Offres
API
Connexion
Documents similaires
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DE
unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DELB 20230230 02
Document publié le Lundi 15 mai 2023
Lien du pdf (unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DELB 20230230 02)
Thèmes du document : Environnement, Énergies, Changement climatique,
15 mai 2023 Le Havre Seine Métropole
Ambition Climat, vers une métropole verte et
bleue.Le Havre Seine Métropole • Ambition climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 2 / 44
Sommaire
EDITO – AMBITION CLIMAT 2040, VERS UNE METROPOLE
VERTE ET BLEUE .................................................................... 4
INTRODUCTION ............................................................................ 5
1. VERS UNE « METROPOLE VERTE ET BLEUE 2040 » .................. 9
1.1. Réduire les consommations énergétiques pour atténuer le
changement climatique ....................................................................... 9
1.1.1. Profil énergétique et climatique du territoire ......................................... 9
1.1.2. Consommer moins d’énergie, un objectif déclinable dans tous les
secteurs.................................................................................................... 10
a) Se loger .................................................................................................... 11
b) Se déplacer .............................................................................................. 14
c) Travailler dans le secteur tertiaire ......................................................... 17
d) Travailler dans le secteur industriel ....................................................... 19
1.2 Développer les énergies renouvelables pour atténuer le
changement climatique ..................................................................... 21
1.2.1. Disposer d’énergie moins carbonée en développant un mix
énergétique durable et diversifié sur le territoire ................................. 21
1.2.2. Une trajectoire de décarbonation complète et partagée ...................... 27
1.3. Adapter le territoire pour limiter les impacts du changement
climatique et réduire les vulnérabilités ............................................ 30
1.3.1. Un territoire soumis à des aléas climatiques majeurs ........................... 31
1.3.2. Agir en amont pour prévenir les risques et réduire les
vulnérabilités ........................................................................................... 31
a) Bâtir et aménager en tenant compte du changement climatique......... 31
b) Protéger la ressource en eau du territoire ............................................. 32
c) Encourager la transition du secteur agricole.......................................... 33
d) Développer la culture du risque et renforcer la résilience .................... 34
e) Préserver la biodiversité et restaurer les écosystèmes naturels ........... 35
1.4. Diminuer les émissions de polluants pour améliorer la qualité
de l’air ............................................................................................... 37Le Havre Seine Métropole • Ambition climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 3 / 44
1.4.1. État des lieux des polluants présents sur le territoire ........................... 37
1.4.2. L’ambition du Scénario Métropole Verte et Bleue sur la qualité de
l’air .......................................................................................................... 39
a) Emissions de polluants d’origine énergétique ........................................ 39
b) Emissions de polluants d’origine non énergétique ................................. 40
2. PLAN D’ACTIONS CLIMAT AIR ENERGIE ................................. 41
2.1. Cinq axes stratégiques pour parvenir à la Métropole Verte et
Bleue .................................................................................................. 41
2.1.1. Rendre le bâti performant sur le plan énergie - carbone ...................... 42
2.1.2. Développer une mobilité à faible impact énergie-carbone ................... 42
2.1.3. Accélérer la production d’énergies renouvelables et de
récupération ............................................................................................ 43
2.1.4. Adapter le territoire au climat futur ...................................................... 43
2.1.5. Accompagner la transition vers l’économie circulaire et bas
carbone .................................................................................................... 44
2.2. Les fiches actions ............................................................................... 44Le Havre Seine Métropole • Ambition climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 4 / 44
Edito – Ambition climat 2040, vers une
métropole verte et bleue
« C’est en transformant les contraintes en opportunités que nous ferons de l’enjeu carbone une chance pour le territoire ».
Alors que la France s’est fixé des objectifs toujours plus ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique, la Communauté urbaine Le Havre Seine métropole souhaite prendre sa part dans les efforts demandés à tout le pays pour réussir la transition vers un modèle plus vertueux, plus respectueux des écosystèmes et des personnes et moins dépendant du carbone.
C’est l’objet de ce Plan Climat Air Energie territorial (PCAET), qui fixe, à l’échelle de la Communauté urbaine, des objectifs ambitieux en matière d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses effets, et qui les décline dans un plan d’actions qui engagera pour les 6 prochaines années toutes les forces du territoire dans une même direction, celle d’une transition énergétique et écologique réussie.
Le Havre Seine Métropole accompagne les transitions écologique, énergétique et industrielle du territoire pour lutter contre le changement climatique et l’épuisement des ressources. Un enjeu de transformation qui oblige à innover collectivement.
Viser la neutralité carbone implique d’agir sans attendre et de manière concrète tout en étant capable de programmer l’effort du territoire dans le temps par une planification fine des objectifs de long terme.
La démarche d’élaboration du Plan Climat Air Energie Territorial a suivi cette double priorité : agir maintenant et préparer demain.Le Havre Seine Métropole • Ambition climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 5 / 44
Introduction
Qu’est-ce qu’un Plan Climat-Air Energie ?
Inscrit dans la Loi relative à la transition énergétique pour une croissance verte, le Plan Climat Air-Énergie Territorial (PCAET) est un outil de planification qui prend en compte l’ensemble de la problématique climat-air-énergie autour de plusieurs axes d’actions :
→ La réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
→ La sobriété et l’efficacité énergétique ;
→ Le développement des énergies renouvelables ;
→ L’adaptation au changement climatique ;
→ L’amélioration de la qualité de l’air.
Obligatoire pour les Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) à fiscalité propre de plus de 20 000 habitants, ce document comprend un diagnostic, une stratégie territoriale, un programme d’actions et un dispositif de suivi et d’évaluation environnementale.
Prenant en compte tous les secteurs ayant un impact sur le climat, l’air et l’énergie, ce Plan comprend des actions fortes dans les domaines relevant de la compétence de la Communauté urbaine et des communes qui la composent, mais s’appuie également sur l’engagement des acteurs du territoire, dont dépend, en grande partie, l’atteinte des objectifs. Le PCAET s’inscrit par ailleurs dans l’architecture globale des documents stratégiques élaborés par la Communauté urbaine et garantit la cohérence des actions menées à cette échelle au regard des enjeux climatiques, énergétiques et de qualité de l’air. Ainsi, le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) et le Plan de Mobilité 2023-2033, en cours d’élaboration, devront prendre en compte le PCAET et constitueront un outil majeur de sa mise en œuvre.
Rappel de la méthode d’élaboration
L’élaboration de Plan Climat Air Energie a débuté par un travail conséquent de diagnostic, avec la réalisation d’un état des lieux des consommations d’énergie, émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, et vulnérabilités climatiques du territoire. Cette première phase a mis en lumière les spécificités du territoire de la Communauté urbaine, traversé par une identité forte, à la fois maritime, fluviale et terrestre et présentant une grande diversité de reliefs et de milieux (mer, façade de falaises, plaine alluviale et espaces urbanisés). Le caractère maritime et portuaire, qui influe à la fois sur la géographie du territoire et sur les risques auxquels il est soumis, s’exprime par ailleurs dans l’ambition forte de constituer un corridor stratégique à l’échelle nationale et européenne, et de prendre toute sa part dans l’effort de réindustrialisation et de relocalisation des activités engagé au niveau national.
Ce travail initial s’est poursuivi par une démarche de scénarisation, ayant conduit la Communauté urbaine à analyser les conséquences sur un certain nombre d’indicateurs :
- d’un scénario dit « de continuité », consistant à poursuivre uniquement les actions déjà mises en œuvre ou prévues ;
- d’un scénario dit « exploratoire », qui exploiterait au maximum les potentiels de transition écologique et énergétique du territoire ;
- d’un scénario consistant à décliner à l’échelle du territoire les objectifs fixés au niveau national par la Stratégie nationale bas carbone.
L’analyse du scénario de continuité a permis de constater les actions significatives déjà mises en œuvre par la Communauté urbaine et les communes qui la composent, en matière de :Le Havre Seine Métropole • Ambition climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 6 / 44
- développement des énergies renouvelables et de récupération : création de réseaux de chaleur valorisant de la chaleur fatale et du bois énergie, installation de panneaux solaires sur certains bâtiments publics (maison de santé à Saint-Romain- de-Colbosc, Hôtel de la communauté urbaine au Havre, centre de tri Le havre Sud …);
- amélioration de l'efficacité énergétique : rénovation thermique des bâtiments publics et accompagnement des particuliers dans la rénovation de leur logement ; - développement des mobilités durables : création de pistes cyclables, extension du réseau de transport en commun et promotion de la mobilité électrique ; - lutte contre la pollution de l'air : gratuité des transports publics lors des pics de pollution, système de management de l’énergie ;
- renaturation et préservation de la biodiversité : la Communauté urbaine est reconnue Territoire engagé pour la Nature (2023).
Ces efforts, s’ils ont déjà permis des améliorations concrètes, ne seront toutefois pas suffisants pour atteindre l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.
Le scénario de continuité est détaillé dans l’évaluation environnementale stratégique et dans les annexes au présent rapport. Il aurait permis d’atteindre une baisse de 11 % des émissions de GES à horizon 2040, très insuffisante au regard des objectifs actuels (cf. Stratégie Nationale Bas Carbone adoptée par la France en 2020).
Ainsi, la phase de construction stratégique du PCAET a consisté en l’analyse, secteur par secteur, des leviers d’action dont dispose la Communauté urbaine pour accélérer la décarbonation des activités, adapter le territoire aux évolutions climatiques à venir et améliorer la qualité de l’air.
Par ailleurs, conformément aux exigences réglementaires, l’élaboration du PCAET s’est nourrie de l’évaluation environnementale menée dans le même temps. Ce processus a permis d’apprécier la durabilité environnementale des options et actions proposées et ainsi faire évoluer le PCAET en intégrant les incidences positives et négatives de chaque option. L’Evaluation Environnementale Stratégique (EES) est restituée sous la forme d’un Résumé Non Technique (RNT), pièce constitutive du dossier de PCAET.
Vers une Métropole verte et bleue 2040
C’est sur ce travail fin d’analyse et de prospective que s’appuie la décision de la Communauté urbaine de s’engager dans le scénario retenu, celui d’une Métropole verte et bleue 2040, à savoir un territoire :
- déterminé à engager des efforts inédits pour décarboner ses activités et atténuer le changement climatique,
- résolument tourné vers l’adaptation aux évolutions climatiques à venir,
- conscient de la spécificité de sa dynamique portuaire, et désireux d’allier transition écologique et énergétique et ambition de constituer un corridor stratégique à l’échelle nationale et européenne.
Ainsi, l’ambition « Métropole verte et bleue 2040 », consiste pour le territoire à prendre toute sa part dans la progression vers la neutralité carbone à l’horizon 2050, en mobilisant l’intégralité des acteurs du territoire, au service d’une amélioration effective de la qualité de vie des habitants.
La stratégie qui en découle s’articule autour de mesures fortes destinées à atténuer le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, et d’engagements structurants pour adapter le territoire aux changements à venir. Ces deux volets, complémentaires, sont la garantie d’une action efficace. Ils sont complétés d’un volet plus transversal mais tout aussi important pour la vie quotidienne des habitants, celui deLe Havre Seine Métropole • Ambition climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 7 / 44
l’amélioration de la qualité de l’air, formalisé dans un Plan d’Amélioration de la Qualité de l’Air.
Le volet « Atténuation » de la stratégie fixe ainsi un cap ambitieux, celui d’une décarbonation massive du territoire (- 60% d’émissions de gaz à effet de serre d’origine énergétique à l’horizon 2040) et d’une adaptation des pratiques agricoles et industrielles afin de diminuer fortement les émissions d’origine non-énergétique. Compte tenu du rôle prépondérant du volet énergétique de son action, la Communauté urbaine a fait le choix d’élaborer, en même temps que le PCAET, un Schéma directeur des énergies (SDE), qui vise à mobiliser tous les acteurs impliqués dans la production d’énergie en faveur d’une décarbonation rapide et massive du secteur.
Le volet « Adaptation » tend à préparer au mieux le territoire aux évolutions en cours, en organisant les réponses d’urgence aux risques naturels qui menacent le territoire (érosion, submersion marine, modification du régime des pluies et hausse des températures), en intégrant les changements à venir dans les décisions publiques actuelles et en agissant plus largement pour renforcer les capacités de résilience du territoire. Une attention particulière est portée à la gestion de la ressource en eau : le 6ème rapport du GIEC, publié le 20 mars 2023, rappelle que le changement climatique a déjà impacté l’accès à l’eau et à l’alimentation ; plus généralement il souligne que retarder les actions et politiques d’adaptation compromet leur efficacité, diminue leur potentiel et en augmente le coût.
Le volet « Amélioration de la qualité de l’air » comprend des actions relevant du volet « Atténuation » (diminution des consommations énergétiques, évolution des mobilités, …) et du volet « Adaptation » (transition vers un modèle agricole plus durable et moins dépendant d’intrants polluants) mais comporte aussi des actions spécifiquement liées à la qualité de l’air (pollens).
Une approche globale pour une efficacité renforcée
Conformément aux exigences réglementaires relatives aux Plans Climat Air Energie territoriaux, cette stratégie, comme le diagnostic dont elle est issue, prend en compte l’ensemble des acteurs et des actions menées sur le territoire, toutes les consommations d’énergie et émissions de gaz à effet de serre, quelle qu’en soit l’origine. Cette vision globale, seule à même de garantir une trajectoire précise vers les objectifs fixés à horizon 2040 et 2050, oblige à s’appuyer sur des actions extérieures à la Communauté urbaine le Havre Seine Métropole. Ainsi, les objectifs retenus tiennent compte à la fois des mesures que pourra engager la collectivité et des évolutions en cours au niveau national (évolution du mix énergétique du pays, des motorisations des véhicules) ou international (réglementation relative aux carburants du transport maritime).
Le PCAET Le Havre Seine Métropole 2023-2028 doit permettre de poursuivre et de renforcer la dynamique locale autour des enjeux énergétiques, à la fois en interne, avec les différents services de la Communauté urbaine, et en externe, avec les communes, et tous les acteurs du territoire. La Communauté urbaine, forte de son PCAET, devient ainsi le creuset des échanges et anime un débat territorial sur les enjeux énergétiques, en favorisant la transversalité des politiques publiques locales et une nouvelle forme de gouvernance énergétique locale. Le Schéma Directeur des Energies, élaboré conjointement au PCAET, permet de matérialiser et partager la connaissance des enjeux de la transition énergétique. La Communauté urbaine veut être ainsi le catalyseur des projets d’énergies renouvelables sur son territoire. En la matière, il est essentiel de partager une vision collective, d’identifier les enjeux présents et les domaines d’intervention prioritaires. L’objectif est triple : privilégier, à ressources concurrentes, le projet qui bénéficiera le plus directement au territoire, sécuriser et valoriser les gisements locaux, éviter la concurrence entre les projets.Le Havre Seine Métropole • Ambition climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 8 / 44
Ambition climat, vers une métropole verte et bleue
2040
5 axes stratégiques
• Rendre le bâti performant sur le plan énergie-carbone
• Développer une mobilité à faible impact énergie-carbone
• Accélérer la production d'énergies renouvelables et de récupération • Réduire les vulnérabilités et anticiper les risques
• Accompagner la transition vers l'économie circulaire et bas carbone
Transition énergétique
• Réduire nos consommations d'énergie : - 24%
• Réduire nos émissions de gaz à effet de serre : - 60%
• Multiplier par 4 la production d'EnR locales
• Atteindre 20% d'EnR (hors secteur industrialo-portuaire)
Qualité de l’air
• Améliorer la qualité de l’air en réduisant les niveaux de pollution • Protéger la population d’une exposition aux dépassements de seuils
Adaptation au changement climatique
• Promouvoir un aménagement et un urbanisme durables
• Renforcer la protection du territoire contre les risques naturels • Protéger la ressource en eau et encourager la transition agricole • Préserver la biodiversité et restaurer les écosystèmes naturelsLe Havre Seine Métropole • Ambition climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 9 / 44
1. Vers une « Métropole verte et bleue 2040 »
1.1. Réduire les consommations énergétiques pour
atténuer le changement climatique
1.1.1. Profil énergétique et climatique du territoire
a) Un territoire fortement marqué par la zone industrialo-
portuaire (ZIP)
Le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a émis 3,8 millions de tonnes-équivalent dioxyde de carbone (MtCO2éq) hors branche énergie1 en 2018. L’industrie est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre (GES) du territoire, avec 2,1 MtCO2éq, soit 56% des émissions du territoire. Cela étant, les émissions de GES du territoire du Havre Seine Métropole ont diminué de 23% entre 2005 et 2018, principalement dû à la baisse des émissions industrielles (-33% sur le seul secteur industriel).
La consommation énergétique annuelle du territoire est estimée à 23,8 TWh2. L’industrie est le premier secteur consommateur d’énergie sur le territoire. Elle utilise 73% de la consommation en énergie finale. C’est une spécificité majeure du territoire (par comparaison : 20% au niveau national).
Ces données mettent en lumière les enjeux de décarbonation de la zone industrialo-portuaire. Les énergies fossiles représentent 82% de la consommation totale du territoire (68% de gaz et 14% de produits pétroliers). A titre de comparaison, leur part est de 59% au plan national (20% gaz et 39% produits pétroliers).
La très forte activité industrielle et la typologie de cette activité expliquent cette particularité du bilan global du territoire. Le gaz naturel représente 86% du mix énergétique du secteur industriel (contre 38% pour la moyenne de l’industrie en France) ; les activités de raffinage, notamment, sont fortement consommatrices de gaz naturel.
b) Hors ZIP, la prépondérance du transport et du résidentiel
La consommation annuelle d’énergie sur le territoire - hors activités industrialo- portuaires - est estimée à 5 TWh3.
Les transports routiers et le résidentiel sont les deux secteurs les plus consommateurs, avec respectivement 37% et 35% de la consommation en énergie finale (hors activités industrialo-portuaires). L’ordre de grandeur est comparable au poids de ces secteurs dans le bilan national hors industrie (40% et 36% respectivement). Les transports routiers représentent 93% des consommations totales du secteur des transports. Dans ce bilan, le tertiaire pèse pour 27%, contre 20% en moyenne nationale.
1 Les émissions de gaz à effet de serre de la branche énergie couvrent les émissions des activités de raffinage de
produits pétroliers, celles de la production électrique de la centrale à charbon (fermée depuis avril 2021) et les émissions des réseaux de chaleur. Le volume des émissions de GES de la branche énergie n’est pas communiqué par l’ORECAN (Observatoire Régional Energie Climat Air de Normandie). 2 Année de référence : 2019. 3
Année de référence : 2019.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 10 / 44
Le mix énergétique sur le territoire Le Havre Seine Métropole est dominé par les énergies fossiles, avec 29% et 37% du bilan respectivement couverts par le gaz et les produits pétroliers. Le gaz est significativement plus présent dans le mix local que dans le bilan national : 29% contre 16%. La forte activité tertiaire constitue un élément d’explication de ce fait, sur un territoire urbain bien desservi en gaz parce que densément construit, avec des gros consommateurs d’énergie qui ont permis des investissements importants dans le réseau gazier.
Les réseaux de chaleur couvrent 3% des consommations, une part logiquement plus importante que dans la moyenne nationale, pour un territoire où les consommations des secteurs urbains et péri-urbains propices au déploiement de réseaux de chaleur sont significativement plus importantes que celles de ses secteurs ruraux. La forte présence du gaz pour satisfaire aux besoins de chaleur des logements collectifs et bâtiments tertiaires offre un potentiel significatif de développement des réseaux de chaleur, par substitution.
Le chauffage représente 70% de la demande énergétique du secteur résidentiel (1,2 TWh), à 60% couverte par le gaz et 8% par les réseaux de chaleur.
c) La facture énergétique, un enjeu majeur
La facture énergétique territoriale est estimée à 1,26 milliards d’euros. Elle correspond à la somme des dépenses de l’ensemble des acteurs afin de répondre à leurs besoins énergétiques sur le territoire. Son montant est estimé en multipliant des volumes d’énergie consommée, par secteur et par type, par des hypothèses de prix moyen des énergies considérées. Les énergies fossiles pèsent pour 70% dans cette facture énergétique territoriale (870 millions d’euros). Sortir de la dépendance aux énergies fossiles représente un enjeu économique et financier considérable.
1.1.2. Consommer moins d’énergie, un objectif déclinable dans tous les secteurs
L’atténuation du changement climatique passera nécessairement par une plus grande sobriété énergétique. Aussi, le scénario Métropole verte et bleue prévoit une diminution des consommations d’énergie de 5,8 TWh à horizon 2040 (soit 24% de la consommation énergétique du territoire en 2019).
Le secteur de l’industrie sera le premier contributeur avec une baisse de 3,4 TWh (soit 59% de la baisse totale de la consommation énergétique du territoire), notamment grâce aux gains d’efficacité du secteur.
Le secteur des transports (routier et maritime) sera le deuxième contributeur à la baisse globale de consommation d’énergie avec une diminution de 1,4 TWh (soit 24% de la diminution totale de la consommation énergétique du territoire).
Les secteurs résidentiel et tertiaire représenteront aussi une part significative de la baisse des consommations avec, respectivement, 0,45 TWh et 0,54 TWh (respectivement 8% et 9% de la baisse totale de la consommation énergétique du territoire).Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 11 / 44
a) Se loger
Un programme volontariste de rénovation des logements et de sensibilisation des habitants a été retenu dans le scénario Métropole Verte et Bleue, combiné à une évolution des modes de chauffage et des sources d’approvisionnement d’énergie. L’ambition est d’atteindre les objectifs nationaux en 2040 en cohérence avec les objectifs nationaux à horizon 2050 de la Stratégie Nationale Bas Carbone. Le résumé des différentes actions retenues dans le cadre du scénario Métropole verte et bleue est présenté dans le tableau ci-dessous.
Objectifs pour le secteur résidentiel du scénario Métropole verte et bleue 2040
Rénovation des bâtiments
Le programme de rénovation cible 60 000 logements, de façon à obtenir en 2040 un parc de logements majoritairement à basse consommation (objectif zéro passoire thermique en 2050). Cela suppose un rythme de rénovations de plus en plus soutenu sur l’ensemble de la période : 2000 logements par an jusqu’à 2030 puis 4000 par an jusqu’à 2040.
Au-delà de la réduction des émissions de GES, la rénovation thermique présente de nombreux co-bénéfices :
Amélioration du confort des occupants
Retombées économiques locales
Baisse de la facture et de la précarité énergétiqueLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 12 / 44
Cependant, cette ambition doit être tenue aussi bien en nombre de logements rénovés qu’en intensité des rénovations. Le scénario Métropole Verte et Bleue prévoit des rénovations lourdes de façon à atteindre une baisse estimée de la consommation énergétique de l’ordre de 45 à 50% pour un logement rénové.
Afin d’atteindre cette baisse de consommation, certaines actions peuvent être mises en place :
Envisager une aide à la rénovation conditionnée au passage à un logement à forte
performance énergétique (atteindre tout de suite le « bon niveau » sur ce que l’on entreprend) ;
Renforcer le service d’aide à la rénovation thermique des bâtiments : plateforme de
la rénovation énergétique.
Changement d’énergie et d’équipements de chauffage
La politique de changement d’équipements de chauffage retenue repose sur 4 piliers principaux :
Le développement intense des réseaux de chaleur urbains (RCU) dans les zones
denses du territoire ;
L’électrification du chauffage avec une forte pénétration des pompes à chaleur (PAC)
électriques ;
La sortie des chaudières au fioul ;
Le remplacement des vieux équipements par des équipements plus performants
Le renouvellement des équipements de chauffage permet à la fois une baisse de la consommation énergétique (gain d’efficacité) mais aussi l’utilisation d’énergies moins carbonées (passage d’une chaudière à fioul au chauffage urbain par exemple) : Le scénario Métropole verte et bleue a un mix davantage orienté sur l’électricité (+28 000 abonnés par rapport à 2019) et le chauffage urbain (+34 000 abonnés par rapport à 2019).
La part du chauffage électrique augmente dans le scénario Métropole Verte et Bleue
de 16% comparé à 2019, via notamment le déploiement de pompes à chaleur efficaces (43 000 logements concernés en 2040).
Le bois est actuellement fortement sollicité pour la consommation du territoire de la
Communauté urbaine. Comme mentionné précédemment, pour être source de décarbonation, sa production doit être relocalisée au plus proche du territoire. La pompe à chaleur hybride est un équipement encore peu connu des ménages et nécessite potentiellement un soutien spécifique de la Communauté urbaine ou du gestionnaire de réseau pour se développer.
2019
(année de référence)
Métropole verte et bleue
2040 Évolution visée
Gaz 64 000 21 000 dont 1300 PAC hybrides - 67 %
Électricité 34 000 62 000 dont 43 000 PAC + 82 %
Chauffage urbain 6000 40 000 + 650 %
Nombre de logements par énergie de chauffage pour le scénario « Métropole verte et bleue 2040 »Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 13 / 44
Répartition des équipements de chauffage dans le résidentiel pour le scénario « Métropole verte et bleue 2040 »
Sensibilisation et sobriété
La transition énergétique du secteur résidentiel passe aussi par l’accompagnement à grande échelle de la sobriété énergétique, grâce notamment aux actions suivantes : Déploiement des compteurs intelligents sur l’ensemble des logements du territoire ; Généralisation des outils de régulation (robinets thermostatiques et thermostats intelligents) ;
Communication spécifique de la Communauté urbaine sur les comportements et la
sobriété énergétique à un rythme aussi soutenu que celui de la rénovation des bâtiments : au moins 2000 ménages (voire 2500) sensibilisés par an jusqu’à 2030 puis 4000 par an jusqu’à 2040.
Rénovation, des enjeux financiers importants
Le Scénario Métropole Verte et Bleue 2040 implique d’investir dans le secteur des bâtiments résidentiels, pour soutenir différents types d’actions et selon des ordres de grandeurs variables :
- Les rénovations thermiques capteraient la grande majorité des investissements. Cela représente 2,9 Mds€ pour la période 2019-2040. Le grand nombre de rénovations résidentielles visé (62 000 logements sur la période), le coût moyen d’une rénovation résidentielle (autour de 40 000€/logement) et l’ambition d’atteindre un parc à majorité basse consommation, justifient ce montant important. Cet investissement sera supporté par différents acteurs parmi lesquels la Communauté urbaine, la Région, le Département, l’ANAH, les bailleurs, les particuliers, etc. Pour mémoire, dans le cadre de son Programme Local de l’Habitat 2022-2027, la Communauté urbaine a prévu d’investir, pour le renouvellement en profondeur du parc de logements, 13 millions d’euros.
- La sensibilisation a un coût relativement faible au regard du bénéfice attendu en termes de baisse de la consommation.
- Les changements d’équipements nécessitent, quant à eux, un investissement assez faible au regard des émissions évitées. Ces actions présentent en revanche un gisement limité : les remplacements d’équipements ont lieu majoritairement à la fin de vie des équipements.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 14 / 44
Métropole verte et bleue 2040
Rénovation thermique 2,9 Mds€
Renouvellement des équipements 1,1 Mds€
Sobriété énergétique 0,2 Md€
Investissements sur la période 2019-2040 pour le secteur du bâtiment pour le scénario « Métropole verte et bleue 2040 »
Outre la réduction des émissions de GES d’origine énergétique ces investissements visent la réduction de la facture énergétique territoriale. La facture énergétique du scénario cible est estimée à 219 millions € par an, en baisse donc d’environ 69 millions € comparé à la facture énergétique de 2019.
b) Se déplacer
Le secteur des transports échappe pour partie aux prérogatives directes de la collectivité. La Communauté urbaine s’engage toutefois dans le scénario Métropole verte et bleue à une action forte sur tous les aspects relevant de sa compétence : incitation au report modal, conversion du parc de véhicules de transport collectif, installation d’infrastructures de recharges de véhicules électriques, électrification des quais, ainsi qu’à un soutien des acteurs extérieurs dans leur transition.
Les hypothèses retenues concernant le secteur des transports (mobilité routière et mobilité maritime) sont explicitées dans le tableau ci-dessous.
Objectifs pour le secteur des transports du scénario Métropole verte et bleue 2040Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 15 / 44
Le secteur des transports (routier et maritime) représente la deuxième contribution la plus forte avec 25% de la baisse des émissions de GES (soit une baisse de 625 ktCO2), dont 14 points sont dus au changement de contenu carbone des vecteurs énergétiques. Les 11 points restants de cette baisse sont principalement liés à l’amélioration tendancielle de l’efficacité des moteurs des véhicules routiers comme des navires de commerce, ainsi qu’à la mise en place des objectifs du Plan de Mobilité 2022.
Transport terrestre
Trois dimensions principales composent la stratégie envisagée dans le cadre du scénario Métropole verte et bleue 2040 :
L’évolution des parts modales : en cohérence avec les perspectives indiquées dans
le cadre du Plan de Mobilité de la Communauté urbaine, qui définira l’organisation des déplacements des personnes et des marchandises sur une période de dix ans (2023-2033), pour tous les modes de déplacements confondus, afin de lutter contre le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique.
L’évolution des motorisations :
▪ Pour le transport des personnes : le scénario Métropole Verte et Bleue se fonde sur les prévisions de la Stratégie Nationale Bas Carbone dans laquelle la part des véhicules électriques particuliers est estimée à 60% du parc total en circulation (dont 5% correspondant à des véhicules hybrides rechargeables)
▪ Pour le transport de marchandises, le scénario permet d’atteindre un parc de 32% de poids lourds au GNV et de 7% de poids lourds électriques (principalement à l’hydrogène).
L’évolution de l’efficacité des véhicules : cette évolution est tendancielle et se base
sur les estimations de la Stratégie Nationale Bas Carbone.
Le tableau ci-dessous présente les hypothèses retenues pour l’évolution des parts de motorisation à horizon 2040.
Métropole verte et bleue 2040
Thermiques 83 000 dont 1700 PL et 15 000 VUL4
Electriques 109 000 dont 11 000 VUL
GNV 2400 dont 900 PL5
Hydrogène 200
Nombre de véhicules par type de motorisation pour le scénario « Métropole verte et bleue 2040 »
4 Véhicules Utilitaires Légers
5 Poids LourdsLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 16 / 44
Métropole verte et bleue 2040
Electriques 71 000
GNV 27 dont 15 à débit rapide
Hydrogène 13
Nombre de points de recharge/stations pour le scénario « Métropole verte et bleue 2040 »
Nombre d'installations de recharge de véhicules électriques pour le scénario « Métropole verte et bleue 2040 »
Ce scénario suppose de prévoir des infrastructures de recharge des différents véhicules en 2040 afin d’accompagner l’évolution des parts de motorisation. Cela nécessite donc des investissements dans le développement des infrastructures de recharge de près de 227 millions €.
Investissements sur la période pour l'approvisionnement énergétique du transport routier pour le scénario « Métropole verte et bleue 2040 »
Transport maritime
Dans le domaine du transport maritime, une diversification ambitieuse des carburations des navires a été retenue dans le scénario Métropole verte et bleue 2040, avec une utilisation croissante du GNL, du méthanol, de l’ammoniac et de l’hydrogène.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 17 / 44
D’après le rapport « Prospective 2040-2060 des transports et des mobilités », ces améliorations techniques et l’évolution de la réglementation en cours au niveau de l’Organisation Maritime Internationale permettront une baisse de 35% de la consommation des flottes de transport de marchandises, à l’horizon 2040.
Si ces évolutions ne dépendent pas directement de la Communauté urbaine, elles doivent être accompagnées par la collectivité, notamment par le biais d’investissement dans les infrastructures permettant d’accueillir ces nouveaux types de navires. Ainsi, le scénario Métropole verte et bleue prévoit que l’électrification des quais est appliquée sur l’ensemble des quais concernés (c’est-à-dire des quais « équipables » identifiés). Au Havre, les études d’opportunité menées par Haropa Port ont concerné plusieurs quais, dont la Pointe de Floride (où sont amarrés les paquebots de croisière), les terminaux à conteneurs (Port 2000, terminaux Nord) ou encore le terminal roulier, pour un coût estimé à 20 M€.
c) Travailler dans le secteur tertiaire
À l’instar du secteur des mobilités, le secteur tertiaire échappe pour partie aux prérogatives directes de la collectivité. Toutefois, la Communauté urbaine fait le choix d’une politique ambitieuse et volontariste sur tous les leviers : ceux directement à disposition et ceux liés à une réglementation et à des outils nationaux, pour réussir la transition énergétique du secteur tertiaire. Le résumé des différentes actions retenues dans le cadre du scénario Métropole verte et bleue 2040 est présenté dans le tableau ci-dessous.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 18 / 44
Objectifs pour le secteur tertiaire du scénario Métropole verte et bleue
Rénovation des bâtiments (décret tertiaire et petit tertiaire)
L’objectif de rénovation du parc tertiaire retenu pour le scénario cible prend en compte le décret tertiaire qui s’applique aux grandes surfaces (entreprises dont la surface cumulée liée à une activité est supérieure à 1000 m²) des locaux publics et privés. Concernant les petites surfaces, le scénario Métropole Verte et Bleue considère le même rythme de rénovation que pour le secteur résidentiel, soit 60% du parc rénové lourdement de façon à ce qu’un label à forte performance énergétique soit obtenu pour une majorité des bâtiments tertiaires d’ici à 2040.
En termes de rénovation thermique des bâtiments, le scénario Métropole verte et bleue vise à atteindre les objectifs nationaux en 2040 en cohérence avec les objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 19 / 44
Changement d’énergie et d’équipement de chauffage
La politique de changement d’énergie et d’équipement de chauffage retenue est similaire à celle choisie pour le secteur résidentiel, avec la particularité que les grandes surfaces (santé, éducation, sport, bureaux, etc.) se comportent comme des logements à chauffage collectif et les petites (les commerces) comme des logements à chauffage individuel.
Sensibilisation et sobriété
Concernant les différentes actions de sensibilisation et d’accompagnement à la sobriété énergétique retenues pour ce secteur, elles diffèrent de celles retenues pour le secteur résidentiel. En effet, le secteur tertiaire déploie pour partie déjà des solutions pour maîtriser ses consommations d’énergie. Dans des sites de taille importante (hôpitaux, grands bâtiments d’administration, centres commerciaux, etc.) la Gestion Thermique des Bâtiments (GTB) et des opérations de modernisation du système d’éclairage sont de plus en plus souvent mises en place. Elles permettent des réductions de consommations facilement quantifiables. Une communication sur les enjeux de l’énergie sur l’ensemble du parc permettrait d’amplifier les efforts de sobriété énergétique déjà initiés.
d) Travailler dans le secteur industriel
La stratégie de la Communauté Urbaine pour la transition énergétique du secteur industriel se caractérise par des actions très ambitieuses, relevant à la fois de la Communauté urbaine et des acteurs industriels eux-mêmes. Ce choix implique une action forte de la Communauté urbaine en matière d’incitation et d’accompagnement à la transition du secteur industriel, notamment via son rôle dans le projet ZIBAC (Zone industrielle Bas Carbone).
Le projet ZIBAC, lancé en 2022 avec l’objectif de réduire de 55% les émissions industrielles françaises en 2030, vise à mettre en concordance les efforts des industriels et le développement de solutions technologiques pour la transition écologique telles que le recours à l'hydrogène, la capture de carbone, la chaleur renouvelable ou encore l'électricité bas carbone. La Zone Industrialo Portuaire havraise, s’est inscrite dans cette démarche. En effet, les acteurs industriels de l'Axe Seine, en lien avec Haropa, ont répondu d’une seule voix à l'appel à projets de l'Ademe sur le développement des Zones industrielles bas carbone (ZIBAC). Ils ont créé une association dénommée Socrate, à laquelle la Communauté urbaine a choisi d’adhérer.
Les actions prises en compte dans le Scénario Métropole verte et bleue pour atteindre l’objectif de réduction de 55% des émissions de GES sont présentées dans le tableau ci- dessous.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 20 / 44
Objectifs pour le secteur de l’industrie du scénario Métropole verte et bleue
Les principales hypothèses retenues pour le secteur industriel sont : La baisse de la consommation finale de l’industrie de 3%, évolution tendancielle due à la baisse des volumes produits selon le scénario tendanciel des Futurs énergétiques de l’ADEME
L’électrification des procédés industriels à hauteur de 18% de la consommation d’énergie
fossile (hors raffineries et Yara)
La mise en place des systèmes de management de l’énergie qui permet une réduction de
10% de la consommation énergétique pour 50% des industriels présents dans la ZIP (hors valorisation de chaleur fatale)
Le secteur de l’industrie représente la contribution la plus forte dans la baisse globale des émissions de GES avec 64% de la baisse (soit une baisse de 1,6 MtCO2), dont 47 points sont dus au changement de contenu carbone des vecteurs énergétiques. Les 17 points restants de cette baisse sont notamment dus au déploiement de système de management de l’énergie, ainsi qu’à l’électrification des procédés industriels allant de pair avec un gain d’efficacité.
L’électrification de 18% des consommations d’énergie fossile (hors raffineries et Yara) et le déploiement de système de management de l’énergie (à hauteur de 50% des industriels pour le scénario Métropole verte et bleue 2040) sont nécessaires pour atteindre les objectifs nationaux à horizon 2040 (qui sont de -17% de consommation annuelle d’énergie finale et - 55% d’émissions annuelles de GES).
Des études en puissance soutirée supplémentaire seraient bénéfiques aux industriels de la ZIP, et à RTE afin de quantifier les besoins en réseaux nécessaires à l’électrification. HAROPA, RTE et la Communauté urbaine travaillent sur le sujet : recherche de foncier, estimation des besoins et des coûts.
Le scénario Métropole verte et bleue conduit à une baisse de la consommation annuelle d’énergie finale de 20% (3,4 TWh) et une baisse des émissions annuelles de GES d’origine énergétique de 55% (1,6 MtCO2).
Ces résultats attendus ne dépendent pas uniquement des actions réalisées sur le territoire. Ils sont liés à des objectifs ambitieux de production renouvelable à l'échelle nationale. Ils dépendent donc des efforts de l'ensemble du territoire français à mettre en place des projets de production renouvelable.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 21 / 44
1.2 Développer les énergies renouvelables pour atténuer le
changement climatique
1.2.1. Disposer d’énergie moins carbonée en développant un mix énergétique durable et diversifié sur le territoire
Outre la baisse des consommations d’énergie, la stratégie Métropole Verte et Bleue du PCAET prévoit, à l’horizon 2040, une diminution de 60% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2019, un facteur important d’atténuation du changement climatique.
Elle prévoit de multiplier la production ENR&R par 4 (augmentation de 1,4 TWh comparé à 2019) et d’atteindre en 2040 une production locale d’ENR&R de 1871 GWh, correspondant à plus de 10% de la consommation d’énergie du territoire.
Le schéma directeur des énergies (SDE), élaboré par la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole concomitamment au PCAET, dans une démarche volontaire, a précisément vocation à optimiser le mix énergétique local sur la base des diverses ressources disponibles sur le territoire. Objet de dialogue, il servira la mobilisation des acteurs, énergéticiens et aménageurs.
La trajectoire envisagée pour parvenir à multiplier par 4 la production d’ENR&R, est détaillée dans le tableau ci-dessous. Elle se caractérise par un déploiement important du photovoltaïque, une utilisation amplifiée de la chaleur fatale et un recours accru à la méthanisation.
Objectifs de production d’énergie renouvelable du scénario Métropole verte et bleueLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 22 / 44
La filière de production solaire représenterait 44% (816 GWh/an) de la production d’énergie renouvelable sur le territoire en 2040. Première contributrice, elle est suivie par la filière de récupération de chaleur avec 24% de la production ENR&R du territoire (valorisation de chaleur fatale industrielle et chaudière BioSynergie), la filière de production de gaz renouvelable avec 19% de la production d’énergie renouvelable sur le territoire (pyrogazéification et méthanisation) et enfin le bois-énergie avec les 13% restants.
À noter que le potentiel de production d’éolien terrestre du territoire est nul, compte tenu de l’existence d’une zone de servitude militaire empêchant toute installation d’éolienne. Pour ce qui est de l’éolien offshore, les parcs étant par définition localisés hors du territoire des collectivités territoriales, ils ne sont pas comptabilisés dans la production locale mais dans la production nationale. La Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole est toutefois attachée à la promotion de ce type d’énergie marine renouvelable, et s’est positionnée comme site d’atterrage pour le raccordement électrique de plusieurs parcs. L’installation au Havre, en 2022, de l’usine de construction de pales et d’assemblage des nacelles Siemens Gamesa, place le territoire comme un acteur majeur du programme éolien en mer français.
Des interconnexions existent par ailleurs. Ainsi le chantier de raccordement du parc éolien en mer de Fécamp est un projet d’envergure, avec des retombées qui concernent le territoire havrais. Depuis le poste électrique positionné en mer, RTE construit une liaison double, sous- marine, puis souterraine d’une longueur totale de 50 km jusqu’au poste de Sainneville-sur- Seine, étendu sur environ 3 ha.
Production locale d'ENR&R (GWh)
a) Valorisation de chaleur fatale
Prenant en considération le fort potentiel de chaleur fatale sur le territoire, identifié en phase diagnostic, une valorisation supplémentaire importante de chaleur fatale à hauteur de 200 GWh/an a été retenue dans ce scénario.
Le développement des Réseaux de Chaleur Urbain (RCU) est un levier d’action de la Communauté urbaine qui permet de valoriser la chaleur fatale des différents sites industriels du territoire.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 23 / 44
Au cours de l’année 2021, la Communauté urbaine a franchi une étape importante vers la transition énergétique en investissant dans l’extension des deux réseaux de chaleur du Havre, celui du Mont-Gaillard et de Caucriauville, dont l’objectif est d’alimenter en énergie renouvelable la moitié des logements de la ville et de nombreux bâtiments publics d’ici à trois ans, à des prix attractifs. Le Havre Seine Métropole dispose de la compétence de gestion des 3 réseaux de chaleur de son territoire : Mont-Gaillard, Caucriauville et Gonfreville l’Orcher. Les 3 réseaux font l’objet d’une délégation de service public.
Le scénario Métropole verte et bleue propose ainsi de valoriser 200 GWh/an supplémentaires de chaleur fatale dans les RCU comprenant la chaleur fatale produite par Total Energies (estimée entre 65GWh/an et 90GWh/an) et celles des Cafés Legal (estimée à 4 GWh/an).
D’autres gisements de chaleur fatale sont par ailleurs à l’étude, afin d’atteindre les 200 GWh annoncés. Des études complémentaires sont à mener pour identifier les besoins de chaleur des industriels et affiner l’évaluation des quantités de chaleur récupérable en lien avec Synerzip LH, association qui concoure à l’attractivité de la ZIP et participe à sa compétitivité.
Consommation de chauffage urbain à la maille IRIS dans le scénario actuel (2019) à gauche et dans le scénario « Métropole verte et bleue 2040 » à droite
Une note spécifique sur le développement des Réseaux de Chaleur Urbains figure en annexe.
b) Solaire
Le scénario Métropole verte et bleue 2040 est très ambitieux sur la production photovoltaïque.
La stratégie portée par la Communauté urbaine suppose un rythme de déploiement (et donc des investissements) important afin de multiplier la production par presque 58 à horizon 2040, comparé à la production électrique solaire en 2019. Les revenus annuels générés pour la collectivité permettront à terme de rentabiliser les installations. Celles-ci peuvent fonctionner pendant 25 ans selon le rapport « Coûts des énergies renouvelables et de récupération en France » de l’ADEME.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 24 / 44
Métropole verte et bleue 2040
Production (GWh/an) 808
Investissements (M€) 1 990
Coûts de fonctionnement (M€/an) 56
Revenus générés (M€/an) 160
Coûts et revenus relatifs au développement du PV du scénario « Métropole verte et bleue 2040 »
Concernant la production électrique solaire, les hypothèses retenues pour le scénario Métropole verte et bleue 2040 prévoient un fort déploiement décentralisé : la promotion du développement de panneaux solaires en lien avec la politique de rénovation énergétique des bâtiments est essentielle pour atteindre l’objectif fixé de 35% des surfaces des toitures de bâtiments existants couverts par des panneaux solaires d’ici 2040. Les résultats attendus sont une production de 612 GWh/an pour les bâtiments existants et 63 GWh/an pour les bâtiments neufs.
Pour des bâtiments neufs, la réglementation thermique RE 2020 s’applique et les installations photovoltaïques sont prévues pour les bâtiments n’ayant pas de source de production renouvelable.
Pour le solaire au sol et sur ombrières, le scénario Métropole verte et bleue mobilise 10 ha sur les 35 ha identifiés dans le diagnostic (soit 8 GWh), et 75% des surfaces de parkings publics et privés identifiés dans le diagnostic (soit 125 GW).
Conformément aux orientations définies dans le SRADDET, la Communauté urbaine fait le choix d’un développement de la production d’énergie photovoltaïque qui n’entre pas en concurrence avec les usages agricoles. Pour le photovoltaïque au sol, sont ainsi concernées uniquement les installations sur des sites pollués ou impropres à un autre usage.
Pour le solaire thermique, le rythme d’installation est supposé rester faible jusqu’en 2040, la filière ayant des difficultés à se développer en France depuis une quinzaine d’années déjà. Le solaire thermique reste réservé à quelques cas d’usages spécifiques (eau chaude sanitaire, chauffage).
c) Hydrogène
Des dynamiques sont à l’œuvre pour aller dans le sens d’un écosystème hydrogène sur le territoire de la Communauté urbaine du Havre :
Une station de distribution a été installée au Havre dans le cadre du projet régional
EAS-HyMob ; programme régional d’amorçage de la mobilité hydrogène ; Le projet HYNAMICS est prévu pour 2024. Il sera constitué d’un site de production par électrolyse sur le site de la CIM du Havre, dépôt pétrolier dans la zone du port (2 MW en 2024, 4 MW en 2026 puis 6 MW en 2030) et de 3 points de distribution (2 sur le port et 1 sur le site de dépôt de bus de Transdev pour des usages urbains et portuaires). Les usages seront multiples :
▪ mobilité « urbaine » : bus et bennes à ordures ;Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 25 / 44
▪ mobilité portuaire au sens large : flottes captives, manutention portuaire, mobilité fluviale en particulier ;
▪ stationnaires : électrification des quais du port.
Le sujet de l’hydrogène est présent sur le territoire seinomarin :
▪ Port-Jérôme-sur-Seine accueille une usine de production d’hydrogène vert ; ▪ Air Liquide est un acteur industriel clef de l’hydrogène dans le monde et développe un écosystème autour de lui sur le territoire ;
▪ Caux Seine Agglo prévoit d’implanter sur son territoire un plateau technique dédié à l'hydrogène appelé H2 académique (formation sur l’hydrogène intégrée aux parcours existants).
Pour la production d’hydrogène, le scénario Métropole verte et bleue s’inscrit dans la continuité des projets actuels : la production est estimée à 10,5 GWh d’hydrogène à l’horizon 2040.
d) Gaz renouvelable
Le scénario Métropole verte et bleue 2040 prévoit de développer la production de gaz renouvelable avec l’exploitation du potentiel de méthanisation du territoire correspondant à une production annuelle de 204 GWh/an de biométhane.
La filière méthanisation a été étudiée dans le détail en 2018 dans le cadre d’une étude réalisée par Solagro pour le SDE766. La méthanisation a été étudiée en tant que filière de production d’énergie renouvelable et filière alternative de traitement de déchets en tenant compte des filières suivantes : ressources agricoles, déjections animales, fumier et lisier, bovins et équins, résidus de culture (paille et menue paille), cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), biodéchets de la transformation agro-industrielle et biodéchets des collectivités et des ménages. Cette même étude a montré que le réseau de gaz était en capacité d’accueillir des projets en injection sur la Communauté urbaine.
Une mobilisation de 80% du potentiel de gaz renouvelable en 2040 a été retenue afin d’atteindre une exploitation de 100% du potentiel à horizon 2050. Cela représente une production annuelle de 204 GWh/an de biométhane à horizon 2040. Cependant ce potentiel est à considérer avec prudence, compte tenu de freins tels que la disponibilité du foncier, l’acceptabilité et les délais qui peuvent qui peuvent ralentir voire bloquer le développement de la méthanisation sur le territoire.
L’ambition portée par le scénario Métropole verte et bleue suppose un rythme d’installation (et donc des investissements) important. Les revenus annuels générés pour la collectivité permettraient à terme de rentabiliser des installations pouvant fonctionner pendant 20 ans selon le rapport « Coûts des énergies renouvelables et de récupération en France » de l’ADEME.
6 Étude de gisement pour des projets d’unité de méthanisationLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 26 / 44
Métropole verte et bleue 2040
Production (GWh/an) 204
Investissements (M€) 74
Coûts de fonctionnement (M€/an) 14
Revenus générés (M€/an) 20
Coûts et revenus relatifs au développement de la production de gaz renouvelable pour le scénario « Métropole verte et bleue 2040 »
Outre les 204 GWh/an de biométhane à horizon 2040 pris en compte par le scénario Métropole Verte et Bleue, produits à partir de biodéchets et ressources diverses comme indiqué supra, 150 GWh de méthane de synthèse seraient produits grâce au projet Salamandre mené par Engie, à partir de 2025, qui valorise de la biomasse sèche issue des filières locales de bois-déchet et de combustibles solides de récupération, utilisant la technique de la pyrogazéification.
Ainsi, la production totale de gaz renouvelable atteindrait 354 GWh/an, tous moyens de production confondus.
Parce qu’elle se conjugue à la demande d’une production agricole plus durable qui interroge le modèle agricole conventionnel, la mobilisation de la biomasse nécessite cependant de nombreux arbitrages : quelle utilisation des terres ? quelle accessibilité des gisements ? comment intégrer les enjeux de séquestration du carbone et de biodiversité ?
La Communauté urbaine s’engage dans la voie d’une méthanisation durable : en privilégiant les projets qui bénéficieront directement au territoire et n’entrant pas en concurrence avec les cultures agricoles. Les disponibilités potentielles en termes de volume et de gisement et les usages possibles de ces ressources devront être croisés systématiquement afin d’éclairer les arbitrages à prendre. Au-delà de la nécessité de lier besoin et potentiel des gisements existants, il apparaît aussi crucial de tenir compte des niveaux acceptables de prélèvements nets pouvant répondre à la demande de diverses activités (alimentation, énergie, matériaux, agronomie…) sans mésestimer les services écologiques de la biomasse agricole (épuration, fixation carbone, cycle en azote/eau, biodiversité…).
En 2022, la filière méthanisation en Normandie s'est fédérée autour de l’idée d’une méthanisation mieux intégrée aux territoires et aux populations en adoptant la charte Métha’Normandie. Document d’engagement, la charte fixe comme ambition de favoriser le dialogue territorial en amont des projets de méthanisation, afin de créer les conditions de l'intégration territoriale des projets en encourageant les porteurs de projets à informer et concerter davantage les acteurs locaux (élus locaux, riverains, associations). Elle est devenue un critère d'obtention des aides financières de l'ADEME et du FEDER (délivrées par la Région Normandie). La Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole souhaite s’inscrire dans cette démarche portée par la région Normandie.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 27 / 44
e) Bois énergie
En retenant un périmètre de 75 km autour de la Communauté urbaine, le gisement Bois- Energie atteint 200 GWh/an, soit moins que la consommation actuelle du territoire (260 GWh). La ressource bois semble ainsi déjà fortement sollicitée.
Outre l’amélioration de l’efficacité énergétique des installations existantes, des actions sont nécessaires pour faire en sorte de s’approvisionner plus localement et plus durablement et travailler sur le développement de la filière bois au sein de la CU.
Des hypothèses structurantes concernant la production de bois énergie ont été retenues dans le scénario Métropole Verte et Bleue :
▪ une production de bois énergie relocalisée le plus possible à proximité du territoire de la Communauté urbaine.
▪ un développement de la consommation de bois limité afin de prioriser d’abord un approvisionnement plus local et durable.
▪ l’accent mis sur la préservation des boisements, réservoirs de biodiversité et favorisant le stockage de carbone.
En effet, il est nécessaire de trouver le point d’équilibre permettant à la fois de préserver la qualité des écosystèmes et de développer les usages du bois, afin d’atteindre les objectifs de transition écologique.
1.2.2. Une trajectoire de décarbonation complète et partagée
a) Des émissions de GES en baisse
Émissions d’origine énergétique
Le scénario Métropole Verte et Bleue prévoit une diminution des émissions de GES d’origine énergétique de 60% à l’horizon 2040, soit une baisse de 2,28 millions de tonnes-équivalent dioxyde de carbone (3,8 MtCO2éq en 2019 contre 1,52 MtCO2éq en 2040).
Cette réduction des émissions de GES est liée à la part donnée aux énergies moins carbonées :
Sortie du fioul et du GPL dans le résidentiel et le tertiaire
Déploiement massif du chauffage urbain en remplacement de chaudières à gaz
Motorisation alternative à la fois transport terrestre (électricité, GNV et hydrogène en
remplacement de l’essence et du gazole) et pour le pour le transport maritime (baisse de l’utilisation du fioul lourd)
Dans le scénario Métropole verte et bleue 2040, le verdissement des énergies permet à lui seul une baisse des émissions de GES de 1,2 MtCO2éq, soit plus de 28% des émissions de GES d’origine énergétique sur le territoire Le Havre Seine Métropole par rapport à 2019.
Ce verdissement est pour grande partie tributaire de l’atteinte d’objectifs ambitieux de production d’énergie renouvelable à l'échelle nationale. Il dépend donc des efforts de l'ensemble du territoire français à mettre en place des projets de production d’énergie renouvelable.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 28 / 44
Evolution des émissions de GES d’origine énergétique du scénario « Métropole verte et bleue 2040 » par rapport à 2019
Évolution des émissions de GES d’origine énergétique des secteurs résidentiel et tertiaire du scénario « Métropole verte et bleue 2040 » par rapport à 2019Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 29 / 44
Les émissions d’origine énergétique représentent 90% des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le territoire ; les leviers de la transition énergétique – réduction des consommations d’énergie et conversion des systèmes vers les énergies à faible contenu carbone – sont donc les principaux leviers de réduction des émissions. Mais la réduction des émissions d’origine non énergétique, principalement issues de certains procédés industriels (activité des raffineries), de la décomposition des déchets ainsi que de la culture des sols (intrants) et de la fermentation entérique des ruminants dans les activités d’élevage, doit trouver sa place dans la trajectoire de décarbonation avec des actions dédiées.
Émissions d’origine non-énergétique
Dans le scénario Métropole Verte et Bleue, la stratégie de réduction des émissions de GES d’origine non énergétique se décline comme suit.
Les investissements des industriels pour optimiser les procédés et réduire les impacts polluants seront encouragés. Les décisions des acteurs échappent pour partie au contexte local mais la Communauté urbaine est active pour promouvoir l’innovation et les approches collectives visant à optimiser les procédés mis en œuvre par les industriels de la raffinerie. Les démarches d’écologie industrielle et territoriale (EIT) engagées sur le territoire intègrent ces approches de réduction des émissions non énergétiques.
La mutation des pratiques et systèmes agricoles pour réduire les impacts en émissions de GES seront, elles aussi, favorisées. La majorité des émissions de GES de l’agriculture du territoire provient de sources non énergétiques. Accélérer la transition agroécologique du secteur agricole implique d’inciter et d’accompagner les changements de pratiques culturales et d’élevage. La Communauté urbaine soutient, d’une part, les agriculteurs s’orientant vers des pratiques agroécologiques permettant de réduire l’usage d’intrants (intercultures, agriculture biologique), et d’autre part, accompagne les éleveurs s’orientant vers des systèmes davantage herbagers (maintien et développement des prairies, réduction des effectifs d’animaux, conversions partielles, alimentation à l’herbe...). Pour cela, la Communauté urbaine identifie trois leviers d’actions que sont la sensibilisation des agriculteurs aux enjeux et aux nouvelles pratiques, le conseil technique pour accompagner le changement de pratiques et le levier financier (par exemple sur le maintien et la remise en herbe).
b) Le captage de carbone au service de la trajectoire de
décarbonation
Pour une démarche globale de décarbonation dans le territoire, en complément des actions en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Communauté urbaine souhaite aussi agir en encourageant le développement du captage de carbone sur son territoire. C’est en quelque sorte la dernière brique d’une démarche « Eviter-Réduire- Compenser » dans la perspective de décarbonation et dans la contribution à la neutralité carbone :
- Travailler prioritairement à éviter les émissions de GES énergétiques (par la sobriété) et non énergétiques (par les orientations des activités et filières industrielles, agricoles et déchets) ;
- Réduire les émissions de GES par l’optimisation des process (efficacité énergétique, augmentation de l’intégration des énergies renouvelables et décarbonées, performance des procédés industriels, pratiques agricoles vertueuses, performance des filières de traitement des déchets) ;
- Et enfin compenser l’impact émetteur des activités du territoire en développant le captage de carbone, avec des puits naturels et des puits artificiels technologiques.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 30 / 44
La stratégie de développement du captage de carbone dans le territoire s’appuie sur deux leviers : les solutions naturelles et les procédés technologiques de captage de carbone.
Développer les puits naturels de carbone
Le premier de ces leviers consiste à développer les puits naturels de carbone en lien avec la politique « nature et biodiversité ». Des démarches existent localement sous différentes formes et à différentes échelles, pour soutenir le développement de la biomasse par la plantation d’arbres (Normandie Forêver) et de haies (Carbocage, Carbolocal) dans une logique de « compensation locale » des émissions des industriels. La CU soutient ces démarches de développement des puits carbone naturels dans le lien industrie-territoire ; elle intervient auprès des acteurs du territoire en faveur du développement de la biomasse et, avec sa compétence énergie et sa compétence d’aménageur, pour créer des filières intégrées jusqu’à la valorisation de cette biomasse en combustible (réseaux de chaleur). En outre, Le Havre Seine Métropole soutient une évolution du modèle agricole territorial en intégrant les principes et enjeux de l’agroforesterie.
Développer les puits artificiels de carbone
Le 2ème levier consiste à accompagner le développement de puits artificiels technologiques de carbone. Dans le contexte industriel particulier du territoire, marqué par la concentration de gros émetteurs dans la Zone Industrialo Portuaire (ZIP) notamment, le développement des puits technologiques de carbone est un enjeu fort d’engagement de l’industrie dans le projet de décarbonation du territoire. Un collectif d’industriels soumis aux quotas d’émissions de CO2 étudie le sujet depuis une dizaine d’années. Une étude récente a abouti à la mise en avant d’un objectif de captation par le développement des CCUS (Carbone Capture, Utilisation and Storage, puits artificiels de carbone) de 80% des émissions industrielles du territoire à l’horizon 2040.
Le Havre Seine Métropole soutient les projets industriels autour du captage technologique de carbone, en travaillant notamment sur la mutualisation inter-acteurs des travaux de recherche et développement, mutualisation de la connaissance et des retours d’expériences sur les solutions technologiques. En particulier, elle soutient le développement des usages industriels du CO2 et d’une économie du carbone qui est une condition de succès de la filière de captage et valorisation.
1.3. Adapter le territoire pour limiter les impacts du
changement climatique et réduire les vulnérabilités
Complémentaire aux actions d’atténuation du changement climatique, la démarche d’adaptation fait partie intégrante du plan climat. L’atténuation est une intervention visant à réduire les sources ou augmenter les puits de gaz à effet de serre. L’adaptation pour sa part, vise à limiter les impacts du changement climatique en les anticipant, en limitant ou en évitant leurs effets préjudiciables et en exploitant les quelques effets potentiellement bénéfiques. Le scénario Métropole verte et bleue du PCAET Le Havre Seine Métropole articule ces deux champs d’actions complémentaires. Il vise à réduire les vulnérabilités et à en faire des opportunités pour le territoire, pour garantir son développement actuel et futur et le préparer aux conséquences des changements climatiques.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 31 / 44
1.3.1. Un territoire soumis à des aléas climatiques majeurs
Dans le cadre de l’analyse des vulnérabilités réalisée en phase de diagnostic, quatre aléas climatiques majeurs ont été considérés ainsi que les principaux risques naturels qui y sont associés :
• L’élévation du niveau de la mer, avec les risques de submersion et d’érosion des
côtes ;
• La variation du régime de températures, entraînant la réduction ou un décalage
du cycle des jours de gel, et d’un autre côté entraînant plus de jours de chaleur et des épisodes de canicule ;
• L’évolution du régime des pluies, avec les risques d’inondation et de sécheresse ;
• Les vents violents, qui favorisent l’érosion des côtes et viennent renforcer le risque
de submersion lors des tempêtes. En effet, le phénomène à l’origine de ce risque lors des tempêtes dépendra de l’interaction entre le coefficient de marée, la baisse de pression et des vents dirigés vers la côte.
Depuis de nombreuses années, la Communauté Urbaine met en place des actions pour agir dans la prévention des risques et la réduction de la vulnérabilité du territoire aux changements climatiques. Les documents cadres et les stratégies de planification – ex. le PLH, le futur PLUi, les différents plans de prévention, la stratégie nature, etc. – prennent en compte les objectifs d’adaptation.
Mieux préparer le territoire, ses activités et ses populations aux conséquences des changements climatiques implique une démarche d’anticipation. Certaines décisions vont structurer le territoire en matière d’exposition aux aléas (évènements climatiques extrêmes notamment) : renforcer les infrastructures de transport et d’énergie pour en assurer la résilience dans un contexte de plus grande variabilité climatique, tenir compte dès maintenant des enjeux de confort d’été dans la conception et la rénovation des bâtiments, transformer les systèmes agricoles pour faire face à des sécheresses pluviométriques plus fréquentes et plus longues, accompagner l’érosion des falaises, etc. Une démarche étant à déployer sur une pluralité de chantiers, il est nécessaire de les planifier, à travers un scénario partagé, Métropole Verte et Bleue 2040.
1.3.2. Agir en amont pour prévenir les risques et réduire les
vulnérabilités
a) Bâtir et aménager en tenant compte du changement climatique
Le PLUI en cours d’élaboration est un outil majeur de la mise en œuvre du PCAET, et particulièrement du volet adaptation. Il fixera des principes permettant au territoire d’être plus résilient dans les années à venir. Le PLUi, par l’horizon temporel auquel il est projeté (2021- 2035), constitue un levier stratégique pour mettre en œuvre des modes de développement plus sobres en foncier et ainsi préserver les sols et la biodiversité, limiter les atteintes aux espaces agricoles et repenser les modes de production de la ville.
Il contribuera à l’arrêt de l’étalement urbain et veillera à mener une politique d’aménagement du territoire et de planification économe du foncier, en réduisant la consommation d’espaces agricoles et naturels. Son élaboration, initiée en juillet 2021, s’inscrit dans une logique deLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 32 / 44
limitation d’artificialisation réglementaire, et une orientation forte d’incitation à la désimperméabilisation des sols.
Il encouragera une prise en compte du nécessaire confort d’été (ville végétale, « îlots de fraîcheur » …) dans les projets d’aménagement et de construction à venir. Il incitera dans les plans d’aménagement urbain à des choix de matériaux adaptés aux enjeux : revêtements, mobilier urbain, jardins, reconquêtes de quais et d’espaces proches de bassins, etc.
Par ailleurs, la définition d’une trame verte et bleue dans les documents de planification vise à maintenir et à reconstituer un réseau d’échanges pour que les espèces animales et végétales puissent circuler, s’alimenter, se reproduire, se reposer et ainsi assurer leur cycle de vie. Ce réseau d’échange, appelé continuités écologiques, est constitué de réservoirs de biodiversité reliés les uns aux autres par des corridors écologiques.
Ces réservoirs de biodiversité sont essentiellement développés au sein de zones de protection du patrimoine naturel, comme la réserve naturelle nationale de l’Estuaire de la Seine, les sites Natura 2000, les espaces naturels sensibles et les zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Il peut également s’agir de renforcer et d’étendre les démarches de gestion et de mise en valeur de ces espaces naturels remarquables, notamment en lien avec l’extension du périmètre d’intervention du Conservatoire du Littoral autour de Saint-Jouin-Bruneval et de Bénouville ou les projets d’extension des Zones spéciales de conservation (ZSC) « Estuaire de la Seine » et Zones de protection spéciale (ZPS) « Estuaire et marais de la Basse Seine ».
En lien avec les réservoirs de biodiversité, les principaux corridors écologiques pour la fonctionnalité de la trame verte et bleue seront préservés et complétés.
b) Protéger la ressource en eau du territoire
La préservation de la ressource en eau est un enjeu global dans la projection du territoire face aux changements climatiques. Elle est un déterminant de la capacité à se développer (accueillir des habitants et des activités), à garantir et accroître l’activité touristique, à maintenir une agriculture forte. La Communauté urbaine et ses partenaires vont poursuivre leurs actions pour organiser une gestion de l’eau sans conflits d’usages, garantir la préservation de l’eau en quantité et qualité, avec un enjeu associé de maîtrise des coûts de traitement de l’eau face aux impacts des changements climatiques.
La Communauté urbaine alimente avec ses partenaires la réflexion par la conduite d’une étude sur la gestion quantitative de l’eau sur le territoire, les évolutions des prélèvements par les différents secteurs. Elle doit conduire à un engagement des acteurs autour d’une vision globale des usages de l’eau, de la disponibilité de la ressource et des contraintes pour maîtriser les aléas et réduire la pollution de l’eau.
Les modélisations climatiques projettent un recul des cumuls pluviométriques en été, mais aussi au printemps et en automne, et une augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de sécheresse, impactant les activités agricoles. Cela implique une plus grande variabilité de la recharge des ressources. Même si la nappe semble bien résister à des épisodes longs de sécheresse pluviométrique estivale, il peut être pertinent de consolider le travail de suivi et d’amélioration de la compréhension de son fonctionnement. L’enrichissement du réseau de piézomètres pour améliorer la surveillance de la nappe et faciliter le suivi qualité par échantillonnage est un atout dans ce contexte. Concernant l’approvisionnement en eau du territoire, les interconnexions entre les différents bassins de ressources, vont contribuer à une plus forte résilience du système. L’action dansLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 33 / 44
la performance des réseaux de distribution de l’eau constitue un autre enjeu pour économiser la ressource. Elle peut compléter une action pour sensibiliser et accompagner l’ensemble des consommateurs vers des usages économes de l’eau.
Sur l’enjeu de la gestion de l’eau, le phénomène de ruissellement pourrait devenir plus fréquent et plus important à travers le territoire dans un contexte de changement du climat local, augmentant ainsi le risque de pollution des bassins de captage et de la nappe phréatique. Les niveaux de pollution de la ressource (conséquence, entre autres, de l’érosion et de la perte de la capacité de filtration des sols) ne peuvent pas être inversés rapidement – les effets de certaines pratiques économiques passées et actuelles continueront à impacter défavorablement la qualité de l’eau pendant une période non déterminée.
Les acteurs du territoire portent différentes actions sur la gestion de l’eau, entre le déploiement d’aménagements d’hydraulique douce et la plantation de haies, en passant par la protection des boisements existants. La Communauté urbaine soit poursuivre la diffusion de pratiques plus vertueuses en termes de protection de la qualité de l’eau (formation, sensibilisation, soutien financier à l’achat de matériel, etc.) et précisément accélérer le travail de développement de l’agriculture biologique et de maintien des prairies sur le territoire. Enfin, des investissements sont par ailleurs programmés sur le renforcement des infrastructures de traitement de l’eau pour la production d’eau potable.
La Communauté urbaine porte l’enjeu de préservation de la qualité des ressources en eau sur le territoire, et déploie à ce titre, plusieurs actions accompagnant les changements de pratiques agricoles locales. Ces actions sont menées dans le cadre de différentes collaborations, notamment avec la Chambre Régionale d’Agriculture et l’Agence de l’Eau. Par ailleurs, l’axe 2 du PACTE pour la transition industrielle et écologique face aux changements climatiques, affiche aussi l’ambition de renforcer l’autonomie alimentaire locale en œuvrant à « Mettre en circularité les ressources produites sur le territoire et à proximité ». Le changement de pratiques vers l’agroécologie, le développement de l’agriculture biologique et la diversification des cultures, constituent là encore les principaux enjeux.
c) Encourager la transition du secteur agricole
L’activité agricole est une activité importante à l’échelle du territoire de la Communauté urbaine : elle valorise l’espace rural de l’agglomération, structure et façonne ses paysages, les usages des sols et elle constitue une activité économique importante. La forte présence de l’agriculture dans le territoire génère à la fois des enjeux importants dans la stratégie territoriale pour la protection face aux aléas climatiques (protection contre l’aléa ruissellement-érosion notamment et ses impacts sur la pollution de la ressource en eau, protection des sols contre les épisodes de sécheresse, etc.) et des enjeux de relocalisation, de reterritorialisation des circuits et filières de valorisation des productions agricoles locales. L’agriculture territoriale peut également être une ressource pour la production de matières premières énergétiques et de matériaux biosourcés pour la transition écologique (rénovation thermique des bâtiments, notamment).
Avec une capacité d’auto-approvisionnement du territoire en produits alimentaires inférieure à 1% pour l’agglomération havraise, garantir la sécurité et la qualité de l’approvisionnement alimentaire est un enjeu majeur de résilience. Consciente de ces enjeux, la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a structuré depuis 2015 une politique agricole et alimentaire volontariste. Basée sur une coopération étroite avec les différents acteurs du monde agricole, elle intègre également un Plan Alimentaire Territorial (PAT)labellisé en 2017.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 34 / 44
Comme pour les enjeux de transition écologique dans leur ensemble, la Communauté urbaine est consciente du besoin de travailler sur les enjeux alimentaires et agricoles à différentes échelles pour changer les pratiques de consommation et de production et porter des projets innovants. Début 2020, Le Havre Seine Métropole s’est associé au Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande et à la Métropole de Rouen pour mener une démarche de prospective territoriale sur les enjeux agricoles et alimentaires sur la base du scénario Afterres2050. 3 pistes de travail, partagées avec les acteurs du monde agricole, en sont ressorties pour accompagner la transition du secteur agricole dans la Vallée de Seine dans les 30 prochaines années :
• la nécessaire évolution des régimes alimentaires : baisse des surconsommations et des pertes et gaspillage, inversion de la proportion de protéines d’origine animale et végétale, développement de filières locales ;
• Le maintien et l’accompagnement de l’élevage bovin vers le développement de pratiques valorisant les surfaces en herbe pour préserver les sols et les ressources en eau ;
• L’évolution des systèmes de cultures vers des pratiques plus agroécologiques notamment via l’agriculture biologique.
Trois des quatre axes de la stratégie agricole et alimentaire de territoire sont directement connectés à la dynamique de Plan Climat-Air-Energie Territorial.
La diversification des activités agricoles et le développement de l’agroécologie, couplés à l’objectif du maintien des espaces agricoles, soulignent l’enjeu de la préservation des prairies permanentes et de la lutte contre une forme d’homogénéisation des espaces agricoles du territoire, qui le rend plus vulnérable aux inondations par ruissellement et coulées de boues. Ils soulignent aussi le besoin de considérer les interactions des espaces agricoles et de leurs modes de gestion avec le milieu et les ressources. Le soutien à l’expérimentation pour de nouveaux modèles alimentaires et l’accompagnement aux changements de pratiques représentent un enjeu fondamental dans la trajectoire carbone, Ainsi les transformations agricoles et alimentaires attendues, doivent de traduire par un double changement de pratiques : dans l’acte de production et dans le comportement de consommation. Il s’agit de promouvoir et de soutenir une agriculture plus respectueuse des équilibres territoriaux, de meilleure qualité nutritionnelle et gustative, conduisant à valoriser d’autres productions que carnées, au profit de productions végétales (protéines végétales par exemple) ayant moins d’impact sur le bilan carbone. Il est souhaitable que ces transformations soient équitables et solidaires, accessibles au plus grand nombre, tout en étant justes pour les producteurs.
Quatre objectifs pour la stratégie agricole et alimentaire territoriale : 1. Favoriser un dialogue apaisé entre monde urbain et monde rural. 2. Maintenir l’identité rurale du territoire en préservant les espaces agricoles. 3. Accélérer la transition agroécologique du territoire par la diversification des activités agricoles et le renouvellement de génération en agriculture. 4. Devenir un territoire d’expérimentation en matière de modèle alimentaire : équitable, performant et solidaire.
d) Développer la culture du risque et renforcer la résilience
Si, pris de manière indépendante, aucun événement ne peut être attribué en tant que tel au changement climatique, les travaux de recherche établissent toutefois que celui-ci vient modifier la fréquence et l'intensité de certains phénomènes. Sur le territoire de la Communauté urbaine : élévation du niveau de la mer, variation du régime de températures, élévation du régime des pluies et vents violents. Forger un territoire résilient c’est anticiper etLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 35 / 44
prendre en compte les changements climatiques à venir, s’y adapter et réduire les vulnérabilités.
Ainsi, sur un territoire multirisque comme le sien, la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole porte depuis de nombreuses années un ensemble d’actions et d’investissements qui concourent à la prévention des risques naturels et à l’adaptation à ces derniers : réalisation d’études et travaux d’ouvrages hydrauliques, sensibilisation et culture du risque, assistance pour l’alerte et la gestion de crise, gestion d’un réseau de mesures météorologiques et hydrologiques, articulation avec la prise en compte des risques d’inondation dans les autorisations d’urbanisme.
Un premier PAPI (programme d’actions et de prévention des inondations), mis en œuvre dès 2004 sur le bassin de La Lézarde a permis une prise en compte globale et intégrée des risques d’inondations. Concernant le risque de submersion marine, le PPRL PANES (plan de prévention du risque littoral de la plaine alluviale nord de l’embouchure de l’estuaire de la Seine) approuvé par le préfet le 1er juillet 2022, permettra de maîtriser l’urbanisation future des zones soumises à ce risque, en transcrivant ses prescriptions dans l’urbanisme, et de sensibiliser les populations riveraines. Pour l’avenir également, la communauté urbaine s’engage pour 6 ans dans un nouveau PAPI, étendu cette fois à l’ensemble de son territoire. Il s’articule autour d’une stratégie reprenant les 4 objectifs de la SLGRI (stratégie locale de gestion des risques d’inondation) du TRI (territoire à risque important d’inondation) du Havre : réduire la vulnérabilité du territoire, agir sur l’aléa pour réduire le coût des dommages, raccourcir fortement le délai de retour à la normale des territoires sinistrés, mobiliser tous les acteurs via le maintien et le développement de la culture du risque. Avec pour objectif de réduire de manière durable les impacts et les conséquences des inondations sur les personnes, les biens et les activités économiques, ce PAPI sera dans les années à venir un élément structurant de développement de la résilience du territoire et de l’adaptation aux risques.
La politique volontariste d’accompagnement des communes à la gestion de crise portée de longue date par la Communauté urbaine sera ainsi également confortée et renforcée dans les années à venir avec notamment un appui à la mise à jour et à l’animation des PCS (plans communaux de sauvegarde), un exercice de simulation d’une inondation, la coordination des dispositifs d’alerte ou encore la formation des élus et agents des communes. Pour ses propres compétences, la Communauté urbaine mettra en place un plan de continuité d’activité en cas d’inondation.
Au-delà, renforcer la résilience d’un territoire c’est aussi favoriser l’émergence de la culture du risque. La communauté urbaine portera ainsi, à destination du grand public, des élus et des porteurs de projets un programme ambitieux de communication - sensibilisation - acceptabilité du risque pour faire de chacun un acteur de l’adaptation du territoire aux risques.
e) Préserver la biodiversité et restaurer les écosystèmes naturels
Le changement climatique et l’érosion de la biodiversité sont intimement liés : certaines mesures d’atténuation et d’adaptation au changement climatique peuvent avoir des incidences négatives sur la biodiversité. Réciproquement, les espaces naturels fonctionnels jouent un rôle essentiel pour lutter contre le changement climatique et ses effets.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 36 / 44
Il est ainsi indispensable de lutter contre le changement climatique tout en s’y adaptant, notamment en restaurant et préservant la biodiversité pour garantir un cadre de vie de qualité pour l’ensemble des habitants et préserver les atouts du territoire.
En effet, des écosystèmes préservés et fonctionnels ont un effet tampon sur le climat et réduisent les risques et les impacts des événements extrêmes tels que les tempêtes, les inondations, les coulées de boues…dont la fréquence et l’intensité seront accentuées par les changements climatiques. Les forêts permettent de stabiliser les sols et de lutter contre les glissements de terrain, les zones humides régulent les inondations et protègent les ressources en eau lors de sécheresses.
En zone urbaine et en ville, les espaces verts jouent également un rôle important : ils permettent de lutter contre l’effet des canicules en contribuant à refroidir l’air tout en améliorant sa qualité. Les écosystèmes, s’ils sont protégés et gérés durablement, apportent ainsi une large gamme de services aux populations humaines.
Par ailleurs, les espaces naturels protégés constituent des sites témoins privilégiés pour l’observation et la compréhension des impacts des changements climatiques sur la biodiversité. Ce sont en effet des espaces où les autres pressions anthropiques sont limitées. Les séries de données, qui peuvent porter sur plusieurs décennies, permettent d’évaluer les vulnérabilités de certains écosystèmes et aider à organiser les stratégies de réponse.
Le territoire est par conséquent confronté à cet enjeu de protection de la biodiversité. La préservation et le développement de la trame verte et bleue sont ainsi une priorité : forêt, prairies, haies, zones humides, mares.
Ainsi, la communauté urbaine vise un objectif de préservation des réservoirs de biodiversité que sont les espaces boisés (7% du territoire), fortement impactés par le développement de la monoculture ou de la coupe rase, et leur reconnexion entre eux par la composition d’une trame bocagère. Les forêts et les haies offrent en effet de nombreux services écosystémiques : ressource en bois, protection de l’eau, prévention des risques naturels, contribution majeure à la séquestration carbone, lieu de loisirs.
La mise en place d’une charte forestière de territoire permettra d’assurer la gestion durable des boisements, tout en assurant leur multifonctionnalité.
Cette ambition de préservation passera notamment par une stratégie foncière dédiée aux espaces naturels, agricoles et forestiers, couplée à l’animation d’une cellule dédiée, qui permettra d’optimiser l’usage du foncier au regard des enjeux environnementaux du territoire (ressource en eau, alimentation durable, restauration de la Trame verte et bleue, séquestration carbone...).
Ainsi, la Communauté urbaine organisera la gestion des impacts des aléas climatiques sur les espaces naturels autour des solutions douces, fondées sur la nature, tout en favorisant la séquestration du carbone.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 37 / 44
1.4. Diminuer les émissions de polluants pour améliorer la
qualité de l’air
En parallèle des efforts entrepris pour lutter contre le changement climatique et ses effets, la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole s’engage en faveur de l’amélioration de la qualité de l’air, enjeu majeur de santé publique et élément fondamental de la qualité de vie des habitants. Si l’accent est souvent mis sur les risques liés à l’exposition aux pics de pollution (exposition aigüe), en France, c’est l’exposition à long terme à la pollution de l’air qui conduit aux impacts les plus importants sur la santé. Santé Publique France estime ainsi que, chaque année, près de 40 000 décès seraient attribuables à une exposition des personnes âgées de 30 ans et plus aux particules fines (PM2,5).
Ainsi, l’action publique ne peut se limiter à diminuer la survenance de pics de pollution, mais doit également s’attacher à faire diminuer les émissions de polluants atmosphériques tout au long de l’année. Si le diagnostic réalisé sur le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole fait apparaître une diminution des émissions d’un grand nombre de polluants atmosphériques depuis 2005, cette tendance doit se poursuivre et nécessitera pour cela des changements importants dans le secteur industriel, agricole et des transports.
1.4.1. État des lieux des polluants présents sur le territoire
Les émissions de polluants atmosphériques trouvent en grande partie leurs sources dans les mêmes activités que les émissions de GES ; ces polluants peuvent être d’origine énergétique ou non énergétique.
Les polluants atmosphériques pris en compte sont les 6 polluants réglementaires du PCAET. Mis à part l’ammoniac, tous ont nettement diminué entre 2005 et 2018 (année de référence du PREPA, Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques) : Le dioxyde de soufre (SO2) : -74%
Les oxydes d’azote (NOx) : -43%
Les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) : -32%
L’ammoniac (NH3) : +121%
Les particules de taille inférieure à 10μm (PM10) : -45%
Les particules de taille inférieure à 2,5μm (PM2,5) : -51%
Chaque secteur d’activités a un impact différencié en fonction du polluant considéré, comme l’illustre le graphique ci-dessous :Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 38 / 44
Emissions de polluants par secteur [source Atmo Normandie, données 2018]
D’après les données fournies par ATMO Normandie, les émissions de NOX proviennent à près de 70% des transports et plus de 55% des transports non routiers (maritime). Réduire les consommations d’énergie du secteur et sa dépendance aux énergies fossiles est donc un levier essentiel pour la réduction des émissions de NOX. La tendance à la baisse observée sur la période 2005-2018 (-57% de NOX) est attribuable à l’amélioration des technologies dans les transports, encouragée par les réglementations.
Pour ce qui est des particules fines, en 2018, 1,3 kt de PM10 et 800 tonnes de PM2,5 ont été émises, contre 2,4 kt et 1,6 kt respectivement en 2005. 80% des émissions de particules fines proviennent du secteur industriel et des activités de transport maritime, deux secteurs de l’économie globalisée du territoire.
Les émissions d’ammoniac (NH3), de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et dioxyde de soufre (SO2) sont moins impactées par les transports ; l’industrie y joue un rôle important, en particulier l’industrie de l’énergie. L’arrêt définitif en avril 2021 de la centrale à charbon a diminué significativement ces émissions. L’essentiel des émissions de SO2 et COVNM de la branche énergie a été éliminé.
L’enjeu des émissions de NH3 dans l’industrie et dans l’agriculture reste une réalité. On note une très forte évolution à la hausse depuis 2005.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 39 / 44
1.4.2. L’ambition du Scénario Métropole Verte et Bleue sur la
qualité de l’air
Le PCAET doit contribuer aux objectifs du PREPA, le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques. Il fixe la stratégie de l’État pour réduire les émissions de polluants atmosphériques au niveau national et respecter les exigences européennes. C’est l’un des outils de déclinaison de la politique climat-air-énergie. Le tableau ci-dessous montre la trajectoire de réduction des émissions de polluants atmosphériques de la Communauté urbaine entre 2005 et 2019 et le volume d’émissions à atteindre en 2030 pour respecter les objectifs du PREPA, avec projection à 2040.
a) Emissions de polluants d’origine énergétique
Les émissions de polluants atmosphériques peuvent provenir de la combustion d’une source d’énergie (NOx émis parmi les gaz d’échappement d’un moteur) ou être directement émis par un procédé de production ou l’utilisation d’un produit (frottement, érosion, épandage d’engrais…)
Le tableau ci-dessous montre l’évolution des émissions de polluants d’origine énergétique de la Communauté urbaine entre 2005 et 2019 et le volume d’émissions à atteindre en 2030 pour respecter les objectifs du PREPA, avec projection de ces mêmes objectifs à 2040.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 40 / 44
La réduction des émissions de polluants d’origine énergétique emprunte une trajectoire en phase avec les objectifs à 2030. Les réductions les plus fortes concernent les émissions de PM2.5 et de SO2.
La Communauté urbaine est sur la bonne voie pour respecter les seuils d’émissions fixés à 2030, notamment grâce aux mesures entreprises pour réduire les émissions de polluants d’origine énergétique, en matière d’extension des réseaux de chaleur urbains ou d’incitation au changement de modes de chauffage, ou encore en développant les mobilités alternatives (électricité, hydrogène).
b) Emissions de polluants d’origine non énergétique
Le tableau ci-dessous montre l’évolution des émissions de polluants d’origine non- énergétique de la Communauté urbaine entre 2005 et 2019 et le volume d’émissions à atteindre en 2030 pour respecter les objectifs du PREPA, avec projection de ces mêmes objectifs à 2040.
Sur les polluants dont les émissions d’origine non énergétique sont importantes sur le territoire (NH3, COVNM et SO2) et dont la réduction n’est pas directement portée par la trajectoire énergétique, le tableau montre une trajectoire de réduction insuffisante pour atteindre les objectifs à 2040.
En conclusion, malgré une trajectoire encourageante sur un certain nombre de polluants atmosphériques, une accélération du rythme de diminution est nécessaire pour atteindre les objectifs fixés par le PREPA à 2040, sur chaque polluant atmosphérique. Cela peut passer par le déploiement d’une Zone à Faibles Emissions (ZFE) afin de réduire les émissions liées aux transports, la rénovation énergétique du bâti et la décarbonation progressive des activités industrielles.
Dans le cadre du Scénario Métropole Verte et Bleue, les principaux gains sur les émissions résideront dans la réduction du recours aux produits pétroliers, utilisés dans les mobilités et l’industrie, fortement émetteurs de PM, NOx et SO2. Les gains sur les PM seront aussi obtenus grâce à l’évolution des modes de chauffage et l’amélioration des procédés industriels.
Toutefois, si le verdissement des énergies, la suppression du fioul, le déploiement du chauffage urbain, etc. contribueront à la réduction des polluants atmosphériques, au- delà ce sont les changements de comportements individuels et collectifs qui seront décisifs pour atteindre les objectifs du PREPA.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 41 / 44
2. Plan d’actions Climat Air Energie
2.1. Cinq axes stratégiques pour parvenir à la
Métropole Verte et Bleue
Le plan d’actions du Plan Climat-Air-Energie Territorial de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole est structuré autour de 5 axes stratégiques, déclinés en 17 orientations et 38 actions cadres.
Cette organisation permet une lecture allant de la stratégie à l’opérationnel.
Les 5 axes stratégiques représentent des domaines d’actions pour lesquels le PCAET fixe des objectifs en termes de résultats : la rénovation énergétique du bâti, les mobilités, la production d’énergies renouvelables et de récupération, l’adaptation du territoire face au changement climatique et l’engagement de tous les acteurs du territoire dans la décarbonation de leurs activités.
La stratégie, dont le programme d’actions PCAET est le support, porte une ambition climat à 2050, avec des jalons modélisés à 2040 pour le scénario Métropole Verte et Bleue. Cela équivaut au temps d’une génération pour s’inscrire dans une trajectoire de rupture, sortir de l’économie du carbone et installer un modèle qui permette de préserver le climat et le vivant. Cette ambition porte une vision positive de l’évolution du territoire, soucieuse de la qualité de vie des habitants.
L’ambition climat « Métropole Verte et Bleue 2040 » veut aussi porter une projection crédible pour la transition dans le territoire, avec des actions réalisables parce qu’ancrées dans la réalité du territoire et soutenues par des moyens. En cela, le programme d’actions 2023-2028 du PCAET est, pour la Communauté urbaine, une étape vers le changement d’échelle, vers la massification de l’action.
De 2023 à 2026, les actions mises en œuvre s’inscriront dans le prolongement des actions déjà en cours. Elles visent à répondre aux priorités et à engager les partenaires dansLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 42 / 44
l’action. L’enjeu est ici de consolider les dispositifs d’accompagnement, de planifier, et d’organiser les ruptures à réaliser. Il s’agira notamment de mobiliser les parties prenantes en pour répartir les efforts.
Puis la période 2026-2040 sera celle de l’inflexion de la trajectoire, avec la mise en œuvre d’actions structurantes et impactantes pour les équilibres énergétiques et pour l’adaptation du territoire.
Ainsi d’ici 2040, trois PCAET seront nécessaires à l’atteinte d’un rythme cohérent avec les objectifs 2050, de neutralité carbone et de résilience.
2.1.1. Rendre le bâti performant sur le plan énergie -
carbone
L’axe 1 du programme d’action aborde l’enjeu de la rénovation énergétique du bâti selon deux orientations : d’une part, le secteur résidentiel (1.1), comprenant résidentiel privé et parc social ; d’autre part le secteur tertiaire (1.2), également réparti entre tertiaire privé et public. D’autres actions viennent en complément ; elles relèvent plus directement de la Communauté urbaine en tant que consommatrice d’énergie et gestionnaire d’équipements. Ces actions portent sur la maîtrise des coûts de l’énergie, via l’amélioration de la politique d’achats, de la performance de l’éclairage public et une meilleure gestion de son patrimoine dans le cadre du projet GEMINI : « Territoire Intelligent et Durable ».
Concernant la dynamique de rénovation énergétique des logements, la Communauté urbaine souligne dans son PCAET la nécessité de changer d’échelle, collectivement (avec les partenaires institutionnels tels que l’ANAH, la Région, les bailleurs, ...). Seule une massification de la rénovation permettra de respecter la trajectoire retenue et d’atteindre la neutralité carbone. La séquence 2023-2026 doit permettre, en plus des dispositifs actuels d’accompagnement des porteurs de projets, de préfigurer une offre renforcée de conseil technique et de formation des professionnels. La Communauté urbaine souhaite ainsi augmenter l’effet levier de son investissement dans l’accompagnement de la rénovation. La période 2026-2040 devra voir une montée en charge progressive du rythme annuel moyen d’opérations de rénovation énergétique performantes pour s’inscrire dans la perspective de l’objectif 2050.
2.1.2. Développer une mobilité à faible impact énergie-
carbone
Le deuxième axe concerne un secteur déterminant pour la transition écologique, celui des mobilités. Il aborde la question des déplacements des individus et celle du transport de marchandises (fret, logistique).
La philosophie globale de l’axe repose principalement sur l’accompagnement à l’évolution des usages : lutte contre l’autosolisme, évolution des modes de déplacement vers les modes actifs, collectifs et bas-carbone. L’accompagnement à l’évolution de la flotte de véhicules et l’incitation des particuliers à remplacer leur véhicule par un modèle à carburant alternatif est également prioritaire, notamment au regard des enjeux de qualité de l’air. Pour cela, l’axe 2 prévoit aussi de développer les stations d’avitaillement en carburants alternatifs.
Aligner le secteur des mobilités avec la trajectoire de neutralité carbone implique d’importantes ruptures, en se plaçant dans une approche globale et dans le temps long. Elles nécessitent des changements de comportements et une évolution des infrastructures pour permettre ces changements.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 43 / 44
L’axe 2 agira ainsi de manière prioritaire sur la réduction de l’impact polluant du trafic routier et l’évolution des flottes de véhicules (y compris bien sûr celle de la Communauté urbaine), tout en poursuivant les projets structurants en cours sur l’offre de transports en commun (extension tramway) et le vélo. La diffusion d’offres favorisant des usages plus sobres de la voiture (covoiturage, autopartage) et la sensibilisation des ménages viendront compléter ce dispositif.
2.1.3. Accélérer la production d’énergies renouvelables et
de récupération
La transition écologique passe par la décarbonation des énergies. L’essor de la production des énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) répond à cet objectif et passe par le renforcement et le développement des réseaux de chaleur urbains, la production de biogaz à partir des sources industrielles et agricoles, la méthanisation (notamment des boues des STEP), l’essor d’énergies nouvelles, telles que l’hydrogène, et le bois-énergie. L’axe intègre également l’enjeu du raccordement de ces productions diffuses aux réseaux du territoire, qui implique leur renforcement et la structuration de la filière énergie.
Les premières années de mise en œuvre du PCAET, appuyées par une démarche de Schéma directeur des énergies, vont permettre de poursuivre les engagements en faveur du développement des énergies de récupération et des énergies thermiques. Elles vont également être celles de la mise en place d’une organisation et d’une animation dédiées au développement de la production électrique, solaire photovoltaïque en tête. La Communauté urbaine s’engage dans l’ambition portée par la SEM Axe Seine Energies Renouvelables et veut structurer des méthodes pour faire émerger des projets ; l’objectif est d’élaborer un portefeuille de projets à déployer sur la période 2026-2040 à la hauteur de l’ambition.
2.1.4. Adapter le territoire au climat futur
Le quatrième axe s’attache à préparer le territoire aux effets du changement climatique, en développant la résilience et en sécurisant ses composantes fondamentales : l’agriculture, l’eau, le patrimoine naturel, la biodiversité, le tout en s’attachant à faire naître une « culture de l’adaptation » au sein des organisations. Sur le volet agricole, il s’agit de promouvoir et soutenir les formes durables de cultures et de développer l’alimentation locale, les circuits courts, ainsi que de valoriser les services écosystémiques rendus par le patrimoine agricole. La ressource en eau est quant à elle protégée tant sur l’aspect de la ressource naturelle que de la qualité du service de distribution d’eau potable. Concernant la biodiversité, l’objectif est double, grâce aux solutions fondées sur la nature : gérer durablement les boisements, réservoirs de biodiversité et renforcer la séquestration carbone en préservant les forêts. La dernière orientation vise à prévenir le risque en promouvant cette culture de l’adaptation, notamment parmi les acteurs économiques et institutionnels.
La démarche autour de l’adaptation du territoire, telle que portée par l’axe 4, veut prioriser les actions en réponse aux urgences (la gestion des risques, la préservation des ressources essentielles au usagers du territoire) tout en projetant une vision du territoire à 20 ou 30 ans. Ce PCAET (qui sera suivi d’autres d’ici 2040, puis 2050) est celui qui doit organiser les transformations des pratiques, créer des dispositifs favorisant le lien entre ressources locales et consommations locales.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 44 / 44
2.1.5. Accompagner la transition vers l’économie circulaire
et bas carbone
Enfin, le cinquième axe du programme d’action rappelle le rôle clé du bloc communal dans la planification et l’animation de la démarche de transition du territoire ; les communes en particulier, par leur proximité avec les citoyens, ont la capacité d’ancrer les orientations et objectifs de transition dans l’action locale et dans le quotidien. Les leviers d’actions possibles des communes sont multiples : elles peuvent en devenir pleinement actrices à travers leurs propres compétences (rénovation du patrimoine bâti, écoles, maitrise du foncier, espaces verts, alimentation, solidarité…)
Ce 5ème axe ambitionne par ailleurs de promouvoir de nouveaux modèles, en valorisant les initiatives de décarbonation et l’essor de démarches inspirées de l’écologie industrielle et territoriale, notamment sur le réemploi et la réduction des déchets. Dans les faits cela implique aussi de mieux valoriser les coproduits. Cette matière réalisée, de façon intentionnelle ou non, au cours d’un processus de création d’un autre produit, peut servir pour un tout autre usage : valorisation à la fois énergétique (méthanisation, combustion), agronomique (engrais, épandage, compostage…), etc.
Cet axe du plan d’actions est important pour organiser le changement d’échelle et donner de l’ampleur à la transition, à travers notamment la mobilisation des communes mais également celle des entreprises et des citoyens. Dans le cycle 2023-2026 du PCAET, l’adoption du futur PLUi sera une séquence déterminante pour promouvoir un nouveau modèle d’aménagement qui interpellera les acteurs, dans leurs visions et leurs responsabilités dans la fabrique du territoire.
Entre écologie industrielle, réduction des déchets et économie circulaire, cet axe illustre l’approche transversale de la transition que le PCAET veut promouvoir.
2.2. Les fiches actions
(Voir plan d’actions PCAET – en annexe au présent document)Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 1 / 59
ANNEXES
Table des matières
1. INTRODUCTION A LA DEMARCHE DE SCENARISATION ............................................................. 2
1.1. FINALITE DE LA SCENARISATION .......................................................................................................2 1.2. METHODOLOGIE RETENUE .............................................................................................................2 1.3. OUTIL DE SIMULATION ..................................................................................................................4
2. EVOLUTIONS CLIMAT-AIR-ENERGIE TENDANCIELLES DU TERRITOIRE ....................................... 5
2.1. EVOLUTION DU TISSU URBAIN DU HAVRE SEINE METROPOLE ................................................................5 2.2. PERFORMANCE DES BATIMENTS NEUFS .............................................................................................5 2.3. PROJECTION DES CONTENUS CO2 DES ENERGIES ................................................................................6
3. HYPOTHESES RETENUES POUR LES SCENARIOS CONTINUITE, EXPLORATOIRE ET REFERENCE NATIONALE ..................................................................................................................................... 8
3.1. SECTEUR RESIDENTIEL ...................................................................................................................8 3.2. SECTEUR TERTIAIRE ....................................................................................................................14 3.3. SECTEUR INDUSTRIEL ..................................................................................................................17 3.4. SECTEUR DES TRANSPORTS ...........................................................................................................19 3.5. PRODUCTION D’ENERGIE RENOUVELABLE ........................................................................................25
4. RESULTATS DES SCENARIOS CONTINUITE, EXPLORATOIRE ET REFERENCE NATIONALE .......... 31
4.1. RESULTATS GLOBAUX DES SCENARIOS.............................................................................................31 4.2. RESULTATS PAR SECTEUR .............................................................................................................35
5. COMPTE RENDU DE L’ATELIER CONSOMMATION DU 31 MAI 2022 ........................................ 44
5.1. INTRODUCTION DE L’ATELIER ........................................................................................................44 5.2. REMARQUES SUR LE VOLET MOBILITES TERRESTRES ...........................................................................45 5.3. REMARQUES SUR LE VOLET MOBILITES MARITIMES ............................................................................46 5.4. REMARQUES SUR LE VOLET INDUSTRIE ............................................................................................46 5.5. REMARQUES SUR LE VOLET BATIMENTS ..........................................................................................46 5.6. UNE PROBLEMATIQUE IMPORTANTE POUR RTE SUR L’AUGMENTATION DE LA DEMANDE ELECTRIQUE .........46
6. COMPTE RENDU DE L’ATELIER PRODUCTION DU 1ER JUIN 2022 ............................................ 47
6.1. INTRODUCTION DE L’ATELIER ........................................................................................................47 6.2. LES FILIERES RENOUVELABLES ETUDIEES ET SCENARISEES SUR LE TERRITOIRE ...........................................48 6.3. LES INFRASTRUCTURES D’AVITAILLEMENT POUR LA MOBILITE ..............................................................50
7. NOTE DE SYNTHESE DU POTENTIEL DES RESEAUX DE CHALEUR ............................................. 51
7.1. INTRODUCTION..........................................................................................................................51 7.2. AMBITIONS DES 3 SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT DES RCU EN MATIERE DE PRODUCTION ......................51 7.3. HYPOTHESES DE DEVELOPPEMENT EN MATIERE DE CONSOMMATION ....................................................52 7.4. RESULTATS DES 3 SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT EN MATIERE DE CONSOMMATION...............................54 7.5. RACCORDEMENT DES BATIMENTS PUBLICS DE LA VILLE DU HAVRE ET DE LA COMMUNAUTE URBAINE ..........57Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 2 / 59
1. Introduction à la démarche de scénarisation
1.1. Finalité de la scénarisation
Le Schéma Directeur des Energies de la Communauté urbaine du Havre Seine Métropole est une démarche visant à :
Renforcer la connaissance de la situation énergétique du territoire de la CU,
Construire une vision partagée et une feuille de route commune à l’ensemble des acteurs.
La première phase de construction du modèle énergétique du territoire a consisté à réaliser un diagnostic sur le sujet des consommations et productions énergétiques, ainsi que sur les déploiements possibles d’énergies renouvelables (photovoltaïque, biogaz, …). Cette première phase est le point de départ de la deuxième phase de stratégie, visant à construire différents scénarios d’évolution possibles du territoire, permettant d’évaluer la trajectoire énergétique dans le cas d’un suivi strict des évolutions tendancielles, ou au contraire de scénarios plus ambitieux.
La scénarisation vise donc à fournir un état projeté de la situation énergétique de la CU. Le but est d’estimer, en faisant varier des paramètres clés, quels sont les objectifs que le territoire peut raisonnablement se fixer. Les scénarios construits doivent aussi permettre d’apprécier l’impact de l’évolution programmée sur des facteurs tels que l’évolution des consommations énergétiques ou encore la qualité de l’air.
A la fin de la démarche, la CU se positionne sur un scénario cible qui fixera les objectifs politiques en matière de transition énergétique. Ce scénario sera traduit en plan d’actions.
1.2. Méthodologie retenue
Dans un premier temps, trois scénarios ont été créés, l’année 2040 ayant été choisie comme année charnière. Cette année a été retenue comme point de passage dans la mesure où il s’agit d’une année assez éloignée pour que des actions ou tendances entamées aujourd’hui puissent réellement avoir un impact, et il s’agit aussi d’une année assez proche pour que le système énergétique tel qu’il est envisagé à cet horizon-là ne soit pas totalement différent du système actuel (pas de « science-fiction »).
Les scénarios sont les suivants :
Scénario « S0 Continuité » : ce scénario est basé sur la prolongation des effets observés
actuellement, prenant en compte les actions déjà prises sur le territoire. Les ambitions de LHSM ou d’autres acteurs qui n’ont pas encore été formellement actées ne sont pas prises en compte.
Scénario « S1 Exploratoire » : ce scénario est basé sur une synergie poussée entre la
Zone Industrialo-Portuaire et la ville du Havre et ses alentours
Scénario « S2 Référence nationale » : scénario « normatif » permettant d’atteindre des
objectifs nationaux en 2040 tout en tenant compte des spécificités du territoire. Ce scénario sera en cohérence avec les objectifs nationaux à horizon 2050 (SNBC).
Afin de déterminer l’évolution énergétique du territoire, un ensemble « d’actions » a été défini, actions qui correspondent à des transformations subies par le territoire. Chaque action est définie par des caractéristiques techniques, un coût et un niveau d’ambition. La rénovation énergétique du bâtiment résidentiel est un exemple d’action ; ses caractéristiques techniques correspondent alors au type de rénovation en jeu et surtout au gain que l’on peut en attendre, tandis que le niveau d’ambition correspond au nombre de logements qui seront rénovés entre l’instant présent et l’année 2040.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 3 / 59
Figure 1 - Philosophie des trois scénarios prospectifs
Afin de préciser les hypothèses associées à chaque type d’actions, deux ateliers ont été mis en place :
Un atelier « Consommation », s’intéressant principalement aux questions de la demande
en énergie (et donc aux actions de maîtrise de la demande)Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 4 / 59
Un atelier « Production », s’intéressant aux questions de production d’énergie (que ce soit
des moyens de production comme les ENR ou bien des équipements de chauffage dans les bâtiments) et des réseaux d’énergie
Ces ateliers, qui ont eu lieu les 31 mai et 1er juin 2022 et auxquels ont participé des acteurs du territoire (Logeo seine, GRDF, SYNERZIP, HaropaPort, Habitat76, AURH, Transdev, Chambre d’agriculture, RTE Normandie, RésOcéane, le SDE76 et Enedis) ont permis de valider un premier lot d’hypothèses pour les 3 scénarios définis. Les scénarios ont été modélisés et simulés avec ce jeu d’hypothèses afin d’obtenir la vision du système énergétique métropolitain en 2040. Les comptes rendus des ateliers sont disponibles en annexe de ce document.
Les résultats issus de cette phase ont été présenté en COTECH les 6 septembre et 18 octobre 2022. Le jeu d’hypothèses retenu pour définir les 3 scénarios et les résultats correspondants sont présentés dans les annexes 2, 3 et 4.
A la suite de cette phase, la CU a engagé à l’automne un travail de réflexion ayant pour objectif de choisir un scénario cible pour son territoire. Le scénario cible retenu est présenté en section 5.
1.3. Outil de simulation
Le logiciel Artelys Crystal City a permis de simuler le système énergétique du territoire de la CU du Havre Seine Métropole à horizon 2040 pour chacun des scénarios. Le logiciel optimise la consommation et la production, et permet de représenter finement l’effet des différentes actions énergétiques (rénovation thermique des bâtiment, efficacité énergétique, intégration des énergies renouvelables...). Il permet aussi de calculer les investissements nécessaires à chacun des scénarios. Ces montants d’investissement sont à faire porter par l’ensemble des parties prenantes de la Communauté urbaine et doivent donc être partagés entre les différents acteurs du territoire : particuliers, entreprises, LHSM, Etat et autres organismes publics.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 5 / 59
2. Evolutions climat-air-énergie tendancielles du territoire
2.1. Evolution du tissu urbain du Havre Seine Métropole
Afin de projeter la consommation énergétique du territoire à horizon 2040, des hypothèses concernant l’évolution du tissu urbain sont nécessaires. En effet, la construction de nouveaux logements sera la source de nouvelles consommations résidentielles, tandis que le développement de nouvelles activités économiques sera aussi à l’origine d’une évolution des consommations énergétiques.
Afin de construire une politique énergétique en accord avec les objectifs d’aménagement, ces évolutions ont été estimées en cohérence avec les différents schémas d’orientation (SCOT, PLUi…). Il s’agit en particulier d’intégrer des hypothèses d’évolution du nombre de logements, et des zones/locaux d’activité économique cohérentes avec les projections des documents d’aménagement. Le modèle du territoire réalisé dans cette étude est à la maille IRIS (subdivision des communes).
a. Evolution du parc de logements
Les chiffres et hypothèses suivantes ont été retenues (issues du Programme local de l’habitat 2022-2028 - PLH) :
790 constructions neuves / an
126 démolitions / an
La répartition géographique des constructions neuves et démolitions suit les 4 catégories
définies dans le PLH :
▪ Pôle urbain principal : Le Havre (63% de la population de la CU)
▪ Autres pôles urbains : Sainte-Adresse, Octeville-sur-Mer, Montivilliers, Harfleur et
Gonfreville-l’Orcher (17% de la population de la CU)
▪ Centres bourgs : Fontaine-la-Mallet, Gainneville, Epouville, Etretat, Criquetot-
l’Esneval et Saint-Romain-de-Colbosc (6% de la population de la CU)
▪ Communes rurales : les 42 autres communes (14% de la population de la CU)
Enfin, on conserve une part de 56% de logements collectifs et 44% de maisons individuelles dans les constructions neuves.
b. Evolution de l’activité économique
Le Schéma de Cohérence Territoriale de 2012 (SCOT) fournit des projections de l’activité économique (nombre d’emplois) jusqu’en 2020 seulement. Dans le cadre de cet exercice (horizon 2040), le nombre d’emplois a été gardé constant entre 2019 et 2040.
2.2. Performance des bâtiments neufs
Les nouveaux bâtiments construits sont supposés respecter les réglementations en vigueur lors de leur construction, à savoir la RE2020. Les performances retenues sont les suivantes : consommation en énergie réduite par rapport à la RT 2012 (chauffage < 12 kWhep – énergie primaire), objectif de bâtiment à énergie positive (production renouvelable compensant les consommations énergétiques), principalement à partir de production d’électricité par panneaux solaires photovoltaïques.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 6 / 59
2.3. Projection des contenus CO2 des énergies
Pour chacun des vecteurs énergétiques, des contenus carbones en gCO2/kWh sont utilisés pour calculer les émissions de gaz à effet de serre à partir de la consommation d’énergie. Ces grandeurs sont par ailleurs projetées de manière commune entre les différents scénarios (variable de contexte).
a. Electricité
La décarbonation du mix électrique français (grâce au développement des énergies renouvelables) amènera une diminution du contenu CO2 de l’électricité dans les années à venir. Cette baisse du contenu CO2 est à prendre en compte à l’échelle du mix national. Les valeurs retenues sont issues des exercices de prospective de l’Ademe (Ademe – Visions 2030-2050 (2014)) pour l’année 2040 (moyenne entre les années 2030 et 2050). Le contenu CO2 actuel de l’électricité provient de la Base Carbone ADEME.
b. Gaz
L’introduction de biométhane dans le réseau gazier, contribuera aussi à faire baisser le contenu CO2 du gaz à l’échelle nationale. Les données retenues sont issues du travail prospectif sur l’origine du gaz réseau de l’Ademe (Ademe – Transitions 2050 (2022)). La valeur 2040 a été calculée en utilisant le mix de gaz proposé par l’Ademe (moyenne des 4 scénarios prospectifs proposés) et en supposant que le biométhane ait un bilan CO2 neutre, ce qui amène à un contenu de 114gCO2/kWh PCI. Le contenu CO2 actuel du gaz provient de la Base Carbone ADEME. Pour le GNL, le même ratio d’incorporation de biométhane a été appliqué permettant de passer de 215gCO2/kWh PCI à 131gCO2/kWh PCI.
c. Réseaux de chaleur
Le contenu CO2 des réseaux de chaleur actuel provient des chiffres déterminés lors du diagnostic du schéma directeur des énergies de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole. Ce contenu est le contenu moyen de l’ensemble des réseaux (publics et privés). Pour l’année 2040, le contenu moyen a été estimé à partir des évolutions retenues dans chacun des scénarios étudiés.
d. Carburants liquides
L’introduction de biocarburants contribuera aussi à faire baisser le contenu CO2 des carburants liquides à l’échelle nationale. Les données retenues sont issues du travail prospectif de l’Ademe (Ademe – Transitions 2050 (2022)). La valeur 2040 a été calculée en utilisant le taux d’incorporation de biocarburants proposé par l’Ademe (moyenne des 4 scénarios prospectifs proposés) et en supposant que les biocarburants ont un bilan CO2 neutre, ce qui amène à un contenu de 164gCO2/kWh PCI. Le contenu CO2 actuel des carburants liquides proviennent de la Base Carbone ADEME.
e. Hydrogène
Le contenu CO2 de l’hydrogène actuel provient de la Base Carbone ADEME. Pour l’année 2040, le contenu moyen a été estimé en considérant que l’hydrogène sera produit par électrolyseur grâce à de l’électricité provenant du réseau.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 7 / 59
f. Bois et biomasse combustible
Comme les intrants brulés ne devraient à priori pas changer de nature dans le futur, le contenu CO2 n’a pas de raison d’évoluer. Le contenu CO2 actuel provient de la Base Carbone ADEME.
(gCO2/kWh) 2019 2040
Bois 19 19
Electricité 42 18
Hydrogène 155 24
Gaz Naturel 187 114
GNV 187 114
GNL 215 131
Chauffage Urbain
(Référence nationale) 227 90
Chauffage Urbain
(Exploratoire) 227 107
Chauffage Urbain
(Continuité) 227 131
Carburants liquides 254 164
Tableau 1 - Tableau récapitulatif des contenus CO2Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 8 / 59
3. Hypothèses retenues pour les scénarios Continuité,
Exploratoire et Référence Nationale
3.1. Secteur résidentiel
a. Rénovation des bâtiments
Dans chacun des scénarios, un programme de rénovation du parc a été envisagé. Ce programme distingue deux types de rénovation (légère ou lourde) et propose d’intervenir sur 35 % à 51 % des résidences principales. La rénovation dite légère se limite à l’isolation de la toiture et la pose d’un double-vitrage alors que la rénovation lourde inclut l’isolation de la toiture et du plancher, la pose d’un double-vitrage, l’isolation thermique par l’extérieur ainsi que la rénovation du système de ventilation.
Selon l’état du logement rénové, la rénovation légère permet de diminuer les consommations de chauffage de 10 % à 25 % tandis que la rénovation lourde permet d’atteindre de 20 % à 60 % d’économies. Pour tous les scénarios, il a été retenu de considérer prioritaires les bâtiments les plus anciens (construits avant 1990), qui présentent généralement les moins bonnes performances thermiques et donc pour lesquels cette rénovation va apporter la plus grande plus- value
Type de rénovation Type de
bâtiment
Construit
avant 1975
Construit
entre 1975-
1990
Construit
après 1990
Rénovation légère
(isolation des combles et
double vitrage)
Logements
collectifs 15% 10% 10%
Maison
individuelle 25% 20% 15%
Rénovation lourde
(isolation des combles, du
plancher, isolation
thermique de l’extérieure,
double vitrage, VMC)
Logements
collectifs 40% 30% 20%
Maison
individuelle 60% 50% 30%
Tableau 2 - Pourcentage de gains énergétiques sur le chauffage en fonction de l’âge du bâtiment et du type de rénovation (Source : visions ADEME 2030-2050)
.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 9 / 59
Tableau 3 - Objectifs de rénovation dans le résidentiel, par scénarioLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 10 / 59
b. Changement de vecteur et d’équipement de chauffage
Il a été retenu d’appliquer deux politiques distinctes : l’une pour les logements existants et l’autre pour les logements neufs. Ces derniers suivent les préconisations faites dans la SNBC à horizon 2040 quel que soit le scénario.
Comme la durée de vie moyenne d’un équipement de chauffage est de 20 ans, la totalité des équipements aura été remplacée à horizon 2040. On considère qu’ils sont remplacés par des équipements neufs avec de meilleurs rendements, voire par des équipements « nouvelle génération » tels que des pompes à chaleur pour le chauffage ou du solaire thermique pour l’eau chaude sanitaire
Les changements d’équipements sont étudiés selon plusieurs critères : le type de logement (maison, appartement), la disponibilité des réseaux et l’équipement de chauffage actuel.
REMPLACEMENT DU FIOUL
Au vu des rythmes actuels de remplacement des chaudières au fioul, nous avons retenu dans tous les scénarios un remplacement systématique de ces moyens de chauffage. Ces derniers sont remplacés par des chaudières gaz haute performance, des pompes à chaleur ou des chaudières au bois en fonction de la disponibilité des réseaux.
L’impact budgétaire pour la Communauté Urbaine sera fonction des décisions politiques prises sur le soutien aux porteurs de projets de rénovation (aides à l’isolation, à l’achat de systèmes de chauffages).
VALORISATION DU POTENTIEL DE BIOMASSE
Sur le territoire, le potentiel de biomasse est actuellement fortement sollicité. La consommation de biomasse n’augmente pas sur le territoire mais celle-ci permet d’alimenter un plus grand nombre de logements, notamment grâce aux actions d’efficacité énergétique. Néanmoins, un travail sera engagé entre la Communauté urbaine et ses partenaires afin de valoriser la filière bois-énergie notamment via des actions en faveur de la plantation de haies et la récupération des déchets ciblés.
RACCORDEMENT AUX RESEAUX DE CHALEUR
Dans chacun des scénarios, le potentiel de raccordement ainsi que les zones candidates au raccordement ont été définis lors de l’atelier production. Une note spécifique explique plus précisément le travail mené pour le raccordement aux réseaux de chaleur. Cette note est disponible en annexe 7.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 11 / 59
REMPLACEMENT D’EQUIPEMENTS PAR DES EQUIPEMENTS PLUS PERFORMANTS
Les chaudières des différents logements sont progressivement remplacées par des équipements plus performants. Les remplacements effectués diffèrent en fonction des scénarios, et sont présentés dans le tableau suivant :
Tableau 4 - Changement d'équipements en fonction du scénario
Arbitrages sur la rénovation énergétique des logements
► Des arbitrages sont à produire sur les objectifs en matière de rythme de rénovation (nombre d’opérations réalisées chaque année, montée en charge) et de performance unitaire (gain moyen des opérations).
► Une priorisation de l’effort à réaliser entre mettre l’accent sur la réduction de la demande en énergie (chauffage notamment) via des investissements dans la rénovation thermique des logements et mettre l’accent sur la performance des systèmes via des investissements dans la conversion et le renouvellement des équipements.
Dans le dimensionnement et le déploiement des dispositifs d’accompagnement technique et financier de la rénovation énergétique des logements, des arbitrages sont à produire sur : – Les cibles de l’accompagnement : les types de projets, les bénéficiaires (propriétaires occupants, propriétaires bailleurs), les conditions de ressources
– Les moyens de l’accompagnement : en se concentrant sur certains dispositifs sur l’isolation et les équipements, soumis à des conditions de performance. – Les objectifs sur les différents segments du parc de logements : logements collectifs (copropriétés), maisons individuelles, logement social
Il s’agit de dimensionner les moyens humains et financiers mobilisables pour aligner le rythme et la performance des rénovations globales avec les enjeux de la neutralité carbone. Le pari à prendre porte sur la capacité d’entraînement des accompagnements techniques et financiers de la Communauté urbaine sur une demande spontanée, considérant que la Communauté urbaine ne pourra pas aider, ni financièrement ni techniquement, tous les porteurs de projets ; l’action sur la filière rénovation doit être suffisamment forte pour améliorer la compétitivité de l’offre et raccourcir les temps de retour sur investissement.
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
UrbaineLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 12 / 59
• Augmentation des coûts de l’énergie qui
renforce le retour sur investissements de
la rénovation ( augmentation des coûts
des matériaux)
• Accompagnement des porteurs de projets
(conseil)
• Aides à la rénovation (co-financement)
• Animation des professionnels (montée en
puissance d’une offre de rénovation
performante et à coût maîtrisé)
c. Sensibilisation et sobriété énergétique
Les actions de sensibilisation et d’accompagnement à la sobriété énergétique peuvent avoir des impacts significatifs sur la consommation énergétique des ménages. Même si les baisses de consommations sont souvent inférieures à des actions plus structurantes comme les rénovations énergétiques, la sensibilisation permet d’enclencher une dynamique positive chez les citoyens, et d’éviter certains effets néfastes lors d’actions d’efficacité énergétique (effet rebond, augmentation de la température de chauffage, etc.).
Différentes actions de sensibilisation et d’accompagnement à la sobriété énergétique ont été modélisées dans les scénarios :
Compteurs intelligents : Déploiement des compteurs intelligents, qui permettent d’offrir
de nouveaux services incitant à la sobriété énergétique
Accompagnement : Communication spécifique sur les comportements et la sobriété
énergétique
Outils de régulation : Démocratisation des robinets thermostatiques et des thermostats
intelligents
Les caractéristiques suivantes ont été retenues pour ces différentes actions :
Hypothèses Impacts
Compteurs
intelligents
Déploiement des compteurs intelligents, qui
permettent d’offrir de nouveaux services
incitant à la sobriété énergétique
-1% de
consommation
(tous usages)
Sensibilisation Communication spécifique sur les comportements et la sobriété énergétique -5% de
consommation
(tous usages)
Outils de
régulation
Démocratisation des robinets thermostatiques
et thermostats intelligents
-5 à 10%
(chauffage)
Tableau 5 – Actions de sensibilisation et de sobriété et leurs impacts sur le résidentiel
Comme le déploiement de compteurs communicants (linky/gazpar) est en cours sur tout le territoire, et une réglementation contraignante existe pour les outils de régulation de chauffage, peu de différences sont supposées entre les scénarios. La sensibilisation est en revanche l’axe où la Communauté urbaine a le plus de leviers d’action. Par conséquent la part de logements sensibilisés change significativement entre les différents scénarios.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 13 / 59
Tableau 6 – Objectifs de sensibilisation et de sobriété du résidentiel en fonction du scénario 1
Arbitrages sur la maîtrise comportementale de la demande
► La projection des scénarios de transition retient des hypothèses sur des impacts de la sensibilisation des ménages à la réduction de la demande en énergie, fruits de démarches d’animation individuelle et collective.
La mobilisation de moyens de communication et d’accompagnement dans le long terme constitue l’enjeu principal pour animer (informer, accompagner) et maintenir la sensibilité et les comportements vertueux dans le temps.
Une méthode transversale est à penser et à déployer pour créer de l’animation et de la sensibilisation à la sobriété et à l’efficacité énergétique dans le logement. Des liens sont à créer entre ces actions de sensibilisation et l’ensemble des politiques publiques contribuant à la transition écologique menées par LHSM (ex. compostage, réduction des déchets ménagers, économie d’eau, changement des pratiques de mobilités, évolution des pratiques alimentaires, etc.).
La création d’une structure d’animation type Agence locale de l’énergie et du climat (ALEC) pour porter des missions d’information et de sensibilisation des ménages est une piste de travail et un investissement efficace.
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Contexte de crise des prix de l’énergie et
médiatisation de la « sobriété »
• Séquence locale porteuse avec la révision
stratégique des politiques déchets,
mobilité, climat (+ ZFE-m)
• Actions de sensibilisation
• Information institutionnelle, stratégie de
communication
1 Au total, 136.000 logements se trouvent sur le territoire de la CU, dont 121.000 résidences principales (source :
Diagnostic Climat Air Energie)Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 14 / 59
3.2. Secteur tertiaire
a. Décret tertiaire
Le décret tertiaire fixe des objectifs de réduction des consommations énergétiques des bâtiments entre 2020 et 2050. Les objectifs de réduction d’énergie sont de -40% en 2030, -50% en 2040 et -60% en 2050 par rapport à 2010. Ainsi, dans les trois scénarios, cet objectif réglementaire a été considéré pour toutes les activités tertiaires du secteur public ou du secteur privé et dont la surface plancher cumulée liée à cette activité est supérieure à 1000m². Par la suite, nous ne détaillerons que les actions énergétiques liées au petit tertiaire puisque pour atteindre les objectifs fixés dans le décret tertiaire, des efforts conséquents sont nécessaires à la fois dans la rénovation, dans l’efficacité énergétique mais aussi dans la sensibilisation.
b. Rénovation des bâtiments (petit tertiaire)
Dans chacun des scénarios, un programme de rénovation du parc tertiaire a été envisagé pour le petit tertiaire. A défaut de disposer de données historiques des rénovations du tertiaire pour ce territoire, les taux de rénovations du parc ont été considérés identiques à ceux du parc résidentiel.
La baisse des consommations de chauffage associées aux rénovations varie aussi d’un scénario à l’autre, car on suppose que les rénovations effectuées dans les scénarios S1 et S2 sont plus ambitieuses. Dans le scénario de la Continuité, les rénovations sont considérées comme étant légères.
Tableau 7 – Objectifs de rénovation énergétique du tertiaire selon le scénario
c. Changement de vecteur et d’équipement de chauffage
Les hypothèses de changement de vecteur et d’équipements de chauffage sont très similaires entre le secteur résidentiel et le secteur tertiaire. En effet, même si les dynamiques à mettre en place sont différentes (remplacer un vecteur de chauffage pour un particulier ou un acteur économique ne répond pas aux mêmes logiques), les objectifs peuvent être supposés identiques. Pour cela 2 catégories de tertiaire ont été considérées :
Le petit tertiaire (les commerces) se comporte comme des logements à chauffage
individuel
Le gros tertiaire (santé, éducation, sport, bureaux, etc.) se comporte comme des
logements à chauffage collectifLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 15 / 59
On peut donc se référer au tableau 15 de changement d’équipements présenté plus haut dans la section traitant du résidentiel.
d. Sensibilisation et Sobriété
Le secteur tertiaire déploie déjà des solutions pour maîtriser ses consommations d’énergie. En effet, le management de l’énergie (audit énergétique, certification ISO 5001, …) est souvent mis en place pour les grandes entreprises dans le cadre de leurs travaux de RSE (responsabilité sociale des entreprises). De la même façon, la GTB (Gestion technique des bâtiments) est de plus en plus souvent mise en place pour les acteurs tertiaire présents dans un site de taille importante (hôpitaux, grands bâtiments d’administration, centres commerciaux, etc.). En effet, cette dernière permet des réductions importantes des consommations d’énergie par une meilleure connaissance des postes fortement consommateurs, et d’un suivi plus adapté (baisse du chauffage et de la climatisation la nuit, meilleure gestion de l’éclairage). Des opérations de relamping (notamment en LED) permettent également de diminuer fortement la consommation d’électricité utilisée pour l’usage éclairage.
Les hypothèses techniques suivantes ont été retenues pour ces 3 actions :
Impacts Coûts
GTB
(Gestion Technique du
Bâtiment, système numérique
permettant de gérer les
équipements de chauffage,
climatisation, ventilation,
etc.…du bâtiment)
-15% de consommation
(chauffage, ECS, éclairage, électricité
spécifique, climatisation)
De 15 à 25€/m²
Relamping -50 kWh/m² de relamping, soit environ 30% d’économie d’énergie 30€/m²
(lampes, câblages,
main d’œuvre compris)
Communication sur les enjeux
de l’énergie
-5% de consommation (chauffage,
ECS, éclairage, électricité spécifique) 1€/an/m²
Tableau 8 – Actions de sensibilisation et de sobriété et leurs impacts sur le tertiaire
Le déploiement des différentes actions est différencié suivant les scénarios, avec la répartition suivante :Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 16 / 59
Tableau 9 – Objectifs de sensibilisation et de sobriété du résidentiel en fonction du scénario
Arbitrages sur le secteur tertiaire
► Rythme de rénovation nombre d’opérations réalisées chaque année (m² rénovés), montée en charge) et performance unitaire (gain moyen des opérations).
► Des orientations différentes entre mettre l’accent sur la réduction de la demande en énergie (chauffage notamment) via des investissements dans la rénovation thermique des bâtiments et performance des systèmes via des investissements dans la conversion et le renouvellement des équipements.
Dans le dimensionnement et le déploiement des dispositifs d’accompagnement technique et financier de la rénovation énergétique des logements, les arbitrages à produire portent sur : – Les cibles de l’accompagnement : les types de projets, les bénéficiaires (en priorisant des secteurs d’activités, des types d’entreprises)
– Les moyens de l’accompagnement : concentration sur les dispositifs d’accompagnement à l’isolation et le remplacement d’équipement, selon des conditions de performance
– Les objectifs sur les différents segments du parc de locaux tertiaires » : un choix à opérer sur le gisement entre tertiaire privé grandes surfaces, petit tertiaire (diffus), tertiaire public.
Il s’agit de dimensionner les moyens humains et financiers mobilisables pour aligner le rythme et la performance des rénovations globales des locaux tertiaires avec les enjeux de la neutralité carbone. Et de porter une réflexion sur les usages à cibler en particulier dans l’objectif de réduction de la demande (vs. l’objectif de couvrir les besoins par des énergies renouvelables intégrées au bâti).
La rénovation énergétique du tertiaire public représente un enjeu spécifique pour embarquer des propriétaires de locaux tertiaires privés dans des projets « de secteur » pouvant intégrer des enjeux de mutualisation d’équipements de production ou stockage d’énergie par exemple.
De même la collectivité doit encourager et accompagner techniquement les projets de rénovation globale à l’échelle de zones d’activités, pour penser les enjeux de production d’énergie aux côtés des enjeux de performance énergétique.
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Le « décret tertiaire » pose un cadre
réglementaire pour les propriétaires de
locaux de grandes surfaces (>1 000 m²) ;
des enjeux à accompagner, suivre
• Accompagnement des porteurs de projets
de rénovation (conseil technique)
• Aides à la rénovation (co-financement)Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 17 / 59
l’application de la réglementation et
embarquer plus largement les
propriétaires de locaux tertiaires
• Augmentation des coûts de l’énergie qui
renforce le retour sur investissements de
la rénovation ( augmentation des coûts
des matériaux)
• Animation des professionnels (montée en
compétence de l’offre)
• Tertiaire public : Consolider les dispositifs
de conseil en énergie partagé
3.3. Secteur industriel
Le secteur industriel est un secteur où il est particulièrement difficile de déterminer l’évolution des consommations d’énergie, car il repose sur de nombreux facteurs non purement énergétiques (évolution de l’activité de l’entreprise, relocalisation d’un site en dehors du territoire, etc.).
La Normandie est la 3ème région de France pour les émissions de son secteur industriel. L’enjeu de décarbonation est donc de taille.
Figure 2 Emissions industrielles en MtCO2 par région. Source : Le Captage et Stockage géologique du CO2 (CSC) en France Le CSC, un potentiel limité pour la réduction des émissions industrielles, 2020, ADEME
Il convient de noter que seules les émissions énergétiques liées à la combustion entrent dans le périmètre de l’étude du Schéma Directeur des Energies. Ainsi, les émissions liées aux procédés n’entrent pas dans la comptabilisation énergétique. Selon le rapport de l’ADEME Le Captage et Stockage géologique du CO2 (CSC) en France Le CSC, un potentiel limité pour la réduction des émissions industrielles : « Les émissions industrielles qui représentent un total de 65 MtCO2, se décomposent entre les émissions liées aux procédés soit 16 MtCO2 et les émissions de combustion soit 49 MtCO2. Ce sont les émissions liées aux procédés qui sont difficiles à réduire car provenant de « réactions chimiques » nécessaires à la production de matériaux et sont celles qui pourraient principalement nécessiter le recours au CSC. Une bonne part des émissions de combustion peut, elle, être réduite par la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique, le recours aux Énergies Renouvelables (EnR) ou à l’électrification. »
Ainsi, les trois pistes identifiées pour la décarbonation du secteur énergétique de l’industrie sont : L’efficacité énergétique
L’intégration d’énergies renouvelablesLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 18 / 59
L’électrification des procédés
On retiendra donc 2 actions dans le cadre de la construction des scénarios de maîtrise de la demande du secteur industriel :
Tableau 10 – Actions d’électrification des procédés et de système de management de l’énergie et leurs impacts sur le secteur industriel
Les hypothèses déclinées par scénario sont les suivantes :
Tableau 11 – Objectifs d’électrification des procédés et de système de management de l’énergie en fonction du scénario
Le facteur 18% provient de l’étude du CEREN, « Première analyse du potentiel technique d’électrification des procédés industriels thermiques par des technologies matures », 2020.
Enfin, les hypothèses sur l’intégration d’énergies renouvelables sont détaillées dans la section 3.5.Erreur ! Source du renvoi introuvable.
Arbitrages sur le secteur industriel
Les leviers sont limités pour la collectivité. Les décisions des acteurs industriels appartiennent à la sphère privée et sont produites dans un contexte qui dépasse largement le territoire de l’agglomération havraise.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 19 / 59
L’enjeu pour la Communauté urbaine concernant l’activité industrielle est avant tout celui d’une posture : se placer en partenaire, être informée et intervenir en appui des projets des industriels concernant leur approvisionnement énergétique et leur consommation.
Il s’agit de tirer profit de la demande des industriels pour consolider le modèle économique de certains projets, comme par exemple valoriser les énergies fatales, ou encore intégrer les unités industrielles dans le modèle énergétique territorial.
3.4. Secteur des transports
a. Evolution du transport de voyageur
EVOLUTION DES PARTS MODALES ET DU VOLUME DE MOBILITE
La révision du PDM (Plan de Mobilité, anciennement PDU Plan de Déplacement Urbain) de la communauté urbaine est actuellement à l’œuvre, les travaux d’élaboration du nouveau PDM se déroulent sur la période 2021-2023.
L’évolution des parts modales est un des éléments influant sur le modèle énergétique. Etant donné les travaux en parallèle sur le PDM, la construction des trois scénarios présentés dans ce rapport s’est basée sur une hypothèse de stabilité du nombre de déplacements et des parts modales.
Cependant, le scénario final (qui fera l’objet d’un prochain rapport) intégrera les objectifs de parts modales du PDM, objectifs posés dans le cadre des comités de pilotage du PDM de l’automne 2022 (entre autres : le passage de la part modale de la voiture individuelle de 43% en 2018 à 35% en 2033).
Arbitrages sur les déplacements/ le transport de personnes
Le scénario cible du PCAET-SDE reprend les objectifs de parts modales portés par le Plan de mobilités (PDM). Les arbitrages sont en cours de production dans le cadre de l’élaboration du Plan de mobilités.
Le PCAET-SDE s’articule avec les actions du PDM qui vont organiser et soutenir une évolution des parts modales (cœur de l’exercice du PDM) :
- Le PCAET se concentre sur les enjeux de réduction de la demande de mobilité en lien avec le PLUi et l’aménagement des services et commerces de proximité, la ville des courtes distances
- Le PCAET travaille sur le développement des carburations alternatives (en lien avec les productions locales d’énergie) pour décarboner les mobilités motorisées.
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Augmentation globale des coûts de
l’énergie (carburants pétroliers, gaz,
électricité) : levier de réduction de la
demande de mobilité
• Mise en œuvre de la ZFE-m comme un
levier d’interrogation des ménages sur
leurs pratiques (enjeu communication)
• Offre lignes TC urbaines
• Infrastructures modes actifs
• Infrastructures covoiturage
• Zone à faibles émissionsLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 20 / 59
EVOLUTION DES MOTORISATIONS
L’évolution des motorisations pour le transport de personnes est basée sur le document cadre de la SNBC qui prévoit un essor important du marché des véhicules électriques (VE) et Véhicules Hybrides et Rechargeables (VHR), atteignant en 2050 un mix équilibré entre l’hybride, l’électrique et le GNV pour le parc automobile en circulation.
Pour les scénario Exploratoire et Référence nationale, les objectifs de la SNBC sont repris (en considérant une évolution linéaire des achats depuis 2010 pour atteindre le niveau de 2040). Les véhicules sont supposés renouvelés à la fin de leur durée de vie. Cette durée est estimée pour l’exercice de scénarisation présent à 9 ans (chiffre basé sur le taux moyen de renouvellement des véhicules en France).
Pour le scénario Continuité, une projection à partir des tendances actuelles d’achat sur le territoire de la Communauté Urbaine a été réalisée. Ces tendances ont été déterminées en mettant à l’échelle du parc de véhicules de LHSM les tendances d’achat de la région Normandie selon les données du Répertoire Statistique des Véhicules Routiers de 2020 - INSEE.
Figure 3 - Part des différentes motorisations dans le parc automobile du territoire
Arbitrages sur les déplacements/ le transport de personnes
► Des hypothèses à projeter sur la répartition des véhicules par type de motorisation dans le parc du territoire (thermiques fossiles, électriques, GNV, hydrogène)
L’enjeu est de penser une cohérence entre l’offre de carburation alternative (les équipements installés sur le territoire) et le développement de la production d’énergie renouvelable pour soutenir le développement de nouveaux usages.
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Une accélération de la demande en
carburants alternatifs dans le contexte de
la crise des marchés de l’énergie fossile
( impacts sur les coûts de l’électricité
également)
• La Zone à faibles émissions mobilité
(ZFE-m) que la Communauté urbaine doit
mettre en place en application de la loi
• Infrastructures de charge (maillage du
réseau et tarification)
• Gestion de la voirie (accès)
• Stationnement (lien aux communes)
98% 88%
41% 41%
6%
55% 55%
1% 4% 5% 5% 1% 1%
2019 - Diagnostic S0 - Continuité S1 - Exploratoire S2 - Référence nationale
Thermique Electrique Hybride rechargeable GNVLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 21 / 59
Climat et résilience2 constituera une
contrainte sur les véhicules les plus
polluants et favorisera l’accélération du
renouvellement du parc
b. Evolution du transport de marchandises
EVOLUTION DU TRAFIC
Le territoire ne dispose pas d’études localisées et récentes sur l’évolution du trafic de marchandises ou sur l’évolution de l’activité économique. Ainsi, les estimations de la SNBC ont été appliquées, soit une augmentation du nombre de km parcourus de 8% pour les poids lourds (PL) et de 12% pour les véhicules utilitaires légers (VUL) entre 2019 et 2040.
Arbitrages sur le transport de marchandises
► Des objectifs à poser sur l’évolution de la demande de transport de marchandises en lien avec l’activité économique du territoire.
► Sur le volet logistique urbaine, des hypothèses sur l’impact des actions menées et projetées à l’échelle de l’agglomération pour un meilleur remplissage des véhicules et une réduction du trafic en conséquence.
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Une organisation de la distribution des
biens (e-commerce, etc.) qui tend vers
l’individualisation des livraisons
• Gestion de la voirie
• Plan de circulation
• Aménagement d’espaces de logistique
urbaine
EVOLUTION DES MOTORISATIONS
L’évolution des motorisations pour le transport de marchandises est basée sur le document cadre de la SNBC qui prévoit un essor important du marché de l’électrique pour les VUL (véhicule utilitaire léger), ainsi qu’une pénétration importante de l’hydrogène et du GNV pour les PL. Dans le même temps, l’offre gaz pour les VUL tend à se réduire fortement en raison des directives européennes (en particulier les normes de performance en matière d’émissions de CO2 pour les véhicules dans le cadre de la réglementation CAFE – Corporate average fuel economy). Le scénario retenu devra intégrer les contraintes de la ZFE-m pour dépasser le seul renouvellement des véhicules et viser des solutions collectives de réduction du trafic pour le transport de marchandises.
2 La ZFE-m est instaurée par l’autorité compétente, à savoir l’entité disposant des prérogatives en matière de pouvoir
de police de circulation lié à la ZFE-m (article L. 5211-9 2 du Code général des collectivités territoriales). Elle est obligatoire pour les agglomérations de plus de 150 000 habitants (au sens de l’INSEE) [cf. Annexe II de l’Arrêté du 22 décembre 2021 pour la liste des communes de l’agglomération havraise au sens de l’INSEE] Le Ministère et l’ADEME ont élaboré 2 guides à destination des collectivités pour conduire leur démarche de mise en place d’une Zone à faibles émissions (ZFE-m) :
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Guide_accompagnement_mise_en_place_ZFEM.pdf https://librairie.ademe.fr/air-et-bruit/5786-guide-d-aide-a-l-elaboration-et-la-mise-en-oeuvre-des-zfe-m.htmlLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 22 / 59
Figure 4 - Part des différentes motorisations dans le parc de véhicules utilitaires légers
Figure 5 - Part des différentes motorisations dans le parc de poids lourds
Arbitrages sur le transport de marchandises
► Un pari à proposer dans le scénario cible du PCAET-SDE sur la place du gaz, de l’hydrogène et de l’électricité dans le mix des véhicules pour le transport de marchandises ; avec une réflexion par segment du parc (VUL, porteurs, tracteurs).
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Une accélération de la demande en
carburants alternatifs dans le contexte de
la crise des marchés de l’énergie fossile
(< !> impacts sur les coûts de l’électricité
également)
• Infrastructures de charge
• Gestion de la voirie (accès)
• Stationnement (lien aux communes)
98% 96%
55% 55%
1% 3%
18%
40%
1% 1%
27%
6%
2019 - Diagnostic S0 - Continuité S1 - Exploratoire S2 - Référence nationale
Thermique Electrique et hybride rechargeable GNV
100% 93%
55% 55%
7% 14% 7%
38% 32%
2019 - Diagnostic S0 - Continuité S1 - Exploratoire S2 - Référence nationale
Thermique Hydrogène et Electrique GNVLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 23 / 59
• Mise en œuvre de la ZFE-m comme
accélérateur dans les stratégies des
acteurs du transport
c. Evolution du transport maritime
L’idée proposée est de reprendre les scénarios étudiés dans le rapport Prospective 2040-2060 des transports et des mobilités3. Différents leviers d’action sont explicités pour diminuer l’impact des ports et du transport maritime.
Tableau 12 – Hypothèses sur les leviers d’actions sur le transport maritime dans chacun des scénarios
Le changement de carburant utilisé dans les bateaux impacte aussi les émissions directes du secteur :
Le GNL permet une baisse de 20% des émissions par rapport au fioul lourd
L’ammoniac permet une baisse de 100% des émissions par rapport au fioul lourd
L’hydrogène permet une baisse de 100% des émissions par rapport au fioul lourd
Ces scénarios représentent des stratégies plus ou moins ambitieuses de réduction des émissions de GES du transport maritime et des ports français. Le scénario, dit « laxiste », représente l’équivalent du scénario Continuité. Le scénario dit « moyen » permet de réduire les émissions du secteur de 50% à horizon 2050 et sera choisi pour les scénarios ambitieux Exploratoire et Référence nationale.
3 https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/283713.pdfLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 24 / 59
Tableau 13 – Ambitions des actions menées dans le transport maritime en fonction du scénario
d. Evolution des infrastructures de recharge
Afin de soutenir les évolutions de motorisation envisagées dans chacun des scénarios, il est nécessaire de prévoir une augmentation des sites de recharge en électricité, hydrogène et GNV. Ces ambitions dans les infrastructures de recharge ont été discutées et ajustées dans l’atelier Production.
Type de point de
charge
Puissance
individuelle
Coût
d’installation
Niveau de
déploiement
Prise renforcée privée
(particuliers) 3 kVA 1 000€
50% du nombre de
voitures particulières
Borne privée
(entreprise) 7 kVA 2 500€
100% du nombre de
VUL
Borne publique
(parking ou voirie) 22 kVA 4 500€
9,5% du nombre de
véhicules
Borne de recharge
rapide 50 kVA 30 000€
0,5% du nombre de
véhicules
Tableau 14 – Hypothèses sur les points de charge pour les véhicules électriques dans chacun des scénarios4
Pour le GNV, deux types de stations ont été considérées5 :
Station à débit lent : destinée aux véhicules légers, cette station est dimensionnée pour
120 véhicules et l’investissement initial est de 500 k€
Station à débit rapide : destinée exclusivement aux poids lourds, cette station est
dimensionnée pour 60 véhicules et l’investissement initial est de 1,3 millions €
4 Source pour les infrastructures électriques : enquête comportementale faite par Enedis
5 Source pour les infrastructures GNV : https://www.otre.org/wp-content/uploads/2018/11/Gaz-naturel-
v%C3%A9hicule-GNV-le-carburant-pour-un-transport-routier-durable.pdfLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 25 / 59
Pour l’hydrogène, des stations permettant de fournir jusqu’à 250 kg d’hydrogène ont été considérées. Ces stations nécessitent un investissement par station de 2,5 millions € avec un surcoût de 80% pour installer des électrolyseurs et produire l’hydrogène localement. 6
3.5. Production d’énergie renouvelable
a. Chaleur fatale
Le diagnostic a identifié les principaux éléments suivants :
Des études sont en cours pour augmenter la production de chaleur urbaine via
récupération de chaleur fatale :
▪ Total Energies étudie un projet de récupération de 95 GWh de chaleur fatale
en lien avec RésOcéane
▪ La récupération de chaleur fatale depuis l’usine de torréfaction Les Cafés
Legal augmenterait la production de chaleur de 4 GWh pour SDCMG
Le potentiel de récupération de chaleur fatale maximale a été évaluée à 1,4 TWh dans le
diagnostic (estimé selon une étude statistique basée sur les productions de déchets des industriels, voir diagnostic). Des investigations complémentaires site par site permettraient d’identifier les projets véritablement valorisables. Ce potentiel permettrait d’accompagner la décarbonation du mix énergétique dans le bâtiment, en lien avec la politique de rénovation énergétique du bâtiment.
Ainsi, chaque scénario possède une ambition de valorisation de chaleur fatale décrite ci-dessous.
Tableau 15 – Objectifs de valorisation de chaleur fatale en fonction du scénario
Arbitrages sur la récupération de chaleur et valorisation
► L’enjeu est de promouvoir le développement des réseaux de chaleur dans le cadre de la politique de rénovation énergétique des bâtiments (rénovation globale qui doit penser réduction de la demande et conversion aux systèmes bas carbone). Là où la présence d’un RCU est pertinente, cela implique la substitution de la chaleur des RCU aux besoins actuellement couverts par des énergies fossiles (fioul et gaz)
La stratégie de développement des réseaux de chaleur considère les impacts de la réduction de la consommation de gaz sur l’équilibre financier du réseau, la possible fragilisation du modèle économique du réseau. Le réseau de gaz est un actif, propriété de la Communauté urbaine, dont l’exploitation est encadrée par les autorités de régulation de l’énergie dans une approche de péréquation nationale ; mais la Communauté urbaine peut veiller à prioriser le
6 Source pour les infrastructures hydrogène : site de l’AFHYPACLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 26 / 59
développement des RCU en considérant les enjeux de démantèlement de tronçons ciblés du réseau de gaz.
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Hausse du prix du gaz naturel qui renforce
la compétitivité relative des réseaux de
chaleur urbains
• Contrats de DSP : objectifs du
concessionnaire
• Investissements dans les réseaux et
unités de production
• Consolider les perspectives de
densification et d’extension des réseaux
existants (enjeux fonciers)
• Accompagner la mise en place d’une
structure porteuse de projets de
récupération d’énergie qui sécurise les
investissements des industriels
• Elaborer une politique de développement
de petits réseaux de chaleur en secteur
périurbain/centres bourgs, accompagnés
d’une politique de densification des
bourgs, notamment sur le bâti public (lien
PLUi, ZAN)
b. Solaire
Bâtiments existants
Chaque scénario présente des ambitions différentes en termes d’installations de panneaux solaires sur les toitures des bâtiments existants. Le scénario Continuité est basé sur la projection des rythmes d’installation actuels, plutôt modestes, alors que les scénarios Exploratoire et de Référence nationale sont beaucoup plus ambitieux.
Pour le solaire thermique, on suppose que le rythme d’installation reste faible jusqu’en 2040, au vu de l’effondrement du marché français depuis plusieurs années.
Pour le solaire photovoltaïque, il s’agira de promouvoir le développement de panneaux intégrés au bâti, en lien avec la politique de rénovation énergétique des bâtiments.
Bâtiments neufs
On suppose que la réglementation thermique RT 2020 est correctement appliquée, et par conséquent que les bâtiments neufs couvrent l’intégralité de leurs consommations énergétiques par des ENR. Ces consommations sont couvertes à la fois par du solaire photovoltaïque, et du solaire thermique.
Production solaire au sol
Le potentiel de production solaire au sol repose sur la mobilisation de différents types de surfaces : Parkings : dans ce cas, les panneaux photovoltaïques sont placés au-dessus des places
de stationnements, en ombrière
Zones polluées ou impropres à l’implantation d’autres usages (anciennes carrières,
décharges, etc.). Ces sites sont déterminés à partir des bases BASOL, BASIAS et
CORINE Land Cover.
Le développement du solaire PV devra se faire selon un principe de non artificialisation, en priorisant les toitures.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 27 / 59
Ci-dessous est rassemblé l’ensemble des hypothèses utilisées dans chacun des scénarios.
Tableau 16 – Objectifs d’installation de panneaux solaires en fonction du scénario
Arbitrages sur la production solaire PV
► Des objectifs à définir sur le développement du solaire PV sur toitures existantes, sur toitures à créer (enjeu règlement d’urbanisme), de centrales au sol sur terrains délaissés, de centrales sur ombrières de parking.
Le solaire PV intégré au bâti peut être promu et accompagné dans le cadre de la politique de rénovation énergétique des bâtiments.
Le solaire PV est la filière à enjeu pour le développement de gros projets de production d’électricité renouvelable (la Communauté Urbaine est engagée dans un projet d’ampleur autour de l’appel à projet « European Union City Facility »). Il s’agit de trouver la posture pour accompagner l’investissement des acteurs du territoire et de faciliter les montages efficaces (autoconsommation vs. raccordement au réseau selon les cas de figure).
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Des prix de l’électricité sur les marchés
qui invitent à penser des modèles
différents, favorisant le développement de
l’autoconsommation individuelle et
collective
• Mise à disposition de toitures et fonciers
publics
• Animation de collectifs de projets
(particuliers, entreprises)
• Contraintes d’intégration urbaine/
paysagère
• Définir et mettre en œuvre un plan de
solarisation des bâtiments publics du
territoire
• Organiser et animer un AMI sur les sites à
fort potentiel en solaire PV sur toitures et
terrains délaissés pour mobiliser les
investissements des acteurs du territoire
(lien avec la Société d’Economie Mixte
ASER).
c. Eolien onshoreLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 28 / 59
Trois contraintes règlementaires majeures restreignent la possibilité d’installer des éoliennes sur le territoire de la Communauté Urbaine :
- La distance de 500m minimum avec les habitations
- Le littoral qui crée une bande d’exclusion de 1km le long du littoral - La présence d’un radar militaire créant une zone d’exclusion de 5km de rayon au centre du territoire
Sauf évolution réglementaire majeure, l’implantation d’éoliennes sur le territoire apparaît donc très complexe. Aucune production n’est retenue dans les différents scénarios.
d. Eolien offshore
L’éolien marin est une filière mature pour laquelle la France a des objectifs ambitieux de développement. Un débat public est en cours à l’échelle nationale au sujet des parcs d’éolien marin au large de la Normandie 7. L’électricité produite sera injectée sur le réseau de transport de RTE.
A l’échelle nationale, l’installation de parcs éoliens offshore permettra de baisser le contenu carbone moyen de l’électricité française. Par conséquent, le contenu carbone de cette électricité « nationale » utilisée à l’échelle de la communauté urbaine baissera également.
Compte tenu de la gestion supra-territoriale de la production d’électricité à partir d’éoliennes offshore, aucune production éolienne n’est retenue dans les scénarios locaux.
e. Gaz renouvelable
Actuellement, il n’existe pas d’unité de méthanisation sur le territoire de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole, cependant plusieurs projets sont à l’étude : Projet Méthan’up mené par Urbeez : production estimée à 14 GWh/an à partir de 2024 LH Biogaz : production estimée à 19 GWh/an
Salamandre, mené par Engie : production estimée à 150 GWh/an de méthane de
synthèse à partir de 2025
Le potentiel de production de gaz renouvelable par méthanisation est évalué à 255 GWh/an en 2050.
Pour le scénario Exploratoire, tout ce potentiel est exploité (environ 14 nouveaux projets de taille moyenne avec une production annuelle estimée de 16 GWh/an pour chacun des sites) alors que dans le scénario de Référence nationale, l’exploitation de 80% du potentiel est envisagée (environ 11 nouveaux projets).
La conversion des systèmes de chauffage doit intégrer la perspective de maintien du réseau de gaz comme un actif du territoire, avec un travail nécessaire sur le verdissement de l’énergie transportée, par le développement du biométhane (en local et au niveau national).
Tableau 17 – Objectifs de production de biométhane en fonction du scénario
7 Le débat public est accessible ici : https://eolmernormandie.debatpublic.fr/Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 29 / 59
Arbitrages sur la méthanisation
► Des hypothèses à définir sur le développement des unités de méthanisation territoriales pour injection du gaz au réseau.
La Communauté urbaine peut faciliter et d’accompagner des projets qui peinent dans leur acceptabilité ; il s’agit de donner de la hauteur à la filière dans l’approvisionnement énergétique du territoire et la contribution à une visée d’augmentation de l’autonomie énergétique.
Eléments de contexte favorables à
une orientation
Leviers politiques de la Communauté
Urbaine
• Hausse du prix du gaz naturel sur les
marchés qui invitent à penser un
approvisionnement plus local et à coûts
maîtrisés
• Animation des filières
• Développement de projets sur déchets
urbains
• Achat de (bio)gaz
• Mettre en place une animation dans le
territoire pour favoriser l’adhésion aux
projets de production de biométhane
• Définir une stratégie d’achat de gaz en
appui des projets locaux de biométhane
• Engager le projet de méthanisation des
boues de la station d’épuration STEP
Edelweiss
f. Bois énergie
A la différence des autres potentiels de production renouvelable, la production « locale » de bois- énergie s’entend avec un rayon d’approvisionnement de 75 km autour du territoire de la communauté urbaine. Pour éviter le phénomène de concurrence avec les territoires voisins, une hypothèse de répartition de la ressource au prorata de la population est faite pour garantir une juste répartition entre les différents territoires.
Les forêts publiques et privées proches du territoire de la communauté urbaine ainsi que les industries produisant des produits connexes du bois (sciure, écorce, …) ont un potentiel de production durable compris entre 200 et 250 GWh/an. Or la consommation actuelle de 260 GWh/an dépasse déjà ce potentiel.
Ainsi, dans chacun des scénarios, pour faire du bois énergie une énergie renouvelable durable, l’effort est mené sur la relocalisation de la production de bois et sur une augmentation de l’efficacité de ses usages. Une augmentation de la quantité consommée ne peut pas être envisagée du fait du déséquilibre actuel entre consommation et potentiel de production durable et locale, mais une meilleure utilisation du bois énergie est l’objectif de tous les scénarios afin de chauffer plus de logements avec la même quantité de bois tout en faisant des efforts de relocalisation via des actions comme l’initiative Carbolocal.
Arbitrages sur le bois énergie
► Des objectifs à définir pour le développement de la production de chaleur bois par les différents types d’équipements, à consommation constante de ressource : chaufferies bois pour alimenter des réseaux de chaleur ou bâtiments collectifs, chaudières bois petit collectif/petit tertiaire, équipements individuels (poêle, chaudières, etc.).
Il y a peu de bois sur le territoire, avec la perception d’une mauvaise gestion de la ressource ; il y a un fort enjeu de gestion de la filière et de production de combustible de qualité.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 30 / 59
Un enjeu à optimiser la consommation de la ressource bois : 260 GWh de bois énergie consommés annuellement, avec 200 GWh de bois énergie disponible dans un rayon de 75 km. Un travail sur les usages doit être réalisé aux côtés du travail sur le gisement : produire plus de chaleur (avec des équipements plus efficaces) et chauffer plus de logements (mieux isolés) avec la même ressource bois... En particulier pour nourrir la forte ambition sur les réseaux de chaleur.
g. Géothermie
La ressource géothermique n’est pas particulièrement intéressante en Seine Maritime et le fonctionnement actuel des réseaux de chaleur n’est pas adapté, d’après le Schéma Directeur du réseau SECGO de Gonfreville l’Orcher se basant sur un rapport de ITHERM Conseil : « Le fonctionnement actuel du réseau n’est pas adapté à l’utilisation d’une ressource géothermique pour les raisons suivantes :
Réchauffage des températures retour du réseau par la chaufferie G’DO ;
Débits primaires non adaptés aux besoins réels des abonnés ;
Pas de mise en cascade du réseau (tubes HT, tubes MT, tubes BT). »
La géothermie de surface quant à elle est considérée via l’installation de PAC géothermique individuelle dans le résidentiel et le tertiaire, et ne sera pas exploitée comme un potentiel ENR mais plutôt comme une action de réduction de la consommation du bâtiment (acquisition d’un équipement de chauffage plus performant).
h. Hydrogène
Le potentiel de production locale d’hydrogène vert fait plus intervenir une volonté politique que de réelles contraintes locales. Le déploiement d’électrolyseurs utilisant de l’électricité renouvelable pourra permettre de produire de l’hydrogène.
La production d’électricité renouvelable pouvant être absorbée de manière locale (autrement dit consommée instantanément), l’hydrogène comme moyen de flexibilisation du système électrique n’est pas utile à l’échelle du territoire de la Communauté urbaine. Des réflexions à une échelle plus globale pourront être menées.
A ce jour, seul le projet HYNAMICS prévoyant l’installation progressive d’une capacité de 6 MW d’électrolyseurs à horizon 2030 est envisagé. La production est estimée à 10,5 GWh d’hydrogène, d’après le Rapport de la commission présidée par Patrick CRIQUI sur les coûts d’abattement publié en Janvier 2022). Le dynamisme de la Seine-Maritime sur le sujet de l’hydrogène permet d’entrevoir un développement d’un écosystème au sein de la Communauté Urbaine. A noter, le projet Air Liquide Normand’Hy consiste à construire un électrolyseur d'au moins 200 MW dans la zone industrielle de Port-Jérôme pour alimenter entre autres les raffineries de présentes sur le territoire de la Communauté Urbaine. Un tel électrolyseur aura une capacité de production envisagée plus de 30 fois plus élevée que sur le territoire de la Communauté Urbaine.
Tableau 18 – Objectifs de production d’hydrogène par électrolyseur en fonction du scénarioLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 31 / 59
i. Bilan
Le bilan des énergies renouvelables produites sur le territoire est présenté dans la figure ci- dessous.
Figure 6 - Production locale d'ENR&R (GWh)
4. Résultats des scénarios Continuité, Exploratoire et
Référence Nationale
4.1. Résultats globaux des scénarios
a. Focus sur les émissions de GES d’origine énergétique
Les émissions de GES d’origine énergétique diminuent considérablement à horizon 2040. Trois catégories d’actions sont pour cela nécessaires :
Des actions de réduction des consommations énergétiques (rénovations,
sensibilisation, gain d’efficacité…).
Des actions de report vers des vecteurs énergétiques moins carbonés (électrification
de la mobilité et des procédés industriels, déploiement des RCU pour remplacer des chaudières fossiles, sortie du fioul…).
Des actions de verdissement de la production d’énergies importées des réseaux
nationaux.
Le verdissement des énergies permet à lui seul une baisse des émissions de GES de plus de 1 MtCO2 dans chacun des scénarios sur le territoire de la Communauté urbaine, soit plus de 30% des émissions de GES d’origine énergétique du territoire de la CU de 2019.
▪ Ce verdissement est tiré des objectifs ambitieux de production
renouvelable à l'échelle nationale. Il dépend donc des efforts de
l'ensemble du territoire français à mettre en place des projets de
production renouvelable.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 32 / 59
Figure 7- Evolution des émissions de GES d’origine énergétique par rapport à 2019
b. Focus sur les consommations d’énergie
Le secteur de l’industrie présente la contribution la plus forte dans la baisse globale de consommation (entre 900 GWh et 3,4 TWh selon le scénario). Cela est dû notamment au déploiement de système de management de l’énergie, à la baisse tendancielle des volumes produits ainsi qu’à l’électrification des procédés industriels allant de pair avec un gain d’efficacité. Le secteur des transports (routier et maritime) présente la deuxième contribution la plus élevée dans la baisse globale de consommation (entre 1,1 TWh et 1,4 TWh). Cela est principalement dû à l’amélioration tendancielle de l’efficacité des moteurs des véhicules routiers comme des navires de commerce.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 33 / 59
Figure 8- Evolution de la consommation énergétique par secteur par rapport à 2019
La réduction des émissions passe également par un report vers l’utilisation d’énergies moins émissives :
Sortie du fioul et du GPL dans le résidentiel et le tertiaire
Déploiement du chauffage urbain en remplacement de chaudières à gaz principalement
Motorisation alternative à la fois pour le transport maritime (baisse de l’utilisation du fioul
lourd) et pour le transport terrestre (électricité, GNV et hydrogène en remplacement de l’essence – gazole)
Figure 9- Evolution de la consommation énergétique par énergie par rapport à 2019
c. Focus sur la production d’énergie
L’augmentation des moyens de production ENR&R représente un levier indispensable à la diminution des émissions de GES d’origine énergétique
Dans le scénario Continuité, la production renouvelable double par rapport à la situation
actuelle. Les scénarios Exploratoire et Référence nationale proposent d’accroître les efforts pour multiplier la production par 5 et atteindre en 2040 une production locale d’ENR&R correspondant à 11% de la consommation d’énergie du territoire. Le photovoltaïque installé sur les bâtiments existants représente la majorité de la production, suivi des filières gaz renouvelable, chaleur fatale industrielle, bois-énergie et photovoltaïque au sol et sur ombrières.
1 Dans la figure suivante, la production de chaleur décentralisée par combustion de bois a été
prise en compte contrairement au rapport du diagnostic afin de ne pas biaiser l’interprétation du graphique. La relocalisation de la production de la ressource de bois énergie est un enjeu fort pour le territoire pour chacun des scénarios prospectifs.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 34 / 59
Figure 10 - Production locale d'ENR&R (GWh)8Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 35 / 59
4.2. Résultats par secteur
a. Focus sur le secteur des bâtiments (résidentiel et
tertiaire)
La baisse de la consommation énergétique présente la plus forte contribution dans la baisse des émissions de GES des bâtiments. Cette baisse de la consommation est expliquée par les actions ci-dessous :
Rénovation énergétique des bâtiments
Sensibilisation et sobriété des usages
Remplacement des équipements de chauffage et d’eau-chaude (gain d’efficacité lors du
remplacement)
Figure 11- Evolution des émissions de GES d’origine énergétique des secteurs résidentiel et tertiaire par rapport à 2019
Le changement du contenu carbone des vecteurs permet à lui seul une baisse de 28% des émissions de GES pour le scénario Référence nationale.
▪ Cet impact ne dépend pas uniquement des actions réalisées sur le
territoire et est très ambitieux à l’échelle nationale. Ce verdissement
est en effet tiré des objectifs ambitieux de production renouvelable à
l'échelle nationale. Il dépend donc des efforts de l'ensemble du
territoire français à mettre en place des projets de production
renouvelable. Il semble donc judicieux pour le territoire de miser avant
tout sur les piliers sobriété et choix d’énergies moins carbonées.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 36 / 59
Focus sur la rénovation des bâtiments
Tous les scénarios présentent des ambitions très élevées en termes de rénovation thermique (plus de 35% du parc résidentiel dans chacun des scénarios). Au-delà de la réduction des émissions de GES, la rénovation thermique présente de nombreux co-bénéfices :
Amélioration du confort des occupants
Retombées économiques locales
Baisse de la facture et de la précarité énergétique
Cependant, ces ambitions doivent aussi bien être reflétées en nombre de logements rénovés qu’en intensité des rénovations. Les scénarios Exploratoire et Référence nationale proposent des rénovations systématiquement plus lourdes que les rénovations tendancielles du scénario Continuité (baisse de la consommation énergétique de 47% au lieu de 20% en moyenne dans le tendanciel).
Afin d’atteindre la baisse de consommation observée dans les scénarios Exploratoire et Référence nationale, certaines actions peuvent être mises en place :
Envisager une aide à la rénovation conditionnée au passage à un logement BBC
(atteindre tout de suite le « bon niveau » sur ce que l’on entreprend) Agrandir le service d’aide à la rénovation thermique des bâtiments : plateforme de la rénovation énergétique.
Focus sur les équipements de chauffage
Le renouvellement des équipements de chauffage permet à la fois une baisse de la consommation énergétique (gain d’efficacité) mais aussi l’utilisation d’énergies moins carbonées (passage d’une chaudière à fioul au chauffage urbain par exemple) :
Le scénario Exploratoire est davantage axé sur le chauffage au gaz (+30 000 abonnés
par rapport au scénario Référence nationale). Le scénario Référence nationale a un mix davantage orienté sur l’électricité (+ 23.500 abonnés par rapport au scénario Exploratoire) et le chauffage urbain (+6.000 abonnés).
La part du chauffage électrique augmente dans tous les scénarios, via notamment le
déploiement de pompes à chaleur.
Le bois est actuellement fortement sollicité pour la consommation du territoire de la CU.
Pour être source de décarbonation, sa production doit être relocalisée plus proche du territoire.
La PAC hybride est un équipement encore peu connu des ménages et nécessite
potentiellement un soutien spécifique de la CU ou du gestionnaire de réseau pour se développer.
Continuité Exploratoire Référence nationale
Gaz
62.000
dont 1 300 PAC
hybrides
51.500
dont 26.000 PAC
hybrides
21.000
dont 1 300 PAC
hybrides
Electricité 41.000 dont 3.000 PAC 38.500 dont 18.500 PAC 62.000 dont 43.000 PAC
Chauffage
urbain 20.000 34.000 40.000
Tableau 19 - Nombre de logements par énergie de chauffage par scénarioLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 37 / 59
Figure 12 - Répartition des équipements de chauffage dans le résidentiel par scénario
Focus sur les investissements nécessaires dans le secteur des bâtiments
Les investissements dans le secteur des bâtiments sont répartis selon 3 types d’actions : Les rénovations thermiques concentrent la grande majorité des investissements du secteur résidentiel :
▪ 2,9 Mds€ sur l’ensemble de la période 2019-2040 pour les scénarios Exploratoire
et Référence nationale (900 millions € pour le scénario Continuité)
▪ 86% du surinvestissement 9 par rapport au scénario Continuité.
La sensibilisation présente un faible coût par rapport à un retour non négligeable en
termes de baisse de la consommation.
Les changements d’équipements nécessitent un investissement assez faible au regard
des émissions évitées.
▪ Ces actions présentent en revanche un gisement limité : les remplacements
d’équipements ont lieu majoritairement à la fin de vie des équipements.
Figure 13 - Investissements sur la période 2019-2040 pour le secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire)
9 Surinvestissement : écart d’investissement entre le scénario Continuité (état projeté de référence, fil de l’eau) et les
autres scénarios prospectifsLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 38 / 59
Outre la réduction des émissions de GES d’origine énergétique ces investissements visent la réduction de la facture énergétique territoriale. Là où la facture énergétique augmente de 20 millions € par an dans le scénario Continuité, celle-ci baisse d’environ 60 millions € dans les scénarios Exploratoire et Référence nationale.
Figure 14 - Facture énergétique du secteur des bâtiments par scénario
b. Focus sur le secteur des transports
Rappel des hypothèses :
Les données de déplacement ont été gardées à l’identique dans la construction des
scénarios. Les objectifs portés par le PDM définissent les hypothèses de parts modales du scénario final
Les parts de motorisation (répartition des véhicules par carburation) dépendent quant à
elles des scénarios
L’amélioration de l’efficacité des moteurs sont communes à tous les scénarios en tant
qu’évolution tendancielle ne dépendant pas d’actions spécifiques du territoire
Le tableau ci-dessous représente l’évolution des parts de motorisation pour chacun des scénarios.
Continuité Exploratoire Référence nationale
Thermiques
146.000
dont 2.600 PL et
26.000 VUL
83.000
dont 1.500 PL et 15.000 VUL
Electriques10 18.000 dont 960 VUL 103.000 dont 5.000 VUL 109.000 dont 11.000 VUL
GNV 2.400 dont 200 PL 8.500 dont 1.100 PL 2.400 dont 900 PL
Hydrogène11 - 200 400
Tableau 20 - Nombre de véhicules par scénario en 2040
10 Véhicules électriques et hybrides rechargeables. Aucun poids lourd électrique n’est envisagé en 2040 dans chacun
des scénarios 11
L’hydrogène est envisagé uniquement pour la motorisation des poids lourds en 2040.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 39 / 59
Afin d’accompagner l’évolution des parts de motorisation dans chacun des scénarios, il est nécessaire de prévoir des infrastructures de recharges des différents véhicules en 2040.
Continuité Exploratoire Référence nationale
Electriques 11.000 64.000 71.000
GNV
22
dont 3 à débit
rapide
80
dont 18 à débit
rapide
27
dont 15 à débit
rapide
Hydrogène - 13 22
Tableau 21 - Nombre de points de recharge/stations par scénario en 2040
Figure 15 - Nombre d'installations de recharge de véhicules électriques
Les scénarios Exploratoire et Référence nationale nécessitent des investissements dans le développement des infrastructures de recharge de près de 10 fois supérieurs aux investissements nécessaires dans le scénario Continuité.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 40 / 59
Figure 16 - Investissements sur la période pour l'approvisionnement énergétique du transport routier
Grâce à des changements ambitieux des parts de motorisation, les scénarios Exploratoire et Référence nationale atteignent les objectifs fixés par la SNBC à l’horizon 2040. En revanche, le scénario Continuité ne permet pas de respecter les objectifs nationaux. Cela est principalement dû à la motorisation du parc de véhicules qui conservent encore 146.000 véhicules thermiques contre 83.000 pour les deux autres scénarios.
Figure 17 - Emissions de GES d'origine énergétique par scénario pour le transport routier
c. Focus sur l’industrie
L’électrification de 18% des consommations d’énergie fossile (hors raffineries et Yara, l’électrification des procédés dans ces secteurs industriels est aujourd’hui non envisagée dans les
Le changement du contenu carbone des vecteurs permet à lui seul une baisse des émissions de GES d’origine énergétique de près de 100 ktCO2 dans chacun des scénarios.
▪ Pour permettre le changement progressif des motorisations, il est
nécessaire de prévoir des investissements dans les stations
d’approvisionnement et dans le réseau de recharge électriqueLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 41 / 59
scénarios prospectifs habituels) et le déploiement de système de management de l’énergie (à hauteur de 50% des industriels pour les scénarios Exploratoire et Référence nationale) sont nécessaires pour atteindre les objectifs à horizon 2040 (-17% de consommation annuelle d’énergie finale et -55% d’émissions annuelles de GES).
Des études en puissance soutirée supplémentaire seraient bénéfiques aux industriels de
la ZIP et à RTE afin de quantifier les besoins en réseaux nécessaires à l’électrification des procédés industriels.
Figure 18 - Variations du secteur de l'industrie par rapport à 2019
d. Focus sur la production électrique
Les trois scénarios suivent des philosophies différentes
Le scénario Continuité poursuit les efforts déjà engagés sur le territoire en termes de
développement des panneaux solaires PV
Le scénario Exploratoire est très ambitieux sur la production décentralisée (PV toitures et
ombrières)
Le scénario Référence nationale est très ambitieux sur la production PV au sol, et reste
ambitieux sur la production décentralisée.
Les ambitions portées par les scénarios alternatifs demandent un rythme d’installation (et donc des investissements) 10 fois plus important que dans le scénario Continuité. Les revenus annuels générés pour la collectivité sont également importants et permettent à terme de rentabiliser les installations.
Le changement du contenu carbone des vecteurs permet à lui seul une baisse des émissions de GES d’origine énergétique de près de 1 MtCO2 dans chacun des scénarios, soit presque 24% des émissions de GES de la CU en 2019
▪ Cet impact ne dépend pas uniquement des actions réalisées sur le
territoire et est très ambitieux à l’échelle nationale. Ce verdissement
est en effet tiré des objectifs ambitieux de production renouvelable à
l'échelle nationale. Il dépend donc des efforts de l'ensemble du
territoire français à mettre en place des projets de production
renouvelable. Il semble donc judicieux pour le territoire de miser avant
tout sur les piliers sobriété et choix d’énergie moins carbonées.
▪Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 42 / 59
12 Continuité Exploratoire Référence
nationale
Production (GWh/an) 96 1 001 889
Investissements (M€) 260 2 640 2 120
Coûts de fonctionnement
(M€/an) 8 75 59
Revenus générés (M€/an)
13 19 200 178
Tableau 22 – Coûts et revenus relatifs au développement du PV en fonction du scénario
e. Focus sur la production de gaz
Chaque scénario développe de manière plus ou moins intense la production de gaz renouvelable Continuité avec les projets engagés sur le territoire : pyrogazéification avec le projet Salamandre et méthanisation avec les projets Méthan’up et LH Biogaz Exploratoire : exploitation de tout le potentiel de méthanisation du territoire : 14 nouveaux projets équivalents à Méthan’up ou LH Biogaz
Référence nationale : exploitation de la majorité du potentiel de méthanisation du
territoire : 11 nouveaux projets équivalents à Méthan’up et LH Biogaz
Les ambitions portées par les scénarios alternatifs demandent un rythme d’installation (et donc des investissements) 5 à 7 fois plus important que dans le scénario Continuité. Les revenus annuels générés pour la collectivité sont également importants et permettent à terme de rentabiliser les installations.
14 Continuité Exploratoire Référence
nationale
Production
(GWh/an) 33 255 204
Investissements
(M€) 12 93 74
Coûts de
fonctionnement
(M€/an)
2 17 14
Revenus générés
(M€/an) 15 3 25 20
Tableau 23 – Coûts et revenus relatifs au développement de la production de gaz renouvelable en fonction du scénario
12 Les hypothèses de coûts ont été produites dans le rapport sur les coûts moyens de ENR de l’ADEME en 2020 :
https://librairie.ademe.fr/cadic/767/couts-energies-renouvelables-et-recuperation-donnees-2019- 13 Le tarif d’achat de l’électricité produite est évalué à 200€/MWh : https://www.qualit-enr.org/photovoltaique-tarifs- dachat-delectricite-solaire-photovoltaique/ 14
Les hypothèses de coûts ont été produites dans le rapport sur les coûts moyens de ENR de l’ADEME en 2020 : https://librairie.ademe.fr/cadic/767/couts-energies-renouvelables-et-recuperation-donnees-2019- 15 Le tarif d’achat du gaz renouvelable produit est évalué à 100€/MWh : https://www.grdf.fr/acteurs- biomethane/vente-biomethaneLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 43 / 59
f. Focus sur la production de chaleur
Le développement de réseau de chaleur urbain est un levier d’action de la CU qui nécessite la coopération avec la ZIP
Par rapport aux projets déjà engagés dans le scénario Continuité, les scénarios alternatifs
proposent de récupérer 100 et 200 GWh de chaleur fatale supplémentaire, soit l’équivalent d’un projet comme celui de Total
L’étude tient compte de la fermeture prochaine des cogénérations au gaz
Le potentiel de consommation permet de trouver des particuliers ou des entreprises
clientes pour cette chaleur, à condition d’étendre les zones desservies par les réseaux actuels.
Figure 19 - Consommation de chauffage urbain à la maille IRIS dans le scénario actuel (2019) à gauche et dans le scénario Référence nationale à droite
Une note spécifique sur le développement des RCU est disponible en annexe 7.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 44 / 59
5. Compte rendu de l’atelier consommation du 31 Mai 2022
OBJET DE LA REUNION
Atelier de travail sur les hypothèses des
scénarios relatives à la consommation
DATE DE LA REUNION
Mardi 31 mai
REDACTEUR PROCHAINE REUNION
ORGANISME REPRESENTANTS16 MAIL
Logeo seine
GRDF
SYNERZIP
HAROPA Port
Habitat76
AURH
Transdev
LHSM
Artelys
Les ateliers s’inscrivent dans la démarche d’élaboration du PCAET de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole, pour discuter de l’ambition et des orientations à inscrire dans la démarche et nourrir la phase de scénarisation.
5.1. Introduction de l’atelier
Dans le cadre du Schéma Directeur des Energies, la scénarisation vise à construire des scénarios différenciés d’évolution du territoire. L’année 2040 est retenue comme centre des échanges car : Elle est assez éloignée pour permettre d’engager des actions ayant un impact fort Elle est assez proche pour permettre de se projeter « raisonnablement » On propose l’étude des 3 scénarios suivants :
Scénario S0 dit « tendanciel » : prolongation des effets observés actuellement, prenant en compte
les actions déjà prises par LHSM. Les ambitions de LHSM ou d’autres acteurs qui n’ont pas encore été formellement actées ne sont pas prises en compte
Scénario S1 dit « exploratoire » : synergie ZIP -CU du Havre
Scénario S2 dit « normatif » : territorialisation des objectifs nationaux de la SNBC
La philosophie des scénarios est détaillée ci-dessous pour les différents axes pris en compte : bâtiments, mobilité alternative, production renouvelable, transport, industrie.
16 Le nom des représentants des différents organismes a été masqué pour respecter la confidentialitéLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 45 / 59
Les scénarios se distinguent par les ambitions portées sur les secteurs de consommation et les filières de développement de la production. Cet atelier vise à aborder les hypothèses qui seront utilisées pour le volet consommation. Les thématiques suivantes ont été abordées :
Sobriété du bâtiment
Equipement de chauffage des bâtiments
Industrie
Mobilités
Le support proposé avait vocation à être critiqué par les différents partenaires du territoire présent à l’atelier.
Suite à cet atelier, les scénarios seront construits et simulés par les consultants d’Artelys. Cela permettra un arbitrage politique sur un scénario final à la rentrée de septembre, comme décrit dans les étapes du diagramme ci-dessous.
5.2. Remarques sur le volet mobilités terrestres
Les notions d’ACV, de maintenance des véhicules et de garantie des batteries sont importantes
dans la présentation des caractéristiques de la mobilité électrique.
Les parts de motorisation du GNV paraissent ambitieuses pour GRDF pour les véhicules légers
sachant que la filière est en déclin côté constructeurs pour les véhicules légers. Le bioGNV permet de verdir la motorisation GNV.
Information : 3 stations GNL existantes au HavreLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 46 / 59
5.3. Remarques sur le volet mobilités maritimes
Les parts de GNL paraissent élevées pour HAROPA. Proposition : réduire le GNL à 10% des
consommations et ajouter du méthanol à hauteur de 10%.
Haropa donne l’indication d’un coût de 20 M€ pour les projets d’électrification des 3 quais prévus.
Actuellement, il existe un poste électrique au port de plaisance et 3 points de recharge sur l’axe Seine (secteur CU).
Haropa propose une piste supplémentaire pour le maritime : l’optimisation du chargement des
conteneurs
Aujourd’hui les armateurs sont incités à faire du traitement de fumées, du retrofit et de
l’abaissement de vitesse dans le port
5.4. Remarques sur le volet industrie
A noter : le projet Total Energies est confidentiel.
Un rapport de France Stratégies (mai 2022) sur les coûts d’abattement dans l’industrie peut
permettre de chiffrer davantage les actions énergétiques de l’industrie. Electrification des procédés : des difficultés à avoir des chiffres en ambition et en coût. Des ambitions en matière d’hydrogène ont été réalisées en atelier décarbonation concernant notamment les émissions liées aux procédés.
Valorisation de chaleur fatale : une rente pour les entreprises qui revendraient de la chaleur, une
baisse de consommation fossile pour les entreprises qui en achètent. Le gain énergétique ne doit être compter qu’une seule fois cependant.
Projet ZIBAC = ambition de diminuer de 81% les émissions CO2 via captage ou fabrication
hydrogène
5.5. Remarques sur le volet bâtiments
Le PLH indique 7900 constructions neuves sur les 10 prochaines années.
Les coûts de rénovation sont en moyenne plus élevés dans la région havraise. Proposition : les
majorer de 15% par rapport aux chiffres proposés.
Le gaz en logement neuf est presque proscrit : seule la PAC hybride permet de respecter les
normes de la RE2020.
Proposition de réhausser les coûts des robinets thermostatiques (à hauteur de 300 € / robinet
thermostatique) et du chauffe-eau solaire thermique (à hauteur de 7500 €) Habitat 76 pourra communiquer ses objectifs d’éradication des passoires thermiques pour l’horizon 2027.
Logeo a un levier considérable en termes de rénovation de son parc (700 logements rénovés par
an sur le parc Rouen – Le Havre)
5.6. Une problématique importante pour RTE sur l’augmentation de la demande électrique
La demande électrique est susceptible d’augmenter considérablement sur la CU avec notamment
le besoin croissant des industriels.
Pour autant, un ordre de grandeur de 6 ans est nécessaire pour créer un poste haute tension, ce
qui peut être long par rapport au rythme de croissance de la consommation électrique industrielle. La CU, HAROPA et Synerzip souhaitent s’engager pour avoir un réseau suffisamment développé. De son côté, RTE est en attente des commandes privées pour lancer des travaux.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 47 / 59
6. Compte rendu de l’atelier production du 1er Juin 2022
OBJET DE LA REUNION
Atelier de travail sur les hypothèses des
scénarios relatives à la production
DATE DE LA REUNION
Mercredi 1er juin
REDACTEUR PROCHAINE REUNION
ORGANISME REPRESENTANTS17 MAIL
Chambre
d'agriculture
SYNERZIP
RTE
Normandie
RésOcéane
Enedis
GRDF
AURH
SDE76
Artelys -
Les ateliers s’inscrivent dans la démarche d’élaboration du PCAET de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole, pour discuter de l’ambition et des orientations à inscrire dans la démarche et nourrir la phase de scénarisation.
6.1. Introduction de l’atelier
Dans le cadre du Schéma Directeur des Energies, la scénarisation vise à construire des scénarios différenciés d’évolution du territoire. L’année 2040 est retenue comme centre des échanges car : Elle est assez éloignée pour permettre d’engager des actions ayant un impact fort Elle est assez proche pour permettre de se projeter « raisonnablement » On propose l’étude des 3 scénarios suivants :
Scénario S0 dit « tendanciel » : prolongation des effets observés actuellement, prenant en compte
les actions déjà prises par LHSM. Les ambitions de LHSM ou d’autres acteurs qui n’ont pas encore été formellement actées ne sont pas prises en compte
Scénario S1 dit « exploratoire » : synergie ZIP -CU du Havre
Scénario S2 dit « normatif » : territorialisation des objectifs nationaux de la SNBC
La philosophie des scénarios est détaillée ci-dessous pour les différents axes pris en compte : bâtiments, mobilité alternative, production renouvelable, transport, industrie.
17 Le nom des représentants des différents organismes a été masqué pour respecter la confidentialitéLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 48 / 59
Les scénarios se distinguent par les ambitions portées sur les secteurs de consommation et les filières de développement de la production. Cet atelier vise à aborder les hypothèses qui seront utilisées pour le volet production. Les thématiques suivantes ont été abordées :
Potentiels EnR&R et développement de la production : ambitions par filière
Evolution des réseaux d'énergie : quel impact des actions énergétiques sur les réseaux ?
Focus sur le développement des infrastructures d’avitaillement pour la mobilité
Le support proposé avait vocation à être critiqué par les différents partenaires du territoire présent à l’atelier.
Suite à cet atelier, les scénarios seront construits et simulés par les consultants d’Artelys. Cela permettra un arbitrage politique sur un scénario final à la rentrée de septembre, comme décrit dans les étapes du diagramme ci-dessous.
6.2. Les filières renouvelables étudiées et scénarisées sur le territoire
Les filières de production renouvelable suivantes ont été abordées : Solaire photovoltaïque toiture et sol
Eolien onshore et offshore
Bois énergie
Chaleur fatale
GéothermieLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 49 / 59
Gaz renouvelable
Des ambitions ont été proposées pour chacune d’entre elles par scénario. Les hypothèses détaillées sont fournies dans les supports de présentation joints au compte rendu. On propose ci-dessous un compte rendu des principaux échanges ayant eu lieu au cours des ateliers et modifiant les hypothèses proposées par les consultants.
a. Chaleur fatale
Identifier des débouchés de consommation de chaleur dans l’industrie serait également pertinent,
et pas seulement via le chauffage des bâtiments où la demande des abonnés pourrait être inférieure à l’offre. Il est ainsi proposé d’ajouter la ZIP dans les zones de développement des RCU, notamment pour les études de faisabilité qui feront suite au SDE. Artelys fait cependant remarquer qu’il peut y avoir une concurrence avec l’action d’électrification des usages, les usages de chauffage substituables par du chauffage urbain étant aussi concernés par l’électrification.
Remarque de SYNERZIP : des études complémentaires sont à mener pour identifier les besoins
de chaleur des industriels et affiner l’évaluation des quantités de chaleur récupérable. Ces études sont à réaliser en partenariat avec la CU.
Le data center situé dans le périmètre de la CU est exclu pour l’instant de la stratégie car situé
en zone peu dense. Les contraintes technico-économiques le rendent difficilement valorisable. Le développement des RCU pourrait être étudié sur St Romain de Colbosc (discussion en cours avec la CU sur les zones à étudier pour le développement des RCU), en tenant compte des projets d’aménagement de zones à proximité.
Remarque de RésOcéane : mettre en lien demande et production de chaleur sera indispensable
notamment pour la saisonnalité des besoins des bâtiments.
b. Gaz renouvelable
Le projet d’Epouville correspond à une production de 19 GWh qu’on ajoutera au scénario
tendanciel
GRDF réalise actuellement une étude sur les gisements de pyrogazeification. Les résultats ne
sont pas encore disponibles. GRDF fait également noter une filière émergente mais peu encore mature : la gazéification hydrothermale.
Demande de la CU pour des études sociétales
Le SDE76 précise que les citoyens doivent être impliqués dans ces projets de méthanisation
c. Eolien
Des contraintes fortes pour le grand éolien (radar militaire sur le Havre). Le potentiel du petit
éolien (<80m) est quant à lui faible. RTE précise qu’il existe une carte produite par la DREAL sur ce potentiel.
d. Energies marines
La filière n’est pas encore mature (R&D en cours), des possibilités sont envisageables à l’horizon
2040 mais n’entre pas en compte dans le cadre de cet exercice.
e. Toutes filières
On veillera dans le cadre de l’exercice de scénarisation à mettre en lien les objectifs de production
avec les consommations projetées.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 50 / 59
6.3. Les infrastructures d’avitaillement pour la mobilité
IRVE :
▪ Il sera intéressant de comparer les résultats avec ceux de l’étude du SDE76
(ambition de déploiement de 10 000 bornes publiques pour la région à horizon 2035)
en veillant à bien distinguer les prises des bornes chez les particuliers.
▪ Un SDIRVE est en cours sur la CU avec 150 bornes prévues sous 24 mois
Stations GNV : GRDF dispose d’une étude de déploiement des stations GNV transmise au
groupement
Mobilité Hydrogène : un projet CIM par électrolyse de l’eau en coursLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 51 / 59
7. Note de synthèse du potentiel des réseaux de chaleur
7.1. Introduction
Le Schéma Directeur des Energies de la Communauté urbaine du Havre Seine Métropole est une démarche visant à :
Renforcer la connaissance de la situation énergétique du territoire de la CU,
Construire une vision partagée et une feuille de route commune à l’ensemble des acteurs.
La première phase de construction du modèle énergétique du territoire a consisté à réaliser un diagnostic sur le sujet des consommations et productions énergétiques, ainsi que sur les déploiements possibles d’énergies renouvelables (photovoltaïque, biogaz, …). Cette première phase est le point de départ de la deuxième phase de stratégie, visant à construire différents scénarios d’évolution possibles du territoire, permettant d’évaluer la trajectoire énergétique dans le cas d’un suivi strict des évolutions tendancielles, ou au contraire de scénarios plus ambitieux.
En particulier, le SDE a permis d’investiguer la question du potentiel des réseaux de chaleur du territoire sur les volets consommation et production.
Le présent document constitue le rapport de synthèse du potentiel des RCU. Il décrit : Les ambitions des 3 scénarios prospectifs de développement des RCU en matière de production Les hypothèses de développement des RCU en matière de consommation L’analyse des résultats des scénarios permettant l’identification préliminaire à une étude de faisabilité des zones les plus favorables en termes de gisement de consommation pour le développement des RCU sur le territoire
L’analyse des résultats des scénarios permet l’identification des zones les plus favorables en termes de gisement de consommation pour le développement des RCU sur le territoire. Cette analyse est un préalable à des études de faisabilité plus approfondies pour le raccordement de nouveaux consommateurs et l’installation de nouvelles sources énergétiques sur le territoire de la CU.
7.2. Ambitions des 3 scénarios de développement des RCU en matière de production
La scénarisation vise à construire des scénarios différenciés d’évolution du territoire. L’année 2040 est retenue comme centre des échanges car :
- Elle est assez éloignée pour permettre d’engager des actions ayant un impact fort - Elle est assez proche pour permettre de se projeter « raisonnablement »
Dans ce cadre, trois scénarios prospectifs d’évolution du territoire, et en particulier des réseaux de chaleur, ont été élaborés :
Un premier scénario S0, dit « tendanciel » propose de prolonger les effets observés
actuellement, prenant en compte les actions déjà prises sur le territoire. Les ambitions de LHSM ou d’autres acteurs qui n’ont pas encore été formellement actées ne sont pas prises en compte. En particulier, sur le volet RCU, le scénario prend en compte la fermeture annoncée des cogénérations fonctionnant actuellement au gaz naturel dans les différents RCU ainsi que des extensions prévues et/ou en cours comme l’extension de RésOcéane (avec le projet BioSynergie) et de SDCMG. La production sur les réseaux de chaleur s’élève à 400 GWh dans ce premier scénario.
Un second scénario S1, dit « exploratoire » : ce scénario est basé sur une synergie poussée
entre la Zone Industrialo-Portuaire et la ville du Havre et ses alentours. Il prend en compte lesLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 52 / 59
actions du scénario tendanciel, ainsi qu’une augmentation de la production des réseaux de chaleur urbains du territoire de 100 GWh, représentant l’équivalent des projets actuellement sous étude (TotalEnergies et Cafés Légal). Au total, ce scénario propose une production de 500 GWh sur les réseaux de chaleur du territoire.
Un troisième scénario S2, dit « de référence nationale » a pour objectif de traduire la
territorialisation des objectifs nationaux de la SNBC pour la CU LHSM. Dans ce scénario, on double les ambitions de valorisation de chaleur fatale du scénario exploratoire tout en gardant les projets déjà engagés du scénario tendanciel. Cela représente une capacité supplémentaire de 200 GWh par rapport aux projets actés sur le territoire. Ainsi, la production de ce scénario s’élève à 600 GWh.
Figure 20 - Evolution de la production de chaleur via les RCU dans chacun des scénarios
7.3. Hypothèses de développement en matière de consommation
a. Définition des zones ouvertes au développement des
réseaux de chaleur dans chacun des scénarios
Après avoir évalué le potentiel de production supplémentaire sur le territoire dans chacun des scénarios, il convient de définir le périmètre des consommateurs raccordables. Outre les zones actuellement traversées par des réseaux de chaleur, les nouvelles zones traversées par les extensions prévues des réseaux de chaleur ont été prises en compte dans les 3 scénarios.
Dans les deux autres scénarios (exploratoire et de référence nationale), une discussion avec les services de la Communauté Urbaine a mené à l’étude d’une extension supplémentaire aux zones suivantes : La zone du Havre
▪ Extension vers les quartiers sud et ouest non ou pas totalement desservis du Havre
: Les neiges, Quartier de L'Eure, Vallée Bereult, Aplemont, Rouelles, Sainte Cécile,
Graville, Sainte Marie et Saint Léon
▪ Zones proches des cafés Legal via la densification ou l’extension du réseau SDCMG
: Mont-Gaillard, Bléville, Mare Rouge, Sainte-Adresse et Octeville Sur Mer
Les zones proches de la ZIP
334 -80
+147,5
+99
+100
-
100 GWh
200 GWh
300 GWh
400 GWh
500 GWh
600 GWh
700 GWh
Production
actuelle
Fermeture des
cogénérations
Projets connus et
actés
S1 - Valorisation
de chaleur fatale
S2 - Valorisation
supplémentaireLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 53 / 59
▪ Rogerville
▪ Harfleur
▪ Gonfreville l’Orcher
Les autres zones, via la création de nouveaux réseaux ou l’extension de réseaux existants
▪ Montivilliers
▪ Octeville sur Mer
▪ Saint Romain de Colbosc
▪ Criquetot l’Esneval
▪ Saint Jouin Bruneval
La Figure 21 ci-dessous représente ainsi les zones dans lesquelles l’exercice d’allocation de chaleur urbaine a été effectuée.
Figure 21 – Cartographies des zones (en rouge) présentant de la consommation de chaleur urbaine dans le diagnostic (à gauche), dans le scénario tendanciel (au milieu) et dans les scénarios exploratoire et de référence nationale (à droite)
b. Cibles de raccordement au RCU
La dernière étape consiste à attribuer le potentiel de production de chaque scénario à des potentiels de consommation présents dans les zones déterminées dans la partie précédente. Dit autrement, on s’assure que la quantité de chaleur fatale disponible trouve un débouché de consommation et permet ainsi de respecter l’équilibre offre-demande sur le réseau de chaleur urbain.
Concrètement, les principaux candidats au raccordement au RCU sont les bâtiments utilisant comme énergie de chauffage principale le gaz naturel, le fioul ou le GPL (ces bâtiments possèdent en pratique un réseau d’eau interne et utilisent une énergie de chauffage assez carbonée). Ainsi, le volume de consommation équivalent aux besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire est raccordé au prorata des consommateurs concernés sur les zones déterminées. Deux situations peuvent se présenter :
Le volume de consommation équivalent aux besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire pour
les bâtiments possédant un réseau d’eau interne est plus faible que la production estimée du scénario : cela signifie que le potentiel de consommation sur le territoire n’est pas assez élevé et ne peut pas mettre en relation avec le potentiel de production. On peut alors décider d’étendre encore le RCU à de nouvelles zones (nécessitant des travaux d’infrastructure), de diminuer laLe Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 54 / 59
production du RCU ou de chercher des bâtiments n’ayant pas de réseau d’eau interne (nécessitant des travaux au sein même des bâtiments)
Le volume de consommation équivalent aux besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire pour
les bâtiments possédant un réseau d’eau interne est plus élevé que la production estimée du scénario : cela signifie qu’il y a suffisamment de consommateurs candidats au sein des zones indiquées pour le potentiel de production estimé dans le scénario. Sur le territoire de la CU, c’est ce deuxième cas qui est observé.
7.4. Résultats des 3 scénarios de développement en matière de consommation
a. Analyse du développement des RCU à l’échelle du territoire
A l’échelle du territoire, le nombre de consommateurs de chauffage urbain augmente de manière importante dans chacun des scénarios, notamment grâce aux actions combinées d’une part de l’augmentation de la production de chauffage urbain et d’autre part de la baisse de la consommation des bâtiments (comme la rénovation thermique des bâtiments ou la sensibilisation et le développement de la sobriété dans les secteurs du résidentiel et du tertiaire). Cela entraine ainsi un passage de 13.000 abonnés en 2019 à 29.000, 46.000 ou 55.000 abonnés dans les trois scénarios en 2040, comme indiqué dans le Tableau 24 ci-dessous.
Diagnostic
(2019)
Tendanciel
(2040)
Exploratoire
(2040)
Référence nationale
(2040)
Nombre de bâtiments
raccordés
(résidentiel et tertiaire)
13.000 29.000 46.000 55.000
Consommation
énergétique, en GWh
(résidentiel et tertiaire)
166 241 330 396
Tableau 24 – Nombre de bâtiments raccordés et consommation énergétique de chauffage urbain en fonction du scénario sur l’ensemble du territoire 18
b. Analyse du développement des RCU à la maille commune
A l’échelle des communes, la consommation de chauffage urbain est très inhomogène. Le potentiel de consommation le plus important se trouve dans la commune du Havre pour laquelle un potentiel de consommation d’au moins 348 GWh est disponible. Les communes limitrophes (Gonfreville l’Orcher, Harfleur, Montivilliers, Sainte-Adresse, Octeville-sur-Mer et Rogerville) consomment en cumulée 45 GWh dans le scénario le plus ambitieux. En particulier, les communes de Harfleur, Montivilliers et de Sainte-Adresse ont l’air particulièrement intéressantes pour le développement d’un nouveau réseau de chaleur (ou l’extension d’un existant, comme RésOcéane), le potentiel de consommation atteignant plus de 6 GWh dans chacune des trois communes. A noter, la consommation de chauffage urbain dans la commune d’Octeville-sur-Mer est censée diminuer à horizon 2040 : il n’y a pas de potentiel de consommation suffisamment important permettant de compenser les actions de baisse de la demande énergétique (i.e. rénovation thermique, sobriété, efficacité…).
Saint-Romain-de-Colbosc, Criquetot-l’Esneval et Saint-Jouin-Bruneval sont trois communes qui ne peuvent bénéficier d’extension des grands réseaux de chaleur urbain existants (RésOcéane, SDCMG et SECGO). Le
18 Les consommations industrielles ne sont pas représentées dans ce tableau de résultat, les scénarios étudiés ne prenant
pas en compte une augmentation de la consommation de l’industrie en chauffage urbain.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 55 / 59
potentiel de consommation atteint 1.9 GWh à Saint-Romain-de-Colbosc alors qu’il reste assez faible pour les deux autres communes (0.6 GWh pour Criquetot-l’Esneval et 0.1 GWh pour Saint-Jouin-Bruneval). Si une étude de faisabilité devait être menée pour la mise en place d’un nouveau réseau de chaleur urbain dans l’une de ces trois communes, il serait plus intéressant de commencer par celle de Saint-Romain-de-Colbosc. Le
Tableau 25 ci-dessous détaille les consommations énergétiques de chauffage urbain des bâtiments (résidentiel et tertiaire) par commune en fonction du scénario.
Tableau 25 – Consommation énergétique de chauffage urbain des bâtiments (résidentiel et tertiaire) par commune en GWh en fonction du scénario20
c. Analyse de la quantité de chauffage urbain livrée à la maille
IRIS
Dans cette partie, l’analyse se portera sur la quantité de chauffage urbain livrée à la maille IRIS sur la zone du Havre et de ses communes limitrophes. En effet, les zones IRIS de Saint-Romain-de-Colbosc, Criquetot-l’Esneval et Saint-Jouin-Bruneval étant confondues avec les communes, l’analyse a déjà été effectuée dans la partie précédente.
Dans la cartographie de la Figure 22 ci-dessous, le potentiel de chauffage urbain semble réparti de manière assez homogène sur la commune du Havre et les communes limitrophes. En effet, hormis 5 zones (le centre-ville du Havre et les zones dans lesquelles il y a actuellement du chauffage urbain : le centre-ville de Gonfreville-l’Orcher et les quartiers de Caucriauville, de Montgaillard et de Tourneville) qui regroupent la quasi-totalité des IRIS à très fort potentiel (consommation de chauffage urbain dépassant les 5 GWh), 63 zones IRIS possèdent un potentiel élevé compris entre 1 et 5 GWh.
19 Le potentiel maximum est déterminé en sommant toutes les consommations énergétiques pour les usages du chauffage et
de l’eau chaude sanitaire dans les secteurs du résidentiel et du tertiaire pour les vecteurs du chauffage urbain, du gaz naturel, du GPL et du fioul 20
Les communes non représentées ne possèdent pas de consommation de chauffage urbain quel que soit le scénario observé.
GWh Diagnostic
(2019)
Potentiel
(2019) 19
Tendanciel
(2040)
Exploratoire
(2040)
Référence nationale
(2040)
Le Havre 148 1 105 221 294 348
Gonfreville-l'Orcher 15 136 15 19 22
Harfleur - 36 3,0 5,6 7,2
Montivilliers - 85 - 3,8 6,7
Sainte-Adresse - 45 - 3,6 6,1
Octeville-sur-Mer 3,0 17 1,9 2,0 2,1
Saint-Romain-de-Colbosc - 21 - 1,1 1,9
Rogerville - 15 0,3 0,6 0,9
Criquetot-l'Esneval - 10 - 0,3 0,6
Saint-Jouin-Bruneval - 2 - 0,1 0,1Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 56 / 59
Figure 22 – Cartographie de la consommation de chauffage urbain des bâtiments (résidentiel et tertiaire), à la maille IRIS, pour la zone du Havre et de ses communes limitrophes lors du diagnostic de 2019 (à gauche) et du scénario de Référence nationale en 2040 (à droite)
En croisant les données de potentiel de consommation et l’extension prévue de RésOcéane (voir Figure 23, ci-dessous), on constate que le nouveau tracé de RésOcéane permet de relier entre elles les principales zones à fort potentiel (notamment le centre-ville du Havre et le quartier de Caucriauville). Le potentiel de consommation des zones traversées par les réseaux atteint plus de 300 GWh mais nécessite une densification du maillage des réseaux de chaleur.
Aussi, d’autres zones d’intérêts ressortent de l’analyse du potentiel de consommation et ne semblent pas encore avoir été ciblées par l’extension prévue des réseaux de chaleur. Ces zones pourraient être candidates à de futures extensions :
La zone au sud de SDCMG (zone 1 de la Figure 23, les quartiers Sanvic, Anatole France Danton,
Côté Ouest Ormeaux de la ville du Havre et le centre-ville de Sainte-Adresse). Cette zone possède un potentiel de consommation de plus de 30 GWh. Il serait intéressant d’effectuer des études de faisabilité pour une extension soit de SDCMG, soit de RésOcéane, voire même une interconnexion entre ces deux réseaux de chaleur.
La commune de Harfleur (zone 2 de la Figure 23). Cette zone située entre les réseaux de chaleur
SECGO et RésOcéane possède un potentiel de consommation d’au moins 7 GWh. Une extension de SECGO pourrait permettre de densifier au passage le maillage de réseau de chaleur au sein même de Gonfreville l’Orcher, afin de fournir près de 30 GWh de chauffage urbain (somme des potentiels de consommation des communes de Gonfreville l’Orcher et de Harfleur) contre 15 GWh en 2019
La zone au sud du centre-ville du Havre et le port (zone 3 de la Figure 23). Cette zone semble
jusqu’à présent être délaissé des programmes d’extension des réseaux de chaleur. Une extension pourrait permettre de développer les débouchés de valorisation de chaleur fatale des industriels présents dans la ZIP.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 57 / 59
Figure 23 – Carte des réseaux de chaleur urbains et des potentiels de consommation de chauffage urbain des bâtiments (résidentiel et tertiaire) dans la ville du Havre et des communes limitrophes (scénario de Référence nationale en 2040)
7.5. Raccordement des bâtiments publics de la ville du Havre et de la Communauté Urbaine
En complément à l’étude macroscopique réalisée grâce à la phase de scénarisation, l’analyse a été menée, avec l’appui du service chargé des réseaux de chaleur, de la Direction Energie et Maintenance des Bâtiments, sur un périmètre plus spécifique : les bâtiments publics appartenant directement à la ville du Havre ou à la CU (appelés plus simplement bâtiments publics dans la suite).
Les bâtiments publics ont été en premier lieu localisés afin de repérer ceux situés à moins de 500 mètres d’un réseau de chaleur existant ou en extension. En effet, ces bâtiments sont suffisamment proches pour pouvoir envisager un raccordement à un RCU. Sur les 382 bâtiments publics du territoire, 288 se trouvent dans ce cas, comme le montre la Figure 24 ci-dessous. Sur cette cartographie, une zone tampon de 500 mètres autour des réseaux de chaleur du territoire a été réalisée. Une très grande majorité des bâtiments publics se trouvent donc dans un périmètre proche d’un RCU.Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 58 / 59
Figure 24 - Cartographie de la localisation des bâtiments publics sur le territoire de la CU, se trouvant à moins de 500m d'un RCU existant ou en extension
Ensuite, le potentiel raccordable a été estimé. Pour cela, ont été nécessaires, pour chaque bâtiment public, la consommation énergétique pour le chauffage ainsi que l’énergie de chauffage (gaz, électricité, fioul, etc.). Le
Tableau 26 ci-dessous présente les potentiels de consommation énergétique des différents bâtiments publics du territoire. Avec les extensions de réseau de chaleur prévues aujourd’hui, il est déjà prévu de raccorder 50 bâtiments publics supplémentaires pour atteindre 25 GWh de consommation de chaleur urbaine des bâtiments publics (10 GWh supplémentaire par rapport à 2019). En considérant que tous les bâtiments publics présents dans la zone tampon (500m autour du tracé des RCU) sont raccordés, au moins 40 GWh de consommation énergétique de chaleur urbaine serait atteinte pour un total de 288 bâtiments, soit plus de 80% de la consommation des bâtiments publics pour lesquels on dispose de l’information de chauffage
Nombre total Consommation
énergétique (GWh)
Bâtiments publics (total) 382 48 Bâtiments publics non localisés 22 2,9Le Havre Seine Métropole • Ambition Climat, vers une métropole verte et bleue 15 mai 2023 59 / 59
Tableau 26 – Nombre et consommation énergétique des bâtiments publics du territoire, par catégorie
A noter, un nombre significatif de bâtiments ne possèdent pas d’information précise sur la consommation de chauffage (159 bâtiments sur les 382 du panel étudié) ou sur leur localisation (22 bâtiments). Il en résulte donc une évaluation d’un minorant du potentiel exploitable pour le raccordement des bâtiments publics au sein du territoire.
21 Les bâtiments sans information de consommation de chauffage concernent les bâtiments pour lesquels le vecteur
énergétique est inconnu, la consommation énergétique est inconnue ou la consommation énergétique est partagée avec un autre site présent dans la liste des bâtiments publics étudiés.
Bâtiments publics sans information de
consommation de chauffage21 159 - Bâtiments publics proches d’un RCU 288 40
Bâtiments publics déjà raccordés à un RCU 70 15
Bâtiments publics en projet de
raccordement à un RCU (projet acté) 50 10 Bâtiments publics potentiellement
raccordables à un RCU 168 151
PCAET LHSM 2023-2028 : AGIR MAINTENANT ET PREPARER DEMAIN !
Une concertation itinérante, à la carte et accessible à tous
SOMMAIRE
I. Une concertation des élus locaux en plusieurs ateliers participatifs
pour définir les enjeux et les prioriser ............................................ 2
II. Une concertation des autres acteurs et partenaires locaux par
l’intermédiaire d’ateliers ciblés permettant de coconstruire la
stratégie. ........................................................................................ 5
III. Une concertation citoyenne pour recueillir des idées d’actions à
mettre en œuvre en lien avec les priorités retenues ...................... 6
Suite à l’arrêt du projet de PCAET en conseil communautaire et avant son approbation définitive, le
PCAET sera soumis au public, lors d’une consultation en ligne d’une durée de 30 jours,
conformément à l’article L. 123-19 du Code de l’Environnement.2
I. UNE CONCERTATION DES ELUS LOCAUX EN PLUSIEURS ATELIERS PARTICIPATIFS POUR DEFINIR LES ENJEUX ET LES PRIORISER
1. Les communes : actrices et vecteur pour anticiper le changement
climatique et s’y adapter
1.1 Octobre 2022 à MALAUNAY (76), un « DD Tour » pour s’inspirer des bonnes
pratiques
1.2 Du 12 octobre au 25 novembre, un cycle de rencontres pour faire éclore les projets
d’ENR
2. Dialoguer avec des experts et prendre de la hauteur
2.1. Novembre 2022 au Stade Océane au Havre, un panel d’experts dialoguant avec un
parterre d’élus
30 Communes représentées, urbaines, périurbaines, rurales
5 vice-présidents
50 participants
5 experts :
Magali REGHEZZA-ZIT, Haut Conseil pour le Climat
Corentin RIET, The Shift Project
Juliette NOUEL, créatrice des ateliers de l’adaptation
Marie ATINAULT, consultante territoires en transition
Guillaume COUTEY, maire de Malaunay3
Pascal LEPRETTRE maire de Rolleville, vice-président de la communauté urbaine en charge de la
mobilité, précise que tout le monde est plus ou moins conscient qu’il est nécessaire de réduire ses
déplacements. Pour autant, la société est organisée sur la mobilité (pour se soigner, pour
travailler…). Selon lui, il serait nécessaire de repenser les choses et de trouver d’autres solutions
localement.4
2.2 Décembre 2022 à Criquetot l’Esneval, Eric Daniel LACOMBE, démarche
d’évaluation inventive face aux risques climatiques
A l’origine de la reconstruction d’un quartier de Romorantin, Éric Daniel-Lacombe a remporté le Grand
Prix d’aménagement. Ses réalisations démontrent qu’il ne suffit pas de protéger du risque, il faut que
les personnes qui y sont exposées puissent l’apprivoiser et faire front. Au-delà des solutions
traditionnellement mises en œuvre pour prévenir les risques d’inondation, il existe d’autres
alternatives : les Solutions d’adaptation fondées sur la Nature (SafN).5
II. UNE CONCERTATION DES AUTRES ACTEURS ET PARTENAIRES LOCAUX PAR L’INTERMEDIAIRE D’ATELIERS CIBLES PERMETTANT DE COCONSTRUIRE LA STRATEGIE.
Différents temps d’échanges thématiques ont eu lieu avec les acteurs qualifiés (« sachants ») :
- Décarbonation avec l’ADEME, AURH, SYNERZIP, HAROPA, chambre d’agriculture, Le Havre Seine Développement (LHSD)…
- Qualité de l’air avec ATMO, DREAL, SYNERZIP, Chambre d’agriculture… - Adaptation avec AURH, SYNERZIP, HAROPA, chambre d’agriculture, CCI, ANBDD…
- Consommation d’énergie, usages, efficacité avec la Région, l’ADEME, AURH, SYNERZIP,
HAROPA, bailleurs sociaux, CRAM, Engie ...
- Production d’énergie, approvisionnement avec ENEDIS, GRDF, RTE, GRT, RCU, Biomasse
Normandie, la Région, l’ADEME, Chambre d’agriculture, CUMA, URCOFOR, ANBDD, ...6
III. UNE CONCERTATION CITOYENNE POUR RECUEILLIR DES IDEES D’ACTIONS A METTRE EN ŒUVRE EN LIEN AVEC LES PRIORITES RETENUES
1. Novembre Ciné débat, des projets citoyens d’énergies
renouvelables pour ouvrir la voie ?
Pendant 45 minutes, le film documentaire « We The Power » suit le parcours d’hommes et de
femmes qui ont choisi de ne pas rester immobiles et de montrer la voie à l’échelle locale, en
menant des initiatives de production d’énergie renouvelable …
2. Décembre : forum citoyen ouvert pour comprendre, s’informer,
partager
Dans le cadre de l’élaboration de son Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET), la communauté
urbaine Le Havre Seine Métropole a organisé un Forum citoyen ouvert le samedi 10 décembre
2022. Pour faciliter la participation des habitants de la Communauté urbaine, le Forum s’est tenu
en deux lieux du territoire : à Saint-Romain-de-Colbosc, de 9h30 à 12h puis au Havre, de 14h30 à
17h.
La forme retenue, celle d’un forum citoyen ouvert, était destinée à permettre aux citoyens de
comprendre, s’informer et contribuer en participant à différents ateliers sur plusieurs
thématiques : les mobilités, le logement, l’adaptation, l’alimentation…
Plusieurs ateliers et espaces étaient proposés.
- Un espace d’information pour tout savoir sur le Plan Climat : portrait du territoire, objectifs,
thématiques, calendrier, leviers d’actions.7
- Une fresque afin de mettre en avant des actions concrètes pour protéger l’environnement,
proposition de bonnes pratiques et idées face au défi climatique (actions individuelles et
collectives) concernant trois thématiques : se nourrir, se loger, se déplacer.
- Un atelier contribution : à l’aide de persona permettant de se projeter dans « mes habitudes
en matière de logement, déplacement et consommation », les habitants ont identifié les freins
et les motivations pour changer les habitudes individuelles, et les nouvelles actions à mettre
en œuvre.
- Un espace ludique : pour appréhender les enjeux du climat en s’amusant, un quizz numérique,
des jeux de carte, des coloriages étaient proposés.8
- Une balade Climat sur le toit terrasse de la Cité numérique du Havre pour donner à voir les
actions déjà engagées en faveur du climat : la Zone industrialo-portuaire et la décarbonation
de l’industrie, l’ancienne centrale à charbon et le mix énergétique, la gare et les mobilités, les
bâtiments alentours et la rénovation énergétique, la Résidence de France et le réseau de
chaleur, les bâtiments publics et le plan de sobriété énergétique.
3. Une consultation en ligne du 5 décembre 2022 au 31 janvier
2023 : « Le climat et l’énergie dans mon quotidien »
Du 5 décembre 2022 au 31 janvier 2023, les habitants du territoire ont été invités à répondre
à un questionnaire portant sur les enjeux climatiques, et les actions permettant d’y faire face.
120 participants se sont exprimés sur la plateforme Jeparticipe.lehavremetro.fr : 103 à
travers le questionnaire et 17 via la boîte-à-idées.
A la question « vous sentez-vous concerné par la lutte contre le changement climatique ? », si
la quasi-totalité des participants au questionnaire répond positivement, des nuances sont tout
de même à souligner. Près d’un quart des répondants considère que son impact est limité ;
un autre quart reconnait avoir besoin d’accompagnement ; enfin quasi la moitié des
répondants dit intégrer le critère « carbone » dans ses choix au quotidien.9
Les répondants sont particulièrement sensibles aux impacts du changement climatique sur la
santé. Cette préoccupation apparaît comme le principal moteur de l’action pour le climat. Le
souci de l’exemplarité arrive en 2ème position : ce résultat nous rappelle qu’au-delà de la qualité
et de la force des arguments, l’exemplarité est un vecteur de communication efficace. Des
actions vertueuses en matière de lutte contre le changement climatique vont potentiellement
être imitées, l’exemplarité est inspirante. Par leurs comportements, les citoyens soucieux de
leur empreinte carbone influencent les autres. Témoins de comportements vertueux, eux-
mêmes se laisseront influencer.
La contrainte financière est vue comme une raison qui peut pousser au changement. Elle
n’est pas la première citée par la majorité des participants.
Parmi les actions menées par Le Havre Seine Métropole, deux ont particulièrement retenu l’intérêt des participants, en termes de transition écologique :
1. Le développement des réseaux de chaleur
2. La rénovation énergétique des équipements publics
Arrivent ensuite :
3. Les aménagements cyclables
4. La promotion des circuits courts d’alimentation
Puis, ex-aequo :
5. La 3ème ligne de tramway
6. L’accompagnement à la rénovation des logements
La majorité des personnes répondantes sont à la recherche de moyens pour réduire leur impact sur le climat, sur leurs mobilités, leur logement, leur énergie et leur consommation.10
4. Contribution du CODEV : une autre forme de participation
La Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a sollicité le Conseil de développement (CODEV) pour une expression en deux temps :
- Une contribution en amont de l’élaboration de la stratégie et du programme d’actions ; - Un avis sur le PCAET finalisé, à venir en 2023.
Afin de pouvoir contribuer de manière constructive, éclairée et concertée sur le PCAET, les membres du CODEV se sont retrouvés lors de trois séances dédiées aux sujets suivants : - 8/09/2022 : familiarisation du CODEV avec un PCAET, thématiques traitées, objectifs fixés et méthode d’élaboration ;
- 6/10/2022 : présentation des principaux éléments de diagnostic sur le territoire Le Havre Seine Métropole + temps de réflexion en atelier sur les sujets Air et Energie ; - 8/11/2022 : échanges avec Hubert DEJEAN DE LA BATIE (Vice-Président de Le Havre Seine Métropole - Transition énergétique, économie circulaire et déchets ; Vice-Président de la Région Normandie - Transition environnementale et énergétique) + temps de réflexion en plénière sur le sujet climat.
Extrait de la contribution du Conseil de Développement – décembre 2022
« La hausse des prix de l’énergie et les évènements climatiques exceptionnels de l’été ont mis au premier plan les sujets énergétiques et climatiques en cette fin d’année 2022.
La présentation des premiers éléments issus du diagnostic du PCAET Le Havre Seine Métropole et les riches échanges avec le Vice-Président de la Communauté urbaine en charge de la Transition énergétique, de l’économie circulaire et des déchets, ont permis aux membres du CODEV de comprendre les enjeux locaux et les actions déjà mises en œuvre.
Ils en retiennent quatre principaux enjeux qui pourraient étayer la stratégie du PCAET à venir, ainsi que de nombreuses pistes d’actions qui pourraient venir se décliner dans le plan d’actions du PCAET. Les quatre principaux enjeux sont les suivants :
1. Agir sur la mobilité du quotidien
2. Accélérer la rénovation énergétique des logements
3. Mieux penser nos consommations pour réduire nos émissions
4. S’adapter au changement climatique, une réalité peu évoquée
Cette première mission menée sur l’élaboration du PCAET a fait écho à plusieurs thèmes déjà évoqués lors des précédentes missions du CODEV : la nécessaire prise en compte des évolutions climatiques dans l’ensemble des réflexions et l’intégration des différentes échelles de temps dans les projets (temps court, temps long).
Il est également ressorti lors de cette mission que la pédagogie et une communication adaptée vers les différents publics sont indispensables pour mobiliser la population et mettre en œuvre des actions ambitieuses. C’est particulièrement le cas pour faire face au changement climatique. Les discours anxiogènes et techniques doivent laisser la place à des messages positifs et concrets. Le CODEV aimerait donc s’autosaisir de ce sujet en 2023. »