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Document publié le Vendredi 27 juillet 2018 par la commune de Nevers.
Lien du pdf (Compte-Rendu - 2018 07 27 CRDB)
Thèmes du document : Médias, Justice et droit, Culture et patrimoine,
1
CONSEIL MUNICIPAL CONSEIL MUNICIPAL CONSEIL MUNICIPAL CONSEIL MUNICIPAL DE NEVERS DE NEVERS DE NEVERS DE NEVERS
SÉANCE DU SÉANCE DU SÉANCE DU SÉANCE DU VENDREDI 27 JUILLET VENDREDI 27 JUILLET VENDREDI 27 JUILLET VENDREDI 27 JUILLET 2018 2018 2018 2018
COMPTE RENDU DES DÉBATS COMPTE RENDU DES DÉBATS COMPTE RENDU DES DÉBATS COMPTE RENDU DES DÉBATS
ORDRE DU JOUR ORDRE DU JOUR ORDRE DU JOUR ORDRE DU JOUR
FINANCES FINANCES FINANCES FINANCES - - - - COMMANDE PUBLIQUE COMMANDE PUBLIQUE COMMANDE PUBLIQUE COMMANDE PUBLIQUE
Numéros Titres Page
2018 2018 2018 2018- - - - 127 127 127 127 Retrait de la délibération du 6 février 2018 relative à la délégation de service public par
affermage pour l'exploitation du théâtre municipal de Nevers - DSP
32
La séance est ouverte à 18 h 00 sous la présidence de M. Denis Thuriot, Maire de Nevers.
M. le Maire – Mesdames, Messieurs, chers collègues, bonsoir. Je vois qu’il y a beaucoup de
monde pour ce conseil municipal exceptionnel. Je sais que le théâtre est un sujet qui
passionne, et c’est bien légitime.
Je voulais donner quelques explications sur les raisons de la tenue de ce conseil, et
répondre à des demandes que j’ai reçu de certains élus, pour expliquer les choses
et notamment sur la non-transmission de certains éléments.
Je rappellerais que le programme de réhabilitation du théâtre municipal de Nevers
est arrivé à son terme. Il convient donc de procéder à la mise en œuvre de la future
programmation culturelle.
Désignation de deux secrétaires de séance Désignation de deux secrétaires de séance Désignation de deux secrétaires de séance Désignation de deux secrétaires de séance Avant que nous allions plus loin, je vais désigner deux secrétaires, et je propose que cela soit Anne Wozniak et Delphine Fleury. S’il n’y a pas d’opposition à cela, je vous remercie.
J’ai un certain nombre de procurations. Fabienne Dessartine a donné procuration à
Michel Suet. Pierrette Concile à Anne Wozniak à partir de 20 heures. Xavier Morel à
moi-même. Chrystel Pitoun à Isabelle Kozmin. Catherine Fleurier à Danielle Franel.
Elisabeth Gaillard à Philippe Cordier. Jacques Francillon à Guillaume Maillard.
Florence Vard à Yolande Frémont. Blandine Beltier à François Diot. Florent Sainte
Fare Garnot à Delphine Fleury, et Patrice Corde à Nathalie Royer.
201 201 201 2018 8 8 8- - - -127 127 127 127 Retrait de la délibération du 6 février 2018 relative à la délégation de service public par Retrait de la délibération du 6 février 2018 relative à la délégation de service public par Retrait de la délibération du 6 février 2018 relative à la délégation de service public par Retrait de la délibération du 6 février 2018 relative à la délégation de service public par affermage pour l’exploitation du théâtre municipal de Nevers affermage pour l’exploitation du théâtre municipal de Nevers affermage pour l’exploitation du théâtre municipal de Nevers affermage pour l’exploitation du théâtre municipal de Nevers – – – – DSP DSP DSP DSP
M. le Maire – Je reviens au sujet unique de l’ordre du jour de ce conseil, qui est le retrait de la
délégation de service public du théâtre municipal de Nevers.
Je voulais déjà revenir sur les conditions de réunion et d’organisation de ce conseil
municipal extraordinaire. Il peut effectivement être tenu à la demande motivée d’un
tiers des membres du conseil, mais sur une seule demande, ce qui n’a pas été le
cas, puisque nous avons reçu des demandes différentes. L’autre condition pour
qu’un conseil se tienne à la demande d’au moins un tiers des membres, c’est que la
question précise soit inscrite à l’ordre du jour, et qu’il y ait un ordre du jour, ce qui n’a
pas été le cas. J’ai en revanche, avec le groupe majoritaire, pris l’initiative, malgré
tout, d’organiser cette séance exceptionnelle du conseil municipal pour envisager
l’unique point de l’ordre du jour qui est le retrait de la délégation de service public
pour l’exploitation du théâtre.
Voilà pour les conditions de forme.
Sur les éléments qui ont été sollicités, effectivement nous réunissons ce conseil
suite à un déféré administratif faisant l’objet d’une procédure contentieuse qui est
confidentielle. Donc, les éléments confidentiels ne peuvent être versés au débat et3
communiqués aux élus, quels qu’ils soient, dans la mesure où une procédure est en
cours, et que le conseil municipal m’a donné pouvoir le 15 avril 2014 de défendre la
commune dans les actions intentées contre elle, qu’elles soient civiles, pénales ou
administratives. C’est la raison pour laquelle un certain nombre de pièces que vous
m’avez demandé ne vous ont pas été fournies. En revanche, le fondement de la
délibération d’aujourd’hui repose sur l’ensemble des pièces qui ont fait l’objet du
débat du conseil municipal du 6 février, plus le déféré administratif. C’est ainsi.
Toutes les pièces transmissibles à ce jour vous ont été remises. Les autres
éléments, je le rappelle, relèvent d’une procédure. Pour communiquer un déféré,
dans ces cas-là, il aurait fallu communiquer le mémoire en réponse, ce qui n’est pas
le cas à ce jour, compte tenu aussi de la proximité de cette procédure administrative
diligentée par le préfet.
Voilà ce que je souhaitais dire à titre liminaire. Je voulais quand même rappeler
qu’un certain nombre de pièces relatives à la délégation de service public vous ont
été transmises au fil du temps, puisque nous revenons en réalité au choix qui a été
fait le 6 février, et notamment la délibération du conseil, le procès-verbal de la
commission de DSP et l’ouverture des dossiers de candidature, le rapport d’analyse
des candidatures, le procès-verbal de la commission de DSP, la validation de la
candidature et l’ouverture des offres, les rapports d’analyse des offres, le procès-
verbal de la commission de DSP, l’avis sur les offres, le rapport d’analyse des offres
avec les négociations – qui est un document qui n’est pas du tout obligé d’être
transmis à quiconque, mais que j’ai souhaité communiquer, par transparence –, le
contrat de DSP et ses annexes, et le rapport de motivation du maire.
Tous ces éléments sont des éléments que vous avez depuis le début de ce suivi de
dossier devant le conseil municipal et dans les instances préalables, et donc nous
avons tout à fait les éléments aujourd’hui partagés pour prendre une nouvelle
décision.
Je vous renvoie bien évidemment au Code général des collectivités territoriales, que
je ne fais qu’appliquer.
Je rappelle que le 6 février 2018 le conseil a délibéré en vue de signer une
délégation de service public par affermage pour l’exploitation du théâtre municipal.
C’est un acte qui a été transféré aux services de l’Etat pour le contrôle de légalité.
Le 2 juillet 2018, la préfecture de la Nièvre a saisi le tribunal administratif par la voie
du déféré préfectoral. L’avis de publicité a été lancé pour un montant inférieur au
seuil européen de 5 225 000 € HT. Or, l’offre retenue était légèrement supérieure,
puisqu’elle s’élève à 5 536 826 € HT.
De fait, il existe un risque que le tribunal administratif considère qu’en lieu et place
d’une procédure de concession dite simplifiée la Ville aurait dû lancer une procédure
formalisée conforme au seuil européen. Bien que la Ville ait initialement évalué
sincèrement le besoin, cette interprétation au regard d’une activité économique
complexe – je rappelle que c’est une relance d’un théâtre municipal qui n’avait plus
de fonctionnement depuis des années –, il est possible qu’il y ait à terme annulation
de l’acte par le juge administratif, ce qui nous ferait perdre beaucoup de temps.4
Je pense que nous partageons tous ici, quelles que soient nos orientations, une
volonté de rouvrir le théâtre municipal de Nevers aux Neversois dans les meilleures
conditions et dans les meilleurs délais. C’est en tout cas notre priorité. C’est la
raison pour laquelle il vous est demandé ce soir de vous prononcer quant au retrait
de la délibération que nous avions prise le 6 février 2018.
Je voulais également conclure ma présentation de cette délibération par quelques
propos pour rappeler. Le revirement technique est lié aussi, disons-le, au fait que le
« Théâtre de Babylone », délégataire, n’aurait vraisemblablement pas été prêt à
prendre ce théâtre le 30 juin, mais après la commission de sécurité, puisque le
cahier des charges prévoyait qu’elle devait se tenir, mais, pour des raisons de
prolongation de travaux suite à la seconde toile, cette commission s’est réunie le 9
juillet, et elle a rendu un avis favorable. Nous tenons compte du fait aussi que l’entité
à laquelle nous envisagions de confier cette délégation n’aurait pas été prête à la
prendre dans les temps. Je tenais à le dire, et à le rajouter, pour être très précis et
très clair.
Nous avons à nous positionner aujourd’hui sur un choix technique, qui est le retrait
d’une délégation. Je voulais rappeler que cette ouverture du théâtre est un beau
projet qui prend réalité. C’est notre projet, à Nevers à Venir. Quand je lis parfois
« fiasco », « erreur », « échec », « propos alambiqués », « projet irréalisable »,
« entêtement », « rocambolesque », je me dis que la recherche du sensationnel fait
parfois perdre la raison.
Je voulais aussi indiquer que tout choix comporte une part de risque. Que donner sa
confiance est toujours un pari qui peut se solder par une déception. Et je voudrais
aussi m’adresser à tous les bien-pensants, les moralistes, les moqueurs, les
donneurs de leçons, et je les invite à se demander si une fois dans leur existence ils
ne se sont pas dit que ce n’est seulement qu’après avoir choisi que l’on sait si l’on a
eu raison sauf à posséder un talent de voyance exacerbé, qui pourrait peut-être
nous servir à la fête du Parc.
Ce choix était fondé. Je l’assume, nous l’assumons. Il était soutenu, motivé sur une
équipe jeune, comprenant une artiste avec une carrière incontestée, qu’on
l’apprécie, ou non, mais c’est le propre de l’art. Quelqu’un d’ailleurs contre laquelle
des propos inacceptables ont été tenus.
En tout cas, quand certains passent leur temps à la polémique, nous préférons
travailler à l’ouverture du théâtre et à l’intérêt des Neversois, et c’est ce que nous
allons faire ce soir dans la décision que nous allons prendre, la priorité étant une
ouverture la plus prompte possible, et nous l’avons préparée.
Je voulais peut-être terminer sur une note un peu plus d’humour, qui est d’un acteur,
que l’on apprécie, ou pas, et qui est de Coluche, qui disait la chose suivante : « Est-
ce qu'on peut jouer Hamlet sans casser des œufs, ça n'est pas sûr... » .
Voilà les propos que je souhaitais tenir, et sur lesquels évidemment vous avez la
possibilité de réagir.5
Véronique Lorans.
Mme Lorans – Merci, Monsieur le Maire, d’avoir pris l’initiative de convoquer un conseil municipal
extraordinaire bien que le formalisme des demandes n’ait selon vous pas été
respecté.
J’aurais préféré que cette exigence de formalisme soit plus présente dans la
procédure d’attribution de la délégation de service public pour le théâtre ; nous n’en
serions pas là aujourd’hui.
L’ordre du jour de cette séance est plus que surprenant : nous devons nous
prononcer sur le retrait de la délibération du 6 février dernier, le préfet ayant saisi le
tribunal administratif le 2 juillet, car le montant de l’offre retenue est supérieur au
seuil conforme à la procédure européenne. Les motifs d’annulation ne manquaient
pourtant pas ; je ne m’y attarderai pas sauf si vous m’y poussez, car il s’agit
maintenant d’envisager l’avenir du théâtre avec la clairvoyance qui a manqué
jusqu’ici.
Après que vous ayez rejeté les conditions que je posais pour sortir par le haut de la
défection tellement prévisible de Coline Serreau, j’ai repris – non sans vous avoir
prévenu – ma liberté de parole. J’ai depuis subi l’omerta du groupe Nevers à Venir,
auquel j’appartiens pourtant toujours, et, sans aucune information, je me vois
contrainte de vous poser ce soir publiquement les questions suivantes :
Premièrement, est-il nécessaire de retirer la délibération du 6 février alors que
Coline Serreau a fait défection ? N’est-ce pas lui donner un motif pour réclamer des
indemnités ? Ce serait un comble, je vous l’accorde, mais on peut s’attendre à tout
de la part de quelqu’un qui a présenté un budget insincère et qui a traité notre Ville
avec tant de mépris. Mais n’est-ce pas surtout une nouvelle manœuvre pour écarter
le candidat auquel la DSP aurait dû être attribuée ?
Deuxièmement, vous avez évacué ma proposition de travailler dans le sens d’un
retour d’Olivier Broda. Je demande une expertise juridique sur les points suivants :
La défection du « Théâtre de Babylone » n’entraîne-t-elle pas de fait l’attribution de
la DSP au candidat injustement écarté ?
Si ce n’est pas le cas, peut-on signer avec Olivier Broda et le « Théâtre du Temps
Pluriel » une convention d’objectifs et de moyens ? Au moins provisoirement ?
Dans le cas d’une relance obligatoire d’un appel à candidatures, celui-ci se
déroulera-t-il selon un cahier des charges identique au précédent ? Et dans quel
calendrier ?
Vous engagez-vous dès lors à respecter les règles en toute transparence ?
Troisièmement, vous avez annoncé sur les réseaux sociaux une exploitation en
régie municipale et une présentation de saison le 7 septembre. Vous avez refusé
que j’aie la maîtrise de cette programmation en lien avec les acteurs culturels du
territoire.
Etes-vous en mesure de garantir que cette programmation sera conforme à la
politique culturelle que j’ai écrite et que vous avez validée ?6
Prendrez-vous en compte la programmation d’Olivier Broda, qui, elle, était
annoncée, prête et conforme ?
Ne faut-il pas préalablement soumettre au vote la création d’une régie municipale ?
Quatrièmement, quelles seront les incidences financières pour la Ville de ce
changement de mode d’exploitation ?
Certes, la Ville récupérera le budget alloué au délégataire, mais perdra la redevance
d’affermage, et devra assumer les achats de spectacles, les charges générales et
les frais de personnel. Serez-vous en mesure de nous présenter, en même temps
que la saison le 7 septembre, le budget réel du théâtre ?
Quelle sera la politique tarifaire appliquée au public ? Quelles conditions financières
seront faites aux acteurs culturels locaux pour accéder au théâtre ? Allez-vous louer
le théâtre à des tourneurs qui pourront pratiquer leurs propres tarifs ?
Cinquièmement, la programmation du théâtre s’inscrit dans un paysage culturel
dense et de qualité :
Comment prendrez-vous en compte les enjeux relatifs à la labélisation de la MCNA,
inscrite dans la DSP que vous avez attribuée à Jean-Luc Revol ?
Accepterez-vous de tenir compte, enfin, de l’expertise de la DRAC, et de l’associer à
l’avenir du théâtre ?
Qui sera l’élu(e) référent(e) pour les acteurs culturels du territoire ?
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus du groupe Nevers à Venir, la
réouverture du petit théâtre était le plus beau projet de notre mandat. Vous ne
m’avez pas fait confiance sur la façon de mener à bien ce projet. Vos décisions
étaient prises à mon insu dans une sphère privée, pas dans un cadre municipal. Je
vous ai alerté en vain, et je n’ai tenu bon que parce que je pensais qu’au bout du
compte la raison l’emporterait. Aujourd’hui nous ne pouvons que constater un fiasco
qui ridiculise notre ville. Mes dernières questions – pour ce soir seulement, ne vous
réjouissez pas trop vite ! – sont celles-ci :
D’abord, comment comptez-vous traiter la candidature d’Olivier Broda, qui était – et
demeure – en tous points excellente ? C’est la candidature d’un artiste expérimenté,
ancré dans le territoire et rayonnant au niveau national. Son dossier répond non
seulement au cahier des charges, mais aussi aux engagements de Nevers à Venir.
Il propose une programmation en cohérence avec notre politique culturelle et
présente un modèle économique sérieux et viable.
Ensuite, Monsieur le Maire, comment envisagez-vous les conditions de mon
implication à vos côtés en tant qu’adjointe déléguée à la culture et au patrimoine ?
Quel est le sens de cette délégation ? Quels sont mes moyens d’action, alors que
vous avez décidé sans me concerter une réorganisation absurde des services
culturels à la suite du désaccord que j’ai exprimé le 6 février ?
Enfin, je voudrais m’adresser aux élus du Groupe majoritaire : je ne peux pas cacher
ma déception, mais à titre personnel je garde l’espoir qu’il est possible de faire de la
politique autrement. A moins de deux ans d’une échéance électorale, il est temps
que vous mettiez en pratique les principes de Nevers à Venir, et que vous osiez7
vous exprimer avec le courage, la sincérité et le sens de l’intérêt général auxquels
vous vous êtes dits attachés pendant la campagne qui a mené à notre élection !
Je vous remercie.
M. le Maire – Merci. Wilfrid Séjeau.
(Applaudissements dans le public)
M. le Maire – Je vais être très clair. Je vais demander aux forces de l’ordre de faire respecter … Il
y a des règles, même pour le public. En conseil municipal, le public n’a pas à
manifester une approbation ou une désapprobation. Ceux qui ne respectent pas la
règle, je les invite à quitter la salle. C’est valable pour tous les sujets. Donc, je
demanderais aux responsables du service d’ordre de faire veiller à cette règle, s’il
vous plait.
Wilfrid Séjeau.
M. Séjeau – Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, chers collègues.
Vous nous avez fait une présentation, Monsieur le Maire, assez idyllique de la
situation, en présentant la délibération de ce soir comme un point essentiellement
technique. D’après vos propos, j’ai compris que tout allait bien dans le meilleur des
mondes. Mais je voudrais quand même revenir sur un certain nombre de sujets dont
a parlé Véronique Lorans, mais j’en aborderai d’autres.
Cette histoire du petit théâtre est véritablement un feuilleton, avec des
rebondissements, des épisodes, des coups de théâtre, vous me passerez
l’expression. Je crois que dans tout bon feuilleton, il faut déjà faire un rappel succinct
des épisodes précédents, afin que tout le monde puisse bien comprendre la
situation. Si vous me le permettez, je ferai un rappel succinct de ce scénario
particulièrement bien rodé et surprenant, digne des meilleures séries.
Le 7 mars 2017, le conseil municipal de Nevers décide le lancement d’une DSP pour
le petit théâtre. A cette époque-là, cette décision était consensuelle ; nous étions
tous d’accord quant à ce type de gestion pour le petit théâtre.
Suite à cette décision, un rapport d’orientation est produit, ou une sorte de cahier
des charges, qui fixe le cadre de cette délégation de service public, avec, à
l’époque, un montant estimé du contrat – c’est important, car c’est aussi pour cela
que nous sommes là ce soir – sur la durée des cinq ans de 3 M€. C’était le montant
estimé du contrat au départ.
Deux candidatures ont été reçues : celle de Coline Serreau, pour le « Théâtre de
Babylone », et celle d’Olivier Broda. Après une première analyse, extrêmement
favorable à la candidature d’Olivier Broda, d’autres analyses sont intervenues, qui
ont fait qu’in fine la candidature de Coline Serreau est passée juste au-dessus de8
celle d’Olivier Broda, alors qu’elle n’avait pas changé de façon fondamentale les
éléments de sa candidature ; ce qui nous a, à l’époque, conduits à dire qu’il y avait
eu des vices dans la procédure, et que le dossier n’avait pas été correctement jugé,
et qu’en gros, on avait tout fait pour rattraper Coline Serreau contre toute raison et
contre tout élément objectif de ces dossiers.
Lors du conseil municipal de février, j’avais pointé un risque juridique. J’avais dit que
cette décision risquait d’être entachée d’illégalité. Et j’avais aussi pointé l’aspect
délirant du montage financier du dossier de Coline Serreau. Et d’ailleurs, je n’avais
pas été le seul à le pointer, puisque vos services, dans leur analyse, avaient écrit, à
propos du dossier de Coline Serreau, qu’il s’agissait d’un « modèle économique
basé sur un objectif de financement institutionnel public surévalué ». Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les services. En effet, le « Théâtre de Babylone » espérait recueillir à peu près 1 M€ par an de financements publics, ce qui, de l’avis de tous les financeurs publics, était complètement hors de propos et délirant. Je regrette d’ailleurs, lorsque vous nous avez parlé de tous les documents que vous nous avez fournis, que le compte rendu du conseil municipal de février ne soit toujours pas disponible, puisque cela aurait permis d’étayer ces propos.
Je reviens sur cette question des 3 M€ et des 5 M€, parce que les documents que
vous nous avez communiqués, le recours du préfet, s’appuient sur ce dépassement
d’un certain seuil, qui nécessitait, si j’ai bien compris, une procédure européenne.
Cette mise en cause de la décision par le préfet est directement due au fait d’avoir
retenu Coline Serreau, car, si vous aviez retenu l’offre financièrement raisonnable
d’Olivier Broda, on restait dans l’enveloppe initialement prévue au contrat, et donc il
n’y aurait eu aucun biais pour attaquer la décision, en tout cas sur ce point. Pourquoi
une négociation n’a-t-elle pas été menée avec Coline Serreau pour qu’elle fasse une
offre de financement global qui rentre dans cette enveloppe ? On peut se poser la
question, puisque nous aurions évité, du coup, ce recours de la préfecture.
Pendant que nous discutions de cette situation, le préfet, lui, très rapidement, s’est
saisi du dossier, pour contester, dans le délai de deux mois, la décision qui avait été
prise. Dès le mois d’avril, vous saviez que le préfet avait attaqué la délibération et
qu’il en contestait la légalité. Vous ne nous en avez jamais fait état, vous n’en avez
jamais parlé. Et le 2 juillet, quand vous vous exprimez sur la non-venue immédiate
de Coline Serreau, vous ne mentionnez pas non plus la démarche du préfet pour
contester la légalité de cette décision.
Nous n’avons pas le déféré du préfet, ce document où il énonce les éléments qui
l’ont poussé à attaquer la décision municipale. C’est pourtant une pièce tout à fait
décisive pour pouvoir se prononcer ce soir. Si nous ne savons pas au juste pourquoi
le préfet attaque l’acte, comment pouvons-nous légitimement, et intelligemment, je
l’espère, délibérer sur ce point ? Nous ne le pouvons pas.
Nous allons effectuer davantage de recherches, mais nous considérons que ce
déféré est un document public qui doit être communiqué aux élus. En tout cas, dans
la délibération, il est bien noté « considérant le déféré préfectoral en date du
2 juillet ». Or, nous ne pouvons pas le considérer puisque nous ne l’avons pas. C’est un élément tout à fait important pour que nous puissions nous prononcer. Dans une9
série ou dans un film, il est toujours laissé des choses un peu à l’appréciation et à
l’imagination des spectateurs ; là, c’est le cas, vous nous laissez beaucoup de place
pour imaginer ce qu’il y a dans ce document. Vous nous mentionnez juste cette
question de seuil. On peut imaginer que le préfet a attaqué l’acte sur d’autres points,
tant il nous semblait que le choix du « Théâtre de Babylone », effectivement, était
entaché d’un certain nombre d’irrégularités.
Je reviens sur le déroulé de cette histoire. En juillet, vous nous annoncez, alors que
vous savez, par ailleurs, que le préfet a attaqué la décision, que Coline Serreau
finalement ne viendra pas, ou alors peut-être qu’elle viendra seulement en 2019.
Vous nous annoncez aussi à ce moment-là – ou alors cela a été mal retranscrit par
les médias, mais je vous laisserai dans ce cas-là rectifier – qu’il y a des problèmes
parce qu’elle a mobilisé davantage de financements que prévu. Cette affirmation est
restée quand même sans éléments pour l’étayer. Je vous repose donc la question :
Pourquoi Coline Serreau n’a-t-elle pas été en mesure de venir faire ce pour quoi elle
avait été engagée ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire qu’elle aurait recueilli
davantage de financements, alors qu’elle annonçait déjà un niveau de financements
totalement délirant ? Cela voudrait dire qu’elle aurait recueilli plus de 1 M€ par an de
financements publics d’ores et déjà ? C’est drôle, parce que, quand on interroge la
Région, il n’y a jamais eu de délibération pour le moment sur ce sujet-là. Donc, je
vous repose cette question : Pourquoi Coline Serreau n’est-elle pas venue ? Qu’est-
ce que c’est que cette histoire de financements plus importants ?
De la même façon, nous n’avons eu aucune connaissance des échanges, des
courriers, peut-être de la procédure de conciliation qu’aurait pu tenter la préfecture ;
j’imagine que le préfet ne s’amuse pas à attaquer une décision au tribunal
administratif comme cela. Je pense qu’il a déjà essayé de trouver un terrain
d’entente avec vous, de toute évidence, cela n’a pas été possible.
Au final, et je partage l’analyse de Véronique Lorans, tout cela vient bien du choix de
Coline Serreau. Alors, oui, Monsieur le Maire, vous avez raison, faire de la politique,
c’est prendre des risques, mais là, vous avez vraiment été « tête brulée », si je puis
me permettre. Parce qu’il ne fallait quand même pas être grand clerc quand on a
analysé le dossier pour se rendre compte que le dossier de Coline Serreau ne tenait
pas la route. Votre adjointe l’a dit. Nous l’avons dit. Les services, lors de la première
analyse, l’ont dit, avant qu’on leur demande de refaire une analyse plus conforme à
vos souhaits. Alors, ce risque n’était pas mesuré. C’était une décision que nous
continuons de considérer comme inconséquente, et qui fait que les Neversois sont
aujourd’hui privés d’un projet culturel et d’une action culturelle pour le petit théâtre.
Vous nous parlez de la mise en place d’une régie. Quel projet ? Quel financement ?
S’appuyant sur quelle délibération, puisqu’aujourd’hui ne nous est pas proposée une
délibération pour la mise en régie du petit théâtre ?
Je terminerai mon intervention pour bien comprendre ce scénario assez alambiqué,
reprenant un certain nombre de questions :10
Une question sur ce fameux financement supplémentaire qu’aurait recueilli Coline
Serreau.
Et, surtout, pourquoi Coline Serreau n’est-elle pas venue ?
Une demande officielle de communication du déféré préfectoral, pour que les élus
de l’opposition puissent faire leur travail, et avoir tous les éléments, et décider en
connaissance de cause.
Et surtout vous demander pourquoi aujourd’hui nous décidons d’annuler cette
délibération. Pourquoi, si vous êtes aussi sûr de votre fait, si vous êtes aussi sûr de
la qualité de vos choix, ne pas attendre sereinement que le tribunal administratif de
Dijon se prononce sur le sujet ? Et, en attendant, mettre en demeure Coline Serreau
de faire ce à quoi elle s’est engagée, ce pour quoi elle a été choisie par le conseil
municipal ? Et si elle ne le fait pas, appliquer les clauses prévues dans le contrat,
c’est-à-dire des pénalités financières ? C’est-à-dire que Coline Serreau aurait la
responsabilité de financer la régie municipale ? C’est écrit dans le contrat, c’était
prévu ; qu’effectivement, si Coline Serreau ne faisait pas ce pour quoi elle avait été
engagée, dans la mesure où les travaux ont été réceptionnés. C’était la seule clause
suspensive.
Donc, pourquoi annuler cette délibération ? Pourquoi ne pas mettre Coline Serreau
face à ses responsabilités ? Pourquoi ne pas lui imposer les pénalités, et, puisque
vous semblez si serein par rapport à la qualité de vos décisions, ne pas attendre le
jugement du tribunal ?
Je vous remercie par avance de nous éclairer sur tous ces points. Merci.
M. le Maire – Je vous éclairerai d’emblée sur quelques points.
Tout d’abord, pourquoi ne pas attendre ? Parce que notre priorité, ce n’est pas les
polémiques, ce n’est pas les recours, ce n’est pas les procès ; c’est l’ouverture du
théâtre. La priorité, c’est d’annoncer en septembre une saison culturelle à lancer dès
le mois d’octobre. Voilà pourquoi nous avons pris la décision effectivement de tenir
compte du recours du préfet qui présente un risque. Quand vous dites que je ne
mesure pas les risques, je le fais, justement.
Et la deuxième raison, c’est que Coline Serreau nous a annoncé devoir avoir plus de
temps pour préparer une saison, et effectivement elle n’est pas dans les clous : elle
a annoncé que ce ne serait pas avant janvier 2019, ce que nous ne voulions pas
attendre, par rapport à l’engagement pris avec les Neversois.
Voilà pourquoi nous souhaitons privilégier une décision qui soit rapide, tenant
compte des difficultés que j’ai résumées tout à l’heure.
Je voulais préciser, sur votre demande de déféré administratif, que le Code général
des collectivités territoriales rappelle que les élus peuvent obtenir la communication
de tous les documents dans la limite de ceux qui sont accessibles à tout habitant ;
les éléments d’une procédure ne le sont pas. Il a un déféré, effectivement, qui relève11
que nous sommes un peu au-deçà par rapport au montant du marché. Ce sont des
éléments qui avaient déjà été connus lors du débat du conseil municipal du 6 février.
C’est la raison pour laquelle je vous dis qu’il n’y a rien de spécifiquement nouveau.
Je reviendrai sur le calendrier que vous avez évoqué tout à l’heure. Le risque
juridique que vous aviez évoqué l’autre fois n’était pas celui-là. Ce n’était pas le
fondement aujourd’hui du déféré du Préfet. Il n’y a pas eu de recours pour le
contester, comme il n’y a pas eu de recours d’Olivier Broda sur le fait qu’il n’ait pas
été attributaire de la DSP.
Je réponds à Madame l’Adjointe pour lui dire qu’il n’est pas possible d’attribuer
juridiquement la DSP à un autre candidat. Si l’on décide de repartir sur une DSP, il
faudrait rouvrir une procédure complexe, et je pense que chacun le sait, le fait que
nous retirions la DSP fait que cela entraîne une mise en régie de facto, ce qui ne
nous empêchera pas un débat à venir sur le mode de choix. Mais je reviendrai tout à
l’heure sur les échanges que nous avons, très réguliers, avec la DRAC, qui nous
guide de façon différente aujourd’hui sur les orientations que l’on nous avait
préconisées au départ.
Donc, voilà les raisons pour lesquelles nous souhaitions qu’il y ait une prise de
décision aujourd’hui plutôt que de repartir sur des recours qui pénaliseraient
l’ouverture du théâtre, puisque, vous le savez, la difficulté serait de nous interdire
d’ouvrir, alors que la priorité, pour le public, est de pouvoir retrouver le théâtre – qui
est fini de rénover, et qui est ouvert aux visites – dès l’automne sur une saison
complète.
François Diot.
M. Diot – Monsieur le Maire. En complément, et en total accord avec ce que vient de dire
Wilfrid Séjeau :
D’abord, en tant qu’élu communiste, je regrette, avec ma collègue Blandine Beltier –
qui n’a pas pu se déplacer ce soir –, qu’il ait fallu, quoi que vous en disiez, que nous
réclamions, avec 13 conseillers municipaux qui vous ont tous écrit en ce sens, et qui
sont donc parfaitement identifiés nominativement, un conseil extraordinaire pour que
vous vous résolviez à le faire un vendredi soir du 27 juillet. Heureusement qu’il y a le
quorum ! Vous n’aviez de toute façon pas le choix, puisque le tiers du conseil
municipal était réuni pour vous y contraindre.
Je pense qu’au vu de la situation et de l’importance du sujet, Monsieur le Maire,
vous auriez bien évidemment dû le faire spontanément et en prendre l’initiative
vous-même il y a bien longtemps. En tout cas, c’est comme cela que nous
concevons la démocratie, la transparence et le rôle d’un maire.
Nous regrettons également d’être obligés de vous demander un conseil
extraordinaire pour avoir des informations qui nous sont dues, car nous sommes des
élus, et nous avons droit d’être informés des sujets qui touchent à la Ville de Nevers,
a fortiori quand ils sont de cette importance. Et vous pourrez toujours nous raconter qu’un simple recto suffit pour un sujet de cette importance ; permettez-moi d’en12
douter. En tout cas, moi, je ne m’en contente pas. Ce n’est pas possible de voter un
sujet d’une telle importance avec un simple recto, pratique, technique, comme vous
dites.
Je pose la question : est-il normal que nous soyons amenés à constater et même à
découvrir, sans aucune communication, ni aucun élément de votre part, l’absence
de Coline Serreau au 1er juillet, alors qu’une DSP avait officiellement été votée en ce
sens, que nous avions eu un conseil Municipal 10 jours avant, le 19 juin, qui a duré
près de 6 heures, et que vous n’en avez pas touché un mot ? Dix jours avant la date
fatidique du 1er juillet, alors que vous saviez tout. Est-ce cela, « le nouveau monde »,
Monsieur le Maire ?
Est-il normal que nous découvrions, en tant qu’élus, à la faveur d’un « Facebook
live » en direct sur internet avec la population, le lundi 2 juillet, des éléments que
vous aviez jusque-là décidé de cacher délibérément aux élus que nous sommes ? Et
est-il normal que nous apprenions par les réseaux sociaux la mise en place d’une
«régie municipale provisoire » au mois de septembre ; ce qui n’est, a priori, pas un
tout petit sujet, car j’imagine qu’il y a une procédure à suivre ?
Est-il normal, également, que vous refusiez délibérément de répondre sur ce sujet à
la presse locale ?
Monsieur le Maire, j’alerte sur une grave dérive : le mépris de l’opposition, conjugué
au mépris de la presse, ne caractérise pas en général des régimes très
démocratiques. Oui, en démocratie, l’opposition et la presse écrite, ça compte ! Et
ça se respecte.
Je vous invite donc, et j’invite nos collègues de la majorité municipale qui sont
comptables de la gouvernance municipale, à cesser cette dérive autoritaire et
autocratique (j’ose le mot), et à respecter, à travers les élus que nous sommes, et à
travers la presse locale, la population neversoise dans son ensemble, et aussi
accessoirement la conception d’une démocratie qui quand même devrait être notre
bien commun le plus précieux à tous.
Sur le fond, maintenant : nous avons demandé ce conseil extraordinaire pour avoir
des éléments de réponse à cette question que nous posent de nombreux
Neversois : « Qu’est-ce qui se passe avec le théâtre ? » Et donc, nous avons surtout
des questions à vous poser. Je ne reviendrai pas sur toutes les questions qu’a déjà
posées Wilfrid Séjeau.
Le déféré préfectoral. Que contient-il ? Nous vous avons demandé, dès le début de
cette semaine, à plusieurs reprises, à être destinataires du texte de ce déféré
préfectoral. Cela devrait aller de soi, et on ne devrait même pas avoir à vous le
demander ! Pourquoi ne l’avez-vous pas annexé à la délibération, puisqu’il s’agit
visiblement de l’unique explication, selon vous, technique, du bien-fondé de cette
délibération ?
Et malgré nos multiples relances, vous vous bornez à nous envoyer un accusé de
réception par mail. Sans réponse. C’est une nouvelle marque de mépris (et,13
accessoirement, une forme d’impolitesse) dont nous vous savons désormais
coutumier.
Mais au-delà de cela, c’est contraire au droit général d’information des conseillers
municipaux, qui stipule qu’«avant toute séance du conseil Municipal, chaque
conseiller dispose du droit individuel à demander des compléments d’information et à consulter le dossier de chaque projet de délibération. Le maire ne doit dissimuler sciemment aucune information utile et doit la communiquer sur simple demande ». Vous contrevenez donc clairement à un droit élémentaire de chaque élu-e, et vous êtes en contradiction flagrante avec l’article L. 2121-13 du Code général des collectivités territoriales.
Au final, vous nous présentez une délibération qui s’appuie sur un déféré préfectoral
que vous refusez de nous donner. Pourquoi ? Y aurait-il d’autres éléments, dans les
échanges que vous avez eus avec le préfet que ce simple problème administratif de
seuil de 5 200 000 € ?
Monsieur le Préfet avait deux mois à compter de la transmission de la délibération
prise le 6 février pour saisir le tribunal administratif. Il ne l’a fait que le 2 juillet, soit
cinq mois après… Cela veut dire une chose : c’est qu’il a engagé, vis-à-vis de vous,
vis-à-vis de la municipalité, des discussions dans ce laps de temps (ce qu’on appelle
un « recours gracieux », qui suspend temporairement le délai de deux mois). Quels
ont été les termes de ces échanges entre la Mairie et la Préfecture ? Pourquoi n’ont-
ils pas abouti, amenant le préfet in fine à saisir le tribunal administratif ? Là aussi,
vous nous cachez des choses. Nous devrions être informés de tout cela !
Et donc nous vous demandons solennellement le contenu de ces échanges et le
contenu du déféré préfectoral.
En vérité, nous savons (cela saute aux yeux, et ce n’est un secret pour personne)
qu’il y a bien d’autres choses derrière cette explication « politiquement correcte »
d’un dépassement de seuil de marchés publics. C’est évident…
D’ailleurs personne ne peut croire, sincèrement, que les services de la Ville aient
laissé passer une erreur aussi grossière. Nous les connaissons, et ce sont des gens
de métier. Par ailleurs, compte tenu du dépassement (qui est somme toute modeste,
au regard des 5 millions du marché), chacun sait que, dans ces cas-là, la chose est
rattrapable, et que l’on peut rentrer dans les clous « intelligemment », sans être
obligé de casser la procédure…
Donc « on ne nous dit pas tout » ! Nous sommes ici pour que vous nous disiez la
vérité, tout simplement.
En revanche, des choses, vous en avez dites beaucoup lors de ce fameux
« Facebook live» en direct avec les Neversois. C’était le 2 juillet au soir, c’est-à-dire
le jour même où M. Le Préfet a saisi le tribunal administratif, et vous ne nous ferez
pas croire que vous n’étiez pas au courant, en parlant en direct aux Neversois !
Vous avez dit que Coline Serreau arriverait finalement avec du retard, début 2019.
Alors que vous saviez que le préfet nous envoyait au TA ! Je ne peux qu’en déduire14
que vous avez menti aux Neversois. De toute façon, avec la délibération de ce soir,
« les carottes sont cuites ».
Donc je pose la question : maintenez-vous, ce soir, l’annonce de l’arrivée de Coline
Serreau début 2019 à Nevers ? C’est fini ? Donc, il faut le dire !
Autre question : vous avez affirmé que des financements supplémentaires, non
attendus, avaient été obtenus depuis le mois de février et que c’était une explication
du retard de Coline Serreau. Peut-on savoir quels sont ces fameux financements
supplémentaires ?
Question connexe : vous avez dit que, du fait de ces financements supplémentaires,
qui étaient tombés du ciel, et qui n’étaient pas attendus, le contrat avait évolué et
que c’est pour cela que Coline Serreau avait besoin de temps. Mais jusqu’à preuve
du contraire, une mise en concurrence a eu lieu, des offres ont été faites, un contrat
a été signé. Si le contrat change en cours de route, ne s’expose-t-on pas à un risque
juridique, et à un recours de M. Broda qui décidément est vraiment bien gentil de ne
pas avoir saisi lui-même le TA depuis belle lurette dans cette affaire ?
Vous avez enfin annoncé, toujours lors de ce « Facebook live », une « régie
municipale provisoire » à partir de la rentrée. Maintenez-vous cette affirmation ? Si
oui, on en décide quand ? Car la rentrée, c’est très bientôt. J’imagine que vous avez
prévu de demander l’avis du conseil municipal, et que cela passe par une
délibération. Donc en parle quand ?
Sur tous ces sujets-là, vous avez fait des annonces officielles, en direct, à la
population neversoise. Soit vous vous êtes beaucoup engagé de manière fort peu
prudente, soit vous lui avez délibérément raconté des salades. Je pense qu’en fait
c’est les deux en même temps.
Dernier point : le contrat de DSP a, j’imagine, été officiellement signé par Coline
Serreau et la Mairie de Nevers. Donc, de deux choses l’une :
Soit c’est Coline Serreau qui fait défaut. Et de fait, elle n’est pas là au 1er juillet, donc
elle est en faute. Dans ce cas, j’imagine qu’elle nous doit des pénalités, qu’elle doit
une indemnisation à la Ville, qui est amenée aujourd’hui à supporter des charges
que Coline Serreau devrait supporter elle-même ; c’est ce qui avait été décidé dans
le contrat.
Soit c’est la Ville qui fait défaut. Et, de fait, cette prétendue erreur de procédure nous
incombe à nous, et pas à Coline Serreau. Dans ce cas, j’imagine que Coline
Serreau est fondée à nous demander, à nous Ville de Nevers, une indemnisation.
Donc, expliquez-nous : qui doit quoi à qui ? Si Coline Serreau était effectivement
venue au 1er juillet, que se serait-il passé avec la saisine par le préfet du tribunal
administratif? On la renvoyait à Paris ? Et inversement, si le préfet n’avait pas saisi
le tribunal administratif, que nous proposeriez-vous aujourd’hui pour expliquer
l’absence de Coline Serreau ?15
Tout cela, Monsieur le Maire, fait que personne n’y comprend plus rien !
Au final, la démarche du préfet est sans doute finalement, pour vous, l’occasion
rêvée « d’arrêter les frais » proprement, de sortir de ce bourbier dans lequel vous
avez enfoncé la Ville de Nevers en faisant fi de toutes les alertes d’où qu’elles
viennent, y compris de votre propre camp, et en plus en disant que ce n’est pas de
votre faute, mais de celle du préfet, ou alors des services municipaux, qui n’ont pas
vu le seuil. Vous avez fort peu élégamment pris l’habitude de prétendre que les
services faisaient des erreurs.
Je disais qu’avec un tel embrouillamini, plus personne n’y comprend plus rien. Je
crois que c’est Charles Pasqua – que je cite rarement, quand même – qui disait :
« Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire… jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien ». En politique on appelle ça le « théorème de Pasqua ». Je crois que nous y sommes !
Pour démêler tout cela et pour commencer à y voir clair, il faudrait carrément
convoquer une commission d’enquête (c’est dans l’air du temps !), mais je crois que
le Code général des collectivités territoriales ne nous y autorise pas.
Plus sérieusement, la question, c’est : Et maintenant, que fait-on ?
Vous avez mis la Ville dans une situation assez inextricable. Vous n’avez écouté
personne, vous avez fait fi de toutes les réserves, toutes les oppositions, de toutes
les alertes, y compris celles de votre propre adjointe à la Culture. Et vous avez
malmené et méprisé les acteurs culturels locaux comme jamais. Et ça, c’est assez
impardonnable, parce que c’est l’avenir.
Dans cette situation, dont vous êtes le seul et unique responsable, que faire ?
La délibération que vous nous proposez n’ouvre aucune perspective ! Vous nous
dites « on retire la DSP », et point barre. On fait quoi, demain matin ?
Pour notre part, nous voudrions sincèrement vous aider à sortir de cette situation.
Tout simplement parce qu’il en va de l’intérêt de la Ville, et de ses habitants, et puis
de la nécessité absolue d’éviter ce formidable gâchis : réussir la réouverture du
bâtiment du petit théâtre, attendue par les habitants, mais se planter
lamentablement sur le projet culturel ! C’est plus qu’un gâchis. En tout cas, c’est un
écueil sur lequel nous vous avions alerté dès le mois de février, et malheureusement
votre obstination ne nous a pas permis de l’éviter.
Donc, que faire ?
Une régie municipale ? A condition d’en discuter. A condition d’avoir des éléments.
A condition aussi d’en décider rapidement, et de se doter des compétences au sein
des services municipaux, qui ne sont pas préparés à cela, pour mener à bien un tel
projet. Et puis à condition aussi de recoller les morceaux avec les acteurs culturels
locaux.16
Ou relancer une nouvelle DSP, cette fois assise sur un projet culturel clairement
défini ? Nous vous l’avions dit, Monsieur le Maire, le péché originel, pour nous, dans
cette affaire, réside justement dans l’absence de projet culturel défini par la Mairie,
laissant libre cours à des projets aussi différents que ceux de Mme Serreau d’un
côté et de M. Broda, de l’autre. C’est que le cahier des charges ne disait pas ce que
l’on voulait. Nous avons eu Serreau d’un côté et nous avons Broda de l’autre, et
nous avons eu à choisir entre deux projets culturels, mais nous n’avons pas eu à
choisir entre deux candidats répondant à un projet culturel et à une commande de la
mairie. C’est cela, le problème. Il faut cette fois-ci définir un projet culturel
clairement, avec une attribution claire, transparente, sincère, du marché. Et pour
notre part, nous n’avons jamais caché notre préférence pour le projet d’Olivier
Broda, qui existe et qui est toujours sur la table…
C’est de tout cela qu’il faut discuter, Monsieur le Maire, ensemble, et de toute
urgence. Et cette fois, discutons-en ! Visiblement, ce n’est pas l’objet de la séance.
Je suggère que l’on en discute vraiment de toute urgence, mais à condition que
vous écoutiez les gens de métier, que vous écoutiez les acteurs culturels locaux,
que vous écoutiez vos services, que vous écoutiez votre adjointe à la Culture, et que
vous écoutiez, accessoirement, l’opposition municipale.
M. le Maire – Monsieur Diot, vous avez fait vous-même une citation, je vous en fais une autre, qui
est de Confucius, qui conseillait de « s’appliquer à garder en toute chose le juste
milieu ». Et ce serait bien que vous le fassiez, car je vous invite à un peu plus de modération dans vos propos, dans lesquels vous me traitez de menteur, j’en passe et des meilleures. Je ne vous cache pas qu’au nom de l’équipe, j’ai un peu de mal à recevoir des leçons d’une équipe qui a fermé le théâtre en 2008. Je sais que ça vous dérange que votre équipe ne soit pas l’équipe majoritaire, mais c’est comme cela, et c’est nous qui pilotons ce projet.
Alors, quand je vous entends parler de « gâchis », de « se planter », mais de quoi ?
Nous avions deux engagements :
Rénover le théâtre. A ce jour, nous l’avons fait. En trois ans. Pour un peu moins de
3 M€ à ce jour.
Le deuxième engagement que nous avions porté, c’est de le redonner aux
Neversois, et de rouvrir une saison culturelle. C’est ce que nous allons faire en
septembre.
Nos deux engagements seront respectés. Il n’était pas question de s’engager avec
un tel ou un tel, à l’époque de cette prise d’engagement. Donc, quel « fiasco » ? Le
fiasco, c’est celui qu’avait décidé la Ville de Nevers en fermant le théâtre.
Et quand vous me parlez de malmener les acteurs culturels locaux, je n’ai pas le
sentiment qu’on les considère comme malmenés ; j’ai plutôt eu le sentiment qu’ils
ont été frustrés de subir une fermeture d’un équipement culturel majeur de la Ville de
Nevers, mais je ne pense pas qu’ils aient été associés à l’époque à la décision.
Donc, je pense qu’il faut un peu modérer les leçons. L’humilité ne fait pas de mal.17
Je passe sur le couplet d’« autoritarisme », que vous nous servez depuis quatre ans.
J’ai vérifié, « Denis le Tyran », c’était en 367. Donc, ce n’est plus maintenant, je
vous rassure.
Vous parlez de nombreux Neversois qui seraient dans le stress… C’est curieux,
parce que depuis juillet, j’ai enchaîné un grand nombre de réunions publiques, et je
vous assure que je n’ai jamais eu de questions, et que les seules manifestations
sont des encouragements, où l’on me dit que l’on nous fait confiance, ou que ce
n’est pas simple. Donc, ne parlez pas au nom de tous les Neversois. Je ne pense
pas que vous en ayez la légitimité. Ni de vous faire l’avocat de la presse locale. La
presse locale, ce n’est pas moi qui fais ses titres, je ne la convoque pas, je ne la
méprise pas. Je réponds quand j’ai à répondre. Je ne suis pas non plus aux ordres
de la presse locale. C’est un sujet sur lequel nous nous étions engagés
contractuellement. Et vous comprendrez que peut-être la prudence nécessite aussi
que l’on évite de trop s’exprimer sur les réseaux, sur les journaux, dans la presse. Je
pense que c’est aujourd’hui une manie, une maladie, tout se vit en direct au jour le
jour, ou pour l’heure. Ce n’est pas ma conception des choses, et mon respect de la
presse n’est pas à répondre systématiquement dès que cela fait plaisir. Après, qu’il y
ait des vexations, d’en faire un feuilleton quotidien, qui n’intéresse finalement qu’un
petit microcosme, je relative les choses.
Vous m’accusez d’avoir menti aux Neversois, ce qui est faux, et je m’inscris en faux
devant cette accusation grave, que je vous demanderais de prouver ou de justifier.
Si vous n’êtes pas en mesure de le faire, je vous demanderais d’éviter de le dire. Le
2 juillet, j’ai fait un « Facebook live » au moment où j’étais en discussion pour
essayer de trouver une solution qui soit encore possible avec les Serreau. Le déféré,
daté du 2 juillet, n’est parvenu à la Ville de Nevers que deux ou trois jours après.
Donc, je n’étais pas informé à l’époque du recours préfectoral, puisqu’il y avait
encore une possibilité d’aboutir.
Ensuite, là où vous vous mélangez, pardonnez-moi, les pinceaux, c’est que, oui,
effectivement, aujourd’hui, le fait de retirer la délibération fait que nous revenons à
annuler – comme si le tribunal le faisait, mais dans des mois, ce qui nous
empêcherait d’ouvrir le théâtre – une décision, ce qui remet les parties dans l’état
dans lequel elles se trouvaient avant d’avoir contracté. Cela n’a rien à voir avec une
résiliation, qui, effectivement, est susceptible d’entraîner des pénalités à la charge
de l’un ou de l’autre.
Le déféré préfectoral nous permet de sortir d’une situation qui n’est pas
« inextricable », je vous rassure, puisqu’à partir du moment où la décision sera prise,
nous lancerons cette saison culturelle. J’ai réuni tout à l’heure les acteurs culturels
locaux pour leur expliquer ce qui allait se passer, et leur indiquer qu’ils avaient toute
leur place dans l’avenir, et dans l’aventure, parce que c’en est une d’ouvrir un
théâtre, et c’est une première pour moi, comme pour beaucoup ici, donc ce n’est pas
simple, encore une fois. Et donc, ce théâtre ouvrira bien.
Je préfère, pragmatiquement, tenir compte d’un fondement, mais je ne peux pas
produire des documents qui ne sont pas accessibles au public, et même aux élus.
C’est le Code général des collectivités territoriales. Ce n’est pas parce que c’est18
vous ; c’est parce que nous appliquons la règle. Le déféré préfectoral est fondé
principalement sur le dépassement de seuil qui s’est produit. A partir du moment où
nous risquons de nous faire annuler dans six mois, dans un an ou dans je ne sais
quel délai, car les procédures au tribunal administratif sont longues, la décision, ce
qui paralysera l’ouverture du théâtre, je préfère pragmatiquement constater ce
risque juridique, qui n’est pas forcément acquis, mais je suis bien placé pour savoir
que toute procédure contient un aléa.
Je considère aussi que le délai qui nous est demandé à titre supplémentaire par les
Serreau, que je ne pouvais pas deviner à l’époque, n’est pas aujourd’hui recevable
par rapport à notre volonté et notre capacité à proposer ce théâtre dès la rentrée.
Donc, peut-être, mesurez vos propos.
Partir sur une nouvelle DSP, c’est un débat que nous aurons en temps voulu. Nous
n’allons pas l’avoir aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est le retrait, donc, revenir à une forme
d’annulation de notre récente délibération, qui sera sans frais, et qui nous permettra
d’avancer, car je crois que c’est vraiment la priorité. De facto, et juridiquement, nous
sommes en régie. La régie ne coûtera pas plus cher que les 350 000 € consacrés,
voire sans doute moins, et nous sommes en train de sécuriser des fonds qui étaient
fléchés pour l’année de lancement du théâtre, qui risquent de nous permettre
d’abonder ce budget, ce qui nous a permis de préparer une saison culturelle.
Je voudrais que l’on rende hommage aux agents, et que l’on arrête de les critiquer, y
compris publiquement. Les agents sont là pour travailler. Je n’ai jamais critiqué
publiquement les agents, Monsieur Diot, donc je suis à l’aise pour en parler. Je
considère que je suis aussi leur garant. Les agents ont des compétences. Donc, il
faut leur faire confiance. Ce n’est pas qu’aux élus de travailler. C’est aux élus de
donner les orientations sur des projets partagés avec l’équipe. Il n’y a aucun projet
qui appartient à un élu.
L’élu référent, pour répondre à votre question, Madame l’Adjointe, c’est le maire. Sur
les quatre projets principaux, les Courlis, la Loire, le théâtre, et la rénovation urbaine
du centre-ville, c’est le maire, l’élu référent ; qui travaille avec ses élus, qui sont
concernés sous différentes branches transversales. Donc, voilà la situation, qui est
relativement simple à faire évoluer.
L’idée est que nous continuions. Je ne vous cache pas que je ne suis pas très chaud
pour relancer une DSP. Car ce que j’ai vécu entre les « pour », les « contre », cela
m’a profondément choqué, de la part du milieu culturel, d’être si fermé que cela
parfois ; je ne vois pas pourquoi on serait pour quelqu’un ou contre quelqu’un. Mais
avoir autant de sélectionneurs dans une équipe de foot que de choix sur une
délégation de service public d’un théâtre, cela me choque aussi. Donc, je ne suis
pas sûr – nous en discuterons en temps voulu – que l’on reparte sur une DSP pour
savoir qui est pour ou contre l’un, pour ou contre l’autre, etc. Cela ne me paraît pas
très sain, tout cela. J’essaie plutôt d’emmener le monde culturel dans l’occupation
du théâtre, et certains ont déjà réservé des dates. J’ai mis une équipe projet, j’ai
recruté un directeur technique, qui est compétent, qui travaille déjà régulièrement
pour la Ville, qui travaille pour d’autres acteurs culturels locaux, des intermittents du
spectacle qui sont identifiés, des personnes chargées de la programmation, laquelle19
est quasiment bouclée et sera annoncée vraisemblablement le 8 septembre – et pas
le 7 –.
M. Diot – (hors micro.)
M. le Maire – C’est un projet fort de la majorité municipale, et donc excusez-nous de le travailler et
de le préparer. Nous partageons les choses dans ce que nous pouvons partager.
Vous avez été conviés à des tas d’activités avec nous. Anne Wozniak vous a
plusieurs fois conviés sur des projets, mais on ne vous a jamais vus. Je ne parle pas
du théâtre, je parle d’autres projets.
Il ne faut pas tout mélanger. Je sais que c’est compliqué pour vous de ne plus être
dans la majorité. La majorité porte son projet. Elle a connu des difficultés sur
l’orientation. Cela arrive à tout le monde, cela arrive dans tous les domaines. Je ne
vais pas chercher des exemples dans l’ancien temps, mais j’en trouverais facilement
si je le voulais. Ce n’est pas le but, je regarde devant.
La priorité des Neversois aujourd’hui, dans ce qu’ils nous remontent, c’est d’aller au
théâtre, c’est qu’il soit occupé sur des spectacles, et c’est ce à quoi nous nous
sommes attachés, par des personnes compétentes qui ont travaillé dans le domaine
culturel, qui connaissent, et qui sont en train de préparer une saison.
Je précise, et je répondrai comme cela à plusieurs observations en même temps,
que je suis très en lien avec la nouvelle DRAC, qui est enfin très favorable à
l’ouverture de ce théâtre, et qui a très bien compris sa complémentarité avec la
Maison de la Culture notamment, mais aussi avec d’autres équipements culturels, et
je la reçois au mois d’août pour échanger sur un certain nombre de sujets dont celui-
là. Nous avons très largement son soutien, y compris pour nous proposer un certain
nombre d’acteurs qui sont sur un rayonnement régional, et elle souhaite qu’ils
s’impliquent aussi dans ce théâtre neversois. Cela nous permettra d’obtenir
vraisemblablement – ce sont les fonds que j’évoquais en plus – une somme de
50 000 € arbitrés par le ministère de la Culture pour le lancement de ce théâtre, qui
a été validée aujourd’hui, et les fonds sont à la DRAC, et certainement abondés d’un
même montant par la présidente de Région, plus des fonds sur la politique de la ville
et la politique éducative et culturelle. Donc, vous voyez que nous sommes plutôt
bien partis, et que finalement cette reprise de liberté sera pour la DRAC plutôt
bienvenue pour un soutien d’aide, voire peut-être une labélisation en complément de
celle de la Maison de la Culture ; c’est ce qui nous a été également proposé. Je me
suis bien évidemment attaché à veiller à ce que cela ne remette pas en cause celle
qui est évidemment plus proche et accélérée de la Maison de la Culture, et qui nous
permettrait, vous le savez, par une labélisation, d’avoir des fonds pérennes sur le
fonctionnement de ce théâtre.
Ce que je souhaite, c’est aussi voir comment on va fonctionner – finalement, cela
peut être un mal pour un bien – sous une régie, avec une certaine forme de liberté,
en proposant aussi l’équipement à des acteurs culturels locaux pour qu’ils disposent
de l’équipement, par exemple un dimanche par mois. Nous aurons une latitude pour
un fonctionnement qui soit assumé par l’équipe municipale en lien très proche avec20
les acteurs locaux et aussi une programmation qui sera variée, riche, et y compris
d’artistes qui viendront d’ailleurs.
Monsieur Lagrib.
M. Lagrib – Merci, Monsieur le Maire. Je souhaitais remercier Mme Véronique Lorans pour son
courage, sa franchise, sa fidélité au mouvement également, et je ne peux que
regretter l’omerta qu’elle subit, et que je ne peux que comprendre, l’ayant moi-même
subie, comme d’autres qui ont suivi après moi. Elle évoque la notion de fidélité au
mouvement. Je voulais rappeler l’engagement n° 69. La rénovation du petit théâtre
devait proposer un projet culturel générateur de ressources pour participer à son
entretien.
« Rendre le petit théâtre aux Neversois » est l’expression que vous avez utilisée pendant votre campagne en 2014. Neversois qui l’ont financé au siècle dernier et refinancé en partie par le biais de la souscription publique que vous avez initiée, qui reste une très bonne idée, fidèle à l’histoire. Alors, la question reste posée. Pourquoi cette institution locale, qui, par son histoire, appartient donc aux Neversois, allait-elle se voir confiée, par votre seule décision, pour son fonctionnement et sa programmation, à une élite parisienne, alors que l’on sait qu’un autre dossier, local celui-ci, apportait toutes les garanties au respect de vos engagements et s’inscrivait dans la philosophie de ce lieu ?
Nouveau dossier qui prouve une nouvelle fois votre méthode irresponsable et
irrespectueuse de ce conseil et des Neversois. Nous avons demandé à prendre
connaissance d’éléments du dossier et notamment, en plus de ce qui a été
demandé précédemment, un compte rendu du fameux troisième tour. Qui a voté ?
Qui était présent ? Pourquoi l’adjointe à la Culture n’était-elle pas invitée au
troisième tour ? Et un compte rendu des échanges avec la préfecture. Et sans
surprise, nous n’avons rien reçu.
Ce dossier à la gestion ubuesque, délibérée et agressive, comme celui de la Maison
de la Culture, comme celui du Café Charbon, et bien d’autres dossiers, montre que
le caractère autoritaire du maire est révélateur du respect qu’il porte à la démocratie
au sein du conseil municipal.
Juste avant ce conseil extraordinaire, que nous avons demandé, et non que vous
avez proposé, vous avez rencontré les acteurs locaux du monde culturel et
associatif de la ville. La question que je pose est : Pourquoi ne pas l’avoir fait à la
genèse du projet ? Ne serait-ce pas une façon de nous laisser croire que
maintenant, l’avis général vous intéresse ? Ce n’est pas non plus la première fois ;
souvenons-nous de la fermeture des écoles.
Vous nous apprenez soudain que cette délibération n’a pas passé le contrôle de
légalité alors que vous êtes au courant depuis plusieurs mois. Pas une nouveauté
non plus ; souvenons-nous du dossier d’Olivier Thiais et des directeurs généraux, et
on a vu combien cela a coûté aux Neversois.21
Je vais donc vous rafraîchir la mémoire, exposer les faits aux Neversois, et vous
proposer un petit retour sur la chronologie de ce dossier :
27 février 2017 : commission consultative des services publics locaux.
7 mars 2017 : comité technique et conseil municipal adoptant le principe d’une
délégation de service public pour l’exploitation du théâtre municipal de Nevers.
6 février 2018 : conseil municipal approuvant le choix de la candidature de Coline
Serreau avec le « Théâtre de Babylone » contre l’avis de l’opposition et de votre
propre adjointe à la Culture.
Ensuite, d’après un courrier de la préfecture, reçu le 26 mars en mairie, vous aviez
connaissance des irrégularités pouvant amener à un déféré préfectoral pour
dénoncer cette délibération irrégulière. La mairie a apporté des éclairages juridiques
au service de la préfecture en date du 30 avril, reçus par celle-ci le 7 mai, et
visiblement, les éléments n’ont pas convaincu la préfecture, car le déféré préfectoral
a été déposé le 2 juillet 2018. Pourquoi l’avoir caché ? Ne serait-ce pas une fois de
plus, révélateur de votre habitude de faire passer les dossiers en force ? La question
posée est : Et si Coline Serreau n’avait pas fait faux bond, que se serait-il passé ?
Sur le cadre juridique et contractuel, combien cette annulation va-t-elle coûter à la
Ville ?
Alors, voici une petite lecture détaillée du contrat. Globalement, il n'est pas mal fichu.
Mais, à mon sens, la Ville s'est mal protégée.
L'article 55 prévoit qu'une rupture du contrat peut arriver de la part de la collectivité,
en cas de force majeure, « sous condition d'observer un préavis de 6 mois ». Dans
notre cas, comment fait-on ? D'autant que cet article est repris à l'article 65 « en cas
d'annulation du contrat par le juge – ce qui risque d'arriver avec le TA de Dijon –, le délégataire sera indemnisé sous les conditions de l'art. 55 ». Ce dernier indique : « Solde de tout compte : Une indemnité correspondant à la perte de bénéfice sur la durée résiduelle du contrat... » Coline Serreau peut-elle s'appuyer sur son business plan pour montrer les bénéfices qu'elle aurait pu générer si le contrat n'était pas devenu caduc ? Peut-elle demander cette indemnité sur la durée totale de la DSP ?
L'article 56 est intéressant ; il parle de faute du délégataire. Mais aucun exemple ne
prévoit l'absence du délégataire. L’article 56 explique aussi que la mairie devait, si
elle constatait une faute, échanger avec le délégataire par courrier en AR. Où sont
ces courriers ? Les avez-vous faits ? Pouvez-vous nous montrer ces courriers pour
que les citoyens puissent bénéficier d'une information complète ?
Pour résumer, le contrat ne semble pas avoir prévu la situation actuelle. Pouvons-
nous préciser la date de signature du contrat ?
En tout état de cause, la première faute constatée aurait été commise par Coline
Serreau. Avez-vous échangé par courrier pour valider cette erreur ? Pour quelles
réponses ?22
La deuxième erreur vient de la mairie en dépassant les seuils. Même en retirant la
délibération, le contrat a dû être signé à un moment ou un autre ? Sinon, comment
Coline Serreau aurait-elle pu prendre les clés du petit théâtre le 1er juillet? Sans
aucun cadre légal ? Rappelons qu'un contrat signé engage les deux parties.
Pouvez-vous nous dire donc combien cela va coûter à la collectivité ? En coûts
directs (frais de résiliation) et indirects (avec la régie ou toute autre organisation) ?
Comment un maire, avocat de profession, et les services juridiques de la Ville ont-ils
pu commettre une telle erreur ?
Ce dossier n’est que la partie enfin visible de cet iceberg que vous laissez dériver
entre la Mairie et l’Agglomération. Il nous permet de dénoncer votre méthode, que
j’avais déjà dénoncée en 2015, suivi de Christine Villette, de Yolande Fremont,
d’Oscar Dos Reis, de Florence Vard et d’autres qui ont quitté votre majorité, qui
commence à ne plus vraiment en être une. Et maintenant, votre adjointe à la
Culture, elle aussi, rejoint le parti des déçus.
Si cela continue, nous allons devoir convoquer un conseil municipal extraordinaire à
chacun des dossiers délicats où notre assemblée ne peut s’exprimer librement et où
l’opposition n’a plus ni parole ni respect, tout comme dans le dernier magazine
Nevers ça m’botte, où notre tribune, pour ne parler que de celle-ci, a été tout simplement supprimée, préférant un espace vierge.
Mais pour le petit théâtre, j’ai une dernière question : Et maintenant, on fait quoi ? Et
j’aurais aussi une proposition, c’est que l’ensemble des conseillers qui sont
intéressés par le projet puissent participer à toutes ces commissions, pour
notamment faire part de leurs propositions ou des ressentis des Neversois. Nous
aimerions que ces commissions soient ouvertes à l’ensemble des acteurs locaux
également.
M. le Maire – Michel Suet.
M. Suet – Merci, Monsieur le Maire. Monsieur Lagrib, vous avez rappelé l’engagement n° 69.
Je vais vous le lire dans son intégralité.
« Rénovation du petit théâtre à l’italienne à travers un projet culturel innovant, au rayonnement national, à la fois lieu de diffusion de spectacles et de location pour l’enregistrement audio et vidéo, générateur de ressources, pour participer à son entretien. »
Qui peut dire aujourd’hui que l’engagement n’a pas été rempli ? Le théâtre est
ouvert. L’équipement scénographique est d’une grande qualité, et il permettra une
location. Le coût est de presque 1 M€. Sur les spectacles, Monsieur le Maire vous a
dit tout à l’heure qu’à partir du mois de septembre, une programmation se fera.
Donc, pour moi, l’engagement n° 69, que vous aimez bien citer, est rempli. J’en suis
bien désolé pour vous.
M. le Maire – Corinne Mangel.23
Mme Mangel – Merci, Monsieur le Maire. Ce soir, les décors ne sont plus de Roger Harth ni les
costumes de Donald Cardwell, mais quelle belle pièce de théâtre !
Je m’adresse tout particulièrement à l’opposition. Je vous entends vouloir donner à
tout prix la gestion de ce théâtre à des intérêts privés. Je m’étonne tout de même
que dans vos rangs vous soyez quelque peu opposés à une régie municipale, cette
gestion étant l’essence même du service public. Extrêmement attachée à ce service
public, ce choix d’un mode de gestion en régie me ravit tout particulièrement, et ce
avec des agents compétents, et fonctionnaires, et que je défends.
En effet, le choix d’une régie directe révèle une adhésion forte à l’esprit de service
public, et ce choix permettra, je l’espère, une programmation plus populaire, moins
élitiste, pour une culture pour tous, avec une mixité sociale. Cette régie directe
garantira le respect des valeurs et du projet que nous défendons.
Enfin, je voudrais dire que cette « bonbonnière », comme l’aimait à rappeler
l’écrivain Raoul Toscan durant l’entre-deux-guerres, qui a vu passer tant d’artistes,
dont Mistinguett, Bourvil, Maxime Le Forestier, Didier Lockwood, et bien d’autres,
sera, dans les meilleures conditions, et le plus tôt possible, redonnée aux Neversois
et aux Nivernais, qui eux n’attendent que cela, et qui ne connaissent pas l’envers du
décor.
M. le Maire – Delphine Fleury.
Mme Fleury – Monsieur le Maire, chers collègues. D’abord je voudrais remercier Madame
l’Adjointe à la Culture, Madame Lorans, et la féliciter pour le courage qu’elle a eu en
tenant les propos qu’elle a tenus aujourd’hui, mais aussi ceux qu’elle avait tenus
déjà le 6 février ; elle s’était exprimée là-dessus largement. Parce que du courage, il
en faut visiblement. Le fiasco dans lequel nous nous trouvons actuellement – je dis
« nous » à dessein, car les décisions qui sont prises par le conseil municipal
engagent toute la ville et ont des incidences sur l’ensemble de la ville, y compris de
ses habitants – est de votre fait, Monsieur le Maire, en dépit de tout ce que vous
pouvez nous servir comme paroles, y compris des éléments qui sont un peu
commodes, voire très faciles, en disant que si fiasco il y avait eu, cela repose sur les
décisions qui avaient été prises en 2008 sur la fermeture du petit théâtre. Oui,
j’appartenais à cette majorité ; nous avons pris cette décision. C’était une décision
lourde à prendre, qui n’a pas réjoui l’ensemble de la majorité qui l’a prise, mais nous
l’avons fait en responsabilité, car le petit théâtre était arrivé à un point où il ne
pouvait plus permettre d’accueillir du public dans les conditions de sécurité optimum.
Donc, de toute façon, il fallait le fermer pour pouvoir le rénover.
Nous avions un projet de rénovation du théâtre. Je l’affirme, et je l’affirme d’autant
mieux que forcément vous en étiez au courant, puisque, quand vous êtes arrivé à la
Ville de Nevers, vous avez dû retrouver les dossiers qui concernaient ce projet de
rénovation. Nous l’avions estimé à 6 M€. Vous avez pu dire que vous aviez pu le
faire pour 3 M€. Bravo ! Sauf que nous, c’était 6 M€ parce que nous tenions à avoir
un architecte ; c’était un bâtiment inscrit à l’inventaire des monuments historiques.
Donc, nous tenions à faire une rénovation dans les règles de l’art. Donc,
effectivement, la première estimation qui avait été faite du montant des travaux était24
de 6 M€. Et le choix qui avait été fait, qui est regrettable, effectivement, a été, au
nom d’une gestion financière prudente, de ne pas se lancer avant aussi d’avoir une
définition d’un projet culturel, et de ne pas se lancer dans ces travaux d’envergure,
en tout cas pas tout de suite. Je souhaite que la rénovation que vous avez faite pour
3 M€ sans architecte puisse durer dans le temps. J’espère que dans 40 ans, 30 ans,
les rénovations qui sont faites seront effectivement de cette même qualité qu’elles le
sont actuellement. Vous avez mené des projets pour la rénovation qui étaient
intéressants : faire travailler l’Ecole de la Deuxième Chance, etc. Mais je souhaite
qu’effectivement cela puisse durer dans le temps.
Enfin, ce fiasco dans lequel nous sommes est révélateur d’une méthode, votre
méthode, Monsieur le Maire. Je rejoins les propos qui ont été tenus et décrits par
mes collègues lors des interventions précédentes, Wilfrid Séjeau et François Diot
notamment, et aussi Mohamed Lagrib, et puis bien sûr les propos très forts qu’a
tenus votre adjointe à la culture, et qui montrent à l’évidence que votre autoritarisme
est une réalité, que ce n’est pas une vue de l’esprit, une interprétation outrancière, et
qui montrent aussi le mépris dans lequel vous tenez non seulement l’opposition,
mais je dirais tous ceux qui ont l’outrecuidance de ne pas penser exactement
comme vous. Le mépris de l’opposition, nous l’avons dénoncé à plusieurs reprises.
L’indigence dans laquelle vous faites tenir des commissions, ou même des conseils
municipaux, par exemple ce soir ; qu’est-ce qui vous empêchait, Monsieur le Maire,
de prévoir une commission avant un conseil municipal ? Rien. En commission, vous
auriez pu donner des éléments, répondre à un certain nombre de questions, avant la
tenue de ce conseil municipal. Ce n’est pas votre choix.
Un certain nombre de questions vous ont été posées. J’espère que vous y
apporterez des réponses extrêmement précises, et dès ce soir ; notamment celles
que vous a posées votre adjointe.
Ce fiasco, c’est votre responsabilité, parce que le 6 février dernier, quand nous
avons débattu dans cette enceinte, non seulement Mme votre adjointe, Véronique
Lorans, mais aussi l’ensemble des membres de l’opposition, vous ont dit, à l’analyse
de ce qui nous avait été proposé, qu’à l’évidence le projet proposé par Coline
Serreau ne tiendrait pas la route. Je vous avais même dit que le seul projet valable
était celui d’Olivier Broda, car c’était le meilleur, et cela vous avait un peu agacé.
C’est d’ailleurs assez affligeant que nous n’ayons pas, alors que nous sommes
maintenant le 27 juillet, accès au compte rendu du conseil municipal. Je dois dire
que les délais sont vraiment longs.
Sans être redondants, quant aux questions qui ont été posées, par tous ceux qui
sont intervenus, et notamment les questions de Mme Lorans, mais aussi celles
posées par Wilfrid Séjeau et François Diot et Mohamed Lagrib, nous souhaiterions
avoir des réponses précises.
En répondant à Wilfrid Séjeau tout à l’heure, vous avez dit « nous » ; « nous » avons
pris la décision. Mais qui est ce « nous », Monsieur le Maire ? Parce qu’à l’évidence,
ce n’est pas nous. Mme Lorans a été très claire : elle n’est pas associée en aucune
manière au choix que vous avez fait.25
Pour répondre à Mme Mangel, nous ne sommes pas opposés à une régie
municipale. Nous n’avons jamais dit que nous étions opposés à une régie
municipale. Le conseil municipal a choisi le 6 février, dans le cadre d’une procédure
de DSP, de confier cette DSP au « Théâtre de Babylone ». Pas nous, l’opposition ;
mais le conseil municipal a choisi cela. Le projet qui était préféré par l’opposition
était celui présenté par Olivier Broda. C’était aussi le cas de votre adjointe. La
question, elle se pose par rapport à cela. Qu’il y ait une régie municipale, que vous
annoncez ce soir…
D’ailleurs, là aussi, c’est quand même extraordinaire : vous annoncez ce soir que
vous avez décidé que c’était une régie municipale. Ah bon ! Quelle régie
municipale ? Qui ? Quand ? Quoi ? Comment ? Vous dites « on a embauché une
équipe, un directeur technique, des intermittents du spectacle, etc., tout est prêt ».
Vous nous annoncez qu’il y a une programmation qui est prête. Bon. Très bien. Et
on l’apprend, comme cela, ce soir, à l’occasion d’un conseil municipal. Nous
sommes des élus comme les autres, autant que tous ceux qui sont ici, autant que
vous, Monsieur le Maire. Les élus ici ont toute légitimité pour être informés de
l’ensemble des projets de la Ville, et d’en être informés avant de pouvoir prendre
une décision. Donc, quel est-ce « nous » ?
Je voudrais aussi terminer en appuyant sur la question que Wilfrid Séjeau a posée :
Pourquoi Coline Serreau n’a-t-elle pas été en mesure de remplir les obligations qui
étaient les siennes, puisqu’elle avait candidaté pour la DSP et qu’elle avait été
retenue ? C’est la grande question.
Merci.
M. le Maire – Vous avez un peu tout mélangé, Madame Fleury. Je suis désolé, je sais que cela ne
va pas vous plaire. Le fiasco, c’est d’avoir fermé un équipement ; que nous avons
été obligés de rouvrir. Vous avez été incapables de rénover cet équipement que les
Neversois auraient dû toujours connaître. Alors, mesurez aussi vos propos, s’il vous
plait.
Sur les documents, je le redis, il y a des règles, il y a des textes, que nous
appliquons, et effectivement il n’est pas possible de communiquer des éléments
procéduraux. C’est un fait, et c’est applicable pour tout le monde.
Sur les commissions, effectivement, en cas d’urgence, il peut être dispensé de tenir
des commissions, ce qui est le cas. Par ailleurs, tout le monde a les éléments.
Quand on me parle d’éléments que vous n’auriez pas, il y a l’avis d’appel public à la
concurrence, mais vous ne l’avez pas demandé ; le règlement de consultation, mais
vous ne l’avez pas demandé ; le PV de rencontre de négociation du 17 octobre et
les extraits du projet de contrat, mais vous ne les avez pas demandés. Ils sont à
votre disposition. Il y a plein de documents que vous n’avez pas demandés. Cela n’a
pas l’air de vous intéresser plus que cela, ces documents.
Si on revient sur la chronologie, il y a eu l’ouverture des dossiers de candidature le
11 septembre 2017, où nous avons constaté qu’il y avait deux offres.26
Il y a eu ensuite le 18 septembre 2017 l’ouverture des dossiers d’offres. A chaque
fois tout le monde était présent, je le précise ; même l’adjointe à la Culture. Enfin,
elle était conviée.
Mme Lorans – Non, c’est faux. Je n’ai pas été invitée à la première commission !
M. le Maire – Oui. J’ai fait rectifier le tir pour que vous soyez là à la seconde. Mais sur toute la
phase finale, vous avez été là. Il n’y a pas eu de troisième tenue de négociations.
Il y a eu le PV de la commission de DSP, avec l’analyse, l’avis de la commission sur
les offres le 11 octobre 2017.
Il y a eu ensuite un premier tour de négociation avec les candidats et un PV de
rencontre de négociation. Je rappelle que ce document n’est pas obligatoire, mais
nous avons tenu à le faire, et à le diffuser.
Et il y a le second tour des négociations avec les candidats le 9 novembre 2017.
Sur les phases de signature, le conseil municipal s’est tenu le 6 février. Nous avons
reçu une demande de pièces de la préfecture le 22 février. Nous avons répondu au
préfet le 1er mars. Nous avons signé le contrat le 5 mars. Nous avons reçu une
demande d’analyse du préfet le 23 mars. Nous avons répondu le 30 avril. Le déféré
est ensuite daté du 2 juillet, reçu par la Ville deux ou trois jours après.
Voilà l’exactitude de la chronologie, que je veux bien partager avec vous. Le reste
est un problème de respect des textes.
Yannick Chartier m’a demandé la parole.
M. Chartier – Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, je voudrais vous faire part de mon
étonnement et de mon incompréhension devant un tel déferlement de critiques
concernant la manière dont nous menons le dossier du petit théâtre.
Pour rappel, Mesdames et Messieurs de l’opposition, votre formation politique l’a
laissé tomber tout simplement pendant des années, le laissant en décrépitude, sans
parler également d’une absence totale de programmation alternative dans un autre
lieu. Vous avez créé un tel vide culturel dans la ville durant tant d’années que je
trouve la ficelle un peu grosse de nous critiquer à ce sujet aujourd’hui.
Au contraire, nous sommes en train de créer une nouvelle offre culturelle sur la ville,
qui en ces temps difficiles pour toutes les villes en France est une performance
exceptionnelle à mettre encore à notre actif. Durant quatre années, notre gestion
rigoureuse de la commune nous donne les capacités d’investir pour les habitants
dans la culture, et c’est assez rare de nos jours, et je pense que cela vous embête.
Quand je parle avec Mme Michu, aux Bords de Loire, elle s’en tape le coquillard que
cela soit machin ou machine qui gère le théâtre. Elle, qu’est-ce qu’elle demande ?
Elle me dit « Moi, je veux que le théâtre soit le réceptacle des spectacles d’école de27
ma fille en fin d’année ». Quand je parle avec les jeunes des Courlis, ils me disent
« J’aimerais que le petit théâtre, cela soit une programmation pour nous, que nous
puissions nous y retrouver, qu’il puisse y avoir du rap, ou autre chose, dans lequel
on s’y retrouve, et pas forcément des programmations qu’on ne comprend pas ». Le
Neversois veut en général une programmation éclectique. D’une manière générale,
la seule chose qu’ils attendent, c’est une programmation, mais le mode de gestion
ils s’en tapent royalement. Je le dis avec des mots crus, parce que c’est vraiment ce
que je ressens dans la ville.
Egalement, vous faites tout un foin sur ce problème de gestion de la DSP, mais on
va prendre un peu de recul. Dans la gestion d’une commune, nous prenons des
décisions tous les jours, nous engageons des sous-traitants, des fournisseurs, nous
déléguons la gestion, nous faisons confiance à des partenaires pour mener nos
politiques, tous les jours. Parfois, et c’est la vie d’une organisation de notre taille, le
résultat n’est pas au rendez-vous, et il y a des déceptions sur les attendus. Mais
tous les jours, il y a aussi de grandes réussites, à l’échelle de tous les services de la
municipalité. Ces réussites sont bien plus nombreuses que ces déceptions. Cela
s’appelle tout bonnement la gestion d’une collectivité. Nous avons des managers
dont l’activité au quotidien est de régler un grand nombre de problèmes et de faire
en sorte que tous les rouages fonctionnent, mais personne n’est infaillible in fine.
Toutes les organisations humaines, collectivités comme entreprises, sont
confrontées tous les jours à la défaillance, à l’absence de résultats, à la déception,
parce que tout simplement ce sont des femmes et des hommes qui œuvrent au
quotidien, et pas des machines. Ce sont des femmes et des hommes qui tous les
soirs ont une vie, qui tous les jours doivent apporter un travail, qui n’est pas
forcément de la même valeur que la veille ; et cela nous devons l’accepter, à moins
de déconsidérer la valeur humaine.
A titre d’exemples, nous avons eu des difficultés avec des sous-traitants sur un
certain nombre de sujets ces derniers mois, comme toutes les années ; pour la
couverture du Beffroi, par exemple ; pour la patinoire de Noël ; ou encore
l’acoustique de la Maison des Sports. Qu’avons-nous fait ? Nous nous sommes
repositionnés, nous avons repris le sujet autrement, et nous avons obtenu à chaque
fois un succès à la fin. Le plus important, ce n’est pas tant la défaillance que la
réponse qui doit être apportée afin d’atteindre l’objectif premier, et ici, l’objectif
premier est la réouverture du petit théâtre avec une programmation qui réponde à
l’attente de tous les Neversois.
Pour moi, 95 % des Neversois n’en ont rien à faire du mode de gestion ; ce qu’ils
veulent, c’est une programmation qui leur parle, et une programmation pour laquelle
ils ont envie de venir au petit théâtre. Je pense que l’on est en train de se noyer
dans un verre d’eau.
Pour finir, je voudrais remercier l’ensemble des équipes, l’ensemble des services qui
œuvrent et qui travaillent avec talent sur ce sujet, et qui vont faire que ce petit
théâtre va être un grand succès populaire dans les prochains mois.
M. le Maire – Merci. La parole est à Yolande Frémont.28
Mme Frémont – Monsieur le Maire, je vais d’abord m’adresser à Véronique Lorans. Elle a apporté
une forme de culture à la Ville de Nevers, elle a apporté son image de marque, et
l’image d’une vraie adjointe à la Culture.
Je ne vais pas reprendre ce que tout le monde a dit. Je pense que c’est très
complet. Mais j’irai droit au but pour trois questions :
J’aimerais voir le contrat signé officiellement par Coline Serreau. Que l’on nous dise
des choses, je veux bien, mais je voudrais voir le contrat signé.
Qui sera l’élu référent pour la suite concernant le petit théâtre ?
Qui est le directeur technique que vous avez recruté ?
Merci.
M. le Maire – J’ai déjà répondu à une partie de ces questions.
La parole est à Oscar Dos Reis.
M. Dos Reis – Merci, Monsieur le Maire. Oui, en effet, c’est un véritable fiasco. La gestion du petit
théâtre est un véritable fiasco.
Ce qui devait être le projet phare de la mandature a viré au désastre. Combien de
temps avons-nous perdu ? Encore une fois, l’opposition avait raison. Vous avez
manqué l’occasion de faire l’unanimité autour de ce projet. N’oubliez pas que
l’opposition représente aussi les Neversois, et bien plus que vous en nombre de
voix. Il y a un véritable problème de méthode. Vous décidez seul. Sans réelle
concertation. On a déjà subi cela, pour les fermetures d’écoles. Vous n’écoutez que
votre ego, et non les habitants. Il en est de même pour la place Mossé, la route des
Saulaies, l’aire des gens du voyage, et j’en passe.
Nous vous demandons, Monsieur le Maire, de changer de méthode, et de revenir à
ce qui a fait notre victoire en 2014, la promesse de consulter la population, de
travailler avec l’opposition, et de s’appuyer sur les compétences des services.
Je voulais répondre à Mme Mangel : Pourquoi la régie n’a-t-elle pas été proposée
dès le départ, alors ? On aurait évité tout ce fiasco. Merci.
M. le Maire – Ce n’est pas Mme Mangel qui est responsable. C’est un vrai choix que l’on s’est
posé, y compris avec l’adjointe à la Culture : régie ou pas ? DSP ou pas ? Ce n’est
pas simple. Je le dis humblement. Il faut être humble. Nous devrions peut-être
partager cette qualité un peu plus, plutôt que de faire des attaques personnelles qui
n’ont pas grand-chose à voir avec le sujet.
C’est un vrai choix de savoir si une Ville est capable de gérer un théâtre, ou pas.
Elle l’a fait dans le temps ; elle a arrêté. Ou de confier cela à quelqu’un, en faisant
confiance, à tort ou à raison.29
Je n’ai jamais prononcé de mots désobligeants vis-à-vis de l’autre candidat, et j’ai
tout à fait trouvé intéressant son projet, mais il faut faire des choix. Et l’autre
candidat aurait aussi pu, pour une raison ou pour une autre, ne pas être prêt.
Encore une fois, le problème juridique qui se pose ce soir n’est pas le choix du
candidat ; c’est le problème d’avoir été un peu au-delà du seuil. C’est un vrai sujet.
Finalement, nous allons peut-être tester les deux. Enfin, nous n’aurons pas eu le
temps de tester le premier.
Guy Grafeuille.
M. Grafeuille – Monsieur le Maire, chers collègues, Mesdames, Messieurs. Je suis un peu
consterné par tout ce que j’entends depuis quelque temps : la Ville serait dirigée par
un « tyran ». Ceux qui me connaissent doivent rire, car je ne suis pas le genre à
accepter que l’on me dirige d’une façon autoritaire. Chaque fois que j’ai quelque
chose à dire, je le dis, mais je pense que ce n’est pas le lieu ici, quand on fait partie
de la majorité, de systématiquement être contre, alors que l’on s’est réunis tous,
avec des sensibilités politiques différentes, autour d’engagements. Les
engagements, on les tient. Quand on a des divergences, on en parle en Bureau
municipal. Je ne suis pas un spécialiste de la politique, mais c’est comme cela que
j’entends les choses. Et je suis quand même étonné de voir que l’on démolit
systématiquement ce que veulent le maire et sa majorité. On se répand dans la
presse ; je trouve cela quand même assez choquant. A ce moment-là, on prend ses
dispositions, et puis on fait autre chose.
Je reviens sur ce que vient de dire M. Dos Reis ; encore une fois, le mot « fiasco ».
Mais, attendez, le théâtre a été refait dans les délais, en respectant l’enveloppe, ce
qui est un exploit quand même, parce que certains avaient prévu beaucoup plus que
cela.
Moi aussi je rencontre des gens dans la rue, car je viens à pied à la mairie, vu que je
n’habite pas loin dans le centre, et ils se fichent – et je rejoins M. Chartier – que ce
soit Dupont ou Durand qui s’occupe du théâtre ; ce qu’ils veulent, c’est que le
théâtre soit rouvert, et qu’il y ait une programmation qui les intéresse. Et ce n’est pas
parce qu’il y a un « microcosme » féru de culture locale que ces quelques personnes
décident et parlent au nom des Neversois. Le Neversois moyen s’en fiche
complètement. Je voudrais que l’on revienne un peu à la réalité, et que l’on arrête de
dire n’importe quoi.
Par rapport aux méthodes prétendument autoritaires, je rappelle que je me suis
toujours exprimé. Quand j’ai un problème, je vais voir le maire dans son bureau ; il
me reçoit. Mais ce n’est pas le lieu ici ; je suis désolé de le dire. Et quand on
appartient à une majorité, on ne se répand pas dans la presse pour dire ce que j’ai
lu. Je dois dire que cela me choque profondément. Vous trouvez cela très bien ; eh
bien moi, je suis désolé, je ne trouve pas ça bien du tout. C’est une question de
principe. Et encore une fois, nous avons été élus ; pas vous. J’en suis désolé. Vous
aviez été élus avant…30
Quand j’entends « Nous avions ça dans les tiroirs », mais que n’avez-vous pas mis
en œuvre tout cela durant les mandats où vous étiez là. Comme par hasard vous
aviez tout dans les tiroirs ! Sauf que nous, on est arrivés, et on a mis en œuvre. Et
c’est vrai que ce n’est pas toujours facile. Sur les monuments historiques, il y a des
imprévus, il y a des retards, il y a des problèmes ; on essaie de les régler le plus vite
possible pour respecter l’enveloppe financière et les délais.
Je vous remercie.
M. le Maire – Wilfrid Séjeau m’avait demandé la parole. Puis Mme Kozmin, M. Cordier, Mme
Lorans. Chacun pourra s’exprimer, et nous passerons au vote. C’est l’unique sujet
de l’ordre du jour, et je conçois que tout le monde s’exprime. Mais je ne souhaite pas
que l’on dure jusqu’à minuit comme usuellement.
Monsieur Séjeau, en complément de ce que vous aviez dit.
M. Séjeau – En synthèse, et rapidement. Je n’étais pas dans l’ancienne majorité, mais je trouve
ce débat « Vous auriez dû le faire, vous ne l’avez pas fait » tout à fait stérile. Et ce
n’est pas parce que vous avez eu la bonne idée, et le bon projet – ce que nous
avons toujours dit – de rouvrir le petit théâtre que cela vous autorise à le gérer mal,
derrière. Et j’avais dit aussi, lors du conseil municipal, que vous alliez réussir la
réouverture du petit théâtre, mais que vous alliez échouer sur sa programmation
culturelle ; malheureusement, c’est pour l’instant ce qui est en train de se passer.
Vous nous donnez des leçons sur la régie, mais, enfin, c’est vous qui avez décidé
de lancer une délégation de service public ; c’est quand même incroyable, ça !
Défense et illustration de la régie, pourquoi pas. Moi, je n’ai pas d’opposition aux
régies publiques, bien au contraire. Mais c’est quand même vous qui avez lancé la
délégation de service public.
Et puis, Monsieur le Maire, cela m’a un peu étonné que vous ayez souffert de cette
délégation de service public : il y a un débat, il y a deux candidats, il y a deux
projets. Et je reviens là-dessus, Monsieur Grafeuille, on n’a jamais dit qu’on était
pour Dupont ou pour Durand : on a dit que l’on soutenait un projet qui nous semblait
bien meilleur, mieux construit, plus réaliste, financièrement qui tenait la route, alors
que l’autre ne la tenait pas. D’ailleurs, c’est pour cela aussi que nous sommes là ce
soir et que nous devons annuler cette délibération, dois-je le redire ? Parce que
financièrement ce projet ne tenait pas la route, et qu’il crevait les plafonds. Donc,
voilà, ce n’est pas Dupont ou Durand.
Et ce n’est pas parce que l’on passe par une DSP que forcément on est dans
l’élitisme ! J’ai entendu cet amalgame, là, que je trouve particulièrement étonnant.
DSP ne veut pas dire élitiste. Et le projet d’Olivier Broda – je ne parle pas d’Olivier
Broda, je parle du projet d’Olivier Broda – n’avait absolument rien d’élitiste, et je
trouve que c’est un procès totalement injuste que de dire cela.
Monsieur le Maire, vous égrenez les documents que vous avez mis à notre
disposition ; c’est formidable de mettre à notre disposition plein de documents, mais
si on n’a pas ceux qui sont les plus importants et les plus stratégiques, et31
notamment les courriers que vous a adressés le préfet… Je pense que vous auriez
tout à fait pu nous les donner.
De toute façon, les documents de la consultation, à quoi servaient-ils, puisque, dès
le départ vous aviez fait votre choix ? Dès le départ, vous vouliez Coline Serreau.
On pouvait produire des tonnes et des tonnes, des tombereaux, des brouettes de
documents, cela n’aurait rien changé ; dès le début, vous vouliez Coline Serreau, et
là, pas pour le projet, pour le nom. C’est pour ça que cela me fait bien rigoler quand
on nous dit « Dupont ou Durand », car tout ce qui vous intéressait, c’était « Coline
Serreau » ; ce n’était pas le projet culturel. Je peux le comprendre. Vous trouviez
que c’était bien pour Nevers d’avoir quelqu’un de connu, quelqu’un qui a une image
nationale. Nous n’étions pas d’accord là-dessus. Mais vous n’avez pas choisi un
projet, vous avez choisi un « nom ».
Oui, effectivement, on a porté des accusations assez graves sur vos propos, mais
vous n’avez pas répondu à ma question. Quand vous avez déclaré sur « Facebook
live » que vous aviez réuni des financements supplémentaires et que c’est pour cela
que Coline Serreau ne venait pas, alors, expliquez-moi ; si cela, ce n’est pas une
approximation, voire un mensonge, expliquez-moi en quoi c’était vrai. Tout
simplement.
Je suis surpris aussi de votre affirmation ; vous parlez d’un projet de labélisation du
petit théâtre, alors qu’il y a déjà un projet de labélisation de la Maison de la Culture.
Est-ce que ce serait un projet de labélisation de scène nationale? Vous croyez
vraiment qu’il pourrait vraiment y avoir deux scènes nationales dans une seule ville ?
Alors, là, je demande vraiment… Vous dites « Ne m’accusez pas de mentir », mais
si vous annoncez vraiment cela, je confronterai ce point à l’avis de la DRAC, et on
verra qui dit la vérité.
M. le Maire – Sur le dernier sujet, c’est effectivement une hypothèse qui a été émise par la
nouvelle DRAC, en disant qu’il y avait une possibilité d’envisager cela. Je ne dis pas
que c’est acquis. C’était en présence de M. le Préfet, d’ailleurs. Et effectivement,
c’est une hypothèse. Elle a trouvé très intéressant que la Ville ouvre un équipement
culturel ; peu de villes aujourd’hui ont ce courage d’ouvrir un équipement culturel
supplémentaire. Je la reçois dans quelques semaines. Nous allons parler de cela. Je
ne vous dis pas que nous allons l’avoir demain. La Maison de la Culture l’aura avant,
mais cela pourrait être en continuité de la Maison de la Culture. Je souhaite qu’il n’y
ait absolument aucune concurrence.
Il n’y a aucun flou, je suis quelqu’un de très direct et de très transparent dans ce que
je peux dire, et c’est la raison pour laquelle je ne me suis pas exprimé dans la
presse sur ce sujet, car c’est un sujet de contractualisation. Je souhaitais, tant que
les choses n’étaient pas établies avec certitude – et vous l’avez rappelé, il y a eu des
coups de théâtre –, être maître de ma communication. C’est quand même un comble
de se voir reprocher cela ! Je voudrais utiliser la presse en permanence, vous me
reprocheriez de m’en servir de trop. Là, effectivement, c’est un sujet que je n’ai pas
souhaité médiatiser, parce que c’est complexe, ce sont des relations contractuelles,
qui évoluent d’un jour à l’autre. Il n’y a rien de choquant, il n’y a rien de méprisant32
pour la presse. Je le redis publiquement. Je réponds ainsi à ce qui a été dit par
François Diot.
M. Diot – (hors micro)
M. le Maire – Vous pensez ce que vous voulez. Vous n’êtes ni mon juge ni mon parquetier,
Monsieur Diot. Et avant d’annoncer, Monsieur Séjeau, que la saison est loupée, je
vous invite à aller la voir, et puis on en reparlera.
Ce projet de réouverture du théâtre a intéressé le ministère de la Culture. Il a décidé
de donner… Mais, je le dis, ce n’est pas spécialement à un tel ou à un tel… J’ai
entendu aussi, ou j’ai lu dans la presse, que parce que c’était un « nom »… Vous
me méprisez un peu, Monsieur Séjeau ; je n’ai pas voulu un « nom ». D’ailleurs,
initialement, il y avait trois candidats. Il y en a un qui ne s’est pas positionné, mais
qui était tout aussi intéressant. Donc, moi, je n’avais pas fait de choix avant. Et j’ai
laissé venir. Et il y a eu deux projets très différents. Et il y a eu un groupe de travail,
d’ailleurs qui était très partagé ; nous étions cinq élus. Oui, il y a eu des groupes de
travail. Ce n’est pas que le maire tout seul qui décide des choses. Après, il tranche,
comme tous les maires. Madame Fleury, vous le savez très bien ; alors, arrêtez de
faire des procès d’intention. Il y a des espèces de rumeurs, comme quoi je serais un
tyran… C’est du blablabla. Ce que je peux vous dire, c’est que je me suis intéressé
au projet ; je ne suis pas quand même complètement niais, mais cela m’intéresse
effectivement de savoir ce qui peut être proposé aux Neversois.
Après, j’ai lu que Coline Serreau était une « people » ; je ne pense pas qu’elle soit
« people », je ne pense pas que je sois « people » non plus. Elle a un parcours. Elle
n’est pas tombée du ciel, non plus. Après, on l’apprécie, ou on ne l’apprécie pas.
Elle est rentrée à l’Académie des Arts en section cinéma ; c’est la deuxième femme
après Jeanne Moreau. Je ne peux pas vous dire que je suis ravi de ses difficultés à
ouvrir le théâtre, mais je ne peux pas vous dire non plus que je vais tirer à boulets
rouges sur quelqu’un qui a aussi un parcours artistique ; ce serait injuste. Et vous
qui êtes attentif à être juste, soyez-le et soyez-le jusqu’au bout. Mais, effectivement,
dans ma démarche, je suis allé au-delà d’une question de nom, et d’ailleurs je ne
pouvais pas présager que, quand nous nous occuperions de ce théâtre, il y aurait
des personnes connues, pas connues.
Je vais vous faire une confidence, et d’ailleurs cela a été partagé avec l’adjointe à la
Culture : on s’est longtemps posé la question de la régie ou de la DSP. Ce n’est pas
évident. On n’a pas été très conseillés par la DRAC. On avait même proposé à la
DRAC qu’elle fasse partie du jury si on partait sur une DSP pour nous accompagner.
Donc, on était vraiment transparents ; ce n’était pas l’idée de faire les choses entre
nous. Et finalement, nous avons fait ce choix de la DSP, qui aurait pu être bon,
aussi, qui aurait pu marcher. Bon, c’est comme cela, cela fait partie des aléas, et on
en connaît tous dans nos vies personnelles, professionnelles ou politiques. Il faut
surtout rebondir, et réagir, et s’adapter, trouver une situation positive, et c’est ce que
nous faisons. Mais je ne vous permets pas de dire que je me suis réduit à un nom ;
c’est absolument faux. Le choix n’a pas été d’écarter le second projet ; j’ai toujours
dit que les deux étaient bons, avec des orientations différentes.33
Tout à l’heure, quand j’ai réuni les acteurs culturels, M. Broda était là, d’ailleurs, et
j’étais content qu’il soit là. Je pense qu’il peut avoir toute sa place au théâtre aussi,
et j’espère qu’il la prendra, comme il la prend à la Maison de la Culture.
Je pense avoir répondu à peu près à votre question.
Du coup, avec cette occasion de lancement du théâtre, nous allons essayer de
coupler avec les Micro-Folies qui seront lancées avec La Villette pour permettre
aussi des compléments de financement sur les parties théâtre, numérique, etc. Il y a
également une possibilité d’abondement de la Région, et je suis en lien avec les
élus régionaux et la Présidente de Région par rapport à l’aide supplémentaire de
l’Etat pour l’année de lancement. Tout cela fait que ce sont des financements
supplémentaires, qui ne vont pas être affectés à un tel ou un tel, mais au théâtre et à
la Ville de Nevers.
Je pense que d’ailleurs nous vous proposerons à terme de réfléchir à un
fonctionnement que nous allons lancer suite à la délibération. On abordera bien sûr
les délibérations sur la tarification et sur la réaffectation des montants attribués à la
DSP, qu’il faudra affecter à la fois au fonctionnement et à la programmation peut-
être via un budget annexe. Voilà ce à quoi nous travaillons, et vous serez associés,
avec le respect des élus de l’opposition que vous êtes, sur ces décisions.
Isabelle Kozmin.
Mme Kozmin – C’est à mon tour de remettre un peu les choses en perspective. C’est le côté
financier qui me rattrape. Trois ans, c’est 3 M€. Ce sont quatre mots qui peuvent
résumer la rénovation du théâtre. Il faut savoir que les financements publics
représentaient à peu près 90 % de ce montant de 3 M€, dont pour la Ville de Nevers
70 %, et que nous avons eu des financements privés à hauteur de 10 %, et ce dès
le départ, depuis le premier semestre 2015. Pensez-vous réellement que ces
financements aient été obtenus à condition qu’un tel ou un tel dirige le théâtre ? Eh
bien non. Il faut être censé. La commande était claire. La commande que nous
avions était que le théâtre rouvre. Et c’est notre engagement.
Alors, oui, la majorité a choisi l’offre du « Théâtre de Babylone » plutôt que celle
d’Olivier Broda. Eh oui, nous sommes passés à côté d’une exigence réglementaire ;
eh oui, cela nous conduit aujourd’hui à prendre en main la programmation. Et alors ?
Nous le faisons ; c’est notre devoir. Car ce qui est important, encore une fois, c’est la
réouverture du théâtre. Nous attendons tous avec impatience de voir des spectacles
distrayants au théâtre. C’est la demande unanime.
Mais il faut aussi que nous ne perdions pas de vue une chose. Nous avons fait le
plus dur. Le plus dur, c’était de restaurer le théâtre. Le rendre vivant. Ce sera chose
faite dans quelques semaines.
Mais, justement, Mesdames et Messieurs les élus de l’opposition, j’aurais aimé
savoir où vous étiez en 2009, lors de la fermeture du théâtre. J’ai eu quelques
éléments de réponse, grâce à Mme Fleury. Mais malgré tout, qu’avez-vous fait,
qu’avez-vous dit durant toutes ces années de fermeture, durant ces années de34
fiasco ? Là, j’utilise bien ce terme, parce qu’il correspond parfaitement à ce qui s’est
passé. Avez-vous profité de chaque conseil municipal pour marteler votre souhait de
voir rouvrir ce théâtre ? Avez-vous harcelé le maire de l’époque ? L’avez-vous
harcelé afin qu’il dédie un budget pour la rénovation du théâtre ? Mme Fleury a
finalement mentionné que non. Que finalement on a choisi de ne pas rentrer dans
un programme de travaux. Mais, vous avez même choisi de ne pas entretenir le
bâtiment. C’est quand même très grave.
Alors, maintenant, aujourd’hui, puisque nous avons quelques difficultés pour la mise
en place du nouveau directeur du théâtre, aujourd’hui vous êtes tous là à manifester
bruyamment, mais vraiment bruyamment votre mécontentement, pourquoi ?
Simplement pour le choix de la direction du théâtre. Je dis juste que c’est stupéfiant.
Et je trouve encore une fois dommage que ce soit des postures politiciennes qui ont
ainsi une part si belle. C’est vraiment dommage.
Par ailleurs, je tiens aussi à m’exprimer par rapport à ces idées un peu rapidement
lancées comme quoi nous pourrions être dans l’équipe majoritaire quelques
« moutons » suivant notre leader. Guy Grafeuille s’est exprimé. Je m’exprime dans
le même sens. Je ne suis pas d’un caractère si simple, si facile. En revanche, je
peux vous dire une chose, c’est que l’ensemble des élus du groupe majoritaire qui
travaillent les dossiers qui leur sont confiés dans le cadre de leurs délégations
travaillent en lien avec le maire ; c’est normal ; c’est sous couvert du maire. Il n’y a
pas d’élus qui possèdent un dossier en particulier. C’est un travail partagé. C’est un
travail qui est transversal. C’est normal, c’est une nécessité. Le maire, c’est le leader
du groupe. Le maire est aussi le responsable de la collectivité. Donc, nous n’avons
pas la main à 100 % sur nos dossiers, mais c’est tout à fait normal. Par contre, nous
échangeons avec le maire. Nous échangeons, et nous arrivons à nous entendre sur
l’avancée des dossiers. C’est cela, le principal. Donc, ne croyez surtout pas que
nous soyons des « moutons » ; ce serait tellement facile de faire en sorte que le
maire de la Ville de Nevers ait tous les défauts, soit autoritaire, voire menteur, etc.
Non, non, ce n’est pas cela. Les choses sont travaillées. Sont travaillées largement
en amont par les élus qui travaillent leurs dossiers, dans l’intérêt collectif, et non pas
dans l’intérêt particulier. C’est parfois très difficile.
M. le Maire – Philippe Cordier m’avait demandé la parole.
M. Cordier – Monsieur le Maire, au-delà de ce débat juridique sur le fait de savoir quelle structure
sera la plus appropriée pour diriger le théâtre, je voudrais aussi revenir sur le sujet
de fond de ce petit théâtre. Je suis plus que choqué par les propos entendus dans
les réseaux sociaux ou dans ce conseil.
Vous avez laissé ce joyau dans l’oubli, Monsieur Diot et Madame Fleury – puisque
vous étiez à peu près dans la même équipe –, dans la dégradation. Vous l’avez
fermé pendant 18 ans. Vous avez l’outrecuidance aujourd’hui de critiquer une
équipe (en parlant d’un éventuel architecte pour justifier un budget de 6 M€), un chef
de projet, du personnel municipal, des maîtres d’œuvre, des jeunes de l’Ecole de la
Deuxième Chance, des mécènes, des Neversois donateurs anonymes qui ont cru à
cette rénovation, à laquelle vous ne croyez pas sur la pérennité, puisque vous nous
dites qu’un architecte aurait été plus approprié. C’est faire donc injure aux gens qui35
ont travaillé dans ce magnifique établissement, et donc vous avez renoncé. Ils lui ont
redonné sa splendeur passée, et c’est un point de vue qui fait l’unanimité.
Reconnaissons donc que, sur ce point, vous n’avez pas voulu faire ce que nous
avons fait. Nous allons rendre aux Neversois leur petit théâtre en l’état, et de ceci
nous sommes fiers, et encore félicitations aux acteurs de cette renaissance.
Concernant la direction de ce théâtre, j’ai entendu Yannick Chartier et Guy
Grafeuille, et je suis tout à fait d’accord avec eux. J’ai fait un peu un micro sondage,
mais en dehors du microcosme culturel de la ville. Car c’est bien ça, c’est bien le
microcosme culturel nivernais. Je vous remercie d’avoir cité Charles Pasqua, et je
vais vous dire que d’entendre de la bouche d’un élu communiste la liberté de la
presse, j’en tombe de mon siège. J’ai posé la question autour des deux postulants.
Sur Coline Serreau, les plus anciens m’ont cité, bien sûr, Trois hommes et un
couffin, La Belle Verte, La Crise…Et puis après, Broda, alors, là… Personne. Même en indiquant le « Théâtre du Temps Pluriel ». Alors, quand on me dit que c’est un artiste qui a au niveau national une importance…
Mais pour l’instant, je ne veux émettre aucun jugement quelconque sur le travail de
ces deux artistes – j’en serais bien incapable –, sur leur valeur, sur leur
professionnalisme, et sur leur volonté de s’impliquer et de redonner à ce théâtre des
spectacles de qualité. Les Nivernais ne sont aucunement intéressés, en fait, par qui
va diriger ce théâtre, mais sont friands de la future programmation. Je me souviens,
moi, vieux Nivernais, d’une journée Luchini, qui avait été exceptionnelle, et d’autres
représentations, qu’elles soient musicales ou théâtrales, qui eurent également un
succès mérité. Les Biennales de la Faïence furent également accueillies dans ces
murs.
Je ne voudrais pas que nous tombions dans des représentations élitistes – Eh oui,
j’emploie bien le mot « élitisme » –, qui ne feraient que mettre en péril l’équilibre
financier, et qui mèneraient à coup sûr à une re-fermeture de ce petit théâtre. Mais
misons sur les représentations afin d’attirer le maximum de public, et c’est dans ce
sens que nous devons travailler en mettant sous cape les ego importants de ce
monde artistique. Nous sommes à la concrétisation d’un superbe projet. Ne gâchons
pas la fête. Personne ne tirerait avantage d’un échec, même dans l’approche d’une
période électorale.
M. le Maire – Madame l’Adjointe à la Culture.
Mme Lorans – Merci, Monsieur le Maire. Beaucoup de choses à dire encore. Si ce n’était pas aussi
pitoyable, j’éclaterais de rire, Monsieur Grafeuille ! Que vous me donniez des leçons
de loyauté, ainsi que Mme Kozmin, alors que tous les deux ont voté contre le maire
à l’Agglomération ! Bravo !
J’ai toujours été d’une loyauté indéfectible. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir
pour amener le maire et vous-même, tous, à une décision qui était raisonnable, et
conforme à notre politique culturelle. Mais en vous entendant, je me rends compte
que vous ne l’avez jamais lue, cette politique culturelle. Vous êtes en train de parler
d’élitisme. Vous tenez effectivement des propos populistes. Le projet culturel, c’était36
l’excellence pour tous. Mais vous ne vous en souvenez pas ; ou je pense que vous
ne l’avez pas lu.
Je suis étonnée aussi du nombre de prises de parole des membres de la majorité
municipale ce soir. Le 6 février, j’avais été choquée pas tant parce que je n’avais
reçu aucun soutien de votre part ; ça, cela ne m’a pas tellement étonnée. Ce qui
m’avait le plus choquée, c’est que vous n’aviez pas soutenu le maire. Le maire avait
parlé seul. Aucun de vous n’avait pris la parole pour le soutenir. Là, vous vous êtes
organisés ce soir, et chacun y va de son couplet sur le fait que le théâtre a été
fermé, etc. ; pour noyer le poisson, encore une fois.
Sur la DRAC, Monsieur le Maire, j’ai des éléments, que vous avez aussi, qui sont
écrits, et qui montrent que la DRAC s’est toujours positionnée très clairement sur le
fait que le théâtre ne remplissait pas les critères de labélisation CDN. Vous me dites
maintenant que la nouvelle DRAC envisage une labélisation pour le théâtre ; tant
mieux. J’exige d’être associée, puisque je suis toujours votre adjointe à la Culture, à
ce rendez-vous avec la DRAC.
Sur le chef de projet, que mon voisin, Philippe Cordier, semble trouver extrêmement
compétent, sur l’aspect technique, je ne suis pas suffisamment compétente pour en
juger, bien que j’aie de très sérieux doutes. Sur l’aspect comportement, là, oui, je
peux dire que cette personne, contre le recrutement de laquelle j’étais depuis le tout
début, s’est vraiment extrêmement mal comportée ; vous le savez, vous avez des
témoignages, que je vous ai transmis. Vous avez laissé faire. Voilà, maintenant, il
faudra que vous assumiez, y compris si les travaux ne sont pas conformes.
Pour finir, je vous avais fait parvenir au mois de décembre un document d’aide à la
décision, argumenté, sur lequel j’avais travaillé pendant des heures, de façon à
éclairer votre décision, et que vous puissiez la prendre en toute connaissance de
cause, puisque, Madame Kozmin, nous travaillons effectivement sur nos dossiers.
Ce document, vous n’en avez visiblement pas tenu compte. J’avais moi-même
décidé qu’il serait confidentiel, parce qu’il était important que la décision vienne de
vous, effectivement ; ce que je respecte parfaitement. Ce document m’appartient, et
ce soir j’en lève la confidentialité, et je le diffuserai. Précédemment, d’ailleurs, je l’ai
diffusé à vous tous, membres de Nevers à Venir. Personne ne m’a répondu. Je
suppose que personne ne l’a lu. Vous êtes complices du fiasco dans lequel nous
nous trouvons.
M. le Maire – Bien. Je précise juste que, sur le chef de projet, nous avions partagé des doutes,
mais nous avions quand même fait un choix commun ; nous l’avons partagé. Et moi,
je considère qu’il a mené à bien sa mission, et je l’en félicite publiquement. Il s’agit
de Noël Leriche, et je pense que ce n’est pas d’usage de critiquer les agents en
conseil municipal. Il a mené en trois ans un projet sur 3 M€. Le projet de l’équipe
précédente consistait à tout démolir dans le théâtre, ce qui explique qu’il soit de
6 M€. Finalement, quand nous nous sommes intéressés au sujet, nous avons trouvé
un débarras, et non plus un théâtre, qui n’était même pas hors d’eau. Je suis donc
très heureux, et d’ailleurs j’invite le public, quel que soit le soutien qu’il puisse
apporter aux uns et aux autres, à profiter de l’ouverture de cet équipement.37
Il y a quelques parties classées dans ce bâtiment. Il a fallu faire appel à un
professionnel et à des architectes, sous le contrôle de Guy Grafeuille, qui connaît
particulièrement son métier d’origine et ses fonctions, et il a été très vigilant sur la
façon dont les choses se sont passées pour préserver le théâtre dans ce qu’il est, un
théâtre du début du 19e siècle, en le transformant en théâtre moderne, comme l’a
rappelé M. l’adjoint aux Finances, pour qu’il génère aussi des recettes et intéresse.
Et aujourd’hui, effectivement, c’est un des théâtres les plus modernes et équipés en
digital. Je l’ai fait visiter encore récemment à plusieurs personnalités, connues ou
pas connues, du monde du spectacle, qui connaissent bien ce type d’équipements,
et qui ont été assez bluffées de la façon dont on l’a équipé. C’est pour cela que je
suis relativement confiant.
En tout cas, moi, je suis ravi de voir que tout le monde est intéressé par la culture ;
c’est en tout cas réjouissant. Et je vous propose de passer au vote.
Y a-t-il des voix contre le retrait ? Qui s’abstient ?
Les élus de l’opposition et Mme Lorans émettent des protestations et se lèvent pour sortir de l’enceinte.
La délibération est adoptée La délibération est adoptée La délibération est adoptée La délibération est adoptée à l’unanimité. à l’unanimité. à l’unanimité. à l’unanimité. 1 1 1 13 élus ne prennent pas part au vote. 3 élus ne prennent pas part au vote. 3 élus ne prennent pas part au vote. 3 élus ne prennent pas part au vote.
Le retrait est adopté à l’unanimité, puisque vous êtes présents.
Merci. Je voulais terminer par une phrase de Shakespeare, et elle est très adaptée à
votre comportement, d’ailleurs : « Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes
et femmes, n’en sont que les acteurs, et notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles. » Vous jouez un bien mauvais rôle ce soir, Mesdames et Messieurs les élus, qui fuyez vos responsabilités.
Bonne soirée. Nous nous retrouverons en conseil municipal. La séance est levée.
M. le Maire lève la séance à 20 h 00.
Les secrétaires de séance Le Maire
Denis Thuriot
Mme Wozniak
Mme Fleury