM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRAND EST83
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4. FOCUS : LES ENJEUX DE LA RENOVATION
ENERGETIQUE DES BATIMENTS TERTIAIRES PUBLICS
4.1. Pourquoi s’intéresser aux bâtiments publics ?
Les bâtiments tertiaires publics, au cœur des enjeux environnementaux et sanitaires
En France, la rénovation des bâtiments tertiaires publics est un enjeu important en matière de transition écologique. En effet, le constat actuel est peu réjouissant : souvent, les bâtiments se dégradent et deviennent de plus en plus énergivores. Par exemple, il subsiste encore dans de nombreux bâtiments les chaudières d’origine, dont l’efficacité énergétique est bien moindre que les modèles récents, et qui peuvent subitement poser un problème de sécurité.
Les bâtiments tertiaires s’inscrivent dans le périmètre des Bilans d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES) rendus obligatoire tous les 3 ans pour les grandes entreprises et collectivités par la loi dite “Grenelle II” de juillet 2010, modifiée suite à la loi Energie-Climat de novembre 2019 (voir les références règlementaires au sein du diagnostic « BEGES de l’Eurométropole de Metz »).
Au vu de l’augmentation croissante des prix des énergies fossiles, les collectivités locales doivent agir si elles ne veulent pas voir, très prochainement, leur facture énergétique exploser. En général, d’importants travaux et actions (rénover l’enveloppe, possibilité de mettre en place des énergies renouvelables de préférence en autoconsommation, optimisation des systèmes de régulation...) doivent être effectués sur ces bâtiments existants afin de respecter l’objectif fixé par le “Décret Tertiaire” de la loi ÉLAN (Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique) de novembre 2018. Cette loi pose un objectif de réduction des consommations énergétiques des bâtiments de -40 % en 2030, -50 % en 2040 et -60 % en 2050 par rapport à une situation de référence définie entre 2010 et 2019. L’ambition est donc de taille, elle doit inciter au passage à l’action dès à présent.
En plus de l’aspect réglementaire, les bâtiments tertiaires publics sont des lieux de travail pour des millions de salariés en France. Il est donc essentiel d’assurer pour les usagers, confort thermique et confort sanitaire (notamment en matière de qualité de l’air intérieur : ventilation et aération, produits d’entretien, matériaux et peintures utilisés, etc.). Ces enjeux écologiques et sanitaires sont primordiaux car certains bâtiments peuvent recevoir du public. Des actions sur ce secteur peuvent donc avoir de multiples effets bénéfiques sur les conditions de vie des habitants au sens large.
Une opportunité pour l’Eurométropole de Metz
C’est dans ce cadre que l’Eurométropole de Metz, forte de ses bâtiments tertiaires publics, doit faire preuve d’exemplarité sur son territoire et à l’échelle régionale. L’exemplarité permet, d’une part, d’ancrer les bonnes pratiques parmi les agents de la métropole messine et, d’autre part, d’alimenter un retour d’expériences plus global en direction des bâtiments du secteur tertiaire privé, permettant ainsi d’accélérer la transition énergétique du territoire.84
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Les actions qui vont être menées par l’Eurométropole de Metz sont donc une opportunité pour le territoire : attractivité, amélioration de la qualité de vie et réduction des coûts économiques. En effet, au-delà des enjeux Climat Air Energie et de l’exemplarité des collectivités, ces rénovations vont permettre de mieux maîtriser les dépenses publiques (d’autant que les prix de l’énergie ont commencé à croitre fortement en 2021). Comme démontré par le rapport Stern, le coût de l’inaction est supérieur au coût de la prévention. En résumé, attendre pour agir sur le tertiaire public, c’est tout simplement perdre de l’argent.
4.2. Comment faire pour agir, quelle méthode ?
La rénovation énergétique des bâtiments tertiaires publics : un travail de planification
La réussite d’une rénovation du patrimoine bâti passe par la mise en place d’une feuille de route de la collectivité. Celle-ci permet d’étaler les dépenses ainsi que combiner plusieurs projets (ex : lors du remplacement des tuiles d’un bâtiment, prévoir l’isolation de la toiture et le remplacement des équipements situés dans les combles, comme les centrales de traitement d’air).
La priorisation des bâtiments à rénover peut-être déterminée par des indicateurs de performances énergétiques. Pour exemple, le Décret Tertiaire identifie deux méthodes de calculs : • Crelat : consommation sur 12 mois consécutifs entre 2010 et 2019, • Cabs : consommation en valeur absolue, avec une composante sur l’ambiance thermique générale (CVC) et l’une sur les usages spécifiques liés à l’activité (USE).
Des indicateurs internes peuvent venir compléter la création de la feuille de route. Le label Territoire engagé pour la transition écologique / Climat Air Energie (ex-démarche Cit’ergie) détermine des indicateurs de moyens et de résultats, notamment sur la transition énergétique du patrimoine public. Ces objectifs justifient l’inscription budgétaire de projets ambitieux dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle d’Investissement de la collectivité concernée.
La prise en compte de la diversité du patrimoine des collectivités
La composition du patrimoine bâti se fait selon une typologie de bâtiments. Ainsi, les gymnases, écoles, musées, stockage ou encore bureaux, n’ont pas les mêmes indicateurs de performances. Il est nécessaire de pouvoir comparer les consommations au sein d’une même typologie.
Le patrimoine d’une ville sera souvent composé d’un patrimoine assez homogène, par exemple : • Mairies (de quartiers),
• Ecoles / Bâtiments périscolaires et petite enfance,
• Gymnases / Salles des fêtes…
Exemple inverse, le patrimoine de l’Eurométropole de Metz est notamment composé de bâtiments emblématiques et atypiques :
• Musée de La Cour d’Or,
• Opéra-Théâtre,
• Maison de l’Archéologie et du Patrimoine,
• Maison de la Métropole,
• Conservatoire à Rayonnement Régional…
Dans ce cas, la spécificité de chaque bâtiment nécessite un travail de maitrise d’usage. La combinaison de la maitrise d’ouvrage et la maitrise d’œuvre se doit d’être couplée à la concertation des usagers pour recenser leurs besoins et s’appuyer sur leur expertise afin de rénover efficacement le bâtiment.
Les réflexions de rénovation peuvent nécessiter l'appui d'une expertise externe : • Bureaux d’Études Thermiques (ex : audits énergétiques, Schéma Directeur Immobilier Energétique),
• Agence Locale de l’Énergie et du Climat (ex : pré-diagnostic, conseils…), • Prestataire de logiciels (ex : récolte et synthétisation des données de consommations).85
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
La Data en appui pour la prise de décisions
La connaissance du patrimoine nécessite repose sur la fiabilité des informations bâtimentaires. Des logiciels de gestion du patrimoine permettent de renseigner une multitude d’informations (ex : année de construction, objets techniques, surface) sur un large spectre (exemple : de l’ensemble immobilier jusqu’à la pièce).
Ce niveau de renseignement doit se compléter avec des plans actualisés (exemples : les réseaux de fluides, les pièces pour chaque étage) pour aider au paramétrage de la Gestion technique centralisée (GTC). La mise en place d’un plan de sous-comptage doit permettre de suivre les consommations par zonage et ainsi percevoir les usages du bâtiment.
La synthétisation et le suivi de l’ensemble des données issues d’outils de mesures peut s’effectuer à l’aide de logiciels de suivi énergétique. La récupération de données auprès des gestionnaires de réseaux, peut servir à renseigner les obligations nationales de suivi (exemple : le Décret Tertiaire et la plateforme OPERAT) ou encore, optimiser les puissances souscrites sur les contrats d’énergie.
La mise en cohérence de l’ensemble de ces données est le travail d’un économe de flux. La maitrise des différents outils est nécessaire pour articuler les démarches de rénovation énergétique.
La recherche d’opportunités de financements
Des études énergétiques aux travaux, l’éventail des aides est large (exemples : programme ACTEE du FNCCR, valorisation des CEE…). Une veille permanente (financements d’études et/ou de travaux) est indispensable.
D’autres financements plus innovants sont aussi disponibles :
• Intracting : possibilité de créer un système vertueux, en sacralisant les économies d’énergie réalisées suite à des investissements et en les réinjectant dans de nouveaux investissements, • Participatif : sollicitation du citoyen pour soutenir financièrement des projets de rénovation énergétique ou de production d’énergies renouvelables (exemple : solarisation de toiture).
4.3. Sur quels projets travailler en priorité ?
Le passage à l’acte en matière de rénovation du tertiaire public et d’amélioration de ses usages se traduit de plusieurs façons. Après quelques années d’expérience sur le sujet, voici la vision de l’Eurométropole de Metz en la matière, structurée autour de 4 actions prioritaires :
Adopter une vision prospective du patrimoine bâti
Les premières décisions à prendre doivent concerner le devenir du patrimoine à horizon 10 ou 20 ans : quels bâtiments transformer ? Quels bâtiments fermer ou céder (notamment quand leur performance énergétique ne permet pas de les améliorer) ? Quels nouveaux équipements est-il vraiment nécessaire de créer ?
Pour cela, le gestionnaire de patrimoine public et le décideur associé doivent se forger une vision prospective de chaque bâtiment composant le patrimoine et de ses utilisations (actuelles, prochaines et à venir).
Cela doit notamment reposer sur des échanges avec les usagers des locaux, par exemple sur la base d'une grille Atouts - faiblesses - opportunités - menaces (AFOM), permettant de cerner s'il est pertinent de maintenir l'activité sur le même site (éventuellement à rénover ou à étendre) ou s'il est nécessaire d'envisager une délocalisation vers d'autre(s) sites. Ainsi des propositions de modification d’usage, à plus ou moins long terme, pourront être formulées, amendées puis validées.86
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Garder en tête une « boussole » : la démarche négaWatt
Parce qu’installer des panneaux solaires sur une passoire thermique serait une hérésie, il est important d’agir dans le bon ordre. Il convient de d’abord de travailler sur la sobriété énergétique : adapter le comportement des usagers en les responsabilisant. Il est notamment utile de toujours (se) poser la question « quelles sont véritablement les besoins ? », « Ai-je / avez-vous réellement besoin d’utiliser cela ? » ... Qu’il s’agisse de la gestion du chauffage, de l’éclairage, des appareils électriques, notamment de l’informatique (et de ses usages). Cela permet souvent de diminuer de 10 à 15 % la consommation énergétique d’un bâtiment tertiaire et d’y améliorer la qualité de l'air intérieur. Pour cela, des actions de sensibilisation, d'information et de communication peuvent être réalisées auprès des usagers (par exemple par un groupe d’agents volontaires).
Une fois les actions de sobriété ont porté leurs fruits, il est souvent nécessaire de réaliser des actions en matière d’efficacité énergétique, permettant d’améliorer la performance énergétique du bâtiment (voir paragraphes suivants).
Enfin, dans certains cas, il sera opportun d’envisager la production d’une énergie renouvelable, au plus près des besoins de consommations. Pour cela, le dimensionnement de cette installation doit être effectué en fonction des besoins réels du bâtiment et de ses usages, c’est-à-dire une fois les actions de sobriété et d’efficacité réalisées.
Figure 7 : La démarche négaWatt
Améliorer l'isolation thermique et la ventilation des bâtiments les plus énergivores
La priorité, afin de maintenir les calories et une bonne température de confort à l’intérieur d’un bâtiment est d’améliorer l’enveloppe et notamment d’isoler celui-ci. Généralement, en raison du principe physique selon lequel la chaleur monte, il est nécessaire de réaliser ou d’améliorer l’isolation de la toiture du bâtiment. Il est également important d’envisager des travaux d’isolation des murs (intérieure ou extérieure). Le changement des menuiseries et l’isolation du sol sont souvent moins prioritaires, car les déperditions thermiques y sont moindres.
L'optimisation des systèmes de ventilation s'inscrit dans la continuité du travail sur l'enveloppe : toutes les actions d'isolation nécessitent de vérifier et éventuellement corriger la ventilation, qu'elle soit naturelle ou mécanique. Ainsi, une ventilation simple flux peut être remplacée par une ventilation double flux : cela génère souvent d’importantes économies de chauffage (mais cela peut doubler la consommation électrique de l'appareil : il est nécessaire d'étudier préalablement, de façon objective, la situation initiale, les différentes solutions et leur coût global). L'optimisation des ventilations peut aussi passer par une meilleure définition du cahier des charges de la maintenance des équipements.87
ENJEUX DU SECTEUR TERTIAIRE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
D’une façon plus générale, les projets de rénovation doivent être conçu en fonction des résultats du pré-diagnostic ou de l’audit énergétique (pour évaluer les actions pertinentes, les gains et le temps de retour sur investissement des travaux d'amélioration thermique), des contraintes d’occupation du site et du caractère patrimonial du bâtiment. En effet, il peut être nécessaire de vérifier la faisabilité des travaux sur l'enveloppe, notamment auprès de l'Architect des bâtiments de France.
Installer et paramétrer du matériel performant au sein des bâtiments publics
Cette action est complémentaire de la précédente. Elle peut concerner, en fonction des résultats du pré-diagnostic ou de l’audit énergétique du bâtiment : la chaufferie, le(s) système(s) de régulation, les centrales de traitement d’air (CTA), les groupes froids...
Concernant le remplacement des systèmes de chauffage et de rafraichissement, au-delà de la mise en place d’un matériel plus performant, il est indispensable d’étudier préalablement la possibilité d’une conversion du bâtiment à l’énergie renouvelable la plus adéquate (bois-énergie, géothermie, photovoltaïque...) ou son raccordement au réseau de chaleur urbain de l’Eurométropole de Metz (alimenté à plus de 65 % par les énergies renouvelables et de récupération) et/ou au réseau de froid d’UEM (sur le Quartier de l’Amphithéâtre à Metz), solution qui permet de produire le froid de façon plus efficace qu’avec des climatiseurs.
En complémentarité, le remplacement des systèmes de régulation de chauffage et de rafraichissement doit être envisagé. Il doit prendre en compte les usages réels des bâtiments, permettant de mettre en place une programmation basée sur le planning d'occupation des locaux, ou des dispositifs de détection de présence. D’importantes économies d’énergie sont enregistrées avec la mise en œuvre de ces systèmes.
Au final, au-delà des gains énergétiques (et donc en matière de qualité de l’air et d’atténuation du changement climatique) et des économies engendrées par ces remplacements de matériel, cette action permettra aussi une amélioration importante du confort des usagers des bâtiments : agents, élus, visiteurs et administrés (pour les bâtiments recevant du public).88
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
S
Secteur de l’industrie, qui es-tu ? ......................................................................................................... 89
1. Evolutions climat-air-énergie du secteur industriel de 1990 à 2019 .............................................. 90
1.1. Principaux repères concernant le secteur de l’industrie ................................................................ 90
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019 .................... 90
2. Panorama détaillé climat-air-énergie du secteur industriel en 2019 ............................................. 92
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019 ............................................................ 92
2.2. Caractéristiques du secteur de l’industrie à l’échelle des communes et des IRIS ........................ 93
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz pour le secteur de l’industrie en 2019 ........ 95
3. Objectifs climat-air-énergie du secteur de l’industrie pour 2026, 2030 et 2050 ............................ 98
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux .............................................................................. 98
3.2. Objectifs du secteur industriel sur le territoire de la métropole pour 2026, 2030 et 2050 ............. 98
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs chiffrés du secteur de l’industrie ........................ 99
4. Focus : le traitement des déchets ................................................................................................ 101
4.1. Quelques repères : les émissions de GES directes du secteur des déchets .............................. 101
4.2. Quelques chiffres pour le territoire............................................................................................... 102
4.3. Etude des déchets traités par la régie HAGANIS ........................................................................ 103
4.4. LE PLPDMA : des objectifs jusqu’en 2023 .................................................................................. 108
ENJEUX CLIMAT AIR
ENERGIE DU SECTEUR
DE L’INDUSTRIE89
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
SECTEUR DE L’INDUSTRIE,
QUI ES-TU ?
Le secteur de l’industrie est un secteur qui recouvre l’ensemble des activités
manufacturières et des activités de la construction. Le secteur de l’industrie (hors
branche énergie) fait partie des secteurs ayant un faible impact énergétique sur le
territoire de l’Eurométropole de Metz. Ceci s’explique par la rare présence d’industries
lourdes sur le territoire.
Cependant, il semble pertinent d’établir un état des lieux précis, afin de maintenir voire
développer de façon éco-responsable et pérenne ce secteur qui représente 14 000
emplois sur le territoire, tout en permettant de redynamiser l’économie et le savoir-
faire du territoire.
Après un bref rappel des évolutions des indicateurs climat-air-énergie du secteur de
l’industrie au cours des 30 dernières années, puis un panorama détaillé des données
de 2019 et des problématiques qu’elles soulèvent, le présent document s’attachera à
proposer des objectifs chiffrés aux horizons 2026, 2030 et 2050, ainsi que des pistes
d’actions pour le nouveau PCAET de l’Eurométropole de Metz.90
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
1. EVOLUTIONS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR
INDUSTRIEL DE 1990 A 2019
1.1. Principaux repères concernant le secteur de
l’industrie
Le secteur de l’industrie constitue le 4ème secteur le plus consommateur d’énergie sur le territoire de
l’Eurométropole de Metz, juste devant l’agriculture, que ce soit en 1990 ou en 2019 (les secteurs «
branche énergie » et « déchets » ayant des consommations nulles, pour les raisons expliquées dans la
partie Méthodologie du Diagnostic des consommations d’énergie).
Sur cette même période, le secteur de l’industrie est également le 4ème secteur le plus émetteur de
gaz à effet de serre (GES) sur le territoire de la métropole, devant l’agriculture, la branche énergie et
les déchets.
En ce qui concerne les émissions de polluants atmosphériques, le secteur de l’industrie émet
majoritairement des COVNM et des NOx. En effet en 2019 l’industrie représent 25 % des COVNM et
10,15 % des PM10.
Pour le secteur de l’industrie, les évolutions des indicateurs climat-air-énergie (par rapport aux
années règlementaires de référence) sont les suivantes :
• Les émissions de GES ont diminué de 34,1 % entre 1990 et 2019,
• Les consommations d’énergie finale (à climat réel) ont augmenté de 28,9 % de 2012 à 2019,
• Les émissions de NOx ont baissé de 10 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de COVNM ont baissé de 50 % entre 2005 et 2019,
• Les émissions de PM10 ont baissé de 26,5 % entre 2005 et 2019.
Ainsi, les objectifs de la directive européenne de 2008 pour l’année 2020 (dits « 3 x 20 ») ont été atteints
en matière de gaz à effet de serre (par rapport à la référence 1990), mais non atteints en matière de
consommation énergétique (par rapport à la référence 2012). En ce qui concerne les polluants
atmosphériques, les objectifs nationaux et régionaux (PREPA et SRADDET) n’ont pas été atteints
pour les NOx. Ils ont cependant été atteints pour les COVNM. Au niveau des PM10, les objectifs
régionaux n’ont pas été atteints, mais les objectifs nationaux ont été atteints de justesse.
1.2. Evolution comparée d’indicateurs climat-air-énergie sur la période de 2005 à 2019
La Figure 1 ci-après (graphique en base 100) met en évidence l’évolution comparée des indicateurs
climat-air-énergie les plus représentatifs du secteur de l’industrie pour le territoire de l’Eurométropole
de Metz entre 2005 et 2019.
Ce graphique en base 100 permet de visualiser les fortes variations des différentes données pour le
secteur de l’industrie. Les émissions de COVNM ont fortement chuté entre 2005 et 2015, puis stagnent
depuis cette date jusqu’en 2019 :91
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 1 : Evolution comparée d'indicateurs climat-air-énergie du secteur industriel pour la période 2005 à 2019
On remarque d’abord des consommations d’énergie moindres entre 2010 et 2017. Les trajectoires
des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d’énergie sont assez similaires.
Cependant, entre 2005 et 2012, la baisse des émissions de gaz à effet de serre est moins marquée
que celle de la consommation d’énergie. En revanche, à partir de 2014, la tendance s’inverse : les
émissions de GES progressent moins fortement que la consommation d’énergie du secteur industriel.
Ceci peut s’expliquer par l’utilisation d’énergies moins émettrices de dioxyde de carbone. Ainsi, à
partir de décembre 2012, les réseaux de chaleur urbains (utilisés par plusieurs établissements
industriels du territoire) ont été en grande partie alimentés par une centrale biomasse. Le bois-énergie
est une énergie moins carbonée que le gaz et le charbon (qui étaient auparavant les
énergies majoritaires pour alimenter les réseaux de chaleur). Ceci explique en grande partie la
trajectoire plus basse des émissions de gaz à effet de serre par rapport à celle de l’énergie.
Par ailleurs, entre 2005 et 2012, la consommation de gaz naturel dans l’industrie a fortement chuté,
notamment en lien avec les procédés de combustion de l’industrie manufacturière. Ceci a engendré
des baisses d’émissions de NOx et des PM10 (voir dans le Diagnostic Qualité de l’Air les liens entre
combustion d’énergies et émissions de polluants atmosphériques).
De plus, la consommation des produits pétroliers par l’industrie a également chuté entre 2005 et
2010, ce qui a entrainé une baisse d’émissions de NOx sur cette période. En revanche, à partir de 2012,
ces énergies ont été beaucoup plus utilisées (progression de la consommation de produits
pétroliers : de 38,7 GWh en 2012 à 61,1 GWh en 2014), d’où la progression des polluants. A partir de
2015, les émissions de PM10 et de NOx ont adopté, globalement, la même trajectoire d’évolution.
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
110%
2005 2010 2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Evolutions en base 100 du secteur de l'industrie
Consommation d'énergie Gaz à effet de serre
NOX COVNM
PM1092
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2. PANORAMA DETAILLE CLIMAT-AIR-ENERGIE DU
SECTEUR INDUSTRIEL EN 2019
2.1. Rappel des principaux chiffres-clés du secteur pour 2019
Territoire de l’Euro-
métropole de Metz
Valeurs du secteur de l’industrie
pour 2019
Part du secteur en 2019
(sur l’ensemble des secteurs)
Consommation
d’énergie finale
(PCI et à climat réel)
468,6 GWh PCI
dont Chaleur issue de réseau : 152,7 GWh
Electricité : 131,9 GWh
Gaz naturel : 104,5 GWh
Produits pétroliers : 72,7 GWh
9,2 %
(de 5 085,4 GWh PCI)
Emissions directes
de GES
81 181,9 t CO2 é
dont Chaleur issue de réseau : 26 342,6 t CO2 é
Gaz Naturel : 21 457,9 t CO2 é
Produits pétroliers : 21 201,6 t CO2 é
Aucune énergie : 8 827,3 t CO2 é
Electricité : 3 205,1 t CO2 é
8,1 %
(de 1 000 273 t CO2 é)
Emissions de
polluants
atmosphériques
NOx : 198 t
COVNM : 341,2 t
PM10 : 84,7 t
PM2.5 : 22,4 t
SO2 : 6,4 t
NH3 : 0,8 t
10,2 % (de 1949,7 t)
25 % (de 1365 t)
22,3 % (de 378,9 t)
10,3 % (de 218,2 t)
12,1 % (de 52,8 t)
0,2 % (de 385,9 t)93
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.2. Caractéristiques du secteur de l’industrie à l’échelle des communes et des IRIS
Comme le reflète le tableau précédent, le secteur de l’industrie est un secteur moins consommateur
d’énergie et moins émetteur que d’autres, sur le territoire de l’Eurométropole de Metz. En effet, il
représente moins de 10 % de l’ensemble des secteurs, tant pour les gaz à effet de serre émis
directement que pour la consommation énergétique du territoire.
C’est pour cela notamment que ce secteur n’est, dans aucune commune, le secteur le plus émetteur
de gaz à effet de serre. Toute proportion gardée, c’est sur le territoire de la petite ville d’Ars-sur-
Moselle que l’industrie représente la plus grande part des émissions (elle y représente 18,7 % des GES
émis sur cette commune). Ceci s’explique par la présence d’industries sur une vaste zone, spécialisée
dans la fabrication d’éléments de fixation.
En valeur absolue cette fois, c’est sur le territoire de Metz, ville centrale de la métropole, que l’industrie
émet le plus de GES avec 56 298 tonnes CO2 équivalents en 2019. Les industries agro-alimentaires
ou de construction automobile, ainsi que d’autres sociétés présentes sur la zone d’activités Actipôle,
située à l’est de la ville, sont à l’origine de ce chiffre.
Les territoires qui suivent en termes de GES émis sont ceux de Woippy avec 6 073 t CO2 é émis par
l’industrie, de Marly avec 2 937 t CO2 é et de Montigny-lès-Metz avec 2 836 t CO2 é. Ces volumes non
négligeables peuvent s’expliquer par la présence d’industries de matériaux et de BTP-construction.
En cinquième position, on retrouve le territoire précédemment cité d’Ars-sur-Moselle. Il est donc
intéressant de différencier émissions en valeur absolue et prédominance du secteur par rapport aux
autres dans un même territoire.
La Figure 2 ci-après illustre la consommation énergétique finale du secteur de l’industrie de chaque
IRIS (en GWh PCI à climat réel). Les Ilots regroupés pour l'information statistique (IRIS) sont un maillage
territorial comportant environ 2 000 habitants, ou bien le périmètre complet d’une commune pour celles
ayant une population inférieure. Ils permettent de territorialiser les consommations d’énergie et donc
de faciliter l’analyse et les comparaisons.
Les valeurs pour 2019, en matière de consommation énergétique liée à l’industrie, sont importantes
pour les territoires communaux suivants :
• Metz : 346,9 GWh PCI (l’industrie y est le 4ème secteur de consommation énergétique), utilisés majoritairement pour les usages de force motrice et des usages thermiques industriels,
• Woippy : 37,6 GWh PCI (l’industrie y est le 3ème secteur de consommation énergétique), utilisés surtout pour les chaleurs industrielles et les usages de forces motrices,
• Ars-sur-Moselle : 18,5 GWh PCI (l’industrie y est le 2ème secteur énergétique après le résidentiel), la consommation provient essentiellement des usages de chaleurs industrielles,
• Montigny-lès-Metz : 12,8 GWh PCI (l’industrie y est le 4ème secteur de consommation énergétique), utilisés majoritairement pour les usages de chaleurs industrielles et, dans une moindre mesure, pour les usages de forces motrices,
• Marly : 11,2 GWh PCI (l’industrie y est le 4ème secteur énergétique), la consommation est liée essentiellement aux usages des forces motrices et aux usages de chaleurs industrielles.
Il est intéressant de noter qu’il existe des similitudes et des différences entre la consommation
d’énergie et les émissions directes de gaz à effet de serre du secteur industriel.
En effet, si Metz et Woippy restent les territoires les plus consommateurs en énergie et les plus
émetteurs en gaz à effet de serre, du fait de nombreuses industries situées au cœur de l’activité
économique de la métropole, les autres bans communaux apparaissent dans un ordre différent selon
ces deux critères : Ars-sur-Moselle est le 3ème territoire le plus consommateur d’énergie pour le secteur
de l’industrie alors qu’il est en 5ème position en matière de gaz à effet de serre. Marly constitue le 5ème94
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
territoire communal consommateur d’énergie, alors qu’il est en 3ème position en matière d’émissions de
gaz à effet de serre. Quant à Montigny-lès-Metz, l’industrie présente sur le territoire reste à la même
position pour ces deux critères environnementaux.
La Figure 2 ci-dessous apporte des précisions sur les lieux qui consomment le plus d’énergie pour le
secteur de l’industrie en 2019. De manière générale, on remarque bien grâce à cette carte, que la
présence d’industries est assez faible sur le territoire métropolitain : beaucoup d’IRIS ont une
consommation énergétique comprise entre 0 et 2 GWh PCI par an. Cependant, certaines zones
sont beaucoup plus marquées par des activités industrielles : c’est le cas de l’Actipôle situé à l’est de
Metz, des zones d’activités du nord (territoire de Woippy), ainsi que du sud-ouest de la métropole,
notamment sur les territoires de Marly et d’Ars-Sur-Moselle.
Figure 2 : Cartographie du territoire de l'Eurométropole de Metz, à l’échelle des IRIS, représentant la consommation énergétique finale, en GWh PCI à climat réel, pour le secteur de l'industrie en 2019
Au niveau de la pollution atmosphérique émise par le secteur de l’industrie, c’est le territoire de Metz qui prédomine avec 60,2 tonnes émis en 2019 (6 polluants confondus), notamment dus à la présence des activités industrielles citées précédemment.
Le territoire de Roncourt arrive en 2ème position avec 22,1 tonnes de polluants. Des activités de
fabrication de pièces métalliques, ainsi que des carrières d’extraction peuvent expliquer ce volume
de polluants atmosphériques. En proportion, c’est également sur ce ban communal que le secteur de
l’industrie génère la part la plus élevée de pollution atmosphérique (environ 47 % des polluants émis).
Enfin, dans une moindre mesure, on retrouve le ban d’Ars-sur-Moselle avec 6,7 tonnes de polluants
émis, notamment dus à la zone industrielle de fabrication de pièces de fixation pour le réseau ferroviaire.95
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.3. Spécificités du territoire de l’Eurométropole de Metz pour le secteur de l’industrie en 2019
Le mix énergétique du secteur de l’industrie en 2019 est le suivant : Chaleur et froid issus de réseau
(32,57 %), Electricité (28,15 %), Gaz naturel (22,30 %), Produits pétroliers (15,52 %), Autres énergies
renouvelables (1,03 %) et Bois-énergie (0,43%).
La Figure 3 ci-après illustre la consommation d’énergie finale par activité industrielle et par type
d’énergie sur le territoire de l’Eurométropole de Metz :
Ce graphique permet de représenter la consommation d’énergie finale par type d’activité industrielle : BTP et construction, biens d’équipement et matériels de transport, agro-alimentaire ainsi que d’autres secteurs industriels. On remarque que, sur le territoire de la métropole, ce sont les types d’activités industrielles en rapport avec les biens d’équipements et les matériels de transport qui consomment le plus d’énergie (en valeur absolue). Les biens d’équipements comportent tous les produits permettant de faire fonctionner des processus industriels. Ce sont les biens qui permettent à l’industrie de produire le produit ou le service vendu aux clients (outils, machines, équipements, etc.). Pour les biens d’équipements et les matériels de transport, c’est le gaz naturel qui est majoritairement consommé, suivi de la chaleur issue de réseau et de l’électricité.
Le 2ème type d’activité industrielle le plus consommateur d’énergie sur le territoire de l’Eurométropole de
Metz est le BTP et la construction. Pour cette activité, c’est majoritairement la chaleur issue de réseau
qui est l’énergie la plus utilisée, puis les produits pétroliers (beaucoup plus présents pour le BTP que
pour les autres activités).
L’électricité est utilisée pour la plupart des activités industrielles. Elle est majoritaire pour la chimie
organique et non-organique, ainsi que pour les autres secteurs de l’industrie et pour l’agroalimentaire.
Elle est également utilisée majoritairement dans des activités moins consommatrices d’énergie sur
le territoire comme les minéraux non-métalliques et matériaux de construction, le papier et carton, ou
la métallurgie des métaux non-ferreux.
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Agro-alimentaire
Autres secteurs de l'industrie et non spécifié
Biens d'équipement, matériels de transport, etc,
BTP et construction
Chimie organique, non-organique et divers
Métallurgie des métaux ferreux
Métallurgie des métaux non-ferreux
Minéraux non-métalliques et matériaux de construction
Papier, carton
Consommation énergétique finale par activité
industrielle et par type d'énergie (en GWh PCI)
Aucune énergie Autres énergies renouvelables (EnR) Bois-énergie (EnR)
Chaleur et froid issus de réseau Electricité Gaz Naturel
Produits pétroliers
Figure 3 : Consommation énergétique finale (en GWh PCI à climat réel) du secteur de l'industrie, par type d'activité et par type d'énergie utilisée, en 201996
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En ce qui concerne les émissions directes de gaz à effet de serre du secteur industriel en 2019, la
Figure 4 apporte des renseignements intéressants :
Figure 4 : Emissions directes de gaz à effet de serre (en tonnes CO2 équivalent) selon le type d'usage et l’activité industrielle, en 2019
Comme pour l’étude précédente sur la consommation d’énergie, on retrouve très majoritairement, parmi les activités les plus émettrices de GES sur le territoire métropolitain, le BTP et construction, ainsi que la production de biens d’équipement et de matériels de transport (couleurs grise et jaune sur le graphique ci-avant).
Ceci permet donc de rappeler le lien très fort entre émissions de gaz à effet de serre et consommation
d’énergies fossiles. Cette figure permet également de donner des informations sur les usages qui
émettent le plus de gaz à effet de serre.
Ce sont les processus de chaleur industrielle (four, fumées, etc.) qui ont émis la grande majorité des
gaz à effet de serre liés au secteur de l’industrie en 2019. On retrouve, dans une moindre mesure, les
usages liés à la force motrice (tout type de moteur permettant de faire fonctionner un processus
industriel) parmi les principaux usages industriels qui émettent des gaz à effet de serre sur le territoire
de l’Eurométropole de Metz. Toujours de manière décroissante, on retrouve les usages non
énergétiques, qui provoquant aussi des gaz à effet de serre : produits d’entretiens, gaz frigorigènes...
Cela concerne surtout le BTP et construction, ainsi que l’agro-alimentaire.
0
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
Chaleur industrielle Force motrice Pas d'usage
énergétique
Process industriels Thermique
industrielle
Emissions de gaz à effet de serre par type d'usage
et par activité industrielle (en tonnes CO2 é)
Papier, carton Minéraux non-métalliques et matériaux de construction
Métallurgie des métaux non-ferreux Métallurgie des métaux ferreux
Chimie organique, non-organique et divers BTP et construction
Biens d'équipement, matériels de transport, etc, Autres secteurs de l'industrie et non spécifié
Agro-alimentaire97
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Le secret statistique des données relatives à la pollution atmosphérique engendrée par le secteur
industriel ne permet pas de réaliser une analyse aussi poussée que pour les autres secteurs d’activités.
Il est toutefois possible d’indiquer qu’en 2019, les COVNM, les PM10 et les PM2.5 sont émis en
majorité par le type « aucune énergie » (illustré en rose sur la Figure 5 ci-dessous), de même pour
une part importante des NOx. Ainsi, pour un total de 341,2 tonnes de COVNM émis par l’industrie en
2019, les émissions non énergétiques s’élèvent à 317 tonnes. Elles proviennent principalement
d’applications de peintures et de solvants.
Les produits pétroliers utilisés par l’industrie génèrent aussi une part non négligeable des polluants
atmosphériques, notamment des NOx émis sur le territoire.
Figure 5 : Emissions de polluants atmosphériques (en tonnes)
par type d'énergie utilisée par le secteur industriel, en 2019
0
50
100
150
200
250
300
350
400
PM10 PM2.5 SO2 COVNM NOx NH3
Emissions de polluants atmosphériques par type
d'énergie au sein du secteur industriel (en tonnes)
Aucune énergie Autres énergies renouvelables (EnR)
Bois-énergie (EnR) Chaleur et froid issus de réseau
Electricité Gaz Naturel
Produits pétroliers98
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3. OBJECTIFS CLIMAT-AIR-ENERGIE DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE POUR 2026, 2030 ET 2050
3.1. Objectifs de réduction nationaux et régionaux
➢ Voir la partie III du document « Enjeux du secteur Résidentiel »
S’agissant spécifiquement du secteur de l’industrie, le SRADDET pose les objectifs chiffrés suivants (à titre indicatif) :
SRADDET - GES ET ENERGIE SPECIFIQUES DE L’INDUSTRIE 2021 2026 2030 2050
REDUCTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/2014) -57 % -81% REDUCTION DE LA CONSO. ENERGETIQUE FINALE (/2012) -9 % -15,2 % -20 % -35%
SRADDET - Objectifs spécifiques à l’industrie de réduction des émissions de GES et de consommation d’énergie
3.2. Objectifs du secteur industriel sur le territoire de la métropole pour 2026, 2030 et 2050
En lien avec les objectifs régionaux et nationaux, mais également avec les leviers d’actions permis par
le PCAET de l’Eurométropole de Metz et ses différentes politiques publiques, il est proposé d’adopter,
pour le secteur de l’industrie, les objectifs chiffrés suivants :
NB : la méthode pour fixer les objectifs a été la suivante : les objectifs relatifs à l’énergie ont d’abord
été fixés pour 2030 à l’aide du SDE, puis pour 2026 et 2050, notamment en fonction des objectifs
régionaux et nationaux. Les objectifs en matière de GES ont été fixés en conséquence, car ils résultent
à la fois des baisses de consommation d’énergie et du développement d’énergies moins carbonées.
Enfin, avec la même logique, ont été fixés les objectifs en matière de polluants atmosphériques.
L’articulation entre les dimensions climat, air et énergie s’appuie aussi sur les courbes en base 100
(évolutions 2005 - 2019) présentées dans la première partie de ce document.
2026 2030 2050
EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE (/1990) -35 % -40 % - 84 % CONSOMATION ENERGETIQUE FINALE (/2012) # -0,7 % -3,5 % -29 % DIOXYDE DE SOUFRE (SO2) (/2005) * -75 % -76 % -79 %
OXYDES D’AZOTE (NOX) (/2005) -13 % -19 % -21 %
AMMONIAC (NH3) (/2005) * -85 % -88 % -95 %
COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COVNM) (/2005) -52 % -54 % -65 %
PARTICULES (PM10) (/2005) -30 % -35 % -70 %
PARTICULES FINES (PM2,5) (/2005) -40 % -50 % -70 %
Objectifs pour l’industrie sur l’Eurométropole de Metz (par rapport à : climat 1990 / énergie 2012 / air 2005) ; le / signifie : par rapport à l’année de référence correspondante.
# NB : l’objectif en matière de consommation d’énergie pour 2026 peut paraître très modeste, toutefois il faut rappeler que la consommation du secteur industriel était en hausse de 28,9 % en 2019, par rapport à l’année de référence 2012. Dans les prochaines années, il est donc opportun de se donner pour but de d’abord revenir à une consommation comparable à celle de 2012.99
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
* NB : les objectifs en matière de NH3 et de SO2 sont très élevés car les émissions de ces gaz ont
déjà atteint des niveaux très bas en 2019 : 0,82 tonnes (soit 0,13 % de la pollution atmosphérique du
secteur industriel) pour le NH3 ; 6,41 tonnes (soit 0,98 % de la pollution atmosphérique industrielle) pour
le SO2. D’importantes baisses ont donc déjà eu lieu par rapport aux niveaux de 2005
(respectivement de -80 % et de -74 %), et l’Eurométropole de Metz a l’ambition de poursuivre sur cette
lancée.
3.3. Scénarios proposés pour atteindre les objectifs
chiffrés du secteur de l’industrie
3.3.1. SCENARIO 2026 :
L’objectif pour la consommation énergétique de l’industrie pour 2026 serait de 361,1 GWh, soit -0,7 %
par rapport à la consommation de 2012, mais -23 % par rapport à celle de 2019. Les pistes d’actions
pourraient être l’utilisation des meilleures techniques disponibles, la mutualisation entre acteurs
économiques, l’amélioration de l’efficacité énergétique des procédés industriels et le développement
de processus plus écologiques comme la récupération de chaleur fatale (chaleur émise par des
procédés industriels ou les data-centers, pouvant être utilisée comme source d’énergie pour des locaux
à proximité, sous réserve d’étude de faisabilité).
L’éco-conception et l’augmentation des taux de recyclage dans les industries sont également des
pistes à développer. La mobilisation des salariés, sous forme de collectifs de travail au sein des
industries, représente de réels enjeux pour faire avancer les projets écologiques. Créer un collectif
de salariés engagés pour l’écologie, cela revient à s’autoriser à travailler ensemble pour convaincre la
direction d’assurer la pérennité de l’entreprise, sans compromettre les générations futures.
Pour cela, des ateliers ou des événements peuvent permettre d’animer le collectif et générer des idées
et pistes de solutions pour réduire l’empreinte environnementale de l’entreprise mais aussi des
déplacements induits (domicile-travail, professionnels…).
Plus généralement, l’économie circulaire doit se démocratiser et les industries, ainsi que les acteurs
qui gravitent autour de ce secteur doivent tendre vers les 7 piliers qui composent cette économie, plus
respectueuse de l’environnement et des conditions de travail :
• Approvisionnement durable,
• Eco-conception,
• Ecologie Industrielle et Territoriale (EIT),
• Economie de la fonctionnalité,
• Achats durables,
• Allongement de la durée de vie des produits,
• Recyclage.
Actuellement la démarche d’économie circulaire est lancée sur le territoire de la métropole,
notamment avec la mise en place d’un projet l’Ecologie Industrielle et Territoriale, dont les premiers
ateliers de détection de synergie (Actipôle et alentours en décembre 2021) permettent déjà de mettre
en relation des acteurs économiques et de favoriser de potentielles mutualisations d’achats et
partages de ressources (les rejets des uns devant les ressources des autres).100
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.3.2. SCENARIO 2030 :
Les efforts seraient à poursuivre afin d’atteindre l’objectif fixé par le Schéma directeur des énergies qui
est une consommation énergétique du secteur industriel de 350,9 GWh en 2030. Le potentiel gain
annuel énergétique à la suite des actions mises en place depuis 2026 (dans la même lignée d’actions),
serait en moyenne de 2,55 GWh /an jusqu’en 2030.
3.3.3. SCENARIO 2050 :
Le scénario pour 2050 estime la consommation énergétique du secteur industriel à 258,2 GWh. Cet
objectif devrait se réaliser si les actions précédemment mises en place sont renforcées et
généralisées.
Ainsi, l’économie circulaire devrait être de plus en plus répandue sur le territoire. Les zones artisanales
et industrielles seraient plus innovantes en matière d’écologie et plus attractives pour les industries «
propres ». La sobriété énergétique, l’utilisation des déchets comme ressources et l’économie des
usages seraient la norme pour le secteur de l’industrie d’ici 2050.
La Figure suivante illustre les objectifs de consommation d’énergie à horizons 2026, 2030 et 2050 :
Figure 6 : Objectifs de consommations d’énergie finale annuelle du secteur de l’industrie à horizons 2026, 2030 et 2050
0
100
200
300
400
500
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh EF
Années
Objectifs de réduction de la consommation
énergétique de l'Industrie (GWh d'énergie finale par an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRANDEST101
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4. FOCUS : LE TRAITEMENT DES DECHETS
4.1. Quelques repères : les émissions de GES
directes du secteur des déchets
Le secteur des déchets regroupe les émissions liées aux opérations de traitement des déchets qui
ne relèvent pas de l’énergie (exemples : émissions des décharges, émissions liées au traitement des
eaux usées - stations d’épuration, etc.). Les unités de méthanisation et les unités de compostage font
partie de ce secteur.
Le secteur des déchets représente une valeur nulle en consommation énergétique, comme expliqué
dans le Diagnostic énergie. En effet, les données de consommation transmises par les fournisseurs
d’énergie ne contiennent pas de secteur « déchets » : elles sont intégrées dans le secteur tertiaire. Il
est pour le moment très complexe de séparer ces deux secteurs, d’où des consommations du secteur
déchets s’élevant à 0, qu’importent les années.
En matière d’émissions directes de gaz à effet de serre, le secteur des déchets est passé de 3 103,7
tonnes CO2 équivalent en 1990 à 5 014,3 tonnes CO2 é en 2019, soit une augmentation de 61,6 %.
Ceci s’explique par l’augmentation de la production de biogaz notamment avec le méthaniseur
d’Amanvillers (mis en service fin 2014) ainsi que l’augmentation de production de compost liée à
l’augmentation des apports volontaires sur le territoire et à la sensibilisation de la population à cette
pratique éco-responsable. Jusqu’en 2017, les déchets constituaient le secteur le moins émetteur de
gaz à effet de serre, avant de passer en avant-dernière position (le secteur « branche énergie » étant
devenu le secteur le moins émetteur de gaz à effet de serre, comme illustré sur le graphique suivant) :
Figure 7 : Evolutions des émissions de GES (en t CO2 équivalent) des secteurs Déchets et Branche énergie
0
2 000
4 000
6 000
8 000
10 000
12 000
1990 2005 2010 2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Emissions de gaz à effet de serre des secteurs des déchets et
de la branche énergie (en tonnes CO2 é)
Branche énergie Déchets102
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
En 2019, en matière de gaz à effet de serre, sur les 5 014,3 tonnes CO2 équivalent émis directement sur le territoire de la métropole par le secteur des déchets, 4 537,9 tonnes, soit 90,5 % ont été émis par les processus de traitement des déchets solides. Seuls 476,4 tonnes, soit 9,5 % ont été émis par les processus de traitement des eaux usées.
Au niveau géographique, c’est le territoire d’Amanvillers, où est implantée une unité de méthanisation
depuis 2014, qui émet le plus de gaz à effet de serre liés à l’activité des déchets (2 307,7 t CO2 é). Ce
territoire est suivi de près par celui de Metz, avec 2 230,1 t CO2 é. Seule l’activité de traitements des
déchets solides est représentée sur ces bans communaux.
En revanche, pour le traitement des eaux usées, c’est le territoire de Lorry-Mardigny qui domine en
matière d’émission de GES avec 126,2 t CO2 é, suivi par le territoire de La Maxe, où sont émis 108,5 t
CO2 é. Ce dernier accueille en effet une station d’épuration, gérée par Haganis. En ce qui concerne
la commune de Lorry-Mardigny, la présence d’une station d’épuration par filtres plantés de roseaux
(système épurateur performant, permettant aussi une bonne intégration paysagère) explique pourquoi
ce ban communal se retrouve en première position en matière d’émissions de GES pour les traitements
des eaux usées. Les systèmes avec des filtres plantés de roseaux émettent notamment des N2O, GES
ayant un fort Pouvoir de réchauffement global (PRG de 265).
En matière de pollution atmosphérique, les émissions sont stables depuis 2012 : 9,9 tonnes,
composées uniquement d’ammoniac (NH3). La totalité de cette pollution atmosphérique provient des
processus de traitement des déchets solides. En 2019, le secteur des déchets représente seulement
0,23 % des polluants atmosphériques émis sur le territoire de la métropole, tous secteurs confondus.
4.2. Quelques chiffres pour le territoire
114 381 tonnes de déchets ménagers et assimilés (y compris déchets diffus spécifiques,
déblais et gravats) collectés en 2020, soit 516 kg /habitant /an. C’est légèrement en-deça
des valeurs nationales (568 kg /habitant /an),
Une baisse de 10,3 % des déchets ménagers et assimilés collectés entre 2010 et 2020, soit
54 kg évités /habitant /an en 10 ans,
60 342 tonnes d’ordures ménagères résiduelles collectées en 2020, soit 272 kg /habitant
/an. C’est légèrement plus que les valeurs nationales (261 kg /habitant /an),
30,7 % des déchets collectés valorisés sous forme de matière (y compris valorisation
organique),
290 tonnes d’objets orientées vers les filières de réemploi : Recyclivre, Tri d’Union et
Emmaüs.103
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4.3. Etude des déchets traités par la régie HAGANIS
HAGANIS est un établissement public, régie de l'Eurométropole de Metz, qui est compétente en matière de traitement des déchets et d’assainissement des eaux. HAGANIS évolue principalement sur le périmètre de la métropole messine.
Il existe 4 grandes plateformes de traitement des déchets :
• Le centre de valorisation des déchets non dangereux : elle est composée d’une unité de tri qui va permettre de trier les déchets issus de la collecte sélective, puis d’envoyer les produits recyclables à des recycleurs. Elle est également composée d’une unité d’ordures ménagères avec incinérateur, qui va produire de l’électricité et de la chaleur pour alimenter le réseau de chaleur urbain : c’est ce qu’on appelle la valorisation énergétique,
• Les déchèteries : HAGANIS dispose de 8 déchèteries à destination des particuliers, réparties sur le territoire métropolitain,
• La Plateforme d’Accueil et de Valorisation des Déchets également appelée PAVD : cette plateforme est destinée à massifier les flux des autres déchèteries afin de faciliter la valorisation. Elle recueille également des déchets issus des activités professionnelles (près de 9 387 tonnes en 2019, soit 16 % du tonnage totale de la PAVD en 2019) et issus des services techniques des collectivités environnantes.
• Il existe aussi une Unité de Traitement des Déchets Inertes (UTDI). C’est une plateforme permettant la production de graves recyclées, à partir des déchets inertes provenant des déchèteries, valorisables dans des chantiers de travaux publics locaux.
ANALYSE DU TRANSPORT DES PRODUITS RECYCLABLES : « VOYAGES DES DECHETS »
Les 4 cartes présentées ci-dessous illustrent le territoire de l’Eurométropole de Metz en 2019, avec un
périmètre de 44 communes (donc avant l’intégration de Roncourt et Lorry-Mardigny). Selon les 4
plateformes de traitement des déchets mentionnées précédemment, sont présentées les directions
des déchets partant de l’Eurométropole de Metz vers une direction autre que le département de la
Moselle. Ces illustrations donnent des informations sur les « voyages des déchets » émanant du
territoire métropolitain.104
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
1ère carte : Voyages des déchets issus de l’unité de tri partant de l’Eurométropole de Metz
(hors destinations départementales)
Le tableau ci-dessous (issu du rapport d’activité d’HAGANIS) reprend chaque matériau issu de l’unité de tri associé à son tonnage en 2019, ainsi que sa destination (repreneurs) :
Matériaux Tonnage Repreneurs
Journaux-Magazines 4330 Norske-Skog (88)
Papier (gros de magasin) 1247 Rolf Kuhl et WPT ( Allemagne)
Carton 4008 Rolf Kuhl (Allemagne), WPT (France, Allemagne et Pays -Bas)
Plastiques 1020 Wellman (55), Coved (vers France et Allemagne), Valorplast (55), WPT (France et Allemagne)
Briques alimentaires 56 Rolf Kuhl (Allemagne), Lucart (88)
Acier 276 Arcelor (57), LFM (57)
Aluminium 43 LFM
Verre 1640 Sibelco Green (88)
Refus de tri 3098 Valorisation énergétique UVE HAGANIS
Total 15718105
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2ème carte : Voyages des déchets d’incinération des ordures ménagères partant de l’Eurométropole de Metz (hors destinations départementales)
Le tableau ci-dessous (issu du rapport d’activité d’HAGANIS) reprend chaque matériau issu de l’unité d’incinération associé à son tonnage en 2019, ainsi que sa destination (repreneurs) :
Matériaux Tonnage Repreneurs
Mâchefers 18620
Qualité type 1 et 2, soit pour toutes les utilisations
possibles en sous couche routière.
Utilisés par TP Colle (54) et Jean Lefebvre (57)
Métaux ferreurs issus du
traitement des mâchefers ou
du process
3298 Repris et recyclés par Rolanfer (57)
Métaux non ferreurs issus du
traitement des mâchefers ou
du process
200 Repris et recyclés par Cornec (77) ou Baudelet (59)
Produits sodiques résiduaires 790 Recyclés par Résolest (54)
Cendres 1240
Utilisées en comblement de mines à Bernburg
(Allemagne) ou inertées et stockées par SUEZ RR (54)
REFIOM 1274 Inertés et traités par ISDD Suez Jeandelaincourt (54)
Total 25422
Sous produits de la valorisation
énergétique
des déchets non recyclables106
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3ème carte : Voyages des déchets issus des déchèteries, partant de l’Eurométropole de Metz
(hors destinations départementales)
Le tableau ci-dessous (issu du rapport d’activité d’HAGANIS) reprend chaque matériau issu des
déchèteries associé à son tonnage en 2019, ainsi que sa destination (repreneurs) :107
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
4ème carte : Voyages des déchets issus de la PAVD, partant de l’Eurométropole de Metz (hors destinations départementales)
Le tableau ci-dessous (issu du rapport d’activité d’HAGANIS) reprend chaque matériau issu de la
PAVD associé à son tonnage en 2019, ainsi que sa destination (repreneurs) :
Matériaux Tonnage Repreneurs
Déchets verts 11764 Compostage : Suez Organique (57)
Déblais-Gravats 13095 Valorisation matière : HAGANIS
Non incinérables 9842 Stockage : ISDND Suez (57)
Verre ménager 6423 Valorisation matière : Sibelco Green puis OI Manufacturing (88)
Bois B 6079
Panneautier : Kronospan
(Luxembourg) Valorisation
énergétique : Norske Skog (88), Kronospan (Luxembourg)
Bois A et Abio 3423 Valorisation énergétique : UEM (57)
Incinérables 5044 Stockage : ISDND Suez (57)
Plâtre 981 Valorisation matière : Remex (Allemagne), Placo et Ritleng (67)
Balayures 1210 Valorisation matière : Lingenheld (57)
Huisseries 27 Valorisation matière : Valo’ (57)
Carton 18 UTM HAGANIS
DEEE 58 Valorisation matière : Coved (57)
Métaux 47 Valorisation matière : Metalifer (57)
TOTAL 58011
Produits issus de la Plateforme
d’Accueil
et de Valorisation des Déchets108
ENJEUX DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Beaucoup de déchets sont envoyés dans des centres de traitement situés à proximité de
l’Eurométropole, dans le département de la Moselle (57).
D’autres vont dans des départements voisins, comme les Vosges (88), la Meuse (55) et la Meurthe-et-
Moselle. En revanche, comme illustré sur les différentes cartes présentées précédemment, certains
déchets sortent de la région voire du pays.
En effet, certains cartons vont aux Pays-Bas, d’autres déchets comme des briques alimentaires, du
plâtre, des cendres, du papier, des cartons et plastiques vont être traités en Allemagne. Du Bois de
type B (bois non dangereux, ayant subi un traitement superficiel : peintures, vernis...) va être traité au
Luxembourg. D’autres déchets vont être emmenés dans des départements lointains de la métropole :
du plâtre dans le Bas-Rhin (67), des radiographies dans les Bouches-du-Rhône (13), des tubes
fluorescents dans l’Aube (10), des pneumatiques dans le Jura (39) ainsi que des métaux non ferreux
issus du traitement des mâchefers en Seine-et-Marne (77) et dans le département du Nord (59).
4.4. LE PLPDMA : des objectifs jusqu’en 2023
Le Programme Local de Prévention des Déchets Ménagers et Assimilées (PLPDMA) est le document
cadre en matière de gestion et de prévention des déchets au sein d’une collectivité. Il comporte :
• Un état des lieux qui définit les acteurs concernés, typologies et quantités de déchets, mesures
menées en faveur de la prévention, évolutions prévisibles (typologies et quantités de déchets),
• Les objectifs de réduction des déchets,
• Les mesures à mettre en œuvre, avec l'identification des acteurs, des moyens techniques,
humains et financiers nécessaires,
• Les indicateurs et les modalités de suivi et évaluation du programme.
L’Eurométropole de Metz a adopté son PLPDMA en 2018 avec des objectifs en matière de gestion des
déchets à horizon 2023 et un total de 24 actions. Ce document est basé sur la totalité des flux de
déchets collectés par la métropole. Son périmètre prend donc en compte les déchets collectés en
déchèterie, hors déchets inertes et déchets dangereux, les encombrants collectés en porte à porte, etc.
Après des phases de diagnostic et de concertation, en lien avec la Commission consultative
d’élaboration et de suivi (CCES), un plan d’action a été construit, structuré autour de 6 grands axes :
• Gestion de proximité des biodéchets : les biodéchets représentent la plus grande part des
déchets ménagers et en particulier des OMR, le compostage se développe fortement sur le
territoire depuis plusieurs années, afin de permettre aux habitants de valoriser les biodéchets,
• Lutte contre le gaspillage alimentaire : des actions sont déjà en place et vont se développer,
notamment en restauration collective, pour les restaurants, les commerces et les ménages,
• Prolongement de la durée d'usage : l’objectif est de mettre en avant les acteurs et actions
existantes en matière de réemploi, réparation, dons, de mettre les acteurs en synergie et d’initier
de nouveaux projets, de créer de nouvelles filières, de proposer de nouveaux outils, etc.
• Consommation responsable : cet axe permet de travailler sur les questions de sobriété et de
développer de nouvelles pratiques de consommation plus vertueuse,
• Accompagnement des non-ménages (services de la métropole, des communes, commande
publique responsable, entreprises…) : des accompagnements doivent être effectués afin de
mener des actions adaptées et ambitieuses de réduction de déchets,
• Transversalité : des actions d’animations grand public, des projets groupés, etc, sont
essentiels pour optimiser la réduction des déchets, afin d’impliquer divers acteurs.
Ce plan d’action est géré en interne par la Direction de la gestion des déchets de la métropole. Fin 2022,
environ 75 % des actions du PLPDMA sont mises en œuvre. Le PCAET peut appuyer certaines
actions et donc accélérer la réduction et la valorisation des déchets du territoire.109
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
S
Filières EnR&R, qui êtes-vous ? ......................................................................................................... 110
1. Evolutions des productions d’EnR&R de 2005 à 2019 ................................................................ 111
1.1. Principaux repères concernant la production d’EnR&R sur le territoire ...................................... 111
1.2. Evolution comparée des indicateurs EnR&R sur la période de 2005 à 2019 ............................. 111
2. Panorama des filières EnR&R en 2019 ....................................................................................... 115
2.1. Productions globales EnR&R du territoire en 2019 ..................................................................... 115
2.2. Production détaillée des filières EnR&R en 2019 ........................................................................ 116
2.3. Moyens de production EnR&R sur l’Eurométropole .................................................................... 118
3. Gisements EnR&R et objectifs de production de l’Eurométropole de Metz ................................ 124
3.1. Objectifs nationaux et régionaux de développement des filières EnR&R ................................... 124
3.2. Gisements et objectifs par filière EnR&R existante ..................................................................... 125
3.3. Gisements et objectifs pour les nouvelles filières EnR&R ........................................................... 136
3.4. Synthèse des objectifs de production pour les différentes filières EnR&R ................................. 140
ENJEUX
DES FILIERES DE
PRODUCTION ET DES
GISEMENTS D’ENR&R110
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
FILIERES ENR&R,
QUI ETES-VOUS ?
Ce diagnostic présente toutes les filières d’énergies renouvelables et de récupération
(EnR&R) actuelles et futures sur le territoire de l’Eurométropole de Metz. Il comprend
donc toutes les productions locales d’électricité, de chaleur, de carburants et de
combustibles renouvelables ou de récupération.
Le territoire de l’Eurométropole de Metz, à la fois urbain et périurbain, présente un
potentiel de développement assez diversifié pour chacune des énergies figurant dans
ce document. L’estimation des potentiels aux horizons 2026, 2030 et 2050 s’attache
donc aux productions existantes, mais aussi aux capacités du territoire à soutenir
les développements à venir. Il est important de rappeler que, conformément à la
démarche négaWatt, il est d’abord primordial de réduire les consommations
d’énergie sur le territoire, par la sobriété et l’efficacité énergétique (voir Diagnostics
par secteur d’activité), car même si la production d’énergies renouvelables augmente
très fortement, elle ne pourra jamais couvrir l’ensemble des besoins actuels du
territoire. En effet, la sobriété permet de revoir nos besoins d’énergie via nos
comportements, elle est donc primordiale et elle doit amorcer le changement de
paradigme de notre société. Les énergies renouvelables viennent alors en soutien
de cette vision de sobriété, permettant de réduire l’impact carbone de nos besoins
essentiels.
Après un bref rappel des évolutions des indicateurs EnR&R des 15 dernières années,
puis un panorama détaillé des données de 2019, ainsi que des gisements du territoire,
le présent diagnostic s’attachera à proposer des objectifs chiffrés aux horizons 2026,
2030 et 2050, ainsi que des pistes d’actions pour le développement des EnR&R dans
le cadre du nouveau PCAET de l’Eurométropole de Metz.111
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
1. EVOLUTIONS DES PRODUCTIONS D’ENR&R DE 2005 A 2019
1.1. Principaux repères concernant la production d’EnR&R sur le territoire
L’Observatoire régional climat-air-énergie, alimenté par ATMO Grand Est, fournit l’historique des
données de production d’énergie renouvelable ou de récupération depuis 2005 jusqu’en 2019 (les
données de l’année 1990 n’ayant pour l’instant pu être reconstituées). Il est important de signaler que
ces données correspondent à un périmètre de l’Eurométropole de Metz à 44 communes (ce qui était le
cas jusqu’à fin 2021).
En examinant d’abord la situation globale pour 2019, le territoire de l’Eurométropole de Metz produit
355,379 GWh d’énergie, qui se décomposent ainsi :
• Chaleur : 271,394 GWh (76,4 % du total produit sur le territoire),
dont 94,164 GWh non renouvelables (soit la moitié de la chaleur produite par l’incinération des
déchets, qui correspond à la fraction organique de ceux-ci),
• Carburants-combustibles : 54,369 GWh (15,3 % du total),
• Electricité : 29,616 GWh (8,3 % du total).
Toujours selon ces données, globalement le territoire de l’Eurométropole couvre 13,1 % de ses besoins
avec les énergies qu’il produit (contre 22 % pour le Grand Est et 17,2 % pour le territoire français).
1.2. Evolution comparée des indicateurs EnR&R sur la
période de 2005 à 2019
En examinant à présent les évolutions depuis 2005, on s’aperçoit que certaines filières d’EnR&R ont
connu un fort développement au cours des 15 dernières années, comme le synthétise le tableau ci-
dessous, qui reprend les productions de 4 années « repères » :
PRODUCTION DES FILIERES ENR&R (EN GWH
PAR AN) 2005 2010 2015 2019
Carburant ou
combustible Filière bois-énergie 46,8 57,0 56,9 54,4 Chaleur Biogaz 0,0 0,0 9,5 12,1
Incinération déchets - part EnR 122,4 134,5 131,5 94,2 Incinération déchets - part non EnR 93,0 101,5 99,1 94,2
PACs aérothermiques 9,3 26,8 42,2 65,9 PACs géothermiques 0,4 2,2 2,6 3,0
Solaire thermique 0,1 1,1 1,8 2,0 Electricité Biogaz 0,0 0,0 9,3 11,8
Hydraulique renouvelable 16,2 16,4 13,0 14,0
Solaire photovoltaïque 0,0 0,7 3,3 3,8 TOTAL
(hors Incinération déchets - part non EnR) 195,3 238,8 270,1 261,2
Production des filières EnR&R (en GWh par an) en 2005, 2010, 2015 et 2019112
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Ainsi, en 14 ans, l’énergie produite par les pompes à chaleur aérothermiques a été multipliée par 7,
celle issue des pompes à chaleur géothermiques multipliée par 6,8 et la chaleur issue du solaire
thermique multipliée par 13,7 (sur la période de 2005 à 2019).
Le solaire photovoltaïque s’est également développé sur l’ensemble du territoire, essentiellement à
partir de 2010. Une unité de méthanisation a également vu le jour à Amanvillers en 2014, permettant
l’émergence d’une nouvelle filière biogaz.
Par ailleurs, la production de certaines EnR&R est globalement restée stable, notamment la
récupération de chaleur de l’incinération des déchets par Haganis (la baisse en 2019 étant
exceptionnelle, au regard des valeurs enregistrées pour 2017 et 2018) ou la filière de production de
bois-énergie (qui désigne la production présente à plusieurs endroits du territoire, et non le bois
alimentant le Réseau de chaleur urbain), qui enregistre une progression lente : +16 % en 14 ans.
Enfin, une filière a vu sa production diminuer : l’hydraulique renouvelable, produite par la centrale
hydroélectrique de Wadrinau, exploitée par UEM et située sur la Moselle à Metz (île du Saulcy).
Pour permettre un état des lieux général sur l’ensemble des années disponibles au sein de
l’Observatoire régional, l’histogramme de la Figure 1 ci-après présente la production de combustible,
de chaleur et d’électricité du territoire (en incluant la part non renouvelable de l’incinération des
déchets) :
Figure 1 : Production de combustible, de chaleur et d’électricité (en GWh par an) entre 2005 et 2019
Enfin, pour un état des lieux exhaustif des productions locales d’EnR&R, mais aussi une meilleure
lisibilité de l’évolution de ces données, pour chaque année du graphique de la Figure 2 ci-après, le
« taux EnR » de l’incinération des déchets a été ramené à 50 % (comme cela est le cas pour les
années récentes, contrairement au tableau présenté sur la page précédente) et la part non
renouvelable a été exclue :
0
50
100
150
200
250
300
350
400
450
2005 2010 2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Production des filières énergétiques (périmètre
métropole à 44 communes, en GWh par an)
Carburant ou combustible Chaleur Electricité113
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 2 : Production des différentes filières EnR&R du territoire (en GWh par an) entre 2005 et 2019
Les données de productions annuelles par filière EnR&R mettent en évidence plusieurs éléments :
• La baisse conjoncturelle de l’énergie produite par l’incinération des déchets en 2019 et donc
de la part EnR de celle-ci : la production de cette filière reste assez stable entre 2010 et 2018
(toujours entre 115 et 122 GWh produits, sauf en 2017 avec 130 GWh), l’année 2019 connait
une production moindre (94 GWh),
• Une émergence assez rapide sur le territoire de l’électricité photovoltaïque, inexistante en
2005, puis produisant 3,4 GWh en 2014, avant une certaine stabilité (production d’environ 3,5
GWh) jusqu’en 2019 (sauf pour l’année 2017, au volume plus faible),
• Des productions stables pour l’électricité issue d’hydraulique renouvelable entre 2005 et 2014
(un peu plus de 16 GWh produits chaque année), suivies de variations sinusoïdales au cours
des années suivantes (entre 12 et 15 GWh par an),
• Une progression rapide du solaire thermique entre 2005 (production de 0,15 GWh) et 2010
(1,15 GWh), puis une progression légèrement plus lente de cette filière jusqu’en 2016 (2 GWh),
valeur ensuite stable jusqu’en 2019,
• Le fort développement des pompes à chaleur géothermiques entre 2005 (production de 0,4
GWh) et 2010 (2,2 GWh), puis une progression beaucoup plus modérée au cours des années
suivantes, pour atteindre 3 GWh produits en 2019,
0
50
100
150
200
250
300
350
2005 2010 2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Production des filières EnR&R (périmètre métropole
à 44 communes, en GWh par an)
Combustible Filière bois-énergie Chaleur Biogaz
Chaleur PACs aérothermiques Chaleur PACs géothermiques
Chaleur Solaire thermique Electricité Biogaz
Electricité Hydraulique renouvelable Electricité Solaire photovoltaïque
Chaleur Incinération déchets - part EnR114
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
• Un développement assez linéaire des pompes à chaleur aérothermiques, la production de
2019 (66 GWh) étant le double de celle de 2012, elle-même une multiplication par 3,5 de la
production de 2005 (9 GWh),
• L’apparition d’une filière biogaz en 2014, suite à la mise en service de l’unité de méthanisation
située à Amanvillers : production en moyenne de 12 GWh d’électricité par an depuis 2016,
• La relative stabilité de la production de bois-énergie sur le territoire, toujours comprise entre
52 et 57 GWh par an, sauf pour 2017 et 2018 où un peu plus de 60 GWh ont été produits.115
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2. PANORAMA DES FILIERES ENR&R EN 2019
2.1. Productions globales EnR&R du territoire en 2019
Au-delà des données fournies par l’Observatoire régional climat-air-énergie, il est utile de prendre en
compte l’ensemble des productions EnR&R du territoire de l’Eurométropole de Metz, sur un
périmètre de 46 communes, comprenant donc les territoires de Roncourt et de Lorry-Mardigny.
Ainsi les données présentées ci-après incluent toutes les énergies renouvelables et de
récupération, dont celles qui alimentent en EnR&R le réseau de chaleur (outils d’UEM produisant
à la fois chaleur et électricité, par cogénération). Les sources des données de 2019 présentées ci-après
sont plurielles : ATMO Grand Est, Enedis, UEM et GRDF. Il est donc logique que certaines données
parmi les suivantes soient différentes des données 2019 présentées dans la partie précédente.
Territoire de
l’Eurométropole
de Metz
Valeur des productions d’EnR&R en 2019
(à partir des différentes sources renouvelables)
Part des EnR&R
pour 2019
(sur consos totales)
Production
de chaleur ou
combustible
renouvelable ou
de récupération
426,052 GWh, dont :
Pompes à chaleur aérothermiques : 66,987 GWh
Pompes à chaleur géothermiques : 3,167 GWh
Solaire thermique : 2,068 GWh
Chaleur récup. incinér. déchets : 150,470 GWh
Autres énergies récupération / chaleur fatale : 0
Chaleur issue de biogaz : 0
Chaleur biomasse solide RCU : 148,990 GWh
Chaleur biomasse décentralisé : 54,369 GWh
20,1 %
(de 2 119,2 GWh)
Production
d’électricité
renouvelable ou
de récupération
86,461 GWh, dont :
Éolien terrestre : 0
Solaire photovoltaïque : 4,395 GWh
Solaire thermodynamique : 0
Hydraulique : 14,041 GWh
Electricité issue de biogaz : 11,774 GWh
Géothermie très haute énergie : 0
Elec. biomasse solide (cogénération.) : 49,341 GWh
Elec. incinération déchets (cogénération.) : 6,910 GWh
7,6 %
(de 1 140,5 GWh)
En 2019 et sur un périmètre de 46 communes, la production EnR&R en chaleur représente 83,1 %
et la production EnR&R en électricité représente 16,9 % de la production EnR&R locale.
La production EnR&R locale totale est de 512,513 GWh en 2019, alors que la consommation
d’énergie finale est de 5085 GWh pour la même année. Ainsi, même si ces chiffres ne peuvent être
formellement comparés entre eux, le taux EnR&R de l’Eurométropole équivaut à 10,1%.116
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.2. Production détaillée des filières EnR&R en 2019
2.2.1. PRODUCTION LOCALE DE CHALEUR-COMBUSTIBLES ET DE CARBRUANTS ENR&R (TOTAL : 426,1 GWH)
Comme en témoigne la Figure 3 ci-dessous, c’est la chaleur produite par l’incinération des déchets
(part renouvelable) par Haganis, suivie de très près par la biomasse alimentant le réseau de
chaleur urbain (bois-énergie à la centrale UEM de Metz-Cité à Chambière) qui prédominent dans la
catégorie « production de combustibles renouvelables ». Dans une moindre mesure, on retrouve
comme sources de chaleur renouvelable, notamment chez les particuliers, les pompes à chaleur
aérothermiques, ainsi que la biomasse décentralisée (divers appareils fonctionnant au bois-énergie
sur la métropole messine).
Les pompes à chaleur géothermiques et les installations solaires thermiques sont encore faiblement
utilisées sur le territoire. La récupération de chaleur fatale dans les industries ou les datacenters
du territoire n’est pas encore très développée, bien que la région Grand Est dispose d’un fort potentiel
en la matière. Il en va de même pour le biogaz chaleur qui n’existait pas encore sur le territoire en
2019 : en effet, cette énergie produisait alors uniquement de l’électricité par cogénération, à la centrale
située à Amanvillers. Par ailleurs, l’installation d’Augny, injectant du biogaz dans le réseau, a été mise
en service ultérieurement : mars 2021.
Concernant les carburants renouvelables, on peut noter qu’il n’existe pas de production
d’agrocarburants sur le territoire de la métropole en 2019. La production d’hydrogène
renouvelable, qui n’existe pas à l’heure actuelle, verra le jour en 2025, dans le cadre de la mise en
service de la 3e ligne de bus à haut niveau de service (voir partie dédiée à la fin du présent diagnostic).
Figure 3 : Production de chaleur et combustibles renouvelables ou de récupération (en GWh) en 2019
66,987
3,167 2,068
150,47 148,99
54,369
0
20
40
60
80
100
120
140
160
Pompes à chaleur
aérothermiques
Pompes à chaleur
géothermiques
Solaire
thermique
Chaleur récup.
incinér. déchets
Chaleur biomasse
solide RCU
Chaleur biomasse
décentralisé
Production de chaleur et combustibles
renouvelable ou de récupération en 2019 (en GWh)117
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.2.2. PRODUCTION LOCALE D’ELECTRICITE ENR&R (TOTAL : 86,5 GWH)
La composition du mix renouvelable local en électricité est celui-ci en 2019 :
Figure 4 : Parts des différentes filières d’électricité EnR&R du territoire en 2019
La production d’électricité renouvelable à l’Eurométropole de Metz provient majoritairement de la
cogénération issue en premier lieu du bois-énergie (centrale UEM de Metz-Cité), puis du biogaz
(ferme de Champenois à Amanvillers) et de la valorisation des déchets (Unité de valorisation
énergétique (UVE) Haganis).
Les autres productions renouvelables proviennent de la centrale hydroélectrique UEM de Wadrinau
et de la production solaire photovoltaïque diffuse (nombreuses petites unités et quelques unités
importantes sur des bâtiments agricoles). L’éolien terrestre et le solaire thermodynamique sont des
énergies absentes sur le territoire.
La Figure suivante illustre notamment les sources de productions de la cogénération (encadré bleu) :
Figure 5 : Production des filières d’électricité EnR&R du territoire (en GWh) en 2019
Solaire
photovoltaique
5%
Hydroélectricité
16%
Cogénération (bois-
énergie, biogaz et
valorisation déchets)
79%
0,00
4,39
0,00
14,04
49,34
11,77
6,91
0,00
0
10
20
30
40
50
60
Production d'électricité renouvelable en 2019
(en GWh)118
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.3. Moyens de production EnR&R sur l’Eurométropole
2.3.1. LE RESEAU DE CHALEUR URBAIN, LES UNITES DE PRODUCTION D’UEM ET L’UNITE DE VALORISATION ENERGETIQUE D’HAGANIS
L’Eurométropole de Metz possède un important réseau de chaleur urbain (RCU), d’une longueur de
120 km et d’une puissance dépassant les 400 MW, alimenté par plusieurs unités de production
appartenant à UEM, dont 3 nouvelles (Quartier de l’Amphithéâtre, Deux Fontaines, Montigny-lès-Metz)
et 1 unité principale (Metz-Cité, située à Chambière et active depuis 1961).
Cette dernière utilise le principe de la cogénération : elle produit simultanément électricité et chaleur,
à partir des 3 sources énergétiques (dont 2 EnR&R) présentes sur cette unité : gaz, bois-énergie et
incinération des déchets (UVE d’Haganis). L’électricité produite est injectée dans le réseau électrique
métropolitain géré par Réséda (ex-URM) et la chaleur alimente le réseau de chaleur urbain, qui permet
de chauffer un équivalent de 44 000 logements de type F3 (davantage de détails sont présentés dans
le focus « enjeu de la distribution d’énergie et des réseaux énergétiques » qui suit le Diagnostic
Energie).
L’énergie produite par les deux unités existantes en 2019 (Metz-Cité et Metz-Est) alimentant les
réseaux de chaleur correspond aux volumes suivants :
• Chaleur produite à partir de bois-énergie : 148,990 GWh d’énergie finale,
• Electricité produite à partir de bois-énergie : 49,341 GWh d’énergie finale,
• Chaleur produite à partir d’incinération des ordures : 150,470 GWh d’énergie finale,
• Electricité produite à partir d’incinération des ordures : 6,910 GWh d’énergie finale,
• Chaleur produite à partir de gaz : 136,668 GWh d’énergie finale,
• Electricité produite à partir de gaz : 66,464 GWh d’énergie finale.
Soit un total d’environ 436,1 GWh de chaleur et de 122,7 GWh d’électricité produites en 2019 par
ces deux centrales et distribué localement.
La production d’électricité issue du bois-énergie en 2019 est en augmentation par rapport à 2017
(environ 26 GWh) et proche de la production pour l’année 2020 (environ 46 GWh). La production de
chaleur issue du bois-énergie est en légère baisse par rapport à 2017 (174 GWh), diminution confirmée
par le chiffre de 2020 (136 GWh). En effet, la production issue du bois-énergie varie fortement en
fonction des années : cf. besoins de chaleur liées aux conditions météorologiques et coûts des
différentes énergies alimentant le RCU.
La production d’électricité issue de l’incinération des ordures en 2019 est en diminution par rapport
à 2017 (18,1 GWh) et assez proche de la production de 2020 (9,1 GWh). La production de chaleur issue
de l’incinération des ordures est relativement constante, si on compare le volume de 2019 à ceux de
2017 (142 GWh) ou de 2020 (143,3 GWh). Comme évoqué ci-dessus, les productions liées à cette
énergie de récupération varient beaucoup selon les années, en lien notamment avec la quantité
d’ordures incinérées.119
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.3.2. LE BOIS DOMESTIQUE
A l’inverse de celui mis en œuvre à la centrale de Chambière, qui permet de « centraliser » le bois, de
le brûler et d’incorporer la chaleur émise via la combustion dans le réseau de chaleur urbain de la
métropole, le bois domestique est utilisé de façon diffuse sur le territoire de la métropole. Il est
brûlé dans des cheminées, des poêles ou des chaudières au bois. Ce bois domestique est
majoritairement utilisé pour le chauffage des logements de la métropole, mais certaines chaudières
sont également utilisées pour le chauffage d’entreprises ou d’équipements, notamment dans des écoles
(exemple à Marieulles).
En 2019, sur le territoire de la métropole, la production de chaleur via le bois domestique est de 54,4
GWh, en légère baisse par rapport à la production enregistrée en 2017. Cette ressource est
particulièrement intéressante car elle permet de se libérer en partie des énergies fossiles dans les
secteurs non desservis par le réseau de chaleur urbain.
2.3.3. LE SOLAIRE PHOTOVOLTAÏQUE
La production solaire photovoltaïque est faible avec 3 MW de puissance installée et 4,4 GWh produits
en 2019. La production photovoltaïque est très diffuse, avec de nombreuses petites unités et quelques
unités importantes sur des bâtiments agricoles.
2.3.4. LE SOLAIRE THERMIQUE
Le solaire thermique, qui permet de produire de la chaleur à partir des rayons du soleil et de l’utiliser
directement (en chauffant l’eau sanitaire ou le liquide d’un plancher chauffant) est un également une
technologie prometteuse. La production annuelle sur le territoire, en 2019, est faible avec 2 GWh
produits. La production solaire thermique est très diffuse, avec de nombreuses petites unités
individuelles sur le territoire.
2.3.5. LE SOLAIRE THERMODYNAMIQUE
Le solaire thermodynamique est une technique qui permet de convertir de l’énergie solaire en chaleur.
Contrairement aux deux techniques présentées ci-avant, le solaire thermodynamique permet de
convertir la chaleur en électricité. De plus, les installations de solaire thermodynamique ont la
capacité de stocker la chaleur. Ces systèmes sont beaucoup moins onéreux que les systèmes de
stockage nécessitant une batterie et surtout permettent de continuer à produire de l’électricité même
quand les conditions météorologiques ne sont pas adéquates.
Le solaire thermodynamique s’utilise donc majoritairement dans les zones disposant d’un fort taux
d’ensoleillement : les régions du monde les plus favorables sont des zones où l’ensoleillement direct
est supérieur à 2 000 kWh /m² /an.
En France, l’ensoleillement maximum est estimé à 1 700 KWh /m² /an. Il n’est pas pertinent de mettre
en place cette technologie sur le territoire français et notamment sur l’Eurométropole de Metz, où
l’ensoleillement est d’environ 1 220 kWh/m². Il n’y a donc aucun projet de développement du solaire
thermodynamique, à court ou à long terme : les élus de l’Eurométropole veulent privilégier les énergies
solaires plus intéressantes localement, comme le photovoltaïque.120
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
2.3.6. L’HYDROELECTRICITE
L’énergie hydraulique permet de produire de l’électricité
grâce à la force de l’eau. Cette production varie en
fonction du débit et de la hauteur d’eau. Sur le territoire de
L’Eurométropole de Metz, une seule centrale
hydroélectrique est présente sur la Moselle, qui possède
un débit significatif, il s’agit de la centrale UEM de
Wadrinau (à Metz, Ile du Saulcy) qui date de 1957. Elle a
fourni à elle seule 14 GWh d’énergie électrique au cours
de l’année 2019.
2.3.7. L’EOLIEN TERRESTRE
Les éoliennes produisent de l’électricité grâce à la force du vent. Il n’existe actuellement aucune
éolienne sur le territoire de l’Eurométropole de Metz. En effet, les servitudes militaires, notamment
liées à l’ancienne Base aérienne 128, empêchent pour l’instant (et ce jusqu’en 2030 a minima) le
développement de cette énergie renouvelable.
2.3.8. L’AEROTHERMIE
Une pompe à chaleur (PAC) aérothermique est un système permettant de récupérer la chaleur de
l’air afin de la diffuser dans un espace. C’est donc un système de chauffage qui utilise l’énergie
thermique de l’air extérieur ou intérieur (aérothermie). De nombreuses pompes à chaleur sont déjà
installées sur le territoire et cette énergie connait un fort développement. En 2017, la production
d’énergie ce cette filière était de 48,8 GWh. En 2019, la production de cette énergie s’élève à 67 GWh,
soit un accroissement de la production (et donc des installations) de 37% en 2 ans.
Le remplacement des chaudières anciennes et polluantes (notamment au fioul) par des systèmes de
chauffage plus vertueux comme les pompes à chaleur sur air est intéressant mais moins performant
que par la géothermie qui utilise également les pompes à chaleur. Le choix de l’aérothermie soit
également être mis en lien avec le climat local et les périodes de froid qui diminuent fortement leur
performance.
2.3.9. LA GEOTHERMIE
Les pompes à chaleur géothermiques utilisent le même principe
que les PAC aérothermiques, à la différence que la source de
chaleur n’est pas l’air mais le sol. On parle alors de géothermie
basse énergie car les forages sont peu profonds (généralement
à moins de 200 mètres) voire horizontaux, et la chaleur collectée
ne dépasse pas 30 °C. Ainsi, la chaleur dégagée par le sol
terrestre est récupérée pour être transférée vers un autre milieu
comme un logement individuel (voir principe sur la Figure ci-
contre). L’utilisation d’une pompe à chaleur permet donc de
valoriser l’énergie provenant de la terre.
Figure 6 : Centrale hydro-électrique UEM de
Metz-Wadrinau
Figure 7 : Exemple de sondes
horizontales (PAC géothermiques)121
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
La géothermie sur nappe utilise également le même principe
mais avec l’eau du sous-sol comme source de chaleur. On parle
également de géothermie basse énergie car les forages sont peu
profonds. Ces PAC utilisent l’eau du sol pompée en surface, en
récupère des calories (chaud) ou en évacuent (froid) puis la
réinjectent à nouveau dans le sous-sol.
En 2017, la production des installations géothermiques déjà en
place sur le territoire s’élevait à 1,7 GWh. En 2019, le volume de
production s’est renforcé avec une valeur de 3,167 GWh, soit un
accroissement de la production (et donc des installations) de 88 %
en 2 ans (quasi-doublement).
A la différence des systèmes de géothermie basse énergie évoqués ci-dessus, il existe également la
géothermie profonde, haute énergie. Il s’agit de collecter la chaleur de la terre plus profondément
(activité volcanique) et de l’utiliser directement, voire de produire de l’électricité grâce à la température
élevée de cette ressource. La température peut atteindre 50 °C à plus de 100°C. Plus la profondeur de
forage est grande, plus la chaleur est élevée, elle augmente en moyenne de 3° C tous les 100 mètres.
D’autres problématiques sont liées à cette technologie, notamment par rapport aux techniques de forage
et de fissuration/fracturation de la roche, qui peuvent provoquer des mini-tremblements de terre (cf.
Fonroche à Strasbourg en 2019, tremblement de terre de 3,2 sur l’échelle de Richter). Il n’existe pas
de forage haute profondeur sur le territoire de l’Eurométropole.
2.3.10. LE BIOGAZ
La combustion des énergies fossiles est aujourd’hui l’une des principales causes du réchauffement
climatique et de la pollution de l’air. Pour couvrir les besoins de chaleur, notamment du résidentiel, il
est nécessaire de passer à des énergies plus propres comme le biogaz. La méthanisation est une des
solutions pour produire du biogaz. Elle consiste à faire fermenter des déchets provenant de différents
secteurs : déchets ménagers, déchets agricoles, boues de station d’épuration (STEP), déchets de
l’industrie agro-alimentaire, etc. Une fois ces déchets collectés, ils sont introduits dans un méthaniseur,
c’est-à-dire une cuve privée d’oxygène. Par des processus thermiques et biologiques (fermentation
effectuée par des bactéries), le biométhane va être produit.
La production de biométhane s’inscrit donc clairement dans une optique d’économie circulaire et
d’indépendance énergétique pour le territoire. D’autres effets positifs sont recensés comme la
diminution des émissions de gaz à effet de serre (la combustion du biométhane produit moins de GES
que celle du gaz naturel), la réduction des importations d’énergie, la création d’emplois locaux, etc.
Le biogaz injection (chaleur) :
Sur le territoire de L’Eurométropole de Metz, la
production de biogaz thermique est d’environ 58
GWh par an depuis 2021. Il existe une seule
station de méthanisation en injection dans le
réseau de gaz, qui se situe depuis mars 2021 à
Augny et produit cette quantité d’énergie. Le
biométhane produit sur ce site est injecté
directement dans le réseau de gaz, en lien avec
GRDF et après épuration et contrôle qualité. Ce
biométhane est consommé localement par les
logements et les locaux professionnels
alentours. Ce gaz est de type « H » qui est le
plus haut niveau de qualité dans la classification des gaz naturels.
Figure 8 : Exemple de géothermie sur
nappe
Figure 9 : Unité de méthanisation située à Augny122
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Ainsi, l’équivalent de surfaces occupées par 9 200 habitants (ou encore l’ensemble des bâtiments
de 2 communes moyennes) de l’Eurométropole de Metz sont :
• Alimentés à 100 % en énergie renouvelable via le réseau de gaz,
• Pour l’ensemble des usages : chauffage, eau chaude et cuisson,
• Sans modification des appareils des clients et donc aucune contrainte pour l’utilisateur final.
Le biogaz cogénération (électricité) :
Sur le territoire de l’Eurométropole, il existe une seule unité de méthanisation qui produit de
l’électricité par cogénération. Elle est implantée sur le ban communal d’Amanvillers depuis 2014. Sa
production en 2019 est de 11,774 GWh (valeur proche de celles des années précédentes).
2.3.11. LA CHALEUR FATALE (ENERGIE DE RECUPERATION)
La chaleur fatale est une énergie qui provient de la récupération d’énergie thermique dégagée par
un procédé non utilisé par celui-ci. Pour la mettre en œuvre sur un territoire, il faut d’abord
sélectionner les procédés les plus énergivores (fours, séchoirs, chaudières…) ayant les rejets les plus
accessibles (fumées, buées) et les niveaux de température les plus efficaces (supérieurs à 100 °C).
Sur le territoire de l’Eurométropole de Metz, en 2019, mise à part la vapeur produite par l’incinération
des déchets (UVE d’Haganis) et utilisée pour le RCU, la chaleur fatale n’était pas valorisée.
2.3.12. LES BIOCARBURANTS ET L’HYDROGENE RENOUVELABLE
Un biocarburant est un carburant gazeux ou liquide produit à partir de biomasse (donc renouvelable,
contrairement aux carburants d’origines fossiles) destiné à une valorisation énergétique pour les
transports mais également le chauffage. Les biocarburants ayant pour origine des matières
premières d’origine végétale ou issues de déchets et sont généralement incorporés dans des
carburants d’origine fossile, mais ils peuvent également être utilisés en substitution à ces derniers. On
distingue alors trois types de biocarburants, appelés 1ère, 2ème et 3ème génération.
La 1ère génération de biocarburants contient du bioéthanol, qui est un biocarburant produit à partir de
cannes à sucre, de céréales, de pommes de terre, ou encore de betteraves sucrières, puis incorporé à
de l’essence. Cette 1ère génération est également constituée de biodiesel produit à partir de différentes
sources d’acides gras, tels que les huiles de soja, de colza, de palme, ainsi que d’autres huiles végétales
(Ecologie.gouv.fr/biocarburants, avril 2021). Cette 1ère génération utilise donc directement les cultures
dédiées à l’alimentation. Elle peut donc présenter des conflits d’usage vis-à-vis de la production de
nourriture. La Figure ci-dessous illustre les procédés de fabrication de ces biocarburants :
Figure 10 : Principe biocarburants de première génération.
Source : http://cerig.pagora.grenoble-inp.fr/memoire/2013/biocarburant-microalgue.htm123
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
A la différence de la 1ère génération, la 2ème génération de biocarburants se fabrique grâce à des
procédés transformant des végétaux ou des parties de végétaux non comestible en carburants. Cette
2ème génération permet donc de réduire la concurrence vis-à-vis de l’alimentation humaine ou
animale. Cette génération très prometteuse est en pleine essor actuellement, avec le développement
de nombreux projets dans le monde. Ces carburants peuvent être produits grâce à des résidus agricoles
comme la paille, ou forestiers comme le bois. Certaines cultures de végétaux non comestibles à
croissance rapide sont également utilisées. La Figure ci-dessous illustre brièvement les procédés de
fabrication de ces biocarburants :
Figure 11 : Principe biocarburants deuxième génération / source : Ecologie.gouv.fr
La 3ème génération de biocarburants est basée sur la production de carburant à partir d’algues. On les
appelle aussi « algocarburants ». De nombreux freins et incertitudes existent concernant cette filière,
notamment en termes de rendement, de coût, d’impact environnemental, etc.
Le BioGNV (Bio gaz naturel véhicule) permet de remplacer progressivement le Gaz naturel véhicule
(GNV) par un gaz renouvelable et donc plus écologique que ce dernier. Le BioGNV est un gaz obtenu
grâce à des processus de méthanisation de déchets organiques divers : ordures ménagères, boues
des stations d’épuration, produits agricoles, résidus de l’industrie agroalimentaire ou de la restauration
collective.
Le BioGNV émet 95 % de particules fines et 50 % d’oxydes d’azote (NOx) en moins, par rapport à la
norme Euro VI (essence et gazole d’origine fossile) pour les véhicules de même génération. Il permet
également une réduction des rejets de CO2 de 80 %. Le BioGNV fait également partie des
biocarburants prometteurs pour nos futures modes de consommation.
NB : On parle parfois également d’agrocarburant. En effet les biocarburants englobent tous les
carburants issus de la biomasse. Les agrocarburants eux ne prennent pas en compte la biomasse
forestière ni les algues, mais concernent uniquement les produits de l’agriculture. Ce terme
d’agrocarburant, plus restrictif, est également utilisé pour éviter la confusion avec l’agriculture
biologique. En effet, les biocarburants ne sont pas forcément issus de l’agriculture biologique.
Avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) actuelle, adoptée en avril 2020, la part des
biocarburants dans le mix énergétique français a été précisée. Plusieurs objectifs de
développement sont apparus : augmenter la part des biocarburants dans les carburants liquides à 348
TWh en 2028, en stabilisant les biocarburants de 1ère génération à 7 % d’incorporation, porter le volume
de biogaz injecté entre 14 et 22 TWh en 2028, contre 0,4 TWh en 2017. Le biogaz (injecté ou utilisé
directement) représenterait alors 6 à 8 % de la consommation de gaz en 2028.
En 2019, sur le territoire de l’Eurométropole de Metz, il n’existe ni production de biocarburants, ni
de production d’hydrogène renouvelable (qui n’est pas une énergie renouvelable en tant que telle,
mais un agent énergétique, qu’il est opportun de produire par des ressources décarbonées et de relier
à une filière de production d’électricité renouvelable).124
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3. GISEMENTS ENR&R ET OBJECTIFS DE PRODUCTION DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.1. Objectifs nationaux et régionaux de développement des filières EnR&R
La règlementation nationale, et notamment la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), fixe un
objectif de couverture par des énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) de la
consommation en énergie finale à hauteur de 33 % à l’horizon 2030 (après révision à la hausse, suite
à la Loi « Climat & Résilience » de juillet 2021, qui s’appuie sur la Programmation pluriannuelle de
l’énergie (PPE) adoptée en avril 2020 : 36 % d’EnR électrique, 34 à 38 % d’EnR thermique en 2028).
Par son scénario « Région à énergie positive et bas carbone à 2050 », le Schéma régional
d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET Grand Est) adopté
en janvier 2020, fixe des objectifs « macros » (à prendre en compte, avec une adaptation aux
spécificités de l’intercommunalité). En voici l’extrait concernant le développement des énergies
renouvelables et de récupération :
SRADDET - DEVELOPPEMENT DES EnR&R 2021 2026 2030 2050
% EnR produite dans la consommation d’électricité 41 % 50 % 60 % 100 %
% EnR produite dans la consommation de chaleur 20 % 27 % 34 % 100 %
% EnR dans la conso. de carburants du secteur des transports 10 % 16 % 20 % 95 %
% EnR dans la consommation de gaz 3 % 8 % 13 % 84 %
% EnR dans la CONSOMMATION ENERGETIQUE FINALE 25 % 33 % 41 % 100 %
SRADDET – objectifs à prendre en compte pour le développement des énergies renouvelables et de récupération
Le SRADDET Grand Est fourni également des objectifs par filière EnR&R, à titre indicatif, mais qui
constituent pour l’intercommunalité, des repères en matière d’équilibre entre les productions des
différentes énergies sur un même territoire :
SRADDET - PRODUCTIONS DES
FILIERES EnR&R (en GWh /an) 2012 2021 2026 2030 2050
COEFFICIENT
2050 / 2012
Hydraulique réelle 8 550 8 552 8 810 9 016 9 800 1,1
Biogaz 356 1 544 3 612 5 267 27 184 76,4
Biocarburants 6 826 7 726 7 767 7 800 8 000 1,2
Bois énergie 12 482 17 137 17 822 18 370 20 730 1,7
Chaleur Fatale 626 2 310 3 666 4 750 9 500 15,2
Solaire thermique 101 181 230 269 726 7,2
Photovoltaïque 396 1 081 1 853 2 470 5 892 14,9
PAC géo/aqua/aérothermiques 1 351 3 298 4 010 4 580 6 500 4,8
Géothermie très haute E. (/2016) 38 417 735 990 2 250 80,4
Eolien 3 517 6 863 9 710 11 988 17 982 5,1
TOTAL 34 205 49 107 58 215 65 501 108 564 3,2
SRADDET – objectifs indicatifs de développement des productions des filières EnR&R125
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.2. Gisements et objectifs par filière EnR&R existante
L’Eurométropole de Metz se doit de réaliser sa propre estimation des gisements et des objectifs
pouvant être atteints sur son territoire par rapport aux objectifs nationaux et régionaux. En effet, sa
contribution à la transition énergétique et écologique passe par une analyse contextuelle de ses
propres potentiels et limites, objet de cette partie.
3.2.1. LE RESEAU DE CHALEUR URBAIN, LES UNITES DE PRODUCTION D’UEM ET L’UNITE DE VALORISATION ENERGETIQUE D’HAGANIS
Il s’agit d’un levier important pour l’Eurométropole en termes de transition énergétique. Le SDRCU
adopté en septembre 2021, a notamment pour objectifs de densifier et d’étendre le réseau (hypothèse
de 31 kilomètres supplémentaires). L’Eurométropole souhaite que le RCU puisse distribuer 100 GWh
supplémentaires vers des nouveaux clients de cette énergie locale et à coût maîtrisé d’ici 2030.
Le Schéma directeur a également pour objectif de faire évoluer à la hausse le mix renouvelable du
RCU avec la biomasse, mais aussi d’incorporer des énergies renouvelables, comme la géothermie et
les énergies de récupération notamment la chaleur fatale industrielle. Un projet de 3ème ligne de
traitement et de valorisation énergétique des déchets au sein de l'usine Haganis, est en cours
d’étude en fonction des enjeux territoriaux (politiques, juridiques, économiques, environnementaux…),
ce qui pourra augmenter également le potentiel de production, de densification et d’extension du réseau.
Production de chaleur liée au bois-énergie :
Le SDE et le SDRCU ont défini un gisement de 55 GWh supplémentaires de bois-énergie disponibles
pour le territoire, dans un rayon de moins de 100 km. Les objectifs déterminés sont alors une production
de chaleur par bois-énergie de 205 GWh par an en 2026 et 209 GWh par an en 2030, en lien avec la
volonté de l’Eurométropole de Metz de poursuivre le développement des énergies renouvelables dans
son réseau de chaleur urbain. L’objectif pour 2050 serait d’atteindre une production d’environ 230
GWh par an pour cette filière (avec une fourchette d’incertitude située entre 215 et 250 GWh par an).
La Figure ci-dessous illustre à la fois les objectifs de production de cette filière aux horizons 2026,
2030 et 2050, ainsi que les repères permis par l’application d’objectifs issus de documents nationaux
(ADEME) et régionaux (SRADDET) au territoire de la métropole :
Figure 12 : Objectifs annuels de production du bois-énergie (chaleur) dans le réseau de chaleur urbain aux horizons 2026, 2030 et 2050
0
50
100
150
200
250
300
350
400
450
500
550
600
2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh Ef
Objectifs de production de bois-énergie (chaleur)
dans le RCU (GWh /an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRANDEST126
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Production d’électricité liée au bois-énergie :
Les objectifs fixés par le SDE et le Schéma directeur des réseaux de chaleur urbains (SDRCU, adopté
le 28 septembre 2021) correspondent à une production qui se maintient au moins à 46 GWh par an à
l’horizon 2026, même si la production d’électricité issue du bois-énergie peut être variable en fonction
des années.
Les productions ne peuvent être linéaires au cours du temps, toutefois l’Eurométropole de Metz souhaite
maintenir une hausse globale sur le long terme. Le but pour cette production d’électricité par
cogénération de l’incinération du bois est de répondre à une trajectoire en légère progression, à savoir
environ 60 GWh par an à l’horizon 2030.
L’objectif pour 2050 est de maintenir le niveau de production d’électricité atteint en 2030, soit aux
alentours de 60 GWh par an (au sein d’une fourchette d’incertitude de 50 à 70 GWh /an). Ces objectifs
témoignent de la volonté de la métropole de poursuivre le co-bénéfice à la production de chaleur, que
constitue la production d’électricité par cogénération, issue d’une ressource naturelle et renouvelable.
NB : Les objectifs de production d’électricité produite par cogénération à partir de bois-énergie (comme
pour les 2 énergies de récupération présentées ci-après) évoluant faiblement dans le temps, ils ne font
pas l’objet d’un graphique similaire à celui de la production de chaleur.
Production de chaleur liée à l’incinération des déchets ménagers :
Le SDE réalisé par l’Eurométropole de Metz, et plus particulièrement le SDRCU adopté en septembre
2021, fixe des objectifs de production de chaleur par incinération des déchets à 142 GWh pour 2026
comme pour 2030.
En 2050, l’objectif visé est de 170 GWh par an, avec une fourchette d’incertitude fixé entre 160 et 205
GWh par an. Le territoire de l’Eurométropole de Metz souhaite ainsi maintenir et conforter la
production de chaleur due à l’incinération de déchets.
Production d’électricité liée à l’incinération des déchets ménagers :
Comme évoqué pour le bois-énergie, cette production est variable en fonction des années. L’objectif du
SDE et du SDRCU adopté par la métropole en septembre 2021, est de maintenir une production aux
alentours 10 GWh par an, que ce soit 2026, 2030 et 2050 (avec une fourchette d’incertitude entre 5
et 20 GWh par an pour cette dernière date).
Synthèse des gisements et objectifs annuels de production EnR&R du RCU :
Volumes de production
(GWh d’énergie finale /an)
Réels
2019
Objectifs
2026
Objectifs
2030
Gisements /
Objectifs 2050
Bois > chaleur 148,990 205 209 230 (incertitude : 215 à 250 )
Bois > électricité 49,341 46 60 60 (incertitude : 50 à 70 )
Déchets > chaleur 150,470 142 142 170 (incertitude : 160 à 205)
Déchets > électricité 6,910 10 10 10 (incertitude : 5 à 20 )127
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.2.2. LE BOIS DOMESTIQUE
Brûler du bois avec certains appareils peut émettre des polluants, dont des particules fines nocives
pour la santé. Il va de soi qu’une augmentation de la production de chaleur via le bois doit
s’accompagner de bonnes pratiques à adopter et d’installations performantes respectant la
réglementation et limitant les émissions de polluants (exemple : label Flamme verte) afin d’être en
accord avec les objectifs de l’Eurométropole en matière de climat et de qualité de l’air.
Comme pour le bois-énergie utilisé par le RCU, l’Eurométropole de Metz souhaite augmenter très
légèrement la production du bois domestique (décentralisé) sur le territoire. Sur la base des données
de production des dernières années (fournies par Atmo Grand Est), il est possible d’anticiper le
développement à venir. En 2026, une hausse de 10 % de la production par rapport à 2019 devrait
s’effectuer, soit un objectif de production d’environ 60 GWh par an. Cette tendance devrait se
poursuivre d’ici 2030, avec un objectif de 63 GWh par an. Même s’il est plus difficile d’estimer un objectif
pour 2050, la volonté de développer cette énergie à un rythme modéré devrait permettre d’atteindre une
production d’environ 70 GWh par an à cet horizon.
3.2.3. LE SOLAIRE PHOTOVOLTAÏQUE
Le solaire photovoltaïque est une énergie renouvelable ayant un potentiel élevé de développement
sur le territoire de la métropole. En effet, la production d’énergie annuelle est seulement de 4,4 GWh
en 2019. Cependant, l’Eurométropole de Metz a l’intention de mener une politique volontariste, visant à
agrandir fortement le parc de panneaux photovoltaïques sur le territoire : il y a une véritable
volonté de la part des élus de développer cette filière.
Pour cela, dans le cadre du Schéma directeur des énergies (SDE), ont été étudiés les potentiels de
production (en privilégiant les projets d’autoconsommation), qui s’élèvent à :
• 204 GWh par an en toiture sur les bâtiments existants (avec une hypothèse de couverture de
20 % des toitures exploitables : moitié des surfaces en lien avec les orientations adéquates,
pente de 30°, surfaces supérieures à 50 m²),
• 263 GWh par an pour les nouvelles toitures (hypothèse d’une mise en œuvre sur 100 % des
toitures, en lien avec la lien avec la règlementation environnementale 2020, sur 305 hectares
de zones à urbaniser : cumul des documents d’urbanisme existants, hors zones d’activités),
• 62 GWh par an en ombrières ou au sol : 48 GWh en ombrières suite à l’identification des
parkings publics et privés d’une surface supérieure à 0,5 hectares + 14 GWh au sol (pour 3
espaces en friche à Marly, La Maxe et sur le Plateau de Frescaty, en évitant la concurrence
d’occupation des sols en zones agricoles, forestières, urbanisées et industrielles). La création
d’ombrières photovoltaïques sur les vastes parkings permet une double action : mettre au
frais les véhicules et produire de l’électricité.
NB : actuellement, un projet d’ombrières photovoltaïques devrait voir le jour sur le parking de
Metz-Expo et par ailleurs un projet de centrale photovoltaïque au sol pourrait prendre place
sur des terrains dégradés à Jury et Ars-Laquenexy (friches militaires concernées par une
pollution pyrotechnique).
Au final, un objectif de production de 60 GWh par an pourrait être atteint à l’horizon 2030. Si c’est
nettement moins élevé que le potentiel estimé par le SDE, c’est pour des raisons de faisabilité, au vu
du faible développement de cette énergie sur le territoire actuellement. Cependant, une fois les actions
massifiées, les potentiels de production estimés par le SDE pourraient être réalisé à horizon 2050, soit
une production de 288 GWh par an : 204 GWh sur les bâtiments existants + 34 GWh sur les bâtiments
neufs + 50 GWh en ombrières ou au sol.128
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Comme on peut le voir sur le graphique ci-après, la production souhaitée par l’Eurométropole de Metz
reste plus ambitieuse que la stricte application au territoire des objectifs régionaux et nationaux. Les
panneaux solaires photovoltaïques devraient donc devenir une source importante de production
d’énergie sur le territoire de l’Eurométropole de Metz.
La Figure ci-après illustre les objectifs pour cette filière EnR aux horizons 2026, 2030 et 2050 :
Figure 13 : Objectifs annuels de production photovoltaïque aux horizons 2026, 2030 et 2050
0
50
100
150
200
250
300
350
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh Ef
Années
Objectif de production du Photovoltaique (en GWh/an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRANDEST129
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.2.4. LE SOLAIRE THERMIQUE
L’augmentation de la production solaire thermique réside dans l’identification des bâtiments
consommateurs d'eau chaude sanitaire pouvant rentabiliser rapidement une installation solaire
thermique (piscines, établissements de santé, maisons de retraite, industries agroalimentaires,
logements collectifs…). L’étude des potentiels photovoltaïque du SDE a également servi de base à
l’étude de la filière solaire thermique : sont identifiés des potentiels de développement s’élevant à 13
GWh en centralisé (pour alimenter le réseau de chaleur urbain) et à 37 GWh en décentralisé à
l’horizon 2030 (en prenant l’hypothèse que le solaire thermique couvrirait 9 % des usages d’eau chaude
sanitaire).
A l’aide d’actions d’accompagnement des particuliers et des professionnels (communication,
accompagnement, formations…) les objectifs de production sur la métropole seraient de 6 GWh par
an en 2026, de 14 GWh par an à l’horizon 2030 (objectif fixé dans le cadre du SDE) et avec une
poursuite des efforts d’ici 2050, l’atteinte d’une production d’environ 16 GWh par an (fourchette
d’incertitude comprise entre 15 et 20 GWh).
La Figure ci-après illustre les objectifs de production de cette filière EnR aux horizons 2026, 2030
et 2050 :
Figure 14 : Objectifs annuels de production du solaire thermique aux horizons 2026, 2030 et 2050
0
2
4
6
8
10
12
14
16
18
20
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh Ef
Années
Objectifs de production solaire thermique (GWh /an)
Initial MM ADEME SDE SRADDET130
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.2.5. L’HYDROELECTRICITE
L’objectif de la métropole est de maintenir la production d’électricité actuelle, c’est-à-dire un volume
d’environ 12 GWh par an par an aux horizons 2026 et 2030. En 2050, l’Eurométropole de Metz prévoit
une production d’environ 10 GWh par an (fourchette d’incertitude entre 10 et 14 GWh par an). En effet,
le développement de l’hydraulique est compromis au vu des faibles zones exploitables sur le territoire.
Sur la Moselle, l’étude de potentiel réalisée pour le SDE ne présente pas de nouveau site exploitable.
Sur la Seille, quatre sites sont exploitables mais la production cumulée représenterait moins de 0,1 %
de la consommation électrique du territoire. Le potentiel de développement de cette énergie
renouvelable est donc négligeable. Dans le cadre du SDE, les élus ont donc décidé de ne pas aller
vers la construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique et donc de ne pas fixer d’objectifs
supplémentaires.
Le développement des centrales hydroélectriques doit être étudiée au regard de la ressource en eau
qui devient de plus en plus rare, avec des enjeux de qualité et de biodiversité. Ainsi, à l’horizon 2050,
les précipitations devraient être plus irrégulières, avec des épisodes pluvieux très intenses et des
périodes de sécheresse plus longues sur le territoire de l’Eurométropole de Metz. Ces facteurs feront
alors varier les débits d’eau, ce qui a été pris en compte dans le cadre des objectifs de développement
potentiel de cette filière EnR.
Comme on peut le voir sur la Figure ci-dessous, l’objectif de l’Eurométropole de Metz est globalement
de maintenir sa production d’énergie hydroélectrique au cours des prochaines années :
Figure 15 : Objectifs annuels de production d’électricité hydraulique aux horizons 2026, 2030 et 2050
0
5
10
15
20
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh Ef
Années
Objectifs de production d'hydroéléctricité (GWh /an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRANDEST131
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.2.6. L’EOLIEN TERRESTRE
La levée des servitudes militaires liées à l’ancienne Base aérienne 128 après 2030 permet d’envisager
l’implantation d’éoliennes terrestres sur des sites à définir et un début de production entre 2030 et
2050. La production potentielle estimée pourrait alors être de 30 GWh par an en 2050 (fourchette
d’incertitude : 0 à 60 GWh par an). Ce volume est très inférieur à celui qui découle de la stricte
application des objectifs du SRADDET sur la métropole mais rend compte les spécificités du territoire.
La Figure ci-dessous illustre les objectifs de production de cette filière EnR aux horizons 2026, 2030
et 2050 :
Figure 16 : Objectifs annuels de production d’électricité éolienne aux horizons 2026, 2030 et 2050
0
50
100
150
200
250
300
350
400
450
500
550
600
650
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh Ef
Années
Objectifs de production d'élec. éolienne (GWh /an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRANDEST132
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.2.7. L’AEROTHERMIE
Etant donné la croissance observée entre 2017 et 2019, le développement des pompes à chaleur (PAC)
aérothermiques devrait se poursuivre d’ici 2026, année pour laquelle l’objectif de production est estimé
à 150 GWh par an, pour ensuite atteindre 213 GWh par an en 2030, d’après l’objectif fixé dans le cadre
du SDE. En effet, à cet horizon, les PAC aérothermiques devraient équiper 20 % du parc total de
logements.
Le développement devrait se poursuivre pour arriver à une production d’environ 250 GWh par an en
2050 (fourchette d’incertitude : 220 à 300 GWh par an). Bien qu’intéressante, cette technologie n’est
pas la plus adaptée au climat du Grand Est, d’où le fait de ne pas prioriser cette dernière par rapport
à d’autres énergies renouvelables. Ainsi, les pompes à chaleur géothermiques sont souvent plus
pertinentes à développer.
La Figure ci-dessous illustre les différents objectifs de production à horizons 2026, 2030 et 2050. On
peut très nettement voir que l’Eurométropole de Metz, en lien avec l’âge de son parc de logements
et de leurs systèmes de chauffage, est plus ambitieuse sur le développement des PAC aérothermiques,
par rapport aux objectifs de la Région et de l’Etat français :
Figure 17 : Objectifs annuels de production d’électricité par pompes à chaleur aérothermiques, aux horizons 2026, 2030 et 2050
3.2.8. LA GEOTHERMIE
La géothermie sur sondes (horizontales ou verticales) et la géothermie sur nappe sont des filières
prometteuses car faciles à mettre en place. Le potentiel géothermique du territoire a été estimé à 120
GWh par an par l’étude réalisée dans le cadre du SDE.
Géothermie très basse énergie :
Le type de géothermie « très basse énergie » (température inférieure à 30 °C) est exploitable pour les
besoins de chauffage et de rafraichissement des maisons ou bâtiments collectifs, ainsi que pour
la production d’eau chaude sanitaire. Concrètement, une pompe à chaleur prélève dans le sol
l’énergie thermique.
0
50
100
150
200
250
300
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh Ef
Années
Objectifs de production aérothermique (GWh /an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRANDEST133
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Ainsi, le SDE comme certains sites internet (notamment www.geothermies.fr) signalent un potentiel
moyen sur la frange nord-ouest de la métropole (Amanvillers, Vernéville, Châtel-Saint-Germain,
Lorry-lès-Metz, Saulny…). Les besoins de chaleur étant relativement faibles sur cette zone, seuls des
projets d’aménagements neufs pourraient permettre la valorisation de ce potentiel par l’implantation
de projets géothermiques. Les autres parties du territoire de l’Eurométropole de Metz ont un potentiel
très faible en ressource géothermique à très basse énergie.
Etant donné la croissance observée des installations de géothermie entre 2017 et 2019, le
développement de ces systèmes au cours des prochaines années permettrait d’arriver à une production
d’environ 21 GWh par an en 2026, puis à l’objectif fixé par le SDE de 30 GWh par an en 2030 (incluant
la géothermie basse énergie présentée ci-après).
Géothermie basse énergie :
Cette production d’énergie renouvelable, basée sur une température entre 30 et 90 °C, est utile pour le
chauffage urbain, le chauffage de serres ou l’utilisation de chaleur dans les process industriels.
L’Eurométropole de Metz envisage notamment de nouveaux forages géothermiques alimentant ses
réseaux de chaleur urbains. En effet, il existe sur le territoire un aquifère continu profond, le Dogger
(plusieurs centaines de mètres) qui serait exploitable en géothermie basse énergie. En poursuivant et
renforçant le développement de cette EnR, la production atteindrait un objectif d’environ 50 GWh par
an à l’horizon 2050 (fourchette d’incertitude entre 40 et 80 GWh par an).
La Figure ci-dessous illustre les objectifs de production de cette filière EnR (basse et très basse
énergie) aux horizons 2026, 2030 et 2050 :
Figure 18 : Objectifs annuels de production de chaleur par la géothermie aux horizons 2026, 2030 et 2050
Géothermie profonde :
Le potentiel de la géothermie profonde est très faible sur le territoire de l’Eurométropole de Metz.
Il n’est donc prévu aucun projet de développement pour cette énergie et donc des objectifs nuls aux
horizons 2026, 2030 ou 2050. En effet, la mise en place de géothermie profonde doit répondre à un
besoin. C’est une technologie nécessitant un coût important et pouvant entrainer une fragilisation du
sol. La pertinence d’implanter ce type de géothermie doit alors être bien analysée. Au final,
l’Eurométropole de Metz préfère miser pour les prochaines années sur le développement de la
géothermie basse ou très basse énergie comme évoquée ci-avant.
0
10
20
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160
170
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh Ef
Années
Objectifs de production géothermique (GWh /an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRANDEST134
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.2.9. LE BIOGAZ
Le potentiel de méthanisation
du territoire a été estimé par le
SDE de l’Eurométropole de
Metz. Le ban communal de
Metz est celui disposant du
plus gros potentiel de
méthanisation (51 GWh par
an, soit 34 % du gisement
disponible sur la métropole,
voir Figure ci-contre). Cela est
notamment lié aux biodéchets
ménagers et aux résidus de la
station d’épuration. La
fraction fermentiscible de ces
déchets est encore trop peu
exploitée sur le territoire.
L’Eurométropole de Metz souhaite poursuivre le développement d’unités de production de biogaz. Pour
verdir le gaz, qui est de loin la première énergie consommée au sein des logements du territoire,
l’objectif est la création d’environ 4 nouveaux projets de méthaniseurs d’ici 2030. Ces projets
devraient s’amorcer dans les prochaines années, avec un objectif intermédiaire de 60 GWh par an en
2026. Des études sur les sites opportuns, le potentiel mobilisable ou le type de valorisation des
biodéchets sont réalisées dès 2022.
Plusieurs actions étaient envisagées par le SDE pour arriver à ce niveau de production, comme le
développement d’une unité de valorisation des biodéchets des collectivités et des lieux de restauration
collective, ou l’étude de la possibilité de méthanisation des boues de STEP, actuellement réalisée par
Haganis. De plus, une meilleure communication sur le biogaz en direction des habitants est
nécessaire (de manière concertée avec GRDF, GRT gaz, Engie Bioz, la Chambre d’Agriculture…).
Le potentiel total de production a été estimé dans le cadre du SDE à 148,3 GWh par an sur le territoire
(66,1 GWh sur les cultures, 54,5 GWh sur les déchets ménagers, 18,5 GWh sur la STEP, etc.). Sur
cette base, fin 2020, les élus se sont accordés sur un objectif de 118 GWh par an en 2030. Les actions
listées ci-dessus permettront d’arriver à une telle production de biogaz. Un point de vigilance important
est celui des cultures dédiées à la production de biogaz, qui peuvent entrainer un conflit d’usage avec
la finalité alimentaire du secteur agricole.
D’autres unités devraient ensuite être mises en service. En 2050, la production d’énergie lié au biogaz
devrait atteindre sur le territoire 148 GWh par an, soit la totalité du potentiel de production
actuellement estimé (avec une incertitude située entre 120 et 200 GWh par an).
On peut voir sur la Figure ci-après que l’Eurométropole de Metz, pour cette EnR, ne pourra pas atteindre
les objectifs découlant de la Vision ADEME ou du SRADDET à l’horizon 2050. En lien avec la loi
EGALIM, elle souhaite toutefois développer au maximum de son potentiel l’injection du biogaz
dans le réseau de distribution. La sobriété énergétique (réduction des besoins de gaz, notamment par
les écogestes…) doit là aussi être priorisée, pour aboutir à une réelle transition énergétique et à un
changement des habitudes des consommateurs de gaz (notamment dans le secteur résidentiel).
Figure 19 : Potentiel du biogaz sur le territoire de la métropole.
Source : SDE de l’Eurométropole de Metz135
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Figure 20 : Objectifs annuels de production de biogaz chaleur aux horizons 2026, 2030 et 2050
En complément, concernant la production d’électricité à base de biogaz : parce qu’il s’agit d’un
procédé beaucoup moins efficace que celui de la production de biogaz pour injection dans le réseau
(décrit ci-dessus), il n’y a pas de volonté de la part de l’Eurométropole de Metz de développer
davantage la cogénération (production d’électricité) à partir de biogaz.
L’objectif est donc de maintenir la production à son niveau actuel, donc aux alentours de 12 GWh par
an aux horizons 2026, 2030 et 2050, avec pour cette dernière une fourchette d’incertitude de 10 à 25
GWh par an.
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
1100
2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
GWh Ef
Années
Objectifs de production du biogaz chaleur (GWh /an)
Conso réelle MM VISION ADEME SDE / PCAET SRADDET GRANDEST136
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.3. Gisements et objectifs pour les nouvelles filières
EnR&R
Au-delà des filières existantes, l’Eurométropole de Metz a identifié 3 filières stratégiques à fort
potentiel de développement pour son territoire.
3.3.1. LA CHALEUR FATALE
L’énergie produite pour garantir la
fourniture des besoins d’un procédé est,
dans la plupart des cas, non valorisée
intégralement. Ainsi, la chaleur fatale peut
être récupérée et valorisée pour un
usage interne ou externe, via par
exemple un réseau de chaleur.
La récupération de chaleur peut être
étudiée sur diverses sources comme des
industries ICPE (Installations classées
pour la protection de l'environnement),
des blanchisseries, des data-centers,
des installations d’incinération des
déchets ou encore sur les eaux usées.
La récupération de cette chaleur fatale
s’inscrit dans une démarche d’efficacité
énergétique cohérente. Il convient donc dans un premier temps de réduire au maximum les besoins
de chaleur par des actions de maîtrise de l’énergie. Dans un second temps, doit être étudiée la
possibilité de récupération de la chaleur fatale en interne. C’est seulement en troisième étape que la
récupération de chaleur fatale pour des fins externes doit être étudiée.
Pour repérer le gisement en énergie fatale industrielle du territoire de l’Eurométropole de Metz, dans
le cadre du SDE, les installations classées ICPE ont été inventoriées, pour tous les secteurs
d’activités, grâce à la base de données ICPE. 17 sites ont été identifés sur le territoire : ils répondent
aux critères permettant d’envisager la récupération de chaleur fatale.
Chacun de ces sites étant très différent, il est difficile d’évaluer précisément le potentiel de chaleur fatale
disponible. Une étude de faisabilité (possiblement réalisée par l’entreprise concernée et financée par
l’ADEME) sera nécessaire pour chaque site, afin d’évaluer le potentiel de réduction des
consommations, le potentiel de valorisation en interne et la chaleur récupérable en externe ou
valorisable sur un réseau de chaleur.
En première approche, on estime un potentiel de production de chaleur fatale situé entre 4 et 6 GWh
par an pour chaque grande industrie du territoire.
Hormis les industries ICPE, d’autres sources sont intéressantes à étudier, comme le potentiel thermique des eaux usées via :
• Les sorties de bâtiment,
• Les collecteurs d’assainissement,
• Les stations d’épuration (une étude est en cours chez Haganis, en vue de valoriser la
récupération de chaleur en sortie de STEP).
Le potentiel de valorisation de la chaleur des eaux usées avait été pré-estimé (dans le cadre du SDE)
à environ 37 GWh par an en sortie de station de traitement. Cumulé à celui des principales grandes
industries du territoire, le potentiel de ces deux sources atteindrait environ 90 GWh par an.
Figure 21 : Principe de la chaleur fatale. Source : ADEME137
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
La valorisation énergétique de l’incinération des déchets est déjà largement utilisée sur le réseau de
chaleur de la métropole. Deux lignes sont actuellement existantes, incinérant environ 8 tonnes par heure
chacune. Une 3ème ligne serait techniquement possible, en mobilisant la ressource actuelle des déchets
des territoires voisins de la métropole. Le potentiel supplémentaire de production de cette énergie de
récupération serait en conséquence de 110 GWh par an.
Pour finir, les data-centers (sites physiques qui hébergent les systèmes nécessaires au fonctionnement
d’applications informatiques) sont également des sources envisageables pour la récupération de
chaleur fatale. Pour l’instant, le potentiel sur data-centers est nul sur le territoire de l’Eurométropole
de Metz, hormis peut-être sur une installation récente du Technopôle de Metz, qui pourrait être étudiée.
Il n’y a, pour le moment et hors incinération des déchets, aucune source de chaleur fatale valorisée
sur le réseau de chaleur urbain. Cela sera précisé par les études à venir, néanmoins en première
approche, le SDE estimait les potentiels indiqués ci-dessous. En découlent des objectifs chiffrés de
10 GWh par an en 2026, 32 GWh par an en 2030 et 40 GWh par an en 2050 (avec une incertitude
pour cet horizon, entre 25 et 50 GWh par an).
3.3.2. LES BIOCARBURANTS
Les ambitions en matière de biocarburants durables pour le Grand Est :
La région Grand Est est la 1ère région productrice de biocarburants en France et la 1ère région (ou 2ème
selon les années) productrice de colza. Elle compte actuellement 6 sites de production de bioéthanol
et biodiesel (2 sites Cristal Union, 1 Roquette Frères, 1 TEREOS pour le bioéthanol et 1 Valtris
Champlor et 1 Saipol pour le biodiesel) qui s’appuient essentiellement sur un approvisionnement local
en colza, betterave sucrière et blé. Le territoire compte (fin octobre 2020) également 36 sites de
méthanisation pour une capacité maximale installée de 632 GWh par an, ainsi que plusieurs initiatives
autour de l’hydrogène renouvelable.
La région Grand Est est donc pionnière en termes de biocarburants. L’objectif du SRADDET est de
faire du Grand Est l’un des leaders européens de la bioéconomie, c’est-à-dire de l’économie basée
notamment sur la production et la valorisation des ressources régionales issues de la
photosynthèse (biomasses agricole et sylvicole, biodéchets ménagers, etc.). Cette stratégie est une
véritable solution pour concilier les objectifs de développement économique et l’ambition écologique et
agricole de la région Grand Est.
Parmi les 23 actions de la feuille de route Bioéconomie, une action est dédiée au développement des
biocarburants. Le CESER (le Conseil économique social et environnemental régional) du Grand Est a
rendu son rapport intitulé « Situation et perspectives des filières de biocarburants en région Grand Est »
le 7 novembre 2019 (Situation et perspectives des filières de biocarburants en région Grand Est –
CESER – Grand Est (ceser-grandest.fr). On y trouve de multiples actions permettant de développer les
biocarburants sur le territoire :
• Créer un contrat de filière régional biocarburants en vue de stabiliser la structuration de la filière
économique régionale et de s’assurer de la bonne répartition des gains au sein de la chaîne de
valeur et d’optimiser les spécificités Grand Est,
• Soutenir l’engagement, voire l’adaptation des systèmes, des agriculteurs et des sites industriels
de 1ère génération vers la chimie verte grâce aux aides à l’investissement, aux études, à
l’expérimentation et à l’acquisition de compétences,
• Soutenir l’implantation régionale de petites unités de fabrication de biocarburants 2e génération
par des aides à l’investissement en facilitant le développement de la ressource locale,
• Faire valoir le droit à l’expérimentation sur la compétence « Énergie » en vue de légiférer en
faveur d’une production locale de matières premières à faible empreinte environnementale,
d’une fabrication de biocarburants inscrite dans l’économie circulaire et d’une consommation
de biocarburants issus de matières premières locales,
• Promouvoir et soutenir la transition des équipements de chauffage au biofioul F10, F30 voire
F100 […].138
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Et pour l’Eurométropole de Metz ?
L’Eurométropole de Metz, territoire central de cette région, fortement engagée dans les questions
environnementales, n’échappera pas à l’opportunité de développement que constitue la filière
biocarburants.
En effet, en 2019, il n’y a aucune production sur le territoire, alors que la consommation de
biocarburants est de 128,753 GWh, dont :
• Biocarburant essence : 26,370 GWh,
• Biocarburant gazole : 95,059 GWh,
• Gazole non routier : 7,324 GWh.
Dans un avenir proche, un point de vigilance important est celui des conflits d’usages avec la finalité
alimentaire du secteur agricole. Un autre point d’attention est lié au rendement énergétique de la
production de cette EnR, qui confirmera si le biocarburant est pertinent à développer sur le territoire.
Une première approche basique aboutirait à des objectifs de 10 GWh par an en 2026, 20 GWh par
an en 2030 et 50 GWh par an en 2050.
3.3.3. L’HYDROGENE RENOUVELABLE
Comme indiqué dans le Focus « mobilité décarbonée » du diagnostic du secteur des transports,
l’hydrogène est un gaz prometteur s’il est produit à partir d’énergie électrique renouvelable. En effet,
son utilisation dans un moteur électrique ne rejettera que de l’eau et n’émettra pas de polluants.
L’Eurométropole de Metz souhaite mettre en place la production et l’utilisation de l’hydrogène
renouvelable sur son territoire dès 2025. En effet, le projet de la métropole s’inscrit dans un contexte
national et régional favorable au développement de cette énergie, et la réglementation en matière de
verdissement de la flotte de véhicules devient une opportunité pour un développement rapide et
ambitieux. Ainsi, de plus en plus de territoires se lancent dans le développement de l’hydrogène,
notamment en lien avec de nouvelles lignes de transport collectif.
La 3ème ligne Mettis (bus à haut niveau de service) de l’Eurométropole de Metz, dont la mise en service
est prévue en 2025 fonctionnera à 100 % à l’hydrogène. L’objectif de la métropole est donc de produire
de l’électricité renouvelable, qui à son tour servira à produire de l’hydrogène renouvelable par
électrolyse de l’eau, au plus proche des usages (pour éviter au maximum les pertes, car l’hydrogène
est un gaz qui se transporte difficilement). La première station d’avitaillement sera donc accolée à
l’électrolyseur, puis d’autres stations pourront être déployées sur le territoire en fonction des besoins.
Ce projet permettra d’aboutir aux objectifs suivants : réduction des émissions de GES et de polluants,
de la dépendance énergétique (cf. carburants majoritairement fossiles sur le territoire) et respect des
obligations réglementaires de verdissement des flottes de véhicules lourds.
Scénario 2026 :
Est planifié le déploiement de la 3ème ligne Mettis 100 % hydrogène renouvelable d’ici 2025. L’hydrogène
sera produit à partir d’électricité renouvelable locale par un électrolyseur d’une puissance de 2 MW,
équivalent à une capacité de production maximale de 800 kg d’hydrogène par jour et à une production
annuelle de 112 218 kg, implanté au plus près des usages. Au total, 13 bus de 24 mètres de longueur,
6 bus de 12 mètres et 5 bennes à ordures ménagères de 26
tonnes fonctionneront à l’hydrogène en 2026.
Ces actions permettraient d’atteindre un objectif de production
d’hydrogène renouvelable d’environ 3,7 GWh PCI par an à
l’horizon 2026.139
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Scénario 2030 :
La mise en place de la 3ème ligne Mettis à hydrogène sera accompagnée
par le déploiement progressif de véhicules à hydrogène supplémentaires,
dès 2027 : bus 12 et 18 mètres, bennes à ordures ménagères… Ces
projets permettront d’amorcer la transition vers des mobilités
décarbonées sur tout le territoire.
Hormis l’impact réduit en matière de gaz à effet de serre, d’autres effets
bénéfiques vont apparaître avec la mise en place de ces projets :
Des retombées économiques et techniques :
• Création d’emplois pour le développement, la construction et l’exploitation des installations
d’hydrogène,
• Création d’un écosystème hydrogène avec la consommation d’hydrogène bas carbone
produit localement,
• Implication d’industriels locaux dans le projet (partenariat de la métropole avec UEM et John
Cockerill signé en juin 2021),
• Développement de compétences liées à l’hydrogène sur le territoire de la métropole.
Des retombées sociétales et environnementales :
• Amélioration des conditions de vie des habitants de la métropole (réduction du bruit, de la
pollution atmosphérique…),
• Amélioration de l’offre de mobilité sur le territoire.
A l’horizon 2030, l’objectif de l’Eurométropole est de maximiser la production de l’électrolyseur mis en
place en 2025, afin d’atteindre une production annuelle d’hydrogène renouvelable de 231 819 kg par
an, soit environ 7,7 GWh PCI par an.
Scénario 2050 :
L’hydrogène renouvelable, bien que très pertinente pour certains usages comme les usages routiers
intensifs, n’est pas la solution miracle. Elle doit s’inscrire dans un mix énergétique, en répondant à des
besoins précis.
La filière hydrogène renouvelable continuera à se développer et à se structurer sur le territoire de la
métropole, permettant d’atteindre des prix de vente compétitifs et incitant ainsi les acteurs du
transport de marchandises et de la logistique à convertir leur flotte à l’hydrogène. Les éventuels
industriels consommateurs d’hydrogène se fourniront également en hydrogène renouvelable, plutôt
que carboné, afin de verdir leurs process industriels.
Au final, ce déploiement de l’hydrogène renouvelable devra s’articuler avec le déploiement des autres
énergies de motorisation à faibles émissions, les actions de sobriété (rationalisation des
déplacements motorisés), le déploiement des transports collectifs et la mise en place de nombreuses
actions permettant d’améliorer et de réduire le trafic routier (covoiturage, télétravail, etc.).
Il est difficile d’avoir un chiffre précis sur la production d’hydrogène renouvelable pour l’horizon 2050.
Cependant l’ambition de la métropole est de disposer d’au moins deux électrolyseurs de 2 MW,
totalisant une puissance d’au moins 4 MW (et jusqu’à 8 MW). Une estimation approximative aboutirait
à un objectif de production de 15 GWh par an en 2050 (avec une fourchette d’incertitude de 12 à 30
GWh par an).140
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
3.4. Synthèse des objectifs de production pour les
différentes filières EnR&R
En lien avec les objectifs régionaux et nationaux, sur la base des travaux du Schéma directeur des
énergies (SDE) de l’Eurométropole de Metz finalisé début 2021, et en fonction également des leviers
d’action permis par le PCAET et les différentes politiques publiques métropolitaines, comme décrit
dans les parties précédentes de ce document, ont été fixés les potentiels de développement de
chaque filière EnR&R listée par la règlementation (Loi TECV et son décret d’application relatif aux
PCAET), puis les objectifs de production suivants, exprimés en GWh produits par an :
OBJECTIFS CHIFFRES DE PRODUCTION (EN GWH /AN) 2026 2030 2050
BIOMASSE DOMESTIQUE 60 63 70
BIOMASSE RCU 205 209 230
BIOCARBURANTS (ESSENCE + GAZOLE + GNR) 10 20 50
HYDROGENE RENOUVELABLE 4 8 15
POMPES A CHALEUR AEROTHERMIQUES 150 213 250
POMPES A CHALEUR GEOTHERMIQUES 21 30 50
SOLAIRE THERMIQUE 6 14 16
CHALEUR DE RECUP : INCINERATION DE DECHETS 142 142 170
ENERGIES DE RECUP : CHALEUR FATALE INDUSTRIELLE... 10 32 40
BIOGAZ CHALEUR 60 118 148
ÉOLIEN TERRESTE 0 0 30
SOLAIRE PHOTOVOLTAIQUE 30 60 288
SOLAIRE THERMODYNAMIQUE 0 0 0
HYDRAULIQUE 12 12 10
ELEC BIOMASSE SOLIDE (COGENERATION) 46 60 60
BIOGAZ ELECTRICITE 12 12 12
INCINERATION DE DECHETS (COGENERATION) 10 10 10
GEOTHERMIE (TRES HAUTE ENERGIE) 0 0 0
Objectifs chiffrés de développement des différentes filières EnR&R aux horizons 2026, 2030 et 2050141
ENJEUX DES FILIERES DE PRODUCTION ET DES GISEMENTS D’ENR&R DE L’EUROMETROPOLE DE METZ
Vos contacts
Eurométropole de Metz
Philippe GLESER
Vice-Président à la Transition Ecologique
philippe.gleser@eurometropolemetz.eu
Sébastien DOUCHE
Chef de projets Climat Air Energie
sdouche@eurometropolemetz.eu