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Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Sélestat.
Lien du pdf (unknown - parcours de visite 2020 light)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Aménagement du territoire,
1
24 étapes pour une découverte
des sites remarquables de la ville
parcours de visite
Dans les pas
du lion et du géant Sletto3
Des pas de géant ? Des pattes de lion ? Cela aurait-il un
quelconque rapport avec l’histoire de la ville ? Vous ne
croyez pas si bien dire.
Les pas sont ceux du géant Sletto dont la légende
raconte qu’il aurait fondé la ville de Sélestat et lui
aurait donné son nom.
Quant à son compagnon à quatre pattes, c’est bien sûr
un clin d’œil au lion qui orne les armoiries de la ville, et
qui nous vient de l’illustre famille des Hohenstaufen, à
l’origine de l’essor de la ville au Moyen Âge.
Bienvenue à Sélestat
et bonne visite !
Une rencontre
entre légende et histoire4 5
Clous
Localisés dans la rue des Chevaliers,
ils vous permettent d’emprunter
un itinéraire plus rapide.
Partez à la découverte du riche patrimoine sélestadien en vous laissant guider par les empreintes de lion et de géant au sol. Le parcours débute à la Commanderie Saint- Jean, place du Vieux Marché aux Vins et se termine à la Bibliothèque Humaniste.
Sur le parcours, vous trouverez trois types de support au sol :
Flèches directionnelles
Sur les trottoirs ou dans les rues,
elles indiquent l’itinéraire à suivre.
Stations
Placées devant chaque édifice ou site
remarquable, elles marquent les étapes
du parcours.
Elles sont numérotées et renvoient
à un commentaire dans cette brochure.
Le parcours totalise 2,8 km. Il faut compter environ 2 heures pour en faire le tour. 1h si vous optez pour le parcours rapide par la rue des Chevaliers.
Entrez dans les pas
du lion et du géant Sletto
Le saviez-vous ?
Retrouvez des anecdotes
historiques insolites sur Sélestat.
Avis aux curieux
Découvrez le patrimoine dans
ses moindres détails.
Spot photo
Au détour d’une rue, d’une place, on
se laisse surprendre par le charme
du patrimoine sélestadien. Les plus
belles vues du centre-ville vous sont
signalées par ce pictogramme.
Pause détente
Fatigué ? Arrêtez-vous quelques
instants pour apprécier pleinement
votre découverte de la ville.
!
Photo : http://bannwarth.balloide-photo.com
Dans cette brochure, retrouvez
différents pictogrammes expliqués ici :
Aventure audio guidée
Les pérégrinations de Sletto
À partir de l’étape n° 13 ( page 20 ), vivez
une expérience déroutante en compagnie
du géant Sletto et laissez-vous guider au
son de sa voix depuis le quai des Tanneurs
jusqu’à la Bibliothèque Humaniste.
Flashez le code 2D ci-dessus avec votre
smartphone ou empruntez un lecteur MP3
à l’Office de tourisme. Création du collectif 6.35
6 7
Le saviez-vous ?
Une vraie girouette
Pourvu à son sommet, lors de sa construction,
d’un aigle symbolisant l’Empire allemand, le
château d’eau se voit, après la Première Guerre
mondiale, recoiffé par un coq symbolisant ainsi
le retour de l’Alsace à la France. Il sera ôté en
1940. Depuis, plus aucun oiseau n’a établi
son nid au sommet du château d’eau.
!
Commençons la visite par cet édifice qui faisait
partie au Moyen Âge d’un ensemble plus
vaste appartenant aux chevaliers de l’ordre de
Saint-Jean de Jérusalem. Cet ordre hospitalier
et militaire formait les nobles alsaciens au
combat afin d’aller défendre la Terre Sainte lors
des croisades. Seuls subsistent de l’ancienne
communauté le bâtiment de la Commanderie
où était logé le Prieur, c’est-à-dire le chef de
la Communauté, et le Ritterhof où étaient
hébergés les moines chevaliers. À l’emplacement
du parking actuel se trouvait l’église.
Bien que construit en 1565, le bâtiment central
oscille entre style gothique et style Renaissance.
La porte nord présente un bel arc en accolade
typique de la fin du gothique. Si vous vous
déplacez vers la gauche, vous remarquerez un
encadrement de porte richement décoré dans
le style Renaissance avec pilastres surmontés
de chapiteaux, frise ornée de motifs végétaux
et figures humaines et chimériques... Les autres
encadrements sont eux plus représentatifs du
style gothique.
1
Commanderie Saint-Jean
À l’instar du quartier impérial de Metz ou du
quartier de la Neustadt à Strasbourg, Sélestat
possède également son quartier allemand fa-
çonné après l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne
en 1870. Quelques grandes réalisations sont vi-
sibles dans ce quartier de la ville comme le tri-
bunal (1900), le château d’eau (1906) ou encore
l’ancienne caserne Schweisguth (1876).
Les sculptures de la façade du tribunal sont liées
au thème de la Justice. Situé au sommet de l’arc
en accolade, la chouette symbolise l’intelligence
et la réflexion. De part et d’autre de la chouette,
deux lions ailés portent des écussons dotés
d’une balance et d’une épée. Il s’agit là des
attributs de la Justice. La balance évoque
l’équilibre et la mesure. Quant à l’épée, elle
représente la puissance. Les masques sculptés
sur les linteaux des fenêtres du rez-de-chaussée
sont une allusion à la Justice qui dévoile les vrais
visages.
2
Tribunal et château d’eau
Avis aux curieux
La petite soeur du tribunal
La maison située à gauche du tribunal n’est
autre qu’une ancienne prison, aujourd’hui
propriété privée.
! Avis aux curieux Un escalier hypnotique
Aux heures de bureau, si vous ouvrez la porte de
la tourelle d’escalier, vous y découvrirez un très
bel escalier Renaissance dont la particularité
réside dans la partie centrale tournoyante.
Placez-vous au centre de l’escalier
et levez la tête : une très belle
perspective s’offre à vous.
Le saviez-vous ?
Une chute fatale
En 1565, l’architecte Michel Sindelin, lors de la
construction de la Commanderie, chuta d’un
échafaudage.
Il succomba à ses blessures trois jours plus tard.
D’une grande polyvalence, il cumulait, outre ses
compétences d’architecte, celles de tailleur de
pierre et de sculpteur.8 9
Otaries, poissons, cygnes, ours blancs, enfants
jouant avec des poissons, naïades sur chevaux
marins, tels sont les éléments du décor sculpté
sur la façade devant vous. Tout laisse supposer
que l’eau n’était pas étrangère à l’ancienne
fonction de cet édifice comme le confirme
l’inscription Bains Municipaux au-dessus des
fenêtres de l’avant-corps central.
Plus traditionnellement appelés bains chauds
par les Sélestadiens, les Bains Municipaux voient
le jour en 1928 mettant ainsi à disposition du
public plusieurs baignoires et douches.
À l’époque, en effet, tout le monde ne disposait
pas nécessairement d’une salle de bain chez soi.
Avec le développement des installations sanitaires
privées, la surface de l’édifice dévolue aux bains
et aux douches va être de plus en plus restreinte,
laissant ainsi la place à l’accueil de diverses asso-
ciations et structures.
Les bains municipaux sont alors limités à l’espace
du sous-sol dans les années 1980. Ils ferment
définitivement leurs portes au début des années 90.
3
Bains Municipaux
C’est une histoire mouvementée qu’a connue
l’église protestante. Construite à partir de 1280
pour des moines franciscains, elle fut par la suite
occupée au 16 e siècle par des moines réforma-
teurs : les Récollets.
Ces derniers sont chassés à la Révolution fran-
çaise, date à partir de laquelle l’édifice va être
utilisé comme entrepôt à grains.
À la fin du 19e siècle, la nef est détruite. Ne
reste alors que le choeur qui est cédé à la
communauté protestante. Le mur de façade de
style néo-gothique date de cette époque.
C’est en 1881 qu’est inaugurée l’actuelle église
protestante.
4
Église Protestante
Le saviez-vous ?
La lettre et l’esprit
En 1979, l’église protestante s’est offert un
nouveau tympan évoquant de manière figurative
un verset de l’évangile de Matthieu :
« Un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères ».
L’ancien tympan présentait une inscription en
allemand et en lettres gothiques correspondant
littéralement au verset pré-cité. Celle-ci est
aujourd’hui conservée dans le vestibule de l’église.
! Avis aux curieux Une entrée divine
Au niveau de la clef de voûte de la porte
d’entrée, un homme à la longue barbe et
couronné d’un coquillage vous accueille.
Il s’agit de Neptune, dieu des eaux vives et
des sources.10 11
L’actuelle école du Centre fait partie, comme le
tribunal, des réalisations de l’époque allemande
d’après 1870. Il s’agit d’un édifice massif : on
parle d’ailleurs de style colossal.
À son emplacement se trouvaient autrefois les
bâtiments conventuels des Franciscains, puis
des Récollets. À partir de la Révolution fran-
çaise, après le départ des moines, les bâtiments
conventuels servent de caserne, de salpêtrière et
de prison.
Face à l’école du Centre, dans la rue de la Jauge,
le restaurant La Vieille Tour présente une façade
bien étrange dans laquelle est littéralement
encastrée une tourelle de flanquement.
Cette tourelle est un vestige du mur de la pre-
mière enceinte qu’a connue la ville ( 1216 - 1230 ).
5
École du Centre et Vieille Tour
! Avis aux curieux Comme sur des rails
La façade de l’école donnant rue de Verdun
présente au sommet de l’avant-corps central
une cloche au mécanisme étrange.
C’est un heurtoir de wagon qui fait
office de battant de cloche.
Cet édifice aux allures de temple grec n’est autre
que l’Hôtel de Ville construit en 1788 afin de
remplacer le précédent ( la Herrenstube ), détruit
pour vétusté quelques années auparavant et
situé également place d’Armes.
La nouvelle construction ne devait pas beaucoup
plaire au maire révolutionnaire Herrenberger qui
la qualifiait de pigeonnier.
L’Hôtel de Ville fait partie des rares édifices
publics de style néo-classique à Sélestat
comme en atteste la composition de sa façade
caractérisée par la rigueur et la symétrie et par
l’emploi de colonnes doriques et toscanes.
Les locaux de la mairie lui font face. Ils sont
situés dans un ancien hôtel du 14 e siècle,
profondément remanié au 18e siècle.
6
Hôtel de Ville
Le saviez-vous ?
Garde-à-vous !
De la fin du 15e siècle jusqu’au début du 17e siècle,
c’est sur l’actuelle place d’Armes, depuis le perron
de l’ancien hôtel de ville, qu’étaient proclamées
les sentences pour crime de sorcellerie.
Cette place fut nommée Place d’Armes en 1807
lorsque s’y installe le corps de garde. Elle s’appellera
ensuite Paradeplatz (1870 ) puis Herrenplatz
(1880 ) pour retrouver en 1919 son nom actuel.13
Avec son pignon crénelé caractéristique, l’arse-
nal Sainte-Barbe est l’édifice le plus imposant
de la place. Construit vers 1470, il servait initia-
lement d’entrepôt de marchandises avant d’être
transformé en arsenal au cours du 16e siècle.
À la fin du 19e siècle, il est décidé d’aménager
l’édifice en salle des fêtes. C’est l’architecte
communal, Jean-Jacques-Alexandre Stamm qui
est chargé des travaux. Les fenêtres du 1er étage
sont agrandies et un escalier à double volée néo-
gothique menant à un élégant porche est construit.
L’édifice sert aujourd’hui aux réunions des
instances municipales. Le rez-de-chaussée est
plus spécifiquement dédié aux expositions et
aux animations festives.
7
Arsenal Sainte-Barbe
! Avis aux curieux Barbe à papa
Située à l’angle de l’édifice, sainte Barbe
est reconnaissable à sa couronne, attribut
des martyrs, et à la tour aux trois fenêtres
(évocation de la Sainte Trinité) sous sa
main gauche. Elle y fut enfermée par son
père pour l’empêcher de se convertir au
christianisme.
Un prêtre déguisé en médecin réussit à
s’introduire dans la tour pour baptiser la
jeune fille. Son père, apprenant la nouvelle,
entra dans une rage folle et décapita sa
propre fille. La colère de Dieu s’abattit alors
sur ce dernier qui fut foudroyé sur place.
Voilà pourquoi sainte Barbe est la
patronne des corps de métiers en rapport
avec le feu (artilleurs, pompiers, etc.).
C’est encore à l’architecte Jean-Jacques-Alexandre
Stamm que l’on doit cet édifice érigé en 1890.
Inspirée des synagogues rhénanes, celle de
Sélestat se distingue par son plan centré et
l’alternance des matériaux qui égaient sa
façade : grès jaune, grès rose et brique se
donnent la réplique.
La coupole qui surmontait autrefois l’édifice
fut détruite par les nazis en 1940. D’importants
travaux de restauration eurent lieu entre 1950 et
1960. C’est à cette époque que furent dégagés,
au sous-sol, les anciens bains rituels en place
depuis 1836.
Sur la façade ouest de l’édifice sont visibles, au
niveau du pignon, les tables de la Loi, et au-
dessus de la porte principale, une inscription en
hébreu signifiant : Voici la porte de l’Éternel. Les
justes la franchiront.
8
Synagogue
! Avis aux curieux Un sujet épineux
Avant d’arriver à la prochaine étape, vous passerez devant une
fontaine qui présente à son sommet un livre ouvert reposant
sur un sapin et sur les pages duquel on peut lire l’inscription
1521. Faut-il y voir un rébus à déchiffrer ? Pas vraiment. Il s’agit
ici d’une allusion à l’une des plus anciennes mentions écrites
faisant référence à la tradition de l’arbre de Noël. Cette mention
est conservée aux archives municipales et date de 1521. Elle nous
apprend que les gardes forestiers de la ville étaient payés pour
aller surveiller, quelques jours avant Noël, les arbres dans la forêt.
Sélestat est donc, en quelque sorte, le berceau de l’arbre de Noël. Pause détente Prenez place sur les sièges devant l’arsenal et laissez-vous porter par les
quelques vers du poème écrit par Érasme en hommage à la ville de Sélestat.
Ils sont inscrits sur le pavement devant l’entrée de l’ancien arsenal.14 15
Vestige de la deuxième enceinte construite
en 1280, la Tour Neuve n’a pas toujours eu la
silhouette qu’on lui connait. À l’origine, elle était
moins haute et uniquement pourvue d’une
terrasse crénelée. C’est au 17e siècle qu’elle est
profondément remaniée avec la construction
d’un deuxième corps de maçonnerie au sommet
de la tour. Des ouvertures appelées canonnières
sont percées pour laisser passer le fût des canons
et une toiture en forme de bulbe est construite.
La fresque visible côté sud représente la
Crucifixion. On y reconnait le Christ entouré à sa
gauche par saint Jean et à sa droite par la Vierge
Marie. Deux autres personnages sont associés à
la scène : sainte Foy, reconnaissable au grill sur
lequel elle a été torturée et saint Christophe
portant l’Enfant Jésus sur ses épaules.
Si vous quittez le parcours balisé pour voir de
plus près l’édifice, vous découvrirez sous la tour
deux fresques faisant allusion aux nombreuses
corporations qui régissaient autrefois la ville :
bouchers, cordonniers, tanneurs, laboureurs,
vignerons...
9
Tour Neuve
! Avis aux curieux : Incognito
Derrière vous se trouve le restaurant l’Auberge de la Paix.
Au sommet du pignon, installé sur un socle penchant quelque peu, se
tient un mystérieux personnage doté d’une longue chevelure ondu-
lée ornée de fleurs et surmontée d’une lyre. Il s’agirait du personnage
biblique de David qui avait l’habitude de calmer le roi Saül grâce à ses
chants, d’où la présence d’une lyre sur sa tête. Mais il pourrait également
être question d’Erato, l’une des neuf muses accompagnant Apollon
et patronne de la poésie lyrique dont la lyre est l’attribut.
Le saviez-vous ?
À découvert
La nuit du 7 au 8 décembre 1891, un incendie
se déclare dans la Tour Neuve, détruisant sur
son passage 31 maisons et mettant en péril
87 familles. Suite à cet incident, la Tour Neuve
restera quelques mois sans toit.
Pressé par le temps ?
Vous avez la possiblité à partir de cette
étape d’emprunter un raccourci qui vous
mènera directement à l’étape 22.
Passez sous la tour et laissez-vous
guider par les clous.
Photo : C. Dumoulin - ADAC
16 17
Après le démantèlement des enceintes
médiévales en 1673, il est décidé de fortifier
de nouveau la ville. La dernière enceinte sera
construite selon les plans de Vauban. C’est
Jacques Tarade qui supervisera les travaux.
Directeur des fortifications des places d’Alsace
de 1690 à 1720 pour le Roi de France, deux
rues portent son nom, l’une à Sélestat, l’autre à
Strasbourg.
L’enceinte formait un polygone irrégulier à neuf
côtés comprenant trois portes : la porte de
Strasbourg, la porte de Colmar et la porte de
Brisach. En 1874, afin de permettre l’extension
de la ville, l’enceinte est démantelée.
Seuls subsistent deux bastions reliés par une
courtine et, située plus en centre-ville, à l’entrée
de la rue de la Grande Boucherie, la porte de
Strasbourg.
Devant vous, sur le mur du bastion, 310 plaques
de rue sont installées. Elles comportent un mot
ou des bribes de phrases invitant à la promenade
et à la rêverie. C’est une œuvre d’art réalisée par
Sarkis en 1993 intitulée Le point de rencontre : le
Rêve. Le nombre de plaques n’est pas anodin.
À l’époque de la conception de l’œuvre, Sélestat
comptait 310 rues. Sur le muret faisant face au
bastion, quelques plaques vierges furent fixées
pour évoquer l’extension future de la ville.
10
Remparts Vauban
Le saviez-vous ?
Une porte ressuscitée
Afin de garder le souvenir de la porte de Colmar, le
fronton de la porte a été récupéré et encastré dans
le mur du deuxième bastion conservé.
Accès par la rue Brigade Alsace-Lorraine.
À la fin des années 1990, des équipements
culturels sortent de terre de l’autre côté de l’Ill
et témoignent des prouesses de l’architecture
moderne.
Avec sa longue façade vitrée dans laquelle se
reflètent les maisons de la vieille ville, le Fonds
régional d’art contemporain fait partie de
l’Agence culturelle Grand Est qui encourage
et soutient les initiatives culturelles des
collectivités locales, des associations, des artistes
professionnels et amateurs dans les domaines
de l’audiovisuel, du spectacle vivant et des arts
plastiques.
À ses côtés se tient la Médiathèque facilement
identifiable aux portiques blancs qui enjambent
le bâtiment. La Médiathèque et le Frac Alsace
organisent régulièrement des expositions,
n’hésitez pas à pousser leur porte.
C’est donc un véritable front culturel qui s’est
bâti sur l’autre rive de l’Ill. Le dernier-né est la
salle de spectacles des Tanzmatten construite
en 2001( Prix d’Architecture du Grand Est en 2005 ).
Situé un peu plus loin, ce bâtiment à la silhouette
parallépipédique est l’œuvre des architectes Rudy
Ricciotti, Georges Heintz et Anne-Sophie Kehr.
Médiathèque
Agence culturelle Grand Est
Le saviez-vous ?
Rudy Ricciotti :
des Tanzmatten au MuCEM
Si le nom de Rudy Ricciotti vous semble familier,
c’est normal. C’est cet architecte qui a travaillé à
la restructuration de la Bibliothèque Humaniste.
Mais il est aussi connu pour avoir imaginé
l’architecture du Musée des Civilisations de
l’Europe et de la Méditerranée ( MuCEM ) de
Marseille aux côtés de Roland Carta.
11
Pause détente
Envie de vous reposer quelques minutes ou de faire
une pause pique-nique ? Longez le mur des rem-
parts jusqu’à l’entrée du parc des remparts. Des jeux
pour enfants et des bancs sont à votre disposition.
Un beau plan d’eau agrémente le paysage.18 19
Au Moyen Âge, Sélestat dispose d’un port fluvial
très actif appelé le Ladhof et localisé dans l’un
des méandres de l’Ill. Celui-ci était situé entre
la première enceinte (1216-1230 ) et la seconde
( 1280 ). Il était alors protégé par plusieurs tours
de défense dont l’une est encore visible devant
vous, englobée dans la maison.
Le port s’ensable à la fin du 14e siècle, obligeant ainsi
à effectuer les chargements et débarquements des
marchandises directement sur l’Ill.
À l’emplacement de l’ancien port s’est substituée
une place dont le nom, place du Vieux-Port,
évoque le passé du site.
12
Ladhof
Pause détente
Avant de traverser le passage piéton
pour arriver à la station n°13, faites
une halte le long de l’Ill pour admirer
la façade du Frac Alsace dans laquelle
se reflète le centre historique.
Quelques bancs vous attendent dans
un petit espace vert aménagé juste à
côté du passage piéton.
Spot photo
Le saviez-vous ?
Pas si bourgeois
Sur la Place du Vieux-Port trône une bâtisse
caractéristique des constructions du 18e siècle.
En 1765, elle ouvre ses portes et accueille les plus démunis.
D’hospice, elle devient hôpital, et soigne entre autres
des malades aisés, d’où son nom d’hôpital bourgeois.
Mais l’avenir lui réserve un sort moins glorieux puisqu’au
début du 19 e siècle, c’est un tout autre type de pensionnaires
qui occupe les lieux : l’édifice est en effet reconverti en prison.20 21
Vous entrez ici dans le quartier des Tanneurs.
Ceux-ci étaient très souvent regroupés à l’écart
du centre-ville, car leur activité était très pol-
luante et nauséabonde. Le canal qui coulait
autrefois au milieu de la voie a été recouvert au
début du 20e siècle. L’eau coule toujours sous vos
pieds et se jette dans l’Ill.
Certaines maisons situées au bout du quai des
Tanneurs ( n°1 et 17 ) sont caractéristiques des
besoins liés au métier. En témoignent leur étroit
pignon haut et leur toit pentu. Avant d’être
transformées en cuir, les peaux étaient plusieurs
fois lavées, raclées et tannées dans des bains.
L’espace sous les toits était donc volontairement
assez haut et ajouré pour pouvoir suspendre les
peaux et les faire sécher.
Au-dessus de certaines portes, vous pouvez
encore apercevoir l’emblème de la corporation
des tanneurs, composé de trois couteaux de
tanneurs entrecroisés.
Quartier des Tanneurs
Le saviez-vous ?
Une ruelle qui fait froid dans le dos !
Une légende peu réjouissante est associée à l’étroit
passage entre le n°7 et le n°6 du quai des Tanneurs.
Ce passage aurait été le repère d’une créature
légendaire, le « Stadtthier » qui aurait hanté ce lieu,
lui conférant ainsi une réputation d’insécurité.
Comme pour conjurer le sort, une petite chapelle
murale fut aménagée dans une niche
de la façade de la maison n°6.
13 Avis aux curieux Ça date ! Sur l’un des piliers soutenant la maison n° 7 du quai des Tanneurs, deux dates sont inscrites. La première, au niveau du chapiteau, est en écriture gothique, ce qui peut induire en erreur : il faut lire 1499. Cela correspondrait à la date de construction de la maison. Quant à la deuxième date, 1806, elle rappelerait d’éventuels travaux de restauration. !
Spot photo
Départ
de l’aventure
audio guidée :
les pérégrinations
de Sletto22 23
NEJA WAJ
Médiathèque
Les Tanzmatten
Agence
culturelle
d’Alsace
Hôtel
de Ville
Tour des
Sorcières
Porte de
Strasbourg
Direction Strasbourg
PLACE
DU MARCHE
AUX CHOUX
PLACE
DU GÉNÉRAL
POUYDRAGUIN
PLACE
DU GÉNÉRAL
SCHAAL
PLACE
MARCHÉ VERT
PLACE
DE LA
VICTOIRE
Eglise
Saint-Georges
Eglise
Sainte-Foy
RUE DU SEL
PLACE
GAMBETTA RUE DE L’ÉGLISE
Plan du parcours 1
2 3
4
5 6
7
8
9
10
12
11
13
14
15
16
17 18 19
20
21
22
23 24
Etapes Grandes plaques
au sol, devant les édifices
Flèches Placées entre les étapes,
elles indiquent la direction à prendre
Tracé du parcours ( durée : 2h )
Traversée de chaussée
Sélestat centre-ville
DÉPART
ARRIVÉE
Itinéraire court ( durée : 1h )
Passage par la rue des Chevaliers
Étapes
1. Commanderie Saint-Jean
2. Tribunal
3. Bains Municipaux
4. Église protestante
5. École du Centre
6. Hôtel de Ville
7. Arsenal Sainte-Barbe
8. Synagogue
9. Tour Neuve
10. Remparts Vauban
11. Médiathèque
Agence culturelle d’Alsace
12. Ladhof
13. Quartier des Tanneurs
14. Rue des Oies - rue des Veaux
15. Jardin du dahlia
16. Tour des Sorcières
17. Porte de Strasbourg
18. Église Saint-Georges
19. Hôtel d’Ebersmunster - Lieutenance
20. Corporation des bouchers
21. Église Sainte-Foy
22. Maison Goll
23. Cour des Prélats
24. Bibliothèque Humaniste
Parcours réalisé
avec le soutien de24 25
La rue des Oies doit son nom au puits du même
nom situé juste devant vous (on voit encore la
pompe à bras). Celui-ci ne fonctionne plus depuis
1911. On racontait à l’époque qu’il fournissait
l’eau la plus fraîche de la ville.
Depuis la station 14, vous bénéficiez d’une jolie
perspective sur la rue des Oies et la rue des
Veaux. Les maisons jalonnant ces rues sont pour
la plupart des maisons à pans de bois.
Beaucoup d’entre elles sont recouvertes d’un
crépi cachant le bois. Mais si vous voyez que les
encadrements de fenêtres sont en bois, c’est qu’il
s’agit bien de maisons à pans de bois.
Le crépissage de ces maisons était à la mode
au 18e siècle. On préférait dissimuler ce type de
construction modeste, peu onéreux et donc peu
valorisant pour le propriétaire.
14
Rue des Oies, rue des Veaux
Le saviez-vous ?
De l’eau de puits
Avant la mise en place du réseau d’eau potable
au début du 20 e siècle, c’est aux puits que
venaient s’approvisionner les Sélestadiens.
On en comptait 16 à Sélestat, répartis en
ville et dans le faubourg. À ces puits publics
s’ajoutait un nombre important de puits privés.
! Avis aux curieux Ceux-là ne se mangent pas
Au n° 8 de la rue des Oies sont sculptés sur
le linteau de la porte un bretzel et un petit
pain de forme allongée. Comme pour les
tanneurs précédemment, c’est à une insigne
de corporation que nous avons affaire ici.
Il ne faut pas chercher bien longtemps pour
deviner de quelle corporation il s’agit. C’est
celle des boulangers bien évidemment !
Depuis 2006, cet ancien parking a été réaménagé
en un véritable havre de paix en plein cœur du
centre-ville. Selon la période de l’année, le jardin
prend différents noms.
L’été, il s’appelle le Jardin du Dahlia en référence
à la fleur emblématique qui décore les chars du
Corso Fleuri au mois d’août. Diverses variétés de
cette plante sont présentes dans le jardin.
À l’approche du premier dimanche de l’Avent, le
jardin revêt sa parure d’hiver. Les plantations de
dahlias laissent ainsi place à diverses essences
de sapin. Le Jardin du Dahlia devient alors le
jardin du sapin, Sélestat détenant à ce jour une
des plus anciennes mentions écrites de l’arbre
de Noël.
Cette mention, extraite d’un livre de comptes de
la ville daté de 1521, est conservée aux Archives
Municipales ( voir page 13 également ).
Jardin du Dahlia
Le saviez-vous ?
Graine de voyageur
C’est au botaniste suédois Andreas Dahl ( 1751-
1789 ) que le dahlia doit son nom. Originaire du
Mexique, le dahlia fut ramené à la Cour d’Espagne
au 16e siècle. D’abord cultivé pour ses tubercules
qui étaient à l’époque consommés, sa culture à
des fins alimentaires fut rapidement abandonnée.
On le cultive aujourd’hui pour ses qualités
esthétiques. À Sélestat, quelques 500 000 dahlias
décorent chaque année les chars du Corso Fleuri,
qui existe depuis 1929.
15
Pause détente
Profitez du calme de ce jardin pour vous
accorder quelques minutes de repos.26 27
Dénommée Niedertor (porte basse) à l’origine, la
Tour des Sorcières est l’un des rares vestiges de la
première enceinte du 13e siècle.
Elle fut surélevée de trois étages à la fin de ce
même siècle, prenant ainsi son aspect actuel.
L’accès à la tour se faisait par la porte que l’on
aperçoit depuis l’emplacement de la station,
vraisemblablement via l’utilisation d’un escalier
en bois placé contre le mur.
Afin d’empêcher d’éventuels assaillants de
s’emparer de l’édifice et de s’en servir contre
la population, les niveaux supérieurs de la
tour étaient autrefois ouverts à la gorge vers
l’intérieur de la ville.
Il faut donc imaginer que les murs des étages
supérieurs de la façade ouest (donnant sur
la ville) n’existaient pas. En cas de prise de
l’édifice par l’ennemi, celui-ci se trouvait alors à
découvert.
Au 17e siècle, les deux portes d’entrée furent
murées pour y enfermer de malheureuses
femmes accusées d’avoir pactisé avec le démon.
16
Tour des Sorcières
! Avis aux curieux Jeu de construction
Passez sous la tour et ressortez de l’autre coté. Observez
maintenant la porte en arc brisé. On distingue en réalité deux
arcs. Si vous regardez de plus près les pierres constituant
les arcs, vous remarquerez qu’on retrouve des signes gravés
dans la pierre. Ces signes sont différents selon qu’il s’agisse du
premier arc ou du deuxième. Ils correspondent à des marques
de pose. Ainsi les ouvriers chargés de la construction
de l’édifice savaient précisément quelles pierres allaient
composer le premier arc, et inversement.
Construite de 1679 à 1681, la Porte de Strasbourg
est l’unique vestige des trois portes qui
composaient autrefois l’enceinte Vauban.
Comme toutes les portes d’enceinte à cette
époque, c’est la façade orientée vers l’extérieur
de la ville qui est la plus décorée.
On y aperçoit beaucoup de symboles à la gloire
de l’armée : trophées, drapeaux, casques ou
encore dans le fronton, sous le lion de Sélestat,
l’archange saint Michel, patron des gens d’armes
et des soldats.
Au dessus du lion se détachent trois petites
fleurs de lys, emblèmes du Royaume de France.
Dans l’espace central de la porte trône le buste
de Marianne, haut symbole de la République.
Ce ne fut pas toujours le cas : jusqu’à la
Révolution française, c’est au buste de Louis XIV
qu’était réservée la place.
Porte de Strasbourg
Le saviez-vous ?
Précieuse première pierre
En août 1679, le ministre Louvois pose
la première pierre de l’édifice. Comme le
veut la tradition, une caissette de plomb
contenant des monnaies et des médailles,
ainsi que le procès-verbal de la cérémonie,
est scellée dans la construction.
1728 29
Un très beau panorama de l’église Saint-Georges
s’offre à vous depuis la station 18. On aperçoit
distinctement toutes les parties de l’église
depuis la toiture du chevet aux tuiles colorées
et vernissées, jusqu’à la gracieuse tour à l’avant
de l’église, en passant par la tour de croisée
recouverte de cuivre.
S’il se dégage une impression d’homogénéité
lorsque l’on découvre le monument, pas moins
de trois siècles furent néanmoins nécessaires à
son édification sous l’impulsion de la bourgeoisie
locale désireuse de s’affirmer face au pouvoir
religieux représenté par le prieuré Sainte-Foy.
Les travaux débutent vers 1220 pour se terminer
peu avant 1500. Les vitraux du choeur, en partie
du 15e siècle, sont sans conteste le trésor de cette
église.
Avec sa tour occidentale culminant à 60 mètres,
l’église Saint-Georges est l’un des édifices religieux
les plus hauts d’Alsace, bien après la cathédrale
de Strasbourg toutefois (142 m).
À son sommet se relayait autrefois une équipe
de veilleurs chargés de surveiller les alentours et
de prévenir tout départ d’incendie. Ils devaient
également sonner les quarts d’heure, ce que l’un
d’eux oublia de faire en 1886. Il fut donc puni et
eut à choisir entre payer une amende ou faire un
jour de prison.
18
Église Saint-Georges
! Avis aux curieux Un bien étrange sarcophage
Un peu plus loin sur le chemin, vous apercevrez un
sarcophage sur votre droite, dans l’herbe. Le mystère
plane autour de celui-ci. Il daterait du 11e ou 12e siècle.
Une croix en bas-relief est représentée sur le dessus.
Le saviez-vous ?
Sacré Charlemagne !
À l’emplacement du chœur actuel de l’église
se tenait autrefois une chapelle carolingienne
construite au 8e siècle.
Charlemagne, de passage à Sélestat en l’an 775,
vint s’y recueillir au moment de Noël.
Pause détente
Tout autour de vous, un petit coin de verdure
propice au repos vous tend les bras.
De nombreux bancs sont à votre disposition.
Photo : C. Dumoulin - ADAC
Photo : http://bannwarth.balloide-photo.com30 31
Apercevez-vous droit devant vous le riche portail
sculpté en grès aux allures d’arc de triomphe ?
Cet édifice appartenait au moment de sa
construction ( 1538 ) à l’abbaye d’Ebersmunster.
Les moines venaient y trouver refuge en cas
d’attaque. Sélestat était en effet une ville
fortifiée ; il était donc plus rassurant de venir s’y
abriter en période de troubles.
La vaste bâtisse servait également à stocker les
revenus en nature de l’abbaye, d’où l’imposant
grenier sur trois niveaux pour les céréales, et les
deux grandes caves voûtées pour le vin.
Approchez-vous du portail pour en découvrir
tous les détails. Le décor sculpté est caractéris-
tique de la Renaissance : médaillons, coquilles,
chapiteaux...
Au centre des médaillons était sculptés des
profils de généraux romains et d’empereurs
germaniques, avant qu’ils ne soient bûchés à la
Révolution française. On peut encore y lire, sur
la bordure, l’inscription en latin en référence à la
personne représentée.
Si aujourd’hui l’accès au bâtiment se fait de
l’autre côté, par la Cour des Prélats, n’oublions
pas que ce ne fut pas toujours le cas. La majes-
tuosité du portail est là pour nous le rappeler.
19
Hôtel d’Ebersmunster Portail Nord
! Avis aux curieux Face à face pour l’éternité
Les deux grands médaillons de part et d’autre du portail ne
vous auront certainement pas échappé. Les deux personnes
dont le profil était autrefois représenté devaient être
importantes aux yeux des moines de l’abbaye d’Ebersmunster.
Il s’agissait des parents de sainte Odile, le duc Etichon et son
épouse Bereswinde, fondateurs de l’abbaye en 660.
Toujours à l’emplacement de la station 19, la rue
du Babil vous mène à l’entrée d’une très belle
propriété privée dont les bâtiments les plus
anciens remonteraient au 14e ou au 15e siècle, et
que les Sélestadiens appellent la Lieutenance.
Vous pouvez vous arrêter au bout de la rue qui
se termine en impasse au niveau de la grille en
fer forgé qui donne accès à la cour d’honneur
de la Lieutenance. La propriété est appelée ainsi
en souvenir du Lieutenant du Roi qui y logeait
au 17e siècle. Depuis 1920, la famille Weiller est
propriétaire des lieux. Son acquéreur, Jean-Lazare
Weiller, s’est illustré dans plusieurs domaines. Il
participa à l’introduction du téléphone en France,
marqua l’histoire de la télévison et se distingua
dans la communication et les transports. Il fut
notamment l’un des fondateurs de la Compagnie
Générale de Navigation Aérienne, ancêtre d’Air
France.
Lieutenance
Le saviez-vous ?
Que du bla-bla
Étrange nom que « babil » pour une rue.
Cela nous fait penser au verbe « babiller », quelque
peu désuet. Aujourd’hui nous dirions plutôt bavarder.
La rue porterait ce nom depuis le 18e siècle.
Il s’agirait d’une allusion aux groupes de gens qui
s’y réunissaient au sortir des offices de l’église Saint-
Georges et qui s’y racontaient les nouvelles du jour.
Mais trêve de bavardages, passons à l’étape suivante !32 33
Depuis la station n°20, vous avez vue sur un
ancien siège de corporation et pas n’importe
lequel : c’est ici que se réunissait la plus riche des
corporations de Sélestat.
Si vous vous approchez, vous apercevrez une
fresque sur le mur de la façade au 1 er étage. Dans
la partie inférieure est réprésentée une scène
d’abattage de bêtes et dans la partie supérieure
le saint patron de la corporation, à savoir saint
Barthélémy.
Plus de doute possible : c’est la corporation des
bouchers qui se retrouvait autrefois au 1 er étage
pour discuter de choses et d’autres relatives au
métier. Le rez-de-chaussée a servi jusqu’à la fin
du 18e siècle à la vente de viande.
20
Corporation des bouchers Ancien siège
Le saviez-vous ?
Un enseignement pointu
Depuis l’emplacement de la station 20, vous aurez
certainement été intrigué par cette longue plaque
dorée fixée à l’horizontale sur un mur.
Intitulée « La Lame », cette œuvre de l’artiste Marc
Couturier fait corps avec le mur pignon sur lequel
elle est installée depuis 1998. (voir photo ci-contre)
Ce mur n’est autre qu’un vestige de l’école latine de
Sélestat. Fondée au 15e siècle, cette école presti-
gieuse et de grande renommée forma de nombreux
humanistes du Saint-Empire romain germanique,
et parmi eux l’illustre sélestadien Beatus Rhenanus.
! Avis aux curieux On en reste sans voix
Sur le bâtiment vous remarquerez une imposante
pierre en grès sculptée enchâssée dans le mur,
entre deux fenêtres du 1er étage. C’est en réalité un
abat-voix permettant de réverbérer la voix vers le
bas comme cela est le cas pour les chaires d’église.
Pour accéder à cette partie, une galerie en bois
courait jadis le long de la façade et permettait à un
appariteur de faire passer les informations impor-
tantes auprès de la population.
L’ouverture vers cette galerie se trouvait à l’empla-
cement de la fresque.34 35
Comptant parmi les édifices les plus anciens de
la ville, l’église Sainte-Foy n’est pas pour autant
restée de marbre depuis son édification au 12 e
siècle, où elle prit la place d’une petite chapelle
dont la construction avait été commanditée par
une célèbre dame, la comtesse Hildegarde de
Buren, arrière grand-mère de l’Empereur Frédé-
ric Barberousse. La chapelle fut offerte à l’abbaye
Sainte-Foy de Conques en Rouergue à la fin du
11e siècle, dont quelques moines vinrent s’instal-
ler par la suite à Sélestat.
Rapidement à l’étroit dans leurs bâtiments, les
moines entreprirent la construction du prieuré
Sainte-Foy. Ils furent remplacés au 17e siècle par
une communauté jésuite qui remania l’église
dans le goût baroque, avant que n’interviennent
les Allemands à la fin du 19 e siècle.
L’architecte Charles Winckler, en charge des travaux
de restauration, supprima les réalisations des Jé-
suites pour rendre à l’église son aspect originel
mais ajouta en façade deux flèches typiquement
germaniques.
21
Église Sainte-Foy
! Avis aux curieux
Un chevalier taillé pour Sainte-Foy
Sur votre droite en entrant dans le narthex (sas avant
la porte d’entrée) vous distinguez les contours d’un
personnage ressemblant à un chevalier sur sa monture,
armé de son bouclier. Ce dessin gravé dans la pierre
serait contemporain de la construction de l’église et
remonterait donc au 12e siècle. Sa signification reste
floue. Peut-être, au Moyen Âge, rendait-on ici la justice.
Le saviez-vous ? Une Joconde sélestadienne
La crypte actuelle de l’église Sainte-Foy n’est autre qu’un vestige de la chapelle construite à la fin du 11e siècle par Hildegarde de Buren. L’existence de cet
espace fut mis au jour lors de travaux de restauration dans l’église à la fin
du 19 e siècle. À cette occasion, on découvrit un masque mortuaire composé
de chaux solidifiée dans les gravats. Plusieurs moulages furent réalisés à
partir du masque dont l’un se trouve exposé dans la crypte. Les historiens se
penchèrent sur l’identité de la personne et émirent l’hypothèse qu’il s’agissait soit d’Hildegarde de Buren, soit de sa fille. N’ayant pas de certitude, il est de
coutume d’appeler ce buste « La belle inconnue de Sélestat ».36 37
Également appelé Maison à la Bourse, cet édifice
au décor peint attire immanquablement l’oeil.
À la manière des édifices de la Renaissance,
des médaillons en trompe-l’oeil mettent en
valeur des profils de personnes illustres. C’est un
véritable hommage aux grands humanistes liés à
Sélestat qui est présenté sur cette façade.
Nous y retrouvons Jacques Wimpheling, Martin
Bucer, Beatus Rhenanus et Erasme.
L’oriel de la façade qui repose sur une
construction en encorbellement est également
remarquable. Caractéristique de la Renaissance,
cet élément présentait plusieurs avantages :
apporter plus de lumière à la pièce concernée et
avoir vue sur la rue sans ouvrir la fenêtre.
22
Maison Goll
Le saviez-vous ?
Un hôte illustre
Grande figure sélestadienne des 15e et 16e siècles, Beatus Rhenanus
dont le nom continue de résonner à Sélestat, a notamment cédé sa
collection d’ouvrages à sa ville natale en 1547. Il était très lié à Erasme
qui vint lui rendre visite à Sélestat plusieurs fois entre 1515 et 1522.
Erasme fut tellement impressionné par le bouillonnement intellectuel
de la ville qu’il lui dédia un poème intitulé « Éloge de Sélestat ».
Celui-ci est visible à la Bibliothèque Humaniste et quelques vers du
poème sont inscrits sur le pavement, place la Victoire, devant l’arsenal
Sainte-Barbe.
Vous souvenez-vous de l’Hôtel d’Ebersmunster
étape 19 ? Vous êtes cette fois de l’autre côté. La
façade sud de l’édifice est reconnaissable à sa tou-
relle abritant un très bel escalier à vis semblable
à celui de la Commanderie Saint-Jean (étape 1).
En entrant dans le hall, vous découvrirez, de part
et d’autre de la porte, deux médaillons dont les
profils ont été conservés contrairement à ceux
du portail. Ils représentent Romulus et Rémus,
les frères jumeaux dont la légende raconte qu’ils
auraient fondé la ville de Rome.
L’autre édifice présent dans la cour est la Maison
du pain d’Alsace. Vous remarquerez l’extension
vitrée moderne située à l’arrière et dans laquelle
se reflète l’église Saint-Georges. Installé depuis
2001 dans l’édifice, ce musée dédié au pain
comporte également au rez-de-chaussée un
fournil où tout au long de la journée sont cuits
divers produits boulangers. Le lieu n’a pas été
choisi au hasard par l’association qui gère le site
puisqu’il s’agit de l’ancien siège de corporation
des boulangers. À l’étage se trouve la Zunftstube,
salle où se réunissaient autrefois les boulangers.
Cour des Prélats
23
Le saviez-vous ?
Vice versa
La Cour des Prélats était une cour fermée par trois
maisons ( les maisons n°4, 5 et 6 de la rue du Sel )
qui furent détruites en 1923, ouvrant ainsi l’accès
de l’Hôtel d’Ebersmunster à la rue du Sel. Depuis,
la prestigieuse entrée côté nord est délaissée.38 39
Située dans l’ancienne Halle aux Blés de la ville
depuis 1889, la Bibliothèque Humaniste abrite
des ouvrages très précieux parmi quelque 460
manuscrits, 550 incunables et 6400 ouvrages
imprimés entre le 15e et le 16e siècle.
Une partie du fonds de la Bibliothèque provient
de la bibliothèque personnelle de Beatus
Rhenanus, personnage illustre de Sélestat qui fut
élève puis professeur à l’école latine, de la fin 15 e
siècle au début du 16e siècle. Depuis mai 2011,
ce fonds est inscrit au registre Mémoire du Monde
de l’UNESCO. Sur la mosaïque de la façade, vous
reconnaîtrez deux animaux : un aigle et un lion.
Ce sont les deux emblèmes de la ville. Si
aujourd’hui, l’emblème officiel est le lion, l’aigle
s’est quant à lui substitué au félin pendant tout
le 16e siècle. La mosaïque date de 1907 ce qui
explique l’inscription en allemand Stadtbibliothek
Museum.
Après la Première Guerre mondiale, on tenta
de remplacer ces mots allemands par une
inscription en français comme le montre la vue
ancienne ci-dessous. Mais elle ne parvint jamais
à se fixer durablement sur la mosaïque. On
opta finalement pour une inscription en lettres
métalliques dorées au-dessus de la grande porte.
24
Bibliothèque Humaniste
Le saviez-vous ?
Retour aux origines
Qu’appelle-t-on véritablement incunables ?
C’est un terme spécifique que l’on attribue aux
tout premiers ouvrages imprimés entre 1450 ( date
vraisemblable de l’invention de l’imprimerie à
caractères mobiles ) et le 1er janvier 1501. Passée
cette date, on parle d’imprimés. Étymologiquement,
incunable signifie lange de bébé et par
extension berceau, enfance, ou encore origine. 3840 41
Participez au rallye du parcours de visite
Venez aider Sletto et son lion à résoudre les énigmes présentes à
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patrimoniaux de Sélestat. Certaines d’entre-elles sont
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informations complémentaires sur les édifices.
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