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Thèmes du document : Justice et droit, Histoire et mémoire, Guerre en Ukraine,
Page 1 sur 17
U Poghju d'Oletta, u 23 di lugliu di u 2017
OMAGIU à MARIA GHJENTILE
Discorsu di U Merre
Bonghjornu à tutti,
Simu riuniti oghjè in stu locu impurtantissimu di u
nostru paese è u nostru circondu, a vecchja casa di Maria
Ghjentile, per ramintacci di l'eruina.
Prima tuttu, vi vogliu ringrazià d'esse prisenti è cusì
di manifestà u vostru affettu pè sta donna tantu maghjò
di a stòria di a Corsica.
• Eccu u racontu chì ci hanu lasciatu i nostri anciani è
in particulare Antone COSTA, prete di U Poghju
d'Oletta in princìpiu di u vintèsimu sèculu:
U vinti cinque di settembre di u mille settecentu
sessanta nove, cinque omi, partigiani di Pasquale PAOLI,
dopu esse stati cundanati dà una ghjura strana u dicesette
lugliu di u mille settecentu sessanta nove, subiscenu u
supplìziu di a rota in piazza a u cunventu San Francè.Page 2 sur 17
Dopu esse stati scruciati, sò stati messi in forca
d'infamìa è sposti pè l'esèmpiu. Duvianu stà cusì, senza
sipultura, sottu pena di vita.
S'omi, chì avianu participatu à u fattu di a guerra
contru a Francià numinatu Cuspirazione d'Oletta, si
chjamavanu:
Don Pedru LECCIA,
Francescu Antone SANTAMARIA
è Dumenicu CERMOLACCE d'Oletta,
Giò GUIDONI
è Giò Camillo GUIDONI di U Poghju.
A ghjente era spaventata. U trimuleghju di a morte
s'era impadrunitu di tutti i cori.
Tutta a pupulazione si tenia in casa, pienghjendu sti
ghjovani paisani.
A notte ghjunta, Maria Ghjentile era in d'a sò
càmera: à posà nanta u so lettu, u sò capu ghjimbadu, e
mani sopra a l'occhji, circendu à inghjòttesi u pientu.
In silenziu, li si paria di sentesi chjamà: "Ò Maria
Ghjentì!".
È ella di pensà: "Ò Giò", lu miò caru prumessu.
Aviamu maritacci frà pocu!
Innucentu, ti hanu tombu è ùn ti volenu mancu
permette d'ave una sipultura cristiana.Page 3 sur 17
Maria Ghjentile ùn po suppurtà stù dulore è decide,
per amore di sicuru ma ancu per muralità è patriuttìsimu,
di fallà à u cunventu di notte per ùn lascià cusì u sò
prumessu.
Èccula spiccendu u cadàvaru di u so sfurtunatu
prumessu per supellìllu ind'un'arca di u cunventu.
U so duvere còmpiu, si ne riturnò in casa, u core
fiaccu ma cuntenta d'ùn'esse stata ingannata da a
sintinella.
A l'alba, omu si dice chì mancava un cadàvaru in
piazza di u cunventu: era quellu di Giò. A nutizia di a so
sparizione si sparghjò prestu è i suldati mettìinu u pòpulu
in sussurru.
Tandu i parenti di u prumessu di Maria Ghjentile
fùbbenu arristati è messi in prighjò in attesa d'esse
ghjudicati.
Risuluta è purtata d'un spìritu di vera ghjustìzia,
Maria Ghjentile si prisentò allora ind'è u ghjùdice in
Bastia hà palisà tuttu ciò qu'ella avìa fattu sola pè supillì à
cristianinu u so prumessu.
A Storia ci cunta chì u ghjùdice hè statu bocca aperta
dinanzu à Maria Ghjentile, una donna smirullata chì hè
stata capace d'unu eruìsimu sìmule. Cumandò subitu a
liberazione di a sterpa di Giò.Page 4 sur 17
• Una parolla in lingua francese:
Je vous laisse imaginer mon plaisir particulier d'être
ici présent pour évoquer cette grande femme connue sous
le nom de "Maria Ghjentile" aussi appelée "l'Antigone
Corse".
Ce soir, en vous la faisant mieux connaître, vous
pourrez apprécier l'immense message d'amour et de
morale qu'elle nous a laissé.
L'hommage public que mon équipe municipale et
moi-même avons décidé de lui rendre depuis le début de
notre mandature est la marque de l'attachement profond
que toute notre communauté lui porte.
A cet égard, je tiens à remercier tout particulièrement
le Président de l'Assemblée de Corse, Monsieur Jean-Guy
TALAMONI, qui a officialisé le 8 mars dernier l'entrée de
Maria Gentile dans la statuaire corse aux côtés de
Pasquale PAOLI et de Napoléon BONAPARTE. Avec une
partie de l'équipe municipale nous étions présents et
avons été très touchés par la cérémonie organisée.
Le buste en bronze de Maria Ghjentile réalisé par le
sculpteur Gabriel DIANA trône maintenant dans le hall
d'entrée de la Collectivité Territoriale de Corse. C'est une
photo de celui-ci qui m'a d'ailleurs servi pour préparer
l'affiche de cette commémoration.Page 5 sur 17
L'attachement à Maria Ghjentile s'est aussi manifesté
par le partage fraternel de cette commémoration depuis
le début avec Marie FERRANTI auteur de la pièce de
théâtre "Maria Gentile" et de Guy CALVELLI acteur et
chanteur. J'en profite pour saluer la publication au mois
de janvier 2017 aux éditions Gallimard de la pièce en
cinq tableaux "La passion de Maria Gentile" que je vous
engage à lire.
Il s'est aussi illustré par l'ambition que nous avons eue
avec Madame Marido PAOLI de l'association Corsica
Genealugia d'effectuer des recherches généalogiques et
historiques la concernant afin notamment de reconstituer
la généalogie de Maria Ghjentile.
Je vais maintenant vous présenter le résultat de ces
recherches sur la véritable identité de Maria Ghjentile
(résultat que vous pourrez consulter tout à l'heure à la
salle des fêtes si vous le souhaitez) ainsi que sur le fait
héroïque qu'elle a accompli après l'exécution de son
fiancé dont nous pensons qu'il s'appelait Giovanni
GUIDONI, un des condamnés à mort de l'épisode connu
sous le nom de Conspiration d'Oletta (nous verrons par
la suite pourquoi).
Tantôt appelée:
Maria Gentile MONTALTI: par Francesco Ottoviano
RENUCCI dans "Nouvelles Corses" paru en 1841 ou
encore par Pierre LUCCIANA (Petru VATTELAPESCA)
dans son drammu lirico in 4 quadri "Maria Gentile" paru
en 1906),Page 6 sur 17
tantôt Maria Gentili MONTALTI (par Ferdinand
GREGOROVIUS dans "Voyage en Corse" écrit en 1852),
mais aussi Maria GENTILI (par François Antoine
GIROLAMI-CORTONA dans "Histoire de la Corse) parue
en 1906,
ou encore Maria Gentile GUIDONI (par Hyacinthe Yvia
CROCE dans "Quarante ans de gloire et de misère ou
encore par Jean-Pierre LUCCIARDI dans sa pièce de
théâtre "Maria Jentile - drammu storicu in tre atti" parue
en 1912),
ou aussi par le seul prénom Maria Ghjentili (par Rinatu
COTI dans sa pièce de théâtre "U MACEDDU" parue en
1985),
voire même tout simplement par le nom GENTILE (en ce
sens l'abbé Jean-Ange GALLETTI dans son "Histoire
illustrée de la Corse" parue en 1863),
et aussi Maria Gentile BELGODERE (par Jacques DENIS).
Mais qui est-elle vraiment ?
Son acte de baptême tiré des registres de catholicité de la
paroisse "San Andrea" (sur la commune d'Oletta) est ainsi
libellé: "l'an du Seigneur 1748, le 6 mars, moi soussigné,
curé de cette paroisse de Saint-André d'Oletta, ai baptisé
une enfant née cette nuit de Joseph BELGODERE, fils
d'Ange François, et de Maria Catherine, conjoints de cettePage 7 sur 17
paroisse, a qui a été imposé le prénom de Maria
Gentile... signé: CAPEZZALI curé".
Son père: Giuseppe BELGODERE né à Oletta en 1717,
Son grand-père paternel: Angelo Francesco BELGODERE
(° 1689, + 27/10/1755 à Oletta),
Sa grand-mère paternelle: Barbara (°1700 / + 13/05/1760
à Oletta)
Sa mère: Maria Catalina SALICETI née à Oletta en 1719
épouse LECCIA en 1ères noces,
Son grand-père maternel: Giuliano SALICETI,
Sa grand-mère maternelle: Gentile OLETTA,
Son acte mariage rédigé en latin et signé par le curé
Giuseppe SALICETI, tiré lui aussi des registres de
catholicité de la paroisse "San Andrea" indique que Maria
Gentile s'est mariée le 30 décembre 1770 avec Gio Santo
GUIDONI fils de feu Francesco Saverio,
Son acte de décès civil nous précise qu'elle est décédée le
31 mai 1820 à Poghju d'Oletta à l'âge de 72 ans et le
registre des décès de l'église San Cervone nous dit en sus
qu'elle a été ensevelie ce même jour dans le cimetière
communal.Page 8 sur 17
Quel fait héroïque a-t-elle accompli?
D'abord, le contexte historique:
En 1769, Maria Ghjentile BELGODERE est cette jeune
fille d'une vingtaine d'année, fiancée à un jeune patriote
de sa région.
Tous deux vivent à une époque très mouvementée
de l'histoire de notre île, celle de la guerre de 40 ans qui
a débuté en 1729 et qui s'est achevée en mai 1769.
Maria Ghjentile s'est illustrée en 1769, à l'occasion de
l'épisode connu sous le nom de la Conspiration d'Oletta,
dont la réalité nous été transmise par divers historiens et
surtout par les recherches de notre compatriote, Mr
Antoine de MORATI, originaire de Saint-Florent, qui a pu
consulter les pièces du procès des auteurs et complices de
cette conspiration et qui les a publiées dans le bulletin de
novembre et décembre 1893 (N° 155/156) de la Société
des sciences historiques et naturelles de la Corse.
Il faut rappeler qu'en 1729, les Corses, usés par plus
de quatre siècles de domination génoise, se révoltent afin
d'obtenir leur indépendance.
En 1755, au siècle des lumières, Pasquale PAOLI est
proclamé père de la patrie et général de la nation. Il est
alors l'initiateur d'une constitution considérée comme la
première constitution démocratique du monde moderne
qui contribuera d'ailleurs à l'élaboration de celle des Etats-
Unis d'Amérique.Page 9 sur 17
En 1768, le 15 mai, c'est le traité de Versailles qui
consacre la cession de la souveraineté de la Corse par les
génois à la France.
Pour imposer son gouvernement, le roi Louis XV
envoie alors sur l'île des renforts importants sous
l'autorité du comte de Marbeuf.
Le marquis de Chauvelin, commandant en chef des
troupes en Corse, s'empare d'Oletta où il établit son
quartier général à la tête d'une garnison de 1 500 soldats,
qu'il place sous les ordres du marquis d'Arcambal.
Au début de 1769, Pasquale PAOLI, fort de sa
victoire à Borgu visait Oletta afin de contenir les Français
à Saint-Florent et Bastia où ils étaient en surnombre.
S'étant ménagé des intelligences avec les habitants de
la région, il envisage de lancer une attaque afin de
surprendre et neutraliser cette garnison.
Pour ce faire, il décide de s'appuyer sur l'abbé
Francesco Antone SALICETI, surnommé Peverino, qui
avait imaginé introduire, dans la nuit du 13 au 14 février
1769, un groupe de partisans par la porte "démurée"
d'une cave située au Muntaghjò et appartenant à Don
Pietro LECCIA, de les faire passer de là à la maison
Santamaria où se trouvaient quatre officiers et leurs
hommes, et de la sorte, s'étant emparé de ce poste
important, favoriser le succès d'une attaque concomitantePage 10 sur 17
du village par deux détachements de corses, l'un venant
d'Olmeta di Tuda et l'autre sortant de Poghju.
D'Arcambal, instruit par Pietro BOCCHECIAMPE de
ce projet, fit procéder à de nombreuses arrestations.
Marbeuf ordonne alors que les inculpés soient
traduits devant un Conseil de guerre sous les chefs
d'inculpation de "conspiration " et de "complot contre le
service du Roi" alors que le prétendu crime n'avait pas
encore reçu un commencement d'exécution.
L'instruction commencée le 13 février 1769 fut
terminée le 3 mars de la même année.
Le Procureur Général, sans plus ajouter aux faits
établis par ce Conseil, a finalement aggravé l'accusation
des prisonniers qui se trouvèrent non seulement inculpés
de conspiration mais également de crime de haute
trahison et, par conséquent, de crime de Lèse Majesté,
pour avoir voulu égorger les officiers et soldats de la
garnison.
Le 17 juillet 1769, la juridiction de jugement, saisie
du cas de 30 mis en cause dont 18 seulement sont
incarcérés, rend sa décision.
Les peines les plus lourdes concernent cinq patriotes:
Don Pietro LECCIA, Francesco Antonio SANTAMARIA dit
Totto, Dominique CERMOLACCE, tous trois d'Oletta,
Jean GUIDONI et Jean Camille GUIDONI, de Poghju.Page 11 sur 17
L'exécution de la sentence eut lieu le 25 septembre
1769 à une heure après minuit sur la place de la Citadelle
de Bastia.
Les condamnés furent d'abord mis à genoux, tête
nue, les mains attachées, afin de subir d'abord, la
"question ordinaire" dite des canettes puis, la "question
extraordinaire" dite de la corde.
A six heures du matin, ils furent conduits devant la
porte principale de la cathédrale Sainte-Marie de Bastia
pour y faire, à genoux, amende honorable. Le jour
même, ils étaient transportés à Oletta au couvent San
Francescu où, après avoir à nouveau fait amende
honorable, ils furent rompus vifs.
Ensuite, sous le regard d'une population consternée,
leurs corps morts martyrisés furent exposés, face tournée
vers le ciel, sur des roues dressées à cet effet et privés de
sépulture.
Des seules pièces du procès, il ressort que la gravité
des crimes imputés aux suppliciés apparaît finalement
disproportionnée au regard d'une conspiration qui n'était
qu'un acte militaire conçu par des patriotes au demeurant
inabouti.
En outre, l'horreur des supplices témoigne d'une
férocité judiciaire qui ne pouvait même pas trouver sa
justification dans l'exemplarité des peines, la guerre ayant
pris fin en mai 1769 lors de la défaite de Ponte Novu.Page 12 sur 17
Et maintenant, le fait héroïque:
C'est principalement par la tradition orale que
l'histoire de Maria Ghjentile nous a été transmise.
Alors que son fiancé vient d'être exécuté, notre
Maria Ghjentile, décide de se rendre au couvent San
Francescu, la nuit venue afin de n'être pas aperçue, et de
donner une sépulture chrétienne à son fiancé dans un des
caveaux de l'église.
Maria Ghjentile accomplit cette action alors qu'elle
sait que le fait pour quiconque d'enlever un condamné
du gibet d'infamie est puni de la peine de mort.
Au delà de l'accomplissement de cet acte très
courageux, éprise de justice, la voici qui va se présenter
au juge à Bastia afin de se dénoncer et de déclarer que les
parents du supplicié, qui avaient été arrêtés et qu'on
s'apprêtait à juger parce que présumés coupables de
l'enlèvement de leur fils, étaient innocents.
Elle demandait à subir seule la sanction de son acte.
L'Histoire nous dit enfin que le juge admira son
courage et sa piété et qu'il lui déclara qu'elle était libre,
ainsi que les parents de celui qu'elle avait aimé d'un
amour si noble.Page 13 sur 17
Qui finalement, des cinq patriotes exécutés, était son
fiancé?
Pour certains, il s'agirait de Bernardu LECCIA (en ce
sens Francesco Ottaviano RENUCCI mais aussi Ferdinand
GREGOROVIUS ou François Antoine GIROLAMI-
CORTONA ou Jean-Pierre LUCCIARDI ou Pierre
LUCCIANA ou encore Rinatu COTI même si celui-ci ne
cite pas son patronyme).
D'autres pensent plutôt à Don Pietro LECCIA (en ce
sens Hyacinthe Yvia CROCE) d'autant qu'aucun des
condamnés ne porte le prénom de Bernardu; il en est de
même pour l'abbé Jean-Ange GALLETTI qui parle d'un
supplicié nommé LECCIA fiancé à Gentile.
D'autres enfin et je suis de ceux-là pensent à
Giovanni GUIDONI de Poghju d'Oletta (en ce sens
également Jacques DENIS ou encore l'abbé Antoine
COSTA biographe de la paroisse San Cervone de Poghju
d'Oletta ayant méthodiquement retracé l'histoire de notre
village et de ses habitants sur une longue période - je
vous précise que le curé COSTA est né à Oletta le 26
juillet 1875 di Babbu Olitese et di mamma Pughjulaccia:
Vicaire d'Oletta du 10 mars 1899 au 31 mai 1910, puis
curé de Poghju d'Oletta du 1er juin 1910 au 19 janvier
1943, il était, selon ses propres écrits, l'arrière petit-fils du
patriote Jean-Jacques COSTA ayant commandé à
l'époque de la Conspiration d'Oletta un détachement de
corses qui devait attaquer les français cantonnés au village
à partir de la plaine - nul doute que notre curé ait puPage 14 sur 17
bénéficier d'information sur Maria Ghjentile avec sa
propre famille).
Le travail de recherche conduit avec l'association
Corsica Genealugia m'a finalement permis d'avancer un
peu plus dans la certitude que le fiancé de notre héroïne
serait bien Giovanni (dit Giò) GUIDONI.
Avec l'aide très précieuse de Madame Marido PAOLI,
j'ai ainsi pu récupérer l'acte de mariage de Maria
Ghjentile avec Giovan Santu GUIDONI (le seul frère
survivant des GUIDONI avec qui elle s'est finalement
mariée le 30 décembre 1770), acte qui fait état d'une
dispense préalable pour affinité au 2ème degré délivrée
par l'évêque du diocèse, Matteo GUASCO.
Deux frères étant parents au 2ème degré, je pense
qu'il est donc fort probable que le fiancé de Maria
Ghjentile faisant partie des conjurés mis à mort le 25
septembre 1769 soit bien Giovanni GUIDONI, frère de
Giovan Santu GUIDONI.
Au delà de ce document essentiel, il ressort aussi des
pièces du procès des auteurs de la conspiration d'Oletta
que nous avons pu consulter et, en particulier, de
l'interrogatoire des cinq suppliciés, que Giovanni
GUIDONI était bien fiancé à l'époque de son arrestation
comme en témoigne ses propres déclarations consignées
par le rapporteur nommé BAUDE.Page 15 sur 17
Où a vécu Maria Ghjentile?
Maria Ghjentile a vécu simplement (elle était femme
au foyer et son mari laboureur comme le précisent les
divers actes civils ou religieux dans lesquels les époux sont
mentionnés) dans cette maison aujourd'hui en ruine du
hameau de Munticellu.
L'abbé Antoine COSTA nous indique dans ses écrits
qu'elle était appelée à l'époque "Maria Gentile GUIDONI
du Munticellu".
Cette maison appartient toujours à ses descendants
toujours vivants et demeurant à Poghju d'Oletta dans
cette autre maison voisine.
Quelle a été sa descendance?
Maria Ghjentile et Giovan Santu GUIDONI ont eu 11
enfants dont deux ont été appelés Giovanni en mémoire
certainement de Giovanni GUIDONI, son fiancé disparu.
La réalisation d'une généalogie descendante nous a
permis d'identifier une grande partie de ses nombreux
descendants jusqu'à la neuvième génération.
Quel message nous laisse-t-elle?
Comme Antigone, Maria Ghjentile, a bravé l'interdit
afin de donner une sépulture chrétienne a son fiancé dont
la dépouille était condamnée à rester pourrir et à être
dévorée par les charognards.Page 16 sur 17
Comme Antigone, Maria Ghjentile incarne à jamais
la figure d'une rebelle qui s'est dressée seule contre le
pouvoir du roi de France, Louis XV.
Elle est celle qui a dit non à la raison d'Etat pour
obéir à sa seule conscience et à l'ordre divin, quitte à
payer de sa vie son refus.
Comme Antigone, Maria Ghjentile finit par incarner
l'esprit de résistance à tout pouvoir injuste, illégitime.
Il ne s'agit pas toutefois de n'importe quelle
résistance.
Maria Ghjentile n'avait pas d'armes, pas de troupes,
elle n'avait, a priori, aucune ambition politique
personnelle.
Elle n'avait que sa piété et ses convictions.
Comme Antigone, Maria Ghjentile était faite pour
l'amour et non point pour la haine.
Aussi, elle nous invite aujourd'hui à réfléchir sur le
conflit de toutes les époques qui existe entre conscience
et pouvoir et à nous poser les questions redoutables
suivantes: jusqu'où obéir à un pouvoir? que peut exiger
un Etat de ses citoyens? notre liberté est-elle toujours
absolue, même lorsque nous en sommes convaincus?Page 17 sur 17
Voilà, je vais en terminer en faisant miens ces
quelques mots d'une autre grande dame qui nous a
quittés il y a quelques jours, Simone Veil:
"Venus de tous les continents, croyants et non-
croyants, nous appartenons tous à la même planète, à la
communauté des hommes. Nous devons être vigilants et
la défendre, non seulement contre les forces de la nature
qui la menacent mais encore davantage contre la folie
des hommes".
Vi ringraziu
U Merre
Antoine VINCENTI