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Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Sélestat.
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Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Aménagement du territoire,
es
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PL
LLALA
LE
focus
la tour neuve
sélestat
sélestat
à la loupe280)
HIE SÉLECTIVE
sommaire
3 la tour neuve des origines à nos jours
La seconde enceinte
Les prémices d’une construction
Les grands travaux
Incendie et restauration
Inscription au titre des Monuments Historiques
7 la tour dite « de l’horloge »
L’horloge à deux cadrans
L’horloge de Jean-Baptiste Schwilgué
L’horloge Ungerer
L’horloge radioguidée
8 descriptif architectural de l’édifice
9 une iconographie remarquable
Les fresques extérieures
Les fresques intérieures
15 et si on entrait ?
16 glossaire et bibliographie sélective
Les mots suivis d’un astérisque* dans la brochure
sont expliqués dans le glossaire
en couverture
La Tour Neuve
© C. Dumoulin / Adac
maquette
Patrick Keller
d’après des signes
studio Muchir Desclouds 2018
impression
L’Ormont Imprimeur
la tour neuve
des origines
à nos jours
En 1217, la ville connaît un nouvel essor lorsque
Frédéric II de Hohenstaufen (1212-1250), futur
empereur du Saint Empire romain germanique,
élève Sélestat au rang de ville impériale. Ainsi, la
ville n’est plus sous la tutelle des princes évêques
mais sous la protection impériale, élargissant
ainsi le pouvoir de la bourgeoisie locale.
Parallèlement à ce nouveau statut, Sélestat
s’entoure, entre 1216 et 1230, d’un premier mur
d’enceinte. Dès la deuxième moitié du 13e siècle,
la population augmente considérablement. La
ville double en superficie grâce à l’implantation
de nombreuses communautés religieuses telles
que les Dominicains* dès 1258, la Commanderie
Saint-Jean de Jérusalem* en 1264 ou encore les
Franciscains* en 1280.
la seconde enceinte
Cette nouvelle démographie permet à la ville de
s’étendre, créant un second faubourg sur la rive
droite du Muhlbach où le commerce se déve-
loppe fortement. Ce négoce florissant et décisif
dans l’échiquier politique encourage la création
d’une deuxième enceinte capable d’englober les
couvents des ordres mineurs fraîchement instal-
lés, mais aussi ce faubourg récent à celui déjà
existant. En 1280, l’édification de cette seconde
enceinte et la création du Neja Waj (Chemin Neuf
en alsacien) vers 1300, actuelle rue du Président
Poincaré, assure à cette ville en expansion de
nouveaux débouchés commerciaux.
les prémices d’une construction
La Tour Neuve ou Tour de l’Horloge est édifiée à
partir de 1280.
Il s’agit d’une porte d’accès à la ville mais aussi
d’une tour de défense pour l’arsenal* Saint-
Hilaire, posté à proximité, et dans lequel les
munitions sont entreposées.
Les tours érigées au cours de cette période
historique sont plus généralement rondes
ou polygonales. Or, bien que possédant une
fonction défensive, cette porte dispose d’une
architecture singulière de forme carrée qui
s’explique par sa position caractéristique. La Tour
Neuve est en effet située sur la partie droite du
mur d’enceinte, elle ne peut donc être assiégée
que d’un seul côté.
à l’origine, cette tour est plus basse que celle
que nous observons aujourd’hui et se compose
d’une terrasse crénelée, à l’image des tours des
châteaux forts, flanquée*, à chacun de ses quatre
angles, d’échauguettes* hexagonales également
terrassées et crénelées. Munie de herses* et de
vantaux*, cette nouvelle porte se caractérise
également par l’emploi d’un pont-levis* placé sur
un ouvrage avancé à ciel ouvert : la barbacane*.
Elle permet au pont-levis de ne pas être fixé à
la tour de la porte, expliquant l’absence de
rainures sur le bâti, indispensables aux leviers
du pont-levis. Ce vestibule constitue à lui seul
une première défense.
Une porte percée dans la tour à hauteur du
chemin de ronde* assure, quant à elle, la
communication entre les défenseurs de l’avancée
et ceux de l’enceinte et facilite la circulation des
hommes entre les deux postes de défense. Cet
accès, visible sur la façade sud de l’édifice, se
distingue au-dessus de la fresque* représentant
la Crucifixion du Christ (1436).
la tour dans sa forme
primitive Nuwethor (1280)
D’après S. Munster
3Schlettstadt
Neuer Turm — Fausse porte
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#3 NET ER TE ATATREN
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construit
Plus au-dessus, sous l’horloge, deux corbeaux*
en pierre soutenaient autrefois une bretèche*,
composée d’un hourdage* de bois et surplom-
bant l’avant-poste pour en faciliter la défense.
La Tour Neuve conserve cet aspect primitif
jusqu’au début du 17 e siècle où de nombreux
changements d’importance sont opérés.
les grands travaux
Dès le début du 17 e siècle, la Tour Neuve voit
son architecture modifiée en profondeur et
correspond davantage à l’aspect que nous lui
connaissons aujourd’hui.
Une toUr plUs élevée
En 1614, un deuxième corps de maçonnerie
est édifié, légèrement en retrait, contre lequel
s’appuient les échauguettes. Ce dernier est
percé de huit embrasures, deux de chaque
côté, destinées à recevoir des canons légers. La
barbacane* contenant le pont-levis* est quant à
elle détruite.
Les échauguettes, ainsi que le carré central, sont
munis d’une toiture pointue. Une cloche, placée
dans un petit campanile*, complète l’ensemble
et sert à sonner l’alarme en cas de danger. La
Tour Neuve était en effet gardée le jour par un
portier qui veillait sur l’édifice et percevait les
droits d’entrée des marchandises pénétrant
dans la ville. Il était assisté par deux guetteurs
(l’un qui exerçait le jour et le second la nuit) qui
surveillaient les abords extérieurs de la cité.
Ces premiers travaux profitent à la fresque* de la
Crucifixion qui est restaurée par l’artiste Melchior
Bittel (†1651) la même année.
Un toit galbé caractéristiqUe
Après le siège mené par les Suédois en 1632, la
tour, endommagée, est restaurée en 1648 et une
nouvelle toiture, incendiée lors de cette bataille,
est réalisée en 1657. Cette dernière, en forme
de bulbe d’oignon, est l’œuvre des architectes
milanais Antoine Malter et Antoine Merlin, qui ont
exécuté, trois ans plus tôt, le clocher de la tour
de croisée de l’église Saint-Georges. La réfection
de ce toit, échauguettes comprises, semble avoir
coûté la somme de trois livres, sept schillings et
huit deniers à la ville.
Une toUr à horloges
L’édifice prend le nom de « Tour de l’Horloge »,
lors de l’installation, en 1663, d’une grande
horloge à deux cadrans, dont l’un est situé sur la
façade nord, l’autre sur la façade sud.
Depuis, d’autres mécanismes se sont succédés
jusqu’à la mise en place d’un système radiopiloté
destiné à sonner les heures et les demi-heures.
1. corbeaux situés
sous l’horloge
2. porte présente au-dessus
de la fresque assurant
autrefois la communication
entre les différents
défenseurs de la tour.
© Archives municipales
de Sélestat
1 2
le saviez-vous ?
Cette tour possède diverses appellations :
tour neuve (ou Nuwethor) puisqu’elle s’ouvre sur
le Chemin Neuf (Neja Waj en alsacien) construit
au Moyen Âge, aux alentours de 1300.
tour de l’horloge après l’installation de l’hor-
loge à deux cadrans en 1663.
tour des chevaliers, dénomination plus
contemporaine, cette porte s’ouvrant sur la rue
commerçante de la ville, la rue des Chevaliers.
plan de sélestat par mérian (1642)
© Collection Bibliothèque nationale
de Strasbourg
plan de schlestadt
sous les empereurs (1600)
© Archives municipales de Sélestat
51642)
44
m2)
snuit
Johann Baptist Schwilgué,
incendie et restauration
En 1837, la Ville entreprend des travaux de
restauration de la tour et de sa couverture. Or,
dans la nuit du 7 au 8 décembre 1891, un ter-
rible incendie se déclare, brûlant et détruisant
les parties hautes de la tour ainsi que quelques
maisons adjacentes.
En 1892, la charpente et la couverture sont à
nouveau refaites à l’identique de celles du 17 e
siècle mais l’horloge réalisée par Jean-Baptiste
Schwilgué en 1839 est perdue.
En 1880, les peintures intérieures, présentes au
premier étage de la tour, ainsi que la Crucifixion
sont restaurées par François Daneken.
En 1952, la fresque figurant la Crucifixion du
Christ est restaurée par l’artiste local Arthur Graff
(1906-1971). La dernière restauration date de
2006 et est réalisée par Martine Missemer.
Le 20 e siècle est également propice aux divers
travaux de restauration de la tour. La charpente
et les ardoises qui composent le toit sont réno-
vées en 1955, tandis qu’en 1958, la balustrade est
remplacée et l’enduit refait.
Les derniers travaux de ferronnerie se terminent
en 1961. En 1990, la Ville effectue un état des
lieux de l’édifice afin d’entreprendre un grand
chantier de restauration.
Enfin en 1999, après le passage d’une importante
tempête, quelques travaux de couverture sont
opérés sur la tour.
inscription au titre
des monuments historiques
Le 18 juin 1929, la Tour Neuve est inscrite au titre
des Monuments Historiques.
jean-baptiste schWilgué (1776-1856), mécanicien-horloger
Natif de Strasbourg, il est connu en Alsace pour avoir réalisé la troisième horloge
astronomique de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg construite entre
1838 et 1843. En 1785, il s’installe à Sélestat avec son père et ne quittera cette
ville qu’en 1827. Passionné par les mathématiques et la mécanique, il entre en
apprentissage chez l’horloger André Saur et lui succède en tant qu’horloger
public. Vérificateur des poids et mesures à Sélestat, il devient également
professeur de mathématiques. Grand horloger de son temps, il a à son actif
environ cinq cents horloges d’édifices, dont celle de l’église Saint-Georges
de Sélestat. Ce mécanisme est aujourd’hui visible au service des Archives
municipales de Sélestat.
La dénomination dite « de l’Horloge » apparaît
dès le 17 e siècle en raison de l’installation d’un
mécanisme horloger au sein de l’édifice.
l ’horloge à deux cadrans
En 1663, après la réhabilitation des fortifica-
tions* intérieures de la ville, le Magistrat* décide
d’installer une grande horloge à deux cadrans à
l’emplacement de l’ancienne bretèche*. Pesant
quarante trois livres au total, la Ville l’achète à
l’horloger strasbourgeois Adolphe Bechtolde
pour le prix de vingt et un livres. L’artiste séles-
tadien Gaspard Bittel est chargé de peindre son
cadran. Aujourd’hui, ce mécanisme n’existe plus.
l ’horloge de jean-baptiste
schWilgué
Constatant que l’ancienne horloge était en mau-
vais état, si bien qu’il était devenu impossible
de s’y fier pour une mesure exacte du temps,
Jean-Baptiste Schwilgué (1776-1856) construit
un mécanisme d’horlogerie plus moderne, ins-
tallé en 1839 à la Tour Neuve. Le grand incendie
qui ravage le sommet de la tour en 1891 détruit
aussi cette pièce.
l ’horloge ungerer
En 1892, l’ancien mécanisme de Jean-Baptiste
Schwilgué est remplacé par une troisième hor-
loge réalisée par la société Ets Ungerer Frères
de Strasbourg. Formés par Schwilgué lui-même,
Albert Ungerer devient son collaborateur, puis
son successeur en 1858 avec son frère Théodore.
C’est donc sans surprise que la Ville fait appel à
cette société pour créer la nouvelle horloge.
l ’horloge radioguidée
Après quelques années d’utilisation, le méca-
nisme des frères Ungerer est déréglé. Il est donc
substitué par un système radiopiloté des Ets
Bodets de Vendenheim, toujours visible au troi-
sième étage de la tour.
la tour dite
« de l’horloge »
la tour neuve et son toit en forme
de bulbe d’oignon depuis la rue de la
porte de brisach (20e s)
© Archives municipales de Sélestat
la tour neuve de nuit
© Ville de Sélestat
le saviez-vous ?
Plusieurs édifices ont servi de prison à Sélestat au cours de son
histoire. Les étages de la Tour des Sorcières, l’ancien Hôpital
Bourgeois et la bâtisse située à l’ouest du Tribunal d’Instance
ont couramment abrité des détenus. Plus exceptionnellement,
la Tour Neuve s’est vue attribuer cet usage en juin 1790.
l’évolution de la tour neuve
de gauche à droite :
- tour neuve dans sa forme
primitive Nuwethor (1280)
D’après S. Munster
- d’après le plan de 1632
- d’après le plan de mérian (1642)
- depuis 1654
© DR
© DR 6 7 7 6Neja Waj
D’une hauteur de 35 mètres, la Tour Neuve fait
partie des constructions les plus emblématiques
de Sélestat. Son architecture, dont de profondes
modifications interviennent à la fin du 17 e
siècle, révèle les diverses préoccupations de la
population sélestadienne à travers les siècles.
Bâti en moellons* de grès et briques, cet édifice
possède un toit couvert d’ardoise. Au rez-
de-chaussée de la façade sud et nord, deux
contreforts* placés de part et d’autre de la porte
en arc brisé* épaulent le passage voûté. Sur la
partie haute, un balcon en encorbellement*
met en exergue l’existence passée d’un ancien
chemin de ronde*. Cette galerie de circulation
à ciel ouvert permet de découvrir un des plus
beaux points de vue sur Sélestat.
Huit canonnières*, deux de chaque côté de la
tour, fermées autrefois par des volets en bois,
permettaient le tir de canons légers. Quatre
tourelles hexagonales en encorbellement,
couvertes d’un bulbe en ardoises, ainsi que la
présence de meurtrières*, sur la façade est et
ouest du bâtiment, complètent cette architecture
défensive. à son sommet, la tour est pourvue
d’un petit clocheton hexagonal, muni d’une
cloche et agrémenté de huit ouvertures fermées
par des abat-sons. Plus spécifiquement, la façade
nord présente quatre ouvertures rectangulaires
à encadrement en grès, tandis qu’une porte,
s’ouvrant aujourd’hui dans le vide sur la face sud,
permettait autrefois l’accès direct à l’avancée (la
barbacane).
Depuis la rue de la Porte de Brisach, la Tour Neuve
présente une tourelle d’escalier hors-œuvre,
typique de l’époque gothique. Elle témoigne de
l’existence d’un escalier en colimaçon qui dessert
les différents étages. Un second escalier marque
enfin l’architecture de cette façade est. Desservi
par une porte à encadrement en grès, il permet
d’accéder à la galerie ajourée en pierre de grès.
descriptif
architectural
de l’édifice
la façade sud de la tour
© Archives municipales de Sélestat
vue sur le toit en forme
de bulbe d’oignon
© Ville de Sélestat
balcon à encorbellement en grès
© Ville de Sélestat
canonnière et échaugette
© Ville de Sélestat
la tour dans son environnement urbain avec à droite, le Neja Waj
© Christophe Meyer
8 91436),
ographie
Amis de La
Dès le 15 e siècle, et plus précisément en 1436,
la Tour Neuve est ornée de fresques, tant à
l’extérieur qu’à l’intérieur, pour lesquelles la ville
a payé à l’époque 18 schillings à l’artiste.
les fresques extérieures
La façade sud donnant sur l’actuelle rue
du Président Poincaré, est ornée d’une
représentation de la Crucifixion.
Au centre, le Christ crucifié en est le personnage
principal. Au-dessus de sa tête, l’acronyme INRI
est peint. Il s’agit des initiales des mots latins :
Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum qui signifie
Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Il est entouré à
sa gauche par la Vierge Marie et à sa droite par
saint Jean.
Deux personnages complètent la scène. à droite
de l’œuvre, saint Christophe est représenté
portant l’enfant Jésus sur ses épaules. à l’extrême
gauche, sainte Foy lève la main en signe de
profession de foi. Cette dernière est identifiable
par la présence de l’un de ses instruments de
martyre, le lit d’airain, sur lequel on la coucha
pour la brûler avant qu’une pluie éteigne les
flammes et qu’on la décapite.
Cette fresque est restaurée en 1952 par l’artiste
Arthur Graff (1906-1971), puis en 2006 par
Martine Missemer.
En dessous de cette peinture, trois inscriptions
latines datant du 17 e siècle sont visibles et sont
le témoin des différentes transformations de la
fresque.
à droite, nous pouvons traduire :
Étant donné que le Christ a été crucifié par les
pères, je me plais à prescrire aux petits-enfants
venus trop tard, le culte et l’étude de la religion
romaine (catholique).
César, j’honore ces doux liens donnés par Dieu,
Comme une fille honore son père et une religieuse
amie respecte l’homme.
Au centre :
Depuis l’accouchement de la Sainte Vierge, en
l’année 1614, sous le règne de l’empereur Matthias
César Auguste, catholique et porteur de paix.
Pieusement, [il a posé de ses propres deniers]
à gauche :
J’obéis à la République de Sélestat, à la paix d’une
mémoire sans tâches, d’une vertu non corrompue
et des lois équitables et sages par leur simplicité.
Ces murs, ces tours, ces remparts fortifient mes
citoyens, oh toi, Christ !
une iconographie
remarquable
le saviez-vous ?
La fresque actuelle de la Crucifixion ne possède plus son caractère primitif, mais tient davantage de
la peinture des années 1950 et de ses spécificités. Les conditions de conservation et de restauration
d’œuvres d’art n’étant pas les mêmes que celles définies aujourd’hui par le ministère de la Culture,
la transformation de 1952 a été opérée sans prendre en compte les aspects originels de cette scène
religieuse.
vue sur la fresque et la tour. lithographie
d’arthur graff pour l’annuaire des amis de la
blbliothèque humaniste de 1967
© Archives Municipales de Sélestat
trois plaques avec des inscriptions latines
sont situées sous la fresque.
voir explications ci-contre.
© Ville de Sélestat
la Crucifixion du Christ (1436),
visible depuis la rue du pdt poincaré
© Ville de Sélestat
10 11 10Sous la tour, deux fresques plus contemporaines
rappellent la vie au Moyen Âge. L’une d’elle
représente une scène intérieure sous un
plafond voûté et un sol à carreaux de céramique
ou de pierres. Différentes corporations y
sont représentées : cordonniers, boulangers,
bouchers, tuiliers, chirurgiens, tailleurs et
tanneurs. Une grande banderole possédant, en
son centre l’aigle, symbolise l’identité de la ville
impériale de Sélestat.
Face à cette peinture murale, une seconde
représentation évoque les travaux des champs,
les vendanges et la pêche, elle-même symbolisée
par une rame et un filet tenus par les deux
personnages chaussés de cuissardes à droite
de la fresque. Deux protagonistes sont donc
ici représentés : les chasseurs et les paysans
qui reprochent aux premiers de piétiner leurs
champs et de détruire une partie de leur récolte.
Un des personnages attire plus particulièrement
notre attention. Il s’agit de l’homme portant des
seaux remplis de grappes de raisin. Ce détail
nous indique que la vigne est une activité
agricole importante à cette époque, reconnue
en Alsace et à Sélestat, si bien que sur quatorze
corporations deux sont exclusivement dédiées
aux vignerons. Le vin alsacien était en effet
exporté jusqu’en Méditerranée et possédait une
excellente réputation.
Enfin, deux anges (deux Putti) font flotter une
banderole sur laquelle est inscrit le nom de la
ville « Schletβstat » ainsi que quelques emblèmes
de corporations.
Le plafond se caractérise par une voûte* d’arêtes
décorée en symétrie par un lion et une aigle
impériale. En effet, tout comme le lion, emblème
actuel de la ville de Sélestat, l’aigle impériale fut
également présente sur les armoiries de la ville
lorsqu’elle était sous la tutelle du Saint Empire
romain germanique.
Le lion représente l’emblème officiel de la famille
des Hohenstaufen qui, au 11 e siècle, possédait
de vastes terres à Sélestat, offertes en 1094 aux
Bénédictins de Conques en Rouergue pour y
bâtir leur prieuré. En 1217, lorsque Sélestat est
élevée au rang de ville impériale, elle conserve
le même emblème que celui des Hohenstaufen,
devenus empereurs d’Allemagne. Pourtant, dès
le 16 e siècle, le lion est supplanté par l’aigle,
emblème des empereurs de la Maison d’Autriche,
et n’est plus employé que pour sceller les actes
des particuliers. Ce n’est qu’au 17 e siècle que
Sélestat, alors occupée par les Français, revient
aux anciennes armoiries figurant un lion.
une tête, deux têtes, un peu d’héraldique !
En héraldique*, l’aigle est féminin, sans doute un héritage du latin, aquila,
ae (aigle) étant un nom du même genre. Cette figure courante sur les
blasons et les armoiries est représentée le corps généralement de face
et la tête de profil. Les ailes et les membres écartés sont parfaitement
symétriques. L’aigle bicéphale* noire sur fond d’or est le symbole du
Saint Empire romain germanique, tandis que l’aigle couronnée à une
tête est celui de Sélestat, ville impériale.
le saviez-vous ? Une sculpture mystérieuse
En 1998, le passage sous la Tour Neuve est paré d’une dalle en grès
représentant le chevalier de Sainte-Foy . Ce bas-relief*, œuvre du tailleur
de pierre Olivier Badermann, est un clin d’œil au chevalier gravé dans le
narthex* de l’église Sainte-Foy de Sélestat.
scène intérieure représentant
des corporations de sélestat,
visible sous le porche de la tour.
© Ville de Sélestat
scène représentant deux
protagonistes de sélestat,
visible sous le porche de la tour.
© Ville de Sélestat
sous le passage de la tour,
fresque symbolisant les
deux emblèmes de la ville
© Ville de Sélestat
© Ville de Sélestat
aigle bicéphale figurant
à l’intérieur de la tour
© Ville de Sélestat
12 13 12fluo
‘alier
le J.B
les fresques intérieures
Situées au premier étage de la Tour Neuve, dans
une salle voûtée d’arêtes, deux fresques sont
visibles et datées du 15e siècle.
Sur l’un des murs, au-dessus d’un encadrement
de fenêtre, une scène de l’Annonciation se
dévoile. La vierge Marie et l’archange Gabriel y
sont représentés ainsi qu’un phylactère portant
une inscription latine :
AVE MARIA PLENA DOMINUS TECUM BENEDICTA
« Je vous salue Marie pleine de Dieu, vous êtes
bénie entre toutes. »
à en croire cette fresque, ainsi que le mobilier
sommaire encore présent, cette salle devait
autrefois servir de chapelle. Un autel prenait
vraisemblablement place sous cette scène de
l’Annonciation.
En levant la tête, on découvre au plafond une
représentation symétrique de l’aigle couronnée,
emblème de la ville de Sélestat et témoin de son
appartenance à la Décapole, ainsi qu’une aigle
bicéphale, symbole du Saint Empire romain
germanique.
à chaqUe édifice ses mystères !
Une des fresques de la chapelle représente deux aigles, emblèmes de Sélestat et
du Saint Empire romain germanique. Au centre, elle est marquée par la présence
d’un étrange individu. Chevelu ? Barbu ? Grimaçant ? De qui s’agit-il ? Quelle est
la nature de cette représentation ?
Une hallebarde, munie d’un drapeau orné d’un aigle surmontée d’une banderole,
figure également au sein de cette pièce. Sur cet étendard, le nom de la ville est
écrit en lettres d’or. De quand date-t-il ? Quel était son usage ?
L’accès à la tour s’opère par la tourelle d’escalier,
construite hors-œuvre. Une fois la porte en bois
franchie, un escalier en colimaçon dessert les
trois étages supérieurs.
Une seconde porte en chêne, munie d’un loquet
ancien et de pentures en fer, permet d’accéder à
la première salle, dite de la chapelle.
Outre les fresques murales et la présence d’un
mobilier sommaire, cette chapelle possède une
alcôve avec banc et fenêtre.
Au deuxième étage sont visibles l’armoire
contenant l’ancien mécanisme de l’horloge
de Jean-Baptiste Schwilgué, détruit lors de
l’incendie de 1891, ainsi que trois poids issus de
ce même mécanisme. Le troisième étage dévoile
le sommet de l’armoire contenant le mécanisme
horloger ainsi que les poulies maintenant les
cordes de la cloche. L’actuel système radiopiloté
de l’horloge est également conservé à cet étage.
Aujourd’hui, la Tour Neuve sonne toujours les
demi-heures et les heures.
Enfin, une passerelle métallique en mezzanine,
datant vraisemblablement du 19e siècle, permet
d’atteindre une porte donnant sur la galerie
ouverte de la façade est.
et si on
entrait ?
plafond voûté représentant une aigle
couronnée et une aigle bicéphale*.
©Ville de Sélestat
1. porte d’entrée de la tour neuve par la tourelle d’escalier
2. alcôve présente dans la salle de la chapellle
3. armoire renfermant le mécanisme de l’horloge de J.b
schwilgué et un des 3 poids.
4. sommet de l’armoire et poulies
© Ville de Sélestat
1 2
1. hallebarde munie d’un drapeau orné
d’un aigle surmonté d’une banderole
2. annonciation de la vierge
par l’archange gabriel
© Ville de Sélestat
3 4
ouverture lors d’une
Journée du patrimoine
© Ville de Sélestat 1 2
le saviez-voUs ?
Un peu d’effort…
Pour accéder à l’un des plus beaux panoramas de la ville, il faut tout de même gravir 111 marches.
Mais qu’est-ce qu’un petit effort face à la beauté du paysage sélestadien ?
© Ville de Sélestat 14 15arc brisé Construction en maçonnerie constituée
de voussoirs, pierres taillées en forme de coin,
disposés suivant une courbe formée d’une ou
plusieurs portions de cercle. L’arc brisé est tracé
à partir de deux portions de cercle opposées qui
se rejoignent.
arsenal Atelier de fabrication, de réparation
ou simple dépôt pour les armes et les munitions.
barbacane Ouvrage bas construit en avant
d’une fortification pour en défendre l’accès.
bas-relief Sculpture adhérant à un fond, sur
lequel elle se détache en faible saillie.
bicéphale à deux têtes.
bretèche Petite construction édifiée en
surplomb d’un mur, le plus souvent au-dessus
d’une porte, comportant un sol percé assurant
le flanquement vertical.
campanile Petit clocher placé sur le sommet
d’un toit.
canonnière Meurtrière pour le tir de canon.
chemin de ronde Circulation aménagée au
sommet des courtines et protégée par un mur
ou un crénelage.
commanderie st-jean de jérusalem
Ordre hospitalier et militaire fondé à la fin du 11 e
siècle, dont le rôle est également de participer à
la défense des lieux saints, comme Jérusalem au
temps des croisades.
contrefort Ouvrage adossé à une
construction pour assurer son épaulement ou
la renforcer.
corbeau Pierre, pièce de bois ou de métal
partiellement encastrée dans un mur et
supportant une charge sur sa partie saillante.
dominicain Religieux de l’ordre fondé par
saint Dominique en 1215.
échauguette Petite construction placée
généralement en surplomb d’un bâtiment, sur
une muraille fortifiée, une tour…
encorbellement Construction en saillie
sur un mur, portant en principe sur des corbeaux
ou consoles ou bouts de solive.
flanqué On dit d’un ouvrage qu’il est
flanqué lorsqu’il est entouré d’autres ouvrages
ou lorsque les ouvrages voisins permettent
de le protéger par des tirs de flanquement,
c’est-à-dire des tirs parallèles à la ligne des
fortifications.
fortification Ensemble des ouvrages
destinés à assurer la défense d’une place-forte.
franciscain
Nom donné aux frères mineurs, religieux de
l’ordre fondé par saint François d’Assise en
glossaire
et bibliographie
sélective
1210 et actuellement divisé en 3 branches : les
Franciscains, les Capucins et les frères mineurs
conventuels.
fresque Peinture murale caractérisée par
l’application sur l’enduit frais de pigments de
couleurs détrempées à l’eau.
héraldique Discipline ayant pour objet la
connaissance et l’étude des armoiries.
herse Grille de fermeture placée devant la
porte d’une place-forte.
hourd Sorte de galerie réalisée en bois et
disposée en surplomb, au sommet d’un ouvrage
fortifié, vers l’extérieur. Le hourdage est donc un
ensemble des hourds.
intrados Surface inférieure d’un arc ou d’une
voûte.
magistrat En Alsace, ensemble de bourg-
mestres et échevins, constitués en conseil, qui
dirigent une ville libre et autonome.
meurtrière Ouverture réalisée pour le tir
dans une fortification.
moellon Pierre de petite dimension,
grossièrement cassée et de nature diverse,
utilisée pour la maçonnerie.
narthex
Porche à l’entrée principale d’une église.
pont-levis Pont mobile qui s’abaisse sur un
élément fixe pour donner accès à la porte d’un
ouvrage et se relève pour en interdire l’accès.
vantail Panneau pivotant autour d’un axe
vertical et fermant une baie.
voûte Ouvrage maçonné comprenant un
intrados*, reposant sur des appuis et couvrant
un espace. L’espace ainsi couvert est dit voûté.
bibliographie sélective
DORLAN (Alexandre), Histoire architecturale et
anecdotique de Sélestat, Tomes I et II, Le livre
d’histoire, Paris, 2003 (1912).
KUBLER (Maurice), Le grand incendie de la nuit
du 7 au 8 décembre 1891 et la création du Crédit
Mutuel, in ABH, n°41, 1991, pp.147-157.
KUBLER (Maurice), Sélestat en cartes postales
anciennes, B i b l i ot h è q u e E u ro p é e n n e ,
Zaltbommel, 1978, 80 pages.
LAVILLAUREIX (Chantal), Étude préalable de la
Tour Neuve avant restauration sommaire, 1990,
31 pages.
SCHEURER (Marie-Philippe), Dossier d’inventaire
du service de l’Inventaire général du patrimoine
culturel : La Tour Neuve, 1993.
SICHLER (Guy), Sélestat, douze siècles d’histoire,
Sélestat, La Nuée Bleue, Strasbourg, 2000,
pp.29-37.
Sous la direction de VOGLER (Bernard), La
Décapole. Dix villes d’Alsace alliées pour leurs
libertés 1354-1679, Strasbourg, La Nuée Bleue,
2009, 399 pages. 16 17Lun
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crédits photos
Archives municipales de Sélestat
DR
C. Dumoulin / Adac
Christophe Meyer
Nadège Cardot / Patrick Keller
Ville de Sélestat
rédaction des textes
Nadège Cardot
Chargée scientifique
Ville de Sélestat
Vue depuis la Tour Neuve © Ville de Sélestat
18 19Sélestat
Alsace Centrale
ES Sélestat
« ces murs, ces tours, ces
remparts fortifient mes
citoyens. » Extrait d’une inscription latine du 17e siècle située sur la Tour Neuve,
sous la fresque de la Crucifixion du Christ.
Le label « ville ou pays d’art
et d’histoire » est attribué
par le ministre de la Culture
après avis du Conseil
national des Villes et Pays
d’art et d’histoire. Il qualifie
des territoires, communes
ou regroupements de
communes qui, conscients
des enjeux que représente
l’appropriation de leur
architecture et de leur patri-
moine par les habitants,
s’engagent dans une démarche
active de connaissance,
de conservation, de médiation
et de soutien à la création
et à la qualité architecturale
et du cadre de vie.
le service bibliothèque
humaniste - label ville
d’art et d’histoire organise
de nombreuses actions pour
permettre la découverte des
richesses architecturales et
patrimoniales de la Ville
par ses habitants, jeunes et
adultes, et par ses visiteurs
avec le concours de guides-
conférenciers professionnels.
pour tout renseignement :
bibliothèque humaniste
label ville d’art
et d’histoire
Place du Dr Maurice Kubler
67600 Sélestat
03 88 58 07 20
art.histoire@ville-selestat.fr
www.selestat.fr
office de tourisme sélestat
haut-Kœnigsbourg
tourisme
10 Bd du Gal Leclerc
67600 Sélestat
03 88 58 87 20
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