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Document publié le Lundi 26 janvier 2026
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Thèmes du document : Union Européenne, Démocratie, Ruralité,
1MA SESSIONE STRASURDINARIA DI U 2026
29 È 30 DI GHJINNAGHJU
1ère SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2026
29 ET 30 JANVIER
N° 2026/E1/006
Question orale déposée par M. Saveriu LUCIANI
au nom du groupe « Avanzemu »
OBJET : DEVELOPPEMENT AGRICOLE DE LA CORSE
Monsieur le Président du Conseil exécutif,
Le début de l’année 2026 aura été marquée par de fortes et nombreuses
mobilisations agricoles, ici et ailleurs. À l’heure des négociations sur la nouvelle
Politique Agricole Commune 2028-2034, le monde agricole manifeste sa grande
inquiétude, pose ses interrogations majeures quant à son avenir, et ce, dans un
contexte géopolitique international tendu et un paysage politique français miné par
une instabilité désormais chronique.
Dans ce marasme qui ne l’épargne plus, la Corse prend sa part de révolte et de
revendications. Ainsi, la Coordination Rurale présente à Paris pour dénoncer le
danger mortel du Mercosur pour la plupart de nos filières et les abattages abusifs de
bovins, suite à la dermatose nodulaire.
Ce premier rappel traduit sans conteste le malaise profond d’une profession qui était
hier, dans ce pays, bien plus qu’une profession, mais un pilier de notre identité. On
pourrait y ajouter la dernière communication des filières ovine et caprine qui rappelle
les dangers d’ordre sanitaire pesant sur les cheptels, et qui réclament légitimement
le renforcement du protocole de prévention face au risque permanent de fièvre
catarrhale, de la tuberculose animale, de dermatose nodulaire et autre peste porcine
africaine déjà présente en Espagne et en Italie.Enfin, durant la semaine écoulée, ce sont FDSEA et JA qui ont occupé la DDTM à
Bastia, et qui seront reçus demain vendredi au ministère de l’agriculture à Paris.
Il va sans dire que tous ont notre soutien inconditionnel dans leur combat pour la
sauvegarde et la promotion des activités agricoles dans notre pays. Leur combat est
aussi et d’abord notre combat !
À cet égard, si la motion en passe d’être votée demain évoque plusieurs aspects,
elle mérite à notre sens quelques amendements notables. En effet, au gré des
mandatures et des votes unanimes, le problème agricole demeure un problème
éminemment politique ; Or, en 2026, le mouvement national aspire toujours à
l’avènement d’une évolution institutionnelle historique, où le vocable « autonomie »
dépasse de manière incontestable toutes les considérations symboliques et autres
pointillés législatifs, parce que l’autonomie politique est consubstantiellement
financière et alimentaire …
Aujourd’hui, le véritable défi posé à la Corse, pour des nationalistes corses, c’est
celui de répondre efficacement et durablement à une impérieuse nécessité :
proposer un modèle insulaire particulier enracinant l’activité agricole dans le
paysage des décennies à venir ; c’est donc, en même temps, garantir les conditions
élémentaires du maintien et du développement, tout en dérogeant sans la moindre
ambiguïté, dans une originalité adaptée à nos contraintes et à nos aspirations, à une
Politique Agricole Commune (PAC) dictée, formatée et imposée, dans le seul intérêt
des états-nations d’Europe.
Cette nouvelle PAC constitue, et beaucoup aiment à le rappeler, « le principal
mécanisme de soutien mis en place par l’Union européenne pour structurer un
espace agricole commun, accompagner les exploitations et soutenir le
développement des territoires ruraux ». Soit !
À ce stade, il est clair que la voix de la Corse a vocation à se faire entendre
autrement que par les chemins du droit commun français et européen.
Oui, cette île subit le double handicap de l’insularité moderne et de sa géographie
montagneuse (la plus montagneuse de méditerranée, avec une altitude moyenne de
565 mètres). Et au-delà des dangers qui pèsent sur nos cheptels, doit-on rappeler
son taux d’autosuffisance alimentaire de 4% quand la France est à 80% ? Doit-on
rappeler que le taux de surfaces agricoles déclarées n’est que de 19% quand la
France est à 54% ? Que 40% des parcelles foncières de montagne restent non
titrées ? Que l’enveloppe ICHN Corse, (Indemnités compensatoires de handicaps
naturels) est 14% inférieure à la moyenne française, malgré le double handicap
spécifique de la Corse insularité et montagne évoqué plus haut ? Que 70% des plus
belles parcelles agricoles (ESA) en friches et sous exploitées et peu deremembrement réalisé en Corse à l'inverse des autres régions d’Europe ? Que le
prix des carburants impacte toutes les activités ?
Pour l’heure, il importe de positionner à son juste niveau notre revendication face
aux états-nations et à l’Europe. La Corse se donner les moyens d’obtenir un statut
dérogatoire, déclinant par là même les modalités de sa gouvernance.
Cet objectif requiert la mise en débat rapide d’un véritable plan de développement
agricole de la Corse.
Que comptez-vous faire pour poser les fondements indispensables de ce plan, au
regard du PADDUC, du schéma d’aménagement hydraulique et de la revendication
d’autonomie qui guide nos pas vers la souveraineté politique ?