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Déliberation - DEL03E 0523 Annexe
unknown - novembre 1944 sur les traces de la liberation
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Wahlenheim.
Lien du pdf (unknown - novembre 1944 sur les traces de la liberation)
Thèmes du document : Armement, Guerre en Ukraine, Histoire et mémoire,
Novembre 1944 – Sur les traces de la libération
Ce samedi 10 décembre aura lieu une marche commémorative partant de Mommenheim pour rejoindre
Haguenau le 11 décembre.
Les villages traversés sont Wahlenheim – Bernolsheim – Rottelsheim – Kriegsheim - Batzendorf –
Niederschaeffolsheim.
Passage prévue dans notre village ce samedi vers 11 heures
Les participants seront tous porteurs de l’uniforme américain d’époque en l’espèce celui de la 79éme
division d’infanterie US.
La disposition du 315th Régiment d'Infanterie est délimitée entre Mommenheim, Hochstett, Rottelsheim et Bernolsheim. Faisant ainsi de Wahlenheim le Quartier Général du 315th Régiment d'Infanterie qui accueille le 1er Bataillon du Régiment. Ces cartes montrent la disposition de la 79th Division d'Infanterie entre le 24 novembre 1944 au 1 er décembre 1944, date à laquelle les troupes du 315th Régiment d'Infanterie se sont mises en route vers les villages au sud de Haguenau : Batzendorf, Kriegsheim, Niederschaeffolsheim et Harthouse. Leur route sera difficile et ils rencontreront une forte résistance dans ces villages et la forêt de Haguenau, pour finalement libérer la ville le 11 décembre 1944.
Document établi par MATHERN CharlesTEMOIGNAGES
Témoignage de Joseph GOMMENGINGER - Hochstett, âgé de 10 ans en 1944 :
« Je me souviens bien quand les soldats allemands passaient devant notre maison sur la route venant du carrefour des 3 Croix, pour traverser notre village. Plusieurs d’entre eux étaient à vélo, et une grande partie à pied. Leurs visages avaient un air sérieux. Plus tard les enfants et moi-même devaient fréquenter l’école allemande pendant environ 5 ans jusqu’en 1945. A partir de cette date, nous fréquentions l’école française.
En novembre 1944, on entendait, remporté par le vent, des tirs de mitrailleuses, et de fusils, voire autres, venant de la direction de Wittersheim-Mommenheim ; les soldats allemands devaient fuir, certains passaient à travers le canal et la Zorn. Un soldat allemand passait chez nous, tout trempé et demandait de l’eau ; il vidait presque la cruche de 2 litres en une fois ; aussitôt il repartait direction Batzendorf. On entendait le ronflement des véhicules de l’US Army à travers le chemin des champs menant de de Mommenheim à Hochstett et par le fossé pas loin de la chapelle, pour se rendre finalement dans notre village.
Les soldats américains occupaient surtout les cours des grandes fermes. Beaucoup vidaient leurs sacs, ils nous laissaient ramasser du chocolat, des bonbons, des petits paquets de cigarettes et même des jeux. Pour les gens du village c’était la joie, la libération. Alors un grand secteur était occupé par les soldats alliés pendant l’hiver qui était rude, froid et fortement enneigé. C’est à l’époque que j’ai vu la première fois une grande niveleuse qui dégageait la route, de très grandes congères, trop épaisses pour les chasse- neiges militaires.
Beaucoup plus tard, les soldats américains nous quittaient pour se diriger vers Batzendorf et ailleurs. Certains mettaient des manteaux tout blancs, afin d’éviter de se faire remarquer. A une vingtaine de mètres de notre maison, les troupes alliées avaient posé des mines antichars à travers la route, le lendemain elles les ont enlevées ; mon grand-père disait : si cela explose cette nuit, notre maison sera détruite, heureusement rien ne s’est passé cette nuit-là.
A quelques mètres de la dernière maison vers Wahlenheim, les américains avaient monté une pièce d’artillerie lourde, canon immense, calibre, je ne sais pas vraiment, minimum 155 ou 200mm, le tube du canon seul mesurait une dizaine de mètres de long ; ils tiraient heureusement peu d’obus, alors que les fenêtres de l’église cassaient et les tuiles des maisons s’envolaient en partie. Quelques jours plus tard, ils voulaient implanter cette pièce près de chez nous sur notre petit pré, que l’on appelait « S’dreispitzel », mais en voulant rentrer, les roues avant du camion monstre traineur descendaient dans la boue alors ils sont repartis ailleurs, je ne sais plus où ;
Mon grand-père disait encore : nous n’aurions plus gardé une tuile sur le toit ni de vitres dans les fenêtres.
A Schweighouse sur Moder, côté Wintershouse, tout un secteur était miné par les allemands ; je sais par un oncle que dans la forêt indivise de Haguenau, il y a eu des deux côtés (allemand et forces alliées) beaucoup de morts.
Voilà en gros quelques évènements que j’ai vécus à l’époque. N’oublions pas les grands pelotons de bombardiers alliés qui se déplaçaient vers l’Allemagne, ils volaient en colonnes triangulaires, au moins 30 à 50 par colonne et protégés par les petits chasseurs qui les entouraient systématiquement.
Je ne veux surtout pas oublier, je ne me rappelle plus de l’année ni du jour, où l’on a appris la mort de Eugène KIRCHER sur le champ de bataille. Dans sa maison située près de l’actuelle habitation WENDLING, était gérée une petite épicerie par madame Gertrude, la tante d’Eugène ».Témoignage de André LINGENHEIM - Hochstett, âgé de 9 ans en 1944 :
« Le soir avant la libération, les allemands avaient posté leurs mitrailleuses dans l’intention de stopper les américains mais dans la nuit, ils ont reçu l’ordre de se replier. Le lendemain vers 10 heures du matin, le 23 novembre 1944, Hochstett fut libéré par les américains qui venaient de la route Wahlenheim en jeep, half- track, command car. Le pourvoyeur (soldat qui apporte les munitions au tireur d’une arme automatique) qui était le premier à entrer dans Hochstett nous demanda s’il n’y avait plus de « Boches », on lui répondit que non.
Les soldats américains ont été très bien accueillis, nous leurs servions de la tarte flambée et du schnaps. Ils sont restés dix jours au village avant de recevoir du renfort. Dimanche matin, des soldats allemands qui s’étaient cachés dans la chapelle se sont rendus à la ferme OSTER pour se constituer prisonniers. Les alliés avaient placé leurs canons à l’Erzbuckel et Kohleyer et tiraient vers Batzendorf et Haguenau.
Un canon de grande puissance de feu qui était placé à côté de la grange Reymann faisait tomber les tuiles des toits environnants sous l’effet du souffle ; le canon mesurait plus de 8 mètres de long.
Monsieur LUTZ, instituteur et secrétaire de mairie, m’a chargé de prévenir les gens du village d’un couvre- feu à 17 heures. En arrivant sur la grande route de Pfaffenhoffen-Brumath, j’ai été surpris par des tirs allemands sur Hochstett ; en toute hâte, je me suis réfugié dans la cave Heitz, un obus a frappé le hangar Bittmann côté Heitz. Après l’attaque, M. Heitz m’a accompagné chez mes parents. Les troupes américaines avaient installé leur cuisine dans la ferme Adam, nous leurs rendions visite pour recevoir du beurre, du chocolat ».
Source documents – Site internet commune de Hochstett