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Arrêté - Préfecture - Guyane - Avis PEB VF signé
Arrêté - Préfecture - Guyane - Avis PEB HCC SHK
Document publié le Mardi 31 mars 2026
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Guyane - Avis PEB HCC SHK)
Thèmes du document : Environnement, Animaux, Espaces terrestres et maritimes,
Direction générale des Territoires et de la Mer
Direction de l’environnement,
de l’agriculture, de
l’alimentation et de la forêt
Service paysage, eau et
biodiversité
Avis sur le dossier de dérogation espèces protégées
Hydrogen Competence Center (HCC) et Station Hydrogène Kourou (SHK) - CNES
A) Présentation de la demande :
Les projets étudiés dans cet avis concernent l’aménagement de l’Hydrogen Comptetence Center
(HCC) et de la Station Hydrogène Kourou (SHK), sur le site du Centre Spatial Guyanais sur la
commune de Kourou.
B) Dossier de dérogation espèces protégées :
1) Éligibilité à la dérogation
Selon les critères d’éligibilité énoncés par le 4 alinéa de l’article L 411-2 du Code de l’environnement, ᵉ
l’obtention d’une dérogation nécessite de remplir les deux conditions suivantes :
• démontrer l’absence de solution alternative satisfaisantePlusieurs zones ont été identifiées pour la création de HCC et de SHK, c’est finalement la parcelle ⇒
actuelle qui a été retenue, car il s’agit d’une zone accessible sans badges et dégradé par l’activité
humaine.
• démontrer le maintien dans un état de conservation favorable, des populations des espèces
concernées dans leur aire de répartition naturelle.
Le maintient de conservation des espèces dans un état de conservation favorable est ⇒
correctement démontré dans le dossier de dérogation.
La raison du projet est également justifiée dans la mesure où il s’inscrit :
• dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques ou pour d’autres raisons impératives
d’intérêt public majeur, y compris de nature sociale ou économique ;
le projet revêt un caractère d’intérêt public en ce qu’il répond à la demande de réduction des ⇒
émissions de CO2, Nox et particules des flottes professionnelles (transport, logistique, collectivités),
améliorant ainsi la qualité de l’air et contribuant à la transition énergétique.
2) État initial et évaluation des enjeux de conservation
Pré-cadrage
Le dossier a été présenté en commission du pré-cadrage du CSRPN lors de la commission du 11 juillet
2025. L’état initial a été considéré comme complet.
La méthodologie utilisée pour la réalisation des inventaires a permis d’assurer une vision exhaustive
des espèces présentes sur site et de leur enjeu de conservation.
→ Le dossier de dérogation doit faire apparaître le tracé de prospection.
Habitat :
Les inventaires ont permis de recenser deux grands type de milieux :
– habitats forestiers secondaires (0,95 ha soit 35,9 % de l’aire d’étude)
→ Forêts dégradées et forêts secondaires (0,89 ha)
→ Forêts marécageuses dégradées et lisières (0,063 ha)
– habitats ouverts artificiels (1,7 ha, soit 64,1 % de l’aire d’étude)
→ Pistes et routes (0,15 ha)
→ Friches et brousses (0,064 ha)
→ Friches et brousses à faciès humide (0,084 ha)
→ Habitat ouvert sur sable blanc avec cortège d’espèces savanicoles (1,4 ha)
Les habitats de l’aire d’étude sont tous secondaires. Seuls les habitats humides méritent une ⇒
attention particulièreFlore :
Les inventaires ont permis de mettre en évidence la présence de 194 espèces de flore. Parmi elles,
aucune n’est protégée, et 12 sont déterminantes ZNIEFF. Deux espèces exotiques envahissantes ont
été recensées.
Les enjeux floristiques s’échelonnent de faible (4 esp) à modéré (8 esp). La plupart des enjeux ⇒
correspondent à des espèces de savane.
Avifaune :
Les inventaires ont permis de recenser 33 espèces dans l’aire d’étude rapprochée. Parmi elles, 5 sont
protégées et 1 espèce est protégée avec habitat. Les espèces présentant le plus d’enjeux de
conservation sur la zone d’étude sont :
– Le Macagua rieur : protégé et classé vulnérable sur la liste rouge, il possède un enjeu de
conservation fort.
– Le Gravelot d’Azara : protégé avec habitat, il possède un enjeu moyen de conservation et est classé
comme en danger.
La majorité des espèces inventoriées sont communes et répandues, tandis que les principaux ⇒
enjeux de conservation connus de la bibliographie semblent ne plus utiliser la zone.
Amphibiens :
Neuf espèces d’amphibiens ont été contactées lors des inventaires de terrain. Une espèce présente
un enjeu de conservation moyen :
– crapaud granuleux : espèce protégée avec son habitat, déterminante de ZNIEFF et en danger
d’extinction selon la liste rouge régionale.
Herpétofaune :
Les inventaires ont permis de recenser une espèce protégée avec habitat sur le secteur dont l’enjeu
de conservation est fort, la couresse des vasières, espèce en danger d’extinction selon la liste rouge
régionale.
Mammifères :
1 espèce de mammifère a été recensée sur la zone d’étude et ne présente pas d’enjeu de
conservation.Chiroptères :
15 espèces de chiroptères ont été recensées parmi lesquelles 2 sont déterminantes ZNIEFF et 5
espèces sont sans statut mais présentent un enjeu de conservation.
7 espèces possèdent des enjeux de conservation modérés. ⇒
Au total 5 espèces protégées et 3 espèces protégées avec habitat ont été recensées sur le secteur ⇒
des projets HCC et SHK. Les enjeux globaux de conservation sont faibles.
3) Évaluation des impacts
Sur les habitats :
Destruction ou dégradation de 1,37 hectares d’habitats à enjeu faible ou négligeable.
Sur la flore :
Cortège des espèces de savane : destruction de plusieurs individus.
Sur l’herpétofaune :
Les effets du projet sur le crapaud granuleux et la couresse des vasières sont la destruction d’une
partie de l’habitat et éventuellement d’individus.
Sur l’avifaune :
-Cortège des oiseaux des boisements marécageux (Macagua rieur) : dérangement et perturbation →
fuite de l’espèce et perte d’une infime partie de son habitat.
-Cortège des oiseaux des milieux perturbés et lisières (Urubu noir, Buse à gros bec, Râle kiolo, Paruline
jaune et Gravelot d’Azara) : dérangement et perturbation → fuite des individus et perte d’une infime
partie de leur habitat.
Sur les chiroptères :
Les effets du projet sur les chiroptères sont le dérangement et la perturbation des individus.
⇒ Les impacts du projet ont été correctement définis pour les espèces protégées recensées sur site.
→ Cependant le dossier ne mentionne pas le niveau d’impact (faible, moyen, fort ?). Celui-ci doit être
défini.
4) Mesures ERC
Mesure d’évitement
Pas de mesures d’évitement.
Mesure de réduction
Les projets HCC et SHK proposent 3 mesures de réductions :
MR01 : Phasage des travaux en saison sèche.
→ La défriche devra avoir lieu en début de saison sèche pour éviter les périodes de reproduction de
l’avifauneMR02 : Choix d’un éclairage adaptés à la biodiversité environnante
MR03 : Réduction de l’emprise sur la zone humide
Mesures de suivi et d’accompagnement
MA01 : Gestion des zones ouvertes pour préserver le cortège d’espèces végétales savanicoles
→ Pour quelles raisons cette mesure n’est pas étendue à la zone ouest du projet ?
→ Il est demandé de définir plus précisément les modalités de suivi de cette mesure. Un rapport devra
être produit annuellement, présentant l’efficacité de la gestion de la zone ouverte, le taux de
recolonisation de l’espace par des espèces savanicoles, etc...
MA02 : Lutte contre les espèces envahissantes
MS01 : Assistance environnementale et/ou maîtrise d’œuvre en phase chantier par un écologue
→ Le suivi du chantier par l’écologue devra également couvrir la phase de défriche (déplacement des
espèces lentes, notamment la Rhinella merianae).
Mesure de compensation
Afin de compenser l’impact du projet sur les habitats et notamment les zones humides, le porteur de
projet s’engage à participer aux frais de fonctionnement de l’obligation réelle environnementale
(ORE) « Ebène-Clusia ». Cette ORE mise en place par le Centre Spatial Guyanais avec l’Office
National des Forêts (ONF) couvre environ 909 ha située en rive gauche de la Karouabo. Elle comporte
principalement des habitats de savane, y compris des savanes sur sable blanc et des habitats
humides hautement patrimoniaux dont la qualité écologique dépasse fortement ceux des habitats
impactés par le projet. La majorité des espèces patrimoniales affectées par le projet est également
présente sur l’ORE.
Le financement de la gestion de cette ORE est déjà assuré pour une durée de 15 années, dans le
cadre des mesures de compensation actées/proposées pour les autres projets du CNES (Callisto,
ELM, etc.). Le coût de cette gestion est de 50 000 €/an soit un coût à l’hectare de 55 €/an.
Pour le présent projet, le besoin compensatoire s’élève à 2,2 ha et la durée de la compensation devra
être égale à 20 ans (durée du projet). En partant du coût de gestion par hectare de 55 €/an, la gestion
de 2,2 ha correspond à un coût annuel de 121 €. Le porteur de projet propose d’arrondir ce montant
à 1 000 €/an.
Au total, sur les 20 années du projet, le coût de gestion s’élève à 20 000 €.
Conclusion : Avis favorable sous réserve de la prise en compte des remarques et précisions
attendues dans le dossier.
L’adjoint de l’unité police de l’eau et de la nature
Aurélien TOULET