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Document publié le Dimanche 1 août 2021 par la commune de Douchy-les-Mines.
Lien du pdf (unknown - dp oikos FR bd 11)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Droits de l'homme,
CENTRE
CRP/ REGIONAL DE LA PHOTOGRAPHIE HAUTS-DE-FRANCE DOSSIER DE PRESSE
CLIO SIMON
OÏKOS
6 FÉVRIER
...
1 AOÛT 20212
OÏKOS
6 février ... 1 er août 2021
Commissariat : Muriel Enjalran
Contact presse
Juliette Deschodt
communication@crp.photo
+ 33 [0]3 27 43 57 97
CRP/ Centre régional
de la photographie
Hauts-de-France
Galerie de l’ancienne poste
Place des Nations
59282 Douchy-les-Mines / France
www.crp.photo
Retrouvez-nous sur facebook, twitter
et instagram! @crpnord
Entrée libre
mardi . . . vendredi
13 h . . . 17 h
samedi / dimanche / jours fériés
14 h . . . 18 h
Rencontre
mardi 1 er décembre 2020 / 16h00
avec Clio Simon, organisée avec le
CEAC de l’Université de Lille et l’ESÄ
Nord - Pas-de-Calais / Dunkerque
- Tourcoing.
Dans un contexte bouleversé par la
crise du Covid, qui met en évidence la
complexité de notre rapport au Monde
et réinterroge l’organisation de nos
sociétés, Clio Simon abordera ses
recherches à travers le prisme de la
digression comme un moyen « autre
» d’appréhender, de comprendre ce
Monde et de lui redonner du sens.
Visioconférence
https://univ-lille-fr.zoom.us/j/99048808876La Vie des
lement
‘hies
, Alexandra
beni comuni s'est
‘erte.
9), livre qui
Rome en 2018, est
3
Géographie des possibles
De quoi se soucier ? Avec quels outils (re)-construire ? De quelle manière porter
attention ? Quel point de vue — ou plutôt quel point de vie1 — faire nôtre ?
Pour réparer, ou encore et surtout, pour imaginer. Cette exposition, intitulée
Oïkos (ensemble de biens et d’Êtres rattachés à un même lieu d’habitation et
de production), nous invite à nous installer, à prendre le temps de voir dans le
noir, à trouver la juste distance depuis laquelle observer le monde que nous
habitons, ou tentons d’habiter.
Formes de vie amoureuses
Una storia d’amore (24 min., 2019), film tourné à Rome en 2018, est
le portrait d’un lieu, ou plutôt d’un microcosme : Forte Prenestino. Ce lieu est
autogéré depuis les années 80, et se situe dans la périphérie de la capitale
italienne. La vie s’y organise, se construit de manière autonome, selon le principe
des beni comuni (les biens communs)2 , en un espace traversant remettant
en question la propriété privée, l’individualisme libéral et l’asservissement à
l’autorité étatique. C’est un terrain de jeu pour Clio Simon qui filme alors en
adoptant parfois les gestes d’une anthropologue, sachant rester discrète, à la
faveur de plans-fixes plus ou moins longs, de regards, d’attentes. Le montage
est avant tout d’observation sensible, quasi phénoménologique, parfois
caressant, d’autres fois incisif.
En regardant ce film, je pense à Operai, Contadini (Ouvriers, Paysans,
2001) signé Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, tourné dans une clairière de
Toscane : des hommes et des femmes y prennent la parole, statiques, dans une
Agora végétalisée. Ils disent un chant ancien, celui du travail, celui de la res
rustica antique. Ils disent la survie et la poésie. Nous sommes au lendemain
de la seconde guerre mondiale, et cette réunion dans les bois est une manière
de réapprendre les gestes du quotidien, de lire ensemble, afin d’imaginer à
nouveau comment vivre. Si je pense à ce film, c’est que Clio Simon sait prendre
le temps du regard, avec le même souci fédérateur et politique que Huillet-
Straub : de la nature qui l’entoure aux gestes les plus simples. Car il s’agit chez
elle d’une étude, en amitié, de la vie qui se développe sous ses yeux. Avec Una
storia d’amore, l’histoire d’amour que nous raconte la cinéaste est celle d’un
« Nous amoureux »3 , capable de penser la vie commune dans son acception
la plus féconde. Ce Nous est celui des « formes de vie », selon une conception
élargie de la vie multi-spécifique — vie plurielle et métamorphique, à la fois
humaine, animale, végétale, infra-mince, en constante évolution imaginative ;
et en accord avec le vivant authentique, infiniment migrant.
Amoureusement donc, filmer des feuilles d’abord, des arbres, des
fruits, une grenade dévoilant ses graines roses, les ailes d’un papillon, une toile
d’araignée. Tourner autour du lieu en le respectant, en en prenant soin. Passer
1. L’expression « point de vie » est empruntée
à la pensée d’Emanuele Coccia (La Vie des
plantes, 2016). Elle est reprise également
dans Terra Forma / Manuel de cartographies
potentielles, Frédérique Aït-Touati, Alexandra
Arènes, Axelle Grégoire, 2019.
2. Le mouvement des beni comuni s’est
développé en Italie depuis plus de 30 années,
alimentant une manière alternative de
concevoir les rapports entre droit, politique,
propriété et souveraineté. Lire à ce propos,
par exemple, Dardot Pierre et Laval Christian,
2014, Commun. Essai sur la révolution au XXI e
siècle, Paris, La Découverte.
3. En exergue de son film, Clio Simon a placé
une citation de Marielle Macé, extraite
de Nos cabanes (Verdier, 2019), livre qui
l’accompagnait pendant le travail de montage
du film. Précisons ici l’usage que fait l’artiste
des citations disposées au cœur de ses
objets filmiques : à la fois indices et seuils
pour le spectateur, ces références ont valeur
de positionnement théorique, et témoignent
d’une posture de recherche en mouvement,
invitant autant les sciences sociales que la
philosophie, la littérature, l’astronomie… à se
joindre à elle.4
plusieurs minutes sur une fresque murale sur laquelle on croise des indices, là
ITALO CALVINO en lettres capitales, là encore le visage canonique de Rimbaud.
Le travail sonore est musical et expérimental pout mieux accompagner la
vision en s’approchant par exemple des mains qui découpent de l’ail frais
pour le diner, des bras de celui qui prépare des tracts pour la fête du soir sur
lesquels on peut lire : « LA FESTA LA FAI ANCHE TU ! » / « TOI AUSSI VIENS FAIRE
LA FÊTE ». La caméra filme la friche, au sens où en parle Gilles Clément : cet
« espace de vie laissé au libre développement des espèces qui s’y installent
»4. Ici, jardiner renouvelle le politique, de même qu’élever les abeilles, suivre le
chat ou écouter l’oiseau deviennent une manière silencieuse de communiquer.
Pour une « poésie de signes […] jusqu’à en percevoir les possibles », écrit la
filmeuse attentive. Et, elle a bien raison de le rappeler : « un lieu est une force
de proposition ».
Vers l’harmonie des sphères
En 2009, Clio Simon voyage pour la première fois au Chili. De ce séjour
marquant, plusieurs films verront le jour. La Ñaña (5 min., 2012) est le portrait
frappant d’une femme Mapuche auprès d’un feu de bois crépitant. La veille-
femme fait le récit des violences policières dont elle a été victime sous la
dictature de Pinochet5 . « Les terroristes ce sont eux, ils ont violé tous les droits
de l’Homme, ceux de la Femme, du troisième âge » : nous entendons sa voix
douce raconter la tragédie sans jamais voir son visage. Elle nous raconte les
luttes justes et les révoltes qu’il faudra encore mener pour récupérer les terres
spoliées, celles qui devraient être ensemencées pour vivre et non pour en faire
commerce ; celles qui, en définitive, n’appartiennent à personne. Ce portrait est
pour Clio Simon une manière de donner à sentir qu’une autre manière de vivre
est possible, par l’autogestion et l’émancipation des peuples. Toujours au Chili,
Le Bruissement de la parole (17 min., 2013) est tourné dans le désert d’Atacama,
pour mieux dire la catastrophe dont le paysage garde les traces invisibles, la
mémoire tue et les paroles étouffées, gelées par le temps et l’oubli historique.
Le film se peuple progressivement des milliers de fantômes assassinés et
enfouis secrètement sous la terre aride pendant la dictature.
Les images tournées par l’artiste au Chili continuent d’innerver sa
pratique, lui permettant de continuer à mettre en scène ces nuages de fumée
ou de poussière, devenus similaires à un personnage récurrent, et qui agissent
comme de puissants révélateurs de l’image. Ainsi, Géographie de l’ineffable
est un film mettant en tension des plans tournés dans le désert d’Atacama
en 2012 et des images filmées dans le bassin minier du Nord de la France en
2020. « Aucune image ne naît dans le noir », nous dit la voix-off lors du prologue
lunaire du film : une part soustraite au regard persiste, comme le chant des
astres, pour des films qui ne sont jamais explicatifs, mais plutôt ouvrent des
fenêtres de sens, pour des récits arpentés et ouverts. De même, la composition
sonore refuse l’illustration, et la vidéaste l’explique en ces termes : « je filme
4. Gilles Clément, sur son site :
http://www.gillesclement.com/cat-mouvement-tit-
Le-Jardin-en-Mouvement
5. Suite au coup d’Etat du 11 septembre
1973, la dictature militaire de Pinochet prend
le pouvoir au Chili, après avoir renversé le
gouvernement démocratiquement élu de
Salvador Allende.possibles. Pour une réinvention
indépendante
5
en muet pour ensuite interroger le dialogue nécessaire entre image et son. Les
digressions qui peuvent en résulter donnent forme à des paysages silencieux,
bavards de signes qui semblent dilater l’Histoire en strates ».
Dès lors, si la ligne d’horizon du désert ne cesse d’osciller sous les
brumes de chaleur, c’est pour mieux nous rappeler que l’ineffable est « ce qui
ne peut être exprimé par des paroles ». Et que nous devons « réapprendre à voir
», malgré les images manquantes ; et même si cela nécessite un engagement et
une responsabilité. Aussi, si la jeune-femme du film trace un cercle au sol, c’est
bien pour créer le site rituel à l’intérieur duquel elle pourra danser, habitant
le vide en un dialogue harmonique avec le cosmos. Sa danse à elle, sur son
cercle de sorcière, est celle des derviches, dont les mouvements circulaires,
amplifiés par l’ampleur de leurs jupes, sont gouvernés par la force de Coriolis,
force motrice à l’origine des ouragans. L’énigme du film restera entière, car il
se situe à l’endroit même où la digression devient une manière de ne pas tout
comprendre, d’accepter la lacune de ce qui ne peut être dit. En faisant une
digression, on croit s’écarter du sujet principal, tout en étant au cœur palpitant
de la question. Car il s’agit ici pour Clio Simon de réhabiliter une forme de
savoir que l’on croyait perdue : le savoir des profondeurs et des nébuleuses,
le savoir retrouvé de « l’harmonie des sphères » prôné par les Pythagoriciens,
pour qui la géographie de l’Univers et des planètes était le fruit d’une perfection
mathématique et musicale.
Il en va d’une croyance dans les possibles. Pour une réinvention
des manières de vivre et de respirer, en accord avec l’environnement, sans
vouloir lutter contre lui, sans volonté de domination, et en dehors des
logiques rationnellement normées. C’est précisément ici que ce travail
cinématographique est politique, en ce qu’il est fondé sur le désir de redonner
à la pensée sa turbulence, c’est-à-dire son agitation féconde et troublante, son
désordre traversé de lumière, comme un astre parcourant l’atmosphère.
Léa Bismuth, critique d’art et commissaire d’exposition indépendante6
CLIO SIMON
Né en 1984 , vit et travaille à Lille.
Après avoir étudié aux Beaux-Arts de Lyon, Clio Simon étudie à Lyon2 et Paris VIII
l’Histoire de l’art et le Cinéma, puis au Studio national des Arts Contemporains
du Fresnoy, avec la collaboration de l’Ircam, Centre Pompidou en 2015.
Dans ses réalisations l’artiste Clio Simon développe l’idée selon laquelle les
hommes non seulement vivent en société mais fabriquent constamment de la
société pour vivre. Imaginaire et réel se retrouvent intrinsèquement liés pour
interroger les fondements même de nos sociétés.
L’artiste-auteur Clio Simon déploie une énergie poétique-politique dans la
réalisation d’oeuvres résolument hybrides, au caractère documentaire.
Clio Simon investit de manière complémentaire et transversale les champs
de l’Installation vidéo, du cinéma et des sciences sociales dans une démarche
pluridisciplinaire et collaborative.
Ses réalisations sont projetées sur les écrans d’événements internationaux
tels que Hors Pistes-Ircam /Centre Pompidou, Festival du Nouveau Cinéma
de Montréal (Canada), Instants vidéos (Marseille), Centquatre (Paris), Festival
Iberoamericano surrealidades (Colombie), Fresnoy Studio national des arts
contemporains, CRAC (Chili), Galerie Jeune Création, Galerie Maubert.
www.cliosimon.com072.
7
Œuvres présentées au CRP/ :
La Ñaña, 5 min., Chili, 2012.
Production : Clio Simon
Le Bruissement de la parole,18 min20., Chili, 2013
Production : Clio Simon, Musique : Claudio Merlet
Una storia d’amore, 24 min., Italie, 2019
Balade sauvage production, avec le soutien de la région Hauts-de-France et la
ville de Lille
Musique originale : Rosa Parlato
Géographie de l’ineffable, 12 min, 2020
Production : CRP/ Centre régional de la photographie Hauts-de-France
Coproduction : Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains
Avec le soutien de la SCAM «Brouillon d’un rêve», Pictanovo - Région Hauts-de-
France
Comédienne : Carine Goron.e l'ineffable, 12 min,
8
Clio Simon
Still du film Géographie de l’ineffable, 12 min,
2020oO © (Nil = E Z (Nil
9
Clio Simon
Una storia de amore, 24 min, 201918 min, 2020
nin, 2012
10
Clio Simon
Le Bruissement de la parole 18 min, 2020
Clio Simon
La Ñaña, 5 min, 201212
Le CRP/
Fondé en 1982, le CRP/ Centre régional de la photographie Hauts-de-
France à Douchy-les-Mines, labellisé « centre d’art contemporain d’intérêt
national », est un lieu d’exposition, de soutien à la création, d’expérimentation,
de diffusion et de médiation œuvrant dans le champ de la photographie et
de l’image contemporaine.
Ancré sur son territoire et tourné vers d’autres scènes artistiques à
l’étranger, la programmation du CRP/ repose sur l’invitation à des artistes à
produire de nouvelles œuvres, souvent réalisées dans le cadre de séjours de
recherche ou de résidences sur le territoire. Elle s’intéresse à la pluralité des
approches de la photographie et de l’image au sein des pratiques artistiques
contemporaines et aux rapports des artistes à l’espace social et politique.
À ce programme artistique, s’articule un programme culturel in situ
et hors-les-murs d’expositions, de conférences, de séances cinéma ou
de performances, ainsi que des projets pédagogiques et culturels menés
autour des œuvres et avec des artistes.
Lieu d’accompagnement de la création, il a dès son origine développé
en lien et sur son territoire un travail de commande artistique avec la Mission
Photographique Transmanche de 1988 à 2006, fondatrice de sa collection.
Cette dernière a été nourrie depuis par la programmation et les productions
du centre d’art. Le CRP/ fait en effet partie des quelques centres d’art dotés
d’une collection directement liée à son activité de production.
Le CRP/ a ainsi la particularité d’être doté d’un fonds comprenant une
collection de près de 9 000 œuvres, une artothèque, et une bibliothèque
d’ouvrages photographiques de références et de livres d’artistes. Cette
collection constitue un ensemble exceptionnel témoignant de la diversité et
de la richesse de la création photographique depuis plus de trente ans en
France et à l’étranger.
L’artothèque du CRP/ propose au prêt des publics près de 500 œuvres
photographiques originales.CRP/
# ms LE FRESHOY
si, TE RE
@ la Copie privée ( ‘din °
En " PRÉFET M EE,
Se ; Noel in fete , auts-de-France le Département La Porte du Hainaut Et
L L Das Ca
cn) d . C . a 7) NÉPRU UE —
9/4 Transvilles ET
Le CRP/ bénéficie du soutien de :
Centre régional de la photographie
Hauts-de-France
Place des Nations
59282 Douchy-les-Mines / France
+ 33 [0]3 27 43 57 97
communication@crp.photo
www.crp.photo
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Partenaires de l’exposition :