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unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 32 A
unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 32 Annexe 2 SJPP PLU Approbation A.2 RP EIE
Document publié le Mercredi 1 janvier 2025
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 32 Annexe 2 SJPP PLU Approbation A.2 RP EIE)
Thèmes du document : Environnement, Énergies, Aménagement du territoire,
Saint-Jean-Pied-de-Port
PLAN LOCAL
D’URBANISME
Elaboration du PLU
A – RAPPORT DE PRESENTATION
A.2 - ETAT INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT
Vu pour être annexé à la délibération du Conseil Communautaire en date du 29 mars 2025 approuvant le PLU
Agence Publique de Gestion Locale
Service Intercommunal Territoires et Urbanisme
Maison des Communes - rue Auguste Renoir
B.P.609 - 64006 PAU Cedex
Tél 05.59.90.18.28 - Télécopie 05.59.84.59.47
Courriel : service.urbanisme@apgl64.frCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 1
TABLE DES MATIERES
TABLE DES MATIERES ....................................................................................................................................... 1
1. LE CADRE PHYSIQUE DU TERRITOIRE..................................................................................................... 2
2. LES RISQUES MAJEURS .......................................................................................................................... 1
3. LES POLLUTIONS ET NUISANCES .......................................................................................................... 11
4. LES RESSOURCES NATURELLES ............................................................................................................ 15
5. LE MILIEU NATUREL ............................................................................................................................. 36
6. LE PAYSAGE ET LE PATRIMOINE .......................................................................................................... 68
7. LA SYNTHESE ET LES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX .......................................................................... 90Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 2
1. LE CADRE PHYSIQUE DU TERRITOIRE
Par définition, le milieu physique regroupe tous les éléments supports de la vie, tels que le sol, l’eau, le relief, etc. Ces éléments déterminent les conditions de milieux et constituent le biotope. Ils conditionnent, par conséquent, l’implantation des biocénoses présentées lors de l’étude du cadre naturel qui correspondent aux cortèges de végétation et à la faune associée. Ainsi, l’étude du cadre physique a été envisagée de manière à décrire de manière sommaire les caractéristiques du biotope exploité par les composantes écologiques (faune et flore) présentes sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port.
1.1 LA GEOMORPHOLOGIE ET LE RELIEF
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est localisée sur la plaine alluviale du Pays de Cize dans la province Basque de Basse-Navarre. Elle est située dans un bassin entouré de montagnes structurant le paysage, la ville ou encore les espaces agricoles.
Les montagnes les plus proches (Pic d’Arradoy, mont Jara) limitent les vues vers le Nord. Hors territoire communal, ces montagnes représentent des éléments majeurs dans la compréhension du site de Saint-Jean- Pied-de-Port, sa qualité et sa sensibilité paysagère.
Localisation de la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port sur fond de plan topographique de IGN. Source : APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 3
La ville est localisée à la confluence de deux cours d'eau : la Nive de Béhérobie et le Laurhibar.
Les collines localisées sur la commune, créent du relief et des points de repère dans le paysage. La cité ancienne, ancrée au flanc d’une colline boisée, est dominée par la citadelle, à plus de 80 mètres d’altitude.
D'un point de vue topographique, la commune est située sur une altitude comprise entre 160 et 230 mètres NGF. Le point le plus bas est localisé au Nord-ouest de la commune et le point le plus haut à l'extrême Est, au-dessus de la Citadelle. L’altimétrie de la rue de la Citadelle, par exemple, fluctue entre 165 (au niveau de l’église) et 190 mètres.
Cartographie des différents niveaux topographiques sur la commune. Source : Gheco.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 4
Localisation des deux axes de représentation des profils topographiques. Source : Gheco.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 5
Profils topographiques de deux axes (A/A' et B/B') sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : Gheco.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 6
1.2 LES FORMATIONS GEOLOGIQUES ET LE SOL
Le pays de Cize abrite des unités géologiques variées.
La dépression de Cize dans laquelle se situe Saint-Jean-Pied-de-Port est constituée d’argiles bariolées sur lesquelles sont liés les ophites du Trias supérieur. Les argiles bariolées, rose lilas, vert pâle, jaune clair, ne se montrent que sur des rares talus dénudés (Lécumberry) dans les parties basses du Pays. Lardées de couches minces et discontinues de gypse (pierre à plâtre), de marnes, de calcaire, elles prodiguent aux cultures la chaux dont elles ont besoin.
Jouxtant les creux argileux, l’ophite, roche massive de couleur verte, forme l’ossature de la plupart des collines qui parsèment la dépression. Malgré sa dureté, l’ophite s’altère, se décompose et se transforme en sable argileux, une arène riche en éléments fertilisants : chaux et potasse.
Les principaux cours d’eau traversant le Pays de Cize ont, durant leurs divagations, déposé des alluvions, des sables et des cailloux roulés et ont progressivement formé dans la plaine des terrasses alluviales.
A la simplicité de la plaine alluviale ponctuée de collines s’oppose la diversité des reliefs environnants constitués de roches anciennes plus résistantes : les grès rouges de l’Arradoy et du Jara, les calcaires des Arbailles, les masses feuilletées du Flysch des collines de Suhescun, de Gamarthe et Bussunaritz, les roches anciennes des montagnes méridionales.
Extrait de carte géologique avec la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : Simethis.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 7
1.3 LA CLIMATOLOGIE
La commune de Saint-Jean-Pied-
de-Port se caractérise par un
climat de type océanique avec
des hivers doux et tempérés et
des étés chauds et humides.
L’influence pyrénéenne renforce
la faible amplitude thermique et
les précipitations.
Diagramme ombrothermique
selon les données de la station
de la station météorologique
du Bayonne-Anglet-Biarritz
(moyennes calculées sur la
période 1956-2000). Source :
Météo France.
La température moyenne est de 13,8 degrés Celsius, la pluviométrie est régulière et importante (1491 mm), l’ensoleillement est bon avec 1923 heures de soleil annuel, enfin le vent y est régulier ce qui est dû aux effets thermiques océan-continent. Par ailleurs, on observe l’absence de période d’aridité.
Les vents majoritaires proviennent de l’Ouest, en accord avec l’influence océanique avec une recrudescence des vents d’Est en hiver. On constate que cette prédominance des vents d’Ouest est largement influencée par les vents de moyenne (5 à 8 m/s) et de forte intensité (> 8 m/s), alors que les vents de faibles intensités proviennent majoritairement de l’Est. Proportionnellement, les vents d’Est sont moins fréquents. Les vents supérieurs à 30 km/h restent minoritaires.
La dépression du Pays de Cize en fait un site abrité. Les hivers n’y sont pas rigoureux, ce qui est dû à sa latitude et à l’altitude des lieux habités. En janvier, il n’y fait pas plus froid qu’à Montpellier avec une moyenne de 6,7° et, tout au long de la saison froide, entre novembre et avril, on ne compte que 37 jours de gelées. (35 à Montpellier, 46 à Pau).
La plaine, bien verrouillée vers le Nord par des reliefs élevés : Artzamendi, Baigura, que redoublent les crêts gréseux d’Arradoy et du Jara, elle accumule l’air froid par les temps calmes de l’hiver, ce qui lui vaut des gelées plus fréquentes, plus fortes qu’en Labourd (province basque la plus à l’Ouest) mais aussi de belles journées ensoleillées grâce auxquelles les températures maximales sont voisines de la côte basque.
En été, avec une insolation plus durable, il fait dans la journée, plus chaud qu'à Biarritz et dans l’avant-pays. Les nuits sont claires et du coup plus fraîches.
Ces données climatologiques représentent de moyennes observées durant les précédentes décennies. Cependant, le climat est en train de changer. Au Pays Basque comme sur l’ensemble du territoire national, le changement climatique se traduit par une hausse des températures. Sur les cinquante dernières années, les températures annuelles moyennes du Pays Basque ont ainsi augmenté de 0,2 à 0,3 °C par décennie.
L’élévation des températures s’accompagne d’une augmentation du nombre de journées chaudes (températures maximales supérieures ou égales à 25°C). Depuis 1959, le nombre de journées chaudes a augmenté de 6 à 8 jours par décennie à l’intérieur des terres. Dans le Pays Basque, les précipitations annuelles présentent une très légère baisse depuis 1959. Elles sont de plus caractérisées par une grande variabilité d’une année sur l’autre.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 8
La hausse des températures va accentuer les phénomènes climatiques extrêmes (tempêtes, sècheresses, feux de forêts, inondations, canicules). Les principaux effets envisagés sont à relier à une hausse des précipitations violentes, au dérèglement de la répartition des précipitations.
Le changement climatique affecte ainsi de nombreux domaines, tel que la prise en compte des risques, de la ressource en eau, des milieux naturels, de la santé humaine.
1.4 L’HYDROLOGIE
LES EAUX DE SURFACE
Le réseau hydrographique de la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est marqué par la présence de la Nive de Béhérobie qui forme les limites du Nord-ouest et le Laurhibar qui forme les limites Est et Nord du territoire communal.
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est englobée dans 3 bassins versants :
• Le bassin de la Nive d’Arnéguy qui couvre un territoire de 95 km² concerne une surface minime du territoire commune (0.4% de la commune),
• Le bassin de la Nive de Béhérobie couvre un territoire de 111 km² et concerne 65.1% de la surface communale,
• Le bassin du Laurhibar qui couvre un territoire de 135 km² concerne 34.5% de la commune.
Les bassins versants dans lesquels s’inscrit la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : APGL.
Le ruisseau d'Arzuby et la Nive d'Arnéguy ne traversent pas la commune et se jettent au Nord au lieu-dit "les trois eaux", pour former ensuite "La Grande Nive".Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 9
En effet, la commune est localisée au confluent de ces 4 rivières qui forment la Nive en aval de la ville, dans sa partie Nord. Cette localisation en bas de bassin de versant et à la confluence des cours d’eau a son importance, notamment dans les forts débits des cours d’eau lors des crues.
Le réseau hydrographique sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : APGL.
La Nive de Béhérobie est caractérisée par un régime torrentiel avec un débit d'étiage de 2,37 m3/s au mois d'août à des débits plus importants de 6,85 m3/s en décembre (débit mensuel calculé sur 82 ans, issu de la DREAL Aquitaine).
Au niveau de la commune, la largeur de ce cours d'eau fluctue entre 10 et 20 mètres avec une profondeur de l'ordre de 1 mètre en moyenne.
Le Laurhibar est moins torrentiel et présente des berges boisées sur la commune. Sa largeur est de l'ordre d'une dizaine de mètres sans grande profondeur (10 à 40 cm).
La Nive présente en aval de la ville, possède encore des espaces non urbanisés offrant des belles perspectives sur la ville ancienne de la citadelle.
La commune est limitée au Nord par la rivière le Laurhibar, qui est bordée de zones urbanisées sur l’ensemble de son parcours.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 10
LES EAUX SOUTERRAINES
La commune de Saint-Jean-Pied-
de-Port est concernée par une
masse d’eau souterraine nommée
« Terrains plissés BV Nive, Nivelle,
Bidouze secteurs hydro q8, q9, s5
(+q3 et s4 marginal) ».
Il s’agit d’un système hydraulique
composite et libre propre aux
zones intensément plissées de
montagne. Sa surface totale est de
2094 km² et couvre les en parties
les départements des Pyrénées-
Atlantiques et des Landes.
Etendue de la masse d’eau
souterraine. Source : Système
d’information sur l’eau du bassin
Adour Garonne.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 1
2. LES RISQUES MAJEURS
Les risques naturels conditionnent fortement l’ouverture de nombreux secteurs à l’urbanisation. Afin de réduire les dommages lors de la réalisation de certains aléas, il est nécessaire d’identifier les zones à risques et de diminuer la vulnérabilité des zones déjà urbanisées (gestion du risque dans l’aménagement). Selon le dossier départemental des risques majeurs mis à jour en 2018 par l’Etat, la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est concernée par plusieurs risques :
• Inondations par crue torrentielle,
• Sismique,
• Mouvements de terrain,
• Feux dirigés.
2.1 LES RISQUES NATURELS
On recense sur la commune 9 arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle, liés à plusieurs phénomènes : inondations, coulées de boue, tempête.
Les arrêtés de catastrophes naturelles sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : Georisques.gouv.fr.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 2
LES INONDATIONS
DEBORDEMENT DES COURS D’EAU
Le Préfet des Pyrénées-Atlantiques avait prescrit le 4 août 2011 un Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) sur les communes d’Ascarat, Ispoure, Saint-Jean-Pied-de-Port et Uhart-Cize.
L’enquête publique relative à ces quatre PPRI a eu lieu du 30 juin 2014 au 1er août 2014. Or, le 4 juillet 2014, la vallée de la Nive a subi d’importantes inondations suite aux débordements de la Nive et de ses affluents. Les communes de Saint-Jean-Pied-de-Port, Ispoure, Uhart-Cize et Ascarat ont été particulièrement touchées par les débordements du Laurhibar et de son affluent l’Arzuby, de la Nive de Béhérobie, de la Nive d’Arnéguy et de la Nive en aval de la confluence de ces cours d’eau.
Le retour d’expérience de la crue de la Nive du 4 juillet 2014 a montré que l’enveloppe de la crue était plus étendue que la zone inondable définie pour la crue centennale dans le cadre des PPRI des quatre communes.
Il a été décidé de ne pas donner suite à l’enquête publique et d’arrêter la procédure pour relancer les études hydrauliques (arrêté préfectoral du 30 septembre 2014). Un arrêté préfectoral de prorogation de l’arrêté de prescription du 2 août 2011 a été pris le 20 avril 2016. Le PPRI a été approuvé le 25 septembre 2019.
Le PPRN (Plan de Prévention des Risques Naturels) est un document réglementaire destiné à faire connaître les risques et réduire la vulnérabilité des personnes et des biens. Il délimite des zones exposées et définit des conditions d’urbanisme et de gestion des constructions futures et existantes dans les zones à risques. Il définit aussi des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde.
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, le PPRI identifie des aléas autour des cours d’eau de la Nive de Béhérobie et du Laurhibar. Des zones rouges inconstructibles sont délimitées ainsi que des zones vertes dans lesquelles les constructions sont autorisées et soumises à condition. Le PPRI est une servitude d’utilité publique qui est annexée au PLU.
Les zones d’aléas et zones règlementaires du PPRI de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 3
REMONTEE DE LA NAPPE PHREATIQUE
Lors d’événements pluvieux exceptionnels, le niveau de la nappe peut atteindre la surface du sol. La zone non saturée est alors totalement envahie par l'eau, lors de la montée du niveau de la nappe, c'est : l'inondation par remontée de nappe.
Les dommages occasionnés par ce phénomène sont liés soit à l'inondation elle-même, soit à la décrue de la nappe qui la suit. Les dégâts le plus souvent causés par ces évènements peuvent être les inondations de sous- sols, de garages semi-enterrés ou de caves, dommages aux réseaux routiers et aux voies de chemins de fer, désordres aux ouvrages de génie civil, après l'inondation, etc.
Le BRGM en partenariat avec l’Etat a élaboré en 2019 une carte nationale de sensibilité aux remontées de nappes qui permet de localiser les zones où il y a de fortes probabilités d’observer des débordements par remontée de nappe. La réalisation de cette carte s’appuie sur une méthodologie qui comporte de nombreuses incertitudes (faible fiabilité de la méthode sur le département des Pyrénées-Atlantiques), qui ne la rend exploitable qu’à une échelle inférieure à 1/100000ème. Il est précisé que cette carte apporte des indications sur des tendances mais ne peut être utilisée localement à des fins de réglementation.
Localisation des zones potentiellement soumises aux remontées de nappe phréatique. Source : APGL.
La commune est concernée par une sensibilité notable au niveau de la vallée de la Nive de Béhérobie et du Laurhibar ainsi qu’à la confluence des trois cours d'eau. Ce sont des zones fortement urbanisées.
Les enjeux, en termes d'inondabilité, sont donc importants sur l'ensemble de ces secteurs.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 4
LES MOUVEMENTS DES SOLS
LES MOUVEMENTS DE TERRAIN
Un mouvement de terrain est un déplacement d’une partie du sol ou du sous-sol. Le sol est déstabilisé pour des raisons naturelles (la fonte des neiges, une pluviométrie anormalement forte…) ou occasionnées par l’homme : déboisement, exploitation de matériaux ou de nappes aquifères… Un mouvement de terrain peut prendre la forme d’un affaissement ou d’un effondrement, de chutes de pierres, d’éboulements, ou d’un glissement de terrain.
Localisation des mouvements de terrain. Source : Géorisques.gouv.fr
La commune est concernée par des phénomènes de glissement de terrain au niveau du lieu-dit Eyheraberry. En dehors du territoire communal, en limite Nord ainsi qu'au Sud-ouest, des phénomènes d'éboulement ont été recensés.
LA SISMICITE
L’aléa sismique est notable sur l’ensemble du département des Pyrénées-Atlantiques. Les phénomènes sismiques prenant naissance dans les départements limitrophes et en Espagne peuvent aussi être ressentis dans le département et causer des dégâts matériels et humains. La fréquence des séismes ressentis est très variable. De nombreuses secousses de faible intensité ont eu lieu en 1969, 1980 et 1983.
Depuis le 1er mai 2011, une nouvelle réglementation est entrée en vigueur. Ainsi, dans ce cadre, pour l'application des mesures de prévention du risque sismique aux bâtiments, équipements et installations de la classe dite « à risque normal », le territoire national est divisé en 5 zones de sismicité croissante allant de très faible à forte.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 5
Le Département des Pyrénées-Atlantiques est
classé en zone de sismicité modérée (3) et
moyenne (4). La commune de Saint-Jean-Pied-de-
Port est classée en zone de sismicité moyenne (4),
zone dans laquelle des prescriptions
parasismiques particulières s’appliquent,
notamment pour les constructions.
Carte de la sismicité départementale. Source
: Préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
LES SOLS ARGILEUX
Les périodes récentes de sécheresse (1976,1989-1991, 1996-1997, puis dernièrement l’été 2003) ont mis en évidence la vulnérabilité des constructions individuelles sur certains sols argileux en période de déficit hydrique.
En effet, lors de périodes de sécheresse, le manque d’eau entraîne un tassement irrégulier du sol en surface : on parle de retrait. A l’inverse, un nouvel apport d’eau dans ces terrains produit un phénomène de gonflement. Ce phénomène de retrait gonflement peut avoir des conséquences importantes sur les bâtiments à fondations superficielles.
En l’espace de dix ans, ce risque naturel a affecté plus de 5 000 communes en France et son impact financier a été très important. Pourtant, il est tout à fait possible de construire dans des zones où l’aléa retrait-gonflement est considéré comme élevé, sans surcoût notable.
Dans le but de mettre en oeuvre une politique de prévention vis-à-vis de ce risque naturel, l’Etat a confié au BRGM l’étude de ce phénomène. Une première cartographie de l’aléa retrait-gonflement des sols argileux avait été publiée.
La Loi ELAN du 23 novembre 2018 est venu préciser cette
carte et a rendu des études géotechniques obligatoires
sur certaines zones.
Un arrêté du 22 juillet 2020, précise les zones exposées
au phénomène de mouvement de terrain différentiel
consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols
en application de l'article R. 112-5 du code de la
construction et de l'habitation. Cet arrêté considère que
les zones exposées au phénomène de mouvement de
terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la
réhydratation des sols sont celles dont l'exposition à ce
phénomène est identifiée comme moyenne ou forte.
Carte de susceptibilité des formations argileuses au
phénomène de mouvement de terrain différentiel
consécutif à la sècheresse et à la réhydratation des
sols. Source : Ministère de la transition écologique et
solidaire.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 6
A compter du 1er octobre 2020, une étude géotechnique doit être réalisée avant la vente d’un terrain constructible ou la construction d’une habitation, dans les zones d’exposition moyenne et forte, afin de réduire la sinistralité liée au retrait-gonflement des argiles. L’arrêté du 22 juillet 2020 définit le contenu de ces études géotechniques.
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, on observe des aléas faibles à moyens. Les aléas moyens concernent les secteurs collinéens situés entre le Laurhibar et la Nive de Béhérobie. Les secteurs d’aléas moyens sont concernés par l’arrêté du 22 juillet 2020.
Les zones d’exposition au retrait gonflement des argiles sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : Géorisques.gouv.fr
LES FEUX DE FORETS
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est
identifiée au Dossier Départemental des Risques
Majeurs (2018) comme étant soumise au risque
de feu de forêt.
Cartographie des communes concernées
par le risque « feux de forêt » dans le
département des Pyrénées-Atlantiques.
Source : DDRM 64 2018.
On parle de feu de forêt lorsqu’un feu concerne une surface minimale d’1 hectare d’un seul tenant et qu’une partie au moins des étages arbustifs et/ou arborés (parties hautes) est détruite. On étend la notion de feu de forêt aux incendies concernant des formations subforestières de petite taille : le maquis, la garrigue et les landes. Généralement la période de l’année la plus propice aux feux de forêt est l’été, car aux effets conjugués de la sécheresse et d’une faible teneur en eau des sols, viennent s’ajouter les travaux en forêt.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 7
Le département des Pyrénées-Atlantiques est peu concerné par ce genre de risque en période estivale du fait de son climat plutôt arrosé et de ses peuplements forestiers en général peu inflammables. L’hiver par contre, le feu constitue un risque non négligeable notamment sur les communes de montagne, du Pays Basque à la Vallée d'Ossau, qui sont les plus exposées à ce risque. Bien que les incendies de forêt soient beaucoup moins meurtriers que la plupart des catastrophes naturelles, ils n'en restent pas moins très coûteux en termes d'impact humain, économique, matériel et environnemental.
Le Préfet des Pyrénées-Atlantiques a approuvé le 18 septembre 2020, le Plan Départemental de Protection des Forêts Contre les Incendies (PPFCI) pour la période 2020-2030. Le précédent plan régional de protection des forêts contre les incendies 2008-2015 a été abrogé.
Le PPFCI des Pyrénées-Atlantiques est un document d’approche générale de la problématique feux de forêt à l’échelle du territoire départemental. Il a pour objet de recenser l’ensemble des actions, schémas et plans intervenant dans la protection de la forêt contre les incendies, ceci en vue d’en étudier la cohérence. Le PPFCI vise, à l’échelle du massif, à :
• définir la cohérence des actions de protection des forêts contre les incendies,
• orienter la stratégie et les actions de l’État, des collectivités territoriales et des acteurs de la DFCI en matière de prévention, prévision et lutte.
En particulier, les objectifs sont « la diminution du nombre d’éclosions de feux de forêt et des superficies brûlées, la prévention des risques de ces incendies sur les personnes, les biens, les activités économiques et sociales et les milieux naturels et la limitation de leurs conséquences » (article L133-2 du Code forestier).
Le PPFCI propose une cartographie
du risque feu de forêt à l’échelle
communale, qui n’a cependant pas
de vocation opérationnelle, elle est
établie dans des buts de
connaissance et de caractérisation du
risque. Cela permet toutefois de
mettre en évidence des
massifs/secteurs où le risque feu de
forêt est sensiblement plus élevé
qu’ailleurs.
Carte du risque feu de forêt à
l’échelle à l’échelle communale.
Source : PPFCI Pyrénées-
Atlantiques.
La cartographie du risque s’obtient par l’analyse croisée de l’aléa (nature imprévisible d’un évènement de feu de forêt qui se décompose en plusieurs facteurs) et des enjeux (biens pouvant être affectés par un feu de forêt). La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est soumise à risque faible suivant la lecture de cette carte.
Le PPFCI propose une liste d’actions pour renforcer la protection des forêts contre les incendies :
• Améliorer la connaissance,
• Identifier les secteurs/massifs à moindre risque afin de les exclure du classement des massifs à fort risque incendie de forêt,
• Renforcer l’analyse des causes et le travail sur la prévision,
• Réduire les causes d’incendies,
• Améliorer les conditions de lutte contre les incendies,Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 8
• Limiter la vulnérabilité des zones à enjeux forts,
• Gouvernance/coordination et suivi de plan.
Les pratiques d’écobuage sont soumises au respect de la réglementation départementale fixée par décret du 22 octobre 2012. Bien que située dans le piémont de la montagne basque, proche d’espaces agro-pastoraux, aucun écobuage n’est pratiqué sur la commune.
A la suite des incendies qui ont frappé le territoire national à l’été 2022, une carte de sensibilité aux feux de forêt et de végétation a été élaborée par les services du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Cette carte a été portée à la connaissance des élus locaux pour prendre en compte le risque d’incendie dans l’aménagement du territoire. Dans le département des Pyrénées-Atlantiques cette carte a été publiée en aout 2023. Sur cette carte, la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est classée en sensibilité très faible au danger prévisible de feux de forêt et de végétation.
Carte de sensibilité au danger prévisible de feux
de forêt et de végétation. Source : DDTM64.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 9
2.2 LES RISQUES D’ORIGINE HUMAINE
LES RISQUES INDUSTRIELS ET TECHNOLOGIQUES
Toute exploitation industrielle ou agricole susceptible de créer des risques ou de provoquer des pollutions ou des nuisances (odeurs, bruits, rejets, altérations paysagères, etc.), notamment pour la sécurité et la santé des riverains est une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). L’exploitation d’une ICPE est soumise à autorisation par le Préfet et fait l’objet d’un suivi.
Il existe à ce jour deux ICPE sur le
territoire.
• L’abattoir de Saint-Jean-Pied-de-
Port localisé au 28 chemin
d’Ugange (activité de
transformation et conservation de
la viande de boucherie) est soumis
au régime de l’autorisation. Cet
abattoir a fait l’objet d’une
extension et d’une modernisation
en 2011 et a réalisé également des
investissements pour améliorer
ses prétraitements et la régulation
de ses effluents. La dernière
inspection date du 17/12/2019.
• La société Brana (distillerie /
alcools, eaux de vie et liqueurs)
localisée 3 bis avenue du Jaï Alaï,
est soumise au régime de
l’enregistrement.
Localisation des deux ICPE sur la
commune de Saint-Jean-Pied-de-
Port. Source : Georisques.gouv.frCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 10
LE TRANSPORT DE MATIERES DANGEREUSES
Le risque « transport de matières dangereuses » (TMD) est lié à un incident ou accident se produisant lors du transport de matières dangereuses, par voie routière, ferroviaire, aérienne, fluviale ou par canalisation. Ces marchandises dangereuses correspondent à des matières ou objets présentant des dangers d’explosion, d’incendie, de toxicité, de corrosivité, de rayonnement radioactif…
Outre les effets directs tels que cités
ci-avant, le risque TMD peut conduire
à des effets indirects, comme des
fuites et épandages de produits
toxiques, pouvant engendrer des
pollutions des sols, des nappes, de
l’eau, etc.
Hormis dans les cas très rares, les
conséquences d'un accident
impliquant des matières dangereuses
sont généralement limitées dans
l'espace, du fait des faibles quantités
transportées.
Cartographie des communes concernées par le risque « transport de matière dangereuse » dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Source : DDRM 64 2018.
Aucune route ou voie ferrée n’est concernée par le risque de transports de matières dangereuses. Par ailleurs, le territoire n’est pas traversé par des canalisations de transport de gaz ou d’hydrocarbures.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 11
3. LES POLLUTIONS ET NUISANCES
3.1 LA POLLUTION DES SOLS
La politique nationale en matière de gestion des sites et sols pollués est menée dans le cadre réglementaire relatif aux installations classées (Loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001). Les dispositions introduites par la Loi du 30 juillet 2003 prévoient, lorsqu'une installation est mise à l’arrêt définitif, que son exploitant rétablisse le site dans un état tel qu’il permette un usage futur du site déterminé conjointement avec le maire et l’exploitant ou le propriétaire du terrain sur lequel est située l’installation. A minima, l’exploitant place son site dans un état tel qu’il permette un usage futur du site comparable à celui de la dernière période d’exploitation de l’installation mise à l’arrêt.
La connaissance de l’état de pollution des sols constitue donc un enjeu de l’organisation territoriale qui peut être déterminant pour le devenir des espaces concernés. En effet, la pollution des sols peut limiter la capacité des sites à évoluer selon des contraintes d’occupation du sol et des conditions financières acceptables car les opérations de dépollution et de réhabilitation peuvent être onéreuses. Ainsi, on est souvent en présence de sites potentiellement pollués abandonnés dont les collectivités, peinent à obtenir la réhabilitation ou à l’assumer dans le cas des sites orphelins.
En matière de risque sanitaire, la pollution des sols a potentiellement un impact sur les milieux naturels et sur l’homme par la dispersion des charges polluantes via notamment les eaux de surfaces et souterraines.
Il existe deux outils d’information sur les risques de pollution des sols :
• La base de données BASIAS (base de données des anciens sites industriels ou activités de services) est gérée par le BRGM. Elle inventorie les sites, abandonnés ou non, susceptibles d'être pollués.
Cette base de données est établie à partir d’un inventaire historique, issu de recherches documentaires, permettant de recenser toutes les activités artisanales, commerciales ou industrielles, de 1850 à 2004, susceptibles d’avoir un impact sur la qualité des sols. Elle identifie 16 sites sur la commune de Saint-Jean- Pied-de-Port. La plus part des sites correspondent à des anciennes stations d’essence qui ne sont plus en activité. Seuls deux sites sont encore en activité (station essence, garage automobile, abattoir).
• la base de données «BASOL» gérée par le Ministère de l’Écologie et du Développement Durable, élaborée sur la base des inspections des installations classées. Elle identifie les sites et sols potentiellement pollués appelant une action des pouvoirs publics à titre préventif ou curatif, et recense les sites pollués ou dont la pollution est fortement présumée. Il s'agit donc de situations clairement identifiées, traitées, en cours de traitement ou allant être traitées. La base de données « BASOL » révèle un site sur la commune de Saint-Jean- Pied-de-Port :
- identifiant du site : SSP0011255. Nom usuel : Décharge berges de Laurhibar. Localisation : parcelle cadastrée section A n°449. Description : Ancienne décharge d’ordures ménagères et de déchets assimilés. Superficie du dépôt d’environ 500 m². La résorption de cette décharge a depuis été réalisée par la commune (arrêté préfectoral de mise en demeure du 17/02/2010).
Enfin, aucun Secteur d’Information sur les Sols (SIS) en application de l’article L.125-6 du Code de l’environnement n’est connu sur la commune.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 12
Localisation des sites BASIAS sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : Géorisques.gouv.fr.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 13
3.2 LE BRUIT
D'une manière générale, le bruit est considéré comme une nuisance majeure, le bruit a des effets sur la santé qui dépassent la sphère auditive et représentent une des préoccupations majeures.
Les réglementations actuelles spécifiques au bruit découlent principalement en France de la Loi du 31 décembre 1992 dite Loi "Bruit". L'article L.571-10 du Code de l'Environnement (loi du 31 décembre 1992) énonce que "dans chaque département" le Préfet recense et classe les infrastructures de transport terrestre et classe les infrastructures de transport terrestre en fonction de leurs caractéristiques sonores et du trafic.
Le classement sonore des infrastructures de transports terrestres constitue un dispositif réglementaire préventif. Il se traduit par la classification du réseau de transports terrestres en tronçons auxquels sont affectées des catégories sonores, ainsi que par la délimitation de secteurs dits « affectés par le bruit », dans lesquels les futurs bâtiments sensibles au bruit devront présenter une isolation acoustique renforcée.
Ce classement est définit par l’arrêté préfectoral du 3 juin 2019, portant révision du classement sonore des infrastructures de transports terrestres et ferroviaires dans le département des Pyrénées-Atlantiques 2019- 2024.
Classement des infrastructures routières et ferroviaires. Source : Arrêté préfectoral n°64.2019.06.03.007.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 14
Le classement sonore n’est ni une servitude, ni un règlement d’urbanisme, mais une règle de construction fixant les performances acoustiques minimales que les futurs bâtiments devront respecter. Les infrastructures de transports terrestres sont classées en fonction de leur niveau sonore, et des secteurs affectés par le bruit sont délimités de part et d’autre de ces infrastructures (à partir du bord de la chaussée pour une route, à partir du rail extérieur pour une voie ferrée). Les largeurs des secteurs de nuisance à prendre en compte pour chaque voie classée sont énumérées ci-après de la catégorie 1 (la plus bruyante) à la catégorie 5.
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est concerné le tronçon de la RD933 qui traverse le centre urbain. Ce tronçon est classé en catégorie 4, ce qui génère un secteur de nuisance sonore de 30 mètres de part et d’autre de la voie.
Secteurs affectés par le bruit du tronçon de la RD933 classée en catégorie 4. Source : APGL.
La voie ferrée Bayonne/Saint-Jean-Pied-de-Port ne supporte pas un trafic significatif et ne fait pas l’objet d’un classement sonore par arrêté préfectoral.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 15
4. LES RESSOURCES NATURELLES
4.1 CLIMAT, AIR, ENERGIE
LE CADRE NATIONAL
L’augmentation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), liée majoritairement aux activités humaines telles que la consommation d’énergies fossiles, la déforestation, l’utilisation d’engrais azotés, l’élevage, le traitement des déchets, certains procédés industriels, a comme conséquence un accroissement de la température, en entrainant des bouleversements climatiques.
Ces modifications climatiques ont des effets directs et indirects qui se traduisent à moyen et long terme par : des phénomènes climatiques aggravés (inondations, sécheresses, canicules…); des crises aux ressources alimentaires (des effets négatifs sur le rendement des cultures); la diminution de la ressource en eau; des déplacements de la population, des effets sur la santé humaine (maladies, mortalité due aux pics de chaleur…) et des impacts sur le fonctionnement des écosystèmes.
A ces enjeux climatiques, vient s’ajouter l’épuisement des ressources énergétiques, dû à la conjugaison de la croissance démographique et à l’augmentation de nos consommations énergétiques individuelles. Cela entraîne une pression sur les ressources énergétiques fossiles, dont les coûts augmentent.
La France est partie prenante des différents engagements internationaux et européens ayant un impact sur les questions du climat, de l’énergie et de la qualité de l’air. Les objectifs internationaux et nationaux sont indispensables pour cadrer l’action des États en matière de lutte contre le changement climatique. La Conférence des Parties de Paris (COP21) a représenté une opportunité pour les pays de dynamiser leurs politiques énergétiques et climatiques afin de limiter l'augmentation de la température moyenne à 2°C en 2050 par rapport à 1990.
Tableau des objectifs stratégiques issus de la Loi de Transition Energétique pour la croissance verte et de la Loi Energie Climat ECV ; et du Schéma Régional d’Aménagement de Développement Durable et d’Egalité des Territoires de la Région Nouvelle Aquitaine. Source : PCAET+ de la CCNEB.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 16
Ces engagements se sont traduits par un certain nombre d’obligations pour les territoires français au travers des outils de pilotage au niveau national tels que la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE).
Au niveau local, la LTECV renforce le rôle des collectivités comme des acteurs incontournables de la transition énergétique via les plans régionaux d’efficacité énergétique et les PCAET. L’article 188 de la LTECV confie l’élaboration et la mise en œuvre des PCAET aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) de plus de 20.000 habitants, avec un objectif de couvrir tout le territoire français. En effet, les territoires sont le lieu de la mise en cohérence fonctionnelle et opérationnelle des ambitions portées par la LTECV.
La Communauté d’Agglomération Pays Basque s’est engagée dans l’élaboration d’un PCAET. Celui-ci a été adopté par le Conseil Communautaire le 19 juin 2021.
LE PCAET PAYS BASQUE
Le Plan Climat Air Energie Territorial est devenu obligatoire avec la loi TECV pour les Métropoles et Communautés de plus de 20 000 habitants permanents. Le PCAET est un projet territorial de développement durable. À la fois stratégique et opérationnel, il prend en compte l’ensemble de la problématique climat-air-énergie autour de plusieurs axes d’actions :
• La réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES),
• L’adaptation au changement climatique,
• La sobriété énergétique,
• La qualité de l’air,
• Le développement des énergies renouvelables.
Le PCAET s’applique à l’échelle d’un territoire donné sur lequel tous les acteurs (entreprises, associations, citoyens...) sont mobilisés et impliqués. Il s’intéresse à l’ensemble des émissions, des consommations énergétiques et des productions du territoire sur lequel il s’applique et plus uniquement à celles relatives à la collectivité. Le PCAET est mis en place pour une durée de 6 ans. Le PLU doit être compatible avec ce document.
Un PCAET est composé de plusieurs documents :
• Un diagnostic de territoire qui identifie les enjeux et les leviers d’actions.
• La stratégie définit les objectifs chiffrés à atteindre en termes de diminution des émissions des GES, réduction de consommation d'énergie et développement des ENR sur les différents secteurs d'activités réglementaires et selon des objectifs stratégiques supérieurs : régionaux et nationaux.
• Le plan d’actions décrit les opérations qui seront initiées pour l’atteinte des objectifs fixés dans le cadre de la stratégie. La CAPB ne va pas porter seule toutes ces actions ; elle sera maître d’ouvrage de certaines, mais son rôle est aussi d’initier, de coordonner, de suivre et d’évaluer l’ensemble des actions, tous domaines confondus, avec l'ensemble des acteurs du territoire.
• Un programme de suivi et d’évaluation est mis en place, permettant d’ajuster le plan climat et le cas échéant donner des éléments d’appréciation pour son renouvellement.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 17
Ce premier Plan Climat Pays Basque est établi sur la base d’un diagnostic global de la situation du territoire en matière de climat, d’énergie et de qualité de l’air.
Il propose une analyse des potentiels de transition vers un territoire bas carbone et résilient : consommation d’énergie et potentiels de réduction, production d’énergie et potentiel de développement des énergies renouvelables, émissions de gaz à effet de serre et potentiels de réduction, séquestration de carbone, émissions de polluants atmosphériques et potentiels de réduction, vulnérabilités aux changements climatiques projetés.
La stratégie se décline en deux scénarios 2030/2050 :
➢ Dans une trajectoire de transition écologique, le scénario 2030 est structuré autour de 4 objectifs :
o Une réduction de 16% des consommations d’énergie finale à 2030 par rapport à la situation de référence (2019)
o Une réduction de 18% des émissions de gaz à effet de serre à 2030 par rapport à la situation de référence (2019), avec un objectif de réduction de 25% des émissions de gaz à effet de serre d’origine énergétique
o Un doublement de la production territoriale d’énergies renouvelables à 2030 par rapport à la situation de référence (2019) pour couvrir 30% des consommations d’énergie
o Un maintien de la capacité de séquestration carbone sur le territoire, pour capter 35% des émissions annuelles de gaz à effet de serre en 2030.
L’objectif de réduction des consommations énergétiques est principalement porté par le secteur des transports (-18%) et le résidentiel (-17%).
➢ La CAPB souhaite s’inscrire dans une trajectoire de neutralité carbone à l’horizon 2050. Les leviers pour atteindre cette neutralité sont identifiés :
o Réduire de 50% les consommations d’énergie finale du territoire à 2050 par rapport à la situation de référence (2019), en réduisant au maximum les consommations des transports et du résidentiel notamment ;
o Réduire de 56% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à la situation de référence (2019), avec un effort conséquent de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’origine énergétique (- 75%);
o Multiplier par 4 la production territoriale d’énergies renouvelables par rapport à l’année de référence 2019 pour couvrir l’ensemble des consommations d’énergie ;
o Développer la capacité de séquestration carbone des prairies et forêts du Pays Basque, pour capter 100% des émissions annuelles de gaz à effet de serre en 2050.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 18
Les 5 orientations stratégiques du PCAET Pays Basque. Source : Résumé non technique du PCAET.
Le PCAET présente un programme de 50 actions pour le territoire réparties en 8 axes :
• Axe 1 : S’adapter au changement climatique : préserver le territoire, ses habitants, ses ressources naturelles, ses activités ;
• Axe 2 : Aménager : planifier et construire le territoire post-carbone ;
• Axe 3 : Habiter : accompagner la sobriété et l’efficacité énergétique ;
• Axe 4 : Bouger : changer les pratiques pour des bénéfices santé ;
• Axe 5 : Cultiver pour mieux manger : favoriser les pratiques alimentaires et les modes de production agricole soutenables ;
• Axe 6 : Produire et consommer autrement : préserver les ressources, prévenir et valoriser les déchets;
• Axe 7 : Augmenter la production d’énergie renouvelable : couvrir les besoins par la valorisation des ressources locales ;
• Axe 8 : Coopérer : piloter et animer l’action partenariale et locale.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 19
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET LA SANTE
Au-delà des effets sur les milieux, la biodiversité ou l’économie, le changement climatique impact également la santé humaine. En modifiant différents déterminants sociaux ou environnementaux le changement climatique altère directement ou indirectement la santé des populations.
Le climat est susceptible de provoquer ou d’accentuer un large spectre de pathologie : cardiovasculaire, cutanées, cancéreuse, nutritionnelles, mentales, respiratoires et allergiques.
L’augmentation des températures et de l’humidité, les catastrophes naturelles, la dégradation de la qualité de l’air sont autant de facteurs aggravant pour la santé publique.
Les effets sur la santé peuvent être directs comme les vagues de chaleurs ou l’exposition aux ultraviolets. Le climat agit également bien souvent de manière indirecte, en modifiant la répartition géographique des moustiques vecteurs de maladies infectieuses, ou en favorisant l’épanouissement des particules allergisantes. Dans la grande majorité des cas les pathologies concernées ne sont pas uniquement la conséquence du changement climatique.
Les populations les plus fragiles
sont les jeunes enfants, et les
personnes âgées. Au Pays Basque
les populations considérées
comme fragiles représentent
environ 30% de la population du
territoire.
Répartition de la population de
la CAPB par tranche d’âge. Les
tranches d’âge vulnérables
apparaissent en rouge. Source :
PCAET.
L’amélioration de la connaissance et la diffusion de la culture du risque font partis des enjeux prioritaires pour prévenir et limiter les effets du changement climatiques sur la santé publique. Les stratégies d’atténuation et d’adaptation ont également un rôle essentiel pour limiter la vulnérabilité des populations à venir et réduire les impacts déjà observables. Les actions déclinées dans l’axe 1 du PCAET contribuent notamment à prévenir et gérer les risques, et à développer la culture du risque (actions 1.3, 1.4, 1.5).
Dans le domaine de la lutte contre le changement climatique, le SRADDET décline plusieurs objectifs :
• Objectif n°37 : Valoriser les eaux pluviales et les eaux grises dans l’aménagement en favorisant la végétalisation source de rafraichissement naturel,
• Objectif n°38 : Garantir la ressource en eau en quantité et qualité, en préservant l’alimentation en eau potable, usage prioritaire, et en économisant l’eau dans tous ses types d’usage,
• Objectif n°61 : Renforcer la protection de la ressource forestière contre les divers risques, accrus pas les dérèglements climatiques,
• Objectif n°62 : Définir et appliquer les stratégies locales d’adaptation par une anticipation des risques,
• Objectif n°63 : Reconquérir et renaturer les espaces naturels littoraux et rétro littoraux pour limiter les conséquences des risques côtiers amplifiés par les dérèglements climatiques.
Le SRADDET traduit plusieurs règles générales, notamment :
• Règle n° 23 : Le rafraîchissement passif est mis en œuvre dans les espaces urbains denses,Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 20
• Règle n° 24 : Les documents de planification et d’urbanisme intègrent la ressource en eau en qualité et en quantité en favorisant les économies d’eau, la réduction des ruissellements, la récupération des eaux pluviales, la réutilisation des eaux grises et la préservation des zones tampons,
• Règle n° 26 : Les documents de planification et d’urbanisme anticipent les évolutions de la bande côtière et réduisent les risques côtiers.
LES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE ET LE CAPTAGE CARBONE
L'effet de serre est un phénomène naturel provoquant une élévation de la température à la surface de notre planète. Les activités humaines affectent la composition chimique de l'atmosphère et entraînent l'apparition d'un effet de serre additionnel, responsable en grande partie du changement climatique actuel.
Les principaux gaz à effet de serre sont : la vapeur
d’eau (H2O), le dioxyde de carbone (CO2), le
méthane (CH4), l’ozone (O3), le protoxyde d’azote
(N2O), les gaz à effet de serre fluorés. Tous ont un
impact différent sur le climat, et le CO2 est le
principal contributeur, de fait d’une concentration
(un volume) largement supérieur aux autres gaz.
Pour le territoire du Pays Basque, ces émissions sont
évaluées à 2 241 000 tonnes équivalent CO2 en
2019. Les émissions d’origines énergétiques (cf. ci-
contre) sont majoritaires et représentent 61% du
bilan. Concernant les émissions de gaz à effet de
serre :
• Un peu moins de 40% des émissions de gaz à
effet de serre sont liées au secteur agricole ;
• Un tiers des émissions de gaz à effet de serre
sont liées aux consommations d’énergies pour la
mobilité et le transport de marchandises ;
• Un quart des émissions de gaz à effet de serre
sont liées aux consommations d’énergie dans les
bâtiments (secteurs résidentiel et tertiaire).
Répartition des émissions de gaz à effet de serre
par origine et secteur d’activité. Source : PCAET
Pays Basque.
Les produits pétroliers (produits pétroliers et gaz)
sont très représentés dans le bilan des émissions de
GES d’origines énergétiques. Ceci s’explique car ces
énergies possèdent un facteur d’émission supérieur,
c'est-à-dire qu’elles possèdent un taux d'émission
moyen plus fort que les autres d’énergies. Au total,
les énergies fossiles représentent 86% des émissions
de GES d’origines énergétiques.
Le carbone fait partie des éléments indispensables à la vie. Les grands réservoirs de carbone sont les endroits de notre environnement où le carbone est présent sous une forme ou une autre : les organismes vivants (animaux, végétaux), les océans, l’atmosphère et les matériaux solides présents dans les sols (le charbon, le pétrole par exemple). Des échanges réguliers de carbone ont lieu entre ces différents réservoirs.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 21
La séquestration du carbone est le stockage à long terme du dioxyde de carbone hors de l'atmosphère. Elle contribue ainsi à atténuer les changements climatiques.
Les sols et les végétaux, en particulier les arbres, stockent naturellement une grande quantité de carbone. Au contraire, l’artificialisation des sols libère du carbone vers l’atmosphère, et contribue à accentuer les effets du changement climatique.
L’analyse des émissions de gaz à effet de serre du
territoire de la Communauté Pays Basque a
permis d’identifier que 2235 kteqCO2 sont
émises à travers ses activités. L’analyse de la
séquestration carbone montre qu’en
contrepartie le territoire absorbe 503 kteqCO2
via ses prairies et ses forêts soit l'équivalent de
22% de ces émissions.
Part des déterminants du stockage carbone
sur le territoire du Pays Basque. Source : PCAET
Pays Basque.
Il est ainsi important de maintenir ce carbone dans les sols et la biomasse, notamment en luttant contre l’artificialisation des terres et en préservant les boisements.
Pour inscrire le Pays Basque dans une trajectoire de transition écologique, le PCAET inscrit comme objectifs :
• A l’horizon 2030 : réduire de 18% des émissions de gaz à effet de serre à 2030 par rapport à 2019, avec un objectif de réduction de 25% des émissions de gaz à effet de serre d’origine énergétique ;
• A l’horizon 2050 : réduire de 56% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2019, avec un effort conséquent de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’origine énergétique (- 75%) ;
• Développer la capacité de séquestration carbone des prairies et forêts du Pays Basque, pour capter 35% des émissions annuelles de gaz à effet de serre en 2030 et 100% en 2050.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 22
L’ENERGIE
CONSOMMATION D’ENERGIE
Les consommations d’énergie directes sur le territoire du Pays Basque sont évaluées en 2019 à 6 446 GWh d’énergie finale.
Les bâtiments génèrent plus de la moitié des
consommations en énergie du territoire
(logements et bâtiments tertiaires). Le premier
usage de l’énergie est alors la chaleur pour les
besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire.
La mobilité et le transport de marchandises sont
le second poste de consommation d’énergie
(35% des consommations).
Le secteur industriel ne représente que 6% de la
consommation énergétique du territoire, une
moyenne inférieure à celles observées aux
échelles départementale et régionale.
L’agriculture ne représente que 2% de l’énergie
consommée sur le territoire.
Consommation d’énergie finale par secteur.
Source : PCAET Pays Basque.
L’analyse des consommations permet de mettre
en évidence le poids prépondérant des produits
pétroliers dans l’approvisionnement énergétique
du territoire (près de 41% des consommations,
soit 2 648 GWh en 2019). A noter que cette
analyse comprend le secteur des transports,
fortement dépendant des produits pétroliers. Au
total, les énergies fossiles représentent près de
62% de l’approvisionnement énergétique du
territoire. L’électricité, quant à elle, couvre un
quart des consommations d’énergie (27%). Les
énergies renouvelables thermiques
(biocarburants et biomasse, dont bois énergie)
représentent environ 11% du mix énergétique.
Consommation d’énergie finale par énergie.
Source : PCAET Pays Basque.
Pour inscrire le Pays Basque dans une trajectoire
de transition écologique, le PCAET inscrit comme objectifs :
• A l’horizon 2030 : réduire de 16% les consommations d’énergie finale du Pays Basque par rapport à 2019.
• A l’horizon 2050 : réduite de 50% les consommations d’énergie finale du Pays Basque par rapport à 2019, en réduisant au maximum les consommations des transports et du résidentiel notamment.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 23
PRODUCTION D’ENERGIE
Dans les sources d’énergies primaires, il y a deux catégories : les fossiles et les renouvelables. Les sources d’énergies fossiles demandent des millions d'années pour se constituer et elles sont utilisées beaucoup plus rapidement que le temps nécessaire pour recréer des réserves. Les énergies renouvelables (EnR) sont des sources d'énergie dont le renouvellement naturel est assez rapide pour qu'elles puissent être considérées comme inépuisables à l'échelle du temps humain.
A ce jour au niveau national, l’énergie primaire produit provient majoritairement des énergies fossiles : pétrole, uranium (nucléaire), charbon… Les énergies renouvelables ont toujours existé dans le paysage énergétique français mais ont décliné à partir de la révolution industrielle en faveur des énergies non renouvelables.
Le territoire de la Communauté d’Agglomération Pays
Basque est producteur uniquement d’énergies
renouvelables, notamment du bois énergie pour
produire de la chaleur. Aucune énergie de source
fossile n’est produite à ce jour sur le territoire. La
production du territoire permet de fournir
uniquement 12,2% de l’énergie consommée du Pays
Basque, le restant provient de la production nationale
ou internationale, via les réseaux de transport et de
distribution.
En 2019, la production d’énergie sur le territoire de la
Communauté d’Agglomération du Pays Basque
s’établit à 780,7 GWh. Elle représente 12,2% des
consommations d’énergie finale du territoire.
Les filières de production d’énergies
renouvelables sur le territoire. Source : PCAET Pays
Basque.
Les filières de production thermiques représentent 78% de la production d’EnR sur le territoire tandis que la production électrique représente 22%. C’est la conséquence de la part importante du bois énergie utilisé par les particuliers comme source de chauffage.
La production d’énergies renouvelables thermiques.
Le bois énergie est le terme désignant les applications
du bois comme combustible en bois de chauffage. La
valorisation thermique de la biomasse, soit le bois
énergie, est la principale source de chaleur
renouvelable du territoire, avec 83% de la production
de chaleur, qui représente 65% de la production
totale d’énergie sur le territoire.
Le solaire thermique consiste à produire de la chaleur
à partir des rayons du soleil. D’après les données
AREC, la production de chaleur grâce au solaire
thermique est estimée à 7 GWh sur le territoire et
représente 1% des EnR thermiques du Pays Basque.
Les filières de production d’énergies
renouvelables thermiques sur le territoire. Source :
PCAET Pays Basque.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 24
La géothermie est l’exploitation de la chaleur stockée dans le sous-sol. S’il n’y a pas de site qui utilise la géothermie sur le territoire du Pays Basque, les pompes à chaleur sont la deuxième source de chaleur renouvelable sur le territoire (15% des ENR du territoire).
Le biogaz est produit par un processus de fermentation de déchets organiques, appelé méthanisation. Sur le territoire du Pays Basque, deux unités de méthanisation ont été construites (Itxassou, Bayonne Canopia). Le centre d’enfouissement de déchets non dangereux à Saint-Pée-sur-Nivelle valorise le biogaz. La production totale de biogaz sur le territoire est de 5 GWh.
La production d’énergies renouvelables
électriques.
La production hydraulique est majoritaire, avec
74% de la production électrique. Le reste est fourni
par le solaire photovoltaïque (27 GWh) et par la
production d’électricité à partir de la biomasse, et
notamment du bois, via par exemple le procédé de
cogénération (18 GWh). Il n’y a pas de production
éolienne sur le territoire.
Les filières de production d’énergies
renouvelables électriques sur le territoire.
Source : PCAET Pays Basque.
L’énergie hydraulique est créée par le mouvement de l'eau : chutes d'eau, cours d'eau, courants marins, marée, vagues. Les communes de Licq-Athérey, de Larrau et de Charrite-de-Bas possèdent les installations les plus importantes en termes de puissance et de production.
L’énergie solaire photovoltaïque est l’énergie électrique produite à partir du rayonnement solaire grâce à des panneaux ou des centrales solaires photovoltaïques. Au total, 2 489 installations de panneaux photovoltaïques sont recensées sur le territoire (au total 27 GWh). C’est la commune d’Anglet qui concentre le plus d’installations (209) et la plus importante puissance installée (2,8 MW).
Pour inscrire le Pays Basque dans une trajectoire de transition écologique, le PCAET inscrit comme objectifs :
• A l’horizon 2030 : doubler la production territoriale d’énergies renouvelables par rapport à 2019 pour couvrir 30% des consommations d’énergie ;
• A l’horizon 2050 : multiplier par 4 la production territoriale d’énergies renouvelables par rapport à 2019 pour couvrir l’ensemble des consommations d’énergie.
Le SRADDET fixe plusieurs objectifs dans le domaine de la maitrise et la valorisation de l’énergie (notamment n°14, 19, 46, 49, 50, 51, 52, 53). Egalement, des règles générales sont déclinées tout particulièrement dans l’efficacité énergétique des bâtiments :
• Règle n° 22 : Le principe de l’orientation bioclimatique est intégré dans tout projet d’urbanisme et facilité pour toute nouvelle construction, réhabilitation ou extension d’une construction existante.
• Règle n° 27 : L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) des bâtiments est facilitée,
• Règle n° 28 : L’intégration des équipements d’énergie renouvelable solaires dans les bâtiments est facilitée et encouragée.
• Règle n° 29 : L’optimisation des installations solaires thermiques et photovoltaïques sur les bâtiments est améliorée par une inclinaison adaptée de la toiture.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 25
• Règle n° 30 : Le développement des unités de production d’électricité photovoltaïque doit être privilégié sur les surfaces artificialisées bâties et non bâties, offrant une multifonctionnalité à ces espaces.
• Règle N°31 : L’installation des réseaux de chaleur et de froid couplés à des unités de production d’énergie renouvelable est facilitée.
LE POTENTIEL DE PRODUCTION DES ENERGIES RENOUVELABLES
Afin de répondre aux objectifs fixés notamment par le PCAET Pays Basque en matière de transition écologique, il convient d’identifier les potentiels de production d’énergies renouvelables.
LE POTENTIEL BOIS-ENERGIE
Le bois énergie est la source de production
d’énergie renouvelable principale du territoire
avec 506 GWh produits selon les données de
l’AREC (2016). Cependant, cette production peut
encore être optimisée à l’échelle du Pays
Basque.
En juin 2018 a été inauguré le réseau de chaleur
et la chaufferie bois d’Ispoure – St. Jean Pied de
Port. L’installation se compose de deux
chaudières bois de 200 KW chacune et d’une
chaudière d’appoint propane de 900 KW. Le
réseau chaleur se développe sur 1,3 km et
permet de desservir, outre la piscine
intercommunautaire, deux EHPAD à savoir la
Fondation Luro et Adindunen Egoitza.
Répartition des installations collectives de bois énergie par puissance. Source : PCAET Pays Basque.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 26
La superficie de bois est faible sur la commune de
Saint-Jean-Pied-de-Port. Les surfaces forestières sont
principalement présentent au niveau des cours d’eau
sous forme linéaire avec des boisements rivulaires et
de façon relictuelle avec des parcelles de petites
surfaces. L’institut forestier national distingue
essentiellement des forêts fermées à mélange de
feuillus.
On note la présence de la forêt communale de Saint-
Jean-Pied-de-Port d’une surface d’environ 3 ha.
Forêt communale de Saint-Jean-Pied-de-Port.
Source : APGL.
Carte forestière extraite de géoportail. Source :
Institut forestier national.
Si la commune n’est pas couverte par d’importantes surfaces forestières, elle est située dans une région ou la ressource forestière est notable. Le syndicat FRANSYLVA Forêt privée Pyrénées Adour qui représente les propriétaires privées de bois et forêts du Béarn et du Pays Basque, présente des statistiques forestières au sein de chaque massif forestier. La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est intégrée au sein de la zone des basses montagnes basque et de la bordure pyrénéenne. Sur cette zone le taux de boisement est de 28% et les peuplements boisés de production occupent 94% de la surface forestière.
La récente réalisation de la chaufferie bois et du réseau de chaleur témoigne du potentiel de la filière bois énergie dans ce secteur géographique.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 27
LE POTENTIEL PHOTOVOLTAIQUE
Le gisement solaire est un élément prépondérant dans le choix de la localisation des projets photovoltaïques. Le département des Pyrénées-Atlantiques bénéficie d’un ensoleillement plutôt important (irradiation annuelle moyenne estimée à 1 150 kWh/m2/an) et intéressant pour un projet solaire.
L’ensoleillement moyen annuel est donc bon (1 921 h d’ensoleillement par an) et relativement homogène sur le territoire des Pyrénées-Atlantiques : il permet donc une utilisation pertinente et intéressante d’installations solaires. Le taux d’ensoleillement offre de très bons rendements énergétiques pour les installations solaires.
• Le PCAET Pays Basque a évalué le potentiel
de production photovoltaïque au sol en
retenant ce gisement sur les CET, carrières
et parkings de plus de 1000 m². Sur la
commune de Saint-Jean-Pied-de-Port,
plusieurs parkings présentent des surfaces
supérieures à 1000 m² et peuvent présenter
un intérêt.
En dehors des aires de stationnements ciblées
par le PCAET comme sites potentiels, une étude
plus spécifique doit être menée pour évaluer ce
potentiel photovoltaïque au sol. La commune
de Saint-Jean-Pied-de-Port ne semble pas être
au prime abord, un territoire favorable à ce
type d’installation compte tenu de nombreux
facteurs : urbanisation importante,
topographie irrégulière, parcellaire morcelé,
enjeux paysagers et patrimoniaux (SPR), etc.
Sites favorables pour l’implantation d’installations solaires au sol. Source : PCAET Pays Basque.
• Les toitures sont un gisement pour deux énergies
renouvelables : le solaire thermique et le solaire
photovoltaïque. Le cadastre solaire de la
Communauté Pays Basque a permis d’identifier
22 899 431 m² de toitures exploitables pour la mise
en place de panneaux solaires (thermique et
photovoltaïque).
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, un grand
nombre de bâtiments existants pourraient être équipés
de modules photovoltaïques raccordés au réseau. Les
seules conditions portent sur l’architecture du bâti du
fait des enjeux patrimoniaux présents sur la commune.
Sur le territoire communal, les installations solaires
semblent peu développées. Par lecture de la photo-
aérienne de 2021, on observe des installations quasi-
exclusivement installées sur les toitures de bâtiments
publics (lycée Frantsesenia) et d’habitations.
Installations solaires en toiture sur la commune.
Source : APGL, SITU.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 28
LE POTENTIEL EOLIEN
Le potentiel éolien du Pays Basque a été estimé au sein du schéma régional (SRE) éolien, publié en 2012 pour l’ex-région Aquitaine. Ce document a été annulé le 12 février 2015 mais il identifie les parties du territoire régional favorables au développement de l’énergie éolienne compte tenu d’une part du potentiel éolien et d’autre part des servitudes, des règles de protection des espaces naturels ainsi que du patrimoine naturel et culturel, des ensembles paysagers, des contraintes techniques et des orientations régionales et établit la liste des communes dans lesquelles sont situées ces zones. Le potentiel avait été calculé pour des perspectives d’implantation à horizon 2020. Ce dernier n’est aujourd’hui pas exploité et demeure donc une source de production énergétique mobilisable pour le Pays Basque. Selon le SRE, près de 85% des communes du Pays Basque présentent un territoire favorable au développement de l’éolien.
Cartographie des communes jugées comme favorables pour l’installation d’éolienne. Source : SRE 2012.
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port fait partie des communes dont le territoire se trouve majoritairement en zone de contrainte absolue. Ces contraintes sont liées aux servitudes de protection du patrimoine culturel que comporte la commune (site patrimonial remarquable, monuments historiques, sites inscrits).
AUTRES POTENTIELS ENERGETIQUES
Le PCAET Pays Basque identifie d’autres filières de production d’énergies renouvelables sur le territoire de l’agglomération.
• Les gisements issus de la chaleur fatale : La récupération et la valorisation de la chaleur fatale issue de l’industrie constituent un potentiel d’économies d’énergie à exploiter. Lors du fonctionnement d’un procédé de production ou de transformation industrielle, le système produit de la chaleur non utile au process industriel. 21 sites sur le territoire Pays Basque sont identifiés, qui nécessiteraient une étude plus approfondie. Aucun site n’est recensé sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port.
• Le gisement géothermie : La géothermie se définit comme l’exploitation de la chaleur stockée dans l’écorce terrestre. Le résultat d’une étude réalisée en 2011 par le Conseil Régional d’Aquitaine, l’ADEME et le BRGM, n’identifie pas un fort potentiel de développement pour le territoire du Pays Basque.
• Le gisement méthanisable : La méthanisation peut permettre la production de chaleur et/ou d’électricité selon les procédés techniques de valorisation du biogaz retenus. L’étude de l’AREC reprise par le PCAET identifie un gisement à l’horizon 2030 de 241 GWh utilisant les ressources d’industrie agroalimentaires,Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 29
biodéchets, effluents agricoles, résidus de cultures, etc. Un gisement complémentaire issu des boues de stations d’épuration a également été étudié et est estimé à 9,65 GWh.
• Le gisement hydroélectrique : L’énergie hydraulique est déjà largement mobilisée par la Communauté Pays Basque avec 31 installations recensées sur le territoire permettant de produire près de 128 GWh. Le potentiel mobilisable est axé sur la ré-exploitation de seuils et moulins et l’optimisation d’installations hydroélectriques existantes. Plusieurs installations hydroélectriques sont aménagées sur le réseau hydrographique de la Nive. Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, on note la présence d’un moulin installé sur la Nive de Béhérobie, produisant de l’électricité (Moulin Uharteko Eihera).
• Le gisement des énergies marines renouvelables : Les énergies marines désignent l’ensemble des technologies permettant de produire de l’électricité à partir des différentes forces ou ressources du milieu marin. La mer est une source inépuisable d’énergies : l’énergie des courants, des vents, des vagues, des marées mais aussi des gradients de température et de salinité. Des études spécifiques doivent être menées pour identifier précisément le potentiel de production pour le Pays Basque. La commune de Saint-Jean-Pied- de-Port n’est pas concernée.
LA QUALITE DE L’AIR
Les phénomènes naturels (éruptions volcaniques, incendies de forêts…) mais surtout les activités humaines (industrie transports, agriculture, chauffage résidentiel…) sont à l’origine d’émissions de polluants, sous forme de gaz ou de particules, dans l’atmosphère. La pollution de l’air a des effets significatifs sur la santé et l’environnement.
Les risques pour la santé proviennent surtout du dioxyde d’azote (NO2). A forte concentration, c’est un gaz toxique irritant pour les yeux et les voies respiratoires, pouvant provoquer des affections respiratoires chroniques. L’ensemble des oxydes d’azote (NOx) participent à la formation des pluies acides. Sous l’effet du soleil, ils favorisent la formation d’ozone et contribuent ainsi indirectement à l’accroissement de l’effet de serre.
Les sources de polluants atmosphériques sont, pour partie, semblables à celles qui génèrent les émissions de gaz à effet de serre, et de nombreuses actions visant la sobriété énergétique ou la réduction des émissions de GES participeront aussi à l’amélioration de la qualité de ‘air. Dans le cas des GES, les impacts sont globaux, tandis que pour les polluants atmosphériques, ils sont dits locaux.
Le PCAET Pays Basque comprend un diagnostic de la qualité de l’air, qui a été réalisé par l’ATMO Nouvelle Aquitaine qui est l’observatoire régional de l’air. L’ATMO comprend à l’échelle du Pays Basque trois stations de mesure (Bayonne – Saint-Crouts ; Bayonne – Anglet ; Bayonne – Biarritz hippodrome).
Les résultats de ce dispositif de surveillance
expriment globalement un bon état de la
qualité de l’air sur le territoire. Par ailleurs, il
faut observer une amélioration progressive
concernant les jours d’indices « Mauvais à
très mauvais » avec une diminution continue
depuis 2012. En revanche, la répartition
entre les indices « Très bon à bon » et «
Moyen à médiocre » fluctue d’une année à
l’autre, restant globalement stable sans
présenter d’amélioration notable.
Historique des indices de qualité de l’air
sur l’agglomération de Bayonne de 2012
à 2017. Source : PCAET Pays Basque.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 30
Dans le cadre de la surveillance de la qualité de l’air, une évaluation de la qualité de l’air a été réalisée sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port en. La campagne de mesures des laboratoires mobiles réalisée du 03/10/2008 au 12/11/2008, étude réalisée en partenariat avec la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port a permis d’évaluer la qualité de l’air à partir des polluants concernés par la réglementation européenne et d’améliorer la couverture de la surveillance de la qualité de l’air sur le département des Pyrénées-Atlantiques.
Le diagnostic de la qualité de l’air a mesuré un certain nombre de polluants règlementaires :
• Les oxydes d’azote : Les oxydes d’azotes sont le monoxyde et le dioxyde d’azote (NO et NO2). Ils proviennent de la combustion à haute température de carburants et de combustibles fossiles, par oxydation de l’azote atmosphérique. Ils sont principalement issus du transport routier, des installations de combustion et de certains procédés industriels. Logiquement, les émissions de NOx proviennent majoritairement du secteur routier (69%), engendrées par la combustion des véhicules thermiques. C’est notamment les moteurs diesel (95%), aussi bien des poids-lourds que des voitures particulières. Les teneurs en dioxyde d’azote sont environ deux fois plus faibles que celles observées sur les stations urbaines de Bayonne.
• Les particules en suspensions (PM10 et PM2,5) : Les poussières sont classées en fonction de leur diamètre. Elles peuvent être d’origine naturelle (érosion des sols, feux de forêts) ou anthropique (combustion, transport, procédés industriels).
On retrouve quatre grands secteurs émetteurs de particules en suspension. Le secteur résidentiel est celui qui domine dans l’émission des deux types de particules, avec un impact très fort sur les particules dites fines (PM2.5). C’est la combustion énergétique pour satisfaire les besoins de chauffage, et notamment via la combustion du bois (92%) qui génèrent les particules en suspension.
On retrouve ensuite le secteur industriel, qui, comme le secteur agricole sont davantage émetteurs de particules plus grosses (PM10). Pour l’industrie ce sont les filières du bois (40% des PM10 et 67% des PM2.5) et du BTP qui pèsent majoritairement dans les émissions de particules en suspension. Pour le secteur agricole c’est la branche des cultures (travail des sols, brûlage de résidus) qui est la source principale (47%). Les teneurs de particules en suspension sont environ du même ordre de grandeur que celles observées sur les stations urbaines de Bayonne.
• Les autres polluants : Le dioxyde de souffre (SO2) est un marqueur de la pollution industrielle. Les émissions de composés organiques volatils non méthaniques sont dues pour près de moitié au secteur résidentiel et pour près de 40% à l’usage de solvants dans l’activité industrielle. L’agriculture est à l’origine de 99 % des émissions d’ammoniac (NH3).
Le calcul de l’indice de qualité de l’air a donné 7,3% du temps des indices très bons, 87,8% du temps des indices bons et 4,9% du temps des indices moyens. Aucun indice supérieur ou égal à 6 (médiocre, mauvais ou très mauvais) n’a été détecté pendant la campagne.
Le PCAET décline plusieurs actions afin de favoriser la bonne qualité de l’air, notamment en réduisant l’émission d’oxyde d’azote. L’axe 4 orientée sur la problématique des mobilités encourage aux modes de déplacement plus durable.
Dans le domaine de la pollution de l’air, le SRADDET décline plusieurs objectifs :
• Objectif n°44 : Améliorer la qualité de l'air aux horizons 2020 et 2030,
• Objectif n°55 : Développer l’écoconstruction en visant l’amélioration de la qualité de l’air intérieur.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 31
4.2 LA RESSOURCE EN EAU
L'eau fait aujourd'hui l'objet de toutes les attentions car il s’agit d’un élément vital de plus en plus convoité. Exploitée majoritairement par l’agriculture et l’usage domestique, son accès et sa gestion deviennent complexes dans un contexte d’augmentation de la demande et de dérèglement climatique. Il s’agit d’une ressource naturelle à surveiller et qui demande une gestion rigoureuse.
LES DOCUMENTS ET OUTILS DE GESTION DE LA RESSOURCE EN EAU SUR LE TERRITOIRE
La Loi sur l’eau du 3 janvier 1992 a créé deux instruments de planification de l’eau : le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) à l’échelle d’un grand bassin hydrographique, et le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) à l’échelle d’un bassin versant local.
La loi du 22 avril 2004 transposant la Directive Cadre sur l’Eau instaure le rapport de compatibilité entre les documents d’urbanisme et ces documents. Le domaine d’application des SDAGE et SAGE n’est pas directement lié à l’urbanisme mais ils peuvent fortement les orienter sur certains secteurs du fait du rapport de compatibilité.
La commune n’est pas concernée par l’application d’un SAGE, mais est concernée par le SDAGE Adour-Garonne.
Le SDAGE est le document qui planifie les priorités de la politique de l’eau dans le bassin Adour-Garonne. C’est le principal outil de mise en œuvre de la politique européenne dans le domaine de l’eau à l’échelle du bassin Adour Garonne.
Le SDAGE et son programme de mesures (PDM) sont conçus pour répondre à l’obligation de résultat de la Directive cadre européenne sur l’eau (DCE). Celle-ci vise l’atteinte du bon état des cours d’eau, lacs, nappes souterraines, estuaires et du littoral en cycles de 6 ans.
Il s’applique à travers des documents, décisions et programmes définis dans la réglementation. Il ne crée pas de procédure, il s’appuie sur la réglementation existante pour orienter les activités ou les aménagements ayant un impact sur la ressource en eau et les milieux aquatiques.
Les collectivités publiques doivent assurer la compatibilité et la cohérence de leurs décisions avec les orientations, objectifs et décisions du SDAGE.
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est concernée par le SDAGE Adour Garonne 2022-2027 approuvé par le comité de bassin le 10 mars 2022. Le SDAGE a défini 4 grandes orientations, déclinées en axes, puis en dispositions.
Des nombreuses dispositions du SDAGE peuvent trouver une traduction dans le PLU. En effet, le domaine de l’eau se retrouve dans de nombreux autres domaines et problématiques liées à l’aménagement des territoires : préservation des milieux aquatiques et humides, prise en compte des risques naturels, gestion durable de l’eau potable, lutte contre l’érosion des sols, etc.
Les orientations et axes du SDAGE Adour-Garonne 2022-2027 sont résumés dans le tableau suivant.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 32
Orientations du SDAGE Principaux axes du SDAGE Adour Garonne approuvé en 2022
A – Créer les conditions
de gouvernance
favorables à l’atteinte
des objectifs du SDAGE
Optimiser l’organisation des moyens et des acteurs
Mieux connaitre pour mieux gérer
Développer l’analyse économique dans le SDAGE
Concilier les politiques de l’eau et de l’aménagement du territoire
B – Réduire les pollutions
Agir sur les rejets en macropolluants et micropolluants
Réduire les pollutions d’origine agricole et assimilée
Préserver et reconquérir la qualité de l’eau potable et les activités de loisirs liées à l’eau
Sur le littoral, préserver et reconquérir la qualité des eaux côtières, des
estuaires et des lacs naturels
Gérer les macrodéchets
C – Agir pour assurer
l’équilibre quantitatif
Mieux connaitre et faire connaitre pour mieux gérer
Gérer durablement la ressource en eau en intégrant le changement climatique
Anticiper et gérer la crise
D – Préserver et
restaurer les
fonctionnalités des
milieux aquatiques
Réduire l’impact des aménagements et des activités sur les milieux aquatiques
Gérer, entretenir et restaurer les cours d’eau, la continuité écologique et le littoral
Préserver et restaurer les zones humides et la biodiversité liée à l’eau
Réduire la vulnérabilité face aux risques d’inondation, de submersion marine et l’érosion des sols
LA QUALITE DES MASSES D’EAU
La notion de masse d’eau a été introduite en Europe dans le droit de l’environnement par la Directive Cadre sur l’Eau 2000/60 du 23 octobre 2000. Une masse d’eau est le découpage territorial élémentaire des milieux aquatiques, destinée à être l'unité de gestion de la DCE.
Ces masses d'eau servent d'unité d’évaluation de la qualité des eaux et leur état est évalué pour chacune.
Il existe 5 catégories de masses d’eau : masses d’eau de cours d’eau, de plans d’eau, de transition (ce sont les estuaires), côtières pour les eaux marines le long du littoral et souterraines.
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est concernée par 3 masses d’eau, présentées en suivant :
• Une masse d’eau souterraine,
• Deux masses d’eau rivière.
La présentation de ces masses d’eau reprend les données du SDAGE Adour-Garonne 2022-2027 adopté le 10/03/2022.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 33
LES MASSES D’EAUX SOUTERRAINES
Une masse d'eau souterraine est un volume distinct d'eau souterraine à l'intérieur d'un ou de plusieurs aquifères.
Celle présentée en suivant est susceptible d’occuper le sous-sol de la
zone d’étude. Les terrains plissés des bassins versants de la Bidouze, de
la Nive et du rio Irati (FRFG110).
Il s’agit d’un système hydraulique libre composite propre aux zones
intensément plissées de montagne, d’une superficie de 1919 km².
Cette masse d’eau présente un bon état quantitatif et chimique. Les
pressions diffuses et de prélèvements d’eau sont non significatifs.
Le SDAGE fixe des objectifs d’état quantitatif et chimique bon déjà
atteints en 2015.
Source : SIEAG.
LES MASSES D’EAUX RIVIERES
Une masse d'eau de rivière est une partie distincte et significative des eaux de surface telles qu'une rivière, un fleuve ou un canal, une partie de rivière, de fleuve ou de canal, constituant le découpage élémentaire des milieux aquatiques destinée à être l'unité d'évaluation de la DCE.
➢ La Nive de Béhérobie de sa source au confluent de la Nive d’Arnéguy (FRFR269)
La Nive de Béhérobie mesure 21 km de long. Elle prend sa source
en amont d’Estérençuby. Elle constitue avec la Nive de Baigorri
le tributaire le plus important de la grande Nive.
La Nive de Béhérobie est caractérisée par un régime torrentiel
avec un débit d'étiage de 2,37 m3/s au mois d'août à des débits
plus importants de 6,85 m3/s en décembre (débit mensuel
calculé sur 82 ans, issu de la DREAL Aquitaine).
Au niveau de la commune, la largeur de ce cours d'eau fluctue
entre 10 et 20 mètres avec une profondeur de l'ordre de 1 mètre
en moyenne.
Le SDAGE Adour-Garonne fixe des objectifs d’états quantitatif et
chimique bons, déjà atteints en 2015. L’état des lieux de la
masse d’eau n’identifie pas de pressions significatives.
Source : SIEAG.
La station de mesure de la qualité des eaux située en niveau des abattoirs de Saint-Jean-Pied-de-Port relevait pour l’année 2018 une bonne qualité écologique des eaux.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 34
➢ Le Laurhibar (FRFR268)
Le Laurhibar mesure 28 km de long. Il prend sa source sur la
commune d’Aussurucq à une altitude de 1047 m.
Le Laurhibar est moins torrentiel que la Nive de Béhérobie et
présente des berges boisées sur la commune. Sa largeur est de
l'ordre d'une dizaine de mètres sans grande profondeur (10 à
40 cm).
Le SDAGE Adour-Garonne fixe des objectifs d’états quantitatif
et chimique bons, déjà atteints en 2015. L’état des lieux de la
masse d’eau ne faisait état d’aucune pression significative.
L’altération de la continuité hydromorphologique était
qualifiée d’élevée.
Source : SIEAG.
La station de mesure de la qualité des eaux située sur la commune de Saint-Jean-le-Vieux au niveau du pont au lieu-dit la Magdeleine, relevait une bonne qualité écologique des eaux excepté pour l’année 2018 où elle était moyenne du fait de l’indice biologique moyen.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 35
LA QUALITE DE L’EAU POTABLE
L’alimentation en eau potable du territoire provient du captage d’eau Ithurxilo sur la commune de Lasse. Cette ressource en eau alimente les deux communes de Lasse et de Saint-Jean-Pied-de-Port. Ce captage fait l’objet de périmètres de protection définit par arrêté préfectoral du 14 octobre 2004.
L’eau en provenance du captage est stockée dans 4 bassins situés au lieu-dit kurutxamendi.
L’eau est rendue potable par un traitement de désinfection avant sa distribution. Des contrôles sont réalisés une fois par mois par l’Agence Régionale de Santé qui vérifie et garantit la potabilité de l’eau consommée.
Sur l’année 2018, 9 prélèvements ont été effectué avec 100% de conformité. L’eau distribuée présentait une bonne qualité bactériologique et une bonne qualité physico-chimique.
Localisation du captage eau potable Itchurchilo sur la commune voisine de Lasse. Source : APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 36
5. LE MILIEU NATUREL
5.1 LES MESURES DE CONNAISSANCE, DE PROTECTION OU DE GESTION DU PATRIMOINE BIOLOGIQUE
LES ZONES NATURELLES D’INTERET ECOLOGIQUE FAUNISTIQUE ET FLORISTIQUE
Lancé en 1982, l’inventaire des Zones d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) a pour objectif d’identifier et de décrire des secteurs présentant de fortes capacités biologiques et un bon état de conservation.
Cet inventaire différencie deux types de zone :
- Les ZNIEFF de type I sont des sites, de superficie en général limitée, identifiés et délimités parce qu’ils contiennent des espèces ou au moins un type d’habitat de grande valeur écologique, locale, régionale, nationale ou européenne,
- Les ZNIEFF de type II concernent les grands ensembles naturels, roches et peu modifiés avec des potentialités biologiques importantes qui peuvent inclure plusieurs zones de type I localisées et des milieux intermédiaires de valeur moindre mais possédant un rôle fonctionnel et une cohérence écologique et paysagère.
L’inventaire ZNIEFF ne constitue pas une mesure de protection juridique directe. Toutefois, l’objectif principal de cet inventaire réside dans l’aide à la décision en matière d’aménagement du territoire vis-à-vis du principe de la préservation du patrimoine naturel. Au-delà de l’aspect strictement juridique, ces inventaires sont de précieuses indications sur la qualité des milieux naturels. Les inventaires ZNIEFF ont notamment servi de base de travail à la délimitation des sites Natura 2000.
Depuis l’élaboration du premier inventaire dans les années 1990 en Aquitaine, les connaissances naturalistes et scientifiques ont progressé, le territoire a été modifié que ce soit naturellement ou sous l’effet du changement des pratiques agricoles et forestières, de l’urbanisation ou des nouvelles infrastructures. De même, la perception des milieux naturels par les différents acteurs de l’environnement a nettement évolué. Le ministère chargé de l’environnement a donc engagé en 1995 la modernisation de l’inventaire des ZNIEFF en vue de produire un inventaire dit « de deuxième génération ».
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est concernée par une ZNIEFF de type II, qui identifie le réseau hydrographique des Nives (720012968).
Ce vaste site couvre un territoire de 3596 ha répartis sur 33 communes. Ce site couvre le lit mineur du réseau hydrographique des Nives, incluant les berges et les milieux rivulaires associés aux cours d’eau. Les milieux caractéristiques sont les eaux courantes, la végétation aquatique, les prairies, mégaphorbiaies, marais, boisements humides, etc.
Plusieurs espèces patrimoniales caractérisent cette ZNIEFF : insectes (agrion de mercure, cordulie à corps), poissons (grande alose, alose feinte, toxostome, chabot commun), flore (angélique des estuaires, laiche fausse brize, epipactis à larges feuilles, fritillaire pintade, isopyre faux pigamon, narcisse jaune).
La carte ci-dessous représente la ZNIEFF dans son ensemble, et sur la commune.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 37
La ZNIEFF réseau hydrographique des Nives et la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : APGL.
LES SITES NATURA 2000
La commission européenne, en accord avec les Etats membres, a fixé le 21 mai 1992, le principe d’un réseau européen de zones naturelles d’intérêt communautaire, nommé Natura 2000.
L’objectif de ce réseau écologique est de favoriser le maintien de la diversité des espèces et des habitats naturels sur l’ensemble de l’espace communautaire en instaurant un ensemble cohérent de sites remarquables, appelés « sites Natura 2000 », tout en tenant compte des exigences économiques, sociales et culturelles.
Le réseau Natura 2000 est le résultat de la mise en œuvre de deux directives européennes :
- La Directive 97/92/CEE, dite « Directive Habitats » du 27 octobre 1997 portant adaptation à la Directive 92/43/CEE sur la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages. Elle désigne les Zones Spéciales de Conservation ;
- La Directive 79/409/CEE, dite « Directive Oiseaux » du 2 avril 1979 concernant la conversation des oiseaux sauvages. Elle désigne des Zones de Protection Spéciale.
La création de ce réseau n’a pas pour but d’interdire toute activité humaine sur ces zones. Ainsi, à chaque fois qu’un aménagement sera prévu sur un site appartenant au réseau Natura 2000 ou susceptible d’y être intégré, une évaluation des incidences du projet est réalisée.
Pour chaque site Natura 2000 est définit une liste d’habitats naturels et d’espèces d’intérêt communautaire. Les objectifs de protection de ces habitats et espèces sont fixés dans les documents d’objectifs (DOCOB). Le DOCOB est réalisé sur la base d’un diagnostic écologique et socio-économique du territoire. Le DOCOB planifie la gestion de chacun des sites Natura 2000.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 38
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est concernée par le site Natura de la Nive, désigné au titre de la Directive Habitats. Le site Natura 2000 de la Nive correspondant sensiblement à celui de la ZNIEFF réseau hydrographique des Nives. Le site Natura 2000 de la Nive couvre 21% du territoire communal.
Le site Natura 2000 de la Nive et la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : APGL.
Le Syndicat mixte du contrat de rivière des Nives est la structure porteuse du DOCOB. Le DOCOB du site Natura 2000 de la Nive a été validé le 10/12/2012. Le diagnostic écologique mené dans le cadre du DOCOB a conduit à l’identification sur l’ensemble du périmètre de ce site, 19 habitats d’intérêt communautaire dont 5 prioritaires et 18 espèces animales et végétales inscrites à l’annexe II de la directive « Habitats, faune et flore ».
Les Espèces d’Intérêt Communautaire (EIC) présents sur l’ensemble du site Natura 2000. Source : Extrait du Résumé non technique du DOCOB de la Nive.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 39
Les Habitats d’Intérêt Communautaire (HIC) présents sur l’ensemble du site Natura 2000. Source : Extrait du Résumé non technique du DOCOB de la Nive
.Les HIC présents dans le site Natura 2000 et sur la commune d’après l’inventaire du DOCOB. Source : APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 40
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, le diagnostic écologique du DOCOB a relevé principalement la présence de l’habitat « forêts alluviales à Alnus Glutinosa et Fraxinus excelsior » codifié sous le code 91E0*. Cet habitat se décline en trois catégories bien distinctes dont l’une est identifiée sur la commune : les aulnaies et frênaies-aulnaies riveraines à laîche pendante ou laîche espacée, qui est un habitat très représenté le long de la Nive et des principaux affluents. On retrouve cet habitat le long de la Nive et du Laurhibar. Dans une moindre mesure a été observé
Concernant l'Angélique des estuaires (Angelica heterocarpa), c'est une espèce qui est présente sur les berges de la Nive aval ou en situation de berges d'affluents ou de fossés de la plaine alluviale aval. Cette espèce, liée à l'influence de la marée, n'est donc pas présente sur Saint-Jean-Pied-de-Port.
La Soldanelle velue est, quant à elle, présente au sein du massif de l'Artzamendi et la forêt d'Hayra sur la commune de Banca. Le Trichomanès remarquable a été identifié également sur le massif de l'Artzamendi ainsi que dans la vallée de Laxia.
Ces espèces floristiques ne sont donc pas présentes au sein du territoire communal.
Les espèces faunistiques d'intérêt communautaire potentiellement présentes sur la commune sont : la Loutre d'Europe et le Desman des Pyrénées pour les mammifères semi-aquatiques.
Concernant l'Ichtyofaune, plusieurs espèces sont potentielles ou avérées au sein des cours d'eau de la Nive de Béhérobie ainsi que dans le Laurhibar : le Saumon atlantique et le Chabot de l'Adour.
D'autres parts, l'Ecrevisse à pattes blanches, l'Agrion de mercure et le Cuivré des marais sont citées dans le DOCOB et sont susceptibles d'être présents sur la commune.
Le DOCOB de la Nive a défini six objectifs pour préserver les habitats et les espèces d’intérêt Communautaire. Ces objectifs sont :
• Améliorer les connaissances des espèces et habitats et développer des outils de suivis ;
• Lutter contre la concurrence spécifique ;
• Améliorer ou maintenir la qualité des eaux ;
• Améliorer et favoriser la continuité écologique des cours d’eau et des zones humides associées ;
• Inciter ou instaurer des pratiques de gestion favorisant la préservation des habitats et espèces ;
• Informer, sensibiliser et accompagner les acteurs locaux sur une gestion durable de leur territoire.
LES AUTRES PERIMETRES NATURALISTES
La commune n’est pas concernée pas d’autres zonages écologiques tels qu’un espace naturel sensible, un arrêté de protection de biotope, une zone importante pour la conservation des oiseaux.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 41
5.2 L’OCCUPATION DE L’ESPACE
L’occupation du sol sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, d’après le référentiel régional OCS 2020, présente la répartition suivante (ajusté avec la couche Bd forêt de l’IFN) :
• Prairies : 45 %
• Espaces urbanisés : 39 %
• Espaces verts urbains : 4 %
• Boisements : 6 %
• Cultures : 3 %
• Surfaces en eau : 2 %
• Fourrés/landes : 1 %
Le territoire est dominé par les
espaces artificialisés et les
espaces prairiaux, représentant à
eux deux près de 85% de
l’occupation du sol. Les surfaces
agricoles cultivées sont
faiblement représentées.
La couverture boisée du
territoire représente 6 % de la
superficie communale. Les
surfaces en eau et les
fourrés/landes représentent une
part marginale de l’occupation
du sol.
Occupation du sol 2020 (OCS)
sur la commune de Saint-Jean-
Pied-de-Port. Source : APGL.
LES ESPACES ARTIFICIALISES
Les espaces artificialisés regroupent les espaces bâtis (espaces urbains d’habitats denses et moins denses), les espaces d’équipements collectifs (équipements et espaces verts sportifs et de loisirs), les espaces d’activités économiques, les espaces aménagés (voiries, parkings, espaces verts urbains).
Ces espaces sont fortement dénaturalisés du fait de la transformation du milieu par l’homme et des activités humaines qui s’y développent. Les formations végétales sont limitées à la présence de boisements isolés, haies, bosquets, jardins particuliers, parcs publics.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 42
Espace vert sportif et jardin public dans l’espace urbain, juin 2020. Source : APGL.
LES ESPACES AGRICOLES
Les prairies de pâture et de fauche représentent la majeure partie de la surface agricole de la commune. Il s'agit de milieux plutôt mésophiles, liés aux sols argileux frais.
Différentes espèces floristiques sont caractéristiques de ces habitats telles que : Flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), Crételle des près (Cynosurus cristatus), Houlque laineuse (Holcus lanatus), Fétuque des près (Festuca pratensis), Gaudinie (Gaudinia fragilis), Dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), Trèfle rampant (Trifolium repens), Plantain lancéolé (Plantago lanceolata),
Carotte sauvage (Daucus carota), Sérapia à languettes (Serapia lingua)... Sur les sols plus secs (souvent argilo- calcaires), les prairies présentent un gradient hydrique qualifié de méso-xérophile avec la présence de : Fétuque rouge (Festuca rubra), Origan (Origanum vulgare), Campanule agglomérée (Campanula glomerata), Brachypode penné (Brachypodium pinnatum), Bétoine officinale (Betonica officinalis), Lin cathartique (Linum catharticum).
L’activité agricole se note également au travers de la culture du maïs (ponctuelle sur la commune). Le vignoble d’Irouléguy couvre les pentes, exposées au Sud, du Pic d’Arradoy. Il n’y a pas de vignes sur la commune.
Prairie mésophile pâturée et culture de maïs, aout 2022. Source : APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 43
LES ESPACES BOISES
Les espaces boisés sont peu nombreux sur la commune (environ 17ha soit 6% de la surface communale). Les boisements sont présents sous la forme de bosquets et bois, ponctuant la trame agricole.
La commune se situe dans un secteur géographique, dominé par les chênaies acidiphiles et les chênaies- charmaies. Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, les boisements mésophiles se présentent sous la forme de bosquets et bois, présents sur les versants ou en points hauts des collines. Ils sont souvent dominés par le Chêne tauzin (Quercus pyrenaica) et surtout par le Chêne pédonculé (Quercus robur). On retrouve également d'autres espèces en strates arborée et arbustive telles que le Frêne commun, le Robinier faux-acacia (Robinia pseudacacia), le Châtaignier (Castanea sativa), le Platane (Platanus x hispanica), le Saule roux (Salix atrocinerea), le Merisier (Prunus avium), le Noisetier...
Boisement de feuillus mixtes sur les collines entre la Nive de Béhérobie et le Laurhibar, aout 2022. Source : APGL, SITU.
Le long de la Nive de Béhérobie et du Laurhibar, des linéaires boisés soulignent la présence des cours d’eau. Si la continuité végétale est plus ou moins continue et dense, certaines formations végétales se rapprochent de boisements humides à aulnes (alnus glutinosa et frênes (fraxinus excelsior). Les berges des cours d’eau sont également soulignées sur de nombreux tronçons par des alignements de platanes longtemps taillés en têtards.
Végétation linéaire soulignant la Nive de Béhérobie, aout 2022. Source : APGL, SITU.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 44
Les haies sont encore bien présentent sur le territoire communal, sur les deux tiers sud du territoire. Elles délimitent le plus souvent des parcelles agricoles. Elles sont constituées d’essences de feuillus et sont variées : haie basse taillée, haie arbustive avec conservation de la silhouette naturelle de la végétation, haie arborescente, etc.
Vue sur la trame agricole et bocagère s’étendant au sud du territoire, sur la commune de Caro, aout 2022. Source : APGL, SITU.
LES FOURRES, LANDES
Les landes atlantiques sont des milieux caractéristiques du secteur de la basse Navarre. Elles sont localisées au- dessus des terrains cultivés. Il s'agit de milieux entretenus depuis des siècles par les bergers qui exploitent la fougère aigle (Pteridium aquilinum) et par le pâturage des troupeaux de brebis, de vaches et de chevaux.
Différents types de landes peuvent se développer en fonction de l'entretien. Ce dernier se fait soit par fauchage régulier pour éliminer les ajoncs et bruyères, soit par écobuage pour favoriser les graminées et la fougère aigle.
On peut citer quelques espèces typiques de ces milieux : Callune (Callune vulgaris), Bruyère cendrée (Erica cinerea), Bruyère vagabonde (Erica vagans), Bruyère de Saint Daboec (Daboecia cantabrica), Ajonc d'Europe (Ulex europaea), Avoine de thore (Pseudarrhenatherum longifolium), Fougère aigle (Pteridium aquilinum)...
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est localisée en fond de vallée, à la confluence de la Nive et du Laurhibar. Le territoire est dominé par les espaces artificialisés et des prairies agricoles. Les landes caractéristiques des milieux agro-pastoraux, restent faiblement représentées sur le territoire communal.
Ces milieux s’observent les reliefs abrupts de piémont et de montagne, notamment sur les versants du pic d’Arradoy, sur la commune d’Ispoure.
LES MILIEUX AQUATIQUES
Les espaces aquatiques sur le territoire communal sont essentiellement caractérisés par le réseau hydrographique, représenté par la Nive de Béhérobie et le Laurhibar.
Ce sont des cours d’eau caractéristiques des eaux courantes des secteurs collinéens et montagnards, avec des eaux bien oxygénées (code CORINE Biotopes 24.1). Dans le lit des rivières, sont souvent associées des bancs de graviers et autres dépôts alluvionnaires, végétalisés ou nus de végétation (code CORINE Biotopes 24.2).
La fédération départementale de pêche apporte des précisions sur l’identité de la Nive amont et du Laurhibar :
• L’habitat de la Nive est très diversifié, constitué un par une granulométrie variée (blocs, galets, graviers), quelques sous berges et profonds. Les eaux de la Nive appartiennent au domaine salmonicole avec commeCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 45
espèce repère, la truite commune. Le peuplement piscicole en place est composé par le chabot (CHA), la truite (TRF), le vairon (VAI), la loche franche (LOF), le goujon (GOU), le saumon (SAT), l’anguille (ANG).
• L’habitat du Laurhibar est très diversifié, constitué un par une granulométrie variée (blocs, galets, graviers). Les eaux du Laurhibar appartiennent au domaine salmonicole avec comme espèce repère, la truite commune. Le peuplement piscicole en place est composé par le chabot (CHA), la truite (TRF), le vairon (VAI).
Vue sur le Laurhibar au niveau du pont du chemin Zalikarte, juin 2020. Vue sur la Nive de Béhérobie au niveau d’Eyheraberry, aout 2022. Source : APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 46
5.3 LES RESEAUX ECOLOGIQUES
GENERALITES ET DEFINITIONS
Les lois du 03 août 2009 de mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement, dite Grenelle 1, et du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement du 12 juillet 2010, dite Grenelle 2, ont instauré la création de la Trame verte et bleue (TVB) et en ont précisé la nature.
La TVB est un réseau formé de continuités écologiques terrestres et aquatiques identifiées par les schémas régionaux de cohérence écologique ainsi que par les documents de l'Etat, des collectivités territoriales et de leurs groupements. Elle constitue un outil d'aménagement durable du territoire.
La TVB a pour objectif d’enrayer la perte de biodiversité en participant à la restauration des continuités écologiques entre les milieux naturels. Le code de l'environnement (article L. 371-1 I) assigne à la TVB les objectifs suivants :
• diminuer la fragmentation et la vulnérabilité des écosystèmes et des habitats naturels et semi-naturels, et préserver leur capacité d’adaptation,
• identifier et relier des espaces importants pour la préservation de la biodiversité par des corridors écologiques,
• faciliter les échanges génétiques nécessaires à la survie des espèces,
• prendre en compte la biologie des espèces migratrices,
• rendre possible le déplacement des aires de répartition des espèces sauvages et des habitats naturels dans le contexte du changement climatique,
• atteindre ou conserver un bon état écologique ou un bon potentiel des masses d’eau superficielles,
• améliorer la qualité et la diversité des paysages.
La TVB doit également contribuer à l'état de conservation favorable des habitats naturels et des espèces et au bon état écologique des masses d'eau (article R. 371-17 du code de l'environnement) et l'identification et la délimitation des continuités écologiques de la TVB doivent notamment permettre aux espèces animales et végétales dont la préservation ou la remise en bon état constitue un enjeu national ou régional de se déplacer pour assurer leur cycle de vie et favoriser leur capacité d'adaptation (article R. 371-18 du code de l'environnement).
La TVB est élaborée à trois échelles :
• Au niveau national, L’Etat fixe le cadre de travail et veille à sa cohérence sur l’ensemble du territoire. Le document cadre « orientations nationales » et les guides TVB définissent les orientations générales de préservation et de restauration des continuités écologiques.
• Au niveau régional, le Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE), en cohérence avec les orientations nationales, présente les enjeux régionaux. Le SRCE spatialise et hiérarchise les enjeux de continuités écologiques à l'échelle régionale, et il propose un cadre d'intervention. Le SRCE de l’ancienne région Aquitaine définissait ces enjeux. Les élus de la région Nouvelle Aquitaine ont adopté le 16 décembre 2019 le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires. Le SRADDET est un document intégrateur des principales politiques publiques sectorielles, et intègre désormais l’ancien SRCE.
• Au niveau local, les documents de planification prennent en compte les objectifs du SRADDET et doivent être compatible avec ses règles générales.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 47
La trame verte et bleue, réseau écologique formé de continuités écologiques terrestres et aquatiques est un outil d’aménagement durable du territoire qui contribue à enrayer la perte de biodiversité, à maintenir et restaurer ses capacités d’évolution et à préserver les services rendus, en prenant en compte les activités humaines (définition : annexe au décret 2014-45 du 20 janvier 2014 portant adoption des orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques).
La trame verte et bleue contribue à l’état de conservation favorable des habitats naturels et des espèces au bon état écologique des masses d’eau. Elle doit permettre aux espèces animales et végétales de se déplacer pour assurer leur cycle de vie et favoriser leur capacité d’adaptation.
Suivant les dispositions de l’article L.371-1 du Code de l’environnement :
« La trame verte comprend :
1° Tout ou partie des espaces protégés au titre du présent livre et du titre Ier du livre IV ainsi que les espaces naturels importants pour la préservation de la biodiversité ;
2° Les corridors écologiques constitués des espaces naturels ou semi-naturels ainsi que des formations végétales linéaires ou ponctuelles, permettant de relier les espaces mentionnés au 1° ;
3° Les surfaces mentionnées au I de l'article L. 211-14.
La trame bleue comprend :
1° Les cours d'eau, parties de cours d'eau ou canaux figurant sur les listes établies en application de l'article L. 214-17 ;
2° Tout ou partie des zones humides dont la préservation ou la remise en bon état contribue à la réalisation des objectifs visés au IV de l'article L. 212-1, et notamment les zones humides mentionnées à l'article L. 211-3 ;
3° Les cours d'eau, parties de cours d'eau, canaux et zones humides importants pour la préservation de la biodiversité et non visés aux 1° ou 2° du présent III. »
La trame verte et bleue est donc constituée d’une composante terrestre (trame verte) et d’une composante aquatique (trame bleue) qui comprend chacune deux types d’éléments : les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques qui assurent les échanges entre les réservoirs.
Les réservoirs de biodiversité sont des espaces dans lesquels la biodiversité, rare ou commune, menacée ou non menacée, est la plus riche ou la mieux représentée, où les espèces peuvent effectuer tout ou partie de leur cycle de vie (alimentation, reproduction, repos) et où les habitats naturels peuvent assurer leur fonctionnement, en ayant notamment une taille suffisante. Ce sont des espaces pouvant abriter des noyaux de populations d’espèces à partir desquels les individus se dispersent, ou susceptibles de permettre l’accueil de nouvelles populations d’espèces.
Les corridors écologiques assurent des connexions entre des réservoirs de biodiversité, offrant aux espèces des conditions favorables à leur déplacement et à l’accomplissement de leur cycle de vie.
Les corridors écologiques peuvent prendre plusieurs formes et n’impliquent pas nécessairement une continuité physique ou des espaces contigus. On distingue ainsi trois types de corridors écologiques :
• les corridors linéaires (haies, chemins et bords de chemins, ripisylves, bandes enherbées le long des cours d’eau,…) ;
• les corridors discontinus (ponctuation d’espaces-relais ou d’îlots-refuges, mares permanentes ou temporaires, bosquets,…) ;
• les corridors paysagers (mosaïque de structures paysagères variées).
Les cours d’eau et zones humides c’est-à-dire, les cours d'eau, parties de cours d'eau et canaux classés au titre de l'article L. 214-17 du code de l'environnement et les autres cours d'eau, parties de cours d'eau et canaux importants pour la préservation de la biodiversité constituent à la fois des réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques (article L. 371-1 III et R. 371-19 IV du code de l'environnement).Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 48
Les zones humides dont la préservation ou la remise en bon état contribue à la réalisation des objectifs visés au IV de l’article L. 212-1 du code de l'environnement, et notamment les zones humides mentionnées à l’article L. 211-3 ainsi que les autres zones humides importantes pour la préservation de la biodiversité peuvent être considérés comme des réservoirs de biodiversité et/ou des corridors écologiques.
Les obstacles ou rupture de la continuité : Ce sont des éléments naturels ou anthropiques qui constituent un obstacle aux continuités écologiques, c’est-à-dire une rupture de lien entre deux réservoirs ou corridors, les échanges et la circulation des espèces sont ainsi impactés.
Les principales ruptures naturelles peuvent être par exemple, les rivières (entre deux forêts), les dénivelés importants d’eau (infranchissables pour les poissons).Tandis que les principales sources anthropiques de ruptures des continuités écologiques proviennent de la présence d’infrastructures de transports et du développement des zones urbaines.
La structure écologique d’un territoire peut ainsi s’expliquer schématiquement de la façon suivante :
Source : Guide méthodologique prise en compte de la TVB dans les documents d’urbanisme, DREAL Midi Pyrénées, 2012.
L’identification d’une trame verte et bleue dans un document d’urbanisme permet de repérer ces différents éléments, et de constituer une aide à la décision dans l’élaboration d’un projet de territoire qui évite, limite ou compense la fragmentation écologique.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 49
LA TRAME VERTE ET BLEUE A L’ECHELLE SUPRA-COMMUNALE
A l’échelle du pays de Cize, seul l’ancien SRCE Aquitaine, et depuis peu, le SRADDET Nouvelle Aquitaine apporte des éléments de connaissance sur les continuités écologiques.
Le SRADDET Nouvelle Aquitaine a été adopté le 16 décembre 2019. Le SRADDET retranscrit les enjeux de cohérence écologique sur le territoire régional, et se substitue à l’ancien SRCE.
Le PLU doit prendre en compte l’objectif n°40 « préserver et restaurer les continuités écologique ». Cet objectif est décliné en une règle n° 33 avec laquelle le PLU doit être compatible.
Règle n° 33 : Les documents de planification et d’urbanisme doivent lors de l’identification des continuités écologiques de leur territoire (réservoirs de biodiversité et corridors écologiques) à leur échelle :
1. intégrer les enjeux régionaux de continuités écologiques à savoir préserver et restaurer les continuités, limiter l’artificialisation des sols et la fragmentation des milieux, intégrer la biodiversité, la fonctionnalité et les services écosystémiques dans le développement territorial (nature en ville, contribution des acteurs socio-économiques, lutte contre les pollutions), intégrer l’enjeu relatif au changement climatique et améliorer et partager la connaissance.
2. caractériser les sous-trames et les continuités de leur territoire en s’appuyant sur les sous trames précisées dans l’objectif 40 et cartographiées à l’échelle 1/150 000 (atlas de 64 planches : « Trame verte et bleue, cartographie des composantes en Nouvelle-Aquitaine ») et justifier de leur prise en compte. »
La règle n° 34 réaffirme la primauté de l’évitement dans la séquence ERC, en indiquant que les projets d’aménagements ou d’équipements susceptibles de dégrader la qualité des milieux naturels sont à éviter, sinon à réduire ou à compenser, dans les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques définis localement ou à défaut dans ceux cartographiés dans l’atlas régional au 1/150 000.
Afin d’appliquer ces règles et qu’elles soient intégrées dans les documents d’urbanisme, le SRADDET recommande que ces derniers :
• déterminent et caractérisent à leur échelle les continuités écologiques dans l’état initial de l’environnement,
• analysent la fonctionnalité de ces continuités écologiques, les menaces et obstacles existants,
• apportent un croisement avec les enjeux régionaux,
• définissent des mesures d’évitement et justifient les choix opérés,
• présentent de manière claire la prise en compte des continuités écologiques des documents de rang supérieur,
• affirment clairement l’ambition politique pour le maintien et la remise en bon état des continuités écologiques locales.
Les données utilisées pour l’élaboration de l’Atlas cartographique du SRADDET résultent des SRCE Poitou- Charentes et Limousin, de l’Etat des lieux des continuités écologiques régionales en Aquitaine1, de l’état des connaissances au moment de sa rédaction (2018-2019), ainsi que des « données sources » ayant servi à la construction de la Trame Verte et Bleue (par exemple, la couche d’occupation des sols Corine Land Cover (CLC) datée de 2012). Un travail de compilation et d’harmonisation de ces données a été mené afin de rendre possible une homogénéité des résultats à l’échelle de la Région Nouvelle-Aquitaine. Le SRADDET rappelle que les cartes sont établies à un rendu 1/150 000° et qu’elles ne sont pas adaptées à des zooms à plus petite échelle.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 50
Localisation de la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port sur l’atlas cartographique des composantes de la trame verte et bleue en Nouvelle-Aquitaine. Source : SRADDET, APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 51
Zoom sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port sur l’atlas cartographique des composantes de la trame verte et bleue en Nouvelle-Aquitaine. Source : SRADDET, APGL.
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, l’atlas cartographique trame verte et bleue du SRADDET relève plusieurs informations :
• Réservoirs de biodiversité : la partie sud du territoire est rattachée à l’ensemble « mosaïque de milieux ouverts de piémont et d’altitude » ;
• Hydrographie : les cours d’eau de la Nive de Béhérobie et le Laurhibar sont mentionnés dans les listes 1 et 2 des arrêtés du préfet coordonnateur du bassin Adour-Garonne (7 octobre 2013), classant les cours d’eau comme réservoirs de biodiversités avec des enjeux de continuité écologique ;
• Eléments de rupture : les territoires artificialisés qui occupent près de 50% du territoire et les infrastructures de transport (routes départementales, voie ferrée) sont des ruptures de continuité. Plusieurs ouvrages sur la Nive de Béhérobie (seuils, barrages) sont recensés comme des obstacles à l’écoulement.
La lecture de la carte du SRADDET au 150 000° donne des informations très générales qui à l’échelle communale et intercommunale occultent d’autres informations. Une analyse de la trame verte et bleue à une échelle plus locale est nécessaire, comme cela est demandé par le SRADDET.
Cette analyse plus fine, s’appuie sur les premiers éléments du SRADDET.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 52
LA TRAME VERTE ET BLEUE A SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT SUIVANT UNE APPROCHE
ECOPAYSAGERE
METHODOLOGIE
Les caractéristiques environnementales de la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port dépendent de la combinaison de nombreux facteurs physiques et naturels, influencées par les activités humaines. Le croisement de tous ces critères (naturels et anthropiques) crée un territoire composé d’une mosaïque de milieux. Cette diversité de milieux crée un paysage.
Un paysage peut être lu suivant différents filtres, suivant l’idée ou le sens qu’on veut lui donner. Le paysage peut être lu par un paysagiste, un sociologue, un naturaliste, un géographe, un historien, un aménageur, etc.
Pour un écologue, le paysage est un système écologique dont la composition des différents types d’occupation du sol (forêts, prairies, bâti, cultures, routes...) et leurs arrangements spatiaux contrôlent la présence d’espèces (liée aux ressources présentes), mais aussi leurs déplacements et leurs interactions. L’hétérogénéité est donc une composante fondamentale des paysages. Le fait qu’il existe plusieurs grands types de paysages (bocages, grandes cultures, prairiales...), avec chacun ses spécificités, implique la nécessité d’aborder la gestion des paysages à différentes échelles, celle du paysage et celle d’ensemble de paysages différents.
L’écologie du paysage analyse les effets de la composition et de la structure des paysages sur les processus écologiques, ainsi que les facteurs organisant ces paysages. Elle offre des méthodes pour gérer la conception, la mise en place et le suivi de modes d’aménagement et de gestion appropriés à la diversité écologique des paysages.
L’écologie du paysage permet de lire les trames écologiques sur un territoire et de comprendre son fonctionnement. La détermination de la trame verte et bleue sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port se base sur cette approche écopaysagère, en s’inscrivant dans le cadre règlementaire et supa-communal du SRADDET.
Il existe différentes façons de lire un paysage. La cartographie est la méthode qui fournit un ensemble de moyens de plus en plus utilisés dans la planification de l’urbanisme. La cartographie sous logiciel SIG permet d’utiliser diverses sources de données géoréférencées, de croiser et superposer les informations, tout en travaillant sur différentes échelles de territoire.
La détermination de la trame verte et bleue s’est appuyée sur l’utilisation du logiciel « Chloé – Métriques Paysagères ». Ce logiciel fournit des outils de métriques paysagères permettant de caractériser, à partir de cartes qualitatives ou quantitatives, la composition et la configuration des paysages.
De nombreuses cartes d’occupation du sol existent, cependant l’OCS 2015 constitue à la fois la donnée de référence la plus à jour (2015), la plus fine (résolution 1 ha), et la plus complète (couvre l’intégralité de l’ancienne région Aquitaine). Pour ces raisons, l’OCS 2015 a servi de base de travail sur les analyses menées.
A l’échelle du territoire de l’agglomération Pays Basque, l’OCS 2015 est déclinée en 33 classes (niveau 3). En vue des analyses menées, cette donnée a été rastérisée et simplifiée en 10 classes (artificialisation, culture, vigne et verger, prairie, foret, pelouse et landes, plage, milieu humide, eau, roche, neige). Chaque pixel représente une surface de 4 ares. Il a été attribué à chaque pixel une valeur correspond à l’une des 10 classes dominante à l’intérieur du pixel.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 53
Carte de l’occupation du sol 2020 sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port (donnée initiale). Source : APGL.
LES ECOPAYSAGES SUR SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
Les écopaysages sont des portions de paysage similaires en termes de mosaïque paysagère. À chaque échelle du territoire, ils permettent de différencier des zones de biodiversité potentielle.
Il est nécessaire de connaître la richesse existante du territoire et surtout la biodiversité potentielle, qui dépend des possibilités de connexions entre les composantes du paysage (entre les différents habitats naturels ou semi- naturels).
C’est ce que permet l’approche écopaysagère : elle étudie les mosaïques paysagères qui traduisent la composition (nature des espaces) et la structure (relation entre les espaces) du paysage. Cela permet de segmenter les zones d’un territoire selon leur mode d’occupation du sol et de mettre en lumière les relations entre ces différentes zones. Il est alors possible de différencier des espaces selon leur biodiversité potentielle.
Les écopaysages d’un territoire peuvent être analysés à de multiples échelles, depuis le paysage que l’on voit d’un seul regard jusqu’au paysage régional qui ne peut être vu que par des images satellites.
À chaque échelle, nous cherchons à comprendre comment sont arrangés les différents éléments qui composent ces paysages pour en dégager les propriétés écologiques.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 54
Exemples de différentes échelles d’écopaysages. Source : L’approche écopaysagère. Assistance Continuités Ecologiques en Nouvelle Aquitaine.
En vue d’apprécier les écopaysages sur Saint-Jean-Pied-de-Port, deux cartes ont été produites.
La première carte produite au 1/100 000ème permet d’apprécier la position de la commune de Saint-Jean-Pied- de-Port à l’échelle du territoire Garazi-Baigorri. La fenêtre d’analyse utilisée a été de 55 ha et le nombre d’écopaysages limité à 5, ces critères permettant de faire ressortir les écopaysages dominants et cohérent pour cette échelle de carte.
Sur ce secteur géographique de l’Agglomération Pays Basque, on constate la prédominance d’écopaysages agro- pastoraux et forestiers sur les reliefs montagneux, et un écopaysage prairial dans les fonds de vallée. Deux écopaysages plus marginaux apparaissent, les écopaysages urbanisés et de culture.
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est localisée en fond de vallée et s’inscrit donc dans un écopaysage dominé par les prairies. Les autres milieux (boisements, cultures, landes, artificialisation) sont présents mais ne sont pas dominants (à cette échelle d’analyse).
A cette échelle d’analyse, l’écopaysage artificialisé couvre une importante partie du territoire.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 55
Ecopaysages dominants sur le secteur Garazi-Baigorri (maille de 55 ha, 5 classes). Source : APGL.
La seconde carte produite au 1/50 000ème est centrée sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port et englobe tout ou partie des communes voisines, afin d’apprécier le contexte intercommunal. La fenêtre d’analyse utilisée a été de 9 ha et le nombre d’écopaysages de 10. Ces deux variables permettent d’obtenir une carte plus détaillée, avec des écopaysages dont la délimitation est ajustée, en distinguant des écopaysages composés de deux ou trois milieux dominants (mixtes).
Avec des critères d’analyse plus précis, cette seconde carte confirme les écopaysages dominantes relevés dans la première carte. Sur le territoire communal, les deux écopaysages artificialisés et prairial restent équivalents. Une trame boisée ressort le long de la Nive, mais reste marginale et isolée dans l’écopaysage prairial.
Sur les territoires voisins, d’autres écopaysages se déclinent, relevant des paysages mixtes, mêlant les boisements, prairies, landes.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 56
Ecopaysages dominants sur Saint-Jean-Pied-de-Port et les communes voisines (maille de 9 ha, 10 classes). Source : APGL.
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, les écopaysages font ressortir deux trames dominantes :
• Une trame d’espaces artificialisés sur une moitié nord,
• Une trame de milieux prairiaux sur une moitié sud.
La trame des milieux prairiaux est composée dans une moindre mesure de milieux boisés qui ponctuent cette trame.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 57
LA NATURALITE DU TERRITOIRE
La naturalité représente le processus dynamique écologique « le moins contrarié » par l’Homme. Il s’agit d’un gradient progressif qui traduit généralement la présence croissante de milieux semi-naturels et naturels dans un espace. La naturalité est souvent inversement proportionnelle à l’intensification des activités humaines d’un milieu.
La durabilité écologique d’un paysage est favorisée par la présence d’éléments « naturels » et « semi-naturels ». Les paysages où la biodiversité est la plus élevée sont ceux où les taches d’habitats « naturels » peuvent assurer leur fonctionnement. Pour cela, les taches doivent être en nombre et en taille suffisante, pour pouvoir abriter des populations d’espèces à partir desquelles les individus se dispersent et permettent aux réseaux alimentaires de se complexifier.
L’évaluation de la naturalité du territoire peut être cartographiée synthétiquement en appliquant des valeurs de 1 à 10, à chaque milieu de l’OCS2015. La valeur 10 caractérisant un milieu à forte naturalité. Une valeur a été attribuée à chaque niveau de code3 de l’OCS 2015. Par exemple, une valeur de 1 a été attribuée au code 111 (tissu urbain continu), une valeur de 2 a été attribuée au code 211 (terres arables), une valeur de 6 a été attribué au code 231 (prairie), une valeur de 10 au code 311 (foret de feuillus).
Sur la base de cette pondération, une analyse de la naturalité du territoire a été réalisée. La carte ci-dessous réalisée au 1/100 000° et une maille d’analyse de 49 ha, relève à l’échelle du secteur Garazi-Baigorri, les grands ensembles présentant une forte naturalité.
Evaluation de la naturalité du territoire sur la base d’une pondération de 1 à 10 du niveau 3 de l’OCS2015 (1/100 000° - maille de 49 ha).Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 58
A cette échelle, il ressort :
• Les grands ensembles agro-pastoraux et boisés sur les reliefs, qui bénéficient d’une gestion extensive de l’espace et faiblement impactés par la pression urbaine. Ces grands ensembles présentent une très forte naturalité. On notera que ces grands espaces font l’objet de plusieurs classements dans divers périmètres écologiques (ZNIEFF, ZICO, Natura 2000).
• En fond de vallée, la naturalité est plus faible. L’occupation du sol alterne notamment entre espaces agricoles (prairies, cultures, vignes) et artificialisation, dont les valeurs sont bien plus faibles, et apparaissent sur la carte en orange foncé.
La naturalité du territoire de la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port sur cette carte, est globalement faible à très faible.
La seconde carte de naturalité a été réalisé avec la même pondération mais avec une échelle plus précise, au 1/50 000° et une maille de 9 ha. Cette précision permet d’avoir une lecture plus fine sur la commune.
Cette seconde carte confirme la carte précédente, en relevant la faible naturalité du territoire du fait de l’importante trame urbanisée.
Evaluation de la naturalité du territoire sur la base d’une pondération de 1 à 10 du niveau 3 de l’OCS2015 (1/50 000° - maille de 9 ha).
La naturalité est un indicateur qui dans le cadre d’étude des continuités écologiques peut faire ressortir les réservoirs de biodiversité.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 59
LA TRAME DES ESPACES ARTIFICIALISES
La trame des espaces artificialisés appelée aussi trame grise, n’est pas assimilée aux continuités écologiques.
Les milieux artificialisés constituent une des trames dominantes du territoire. Ces milieux présentent un très faible intérêt pour la biodiversité. Le potentiel d’habitat est infime et se limite à des espaces verts urbains (parc, jardins, haie, bosquets isolés, plaine de sport, golf) fortement influencé par l’intervention de l’homme.
La lecture de la trame grise a son importance afin d’évaluer les zones à enjeux pour la préservation des continuités écologiques.
La carte suivante représente le taux d’artificialisation du sol au 1/35 000°, suivant une maille d’analyse de 9 ha, et un résultat en 4 classes.
Carte du taux d’espaces artificialisés sur une échelle intercommunale (1/35 000° - maille de 9 ha). Source : APGL.
Ces milieux sont très contraignants pour la circulation des espèces animales, du fait des obstacles terrestres (constructions, infrastructures, etc.), des activités humaines, nuisances sonores, pollutions lumineuses la nuit, etc.
Les effets barrières du tissu urbain et des infrastructures linéaires de transport détruisent, fragmentent et altèrent la richesse biologique potentielle de la mosaïque paysagère. La carte suivante illustre avec un gradient de chaleur, l’effet de barrière des espaces artificialisés (surfaces urbanisées et voies de transport). On peut lire cette carte également comme étant une carte de perméabilité pour le déplacement des espèces mais également une carte de quiétude des espaces.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 60
Effet de barrière des espaces artificialisés sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port (1/35 000° - maille de 5 ha). Source : APGL.
Cette carte met en évidence l’effet de barrière de la trame des espaces artificialisés entre la commune de Saint- Jean-Pied-de-Port est les communes voisines d’Ispoure, Saint-Jean-le-Vieux et Uhart-Cize. L’effet de barrière se lit tout particulièrement le long de voies de transport, notamment la RD n°933, limitant fortement la perméabilité du territoire Nord/Sud.
Sur la partie Nord du territoire communal, l’effet de barrière est significatif ne laissant pas apparaitre de trame perméable.
Sur la partie Sud du territoire communal, l’effet de barrière est marqué le long des RD n°428 et 301 et de certaines voies communales dans le prolongement du bourg. L’urbanisation diffuse le long des voies de transport, favoriser le mitage de la trame des milieux ouverts et limite la perméabilité des espaces. Des continuités de milieux perméables (en blanc) s’observent plus facilement en dehors de la commune.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 61
LA TRAME DES MILIEUX OUVERTS
L’utilisation des espaces et les déplacements des individus au sein d’un territoire diffèrent selon le type d’espèce considérée. Les déplacements des espèces dépendent de leur domaine vital qui est nécessaire pour se nourrir, se reposer, se reproduire... La prise en compte des continuités écologiques à différentes échelles spatiales est donc primordiale pour une gestion écologique cohérente sur un territoire et entre les territoires.
Les continuités écologiques sur un territoire peuvent être évaluées en fonction de l’habitat des espèces considérées, de la capacité de déplacement des individus et des relations entre les milieux qui leur sont plus ou moins favorables.
A chaque espèce son échelle de territoire. Exemple d’espèces forestières. Source : Source : L’approche écopaysagère. Assistance Continuités Ecologiques en Nouvelle Aquitaine.
Dans le cadre de l’élaboration du PLU de Saint-Jean-Pied-de-Port, l’étude des continuités écologiques est abordée suivant des trames de milieux dominants (écopaysage) et non suivant une étude ciblée sur des espèces animales cibles. La détermination des continuités écologiques des milieux ouverts permet ainsi de s’intéresser aux fonctionnalités écologiques du territoire pour une très grande diversité d’espèces. En effet, les milieux ouverts permettent à la fois aux mammifères, oiseaux, chiroptères, insectes, d’effectuer tout ou partie de leur cycle de vie.
Pour rappel, une continuité écologique est composée de réservoirs de biodiversité et de corridors.
La détermination des continuités écologiques doit permettre de réduire la fragmentation des habitats afin de faciliter le déplacement des espèces et les échanges entre elles, de relier les espaces à forte naturalité (réservoirs de biodiversité) par l’établissement et la protection des corridors écologiques.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 62
D’autres cartes d’analyse ont été produites afin de préciser la nature et l’architecture de la trame des milieux ouverts à l’échelle intercommunale et communale.
La carte suivante fait ressortir la trame des milieux prairiaux du territoire à travers le taux de couverture, à l’échelle du 1/35 000° et suivant une maille d’analyse de 9 ha.
Carte du taux de prairies à une échelle intercommunale (1/35 000° - maille de 9 ha). Source : APGL.
Les aplats de couleur blanche font apparaitre les parties du territoire qui sont faiblement couverts par des prairies. En vert foncé ressortent les parties du territoire dont le taux de prairies est très important, ce qui est notamment le cas à l’Est.
On constate que la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, s’inscrit dans un contexte local dominé par une trame prairial. Pour rappel, les prairies représentent 42% de l’occupation du sol sur la commune. La trame prairiale est continue avec les communes voisines, Saint-Jean-le-Vieux, Caro, Saint-Michel, Uhart-Cize.
La carte suivante réalisée au 1/35 000° fait ressortir les ensembles prairiaux connectés (clusters ou agrégats) dont la superficie est supérieure à 20 ha. Les ensembles prairiaux qui ressortent correspondent sensiblement aux parties du territoire dont le taux de couverture de prairie est important. Cette carte met en évidence la présence de grandes unités de prairies, dont la continuité s’étend sur les territoires voisins.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 63
Clusters prairiaux de plus de 20 ha à une échelle intercommunale (1/35 000°). Source : APGL.
LA TRAME DES MILIEUX BOISES
Les milieux boisés ne ressortent pas dans l’analyse écopaysagère commune une trame dominante du territoire communal. La trame des milieux boisés est structurante sur les reliefs de la montagne basque.
• La première carte (échelle 1/35 000°, maille d’analyse 9 ha) montre que le taux de boisement sur la commune est très faible.
• La seconde carte (échelle 1/35 000°), montre l’absence d’ensembles boisés connectés d’une taille significative sur la commune et les territoires limitrophes.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 64
Carte du taux de boisement à une échelle intercommunale (1/35 000° - maille de 9 ha). Source : APGL.
Clusters boisés de plus de 20 ha à une échelle intercommunale (1/35 000°). Source : APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 65
LA TRAME BLEUE
Comme cela a été rappelé dans les généralités, la trame bleue est essentiellement définie par le réseau hydrographique. Notamment, les cours d’eau de la Live de Béhérobie et du Laurhibar sont mentionnés dans les listes 1 et 2 des arrêtés du préfet coordonnateur du bassin Adour-Garonne comme des réservoirs de biodiversités et des cours d’eau à enjeux pour les corridors écologiques.
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, la ZNIEFF et le site Natura 2000 classent la Nive de Béhérobie et le Laurhibar. Ces périmètres témoignent de l’intérêt que représentent ces deux cours d’eau pour la trame bleue.
Les enjeux de préservation de la trame bleue vont au-delà du réseau hydrographique et englobent également les milieux humides rivulaires et les milieux inondés lors des crues. Les berges de la Nive de Béhérobie et du Laurhibar ont des profils anthropisés aux abords des zones urbaines. Les tronçons des cours d’eau qui traversent des zones agricoles sont bordés par des végétations boisées et prairies inondées qui participent à la continuité de la trame bleue.
Carte de la trame bleue sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port faisant apparaitre le réseau hydrographique, et les espaces rivulaires (espaces d’intérêt écologique et espaces inondable). Source : APGL.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 66
SYNTHESE DE LA TRAME VERTE ET BLEUE SUR LA COMMUNE
L’analyse des écopaysages permet de distinguer un écopaysage urbanisé sur une moitié nord et un écopaysage prairial sur une moitié sud et Est. L’analyse écopaysagère relève la dimension supra-communale de ces écopaysages, ceux-ci s’étendant aux communes limitrophes.
➢ La trame verte : la sous-trame prairiale
La commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est localisée dans un écopaysage agricole d’espaces ouverts, ou les prairies constituent les milieux dominants. Les cartes d’analyses ont relevé que cette sous-trame est caractérisée à la fois par une densité et un nombre importants de prairies, dont l’étendue est significative et continue à l’échelle supra-communale.
Ces éléments se croisent avec ceux de la TVB du SRADDET qui relevaient l’intérêt du territoire pour la trame des « milieux ouverts de piémont et d’altitude ».
L’analyse a également mis en avant la présence d’une urbanisation diffuse dans la sous-trame prairiale, réduisant la naturalité du milieu, et augmentant l’effet de barrière de l’urbanisation sur le milieu.
Sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port, les enjeux seront de maintenir les corridors écologiques de la sous- trame prairiale, notamment avec les territoires limitrophes, en limitant la fragmentation du territoire induit par le développement de l’urbanisation.
➢ La trame verte : la sous-trame boisée
Les différentes cartes d’analyse ont montré le faible enjeu que représente la sous-trame boisée sur la commune. En effet, le taux de couverture de boisé est très faible et on note l’absence d’agrégat forestiers significatifs. Les réservoirs de biodiversité de la sous-trame boisée sont localisés en dehors de la commune, et aucun corridor boisé reliant ces réservoirs de biodiversité n’est identifié sur le territoire communal.
S’il n’existe pas d’enjeu pour les continuités écologiques (réservoirs de biodiversité et corridors) de la sous-trame boisée sur la commune, il convient de rappeler que la présence de boisements sur le territoire et notamment au sein de la sous-trame prairiale, présence un intérêt en terme de mosaïque d’habitats. Les boisements sont à protéger en ce qu’ils permettent à certaines espèces d’assurer une partie de leur cycle de vie.
➢ La trame bleue
Si la trame bleue n’apparait pas en tant qu’un écopaysage, elle est matérialisée sur la commune par la présence de deux cours d’eau majeurs. Il convient de préserver la qualité du milieu aquatique, de préserver les milieux humides rivulaires, et de préserver les espaces inondés qui participent à la dynamique naturelle des cours d’eau.
➢ Les éléments de fragmentation
La trame d’espaces artificialisés constituée par l’urbanisation continue entre la commune de Saint-Jean-Pied-de- Port et certaines communes voisines, forme un effet de barrière qui ne permet de pas de lire des échanges biologiques sur moitié nord du territoire, et limite la perméabilité du milieu sur une moitié sud. Il conviendra de limiter l’effet de l’urbanisation sur la fragmentation de la sous-trame prairiale.
Bien qu’étant des éléments naturels, les principaux cours d’eau que sont le Laurhibar et la Nive de Béhérobie, forment des barrières infranchissables pour la majorité des espèces terrestres.
L’illustration page suivante, illustre les principes de continuités écologiques sur la commune.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 67
Schéma des continuités écologiques sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : APGL, SITU.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 68
6. LE PAYSAGE ET LE PATRIMOINE
6.1 CONTEXTE PAYSAGER
Le village de Saint-Jean-Pied-de-Port appartient au pays de Cize, dans la province basque de la Basse Navarre. La
Basse Navarre est définie dans l’Atlas des paysages en Pyrénées-Atlantiques par son paysage agricole marqué
par l’économie pastorale. L’entité Haute Nive comprend sept unités paysagères dont le bassin de Saint-Jean-Pied
de Port qui est la principale ville du secteur. Le territoire est marqué par le contraste ente agitation touristique
de la ville et silence des landes environnantes. Le relief est caractérisé par ses rondeurs soulignées par des
cultures qui lui apportent graphisme et texture avec des vues immenses plus en altitude.
La ville s’est développée dans un bassin entouré de montagnes, de part et d’autre de la Nive de Béhérobie, au
flan d’une colline aujourd’hui dominée par la citadelle à plus de 80m d’altitude.
Extraits de l’Atlas des Paysages en Pyrénées AtlantiquesCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 69
Le paysage autour de Saint-Jean-Pied-de-Port est caractérisé par la diversité des entités paysagères qui
s’imposent au regard créant un relief marqué et contrasté (montagnes, collines, vallées, plaine). La perception
de ce paysage dépasse les limites communales et varie suivant la position d’observation :
• Les montagnes : Les montagnes accrochent le regard et ferment l’horizon autour de Saint-Jean-Pied-
de-Port. Les montagnes les plus proches (Pic d’Arradoy, mont Jarra) limitent les vues vers le Nord créant
un paysage confiné. Les montagnes plus lointaines forment une toile de fond remarquable. Les
montagnes forment une unité paysagère massive visible à la fois depuis la plaine et depuis les points
hauts. On note l’absence d’urbanisation sur les sommets et sur leurs flancs. Les montagnes sont
traditionnellement liées aux activités sylvicoles, pastorales et agricoles qui participent à la qualité et à
l’identité du territoire.
• Les collines : Les collines présentent des courbes douces et harmonieuses malgré les ruisseaux qui les
entaillent et qui attirent le regard. Les collines ponctuent la plaine et offrent des vues sur le site de Saint-
Jean-Pied-de-Port. On peut citer la colline de la citadelle (233m) et la colline Curutchamendy (289m) au
sud de la ville. Certains villages du secteur se sont adossés à ces petites collines qui dominent la plaine.
Des monuments peuvent être édifiés sur ces points hauts, comme pour la citadelle de Saint-Jean-Pied-
de-Port. Ils constituent alors des points de repère dans le paysage et des points d’appel du regard.
• La plaine : la plaine alluviale est caractérisée par un relief doux et peu élevé. Elle est traversée par les
Nives. La plaine est ponctuée par les zones urbanisées des villages qui s’y sont implanté (Saint Jean le
vieux, Ispoure, Saint-Jean-Pied-de-Port pour sa ville basse, ses faubourgs et ses extensions urbaines).
C’est dans la plaine que s’est développé l’essentiel du réseau viaire et de l’habitat sur le secteur.
Ces entités paysagères sont enrichies par la présence d’un patrimoine riche et diversifié, mis en valeur par la
présence des espaces agricoles, des éléments vivants (boisements, haies…) et des perspectives nombreuses. Le
réseau viaire bien structuré et sa configuration en étoile à partir de Saint-Jean-Pied-de-Port favorisent les vues
sur le site et sa découverte.
La ville de Saint-Jean-Pied-de-Port s’est développée de part et d’autre de la Nive de Béhérobie. Elle est située
entre les ruisseaux de la Nive d’Arnéguy et du Laurhibar qui constitue la limite Nord du territoire communal. Ces
cours d’eau se jettent au Nord-ouest de la commune au lieu-dit "les trois eaux", pour former ensuite "La Grande
Nive". La confluence des rivières a en effet permis la réalisation de franchissements déterminants dans le
processus de développement urbain sur ce secteur de plaine situé en bas du bassin versant.
D’une superficie de 2,75 km², la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port est assez peu étendue. L’urbanisation de
Saint-Jean-Pied de Port résulte d’un développement autour de plusieurs centralités historiques et d’urbanisation
plus récente. Elle s’étend aujourd’hui au-delà des limites communales faisant avec les communes d’Ispoure,
d’Uhart-Cize et de Saint-Jean une seule agglomération.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 70
Les constructions et le relief du territoire communal. Source : APGLCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 71
6.2 LES QUARTIERS HISTORIQUES ET LE PATRIMOINE
Le patrimoine de Saint-Jean-Pied-de-Port réside dans ses nombreux monuments mais également dans l’organisation urbaine des constructions qui composent la ville. Cette richesse du patrimoine bâti a su être préservée au fil du temps. Il s’agit des maisons du centre médiéval situé le long de la rue d’Espagne et de la rue de la Citadelle mais également des maisons hors les murs, au sein des faubourgs, dans le quartier d’Ugange notamment. On note aussi la présence d’un patrimoine riche lié à l’eau et de constructions plus récentes, au style néo-basque qui participent à l’accompagnement architectural du patrimoine local.
Le patrimoine bâti intra et extra muros est intéressant tant pour sa valeur architecturale et paysagère qu’historique. Il contribue à la lecture urbaine de la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port et à son identité.
Les quartiers historiques de Saint-Jean-Pied–de-Port. Source : APGL64
La commune dispose d’un patrimoine remarquable, fondé sur plusieurs composantes :
• Une inscription de la ville au pied de l’éperon où domine la citadelle,
• Une trame urbaine organisée en deux quartiers au pied de la citadelle et de part et d’autres de la Nive de Béhérobie protégés par un mur d’enceinte et des portes,
• Une logique constructive fondée sur un parcellaire en lanières, composant une valeur des murs pignons, mais également des jardins et des murs de clôtures,
• Une valeur architecturale dont témoignent à la fois la présence de plusieurs Monuments Historiques, mais également de nombreuses maisons préservées.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 72
Ces nombreux intérêts ont conduit la commune à mettre en place diverses orientations de mise en valeur Elle a souhaité notamment s’engager dans l’établissement d’un Site Patrimonial Remarquable, à même de mieux accompagner son développement et la valorisation de la ville.
Le rapport joint en annxe du Rapport de présentation (Pièce A.6) a pour objectif de comprendre les composantes du site et de conduire à la définition du périmètre du Site Patrimonial Remarquable.
En parallèle, une démarche d’élaboration d’un Périmètre de Délimitation des Abords (PDA) a été réalisé afin d’adapter le périmètre de protection à la réalité géographique du site (Articles L 621 30 et L 621 31 du Code du Patrimoine). Ce périmètre a été adopté par arrêté préfectoral en date du 21 Novembre 2023.
L’articulation du PLU avec ces deux dispositifs devra permettre une prise en compte des enjeux patrimoniaux, urbains et paysagers aux différentes échelles.
Depuis le 9 juillet 2022, le Conseil Communautaire de la Communauté d’agglomération Pays Basque a approuvé le projet de périmètre du SPR. Le 6 septembre 2023, l’arrêté ministériel portant classement au titre des SPR a été adopté par le Préfet.
La CAPB et la commune travaille depuis, sur l’élaboration du règlement qui y sera associé.
Délimitation du SPR de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : Atelier LavigneCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 73
LES SITES INSCRITS
La commune est concernée par les sites inscrits de « la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port » (arrêté du 29/01/1944) et des « rives de la Nive » (arrêté du 18/01/1935).
Les sites inscrits sur la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : APGL.
LES MONUMENTS HISTORIQUES
La protection au titre des monuments historiques est une servitude d’utilité publique fondée sur l’intérêt patrimonial d’un bien. La législation distingue deux types de protection : les monuments classés et les inscrits.
Sont classés parmi les monuments historiques, « les immeubles dont la conservation présente, au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt public ». C'est le plus haut niveau de protection.
Sont inscrits parmi les monuments historiques « les immeubles qui, sans justifier une demande de classement immédiat au titre des monuments historiques, présentent un intérêt d’histoire ou d’art suffisant pour en rendre désirable la préservation ».
En dehors des travaux d'entretien dispensés de formalités en application de l'article L. 621-9 du Code du patrimoine, l'immeuble classé au titre des monuments historiques ne peut être détruit ou déplacé ou être l'objet de travaux sans autorisation délivrée par le préfet de région.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 74
Les monuments historiques et les servitudes de protection. Source : APGL.
On recense sur la commune, deux monuments classés et trois monuments inscrits au titre des Monuments Historiques :
• La maison « de Mansart » inscrite le 27/06/1934 ;
• La prison des Evêques inscrite le 03/09/2012 ;
• L’église Notre-Dame inscrite le 19/05/1925 ;
• La citadelle classée le 22/01/1963 ;
• Les remparts classés le 02/12/1986.
Ces monuments génèrent des servitudes de protections autour d’eux dans un rayon de 500 mètres. Le territoire est impacté par les servitudes de protection de monuments historiques présents sur les communes voisines :
• La redoute de Kurutchamendy inscrite le 31/12/1992 présente sur la commune d’Uhart-Cize ;
• L’église de Notre Dame de l’Assomption inscrite le 18/04/2014 présente sur la commune d’Uhart-Cize ;
• L’église et la croix de la Magdeleine, deux monuments inscrits, présents sur la commune de Saint-Jean- le-Vieux.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 75
ARCHITECTURE MILITAIRE ET DEFENSIVE : LA CITADELLE ET LES REMPARTS
Le village de Saint-Jean-Pied-de-Port est marqué par l’importance des édifices militaires et défensifs, constitués notamment par la citadelle, les remparts et les portes de la ville.
Panorama sur la ville depuis la citadelle. Source : APGL
• La citadelle classée au titre des Monuments Historiques le 22/01/1963 :
La citadelle bastionnée de Saint-Jean-Pied-de-Port est située au sommet de la colline de Mendiguren qui domine la ville de plus de 70 mètres. La citadelle a été édifiée au XVIIème siècle, à l’emplacement du château fort médiéval dont le donjon fut rasé en 1684. C’est un élément majeur du patrimoine monumental de la ville qui participe à l’identité de la cité. La citadelle est un signal dans la ville et dans l’environnement plus large.
Depuis son promontoire rocheux, cet édifice permettait de voir et d’être vu. En effet, si la colline de Mendiguren est relativement basse par rapport au relief environnant, elle offre toutefois une position dominante sur la vallée et la confluence ainsi que sur les routes majeures. Ce belvédère stratégique offre par ailleurs une base rocheuse solide sur laquelle bâtir cet édifice défensif.
La citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port a subi différentes modifications au fil du temps. Elle constitue un exemple remarquable de fortification bastionnée conçue par l’ingénieur militaire Deville entre 1643 et 1647. Vauban la visitera en 1685 et y proposera des améliorations (architecture des portes, souterrains…) qui ne seront pas toutes réalisées.
La citadelle est entourée de douves sèches et présente deux accès avec l’entrée principale à l’ouest ou porte du Roy rehaussée d’un clocheton baroque et un avec un pont-rempart à l’est. Au 19ème siècle, la citadelle est complétée par un ensemble de redoutes dont l’une, la redoute de Casteloumendy est associée à la citadelle dans une protection commune au titre des monuments historiques
La citadelle abrite aujourd’hui le collège de Saint-Jean-Pied-de-Port et constitue un point de repère majeur dans la ville. Les glacis sont désormais arborés mais laissent voir des vues intéressantes depuis les chemins de ronde.
Entrées Ouest et Est de la citadelle. Source : APGLCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 76
• Les remparts classés au titre des Monuments Historiques le 02/12/1986 :
Autour de la citadelle bastionnée, plusieurs remparts complètent la structure défensive de la place forte de Saint- Jean-Pied-de-Port. L’enceinte urbaine s’est constituée lors de différentes campagnes de constructions qui en font aujourd’hui un ensemble monumental complexe :
Les remparts de Saint-Jean–Pied-de-Port. Source : https://www.st-jean-pied-de-port.fr/decouvrir/histoire- et-patrimoine/patrimoine-culturel/
Les remparts les plus anciens sont constitués par la muraille médiévale qui borde le cœur historique de la ville haute. Ils ont été construits à la fin du XIIIème siècle. La muraille est bâtie en pierres de taille de grès rose de l’Arradoy avec des appareillages remarquables. Un chemin de ronde permet de longer la muraille de la porte de Navarre à la porte de St Jacques alors qu’à l’est de la ville, l’enceinte est reliée au château. Cette muraille est percée de 4 portes en grès qui présentaient historiquement des ouvertures en arc brisés. Ces portes ont subi des modifications successives au fil du temps. On trouve :
- la porte de Navarre, certainement la plus fréquentée, qui ouvrait sur la place du marché médiéval,
- la porte Notre Dame qui fait face à la Nive et qui est prolongée par l’église Notre-Dame qui participe aux fortifications de la ville,
- la porte de France ouvrant historiquement vers le faubourg d’Ugange et l’église Sainte-Eulalie,
- la porte Saint-Jacques, entrée historique des pèlerins en route vers Compostelle mais qui était initialement située plus à l’est. Cette porte a été classé Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco en 1998.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 77
Porte de Navarre, porte de France et porte Saint-Jacques. Source : APGL
Au sud de la Nive, l’enceinte du quartier d’Espagne / quartier St Michel fut édifiée plus tardivement. Démarrés dès la fin du XVIIème siècle, les travaux ne furent achevés qu’au milieu du XIXème siècle. L’enceinte imposante est bâtie en pierre de taille et en tout venant, en remplacement des simples terrassements qui constituaient l’enceinte de ce quartier. Elle est composée de trois parties principales reliées par des tours bastionnées pentagonales. La fortification est percée de 3 portes, la porte d’Uhart à l’ouest, la porte d’Espagne au Sud et la porte d’Eyheraberry à l’Est. La présence importante de stationnement au pied de ces remparts ne participe pas à leur mise en valeur.
Les remparts autour du quartier Saint Michel sont déqualifiés par la présence de stationnement. Source : APGL
Des projets ambitieux avaient été proposés par l’architecte Vauban (englober les trois quartiers de la ville et les moulins dans une vaste enceinte, doubler les fortifications de la citadelle…), mais ces projets revus à la baisse ne furent que partiellement réalisés.
ARCHITECTURE CIVILE
• La prison des Evêques inscrite au titre des Monuments Historiques le 03/09/2012
La prison des Evêques est un édifice médiéval situé dans la ville haute de Saint-Jean-Pied-de-Port au 41 rue de la Citadelle. Cet édifice datant de la seconde moitié du XIVème siècle s’est appuyé sur une élévation voisine du XIIIème siècle. Il aurait accueilli l’ancienne maison de ville de de justice avant de devenir prison civile à la fin du XVIIIème siècle. La prison des Evêques est de style navarrais et présente une porte d’entrée plein cintre caractéristique.
• La maison dite « de Mansart » inscrite au titre des Monuments Historiques le 27/06/1934
La Maison dite Mansart situé place du Général de Gaule fait face aux remparts et à la porte de Navarre. Sa construction date de 1707. La maison de style classique français est construite en grès rouge. Elle présente deuxCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 78
écussons en façade et elle est distribuée par un escalier monumental. La Maison Mansart accueille la mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port depuis 1937.
La prison des Evêques et la maison dite « de Mansart ». Source : APGL
ARCHITECTURE RELIGIEUSE
• L’église Notre-Dame du bout du Pont inscrite au titre des Monuments Historiques le 19/05/1925
L’église Notre-Dame du Bout du Pont est devenue église paroissiale de Saint-Jean-Pied-de-Port à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle. Avant cette date, cette église n’était qu’une chapelle de quartier (Chapelle Sainte Marie). De par son implantation stratégique en bordure de la Nive, au contact du pont principal et d’une des portes de la cité, l’église participe aux fortifications défensives de la ville.
Cette église de style gothique rayonnant présente une nef à deux bas-côtés et deux étages de tribunes. Son style est très éloigné des églises traditionnelles du Pays Basque. L’église Notre-Dame du bout du Pont devenue église Assomption-de-la-Vierge a subi différentes modifications au fil du temps avec des restaurations successives et le remplacement de la toiture du clocher pointu en 1915.
Eglise Notre Dame du bout du Pont. Source : APGL
AUTRES EDIFICES REMARQUABLES
Outre les monuments historiques précédemment listés, la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port abrite également de nombreux édifices remarquables. Certains de ces édifices sont répertoriés dans l’inventaire général du patrimoine culturel de la Base Mérimée. On peut citer notamment :
• Maison de Maitre, au 3 rue de la Citadelle, datant de la fin du XVIIIème ou du début du XIXème siècle,Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 79
• Maison, au 8 rue de la Citadelle datant du début du XVIIème siècle,
• Maison, au 31 rue de la Citadelle datant du milieu du XVIIème siècle,
• Maison Arkanzola, au 32 rue de la Citadelle, datant du 1er quart du XVIème siècle,
• Maison dite Laborde au 39 rue de la Citadelle datant de la fin du XVIème siècle,
• Immeuble, au 9 rue d’Espagne, datant de la fin du XVIIIème siècle,
• Maison de Maitre appelée Mendiri ou maison dite des Etats de Navarre, au 23 rue d’Espagne, datant du début du XVIIème siècle. Elle est caractérisée par son portail navarrais plein-cintre daté de 1610. Elle a accueilli les sessions des Etats de Navarre entre 1758 et 1789,
• Maison de Maitre Etxehandia, au 8 avenue Renaud, quartier d’Ugange, datant du début du XVIIème siècle,
• Diverses maisons et fermes dont les plus anciennes furent édifiées à la fin du XVIème siècle.
Quelques édifices répertoriés dans l’inventaire général du patrimoine culturel de la Base Mérimée. Source : APGL
On peut également citer l’église Sainte-Eulalie située quartier d’Ugange et qui a longtemps constitué la principale centralité religieuse de Saint-Jean-Pied-de-Port. L’église a conservé son statut de chef paroissial jusqu’au milieu du XVIIIème siècle. Elle était entourée par un cimetière. Cette ancienne église de style roman a été édifiée aux environs du XIIIème siècle au pied du château, à proximité de la Nive. Autour de cette église se sont bâties des maisons éparses formant un second noyau dans le village, le quartier d’Ugange. L’église Sainte-Eulalie a aujourd’hui disparu mais des vestiges de son élévation nord et de son portail roman datant du XIIème ou du XIIIème siècle sont encore visibles dans l’actuel bâtiment principal de la maison de retraite.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 80
CARACTERISTIQUES URBAINES DU BOURG MEDIEVAL
Le Bourg castral de Saint-Jean-Pied-de-Port est implanté en contrebas du château, entre la citadelle et le quartier d’Ugange. La ville s’est ensuite développée plus au sud, de l’autre côté de la Nive avec le quartier Saint-Michel plus récent fondé au XIIIème siècle en continuité de la ville haute. D’emprise comparable, ces deux quartiers comptaient au 17ème siècle plus d’une centaine d’habitations réparties de manière assez équilibrée de part et d’autre de la Nive. La comparaison des plans anciens et du cadastre actuel montre une forte persistance du tracé viaire et du parcellaire dans ces deux centres médiévaux.
LE BOURG CASTRAL OU VILLE HAUTE, CONTRAINT PAR SA TOPOGRAPHIE
La ville haute, sur la rive droite de la Nive a bénéficié d’une enceinte maçonnée reliée au château dès 1294. Ce quartier est contraint par sa topographie et s’étire en arc de cercle entre la porte de l’église et la porte Saint- Jaques sur près de 300m. L’espace fortifié se développe sur 100 à 120 m de largeur de part et d’autre de la rue de la Citadelle de 5m de largeur. Outre la rue de l’église, le quartier n’est recoupé que par une seule rue transversale, la rue de France ouvrant sur la porte du même nom. La topographie du site a entrainé la création de soubassements et d’escaliers devant les entrées. Ces derniers servent parfois de bancs de part et d’autre de la rue pavée qui s’étend de façade à façade.
Organisation dans la pente de la ville haute. Source : APGL
LE QUARTIER SAINT MICHEL A LA FORME TRES REGULIERE
Le quartier Saint-Michel sur la rive gauche de la Nive présente une topographie moins marquée que la ville haute. Il bénéficiait au Moyen Age de deux portes et d’une simple clôture terrassée. Ce n’est qu’au XVIIème siècle que le quartier sera protégé par l’enceinte bastionnée. Pour autant, le quartier est très régulier et forme un rectangle d’environ 180m de large sur 200 m de longueur. La voie principale ou rue d’Espagne est légèrement plus large que la rue de la Citadelle avec 6 à 8 m de largeur. On trouve 3 voies perpendiculaires à la rue d’Espagne avec la rue d’Uhart, la rue de la Fontaine et le chemin de la Liberté.
COMPOSITION URBAINE BIEN PRESERVEE DE TYPE « VILLE NEUVE »
Le centre historique de Saint-Jean-Pied-de-Port est caractérisé par un parcellaire en lanière implanté perpendiculairement à une voie de circulation, la rue de la Citadelle ou rue St Pierre pour la ville haute et la route d’Espagne pour le quartier Saint-Michel. Le parcellaire présente une régularité bien préservée caractéristique des villes neuves médiévales appelés aujourd’hui castelnaux. Les parcelles en lanières sont assez profondes (environ 55m pour la ville haute et 85 m pour la ville basse), et relativement étroites avec environ 6 à 7 m de large.
Cette organisation urbaine est marquée par la présence d’habitations implantées symétriquement par rapport à la voie, certainement en encorbellement sur la rue dans leur forme originelle puis à l’alignement sur l’espace public dès le 17ème siècle. Les maisons sont implantées en ordre continu ce qui crée une forte densité bâtie côté rue et une ambiance très minérale. Malgré cette implantation en limites séparatives, on trouve quelquesCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 81
venelles, petits espaces entre les constructions permettant l’aération ainsi que l’écoulement eaux de pluie. L’essentiel des commerces était traditionnellement implanté de part et d’autre de la rue pavée, dans la ville haute comme dans le quartier Saint-Michel. La présence de commerces au rez-de-chaussée est encore marquée dans le centre historique et renforcée par le caractère touristique de la ville.
Venelles et front bâti continu dans la ville haute. Source : APGL
LE ROLE STRUCTURANT DES JARDINS DANS L‘ORGANIATION URBAINE
Sur les parcelles en lanière, la profondeur réduite du bâti (une vingtaine de mètres environ) laissait une large place au végétal avec les jardins qui se développaient en longueur à l’arrière des maisons. Dans la ville haute, la topographie marquée a ainsi entrainé des jardins au nord en creux, vers le rempart médiéval et des jardins au sud se développant sur la bute contre la colline. Ces jardins étaient généralement clôturés en maçonnerie et on retrouve encore des vestiges de ces murets. Ces jardins privés sont encore visibles depuis les ouvrages fortifiés et leur préservation permet de mettre en valeur la topographie du site, la structure parcellaire historique et l’organisation spatiale de la ville. Ils contrastent avec l’ambiance très minérale et dense des rues médiévales et ils font écho à la campagne agricole environnante.
L’importance du végétal dans le bourg médiéval reste aujourd’hui marquée et les devantures des maisons et des magasins sont souvent plantées et fleuries. Ces plantations participent à la qualité de l’espace et l’animent de leurs couleurs et de leurs formes.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 82
Coupe transversale sur le bourg castral. Source : https://www.st-jean-pied-de-port.fr/decouvrir/histoire- et-patrimoine/patrimoine-culturel/
DENSIFICATION DU BOURG MEDIEVAL
L’organisation urbaine en lanière de Saint-Jean-Pied-de-Port est très représentative des bourgs neufs médiévaux et elle a été préservée au fil du temps. Pourtant, depuis le 19ème siècle on peut assister à une densification du bâti sur ces parcelles. La comparaison des plans anciens et du cadastre actuel montre que cette évolution s’est faite de manière continue avec des extensions assez modestes au départ, à l’arrière des bâtiments originaux, mais également en fond de jardin, créant un front bâti d’autre part, comme on peut le voir dans la partie ouest du quartier Saint-Michel.
Cette densification progressive a ainsi entrainé peu à peu la disparition des jardins. Certains de ces jardins ont conservé leur usage originel de potagers pour les habitants mais la construction de cabanons, de terrasses ou de murets trop imposants nuisent parfois à leur lisibilité urbaine.
CARACTERISTIQUES URBAINES DE L’HABITAT DANS LE BOURG MEDIEVAL
Les caractéristiques architecturales de l’habitat dans le bourg médiéval de Saint-Jean-Pied-de-Port témoignent bien des différentes périodes du développement urbain. L’architecture s’insère dans les limites du parcellaire en lanière caractéristique ce qui incite à construire en hauteur sur plusieurs étages. Les maisons se développent généralement en R+1 ou en R+2 dans le cœur médiéval. Les niveaux de toits suivent ainsi la topographie du site.
MAISONS EN ELEVATION A PANS DE BOIS
Dans le bourg médiéval de Saint-Jean-Pied-de-Port et notamment dans le secteur de la Citadelle, on trouve encore quelques maisons qui présentent une façade à pan de bois, datant du 16ème ou 17ème siècle. Ce système constructif permettait la construction en encorbellement sur l’espace public avec généralement un pignon sur rue. Les maisons à pans de bois du quartier de la citadelle présentent un ou deux étages en débord, encadrés parfois par les encorbellements des têtes de murs latéraux. Certaines présentent des remplissages en briques posées en épi. Ces édifices sont les témoins d’une époque de la constitution de la ville. Le rez-de-chaussée des maisons à pans de bois est souvent maçonné et parfois laissé en pierres apparentes.
Maisons à pans de bois dans la ville médiévale. Source : APGLCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 83
MAISONS DE VILLE MACONNEES
C’est à partir du 17ème siècle qu’une mutation s’observe avec la reconstruction des façades de la ville en application des règles d’alignement sur la rue. Les faitages et les égouts deviennent alors principalement parallèles à la rue. Les maisons reconstruites du 17ème au 19ème siècle constituent l’essentiel du patrimoine architectural du noyau ancien de Saint-Jean-Pied-de-Port. Ces maisons forment un paysage urbain très homogène.
Les constructions sont caractérisées par l’utilisation de pierre de tailles locales comme le grès rouge, ou la pierre blanche calcaire. Ces matériaux sont appareillés et parfois parementés pour former des jeux de damiers en façade créant une polychromie. Sur les édifices les plus anciens (essentiellement ville haute) on trouve de larges portes plein cintre de type roman, mis en valeur par un large clavage. Les pierres de tailles présentent parfois des linteaux sculptés ou gravés. Lorsque les façades sont enduites, le badigeon blanc à la chaux apporte une unité sur les façades et une lisibilité de la composition architecturale.
Maisons de ville en pierre dans la ville médiévale. Source : APGL
L’identité basque ou navarraise des façades qui composent le paysage urbain réside principalement dans la qualité et la richesse des éléments de second œuvre. On trouve des balcons de ferronnerie très travaillés essentiellement dans la ville basse qui traduisent le caractère bourgeois des maisons de ville. Les avants toits ouvragés aux chevrons moulurés, les lambrequins et les galeries à balustrades (exposées sud) participent également au vocabulaire architectural local. Les époques de constructions se superposent parfois et on peut noter sur les menuiseries les plus anciennes la présence de baies recoupées à petit bois et de volets intérieurs à panneaux. Ces éléments animent les façades et participent à la qualité de chacune d’entre elle mais également à l’authenticité de l’ensemble architectural.
Les teintes des matériaux de constructions (pierre, chaux) sont complétées par le rouge et le vert traditionnel du pays basque que l’on retrouve sur les boiseries et sur les volets à persienne des étages et ceux pleins des Rez-de- Chaussée. L’ensemble crée un jeu d’ombre et de couleurs sur l’espace public. Et participe à l’harmonie de cet ensemble urbain remarquable.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 84
Quelques détails architecturaux des maisons du bourg médiéval. Source : APGL
ORGANISATION INTERIEURE DE L’HABITAT MEDIEVAL
Sur les parcelles en lanière de Saint-Jean-Pied-de-Port, l’habitat s’organise en hauteur autour d’un escalier qui occupe souvent une position centrale au cœur de la maison. Cette distribution rappelle l’influence de l’architecture civile bayonnaise sur le secteur. Ces escaliers sont parfois monumentaux et peuvent être surmontés de puits de jour pour favoriser l’éclairage naturel sur la partie centrale de la maison.
La densification progressive du bâti a entrainé la création de pièces aveugles ou en second jour dans le tissu médiéval. La création et la multiplication de dispositifs zénithaux de type verrière dans les toitures traduit bien la densification qui a été à l’œuvre. On trouve ce genre de dispositifs dans la ville de Bayonne qui a pu servir de modèle pour ces adaptations. Aujourd’hui, la présence de pièces aveugles ou en second jour ne répond plus aux exigences en matière de confort et de qualité de vie.
LE RAPPORT A L’EAU
De par son implantions de part et d’autre de la Nive de Béhérobie, la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port entretient un rapport étroit à l’eau et au réseau hydrographique. Le long de la Nive, les ambiances varient d’un environnement très urbain dans le centre ancien à un paysage plus naturel et végétal assez préservé en périphérie. On trouve aussi sur la commune un certain nombre d’édifices témoignant de ce lien historique et participant à la qualité urbaine de la ville et de ses environs.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 85
Ambiances paysagères variées le long de la Nive. Source : APGL
Les moulins royaux se sont établis dès 1220 sur la Nive avec notamment un moulin rive droite et un moulin rive gauche. On trouve encore quelques soubassements médiévaux qui subsistent sous ces moulins aujourd’hui transformés et parfois dégradés par les restaurations successives et les aménagements récents.
Plusieurs ponts et passerelles franchissent la Nive à Saint-Jean-Pied-de-Port. Deux de ces traversées sont relativement anciennes et sont déjà visibles sur les plans historiques de la ville :
- Le pont d’Eyheraberria est bâti en remplacement d’un pont originel dont on peut voir les vestiges à proximité. Le pont originel évitait le bourg à l’est et semble avoir précédé l’établissement de la ville. Il semble correspondre au franchissement de la voie antique Dax-Pampelune. La valeur de l’édifice actuel réside dans sa constitution archaïque en dos d’âne et dans sa situation dans un environnement arboré préservé. Le pont Eyheraberria daterait du XVIIème siècle.
- Le pont Notre-Dame relie les deux parties de la ville médiévale, la ville haute et la ville basse. Il était sous surveillance directe du château et assujetti à péage. Cet ouvrage du XIXème siècle est mis en valeur par son cadre bâti constitué par l’église, la porte Notre Dame et les arcades médiévales des maisons de la rive gauche, On peut admirer cet ouvrage depuis les autres franchissements de la Nive.
Le pont d’Eyheraberria et le pont Notre-Dame à Saint-Jean-Pied-de-Port. Source : APGLCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 86
LE BATI ANCIEN DU QUARTIER D’UGANGE ET DES FAUBOURGS
LES EXTENSIONS ANCIENNES ET LES FAUBOURGS
Le quartier d’Ugange ou « ville basse » s’est développé depuis le Moyen Age autour de l’église Saint Eulalie qui constituait la centralité religieuse de Saint-Jean-Pied-de-Port. Il est bordé par la RD 933 d’une part, par la Nive et par la rue Sainte Eulalie d’autre part. Le quartier a tout d’abord été constitué de maisons éparses que l’on peut encore identifier. L’architecture rurale formée par les corps de ferme traditionnelle de basse Navarre a peu à peu laissé la place à des typologies plus urbaines sur le secteur.
En dehors du quartier d’Ugange, la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port s’est également développé dans le faubourg d’Uhart dont les maisons prolongent l’agglomération voisine d’Uhart-Cize et le faubourg Saint Jacques, prolongeant au nord la rue de la citadelle. Ces faubourgs étaient déjà constitués au 18ème siècle.
La ville de Saint-Jean-Pied-de-Port s’est donc rapidement étendue au-delà de sa double enceinte et des portes de la cité. Portée par la croissance démographique de la cité, la ville a rapidement développé son caractère urbain qui perdure aujourd’hui.
UN DEPLACEMENT DES FONCTIONS PRINCIPALES DE LA VILLE
Le développement des quartiers extra-muros de Saint-Jean-Pied-de-Port est également lié au déplacement hors les murs des lieux de vie et notamment du marché dans l’espace qui sépare le bourg castral du quartier d’Ugange. Le détournement de l’axe routier hors les murs semble avoir été pensé dès le 18ème siècle et a entrainé une modification profonde et un déplacement des fonctions économiques autour de la place du marché. Cela a permis de ressouder le bourg castral au quartier d’Ugange au niveau de l’ancien tour de ville. Un front bâti s’est alors constitué sur l’enceinte de la ville basse et en bordure du quartier d’Ugange. Ce déplacement des fonctions urbaines hors des murs a participé au développement important du faubourg d’Ugange et à son développement en densification du tissu urbain existant à partir du XIXème siècle.
Ancienne école publique et maison de retraite dans le quartier d’Ugange. Source : APGL
MAISONS NOTABLES FAUBOURIENNES
A l’extérieur de la ville close, d’amples maisons bourgeoises se sont donc construites sur de vastes parcelles aménagées en jardins. Ces bâtisses remarquables sont caractérisées par leurs portails plein cintre et leur larges pignons couverts par un débord de toit. Certaines présentaient une distribution spécifique avec pour les maisons aristocratiques telles que l’actuel hôtel de ville une ampleur distributive remarquable. Les maisons les plus imposantes et les plus récentes présentent une toiture à quatre pentes et sont implantées sur la rue ou en retrait partiel, généralement en R+1 ou en R+2. La densification urbaine a peu à peu entrainé des divisions parcellaires et des nouvelles constructions se sont construites dans les jardins des maisons initiales. Les maisons notables sont aujourd’hui intégrées aux tissus urbains des faubourgs.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 87
Quelques maisons notables hors les murs. Source : APGL
LE PATRIMOINE RURAL
En dehors des faubourgs et du quartier d’Ugange, on trouvait sur la commune quelques constructions rurales, de type fermes. Ces maisons du XVIIème et du XVIIIème siècle sont encore visibles à la périphérie de la ville, dans les quartiers Taiapalde et Portaleburu notamment. Ces fermes sont généralement implantées à l’alignement de la voie et étaient destinées à accueillir la famille et le bétail. Leur organisation est étroitement liée aux pratiques agricoles traditionnelles. Les fermes de Saint-Jean-Pied-de-Port présentent une toiture à deux pentes parfois asymétriques (extensions successives) et sont caractérisées par la présence d’encadrement des baies et de chainages d’angles en pierre. La porte principale est généralement cintrée.
Fermes navarraises. Source : APGL
En dehors des fermes et des constructions anciennes, le patrimoine rural de Saint-Jean-Pied-de-Port est également lié à la présence d’activités agropastorales et à la qualité des espaces agricoles et naturels (traitement des clôtures, végétation remarquable…). Les murets, les clôtures, les haies, les boisements et les arbres isolés participent ainsi à la qualité du paysage de Saint-Jean-Pied-de-PortCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 88
LE QUARTIER DE LA GARE – LES VILLAS
L’arrivée du chemin de fer et de la liaison avec Bayonne fin 1898 a participé à l’essor économique, commercial et touristique de Saint-Jean-Pied-de-Port. A cette période, l’urbanisation s’est étendue dans la plaine entre le bourg et le terminus du chemin de fer formant le quartier de la gare.
Avec la percée de l’Avenue Renaud permettant de relier le quartier d’Ugange et la gare on voit apparaitre de part et d’autre de cette voie et de la rue du Onze Novembre des villas et des résidences non mitoyennes sur des parcelles généreuses aménagées en parcs et en jardins. Dans le prolongement des faubourgs anciens de Saint- Jean-Pied-de-Port, ces avenues ouvrent des perspectives sur les collines environnantes. L’avenue Renaud avec son double alignement d’arbres met bien en scène ces perspectives ainsi que les villas bourgeoises. Les jardins et les alignements d’arbre offrent un caractère verdoyant au secteur mais la présence actuelle de stationnement de part et d’autre de la voie banalise toutefois le paysage.
Dans ce quartier, l’architecture s’inspire de différents mouvements tels que le style néo-basque que l’on trouve dans les constructions de villégiatures sur la côte mais aussi du style colonial avec le retour des Amériques de nombreux basques partis y faire fortune ou encore d’influences plus classiques.
Ces villas qui datent de la fin du XIXème et du début du XXème siècle sont généralement implantées en retrait de la voie. Elles sont imposantes, sur un plan généralement aussi long que large et se développent sur deux niveaux avec des combles aménagés. Les toitures sont à deux ou quatre pans (toits pointus en pavillons). Les façades sont animées de lucarnes et de balcons en bois ou en ferronneries autour des grandes baies qui apportent la lumière. Les maisons sont surélevées avec un perron d’entrée pour s’adapter au terrain marécageux. Elles sont souvent desservies par un hall et un escalier imposant. Les jardins bien entretenus sont clôturés par de murs bahuts surmontées de grilles en ferronneries et percés de portails.
Parmi ces villas remarquables on peut citer la villa Atherbéa en recul de la voie et desservie par une allée, la villa Névada aux inspirations de Louisiane, ou encore les villas Amatchi au style néo basque. Le long de rue du Onze Novembre, l’architecture est plus homogène entre les demeures qui portent le nom de leurs propriétaires.
Avenue Renaud et villas. Source : APGL
Villas de la rue du 11 Novembre. Source : APGLCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 89
LES DEBUTS DU STYLE NEO-BASQUE
Avec la facilité d’accès à Saint-Jean-Pied-de-Port et l’essor touristique, des hôtels et immeubles se développent entre le bourg castral au quartier d’Ugange au niveau de l’ancien tour de ville. Des constructions sont surélevées d’un étage pour aménager des chambres supplémentaires. On peut citer l’hôtel de France, l’hôtel des Pyrénées ou encore le relais de la Nive.
Les constructions se modernisent à Saint-Jean-Pied-de-Port et on assiste à l’apparition d’un nouveau style architectural : le style néo-basque. Ce style imaginé dans les années 20 par des architectes bayonnais tend à s'inspirer de l'architecture typique du Pays basque et notamment de la maison rurale traditionnelle labourdine tout en la renouvelant. Il s’est imposé à ses débuts dans des programmes de villégiature il s’est peu à peu étendu pour devenir une référence obligée. Le style néo-basque respecte généralement les volumes et les implantations caractéristiques de l’architecture rurale locale.
Certaines constructions de Saint-Jean-Pied-de-Port sont fortement influencées par ce style architectural. On trouve des éléments qui tendent à rappeler le style labourdin : pans de bois et contrevents peints en rouge ou en vert, toit à double pente en tuile canal, façade pignon peinte en blanc, portes en plein cintre surmontées d’une inscription, usage du grès coloré local.
Le style architectural néo-basque a perduré durant tout le 20ème siècle et on le trouve à la fois sur des établissements hôteliers, sur des bâtiments institutionnels (la poste – néo basque tardif) puis peu à peu il s’est imposé dans l’architecture domestique.
Architecture néo-basque. Source : APGLCommune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 90
7. LA SYNTHESE ET LES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
7.1 SYNTHESE DE L’ETAT INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT
Le tableau suivant dresse une synthèse du profil environnemental du territoire.
THEME ATOUT FAIBLESSE
Milieu
physique
Localisation dans un contexte topographique
(bassin entouré de montagnes) et géologique
remarquable, offrant un cadre paysager
qualitatif.
Relief marqué de piémont de montagne,
induisant la présence de risques naturels et
des contraintes à l’aménagement.
Climat océanique tempéré.
Changement climatique marqué par des
évènements météorologiques plus intenses et
fréquents.
Territoire traversé par deux cours d’eau
valorisant le paysage et la qualité de vie.
Territoire situé à l’aval de deux bassins
versants et à la confluence de deux cours
d’eaux dont un à régime torrentiel.
Risques
majeurs
Inventaire des risques dans le dossier
départemental des risques.
PPRI approuvé le 25/09/2019 règlementant la
construction dans les zones à risques
inondations.
Absence de risques technologiques ou
industriels significatifs.
Territoire concerné par de nombreux risques
naturels (inondations, mouvements de sol,
feux de forêt)
Impact des débordements des cours d’eau de
la Nive de Béhérobie et du Laurhibar sur des
zones bâties (habitats et activités).
Présence d’une installation classée ICPE
(abattoir).
Pollutions
et
nuisances
Absence de sites pollués (BASOL/SIS).
Connaissance et localisation d’anciens sites
industriels et activités de services.
Gestion des déchets réalisée par la CAPB.
Classement sonore d’une partie de la RD933.
Les secteurs affectés par le bruit restent
limités.
Ressources
naturelles
Ressource foncière agricole encore
significative sur le territoire. Importante
surface en prairie favorable au stockage du
carbone.
Valorisation de la Nive pour la production
d’énergie hydroélectrique sur la commune et
à l’échelle du bassin versant.
Présence d’une chaufferie bois et d’un réseau
de chaleur. Région marquée par une ressource
forestière importante.
Bonne qualité de l’air sur la commune.
Bonne qualité des masses d’eaux
superficielles et souterraines et absence de
pressions significatives.
Bonne qualité de l’eau potable.
Consommation de surfaces agricoles pour le
développement urbain.
Potentiel d’énergie solaire photovoltaïque
présent mais sous valorisé.
Territoire peu favorable au développement de
l’éolien.
Le milieu
naturel
Classement des cours d’eau de la Nive de
Béhérobie et du Laurhibar, ainsi que les
milieux rivulaires humides en ZNIEFF et site
Natura 2000.
Présence avérée et potentielle d’habitats et
espèces d’intérêt communautaire liés aux
milieux aquatiques et humides.
Artificialisation des berges des cours d’eau et
absence de végétation ripicole sur certains
tronçons.
Environ 40% du territoire est artificialisé.
L’occupation du sol restante est dominée par
les prairies. Faible couverture forestière du
territoire.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 91
Territoire s’inscrivant dans une sous-trame de
milieux prairiaux de piémont du Pays Basque.
Sous-trame des milieux prairiaux dense et
connectée au sud et à l’est du territoire.
Classement par arrêté des deux cours d’eau
comme corridors et réservoirs de biodiversité.
Développement de l’urbanisation dans le
bassin de Saint-Jean-Pied-de-Port
fragmentant la sous-trame prairiale et
bocagère
Urbanisation linéaire impactant les corridors
de la sous-trame prairiale (effet de barrière).
Faibles enjeux des corridors écologiques
boisés.
Paysage et
patrimoine
Un site composé d’entités paysagères
fortes et contrastées entre confluence des
cours d’eau, plaine, collines et montagnes.
Des limites urbaines du bourg plutôt bien
marquées par la présence d’éléments
paysagers et naturels de qualité.
Urbanisation linéaire dans la zone rurale.
Un centre historique composé de plusieurs
entités à la forme urbaine distincte avec le
bourg médiéval, la citadelle, le quartier
d’Ugange, les faubourgs historiques et le
quartier de la gare.
Des extensions urbaines pavillonnaires autour
du centre ancien et en discontinuité des tissus
originels le long des voies de circulation avec
des secteurs d’habitat diffus et quelques
opérations en poches de type lotissements.
Architecture du bâti caractéristique de
l’identité du Pays de Garazi.
Inventaire de nombreux périmètres de
protection du patrimoine bâti et architectural.
Une banalisation et une standardisation de
l’architecture néo—basque avec une
dissolution progressive de l’identité locale.
La carte page suivante, reprend les principaux éléments de l’état initial de l’environnement.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 92
Suivant un scénario au fil de l’eau, marqué par l’absence de planification de l’aménagement du territoire traduit dans un document d’urbanisme, certains constats relevés en tant que faiblesse du territoire, sont susceptibles de se poursuivre, tels que :
• La poursuite de l’urbanisation des espaces agricoles et naturels,
• L’étalement de la ville et la fragmentation des trames écologiques terrestres,
• L’augmentation des ruissellements urbains par une imperméabilisation croissante des sols,
• Le risque de dégradation des espaces naturels à forts enjeux écologiques,
• L’augmentation de la vulnérabilité du territoire face aux évènements naturels et climatiques.
La carte page suivante, reprend les principaux éléments de l’état initial de l’environnement.
7.2 LES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
On peut qualifier la notion d’enjeux environnementaux comme étant les questions d’environnement qui engagent l’avenir du territoire, les valeurs qu’il n’est pas acceptable de voir disparaitre ou se dégrader, ou que l’on cherche à gagner ou reconquérir, tant du point de vue des ressources naturelles que de la santé publique ou de la qualité de vie, du patrimoine naturel ou culturel (définition du guide de l’évaluation environnementale des documents d’urbanisme CGDD).
Au regard du profil environnemental du territoire, peut être définit les enjeux environnementaux suivants (hors enjeux paysage et patrimoine) :
• Limiter la fragmentation écologique en maintenant des coupures d’urbanisation entre les espaces bâtis et en préservant le patrimoine bocager ;
• Intégrer la prise en compte des risques naturels notamment à travers le plan prévention des risques naturels, et la maitrise des eaux pluviales dans l’aménagement ;
• Prévoir un développement du territoire cohérent avec la ressource en eau potable et la gestion des eaux usées ;
• Limiter l’artificialisation des sols et préserver les espaces naturels essentiels au maintien de la qualité de vie et à la résilience du territoire ;
• Encourager le développement des énergies renouvelables, sans compromettre la qualité urbaine et architecturale du village.Commune de Saint-Jean-Pied-de-Port – PLU – A.2- Etat Initial de l’Environnement – Mars 2025 93
Synthèse cartographique du profil environnemental du territoire. Source : APGL.