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Document publié le Jeudi 21 novembre 2019
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Thèmes du document : Médias, Démocratie, Concurrence,
CONSEIL COMMUNAUTAIRE
Séance du 21 novembre 2019
DELB-20190596 - L'INDEPENDANCE DES MEDIAS : UN INDISPENSABLE BIEN DEMOCRATIQUE - REJETE.-
M. le Président.- le Conseil Communautaire réuni le21 novembre 2019, sous la Présidence de Jean- Baptiste GASTINNE, Président :
CONSIDERANT le texte présenté par MM. Alexis DECK et Matthieu BRASSE, conseillers communautaires :
Sur le territoire de la communauté urbaine du Havre, le journal Paris-Normandie exerce de fait un quasi-monopole sur l'information locale de presse écrite. Hors, il se trouve que le propriétaire de ce journal s'est déclaré candidat à la mairie de Rouen et qu'il a été investi par LaREM, parti politique très proche du premier ministre, ancien maire du Havre et ancien président de la CODAH.
Cette situation n'est pas normale : elle est susceptible de provoquer des conflits d'intérêts, des suspicions de collusions. Elle ne permet pas aux journalistes de travailler dans des conditions sereines. Elle jette le doute sur l'impartialité du traitement de l'information politique, particulièrement en ces temps de campagne municipale.
Les citoyens ont besoin de retrouver de la confiance dans la démocratie et ses institutions, dans la sincérité du débat public et dans l'impartialité de nos médias. C'est pour cela que cette situation est grave, qu'elle nous concerne tous, qu'elle dépasse les clivages politiques. L'indépendance des médias est un bien public, elle fait partie du socle de notre pacte démocratique. Nous devons la préserver.
A cet effet, vendredi 15 novembre 2019, la rédaction de Paris Normandie s'est réunie en assemblée générale et elle a acté la naissance d'une société des Journalistes afin de défendre l'indépendance de ce journal. Le conseil communautaire de l'agglomération du Havre se réjouit de cette volonté de rester exemplaire et il salue cette initiative, prise en toute conscience professionnelle. Il interpelle aujourd'hui le candidat à la mairie de Rouen et propriétaire du principal journal local de presse écrite de son territoire. Afin de garantir à son tour une campagne juste, sereine et apaisée, le conseil communautaire lui demande de respecter son engagement et de mettre un terme le plus rapidement possible à cet indésirable mélange des genres, dangereux pour la vitalité de la démocratie.
M. le Président.- le Conseil Communautaire réuni le21 novembre 2019, sous la Présidence de Jean- Baptiste GASTINNE, Président :
CONSIDERANT le texte présenté par MM. Alexis DECK et Matthieu BRASSE, conseillers communautaires :
Sur le territoire de la communauté urbaine du Havre, le journal Paris-Normandie exerce de fait un quasi-monopole sur l'information locale de presse écrite. Hors, il se trouve que le propriétaire de ce journal s'est déclaré candidat à la mairie de Rouen et qu'il a été investi par LaREM, parti politique très proche du premier ministre, ancien maire du Havre et ancien président de la CODAH.
Cette situation n'est pas normale : elle est susceptible de provoquer des conflits d'intérêts, des suspicions de collusions. Elle ne permet pas aux journalistes de travailler dans des conditions sereines. Elle jette le doute sur l'impartialité du traitement de l'information politique, particulièrement en ces temps de campagne municipale.Les citoyens ont besoin de retrouver de la confiance dans la démocratie et ses institutions, dans la sincérité du débat public et dans l'impartialité de nos médias. C'est pour cela que cette situation est grave, qu'elle nous concerne tous, qu'elle dépasse les clivages politiques. L'indépendance des médias est un bien public, elle fait partie du socle de notre pacte démocratique. Nous devons la préserver.
A cet effet, vendredi 15 novembre 2019, la rédaction de Paris Normandie s'est réunie en assemblée générale et elle a acté la naissance d'une société des Journalistes afin de défendre l'indépendance de ce journal. Le conseil communautaire de l'agglomération du Havre se réjouit de cette volonté de rester exemplaire et il salue cette initiative, prise en toute conscience professionnelle. Il interpelle aujourd'hui le candidat à la mairie de Rouen et propriétaire du principal journal local de presse écrite de son territoire. Afin de garantir à son tour une campagne juste, sereine et apaisée, le conseil communautaire lui demande de respecter son engagement et de mettre un terme le plus rapidement possible à cet indésirable mélange des genres, dangereux pour la vitalité de la démocratie.
M. Jean-Baptiste GASTINNE : Nous avons été saisis de deux vœux. Je propose que l’on présente d’abord le vœu d’Alexis DECK et de Matthieu BRASSE. M. DECK, vous avez la parole.
M. Alexis DECK : Je vais être bref. Le vœu est assez clair. La séparation des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires, est un principe fondamental dans notre démocratie représentative. A juste titre, on parle de quatrième pouvoir, le pouvoir des médias. Ce vœu rappelle notre inquiétude par rapport à une situation inédite et qui peut être potentiellement grave pour la sérénité de nos débats locaux. C’est pour cela que nous soumettons, aujourd’hui, ce vœu sur notre souhait de voir maintenir l’indépendance des médias sur notre territoire de la Communauté urbaine et plus particulièrement du journal Paris Normandie.
M. Jean-Baptiste GASTINNE : M. JEGADEN ?
M. Jean-Louis JEGADEN : On peut évidemment regretter la mainmise des grands groupes financiers sur la presse et c’est un état de fait. Dans le même temps, on voit également les grandes difficultés de la presse d’opinion qui existent. De toute évidence, le pluralisme de la presse, c’est quelque chose que nous devons préserver. Qu’un patron de presse soit candidat à une élection locale, cela peut évidemment prêter à confusion sur l’égalité de traitement des candidats dans cette campagne électorale. Faites-nous confiance, si éventuellement cela devait se produire, au Havre comme à Rouen, nous saurions évidemment, avec d’autres, le faire savoir.
D’autre part, les journalistes ont créé une société des journalistes. Celle-ci se donne les moyens de veiller à l’indépendance de leur journal, je crois qu’il faut leur faire confiance. Je ne suis pas partisan de voter, de prendre part au vote. Je trouve que ce n’est pas raisonnable de faire un vœu sur cette question et laisser les journalistes gérer l’indépendance de leur journal.
M. Jean-Baptiste GASTINNE : M. BŒUF ?
M. Augustin BŒUF : Comme Jean-Louis JEGADEN, je trouve que ce n’est pas vraiment approprié de voter ce vœu dans la mesure où pourquoi une instance communautaire donnerait son avis sur la gestion d’un journal qui réclame son indépendance. Les journalistes ont créé cette société indépendante, je ne comprends donc pas pourquoi la Communauté urbaine aurait à se prononcer et apporter un vœu politique à l’égard d’un journal indépendant.
M. Jean-Baptiste GASTINNE : Je ne me vois pas interpeller un candidat aux prochaines élections municipales où que ce soit. On est tous ici attaché à la liberté de la presse, des médias. J’observe également qu’il y a de plus en plus de médias, autre que la presse écrite. On est tous attaché à la liberté des médias en général, de la presse, de la liberté de l’information en général. Il y a une société des journalistes. J’ai même cru comprendre que s’était constitué encore plus récemment un comité derédaction. Il y a donc certaines garanties qui ont été apportées. Je n’ai aucun indice qui me permettrait de dire que le président candidat potentiel à la mairie de Rouen soit intervenu dans la ligne éditoriale du Paris Normandie, donc je propose de rejeter ce vœu. M. BRASSE ?
M. Matthieu BRASSE : J’ai bien compris que ce vœu sera rejeté, néanmoins je trouve intéressant et important qu’on puisse, au sein d’un hémicycle démocratiquement élu, en parler. Il faut bien reconnaître que la situation est tout de même inédite. Certes une société de journalistes s’est constituée. Il suffit de discuter avec bon nombre d’entre eux pour se rendre compte que ce n’est pas suffisant et qu’il y a une réelle inquiétude aujourd’hui quant à la suite de la ligne éditoriale, il faut bien le dire. M. le Président, je suis satisfait de vous entendre dire que vous êtes attaché à la liberté de la presse, je n’en doutais pas, mais force est de constater qu’il y a déjà eu des articles dont on peut se poser la question s’ils auraient été faits s’il n’y avait pas eu limogeage du directeur général. Il y a eu, par exemple, des articles concernant des sondages. Des sondages qui, en réalité, n’auraient pas été réalisés, voire n’existeraient pas. On est en droit de se poser la question légitimement, si le candidat propriétaire de Paris Normandie n’avait pas été là, est-ce que ces articles auraient été publiés de la sorte ? Voilà, ce vœu sera rejeté, mais, néanmoins, je pense important de dire que cette situation est inédite en France. Il n’y a pas d’autres situations équivalentes pour un quotidien régional qui a une position dominante et prédominante sur le territoire.
M. Jean-Baptiste GASTINNE : Je ne suis pas sûr qu’il n’y ait pas eu de précédent quand même. M. AUBER ?
M. François AUBER : Je crois que c’est un débat qui est important, peut-être qu’il arrive dans cette enceinte parce qu’il y a un besoin de démocratie. On peut entendre cette inquiétude, je l’entends. Maintenant, je ne pense pas que cela soit à notre conseil communautaire de poser une décision ou, en tous les cas, de délibérer sur ce sujet-là. Je ne sais pas quel poids peut avoir un vœu. Pour répondre à la question que vous venez de poser, je pense qu’il y a quand même des précédents, BAYLET sur La Dépêche, TAPIE à Marseille. Il y a eu beaucoup de patrons de presse qui ont été candidats, mais c’est un peu le vieux monde tout cela. Tout à l’heure, vous parliez des nouveaux moyens de communication et nous évoquons un peu des vieilles méthodes qui ne sont peut-être pas adaptées à ceux-ci, mais il faut faire confiance à nos journalistes professionnels pour s’organiser et prendre toutes les garanties démocratiques pour être attentif à ce besoin de démocratie, en tous les cas.
M. Jean-Baptiste GASTINNE : Je suis bien de cet avis. J’ai toute confiance dans les journalistes qui travaillent pour Paris Normandie pour défendre leur liberté, leur travail et le respect de la déontologie qui les animent. Je le connais, je n’ai pas donc pas d’inquiétude particulière. Je voudrais quand même signaler que vous avez fait un rapprochement avec le limogeage du directeur général, mais je ne suis pas sûr que le travail du directeur général consistait à intervenir dans la ligne éditoriale du journal, je ne crois pas même.
Vote : non adoptée à la majorité
Pour : 2, Contre : 99, Abstentions : , Ne prennent pas part au vote :