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Procès Verbal - PV sign CM 03 03 23
Document publié le Vendredi 3 mars 2023 par la commune de Mende.
Lien du pdf (Procès Verbal - PV sign CM 03 03 23)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Justice et droit, Histoire et mémoire,
Conseil Municipal
Séance du 3 Mars 2023
PROCES VERBAL
L’an deux mille vingt-trois, le trois du mois de Mars, le Conseil Municipal de MENDE s’est assemblé au lieu ordinaire de ses séances, sous la présidence de Monsieur Laurent SUAU, Maire, en session ordinaire suivant convocations faites régulièrement.
Mme Betty ZAMPIELLO, Conseillère Municipale, procède à l’appel.
Etaient présents : Monsieur Laurent SUAU, Maire, Madame Régine BOURGADE, Monsieur Jean-François BERENGUEL, Madame Françoise AMARGER-BRAJON, Monsieur Vincent MARTIN, Madame Elizabeth MINET-TRENEULE, Monsieur François ROBIN, Madame Aurélie MAILLOLS, Monsieur Alain COMBES, Madame Marie PAOLI, Adjoints, Monsieur Raoul DALLE, Monsieur Francisco SILVANO, Madame Patricia ROUSSON, Monsieur Thierry JACQUES, Monsieur Christophe LACAS, Madame Stéphanie MAURIN, Monsieur Aurélien VAN de VOORDE, Madame Sonia NUNEZ VAZ, Monsieur Nicolas ROUSSON, Madame Valérie TREMOLIERES, Madame Betty ZAMPIELLO, Monsieur Philippe POUGET, Madame Emmanuelle SOULIER, Madame Fabienne HIERLE, Monsieur Jérémy BRINGER, Conseillers Municipaux.
Par procuration : Madame Ghalia THAMI (Monsieur Thierry JACQUES), Monsieur Nicolas TROTOUIN (Monsieur Jean-François BERENGUEL), Monsieur Philippe TORRES (Madame Betty ZAMPIELLO), Monsieur Francis DURSAPT (Madame Régine BOURGADE), Monsieur Bruno PORTAL (Madame Emmanuelle SOULIER), Madame Michelle JACQUES (Monsieur Philippe POUGET), Conseillers Municipaux.
Absent(e)s : Madame Catherine THUIN, Monsieur Karim ABED, Conseillers Municipaux.
Constatant que la majorité requise pour siéger est atteinte, Monsieur le Maire déclare la séance ouverte.
Madame Régine BOURGADE, Adjointe, a été désignée pour remplir les fonctions de secrétaire.
Assistaient également à la réunion : Mme Nathalie FRAISSE, Directrice Générale des Services Mutualisée Communauté de Communes Cœur de Lozère / Ville de Mende, Mme Sophie VIELLEDENT, Directrice de Cabinet, M. Olivier MEYRUEIS, Directeur des services techniques, Mme Françoise COUDERC, Directrice des Services à la Population, Mr Jean-Luc PARENT, Responsable du service Urbanisme, M. Frédéric POURCHER PORTALIER, Responsable du Service Mutualisé Marchés Assemblées Administration Générale, Madame Sabrina MOKHLIS, service Communication.
Monsieur le Maire donne ensuite lecture de l’ordre du jour qui appelle le point suivant :
1. Dénomination de la Rocade Ouest.Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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URBANISME – FONCIER - ENVIRONNEMENT
1 – Dénomination de la rocade ouest de Mende Délibération n° 19737
Monsieur le Maire expose :
Il appartient au conseil municipal de désigner, par délibération la dénomination des voies de la commune.
Cette dernière est laissée au libre choix du conseil municipal dont la délibération est exécutoire par elle-même.
Dans le courant de l’année 2023 sera ouvert à la circulation l’aménagement routier réalisé par l’Etat avec la contribution financière de la Région Occitanie, du Département de la Lozère et de la Ville de Mende, reliant le rond-point Marcel Pagnol et la RN 88.
Ouvrage structurant pour notre territoire communal, cet aménagement permet de répondre aux besoins de liaison entre le Viaduc de Rieucros et la Vallée du Lot assurés jusqu’alors par la voirie structurante urbaine de Mende, délestant ainsi la RN 88 dans sa traversée ouest de Mende.
Il est proposé, conformément au code général des collectivités territoriales :
DE DENOMMER cette infrastructure routière « Avenue Alain BERTRAND »
D’APPROUVER la dénomination citée ci-dessus,
D’AUTORISER M. le Maire à signer tout document relatif à l’affaire.
Tour à tour prennent la parole :
Monsieur le Maire : « Ce conseil municipal est un peu exceptionnel, car il n’y a qu’un seul point à l’ordre du jour qui concerne la dénomination de la rocade, ouest de Mende.
Cette rocade ouest devrait voir son inauguration dans le courant du fin de printemps, début d’été, ce n’est pas encore calé, mais ce sera dans cette période-là.
Nous faisons une proposition de la nommer au nom d’Alain BERTRAND. Pourquoi aujourd’hui et pourquoi ce sol. À l’ordre du jour ? Pourquoi aujourd’hui : parce que c’est la date anniversaire de son décès, cela fait trois ans au mois de mars, et un certain nombre d’élus ont proposé qu’effectivement on pourrait peut-être marquer ce jour-là en proposant ce conseil municipal et en ayant un seul. À l’ordre du jour.
Merci sincèrement à toutes et à tous pour votre présence.Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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Si nous vous proposons ce soir de nommer la rocade ouest de Mende « Avenue Alain BERTRAND », c’est parce qu’Alain BERTRAND a pris sa peine, sa part de travail, dans la réalisation de ce projet, sans qui il n’aurait pas vu le jour. Je vais vous dire quelques mots en général, après quoi je passerai la parole à un certain nombre d’élus qui souhaiteront la prendre, aussi, pour appeler, peut-être la mémoire de notre ancien sénateur maire, de la ville de Mende, et personnalité locale engagée à plusieurs titres (associatif ou politique) en Lozère.
Alain BERTRAND était venu s’installer en Lozère par choix parce qu’il était épicurien, et parce qu’il était surtout pêcheur et chasseur ! Il avait fait le choix pour sa qualité de vie, de son installation dans ce département Rural, en 1985. Il connaissait le département de la Lozère bien avant. Puisqu’il venait jeune, notamment du côté de Serverette à la pêche pendant de nombreuses années, et puis il a fait le choix de venir s’y installer définitivement parce qu’il aimait profondément ce département, parce qu’il aimait profondément toute la Lozère: l’Aubrac, la Margeride, le Mont Lozère, la vallée du lot, les Cévennes, les gorges, les causses.
Il disait toujours qu’il vivait ici au « pays des merveilles » et c’est le message qu’il portait partout.
Je crois qu’il a permis à ce département de franchir un cap, de changer de discours en soutenant qu’on est ici au « pays des merveilles ». On ne se plaint pas, on a plein d’atouts. Il faut profiter de ses atouts et il a permis à un certain nombre d’élus de dépasser peut-être un peu les besoins que l’on avait, que l’on a toujours, pour aller vers quelque chose de beaucoup plus positif. C’est ce que je veux toujours retenir de lui, ce qui m’a guidé, son appréciation de ce territoire, bien qu’il ne soit pas né ici, mais à Saint-Juéry dans le Tarn.
Personnellement je l’ai connu en 1989 à la fédération de pêche, qu’il venait alors d’intégrer en tant que bénévole conseiller technique à l’époque pour participer aux travaux de cette fédération, car il adorait la pêche. Il voulait porter un certain nombre de messages au niveau du développement du loisir pêche dans ce département et de la protection de l’environnement, parce que contrairement à ce que l’on peut penser, Alain BERTRAND, c’était peut-être un de ceux qui, sur le département de la Lozère, a le plus accompli pour la cause de l’environnement.
Au niveau de la fédération de pêche, il a fait de nombreuses actions, il n’était pas tout seul. Il y avait certes le conseil d’administration, des administrations, des élus, des associations dans le département, mais il a su conduire des actions qui, fondamentalement, ont fait évoluer la pêche vers plus de protection, et il a fait aussi beaucoup de travail auprès des agriculteurs, notamment pour que l’aspect environnemental des cours d’eau soit bien pris en compte sur le département.
Alain BERTRAND, c’était aussi un « écolo », un « grand écolo », alors que ce n’est pas du tout l’image que l’on peut retenir, il a, en effet, beaucoup œuvré pour l’écologie.
J’ai connu Alain BERTRAND, en 1989 à la fédération de pêche, alors que cela ne faisait qu’un an et quelques mois que j’y travaillais et je l’ai d’abord connu en tant « qu’opposant », à la fédération de pêche. Il est arrivé justement pour porter des idées nouvelles au conseil d’administration et il a d’abord commencé à seConseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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« frotter » à quelques administrateurs. Finalement, avec son sens politique, profond, sa capacité à aller vers les autres, à aimer les gens, (il disait souvent qu’il fallait aimer les gens et ils aimé les gens) il a su très rapidement s’allier la fédération de pêche, alors qu’il était « un peu dans l’opposition » au départ. Il s’est retrouvé avec un autre grand monsieur de la fédération de pêche, Pierre Rozier, le président à l’époque, certains d’entre vous l’ont peut-être connu. Ils se sont profondément et sincèrement entendu sur la nécessité de faire évoluer la pêche, et petit à petit, Pierre Rozier, a su passer la main, et, petit à petit, Alain BERTRAND a pris la présidence
Monsieur Philippe POUGET entre, avec le pouvoir de Madame Michelle JACQUES.
Monsieur le Maire continue :
En même temps, Alain Bertrand portait des notions profondes d’humanisme, il aimait les gens, il aimait profondément et sincèrement les gens. Dès qu’il est arrivé en 1983, il a eu cet engagement politique sur le département de la Lozère, avec cette volonté de faire évoluer les choses sur le département, de porter un discours plus progressiste, avec plus d’ambition pour le département. Je ne dis pas que les élus alors en place n’avaient pas d’ambitions pour le département, et il avait, lui, une ambition nouvelle pour ce territoire, notamment en positivant cette image de la Lozère, de toute la Lozère.
Cet engagement, il l’a porté sur le parti socialiste : toute sa vie il en a été adhérent à l’exception de 2009 où il en a été exclu, ce qui l’a beaucoup touché, ému et peiné.
Dans le même temps, il a fait progresser le parti socialiste en Lozère, il a beaucoup œuvré pour qu’il soit mieux reconnu sur le département de la Lozère, pour que la gauche ait une plus grande part dans le discours politique, au plan départemental aussi.
Il s’est investi tout le temps, jusqu’à son dernier jour, le 3 mars 2020 pour faire justement aller la Lozère de l’avant et porter ses idées progressistes, solidaires, sociales, ses idées qui font que dans le débat politique, les femmes et les hommes doivent être au cœur des discussions politiques.
Alain BERTRAND a fait progresser la Lozère en portant ce nouveau message que certains, plus anciens, sur le territoire, portaient déjà ; et lui a su fédérer, autour de ces valeurs et faire avancer le territoire.
J’ai personnellement eu l’occasion de travailler 30 ans avec lui de 1989 jusqu’à 2020, donc je ne veux pas dire que je le connais profondément, mais je peux dire que nous avions une relation qui s’est nouée au fil du temps, une confiance absolue, une volonté de travail en commun pour ce département de la Lozère.
Je remercie Alain BERTRAND pour tout ce qu’il m’a appris tout au long de mon existence ; il a été mon mentor, et il le restera, celui qui m’a tout, ou quasiment tout, appris. Même si d’autres personnes ont éminemment compté dans mon existence, Alain BERTRAND sera la pierre angulaire, la pierre centrale de mon parcours politique.Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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Si je suis là aujourd’hui c’est parce que vous l’avez accepté en 2016 et c’est bien parce que, lui aussi, a voulu à ce moment-là, alors qu’il était atteint par un cumul des mandats, laisser les rennes de la mairie de Mende pour permettre à un jeune « de prendre la suite ».
Lorsque je travaillais à la fédération de pêche avec Alain BERTRAND, parfois j’avais des frayeurs pour lui, lorsqu’il prenait la parole. Notamment lorsque nous étions au congrès de la fédération nationale de pêche : Il y avait une centaine de départements, 300 ou 400 délégués et je voyais Alain BERTRAND, avec ses petites fiches où il notait 2 ou 3 mots, et il montait à la tribune et il prenait la parole ; j’avais alors quelques sueurs froides sur ses déclarations parfois « un peu à l’emporte-pièce », assez « brutales », mais avec lesquelles il arrivait quand même à convaincre, ou au moins à marquer le sens.
Il savait parler de son territoire avec conviction et cœur, et il a toujours été respecté, apprécié et aimé ; justement parce qu’il avait cette bonhommie de personnage, il savait séduire son public, dans la discussion au quotidien, avec les gens.
Georges FRECHE a beaucoup apporté à Alain BERTRAND ; il a changé de stature à compter de son élection à la Région Languedoc Roussillon en 2004. Lui faisant confiance, Georges Frêche lui a donné une vice-Présidence, et c’était alors l’élu de la Région qui parlait à tout le Département de la Lozère. Cela lui a permis de prendre une nouvelle dimension.
Certains qui l’ont accompagné ces années-là, et puis les suivantes, comme Christophe Lacas par exemple, savent de quoi je veux parler, quand ils descendaient au conseil régional et qu’ils avaient ces échanges de proximité, de relations vraies avec Georges Frêche. Georges Frêche qui était un personnage politique de première ampleur sur la ville de Montpellier, sur le département de l’Hérault, sur la région, mais qui avait aussi une aura nationale. Il ne lui manquait finalement que d’avoir été appelé pour être ministre à Paris, bien qu’il ait eu sa voix, son franc-parler, sa vision pour le territoire. De ce point de vue-là, Alain BERTRAND lui ressemblait beaucoup et il avait une vision pour le département de la Lozère.
Ce que l’on constate pour le département de la Lozère aujourd’hui c’est qu’il a démontré par son investissement au quotidien, par son travail, ses relations, son sens politique, qu’il pouvait le faire progresser et qu’il l’a fait.
A la suite de son élection à la vice-présidence de la région Languedoc- Roussillon, les choses se sont enchaînées pour Alain BERTRAND : candidat malheureux, en 2001, aux élections municipales contre l’équipe de Jean- Jacques Delmas, il allait recevoir son appui en 2008 pour remporter les municipales.
On voit bien, là, son sens politique et stratégique dans cette évolution.
En 2001, avec l’équipe dont certains sont là aujourd’hui, il avait accompli un travail d’opposition constructive. Ce travail lui a permis de se retrouver avec un certain nombre d’élus, alors de la majorité, Régine BOURGADE, Jean-Louis HILLAIRE, Claude BOUQUET, qui lui sont restés fidèles jusqu’à la fin. Cette fidélitéConseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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s’est retrouvée tant dans leurs convictions initiales que celles d’Alain BERTRAND, puis les miennes afin de pouvoir travailler, bien travailler, pour la ville de Mende. Alain BERTRAND, élu en 2008, c’est la ville qui change de camp, puis en 2015, tout le département.
C’est alors le seul département de France qui va basculer de droite à gauche alors que c’est plutôt l’inverse qui se passe ailleurs.
Pourquoi ? Parce que les nouveaux cantons sont mis en place, et qu’Alain BERTRAND, en tant que sénateur prend toute sa place dans la carte du redécoupage, et cela permet de redonner un nouveau souffle, une nouvelle ambition, une nouvelle dynamique sur le département de la Lozère.
Alain BERTRAND, c’est ce sens tactique, c’est ce sens politique, c’est ce sens du compromis aussi quand il fallait les faire, c’est ce sens de la patience, parce que quand il est arrivé en 1983 ici sur le département de la Lozère, il savait déjà qu’il voulait faire de la politique,
Lorsque je l’ai connu en 1989, il me disait : « un jour, je serai député » ; Etant mon président, je n’osais le lui dire, mais je pensais cette ambition compliquée compte tenu que la Lozère ne comptait que deux circonscriptions... Pour autant, s’il n’a pas été député, il n’en pas moins été sénateur !
Il disait toujours : si tu veux t’encrer dans un territoire, si tu veux marquer des points, si tu veux un jour être élu, il faut toujours aller affronter le plus fort. Il allait donc toujours sur la deuxième circonscription, il allait toujours affronter Jacques Blanc. Ça lui a permis d’aller à la rencontre des gens, de faire campagne, d’aller sur le terrain, d’aller à la rencontre des agriculteurs, ça lui a permis de marquer des points, sur un temps long : La politique, c’est un temps long, disait-il toujours, il faut prendre le temps, l’heure arrive toujours à celui qui sait attendre. Et il a su attendre, il a su aussi trouver les bons réseaux, les bons partenaires pour pouvoir arriver à cette finalité, pas pour le plaisir d’être élu, pas par principe, pas par ambition personnelle, mais bien pour l’ambition d’un territoire, d’une ville, de la ville de Mende.
Alain BERTRAND a été élu sénateur pendant quelques années : 8 ans, il y a eu un temps (qui a été court ou long, cela dépend comment on se positionne) où il a pu faire des choses. Les dernières années se sont avérées délicates, compliquées pour lui, parce que la maladie, malheureusement avait fait son œuvre, et c’était donc difficile pour lui d’être présent à la fois à Paris et de défendre la Lozère. Il y est malgré tout resté attaché.
Pendant le temps où il a pu œuvrer, il a fait des choses qui sont encore présentes et qui seront présentes encore pour de très nombreuses années.
Je retiens de lui trois accomplissements principaux :
- La rocade ouest : c’est lui qui, à mon sens, a permis de dénouer avec l’Etat, la région, le département, le cadre financier pour permettre que ces travaux soient aménagés, et en même temps, c’est lui qui a redonné de l’allant au contournement de Langogne ; nous devrions normalement voir l’enquête publique dans le courant du printemps. Si il n’y avait pas eu Alain BERTRAND dans la période 2012/2017, je pense que nous pourrionsConseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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toujours attendre la rocade ouest, et je pense que nous ne parlerions pas encore du contournement de Langogne ; on en parlerait peut-être, mais comme le reste de la RN88, avec d’énormes difficultés pour faire avancer ce dossier. Il a eu cette action marquante. C’est pour ça que nous allons tout à l’heure délibérer favorablement pour dénommer cette future artère du nom d’Alain BERTRAND.
- Le deuxième axe important c’est l’hôpital Lozère. C’est, là encore, lui qui a su trouver le compromis qui convenait entre Mende et Marvejols. L’hôpital Lozère c’est, tout de même, l’ancienne clinique privée de Marvejols et L'hôpital public de Mende ! Il y a eu de longues discussions, âpres, qui ont duré plusieurs années avant que l’opération n’ait pu être dénouée et que l’hôpital public reprenne la clinique privée (l’ancienne clinique du Gévaudan) pour créer l’hôpital Lozère et permette surtout de sauver 80 emplois. Aujourd’hui on est toujours sur le développement de l’hôpital Lozère, sur le pôle du Gévaudan, de Marvejols avec le déplacement de l’unité de soins de longue durée, car il y a des lits qui sont fermés depuis quelques années sur Marvejols et permettent de créer ici sur Mende une maison de retraite supplémentaire (on en a bien besoin sur notre territoire) avec l’évolution dans les années à venir, avec les nouveaux investissements qui sont prévues sur l’hôpital de Lozère.
Aujourd’hui c’est un passage obligé, on le voit après la crise sanitaire, c’était donc visionnaire d’avoir pu aboutir, avec d’autres, à créer cet hôpital Lozère. Visionnaire, il l’était assurément, et on l’a vu tout récemment avec la crise sanitaire et la création du GHT qui a suivi la création de l’hôpital Lozère en 2016. L’intérêt d’avoir un seul groupement hospitalier de territoire sur le département, c’est qu’il a servi à l’ensemble du territoire. Il n’y a pas eu de querelle. Certes nous avons manqué de masques mais lorsque nous en a eu, nous les avons partagé.
- Le dernier sujet sur lequel il a eu un impact considérable est d’avoir gravé dans le marbre le fait que l’institution telle qu’elle est, (qui reste, pas tout à fait mais presque, unique en France) que constitue la caisse commune de sécurité sociale de Lozère. À partir de 2006 2007, un travail a été mené, une expérimentation, validée par l’État, qui a gardé sur le territoire, les trois branches : allocations familiales, vieillesse et maladie alors que la tendance, partout ailleurs, était à la régionalisation. Cette expérimentation avait été faite par les élus d’avant, Jean-Jacques Delmas, qui avait également pris sa peine. Aussi, à partir de 2008, tous les six mois, cette expérimentation était remise en question et le territoire était intimé de « revenir à la règle nationale », et le conseil municipal devait solliciter cette dérogation. Élu sénateur en 2012, Alain BERTRAND a porté le sujet au niveau national et a obtenu une consécration législative de cet état de fait. Aussi, depuis un peu plus de 10 ans maintenant, et grâce à son action, on n’entend plus parler de cette remise en cause de la caisse commune de sécurité sociale.Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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C’est sur un plan très court, sur quelques années, que des actions phares, marquantes, sur le département ont été accomplies. Des actions concrètes, pragmatiques, issues de la vision qu’avait Alain BERTRAND.
Quand il a été élu maire de Mende, il n’a pas pensé qu’à Mende, il n’a pas pensé qu’au cœur de la Lozère, mais bien à une stratégie départementale. Comme on le dit toujours, une ville préfecture a un rôle à jouer, une responsabilité vis-à-vis du territoire, de l’ensemble du département, mais la ville préfecture n’en est une que parce qu’elle s’inscrit dans l’ensemble du département, parce qu’elle y joue un rôle de centralité.
Alain BERTRAND a toujours eu ce message extrêmement politique sur l’ensemble du territoire ; il disait, on vit au pays des merveilles.
Il faut donc que nous gardions tous à l’esprit la volonté de faire perdurer la mémoire de cet homme, de ce grand homme, qui a fait beaucoup pour le département de la Lozère
Je tenais ce soir à lui rendre hommage, avec la présence de sa fille, de son mari, de ses deux enfants; je la remercie aussi qu’elle ait accepté que l’on puisse nommer cette voie du nom d’Alain BERTRAND, j’espère que le jour où l’inauguration sera faite, vous pourrez être là, que sa sœur pourra être là, ce sera vraiment alors pour nous un plaisir de vous recevoir.
Je vais laisser maintenant la parole à un certain nombre d’élus, qui voulaient rendre hommage également à Alain BERTRAND. »
Madame Marie PAOLI : « Danièle et Alain BERTRAND sont arrivés à la direction des services fiscaux en Lozère en 1983. Nous travaillions dans la même maison mais pas dans le même service. C’est lors des réunions mutuelle et syndicale que j’ai fait leur connaissance.
Ils se sont immédiatement fait remarquer de par leur forte personnalité et leurs convictions syndicales. Alain, tabac gris posé sur la table et cigarette roulée à la main, ne passait pas inaperçu.
En 1989, a eu lieu un important mouvement de grève nationale. Alain en a été l’un des meneurs au niveau départemental. Ses capacités à rassembler étaient déjà bien présentes !
Durant tous ces jours de grève, si les matinées étaient consacrées aux assemblées générales, les après-midis étaient beaucoup moins formelles. J’ai eu le privilège d’accompagner le couple BERTRAND aux cèpes et donc de connaître quelques-uns de leurs coins à champignons.
Après un périple en Lozère, Alain a rejoint le centre des impôts fonciers en tant qu’évaluateur à l’inspection des domaines à Mende, et nous avons donc travaillé dans le même service. De nouvelles relations se sont créées. C’était un collègue de travail, puis c’est devenu un copain avec qui j’ai eu une grande complicité.
Alain a toujours été un personnage, un exemple, on avait connaissance de son arrivée dans les locaux par sa commande de café du fond du couloir au grand dam du chef de service.
Alain, c’était aussi quelqu’un qui voulait tout et tout de suite ! Il savait parfaitement frapper à notre bureau, que je partageais avec DominiqueConseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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Leynaud pour une aide, soit de recherche dans la documentation, ou éventuellement matérielle (photocopie, plan, relevé de propriété…) et même si on n’était pas toujours d’accord avec lui, il avait, au final, toujours gain de cause ! Et ce n’est pas Domi qui va me contredire… Cette force de persuasion naturelle ne l’a jamais quitté.
Se retrouver à la pause-café avec Alain, c’était toujours un grand moment. De la politique, à la pêche, aux champignons…, la chasse ; quel que soit le sujet, ce Lozérien d’adoption parlait de tout avec passion.
Puis, à nouveau nos chemins se sont encore croisés, puisqu’il m’a demandé de faire partie de sa liste aux élections municipales de 2008.
Une aventure humaine, complètement différente de nos parcours professionnels et dans laquelle il m’a fait confiance sur le foncier et le patrimoine. Au final, depuis son arrivée en Lozère, nous ne nous sommes jamais vraiment quittés et toujours apprécié.
C’était un homme de cœur qui a laissé une trace à chacun d’entre nous, et c’est avec émotion ce soir que je lui rends hommage. »
Madame Françoise AMARGER BRAJON : « En 2000, lorsque Alain BERTRAND m’a téléphoné, souhaitant me rencontrer pour les élections municipales, j’ai été très surprise et impressionnée.
Sympathisant du Partie Socialiste, j’avais entendu parler de ce militant hors-pair, véritable orateur et visionnaire. Et voilà comment a commencé l’aventure à ses côtés.
D’abord, élus de l’opposition en 2001, avec Elizabeth, Gérard Pons, Eric Marolot, Annie Pezon, Eliane Chaze et Jean-Claude Rousson, et ce jusqu’à en 2008, je me souviendrais toujours de nos rencontres de travail, ou des moments conviviaux, des conseils municipaux, de ses projets, ses arguments, ses connaissances et ses coups de gueule… En 2008, élus de la majorité avec nombre de l’équipe actuelle, Alain BERTRAND nous a mis rapidement au travail après avoir bien fêté notre élection !
Très rapidement de nombreux projets ont pris vie : deux crèches supplémentaires, un centre social, la voie Nelson Mandela, l’espace événements, etc. Alain BERTRAND s’est battu pour la création de la rocade ouest, le musée, tout ce dont a parlé Monsieur le Maire. Nous savons tous ce que la ville lui doit et le Département également !
Personnellement, quand je pense à lui, outre ses fonctions de Maire, conseiller régional, et sénateur, je pense aux bons moments : Javols, le Paillou avec son groupe électrogène qui marchait plus ou moins bien, Albi, Saint-Juéry, l’hôtel de région, le Sénat, les parties de pétanque, le foot, les parties de cartes avec des règles particulières, comme le dirait mon mari, le « sac d’os » (son plat préféré), sa fille Sylvie ici présente, Françoise, sa sœur, nos anniversaires (puisque nous sommes nés le même jour), la médaille du mérite qu’il m’a fait octroyer par François Hollande (à mon insu), et pour laquelle j’étais très gênée… Je me souviens aussi de ses colères, je préférais quand elles étaient bruyantes plutôt que ses colères froides, plus impressionnantes !
Je pense aussi à ses encouragements, à son soutien lors des campagnes électorales, lorsque je doutais, lorsque j’ai été trahi par certains… Il m’a encouragé à me présenter au conseil départemental… Je ne serai pas là où jeConseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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suis tant à la Mairie qu’au département sans lui. Et donc, je l’en remercie parce que jamais je n’aurai pensé, sans son soutien, avoir réussi et me régaler dans ces fonctions-là.
Voilà en quelques mots, certes insuffisants, tout ce que Alain BERTRAND représente pour moi, je sais ce que je lui dois, ce que l’équipe lui doit ce que la Ville, les Mendois doit lui doivent.
Respect, Monsieur Alain BERTRAND ! Merci de ton amitié, de votre amitié, ma loyauté vous est acquise. »
Madame Elizabeth MINET TRENEULE : « C'est avec grand plaisir que je suis parmi vous aujourd'hui pour nommer cette avenue.
En effet, Alain Bertrand m'avait demandé de le rejoindre pour la constitution de sa liste en 2001 et 2008.
Dans l'opposition puis dans la majorité, il a pu montrer son attachement pour cette ville.
Il avait l'habitude de dire que Mende devait avancer en "marche forcée" et il l'a prouvé en mettant en route de grands projets.
Grâce à sa bonté, sa gentillesse, ses compétences, il a su nous donner confiance pour notre mandat d'élus ainsi que sur les dossiers que l'on avait en charge.
Si parfois on n'était pas d'accord avec lui, il déployait toute sa malice et sa douceur pour ramener le calme. J'entends, entre autres, sa voix du sud-ouest dire "Allez ma fille" et bien sûr à force d'arguments on fondait, il avait gagné. On disait entre nous qu'il nous faisait avaler des couleuvres ! Il avait à cœur de nous faire connaître les lieux qu'il affectionnait particulièrement : Mende qu'il voulait active, Javols (j'ai bien cru un moment que c'était la capitale de la Lozère) ; Le Palhos plus secret ; mais aussi Saint-Juéry lié à sa famille adorée ; et bien sûr la belle ville d'Albi.
Avec toujours beaucoup de plaisir et de conviction, il nous parlait de politique. Il nous a permis de rencontrer des personnages importants, une pensée particulière pour Georges Frêche et nous a ouvert les portes de la région Languedoc-Roussillon et du Sénat.
A son contact, j'ai passé avec tous mes collègues élus de très bons moments. Je serai très fière de dire à mes petits-enfants que je le connaissais. Merci Monsieur Alain Bertrand »
Madame Régine BOURAGDE : « J’ai connu Monsieur BERTRAND en tant que Conseiller d’opposition, de 1995 à 2008. Il y a eu de grands moments.
C’étaient des joutes verbales, que l’on retrouve aujourd’hui, il n’y pas beaucoup de changement concernant les discussions opposition/majorité. La tolérance n’est pas souvent d’actualité.
J’ai était très surprise lorsque le Docteur DELMAS, m’a indiqué qu’il soutiendrait la liste de M. BERTRAND aux Municipales, que c’était la liste et le Maire qui fallait pour que MENDE continue à se développer, qu’il avait la stature pour faire avancer les dossiers mais j’ai été encore plus étonnée lorsqu’il m’a demandé d’aller le rencontrer.Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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Ce que j’ai fait avec beaucoup d’appréhension, c’était dans son bureau à la Maison de la Région. Il m’a proposé l’intégration dans sa liste avec mes deux compères de l’époque, Claude BOUQUET et Jean Louis HILLAIRE. Il m’a également demandé ce que je souhaitais, m’indiquant qu’il présentait Françoise au poste de 1er adjoint et que je pourrais postuler à la présidence de la Communauté de Communes. Je lui alors indiqué que je souhaitais en parler avec mes collègues et Jean-Jacques, mais que si je venais, je resterai en position de 1er adjoint, de son côté lui aussi devait voir ses colistiers et nous nous sommes revus quelques temps plus tard, où nous lui avons donné notre accord. De son côté il avait eu la validation de son équipe.
A partir de ce jour- là, il n’y a jamais eu de différence entre ses colistiers qu’il connaissait pour certains, depuis bien longtemps et nous qui arrivions. Une confiance réciproque s’est installé et n’a jamais failli, bien au contraire. Il me confiait de plus en plus de dossiers, je me sentais vraiment son bras droit. J’étais pleinement dans le rôle d’un premier adjoint.
Le mandat 2008/2014 m’a permis de mieux le connaître et surtout de l’apprécier, dans l’exercice de ses fonctions, mais aussi dans la vie de tous les jours. Il n’était toutefois pas quelqu’un de facile à vivre, mais tout de même toujours abordable, au début je craignais ses « grands coups de gueule » et sitôt après son sourire revenait et l’on passait à autre chose. Nous avons fait aussi quelques déplacements ensembles, notamment à WUNSIEDEL et SCHWARZENBERG où il se révélait sous un autre jour. N’est-ce pas Christophe, la crise de « Claustrophobie » à la mine de sel ? et les parties de fou rire, le déplacement à ALBI et à SAINT JUERY où il aimait raconter sa jeunesse dans la patrie de JAURES, à VOLTERRA, à PARIS.
C’était un homme d’une grande bonté, généreux, mais pas démonstratif. Il vouait à sa maman, son frère, sa sœur, Sylvie sa fille une immense tendresse et plus tard sa petite- fille l’a comblé.
Il a fait progresser Mende, comme il l’avait dit lors de son élection en 2008 Il a foncé pour tenir sa promesse. Aussi pour terminer j’emprunterais une phrase à Alexis CARREL : « Chaque homme est une histoire qui n’est identique à aucune autre ». MERCI MONSIEUR BERTRAND. »
Madame Patricia ROUSSON : « Beaucoup de choses, et de belles choses ont été dites par des personnes qui ont connu Alain BERTRAND mieux que moi, mais je tenais tout de même à apporter mon témoignage, parce que, comme le disait Georges FRECHE, son ami, « les grandes aventures sont faites de rencontres, de volonté et d’esprit d’entreprendre » A ce titre, on pourrait dire qu’Alain était un « aventurier » !
Et j’ai eu la chance d’être embarquée dans une de ses aventures en 2008… Je me souviens que lors de la présentation de son équipe, en réunion publique, il avait eu un mot pour chacun d’entre nous. Il nous avait bien cernés. En présentant Laurent SUAU il avait dit : « Celui-là, il ferait sortir le sang des pierres ! » Je vous laisse méditer la formule !
J’ai fait partie de cette belle aventure en 2008, puis à nouveau en 2014 et j’ai tellement appris aux côtés d’Alain !
J’ai beaucoup appris car Alain avait un certain talent pour analyser, fédérer, manager, prévoir, écouter, réconforter et même taquiner parfois, avec ceConseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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regard si malicieux ! Elu socialiste, il était à la fois défenseur d’une certaine idée de l’Etat et de l’autorité publique et son engagement était sans faille pour les plus modestes, les classes dites « populaires ».
J’ai beaucoup appris car Alain était un humaniste visionnaire, passionné par la chose publique, exigeant, pugnace, et aussi un brin « gueulard » mais au sens noble du terme.
D’ailleurs, Ségolène Neuville, ancienne secrétaire d’Etat et amie d’Alain disait : « Lorsque qu’on ne voit pas Alain dans les couloirs des ministères, on l’entend ! » et qui ne se souvient pas d’Alain au stade du Chapitre lors d’un match de foot, criant : « vas-y, ne t’endors pas ! »
Alain a été pour moi avant tout un exemple d’engagement et sur les terres de Jaurès il marque désormais son empreinte indélébile et l’histoire de la Ville de Mende et notre territoire lozérien qu’il aimait tant ».
Madame Aurélie MAILLOLS : « Je vais tenter l’exercice malgré les conditions liées aux vacances scolaires… veuillez m’excuser si je ne vais pas jusqu’au bout, c’est fort probable !
Je ne voulais pas prendre la parole ce soir car c’est une terrible prise de conscience qu’Alain Bertrand n’est plus là et qu’il me manque. Mais finalement, il m’a paru important de le faire pour partager avec les Mendois ce qu’était Alain Bertrand et de leur exprimer l’amour qu’il avait pour sa ville et ce qu’il nous a apporté.
C’est donc le cœur lourd que je m’exprime aujourd’hui devant vous, et la famille d’Alain Bertrand, pour lui rendre hommage.
Il est difficile de résumer 12 ans de collaboration et de rapports amicaux; Il est difficile de décrire en quelques mots celui qui fut, à la fois, un responsable politique marquant pour notre département - Sénateur de la Lozère, vice- président de la Région Languedoc-Roussillon et Maire de Mende, un homme simple, l’ami fidèle, le papa et grand papa que je côtoyais au quotidien.
Je dirai simplement que j’ai eu beaucoup de chance de croiser le chemin de ce Tarnais, Lozérien par choix, de 30 ans mon ainé, car il m’a beaucoup apporté : politiquement
professionnellement
personnellement
- politiquement d’abord.
Le plus grand enseignement que j’ai reçu d’Alain Bertrand c’est qu’il ne faut pas faire de la politique pour faire de grand discours et être connu; mais il faut faire de la politique pour rendre « service au gens ».
Le deuxième enseignement est qu’au moment de prendre une décision, il faut toujours regarder vers l’avenir et se demander : est-ce la meilleure option pour l’avenir?Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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Pour avoir expérimenté la chose : je sais qu’il est souvent tentant et plus facile de réagir à l’actualité que de penser et d’assumer sa vision de l’avenir. Alain Bertrand avait cette capacité d’anticipation qui nous permet aujourd’hui de bénéficier de foncier pour le développement économique de notre commune par exemple.
Je pense qu’il était heureux comme Maire de Mende. Il s’appliquait chaque jour à transformer Mende pour la rendre encore plus forte et enviable.
Il avait aussi cette extraordinaire et rare qualité de se préoccuper de faire réparer les pavés cassés du centre-ville pour la sécurité et le bien-être des Mendois et, la seconde d’après, de penser et de développer le concept d’une hyper-ruralité offensive; une ruralité qui se bat pour obtenir des droits nouveaux, alors qu’elle se battait jusqu’alors pour éviter d’en perdre (concept repris par nous tous aujourd’hui pour défendre notre département).
Ailleurs, j’aurais appris le cynisme et l’opportunité politique. Avec lui, ici, j’ai appris qu’un combat politique ne doit être guidé que par nos valeurs.
Le cœur de son combat était de permettre à chacun d’être digne, sans considération de son lieu de naissance, de vie ou de sa condition sociale. Humaniste au grand cœur, il aimait les gens, tout simplement.
J’ai aussi appris que la force d’un homme ou d’une femme politique est d’être libre.
Alain Bertrand n’a jamais trahi ses idéaux ou sceller une alliance pour un poste. Ce qui déterminait ces choix - et donc ses combats - relevait toujours d’une ambition collective.
Etre Conseiller régional avec Georges FRECHE pour peser à Montpellier. Etre Sénateur en 2011 pour peser à Paris, même si cela l’empêchait d’aller à la chasse le mercredi avec son chien.
- professionnellement ensuite :
Il m’a appris que l’on pouvait aimer se lever le lundi matin en ayant très envie d’aller au bureau.
Même si c’était dur ; même si on a beaucoup travaillé la semaine précédente - voir pendant le week-end -,
Même si l’on sait qu’il était fort probable que la semaine qui commence soit tout aussi longue que la précédente… On aime se lever car la personne avec laquelle on travaille met du sens à votre labeur.
Parce que vous partagez un projet ou un objectif commun avec toute une équipe municipale
Parce que vous savez que vous allez être écouté, que votre avis va compter.
Parce que vous savez que si vous ne savez pas, on va vous transmettre savoir et expérience.Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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Avec Alain Bertrand, les journées étaient interminables mais elles avaient du sens !
- personnellement enfin :
C’est grâce à lui que j’ai appris à connaître et à aimer la Lozère. Il m’a fait un magnifique cadeau en me supportant le week-end à ses côtés pour traquer le champignon aux quatre coins du département.
Vous me permettrez de m’adresser à cet instant à Sylvie, Raimundo, Adèle, et Pablo.
Pour leur dire que je considère avoir eu une énorme chance quand la vie a mis Alain Bertrand sur mon chemin.
Il m’a donné de nombreux conseils personnels - Beaucoup trop de conseils que j’ai suivi et beaucoup que je n’ai pas écouté - Malgré ça, il m’a énormément apporté car il a incarné à mes yeux le concept d’empathie. J’essaie autant que je peux d’être à la hauteur de cet héritage immatériel.
En conclusion, je vais vous lire quelques mots écrits par Alain Bertrand en 2014 à mon attention et qui font le lien entre certains de mes propos et la délibération de ce jour.
Aménager le territoire (c’était un peu un enseignement !) c’est répondre aux besoins actuels et prévoir l’avenir. C’est de grands projets, la rocade ouest par exemple et des projets plus petits avec beaucoup de sens et de valeur. Par exemple l’école de Chabris où l’étude pour la réalisation d’un partenariat privé public pour un crématorium à Mende. Bien sûr, je sais que tout n’est pas possible en même temps (je ne suis pas sûre qu’il l’ait su!) ; l’action dépendra de notre capacité à trouver des financements à Montpellier, à Paris et même à Bruxelles.
Puis s’en suit une liste de tout ce que nous avions fait entre 2009 et 2014, et la liste de ce qu’il restait à faire, que je vous partage puisqu’il en reste encore un peu : il va falloir redéfinir le projet de contournement est de la ville de Mende. Il va falloir passer à la construction de la rocade ouest de Mende, il faut qu’elle soit débutée en 2015. Il faut créer le vallon de Ramilles, il faut installer la fibre pour que tous les mendois aient Internet (à l’époque, en fait il ne savait pas qu’il y avait déjà Internet.), il faut prévoir 7 tranches exceptionnelles de reprise des chaussées des quartiers et des bâtiments anciens. Il faut revoir la place du Général De Gaulle, et des boulevards circulaires ; Il va falloir aménager la gare multimodale, en lien avec la gare SNCF ; créer un parking à côté de la poste, et enfin, achever l’espace événements. »
Madame Betty ZAMPIELLO : « J’ai été la collaboratrice parlementaire d’Alain Bertrand de 2016 jusqu’à son décès en 2020.
Avant de travailler à ses côtés je ne le connaissais pas. Je savais bien évidemment que c’était le Maire de Mende et le Sénateur de la Lozère, que c’était un Frêchiste.
Mais je ne le connaissais pas personnellement et n’avait aucune idée de son caractère et de sa manière de fonctionner.Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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Pour autant, j’ai vite été servie ! Comme vous le savez, Alain Bertrand était un sacré personnage, il en imposait, il impressionnait. Et du jour au lendemain quand il s’est mis à m’appeler sur mon portable, je peux vous dire que je ne manquais pas un appel !
Quand je pense à Alain Bertrand, plusieurs qualificatifs me viennent tout de suite à l’esprit.
Le premier c’est l’exigence.
C’était quelqu’un d’exigeant, il disait trois mots en 2 secondes et il fallait très rapidement déchiffrer ce qu’il voulait et faire le job ! Avec lui pas besoin de faire du sport, il me faisait courir une grande partie de la journée et ne mâchait pas ses mots. Il me faisait également attendre, ce n’est un secret pour personne qu’il était toujours en retard !!!
C’était un homme doté d’une grande intelligence, un fin politicien avec de véritables idées, de nombreux idéaux et une défense très hargneuse de la ruralité ou plutôt de l’hyper ruralité, concept qu’il a lui-même créé et qui est désormais très souvent repris.
Aujourd’hui je pense qu’il serait heureux de voir comment le maire gère la ville de Mende et comment la Sénatrice a repris ses combats et défend l’hyper ruralité sur les bancs du Sénat.
Il était aussi très méticuleux, à la virgule près ! En même temps, quand on est le roi des phrases à rallonge une virgule c’est important !
Il ne le montrait pas forcément mais c’était également quelqu’un de stressé qui réfléchissait sans arrêt et avait de nombreuses manies. Il écrivait toujours avec un stylo plume bleu sur des petites cartonnettes. Il ne pouvait pas utiliser les briquets de couleur noire. Dès qu’on mangeait au restaurant c’était steak salade sans frite avec un verre de rouge. Et puis niveau vestimentaire jamais d’écart, chemise blanche pour le travail, polo noir pour le jardin !
Je ne crois pas me tromper en disant qu’Alain Bertrand c’était un passionné qui avait à cœur de transmettre. Passionné par la pêche et la chasse, on avait beau avoir une heure de retard quand on faisait la tournée des maires, il ralentissait toujours devant un cours d’eau en me disant ici il y a des écrevisses, ici j’y passais tout mon temps à pêcher, là-haut j’ai raté plus d’une bécasse…. Passionné par la politique, il était connu et reconnu au Sénat, tout le monde savait qu’il était le Sénateur de la Lozère ! Et jusqu’au bout il se tiendra informé de l’actualité locale et nationale.
Et puis il était surtout passionné par la Lozère, son département d’adoption, et ses habitants pour lesquels il a tant œuvré.
C’était un bon vivant, généreux, qui aimait les gens. Au tout début ou je travaillais pour lui je n’aimais pas la tête de veau, je peux vous dire qu’en enchainant les petits déjeuners qu’il offrait aux maires lozériens, je n’ai pas eu d’autres choix que de gouter et maintenant j’en raffole, même à 8h du matin !
Et puis je ne pouvais pas finir mes propos sans parler du qualificatif qui m’a le plus touché chez lui. L’humain. Il pouvait être très dur, trop exigeant, mais à la fin deConseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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chaque journée son côté humain ressortait systématiquement avec une tape sur l’épaule et un « c’est bien ma fille ».
Tous les 31 décembre il envoyait un message personnalisé à ses collaborateurs, un message de bonne année bien évidemment mais aussi un message de remerciement dans lequel il reconnaissait notre travail.
Puis à Javols, lorsque je me rendais dans sa petite maison, c’était un autre homme. Ce n’était plus le sénateur exigeant mais l’homme bon vivant, qui est derrière les fourneaux et qui sert ses convives.
Javols c’était son havre de paix, l’endroit où il se réfugiait, et où il aimait recevoir ses amis mais surtout sa famille qui comptait beaucoup pour lui. Puis, il faut le dire, c’était aussi l’endroit où il pouvait être tranquille car le téléphone ne passe pas !
Je pense que vous l’aurez compris, Alain Bertrand est quelqu’un qui a compté pour moi. Il m’a beaucoup appris et je lui dois énormément. A travers toutes ses demandes, aussi farfelues ou fondées soient elles, il m’a appris à me débrouiller, à chercher et surtout à trouver l’information, il m’a tout simplement appris à me surpasser et a toujours essayé d’aller plus haut et plus loin.
Il y a de ses rencontres qui marquent une vie, et celle avec Alain Bertrand a clairement marqué la mienne. »
Monsieur Jean-François BERENGUEL : « Je crois que l’on a tout dit d’Alain. Autant vous avez été surpris d’apprendre qu’Alain était un fervent défenseur de l’environnement, autant vous allez être surpris si je vous dis qu’Alain était un vrai homme de Culture. Alain m’a fait confiance en 2006, il est venu me chercher avec Nicolas TROTTOUIN, en me disant, moi j’ai besoin de t’avoir parce que je vais monter une liste de gens qui travaillent et j’ai besoin de vous parce qu’il faut créer quelque chose sur Mende et c’est Alain qui a créé le Festival 48ème de Rue qui est toujours en place aujourd’hui. Nous sommes élus en 2008, Alain crée une salle de culture alors que l’on avait plutôt tendance à en fermer, c’est l’Espace des Anges. Et puis, je crois, que l’œuvre au final, c’est le Musée, on en a parlé en filigrane mais le Musée c’est quand même Alain BERTRAND ; Alors quand on dit Alain aimait la culture, ça fait rire tout le monde puisqu’on parle de champignons, de pêche ; mais je crois que c’était un vrai homme de culture, et surtout un homme très cultivé. Je n’en dis pas plus ; merci Alain pour toute la confiance que tu m’as accordée ».
Après délibération, le Conseil Municipal, à l’unanimité, ADOPTE la proposition du rapporteur.
…
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 18h45.
Pour prendre connaissance de l’intégralité des débats du conseil municipal :
https://www.facebook.com/watch/?v=619051003390594Conseil Municipal – Séance du 3 mars 2023 – Procès-Verbal
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PV approuvé à l’unanimité lors du conseil municipal du 6 avril 2023
#signature2# Le Maire,
Laurent SUAU
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