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Document publié le Lundi 27 juillet 2026
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Centre Corse)
Thèmes du document : Environnement, Aménagement du territoire, Changement climatique,
5TA SESSIONE STRASURDINARIA DI U 2026
30 È 31 DI LUGLIU DI U 2026
5ÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2026
30 ET 31 JUILLET 2026
N° 2026/E5/041
Question orale déposée par Mme Véronique PIETRI
au nom du groupe « Core in Fronte »
OBJET : INCENDIES, QUELS MOYENS ET QUELLE STRATEGIE POUR PROTEGER
DURABLEMENT LA CORSE ?
Sgiò Prisidenti,
Les incendies qui ravagent actuellement le Centre Corse viennent une nouvelle fois
poser la question des moyens dont nous disposons réellement pour faire face au risque
incendie.
Nous partageons pleinement le constat et la colère exprimés par le président,
Hyacinthe VANNI. Les moyens aériens ont manqué ou n’ont pas été activés, au moment
où ils étaient nécessaires, obligeant les personnels engagés au sol à intervenir dans
des conditions particulièrement difficiles et surtout dangereuses.
Et lorsque nous constatons les moyens considérables mobilisés très rapidement sur
certains incendies en France, la question de la différence de traitement doit être posée.
Une question qui se pose d’autant plus avec acuité quand on connait via la Ministre
française des armées, les moyens financiers exclusivement mis à la disposition des
renforcements militaires au détriment, dans ce cas, d’investissements pour la sécurité
civile.
Dans ce contexte, les propos de la préfète de Haute-Corse affirmant que « la Corse n’a
jamais eu autant de moyens » sont particulièrement déplacés. Car la question n’est pas
de savoir si nous avons davantage de moyens qu’il y a vingt ans, mais si nous disposonsaujourd’hui des moyens correspondant aux risques auxquels nous sommes confrontés
et, surtout, s’ils sont disponibles au moment où nous en avons besoin.
Le changement climatique a changé la donne, en Corse, en Méditerranée, en Europe.
Les périodes à risque s’allongent, les sécheresses s’intensifient et les feux deviennent
plus violents, alors que rien n’a été anticipé.
Le contrôleur général des pompiers met justement en garde contre ce qu’il appelle la «
rupture capacitaire », le risque que plusieurs incendies importants se déclarent
simultanément en France et en Corse et mobilisent l’ensemble des moyens
disponibles.
Nous ne pouvons plus accepter que la protection de la Corse dépende de la
disponibilité de moyens français mutualisés et d’arbitrages décidés ailleurs.
Nous contestons également les propos selon lesquels ces incendies ne mettraient pas
de vies en jeu parce qu’ils ne menacent pas directement des habitations. La Corse ne
devient pas un territoire vide dès que l’on quitte les villages. Dans nos montagnes, il y a
des bergers dans les estives, des troupeaux, des personnels engagés au sol. Il y a aussi
nos forêts, notre biodiversité, nos terres et tout un patrimoine naturel vivant que nous
avons la responsabilité de protéger. Il y a la végétation qui, si elle recule, peut provoquer
ensuite d’autres catastrophes au moment des fortes pluies.
Depuis plusieurs années, nous réclamons le positionnement permanent de moyens
aériens en Corse, notamment de Canadair. Si la flotte actuelle ne permet pas de
garantir ces moyens, alors c’est aussi son dimensionnement qui doit être revu et les
moyens doivent être diversifiés.
La Corse doit pouvoir disposer d’une capacité permanente, adaptée à son insularité et
à l’évolution du risque climatique.
Ensuite, au-delà des moyens de lutte, nous devons remettre la prévention et l’entretien
de nos territoires au cœur de notre politique.
Le rôle de l’agriculture est ici essentiel, particulièrement dans l’intérieur. Le
pastoralisme permet d’entretenir les espaces et de limiter la biomasse.
La déprise agricole a également transformé de nombreux anciens jardins et terrasses
autour de nos villages, qui constituaient autrefois des pare-feux naturels, en véritables
réservoirs de biomasse. Nous devons favoriser leur remise en culture et accompagner
les communes dans cette reconquête. Cela suppose aussi de lever des obstacles
comme le désordre foncier et les contraintes liées au défrichement de parcelles
abandonnées depuis plusieurs décennies.
Car nous ne pouvons pas attendre que le feu soit là pour nous demander combien
d’avions seront disponibles. Une partie de la réponse est aussi dans un territoire
entretenu, cultivé, pâturé et habité.Monsieur le Président, face à cette nouvelle réalité climatique et au risque de rupture
capacitaire, quelles initiatives comptez-vous prendre pour obtenir de l’État français des
moyens aériens permanents, diversifiés et réellement garantis à la Corse ?
Parallèlement, ne devons-nous pas engager une véritable stratégie de prévention des
incendies, fondée notamment sur l’agriculture, le pastoralisme, la reconquête des
anciennes terres cultivées et la levée des obstacles fonciers et réglementaires qui
empêchent aujourd’hui leur entretien ?
Vi ringraziemi