Offres
API
Connexion
Documents similaires
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - programme jou
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - A00D5
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - D0A65
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - D007V
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - 146276
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - C0AM8
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - C0FQU
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - 166895
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - 146179
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - D007E
unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - PANO25 Programme BATweb
Document publié le Mercredi 1 janvier 2025
Lien du pdf (unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - PANO25 Programme BATweb)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Famille,
FOS-SUR-MER | GRANS | ISTRES | MIRAMAS | PORT SAINT LOUIS DU RHÔNE
Du 8 au 16 novembre 2025
LES CINÉMAS DE SCÈNES & CINÉS
PANORAMA
ESPAGNOL
DU CINÉMARiche de son histoire et de sa diversité, le cinéma espagnol contemporain
s’affirme comme une source de création incontournable sur la scène
internationale. Porté par de jeunes cinéastes audacieux.ses, souvent
influencé.e.s par des problématiques sociales, politiques, identitaires,
il insuffle une vitalité sans précédent, reconnue par les plus grands
festivals du monde.
L’effervescence créative de cette nouvelle génération sera à l’honneur
de cette 16e édition du Panorama des cinémas de Scènes et Cinés.
Un Panorama qui se distingue cette année par un partenariat avec
CinéHorizontes, le festival du cinéma espagnol de Marseille et par la
programmation de six films inédits en France, présentés lors de soirées
exceptionnelles.
Le Panorama s’ouvrira sur deux récits captivants inspirés de l’histoire
récente de la Catalogne : El 47 de Marcel Barera projeté à l’Espace
Gérard Philipe le samedi 8 novembre, suivi, le dimanche 9 novembre,
par La Infiltrada d’Arantxa Echevarría, à l’Espace Robert Hossein.
Inspirés de faits réels, ces deux films seront présentés par Tristan
Brossat, spécialiste du cinéma espagnol, qui nous éclairera sur leur
contexte et leur portée.
Ce voyage ibérique se poursuivra le 10 novembre au cinéma Le Coluche
avec le touchant et mélancolique Une quinta portuguesa d’Avelina
Prat. Dévoilé à la compétition officielle du Festival de Malaga, le film
sera présenté par Borja de Miguel, Directeur de production du Festival
CinéHorizontes.
La clôture du Panorama, le week-end du 15 et 16 novembre, se
distinguera par la programmation de deux documentaires. Los Williams
de Raùl de la Fuente aborde avec justesse les thèmes de l’immigration
et de l’identité à travers le parcours de deux jeunes footballeurs. Le
film sera présenté par Jean-Paul Campillo, universitaire, spécialiste du
cinéma social, au cinéma Le Comœdia. Solo pienso en ti de Hugo de la
Riva, au cinéma l’Odyssée, révèlera l’histoire d’une des plus célèbres
chansons du répertoire musical post-franquiste et ses intentions
cachées. Cette soirée musicale se poursuivra avec le duo Vice&Vertu
pour une rencontre inédite entre la chanson française et le flamenco.
Riche d’une trentaine de films, cette nouvelle édition s’adresse aussi
aux jeunes cinéphiles, leur offrant des expériences cinématographiques
propices à la découverte et à la discussion, avec notamment Olivia
d’Irene Iborra, projeté en avant-première.
Je tiens à remercier les intervenants, les partenaires et les équipes de
Scènes et Cinés qui ont œuvré à la réalisation de ce Panorama. Cette
sélection offre des œuvres aux thématiques contemporaines diverses
et passionnantes et invite à s’immerger dans un cinéma espagnol
dynamique et engagé.
Nous vous attendons nombreux pour ce voyage cinématographique.
Nicole Joulia
Présidente de Scènes et Cinés
ÉDITO
3SOMMAIRE
LES INVITÉ.E.S. p. 6 à 9
LES SÉANCES SPÉCIALES
SOIRÉE EN PARTENARIAT AVEC LE FESTIVAL CINÉHORIZONTES . . p.11
Sorda d’Eva Libertad
SOIRÉE D’OUVERTURE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.12 et 13
El 47 de Marcel Barrena
LE CINÉMA ESPAGNOL FACE À SON HISTOIRE. . . . . . . p.14 et 15
La Infiltrada d’Arantxa Echevarría
LA LITTÉRATURE AU CŒUR DU CINÉMA ESPAGNOL . . . p.16 et 17
Una quinta portuguesa d’Avelina Prat
DES IDENTITÉS MULTIPLES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.18 et 19
Los Williams de Raùl de la Fuente
EN CHANSONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.20 et 21
Solo pienso en ti de Hugo de la Riva
LES RENDEZ-VOUS DES JEUNES CINÉPHILES
LES CINÉ-GOÛTERS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p.22
LE PANORAMA EN TEMPS SCOLAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . .p.23
Horaires des séances et tarifs . . . . . . . . . . . . . . . p.50 et 51
LES FILMS
20 000 espèces d’abeilles d’Estibaliz Urresola Solaguren . . . . . . . p.25
Border Line de Juan Sebastían Vásquez et Alejandro Rojas . . . . . p.26
Capelito fait son cinéma de Rodolfo Pastor . . . . . . . . . . . . . . . . p.24
Cervantes avant Don Quichotte d’Alejandro Amenábar . . . . . . . . p.27
Ciudad sin sueño de Guillermo Galoe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.28
El 47 de Marcel Barrena. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.29
L’Affaire Nevenka d’Icíar Bollaín . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.30
L’ Âge imminent de Clara Serrano Llorens et Gerard Simó Gimeno . p.31
La Guitarra flamenca de Yerai Cortés d’Anton Alvarez. . . . . . . . . p.32
La Infiltrada d’Arantxa Echevarría . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.33
Les Filles vont bien d’Itsaso Arana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.34
Los Williams de Raùl de la Fuente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.35
Marco, l’énigme d’une vie d’Aitor Arregi et Jon Garaño . . . . . . . . p.36
Nos soleils de Carla Simón . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.37
Olivia d’Irene Iborra . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.24
On the go de Julia de Castro et María Gisèle Royo . . . . . . . . . . . p.38
Ramona fait son cinéma d’Andrea Bagney . . . . . . . . . . . . . . . . p.39
Salve Maria de Mar Coll. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.40
Segundo premio d’Isaki Lacuesta et Pol Rodriguez . . . . . . . . . . . p.41
Septembre sans attendre de Jonás Trueba. . . . . . . . . . . . . . . . . p.42
Sirãt d’Óliver Laxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.43
Solo pienso en ti de Hugo de la Riva . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.44
Tardes de soledad d’Albert Serra . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.45
They shot the piano player de Fernando Trueba et Javier Mariscal. . p.46
Un amor d’Isabel Coixet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.47
Una quinta portuguesa d’Avelina Prat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.48
Venez voir de Jonás Trueba . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.49LES INVITÉ.E.S
JEAN-PAUL CAMPILLO
Jean-Paul Campillo est professeur agrégé à l’université
d’Avignon au sein du département d’études hispaniques
où il dispense des cours sur le cinéma espagnol
contemporain, dont il est spécialiste. Docteur en études
hispaniques, spécialité cinéma, il a soutenu une thèse
intitulée Les Représentations de problématiques sociales
dans le cinéma espagnol contemporain (1997–2011). Il
participe activement à l’accompagnement du cinéma
espagnol notamment par l’animation de projections-
débats et de conférences à destination d’institutions
publiques.
EVA LIBERTAD
Scénariste, réalisatrice et sociologue originaire de
Murcie, en Espagne, Eva Libertad signe avec Sorda son
premier long métrage, inspiré de son court éponyme,
nommé aux Goya 2023 et primé dans de nombreux
festivals. En tant que dramaturge, elle a écrit et mis
en scène des pièces abordant les violences de genre,
la traite des êtres humains et les droits des personnes
migrantes. Sorda vient d’être récompensé par le prix du
meilleur film au Festival de Málaga.
BORJA DE MIGUEL
Diplômé en administration, direction des entreprises, en
journalisme et master en gestion internationale, il est
Directeur de production du Festival de Cinéma Espagnol
de Marseille – CineHorizontes et professeur d’espagnol
à l’ESSCA (Aix-en-Provence). Il a publié à La Vanguardia,
El Salto, El Diario Vasco, Público et La Marseillaise, entre
autres médias. Il est auteur de deux livres d’entretiens.
TRISTAN BROSSAT
Journaliste et critique de films, spécialiste du cinéma
espagnol et latino-américain, Tristan Brossat a été
rédacteur en chef et programmateur du média cinéphile
MK2 Curiosity, après avoir écrit pour Le Monde, le
magazine TroisCouleurs, ou encore réalisé des sujets
pour l’émission de Canal+ « Viva Cinéma ».
6 7HÉLÈNE RIFF
Hélène Riff est auteure et illustratrice pour la jeunesse.
Elle vit et travaille à Arles. Elle propose des ateliers
artistiques sur mesure ici ou là. Elle veille à installer
un cadre agréable où chacun peut se lancer, comme un
lion dans le cerceau, mais de celui où personne ne se
brûlera jamais la crinière. Il s’agira juste d’effectuer un
petit saut périlleux singulier, puis de retomber sur ses
pattes, un peu sonné. Hélène cherche à suspendre le
temps, pinceaux, couleurs ou aiguilles à l’appui.
LES INVITÉ.E.S
LE GROUPE VICE & VERTU
GUILLAUME
FRANCESCHI
Formé à la guitare à Jerez de la
Frontera, Guillaume Franceschi est un
multi-instrumentiste passionné par la
voix et le rythme qu’il place au cœur
de chacun de ses projets, du flamenco
aux musiques actuelles. Fondateur et
directeur du Studio Franceschi, école
de musique installée à Arles depuis
2020, il y développe une pédagogie
innovante centrée sur le plaisir et
l’art du « jouer ensemble ». Musicien
ardent et charismatique, il est réputé
non seulement pour son talent… mais
aussi pour être, dit-on, un partenaire
de choix en toutes circonstances.
MATHIEU BERTELLO
Ténor, Mathieu Bertello découvre
le chant classique à l’adolescence
auprès de Guy Lacairy, professeur
au Conservatoire de Bastia. Choriste
d’opéra et soliste en musique
sacrée, il explore dès 2015 la
chanson dans des projets volontiers
décalés. Compositeur, il se consacre
principalement à la voix, qu’il enrichit
d’influences variées et inattendues.
Quand il ne chante pas, il manie avec
autant de passion les mots anciens
que les notes, en tant qu’enseignant
de lettres et cultures antiques.
Rédaction des textes des films : Vincent Thabourey, critique à la revue Positif 8 9Tarifs habituels
du cinéma
Réservation
conseillée
04 42 56 92 34
Soirée en présence de la cinéaste Eva Libertad,
séance suivie d’une discussion en salle avec la réalisatrice
Dimanche
12 octobre
CINÉMA
LE COLUCHE
Istres
SOIRÉE EN PARTENARIAT AVEC LE FESTIVAL CINEHORIZONTES
18h
SORDA D’Eva Libertad
Espagne – 2025 – 1h40 – VOST
Avec Miriam Garlo, Álvaro Cervantes
Berlinale 2025 Section Panorama : Prix du public et prix CICAE
Goya 2025 : Meilleur film, Meilleure actrice et Meilleur Second Rôle
Ángela, une femme sourde, est mariée avec Hector. Ensemble ils forment un couple heureux, son compagnon ayant appris la langue des signes et elle, à lire sur les lèvres. Mais sa grossesse pourrait bien tout changer, le fait que la surdité atteigne ou non leur enfant n’est pas une certitude, mais cela pourrait créer un fossé avec elle.
20h30 verre de l’amitié
INÉDIT
11Tarifs habituels
du cinéma
ou Pass’Panorama
+ 5€ pour
la collation
Réservation
conseillée
04 42 48 52 31
MARCEL BARRENA
Pour sa première réalisation à l’âge de 25 ans, Cuatro estaciones sorti en 2011, Marcel Barrena a été récompensé par le Gaudí du meilleur téléfilm. Son film suivant, Mon petit (Mundo pequeño, 2013), a connu lui aussi une belle carrière et s’est vu décerner des prix dans les festivals du monde entier. L’histoire vraie d’un jeune homme atteint d’une leucémie qui souhaite faire le tour du monde a fait vibrer le cœur du public partout où le film a été diffusé. Même parcours sans faute pour 100 mètres, son film consacré au portrait d’un athlète basque qui se lance dans la course à pied alors qu’il est atteint d’une sclérose en plaques. Le film a attiré plus de 300 000 spectateurs dans les salles espagnoles.
En 2021, l’engagement politique de Marcel Barrena se confirme avec
le tournage de Mediterráneo, une fiction mettant en scène un groupe de secouristes qui s’installent sur l’île de Lesbos afin d’y accueillir des migrants. Il l’a envisagé comme un film « plein d’espoir » reposant sur un scénario mettant les personnages en tension. Pour son film suivant, El 47, portrait d’un chauffeur de bus qui se rebelle contre l’inertie de la municipalité de Barcelone, le cinéaste s’est souvenu de son enfance car lui-même empruntait ce bus qui désenclavait le quartier populaire dans lequel il vivait.
Le prochain film de Marcel Barrena, La Roja (tournage en cours), se penchera sur l’histoire de la sélection de l’équipe de cricket espagnole qui a intégré en son sein des migrants originaires d’Inde et du Pakistan. Même s’il conserve sa veine sociale, ce nouveau long métrage a des accents de comédie.
19h Présentation du Panorama par Tristan Brossat,
journaliste spécialiste du cinéma espagnol et latino-américain
19h45 collation
20h30 présentation du film par Tristan Brossat,
discussion en salle après la projection
Samedi
8 novembre
ESPACE
GÉRARD PHILIPE
Port Saint Louis
du Rhône
SOIRÉE D’OUVERTURE
EL 47 De Marcel Barrena | Espagne - 2024 - 1h50 - VOST
Avec Eduard Fernandez, Clara Segura, Carles Cuevas, David Verdaguer
Meilleur film aux Goya (ex-aequo avec La Infiltrada) et aux Gaudí Awards 2025
EL 47 est une histoire vraie qui retrace un épisode marquant de l’histoire récente de la Catalogne. Dans les années 70, Barcelone est secouée par des changements politiques et sociaux entrelaçant histoires personnelles, conflits de générations et réalités économiques difficiles. Dans une vie quotidienne faisant le pont entre tradition et modernité, en périphérie de Barcelone, dans le quartier de Torre Baró, Manolo Vital, conducteur du bus 47 est témoin des inégalités subies par les habitants, marginalisés par le manque de service de base et l’abandon institutionnel. Une des principales revendications du quartier est d’avoir une ligne de bus pour rejoindre leur maison afin de leur éviter de longues distances à pied. Après plusieurs refus de la mairie, Manolo décide d’agir et de démontrer dans un acte de dissidence civile que son bus peut circuler malgré le terrain difficile. Cet acte est un symbole de lutte pour la dignité, de résistance des citoyens et de reconnaissance de leurs droits. Page 29
INÉDIT
12 13Tarifs habituels
du cinéma
ou Pass’Panorama
+ 5€ pour
la collation
Réservation
conseillée
04 90 55 71 53
ARANTXA ECHEVARRÍA
Née en 1968 à Bilbao, Arantxa Echevarría a suivi une formation en audiovisuel, d’abord à l’université Complutense de Madrid, où elle a obtenu une licence en sciences de l’image, avant de se spécialiser en réalisation audiovisuelle et en production cinématographique à l’université de Sydney. Elle s’est d’abord distinguée en réalisant huit courts métrages et des documentaires pour la télévision espagnole, dont Cuestión de pelotas sur les femmes footbaleuses en Espagne. Ce documentaire a mis en lumière les inégalités de genre dans le sport et a conduit la fédération royale espagnole de football à créer un statut professionnel pour les athlètes féminines.
Figure montante du cinéma espagnol, elle a été saluée dans le Programme National de Réalisation comme l’une des promesses du cinéma ibérique, grâce à son premier long métrage, Carmen y Lola, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes en 2018. Ce premier film a ouvert la voie à d’autres projets tels que Chinas en 2023 qui suit deux jeunes filles d’origine chinoise vivant à Madrid.
Son dernier long métrage, La Infiltrada, un thriller sous haute tension a récemment reçu quatre Goya et le Prix Police au Festival du Polar à Reims.
Soirée en présence de Tristan Brossat, journaliste,
spécialiste du cinéma espagnol et latino-américain.
Dimanche
9 novembre
ESPACE
ROBERT HOSSEIN
Grans
LE CINÉMA ESPAGNOL FACE À SON HISTOIRE
18h
LA INFILTRADA (UNDERCOVER)
D’Arantxa Echevarría
Espagne – 2024 – 1h58 – VOST
Avec Carolina Yuste, Luis Tosar, Iñigo Gastesi, Diego Anido
Goya 2025 du meilleur film (ex aequo avec El 47), de la meilleure réalisation, du meilleur scénario original et de la meilleure actrice
Récit percutant de l’infiltration au sein de l’E.T. A d’une jeune policière espagnole incarnée par l’actrice Carolina Yuste, La Infiltrada (Undercover) offre un nouveau regard sur cette période troublée de l’histoire du pays. Après Les Repentis d’Icíar Bollaín, autre histoire vraie sur la veuve d’un homme
politique assassiné par l’organisation terroriste basque, la réalisatrice Arantxa Echevarría rouvre le débat sur la façon de parler de ces années sombres. Page 33
Comment La Infiltrada (Undercover) et le nouveau cinéma espagnol se sont emparés de cette question qui continue de diviser l’Espagne après des années de silence ? La fiction permet-elle d’apaiser les débats ou rouvre-t-elle ces plaies ? Toutes ces questions seront abordées à la suite de la projection du film, à l’occasion d’une discussion modérée par Tristan Brossat
21h collation
INÉDIT
14 15Tarifs habituels
du cinéma
ou Pass’Panorama
+ 5€ pour
la collation
Réservation
conseillée
04 42 56 92 34
LA LITTÉRATURE AU CŒUR DU CINÉMA ESPAGNOL
AVELINA PRAT
Architecte de formation, Avelina Prat a signé plus d’une trentaine de
scénarios pour des cinéastes reconnus tels Fernando et David Trueba, Manuel Martín Cuenca ou Javier Rebollo. Sans pour autant renier son expérience professionnelle hors des plateaux de cinéma, elle passe ensuite à la réalisation avec un moyen métrage documentaire dressant le portrait de Carlos Mallol, artiste singulier de la région de Valence : « Dans mon cas, le plaisir d’être architecte est grandement apprécié dans la composition des plans, dans la structure du film. » Elle compare même le cinéma avec l’architecture dont elle met en parallèle le processus de création : « tout commence par un projet personnel, chez soi, avec une feuille blanche, et se concrétise en dirigeant une grande équipe où chacun a sa propre fonction ».
Son premier long métrage, Vasil (2022), est tiré d’une histoire vraie qui est arrivée à son père : un champion bulgare des échecs arrive en Espagne et bénéficie de l’accueil chaleureux de plusieurs amis. Cette comédie
douce-amère lui vaudra une dizaine de récompenses décernées lors de divers festivals espagnols. Une reconnaissance qui va lui permettre de réaliser un second film, Una quinta portuguesa, en 2025.
Tourné entre Barcelone et Ponte de Lima (Portugal), le film est issu de l’un de ses scénarios. Il porte la marque des thèmes qu’elle a développés durant toute sa carrière : « Nous avons une vie concrète, une vie unique, et pourtant nous sommes fascinés par les autres : par les gens que nous connaissons ou par ce que la littérature ou le cinéma montrent. Mais pouvons-nous changer ce qui nous a été donné ? Combattre le passé, tout laisser derrière nous ? Est-il possible de vivre une autre vie : celle de quelqu’un d’autre peut-être ? ».
Soirée en présence de Borja De Miguel, directeur de production
du Festival de Cinéma Espagnol de Marseille, CineHorizontes
Lundi 10
novembre
CINÉMA
LE COLUCHE
Istres
19h séance suivie d’une discussion en salle
UNA QUINTA
PORTUGUESA D’Avelina Prat
Espagne – 2025 – 1h54 – VOST
Avec Manolo Solo, Maria de Medeiros, Branka Katic
La disparition de sa femme laisse Fernando, un professeur de géographie sans histoires, complètement dévasté. Sans objectif particulier, il se fait passer pour un autre en tant que jardinier dans une villa de campagne portugaise, où il lie une amitié inattendue avec la maîtresse de maison. Avec ses dialogues calmes et merveilleusement écrits où l’on détecte autant l’influence d’Éric Rohmer que celle des contes traditionnels, ses décors de vacances estivales et son rythme tranquille, Una quinta portuguesa est une fable délicieuse et énigmatique qui vous réconcilie avec le genre humain. Page 48
21h30 collation
INÉDIT
16 17Tarifs habituels
du cinéma
ou Pass’Panorama
+ 5€ pour
la collation
Réservation
conseillée
04 90 50 14 74
RAÙL DE LA FUENTE
En 2018, les spectateurs français ont fait la connaissance de Raúl de la Fuente lors de la sélection cannoise de Another Day of Life, un film qu’il a cosigné avec Damian Nemow. Son adaptation d’un livre culte écrit par un journaliste de guerre (Ryszard Kapuściński) relatant son expérience en Angola avait surpris et enthousiasmé le public pour sa forme hybride mêlant animation et prises de vues réelles mais aussi fiction et documentaire.
Originaire de Pampelune, le cinéaste a derrière lui une solide carrière dans la télévision et le cinéma où il a aussi occupé les fonctions de scénariste, monteur et producteur. Ses courts métrages ont été abondamment diffusés et primés, à l’image de Minerita qui a été présélectionné pour les Oscars dans la catégorie du meilleur court-métrage documentaire et a été lauréat d’un Goya délivré par l’Académie du cinéma espagnol. Le film, qui décrit le quotidien de trois femmes travaillant dans une mine bolivienne pour survivre, a été diffusé dans plus de 140 festivals. Son premier long-métrage, Nömadak TX (2006,
inédit en France), a connu un succès similaire.
Les films de Raúl de la Fuente sont pour la plupart des documentaires. Ils tissent des liens entre la grande et la petite histoire et décrivent comment le destin de simples citoyens entre en collision avec leur époque. C’est ce que raconte Los Williams de manière explicite, faisant le récit de deux frères qui accèdent à la notoriété par le sport en dépit de leurs origines modestes.
19h conférence :
Pour un aperçu du cinéma social espagnol
par Jean-Paul Campillo, enseignant à l’université d’Avignon
Né des cendres d’un cinéma politique, le cinéma social s’est constitué comme un genre majeur dans la production cinématographique espagnole. Depuis la fin des années 90, Fernando León de Aranoa, Icíar Bollaín, ou, plus récemment, Carla Simón, creusent ce sillon d’un cinéma tourné vers des réalités sociales difficiles et sur lesquelles ils attirent l’attention des spectateurs. Comme aux temps du nouveau réalisme, ils conçoivent l’écran comme une fenêtre ouverte sur des expériences de vie marquées par la douleur et les soucis. Sorte de radiographie de la société, les films nous font vivre les vies des déclassés : habitants des quartiers, prostituées, orphelins, ouvriers d’usine, immigrés et bien d’autres laissés pour compte de la société contemporaine. Jamais militant – ce n’est pas un cinéma de partis – le genre du cinéma social est engagé envers la réalité. Il y pénètre en profondeur en se situant tour à tour entre les pôles de la fiction et du documentaire. Plus libre qu’il n’y paraît, c’est un genre aux multiples visages. La stylisation y côtoie un réalisme brut. Les larmes coexistent avec le rire, l’angoisse avec les espoirs de rédemption.
20h collation
21h
LOS WILLIAMS De Raùl de la Fuente
Documentaire – Espagne – 2024 – 1h24 – VOST
De nombreux migrants vivent en quête d’un miroir où se reconnaître ; ils ne sont pas d’ici, mais ils ne sont pas non plus de là-bas. Los Williams, un long-métrage documentaire, familier et sportif, est raconté à la première personne par Iñaki et Nico Williams. Deux frères, footballeurs, Basques et « beltzas » (noirs), d’origine ghanéenne, dévoilent leur incroyable histoire à travers les deux années les plus cruciales de leur vie. De leur participation historique à la Coupe du monde du Qatar avec deux sélections différentes, à la victoire tant attendue de l’Athletic Club en Coupe du Roi, en passant par le triomphe de Nico au Championnat d’Europe des Nations. Page 35
Samedi
15 novembre
CINÉMA
LE COMŒDIA
Miramas
DES IDENTITÉS MULTIPLES
INÉDIT
18 19Tarifs habituels
du cinéma
ou Pass’Panorama
+ 5€ pour
la collation
Réservation
conseillée
04 42 11 02 10
EN CHANSONS
Dimanche
16 novembre
CINÉMA
L’ODYSSÉE
Fos-sur-mer
18h
SOLO PIENSO EN TI De Hugo de la Riva
Documentaire – Espagne – 2024 – 1h15 – VOST
Pendant les derniers rebondissements du franquisme qui donnent lieu à la transition espagnole, le chanteur asturien Victor Manuel réfléchit sur des thèmes qui n’étaient jamais apparus dans les chansons. Pendant ce temps, dans une autre partie de l’Espagne, Don Juan, un médecin engagé, lutte pour défendre la dignité des personnes handicapées. De manière inattendue, les deux mondes se croisent et s’unissent à travers la chanson Solo pienso en ti, démontrant que le pouvoir transformateur de la musique ne connaît pas de frontières. Quatre décennies, après que cette chanson est devenue un hymne, ce documentaire célèbre l’héritage d’une histoire qui continue de toucher les cœurs. Page 44
19h15 collation
20h
CONCERT DE VICE & VERTU
Le duo Vice & Vertu vous entraîne dans une fantaisie flamenco-lyrique aussi improbable que savoureuse.
Puisant dans le répertoire des chansons à texte de la première moitié du XXe siècle, Guillaume Franceschi (guitare) et Mathieu Bertello (voix) revisitent, avec humour et élégance, l’univers des plaisirs défendus et des paradis artificiels. Un duo mordant et rafraîchissant, qui ose aborder des sujets brûlants.
HUGO DE LA RIVA
Né à Alcázar de San Juan, au cœur de La Mancha, en 1983, le cinéaste Hugo de la Riva est très attaché à sa terre natale qu’il décrit avec beaucoup d’enthousiasme : « Une terre de géants et de rêveurs, entre moulins à vent et chardons ». Passionné par le cinéma, il s’est nourri de films américains des années 1980 comme Les Goonies, E.T., Indiana Jones, Retour vers le futur…
N’ayant pas les moyens financiers d’intégrer une école de cinéma, il s’est formé en réalisant des court-métrages autofinancés. Nominé pour le prix du meilleur court-métrage de fiction aux Goya en 2024, le dernier d’entre eux, Mañana volveré, lui a apporté une reconnaissance internationale avec plus de cinquante sélections et de vingt récompenses. Son pitch teinté d’humour noir a séduit au-delà des frontières : un jeune homme qui veillait le corps de sa grand-mère dans un funérarium découvre que cette dernière a disparu. Cette reconnaissance internationale lui a permis de devenir producteur et de se lancer dans la réalisation d’un premier long métrage intitulé Solo pienso en ti.
« Mes intérêts créatifs ont toujours été axés sur des récits fantastiques crédibles, avec lesquels j’explore les différentes manières de provoquer des sensations chez le public. Avec cela, j’essaie de donner à toutes mes œuvres un cachet personnel et caractéristique avec une mise en scène méticuleuse, directe et très visuelle » explique Hugo de la Riva à propos de sa filmographie qui comporte à ce jour huit courts métrages et un long métrage documentaire.
INÉDIT
20 21OLIVIA D’Irène Iborra Rizo
Espagne, 2025, 1h11
D’après le roman La vie est un film de Maite Carranza
Sortie nationale le 21 janvier 2026
Expulsés de leur appartement, Olivia et son petit frère trouvent une solution pour échapper à leur quotidien difficile : user de leur imagination pour faire de chaque jour une aventure unique. Découvrez la malice d’une petite fille qui s’entoure de fantastiques amis et retrouve la joie de vivre.
Ce film nous livre une belle leçon de vie et nous donne le secret du bonheur : la solidarité.
Pour prolonger la séance : Atelier « Habitage »
Avec l’artiste Hélène Riff, nous nous amuserons à inventer un habit à partir d’un autre habit, sans machine à coudre, juste avec des ciseaux et des systèmes D.
LE PANORAMA POUR LES SCOLAIRES
Parmi la sélection de cette édition 2025, les équipes des cinémas de Scènes et Cinés proposent des films adaptés aux publics scolaires. N’hésitez pas à contacter votre cinéma pour avoir des renseignements et organiser des séances dans le temps scolaire.
Tarifs habituels
des cinémas
+1€ pour le goûter
Réservation
fortement
conseillée pour
l’atelier (nombre
limité de places)
Dimanche 9
novembre
14h30
ESPACE
GÉRARD PHILIPE
Port Saint Louis
du Rhône
Mercredi 12
novembre
14h30
ESPACE ROBERT
HOSSEIN
Grans
LES RENDEZ-VOUS DES JEUNES CINÉPHILES
Dès ans 8 AVANT
PREMIÈRE
Écoles maternelles et CP
CAPELITO FAIT
SON CINÉMA Page 24
Écoles élémentaires : CE2/CM1/ CM2,
et collèges : 6e/5e
OLIVIA Page 24
Collèges : 4e/3e
THEY SHOT THE PIANO
PLAYER Page 46
EL BÒLA
D’Achero Mañas | Espagne – 2000 – 1h24 | Avec Juan José Ballesta, Pablo Galan
AVANT PREMIÈRE
Dans le collège de la banlieue de Madrid où il est élève, Pablo semble être un peu à part. Lorsque Alfredo, un nouvel élève, arrive dans sa classe, Pablo ressent, sans trop savoir pourquoi, le besoin de s’en rapprocher. Un rapprochement qui va lui permettre de constater qu’il existe des familles dans lesquelles les rapports entre mari et femme, entre père et fils sont aux antipodes de ce qu’il connaît.
Lycées
20 000 ESPÈCES
D’ABEILLES Page 25
BORDER LINE Page 26
CERVANTES AVANT
DON QUICHOTTE Page 27
L’AFFAIRE NEVENKA Page 30
22 23Derrière ce titre digne d’une encyclopédie
d’entomologie qui célèbrerait la diversité des
insectes, se cache le portrait sensible d’une
petite fille de huit ans, née dans un corps de
garçon. Elle s’appelle Lucia, alias Coco, et se
rend avec sa famille chez ses grands-parents
dans la campagne du Pays basque. Au milieu
des ruches, chacun cherche sa voix, son identité,
et interroge son rapport aux autres.
Si la question de la transidentité est bien au cœur
de ce scénario, 20000 espèces d’abeilles se penche
également sur les relations intergénérationnelles.
Le questionnement identitaire de Coco n’est pas
vécu comme un drame mais comme un processus
général qui permet à chacun et chacune de
trouver sa place. « Les enfants restaient qui ils
étaient ; c’étaient aux autres de devoir changer et
évoluer. C’est ce point de vue qu’on retrouve dans
mon film », explique la cinéaste. La métaphore
des abeilles et de la ruche est évidemment
celle de la tribu et de ses interdépendances.
Leur présence est en outre très importante dans
la culture vernaculaire basque où l’abeille est
considérée comme une espèce sacrée.
Le film repose sur les épaules de la jeune
comédienne qui incarne le personnage de Coco.
Le casting a présélectionné 500 fillettes avant
d’attribuer le rôle à Sofía Otero. Bien lui en a pris :
son interprétation, d’une grande justesse, a été
récompensée par l’Ours d’argent de la meilleure
performance au Festival de Berlin, faisant d’elle
la plus jeune comédienne à recevoir ce prix
prestigieux. La présence de l’ensemble des
jeunes acteurs professionnels apporte également
de la spontanéité et de la fraîcheur à ce film au
naturel enchanteur.
20 000 ESPÈCES D’ABEILLES D’Estibaliz Urresola Solaguren • Espagne – 2024 – 2h08 – VOST
Avec Sofía Otero, Patricia López Arnaiz, Ane Gabarain
CAPELITO FAIT
SON CINÉMA
De Rodolfo Pastor • Espagne, Argentine – 2023 – 37min
Programme de huit court-métrages
Dès ans 3 Dès ans 8
AVANT PREMIÈRE OLIVIA D’Irene Iborra
Espagne, France – 1h11 – VF
Sortie nationale prévue le 21 janvier 2026
Olivia et Tim sont élevés par leur mère célibataire,
une comédienne fantasque mais sans le sou.
Quand elle est mise à la porte, la petite famille
doit s’installer dans un immeuble désaffecté et
peu à peu la maman perd pied. Pour protéger
son petit frère, Olivia décide de faire de leur vie
un film. Portés par la solidarité du voisinage, les
deux enfants vont malicieusement transformer
les galères du quotidien en jeu.
En adaptant, le roman La Vie est un film de Maite
Carranza, la réalisatrice a souhaité aborder, sans
dramatiser, le thème de la pauvreté infantile
auprès des plus jeunes. Tourné en stop motion,
ce film d’animation lumineux met en avant
l’espoir, la solidarité et la beauté d’être en vie !
Capelito est un champignon au nez magique
qui lui permet de faire tout ce qu’il veut.
Dans ces huit petites histoires, notre héros,
tantôt écrivain, peintre, musicien, cinéaste ou
inventeur de génie, invite les tout petits à la
découverte du fabuleux monde des arts.
C’est après une cueillette au cœurs des
Pyrénées que Rodolfo Pastor a imaginé Capelito,
un champignon en pâte à modeler capable de
transformer son chapeau de champignon en
n’importe quel autre chapeau juste en pressant
son nez magique. Sorties au cinéma en 2008 et
2014, les précédentes aventures de Capelito,
ont conquis les petits et les grands dans de
nombreux pays.
24 25Révélé en 1997 pour son deuxième long-
métrage horrifique, Ouvre les yeux, consacré
par la presse internationale et le public
pour Les Autres en 2001 avec Nicole Kidman,
Alejandro Amenábar s’attaque aujourd’hui à
un monument de la littérature hispanique :
Don Quichotte. Quelle lecture en donne le
cinéaste hispano-chilien après celles de Georg
Wilhelm Pabst, Orson Welles, Albert Serra ou
encore Terry Gilliam ?
Comme son titre l’indique, le parti-pris du
film consiste à parler de l’auteur du roman
picaresque plutôt que de son personnage de
fiction (même si on reconnaîtra au passage
Sancho Panza et Don Quichotte sous les
traits de deux religieux). Le film se déroule à
Alger en 1575, année durant laquelle l’auteur
est capturé par le sultan. Emprisonné par
des corsaires ottomans, Cervantès captive
et fascine ses camarades de geôle avec
des récits édifiants. Alejandro Amenábar
a livré ses intentions au journal américain
Variety : « Dans ce film, comme dans mes
précédents, je jouerai avec les contrastes :
entre la dure réalité vécue par Miguel de
Cervantes et le pouvoir de l’imagination,
entre les tentatives d’évasion épiques et les
misères de la captivité, et entre la cruauté de
ses ravisseurs et le paradis du hammam et la
joie dans les rues d’Alger ».
Huit années de préparation ont été nécessaires
pour faire advenir le film qui a coûté plus
de 15 millions de dollars. Les décors sont
impressionnants et la reconstitution de la
ville d’Alger au 16ème siècle particulièrement
réussie. Cervantes avant Don Quichotte a eu
les honneurs du festival de Toronto avant
de prendre le chemin des salles de cinéma
espagnoles.
CERVANTES AVANT DON QUICHOTTE D’Alejandro Amenábar • Espagne, Italie – 2025 – 2h14 – VOST
Avec Julio Peña, Alessandro Borghi, Miguel Rellán
L’aéroport comme métaphore des tensions
internationales : tel est le concept du film très
politique des réalisateurs vénézuéliens Juan
Sebastían Vasquez et Alejandro Rojas.
Leur scénario, conçu à partir de témoignages
et de leur propre expérience, raconte
l’interrogatoire d’un couple par la police
des frontières. Elena est espagnole, Diego
est vénézuélien. Ils se rendent tous deux à
New-York depuis Barcelone. Les questions,
d’abord générales, se font plus précises et
intrusives et la tension monte.
« Le film est donc politique car le simple
fait de choisir de raconter cette histoire
l’est. Il parle des dynamiques de pouvoir,
du harcèlement, des problèmes d’autorité,
des endroits où vous pouvez soudain vous
sentir extrêmement vulnérable selon vos
origines, la méfiance que nourrissent certains
envers vous selon ces mêmes origines. »
expliquent les cinéastes qui ont eu également
à cœur de créer une atmosphère de thriller
en y insufflant beaucoup d’émotion. La
géopolitique (à l’ère du premier mandat de
Trump) imprègne tout le film mais le cinéma
n’est pas absent du projet avec un clin d’œil
appuyé du côté d’Un après-midi de chien de
Sydney Lumet pour son mélange de suspens
et de réflexion sociale.
Construit autour de dialogues ciselés, ce
huis-clos est filmé au cordeau, avec une
caméra assez statique qui permet de restituer
l’ambiance claustrophobe d’une arrière-
salle dans un aéroport. Primé au Festival du
Polar de Reims et au Festival Premier Plan
d’Angers, ce polar en forme de piège est à
la fois concis (1h17) et efficace : « Border Line
frappe par son extrême précision, et son juste
dosage d’intimidation psychologique. » résume
Clarisse Fabre dans Le Monde.
BORDER LINE De Juan Sebastián Vásquez et Alejandro Rojas • Espagne – 2024 – 1h17 – VOST
Avec Alejandro Rojas, Juan Sebastián Vásquez
26 27Tandis que la mairie de Barcelone refuse de
modifier sa carte des transports en commun,
un modeste chauffeur décide de détourner le
bus numéro 47 pour qu’il desserve le quartier
populaire de Torre Baró. Cette histoire vraie
survenue dans les années soixante-dix
est à l’origine du scénario du film le plus
récompensé de la 39e cérémonie des Goya
(14 nominations) où il a notamment reçu le
prix du meilleur film. Il a par ailleurs connu
un grand succès public et s’est maintenu à
l’affiche dans les salles espagnoles durant
26 semaines. Il est aussi le film tourné en
catalan le plus vu en Espagne depuis plus de
quarante ans.
En 1978, Barcelone n’était pas encore la grande
capitale culturelle et touristique que l’on
connaît aujourd’hui. Les transports en commun
étaient très peu répandus, l’électricité absente
et l’eau courante une rareté. Le quartier du
Torre Baró était peuplé d’habitants précaires
venus des régions rurales de l’Espagne qui
survivaient dans une banlieue aux allures de
bidonville. L’aventure du chauffeur de bus et
de sa communauté est un conte de portée
universelle. Pour le réalisateur Marcel Barrena,
« ce film ne parle pas seulement de Torre Baró.
Cette histoire de solidarité et de métissage
culturel résonne à Madrid, Barcelone, et bien
au-delà, même à l’international ».
Le personnage principal est interprété par
Eduard Fernández (également présent au
générique de Marco, l’énigme d’une vie
programmé dans le Panorama) qui est
lui-même issu d’un quartier populaire de
Barcelone. Il donne beaucoup de complexité à
ce portrait d’un homme ordinaire qui n’hésite
pas à montrer ses faiblesses et ses fêlures.
Inédit dans les salles françaises, El 47 est à
découvrir de toute urgence.
EL 47 De Marcel Barrena • Espagne – 2025 – 1h50 – VOST
Avec Eduard Fernández, Clara Segura, Zoe Bonafonte
Repéré pour son premier court métrage
(Malgré la nuit, sélectionné pour la Palme
d’or du court-métrage à Cannes 2023 et
lauréat d’un Goya), Guillermo Galoe a vu
son premier long métrage sélectionné à la
Semaine de la Critique à Cannes en 2025.
Pour ce film sans concession, le cinéaste s’est
immergé dans le quotidien d’une famille de
ferrailleurs qui survit au cœur de l’un des
plus vastes bidonvilles d’Europe, la Cañada
Real, situé à une quinzaine de kilomètres de
Madrid. Il a choisi d’accompagner au jour le
jour un jeune garçon rom, Toni, qui voit sa
famille se déchirer quand celle-ci est menacée
d’expulsion.
Le bidonville abrite tous les oubliés de la
société, des milliers de sans-abris privés
d’eau courante et d’électricité, condamnés à
errer dans des collines et des montagnes de
déchets. Pour décrire la ville sans rêve (titre
du film), le réalisateur a choisi un point de
vue souvent onirique, à l’image de la scène de
l’envol de perroquets dans un ciel saturé de
fumée, en fondant son récit sur les légendes
colportées par ses habitants.
Cette incursion poétique et réaliste (certaines
scènes sont assez crues) est contée par le
prisme de Toni auquel le cinéaste emprunte
parfois des prises de vues fantasques issues
de son téléphone portable et de ses filtres
colorés.
Histoire d’amitié et de famille, Ciudad sin
sueño est d’une ardente sincérité. Tous les
comédiens non professionnels ont contribué
avec beaucoup de générosité à cette œuvre
revigorante et le cinéaste a tenu à conserver
leur façon de s’exprimer car il a été ému « par
l’idée de valoriser ce qui disparait en révélant
la beauté et la magie que recèle toute réalité ».
CIUDAD SIN SUEÑO De Guillermo Galoe • Espagne, France – 2025 – 1h37 – VOST
Avec Fernández Gabarre, Bilal Sedraoui, Fernández Silva
INÉDIT
28 29De la gentille poupette, la grand-mère de Vic
dans La Boum à l’horripilante Tatie Danielle
créée par Etienne Chatiliez, le personnage de
la mamie est une figure incontournable du
cinéma. Ici, Natividad fait partie des ancêtres
qui sont considérés à la fois comme une
charge et un soutien. À 86 ans, lorsqu’une
place se libère en maison de retraite, elle
doit composer avec Bruno, son petit-fils,
livreur de pizza qui vit chichement et doit
prendre des décisions alors qu’il est tiraillé
entre une volonté farouche de s’émanciper et
le sentiment de devoir accomplir son devoir
familial.
« L’Âge imminent est une lettre adressée à
nos parents, grands-parents, aidants. Une
histoire sur le fait de prendre soin de ceux qui
prennent soin, vue à travers notre regard de
jeunes » expliquent les membres du collectif
de réalisation, des étudiants de l’université
Pompeu-Fabra de Barcelone, qui, à l’issue de
leur cursus ont créé le collectif Collectiu Vigília
en vue de proposer une manière alternative
de faire du cinéma.
Leur approche vise à briser la hiérarchie des
équipes de tournage et à adresser un message
social novateur aux spectateurs. Ils font ainsi
cohabiter plusieurs thématiques, associant
la difficulté de trouver une solution pérenne
pour prendre en charge collectivement les
personnes âgées aux difficultés d’insertion
des jeunes travailleurs dans la région de
Barcelone.
Entre humour et émotion, le duo de
comédiens (Miquel Mas Martinez & Antonia
Fernandez Mir, formidables) excelle à donner
corps à des thématiques de société en évitant
tout didactisme ou militantisme forcené. Le
film est une révélation pour Olivier de Bruyn,
critique aux Echos, qui confie avoir découvert
« un premier film remarquable sur la vieillesse
et la culpabilité ».
L’ÂGE IMMINENT De Clara Serrano Llorens et Gerard Simó Gimeno • Espagne – 2025 – 1h14 – VOST
Avec Miquel Mas Martinez, Antonia Fernandez Mir
Reconnue pour sa filmographie à la fois
militante et romanesque, la cinéaste Icíar
Bollaín décrit ici l’un des premiers cas
« #MeToo » d’Espagne. Elle raconte l’histoire
vraie d’une économiste de talent, Nevenka
Fernández, recrutée à 25 ans dans l’équipe
municipale de Ponferrada (province de Leon).
Là, elle subit la pression et le harcèlement du
maire, le très charismatique Ismael Alvarez
auquel elle intentera un procès. L’affaire et le
procès feront grand bruit et donneront lieu à
un documentaire produit et diffusé par Netflix.
Après Ne dis rien (2004), le récit d’une femme
qui s’émancipe d’un univers violent, la
cinéaste confirme sa volonté de dénoncer le
patriarcat et les stratégies d’emprise morale en
dépassant le cas singulier de son personnage
pour soulever une question sociale (à noter
qu’Icíar Bollaín est également cofondatrice
de l’Association de Femmes cinéastes et des
médias audiovisuels en Espagne). Son film,
d’une grande tension dramatique et émotion-
nelle, décrit très précisément les mécanismes
de harcèlement. La cinéaste mêle les images
passées et actuelles pour rendre compte du
parcours de Nevenka qui subit les humilia-
tions du maire et doit se défendre contre
l’avis même de ses parents. Sa mère l’avait
d’ailleurs mise en garde : l’édile est « un
coureur de jupons ».
Pour interpréter cette figure emblématique de
la résistance, la réalisatrice a fait appel à Mireia
Oriol dont l’intensité et la sincérité du jeu ont
fait l’unanimité de la critique. « La douleur de
la victime se montre dans ses nuances les plus
vives, lente destruction psychologique doublée
d’un anéantissement physique, par un homme
de pouvoir, puissant, manipulateur, asservis-
sant les institutions pour imposer son crime »
écrit Nathalie Chifflet dans Les Dernières
Nouvelles d’Alsace.
L’AFFAIRE NEVENKA D’Icíar Bollaín • Espagne, Italie – 2024 – 1h57 – VOST
Avec Mireia Oriol, Urko Olazabal, Ricardo Gómez
30 31Dans La Infiltrada « tout est vrai » explique la
cinéaste. Basé sur une histoire vraie, le film
raconte en effet la vie quotidienne d’une jeune
policière infiltrée au sein du groupe terroriste
de l’ETA. Pendant huit ans, elle a vécu au
cœur de l’organisation secrète au risque de sa
vie. Elle devait ainsi ne négliger aucun détail
comme le raconte Arantxa Echevarría : « Par
exemple, elle conduisait une voiture restée
à son nom parce que le manipulateur avait
oublié de changer la plaque d’immatricula-
tion, et elle a failli se faire prendre. »
En reconstituant le San Sebastián des
années 1990, la cinéaste a fait revivre l’une
des phases les plus critiques de la société
espagnole traumatisée par des séries
d’attentats. Le scénario a été nourri de
témoignages de responsables de la police,
de journalistes et de protagonistes de cette
époque tourmentée. Conçu comme un thriller,
le film a été plébiscité par le public espagnol
et a généré plus de huit millions d’euros de
recettes.
Carolina Yuste, Goya du meilleur second rôle
féminin pour Carmen et Lola de la même
réalisatrice, a donné beaucoup de force à
un personnage complexe et courageux. Le
script a été transmis à la policière dont est
inspiré le film mais cette dernière n’a jamais
répondu. Quant à son supérieur hiérar-
chique, décrit comme un manipulateur par la
cinéaste, il leur a communiqué des informa-
tions « merveilleuses », car, selon elle, « elles
n’avaient aucun sens ». Ce grand succès du
box-office et de la dernière cérémonie des
Goya, encore inédit en France, est diffusé en
exclusivité dans ce Panorama.
LA INFILTRADA D’Arantxa Echevarría • Espagne – 2024 – 1h58 – VOST
Avec Carolina Yuste, Luis Tosar, Iñigo Gastesi, Diego Anido
Le documentaire musical d’Antón Alvarez a
connu une très belle carrière dans les salles
espagnoles après sa première diffusion au
Festival international du film de San Sebastian
dont il a fait l’ouverture dans le cadre de la
sélection consacrée aux nouveaux talents.
Plébiscité par le public, il a également été
distingué à la cérémonie des Goya où il a
reçu le prix du meilleur documentaire et de
la meilleure musique de film. Il est vrai que
le flamenco joué par le jeune guitariste Yerai
Cortés (qui n’a pas encore trente ans) est
d’une grande beauté.
Le cinéaste, qui est aussi musicien (connu
sous le nom de scène C. Tangana), filme
les différentes étapes de la création de son
nouvel album. Ce cheminement artistique est
l’occasion pour le guitariste de raconter son
histoire familiale et personnelle et les drames
intimes qu’il a traversés. « D’une certaine
manière, c’est lui qui m’a choisi, parce
qu’il savait déjà qu’il voulait raconter tout
cela » confie Anton Alvarez qui explique par
ailleurs que son film « n’est pas un biopic,
ça ne ressemble en rien à un reportage, ce
n’est pas un film informatif, c’est un film fait
d’émotions ».
Le portrait du guitariste est aussi un portrait
en creux du réalisateur. Liés par l’amour
de la musique, les deux artistes se livrent
avec beaucoup de sincérité dans un film
peu conventionnel conçu comme une
immersion musicale. Il fait souvent penser
aux magnifiques films de Carlos Saura. « Le
premier film de C. Tangana, aussi vif et
généreux que sa musique, relève d’une même
curiosité pour autrui » écrit Marcos Uzal dans
Les Cahiers du cinéma à propos de ce film
solaire et entraînant.
LA GUITARRA FLAMENCA
DE YERAI CORTÉS D’Anton Alvarez • Espagne – 2025 – 1h35 – VOST INÉDIT
32 33Amateurs de foot, ce film est fait pour vous !
Mais si le ballon rond vous indiffère, ce
documentaire saura aussi vous intéresser
grâce à la qualité de sa réalisation et la
richesse de la documentation collectée par
le cinéaste sur les deux frères Williams dont
les parents sont originaires du Ghana : Iñaki
(30 ans) et Nico (22 ans), deux footballeurs
basques de l’Athletic Bilbao dont le parcours
et les exploits sportifs ont fait le tour des
télévisions du monde entier.
C’est grâce à son fils que le réalisateur a
découvert le destin de ces joueurs d’exception
et qu’il a eu l’idée d’en faire un film dont
l’immigration est l’une des principales
thématiques. Raùl de la Fuente a profité de la
Coupe du monde pour suivre Nico qui jouait
dans l’équipe espagnole et Iñaki dans celle du
Ghana. Le cinéaste s’est donc rendu avec son
équipe de réalisation en Espagne, au Ghana
et au Qatar pour un cycle de tournage qui a
duré deux ans. Il a en outre filmé deux petits
pêcheurs du lac Volta pour faire l’éloge de la
fraternité et de la solidarité. Ainsi, même s’il
constitue le pivot de l’histoire, l’aspect sportif
n’est pas le plus important dans ces récits.
En mêlant les images de ses pérégrinations
aux archives familiales de la famille Williams,
le réalisateur plonge le spectateur dans une
histoire sportive et émotionnelle, abordant
les thèmes des migrations, du racisme,
de l’identité et des relations familiales. Le
montage a été l’une des phases les plus
importantes de ce projet, d’autant que le film
devait être prêt à temps pour être présenté
en avant-première au dernier festival de San
Sebastian.
LOS WILLIAMS De Raùl de la Fuente • Espagne – 2024 – 1h24 – VOST
Repérée et applaudie dans tous les grands
festivals de cinéma européens pour son
interprétation dans Eva en août (Jonas
Trueba) puis dans Venez voir du même
réalisateur, Itsaso Arana est aussi metteuse
en scène de théâtre et réalisatrice. Pour son
premier long métrage, elle se réfère à sa
propre expérience théâtrale en chroniquant
les journées à la campagne d’une troupe
composée uniquement de comédiennes.
Entre répétitions et essayages de costumes,
les actrices échangent sur leurs projets, l’art
et la vie.
Le portrait de groupe, d’une grande finesse
psychologique, est d’autant plus juste
qu’il a été créé à partir du témoignage des
comédiennes (qui ont conservé leurs vrais
prénoms dans le film), de leurs histoires
intimes et professionnelles. Le ton, jamais
didactique, emprunte parfois des allures de
conte et de parabole. « Entre art du portrait
et pastorale, marivaudage et fête galante à
la Watteau (un garçon est invité vers la fin
dans la ronde), la jeune réalisatrice espagnole
réussit un film précieux, qui procure un plaisir
revigorant » commente Jacques Morice dans
Télérama.
Le dispositif, conçu comme une captation de
moments de vie, est léger, toujours prompt
à saisir les échanges les plus vifs et les plus
drôles comme les moments de contemplation
de la nature. Le badinage n’est jamais forcé,
le naturel s’impose et l’hommage au cinéma
et au théâtre trouve ici une résonnance
singulière. Ce moment d’intense sororité brise
les codes avec beaucoup de panache et de
malice : les nombreux rebondissements, les
dialogues ciselés et les inventions formelles en
font un premier essai indéniablement réussi.
LES FILLES VONT BIEN D’Itsaso Arana • Espagne – 2023 – 1h25 – VOST
Avec Bárbara Lennie, Irene Escolar, Itziar Manero
INÉDIT
34 35Dans un petit village de Catalogne, la famille
Solé récolte des pêches sur son exploitation
fruitière depuis des générations. Menacée
par le propriétaire qui souhaite arracher
les pêchers pour y installer un champ de
panneaux solaires, la grande famille autrefois
soudée est traversée par le doute et les
querelles plus ou moins larvées.
La réalisatrice Carla Simón a été révélée en
2017 avec Eté 93, un premier film unanimement
salué par la critique et récompensé dans
de nombreux festivals (la Berlinale lui a
notamment décerné le prix de la première
œuvre). Nos soleils confirme son talent de
chroniqueuse et de conteuse. Dans une veine
naturaliste, Carla Simón décrit le passage du
temps, les lents changements de lumière et
d’humeur en se positionnant aux côtés de
Mariona, une adolescente inquiète qui scrute
avec intensité les réactions de ses proches.
Tous les comédiens sont des amateurs qui
habitent la région filmée par la cinéaste.
« Afin d’incarner cette famille avec le plus
de réalisme possible, je leur ai demandé de
passer beaucoup de temps ensemble. Ils
en ont tellement passé qu’ils s’appellent
désormais par le nom de leurs personnages. »
raconte Carla Simón. Cette approche réaliste
est mise au service d’un beau film choral qui
magnifie le monde paysan sans en occulter les
contradictions ou les interrogations. On sent
le fort attachement de la cinéaste à ce lopin
de terre menacé convoité par des industriels
de l’agroalimentaire. Elle a en effet elle-même
passé son enfance dans une ferme catalane
productrice de pêches et le titre original du
film, Alcarràs, n’est autre que celui de son
petit village familial.
NOS SOLEILS De Carla Simón • Espagne, Italie – 2023 – 2h – VOST
Avec Itsaso Arana, Francesco Carril, Irene Escolar
Durant toute sa vie, Enric Marco, décrit
comme un « syndicaliste et imposteur
espagnol », a milité pour faire perdurer la
mémoire de l’holocauste en s’inspirant de son
emprisonnement au camp de concentration
de Flossenbürg, en Allemagne. Dans son
autobiographie publiée en 1978, il se présente
comme un grand témoin de l’histoire de la
Shoah. Or on découvrira quelques années
plus tard que son récit n’était qu’un tissu de
mensonges sordides.
Le film-enquête d’Aitor Arregi et Jon Garaño,
conçu comme un thriller, accumule des
preuves historiques édifiantes quant au
parcours du célèbre imposteur catalan, une
soi-disant figure d’autorité morale qui s’est
réfugiée dans le déni. Chaque anecdote servie
à l’appui de son récit faussement héroïque
est ainsi systématiquement contredite par les
réalisateurs.
Le rôle ingrat de cet usurpateur a été confié
au comédien Eduard Fernández. Ce dernier a
visionné de nombreuses interviews d’Enric
Marco (une quinzaine d’heures au total) :
il s’est inspiré de sa gestuelle et de sa façon
de s’exprimer sans chercher à l’imiter ni à le
parodier. « Travailler avec Eduard était pour
nous un privilège et, sans aucun doute, sa
performance est l’un des piliers fondamentaux
du film » confient les cinéastes.
Le film qui revisite une histoire personnelle
en l’inscrivant dans une perspective contem-
poraine, critique ouvertement les dégâts de la
post-vérité. Il a reçu un accueil très enthou-
siaste de la part du public espagnol.
MARCO, L’ÉNIGME D’UNE VIE D’ Aitor Arregi et Jon Garaño • Espagne – 2025 – 1h41 – VOST
Avec Eduard Fernández, Nathalie Poza, Chani Martín
36 37« J’ai réalisé Ramona fait son cinéma dans
l’espoir d’inspirer chacun, jeune ou vieux,
à être honnête avec soi-même. » Telle est la
morale de la comédie de la réalisatrice qui se
penche sur l’histoire complexe d’une jeune
actrice qui refuse un premier rôle au cinéma
sachant que le réalisateur est amoureux
d’elle. Sa décision, difficile à prendre, entre
en collision avec d’autres envies ou projets
de vie : une éventuelle maternité, la reprise
des études, un déménagement ou le besoin
de fumer.
Pour incarner le personnage de Ramona, sur
lequel repose le film, la cinéaste a choisi une
chanteuse, Lourdes Hernández, connue sous
le nom de scène Red Russian. Repérée sur
YouTube, cette dernière a immédiatement
accepté de jouer ce rôle haut en couleurs. Son
charisme et sa fragilité ont beaucoup apporté
à cette gracieuse comédie romantique
mais jamais mièvre. Le film est en effet
très critique sur la société contemporaine
et sa bien-pensance écologique tout en
revendiquant une posture féministe d’une
infinie drôlerie. À la fois récit initiatique, lettre
d’amour au cinéma et réflexion politique,
Ramona fait son cinéma est une œuvre
indépendante et libre inspirée des éléments
autobiographiques de la cinéaste.
En ce qui concerne la forme, le film est
tourné en 16mm et mélange habilement le
noir et blanc avec la couleur, s’autorisant un
montage faussement chaotique à la manière
des premiers films de la Nouvelle Vague.
Côté inspiration, même s’il s’agit d’une
comédie madrilène, inutile d’aller chercher
du côté d’Almodovar. La réalisatrice a préféré
se référer à Billy Wilder et notamment à La
Garçonnière pour son humour à la fois tendre
et acide.
RAMONA FAIT SON CINÉMA D’Andrea Bagney • Espagne – 2023 – 1h20 – VOST
Avec Lourdes Hernández, Bruno Lastra, Francesco Carril
Les États-Unis n’ont pas le monopole du
cinéma indépendant : l’Espagne fourmille
en effet de cinéastes désireux de bousculer
les codes et de développer des productions
à bas coût, loin des circuits institutionnels.
Dans une veine anticonformiste assumée,
le scénario de On the Go fait se rencontrer
trois personnages atypiques : Milagros, 37 ans
qui vient de voler la Chevrolet de son père
pour se lancer dans un road-movie andalou,
Jonathan, célibataire accro à l’application de
rencontres et une jeune voyageuse qui se
prend pour une sirène.
Comme le résume Xavier Leherpeur dans Le
Nouvel Obs, voici « une odyssée sexuée et
queer, joyeusement bordélique et abrasive ».
La quête de liberté de Milagros, qui oscille
entre le désir de maternité et l’émancipation,
est l’occasion pour les deux réalisatrices de
mettre en tension des aspirations libertaires
avec une fuite en avant d’essence anarchiste
face à un projet de vie plus convenu.
Sur la forme, On the Go est un joyeux
cocktail de musique andalouse, de danse (le
flamenco), de plaisir et de fêtes. Tourné en 16
mm, dans un format carré très soigné, le film
est d’une grande liberté formelle, rendant
visible à l’image la liberté de vivre et de
penser des personnages. À ce titre, la nudité
devient un sujet politique : les corps ne sont
pas sexualisés ; ils sont filmés d’une manière
naturelle qui les libère de leurs entraves
sociales. On y verra également un hommage
appuyé à Corridas de alegría de Gonzalo
García-Pelayo, une comédie foutraque et crue
du début des années quatre-vingt, un autre
récit loufoque qui avait lui aussi pris la forme
d’un voyage hors normes.
ON THE GO De Julia de Castro et María Gisèle Royo • Espagne – 2025 – 1h12 – VOST
Avec Omar Ayuso, Julia de Castro, Chacha Huang
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
38 39La revue So Film tient Segundo premio pour
« Le film le plus rock de l’année ». De l’avis de
Libération, on a affaire à « un (Jacques) Rozier
puissamment électrifié ». Ce film musical
interprété par d’authentiques musiciens
filmés sur le vif raconte la création d’un vrai
groupe de rock psychédélique, Los Planetas,
formé en 1993 à Grenade. Peu connu en
France, le trio de musiciens compositeurs est
très célèbre en Espagne. Une voix-off prévient
d’emblée le spectateur que ce biopic s’éloigne
souvent de la réalité : « Ça ne s’est pas passé
comme ça. Même si c’était le cas, personne
ne le saurait. Ça se passait juste entre nous
et dans certaines chansons ».
Les réalisateurs ont préféré tourner avec
des musiciens plutôt qu’avec des acteurs (à
l’exception de Daniel Ibanez qui joue le rôle
du leader du groupe) et ont fait appel à des
ingénieurs du son pour des prises de son
directes, la majorité des scènes se déroulant
dans des salles de concert. La narration évolue
en une succession de vignettes déjantées qui
rendent bien compte des hauts et des bas
de la vie underground d’artistes des années
quatre-vingt-dix. Il évite cependant le cliché
de l’ascension et de la chute des créateurs
au profit d’une chronique sensible de leur
quotidien.
Les cinéastes ont réussi à composer une
mélodie atypique avec leur caméra portée,
un montage acrobatique, une bande-son
saturée de musique, des témoignages vifs et
de jeunes acteurs-musiciens plein d’allant :
un maelstrom électrisant qui donne furieuse-
ment envie d’écouter le dernier album de ce
groupe de rock qui se produit toujours.
SEGUNDO PREMIO D’Isaki Lacuesta et Pol Rodriguez • Espagne, France – 2025 – 1h50 – VOST
Avec Daniel Ibáñez, Cristalino, Stéphanie Magnin
Pour son troisième long métrage après Three
Days With The Family en 2009 et We All Want
What’s Best for Her en 2013, Mar Coll poursuit
son inventaire des relations familiales. La
cinéaste préfère en effet choisir des sujets
qui lui sont proches mais dont la portée peut
être universelle. Sans recourir à l’autofiction,
elle dessine ici le portrait d’une jeune femme
du même âge qu’elle, qui vit comme elle à
Barcelone. L’histoire est celle d’une jeune
mère qui se passionne pour un fait divers
qu’elle a décidé de chroniquer. Mais l’emploi
du temps de la jeune maman, peu épaulée
par son compagnon, s’avère difficilement
compatible avec l’exercice de l’écriture.
Sélectionné au Festival de Locarno en 2024,
le film est sorti en France en août dernier
et a reçu un bon accueil de la presse qui a
loué son climat d’étrangeté particulièrement
malaisant. La maternité de Maria, qui est tout
sauf un moment d’émotion béate, ressemble
plutôt à un chemin de croix : privation de
sommeil, bébé agité et sujet à des crises de
vomissement, appartement trop petit, père
absent… Quant au fait divers auquel elle
s’intéresse – un infanticide de deux enfants
noyés dans une baignoire par leur mère –, il
commence à occuper son esprit de manière
obsessionnelle.
Adapté d’un roman de Katixa Agirre (Mothers
Don’t), le film adopte le point de vue d’une
mère tourmentée qui ne parvient pas à
comprendre son enfant. La cinéaste, avec sa
scénariste, tentent ainsi « de déconstruire le
schéma classique de la famille et de remettre
en cause l’image idéalisée de la maternité
avec ses injonctions sociales et culturelles ».
Et quand la critique sociale rencontre le
thriller, le féminisme assumé de cette fable
devient explosif !
SALVE MARIA De Mar Coll • Espagne – 2025 – 1h51 – VOST • Avec Laura Weissmahr, Oriol Pla, Giannina Fruttero
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
40 41Sirãt était incontestablement le film choc du
dernier festival de Cannes. Récompensé par un
mérité Prix du jury et des exploitants des salles
de cinéma Art et essai, il a secoué le public
et les critiques avec sa bande son techno
tonitruante et son scénario apocalyptique.
Quelque part entre Mad Max (pour les décors
et les engins), Le Goût de la cerise (pour
l’aspect philosophique) et Freaks (pour les
corps mutilés), le film impressionne du fait de
sa forme provocante et de sa violence inouïe.
Quelque part, au cœur de l’aridité rocailleuse
du désert marocain, un père, accompagné
de son jeune fils, recherche sa fille aînée
disparue. Il mène l’enquête dans le milieu
rugueux et peu aimable des « ravers » qui ont
choisi de vivre en marge et en musique. Le
périple va s’avérer riche en surprises souvent
terrifiantes.
Le cinéaste Olivier Laxe est un habitué de
Cannes. Il a été récompensé dans toutes les
sélections où ses films ont été programmés :
Semaine de la critique, Quinzaine des
cinéastes et Un certain regard. Produit par
Pedro Almódovar, le réalisateur est devenu en
quelques films l’un des nouveaux maîtres du
cinéma espagnol. Sirãt, fable de la finitude,
devrait contribuer à renforcer sa notoriété :
« une expérience spectaculaire » pour
Télérama ; un « western pré-apocalyptique
du cinéaste franco-espagnol visuellement
et musicalement à couper le souffle » pour
Les Inrockuptibles. Prévenons toutefois que
certaines séquences peuvent choquer : le film
cogne dur et la musique, ici, n’adoucit pas les
mœurs, loin s’en faut !
SIRÃT D’Óliver Laxe • Espagne, France – 2025 – 1h55 – VOST • Avec Sergi López, Bruno Núñez Arjona, Richard Bellamy
Avertissement : le climat général du film et quelques scènes violentes
sont susceptibles de heurter la sensibilité des spectateurs
On dit souvent qu’il n’y a pas de conflit
dans les films de Jonás Trueba. Cette
assertion prend tout son sens à la lecture
du synopsis de Septembre sans attendre :
un couple se sépare après quinze ans de vie
commune en organisant une grande fête !
Aucune malice ni coup tordu dans cette
initiative des ex-amoureux madrilènes, juste
l’envie de clore un chapitre de leur vie avec
optimisme. Evidemment, cette manière non
conventionnelle de se quitter va susciter de
nombreuses interrogations et des remarques
acerbes de leur entourage.
« Ce film est un geste rebelle, provocant,
on part d’une plaisanterie, pour faire une
comédie romantique, universelle, entre un
homme et une femme » explique le cinéaste.
Jonás Trueba sait qu’il peut compter sur
sa « famille de cinéma » pour donner de la
profondeur et de la douceur à son scénario
ténu mais tenu. Les deux comédiens
principaux étaient déjà présents dans ses
deux précédents films, Eva en août et Venez
voir. Cinéaste de la proximité, Jonás Trueba a
réalisé ce film dans son propre appartement
et avec les objets de son quotidien, ce qui lui
a permis de concentrer toute son attention
sur la direction d’acteurs. Nous ne sommes
donc pas très loin d’un autoportrait. Le film
offre aussi une réflexion sur le cinéma marqué
par sa dévotion pour François Truffaut et
la référence à une célèbre comédie de Leo
McCarey, Cette sacrée vérité.
Découverte à Cannes en 2024 à la Quinzaine des
Cinéastes, cette comédie hautement cinéphile
a reçu un accueil très chaleureux de la presse.
Pour Télérama, qui fait ainsi référence au film
d’Eric Rohmer, « c’est un magnifique conte
d’automne » ou, rendant ainsi hommage au
film de McCarey, une comédie de remariage
« absolument enchanteresse ».
SEPTEMBRE SANS ATTENDRE De Jonás Trueba • Espagne, France – 2024 – 1h54 – VOST
Avec Itsaso Arana, Vito Sanz, Andrés Gertrudix
42 43Lorsque Albert Serra, dandy transgressif du
cinéma espagnol contemporain, avait fait part
de son intention de réaliser un documentaire
sur la corrida, on était en droit de s’interroger
sur le point de vue qu’il allait adopter. Dès les
premières images, Tardes de soledad nous fait
comprendre qu’il ne s’agit ni du manifeste
d’un aficionado ni de la dénonciation d’une
coutume barbare. Le film est avant tout une
aventure humaine et artistique, un shoot
d’images et de sons qui place le cinéma au
cœur de son dispositif filmique.
Le portrait du jeune torero Andrés Roca Rey est
une performance esthétique et émotionnelle
d’une rare intensité. En se concentrant sur
l’arène dont le public reste toujours en hors
champ et sur la captation des moments
de forte intimité (à l’hôtel ou lors des
déplacements de la star), le cinéaste est au
plus près des gestes, des visages et des voix
de ses personnages. Grâce à une réalisation
à plusieurs caméras, il est aussi très proche
des taureaux, de leur masse écumante et
archaïque. La valse-hésitation entre l’homme
et la bête n’évite ni le sang, ni la violence
mais se garde de tout voyeurisme. La caméra
met en exergue le mouvement des corps, la
prise de pouvoir, l’acharnement et le sadisme.
Sous le regard d’Albert Serra, le rite morbide
prend une dimension philosophique teintée
d’ironie notamment lorsque les acolytes du
toréador glorifient leur idole en se gargarisant
d’un vocabulaire ridiculement viriliste teinté
d’une religiosité névrotique.
Drôle et sanglant, caustique et virtuose, le
ballet taurin d’Albert Serra convoque une
multitude de sensations et de sentiments
paradoxaux qui ne devraient laisser personne
indifférent.
TARDES DE SOLEDAD D’Albert Serra • Espagne, France, Portugal – 2025 – 2h05 – VOST
interdit - 12 ans et avertissement
« Solo pienso en ti » (Je ne pense qu’à toi) est
l’une des plus célèbres chansons du répertoire
musical espagnol de l’ère post franquiste. Si
le sens exact des paroles n’a pas forcément
été compris lorsque la chanson a été créée en
1978, cette dernière a servi à mettre en avant
des thèmes bannis durant la dictature comme
celui des amours interdites. Le documentaire
permet de comprendre les allusions de cette
chanson populaire en questionnant son
auteur, Víctor Manuel, qui dévoile quels sont
les protagonistes de la chanson et explique
que celle-ci fait référence à une histoire de
handicap.
La deuxième strophe prend ainsi tout son
sens : « Il est né debout. Ils l’ont mis au
monde parmi le coton. Son père pensait que
c’était une punition du Seigneur. Il cherchait
un endroit où l’oublier. Et enfant, il l’a fait
hospitaliser. Bientôt, il aura trente-trois
ans. Je ne pense qu’à toi. ». L’enquête nous
fait découvrir les deux protagonistes ayant
inspiré l’auteur de la chanson. « Maintenant
qu’on connaît l’histoire qui se cache derrière,
la chanson prend un nouveau sens. On
comprend où ils voulaient en venir, l’impact
qu’elle a eu, ce qu’elle a accompli » souligne
le cinéaste.
Ce documentaire musical, premier long
métrage de Hugo de la Riva, permet en outre
à des figures-clés de la musique espagnole
telles Miguel Ríos, Joan Manuel Serrat, Antonio
Resines, Joaquín Sabina, Danilo Vaona ou
encore Iñaki Gabilondo de témoigner de cette
époque de liberté retrouvée. Le film a été
présenté en avant-première lors du festival
de cinéma de Malaga.
SOLO PIENSO EN TI De Hugo de la Riva • Espagne – 2025 – 1h15 – VOST INÉDIT
44 45On n’attendait pas forcément Isabel Coixet
(notamment récompensée par un Goya de
la meilleure cinéaste, du meilleur film et du
meilleur scénario original pour The Secret Life
of Words) dans une veine rurale et passion-
nelle comme celle d’Un Amor. Si le décor peut
surprendre, la cinéaste reste néanmoins fidèle
à son attachement à ses héroïnes solitaires
soumises aux caprices du destin.
Dans cette adaptation du roman à succès
de Sara Massa, une jeune femme d’une
trentaine d’années, Natalia, s’installe dans
un coin de campagne reculée de la Rioja
et tombe sous le charme d’un voisin aussi
bourru que mystérieux. On est alors plus
proche de l’ambiance sombre et mystérieuse
d’As Bestas de Rodrigo Sorogoyen que d’une
simple romance.
Dans un environnement hostile, Natalia doit
affronter les préjugés, les ragots et autres
chausse-trappes machistes des autochtones.
Difficile de faire sa place lorsque l’on vient de
la ville et que l’on a en charge des dossiers
juridiques de migrants. Ce rôle a exigé de
Laia Costa une grande nuance de jeu pour
asseoir la crédibilité de son personnage en
lutte contre des congénères au comportement
archaïque. L’actrice et la réalisatrice avaient
déjà collaboré quatre ans plus tôt pour la série
télévisée Foodie Love. Cette collaboration leur
a permis de développer une grande complicité
et de signer un drame mêlant une histoire
rugueuse à une grande sensualité.
L’interprétation de l’actrice est l’une des
grandes réussites de cet étrange thriller
atypique : « Laia Costa impressionne par les
nuances de son interprétation dans ce film
psychologique âpre qui repose largement
sur ses frêles épaules », écrit Corinne Renou-
Nativel dans le quotidien La Croix.
UN AMOR D’Isabel Coixet • Espagne – 2024 – 2h09 – VOST • Avec Laia Costa, Hovik Keuchkerian, Luis Bermejo
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
« They Shot the Piano Player invente un genre
inconnu, le thriller documentaire animé
politique et musical » écrit avec enthousiasme
Bernard Génin dans la revue Positif. Il est
vrai que ce film d’animation entreprend une
démarche inédite, en revêtant les allures
d’une enquête journalistique doublée d’un
hommage vibrant à la musique latino.
Conçu sous la forme d’un reportage, le film
plonge dans la scène artistique du Rio des
années soixante et soixante-dix en partant à la
recherche de Francisco Tenório Jr., un pianiste
brésilien virtuose, oublié de tous, disparu
dans des conditions mystérieuses à la veille
du coup d’État en Argentine en 1976. Construit
à partir de reconstitutions d’interviews et de
concerts tels celui d’Ella Fitzgerald dans un
hôtel de luxe, ce documentaire historique très
animé vibre au rythme de la bossa nova et
du jazz. On y croise notamment Vinícius de
Moraes, Chico Buarque, Caetano Veloso, Bill
Evans ou Bebo Valdés.
Pour réussir cette synthèse, il fallait tout le
talent conjugué de Fernando Trueba, cinéaste
de renom, et Javier Mariscal, illustrateur,
peintre et auteur de BD. Tous deux avaient
déjà cosigné Chico et Rita en 2011, le biopic
de deux artistes qui raconte les origines de la
fusion du jazz et de la musique cubaine. Avec
son graphisme coloré, sa voix off chaleureuse
(Jeff Goldblum) et son ambiance musicale
incandescente, They Shot the Piano Player
séduira à la fois les amateurs de musique et
de cinéma. N’oublions pas de signaler que
le titre est aussi une référence explicite au
film de François Truffaut, Tirez sur le pianiste
(1960), le cinéaste français ayant fortement
marqué de nombreux artistes brésiliens de sa
génération.
THEY SHOT THE PIANO PLAYER De Fernando Trueba et Javier Mariscal
Espagne, France, Portugal – 2024 – 1h43 – VOST
46 47L’amertume est une émotion qui est rarement
associée à la naissance d’une œuvre. Elle
constitue pourtant le fondement du scénario
de Jonás Trueba, écrit après que deux de
ses amis soient décédés du Covid : « J’ai
réussi à me convaincre de tourner ce film
qui recueille un peu cette amertume mais
aussi l’asynchronie qu’on sentait au moment
de retrouver ses amis après le confinement,
une forme de gêne de se revoir et sentir une
distance qui les avait grandis. »
L’histoire met en scène deux couples de
trentenaires qui ont effectué des choix de
vie différents et qui se retrouvent à l’issue
de la pandémie. Susana et Dani évoquent
avec enthousiasme leur installation récente
en banlieue de Madrid, un choix de vie
incompréhensible pour leurs amis, Elena et
Guillermo.
L’approche documentaire de cette fiction
minimaliste donne un film linéaire, à la narration
fluide, donnant parfois l’impression que le
film se construit sous les yeux du spectateur.
La liberté de ton et de réalisation confère à
cette chronique une saveur rohmérienne.
Pour Le Monde, « Jonás Trueba est assurément
celui qui en propose la réinterprétation la
plus originale et la plus passionnante ». On
retrouve en effet dans le cinéma de Trueba
la sensibilité, la fragilité et l’évanescence des
relations humaines dépeintes dans les Contes
et proverbes de Rohmer. Sans oublier cette
manière si singulière de filmer la parole.
Le film reste cependant très concentré sur les
enjeux de son époque en faisant notamment
état, de manière réaliste et poétique, de la
sortie du confinement et du lent réveil des
interactions sociales. À noter enfin la singularité
de la scène d’introduction, purement musicale,
qui est un modèle du genre dans sa manière
de décrire des personnages sans recourir au
dialogue.
VENEZ VOIR De Jonás Trueba • Espagne – 2023 – 1h04 – VOST
Avec Itsaso Arana, Francesco Carril, Irene Escolar
Penser le film comme un thriller mais le
traiter comme un film d’auteur : tel est le défi
de la réalisatrice Avelina Prat. En relatant la
disparition volontaire d’un homme abandonné
par sa femme, qui décide de changer de vie en
devenant jardinier, elle apporte de la douceur
à une histoire dont le synopsis renvoie à
un classique du film noir (le changement
d’identité). Le parcours de Fernando, professeur
de géographie, qui trouve refuge dans la
maison de campagne d’Amalia est traité avec
beaucoup d’humanité tout en gardant un doux
parfum de mystère. Sa présence discrète va
révéler les failles de son hôte qui dissimulait
jusque-là sa solitude derrière une façade
d’insouciance et de légèreté.
Cette romance mélancolique et philosophique
repose sur le duo de comédiens, Maria de
Medeiros (Capitaines d’avril) et Manolo
Solo (La Colère d’un homme patient)
qui interprètent leurs personnages avec
beaucoup de douceur et de retenue. Leurs
échanges passent autant par les mots que
par les gestes, et leurs silences sont remplis
d’éloquence.
Sélectionnée en compétition officielle lors du
Festival de Malaga cette année puis au festival
de cinéma indépendant de Buenos Aires,
cette production hispano-portugaise a reçu
un très bon accueil public. Dans le quotidien
El País, le critique Javier Ocaña parle d’un «film
mystérieux avec une profonde saveur littéraire
(bien qu’il ne soit inspiré d’aucun roman), sans
cesser d’être un excellent film de cinéma ».
Inédit dans les salles françaises, le film est
présenté en exclusivité dans le Panorama.
UNA QUINTA PORTUGUESA D’Avelina Prat • Espagne – 2025 – 1h54 – VOST
Avec Manolo Solo, Maria de Medeiros, Branka Katic
INÉDIT
48 49HORAIRES
Cinéma l’Odyssée Cinéma le Comœdia Espace Robert Hossein Espace Gérard Philipe Cinéma le Coluche
Les horaires encadrés signalent les films proposés dans le cadre de temps forts avec intervenant e s LE PASS’PANORAMA
Après l’achat d’une première place au tarif habituel dans un des cinémas
du réseau Scènes et Cinés, vous recevrez un pass nominatif gratuit, vous
donnant accès à toutes les séances du Panorama, dans toutes les salles,
pour la somme de 4€ la place Renseignements auprès de votre cinéma
LES TARIFS
Tarifs habituels des cinémas
(pour la première place achetée)
5€ de participation pour la
collation en soirée
Sam 8 Dim 9 Lun 10 Mar 11 Mer 12 Jeu 13 Ven 14 Sam 15 Dim 16
20 000 espèces d’abeilles 14h 16h15 18h30 18h30 16h30
Border Line 14h30
16h30 19h
17h15 19h
21h 21h
Capelito fait son cinéma
14h30 14h30 14h30
14h30
16h30
14h30
16h
16h30 14h30
15h50
16h
16h30 16h30
Cervantes avant Don Quichotte 16h15
14h
18h30 16h30
18h30
Ciudad sin Sueño
16h15
18h30 14h30 17h
19h
El 47 19h
L’Affaire Nevenka 18h30 14h30 18h30 16h 18h30 21h 14h
L’Âge imminent 16h 18h30
16h30
19h
La Guitarra flamenca de Yerai
Cortés 19h 16h30 16h30
16h10
19h
La Infildrata 18h
Les Filles vont bien 14h30 14h30 21h 17h30 17h15
Los Williams 19h
Marco, l’énigme d’une vie 21h 16h30 16h15 21h 21h 16h30
INÉDIT
INÉDIT
INÉDIT
Nos soleils 21h
16h
20h30 14h15
18h40
Olivia 14h30 14h30
On the Go
Avertissement 17h 18h30 21h 21h
Ramona fait son cinéma
15h30 16h30
19h
18h30 21h
Salve Maria
Avertissement 21h 18h30 21h 16h30 14h30
Segundo Premio 16h30
16h40 14h30
16h30 17h
Septembre sans attendre
14h30
19h 14h 18h30
19h
Sirãt
Avertissement 21h 21h
17h
21h 21h 19h
21h
Solo Pienso en ti 18h
Tardes de soledad
Int -12 ans 16h
18h30
18h30 18h40
20h30
They shot the piano player 18h30 18h30
18h30
21h
Un amor
Avertissement 14h30 21h 21h 18h40 19h
Una quinta
portuguesa 19h
Venez voir 17h30 16h30 16h 16h45 19h
AVANT PREMIÈRE
INÉDIT
INÉDIT
Sam 8 Dim 9 Lun 10 Mar 11 Mer 12 Jeu 13 Ven 14 Sam 15 Dim 16
Dès ans 3
Dès ans 8
50 51Toute la programmation sur scenesetcines fr
Cinéma l’Odyssée
Avenue René Cassin
13270 Fos-sur-Mer
04 42 11 02 10
odyssee@scenesetcines fr
Espace Robert Hossein
Boulevard Victor Jauffret
13450 Grans
04 90 55 71 53
espaceroberthossein@scenesetcines fr
Cinéma Le Coluche
Allées Jean Jaurès
13800 Istres
04 42 56 92 34
cinema coluche@scenesetcines fr
Cinéma Le Comœdia
Rue Paul Vaillant-Couturier
13140 Miramas
04 90 50 14 74
caissecomoedia@scenesetcines fr
Espace Gérard Philipe
Avenue Gabriel Péri
13230 Port Saint Louis du Rhône
04 42 48 52 31
espacegerardphilipe@scenesetcines fr