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Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 20
Document publié le Vendredi 22 avril 2022
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 20)
Thèmes du document : Espaces terrestres et maritimes, Aménagement du territoire, Animaux,
biotope
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Etude de la faune, de la flore et
des habitats
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III.2 Diagnostic écologique
III.2.1 Habitats
III.2.1.1 Forêts denses
Les forêts qui se développent à l’est de Saint-Laurent du Maroni croissent sur des sols récents et relativement riches. La topographie est émoussée et les reliefs présentent des pentes douces qui précèdent de vastes plateaux. Selon la typologie HABREF 4, ces forêts se placent dans la catégorie G46.4 soit les « forêts denses sempervirente humide de Guyane de basse altitude ». Guitet et al. (2015) distinguent deux types forestiers qui viennent en contact dans le secteur de la zone d’étude : les forêts des basses vallées fluviales et les forêts cotières des terres hautes. Ces deux types forestiers se distinguent par l’abondance des Caesalpinoidaea, notamment Eperua falcata, des Lecythidaceae, et dans une moindre mesure des Goupiaceae (Goupia glabra).
Le peuplement qui constitue les forêts situées au sein de la zone d’étude est riche et très varié. Eperua falcata est effectivement l’une des principales essences présentent dans ces forêts ; elle partage la dominance du peuplement avec Chrysophyllum sanguinolentum (Sapotaceae) qui est également très abondant. Mais des représentants de plus d’une dizaine de familles d’arbres sont également présents. On notera l’abondance des Lecythidaceae (Lecythis persistens, L. zambucajo, Couratari guianensis, Eschweilera coriacea …), les Myristicaceae (Virola spp, Iryanthera), des Vochysiaceae (Vochysia guianensis, V. tomentosa, Qualea rosea, Ruitzeria albiflora), des Apocynaceae (Geissospermum laeve, Aspidosperma sandwithianum, A. marcravianum), les Moraceae (Brosimum parinarioides, B. utile), les Lauraceae …
On remarquera la présence de quatre espèces d’arbres déterminantes de ZNIEFF : Dicorynia guianensis, Qualea rosea, Recordoxylon speciosum, Laplacea fruticosa. Si les deux premières espèces compte parmi les plus exploitées du département, car très abondantes, les deux suivantes sont plus rares et représentent un enjeu de conservation plus important. C’est en particulier le cas de Laplaceae fruticosa, la seule représentante de la famille des Theaceae en Guyane, qui n’est connue que de quelques stations situées dans l’ouest du département.
Les pentes se distinguent par un sous-bois dense, où les Annonaceae (Paypayrola, Anaxagorea dolichocarpa) ainsi que les Rapateaceae (Spatanthus lateralis) sont très abondantes. La présence de ces espèces nous indique un drainage latéral superficiel, et donc des sols plus hydromorphes. Sur les plateaux, le sous-bois est quant à lui dégagé, et essentiellement constitué des recrus des espèces ligneuses dominant le peuplement.
La strate épiphyte n’est pas très abondante en forêt de terre ferme et constituée d’espèce d’Orchidaceae fréquentes dans l’ensemble de la Guyane (Christensonnella uncata, Maxillariella alba, Heterotaxis sessilis, Octomeria surinamensis).
Ces forêts ont fait l’objet d’une exploitation plus ou moins importante, dont les traces sont encore visibles aujourd’hui (souche d’exploitation, pistes). Le peuplement est parcouru de chemins forestiers souvent colonisés de Melastomataceae et Urticaceae (Cecropia spp.), qui ne sont plus praticables à pied. Les abords de ces pistes sont fréquement colonisés par des espèces lianescentes (eg : Guatteria scandens, Aristolochia cf stahelii).
Figure 1 : Inflorescence de Parkia cf
nitida
Figure 2 : Fût de Laplacea fruticosa© Voltalia - Tous droits réservés - Sources :
Carte Topographique 1:50000 © IGN (2012) - Cartographie : Biotope, 2019-07-22T21:15:49
: . Forêts denses de pentes
Projet Fe à Spathanthus unifatesalté nr Zone d'étude << Forêts des vallons : et des bas de pentes humides Habitats Forêts marécageuses êts dé é sur argiles à S. globulifera ES TS RS V. ss E. oleracea de basse altitude Forêts ripicoles à E. falcata, Forêts denses E. rubiginosa, P. aquatica,P. longiflora
sur sols meubles Abattis Noirs Marrons
eAphoronds Friches secondaires arbustives
Ancienne pistes
——— Existantes
= Supposées
Cours d'eau
— Permanent
— Temporaires
Habitats
il Site photovoltaïque
de la Piste Sainte-Anne
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A Zen. los 0.8
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Carte 4 : Habitats naturelsbiotope
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L’ouverture du milieu a certainement favorisé le développement d’espèces héliophiles, parfois pionnières. Le genre Parkia (Mimosaceae) est, à titre d’exemple, représenté par 4 espèces (parmi les 7 que compte la Guyane), dont les représentants atteignent des dimension impressionantes (D1301 > 100 cm). De même, des espèces classiquement abondantes dans les forêts de Guyane sont sous représentées (eg : Vouacapoua americana) ou leurs effectifs présentent un déficit de spécimens de grande taille (eg : Dicorynia guaianensis). Les forêts les plus proches de la Piste Sainte-Anne, à l’ouest de la zone d’étude, sont celles où l’exploitation semble avoir été la plus importante. Signalons que des prélèvements non déclarés ont été observés lors de nos prospections, l’Angélique (Dicorynia guianensis) était l’unique essence ciblé de ces abattages.
Malgré cette exploitation ancienne et actuelle, le peuplement reste une forêt fonctionnelle capable d’accueillir une faune diversifiée (cf : avifaune). Les secteurs perturbés sont en cours de restauration, alimentés par des secteurs plus préservés qui les alimentent en recrûs.
III.2.1.2 Forêts des vallons et des bas de pentes humides
Les reliefs sont entaillés de petit cours d’eaux, à l’écoulement probablement temporaire (en saison des pluies, janvier-juin), qui y prennet source. Ils forment de petits vallons à l’ambiance plus fraîche. Cette hygrométrie plus forte favorise le développement d’une strate épiphyte plus abondante que dans les forêts de terres fermes. Les Araceae et les Bromeliaceae dominent cette strate (Philodendron squamiferum, P ornatum, P. pedatum, Tillandsia adenohora, Guzmannia ligulata…). La strate arborée reste très diversifiée, sans que des variations notables de la composition floristique puissent être discernées.
La dominance des arbustes dans le sous-bois est importante, comme dans le reste des bas- de pente. Néanmoins, certaines espèces semble inféodées à ces ambiances très humides (eg : Psychotria microbotris).
III.2.1.3 Forêts marécageuses sur argiles à Symphonia globulifera
Le centre de la zone d’étude est parcouru par un cours d’eau (crique) qui est bordé d’une forêt marécageuse sur argile. Le peuplement est composé d’espèces d’arbres communes dans ce type d’habitat (Virola surinamensis, Laetia procera, Goupia glabra, Carapa procera). Aux abords de la crique, le peuplement s’enrichie en espèces supportant des fortes conditions d’hydromorphie (Pterocarpus cf officinalis, Symphonia globulifera, Tabebuia insignis …).
Lorsqu’elle est rejointe par un affluent, le lit de cette crique s’évase et donne lieu à des bas- fonds où se forme des petites mares temporaires. Le peuplement y est localement dominé par le palmier Euterpe oleracea. L’ambiance très humide favorise le développement de fougères, qu’elles soient arborescentes (Cyathea cf surinamensis) ou lianescente (Lygodium volubilis). Des épiphytes plus exigentes y trouve également un habitat de prédilection (Dichea, Batemannia colleyi, Lutheria splendens, Guzmannia melinonis).
Dans le sous-bois, les Violaceae (Paypayrola) et les Annonaceae (A. dolichocarpa) sont encore très abondantes. La strate herbacée est riche en Heliconia richardiana (Heliconiaceae)
1 D130 : diamètre mesuré à 130 cm au dessus du sol.
Figure 3 : Souche de Dicorynia
guianensis récemment exploitée
Figure 4 : Crique forestièrebiotope
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ainsi qu’en Monotagma spicatum (Maranthaceae). Se développant dans le cours d’eau peu profond, on notera la présence de populations de Thurnia sphaerocephala.
Se développant sur des sols instables, et moins riches en essences recherchées sur le marché (Angélique, Gonfolo, Wacapou) ces forêts ont moins été exploitées. Elles sont, en conséquence, dans un meilleur état de conservation que leurs corollaires sur sols drainants.
III.2.1.4 Forêts ripicoles à Eperua falcata
A l’est de la zone d’étude s’étend un vaste plateau alluvionnaire où s’écoule la Crique Sainte-Anne. À la différence du cours d’eau situé au centre de la zone d’étude, de dimension modeste, la crique Sainte-Anne est large de trois à cinq mètres par endroit et profonde de plus d’un mètre. On notera un renforcement de la présence de la dominance d’Eperua falcata dans ces forêts, qui restent cependant très diversifiées. Certaines espèces d’arbres ne se rencontrent, dans la zone d’étude, que sur les berges de cette crique : Macrolobium bifolium, Pachira cf dolichocalyx. Cette dernière espèce est protégée en Guyane française, c’est par ailleurs la seule plante protégée identifiée sur le site.
Aux abords directs de la crique apparaîssent des secteurs lianescents, très ouverts ; il ne nous a pas été possible d’identifier la (les) liane(s) à l’origine de ces formations.
La strate herbacée comporte des espèces caractériqtiques de ce type de milieu telles Hymenocalyx tubiflora ou Palmorchis prospectorum ; cette orchidée terrestre est une espèce déterminante de ZNIEFF.
Ces forêts sont globalement dans un bien meilleur état de conservations que celles qui longe la Piste Sainte-Anne. Elles n’ont fait l’objet que de quelques prélèvements non-déclarés, aucune piste forestière n’y a été ouverte.
III.2.1.5 Friches secondaires arbustives
Le nord de la zone d’étude, en contact avec la RN2 a été défriché dans un passé récent pour la mise en culture (abattis). Aujourd’hui abandonnés, ces terrains ont été recolonisés par une végétation arbustive dense et peu praticable à pied. Suivant les conditions de drainage des sols, ces friches présentent des faciès différents. Dans les secteurs les plus drainant, elles ressemblent par certains cotés à des savanes arbustives, on y trouve des espèces telles Clusia nemorosa, Protium heptaphyllum, ou les lianes Lygodium volubile ou Davilla kunthii. Dans les secteurs les plus humides, c’est le palmier pinot Euterpe oleraceae qui forme des peuplements presques pures ; Il est possible que la dominance de cette espèce ait été favorisée lors de la mise en culture2. Tout au nord se trouve une population de Pins des caraïbes Pinus caribea, plantée par les humains. On notera également la présence de rémanent de culture tel Ananas comosus. L’origine des specimens de cette espèce étant clairmerent anthropique, ils n’ont pas été considérés comme des enjeux de conservation.
2 On tire du palmier Euterpe oleracea le Wassaï (ou Açaï) consommé en Guyane.
Figure 5 : marge enlianée de la
ripisylvebiotope
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III.2.1.6 Abattis noirs marrons
La Piste Sainte-Anne est bordée d’abattis aux divers stades de jachère. Dans le secteur ouest de la zone d’étude, la jachère a récemment été abattue pour un nouveau cycle de culture, et le sous-bois d’une parcelle adjacente a également été préparé. La flore qui se rencontre dans ce type d’habitat est composée d’espèces pionnières héliophiles, parfois allochtones (Mimosa pudica, Spermacocce alta) sans grand intérêt pour la conservation. On notera cependant la présence d’une population de Palmorchis prospectorum, espèce déterminante de ZNIEFF, en marge des secteurs préparés pour la mise à feu. À l’instar des ananas localisés dans les friches arbustives, les spécimens observés dans ces abattis n’ont pas été considérés comme des enjeux de conservation.
III.2.2 Les zones humides
Sur l’aire d’étude les zones humides sont représentées par les habitats suivants décrits plus tôt dans le document :
- Forêts des vallons et des bas de pentes humides
- Forêts marécageuses sur argiles à Symphonia globulifera
- Forêts ripicoles à Eperua falcata
- Et bien évidemment le cours des différentes criques parcourant le site
Ces zones humides ont toutes (à part le lit des criques) un caractère humide temporaire à savoir que ces habitats sont secs 3 mois de l’année au cœur de la saison sèche, de début septembre à fin novembre. À l’inverse, le plus fort taux de submersion de ces habitats intervient en général durant les mois de mai et juin aux plus hautes eaux des criques forestières, mais aussi durant les plus fortes précipitations de l’année.
Elles réprésentent une surface totale de 22,6 ha sur une aire d’implantation totale possible du projet de 141,6 ha (voir tableau suivant pour les détails par milieu)
Code Nom Surface (ha)3
G24.71 Criques en sous-bois de forêt dense de basse altitude 0,3582
G46.412 Forêts des vallons et des bas de pentes 2,7338
G4A.52 Forêts marécageuses sur argiles à Symphonia globulifera 13,8830
G4A.421 Forêt ripicoles 5,6746
3 La surface retenue dans ce tableau est la surface des habitats au sein du périmètre du projet (zone
d’étude principale)
Figure 6 : Carbet en construction au
sein des abattis de l'ouest de la zone
d'étudebiotope
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III.2.3 Flore remarquable
III.2.3.1 Flore protégée
Pachira dolichocalyx (Malvaceae)
Pachira dolichocalyx est un arbre de sous-canopée appartenant à la sous-famille du baobab ou des Cacao-rivière (Malvaceae-Bombacoideae). Il possède des feuilles au limbe digitées et très discolor d’une face à l’autre. Ses fleurs sont impressionnantes, leur calice vert et leur corolle formée de 5 pétales lie-de-vin atteignent 30 cm de longueur et enserre un faisceau d’étamines blanches similaire à l’éclat d’un feu d’artifice. Son fruit est une cabosse semblable à celle d’un Theobroma velutina (cacao sauvage) à ceci près qu’elle est plus grosse, présente 5 côtes marquées et enferme des graines qui ne sont pas entourées d’un arille sucré.
Cette espèce n’a été que très récemment décrite (Robyns, 1988) à partir d’un échantillon récolté en Guyane en 1980. Ailleurs dans le monde, elle n’a été signalée qu’au Suriname et au Guyana où il n’est connu que d’une station dans chacun de ces pays. C’est donc une espèce qui peut être considérée comme endémique du plateau des Guyanes.
En Guyane française, elle est connue jusqu’à présent que de cinq localités recensées à l’herbier de Cayenne. La petite population de 3 individus (deux juvéniles et un sub-adulte) située sur le versant nord du relief haut de 142 m représente donc une découverte importante pour la conservation.
De part sa faible aire de répartition et sa rareté, cette espèce est inscrite sur la liste des espèces végétales intégralement protégées en Guyane française.
Un seul spécimen de cette espèce a été localisé le long de la crique Sainte-Anne.
III.2.3.2 Flore déterminante de ZNIEFF
Laplacaea fruticosa (Theaceae)
Cet arbre se reconnaît facilement lorsqu’il est en fleur ; ces dernières sont blanches, larges (> 5 cm de diamètre) et garnies de bouquet d’étamines jaunes à la base de chaque pétale. Cette espèce est présente dans tout le nord de l’Amérique du Sud ainsi qu’au sud de l’Amérique Centrale. En Guyane, cette espèce n’a fait l’objet que de deux dépôts à l’herbier de Cayenne, l’un provenant de la RBI de la Trinité, l’autres des bas-fonds sur sables blancs entre Saint-Laurent et Mana.
Deux spécimens ont été localisés à l’est de la zone d’étude, l’un en haut de versant, l’autre au pied d’une pente faible. Il est possible que d’autres spécimens soient présents ailleur dans le peuplement.
Figure 8 : corolle et androcée de
Laplacea fruticosa (E. Fonty,Biotope)
Figure 7 : Tronc de Pachira
dolichocalyxbiotope
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Palmorchis prospectorum (Orchidaceae)
Cette grande orchidée terrestre affectionne les zones de bas-fonds et de flats de forêt primaire. Cette plante remarquable est considérée comme une espèce déterminante ZNIEFF, d’une part car elle est endémique de Guyane française et d’autre part car elle apparaît comme rare, en petit nombre, sur les sites où elle est contactée.
Cette plante présente donc un fort intérêt patrimonial et il est nécessaire que les populations découvertes en lisière immédiate du projet ne soient pas impactées. Cette recommandation concerne d’ailleurs l’ensemble de la forêt de bas-fonds qui devra être préservée de manière effective, c’est-à-dire sans que cet habitat soit morcelé ou mis en ensoleillement par une déforestation limitrophe.
Plusieurs spécimens de cette espèce ont été observés au sein de la zone d’étude. Elle affectionne les forêts marécageuses, aussi la rencontre-t-on aux abords des crique, une importante population est située le long de la crique Sainte-Anne (à l’extrême est de la zone). Étonnament, une petite population a été observée en bordure d’abatti, en haut de versant, à l’ouest de la zone d’étude.
Bollea cf violacea (Orchidaceae)
Les orchidées du genre Bollea sont des épiphytes qui se développent dans les forêts très humide (elles nécessitent une forte hygrométrie pour se développer). Deux espèces sont signalées en Guyane française : B. violacea et B. hemixantha. En possession de matériel fertile, elles se distinguent aisément par la couleur des pièces florale violettes pour l’une et blanc- crème pour l’autre. En revanche il est plus délicat d’identifier avec certitude un individu au stade végétatif. Les deux espèces présentent à peu près la même aire de répartition, cantonnée au nord de l’Amérique du Sud, depuis la Colombie jusqu’à la Guyane française. En Guyane, ces espèces ont été très peu collectées, l’ensemble des échantillons pour les deux espèces se compte sur les doigts d’une main. B. hemixantha n’est connu que du Maroni d’un échantillon de 1857, B. violacea de trois stations également situées dans l’ouest du département.
Un seul specimen stéril de cette espèce a été observé dans l’est de la zone d’étude.
Recordoxylon speciosum (Caesalpinoideae)
Recordoxylon speciosum est l’un des arbres de l’étage dominant des forêts guyanaises. Il présente une écorce granuleuse, se détachant en plaques. L’écorce interne est cassante et très fibreuse et dégage une odeur, caractéristique, d’urine de chat. Cette espèce possède une aire de répartition restreinte, qui s’étend au Guyana, à la Guyane française et au nord du Brésil (Amazonas, Rondônia). Recordoxylon speciosum est une espèce relativement rare en Guyane française, il se rencontre presque exclusivement dans le nord du département, sur des sols drainants ; notons cependant qu’il a été observé dans la région de Saül.
Un seul specimen de cette espèce a été observé, au sommet de l’une des collines situées au nord-ouest de la zone d’étude
Figure 9 : Palmorchis prospectorum, (©
É. FONTY / Biotope)
Figure 10 : Bollea violacea (© É.
FONTY / Biotope)
Figure 11 : Entaille dans le tronc de
Recordoxylon speciosumco
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Le
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© Voltalia - Tous droits réservés - Sources :
Orthophotographies © IGN (2005) - Cartographie
Liste des espèces
C2 Emprise du projet à
ir Zone d'étude “eo 7rachéophytes #4 1 : Pachira dolichocarpa
: Laplacea fruticosa.
%: 3:Bo 7
4 :Recordoxylon spéciosum
Cours d'eau
Criques permanentes
Cours d'eau temporaires
—— Crique Sainte-Anne
æ
Statut des espèces
© Protégée
Déterminante de ZNIEFF
Flore remarquable
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de la Piste Sainte-Anne
5 : Palmorchis prospectorum
6 : Qualea rosea
7 : Disteganthus lateralis
8 : Dicorynia guianensis
«Virola kwatae
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Carte 5 : Situation de la flore remarquablebiotope
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Disteganthus lateralis (Bromeliaceae)
Cette Bromelicaeae terrestre de 1,50 m de hauteur se rencontre ponctuellement en sous- bois sur des sols à drainage vertical profond. Cette espèce est considérée comme une déterminante de ZNIEEF en raison de son endémisme au plateau des Guyanes, de sa relative rareté au sein de la Guyane et de la sensibilité de son habitat vis-à-vis des différentes perturbations anthropiques.
Nous avons observé cette espèce à et là dans le peuplement, les spécimens étaient généralement regroupés par trois ou quatre.
Dicorynia guianensis (Caesalpinoideae)
L’« Angélique » est une espèce strictement limitée dans sa répartition au plateau des Guyanes, où elle est principalement distribuée en Guyane française. Très commun sur notre territoire, ce grand arbre est particulièrement recherché pour ses qualités de bois d’œuvre. Cette espèce se trouve en abondance dans les forêts de terre ferme ; quelques pieds se trouvent en forêt de bas-fond.
Cette espèce est présente de manière diffuse dans le peuplement, généralement en forêt de terre ferme.
Qualea rosea (Vochysiaceae)
Le « Gonfolo rose » est un arbre de l’étage dominant endémique du Suriname et de la Guyane pouvant atteindre 35 mètres de hauteur avec des diamètres variant de 50 à 100 cm. C’est une espèce plutôt répandue et relativement fréquente (la base de données Aublet 2 recense 53 parts d’herbiers), en particulier dans l’ouest du département, mais elle est extrêmement recherchée et exploitée pour son bois.
Tout comme D. guianensis, cette espèce est présente de manière diffuse dansle peuplement, plus fréquemment en forêt de terre ferme. Elle est cependantmoins abondante, peut-être en raison de son exploitation.
III.2.4 Arthropodes
Les arthropodes ont été étudiés, en saison sèche uniquement, par le bureau d’étude Naturalia. Les paragraphes et les illustrations suivants sont repris de leur rapport de mission (Naturalia, 2019).
III.2.4.1 Analyse de la bibliographie
Bien qu’aucune exigence n’existe d’un point de vue réglementaire de la part des services de l’état sur la nature du diagnostic entomologique, les insectes sont néanmoins considérés dans cette étude de manière synthétique. Les odonates bénéficiant de connaissances plus avancées que les autres groupes, une attention particulière leur a été apportée dans cette étude.
Le réseau hydrographique qui parcourt la zone d’étude offre une certaine diversité d’habitats de reproduction pour ce groupe. Les espèces attendues dans l’aire d’étude
Figure 12 : Disteganthus lateralis
(cliché pris hors site, É. Fonty, Biotope)
Figure 13 : Fût de Qualea roseabiotope 4
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correspondent essentiellement au cortège des milieux forestiers mais également aux cortèges des espèces ubiquistes qui peuvent utiliser les habitats périphériques et les lisières forestières.
À l’heure actuelle, il n’y a pas de documents qui attestent de la patrimonialité des espèces et aucune d’entre elles ne bénéficie d’un statut de protection.
Dans la bibliographie consultée, le secteur d’étude ne semble pas avoir attiré l’attention des observateurs et les données présentes sont peu nombreuses. De surcroît, aucune donnée d’espèces patrimoniales n’est présente dans la base de données Faune Guyane.
De ce fait, l’analyse des données disponibles ne permet pas de relever la présence d’espèce représentant un enjeu environnemental particulier. Seules des espèces communes et à large répartition sont évoquées.
III.2.4.2 Résultats des relevés de terrain
La richesse entomologique est impossible à appréhender avec la pression d’inventaire dédiée à l’étude compte tenu de la diversité spécifique qu’offre ce taxon. Un premier inventaire peut cependant permettre d’obtenir un échantillon du cortège local.
Quelques odonates ont pu être observés en lisière de boisement dont Pantala flavescens, Erythrodiplax umbrata, Orthemis schmidti, Uracis fastigiata et Aeschnosoma forcipula. La plupart de
Figure 14 : Uracis fastigiata, Fylgia amazonica et Gynacantha klagesi – (© S. Berthelot / Naturalia)
Figure 15 : Magneuptychia gera, Phanocloidea muricata et Tetrataenia surinama (© S. Berthelot / Naturaliabiotope 4
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ces espèces sont communes à très communes en Guyane, la dernière étant davantage discrète que rare bien que peu fréquente dans la base de données référente « Faune Guyane ». Des espèces plus forestières comme Fylgia amazonica ou Gynacantha klagesi ont également été observées. Peu fréquentes dans les bases de données, elles ne portent pas d’enjeux conservatoires particuliers.
De nombreux représentants du cortège des arthropodes forestiers ont d’autre part été observés. Certains sont inféodés aux sous-bois comme Magneuptychia gera, Phanocloidea muricata ou Tetrataenia surinama et d’autres aux anfractuosités et troncs au sol comme Tityus obscurus, Ephebopus murinus ou Heterophrynus sp. Ces espèces sont communes du territoire guyanais et ne représentent donc aucun enjeu règlementaire ou patrimonial.
III.2.5 L’ichtyofaune
Les poissons ont été étudiés, en saison sèche uniquement, par le bureau d’étude Naturalia. Les paragraphes suivants sont repris de leur rapport de mission (Naturalia, 2019).
La faune piscicole d’eau douce de Guyane est particulièrement riche et diversifiée. En effet, les dernières études mettent en avant plus de 400 espèces et la liste n’est pas encore complète car de nombreux genres méritent des études approfondies et notamment des descriptions d’espèces (Melki, 2016).
Tel que repris en partie méthodologique, la zone d’étude a fait l’objet de prélèvements afin d’identifier en laboratoire (via ADN) les poissons présents au niveau de la crique Saint- Anne et affluents. (Cf. partie méthodologie).
23 espèces de poissons ont été identifiées (tableau ci-contre). Il convient de signaler une limite à ce protocole. En effet, l’ensemble des espèces présentes en Guyane n’ont pas encore été référencées génétiquement. En l’état actuel, le référentiel taxonomique de base utilisé par le laboratoire SPYGEN se compose de 237 espèces. Ce référentiel est joint en annexe. Les espèces absentes de ce référentiel n’ont pas pu être identifiées sur l’aire d’étude.
En termes de résultats, il s’agit essentiellement d’espèces communes et sans réel enjeu de conservation (poisson-couteau, poisson-chat, poisson-feuille …). Néanmoins, il convient de porter l’attention sur la famille des Cichlidae, à savoir Nannacara sp. En effet, 38 espèces
Figure 16 : Tityus obscurus, Ephebopus murinus et Heterophrynus sp. (© S. Berthelot / Naturalia)Affluent Crique Ste Anne
SPY182467
Le , Nombre de Nombre de Nom scientifique Base de référence réplicats , . séquences ADN positifs (/12)
Brachyhypopomus beebei Guyane 10 35 790
Callichthys callichthys Guyane 3 335
Cichlidae Guyane 2 2 200
Cleithracara maronii Guyane 9 37 316
Copella sp. Guyane 1 30
Copella carsevennensis Guyane 9 26 217
Crenicichla sp. Guyane 5 8 844
Gymnotus sp. Guyane 1 170
Gymnotus carapo Guyane 3 2475
Hemigrammus unilineatus Guyane 2 558
Hoplerythrinus unitaeniatus Guyane 3 8358
Hoplias sp. Guyane 11 29021
Hyphessobrycon borealis Guyane 1 21
Ituglanis amazonicus Guyane 1 1010
Krobia sp. Guyane 1 33
Krobia aff. guianensis sp1 Guyane 11 66 833
Laimosemion geayi Guyane 1 15
Nannacara sp. Guyane 5 369
Nannacara aureocephalus Guyane 11 45 373
Polycentridae Guyane 8 1352
Polycentrus schomburgkii Guyane 11 28 094
Pyrrhulininae Guyane 1 27
Synbranchus marmoratus Guyane 2 3 607
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de Cichlidae sont présentes en Guyane et parmi elles, de nombreuses espèces ne sont pas encore décrites. C’est le cas du genre Nannacara dont certaines espèces seraient endémiques de Guyane ou des bassins versants transfrontaliers.
À ce titre, les espèces connues du genre Nannacara sont inscrites sur la liste rouge des poissons du Guyane mais les données sont trop insuffisantes en l’état pour évaluer une catégorie ou encore un niveau d’enjeu régional (respectivement classé « DD » et « NE » sur la LR de Guyane /Monde).
Tableau 2 : Liste des espèces de poisso contactées sur l'aire d'étude
III.2.6 Batrachofaune
L’inventaire que nous avons réalisé en saison des pluies a permis d’identifier 32 espèces d’amphibiens ce qui est tout à fait correct pour ce type de forêt exploitée.
Deux zones dégradées, au nord et à l’ouest de la zone d’étude, sont favorables aux espèces appartenant au cortège des milieux ouverts et humides telles que la Rainette naine (Dendropsophus walfordi), le Crapaud buffle (Rhinella marina), la Rainette menue (Dendropsophus minutus), la Scinax des maisons (Scinax ruber), l’Adénomère des herbes (Adenomera
Figure 17: Rainette crépitante (Boana
xerophylla) T. Le Papebiotope
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hylaedactyla), le Leptodactyle galonné (Leptodactylus fuscus), ainsi que la Rainette crépitante (Boana xerophylla). La Rainette crépitante est une espèce rare, déterminante de ZNIEFF, connue uniquement de l’ouest de la Guyane. Nous avons contacté plusieurs individus de cette espèce dans les ornières inondées de la piste de latérite qui longe le flanc ouest de la zone d’étude.
La forêt qui couvre la quasi-totalité de la zone d’étude abrite un cortège d’espèces forestières communes telles que l’Allobate fémoral (Allobates femoralis), le Crapaud feuille (Rhinella castaneotica), l’Hylode porte-X (Pristimantis chiastonotus), l’Ostéocéphale oophage (Osteocephalus oophagus), l’Ostéocéphale taurin (Osteocephalus taurinus), la Phylloméduse tigrine (Callimedusa tomopterna), la Trachycéphale métronome (Trachycephalus hadroceps), la Trachycéphale Kunawalu (Trachycephalus resinifictrix), l’Adénomère familière (Adenomera andreae), le Leptodactyle rougeâtre (Leptodactylus rhodomystax), la Scinax à œil rouge (Scinax sp. 2) le Leptodactyle de Peters (Leptodactylus petersii), le Leptodactyle étroit (Leptodactylus stenodema), et le Chiasmocle de Shudikar (Chiasmocleis shudikarensis). Le Chiasmocle de Shudikar a été entendu à proximité d’une mare forestière temporaire, la présence de cette espèce permet de supposer que des évènements de reproduction simultanée (« explosive breeding ») ont lieu dans ce secteur. Le terme anglais « explosive breeding » désigne le regroupement, en nombre d’un cortège d’amphibiens riche du point de vue spécifique qui a lieu au retour des fortes précipitations en début de saison des pluies.
Le cortège des espèces des criques et bas-fonds humides est également bien représenté, puisque nous avons pu contacter la Centrolène ponctuée (Hyalinobatrachium cappellei), la Centrolène à points jaunes (Teratohyla midas), la Rainette éperonnée (Boana calcarata), la Rainette centrolène (Boana cinerascens), la Rainette Diable-rouge (Boana diabolica) ainsi que cinq espèces déterminantes de ZNIEFF : la centrolène splendide (Cochranella geijskesi), la Rainette à doigts orange (Dendropsophus sp. 1), la Rainette des bas-fonds (Boana dentei), l’Otophryne hurlante (Otophryne pyburni), et l’Atélope de Guyane (Atelopus flavescens).
Lors de l’inventaire effectué en saison sèche, une seule espèce à enjeu a été contactée par l’équipe du bureau d’étude Naturalia : l’Atélope d’Hoogmoed (Atelopus hoogmoedi) au sein de la zone d’étude. Cependant la répartition géographique de cette espèce se limite au sud de la Guyane. L’Atélope d’Hoogmoed présentant un chant relativement semblable à celui de l’Atélope de Guyane (Atelopus flavescens) ; il est fort probable que ce soit plutôt l’Atélope de Guyane (Atelopus flavescens) qui ait été entendu à cette époque.
III.2.7 Herpétofaune
Aux termes des inventaires de terrain, réalisés en saison des pluies et en saison sèche, 15 espèces de reptiles ont été recensées au sein de la zone d’étude.
La forêt secondaire est favorable à de nombreuses espèces forestières communes telles que le Léposome des Guyanes (Leposoma guianense), l’Anolis à fanon bleu (Norops chrysolepis), le Polychre caméléon (Polychrus marmoratus), le Gonatode aux yeux bleus (Gonatodes annularis), le Gonatode des carbets (Gonatodes humeralis), le Tropidure ombré (Plica umbra) le Kentropyx des chablis (Kentropyx calcarata), le Téju commun (Tupinambis teguixin) ainsi que le Neusticure sillonné (Neusticurus surinamensis). Cette dernière espèce est inféodée aux criques forestières.
Figure 18: Phylloméduse tigrine
(Callimedusa tomopterna) T. Le Pape
Figure 19: Rainette Diable-rouge (Boana
diabolica) T. Le Pape
Figure 20: Imantode à nuque tatouée
(Imantodes cenchoa) T. Le Papeco
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- Cartographie :
© Voltalia - Tous droits réservés - Sources :
Orthophotographie © IGN (2005)
Liste des espèces
C2 Emprise du projet “4
ir Zone d'étude
rs
+. o Batrachofaune
1 : Atelopus flavescens
: Boana crepitans . In_Cours_Eau
Criques permanentes
Cours d'eau temporaires
—— Crique Sainte-Anne
Statut des espèces
Déterminante de ZNIEFF
Faune terrestre
remarquable
Site photovoltaique
de la Piste Sainte-Anne
5 : Dendropsophus walfordii
6 : Dendropsophus sp.1
7 : Otophryne pyburnii
Herpétofaune
fdophorus lemniscatus
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Carte 6 : Amphibiens et reptiles remarquablesbiotope
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Certaines de ces espèces ont également été observées en saison sèche par le bureau d’étude Naturalia (cf. annexes). Trois espèces de Lézards n’ont été observés sur la zone qu’en saison sèche : le Tropidure plissé (Plica plica), le Thécadactyle à queue turbinée (Thecadactylus rapicauda) et le Téju commun (Tupinambis teguixin).
Le Lézard coureur galonné (Cnemidophorus lemniscatus), une espèce déterminante de ZNIEFF, est présent sur la piste latéritique menant à la zone d’étude ainsi que dans les abattis et autres milieux ouverts qui bordent celle-ci. Cette espèce observée classiquement en savane ou dans les sables littoraux profite de ces ouvertures du milieu pour étendre son aire de répartition.
Nos prospections nocturnes ont permis d’identifier un Imantode à nuque tatouée (Imantodes cenchoa). Ce serpent nocturne évolue dans les strates arbustives des forêts humides à la recherche de petits amphibiens.
Enfin, une carapace de Tortue denticulée (Chelonoidis denticulata) observée dans un criquot au centre de la zone d’étude nous indique que cette espèce terrestre est bien présente dans le secteur.
III.2.8 Avifaune
III.2.8.1 Analyse bibliographique
Sur la plateforme participative Faune-Guyane (https://www.faune-guyane.fr/) gérée par le GEPOG, aucune donnée n’existe sur cette portion de boisement. À proximité immédiate, les données sont très peu nombreuses et sans enjeux significatifs.
En revanche, des données remarquables sont listées sur la ZNIEFF de la crique Sainte- Anne (type II) localisée au nord de la zone d’étude sur une surface considérable (presque 10 000 ha). Il est ainsi très délicat de certifier qu’une espèce remarquable de la ZNIEFF puisse nicher sur la zone d’étude (ou même y transiter). Vingt-deux espèces remarquables (protégée ou déterminante de ZNIEFF) sont répertoriées (cf : annexes). Les inventaires sur le terrain ont permis de contacter que deux espèces repérées dans la ZNIEFF de la Crique Sainte-Anne : l’Agami trompette (Psophia crepitans) et le Tamatia à gros bec (Notharchus macrorhynchos).
Les espèces restantes ne peuvent pas être cartographiées sur la zone ni même évaluées dans les enjeux ou sensibilités, car les incertitudes sur leur statut potentiel sont très importantes. De telles évaluations ne sont possibles qu’avec des données concrètes.
Cela dit, ces espèces ont une probabilité variée de présence (à minima ponctuelle) sur la zone. Douze espèces peuvent être présentes sur le site, sans qu’elles aient été inventoriées. Le tableau ci-dessous présente le statut potentiel de ces espèces sur la zone.biotope
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Tableau 3 : Espèces d'oiseaux remarquables potentiellement présentent au sein de la zone d'étude selon la bibliographie
Nom
vernaculaire
Nom
scientifique Législation
Liste rouge
Régionale
Statut potentiel sur la zone
Onoré agami Agamia agami H / D NT Se nourrit possiblement ponctuellement sur la crique Sainte-Anne.
Butor zigzag Zebrilus undulatus P / D DD
Particulièrement recherché car la crique Sainte-Anne est
très favorable à l’espèce. Aucun contact certain lors des
inventaires. Nicheur possible dans le secteur.
Caïque à tête
noire Pyrilia caica D LC Présence ponctuelle possible. Nidification possible ?
Batara à gorge
noire Frederickena viridis P / D LC
Les secteurs lianescents des lisières d’anciennes pistes dans
le boisement semblent favorables à cette espèce discrète
mais aucun contact lors des inventaires. Nicheur possible ?
Batara de Cayenne Thamnophilus melanothorax P / D LC Nicheur à priori possible dans les bas-fonds ou en terre ferme.
Grimpar à
menton blanc Dendrocincla merula D LC Rarement observé en Guyane et très méconnu. Nicheur
possible ? Individus en transit ?
Grimpar de
Perrot Hylexetastes perrotii D DD Rarement observé en Guyane et très méconnu. Nicheur
possible ? Individus en transit ?
Grimpar strié Xiphorhynchus obsoletus P / D NT
Particulièrement recherché car la crique Sainte-Anne est
très favorable à l’espèce. Aucun contact lors des
inventaires. L’aval de la crique est encore plus favorable à
l’espèce.
Porte-éventail roi Onychorhynchus coronatus P LC Particulièrement recherché car la crique Sainte-Anne est
très favorable à l’espèce. Aucun contact lors des
inventaires. Nicheur possible ?
Coracine chauve Perissocephalus tricolor D LC Espèce discrète en dehors des leks de mâles. Aucun contact sur le site. Présence possible ?
Manakin
minuscule
Tyranneutes
virescens D LC
Milieu favorable mais aucun contact de cette espèce très
loquace. Probablement absente.
Tangara
cyanictère
Cyanicterus
cyanicterus P / D LC
Espèce rare de canopée. Possiblement présente sur le site.
En conclusion, certaines espèces sont naturellement rares et discrètes, ainsi faut-il une certaine chance pour les inventorier compte tenu de l’effort de prospection effectué sur la zone.
Au niveau de la zone, la crique Sainte-Anne accueille possiblement à probablement le Porte-éventail roi, le Butor zigzag et l’Onoré agami, car l’habitat que constituent ses berges leur est très favorable.
Les secteurs forestiers les plus préservés de la zone sont potentiellement utilisés (ponctuellement à très fréquemment) par des espèces remarquables non contactées lors des inventaires comme le Tangara cyanictère, Coracine chauve, le Batara de Cayenne et d’autres non cités sur la ZNIEFF de la crique Sainte-Anne.
III.2.8.2 Analyse générale
Les inventaires effectués ont permis de mettre en évidence la présence de 152 espèces dont 29 sont protégées et/ou déterminantes de ZNIEFF. Ainsi, 19% des espèces répertoriées présentent des enjeux de conservation. Cette richesse en espèces est assez élevée par rapport à l’effort de prospection et au contexte de la zone d’étude (en bordure d’un axe routier majeur). Davantage de passages sur le site (notamment à d’autres périodes) permettraient assurément de contacter de nouvelles espèces (en canopée par exemple).
Figure 21: Toucan à bec rouge
(Ramphastos tucanus) (hors site)
P.Lenrumé