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Arrêté - Préfecture - Guyane - Avis CSRPN Projet HCC & SHK au CNES
Document publié le Mardi 31 mars 2026
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Guyane - Avis CSRPN Projet HCC & SHK au CNES)
Thèmes du document : Environnement, Aménagement du territoire, Espaces terrestres et maritimes,
CSRPN - Conseil Scientifique Régional
du Patrimoine Naturel de Guyane
Avis n°2026 - 0001
Date : 10/02/2026
Dossier présenté à la commission ERC du CSRPN du 12 décembre 2025
Dénomination : Projet HCC/SHK
Lieu des opérations : Kourou.
Demandeur : CNES
Détails de l’avis
Le CSRPN examine en phase d'instruction les dossiers Hygrogen Competence Center (HCC) et Station Hydrogène Kourou (SHK), commune de Kourou, porté par le CNES. Les projets HCC et SHK ont les mêmes besoins et ont donc été réunis sur le même site. Dans le cadre du programme Hyguane (hydrogène guyanais à neutralité environnementale), ces projets seraient pour l'usage du lanceur Ariane 6, ainsi que pour l’alimentation des véhicules à pile à hydrogène de Guyane (station hydrogène), particulièrement les camions. Le procédé de production d’hydrogène basé sur l’hydrolyse de l’eau (à partir de l’énergie fournie par PV3) consommerait 30 tonnes d'eau la 1ère année, et ~122 tonnes à terme. Le site accueillerait aussi des bureaux et un local de maintenance.
Le projet se situe à moins de 5 km de 7 ZNIEFF (la plus proche à 300 m : « crique et savanes humides de la Passoura ») et à 1,5 km d’un réservoir biologique du SAR.
Le projet se situe selon le SAR, dans un espace d’activités économiques futures.
La parcelle recouvre 2,69 ha dont 0,953 ha d’habitats forestiers secondaires et 1,4 ha d’habitat ouvert sur sable blanc (considéré comme "artificiel" car issu de la défriche, notamment pour la ligne haute tension aérienne) avec cortège d’espèces de savane sur sable blanc caractéristiques, comme Exochogyne amazonica (espèce peu commune), Rhynchospora riparia, Scleria martii, ou le Crapaud granuleux (Rhinella merianae). Parmi les enjeux faunistiques forts, on note également la Couresse des vasières (Erythrolamprus cobella) et le Macagua rieur.
Le projet en lui-même impacterait 1,37 ha, dont 0,433 ha « d’habitats forestiers secondaires » et 0,934 ha « d’habitats ouverts artificiels », impliquant la destruction de 73,5% des zones humides.
L’état initial faune-flore paraît satisfaisant. Les principaux enjeux écologiques de la zone d’étude ont été identifiés, en localisant particulièrement son « habitat ouvert sur sable blanc avec cortège d'espèces savanicoles ». Le CSRPN considère que le caractère « artificiel » de cet habitat n’est sans doute pas cohérent avec le passé de ce secteur qui formait les bordures des savanes arbustives locales à l’époque de la création de la base spatiale.
Séquence ERC :
Le projet s'est implanté sur des habitats déjà perturbés (forêts secondaires, habitats ouverts d'origine anthropique relativement récent), afin de limiter les impacts sur les habitats « naturels » sensibles. Aussi, il n’y a pas de mesure d’évitement.
Les mesures de réduction sont :
* le phasage des travaux en saison sèche (saison sèche 2026) ;
* le choix d'un éclairage adapté à la biodiversité environnante (détecteurs de mouvements) ; * la réduction de l'emprise sur la zone humide (faciès humide de l’habitat de friche et brousse).
En dépit de l’absence d'impact notable sur des espèces protégées, la mesure de compensation proposée souhaite aller au-delà d’une réflexion qui ne concernerait que les zones humides (0,063 ha de « forêts marécageuses dégradées et lisières » et 0,084 ha de « friches et brousses (faciès humide) »), etCSRPN - Conseil Scientifique Régional
du Patrimoine Naturel de Guyane
s’engage sur l’ensemble des habitats détruit, soit une surface à compenser de 2,2 ha (tableau de la page 79).
Elle consiste en la participation à la gestion de l'ORE « Ébène-Clusia », initialement dimensionnée pour le projet Callisto (plan de gestion en cours d'élaboration avec l’ONF), à hauteur de 20.000 € sur 20 ans.
Les mesures d'accompagnement proposées sont destinées à valoriser les habitats naturels du site HCC/SHK :
* la gestion des zones ouvertes pour préserver le cortège d'espèces végétales savanicoles ; * la lutte contre les espèces exotiques envahissantes (les Acacia ont déjà été enlevés) ; * la favorisation de l'habitat savanicole par coupe des arbres d’une forêt secondaire (avec 1 suivi/an pen- dant 5 ans) (les photos aériennes des années 50-60 traduisent la présence d’une savane arbustive) ; * le suivi du chantier (2 visites prévues pendant le défrichement et le terrassement).
Conclusion :
Le projet a une incidence pérenne. La compensation devrait donc également être permanente, alors que le financement de l'ORE n'est que temporaire (sur 20 ans). Le CSRPN considère par ailleurs que les espèces floristiques de savane présentes sur le site ne sont sans doute pas uniquement consécutives de l’ouverture artificielle des milieux, mais sans doute aussi les témoins des savanes arbustives préexistantes avant l’installation de la base spatiale. Les efforts de compensation sont par conséquent pleinement justifiés, et il est donc recommandé d’atteindre le plus rapidement possible un état d’équilibre des habitats ouverts savanicoles à l’aide de pratiques adaptées, notamment par le feu, afin d’en favoriser une bonne gestion conservatoire à moindre coût à long terme.
L’essai de reconversion de forêt secondaire en habitat savanicole sur sable blanc et son suivi sont une proposition intéressante au vu du manque de données sur la restauration des savanes, mais un suivi sur 5 ans n’est sûrement pas suffisant pour voir l’évolution complète de cette transition, aussi conviendra-t-il de réaliser des bilans à 10 et 15 ans, éventuellement générateurs d’interventions dédiées en cas de besoin.
Le CSRPN donne un avis favorable au projet, sous réserve de la mise en œuvre de ces préconisations.
BILAN DE L’AVIS
FAVORABLE [ ]
FAVORABLE SOUS CONDITIONS [X]
DEFAVORABLE [ ]
SIGNATURES
Olivier Tostain, président du CSRPN