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unknown - Livret ABC St Jean St Nicolas WEB
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas.
Lien du pdf (unknown - Livret ABC St Jean St Nicolas WEB)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Espaces terrestres et maritimes, Environnement,
La vie sauvage
de Saint-Jean
Saint-Nicolas
Atlas de la
Biodiversité
CommunaleRéalisation
Mairie de Saint-Jean-Saint-Nicolas
Coordination
MONTECO - Bureau d’études en écologie - Caroline Guignier
Partenaire Institutionnel
Parc national des Écrins
Conception graphique
Le naturographe
Partenaires du projet
Flavia
Yann Baillet - Entomologue - réalisation de l’inventaire des papillons de nuit
Arianta
Christophe Perier
Malacologue - réalisation de l’inventaire des mollusques
Entomia
Yoan Braud
Entomologue - réalisation de l’inventaire des orthoptères
GeoEcolink
Sylvain Abdulhak - chiroptérologue - réalisation de l’inventaire des chauves-souris
©2020
La vie sauvage
de Saint-Jean
Saint-Nicolas
Atlas de la
Biodiversité
Communale2 3
La démarche ABC
Un Atlas de Biodiversité Communal (ABC) est une démarche volontaire permettant à une commune (ou intercommunalité) de mieux connaître, préserver et valoriser son patrimoine naturel.
Cette initiative, portée par le ministère de l’Environnement en 2010, est désormais soutenue par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), en partenariat étroit avec différentes structures, dont les Parcs Na-
tionaux.
Au-delà de la réalisation d’inventaires naturalistes et de la synthèse des données existantes, la démarche inclut la sensibilisation et la mobilisa-
tion des élu-e-s et citoyen-ne-s et la définition de recommandations de gestion ou de valorisation de la biodiversité.
À partir d’un diagnostic réalisé pour la faune, la flore et les habitats natu-
rels, la connaissance permet d’orienter les actions, de prendre en compte la biodiversité dans l’utilisation d’un territoire : connaître la biodiversité permet de mieux agir, de l’intégrer aux enjeux d’un territoire et de la préserver.
Pour compléter les données déjà connues pour son territoire, et no-
tamment celles collectées et archivées depuis plus de 45 ans par les agents du Parc national des Écrins et ses partenaires, la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas a choisi d’approfondir ces connaissances naturalistes autour de groupes moins connus : les mollusques, les chauves-souris, les orthoptères et les papillons de nuit. C’est ainsi qu’en 2018 différents spécialistes ont sillonné la commune pour récol-
ter de précieuses informations.
Faire partager les connaissances est aussi un objectif des ABC : sorties naturalistes avec des spécialistes, panneaux d’information, livrets et sentiers balisés sont autant de moyens que la commune de Saint-Jean-
Saint-Nicolas met en place pour partager les connaissances.
La biodiversité se meurt en silence et l’humanité en est respon-
sable. Cette biodiversité c’est la richesse des espèces, leur diversité
génétique et leurs interactions. Ces espèces et écosystèmes four-
nissent un nombre incroyable de services à nos sociétés.
En lisant ces lignes du ministère de la Transition Écologique et Solidaire, je ne pouvais rester insensible et indifférente. Notre commune, située dans l’aire d’adhésion au Parc national des Écrins, est un territoire engagé pour la nature. Des actions pour réduire la pollution lumineuse, lutter contre les espèces invasives (la renouée du Japon), préserver les adoux, ont déjà été menées. Mais comment mieux connaître, éduquer, former tout un chacun, donc aller plus loin ?
Le plan Biodiversité « Tous vivants » et l’opportunité d’initier un ABC (Atlas de la Biodi- versité Communale) financé en partie par l’OFB (Office Français de la Biodiversité), nous a donné un outil pour commencer à répondre à ces questions.
L’élaboration de ce livret nous a permis de participer à des ateliers avec des spécialistes scientifiques, de valoriser les connaissances sur la biodiversité d’un secteur et de sensibi- liser les élus, les citoyens, les acteurs socio-économiques.
Mieux connaître pour mieux s’approprier et mieux protéger notre patrimoine naturel doit devenir notre credo.
Josiane Arnoux
Maire de Saint-Jean-Saint-Nicolas
Ce livret est le fruit de deux années de travail. Il accompagne deux autres pièces : un rap- port détaillé sur les résultats des inventaires et un site internet spécifique. Si à l’échelle mondiale on estime entre 5 et 12 millions le nombre d’espèces différentes, nous consti- tuons à Saint-Jean-Saint-Nicolas un maillon de cette chaîne innombrable. En présentant cette richesse communale, qui dépasse évidemment nos limites administratives, la notion de continuité écologique prend tout son sens. Un ABC n’est pas un inventaire exhaustif, mais vise à présenter les « petites bêtes » moins connues, et certainement plus fragiles aux changements globaux. Alors j’en profite pour rassurer certains, il y a aussi sur la com- mune, des sangliers et des chevreuils !
Rodolphe Papet
Élu en charge de la coordination de l’ABC
Partenaires de la démarche et remerciements
Se sont également joints à cette démarche différents partenaires et notamment le GRENHA (Groupe d’Entomologistes des Hautes-Alpes), Marc Corail, Anne-Lise Macle, Damien Combrisson et Rodolphe Papet (Parc national des Écrins), Philippe Moulec (Office Français de la Biodiversité), Josiane Arnoux (Maire de la commune), Edwige Bellue (Secrétaire de mairie de la commune), Florence Guiradot (Chambre de l’Agriculture des Hautes-Alpes), Bernard Kaufmann (Université
Claude Bernard Lyon I).
Cet atlas ne se traduit pas par une exhaustivité des connaissances mais un point sur les connaissances à un moment donné. Beaucoup d’espèces restent encore à inventorier sur la commune.4 5
Bonjour, je suis Mimi l’hermine. Comme beau-
coup d’autres animaux de nos montagnes, j’ai
développé différentes stratégies pour pouvoir
vivre plus facilement dans mon environne-
ment. Une de mes meilleures adaptations est
le camouflage ! Pour te le prouver, essaie de me
retrouver dans les pages de ce livret.
Crédits photographiques
pour le Parc national des Écrins :
Christophe Albert, Robert Chevalier, Christian Couloumy,
Cyril Coursier, Claude & Amandine Evanno, Damien
Combrisson, Mireille Coulon, Marc Corail, Cédric Dentant,
Denis Fiat, Ludovic Imberdis, Marie-Geneviève Nicolas,
Bernard Nicollet, Jean-Pierre Nicollet, Rodolphe Papet,
Hélène Quellier, Pascal Saulay, Jean-Philippe Telmon,
Olivier Warluzelle.
pour Entomia : Yoan Braud.
pour le CNRS : Théotime Colin.
pour la commune Saint-Jean Saint-Nicolas : Rodolphe Papet.
« Personne ne sait comment sont exactement
les choses quand on ne les regarde pas »
Hubert Reeves
Sommaire
La biodiversité sur la commune ............................................................. p. 06
La diversité spécifique ............................................................................... p. 08
Le Drac, ses berges et ses adoux ................................................................p. 10
Les zones humides, cours d’eau, mares et lacs d’altitude ...................p. 14
Le bocage ...........................................................................................................p. 16
Pelouses et landes thermophiles ................................................................p. 18
Les forêts ........................................................................................................... p. 20
Les forêts de résineux .....................................................................................p. 22
Les rapaces nocturnes ................................................................................... p. 24
Les alpages ........................................................................................................ p. 26
Les galliformes de montagne ..................................................................... p. 28
Les milieux rocheux d’altitude ................................................................p. 30
Les fonctionnalités écologiques ................................................................ p. 32
Des groupes à la loupe .................................................................................. p. 34
Les espèces patrimoniales ........................................................................... p. 36
Les espèces invasives .................................................................................... p. 38
Favoriser la biodiversité ............................................................................... p. 40
Agriculture et biodiversité .......................................................................p. 42
Sentier de découverte : le sentier de l’Adoux des Foulons ............. p. 44
Biodiversité n.f.
Toutes formes d’expression de la variabilité du vivant.
« La biodiversité rassemble la diversité des gènes, des espèces et des
écosystèmes, sans oublier les interactions qui existent entre eux. »
Thierry Tatoni, Maître de conférences à l’université Saint Jérôme à
Marseille, chercheur à l’Institut Méditerranéen de la Biodiversité et
d’Écologie marine et continentale6 7
La biodiversité
sur la commune
Située dans la vallée du Champsaur, la commune de St-Jean-St-Nicolas fait par- tie des 49 communes adhérentes à la charte du Parc national des Écrins. Elle re- présente une superficie de 3 717 ha avec une altitude s’échelonnant entre 1 080 et 2 620 m à la Pointe sud de la Venasque.
Bocage montagnard, rivière Drac,
hêtraies, sapinières, mélézins, pe-
louses d’alpage, zones rocheuses...
le paysage diversifié, les versants
opposés et les variations impor-
tantes d’altitude sont favorables
à l’installation d’une diversité
importante d’espèces animales
et végétales. À cela s’ajoute une
diversité des sols importante, qui
permet le développement d’une
flore originale et très diversifiée,
et, par conséquent, l’installation
de nombreuses espèces animales.
Pour en savoir + : http://biodiversite.ecrins-parcnational.fr
Une diversité spécifique remarquable
Les inventaires spécifiques de 2018 réalisés dans le cadre
de l’ABC de Saint-Jean-Saint-Nicolas ont permis de trouver :
La biodiversité connue à ce jour
pour la commune de Saint-Jean-Saint Nicolas
922 espèces de plantes
et bryophytes
46 % PNE, 28 % 05*
156 espèces d’oiseaux
59 % PNE, 48 % 05
862 espèces d’insectes
36 % PNE, 19 % 05
51 espèces de mammifères
59 % PNE, 52 % 05
12 espèces d’arachnides
araignées &
scorpions 4 % PNE, 5 % 05
7 espèces de reptiles
50 % PNE, 24 % 05
4 espèces de poissons
10 % PNE, 17 % 05
35 espèces de gastéropodes
22 % PNE, 18 % 05
319 nouvelles espèces pour la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas nouvelles espèces pour le Parc national des Écrins
*Nombre d’espèces connues pour la commune par rapport au nombre d’espèces connues pour le Parc national des Écrins et pour le département des Hautes-Alpes, pour chaque groupe.
2
... et bien
d’autres à
découvrir !
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Vieux Chaillol
3163m Champoléon
Orcières
Ancelle
Saint-Bonnet
GAP
Saint-Jean
Saint-Nicolas
Biodiv’Ecrins Biodiv’Ecrins met à votre disposition
l’ensemble des données collectées par le
Parc national des Écrins depuis sa création
en 1973. Chaque jour, ses agents font des
observations dans le cadre de leurs missions
avec un véritable souci d’enrichissement
des connaissances sur la biodiversité alpine.
Elles sont affichées en temps réel sur cet
atlas. Vous pouvez ainsi suivre l’état des
connaissances sur ce territoire.8
La diversité
spécifique
La diversité spécifique est
étroitement dépendante
des milieux naturels d’un
territoire et de leur qualité.
Pour Saint-Jean-Saint-Nicolas,
les habitats naturels ou semi-
naturels peuvent être regroupés en
20 grandes catégories.
Habitats naturels
et semi-naturels
9
Milieux aquatiques
Bords de cours d’eau
Zones humides
Prairies
Pelouses alpines
Fourrés
Fourrés thermophiles
Landes alpines
Forêts de Chêne blanc
Forêts de Pin sylvestre
Forêts de feuillus
Hêtraies
Hêtraies-sapinières
Sapinières
Forêts de Mélèze
Éboulis alpins
Éboulis thermophiles
Zones rocheuses
Cultures
Plantations d’arbres
Carte des habitats naturels
Commune de Saint-Jean Saint-Nicolas
source : PNE
réalisation : C. Guignier - Montéco
juin 2019 • Fonds : Google map10 11
Le Drac ses berges
et ses adoux Un élément naturel structurant
le paysage et les activités
Les chauves-souris comme le Murin
à Moustache ou le Murin de Natterer
chassent fréquemment au-dessus de
l’eau à la recherche d’insectes voire
même de petits poissons pour le
Murin de Daubenton.
De nombreux oiseaux fréquentent
les berges et le cours d’eau du Drac
dont certains dépendent particu-
lièrement des milieux aquatiques
comme le Cincle plongeur (Cinclus
cinclus), le Chevalier guignette (Ac-
titis hypoleucos) ou le Héron cendré
(Ardea cinerea).
Bancs de gravier ou de sable
En marge du cours d’eau ou en ilots dans le
lit d’une rivière, les bancs de sable et de gra-
vier sont favorables au développement d’es-
pèces spécifiques comme la Massette à larges
feuilles ou l’Epilobe de Fleisher et le rare cri-
quet Tétrix des torrents. Ces espèces, souvent
colonisatrices, parviendront à se réinstaller sur
les milieux dégagés par des crues.
Cours d’eau,
milieux aquatiques
Les cours d’eau sont les habitats des poissons
comme le Chabot ou la Truite commune mais
sont aussi l’habitat d’autres espèces comme le
Campagnol amphibie. Ce petit rongeur aqua-
tique, très bon nageur, se nourrit de plantes
des berges ou poussant dans l’eau et s’abrite
dans un terrier dont l’entrée est immergée.
C’est une espèce très peu commune, vivant
en petites colonies et ne s’éloignant pas des
milieux en eau permanente.
Naissant de la rencontre
du Drac Blanc, venant de la
vallée de Champoléon, et
du Drac Noir venant de la
vallée d’Orcières, le Drac
parcourt plus de 130 km
avant de rejoindre l’Isère,
en aval de Grenoble. Tout au
long de ses rives, une faune
et une flore caractéristiques
s’installent, habituées aux
changements dynamiques
du cours d’eau (crues et
étiages) et aux caprices de
la montée des eaux suite à la
fonte des neiges.
Chevalier guignette
Larves de trichoptères dans leur fourreau
Tétrix des torrents
Murin de Daubenton
Massette à larges feuilles - Typha latifolia
Chabot Campagnol amphibie
Les invertébrés d’eau douce ont un rôle
majeur dans l’épuration et le fonctionnement
des cours d’eau. Ainsi, les macro-invertébrés,
des insectes aquatiques, peuvent être utilisés
pour évaluer la qualité de l’eau. Ils sont aussi
très bien connus des pêcheurs ! Regroupant
quatre principales familles, ils servent de base
alimentaire à de nombreuses espèces :
• les larves d’éphémères,
• les larves de trichoptères à fourreaux
(les « porte-bois » ou « porte-faix »)
• les larves de trichoptères libres (que les
pêcheurs appellent les « vers bleus »)
• les larves de plécoptères (que les pêcheurs
d’ici appellent les « pataches »).
Adoux des FoulonsLe saule est à l’origine de nombreuses croyances :
symbole d’immortalité dans la mythologie orientale, origine
de la création des humains pour certains peuples amérin-
diens, symbole de mort pour les germains... Ses vertus cu-
ratives sont connues depuis l’Antiquité et l’écorce du Saule
blanc est à l’origine de l’aspirine (acide salicylique) !
12 13
Le saviez-vous ?
Les adoux
sont de petits ruisseaux s’écoulant en
marge du ruisseau principal. Ils sont
alimentés pour la plupart par la nappe
phréatique et ont un rôle primordial dans
le bon fonctionnement hydraulique et
biologique de la rivière Drac. Véritables
réservoirs biologiques, ils présentent une
eau à température et débit relativement
constants toute l’année et constituent
ainsi des zones de frais privilégiées pour
les poissons et des zones refuges pour
de nombreuses espèces. Leur connexion
avec le cours d’eau est donc essentielle.
Les adoux apportent également un dé-
bit significatif à la rivière lorsque le
débit du Drac est le plus faible : en
fin d’été ou en hiver, l’adoux des
Foulons peut ainsi quasiment
doubler le débit du Drac à
Pont-du-Fossé !
Les ripisylves
Quand les berges se stabilisent, elles de-
viennent favorables à l’installation des
arbres (peupliers, frênes...) : ils forment
une ripisylve ou forêt rivulaire. Ces milieux
sont prisés par de nombreuses espèces
comme les chauves-souris (Barbastelle
d’Europe, Murin à moustache, Noctule de
Leisler...) qui chassent en lisière ou dans
les houppiers, les escargots, les oiseaux,...
Au niveau des secteurs plus stables, un peu en retrait du lit
du cours d’eau, les buissons et les petits arbres s’installent
comme l’Argousier et les saules.
La Vallonie trompette
Vallonia pulchella
est une petite espèce discrète mais assez commune d’es-
cargot pulmoné. Sa coquille, pâle, assez translucide et bril-
lante, marquée de stries irrégulières, ne dépasse pas 2 à
2,5 mm de diamètre. Son nom provient du fait que l’ouver-
ture de la coquille est brusquement réfléchie et épaissie,
formant comme un pavillon de trompette. Elle habite les
lieux humides, marais, berges de rivières, etc. Chose très
rare chez les gastéropodes, des cas de soins parentaux ont
été observés, les œufs étant semble-t-il nettoyés pour em-
pêcher le développement de champignons.
Couleuvre à collier
Natrix helvetica
Ce serpent de taille
moyenne est totalement
inoffensif pour l’homme.
Il se nourrit de petits
vertébrés, principale-
ment d’amphibiens, qu’il
chasse aussi bien à terre
que dans l’eau. Il occupe
une grande variété d’ha-
bitats souvent en lien
avec la proximité de
milieux humides, rose-
lières, bords d’étangs...
Oiseau très coloré,
le Martin-pêcheur
Alcedo atthis fréquente
les adoux de la commune.
la Brillante commune
Cochlicopa lubricella
la Luisantine des marais
Zonitoides nitidus.
L’Auriculette naine
Carychium minimum
la Vallonie trompette
Vallonia pulchella
Saule blanc - Salix alba Saule drapé - Salix eleagnos Osier rouge - Salix purpurea Argousier des fleuves Hippophae rhamnoides
subsp. fluviatilis
Le Drac ses berges
et ses adoux14 15
Laîche blonde - Carex hostiana, Laîche écailleuse - Carex
lepidocarpa, Laîche à bec - Carex rostrata, Laîche tardive -
Carex viridula, Cirse des marais - Cirsium palustre,
Linaigrette à feuilles étroites - Eriophorum angustifolium,
Jonc des Alpes - Juncus alpinoarticulatus
Ophioglosse commun - Ophioglossum vulgatum
Orchis de mai - Dactylorhiza majalis
sont autant d’espèces végétales que l’on peut rencontrer
dans les zones humides de la commune.
Le Vertigo des marais, Vertigo antivertigo est un
petit escargot d’environ 2 mm de hauteur et qui pré-
sente 6 dents principales à l’entrée de sa coquille.
Les zones humides,
cours d’eau, mares
et lacs d’altitude lac de l’Estang
Milieux aquatiques et zones humides ne sont pas forcément en eau
toute l’année. De nombreuses mares s’assèchent par exemple en été
mais elles ont pu offrir des lieux de ponte favorables à différentes
espèces d’insectes et d’amphibiens.
Le Sonneur à ventre jaune
Bombina variegata
petit batracien très rare, est
reconnaissable à son ventre
marbré de jaune vif et de noir
ainsi qu’à sa pupille en forme
de cœur. C’est une espèce
pionnière qui colonise les
points d’eau souvent tempo-
raires comme les ornières, les
tranchées, les flaques ou les
mares peu profondes. Pour
St-Jean St-Nicolas, la popula-
tion du Frêne est très impor-
tante pour la région SUD.
L’Alyte accoucheur
Alytes obstetricans
est un crapaud trapu vivant
souvent en petites colonies. La
reproduction, qui intervient en
avril-mai, est très particulière
pour cette espèce : les œufs,
au lieu d’être déposés dans
l’eau, sont portés par le mâle
jusqu’au moment de l’éclosion.
Pour la commune, la popula-
tion d’Alytes du lac de l’Estang
se distingue par sa localisation
particulièrement élevée en alti-
tude pour la région SUD.
Le Triton alpestre
Ichthyosaura alpestris
un « poisson-lézard »
qui partage son temps
entre les milieux aqua-
tiques, en saison esti-
vale et la terre ferme,
le reste de l’année.
En conditions plus humides, la végétation change encore. Des espèces
spécialisées comme les carex et les joncs vont se développer. Elles seront différentes en prairies, sous-bois, bas marais et bordure de lac d’altitude.
Laîche à bec Linaigrette Jonc des Alpes Ophioglosse commun Orchis de mai
La Sérotine de Nilsson - Eptesicus nilssonii est une chauve-sou-
ris qui affectionne particulièrement les plans d’eau d’altitude, tels
que les lacs alpins mais aussi les grandes mares forestières. On
y trouve aussi les espèces dites pêcheuses telles que le Murin à
moustache et le Murin de Daubenton.
D’autres espèces pré-
fèrent les milieux plus
aquatiques comme le
Trèfle d’eau - Menyan-
thes trifoliata, la
Renoncule à feuilles
capillaires - Ranuncu-
lus trichophyllus ou la
Libellule déprimée -
Libellula depressa16 17
À une altitude moyenne de 1 000 m d’alti-
tude, le bocage du Champsaur est l’un des
plus hauts d’Europe et l’un des plus éten-
dus des Alpes ! Ce paysage montagnard
remarquable, évoluant avec le temps dans
un équilibre mouvant, est constitué autour
des pratiques agricoles locales. Le bocage
champsaurin joue un rôle majeur dans le
déplacement des espèces et constitue ain-
si un corridor écologique important pour
les Hautes-Alpes. Les autres atouts du
bocage : limitation de l’érosion des sols, ré-
tention des eaux, protection contre le vent,
réserve de bois, ...
Demi-Deuil - Melanargia galathea
Le nom vernaculaire de ce papillon est lié à la
coloration de ses ailes, noires et blanches. Autre-
fois, les deuils des veuves ou des veufs étaient ac-
compagnés par des vêtements de couleur noire
associée à du blanc, du gris ou du violet. Le deuil
était rythmé par différentes étapes, le crêpe noir,
la soie noire et enfin le demi-deuil. Il est égale-
ment appelé Échiquier ou Arge galathée. Cette
espèce encore commune de nos jours est étroi-
tement liée aux milieux herbacés dont elle ne
s’éloigne que très rarement : prairies, pelouses
sèches, etc. La femelle pond sur de nombreuses espèces de graminées, plantes hôtes des petites chenilles. Les chenilles, bien que toutes petites (2/3 millimètres), vont éclore du- rant l’été, manger les restes de leurs œufs, puis se mettre en diapause pendant plus de 7 mois. Durant cette période, elles ne vont pratiquement plus se nourrir ; elles ne reprennent leurs activités de nourrissage nocturne qu’en fin d’hiver ou au début du printemps.
L’agriculture sur Saint-Jean Saint-Nicolas
en quelques chiffres
19 exploitations (dont 14 d’élevages bovins, ovins et ca-
prins) et 1 groupement pastoral œuvrent sur le territoire
communal. Ainsi, 2 203 hectares sont travaillés sur la com-
mune dont 1 083 hectares pour les estives, 749 ha en landes
et parcours, 173 ha en prairies naturelles fauchées, 154 ha
en prairies temporaires ou artificielles et 44 ha en céréales.
Source : Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes, F. Guirado, 2019
Les murets de pierres sèches traditionnels qui enca-
drent les champs ou bordent les chemins sont également
des éléments du paysage favorables à la biodiversité. Les
interstices accueillent plantes, mousses, lichens, escargots,
papillons, abeilles, reptiles, hérissons, chauves-souris et oi-
seaux parfois : autant d’auxiliaires favorables aux cultures !
Ils permettent aussi de lutter contre le ruissellement ra-
pide et de favoriser le maintien des terres.
Haies de Frênes : caractéristiques du
paysage bocager champsaurin, leur en-
tretien fournissait autrefois du bois de
chauffage. Elles offrent des habitats de
chasse en lisières et dans les feuillages qui
conviennent particulièrement à certaines
espèces. Les arbres têtards qui les com-
posent offrent aussi de nombreux abris
aux Chauves-souris : Barbastelle d’Europe,
Murin à moustaches, Murin de Natterer,
Oreillard roux, Oreillard montagnard. Ces
habitats sont aussi ceux du Muscardin, pe-
tit rongeur nocturne et de la Pie grièche
écorcheur, oiseau migrateur qui profite de
la belle saison sur la commune, se nourris-
sant de gros insectes et de petits vertébrés,
qu’elle peut accrocher à des épines ou des
barbelés pour constituer des réserves.
Prairies de fauche : elles
sont souvent favorables
au développement d’une
flore riche et diversifiée
attirant de nombreux
insectes.
Canaux d’irrigation :
permettant l’arrosage des
cultures et prairies, ils
forment de petits milieux
aquatiques participant à la
biodiversité du territoire.
Le bocage
Développé il y a plus de deux siècles et initialement prévu
pour subvenir aux besoins en bois et fourrage de la vallée, le
maillage bocager champsaurin constitue un patrimoine paysager
remarquable. Prairies, haies, fossés d’irrigation, diversité des
cultures, petits boisements constituent des habitats variés et ici de
qualité remarquable, favorables à
une belle biodiversité.
Petits boisements
Le Frêne - Fraxinus excelsior, le Merisier
Prunus avium sont les arbres les plus ca-
ractéristiques des haies bocagères champ-
saurines.18 19
Les conditions de sol et d’exposition favorisent ici
le développement d’autres espèces, plutôt ther-
mophiles, c’est-à-dire qui aiment la chaleur et les
conditions plutôt sèches.
De nombreux criquets fréquentent ces habitats
dont l’Œdipode stridulante, qui à l’envol, dévoile
ses ailes rouges tout en émettant un crépitement
caractéristique.
Certaines chauves-souris sont spécialisées dans
la chasse des insectes prairiaux. Sérotine com-
mune, Petit Murin et Grand Murin peuvent aller
glaner des gros insectes au sol qu’elles broient
avec leurs longues canines et leurs mâchoires
puissantes. Les Oreillard roux et l’Oreillard mon-
tagnard chassent des papillons de nuit qui vo-
lètent au ras des herbes.
Milieux rocheux
Le Vespère de Savi et le
Molosse de Cestoni sont
deux chauves-souris qui
gîtent dans les parois ro-
cheuses, fentes, fissures
ou anfractuosités.
Pour les escargots, on re-
trouve ici le Maillot va-
riable, Granaria variabilis
et le Maillotin mousseron,
Truncatellina cylindrica
Circaète Jean-le-Blanc - Circaetus gallicus
Ce grand rapace spécialisé dans la capture
des reptiles est très régulièrement observé
en chasse survolant les adrets bien enso-
leillés de Saint-Nicolas ou des Roranches.
Même si sa reproduction n’est pas confir-
mée sur la commune, elle est très forte-
ment suspectée dans les environs de Clot
Davin. Du fait de son régime alimentaire,
exclusivement constitué de reptiles et
notamment de serpents, le Circaète n’est
présent que de
mars à septembre
et contraint en
hiver de quitter
le territoire pour
migrer en Afrique
sahélienne.
Népéta glabre - Nepeta
nuda, Gnaphale dressé
- Bombycilaena erecta et
Herniaire blanchâtre -
Herniaria incana : 3 plantes
cotonneuses des lieux
arides et rocailleux comme
la falaise des Dauphins sur
la commune.
Dans les conditions chaudes
qu’offrent les versants adrets,
d’autres espèces spécialisées
trouvent leurs habitats au
niveau des milieux rocheux
comme au niveau de la falaise
des Dauphins.
Malgré un climat déjà bien montagnard devenant continental,
le versant sud de la commune reste favorable au développement
de pelouses sèches et de landes thermophiles (sous le Plateau
de la Coche ou le Pré du Palastre).
Vipère aspic - Vipera aspis
Maillot variable
Granaria variabilis
Inule variable
Inula bifrons
Pelouses
et landes
thermophiles
Œdipode stridulante
Psophus stridulus
Bulime zébré - Zebrina detrita
Lézard à deux raies - Lacerta bilineata
Oxytropis poilu
Oxytropis pilosa
Bruant zizi
Emberiza cirlus20 21
Quand un arbre meurt, c’est toute une vie
foisonnante qui lui succède ! Nombreuses
sont en effet les espèces qui se nour-
rissent du bois pourrissant (coléoptères,
mouches, champignons...).
Ce cortège de « saproxylophages » pro-
fite à d’autres : des prédateurs spécialisés,
des mangeurs de champignons, etc. Ainsi,
c’est tout un petit monde (des centaines
d’espèces) qui se construit sur l’arbre
mort !
À Saint-Jean-Saint-Nicolas, le Bupreste
montagnard - Buprestis rustica se nourrit
exclusivement du bois fraîchement mort
de résineux, tandis que les larves de la Ly-
cie sanguine - Lygistopterus sanguineus se
nourrissent de petits invertébrés dans les
troncs pourris de feuillus.
Feuillus en mélange : dans les secteurs de
prairies, au niveau des haies, là où le sol
est plus profond et à la faveur de condi-
tions hydriques plus favorables, se déve-
loppent les feuillus comme le Frêne éle-
vé, différents érables (champêtre, d’Italie,
plane, sycomore), le Noisetier,
Chênaie pubescente :
pour les secteurs plus
secs et mieux exposés,
le Chêne pubescent do-
mine quelques petits boi-
sements (Montorcier et
Frustel).
Hêtraies et les hêtraies
sapinières se retrouvent
en particulier sur le ver-
sant nord de la commune
(Costebelle), en condition
de sol plutôt acide et au
sous-bois assez sombre.
Ces sous-bois sont favo-
rables aux espèces d’ombre
comme le Calament à
grandes fleurs - Clinopodium grandiflorum
ou cette orchidée très discrète, la Racine
de Corail - Corallorhiza trifida. Quelques
hêtraies se développent aussi en versant
sud, sur sol calcaire (Les Bayles, en amont
du plateau de la Coche) au sous-bois plus
clair et sec, abondant en herbes et buissons.
Les conditions variées de sols,
d’exposition, d’altitude, de
lumière ou encore d’humidité
permettent l’installation d’une
diversité forestière remarquable.
On retrouve ainsi sur le territoire
des pinèdes de Pin sylvestre, des
chênaies de Chênes pubescents,
des hêtraies, des hêtraies-
sapinières, des sapinières, des
mélézins et des formations de
feuillus en mélange.
La chenille de l’Écureuil (Stauropus fagi)
n’a rien à envier aux créatures fantastiques
que l’on voit dans les « blockbusters hollywoo-
diens » ! Ce petit aliène ne se nourrit pourtant
que de feuilles et est totalement inoffensif !
Les forêts abritent des chauves-souris qui
gîtent dans les arbres à cavités ou sous
les écorces. Ce sont aussi des espèces
spécialistes de la chasse dans les allées
forestières, dans les lisières ou dans les
feuillages : Barbastelle d’Europe, Sérotine
commune, Murin à moustaches, Noctule
de Leisler, Pipistrelles et les Oreillards.
Les forêts
Autour des palombes - Accipiter gentilis source : Observatoire Régional de la forêt méditerrannéenne
Calament à grandes feuilles Racine de Corail
66 % 1 393 ha 18 % 388 ha 16 %
347 ha
56 % Taux de boisement de la commune (2 128 ha)
conifères
feuillus
forêts mixtes22 23
Les forêts
de résineux
Le mélézin : que l’on retrouve en haut des
versants nord comme sud. Il s’agit ici de
forêts plantées pour la plupart au début du
XIXe siècle suite à la reforestation des ter-
rains de montagne dans un souci de lutte
contre l’érosion, les glissements de terrain
et les avalanches. Leur régénération devra
passer ici par l’intervention humaine car le
Mélèze est une espèce pionnière.
Les forêts de résineux sont d’autant plus
attrayantes pour les chauves-souris
qu’elles abritent une strate arbustive et
herbacée riche en végétation.
Différentes forêts de
résineux se rencontrent
sur le territoire de la
commune. En fonction des
altitudes et des versants,
les espèces dominantes
changent. La pinède de
Pin sylvestre : plutôt dans
la partie basse du versant
sud, au-dessus du Frustel
et de Montorcier.
La sapinière dominée par
le Sapin pectiné (Abies
alba), en versant nord
(Le Foreston, Cafal).
Le Pin à crochet
Pinus mugo subsp. uncinata,
endémique des montagnes du centre
et du sud de l’Europe, se développe sur
quelques secteurs de plus haute altitude,
où la concurrence avec les autres arbres
se réduit. Il se caractérise par ses aiguilles
courtes et regroupées par deux et ses
cônes très crochus sur chaque écaille et
non symétriques.
Casse-noix moucheté
Nucifraga caryocatactes
oiseau spécialisé dans la consommation
de graines de Pin cembro. Les liens entre
l’oiseau et les graines qu’il consomme
peuvent être si forts que certaines popu-
lations ont des formes de becs adaptées à
celle des cônes des résineux locaux !
Le Bombyx de Millière
Poecilocampa alpina
vole en fin d’automne dans les forêts de
mélèzes dont la chenille se nourrit. Les
espèces de cette famille de papillons ont
la particularité de ne pas se nourrir au
stade adulte (trompe atrophiée). Ainsi,
leur présence est uniquement dédiée à la
reproduction. Pour cela, les mâles sont do-
tés de grandes antennes pectinées qui leur
permettent de détecter des odeurs (phéro-
mones) émises par les femelles à plus d’un
kilomètre !24 25
Les rapaces
nocturnes
ingénieurs du son
Grands yeux immobiles, cris résonnants dans la nuit, entourés de
mystères... ces oiseaux méconnus et parfois associés à des légendes
effrayantes peuvent paraître inquiétants. Bien qu’aujourd’hui ils
bénéficient d’une image plus sympathique, certaines espèces sont
menacées.
Grand-duc d’Europe
Bubo bubo
Chasseur redoutable, c’est le plus grand ra-
pace nocturne d’Europe (75 cm). Sa durée
de vie est de 20 ans en moyenne ! Il niche
en général dans les falaises. En France, sa
population semble en augmentation mais
elle reste difficile à estimer. Sur la com-
mune, les falaises de Corbières abritent un
couple nicheur.
Nyctale de Tengmalm
Aegolius funereus
peu répandue, cette chouette vit dans les
vieilles forêts de moyenne montagne, gé-
néralement dominées par les résineux, et
niche dans les anciennes loges de pic. Son
chant, plutôt mystérieux, peut s’entendre
dans un rayon de 2 à 3 km.
Chouette chevêchette
Glaucidium passerinum
Avec 15 à 17 cm, c’est le plus petit rapace
de France. Oiseau rare et présent unique-
ment en forêt de montagne, il est difficile à
entendre ou apercevoir.
Chouette hulotte
Strix aluco
Aussi appelé Chat-huant, est le plus connu des rapaces nocturnes. Elle fréquente les fo- rêts, les jardins, parfois très proche des habitations voire même dans les maisons, mais elle reste malgré tout très sensible à la lumière. Elle pond ses œufs blancs et ronds dans un trou d’arbre, un vieux nid d’écureuil ou de corneille, parfois dans le trou d’une muraille ou d’un rocher et se nourrit de petits mammifères.
Une ouïe très fine leur permet de repérer
des proies très méfiantes. Leur « grosse
tête » est en fait un « masque de plumes »
autour d’un crâne finalement assez petit.
Ce « disque facial » permet à l’oiseau de
mieux capter les sons et de les amplifier,
comme une parabole !
Pour se déplacer en silence, le plumage
très doux, composé de très fines barbules
de plumes, amortit le frottement de l’air.
Certaines grandes plumes (les premières
rémiges), ont de fines barbules disposées
en « peigne » et permettant de fendre l’air
sans produire de bruit. Même les pattes
sont emplumées, afin d’encore limiter le
bruit des frottements de l’aire !26 27
Le Céphalion - Coenonympha macromma - a la particularité d’être
issue d’une hybridation naturelle il y a 10 000 à 20 000 ans entre
deux espèces ; l’une de plaine, Coenonympha arcania - Céphale et
l’autre des prairies alpines, Coenonympha gardetta – Satyrion. Le
Céphalion est endémique du sud des Alpes ; on ne le trouve nulle
part ailleurs dans le monde. Sur la commune, cette espèce abon-
dante s’observe durant les belles journées ensoleillées de l’été.
Les chenilles grégaires de la Livrée des alpages - Malacosoma
alpicolum – ont la caractéristique de tisser des toiles de soie
dans la végétation herbeuse pour se protéger du mauvais temps
et y passer la nuit. Actives durant les journées ensoleillées de
l’été, si vous en rencontrez, aucune crainte à avoir, les chenilles
poilues ne sont pas allergènes et n’ont aucun lien de parenté
avec les espèces de processionnaire !
Les alpages
Lièvre variable - Lepus timidus
Afin de se confondre avec le manteau de
neige et d’échapper à ses prédateurs, le
Lièvre variable se pare d’un chaud man-
teau blanc.
Les chamois - Rupicapra rupicapra
fréquentent les pentes ensoleillées du
Palastre, l’Ubac de la Petite Autane et la
crête qui conduit à la Grande Autane, pour
déneiger de leurs sabots les quelques
touffes d’herbes restantes.
Les alpages sont également le terrain de chasse de nombreux
oiseaux dont l’Aigle royal pour lequel la Marmotte représente
26 % de son alimentation en été. Les alpages sont par excel-
lence le domaine des criquets et sauterelles. Généralement
abondants et peu discrets dans ces habitats, ils se font
remarquer par leurs bonds et leurs stridulations. Dans
la fraîcheur des ubacs prairiaux, par exemple vers Com-
beau, existe un criquet très rare dans les Alpes du Sud, plus à
son aise dans les massifs verdoyants des Alpes du Nord : la
Miramelle fontinale (Miramella alpina).
Et en hiver...
Si de nombreuses espèces migrent en
hiver pour des milieux plus chauds, cer-
taines espèces de nos montagnes ont su
développer des stratégies variées pour
survivre aux rudes conditions hivernales.
Entre 1 700 et 2 200 mètres d’altitude sur la commune, les conditions deviennent trop difficiles pour les arbres qui laissent ici la place aux
couleurs des fleurs d’alpage. Les troupeaux se régalent en été d’une
herbe grasse et abondante. Ces milieux, fragiles, sont favorables à
une biodiversité importante dont
les espèces présentent souvent
des adaptations performantes.
À ces altitudes, la belle saison est très
courte. Animaux et végétaux se hâtent
pour se reproduire et faire leurs réserves.
Au fil de la saison, la flore se dépêche d’at-
tirer par des couleurs vives les insectes
pollinisateurs.
Au cœur de l’été, les Asters des Alpes et
les gentianes épinglent de taches colo-
rées les verts alpages.
Phalène chamoisée - Theria rupicapraria
Contrairement à la majorité des insectes, ce papillon vole en
fin d’hiver. Dès les premiers redoux, à la tombée de la nuit, le
mâle s’envole en quête d’une femelle. Cette dernière à la parti-
cularité d’avoir des ailes atrophiées, donc elle ne peut pas vo-
ler ! Par contre, elle a des pattes robustes qui lui permettent
de grimper dans les arbustes avec agilité, telle une four-
mi, pour pondre ses œufs à la base des bourgeons.
Gentianes printanières - Gentiana verna28 29
Les galliformes
de montagne
Perdrix bartavelle
Alectoris graeca saxatilis
Espèce méridionale, elle se retrouve de l’arc
alpin à la Grèce, en passant par le massif des
Balkans, les Apennins et la Sicile. Sur les ver-
sants adrets, plus secs et ensoleillés où elle oc-
cupe des mosaïques de milieux variés : prairies,
pelouses, petits bosquets, fourrés de buissons,
escarpements rocheux, éboulis... à différentes
altitudes, en fonction des saisons. Mâles et fe-
melles arborent le même plumage, dos gris cen-
dré brunâtre, pattes et bec rouges, queue rousse.
La femelle va pondre dans deux nids que coq et
poule vont couver chacun de leur côté !
Tétras-lyre
Tetrao tetrix
Présent sur l’ensemble de la chaîne alpine
jusqu’aux Balkans, il affectionne la zone de tran-
sition forêts et alpages constituée de boisements
de résineux, de landes et de pelouses où il trouve
nourriture et refuge. Lors de parades nuptiales
remarquables, les coqs s’affrontent dans des
« arènes », sous l’œil attentif des femelles.
Ces oiseaux dépendent fortement des milieux
qu’ils habitent. Ainsi, le Tétras-lyre et la Perdrix
bartavelle ont besoin de milieux en mosaïque,
diversifiés. Les troupeaux qui pâturent dans
les alpages et la fauche des prairies d’altitude
contribuent au maintien de ces milieux. Les mo-
difications de ces pratiques anciennes peuvent
entraîner des perturbations importantes pour
ces espèces : embroussaillement principalement,
l’équilibre entre pratiques pastorales et conser-
vation de ces oiseaux est souvent recherché mais
reste difficile. L’augmentation de la fréquentation
touristique et des loisirs de pleine nature, en été
comme en hiver, est aussi un facteur de risques
qui pèse sur ces espèces.
Toutes ces espèces font l’objet de suivis régu-
liers par l’Observatoire des Galliformes de Mon-
tagne (OGM) avec lequel le Parc national des
Écrins est partenaire et pilote sur certains sites.
Végétarien ou insectivore selon l’âge, le
régime alimentaire est adapté aux condi-
tions locales et aux saisons. Certaines
espèces ont développé des adaptations
étonnantes comme le Tétras-lyre qui est
capable de digérer une partie de la cellu-
lose des aiguilles de pins, et de mélèzes, ti-
rant profit des rares végétaux disponibles
en hiver.
Lagopède alpin
Lagopus mutus
Il fréquente les alpages, landines à ar-
brisseaux nains et éboulis au-dessus de
2 000 m d’altitude. C’est une espèce arc-
tique par excellence, arrivée ici lors de la
dernière glaciation. Doué d’un mimétisme
remarquable grâce aux mues saisonnières
de son plumage, il se confond parfaite-
ment avec son environnement.
Perdrix bartavelle,
Lagopède alpin, Tétras-
lyre : très discrets et
farouches, cousins
sauvages montagnards
de nos poules et coqs de
basses-cours, ce sont des
oiseaux plutôt terrestres
aux populations
généralement
sédentaires.
Pour aller plus loin :
« Les galliformes,
Poules et coqs de montagne »
Les cahiers thématiques du Parc
national - Territoire des Écrins
dec. 2006 - 36 p.30 31
Les origines différentes des terrains :
pentes les plus nord occidentales des
montagnes de l’Embrunais pour la Petite
Autane et dernier ressaut des abrupts de
grés du Champsaur du côté du Palastre,
la présence de deux failles (faille de
Pont-du-Fossé et faille de la Coche), les
multiples chevauchements de terrains
engendrent différentes originalités géo-
logiques et pédologiques de la commune,
arborant des noms techniques aussi
« chatoyants » que « nappe de l’Autapie,
klippe de Soleil Bœuf... » et permettant le
développement d’espèces végétales très
diversifiées et spécialisées.
Sol instable, eau manquante, froid, et pour-
tant, beaucoup d’espèces spécialisées se
développent ici.
Le minéral est roi et la végétation ne peut compter que sur quelques fissures et petites cavités pour se développer. Certains oiseaux profitent allégrement de ces conditions pour bâtir leur nid et se jouent des courants thermiques accentués par les contrastes de températures qu’offre la roche.
Aigle royal
Aquila chrysaetos
un couple est nicheur sur la
commune au niveau du Pa-
lastre depuis plus de 30 ans. En
2018, un deuxième couple a été
observé nichant sur le versant
opposé de la Petite Autane.
Un couple de Faucon pèlerin
Falco peregrinus
niche au niveau des falaises
de la Doue. Ce rapace utilise
les falaises aussi bien comme
point d’observation pour la
chasse que pour nicher.
Parois, rochers et falaises
Les milieux
rocheux d’altitude Si sur la commune on
retrouve deux grands types
de milieux rocheux d’altitude,
les éboulis et les falaises ou
pentes rocheuses, là encore
les différences d’exposition,
d’altitude et de sol (calcaire
ou acide) entraînent une
diversité remarquable.
La belle Écaille jaune
Arctia flavia
est adaptée aux milieux
extrêmes de haute altitude,
ce qui demande à la chenille
2 à 3 ans pour donner un pa-
pillon. Polyphage, la chenille se
contente pour s’alimenter des
plantes et des lichens qu’elle
trouve. L’adulte a une activité nocturne
et il est incapable de se nourrir (trompe
atrophiée). Ce papillon a été trouvé sur
la commune lors d’une sortie d’inven-
taire organisée dans le cadre de l’ABC.
Il s’agit de la donnée la plus méridio-
nale actuellement connue.
L’Apollon - Parnassius apollo
est emblématique des
montagnes. Son esthétique
et sa grande taille ont attisé
l’avidité humaine depuis
des siècles, ce qui en faisait
l’un des papillons les plus
collectionnés d’Europe.
Depuis 1976, l’Apollon est
protégé en France.
Tichodrome
échelette
Tichodroma muraria
plutôt solitaire, il niche
et s’alimente dans les
falaises, qu’il explore
de bas en haut. Il n’hé-
sitera pas à défendre
son territoire lors de
joutes aériennes.
Sur sol calcaire
Daphné des Alpes - Daphne alpina
Epervière bleuâtre - Hieracium caesioides
Kernéra des rochers - Kernera saxatilis
Sur sol acide
Potentille des rochers - Drymocallis rupestris
Orpin des montagnes - Sedum montanum
Scléranthe vivace - Scleranthus perennis
Kernéra des rochers
Orpin Potentille
Daphné des Alpes
Scléranthe vivace32 33
Limiter ou contraindre les déplacements,
réduire ou détruire un habitat de repro-
duction ou un habitat de repos peut avoir
des conséquences très importantes pour
de nombreuses espèces.
Afin de mieux prendre en compte ces en-
jeux dans la gestion d’un territoire, diffé-
rentes notions ont été retenues comme la
définition de fonctionnalités écologiques,
de réservoirs de biodiversité ou de cor-
ridors qui peuvent être prises en compte à
l’échelle d’une commune, d’une intercom-
munalité, mais aussi d’un département,
d’une région, d’un pays, voire de plusieurs
continents pour le cas des grandes migra-
tions par exemple.
C’est ainsi qu’ont été définies les Trames
Vertes et Bleues (TVB) lors du Grenelle I
de l’Environnement en 2009. Ces éléments
ont été traduits dans le SCoT de l’Aire ga-
pençaise en 2013, par le Schéma Régional de
Cohérence Écologique (SRCE) en 2014 pour
la région Sud et pris en compte dans l’élabo-
ration du PLU de la commune en 2019.
D’une façon plus simple, on cherche à
connaître le fonctionnement d’un terri-
toire en fonction des espèces connues et
de leurs besoins. Certaines espèces dites
« indicatrices » vont être choisies pour
être représentatives de plusieurs autres
espèces, partageant des exigences écolo-
giques comparables.
Les
fonctionnalités
écologiques
Les espèces vivantes sont
étroitement liées à leurs milieux
de vie, que ce soit pour se
nourrir, pour se déplacer ou
pour se reproduire.
Les exigences sont multiples et
très variables en fonction des
espèces, de leur sensibilité, de
leur possibilité d’adaptation.
La prise en compte globale de
l’ensemble de ces besoins est
très complexe mais essentielle
afin de préserver et favoriser la
biodiversité.
La commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas
et plus largement le Champsaur, présentent
des rôles importants, que ce soit en tant que
réservoir de biodiversité mais aussi en tant
que corridor pour le déplacement.
Ainsi, le Drac et le maillage bocager repré-
sentent des milieux particulièrement favo-
rables aux déplacements de nombreuses
espèces. La commune de Saint-Jean-Saint-
Nicolas se localise sur un secteur de tran-
sition important entre Alpes internes du
nord et intermédiaires et Alpes du sud
(internes et intermédiaires suivant les syl-
vo-écorégions).
Depuis peu, les préoccupations liées à
la Trame noire sont de mieux en mieux
connues et prises en compte. Les réseaux
que traduit cette trame favorisent le dépla-
cement des espèces nocturnes du fait du
maintien de son obscurité.
La trame noire34 35
Des groupes à la loupe dans le cadre de l’ABC de Saint-Jean-Saint-Nicolas
Les chauves-souris
Seuls mammifères volants au monde, en France, les chauves-souris sont exclusivement insectivores et chassent la nuit, grâce à leur sonar. Malgré une vision très bonne, l’écholo- cation leur est indispensable pour chasser de minuscules insectes.
Mâles et femelles s’accouplent à l’automne, mais la fécondation est décalée après l’hiber- nation. Fin mai, un unique petit naîtra et sera allaité et élevé par sa mère. Les chauves-souris occupent différents habitats au cours de la saison : l’hiver, elles re- cherchent des lieux à températures stables pour hiberner (autour de 8 °C) : grottes, cavités arboricoles, caves des habitations, sous les ponts... L’été, les femelles recherchent des gîtes chauds et protégés pour mettre bas et élever les jeunes.
Sur la commune, on recense 17 espèces sur les 34 connues en France. Haies bocagères de frênes têtards et boisements tendres du bord du Drac sont très attractifs pour ces ani- maux. Riches en insectes, ces milieux offrent aussi de nombreux gîtes arboricoles (cavi- tés, écorces décollées). Les vieilles maisons de villages, combles d’églises sont aussi très prisées. Parmi les espèces emblématiques et typiques de la commune, on peut noter la Barbastelle et l’Oreillard montagnard.
Les escargots
32 gastéropodes ont été observés en
2018 dont 18 nouvelles espèces pour la
commune. L’ensemble est assez cohérent
avec les connaissances de ce secteur du
département des Hautes-Alpes avec des
cortèges des milieux frais à humides avec
l’Escargotin hérisson - Acanthinula acu-
leata ou l’Hélice des bois - Arianta arbus-
torum et un cortège des milieux secs, com-
prenant le Bulime zébré - Zebrina detrita et
le Maillot pygmée - Pupilla triplicata entre
autres. Quelques belles découvertes ont
été faites avec la Veloutée alpine, Edentiel-
la edentula, jusque-là connue uniquement
du Buëch et du Devoluy, ainsi que deux
coquilles d’une pagoduline - Pagodulina
sp., malheureusement en mauvais états et
dont l’identification n’a pu être précisée,
qui laisse présager encore d’autres décou-
vertes sur la commune.
Les papillons de nuit
Contrairement aux papillons de jour, dénommés aussi rhopalocères, les « papillons de nuit » ou hétérocères sont actifs de nuit ou de jour selon les espèces. Avec près de 5 230 es- pèces en France, ils vivent dans tous les milieux, excepté les milieux marins. Certaines espèces ont même des chenilles qui vivent sous l’eau ! Contrairement aux papillons de jour, ils sont moins appréciés du public alors qu’ils sont pour certains tout aussi colorés et à une exception près, tout aussi inoffensifs pour l’homme. En France, seule la Proces- sionnaire du pin peut causer des soucis de santé à cause de ses poils allergènes. Actuel- lement, sur Saint-Jean-Saint-Nicolas nous avons inventorié 399 espèces de papillons de nuit. Nous pensons qu’il en reste au moins autant à découvrir... En 2018, de nombreuses espèces rares ont été observées sur la commune, comme l’Ecaille jaune Arctia flavia ou la Rheumaptère alpine Rheumaptera montivagata - que nous n’avions jamais eu l’occasion d’observer en 20 ans d’inventaires !
Les orthoptères
Cet ordre regroupe des insectes sauteurs
et généralement chanteurs : les criquets,
sauterelles et grillons. Les criquets se ca-
ractérisent par des antennes assez courtes
et peuplent principalement les herbages.
Parmi les orthoptères à longues antennes,
les grillons ont un corps plus aplati que
celui des sauterelles. Les grillons vivent
plutôt au sol, tandis que les sauterelles
préfèrent les broussailles.
Avec 45 espèces, la faune orthoptérique
communale atteint un niveau de richesse
« modéré ». Cette diversité locale est limi-
tée par le climat montagnard, empêchant
l’accès d’espèces méditerranéennes pou-
vant par ailleurs être communes en péri-
phérie du parc national des Écrins.
On retiendra cependant certaines origina-
lités, comme le Criquet des torrents (Tetrix
tuerki) et le Criquet des iscles (Chorthippus
pullus), liés aux plages alluviales le long
du Drac.
Pour la réalisation de son
ABC, la commune de Saint-
Jean-Saint-Nicolas a choisi
de réaliser des investigations
complémentaires approfondies
pour des groupes souvent très
méconnus. Des spécialistes
se sont ainsi intéressés aux
orthoptères, aux papillons
de nuit, aux escargots et aux
chauves-souris.36 37
Une espèce dite patrimoniale présente une importance particulière. Cette importance peut être considérée pour des raisons écologiques, scientifiques, de rareté mais aussi culturelles. Une espèce
patrimoniale n’est pas nécessairement une espèce protégée !
Les espèces
patrimoniales
Gypaète barbu
Gypaetus barbatus
En danger critique en région SUD, il est le
plus grand vautour d’Europe. Il fréquente
les montagnes entrecoupées de préci-
pices, de hauts plateaux et d’herbages. Les
¾ de sa nourriture sont constitués d’os et
de ligaments. Cet oiseau peut être observé
en survol sur la commune.
Criquet des iscles - Chorthippus pullus
Lié aux rives des cours d’eau alpins, il est
reconnu comme en danger de disparition
à l’échelle de la région SUD, de la France
et de l’Europe !
Vertigo des marais - Vertigo antivertigo
Affectionnant les endroits à humidité
constante (roselières, ripisylves, bords de
lacs...). C’est une espèce assez rare en ré-
gion SUD, connue du plateau Bayard et de
l’Embrunais dans le département.
l’Oreillard montagnard
Plecotus macrobullaris
Avant la collecte d’un cadavre en 2001 sur
une route du Queyras, l’Oreillard monta-
gnard était une espèce encore inconnue
en France. Suite à cette découverte, c’est
dans l’église de Saint-Jean, en 2005, que
la première colonie de reproduction a pu
être confirmée dans la région. Depuis,
seulement une dizaine d’autres colo-
nies régionales est venue compléter les
connaissances. Consciente de ce patri-
moine écologique, suite à son ABC, la
commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas
s’est engagée en 2019 dans une conven-
tion « Refuge pour les chauves-souris »
avec la Société Française d’Étude et de
Protection des mammifères et le Groupe
Chiroptères de Provence.
Maillot montagnard - Granaria stabilei
Il se rencontre dans les milieux secs, par-
mi les rochers et les éboulis, et n’est pré-
sent que dans le quart sud-est de la France,
uniquement connue du PNE et du Quey-
ras dans les Hautes-Alpes.
Tarier des prés - Saxicola rubetra
Passereau au sourcil blanc, vulnérable en
région SUD, il se rencontre dans les prai-
ries de fauche, les pâturages, ... où il doit
disposer de poste de chants dominants :
hautes plantes, buissons, piquets ou clô-
tures par exemple. Sur la commune, il
s’observe principalement au niveau de la
Coche et des Richards.
Pour la commune de Saint-Jean-Saint-
Nicolas, la diversité des espèces est telle
que les espèces patrimoniales sont nom-
breuses. Ainsi 180 espèces sont protégées,
37 espèces sont considérées comme mena-
cées en région SUD et 20 en France (Listes
rouges : vulnérables, en danger ou en dan-
ger critique). Attention, certaines de ces
espèces, notamment parmi les oiseaux,
peuvent être seulement notées de passage
sur la commune comme le Jaseur boréal
ou la Cigogne blanche.
Enfin, d’autres espèces peuvent également
être considérées comme patrimoniales
pour la commune comme le Gnaphale
dressé - Bombycilaena erecta ou le Népéta
glabre - Nepeta nuda pour les plantes.38 39
Les espèces
invasives
On parle d’espèces invasives pour des espèces non
autochtones ou non indigènes, c’est-à-dire qui ne
sont pas naturellement présentes sur le territoire
considéré. Elles peuvent être assez nombreuses
mais certaines d’entre elles présentent des
stratégies d’adaptation et de colonisation qui
peuvent représenter différentes menaces.
Mais aussi animales
Lasius neglectus, en anglais « Invasive garden ant » est une fourmi
polygyne (plusieurs reines par nid), invasive, qui serait originaire
des steppes d’Asie mineure. Elle forme des super-colonies en par-
ticulier dans les milieux urbains, à la fois dans les espaces ex-
térieurs urbanisés mais aussi dans les habitations (systèmes
électriques peuvent subir des dégâts importants). C’est une
combattante redoutable qui extermine sur son passage
les fourmis autochtones mais aussi d’autres in-
sectes et araignées. Sur la commune, elle a
colonisé le lotissement de Plein Soleil.
Actuellement, aucune mesure de
lutte connue ne s’avère efficace.
Berce du Caucause - Heracleum mantegazzianum : une des herbes
les plus hautes d’Europe pouvant atteindre 4-5 m de haut et des
feuilles pouvant mesurer 3 m de longueur peut former des peuple-
ments étendus principalement dans les talus et les friches et sur
les berges de rivières. Sa présence peut avoir des conséquences
sur le développement de la flore locale mais aussi sur l’érosion des
berges, le cycle de la matière organique ou encore la reproduction
des salmonidés. Attention, cette espèce est également toxique
et sa sève peut causer des dommages cutanés importants. Sur la
commune, elle est signalée au niveau du hameau des Bonnets.
Balsamine de l’Himalaya - Impatiens glandulifera originaire de
l’ouest de l’Himalaya, cette plante aux tiges rougeâtres peut sé-
duire pour ses fleurs roses, rouges ou pourpres. Elle se reproduit
grâce à ses graines mais aussi par fragmentation des tiges et des
racines. Cette espèce va coloniser en particulier les berges et les
alluvions des cours d’eau mais aussi les fossés, talus et bois hu-
mides à la défaveur d’espèces indigènes pouvant être patrimo-
niales comme la Balsamine des bois (Impatiens nolitangere).
Des espèces végétales
La Renouée du Japon, la Berce du Caucase ou encore la Balsamine
de l’Himalaya, sont des exemples d’espèces végétales invasives
présentes sur la commune. Des mesures de gestion peuvent être
mises en place pour limiter ces espèces mais avant tout, il convient
de ne pas les planter !
Renouée du Japon - Reynoutria japonica
Cette plante très compétitrice à port buis-
sonnant possède des tiges souterraines dé-
veloppées pouvant atteindre 15 à 20 m de
long et pénétrer dans le sol jusqu’à 2-3 m de
profondeur. Dans son pays d’origine, l’Asie
orientale, cette espèce pionnière colonise
les pentes des volcans. En France et en
Europe, elle forme des peuplements éten-
dus principalement sur les rives des cours
d’eau, les alluvions mais également les mi-
lieux perturbés (bords de route, talus). Ces
peuplements nuisent au développement de
la flore locale (notamment herbacée), mo-
difient les peuplements de macrofaune (es-
cargots, mille-pattes, araignées, insectes...)
et peuvent entraîner des pollutions orga-
niques de l’eau, dégradent les habitats des
amphibiens et aussi participer à la création
d’embâcles et limiter l’accès aux rives des
cours d’eau. Sur la commune, l’espèce est
notée près du quartier du Diamant.
Le Pin noir d’Autriche Pinus nigra subsp. ni-
gra est une essence qui a été largement uti-
lisée dans les programmes de reforestation.
Elle pose aujourd’hui des problèmes de ré-
génération du milieu forestier, par exemple
à la forêt communale de la Baumette.40 41
L’éclairage est défavorable à un certain
nombre d’espèces nocturnes lucifuges
(qui fuient la lumière) comme de nom-
breux chiroptères ou certains insectes.
Certaines mesures permettent de réduire
ces effets comme la baisse de l’intensité
lumineuse, l’utilisation de lumière plutôt
orangée et une orientation vers le sol.
Réduire les éclairages des jardins ou des
allées permet de réduire l’intensité lumi-
neuse et préserve la faune nocturne.
Le nouveau PLU de la commune de Saint-
Jean-Saint-Nicolas (2019) a intégré et pris
en compte les enjeux de fonctionnalités
écologiques identifiés lors de la réalisa-
tion de l’Atlas de Biodiversité Communal.
Bâtiments et
chauves-souris
Les bâtis existants peu-
vent être favorables à l’ac-
cueil des chauves-souris et
des aménagements simples
peuvent permettre d’accueil-
lir ces petits mammifères. La mairie s’est
engagée pour la préservation de l’Oreil-
lard montagnard et de son gîte dans les
combles de l’église de St Jean avec la si-
gnature d’une convention « Refuge pour
les chauves-souris ». Différents outils et
programmes peuvent vous aider dans vos
initiatives comme l’Opération refuge pour
les chauves-souris. Renseignez-vous au-
près de la mairie.
Espèces invasives
Les espèces invasives sont une menace
pour la biodiversité locale. La première ac-
tion est d’éviter leur propagation ! Mieux
les connaître et les localiser permettent
de mettre en place des mesures concrètes
pour agir.
Petites constructions
Différents petits aménagements peuvent
être mis en place pour favoriser l’accueil
de nombreuses espèces comme la mise
en place de nichoirs pour les oiseaux, la
fabrication de petits hôtels à insectes ou
tout simplement de laisser sur place tas de
vieilles branches, de pierres ou de feuilles
mortes.
La biodiversité au jardin
De nombreuses actions peuvent être ré-
alisées au jardin. Elles seront favorables
à la biodiversité mais aussi au jardinier !
Attirer les insectes pollinisateurs ou les
auxiliaires de culture permet de favoriser
les équilibres biologiques et ainsi d’éviter
les maladies ou de limiter les insectes non
désirables. Favoriser la diversité et les es-
pèces locales dans les haies, les prairies
participe à diversifier la faune. Tondre tar-
divement ou encore laisser des secteurs
non fauchés est favorable aux insectes
pollinisateurs. Sur les balcons, les plantes
nectarifères ou potagères peuvent se re-
trouver en pots, des nichoirs et des man-
geoires peuvent être installés.
Différentes actions et
aménagements permettent de
prendre en compte les enjeux
liés à la biodiversité. Elles
peuvent s’appliquer au niveau des
aménagements publics mais aussi
des pratiques agricoles et des
pratiques individuelles.
LA COMMUNE
S’ENGAGE DEPUIS 2009
L’éclairage public est éteint
une partie de la nuit sur la
commune, entre 23 h et 5 h.
Favoriser
la biodiversité
Oreillard montagnard dans l’église de St-Jean-St-Nicolas42 43
bustive et arborée) permet de limiter la
hauteur des arbres qui peuvent apporter
trop d’ombrage, favoriser la diversité des
pollinisateurs et des espèces végétales
des prairies et des haies, favoriser les fonc-
tionnalités écologiques (déplacements,
alimentation, refuge, reproduction) pour
de nombreuses espèces. La diversité flo-
ristique des prairies présente aussi un lien
étroit avec la qualité du lait des animaux
laitiers !
Autre exemple, dans nos régions, contenir
l’embroussaillement dans les parcours est
une forte problématique : des solutions
d’adaptation du parcours peuvent être re-
cherchées et proposées, par exemple avec
l’organisation des points d’attraction pour
le troupeau.
Par ailleurs, la diversité de la petite faune
des sols participe à la formation d’humus
et par conséquent au bon développement
des plantes, à l’aération du sol, aux ap-
ports minéraux, à la production d’azote, au
maintien du sol par rapport aux risques de
lessivage et d’érosion.
Le nombre de services rendus par la bio-
diversité à l’agriculture (services éco-
systémiques) est très important et leur
valorisation n’en est qu’à ses débuts ! Paral-
lèlement au développement des solutions
de l’agro-écologie, soutenu par le Minis-
tère de l’Agriculture et de l’alimentation,
de plus en plus d’agriculteurs s’engagent
et témoignent des réussites obtenues.
Les relations entre l’agriculture
et la biodiversité sont très fortes.
L’introduction de zones de
cultures, de pâtures et de prairies
fauchées a façonné les paysages,
créant de nouvelles conditions
écologiques génératrices à leur
tour de biodiversité.
Milieux agricoles et paysages
constituent un gisement de
diversité tant au niveau des
espèces qu’à celui des fonctions
utiles pour l’agriculture
(pollinisation, recyclage des
matières organiques...). Au cours
du temps, les modifications et
intensifications des pratiques
ont eu des effets négatifs sur
la biodiversité (disparition des
haies, des espèces adventices,
dégradations des sols...)
entraînant ainsi des déséquilibres
toujours plus importants.
Devant le constat des multiples services
rendus par la biodiversité à l’agriculture et
les défis de demain (changements clima-
tiques, ressources fossiles réduites...), de
nombreux outils et études se développent,
proposant des solutions alternatives per-
mettant de maintenir des systèmes pro-
ductifs et de favoriser la biodiversité : tech-
niques de biocontrôles, lutte biologique,
infrastructures agro-écologiques (haies,
bosquets, arbres isolés, jachères fleu-
ries...) favorisent la présence d’auxiliaires
de culture (permettant la lutte contre pa-
rasites et ravageurs) et de pollinisateurs
(permettant d’assurer le rendement de
nombreuses productions végétales). La
diversification des couverts et des par-
celles cultivées permet l’allongement des
rotations, l’introduction de légumineuses
contribue à la réduction de l’utilisation
des intrants...
Sur la commune par exemple, l’entretien
des haies est particulièrement important :
maintenir plusieurs strates (herbacée, ar-
Agriculture
et biodiversité
La Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes
innovaction-agriculture.fr
diagagroeco.org • ecophytopic.fr
aei-asso.org/fr • L’EAP CRIPT PACA
Ver de terre production
Pour aller plus loin
Les Roranches depuis Famouroux Étable aux Roranches44
À quelques pas du village, en bordure du
Drac, le sentier de l’Adoux des Foulons,
accessible aux enfants, est un sentier pé-
dagogique d’interprétation proposant la
découverte d’un écosystème particulier aux
rivières alpines de piémont. Huit panneaux
thématiques vous permettront d’aller à la
rencontre d’espèces et d’habitats naturels
originaux.
le sentier de
l’Adoux des Foulons
Distance
400 m
Dénivelée
0 m
8 stations
pédagogiques
Difficulté
aucune
Sentier de découverte
45Le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité sur
notre planète ne sont plus une hypothèse, ils constituent
aujourd’hui une réalité. Le concept de biodiversité a été rendu
public en 1992 lors du sommet de la terre de Rio de Janeiro.
Le temps passe et en 2017 un appel à manifestation d’intérêt
initié par l’Agence Française de la Biodiversité (OFB depuis)
propose aux communes la possibilité de réaliser un Atlas de la
Biodiversité Communale (ABC).
L’objectif vise à faire découvrir la richesse en espèces à l’échelle
des habitats, mais aussi d’introduire des notions modernes
comme « trame verte et bleue », « trame noire », « corridor »,
« continuité et fonctionnalité écologique des milieux ».
La commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas étant située dans un
parc national, ce travail a été l’occasion de valoriser plus de
40 années de données des agents de terrain. Par ailleurs, l’ABC
a été enrichi par des prospections complémentaires de familles
animales moins étudiées et a permis de découvrir 319 espèces
supplémentaires, dont 2 à l’échelle du Parc national des Écrins.
Les bilans présentés dans ce livret témoignent d’une grande
richesse biologique. Les espèces plus discrètes ou moins
connues sont mises à l’honneur, enrichies par leurs particularités
et complétées par des anecdotes, alors ouvrez l’ouvrage et venez
découvrir les 2 050 espèces présentes sur notre commune.
Réalisation : Mairie de Saint-Jean-Saint-Nicolas • Coordination : MONTECO • Conception graphique : Le naturographe • Impression sur papier recyclé
n°ISBN 979-10-699-5022-1 • 5€