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unknown - Communauté de communes - Centre Corse - RQO2024 O2 064
Document publié le Lundi 1 janvier 2024
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Centre Corse - RQO2024 O2 064)
Thèmes du document : Investissement et développement économique, Agriculture et alimentation, Grandes et moyennes entreprises,
REPONSE DE DOMINIQUE LIVRELLI
Objet : Création d’un Marché d’Intérêt Territorial en Corse
A ringrazià vi Madama Presidente.
Madame la Conseillère,
La démarche de créer un Marché d’intérêt National en Corse a été initiée par l’ODARC
en 2020 suite à la crise engendrée par le Covid. En effet, au regard des nombreux défis que cette
crise a soulevés, notamment en matière d’approvisionnement des denrées alimentaires,
d’écoulement des produits locaux et de changement des modes de consommation, une cellule
de réflexion avait été créée au sein de l’Office, intégrant des membres du Conseil
d’Administration de l’ancienne majorité territoriale. L’opportunité de créer un MIN en Corse est
vite apparue comme un projet potentiellement structurant et ayant vocation à répondre à des
enjeux importants pour la Corse. C’était d’ailleurs un des éléments mis en avant dans le rapport
d’activité de l’ODARC cette année-là.
En effet, la résilience du système alimentaire corse est un enjeu majeur. Aujourd’hui,
notre agriculture est fortement tournée vers le marché lucratif et saisonnier de la
consommation touristique estivale. Cette orientation a contribué à une faible autonomie de
notre système alimentaire avec environ 4% des besoins couverts par la production locale. On
constate également des prix de 14% en moyenne plus élevés que sur le continent. De plus, on
relève un taux de croissance de la population d’environ 1% par an et des coûts liés à l’insularité
qui sont estimés à plus de 11% par an du chiffre d’affaires de 328M€ dans le secteur du
commerce de gros et de détail. Enfin, 43% des exploitations corses font de la transformation
fermière et 8 exploitations sur 10 commercialisent en circuits courts.
Face à ce constat, reconquérir le marché intérieur en incitant et facilitant une orientation
nourricière répondant aux besoins de la population locale est un objectif majeur auquel ce
projet de MIT peut répondre en partie. En effet, en parallèle, il s’agit de l’articuler avec notre
politique ambitieuse de développement d’une agriculture productive notamment dans les
filières fruits et légumes, viande et lait qui se traduit, par exemple, par des taux d’intervention
bonifiés pour ces secteurs allant jusqu’à 80% dans le PSN Corse pour les petites exploitations
maraîchères, des aides à l’implantation de cultures protéiques et par une augmentation de
l’aide couplée ovine-caprine du 1er pilier de la PAC.
Des sources de financement pour mener cette étude ont été recherchées dans le cadre
des crédits de relance de l’Etat, sans succès…
Mais ce projet a finalement pu avancer avec le recrutement d’un agent en CDD au sein
de l’Office en 2023 afin de piloter une étude d’opportunité et de faisabilité, financée sur les
crédits de fonctionnement de l’ODARC et conduite en partenariat avec la Chambre
d’Agriculture de Haute-Corse.Cette étude est aujourd’hui terminée. Elle comprenait trois phases : une phase de
diagnostic et de concertation des acteurs potentiels, une phase de calibrage technique et de
réflexion sur les spécificités d’un Marché d’Intérêt Territorial Corse afin de répondre aux enjeux
identifiés et une dernière phase de projections juridique et économique.
La première phase a fait apparaître des niveaux d’engagements différents selon les
types d’acteur. Les producteurs et les transformateurs ont été rapidement des alliés de ce
projet, reconnaissants son intérêt et les opportunités qu’il pourrait leur apporter. Les GMS se
sont montrées hésitantes mais ont néanmoins reconnu qu’un tel outil pourrait répondre à une
demande des consommateurs et faciliterait l’approvisionnement en local dès lors que les prix
permettraient une certaine compétitivité avec les marchandises importées. Enfin, les
transporteurs et les grossistes ont très peu répondu aux sollicitations ou se sont montrés plutôt
opposés au projet.
La deuxième phase a permis de définir les contours du MIT Corse autour de quatre axes
: un carreau physique des producteurs combiné à un carreau virtuel, un marché d’anticipation
permettant une meilleure planification des productions agricoles en phase avec les besoins des
transformateurs et des distributeurs, une organisation mutualisée pour répondre aux besoins
de la restauration collective et chercher des opportunités à l’export et enfin, une marque MIT
basée sur un cahier des charges assurant la traçabilité des produits corses transitant sur le site.
La troisième phase s’est attachée à calibrer le projet en partant du principe d’une
construction progressive et réaliste mais avec la perspective d’un développement physique
plus ambitieux à moyen terme.
Début novembre, une rencontre avec le Président de la Semmaris, gestionnaire du MIN
de Rungis, Monsieur Stéphane Layani a engagé nos travaux vers une nouvelle étape. En effet,
la Semmaris s’est proposé d’analyser ce projet au regard de son expertise et de son expérience
en la matière. Cet intérêt apporté à la création d’un MIT en Corse nous conforte dans la
nécessité de poursuivre son développement. Ainsi, dès le retour de la Semmaris, l’ODARC
conduira les compléments d’études nécessaires à l’aboutissement de ce projet.
En conclusion, ce projet de MIT a, d’ores et déjà, réussi à créer un fort engouement et
une importante mobilisation des acteurs locaux. Des défis restent bien évidemment à relever
pour rendre ce projet le plus concret possible mais l’accompagnement de la Semmaris est un
signal très positif voire encourageant. Enfin, ce projet doit trouver un écho dans notre politique
de développement des installations agricoles, de stimulation de la production, de mobilisation
du foncier et d’orientation de la production vers la fonction nourricière de notre agriculture.
A ringrazià vi.