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PLU - Rapport de présentation - Rapport de présentataion
Document publié le Lundi 12 février 2024 par la commune de Niherne.
Lien du pdf (PLU - Rapport de présentation - Rapport de présentataion)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Environnement, Eau et assainissement,
1 12 février 2024
Vu pour être annexé à la délibération du Conseil Municipal en date du 28 février 2025.
ARRETANT la REVISION du PLAN LOCAL D’URBANISME de la commune de NIHERNE
Fait à NIHERNE le :
Le Maire de la Commune de NIHERNE :
Département de l’Indre
Commune de NIHERNE
PLAN LOCAL D’URBANISME
Pièce n°
1.1 Rapport de présentation2 12 février 2024
TABLE DES MATIERES
1ERE PARTIE 9
I) DONNEES DE CADRAGE 9
A) Sept objectifs pour un P.L.U. 9
A1 Maitriser la consommation des espaces agricoles et naturels 9
A.2 Préserver la qualité architecturale et paysagère du territoire communal 11
A.3 Assurer l’accès au logement, aux activités et aux services en réduisant les déplacements 13
A.4 Atténuer les effets du changement climatique et adapter les territoires aux impacts de ces
changements 13
A.5 Préserver et restaurer la biodiversité 14
A.6 Prévenir les risques, pollutions et nuisances, maintenir l’accès aux ressources naturelles 14
A7 Préserver l’eau et restaurer les milieux aquatiques 14
B) Niherne, au sein des territoires de projet 15
B.1 Niherne, dans son territoire administratif 15
B1.1 La Communauté de Communes du Val de l’Indre-Brenne 15
B1.2 Le Syndicat mixte du Pays castelroussin 16
B.1.3 La commune de Niherne 18
B.1.4 Les autres entités englobantes 19
B.2 La commune de Niherne, dans son contexte historique et géographique 19
B.2.1. Une situation géographique privilégiée 19
B.2.2 Une longue histoire 21
B.2.3 Hier, une stricte organisation de l’espace, en lien avec l’histoire et la géographie 22
B.2.4 Aujourd’hui, un paysage très simplifié 23
C) Les documents supra-communaux 24
C.1 Le SCOT du Pays castelroussin-Val de l’Indre 24
C.1.1 Le Scot, une définition 24
C.1.2 Le SCOT, un contenu 26
C.1.3 Le document d'orientation et d'objectifs (D.O.O.) 27
C.1.4 Le SCOT, des niveaux de polarité géographique bien identifiés 28
C.1.5 Le SCOT, des actions très concrètes 29
C.1.6 De nouvelles actions envisagées et/ou à poursuivre 30
Le SCOT, un bilan en 2022 32
C.2 Le PLH Programme Local de l’Habitat de la Communauté de communes Val de l’Indre-Brenne 32
C.2.1 Les principes 32
C.2.2. Le P.L.H. de la communauté de communes Val de l’Indre-Brenne (2012-2018), quelques actions 33
C.3 LE SDAGE Loire Bretagne 34
C.3.1 Les grandes orientations du SDAGE 35
C.3.2. Le poids de la D.C.E. 35
C.3.3 Les objectifs su SDAGE 2022-2027 35
C.3.4 Des actions ciblées 36
C.4 Les autres documents 38
C.4.1. Le SRCE (Schéma régional de cohérence écologique) 38
C.4.2 La charte du Parc naturel régional de la Brenne 38
C.4.3 Les déclarations d’utilité publique 39
C.4.4. Les servitudes d’utilité publique 393 12 février 2024
C.4.5 Les schémas existants devant être pris en compte 42
II) ETAT INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT 48
A) Le contexte physique 48
A.1 Le sous-sol 48
A.1.1.Les terrains de l’ère secondaire 48
A1.2. Les terrains de l’ère tertiaire et de l’ère quaternaire 49
A.2 Le relief 50
A.2.1. Le rôle structurant de la vallée de l’Indre 50
A.2.2. La RD 925, une ligne de partage entre deux bassins 51
A.2.3. Le rôle de la Claise 52
A.3 Le climat 53
A.3.1. Les températures 54
A.3.2 La pluviosité et l’ensoleillement 54
A.3.3. Le diagramme ombro-thermique 56
A.3.4. Les nuances locales 56
A.4 Les sols 57
A.4.1 Entre Indre et Claise, la part calcaire de la « Champagne berrichonne » 57
A.4.2 Dans la vallée de l’Indre, des sols alluviaux 57
A.4.3 Entre RD 925 et vallée de la Claise, la part imperméable et acide des formations de Brenne 58
A.4. 4. Les sols au contact des formations du jurassique et des formations de Brenne 58
A.5. Les masses d’eau 59
A.5.1 Les masses d’eau superficielles 60
A.5.2 Les masses d’eau souterraines 60
A.6 Les rivières, Indre et Claise 61
A.6.1 L’Indre 61
A.6.2. La Claise 63
A.7. Les réseaux d’eau 64
A.7.1 L’eau potable 64
A.7.2. Eaux usées et eaux pluviales 66
B) Les paysages 67
B.1. Une vue globale 67
B.1.1 Deux rivières, l’Indre et la Claise 67
B.1.2. Les paysages de plaine 67
B.1.2. Les paysages de prairies, d’arbres et d’eau 68
B.2. Des paysages dans le détail : les principales entités paysagères 70
B.2.1.Le nord de la vallée de l’Indre : le rôle de la RD 943 dans l’organisation des paysages 70
B.2.2. La vallée de l’Indre 72
B.2.3. Les zones agricoles entre vallée de l’Indre et RD 925 76
B.2.4. Le sud de la RD 925 77
B.3. Les enjeux paysagers du territoire communal 81
B.3.1. Les enjeux paysagers liés à la RD 943 81
B.3.2. Les enjeux paysagers liés à la vallée de l’Indre 81
B.3.3. Les enjeux liés à la biodiversité 82
B.3.4. Les enjeux paysagers liés aux zones agricoles entre vallée de l’Indre et RD 925 83
B.3.5. Les enjeux paysagers liés au sud de la RD 925 83
B.3.6 Les enjeux paysagers globaux 84
C) Les milieux naturels 844 12 février 2024
C.1.Grandes forêts et petits boisements 84
C.1.1. Les grands massifs 84
C1.2. Les petits boisements 87
C.2. Les autres composantes végétales 88
C.2.1. Haies et bas-côtés herbeux 88
C.2.2. Les prairies 89
C.2. 3. Les derniers jardins, vignes et friches au nord de la RD 943 90
C.2.4. Les étangs 91
C.2.5 Conclusion 91
D) Espèces et sites naturels remarquables 92
D.1 La flore de Niherne selon le Conservatoire botanique du Bassin parisien 92
D.1.1. Un grand nombre de taxons 92
D.1.2. Le département de l’Indre en comparaison 93
D.2 Les Zones naturelles d’intérêt écologique, floristique et faunistique (Znieff) 94
D.2.1. ZNIEFF type II et Type 1 : les principes 94
D.2.2 La ZNIEFF étang de Grandeffe de type 1 300010017 95
D.2.3. La ZNIEFF « Moyenne Vallée de l’Indre » de type 2 97
Z.N.I.E.F.F. Vallée de l’Indre à Niherne. Source : Museum national d’Histoire naturelle 97
D.2.4 Les ZNIEFF voisines 99
D.3. Les ZICO 101
D.4. Le réseau Natura 2000 101
D.4.1. Les principales directives 101
D.4.2. La ZSC vallée de l’Indre n° FR2400537 102
D.4.3 La ZPS Brenne site n°FR2410003, 102
D.4.4. La ZSC vallée de l’Indre n° FR2400537 103
D.5. La Trame verte et bleue (TVB) 106
D.5.1. Les objectifs de la TVB 106
D.5.2. Le contenu de la TVB 107
E) Risques naturels et risques technologiques 109
E.1. Les risques naturels 109
E.1.1. Le risque inondation 109
E.1.2 Les tremblements de terre et les risques liés aux mouvements de terrain 111
E.1.3. Le risque de retrait et de gonflement des argiles 111
E.2. Les risques technologiques 112
E.2.1. Le risques radon 112
E.2.2. Les risques liés au transport de matières dangereuses 113
E.2.3. Les risques liés à la circulation routière 114
E.2.4 Les nuisances sonores et visuelles, en lien avec la circulation 114
E.2.5 Les risques liés aux installations industrielles, agricoles et aux carrières 114
E.2.6. La qualité de l’air 116
III) Diagnostic territorial 117
A) Démographie et logement 117
A.1 La population : évolution démographique 117
A.1.1. Evolution de la population : éléments quantitatifs 117
A.1.2. Evolution de la population : éléments qualitatifs 119
A.2. Population et logement 1225 12 février 2024
A.2.1. Le parc de logements 122
A.2.2. Structure du logement 124
A.2.3. Sociologie de la résidence à Niherne 127
A.3.Conclusion : quelques constats et quelques interrogations 130
B) Le contexte socio-économique 131
B.1.La population active 131
B.1.1 Un niveau d’études moyen mais en progression 131
B.1.2. De nombreux actifs 131
B.1.3 Salariés et non salariés dans la zone d’emploi 132
B.2. L’activité socio-économique hors agriculture 133
B.2.1. Les principales catégories socio-professionnelles à Niherne 133
B.2.2 Des activités économiques diversifiées 133
B.2.3. Entreprises et salariat à Niherne 135
B.2.4. La zone artisanale de Villedieu-sur-Indre/Niherne 136
B.3 L’agriculture 136
B.3.1. Des exploitations en évolution 137
B.3.2. Des différences locales 138
B.3.3. Une agriculture « conventionnelle » en pleine évolution 140
B.3.4 Un bâti en mutation 141
B.3.5 Des agriculteurs plutôt âgés 142
B.3.6 Un nouveau cadre juridique 142
B.3.7 Quelques particularités et faiblesses 142
B.4 Les activités liées à l’eau 143
B.4.1. Les étangs 143
B.4.2. La rivière Indre 144
B.5 Equipements et services à la population ; vie sportive et socio-culturelle 145
B.5.1. La vie culturelle 145
B.5.2. Les activités sportives 145
B.5.3 Les associations en lien avec la nature 148
B.5.4. Les organismes d’aide et de soutien 148
B.5.5. La question de la mobilité 148
B.5.6. La scolarité et l’accueil des jeunes enfants 148
B.6. Conclusion générale 149
B.6.1. Des migrations pendulaires importantes 149
B.6.2. Mais des inconvénients pour l’environnement et la mixité sociale 149
B.6.3. Malgré tout, une situation géographique avantageuse 150
B.6.4. Un espace agricole sous-estimé 150
C) Les espaces urbanisés 150
C.1. Bâti et paysages urbains 150
C.1.1. Un peu d’histoire 150
C.1.2. Le village de Surins 152
C.1.3. Le village de Niherne 154
C.2. Les extensions récentes 157
C.2.1. Le secteur de Surins 157
C.2.2. Secteur de Niherne 158
C.2.3. Les extensions au sud du bourg de Niherne : les hameaux de la Grande Croix et de la Croix-aux-
Ladres 1616 12 février 2024
C.3. Les autres secteurs bâtis 164
C .3.1. La Croix Rouge 164
C.3.2. Le hameau de Chézeauneuf 164
C.3.3. Le hameau de Parçay 165
C.3.4. Fermes isolées et maisons de maître 166
C.3.5. Les châteaux 168
C.3.6. Les moulins 169
C.4. L’espace public et le patrimoine 170
C.4.1. Routes, trottoirs et sentiers 170
2EME PARTIE 175
EVALUATION ET NOUVELLES ORIENTATIONS 175
I Bilan du précédent PLU et nouvelles orientations 175
A) Plan de zonage et occupation du sol 176
A.2 Le bâti, entre ancien et nouveau 177
A.3. Une urbanisation restée limitée 177
A.3.1. L’urbanisation surtout concentrée près des deux bourgs 177
A.3.2. Années 2000, l’essoufflement 178
A.3.3. Des prévisions non concrétisées 178
A.4.1 Le logement locatif à la peine 180
A.4.2. La question de la mixité sociale 180
A.4.3. Un bâti ancien à valoriser 181
A.4.4. Période 2010-2023, une urbanisation a minima… 181
A.4.5 … Mais une ossature commerciale et de services bien maintenue, voire renforcée 181
B) Règles d’urbanisme et nouveaux projets d’aménagement 182
B.1. Rester vigilant sur les règles d’urbanisme définissant les conditions de l’occupation du sol 182
B.1.1. Les plantations 182
B.1.2. L’architecture des nouvelles constructions 182
B.1.3 La question des espaces boisés classés 183
B.1.4 La suppression du zonage Nfl 183
B.1.5 La suppression du zonage Nh 183
B.2. Actualiser l’actuel PLU, au plan législatif et réglementaire, prendre en compte les nouveaux projets
d’aménagement 184
B.2.1. Une réelle prise en compte des documents supra-communaux 184
B.2.2. Une nouvelle donne : la loi ZAN (Zéro Artificialisation nette) 184
B.3 Concilier préservation des espaces agricoles et naturels d’un côté, développement urbain et
économique de l’autre 185
B.3.1. Les bourgs de Surins et de Niherne 185
B.3.2. La vallée de l’Indre 186
B.3.3. La Champagne berrichonne 186
B.3.4. La Brenne 186
B.4 Renforcer les circulations douces pour davantage de cohésion urbaine et de meilleures relations entre
quartiers 187
C) Répondre aux nouveaux enjeux 187
C.1. Les enjeux démographiques 1887 12 février 2024
C.1.1 une progression démographique plus faible que prévu 188
C.1.2 Des ménages peu nombreux 188
C.2 Les enjeux du logement 189
C.2.1 Entre logements neufs et logements vacants 189
C.2.2. Mieux valoriser le bâti ancien 189
C.2.3. Favoriser le logement social et le logement locatif 189
C.3. Les enjeux socio-économiques 190
C.3.1. Résidence et mobilité obligée 190
C.3.2. Une économie de proximité à maintenir 191
C.3.3. L’agriculture en devenir 192
C.4. Les enjeux socioculturels 192
C.4.1. La ville de Châteauroux, très proche 192
C.4.2. Encourager les loisirs de proximité 193
C.5. Enjeux paysagers et urbanistiques 193
C.5.1 La Champagne berrichonne 193
C.5.2 La vallée de l’Indre 194
C.5.3 La Brenne 194
C.5.4 Les deux bourgs 195
C.6. Les enjeux liés à l’eau, au sous-sol, à l’air et à l’énergie 195
C.6.1. La ressource en eau 196
C.6.2. Les autres enjeux 196
C.7 Les enjeux liés aux milieux naturels 197
II - Justification du projet communal et explication des choix retenus 198
A) Urbanisation, un diagnostic prospectif 198
A.1. Des logements en proportion de la population attendue 198
A.2 La consommation récente de l’espace : 2014 – 2023 199
A.2.1. Consommation récente de l’espace : les données brutes 199
A.2.2. Consommation récente de l’espace : une analyse détaillée 200
A.2.3. Une baisse significative de la construction 201
A .3 Une hypothèse : mutation et densification du bâti 202
A.3.1. La part des logements vacants 202
A.3.2 Les « dents creuses » 203
B) Justification des choix réglementaires 203
B.1 Un objectif : densifier le bâti actuel 204
B.2.Le zonage proprement dit 204
B.2.1. La zone U 205
B.2.2 La zone AU 206
B.2.3 La zone agricole A 208
B.2.4 La zone naturelle N 209
B.2. Les autres dispositions réglementaires 210
B.2.1. Les espaces boisés classés (EBC) 210
B.2.2. Les éléments remarquables du paysage et du patrimoine 211
B.2.3. Les emplacements réservés 211
B.2.4 L’identification du bâti pouvant faire l’objet d’un changement de destination 212
B.2.5. Les servitudes d’utilité publique 213
B.3 Consommation de l’espace, un bilan 2148 12 février 2024
III Evaluation environnementale du PADD et du PLU 216
A Evaluation environnementale du PADD 216
A.1. Les grands principes du P.A.D.D 216
A.1.1. La philosophie du P.A.D.D. 216
A.1.2. Les orientations majeures du projet 217
A.2. Le PADD, Quelques points de vigilance 218
A.2.1 Rester attentif au développement urbain, 218
A.2.2 Rester attentif au patrimoine bâti, 218
A.2.3. Veiller à optimiser les équipements, à favoriser les mobilités douces, la rénovation énergétique
218
A.2.4. Rester attentif aux espaces agricoles et forestiers, 219
A.2.5. Rester attentif aux espaces naturels, de la vallée de l’Indre et de la partie Brenne. 219
A.2.6 Rester attentif aux zonages d’inventaires et de protection, 219
B Evaluation environnementale du PLU 220
B.1.Les documents supra-communaux : SCOT et SDAGE, une mise en cohérence 221
B.1.1. Le SCOT 221
B.1.2 : le SDAGE 222
B.2. Analyse des incidences sur les sites voués à l’urbanisation 222
B.2.1. Le site des Coutures 222
B.2.2 La parcelle de la Greletterie 223
B.2.3 La zone Uy 224
B.3 Analyse des incidences du PLU sur l’environnement 224
B.3.1. Le climat 224
B.3.2 La circulation des eaux 225
B.3.3 Les ressources naturelles (habitats, faune et flore) 225
B.3.4. Les paysages 226
B.3.5 Le patrimoine culturel et architectural 226
B.3.6. L’agriculture et la consommation foncière 227
B.3.7 Les autres thèmes en lien avec la santé humaine 227
B.3.8 Le réseau Natura 2000 2299 12 février 2024
1ère PARTIE
1) DONNEES DE CADRAGE
A) Sept objectifs pour un P.L.U.
Le PLU est un document d’urbanisme opposable au tiers. Il organise le tissu urbain en définissant la destination des sols et des constructions, en maitrisant les densités comme les formes urbaines, en protégeant les espaces agricoles et naturels. Il exprime un véritable projet urbain. De même, il retranscrit fidèlement les politiques communales et intercommunales déjà définies. Il se fonde sur un diagnostic et s’articule autour d’un P.A.D.D. (projet d’aménagement et de développement durable). Il peut intervenir en faveur de la qualité de l’architecture, de la préservation et de la valorisation des paysages et de la nature. Il s’agit d’un projet partagé, concerté avec la population locale.
Il doit être élaboré en respectant les articles L110 et L121-1 du Code de l’Urbanisme, définissant le cadre dans lequel seront élaborés les principaux documents d’urbanisme. Il doit également intégrer les dispositions réglementaires qui découlent des différents textes législatifs s’imposant aux procédures d’aménagement et d’urbanisme. (Source : Préfet de l’Indre, dossier de Porter à la connaissance, Niherne, Révision du plan local d’urbanisme (PLU), DCM du 19 février 2016) Sur le territoire de la commune de Niherne, il se fixe ainsi 7 objectifs principaux.
A1 Maitriser la consommation des espaces agricoles et naturels
Il est indispensable de lutter contre l’artificialisation des sols qui, au premier chef, vise les espaces agricoles et naturels. Cette artificialisation qui, insensiblement, grignote les terres et dégrade la nature, est trop souvent irrémédiable. Rappelons que, jusqu’en 2031, l’enjeu est de limiter la consommation d’espace naturel, agricole et forestier (ENAF). Il s’agit donc d’un enjeu majeur en matière d’aménagement et de gestion durable du territoire de la commune de Niherne.
Dans ce contexte, la révision du P.L.U. doit, règlementairement, s’appuyer sur les principes suivants :
. Loi S.R.U (2000)
Cette loi a mis en place les principes de densification et de renouvellement urbain. La future urbanisation doit ainsi s’appuyer sur le S.C.O.T. (cf. infra),10 12 février 2024
. Loi dite « Grenelle 2 » et loi de modernisation de l’Agriculture et de la Pêche (2010) Ces deux lois renforcent la maîtrise de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers, ainsi que la lutte contre l’étalement urbain, le gaspillage des terres agricoles, trop souvent sollicitées par l’urbanisation à usage d’habitat ou commercial.
. Loi ALUR (2014)
Cette loi durcit les règles de constructibilité et encadre les possibilités d’ouverture à l’urbanisation des zones à urbaniser.
. Loi LAAAF (2014)
Cette loi renforce le rôle de surveillance de la commission départementale de la consommation des espaces agricoles (CDPENAF). Notamment, elle encadre la constructibilité en zones A et N, lesquelles doivent être impérativement préservées et signifiées par le règlement du P.L.U.
. Loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques dite loi Macron (2015).
Elle propose que les bâtiments d’habitation situées en zone A et N peuvent faire l’objet d’annexes et d’extensions dès lors qu’elles ne remettent pas en cause l’activité agricole comme la qualité du paysage.
. Loi ELAN du 23 novembre 2018
Elle vise à construire plus de logements (et moins cher), à simplifier les normes, à protéger les
plus fragiles et à mettre les transitions énergétique et numérique au service des habitants. Plus
précisément, elle vise à restructurer et à renforcer le logement social, à répondre aux besoins de chacun
tout en favorisant la mixité sociale et, enfin, à améliorer le cadre de vie et à renforcer la cohésion sociale.
Dans ce projet, chacun est concerné, du propriétaire au bailleur social, du promoteur à l’urbaniste, de la
collectivité territoriale au professionnel de l’immobilier.
. Loi ZAN (Zéro artificialisation nette) du 22 août 2021, dite « Loi Climat et résilience » Elle vise carrément le « Zéro artificialisation nette » à l’horizon 2050, en prenant soin, toutefois, de prévoir des dates intermédiaires. Mais, concernant les sols, l’objectif est bel et bien de rendre neutre, et rapidement, le solde entre artificialisation d’un côté et renaturation, de l’autre. Pour la concrétiser sur le terrain, les collectivités seront à la manœuvre, via les documents d’urbanisme. Après les SRADDET, les SCOT puis les PLU (et PLUi) devront intégrer ces objectifs de baisse de l’artificialisation respectivement avant 2026 et 2027.
Il est ici clair que la sobriété foncière doit être au cœur de tous les projets.
La zone artisanale Villedieu-sur-Indre/Niherne, le long de la RD 94311 12 février 2024
A.2 Préserver la qualité architecturale et paysagère du territoire
communal
Depuis de nombreuses années, les espaces urbains (y compris les centres anciens) et périurbains ont, malheureusement, été banalisés par des aménagements et une urbanisation mal contrôlée et ce, au détriment de la qualité de vie des habitants qui y vivent. Il importe donc de prêter une grande attention au patrimoine architectural et paysager de la commune et de le percevoir comme un enjeu majeur lors des opérations d’aménagement. Dans ce contexte, qu’il ressorte du domaine privé ou public, le territoire et ses spécificités doivent être respectées.
La loi « Grenelle 2 » (art. L101-2) prend en compte le paysage. Par là, elle entend restructurer les espaces urbanisés, valoriser les entrées de ville, revitaliser les centres mais aussi protéger les sites et milieux naturels ainsi que le patrimoine bâti remarquable. Ces impératifs de protection doivent être intégrés dans les divers projets émergeants, comme l’amélioration des performances énergétiques, le développement des transports collectifs, les ouvrages de production d’énergie renouvelable, etc. A ce titre, les continuités écologiques seront également préservées.
Monuments historiques et sites naturels font l’objet de mesures de protection ou d’inscription (loi du 2 mai 1930). Les premiers bénéficient d’un périmètre de protection (500 m). De son côté, dans le cadre du P.L.U, la loi ALUR permet d’identifier les éléments de patrimoine et de paysage devant être protégés.
Eglise Saint-Sulpice de Niherne12 12 février 2024
La Champagne berrichonne, au nord de Surins
Le moulin de Niherne
Enfin, diverses lois vont dans le sens d’une meilleure protection de la nature, reconnaissant les fonctions environnementales et paysagères de l’agriculture et renforçant la protection des espaces boisés dans les PLU. Des sites et paysages particulièrement sensibles peuvent ainsi être reconnus et délimités afin d’être mieux protégés. Il s’agit autant d’espaces boisés à classer (art L113-2) que de terrains cultivés et d’espaces encore non bâtis reconnus comme nécessaires au maintien des continuités écologiques (art L151-23).13 12 février 2024
A.3 Assurer l’accès au logement, aux activités et aux services en réduisant
les déplacements
Les habitants doivent pouvoir se loger et se déplacer au mieux. Néanmoins, leur sociologie change et évolue (familles recomposées, monoparentales, personnes vivant seules…) tandis que le parc de logements vieillit et qu’il est de plus en plus impératif de se déplacer (pour se rendre au travail, par exemple). Ce constat signifie que les formes d’habitation d’hier, encore très présentes aujourd’hui, ne sont pas toujours adaptées à la demande. Il importe donc de faire évoluer l’habitat et ce, en tenant compte des exigences du travail professionnel ; mais également, de valoriser transports collectifs, lesquels doivent également être développés.
Cette attente va dans le sens du Grenelle de l’environnement qui vise à réduire la consommation d’espace, via une offre de parcelles plus petites, plus accessibles et moins éparpillées.
Plusieurs principes régissent cette problématique. Ils touchent au couple urbanisme et habitat d’une part, habitat et transport d’autre part, et passent par des lois successives : LOV (loi d’orientation pour la ville (1991), loi SRU (loi sur le renouvellement urbain (2000), loi ENE (2009) et 2010), loi MOLLE de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion (2009).
L’article L101-2 modifié le 25 août 2021 réunit l’ensemble de ces objectifs. Son application sur le terrain, via le PLU, vise à concrétiser l’ensemble de ces principes. Par ailleurs, les notions de diversité et de mixité sont essentielles, nécessaires pour favoriser la cohésion sociale.
Un tel équilibre ne peut être conçu qu’à l’échelle du SCOT (cf. infra) avec lequel le PLU devra évidemment être compatible. Il tient également compte du PLH (cf. infra), du plan départemental d’actions pour le logement des personnes défavorisées et du plan de déplacement urbain (PDU) qui définit la politique locale des déplacements à l’échelle de l’agglomération castelroussine.
A.4 Atténuer les effets du changement climatique et adapter les territoires aux impacts de ces changements
Le changement climatique est d’ores et déjà bien perceptible. Il importe donc que, même à sa modeste échelle, le PLU ne vienne pas l’aggraver. Il importe aussi de limiter le plus possible le réchauffement en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (via les transports et les activités économiques) et en maîtrisant les consommations d’énergie (notamment en recourant aux énergies renouvelables). Il convient donc d’adapter le territoire comme les activités aux impacts du changement climatique.
Ces principes supposent que soient revus tant les modes de consommation, les usages que les pratiques ; ils supposent également que l’on réfléchisse davantage à une meilleure organisation du territoire.
Ces objectifs sont doublement soulignés, d’une part par la loi de programmation et d’orientation de la politique énergétique (loi POPE, 2005), d’autre part par les lois de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement 1 et 2, lesquelles mettent l’accent sur la lutte nécessaire contre le changement climatique. Pour ce faire, elles incitent les collectivités locales à réduire leurs émissions de GES (Gaz à effet de serre) et, notamment, en intervenant sur l’urbanisme (dans les domaines du bâtiment, des transports, de la préservation des surfaces forestières…). Une fois réalisées, ces actions devraient avoir une réelle incidence sur l’amélioration de la qualité de l’air.
Sur ce sujet de la qualité de l’air, différentes lois interviennent. Outre les lois SRU, Grenelle 1 et 2, ALUR, déjà évoquées et qui entrent dans ce cadre, sont également convoquées l : . La loi de transition énergétique (2015) qui introduit le plan régional d’efficacité énergétique (en complément du schéma régional climat, air, énergie) ainsi qu’un plan climat énergie territorial (PCET) réalisé à l’échelle de l’intercommunalité,14 12 février 2024
. La loi TEPCV, loi de transition énergétique pour la croissance verte (2015) qui oblige les collectivités territoriales à prendre en compte la stratégie bas-carbone dans leurs documents de planification. Cette stratégie passe par toute une série de mesures concernant le stationnement, l’isolation par l’extérieur, etc.
A.5 Préserver et restaurer la biodiversité
L’érosion de la biodiversité s’aggrave de jour en jour. Les causes en sont nombreuses, également bien connues. Parmi elles, l’urbanisation. Or, cette biodiversité doit absolument être maintenue, voire renforcée, pour conforter les services tant écologiques qu’économiques qu’elle en capacité de rendre, pour le bénéfice de tous.
Dans le cadre du PLU, il importe donc de protéger les milieux naturels, réservoirs de cette biodiversité. Dans ce contexte, la notion de Trame verte et bleue (TVB) est essentielle qui vise, non seulement à protéger les milieux (dits « cœurs de biodiversité ») et les espèces tout autant que les axes de déplacement (dits « corridors écologiques ») et ce, en tenant compte des activités humaines, notamment en milieu rural. Dans ce domaine, les enjeux ont été identifiés par le S.R.C.E. (schéma régional de cohérence écologique).
Les principaux outils (ZNIEFF, zones Natura 2000) mis en place sur le territoire communal sont déclinés plus loin.
A.6 Prévenir les risques, pollutions et nuisances, maintenir l’accès aux ressources naturelles
Dans ce domaine, s’applique le droit de l’environnement. Le PLU ne fait que le traduire sur son espace. Les risques ont plusieurs origines possibles :
. Naturelles (inondations, mouvements de terrain, gonflement des argiles…). Des stratégies nationales ou plus locales tentent de pallier ces problèmes (par exemple, avec le Plan de gestion du risque inondation (PGRI),
. Industrielles, technologiques ou agricoles,
. Géologiques (présence de cavités souterraines…),
. Bruit et vibrations, pollutions notamment lorsqu’elles sont liées au trafic automobile, . Etc.
A7 Préserver l’eau et restaurer les milieux aquatiques15 12 février 2024
Ces principes passent essentiellement par le Schéma directeur d’aménagement des eaux (SDAGE : cf. infra) qui établit une politique communautaire dans le domaine de l’eau (directive cadre sur l’eau (DCE).
B) Niherne, au sein des territoires de projet
B.1 Niherne, dans son territoire administratif
La commune de Niherne se situe en Région Centre Val de Loire, dans le département de l’Indre, l’arrondissement de Châteauroux et le canton de Buzançais. Elle appartient à deux entités dites « territoires de projet » aux compétences singulières : la Communauté de Communes du Val-de l’Indre- Brenne et le Pays Castelroussin – Val de l’Indre (C.C.V.I.) qui porte le Schéma de Cohérence territoriale (S.C.O.T.).
Ces deux territoires de projets ont été créés afin de rassembler les communes d’un même bassin de vie partageant les mêmes intérêts autour d’une Charte de Développement ou d’un projet d’aménagement et de développement durable. À l’intérieur, se retrouvent les territoires administratifs des collectivités locales, les Établissements Publics de Coopération Intercommunale (E.P.C.I.), les uns et les autres composés de communes formant une entité géographique et politique pertinente.
B1.1 La Communauté de Communes du Val de l’Indre-Brenne
(CC Val de l'Indre - Brenne (code INSEE 243600301).
Comme son nom l’indique, la CCVIB regroupe des communes dont l’objectif est d’élaborer des « projets communs de développement au sein des périmètres de solidarité ». Créée en 1998, cette dernière se compose de 12 communes Argy, Buzançais, La Chapelle-Orthemale, Chézelles, Méobecq, Neuillay –les- Bois, Niherne, Saint-Genou, Saint-Lactencin, Sougé, Vendoeuvres, Villedieu-sur-Indre. A ce jour, sur la base du dernier recensement de 2019, la CCVIB regroupe 13533 habitants sur près de 50000 ha (soit une densité de 28 habitants/km²).16 12 février 2024
Ses compétences obligatoires touchent au domaine de l’aménagement de l’espace (par exemple, réhabilitation de l’habitat ancien), des actions de développement économique (par exemple, création ou extension de zones d’activités), visent la protection et la valorisation de l’environnement (par exemple, collecte des déchets), le soutien aux actions de maîtrise de la demande d’énergie. De manière plus optionnelle, elle s’engage également dans l’aménagement des équipements culturels et sportifs (par exemple, les animations socioculturelles), ainsi que dans la politique du cadre de vie, du logement et de l’action sociale. Notamment, elle a récupéré une partie des compétences, auparavant dévolues aux seules communes, d’aménagement de l’espace (aménagement des centres bourgs), de développement économique (zones d'activités) et de l’habitat (réhabilitation de l’habitat ancien, Programme Local de l’Habitat). La Communauté de communes Val de l’Indre-Brenne entend associer ses 12 communes à l’élaboration d’un projet commun d’aménagement de l’espace et de développement socio-économique.
B1.2 Le Syndicat mixte du Pays castelroussin
Il a été créé le 15 octobre 1996. Comme son nom l’indique, il englobe d’une part le bassin de vie
de l'agglomération castelroussine, d’autre part la vallée de l'Indre, 2 axes fédérateurs s’il en est. Il
constitue donc ce que l’on peut appeler un territoire « rurbain » puisqu’il regroupe la ville-centre
(Châteauroux) et sa périphérie rurale. De fait, ce territoire possède une cohérence et une cohésion
géographique, économique, culturelle et sociale. Il se compose de 26 communes situées sur 7 cantons
différents (Ardentes, Buzançais, Châteauroux Est, Centre, Sud, Ouest et Levroux) et regroupées au sein de
deux EPCI : l'Agglomération Châteauroux Métropole et la Communauté de communes Val de l'Indre
Brenne. La population de ce territoire (88 902 habitants - INSEE en vigueur au 01-01-2022) représente
environ 40 % de la population totale du département de l’Indre.17 12 février 2024
Le Syndicat mixte du Pays castelroussin est un espace de réflexion et de concertation qui fédère
les élus locaux autour d’un projet commun, de développement et d'aménagement global et durable du
territoire. Il agit dans les domaines de l'aménagement du territoire (Schéma de cohérence territoriale
(Scot)), de l'environnement (Trame verte et bleue, Natura 2000...), de l'économie (artisanat, commerce),
de la vie locale (habitat, logement…). Depuis le 1er janvier 2013, le SCOT (Schéma de COhérence
Territorial) a été absorbé par le syndicat mixte du Pays Castelroussin. Un bilan de son action a été réalisé
en 2022, (cf.infra).
Il s’agit donc d’un lieu de réflexion, de concertation et de coordination des initiatives publiques et privées qui concourent au développement et à l'aménagement du territoire. Il mène différentes politiques en faveur de ce dernier et accompagne les acteurs locaux dans la concrétisation de leurs projets. À ce titre, il assure la gestion de programmes d'actions, conclus notamment avec la Région Centre-Val de Loire, l'Etat et l'Europe.
Sur la RD 943, la commune de Niherne se situe entre deux pôles urbains, l’un majeur (Châteauroux), l’autre secondaire (Villedieu-sur-Indre). Source : P./A.D.D. du Schéma de Cohérence Territoriale du Pays castelroussin, approuvé le 13 mars 201818 12 février 2024
Il mène également des études puis réalise des projets d’aménagement et de développement,
dans des domaines larges et variés : économie, culture, société et habitat. Par exemple, en lien avec le
Parc naturel régional de la Brenne voisin, il s’investit sur les questions de relocalisation de l’alimentation
(circuits courts, formation d’agriculteurs sur le sujet, relations avec les cantines) ; avec le Pays de Valençay
en Berry, il participe également au programme Leader 2023-2027 que pilote la Région ou encore au COT
En (Contrat d’Energie Territorial, un outil de soutien au développement des énergies renouvelables
(biomasse, géothermie, solaire…) initié par l’ADEME et la Région. Il s’appuie sur le programme Leader
(Liaison Entre Actions de Développement de l'Économie Rurale). Source : www.payscastelroussin.com
B.1.3 La commune de Niherne
Malgré tout, la commune de Niherne conserve les compétences liées à la fonction de représentant de l’État dans la commune (Etat civil, élections, protection de l’ordre public grâce aux pouvoirs de police du maire), les compétences décentralisées (entretien de la voirie communale, action sociale (gestion des garderies, crèches, foyers de personnes âgées, centre communal d’action sociale [CCAS]), enseignement primaire), l’urbanisme, l’aménagement de l’espace, l’action économique, le logement non social et la culture (avec la gestion de la bibliothèque-médiathèque et de son espace Internet).19 12 février 2024
B.1.4 Les autres entités englobantes
La commune de Niherne appartient également :
.A l’Aire d'attraction des villes 2020 de Châteauroux commune centre (code 100) qui regroupe des communes dont 15% des actifs, au moins, travaillent dans le pôle.
A la Zone d’emploi 2020 de Châteauroux (code 2405). C’est un espace géographique dans lequel la plupart des actifs résident et travaillent.
Au Bassin de vie 2012 de Châteauroux (code 36044), espace qui permet aux habitants d’accéder aux principaux services et équipements (commerces, écoles, santé, loisirs, culture, transports…) utiles à la vie de tous les jours.
Par ailleurs, la commune de Niherne est limitrophe de la Communauté d’Agglomération Castelroussine (C.A.C.) qui regroupe dix communes d’une part, du Parc Naturel Régional de la Brenne, d’autre part. Les compétences de la première regardent essentiellement les transports, l’aménagement de l’espace, l’environnement et le cadre de vie, l’habitat et la politique de la ville, le développement économique et le tourisme. Source : www.agglo-chateauroux.fr
Quant au second (né en 1989), il entend, via sa Charte, lutter contre la dévitalisation de son territoire. Pour ce faire, il cherche à mettre l’accent sur la préservation et la valorisation de son patrimoine naturel culturel et paysager, ici remarquable. Ce faisant, il contribue à l'aménagement de son territoire, via le développement économique, social, culturel ; il intervient aussi sur la qualité de la vie, l’accueil et l’éducation du public. Source : www.parc-naturel-brenne.fr.
B.2 La commune de Niherne, dans son contexte historique et géographique
B.2.1. Une situation géographique privilégiée
La commune de Niherne se situe entre deux centres urbains importants : Châteauroux, à l’est (12
km et 15 mn pour en rejoindre le centre) et Buzançais à l’ouest (10 km), toutes deux étant, comme elle,
irriguées par la rivière l’Indre et traversées par cette voie essentielle qu’est la RD 943 (ancienne Route
nationale 143 qui relie les deux villes de Tours et de Châteauroux). Avec sa proche voisine, la commune de
Villedieu-sur-Indre dont elle partage même zone artisanale (en rive de la RD 943), mêmes projets
économiques et de services, elle sert de relais entre ces deux pôles plus importants.20 12 février 2024
Elle est également, depuis 25 ans, reliée à l’autoroute A20 qui contourne l’agglomération
castelroussine (sortie 13), laquelle relie les villes de Brive et Vierzon (tronçon gratuit) et, au-delà, les
grandes agglomérations de Toulouse au sud et d’Orléans au nord (avant de rejoindre Paris par l’autoroute
A10). Elle se trouve donc en position centrale, attirée par l’une comme par l’autre, la première étant, bien
évidemment, plus importante.
Plus au sud, mais toujours d’est en ouest, le territoire communal est également traversé par la RD
925 (route Châteauroux-Châtellerault), axe pareillement important qui permet de gagner le Poitou. Enfin,
du nord au sud, se note la route départementale RD 80 qui, au carrefour de la Croix Rouge (lorsqu’elle
croise la RD 925) devient RD 125.
L’A20 à moins de 5 km du bourg de Niherne. Copyright IGN année 2021
Enfin, évoquons la ligne ferroviaire Tours-Châteauroux (écartement normal, voie unique), qui fut
en activité régulière jusqu’en 1971. Si le transport des passagers a récemment revu le jour entre les deux
villes de Loches et de Tours, tout le reste de la ligne doit se contenter d’un fret occasionnel (après que la
voie eut été restaurée) et ce, seulement entre Buzançais et Châteauroux (120 000 tonnes par an en 2019,
des céréales essentiellement). Dans le contexte actuel de surcharge routière, la Région espère revitaliser
cette ligne au moins jusqu’à Loches mais, pour cela, elle attend une aide substantielle de l’Etat. Pour
La vallée de l’Indre, entez les deux bourgs.
Copyright IGN année 202121 12 février 2024
l’heure, le transport de voyageurs entre Châteauroux et Tours n’est pas d’actualité. Malgré sa gare
(ancienne), le bourg de Niherne n’est toujours pas desservi par cette ligne.
La voie ferrée Tours-Châteauroux Carte 1950 Scan historique : la voie ferrée est représentée par le gros trait noir
B.2.2 Une longue histoire
Du fait de sa situation géographique (il est traversé par la rivière Indre qui joua un grand rôle dans
les communications), le territoire de la commune de Niherne est occupé dès l’époque néolithique. Par la
suite, deux voies romaines viennent l’irriguer. Plus tard, à partir du XI è siècle, l’Eglise s’imposa dans son
occupation et son aménagement, via la création d’un prieuré à Surins (en rive droite de l’Indre) puis d’une
église dans le bourg même (en rive gauche de la même rivière). Par la suite, au cours des siècles, les deux
villages s’étoffèrent. Un gué puis un pont - que des crues successives entamèrent mais ne supprimèrent
jamais - permettaient à ces deux entités (Surins et Niherne) d’être reliées l’une à l’autre.
Extrait du cadastre napoléonien 1834. Source : Archives départementales de l’Indre
Au cœur même de son territoire, naissent des domaines agricoles, certains importants comme en
témoigne la présence de quelques châteaux. Très souvent isolés, ils règnent sur une campagne cultivée,
que dominent les labours sur les zones les plus fertiles des plateaux (au nord et au centre, de part et
d’autre de la vallée de l’Indre), la prairie dans les vallées (et, notamment, celle de l’Indre), les bois et les
étangs au sud (sur des sols plus médiocres). Au bourg, jusqu’au début du XX è siècle, l’artisanat est
prospère, basé sur l’exploitation de la laine (filature et foire) et l’activité des moulins.22 12 février 2024
B.2.3 Hier, une stricte organisation de l’espace, en lien avec l’histoire et la
géographie
Une analyse rapide du cadastre napoléonien (établi en 1834), montre bien l’organisation de
l’espace :
. Au nord de la RD 943, ce sont de petits champs ouverts, des labours, essentiellement comme en
atteste le toponyme « les Beauces », tous dépourvus de haies,
Lieu-dit les Beauces au nord de l’actuelle RD 943 Lieu-dit « les Sables » dans la vallée de l’Indre
. Dans les environs directs du village de Surins, dominent surtout de minuscules parcelles, toutes
imbriquées les unes dans les autres, qui, pour la plupart, appartiennent aux habitants du voisinage, alors
qu’au sud, c’est déjà la vallée de l’Indre et ses grandes prairies,
. Entre le bourg de Niherne et le village de Vaux, s’étend la grande prairie de Vaux. Elle repose sur
des alluvions sableuses, comme l’indique le toponyme « les Sables », lesquels sables furent, par la suite,
largement exploités,
. Le chemin dit « de la Grande Croix » qui relie le hameau du même nom au village de la Saura
constitue une limite forte entre, la vallée de l’Indre et ses prairies au nord, les zones de plateaux dédiées
aux labours entre lesquels se dispersent quelques bois au sud.
. La vigne se cultivait dans quelques secteurs, comme l’indiquent certains lieux-dits portant ce
nom (par exemple, près de la ferme du Tecq, « le champ de la vigne », ou encore au nord de
Montpansay),
. En rive droite de l’Indre, depuis le bourg de Niherne jusqu’à la RD 925, l’espace se partage entre
labours et massifs forestiers, certains très anciens comme en atteste la toponymie (bois de Niherne, forêt
de Saint-Maur). A noter que la zone a, autrefois, fait l’objet d’une exploitation minière (ce que soulignent
les toponymes « Les Minières », « les Brûlis »),
. Au sud de l’actuelle RD 925, le paysage change : ici, le couvert boisé s’impose (comme l’attestent
quelques toponymes tels que Boidoin, le bois de la Croix Diamant, le bois de la Biche et quelques autres)
alternant avec des labours d’assez grande taille (par exemple « les Grands Champs »). Les uns et les autres
s’interpénètrent fortement, encadrés de chemins étroits, certains rectilignes (allée du Boisdoin), d’autres
plus sinueux (par exemple, le chemin des Mardelles à Neuillay),23 12 février 2024
. Plus au sud, encore, apparait l’eau : l’eau de la Claise et de la petite Claise ainsi que celle de
menus ruisseaux et fossés spécialement creusés pour la canaliser. Ici, le terrain apparait davantage
marécageux, comme l’attestent les toponymes « les Fonds pourris » ou « les Marais » au sud des grandes
Carbonnières. C’est également ici que ressortent les plus anciens étangs (étang de Grandeffe, aujourd’hui
rebaptisé étang des Loges, étang de la Boutardière, étang du Bois Martin). A noter que, bien qu’assez
grands, ils sont bien plus rares qu’ils ne le sont aujourd’hui.
. Puis des évolutions sensibles à partir de la deuxième moitié du XX è siècle : plus tard, à partir des
années 1970, quelques grandes parcelles de bois seront défrichées (secteur le Champ Caillat, Domaine
d’Arly, lieu-dit « la Forêt » au nord de la forêt de Saint-Maur – cette dernière ayant ainsi été largement
amputée. C’est aussi à partir de cette époque que furent créés les nombreux étangs qui se dispersent au
sud de la commune. Ces étangs sont de forme plutôt géométrique, et pas toujours bien adaptés à la
morphologie du sol.
Le même site (ferme du Tecq) en 1950 et en 2020 : on voit que de nombreux bois ont disparu
B.2.4 Aujourd’hui, un paysage très simplifié
De fait, le paysage apparaît beaucoup plus simplifié qu’il ne l’était autrefois. Se juxtaposent ainsi :
. Des zones de grande culture (au nord de la RD 943), puis au sud de la vallée de l’Indre, avec de
vastes parcelles qui, peu à peu, ont rassemblé de plus petites,24 12 février 2024
. La vallée de l’Indre, constituée de prairies, de friches (anciennes prairies), de peupleraies
plantées en timbre-poste et des anciennes sablières, aujourd’hui trous d’eau encadrés de friches
. la zone sud (au sud de la RD 925), que l’on peut définir comme un mélange complexe de bois, de
friches, d’étangs (assez nombreux) établis dans des bas-fonds et près des petits cours d’eau (petite Claise
et de bocage (secteur les Renfermés, les Champs du Marchais).
C) Les documents supra-communaux
C.1 Le SCOT du Pays castelroussin-Val de l’Indre
La commune de Niherne est actuellement couverte par le Schéma de Cohérence Territoriale [SCOT] du Pays Castelroussin-Val de l’Indre Brenne, dont la révision, lancée le 7/03/2014, a été approuvée le 13 mars 2018. Il va de soi que l’intérêt de la commune est de mettre son projet de PLU en cohérence avec les réflexions menées lors de la révision du SCOT.
C.1.1 Le Scot, une définition
Rappelons qu’au plan géographique, le Pays Castelroussin Val de l'Indre, qui fait l’objet d’un SCOT, englobe d’une part le bassin de vie de l'agglomération castelroussine, d’autre part la vallée de l'Indre, 2 axes fédérateurs s’il en est. Ce territoire possède donc une cohérence et une cohésion géographique, économique, culturelle et sociale. Les 26 communes qui le composent (se situent dans 7 cantons différents (Ardentes, Buzançais, Châteauroux Est, Centre, Sud, Ouest et Levroux) et se regroupent25 12 février 2024
au sein des deux EPCI déjà citées : l'Agglomération Châteauroux Métropole et la Communauté de communes Val de l'Indre Brenne. Avec ses 88 902 habitants (recensement INSEE au 01-01-2022), son territoire compte environ 40 % de la population totale du département. C’est dire son importance.
Le SCOT (L122-1 et suivants, R 122-1 et suivants) n’est pas un « super PLU » - puisqu’il ne réglemente pas le droit des sols à la parcelle - mais un document de planification stratégique à l’échelle intercommunale. Sur la base d’une réflexion commune des élus, à partir d’un diagnostic ayant porté sur l’existant et d’une analyse préalable de l’environnement, il a défini les orientations supra-communales qui guideront le développement territorial pour les 15-20 ans à venir. Il a fixé les orientations fondamentales de l’organisation de l’espace et, cela, en articulant et en intégrant les différentes démarches de planification et politiques publiques d’aménagements de l’espace dans les domaines de l’habitat, du développement économique et des déplacements.
Le SCOT place son action dans le cadre large du développement durable. Global, ce document entend :
. Pour l’avenir, définir tous les aspects de l’aménagement d’un territoire,
. Préciser les orientations générales de l’organisation de l’espace, chercher à équilibrer les espaces urbains d’un côté, les espaces naturels et agricoles de l’autre,
. Organiser et concilier les politiques dans les domaines de l’habitat, des déplacements, du développement économique et de l’environnement.
C’est dire que le Scot est un document de référence, qui doit être consulté lorsque s’élaborent documents d’urbanisme communaux et projets locaux.
Le SCOT a mené le diagnostic de son territoire, en insistant sur ces domaines essentiels que sont la démographie, l’économie, l’agriculture, les équilibres en matière d’habitat, de transports, de services, d’équipement, l’aménagement de l’espace et l’environnement. Bien évidemment, il s’est appuyé sur les programmes de l’Etat et des collectivités locales, le SDAGE Loire-Bretagne dont dépend son territoire. Source : www.payscastelroussin.com26 12 février 2024
C.1.2 Le SCOT, un contenu
Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) se compose d’un P.A.D.D. et d’un document d'orientation et d'objectifs (D.O.O.).
Le P.A.D.D. (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) s’articule autour de 4 grandes orientations, déclinées en 4 objectifs :
. Affirmer le positionnement stratégique du territoire, renforcer l’armature urbaine et développer l’attractivité régionale, valoriser les infrastructures par un ancrage accru aux réseaux supérieurs, international et national, renforcer le lien entre urbanisme et déplacements, en insistant sur les déplacements doux (alternatives à la voiture, développement des transports collectifs),
. Améliorer les conditions de vie des habitants. Pour ce faire, bien accueillir les nouveaux arrivants, accroitre et diversifier l’offre de logements, répondre aux besoins résidentiels en voulant construire autrement, développer les services à la population, gérer le sol de façon économe, revaloriser et requalifier les espaces urbains,
. Contribuer à l’activité économique, en valorisant les atouts locaux et en renforçant l’identité locale. Pour ce faire, développer la compétitivité économique dans les secteurs d’activités déjà présents sur le territoire, favoriser l’accès et le maintien dans l’emploi, affirmer le maillage commercial du territoire,
. S’appuyer sur la richesse écologique et la qualité des paysages du territoire. Pour cela, protéger et gérer la ressource en eau, préserver et valoriser le patrimoine naturel ainsi que la diversité des paysages, prévenir les risques naturels et technologiques et les nuisances, réduire l’empreinte climatique.
Les principales entités paysagères du Pays castelroussin, Val-de- l’Indre. Source : SCOT Pays castelroussin Val-de l’Indre.D.O.O. approuvé27 12 février 2024
Le S.C.O.T. définit les objectifs de développement et d'aménagement du territoire à un horizon de vingt ans sur la base d'une synthèse du diagnostic territorial et des enjeux qui s'en dégagent. Ces objectifs concourent à la coordination des politiques publiques sur les territoires, en favorisant : . Un équilibre et une complémentarité des polarités urbaines et rurales, une gestion économe de l'espace limitant l'artificialisation des sols,
. Les diverses transitions en cours, écologique, énergétique et climatique,
. L’offre d'habitat, de services et de mobilités adaptés aux nouveaux modes de vie, . Une agriculture qui, notamment, contribue à la satisfaction des besoins alimentaires locaux, tout en respectant et en valorisant la qualité des espaces urbains et naturels, comme les paysages. En outre, le projet d'aménagement stratégique se fixe, par tranches de dix années, l’objectif de réduire le rythme de l'artificialisation des sols naturels et agricoles.
C.1.3 Le document d'orientation et d'objectifs (D.O.O.)
Les prescriptions indiquées dans le document d’orientations et d’objectifs (DOO) sont des règles d’urbanisme de portée juridique qui s’imposent au PLU. Ce D.O.O. définit les orientations générales d'organisation de l'espace, de coordination des politiques publiques et de valorisation des territoires. L'ensemble de ces orientations s'inscrit dans un objectif de développement équilibré du territoire et des différents espaces, urbains et ruraux, qui le composent. Il repose sur la complémentarité entre : . Les activités économiques, artisanales, commerciales, agricoles et forestières, . Une offre de logement et d'habitat renouvelée, l'implantation des grands équipements et des services qui structurent le territoire, ainsi que l'organisation des mobilités assurant le lien et la desserte de celui-ci,
. Les transitions écologique et énergétique, qui impliquent la lutte contre l'étalement urbain et le réchauffement climatique, l'adaptation et l'atténuation des effets de ce dernier, le développement des énergies renouvelables, mais aussi la prévention des risques naturels, technologiques et miniers, la préservation et la valorisation des paysages, de la biodiversité, des ressources naturelles, des espaces naturels, agricoles et forestiers.
Le document d'orientation et d'objectifs peut décliner toute autre orientation nécessaire à la traduction du projet d'aménagement stratégique, relevant des objectifs énoncés à l'article L. 101-2 et de la compétence des collectivités publiques en matière d'urbanisme.
Plus précisément, dans un souci de gestion économe du sol, il fixe les orientations et les objectifs en matière de :
. Développement économique et d'activités : il entend intégrer les enjeux d'économie circulaire et, pour ce faire, vise une répartition équilibrée entre les territoires,
. Préservation et développement de l’activité agricole : il importe que cette dernière respecte les sols et l'environnement tout en tenant compte des besoins alimentaires,
. Localisation des commerces : il est préférable qu’ils s’installent à proximité des lieux de vie, des secteurs de revitalisation des centres-villes, des voies de circulation,
- Préservation environnementale, paysagère et architecturale des entrées de villes.
A ce sujet, le document d'orientation et d'objectifs comprend un document d'aménagement artisanal, commercial et logistique qui détermine les conditions d'implantation des équipements commerciaux. De fait, en raison de leur importance, ces derniers sont susceptibles d'avoir un impact significatif sur l'aménagement du territoire, le commerce de centre-ville et le développement durable.
Dans ce contexte, et notamment à l’entrée de l’agglomération castelroussine, ce document détermine les conditions d'implantation des constructions commerciales et logistiques en fonction de leur surface, de leur impact sur l'artificialisation des sols et sur les équilibres territoriaux, notamment au regard du développement du commerce de proximité (qui ne doit pas être impacté par ces nouvelles installations), de la fréquence d'achat ou des flux générés par les personnes ou les marchandises.28 12 février 2024
Puis, concernant ces nouvelles constructions commerciales, il donne des orientations sur leur format (elles doivent rester compactes), sur leur qualité environnementale, architecturale et paysagère, sur leur performance énergétique et la gestion des eaux, sur la protection des sols naturels, agricoles et forestiers, sur l'utilisation prioritaire des surfaces vacantes et l'optimisation des surfaces consacrées au stationnement, leur desserte par les transports collectifs, leur accessibilité aux piétons et aux cyclistes : ce faisant, il privilégie une consommation économe de l'espace.
Le document d'aménagement artisanal, commercial et logistique localise les secteurs d'implantation périphérique ainsi que les centralités urbaines, qui peuvent inclure tout secteur, notamment centre-ville ou centre de quartier, caractérisé par un bâti dense présentant une diversité des fonctions urbaines, dans lesquels se posent des enjeux spécifiques du point de vue des objectifs mentionnés au 3° de l'article L. 141-5. Il prévoit les conditions d'implantation, le type d'activité et la surface de vente maximale des équipements commerciaux spécifiques aux secteurs ainsi identifiés.
Pour les équipements logistiques commerciaux, il localise les secteurs d'implantation privilégiés au regard des besoins du territoire, au regard de la capacité des voiries, existantes ou en projet, à gérer les flux de marchandises, au regard, enfin, des objectifs mentionnés au second alinéa de l'article L. 141-3.
C.1.4 Le SCOT, des niveaux de polarité géographique bien identifiés
Le SCOT a déterminé 4 niveaux de polarité géographique : les deux 2 pôles principaux urbains de Châteauroux et de Buzançais et les 2 pôles secondaires (Ardentes et Villedieu-sur Indre/Niherne). Il va de soi que ces deux dernières communes constituent un ensemble cohérent. Par ailleurs, ces pôles secondaires sont très bien reliés à l’agglomération castelroussine et à l’autoroute A20 ; actuellement en cours de création, la déviation de Villedieu-sur Indre est encore appelée à faciliter les déplacements. . A côté, se note le reste des communes, plus éparpillées dans l’espace et de taille moins importante. Les principaux objectifs du SCOT sont les suivants :
Renforcer le pôle secondaire de Villedieu-sur-Indre/Niherne, afin qu’il puisse accompagner le développement de l’agglomération centrale. Notamment :
. Sachant qu’il se situe à moins de 12 km de l’agglomération castelroussine, il peut offrir une véritable offre résidentielle et, avec elle, des services de proximité (commerces et services médicaux, notamment). Pour être plus attractifs auprès de nouveaux arrivants, les centres bourgs devront être valorisés et bien structurés, proposer des services (par exemple, une crèche, etc.),
. Ce qui suppose de réfléchir à la typologie d’habitat qui devra accueillir ces nouveaux arrivants (petit collectif ? habitat ancien à réhabiliter ?). Dans ce contexte, il est utile de recenser toutes les disponibilités actuellement offertes sur le territoire de la commune de Niherne (cf. infra),
. Partant de ce constat, il importe d’organiser au mieux déplacements et transports en commun pour permettre aux résidents de se rendre facilement dans l’agglomération castelroussine,
. Dans ce contexte, il convient donc :
. De privilégier les mobilités douces : de fait, la commune a tout intérêt à développer des alternatives à la voiture, via des sentiers piétons, voire des pistes cyclables,
. De mieux valoriser l’axe majeur qu’est la RD 943 et qui dessert les deux communes concernées ; avec lui, la zone artisanale, installée sur ses rives,29 12 février 2024
. De préserver des espaces de respiration (notons qu’à Niherne, la vallée de l’Indre joue parfaitement ce rôle),
. De renforcer les espaces urbanisés, ce qui est le cas à Niherne, puisque toutes les zones urbanisées et/ou à urbaniser se situent dans les deux bourgs (Niherne et Surins),
Créer de nouveaux logements tout en visant la sobriété foncière. A l’horizon fin des années 2030, l’enveloppe prévue pour la Communauté de communes Val-de-l’Indre-Brenne est de 91 ha, avec une moyenne de 7,66 ha sur 10 ans et 12 logements/ha.
Intervenir dans le domaine économique. Ici, le SCOT souhaite :
. Renforcer les zones d’activité économique déjà existantes. En partage avec la commune voisine de Villedieu-sur-Indre, la commune de Niherne dispose déjà d’une zone artisanale, laquelle pourra être renforcée. Ce site sera à privilégier, afin d’éviter l’éparpillement.
. Favoriser les commerces et services du centre-ville. De ce point de vue, la commune de Niherne en concentre déjà quelques-uns (commerces de première nécessité et services médicaux).
. Maintenir l’activité agricole, le plus possible, et accueillir de nouveaux installés (pour des productions de proximité, notamment). Les exploitations sont par ailleurs encouragées à développer des énergies renouvelables (méthanisation, photovoltaïque).
. Développer l’offre touristique (hôtellerie, restauration, hébergement de plein air, chambres d’hôtes, gîtes…)
C.1.5 Le SCOT, des actions très concrètes
Depuis son approbation en mars 2018, le SCOT a ainsi pu mener des actions concrètes. Notamment :
. Organiser des circuits courts sur l’ensemble du territoire castelroussin.
Pour ce faire, à l’amont, il apporte son soutien aux agriculteurs motivés, et à l’aval, il veille à l’approvisionnement des collectivités en produits locaux et de qualité (cantines scolaires, EPAHD, notamment). Pour cela, et avec l’aide financière de la Région Centre Val-de-Loire, il s’appuie sur les compétences de la Chambre d’Agriculture et le savoir-faire des associations locales engagées (ADAR – CIVAM, association des producteurs fermiers du Pays …).
Intégrer le SCOT du pays castelroussin dans le CRST (Contrat régional de solidarité territoriale)
Ce CRST a été mis en place par la Région Centre-Val de Loire. Prévu pour une durée de 6 ans (2018-2024), il vise à :
. Développer l’emploi et l’économie, optimiser le développement de chaque territoire au regard de ses spécificités,
. Favoriser le mieux être social, à réduire les disparités des conditions de vie des habitants,
. Renforcer le maillage urbain et rural.
.
Au plan économique, les principales actions envisagées sont les suivantes :
. Développer l’attractivité numérique du territoire, en favorisant le haut débit et en créant une cité du numérique dans le quartier Balsan à Châteauroux,30 12 février 2024
. Mieux accueillir les entreprises, en intervenant sur la politique foncière et en créant des locaux d’activités,
. Soutenir l’activité agricole en insistant sur le développement de l’agriculture biologique, la diversification agricole et la mise en place de circuits courts, en installant un projet alimentaire de territoire,
. Soutenir l’économie sociale et solidaire en apportant son appui aux personnes en difficulté, . Valoriser l’économie touristique, liée au vélo et au cheval, deux modes de transports doux, conformes à la découverte de la nature et des paysages,
. Aider à la mise en place de locaux de formation et de plates-formes technologiques
Au plan social, les principales actions envisagées sont les suivantes :
. Favoriser le mieux-être social en intervenant essentiellement sur les services à la population, l’accès aux soins (maisons de santé pluridisciplinaires) et l’accueil de la petite enfance, . Favoriser l’accès à la culture : salles de spectacle, lecture publique, enseignement artistique, accueil extrascolaire et des jeunes locaux,
. Soutenir les commerces de proximité,
. Valoriser les sports et les loisirs par la mise en place d’équipements adaptés.
Au plan de l’aménagement de l’espace
Il s’agit surtout de renforcer le maillage urbain et rural en favorisant l’aménagement des espaces publics.
C.1.6 De nouvelles actions envisagées et/ou à poursuivre
Mettre en place un CRTE (Contrat de Relance et de Transition Écologique)
En cohérence avec le CRST, le SCoT du Pays castelroussin a souhaité participer au Contrat de Relance et de Transition Écologique (CRTE). Passé entre l’Etat e les collectivités, ce contrat vise à accélérer la relance et à accompagner les transitions écologique, démographique, numérique et économique dans les territoires. Les projets peuvent ainsi bénéficier de cofinancements (Etat, opérateurs, Conseil régional, Conseil départemental, Banque des territoires, etc.).
Ce CRTE du Territoire du Pays Castelroussin Val de l’Indre (composé de l’Agglomération Châteauroux Métropole, de la Communauté de communes Val de l’Indre Brenne et du Pays) a été approuvé en comité syndical le 30 juin 2021 et ce, pour une durée de 6 ans. Il fixe trois grandes orientations :
. Renforcer l’attractivité économique du territoire, en phase avec les grandes transitions, . Faire de la transition écologique un levier de développement pour le territoire, . Renforcer la qualité de vie pour tous les habitants.
Déployer les énergies renouvelables thermiques
L’ADEME et la Région Centre Val de Loire souhaitent mobiliser tous les territoires pour que soient déployées au mieux les énergies renouvelables thermiques. Pour ce faire, elles prévoient de mettre en place des contrats de développement territorial des énergies renouvelables (COT EnR) qui permettent : . De mobiliser les acteurs du territoire concerné (collectivités, acteurs économiques…) . D’apporter une assistance technique aux maitres d’ouvrage, d’impliquer les partenaires techniques dans l’émergence et l’accompagnement des projets.31 12 février 2024
Ce COT EnR 2021-2024 a été signé officiellement à Valençay le 10 décembre 2021. Il s’agit du 2ème COT EnR Centre Nord Indre, porté conjointement par les syndicats mixtes du Pays de Valençay en Berry et du Pays Castelroussin Val de l’Indre, lesquels associent deux partenaires techniques (le Syndicat Départemental d’Énergies de l’Indre (SDEI) et l’association Adéfibois), le premier pour aider à faire émerger des projets géothermiques et solaires thermiques, le second pour intervenir dans les projets de chaudières « biomasse ». Soulignons que ni le photovoltaïque, ni l’éolien, ni l’hydroélectrique ne sont concernés par ce COT EnR.
Depuis son lancement, 10 opérations/projets (dont 20 % autres que la biomasse) ont été réalisés et 5 976 MWH d’énergie renouvelable thermique ont été installés.
Animer le programme LEADER
Grâce à un financement européen (Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), destiné aux territoires ruraux, ce programme permet d’aider les projets jugés innovants. La dernière programmation (soit la 4ème génération) couvrait la période 2014-2020, pour une aide de 800 000 €.
Depuis, en collaboration avec le Pays de Valençay en Berry, le Pays Castelroussin Val de l’Indre a souhaité candidater à la nouvelle programmation LEADER 2023-2027. Le budget alloué au territoire à l'échelle de ces deux Pays devrait atteindre 2,5 M€ au total. Les grands axes retenus sont les suivants : . Améliorer l'accès à des services de proximité et appuyer l’innovation sociale pour des territoires inclusifs,
. Relocaliser et re territorialiser l'économie,
. Adapter le territoire face au dérèglement climatique.
Favoriser l’installation d’exploitations agricoles en circuit de proximité
L’objectif affiché est d’installer des maraîchers en circuit court sur des terres viables mises à disposition par les collectivités. Il s’agit, à proportion, de contrer la disparition inquiétante des exploitations agricoles dans le secteur. Pour ce programme, quatre parcelles ont été identifiées à St Maur, Déols, Saint Genou et Buzançais. Cofinancée par le programme LEADER du Pays Castelroussin, cette action s’inscrit également dans le cadre du Projet Alimentaire Territorial Castelroussin. Il est à noter que la commune de Niherne n’est pas concernée par ce programme.
Faire vivre Natura 2000 dans la vallée de l’Indre
Les campagnes 2020 et 2021 ont affiché des résultats positifs sur l’ensemble de la vallée de l’Indre concernée par Natura 2000, depuis Etréchet (Indre) jusqu’à Loches (Indre-et-Loire). Notamment, quelques parcelles cultivées en été converties en prairies, des haies bocagères et ripisylves ont été maintenues et sont désormais bien gérées, tandis que la production d’herbe est valorisée pour favoriser l’autonomie alimentaire de l’exploitation.
En 2022, les enjeux environnementaux ont été précisés. Ils passent par les MAEC 2023 (mesures agro- environnementales climatiques), lesquelles peuvent être de type surfacique (elles concernent surtout les prairies), de type linéaire (elles concernent surtout les haies et les arbres isolés) et de type système (elles visent le maintien et l’évolution des pratiques d’élevage).
Ces enjeux environnementaux visent surtout à :
. Maintenir et préserver les milieux ouverts, en particulier les prairies de fauche, . Conserver les habitats d’intérêt communautaire (prairies de fauche, boisements alluviaux...) . Favoriser la biodiversité, en particulier la faune remarquable : chauves-souris, libellules, papillons, moule d’eau douce...32 12 février 2024
Pour répondre à ces enjeux, il faut surtout encourager l’élevage, (bovin en particulier) dans la vallée de l’Indre. Et donc, favoriser la production de fourrage sur les prairies alluviales ainsi que la production de céréales (pour les exploitations en système polyculture-élevage). Il importe aussi de développer des pratiques agricoles adaptées.
Le SCOT, un bilan en 2022
En septembre 2022, un premier bilan de ce SCOT a été réalisé. Il a visité les domaines de la démographie, de l’économie, du logement, de la consommation d’espace et, de ce diagnostic, a tiré quelques orientations pour l’avenir.
Ressortent ainsi les principaux points suivants :
Au plan démographique, la population du territoire du pays castelroussin apparaît globalement en baisse. Plus finement, entre 2011 et 2019, la CCVIB passe de 13 740 habitants à un peu moins de 13 500 avec un solde naturel globalement en baisse, au contraire du solde migratoire ; quoique moindre, la baisse est également notée à la CCAM (77 000 en 2006 et un peu moins de 73000 en 2019) - sans doute fut-elle amplifiée par le départ des militaires du 517 ème RT. Le nombre de jeunes diminue alors que celui des plus âgés augmente.
Au plan du logement, se note une baisse du nombre de permis de construire, surtout au cours des deux dernières années. En cause : la crise sanitaire ainsi que la mise en place du PLUi sur le territoire de la CACM. Il n’en reste pas moins que la quasi-totalité des logements collectifs ont été créés dans la ville de Châteauroux même tandis que les logements individuels ont surtout essaimé dans les communes rurales voisines. Pour autant, les OPAH donnent des résultats positifs.
Au plan économique, la création d’entreprises et d’établissements est en hausse, surtout sur le territoire de la CCAM.
Au plan de la consommation de l’espace, enfin, l’artificialisation des terres est plus marquée sur le territoire de la CCAM que sur celui de la CCVIB, d’ailleurs accélérée au cours des 5 dernières années.
Le PLU de la commune de Niherne doit donc intégrer toutes ces données et orientations.
C.2 Le PLH Programme Local de l’Habitat de la Communauté de communes Val
de l’Indre-Brenne (approuvé le 28/09/2013)
(Source : Les Programmes Locaux de l'Habitat (PLH) en région Centre Val de Loire
C.2.1 Les principes
Instauré par la loi de décentralisation du 7 janvier 1983, le PLH s’est voulu, dès le début, une démarche décentralisée. Puis la loi d’orientation du 13 juillet 1991, pour la ville, insiste sur la nécessité de développer des politiques locales de l’habitat, lesquelles privilégient l’initiative intercommunale, ou, à défaut, communale. Ce faisant, elle confirme l’utilité des PLH.
Par la suite, la réforme de l’intercommunalité en 1999 (loi Chevènement) fait du PLH une compétence obligatoire des communautés urbaines et des communautés d’agglomération, mais optionnelle pour les communautés de communes. La Loi SRU du 13 décembre 2000 rappelle la nécessité d'une approche transversale et cohérente des différentes politiques sectorielles de l'aménagement du territoire et renforce notamment la portée juridique des PLH. Celui- ci s'inscrit désormais dans un rapport de compatibilité avec les autres documents d'aménagement du territoire (SCOT, PLU). Enfin, la loi du 13 août 2004 renforce la place du PLH comme document cadre de la politique locale de l'habitat. Elle fait de l’existence d’un PLH adopté et conforme au nouveau contenu défini par la loi, la condition de la délégation de compétence des aides à la pierre aux intercommunalités33 12 février 2024
désignées par la loi mais surtout c’est le contenu du programme d’actions du PLH qui sert de base aux délégations conventionnelles (la convention ayant pour objectif de mettre en œuvre le PLH). Le programme local de l’habitat définit les objectifs et les principes d’une politique qui vise d’une part à répondre aux besoins en logements, d’autre part à assurer entre les communes et les quartiers d’une même commune une répartition équilibrée et diversifiée de l'offre de logement. Le PLH est la condition pour que passe une convention de délégation des aides à la pierre de six ans entre l’État et un EPCI. L’absence de PLH, conforme à l’article L 302-1 du CCH, permet de ne conclure qu’une convention de trois ans.
La loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre les exclusions (MOLLE), adoptée le 25 mars 2009 a fortement fait évoluer le PLH dans le sens d’un renforcement de la portée juridique et opérationnelle. L’élaboration de ce dernier est désormais obligatoire également pour toutes les communautés de communes compétentes en matière d’habitat de plus de 30 000 habitants, comprenant au moins une commune de plus de 10 000 habitants.
La Loi ALUR introduit un renforcement de l’articulation du PLH avec d’autres documents de planification tel que le PDALHPD. Elle impose notamment des actions de prévention, d’accompagnement ou de requalification sur les copropriétés en difficulté. Le PLUi valant PLH reste facultatif.
Pour l'EPCI, le PLH constitue le support de contractualisation avec l'Etat et les bailleurs sociaux dans le cadre d’une convention de délégation de gestion des aides à la pierre. Pour l’État, le PLH représente un outil de mise en cohérence des différentes politiques publiques impulsées : politique de rénovation urbaine, plan de relance, actions en faveur des personnes défavorisées... Il constitue une démarche partenariale décentralisée initiée par la collectivité dans laquelle l’État intervient à 4 niveaux :
. La prise en compte des enjeux de solidarité nationale et leur traduction au niveau local, . L’association de droit à la démarche à travers le porter à connaissance et l’avis qu’il donne, . Un conseil et l’apport d’une assistance technique, . Le suivi de la mise en œuvre du PLH.
Le PLH est élaboré à l’initiative et sous la responsabilité des collectivités locales. Néanmoins, la loi donne à l’État le rôle important de veiller à la prise en compte des objectifs suivants :
. La satisfaction quantitative et qualitative des besoins en logements (notamment dans les zones tendues),
. La prise en compte du logement des personnes les plus défavorisées, . La réinsertion urbaine et sociale des quartiers en difficulté dans l’agglomération, . La répartition plus équilibrée des nouveaux programmes de logements sociaux, tout en préconisant, là où c’est nécessaire, la réalisation de logements autres que sociaux, . Le maintien des populations à revenu modeste et moyen en centre-ville. Les dispositions du Code de la Construction et de l'Habitation, relatifs aux PLH figurent principalement dans la partie législative aux articles L. 301 à L. 302 et dans la partie réglementaire à l'article R. 302.
C.2.2. Le P.L.H. de la communauté de communes Val de l’Indre-Brenne (2012-
2018), quelques actions
Suite à la loi du 13 août 2004 qui l’institue document cadre de la politique locale de l’habitat, le P.L.H. de la communauté de communes Val de l’Indre-Brenne a été prévu pour la période 2012 – 2018 soit une durée de 6 ans. Il a été approuvé le 28 septembre 2013. Il a ainsi expiré en 2018 sans avoir été poursuivi. Néanmoins, dans l’avenir, si un nouveau PLH était approuvé après l’approbation du P.L.U. ce dernier devrait, dans un délai de 3 ans, être compatible avec lui, et prévoir, pour une durée de 6 ans, une programmation et un projet cohérent susceptible de mettre en œuvre les politiques locales de l’habitat.34 12 février 2024
Le PLH 2012 – 2018 se basait sur un diagnostic global qui intégrait d’un côté, la nature du parc disponible et de l’autre, l’offre confrontée à la demande, très diverse (les publics sont en effet très différents). Il portait son attention sur le renouvellement urbain, la problématique foncière, l’amélioration comme la réhabilitation du parc existant, le logement des personnes en situation de précarité, les « gens du voyage ».
Il avait ainsi décidé d’actions qui visaient à répondre aux besoins de logement, à favoriser le renouvellement urbain et la mixité sociale (notamment, en répartissant les logements sociaux sur l’ensemble du territoire de la CCIVB. Les objectifs avaient été fixés par commune (nombre et typologie des logements). Notamment, il prévoyait une production d’environ 66 logements par an sur l’ensemble du territoire de la CCVIB, soit un peu plus de 400 sur les 6 ans (période 2012 – 2017). Notons cependant que, sur la production recommandée de 400 logements sur la période du PLH, 558 logements étaient programmés. La prévision initiale a donc été largement dépassée.
Le P.L.H. envisageait aussi de diminuer le volume de logements locatifs au profit de logements en accession sociale (PSLA). Sur ce point, il entendait privilégier l’implantation des futurs logements sociaux sur les plus grandes communes (Buzançais, Niherne, Vendœuvres et Villedieu-sur-Indre) dans la mesure où elles sont déjà dotées de services et de commerces.
Sur le terrain, il n’a cependant pas été suivi d’effets remarqués.
Au plan qualitatif, l’objectif était de s’intéresser aux personnes âgées et/ou handicapées, aux jeunes et aux ménages précaires, d’améliorer le parc ancien privé (et notamment les maisons vacantes) ainsi que le parc social public, d’harmoniser la planification de toutes les communes, éventuellement, intervenir sur le foncier.
Rappelons que ce P.L.H. a expiré en 2018 sans qu’un nouveau n’ait été élaboré. Pour autant, publié à la fin de l’année 2022, le bilan du SCOT fait état d’un PLH 2012 – 2018 prolongé dans lequel il apparaît que les objectifs de production 2012 -2026 visent une production totale de 42 logements (soit 7/ an) ; parmi eux, 11 seraient en locatif HLM.
Si le PLH n’est pas opposable au tiers, le PLU doit cependant lui être compatible.
C.3 LE SDAGE Loire Bretagne
Source : agence de l’Eau Loire Bretagne35 12 février 2024
C.3.1 Les grandes orientations du SDAGE
Le SDAGE est un document de planification. Il s’agit du principal outil destin é à mettre en œuvre la politique communautaire dans le domaine de l’eau, conformément à l’article L.211-1 du Code de l’environnement et à l’article 1er de la DCE de 2000. Il vise la à concrétiser la politique de l’eau sur l’ensemble du bassin hydrographique pour une période de 6 ans ; ce faisant, il propose les règles qui garantissent la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau. Il définit la stratégie à appliquer pour les années 2022 à 2027, laquelle devrait permettre de retrouver des eaux en bon état.
C.3.2. Le poids de la D.C.E.
La directive cadre sur l’eau (D.C.E.) fixe un principe de non-détérioration de l’état des eaux ainsi que les objectifs visant leur restauration. Adopté pour la première fois le 4 juillet 1996, il a, depuis, été révisé trois fois : pour la période 2010 -2015, puis 2016 – 2021 et, depuis peu, relancé pour la période 2022-2027. Le dernier SDAGE (2016-2021) prévoyait d’atteindre 61% des eaux en 2021. Ce qui ne fut pas le cas, même si l’état global des eaux s’est lentement amélioré et ce, grâce aux efforts conjoints de toutes les parties concernées (collectivités, syndicats de rivières, agriculteurs, industriels, associations…). Mais les efforts restent encore insuffisants. C’est la raison pour laquelle, le SDAGE du bassin Loire-Bretagne 2022-2027 entend les poursuivre. Pour cela, le 3 mars 2022, le comité de bassin a adopté un nouveau schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux pour les années 2022 à 2027 émettant un avis favorable sur le programme de mesures associé. ° L’arrêté de la préfète coordonnatrice de bassin en date du 18 mars 2022 approuve le SDAGE et arrête le programme de mesures. Il contient également la déclaration environnementale qui précise notamment la manière dont il a été tenu compte des avis exprimés par l’autorité environnementale et par le public et les assemblées.
Le SDAGE occupe une place essentielle dans l’orientation des décisions administratives et des documents d’aménagement du territoire. De fait, les programmes qui touchent le domaine de l’eau doivent être soumis à autorisation ou à déclaration (IOTA ou ICPE) et être compatibles avec le SDAGE : tel est le cas du Schéma Départemental des Carrières (SDC), des documents d’urbanisme, du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), du Plan Local d’Urbanisme (PLU).
C.3.3 Les objectifs su SDAGE 2022-2027
Pour les 6 ans à venir (2022-2027), le SDAGE a ainsi défini :
. Les grandes orientations pour garantir une gestion visant à préserver les milieux aquatiques et à satisfaire les différents usagers de l’eau,
. Les objectifs de qualité et de quantité pour chaque cours d’eau, plan d’eau, nappe souterraine, estuaire et secteur du littoral,
. Les dispositions nécessaires pour prévenir toute détérioration et assurer l’amélioration de l’état des eaux et des milieux aquatiques.
Elaboré par le comité de bassin, le SDAGE prévoit aussi un programme de mesures qui, territoire par territoire, précise les actions techniques, financières, réglementaires, à mener pour atteindre les
objectifs fixés. Rappelons qu’il possède une vraie portée juridique et que collectivités comme organismes publics doivent se conformer aux dispositions qu’il a prises. Autrement dit, actions de financement ou d’aménagement dans le domaine de l’eau, documents d’urbanisme (plans locaux d’urbanisme (PLU) et schémas de cohérence territoriale (SCoT) doivent lui être compatibles. Il s’articule également avec ces deux documents de planification encadrés par le droit communautaire que sont le Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI) défini à l’échelle du bassin Loire-Bretagne et les Plans d’Action pour le Milieu Marin (PAMM) définis à l’échelle des sous-régions marines (ici, non concerné).36 12 février 2024
Le précédent SDAGE 2016-2021 s’était inscrit dans la continuité du SDAGE 2010-2015 pour permettre aux acteurs du bassin Loire-Bretagne de poursuivre les efforts et les actions entreprises. Pour atteindre l’objectif de 61 % des eaux en bon état d’ici 2021 qu’il s’était fixé (on sait que seulement 24 % le sont aujourd’hui et 10 % sont en cours), il avait apporté deux modifications importantes : d’une part, il avait renforcé le rôle des Commissions Locales de l’Eau (CLE) et des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE), d’autre part, il avait souhaité s’adapter au changement climatique, tout en continuant à mieux gérer la quantité d’eau, à préserver les milieux comme les usages.
Dans un contexte de changement climatique avéré, qui se manifeste par des phénomènes répétés de sécheresse, impactant gravement la vie des rivières ainsi que les nappes souterraines, par ailleurs conscient que, trop artificialisées, les rivières souffrent de pollutions diverses et diffuses (nitrates, pesticides, phosphore, notamment), l’actuel SDAGE Loire-Bretagne 2022-2027 souhaite donner la priorité aux économies d’eau et à la prévention des pénuries, entend réduire les pertes sur les réseaux et renforcer la résilience des milieux aquatiques. Il faut ainsi que 61% des eaux (rivières, plans d’eau et eaux côtières) soient en bon état à l’horizon 2027.
C.3.4 Des actions ciblées
Dans ce contexte, les principales orientations sont les suivantes :
Repenser l’aménagement des cours d’eau dans leur bassin versant
. Repenser les aménagements des cours d’eau en prenant en compte l’ensemble du bassin versant,
. Préserver et restaurer les bassins-versants ainsi que les têtes de ces bassins versants . Prévenir toute nouvelle dégradation des milieux,
. Restaurer la qualité physique et fonctionnelle des cours d’eau, des estuaires et des annexes hydrauliques,
. Assurer la continuité longitudinale des cours d’eau,
. Limiter et encadrer la création des plans d’eau, l’extraction de granulats alluvionnaires dans le lit majeur du cours d’eau,
. Préserver les capacités d’écoulement des crues ainsi que leurs zones d’expansion, préserver les capacités de ralentissement des submersions marines.
Protéger la santé en protégeant la ressource en eau
. Améliorer l’information sur les ressources et équipements utilisés pour l’alimentation en eau potable,
. Finaliser la mise en place des arrêtés de périmètres de protection sur les captages, . Lutter contre les pollutions diffuses par les nitrates et pesticides dans les aires d’alimentation
des captages, mettre en place des schémas d’alerte pour les captages,
. Réserver certaines ressources à l’eau potable,
. Maintenir et/ou améliorer la qualité des eaux de baignade et autres usages sensibles en eaux continentales (et littorales)
Maîtriser et réduire toutes les pollutions (pollutions organique, phosphorée et
microbiologique, pollutions par les nitrates, pesticides)
.Réduire les émissions en privilégiant les actions préventives, . Lutter contre l’eutrophisation marine due aux apports du bassin versant de la Loire. . Améliorer l’efficacité de la collecte des eaux usées,
. Maîtriser les eaux pluviales par la mise en place d’une gestion intégrée à l’urbanisme
. Réhabiliter les installations d’assainissement non collectif non conformes.37 12 février 2024
. Réduire l’utilisation des pesticides et améliorer les pratiques,
. Promouvoir les méthodes sans pesticides dans les collectivités et sur les infrastructures publiques,
. Développer la formation des professionnels et accompagner les particuliers non agricoles pour supprimer l’usage des pesticides.
Gérer les prélèvements d’eau de manière équilibrée et durable
. Anticiper les effets du changement climatique par une gestion équilibrée et économe de la
ressource en eau,
. Assurer l’équilibre entre la ressource et les besoins en période de basses eaux, . Gérer les prélèvements de manière collective dans les zones de répartition des eaux et dans le bassin concerné par la disposition,
. Faire évoluer la répartition spatiale et temporelle des prélèvements, par stockage hors période de basses eaux.
Gérer Préserver et restaurer les zones humides
Il s’agit de pérenniser les fonctionnalités avantageuses de ces zones humides. Dans ce contexte, sont visés les projets d’installations, les ouvrages, les travaux et activités potentiellement impactantes.
Préserver la biodiversité aquatique
. Pour cela, il convient de restaurer le fonctionnement des circuits de migration et d’assurer une gestion équilibrée des espèces patrimoniales inféodées aux milieux aquatiques, mettre en valeur le patrimoine halieutique
. De même, de restaurer les habitats concernés et de contrôler les espèces envahissantes.
Faciliter la gouvernance locale et renforcer la cohérence des territoires et des politiques publiques.
. Initier des Sage partout où c’est « nécessaire » et renforcer leur cohérence, . Renforcer l’autorité des commissions locales de l’eau et la cohérence des politiques publiques, . Structurer les maîtrises d’ouvrage territoriales dans le domaine de l’eau,
. Atteindre le bon état des eaux.
Toutes ces actions vont évidemment de pair avec une prise de conscience de la gravité du sujet par les populations, avec l’acquisition et l’amélioration de la connaissance des systèmes hydriques, des rejets, de l’impact sanitaire des micropolluants, etc. et, enfin, avec l’implication de tous les acteurs, régionaux, départementaux, privés…
Il est à noter qu’à ce jour, il n’existe pas de SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) sur la partie de la vallée de l’Indre incluant la commune de Niherne. Pour la raison simple qu’il n’existe pas de conflits concernant les usages de l’eau. Cependant, de plus en plus, interviennent le changement climatique et son lot d’aléas (ainsi, la succession des sécheresses estivales et hivernales) qui, à terme, risquent d’avoir des impacts sur les pratiques agricoles et donc, sur la ressource en eau (générateurs de potentiels conflits), mais également, concernant la vallée proprement dite, sur les paysages et la biodiversité.38 12 février 2024
Les SAGE. En blanc, la vallée de l’Indre (elle en est dépourvue).
C.4 Les autres documents
C.4.1. Le SRCE (Schéma régional de cohérence écologique)
Adopté par arrêté du Préfet de Région, le 16 janvier 2015, le S.R.C.E. présente les enjeux régionaux en matière de biodiversité et de continuités écologiques. Il fait suite à un diagnostic territorial régional (échelle de la Région Centre-Val-de-Loire) et définit les principales composantes de la Trame verte et bleue, déclinée au plan local. Il propose des actions visant à stopper la perte de biodiversité en reconstituant un réseau écologique fonctionnel.
La Trame verte et bleue du Pays castelroussin est présentée dans le chapitre milieu naturel.
C.4.2 La charte du Parc naturel régional de la Brenne
Depuis 2022, le PNR réfléchit à la révision de sa charte actuelle. La nouvelle mouture devrait prendre acte en 2024 et ce, pour une durée de 15 ans. Elle envisage, notamment, d’intégrer 10 nouvelles communes, toutes situées en Boischaut sud, ce qui porterait le nombre total à 61, si, bien évidemment les postulantes comme les actuelles sont toutes d’accord sur ce sujet. Le processus de révision de cette charte devra être validé avant le 2 septembre 2025.
La commune de Niherne jouxte une commune du Parc naturel régional de la Brenne : Neuillay- les-Bois. A ce titre, il est important que cette proximité soit prise en compte dans la révision du PLU de Niherne, d’autant que :
. Les deux communes de Vendœuvres et de Neuillay-les-Bois (du PNR de la Brenne) appartiennent à la communauté de communes Val-de-l’Indre Brenne,39 12 février 2024
. Au plan géographique et économique, (cf. supra), la frange sud du territoire communal rejoint totalement la Brenne.
Quoique sans portée juridique, - il s’agit, avant tout, d’un document qui souligne la nécessite d’une cohabitation équilibrée entre l’homme et la nature et que chacun doit valider - Cette charte a pour vocation de guider les actions des collectivités. Si elle n’est pas considérée comme un véritable document d’urbanisme, elle ne s’en impose pas moins aux communes concernées, lesquelles doivent se référer aux orientations fixées par le PNR. Ces dernières visent surtout le patrimoine naturel, les ressources naturelles, la préservation, la valorisation des paysages et de l’architecture vernaculaire (tout en s’engageant dans une architecture contemporaine de qualité), la valorisation de l’économie locale, etc.
C.4.3 Les déclarations d’utilité publique
Il est notoire que la RD 943, qui relie les deux grandes villes de Tours et de Châteauroux est très passagère : de fait, en 2017, près de 9000 véhicules traversaient quotidiennement le bourg de Villedieu- sur-Indre, occasionnant un certain nombre de nuisances (accidents, pollutions diverses, bruit). C’est la raison pour laquelle le département de l’Indre, en charge des routes départementales, a décidé de créer une déviation destinée à éviter le centre bourg. Cette déviation qui passe au nord, mord sur une petite portion du territoire de la commune de Niherne (notamment, elle traverse une zone riche en vergers, certains encore exploités). Après les études préalables, réalisées jusqu’au début des années 2020, les travaux sont en cours. Leur fin est prévue pour 2025.
C.4.4. Les servitudes d’utilité publique
Dans la mesure où elles peuvent produire des restrictions au droit de construire, elles auront nécessairement des incidences sur le projet de PLU. Elles doivent donc être prises en compte dans la réflexion menée autour de ce document. Elles sont nombreuses et concernent les éléments suivants :
Le massif forestier de Laleuf (forêt domaniale)
C’est sur sa frange ouest que ce massif grignote la commune de Niherne (le reste relevant de la commune de Saint-Maur). Il est géré par l’O.N.F. Les servitudes concernent les Art. L151-1, L151-6, L342- 2, R151-1, R151-3 à R151-5 du Code Forestier. Code A1
Les terrains riverains des cours d’eau (Claise et Indre)
Ici, sur une largeur de 4 m le libre passage des engins mécaniques doit être assuré pour qu’ils puissent, sans entrave, aller l’entretenir (Art. 100 et 101du Code Rural, Décret 59-96 du 7 janvier 1959. Le syndicat d’aménagement du bassin de l'Indre (SABI36) qui assure la compétence GEMAPI est le gestionnaire de toutes les opérations à réaliser tandis que la D.D.T. est gestionnaire de l’opération. Code A4 ; quant à la Claise, elle est gérée par un syndicat de rivière, le SMABCAC (Syndicat mixte d’aménagement de la Brenne, de la Creuse, de l’Anglin et de la Claise).
Les monuments historiques devant être protégés
Il s’agit principalement de l’église Saint-Sulpice : arrêté préfectoral, Région Centre, du 26 janvier1927, le gestionnaire en étant le service départemental de l’Architecture et du Patrimoine. Depuis la loi Liberté et Création de l’Architecture et du Patrimoine du 7 juillet 2016, les abords du monument sont désormais en périmètre délimité des abords (PDA) et non plus périmètre de protection modifié (PPM). Code AC140 12 février 2024
L’eau potable
La commune de Niherne est alimentée en eau potable par le Syndicat des eaux de la
Demoiselle (géré par la SAUR) qui compte trois points de captage et 450 km de canalisations. Code
AS1. LA DDT est gestionnaire du sujet.
Les zones submersibles
Selon le décret ministériel du 19 avril 1974, DDT. Code EL2. Elles concernent essentiellement la vallée de l’Indre et sont suivies par la DDT. A noter qu’un plan de Prévention des Risques d’Inondation a été adopté en 2008 (cf. infra) et que le zonage du PLU reprend à la lettre celui du PPRI.
La vallée de l’Indre, submersible
Les servitudes d’alignement
Elles touchent les routes suivantes : CD80 à Surins, CD80 entre le CD67 et vers Luant, CD 67 et VC n°4 à Surins. Exception faite de la VC n° 4, le Département de l’Indre en est le principal gestionnaire de ces routes. Code EL7. Le dossier est suivi par la DDT.
Les canalisations de transport de gaz
Ce sont des canalisations de 100 mm de diamètre qui comportent une bande non aedificandi de 4 m (2 m de part et d’autre de la canalisation).. Code I3. Sont concernées :
. Une canalisation gaz haute pression Saint Maur Indre Sud – Buzançais (100 mm) passant à l’ouest de la RD943 selon une direction nord-sud,
. Une canalisation gaz haute pression Chemery (800 mm) passant à l’est de la RD 943 selon une direction nord-sud. GRT Gaz, arrêté du 11 mai 1970.
Le gaz à Nuisance41 12 février 2024
Les communications télégraphiques et téléphoniques
Il s’agit d’un câble souterrain de télécommunication (F0239, C203, RG3688). Code PT3
Le chemin de fer : ligne Tours-Châteauroux
Code T1 gestion par la SNCF (loi de 1845 de la police des chemins de fer).
L’électricité
Une ligne électrique liaison 90kV Buzançais – Le Madron située à plus de 500 m du projet. Le SDEI (Syndicat Départemental d’Énergie de l’Indre) indique également la présence de nombreux réseau HTA et BT, aérien ou souterrains. RTE/ SDEI
Les Espaces boisés classés (EBC)
Dans le précédent PLU, il concernait une grande partie des bois et forêts présents sur le territoire communal. L’E.B.C. interdit tout changement d’affectation ou tout mode d’occupation des sols susceptible de compromettre la conservation ou la création d’un boisement (L130-1, L130-2 et R130-6 CU). De même, il rejette toute demande de défrichement et examine de très près coupes et abattages.
Energie (gaz, électricité)
A ce jour, l’ensemble des foyers de Niherne est desservi en électricité tandis que les deux bourgs
(Surins et Niherne) bénéficient du gaz de ville. Ces réseaux seront développés dans les zones prévues à
urbanisation (lotissement des Coutures, par exemple).
Les réseaux restent aériens, sauf en quelques secteurs où ils ont été enfouis : Chézeauneuf, rue
de la Tuilerie, lotissement du Clos, rue de la Demoiselle, lotissement des Coutures (lotissement en cours
de création : ici, les réseaux sont déjà enfouis). Mais un enfouissement plus large est programmé
Les énergies renouvelables
L’élaboration du précédent PLU (2008), ne faisait pas état d’implantation éventuelle de pylônes
éoliens sur le territoire de la commune de Niherne. A ce jour, il n’existe aucun projet d’envergure allant
dans ce sens (à l’instar du projet de parc solaire, prévu sur la commune voisine de Villedieu-sur-Indre). De
même, les autres énergies renouvelables (solaire, chauffage collectif au bois) ne sont pas évoquées,
exception faite de la géothermie, désormais installée à l’école. Ce qui n’empêche pas les particuliers
d’implanter quelques panneaux solaires sur leur toit, s’ils le désirent.
Pour mémoire, rappelons que, dans l’Indre :,
. 139 mâts (éoliens) sont à ce jour en activité pour 340 MW, 65 autres sont en projet,
. 17 projets photovoltaiques sont en activité et 17 autres en projet, 3647 sur toiture sont déjà
réalisés,
. 9 projets de méthanisation /biogaz sont réalisés et 13 en cours.
De son côté, la production d’énergie hydroélectrique reste cantonnée sur les barrages de la
Creuse (Eguzon, Gargilesse et Badecon-le-Pin).
Soulignons que l’éolien est la première source d’énergie produite dans le département de l’Indre ,
lequel se place derrière celui du Loir-et-Cher (premier producteur en Région Centre Val-de-Loire). Dans le
ZDE (Zones de développement éolien), la Champagne berrichonne est considérée comme très favorable)
pour produire de l’énergie éolienne.42 12 février 2024
C.4.5 Les schémas existants devant être pris en compte
Le Schéma Directeur d’Assainissement collectif des eaux usées
Cet outil de programmation permet, sur la base d’un programme pluriannuel d’actions, d’améliorer la connaissance, la gestion et le fonctionnement du système d’assainissement des eaux usées. Il a, en 2002, été élaboré conjointement par les deux communes de Niherne et de Villedieu-sur-Indre, chacune validant ensuite sa propre étude de zonage. Cette nouvelle station se trouve sur la commune de Villedieu-sur Indre, au lieu-dit « l’Allemagne ».
Le Schéma départemental des carrières
Relative aux carrières, la loi du 4 janvier 1993 entend préciser les conditions dans lesquelles ces
dernières doivent être exploitées et à quelles conditions. Notamment, elles doivent prendre en compte la
demande (besoins) et la ressource en matériaux, la protection de l’environnement et des paysages, des
milieux naturels sensibles ainsi que la gestion de l’espace environnant. La loi instaure également le
schéma départemental des carrières, lequel fixe leur localisation ainsi que leurs conditions d’exploitation
puis de remise en état, une fois celle- ci terminée.
Le Plan de Prévention des risques d’inondation (P.P.R.I.)
Il définit les normes de constructibilité qui s’imposent au P.L.U. en tant que servitude d'utilité publique. De même, il propose une cartographie des zones de risques, cherche à préserver les capacités d'écoulement et d'expansion des crues de la rivière Indre.
Dans le département de l’Indre, un arrêté du 14 janvier 2008 a approuvé le PPRI de la vallée de l'Indre, depuis Ardentes jusqu’à Saint-Maur (il comprend également la vallée de la Ringoire). Ici, la crue de référence retenue a été celle de 1910.
A l’aval de Châteauroux, le P.P.R.I a été adopté le 14 janvier 2008. A Niherne, il s’accompagne d’une carte de zonage réglementaire.43 12 février 2024
Ce PPRI comprend deux zones distinctes :
. La zone A qui, elle-même, se découpe en zones construites et zones non construites. Ici, il est recommandé de ne pas augmenter la population permanente et de réduire la vulnérabilité44 12 février 2024
des biens tandis que dans les zones peu ou pas du tout construites, il est fortement recommandé de n’y envisager aucune nouvelle urbanisation.
. La zone B correspond au reste de la zone inondable. Ici, il est recommandé de limiter les nouvelles installations et de réduire leur vulnérabilité au cas où elles auraient été autorisées. A Niherne, toute la vallée de l’Indre est en zone A (rouge sur la carte jointe) et comporte quelques zones d’aléas forts.
C’est ainsi que sont admis certains travaux de gestion et d’entretien courant, quelques extensions et constructions à des fins de loisirs nautiques ; a contrario sont formellement interdits toutes sortes de constructions telles, par exemple, des installations de stockage de produits polluants, des lotissements ou des campings.
L’Atlas du paysage
Etabli en 2001, il devait permettre de mieux connaître les entités géographiques et paysagères du département de l’Indre. Cinq grandes entités y sont décrites : Le Boischaut méridional, la Brenne, la Champagne berrichonne, Le Pays Blancois et les Gâtines de l’Indre.
Dans cet atlas, la commune de Niherne occupe une place singulière : elle est à la fois de la Champagne berrichonne et de la Brenne.
. La Champagne berrichonne qui vaut par ses grandes plaines céréalières, assez planes, juste entrecoupées de quelques fermes isolées, de villages plus denses et de boisements, plus ou moins importants. A Niherne, elle est coupée par la vallée de l’Indre, légèrement encaissée et assez verte (restes de prairies et peupleraies).
. La Brenne qui, elle, vaut par ses nombreux étangs, ses rares zones aujourd’hui exploitées (prairies et labours sont résiduels) et ses friches (chaque année plus importantes), ainsi que ses deux petites vallées (la Claise et la Petite Claise, à peine marquées).
Précisons que depuis plus de 20 ans, les paysages, et notamment ceux de Brenne, ont bien évolué, voire changé.45 12 février 2024
L’insertion des bâtiments agricoles dans le paysage
Elle fait l’objet d’une charte établie en 2000.
Cette charte indique quelques prescriptions à retenir : intégration des bâtiments dans l’environnement par le choix des volumes, des matériaux, des couleurs. Le matériau bois est ici vivement recommandé. De même, dans un souci d’esthétique, des plantations sont systématiquement préconisées (en bosquet, alignement, haie…), pour accompagner, voire masquer de possibles nouvelles constructions. Aujourd’hui, dans un contexte de changement climatique, l’utilité des arbres n’est plus à démontrer.
Le Plan de Déplacements Urbains (PDU)
Il permet de définir la politique locale des déplacements d’une agglomération à un horizon de dix ans et donc d’organiser des actions cohérentes et concertées avec les collectivités concernées. Il fixe les principes de l'organisation du transport des personnes et des marchandises, de la circulation et du stationnement, ayant toujours en tête d’équilibrer besoins de mobilité des personnes et protection de l’environnement.
Si ce document est en cours d’élaboration dans la Communauté d’Agglomération castelroussine, la commune de Niherne n’est pas directement concernée. Pour autant, compte tenu de sa situation géographique (elle en est limitrophe) et des questions soulevées par les déplacements, le SCOT envisage de mener une réflexion sur ce sujet et de travailler avec les collectivités concernées (Conseil départemental, Communauté de Communes Val-de l’Indre-Brenne, Communauté d’Agglomération castelroussine).
A ce jour, la commune de Niherne ne bénéficie que des transports régionaux : ligne autocar TER Centre (REMI) et ligne de car scolaire.46 12 février 2024
À l’hectuelle, la commune de Niherne n’est pas
Le DGEAF (Document de gestion de l’espace agricole et forestier (DGEAF).
Ce document fait défaut dans le département de l’Indre.
Pourtant, la Loi d’Orientation Agricole du 9 juillet 1999 prévoyait que chaque département réfléchisse sur le sujet et réalise le sien.
Il s’agit d’un document de porter à connaissance et d’aide à la décision, pouvant être consulté lors de l’élaboration des documents d’urbanisme. Pour autant, il n’est pas opposable aux tiers. Il identifie les principaux enjeux agricoles, forestiers, environnementaux et paysagers du territoire concerné et peut proposer des recommandations particulières à certains secteurs. Approuvé par le préfet, il est ensuite transmis pour avis aux Maires, à la chambre d’agriculture, au Centre Régional de la Propriété Foncière, aux Syndicats agricoles et aux Syndicats de propriétaires fonciers.
Le schéma départemental de développement commercial (SDDC)
Ce schéma est conçu comme un document prévisionnel d’analyse et d’aide à la décision. Il
contient des informations sur l’activité économique et les orientations souhaitables en matière de
développement commercial et de secteurs d’activités à privilégier. Même s’il n’a pas, formellement, à être
compatible avec le PLU, il dépend malgré tout du SCOT.
Le rôle de ce SDDC ne peut être minimisé dans la mesure où la commune de Niherne se place
dans un environnement resté relativement rural mais en périphérie de l’agglomération de Châteauroux,
laquelle dispose d’une vaste zone commerciale (à Cap Sud, notamment). Il est donc important de
d’équilibrer offre commerciale d’un côté et aménagement du reste du territoire – autrement dit, de
maintenir à tout prix les commerces et services de proximité, essentiels à la vie locale de la commune ; il
importe également de valoriser l’image du territoire, à la fois urbain et rural.
Le Schéma de services du Pays Castelroussin – Val de l’Indre
Le schéma de services va de pair avec le précédent et le complète. Il vise, notamment, à limiter la régression des services en milieu rural, malheureusement bien entamée. Ces derniers concernent surtout47 12 février 2024
la santé, les services liés à l’aide aux personnes âgées souvent dépendantes, mais aussi les commerces de proximité, si utiles, les transports, les loisirs, la communication, etc.
L’Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat (OPAH)
Concertée entre l'Etat, l'Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH) et la collectivité (communauté de communes Val-de- l’Indre/Brenne), cette opération vise à requalifier des secteurs précis, de réhabiliter le patrimoine bâti du territoire.
Sur le territoire de la collectivité, l’OPAH actuelle a démarré le 1 er juin 2018 et devrait s’achever 6 ans plus tard, le 31 mai 2024. Elle concerne surtout le bourg de Buzançais où elle entend mener des actions de recyclage foncier, réhabiliter le bâti ancien dégradé, lutter contre la précarité énergétique et contre l'habitat indigne et dégradé, mieux adapter les logements permettant le maintien à domicile, développer l’utilisation des énergies renouvelables.
La commune de Niherne proprement dite n’est pas concernée par cette OPAH.
Les opérations foncières d’aménagement
Elles concernent toutes celles qui doivent être compatibles avec le SCOT. A Niherne, il s’agit de :
. L’opération d’aménagement foncier qui vise à contourner le bourg voisin de Villedieu-sur-Indre (et touche une frange de la commune de Niherne : Cf supra). Rappelons que ce projet doit impérativement être compatible avec le PLU (sachant que c’est le précédent qui est concerné). Notamment, le règlement devra être modifié afin de permettre les travaux nécessaires à la déviation (par exemple, affouillements et exhaussements du sol), et des emplacements réservés devront être créés au profit de l’Etat (voir liste jointe).
. La réserve foncière (d’une surface voisine de 12 ha) mise en place pour créer le futur lotissement des Coutures. Acquis par la commune, le territoire concerné vient d’être viabilisé (avec axe principal, carrefours traités en placettes, réseau de liaisons douces et petits espaces verts), et découpé en 82 lots de taille variable (mais toujours inférieure à 2000 m²) destinés à recevoir des maisons individuelles.48 12 février 2024
II) ETAT INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT
A) Le contexte physique
A.1 Le sous-sol
Vaste de 4287 ha, le territoire de la commune de Niherne se partage entre quatre zones
géologiques bien définies. Des plus anciennes aux plus récentes, elles recouvrent :
A.1.1. Les terrains de l’ère secondaire
Les terrains du Malm (Jurassique)
Ces terrains datent du post bajocien/bathonien et sont vieux de 160 – 145 millions d’années (le Malm). Il s’agit essentiellement de calcaires de Levroux (Kimméridgien inférieur et Oxfordien supérieur, de calcaires de Montierchaume, de calcaire de Von et de la Martinerie (Oxfordien supérieur)), où alternent couches de calcaire compact et couches de calcaire argileux. Caractérisés par des argiles de décalcification du Jurassique, ils occupent la plus grande partie du territoire, entre la vallée de l’Indre et la RD 925 ; puis on les retrouve au sud de cette même RD 925, mais cette fois intercalés dans les formations de Brenne (cf. infra). Typiques de la Champagne berrichonne, ils donnent d’assez bonnes terres agricoles quoique peu profondes.
A noter, sur ce substrat calcaire, la présence de formations fissurées et donc perméables
nommées mardelles (on les observe notamment vers le Tecq, le Champ Caillat). De fait, qui dit
calcaire dit souvent mardelle (ou doline) : il s’agit d’un phénomène qui, en surface, se manifeste par
un effondrement. L’eau, qui possède une action de dissolution, s’infiltre en profondeur par de fines
fissures, lesquelles finissent par s’agrandir et par former une sorte d’excavation souterraine. Elles49 12 février 2024
proposent alors des formes karstiques (gouffres) en lien avec des circulations plus profondes. Ici,
certaines d’entre elles se repèrent grâce aux petits boisements qui les recouvrent ; à côté, d’autres
ont été bouchées.
Petite mardelle boisée (nord du bois de Nuisance) La forte emprise du calcaire : secteur de Nuisance
Les terrains du Cénomanien moyen
Ils ont environ 100 MA et s’observent principalement aux lieux-dits les Beauces, les Genêts.
Surtout caractérisés par des sables glauconieux, dits de Vierzon, ils dévoilent aussi des niveaux d’argile et
de marne. Ces terrains sont les mêmes que ceux observés en Boischaut nord. Ils se localisent au nord de
la RD 943.
A1.2. Les terrains de l’ère tertiaire et de l’ère quaternaire
Les terrains de l’Eocène supérieur (ère tertiaire)
Ils datent du Rupélien (autour de 40 MA). Dits de la formation de « Brenne », ils se composent
surtout de dépôts détritiques, sables argileux, grès et sables, recouverts d’une cuirasse plus ou moins
ferrugineuse. Ce sont des matériaux de couleur rouge parmi lesquels on trouve des sables riches en
minerai de fer. La carte géologique montre bien à quel point, comme ses voisines, la commune de
Niherne se situe à la rencontre des terrains du Jurassique et de l’Eocène supérieur, les premiers
s’intercalant entre les seconds, et ce, jusqu’à la Grande Brenne (dans la région de Méobecq, Migné,
Rosnay…) où l’Eocène triomphe totalement. A Niherne, ce dernier ne constitue pas un manteau épais et
continu, susceptible d’écarter l’influence du calcaire du Jurassique, laquelle i reste donc présente.50 12 février 2024
Les terrains d’âge quaternaire
Ce sont les plus récents (ils ont moins de 2 MA). Ils se déploient essentiellement dans la vallée de
l’Indre où, à proximité de la rivière, ils forment une bande épaisse, composée d’alluvions anciennes
formant terrasses et d’alluvions récentes. On les retrouve aussi dans les vallées secondaires qui cisaillent
le plateau du jurassique (vallée de la Courance, par exemple) et au sud, dans la vallée de la Claise. Ces
alluvions se composent de sables, de galets et d’argiles.
A.2 Le relief
Le relief et le rôle structurant de la vallée de l’Indre
Source : Bureau d’études ISOCELE SARL d’ARCHITECTURE ET D’URBANISME 99, rue Jeanne d'Arc 18500 MEHUN-SUR-YEVRE. PLU 2008
A.2.1. Le rôle structurant de la vallée de l’Indre
Le relief du territoire de Niherne est, avant tout, commandé par la vallée de l’Indre, très structurante : placée à une altitude comprise entre 130 m (à l’amont au lieu-dit « Aigurolle ») et 124 m (à l’aval au lieu-dit « Mirebeau »), la vallée est surplombée, en rive droite comme en rive gauche, par des pentes relativement douces.
A première vue, le relief apparait assez simple, plutôt plat : les altitudes oscillent entre 162 m tout
au nord et 130 m environ tout au sud, dans la partie Brenne. Abstraction faite de la coupure substantielle
que crée la vallée de l’Indre qui, ici, passe sous la barre des 130 m (le point le plus bas se situe au lieu-dit
l’Allemagne, à 124 m), le territoire s’incline donc progressivement du nord vers le sud, passant de la
Champagne berrichonne à la Brenne.
Pour autant, cette impression de plat relatif est ici et là, remis en cause par l’existence de vallées
adjacentes, perpendiculaires à la vallée de l’Indre.51 12 février 2024
A.2.2. La RD 925, une ligne de partage entre deux bassins
Cependant, la RD 925 marque une limite assez nette, quoique schématique, entre ces deux
parties : Champagne berrichonne d’un côté, Brenne de l’autre. A son niveau, les altitudes dominent à 150
m environ (elles sont de 157 m au lieu-dit la Croix Rouge), puis diminuent insensiblement de part et
d’autre. Autrement dit, elle est comme une zone de partage des eaux entre deux bassins, celui de l’Indre
au nord (affluent direct de la Loire) et celui de la Claise au sud (affluent de la Creuse).
En Champagne berrichonne
Néanmoins, de part et autre de cette ligne, le territoire est loin d’être régulier : dans la partie
Champagne berrichonne, il est semé de quelques vallées sèches, minuscules et longilignes entailles faites
au plateau et dont les altitudes ne dépassent pas les 130 m, Non nommées, exception faite de trois
petites vallées - la vallée de la Courance (mais le nom n’apparaît pas sur les cartes) et deux autres, situées
l’une à l’ouest, l’autre à l’est de la commune - ces vallées sèches sont typiques de la Champagne
berrichonne, juste marquées sur le terrain par un léger dénivelé. La plus importante (qui coupe la RD 80)
est celle de la Courance, déjà évoquée. Soulignée de temps à autre par une courte haie, cette dernière
prend sa source dans la forêt de Saint-Maur et se jette dans l’Indre, à l’aval de Niherne.
Les 3 petites vallées sèches (rive gauche de l’Indre)52 12 février 2024
Vallée sèche de la Courance, près de la ferme du Tecq
Depuis la base de ces vallées sèches, s’étirent des pentes plus ou moins douces qui, assez
rapidement, peuvent frôler les 140 m, donnant au plateau, un caractère assez mouvant, jamais uniforme.
Cà et là, se détachent des zones plus hautes. Bien que légers, ces mouvements se perçoivent d’autant
mieux qu’ils s’opèrent sur des terres découvertes et planes, vouées aux labours. Mais la partie Brenne
n’est pas non plus exempte de ces micro-vallées qui, elles, s’en vont rejoindre la vallée de la Claise, la plus
importante étant celle de la petite Claise.
La Brenne, plus étale
Dans la partie Brenne, le relief se lit moins facilement. En cause, la forte présence mélangée de
bois et d’étangs, parmi lesquels certains se noient dans les cours d’eau, dès lors mal perceptibles. Il
n’empêche que ces derniers (Claise et petite Claise ainsi que leurs minuscules affluents) créent d’étroites
dépressions qui, chacune leur tour, viennent commander les pentes adjacentes. Ici, les altitudes oscillent
de quelques mètres tout au plus (entre 130 et 136 m tout au plus). Ici et là toutefois, quelques buttons,
points plus hauts (mais de quelques mètres seulement), viennent rompre cette apparente uniformité
lorsque, brusquement, ils se détachent des zones plus basses.
A.2.3. Le rôle de la Claise
Si, en traversant le bourg, la rivière Indre est importante dans le bourg de Niherne même, elle
n’en occupe pas moins une place relativement secondaire dans l’organisation du reste de l’espace. Car, au
sud-ouest, compte aussi la vallée de la Claise qui attire tout un pan du territoire, déjà tenté par la Brenne.
Nous l’avons vu, la rupture entre les deux se réalise grosso modo au niveau de la RD 925, laquelle
matérialise une sorte de ligne de partage des eaux : celles de l’Indre au nord, celles de la Claise au sud. Ici,
se juxtaposent deux grands cours d’eau (même si l’un – l’Indre - est plus important que l’autre) au destin
différent : si, au final, tous deux se jettent dans la Loire, la Claise se dilue d’abord dans la Creuse puis la
Vienne avant de toucher enfin le grand fleuve.53 12 février 2024
La Claise, à Niherne
A Niherne, la Claise a déjà parcouru quelques km (elle a pris sa source dans la commune voisine
de Luant). Sur le territoire communal, elle recueille les eaux de deux petits affluents, la petite Claise et un
autre, non nommé. Déjà bien de la Brenne (ils coulent sur les terrains du Bartonien), tous les deux
interceptent des plans d’eau, la plupart récents (ils ne figurent pas sur le cadastre napoléonien).
La carte plus haut montre bien l’attraction qu’exerce la Claise (à laquelle s’adjoignent ses petits
affluents) sur son bassin, empiétant ainsi sur l’influence de la rivière Indre. Au moins depuis la ligne de
crête matérialisée par la RD 925, cette dernière ignore totalement la large part que commande la Claise,
rivière qui, rapidement, va gagner la Brenne.
A.3 Le climat
La commune ne possédant pas de station météorologique, les données qui suivent sont empruntées à celle de Châteauroux-Déols, distante de 15 km environ. Les chiffres donnés ne sont que des moyennes qui ne disent rien des anomalies climatiques, lesquelles, se succèdent partout en France depuis une vingtaine d’années. Peuvent ainsi être notés un gel très marqué en février 2012, de grandes inondations à la fin du mois de mai 2016 ou au milieu du mois de juillet de l’année 2021, sécheresse inhabituelle des hivers 2009 et 2010, 2018/2019, de l’été 2019, puis 2021 et 2022, etc. Ces anomalies disent combien le changement climatique est là ce dont il faudra tenir compte dans l’avenir.
La commune de Niherne se situe à moins de 200 km de l’océan atlantique (à vol d’oiseau). Elle bénéficie donc d’un climat de type océanique, juste tempéré d’une petite dose de continentalité. De fait, des influences venant de l’est de l’Europe se font parfois sentir, induisant alors des épisodes extrêmes, grand froid ou grosse chaleur.54 12 février 2024
A.3.1. Les températures
Des données sur le long terme
Les chiffres qui suivent sont calculés sur un pas de temps assez long (1893 -année des premiers relevés météorologiques - à 2001). Ils témoignent de la douceur relative des températures, en lien avec la proximité relative de l’océan atlantique.
Mois le plus froid (janvier) Mois le plus chaud (juillet) Moyenne annuelle 3,6°C 19,7°C 11,4°C
Des données sur le court terme
Ces chiffres concernent un laps de temps plus court (1981 – 2003). Ils montrent un évident réchauffement.
Mois le plus froid (janvier) Mois le plus chaud (juillet) Moyenne annuelle 4,6°C 20,3°C 19,1°C
A.3.2 La pluviosité et l’ensoleillement
Comme les températures, la pluviosité a été relevée sur la station de Châteauroux-Déols. Là encore, se notent des anomalies importantes si on compare les données à long (1893- 2015), moyen ((1981-2010) et court terme (années 2015 et 2016).
Entre déficit et excès d’eau
Concernant les années 2015 à 2022, les chiffres font encore apparaître d’autres anomalies si on les compare aux moyennes des décennies précédentes. Notamment, ressortent : . Un déficit très marqué durant l’automne 2015,
. Puis un excès d’eau de janvier à juin 2016 (du aux fortes intempéries de la fin du mois de mai, au cours duquel il est tombé près de 160 mm contre 70 mm en moyenne),55 12 février 2024
. Un déficit de nouveau très marqué de juillet à décembre 2016 (excepté le mois de novembre),
. un déficit qui s’est poursuivi en 2017 puisque les précipitations relevées de janvier à juin 2017 ne dépassaient pas 290 mm (contre 337 mm en moyenne nationale et 357 mm sur la période 1893 – 2010),
. Puis s’est prolongé : après un hiver 2017/2018 suivi du printemps 2018 plutôt pluvieux ce qui a permis de réalimenter les nappes, la sécheresse s’est en effet installée à partir de l’été 2018, courant durant l’hiver puis le printemps suivant ainsi que l’été 2019.
. Par la suite, il faut bien noter la relative sécheresse des hivers, suivie de celle des étés, liée, surtout en 2022 et 2023 à de fortes chaleurs, le tout mettant à mal le niveau des nappes phréatiques ainsi que le débit des rivières. D’ailleurs, des mesures de restriction de l’usage de l’eau sont, quasiment tous les ans, prises sur les bassins de l’Indre et de la Claise. Ces mesures étaient bien plus rares autrefois.
C’est ainsi que, depuis quelques années, les précipitations apparaissent ainsi de plus en plus aléatoires et mal distribuées au cours de l’année (sécheresse hivernale, épisodes pluvieux, parfois dévastateurs, comme en juin 2016 et juillet 2021).
Un ensoleillement fluctuant
L’ensoleillement va de pair avec la pluviosité et les températures : il est lui-même très fluctuant. Cela dit, les statistiques annuelles font état, pour la station de Châteauroux-Déols, de 1840 heures annuelles pour la période courant de 1981 à 2010 (source Météo-France). Sur la même période d’étude, août reste le mois le plus ensoleillé et décembre celui qui l’est le moins. Notons que juillet 2013 a frôlé les 300 h, concentrant à lui seul 16 % de l’ensoleillement annuel.
Ensoleillement moyen mensuel et les températures à la station Châteauroux pour la période 1981-2010 Source : Météo-France
L’impact sur le territoire de ces anomalies récentes
Mais ces données ne sont que des moyennes qui ne prennent pas en compte les anomalies climatiques déjà évoquées et qui, depuis plusieurs années, se répètent : fortes chaleurs accompagnées d’un fort ensoleillement, déficit pluviométrique. Ces anomalies ont des répercussions importantes sur le territoire.
- Les faibles pluviosités enregistrées au cours des derniers hivers (sauf années 2014-2015 et premier semestre 2018) n’ont pas permis de recharger suffisamment les nappes souterraines. Notamment, depuis plus de 8 ans, les hivers sont globalement marqués par de sévères déficits56 12 février 2024
(comme en témoigne, actuellement, la faiblesse de la nappe d’eau dans l’Indre). Et les étés très secs des dernières années (sauf 2021) n’arrangent pas la situation.
- A contrario, certains épisodes très pluvieux peuvent être dévastateurs : par exemple, les pluies torrentielles de mai 2008, mai 2016 ou encore celles de juillet 2021. D’une part, comme elles ne tombent pas en été, elles ne rechargent pas la nappe, d’autre part, elles favorisent l’érosion des sols. Dans ce contexte de forte pluviosité, l’Indre (rivière) est sujette à inondations.
- Enfin, les épisodes caniculaires semblent de plus en plus fréquents : étés 2003, 2005, 2011, 2012, 2016, 2017, 2019, 2022 (avec des pointes à plus de 40°C) et 2023… Ils aggravent les déficits hydriques.
A.3.3. Le diagramme ombro-thermique
Le croisement des données « températures » et « pluies » au long d’une année permet d’établir un diagramme ombro-thermique, lequel souligne bien cette période de relative sécheresse qui, grosso modo, court de mai à septembre : à ce moment-là, les pertes dues à l’évapo-transpiration sont importantes.
A.3.4. Les nuances locales
A noter, cependant, quelques nuances locales, en lien avec la proximité des massifs boisés d’une part, de la rivière l’Indre d’autre part.
Le rôle des forêts et de la rivière Indre
Outre les peupleraies qui tendent à envahir la vallée de l’Indre, des massifs forestiers s’imposent, au nord et au sud de ladite vallée : bois de Marécreux et Bois Bézard au nord (vers Chézelles), bois de Saint-Maur, de la Biche, de Laleuf, au sud. S’ajoute également le massif de Lancosme et ses plus de 4000 ha (sur la commune voisines de Vendœuvres). Ces massifs orientent surtout les pluies orageuses.
De son côté, la vallée de l’Indre intervient sur la distribution des nuées orageuses dans la mesure où elle crée une sorte de frontière que ces dernières peinent à franchir. Il semblerait que les grosses nuées (orages) venant du sud-ouest ne franchissent que très rarement la vallée de l’Indre : à ce niveau, elles semblent vouloir se séparer, une branche prenant alors la direction de Châteauroux/La Châtre, l’autre celle de Buzançais ; mais, dans les deux cas, elles ignorent le bourg de Villedieu et ses environs. C’est ainsi que la grêle est ici très rare. En revanche, le territoire n’échappe pas aux nuées venant du nord et du nord-est.57 12 février 2024
Le rôle du relief
Certains agriculteurs évoquent le rôle que, selon eux, joue le relief, tout en creux et en bosses. Plus concrètement, ils remarquent que, presque toujours, il pleut davantage à Châteauroux qu’à Niherne, deux villes pourtant distantes de 12 km l’une de l’autre et que les orages y sont plus fréquents ; idem à Chézelles, dont le bourg est placé en hauteur par rapport à Niherne. Mais ce phénomène semble se produire davantage par temps de pluie « ordinaire » que lors d’un orage.
La zone inondable potentielle (ZIP)
Elle concerne toutes les zones potentielles de ruissellement. Compte tenu de la structure de la commune (deux bourgs traversés par la rivière Indre) et du relief légèrement incliné, il est souvent noté qu’en période de grandes pluies ou d’orages violents, l’eau tend à dévaler vers la rivière et à la rejoindre rapidement, selon des axes privilégiés. Les passages d’eau sont connus et il va de soi que les zones concernées ne peuvent être urbanisées.
A.4 Les sols
A Niherne, les sols suivent assez fidèlement le sous-sol : ils sont d’assez bonne qualité sur les
calcaires du Jurassique (où ils sont les plus nombreux), un peu moins sur les formations de Brenne.
Schématiquement, peuvent ainsi être notés :
A.4.1 Entre Indre et Claise, la part calcaire de la « Champagne berrichonne »
Ici, s’observent plusieurs types de sols, plutôt de bonne qualité agricole.
Les rendosols
Ce sont des sols assez évolués issus de matériaux calcaires. Ils sont argilo-calcaires, superficiels et sains, riches en carbonates de calcium, sans excès d’eau. Ils reposent sur un substrat non fissuré.
Les brunisols
Ce sont des sols plutôt épais et poreux, aux horizons mal différenciés,
Les calcisols
Ce sont des sols plutôt épais (plus de 35 cm), argileux, perméables, peu caillouteux et plutôt pauvres en carbonates,
Les néoluvisols
Ils sont marqués, quant à eux, par des processus de lessivage latéral. Développés sur les calcaires de l’Oxfordien, ils sont cependant recouverts d’une fine couverture limoneuse.
A.4.2 Dans la vallée de l’Indre, des sols alluviaux
Dans la vallée de l’Indre, on observe surtout des fluviosols ou des réductisols, soit des sols
argileux saturés et engorgés en permanence. L’eau s’y trouve à moins de 50 cm de profondeur.
Traditionnellement, avant que ne survienne la culture du peuplier ou le labour, la vallée appartenait
surtout à la prairie humide, riche au plan biologique.58 12 février 2024
A.4.3 Entre RD 925 et vallée de la Claise, la part imperméable et acide des formations
de Brenne
Partout où dominent les formations de la Brenne, les sols sont de moindre qualité. Il s’agit bien
souvent de rédoxisols, parfois de planosols, assez acides et régulièrement engorgés en saison humide,
marqués par l’excès d’eau. L’imperméabilité est bien là et l’hydromorphie peut même débuter à moins de
50 cm de profondeur : le sol apparaît alors bariolé. L’eau y circule mal si bien que se notent des
phénomènes d’engorgement, surtout lorsque la pente est faible. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le
secteur accueille un grand nombre d’étangs. Fortement contraints sur le plan agronomique, ils sont plutôt
de domaine de la prairie (avec élevage extensif), de la forêt et de l’étang.
Sols hydromorphes dans la partie Brenne (prairies et bois)
A.4. 4. Les sols au contact des formations du jurassique et des formations de Brenne
Localement, et surtout au sud de la RD 925, il arrive que s’intercalent ces deux types de sols, les
uns calcaires, les autres plutôt acides. S’observent alors un mélange de brunisols et de rédoxisols. Des
premiers, ils possèdent les horizons structurés et des seconds une forte propension à s’engorger
temporairement.
En conclusion, les sols de Niherne sont plutôt de bonne qualité dans la mesure où la part
« Champagne berrichonne » est, en surface, la plus importante. De fait, calcaire et plutôt saine, cette
dernière possède un bon potentiel qui, depuis longtemps, fut mis à profit pour développer des grandes
cultures (céréales, oléagineux et cultures fourragères). En revanche, les sols reposant sur les formations
de Brenne sont moins fertiles car pauvres en calcaires, acides donc, souvent engorgés. Raison pour
laquelle l’agriculture intensive y est moins développée. Quant à ceux de la vallée de l’Indre, humides et
propices à l’inondation, ils sont favorables à la prairie.
A noter que les bois sont presque toujours posés sur les points les plus hauts (plus de 140 m).
Cela correspond à des sols de moindre qualité, historiquement reconnus.
Tirés d’un contexte géologique particulier, en phase avec le relief, ces grands traits pédologiques
expliquent pour une grande part l’originalité ainsi que la diversité des paysages rencontrés.59 12 février 2024
A.5. Les masses d’eau
La ressource en eau est proposée à tous. Mais, étant limitée, il importe de la protéger, en quantité comme en qualité. Dégradée, il faut la restaurer afin d’assurer au moins le maintien si ce n’est le retour de la biodiversité. Tel est l’objectif de la DCE de 2000 (Directive Cadre sur l’Eau). Pour cela, les milieux aquatiques ont été découpés en unités de gestion et d’évaluation (les masses d’eau). Lesquelles masses d’eau doivent pouvoir, dans un proche avenir, retrouver un bon état écologique (avec des écosystèmes aquatiques en meilleur fonctionnement) et chimique (les polluants ne devant pas dépasser certaines normes). Dans ce contexte, sont ici étudiées les masses d’eau étudiées sur la commune (masses d’eau souterraines et masses d’eau superficielles).60 12 février 2024
Carte des et zones humides.
Source : Chambre d’Agriculture de l’Indre I.N.R.A.E.
A.5.1 Les masses d’eau superficielles
La Directive Cadre sur l’eau demande donc à ce que les masses d’eau superficielles atteignent un bon état écologique (en 2021) et chimique (en 2027). Le premier s’appuie sur des données faune et flore aquatique, ainsi que sur l’état physique des berges, des barrages, etc. ; quant au second, il est déterminé par l’analyse de 41 substances toxiques (sur le secteur, l’analyse a été réalisée en 2013).
Concernant la rivière l’Indre, sur le territoire de la commune de Niherne, apparaissent deux principaux bassins versants :
. A l’est, la rivière l’Indre depuis Ardentes jusqu’à Niherne (masse d’eau FRGR0350b). . A l’ouest, la rivière l’Indre depuis Niherne jusqu’à Palluau-sur-Indre (FRGR0351a). Cette masse d’eau est, en surface, la plus importante.
Pour ces deux masses d’eau superficielles, l’état écologique est considéré comme moyen (sur une échelle de 6 classes allant de très bon à mauvais). Ici, les causes visent surtout les pesticides utilisés en agriculture, les macro-polluants, les obstacles à l’écoulement. Par comparaison, en 2013, 43 % des masses d’eau en France sont en bon et très bon état écologique. En revanche, l’état chimique est plutôt bon. Par comparaison, en France, 48,2 % des masses d’eau françaises sont en bon état chimique.
A.5.2 Les masses d’eau souterraines
Elles concernent les calcaires et marnes du Jurassique supérieur (FRGG075) dont la surface est estimée à 478 km². Une station piézométrique de mesure des eaux souterraines se trouve au lieu-dit « les Chézeaux » (code national 05446X0022/P), à une altitude de 159 m et pour une profondeur d’investigation de 34 m. L’état quantitatif de ces masses d’eau est jugé médiocre. Ici, deux faits sont à souligner :
. Les volumes prélevés dans la nappe dépassent couramment la capacité de renouvellement de la ressource et ce constat est à mettre en relation avec l’irrigation, importante dans le secteur.61 12 février 2024
. La sécheresse estivale, assez récurrente, tend, désormais à être mal contrebalancée par la trop faible pluviosité des hivers précédents – celle des derniers étés (sauf 2021) 2019 s’avère, de ce point de vue, exemplaire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, durant plusieurs années, des arrêtés « sécheresse » ont été pris pour la rivière Indre (et encore en 2023). Ces étés secs n’ont jamais été compensés par des hivers réellement mouillés, susceptibles de réalimenter la nappe dans de bonnes conditions.
En revanche, ces masses d’eau présentent un bon état qualitatif (notamment pour les paramètres nitrates et pesticides).
A.6 Les rivières, Indre et Claise
Source : Cabinet Isocèle. PLU 2008 Source : INRA
Le réseau hydrographique à Niherne : au nord, la rivière Indre en Champagne berrichonne (région de plaine
cultivée), au sud les deux Claise en Brenne (région de bois et d’étangs).
Ces deux rivières (Indre et Claise) irriguent le territoire communal. Mais elles n’ont pas le même
régime ni la même confluence et, surtout, ne dépendent pas l’une de l’autre.
A.6.1 L’Indre
Du Massif central à la Loire
L’Indre est un cours d’eau non domanial. La rivière prend sa source au nord du Massif central, dans le département de la Creuse (23), précisément aux monts de Saint-Marien (commune de Saint- Priest-de-la-Marche) puis, au terme de ses quelques 287 km de son parcours (dont près de la moitié dans le département de l’Indre, de Sainte-Sévère (au sud) à Fléré la Rivière (au nord), elle se jette dans la Loire62 12 février 2024
(en rive gauche), près de la centrale nucléaire d’Avoine (environs de Chinon). Son bassin-versant est de 3400 km².
Une rivière très mobile
Non endigué (sauf dans le bourg de Reignac sur Indre), son cours se voit jalonné de nombreux moulins souvent anciens mais aujourd’hui désaffectés, a priori visés par l’effacement (pour répondre libre circulation des poissons et des sédiments). La commune de Niherne en compte trois, tous répertoriés sur le cadastre napoléonien.
A Niherne, l’Indre est très mobile. Son lit mineur apparait étroit et de faible capacité, surtout lorsqu’on le compare à son large lit majeur (plus de 200 m), sur lequel se répand la crue. Ce lit majeur est propice à la prairie inondable (autrefois fréquentes, les crues hivernales le sont cependant de moins en moins). Pour autant, la rivière a atteint ici son profil d’équilibre, avec des eaux plutôt lentes et calmes, de nombreux bras et méandres. Son niveau d’étiage est soutenu de juin à octobre (jusqu’aux pluies de l’hiver) mais, depuis quelques années et compte tenu de la sécheresse récurrente, il tend à s’allonger (démarrant plus tôt dans l’année), même si la nappe alluviale ainsi que le régime karstique (en lien avec le substratum calcaire) ont naturellement tendance à amortir les variations. Autrement dit, son alimentation dépend beaucoup de la pluviosité générale. Pour autant, elle épure très bien.
L’Indre à Niherne
L’Indre, un seul affluent se jetant dans l’Indre, sur la commune de Niherne
Sur le territoire même de la commune, elle ne reçoit qu’un seul petit affluent (situé en rive gauche), la Courance. Ce dernier nait dans la forêt de Saint-Maur proche, probablement alimenté par quelques sources (ici, se note une petite zone humide). S’il reste à sec une bonne partie de l’année, il est cependant capable de charrier de grandes quantités d’eau en période de pluies prolongées. Bien que non soumis aux B.C.A.E., il n’en est pas moins considéré comme véritable cours d’eau au titre de la loi sur l’eau.
Deux autres apparaissent, non nommés : l’un à l’ouest de la commune qui se jette dans l’Indre dans la commune voisine de Villedieu-sur-Indre, l’autre à l’est.
Des affluents plus importants (Ringoire, Trégonce, Ozance et la Cité) irriguent les communes limitrophes, tous circulant sur le substrat calcaire du jurassique.63 12 février 2024
Une rivière de qualité moyenne
A Niherne, l’Indre est une rivière, dont les objectifs de qualité peinent à être atteints (localement, elle connaît des phénomènes d’eutrophisation). Sa qualité est donc moyenne. Notamment, les nitrates continuent de poser problème, en raison de l’utilisation encore importante d’engrais azotés en Champagne berrichonne. Au plan piscicole, elle est classée en 2 ème catégorie (depuis la Châtre).
La présence d’espèces et d’habitats naturels remarquables a conduit au classement du secteur situé entre Etrechet et Loches (37) au titre du réseau européen Natura 2000 (ici, elle atteint son profil d’équilibre) et de l’inventaire national des ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique floristique et faunistique). Ce thème est développé plus loin (cf. infra).
A.6.2. La Claise
Une rivière de Brenne
La rivière Claise prend sa source sur la commune de Luant et se jette dans la Creuse à Abilly
(Indre-et-Loire) après une course de 87 km. Le principal de son cours se situe en Brenne – d’ailleurs, par
ses débordements et son manque d’entretien récurrent, elle fut longtemps accusée d’être responsable
des maux et de l’insalubrité dont souffrit la région. C’est la raison pour laquelle, aussi, dès le XIX ème
siècle, elle subit de nombreux travaux de curage, élargissement et redressement. Par la suite, dans les
années 1990 puis 2000, elle fit, localement, l’objet d’opérations plus douces, type renaturation.
A Niherne, elle n’en est qu’au début de son cours, marquant la limite avec la commune voisine
de Neuillay-les –Bois. Ici, la ripisylve y est régulière, tandis que son lit mineur apparaît encombré par
toutes sortes d’embâcles. Il est vrai qu’elle traverse des bois, longe des étangs, la plupart de création
récente.
La seule station de mesure des débits se situe très à l’aval, dans le département voisin de l’Indre
et Loire. Les débits enregistrés sont très variables en raison de la présence de nombreux étangs (établis
sur son cours ou à proximité).
La Petite Claise
Le premier de ses affluents se nomme « la Petite Claise ». Située en rive droite de la
Claise, cette dernière traverse d’est en ouest le sud du territoire de la commune. A noter qu’ici, elle coule
sous un certain nombre de petits étangs de loisirs, créés à partir des années 1970, lesquels ne sont pas
sans incidence sur son fonctionnement. Mais il faut rappeler qu’à cette époque, la submersion des cours
d’eau n’était pas interdite, malgré tous les inconvénients qu’une telle opération pouvait impliquer.
Comme la Claise, son lit est envahi par toutes sortes d’embâcles (notamment des arbres et arbustes jetés
en travers). Il est vrai, aussi, qu’elle est, et de plus en plus, bordée de parcelles en cours d’enfrichement.64 12 février 2024
La petite Claise : on remarquera que quelques étangs sont directement posés sur son lit.
Des cours d’eau entravés
Pour la Claise comme pour son affluent, la présence de ces nombreux étangs sur leur lit même a
des effets négatifs : d’une part, les prélèvements d’eau pour l’activité piscicole (même si cette dernière
s’est peu à peu réduite au cours de ces dernières années) tend à abaisser la lame d’eau, d’autre part les
vidanges en détériorent la qualité car elles permettent d’y larguer des matières en suspension, néfastes à
la faune et à la flore présentes sur les cours d’eau. A Niherne, en période d’étiage, ces deux cours d’eau
sont régulièrement à sec. Bien évidemment, ce phénomène s’est accentué au cours de ces dernières
années, plutôt sèches.
A.7. Les réseaux d’eau
A.7.1 L’eau potable
La source de la Saura
La commune de Niherne est alimentée en eau potable par le Syndicat des eaux de la Demoiselle (géré par la SAUR) qui compte trois points de captage et 450 km de canalisations. Code AS1. LA DDT est gestionnaire du sujet.
Le principal captage (validé par arrêté préfectoral du 22/09/1978) est celui de la Saura, situé sur
la commune voisine de Saint-Maur (débit autorisé : 300 m3M/h). L’eau provient de la source du même
nom (la Saura), laquelle est captée dans la nappe peu profonde du Jurassique supérieur sous-jacente. Ses
ressources sont jugées solides et satisfaisant le réseau de distribution. Les deux autres (Lothiers et
Chézelles) sont de moindre importance (avec des débits respectifs de 50 m3/h et 45 m3/h). L’eau transite
par le réservoir des Terrageaux tandis que la zone d’activités de Villedieu-Niherne, située en berge de la
RD 943 est alimentée par le château d’eau proche, situé à l’entrée sud du bourg de Villedieu sur Indre.
Avec la création du lotissement des Coutures et l’extension de la zone artisanale, il sera nécessaire de
renforcer, si ce n’est étendre ce réseau d’eau potable.
Le rendement de ces captages est plutôt correct, puisqu’il est estimé à 83 % alors que l’objectif global de l’Agence de l’Eau est fixé à 80% : autrement dit, 17 % de l’eau retourne dans le sol. Ces fuites interviennent surtout lors des branchements.65 12 février 2024
L’ensemble de ces captages alimente 6.500 abonnés, soit 13.000 habitants de onze communes (Argy, Chézelles, Francillon, La Chapelle-Orthemale, Luant, Niherne, Saint-Lactencin, Saint-Maur, Villedieu-sur-Indre, Villegongis et Vineuil). Cette eau est stockée dans 15 sites dédiés (châteaux d’eau est réserves).
Néanmoins, soulignons qu’une étude patrimoniale vient d’être réalisée par le Syndicat : la compatibilité de ce document avec le projet de PLU de Niherne sera donc à vérifier.
Des périmètres de protection
Afin de protéger la ressource en eau, des périmètres de protection ont, en 1974, été définis après
étude menée par un géologue agréé). Ces périmètres sont destinés à préserver la qualité de l’eau potable.
La commune de Niherne est concernée pour partie (en limite communale de Saint-Maur, parcelles X. Il
est évident que des mesures de sauvegarde des différents périmètres seront à inclure dans le PLU. Ainsi :
. Dans le périmètre de protection immédiat (commune de Saint-Maur), ne sera autorisée
que la récolte des foins,
. Dans le périmètre de protection rapproché, sont interdits le forage de puits et
l’exploitation de carrières, le dépôt d’ordures, potentiellement dangereuses, les constructions et
extensions ; a contrario, le boisement est encouragé.
. Enfin, dans le périmètre de protection étendu, aucune interdiction particulière ne
s’applique.
Notons simplement que les périmètres de protection des captages du syndicat sont
actuellement en cours de révision. Le PLU de Niherne devra donc tenir compte des périmètres à
venir comme des dispositions prévues.
Une station de traitement d’eau potable
Depuis l’arrêté préfectoral du 9 juin 2016, la SAUR gère également une usine de traitement d’eau potable qui traite surtout la dureté (calcaire) et la turbidité (matières en suspension). Elle est installée en périmètre rapproché de la source la Saura, accolée au périmètre de protection immédiate. Sur la commune de Niherne, il s’agit de la parcelle ZD 29, d’une part située en zone N (naturelle et forestière), d’autre part dans le périmètre du plan de prévention des risques inondation (PPRI). Les eaux de lavage sont évacuées vers des lagunes de décantation.
L’accroissement de la population enregistrée au cours des dernières années (1,5% entre 2006 et 2020) a, de facto, engendré celui de la consommation en eau potable. Mais peut-être pas dans les proportions attendues. Elle était de 61,2 m3/an en 2006 (consommation des entreprises comprise) pour 1520 habitants ; en 2022, avec une population de 1583 habitants (soit + 1,5%), elle a donc proportionnellement augmenté. En 2006, la SAUR estimait, pour 2020, une augmentation de la consommation comprise entre 9 et 16%, ce qui, selon elle, allait justifier le renforcement et l’extension des canalisations. A l’époque, le lotissement des Coutures ainsi que l’extension de la ZA Villedieu-sur-Indre/ Niherne, étaient déjà envisagés. Raison pour laquelle la SAUR a prévu un renforcement du réseau d’eau potable.
A une époque où la ressource en eau devient un défi majeur, de nouvelles actions seront certainement à préconiser, notamment en matière de révision des périmètres de protection des captages et de suivi des canalisations.66 12 février 2024
A.7.2. Eaux usées et eaux pluviales
Les eaux usées
La gestion des eaux usées s’intéresse à l'ensemble des techniques de collecte, de transport et de traitement des eaux usées et des eaux pluviales avant qu’elles ne soient rejetées dans la nature. Elle concerne l’assainissement collectif et autonome (lorsqu’il s’agit d’une parcelle privée). En dépend également, l'élimination des boues issues des dispositifs de traitement. Le service dédié à ce sujet possède les compétences de collecte, de transport mais non de dépollution. A la fin de l’année 2019, il desservait 645 abonnés pour 1390 habitants.
Dans le secteur, le réseau de collecte séparatif d’eaux usées s’allonge sur 11 km. Il concerne les deux bourgs de Niherne et de Surins – pour leurs habitations, le raccordement est obligatoire (au prix de 450 euros le raccordement).
Il a ainsi été prévu d’étendre le réseau d’assainissement collectif à la ZAC des Coutures et à la rue de la Grande-Croix et ce, moyennant une redevance. Tous les autres hameaux et habitations isolées restent en système autonome, non collectif (rue de Chézeauneuf, route de Tours, hameau du Tecq, notamment).
Le PLU doit intégrer les conclusions de ce Schéma Directeur d’Assainissement. Dès lors, il doit déterminer les zones d’assainissement collectif et individuel ainsi que celles devant faire l’objet de mesures nécessaires pour limiter l’imperméabilisation des sols, prévoir la collecte, le stockage, le traitement des eaux pluviales et de ruissellement. Seul le zonage est opposable.
Avec la commune voisine de Villedieu-sur-Indre, la commune de Niherne a approuvé son zonage d’assainissement le 25 mars 2002. Il a ainsi été décidé :
. D’étendre le réseau d’assainissement collectif existant déjà sur les bourgs de Niherne et Surins à la ZAC des Coutures et Rue de la Grande Croix. Une redevance d’assainissement, sous la forme d’une taxe appliquée aux habitations raccordables, permet de financer ce réseau collectif. Le raccordement est évidemment obligatoire dans les zones desservies.
. Partout ailleurs, l’assainissement est autonome. Mais, sur ce sujet, il n’est pas certain que toutes les habitations disposent d’un dispositif de traitement conforme aux règles en vigueur (traitement incomplets, rejets superficiels indus). Or, à Niherne, l’imperméabilité d’une grande surface communale, la proximité de la nappe ou encore la pente, localement défavorable ainsi que la proximité d’une zone bétonnée, sont, ici, facteurs négatifs. De fait, quelques anomalies sont observées (rejets d’eau mal traitées, réalisés dans la nature par infiltration ou directement dans le réseau pluvial).
Les eaux pluviales
Elles s’écoulent relativement bien, selon la pente, vers les deux rivières réceptrices, à savoir l’Indre et la Claise. Néanmoins, quelques anomalies sont à noter :
- En période de pluies prolongées ou d’orages violents, de grandes quantités d’eau se déversent et, selon la nature du sol et la pente, ruissellent et gagnent rapidement les exutoires, ce qui, parfois, occasionne des engorgements ponctuels voire des inondations dans les points bas. Ce qui pose problème lorsque ces derniers sont habités.
- Par ailleurs, surtout en Brenne, les sols sont imperméables, hydromorphes et retiennent facilement l’eau. En témoignent les flaques d’eau qui, assez vite après la pluie, viennent parsemer labours, prairies et même massifs boisés. Les anciens ne s’y étaient pas trompés qui, dans ce secteur et quasi systématiquement, avaient créé des fossés en limite des parcelles.67 12 février 2024
Il importe donc que le réseau d’eaux pluviales soit efficace et que sa portée soit bien prise en compte lors de l’élaboration du PLU.
Rappelons que, concernant la gestion des eaux pluviales, il n’existe pas de Schéma directeur.
B) Les paysages
B.1. Une vue globale
B.1.1 Deux rivières, l’Indre et la Claise
L’l’Indre, un rôle essentiel
A Niherne, le paysage est contrasté. Si, rivière d’importance, l’Indre y impose sa marque, elle n’en
pas pour autant le seul élément qui compte. De fait, si on s’en tient à ces données brutes que sont le
sous-sol, le relief et la végétation, on comprend assez vite que ces éléments ne sont pas neutres et, qu’à
leur manière, ils influent largement sur l’organisation de l’espace. Car la géologie importe également. Et,
ici, il existe un contraste entre deux paysages, l’un de Champagne berrichonne, l’autre de Brenne ; l’un
dominé par la plaine cultivée, juste pointée de petits bois, l’autre, réservée aux plus grands boisements,
aux étangs et prairies.
En séparant les deux bourgs, l’un placé sur sa rive droite (Surins), l’autre sur la rive gauche (le
bourg de Niherne proprement dit), la rivière s’octroie, de fait, une part importante. C’est elle qui, dans le
temps, attira les premiers habitants et c’est elle qui, aujourd’hui encore, diversifie le paysage : paysage
d’eau (le lit proprement dit, les anciennes sablières), de bâti, d’herbes (les prairies) et d’arbres (les
nombreuses peupleraies), elle ne cesse de le changer et de le modeler, ses mouvements imperceptibles
générant ainsi maintes palettes de nuances, couleurs et formes. Son vaste lit dessine un ruban qui se lit
plutôt bien depuis les principales routes qui le longent tout en le surplombant.
La Claise, plus modeste
Au sud-ouest, la Claise joue pareille partition, mais sur un mode plus modeste. Plus étroite, sa
vallée étant moins charpentée, elle se contente de tirer son trait pointé d’arbres et seules la longent des
prairies effilées, vite cernées de friches, de boisements, pins et chênes. Elle reste donc confidentielle, à
peine visible.
Entre ces deux éléments qui fixent l’ossature (même si l’un est plus important que l’autre), se
dégagent des paysages autres : de plaine, de bois et d’eau, principalement.
B.1.2. Les paysages de plaine
Ils s’imposent de part et d’autre de la rivière Indre, au nord et au sud.
Au nord de l’Indre
. Au nord de l’Indre, zone que traverse la passagère RD 943, les grandes parcelles cultivées
viennent de succéder à de plus petites, aujourd’hui rassemblées. Mais hier, elles étaient vouées au jardin,68 12 février 2024
au verger et à la vigne. Au nord de la RD 943, se maintiennent d’ailleurs quelques restes de ce petit
jardinage (secteur la Greletterie, les Genêts).
Au sud de l’Indre
Au sud de l’Indre, la grande plaine céréalière s’impose partout où elle le peut. A première vue, les
champs se succèdent les uns aux autres, tous d’assez belle dimension. Pour autant, ils composent avec un
relief, imperceptible mais bien réel, qu’ordonnent de petites vallées sèches et étroites. De forme souvent
géométrique, ces parcelles composent un damier aux couleurs variées qui changent avec les saisons et les
cultures retenues – d’une année sur l’autre, elles ne sont jamais les mêmes. Ces champs composent
également avec les boisements qui les cernent, petits bosquets perdus au cœur de la plaine et plus grands
massifs. Il est à noter que, jusque dans les années 1970, ces derniers étaient beaucoup plus vastes qu’ils
ne le sont aujourd’hui (ils ont alors été défrichés pour être mis en culture).
Les paysages de Champagne berrichonne
A gauche, la zone nord du bourg de Surins (traversée par la RD 943)
A droite, le domaine d’Arly (à l’ouest de Tilly)
Source : Géoportail IGN 2021
B.1.2. Les paysages de prairies, d’arbres et d’eau
Puis, plus au sud encore, s’impose un paysage de prairies, d’arbres et d’eau. C’est l’arbre des
grands massifs, certains anciens mais d’autres plus récents ; c’est l’eau de la Claise et de ses petits
affluents et plus encore, l’eau des étangs, sachant que la plupart ont été créés après les années 1970 – de
fait, ils manquent sur les photos aériennes de 1949 comme sur le cadastre napoléonien de 1834. A
l’époque, seuls les étangs des Loges, du Bois Martin, de la Boutardière et de la Locature d’Aubigny sont
répertoriés. Créés de toutes pièces sur d’anciennes prairies, ils sont assez vastes et, parfois, très proches
les uns des autres. Certains se noient totalement dans les fossés et petits cours d’eau (la petite Claise,
notamment). A vocation de loisirs (pour la pêche, essentiellement), ces étangs se repèrent bien sur les
photos aériennes par la couleur de l’eau (café au lait) et le fait qu’ils s’échelonnent en chapelet (une
partie est installée sur la commune voisine de Saint-Maur). Entre ces massifs et ces étangs, s’intercalent
de rares prairies et labours. Du passé agricole de ce secteur, ne restent que quelques zones de prairies69 12 février 2024
cernées de haies (Les Champs du Marchais, les Renfermés). A contrario, vers Rançay, Château-Gaillard et
la RD 925, les grands champs depuis longtemps présents n’ont, quant à eux, pas varié.
De nouveaux étangs créés entre 1970 et 1990
Source : Géoportail IGN 2021
Si proche de l’agglomération castelroussine, le territoire de la commune de Niherne reste
profondément rural, avec ses bois et ses étangs (même si ces derniers sont de facture récente), ses
labours et ses prairies, ses jardins reliques et ses bosquets. Pour une très grande part (exception faite de
grandes demeures et de la zone artisanale de Villedieu/Niherne), le bâti apparaît modeste, n’ayant pas
encore réellement rogné ni dénaturé ces paysages « naturels ». Près des grandes fermes isolées comme
dans les plus modestes hameaux, les constructions sont restées anecdotiques, maintenant ainsi le
paysage dans une ambiance très rurale et ce, même si l’on sait que les nouveaux petits étangs ont
apporté une note nouvelle qui, déjà, annonce la Brenne voisine.
Prairies et étangs dans la partie Brenne
Source : Géoportail IGN 202170 12 février 2024
B.2. Des paysages dans le détail : les principales entités paysagères
B.2.1.Le nord de la vallée de l’Indre : le rôle de la RD 943 dans l’organisation des
paysages
Mais les éléments naturels ne sont pas les seuls à déterminer le paysage : entrent aussi en
compte l’activité humaine, ses œuvres et ses réalisations, heureuses ou moins heureuses. Parmi elles, les
accès, routes et chemins, le bâti, les habitations et les zones d’activités. Les unes et les autres sont
inégalement distribuées dans l’espace.
Depuis très longtemps, la rivière Indre – située au nord du territoire de la commune - a attiré les
hommes et leurs activités. C’est elle qui, sur l’ensemble du territoire communal, les retient. Au fil du
temps, près d’elle, se sont ainsi dessinés deux grands axes de circulation qui, autrefois, reliaient les
deux villes de Tours et de Châteauroux (et, au-delà, Clermont-Ferrand) : l’actuelle RD 943 – ancienne RN
143 – et la voie ferrée, aujourd’hui désaffectée pour une grande part ; à leur tour, ces derniers ont attiré
des habitants et des activités.
Les principales voies de circulation : A20, RD 943 et 925 (source : IGN)
La RD 943 joue un rôle de premier plan dans l’organisation de l’espace : par ses caractéristiques
routières et par le fait qu’elle a attiré un grand nombre d’activités économiques et privilégié
l’urbanisation.
Les caractéristiques routières
Il s’agit d’un large ruban d’asphalte, rectiligne et qui, sans état d’âme, semble trancher à vif dans
le paysage agricole environnant. Sur le territoire de Niherne, elle va droit, épouse les ondulations de
terrain, creux et zones plus hautes, ni remblais ni déblais. A hauteur du point d’altitude 148 m, elle passe
à deux fois deux voies (sur une longueur de 10 km, où elle s’en va rejoindre l’A20). De chaque côté, la
bordent des haies basses récemment plantées (dans les années 2000), haies qui ont remplacé des arbres
d’alignement, présents jusque dans les années 1950 avant que la route ne soit aménagée pour une
circulation de plus en plus importante.71 12 février 2024
Les activités économiques qui en découlent
Au bord de cette RD 943, à faible distance de l’autoroute A20 et de l’aéroport de Châteauroux, se
déploie la zone artisanale de Villedieu-sur-Indre/Niherne (à cheval sur les deux communes : 16 ha à
Villedieu-sur-Indre et 2 ha à Niherne). Elle regroupe une petite trentaine d’entreprises, occupe une place
stratégique dans la vie économique locale comme de l’agglomération castelroussine prise dans son
ensemble. A Niherne, elle est installée au lieu-dit les Vergnes.
Zone artisanale de Villedieu/Niherne, animée par la RD 943 Source : Google Earth
Pour autant, il s’agit d’une zone créée de toutes pièces, il n’y a pas si longtemps : les premiers
bâtiments n’apparaissent qu’au début des années 1990. Avant tout fonctionnels et destinés à la
production, ils n’ont pas vraiment épousé les contraintes architecturales locales. Ce sont, posés au bord
de la RD 143, dominés par la silhouette tutélaire du château d’eau de Villedieu-sur-Indre, qui plus est sur
des points assez hauts, des blocs géométriques, des parallélépipèdes diversement colorés (parfois avec
des couleurs criardes), pas vraiment esthétiques, en tous cas dépourvus de toute résonance avec le bâti
traditionnel. Ainsi posée sur le plateau, cette façade, de type urbain, détonne dans un environnement
resté agricole, d’autant que les quelques plantations réalisées pour l’accompagner (ce sont des haies
basses et géométriques, trop taillées) ne font que renforcer son aspect industriel et commercial. Cette
zone est annoncée par le château d’eau de la commune voisine de Villedieu-sur-Indre, visible de loin.
L’urbanisation en lien avec la RD 943
La RD 943 a également attiré l’urbanisation.
En rive droite de l’Indre, placé en position encore assez haute sur les terrains calcaires du
Jurassique, (entre 140 m et 150 m d’altitude), le village de Surins s’est largement étoffé, mais en lorgnant
de préférence vers la route, sachant que, vers la rivière, s’annoncent vite les zones alluviales, non
constructibles. Si bien qu’entre la route et l’ancien village, ont, à partir des années 1970, surgi des rangées
de pavillons qui semblent posés à même les champs environnants, les uns et les autres suivant les courbes
de niveau, notamment une petite vallée sèche côté route de la Tuilerie. Au fil des années, ces pavillons se
sont agglutinés le long des deux petites voies communales menant au nord, vers les deux lieux-dits de la
Tuilerie et de la Greletterie, le premier situé au bord de la RD 943, le second dans les champs. Le choix de72 12 février 2024
ce site pour construire des pavillons semble évident : car il est à la fois proche du village de Surins et de
ses facilités comme de la RD 943 qui emmène directement l’automobiliste vers l’agglomération
castelroussine à l’est et Buzançais à l’ouest, deux cœurs d’activités économiques.
L’urbanisation, le long de la RD 943 Source : Google Earth
La RD 943 a ainsi attiré à elle les hommes et les activités économiques. Mais, ce faisant, elle a
engendré un certain nombre de nuisances visuelles et sonores.
Au nord de la RD 943, se déroule une zone d’anciens petits jardins que, peu à peu, ont grignotés
les labours plus grands. C’est ici que devrait passer la future déviation, entamant donc un parcellaire
menu longtemps dédié au jardin (vigne, potager, verger) mais actuellement délaissé. A ce jour, il apparaît
tenté par la friche ou quelques plantations, des timbres-postes surtout composés de résineux. Cette zone
est visible depuis la route et le sera encore davantage depuis la déviation.
Les anciens jardins au nord de la RD 943 : friche et jeunes plantations de résineux.
B.2.2. La vallée de l’Indre
La vallée de l’Indre, attractive aux hommes
Au cœur de la zone agricole (placée sur substrat calcaire jurassique), la vallée de l’Indre est
comme un ruban plus vert qui attire les hommes et les activités. C’est sur sa rive gauche que s’édifia le73 12 février 2024
village de Niherne, très près de l’eau (ici, les altitudes ne dépassent pas les 130 m). Le premier noyau
s’établit sur les alluvions anciennes, mais suffisamment en hauteur et loin de l’eau pour ne pas être
submergé lors de grosses inondations. Par la suite, à la fin du XIX è siècle et toujours en rive gauche, fut
construite la petite voie ferrée, parallèle à la DR 67 qui longe la vallée de l’Indre. C’est de là que, peu à
peu, au fil du temps, et entre ces deux voies, se développèrent les zones bâties en lieu et place d’anciens
petits jardins et prairies plus vastes. D’ailleurs, ici, les maisons les plus anciennes se distinguent par leur
architecture (ce sont de petites longères, assez proches de la route ou ayant pignon sur la route) et leurs
matériaux (plutôt du calcaire, pris sur place), bien différente de celles qui furent construites à partir des
années 1950 (qui, davantage, sont de type pavillonnaire et à base de matériaux de facture industrielle).
Ici, entre les maisons nouvellement bâties, s’observent quelques jardins potagers et/ou d’agrément qui,
pour l’arrosage, profitent de la proximité de la rivière et de ses multiples points d’eau.
Source : Google Earth
Un paysage de vallée en évolution
A Niherne, la rivière est sinueuse, assez large, fait des détours et semble prendre son temps.
Autrefois, la vallée de l’Indre n’était qu’une vaste prairie, comme l’indique clairement la toponymie (cf.
cadastre napoléonien de 1834 : le Grand Pré, la prairie de Niherne, le Pré Renfermé, la Prairie de Vaux…).
En 1949, ainsi que le montrent les premières photographies aériennes, elle le reste encore, à peine
ponctuée de quelques peupleraies. Mais, surtout, les arbres et les haies manquaient (ce qui n’est plus le
cas aujourd’hui) tandis que se devinait très bien le cours assez fantasque de la rivière comme de ses petits
bras, de ses noues et de ses sources. D’ailleurs, autrefois (soit en 1834), la prairie était irriguée de
quelques fossés. Aujourd’hui, la prairie a quasiment disparu, remplacée par la friche, par ces trous d’eau
que sont les anciennes sablières et les peupleraies plantées, ces dernières largement développées au fil
des décennies.74 12 février 2024
La vallée de l’Indre en 1949 : elle ne porte pas encore de peupliers.
Source ; IGN Géoportail
Une plantation de peupliers dans la vallée de l’Indre à Niherne
Peu à peu, le bourg s’est étoffé, grignotant les environs mais en prenant soin, cependant, de
laisser la vallée de côté : les inondations récurrentes y empêchaient toute construction. En revanche, elles
n’empêchèrent pas qu’elle soit exploitée autrement que par la seule prairie, notamment par le jardin
potager, près des habitations (secteur les Chueches en rive de la RD 67 et les Chenevières). A partir des
années 1950, apparurent progressivement les peupleraies puis les sablières, les unes et les autres
modifiant profondément l’aspect de la vallée.
Une certitude : la grande prairie alluviale a perdu de son intégrité. Désormais, elle est, ou bien
percée de trous d’eau cernés de boisements (les sablières), ou bien plantée de peupliers alignés, ou bien
encore laissée à la friche ou au labour partout où cela est possible (comme en rive droite de l’Indre, à
l’ouest de Malaise), l’une et l’autre prenant alors la place de la prairie, laquelle s’amenuise à mesure.
Aujourd’hui, elle subsiste par lambeaux, coincée entre les peupliers et les anciennes sablières.
Les premières peupleraies apparaissent à la fin des années 1940. Par la suite, elles se sont
développées en timbre-poste, exploitées à mesure, dès qu’elles étaient matures, formant de grands75 12 février 2024
rideaux d’arbres qui ferment la vue sur la rivière. En l’espace de 70 ans, les peupleraies ont ainsi été
nombreuses à se déplacer. Aujourd’hui, elles sont surtout présentes vers Parçay et la Goguetterie.
Des sablières importantes
Quant aux sablières, de formes géométriques, elles sont le fait de la SARL les Sablières de la
Vallée de l’Indre (entreprise familiale créée en 1979), spécialisée dans l’extraction de sables et de graviers
(aujourd’hui, elle n’est plus en activité).
Les sablières, Prairie de Vaux en 1975 puis en 2021 (Source : IGN Géoportail, Remonter le temps)
Au lieu-dit « la Prairie de Vaux », leur exploitation démarre au début des années 1970. Elles se
divisent en deux zones : les premières (les plus proches du bourg, Inexploitées et fermées depuis
quelques années sont désormais des bassins d’eau stagnante que gagne une végétation de type friche
humide, faite de saules, aulnes et épines noires. L’ensemble, plutôt fermé et agréable au plan visuel est
aujourd’hui réservé à la pêche à la ligne. Les secondes sont en toute fin d’exploitation.
L’exploitation du sable s’est ensuite poursuivie dans les décennies 2000 et 2010 au lieu-dit « les
Communaux » (parcelles AP 71, 72 et 73) sur une surface de 5 ha 50 avant de s’achever à la fin de l’année
2017. Ici, L’extraction eut lieu sur une profondeur maximale de 5 m par rapport au niveau naturel des
terrains. Après remise en état, la sablière a été transformée en plan d’eau de forme triangulaire, profond
de 3 à 5 m et vaste de 3 ha, alimenté par la remontée de la nappe alluviale. Par la suite cédé à la
commune de Niherne, ce plan d’eau est aujourd’hui dédié à la pêche à la ligne et aux loisirs des habitants.
Il devrait également faire l’objet d’un circuit de randonnée. Pour l’instant, ses environs proches n’ont pas
été paysagés (il est cerné par des broussailles et des peupliers). Il est proche de deux autres étangs (étang
Bourbon et étang Renard). Tous trois sont gérés par une association de pêche.
Au cœur du bourg de Niherne, une zone récréative
Enfin, au cœur du bourg de Niherne, sur les berges de l’Indre près du pont séparant les deux
bourgs de Niherne et de Surins, s’étend une zone de loisirs, récréative. Bien que située en zone
submersible, elle a été spécialement aménagée, (piscine d’été, bancs, jeux pour enfants, terrains de
sport).
Puis, tout près des habitations (secteur la Chueche, les Chènevières), entre la RD 67 et la prairie
de l’Indre, se maintiennent, ici et là, quelques jardins potagers et/ou d’agrément, vestiges des anciens
jardins paysans encore bien visibles sur les premières photographies aériennes de 1949. Côté Indre, ils
s’intercalent entre des maisons plus ou moins anciennes : les plus récentes sont systématiquement
construites en retrait de la route, dont elles sont séparées par un jardin d’agrément et une clôture (haie76 12 février 2024
de thuyas ou clôture industrielle) alors que les plus anciennes sont, elles, bordent la route (soit par le
pignon, soit par la façade).
L’étang communal l’étang communal
Source : IGN Géoportail 2021
Les prairies à la portion congrue
Entre les friches qui gagnent – signifiant la disparition de l’élevage - les rangées de peupliers et les
labours qui grignotent les terrasses alluviales les plus hautes, résistent encore quelques rares prairies. Ces
dernières sont ou bien pâturées (surtout par les chevaux) ou bien fauchées à la fin du printemps et au
début de l’automne, lors du regain. Mais, d’année en année, elles tendent à perdre de la surface.
B.2.3. Les zones agricoles entre vallée de l’Indre et RD 925
Une grande plaine agricole
La plaine calcaire, à Niherne
Cette zone, très largement ouverte, repose sur les calcaires jurassiques propres à la Champagne
berrichonne. Malgré une apparente platitude, elle se caractérise par une légère de descente depuis la RD
925 jusqu’aux premières terrasses de la vallée de l’Indre (les altitudes passent 158 m à la Croix Rouge à77 12 février 2024
128 m sur les berges de l’Indre), de temps à autre interrompue par ces lents moutonnements que
décident les vallées sèches. Ici, dominent surtout les labours en grand, juste interrompus, çà et là, de
quelques bosquets isolés. A mesure que l’on se rapproche de la RD 925, de plus grands massifs (forêt de
Niherne et forêt de Saint-Maur) s’imposent, que frangent de petits étangs, tous récents (bois de Niherne,
surtout). Vers le sud, s’annonce déjà la Brenne, riche de ses petits bois, labours et, surtout, étangs.
Ici, les parcelles labourées sont plutôt vastes, s’agrandissant au fil des années, production oblige.
C’est la raison pour laquelle ce qui apparaissait comme obstacles, mardelles, haies longeant les vallées
sèches, anciens vergers parsemant la plaine, petits bosquets, etc. ont progressivement disparu, intégrés
dans les grands labours. De même, ont été supprimés des pans entiers de forêts. Ainsi en est-il au lieu-dit
« La Forêt », de toute une zone comprise entre le Tecq et l’Allée du Grand Rond, qui limite la forêt de
Saint-Maur au sud et la ferme de Nuisance au nord ; ainsi en est-il, encore, à l’ouest, entre les Couteaux et
les Bois de Niherne, de tout un vaste ensemble nommé le Domaine d’Arly ou Bois des Mardelles, soit, au
total, plusieurs dizaines d’hectares de bois supprimés à des fins de culture. De ce passé boisé, subsistent
de nombreux chemins rectilignes, anciennes allées qui, géométriquement, sillonnaient les massifs.
A l’inverse, quelques plantations récentes sont apparues : par exemple, des résineux sont venus
enserrer le domaine de Tilly.
Le domaine de Tilly en 1974 et aujourd’hui. Source IGN Remonter le temps et Géoportail
La route départementale (RD 80), les voies communales comme les chemins d’exploitation
permettent la desserte de ces parcelles agricoles. Et, avant tout, elles sont fonctionnelles. Tour à tour,
elles longent labours et bois, comme un rappel du passé de ces derniers.
Des fermes isolées
C’est le secteur des fermes isolées (Nuisance…), des petits hameaux (le Tecq, Tilly…), les unes et
les autres répondant à la nécessité de la seule agriculture. D’ailleurs, ce secteur n’a pas vu, ou très peu, de
constructions nouvelles si ce n’est des bâtiments à usage agricole. Ici, il n’y a pas eu de mitage de l’espace.
B.2.4. Le sud de la RD 925
Entre Champagne berrichonne et Brenne
En dépassant la RD 925 vers le sud, surgit un nouveau paysage, beaucoup plus complexe,
composé de champs cultivés comme autant de clairières insérées dans les grands bois environnants (bois
de la Biche, Bois aux Bœufs…), de vastes prairies parfois cernées de haies et de friches, régulièrement
bordées d’un fossé. De fait, pour la plupart, ces prairies sont hydromorphes, comme en témoignent les78 12 février 2024
flaques d’eau qui les parsèment après des pluies importantes. Davantage qu’au nord de cette même RD
925, les vallées s’imposent, que souligne un encaissement plus marqué et, surtout, se ressent la présence
de l’eau : Claise et petite Claise, ainsi que quelques autres ruisseaux (non nommés) irriguent l’espace,
créant davantage de ruptures paysagères ; de plus, l’hydromorphie marquée des sols posés sur les
formations gréseuses ressort facilement dès que tombent des pluies prolongées (comme celles de janvier
2023) – prés et bois sont alors parsemés de flaques. Dès lors, on comprend que cet espace se soit enrichi
de nouveaux éléments (c’est-à-dire les étangs) qui, déjà, annoncent la Brenne.
Réseau de fossés, près les Carbonnières Secteur de la Croix Diamant
De fait, au plan géologique, le secteur se partage entre terrains calcaires de la Champagne
berrichonne (au nord) et formations détritiques de la Brenne (au sud), propices à la création d’étangs. A
noter, que, comme en Brenne, la friche tend à se développer : par exemple entre l’étang des Loges et la
limite sud de la commune, les anciens labours et prés sont désormais envahis par la friche.79 12 février 2024
Le secteur de l’étang des Loges : comparaison 1950 et 2021. On voit à quel point il s’est d’une part enfriché,
d’autre part couvert de petits étangs. Source : IGN Remonter le temps
De vastes zones boisées
Ici, les bois couvrent des surfaces importantes (Bois de la Biche - prolongement du Bois de
Niherne -, Bois de la Beauce) quoique plus dispersés. Certains portent des résineux (secteur compris entre
la Jossardière et la Baumerie, vers Tilly), récemment plantés (dans les années 2000) ce qui contribue à
fermer davantage le paysage. Entre ces grandes masses boisées, s’intercalent les champs cultivés, les
étangs et des zones de bocage (Les Champs du Marchais), surtout dédiées à la prairie humide, du fait
d’une part de leur proximité avec les ruisseaux, d’autre part de la nature hydromorphe des sols. Le tout
compose une mosaïque de paysages assez diversifiés, vite changeants.
De nouveaux étangs
Parmi tous ces éléments paysagers, les étangs tiennent une place à part. Si quatre d’entre eux
(l’Etang des Loges (anciennement grand Etang de Grandeffe), l’étang du Bois Martin, la Locature
d’Aubigny et l’étang de la Boutardière) sont anciens (ils figurent sur le cadastre napoléonien), tous les
autres – et ils sont nombreux – ont été creusés à partir de la décennie 1970. Il va sans dire que les plus
anciens s’inscrivent parfaitement dans le paysage : installés au fond d’une dépression, ils épousent assez
bien les légers mouvements du relief, ce qui est moins le cas des plus récents qui, eux, répondent surtout
à des limites parcellaires.
Un vieil étang : l’étang de Bois-Martin
Les étangs peuvent être divisés en deux catégories :80 12 février 2024
. Lovés au fond des vallées (de la petite Claise, notamment), les premiers, – les plus grands et les
plus anciennement créés - sont de forme plutôt imprécise, en phase avec la mouvance du terrain et
relativement dispersés dans l’espace ; certains sont bordés d’une végétation de type humide (saules,
notamment),
Sur la photo aérienne, l’étang des Loges (en sombre) et les nouveaux étangs (en clair).
Sources : cabinet Isocèle PLU 2008 et Géoportail IG.N. 2020
. Quant aux seconds, surtout destinés aux loisirs, ils épousent les limites de la parcelle, qu’elle soit
ou non propice à leur création, se serrent les uns contre les autres, petits « trous d’eau » de forme
géométrique et de bords francs, à l’eau couleur café au lait. Ainsi construits, ils tendent à freiner
l’écoulement naturel. Presque tous sont flanqués d’une île en leur centre, agrémentés d’un petit espace
jardiné, d’inspiration horticole (par exemple avec thuyas, bambous, saules pleureurs, peupliers…), parfois
avec cabanon du dimanche. Autant dire qu’en introduisant un nouveau « vocabulaire » qui emprunte
beaucoup au pavillon de la ville, ils n’ont pas grand-chose à voir avec les étangs traditionnels de la Brenne
et que, d’une certaine manière, ils tendent à banaliser le paysage. A vrai dire, ces nouveaux étangs sont
privés, surtout destinés à la détente (loisirs et pêche à la ligne) tandis que d’autres restent dévolus à la
pisciculture (secteur les Fonds Pourris). D’ailleurs, ils sont identiques à ceux qui jalonnent le territoire des
communes voisines (Luant, Neuillay les Bois, Saint-Maur), toutes proches de l’agglomération
castelroussine et pour laquelle, ils sont, avant tout, espaces de détente.
De manière générale, la plupart de ces étangs ne sont guère visibles de la route, étant seulement
accessibles par des chemins, plus ou moins privés. Par ailleurs, ils sont souvent masqués par la végétation
naturelle (saules, notamment) ou plantée (thuyas…). Seul, l’étang des Loges, le plus grand et le plus
ancien de la commune) est visible depuis un chemin de randonnée.
Hormis les deux routes départementales (RD 125 et RD 80), rectilignes et perpendiculaires à la RD
925, qui, toutes deux ont « déchiré » le paysage préexistant (on voit bien qu’elles ont littéralement
entaillé les bois et les bocages), l’ensemble de la zone n’est sillonné que de chemins et de petites voies
communales, les uns et les autres plutôt sinueux.81 12 février 2024
B.3. Les enjeux paysagers du territoire communal
B.3.1. Les enjeux paysagers liés à la RD 943
Les abords de la zone d’activités
Leur qualité est induite par les bâtiments qui la composent (insertion des bâtiments à venir dans
ceux qui existent déjà). Il importe que, depuis la route, la zone apparaisse plus attrayante qu’elle ne l’est
actuellement ; il faudra, notamment, rester attentif à la qualité du bâti, formes et couleurs choisies,
comme à l’aménagement paysager, jusque-là apparemment laissé de côté.
Les habitations
Les rangées pavillonnaires qui longent les deux petites voies communales menant à Surins (ils
sont classés en Ub sous-secteur urbain à dominante d’habitat pavillonnaire) sont ici déterminantes.
La déviation de Villedieu-sur-Indre
Passant par le nord et prochainement construite, elle évitera de traverser le bourg de Villedieu-
sur-Indre. Il est prévu qu’elle longe toute cette zone et rejoigne l’actuel rond-point qui, par la route deux
fois deux voies, gagne l’A20 et Châteauroux. A l’ouest de Villedieu-sur Indre, cette déviation touchera le
village de Chambon. Il est évident qu’elle créera une saignée dans le paysage concerné, labours et jardins
notamment.
Le projet de déviation de Villedieu-sur-Indre touche le nord de la commune de Niherne
B.3.2. Les enjeux paysagers liés à la vallée de l’Indre
Les prairies en voie de disparition
La vallée de l’Indre est en passe de perdre ses prairies, grignotées par la friche, les sablières
(certaines étant transformées en petits plans d’eau), les peupleraies et les labours. Le tout forme un
fouillis végétal, commandé par des intérêts juxtaposés (extraction de sable, plantation de peupliers,
développement des grandes cultures), assez loin de l’occupation première des lieux (qui, longtemps, fut la
prairie et le jardin, plutôt en périphérie des deux bourgs).82 12 février 2024
Peupleraies, friches et labours
-Il est nécessaire de contenir les peupleraies, la friche et les labours et de maintenir, le plus
possible, les prairies et les jardins encore en place ; plus précisément, de préserver mais aussi de restaurer
les milieux naturels « refuges » (prairies, milieux humides, jardins, vergers riverains, quelques friches), qui
marquent le paysage.
Anciennes sablières
Il serait intéressant d’appréhender autrement les anciennes sablières, c’est-à-dire d’envisager
leur réhabilitation non pas en tant que telles mais plutôt en direction de la découverte d’un milieu naturel
particulier. Rappelons qu’elles ne sont pas très anciennes dans le temps (contrairement à la prairie et au
jardin). Même si elles ont modifié le paysage local, elles n’en restent pas moins présentes, signant une
tranche d’histoire. Peut-être conviendrait-il de les réhabiliter, de les restaurer dans une perspective
« milieu naturel » puis de les ouvrir au public.
B.3.3. Les enjeux liés à la biodiversité83 12 février 2024
Dans la vallée de l’Indre, la biodiversité est encore importante, comme en témoignent les zonages
tels que Natura 2000 et les ZNIEFF (voir infra). C’est pourquoi les enjeux liés à la biodiversité sont ici
importants. Or, l’évolution actuelle des lieux, marquée par les activités liées à l’extraction du sable et la
plantation de peupliers a fragilisé, sinon détruit des habitats remarquables et variés, liés à la prairie
humide. On peut ainsi noter :
- destruction, depuis plusieurs années, de certains habitats, remplacés par d’autres, de facture
beaucoup plus artificielle et monotone (sablières, peupleraies).
- nécessité de maintenir les prairies restantes, voire d’en réhabiliter quelques-unes et ce, par le
biais de mesures adaptées (en lien avec Natura 2000, par exemple).
- nécessité de maintenir les haies séparant ces prairies, dans la mesure où elles servent de
corridor écologique pour la faune et la flore.
- nécessité de sensibiliser le public à ces enjeux de biodiversité, en orientant l’aménagement des
sites communaux dans ce sens.
B.3.4. Les enjeux paysagers liés aux zones agricoles entre vallée de l’Indre et RD 925
Strictement partagé entre bois et labours, ce vaste espace indemne de toute urbanisation
(exception faite des fermes et hameaux déjà anciens) mérite d’être conservé tel quel. De fait :
- en préservant les espaces boisés, seront également préservées ces séquences paysagères
labours/bois qui rendent le secteur plus diversifié,
- en faisant en sorte que l’espace reste « naturel », comme un vaste espace de respiration,
- avec ses fermes isolées et ses hameaux, l’espace apparait totalement dédié à l’agriculture qui,
ici, apparaît comme un pan essentiel de l’économie locale. Dès lors, il est essentiel que ces terres agricoles
soient préservées et qu’elles ne puissent s’ouvrir à une autre activité qui exigerait de nouvelles
infrastructures (bâtiments, logistique, habitat pavillonnaire, etc.).
B.3.5. Les enjeux paysagers liés au sud de la RD 925
La mosaïque de milieux, que justifie la juxtaposition des forêts, des labours, des prairies
bocagères, des étangs et aujourd’hui de la friche, est, sur le principe, à conserver absolument car elle
apporte une grande diversité paysagère. Pour autant, si elle était envisagée, la création de nouveaux
étangs, devrait se faire sur des bases en phase totale avec la réalité du terrain (végétation naturelle, relief,
etc.). Il importe donc de :
. Préserver l’écosystème d’étangs et l’équilibre entre eaux vives et stagnantes (rivière Claise et étangs proprement dits), préserver les milieux boisés,
. Préserver le bocage (prairies + haies) lié à l’élevage, encore prégnant dans le secteur,
. Sachant que ces actions permettront de préserver l’avifaune des étangs (oiseaux) qui trouvent dans ces milieux (prairies et boisements) des couloirs de migration ainsi que des lieux de reproduction,
. Valoriser le patrimoine naturel/paysager des étangs/milieux humides qui marquent l’entrée dans la Brenne,84 12 février 2024
. Veiller, cependant, à ce que l’enfrichement ne s’étende pas démesurément.
B.3.6 Les enjeux paysagers globaux
La commune de Niherne a la chance de disposer, sur son territoire, de 3 entités paysagères
importantes, chacune d’elles étant originale : la Champagne berrichonne, la vallée de l’Indre et la Brenne.
Si cette dernière partie ne semble pas, au plan statistique et administratif, vraiment reconnue, elle n’en
est pas moins présente et intéressante, avec ses prés parfois cernés de haies et ses boisements. Ces ceux
éléments contrastent fortement avec la plaine à céréales voisine. Si proche de l’agglomération
castelroussine et plutôt attractive, cette juxtaposition fait valoir quelques atouts au plan touristique qu’il
serait bon de ne pas négliger.
C) Les milieux naturels
A l’échelle communale, dominent surtout les terres agricoles (labours en Champagne
berrichonne, prairies dans la vallée de l’Indre et dans la partie Brenne). Mais les boisements et les friches
ne sont pas en reste qui tendent à se développer, surtout au sud de la commune. Mention doit également
être faite des étangs (en alternance avec les friches).
C.1.Grandes forêts et petits boisements
A Niherne, les boisements couvrent une surface assez importante, estimée à 1141ha, ce
qui représente 26% de la surface communale.
Il est intéressant de noter que, pour une grande part, ils se situent dans la partie Brenne, là où les
assises gréseuses de la Brenne rendent les sols moins fertiles. Pour autant, quelques importants, situés en
Champagne berrichonne, ont, dans les années 1970, été supprimés, à une époque où la faim de terres
était là. Quelques grands massifs en côtoient d’autres, de plus médiocre surface. De plus, ils n’ont pas
tous la même histoire : certains sont très anciens alors que d’autres viennent d’être enrésinés à moins
qu’ils ne succèdent à des parcelles abandonnées de l’agriculture (anciennes prairies, le plus souvent).
S’ajoutent aussi les peupleraies, également récentes. Il est donc nécessaire de faire un distinguo entre ces
quatre types de boisements qui, pour une grande part, diffèrent par leurs essences.
C.1.1. Les grands massifs
Les massifs anciens85 12 février 2024
Ils sont depuis longtemps présents sur le territoire (ils sont indiqués sur la carte de Cassini, puis
sur celle de l’Etat-major. Les principaux (Bois de la Biche et Forêt de Saint-Maur) se voient cernés par la
forêt domaniale de Laleuf (sur la commune voisine de Saint-Maur) et de Bois-Robert (commune de
Neuillay-les Bois). Autrefois beaucoup plus vastes, certains de ces massifs ont, surtout à partir des années
1970, été grandement amputés afin de cultiver les terres sous-jacentes. Il s’agit notamment de la forêt de
Saint-Maur (on y remarquera ses limites rectilignes qui n’ont rien de naturel) et du bois de la Biche. Le
chêne pédonculé Quercus robur y domine, accompagné du charme Carpinus betulus et, parfois, du chêne
sessile Quercus petraera. Néanmoins, on constate que la sécheresse, bien présente, affecte quantité
d’arbres et notamment le chêne pédonculé qui, de plus en plus, tend à dépérir. Ce qui revient à dire que,
traditionnellement implantée, cette essence apparaît de moins en moins à sa place. Se notent aussi
quelques pins sylvestres Pinus sylvestris qui, de leur côté, ne sont pas au mieux de leur forme.
Des bois anciens (à gauche), largement défrichés à partir de 1970. Source : IGN remonter le temps, carte d’Etat-
Major, 1866
Les massifs de résineux
Ils ont été plantés à partir des années 1970, afin de produire un bois qui soit rapidement
exploitable et vendable. Ils se caractérisent par la présence de pins, le sylvestre Pinus sylvestris, le
maritime Pinus maritimus et le Laricio Pinus Laricio. Souvent plantés en rangs serrés, ces arbres souffrent
manifestement de la sécheresse comme de l’attaque (qui lui est associée) d’insectes ravageurs, type86 12 février 2024
scolytes. Le pin sylvestre, notamment, se montre particulièrement sensible au changement climatique.
Par ailleurs, le tapis herbacé est ici quasi inexistant.
Propriété privée et PSG
Qu’ils soient feuillus ou résineux, ces massifs appartiennent majoritairement à des propriétaires
privés. Etant d’assez grande taille (supérieure à 25 ha) ils sont donc soumis à un Plan simple de Gestion
(PSG), lequel est établi pour une durée d’au moins 10 ans. Rédigé par le propriétaire forestier ou un
conseiller technique, ce document doit être agréé par le Centre Régional de la Propriété Forestière
(CRPF).
D’autres documents de gestion durable – ainsi le Code de Bonnes Pratiques Sylvicoles (CBPS) - vont également dans ce sens. Simplement, ils se basent sur le volontariat. A noter que ces deux documents de gestion (PSG et certains CBPS) s’imposent aux dispositions réglementaires des documents d’urbanisme ayant trait aux articles L113-1 (CU) concernant les Espaces Boisés Classés (EBC) et L151-19 et 23 (CU) portant, quant à eux, sur les éléments de paysage remarquables à conserver.
Ici, tout défrichement d’un boisement d’une taille supérieure à 0,5 ha doit être soumis à
autorisation. Laquelle vaut également pour la partie Brenne de la commune, pourtant en proie à une
déprise importante (que souligne l’enfrichement marqué de certains secteurs). Soulignons qu’en Brenne,
les 0,5 ha sont passés à 4 ha.
A noter que, sur sa frange sud-est, le territoire communal compte une petite partie de la forêt de
Laleuf, domaniale quant à elle. Vaste de 265 ha environ et largement installée sur la commune voisine de
Saint-Maur, cette forêt fait l’objet d’une ZNIEFF de type 1 : 30010036 dite « Forêt de Laleuf ».
Le poids de la chasse
Dans ces massifs, - certains sont d’ailleurs engrillagés - les propriétaires sont nombreux à y
pratiquer la chasse au grand gibier (cerf, chevreuil, sanglier), lequel gibier se développe dans de grandes
proportions, comme l’indique l’analyse des prélèvements : de fait, chaque année le nombre de prises
augmente (un document rédigé en 2022 estime que le nombre d’individus tués a, globalement, été
multiplié par plus de 10 depuis 40 ans). Or, ces populations de grand gibier abîment les jeunes arbres,
fragilisent les peuplements ce qui compromet la régénération des massifs. A terme, de trop forts
déséquilibres risquent de faire régresser les peuplements, de réduire la qualité des arbres ainsi que la
biodiversité qui leur est associée (notamment, lorsque les grands animaux tassent les sols et
surconsomment la végétation herbacée).
Il est à noter que certains de ces massifs sont clôturés. Par ailleurs, ces arbres sont récoltés pour
le bois d’œuvre, l’industrie, voire l’énergie.
Aucun de ces massifs n’entre dans une procédure de protection type arrêté de biotope, réserve
naturelle, site classé, Natura 2000, etc. Pourtant, ils sont susceptibles d’accueillir une faune diversifiée
(outre les espèces gibier), telle que la Cigogne noire ou le chat forestier. Certaines de ces espèces sont
d’ailleurs concernées par des plans nationaux d’action (qui visent à s’assurer de leur conservation, voire
de leur restauration, laquelle passe par celles de leur milieu de vie).87 12 février 2024
C1.2. Les petits boisements
Les peupleraies
Elles s’observent évidemment dans la vallée de l’Indre où, depuis le début des années 1960, elles
tendent à se développer, notamment sur les prairies délaissées des éleveurs. Elles sont souvent plantées
en timbre-poste, sur les limites exactes d’une ou de plusieurs parcelles accolées, les unes déjà anciennes,
les autres plus récentes. Certaines ont déjà été exploitées, au moins une fois.
Plus que d’une forêt, il s’agit d’une culture d’arbres (les peupliers), le plus souvent réalisée sur la base de cultivars d’origine américaine. Certaines de ces plantations sont arrivées à maturité. La végétation herbacée composant leur sous-bois est assez banale, typique des sols riches en azote (on y trouve volontiers la grande ortie Urtica dioïca, l’eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum), le liseron (Calystegia sepium la morelle douce-amère (Solanum dulcamara), du lycope d’Europe (Lycopus euroapeus), l’épilobe hirsute (Epilobium hirsutum), la consoude (Symphytum officinalis)…
La vallée de l’Indre en 1949 puis en 2020. La peupleraie et la friche se sont largement imposées. Source : IGN Remonter le temps
Les friches
Elles tendent à se développer, puis à grandir, au point de former de nouveaux massifs. On les
observe essentiellement dans la partie Brenne où elles font suite à d’anciennes prairies, désormais
abandonnées. Compte tenu du substrat de départ (acide, imperméable, sec l’été, mouillé l’hiver), les
espèces sont variées, néanmoins marquées par la forte présence de buissons épineux (épine noire Prunus
spinosa, aubépine Crataegus monogyna), de cornouiller sanguin Cornus sanguinea, de saule marsault
Salix caprea ou de bourdaine Frangula alnus, dans les lieux les plus humides. Il est prévisible, qu’à ces
arbustes succèderont rapidement des essences d’arbres telles que le charme et les chênes (pédonculé et
sessile).88 12 février 2024
AubépineCcrataegus monogyna Saule marsault Salix caprea
Friche près de l’étang des Loges Friche dans la vallée de l’Indre
S’observent également quelques friches dans les vallées de l’Indre, de la Claise et de la petite
Claise, qui viennent remplacer la prairie, désormais boudée par les éleveurs. En lui assurant tout à la fois
refuge et ressources alimentaires (petits fruits, par exemple), elles attirent oiseaux, insectes,
mammifères…), toute une petite biodiversité parfois remarquable.
C.2. Les autres composantes végétales
C.2.1. Haies et bas-côtés herbeux
Les haies
Elles ne sont guère visibles que dans la partie Brenne où elles enserrent des prairies et quelques
friches en cours d’installation, longent des chemins d’exploitation. Certaines – mais pas toutes - sont
anciennes comme en témoigne leur présence sur le cadastre napoléonien ; de même il s’en observait en
Champagne berrichonne, notamment accompagnant les principaux chemins.89 12 février 2024
. Dans la partie Brenne, ces haies sont souvent arborées, principalement composées de chênes
pédonculés (aujourd’hui mal en point), accompagnés de charmes, de merisiers ou d’érables champêtres ;
en strate arbustive, dominent surtout l’aubépine, l’épine noire, le cornouiller sanguin…
A gauche, haie en Brenne (près la Boutardière) A droite, ripisylve sur les berges de l’Indre
. Dans la partie Champagne berrichonne, elles sont davantage arbustives, plutôt éparses,
exception faite des grands alignements bien construits menant à certains domaines.
. Enfin, dans la vallée de l’Indre, les haies sont plus serrées quoique plus récentes : elles
n’apparaissent pas sur le cadastre napoléonien. Ici, saules (blanc, marsault, cendré…), frênes
élevés Fraxinus excelsior , aulnes glutineux Alnus glutinosa et peupliers Populus (blanc, tremble,
grisard…) accompagnent volontiers le chêne pédonculé et le charme, le noisetier et le cornouiller
sanguin.
Néanmoins, une mention particulière doit être faite de la ripisylve bordant la rivière Indre, sur
laquelle le castor (de retour) réalise régulièrement quelques coupes…
Les bas-côtés herbeux
A ces haies, s’ajoutent, les bas-côtés qui servent de refuge aux herbacées (surtout près des
parcelles très cultivées) ainsi que quelques talus, les uns et les autres accueillant, en sus, toute une petite
faune diversifiée. Sur ce sujet, ils sont essentiels dans la partie Champagne berrichonne très cultivée dans
la mesure où, souvent, ils constituent la dernière zone refuge pour la faune. Car les labours voisins ne
portent qu’une seule production, à l’exclusion de toute autre espèce végétale.
C.2.2. Les prairies
Un distinguo est à faire entre les prairies de la vallée de l’Indre et celles de la partie Brenne : de
fait, étant de sol différent, elles ne portent pas les mêmes espèces. Par ailleurs, elles ne sont pas toutes
exploitées de la même manière : les unes sont permanentes (surtout dans la vallée de l’Indre) fauchées
puis pâturées, alors que les autres peuvent être temporaires et/ou permanentes, également fauchées
puis pâturées - mais ce n’est pas toujours le cas.
Les prairies de la vallée de l’Indre
Ici, la nappe superficielle n’est jamais loin, la prairie reste permanente et la flore naturelle y est
assez diversifiée. Se notent ainsi des espèces inféodées aux sols humides telles que la scrophulaire
noueuse Scrophularia nodosa, la guimauve officinale Althaea officinalis, la reine des prés Filipendula90 12 février 2024
ulmaria la salicaire Salicaria ulmaria ou encore la lysimaque vulgaire Lysimachia vulgaris pour n’en citer
que quelques-unes.
Guimauve officinale Althaea officinalis Consoude Symphytum officinalis
La partie Brenne
Ici, les prairies sont surtout permanentes (d’âge supérieur à 5 ans), à la fois fauchées et pâturées.
Elles bénéficient de quelques façons culturales (comme l’apport de calcaire pour supplanter l’acidité).
L’herbe est ici dominante (graminées et légumineuses semées, principalement). Se notent cependant
quelques prairies temporaires et/ou artificielles
Prairi
C.2. 3. Les derniers jardins, vignes et friches au nord de la RD 943
Une mention particulière est à faire pour la végétation relique qui parsème la plaine cultivée au nord de la RD 943. Il s’agit d’anciens jardins, la plupart abandonnés et donc laissés à la friche (rares sont ceux encore exploités). Ici, le sol est sableux. Il est à noter que ce secteur est souvent végétalisé sur la base de végétaux exotiques tels thuyas, bambous, etc. à la fois décoratifs et de91 12 février 2024
protection ; on y voit aussi des cabanes de jardins et, en timbre-poste et des plantations de conifères ; quant aux jeunes friches, elles sont surtout dominées par le chêne pédonculé. L’ensemble apparait assez hétéroclite.
C.2.4. Les étangs
Les concernant, un distinguo est à faire entre les anciens et les récents.
Les anciens étangs
Ils sont bordés d’une végétation typique de la Brenne, à savoir d’une ceinture de phragmites Phragmites australis, de saules marsaults Salix caprea, d’iris jaune Iris pseudo-acorus, de carex Carex sp. et de joncs Juncus sp. pour ne citer que les espèces les plus courantes ; au printemps, quelques taches de nénuphars jaunes Nuphar lutea. Ainsi en est-il de celui des Loges.
Etang des Loges avec quelques rares nénuphars
Les étangs récents
Les étangs plus récents présentent moins d’intérêt au plan diversité botanique. Leurs bords francs sont frangés d’une végétation herbacée souvent tondue ; on y observe aussi des espèces de type exotique (thuyas, bambous…). Néanmoins, ils sont cachés par la végétation naturelle qui les environne et qui est celle précédemment décrite (des friches et des bois).
C.2.5 Conclusion
Tous ces éléments (grands massifs forestiers, friches, jardins, prairies, peupleraies, haies…) jouent
un rôle important dans la Trame verte et bleue : surtout, ils servent de refuges et de corridors pour les
espèces appelées à se déplacer régulièrement (cf. supra.).92 12 février 2024
D) Espèces et sites naturels remarquables
Cette carte recense les différents types de protection mis en place dans le département de l’Indre. On observe
que la commune de Niherne est concernée par les ZNIEFF et Natura 2000. Source : D.D.T. de l’Indre
D.1 La flore de Niherne selon le Conservatoire botanique du Bassin parisien
D.1.1. Un grand nombre de taxons
615 taxons ont été recensés par le Conservatoire botanique du Bassin parisien parmi lesquels :
5 sont protégés ou réglementés selon la Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai
1992.
Ils touchent à la conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages (modifiée
par la Directive 97/62/CEE du Conseil du 27 octobre 1997, le Règlement (CE) n° 1882/2003 du Parlement
et du Conseil du 29 septembre 2003 et la Directive 2006/105/CE du 20 novembre 2006, annexes II, IV et
V).93 12 février 2024
21 sont inscrits à l’annexe B
Selon le règlement (CE) N° 338/97 (modifié par le Règlement (UE) N° 101/2012 du 6 février 2012)
du Conseil du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le
contrôle de leur commerce (elles appartiennent toutes à la famille des Orchidacées)
3 sont inscrits à la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe (Convention de Berne, signée le 19 septembre 1979, annexe 1)
6 sont protégés à l’échelle nationale (arrêté interministériel de 1982)
23 sont sur la liste rouge régionale de la Région Centre Val de Loire
19 sont protégés à l’échelle régionale
84 sont dits déterminants à l’échelle du Bassin parisien.
Certaines de ces espèces rentrent dans l’une ou l’autre de ces nomenclatures.
D.1.2. Le département de l’Indre en comparaison
A titre de comparaison, le département de l’Indre compte 2476 taxons, parmi lesquels :
. 129 espèces protégées (au niveau régional et national)
. 231 sont sur la liste rouge régionale
. 431 sont déterminantes ZNIEFF
Niherne Département de l’Indre
Nombre total d’espèces 615 2476 Espèces protégées 25 129 Liste rouge régionale 24 231 Espèces déterminantes 78 431
Autrement dit, 25% de la flore départementale se retrouve sur le seul territoire de Niherne. Cette
forte proportion s’explique par la diversité des milieux rencontrés (prairies humides, bois, coteaux
calcaires, friches, cultures, etc.) mais aussi par le fait qu’ici, se juxtaposent deux régions naturelles aux
caractéristiques bien différentes : d’un côté, la Champagne berrichonne, avec ses sols perméables et
plutôt calcaires, de l’autre la Brenne, forte de ses sols imperméables et acides.
Notons cependant que 7 espèces sont reconnues comme invasives. Parmi elles, 3 sont liées au milieu
aquatique.
Quatre espèces protégées/règlementées sont observées à Niherne : Orchis pyramidal Anacamptis
pyramidalis, Pigamon jaune Thalictrum flavum, Ophrys abeille Ophrys apifera et Fragon Ruscus aculeatus.94 12 février 2024
Orchis pyramidal Anacamptis pyramidalis Pigamon jaune Thalictrum flavum
Ophrys abeille Ophrys apifera Fragon Ruscus aculeatus
D.2 Les Zones naturelles d’intérêt écologique, floristique et faunistique
(Znieff)
D.2.1. ZNIEFF type II et Type 1 : les principes
Avant tout, il s’agit d’inventaires qui visent à améliorer la connaissance du patrimoine naturel.
Lors de tout aménagement, ils doivent donc être pris en compte afin de prévenir et d’éviter quelques
erreurs et de préserver certains milieux que l’on a repérés comme étant fragiles. Ces ZNIEFF sont ainsi des
inventaires exhaustifs mais aussi évolutifs, tant il est vrai que la nature bouge en permanence. Les
premiers datent de 1983 et, depuis cette date, ils ont été plus ou moins réactualisés. Soulignons qu’ils ne
sont qu’un élément de connaissance dont il faut tenir compte sans pour autant être créateurs de droits.95 12 février 2024
Ils portent sur l’étude de la faune et de la flore d’un milieu que l’on sait particulier. Ils sont de deux
types : II et I.
Les ZNIEFF de type II sont les plus vastes : sur des centaines d’hectares, ils peuvent couvrir de
grands ensembles naturels riches et diversifiés. Il arrive souvent qu’en leur sein, ils contiennent des
ZNIEFF de type I. N’appartenant pas au parc naturel régional de la Brenne, la commune de Niherne n’est
pas concernée par la ZNIEFF de type II Grande Brenne.
La ZNIEFF type II Grande Brenne. Source : Museum d’Histoire naturelle
Quant aux ZNIEFF de type I, elles sont souvent de petite taille, localisées, repérées pour leur
grande richesse naturelle (faune et flore assez rares et/ou menacées). On doit donc les regarder
attentivement dès lors que des aménagements sont prévus sur tel ou tel lieu.
Sur la commune de Niherne, deux ZNIEFF sont concernées : étang de Grandeffe (également
appelé étang des Loges), identifiant, n° 240000565 (de type 1) et La ZNIEFF « Moyenne Vallée de l’Indre »
(de type 2)
D.2.2 La ZNIEFF étang de Grandeffe de type 1 300010017
Elle est à cheval sur les trois communes de Niherne, Saint-Maur et Luant, pour une surface totale
de 579 ha, délimitée par des routes (D80, D21 et D 104), la rivière la Petite Claise, la forêt de Laleuf ainsi
que des chemins. Elle se présente comme un complexe d’étangs, de prairies plus ou moins humides, de
pelouses, de landes également et ce mélange apparaît remarquable pour la faune et la flore. Elle est un
peu différente de l’enveloppe de la première génération (1983) : depuis, elle a inclus des milieux de
même fonctionnement écologique, soit les étangs situés à l’est de la RD 104 ainsi que les prairies situées
entre l’étang des Loges et la RD 80. Soulignons que les parties bâties ont été exclues.
Replacée dans son contexte géographique, cette zone est intéressante : elle n’appartient pas à la
Brenne au sens administratif (elle ne se situe ni dans le PNR ni dans la ZNIEFF de type II Grande Brenne),
mais, à l’inverse, elle est proche de l’agglomération de Châteauroux pour laquelle elle constitue un site
naturel remarquable. Cet ensemble est totalement privé (il appartient à quelques propriétaires). On y
pratique l’élevage, la chasse et la pêche (pisciculture et pêche à la ligne).96 12 février 2024
Etang de Grandeffe (ou des Loges)
Les habitats remarquables
Sur les 21 habitats inventoriés (Code EUNIS), 5 sont dits déterminants : végétations enracinées
flottantes, pelouses atlantiques à Nard raide et groupements apparentés, gazons amphibies annuels
septentrionaux, Communautés amphibies, pérennes septentrionales, landes aquitano-ligériennes à
Ajoncs nains. Parmi eux, seules les landes ne sont pas de milieu humide.
Les espèces remarquables
. 2 espèces d’amphibiens (Pélodyte ponctué et Triton ponctué),
. 6 espèces de Lépidoptères, 1 mammifère (loutre d’Europe) et 1 Orthoptère
. 16 espèces d’oiseaux, parmi lesquelles de nombreux oiseaux d’eau tels que le très rare butor
étoilé (autrefois noté mais aujourd’hui peu visible…). Notons, sur les étangs, la présence de belles colonies
d’Ardéidés et, en hiver, celle de canards hivernants (jusqu’à 4000 selon les années).
Une colonie de hérons cendrés
. 44 espèces de Phanérogames, parmi lesquelles 10 sont protégées au plan régional.
. 1 reptile (Cistude d’Europe).97 12 février 2024
Cependant, il faut bien noter que l’ensemble de ces données date du début des années 2000.
Depuis, elles n’ont pas été réactualisées. Par ailleurs, d’autres groupements (par exemple, les
Coléoptères, les Myriapodes ou les Bryophytes) n’ont pas ou peu été inventoriés.
D.2.3. La ZNIEFF « Moyenne Vallée de l’Indre » de type 2
ZNIEFF Vallée de l’Indre de Loches à Châteauroux. Source : Muséum national d’Histoire naturelle
ZNIEFF Vallée de l’Indre de à Niherne. Source : Muséum national d’Histoire naturelle
Cette ZNIEFF a été validée par le CRSPN le 18 septembre 2017. Il s’agit d’une écharpe qui prend la
vallée de l’Indre sur une bonne longueur, depuis Saint-Maur dans l’Indre, à hauteur de l’A20 jusqu’à
Loches en Indre-et-Loire, soit une surface totale de 4422 ha. Ce site est structuré par la rivière et ses
principaux affluents.98 12 février 2024
Les habitats remarquables
La vallée de l’Indre accueille des milieux très différents d’un côté, la vallée alluviale proprement
dite et ses milieux plutôt humides, de l’autre les coteaux calcaires la bordant, percés de caves profondes.
- La vallée humide porte des milieux variés : zones plus ou moins en eau tels que bras annexes,
anciens méandres, ripisylves, friches, haies, prairies de fauche et/ou de pâture (qui sont de gestion
globalement extensive), etc. Sa fonction dans l’expansion des crues hivernales est essentielle. Localement,
s’observent quelques pans reliques de bocage.
Les coteaux calcaires : certains portent des pelouses, aujourd’hui plus ou moins en friche (suite à l’abandon des ovins qui, longtemps, les ont entretenus) et désormais recouverts de ligneux ; d’autres sont à flanc, percés de caves d’extraction, favorables à certaines espèces (ainsi, les chauves- souris), partiellement protégées et gérées par le Conservatoire des Espaces Naturels de la Région Centre Val de Loire.
Sur les 51 habitats recensés (code EUNIS), 25 sont dits déterminants, liés au lit de la rivière, aux prairies humides, aux coteaux calcaires, etc. Tous sont déclinés et précisés (par exemple, phragmitaie, saussaie marécageuse, bancs de graviers, pelouses calcaires…). Ainsi, sans les citer
tous, les peuplements de grandes Laîches (Magnocariçaies), les phragmitaies, les saussaies marécageuses ou encore les prairies humides atlantiques et subatlantiques ; on y voit aussi des groupements euro-sibériens annuels des vases fluviatiles, des zones à Brèmes ou encore des végétations enracinées immergées.
Les habitats déterminants ZNIEFF identifiés dans cette zone sont (code Corine biotope) : 34.32 – Pelouses calcaires sub-atlantiques semi-arides
53.21 – Prairies humides atlantiques et subatlantiques
37.1 – Communautés à Reine des prés et communautés associées
38.21 – Prairies de fauche atlantiques
38.2 – Prairies de fauches de basse altitude
44.3 – Forêt de Frênes et d’Aulnes des fleuves médio-européens
24.2 – Bancs de graviers des cours d’eau
24.1 – Lits des rivières
88 – Mines et passages souterrains
37.2 – Prairies humides eutrophes
34.33 – Prairies calcaires subatlantiques très sèches.
34.322 – Pelouses semi-sèches médio-européennes à Bromus erectus
24.52 – Groupements euro-sibériens annuels des vases fluviatiles.
24.15 – Zones à Brèmes
22.42 – Végétations enracinées immergées
Parmi les espèces déterminantes, on trouve :
. 5 espèces de Coléoptères, 15 espèces de Lépidoptères, 12 espèces d’Odonates, 12 espèces
d’Orthoptères. Parmi eux, le Damier de la succise (Euphydryas aurinia), papillon protégé, le Cuivré des
marais (Lycaena dispar). Des réseaux d'arbres têtards fixent le Pique-prune (Osmoderma eremita),
coléoptère devenu très rare,99 12 février 2024
. 5 espèces de Mammifères parmi lesquelles le Castor et la Loutre (en voie de reconquête de la
vallée) et 3 espèces de Chiroptères (chauves-souris), 2 espèces de poisson et un reptile (couleuvre verte
et jaune).
. 4 espèces de Mollusques (parmi lesquels une moule d'eau douce, Pseudunio auricularia, dont on
a retrouvé des restes de coquilles (cette espèce est présumée rare).
. 3 espèces d’oiseaux (Martin-pêcheur, Courlis cendré et Faucon hobereau).
. 11 espèces de Phanérogames (parmi lesquelles, quelques espèces d’Orchidées), et une fougère
(Ophioglosse commun).
Parmi toutes ces espèces, certaines sont à statut réglementé (surtout les oiseaux). Notons que
les observations faites sont plus récentes que celles pour l’étang de Grandeffe.
D.2.4 Les ZNIEFF voisines
« Le Marais de Bonneau » type 1 n°240030104
Vaste de 18.48ha, il se situe en amont de Buzançais, à une dizaine de km, au niveau du lieu- dit " Bonneau ".
Il s’agit d’un marais perché, situé sur un bras secondaire de la rivière Indre. Riche en roselières (qui tendent à se développer en raison du manque d’entretien) et petits chenaux, il accueille de nombreux insectes et oiseaux ; il est également important pour la reproduction des poissons (brochets, notamment)
Dans cette zone, ont été identifiés 4 habitats déterminants ZNIEFF (végétations enracinées immergées, zone à Brèmes et groupements euro-sibériens annuels des vases fluviatiles, phragmitaies) ainsi que quelques espèces déterminantes ZNIEFF (papillons, mollusques, mammifères (castor d’Europe), orthoptères, odonates, poissons…).
« La Pelouse du Camp de César » type 1 n° 240031323
Vaste de 4.43ha, elle se situe en rive droite de l’Indre sur la commune de Villedieu-sur-Indre. C’est une pelouse calcaire sur laquelle 20 espèces déterminantes ZNIEFF ont été observées ainsi qu’une espèce protégée en région Centre-Val-de-Loire (Carduncellus mitissimus).Parmi elles, et comme il se doit dans un milieu calcicole, 7 espèces d’orchidées. Toutefois, étant abandonnée, cette pelouse du Camp de César tend à être envahie par la friche : à terme, les plantes exigeantes en lumière (pour croître et se développe) risquent de disparaître.
Concernant la faune, 3 espèces déterminantes ZNIEFF d'orthoptères ont ici été observées parmi lesquelles la Decticelle bicolore (Metrioptera bicolore), estimée en danger en région Centre- Val-de-Loire.
Dix-huit habitats déterminants ZNIEFF ont été identifiés dans cette zone.
source : Code Corine Biotope100 12 février 2024
Coteau calcaire Camp de César : à gauche sauge des prés Salvia pratensis, à droite, cardoncelle molle Carduncellus mitissimus
Les prairies de la vallée de l’Indre dans l’agglomération castelroussine type 2 n° 240031233
Le site couvre une surface de 610ha. Etant inondable, toute construction y est proscrite ce qui lui
permet de conserver puis de valoriser son caractère naturel. Il s’agit essentiellement de prairies,
entrecoupées de petits boisements alluviaux. Se notent également des parties plus humides, sous la
forme d’anciens marais et de sources. Deux secteurs d'anciennes carrières y ont été inclus.
Cette zone appartient majoritairement aux communes riveraines. Ce qui explique qu’elle soit
gérée de manière extensive, avec l’appui des associations de protection de la nature (Indre Nature,
Fédération départementale de la Pêche), lesquelles militent pour des aménagements naturels (par
exemple, restauration de frayères à brochets, taille en têtard de saule et peupliers, transformation d’une
ancienne peupleraie en prairie, etc.).
Jusqu’à la fin des années 1990, ces prairies ont abrité des populations de Râle des genêts et de
Râle d’eau. Aujourd’hui, s’observent quelques espèces intéressantes (au moins une cinquantaine
d’espèces protégées (hors oiseaux, quasiment tous protégés). Parmi elles, la Cistude d’Europe, le Triton
crêté ou le Sonneur à ventre jaune, l’Agrion de Mercure (une libellule), 7 espèces d’Orthoptères et des
Coléoptères (dont les rares grand Capricorne et Pique-prune). Au plan botanique, le site est également
intéressant puisqu’il accueille la Pulicaire commune (espèce protégée en France), la Sanguisorbe officinale
ou encore la Scille d’automne.
Quatorze habitats déterminants et plus de 40 espèces dites déterminantes sont ici notés.
La prairie de Vaux Type 2 FR1501038
Au sein du val inondable de l'Indre, ce petit site de 0,56 ha, occupe une tourbière alcaline que la
création de plans d'eau, la plantation de peupliers et le manque d'entretien ont fortement altérée.
L'originalité de la prairie de Vaux tient à son humidité permanente, laquelle a favorisé le développement
d'une roselière propice aux passereaux des marais (Locustelle luscinoïde, Bruant des roseaux…). Les101 12 février 2024
principaux habitats présents sont des prairies humides para-tourbeuses, des roselières (de plus en plus
rares, partout dans le département de l’Indre) et des saulaies. Le site est la propriété du Conservatoire
depuis 2001. Actuellement il ne dispose pas de plan de gestion.
Au niveau floristique, 43 espèces végétales supérieures ont été recensées lors d’un diagnostic
succinct, dont une espèce protégée au niveau régional (Pigamon jaune Thalictrum flavum) ainsi que 5
espèces patrimoniales pour le département de l’Indre.
D.3. Les ZICO
Ou Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux.
Réalisé à l’échelle nationale, leur inventaire permet de faire un point sur les sites d’intérêt majeurs qui hébergent des effectifs d’oiseaux sauvages jugés d’importance communautaire ou européenne. Cet inventaire a servi de base à la définition des Zones de Protection Spéciales (ZPS), désignées au titre de la directive Oiseaux pour constituer le réseau Natura 2000.
Sur la commune de Niherne, la ZICO étang de Grandeffe a été répertoriée. Cette ZICO est élargie aux communes voisines de Luant, Meobecq, Neuillay-les-Bois, Niherne et Saint-Maur pour une surface totale de 750 ha. Il s’agit de la ZICO CE 07, nommée « queue de Brenne, étang des Loges Grand et Petit Mez ». Identifié en 1991, il est protégé par la Convention de Ramsar.
C’est un ensemble de milieux humides, composé d’étangs, de marais, de roselières, de forêts alluviales et de prairies humides, totalement privé et où se pratiquent la pêche et la chasse.. Les oiseaux concernés sont des oiseaux d’eau et des rapaces, nicheurs ou non, de passage ou non (Bihoreau gris, Héron pourpré, Martin-pêcheur, la Guifette moustac, l Circaète Jean-le-Blanc, Bondrée apivore, Busard des roseaux, l’Aigle botté Grue cendrée, Avocette, Sterne pierregarin …), des limicoles de passage ainsi que quelques espèces de passereaux.
D.4. Le réseau Natura 2000
D.4.1. Les principales directives
Depuis plus de 40 ans, l’Union Européenne entend préserver la biodiversité. Pour cela, elle a pris deux directives :
La directive de 1979 dite Directive " Oiseaux "
Elle concerne la conservation des espèces d’oiseaux sauvages et, notamment, celles considérées comme rares ou menacées à l'échelle de l'Europe. Cette conservation passe par la protection des habitats nécessaires à leur reproduction et à leur survie. La directive demande à ce que chaque pays classe en Zone de Protection Spéciale (ZPS) les sites les plus adaptés à la conservation de ces habitats importants.
La directive de 1992 dite directive " Habitats "
Elle passe par les Zones Spéciales de Conservation (ZSC), lesquelles intègrent la conservation des espaces naturels et des espèces sauvages les fréquentant.
La procédure Natura 2000 vise la constitution, à l’échelle de l’Europe, d’un réseau cohérent d’espaces naturels qui permette la préservation des habitats et espèces de l’Union européenne, tout en prenant en compte le contexte socio-économique et culturel des lieux.
Sur le territoire de la commune de Niherne, il existe 2 sites Natura 2000.102 12 février 2024
D.4.2. La ZSC vallée de l’Indre n° FR2400537
La ZSC Vallée de l’Indre n°FR2400537 qui, comme son nom l’indique, concerne la vallée de l’Indre. Ces zones Natura 2000 sont en lien direct avec les pratiques agricoles mises en œuvre sur ces périmètres.
Carte du zonage du domaine de biodiversité
En vert : ZNIEFF type II
En rouge : Natura 2000 Directive Habitat ZSC
Source : DREAL Centre, 2016
D.4.3 La ZPS Brenne site n°FR2410003
Vaste de 58311 ha, La ZPS Brenne se répartit sur 25 communes de Brenne. Celle de Niherne s’y rattache par l’étang de Grandeffe, déjà évoqué (cf. supra). Dans les années 1990, 20 à 25 espèces inscrites à l’annexe I de la directive « Oiseaux » s’y reproduisaient, parmi lesquelles des espèces nicheuses et/ou migratrices, inscrites à l’annexe I de la directive « Oiseaux » :
- inféodées aux milieux humides comme la Guifette moustac (30-40% des effectifs nationaux), le Héron pourpré (10-15%), le Butor étoilé et le Blongios nain
- inféodées aux milieux forestiers, aux milieux semi-ouverts et aux prairies. L’inclusion dans ce périmètre du secteur de l’étang des Loges se justifie pleinement : d’une part, il appartient à la ZICO CE07, d’autre part, il est riche en nombre d’espèces et ce, en toutes saison (oiseaux
hivernants et oiseaux nicheurs).103 12 février 2024
D.4.4. La ZSC vallée de l’Indre n° FR2400537
Source : SARL d’ARCHITECTURE ET D’URBANISME, 99, rue Jeanne d'Arc 18500 MEHUN-SUR- YEVRE
Le site Natura 2000 Vallée de l’Indre est vaste de 2147 ha. Il étend son long ruban de 80 km sur les deux départements de l’Indre et Loire (7 communes) et de l’Indre (15 communes), d’Etréchet (Indre) à l’amont à Loches (Indre et Loire) à l’aval. Il s’agit d’un complexe de prairies humides, inondables, certaines étant bordées de coteaux calcaires.
Les principes et les objectifs
Le Document d’objectifs du site Natura 2000 FR 2400537 « Vallée de l’Indre » ou DOCOB est un document directeur, défini par le Code de l’Environnement. Cet outil définit et programme les mesures de conservation devant être adoptées dans les sites Natura 2000. Il décrit l’état initial de conservation du site, les objectifs de développement durable et propose les mesures permettant de les atteindre ainsi que les procédures de suivi et d’évaluation de ces mesures. Il a été réalisé en 2008 puis validé par le préfet. Il propose une contractualisation via :
. Un contrat Natura 2000. Ce dernier est une démarche volontaire permettant aux personnes physiques et morales de droit privé ou de droit public, de s’engager concrètement dans un programme d’actions en faveur des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Le contrat Natura 2000 définit les actions à mettre en œuvre conformément au DOCOB ainsi que la nature et les modalités de versement des aides.
. Une charte Natura 2000, instaurée par la loi n°2005-157 du 23 février 2005, relative au
Développement des territoires ruraux, annexée au document d’objectifs et à laquelle tous les104 12 février 2024
titulaires de droits réels ou personnels portant sur les terrains inclus dans un site NATURA
2000 peuvent adhérer.
Les objectifs premiers de Natura 2000 dans la vallée de l’Indre sont les suivants :
. Maintenir et/ou restaurer la fonctionnalité écologique et la dynamique de la rivière l’Indre, . Restaurer la qualité des zones humides annexes sur le site,
. Maintenir et/ou restaurer les habitats des Chiroptères sur les coteaux calcaires voisins, . Maintenir et/ou restaurer les espaces de prairies humides,
. Restaurer et entretenir les corridors biologiques,
. Restaurer et maintenir les forêts d’intérêt communautaire : forêt alluviale de bois tendres et de bois durs.
Au-delà, quelques objectifs transversaux ont été ciblés :
. Restaurer la qualité des eaux souterraines et superficielles sur le site,
. Gérer la fréquentation sur le site,
. Informer et communiquer sur le site et en dehors du site,
. Assurer la cohérence de l’ensemble des programmes et politiques publiques existant sur l’Indre, . Améliorer la connaissance écologique générale du site,
. Evaluer l'état du site Natura 2000 à l’échéance d'application du document d'objectifs, . Mettre en place un conventionnement pour la gestion.
Les actions proposées
Depuis 2022, les MAEC sont mises en œuvre mais seulement dans le cadre de projets agro- environnementaux et climatiques (PAEC) territorialisés. La finalité de ces derniers est de maintenir les pratiques agricoles adaptées ou d’encourager les changements de pratiques nécessaires pour répondre aux enjeux agri-environnementaux identifiés sur le territoire concerné, selon les orientations de la stratégie régionale (qualité de l’eau, biodiversité, maintien des prairies permanentes). Concrètement, la gestion du site Natura 2000 offre la possibilité de proposer des MAEC (Mesures agro-environnementales et climatiques) aux agriculteurs ayant des parcelles situées dans un périmètre défini, ici Natura 2000. On leur demande alors, pour une durée d'un ou cinq ans et contre indemnisation, de préserver espèces et milieux naturels présents sur le périmètre du PAEC (Projet agro- environnementale et climatique) et ce, en maintenant ou en installant de bonnes pratiques qui favorisent l’accueil des espèces, animales et végétales. Il s’agit, par exemple, de retarder la fauche de quelques jours, de renoncer à la fertilisation, d’éviter le pâturage en hiver, de remplacer une friche par une prairie, de restaurer des mares, d’entretenir les haies et arbres isolés.
Les M.A.E.C. vallée de l’Indre en 2021105 12 février 2024
En jaune : périmètre prioritaire Z.N.I.E.F.F.
En bleu : Périmètre prioritaire site Natura 2000 Vallée de l’Indre
A Niherne, plus précisément, 3 petits secteurs sont concernés :
- le cours de l’Indre, en amont du bourg, vers Malaise mais évitant les anciennes sablières – c’est le plus grand,
- une petite pastille entre l’Indre et l’un de ses bras à hauteur de Vaux – c’est le plus petit, .- une partie du lit de l’Indre au nord de la Saura. Ce site est également inscrit en ZSC. 80% du site Natura 2000 appartient à des propriétaires privés, le reste revient à des associations (2%), à l’Etat (13%) et à des collectivités (5%).
Natura 2000 à Niherne, Source : Pays castelroussin
Sur l’ensemble de la zone de vallée de l’Indre concernée, ont été inventoriés :
- 12 habitats (milieux aquatiques, humides et coteaux calcaires attenants). Parmi eux, les mégaphorbaies hydrophiles d’ourlets planitiaires sont les plus abondants (prairies naturelles semi- humides. Lorsqu’elles sont gérées de manière extensive (fauche, pâturage), ces prairies abritent un cortège floristique et faunistique remarquable.
- 2 espèces protégées au plan national (elles ne sont pas précisées).
- 25 espèces animales et 9 espèces végétales inscrites à l’annexe II de la directive 92/43/CEE. Parmi les premières, 6 espèces de chauves-souris hibernantes, lesquelles occupent les anciennes carrières souterraines. Quelques-unes sont inscrites à l’Annexe II de la Directive Habitat L’ensemble de ces prairies subit un certain nombre de menaces : déprise agricole avec abandon de l’élevage et donc des prairies, désormais tentées par la friche, la plantation de peupliers, voire le labour (maïs, tournesol).
Ce site Natura 2000 fait obligatoirement appel à un DOCOB (cf. supra).
La présence de ce site Natura 2000 implique, obligatoirement, que soit réalisée une évaluation environnementale qui étudie les effets potentiels et avérés du PLU sur l’environnement. Voir ce qui a été fait depuis 2008, date du DOCOB.106 12 février 2024
Soulignons qu’en 2023, des P.A.E.C. (projet agro-environnemental et climatique) ont fait évoluer les M.A.E.C. Dans ce nouveau contexte, le périmètre d’intervention a été élargi : Au périmètre prioritaire correspondant à la zone Natura 2000 « vallée de l’Indre », s’ajoutent désormais les ZNIEFF, les parties de lit majeur de l’Indre non couvertes ni par les ZNIEFF ni par Natura 2000 et, enfin, les affluents de l’Indre touchant la zone Natura 2000 ainsi que l’ensemble de leur bassin versant. Rappelons cependant que la commune de Niherne ne possède pas d’affluent de l’Indre sur son territoire (exception faite du ruisseau de la Courance, en rive gauche, non concerné).
A la fin de l’année 2022, 57 exploitants agricoles étaient engagés (dont 39 dans l’Indre) pour une surface de 850 ha. Leurs choix ont été divers : 320 ha pour la mesure retard de fauche (portée au 20 juin) et 160 ha pour la même (1 er juillet) , 295 ha pour la mesure maintien de la diversité floristique des prairies permanentes, 33 ha engagés dans la mesure absence de fertilisation, 17 ha pour la mesure mise en défens de milieux remarquables, 15 ha engagés pour la mesure création de couverts herbacés, 10 ha pour la mesure réouverture de milieux en déprise.
D.5. La Trame verte et bleue (TVB)
D.5.1. Les objectifs de la TVB
La TVB est la déclinaison régionale, localisée, du S.R.C.E. (Schéma régional de Cohérence
écologique), lequel fut adopté par délibération du Conseil Régional du 19 décembre 2014 puis approuvé
par arrêté préfectoral n°15.009 du 16 janvier 2015. C'est une démarche intégratrice qui entend prendre
en compte le fonctionnement écologique des espaces dans l’aménagement du territoire. La TVB a été
réalisée dans le périmètre du Pays castelroussin et validée en 2016. Elle est pilotée par le Pays
castelroussin. Les objectifs affichés du S.R.C.E. sont les suivants :
- Réduire la fragmentation et la vulnérabilité des espaces naturels,
- Identifier les espaces importants pour la biodiversité et les relier par des corridors
écologiques,
- Rétablir la fonctionnalité écologique c’est-à-dire :
- Faciliter les échanges génétiques entre populations,
- Prendre en compte la biologie des espèces migratrices,
- Permettre le déplacement des aires de répartition des espèces,
- Atteindre ou conserver le bon état écologique des eaux de surface,
- Améliorer la qualité et la diversité des paysages.
Le P.L.U. est un élément important du dispositif TVB dans la mesure où, encadrant de près
l’occupation du sol, il permet de préserver les continuités écologiques.
La révision de ce PLU ne peut donc ignorer cet outil d’aménagement du territoire. Le PLU entend
ainsi constituer ou reconstituer un réseau écologique cohérent à l’échelle de l’ensemble du territoire
national, lequel réseau devra permettre à toutes les espèces, végétales et animales, de vivre et de
survivre en toute sécurité, s’alimenter, se reposer, se reproduire. Pour cela, elles doivent pouvoir compter
sur des écosystèmes viables et en bon état. Elle se compose d’éléments terrestres (Trame verte) et
aquatiques (Trame bleue), évidemment complémentaires. Plus finement, elle compte des réservoirs ou
« cœurs de biodiversité » (espaces reconnus riches au plan de la biodiversité) et des « corridors107 12 février 2024
écologiques » (haies, talus, lisières forestières…), c’est-à-dire des voies privilégiées qui permettent aux
espèces de circuler en toute sécurité.
Grâce à la TVB, le fonctionnement écologique des espaces est, en principe, mieux pris en compte
dans l’aménagement du territoire.
D.5.2. Le contenu de la TVB
Afin d’être plus précis et de tenir compte des particularités régionales et locales, afin de vérifier
les enjeux de biodiversité déjà identifiés dans le diagnostic territorial, des sous-trames ont été retenues
pour créer l’armature du S.R.C.E. Ces sous-trames représentent des milieux reconnus pour héberger une
bonne part de la biodiversité : pelouses et lisières sèches sur sols calcaires ; pelouses et landes sèches à
humides sur sols acides ; prairies ; espaces cultivés ; bocage ; boisements humides ; boisements (sur sols
acides et sur sols calcaires ; étangs et zones humides ; cours d’eau. C’est pourquoi, prendre en compte le
SRCE dans le PLU, c’est en reprendre les éléments, mais aussi les préciser à l’échelle locale.
Cœurs de biodiversité : forêts, prairies, landes et fourrés, haies et petits boisements, mares plans
d’eau et milieux humides,
Corridors écologiques : petits cours d’eau, forêts et prairies,
Zones favorables au déplacement : mares, plans d’eau et milieux humides, haies et petits
boisements, landes et fourrés
Toutefois, il existe des ruptures, susceptibles de ralentir, si ce n’est d’interrompre totalement les
déplacements animaux et végétaux : voie ferrée, routes passagères (RD 943 et 925, notamment, et plus
secondairement, RD 67, 80, 125), zones urbaines, grillage autour des massifs forestiers. Etablie par le
bureau Thema de Tours, la cartographie jointe rend compte de cette TVB d’une part à l’échelle globale du
Pays castelroussin, d’autre part à celle plus locale, de la commune de Niherne.
Enfin, elle voisine avec la TVB élaborée à l’échelle du Parc naturel régional de la Brenne.108 12 février 2024
La TVB à Niherne : source Théma Environnement109 12 février 2024
E) Risques naturels et risques technologiques
Les risques recouvrent des phénomènes qui peuvent s’avérer menaçants pour les hommes, leurs
habitations et leurs ouvrages. Les données qui suivent sont tirées du site Internet www.georisques.gouv.
édité par le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie ainsi que de la DDRM de
l’Indre. Il sera fait un distinguo entre les risques naturels proprement dits et les risques technologiques,
directement induits par les activités économiques.
E.1. Les risques naturels
E.1.1. Le risque inondation
Provoquée par de fortes pluies (en intensité ou déployée sur un temps long), l'inondation peut,
plus ou moins rapidement, faire déborder le cours d’eau (ici, l’Indre) puis submerger le lit majeur ; ses
hauteurs d’eau varient très vite en fonction de son intensité. Si la zone est habitée, les dégâts peuvent
être considérables.
Sur la commune de Niherne, le risque est avéré dans tout le lit majeur de la rivière Indre. Ce dont
les anciens avaient tenu compte lorsqu’ils avaient construit le bourg ; de son côté, le précédent PLU avait
écarté toute proposition d’implantation urbaine sur cette zone. Il en sera de même pour l’actuel. Les
inondations récentes (comme celle de juillet 2021) ne peuvent que renforcer cette position.
Rappelons que le PPRI (17 juin 2004) figure sur la liste des servitudes.
Comme le montre la carte jointe « aléas d’inondation de l’Indre à Niherne », l’ensemble de la
vallée de l’Indre est concerné, plus ou moins fortement. Notamment :
- Les prairies, friches et boisements (peupleraies) présentes dans la vallée,
- - La zone de sports et de loisirs, située près du pont qui relie les deux bourgs de Niherne
et de Surins,
- L’ancienne école Saint-Michel et son parc,
- Quelques habitations : les Chueches, Malaise, Parçay. Mais elles ne sont pas toutes
habitées (surtout au nord du bourg de Niherne),- Quelques équipements sensibles tels
que le poste de relevage, le transformateur électrique…).
Pour mémoire, rappelons que des inondations accompagnées de coulées de boue ont eu lieu 3 fois à
Niherne en 1982 (du 6 novembre au 2 décembre 1982, lors des grandes tempêtes de la fin de l’année
1999, en juin 2016, juillet 2017 et juillet 2021).110 12 février 2024
Source : CTE-NC LR de Blois, décembre 2004111 12 février 2024
E.1.2 Les tremblements de terre et les risques liés aux mouvements de terrain
S’il existe, les premiers sont jugés faibles. Quant aux seconds qui peuvent en découler, il s’agit de déplacements du sol et du sous-sol, plus ou moins importants. A noter qu’un léger mouvement de terrain à été noté à Niherne lors des deux grandes tempêtes de la fin de l’année 1999 (25 décembre et 30 décembre 1999).
E.1.3. Le risque de retrait et de gonflement des argiles
La commune de Niherne est, très localement soumise à des phénomènes de retrait et de
gonflement des argiles. S’ils épargnent toute la partie calcaire dite « Champagne berrichonne » (aléa nul),
ils s’observent davantage sur les sols du crétacé (au nord) qui contiennent de la marne (aléa faible) ainsi
que sur les sols de Brenne (au sud), marqués par une plus forte présence d’argile. Le secteur de la
Boutardière est particulièrement sensible (aléa fort).
Plan de Prévention des Risques retrait-gonflement des argiles
Source : Préfecture de l’Indre ; Vu pour être annexé à l'arrêté préfectoral n°2011118-0006 du 28 avril 2011. Pays castelroussin-Val de l’Indre112 12 février 2024
En hiver, les sols sont souvent saturés en eau et se mettent donc à gonfler (phénomène de
« gonflement ») alors que l’été – et de plus en plus souvent – ils se dessèchent (phénomène de
« retrait »). Ils ont alors tendance à se tasser et à bouger ce qui occasionne des dégâts parfois importants
– ainsi ces fissures pouvant aller jusqu’à menacer la construction elle-même. Et lorsque ces écarts
s’accentuent (surtout en cas de forte sécheresse qui accroit l’évaporation du sol), les dommages risquent
d’être importants. A noter que les sécheresses répétées de ces dernières années (qui accélère l’évapo-
transpiration des sols), consécutives à ou précédant de fortes précipitations (comme celles de juillet 2021)
augmentent largement ce risque de retrait gonflement des argiles. Et le changement climatique,
actuellement enregistré, va certainement amplifier ce phénomène.
Concernant cet aléa (arrêté du 22 juillet 2020), il est recommandé de réaliser une étude géo-
thermique en cas de vente d’un terrain non bâti constructible et d’informer le futur acquéreur. Ce qui lui
permettra de construire sa maison en toute connaissance de cause. Notamment, en choisissant structures
et matériaux adéquats, il pourra optimiser les fondations toue en portant attention à l’environnement
hydrique de sa parcelle. En effet, lorsqu’elles sont situées à faible profondeur, une nappe phréatique ainsi
que des circulations saisonnières d'eaux souterraines, deviennent des facteurs favorables à cet aléa retrait
et gonflement des argiles. Il en va de même de la présence, dans les environs immédiats, d’un drainage,
de plantations (qui pompent l’eau) ou encore d’une forte imperméabilisation du sol (par le goudron, par
exemple).
Il est clair qu’avec le changement climatique, de nouvelles sécheresses sont à prévoir et qu’elles
risquent d’aggraver ce phénomène. Il sera donc nécessaire, sur ce sujet, d’améliorer la qualité du bâti, de
proposer des prescriptions adéquates pour les nouvelles constructions (surtout les maisons individuelles)
qui, à ce jour, sont les plus touchées.
E.2. Les risques technologiques
A Niherne, les risques technologiques sont surtout liés au transport de matières dangereuses,
pouvant mettre en danger la vie des personnes qui y sont confrontées. Les biens peuvent également être
endommagés. Ces matières peuvent être inflammables, toxiques, explosives, corrosives, radioactives, etc.
Dégagées dans les environs, suite à un accident par exemple, elles peuvent être potentiellement
dangereuses.
Ici, le risque est surtout lié à la proximité de l’A20 et, surtout, de la RD D943 qui connaît un trafic
important. Notons cependant que la déviation de Villedieu sur Indre va largement réduire ce risque.
E.2.1. Le risques radon
Le radon est un gaz radio-actif, inodore et d’origine naturelle. S’il est spontanément présent dans
tous les types de sol, on le trouve en plus fortes quantités dans les régions granitiques telles que le Massif
central ou la Bretagne. A Niherne, sa présence est considérée comme négligeable (risque existant mais
faible).113 12 février 2024
E.2.2. Les risques liés au transport de matières dangereuses
Par leurs propriétés physiques ou chimiques, par la nature des réactions qu’elles peuvent
provoquer, ces matières, en grande majorité destinées à l’industrie, présentent des risques pour
l’homme, les biens et/ou l’environnement. Lors d’un accident, les matières concernées peuvent, donner
lieu à incendie, explosion, se déverser sur la chaussée, fuir et engendrer un nuage toxique et, en
conséquence polluer l’atmosphère, l’eau, le sol.
La commune de Niherne est concernée par l’A20 qui passe non loin, par la RD 943 ainsi que par
la RD 925 (route Chatellerault-Châteauroux) qui, toutes deux, traversent son territoire. Est également
concernée la voie ferrée Châteauroux Tours qui, de temps à autre, convoie des chargements de céréales
et d’engrais.
Ces risques potentiels peuvent aussi s’observer sur les canalisations, lesquelles sont fixes et
protégées, enterrées, en général, à au moins 80 cm de profondeur. Elles sont utilisées pour le transport
sur grandes distances du gaz naturel (gazoducs), des hydrocarbures liquides ou liquéfiés (oléoducs,
pipelines), de certains produits chimiques (éthylène, propylène…). Le département est traversé par un
gazoduc très ramifié qui dessert de nombreuses communes que Gaz de France le surveille de près.
La commune de Niherne est traversée par l’une de ces canalisations (dans la partie Champagne
berrichonne, au sud de la Grande Croix et au nord de Nuisance.114 12 février 2024
E.2.3. Les risques liés à la circulation routière
Le territoire de la commune est traversé par plusieurs voies, de différentes catégories :
. La RD 943 (liaison Châteauroux-Tours), la plus importante et la plus passagère, est classée en
catégorie 1 A.
. La RD 925 (liaison Châteauroux-Chatellerault), quoique moins passagère,
. La RD 67 (à l’est du bourg) est classée en catégorie 1 B.
Pour ces trois RD, les habitations doivent être distantes d’au moins 35 m de la voie.
Pour des raisons de sécurité, le Schéma Directeur Routier Départemental préconise des reculs
d’alignement pour les routes départementales :
. En agglomération et dans les lieux-dits : examen au cas par cas,
. En dehors de ces derniers : recul variable suivant la catégorie de la voie et en fonction de la
nature de la construction (habitation ou autre).
. la RD 67 (à l’ouest du bourg) est classée en 2 ème catégorie : ici, les habitations doivent être
distantes d’au moins 15 m de la voie.
. les RD 80 et 125 sont, quant à elles, classées en 3 ème catégorie : ici, les habitations doivent
être distantes d’au moins 10 m de la voie.
A noter, la future déviation de la RD 943, actuellement en construction, qui passera au nord du
bourg de Villedieu et traversera une portion du territoire de la commune de Niherne (territoire agricole).
7)Source : Schéma Directeur Routier Départemental, Conseil Général de l’Indre, approuvé le 19 juin 2007.
E.2.4 Les nuisances sonores et visuelles, en lien avec la circulation
La commune de Niherne est traversée par la RD D943, entre Châteauroux et Villedieu-sur-Indre. A
Niherne, cette RD longe quelques habitations (villages de Châteaufort, la Tuilerie, notamment) ainsi que la
zone artisanale. A quelques kilomètres au nord, la commune de Saint-Maur est traversée par l’autoroute
A20. Ces deux routes peuvent être bruyantes.
Au plan réglementaire, on estime que les secteurs affectés par le bruit doivent être placés à 100 m de
part et d’autre de la chaussée (bord le plus proche).
Si des bâtiments devaient être construits dans les secteurs potentiellement affectés par le bruit, ils
devront bénéficier d’un isolement acoustique minimum.
E.2.5 Les risques liés aux installations industrielles, agricoles et aux carrières
Le risque industriel majeur peut se produire sur un site industriel lors d’un accident tel qu’un
incendie, une explosion qui dispersent dans l’air, l’eau et le sol, des produits potentiellement dangereux
pour la santé de l’homme et de l’environnement.
Il concerne surtout les installations classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE),
réputées dangereuses.
Ce sont des ICPE soumises à déclaration (cf. Préfecture, DDASS, DSV), des ICPE soumises à
autorisation (cf. DRIRE), et ICPE soumises à la directive SEVESO (cf. DRIRE).
A Niherne, quelques ICPE sont recensées : source : Préfecture de l’Indre, 20 septembre 2016115 12 février 2024
. La carrière/sablière de la Vallée de l’Indre (au lieu-dit les Communaux) aujourd’hui abandonnée
(et transformée en plan d’eau ouvert au public. Cette ICPE avait été soumise à autorisation,
. L’entreprise Eurodia, déclarée en 2000, route de Chézeau-Neuf (elle fait du traitement de
surface et du revêtement métallique],
. L’entreprise SCEAP Brouckaert Parcay déclarée en 1994. Elle stocke du GPL,
. L’entreprise SCI Gilane, déclarée en 1997 [spécialisée dans la serrurerie et le travail du métal).
Il n’existe plus de bâtiment d’élevage potentiellement concerné par ces ICPE
Entre ces établissements et les zones urbanisées ou pouvant l’être, des zones tampons doivent
être établies.
Par ailleurs, près de Niherne, deux installations SEVESO sont concernées. L’une est située à
Châteauroux (CECA, une filiale d’Arkema qui fabrique de tensioactifs non ioniques à utilisation
industrielle), classée seuil bas, l’autre à Saint-Maur (société AXEREAL), au bord de la RD 925. Cet énorme
silo, classé seuil haut, stocke des produits agro-pharmaceutiques et des engrais, solides simples ou
composés à base nitrates utilisés en agriculture (capacité de 8700 tonnes). Il stocke également des
céréales (capacité 18770 m3). Un PPI a été élaboré puis approuvé en 2004. Il est actuellement en phase
de révision. Quant au PPRT, il a été approuvé le 26 avril 2012.
Pour mémoire, rappelons que la commune de Niherne est éloignée de ce dernier d’une dizaine de
kilomètres, ce qui limite les risques pour elle.
Source : SCOT Pays Castelroussin Val de l’Indre – DOO version approuvée116 12 février 2024
E.2.6. La qualité de l’air
La qualité de l’air (particules fines PM2.5, PM10 O3 (ozone) et NO2 (dioxyde d’azote), est
mesurée par l’association Lig’Air et ce, dans 4 stations dispersées dans le département de l’Indre. Cette
qualité est fonction de la quantité comme de la concentration de polluants présents dans l’air, lesquels
dépendent d’un certain nombre de facteurs qui se croisent : émissions locales, apports extérieurs,
phénomènes de dispersion ou de transformation.
L’agglomération de Châteauroux et ses environs sont relativement préservés de la pollution de
l’air. Cependant, en lien avec les aléas climatiques, il arrive qu’elle soit parfois visible sous la forme d’une
légère brume. A titre d’exemple, un épisode enregistré à la mi février 2023 lorsque se sont conjugués, gel
matinal, températures assez douces en journée, absence de vent et de pluie (qui auraient pu diluer les
particules). On a alors pu observer des concentrations en particules fines supérieures de 2,5 fois à la
valeur guide annuelle édictée par l’OMS. De même, les périodes de canicule favorisent ces phénomènes
de pollution.117 12 février 2024
III) DIAGNOSTIC TERRITORIAL
A) Démographie et logement
Pour établir le diagnostic territorial, il nous a paru intéressant de replacer la commune de Niherne
dans un contexte d’espace et de temps. D’espace, parce qu’elle s’inscrit dans le cadre géographique plus
large du département de l’Indre, de la communauté de communes Val-de-l’Indre-Brenne à laquelle elle
appartient mais aussi parce qu’elle est proche de la Communauté de communes de Châteauroux-
Métropole avec laquelle elle entretient d’étroites relations. De temps également, car elle ne cesse
d’évoluer et ce, à tous les niveaux (population, logement, travail, etc.). Une telle évolution lui a permis de
passer du statut de petite commune rurale, vivant essentiellement, jusqu’à il y a peu, d’agriculture et
d’artisanat, à celle de commune péri-urbaine, avec tous les aléas, positifs et négatifs, que cette situation
comporte.
Ce diagnostic s’intéresse à 3 domaines précis : la démographie proprement dite et le logement, le
contexte socio-économique et les espaces urbanisés.
A.1 La population : évolution démographique
A.1.1. Evolution de la population : éléments quantitatifs
Une population en très légère augmentation
Source : INSEE, recensement de 2019
Après une forte croissance enregistrée entre 1975 et 1990 (elle passe de 1103 à 1504 habitants
en 15 ans, soit une augmentation de 36 %), la population tend ensuite à se tasser, avec des gains minimes
(à Niherne, 38 habitants au cours des 6 dernières années soit 6 habitants/an).
A noter, cependant, que la population légale recensée au 1 er janvier 2020 est de 1562 personnes
pour 763 adresses d’habitation. Parmi elles, 33 sont comptées à part.
Enregistré ces dernières années, cette évolution reste ainsi modérée, si on la compare à celle (401
habitants soit 27 habitants/an) de la période précédente (1975-1990), laquelle s’explique par un solde
migratoire, largement positif, le solde naturel restant alors quasiment nul. Ces chiffres particuliers sont à
relier avec le phénomène de périurbanisation de l’agglomération castelroussine, important à cette
époque.
Cette tendance légèrement positive est à comparer à celle des 3 autres collectivités, chez qui elles
sont toutes négatives.
Population (hab) Niherne Département CCCM CCVIB118 12 février 2024
2008 1562 232004 76214 13650 2019 1583 219 316 72767 13533 % + 1,3% - 5,4% - 4,7 - 8,5%
Plus précisément :
. A la CCVIB, la population passe de 13650 en 2008 à 13533 en 2019 (soit une baisse de 8,5%),
. A l’intercommunalité de Châteauroux Métropole, la population passe de 76214 en 2008 à 72767
en 2019 (soit une baisse de 4,7%),
. Enfin, au département de l’Indre pris dans son ensemble, la population passe de 232004 en 2008
à 219316 habitants en 2019 (soit une baisse de 5,4%) :
Source : Insee, RP2008, RP2013 et RP2019, exploitations principales, géographie au 01/01/2022.
En comparaison, la commune de Niherne connaît donc une évolution légèrement positive.
Laquelle a commencé dès 1968, date à laquelle sa population fut au plus bas. Ce relatif dynamisme qui
démarre à cette époque coïncide avec le début de la péri-urbanisation en France. De fait, elle bénéficie de
l’attraction de l’agglomération castelroussine proche, tout en restant, malgré tout, de la campagne, avec
tous les avantages que sa situation géographique procure à ses habitants.
Evolution de la population dans l’Indre 2013-2018 Source : DDT de l’Indre
Des densités en conséquence
En conséquence, les densités moyennes s’en ressentent : elles passent de 25,4 hab.km² à 36,9
hab/km² en l’espace de 50 ans (soit un gain de 10 hab/km2). Pour la même période, les chiffres du
département de l’Indre et de la C.C.V.I.B restent négatifs quant à eux.119 12 février 2024
Date Niherne Département CCVIB 1968 25,4 36,4 29,5 2019 36,9 32,3 28,1
Malgré une relative embellie, notée entre les deux décennies 1970 et 1990, les 3 collectivités
autres que Niherne sont en perte de population : ladite embellie aura donc été de courte durée.
D’ailleurs, si on la replace sur un pas de temps plus long, on remarquera que cette régression avait été
entamée dès le début du XX è me siècle : c’est à cette époque que quasiment toutes les communes du
département connaissent leur maximum démographique. Par la suite, s’entame le déclin, essentiellement
dû à l’exode rural et à la grande saignée des deux guerres. Pour comparaison, notons que le département
de l’Indre aura perdu plus de 25% de sa population entre 1906 et 2019.
A.1.2. Evolution de la population : éléments qualitatifs
Des taux de natalité et de mortalité meilleurs que ceux du département de l’Indre
Taux de natalité % Niherne Département 1968 13,3 14,2 2019 9,6 8,3
Taux de mortalité % Niherne Département 1968 13,6 13,4 2019 8,1 13,6
Ces chiffres montrent que la commune de Niherne possède des éléments de vitalité qui semblent
manquer au département pris dans son ensemble : quoiqu’en baisse (mais ce phénomène est propre à la
société française), son taux de natalité apparaît en 2019 plus élevé tandis que son taux de mortalité qui,
lui, a bien baissé. Ce qui n’est pas le cas pour le département de l’Indre.
Sachant que le solde naturel est très légèrement positif (0, 3% de 2008 à 2013 puis 0,1% entre
2013 et 2019 (source INSEE), c’est, par déduction, le solde migratoire qui explique la progression de la
population totale à Niherne. De fait, sauf la période 2008-2013 où il est de – 0,6%, ce solde reste
constamment positif (il est de 0,3% de 2008 à 2013). Ce qui n’est pas le cas pour l’ensemble du
département (il est négatif pour cette même période).
Pour autant, ces chiffres datent de l’année 2019. Ils sont donc d’une époque où les crises
successives (sanitaire, énergétique et du logement) ne s’étaient pas encore manifestées. Or, à l’évidence,
ces dernières risquent de rebattre les cartes : essor du télétravail (suite à la crise du Covid), coût élevé des
transports et du chauffage, augmentation des taux d’emprunt, etc. sont autant d’éléments nouveaux qui
risquent de peser chez nombre de ménages, notamment chez les plus fragiles financièrement.
Pourtant, un vieillissement assez marqué
Malgré tout, à Niherne, cette population est plutôt vieillissante : les plus de 60 ans représentent
désormais 29,6 % de la population contre 23,7 % en 2008. Ce qui, par déduction, signifie aussi que les
classes d’âge plus jeunes sont en perte de vitesse (les 15 – 59 ans représentent 52,1% en 2019 contre
58,6% en 2008) ; seuls, les moins de 14 ans tirent un peu leur épingle du jeu (ils comptent désormais pour120 12 février 2024
18,3 % de la population contre 17,8% en 2008) mais il n’est pas certain qu’ils seront toujours là dans
quelques années, une fois qu’ils seront majeurs. A noter que les femmes de plus de 60 ans sont plus
nombreuses que les hommes.
Notons que ces chiffres sont, en pourcentage, meilleurs que ceux enregistrés dans la CCIVB, la
CCM et le département de l’Indre. Chez ce dernier, notamment, le pourcentage de personnes de plus de
60 ans (près de 78 000) frôle les 35 %, en augmentation constante depuis 2008 (elles étaient alors de
70 000). Le chiffre dépasse les 30% dans l’agglomération castelroussine et la CCIVB.
Les classes intermédiaires (30 -59 ans) qui travaillent et forment le gros des familles constituées
(parents avec enfants) sont également en perte de vitesse : dans les 4 zones étudiées, elles franchissaient
les 40% en 2008 (et même 44,7% à Niherne) mais, 11 ans après, elles étaient passées sous cette barre (-
4% en moyenne). Là encore, Niherne reste, sur ce sujet, la commune la plus dynamique (39,2%). Ces
meilleurs chiffres sont peut-être à mettre en lien avec l’attractivité de la commune qui a des atouts pour
accueillir de nouveaux arrivants.
Pour autant, globalement revus à la baisse (telle est la tendance générale), ces chiffres montrent
qu’il existe un réel risque de vieillissement de la population. En effet, la partie la plus âgée de la tranche
d’âge 30 -59 ans va, d’ici peu, passer dans la catégorie des plus de 60 ans, tandis que les enfants nés de
parents de la tranche d’âge 40-50 ans vont, à terme, partir vers d’autres horizons.
Ces chiffres semblent vouloir faire mentir les prévisions proposées dans le diagnostic territorial
du dernier PLU (approuvé en 2009) qui émettait l’hypothèse, pour l’horizon 2020, d’une population de
1718 habitants (contre 1583 avérés en 2019). Telle était, en 2009, la volonté affichée de la municipalité
qui, en lien avec la commune de Villedieu-sur-Indre proche, souhaitait conduire une politique volontariste
d’accueil, notamment pour conforter son rôle de petit pôle urbain et jouer de sa proximité avec
l’agglomération de Châteauroux.
Vieillissement de la population : des difficultés à venir ?
A terme, si la population ne se renouvelle pas suffisamment (comme semble l’indiquer son
évolution (+ 5% seulement en 20 ans), il est à craindre des difficultés : en effet, nombre de jeunes
aujourd’hui recensés sur la commune de Niherne vont partir tandis que leurs parents qui, souvent, ont
fait construire, vont passer dans la tranche d’âge supérieure.
Par ailleurs, ce vieillissement potentiel va de pair avec l’allongement régulier de la durée de vie.
En effet, en métropole, en 1990, l’espérance de vie était de 81 ans pour les femmes et de 72,9 ans pour
les hommes ; en 2004, les chiffres sont respectivement de 83,7 et 76,8 ans et, en 2016, de 85,3 ans pour
les femmes et 79,3 ans pour les hommes.
Le vieillissement est également synonyme de dépendance, laquelle touche surtout les personnes
âgées de plus 75 ans. Parmi elles, une partie vit en institution spécialisée en gériatrie. D’autres restent
encore chez elles, sans pour autant être totalement autonomes (elles demandent souvent l’aide du
conjoint et/ou d’une tierce personne). Ce qui, sur la commune de Niherne, suppose une aide sociale bien
structurée mais aussi des emplois potentiels (aide à domicile, etc.) en conséquence.121 12 février 2024
Des familles de plus en plus réduites
Taille des ménages
Date Niherne Département CCCM CCVIB 1968 3,07 3,04 3,03 3,02 1990 2,83 2,46 2,50 2,36 2019 2,25 2,02 2,04 2,13
De même, la taille des ménages Un "ménage" est l’ensemble des occupants d’un même logement
(population des résidences principales), quels que soient les liens qui les unissent.se réduit au fil des ans : elle passe
d’un peu plus de 3 en 1968 à 2,25 en 2019. Cette descente régulière est à peu près équivalente à celle
enregistrée dans la Communauté de communes du Val de l’Indre Brenne ; cependant, elle reste plus
marquée pour les deux autres grandes collectivités mises en comparaison (département et CCCM). En
contrepoint, si le nombre de ménages augmente, leur contenance est beaucoup plus réduite.
Notamment, parmi eux, se compte de nombreux couples sans enfants.
C’est ainsi que les familles de plus de 5 membres, sont rares. Pour autant, à Niherne, ces
dernières restent encore solides si on compare leur nombre à celui de la Communauté de Communes de
Châteauroux Métropole d’une part, de l’ensemble du département d’autre part : là, elle frôle juste les 2%.
Et, doit-on ajouter, à celui de la France entière. Ce desserrement et ce rapetissement des ménages, qui
s’observe dans toutes les franges de la société française (familles monoparentales, divorces…), a pour
corollaire une demande accrue de logements.122 12 février 2024
Et la commune de Niherne n’échappe pas à la règle : entre 2008 et 2019, toutes les tranches
d’âge, à partir de 20 ans, voient le nombre de personnes vivant seules augmenter de quelques points. Si le
veuvage peut expliquer les chiffres des plus de 65 ans, des raisons autres sont à avancer pour les plus
jeunes : célibat, choix de vie, etc. Cette tendance est corroborée par les personnes déclarant vivre en
couple : entre 2008 et 2019, les variations sont importantes ce qui, hormis le veuvage pour les personnes
les plus âgées, signifie que la vie de couple n’est plus aussi stable qu’il y a quelques années encore.
Ainsi, et le cas de Niherne le prouve, cette évolution sociétale touche toutes les franges de la
société, qu’elles soient de la ville ou de la campagne.
Il est à noter que, tous âges confondus, une large frange de la population de Niherne (71,7%) de
la population vit en couple (mariés, pacsés, vivant en union libre). Plus précisément, 80% de chaque
tranche d’âge, (de 25 à 80 ans), déclare vivre en couple. Ce chiffre tombe à moins de 20% chez les plus
jeunes et les plus âgés (plus de 80 ans) ce qui chez ces derniers s’explique par la mort du conjoint. Les
personnes vivant seules (veufs, célibataires ou divorcés) représentent 28% de la population (contre 40%
dans l’intercommunalité de Châteauroux-Métropole).
Ici, s’évoquent la mixité intergénérationnelle ainsi que le renouvellement de la population,
éléments essentiels qui, sur la durée, participent au développement du territoire communal. Il sera donc
nécessaire de réfléchir à une offre de logements qui s’adapte à ces nouvelles caractéristiques des
ménages.
A.2. Population et logement
A.2.1. Le parc de logements
Une accélération marquée de la construction
Source : Insee, RP2019 exploitation principale, géographie au 01/01/2022
Comme l’indique ce tableau, à Niherne, les résidences ne sont pas très anciennes : seules 32,2%
datent d’avant la fin de la dernière guerre (1945). De fait, en 1919, la commune de Niherne ne comptait
que 165 logements (pour 695 aujourd’hui), essentiellement regroupés dans les deux « villages » de Surins
et de Niherne, le reste se dispersant dans la campagne.123 12 février 2024
Si la période 1946 – 1970 reste relativement creuse, les suivantes sont, sur le sujet, beaucoup
plutôt prolifiques : depuis 1968, le parc de logements s’est largement étoffé puisqu’il est passé de 434 à
767 soit une progression de 76 %. Sur ce sujet, la progression fut régulière mais, il faut le noter,
proportionnellement plus rapide que celle de la population. Ce phénomène va de pair avec le
desserrement des familles et la baisse de la taille des ménages, notés plus haut. Une telle croissance, que
l’on peut dire soutenue, reflète l’attractivité de la commune. Il est à noter que, pour la même période,
cette progression n’a été que de 43% dans le département de l’Indre et de 37% pour la CCIVB mais de
70% pour la CCM qui tire donc son épingle du jeu.
A l’époque, est surtout privilégiée la résidence principale (sous forme pavillonnaire) et si le parc
de logements augmente plus vite que la population proprement dite, c’est en raison de la diminution de
la taille des ménages.
Plus précisément, entre 1990 et 2015, soit en l’espace de 25 ans, c’est près d’un quart du parc
immobilier de Niherne qui a surgi de terre. Là encore, ces chiffres sont à comparer aux autres secteurs : ils
sont de 22% pour l’Intercommunalité de Châteauroux Métropole, mais seulement de 19% pour
l’ensemble du département et de 21% pour la CCVIB.
Ces chiffres sont intéressants car ils montrent bien que le nombre de logements a, en proportion,
augmenté bien plus vite que celui de la population depuis 1990 (rappelons qu’elle est passée de 1504
habitants en 1990 à 1583 en 2019, soit une progression de 5,4% seulement). Ces chiffres témoignent à la
fois de l’évolution de la société en général (desserrement des familles) et de l’attractivité de la commune
de Niherne.
Vers un ralentissement de la construction ?
Durant les décennies 1970 - 1990, la construction de nouveaux logements est très importante (ils
vont représenter 33,7% du parc total de logements). Puis se fait moindre par la suite (de 1990 à 2015 :
seulement 25% du parc). Pour résumer :
. Entre 1971 et 1990, il se construit en moyenne 11,6 logements par an,
. Entre 1991 et 2005, il se construit 6,8 logements par an, puis 6,6 entre 2006 et 2015.
Depuis 1990, se note donc un net ralentissement de la construction. Et surtout depuis 2008 : à
cette date, le rythme moyen imaginé était de 10 à 12 logements créés par an, soit 140 à 170 au total d’ici
2019. Or, il n’est que de 62… A l’évidence, ce chiffre n’a pas été atteint.124 12 février 2024
Source : Insee, RP2019 exploitation principale, géographie au 01/01/2022.
S’ils ne peuvent être rigoureusement comparés (car ils ne proviennent pas de la même source),
ces chiffres seront à comparer à ceux des demandes de permis de construire faites depuis 2014,
lesquelles ne concernent que 12 constructions individuelles (cf. infra : chapitre C Les espaces urbanisés
« consommation récente de l’espace »).
A.2.2. Structure du logement
Une majorité de propriétaires
Le statut de l’occupant caractérise le logement : il est propriétaire, locataire ou logé à titre
gratuit.
En 2019, comme au cours des années précédentes, une très grande majorité de logements sont
occupés par leur propriétaire : 83,1% (ils étaient un peu plus nombreux lors des recensements précédents
(84,8% en 2008 et 84,1% en 2013). En conséquence, la location reste faible (15,8%) et davantage encore,
la gratuité (1,2%).
Cependant, depuis 1999, cette proportion de propriétaires a légèrement diminué (elle est passée
de 84,8% à 83,1%). Notons cependant, qu’elle est particulièrement élevée, lorsqu’on la compare à celle
des 3 autres secteurs :
Niherne Département CCCM CCVIB Propriétaires (%) 83,1 68,1 57,5 72,9
Une si grande proportion de propriétaires montre, si besoin est, l’ancrage de ces derniers dans la
commune. Ces chiffres s’accordent à ceux, assez élevés, de l’ancienneté de l’emménagement (plus de 10
ans : 67%) mais, a contrario, ils vont à l’encontre d’un solde migratoire positif. Autrement dit, les
habitants tendent à rester chez eux, à Niherne, dans la maison qui leur appartient.125 12 février 2024
Logement locatif et logement social, une légère progression
Le logement locatif semble assez peu prisé à Niherne et ce même s’il tend à augmenter : il
représente 14,1% du parc total en 2008, 15% en 2013 et 15,8% en 2019.
Sur les 110 locations enregistrées en 2019 (soit 15,8% du parc), 41 sont à caractère social (soit
5,9% en 2019 contre 3,8% en 2008). Les premiers logements sociaux datent de 1999 (se notent alors 15
unités). Ce chiffre s’accroit régulièrement depuis 2008 (il passe à 24 puis à 41 en 2019). En pourcentage, il
passe de 3,8% en 2008 à 5,9% en 2019.
Cette tendance n’est pas celle du département, de la CCVIB et de l’Intercommunalité de
Châteauroux Métropole qui, pour chacune de ces 3 collectivités, va dans le sens de la diminution. Mais, il
faut le dire, avec des proportions beaucoup plus élevées (elles dépassent les 22% dans la CC Châteauroux
Métropole, et les 15% dans l’ensemble du département).
Logement social
(%)
Niherne Département CCCM CCVIB
2008 3,8 15,2 23,5 12 2019 5,9 13,9 22,3 10,7
Autrement dit, même s’il progresse un peu, le logement social à Niherne reste bien en-deçà de la
tendance enregistrée dans les 3 autres collectivités. Pour autant, il semble vouloir rattraper son retard
dans la mesure où ce type de logement manquait totalement au début des années 1990.
Plus précisément, ces logements sont le fait de SCALIS et de l’OPAC qui louent des maisons
accolées (pouvant abriter de 1 à 4 personnes, ici essentiellement des personnes âgées). Ils se situent près
du cimetière et du lotissement « les Coutures ». De son côté, la commune de Niherne est propriétaire de
3 maisons anciennes mais rénovées. Elles ne semblent pas, à ce jour, les avoir toutes louées (voir
logements vacants).
Cette progression, assez substantielle, montre bien que la municipalité de Niherne a pris la
mesure de la question du logement. Située à moins de 12 km de l’agglomération de Châteauroux, elle ne
pouvait faire autrement que de réfléchir à l’accueil de personnes en difficultés sociales.
A Niherne, la propriété domine donc largement le parc de logements. A contrario, le parc locatif,
y compris social, reste à la portion congrue et ne semble pas évoluer dans un sens positif. Ce fait
correspond assez bien à la structure de la population locale, où l’on voit un grand pourcentage de
personnes âgées, déjà propriétaires, et de personnes plus jeunes, en couple et/ou avec enfants qui, à
Niherne, ont souhaité acheter et aménager leur propre maison. Ce qui, dans un contexte actuellement
très tendu, n’empêche pas que la demande de logements à louer soit en nette progression.126 12 février 2024
La part des logements vacants
Sources : Insee, RP1967 à 1999 dénombrements, RP2008 au RP2019 exploitations principales.
Les données proposées sont établies à périmètre géographique identique, dans la géographie en
vigueur au 01/01/2022.
Tiré du recensement INSEE de 2019, ce tableau montre la relative faiblesse des logements
vacants à Niherne puisqu’ils ne représentent que 5,3% du parc global. Se note cependant une certaine
évolution : en 1968, ils représentaient 11% et ce chiffre était à relier à la chute comme au vieillissement
de la population alors enregistrés. Puis ils tombent à 2% en 1999, signe que la commune a repris des
habitants, nouveaux venus pour la plupart. Néanmoins, depuis cette date, ce mouvement s’infléchit
puisque le parc de logements vacants est remonté à 5,3% en 2019.127 12 février 2024
Pour autant, à Niherne, ces logements vacants restent relativement peu nombreux si on les
compare au reste du département : en effet, la carte ci-dessus montre bien que, dans nombre de
communes, surtout les plus rurales (près de la moitié d’entre elles), ils dépassent les 10%. De même, on
notera que l’agglomération de Châteauroux et ses communes périphériques présentent le taux de
vacance le plus faible. Ce chiffre montre bien leur relatif dynamisme.
A.2.3. Sociologie de la résidence à Niherne
Des résidences principales, individuelles et de grande taille
De manière plus précise, ces logements sont à 90,6% destinés à la résidence principale, les
résidences secondaires et les logements vacants ne représentant respectivement que 4,1% et 5 ,4%. Ces
derniers chiffres sont très faibles si on les compare à ceux du département de l’Indre pris dans son
ensemble (qui sont respectivement de 10,6% et 13,6 %) : là encore, ils démontrent bien que la commune
de Niherne est avant tout une commune résidentielle qui accueille des ménages y vivant à l’année et,
pour une grande part, travaillant dans le voisinage. Ce qui, également, souligne son caractère périurbain.
Source : Insee, RP2019 exploitation principale, géographie au 01/01/2022.
De « vieux » résidents
Qui plus est, et pour une grande part, ces ménages sont installés depuis longtemps à Niherne : en
effet, ils sont à 67% présents sur la commune depuis plus de 10 ans. Parmi eux, 33,4% sont là depuis plus
de 30 ans. De fait, souvent propriétaires, ils ont choisi de vivre à Niherne et d’y « faire construire » ce qui
deviendra « la maison familiale ». Ce qui montre, si besoin est, le côté très résidentiel et attractif de la
commune.
Notons que ce sont ces ménages, installés à Niherne depuis plus de 10 ans, qui vivent dans les
maisons les plus grandes (67,2% disposent de 4,7 pièces). De même, ils accueillent plus de monde (2,3
personnes) : a contrario, les ménages les plus récents (moins de 2 ans, soit 21% du parc) sont plus
restreints (1,6 personnes en moyenne) et occupent des maisons plus petites (3,9 pièces).128 12 février 2024
Ces deux chiffres corroborent ce qui a été énoncé précédemment, à savoir que les familles
connaissent un turn-over plus important, tendent à rétrécir et à choisir davantage la mobilité.
Résidence
principale depuis
plus de 10 ans
Niherne Département CCCM CCVIB
Ménages (%) 67,2 58,8 60,4 52,8 Nombre de pièces 4,7 4,6 4,6 4,5
Le chiffre de 67,2% (qui représente les ménages « anciens ») est bien supérieur à celui que l’on
enregistre dans les 3 autres collectivités – elles ne sont pas aussi performantes. A sa manière, il montre
une certaine stabilité des résidents, sans doute heureux de vivre sur la commune de Niherne, dans un
cadre agréable, révélant ainsi sa réelle attractivité. D’une certaine manière, ces chiffres indiquent que la
plupart des résidents apprécient leur logement (qu’ils en soient propriétaires ou locataires) et donc, plus
largement, leur cadre de vie.
Là encore, la grande taille des logements (au vu du nombre de pièces) est à imputer au caractère
très rural de la commune, dans laquelle la place n’a, jusqu’à présent, jamais manqué.
Un foncier longtemps attractif
A Niherne, la maison individuelle est importante et relativement grande (près de 80% ont plus de
4 pièces et 50% ont plus de 5 pièces). Ce qui s’explique fort bien : pour une grande part, elle a été
construite dans la période 1970 – 2000, à une époque où le foncier était disponible et d’un prix assez
faible. Le pavillon, partout plébiscité est alors assez grand, construit sur un terrain qui ne l’était pas moins.
Mais, depuis quelques années, cette tendance semble s’inverser en raison, d’une part de la réduction
observée de la taille des ménages (lesquels n’ont plus besoin de grandes maisons), d’autre part de
l’enchérissement des coûts de construction (matériaux, énergie) qui, dans les années à venir, risquent de
connaître une envolée.
Lotissement les Malteries129 12 février 2024
Cet engouement pour la maison individuelle, surtout au cours des décennies précédentes
(jusqu’en 2010), s’expliquait alors par la tendance sociétale (désir de « faire construire ») qui, peu ou
prou, concernait toute la France ; localement, s’ajoutait le faible prix du foncier. Par ailleurs, les terres
agricoles susceptibles d’être transformées en terrain à bâtir ne manquaient pas, ce qui n’est plus le cas
aujourd’hui, dans le contexte de l’objectif ZAN « Zéro artificialisation nette ».
Cela, l’examen minutieux de l’évolution du bâti à Niherne le montre bien : on voit que les terres
ayant reçu les logements sont d’anciennes parcelles agricoles (les Malteries, les Coutures), toutes très
proches du bourg de Niherne.
Un tel mouvement est relativement propre aux petites communes rurales : en tous cas, il va à
l’encontre de ce qui se passe à l’échelle de la région Centre Val de Loire (où seulement 71,8% des
logements sont des maisons individuelles) et du territoire français pris dans son ensemble (56,5%). De
même, la part du logement individuel est très élevée sur le territoire du SCOT, exception faite de la ville
de Châteauroux
Des maisons de plus en plus confortables
A Niherne, les logements tendent de plus en plus vers le confort (présence d’une salle de bain, de
chauffage central et/ou électrique). Si la salle de bains est bien installée (elle figure dans 98,4% d’entre
eux contre 96,9% en 1999), le chauffage tend à évoluer et, sur ce sujet, la commune de Niherne occupe
une place à part.
De fait, si le chauffage central individuel cède du terrain (en 2008, 63, 7% des résidences
principales en sont équipés contre seulement 54,1 en 2019 – et ce mouvement s’enregistre également
dans les 3 autres collectivités), le chauffage électrique individuel lui, tend à se développer (21,1% puis
26% à Niherne) mais pas dans les 3 autres collectivités qui, elles, le voient régresser de quelques points.
Or, on sait que le système électrique est très énergivore.
Par ailleurs, dans un contexte de tension énergétique, ces chiffres doivent aujourd’hui interroger :
d’une part, on sait que l’installation de chaudières à fuel est interdite depuis le 1er juillet 2022, d’autre
part, les crises successives, sanitaires et géopolitiques, créent des tensions dans le domaine énergétique –
dans un proche avenir, les coûts seront nécessairement revus à la hausse. Ce qui va obliger les particuliers
comme les collectivités à réfléchir autrement leur accès à l’énergie. D’autant que les maisons
individuelles, dominantes à Niherne, sont vastes et donc consomment beaucoup d’énergie.
De même, le chauffage central collectif ne touche, en 2019, que 6 résidences principales sur 695,
soit 0,9%. Ce chiffre très faible (il est bien plus élevé dans la CCCM (presque 20%) et dans le département
(9%) est à relier au fait qu’à Niherne, il n’existe que très peu de logements collectifs. Pour autant, dans un
contexte d’énergie de plus en plus coûteuse, ce type de chauffage pourrait être davantage développé (à
surface égale, il consomme moins d’énergie et occasionne moins de déperditions de chaleur) y compris
dans les logements non collectifs.
Concernant les maisons, le confort est relatif à leur âge : or, à Niherne, le parc de logements est
relativement jeune (rappelons que 58 % des résidences principales ont été construites après 1968). Lors
de leur conception, les plus récentes ont donc, d’emblée, intégré la donnée confort et hygiène, ce qui
n’était pas le cas des plus anciennes.130 12 février 2024
C’est, de fait, à partir des années 1970, que le confort (1 ou 2 salles de bains et garage) a
systématiquement été intégré dans la construction. Ce qui n’a pas empêché les propriétaires de maisons
plus anciennes (sachant que 1 sur 3 est antérieure à 1919) d’y réaliser les travaux nécessaires. Rares sont
celles qui, désormais, ne répondent pas à ces normes de confort (eau et électricité, principalement).
La voiture, une condition nécessaire
Posséder une voiture est quasiment une condition sine qua non pour vivre à Niherne. Chaque
année davantage, le besoin s’en fait sentir : en 2019, 93,7% des ménages en détiennent au moins 1
voiture (contre 92,4% en 2008) – de même, la deuxième voiture gagne du terrain, passant de 52% à 56%.
Ces chiffres sont à comparer avec ceux, un peu moindres, relevés dans les 3 autres collectivités et,
surtout, dans la CCCM (85,5% et 35,5%) que l’on sait être la plus urbaine des quatre.
De plus, à Niherne, la question du stationnement ne se pose guère : les zones récemment
construites l’ont systématiquement englobée tandis que les rues des deux gros bourgs et encore moins
les hameaux comme les fermes isolées ne manquent pas de place. D’ailleurs, près de 80% des ménages
disposent d’un emplacement réservé pour garer sa voiture, contre seulement 64% dans la CCCM.
A.3.Conclusion : quelques constats et quelques interrogations
Le logement récent (essentiellement pavillonnaire) s’impose largement.
Conçu à partir du début des années 1960, il développe quelques principes, parmi lesquels la
propriété (« on fait construire »), la pleine jouissance d’un « chez soi » (avec maison confortable –
sanitaires et chauffage - et jardin attenant). A contrario, il implique la nécessité de disposer d’un, si ce
n’est deux, véhicules pour se déplacer. Par ailleurs, il induit un mode de fonctionnement qui ne milite pas
forcément en faveur de la mixité sociale (c’est un peu le « chacun chez soi ») ni même le renouvellement
des générations. Dans ce contexte, la future zone des « Coutures » a un rôle important à jouer.
Jusqu’il y a peu, la commune ne manquait pas d’espace dans les zones urbaines et
encore moins dans les autres zones (agricoles et naturelles), comme le montrent les chiffres de
stationnement, comparés à ceux de la CCM proche. Pour autant, il n’est pas certain que son réservoir
reste infini, comme il avait semblé l’être lors du période du « boom » de la construction (1970 -2000).
De fait, dans une commune où la terre agricole n’était ni rare, ni chère et donc, susceptible d’être
transformée en terrain à bâtir, il était facile pour le vendeur comme pour l’acheteur de mener à bien leur
transaction d’autant que la pression démographique restait faible et que les collectivités n’étaient pas
encore confrontées à une « faim » de terre. Ce qui est moins le cas aujourd’hui, dans un contexte où l’on
tend vers le 0% imperméabilisation des sols à l’horizon 2050 et où s’évoque de plus en plus la notion de
développement durable. Etalement urbain et consommation de terres agricoles sont en effet néfastes à
l’environnement, à la production agricole, aux liens sociaux et à la sécurité énergétique.
Enfin, dans un contexte de pénurie et de progression du coût de l’énergie, une telle
situation (importance de la maison individuelle, assez énergivore, dépenses énergétiques liées au
transport), pourrait, chez certains, remettre en question quelques choix de vie ; de plus, il faut tenir
compte de l’augmentation substantielle du prix du m² (+ 13% entre 2019 et 2022 pour les maisons, + 17%
pour les appartements (source : FNAIM).131 12 février 2024
Ainsi s’observe l’étroite dépendance qui lie la commune de Niherne à son environnement
géographique : à ce titre, elle est vraiment péri-urbaine.
B) Le contexte socio-économique
Niherne est une petite commune rurale, proche de l’agglomération castelroussine dont elle subit
l’influence proche. A ce titre, elle possède des caractéristiques socio-économiques qui méritent d’être
étudiées.
B.1.La population active
Dans un contexte économique en pleine mutation, l’emploi est une donnée qui évolue très vite.
Quoique relativement récents, puisqu’ils datent de 2019, les chiffres qui suivent ne reflètent pas
exactement la situation de 2023, 4 ans après.
B.1.1 Un niveau d’études moyen mais en progression
Si tous les enfants en âge d’être scolarisés le sont à 98%, les tranches d’âge suivantes montrent
une faiblesse assez nette dans le domaine des études. Faiblesse partagée par les 3 autres collectivités si
on les compare à la France entière. En effet, à Niherne, seuls 20,4% des habitants possèdent un diplôme
d’enseignement supérieur contre 23,3% dans la CCCM, 18,5 pour le département et 15,9 % pour la CCVIB.
Or, ce niveau est à 30,7% pour la France entière. Ici, s’observe bien le fait que les citadins font davantage
d’études que les ruraux de la campagne. A noter, cependant, que ce taux a pris quelques points entre
2008 et 2019 (+ 6,4% à Niherne).
B.1.2. De nombreux actifs
Une tendance marquée à l’emploi
En 2019, la commune de Niherne recense 944 actifs, soit 78,1 % de la population en âge de
travailler. A contrario, les inactifs (jeunes, élèves et étudiants et moins jeunes (retraités et préretraités)
comptent pour 21,9% de la population. Cette proportion était de 23,8% en 2008.
Parmi les actifs, 87,6% de la tranche d’âge 25-54 ans possèdent un emploi mais ce pourcentage
baisse très rapidement dans la tranche d’âge suivante (55 – 64 ans) puisqu’il passe à 54 %. En proportion,
les femmes travaillent autant que les hommes (à72%) tout en sachant que certaines d’entre elles sont
davantage à temps partiel ou disposent d’un contrat à durée déterminée.
Emploi de la
population (%)
Niherne Département CCCM CCVIB France
25 -54 ans 87,6 % 80,5 % 77,5 % 84,7 % 79,6 % 55 – 64 ans 54 % 46,6 % 48,8 % 4 7,2 %
50,6 %
Taux de
chômage
8,1 % 9,4 % 10,5 % 8,8 % 9,9 %
Ce tableau montre que l’emploi se porte plutôt bien à Niherne si on le compare aux trois autres
collectivités et à la France entière.132 12 février 2024
Des faiblesses, néanmoins
- Le chômage tend à augmenter : à Niherne, le taux de chômage est de 8,1 % et c’est parmi les
jeunes (15 – 24 ans) qu’il est le plus élevé (près de 20% en 2019 contre 12% en 2008). Parmi eux,
nombreux sont ceux qui sont peu ou pas diplômés. Notons cependant que ces chiffres datent de 2019 et
que, depuis cette date, ils ont évolué.
-Par ailleurs, avec un petit 33,3, l'indicateur de concentration d'emplois (nombre d'emplois dans
la zone pour 100 actifs ayant un emploi résidant dans la zone) est très faible, comparé à celui des 3 autres
collectivités (il est de 68 pour la CCVIB, de 127,3 pour la CCCM et de 99,8 pour l’ensemble du
département). Ce chiffre médiocre souligne bien la fonction résidentielle de la commune, au contraire de
la CCCM qui, elle, occupe une fonction de pôle d’emploi.
B.1.3 Salariés et non-salariés dans la zone d’emploi
L’agglomération de Châteauroux est la principale zone d’emploi de la commune de Niherne. 213
communes lui sont rattachées parmi lesquelles 8 du département voisin du Cher.
En 2019, sur les 687 personnes de plus de 15 ans habitant Niherne et ayant un emploi, près de
90% sont salariés. Elles sont, à une grande majorité (plus de 75% pour les hommes et 80% pour les
femmes) employées dans la fonction publique et/ou bénéficient de contrats à durée indéterminée. Le
reste compte les stagiaires, les contrats à durée déterminée et les intérimaires. Au plan
socioprofessionnel, un peu plus de 60% sont ouvriers, professions intermédiaires ou employés, la plupart
travaillant dans l’agglomération castelroussine proche. En contrepartie, les CSP + sont moins nombreuses
(moins de 6% de la population).
Notons toutefois que 22,2 % des femmes travaillent à temps partiel contre seulement 4,9 % des
hommes et que, plus souvent qu’eux, elles disposent d’un contrat à durée déterminée.
Quant à l’emploi non salarié qui regroupe les employeurs et les indépendants, il représente un
peu plus de 11% des emplois.
L’ensemble de ces chiffres est à comparer à ceux des 3 autres collectivités. On constate ainsi que
la part du salariat est plus importante dans la CCCM (où elle est de 92,4%). A contrario, le non salariat est
à mettre en relation avec le travail indépendant qui est une manière de répondre à la contrainte du
chômage. D’ailleurs, le nombre d’auto-entreprises nouvellement créées est en nette augmentation depuis
quelques années (cf. infra).
Emploi Niherne Département CCCM CCVIB Salarié 87 % 85,4 % 92,4 % 83,8 % Non salarié 13 % 14,6 % 7,6 % 16,2 %
A une très large majorité (84,2 %), ces personnes travaillent à l’extérieur de Niherne, dans une
commune plus ou moins proche.
Lieu de travail Niherne Département CCCM CCVIB Lieu de
résidence
13 % 39,3 % 47,2 % 27,5 %
Extérieur 87 % 60,7 % 52,8 % 72,5 %133 12 février 2024
Ces chiffres montrent à quel point, parmi les quatre collectivités, la commune de Niherne est
celle dont les emplois dépendent le plus de l’extérieur. Ils affirment et confirment son statut de commune
résidentielle.
En contrepartie, 87% des habitants sont incités à utiliser leur véhicule personnel pour se rendre à
leur travail. Chiffre moindre pour les autres collectivités, bien qu’il reste assez élevé lorsqu’on le compare
à celui de la France entière (70 %).
Niherne Département CCCM CCVIB Usage d’un
véhicule motorisé
87 % 82,1% 80,2 % 88 %
B.2. L’activité socio-économique hors agriculture
B.2.1. Les principales catégories socio-professionnelles à Niherne
Faute de données plus récentes, les chiffres qui suivent sont ceux de 2016 (source : site de la mairie
de Niherne, Source des données Insee - octobre 2016)
Agriculteurs : 8
Artisans : 56
Cadres : 120
Professions intermédiaires : 124
Ouvriers 539
Retraités : 391
Chômeurs : 36
A Niherne, se comptent 229 emplois, en réelle augmentation depuis 2008 (ils étaient alors 165,
soit une progression de 38% en 11 ans). Ces emplois se partagent entre non salariat (25,8%) et salariat
(74,2%), ce dernier ayant progressé de 4 points depuis 2008.
B.2.2 Des activités économiques diversifiées
Un secteur tertiaire encore minoritaire
En 2020,60 entreprises (activités marchandes, hors agriculture) sont recensées à Niherne. Parmi
elles, une moitié touche l’industrie, l’artisanat et le commerce, l ’autre moitié les services. Cette
proportion (entreprises du secteur non tertiaire) est plus élevée que dans la CCCM, ce qui montre que la
tertiarisation de la commune y est moindre. Ces entreprises sont majoritairement individuelles et
emploient 4 salariés en moyenne.
Pourtant, depuis plusieurs années - et ce phénomène est dit de société -, l’activité lâche peu à
peu le domaine de la production (agriculture, artisanat, bâtiment, commerce, industrie...) pour gagner
celui de la prestation et du service (services administratifs…). Même s’il reste plus faible que celui des 3
autres collectivités, le secteur tertiaire commence à se développer, notamment avec l’émergence puis
l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication.134 12 février 2024
De petites unités
Un décompte précis, réalisé par la municipalité de Niherne au début de l’année 2023, fait état de
60 entreprises domiciliées à Niherne. Les deux les plus importantes (l’une de BTP, l’autre de transports et
de négoce) emploient chacune 12 salariés source : commune de Niherne.
Il s’agit de petites unités qui, pour la plupart, ne comptent qu’une seule personne (maçonnerie,
bijouterie, peintre, coiffeur, etc.). Cependant, il faut bien noter que, outre les services essentiels
(médecin, dentiste…), les habituels commerces de bouche (boulangerie…) et entreprises artisanales
(maçonnerie, peinture, plomberie, chauffage, chaudronnerie…) sont bien représentés sur le territoire. Se
comptent également des entreprises nouvelles (bijouterie, coiffure et petit bricolage à domicile, ébéniste,
informaticien, taxi…), toutes attirées par la situation géographique intéressante de la commune de
Niherne : proche l’agglomération castelroussine, mais à la campagne et bien pourvue en commerces et
services de première nécessité.
Dans le détail
- côté commerces de bouche :
. Une boulangerie,
. Une boucherie/charcuterie,
. Une supérette (alimentation générale « le Panier Sympa »).
. Un restaurant (auberge de Niherne dont les travaux de rénovation ont été financés en partie par
la Région Centre Val de Loire dans le cadre du CRST).
. Un café bar, également point-relais
Malgré tout, le commerce de proximité semble s’affaiblir par rapport aux années précédentes.
Or, sur ce sujet, le schéma de développement commercial a identifié la commune de Niherne comme
étant un pôle essentiel dans le domaine des services de proximité. Il importera donc à cette dernière de
tout faire pour conforter les commerces actuels, voire en attirer de nouveaux.
- côté services médicaux
. Un médecin généraliste,
. Un dentiste,
. Une pharmacie,
. Une infirmière,
. Une sage-femme,
. Un kinésithérapeute
A noter, également, la présence d’autres services et commerces, indispensables pour la vie d’une
commune. Il s’agit, notamment, des garages (il y en a 2), des artisans tels que des plombiers et
menuisiers, des salons de coiffure (3 dont deux à domicile),
Concernant le domaine du tourisme et de l’hébergement, la commune ne dispose d’aucun hôtel,
camping et autre forme d’hébergement (auberge de jeunesse…). Seuls, les gîtes et chambres d’hôtes au
lieu-dit les Mardelles sont répertoriés tandis que la plate-forme Airbnb propose 3 hébergements de
courte durée.135 12 février 2024
La pharmacie Le Tabac-Presse
B.2.3. Entreprises et salariat à Niherne
Les entreprises installées à Niherne, sont, pour la plupart des TPE (moins de 20 salariés). Parmi
elles, 20 ont de 1 à 4 salariés, 7 de 5 à 9 salariés, 2 de 10 à 19 salariés. Une seule est une PME (de 20 à 100
salariés). Globalement, elles fabriquent des produits industriels (occupant alors 66 employés soit 41,25%136 12 février 2024
des salariés travaillant à Niherne), ou entrent dans l’administration publique, l'enseignement, la santé et
l'action sociale (29 employés soit 18,13% des salariés travaillant à Niherne). Bien évidemment, ces salariés
ne vivent pas tous sur le territoire communal, venant, pour un grand nombre d’entre eux, des communes
voisines.
Un certain nombre de ces entreprises a vu le jour au cours des dernières années. Ce qui est le cas
pour 10 d’entre elles, pour la seule année 2021. Il s’agit de petites unités engagées dans la fabrication
d’objets en bois, de bijoux, d’articles en carton ou bien qui exercent dans le domaine de commerce de
gros de textiles, etc. De préférence, elles sont installées dans les deux villages de Surins et de Niherne ou
dans leur voisinage direct.
Plus précisément, outre les entreprises de bâtiment, maroquinerie, de transport et de négoce, de
fonderie, commerce d’alimentation générale qui emploient plus 5 salariés (en général, domiciliées dans la
zone artisanale), se comptent d’autres employeurs tels que la mairie de Niherne (une vingtaine
d’employés) et des associations locales : ainsi, l’association familiale rurale de Niherne (entre 10 et 20
employés) ou encore, l‘association Loisirs Culture (entre 3 et 5 salariés) : cf. supra vie associative.
B.2.4. La zone artisanale de Villedieu-sur-Indre/Niherne
Située au bord de la très passagère RD 943, également à cheval sur les deux communes de
Villedieu sur Indre et Niherne, la zone artisanale de Villedieu/Niherne compte pour beaucoup sur le
dynamisme économique de la CCVIB.
A ce jour, cette zone artisanale compte 6 entreprises domiciliées à Niherne. Il s’agit d’entreprises
assez grandes qui touchent à la fonderie, la serrurerie/métallerie/chaudronnerie, le transport (entreprise
spécialisée dans le transport routier frigorifique), la maroquinerie (sous-traitance pour des marques de
luxe), l’imprimerie, la distribution d’articles de mercerie, la fabrication de charcuterie artisanale …
Chacune d’elles emploie plusieurs salariés. Néanmoins, il est à noter que la plus grande partie de l’activité
artisanale et économique se tient sur la commune de Villedieu-sur-Indre.
Pour le SCOT, la ZA de Villedieu-sur-Indre/Niherne est un pôle économique de première
importance, venant compléter ceux de la première couronne, tous basés en périphérie de la ville de
Châteauroux (Diors, Déols et l’aéroport, Saint-Maur et Cap Sud). A l’inverse de ce dernier, dont la vocation
est plutôt commerciale, la ZA se tourne davantage vers l’économie artisanale, comme en témoigne la
présence de quelques entreprises spécialisées dans le bâtiment, l’agro-alimentaire, le transport,
l’emballage…).
B.3 L’agriculture
Dans l’impossibilité d’obtenir des données statistiques, les éléments qui suivent proviennent d’enquêtes réalisées
auprès de 12 agriculteurs et d’entretiens plus approfondis auprès de quelques-uns d’entre eux, tous exploitants sur la
commune de Niherne, d’observations faites sur le terrain et de l’étude des cartes PAC proposées par Géoportail.
Incontestablement, l’agriculture occupe la plus grande part du territoire de Niherne : abstraction
faite des deux bourgs, situés de part et d’autre de la vallée de l’Indre, de la zone artisanale le long de la RD
943, des massifs forestiers et des étangs du sud de la commune, elle s’impose partout, dynamique dans la
partie Champagne berrichonne, mais en perte de vitesse dans la partie Brenne.137 12 février 2024
B.3.1. Des exploitations en évolution
Des agriculteurs de moins en moins nombreux
En 2023, moins de 15 agriculteurs exploitent le territoire de la commune de Niherne. Même si les
sources ne sont pas les mêmes, ce chiffre peut être comparé à celui de 1955, époque à laquelle se
comptaient alors 54 exploitations exploitant 2527 ha, dont la moitié en céréales. Au fil des recensements
suivants, le nombre d’exploitations a régulièrement diminué, passant de 39 en 1979 à 26 en 2000 (source
RGA) puis à moins de 15 en 2023 (sources locales).
Mais des exploitations de plus en plus grandes
En corollaire, les exploitations se sont agrandies et concentrées, les surfaces moyennes passant de 47
ha en 1955, à 78 ha en 1979 puis à 108 en 2000. Elles frisent aujourd’hui les 150 ha. Certaines sont
ainsi passées de 25 ha à plus de 400, en l’espace d’une seule génération. Il faut savoir que ces
exploitations cultivent également des terres sur les communes voisines. Mais l’inverse et également
vrai (terres de la commune exploitées par des exploitants plus lointains).
Il est clair que l’évolution fut sans pareille. En1970 encore, la part consacrée à la forêt et à la petite
exploitation jardinée (vignes et vergers) reste, toutes proportions gardées, relativement importante et
occupe encore un certain nombre d’exploitants. De fait, quelques agriculteurs interrogés ainsi que
l’analyse approfondie des photos aériennes de l’époque soulignent l’importance de cette petite
agriculture dans laquelle l’élevage tenait toute sa place.
Notons cependant, et ce fait est particulier à la commune de Niherne, que quelques exploitations se
sont agrandies dans les années 1970, en défrichant (ce qui, à l’époque, ne demandait pas de réelle
autorisation administrative), une importante surface de bois (quelques centaines d’hectares :
notamment, toute la partie nord de la forêt de Saint-Maur). Elles ont aussi bénéficié, soit par fermage
soit par acquisition pure et simple, de la reprise de parcelles voisines qu’avaient libérées des
exploitants partis à la retraite sans repreneur. Mais, depuis, la surface agricole totale de la commune a
baissé (elle était de 2253 ha en 2000 soit 59,3% de la surface communale), probablement en raison de
la déprise qui affecte la partie Brenne.
Labours près de la vallée de l’Indre (rive droite)138 12 février 2024
L’élevage en forte diminution
Par ailleurs, se sont invités les quotas laitiers (en 1984) qui favorisèrent la disparition de
nombreux élevages (de vaches laitières principalement). De fait, certains agriculteurs lâchèrent l’activité
élevage lorsqu’ils reprirent l’exploitation de leurs parents. La grande culture (céréales, oléo-
protéagineux…) a largement profité de cette évolution, privilégiant, par la suite, des assolements
relativement courts (3 ans, tout au plus). Plus précisément : l’orge a bien diminué, le blé tendre se
maintient, mais le maïs ainsi que les oléagineux (colza et tournesol) progressent.
En l’espace de presque 70 ans, l’agriculture a donc changé du tout au tout, passant d’une petite
polyculture-élevage, où l’on produisait de tout, y compris en Champagne berrichonne, à la grande culture,
voire à la quasi-monoculture. D’ailleurs, les agriculteurs les plus âgés reconnaissent avoir commencé à
travailler sur de petites surfaces qu’ils ont, par la suite, élargies, parfois dans de grandes proportions.
B.3.2. Des différences locales
Cependant, il est ici à faire un distinguo entre la partie Champagne berrichonne, la vallée de
l’Indre et la partie Brenne (et ce, même si toute la commune de Niherne est classée en Champagne
berrichonne).
La Champagne berrichonne
Elle et calcaire et donc fertile. Ici, toutes les exploitations s’adonnent à la culture de la céréale
(maïs, blé, orge), du colza et du tournesol ; certaines d’entre elles ont recours à l’irrigation, qui se réalise
par forage profond dans la nappe sous-jacente du Jurassique (l‘eau est distribuée par de longs pivots),
relativement bien pourvue, voire au drainage, si nécessaire. Sur ce sujet, compte tenu des sécheresses en
cours, de plus en plus précoces, mais également de la mise en place de la DCE (Directive Cadre sur l’Eau)
de 2006 qui vise à réduire, ou du moins à optimiser les prélèvements, une tendance se profile qui favorise
l’irrigation de printemps (céréales à paille, notamment) au détriment du maïs (qui avait progressé dans les
décennies 1980 et 2000 (passant de 170 ha en 1979 à 333 ha en 2000) et des protéagineux.
L’irrigation à Niherne (secteur de Malaise)139 12 février 2024
Ici, certains agriculteurs tentent la diversification, telle la production de semences (par exemple,
le maïs), la culture du trèfle qui enrichit le sol ou de la fèverolle, de plus grande valeur ajoutée. La
première cartographie PAC (relevée par IGN) réalisée en 2008, fait cependant état de la domination
absolue des céréales (orge, blé tendre, d’hiver et de printemps) alors que le dernier relevé (en 2020)
montre cette part amoindrie. Les terres libérées ont bénéficié au colza, au tournesol et aux protéagineux.
Entre les deux dates, les assolements se sont, de fait, plus diversifiés même si quelques exploitations
restent sur le schéma de 3 à 4 cultures principales.
La vallée de l’Indre
Dans cette vallée inondable et longtemps dédiée à la prairie, l’élevage y subsiste aujourd’hui tant
bien que mal, sous la forme de prairies de fauche et de pâtures. Elles sont exploitées par un éleveur de
vaches charolaises, également producteur de céréales. Quelques chevaux y viennent également. Mais,
globalement, friche et culture du peuplier sont en progression tandis que les labours ont grignoté
quelques-unes de ses franges.
Labours près de la ferme de Malaise, dans la vallée de l’Indre (rive droite)
La Brenne
La Brenne compte pour environ 2/5 du territoire de la commune. L’élevage qui, dans les
décennies antérieures, occupait une place importante, y est en très nette régression. Ici, ne subsiste plus
que deux élevages, l’un de vaches allaitantes (race charolaise) l’autre de chevaux, tous deux exploitant les
prairies voisines du siège de l’exploitation. De fait, depuis plusieurs années, cette activité a fortement
diminué à mesure que les éleveurs locaux partaient à la retraite sans être remplacés. Dès lors, avec la
disparition des élevages liée à la médiocre qualité des sols (très acides, hydromorphes l’hiver et secs
l’été), les parcelles inoccupées sont parties soit à la friche, soit à l’enrésinement, soit encore au plan d’eau
de loisirs (bien développé à partir des années 1970). Ces parcelles oubliées de l’élevage sont de plus en
plus convoitées par des propriétaires extérieurs, soucieux de placements ou désireux de bénéficier de
terrains de chasse. Ce constat, plutôt inquiétant (mais, malheureusement, en phase avec l’ensemble de la
Brenne qui connaît pareille désaffection) doit être acté par chacun.140 12 février 2024
Prairies de Brenne
Quant aux étangs, ils appartiennent à des propriétaires qui, à partir des années 1970, les ont
creusés pour les affecter aux loisirs. Cette partie de la Brenne a l’avantage d’être proche de la ville de
Châteauroux et donc, d’attirer une clientèle en quête de repos et de détente. La plupart sont dédiés à la
pêche à la ligne, sauf quelques-uns qui restent exploités par des pisciculteurs (mais l’un d’entre eux vient
de partir à la retraite).
Toutes ces parcelles sont donc sorties de l’agriculture proprement dite.
B.3.3. Une agriculture « conventionnelle » en pleine évolution
Enfin, l’agrandissement observé est allé de pair avec une mécanisation renforcée, avec le recours aux intrants (engrais et pesticides) au drainage et, davantage encore, à l’irrigation (320 ha en 2000, beaucoup plus aujourd’hui, essentiellement par forage). Si bien que les productions restent encore largement végétales (céréales, protéagineux). Mais, trop liées aux marchés mondiaux et donc, à leurs fluctuations, elles restent toujours incertaines. C’est la raison pour laquelle quelques agriculteurs tentent de développer des cultures à haute valeur ajoutée.141 12 février 2024
Zones vulnérables aux nitrates dans l’Indre. Le fort recours aux intrants explique que, comme une grande partie de la Champagne berrichonne, la commune de Niherne fasse partie de ces zones touchées par la pollution aux nitrates.
Il est à noter qu’aucune exploitation n’est, à ce jour, en agriculture biologique. Pour autant, les agriculteurs tentent la diversification. Par exemple, aux productions classiques, ils en ajoutent d’autres, dites de « niche ». Ces dernières - par exemple, porte-graines de légumineuses (trèfle incarnat, luzerne…) - peuvent être plus intéressantes au plan économique : se faisant sur la base de contrats, elles sont mieux rémunérées ; de plus, elles se trouvent en meilleure adéquation avec la nature complexe des sols ; elles ont enfin l’avantage d’allonger les assolements et donc, de moins fatiguer les sols.
Par ailleurs, pour des raisons à la fois économiques et environnementales, l’agriculture de conservation et les techniques alternatives qui l’accompagnent - non-labour, semis direct, baisse de l’usage de la chimie (glyphosate, notamment) - commencent à intéresser quelques agriculteurs. Plus précisément, ces derniers cherchent à faire évoluer leurs assolements : à la traditionnelle trilogie blé, colza, orge, ils intègrent désormais d’autres productions plus variées telles que le lin oléagineux (pour l’huile), le triticale, le blé noir, les petits pois, le sorgho, la lentille, le millet, la fèverolle, les cultures porte-graines (luzerne, trèfle incarnat…). De plus, ne pouvant plus laisser les sols dénudés pendant l’hiver, ils laissent venir les repousses ou bien utilisent des couverts tels que la moutarde, la phacélie, l’avoine, la vesce...
A noter que sauf, dans la partie Brenne et dans la vallée de l’Indre, l’élevage, autrefois partout pratiqué, a quasiment disparu.
B.3.4 Un bâti en mutation
Une telle évolution - moins d’agriculteurs ou dont le siège d’exploitation est ailleurs - rejaillit sur
l’occupation des bâtiments agricoles. Il faut bien noter que certaines maisons d’habitation des
exploitations concernées sont ou bien vides d’habitants, ou bien louées à des personnes étrangères à la
profession ou bien encore occupées par leur propriétaire actuel, les unes et les autres n’ayant rien à voir
(nouveau venu, étranger à la profession ou retraité) avec l’agriculture. Pour la commune, il y a là un enjeu
fort, d’autant que la plupart de ces fermes sont anciennes, bien architecturées, disposent de beaux142 12 février 2024
bâtiments, lesquels pourraient éventuellement être restaurés pour des activités nouvelles (création de
salles de séminaires, réunions, mariages… etc.) – ce qui permettrait de maintenir le bâti. Le P.L.U. devra
nécessairement tenir compte de cette forme de déprise – et considérer autrement ces bâtiments qui ont
perdu leur identité agricole.
B.3.5 Des agriculteurs plutôt âgés
A Niherne, les agriculteurs sont plutôt âgés (près de la moitié a plus de 55 ans) et, parmi eux, ceux
qui vont rapidement partir à la retraite ne sont pas, à ce jour, nécessairement assurés d’un repreneur. Si
la partie Brenne n’est plus vraiment concernée par le sujet (puisqu’il ne reste plus qu’un seul éleveur (au
féminin mais encore jeune), la partie Champagne berrichonne va, elle, soulever quelques questions,
notamment celle de la reprise des terres. Il est bien possible qu’elles partent agrandir les exploitations
voisines (comme c’est déjà le cas depuis 2 ou 3 décennies) à moins qu’elles ne suscitent la convoitise de
« firmes », exploitations agricoles d’un nouveau genre basées sur la financiarisation de l’agriculture.
B.3.6 Un nouveau cadre juridique
Un grand nombre d’exploitations agricoles travaille dans un cadre juridique nouveau, qui n’a plus celui des « petites fermes » d’avant. Elles se présentent ainsi en personne morale, type E.A.R.L., G.A.E.C. (1) ou S.C.E.A. En cela, elles suivent l’évolution juridique du statut de l’agriculteur, de moins en moins « personne physique » mais de plus en plus « personne morale ». Local, ce phénomène suit la tendance nationale, aujourd’hui très marquée. Par ailleurs, il faut rappeler que, désormais, les exploitations sont souvent éclatées sur plusieurs communes. Si quelques-unes ont leur siège à Niherne, voire à Villedieu-sur-Indre et à Saint-Maur, d’autres se situent carrément dans des communes beaucoup plus lointaines.
B.3.7 Quelques particularités et faiblesses
Certaines exploitations de Niherne se distinguent par des choix innovants. Se notent
ainsi quelques évolutions plus ou moins récentes : présence d’une exploitation céréalière qui, pour une
petite part a opté pour la production d’asperges (un élément de diversification), présence de deux
élevages de chevaux, l’un centre équestre (la Saura), l’autre destiné à entretenir les prairies (La
Jossandière), présence d’une productrice de fromages de chèvres (en sus de la production de céréales.
Pour autant, se note la présence d’une seule exploitation maraîchère (fraises, essentiellement) au
lieu-dit l’Ormelle. Cette production qui s’effectue dans un cadre plus restreint, s’ajoute donc à celle des
asperges, évoquée plus haut. Pour autant, il est dommage de constater que la proximité de
l’agglomération castelroussine ne soit pas mieux valorisée : ainsi, maraîchage, arboriculture et
horticulture ne sont pas ou presque pas développés alors qu’ils consomment peu de foncier et qu’ils
pourraient attirer un grand nombre de consommateurs citadins, leur vendre local et les initier à la
découverte du métier. Néanmoins, un jeune semble vouloir s’installer en maraîchage et permaculture,
dans la vallée de l’Indre (près de la piscine).
Par ailleurs, la commune de Niherne est inscrite dans l’aire géographique de l’A.O.P. fromage
de chèvre (Valençay), de l’IGP viande Agneau du Limousin et IGP volaille du Berry. Mais, à ce jour, ces
labels de qualité ne sont pas valorisés sur la commune.143 12 février 2024
A noter, enfin, une conjoncture particulièrement difficile pour l’élevage. Lequel, en sus,
souffre de problèmes structurels liés à des sols médiocres (acides et hydromorphes) et qu’aggravent
des sécheresses successives. Aujourd’hui, s’ajoute aussi la menace du stress hydrique, sensible sur
l’ensemble des sols de la commune, une menace que l’on peut, à bon droit, juger inquiétante.
C’est dire que, depuis quelques années, l’agriculture locale cherche, quoique timidement encore, à s’adapter à un double contexte. Ce contexte est à la fois socio-économique (en lien avec l’évolution des marchés), général (effets du changement climatique), et local (proximité de l’agglomération de Châteauroux, favorable à la vente directe (asperges, fraises, fromages) et aux loisirs (centre équestre).
Elevage de chevaux La Jossandière
B.4 Les activités liées à l’eau
Elles ne peuvent être passées sous silence dans la mesure où l’eau, avec les étangs, les rivières
(Indre et Claise) et leurs vallées humide) occupent une bonne part du territoire communal.
B.4.1. Les étangs
Ils se concentrent en deux zones précises : la vallée de l’Indre et la Brenne. Quelques autres, plus
rares, sont également notés en Champagne berrichonne (secteur de Tilly et de la Croix Rouge). Au total,
ils couvrent une surface de 101 ha soit 2,26% de la surface communale.
Un distinguo est à faire entre les étangs de la vallée et ceux de la Brenne proprement dite,
sachant qu’ils n’ont pas la même origine.
Les étangs de la vallée de l’Indre
Ils font, pour la plupart, suite au réaménagement d’anciennes carrières de sable. Une fois
l’extraction terminée, les carrières devaient être « restaurées » : le choix de l’aménagement porta alors
sur la création de plans d’eau. Choix d’autant plus intéressant qu’ils se situent tous près du bourg, près144 12 février 2024
d’un public potentiellement intéressé. Il est à noter que les uns (ceux situés à l’ouest du bourg de
Niherne) sont communaux et accueillent les pêcheurs à la ligne tandis que les autres (ceux de l’est) sont
privés, destinés à un public choisi.
L’étang communal, une ancienne sablière Source : IGN 2021
Les étangs de la Brenne
Un grand nombre d’entre eux a été creusé à partir des années 1970. Appartenant à des
propriétaires privés, ils sont loués à des habitants de l’agglomération de Châteauroux qui viennent y
passer des moments de détente. Ils voisinent avec quelques autres, quant à eux dévolus à la pisciculture
« traditionnelle » telle qu’elle se pratique en Brenne.
Les nouveaux étangs, au sud de la commune de Niherne Source : IGN 2020
B.4.2. La rivière Indre
Près de l’eau, s’organisent des activités liées à la découverte (sentier près de l’eau) et à la pêche à
la ligne.145 12 février 2024
Cette forte présence de l’eau est intéressante à Niherne car elle assure des activités de loisirs,
économiques, et de découverte de la nature. Dans la région Champagne berrichonne, il y a là des atouts
importants.
Les anciennes sablières, dans la prairie de Vaux. Elles sont aujourd’hui destinées à la pêche à la ligne (site privé).
Source : IGN 2021
B.5 Equipements et services à la population ; vie sportive et socio-
culturelle
Compte tenu de la mobilité de sa population (qui vit à Niherne mais travaille à l’extérieur), la
commune cherche à la retenir en lui proposant des activités de loisirs proches de chez elle, une bonne
scolarité à ses enfants, une vie associative dynamique, des sites sportifs attrayants…
B.5.1. La vie culturelle
Elle passe par des associations locales, variées et dynamiques.
A Niherne, ces associations excellent dans des domaines très variés : cercle des amis retraités qui
se réunissent régulièrement, comité des fêtes qui organise de nombreuses manifestations et quelques
autres tels que les carnets de Marguerite, association spécialisée dans les spectacles musicaux, les
Val’Dingos (troupe de comédiens pour un théâtre vivant), Surin’Aoir (cours de musique).
La commune loue deux salles des fêtes (Scen’Art pouvant accueillir 240 personnes) et la salle
Rousseau (pour 35 personnes). De même, elle dispose d’une Médiathèque, l’espace culturel Benjamin.
B.5.2. Les activités sportives
Des installations sportives
Les activités sportives sont assez bien organisées et comptent quelques associations sportives (AS
Niherne Football, AS Niherne pétanque, clubs de judo, de qi gong, de gym volontaire...). Dans ce domaine,
la commune de Niherne a aménagé plusieurs zones dédiées : terrains de sport, piscine d’été (près de la
rivière Indre, entre les deux bourgs de Surins et de Niherne, terrain d’entraînement, tennis et stade de
football (ces trois éléments à l’est du bourg de Surins). Leur intérêt réside bien dans le fait qu’elles146 12 février 2024
accueillent les enfants de la commune : étant dites de proximité, elles favorisent bel et bien la mixité
sociale, indispensable à la vie de la commune.
La commune envisage également la création d’un gymnase en concertation avec la commune
voisine de Villedieu-sur-Indre.
La piscine d’été, située près du pont et le complexe sportif
« L’Indre à vélo »
La commune de Niherne participe également à l’opération « l’Indre à vélo ».
Le circuit « l’Indre à Vélo » permet, dans un premier temps, de rejoindre les villes de Loches
(Indre-et-Loire) et de Jeu-les-Bois par la vallée de l’Indre. Il a été conjointement proposé puis réalisé par la
Communauté de communes de Loches développement, le Pays de Valençay en Berry et le Pays
Castelroussin. L’opération se poursuit sur les zones amont (jusqu’à Saint-Priest-la-Marche, à la source de
la rivière) et aval (jusqu’à Bréhémont, Indre et Loire). A l’arrivée, ce sont quelques 250 km concernés,
dûment balisés, praticables et déclinables en produits touristiques, offerts à tous, cyclotouristes français
et européens, amateurs de promenade à vélo en famille ou entre amis.147 12 février 2024
Une liaison avec « la Loire à vélo » a également été actée ; de même, avec le Parc naturel régional
de la Brenne et le Pays de La Châtre en Berry.
Des chemins de randonnée
La commune de Niherne prévoit également la création d’un chemin de randonnée long de près
de 20 km qui devrait permettre d’accéder au sud de son territoire et de découvrir une nature et des
paysages (de Brenne) souvent méconnus. Elle a également créé des sentiers qui longent la rivière Indre,
très bien entretenus et faciles d’accès.
Sentier aménagé dans la vallée de l’Indre Sentier de randonnée le long de l’étang des Loges
A contrario, elle souhaitait entreprendre un court sentier de 4 km qui, depuis le centre du bourg
de Niherne, devait rejoindre à l’ouest la zone des étangs communaux. Mais, à ce jour, ce projet se heurte
à des tronçons privés sur lesquels il est difficile de passer. De même, il est prévu un cheminement piéton
urbain devant passer près du cimetière et du futur lotissement « les Coutures ».148 12 février 2024
B.5.3 Les associations en lien avec la nature
Elles regroupent surtout des associations de pêche et de chasse : association des étangs de
Niherne, association de pêche AAPPMA, association des riverains de l’Indre et ses affluents, association
de Chasse laquelle œuvre dans des domaines variés tels que la lutte contre le braconnage, le
repeuplement en gibier, etc.
B.5.4. Les organismes d’aide et de soutien
Certains organismes œuvrent dans des domaines particuliers qui, cependant, touchent à la vie de
tous les jours. Parmi eux :
« Familles rurales »
Cet organisme exerce dans le domaine de l’aide à domicile et autres activités en lien avec la vie
sociale. La structure est bien implantée sur la commune de Niherne. Notamment, son service à domicile
intervient chez plus de 50 personnes. Elle emploie 13 salariés en CDI et 7 aidants sont mis à disposition.
« L’Ile aux frimousses », une garderie pour les enfants de 3 à 5 ans
L’association des Donneurs de sang de Villedieu – Chézelles – Niherne
L’Amicale des Sapeurs-Pompiers de Niherne
L’association des anciens combattants d’Afrique du Nord UNCAFN.
Etc. Cette liste n’est pas exhaustive
B.5.5. La question de la mobilité
Cette question se pose surtout pour les personnes (souvent âgées) qui ne disposent pas de
moyen de transport propre. Ces dernières doivent alors se débrouiller pour rejoindre l’agglomération
castelroussine en cas de besoin. Pour elles, les moyens sont limités : outre le service toujours possible
rendu par un proche (parent ou voisin), elles doivent s’organiser pour bénéficier de la ligne d’autocar TER
Centre, laquelle dessert la commune plusieurs fois par jour, ainsi que du Minibus seniors mis à leur
disposition. A l’évidence, ce mode alternatif à la voiture individuelle reste encore limité.
Il est également possible de compter sur le covoiturage, que la commune a promu grâce à
l’installation d’une aire spécialisée (près du stade).
B.5.6. La scolarité et l’accueil des jeunes enfants
La commune dispose d’une école primaire située près de l’église qui, pour l’année scolaire
2022/2023, accueille 125 élèves.
Elle dispose également d’une garderie, d’une assistante maternelle, d’une cantine péri-scolaire et
d’un ramassage scolaire « pedibus », géré par des employés municipaux. Elle vient d’être isolée et
rénovée (avec installation de la géothermie).
Cette école primaire reflète assez bien la sociologie de la population, puisqu’elle accueille de
jeunes enfants dont les parents ont emménagé sur le territoire communal. A noter, cependant, que,149 12 février 2024
depuis l’année scolaire 2015/2016 (il s’en comptait alors 164), elle ne cesse de perdre des élèves. La
baisse est tangible : - 23% en l’espace de 7 ans.
B.6. Conclusion générale
Au vu de tous ces chiffres, plusieurs constats :
B.6.1. Des migrations pendulaires importantes
Petite commune rurale située à 12 km d’un pôle économique attractif, Niherne suit la tendance
générale qui se note à l’échelle nationale : le taux d’actifs travaillant sur place diminue régulièrement et il
est aujourd’hui très faible. Pour une grande majorité, les actifs partent travailler dans l’agglomération
castelroussine mais le mouvement inverse n’est pas toujours vrai. En résultent, pour les habitants de
Niherne, des migrations pendulaires importantes et la nécessité, pour eux, d’utiliser leur véhicule
personnel pour se rendre au travail. Ces « migrants » pendulaires sont essentiellement des ouvriers, des
employés, des salariés dans des professions intermédiaires. Ils traduisent parfaitement la fonction
résidentielle de la commune.
Les déplacements qui, pour la plupart, se font en voiture, sont importants tant en volume (ils
concernent un grand nombre d’habitants) qu’en distance (la commune se situant à 12 km environ du
centre de Châteauroux). Ils se font beaucoup moins à pied (dans ce cas, ils concernent surtout les
habitants venant profiter des commerces et des services proposés), à vélo ou en transports en commun
(peu développés). A noter, cependant, le développement du covoiturage pour lequel un espace a été mis
en place près du stade.
B.6.2. Mais des inconvénients pour l’environnement et la mixité sociale
Il est évident que l’éloignement relatif des centres proposant du travail aux habitants de la
commune ne va pas dans le sens de la protection de l’environnement. Ici, l’usage de la voiture
personnelle est, pour l’instant, incontournable. De fait, ces déplacements quotidiens induisent de
nombreux inconvénients parmi lesquels un coût environnemental assez élevé. Par ailleurs, avec la crise
énergétique (et le coût en forte hausse des carburants), ils soulignent la fragilité de ce système, d’autant
qu’ils sont le fait de migrants pendulaires moyennement aisés lesquels, à juste raison, peuvent craindre
de voir leur facture énergétique flamber, avec toutes les conséquences sur la vie de leur cellule familiale.
A ce titre, la commune souffre de sa position de commune périphérique de l’agglomération
castelroussine et, dans ce contexte, le développement de cheminements doux, du covoiturage et des
transports en commun est à privilégier.
Par ailleurs, résidant à Niherne mais passant une bonne partie de leur temps sur leur lieu de
travail, les habitants sont certainement moins enclins à participer à la vie locale. Car les migrations
pendulaires ne sont pas toujours favorables à la mixité sociale, aux rencontres entre habitants.150 12 février 2024
B.6.3. Malgré tout, une situation géographique avantageuse
Pour autant, la commune possède l’énorme avantage d’être bien située, c’est-à-dire à la
campagne mais très près de l’agglomération castelroussine. Par ailleurs, sa forme originale (deux gros
bourgs que sépare la rivière Indre) ainsi que le dynamisme du centre principal (celui de NIherne) bien
pourvu de toutes les commodités de première nécessité (commerces de bouche, maison médicale…) font
de lui un centre attractif, capable d’offrir à sa population un cadre de vie agréable et aéré. D’ailleurs, son
tissu économique tout comme ses services essentiels (dans les domaines médical, socioculturel…) restent,
à ce jour, solides et diversifiés. Et ce, dans un contexte de concentration des services et des commerces
dans l’agglomération de Châteauroux (cf. zone commerciale de Cap Sud, à Saint-Maur). Plus : ils semblent
faire des émules comme en témoignent les nouveaux petits artisans récemment installés sur la commune.
Toutefois, les nouveaux modes de consommation actuellement enregistrés (recours à Internet, à
la livraison à domicile, dans les magasins relais … accentué depuis la crise du Covid), l’industrialisation de
la distribution, le temps consacré aux loisirs, pèsent déjà sur les modes de vie ; à terme, ils vont
nécessairement influer sur l’organisation de l’espace, sur les flux et la circulation, le stationnement, etc. Ils
vont également orienter la réflexion sur les atouts de la commune à valoriser. Parmi eux, la nature, la
campagne et ses avantages (le calme, l’espace…) sont des données qui vont compter. Des avantages qui
peuvent contrebalancer l’attraction exercée par l’agglomération castelroussine, riche de ses nombreux
services et commerces (sachant que de nombreux habitants de Niherne y travaillent et donc, pour une
grande part, y effectuent leurs achats).
B.6.4. Un espace agricole sous-estimé
Hier très dynamique et occupant pleinement l’espace, l’agriculture est aujourd’hui clairement
scindée en deux parties : une partie Champagne berrichonne, où elle se montre active et cherche à
s’adapter à un contexte économique de plus en plus compliqué et une partie Brenne, clairement en perte
de vitesse et où la part « nature » occupe une place de plus en plus importante, sans qu’elle soit,
toutefois, estimée à sa juste valeur – de ce point de vue, elle pourrait être mieux valorisée.
Par ailleurs, cette agriculture à deux vitesses ne laisse guère de place à une autre, tournée vers les
productions locales destinées un marché de proximité (celui de l’agglomération castelroussine).
C) Les espaces urbanisés
C.1. Bâti et paysages urbains
C.1.1. Un peu d’histoire
Le territoire de la commune de Niherne se compose de deux grands ensembles : l’un « naturel »
(cf. infra), l’autre bâti. Ce dernier reflète très bien l’évolution de la société d’hier à nos jours, une
évolution que marque largement la proximité de l’agglomération castelroussine se fait largement sentir.151 12 février 2024
Une situation géographique intéressante
Le territoire communal est habité depuis longtemps : les premières mentions d’une occupation
humaine remontent au moins à l’époque gauloise, se multipliant par la suite, signe qu’il avait de
nombreux atouts pour accueillir la population. La vallée de l’Indre, voie de passage privilégiée dès les
premiers temps, par la suite doublée de l’actuelle RD 943 puis, au XIX è siècle, de la voie ferrée (toutes
deux reliant les villes de Tours et de Châteauroux) font partie de ces atouts qui ont attiré les hommes. De
même, la grande plaine fertile du sud, les bois de surface importante puis la proximité de la Brenne ont,
au fil du temps été éléments attractifs.
Une occupation au fil du temps
C’est la raison pour laquelle, milieu et contexte socio-économique s’y prêtant bien, les deux petits
bourgs de Surins et de Niherne se sont, tôt dans le temps, installés sur les rives de l’Indre, le premier
(initialement le plus important) en rive droite, le second en rive gauche. Un passage à gué, suivi d’un pont,
permettait aux voyageurs de passer d’une rive à l’autre. Voir CN dans évolution de l’urbanisme Par la
suite, de nouvelles habitations surgirent sur l’ensemble du territoire, les unes groupées (quelques
hameaux), les autres isolées (métairies et, souvent, châteaux ou manoirs témoignant des grands
domaines agricoles typiques de la Champagne berrichonne et de la Brenne). Dans la plaine cultivée, ces
bâtiments anciens subsistent, seulement augmentés de silos et autres hangars indispensables à l’activité
agricole d’aujourd’hui. En tous cas, pour la plupart, ils sont restés préservés de l’urbanisation nouvelle,
laquelle s’est surtout concentrée dans les deux villages. Longtemps se sont ainsi juxtaposées des
populations socialement différentes.
Les deux bourgs en 1834 (Niherne et Surins). Source : Cadastre napoléonien 1834, Archives départementales de
l’Indre
Une urbanisation récente152 12 février 2024
Depuis la fin de la dernière guerre, et plus encore depuis les années 1970, l’urbanisation de la
commune s’est maintenue à un rythme assez élevé. Pour autant, elle s’est surtout concentrée dans
certains secteurs périphériques des deux villages qu’elle a donc prolongés ; elle s’est aussi répandue le
long de quelques axes privilégiés (Châteaufort, Chézeauneuf, la Croix-aux-Ladres, Mirebeau, la Grande-
Croix) où l’on assiste à une urbanisation de type linéaire. Si, en ne se laissant pas aller au mitage, elle est
ainsi restée relativement contenue dans l’espace, elle n’en a pas moins créé des ruptures au plan
qualitatif, les nouvelles constructions n’étant pas tout à fait en phase avec les plus anciennes.
La confrontation du cadastre napoléonien (qui date de 1834) et de la cartographie d’aujourd’hui
assortie de visites de terrain, permet de bien comprendre comment a évolué l’urbanisation au cours des
deux derniers siècles.
C.1.2. Le village de Surins
Le village ancien
En 1834, le village de Surins est incontestablement plus important que celui de Niherne. A côté du
château et de ses vastes dépendances, ce village-rue qui forme un angle droit s’égrène surtout le long du
chemin dit de Surins à Malaise, fort de nombreuses petites maisons. Plus ou moins accolées les unes aux
autres, ces dernières sont plutôt longilignes, quasiment toutes assorties d’une petite parcelle de jardin.
Certaines d’entre elles se tournent vers la rue, d’autres lui sont perpendiculaires : dans ce cas, il s’agit de
longères avec cour centrale. Notons que nombre d’entre elles sont dotées d’un puits, utilisé avant que ne
soit installée l’eau courante.
Le village de Surins en 1834 Le village de Surins, vu depuis le chemin surplombant la vallée
Source : cadastre napoléonien AD36
Le centre de Surins est, dans l’ensemble, assez resserré. Il a gardé sa physionomie première avec
son étroite rue principale et ses trottoirs tout aussi étroits, bordée de quelques maisons anciennes, plutôt
basses. Toutes disposent d’un jardin et/ou d’une cour donnant sur l’arrière. De facture assez modeste, les
plus vieilles – mais certaines sont vacantes et peinent à trouver un locataire - sont construite en pierre
calcaire prise dans le voisinage (calcaire de Von ou de Levroux), enduites d’un revêtement clair ; leur toit
est de tuiles anciennes ou mécaniques, parfois d’ardoises. Certaines d’entre elles ont cependant ont été153 12 février 2024
restaurées et/ou aménagées sur la base de matériaux (métal, parpaing…) d’aujourd’hui qui les font
ressembler à des constructions nouvelles.
Vieux puits à Surins Rue Edme Richard à Surins
Le château de Surins
A côté, s’étirent quelques longères et fermes. Se note également l’actuel château de Surins - une
grande construction contemporaine de Napoléon III (il ne figure pas sur le cadastre napoléonien). Il a
remplacé une autre bâtisse (un prieuré) beaucoup plus ancienne, totalement disparue. Ce château a, un
temps, abrité une école privée, avec internat, dont les activités ont cessé en février 2014. Il est entouré de
murs et, à l’arrière, dispose d’un parc arboré, assorti de quelques constructions plus récentes.
L’ancien château de Surins Le nouveau château de Surins (XIX ème siècle)
Une extension rapide
Par la suite, mais surtout à partir de 1950, le village de Surins va s’étoffer, en gagnant les parcelles
non construites puis les parcelles voisines, en remplaçant les jardins et les petits labours d’hier. Enfin, plus
récemment, il s’est étiré vers le nord (secteur de Châteaufort) : à partir des années 1970, de nouvelles
maisons sont construites sur les pentes le long de deux petites voies communales débouchant sur la RD
943 ; il se développe aussi vers l’est, en s’avançant sur la face ouest de la route qui longe le stade. Ces
nouvelles maisons sont plutôt de type pavillonnaire.154 12 février 2024
Surins et ses environs en 1974 Urbanisation le long de la RD 80 (reliant la RD 943 au bourg de Surins)
Source : IGN Remonter le temps
C.1.3. Le village de Niherne
Le bourg de Niherne proprement dit se situe en rive gauche de l’Indre. Et comme celui de Surins,
il apparait assez ramassé.
La superposition de plusieurs images (cadastre napoléonien, 1949, 1970, 1990, 2010 et 2020)
montre à quel point il s’est étoffé au fil des décennies ; elle montre aussi comment les 3 principaux axes
que sont la voie ferrée (dont la construction fut antérieure à l’urbanisation principale) ainsi que les deux
routes départementales qui le traversent (actuelles RD 80 et 87) ont, dans ce mouvement, joué un rôle
important.
Quelques rares maisons dans le bourg de Niherne Source : Cadastre napoléonien 1834, Archives départementales de l’Indre
D’abord, une lente urbanisation…155 12 février 2024
En 1834, le bourg ne comptait que quelques maisons, essentiellement alignées le long de
l’actuelle RD 80 allant vers la Grande Croix (village-rue) : secteur du rue du Tecq et environs directs de la
place. Toute proche, se trouve l’église Saint-Sulpice (inscrite aux Monuments Historiques en 1927),
d’inspiration romane. Plus d’un siècle plus tard, après l’installation de la voie ferrée et de la gare, proche
du centre, la plupart des maisons nouvelles se répartissaient surtout le long de la RD 87, laissant
cependant quelques creux entre les trois principaux axes.
Rue de la Gare : des maisons les plus anciennes aux plus récentes, une architecture différente
… Qui va ensuite en s’accélérant
Aujourd’hui, presque tous les secteurs contenus entre ces trois principaux axes sont désormais
remplis, classés en zone UB (Les Malteries, les Galvaux), exception faite du lieu-dit « les Coutures »,
prévues en zone 1 AU (sous -secteur à urbaniser). On assiste là à une véritable poussée urbaine, voulue
par la proximité de l’agglomération castelroussine : elle se réalisa en l’espace de quelques décennies
seulement. C’est surtout ici que se sont concentrées les populations arrivantes. La comparaison des deux
photos aériennes 1949 et 2020 le montre clairement.
Bâti ancien et cœur de village
Comme dans le bourg de Surins, le bâti ancien y est de facture sobre et modeste, composé de
petites maisons de calcaire et de toit de tuile de pays ou d’ardoise, la plupart alignées et ouvertes sur la
rue, certaines disposant cependant d’une avant-cour aménagée et fleurie. Cependant, les maisons
figurant sur le cadastre napoléonien de 1834 et que l’on retrouve aujourd’hui sont assez rares,
indépendantes les unes des autres, formant comme de petits ensembles avec cour. Autrement dit, de
nombreuses maisons ont été construites après cette date, sur un mode davantage « village » puisque la
plupart sont accolées les unes aux autres. Elles possèdent des fenêtres à encadrement de pierre
apparente ainsi que des lucarnes. A noter, en façade, des enduits de couleurs parfois vives et
surprenantes (mauve, rose saumon), par exemple. Cependant, la plupart possède une petite parcelle de
jardin, ce qui permet d’aérer l’ensemble.156 12 février 2024
Place de la mairie Eglise Saint-Sulpice
C‘est près de la place de l’église et autour de celle-ci que se concentrent les édifices publics, assez
imposants : mairie, école publique, poste, tous édifices construits à l’aube du XX è siècle. On y voit aussi
les principaux commerces et services essentiels : cabinet médical, pharmacie, boulangerie, restaurant,
bar-tabac… tous bien insérés dans le bâti ancien, souvent situés en rez-de chaussée des maisons à étage
(ce dernier abritant un logement).
A noter qu’à Surins comme à Niherne, les réseaux électriques sont partout, parfois trop visibles et ce
même s’ils ont commencé à être effacés.
Le bourg de Niherne en 1949 Rue de la Saura, un bâti ancien
Source : IGN Remonter le temps157 12 février 2024
Les enjeux paysagers
Ils concernent ces deux bourgs. Notamment, il serait bon :
. De conserver « l’esprit » des deux bourgs, avec leurs petites maisons et, parfois leur jardin, qui,
surtout, devra éviter d’être grignoté par un garage ou un bâtiment utilitaire,
. De préserver l’aspect « village » des deux bourgs puis de valoriser quelques points de vue
permettant de les voir et de les admirer,
. De bien choisir couleurs et matériaux, afin qu’ils soient en adéquation avec le vieux bâti,
. D’unifier clôtures et murs d’enceinte.
C.2. Les extensions récentes
C.2.1. Le secteur de Surins
Près de la RD 943
En 1950, sur les photos aériennes, une seule maison apparaît, bordant la RD 943, au lieu-dit « La
Tuilerie ». Depuis, à partir des années 1970, mais plus sûrement 1980, les constructions se sont
multipliées, s’alignant le long de la RD 943 (partie sud). Ici, les nouvelles maisons sont construites
perpendiculairement à la pente, si bien qu’elles sont parfaitement visibles depuis la RD 943 (laquelle se
situe en position haute, de domination). Par la suite, de nouvelles habitations virent le jour, en face, au
nord de cette même RD 943.
En fait, à Surins, l’extension urbaine s’est naturellement faite à partir du petit hameau de
Chateaufort, lequel se situe à la confluence de deux voies communales, chacune débouchant sur la RD
943. Vu sa position géographique (par rapport à la route), il était logique que le site soit privilégié.
Ici, dans les années 1970, surgissent une dizaine de maisons ; d’autres investissent les berges des
deux petites routes qui débouchent sur la RD 943. Se notent également de nouvelles constructions à
partir de la Goguetterie, rue des Plantes, près du stade, ou encore dans le prolongement du bourg de
Surins, allongeant ainsi le « village-rue ».158 12 février 2024
Le hameau de Châteaufort Source : Google Earth Le bâti récent
Un nouveau bâti
A Surins, les maisons sont construites sur le même mode pavillonnaire qu’à la Malterie (cf. infra),
c’est-à-dire toujours en retrait et flanquées d’un jardin d’agrément. Simplement, les parcelles sont
massives ou longilignes, de taille variable donc, si bien qu’il n’existe pas, comme dans le bourg de
Niherne, de coupure nette et tranchée avec les labours voisins. Par ailleurs, par leur architecture
pavillonnaire (comme dans le quartier de Châteaufort), elles se démarquent des quelques bâtiments
anciens (une exploitation agricole et une longère restaurée).
Bâti récent à Surins Bâti récent le long de la RD 943 Source : Google Earth
Cependant, à la différence des lotissements du bourg de Niherne, à Chateaufort, les constructions
nouvelles sont en lien direct avec la RD 943, route passagère s’il en est. Cette dernière se contente de
traverser ce qui n’est pas à proprement parler un village et, dans le même temps, de séparer les deux
parties nouvellement construites (au nord et au sud de la RD 943). Ici, on se trouve donc plutôt à un
carrefour qui n’a aucune prise sur la circulation. De plus, les réseaux y sont très visibles, mal intégrés au
bâti, tandis que les maisons sont bordées de trottoirs en grave, elles-mêmes presque toujours nanties
d’une clôture rarement végétale, mais plutôt de parpaing ou de grillage. Ici, ne se note aucune harmonie
architecturale.
C.2.2. Secteur de Niherne
Une urbanisation assez tardive
Dans le bourg même de Niherne, toutes les maisons récentes ont été construites à distance de la
vallée de l’Indre proprement dite. Hormis celles qui bordent la route de la Grande-Croix, et celles de la rue
de la Gare (toutes antérieures à 1950), la plupart sont plus tardives : construites entre les années 1970 et
2010, souvent de même facture, elles se rassemblent en lotissements de type pavillonnaire (la Malterie,
par exemple).
Avec des nuances dans le temps
Un distinguo est à faire entre celles qui ont vu le jour dans les années 1950 et les suivantes, le mode
d’implantation n’ayant pas été tout à fait le même. Plusieurs périodes sont à distinguer :159 12 février 2024
Avant 1950, quelques maisons avaient vu le jour le long de la rue de la Gare. Plutôt vastes, à
étage chacune ayant son propre style (« balnéaire », « maison d’architecte » …), elles disposent d’un petit
jardin d’agrément, placé entre chacune d’elle et la rue.
En 1950 et jusqu’au début des années 1970, comme l’attestent les photos aériennes,
l’urbanisation reste concentrée le long des deux RD 80 et 87 (route de la Saura), entre la voie ferrée et la
RD 87 à Niherne. Les maisons y sont de type pavillonnaire ancien, avec escalier, petit jardin et toit de
tuiles mécaniques. C’est à cette époque qu’apparaît un premier lotissement au lieu-dit les Galvaux et le
long de la voie communale reliant la Grande-Croix à la Croix-aux-Ladres.
Puis, dans les deux décennies suivantes (1970-1990) a lieu la grande vague d’urbanisation.
A Niherne, c’est en 1982 que la deuxième vague touche le secteur des Malteries. Au sud de la
voie ferrée, dans le prolongement du secteur les Galvaux, une cinquantaine de maisons nouvelles sortent
de terre. Elles sont construites sur des parcelles auparavant dédiées au labour (environ 1/3 du secteur est
alors construit). Dans l’ensemble, elles sont identiques les unes autres, alignées le long de voies
perpendiculaires spécialement créées. D’autres se montent le long de la petite route communale reliant la
Grande-Croix à la Croix-aux-Ladres.
Le bourg de Niherne en 1950 puis en 2020 (ses extensions sont très nettes). Source : IGN Remonter le temps
Une première vague d’urbanisation dans les années 1970, le long de la RD 87 ; puis une seconde dans les années
1980. Ici, en 1983, le lotissement des Malteries, en cours de construction.
Source : IGN Remonter le temps, Clichés de 1975 puis de 1983160 12 février 2024
Ici, à la Malterie, le lotissement est plutôt aéré. Disposées en raquette et sans issue, bénéficiant
de l’éclairage public et de quelques plantations espacées, des voies d’accès communes sont spécialement
créées pour desservir les pavillons alignés le long de chacune d’elles. La principale voie démarre de la RD
80, débouche sur la RD 67 en passant sous la voie de chemin de fer. Les pavillons sont tous de plain-pied,
avec un toit à deux pentes, habillé de tuiles mécaniques et des murs recouverts d’un enduit de couleur
claire. Tous disposent d’un jardin privatif plutôt classique qui emprunte beaucoup à la jardinerie
(présence de thuyas et autres conifères, d’arbustes d’agrément type forsythia et prunus rouge...). La
majeure partie d’entre eux est bordé d’un mur bas en parpaing, surmonté d’une clôture de bois blanc ou
brun. Les constructions sont cependant plus aérées. Notons que les rues de desserte portent des noms
bucoliques (rue des Mésanges, allée des Rossignols…).
Le lotissement de la Malterie aujourd’hui. Source IGN 2021
Et des nuances dans le style
Le style de ces maisons est assez ordinaire, peu varié. Cependant, se notent quelques différences
entre celles construites dans les années 1950 et celles des années suivantes. Concernant les premières,
presque toutes sont de forme carrée, flanquées d’un toit à quatre pans, d’un garage semi enterré en sous-
sol et d’un escalier d’accès à la maison, souvent en fer forgé ; quant aux secondes, elles disposent d’un
toit à deux pentes (et non plus quatre), sont de plain-pied, toutes de dimensions à peu près équivalentes.
Le lotissement des Malteries161 12 février 2024
C.2.3. Les extensions au sud du bourg de Niherne : les hameaux de la Grande
Croix et de la Croix-aux-Ladres
Sur la RD 80, le hameau de la Grande Croix est annoncé par la déchetterie qui elle, se pose en
plein champ. Ce hameau est assez composite, comme délité, en complète mutation : de fait, les
constructions anciennes (une belle longère récemment restaurée, une exploitation agricole aux bâtiments
hétéroclites et défraîchis) voisinent avec des constructions neuves, toutes pourvues d’un jardin
d’agrément et de clôtures (végétales ou minérales) qui tranche avec l’environnement resté agricole. En
fait, traditionnellement agricole, ce hameau se trouve phagocyté par l’urbanisation nouvelle.
En cela, il rejoint le hameau de la Croix-aux-Ladres qui, peu ou prou, subit le même sort. Tous les
deux sont reliés par une voie communale, laquelle est déjà urbanisée, investie par de nouveaux pavillons.
Et la construction à venir du lotissement des Coutures parachèvera cette absorption.
De nouvelles constructions
Au début des années 1990, de nouvelles constructions voient le jour, notamment au sud du bourg
de Niherne, le long de la petite voie communale reliant la Croix aux Ladres et la Grande Croix puis la Croix
aux Ladres et la RD 67. Jusque dans les années 1960, ces deux hameaux ne se composaient que de
quelques maisons, que bordaient de petites parcelles réservées au jardin/verger. Ces deux lieux-dits sont
de vieux hameaux qui, alors, portaient de rares bâtisses (petites fermes). L’urbanisation de ces dernières
décennies a permis de les relier l’un à l’autre, comme aux deux principales routes départementales (RD 67
et RD 80) et d’en faire un ensemble pavillonnaire, essentiellement résidentiel. L’ensemble forme un
rectangle presque parfait (lieu-dit « les Coutures ») déjà construit sur ses franges et à l’intérieur duquel
subsistent quelques parcelles agricoles encore labourées mais prévues à urbanisation (1AU) ; s’y trouve
aussi le cimetière - certaines nouvelles habitations en sont proches.
Les hameaux de la Grande Croix et de la Croix-aux-Ladres, tous deux agrandis le long des axes de circulation.
Des formes et des volumes assez disparates
Exception faite des petits lotissements, portant des maisons toutes pareilles, les constructions
nouvelles sont assez hétéroclites, construites en retrait de la voie d’accès. Elles sont aménagées à la
parcelle et donc de formes et de volumes plus disparates. L’ensemble constitue une somme d’initiatives
individuelles qui, avec le temps, se sont alignées le long des voies, au point de finir par cerner les quelques
constructions plus anciennes, de facture architecturale très différente. A noter que, dans ce secteur,
quelques-unes disposent d’une petite piscine. Enfin à la Grande-Croix, des logements à caractère social162 12 février 2024
ont surgi de terre. Quoique accolés les uns aux autres et bénéficiant d’un petit jardin, ils restent bel et
bien de type pavillonnaire.
Lotissement situé en rive de la voie communale reliant les deux hameaux de la Croix-aux-Ladres et de la Grande-Croix.
Une difficile transition avec l’espace agricole
Par ailleurs, ces constructions nouvelles se contentent de border l’espace agricole avec lequel
elles ne marquent aucune transition. Ou bien, les petites voies d’accès goudronnées s’arrêtent
brutalement sur un champ cultivé, ce qui laisse une impression d’inachevé, ou bien – lorsqu’elles existent
- les plantations réalisées pour clore la parcelle construite, sont de facture horticole, bien différente de la
végétation locale (aubépine, épine noire, noisetier, etc.), souvent basses et taillées au carré, juste
destinées à clore son « petit chez soi ». Vue d’avion, la coupure entre les constructions et la parcelle
agricole apparaît ainsi nette et sans bavure.
Une brutale transition avec la campagne cultivée. Les Malteries
Le futur lotissement des Coutures
Dans le petit rectangle (lieu-dit les Coutures) que cernent les quatre voies (voie ferrée, RD 80 et
voies communales) déjà loties, la zone agricole relique est, naturellement, appelée à être urbanisée. Elle a
d’ailleurs fait l’objet d’un projet (année 2006), élaboré par le cabinet Ouest Infra mais qui, à ce jour, n’est
pas encore totalement sorti de terre. A l’évidence, ce petit rectangle de 10 ha environ constitue une163 12 février 2024
« dent creuse » qu’il convient de boucher d’autant qu’il peut facilement répondre à la demande de
nouvelles constructions. Du moins, telle est la volonté de la commune qui se charge de la maîtrise
d’ouvrage, pour concevoir puis conduire ce projet. A ce jour, seuls quelques lots ont été vendus. Les
autres attendent leur acquéreur, sachant que le contexte économique actuel n’est pas spécialement
favorable.
A terme, ce lotissement (la surface des lots est comprise entre 700 et 1800 m²) créera une
continuité bâtie entre le bourg de Niherne proprement dit et les pavillons s’étalant sur la voie communale
entre les deux hameaux de la Croix-aux-Ladres et de la Grande-Croix. En jouant sur la topographie
naturelle, le projet a cherché à l’insérer dans le paysage ; il a également tenu à proposer des mesures de
collecte et de gestion des eaux pluviales, à verdir l’espace, à créer des voies piétonnes, en bref à
agrémenter la vie des futurs habitants.
Le site du futur lotissement des Coutures : une amorce d’aménagement
Les enjeux paysagers
Niherne est une commune qui a la particularité de se situer à moins de 12 kilomètres de
l’agglomération castelroussine, là où se concentre un grand nombre d’activités économiques. De ce fait,
depuis quelques décennies, elle a tendance à accueillir de nouvelles populations et, en conséquence,
davantage que d’autres géographiquement plus éloignées, d’être tentées par l’urbanisation. Une
urbanisation qui n’a pas toujours été bien pensée, ni intégrée au bâti initial ce qui intervient sur le
paysage. De fait, plusieurs points noirs peuvent être observés :
. Les maisons s’additionnent les unes aux autres, s’alignent le long des voies mais pas toujours de
manière cohérente. Ce manque de cohérence s’observe par leur disposition, par la nature des matériaux et
des clôtures choisis,
. La question des réseaux n’a jamais été réellement traitée, si bien qu’ils sont visibles et pas
forcément très esthétiques,
. Des dents creuses apparaissent ici et là, qu’il conviendrait de boucher (par exemple, le secteur
des « Coutures »).164 12 février 2024
C.3. Les autres secteurs bâtis
Plutôt vaste (4287 ha), la commune de Niherne est pourvue d’un certain nombre de fermes
isolées et de hameaux, de quelques châteaux aussi. Les uns et les autres se dispersent essentiellement au
sud du bourg, dans la zone agricole ainsi que le long de la vallée de l’Indre, qui très tôt dans le temps, sut
attirer les populations. Et continue aujourd’hui. De ce fait, la périphérie agricole connaît une urbanisation
qui, sans être exponentielle, n’en est pas moins localement importante. Quelques hameaux sont
concernés : la grande Croix à la sortie du bourg de Niherne, le hameau de la Croix Rouge au centre, les
hameaux de Mirebeau, Chézeauneuf, les Roches à l’ouest et en limite de la commune de Villedieu-sur-
Indre, enfin celui de Parçay à l’est.
C .3.1. La Croix Rouge
Traversé par la RD 925, le hameau s’est enrichi de quelques maisons, montées de part et d’autre
de la route. Ces maisons qui n’existaient pas en 1982 ont surgi à partir des années 1995 le long de la
route. Par la suite, et jusqu’au milieu des années 2000, le hameau s’est un peu étoffé. L’une de ces
maisons est construite dans un petit bois. Au bord de la RD 925, l’une d’elles bénéficie d’un grand verger.
Le hameau de la Croix Rouge, le long de la RD 925
C.3.2. Le hameau de Chézeauneuf
Initialement, avant qu’il ne soit urbanisé, ce hameau ne se composait que de quelques maisons,
alignées vers le sud, le long de la petite voie communale menant au hameau des Mardelles. Puis, à partir
des années 1975, il s’est étoffé vers le bourg de Niherne, comblant tout l’espace compris entre la RD 67 et
une voie communale, jusqu’à toucher les Roches, soit une distance voisine de 700 m.165 12 février 2024
Le hameau de Chézeauneuf en 1950 puis en 2020 Source : IGN, remonter le temps
Au fil du temps, de nouvelles maisons se sont construites à la parcelle, plutôt étalées, mais
restant coincées entre ces deux voies stables – et en retrait par rapport à elles. D’autres ont également
surgi le long de la petite route menant aux Mardelles (qui sert aussi de limite avec la commune voisine de
Villedieu-sur-Indre), vers le sud et ce, sur une distance de 600 m. Cependant, ces dernières ont été
construites à la parcelle sans réelle prise en compte du voisinage agricole d’où, côté labours, la présence
de quelques dents creuses. Ces maisons nouvelles sont de même facture que celles des lotissements de la
Malterie ou de Surins : elles utilisent des enduits clairs, s’agrémentent d’un jardin arboré. Globalement, il
s’agit d’une urbanisation en chapelet, fort d’un habitat pavillonnaire assez lâche, réalisé sur des parcelles
de grande taille, plus ou moins en retrait de la route.
C.3.3. Le hameau de Parçay
En surplomb d’une boucle de l’Indre, il se trouve l’opposé, à l’est, en limite de la commune de
Saint-Maur (où est implanté le château du même nom). Autrefois, 3 maisons, aujourd’hui restaurées,
s’égrenaient sur la petite route de Surins à Parçay. Depuis, il s’est étoffé de quelques habitations
nouvelles, plutôt bien insérées dans la végétation. Il existe également une exploitation agricole (qui
dispose d’un silo). Ici, les boisements bordant la rivière l’Indre, créent un écrin de verdure qui estompe et
accompagne le bâti, lequel, dès lors, devient moins visible.
Les enjeux paysagers
Concernant ces deux derniers hameaux, les enjeux paysagers ne sont pas les mêmes.
. Au hameau de Chézeau-Neuf, il s’agit surtout de contenir l’urbanisation, de réduire son
étalement et de veiller à ce qu’elle se fonde mieux dans l’espace agricole voisin. Ici, en observant ces
maisons, pour la plupart nouvelles, on comprend assez bien qu’elles ont été construites à mesure de la
disponibilité des terrains. Il s’agit donc de resserrer le site par rapport à l’environnement agricole, en
insistant peut-être sur sa végétalisation.
. Au hameau de Parçay, au contraire, il s’agit plutôt de le préserver dans son environnement, déjà
bien arboré et de rester strict sur les contraintes urbanistiques. De même, les boisements devraient rester
en l’état.166 12 février 2024
C.3.4. Fermes isolées et maisons de maître
Avant de devenir résidentielle, à partir des années 1970, la commune de Niherne était d’abord
agricole. Son territoire se jalonnait alors de quelques fermes isolées (Nuisance, les Mardelles, les
Couteaux, les Grandes Carbonnières, Château-Gaillard, la Morclaise…). Aujourd’hui, si la plupart sont
restées en activité, elles ont du s’ajuster aux contraintes de l’économie moderne. Raison pour laquelle, au
fil des dernières décennies, de nouveaux bâtiments ont surgi de terre, proches des maisons d’habitation.
Les bâtiments anciens
Les premiers bâtiments étaient plutôt bas, style « longère », semés d’ouvertures basses et
étroites, encadrées de pierre de taille ; on les voyait aussi coiffés d’un grenier à paille s’ouvrant par une
lucarne que l’on atteignait par une échelle de bois. Pour la plupart, les toits étaient couverts de tuiles.
Tournés vers la cour, ces bâtiments s’organisaient en L ou en U ; ils abritaient l’ensemble de l’exploitation
(habitation des hommes, étables, bergeries…). Ces anciens bâtiments agricoles s’ouvraient par de
grandes portes.
Ancienne ferme des Loges Les Boutardières
Les bâtiments récents
Par la suite, mais surtout à partir de la deuxième moitié du XX è me siècle, hangars et autres
granges ont peu à peu été bâtis près d’eux. Avant tout fonctionnels, ces derniers qui, carrément,
s’ouvrent à tous les vents (hangars à paille) sont souvent de facture industrielle, utilisant des matériaux –
fibrociment, béton, tôle, galvanisé - qui n’ont pas grand-chose à voir avec ceux de l’architecture
traditionnelle. Toutefois, comme à Château-Gaillard, certains sont en bois, plutôt bien intégrés dans le
paysage.
Il existe aussi des bâtiments agricoles isolés, les uns anciens et construits sur la base des
matériaux locaux (pierre et tuiles), les autres plus récents, gros blocs de tôles grises qui se repèrent
facilement, surtout lorsque le paysage est découvert (environs de la Saura, par exemple). Puis, plus loin et
pour des raisons diverses, une maison d’habitation neuve a surgi de terre, à côté des anciens bâtiments
de l’exploitation agricole, restés fonctionnels quant à eux (par exemple, ferme de Montpansay). Elle se
repère facilement à sa facture de type pavillonnaire, (volumes, toiture, revêtement) qui n’a pas grand-
chose à voir avec l’architecture traditionnelle. Mais ces cas sont rares.167 12 février 2024
Bâtiments anciens et récents juxtaposés
Ainsi la ferme de la Jossandière (cf photos jointes) qui, aux bâtiments d’origine (figurant sur le
cadastre napoléonien et encore conservés tels en 1950) a, au fil des années, rajouté plusieurs hangars
avec toit en fibrociment ou couvert de tuiles mécaniques et ce, pour les besoins spécifiques de son
activité (élevage de chevaux). Il faut cependant reconnaître que, quoique parfois de dimensions qui n’ont
pas grand-chose à voir avec les bâtiments d’origine, ces extensions imposantes ne sont pas hors d’échelle,
si bien qu’elles ne se détachent pas dans le paysage.
Les maisons bourgeoises
Certaines de ces fermes sont plus importantes que d’autres. Dans ce cas, la maison d’habitation
est plutôt de facture bourgeoise, assez vaste, à la façade aérée et presque toujours pourvue d’un étage
s’ouvrant sur de grandes fenêtres (par exemple, le Tecq, la Boutardière, les Petites Carbonnières).
Souvent aussi, l’ensemble s’assortit d’un parc où se repèrent des essences exotiques (cèdre, platane…)
inconnues dans la région à l’état naturel ; ou bien, il s’annonce par une allée de grands arbres (par
exemple Le Tecq, la Garenne et son allée de platanes, les Petites Carbonnières et sa longue allée depuis la
RD 80), ce qui est assez typique des grandes fermes de la Champagne berrichonne.168 12 février 2024
Rançay Les Petites Carbonnières
Aujourd’hui, ces fermes (à dominante céréalière ou élevage de chevaux) apparaissent assez
fonctionnelles, avec des bâtiments nouveaux, utilitaires et plutôt en bon état.
C.3.5. Les châteaux
Enfin, trois châteaux - Rançay, Vaux, la Saura - parsèment le territoire communal. Ainsi, celui de
Rançay, d’inspiration néo-gothique construit au XIX ème siècle (il ne figure pas sur le cadastre
napoléonien) construit près d’une petite ferme isolée, peu à peu agrandie comme le montrent les photos
jointes. Mais le château en lui-même aurait été reconstruit sur d’anciennes ruines, à l’emplacement d’une
précédente demeure, déjà connue au XVI è siècle. Quant aux deux autres, ils sont également du début du
XIX è siècle, construits en belle pierre de taille, clos de murs et de haies denses, arborés, si bien qu’ils ne
sont pas visibles – celui de la Saura dispose d’une garderie de pierre blanche. Tous trois sont habités et ne
se visitent pas. Pour autant, Le château de Rançay propose des chambres d’hôtes.
Le site de Rançay en 1950 puis en 2020. Des bâtiments de ferme ont été ajoutés
Sources : Archives départementales de l’Indre, Remonter le temps IGN et IGN 2020169 12 février 2024
Château de Rançay Château de Vaux (source : Archives départementales de l’Indre)
C.3.6. Les moulins
Sur la commune de Niherne, ils sont trois, anciens, tous installés le long de l’Indre.
Le moulin de Mirebeau
Au bord de l’Indre, il se place à la frontière entre les deux communes de Niherne et de Villedieu-
sur-Indre. Cette très ancienne bâtisse (elle figure sur le cadastre napoléonien), était un moulin à farine qui
fut agrandi au début du XX è siècle. Dans sa cour, figure un vieux et magnifique marronnier. Juste à côté,
se trouve un silo à grains, beaucoup plus récent.
Le moulin de Niherne et le moulin de Vaux
Situé dans l’îlot du Lavoir, le premier en impose, de grande taille. Monté sur trois étages, il est pourvu
d’un toit d’ardoises grises ; quant au second, il n’est pas visible depuis la route.
Le Moulin de Mirebeau et le Moulin de Vaux (source : Archives départementales de l’Indre).170 12 février 2024
Les enjeux paysagers
A Niherne, l’espace agricole est, pour une très grande part, resté entre les mains des agriculteurs.
En lien avec les exigences économiques de ces dernières décades, des évolutions techniques ont eu lieu –
notamment, avec la construction de bâtiments fonctionnels – mais elles n’ont pas fondamentalement
bouleversé le tissu initial. Pour autant, il convient de rester vigilant sur quelques points :
. La conception de nouveaux bâtiments : s’ils étaient construits, ils devront tenir compte du
paysage environnant (présence ou non de bois, de relief, si modeste-soit-il, d’arbres isolés…) ;
. De même, leurs dimensions et proportions ainsi que le choix des matériaux, devront être en
phase avec le bâti ancien ;
. Enfin, il sera nécessaire de préserver le patrimoine boisé déjà existant (parcs, petits bois, allées
d’arbres…) qui accompagne ce bâti.
C.4. L’espace public et le patrimoine
C’est l’espace dédié au public, véhicules et piétons, essentiellement. Il concerne les routes
passagères, les trottoirs, les sentiers piétons spécialement aménagés, les places. Sont également inclus
dans cette rubrique, tous les éléments de patrimoine, privés et publics qui, dans le cadre du PLU, méritent
une attention particulière.
C.4.1. Routes, trottoirs et sentiers
La RD 80 traverse les deux bourgs de Surins et de Niherne. A ce moment-là, elle devient riveraine
des habitations et se fait rue (mais à Surins, une voie communale prend le relais). Il est donc important
que voitures et piétons puissent cohabiter dans de bonnes conditions. Entre les deux bourgs, la vallée de
l’Indre, assez fréquentée.
A Surins
Dans la traversée de Surins, la circulation est limitée à 30 km/ h, ce qui se justifie pleinement par
le fait que les voies sont étroites et les trottoirs encore plus. Si bien que, souvent, le piéton doit
emprunter la bande roulante pour se déplacer. Cet état de fait tient à l’ancienneté du bâti.
A Surins, des trottoirs rares ou étroits.171 12 février 2024
Le pont sur l’Indre
La traversée de la rivière Indre se fait par un pont sur lequel le piéton peut cheminer en toute
tranquillité, près des voitures. D’ailleurs, ce dernier a été requalifié et végétalisé (plantation d’une haie de
limite) ce qui rassure le piéton qui, ainsi, dispose de sa propre voie pour cheminer. Juste à côté, des
sentiers parcourent la vallée de l’Indre. Bien entretenus, ils invitent le piéton à la promenade. Ils sont
d’ailleurs bien fréquentés.
Plus confidentiels car ils se terminent souvent en cul-de sac, quelques sentiers « historiques »
mènent aux abords de la rivière (ainsi, vers les jardins des Chueches).
Sentier piéton le long de la RD traversant la rivière Indre
A Niherne
À Niherne, le piéton peut, en toute tranquillité, fréquenter la place de l’église pour se rendre du
sud au nord et de l’ouest à l’est, là où se trouve une grande partie des commerces et services essentiels
(mairie, école, cabinet médical, etc.). Des stationnements proches de l’église permettent aux voitures de
se garer.
Les lotissements
Enfin, dans les lotissements (notamment, la Malterie et des Galvauds), les cheminements
combinent la proximité de la voiture et du piéton. Toutefois, ils mériteraient d’être plus accueillants (tel
est cependant le parti pris aux Coutures, avec une pré-végétalisation des bordures). Et peut-être aussi,
prendre exemple sur le hameau de Chézeauneuf, lequel a tenté un verdissement de ses abords, plutôt
réussi, grâce à des semis de gazon et à des plantations d’arbres.172 12 février 2024
Chézeauneuf, route de Mirebeau. Source Google Earth
C.4.2. Places et bâtiments publics
Ils se situent naturellement au cœur de la vie locale. C’est dire qu’ils occupent une position
importante. Or, il se trouve qu’à Niherne, ils sont quasiment tous riverains de la place, elle-même située
au centre du village principal (Niherne).
La place de l’église
Au centre, sur la place, trône l’église médiévale. C’est vers elle que tout semble converger : de
fait, autour d’elle, on trouve la plupart des services et commerces de proximité, nécessaires à la vie
locale : mairie, école, bureau de tabac, supérette, boulangerie, maison médicale… Des cheminements
piétons bien balisés et pratiques permettent d’accéder à ces derniers. Se note aussi le Monument aux
Morts. Enfin, la place est suffisamment vaste pour, partiellement, servir de parking et de parc arboré. De
fait, s’observent quelques grands arbres ainsi que des petits espaces verts rafraichissants. Enfin, elle fait
l’objet d’un sens giratoire, si bien que la circulation y est fluide et facile. Au final, reste cette impression
d’ensemble de se trouver dans un espace agréable, qui respire et qui invite à la lenteur.
Les bâtiments publics
Quant au reste des bâtiments publics (piscine, maison des associations, salle des fêtes, stade…),
ils se situent en périphérie du bourg. Créés récemment (par rapport aux bâtiments du centre bourg), ils ne
sont bien évidemment pas de même facture architecturale que l’église et leurs abords mériteraient sans
doute d’être mieux et davantage végétalisés. Par exemple, la haie de thuyas qui borde le stade crée un
mur végétal un peu sévère… Dans le contexte du changement climatique annoncé, la végétalisation des
espaces publics prend tout son sens et sera à privilégier.
La Médiathèque source : Google Earth L’entrée de la piscine173 12 février 2024
Le patrimoine historique
Certains éléments de petit patrimoine sont anciens mais pas toujours bien entretenus et encore
moins valorisés. Ainsi en va-t-il des vieux puits, curieusement assez nombreux dans les deux bourgs ;
comme eux, mais dans la campagne, quelques calvaires, petites granges à portaux, alignements et autres
talus racontent des tranches d’histoire. Dans le cadre du PLU, ces éléments mériteront de faire l’objet
d’une attention particulière.
Vieille maison à Mirebeau Alignements d’arbres. Le Tecq
Vieux puits. Surins
Une mention particulière doit être faite pour l’église Saint-Sulpice, d’origine médiévale, inscrite à
l’inventaire des Monuments Historiques (arrêté du 26 janvier 1927). Son portail gallo-romain est
remarquable. Du fait de son inscription à l’inventaire des MH, toute demande pour intervenir sur un
bâtiment situé dans le champ de visibilité de l’édifice et dans un rayon de 500 m doit faire l’objet d’un avis
conforme de l’Architecte des Bâtiments de France. A noter que le PLU peut être l’occasion de rediscuter
de ce périmètre.174 12 février 2024
L’église Saint-Sulpice et son portail inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques
Les sites archéologiques
Enfin, une attention particulière doit être portée sur les sites archéologiques dûment reconnus
sur le territoire de la commune de Niherne. Les périmètres identifiés par la DRAC doivent être reportés
dans les documents graphiques du PLU.
Le mobilier urbain
A côté, et surtout dans les deux bourgs, un petit mobilier urbain, beaucoup plus récent, a été
implanté pour faciliter la vie des habitants. Il s’agit d’abribus, de lampadaires, de poubelles, d’élément
pour la signalétique, etc. Ils ne sont pas tous de même facture, semblent superposés les uns aux autres
sans lien entre eux, ce qui laisse une impression d’hétérogénéité.175 12 février 2024
2ème PARTIE
Evaluation et nouvelles orientations
Ce second document du rapport a trois objectifs : évaluer le PLU précédent et, parallèlement,
préciser les nouvelles orientations du PLU à venir, expliciter les choix qui fondent le projet et la manière
dont ils sont traduits à travers les différentes pièces du dossier et, enfin, faire une évaluation
environnementale.
I BILAN DU PRECEDENT PLU ET NOUVELLES ORIENTATIONS
La commune de Niherne dispose d’un PLU, prescrit le 6 décembre 2004 et arrêté le 29 janvier
2008. Ce PLU faisait suite à un plan d’occupation des sols, approuvé, quant à lui, le 24 avril 1982, soit
avant les lois de décentralisation. Entre ces deux dates, et même si le document connut quelques
adaptations, 26 années s’étaient écoulées, période au cours de laquelle l’urbanisme a eu le temps de
subir de grandes évolutions.
Ces adaptations répondaient à la nécessité de prendre en compte la RN 143 (devenue par la suite
RD 943), voie importante désormais classée à grande circulation. Par ailleurs, c’est précisément sur ses
rives, à cheval sur les deux communes voisines de Villedieu-sur-Indre et de Niherne, qu’allait dans les
années 1990, être créée la zone artisanale, commerciale et de services, dite « des Vergnes ». Elle va
s’étoffer par la suite.
Parallèlement, très proche de l’agglomération castelroussine, la commune de Niherne a, de son
côté, connu un certain nombre de transformations, démographiques et économiques. Démographiques,
car la population avait bien changé, tant au plan quantitatif que qualitatif (depuis 1982, si elle avait
augmenté de 17%, elle avait aussi bien vieilli) et ne présentait plus les mêmes besoins ; économiques
aussi, car les activités s’étaient peu à peu diversifiées, tendant désormais davantage vers le secteur
tertiaire, au détriment du secteur primaire (l’agriculture), encore très prégnant lors de l’élaboration du
P.O.S. de 1982.
Au sujet de ce P.O.S. initial et de ses ajouts successifs, le PLU de 2008 signalait de grosses lacunes
concernant l’exposé de la situation (état initial) et les perspectives d’évolution, s’interrogeait sur la
compatibilité des dispositions prises avec les documents supra-communaux d’aménagement et, surtout,
regrettait qu’il ne présentât aucun projet urbain digne de ce nom. Cela dit, les règles d’urbanisme ne
cessant d’évoluer d’année en année (et même depuis 2008), de nouvelles lignes et prescriptions
apparaissaient, nécessitant un ajustement continuel. Par exemple, des documents supra-communaux tels
que le SCOT ou le SDAGE ont connu des évolutions sensibles, encore balbutiantes en 2008, auxquelles le
PLU est désormais tenu de se conformer.176 12 février 2024
Aujourd’hui, 15 ans après l’approbation du PLU de 2008, le PLU actuel met en lumière un certain nombre
d’évolutions. Ce faisant, il cherche à les réajuster au mieux à la réalité du terrain, tel qu’elle se présente.
A) Plan de zonage et occupation du sol
Le plan de zonage actuel figure à la parcelle les différents secteurs d’occupation. Sont ainsi
évoquées :
- la zone urbaine U et ses différents sous-secteurs Ua, Ub, Ue, Uh, Uj, Uy
- la zone urbaine 1AU : sous-secteur à urbaniser
- la zone agricole A : sous-secteur à vocation agricole
- la zone naturelle N et ses différents sous-secteurs Ne, Nf, Nj, Np, Nv, Nvl
Ce document appelle quelques réflexions :
A.1. L’importance, en surface, des zones agricoles et naturelles
. Compte tenu de sa situation géographique, de l’importance de ses espaces agricoles et naturels
(surtout occupés par la rivière l’Indre, les bois et les étangs côté Brenne), le territoire communal reste
majoritairement en zone A (agricole) et N (naturelle). Ce zonage indique combien la municipalité souhaite
non seulement maintenir tels ces espaces et, en conséquence, privilégier les activités qui leur sont liées
(ici, l’agriculture principalement, même si elle est en perte de vitesse, surtout dans la partie Brenne) mais
encore les augmenter en leur rendant quelques hectares prévus à l’urbanisation dans le précédent PLU ;
en filigrane, elle souhaite maintenir des espaces de respiration à proximité de la grande agglomération
castelroussine, conformément aux choix des instances supra-communales.
Des zones agricoles et naturelles encore importantes177 12 février 2024
. De manière plus fine, une bonne partie des espaces naturels bénéficie d’une forme de
protection supplémentaire, du fait qu’ils se trouvent désormais inscrits dans des opérations de
préservation et de valorisation, aujourd’hui réalisées : ainsi Natura 2000 qui, en lien avec les éleveurs,
mène des actions concrètes -allant dans ce sens. Le PLU précédent avait ainsi parfaitement listé ces
différentes zones (surtout présentes dans la vallée de l’Indre et en Brenne - étang des Loges,
principalement - mais, à l’époque, les actions de préservation restaient balbutiantes. Or, depuis 2008,
quelques-unes, très concrètes, ont été menées (notamment sur les prairies de l’Indre, en concertation
avec les éleveurs concernés) puis se sont renforcées : de cela, il faut tenir compte.
A.2 Le bâti, entre ancien et nouveau
. Si typiques avec leurs maisons alignées le long des rues principales, les bourgs anciens de Surins
et Niherne ont, bien évidemment, été classés en zone Ua (sous-secteur central d’habitat ancien), avec une
attention particulière portée à l’église Saint-Sulpice (dont le portail est inscrit à l’Inventaire des
Monuments historiques) - d’où l’obligation de soumettre à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France
tout projet urbain susceptible d’être réalisé dans un périmètre de 500 m. Avec ce classement, la
municipalité témoigne de son souci de préserver la cohérence du patrimoine bâti communal.
. Dans le PLU, les hameaux périphériques les plus importants ont, quant à eux, été regardés de
près, sachant que, proches du bourg de Niherne, ils étaient potentiellement urbanisables. Ici (les hameaux
de Chézeauneuf, La Tuilerie et Parçay) ont connu des évolutions mesurées. Venues densifier ou
complémenter l’urbanisation préexistante, quelques nouvelles constructions y ont ainsi été accueillies
avec le double objectif de favoriser l’articulation du tissu urbain récent avec le tissu ancien d’une part, de
préserver la qualité paysagère du site (hameaux peu denses, fondus dans la végétation environnante)
d’autre part.
Pour autant, ces lotissements apparaissent aujourd’hui assez lâches, forts de lots de grande
surface (souvent supérieure à1000 m²) qui ne correspondent plus à l’ambition de la loi ZAN (zéro
artificialisation nette) de 2023.
Il est à noter que, prévue dans le précédent PLU, la zone 2AUh située au sud du hameau de
Chézeauneuf et de la RD 87, a été supprimée dans les propositions du présent PLU (cf. infra). Sa surface
est de 2 ha 86. De fait, il n’a pas paru opportun de la conserver dans la mesure où elle empiétait sur de
bonnes terres agricoles et que la progression démographique de la commune n’a pas été aussi importante
que prévu.
A.3. Une urbanisation restée limitée
A.3.1. L’urbanisation surtout concentrée près des deux bourgs
. Jusqu’à aujourd’hui et contrairement aux prévisions du précédent PLU, l’urbanisation est restée
limitée, se contentant de boucher quelques « dents creuses » (ainsi le lotissement des Coutures qui, lui,
devrait être densément occupé : 70 lots sont ainsi prévus) et de s’élargir ici et là, sur ses marges (par
exemple, les Galvauds, sur la RD 87, route de la Saura, pour une surface de 71 ares) où elle ne fait que se
rejoindre des zones déjà urbanisées. Ces différentes évolutions concernent autant les deux bourgs178 12 février 2024
principaux (Surins et Niherne) que les hameaux les plus importants (la Croix-aux-Ladres, Les Malteries…).
En revanche, les fermes isolées n’ont pas été touchées par ces mouvements d’urbanisation résidentielle.
Selon le bilan du SCOT, l’urbanisation à Niherne a, de fait, entre 2010 et 2020, touché 4,48 ha,
faisant ainsi passer l’enveloppe bâtie de 184 ha 70 en 2010 à 189,18 en 2020, soit 0,45 ha/an. Signalons
que le mouvement s’est un peu accéléré entre 2015 et 2020 avec une moyenne annuelle de 0,64 ha/an.
Mais ces chiffres moyens sont à mettre en regard avec ceux de la CCVIB (60 ha 92) : autrement dit, la
CCIVB a consommé 0,61 ha/an, sachant que ses deux plus grandes communes (de Buzançais et Villedieu-
sur-Indre) comptent à elles seules, pour près de la moitié de ces 61 ha.
Année Enveloppe bâtie à Niherne Moyenne annuelle 2010 184, 70 ha 0,45 ha/an (2010/2015) 2020 189,18 ha 0,64 ha/an (2015.2020) Source : SCOT du Pays castelroussin
A.3.2. Années 2000, l’essoufflement
Il faut souligner que le PLU précédent avait largement revu à la baisse les propositions
d’urbanisation évoquées par la P.O.S de 1982 et années suivantes. Elles représentaient alors des surfaces
importantes (plus du double à Surins et à Niherne) potentiellement urbanisables, lesquelles, pour une
part, ont été construites (route de la Grande Croix à la Croix aux-Ladres, par exemple) tandis que d’autres
sont restées agricoles (et le sont encore aujourd’hui). Néanmoins, rappelons que ces propositions avaient
été faites à une époque (années 1980) où l’urbanisation battait son plein : en témoigne ainsi la réalisation
de lotissements tels celui de la Malterie qui, pour partie, date des années 1980/1990.
A.3.3. Des prévisions non concrétisées
. Par ailleurs, le précédent PLU avait acté des propositions d’urbanisation encore assez lâches en
matière de densité. Depuis, et l’actuel PLU en fait état, le lotissement des Coutures (pour une surface
totale voisine de 7 ha) s’est aujourd’hui affiné, viabilisé pour une part et, dans une première tranche,
propose une trentaine de lots à bâtir, chacun d’une surface voisine inférieure à 700 m². Or, on sait que les
opérations proposant peu de logements à l’hectare consomment beaucoup d’espace pour une production
somme toute modérée.
. Pour autant, le PLU précédent avait cartographié quelques zones potentiellement urbanisables
ou destinées à des activités économiques et/ou de loisirs. Par exemple, en rive de la RD 943, et en face de
la zone artisanale de Villedieu-sur-Indre/Niherne, tout un ensemble de petites parcelles (anciennement
des jardins) avait ainsi été retenu ; ou bien au sud du lotissement les Malteries, à l’ouest du hameau de la
Grande-Croix. S’ajoute également la zone précédemment évoquée, au sud de Chézeauneuf (d’une surface
de 2 ha 87).179 12 février 2024
Secteur de Chézeauneuf : dans le précédent PLU, la bande en jaune 2AUh était prévue à l’urbanisation. Elle a
aujourd’hui été retirée. Sources : PLU 2008 et Google Earth
Dans le PLU actuellement proposé, toutes ces zones ont été retirées de la zone U (à urbaniser) et
restent en zone A (agricole). Au total, elles représentent une surface voisine de 23 ha, ce qui est assez
considérable. Ce choix s’explique par la nécessité de préserver les zones agricoles et, avec elles, des
espaces de respiration ; mais il s’applique également sur une commune dans laquelle la pression
démographique est moins forte que prévu. Par ailleurs, dans ses principes et souhaits, le SCOT souhaitait
organiser le futur développement de son territoire avec le souci constant de limiter la consommation des
espaces naturels et agricoles (à Niherne, étaient surtout concernés les espaces agricoles).
Sud de la ZAC180 12 février 2024
Sud les Malteries
Dans le précédent PLU, quelques-unes de ces zones agricoles devaient être urbanisées (elles étaient classées en
zone 2AU b (sud les Malteries) 1AUI (sud ZA) : elles ne le sont plus aujourd’hui. Sources : PLU 2008 et Google Earth
A.4. Forces et faiblesses du PLU ancien, quelques pistes de réflexion
A.4.1 Le logement locatif à la peine
- Néanmoins, le logement locatif est resté le parent pauvre. De fait, la location ne semble pas
vraiment attirer, ni d’éventuels propriétaires, ni la commune elle-même qui aurait pu la développer plus
largement.
Ce sujet doit désormais être mieux considéré dans la mesure où le territoire dispose de
logements vacants (à ce jour, 55 ont été recensés) parmi lesquels quelques-uns pourraient, sans doute – à
la condition qu’ils répondent aux exigences énergétiques (autrement dit, qu’ils ne soient pas des
« passoires thermiques ») et de sécurité par rapport aux voies de circulation - être rachetés et restaurés
par la commune puis loués à de nouveaux arrivants. Cette opération aurait l’avantage d’accueillir de
nouvelles populations et, avec elles, de favoriser mouvements, échanges et mixité sociale.
Pour autant, les objectifs de production de 11 logements de type HLM tels que prévus dans le
SCOT pour la période 2012 – 2026 ne sont pas en passe d’être atteints : pour l’instant, aucun n’est sorti de
terre. Il serait donc bon que la commune s’engage dans la voie du logement locatif.
A.4.2. La question de la mixité sociale
. L’évolution enregistrée au cours des 15 dernières années ne va donc pas dans le sens préconisé
par le dernier PLU qui, dans son règlement, insistait sur « les servitudes de mixité sociale » et,
notamment, proposait :
- « Des emplacements réservés en application en vue de la réalisation, dans le respect des objectifs
de mixité sociale, de programmes de logements en précisant la nature de ces programmes ».
- « Des secteurs délimités dans lesquels, en cas de réalisation d’un programme de logement, un
pourcentage de ce programme aurait été affecté à des catégories de logement locatif dans le
respect des objectifs de mixité sociale ».181 12 février 2024
A.4.3. Un bâti ancien à valoriser
Par ailleurs, le précédent PLU avait mis en évidence le fait que la commune souhaitait engager
une réflexion sur le bâti ancien (notamment dans les deux bourgs de Surins et de Niherne), que l’on peut
qualifier d’intéressant, dans la mesure où il reflète l’urbanisme des temps antérieurs (avec la spécificité de
leurs matériaux, volumes, encadrements, etc.). Sachant que quelques maisons, actuellement inoccupées,
sont recensées dans ces zones (surtout à Surins), il serait bon que dans les années à venir, le PLU
poursuive et concrétise cette réflexion en les prenant à son compte (pour d’éventuelles locations). Ce
faisant, il sauverait le bâti tout en favorisant la mixité sociale.
A.4.4. Période 2010-2023, une urbanisation a minima…
Nous l’avons vu, les extensions urbaines prévues à l’époque (zones 2 AUh près de Chézeauneuf, 1
AUb et 2 AUb au sud des Malteries) n’ont pas été réalisées. Ce qui, d’une certaine manière, va dans le
sens de « l’essoufflement » démographique enregistré ces dernières années. De fait, et globalement,
depuis le début des années 2010, aucun lotissement d’envergure n’a vu le jour sur le territoire, à l’image
des Malteries comme des deux hameaux de la Grande Croix et de la Croix aux Ladres, tous les deux situés
en bordure de voies communales (ils ont été créés dans la décennie 2000- 2010). Seul, celui des Coutures,
prévu depuis près de 20 ans, garde son importance mais il n’a, à ce jour, pas connu de réelle évolution (à
ce jour, seuls quelques lots sur les 70 prévus ( 30 dans une première tranche) ayant trouvé un
propriétaire, disposent d’un permis de construire et sont donc en passe d’être réalisés dans les mois à
venir.
En évitant de proposer trop de sites à l’urbanisation, le PLU de 2008 avait déjà, en quelque sorte,
« pris le pouls » de l’époque et suivi la tendance déjà apparue, celle d’un essoufflement démographique.
En ce sens, il était allé à contrecourant du P.O.S qui, lui, misait sur un développement urbain beaucoup
plus important, notamment près des deux bourgs. Pour autant, avec les zones 2AUh, 1AUb et 2AUb
proposées, il voyait large… (pour un total de près de 12 ha).
C’est la raison pour laquelle le présent PLU a voulu encore réduire certaines emprises (cf. supra).
Ce faisant, il cherche non seulement à protéger mais encore à valoriser des espaces agricoles et naturels
qui font toute l’originalité d’un territoire communal qui, encore de la campagne, n’en est pas moins
proche de l’agglomération de Châteauroux ; et pas davantage, il ne souhaite renforcer un quelconque
aspect « village dortoir » comme il s’en trouve tant près de quelques grandes villes attractives.
A.4.5 … Mais une ossature commerciale et de services bien maintenue, voire renforcée
En contrepoint, et ce sujet est important, via la volonté municipale, le précédent PLU avait insisté
sur le développement socio-économique de cette petite commune rurale très proche de Châteauroux,
laquelle a su non seulement conserver ses services principaux (dans le domaine médical, les services à la
personne, notamment) mais les a aussi renforcés tout en promouvant l’accueil de nouveaux
professionnels au cœur même du bourg (coiffeur, architecte, par exemple).182 12 février 2024
De même, elle a bien entériné et précisé le besoin de loisirs des habitants de la commune en
faisant passer le stade de la zone Ub (sous-secteur urbain à dominante pavillonnaire) à la zone Ue (sous-
secteur urbain d’équipement public).
B) Règles d’urbanisme et nouveaux projets d’aménagement
B.1. Rester vigilant sur les règles d’urbanisme définissant les conditions de
l’occupation du sol
Ces règles définissaient tout ce qui était admis, en termes de construction, de forme urbaine,
recul imposé par rapport aux voies de circulation, choix et couleurs des matériaux etc. : elles ont,
globalement, été respectées. Cependant, quelques remarques sont à faire :
B.1.1. Les plantations
- Concernant le sujet des plantations, celles qui avaient été préconisées, notamment le long de la
RD 943, n’ont pas été réalisées. Par ailleurs, les végétaux choisis pour agrémenter les maisons nouvelles
apparaissent, ici et là, de facture très horticole et répondent rarement à la proposition de préférer des
espèces locales toujours mieux adaptées au contexte naturel.
Des plantations non réalisées le long de la RD 943. Source : Google Earth 2021
B.1.2. L’architecture des nouvelles constructions
Il en va de même des nouvelles constructions dont l’architecture répond davantage aux
préoccupations du concepteur, préoccupations qui ne sont pas toujours en phase avec les préconisations
urbanistiques et architecturales du PLU.183 12 février 2024
B.1.3 La question des espaces boisés classés
Les espaces boisés classés ont été respectés. Ils concernent essentiellement les petits
boisements, les plus grands étant de facto protégés puisqu’ils entrent dans la rubrique Nf « zone naturelle
de forêt ». Les EBC proposés sont, certes, de petite taille mais ils sont importants :
Ils sont judicieusement placés au milieu de la plaine et tiennent donc bien leur place dans le paysage très agricole de la Champagne berrichonne,
Certains d’entre eux correspondent à des mardelles boisées : il convient donc de conserver ces dernières comme telles parce qu’elles jouent un rôle essentiel dans la circulation des eaux souterraines,
Enfin, et surtout dans la partie Champagne berrichonne, ils interviennent grandement dans la Trame verte et bleue (ils servent de refuge pour la faune).
A côté de ces menus boisements, se comptent également quelques haies : leur classement
s’explique par le fait qu’elles sont, depuis très longtemps, placées en rupture de pente (par exemple, le
talus bordant le chemin au sud des Malteries) ou bien parce que, avec leurs grands arbres (des chênes,
notamment), elles sont de grande qualité paysagère (par exemple, dans la partie Brenne, vers les Petites
Carbonnières).
B.1.4 La suppression du zonage Nfl
Il est à noter que l’actuel PLU a supprimé le sous-secteur Nfl, présenté dans le précédent
document comme une zone naturelle de forêt de loisirs, comportant des enclos de chasse conformes à la
réglementation en vigueur. Si ces enclos se maintiennent sur le terrain, il est apparu qu’il n’était pas
nécessaire, aujourd’hui, de distinguer les massifs forestiers en disposant des autres qui, eux, restent
ouverts et permettent la libre circulation des animaux sauvages. Cette proposition va dans le sens de la
Trame verte et bleue qui, pour son efficacité, souhaite que la majeure partie des zones de nature puisse
rester accueillante. Par ailleurs, il n’a pas semblé opportun de distinguer les massifs où se pratique la
chasse privée.
B.1.5 La suppression du zonage Nh
Ce zonage correspondait aux zones naturelles de hameaux ou d’écarts. Il émanait de l’idée qu’il
fallait protéger ces lieux proches des hameaux de toute extension urbaine. Pour autant, il continuait à
permettre l’évolution du bâti existant, tout en préservant et en mettant en valeur le caractère patrimonial
du bâti. L’actuel PLU supprime ce zonage et le remplace par un autre plus ciblé, sorte de « patate » qui
circonscrit les limites de constructibilité des annexes et extensions aux habitations.184 12 février 2024
B.2. Actualiser l’actuel PLU, au plan législatif et réglementaire, prendre en
compte les nouveaux projets d’aménagement
B.2.1. Une réelle prise en compte des documents supra-communaux
Sachant que le précédent PLU avait été approuvé en décembre 2008, il n’avait pas pu prendre en
compte un certain nombre de textes (lois et décrets) concernant l’aménagement et l’urbanisme, parus
ultérieurement. Notamment, sont concernés le Plan de prévention des Risques d’Inondation (PPRI), le
Plan de Prévention des Risques Naturels, la déviation de la RD 943 (qui, si elle vise surtout la commune de
Villedieu-sur-Indre, touche également le nord de la commune de Niherne). A son sujet, les études sont
terminées et les travaux en cours ; un aménagement foncier agricole et forestier (AFAF) est également à
l’étude sur la partie nord du territoire, concerné par la déviation du bourg de Villedieu-sur-Indre.
Les documents supra-communaux, tels que le SCOT et le SDAGE (2022-2027) ont récemment été
réactualisés. Il va de soi que les nouvelles préconisations seront à prendre en compte dans le PLU à venir.
B.2.2. Une nouvelle donne : la loi ZAN (Zéro Artificialisation nette)
Aujourd’hui s’ajoute la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 - dite loi « Climat et Résilience » qui vise
à lutter contre le dérèglement climatique et à renforcer la résilience face à ses effets. Concrètement, cette
loi doit se traduire par la mise en place du principe de zéro artificialisation nette (ZAN). Notamment,
l’article 191 de la loi pose cet ambitieux objectif national qui doit se décliner en deux temps : absence
d’artificialisation nette des sols en 2050 et réduction par deux du rythme d’artificialisation des sols sur les
dix années suivant la promulgation de la loi, soit entre 2021 et 2031, par rapport à la décennie
précédente. De fait, les chiffres sont là : selon une étude du CEREMA, le seul habitat a représenté 68% des
nouvelles terres artificialisées (période 2009 – 2019).
Néanmoins, cette loi s’assortit d’un amendement dit « garantie rurale », soit un droit à construire
1 ha sur 10 ans et ce, sans condition de densité. Une seule condition : que la commune soit dotée d’un
PLU, prescrit et arrêté avant le 22 août 2026. Pour autant, ce droit peut aussi être perçu comme allant
favoriser le mitage de l’espace et, ainsi, remettre en cause les objectifs de la politique de lutte contre
l'artificialisation.
Rechercher le juste équilibre
Plus précisément, l’article L.101-2-1 vise un nécessaire équilibre entre la maîtrise de l'étalement
urbain, le renouvellement urbain, l'optimisation de la densité des espaces urbanisés, la qualité urbaine, la
préservation et la restauration de la biodiversité et de la nature en ville, la protection des sols des espaces
naturels, agricoles et forestiers et, enfin, la renaturation des sols artificialisés. Bien articulés et concrétisés
sur le terrain, ces principes peuvent permettre d’atteindre l’objectif fixé du « zéro artificialisation nette ».
D’une certaine manière, tous ces principes remettent en cause les formes actuelles d’urbanisation,
globalement basées sur la construction du pavillon avec jardin, lui-même considéré comme surface de
facto artificialisée. Dès lors, dans ce nouveau contexte, qui acte un changement de modèle, on peut se
demander quel est l’avenir d’un schéma qui aura perduré de longues décennies d’autant que le logement185 12 février 2024
lui-même et les transports obligatoires qu’il génère ont également un impact écologique fort, du fait de
leurs nombreuses émissions de carbone.
Entre maison individuelle et sobriété foncière
Il est donc important, avec le nouveau PLU, de bien réfléchir à l’idée de concilier maison individuelle et sobriété foncière. Pour cela, plusieurs pistes devront être étudiées :
- rénover les logements anciens, susceptibles d’accueillir de nouveaux habitants,
- éventuellement, dans les zones déjà urbanisées, mettre en place des formes de
densification douce des maisons individuelles qui disposent déjà d’un grand jardin,
- réduire la taille moyenne des terrains à bâtir (elle était, en moyenne française, de 950 m² en
2021) logement et jardin compris (lequel serait également plus réduit), sachant que cette idée
intéresse une certaine frange de la population qui ne souhaite pas forcément « faire construire » sur
une vaste parcelle et, pas davantage, s’occuper d’un grand jardin,
- penser aux sols qui, à ce jour, sont les grands perdants de l’urbanisation. Ils ne doivent plus
être considérés comme une ressource illimitée… A contrario, il est important de les conserver pour
les nombreux services qu’ils rendent (production d’aliments, filtration de la pluie, conservation de la
biodiversité, captation du carbone…).
En posant toutes ces questions, le PLU à venir a pris acte des enjeux liés à l’urbanisation, à la
nécessité de ne plus poursuivre exactement un schéma (les zones pavillonnaires, notamment) qui a duré
quelques décennies et qui, s’il a permis de loger de nombreuses personnes, n’en connaît pas moins
aujourd’hui, quelques limites. Les réflexions désormais ouvertes devraient pouvoir déboucher sur des
actions concrètes visant à réhabiliter le bâti ancien, à densifier les zones à urbaniser, etc.
B.3 Concilier préservation des espaces agricoles et naturels d’un côté,
développement urbain et économique de l’autre
B.3.1. Les bourgs de Surins et de Niherne
Compte tenu de la proximité de l’agglomération castelroussine, il était, côté bourg, tentant de
privilégier l’urbanisation et, pour cela, d’empiéter sur les espaces agricoles et naturels. De ce point de vue,
les premiers n’ont pas, depuis le début des années 2010, fait les frais de cette évolution, si ce n’est à la
marge. D’ailleurs, le PLU s’est surtout concentré sur les « dents creuses », encore agricoles. Mais il est vrai
qu’elles constituaient des enclaves dans le tissu urbain : de fait, l’activité de production était
potentiellement à la source de nuisances pour les habitants voisins. Néanmoins, rappelons que le
lotissement des Coutures constitue la principale de ces « dents creuses » et que son établissement avait
déjà été prévu dans les années 2000, soit avant le PLU précédent.
Par ailleurs, la commune s’était montrée soucieuse de développement économique : outre le fait
qu’elle a, de ce point de vue, favorisé et renforcé l’attractivité du centre bourg de Niherne (en attirant de
nouveaux commerces et services essentiels), elle est aussi intervenue, de concert avec la commune
voisine de Villedieu-sur-Indre, pour valoriser la zone artisanale riveraine de la RD 943 (où 6 ha 45 ont été186 12 février 2024
investis), laquelle se révèle aujourd’hui très dynamique. Pour autant, des aménagements plus verts
(notamment avec plantations…) devraient être encouragés.
B.3.2. La vallée de l’Indre
La vallée de l’Indre est, quant à elle, placée en zone Nv (sous-secteur de vallée humide) ce qui,
d’une part, va dans le sens de sa préservation en tant que telle (rappelons qu’elle est classée en ZNIEFF et,
pour partie, en Natura 2000), d’autre part, évite d’emblée qu’elle ne soit urbanisée. De toute manière,
elle est soumise à inondation et fait l’objet d’une protection forte dans le cadre du P.P.R.I. Mais il faut
aussi rappeler qu’avec la disparition des prairies, que remplacent désormais la friche et le peuplier, elle
est entrée dans un contexte de déshérence agricole, ce qui n’est pas sans incidence sur le paysage.
La concernant, la commune avait émis le souhait de protéger les jardins maraîchers riverains de la
rivière, pour la plupart en place depuis longtemps. C’est la raison pour laquelle ils sont placés en zone Nj.
Si certains se maintiennent aujourd’hui encore, d’autres sont abandonnés. Ce qui ne l’empêche pas de
vouloir, dans ce secteur, privilégier l’installation d’une petite exploitation de type permaculture. Il serait
bon que cette opération se réalise, d’autant qu’elle serait certainement appréciée des habitants de
l’agglomération castelroussine.
A l’aval du bourg, la commune a souhaité valoriser les anciennes carrières creusées dans la vallée.
Elle les a ainsi transformées en plans d’eau communaux dédiés à la pêche et aux. C’est la raison pour
laquelle, le secteur est passé en Nvl (sous-secteur de vallée réservé aux loisirs).
B.3.3. La Champagne berrichonne
La Champagne berrichonne est une région de grande culture (céréales et oléagineux,
principalement). Elle se trouve donc en zone agricole (A), ce qui se justifie pleinement. Ici, les élus se
montrent particulièrement soucieux de lui conserver sa vocation de production et refusent donc de la
faire passer en zone U, même sur ses marges.
B.3.4. La Brenne
Côté Brenne, enfin, la question des étangs récents, créés à des fins de loisirs (ce qui explique le
zonage de ce secteur en Ne (sous-secteur d’étangs de loisirs) avait été évoquée dans le précédent PLU.
S’ils l’ont été à une époque (années 1970/1980) où les autorisations étaient plus faciles à obtenir
qu’aujourd’hui, il n’en reste pas moins qu’ils constituent une sorte d’enclave dans le paysage (présence de
clôtures, d’accès privés, de cabanes, etc.). Ce faisant, ils ont fait évoluer ce dernier : peu à peu, disparaît
l’élevage (voir chapitre agriculture), et avec lui le bocage qui l’accompagne au profit d’un autre paysage,
plus largement voué aux loisirs. S’ajoutent aussi friches et jeunes boisements qui, bien souvent, les
enserrent et qui, quant à eux, sont dévolus à la chasse. Or, ces nouvelles strates végétales contribuent à
brouiller le paysage. Ces phénomènes se sont aggravés ces dernières années. De cette évolution, les élus
actuels devraient tenir compte dans l’application de l’actuel PLU.187 12 février 2024
C’est la raison pour laquelle il est important de maintenir toute cette zone en Np (zone naturelle
en prairie), de manière qu’elle puisse sans difficulté, si cela était un jour possible, revenir à sa fonction
première qui est l’élevage (au cas où un ou plusieurs éleveurs souhaiteraient s’installer dans le secteur).
B.4 Renforcer les circulations douces pour davantage de cohésion urbaine
et de meilleures relations entre quartiers
Si le précédent PLU avait souhaité œuvrer en ce sens, les actions engagées sont restées
minoritaires. Certes, le centre bourg de Niherne s’est étoffé de nouveaux commerces (restaurant, par
exemple) et services (surtout dans le domaine médical) mais la municipalité n’a pas vraiment diversifié
l’offre d’habitat locatif et de logements sociaux, susceptibles de répondre aux besoins de personnes
isolées (de plus en plus nombreuses), âgées ou plus jeunes, de jeunes ménages également.
Or, chaque jour davantage, le sujet des circulations douces revient sur le devant de la scène,
notamment au niveau national, comme un fait de société qu’il convient de traiter. D’une part, il vaut pour
la mixité sociale et la vie locale qu’il contribue à resserrer (en revalorisant les commerces du centre
bourg), d’autre part, il apparaît comme une réponse possible au changement climatique et à la crise de
l’énergie. Dans ce sens, favoriser les circulations douces (cheminements piétons et vélo notamment)
entre zones pavillonnaires et centre bourg, ne peut être que positif. Cela va aussi dans le sens d’un
moindre étalement urbain qui, on le sait, affecte la qualité de la vie.
C) Répondre aux nouveaux enjeux
Le précédent PLU avait listé une série d’enjeux auxquels il lui semblait important de répondre.
Pour une grande part, ces enjeux restent les mêmes, parfois amplifiés, parfois amenuisés. Il n’en reste pas
moins qu’il est ici important de les reprendre un à un afin de voir dans quelle mesure ils ont pu être
justifiés et de voir, aujourd’hui, comment, sur le territoire communal, ils peuvent parvenir à concilier bien-
être et bien-vivre des habitants d’un côté, validité économique, protection et valorisation des paysages et
de l’environnement de l’autre, sachant que l’ensemble doit former un tout cohérent. Il s’agit aussi, pour le
PLU, de répondre aux principales lois qui le sous-tendent, de se conformer aux différents documents
d’aménagement supra-communaux (le SCOT, le SDAGE, etc.) et de se référer aux différents schémas,
chartes, diagnostics, plans, etc. déjà en place (par exemple, le plan de Prévention des Risques
d’Inondation, Natura 2000, etc.).
Cela dit, plusieurs enjeux avaient été listés dans l’ancien PLU. Il apparait clairement que les
réponses apportées par la commune au cours des 15 années qui viennent de s’écouler (2008-2023)
méritent d’être reprises et renforcées : si l’intention est bonne, il n’en reste pas moins qu’elle doit trouver
à davantage et mieux se concrétiser sur le terrain.188 12 février 2024
C.1. Les enjeux démographiques
C.1.1 une progression démographique plus faible que prévu
Le précédent PLU tablait sur une progression démographique beaucoup plus forte qu’elle ne l’a
été en réalité : de fait, il prévoyait 1717 habitants à l’horizon 2020 (à cette date, ils ne sont en réalité que
1583, soit un déficit de 8%) et, pour la commune, cette progression devait lui permettre de conforter son
rôle de petit pôle urbain (en lien avec la commune limitrophe de Villedieu-sur-Indre). Pour cela, il tablait
sur l’accueil de nouvelles populations lesquelles, loin s’en faut, n’ont pas toutes été au rendez-vous.
Plus grave, la population déjà vieillissante en 2008 (23,7 % ont plus de 60 ans) l’est encore
davantage en 2020 (le pourcentage est passé à 29,6 %). Ces chiffres sont d’ailleurs corroborés par la
fréquentation de l’école primaire de Niherne, dont les effectifs sont à la baisse, depuis au moins 2016.
Cette population sera bientôt rattrapée par la classe d’âge 40-59 ans qui, bien souvent, est installée
depuis longtemps à Niherne où elle y « a fait construire » (c’est elle qui, bien souvent, vit dans les
lotissements périphériques). Or, les enfants de cette classe sont en passe de décohabiter, déjà partis vers
d’autres horizons.
Se note également une forte proportion de personnes vivant seules (veuves/veufs, divorcés…)
auxquelles, de plus en plus, s’ajoutent des familles monoparentales, les unes et les autres occupant
parfois de grands logements (cf. supra, diagnostic territorial). Soulignons que, dit de société, ce
phénomène tend aujourd’hui à partout s’amplifier et pas seulement dans les grands centres urbains.
C.1.2 Des ménages peu nombreux
Le précédent PLU avait misé sur une augmentation de 90 nouveaux ménages entre 2008 et 2020.
Or, si on la rapporte à celle, timide, de la population générale, on constate que cette augmentation n’a
clairement pas eu lieu : rappelons qu’en 2019, sont recensés 1583 habitants contre 1562 en 2008 : le gain
n’a été que de 21 habitants… donc loin des 90 ménages espérés.
En conséquence, la construction de nouveaux logements, plutôt faible, a suivi cette molle
progression démographique. Et l’actuel PLU tient compte de cette évolution (cf. supra). Pour autant, au
regard de la situation géographique intéressante de la commune (près de la ville mais en pleine
campagne), il existe une demande potentielle qui ne doit pas être sous-estimée.
Dans ce contexte et pour répondre aux enjeux démographiques affichés, il importe que la
commune fasse preuve d’attractivité, notamment en direction de nouveaux jeunes ménages. Ce faisant,
elle favorisera la mixité intergénérationnelle ainsi que le renouvellement de la population, deux éléments
forts sans lesquels l’économie comme la vie socioculturelle locale ne sauraient progresser et encore
moins s’améliorer.189 12 février 2024
C.2 Les enjeux du logement
C.2.1 Entre logements neufs et logements vacants
Le parc actuel de logements se caractérise par du « neuf » construit en périphérie, accolé à de
« l’ancien », situé quant à lui dans les deux principaux bourgs (et quelques grands hameaux adjacents).
Or, si l’on fait abstraction du lotissement des Coutures et de quelques nouvelles constructions plus
éparses, ce « neuf » (qui ne l’est plus tout à fait…) date surtout des décennies précédentes. Il présente la
caractéristique d’être établi sur le modèle pavillonnaire.
Au cours de la décennie 2010, le parc de logements s’est donc peu étoffé (cela, en lien avec
l’essoufflement démographique et le vieillissement de la population, déjà évoqués). Par ailleurs, ces
logements sont majoritairement aux mains de leurs propriétaires : ce qui revient à dire que la location
comme le logement social ne sont guère représentés à Niherne. Ce sujet ne semble pas avoir retenu
l’attention de la municipalité alors que d’une part, la société est en demande et que d’autre part, le
territoire possède un certain nombre de logements vacants susceptibles d’être restaurés, voire rachetés
par la collectivité afin d’être transformés en logements à louer (à caractère social, collectif ou non).
C.2.2. Mieux valoriser le bâti ancien
Autrement dit, le parc ancien, important (surtout dans les deux bourgs où se concentrent
commerces et services) pourrait être mieux valorisé. L’avantage d’une telle opération serait triple : elle
permettrait de redresser et de restaurer un bâti ancien, plutôt intéressant (si, cependant, il n’est pas trop
mal en point), de le rendre plus attrayant qu’il ne l’est, de redynamiser les centres et, enfin, de favoriser la
mixité sociale et intergénérationnelle, ce qui advient moins souvent dans des lotissements relégués à la
périphérie. Mais cette proposition revient aussi à reconsidérer l’urbanisme des deux bourgs, pas toujours
bien adapté aux évolutions actuelles (par exemple, l’étroitesse des trottoirs n’est pas toujours engageante
pour le piéton).
C.2.3. Favoriser le logement social et le logement locatif
Dans ce contexte, décidé il y a maintenant près de 20 ans, le lotissement des Coutures a une carte
à jouer ; avec lui, quelques terrains épars dans les deux bourgs, également susceptibles d’être lotis.
Notamment, parmi les 82 lots, la municipalité avait prévu d’en destiner quelques-uns à la construction de
logements locatifs. Emis dans le précédent PLU, ce vœu devra, dans celui à venir, se concrétiser
absolument.
Pour autant, le rythme moyen de créations prévues (soit 10 à 12 logements par an pendant 12
ans) ; plus encore, la diversification de l’offre, en faveur du logement social et locatif, en faveur,
également, de la réhabilitation de maisons anciennes : toutes ces opérations susceptibles et bienvenues
comme alternatives à la maison neuve individuelle - très présente à Niherne - sont loin d’avoir été actées
et concrétisées sur le terrain.190 12 février 2024
Dans le bourg de Surins, un bâti ancien pouvant être réhabilité.
C.3. Les enjeux socio-économiques
C.3.1. Résidence et mobilité obligée
La population de Niherne se compose, pour une grande part, de salariés (à 90%) travaillant hors
de la commune. Il s’agit notamment d’ouvriers (mais de moins en moins), de professions intermédiaires
et d’employés évoluant dans différentes structures, publiques ou privées. Dans ce contexte, les
migrations pendulaires sont importantes et, avec elles, les interdépendances vis-à-vis de l’agglomération
castelroussine. Ce qui, à l’évidence, affirme la fonction résidentielle de la commune de Niherne.
Il est indéniable que les commerces se concentrent très majoritairement à proximité de la ville de
Châteauroux. Ce qui oblige les habitants de Niherne à la mobilité.
Cette fonction résidentielle est à relier à la mobilité (parc automobile privé, réseau de transports
en commun, notamment). Car elle a, pour corollaire, d’importants déplacements pendulaires, réalisés en
voiture particulière, beaucoup moins sur la base du collectif (cars, covoiturage, même si ce dernier tend à
se développer : c’est d’ailleurs pour répondre à la demande que la municipalité a installé une aire de
covoiturage près du stade). Mais, a contrario, les ménages ne disposant pas de voiture sont exclus de
cette mobilité.
De fait, si les axes Tours-Châteauroux et Châtellerault-Châteauroux existent (2 lignes de cars
scolaires et une ligne d’autocar TER Centre (REMI) pour 6 passages par jour avec arrêt seul à Surins), ils
n’en sont pas moins insuffisants au regard de la population privée de véhicule personnel.
Il semble donc important de favoriser le développement de modes de déplacements autres que le
véhicule personnel d’autant qu’il est aujourd’hui largement mis en cause dans un contexte de
changement climatique (étant responsable de nombreuses émissions de GES et autres polluants).191 12 février 2024
C.3.2. Une économie de proximité à maintenir
Au sein du Pays castelroussin, la commune de Niherne pèse peu au plan économique. Exception
faite de la zone artisanale – très dynamique - située au bord de la RD 943 et en partenariat avec la
commune voisine de Villedieu-sur-Indre, les entreprises locales sont peu nombreuses et, surtout, de
petite taille, largement dominées par les commerces et les services de proximité.
En revanche, la commune de Niherne peut se réjouir de ces atouts, puisque, avec eux, elle a la
capacité d’offrir à sa population des biens matériels et immatériels, du moins de première nécessité, qui
peuvent se trouver sur place, sans que l’on ait besoin d’aller les chercher ailleurs. Ce qui, d’une certaine
manière, lui permet de la retenir et, surtout, de satisfaire les personnes qui ne disposent pas de moyen de
locomotion personnel.192 12 février 2024
C.3.3. L’agriculture en devenir
Au plan agricole, il importe de noter le vieillissement des agriculteurs, pas toujours assurés
d’avoir un successeur, l’agrandissement continu des exploitations, la tendance marquée au
développement des cultures annuelles (céréales, oléo-protéagineux) au détriment de l’élevage
(désormais cantonné – et, de plus, raréfié - dans la seule partie Brenne). Si, au moins en Champagne
berrichonne, l’agriculture va se maintenir, probablement sur un mode très productif, elle risque, en
revanche, de régresser, si ce n’est de disparaître en Brenne. Avec elles, peu à peu, disparaissent
également ces caractéristiques qui ont longtemps prévalu : exploitations de taille moyenne, présence de
quelques élevages, maintien d’un paysage diversifié où se juxtaposent le bocage de Brenne, de grands et
de plus petits bois, les vastes parcelles de la Champagne berrichonne…)
Le PLU actuel doit donc mettre l’accent sur les enjeux socio-économiques listés dans le
précédent, à savoir l’accueil de nouvelles activités génératrices d’emplois, le maintien du tissu commercial
de proximité ainsi que la protection de l’activité agricole et ce, dans toutes ses facettes (labours mais aussi
prairies). Si la municipalité a su se montrer volontaire pour les deux premiers (et elle l’a montré en aidant
à monter un restaurant au centre du bourg de Niherne), il lui est un peu plus difficile d’agir sur le dernier
dans la mesure où la dynamique agricole lui échappe quasi totalement. Sauf à proposer des terrains pour
accueillir de petites exploitations de type maraîchage, elle ne peut, à elle seule, intervenir sur le marché
des terres en Champagne berrichonne et pas davantage relancer l’élevage en perdition dans la partie
Brenne. Mais, en plaçant cette zone en Np (zone naturelle de prairies) plutôt protectrice de l’activité
élevage, elle a le mérite de se montrer consciente de ces enjeux forts.
C.4. Les enjeux socioculturels
C.4.1. La ville de Châteauroux, très proche
Comme dans de nombreuses communes périurbaines, la population de Niherne qui, pour une
bonne part, travaille dans l’agglomération castelroussine, a pris l’habitude d’effectuer ses achats sur son
lieu de travail ; par ailleurs, davantage diplômés et une fois leurs études terminées, les jeunes sont enclins
à quitter la région et à chercher ailleurs des emplois qualifiés. De plus en plus, ils trouvent ces emplois
dans le secteur tertiaire, davantage à la ville qu’à la campagne, même si le développement du télétravail,
aujourd’hui acté, peut faire évoluer cette tendance.
Pour autant, la commune sait retenir une frange de sa population en lui offrant des activités de
loisirs de proximité, tant dans les domaines sportifs que culturel. Forte de ses différents équipements, de
ses associations dynamiques, elle dispose là d’atouts importants qu’il conviendrait d’encourager et de
renforcer.193 12 février 2024
C.4.2. Encourager les loisirs de proximité
Il faut souligner que ces services et équipements de proximité sont en rapport avec la
« personnalité » de la commune, à savoir sa taille, sa proximité de l’agglomération de Châteauroux, son
environnement naturel, très prégnant.
Pour autant, ils pourraient être davantage développés, sachant que la demande « nature » a ses
adeptes, que le sport comme la culture attirent toutes les classes d’âge. Par exemple, la création de
sentiers de randonnée, invitant à se promener loin du bourg (par exemple autour des bois et prairies – du
moins, ce qui en reste – de la Brenne) pourrait être intéressante d’autant que le territoire de la commune
dispose d’un certain nombre de chemins ; idem dans la vallée de l’Indre, près des étangs communaux qui
ont cet avantage de se positionner au cœur même du bourg de Niherne.
Par ailleurs, toutes les tranches d’âge étant bien représentées (même si celle qui regroupe les
personnes âgées est plus importante), il est possible de les retenir en leur proposant des activités qui leur
correspondent : les demandes des adolescents ne sont évidemment pas les mêmes que celles de leurs
aînés. Des équipements tels que la piscine ou des salles destinées au théâtre sont, dans ce domaine, très
importants. Même si le projet de gymnase en bordure de la RD 943 étudié en collaboration avec la
commune voisine de Villedieu-sur-Indre n’a pas vu le jour (il aurait eu l’inconvénient de consommer de
bonnes terres agricoles), il n’en reste pas moins que de nouveaux équipements pourraient émerger,
susceptible d’intéresser et de retenir, au moins un temps, toutes les franges de population, y compris les
plus jeunes. Et dans ce domaine, le volet « « nature » a une carte à jouer.
C.5. Enjeux paysagers et urbanistiques
Les trois grandes entités paysagères reconnues (Champagne berrichonne, vallée de l’Indre et
Brenne) sont aujourd’hui touchées par quelques évolutions dont il importe d’être conscient et de tenter
d’y remédier, via le PLU.
C.5.1 La Champagne berrichonne
Nous l’avons déjà dit, la Champagne berrichonne vaut surtout par ses grands espaces cultivés
(céréales, oléo-protéagineux, essentiellement). Au nord de la RD 943, elle va subir l’entaille de la
déviation de Villedieu-sur-Indre, entaille qui sera visible et, certainement, source de nuisances sonores et
olfactives. Elle bénéficie également de la zone artisanale proche de la route, laquelle a empiété sur ses
espaces agricoles. Ici, davantage de plantations pourraient être réalisées, de manière à mieux étoffer le
bâti nouveau ; de même, au plan des couleurs, les constructions gagneraient à être harmonisées.
Il importe donc, au niveau du PLU, de bien veiller à ce que ces deux grandes infrastructures se
fondent le mieux possible dans le paysage et soient, sur ces deux sujets (végétation et bruit), bien
accompagnées.194 12 février 2024
Au sud du bourg de Niherne, les quelques fermes encore en activité se mêlent à des corps de
bâtiments, autrefois agricoles, mais aujourd’hui affectés à d’autres activités. Dans un cas comme dans
l’autre, ils se voient parfois de loin (ainsi la ferme du Tecq), parfois s’encastrent dans les bois (ainsi le
domaine de Tilly). Pour autant, il s’agit souvent de bâtiments anciens, qui possèdent une histoire, un
certain charme et, même s’ils ont, au fil du temps, été flanqués de hangars nouveaux, ils n’en sont pas
moins de facture régionale. Quelle que soit leur avenir (sera-t-il encore agricole ?), il importe de les
conserver et de les restaurer dans « l’esprit des lieux ». Il importe également de conserver les boisements
qui les côtoient, notamment les quelques alignements déjà signalés (par exemple, La Garenne, Morclaise,
le Tecq) ainsi que les parcs de ces anciennes fermes en les classant en Espaces Boisés classés.
Par ailleurs, les boisements visibles ici et là créent, dans l’espace cultivé, des ruptures bienvenues
qu’il importe absolument de conserver. Ils sont également importants en tant que corridors et réservoirs
de biodiversité dans le cadre de la Trame verte et bleue.
C.5.2 La vallée de l’Indre
La vallée de l’Indre apparaît comme un long ruban vert qui, par sa morphologie, a l’avantage de
couper la Champagne berrichonne et, ce faisant, d’apporter un peu de diversité. Hier vouée à la prairie,
elle est aujourd’hui, davantage gagnée par le peuplier (souvent planté en timbre-poste) et la friche dans
laquelle se fondent les anciennes carrières de sable, désormais délaissées. Il importe donc que la vocation
prairie soit, le plus possible, maintenue ; dans ce contexte, que la politique Natura 2000 apporte une
contribution maximale, seule susceptible, à ce jour, d’aider à la fois les éleveurs encore en place et de
préserver la biodiversité inféodée à ces prairies reliques.
A côté, les petits jardins maraîchers qui, ici et là, bordent la rivière doivent également être
conservés, voire renforcés (via l’éventuelle installation de jeunes agriculteurs). A leur manière, ils
apportent de la vie (par la présence de leurs propriétaires), de la diversité paysagère (dans la mesure où
ils tranchent avec les parcelles de peupliers) et de la biodiversité (puisque, sur des petites surfaces, ils font
coexister des productions différentes).
Ce qui n’empêche pas que le volet « public » soit maintenu, voire développé : notamment, avec
les petits étangs de pêche qui ont succédé aux anciennes carrières (à l’aval du bourg de Niherne), avec les
cheminements spécialement créés près de l’eau ainsi que les infrastructures sportives (piscine,
notamment). Il est important que la population locale s’empare de cette vallée, dès lors que la
municipalité y aura mis les moyens pour devenir propriétaire de quelques parcelles, les aménager en
conséquence, puis les offrir au public. Les opérations déjà entreprises doivent ainsi être poursuivies.
C.5.3 La Brenne
La Brenne a, au cours des dernières décennies, connu une profonde évolution dont la moindre
n’est pas la construction de petits étangs destinés aux loisirs. Avec la friche en plein développement, ils
ont pris la place des prairies traditionnelles, aujourd’hui délaissées. Par ailleurs, ces petits étangs (pas
toujours bien positionnés dans un contexte géographique) tendent à « vivre leur vie », à se soustraire aux
regards extérieurs. Ici, en lien avec l’étang de Grandeffe que borde un chemin communal, il pourrait être
intéressant d’ouvrir quelques autres petits sentiers de randonnée et de découverte.195 12 février 2024
Sur un autre registre, il serait également intéressant d’éviter l’enrésinement qui tend à se
développer. D’une part parce qu’il est monotone et qu’il acidifie le sol, d’autre part parce que, dans un
contexte de changement climatique avéré, il est notoire qu’il ne trouve pas toujours sa place dans la
politique de reboisement d’autant qu’il est sensible à la sécheresse et au risque incendie.
C.5.4 Les deux bourgs
Les deux bourgs de Surins et de Niherne possèdent des caractéristiques architecturales de grande
valeur, même s’ils appartiennent davantage au registre vernaculaire que grandiose. Mais, historiquement,
ils tiennent leur place et possèdent un charme indéniable. C’est la raison pour laquelle il importe de veiller
aux transformations et modifications à venir des habitations, de s’intéresser de près aux aménagements
professionnels (hangars, ateliers…).
Sur un autre registre, il importe de veiller à protéger mais aussi à valoriser les nombreux puits
présents (notamment à Surins), de poursuivre le travail d’enfouissement des réseaux et d’être attentif aux
limites urbaines. Il importe aussi de veiller à la qualité des cheminements piétons (les trottoirs,
notamment) les plus facilement empruntés.
Avec ses arbres et ses parkings aérés, la place centrale du bourg de Niherne que chapeaute
l’église, apparaît très accueillante d’autant qu’elle dessert utilement un grand nombre de services
(services publics et médicaux) et commerces de proximité.
Par ailleurs, outre le lotissement des Coutures en voie de réalisation, les quelques « dents
creuses » repérées pourraient être mises à profit pour densifier le tissu urbain et, davantage encore, pour
privilégier des implantations d’intérêt collectif (logements sociaux, équipements publics légers…).
De même, concernant les extensions pavillonnaires situées en périphérie (par exemple, le
lotissement des Malteries), des recommandations pourraient être préconisées pour homogénéiser les
clôtures (préférer le végétal local et éviter les matériaux de facture industrielle), pour effacer les réseaux
extérieurs. Ici et là, les limites avec la zone agricole sont trop nettes et mériteraient d’être atténuées par
des plantations nouvelles, plus diffuses.
Enfin, s’ils restent modestes, les éléments du patrimoine vernaculaire local, méritent d’être non
seulement inventoriés mais encore restaurés. Notamment, les vieux puits que l’on peut observer à Surins
méritent d’être valorisés, comme le témoignage d’un quotidien aujourd’hui dépassé mais hier très
prégnant. Et qui n’est pas sans charme…
C.6. Les enjeux liés à l’eau, au sous-sol, à l’air et à l’énergie
Sur ce sujet, le PLU précédent avait listé un certain nombre d’enjeux qui restent d’actualité
(lorsqu’ils n’ont pas connu d’évolution négative).
Pour autant, le contexte global a changé, avec des modes de consommation d’eau et d’électricité
parfois revus à la hausse, de sécheresse récurrente et de plus en plus sévère, de chaleurs extrêmes.196 12 février 2024
C.6.1. La ressource en eau
Concernant la ressource en eau, les nappes souterraines souffrent et s’épuisent, surtout lorsque
l’irrigation les sollicite, tandis que les deux principaux cours d’eau vivent des périodes d’étiage
compliquées ; parfois des pollutions ont lieu, affectant la vie piscicole.
A contrario, les inondations ne sont pas rares dans la vallée de l’Indre (d’où le PPRI en cours).
Mais elles ne durent pas dans le temps et n’ont qu’un impact faible sur la recharge des nappes profondes.
Il va de soi que, sur le sujet de l’eau en général, les constructions nouvelles seront à regarder de très près.
A côté, les plans d’eau créés dans les années 1970 (dans la partie Brenne) ne connaissent pas
toujours un approvisionnement en eau adéquat (car ils ne sont pas toujours bien situés) ; de même, les
prairies qui tamponnent les arrivées d’eau tendent à s’amoindrir ce qui, là encore, joue sur la nappe d’eau
souterraine.
L’assainissement collectif, développé dans les zones les plus urbanisées, voisine avec
l’assainissement individuel, cantonné quant à lui dans les fermes et hameaux plus éloignés des deux
centres principaux. Sur ce sujet, les règles proposées doivent être bien comprises et suivies de manière à
éviter tout accident (pollution, notamment). A Surins, compte tenu de la légère déclivité que connaît le
bourg, la question des eaux pluviales doit être attentivement suivie.
C.6.2. Les autres enjeux
L’aléa gonflement des argiles
Concernant le sous-sol, les sécheresses enregistrées ces dernières années, aggravent l’aléa
gonflement des argiles, patent dans certains secteurs. Ici, en matière de construction et/ou de
restauration de bâtiments, une grande vigilance s’impose.
La qualité de l’air
La qualité de l’air est, quant à elle, soumise aux activités humaines. Notamment, le territoire
communal subit la circulation de la RD 943 (qui, bientôt sera complétée par la déviation) ainsi que la
proximité de l’A20. Si le transport des marchandises transitant par cette voie ne dépend pas de la
municipalité de Niherne, cette dernière peut, en revanche, intervenir d’une part sur le déplacement de
ses habitants (migrations pendulaires) et limiter ainsi, même modestement sur le taux de NOx, d’autre
part engager une réflexion sur les activités recensées sur son propre territoire que l’on sait être sources
de pollution au SO2 (chauffage dans les résidences, pesticides agricoles, notamment).
Sur le même registre, une attention particulière doit être portée sur les risques liés aux
installations industrielles (ICPE, notamment) réputées dangereuses.
L’énergie
Dans le domaine de l’énergie, la crise récente a montré les limites de certains moyens de
chauffage (au gaz, au fioul) et, a contrario, le grand potentiel de l’énergie « propre », à savoir l’électricité
– à condition qu’elle soit produite par le vent ou l’énergie solaire. Ce qui suppose des éoliennes (ce que
refuse la commune) ou des champs photovoltaïques, lesquels ne pourront pas être positionnés comme
une simple culture de céréales. Pour l’instant, la question est posée et fait l’objet de réflexions dont le197 12 février 2024
PLU doit impérativement se saisir. Il sera également nécessaire que la commune se positionne dans le
cadre de la loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération énergétique. Cette loi entend préserver le
pouvoir d’achat des Français et la compétitivité des entreprises, défendre l’indépendance industrielle,
énergétique et politique de la France et lutter contre le dérèglement climatique. Pour cela, elle prévoit :
. En concertation avec les élus locaux, de planifier le déploiement des énergies renouvelables dans les
territoires. Les collectivités locales deviennent ainsi partenaires de la transition énergétique, dans la
mesure où elles sont capables de définir elles-mêmes les zones dédiées à l'accélération des énergies
renouvelables,
. De simplifier les procédures d’autorisation des projets d’énergies renouvelables,
.De mobiliser les espaces déjà artificialisés pour le développement des énergies renouvelables,
. De partager la valeur des projets d’énergies renouvelables avec les territoires qui les accueillent.
Ici, les énergies solaire (via des panneaux photovoltaïques en plein champ ou sur toit) et éolienne
sont concernées.
C.7 Les enjeux liés aux milieux naturels
Par sa situation géographique (Champagne berrichonne, vallée de l’Indre, Brenne), la commune
de Niherne a la chance de disposer de milieux naturels différents, mais complémentaires et donc, d’une
biodiversité, à chacun d’eux originale. Les terres agricoles, bien cultivées, voisinent avec des prairies
humides (de la Brenne, de la vallée de l’Indre), des étangs, des boisements divers, grands et petits, des
friches et des fourrés, des haies, de beaux alignements d’arbres et quelques talus.
A ce titre, cette qualité est depuis longtemps reconnue (ZNIEFF) et, tant que faire se peut,
protégée et/ou valorisée (Natura 2000, Espaces boisés classés, Trame verte et bleue…).
Tous ces éléments doivent être maintenus, et mieux encore valorisés : tels sont les enjeux
principaux listés dans le PLU et qui, notamment, passent par la préservation des prairies de la vallée de
l’Indre et de la Brenne, des corridors écologiques (haies, talus, chemins herbeux), lesquels permettent la
circulation des espèces.
Plus largement, elle passe aussi par une réflexion visant à éviter le mitage urbain, lequel tend à
désorganiser ces corridors, par le maintien de l’activité élevage (laquelle permet d’entretenir les prairies
naturelles, sources de biodiversité), par le contrôle de la plantation de peupliers dans les vallées et de
conifères (surtout dans la partie Brenne), arbres trop monotones qui tendent à banaliser les milieux, par
le maintien des boisements les plus anciens ou dispersés dans la plaine car ils jouent un rôle important
dans la Trame verte et bleue. C’est la raison pour laquelle certains ont été classés en EBC.198 12 février 2024
II - JUSTIFICATION DU PROJET COMMUNAL ET EXPLICATION
DES CHOIX RETENUS
A) Urbanisation, un diagnostic prospectif
A.1. Des logements en proportion de la population attendue
Depuis le début des années 2000, la population évolue faiblement à Niherne, en tous cas, pas au
même rythme que celui des 3 décennies précédentes. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler les
chiffres suivants :
Source : INSEE, recensement de la population
De fait, depuis le début des années 1990, se note une stagnation certaine de la population
puisque, depuis cette époque, elle n’a gagné que 79 habitants soit 4 habitants par an contre 413 pour les
22 années précédentes (soit un gain de 19 personnes par an). L’embellie a donc eu lieu à cette période,
essentiellement due à l’installation de nouvelles familles (le solde migratoire est alors positif, ce qui n’est
plus le cas à partir de 1990. Ce phénomène est corroboré par la forte urbanisation (sous forme de
lotissements, essentiellement), enregistrée au cours de ces années.
Mais, depuis, l’évolution n’est plus la même. Ce qui remet en cause les prospectives, très
optimistes, que le dernier PLU avait envisagées. Sur la base de ces chiffres et des données sociologiques,
quelques projections peuvent être faites pour les années à venir, qui concernent tant la population déjà
en place que celle potentiellement à venir.
Plusieurs éléments sont ici, à prendre en compte, potentiellement contradictoires. Pêle-mêle :
. A la campagne, dans un environnement relativement naturel, la commune de Niherne est
attrayante ; cependant, elle n’est pas la seule, ni dans la CCIVB, ni sur le pourtour de
l’agglomération castelroussine, à présenter de semblables caractéristiques rurales,
. Le desserrement des ménages milite moins pour une croissance de la population que pour
celle des logements. Pour autant, de ce point de vue, le nombre d’occupants par maison est
de 2,25 en cela supérieur à celui du département de l’Indre (qui est de 2,02). La commune
reste donc encore attrayante,
. Néanmoins, dans un contexte de renchérissement de l’énergie et de transports en commun
peu développés, elle peut, à l’inverse, se montrer moins attractive pour de nouvelles
populations,
Il est possible d’effectuer des projections en se basant sur les chiffres de l’évolution de la population en
partant de 1990.199 12 février 2024
Depuis cette date, deux périodes sont à distinguer :
Depuis 2008 (soit un pas de temps de 11 ans) et période 2010-2021 (soit un pas de temps de 10 ans),
2021 étant la dernière année ayant fourni des statistiques).
Le tableau joint résume cette évolution (cf. P.A.D.D.)
Année 1999 2010 2015 2019 2021
Nombre
d’habitants
1484 1551 1604 1583 1493
Variation + 67 + 53 - 21 - 90
En l’espace de 26 ans (1999- 2015), le gain de population a été de 120 habitants soit 4,6
habitants/an. (0,3% par an)
Entre 2015 et 2021, la baisse de la population a été de 111 habitants, (soit 18,5 habitants/an, ou
encore 1,15%/an). Autrement dit, en seulement 6 ans, la population est quasiment revenue à son niveau
de 1999 (gain et baisse s’annulant quasiment). Il faut donc s’interroger sur ce décrochage, intervenu à
partir de 2015 (qui, alors, avec 1604 habitations, était au maximum de sa population). Clairement, depuis
cette date, la population locale se trouve, en nombre d’habitants, sur une pente descendante. Ces chiffres
sont à mettre en relation avec la consommation de l’espace.
En 2019, la commune avait perdu 21 habitants par rapport à 2015 puis, en 2021, 90 habitants
supplémentaires sont venus s’ajouter, soit un total de 111 habitants en l’espace de 6 ans.
La démographie est donc à la peine et, dans le contexte actuel, on peut à juste raison se
demander si cette tendance ne va pas se poursuivre dans les années à venir. Ce qui, bien sûr, n’est pas
sans incidence sur la demande en logements. De ce point de vue, l’analyse de la consommation récente
de l’espace, via les demandes d’autorisation de permis de construire, est éloquente.
A.2 La consommation récente de l’espace : 2011 -2023
A.2.1. Consommation récente de l’espace : les données brutes
L’analyse de la consommation d’espace est basée sur la liste des autorisations d’urbanisme
accordées entre début 2011 et fin 2021, période choisie afin de caler aux dates de mise en œuvre du ZAN.
Cette liste a été fournie par la mairie. Durant ces 11 années, le nombre annuel d’autorisations
d’urbanisme a été le suivant :
Année Autorisation d’urbanisme (nombre)
2011-2013 37
2014 11
2015 7
2016 10
2017 6200 12 février 2024
2018 8
2019 8
2020 7
2021 5
2022 8
2023 (Jusqu’au mois de mars) 2
Notons que les 10 permis de construire accordés en 2022 et début 2023 ne sont pas pris en
compte dans la synthèse qui suit et ce, afin de coller à l’apparition de la loi ZAN.
A.2.2. Consommation récente de l’espace : une analyse détaillée
Sur ces 109 demandes s’autorisation d’urbanisme :
- 21 concernent la construction d’une maison individuelle soit 19,2%. L’une d’elle figure dans la
première tranche du lotissement des Coutures (demande faite par la commune de Niherne). Soulignons
cependant que ces chiffres ont été arrêtés en mars 2023 (depuis, 2 nouveaux permis de construire ont été
accordés sur ce même lotissement).
- 15 concernent la construction d’un garage soit 21%,
- 5 concernent la construction d’un hangar soit 7%,
- 6 concernent la construction d’un bâtiment (industriel ou agricole) soit 8,3%,
- 2 concernent la transformation d’une grange en maison d’habitation,
- 10 concernent des aménagements ponctuels (véranda, pool house, pergola…) soit 14%,
- 11 concernent des extensions soit 15,3%,
- 7 concernent des aménagements et/ou restauration de bâtiments existants soit 10%.
- 28 sur 37 restent indéfinis (ils sont de la période 2011/2013), les 9 autres concernant la
construction de maisons d’habitations.
Cependant, parmi ces autorisations, 17 (soit 23%) sont écartées car elles ne consomment pas
directement de nouvel espace (création de véranda, de pergola, restauration ou transformation d’un
bâtiment …) étant réalisées sur des parcelles déjà bâties. Par ailleurs, la consommation de l’espace à
usage d’habitation ne concerne que 25 demandes (construction proprement dite, extension) soit 35%, le
reste (26) étant dévolu à des locaux professionnels et à la construction de garages. Autrement dit, les
demandes sont à près de 80% liées au secteur habitation.
En termes de consommation d’espace, les calculs font état de 6, 7 ha sur la période 2011-2021,
pour la seule construction à visée habitation. Le reste revient aux activités économiques (bâtiments
agricoles (3,1 ha) et industriels (4 ha)). Notons que la surface consommée par l’habitat (6,7 ha) est
légèrement inférieure aux deux autres activités réunies (agricole et industrielle : 7,1 ha à elles 2)
En revenant au premier chiffre donné (25 demandes concernant la construction d’une maison
individuelle), on constate bien qu’il apparait bien en deçà de celui qui prévalait dans les décennies
précédentes (rappelons que 234 logements avaient été construits entre 1970 et 1990 (soit une moyenne201 12 février 2024
de 13,5 logements par an) puis 169 entre 1990 et 2015. (source INSEE voir supra). Car, étalées sur 13 ans, ces
25 nouvelles demandes donnent une moyenne de 1,6 par an. On est donc loin des chiffres recensés lors
des décennies précédentes…
Par ailleurs, le précédent PLU (de 2008) évoquait 7 constructions neuves par an (soit 42) sur la
période 2000-2005. Calculés sur la base des permis de construire, ces chiffres témoignaient déjà d’un
léger ralentissement par rapport à la décennie précédente, au marché immobilier plutôt tendu, il est vrai.
Mais, depuis, les demandes de permis de construire apparaissent encore en baisse.
De fait, pour la période 2011-2021, 2 permis de construire ont, en moyenne, été accordés chaque
année… Largement revu à la baisse et démentant les prévisions précédentes, ce chiffre témoigne donc
bien d’un net ralentissement de la construction par rapport aux décennies précédentes (cf. supra
diagnostic territorial), évidemment en lien avec l’érosion démographique entrevue. Et ce, même en
ajoutant les 9 qui concernent des transformations de bâtiments déjà existants. Même si les dates (pas de
temps étudiés) ne correspondent pas tout à fait, on reste loin des prévisions du PLH CCVIB qui, pour la
période 2012 – 2018, prévoyait 42 logements soit 7/an (source : bilan du SCOT, 2022).
A.2.3. Une baisse significative de la construction
Le dynamisme de l’urbanisation, évoqué dans le précédent PLU de 2008, semble donc, pour
l’heure, avoir largement baissé en intensité. Notons que, depuis 2020, ces demandes se sont encore
légèrement tassées (30% de demandes sur un laps de temps de 4 ans contre 70% au cours de 6 années
précédentes). Plus précisément, 9 des 11 demandes de constructions nouvelles (pour la stricte habitation)
ont été faites avant 2020. Aujourd’hui, il est à craindre que la crise du logement ne vienne, au moins pour
un temps, confirmer la tendance à la baisse entrevue.
Ces chiffres sont à comparer à ceux fournis par l’ONAS (Observatoire national de l’artificialisation
des sols) indiquant qu’entre 2010 et 2020, seuls 4,96 ha ont été consommés à Niherne à des fins de
construction de logements (soit 0,5 ha/an).
De son côté, le portail de l’artificialisation des sols donne des chiffres très précis sur le sujet. Ainsi,
entre 2011 et 2023, 104 050 m² (soit 10 ha mais il faut, dans ce chiffre, tenir compte du lotissement des
Coutures (près de 6 ha) à ce jour, encore à peu près vierge) ont été consommés durant cette période, soit
0,23% de la surface communale. Parmi eux, 93 234 m² sont dédiés à l’habitat, 1 014 m² aux activités
économiques et 8 912 m² aux infrastructures telles que la voirie. Et cela, sachant que la commune aura
perdu 111 habitants entre 2015 et 2021 (soit – 7%) et que le nombre d’emplois aura, de son côté et
durant la même période, légèrement diminué.
Connaissant la tendance démographique plutôt négative (au moins depuis 2015), mais également
la mollesse de l’urbanisation depuis quelques années, et en s’appuyant, par ailleurs sur les nouvelles
dispositions réglementaires liées à la mise en œuvre de la loi « climat et résilience » il est possible
d’envisager, pour la décennie 2021 – 2031, une consommation d’espace qui serait inférieure à 5 ha.
Au plan géographique, la plupart des demandes enregistrées entre 2014 et 2023 portent sur les
sections AL, AN, AO, AP, AR, AS, AV, AW (zone artisanale en rive de la RD 943), toutes situées dans l’actuel
zonage U. Ces demandes s’insèrent de manière diffuse dans les deux bourgs, jetant leur dévolu sur des
« dents creuses ».
Rappelons que, depuis quelques années, à l’échelle du territoire du SCOT (CACM et CCIVB), se
note une évolution du nombre de permis de construire. Mais c’est à Châteauroux et dans sa couronne
proche (Déols, Saint-Maur, Etrechet) que la quasi-totalité des logements collectifs ont été créés tandis202 12 février 2024
que les logements individuels ont été préférés sur les communes rurales voisines. En cause : la crise
sanitaire ainsi que la mise en place du PLUi sur le territoire de la CACM. C’est d’ailleurs à Châteauroux que
la quasi-totalité des logements collectifs ont été créés tandis que les logements individuels ont été
préférés sur les communes rurales voisines.
A .3 Une hypothèse : mutation et densification du bâti
A.3.1. La part des logements vacants
Sources : Insee, RP1967 à 1999 dénombrements, RP2008 au RP2019 exploitations principales.
Les données proposées sont établies à périmètre géographique identique, dans la géographie en vigueur au
01/01/2022.
Tiré du recensement INSEE de 2019, ce tableau montre la relative faiblesse des logements
vacants à Niherne puisqu’ils ne représentent que 5,3% du parc global. Se note cependant une
évolution certaine : en 1968, ils représentaient 11%. Mais ce chiffre était à relier à la chute comme au
vieillissement de la population alors enregistrés. Puis ils tombent à 2% en 1999, signe que la commune a
repris des habitants, nouveaux venus pour la plupart et intéressés par le logement ancien. Néanmoins,
depuis cette date, ce mouvement s’infléchit puisque le parc de logements vacants est remonté à 5,3% en
2019.
Pour aller dans ce sens, un récent inventaire réalisé en 2023 par la commune fait état de 55
logements vacants, dont 4 appartements. Parmi eux, 76% le sont depuis au moins 2020 (les plus anciens
depuis 2005) et 16% depuis plus de 8 ans. Ils doivent être donc regardés de près, car à moins qu’ils aient
été régulièrement entretenus, on peut se demander s’ils sont réellement habitables en l’état. A contrario,
29 d’entre eux (près de la moitié) sont disponibles depuis le début de l’année 2022. Pour autant, il n’est
pas précisé s’ils le sont à la location.
Parmi ces logements, 3 appartements appartiennent à la commune (ils sont situés derrière
l’école) et 2 maisons à la société SCALIS. Le reste revient à des propriétaires privés et se décline comme
suit :
- 7 maisons se situent hors agglomération, attenantes à des fermes anciennes (Rançay, Château-
Gaillard, Parçay…),
- 12, également anciennes, se situent dans les deux vieux bourgs (Surins, surtout). Dans le bourg
et hors bourg, ces maisons anciennes représentent donc 34% du parc de logements vacants. Les
concernant, on peut se demander si elles correspondent encore aux attentes actuelles, de salubrité et de
confort notamment.
- toutes les autres (soit 31) sont des constructions plus récentes (postérieures à 1970). Pour la
plupart, elles se situent dans des lotissements (les Malteries, les Galvauds) ou le long des principales voies
(notamment, à Châteaufort, Chézeauneuf, rue de la Saura…).203 12 février 2024
Le nombre actuel de logements vacants (pour la plupart, des maisons individuelles) peut être
comparé à celui qui avait été relevé lors du PLU de 2008 : se référant à la situation de 1999, ce dernier
démontrait qu’aucun des logements construits après 1968 n’était alors vacant. Ce qui n’est plus le cas
aujourd’hui.
De fait, cette mise à disposition de logements relativement récents (ils ont moins de 50 ans)
interroge : pourquoi une telle situation ? Quelle est la raison de cette vacance sachant qu’en principe, ce
parc assez récent devrait répondre aux normes de confort (ce qui n’est pas forcément le cas des
logements les plus anciens) ? Pour autant, ce potentiel de logements vacants existe bel et bien et mérite
donc d’être étudié de plus près.
A.3.2 Les « dents creuses »
Elles se concentrent essentiellement dans le lotissement « les Coutures » situé au centre
d’un ensemble déjà construit (pour une grande part, dans la décennie 2010) et, plus modestement dans
quelques autres secteurs, tel le lieu-dit Buisson Collin, situé en zone U h (sous-secteur urbain d’anciens
hameaux constructibles), entre la voie ferrée et la route de la Saura. Pour l’heure, compte tenu de
l’évolution démographique à ce jour plutôt faible comme cela a été constaté, ces « dents creuses »
semblent suffisantes pour répondre aux attentes d’éventuels nouveaux habitants.
Notamment, le lotissement des Coutures commence tout juste à être loti. A ce jour (en novembre
2023), seuls 3 permis de construire semblent se concrétiser sur les 30 prévus dans la première tranche
(une seconde en prévoit encore quelques dizaines). La zone totale prévue à lotir couvre 5,5 ha. Or, si l’on
retient la densité admise par le SCOT (10 logements/ha), on constate que, sauf accélération de la
demande, ce lotissement est encore loin d’être terminé.
Ces deux éléments - logements vacants en nombre et « dents creuses » - expliquent le choix du
PLU de ne pas s’intéresser, pour l’instant, à l’urbanisation de nouvelles parcelles.
Ces préconisations (urbanisation des « dents creuses », restructuration d’une partie du bâti
vacant), cadrent avec les orientations du SCOT qui affichent le même objectif de densification du tissu
urbain existant. Et elles vont dans le sens de la loi ZAN.
B) Justification des choix réglementaires
Le précédent PLU de Niherne avait présenté un règlement comportant un certain nombre de
règles dont certaines demandaient à être revues et/ou modifiées, voire renforcées. De nouvelles règles,
plus précises vont ainsi voir le jour, portant notamment et de façon générale sur les techniques durables,
la manière de considérer les différents zonages (A, AU, N), ces derniers étant davantage affinés (par
exemple, les zones NF et NL ont été redéfinies).
Mais, de manière plus profonde, toutes ces évolutions se sont basées sur ce principe simple qu’il
est désormais nécessaire, voire impératif, de mieux prendre en compte les données extérieures, hier
encore balbutiantes (au temps de l’ancien PLU) mais aujourd’hui avérées : par exemple, la protection de
l’environnement, le changement climatique et ses conséquences sur le terrain (comme la sécheresse
récurrente qui intervient sur le gonflement des argiles et la ressource en eau) mais aussi les évolutions de
la société, désormais bien tangibles (qui l’étaient moins, il y a 15 ans) : par exemple, la mobilité et son204 12 février 2024
contraire le télétravail ; mais encore le vieillissement de la population et les demandes de celle-ci en
matière de loisirs et de services. Ce nouveau PLU doit permettre une gestion du territoire qui soit
cohérente avec les attentes actuelles de la société.
B.1 Un objectif : densifier le bâti actuel
Le choix a donc été fait de « boucher les dents creuses » bien visibles dans les deux bourgs
(notamment le lotissement des Coutures) et de ne pas s’aventurer sur les marges agricoles ; Autrement
dit, le parti a été pris de ne pas toucher aux terres cultivées, de manière à ce qu’elles puissent rester
productives. L’argument sous-jacent réside dans le fait que ces dernières se raréfient d’année en année et
que la loi ZAN cherche à, tout prix, à éviter qu’elles ne s’en aillent au béton et/ou au goudron, avec tous
les risques que cela suppose (pollution supplémentaire, imperméabilisation définitive, etc.).
Cette assertion est vraie pour les deux bourgs mais l’est également pour tous les hameaux
dispersés sur le territoire et pour lesquels, sauf à la marge, nulle dérogation à l’urbanisation n’est prévue.
L’urbanisation de la commune se poursuivra donc sur les bases actuelles, privilégiant le
resserrement du bâti et le bouchage des « dents creuses ». Ce choix s’avère d’autant plus cohérent qu’il
s’appuie sur la présence de réseaux déjà existants, sur leur situation par rapport aux zones naturelles
et/ou inondables (la vallée de l’Indre) qu’il convient de protéger (donc éloignées d’elles) et qui ont été
« sanctuarisées » en tant que telles.
Il s’appuie aussi sur le fait que la population n’augmente plus : du moins, n’a-t-elle pas répondu,
au cours des 15 dernières années – aux projections (très optimistes) qui avaient été faites lors de
l’élaboration du précédent PLU. S’ajoutent aussi les évolutions actuelles qui, désormais, empêchent de
nombreuses personnes de devenir propriétaires (en raison de la forte augmentation des taux d’intérêt et
des matériaux de construction).
Néanmoins, il importe de souligner deux autres faits de société : d’une part, le desserrement des
ménages qui, en toute logique, devrait militer pour davantage de logements, d’autre part, une potentielle
augmentation du locatif (en raison de la difficulté de plus en plus grande à devenir propriétaire).
S I on les examine avec soin, ces deux faits peuvent aller dans le sens d’une réelle mixité sociale,
telle que souhaitée par la municipalité. Au-delà, ils peuvent l’inciter à reconsidérer le bâti existant au sein
duquel se trouvent quelques éléments vacants, lesquels méritent certainement d’être restaurés. Et, au-
delà encore, à reconnaître que ce bâti ancien participe à l’originalité du territoire et que, correctement
restauré, il lui apportera « un plus » architectural et urbanistique.
Par ailleurs, ces choix très orientés vers le resserrement du bourg soulignent bien la nécessité de
préserver le reste du territoire communal, à savoir les espaces agricoles (A) et naturels (N).
B.2.Le zonage proprement dit205 12 février 2024
La commune de Niherne a décidé de procéder à une révision générale de son PLU de 2008 afin de
réajuster le développement de son territoire et ce, dans un souci de protection de l’environnement et de
respect de son identité. Dans cet esprit, elle compte mesurer son urbanisation, en se montrant attentive
aux évolutions sociales, économiques, naturelles, paysagères, etc. telles que prévues par les structures
supra-communales (SCOT, SDAGE, etc.). Mais elle compte aussi modifier son zonage agricole et naturel en
ajustant au plus près de la réalité les dernières évolutions enregistrées. Pour autant, les modifications
proposées restent relativement à la marge, en phase avec la progression très mesurée de la population et,
avec elle, celle du logement.
Dans le PLU à venir, le territoire communal est divisé en quatre grands types de zones, à
l’intérieur desquelles on a défini des zones destinées à mieux en prendre en compte des enjeux
particuliers. Ces zones sont précisées sur les plans de zonage :
- zone U : zone urbaine,
- zone AU : zone à urbaniser,
- zone A : zone agricole, à protéger en raison de son potentiel agronomique, biologique,
économique et paysager,
- zone N : zone naturelle, à protéger en raison de sa qualité naturelle, biologique et paysagère.
Chaque zone bénéficie d’une réglementation précise.
Concrètement, la volonté communale d’optimiser l’urbanisation de son territoire se manifeste en
plusieurs lieux, pour des thématiques différentes. C’est la raison pour laquelle le zonage actuel apparaît
bien simplifié. Néanmoins, si les deux zones urbaines, U (déjà urbanisée) et AU (à urbaniser) se
maintiennent, quelques modifications ressortent bien.
B.2.1. La zone U
Une urbanisation maîtrisée
Elle s’applique aux secteurs déjà urbanisés des deux bourgs anciens de Surins et de Niherne,
auxquels s’ajoutent quelques hameaux anciens périphériques (Chézeauneuf, le Buisson Collin, etc.)
constructibles, ainsi que les nouvelles zones pavillonnaires (déclinées en Ub : les Malteries, par exemple).
Ici, seules, la « dent creuse » du lotissement en cours des Coutures ainsi que quelques petites autres ont
été incluses en zone 1AU (cf. infra). Dès lors, le PLU ne prévoit pas d’étendre l’urbanisation sur les terres
agricoles ou naturelles (d’ailleurs éloignées des zones d’habitation déjà existantes) et certaines, destinées
à être urbanisées dans le précédent PLU ont été supprimées (par exemple au sud des Malteries) si bien
qu’elles resteront en terres agricoles. Telle que prévue, la zone U apparaît ainsi plus réduite qu’elle ne
l’était dans le précédent PLU.206 12 février 2024
A noter qu’une distinction a été faite entre les bourgs anciens ((zone Ua) et les zones
pavillonnaires plus récentes (zone Ub) ; de même, a été ajoutée une nouvelle zone Ue (pour sous-secteur
urbain d’équipement public : elle concerne surtout le stade).
Le règlement met en avant l’idée que cette zone urbaine doit rester en phase avec son caractère
éminemment résidentiel d’une part, d’accueil de services et de commerces de proximité, dits essentiels
d’autre part. Le dynamisme économique du bourg (de Niherne, principalement) reste ici une priorité. Par
ailleurs, il s’attache à ce que les constructions à venir soient, au plan du paysage et de l’architecture,
conformes à leur environnement direct (d’où, son insistance sur le choix des matériaux, la hauteur des
constructions, l’aspect extérieur, les volumes, etc.) et qu’elles n’entraînent pas de nuisances nouvelles
(bruit, odeurs, pollutions…).
Quelques évolutions
Pour cette raison, des orientations très précises sont émises dans le règlement. Plus
précisément :
. Le sous-secteur Uac correspond à la zone urbanisée des cœurs anciens des deux villages et de
protection de l’activité commerciale et de services disparait,
. En revanche, la rubrique Uj, nouvellement apparue, correspond au sous-secteur de jardins
inconstructibles situés en limite de zone urbaine. Il se concentre d’une part à Surins, d’autre part sur un
secteur situé en rive gauche de l’Indre où se concentrent des jardins appartenant aux maisons bordant la
rue de la Gare. Il s’agit surtout de parcelles construites auxquelles se rattache souvent un jardin privatif,
lequel n’a plus ni vocation naturelle ni vocation agricole mais fait, de manière heureuse, tampon avec les
parcelles agricoles voisines. Mais il ne saurait, d’aucune façon, accueillir de nouvelle construction.
. Apparait également la rubrique Ue correspondant au sous-secteur urbain d’équipement public
(il s’agit ici du stade et de l’enclave située entre la voie ferrée et le lotissement des Coutures). Ce choix est
justifié. Car, même si la croissance démographique n’est pas au rendez-vous, il reste nécessaire
d’augmenter et d’améliorer les équipements communaux, ne serait-ce que parce qu’il est important que
la population locale trouve sur place les « aménités » qu’elle recherche. C’est la raison pour laquelle,
entre autres, un sous-secteur d’équipement urbain a été défini (Ue) qui correspond au stade actuel (mais
son emprise n’a pas été modifiée). Au-delà, les équipements déjà existants (Médiathèque, piscine d’été,
sentiers le long de l’Indre, etc.) sont non seulement maintenus mais encore améliorés.
C’est également dans cet esprit que la municipalité souhaite engager une réflexion sur la création
de sentiers de randonnée, capables d’irriguer le sud de la commune. Ce qui permettra de mieux faire
connaître ce secteur.
B.2.2 La zone AU
La zone AU est destinée à la future urbanisation et se concentre essentiellement dans le futur
lotissement des Coutures (dont la commune possède les terrains), déterminé depuis une vingtaine
d’années déjà. Elle doit pouvoir accepter un grand nombre de logements à usage résidentiel et privé. A ce
jour, les terrains sont viabilisés. Comme pour la zone U, elle doit appliquer des règles de construction
précises et son règlement est quasiment le même.207 12 février 2024
Quelques évolutions
. Cette zone a été vidée de ses sous-secteurs : de fait, ont disparu toutes les nuances de cette
zone AU (1AUb, 1AUy, 1AUi, 2AUb, 2AUh), laquelle comptait quelques différences liées aux usages
entrevus (zones réservées aux équipements, aux services, à l’urbanisation proprement dite, etc.).
. L’enveloppe géographique prévue à l’urbanisation a bien bougé par rapport au précédent
PLU (nommée 1AUb dans l’ancien PLU) : seul, ne reste que le lotissement des Coutures qui, lentement,
s’enrichit de quelques nouveaux propriétaires. S’ajoute aussi une petite zone (AU2) au hameau de la
Tuilerie, près de la RD 943. Cette enveloppe se maintient sous la seule appellation AU (sous-secteur à
urbaniser).
L’urbanisation revue à la baisse
Concernant l’urbanisation, les secteurs présentant le moins d’impacts selon la logique qui
cherche à « éviter, réduire, compenser » ont ainsi été privilégiés. Ceux-ci se trouvent essentiellement
dans le bourg : parmi eux, nous l’avons vu, le plus important est le lotissement des Coutures. C’est donc ici
que sera privilégié le nouveau bâti. Car, partout ailleurs, un éventuel élargissement du zonage urbanisable
aurait posé différents problèmes :
- des problèmes d’empiètement sur les zones agricoles et naturelles que la municipalité
entend conserver comme telles,
- des problèmes de sécurité au long des principaux axes et, notamment, de la RD 943,
- des problèmes de mitage près des hameaux et, surtout près des fermes isolées, des
fermes dont l’avenir, du moins pour certaines d’entre elles, semble aujourd’hui incertain : hier à
fonction strictement agricole, elles sont aujourd’hui, pour une part, inhabitées. De fait, les
concernant, seuls sont utilisés les bâtiments agricoles (les agriculteurs vivent ailleurs) sachant par
ailleurs que certains d’entre eux ne sont pas en bon état. Dès lors, les maisons d’habitation sont
susceptibles d’être aménagées (d’où, pour elles, la possibilité de petits ajustements tels que la
construction d’annexes ou l’extension d’habitations existantes),
- des problèmes paysagers et naturels, problèmes d’artificialisation de l’espace auxquels
se greffent des problèmes de desserte en tous genres (eau, réseau viaire, électricité…),
- etc.
Compte tenu de cette évolution, l’actuel PLU remet en zone agricole des terrains auparavant
affectés à l’urbanisation. Ainsi en est-il :
. Des rives de la RD 943, situées en face de la zone artisanale de Villedieu-sur-
Indre/Niherne, hier promises à la construction. Ici, en concertation avec la commune de Villedieu-
sur-Indre, avait été prévu un vaste complexe sportif, lequel, en définitive, ne verra pas le jour. Les
terrains concernés (de bonnes terres agricoles) reviendront à leur affectation première (des
labours).
. De quelques parcelles situées au sud du lotissement des Malteries, de l’autre côté d’un
chemin, ainsi que près des Galvauds
. D’une petite zone située au sud du village de Chézeauneuf, de l’autre côté de la RD 87.208 12 février 2024
Le tout pour une surface proche de 18 ha, ce qui n’est pas négligeable. Par ailleurs, dans
l’ancien PLU, ces zones situées dans «un environnement paysager sensible » n’étaient pas
équipées et n’auraient pu être urbanisables qu’après modification du PLU.
B.2.3 La zone agricole A
Des zones agricoles bien ciblées
Cette zone A est correspond aux terres agricoles de la commune qui doivent être préservées en
raison de leur potentiel agronomique, biologique ou économique. Ici, sera interdite toute urbanisation, a
fortiori dispersée, exception faite des ajouts (hangars, granges…) nécessaires aux exploitations agricoles
déjà existantes.
Par rapport au PLU précédent, cette zone A reste quasiment inchangée, couvrant une vaste
surface (2459 ha). Seule, disparaît la rubrique Ah (zone agricole de hameau ou d’écart).
Elle couvre la majeure partie des espaces agricoles dans lesquels peuvent être englobées de
petites zones n’ayant pas, à proprement parler, de vocation agricole ainsi que des entités bâties non
agricoles aujourd’hui (mais qui l’étaient hier : par exemple, le domaine de Tilly). Elle englobe également la
zone Nh (zone naturelle de hameau ou d’écart) : dans le nouveau PLU, cette rubrique est remplacée par
une couleur rouge qui valide la limite de constructibilité des annexes et extensions aux habitations.
Pour autant, à Niherne, la zone A concerne essentiellement la partie « grande culture » de
Champagne berrichonne, laquelle se distingue de la partie « prairie », propre à la Brenne. De fait, ici, tous
les secteurs encore à peu près exploités sont classés en zone naturelle Np (sous-secteur de prairie) zone
pour laquelle il a paru intéressant de faire apparaître l’enjeu naturel (cf. infra).
De possibles réhabilitations, mais à certaines conditions
Il est apparu que le maintien, dans de bonnes conditions, de l’activité agricole devait passer par
l’évitement d’éventuels conflits de voisinage. C’est la raison pour laquelle le PLU n’a défini aucun secteur
constructible, qui aurait pu être étranger » à cette activité.
En revanche, quelques bâtiments actuels (sur le plan, ils sont munis d’une pastille étoilée)
pourront éventuellement changer de destination (mais les autorisations d’urbanisme seront alors
soumises à l’avis de la CDPENAF) ; de même, certains d’entre eux, et notamment ceux qui n’abritent plus
de familles d’exploitant, peuvent être réhabilités à des fins de résidence, accueillir de nouveaux habitants
sans lien avec l’activité agricole. De cette manière, ce patrimoine (de fait, la plupart des fermes isolées
sont anciennes) serait sauvegardé tandis que le territoire continuerait de vivre (quoique sous une autre
forme) mais en n’étant pas amputé par de nouvelles constructions.
Dès lors, seules les constructions utiles à l’activité agricole seront autorisées, sachant que leur
aspect extérieur et leur insertion seront définis par les recommandations de la charte paysagère.
Le PLU s’intéresse également aux risques de mitage de l’espace rural. C’est la raison pour laquelle
sont, dans le règlement, prévues des conditions strictes (emprises, hauteur, implantation, etc.) pour les
éventuelles annexes et extensions à venir.
La question des bois dispersés dans la plaine209 12 février 2024
De petites excroissances boisées passent de la zone Nf à la zone A. Depuis le précédent PLU, certaines
ont été défrichées. Ainsi en est-il aux deux lieux-dits « le Bois de la Beauce » et la Croix Diamant dans la
zone centre de la commune.
Pour autant, sont conservés en EBC (espace boisé classé) tous les petits bois qui émaillent la
plaine (ainsi les mardelles) ou qui s’approchent des bourgs et des villages (ainsi le petit bois au nord de
laTuilerie, le bois dit « de l’Allemagne » ; de même en est-il de quelques haies judicieusement placées en
rupture de pente (ainsi celle, très dense, qui borde la vallée de l’Indre, près du bois de l’Allemagne ou bien
encore celle qui, sur un talus, longe la voie ferrée).
B.2.4 La zone naturelle N
Cette zone correspond aux zones naturelles et/ou forestières qu’il convient de protéger. C’est la
raison pour laquelle son règlement vise prioritairement sa préservation et, en conséquence, interdit ou
limite très fortement toute urbanisation (d’ailleurs, la construction n’est autorisée qu’en zone Np et
encore est-elle soumise à des contraintes très précises) ;
Des sous-zonages précis
Néanmoins, ces zones naturelles ne sont pas toute de même forme, configuration ou valeur. C’est
la raison pour laquelle elle contient plusieurs sous-zonages bien marqués. Notamment :
. Zone Ne : sous-secteur d’étangs de loisirs. Au sud-est de la commune, il englobe toute la zone qui,
depuis les années 1970, a été dévolue à la création d’étangs de loisirs. Ici, si elles devaient avoir lieu, de
nouvelles implantations seraient très encadrées (respect des conditions hydrauliques naturelles, présence
d’un système d’évacuation des eaux bien établi et lien obligatoire avec une exploitation agricole et/ou
piscicole). C’est ainsi que toute construction ou extension de logement non professionnel ne seront
autorisées. Rappelons qu’il s’agit bien d’une zone naturelle. Surface totale : 1867 ha
. Zone Nf : sous-secteur de bois et forêts. Il englobe la plus grande part des massifs forestiers
présents, situés sur le plateau de la rive gauche de l’Indre dans les deux parties Brenne et Champagne
berrichonne. Quasiment tous sont exploités au plan sylvicole tandis que certains sont, en outre, réservés à
la pratique de la chasse. Du fait de leur grande taille (souvent supérieure à 20 ha), ils font l’objet d’un plan
simple de gestion.
Il est à noter que, dans cette zone Nf, ne figurent ni les peupleraies de la vallée de l’Indre (placés
en zone Nv) ni les petits boisements éparpillés dans la plaine, la plupart de ces derniers étant classés en
EBC pour leurs fonctions écologiques, paysagères et la place qu’ils tiennent dans la trame verte et bleue
(rappelons que ces EBC ne peuvent être défrichés). Surface totale : 854 ha
. Zone Nj : sous-secteur de jardins en zone naturelle et agricole. On trouve ces jardins, privés pour
la plupart, sur les bords de la vallée de l’Indre, près des actuels étangs communaux (où ils existent depuis
longtemps) ainsi que dans la zone agricole située de part et d’autre de la RD 943. Surface totale : 28 ha
. Zone Np : sous-secteur de prairies. Ces prairies abondent surtout dans la partie Brenne, sur
substrat humide. Pour une très grande part, elles sont impropres au labour mais favorables à l’élevage
extensif, tel qu’il s’imposa durant de longues décennies. Ainsi déterminées, ces prairies sont relativement
protégées et, avec elles, les haies qui les enserrent (qu’il n’est donc pas possible d’arracher). De plus,210 12 février 2024
toute construction y est interdite (sauf si elle a un lien avec l’élevage). Pour autant, ce zonage ne peut
aucunement freiner la friche qui, nous l’avons constaté, est actuellement en fort développement. Surface
totale : 580 ha 50 ares
. Zone Nv : sous-secteur de vallée et de fonds humides. Ce sous-secteur englobe la vallée de
l’Indre en son entier (avec ses prairies, ses friches et ses peupleraies) ainsi que les principales vallées
sèches, situées en rive gauche de l’Indre. Rappelons que la vallée de l’Indre est soumise à un P.P.R.I. qui,
de son côté, restreint fortement toute urbanisation. Surface totale : 331 ha
. Zone Nvl : sous-secteur de vallée et de fonds humides réservé aux loisirs. A l’aval des deux
bourgs de Niherne et de Surins, il concerne le secteur des étangs communaux créés, à des fins récréatives
(pêche et détente). Ces nouveaux étangs succèdent à d’anciennes carrières où l’extraction est désormais
achevée. Communaux, ils sont valorisés à des fins de loisirs et de détente : ici, seules seront autorisées
des installations légères, bien insérées dans le paysage, utiles à la gestion des espaces naturels et à leur
découverte. Surface totale : 12 ha
Des évolutions dans le PLU actuel
Par rapport au précédent PLU, trois rubriques ont été supprimées :
. Zone Nfl : zone naturelle de forêt de loisirs (comportant des enclos de chasse conformément à la
législation en vigueur). De fait, l’activité cynégétique ne constitue pas, en soi, un motif suffisant pour être
mise à part.
. Zone Nh : zone naturelle de hameau ou d’écart. Dans le précédent PLU, il s’agissait souvent,
isolée dans la zone A, d’une large zone occupée par du bâti rural, pas nécessairement à vocation agricole.
Désormais, le bâti concerné relève de la zone A ou N sans qu’il ait paru nécessaire de créer une zone
supplémentaire. Simplement, elle est remplacée par une « patate » moins large dans laquelle la
construction est possible mais soumise à des règles très strictes.
. Zone Ny : zone naturelle d’activités existantes. Il s’agissait, auparavant, de l’extraction des sables
de la vallée de l’Indre, aujourd’hui achevée. D’où sa suppression.
B.2. Les autres dispositions réglementaires
Elles concernent les espaces boisés classés (EBC), les éléments remarquables du bâti – puisqu’il
peut changer de destination -, les emplacements réservés.
B.2.1. Les espaces boisés classés (EBC)
Nous l’avons vu, ils bénéficient d’une forte protection : notamment, il est interdit de les défricher
et toute demande d’intervention sera soumise à autorisation. Essentiellement situés dans la plaine
céréalière, ils sont aussi, en majorité, de petite taille, exception faite du bois de l’Allemagne, au nord de la
vallée de l’Indre. Ils valent d’une part pour leur rôle - important - dans la Trame verte et bleue, d’autre211 12 février 2024
part parce qu’ils correspondent souvent à des mardelles en lien avec les circulations d’eau souterraines
qu’il convient de protéger de toute pollution.
Ce qui n’est pas le cas des plus grands massifs qui, de leur côté, sont classés en secteur Nf et
bénéficient d’un plan simple de gestion. Ce qui explique que certains d’entre eux, classés en EBC dans le
précédent PLU aient été requalifiés dans le zonage Nf.
S’ajoutent aussi quelques haies bien placées. Parmi elles, les haies en rupture de pente ainsi que
celles bordant certains chemins et de grande qualité paysagère. Néanmoins, lorsque ces derniers sont
bordés d’arbres des deux côtés, une seule a été retenue de manière à ne pas entraver leur entretien.
Sont également classés les alignements d’arbres, souvent remarquables, indiquant les entrées
des fermes et châteaux dispersés sur le territoire communal (Le Tecq, Morclaise, la Garenne…). Ces EBC
avaient déjà été relevés dans l’ancien PLU.
Ces EBC en nature de bois couvrent une surface totale de 42 ha et un linéaire de 8,95 km pour les
haies classées.
B.2.2. Les éléments remarquables du paysage et du patrimoine
Ces éléments qui font partie du patrimoine naturel et bâti émaillent l’ensemble du territoire.
Parfois modestes, ils n’en sont pas moins représentatifs d’une culture et d’une architecture vernaculaire
qui, aujourd’hui, prennent toute leur importance – par exemple les vieux puits, lavoirs, granges, croix….
Pour autant, ils ne sont pas strictement protégés au titre de la loi sur les Monuments Historiques de 1930.
Les prescriptions inscrites dans le règlement cherchent à garantir leur pérennité. C’est la raison pour
laquelle, les travaux éventuels devront être soumis à autorisation, et à la condition que l’architecture
originelle sera respectée.
Grange à portaux (Grangeneuve) Alignement de platanes (La Garenne)
B.2.3. Les emplacements réservés
Le précédent PLU avait défini 18 emplacements réservés - précisés sur la carte - pour une surface
totale voisine de 2,5 ha. Ils étaient alors jugés d’intérêt général, nécessaires pour que se réalisent des212 12 février 2024
aménagements prévus par la collectivité. Parmi eux, 15 d’entre eux se situaient dans le bourg ou dans ses
environs directs, les autres se dispersant dans la campagne. Plus précisément :
. 2 d’entre eux visaient la création d’espaces boisés classés (à Surins, précisément, au nord et au
sud de la RD 943) pour une surface totale de 3888 m2
. 1 visait la réalisation d’un exutoire pour les eaux pluviales entre le ruisseau de la Prairie de
Niherne et du Grand Pré (largeur 5 m),
. 1 visait l’extension de l’école communale.
. Tous les autres avaient trait à l’amélioration de la desserte, sur de courtes distances. Parmi eux,
une place à part était réservée aux cheminements piétons, pour une liaison entre deux sites ou pour
accéder à des sites particuliers.
Par exemple, était prévue la réalisation d’un chemin piéton et cyclable entre la rue de l’Ormelle
et le futur site d’équipement (zone 1AUI) ou bien celle d’un chemin d’accès aux peupleraies communales
(près de l’étang communal), etc.
En réalité, aucun de ces emplacements réservés n’a été réalisé, exception faite du n°13 qui
concernait la création d’un chemin piétonnier, large de 5 m, situé entre le chemin rural de la Croix-aux-
Ladres et les habitations de la Grande-Croix, pour une emprise de 831 m².
Ces emplacements réservés avaient l’avantage d’aller dans le sens de ces mobilités douces, que préconise
l’actuel PADD même si l’actuel PLU n’indique pas d’emplacement réservé. Pour autant, la municipalité ne
renonce pas à ses projets de mobilité douce, projets qu’elle entend développer dans un futur proche.
B.2.4 L’identification du bâti pouvant faire l’objet d’un changement de destination
Compte tenu de l’évolution de l’agriculture locale qui, actuellement, voit un certain nombre de
bâtiments agricoles délaissés (anciennes fermes dispersées dans la campagne, notamment), le règlement
du P.LU. prévoit, sous conditions, d’autoriser leur changement de destination. Ce qui permettrait, non
seulement de les préserver, de les maintenir en place, mais encore de les restaurer, à d’autres fins
qu’agricoles, à condition, bien sûr, que ces nouveaux aménagements ne nuisent pas à l’activité agricole.
De nouveaux habitants pourraient ainsi prendre possession de ces bâtiments, y habiter, sans pour
autant que leur venue nuise à l’espace environnant, bâti et naturel, ni qu’ils soient à la source d’impacts
sur les voies et réseaux de desserte. En revanche, ils auraient l’avantage de préserver un patrimoine bâti
ancien (granges, hangars, vieilles longères…) reconnu de qualité.
Principalement situés en zone A, ces bâtiments sont expressément cartographiés et désignés par
une étoile (par exemple, Les grandes Carbonnières, la Boutardière, Morclaize…). Ils ont été identifiés
après une étude minutieuse.213 12 février 2024
Pour autant, il n’est pas certain qu’ils soient tous restaurés à des fins d’habitation (ou autres : par
exemple, gîte, lieu aménagé pour des manifestations telles que des mariages, etc.), tout dépendant, bien
évidemment, du souhait des propriétaires actuels, lesquels restent pour l’heure inconnus. C’est la raison
pour laquelle ils ne peuvent être décomptés comme de futurs logements pouvant, dans ce domaine en
tension, répondre aux besoins.
Si ces bâtiments devaient changer de destination, rappelons qu’ils feront l’objet d’un avis
conforme de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et
forestiers (CDPENAF).
Par ailleurs, les « cabanons » construits autour des étangs nouveaux ne sont pas concernés par ce
dispositif dans la mesure où, justement, il ne s’agit que de « cabanons » et non pas de véritables maisons,
qu’ils ne sont pas desservis, ou mal (par des routes et réseaux divers).
B.2.5. Les servitudes d’utilité publique
La commune est concernée par plusieurs servitudes publiques qui s’imposent au P.L.U. Parmi
elles, celle qui concerne le transport du gaz et qui, sur le terrain, se manifeste par des canalisations (GRT
Gaz), visibles en jaune lorsqu’elles traversent routes et chemins (cf. supra, première partie, diagnostic
territorial). Néanmoins, les servitudes d’alignement ne sont plus à conserver.214 12 février 2024
B.3 Consommation de l’espace, un bilan
TABLEAU DES SUPERFICIES PAR ZONE
Zones Sous-secteurs
Surface (en ha) des zones
dans le PLU avant la
révision
%
Surface (en ha) des zones
dans le PLU après la
révision
%
U Ua 27 ha 00 a 00 ca 26 ha 70 a 74 ca Ub 59 ha 00 a 00 ca 54 ha 76 a 41 ca
Ue 6 ha 46 a 01 ca
Uh 6 ha 00 a 00 ca 9 ha 49 a 68 ca
Uj 5 ha 22 a 40 ca
Uy 7 ha 00 a 00 ca 10 ha 34 a 45 ca
Total zone U 99 ha 00 a 00 ca 2,6% 112 ha 99 a 69 ca 2,54%
AU AU 30 ha 00 a 00 ca 4 ha 63 a 10 ca Total zone AU 30 ha 00 a 00 ca 0,8% 4 ha 63 a 10 ca 0,10%
N Ne 62 ha 00 a 00 ca 62 ha 17 a 38 ca Nf 458 ha 00 a 00 ca 853 ha 79 a 19 ca
Nj 34 ha 00 a 00 ca 28 ha 15 a 14 ca
Np 577 ha 00 a 00 ca 580 ha 48 a 91 ca
Nv 356 ha 00 a 00 ca 330 ha 77 a 25 ca
Nvl 24 ha 00 a 00 ca 11 ha 76 a 44 ca
Total zone N 1511 ha 00 a 00 ca 39,7% 1867 ha 14 a 31 ca 42,02%
A A 2169 ha 00 a 00 ca 2458 ha 97 a 29 ca Total zone A 2169 ha 00 a 00 ca 56,9% 2458 ha 97 a 29 ca 55,34%
S théorique
TOTAL GENERAL 3809 ha 00 a 00 ca 100% 4443 ha 74 a 39 ca 100%
NB : Les surfaces et consommation de l’espace selon les deux PLU (PLU 2008 et PLU actuel) ne peuvent être
comparées car elles ne partent pas des mêmes bases. D’une part, des rubriques ont disparu (par exemple Nh), d’autre part,
il existe un différentiel de surface de 630 ha entre eux deux qui peut s’expliquer par le fait que le PLU de 2008 ne prend pas
en compte la surface totale de la commune (par exemple, routes et voies publiques en ont été retirées).215 12 février 2024
Pour autant, la tendance est bien là : la zone urbaine de l’actuel PLU va connaître une réduction
sensible par rapport aux prévisions du précédent. Est surtout concernée la zone AU (sous-secteur à
urbaniser), revue à la baisse (moins 25 ha). En cela, le PLU répond à la demande, plutôt faible, de
logements et à la mollesse démographique. En conséquence, la zone A (agricole) qui aurait pu être
impactée ne l’est plus et garde ses à peu près intactes ses surfaces (se note une petite baisse de %). Ici,
seules, quelques extensions seront possibles, mais uniquement à la marge (près des corps de ferme,
notamment). Ainsi, les risques de mitage de l’espace agricole apparaissent-ils quasi nuls.
Dans la zone N (naturelle), les constructions ne sont pas possibles, exception faite de quelques
aménagements dans les deux zones Ne (étangs de loisirs) et Nv (sous-secteur de vallée réservé aux
loisirs), mais ils restent surveillés. La zone Np garde toute sa légitimité, nécessaire au maintien de
l’élevage existant voire, à son développement – si cela arrivait.
En conclusion, tel qu’il est présenté, l’actuel PLU permet une substantielle réduction de la
consommation de l’espace, ce qui va tout à fait dans le sens de la sobriété et de la politique ZAN (zéro
artificialisation nette).216 12 février 2024
III EVALUATION ENVIRONNEMENTALE DU PADD ET DU PLU
Ce chapitre vise à faire une évaluation environnementale de ces documents d’urbanisme
essentiels que sont le P.A.D.D. et le P.L.U. Il importe en effet de voir dans quelle mesure et dans quelles
proportions ils ont pris en compte les richesses environnementales de la commune de Niherne ainsi que
les enjeux attachés à cette problématique.
A Evaluation environnementale du PADD
A.1. Les grands principes du P.A.D.D
A.1.1. La philosophie du P.A.D.D.
Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD), défini à l’article L. 123-1 et
suivants du Code de l’Urbanisme, est une pièce importante qui donne les grandes lignes et affirme le
devenir du territoire. Il accompagne le P.L.U. en cours de révision qui, sur la base de prévisions, cherche à
définir au mieux l’aménagement à venir du territoire communal. Ses orientations s’appuient sur l’état
initial de l’environnement, le diagnostic territorial ainsi que sur les éléments de prospective. Il réalise la
synthèse des ambitions municipales, des besoins sociaux, des contraintes environnementales, des aspects
techniques et durables ; ce faisant, il se base sur la notion de développement durable qui, le plus et le
mieux possible, cherche à intégrer tous les paramètres, y compris ceux qui ne se voient pas au premier
abord. Des enjeux précis ont ainsi pu être déterminés, sur la base de la volonté municipale, laquelle a été
croisée avec le diagnostic établi par le présent PLU.
A son échelle et tel qu’il a été rédigé, le PADD cherche à répondre aux finalités du développement
durable que définit l’article L110-1 du Code de l’Environnement. Autrement dit :
- la lutte contre le changement climatique,
- la préservation de la biodiversité, des milieux naturels et des ressources naturelles ;
- la cohésion sociale et la solidarité entre territoires et s générations ;
- l'épanouissement des habitants et la satisfaction de leurs besoins essentiels ;
- la dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation
responsables notamment par le biais des services rendus par les collectivités.
Pour bien gérer le territoire d’étude, il importe de bien en connaître le potentiel. C’est dans ce
sens qu’ont été définies les orientations qualitatives qui permettront à la commune de penser aux pistes
d’action à développer pour l’avenir, en lien avec les évolutions de la société et de l’environnement,
actuellement observables. Plus concrètement, ces pistes visent surtout l’évolution de l’habitat (individuel,
locatif, social…), des milieux agricoles et des milieux naturels, véritables poumons verts du territoire
communal ; plus précisément les zones humides (vallée de l’Indre, partie Brenne), les équipements
publics, les activités diverses (professionnelles, de loisirs…), la circulation (mobilités douces, voies217 12 février 2024
piétonnes…). Tous ces éléments se juxtaposent et se croisent pour faire de la commune un lieu où il fait
bon vivre.
A.1.2. Les orientations majeures du projet
Les orientations générales du projet communal reflètent la volonté de la commune de NIHERNE
d’organiser de façon cohérente le développement de son territoire, dans le respect des dispositions et
principes fondamentaux énoncés par la loi, et notamment par l'articleL101-2 du Code de l’Urbanisme qui
impose à tous les documents d’urbanisme. Nous en reprenons ici les principes tels qu’ils ont été énoncés :
Le principe d’équilibre entre développement urbain et rural, préservation des espaces
agricoles et protection des espaces naturels et des paysages.
Le principe de diversité des fonctions afin d’assurer une répartition équilibrée entre zones
d’habitat, zones d’activités (commerciales, artisanales, industrielles) et zones dédiées aux
loisirs.
Le principe de mixité sociale en favorisant l’installation de populations aux profils
socioéconomiques variés sur l’ensemble du territoire communal.
Le principe du respect de l’environnement en veillant à sauvegarder le patrimoine naturel
et bâti.
Le principe de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement
urbain.
Le principe de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques.
Pour la commune de Niherne, l’objectif général est bien d’affirmer sa position de bourg rural, au
sein d’une grande agglomération (l’agglomération castelroussine) dont elle constitue, avec d’autres
communes, une sorte de poumon vert, riche de ses espaces cultivés et de ses espaces naturels. Pour cela,
elle entend préserver son environnement. Ce dernier constitue à la fois un fort potentiel d’attraction pour
la population mais aussi pour la préservation de la nature, aujourd’hui mise à mal par toutes sortes
d’activités humaines, pas toujours respectueuses.
Au plan strictement géographique, rappelons que la commune de Niherne se définit par la
juxtaposition de plusieurs entités bien définies : une entité très agricole (la Champagne berrichonne), une
entité plus « nature » (la Brenne), une entité urbaine (les deux bourgs de Niherne et de Surins auxquels
s’ajoutent leurs annexes pavillonnaires) et une entité cours d’eau (la vallée de l’Indre), laquelle par son
PPRI conditionne déjà une partie du projet urbain.
C’est dans cet esprit que la commune de Niherne a, dans la rédaction de son P.A.D.D., défini cinq
orientations majeures : Maîtriser un développement harmonieux en continuité avec le tissu urbain
existant, recoudre le tissu urbain pour une meilleure lisibilité de son fonctionnement, favoriser une
dynamique économique et développer les équipements, préserver et mettre en valeur les paysages,
l’environnement et le patrimoine naturel. Et c’est sur ces 5 axes qu’elle a précisé ses intentions dans le
PLU, tout en cherchant à se montrer vigilante sur quelques points particuliers.218 12 février 2024
A.2. Le PADD, Quelques points de vigilance
Dans la mesure où l’extension urbaine reste contrôlée, bien localisée, juste placée dans des zones
déjà prévues à cet effet (comme le lotissement des Coutures), le PADD n’aura guère d’incidences sur
l’environnement. Dès lors, il n’y aura pas d’impact très important. De fait, les espaces agricoles sont
maintenus et appelés à être mieux valorisés tandis que les espaces naturels restent exclus de toute
urbanisation de grande ampleur. Néanmoins, une certaine vigilance sera de mise sur quelques points dans
la mesure où le projet communal entend se tourner vers l’accueil de nouvelles populations, lequel ne sera
pas sans incidence sur l’environnement (ce terme est pris dans son ensemble) :
A.2.1 Rester attentif au développement urbain,
Mais aussi à sa cohérence avec l’évolution démographique (qui, à ce jour, est moindre qu’espérée
lors de l’élaboration du PLU précédent) et à la consommation d’espaces qui en découle. Notamment, les
espaces naturels (vallée de l’Indre, partie Brenne) doivent faire l’objet d’une vigilance forte dans la
mesure où ils sont riches en biodiversité et restent importants pour la gestion de la ressource en eau. Par
ailleurs, les espaces visés par l’urbanisation à venir doivent pouvoir répondre à certains impératifs ayant
trait au traitement des eaux pluviales et des eaux usées, à la Trame verte et bleue, à la rationalisation des
réseaux.
A.2.2 Rester attentif au patrimoine bâti
Surtout s’il est ancien. Sa qualité est réelle et c’est la raison pour laquelle il faut tenter de le
maintenir, notamment en s’intéressant à la restauration de quelques logements vacants. Il est important
que les deux bourgs « restent dans leur jus ». Lorsqu’il est dispersé dans la campagne, il participe à la
qualité du paysage (par l’insertion des bâtiments).
A.2.3. Veiller à optimiser les équipements, à favoriser les mobilités douces, la
rénovation énergétique
Concernant les nuisances existantes et à venir (bruit, pollutions diverses…), (surtout sur les
bâtiments anciens), il faut inciter à la construction de maisons passives (les maisons neuves doivent être
bien isolées).
Pour autant, les secteurs retenus pour l’urbanisation devront intégrer tous les enjeux et proposer,
si besoin est, les moyens pour réduire et compenser les impacts négatifs potentiels.219 12 février 2024
A.2.4. Rester attentif aux espaces agricoles et forestiers,
Ces derniers sont très présents à Niherne. Il faut donc les protéger le plus et le mieux possible.
D’une part, ils constituent une sorte de poumon vert, d’espace de respiration, d’autre part, ils possèdent
un potentiel économique certain, complémentaire à celui des espaces urbanisés. Pour ces deux raisons, il
convient donc de les maintenir et d’éviter que l’urbanisation ne vienne les entamer.
Concernant plus précisément les massifs forestiers, à l’heure du changement climatique et du
dépérissement avéré de certains d’entre eux, il conviendra certainement de les renouveler dans une
vision peut-être moins productive qu’elle ne l’a été jusqu’à présent (par exemple, en favorisant la
diversité des espèces plantées, en panachant résineux et feuillus). Rappelons que ces massifs jouent un
rôle important dans la Trame verte et bleue en tant que cœurs de biodiversité et corridors écologiques.
Par ailleurs, certains de ces massifs sont engrillagés, ce qui est néfaste à la circulation de la faune sauvage.
Pour autant, ces espaces encadrent des zones habitées (hameaux, fermes isolées…) à ce jour
plutôt bien intégrées dans le paysage. Les quelques interventions possibles (restauration de bâtiments,
extensions…) doivent donc être douces et accordées à leur environnement. L’insertion dans le paysage est
ici capitale.
A.2.5. Rester attentif aux espaces naturels, de la vallée de l’Indre et de la partie
Brenne.
En Brenne, notamment, s’observent quelques vieux étangs que l’on peut qualifier de
patrimoniaux, semés au milieu de prairies, de friches et de jeunes boisements. A côté, ont émergé de
nouveaux étangs, dits de loisirs, moins remarquables car moins bien insérés dans le paysage : ils devront
faire l’objet d’une surveillance attentive si des aménagements, même minimes, devaient être réalisés.
Pour autant, ils sont désormais inclus dans une mosaïque paysagère en évolution qu’il convient de
préserver et de ne pas miter par de l’urbanisation ; sur un autre registre, il sera important de rendre ce
secteur accessible à la population et ce, grâce à la mise en place d’un réseau de sentiers de randonnées
adéquat.
A.2.6 Rester attentif aux zonages d’inventaires et de protection
Les zonages ZNIEFF et Natura 2000
Rappelons que la commune de Niherne possède :
. Deux ZNIEFF (l’étang de Grandeffe (également appelé étang des Loges), identifiant, n°
240000565 (de type 1) et La ZNIEFF « Moyenne Vallée de l’Indre » (de type 2) ;
. Et, entrant dans le réseau Natura 2000, une ZICO (étang de Grandeffe ou des Loges) élargie aux
communes voisines de Luant, Meobecq, Neuillay-les-Bois, Saint-Maur pour une surface totale de 750 ha,
la ZPS Brenne n°FR2410003, qui concerne le sud de la commune (étangs et prairies marécageuses) ainsi
que la ZSC Vallée de l’Indre n°FR2400537 qui, comme son nom l’indique, concerne la vallée de l’Indre.220 12 février 2024
Deux nécessités
Concernant ces deux zonages, se dessinent deux nécessités, en forme d’enjeux majeurs :
. La nécessité de préserver le patrimoine naturel lié à l’eau (vallée de l’Indre et étangs de la
Brenne, l’une et les autres souvent associés à des zones humides riches en biodiversité,
. La nécessité de maintenir les prairies, milieux ouverts et diversifiés, et ce avant qu’elles ne
disparaissent sous la friche. Majoritairement placées dans la vallée de l’Indre mais surtout en Brenne, ces
prairies ont des accointances avec les milieux humides précédemment cités qu’ils viennent compléter, le
tout de grande valeur écologique.
Le P.A.D.D. est bien conscient de ces enjeux puisqu’il indique, dans son objectif 10 vouloir
« valoriser et gérer le patrimoine naturel » et, plus précisément « protéger les espaces écologiques
identifiés en ZNIEFF et ZICO, TVB, Natura 2000 ».
Des actions nécessaires, en phase réglementaire
Concernant ces sites, les actions nécessaires, en phase réglementaire, sont les suivantes :
. Eviter l’emprise de l’urbanisation sur ces secteurs naturels que l’on sait fragiles,
. Même si l’on sait que le PLU n’aura pas d’impact direct sur eux, il importe de rester attentif au
devenir de ces prairies, gravement menacées et, lorsque cela est possible, encadrer l’activité humaine
(par exemple, avec les P.A.E.C.) et sensibiliser les acteurs aux enjeux ;
Dans le P.A.D.D., la municipalité du Niherne a ainsi émis le désir non seulement de conserver,
mais encore, le plus possible, de valoriser le cadre de vie des habitants sans que les espaces non urbanisés
en pâtissent. Tel qu’il vient d’être décrit, ce projet n’aura pas d’impact négatif sur l’environnement (terme
pris au sens large) : d’une part, il tend, le plus possible, à respecter l’identité des espaces agricoles,
forestiers et naturels présents, convaincu qu’ils constituent des atouts bien davantage que des
inconvénients, d’autre part, il reste soumis à des contrainte supra-communales qu’il est tenu de respecter
(par exemple, il ne peut envisager de construire dans la vallée de l’Indre, reconnue inondable).
B Evaluation environnementale du PLU
L’évaluation environnementale vise à identifier les incidences du PLU sur l’environnement et à
l’adapter en conséquence, de façon à en supprimer, réduire ou à défaut compenser les impacts
potentiellement dommageables. Par ailleurs, le Plu doit se conformer aux recommandations des
documents supérieurs (ici, le SCOT et le SDAGE) qu’il ne peut donc contredire.
L’évaluation environnementale est proportionnée à l'importance du programme prévu, aux effets
de sa mise en œuvre et aux enjeux environnementaux (faune, flore, milieux naturels, etc.) de la zone
considérée.
Notamment, la commune de Niherne dispose d’un zonage Natura 2000. Il convient donc
d’étudier dans quelle mesure ce dernier peut être impacté par le PLU. Et, dans ce contexte, évoquer, s’il y
a lieu, le fameux ERC (éviter, réduire, compenser).221 12 février 2024
B.1.Les documents supra-communaux : SCOT et SDAGE, une mise en
cohérence
B.1.1. Le SCOT
Concernant le SCOT, rappelons que les prescriptions indiquées dans le D.O.O. (document
d’orientations et d’objectifs) s’imposent au PLU. La compatibilité de ce dernier a donc, tout au long de la
révision, été recherchée.
Le SCOT vise essentiellement à affirmer la position de son territoire, en tant qu’espace de vie et
de nature, intégré dans un environnement resté relativement rural. Il vise notamment :
. A renforcer le lien entre urbanisme et déplacements et, dans ce contexte, insiste sur les
déplacements doux,
. A améliorer les conditions de vie des habitants de son territoire et, pour ce faire, accueillir les
nouveaux habitants dans les meilleures conditions possibles, développer les services à la population,
gérer le sol de façon économe, revaloriser et requalifier les espaces urbains,
. Au plan économique, à valoriser les atouts locaux et à renforcer l’identité locale. Pour ce faire,
développer la compétitivité économique dans les secteurs d’activités déjà présents sur le territoire,
favoriser l’accès et le maintien dans l’emploi, affirmer le maillage commercial du territoire,
. A valoriser la richesse écologique et la qualité des paysages du territoire. Pour cela, protéger et
gérer la ressource en eau, préserver et valoriser le patrimoine naturel ainsi que la diversité des paysages,
prévenir les risques naturels et technologiques et les nuisances, réduire l’empreinte climatique.
Tel qu’il est présenté, le PLU de Niherne entend favoriser le développement socio-économique de
son territoire (avec la poursuite de la zone artisanale des Vergnes, le maintien de son agriculture, la
valorisation de ses commerces et services…) sachant que ces activités se déroulent sur un territoire
majoritairement rural et naturel, sachant également que ses deux bourgs possèdent un patrimoine
architectural singulier. Parallèlement, il souhaite favoriser la diversité des logements (propriété, location)
et la mixité sociale, renforcer les liaisons douces, améliorer la vie de proximité (par les commerces et
différents services présents en centre bourg).
Enfin, il n’oublie pas le volet environnement et paysages de son territoire qui, de près ou de loin,
risquent d’être impactés par le PLU. C’est la raison pour laquelle il reste vigilant sur le maintien des terres
agricoles en tant que telles et qu’il s’efforce, le plus possible, de conserver intactes les zones du sud,
jusque-là dédiées à l’élevage ; vigilant, également sur la protection et la gestion de sa ressource en eau,
aujourd’hui fragilisée par le changement climatique.
Dans ses grandes lignes, il entend garantir une gestion optimale qui vise à préserver les milieux
aquatiques et à satisfaire les différents usagers de l’eau, à maintenir les objectifs de qualité et de quantité
pour chaque cours d’eau, plan d’eau, nappe souterraine…222 12 février 2024
Tel qu’il est présenté, et sachant que l’urbanisation future se concentre dans l’enveloppe urbaine
des deux bourgs, le PLU de Niherne n’aura pas d’incidence sur la rivière l’Indre (par ailleurs déjà protégée
par le P.P.R.I.) et pas davantage sur les nappes souterraines comme sur les étangs.
B.1.2 : le SDAGE
Tous les objectifs du SDAGE sont, le plus et le mieux possible, pris en compte dans le PLU. Il s’agit,
notamment de :
Repenser l’aménagement des cours d’eau dans leur bassin versant
Protéger la santé en protégeant la ressource en eau
Maîtriser et réduire toutes les pollutions (pollutions organique, phosphorée et
microbiologique, pollutions par les nitrates, pesticides),
Gérer les prélèvements d’eau de manière équilibrée et durable
Préserver et restaurer les zones humides,
Préserver la biodiversité aquatique,
Faciliter la gouvernance locale et renforcer la cohérence des territoires et des politiques
publiques.
Si la commune de Niherne ne couvre qu’une infime partie du périmètre du SDAGE (puisque ce
dernier englobe tout le bassin de la Loire), il n’en reste pas moins qu’elle doit, dans son PLU, se référer
aux principales prescriptions. Le fait que l’urbanisation ne touchera pas la vallée de l’Indre, que les
territoires naturels et agricoles sont respectés et resteront intouchés, que l’urbanisation à venir sera,
concernant la gestion des eaux (l’eau potable, les eaux pluviales et les eaux domestiques) regardée de
très près, il est possible d’affirmer que le PLU n’aura pas d’incidence notable sur le bon déroulement du
SDAGE.
B.2. Analyse des incidences sur les sites voués à l’urbanisation
Ce chapitre aborde l’analyse des incidences du PLU sur l’environnement sous l’angle des zones
allant s’ouvrir à l’urbanisation.
A vrai dire, l’urbanisation à venir ne concerne que le lotissement des Coutures ainsi qu’une petite
parcelle (de moins de 8000 m²) située au lieu-dit la Greletterie, dent creuse comprise entre deux zones
déjà construites (maisons d’habitation) et donc, déjà insérée dans le tissu urbain. Dès lors, tout
empiétement sur les terres agricoles périphériques est prohibé.
B.2.1. Le site des Coutures
Concernant le site des Coutures rappelons qu’il s’agit d’une friche herbacée, à flore non
patrimoniale, déjà viabilisée pour une partie (rue, éclairage) et aménagés par des plantations.
Les parcelles concernées sont entourées de zones déjà construites (pavillons avec jardins
« plantés »).223 12 février 2024
Compte tenu de sa situation enclavée, ce secteur ne présente pas de grande sensibilité naturelle
(faune et flore). De même, elle n’est pas en contact avec les sites Natura 2000 de la vallée de l’Indre. Par
ailleurs, le paysage local va simplement s’enrichir de nouvelles maisons, tôt ou tard raccordées à celles qui
existent déjà.
Des plantations ont déjà été réalisées le long des voies d’accès (mais certaines sont
détériorées…).
Le règlement précise que les nouvelles constructions devront être bien intégrées dans leur
environnement et le paysage, raccordées au réseau d’eau potable, les eaux usées correctement assainies
et les eaux pluviales orientées vers un écoulement adéquat.
B.2.2 La parcelle de la Greletterie
Quant à la parcelle de la Greletterie, il s’agit également d’une friche herbacée, « dent creuse »
située entre deux petites zones urbanisées (au nord de la RD 943). Mais, contrairement à la zone des
Coutures, elle n’a pas été viabilisée. Pour autant, son aménagement pourra s’appuyer sur les réseaux déjà
installés pour les habitations voisines.
Les Coutures La Greletterie224 12 février 2024
B.2.3 La zone Uy
La zone Uy (sous-secteur à vocation d’activités artisanales et commerciales), déjà prévue sur le
précédent PLU a été agrandie dans l’actuel PLU. A ce jour, et pour partie, elle accueille des bâtiments
logistiques. L’autre partie est une jeune friche herbacée. Elle est séparée de la zone d’habitation de la
Greletterie par un ensemble de parcelles agricoles maintenues en zone A. A noter que ce site n’est pas en
contact avec Natura 2000.
S’il était réalisé, l’aménagement total du site va artificialiser le sol et donc, intervenir sur les
écoulements pluviaux.
Concernant de futures plantations, le règlement conseille des végétaux de type champêtre et des
essences locales. Trop banalisées, les haies de conifères de type thuya sont déconseillées. Il est important
que les espaces libres de toute construction reçoivent un traitement végétal approprié et de qualité.
B.3 Analyse des incidences du PLU sur l’environnement
Ici, sont passées en revue toutes les incidences potentielles sur l’environnement, ce terme étant
pris dans son sens le plus large.
B.3.1. Le climat
Rappelons que la pollution atmosphérique émise sur le territoire provient essentiellement de la
circulation automobile et du chauffage des bâtiments. Il est évident que l’aménagement de ces trois
zones, si modestes soient-elles en surface, aura une certaine incidence sur elle dans la mesure où il
suscitera une augmentation du trafic. Car il est fort probable que les nouvelles habitations disposeront de
voitures et que la zone artisanale Uy verra passer davantage de véhicules. De son côté, le chauffage des
nouveaux logements et des bâtiments de la zone artisanale verra l’accroissement des émissions de gaz à
effet de serre.
Néanmoins, ce fait peut être contourné, si se développent davantage les transports en commun
(type covoiturage). Par ailleurs, la construction en vogue de maisons dites « passives » permettra
certainement de limiter les émissions nocives.
Par ailleurs, essentiellement concentrée dans le lotissement des Coutures, la future urbanisation
limite, de facto, l’étalement urbain ; ce faisant, sont conservées intactes les zones agricoles et naturelles,
lesquelles jouent un rôle important contre le changement climatique (puisqu’elles participent au stockage
du carbone). De plus, ce lotissement est proche du centre du bourg de Niherne et de ses
commerces/services, d’où l’utilisation possible des mobilités douces.225 12 février 2024
B.3.2 La circulation des eaux
Les nouvelles constructions qui verront le jour dans un proche avenir ne seront pas sans incidence
sur la circulation des eaux puisqu’elles vont contribuer à imperméabiliser le sol. Les débits générés
risquent donc d’être plus importants.
Nécessairement, ces apports d’eau complémentaires qui ne seront pas absorbés par la végétation
(puisque disparue), peuvent avoir un impact dans les zones aval, et notamment dans la vallée de l’Indre,
principale réceptrice. De fait, en période de pluies prolongées, les débits sont augmentés tandis que le
temps de réponse s’en trouve raccourci. D’où des phénomènes de débordement possible. Cependant, le
règlement prévoit que l’écoulement des eaux pluviales sera garanti dans le réseau collecteur, ce dernier
devant impérativement être aménagé.
Néanmoins, la vallée de l’Indre reste très végétale puisqu’aucune construction n’y est permise.
Par ailleurs, le règlement stipule que les nouvelles zones susceptibles d’être urbanisées doivent prévoir
des plantations, lesquelles sont à même d’aider à réduire les écoulements et à favoriser l’épuration
naturelle.
B.3.3 Les ressources naturelles (habitats, faune et flore)
Les secteurs proposés à l’urbanisation (pour le logement et les activités économiques) tels que
définis dans le présent PLU sont en adéquation avec la réalité démographique (soit une stagnation, voire
une baisse de la population) sans pour autant négliger les impacts possibles sur l’environnement.
De fait, les incidences négatives éventuelles du PLU sont surtout liées à la consommation
d’espaces agricoles ou naturels. Or, à Niherne, seuls 3 petits secteurs sont concernés. Parmi eux, le
lotissement des Coutures, depuis longtemps identifié pour être urbanisé car véritable « dent creuse »,
placée au centre de zones déjà loties. Tous les trois ont fait l’objet d’une O.A.P. et sont soumises à un
règlement qui les soumet à une réelle prise en compte de leur environnement. C’est ainsi, par exemple,
que sont préconisées des plantations sur la base de végétaux champêtres, un traitement végétal de
qualité sur les espaces demeurés libres et qu’il est recommandé que le terrain conserve sa topographie
d’origine. Si modestes soient-elles, ces recommandations permettront de maintenir une certaine
« nature » ainsi que la biodiversité qui lui est attachée (par exemple, avec les insectes et les oiseaux
venant fréquenter les haies) et tiendront leur place dans la Trame verte et bleue.
Ces trois secteurs ne présentent pas d’enjeux écologiques majeurs ; par ailleurs, ils sont éloignés
des zones naturelles dûment reconnues (au titre des ZNIEFF et de Natura 2000) - la vallée de l’Indre,
classée en zone Nv et le sud de la commune (avec l’étang des Loges et ses environs), la première étant par
ailleurs inscrite dans le PPRI qui y interdit toute urbanisation.
Ce choix fait de ne boucher que les « dents creuses » (lotissement des Coutures) et de ne pas
empiéter sur les terres périphériques est en soi, une mesure favorable à la protection des milieux non
urbanisés (zone agricole et zone naturelle). Ce faisant, il aide à préserver les espaces agricoles et, partant,
l’agriculture, tout comme les milieux dits « naturels » (non exploités), reconnus pour leur grande richesse
en biodiversité. Il préserve également les zones boisées (classées en EBC) cernant le bourg de Surins,226 12 février 2024
notamment le bois de l’Allemagne ainsi que le rebord de la vallée de l’Indre (en rive droite) qui, tous deux,
constituent une zone de transition entre le bâti et l’espace agricole.
Ainsi, sur cette base très générale, en n’empiétant ni sur les zones agricoles ni sur les zones
naturelles, en indiquant quelques dispositions « naturelles » à mettre en pratique lors de l’urbanisation
des zones pressenties, le PLU fait siennes les dispositions favorables à protection de la biodiversité.
B.3.4. Les paysages
L’urbanisation des zones prévues va, localement modifier le paysage, ne serait-ce que par l’ajout
de nouvelles constructions. Néanmoins, elle va s’insérer dans un tissu urbain déjà existant et dont l’une
des caractéristiques est d’être récent (les lotissements voisins ainsi que la zone artisanale n’ont pas plus
de 30 ans d’existence). Dès lors, tel que défini, le règlement fait un certain nombre de recommandations
(urbanistiques, architecturales et naturelles) qui visent à intégrer le mieux possible les futures
urbanisations dans cet ensemble de création relativement récente. Notamment, une grande place est
donnée aux espaces de respiration et à la végétalisation, tous deux devant créer un lien utile, d’une part
avec l’environnement direct, d’autre part avec le reste de l’espace communal, sachant que, dans le
voisinage le plus proche des trois secteurs situés en zone AU, la zone A (agricole) est largement
dominante.
Dans ce contexte, le règlement insiste sur l’intégration des futures constructions dans leur
environnement direct. Notamment, il cible les implantations par rapport au voisinage, détermine emprise
au sol, hauteurs et volumes et recommande de réaliser des plantations sur la base de la végétation locale,
etc. l’ensemble de ces mesures devant d’une part favoriser une meilleure lisibilité du territoire, d’autre
part préserver et, mieux encore, valoriser l’ambiance rurale de la commune.
B.3.5 Le patrimoine culturel et architectural
Il concerne essentiellement l’église Saint-Sulpice dont le portail est classé au titre des Monuments
Historiques.
C’est pourquoi, le règlement rappelle la teneur de l’article R 425-1 du Code de l’Urbanisme qui
stipule que « Lorsque le projet est situé dans un champ de visibilité d’un édifice classé oui s’inscrit au titre
des Monuments Historiques…. Le permis de construire, le permis d’aménager, le permis de démolir ou la
décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l’autorisation prévue à l’article L.621-31 du Code du
Patrimoine dès lors que la décision a fait l’objet de l’accord de l’architecte des Bâtiments de France ».
Cet article rappelle donc que toute intervention sur un bâti proche de l’église devra être soumise
à autorisation et sera regardée de près par l’architecte des Bâtiments de France.
Par ailleurs, le futur lotissement des Coutures se situe à moins de 500 de l’édifice protégé. Là
encore, des mesures particulières seront certainement à prendre.
Enfin, près d’un site ou de vestiges archéologiques, le Service Régional de l’Archéologie devra être
consulté dès lors que les futures constructions peuvent compromettre la conservation ou la valorisation
d’un site archéologique remarquable. Par exemple, il existe une Maison forte datée du Bas Moyen-Age227 12 février 2024
dans le bourg. Mais, de manière générale, sont surtout concernés les abords des vieux hameaux et fermes
isolées, souvent très anciens (Morclaise, Rançay, la Boutadière (voir liste supra).
B.3.6. L’agriculture et la consommation foncière
Tel qu’il est présenté, le projet du Plu vise à réduire, ou du moins à ne pas augmenter, la
consommation foncière pour les années à venir. Du moins, a-t-il supprimé près de 18 ha prévus à
l’urbanisation dans le précédent PLU et cette surface est plutôt importante. Ce faisant, il cherche à
répondre aux besoins réels de la commune et de sa population sans pour autant miser sur un étalement
urbain.
Sur le territoire communal (4443 ha), les surfaces agricoles (zone A) et naturelles (zone N)
représentent au total 97,36% de la surface communale (55,34% pour la zone A et 42,02% pour la zone N).
Très clairement, et conformément à son PADD qui présente des objectifs de modération de
consommation de l’espace : Pour répondre aux objectifs de production de logements fixés par la
commune, le PLU doit prévoir les surfaces constructibles suffisantes en zones U ou AU (lotissement Les
Coutures, existence de « dents creuses ») d’ici 2030. Pour autant, la commune ne souhaite pas construire
au-delà de ses limites urbaines actuellement définies (zones U et AU)… ». Et, « Dans un souci d’utiliser
l’espace de manière optimale d’un côté, de préserver à la fois les espaces de respiration (vallée de l'Indre,
bois, plaine cultivée, prairies dans la partie Brenne…) et les grandes continuités paysagères (bois et forêts
du sud) de l’autre, le règlement du PLU cherche à promouvoir des formes urbaines plus compactes,
notamment dans l’espace urbain central proprement dit. », le PLU entend préserver ces espaces en
contenant l’urbanisation à venir dans une enveloppe pré-déterminée (« dents creuses », comme le
lotissement des Coutures, franges minimes de la zone artisanale…, notamment).
A l’inverse, le PLU met en place deux zones non constructibles, la zone A (zone agricole) et la zone
N (zone naturelle) dans lesquelles il sera impossible de construire. Une seule petite réserve concerne les
exploitations agricoles qui, pour des raisons professionnelles, gardent la possibilité d’envisager des
extensions et/ou aménagements de bâtiments.
B.3.7 Les autres thèmes en lien avec la santé humaine
Il est difficile de savoir précisément comment, tel qu’il est présenté, le PLU pourra influencer sur
la santé humaine. Ce thème recouvre des domaines très précis qui touchent tant à l’eau potable qu’à la
qualité de l’air, au bruit et à diverses nuisances. Pour autant, dans les années à venir, le développement
urbain va rester minime et il est donc probable qu’il n’aura pas un fort impact sur ces différents sujets. De
même, l’extension de la zone artisanale va rester mineure.
L’eau potable
Sa consommation va augmenter et cette hausse se répercutera sur la ressource souterraine
(puisqu’elle est prélevée dans la nappe sous-jacente du jurassique). Cependant, cette hausse probable est
à relativiser par rapport à celle des communes voisines qui, elles aussi, sont confrontées au même
problème et, surtout, à la réponse qu’apportera la SAUR, gestionnaire de l’eau potable (et de sa qualité)
dans le périmètre mais qui a, d’ores et déjà, prévu de renforcer le réseau. Par ailleurs, le recentrage de228 12 février 2024
l’urbanisation à venir (dans le lotissement des Coutures) au sein d’un secteur déjà urbanisé évitera de
créer de nouveaux réseaux et, partant, limitera les pertes éventuelles.
Au plan qualitatif, rappelons que le captage de la SAUR, pour partie situé sur la commune de
Niherne, est largement protégé et bénéficie d’un vaste périmètre de protection.
Les eaux usées
Il est clair que l’augmentation, même faible, du nombre de logements aura une incidence sur ce
sujet. Pour autant, le règlement du PLU prévoit que « toute construction ou installation sera
obligatoirement raccordée au réseau collectif s’il existe… A défaut, le propriétaire de l’immeuble devra
réaliser un dispositif d’assainissement conformément au schéma directeur d’assainissement et après avis
des services compétents… Il peut aussi être demandé à un particulier de réaliser une étude particulière… »
S’agissant du lotissement des Coutures, le raccordement est déjà prévu. Quant à la zone
Uy, destinée à la zone artisanale, elle l’est également. Reste la petite enclave, près de la Greleterie,
destinée à l’urbanisation mais qui, tout au plus, concernera un ou deux logements.
Les eaux pluviales
Leur débit va certainement augmenter, ne serait-ce que parce que l’imperméabilisation des
surfaces aura été augmentée. Lequel débit, tôt ou tard, se répercutera sur les zones réceptrices, à savoir
la vallée de l’Indre, située en contrebas. Les nouveaux logements devraient pouvoir bénéficier du réseau
collecteur et, si tel n’était pas le cas, le règlement prévoit que des aménagements adéquats seront à
réaliser selon des dispositifs adaptés au terrain.
Concernant les futurs sites à urbaniser, et notamment le lotissement des Coutures, un pré-
verdissement a déjà été réalisé, lequel va jouer un rôle sur l’absorption des eaux pluviales. Par ailleurs,
chaque nouveau lot disposera certainement d’une zone herbacée (jardin d’agrément ou potager), autant
de verdure qui viendra s’ajouter au dispositif déjà existant. Néanmoins, les aires de stationnement
resteront restreintes.
La qualité de l’air
Il est clair que l’augmentation de l’urbanisation, voulue par celle de la population, aura pour
corollaire celle de la pollution liée au trafic routier et au chauffage des nouveaux bâtiments. Néanmoins,
la volonté de la municipalité de privilégier les circulations douces, devrait la tempérer tandis que,
changement climatique oblige, de nouvelles manières de se chauffer se mettent peu à peu en place
(utilisation de l’énergie photovoltaïque, de pompes à chaleur, etc.), lesquelles tendent à réduire les
émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, classée en zone naturelle, la vallée de l’Indre toute proche,
permet de stocker du carbone (par la présence de végétaux divers, herbes et arbres).
Le bruit
Il est clair que l’augmentation du trafic sur les voies internes, risque de l’augmenter. Cependant,
rappelons que l’urbanisation va ici rester relativement confidentielle, puisque concentrée sur un seul
secteur, qu’elle s’inscrit dans un environnement sonore déjà préexistant (du fait des secteurs voisins déjà
urbanisés) et que la commune a prévu de favoriser les circulations douces.229 12 février 2024
Les déchets
Les nouvelles constructions à usage d’habitation (zone AU) ou artisanale (zone Uy), vont
nécessairement les augmenter et la collectivité devra les collecter. Mais, indépendamment du PLU, il sera
obligatoire, dès le début de l’année 2024, de ne pas envoyer ses déchets organiques à la déchetterie.
Cette nouvelle donne qui favorise le tri sélectif ira certainement dans le sens d’une moindre collecte de
déchets.
B.3.8 Le réseau Natura 2000
Une protection de facto
Concernant les deux sites Natura 2000 tout comme les espaces inventoriés et/ou protégés au
regard de leur intérêt écologique (ZNIEFF, notamment), le PADD a affiché sa volonté de les préserver ;
avec eux, les continuités écologiques afférentes (Trame verte et bleue, par exemple). Il s’agit de :
. La ZSC vallée de l’Indre n° FR2400537, concernée par quelques pastilles isolées, intégrées dans la
ZNIEFF type II
. La ZPS Brenne n°FR2410003 qui concerne l’étang des Loges, au sud de la commune.
Les deux sites Natura 2000 concernés sont déjà classés en zone N, Nv (sous-secteur de vallée et
de fonds humides) pour la vallée de l’Indre et Np (sous-secteur de prairies) pour l’étang des Loges. Déjà, la
vallée de l’Indre est protégée par le P.P.R.I. qui, en raison de son inondabilité récurrente, y interdit toute
urbanisation. Le P.P.R.I lui ajoute donc un second niveau de protection. En excluant tout aménagement
pouvant atteindre l’intégrité des deux sites Natura 2000, le PLU a, sur eux, une incidence plutôt favorable
puisqu’il exclut tout aménagement pouvant remettre en cause l’intérêt de leur classement.
Il assure ainsi, de facto, la préservation des habitats d’espèces concernés.
De petits aménagements possibles
Seuls, sous réserve qu’ils disposent d’une desserte suffisante en réseaux et qu’ils ne portent pas
atteinte à l’environnement, aux sites et aux paysages, sous réserve, également, qu’elles obéissent à
certaines règles très strictes, sont admises quelques petites zones d’implantation d’annexes aux
habitations déjà existantes (trame violette, sur la carte). Ces dernières concernent deux lieux proches de
la zone Natura 2000 mais ne sont pas inscrits dans le périmètre strict :
. Dans la vallée de l’Indre, en rive droite, la ferme située sur la petite route reliant, la Goguetterie à Rançay,
. Près de l’étang des Loges, la ferme du même nom (sur la berge de la RD 125). Dès lors, la réglementation liée au zonage N - qui n’est pas strictement définie par rapport à
Natura 2000 - présente suffisamment de restrictions au regard de l’occupation du sol pour lui assurer,
même indirectement, une bonne protection de ces deux sites.
A priori, aucun impact négatif direct du PLU sur ces deux sites n’est donc à envisager.
Malgré tout, existera le risque de destruction, ou du moins d’atteinte, des habitats Natura 2000
mais ce risque sera indépendant du PLU.230 12 février 2024
Sur les sites mêmes, le rôle protecteur du principe Natura 2000
Pour autant, ces sites restent exploités (peupleraies, élevage dans la vallée de l’Indre, pisciculture
sur l’étang des Loges) et subissent des interventions humaines. Par ailleurs, concernant la vallée de
l’Indre, les zones affichées en Natura 2000 font, pour une bonne gestion naturelle, l’objet de conventions
PAEC avec quelques agriculteurs, et ce qui leur assure une protection supplémentaire.
Un impact possible des nouvelles zones imperméabilisées
Eventuellement, ces zones Natura 2000 pourraient subir des conséquences, quoique indirectes,
de la nouvelle urbanisation (lotissement des Coutures), laquelle va générer de nouvelles surfaces
imperméabilisées (alors qu’auparavant, ces surfaces étaient agricoles). Notamment les écoulements
d’eaux pluviales peuvent s’en trouver accrus, notamment en période de pluies violentes, voire être
dégradés (par la présence d’hydrocarbures, par exemple). Dans ce cas, les habitats de la vallée de l’Indre,
situés à l’aval du bourg de Niherne, pourraient éventuellement être touchés. Rappelons, toutefois, que le
règlement afférent à ces zones AU précise bien que la gestion des eaux pluviales et des eaux usées doit
être de qualité et donc, ne pas engendrer de perturbation. D’une certaine manière, tel qu’il est rédigé, ce
règlement garantit la protection des milieux fragiles situés dans la vallée de l’Indre. Par ailleurs, les zones
à urbaniser, et notamment le lotissement des Coutures, se situent dans des « dents creuses »,
environnées de zones déjà bâties et fréquentées.
Pour conclure, il semble évident que l’impact du PLU sur le réseau Natura 2000 de la commune
de Niherne sera minime, si ce n’est nul, sauf en cas de fortes pluies. Mais de manière générale, il
n’affectera pas les sites majeurs pour la biodiversité, qui se montrent à la fois sites de repos,
d’alimentation et de reproduction des espèces reconnues comme étant d’intérêt communautaire.
Qu’il s’agisse des zones U ou des zones AU, ces dernières très largement revues à la baisse par
rapport au précédent PLU, le nouveau règlement ayant trait à la zone N protège de facto l’ensemble des
zones Natura 2000, toutes inscrites dans cette même zone N. On peut donc penser que espèces et
habitats ne seront pas menacés par le PLU.