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unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DELB 20230230 01
Document publié le Mercredi 12 novembre 2025 à 10h03
Lien du pdf (unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DELB 20230230 01)
Thèmes du document : Environnement, Énergies, Eau et assainissement,
Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 1 / 122
Le Havre Seine Métropole
Elaboration du Plan Climat Air Energie Territorial et du
Schéma Directeur des Energie de la Communauté
urbaine
DIAGNOSTIC CLIMAT AIR ENERGIE
Réalisation : 2021/2022
(sur les données les plus récentes à disposition : 2018 et 2019)
Avec l’aide de :Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 2 / 122
Sommaire
1. INTRODUCTION ................................................................... 5
2. ETAT DES LIEUX DES EMISSIONS TERRITORIALES
DE GAZ A EFFET DE SERRE ET DES POLLUANTS
ATMOSPHERIQUES ............................................................. 6
2.1. Méthodologie de rapportage de l’ORECAN ......................................... 6
2.2. Bilan des émissions de gaz à effet de serre de l’ORECAN .................. 7
2.3. Bilan des émissions de polluants atmosphériques et de la
qualité de l’air ..................................................................................... 11
3. ANALYSE DE LA SEQUESTRATION CARBONE ............... 21
3.1. OBJECTIF ET DEFINITIONS ............................................................ 21
3.2. METHODOLOGIE ............................................................................. 23
3.4. EVALUATION DU STOCK DE CARBONE SUR LE
TERRITOIRE ..................................................................................... 26
3.5. CONCLUSION ET PISTES D’AUGMENTATION DU
POTENTIEL DE SEQUESTRATION.................................................. 29
4. ETAT DES LIEUX DE LA CONSOMMATION
ENERGETIQUE................................................................... 31
4.1. Bilan énergétique global..................................................................... 32
4.2. Bilan énergétique du territoire – hors activités industrialo-
portuaires ........................................................................................... 34
4.3. Détail du secteur résidentiel ............................................................... 36
4.4. Détail du secteur tertiaire ................................................................... 41
4.5. Détail du secteur de l’industrie ........................................................... 43
4.6. Détail du secteur transport ................................................................. 46Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 3 / 122
5. ETAT DES LIEUX DE LA PRODUCTION D’ENERGIE ........ 54
5.1. Bilan global de la production .............................................................. 54
5.2. Détail des productions électriques ..................................................... 54
5.3. Détail des productions de chaleur ...................................................... 56
5.4. Détail des projets de production de gaz renouvelable........................ 59
5.5. Détail des productions de bois ........................................................... 59
6. ETAT DES LIEUX DES RESEAUX ENERGETIQUES ......... 60
6.1. Les réseaux d’électricité ..................................................................... 60
6.2. Les réseaux de gaz ............................................................................ 61
6.3. Les réseaux de chauffage urbain publics ........................................... 62
7. FACTURE ENERGETIQUE ET ANALYSE DE LA
PRECARITE ENERGETIQUE ............................................. 64
7.1. Facture énergétique globale .............................................................. 64
7.2. Analyse de la précarité énergétique des ménages ............................ 65
8. ANALYSE PAR FILIERE DES POTENTIELS
D’ENERGIE RENOUVELABLE ET DE
RECUPERATION ................................................................ 70
8.1. Potentiel bois-énergie (BE) ................................................................ 70
8.2. Potentiel de production de chaleur fatale ........................................... 71
8.3. Potentiel solaire ................................................................................. 76
8.4. Potentiel d’éolien marin ...................................................................... 87
8.5. Potentiel d’éolien terrestre ................................................................. 89
8.6. Potentiel de méthanisation ................................................................. 90
8.7. Potentiel géothermique ...................................................................... 93Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 4 / 122
8.8. Indications sur la filière hydrogène ..................................................... 93
8.9. Synthèse des potentiels ENR&R ....................................................... 96
9. CONCLUSION ..................................................................... 98
9.1. Principaux messages clés du diagnostic relatif au SDE ..................... 98
9.2. Propositions de pistes d’actions ......................................................... 99
10. ANNEXES ......................................................................... 102
10.1. Prix des énergies ............................................................................. 102
10.2. Bilan des émissions de Gaz à Effet de Serre à partir du
diagnostic énergétique ..................................................................... 102
10.3. Recensement des friches pouvant potentiellement accueillir du PV au sol.......................................................................................... 105
10.4. Liste des acteurs consultés .............................................................. 109
10.5. Liste des données collectées ........................................................... 109
10.6. Liste des actions menées par la CU et ses partenaires ................... 109
10.7. Liste des indicateurs ........................................................................ 111
10.8. Méthodologie utilisée pour l’évaluation du potentiel en bois
énergie pour la Communauté urbaine .............................................. 111
10.9. Table ................................................................................................ 118Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 5 / 122
1. Introduction
LE PCAET ET LE SDE : DES OUTILS PARTENARIAUX, OPERANT AU SERVICE DU PROJET COMMUNAUTAIRE.
Avec l’élaboration d’un PCAET, la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole (LHSM) affirme son rôle d’animatrice et coordinatrice de la transition énergétique sur son territoire. Le Schéma directeur des énergies (SDE), qui sera défini en parallèle du PCAET, doit produire une feuille de route opérationnelle pour le volet « énergies » du PCAET. Ces documents cadres porteront la stratégie de transition climat-air-énergie de LHSM et ses actions.
Le Schéma Directeur des Energies de la Communauté urbaine du Havre Seine Métropole est une démarche visant à :
Renforcer la connaissance de la situation énergétique du territoire de la CU,
Construire une vision partagée et une feuille de route commune à l’ensemble des acteurs.
L’étude est décomposée en 3 phases. La première phase de construction du modèle énergétique du territoire consiste à réaliser un diagnostic sur le sujet des consommations et productions énergétiques, ainsi que sur les déploiements possibles d’énergies renouvelables (photovoltaïque, biogaz, …). Cette première phase sera le point de départ de la deuxième phase de stratégie, visant à construire différents scénarios d’évolution possibles du territoire, permettant d’évaluer la trajectoire énergétique dans le cas d’un suivi strict des évolutions tendancielles, ou au contraire de scénarios plus ambitieux. Après discussion avec les différents acteurs du territoire et validation politique, le scénario d’évolution préférentiel retenu par la Communauté urbaine sera approfondi pour en dégager les axes majeurs de la transition énergétique du territoire. Ces objectifs seront ensuite décomposés en plan d’actions dans la troisième phase.
Le présent document constitue le rapport de la phase 1. Il décrit :
❖ L’état des lieux des émissions de gaz à effet de serre et des polluants
atmosphériques du territoire
❖ L’analyse de la séquestration carbone du territoire
❖ Le diagnostic énergétique du territoire, sur le plan des consommations d’énergie, de
la production, et des réseaux d’énergie
❖ L’analyse de la précarité énergétique du territoire
❖ L’identification des potentiels en énergie renouvelable et de récupération
❖ Des premières pistes de réduction des gaz à effet de serre sur le territoire
Le diagnostic du territoire se base sur l’année 2019. Cette année dite de référence est l’année la plus récente pour laquelle on dispose des consommations énergétiques du territoire à la date de collecte des données (été 2021).
Il convient de souligner dès à présent la spécificité du territoire qui contient une zone industrialo-portuaire (ZIP) à rayonnement international et très consommatrice d’énergie. On propose dans le présent rapport d’analyser les consommations et émissions du territoire selon différents périmètres :
- Un périmètre global (en section 4.1)
- Un périmètre dit « hors activités industrialo-portuaires » (en section 4.2). On exclut dans ce périmètre les consommations du secteur industrie et du transport non routier afin de mettre davantage en perspective les particularités des autres secteurs d’activité. La zone d’émissions spécifiques que constitue la ZIP n’est donc pas incluse dans ce périmètre. - Un périmètre constitué des activités industrialo-portuaires dont on trouvera le détail en section 4.5 pour le secteur industriel et en section 4.6 pour le secteur du transport non routier.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 6 / 122
2. Etat des lieux des émissions territoriales de Gaz à Effet de
Serre et des polluants atmosphériques
De nombreuses méthodologies existent pour comptabiliser les émissions de GES et de polluants, avec des périmètres différents en fonction de l’objectif recherché. Nous présentons ci-dessous la méthodologie proposée par l’ORECAN ainsi que les données associées dans leur version publiée en juillet 2021 :
Source pour les GES : ORECAN – Atmo Normandie – Inventaire version 3.2.7 et
ORECAN – Biomasse Normandie – version 12.21 (Transport routier) – Biomasse Normandie – version v1.0 (Transport non routier) – Biomasse Normandie – version 09.19 (Séquestration Carbone)).
Source pour les polluants : ORECAN – Atmo Normandie – Inventaire version 3.2.7
2.1. Méthodologie de rapportage de l’ORECAN
L’ORECAN est l’observatoire de l’énergie, de l’air et du climat en Normandie. L’ADEME et la région Normandie sont à l’initiative de sa création et pilotent actuellement la structure. Ce sont Biomasse Normandie et l’ATMO Normandie qui effectuent le travail opérationnel de collecte, traitement et publication des données. La présente section d’état des lieux des émissions de GES se base sur les données de cet observatoire. Ainsi, nous reprenons en ce début de chapitre les termes de la méthodologie de l’ORECAN intitulée Méthodes d’élaboration de l’inventaire territorial des consommations d’énergie, des émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques en Normandie. Ce document, datant de décembre 2020, précise le format de rapportage des données de l’ORECAN. Il est disponible suivant le lien http://www.orecan.fr/info-donnees/ .
Afin d’être en mesure de répondre aux besoins des partenaires de l’ORECAN, pour alimenter en premier lieu les diagnostics des Plans Climat Air Energie Territoriaux (PCAET), le format de rapportage utilisé dans la méthodologie de l’inventaire territorial d’Atmo Normandie découle de l’arrête du 4 août 2016. Le format de l’ORECAN se base donc sur celui du PCAET avec les secteurs d’activités suivant :
Résidentiel,
Tertiaire,
Transport routier,
Transport non routier,
Agriculture,
Déchets,
Industrie hors branche énergie, nommé « industrie » sur le site internet de l’ORECAN,
Branche énergie (hors production d’électricité, de chaleur et de froid pour les émissions
de gaz à effet de serre, dont les émissions correspondantes sont comptabilisées au stade de la consommation),
Des ajustements techniques ont été opérés suites à des décisions prises par les pilotes de l’ORECAN :
Exclusion de la branche énergie (y compris le raffinage de pétrole et le stockage de
produits pétroliers1) et de la production d’électricité, de chaleur et de froid pour les consommations d’énergie et les émissions de GES,
Prise en compte de la production d’électricité, de chaleur et de froid uniquement pour les
polluants atmosphériques.
Exclusions des émissions de CO2 liées à la combustion du bois,
Exclusions des émissions naturelles,
1 Bitume, Gazole, Fioul, Essence, JP-5, Kérosène, GPL, Lubrifiant, Paraffine, Goudron, Composés pétrochimiquesRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 7 / 122
Prise en compte de la séquestration carbone (uniquement des forêts pour l’instant),
Traitement du transport routier et transport non routier avec deux approches distinctes :
▪ Approche dite « responsabilité » mise en œuvre par Biomasse Normandie pour les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Cette approche consiste à répartir de manière équitable les consommations et les émissions entre les villes d’origine et de destination,
▪ Approche dite « orientée source » mise en œuvre par Atmo Normandie pour les émissions de polluants atmosphériques. Cette approche consiste à attribuer les consommations et émissions au seul territoire où les énergies sont consommées, Ventilation des consommations d’énergie et des émissions de polluants et de GES par secteur d’activité et par type d’énergie (gaz naturel, produits pétroliers, électricité, chaleur, bois énergie, autres énergies renouvelables, autres énergies non renouvelables et hors combustion).
2.2. Bilan des émissions de gaz à effet de serre de l’ORECAN
Les Gaz à effet de serre (GES) sont un ensemble de gaz ayant un impact sur le rayonnement infra-rouge émis par la surface de la terre, et qui contribuent par conséquent à l’effet de serre. Même si les émissions de GES sont souvent réduites aux seules émissions de dioxyde de carbone (CO2), il est important de souligner que de nombreux gaz contribuent au réchauffement climatique, comme le méthane (CH4), la vapeur d’eau, le protoxyde d’azote, l’ozone ainsi que les gaz fluorés. L’objectif d’un état des lieux des GES pour un territoire donné est de comptabiliser les émissions de GES anthropiques (c’est-à-dire ayant pour origine l’activité humaine, de façon directe ou indirecte).
La Figure 1 ci-dessous montre que l’industrie est le secteur le plus émetteur du territoire, avec des émissions de gaz à effet de serre atteignant 2.12 MtCO2éq2, soit 56% des émissions du territoire. Les émissions d’origine non énergétique concernent principalement certains procédés industriels, la décomposition des déchets ainsi que la fermentation entérique des ruminants. Celles-ci représentent 10% des émissions de gaz à effet de serre du territoire et correspondent quasi-exclusivement aux secteurs de l’industrie et de l’agriculture.
2 A titre d’information, l’ADEME a chiffré les émissions de GES des industriels de Normandie à 12 MtCO2éq. Lien
du rapport : https://presse.ademe.fr/wp-content/uploads/2020/07/captage-stockage-geologique-co2_csc_avis- technique_2020.pdf
Le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a émis :
3.8 MtCO2éq en 2018.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 8 / 122
Figure 1 - Répartition des émissions de gaz à effet de serre par secteur sur le territoire de la CU, données ORECAN 2018
La Figure 2 s’intéresse aux émissions d’origine énergétique, pour un total de 3.4MtCO2éq. Elle met en lumière la responsabilité des combustibles fossiles (gaz naturel, produits pétroliers et autres énergies non renouvelables) dans les émissions de gaz à effet de serre du territoire. Ceux- ci représentent 3.2 MtCO2éq soit 94% des émissions d’origine énergétique de la CU.
Figure 2 - Répartition des émissions d’origine énergétique de gaz à effet de serre par secteur sur le territoire de la CU, données ORECAN 2018
-
500 ktCO2éq
1 000 ktCO2éq
1 500 ktCO2éq
2 000 ktCO2éq
2 500 ktCO2éq
INDUSTRIE TRANSPORT
ROUTIER
TRANSPORT
NON ROUTIER
RESIDENTIEL DECHETS AGRICULTURE TERTIAIRE
Energétiques Non énergétiques
-
100 ktCO2éq
200 ktCO2éq
300 ktCO2éq
400 ktCO2éq
500 ktCO2éq
600 ktCO2éq
TRANSPORT
ROUTIER
TRANSPORT
NON ROUTIER
RESIDENTIEL DECHETS TERTIAIRE AGRICULTURE
Gaz Naturel Produits pétroliers Autres énergies non renouvelables
Electricité Chaleur et froid issus de réseau Bois-énergie
Autres énergies renouvelables
-
400 ktCO2éq
800 ktCO2éq
1 200 ktCO2éq
1 600 ktCO2éq
2 000 ktCO2éq
INDUSTRIERapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 9 / 122
Les données de l’ORECAN permettent aussi de représenter l’évolution des émissions de GES du Havre Seine Métropole (Figure 3). Au global, les émissions de CO2 ont une évolution à la baisse depuis 2005 : - 23%.
Figure 3 - Evolution des émissions de Gaz à Effet de Serre entre 2005 et 2018 sur le territoire de la CU, données ORECAN
En regardant plus précisément l’évolution des émissions de Gaz à Effet de Serre hors industrie, les baisses tendancielles les plus fortes concernent les secteurs du transport routier et du résidentiel. Une baisse tendancielle des émissions de GES n’est pas observable pour les autres secteurs.
Figure 4 - Evolution des émissions de Gaz à Effet de Serre entre 2005 et 2018 sur le territoire de la CU, (hors secteur industrie), données ORECAN
Les deux graphiques ci-dessous représentent l’évolution des émissions de GES pour les territoires de la Région Normandie et de la France entière. Ils permettent de mettre en lumière les spécificités du Havre Seine Métropole :
-
500 ktCO2éq
1 000 ktCO2éq
1 500 ktCO2éq
2 000 ktCO2éq
2 500 ktCO2éq
3 000 ktCO2éq
3 500 ktCO2éq
INDUSTRIE TRANSPORT
ROUTIER
TRANSPORT
NON ROUTIER
RESIDENTIEL DECHETS AGRICULTURE TERTIAIRE
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
-
100 ktCO2éq
200 ktCO2éq
300 ktCO2éq
400 ktCO2éq
500 ktCO2éq
600 ktCO2éq
700 ktCO2éq
TRANSPORT
ROUTIER
TRANSPORT
NON ROUTIER
RESIDENTIEL DECHETS AGRICULTURE TERTIAIRE
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 10 / 122
L’industrie est le principal poste d’émissions de GES du Havre Seine Métropole et sa
place est bien plus centrale pour la communauté urbaine que pour d’autres territoires Les tendances de baisse des émissions de GES dans les secteurs du transport routier et du résidentiel sont observées quel que soit l’échelle observée.
La place du secteur de l’agriculture est bien plus faible sur le territoire du Havre Seine
Métropole que sur les autres territoires. En revanche, le secteur des déchets possède une place plus importante sur le territoire de la CU. Ceci est principalement dû au poids de l’industrie qui nécessite des sites spécialisés de traitement des déchets.
Figure 5 - Evolution des émissions de Gaz à Effet de Serre entre 2008 et 2014 en Normandie3, données ORECAN
Figure 6 - Evolution des émissions de Gaz à Effet de Serre entre 2005 et 2018 en France. données SDES 4
3 Les données des émissions de GES du transport non routier et des années 2005, 2015 et 2018 ne sont pas
disponibles sur le site de l’ORECAN pour l’ensemble de la région Normandie 4 Les données des émissions de GES pour la France entière proviennent du site du SDES regroupant les chiffres clefs relatifs au développement durable en France : https://www.statistiques.developpement- durable.gouv.fr/chiffres-cles-du-climat-france-europe-et-monde-edition-2021-0
-
2 MtCO2éq
4 MtCO2éq
6 MtCO2éq
8 MtCO2éq
10 MtCO2éq
INDUSTRIE TRANSPORT
ROUTIER
RESIDENTIEL DECHETS AGRICULTURE TERTIAIRE
Normandie
2008 2010 2012 2014
-
30 MtCO2éq
60 MtCO2éq
90 MtCO2éq
120 MtCO2éq
150 MtCO2éq
INDUSTRIE TRANSPORT
ROUTIER
TRANSPORT
NON ROUTIER
RESIDENTIEL DECHETS AGRICULTURE TERTIAIRE
France
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 11 / 122
Avec des émissions énergétiques territoriales atteignant 3.8 MtCO2éq en 2018, les émissions par habitant s’élèvent donc à 14.3 tCO2éq/hab. Pour comparer avec des chiffres du quotidien, voici quelques ordres de grandeur de ce que représente cette quantité d’émissions annuelles : Une distance parcourue de 240 km en voiture chaque jour pendant un an 6232 aller-retours Paris – Le Havre en train TER
10 aller-retours Paris – New York en avion
La consommation de 1,1 tonne de bœuf
La fabrication de 114 ordinateurs neufs
(source : Ecotree)
2.3. Bilan des émissions de polluants atmosphériques et de la
qualité de l’air
Les polluants atmosphériques pris en compte dans le cadre du diagnostic sont les 6 polluants réglementaires du PCAET :
Le dioxyde de soufre SO2,
Les oxydes d’azote NOx,
Les composés organiques volatils non méthaniques COVNM,
L’ammoniac NH3,
Les particules de taille inférieure à 10μm PM10,
Les particules de taille inférieure à 2,5μm PM2,5,
2.3.1. Emissions annuelles de polluants du territoire de la CU
Les émissions de polluants, indicateurs de la qualité de l’air du territoire et diffusées par l’ORECAN, sont exprimées en tonnes par an et sont issues de l’Inventaire version 3.2.7 de l’Atmo Normandie. Il convient de noter que les polluants ne peuvent être comparés entre eux. Un bilan sera ainsi dressé par polluant dans les sous-sections suivantes.
2.3.1.1. Emissions annuelles de SO2
En 2018, 8 161 tonnes de SO2 ont été émises sur le territoire de la CU. On note une évolution des émissions à la baisse depuis 2005. Les facteurs identifiés sont : Les efforts des industriels du fait de réglementations plus contraignantes d’une part, La baisse du fonctionnement de la centrale à charbon du Havre dans le mix électrique français d’autre partRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 12 / 122
Figure 7 – Emissions annuelles de SO2 en tonnes, données Atmo Normandie
2.3.1.2. Emissions annuelles de Nox
En 2018, 16 234 tonnes de NOx ont été émises sur le territoire de la CU. On note une évolution des émissions plutôt à la baisse depuis 2005. Le principal facteur identifié est l’amélioration des motorisations du secteur des transports, ainsi qu’une amélioration des procédés de combustion des carburants dans tous les secteurs d’activités.
Figure 8 – Emissions annuelles de NOx en tonnes, données Atmo Normandie
2.3.1.3. Emissions annuelles de COVNM
En 2018, 7 999 tonnes de COVNM ont été émises sur le territoire de la CU. On note une évolution des émissions plutôt à la baisse depuis 2005. Sur le territoire de la CU, ces émissions fluctuent principalement avec les activités de raffinage de pétrole (hors combustion).
31 617
34 632
26 340
19 669
9 977 9 160 8 161
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000
40 000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
28 460
25 254 23 747
19 537
14 862 15 019 16 234
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 13 / 122
Figure 9 – Emissions annuelles de COVNM en tonnes, données Atmo Normandie
2.3.1.4. Emissions annuelles de NH3
En 2018, 2427 tonnes de NH3 ont été émises sur le territoire de la CU. On note une évolution des émissions à la hausse depuis 2005. Sur le territoire de la CU, ces émissions fluctuent principalement avec les activités de l’industrie chimique. Les activités hors combustion du site de Yara sont une source importante des émissions. Les activités agricoles contribuent également aux émissions de NH3 à l’échelle de la CU.
Figure 10 – Emissions annuelles de NH3 en tonnes, données Atmo Normandie
2.3.1.5. Emissions annuelles de PM10
En 2018, 1 327 tonnes de PM10 et 799 tonnes de PM2,5 ont été émises sur le territoire de la CU. On note une évolution des émissions à la baisse depuis 2005 et cela peut s’expliquer notamment par les facteurs suivants :
Efforts des industriels : amélioration des processus de combustion et filtrage
Amélioration des équipements de combustion au bois
Diminution de certaines consommations d’énergie
Améliorations technologiques des véhicules
.
11 886
9 557
8 466
6 757 7 356 7 396
7 999
0
2000
4000
6000
8000
10000
12000
14000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
1 098 1 221 1 285
1 391 1 205
1 923
2 427
0
500
1000
1500
2000
2500
3000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 14 / 122
Figure 11 – Emissions annuelles de PM10 en tonnes, données Atmo Normandie
Figure 12 – Emissions annuelles de PM2,5 en tonnes, données Atmo Normandie
2.3.1.6. Emissions annuelles par secteur d’activités
La répartition des polluants par secteurs d’activités met en évidence les secteurs d’activités les plus émetteurs et par conséquent responsables de la dégradation de la qualité de l’air. En particulier, on peut noter que sur le territoire de la CU Havraise :
Les Nox et les particules fines (PM2,5 et PM10) sont majoritairement liés au secteur des
transports (principalement non routier)
Les émissions de SO2 sont fortement liées à la branche énergie
L’activité industrielle induit principalement des émissions de COVNM, de NH3 et de PM10
2 397
2 141 2 194
1 588
1 118 1 031
1 327
0
500
1000
1500
2000
2500
3000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
1 638
1 413 1 478
1 128
808 727 799
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 15 / 122
Figure 13 – Répartition des émissions des polluants par secteur d’activités, année 2018
2.3.2. Concentrations des polluants sur le territoire de la CU
Cette section rassemble les données de concentrations des polluants mesurées sur les stations de mesure de la communauté urbaine.
Les stations de mesures sont situées à différents points stratégiques du territoire. On les visualise sur la carte ci-dessous.
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
COVNM
PM2,5
PM10
NH3
NOx
SO2
Emissions en tonnes
AGRICULTURE BRANCHE ENERGIE
DECHETS PRODUCTION DE CHALEUR, FROID
INDUSTRIE RESIDENTIEL
TERTIAIRE TRANSPORT ROUTIER
AUTRES TRANSPORTSRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 16 / 122
Figure 14 : Cartographie des mesures de qualité de l’air réalisé par Atmo Normandie sur la CODAH et aux alentours, source : Atmo Normandie, 2022.
2.3.2.1. Concentrations des PM10
Les PM10 figurent parmi les polluants dont les concentrations sont les plus surveillées du fait de leur impact sanitaire important. Sur le territoire de la CU, les concentrations ont nettement diminué entre 2007 et 2016. Depuis 2016, les concentrations stagnent. Néanmoins les concentrations mesurées sont supérieures aux recommandations de l’OMS.
Notons que l’année 2020 est probablement à écarter en matière d’analyse long terme du fait de la crise sanitaire liée à la COVID-19.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 17 / 122
Les profils jours montrent deux pics de pollution autour de 8h et de 18h. Ces pics, plus marqués sur la station de Le Havre Lafaurie, montrent que le trafic routier est fortement impliqué dans les pics de pollution.
2.3.2.1. Concentrations des PM2,5
Les concentrations de PM2.5 sont au-dessus des recommandations de l’OMS sur les 2 stations. Il convient de noter que le seuil OMS est également dépassé sur l’ensemble de la Normandie pour les PM2.5.
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2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Moyennes annuelles des concentrations de PM10
Le Havre ville-Haute le havre massillon
Le Havre centre Le Havre rue Lafaurie (trafic)
Le Havre Neiges (ind) Gonfreville l'Orcher (ind)
Seuil réglementaire européen Recommandation OMS
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Profils journaliers PM10, 2018
Le Havre Centre Le Havre Lafaurie (trafic) Gonfreville l'OrcherRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 18 / 122
* issue du la directive 2008/50/CE
2.3.2.1. Concentrations de dioxyde d’azote
Les concentrations de NO2 dépassent les recommandations de l’OMS mais restent sous le seuil règlementaire fixé à 40 μg/m3.
On note une nette diminution des concentrations en 2020 au moment des confinements successifs dus à la COVID19. Des actions sur la mobilité auraient donc un impact bénéfique sur la qualité de l’air de la CU.
On observe ci-dessous sur les profils journaliers, comme pour les PM10, un pic le matin autour de 8h et un pic le soir autour de 18h. L’intensité du pic est cependant plus élevé que dans le cas des
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Moyennes annuelles des concentrations de PM2.5
Le Havre Ville Haute Station MERA
recommandation OMS Objectif qualité*
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Moyennes annuelles des concentrations de dioxyde
d'azote
Gonfreville l'Orcher Le Havre Ville haute
Le Havre Lafaurie (trafic) Le Havre massillon
Recommandation OMS Seuil réglementaireRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 19 / 122
PM étant donné que le NO2 est majoritairement émis par le trafic routier (les sources de PM étant elles plus variées).
2.3.2.1. Concentrations d’ozone
L’ozone est un polluant irritant pour l’appareil pulmonaire et qui a des impacts sur les cultures (diminution de rendements agricoles estimés entre 10 et 15% en Europe de l’ouest). La production d’ozone, dont les concentrations augmentent légèrement depuis quelques années, trouve son origine dans les COVNM et les Nox.
On observe dans les graphiques ci-dessous des concentrations élevées en milieu et fin d'après- midi. En effet, l’ensoleillement et la chaleur y sont plus intenses et favorisent la formation de l'ozone.
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Profils journaliers des concentrations de NO2 , 2018
Le Havre Ville Haute Le Havre Lafaurie trafic
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Moyennes annuelles des concentrations d'ozone
Le Havre Centre Le Havre Ville Haute St Romain de ColboscRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 20 / 122
2.3.2.1. Concentrations de SO2
Les concentrations de SO2 ont tendance à diminuer depuis plusieurs années, en lien avec les réglementations auxquels les industriels sont soumis. A noter toutefois que le territoire havrais a les niveaux les plus élevés de Normandie.
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Profils journaliers des concentrations d'ozone, 2018
Le Havre Centre Le Havre Ville haute St Romain de Colbosc
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Moyennes annuelles des concentrations de dioxyde
de soufre
Caucriauville Gonfreville l'Orcher Harfleur
Le havre Centre Le havre Massillon Rogerville
St Romain de Colbosc Ste AdresseRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 21 / 122
3. Analyse de la séquestration carbone
3.1. OBJECTIF ET DEFINITIONS
La loi sur la Transition Energétique Pour la Croissance Verte a introduit en 2016 à travers un décret d’application, l’obligation pour le PCAET d’intégrer « Une estimation de la séquestration nette de dioxyde de carbone et de ses possibilités de développement, identifiant au moins les sols agricoles et la forêt, en tenant compte des changements d'affectation des terres ; les potentiels de production et d'utilisation additionnelles de biomasse à usages autres qu'alimentaires sont également estimés, afin que puissent être valorisés les bénéfices potentiels en termes d'émissions de gaz à effet de serre, ceci en tenant compte des effets de séquestration et de substitution à des produits dont le cycle de vie est davantage émetteur de tels gaz. ».
Le PCAET reconnaît ainsi la contribution des écosystèmes à travers l’introduction du concept de séquestration carbone. L’objectif est de mettre l’accent sur le service rendu par les forêts, les couverts végétaux et les sols, comme « puits de carbone » dans le contexte du réchauffement climatique. En effet, les sols et la forêt stockent, sous forme de biomasse vivante ou morte, 3 à 4 fois plus de carbone que l’atmosphère. Toute variation négative ou positive de ces stocks, même relativement faible, peut influer sur les émissions de gaz à effets de serre (source : ADEME Territoire et Climat).
↘ QU’EST-CE QU’UN STOCK DE CARBONE ?
Les écosystèmes (sol et végétation) stockent plus de carbone que n’en contient l’atmosphère. Ce sont des réservoirs de carbone. Chaque réservoir de carbone contient une quantité de carbone à un moment donné : c’est ce qu’on appelle un stock de carbone, généralement exprimé en tonnes de carbone (tC).
Les stocks de carbone sont répartis en plusieurs compartiments interconnectés. La biomasse vivante et la matière organique, présentes entre 0 et 30 cm dans les sols, figurent parmi les deux compartiments principaux. Mais il faut aussi citer la biomasse morte, la litière ou encore les produits issus de la biomasse (produits bois notamment).Ces stocks de carbone sont également variables en fonction de l’occupation des sols comme l’illustre la figure ci-dessous.
Stocks de carbone selon l’occupation des sols – Source : Association Bilan Carbone et ADEME
Dans ce sens, la séquestration carbone correspond au stockage du carbone « hors de l’atmosphère », c’est-à-dire à travers les espaces naturels, boisés, végétalisés, les cultures et le sol.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 22 / 122
↘ QU’EST-CE QU’UN FLUX DE CARBONE ?
Un écosystème échange du carbone avec l’atmosphère, ce qui génère des flux de carbone. Ils correspondent ainsi à la capacité d’un territoire à absorber annuellement du CO2 à travers la biomasse, les sols, etc…
En fonction de l’importance des échanges et de leurs sources, ces flux de carbone peuvent être :
- Des échanges à l’équilibre : l’écosystème absorbe la même quantité de carbone qu’il n’en libère : les stocks de carbone sont donc stables ;
- Source d’émissions : l’écosystème libère plus de carbone qu’il n’en absorbe : c’est une réduction des stocks de carbone ;
- Puits de carbone : l’écosystème absorbe plus de carbone qu’il n’en libère : les stocks de carbone augmentent, générant ainsi une séquestration de carbone.
Les flux de carbone entre les écosystèmes et l’atmosphère liés aux variations de stock de carbone sont généralement exprimés en tonnes de dioxyde de carbone par an (tCO2/an). Dans ce sens, une variation annuelle de stock de 1tC correspond à un flux de 3,667 tCO2/an (émission ou séquestration).
Les flux de carbone en France correspondent ainsi :
- à des émissions liées à l’artificialisation et à la mise en culture de prairies et aux défrichements des forêts (perte et dégradation des écosystèmes) ;
- à des puits à travers les forêts, les prairies, les produits bois notamment.
Flux de carbone du secteur UTCATF5 en France – source : Inventaire national de GES (CITEPA)
↘ QU’EST-CE QUE LA NEUTRALITE CARBONE ?
La neutralité carbone est atteinte quand les émissions de CO2 anthropiques sont équilibrées par des puits de carbone anthropiques équivalents, à l’échelle globale et sur une période de temps définie.
5 Utilisation des Terres, Changement d’Affectation des Terres et ForesterieRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 23 / 122
3.2. METHODOLOGIE
Dans le cadre de l’élaboration du PCAET de la Communauté urbaine (CU) du Havre Seine Métropole, l’exercice mené et formalisé dans le chapitre « analyse de la séquestration carbone » consiste à évaluer, en ordre de grandeur, la séquestration de carbone sur le territoire.
Cette analyse comporte une forte dimension pédagogique pour cerner l’importance des enjeux et identifier des pistes d’actions concrètes. Elle s’appuie sur l’outil ALDO développé par l’ADEME et mis à disposition des collectivités afin d’estimer la séquestration de carbone sur les territoires. L’outil ALDO est disponible sur le site de l’ADEME « Territoires & Climat » à ce lien : https://www.territoires-climat.ademe.fr/ressource/211-76
1. L’outil ALDO – éléments de cadrage
L’outil ALDO comptabilise :
↘ Des stocks de référence, c’est-à-dire la quantité de carbone stockée à l’hectare en fonction de l’occupation du sol ;
↘ Les surfaces d’occupation du sol par typologies sur le territoire étudié en utilisant par défaut les données Corine Land Cover 2018.
La version du logiciel ALDO de décembre 2021 est mobilisée pour l’étude.
2. Les données sources utilisées
DONNEES D’ENTREE
Afin de réaliser les différents calculs, l’outil ALDO mobilise plusieurs données sources notamment sur la quantité de carbone à l’hectare stockée par différents sols, les flux de carbone mais aussi le stock de carbone liés aux produits bois.
Comme présenté précédemment, les stocks de carbone à l’hectare sont variables en fonction de l’utilisation des sols. Selon ces utilisations, l’outil ALDO intègre la prise en compte de la litière et de la biomasse pour calculer un total de carbone stocké à l’hectare en tC/ha. L’outil ALDO mobilise ainsi les données suivantes en fonction de la typologie d’occupation des sols :
Stock de
référence par
unité de surface
en tC/ha
Sol (30cm) Litière Biomasse TOTAL
Cultures 50 0 50
Prairies zones
herbacées 69 0 69
Prairies zones
arbustives 69 7 76
Prairies zones
arborées 69 31 100
Feuillus 60 9 59 128
Mixtes 60 9 57 126
Conifères 60 9 73 142
Peupleraies 60 9 52 121
Zones humides 125 0 125
Vergers 46 16 62Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 24 / 122
Vignes 39 5 44
Sols artificiels
imperméabilisés 30 0 30
Sols artificiels
arbustifs 69 7 76
Sols arborés et
buissonnants 60 31 91
Haies associées
aux espaces
agricoles
0 57 57
Source : outil ALDO ; ADEME 2019
L’outil ALDO permet également de quantifier les flux de carbone annuels, c’est-à-dire les quantités de carbone qui viennent s’ajouter au stock existant (augmentation du puits), ou bien les quantités qui en sont retranchées (émissions). Ces différents flux, positifs ou négatifs, sont liés aux changements d’affectation et d’occupation des sols. L’outil les calcule pour les sols, la litière et la biomasse.
Enfin, il estime les stocks de carbone qui sont liés au bois d’œuvre et au bois industrie. Cette donnée est obtenue sur la base de données nationales de stock dans les produits bois en 2016 (CITEPA, OMINEA) multiplié par la part de l’EPCI dans la population française.
LES DONNEES D’OCCUPATION DES SOLS
ALDO s’appuie par défaut sur les données dites CORINE Land Cover (CLC) de l’année 2018. Notons que ces données sont réalisées à grosses mailles, c’est à dire qu’elles mesurent des unités homogènes d’occupation des sols d’une surface minimale de 25 hectares et de 5 hectares pour les évolutions. Ces données sont issues d’interprétations visuelles d’images satellitaires avec des données complémentaires en appui. C’est pourquoi :
↘ de petites parcelles agricoles non continues ne sont pas nécessairement comptabilisées ; ↘ les espaces mités sont comptabilisés en surfaces agricoles, c’est-à-dire les espaces agricoles comprenant des constructions éparses (clos-masures, hameaux par exemple).
Ces données sont complétées par :
↘ la BD forêt (ou Banque de Données forêt) de l’IGN (inventaire forestier 2012-2016) afin de préciser la composition des forêts ;
↘ le Recensement Parcellaire Graphique et une analyse de la BD Topo de l’IGN par l’observatoire du développement durable de l’INRA pour l’estimation des surfaces occupées par les haies. A noter que l’outil ALDO n’intègre que peu de données haies pour le territoire de la CU du Havre Seine Métropole.
ALDO permet de remplacer les données d’entrée de CLC2018 par des données plus précises ou plus actualisées sous réserve d’assurer la correspondance entre les différents postes requis par l’outil.
Des données de l’OSCOM Normandie (Observatoire des Sols à l’échelle COMmunale Normandie) disposent d’une meilleure résolution que celles de CLC. Néanmoins, le détail des postes ne permet pas de renseigner des critères importants au calcul de la séquestration carbone tel que le détail des types de prairies ainsi que les surfaces en zones humides. Ces données n’ont donc pas été retenues.
A noter également que dans sa dernière version (décembre 2021), l’outil ALDO ne prend pas en compte le périmètre de la CU en tant qu’unité d’étude : le maillage EPCI utilisé provient de l’INSEE 2017. Les données des 3 anciens EPCI (ex-CODAH, ex CC Caux Estuaire et ex CC Criquetot- l’Esneval) sont alors agrégées afin de permettre une analyse complète à l’échelle de l’EPCI LHSM.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 25 / 122
Le tableau et le graphique ci-dessous représentent la répartition des différents postes d’occupation des sols issus de CORINE Land Cover 2018 et utilisés dans l’outil ALDO.
Les cultures représentent ainsi en superficie la moitié des postes d’occupation des sols du territoire (49,5%). Les sols artificiels imperméabilisés suivent avec une part d’environ 20%. Les prairies représentent quant à elles environ 17% et les forêts et zones humides respectivement 5%.
Répartition des postes CORINE
Land Cover 2018 en hectares Ex-CODAH
Ex-Caux
estuaire
Ex-
Criquetot
Esneval
TOTAL LHSM
en ha en %
cultures cultures 7479 8744 9357 25580 49,5
prairies
prairies zones
herbacées 1218 3907 2475 7600 14,7 prairies zones
arbustives 660 236 71 967 1,9 prairies zones
arborées 0 0 0 0 0,0
forêts
feuillus 347 838 822 2007 3,9
mixtes 192 94 0 286 0,6
conifères 42 246 0 288 0,6
peupleraies 5 24 0 29 0,1
zones humides zones humides 1199 1260 75 2534 4,9
vergers vergers 0 0 0 0 0,0
vignes vignes 0 0 0 0 0,0
sols artificiels
imperméabilisés*
sols artificiels
imperméabilisés 7347 1867 702 9916 19,2 sols artificiels
enherbés*
sols artificiels
arbustifs 1407 467 175 2049 4,0 sols artificiels
arborés et
buissonnants*
sols artificiels
arborés et
buissonnants
429 0 0 429 0,8
Haies associées aux espaces
agricoles 0 0 0 0 0,0
51685 100
Traitement des données Corine Land Cover 2018 pour intégration à l’outil ALDORapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 26 / 122
3.4. EVALUATION DU STOCK DE CARBONE SUR LE
TERRITOIRE
1. Des stocks de carbone à préserver
Le stock de carbone est la quantité de carbone stockée dans les sols et la végétation du territoire. Il est la résultante des flux passés. A l’échelle du territoire de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole, il est estimé à 11 783 197 teqCO2 hors produits bois et 11 845 072 teqCO2 en les intégrant.
Le stock est principalement réparti au sein des cultures, qui représentent 4 783 415 teqCO2, soit 41 % du stock total, suivi par les prairies permanentes avec 2 380 442 teqCO2 soit 20% du stock. Les espaces forestiers contribuent également surtout à travers les feuillus : s’ils ne représentent que 13% du stock de carbone, ils ne représentent aussi que 5% du territoire.
TYPES DE SURFACES ET RESERVOIRS TOTAL tC TOTAL tCO²eq
cultures 1 304 568 4 783 415
prairies
prairies zones herbacées 642 452 2 355 657
prairies zones arbustives 6 760 24 785
prairies zones arborées 0 0
forêts
feuillus 340 829 1 249 705
mixtes 41 432 151 918
résineux 42 692 156 539
peupleraies 3 733 13 688
zones humides 316 635 1 160 996
vergers 0 0
vignes 0 0
sols artificiels imperméabilisés 297 469 1 090 720
sols artificiels enherbés 168 068 616 248
sols artificiels arborés et buissonnants 48 941 179 449
Haies associées aux espaces agricoles 21 77
Produits bois 16 875 61 875
TOTAL 3 230 474 11 845 072
Pour convertir un stock de carbone en CO2, on le multiplie par 44/12. A l'inverse, pour convertir un stock de CO2 en carbone, on le multiplie par 12/44.
Tableau : Répartition des stocks totaux de carbone selon les réservoirs sur le territoire – Source : ALDORapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 27 / 122
Source ALDO – d’après données CLC 2018
Il apparaît donc primordial de préserver ces espaces de stocks majeurs : le socle agro-naturel constitué des espaces agricoles en cultures ainsi que les prairies, et les espaces boisés. Les enjeux de nature en ville sont également importants : les sols artificialisés enherbés ou arborés et buissonnants représentent malgré tout 7% des stocks. Les sols artificiels imperméabilisés, par des actions de renaturation pourraient ainsi augmenter leur potentiel de stock carbone.
2. Des puits de carbone à maintenir, voire à favoriser
Les flux de carbone viennent s’ajouter ou se déduire aux stocks existants. Ainsi, consommer de l’espace naturel et agricole vient créer un flux d’émissions de carbone. A l’inverse, la gestion durable des forêts et le développement de certaines pratiques agricoles vertueuses permettent de séquestrer annuellement du carbone.
Occupations des sols
Diagnostic sur la séquestration de dioxyde de carbone
RAPPEL Stocks de
carbone (tCO2eq) Flux de carbone (tCO2eq/an)*
cultures 4 783 415 0 sans variation
prairies 2 380 442 119 séquestration
zones humides 1 160 996 0 sans variation
41%
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11%
1%
1% 0%
10%
0%
0%
9%
5% 2%
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Répartition des stocks de carbone (hors produits bois) par
occupation du sol de l'epci (%), 2018, état initial (2018)Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 28 / 122
vergers 0 0 sans variation
vignes 0 0 sans variation
sols artificiels 1 886 417 -3 347 émission
forêts 428 686 18 753 séquestration
produits bois 61 875 226 séquestration
haies 77
TOTAL 11 845 072 15 751
soit 15,8 ktCO2e/an
Source : Outil ALDO, ADEME
Source : Outil ALDO, ADEME
Le territoire connaît donc un flux de stockage négatif de carbone correspondant à une séquestration qui est quasi-exclusivement lié aux espaces de forêts. D’autres gains de moindre importance sont liés aux produits bois, aux espaces végétalisés des sols artificialisés et aux prairies.
Le déstockage, soit les émissions vers l’atmosphère sont liées à la consommation d’espaces. Les données CLC2018 permettent ainsi d’estimer à travers d’ALDO, un volume d’émissions de 3,8ktCO2e/an. Au total, en comptabilisant les émissions et les séquestrations, le flux de stockage annuel est estimé à 15 751 teqCO2.
0,0
-0,1
0,0 0,0 0,0
-0,2 -0,3
3,8
-18,8
-0,2
-20,0
-15,0
-10,0
-5,0
0,0
5,0
flux de co
2
Flux en milliers de tCO2eq/an de l'epci, par occupation du sol,
Bases de changement CLC 2012-2018; Inventaire forestier 2012-2016
cultures prairies
zones humides vergers
vignes sols artificiels arborés
sols artificiels enherbés et arbustifs sols artificiels imperméabilisés
forêt Produits bois
Ici, une valeur négative correspond à une
séquestration, positive à une émission
vers l'atmosphèreRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 29 / 122
3.5. CONCLUSION ET PISTES D’AUGMENTATION DU
POTENTIEL DE SEQUESTRATION
L’action humaine sur les écosystèmes liée notamment aux changements d’occupation des sols, aux activités agricoles, forestières et d’aménagement urbain génère des flux de carbone avec l’atmosphère qui représentent des émissions de carbone ou des puits de carbone. Pour contribuer à atténuer le changement climatique, l’enjeu est donc d’actionner deux leviers : ↘ Préserver les stocks existants et ne pas impacter négativement les puits actuels ↘ Générer de nouveaux puits de carbone
Quatre pistes pour renforcer les puits de carbone existants sont évoquées ci-après : ↘ Limiter les changements d’affectation des sols et stopper la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers ;
↘ Favoriser la nature en ville ;
↘ Faire évoluer les pratiques agricoles pour créer des flux de stockage annuels en renforçant le stockage de carbone dans les sols et sous-sols ;
↘ Agir sur la forêt et la filière bois
1. Changement d’affectation des sols
L’analyse des flux montre que l’artificialisation des sols représente un relargage de carbone important en raison de la consommation d’espaces naturels et agricoles. Une réduction voire un arrêt de la consommation d’espace pour l’urbanisation, telle qu’inscrit dans les objectifs de la loi Climat et Résilience, permettrait de maintenir des puits de carbone conséquents (objectif zéro artificialisation nette).
2. Développement de la nature en ville
Au-delà de leurs bénéfices multifonctionnels, les espaces de nature en ville ont un véritable rôle à jouer en tant que stock de carbone. Comme l’a montré le diagnostic précédemment, les sols artificialisés enherbés ou arborés et buissonnants représentent malgré tout 7% des stocks du territoire pour un peu moins de 2500 ha. Les 9900 ha de sols artificialisés imperméabilisés représentent ainsi un véritable levier d’actions pour qu’ils contribuent plus efficacement aux stocks de carbone du territoire en assurant leur renaturation.
3. Pratiques agricoles séquestrantes
Certaines pratiques agricoles permettent de renforcer les stocks de carbone dans les sols et sous- sols, ou dans la végétation de surface, en créant des flux annuels de carbone, par exemple : ↘ Agroforesterie, haies et bandes enherbées
↘ Non labour et semis direct
↘ Mulchs, amendements et composts
↘ Rotations intégrant des prairies temporaires et intercultures.
Le territoire dispose d’importants espaces agricoles en cultures (49,5% du territoire selon CLC2018) et de prairies (17% selon CLC2018). Si le premier enjeu est bien de préserver ces emprises qui représentent d’ores et déjà un stock important, le second est bien d’orienter l’optimisation du potentiel qu’ils constituent par une modification des pratiques agricoles.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 30 / 122
FOCUS // L’initiative internationale « 4 pour 1000 » lancée par la France lors de la COP21 vise à montrer l’importance des sols agricoles vis-à-vis du changement climatique et de la sécurité alimentaire en faisant connaître les techniques et pratiques vertueuses pour y parvenir (agro-écologie, agroforesterie, gestion des paysages, etc). En effet, un taux de croissance annuel de 0,4% des stocks de carbone du sol soit 4 ‰ par an, dans les premiers 30 à 40 cm du sol, réduirait de manière significative dans l’atmosphère la concentration de CO2 liée aux activités humaines.
4. Gestion durable de la forêt
Les espaces forestiers et boisés constituent d’ores et déjà un stock de carbone assurant une séquestration sur le territoire. La séquestration dans les produits bois, directement issus de la filière bois constitue aussi un stock direct.
Tout comme les emprises agricoles et prairiales, l’enjeu principal réside en la protection des espaces forestiers existants du territoire. Néanmoins, pour pérenniser ce potentiel voir l’accroître, il s’agit :
↘ De favoriser la résilience de ces espaces forestiers et boisés face aux perturbations induites par le changement climatique ;
↘ D’assurer une gestion durable en assurant le renouvellement des peuplements et la protection des sols forestiers aui représentent aussi un stock important ; ↘ Développer de nouveaux boisements sur des espaces dégradés ou friches agricoles par exemple.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 31 / 122
4. Etat des lieux de la consommation énergétique
L’objectif de cette section est de présenter les consommations énergétiques, avec, dans un premier temps, un bilan général sur tout le territoire, puis une décomposition par secteur. Ce bilan de consommation est le fruit d’un travail important de collecte, de traitement, et de réconciliation de différents jeux de données. En particulier, les données de consommation réelles récupérées par les différents gestionnaires de réseaux ont été complétées par des estimations régionales provenant de l’ORECAN (données 2018 dans leur version publiée en juillet 20216), puis confrontées à des données statistiques du territoire (recensement des logements, réparation des emplois par zone, …). L’objectif de ce travail est de réaliser un inventaire des consommations aussi précis que possible, autant d’un point de vue spatial avec une décomposition infra-communale, que par secteur d’activités. Une note méthodologique plus détaillée a été rédigée à ce sujet et accompagne le présent rapport (Méthodologie de construction du modèle énergétique du territoire de la CU du Havre Seine Métropole).
Figure 15 - Processus de réconciliation des données de consommation du territoire
Ce bilan de consommation a été réalisé pour l’année de référence 2019, et recouvre l’intégralité des consommations du territoire de la CU du Havre, à savoir tous les secteurs (résidentiel, tertiaire, industrie, agriculture et transports) et toutes les énergies (électricité, gaz naturel, produits pétroliers, bois, chauffage urbain). Il convient de noter que le bilan inclut les consommations de gaz et d’électricité de la branche énergie (issues du SDES et relatives principalement aux activités de raffinerie sur la CU) et présente donc des différences significatives avec le bilan énergétique réalisé par l’ORECAN (qui exclut la totalité de la branche énergie de son format de rapportage). On précise également que les consommations de produits pétroliers et de bois de la branche énergie ne sont pas inclues dans le bilan, faute de disponibilité des données (données non rapportées par l’ORECAN). Pour l’attribution de l’énergie consommée ainsi que les émissions énergétiques de GES du secteur des transports, l’ORECAN a choisi l’approche Responsabilité qui consiste à répartir de manière équitable l’énergie et les émissions entre les villes d’origine et de destination : chacune des villes reçoit 50% des émissions totales du trajet. Cette
6 ORECAN – Atmo Normandie – Inventaire version 3.2.7 et ORECAN – Biomasse Normandie – version 12.21Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 32 / 122
méthodologie est appliquée également au transport maritime : les ports importateur et exportateur des marchandises se voit attribuer chacun la moitié des émissions du trajet.
Sauf précision contraire, toutes les consommations présentées par la suite sont en énergie finale, c’est-à-dire la quantité d’énergie utilisée par le consommateur final. Elle correspond à l’énergie mesurée par les compteurs pour les énergies de réseaux (électricité, gaz et chaleur), ainsi qu’à l’énergie facturée pas les différents fournisseurs d’énergie (pour les énergies ne transitant pas par des réseaux, comme la biomasse ou le fioul, l’utilisateur est souvent facturé au volume, mais la multiplication par son contenu énergétique permet de déduire une consommation énergétique).
Ce bilan de consommation a été réalisé à la maille IRIS (Ilots Regroupés pour l'Information Statistique) créée par l’INSEE pour la diffusion de données à l’échelle infra-communale. On distingue trois types d'IRIS :
Les IRIS d'habitat : leur population se situe en général entre 1 800 et 5 000 habitants. Ils
sont homogènes quant au type d'habitat et leurs limites s'appuient sur les grandes coupures du tissu urbain (voies principales, voies ferrées, cours d'eau...). Les IRIS d'activité : ils regroupent plus de 1 000 salariés et comptent au moins deux fois plus d'emplois salariés que de population résidente.
Les IRIS divers : il s'agit de grandes zones spécifiques peu habitées et ayant une
superficie importante (parcs de loisirs, zones portuaires, forêts...).
4.1. Bilan énergétique global
4.1.1. Bilan des consommations d’énergie finale par secteur
La consommation en énergie finale de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole s’élève à 23,8 TWh en 2019. Elle se divise comme suit entre les différents secteurs :
Figure 16 - Répartition des consommations d'énergie finale par secteur d'activités, année 20197
La répartition des consommations énergétiques entre les différents secteurs possède des différences notables avec la moyenne nationale :
L’industrie est le secteur le plus consommateur d'énergie sur le territoire avec 73% de
la consommation d’énergie finale du territoire. Cette part ne représente que 20% pour la moyenne nationale.
Le secteur des transports qui regroupe à la fois le transport routier et non routier
(maritime, aérien, ferroviaire) est le second poste de consommation avec 14% de la consommation d’énergie finale du territoire.
7 Le secteur des déchets est inclus dans le secteur industrielRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 33 / 122
Ces caractéristiques sont cohérentes avec le fort ancrage industrialo-portuaire du
territoire.
Le tableau ci-dessous présente la consommation d’énergie finale par secteur pour l’année 2019.
Secteur Consommation énergétique (en TWh)
Résidentiel 1.8
Tertiaire 1.4
Transport routier 1.8
Autres transports 1.5
Agriculture 0.04
Industrie 17
Industrie (hors énergie) 6.5
Tableau 1 - Tableau des consommations d'énergie finale par secteur d'activités, année 2019
4.1.2. Bilan des consommations d’énergie finale par énergie
Figure 17 - Répartition des consommations d’énergie finale par énergie, année 2019
La prédominance du secteur industriel incite à distinguer les secteurs d’activités. Hors industrie, les produits pétroliers représentent plus de la moitié du mix énergétique de la CU, suivi par le gaz naturel et l'électricité. Le territoire de la CU se différencie par son fort développement du gaz naturel (22% contre 16% en France) notamment dans le secteur du tertiaire. Pour le secteur industriel, le gaz naturel représente 86% du mix énergétique industriel de la CU (contre 38% pour la moyenne industrie France). La présence d’activités de raffinage fortementRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 34 / 122
consommatrice de gaz naturel dans la Zone Industrialo-Portuaire permet d’expliquer la place du gaz naturel dans le mix de consommation d’énergie finale.
Figure 18 - Consommation d'énergie finale par type d'énergie et par secteur d'activités, année 2019
Le tableau ci-dessous présente la consommation d’énergie finale par type d’énergie pour l’année 2019.
Energie Consommation énergétique (en TWh)
Gaz naturel 16
Electricité 3.3
Produits pétroliers (transport) 3.4
Chauffage Urbain 0.3
Bois 0.2
Autres 0.5
Tableau 2 - Tableau des consommations d'énergie finale par type d’énergie, année 2019
4.2. Bilan énergétique du territoire – hors activités industrialo-
portuaires
On exclut dans ce périmètre les consommations du secteur industrie et du transport non routier afin de mettre davantage en perspective les particularités des autres secteurs d’activité. La zone d’émissions spécifiques que constitue la ZIP n’est donc pas incluse dans ce périmètre.
4.2.1. Bilan des consommations d’énergie finale par secteur
La consommation en énergie finale de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole hors activités industrielles et de transport non routier s’élève à 5 TWh en 2019. Elle se divise comme suit entre les différents secteurs :
-
400 GWh
800 GWh
1 200 GWh
1 600 GWh
2 000 GWh
Transport
routier
Transport
non routier
Residentiel Tertiaire Agriculture
Gaz Naturel Electricite Bois Chauffage Urbain Fioul GPL Produits pétroliers
-
4 TWh
8 TWh
12 TWh
16 TWh
20 TWh
IndustrieRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 35 / 122
Figure 19 - Répartition des consommations d'énergie finale par secteur d'activités, hors activités industrialo-portuaires, année 20198
En écartant ainsi la ZIP, la répartition des consommations énergétiques entre les différents secteurs possède des ressemblances notables avec la moyenne nationale : Les secteurs des transports et du résidentiel représentent près des trois quarts de la consommation énergétique finale du territoire.
Le troisième poste de consommation énergétique est le secteur tertiaire.
Le secteur le moins consommateur est le secteur de l’agriculture, qui est moins
représenté sur le territoire de la communauté urbaine qu’en moyenne en France.
Le tableau ci-dessous présente la consommation d’énergie finale hors activités industrialo- portuaires par secteur pour l’année 2019.
Secteur Consommation énergétique (en TWh)
Résidentiel 1.8
Tertiaire 1.4
Transport routier 1.8
Agriculture 0.04
Tableau 3 - Tableau des consommations d'énergie finale par secteur d'activités, hors activités industrialo-portuaires, année 2019
4.2.2. Bilan des consommations d’énergie finale par énergie
8 Le secteur des déchets est inclus dans le secteur industriel. La donnée France pour le secteur des transports
regroupe non seulement le transport routier mais aussi le transport non routier à la différence de la donnée LHSM qui ne concerne que le transport routierRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 36 / 122
Figure 20 - Répartition des consommations d’énergie finale par énergie, hors activités industrialo- portuaires, année 20199
Hors activités industrialo-portuaires, les produits pétroliers représentent 37% du mix énergétique de la CU, suivi par le gaz naturel et l'électricité. Le territoire de la CU se différencie de la moyenne nationale par son fort développement du gaz naturel (29% contre 16% en France) notamment dans le secteur du tertiaire.
Le tableau ci-dessous présente la consommation d’énergie finale hors activités industrialo- portuaires par type d’énergie pour l’année 2019.
Energie Consommation énergétique (en TWh)
Gaz naturel 1.4
Electricité 1.3
Produits pétroliers (transport) 1.9
Chauffage Urbain 0.2
Bois 0.1
Autres 0.1
Tableau 4 - Tableau des consommations d'énergie finale par type d’énergie, hors activités industrialo- portuaires, année 2019
Les principaux secteurs (résidentiel, tertiaire, industriel et transport) vont être étudiés plus en détails dans les parties suivantes. Les secteurs de l’agriculture et des déchets, du fait de leur très faible poids dans la consommation énergétique du territoire ne seront pas détaillés.
4.3. Détail du secteur résidentiel
4.3.1. Vue d’ensemble du secteur résidentiel
9 La donnée France pour le secteur des transports regroupe non seulement le transport routier mais aussi le transport
non routier à la différence de la donnée LHSM qui ne concerne que le transport routierRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 37 / 122
Figure 21 - Consommation annuelle du résidentiel par usage et par énergie, année 2019
La consommation finale du secteur résidentiel est de 1,8 TWh, soit 7% de la consommation d’énergie finale totale du territoire. La consommation moyenne des logements est de 14.2 MWh/logement/an, ce qui est inférieur à la moyenne nationale de 14.4 MWh/logement/an en 2019. La consommation du résidentiel est dominé par le chauffage, qui correspond à 70% de la consommation du secteur (1,2 TWh).
Le gaz naturel occupe une place très importante puisque 52% de l’énergie consommée est du gaz naturel. Cette part est bien plus importante que la moyenne nationale, qui est de 28%. Ainsi, comme le gaz naturel possède un contenu CO2 plus élevé que l’électricité, le secteur résidentiel de la CU est plus émetteur que la moyenne nationale. Historiquement, le fort développement du gaz sur la CU a été de pair avec la volonté du territoire de mettre à disposition une énergie au niveau tarifaire compétitif (pour notamment pallier le phénomène de précarité énergétique).
Figure 22 - Consommation annuelle d'un logement par usage et par période de construction (résidences principales)
Les logements les plus anciens ont une consommation unitaire pour le chauffage plus importante que les logements les plus récents. C’est ce qui permet d’expliquer la baisse de la consommation des logements, passant de plus de 16 MWh/logement/an pour les logements les plus anciens à moins de 12 MWh/logement/an pour les logements les plus récents. Les données sur la consommation d’un logement par usage et par période de constructions sont basées sur des consommations réelles.
-
200 GWh
400 GWh
600 GWh
800 GWh
1 000 GWh
1 200 GWh
1 400 GWh
Chauffage ElecSpe ECS Cuisson
Bois Chauffage Urbain Electricite Gaz naturel Fioul GPLRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 38 / 122
Le chauffage étant l’usage le plus consommateur, nous allons apporter quelques précisions dans la partie ci-dessous.
4.3.2. Précisions sur le chauffage
Le chauffage résidentiel représente 1.2 TWh de la consommation d’énergie finale du territoire de la Communauté urbaine. La Figure 23 montre que l’usage chauffage représente une part plus importante des consommations du résidentiel sur la Communauté urbaine que sur la France. En revanche, la consommation d’usages spécifiques représente une part plus faible de la consommation énergétique. Ceci pourrait s’expliquer par la part moins importante de maisons sur le territoire (44% des logements de la Communauté urbaine sont des maisons individuelles, contre 56% à l’échelle nationale).
Aussi, le parc immobilier du territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole est plus ancien que le parc national : seulement 19% de ses logements a été construit après 1990, contre 25% pour le parc national.
Figure 23 - Comparaison entre la CU et la moyenne nationale pour la répartition de la consommation par usage (gauche) et la répartition des bâtiments par classe d'âge (droite)
Ainsi, la différence de consommation de chauffage par rapport à la moyenne nationale peut s’expliquer par différents facteurs :
L ’effet du climat :
▪ Le Havre Seine Métropole est caractérisé par un climat plus froid.
▪ Pour un logement donné le besoin de chauffage est de 15% supérieur à la
moyenne nationale (selon les degrés jours unifiés, données du SDES 2019). ▪ Ceci explique une partie de la surconsommation d’environ 15%.
L’impact de la surface moyenne des logements :
▪ La surface moyenne des logements est d’environ 77m² sur le territoire de la CU
et est donc inférieure à la moyenne nationale (90m²).
Poursuivre les efforts de rénovation thermique des bâtiments entrepris depuis une dizaine d’années permettra donc à la CU de continuer à faire baisser sa consommation énergétique. Cette action a déjà permis 2500 prises de contact annuelles de la plateforme de la rénovation chaque année, par des ménages du territoire souhaitant un accompagnement technique, administratif et financier dans leur projet de travaux.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 39 / 122
▪ Ceci devrait signifier une consommation inférieure à la moyenne nationale
d’environ 14%.
L’impact de la performance thermique des bâtiments :
▪ Les facteurs précédents ne sont pas suffisants pour expliquer la différence de
consommation entre la CU et la moyenne française pour le chauffage. ▪ Il est ainsi très probable que la performance thermique des logements soit inférieure à la moyenne nationale, bien que des efforts de rénovation soient déjà bien engagés sur le territoire. On note que le parc résidentiel de la CU est en moyenne plus ancien que le parc national.
Figure 24 - Répartition de la consommation énergétique (gauche) et des émissions (droite) du chauffage résidentiel par énergie (résidences principales), année 2019
La répartition de la consommation énergétique et des émissions du chauffage résidentiel par énergie pour les résidences principales (Figure 24) indique que le chauffage du résidentiel est largement dominé par le gaz (60% de l’énergie consommée), là où les réseaux de chauffage urbain alimentent uniquement 8% de l’énergie consommée par le chauffage résidentiel. Le fioul représente encore 4%, soit presque 50 GWh d’énergie finale consommée par le chauffage résidentiel.
Les contenus CO2 du gaz, du fioul, du GPL et du chauffage urbain sont plus élevés que ceux de l’électricité et du bois. Ces vecteurs énergétiques représentent donc une part plus importante des émissions dues au chauffage. On peut noter qu’une décarbonation puis extension des réseaux de chauffage urbain publics constitueraient une alternative intéressante pour décarboner le chauffage résidentiel, qui consomme encore aujourd’hui plus de 68% d’énergies fossiles.
Figure 25 - Comparaison de la répartition des vecteurs de chauffage entre la France et LHSM en nombre de résidences principales, année 2019
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
LHSM
France
Gaz Naturel Electricite Bois Fioul Chauffage Urbain GPLRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 40 / 122
La répartition des équipements de chauffage confirme la tendance observée du côté des consommations : la majorité du parc est chauffé au gaz naturel. L’électricité en tant que vecteur de chauffage principal représente moins de logements, c’est aussi moins que la moyenne nationale, comme le montre la Figure 25. Le secteur résidentiel est plus émetteur sur le territoire de la CU qu’en moyenne en France : son mix d’équipements est dominé par les énergies fossiles à contenu carbone élevé. La part du fioul dans le chauffage est inférieure à la moyenne nationale (7% contre 13%), ce qui est caractéristique d’un territoire fortement urbanisé avec davantage d’accès au réseau de gaz.
La Figure 26 ci-dessous montre la répartition des équipements de chauffage du territoire, à la maille commune. On remarque une concentration importante d’équipements gaz sur la commune du Havre et ses communes voisines. Par ailleurs, on constate qu’un bon nombre de communes en périphérie n’a pas accès au réseau de gaz. Dans ces zones périphériques, la proportion de chauffage électrique, bois et fioul est plus importante (mais cela concerne une petite quantité de logements : 7000 logements, soit 5% des logements du territoire). La cartographie souligne également les 15 communes dans lesquelles il reste encore plus de 100 équipements au fioul (données 2017). Les communes ciblées se situent à la fois dans le cœur urbain de la CU et en périphérie.
Figure 26 - Cartographie des vecteurs de chauffage principaux par commune du territoire, année 2019
Ainsi, la sortie du fioul est un enjeu pour les communes urbaines et rurales du territoire, avec et sans réseau de gaz.
Communes avec plus de 100 logements
chauffés au fioulRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 41 / 122
4.4. Détail du secteur tertiaire
La consommation finale du secteur tertiaire est de 1,4 TWh, soit 6% de la consommation d’énergie finale totale du territoire. Le mix énergétique du secteur du tertiaire est dominé par l’électricité (55%) et le gaz (39%). L’électricité occupe une place plus importante que dans le résidentiel (où la part est de 30%). Ceci s’explique par des consommations plus importantes d’électricité pour des usages spécifiques (exemples : éclairage, informatique) et pour la climatisation. La répartition des émissions par énergie montre que le gaz est fortement émetteur : il représente 65% des émissions du secteur tertiaire pour 39% des consommations. Le fioul représente encore une petite partie du mix énergétique (3% des consommations et 7% des émissions de CO2éq). Le chauffage urbain a une faible contribution dans le mix (hors réseaux privés).
L’ORECAN ne recense pas de consommation de bois dans le secteur tertiaire, cependant la connaissance terrain fait état de quelques installations qui consomment du bois, notamment gérées en régie par la Communauté urbaine.
Figure 27 - Répartition de la consommation énergétique (gauche) et des émissions (droite) du secteur tertiaire par énergie, année 2019
Le secteur tertiaire embauche 90.517 employés dans les différents sous-secteurs ci-dessous : Santé : activités liées au domaine de la santé (hôpital, cabinet de médecin, pharmacie…) Enseignement : activités liées au domaine de l’enseignement (établissements publics, semi-publics et privés)
Administration publique : activités d’administration qui matérialisent l’exercice des
pouvoirs publics (collectivité publique, Etat, collectivité territoriale, organisation ou institution internationale…)
Sport Culture Loisirs : activités liées à la pratique du sport (gymnase, stade…), au
développement de la culture (musée, bibliothèque…) ou au loisir (cinéma, parc…) Transport : activités liées aux infrastructures ou entreprises de transport (port, gare, aéroport, …). Ce sous-secteur ne comptabilise pas le carburant utilisé pour le transport de personnes ou de marchandises, renseigné pour le grand secteur des transports. Commerces : activités liées à l’achat ou à la revente de biens et de services Bureaux : activités liées à la production, le traitement et le transfert d’informations CAHORE : activités liées à la restauration (cafés, restaurants) et à l’hôtellerie
55% 39%
3% 3%
Electricite Gaz Naturel Chauffage Urbain Fioul
21%
65%
7%
7%
1,4 TWh
21% du total
hors industrie
150 ktCO2éq
12% du total
hors industrieRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 42 / 122
Figure 28 - Nombre d'employés du tertiaire par sous-secteur, année 2017
Les sous-secteurs de la santé, des bureaux et des transports sont ceux qui emploient le plus sur le territoire.
Comme le montre la Figure 29, le tertiaire à dominante privée (transport, commerces, bureaux et CAHORE) représente une majorité de la consommation du secteur tertiaire (66%). Les infrastructures et entreprises de transports (hors carburant des véhicules) représentent presque le quart de la consommation globale du secteur tertiaire (23%), suivis par les commerces (18%) et les bureaux (17%).
La santé représente la typologie la plus consommatrice de la dominante publique (santé, enseignement, administration publique et Sport Culture Loisirs) et la 4ème typologie la plus consommatrice du secteur globale avec 15% de la consommation globale, suivi de près par l’enseignement (12%).
Figure 29 - Consommation annuelle d'énergie finale par catégorie secondaire et par usage, année 2019
Les usages chauffage et climatisation du secteur tertiaire représente 0.7 TWh de la consommation énergétique du territoire de la Communauté urbaine (respectivement 0.6 TWh pour le chauffage et 0.1 TWh pour la climatisation), soit 52% de la consommation énergétique du secteur tertiaire.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 43 / 122
En effet, la Figure 30 nous indique que le contenu carbone de l’énergie utilisée atteint jusqu’à 143 gCO2éq/kWh pour le tertiaire à dominante publique (établissements d’enseignements : écoles, collèges, lycées, universités) là où elle est au maximum de 114 gCO2éq/kWh pour le tertiaire à dominante privée (bureaux).
Figure 30 - Contenu carbone de l'énergie finale utilisée par catégorie secondaire et par usage, année 2019
4.5. Détail du secteur de l’industrie
Le secteur industriel est composé de l’ensemble des industries du territoire et comprend donc notamment, et en grande majorité, les industries de la ZIP. La carte ci-dessous illustre la répartition géographique des consommations de ce secteur sur l’ensemble de la communauté urbaine. La zone industrielle de Gonfreville-l’Orcher représente à elle-seule une consommation de 15 TWh, soit plus de 60% de la consommation d’énergie finale de l’ensemble de la Communauté urbaine Havre Seine-Métropole.
Sur la dominante publique du secteur tertiaire (34% de toute la consommation tertiaire) la Communauté urbaine a un fort levier d’action, d’autant plus intéressant que le contenu carbone de l’énergie utilisée par ce secteur a tendance à être plus élevé que pour la sphère à dominante privée, ce qui peut notamment être expliqué par l’utilisation importante de gaz pour le chauffage.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 44 / 122
Figure 31 - Cartographie de la consommation d’énergie finale du secteur industriel par iris du territoire, année 2019
La consommation finale du secteur industriel est de 17 TWh (6.5 TWh pour le secteur industriel hors branche énergie), soit 72% de la consommation d’énergie finale totale du territoire. Le mix énergétique du secteur de l’industrie est dominé par le gaz naturel (85%). Les énergies fossiles (gaz et fioul) représentent l’immense majorité des consommations du secteur industriel (88%). L’électricité contribue de façon bien moindre au mix énergétique industriel (12% des consommations) et représente 3% des émissions de l'industrie
Le réseau de chaleur privé SEMEDI produit 150 GWh de chaleur, consommée par des industriels de la ZIP, ce qui représente 1% de la consommation énergétique industrielle. Aussi, un réseau de vapeur haute pression est en développement en lien avec le projet Biosynergie sur la zone industrialo-portuaire : la mise en service devrait s’effectuer en 2022. On rappelle ici que les consommations de produits pétroliers et de bois de la branche énergie ne sont pas inclues dans le bilan, faute de disponibilité des données (données non rapportées par l’ORECAN).
Avec 17 TWh de consommation annuelle, le secteur industriel est le secteur le plus consommateur du territoire de la Communauté urbaine et représente le secteur le plus émetteur avec 70% des émissions énergétiques du territoire.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 45 / 122
Figure 32 - Répartition de la consommation énergétique (gauche) et des émissions (droite) du secteur de l’industrie par énergie, année 2019
En 2017, 23.541 personnes étaient employées dans le secteur de l’industrie. La consommation par employé du secteur industriel est bien plus élevée que pour le secteur tertiaire : elle atteint les 725 MWh/employé pour le secteur industriel contre 15 MWh/employé pour le secteur tertiaire. Les activités industrielles sont fortement consommatrices d’énergie de par leur nature : process industriels nécessitant beaucoup de chaleur, consommation spécifique d’électricité….
Comme le montre la Figure 33, la consommation énergétique du secteur industriel est dominée par les industries de raffinage de pétrole (65%) et les industries chimiques (29%). Ces branches industrielles sont inhomogènes dans leur principal vecteur énergétique utilisée : Cokéfaction et raffinage : 10,3 TWh de gaz et 450 GWh d’électricité. Le gaz naturel est un élément clef du processus de raffinage, ce qui explique que 96% de la consommation d’énergie de cette branche industrielle est du gaz naturel
Industrie chimique10 : 3,5 TWh de gaz et 1,2 TWh d’électricité
Figure 33 - Répartition de la consommation énergétique et des émissions du secteur de l’industrie par branche industrielle, année 2019 11
10 L'ensemble des industries chimiques du territoire ont une consommation de gaz de 3,5 TWh. Les consommations
énergétiques de Yara sont bien incluses dans le total des consommations des industries chimiques du territoire. A priori, Yara utilise 10% du gaz naturel pour le procès de fabrication (consommation pour la combustion comptabilisée dans le bilan) et 90% rentre dans la composition de fabrication de l'urée (hors combustion donc non comptabilisée dans le bilan).
11 La répartition par sous branche industrielle a été réalisée sur la base de la décomposition des consommations
d'électricité et du gaz du SDES de l'année 2019. Cela est très représentatif des branches d’activité étant donné que
les autres énergies sont négligeables dans le mix.
85%
11%
3%
0,4%
1%
Gaz Naturel Electricite Fioul Bois Chauffage Urbain
92%
3% 4%
0,04% 1%
2,9 MtCO2éq
70% du total
17 TWh
72% du totalRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 46 / 122
Les autres branches industrielles consomment jusqu’à 1,1 TWh, soit une consommation du même ordre de grandeur que le secteur du tertiaire.
Concernant les émissions de CO2, celles-ci sont concentrées dans les branches fortement consommatrices d’énergie :
Cokéfaction et raffinage : 1,9 MtCO2éq, soit 45% des émissions totales de la
Communauté urbaine
Industrie chimique : 711 ktCO2éq, soit l’équivalent des émissions totales du transport
routier et du résidentiel
Les autres branches industrielles émettent 163 ktCO2éq, soit 13 ktCO2éq de plus que le
tertiaire, ce qui est non négligeable.
4.6. Détail du secteur transport
4.6.1. Vue d’ensemble du secteur des transports
Le transport non routier représente 45% des consommations du secteur. Le transport routier de passagers (Véhicules Particuliers – VP – et Transports en Commun – TC) représente un quart de la consommation énergétique du secteur des transports. Un autre quart est dû au transport routier de marchandises (Véhicules Utilitaires Légers – VUL – et Poids Lourds – PL).
Le transport non routier représente près de la moitié de la consommation et correspond au : Transport maritime (marchandises et passagers)
Transport par voies ferrées (marchandises et passagers)
Transport par voies aériennes (marchandises et passagers)
Figure 34 - Répartition des consommations énergétiques du secteur des transports par type - périmètre CU, année 2018
Evolution du transport non routier
Avec 3.4 TWh de consommation annuelle, le secteur des transports est le deuxième secteur le plus consommateur du territoire de la CU.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 47 / 122
La consommation énergétique du transport non routier est relativement constante comme le montre la Figure 35. Elle était de 1,5 TWh en 2018 (soit 7% de la consommation d’énergie finale du territoire) et provient quasiment exclusivement des produits pétroliers.
Figure 35 - Evolution de la consommation d'énergie du transport non routier entre 2005 et 2018 - données ORECAN
Les données de consommation de transport confirment le positionnement de la Communauté urbaine comme porte d’entrée du commerce international via son complexe industrialo- portuaire. La réduction de l’impact du trafic maritime peut être effectuée via plusieurs actions : Installation de recharges à quai des bateaux pour limiter l’utilisation des moteurs thermiques qui remplissent les batteries électriques.
Décarbonation des carburants des cargos (biogaz, hydrogène, ammoniac…)
Décarbonation des motorisations des remorqueurs, des camions accédant aux terminaux
et des engins de manutention
Evolution du transport routier
La consommation énergétique du transport routier est globalement décroissante (baisse de 16% entre 2005 et 2018), atteignant en 2018 la valeur de 1,85 TWh (soit 8% de la consommation énergétique finale du territoire). Elle est presque exclusivement constituée de produits pétroliers (autres énergies négligeables et non rapportées par l’ORECAN)
-
200 GWh
400 GWh
600 GWh
800 GWh
1 000 GWh
1 200 GWh
1 400 GWh
1 600 GWh
1 800 GWh
2005 2008 2011 2014 2017
Produits pétroliers Electricité
-
500 GWh
1 000 GWh
1 500 GWh
2 000 GWh
2 500 GWh
2005 2008 2011 2014 2017Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 48 / 122
Figure 36 - Evolution de la consommation d'énergie du transport routier entre 2005 et 2018 - données ORECAN12
Différentes actions peuvent permettre de poursuivre cette baisse de consommation : Réduction du nombre de déplacements en voiture (dont report modal et télétravail) Augmentation de l’efficacité des moyens de motorisation
Choix de types de motorisation moins énergivores
Augmentation du taux de remplissage des véhicules
Comparaison aux données du périmètre national
La Figure 37 représente l’évolution de la consommation énergétique du domaine des transports routier et non routier en France entre 2004 et 2019. Quelques similitudes sont ainsi visibles entre la France et le territoire de la Communauté urbaine :
Les variations sont relativement faibles (hausse de 1% en 15 ans pour la France)
Le mix énergétique est dominé par les produits pétroliers
Des efforts sont ainsi à effectuer sur l’ensemble du territoire national pour réussir à remplir les objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone, i.e. une baisse de la consommation énergétique du secteur des transports de plus de 60% entre 2015 et 2050.
Figure 37 - Evolution de la consommation d'énergie du domaine du transport en France entre 2004 et 2019 - données SDES13
4.6.2. Analyse détaillée du transport routier de personnes
Cette section précise les données de consommation du transport de personnes sur la base de l’Enquête Déplacements Grand Territoire - Estuaire de la Seine 2018 de l’AURH et l’Enquête
12 Les données disponibles de l’ORECAN concernent exclusivement les consommations des produits pétroliers.
13 Les données France sont disponibles pour les années 2004, 2009, 2014 et 2019. Une interpolation linéaire a été
réalisée pour obtenir le graphique. Données : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition- numerique/chiffres-cles-transport-2021/36-consommation-denergie
-
100 TWh
200 TWh
300 TWh
400 TWh
500 TWh
600 TWh
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Produits pétroliers (transport routier) Produits pétroliers (transport non routier)
Autres (transports routier et non routier)Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 49 / 122
Déplacements Estuaire de la Seine 2018 de la CODAH14. Les habitants de la Communauté urbaine du Havre réalisent plus de 950.000 déplacements par jour.
Figure 38 - Cartographie des flux de transport de personnes - Enquête Déplacements Estuaire de la Seine 2018
Sur les 950.000 déplacements par jour au sein de la Communauté urbaine : 11% sont des déplacements entre les 3 secteurs du territoire (urbain dense, 1ère couronne et 2ème couronne selon la classification de l’Enquête Déplacements Estuaire de la Seine 2018)
89% sont des déplacements à l’intérieur d’un des 3 secteurs
14 Enquête à consulter pour davantage de détails sur la nature des déplacements effectués
La grande majorité (90%) des déplacements sont internes à la Communauté urbaine.
Actuellement, la part des véhicules dont la motorisation est à dominante fossile représente moins de 2%.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 50 / 122
Figure 39 - Motorisation des véhicules particuliers de transport de personnes, année 2018
Les carburants fossiles dominent la motorisation des véhicules particuliers : essence (41%), diesel (57%) et gaz (1%).
Cela met en lumière les enjeux du développement de la mobilité du territoire : Enjeu de la restructuration de l’offre de mobilité : TC, train, covoiturage. Un projet d’extension du réseau de Tramway est à noter.
Enjeu du renouvellement du parc vers des motorisations plus sobres ou durables :
véhicules électriques, GNV, biocarburants.
Figure 40 - Répartition des modes de transport en nombre de voyages effectués (gauche), en nombre de kilomètres effectués (milieu) et en consommation énergétique (droite) pour des trajets en semaine, année 2018
Par ailleurs, on constate que le mix de transports empruntés est fortement sensible aux distances à parcourir. La Figure 41 montre ainsi que :
La moitié des déplacements de la métropole fait moins de 3 km, ce qui est très
favorable au développement des modes doux, notamment la marche et le vélo. Pour les
41%
57%
1%
0% 1%
Essence
Diesel
Gaz
Electrique
Hybride
Pour les déplacements internes de personnes, la voiture représente plus de la moitié des trajets (56%) mais la quasi-totalité des consommations énergétiques (92%) (Figure 27).Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 51 / 122
trajets de courte distance (moins de 3 km), la voiture représente tout de même 38% des trajets. La métropole peut saisir l’opportunité de transformer la façon de se déplacer à courte distance en continuant à favorisant les moyens de transports peu consommateurs d’énergie comme les transports en commun, le vélo et la marche. Plus les distances sont longues, plus la place de la voiture est importante. Dans ce cas : ▪ Le covoiturage peut être davantage encouragé, via l’établissement d’aires de covoiturage ou de voies réservées au covoiturage
▪ Les mobilités alternatives peu émettrices peuvent également être privilégiées : électrique, biocarburants, GNV, hydrogène
▪ L’optimisation des correspondances entre services peut inciter au choix des transports en commun pour des plus longues distances
Figure 41 - Parts modales par distance de déplacements en nombre de déplacements (gauche) et répartition des trajets par distance parcourue (droite), année 2018
Pour la suite de l’analyse, on distinguera (cf Figure 42) deux espaces géographiques au sein du territoire de la Communauté urbaine :
La zone Urbain dense représente l’ancienne communauté d’agglomération du Havre,
CODAH
La zone Hors urbain dense représente le reste du territoire de la Communauté urbaine
(anciennes communautés de communes de Caux-Estuaire et du canton de Criquetot l’Esneval).
Figure 42 - Cartographie de la distinction urbain dense - hors urbain dense pour l'étude géographique du secteur des transports sur le territoire de la Communauté urbaine LHSM
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
0-3km 3-10km >10km
Marche Voiture Vélo
TC Urbains Autres TC Autres
53%
28%
19%
0-3km 3-10km >10kmRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 52 / 122
On note que la majeure partie des déplacements est effectuée dans la zone Urbain dense (près de 80% des déplacements). La zone Hors urbain dense représente le reste des déplacements internes au territoire. La Figure 43 permet d’illustrer les différences de déplacements entre les deux zones du territoire : en dehors de la zone urbaine dense, les distances parcourues par les habitants sont bien plus importantes, passant de 6 km à 10km par déplacement en moyenne.
Figure 43 - Répartition des distances parcourues en fonction de la localisation, année 2018
Le type de moyen de transport utilisé dépend à la fois de la distance du déplacement mais aussi de la localisation. Les habitants des zones périurbaines ont tendance à privilégier la voiture particulière à la marche et aux transports en commun, y compris pour les courtes distances, comme l’illustre la Figure 44.
Figure 44 - Parts modales par distance de déplacement en fonction de la localisation, année 2018
Une extension du réseau de transport en commun pourrait permettre une diminution de la part modale de la voiture, notamment en dehors de la zone urbaine dense. Un projet
-
2 km
4 km
6 km
8 km
10 km
12 km
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
Urbain dense Hors urbain dense LHSM
Moins de 3 km Entre 3 et 10 km Supérieur à 10 km Distance moyenne par déplacement (km)
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Urbain
dense
Hors
urbain
dense
LHSM Urbain
dense
Hors
urbain
dense
LHSM Urbain
dense
Hors
urbain
dense
LHSM Urbain
dense
Hors
urbain
dense
LHSM
Moins de 3 km Entre 3 et 10 km Supérieur à 10 km Toute distance confondue
Marche Voiture Vélo TC Urbains Autres TC AutresRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 53 / 122
d’extension du réseau de tramway15 est en cours avec deux nouvelles branches de 3 et 10 km de trajet. La mise en service est prévue en 2027 (plus de 25000 voyages/jours attendus). Par ailleurs, une réflexion sur des aménagements cyclistes est menée dans le cadre des aménagements urbains.
15 https://tramwaylehavremetro.fr/wp-content/uploads/2021/12/Bilan-des-garants-Projet-dextension-du-tramway-Le-
Havre-Seine-M%C3%A9tropole.pdfRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 54 / 122
5. Etat des lieux de la production d’énergie
5.1. Bilan global de la production
Cette production est à 51% d’origine renouvelable et de récupération (énergie produite à partir de photovoltaïque, de biomasse et énergie de récupération), soit 229 GWh. La majeure partie (70%) de la production ENR&R provient du réseau de vapeur privé SEMEDI installé dans la ZIP, dans la commune de Sandouville.
L’autre moitié du mix (49% - 221 GWh) est produit à partir de combustible fossile : le gaz.
Avec 171 GWh produits (électricité et chaleur confondus), les cogénérations au gaz naturel occupent 38% du mix de production, toutefois elles sont vouées à s’arrêter à échéance de 5 à 7 ans.
Figure 45 - Production annuelle d'énergie finale sur le périmètre de la CU, année 201916
En l’absence de données sur la production de bois du territoire de la métropole, cette production n’entre pas en compte dans le bilan local. En 2019, aucun point d’injection de biométhane n’a été recensé sur le territoire (absence d’installation de méthanisation en fonctionnement sur l’année de référence).
5.2. Détail des productions électriques
Environ 117 GWh d’électricité sont produit annuellement, toutes filières confondues, sur le territoire de la Communauté urbaine. Cette production équivaut à environ 3% de l’électricité qui est consommée sur le territoire (environ 3,27 TWh).
16 Ce bilan ne prend pas en compte la production de la centrale thermique à charbon d’EDF (660 MW) qui a fermé
début 2021. Elle avait produit 410 GWh en 2020
-
80 GWh
160 GWh
240 GWh
320 GWh
400 GWh
Electricité Chaleur
Gaz - cogénération Gaz - chaudière Biomasse
Photovoltaïque Fioul Energie de Récupération
En 2019, la production d’énergie finale (énergie utilisable par le consommateur final) sur le territoire de la Communauté urbaine s’élève à 450 GWh. Ce chiffre se décompose en production d’électricité (117 GWh) et de chaleur (334 GWh). L’ensemble représente une très faible part (2%) de la consommation d’énergie finale du territoire (23 TWh).Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 55 / 122
La majeure partie (78%) de la production d’électricité provient des centrales de cogénération des réseaux de chaleur fonctionnant au gaz naturel : réseaux de chauffage urbain (RésOcéane et SDCMG) et privé (SEMEDI), situé au Havre, à Gonfreville l’Orcher et à Sandouville. Les 22% restants sont d’origine renouvelable et de récupération (photovoltaïque, biomasse et récupération).
La production d’électricité par photovoltaïque est fortement décentralisée et répartie sur tout le territoire. Un site important de production se trouve au niveau de l’usine Renault de Sandouville qui produit annuellement environ 11 GWh d’électricité (par rapport aux 13 GWh d’électricité produite par panneaux solaires sur l’ensemble du territoire). Ainsi, la puissance photovoltaïque installée sur le territoire par habitant est de 52 Wc/hab17. Cependant, si on ne prend pas en compte la production solaire de l’usine Renault de Sandouville, cet indicateur descend à 7,2 Wc/hab et reflète mieux la production solaire répartie sur le territoire de la Communauté urbaine.
Figure 46 - Production d'électricité par filière sur le territoire de la Communauté urbaine, année 2019
La décarbonation de la production d’électricité passera par la sollicitation des potentiels d’électricité renouvelable sur le territoire (cf section 8 : Analyse par filière des potentiels d’énergie renouvelable et de récupération).
17 Estimation effectuée avec un facteur de correction dû à l’ensoleillement de 0.93 et une durée de fonctionnement
par an de 950h, cf la partie 8.38.3 Potentiel solaire
78%
2%
11%
9% Gaz - cogénération
Biomasse
Photovoltaïque
Energie de
Récupération
117 GWh
3% de la consoRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 56 / 122
Figure 47 : Cartographie des points de production d'électricité sur la CU du Havre
5.3. Détail des productions de chaleur
Sont considérés dans ce rapport 6 réseaux répartis en trois types de réseaux : Les réseaux de chaleur urbains publics :
o RésOcéane, dit le réseau « Le Havre Sud »,
o SDCMG, dit le réseau « Le Havre Nord
o SECGO, le réseau de Gonfreville L’Orcher
Le réseau de vapeur privé SEMEDI
Les réseaux de chaleur urbains privés :
o La Côte Brûlée
o Saint-Jouin Bruneval
En 2019, les réseaux de chaleur ont produit environ 334 GWh. Le taux moyen de production d’énergie renouvelable pour la chaleur et le rafraîchissement sur les réseaux de chaleur du territoire est de 38% (avec 128 GWh d’énergie produite via ENR&R18).
18 50% de la chaleur produite par l’incinération des déchets est considérée issue de déchets urbains renouvelables
(source DGEC)Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 57 / 122
Figure 48 - Répartition de la production de chaleur par combustible pour les RCU de la CU LHSM, pour l’année 2019
5.3.1. Réseaux de chauffage urbain publics
En 2019, les 3 réseaux de chaleur urbains (RCU) publics du Havre Seine Métropole ont produit 167 GWh. Les chaudières à biomasse et les cogénérations au gaz naturel forment la base de la production de chaleur dans les RCUs.
68% de cette chaleur est produite à partir de combustibles fossiles (gaz naturel et fioul). Les 32% restants (soit 53 GWh) sont d’origine renouvelable, produits à partir de biomasse (« bois- énergie »).
Les taux de production de chaleur par ENR&R ne sont pas homogènes selon les réseaux considérés :
Le réseau SECGO utilise à 94% de la biomasse
Le réseau RésOcéane utilise à 100% du gaz
Le réseau SDCMG utilise les deux combustibles. La chaleur produite provient à 54% de
biomasse en 2019.
A noter, Total Energies et la Communauté urbaine étudie les possibilités de récupération de chaleur fatale sur le site industriel pour les réinjecter dans le réseau de chaleur résocéane (ordre de grandeur donné à titre indicatif : potentiellement 95 GWh de chaleur fatale récupérable par an).
5.3.2. Réseau de vapeur SEMEDI
Le réseau de vapeur de la SEMEDI (Société d’Economie Mixte pour l’Exploitation des Déchets Industriels) relie l’unité de valorisation de déchets industriels, SEDIBEX, à 8 sites industriels. Situé sur la commune de Sandouville, au sein de la zone industrialo-portuaire et créé en 1977, ce réseau de vapeur s’est étendu en 2020 pour alimenter 3 sites industriels supplémentaires. Le réseau actuel mesure 5,4 km.
L’Unité de Valorisation des Déchets comprend 3 lignes d’incinération qui permettent de traiter 200.000 tonnes de déchets par an provenant d’environ 400 clients principalement normands. En 2019, ce réseau a produit à la fois de la chaleur et de l’électricité :
Production de chaleur : 150 GWh/an, valorisée via le réseau.
Production électrique : 9,5 GWh/an, autoconsommée
24%
15%
16% 0,1%
45%
Gaz - cogénération
Gaz - chaudière
Biomasse
Fioul
Energie de
Récupération
Les énergies fossiles possèdent encore une place prépondérante dans le mix énergétique des RCU publics.
334 GWhRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 58 / 122
Les données concernant ce réseau de vapeur viennent du dossier de presse Extension du réseau vapeur disponible sur le site de l’ADEME Normandie.
Figure 49 - Cartographie du réseau de vapeur de la SEMEDI sur la ZIP, après extension en 2020
5.3.3. Réseaux de chauffage urbains de la Côte Brûlée et de
Saint-Jouin Bruneval
Le réseau de chaleur urbaine de la Côté Brûlée, géré par DALKIA, produit chaque année autour de 17 GWh de chaleur, d’après les données disponibles sur la plateforme Via Sèva19 (année de référence de la donnée non disponible). Cette chaleur est produite à 100% par une chaudière à gaz naturel, ce qui en fait un des réseaux de chaleur les plus émetteurs du territoire (taux indiqué par viaSeva : 224.5 gCO2éq/kWh).
Figure 50 - Cartographie du réseau de chaleur privée de la Côte Brûlée, données du site Via Sèva
Ce réseau de chaleur mesure 4 km et dessert de la chaleur en 7 points de livraison.
19 Données disponibles sur le site : https://carto.viaseva.org/public/viaseva/map/Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 59 / 122
Le réseau de chaleur de Saint-Jouin Bruneval mesure 1km et produit autour de 420 MWh d’énergie utile à partir de 2 chaudières à bois de 300 kW chacune. C’est un micro-réseau qui fonctionne uniquement avec du bois, ce qui en fait un réseau décarboné. (Source : WEYA)
D’autres réseaux de chauffage urbain privés peuvent exister sur le territoire de la Communauté urbaine mais on ne dispose pas d’information à leur sujet (non recensés sur viaseva).
5.4. Détail des projets de production de gaz renouvelable
En 2019, on ne recense aucun point d’injection de biogaz sur la Communauté urbaine.
En revanche, un projet de valorisation des biodéchets des restaurateurs est déjà en place sur la commune du Havre (projet Bin Happy). Le compostage et la méthanisation se font sur la ferme de Mont aux roux, à Cléville.
Par ailleurs, des projets de valorisation de biogaz sont en cours sur le territoire. Le premier projet se situe sur la commune d’Epouville. Il s’intitule LH Biogaz et est un projet de méthanisation collective. Un des débouchés de consommation a été identifié pour alimenter une trentaine de bus de la Communauté urbaine.
Un second projet Méthan’up mené par Urbeez sur la commune du Havre devrait permettre
de valoriser 20 000 tonnes de déchets à partir de 2024. Ce projet représente 6 à 7 M€ d’investissements pour 14 GWh de biométhane injecté annuellement sur le réseau de distribution de gaz.
Enfin, Engie travaille sur un prototype de pyrogazéification qui permettrait de produire du
biométhane à partir de déchets ultimes non dangereux dès 2023 (projet Salamandre).
5.5. Détail des productions de bois
Pour la ressource en bois, la Communauté urbaine travaille sur un partenariat avec la CUMA Haies’nergie et territoires ainsi que l’association EDEN pour développer la ressource locale : un potentiel de 2000 tonnes de bois est déjà identifié sur le territoire (équivalent à environ 10 GWh). La Cuma Haie’s’nergie et Territoires accompagne les agriculteurs pendant tout le processus de valorisation de leurs haies bocagères en leur proposant la transformation de leurs pratiques et l’acquisition de matériel nécessaire. L’association EDEN s’occupe quant à elle de la partie approvisionnement, logistique et de l’exutoire. C’est elle qui commercialise les plaquettes obtenues après déchiquetage pour les adhérents sur la Seine-Maritime. Actuellement, la Cuma Haie’s’nergie et Territoires produit entre 8000 et 9000 tonnes de bois déchiqueté par an.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 60 / 122
6. Etat des lieux des réseaux énergétiques
Afin de relier les lieux de production d’énergie aux lieux de consommation, les réseaux d’électricité et de gaz sont divisés en deux catégories :
Transport : le réseau de transport est la première brique permettant d’assurer le flux
d’énergie entre le lieu de production (centrale dans le cas de l’électricité par exemple, terminal de gaz pour le gaz) et le site de consommation (résidentiel, tertiaire, industriel, etc.). Le réseau de transport sert à mailler la France et connecter les différentes régions entre elles : il constitue les grands axes du réseau d’énergie. Etant donné qu’économiquement il n’est pas rationnel d’avoir deux réseaux réalisant la même fonction en parallèle, l’activité de transport est restée monopolistique. En France, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité est RTE (Réseau de Transport d’Electricité), et les gestionnaires du réseau de transport de gaz sont GRTgaz et TIGF (Transport et Infrastructures Gaz France, uniquement dans le Sud-Ouest de la France). Distribution : le réseau de distribution permet de mailler le territoire à une échelle plus locale et de connecter le consommateur final. Il s’agit là aussi d’une activité monopolistique. En France, le principal gestionnaire de réseau de distribution d’électricité est ENEDIS, tandis que le principal gestionnaire du réseau de distribution de gaz est GRDF. Il existe aussi des Entreprises Locales de Distribution (ELDs), qui sont des entreprises ou régies qui assurent la distribution et/ou la fourniture d’électricité ou de gaz sur un territoire déterminé, non desservi par ENEDIS ou GRDF. Celles-ci sont souvent des structures qui n’ont pas été intégrées à EDF-GDF lors de sa création après la seconde guerre mondiale en 1946. Il n’en existe pas sur le territoire de la Communauté urbaine. On recense en revanche 3 micro-réseaux de propane sur le territoire.
Les réseaux de chaleur constituent des réseaux un peu à part. De par leur nature très locale, il n’existe pas de gestionnaire de réseau à l’échelle nationale mais souvent un gestionnaire par réseau.
Cette section vise à présenter chacun de ces trois catégories de réseaux de distribution d’énergie du territoire.
6.1. Les réseaux d’électricité
Le réseau de transport est géré par RTE et le réseau de distribution est exploité par Enedis sur l’ensemble des 54 communes de la Communauté urbaine :
La Communauté urbaine est AODE pour les 5 communes principales, dites urbaines
La Communauté urbaine a délégué la compétence d’AODE au SDE76 pour les 49
communes rurales
Le réseau de distribution permet de connecter le réseau de transport au consommateur final. Ces deux réseaux sont visibles sur la cartographie de la Figure 51.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 61 / 122
Figure 51 - Tracé des réseaux de transport et de distribution d'électricité sur le territoire de la CU LHSM, sources Enedis (réseau de distribution) et RTE (réseau de transport)
6.2. Les réseaux de gaz
Le réseau de transport est exploité par GRTgaz. Il achemine le gaz vers les grands centres urbains, comme Le Havre, Etretat ou Gonfreville l’Orcher mais aussi principalement vers la zone industrielle fortement consommatrice de gaz naturel. Un système comprenant plusieurs pipelines d’acheminement du gaz permet de garantir un niveau de sécurité d’approvisionnement important, nécessaire notamment aux activités économiques du territoire.
Le réseau de distribution est exploité par GRDF pour les 30 communes de la Communauté urbaine ayant accès au gaz naturel. 24 communes n’ont pas accès au gaz naturel via réseau de transport/distribution. Ce sont principalement des communes peu densément peuplées en périphérie de l’ancienne CODAH.
Aussi, 3 communes, sans accès au gaz naturel, possèdent des micro-réseaux de propane : St Vincent Cramesnil, Mannevillette et Le Tilleul.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 62 / 122
Figure 52 - Tracés des réseaux de transport et de distribution de gaz sur le territoire de la CU LHSM, année 2019
6.3. Les réseaux de chauffage urbain publics
Sur le territoire de la Communauté urbaine se trouvent 3 réseaux de chauffage urbain publics : RCU Montgaillard (SDCMG)
RCU Gonfreville l’Orcher (SECGO)
RCU RésOcéane
Ces réseaux produisent de la chaleur pour les villes du Havre (SDCMG et RésOcéane) et de Gonfreville l’Orcher (SECGO). L’extension de ces réseaux est en cours, notamment avec le projet BioSynergy qui devrait relier RésOcéane à la zone industrielle du Havre. Cette extension pourrait permettre de développer l’usage de la chaleur fatale industrielle pour alimenter la ville du Havre, faisant de Résocéane un réseau alimenté à hauteur de 80% d’ENR&R à échéance 2023. En 2019, 166 GWh ont été produits dans les 3 réseaux de chaleur urbaine publics répartis comme suit : 41 GWh délivrés dans le secteur tertiaire
108 GWh délivrés dans le résidentiel
17 GWh de pertes dans les conduites (environ 10% de pertes)Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 63 / 122
Figure 53 - Tracés des réseaux de chaleur urbaine publics sur le territoire de la CU LHSM, année 2019
Comme le montre le Tableau 5, les réseaux de chaleur urbains publics de la Communauté urbaine sont plus émissifs que la moyenne des réseaux de chaleur français (116 gCO2/kWh).
Réseau Contenu carbone moyen (en gCO2/kWh)
RésOcéane 303
SDCMG 173
SECGO 17
RCU français moyen 116
Tableau 5 - Tableau des contenus carbones moyens des réseaux de chauffage urbain publics de la CU, année 2019Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 64 / 122
7. Facture énergétique et analyse de la précarité énergétique
7.1. Facture énergétique globale
La facture énergétique du territoire de la Communauté urbaine correspond à la dépense réalisée par l’ensemble des acteurs du territoire afin de répondre à leurs besoins énergétiques. Elle est calculée en multipliant la consommation par secteur (ex : résidentiel) et par type d’énergie (ex : électricité) par le prix de l’énergie correspondant. Certaines simplifications sont nécessaires en raison de la diversité des coûts des énergies existants, même pour une catégorie donnée (ex : il existe plusieurs types de contrats d’électricité pour des clients résidentiels, selon leur puissance raccordée). Un prix moyen par énergie et par secteur a été retenu dans le cadre de cette étude. Les chiffres utilisés pour la facture énergétique proviennent de différentes sources, et sont détaillés dans l’annexe 10.1.
La facture totale ainsi estimée s’élève à 1,26 milliard d’euros, décomposée comme suit :
Figure 54 : Répartition de la facture énergétique globale du territoire par secteur d'activités et par énergie (en millions d’euros), année 2019
La facture énergétique annuelle pour le secteur industriel est estimée à près de 750 millions d’euros.
Nota bene : si l’exercice d’estimation de la facture énergétique est particulièrement complexe du fait de
la multiplicité des offres de fournitures d’énergie et des leurs tarifs, il l’est en particulier pour l’industrie,
secteur dans lequel les acteurs achètent de gros volumes d’énergie, souvent dans le cadre d’achats
pilotés par des grands groupes industriels internationaux. La prudence s’impose à l’appréciation de ces
données.
Les besoins de chaleur et d’électricité des bâtiments résidentiels et tertiaires du territoire génèrent une charge de près de 300 millions d’euros pour des usages « captifs », que l’offre énergétique locale peut contribuer à satisfaire plus largement, avec la possibilité de modèles technico- économiques de proximité ; au premier titre, les réseaux de chaleur pour les besoins thermiques.
-
50
100
150
200
250
Agriculture Residentiel Tertiaire Transport non
routier
Transport
routier
Bois Chauffage Urbain Electricite Fioul Gaz Naturel GPL Produits pétroliers
-
100
200
300
400
500
600
700
800
IndustrieRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 65 / 122
Les énergies fossiles pèsent pour
70% dans cette facture énergétique
territoriale (870 millions d’euros). Sortir
de la dépendance aux énergies fossiles
représente également un enjeu
économique et financier local.
7.2. Analyse de la précarité énergétique des ménages
La précarité énergétique des ménages est un indicateur important pour la mise en place de politiques énergétiques. Il peut permettre de prioriser les zones d’interventions sur la métropole afin de cibler les ménages les plus en difficultés en matière de dépenses énergétiques.
7.2.1. Méthodologie d’analyse de la précarité énergétique des
ménages
Dans le cadre du diagnostic du Schéma Directeur des Energies, les indicateurs de précarité énergétique ont été exportés depuis la plateforme GEODIP de l’ONPE. Ces exports ont permis d’alimenter le diagnostic du territoire de la Communauté urbaine du Havre.
On donne ci-dessous les principaux éléments issus de la note méthodologique qui accompagne l’outil GEODIP.
La précarité énergétique est un phénomène qui dépend de nombreux facteurs (niveau de revenu, caractéristiques du logement, mode de chauffage, dépendance à la voiture…) et qui concerne des catégories de ménages très différentes selon les types de territoires : familles nombreuses ou personnes âgées isolées, dans l’habitat privé ou social, collectif ou individuel, etc. La réalisation d’un diagnostic territorial constitue une démarche préliminaire recommandée à la mise en place d’une politique locale de lutte contre la précarité énergétique dans les secteurs de l’habitat et de la mobilité.
Dans l’objectif de faciliter l’accès à un premier diagnostic, l’ONPE met à disposition des acteurs territoriaux (collectivités territoriales, associations de collectivités, agences de l’énergie, agences d’urbanisme, etc…) l’outil de cartographie GÉODIP pour visualiser à différentes mailles (de la France entière à l’IRIS) les zones de précarité énergétique liées au logement et à l’utilisation de la voiture des ménages.
Le modèle développé pour GÉODIP permet d’estimer, pour un territoire donné la part de ménages en situation de précarité énergétique à travers le croisement de plusieurs paramètres. En particulier, l’outil calcule les indicateurs de taux d’effort énergétique (TEE) à partir des revenus des ménages, de la consommation et de la facture énergétique des logements et des dépenses en carburant de la voiture pour la mobilité quotidienne.
GÉODIP permet également d’évaluer le nombre de ménages sous le seuil de pauvreté, et aussi les éligibles au dispositif MaPrimeRénov’ et à l’aide Habiter Mieux Sérénité de l’ANAH (Agence nationale de l’habitat).Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 66 / 122
L’objectif du modèle est d’estimer le nombre de ménages en précarité sur un territoire suivant un certain nombre d’indicateurs. Ces indicateurs peuvent être calculés en prenant en compte la consommation énergétique du logement, de la voiture ou la combinaison des deux. La méthodologie repose sur le croisement de différentes sources de données, jusqu’à la maille du ménage.
Les étapes de modélisation ont été les suivantes :
Estimation de la consommation des logements et des factures énergétiques des ménages
Estimation des déplacements en voiture de la mobilité quotidienne et des dépenses
carburant associées
Estimation des revenus des ménages
Estimation de la précarité énergétique sous différents indicateurs
La note méthodologique définit également les indicateurs présentés dans l’outil. Parmi eux, il a été retenu pour le diagnostic de la Communauté urbaine l’indicateur du taux d’effort énergétique trois premiers déciles de revenu :
Taux d'effort énergétique (TEE)
Dépense énergétique rapportée aux ressources du ménage. Côté logement, la dépense énergétique correspond à l’ensemble des consommations d’énergie : chauffage, production d’eau chaude, cuisson et autres consommations d’électricité. Elle est calculée en multipliant la quantité de chaque énergie utilisée par son coût unitaire moyen. Côté déplacements, la dépense énergétique correspond à la dépense effective en carburant de la voiture liée aux trajets effectués par le ménage pour se rendre sur son lieu de travail et/ou son lieu d’étude, ainsi que pour les achats, la santé ou des raisons administratives. Ce seuil, fixé par convention au double du taux d’effort médian de l’ensemble de la population, est de 8 % pour le logement et de 4,5 % pour les déplacements (INSEE, 2015).
Taux d'effort énergétique trois premiers déciles de revenu
TEE 3D 8% (logement) et TEE 3D 5,4% (carburant)
Cet indicateur fait intervenir une seconde condition pour éviter de cibler des ménages disposant de ressources jugées confortables. Il se limite aux ménages des trois premiers déciles de revenu disponible par unité de consommation (ce critère permet de pondérer le revenu en fonction de la composition du ménage).
7.2.2. Résultats de l’analyse de la précarité énergétique des
ménagesRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 67 / 122
La cartographie de la part des ménages en situation de précarité énergétique est présentée en Figure 55. On observe que les communes en périphérie sont globalement moins concernées par le phénomène de précarité. Par ailleurs, trois IRIS urbains (Tourneville-Haut Graville, Centre Ville 1 et Caucriauville Mont Le Comte) atteignent les taux de précarité énergétique les plus élevés (dépassant 40%).
Figure 55 : Cartographie représentant le pourcentage des ménages en précarité énergétique à la maille IRIS, en tenant compte des dépenses énergétiques liées au logement et au transport.
L’analyse des surfaces moyennes des logements et de la facture énergétique moyenne des logements (Figure 56) permet d’investiguer les causes de la précarité. On note principalement que si la facture énergétique est plus élevée en périphérie (à cause de surfaces de logements à chauffer plus importantes), les ménages y sont également plus aisés. La corrélation est en effet importante entre les variables « surface moyenne » des logements et « facture énergétique moyenne » des logements.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 68 / 122
Figure 56 : Cartographie des surfaces moyennes des logements (à gauche) et des factures énergétiques moyennes des logements (à droite) à la maille IRIS sur le périmètre de la CU du Havre
7.2.3. Démarche engagée sur le territoire pour lutter contre la
précarité énergétique des ménages
On recense dans le cadre du diagnostic les démarches lancées par la Communauté urbaine et ses partenaires pour lutter contre la précarité énergétique :
- Plateforme de la rénovation de LHSM : cette plateforme réunit les dispositifs ANAH et Espace Info Energie, animés sur la Communauté urbaine depuis plus de 10 ans.
- PACTE-15 : la démarche est menée par la Communauté urbaine (en partenariat avec AMORCE) et vise à accompagner les travaux de rénovation des logements fortement consommateurs d'énergie. Les zones de Criquetot-l'Esneval et de Saint-Romain-de- Colbosc sont ciblés par ce programme. Lien vers l’article de la Communauté urbaine
- HelpRenov : ce dispositif est piloté par Enedis. Il consiste à diagnostiquer les zones où la précarité énergétique est élevée grâce à l’outil GEODIP puis mobiliser des partenaires et des ressources pour accompagner les foyers précaires. Le programme inclut également la formation des services sociaux et des conseillers énergie, ainsi que la mise à disposition d’un outil d’estimation de la classe énergétique des logements.
- Civigaz : la démarche est engagée par GRDF et la FACE (Fondation Agir Contre l’Exclusion) sur l’année 2021-2022. Elle vise à prévenir les accidents domestiques au gaz, sensibiliser les habitants à la consommation d’énergie, détecter des situations de précarité et orienter vers des dispositifs et enfin favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes en service civique. Sur le périmètre de la Communauté urbaine, le programme a pour objectif de visiter 650 ménages (dont 350 en parc social).
- Une convention de partenariat pour la promotion du gaz naturel dans le cadre d’une rénovation performante et accessible de la copropriété privée et de la maison individuelle est en cours d’élaboration entre la Communauté urbaine et GRDF.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 69 / 122
- Accompagnement du CCAS de la Ville du Havre avec EDF (dans le cadre du contrat de concession électricité de la Ville du Havre). Exemple : distribution de chèque énergie.
- Accompagnement des ménages dans la conversion des chaudières fioul (avec participation de GRDF quand il s’agit d’un passage en chaudière gaz)
- Engagements de RESOCEANERapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 70 / 122
8. Analyse par filière des potentiels d’énergie renouvelable et
de récupération
8.1. Potentiel bois-énergie (BE)
Cette section a pour but de présenter la méthodologie employée, ainsi que les résultats obtenus dans l’estimation du potentiel de production énergétique de la filière Bois-Energie (BE) pour le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole.
L’approche choisie s’intéresse à la ressource en bois mobilisable, et consiste à déterminer les quantités de bois pouvant être prélevées, conditionnées et acheminées chaque année, depuis un périmètre fixé autour de la Communauté urbaine. Le potentiel identifié est un gisement global, prenant en compte à la fois les ressources en bois exploitées et supplémentaires.
8.1.1. Choix d’une approche « gisement »
Les horizons de projection considérés (2030 et 2050) pour le schéma directeur des énergies plaident en faveur d’une méthodologie basée sur une étude des ressources nettes disponibles (approche « gisement »), sans prise en compte de contraintes trop fortes sur la structuration de la filière. En d’autres termes :
L’évolution prospective des filières d’approvisionnement en bois est prise en compte
au travers de l’étude des disponibilités nettes supplémentaires ;
La structuration des filières de traitement du bois, pour les ressources déjà exploitées,
est supposée ne pas évoluer.
8.1.2. Description de la méthodologie employée
L’estimation du gisement net valorisable de bois-énergie pour le territoire de la Communauté urbaine s’effectue en trois étapes :
Une première étape d’estimation du gisement net disponible de bois à l’échelle de
chaque région, s’appuyant sur un découpage par ressource et par usage du bois. Ce gisement net inclus ce qui est déjà valorisé et le gisement supplémentaire. Dans une deuxième étape, il s’agira d’extraire des gisements nets disponibles identifiés la part valorisable en bois-énergie.
Une troisième étape d’identification de la part de ces gisements régionaux considérés
comme affectables à la Communauté urbaine, basée sur la définition d’un périmètre d’approvisionnement et sur la prise en compte de la concurrence.
Le détail de la méthodologie utilisée dans chacune de ces étapes se trouve en Annexe 10.8.
8.1.3. Résultats : présentation du gisement net disponible sur la Communauté urbaine
Les résultats sont fournis suivant 2 scénarii d’exploitation de la ressource forestière (primaire) proposés par l’ADEME, et couvrant les horizons 2020 à 2035 :
Scénario tendanciel : « sylviculture constante, simulant le maintien des pratiques de
coupe actuelles »
Scénario dynamique progressif : « intensification globale de la gestion forestière, au
travers de l’accroissement des surfaces actuellement traitées suivant les pratiques les plus dynamiques »Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 71 / 122
Afin de déterminer le périmètre d’approvisionnement le plus intéressant, les estimations de gisement ont été comparées pour plusieurs rayons d’approvisionnement autour du centre géographique de la Communauté urbaine.
Concernant la conversion en GWh/an, le lecteur pourra se reporter au rapport de l’ADEME, Disponibilités forestières pour l'énergie et les matériaux à l'horizon 2035, publié en 2016.
Figure 57 - Nature de bois du gisement Bois-Energie exploitable en GWh, à horizon 2030 pour un périmètre de 75 km autour du territoire de la CU
8.2. Potentiel de production de chaleur fatale
Lors du fonctionnement d’un procédé de production ou de transformation, l’énergie thermique produite grâce à l’énergie apportée n’est souvent pas utilisée en totalité. Une partie de la chaleur est inévitablement rejetée. C’est en raison de ce caractère inéluctable qu’on parle de « chaleur fatale », couramment appelée aussi « chaleur perdue ». Cependant, cette appellation est en partie erronée car la chaleur fatale peut être récupérée, conduisant à deux axes de valorisation thermique complémentaires :
Une valorisation en interne, pour répondre à des besoins de chaleur propres à l’entreprise
Une valorisation en externe, pour répondre à des besoins de chaleur d’autres entreprises,
ou plus largement, d’un territoire, via un réseau de chaleur.
Au-delà d’une valorisation thermique, la chaleur récupérée peut aussi être transformée en électricité lorsque la température dépasse les 150°C, également pour un usage interne ou externe. Ainsi, les procédés industriels peuvent être mis en synergie : la chaleur récupérée sur un procédé peut servir à en alimenter un autre. Ils peuvent aussi constituer une source d’approvisionnement en chaleur pour un bassin d’activité industrielle, tertiaire ou résidentiel. Cette perspective, est
Bois d'Œuvre
Bois d'Industrie et Bois Energie
Menu Bois
Déchet Industriel Banal
Le périmètre retenu est de 75 km autour de la Communauté urbaine. Il atteint les 200 GWh/an pour l’horizon 2030 pour le scénario tendanciel. En le comparant à la consommation annuelle actuelle (200 GWh en décentralisé (hors RCU) et environ 60 GWh en RCU), on constate que le gisement retenu est inférieur à la consommation actuelle du territoire. La ressource bois semble ainsi déjà fortement sollicitée. Certaines actions sont nécessaires pour faire en sorte de s’approvisionner plus localement et plus durablement : Améliorer l’efficacité énergétique des installations existantes
Travailler sur le développement de la filière bois au sein de la CU si celle-ci n’est pas
exploitée au maximum
Éventuellement limiter les nouveaux projets utilisant la ressource bois
200 GWh
77% de la conso
actuelleRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 72 / 122
d’autant plus intéressante que l’optimisation énergétique et son rôle crucial dans la lutte contre le réchauffement climatique nécessite une cohérence d’action entre tous les acteurs. » Rapport ADEME La chaleur fatale, 2017
L’étude du potentiel de production de chaleur fatale a été réalisée suivant 3 axes : L’identification des opportunités pour les réseaux de chaleur publics existants L’identification du potentiel de chaleur fatale liée aux industries du territoire L’identification du potentiel de chaleur fatale sur les sites hors industrie : stations d’épurations (STEPs), usines d’incinération des ordures ménagères (UIOMs) et datacenters.
8.2.1. Opportunités identifiées dans les Schémas Directeurs des RCU existants
Les réseaux de chaleur sont les principaux moyens pour effectuer de la valorisation en externe de la chaleur fatale d’un processus. Les 3 réseaux de chaleur urbains publics du territoire de la Communauté urbaine possèdent chacun des schémas directeurs, ces documents contiennent les pistes et les réflexions en cours sur le territoire.
RESEAU DE CHALEUR URBAINE DE MONTGAILLARD – SDCMG
Une extension du réseau de chaleur de Montgaillard est prévue. Ce réseau prévoit d’acheminer 22.5 GWh de chaleur supplémentaire par an. Pour subvenir à ce nouveau besoin, des pistes de récupération de chaleur fatale ont été étudiées. Le potentiel de chaleur fatale le plus prometteur est celui de l’entreprise de torréfaction Les Cafés Légal, qui pourrait permettre de produire 4 GWh/an, via récupération de chaleur fatale.
RESEAU DE CHALEUR URBAINE DE GONFREVILLE L'ORCHER - SECGO
Malgré une extension du réseau, les besoins de chaleur devraient rester quasiment constants du fait de travaux de performance énergétique envisagés sur le réseau et chez les entités soutirant de la chaleur sur le réseau. Dès lors, aucun potentiel de récupération de chaleur fatale n’a été identifié dans le schéma directeur du réseau de chaleur de Gonfreville l’Orcher. On peut noter que le mix énergétique de ce réseau est constitué de biomasse à 94% : le réseau est déjà faible en émission de GES.
RESEAU DE CHALEUR URBAINE DE CAUCRIAUVILLE – RESOCEANE
Une extension du réseau de chaleur de Caucriauville est prévue. Ce réseau prévoit d’acheminer 125 GWh de chaleur supplémentaire par an à horizon 2023 par rapport à 2020. Cette extension prévue a été pensée directement en lien avec le projet de récupération BioSynErgy permettant de récupérer entre 80 et 130 GWh/an de chaleur. D’autres opportunités ont été étudiées mais n’ont finalement pas été retenues :
Raccordement au réseau de chaleur industrielle SEDIBEX : chaleur récupérable de 40
GWh/an
Station d'épuration Edelweiss : entre 52 et 58 GWh/an
Raffinerie de métal ERAMET : aucun potentiel de chaleur récupérable en première étude
Aussi, le réseau RésOcéane, de par sa situation géographique et son extension vers le Sud, est un atout pour créer des synergies entre la zone industrialo-portuaire et le centre-ville du Havre. La communication entre le port et la ville du Havre est essentielle pour permettre une optimisation du potentiel de récupération de chaleur fatale. Une étude est en cours pour valoriser de la chaleur fatale supplémentaire via un industriel ce qui permettrait d’étendre encore plus le réseau voir d’interconnecter SDCMG et RESOCEANE.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 73 / 122
8.2.2. Etude du potentiel de chaleur fatale liée aux industries du territoire
L’étude du potentiel chaleur fatale liée aux industries du territoire est réalisé en plusieurs étapes :
Dans un premier temps, le rapport de l’ADEME La chaleur fatale publié en 2017 identifie
à la maille régionale le potentiel de chaleur fatale récupérable issue de l’industrie.
Puis l’attribution de cette chaleur fatale récupérable est effectuée en établissant une
clef de répartition à l’échelle de la Normandie.
Enfin, une étude additionnelle de pré-identification des industriels à fort potentiel est
menée afin d’orienter le travail de préfaisabilité de récupération de chaleur fatale.
On détaille ci-après les 3 étapes de la méthodologie.
IDENTIFICATION DE POTENTIEL A L’ECHELLE DE LA NORMANDIE
Les résultats de cette partie sont issus de l’étude de l’ADEME La Chaleur fatale publié en 2017. Cette étude identifie un fort potentiel pour les industries en Normandie. En effet, toute industrie confondue, près de 9.9 TWh de chaleur fatale sont produits par an en Normandie, dont 3.2 TWh à proximité d’un réseau de chaleur urbaine existant. L’étude de l’ADEME fournit une désagrégation de ce potentiel en termes de température et de secteur. Un éventail de températures permet une valorisation par réseau de chaleur ou par production d’électricité. En Normandie, 4 filières sont majoritaires : chimie, agro-alimentaire, métallurgie et autres (dont raffinage).
Figure 58 - Répartition de la chaleur fatale en Normandie par température (gauche) et par filière (droite), année 2017
REPARTITION DU POTENTIEL DE CHALEUR FATALE SUR LA COMMUNAUTE URBAINE
Afin d’attribuer une partie du potentiel normand au territoire de la Communauté urbaine Havraise, il s’agit d’identifier une clé de répartition de la chaleur fatale par commune. On propose ici d’utiliser la quantité de déchets20 produite par les entreprises comme clé de répartition, en supposant que la production de chaleur fatale est fortement liée aux émissions de déchets. Ainsi, une clé de répartition du potentiel de chaleur fatale par commune a été construite en utilisant la base de données IREP Installations industrielles Rejetant des Polluants disponible sur la plateforme de données Géorisques21. Cette clef a été établie en regardant la quantité de déchets comme indicateur du niveau d’activité de l’industrie, pour les communes de Normandie possédant au
20 Déchet industriel = déchet d’activités économiques = tout déchet, dangereux ou non dangereux, dont le producteur
initial n'est pas un ménage 21
La Direction Générale de la Prévention des Risques du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, et de l’Energie recense les principaux rejets et transferts de polluants dans l’eau, l’air et les déchets déclarés par les principales installations industrielles.
3.2 TWh
Proche d’un
RCU
9.9 TWh
Toute industrie
confondueRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 74 / 122
moins un réseau de chaleur (en ordre décroissant de quantité de déchets industriels : Le Havre, Gonfreville l’Orcher, St Etienne du Rouvray, Rouen, Nd de Gravenchon, etc.)
Figure 59 - Potentiel de chaleur fatale valorisable par commune normande dans des RCU, année 2017
Ainsi, la Figure 59 présente le potentiel de chaleur fatale pour les principales communes de Normandie possédant un réseau de chaleur. On observe un très fort potentiel pour les deux communes de la Communauté urbaine possédant un réseau de chaleur : Le Havre : potentiel de 847 GWh/an
Gonfreville-l’Orcher : potentiel de 561 GWh/an
PRE-IDENTIFICATION D’INDUSTRIES A FORT POTENTIEL SUR LA COMMUNAUTE URBAINE
Afin d’orienter les actions de la Communauté urbaine et d’avoir plus d’informations sur les industries ayant un potentiel de valorisation de chaleur fatale, un recensement des industries produisant le plus de déchets par an a été effectué. Le Tableau 6 ci-dessous recense ainsi les industries de la base IREP produisant plus de 1000 tonnes de déchets par an (98% des déchets industriels de la Communauté urbaine). Les caractéristiques des entreprises ont été complétées grâce à la base ICPE Installation Classée pour la Protection de l’Environnement, disponible sur la plateforme de données Géorisques.
Il constitue une base pour mener des investigations plus poussées (par site) afin de déterminer si un potentiel est réellement valorisable et dans quelle proportion.
Entreprises Commune Quantité de déchets (t/an) Activité ICPE – Puissance thermique évacuée maximale
Suez RV
Val’Estuaire Rogerville 131 681
Centre de valorisation des
déchets -
Renault Sandouville 37 143 Construction de véhicules automobiles 10,9 MW
Osilub Gonfreville l’Orcher 35 810
Usine de production d'huile
de base et de produit
pétrolier régénérés
6,8 MW
Lafarge Ciments Le Havre 20 922 Usine de production de structures en béton 1,5 MW
Estener Le Havre 14 824 Usine de production de biodiesel à partir de graisses 9,2 MW
-
100 GWh
200 GWh
300 GWh
400 GWh
500 GWh
600 GWh
700 GWh
800 GWh
900 GWh
Le Havre Gonfreville
l'Orcher
St-Etienne
du Rouvray
Rouen N.D. de
Gravenchon
AutresRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 75 / 122
animales impropres à la
consommation
Lubrizol France Oudalle 13 418 Fabrication de produits chimiques
41,6 MW
Refroidissement par dispersion
d'eau dans un flux d'air = 24,4 MW
Total Energies
Raffinage France Harfleur 12 961
Usine de raffinage de
produits pétroliers et bureau
d'étude
1,9 MW
Chevron Oronite Gonfreville l’Orcher 11 902
Usine de production de
lubrifiants, additifs pour
carburants et produits
chimiques
52,5 MW
Total Energies
Raffinage France Gonfreville l’Orcher 11 681
Usine de raffinage de
produits pétroliers 119,1 MW
Compagnie
Industrielle
Maritime
Le Havre / Saint-Jouin-
Bruneval 6 591
Entreposage et stockage non
frigorifique -
Chimirec
Valrecoise SAS Gonfreville l’Orcher 6 191
Collecte des déchets
dangereux -
Serep Gonfreville l’Orcher 2 248 Collecte et traitement des eaux usées -
Eramet Sandouville 2 136 Métallurgie des métaux non ferreux 10,2 MW
Shmpp Le Havre 1 961 Entreposage et stockage non frigorifique Combustion autorisée de 13 MW
Omnova
Solutions Sandouville 1 232
Fabrication de caoutchouc
synthétique
11,6 MW
Refroidissement par dispersion
d'eau dans un flux d'air = 9,7 MW
Tableau 6 - Tableau de pré-identification des industries à fort potentiel de récupération de chaleur fatale sur le territoire de la CU
8.2.3. Identification du potentiel de chaleur fatale sur les sites
hors industrie
Trois autres types d’entités peuvent être étudiées pour leur potentiel de chaleur fatale récupérable : les Usines d’Incinération des Ordures Ménagères (UIOM), les Stations d’Epuration (STEP) et les datacenters.
UIOM : l’usine d’incinération des ordures ménagères permettant de traiter les déchets du
territoire est située en dehors du périmètre de la Communauté urbaine (Ecostu’air à Saint- Jean-de-Folleville, gérée par le SEVEDE, Syndicat d’Elimination et de Valorisation Energétique des Déchets de l’Estuaire). Ainsi, le potentiel est jugé nul. STEP : Edelweiss est une station d’épuration, inaugurée en 2011, qui traite les eaux pluviales et les eaux usées d’un territoire de plus de 300 000 habitants. Dans le Schéma Directeur de RésOcéane le potentiel de récupération de chaleur fatale est estimé de 52 à 58 GWh/an.
Datacenters : Un seul datacenter est recensé sur le territoire : Webaxys, à Saint-Romain-
de-Colbosc. Il n’existe pas à ce jour d’étude d’évaluation de gisement pour ce site d’une capacité de 90 kW. On note également que Saint-Romain-de-Colbosc ne possède pas de RCU pour valoriser directement cette chaleur fatale. La valorisation impliquerait la création d’un réseau dédié. Une étude approfondie permettrait d’évaluer si ceRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 76 / 122
gisement est valorisable et en quelle quantité. Le propriétaire du site indique qu’une petite quantité de chaleur serait disponible pour alimenter quelques logements voisins.
8.2.4. Bilan du gisement de chaleur fatale pour la Communauté
urbaine
Le potentiel de chaleur fatale atteint près de 1,4 TWh pour l’ensemble de la Communauté urbaine, principalement dû à un tissu industriel dense. Actuellement, des études sont en cours sur 2 sites :
Total Energies (95 GWh/an avec une puissance de 20 MW)
Les Cafés Legal (4 GWh/an).
Figure 60 - Répartition du potentiel de chaleur fatale par sources de la Communauté urbaine
8.3. Potentiel solaire
L’énergie solaire est exploitée depuis de nombreuses années pour produire de l’électricité et de la
chaleur. Initialement cantonnée à des systèmes difficilement intégrables à un réseau, elle voit son
développement exploser depuis une dizaine d’année avec des coûts de plus en plus compétitifs,
devenant un levier majeur de la production d’énergie renouvelable dans le monde.
La production d’énergie à partir du soleil se divise en deux catégories :
La production d’électricité se faisant à partir de panneaux solaires photovoltaïques
(PV), qui transforme le rayonnement solaire en électricité
96%
4%
Industrie
Eaux usées 1.4 TWh
Au cours du diagnostic du SDE, un entretien a été réalisé avec SYNERZIP (Bruno PETAT) et a permis de présenter les résultats de la présente étude du potentiel de chaleur fatale. On peut retenir des discussions les éléments suivants :
Des investigations complémentaires site par site permettraient d’identifier d’autres
projets valorisables
Les projets de valorisation de la chaleur fatale de la zone industrielle peuvent être une
étape clef dans la transition énergétique du territoire, la production de chaleur étant fortement émettrice de CO2. Pour cela, la communication entre le port, regroupant beaucoup d’industries, et la ville du Havre est essentielle afin d’optimiser la valorisation de chaleur fatale sur le territoire de la CU.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 77 / 122
La production thermique vise à convertir le rayonnement solaire en chaleur, et sert
principalement à produire de l’eau chaude sanitaire (ECS), même si des installations
couvrant aussi une partie de la demande de chauffage se développent. Le solaire
thermique entre en concurrence directe avec le photovoltaïque pour l’utilisation des
toitures. Par ailleurs, cette filière peine à se développer en France depuis une dizaine
d’années. Ainsi, ce diagnostic des potentiels se concentre sur la première catégorie
(photovoltaïque).
La production solaire photovoltaïque peut elle aussi se décomposer en deux catégories :
Le solaire toiture correspond à l’intégration de panneaux photovoltaïques à une toiture.
Cela permet de produire localement de l’électricité qui pourra être utilisée par le bâtiment.
En revanche les contraintes d’intégration empêchent souvent une orientation optimale
des panneaux, conduisant à des rendements plus faibles que le solaire au sol.
Le solaire au sol permet de créer des fermes solaires de plus grande capacité (de
quelques mégawatts à plusieurs centaines de mégawatts, comme la centrale de Cestas
en Gironde). Avec des panneaux solaires mieux orientés, incluant parfois des trackers
pour orienter le panneau en fonction de la course du solaire, ces centrales possèdent des
rendements plus élevés que les panneaux directement posés sur toiture. Combiné avec
des coûts plus faibles d’installation, le solaire au sol présente un coût par mégawattheure
produit plus faible que le solaire toiture. En revanche la surface nécessaire est importante,
posant la question de la concurrence d’occupation des sols avec d’autres usages et
milieux (agriculture, bois, …). Le principe de solaire sur ombrières permet de diminuer
l’impact de la concurrence d’occupation des sols : il s’agit de placer des panneaux solaires
sur des ombrières situées au niveau des parkings.
8.3.1. Solaire photovoltaïque sur toiture
Le calcul du potentiel de solaire photovoltaïque en toiture est réalisé en plusieurs étapes :
Dans un premier temps, les bâtiments pouvant accueillir des panneaux solaires sont
identifiés. Les contraintes patrimoniales sont prises en compte afin de quantifier les toits
qui sont situés à proximité de bâtiments historiques ou dans des zones classées, par
exemple. Les toits trop petits sont quant à eux exclus.
Puis l’orientation du toit (sud-est, sud-ouest, etc.) est déterminée à partir de
considérations géométriques simples.
Puis, un modèle d’élévation de terrain permet de connaitre l’inclinaison du toit, et donc
la perte de productible correspondant à une inclinaison non optimale.
Enfin, tous ces éléments permettent de calculer la surface de toit pouvant accueillir des
panneaux photovoltaïques. Cela permet de calculer pour chaque toit une puissance
potentiellement installable ainsi qu’un productible associé. La somme sur tous les toits
donne accès au potentiel total du territoire.
LOCALISATION DES BATIMENTS POTENTIELLEMENT RECOUVRABLESRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 78 / 122
La liste des bâtiments de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole utilisée est issue du cadastre complet des bâtiments dont on présente un extrait ci-dessous en Figure 61. Il permet de localiser chaque bâtiment, et de définir précisément leur emprise au sol. Il ne contient en revanche aucune information sur la forme du toit et son orientation.
Figure 61 - Vue d'un extrait du cadastre des bâtiments pour une zone en centre-ville du Havre
Zones sensibles pour l’intégration de panneaux photovoltaïques aux toitures
Comme les panneaux photovoltaïques vont s’intégrer dans des zones déjà artificialisées, il n’y a pas de contraintes spécifiques liées à la préservation des milieux naturels avec le solaire toiture. En revanche, la modification structurelle des toitures rentre en conflit avec la préservation du patrimoine, et peut aussi entrainer des problèmes de co-visibilité avec certains monuments historiques aux alentours. Sont aussi à considérer sur le territoire de la métropole les zones inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce patrimoine désigne un ensemble de biens culturels et naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité. Il est actualisé chaque année depuis 1978. Sur le périmètre de la Communauté urbaine, le centre- ville du Havre reconstruit par Auguste Perret est inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Par conséquent, les zones suivantes, visibles sur la Figure 62, sont considérées comme sensibles pour le solaire toiture, c’est-à-dire des zones contraintes, où les enjeux patrimoniaux rendent complexe l’installation, celle-ci étant possible mais nécessite une analyse approfondie au vu des enjeux considérés :
Zones Patrimoniales Remarquables, regroupant les Zones de Protection du Patrimoine
Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP) et les sites inscrits au patrimoine mondial de
l’UNESCO
Immeubles et sites inscrits et classés
Périmètre de 500m autour des monuments historiquesRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 79 / 122
Il est important de noter que des discussions avec l’organisme des Architectes des Bâtiments de
France, en septembre 2021, ont conduit à expliciter des contraintes concernant l’intégration de PV
en zone patrimoniale sensible :
Sur les toits terrasse du centre historique, le solaire PV est proscrit dès lors qu’il est visible
depuis un bâtiment dont la hauteur est plus élevée.
De plus, il faudrait réduire l’installation PV d’une largeur de 2 mètres tout le long de la
bordure du toit terrasse afin de limiter la visibilité depuis la rue.
Enfin, la co-visibilité installation PV et monuments historiques est proscrite (c’est-à-dire,
cas où depuis un tiers lieu, on peut voir à la fois l’installation PV et le site classé).
Figure 62 - Zones très sensibles pour le solaire toiture sur le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole
METHODOLOGIE DE DETERMINATION DU POTENTIEL
Orientation et inclinaison du toit
Le cadastre fournit pour chaque bâtiment l’emprise au sol de ce dernier, mais il ne donne aucune information sur la forme du toit ainsi que l’exposition du bâtiment. Pour compléter ces éléments, nous avons utilisé le modèle d’élévation de terrain du territoire de la Communauté urbaine (modèle MNE/MNT) afin d’obtenir une estimation de l’inclinaison du toit ainsi que son orientation. L’orientation du toit est obtenue en supposant que le faitage du toit est parallèle au côté le plus long du bâtiment :Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 80 / 122
Figure 63 - Détermination du faîtage du toit
L’inclinaison du toit est ensuite estimée (calculs de trigonométrie) grâce au modèle d’élévation
de terrain pour le bâtiment en question, qui donne l’élévation de tout point du bâtiment.
Occupation du toit
Pour les bâtiments avec toit incliné, nous supposons que seul le côté le mieux exposé du toit
est recouvert de panneaux solaires (c’est-à-dire celui le mieux orienté par rapport au sud). Sur
les toits, des éléments comme les cheminées et les velux empêchent d’exploiter à 100% la surface
la mieux exposée. Des retours d’expérience de différents acteurs du secteur ont permis de poser
l’hypothèse suivante : 10% de la surface la mieux exposée n’est pas mobilisable. Ainsi au total
pour chaque bâtiment, 45% de la surface est mobilisable.
Puissance installée
Après détermination de la surface disponible pour installer des panneaux photovoltaïques, la
puissance installée est simplement fonction de la puissance au m² des panneaux. Une hypothèse
de 175 Wc/m² a été retenu pour cette étude.
Productible
Le productible est principalement fonction de l’ensoleillement de zone où est installé le panneau
photovoltaïque. D’après des données d’historique de production sur le département de la Seine
Maritime (source : ORECAN), il est possible de déterminer un nombre d’heures de fonctionnement
à équivalent pleine puissance, c’est-à-dire le nombre d’heures équivalent qu’il serait nécessaire
pour obtenir la même production annuelle avec un panneau qui produirait quelle que soit l’heure
à sa puissance maximale. Le nombre retenu est de 950h / an.
Si la puissance installée ne dépend pas de l’orientation et de l’inclinaison des panneaux, ces deux
paramètres ont une réelle influence sur le productible final. Par conséquent, il est nécessaire de
corriger la production si les panneaux ne sont pas parfaitement orientés vers le sud, et si
l’inclinaison des panneaux n’est pas de 30°. Les facteurs de correction pris en compte pour cette
étude sont résumés dans la Figure 64.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 81 / 122
Figure 64 - Facteur de correction de production des panneaux photovoltaïques (Source : HESPUL)
RESULTATS
En ne prenant pas en compte les contraintes patrimoniales et en sollicitant l’ensemble des toitures des zones, la production photovoltaïque sur toiture pourrait recouvrir 53% de la consommation électrique actuelle du territoire.
Cependant, il est peu réaliste de considérer une mobilisation de l’ensemble des toitures d’ici 2030. L’ADEME, dans son travail prospectif national (Les visions de l’ADEME 2030-2050), estime par ailleurs à 20% la part des toitures qui seraient mobilisées en 2030.
Niveau de prise en
compte des contraintes
Surface
installée
(millions de m²)
Puissance
installée
(MWc)
Potentiel de
production
(GWh)
Part de la
consommation
électrique (3.27 TWh)
Aucune contrainte 11.21 1 961 1 748 53%
Contraintes de patrimoine
respectées 9.05 1 538 1 371 42%
Réalisation limitée sans
prise en compte des
contraintes
2.24 392 350 11%
Tableau 7 - Potentiel de production électrique par PV toiture sur la Communauté urbaine, horizon 2030
Un potentiel de production photovoltaïque toiture réaliste à horizon 2030 se trouve donc plus proche de 350 GWh, soit 11% de la consommation électrique actuelle. .Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 82 / 122
Figure 65 - Potentiel de production des panneaux photovoltaïques sur toiture par zone IRIS (GWh), en prenant en compte les contraintes patrimoniales
8.3.2. Solaire photovoltaïque au sol et sur ombrières
Comme pour l’éolien, la principale difficulté pour déterminer le potentiel sur le territoire réside dans le choix des zones disponibles pour installer les panneaux (ou éoliennes dans le cas de l’éolien). Même si les enjeux sont proches entre l’éolien et le photovoltaïque au sol, il existe des différences notables et structurantes qui obligent à avoir deux méthodologies distinctes de détermination des zones potentielles d’installation.
Les contraintes de sensibilité du territoire sont légèrement différentes entre les deux systèmes, mais c’est surtout l’emprise au sol qui est la plus impactante : si des éoliennes peuvent facilement être intégrées dans des zones agricoles au vu de la très faible emprise au sol, ce n’est pas le cas du photovoltaïque (PV). Pour le PV au sol, la concurrence d’occupation des sols est un critère déterminant, et le choix des zones potentielles doit se faire en accord avec ce changement d’usage.
Zones sensibles pour l’intégration de panneaux photovoltaïques au sol et sur ombrières
Comme pour le potentiel solaire toiture, les contraintes patrimoniales s’appliquent aussi pour l’intégration de panneaux photovoltaïques au sol et sur ombrières. A cela s’ajoutent des zones soumises aux aléas d’inondabilité, dans lesquelles l’installation de parc solaire au sol ou sur ombrière est interdite. Par conséquent, les zones mises en avant dans la Figure 66 sont considérées comme très sensibles pour le solaire au sol et sur ombrières, c’est-à-dire des zones fortement contraintes, où les enjeux environnementaux et patrimoniaux rendent très complexeRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 83 / 122
l’installation, celle-ci étant possible mais nécessite une analyse approfondie au vu des enjeux considérés :
Zones Patrimoniales Remarquables, regroupant les Zones de Protection du Patrimoine
Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP) et les sites inscrits au patrimoine mondial de
l’UNESCO
Immeubles et sites inscrits et classés
Périmètre de 500m autour des monuments historiques
Zones Aléas et Réglementées du PPRI
Figure 66 - Zones rédhibitoires et très sensibles pour le solaire au sol et sur ombrières sur le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole
Occupation des sols - Base CORINE Land Cover
Le développement du PV au sol étant principalement un enjeu d’occupation des sols, la base CORINE Land Cover a été considérée pour l’étude du potentiel. La base CORINE Land Cover est une base de données européenne d’occupation biophysique des sols. Elle s’articule sur 3 niveaux de détail, avec 5 catégories au premier niveau, 15 au niveau 2 et 44 au niveau 3. Le premier niveau de la base CORINE Land Cover se décompose comme suit : Territoires artificialisés
Territoires agricoles
Forêts et milieux semi-naturels
Zones humides
Surfaces en eau
Les trois dernières catégories sont incompatibles avec le développement de solaire photovoltaïque. Pour les territoires agricoles la question de la concurrence de l’usage du sol se pose pleinement. Dans notre étude de potentiel, une contrainte forte de non utilisation des territoires agricoles a été retenue (conforme au SRADDET de la région Normandie). Ainsi seulsRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 84 / 122
les territoires artificialisés non agricoles constituent des zones possibles pour le solaire photovoltaïque.
La base CORINE Land Cover sépare ces territoires artificialisés en sous-catégories (niveaux 2 et 3) :
Zones urbanisées
▪ Tissu urbain continu
▪ Tissu urbain discontinu
Zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication
▪ Zones industrielles ou commerciales et installations publiques
▪ Réseaux routier et ferroviaire et espaces associés
▪ Zones portuaires
▪ Aéroports
Mines, décharges et chantiers
▪ Extraction de matériaux
▪ Décharges
▪ Chantiers
Espaces verts artificialisés, non agricoles
▪ Espaces verts urbains
▪ Equipements sportifs et de loisirs
Les zones majoritairement couvertes par des bâtiments sont concernées par l’installation de panneaux photovoltaïques sur toiture mais pas au sol, ce qui inclut les zones urbanisées, les zones industrielles ainsi que les équipements sportifs et de loisirs (La question des parkings est traitée séparément par la suite). Les réseaux routiers et ferroviaires sont aussi considérés comme non mobilisables. Les espaces verts urbains sont considérés comme non-mobilisables, car leur utilisation conduirait à une réduction importante de la végétation en zone urbaine. Les zones restantes sont ainsi considérées comme mobilisables pour le développement de panneaux photovoltaïques au sol :
Aéroports
Extraction de matériaux
Décharges
ChantiersRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 85 / 122
Figure 67 - Occupation des sols : zones favorables pour le photovoltaïque au sol d’après la base CORINE Land Cover sur le territoire de la CU
Du fait de leur actuel état d’activité, il ne semble pas raisonnable d’installer à court terme des fermes de PV au sol sur les sites repérés ci-dessus. Seul l’aéroport possède la place nécessaire pour se permettre d’installer une quantité non négligeable de panneaux solaires sur son terrain sans devoir arrêter son activité économique principale. L’établissement d’un site de production électrique via panneaux solaires à proximité d’un aéroport demande la réalisation d’étude d’éblouissement afin d’éviter des reflets vers les pilotes. L’estimation du potentiel sur l’aéroport Le Havre-Octeville repose ici sur un exemple similaire à proximité : l’aéroport de Deauville- Normandie, qui développe actuellement un projet solaire de 60 MWc sur près de 46,3 ha. En conservant le même ratio de surface disponible pour le PV sur la surface totale de l’aéroport, on estime la surface disponible à 26.5 ha sur l’aéroport Le Havre-Octeville. Cependant le retour terrain des services de la CU précise que la configuration de l’aéroport du Havre rend ce potentiel difficilement exploitable (loi littoral, activités agricoles).
➔ Une étude de faisabilité plus poussée est requise pour conclure sur un éventuel projet.
Occupation des sols - Base BD TOPO pour la localisation des parkings
Dans les espaces urbains, en particulier dans les zones commerciales, les parkings constituent des zones facilement mobilisables pour l’installation de panneaux photovoltaïques, via des installations de type ombrières se plaçant au-dessus des places réservées aux voitures. Un recensement des parkings sur le territoire de la Communauté urbaine a été réalisé à l’aide de la base de données BD TOPO, afin de mettre en évidence les potentiels de déploiement d’ombrières solaires sur ces différentes zones. Cette base de données recense les parkings, publics et privés, de plus d’un demi-hectare.
Figure 68 - Aire de stationnement d’une surface supérieure à un demi-hectare sur le territoire de la Communauté urbaine. Source : BD TOPO
Comme on peut le voir sur la Figure 68, deux catégories de parkings se détachent :Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 86 / 122
Les grands parkings situés sur la zone industrielle. En particulier, 2 parkings totalisent
une surface de 140 ha : le parking du port et le parking de Renault (dont une partie possède déjà des panneaux solaires sur ombrières)
Les petits parkings : 41 parkings de taille plus modeste (allant de 0,52 à 5,17 ha) répartis
dans 23 IRIS différents, principalement au centre de la CU.
Occupation des sols – Base de données BASIAS pour la localisation des anciens sites industriels
Enfin la bases de données Basias a été analysée afin de compléter l’analyse de potentiels. Basias est l’acronyme pour la Base des Anciens Sites Industriels et Activités de Services. C’est une base de données nationales qui recense les sites dont les activités ont pu donner lieu à la présence de polluants dans le sol et les eaux souterraines. La base recense sur le territoire de la Communauté urbaine 32 sites en friche et non réaménagés. De même, ces sites sont de nature très hétérogène et ont souvent une superficie réduite (anciens dépôts, garages ou ateliers par exemple).
Un second filtre a été appliqué pour retirer les sites en zone inondable ou dans le périmètre des zones tampons autour des monuments historiques. Une analyse plus poussée et un groupe de travail avec l’équipe projet de la Communauté urbaine a permis de consolider la liste des sites retenus comme potentiellement exploitables. 6 sites ont finalement été mis en évidence. L’opportunité sur ces sites reste à confirmer par des études de faisabilité spécifiques. Le recensement de ces sites est présent en annexe.
Détermination de la puissance installée et du productible
Un rendement moyen de 0,85 MW par hectare a été retenu pour la puissance installée sur les surfaces favorables. (Source : étude de l’ADEME Évaluation du gisement relatif aux zones délaissées et artificialisées propices à l'implantation de centrales photovoltaïques) Le même nombre d’heures de fonctionnement à équivalent pleine puissance que le photovoltaïque sur toiture a été retenu pour le photovoltaïque au sol. Le nombre retenu est de 950 h.
RESULTATS
Niveau de prise en
compte des contraintes
Surface
installée (ha)
Puissance
installée
(MWc)
Potentiel de
production
(GWh)
Part de la
consommation
électrique (3.27 TWh)
Parkings (sans
contraintes / avec
contraintes patrimoniales)
215 / 208 183 / 177 174 / 168 5.5 % / 5 %
Aéroport Le Havre
Octeville 26.5 35 33 1%
Sites en friches 9 8 7 < 1%
Total sans prise en
compte des contraintes 255.5 226 214 7 %
Tableau 8 - Potentiel de production électrique par PV au sol et sur ombrières sur la Communauté urbaine
Au total, le potentiel annuel sur la Communauté urbaine représente une production de près de 214 GWh, soit près de 7% de la consommation électrique du territoire. La prise en compte des contraintes patrimoniales ne diminue que légèrement le potentiel (-5%). .Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 87 / 122
PROJET EN COURS
L’exploitant de la STEP Edelweiss étudie la faisabilité d’équiper le site de la station et ses abords en panneaux photovoltaïques (au sol et sur ombrières). Une partie de l’énergie serait autoconsommée sur le site. Le projet est à l’étude, une présentation à la DGA est prévue fin janvier 2022.
8.4. Potentiel d’éolien marin
L’éolien marin est une filière mature pour laquelle la France a des objectifs ambitieux de développement sur son territoire. Un débat public est en cours à l’échelle nationale au sujet des parcs d’éolien marin au large de la Normandie. De nombreuses propositions de parc ont émergé comme le montre la figure ci-dessous.
Figure 69 : Groupe de propositions de parcs éoliens en mer. Source : débat public RTE.
L’enjeu est notamment de déterminer sur quel(s) territoire(s) seront raccordés les parcs éoliens à l’étude en zone Centre Manche. Deux possibilités sont étudiées et concernent 1 GW de puissance à raccorder :
Option 1 : un raccordement du côté de la Manche, dans le Cotentin (aire illustrée en rose
dans le schéma ci-dessous).
Option 2 : un raccordement du côté de la Seine-Maritime, sur le territoire de la
Communauté urbaine du Havre (aire illustrée en jaune ci-dessous). RTE semble plus favorable à cette option de raccordement car l’atterrage (jonction entre les câbles sous- marins et terrestres) y serait plus facile que du côté du Cotentin.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 88 / 122
Figure 70 : Schéma illustrant les deux options de raccordement du parc éolien situé en Centre Manche. Source : débat public RTE
En plus du critère d’atterrage, les réflexions sont menées dans le but de s’accorder sur un tracé au moindre impact au regard :
des conditions d’acceptabilité territoriale et de faisabilité au regard de la loi littoral :
contrainte sur les zones de pêche, controverse sur le passage des câbles par des surfaces agricoles, crainte de la pollution visuelle et des conséquences sur la santé (impact électromagnétique)
des conditions de mise en œuvre techniques et industrielles de la solution en courant
continu
Il est à noter également que dans le cas où l’option 2 serait choisie, le fait de considérer que l’énergie renouvelable « revient au territoire du Havre » peut poser question. L’électricité produite sera injectée sur le réseau de transport de RTE. La convention selon laquelle l’énergie serait comptée sur le territoire de raccordement semble pertinente, cela relevant uniquement d’un choix de comptabilisation (on ne distingue pas les électrons distribués en provenance des parcs éoliens en mer de ceux produits par ailleurs).
Le potentiel d’injection d’électricité a été estimé à 3,3 TWh/an, soit l’équivalent de la consommation de la Communauté urbaine du Havre Seine Métropole. Pour cela, les hypothèses sous-jacentes sont :
Puissance installée : 1 GW
Facteur de charge moyen en Europe : 38% (Source : Wind Europe)
Notes complémentaires au sujet de l’éolien offshore :
Le territoire de la Communauté urbaine s’est vu récemment accueillir une usine de
construction de pales et de nacelles (Siemens Gamesa Renewable Energy) pour l’assemblage d’éoliennes offshore sur le Grand Port Maritime du Havre. Cela contribue à insuffler une dynamique locale pour le développement des projets renouvelables en mer.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 89 / 122
Le parc éolien offshore de Fécamp sera raccordé au poste électrique de Sainneville-sur-
Seine, sur le territoire de la Communauté urbaine du Havre.
Figure 71 : Schéma explicatif du raccordement du parc offshore de Fécamp au poste de Saineville- sur-Seine. Source : RTE
8.5. Potentiel d’éolien terrestre
Les éoliennes sont aujourd’hui une technologie mature, qui permet de produire de l’électricité à des coûts de plus en plus compétitifs. Si son déploiement en France reste limité, cela est en partie dû à la complexité de trouver des zones où l’implantation d’éoliennes est possible. En effet, de nombreuses contraintes sur l’occupation de l’espace existent, avec par exemple des distances minimales à respecter avec les habitations, des zones naturelles à préserver ou encore des servitudes militaires à prendre en compte lors du design d’un projet.
L’objectif de cette analyse est de déterminer à l’échelle du territoire si des zones possibles pour l’implantation d’éoliennes existent.
La présente étude se base sur le schéma régional éolien de Normandie (2009) qui a cherché à identifier des zones favorables pour l’implantation d’éoliennes. L’analyse de ce schéma a permis de constater qu’aucune zone favorable ne se trouve sur le territoire de la Communauté urbaine. Par ailleurs, le schéma régional note une forte contrainte sur le territoire du Havre dû à la présence d’un radar militaire. Ce radar exclut l’implantation d’éoliennes dans un rayon de 20 km autour du Havre et restreint fortement le nombre et/ou la disposition des éoliennes dans un rayon de 20 à 30 km.
Une zone tampon de 20km puis 30km a été tracée autour du radar du Havre (figure ci- dessous), montrant que la zone de servitude militaire inclut la totalité de la Communauté urbaine.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 90 / 122
Figure 72 Contour de la CU (communes en bleu) et zones tampons de 20km (en marron) et 30 km (en vert) autour du radar du Havre
8.6. Potentiel de méthanisation
Méthodologie
La filière méthanisation a été étudiée dans le détail en 2018 dans le cadre d’une étude réalisée par Solagro pour le SDE76. L’étude s’intitule Étude de gisement pour des projets d’unité de méthanisation. Dans le cadre du Schéma Directeur des Energies, l’équipe projet a bénéficié d’une présentation des résultats de cette étude par Jérémie PRIAROLLO, Responsable Ingénierie Méthanisation, en charge de cette étude chez Solagro. Cette rencontre a donné suite à un partage des données de l’étude sur le périmètre de la nouvelle Communauté urbaine.
On synthétise ici la méthodologie employée et les résultats obtenus pour le territoire de la Communauté urbaine. Le rapport complet de Solagro, dont on recommande la lecture pour plus de détails, est disponible dans le cadre des données collectées pour le Schéma Directeur des Energies.
Il convient de noter que la méthanisation est étudiée en tant que filière de production d’énergie renouvelable et filière alternative de traitement de déchets. Le potentiel est déterminé à la maille commune pour l’horizon 2025 en tenant compte des filières suivantes : Les ressources agricoles :
▪ Déjections animales, fumier et lisier, bovins et équins
▪ Résidus de culture (paille et menue paille)
▪ Cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) ;
Les biodéchets de la transformation agro-industrielle ;
Les biodéchets des collectivités et des ménages
Ainsi, au vu de la contrainte liée au radar militaire, aucune zone favorable à l’éolien ne semble se dégager sur le territoire. Sauf évolution réglementaire majeure, l’implantation d’éoliennes sur le territoire apparaît donc très complexe.
On peut donc considérer que le potentiel éolien de la CU est négligeable.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 91 / 122
Le débouché énergétique principal retenu pour les potentiels identifiés est l’injection de biométhane dans les réseaux de gaz. Ce débouché bénéficie d’incitations financières : aide à l’investissement, tarifs d’obligation, complément de rémunération. De plus, ces projets de méthanisation en injection permettent la valorisation du réseau de gaz existant.
Résultats
A l’échelle du département, les ressources méthanisables se distinguent entre les territoires urbains et ruraux. Ainsi, sur le périmètre de la Communauté urbaine du Havre, et particulièrement de l’ex-CODAH, les biodéchets et les déchets issus de l’industrie agro- alimentaire représentent une part importante des intrants. Du côté des deux autres cantons de la Communauté urbaine, les intrants sont de nature agricole : résidus de cultures et déjections animales.
Figure 73 Potentiel de gisement méthanisable par canton en Seine-Maritime. Source : Solagro
Une analyse est réalisée sur les capacités du réseau de gaz à absorber les productions renouvelables locales. Le tracé en rouge correspond à des zones à forte capacité d’injection. C’est le cas autour du territoire de la Communauté urbaine. Cette analyse est croisée avec les potentiels de valorisation de biogaz et permet d’identifier sur le département 4 zones à forts enjeux pour le développement de projets de méthanisation. La Communauté urbaine est identifiée comme l’une de ces 4 zones :
Les ressources sont relativement importantes et concentrées sur les 3 cantons
Le réseau de gaz est en capacité d’accueillir des projets en injection sur la Communauté
urbaineRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 92 / 122
Figure 74 Cartographie des zones à enjeux pour la méthanisation en Seine-Maritime. Source : Solagro
On note que les intrants issus de la filière agricole sont dominants : résidus de culture, déjections animales et cultures intermédiaires. Les biodéchets des ménages représentent près du quart des intrants méthanisables du territoire et nécessitent d’organiser la collecte des biodéchets.
Figure 75 : Répartition du potentiel de méthanisation par filière d’intrants, périmètre de la Communauté urbaine du Havre
Cependant ce potentiel maximal est à considérer délicatement, car il ne prend pas en compte de ce qui sera réalisable de manière certaine : des freins telles que la disponibilité du foncier, l’acceptabilité et les délais peuvent en effet ralentir voire bloquer le développement de la méthanisation sur le territoire.
26%
30%
17%
4%
23%
Déjections animales
Résidus de cultures
Cultures intermédiaires
(CIMSE)
Industrie agro-
alimentaire
Biodéchets
158 GWh
Le potentiel de biogaz valorisable est estimé à 158 GWh pour l’horizon 2025. C’est l’équivalent d’environ 8 unités de méthanisation traitant 20 000 tonnes d’intrants.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 93 / 122
PROJET EN COURS
Une étude de méthanisation sur le site de la station d’Edelweiss est en cours. Le projet permettrait de valoriser chaque année environ 20 000 tonnes de boues issues des stations d’épuration du territoire. Toutefois, compte tenu du retour sur investissement (au-delà de 15 ans), ce projet en l’état semble difficilement viable économiquement. Les résultats seront présentés fin janvier 2022 à la DGA.
Par ailleurs, la CU travaille également avec URBEEZ sur un projet de co-méthanisation sur un site de la zone industrialo-portuaire. Des questions réglementaires restent en suspens et nécessitent un arbitrage au niveau national.
8.7. Potentiel géothermique
La géothermie est une énergie renouvelable intéressante pour produire de la chaleur dédiée à un usage de chauffage dans les bâtiments. Pour cet usage de chauffage, il existe deux types de géothermie :
La géothermie basse énergie (30°C
La géothermie très basse énergie (T<30°C)
8.7.1. Géothermie basse énergie
Le présent diagnostic se base sur les conclusions établies dans le cadre du schéma directeur du réseau SECGO de Gonfreville l'Orcher (rapport ITHERM Conseil) : « La ressource géothermique n’est pas particulièrement intéressante en Seine Maritime. De plus, le fonctionnement actuel du réseau n’est pas adapté à l’utilisation d’une ressource géothermique pour les raisons suivantes : Réchauffage des températures retour du réseau par la chaufferie G’DO ; Débits primaires non adaptés aux besoins réels des abonnés ;
Pas de mise en cascade du réseau (tubes HT, tubes MT, tubes BT). »
Ainsi, la géothermie n’a pas été retenue comme potentiel de verdissement des réseaux de chaleur du territoire.
8.7.2. Géothermie très basse énergie
En géothermie très basse énergie (T<30°C), la production de chaleur s’effectue à l’aide d’une pompe à chaleur qui prélève dans le sol l’énergie thermique. On l’appelle aussi géothermie de surface. Ce type de géothermie peut être envisagé sur des constructions neuves ou sur des bâtiments bénéficiant de rénovations lourdes (les conditions techniques d’adaptation du bâtiment étant importantes). Le potentiel peut ainsi être considéré comme illimité, il s’agit en revanche de considérer la concurrence possible avec les autres équipements de chauffage. C’est pourquoi on propose d’approfondir cette possibilité d’approvisionnement énergétique dans la phase stratégie, tout en notant que ces projets représentent des investissements importants et que les ventes peinent à décoller en France depuis quelques années.
8.8. Indications sur la filière hydrogène
8.8.1. Eléments généraux sur la production de l’hydrogène
L’hydrogène est présent en faible quantité sur Terre. Il faut donc le produire à partir d’autres sources d’énergie primaires. Si l’hydrogène est souvent présenté comme un vecteur énergétique décarboné, son caractère « vert » dépend en fait de la manière dont il est produit. Plusieurs technologies existent pour produire de l’hydrogène :Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 94 / 122
Aujourd’hui, l’hydrogène est majoritairement produit par vaporeformage de méthane
(SMR : Steam Methane Reforming)22. Cela consiste à chauffer du méthane (gaz naturel) et de l’eau pour obtenir du dihydrogène et du dioxyde de carbone. Ce procédé est émissif de gaz à effet de serre (10 kg CO2/kg H2) s'il n'est pas couplé à des technologies de captage du CO2. L’hydrogène produit par SMR n’est donc pas décarboné. On parle d’hydrogène « gris ». Dans le cas où cette production est couplée avec une technologie de captage de CO2, on parle d'hydrogène « bleu ».
Une seconde méthode est l’électrolyse de l’eau. Elle consiste à décomposer les
molécules d'eau à l'aide d'un courant électrique, pour produire du dihydrogène et du dioxygène. Ce mode de production n’émet pas directement de gaz à effet de serre, mais est très énergivore en électricité. La production d’hydrogène par électrolyse requiert donc une production d’électricité, qui doit être décarbonée pour que l’hydrogène soit « vert » (généralement par centrales éoliennes ou solaires).
▪ La production d’hydrogène par électrolyse est prometteuse en raison de sa complémentarité avec une forte pénétration des énergies renouvelables intermittentes. En effet, les électrolyseurs pourraient apporter de la flexibilité au système électrique en adaptant leur fonctionnement aux conditions du système électrique (production solaire ou éolienne et consommation électrique). Ils permettraient ainsi d’intégrer une part plus importante d’énergies renouvelables intermittentes au réseau électrique. On parle de power-to-gas ou plus largement de sector-coupling (couplage des systèmes électriques, gaziers, hydrogène etc.).
Il existe une multitude d’autres procédés industriels (gazéification, fermentation par
exemple) de production d’hydrogène à partir d’hydrocarbures, de charbon ou de biomasse. Ces moyens de production ne sont pour l’instant privilégiés ni dans la littérature et ni dans la pratique.
L’hydrogène peut enfin être obtenu comme coproduit d’autres procédés chimiques
(fabrication de chlore par exemple). Cette production ne présente cependant pas d’enjeu crucial, car elle n’a pas vocation évoluer et présente un potentiel de développement limité.
Figure 76 - Schéma des technologies de production de l'hydrogène les plus représentatives
22 IEA. The Future of Hydrogen. Juin 2019Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 95 / 122
Aujourd’hui, l’électrolyse est encore très peu utilisée, en raison de ses coûts élevés (4 à 6 €/kg23, contre 1,5-2,5€/kg pour l’hydrogène produit par SMR sans CCS). En France, 94% de l’hydrogène est encore produit à partir d’énergies fossiles23. La production d’hydrogène est responsable de 2 à 3% des émissions nationales24. Néanmoins, la production d’hydrogène par électrolyse est en plein développement et ses coûts de production pourraient baisser de 2 à 3€/kg en 202823.
8.8.2. Utiliser l’hydrogène pour décarboner la mobilité
Il existe aujourd’hui plusieurs types de véhicules à hydrogène : voitures particulières, véhicules utilitaires légers, bus, camions, trains, vélos, bennes à ordures, etc. La maturité des technologies hydrogène est à des stades variables pour tous ces véhicules : des voitures particulières sont par exemple déjà disponibles à la vente, alors que les camions sont encore plutôt au stade de prototype.
GENERALITES SUR LA MOBILITE HYDROGENE
Tous les véhicules à hydrogène sont constitués des quatre mêmes constituants principaux : un ou plusieurs réservoirs, une pile à combustible, une batterie et un moteur électrique. En ce sens, un véhicule à hydrogène est un véhicule électrique qui produit son électricité à bord avec de l’hydrogène. Nous nous proposons d’apporter des précisions aux constituants principaux avant de voir comment l’hydrogène peut être utilisé pour décarboner la mobilité du territoire de la Communauté urbaine.
Le réservoir : l’hydrogène a une masse volumique bien moins importante par rapport aux
carburant automobiles. Il doit donc être comprimé et le réservoir conçu pour supporter des pressions extrêmes. La dangerosité de l’hydrogène est à nuancer. Même s’il est extrêmement inflammable et explosif, la volatilité de la molécule rend difficile l’accumulation de nappes explosives
La pile à combustible combine l’hydrogène avec l’oxygène de l’air pour former de l’eau,
ce processus produit un courant électrique ainsi que de la chaleur. C’est l’élément qui explique le coût élevé des véhicules à hydrogène, notamment à cause de matériaux sophistiqués ainsi que de faibles volumes de fabrication. Une réduction du prix est à prévoir dans les années à venir
La batterie : L’électricité produite est stockée dans une batterie de petite taille. Elle stocke
transitoirement l’électricité entre la pile à combustible et le moteur électrique. Pour le cas spécifique d’un véhicule électrique à prolongateur d’autonomie à hydrogène, la batterie est grande. Une pile à combustible et un réservoir à hydrogène de petites tailles sont ajoutés pour augmenter l’autonomie du véhicule.
Le moteur électrique est similaire au moteur d’un véhicule électrique classique
Ces principaux composants sont représentés dans la Figure 77 ci-dessous.
23 Ministère de la transition écologique et solidaire. Plan de déploiement de l’hydrogène pour la transition énergétique.
www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Plan_deploiement_hydrogene.pdf. 24 RTE, La transition vers un hydrogène bas carbone, Janvier 2020.
www.rte-france.com/sites/default/files/rapport_hydrogene_vf_2.pdfRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 96 / 122
Figure 77 - Principaux composants d’un véhicule à hydrogène
L’ECOSYSTEME HYDROGENE SUR LE TERRITOIRE DU HAVRE
Certaines dynamiques sont aujourd’hui en cours pour aller dans le sens d’un écosystème hydrogène sur le territoire de la Communauté urbaine du Havre : Une station de distribution a été installée au Havre dans le cadre du projet régional EasyMob
Le projet HYNAMICS est prévu pour 2024. Il sera constitué d’un site de production par
électrolyse sur le site de la CIM du Havre, dépôt pétrolier dans la zone du port (2 MW en 2024, 4 MW en 2026 puis 6 MW en 2030) et de 3 points de distribution (2 sur le port et 1 sur le site de dépôt de bus de Transdev pour des usages urbains et portuaires). Ce projet coûtera 9,5 M€ pour le Havre Seine Métropole (dont 2 M€ d'aide demandée) et 15,7 M€ pour le projet total HYNAMICS (dont 5,4 M€ d'aide demandée). Les usages seront multiples :
▪ Usages de mobilité « urbaine » : bus et bennes à ordures
▪ Usages de mobilité portuaire au sens large : flottes captives, manutention portuaire, mobilité fluviale en particulier
▪ Usages stationnaires : électrification des quais du port
Plus généralement, le sujet de l’hydrogène est bien présent en Seine-Maritime et nous présentons ci-dessous quelques exemples :
▪ Port-Jérôme-sur-Seine possède une usine de production d’H2 vert ▪ Air Liquide est un acteur industriel clef de l’hydrogène dans le monde et développe un écosystème autour de lui sur le territoire
▪ Caux Seine Agglo veut implanter sur son territoire un plateau technique dédié à l'hydrogène appelée H2 académique (formation sur l’hydrogène intégrée aux parcours existants)
8.9. Synthèse des potentiels ENR&R
Le potentiel de production d’électricité renouvelable est important sur la Communauté urbaine. Si la filière éolienne terrestre ne peut pas se développer sur la zone de servitude militaire du Havre, la filière de l’éolien offshore représente un gisement potentiel très important. La mobilisation de l’ensemble du potentiel est une réelle opportunité qui permettrait à la Communauté urbaine de satisfaire 1,2 fois sa consommation actuelle ou 3 fois sa consommation hors industrie. Cette filière à fort potentiel au large du territoire est également un enjeu stratégique à l’échelle nationale. Les concertations sont en cours pour définir les modalités de raccordement avec une possibilité d’atterrage sur le territoire de la Communauté Urbaine.
Moteur électrique
Réservoir
d’hydrogène
comprimé
Pile à combustible BatterieRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 97 / 122
Le bois est un gisement intéressant mais déjà fortement sollicité sur la Communauté urbaine. La capacité de production locale, bien que non encore totalement mobilisée, est inférieure à la consommation actuelle locale, ce qui signifie que l’approvisionnement se fait probablement au- delà du périmètre « raisonnable » défini autour de la Communauté urbaine (75 km).
Les potentiels de récupération de chaleur fatale industrielle sont élevés et permettent d’envisager le verdissement puis l’extension des réseaux de chaleur actuels. Il faut pour cela travailler à des partenariats avec les industriels.
Le potentiel de biogaz est un gisement existant sur la Communauté urbaine, il atteint près de 160 GWh, soit l’équivalent de 8 unités de méthanisation ou encore 11% de la consommation du territoire hors industrie. Ce gisement est peu encore valorisé à ce jour.
Figure 78 - Synthèse des potentiels ENR&R bruts à l'horizon 2030
295%
105%
11%
118%
77%
394%
1% 0%
100%
200%
300%
400%
0 GWh
1 000 GWh
2 000 GWh
3 000 GWh
4 000 GWh
Electricité Bois Chaleur sur réseau Gaz
Synthèse des potentiels ENR&R bruts à l'horizon 2030
Méthanisation
Chaleur fatale eaux usées
Bois
Chaleur fatale industrielle
PV au sol
PV toiture
Eolien offshore
Part du potentiel dans la conso actuelle hors industrie (%)
Part du potentiel dans la conso actuelle (%)
Il convient de noter que la production renouvelable liée à la filière offshore est affectée par convention au territoire de la Communauté Urbaine du fait de l’opportunité de raccordement sur un poste électrique du territoire. Cette opportunité pourrait permettre d’accroître l’acceptabilité des projets de raccordement par les communes qui accueillent et par le grand public.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 98 / 122
9. Conclusion
L’objectif de cette partie est de proposer une synthèse du diagnostic relatif au SDE puis de préparer le questionnement prospectif (la phase stratégie) en identifiant des premières pistes d’actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, on propose de mener l’analyse en 2 axes :
1) Réduire les consommations énergétiques du territoire
2) Décarboner les énergies consommées sur le territoire
9.1. Principaux messages clés du diagnostic relatif au SDE
Le diagnostic a permis de mettre en évidence des caractéristiques propres au territoire du Havre Seine Métropole du point de vue de la consommation, de la production et des réseaux énergétiques. Les principaux points sont précisés ci-dessous.
Message clé n°1 : Le territoire présente une activité industrialo-portuaire très consommatrice d'énergie et émettrice de GES
La zone industrialo-portuaire représente 75% des consommations d'énergie finale du
territoire, avec une dominante gaz très marquée
Le transport non routier, principalement maritime, est très consommateur également
(produits pétroliers principalement), sa consommation d’énergie est équivalente à celle du transport routier sur le territoire
Message clé n°2 : Le secteur des transports routiers représente une part importante des consommations
Le transport de personnes émet de façon importante du fait du recours massif à la voiture,
y compris pour les trajets de moins de 3km (où la part de la voiture est de 38 %) Le transport de marchandises a une composante importante également, avec un recours quasi exclusif à des carburants pétroliers
Message clé n°3 : Le secteur résidentiel utilise une part importante de gaz et ses consommations sont plus élevées que la moyenne française
54% des résidences principales chauffées au gaz
Un parc de logements relativement ancien, avec une dynamique de rénovation
8500 logements chauffés au fioul
Message clé n°4 : Le secteur tertiaire est assez présent sur le territoire, avec une activité marquée dans le sous-secteur des transports
Ce secteur est marqué par une activité dans le domaine des transports (infrastructures
& entreprises de transport), c’est le sous-secteur le plus consommateur, suivi des bureaux et commerces.
Le tertiaire à dominante publique consomme des énergies plus carbonées que le
tertiaire à dominante privée
L’électricité représente une part des consommations notable (56%, soit une proportion
plus élevée que celle des autres secteurs)
Message clé n°5 : Le mix énergétique est dominé par les produits pétroliers et le gaz naturel, qui occupe une place centrale sur le territoire.
L’électricité est la 3ème énergie consommée
Le chauffage urbain, actuellement peu présent dans le mix, se développe avec le projet
d’extension de RésOcéane
Une petite part du mix global est encore constitué de fioulRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 99 / 122
Le bois est une ressource déjà fortement sollicitée sur le territoire. On peut noter une
dynamique existante pour le développement de haies bocagères sur le territoire (partenariat en cours avec CUMA Energies & Territoire et l'association EDEN).
Message clé n°6 : Le taux d’énergie renouvelable produit sur le territoire est très faible (1% de la consommation).
La chaleur renouvelable et de récupération est produite sur le site de SEMEDI
(valorisation de déchets) ainsi que sur le réseau de chaleur SECGO (centrale biomasse). L’électricité renouvelable provient des installations de PV du territoire (13 GWh)
Bien que l’industrie concentre la majorité des émissions du territoire, les autres secteurs d’activités représentent des consommations d’énergie importantes et contribuent à ce titre aux émissions de GES locales, de façon aussi importante que sur d’autres territoires français. Ces secteurs sont donc à intégrer pleinement dans la démarche de transition énergétique de la Communauté urbaine.
9.2. Propositions de pistes d’actions
9.2.1. Secteur industriel
La réduction des consommations industrielles via des actions d’efficacité énergétique (tout en maintenant l’activité et les emplois au sein du territoire) devra être menée spécifiquement pour chaque branche d’activité. La Communauté urbaine a un rôle à jouer en matière d’accompagnement sur l’écologie industrielle et territoriale. On donne pour exemple deux axes d’accompagnement :
Valorisation de la chaleur fatale des industries de la zone industrielle (fort potentiel
identifié : 1,4 TWh). Cette chaleur fatale peut alimenter les réseaux de chaleur urbaine (notamment RésOcéane) pour aider à décarboner le secteur du bâtiment ou les autres activités industrielles.
Accompagner les actions en cours de diminution des émissions de CO2 de la zone
industrielle, notamment via la technologie de captage et stockage de carbone (CCUS) en sortie de combustion (fort potentiel). Ces procédés sont gourmands en énergie (chaleur) et il pourrait être intéressant de profiter de la chaleur fatale pour les alimenter.
9.2.2. Secteur transports
Du côté du transport routier, les actions suivantes peuvent être préconisées : Favoriser le report modal vers des mobilités douces en menant des actions de sensibilisation pour inciter le report modal : poursuivre le développement des transports en commun et des pistes cyclables, réduire la vitesse dans les espaces urbains à 30km/h.
Objectifs de la SNBC : baisse de 15% de la consommation à horizon 2030 et de 20% à horizon 2050 par rapport à 2015
▪ Actuellement : baisse de 30% entre 2015 et 2018 (sur le périmètre industrie hors branche énergie)
Objectifs de la SNBC : baisse de 20% de la consommation à horizon 2030 et de 60% à horizon 2050 par rapport à 2015
▪ Actuellement : baisse de 2.5% entre 2015 et 2018Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 100 / 122
Le PDU en cours d’élaboration est un outil indispensable pour avancer sur ce levier d’action.
Diminuer les déplacements en voiture : en augmentant par exemple le taux de
remplissage des véhicules via le développement d’aires de covoiturage et de voies réservées aux véhicules ayant plus d’un passager, en développant le recours au télétravail
Promouvoir les mobilités alternatives pour réduire les émissions. Un appel à
manifestation d’intérêt pour le développement des IRVE est en cours sur le territoire.
Du côté du transport non routier, les actions seront à concentrer principalement sur le port : Installer des recharges à quai pour limiter l’utilisation des moteurs thermiques qui remplissent les batteries électriques. HAROPA a des projets en cours avec des mises en service prévues en 2023
Décarboner les carburants des navires
Décarboner les motorisations des remorqueurs, des camions accédant aux terminaux et
des engins de manutention
Accompagner les actions de développement durable du port. Le Havre a contribué à la
mise en place de l’ESI, un index environnemental pour favoriser les navires performants.
9.2.3. Réduire les consommations du bâtiment
Trois leviers principaux ont été identifiés pour réduire les consommations du bâtiment à l’échelle de la Communauté urbaine :
Poursuivre la rénovation thermique des bâtiments, à commencer par le parc le plus
ancien.
Mener des actions de sensibilisation à la sobriété énergétique auprès des entreprises
et des ménages, en s’appuyant notamment sur des réseaux existants (exemple du défi Familles à Energie Positive mené dans le précédent plan climat)
Recourir à des solutions de gestion énergétique des bâtiments : GTB pour le tertiaire,
thermostats pour le chauffage.
9.2.4. Décarboner les énergies consommées
Objectifs de la SNBC :
▪ Résidentiel : baisse de 23% de la consommation à horizon 2030 et de 40% à horizon 2050 par rapport à 2015
▪ Actuellement : baisse de 0.2% entre 2015 et 2018
▪ Tertiaire : baisse de 20% de la consommation à horizon 2030 et de 42% à horizon 2050 par rapport à 2015
▪ Actuellement : augmentation de 3% entre 2015 et 2018
Objectif SRADDET : élimination des passoires thermiques d’ici à 2030
Objectifs du SRADDET (horizon 2030) et de la PPE (horizon 2028) : ▪ 32% d’ENR&R dans le mix de production global en 2030
▪ 28% d’électricité renouvelable en 2028
▪ 10% de gaz renouvelable en 2028
▪ Tout réseau de chaleur devra être alimenté par au moins 50% d'ENR&R d'ici à 2030
▪ Sortie du fioul à horizon 2030Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 101 / 122
Les leviers principaux identifiés sont :
Inciter la production d’électricité renouvelable via notamment le photovoltaïque sur toiture
et sur ombrières de parkings ou encore les fermes éoliennes offshore (technologie mature donc le potentiel de raccordement est élevé sur le territoire).
Accompagner le verdissement des réseaux de gaz via des projets de méthanisation sur
le territoire (potentiel de production de 160 GWh de gaz) : les débouchés en consommation de gaz sont très importants sur le territoire.
Décarboner les réseaux de chaleur existants avant de les étendre, via par exemple la
valorisation de la chaleur fatale des industriels.
Remplacer les bâtiments actuellement chauffés au fioul (8500 logements restants). Des
dynamiques sont en cours, la Communauté urbaine et GRDF accompagnent les ménages qui souhaitent passer d’un chauffage fioul à un chauffage gaz. De même, Enedis propose de faciliter les conversions vers la géothermieRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 102 / 122
10. Annexes
10.1. Prix des énergies
Le prix des énergies est basé sur différentes sources : EUROSTAT, PEGASE (SOeS), Ministère du Développement Durable, exploitants Communauté urbaine. Les prix pour les secteurs économiques (tertiaire, industrie et agriculture) sont hors taxes, tandis que les prix pour les secteurs résidentiel et transport incluent les taxes.
Energie Secteur 2019
Électricité
Résidentiel 191.3
Secteurs économiques 95
Transport 95
Gaz Naturel
Résidentiel 83.9
Secteurs économiques 36.8
Transport 36.8
Bois
Résidentiel 42.2
Secteurs économiques 23.6
Fioul
Résidentiel 99.1
Secteurs économiques 54.5
Gazole -
Essence
Transport - marchandises 60.6
Transport - voyageurs 154.8
Chauffage
Urbain
Résidentiel 66.3
Secteurs économiques 56.2
Tableau 9 - Prix des énergies en €/MWh
10.2. Bilan des émissions de Gaz à Effet de Serre à partir du
diagnostic énergétique
10.2.1. Périmètre
Dans cette annexe, le bilan réalisé est différent du bilan présenté dans le chapitre 2. Le périmètre d’étude portant uniquement sur les « émissions énergétiques », dîtes émissions directes. C’est-à-dire les émissions associées aux scope 1 et 2 (selon la définition de l’ADEME) : (1) sources fixes de combustion
(2) sources mobiles de combustion
(3) procédés hors énergie
(4) fugitives
(5) biomasse (forêt et sols)
(6) consommations d’électricité
(7) consommation de vapeur, chaleur, froid
Figure 79Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 103 / 122
Pour information, sur les émissions directes de GES en France, les émissions non énergétiques (épandage d’engrais, fermentation entérique des vaches, émissions fugitives de l’industrie, mise en décharge des déchets) représentent environ 20% des émissions totales, et sont principalement portées par le secteur agricole.
Les émissions de GES sont exprimées en grammes équivalent CO2 (ou tonnes équivalent CO2, teq. CO2), c’est-à-dire que les émissions des gaz à effet de serre sont « convertis » en CO2, par un facteur permettant de prendre en compte la différence de pouvoir de réchauffement des différents gaz.
Ces contenus GES proviennent principalement de la base carbone ADEME, et sont détaillés dans le Tableau 10.
Figure 79 - Catégories de la Base Carbone ADEME (source : base Carbone ADEME)
Ce bilan a été réalisé en prenant en compte toutes les émissions énergétiques directes de GES effectuées sur le territoire de la communauté urbaine, incluant ainsi la branche énergie (y compris le raffinage de pétrole et le stockage de produits pétroliers) et la production d’électricité, de chaleur et de froid.
10.2.2. Contenu CO2 des énergies
Les contenus CO2 des différentes énergies proviennent de la base carbone de l’ADEME.
Les émissions de la phase amont (scope 3) ne sont pas prises en compte. Ces émissions indirectes correspondent par exemple à l’extraction des produits pétroliers.
Pour le chauffage urbain, le contenu CO2 des réseaux est obtenu en faisant la moyenne des contenus CO2 des réseaux considérés sur la Communauté urbaine, pondérés par leurs consommations respectives. Ces contenus CO2 des énergies sont présentés dans le Tableau 10 ci-dessous.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 104 / 122
Energie Contenu CO2 2019
en gCO2 eq/kWh
Gaz (réseau) 187
Electricité (réseau) 42
Chaleur urbaine (RCU) 223
Bois et biomasse combustible 19
Fioul 272
GPL 233
Carburants 254
Tableau 10 - Contenu CO2 des différentes énergies
10.2.3. Bilan des émissions énergétiques de GES
Les émissions énergétiques de GES de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole s’élève à 4.2 MtCO2éq en 2019. Le secteur industriel est le secteur le plus émetteur de CO2 de la Communauté urbaine avec 70% des émissions de CO2, mettant en évidence le lien entre consommation d’énergie finale à partir d’énergie fossile et émissions de CO2. Le secteur des transports est très intense en émission car représente 21% des émissions, contre 15% de la consommation d’énergie finale du territoire. Ce secteur est plus intense en émission que les autres secteurs.
Figure 80 - Répartition des émissions énergétiques de Gaz à Effet de Serre par secteur d'activités, année 2019, en ktCO2 équivalent
Le tableau ci-dessous présente les émissions de GES par secteur pour l’année 2019.
Secteur Emissions de GES
-
60
120
180
240
300
360
420
480
Transport
routier
Transport non
routier
Residentiel Tertiaire Agriculture
Gaz Naturel Produits pétroliers Fioul GPL Electricite Chauffage Urbain Bois
-
500
1 000
1 500
2 000
2 500
3 000
IndustrieRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 105 / 122
(en MtCO2éq)
Résidentiel 0.24
Tertiaire 0.15
Transport routier 0.46
Autres transports 0.42
Agriculture 0.008
Industrie 2.96
Industrie (hors énergie) 1.02
Tableau 11 - Tableau des consommations d'énergie finale par secteur d'activités, année 2019
Le tableau ci-dessous présente les émissions de GES par type d’énergie pour l’année 2019.
Energie Emissions de GES (en MtCO2éq)
Gaz naturel 3.0
Electricité 0.14
Produits pétroliers (transport) 0.88
Chauffage Urbain 0.07
Bois 0.004
Autres 0.15
Tableau 12 - Tableau des consommations d'énergie finale par type d’énergie, année 2019
10.3. Recensement des friches pouvant potentiellement accueillir
du PV au sol
Cette annexe présente les différents sites pouvant potentiellement accueillir du PV au sol sur le territoire de la Communauté urbaine. Les informations renseignées pour chacun des sites sont : La commune
La surface
L’adresse
Une petite description est ajoutée pour chacun des sites.
ZONE POTENTIELLE N°1Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 106 / 122
Commune : Gommerville
Surface : 0,43 ha
Adresse : 110 rue de la Chouette
Ancien site de génie civil, de construction d’ouvrage et de bâtiment
ZONE POTENTIELLE N°2
Commune : Gonfreville l’Orcher
Surface : 0,67 ha
Adresse : Rue Georges Brassens, à côté du Complexe aquatique Gd’O
Fosse de décantation et de déshuilage, bacs de dessablage et de lavageRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 107 / 122
ZONE POTENTIELLE N°3
Commune : Le Havre
Surface : 2,47 ha
Adresse : Route du Canal de Bossières
Dépôt de liquides inflammables (D.L.I.)
Remarque particulière : il semble y avoir des habitations sur place mais invisible sur Street
View
ZONE POTENTIELLE N°4Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 108 / 122
Commune : Saint-Vigor d’Ymonville
Surface : 1 ha
Adresse : Route de l’Ancien Pont du Hode (proche du croisement avec la Route
Industrielle)
Décharge de déchets Industriels Spéciaux (D.I.S.)
ZONE POTENTIELLE N°5
Commune : Saint-Vigor d’Ymonville
Surface : 3,02 ha
Adresse : Route de l’Ancien Pont du Hode (proche du canal de Tancarville, à côté de DB
Schenker Maritime)
Centrale d'enrobage de produits routiers
ZONE POTENTIELLE N°6
Commune : Saint-Vigor d’Ymonville
Surface : 1,58 haRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 109 / 122
Adresse : Route des Falaises (entre la A131 et la D982, coordonnées GPS : 49.480444,
0.347627)
Usine d'enrobage, fabrication de mortiers et de bétons bitumineux
10.4. Liste des acteurs consultés
SDE76, Patrick DE WIT
GRDF, Arnaud JAMARD
Enedis, Lionel DEHON
Antargaz, Cédric PELISSIER
Primagaz, Christian GOVIGNON
Resoceane, C NICOLAS
CRAM, Yoann HUON
CRAM, Sébastien BASSET
SDCMG, Laurie-Anne LE CLERC
SDCMG, Didier JOBIN
ATMO Normandie, Matthieu PRIMAUX
ATMO Normandie, Jérôme CORTINOVIS
Biomasse Normandie, Quentin GIFFARD
Synerzip, Bruno PETAT
Haropa Port, Natasha MASSU
Solagro via le SDE76, Jeremie PRIAROLLO
ADEME Normandie, Guillaume LEFRANCOIS
Région Normandie, Thierry BERTHAUX
DDTM, Caroline Lengrand
Chambre d'Agriculture 76, Valérie Genouville
AESN, Jérôme Ratiarson
AURH, Alix GUILLEMETTE
DDTM, Sophie DUPLESSY
DDTM, Stéphanie Lercier
DREAL, Nicolas Visage
Ville du Havre, Christophe Husser
Ville du Havre, Amélie Lemaire
10.5. Liste des données collectées
Les données collectées pour le diagnostic sont recensées dans le tableau Excel de suivi de la collecte des données joint au présent livrable.
10.6. Liste des actions menées par la CU et ses partenaires
La Communauté urbaine a publié un rapport sur le développement durable listant notamment les actions menées sur le territoire. Ce rapport est disponible en ligne : https://deliberations.lehavreseinemetropole.fr/docs/pv/2021-11-18/DELB_20210425-01.pdf. Il présente les principaux axes d’actions du territoire en matière de développement durable que sont :
L’optimisation du réseau de transport en commun tant au niveau de la desserte, qu’au
niveau de la performance des véhicules avec la mise en service de bus à énergie propre et l’extension du réseau de tramway avec la création d’une 3ème ligne ; Le développement des modes doux ;Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 110 / 122
L’engagement dans un système de management de l’énergie (flotte de véhicules,
bâtiments, éclairage public...) pour améliorer les performances énergétiques et diminuer les consommations énergétiques ;
La mise à disposition des communes d’un conseiller en énergie ;
La massification de la rénovation énergétique dans l’habitat ;
• La plateforme de la rénovation effectue chaque année 2500 prises de contact, par des ménages du territoire souhaitant un accompagnement technique, administratif et financier dans leur projet de travaux. Plus de détails se trouvent dans la section 4.3.2
La mise en œuvre d’une politique ambitieuse d’économie circulaire via la prévention et
la valorisation des déchets ; l’écologie industrielle et territoriale, le déploiement des circuits courts ;
Le soutien à l’agriculture durable et périurbaine ;
La protection des ressources en eau, des espaces naturels et de la biodiversité, la
gestion écologique du parc de Rouelles et du parc du château de Gromesnil ; La promotion de la santé et du respect de l’environnement.
D’autres actions et démarches sont actuellement menées par la communauté urbaine comme : Le développement de la production locale de bois : un partenariat avec la CUMA Haies’nergie et territoires ainsi que l’association EDEN a pour but de développer la ressource locale. Un potentiel de 2000 tonnes de bois est déjà identifié sur le territoire et permettra d’avoir à disposition de l’énergie décarbonée disponible supplémentaire. Plus de détails se trouvent dans la section 5.5
La lutte contre la précarité énergétique via des accompagnements à la rénovation des
logements les plus consommateurs. Aussi, les gestionnaires des réseaux de distribution d’électricité et de gaz mettent en place des aides afin de garantir un accès à l’énergie pour tous. Ces actions, détaillées dans la section 7.2.3, sont listées également ci- dessous.
• Plateforme de la rénovation de LHSM : cette plateforme réunit les dispositifs ANAH et Espace Info Energie, animés sur la Communauté urbaine depuis plus de 10 ans.
• PACTE-15 : la démarche est menée par la Communauté urbaine (en partenariat avec AMORCE) et vise à accompagner les travaux de rénovation des logements fortement consommateurs d'énergie. Les zones de Criquetot-l'Esneval et de Saint-Romain-de-Colbosc sont ciblés par ce programme. Lien vers l’article de la Communauté urbaine
• HelpRenov : ce dispositif est piloté par Enedis. Il consiste à diagnostiquer les zones où la précarité énergétique est élevée grâce à l’outil GEODIP puis mobiliser des partenaires et des ressources pour accompagner les foyers précaires. Le programme inclut également la formation des services sociaux et des conseillers énergie, ainsi que la mise à disposition d’un outil d’estimation de la classe énergétique des logements.
• Civigaz : la démarche est engagée par GRDF et la FACE (Fondation Agir Contre l’Exclusion) sur l’année 2021-2022. Elle vise à prévenir les accidents domestiques au gaz, sensibiliser les habitants à la consommation d’énergie, détecter des situations de précarité et orienter vers des dispositifs et enfin favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes en service civique. Sur le périmètre de la Communauté urbaine, le programme a pour objectif de visiter 650 ménages (dont 350 en parc social).
• Une convention de partenariat pour la promotion du gaz naturel dans le cadre d’une rénovation performante et accessible de la copropriété privée et de la maison individuelle est en cours d’élaboration entre la Communauté urbaine et GRDF.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 111 / 122
• Accompagnement du CCAS de la Ville du Havre avec EDF (dans le cadre du contrat de concession électricité de la Ville du Havre). Exemple : distribution de chèque énergie.
• Accompagnement des ménages dans la conversion des chaudières fioul (avec participation de GRDF quand il s’agit d’un passage en chaudière gaz) • Engagements de RESOCEANE
La réponse à la mission européenne « 100 villes neutres pour le climat et intelligentes
d’ici à 2030 »
L’appui pour de futurs projets d’énergie renouvelable et de récupération
• Discussions en cours avec la STEP Edelweiss pour un projet photovoltaïque et un projet de méthanisation
• Participation au débat public sur l’éolien offshore
• Projet HYNAMICS pour le développement de l’écosystème hydrogène • Suivi des projets de chaleur renouvelable (Biosynergy, Total), de gaz renouvelable (Salamandre, LH Biogaz, Methan’up) et d’électricité renouvelable (photovoltaïque sur les sites d’HAVLOG et d’HAROPA)
10.7. Liste des indicateurs
Les indicateurs établis pour la réalisation du diagnostic climat air énergie sont les suivants : Emissions annuelles de GES énergétique et non énergétique, par secteur, par sous- secteur, par énergie, par usage
Consommations annuelles d’énergie finale, par secteur, par sous-secteur, par énergie,
par usage
Nombre de logements, par vecteur de chauffage et par âge de construction
Nombre d'employés par sous-secteur tertiaire
Nombre de déplacements par mode, par type de transport, par distance parcourue
Production annuelle d'énergie finale par énergie et par filière
Facture énergétique annuelle par secteur
Part des ménages en situation de précarité énergétique, à la maille IRIS
10.8. Méthodologie utilisée pour l’évaluation du potentiel en bois
énergie pour la Communauté urbaine
PREMIERE ETAPE - ESTIMATION DES DISPONIBILITES NETTES PAR REGION
Dans cette première étape, il s’agit d’estimer, à l’échelle de chaque région, la disponibilité nette en bois, exploitée ou supplémentaire, valorisable en BE ou non. Ce travail est réalisé pour chaque type de ressource et chaque usage possible du bois. Les huit régions25 considérées sont celles faisant partie d’un périmètre de 150 km autour de la Communauté urbaine : Basse-Normandie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Ile-de-France, Centre, Pays de la Loire et Bretagne.
25 Les estimations fournies par les références sur lesquelles s’appuie notre étude sont disponibles suivant l’ancien
découpage administratif des régions françaises. Nous avons décidé de conserver ce découpage.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 112 / 122
Figure 81 - Cartographie des périmètres d'approvisionnement pris en compte lors de l'étude du potentiel en Bois Energie pour le territoire de la CU
Cette première étape s’appuie sur de nombreux résultats obtenus dans l’étude réalisée en 2016 par l’ADEME (ADEME, Disponibilités forestières pour l'énergie et les matériaux à l'horizon 2035, 2016), estimant les ressources régionales en bois sur l’ensemble du territoire français, et en particulier le gisement BE. Le périmètre de l’étude réalisée par l’ADEME concerne uniquement les ressources en bois rond provenant de l’exploitation forestière et potentiellement valorisables en BE. Les disponibilités en Produits Connexes de Scierie (PCS) et bois de rebut sont issues de sources différentes, parmi lesquelles figure l’étude MAP 2009 (CEMAGREF, 2009). Cette section se propose de présenter les disponibilités nettes régionales prises en compte dans le cadre de cette étude, ainsi qu’un certain nombre de choix de modélisation effectuées.
Ressources primaires
Pour obtenir le gisement régional net exploitable de bois-énergie (hors DIB), l’ADEME procède d’après les étapes suivantes :
Définition d’un découpage
• Par type de ressources : feuillus, populicole, résineux
• Et par usage du bois (bois d’œuvre, bois-industrie/bois-énergie, menu-bois). Pour chaque type de ressource, estimation des disponibilités brutes et nettes en bois • L’ADEME définit notamment plusieurs scénarii d’approvisionnement conduisant à des estimations légèrement différentes des disponibilités nettes en bois : • Scénario tendanciel : « sylviculture constante, simulant le maintien des pratiques de coupe actuelles »
• Scénario dynamique progressif : « intensification globale de la gestion
forestière, au travers de l’accroissement des surfaces actuellement traitées suivant les pratiques les plus dynamiques ».
Définition des usages du bois
Dans le rapport de l’ADEME, Disponibilités forestières pour l'énergie et les matériaux à l'horizon 2035, les usages sont définis de la manière suivante :
Le Bois d’Œuvre (BO) : « biomasse comprise dans la bille de pied et les surbilles de tige,
jusqu’à la découpe bois d’œuvre, et dont la qualité autorise des usages bois d’œuvre », Le Bois d’Industrie et Bois Energie (BIBE) : « biomasse de la tige comprise entre la découpe BO et la découpe bois fort, biomasse de la tige de dimension BO mais dontRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 113 / 122
l’usage potentiel ne peut être le BO en raison d’une qualité insuffisante, biomasse comprise dans les branches jusqu’à la découpe bois fort »,
Le Menu Bois (MB) : « biomasse de la tige et des branches comprise dans les bois de
diamètre inférieur à 7 cm à leur plus grosse extrémité ».
Pour une meilleure compréhension du vocabulaire propre à la découpe du bois, le lecteur est invité à se référer au rapport de l’ADEME, Biomasse forestière, populicole et bocagère disponible pour l'énergie à l'horizon 2020, publié en 2009.
.
Figure 82 - Schéma représentant la localisation des compartiments de biomasse dans l’arbre, tels que définis dans l’étude ADEME. Source : (ADEME, Disponibilités forestières pour l'énergie et les matériaux à l'horizon 2035, 2016)
Distinction entre gisements exploité et supplémentaire
Dans le rapport de l’ADEME, Disponibilités forestières pour l'énergie et les matériaux à l'horizon 2035, au-delà du découpage par type de ressources et par usage du bois, une distinction est faite entre la part du gisement déjà exploitée et la part supplémentaire. L’ADEME qualifie ainsi de gisement net l’ensemble du gisement qu’il soit exploité ou non, et de gisement net supplémentaire la part du gisement non encore exploitée.
Définition du gisement net
Dans l’étude ADEME, seul le surplus en bois disponible chaque année est considéré, dans un souci de développement durable et de respect de l’environnement. Les estimations en volume brut de bois sont issues des inventaires 2009 à 2013 de l’Inventaire Forestier National. Afin d’obtenir un gisement net techniquement et économiquement exploitable, ce gisement brut est soumis à un ensemble de contraintes technico-économiques et environnementales, dont notamment :
La contrainte liée aux pertes d’exploitation (difficulté d’accès ou d’évacuation des bois
abattus).
La contrainte de préservation de la fertilité des sols (ou durabilité de la récolte).Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 114 / 122
Les contraintes liées au contexte économique (sélection des parcelles exploitables au
prix de marché actuel, après chiffrage des coûts d’exploitation déterminés par type de coupe et de parcelle).
Informations récoltées
Dans notre étude, nous nous sommes principalement appuyés sur les estimations de gisements technico-économiques régionaux, découpés par usage et essence de bois (type de ressource), fournies dans les annexes de l’étude de l’ADEME, Disponibilités forestières pour l'énergie et les matériaux à l'horizon 2035, (Annexes 30B, 31B, 32B, 33A, 34A et 35A).
Schéma de synthèse de la méthode ADEME
Le schéma ci-dessous récapitule dans son intégralité la méthodologie employée par l’ADEME pour estimer les disponibilités nettes, exploitées et supplémentaires :
Figure 83 - Schéma représentant la méthodologie d’évaluation du potentiel BE employée par l’ADEME. Source : (ADEME, Disponibilités forestières pour l'énergie et les matériaux à l'horizon 2035, 2016)
Ressources secondaires
Pour le gisement issu des DIB (Déchet Industriel Banal), la présente étude s’appuie sur le chiffre fourni par l’atlas des filières d’approvisionnement en BE en Rhône-Alpes (ADEME, Atlas des filières d'approvisionnement en Bois-Energie en Rhône-Alpes, 2012), qui estime le gisement à 29% de la production (hors granulés et bois bûche) de BE à l’échelle de la région, soit 129 000 tonnes ou 20 kg/habitant.
A titre de comparaison, le Plan départemental de prévention et de gestion des déchets non dangereux du Rhône fait état d’un gisement brut (bois traité et bois non traité récolté dans le cadre de la collecte des déchets occasionnels) de 28 000 tonnes à l’échelle de l’ancien département du Rhône, ce qui représente 16,5 kg/habitant. Le plan précise par ailleurs que 100% de ce gisement fait aujourd’hui l’objet d’une valorisation matière.
Le chiffre de 20 kg/habitant a été retenu dans le cadre de cette étude.Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 115 / 122
DEUXIEME ETAPE - ESTIMATION DE LA PART VALORISABLE EN BE DES GISEMENTS NETS IDENTIFIES
Après avoir estimé les disponibilités nettes régionales (exploitées et supplémentaires), il s’agit d’estimer quelle en est la part valorisable en BE.
Cette estimation s’appuie sur les sources documentaires suivantes : Le rapport de l’ADEME Disponibilités forestières pour l'énergie et les matériaux à l'horizon 2035, publié en 2016
Le rapport de l’ADEME, Biomasse forestière, populicole et bocagère disponible pour
l'énergie à l'horizon 2020, publié en 2009
Contribution du comité « bois-énergie » dans le cadre des travaux préparatoires
d’élaboration du SRCAE (Région Rhône Alpes, 2011)
L’atlas de l’ADEME, Atlas des filières d'approvisionnement en Bois-Energie en Rhône-
Alpes, publié en 2012
Production de sciages, bois sous rails et merrains en France métropolitaine de 2002 à
2014 (Ministère de l'Agriculture, 2014).
Cinq sources d’approvisionnement alimentent le gisement BE, pour lesquelles des ratios de valorisation sont proposés :
Ressources de feuillus, populicoles et de résineux :
• Une part du BIBE
• L’ensemble de la ressource MB
• Une part des produits connexes de première transformation du BO (produits connexes de scieries (PCS))
• Une part des produits de deuxième transformation du BO
La part non traitée des Déchets Industriels Banals (DIB).
Les ratios de valorisation utilisés sont présentés ci-dessous.
BIBE (BOIS INDUSTRIE\BOIS ENERGIE)
Les parts de BE issues du BIBE sont fournies, pour chaque région, par la première étude du genre effectuée par l’ADEME Biomasse forestière, populicole et bocagère disponible pour l'énergie à l'horizon 2020, publié en 2009. Les mêmes ratios ont été utilisés pour le gisement supplémentaire, ce qui constitue une hypothèse conservatrice dans un scénario de promotion de la filière BE par rapport à la filière BI.
MB (Menu Bois)
Le MB n’est actuellement pas récolté. Par conséquent le gisement se résume à un gisement net supplémentaire valorisable en BE, qui a été estimé directement dans l’étude de l’ADEME.
Produits connexes de première et deuxième transformation du BO (Bois d’œuvre)
La part de produits connexes de scieries (PCS) générés en première transformation du BO a été fixée à 40% du gisement net de BO (CEMAGREF, 2009). La part de PCS valorisable en BE est issue de l’étude menée dans le cadre du SRCAE (Région Rhône Alpes, 2011), qui fait état d’un ratio de 23%. L’analyse d’autres sources de données fournit des valeurs comparables : L’atlas des filières d’approvisionnement en BE en Rhône-Alpes (ADEME, Atlas des filières d'approvisionnement en Bois-Energie en Rhône-Alpes, 2012) fait état de 20% de produit connexes valorisés vers l’énergie sous forme de bois déchiqueté (hors auto- approvisionnement)
L’Enquête Annuelle de Branche relative à la production de sciages, bois sous rails et
merrains en France métropolitaine estime également cette part à 20% (dont 17% sont commercialisés et 3% servent à l’autoconsommation des entreprises productrices).Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 116 / 122
Les activités de deuxième transformation étant extrêmement diverses, il est difficile d’évaluer la part de produits connexes générée par ces industries. L’étude menée dans le cadre du SRCAE de la région Rhône Alpes (Région Rhône Alpes, 2011) estime que le volume de déchets produits est plus faible que celui observé dans la première transformation du bois (40%), les rendements matière y étant plus élevés (95% dans le travail des plaquages et dans les menuiseries industrielles). Par conséquent, la part de produits connexes de deuxième transformation du BO a été fixée à 20% du gisement net de BO hors PCS, soit 12% du gisement net total de BO (l’industrie de deuxième transformation traitant 60% du gisement net total de BO). La part valorisable en BE des produits connexes de deuxième transformation a été fixée à 100%, dans l’hypothèse où ce gisement diffus n’est actuellement pas valorisé pour des usages autres qu’énergétiques.
Par ailleurs, pour ces deux gisements, les mêmes ratios ont été utilisés pour la part supplémentaire, ce qui constitue une hypothèse conservatrice dans un scénario de promotion de la filière BE par rapport à la filière industrie.
DIB (Déchets Industriels Banals)
Le chiffre de 20 kg/habitant a été retenu, pour l’ensemble des périmètres d’étude retenus.
TROISIEME ETAPE – DEFINITION D’UN PERIMETRE D’APPROVISIONNEMENT
Définition d’un périmètre d’approvisionnement
Pour aboutir à des estimations locales à l’échelle de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, l’approche consiste à estimer le gisement disponible dans un périmètre centré autour de la Communauté urbaine, à partir d’une somme pondérée des gisements net valorisables régionaux obtenus lors de la première (et seconde) étape.
Dans cette estimation, le poids associé à chaque région est déterminé, par type de ressource en bois, au prorata de la surface de forêt exploitable couverte par le périmètre en question. L’identification des différents types de ressources sur le périmètre d’approvisionnement considéré, a été réalisée à partir de la base de données Corinne Land Cover (CLC) 2018 (Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2018). Cette dernière fournit une description du type de surface au sol, suivant 44 catégories, à partir d’images satellites disponibles à une résolution de 25m. L’identification des ressources en bois à partir des catégories proposées par la base CLC, a été réalisée en utilisant les correspondances suivantes :
Type de ressources Catégories issues du Corinne Land Cover
Ressources de feuillus • Forêts de feuillus (CLC catégorie 311) • Forêts mélangées (CLC catégorie 313)
Ressources populicoles Mêmes catégories que pour les ressources de feuillus
Ressources de résineux • Forêts de conifères (CLC catégorie 312) • Forêts mélangées (CLC catégorie 313)
Tableau 13 - Tableau de correspondance entre le type de ressources de bois et les catégories issues du Corinne Land Cover
Par ailleurs, les ressources exploitables situées sur des surfaces ayant un relief trop accidenté (i.e. de pente supérieure à 30% selon le rapport de l’ADEME, Biomasse forestière, populicole et bocagère disponible pour l'énergie à l'horizon 2020) ont été exclues. Ce travail a pu être réalisé grâce à la base de données SRTM (National Aeronautics and Space Administration) initialement développée par la NASA et fournissant l’altitude à une résolution de 90m.
Prise en compte des projets concurrentsRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 117 / 122
Une fois le gisement du périmètre d’approvisionnement évalué, il reste encore à le diviser entre les différents projets concurrents. La part du gisement que l’on considère comme affectable à la Communauté urbaine est ainsi calculée au prorata de la population de la Communauté urbaine, vis-à-vis de celle vivant dans l’ensemble du périmètre considéré. Cette hypothèse suppose une répartition équitable de la ressource entre la population, mais ne prend cependant pas en compte l’existence de certains industriels fortement consommateurs en bois et susceptibles de déformer la répartition de la ressource.
SCHEMA DE SYNTHESE DE LA METHODE
Le schéma ci-dessous synthétise les éléments de modélisation présentés ci-dessus : En bleu, l’estimation du potentiel bois-énergie par région, par type de ressource et par usage du bois, à partir des disponibilités brutes et/ou nettes - supplémentaires ou non -, et d’un certain nombre de ratios ;
En jaune, la dernière étape consistant à ventiler, pour chaque périmètre
d’approvisionnement choisi, les gisements régionaux, au prorata des surfaces forestières (par type de ressource). La méthode est cependant différente pour les DIB, pour lesquels le même gisement est considéré, quel que soit le périmètre d’approvisionnement choisi.
Figure 84 - Modèle utilisé dans l’évaluation de la ressource en Bois-Energie à partir des volumes en bois récoltés, par ressource et par usageRapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 118 / 122
10.9. Table
Table des figures
FIGURE 1 - REPARTITION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE PAR SECTEUR SUR LE TERRITOIRE DE LA CU, DONNEES ORECAN 2018 .................................................................................................................................8 FIGURE 2 - REPARTITION DES EMISSIONS D’ORIGINE ENERGETIQUE DE GAZ A EFFET DE SERRE PAR SECTEUR SUR LE TERRITOIRE DE LA CU, DONNEES ORECAN 2018 ......................................................................................8 FIGURE 3 - EVOLUTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE ENTRE 2005 ET 2018 SUR LE TERRITOIRE DE LA CU, TOUT SECTEUR ....................................................................................................................................9 FIGURE 4 - EVOLUTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE ENTRE 2005 ET 2018 SUR LE TERRITOIRE DE LA CU, TOUT SECTEUR (HORS INDUSTRIE) ...........................................................................................................9 FIGURE 5 - EVOLUTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE ENTRE 2008 ET 2014 EN NORMANDIE, TOUT SECTEUR ......................................................................................................................................................10 FIGURE 6 - EVOLUTION DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE ENTRE 2005 ET 2018 EN FRANCE, TOUT SECTEUR ...10 FIGURE 7 – EMISSIONS ANNUELLES DE SO2 EN TONNES, DONNEES ATMO NORMANDIE .........................................12 FIGURE 8 – EMISSIONS ANNUELLES DE NOX EN TONNES, DONNEES ATMO NORMANDIE .........................................12 FIGURE 9 – EMISSIONS ANNUELLES DE COVNM EN TONNES, DONNEES ATMO NORMANDIE ...................................13 FIGURE 10 – EMISSIONS ANNUELLES DE NH3 EN TONNES, DONNEES ATMO NORMANDIE .......................................13 FIGURE 11 – EMISSIONS ANNUELLES DE PM10 EN TONNES, DONNEES ATMO NORMANDIE ....................................14 FIGURE 12 – EMISSIONS ANNUELLES DE PM2,5 EN TONNES, DONNEES ATMO NORMANDIE ...................................14 FIGURE 13 – REPARTITION DES EMISSIONS DES POLLUANTS PAR SECTEUR D’ACTIVITES, ANNEE 2018 ........................15 FIGURE 14 - PROCESSUS DE RECONCILIATION DES DONNEES DE CONSOMMATION DU TERRITOIRE ..............................31 FIGURE 15 - REPARTITION DES CONSOMMATIONS D'ENERGIE FINALE PAR SECTEUR D'ACTIVITES, ANNEE 2019 ............32 FIGURE 16 - REPARTITION DES CONSOMMATIONS D’ENERGIE FINALE PAR ENERGIE, ANNEE 2019 .............................33 FIGURE 17 - CONSOMMATION D'ENERGIE FINALE PAR TYPE D'ENERGIE ET PAR SECTEUR D'ACTIVITES, ANNEE 2019 ......34 FIGURE 18 - REPARTITION DES CONSOMMATIONS D'ENERGIE FINALE PAR SECTEUR D'ACTIVITES, HORS ACTIVITES INDUSTRIALO-PORTUAIRES, ANNEE 2019 ...............................................................................................35 FIGURE 19 - REPARTITION DES CONSOMMATIONS D’ENERGIE FINALE PAR ENERGIE, HORS ACTIVITES INDUSTRIALO- PORTUAIRES, ANNEE 2019 ..................................................................................................................36 FIGURE 20 - CONSOMMATION ANNUELLE DU RESIDENTIEL PAR USAGE ET PAR ENERGIE, ANNEE 2019 .......................37 FIGURE 21 - CONSOMMATION ANNUELLE D'UN LOGEMENT PAR USAGE ET PAR PERIODE DE CONSTRUCTION (RESIDENCES PRINCIPALES) ....................................................................................................................................37 FIGURE 22 - COMPARAISON ENTRE LA CU ET LA MOYENNE NATIONALE POUR LA REPARTITION DE LA CONSOMMATION PAR USAGE (GAUCHE) ET LA REPARTITION DES BATIMENTS PAR CLASSE D'AGE (DROITE)..........................................38 FIGURE 23 - REPARTITION DE LA CONSOMMATION ENERGETIQUE (GAUCHE) ET DES EMISSIONS (DROITE) DU CHAUFFAGE RESIDENTIEL PAR ENERGIE (RESIDENCES PRINCIPALES), ANNEE 2019 ............................................................39 FIGURE 24 - COMPARAISON DE LA REPARTITION DES VECTEURS DE CHAUFFAGE ENTRE LA FRANCE ET LHSM EN NOMBRE DE RESIDENCES PRINCIPALES, ANNEE 2019 .............................................................................................39 FIGURE 25 - CARTOGRAPHIE DES VECTEURS DE CHAUFFAGE PRINCIPAUX PAR COMMUNE DU TERRITOIRE, ANNEE 2019 40 FIGURE 26 - REPARTITION DE LA CONSOMMATION ENERGETIQUE (GAUCHE) ET DES EMISSIONS (DROITE) DU SECTEUR TERTIAIRE PAR ENERGIE, ANNEE 2019 ...................................................................................................41 FIGURE 27 - NOMBRE D'EMPLOYES DU TERTIAIRE PAR SOUS-SECTEUR, ANNEE 2017 ..............................................42 FIGURE 28 - CONSOMMATION ANNUELLE D'ENERGIE FINALE PAR CATEGORIE SECONDAIRE ET PAR USAGE, ANNEE 2019 42 FIGURE 29 - CONTENU CARBONE DE L'ENERGIE FINALE UTILISEE PAR CATEGORIE SECONDAIRE ET PAR USAGE, ANNEE 2019 ......................................................................................................................................................43 FIGURE 30 - REPARTITION DE LA CONSOMMATION ENERGETIQUE (GAUCHE) ET DES EMISSIONS (DROITE) DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE PAR ENERGIE, ANNEE 2019 ................................................................................................45 FIGURE 31 - REPARTITION DE LA CONSOMMATION ENERGETIQUE ET DES EMISSIONS DU SECTEUR DE L’INDUSTRIE PAR BRANCHE INDUSTRIELLE, ANNEE 2019 ..................................................................................................45 FIGURE 32 - CARTOGRAPHIE DE LA CONSOMMATION D’ENERGIE FINALE DU SECTEUR INDUSTRIEL PAR IRIS DU TERRITOIRE, ANNEE 2019 ....................................................................................................................................44Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 119 / 122
FIGURE 33 - REPARTITION DES CONSOMMATIONS ENERGETIQUES DU SECTEUR DES TRANSPORTS PAR TYPE - PERIMETRE CU, ANNEE 2018..............................................................................................................................46 FIGURE 34 - EVOLUTION DE LA CONSOMMATION D'ENERGIE DU TRANSPORT NON ROUTIER ENTRE 2005 ET 2018 - DONNEES ORECAN ...........................................................................................................................47 FIGURE 35 - EVOLUTION DE LA CONSOMMATION D'ENERGIE DU TRANSPORT ROUTIER ENTRE 2005 ET 2018 - DONNEES ORECAN ........................................................................................................................................48 FIGURE 36 - EVOLUTION DE LA CONSOMMATION D'ENERGIE DU DOMAINE DU TRANSPORT EN FRANCE ENTRE 2004 ET 2019 - DONNEES SDES......................................................................................................................48 FIGURE 37 - CARTOGRAPHIE DES FLUX DE TRANSPORT DE PERSONNES - ENQUETE DEPLACEMENTS ESTUAIRE DE LA SEINE 2018 ..............................................................................................................................................49 FIGURE 38 - MOTORISATION DES VEHICULES PARTICULIERS DE TRANSPORT DE PERSONNES, ANNEE 2018 ..................50 FIGURE 39 - REPARTITION DES MODES DE TRANSPORT EN NOMBRE DE VOYAGES EFFECTUES (GAUCHE), EN NOMBRE DE KILOMETRES EFFECTUES (MILIEU) ET EN CONSOMMATION ENERGETIQUE (DROITE) POUR DES TRAJETS EN SEMAINE, ANNEE 2018 ....................................................................................................................................50 FIGURE 40 - PARTS MODALES PAR DISTANCE DE DEPLACEMENTS EN NOMBRE DE DEPLACEMENTS (GAUCHE) ET REPARTITION DES TRAJETS PAR DISTANCE PARCOURUE (DROITE), ANNEE 2018 ..............................................51 FIGURE 41 - CARTOGRAPHIE DE LA DISTINCTION URBAIN DENSE - HORS URBAIN DENSE POUR L'ETUDE GEOGRAPHIQUE DU SECTEUR DES TRANSPORTS SUR LE TERRITOIRE DE LA COMMUNAUTE URBAINE LHSM .....................................51 FIGURE 42 - REPARTITION DES DISTANCES PARCOURUES EN FONCTION DE LA LOCALISATION, ANNEE 2018 .................52 FIGURE 43 - PARTS MODALES PAR DISTANCE DE DEPLACEMENT EN FONCTION DE LA LOCALISATION, ANNEE 2018 ........52 FIGURE 44 - PRODUCTION ANNUELLE D'ENERGIE FINALE SUR LE PERIMETRE DE LA CU, ANNEE 2019 .........................54 FIGURE 45 - PRODUCTION D'ELECTRICITE PAR FILIERE SUR LE TERRITOIRE DE LA COMMUNAUTE URBAINE, ANNEE 2019 55 FIGURE 46 : CARTOGRAPHIE DES POINTS DE PRODUCTION D'ELECTRICITE SUR LA CU DU HAVRE ...............................56 FIGURE 47 - REPARTITION DE LA PRODUCTION DE CHALEUR PAR COMBUSTIBLE POUR LES RCU DE LA CU LHSM, POUR L’ANNEE 2019..................................................................................................................................57 FIGURE 48 - CARTOGRAPHIE DU RESEAU DE VAPEUR DE LA SEMEDI SUR LA ZIP, APRES EXTENSION EN 2020 .............58 FIGURE 49 - CARTOGRAPHIE DU RESEAU DE CHALEUR PRIVEE DE LA COTE BRULEE, DONNEES DU SITE VIA SEVA ...........58 FIGURE 50 - TRACE DES RESEAUX DE TRANSPORT ET DE DISTRIBUTION D'ELECTRICITE SUR LE TERRITOIRE DE LA CU LHSM, SOURCES ENEDIS (RESEAU DE DISTRIBUTION) ET RTE (RESEAU DE TRANSPORT) ..............................................61 FIGURE 51 - TRACES DES RESEAUX DE TRANSPORT ET DE DISTRIBUTION DE GAZ SUR LE TERRITOIRE DE LA CU LHSM, ANNEE 2019 ....................................................................................................................................62 FIGURE 52 - TRACES DES RESEAUX DE CHALEUR URBAINE PUBLICS SUR LE TERRITOIRE DE LA CU LHSM, ANNEE 2019 ..63 FIGURE 53 : REPARTITION DE LA FACTURE ENERGETIQUE GLOBALE DU TERRITOIRE PAR SECTEUR D'ACTIVITES ET PAR ENERGIE (EN MILLIONS D’EUROS), ANNEE 2019 ......................................................................................64 FIGURE 54 : CARTOGRAPHIE REPRESENTANT LE POURCENTAGE DES MENAGES EN PRECARITE ENERGETIQUE A LA MAILLE IRIS, EN TENANT COMPTE DES DEPENSES ENERGETIQUES LIEES AU LOGEMENT ET AU TRANSPORT.......................67 FIGURE 55 : CARTOGRAPHIE DES SURFACES MOYENNES DES LOGEMENTS (A GAUCHE) ET DES FACTURES ENERGETIQUES MOYENNES DES LOGEMENTS (A DROITE) A LA MAILLE IRIS SUR LE PERIMETRE DE LA CU DU HAVRE ....................68 FIGURE 56 - NATURE DE BOIS DU GISEMENT BOIS-ENERGIE EXPLOITABLE EN GWH, A HORIZON 2030 POUR UN PERIMETRE DE 75 KM AUTOUR DU TERRITOIRE DE LA CU ...........................................................................71 FIGURE 57 - REPARTITION DE LA CHALEUR FATALE EN NORMANDIE PAR TEMPERATURE (GAUCHE) ET PAR FILIERE (DROITE), ANNEE 2017 ......................................................................................................................73 FIGURE 58 - POTENTIEL DE CHALEUR FATALE VALORISABLE PAR COMMUNE NORMANDE DANS DES RCU, ANNEE 2017 .74 FIGURE 59 - REPARTITION DU POTENTIEL DE CHALEUR FATALE PAR SOURCES DE LA COMMUNAUTE URBAINE ...............76 FIGURE 60 - VUE D'UN EXTRAIT DU CADASTRE DES BATIMENTS POUR UNE ZONE EN CENTRE-VILLE DU HAVRE ..............78 FIGURE 61 - ZONES TRES SENSIBLES POUR LE SOLAIRE TOITURE SUR LE TERRITOIRE DE LA COMMUNAUTE URBAINE LE HAVRE SEINE METROPOLE ..................................................................................................................79 FIGURE 62 - DETERMINATION DU FAITAGE DU TOIT .........................................................................................80 FIGURE 63 - FACTEUR DE CORRECTION DE PRODUCTION DES PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES (SOURCE : HESPUL) ......81 FIGURE 64 - POTENTIEL DE PRODUCTION DES PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES SUR TOITURE PAR ZONE IRIS (GWH), EN PRENANT EN COMPTE LES CONTRAINTES PATRIMONIALES ...........................................................................82 FIGURE 65 - ZONES REDHIBITOIRES ET TRES SENSIBLES POUR LE SOLAIRE AU SOL ET SUR OMBRIERES SUR LE TERRITOIRE DE LA COMMUNAUTE URBAINE LE HAVRE SEINE METROPOLE.........................................................................83Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 120 / 122
FIGURE 66 - OCCUPATION DES SOLS : ZONES FAVORABLES POUR LE PHOTOVOLTAÏQUE AU SOL D’APRES LA BASE CORINE LAND COVER SUR LE TERRITOIRE DE LA CU .............................................................................................85 FIGURE 67 - AIRE DE STATIONNEMENT D’UNE SURFACE SUPERIEURE A UN DEMI-HECTARE SUR LE TERRITOIRE DE LA COMMUNAUTE URBAINE. SOURCE : BD TOPO .......................................................................................85 FIGURE 68 : GROUPE DE PROPOSITIONS DE PARCS EOLIENS EN MER. SOURCE : DEBAT PUBLIC RTE. ...........................87 FIGURE 69 : SCHEMA ILLUSTRANT LES DEUX OPTIONS DE RACCORDEMENT DU PARC EOLIEN SITUE EN CENTRE MANCHE. SOURCE : DEBAT PUBLIC RTE ...............................................................................................................88 FIGURE 70 : SCHEMA EXPLICATIF DU RACCORDEMENT DU PARC OFFSHORE DE FECAMP AU POSTE DE SAINEVILLE-SUR- SEINE. SOURCE : RTE .........................................................................................................................89 FIGURE 71 CONTOUR DE LA CU (COMMUNES EN BLEU) ET ZONES TAMPONS DE 20KM (EN MARRON) ET 30 KM (EN VERT) AUTOUR DU RADAR DU HAVRE .............................................................................................................90 FIGURE 72 POTENTIEL DE GISEMENT METHANISABLE PAR CANTON EN SEINE-MARITIME. SOURCE : SOLAGRO .............91 FIGURE 73 CARTOGRAPHIE DES ZONES A ENJEUX POUR LA METHANISATION EN SEINE-MARITIME. SOURCE : SOLAGRO .92 FIGURE 74 : REPARTITION DU POTENTIEL DE METHANISATION PAR FILIERE D’INTRANTS, PERIMETRE DE LA COMMUNAUTE URBAINE DU HAVRE ...........................................................................................................................92 FIGURE 75 - SCHEMA DES TECHNOLOGIES DE PRODUCTION DE L'HYDROGENE LES PLUS REPRESENTATIVES ...................94 FIGURE 76 - PRINCIPAUX COMPOSANTS D’UN VEHICULE A HYDROGENE ...............................................................96 FIGURE 77 - SYNTHESE DES POTENTIELS ENR&R BRUTS A L'HORIZON 2030.........................................................97 FIGURE 78 - CATEGORIES DE LA BASE CARBONE ADEME (SOURCE : BASE CARBONE ADEME)............................. 103 FIGURE 79 - REPARTITION DES EMISSIONS ENERGETIQUES DE GAZ A EFFET DE SERRE PAR SECTEUR D'ACTIVITES, ANNEE 2019, EN KTCO2 EQUIVALENT ......................................................................................................... 104 FIGURE 80 - CARTOGRAPHIE DES PERIMETRES D'APPROVISIONNEMENT PRIS EN COMPTE LORS DE L'ETUDE DU POTENTIEL EN BOIS ENERGIE POUR LE TERRITOIRE DE LA CU .................................................................................. 112 FIGURE 81 - SCHEMA REPRESENTANT LA LOCALISATION DES COMPARTIMENTS DE BIOMASSE DANS L’ARBRE, TELS QUE DEFINIS DANS L’ETUDE ADEME. SOURCE : (ADEME, DISPONIBILITES FORESTIERES POUR L'ENERGIE ET LES MATERIAUX A L'HORIZON 2035, 2016) .............................................................................................. 113 FIGURE 82 - SCHEMA REPRESENTANT LA METHODOLOGIE D’EVALUATION DU POTENTIEL BE EMPLOYEE PAR L’ADEME. SOURCE : (ADEME, DISPONIBILITES FORESTIERES POUR L'ENERGIE ET LES MATERIAUX A L'HORIZON 2035, 2016) ................................................................................................................................................... 114 FIGURE 83 - MODELE UTILISE DANS L’EVALUATION DE LA RESSOURCE EN BOIS-ENERGIE A PARTIR DES VOLUMES EN BOIS RECOLTES, PAR RESSOURCE ET PAR USAGE............................................................................................ 117Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 121 / 122
Table des tableaux
TABLEAU 1 - TABLEAU DES CONSOMMATIONS D'ENERGIE FINALE PAR SECTEUR D'ACTIVITES, ANNEE 2019..................33 TABLEAU 2 - TABLEAU DES CONSOMMATIONS D'ENERGIE FINALE PAR TYPE D’ENERGIE, ANNEE 2019.........................34 TABLEAU 3 - TABLEAU DES CONSOMMATIONS D'ENERGIE FINALE PAR SECTEUR D'ACTIVITES, HORS ACTIVITES INDUSTRIALO-PORTUAIRES, ANNEE 2019 ...............................................................................................35 TABLEAU 4 - TABLEAU DES CONSOMMATIONS D'ENERGIE FINALE PAR TYPE D’ENERGIE, HORS ACTIVITES INDUSTRIALO- PORTUAIRES, ANNEE 2019 ..................................................................................................................36 TABLEAU 5 - TABLEAU DES CONTENUS CARBONES MOYENS DES RESEAUX DE CHAUFFAGE URBAIN PUBLICS DE LA CU, ANNEE 2019 ....................................................................................................................................63 TABLEAU 6 - TABLEAU DE PRE-IDENTIFICATION DES INDUSTRIES A FORT POTENTIEL DE RECUPERATION DE CHALEUR FATALE SUR LE TERRITOIRE DE LA CU ................................................................................................................75 TABLEAU 7 - POTENTIEL DE PRODUCTION ELECTRIQUE PAR PV TOITURE SUR LA COMMUNAUTE URBAINE, HORIZON 2030 ......................................................................................................................................................81 TABLEAU 8 - POTENTIEL DE PRODUCTION ELECTRIQUE PAR PV AU SOL ET SUR OMBRIERES SUR LA COMMUNAUTE URBAINE ..........................................................................................................................................86 TABLEAU 9 - PRIX DES ENERGIES EN €/MWH .............................................................................................. 102 TABLEAU 10 - CONTENU CO2 DES DIFFERENTES ENERGIES ............................................................................. 104 TABLEAU 11 - TABLEAU DES CONSOMMATIONS D'ENERGIE FINALE PAR SECTEUR D'ACTIVITES, ANNEE 2019............. 105 TABLEAU 12 - TABLEAU DES CONSOMMATIONS D'ENERGIE FINALE PAR TYPE D’ENERGIE, ANNEE 2019.................... 105 TABLEAU 13 - TABLEAU DE CORRESPONDANCE ENTRE LE TYPE DE RESSOURCES DE BOIS ET LES CATEGORIES ISSUES DU CORINNE LAND COVER .................................................................................................................... 116Rapport_Diagnostic_PCAET_SDE_LHSM_VF5.docx 122 / 1221 / 46
LE HAVRE SEINE METROPOLE
DIAGNOSTIC CLIMAT AIR ENERGIE
2021
SYNTHESE2 / 46
INTRODUCTION ........................................................................ 4
VOLET DIAGNOSTIC CLIMAT-AIR-ENERGIE .......................... 5
1. Etat des lieux des émissions de gaz à effet de serre territoriales ........ 6
2. Etat des lieux des émissions de polluants atmosphériques ................. 7
3. Etat des lieux de la consommation énergétique................................... 8
3.1. Bilan énergétique global ............................................................................. 8
3.2. Bilan énergétique hors activités industrialo-portuaires .............................. 9
4. Facture énergétique territoriale ...........................................................10
5. Analyse de la précarité énergétique des ménages .............................11
6. Etat des lieux de la production d’énergie ............................................12
6.1. Bilan global de la production .................................................................... 12
6.2. Détail des productions électriques ........................................................... 12
6.3. Détail des productions de chaleur ............................................................ 13
7. Etat des lieux des réseaux énergétiques ............................................14
7.1. Les réseaux d’électricité ........................................................................... 14
7.2. Les réseaux de gaz .................................................................................. 14
7.3. Les réseaux de chauffage urbain publics ................................................ 15
8. Analyse des potentiels d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R) .............................................................................................16
8.1. Synthèse des potentiels ........................................................................... 16
8.2. Filières de production d’électricité EnR&R............................................... 17
8.3. Filières de production de chaleur EnR&R ................................................ 17
8.4. Filières de production de gaz EnR&R ...................................................... 18
9. Evaluation de la séquestration carbone ..............................................19
Conclusions sur l’état des lieux climat-air-énergie.......................................20
VOLET VULNERABILITES CLIMATIQUES .............................. 21
1. Climat local de référence ....................................................................22
2. Evolutions récentes et évolutions projetées du climat.........................23
3. Impacts du climat et vulnérabilités du territoire ...................................27
3.1. Services publics industriels et urbains ..................................................... 27
3.2. Activités productives................................................................................. 29
3.3. Cadre bâti ................................................................................................. 31
3.4. Milieux naturels ........................................................................................ 313 / 46
4. Les grandes questions posées par les changements climatiques projetés sur le projet de territoire ......................................................................33
BEGES DE LA COMMUNAUTE URBAINE .............................. 35
1. Résultat global ....................................................................................36
2. Détail par secteurs ..............................................................................37
3. Préconisations ....................................................................................38
ETAT INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT .................................. 39
1. Objectifs et méthode ...........................................................................40
2. Synthèse des résultats........................................................................40
CONCLUSION ET PERSPECTIVES ........................................ 464 / 46
Introduction
La politique énergétique est à l’interface de nombreux enjeux d’intérêt communautaire et de politiques pilotées par Le Havre Seine Métropole : développement économique, aménagement du territoire, mobilités, qualité de l’air, déchets, etc. C’est une politique globale en ce qu’elle concerne tous les habitants et toutes les activités du territoire ; un levier formidable pour porter des transformations.
C’est à travers son Plan Climat 2023-2028 (PCAET - Plan climat-air-énergie territorial) que la Communauté urbaine entend engager et accompagner ces transformations. Forte d’un programme d’actions, défini et porté collectivement, elle installera son rôle d’animatrice et de coordinatrice de la transition énergétique, de l’amélioration de la qualité de l’air et de l’adaptation du territoire aux changements climatiques.
La démarche PCAET, comme tout exercice de planification suit différentes étapes : • Réalisation d’un état des lieux pour analyser les enjeux et les potentiels de transformation • Définition d’une stratégie, portant des objectifs et des orientations pour conduire les transformations • Formalisation d’un plan d’actions décrivant les mesures à mettre en œuvre, les responsabilités et les moyens à mobiliser.
Le présent document est une synthèse du diagnostic Climat-Air-Energie dans ses différents volets : • Le volet climat-air-énergie : un état des lieux des émissions de gaz à effet de serre, des émissions de polluants atmosphériques et des consommations et productions d’énergie ainsi que des potentiels de production d’énergie renouvelable et des enjeux de séquestration carbone ; • Le volet vulnérabilités climatiques : l’analyse du climat local de référence et des évolutions récentes et projetées du climat, l’évaluation des impacts sur les services publics industriels et urbains, les activités productives, le cadre bâti et les milieux naturels ;
• Le bilan des émissions de gaz à effet de serre de la collectivité : l’état des lieux des émissions de carbone générés par l’activité de la Communauté urbaine dans l’exercice de ses missions et compétences • L’état initial de l’environnement : le diagnostic des enjeux environnementaux au-delà des enjeux énergétiques et climatiques.
Cette synthèse du diagnostic met en perspective les principaux enjeux auxquels est confronté le territoire de la Communauté urbaine. Les prochaines étapes de la démarche viendront consolider le projet de transition énergétique et d’adaptation de la Communauté urbaine, et l’amplifier à différents horizons.
D’ores et déjà, Le Havre Seine Métropole a largement investi en faveur des réseaux de chauffage urbain : à l’horizon 2024, 125 millions d’euros vont financer le raccordement de 334 bâtiments collectifs (privés ou publics) à une source de chaleur renouvelable basée sur la biomasse ou la récupération de chaleur industrielle. La communauté urbaine multiplie les initiatives en faveur de la transition : accompagnement de l’implantation de l’usine de génératrices éoliennes maritimes dans la zone industrialo-portuaire par Siemens Gamesa, soutien au projet d’intrapreneuriat « Carbolocal » pour la transition agroécologique, plan d’aménagement d’hydraulique douce pour lutter contre les inondations, développement d’une 3ème ligne de tramway pour 2027, etc.
Le PCAET en dressant un état des lieux des actions engagées et surtout de celles restant à engager, permet à chacun de prendre conscience des besoins d’agir individuellement et collectivement, dans de nombreux domaines, à la bonne échelle.5 / 46
Volet diagnostic climat-air-énergie6 / 46
1. Etat des lieux des émissions de gaz à effet de serre territoriales
Le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a émis 3,8 millions de tonnes-équivalent dioxyde de carbone (MtCO2éq) hors branche énergie1 en 2018 [source ORECAN]. L’industrie, premier secteur émetteur de gaz à effet de serre (GES) du territoire, pèse lourd dans ce bilan avec 2,1 MtCO2é, soit 56% des émissions du territoire.
Le graphique ci-dessous présente les émissions de GES par secteur en distinguant les émissions générées par les consommations d’énergies (dites émissions « d’origine énergétique ») des émissions dégagées lors de procédés industriels et par l’activité agricole (dites émissions « d’origine non énergétique »), en particulier la fermentation entérique des ruminants sur le territoire. Les émissions d’origine énergétique représentent 90% des émissions de GES du territoire.
Les gaz à effet de serre d’origine énergétique (3,4 MtCO2éq) résultent très majoritairement (à 94%) de la consommation de combustibles fossiles (gaz naturel, produits pétroliers).
Les émissions de GES du territoire du Havre Seine Métropole ont connu une baisse de -23% entre 2005 et 2018, principalement attribuable à la baisse des émissions industrielles (baisse de -33% sur le seul secteur industriel).2
1 Les émissions de gaz à effet de serre de la branche énergie couvrent les émissions des activités de raffinage de produits
pétroliers, et les émissions de la production électrique de la centrale à charbon (fermée depuis avril 2021) et les émissions des réseaux de chaleur. Le volume des émissions de GES de la branche énergie n’est pas communiqué par l’ORECAN. 2 Correspondances des catégories Autres énergies renouvelables et Autres énergies non renouvelables : Autre énergie renouvelable : Ordures ménagères (organiques), déchets agricoles, farines animales, boues d’épuration, biocarburant, liqueur noire, bio-alcool, biogaz, gaz de décharge, chaleur issue du solaire thermique et de la géothermie. Autre énergie non renouvelable : Ordures ménagères (non organiques), déchets industriels solides, pneumatiques, plastiques, solvants usagés, gaz de cokerie, gaz de haut fourneau, mélange de gaz sidérurgiques, gaz industriel, gaz d’usine à gaz, gaz d’aciérie, hydrogène.7 / 46
2. Etat des lieux des émissions de polluants atmosphériques
Les effets de la pollution de l’air sur la santé, observés suite à une exposition de quelques heures à quelques jours (exposition aiguë) sont les suivants : irritations oculaires ou des voies respiratoires, crises d’asthme, exacerbation de troubles cardio-vasculaires et respiratoires pouvant conduire à une hospitalisation, et dans les cas les plus graves au décès. En France, l’exposition à long terme à la pollution de l’air conduit aux impacts les plus importants sur la santé et la part des effets sanitaires attribuables aux épisodes de pollution demeure faible L’impact sanitaire prépondérant de la pollution de l’air est donc dû à l’exposition tout au long de l’année aux niveaux moyens de pollution et non aux pics de pollution. Santé Publique France estime que chaque année près de 40 000 décès seraient attribuables à une exposition des personnes âgées de 30 ans et plus aux particules fines (PM2,5).
Les émissions de polluants atmosphériques trouvent en grande partie leurs sources dans les mêmes activités que les émissions de GES, pouvant elles-aussi être d’origine énergétiques ou non énergétiques. Le profil des émissions de polluants sur le territoire, illustré sur le graphique ci-dessous, révèle des impacts très différenciés de chaque secteur en fonction du polluant considéré [source Atmo Normandie, données 2018].
A l’exception de l’ammoniac (NH3), dont les émissions fluctuent en fonction de l’activité du secteur industriel (domaine de la chimie), les émissions des autres polluants considérés dans le PCAET ont connu une baisse significative entre 2005 (année de référence du PREPA, Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques) et 2012, puis une stagnation voire un léger rebond.
Les émissions de NOX proviennent à près de 70% des transports et plus de 55% des transports non routiers (maritime) [source Atmo Normandie]. Réduire les consommations d’énergie du secteur et sa dépendance aux énergies fossiles est un levier essentiel pour la réduction des émissions de NOX.
La tendance à la baisse observée sur la période 2005-2018 (-57% de NOX) est attribuable à l’amélioration des technologies dans les transports, encouragée par les réglementations.
En 2018, 1,3 kt de PM10 et 800 tonnes de PM2,5 ont été émises, contre 2,4 kt et 1,6 kt respectivement en 2005 [source Atmo Normandie]. 80% des émissions de particules fines proviennent du secteur industriel et des activités de transport maritime, deux secteurs de l’économie globalisée du territoire.
Les émissions d’ammoniac (NH3), de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et dioxyde de soufre (SO2) ont des profils moins impactés par les transports ; l’industrie y joue un rôle important, en particulier l’industrie de l’énergie (l’arrêt définitif en avril 2021 de la centrale à charbon va modifier significativement ces profils).8 / 46
3. Etat des lieux de la consommation énergétique
Sauf précision contraire, les données de consommations présentées dans ce document sont exprimées en énergie finale, c’est-à-dire la quantité d’énergie utilisée par le consommateur final. Elle correspond à l’énergie mesurée par les compteurs pour les énergies de réseaux (électricité, gaz et chaleur) ou achetée (facturée) pour les énergies distribuées « hors réseaux », comme la biomasse ou le fioul.
3.1. Bilan énergétique global
La consommation énergétique annuelle du territoire est estimée à 23,8 TWh [année de référence 2019]. Les graphiques ci-dessous illustrent la répartition de cette consommation par secteurs, en comparaison de cette répartition au niveau national.
2
L’industrie est le premier secteur consommateur sur le territoire avec 73% de la consommation en énergie finale, ce qui est une spécificité majeure du territoire (en comparaison à 20% au national). Le poids de l’industrie « écrase » de fait les autres postes de consommation, toutefois le secteur des transports2, second secteur consommateur, reste bien visible dans le bilan avec 14% de la consommation du territoire en énergie. Ces données mettent en lumière les enjeux de décarbonation de la zone industrialo-portuaire.
Les énergies fossiles représentent 82% de la consommation totale du territoire (68% de gaz et 14% de produits pétroliers). A titre de comparaison, leur part est de 59% dans la moyenne nationale (20% gaz et 39% produits pétroliers).
La très forte activité industrielle et
la typologie de cette activité
expliquent cette particularité du
bilan global du territoire.
Comme illustré sur le graphique ci-
contre, le gaz naturel représente
86% du mix énergétique du secteur
industriel (contre 38% pour la
moyenne de l’industrie en France) ;
les activités de raffinage
notamment, sont fortement
consommatrices de gaz naturel.
2 Le secteur Transport regroupe ici les consommations des deux secteurs Routier et Non routier (Aérien, rail, maritime). Le
secteur Industrie inclue ici le secteur branche Energie et le secteur Déchet9 / 46
3.2. Bilan énergétique hors activités industrialo-portuaires
Nota bene : les données présentées ici portent sur un périmètre excluant les consommations d’énergie du secteur industrie et du transport non routier pour mieux approcher les enjeux des autres secteurs d’activités3.
La consommation annuelle hors activités industrialo-portuaires est estimée à 5 TWh [année de référence 2019].
Les transports routiers4 et le résidentiel sont les deux secteurs les plus consommateurs, avec respectivement 37% et 35% de la consommation en énergie finale. L’ordre de grandeur est comparable au poids de ces secteurs dans le bilan national hors industrie (40% et 36% respectivement).
Dans ce bilan, le tertiaire pèse pour 27%, contre 20% en moyenne nationale.
Le mix énergétique est dominé par les énergies fossiles, avec 29% et 37% du bilan respectivement couverts par le gaz et les produits pétroliers. Le gaz est significativement plus présent dans le mix local que dans le bilan national : 29% contre 16%. La forte activité tertiaire constitue un élément d’explication de ce fait, sur un territoire urbain bien desservi en gaz parce que densément construit, avec des gros consommateurs d’énergie qui ont permis des investissements importants dans le réseau gazier.
Notons que dans ce cadre d’étude, les réseaux de chaleur couvrent 3% des consommations. Une part logiquement plus importante que dans la moyenne nationale, pour un territoire où les consommations des secteurs urbains et péri- urbains propices au déploiement de réseaux de chaleur sont significativement plus importantes que celles de ses secteurs ruraux. La forte présence du gaz pour satisfaire aux besoins de chaleur des logements collectifs et bâtiments tertiaires du territoire offre un potentiel significatif de développement des réseaux de chaleur, par substitution.
4
Le chauffage représente 70% de la
demande énergétique du secteur
résidentiel (1,2 TWh), à 60% couverte
par le gaz et 8% par les réseaux de
chaleur. 5
3 L’exclusion des données du transport non routier embarque une partie marginale de consommations provenant de l’aérien et du
ferroviaire, au-delà du maritime. Aussi, une partie de la consommation de l’industrie (12% du bilan de l’industrie hors branche énergie) ne provient pas de la ZIP. 4
Notons que les transports routiers représentent 93% des consommations totales du secteur des transports. 5 ElecSpe correspond à l’Electricité Spécifique (service que seule l’électricité peut fournir comme l’éclairage, l’informatique, etc) et ECS correspond à l’Eau Chaude Sanitaire10 / 46
4. Facture énergétique territoriale
La facture énergétique territoriale est estimée à 1,26 milliards d’euros. Elle correspond à la somme des dépenses réalisées par l’ensemble des acteurs afin de répondre à leurs besoins énergétiques sur le territoire. Son montant est estimé en multipliant des volumes d’énergie consommée, par secteur et par type, par des hypothèses de prix moyen des énergies considérées. La charge relative par secteur et par énergie est représentée sur le graphique ci-après.
La facture énergétique annuelle pour le secteur industriel est estimée à près de 750 millions d’euros.
Nota bene : si l’exercice d’estimation de la facture énergétique est particulièrement complexe du fait de la multiplicité des
offres de fournitures d’énergie et des leurs tarifs, il l’est en particulier pour l’industrie, secteur dans lequel les acteurs achètent
de gros volumes d’énergie, souvent dans le cadre d’achats pilotés par des grands groupes industriels internationaux. La
prudence s’impose à l’appréciation de ces données.
Les besoins de chaleur et d’électricité des bâtiments résidentiels et tertiaires du territoire génèrent une charge de près de 300 millions d’euros pour des usages « captifs » , que l’offre énergétique locale peut contribuer à satisfaire plus largement, avec la possibilité de modèles technico-économiques de proximité ; au premier titre, les réseaux de chaleur pour les besoins thermiques.
Les énergies fossiles pèsent pour 70% dans cette
facture énergétique territoriale (870 millions d’euros).
Sortir de la dépendance aux énergies fossiles représente
également un enjeu économique et financier local.11 / 46
5. Analyse de la précarité énergétique des ménages
La précarité énergétique se défini selon plusieurs paramètres (niveau de revenu, caractéristiques du logement, mode de chauffage, dépendance à la voiture pour les trajets quotidiens, facture d’énergie, etc.) et peut concerner des catégories de ménages très différentes (familles nombreuses ou personnes âgées isolées, dans l’habitat privé ou social, collectif ou individuel, ...).
L’analyse réalisée dans le diagnostic climat air énergie s’intéresse au TEE6 3D 8% (logement) et au TEE 3D 4,5% (carburants) en ne considérant que les ménages dans les 3 premiers déciles de revenu, les plus à risque en matière de précarité7. Le rendu cartographique montre une concentration des phénomènes de précarités principalement en cœur d’agglomération ainsi qu’un îlot au nord du territoire (Etretat).
La cartographie ci-contre représente les pourcentages de ménages en
précarité énergétique. On constate que 3 îlots statistiques urbains
atteignent les taux de précarité énergétique dépassant les 40% :
Tourneville-Haut Graville, Le Havre Centre-Ville 1 (≈ quartier Saint-
Michel) et Caucriauville Mont Le Comte
On observe que malgré une facture énergétique plus élevée en
périphérie (du fait de surfaces de logements à chauffer plus
importantes), les taux de précarité y sont plus faibles parce que les
ménages y sont plus aisés.
6 Taux d’Effort Energétique : correspond à l’indicateur de précarité énergétique, extrait de la plateforme GÉODIP, gérée par
l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), qui calcule les TEE, en rapportant les dépenses énergétiques (factures d’énergie, dépenses de carburant) aux ressources des ménages. 7 Les ménages considérés exposés à des situations de précarité énergétique sont ceux qui, parmi les 30% des ménages aux plus faibles revenus du territoire, dépensent plus de 8% de leur revenu pour l’énergie dans le logement ou plus de 4,5% de leur revenu pour les carburants.12 / 46
6. Etat des lieux de la production d’énergie
6.1. Bilan global de la production
En 2019, la production d’énergie finale sur le territoire s’élève à 450 GWh.
51% de cette production (229 GWh) provient d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R). Le réseau vapeur de l'usine Semedi, exploité par Sedibex et situé sur la ZIP (commune de Sandouville) représente la majeure partie (70%) de cette production EnR&R.
L’autre moitié de la production locale (221 GWh) provient d’énergie fossile : le gaz. La production d’électricité et de chaleur par cogénération représente 171 GWh tandis que la production de chaleur par chaudière au gaz s’élève à 50 GWh.
Nb : les cogénérations au gaz sont vouées à s’arrêter à échéance de 5 à 7 ans.
La production locale d’énergie ne représente qu’une très faible part de la consommation d’énergie finale du territoire (2% des
23,8 TWh consommés annuellement).
6.2. Détail des productions électriques
En 2019, la production annuelle d’électricité s’élève à 117 GWh8.
La majeure partie (78%) provient des centrales de cogénération des réseaux de chaleur fonctionnant au gaz pour alimenter
les réseaux de chauffage urbain publics (RésOcéane et SDCMG) et privé (SEMEDI), respectivement situées au Havre, et à
Sandouville.
Le reste de la production (22%) est d’origine renouvelable et de récupération : photovoltaïque (13 GWh), et récupération
(10,2 GWh) et biomasse (3 GWh).
8 Ce bilan ne prend pas en compte la production de la centrale thermique à charbon d’EDF (660 MW) qui a fermé début 2021.
Elle avait produit 410 GWh en 2020.13 / 46
Nota bene : Le site photovoltaïque de Renault Sandouville
produit environ 11 GWh d’électricité. Les 2 GWh restant
sont repartis de manière diffuse par des petites productions
sur tout le territoire.
La production locale d’électricité représente 3% de
l’électricité consommée sur le territoire (environ 3,27
TWh).
6.3. Détail des productions de chaleur
En 2019, la production de chaleur s’élève à environ 334 GWh. Le taux moyen de production à partir de source d’énergie renouvelable est de 38% soit 127 GWh9.
45% proviennent de la valorisation de l’énergie issue
de l’incinération de déchets industriels (Usine
SEMEDI-SEBIDEX). Le réseau alimente en vapeur
plusieurs sites industriels à proximité de l’usine.
9 50% de la chaleur produite par l’incinération des déchets est considérée issue de déchets urbains renouvelables (source DGEC)14 / 46
7. Etat des lieux des réseaux énergétiques
La Communauté urbaine est Autorité organisatrice de la distribution d’énergie (AODE) sur les 54 communes qui la composent.
7.1. Les réseaux d’électricité
Le réseau de transport est géré par RTE
et le réseau de distribution est exploité
par Enedis. La Communauté urbaine est
AODE électrique pour les 5 communes
principales, dites urbaines (Le Havre,
Montivilliers, Harfleur, Saint Adresse et
Gonfreville l’Orcher) et a délégué la
compétence au Syndicat Départemental
d’Energie de Seine Maritime (SDE76)
pour les 49 autres communes, dites
rurales.
Le réseau de distribution permet de
connecter le réseau de transport au
consommateur final. Les tracés de ces
deux réseaux sont présentés sur la
cartographie ci-contre.
On observe une forte densité de postes électriques sur la Zone industrialo-portuaire, qui sécurisent l’approvisionnement des gros consommateurs industriels. Une grande partie des industries est alimentée directement par le réseau de transport.
7.2. Les réseaux de gaz
Le réseau de transport est exploité par GRTgaz. Il
achemine le gaz vers les grands centres urbains,
comme Le Havre, Etretat ou Gonfreville l’Orcher et
vers la zone industrielle fortement consommatrice
(une grande partie des industries est alimentée
directement par GRTgaz). Un réseau de plusieurs
pipelines permet de garantir le niveau de sécurité
d’approvisionnement nécessaire notamment aux
activités économiques du territoire.
Le réseau de distribution est exploité par GRDF pour
les 30 communes ayant accès au gaz.
24 communes ne sont pas desservies par le réseau de
gaz. Parmi elles, 3 possèdent des micro-réseaux de
propane : St Vincent Cramesnil, Mannevillette et Le
Tilleul.15 / 46
7.3. Les réseaux de chauffage urbain publics
Trois réseaux de chauffage urbain publics sont exploités sur le territoire :
• RCU Montgaillard (SDCMG)
• RCU Gonfreville l’Orcher (SECGO)
• RCU RésOcéane
Ces réseaux produisent de la chaleur pour les villes du Havre
(SDCMG et RésOcéane) et de Gonfreville l’Orcher (SECGO).
En 2019, 166 GWh ont été produits dans les 3 réseaux de chaleur
urbains publics répartis comme suit :
• 41 GWh délivrés dans le secteur tertiaire,
• 108 GWh délivrés dans le résidentiel,
• 17 GWh de pertes dans les conduites (environ 10% de
pertes).
Focus Gaz à effet de Serre : RésOcéane et SDCMG, aujourd’hui majoritairement alimentés par le gaz, sont plus émissifs que la moyenne des réseaux de chaleur français (116 gCO2éq/kWh), avec respectivement 303 et 173 gCO2éq/kWh). Toutefois, les projets d’extension de ces réseaux et de conversion de leurs sources d’alimentation vers de la biomasse et de la récupération de chaleur industrielle, permettra de réduire leur impact carbone.16 / 46
8. Analyse des potentiels d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R)
8.1. Synthèse des potentiels
Le potentiel de production d’électricité à partir de panneau photovoltaïque est de 350 GWh sur toitures et 220 GWh au sol et sur ombrières.
Le gisement bois est déjà fortement mobilisé sur le territoire et à proximité. La capacité de production estimée est inférieure à la production actuelle, ce qui indique que le rayon d’approvisionnement du bois est probablement plus étendu que le périmètre de 75 km autour du territoire considéré « raisonnable ». Sur le volet chaleur encore, les potentiels de récupération de chaleur industrielle sont élevés et permettent d’envisager le verdissement puis l’extension des réseaux de chaleur actuels.
Le potentiel de biogaz est un gisement intéressant sur le territoire, peu valorisé à ce jour : il atteint près de 160 GWh, soit l’équivalent de 8 unités de méthanisation ou encore 11% de la consommation du territoire hors industrie
L’éolien terrestre ne présente pas de potentiel, étant contraint par la zone de servitude militaire du Havre.
L’éolien offshore qui porte le plus gros gisement de production d’électricité renouvelable, avec plus de 3 000 GWh de potentiel, ce qui représente 120% de la consommation électrique actuelle tous secteurs du territoire, ou 3 fois la consommation électrique hors industrie. Les parcs éoliens offshore doivent toutefois être considérés comme des unités de production à vocation nationale plus que des unités territoriales.17 / 46
8.2. Filières de production d’électricité EnR&R
Un potentiel de production photovoltaïque en toiture de 350 GWh est estimé réaliste à horizon 2030 (cela correspondrait à correspond à 11% de la consommation électrique actuelle du territoire) ; le potentiel brut en respectant les enjeux patrimoniaux est bien supérieur, estimé à 1 370 GWh. L’enjeu est celui de l’exploitation du gisement.
A ce potentiel en toiture s’ajoute un potentiel au sol et sur ombrières, estimé à 214 GWh, soit près de 7% de la consommation électrique du territoire. La prise en compte des contraintes patrimoniales ne diminue que légèrement le potentiel (-5%).
Un projet de ferme éolienne en mer est en préfiguration au large
des côtes normandes, qui pose l’enjeu du raccordement d’un
total de 1 GW de puissance, soit 3,3 TWh de production estimée.
Une des options prévoit le raccordement dans le Cotentin,
l’autre entre Le Havre et Fécamp, sur le territoire de la
Communauté urbaine. L’énergie étant comptabilisée sur le
territoire de raccordement (injection des productions), même
pour cette installation qui est une installation à vocation
nationale, la question est d’importance pour le territoire. Ill y a
par ailleurs un enjeu local quant au maintien et à la création
d’emplois autour de cette filière.
8.3. Filières de production de chaleur EnR&R
L’estimation du gisement net valorisable de bois-énergie pour le territoire a, dans un premier temps, approché une estimation du gisement de bois régional disponible, en considérant les types de ressources et les usages du bois. Puis elle a évalué ce qui peut être valorisé en bois-énergie et la part de ce gisement régional pouvant être affecté au territoire et à ses acteurs, avec une définition du périmètre d’approvisionnement qui prend en compte la concurrence des demandes.
D’après l’étude statistique réalisée, environ 200 GWh de chaleur bois peuvent être mobilisés à l’horizon 2030 dans un rayon de 75 km autour du territoire. Un
volume inférieur aux 260 GWh de
consommation actuelle (60 GWh pour les
réseaux de chaleur et 200 GWh de diffus).
Pour développer la part de la chaleur bois
dans le mix énergétique du territoire, l’enjeu
est d’optimiser le rendement de la ressource
consommée, en travaillant sur l’amélioration
de la performance du parc d’équipements de
chauffage au bois et la qualité du
combustible (enjeu filière).
Les schémas directeurs des réseaux de chaleur urbains ont identifié quelques opportunités de récupération de chaleur industrielle (dite « chaleur fatale ») :
• 4 GWh/an récupérables sur le process de torréfaction des Cafés Legal pour SDCMG. • Entre 80 et 130 GWh/an sur le projet BioSynErgy pour RésOcéane.
L’étude statistique des potentiels de récupération de chaleur industrielle pour les communes du Havre et de Gonfreville-l’Orcher évaluent à 847 GWh/an et 561 GWh/an les possibilités de production. D’autres potentiels sont à considérer : sur la station d’épuration Edelweiss (52 à 58 GWh/an estimés) et sur les datacenters (non quantifié). Au total, le potentiel de chaleur fatale est évalué à près de 1,4 TWh pour l’ensemble du territoire, grâce en particulier à la densité du tissu industriel.
Des études sont en cours pour exploiter à court terme 2 sites : Total Energies (95 GWh/an avec une puissance de 20 MW) et Les Cafés Legal (4 GWh/an).18 / 46
8.4. Filières de production de gaz EnR&R
Le potentiel de biogaz valorisable est
estimé à 158 GWh pour l’horizon 2025
[source SDE76]. C’est l’équivalent d’environ
8 unités de méthanisation traitant 20 000
tonnes d’intrants chaque année.
Les biodéchets des ménages et de
l’industrie agro-alimentaire représentent
27% du potentiel de méthanisation tandis
que les déchets agricoles représentent 73%.
Les différentes ressources appellent
différentes stratégies de collecte et des
responsabilités différenciées de la
Communauté urbaine.
Géographiquement la répartition des intrants est la suivante : les biodéchets et les déchets issus de l’industrie agro- alimentaire représentent la part la plus importante des intrants sur le périmètre de l’ex-CODAH tandis que les intrants sont plutôt de nature agricole (résidus de cultures et déjections animales) sur le périmètre des deux autres ex-EPCI (Criquetot l’Esneval et Caux Estuaire)
L’injection de biométhane dans les réseaux de gaz bénéficie d’incitations financières : aide à l’investissement, tarifs d’obligation d’achat, complément de rémunération ; et permet la valorisation du réseau de gaz existant.
L’hydrogène est souvent mis en avant comme une solution à fort potentiel pour répondre aux enjeux de décarbonation des activités consommatrices d’énergie, en particulier dans l’industrie et les transports. Vecteur énergétique, l’hydrogène est décarboné (on parle d’hydrogène « vert ») lorsqu’il est produit à partir de ressources renouvelables : électricité renouvelable pour le procédé d’électrolyse de l’eau, biométhane pour le procédé de vaporeformage.
La production d’hydrogène par électrolyse est prometteuse en raison de sa complémentarité avec une forte pénétration des unités de production d’électricité renouvelable intermittente (solaire, éolien). Elle est un moyen d’assurer de la flexibilité au système électrique en adaptant la production d’hydrogène et l’injection d’énergie électrique au réseau en fonction de la demande.
Certaines dynamiques sont aujourd’hui en cours pour aller dans le sens d’un écosystème hydrogène sur le territoire de la Communauté urbaine du Havre :
• Une station de distribution a été installée au Havre dans le cadre du projet régional EasyMob
• Le projet HYNAMICS porte la construction d’un site de production par électrolyse sur le site de
la CIM du Havre, dépôt pétrolier dans la zone du port. Les usages seront multiples : Usages de mobilité « urbaine » : bus et bennes à ordures
Usages de mobilité portuaire au sens large : flottes captives, manutention portuaire, mobilité fluviale en particulier
Usages stationnaires : électrification des quais du port
• La mise en service d’HYNAMICS est prévue pour 2024.
Plus généralement, le sujet de l’hydrogène est bien porté en Seine-Maritime : Port-Jérôme-sur-Seine possède une usine de production d’hydrogène vert, Air Liquide est un acteur industriel clef de l’hydrogène dans le monde et développe un écosystème autour de lui sur le territoire,
Caux Seine Agglo veut implanter sur son territoire un plateau technique dédié à
l'hydrogène appelée H2 académique (formation sur l’hydrogène intégrée aux parcours existants).19 / 46
9. Evaluation de la séquestration carbone
Le PCAET reconnaît la contribution des écosystèmes à la neutralité carbone à travers l’introduction du concept de séquestration carbone. Ce concept a pour objectif de mettre l’accent sur le service rendu par les forêts, les couverts végétaux et les sols, comme « puits de carbone » dans la lutte contre l’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Toute variation négative ou positive de ces stocks est impactante sur la trajectoire climatique.
Le stock de carbone10 sur le territoire est estimé à 11,84 MtCO2éq. Il est principalement réparti au sein des cultures et des prairies permanentes. Les espaces forestiers, principalement les feuillus, contribuent également à stocker du carbone (13% du total, même s’ils n’occupent que 5% de la surface du territoire).
Le flux de stockage11 annuel est
estimé à 15 751 tCO2éq. Il
correspondant à une séquestration
quasi-exclusivement liée aux espaces
forestiers. D’autres gains de moindre
importance sont liés aux produits
bois, aux espaces végétalisés des sols
artificialisés et aux prairies. Le flux
annuel est obtenu en soustrayant à
ces gains le « déstockage » (les
émissions vers l’atmosphère liées à la
consommation d’espaces) dont le
volume est estimé à 3,8 ktCO2éq/an.
10 Correspond à la quantité de carbone stocké, à un moment donné, dans les écosystèmes. La biomasse vivante et la matière
organique présente entre 0 et 30 cm dans les sols sont les deux compartiments principaux du stock de carbone, auquel contribuent plus modérément la biomasse morte, la litière ou encore les produits issus de la biomasse (produits bois notamment). 11 Correspond aux échanges de carbone entre l’écosystème et l’atmosphère. Il détermine la capacité d’un territoire à absorber annuellement du CO2 à travers la biomasse et les sols. Les flux sont liés à l’artificialisation et à la mise en culture de prairies et aux défrichements des forêts (perte et dégradation des écosystèmes) ainsi qu’à la captation de carbone par des puits tel que les forêts, les prairies et les produits bois.20 / 46
Conclusions sur l’état des lieux climat-air-énergie
L’état des lieux climat-air-énergie propose une lecture des principaux enjeux de la stratégie de transition énergétique du territoire (portée par son Schéma directeur des énergies) et de la stratégie de développement de la séquestration carbone. Les enseignements de cet état des lieux peuvent se formaliser autour de 4 principales idées :
L’activité industrialo-portuaire, enjeu central de la réussite d’une transition énergétique d’ampleur pour le territoire
L’activité industrialo-portuaire représente les trois quarts des consommations d’énergie finale du territoire. Avec une dominante du gaz très marquée dans le bilan des consommations du secteur industriel, doublée d’une dépendance du transport non routier, principalement maritime, aux carburants pétroliers : il n’y a pas d’ambition forte possible à la maille du territoire sans une action massive sur les activités de la zone.
Si les dynamiques de ces acteurs dépendent de stratégies de groupes internationaux, du marché et de la réglementation, et par conséquent sont éloignées du pouvoir de décision de la collectivité, la Communauté urbaine et ses partenaires peuvent toutefois travailler, par une action à la maille du territoire et au-delà (échelle de l’Axe seine par exemple), à un approvisionnement énergétique moins carboné de la ZIP.
Au-delà des actions d’efficacité énergétique dans lesquelles les acteurs industriels doivent poursuivre leurs engagements – davantage encore dans le contexte de crise énergétique actuel –, le territoire doit accompagner la conversion des process et systèmes énergétiques vers des énergies décarbonées (électricité renouvelable, hydrogène "vert", biomasse, gaz renouvelables), y compris par l’import d’énergies renouvelables, développer les solutions de captage et de valorisation du CO2 et poursuivre les projets d’écologie industrielle et territoriale.
La rénovation thermique des logements et des bâtiments tertiaires comme levier principal de réduction des consommations (hors activités industrialo-portuaires)
Dans ce périmètre, les bâtiments représentent 62% des consommations d’énergie. Le parc bâti est fortement équipé en systèmes de chauffage au gaz (52% de la consommation du résidentiel est couverte par le gaz, 39% de la consommation du tertiaire) et fioul (4% et 3% respectivement) : la réduction des émissions de GES d’origine énergétique du territoire passe par une action sur la réduction de la consommation thermique fossile, avec des actions qui contribueront à réduire la dépense énergétique des ménages et entreprises. Engager une action massive d’amélioration de la performance thermique des bâtiments résidentiels et tertiaires est un enjeu majeur pour réduire les consommations d’énergie fossile pour le chauffage.
Réduire et transformer les mobilités locales pour décarboner les transports Les transports routiers pèsent pour 37% dans le bilan des consommations d’énergie (hors activités industrialo- portuaires) et sont principalement couverts par des carburants pétroliers : les transports routiers sont un secteur prioritaire dans la réduction des émissions de GES d’origine énergétique avec un levier de réduction de la mobilité motorisée dans un territoire où 80% des déplacements sont réalisés en cœur d’agglomération, dont 60% font moins de 3 km, et un levier de développement des carburations alternatives aux carburants pétroliers (électricité renouvelable, bio-GNV12).
La stratégie de transition doit travailler sur une réduction des émissions des transports par un changement de paradigme sur les déplacements de courte distance en favorisant les modes actifs et les modes collectifs décarbonés.
Préserver la séquestration carbone naturelle et développer les solutions technologiques de captage et valorisation du CO2
La décarbonation à court terme du territoire et de son secteur industrialo-portuaire passe par le développement du captage et de la valorisation du CO2. Les acteurs industriels auront à prendre leur part dans les investissements pour déployer des solutions technologiques de captage du carbone émis.
De même, la Communauté urbaine, doit travailler à la préservation voire à l’extension du potentiel de séquestration naturelle du territoire (puits de carbone), via les moyens dont elle dispose, en particulier via le PLUi en cours d’élaboration. La préservation de la capacité de séquestration du carbone par les sols est un argument en faveur de la zéro artificialisation : lutter contre l’artificialisation des espaces naturels et agricoles (premier poste de relargage de carbone) et développer les pratiques agricoles séquestrantes sont des priorités sur ce volet.
12 Gaz Naturel pour Véhicule21 / 46
Volet vulnérabilités climatiques22 / 46
1. Climat local de référence
Selon les projections de Météo-France, le climat dans toute la région normande évoluerait vers un climat méditerranéen. Les épisodes de canicule et de sécheresse deviendront plus fréquents sur tout le territoire. Les résultats des études les plus récentes publiées par le GIEC Normand (2021) sont alignés avec ces prévisions : le changement climatique est une réalité en Normandie.
Les données mobilisées pour la définition du climat de référence sont issues du profil climat de la Normandie (2015) ou des travaux du GIEC Normand (2021). La période 1976-2005 est la période face auxquels sont mis en perspective les résultats des modélisations.
Le climat de référence du territoire est celui de la zone climatique 1 « Climat Maritime » qui intègre tout le Pays de Caux. Dans le Profil Climat de la Normandie (2015), les données suivantes sont présentées pour les stations météorologiques de Goderville et de Dieppe, classées dans la même zone :
Goderville Dieppe
Cumul de précipitations annuelles* (mm) 1124 757 Température moyenne annuelle* (°C) 11,2 11,3 Jours de précipitation (j/an) 147 128,4 Gelée (Tmin <=0°C) (j/an) 40,8 28,9 Chaleur (Tmax >=25°C) (j/an) 25,9 10,2 Vent fort (rafales > 16 m/s) (j/an) -pas de mesure- 108 *Données 2001-2010
Ces valeurs illustrent la variation (hors température moyenne annuelle) des paramètres climatiques sur le littoral et l’intérieur du territoire normand. A la maille du territoire, c’est une variation qui peut s’observer également, par exemple entre Sainte-Adresse et Angerville-l’Orcher ou Les Trois Pierres.
La température moyenne annuelle est de 11,3°C sur le
territoire, avec des moyennes pour les maximales autour de
15,5°C et les minimales autour de 10°C.
La moyenne pour le cumul pluviométrique annuel mesuré au
Cap de La Hève est de 770 mm. Elle masque une assez forte
dispersion des cumuls annuels et une trajectoire en légère
hausse de l’indicateur.
Le cumul saisonnier des précipitations représenté sur le graphique ci-dessous est un indicateur important pour le
fonctionnement du système hydrique du territoire, notamment l’enjeu de recharge des nappes par les pluies automnales.23 / 46
En moyenne, le territoire connaît environ 19 jours de gel par an (des journées avec une température minimale en- dessous de 0°C) et 2,4 jours de grand froid et 0,4 jours de très grand froid par an est mesurée.
Les jours de chaleur et de forte chaleur (avec une température maximale dépassant les 25°C et les 30°C, respectivement) sont rares dans le climat de référence du territoire : un peu plus de 13 jours de chaleur et une moyenne de 0,5 de forte chaleur par an.
2. Evolutions récentes et évolutions projetées du climat
Les projections climatiques sont issues des bases de données Drias, des données de Météo-France et des simulations réalisées en 2014 et des travaux du GIEC Normand (mars 2021). Dans tous les cas, le scénario « optimiste » présenté par le GIEC à l’époque et le scénario « pessimiste », plus probable selon les dernières publications du GIEC, sont présentés. L’analyse des évolutions se fera donc entre la référence et ce-dernier scénario pessimiste « RCP 8.5 », qui correspond à ce qui est prévu en cas de poursuite sur la trajectoire d’émissions des gaz à effet de serre et des politiques environnementales actuelles.
Les donnes les plus récentes
simulent une température
moyenne annuelle de 14°C à
15°C sur le territoire pour
l’horizon 2071-2100, ce qui
représente une augmentation
de +3°C, voire +4°C de la
température moyenne
annuelle (scénario RCP 8.5),
face à une température
annuelle moyenne de référence
de 11,3°C. Le graphique ci-
contre illustre la projection
selon 2 scénarios contrastés du
GIEC [source GIEC Normand].
Cette évolution de la température annuelle moyenne traduit des évolutions saisonnières (gel, fortes chaleurs, etc.) qui peuvent induire des changements importants, notamment pour le monde agricole et les forestiers.
Dans les scénarios décrits par le
GIEC Normand pour 2100, le
cumul pluviométrique réduirait
d’une valeur de 800 mm par an
dans le climat de référence (1976-
2005) à 700 mm voire 600 mm
par an. Si on considère que le
scénario RCP8.5 est le plus
probable avec la trajectoire
actuelle, cela signifie que le
territoire doit se préparer à une
réduction de -25% des
précipitations annuelles.24 / 46
Le nombre de jours de précipitations significatives (plus de 1 mm/jour) pour la période 1976-2005 est d’environ 130 jours par an. Dans le scénario optimiste, cette fréquence serait maintenue. Dans le cas du scénario pessimiste, l’estimation est de 110 jours.
Si le cumul des précipitations pour la période automne-hiver (d’octobre à mars) semble stable dans les prévisions du GIEC Normand, celui de la période avril-septembre serait réduit à 250-300mm, soit une réduction de -15% voire -30% par rapport au climat de référence (1976-2005).
Le scénario du réchauffement le
plus important projette une
augmentation de +13,6% du
cumul pluviométrique hivernal
et des réductions de -9,1%, -
26,9% et -20,2% des cumuls
printanier, estival et automnal.
Le littoral du territoire bénéficie
d’hivers plus doux, avec moins
d’épisodes de gel que l’intérieur
du territoire. Dans le scénario le
plus optimiste, cette douceur
s’étend sur le rétro-littoral et
bien au-delà dans le scénario
pessimiste, avec une réduction
du nombre annuel moyen de
jours de gel à une dizaine de
jours à la fin du siècle.
Une évolution très significative pour les milieux naturels et agricoles.
En termes de chaleur, le scénario
optimiste projette, à l’horizon
2100, 10 jours de chaleur annuels
en moyenne.
Le scénario pessimiste projette
quant à lui 40 jours de chaleur
chaque année en moyenne.
Les données des modèles ne permettent pas d’établir une tendance claire pour le paramètre vent.25 / 46
Tableau de synthèse des projections et de leurs impacts :
Aléas Évolution tendancielle* Évènements extrêmes
Variation du
régime de
températures
Augmentation de la température annuelle
moyenne de l’air (jusqu’à +3°C à la fin du siècle)
Augmentation de la fréquence et de la durée
des épisodes caniculaires ?
Augmentation de la température maximale
Vagues de chaleur : 30°C atteints environ
10 jours/an au Havre (2100) contre 30 –
40 jours à Evreux.
Canicules : 1 - 4 jours/an au Havre (2100)
Réduction du nombre de jours de gel par an. Episodes de gel précoces et/ou tardifs.
Evolution du
régime de
pluies
Augmentation du cumul pluviométrique en
octobre-mars
Une réduction du nombre de jours de pluie,
mais une augmentation des pluies intenses
et des très fortes pluies ?
Baisse du cumul pluviométrique en avril-
septembre
Episodes prolongés de sécheresse
pluviométrique
(jusqu’à 2 semaines en 2100)
Variation du régime des pluies
Episodes de pluies intenses : 10% plus
fréquents, été comme hiver.
Orages, tempêtes – Quelle serait leur
fréquence ?
Vents Aucune tendance confirmée
Episodes de vents violents : des cycles
multi-décennales, avec des valeurs basses
entre 2000-2020
Elévation du
niveau de la
mer
Elévation du niveau de la mer : au Havre, + 1.69
mm/an depuis 1938 et + 2.19 mm/an depuis
1973, environ +14cm 1938 - 2021
Elévation de 1 m26 / 46
Les catastrophes naturelles sur le territoire
La constatation de l’état de catastrophes naturelles par arrêtés interministériels détermine les zones et périodes où se sont produites des catastrophes naturelles occasionnant des dommages aux biens, personnes et activités, pour des risques assurés. L’état de catastrophe naturelle établit "l’intensité anormale" de l’agent naturel cause des dégâts.
Les arrêtés de catastrophes naturelles recensés sur le territoire entre 1985 et 2014 concernent l’un ou plusieurs (une combinaison) de ces événements :
• Inondations
• Coulées de boue
• Chocs mécaniques liés à l'action des vagues
• Mouvements de terrain
• Effondrements et affaissement de terrain
• Eboulement
• Glissement
• Inondations par remontées de nappe phréatique
• Tassement de terrain
Sur la période 1983-2014, 69 événements sont recensés, sur une ou plusieurs communes pour un total de 303 arrêtés CatNat. Le graphique ci-dessous représente la distribution de ces arrêtés par type.
Une première évaluation de ces données
permet de faire deux constats :
- Les événements les plus fréquents sont liés
aux inondations et coulées d’eaux boueuses
(32 événements, 206 arrêtés) et les
mouvements de terrain (13 mouvements ont
fait l’objet de 13 arrêtés)
- Les risques inondations sont moins
prégnants sur la période printanière que sur le
reste de l’année.
Les communes d’Epouville (12 arrêtés CatNat), et de Manéglise (10 arrêtés CatNat), suivies des communes de Montivilliers et Saint-Jouin-Bruneval (9 arrêtés CatNat chacune), sont les plus fréquemment touchées par les catastrophes naturelles.27 / 46
3. Impacts du climat et vulnérabilités du territoire
L’analyse des vulnérabilités est construite sur la base des quatre aléas climatiques majeurs identifiés et des principaux risques naturels qui y sont associés :
• l’élévation du niveau de la mer, avec les risques de submersion et d’érosion des côtes ;
• la variation du régime de températures, entraînant la réduction ou un décalage du cycle des jours de gel,
et d’un autre côté entraînant plus de jours de chaleur et des épisodes de canicule ; • l’évolution du régime des pluies, avec les risques d’inondation et de sécheresse ; • les vents violents, qui favorisent l’érosion des côtes et viennent renforcer le risque de submersion lors des tempêtes. En effet, le phénomène à l’origine de ce risque lors des tempêtes dépendra de l’interaction entre le coefficient de marée, la baisse de pression et des vents dirigés vers la côte.
La vulnérabilité du territoire dépend de sa sensibilité aux différents risques naturels et à l’existence de stratégies ou de mesures d’adaptation visant chacun des enjeux identifiés – ces mesures ayant pour vocation de renforcer la robustesse du territoire face aux aléas. Quatre composantes de la vulnérabilité peuvent être évaluées grâce à la connaissance mobilisée dans la bibliographie et aux informations collectées lors des entretiens réalisés en 2021 dans le cadre de ce diagnostic. Ces composantes sont :
• l’identification du risque, défini en fonction de la fréquence et magnitude de l’aléa, et des enjeux (Risque
= aléa x enjeux)
• la caractérisation des enjeux (les communes ou les zones concernées, l’urgence de l’action et, le cas
échéant, l’évaluation de son impact d’un point de vue quantitatif),
• l’existence d’actions en cours,
• l’existence d’une stratégie pluriannuelle en cours ou en cours de rédaction.
3.1. Services publics industriels et urbains
3.1.1. Cycle de l’eau
Le petit cycle de l’eau est l’un des systèmes les plus sensibles aux aléas climatiques identifiés : • L’élévation du niveau de la mer impliquant une possible dégradation de la qualité de la nappe phréatique, où le territoire trouve une grande partie de ses ressources en eau ; ainsi que la submersion marine pouvant entraîner la salinisation des bassins de captage.
Une autre conséquence déjà constatée est le déplacement du biseau salé vers l’amont de l’estuaire de la seine.
• La hausse des températures et la diminution des précipitations pourraient, d’un côté, entraîner des phénomènes de sécheresse et une augmentation de la demande, avec un risque de pénurie d’eau potable. • Les épisodes de précipitations plus importantes entraîneraient un risque accru de pollution des bassins de captage à cause des phénomènes de ruissellement plus importants.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Maîtriser le risque d’inondation : les zones inondables par submersion marine, par débordement des cours d’eau et par ruissellement sont identifiées grâce à divers dispositifs en place : le TRI du Havre, réalisé par la DDTM de Seine-Maritime et la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) de Haute Normandie en 2014 intègre une cartographie détaillée des zones à risque ainsi que des bâtiments et infrastructures qui s’y trouvent. S’ajoutent à cette cartographie : le PPRI du bassin versant de la Lézarde (2013), le décret érosion qui cartographie le risque érosion sur le territoire du bassin versant de la Lézarde (2006), un PPRL PANES (Plan de Prévention des Risques Littoraux de la Plaine Alluviale Nord de l’embouchure de l’estuaire de la Seine) intégrant le risque de submersion marine porte sur 12 communes du territoire (porter-à-connaissance publié le 5 juillet 2021).
• Maîtriser la demande en eau : dans le cadre de la réalisation du futur SDAGE, une consultation technique a été lancée en 2019 pour confirmer les pressions projetées à l’horizon 2027 sur 472 masses d’eau en Normandie.
• Suivre des indicateurs qualitatifs et quantitatifs sur la ressource disponible : une étude a été lancée par l’AESN (Agence de l’Eau Seine Normande) pour améliorer la connaissance sur le niveau des nappes, identifier les tendances et les points de vigilance.28 / 46
• Faire de l’hydraulique douce, planter des haies, maintenir les prairies, restaurer les espaces naturels, et reverdir les campagnes et non seulement les villes.
• Maintenir la qualité de l’eau : des actions sont en cours pour gérer la qualité de l’eau dans les phases amont et aval de ce risque (identification des bétoires, voies privilégiées de transfert des polluants), restructuration de certaines stations d’épuration, protection des zones d’alimentation de captage. Le risque économique lié au ruissellement est conséquent : l’étude EVAPORE menée par l’Université de Rouen Normandie et d’autres partenaires prévoient une augmentation de 14% à 29% des coûts annuels de traitement de l’eau, liée aux contaminations résultant de l’augmentation de l’intensité des pluies.
3.1.2. Distribution d’énergie
Le système de distribution d’énergie est sensible aux aléas climatiques suivants : • Augmentation de la température (épisodes de forte chaleur, canicules) • Variation du régime des précipitations (inondations, coulées d’eaux boueuses) • Vents forts : selon les données du SDE76, des rafales de plus de 90km/h peuvent produire des incidents importants sur le réseau aérien.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Le réseau de distribution d’électricité, bien que très exposé aux aléas de vents forts et d’inondations, est peu vulnérable aux différents aléas climatiques, d’après les gestionnaires du réseau. Des efforts réguliers d’investissement dans la maintenance et la modernisation du réseau sont réalisés. • La vulnérabilité des postes critiques doit être étudiée pour comprendre le degré de résilience du réseau global. 4 des 5 postes sources sur la Ville du Havre se trouvent dans des zones inondables (suivant la carte du TRI).
• Pour les réseaux de chaleur urbains et de gaz, le risque de mouvements de terrain semble peu étudié sur le territoire dans la bibliographie consultée.
• Les unités de production de chaleur des RCU devront également être étudiées du point de vue de leur vulnérabilité.
• L’augmentation des températures moyennes, lors de la saison froide notamment, peut fragiliser le modèle économique des réseaux de chaleur urbains ; un enjeu non étudié à ce jour.
3.1.3. Déchets
Parmi les aléas identifiés sur le territoire, la variation du régime de précipitations, le risque de tempêtes et d’inondation pourront impacter le service de collecte et de gestion des déchets.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Assurer la gestion efficace des déchets déposés dans les points d’apport volontaire, même en cas de tempête ou d’inondation : éviter les pollutions diffuses, permettre la continuité de la collecte des déchets ménagers et industriels.
• Stocker les déchets dangereux dans des locaux dédiés, sources potentielles de pollution diffuse en cas d’inondation du site. La bonne gestion de ces déchets impliquera la prise en compte de leur exposition aux tempêtes et inondations afin d’éviter des risques de pollution diffuse.
• Intégrer l’industrie dans la démarche d’économie circulaire. Ce sera une première étape pour identifier les flux prioritaires à gérer et prévoir un système de collecte et de gestion adapté aux risques climatiques. • Gérer la collecte et le traitement des déchets produits en situation exceptionnelle. L’infrastructure de collecte et de stockage semble sous-dimensionnée par rapport aux volumes de macro-déchets générés par ces événements climatiques.
3.1.4. Réseaux et offres de transports de personnes
Le système de transports publics est sensible aux aléas climatiques suivants : • Submersion marine.
• Ruissellement et coulée d’eaux boueuses.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :29 / 46
• Intégration des problématiques liées aux risques climatiques (submersion, effondrement de cavités souterraines, éboulement de falaises littorales et fluviales) dans les contrats de concessions et dans les projets de développement de l’infrastructure de transports sur le territoire, y compris les axes piétons. • HAROPA met en place sur le territoire un projet majeur de transport multimodal – pour le transport de marchandises essentiellement. Ce projet impliquera le développement de nouvelles voies de transport le long de la Seine sur des zones à fort risque d’inondation. Il devra intégrer, dès ses premières phases, des mesures d’adaptation. La baisse du niveau d’étiage de la Seine pourrait également représenter un risque à fort impact sur l’activité économique liée à HAROPA.
• Le territoire développe une offre de transport multimodale permettant d’assurer un réseau de service résilient face aux événements climatiques. Des actions seront en place dans ce sens dans le plan de mobilité et dans le PLUi.
3.2. Activités productives
3.2.1. Industrie
Les principaux facteurs climatiques pouvant impacter l’industrie sont :
• Elévation du niveau de la mer et submersion marine.
• Augmentation de la fréquence des jours chauds et des périodes de fortes chaleurs. • Variation du régime des pluies : la réduction de la pluviométrie et épisodes de sécheresse. • Vents forts et tempêtes.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Dans le Plan de Prévention des Risques technologiques (PPRT, approuvé en 2016), la plupart de la ZIP serait classée comme une zone exposée à des aléas toxiques faibles ou « moyens plus » (entre moyen et fort), et dans des zones à risque moyen et fort de submersion marine. Pour engager un travail collectif sur l’adaptation, il est nécessaire de trouver des données et des indicateurs d’impacts environnementaux. • L’accès à la ZIP est possible seulement via l’emprunt d’un pont (levant ou tournant). 6 ouvrages sont dans le périmètre du PPRT : la question de la sensibilité de ces ouvrages face aux risques climatiques devra être étudiée.
• Face au risque de submersion de la ZIP, le futur PAPI (Programmes d'Actions de Prévention des Inondations) représenterait une opportunité pour porter des actions de réduction de la vulnérabilité et d’accompagnement des industriels concernés.
• Réduction du niveau d’étiage de la Seine : les projections disponibles (GIEC Normand, 2021) ne concernent que le débit du bassin de la Seine : à l’horizon 2100, le débit d’eau serait réduit de 10% à 30% tout au long de l’année, pouvant aller en été jusqu’à 50%. Les périodes d’étiage devraient se prolonger, commençant 1 mois plus tôt selon l’endroit et allant jusqu’à la fin octobre.
La navigabilité de la Seine étant au cœur d’une partie importante de l’activité commerciale du Port du Havre, le sujet, insuffisamment adressé dans les programmes d’action locaux, est un sujet à traiter dans le court terme, avec des réflexions guidées par la question de l’anticipation et de l’intégration de la problématique dans les projections.
• Le caractère transversal des risques pose un enjeu de gouvernance et de maintien de la cohérence des actions des différents acteurs concernés. Dans ce sens, l’Office des Risques Majeurs de l'Estuaire de la Seine (ORMES) mobilise autour de lui toutes les parties prenantes à la gestion des risques technologiques : collectivités, Chambre de Commerce et d’Industrie, Université, Industriels et experts.
3.2.2. Agriculture
Plusieurs aléas pouvant avoir des impacts sur le secteur sont identifiés :
• La submersion marine, entraînant par exemple le besoin de relocalisation de certaines exploitations vers des zones à moindre risque d’inondation.
• Les variations des températures et du régime des précipitations annuelles qui auraient des impacts sur les cycles et le rendement des cultures et sur l’accès à l’eau pour l’élevage.
• Les vagues de chaleur qui auraient également un impact sur les effectifs animaux. • Les aléas de gel tardif, avec une fréquence faible mais un impact significatif pour les exploitations • L’augmentation de températures, avec une fréquence en hausse des jours de chaleur et des épisodes de sécheresse sont des enjeux majeurs pour les cultures du territoire.30 / 46
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Les Plans d'aménagements d'hydraulique douce identifient tous les aménagements d’hydrauliques douce à mettre en place sur les parcelles agricoles de la Communauté urbaine et sur tous les Bassins d'alimentation de Captage pour réduire les phénomènes d’érosion ruissellement et protéger les zones à enjeux (habitations captages, infrastructures, bétoires, …)
Par ailleurs, la CU a répondu à un appel à projet de l’AESN (Agence de l’Eau Seine-Normandie) « PSE Herbe » pour financer des exploitations agricoles qui maintiennent et augmentent leur surface en herbe ainsi qu’à l’Appel à projets « plantons des haies » pour intensifier la dynamique de plantation de haies sur le territoire. • Les cultures industrielles (ex. pomme de terre) représentent une activité économique importante, notamment pour l’exportation. Parmi leurs externalités négatives, deux sujets ressortent comme prioritaires : l’utilisation d’un volume important de produits phytosanitaires et les pratiques entraînant la déstructuration des sols, créant ou augmentant des problèmes d’érosion, de ruissellement et de coulées d’eaux boueuses. • Un axe de travail est dédié au sein de la Chambre d’Agriculture à la résistance des espèces d’herbes aux sécheresses, à l’identification et au développement de nouvelles cultures (ex. sorgho) et à l’augmentation de l’autonomie fourragère des élevages. Le réseau des CIVAM Normands propose du conseil et des formations sur l’adaptation des herbes à la sécheresse.
• La destruction des prairies permanentes, remplacées par des nouvelles surfaces agricoles, favorise l’érosion et le ruissellement et donc le risque d’inondations, ainsi que le transfert de polluants vers la nappe phréatique.
• Le recul du trait de côte (notamment des falaises), conséquence de l’érosion, entraîne une réduction progressive des surfaces agricoles, avec un potentiel effet négatif d’utilisation de produits phytosanitaires pour amélioration du rendement, qui doit être anticipé et géré.
• Le déclin des prairies pose également un risque important pour la rétention d’eau dans les sols. Si à cela s’ajoute la réduction de l’espace agricole à cause de la remontée des eaux marines, il existe un véritable enjeu à encourager et soutenir l’utilisation optimale (durable) des terres agricoles afin de protéger ce secteur.
3.2.3. Forêt
Le principal aléa climatique qui impacterait les forêts normandes est celui de l’augmentation de la température, avec une occurrence plus élevée des jours chauds. La variation du régime pluviométrique est l’autre aléa pour lequel les risques doivent être analysés.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Le diagnostic des espaces naturels, réalisé en mars 2021, montre une bonne caractérisation des forêts sur le territoire. Il met en avant aussi leur rôle social, en plus de leurs fonctions écologiques liées à la biodiversité, la protection contre les risques, et la captation du CO2. Trois orientations stratégiques ont été mises en évidence dans ce diagnostic: l’amélioration de la connaissance du territoire, en matière de faune de flore, et de caractérisation qualitative des forêts du territoire ; la préservation et la restauration des réservoirs de biodiversité dont les espaces boisés sont les plus représentatifs (acquisition foncière, etc.), notamment la vallée d’Etretat, réservoir le plus riche du territoire ; la sensibilisation et mobilisation des acteurs avec un plan local d’éducation à la nature.
• La plupart des forêts étant des forêts privées, la Communauté Urbaine a un rôle d’accompagnement des acteurs propriétaires forestiers. La manière dont la collectivité fera évoluer cet accompagnement en fonction du changement climatique sera essentielle pour anticiper ses impacts et réduire la vulnérabilité des forêts
3.2.4. Pêche
Les aléas climatiques impactant l’activité de pêche sont l’augmentation des températures et la variation du régime des précipitations, avec des tempêtes et pluies intenses.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Selon les études réalisées par l’AESN dans le cadre du SDAGE (schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux), les espèces piscicoles du bassin de la Seine seraient peu impactées par le changement climatique, du fait de variations de température plus modérées que sur d’autres régions littorales en France. Les activités humaines auront probablement plus d’impact sur la population et la diversité des espèces que la variation des températures.31 / 46
Les activités locales de pêche seront nécessairement impactées par les changements plus globaux auxquels la filière française de pêche maritime est confrontée sur l’ensemble du littoral atlantique. Aussi, la redéfinition des zones de pêches dans le cadre du Brexit a un impact plus immédiat sur la filière locale. • Le SDAGE 2022-2027 intègre dans ses objectifs la préservation des zones naturelles de débordement en cas de crue, en connexion avec le cours d’eau. Les actions menées par la Chambre Régionale d’agriculture de Normandie et la Communauté urbaine sur le volet agricole, avec la protection des haies et des prairies, représentent également une opportunité pour la protection des espèces piscicoles vis-à-vis de la pollution.
3.3. Cadre bâti
Le secteur du bâti est particulièrement vulnérable aux aléas suivants :
• Elévation du niveau de la mer.
• Variation du régime des précipitations : spécifiquement aux épisodes de fortes pluies entraînant des inondations, des coulées d’eaux boueuses, l’effondrement des falaises.
• Augmentation de la température, avec des épisodes de forte chaleur et des canicules plus fréquentes ou plus longues.
• Vents forts.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Une approche de zéro artificialisation nette à adopter dans le PLUi en favorisant la renaturation des espaces (déconstruire et végétaliser), et en étant vigilant sur l’équilibre avec les projets de constructions neuves. • Un territoire qui deviendra plus attractif grâce à un climat qui s’adoucit (vers une tendance méditerranéenne), entraînant une forte augmentation de l’attractivité résidentielle et de constructions (y compris résidences secondaires). Ces projets de construction devront être conçus avec une priorisation des critères environnementaux et d’adaptation au changement climatique. Le futur PLUi et le PLH qui intègre ces critères « climat », seront clés dans ce sens.
• Le potentiel de « recyclage urbain » (à savoir transformer les espaces et les équipements existants), étant une piste importante pour la réduction de l’artificialisation des nouvelles surfaces et la renaturation des espaces urbains, il devra faire l’objet d’étude dans le PLUi.
3.3.1. Infrastructures, espaces publics et voiries
La variation du régime de précipitations est le principal aléa climatique impactant ces espaces et les infrastructures existantes.
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• Le SDAGE 2022-2027 intègrera des actions pour favoriser l’infiltration de l’eau de pluie, aussi immédiate que possible. Cela réduira considérablement le risque de ruissellement, de pollutions diffuses des cours d’eau et de débordement du réseau des eaux urbaines et des stations de traitement d’eau. • Le PLUi définira des objectifs quantitatifs de désimperméabilisation et de renaturation des sols (objectif Zéro Artificialisation Nette). L’intégration de ces objectifs dans l’ensemble des projets d’aménagement et de construction sera essentielle.
• Le PPRL PANES, en phase de consultation avant l’enquête publique prévue en mars 2022. Avec une vision élargie et approfondie des aléas, ce PPRL permettra de poursuivre la mise en place d’une stratégie d’adaptation, à prendre en compte dans tout nouveau développement d’infrastructure urbaine. • Le plan stratégique 2020-2025 d’HAROPA présente une politique de développement « dans le port » afin de réduire tout besoin de nouvelle artificialisation des sols. Cependant, ce critère doit être surveillé pour réduire les impacts environnementaux négatifs des projets de transport multimodal.
3.4. Milieux naturels
Les principaux aléas pouvant impacter les milieux naturels sont :
• Elévation du niveau de la mer
• Variation du régime des précipitations
• Augmentation de la température moyenne annuelle
• Vents forts32 / 46
Les principaux enjeux identifiés sont les suivants :
• L’artificialisation des sols impacte les milieux naturels en détruisant ou polluant ces espaces et la biodiversité associée. Des obligations d’évitement, de réduction et de compensation des impacts liés à l’artificialisation ont été intégrés dans la réglementation, dans le PLH et sont prévues dans les futurs documents d’urbanisme, avec l’objectif de viser la zéro artificialisation nette.
• Assurer l’intégration des espaces de continuité écologique dans l’aménagement du territoire. • Le programme du SDAGE 2022-2027 prévoit parmi ses principales actions la compensation de la dégradation d’une zone humide par la restauration d’une autre zone dégradée, en vue de retrouver les fonctionnalités perdues.
• Le littoral de la côte havraise, comme l’ensemble du littoral normand, est classé comme zone sensible à l’eutrophisation (pollution générée par les nitrates). La qualité des eaux de baignade est encore excellente ou bonne sur le territoire. Cependant, les données présentées par l’AESN dans le cadre de la rédaction du SDAGE 2022-2027 montrent que la quasi-totalité des cours d’eau en Normandie n’auront pas atteint les objectifs environnementaux en 2027.
• Le littoral, la Seine et les différents cours d’eau du territoire reçoivent des apports de macro-déchets à cause de l’envol des déchets abandonnés. 15% de ces déchets s’échoueraient sur les côtes et 15% supplémentaires resteraient dans la colonne d’eau sur le littoral, en s’accumulant principalement autour de l’embouchure de la Seine.33 / 46
4. Les grandes questions posées par les changements climatiques projetés sur le projet de territoire
Le territoire, ses populations et entreprises, ses activités et politiques publiques, sont confrontés à 8 aléas climatiques principaux, qui seront associés à un ou plusieurs risques naturels, dont les inondations et coulées de boues déjà fréquentes sur le territoire.
Depuis de nombreuses années, la Communauté Urbaine met en place des actions pour agir dans la prévention des risques et la réduction de la vulnérabilité du territoire aux changements climatiques. Les documents cadres et les stratégies de planification – ex. le PLH, le futur PLUi, les différents plans de prévention, la stratégie nature, etc. – s’articulent pour orienter le projet de territoire vers les objectifs d’adaptation. 3 défis majeurs auquel ce projet devra faire face sont présentés ci-après.
Réinventer le modèle d’aménagement du territoire
Les politiques d’urbanisme, de construction et d’occupation du territoire – du littoral et de la ville basse prioritairement – doivent être réinventées pour vivre avec les risques. La montée du niveau de la mer et le risque de submersion, les dérèglements du régime des pluies et l’extension des risques d’inondation qu’ils impliquent, mais aussi les risques d’effondrement de falaises, vont contraindre le développement urbain. Directement, par la perte des territoires urbanisés existants soumis aux risques, et indirectement, par l’accentuation de la pression foncière sur les zones de développement.
Les élus locaux sont conscients des risques, ils doivent continuer à travailler avec les services de l’Etat et les acteurs de l’aménagement autour d’approches et de concepts innovants pour convaincre l'Etat garant de la prévention des risques de la capacité du territoire à se développer en conscience des aléas et de leurs impacts potentiels. Quel doit être le juste équilibre entre stratégie de protection face au risque, stratégie d’aménagement d’assimilation du risque et stratégie de recul face au risque ? Pour le dire autrement : où défendre, où renoncer, où vivre avec ? Se défendre sera nécessaire pour préserver des enjeux existants à forte valeur patrimoniale ou stratégique; renoncer s’imposera là où les impacts écologiques ou les coûts d’une stratégie de défense seront trop lourds face à des gains trop incertains ; vivre avec doit être une priorité parce qu’elle est la plus compatible avec une approche de l’usage du territoire respectueuse des nouveaux équilibres naturels (solutions douces) et le développement d’une culture du risque. L’approche doit être ici celle d’une collectivité aménageuse responsable, aux côtés d’acteurs/investisseurs conscients et mobilisant l’innovation sur la fabrique et l’occupation de la ville comme moteur (innovation architecturale et urbaine, voire sociale).
Dans cet enjeu d’aménagement, le secteur particulier de la Zone industrialo-portuaire se distingue par la criticité des activités qu’elle héberge et sa densité d’activités potentiellement polluantes. C’est vraisemblablement sur la ZIP et la partie urbaine du territoire que les arbitrages seront les plus complexes à poser, avec un enjeu d’innovation architecturale pour une surélévation de la zone ou de lourds aménagements de protection.34 / 46
Préserver la ressource en eau du territoire et ses usage(r)s
La préservation de la ressource en eau est un enjeu global dans la projection du territoire face aux changements climatiques. Elle est un déterminant de la capacité à se développer, à garantir et accroître l’activité touristique, à maintenir une agriculture forte. Les modélisations climatiques projettent un recul des cumuls pluviométriques en été, mais aussi au printemps et en automne, vecteur d’un risque d’augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de sécheresse, impactant les activités agricoles. Et vecteur d’une plus grande variabilité de la recharge des ressources. Aussi, le phénomène de ruissellement pourra devenir plus fréquent et plus important à travers le territoire, augmentant ainsi le risque de pollution des bassins de captage et de la nappe phréatique. Une stratégie globale de gestion de l’eau est à construire en considérant les impacts projetés des changements climatiques sur le petit cycle et sur le grand cycle de l’eau, en lien avec les acteurs des territoires voisins. Doivent être priorisées : la gestion des réseaux d’assainissement et d’eaux pluviales face à l’aléa submersion, la gestion des impacts des épisodes de fortes pluies et la gestion des tensions sur les ressources en eau potable lors des épisodes de sécheresse. La Communauté urbaine et ses partenaires doivent organiser une gestion de l’eau sans conflits d’usages, garantir la préservation de l’eau dans la quantité et dans la qualité, avec un enjeu de maîtrise des coûts de traitement. Comment l’évolution de la disponibilité en eau de qualité impose-t-elle un cadre contraint à l’orientation des développements résidentiels et des activités économiques ? Pour mieux agir en amont, comment la prévention de dégradation de la qualité de la ressource en eau peut être davantage intégrée dans les projets de développement ? La Communauté urbaine doit piloter et animer un engagement des acteurs autour d’une vision globale des usages de l’eau et d’une approche de gestion multi-scalaire de la disponibilité de la ressource et des contraintes pour maîtriser les aléas et réduire la pollution de l’eau et ses coûts.
Maîtriser les leviers de l’attractivité du territoire et préserver sa qualité de vie L’attractivité du territoire est liée à de nombreux paramètres : climat, logement, activités de loisirs (ici rattachées aux enjeux de préservation des espaces naturels et ce dont ils sont le support : biodiversité, paysages, offre touristique), économie et emploi.
Le changement climatique pourrait avoir des impacts considérés comme positifs, sous conditions de contribuer au renforcement de l’attractivité du territoire pour de nouvelles populations : un climat relativement attractif dans un contexte de réchauffement climatique global. Une attractivité vectrice de pression résidentielle et foncière qui, sans maîtrise, conjuguée avec la pression climatique, accentuera les dégradations causées aux milieux naturels. Le territoire est aussi confronté à un enjeu de gestion du trait de côte et de préservation de la biodiversité à travers la préservation de la trame verte et bleue et l’instauration d’une trame bocagère. Il s’avère nécessaire de porter une réflexion sur les territoires à défendre face aux aléas et l’enjeu d’une doctrine Zéro artificialisation nette face aux impacts des aléas climatiques
Les évolutions climatiques projetées impacteront le secteur touristique. Favorablement, d’abord, avec un climat plus attractif. Mais des impacts défavorables et potentiellement forts peuvent se manifester : risques de dégradation de paysages remarquables (ex. effondrement de falaises), de dégradation de la qualité des eaux de baignade, d’érosion côtière et des plages, etc.
La Communauté urbaine doit organiser la gestion des impacts des aléas climatiques sur les espaces naturels autour des solutions douces, préservant les atouts du territoire.
Plus globalement, changer de modèle
Un modèle d’aménagement et de développement du territoire post-économie du carbone doit être inventé et matérialisé dans le PLUi autour de la planification « +1,5°C » : la bifurcation des activités industrielles (ZIP notamment) et la préservation des activités agricoles (filières) autour d’un projet d’aménagement intégrant les risques et tirant profit des atouts de l’activité portuaire sont des priorités. Il s’agit de penser et de faire émerger un territoire résilient. Dont l’économie globalisée s’émancipe de la dépendance à la société thermo-industrielle, et qui reconsidère la place de l’économie de proximité dans son modèle. Une réflexion à mener à plusieurs échelles : Communauté urbaine, Axe Seine, France- Europe.35 / 46
BEGES de la Communauté urbaine36 / 46
1. Résultat global
Le bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) de la Communauté urbaine présente l’analyse des émissions de GES générées par l’exercice des compétences de l’institution (y compris le fonctionnement de l’administration) et la gestion de son propre patrimoine. Il constitue un exercice caractéristique à la Communauté urbaine, difficilement comparable à ceux réalisés par d’autres collectivités, mais nécessaire pour mesurer l’évolution de son impact carbone.
Pour l’année de référence 2020, le volume d’émissions de GES générées par la Communauté urbaine est de 48 100 tonnes de CO2 équivalent (tCO2é). Ces émissions se répartissent entre les sources suivantes :
Bien que majoritaire dans le bilan, la production d’énergie assurée pour approvisionner les réseaux de chaleur urbains est une compétence forte de la Communauté urbaine et un levier très important pour la transition énergétique du territoire.
Il est important de noter ici que les émissions de GES des réseaux de chaleur ou des véhicules assurant le service de transports en commun sont des émissions générées par des pratiques vertueuses ou, du moins, qui se substituent à des pratiques moins vertueuses du point de vue « CO2 » : des milliers d’équipements de chauffage diffus, avec des rendements moindres, d’une part, et des déplacements individuels, avec une consommation énergétique unitaire plus élevée, d’autre part.
Ainsi, même s’il est important d’optimiser les performances des systèmes produisant la chaleur livrée par les RCU ou celle des véhicules assurant l’offre de transports collectifs et ; bien sûr, de décarboner l’énergie consommée, l’augmentation des émissions sur ces périmètres est et sera, toutes choses égales par ailleurs (ex. performance thermique des logements et niveau de confort exigé, volumes de déplacements), un indicateur de changements de pratiques positif pour le bilan territorial des émissions.37 / 46
2. Détail par secteurs
La production d’énergie au travers des
réseaux de chaleur urbains (59 %)
Le s ém is sio ns de G E S s o nt d u es à l ’u sa g e de s
co m b us ti bl es ( fos sil es , e xem pl e c ha udiè r e ga z o u
re no uve la b les , ex em p le : c ha udi èr e boi s) po u r
p rod ui re la c ha le u r
Les déplacements (24 %)
La consommation d’énergie du
patrimoine (12 %)
Hors énergie (6 %)
1%
38%
61%
ResOceane Mont Gaillard
Gonfreville-l'Orcher
Véhicules de la flotte interne (21%) :
1- alimentés en gasoil (88% dont environ la
moitié par les véhicules de collecte des déchets)
2- alimentés au sans-plomb (12%)
Véhicules de la flotte en DSP (79%) :
1- Bus (gasoil) (97%)
2- Tram (électricité) (3%)
Bâtiments en DSP
1- Stade Océane (34 %)
2- Aquabowling des
Falaises (23 %)
3- Bains des Docks (19 %)
4- Aéroport (9 %)
Bâtiments en régie
- Complexe GD’O
- Complexe Belle Etoile
- Centres techniques
(Cuvier et D. Cordonnier)
- Site de Gromesnil
Eclairage public
des 54 communes
Eau et
assainissement :
1- Consommation en gaz de
la STEP « Edelweiss »
(40 %)
2- Consommations
électriques des
équipements (60 %)
Émissions directes de
l’assainissement
Fuite de fluides
frigorigènes (<1%
)
Artificialisation
des sols en site
propre*
* L’artificialisation des sols induit un « déstockage » de
carbone. Les surfaces artificialisées en 2020 pour des
travaux sur des sites de la communauté urbaine ont
été estimées à 8 000 m2.38 / 46
3. Préconisations
Production
d’énergie via les
réseaux de chaleur
urbains RCU (59 %)
→ ResOceane et SDCMG : renouvellement des chaudières alimentées en gaz par des
équipements alimentés en ENR (programmé à horizon 2024). Ces renouvellements
abaisseront les facteurs d’émission de ces RCU. Ces évolutions pourront être
valorisées dans le prochain exercice BEGES de la collectivité.
Déplacements
(24 %)
→ Hiérarchiser les besoins de renouvellement (émissions au km en regard du type de
trajets, de l’âge, du modèle…) et optimiser les déplacements (ex : trajets de
collecte pour les bennes à Ordures Ménagères) grâce à l’analyse régulière de la
flotte et de ses usages.
→ Travailler sur le renouvellement par des véhicules à motorisation alternative, (ex :
conversion des Bennes à Ordure Ménagère à l’hydrogène, à condition que
l’hydrogène soit produit à partir de ressources renouvelables).
→ Travailler sur le renouvellement des bus avec les matériels les plus économes à
l’usage.
→ Former les agents utilisant le plus de véhicules (en particulier les fourgons) à l’éco-
conduite. Suivre les résultats de l’éco-conduite pour les conducteurs de bus.
Consommation
d’énergie du
patrimoine (12 %)
→ Gestion de l’eau : renouveler les pompes les plus consommatrices avec des
équipements performants (éligibles aux CEE).
→ Assainissement : étudier les possibilités de substitution d’énergie fossile pour les
besoins de chaud, et la faisabilité d’une méthanisation.
→ Poursuivre les opérations de rénovation des bâtiments pour limiter les besoins en
chauffage, en les hiérarchisant en fonction de leur performance et de leur
occupation.
→ Travailler la notion de confort d’été pour réduire les besoins en climatisation
mécanique.
→ Systématiser l’étude de solutions renouvelables pour les bâtiments en conception
comme en rénovation.
→ Optimiser le fonctionnement et le développement des RCU à travers la mise en
œuvre de Schémas Directeurs des Réseaux de Chaleur.
Hors énergie (6 %)
→ S’orienter vers des fluides frigorigènes non fluorés (en particulier le CO2) pour les
besoins de froid.
→ Poursuivre les démarches d’optimisation de l’épuration des eaux usées.39 / 46
Etat initial de l’environnement40 / 46
1. Objectifs et méthode
L’Etat Initial de l’Environnement (EIE) est la première étape de l’Evaluation environnementale stratégique (EES) à laquelle est soumis le Plan climat-air-énergie territorial et a pour objectif d’identifier et de mettre en évidence les enjeux environnementaux prioritaires du territoire. La finalité de la démarche d’EES étant de garantir que la mise en œuvre de la stratégie de transition énergétique et climatique ne dégrade pas la qualité environnementale du territoire sur d’autres dimensions (ressources naturelles, biodiversité, bruit, etc.).
Cette étape d’élaboration d’un profil environnemental, mobilise des données bibliographiques, SIG et l’expertise des partenaires ressources de la Communauté urbaine et des services eux-mêmes. Une analyse des grands documents cadres est réalisée, qui permet de prendre en compte les effets cumulés de ces stratégies et programmes sur l’environnement.
Toutes les thématiques environnementales sont analysées de façon exhaustive. Le degré de traitement est néanmoins proportionné aux données disponibles, aux enjeux et pressions subies connues et, surtout, aux risques d’incidences du PCAET sur chaque thème environnemental. Au final, l’EIE détaille les principales dynamiques des milieux et des pressions sur les enjeux environnementaux, et aboutit à la présentation des perspectives d’évolution du territoire en l’absence de la mise en œuvre du PCAET.
L’EIE définit et hiérarchise ensuite des enjeux pour chacun des 4 ensembles de thématiques abordées :
• Le socle géologique, paysager et patrimonial : dans l’objectif de préserver et de valoriser la richesse naturelle et
patrimoniale du territoire, celle-ci est prise en compte par :
L’identification et la mise en valeur des grands ensembles paysagers du territoire à préserver L’identification des spécificités paysagères
Le patrimoine historique remarquable et les spécificités patrimoniales à préserver Les enjeux autour des nouveaux aménagements.
• Les milieux naturels, la biodiversité et l’agriculture : la trame verte et bleue du territoire est analysée au profit de la
résilience du territoire dans le contexte de changement climatique :
Analyse des réservoirs et corridors écologiques du territoire
Identification des sous-trames vertes et bleues à préserver
Analyse de la nature en ville
Analyse de la typologie des espaces agricoles et potentiels d’adaptation.
• La gestion des ressources et les déchets : les ressources (eau, sous-sols) et les déchets sont analysés sous le prisme
de la vulnérabilité face au changement climatique :
Analyse de la ressource en eau (qualité, quantité…) et de son alimentation sur le territoire (captage, réseau) Analyse de la gestion de l’assainissement sur le territoire dans le cadre des nouveaux besoins et des potentiels de développement de l’écologie urbaine
Analyse de la gestion des déchets (collecte et traitement) et les potentiels de valorisation de la ressource sur le territoire.
• La gestion des risques naturels et technologiques, de la pollution et des nuisances : les risques naturels,
technologiques et les nuisances sont également analysés dans le cadre de l’Etat Initial de l’Environnement autour des enjeux de maîtrise de l’exposition des personnes et de biens dans le contexte de changement climatique : Identification des risques naturels face au changement climatique
Identification des risques technologiques et pollutions à prendre en compte Identification des pollutions des sols et sites pouvant être reconvertis dans le cadre de projets ; Identification des nuisances (ondes, sonores, etc.).
2. Synthèse des résultats
Le tableau ci-dessous présente une vision synthétique des principaux enjeux environnementaux à considérer dans la définition de la stratégie de transition énergétique et d’adaptation pour un projet pertinent dans son impact environnemental global.41 / 46
Paysage/ Patrimoine
Limiter les impacts des extensions urbaines sur les espaces
naturels et agricoles
• Assurer des transitions douces et homogènes entre les espaces
aménagés et les milieux naturels et agricoles
• Maintenir les coupures d’urbanisation entre les villes, villages et
les hameaux
Travailler à l’acceptabilité d’un développement urbain par renouvellement et intensification, par exemple en s’appuyant sur la trame verte urbaine
Préserver et favoriser la diversité des éléments de nature en lien
avec les enjeux d’adaptation au changement climatique
• Préserver strictement les espaces littoraux (falaises, cordon
de galets…)
• Valoriser et protéger les zones humides (marais, roselières,
tourbières, prairies humides, cressonnières, mares…) et les
paysages de vallées (réseau hydrographique et ripisylves)
soumises à de multiples pressions
• Préserver les boisements (forêt de Montgeon, coteaux
boisés, coteau-parc, ceintures végétales, bosquets …)
permettant de stocker du carbone et développer les
structures végétales diversifiant le paysage et limitant les
ruissellements
• Maintenir les espaces agricoles (cressonnières, maraichage,
vergers, grandes cultures…) des pratiques agricoles
diversifiées favorables au stockage carbone
• Renforcer l’offre de nature en ville (parcs, jardins…) en lien
avec les îlots de chaleur urbains
Maintenir l’équilibre entre les paysages naturels de l’estuaire et l’insertion paysagère de la ZIP
Valoriser les perspectives paysagères notamment depuis le
littoral, l’estuaire, le coteau-parc dans le cadre des nouveaux
projets de PCAET
Permettre la rénovation énergétique et l’installation des
dispositifs d’efficacité énergétique et de production d’énergie
renouvelables tout en respectant la bonne insertion paysagère et
patrimoniale
Prendre conscience de la sensibilité des paysages naturels et du
patrimoine bâti (retrait-gonflement des argiles) vis-à-vis du
changement climatique
Intégrer les infrastructures de transport du territoire au paysage (relief, végétation…), et développer les opportunités de pacification et de lecture du paysage42 / 46
Trame verte et bleue
Eviter et limiter les nouveaux projets en lien avec le PCAET dans les secteurs d’inventaire et de protection (ZNIEFF, ZICO, N2000, ENS…) de la biodiversité
Limiter l’impact des activités anthropiques sur la consommation d’espaces naturels et les continuités écologiques :
• Limiter la dynamique d’aménagement, notamment aux abords de la Vallée de la Lézarde et de l’Estuaire de la Seine
• Porter une attention aux rejets de polluants dans les milieux aquatiques
Prendre en compte la vulnérabilité des milieux naturels face au changement climatique : Protéger et restaurer les milieux aquatiques et humides
• Protéger et restaurer les milieux aquatiques et humides (shorres, vasières, roselières, marais, roselières, tourbières, prairies humides, cressonnières, mares…)
• Valoriser le rôle écologique et climatique des prairies (pelouses calcicoles, prairies mésophiles, landes…)
• Préserver les espaces boisés (forêt humides, haies, bosquets…) et renforcer leur fonctionnalité
• Maintenir et conforter les corridors écologiques
Préserver et renforcer les éléments naturels (arbres, bosquets et vergers), supports de respiration mais aussi régulateurs thermiques qui ponctuent le plateau
Développer la biodiversité urbaine en promouvant la multifonctionnalité des espaces de nature : bien-être de la population, rafraichissement de l’atmosphère, stockage de CO2
Agriculture
Concilier développement du territoire dans le cadre du PCAET et la pérennité des activités agricoles, forestières, des milieux naturels et du grand paysage qui leur est associé
Favoriser l’agriculture alternative (au mode conventionnel) et de proximité en lien avec les défis de la transition écologique :
• Développer des nouveaux modes de production (biologique, permaculture, etc.) et de distribution alimentaire
• Renforcer les circuits courts afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements
• Soutenir le développement d’une agriculture plus durable permettant de limiter les intrants (biologique, raisonnée)
Favoriser le stockage du carbone par les sols agricoles en limitant la consommation d’espaces naturels et agricoles et en protégeant, voire développant le petit patrimoine naturel (haies, bosquets, talus…)
Poursuivre le développement de filières agricoles innovantes en lien avec le développement économique et la mise en valeur du territoire (variétés adaptées, économies d’eaux, etc.) :
• Orienter le développement du territoire et poursuivre les projets en cours vers la valorisation énergétique (déchets agricoles, bois-énergie)
• Utiliser les ressources agricoles pour le développement de filières locales telles que la rénovation thermique du bâti
Privilégier des formes d’agriculture qui atténuent l’aggravation des risques naturels (ruissellement, coulées de boue, etc.) en maintenant par exemple les prairies43 / 46
Risques naturels
Limiter la vulnérabilité du territoire aux nombreux risques d’inondations dans le contexte de changement climatique :
• Prendre en compte les multiples sources d’inondations (submersion marine, débordement de crue, remontées de nappes, ruissellement…) et différents documents (SLGRI, PPRi Bassin versant de la Lézarde, PPRL de la Plaine alluviale du nord de l’Estuaire de la Seine…) pour protéger la population et les biens exposés notamment dans le cadre du changement climatique
• Limiter l’artificialisation pour favoriser l’infiltration des eaux pluviales notamment dans les vallées et les coteaux
Protéger les populations des aléas liés aux mouvements de terrain dans le cadre du PCAET :
• Prendre en compte les aléas liés aux mouvements de terrain (glissements de terrain, éboulements, coulées de boues, effondrements de cavités et érosion des berges, cavités souterraines)
• Prendre en compte les différents documents cadres (PPRn mouvements de terrain de Gonfreville-l’Orcher et de Sainte-Adresse…)
• Anticiper l’amplification des retraits-gonflement des argiles dans cadre du PCAET
Mener une politique transversale en faveur de la prévention et la résilience face aux risques :
• Préserver les abords des cours d’eau, mares et zones humides vis-à-vis de l’imperméabilisation pour maintenir leurs fonctionnalités hydrauliques
• Préserver et protéger les éléments de la Trame Verte et Bleue pour accentuer la résilience du territoire
• Adapter les futurs aménagements face aux risques naturels exacerbés par le changement climatique : (hausse du niveau de la mer, accentuation des épisodes pluvieux, des périodes de sécheresses et de canicules…)
Adapter les futurs aménagements face aux risques naturels exacerbés par le changement climatique : hausse du niveau de la mer, accentuation des épisodes pluvieux, des périodes de sécheresses et de canicules…
Ressources en eau
Diminuer l’impact énergétique lié à la collecte, au transport et au traitement de la ressource en eau dans le cadre du PCAET :
• Reconquérir la qualité des ressources en eau souterraine pour l’alimentation en eau potable, notamment en protégeant les captages d'eau potable et les ressources stratégiques
• Poursuivre la prévention des pollutions industrielles et agricoles (réduction de l’usage de produits phytosanitaires et de nitrate)
• Poursuivre la réduction de la consommation d’eau potable (sensibilisation, récupération de l’eau dans le cadre des projets...)
• Anticiper les projets au regard de leur desserte en eau potable et en assainissement pour limiter les extensions de réseaux…
• Poursuivre l’adaptation des dispositifs d’assainissement pour faire face au développement et réduire la pollution des milieux naturels
Assurer tous les usages en anticipant les effets du changement climatique sur la qualité et la quantité et la disponibilité de la ressource en eau
• Maintenir les équilibres quantitatifs de la ressource
• Poursuivre la sécurisation des approvisionnements pour une adduction d’eau potable de qualité
Amplifier la valorisation énergétique et l’économie circulaire dans le cadre de l’écologie urbaine
• Améliorer les niveaux de performance des réseaux (eau potable, eaux usées) … • Moderniser les stations d’épuration pour répondre aux nouveaux besoins44 / 46
Limiter les ruissellements des eaux pluviales :
• Maîtriser l’artificialisation par les réseaux
• Développer des pratiques d’hydraulique douce
• Promouvoir des pratiques agricoles adaptées (limitation du retournement des prairies, valorisation des haies, bosquets…
Déchets
Diminuer l’impact énergétique et en termes de couts de la
collecte et transport des déchets :
• Poursuivre la baisse de la production de déchets (actions
d’information et de sensibilisation, programme ambition zéro
gâchis….)
• Maintenir l’opérationnalité de la gestion des déchets : bornes
apports volontaires, centre de recyclage…
• Augmenter la part de recyclage des déchets
• Réduire le taux de refus des déchets en sensibilisant sur
l’importance du tri
Amplifier la valorisation performante des déchets ménagers :
• Diminuer la part de stockage dans le traitement des déchets
• Poursuivre la valorisation énergétique
• Améliorer la valorisation organique et de matière
Tirer profit de la valorisation pour le développement de filières locales renouvelables : chaufferies biomasses, alimentation de réseaux de chaleur, méthanisation agricoles, carburants alternatifs…
Anticiper la production de déchets en lien avec le développement des activités
Prendre en compte le traitement des déchets des autres secteurs en s’appuyant sur les dynamiques d’écologie industrielle qui se mettent en place (pour l’industrie, le bâtiment…)
Risques
technologiques
Limiter la vulnérabilité de la population, les biens et l’environnement face aux risques technologiques notamment dans le contexte de changement climatique :
• Prendre en compte les ICPE et différents PPRt (Saint-Jouin- Bruneval, Zone industrialo- portuaire du Havre) dans le cadre des nouveaux projets et choix d’urbanisme • Encadrer les nouvelles sources de risques technologiques dans le cadre du PCAET (méthanisation, réseaux de chaleur…) populations à proximité de ces secteurs
Assurer la protection de la population et des milieux naturels vis-à-vis des transports de matières dangereuses (route, axes ferroviaires, fluvial, maritime et par les canalisations…)
Anticiper les effets du changement climatique sur les risques technologiques et industriels, notamment au niveau de la ZIP du Havre
Contribution au
changement
climatique / climat
Prendre en compte les conséquences de l’élévation des températures moyennes sur la santé humaine et environnementale
Anticiper l’augmentation des risques naturels et aménager le territoire de manière résiliente
Diminuer les émissions de gaz à effet de serre en misant sur la sobriété et l’efficacité énergétique
Développer les énergies renouvelables pour assurer une production d’énergie locale peu carbonée45 / 46
Pollutions des sols
Traiter la problématique des pollutions des sols en profitant de projets innovants dans le cadre du PCAET pour :
• Amorcer la dépollution douce (phytoremédiation) des sites et secteurs pollués • Promouvoir des opérations de développement des EnR sur ces secteurs
• Promouvoir des opérations de stockage carbone …
Veiller à garantir la santé des habitants vis-à-vis de l’exposition aux sites pollués dans le cadre du développement et du renouvellement du territoire
Qualité de l’air
Réduire fortement les émissions de polluants atmosphériques, notamment dans les secteurs de l’industrie, des transports routiers et de la production d’énergie
Respecter les seuils règlementaires de l’OMS en matière de concentrations en polluants
Limiter l’exposition des habitants à la pollution de l’air notamment les plus sensibles en anticipant la vulnérabilité future
Nuisances
Informer les populations à enjeux des secteurs durablement impactés
Atténuer l’impact sonore des infrastructures existantes en améliorant la qualité acoustique de l’habitat futur et des espaces publics
Atténuer l’impact sonore des infrastructures existantes :
• Améliorer la qualité acoustique des espaces publics (végétalisation…)
• Limiter les besoins en déplacements routiers en lien avec les enjeux de réduction des émissions de GES en promouvant les transports alternatifs à l’autosolisme, les transports en commun et les modes doux
Valoriser la trame verte et bleue comme espace contribuant à maintenir des zones de calme46 / 46
Conclusion et perspectives
Le diagnostic du Plan Climat-Air-Energie Territorial constitue le socle de connaissances communes permettant de décrire et comprendre les caractéristiques du territoire en termes d’énergie, d’émission de gaz à effet de serre et de qualité de l’air. Chacun est concerné par cet état des lieux qui dépend de nos moyens de production, de chauffage, nos modes de déplacement et de consommation.
Les résultats du diagnostic du PCAET l’illustrent : le territoire est extrêmement dépendant aux énergies fossiles et son économie doit prendre une direction nouvelle pour entrer dans une économie post-fossile. Etape d’autant plus cruciale que les industries havraises sont source de richesse sur un territoire qu’elles structurent. Certes, elles s’inscrivent dans un marché global, répondent à des stratégies de groupes internationaux et sont régies par des réglementations européennes et nationales : pour autant faut-il en conclure que, de ce fait, les trois quarts des enjeux du territoire se jouent ailleurs ?
L’énergie est présente dans tous les domaines de la vie du territoire, au-delà même de la grande industrie et du transport maritime. La Communauté urbaine a, avec ses partenaires, un rôle majeur à jouer sur ces différents tableaux: Permettre et accompagner les changements du quotidien : dans le logement, dans les déplacements locaux, dans la consommation de produits agricoles de proximité, dans la préservation des ressources du territoire. Accompagner la décarbonation de la zone industrielle : la coopération ville port industrie est un élément clé de la réussite de la transformation du territoire.
Le défi de la mobilisation sur les prochaines étapes est celui-là : mettre en responsabilité les acteurs du territoire, chacun dans son rôle et avec ses capacités.
Enfin, tout au long de la démarche « Plan Climat », la Communauté urbaine amplifiera et tirera le meilleur parti de sa « position d’influence », en agissant auprès des acteurs économiques locaux par des actions d’écologie industrielle, de responsabilité sociétale et environnementale, intégrant ainsi l’industrie dans le projet de transition du territoire métropolitain, Le Havre Seine Métropole, et au-delà de l’Axe Seine.
C’est cette ambition que traduiront stratégie et programme d’actions du Plan Climat Air Energie Territorial 2023-2028.1 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail octobre 2021
AVRIL 2022
CITADIA (MANDATAIRE) / MERC/AT / EVEN / SAFEGE GROUPEMENT ALGOE (MANDATAIRE) / ARTELYS / EVEN
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE STRATEGIQUE
DU PLAN CLIMAT AIR ENERGIE TERRITORIAL
(PCAET)
TOME 1 / ETAT INITIAL DE
L’ENVIRONNEMENT2 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Sommaire INTRODUCTION ..................................................................................................................................... 3
PARTIE 1 : SOCLE TERRITORIAL ET CLIMAT .................................................................................. 6
SOCLE PHYSIQUE ............................................................................................................................. 7
CLIMAT ET PERSPECTIVES............................................................................................................ 12
PAYSAGE ET PATRIMOINE ............................................................................................................. 18
BIODIVERSITE ET TRAME VERTE ET BLEUE ............................................................................... 38
PARTIE 2 : METABOLISME ET CONTRIBUTION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE ..................... 64
CONTRIBUTION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE ........................................................................ 65
CYCLE DE L’EAU .............................................................................................................................. 68
GESTION DES DECHETS ................................................................................................................ 90
AGRICULTURE ................................................................................................................................. 98
PARTIE 3 : VULNERABILITE ET SANTE ........................................................................................ 106
RISQUES NATURELS..................................................................................................................... 107
RISQUES TECHNOLOGIQUES ...................................................................................................... 118
POLLUTION DES SOLS.................................................................................................................. 128
POLLUTION DE L’AIR ..................................................................................................................... 132
NUISANCES .................................................................................................................................... 138
SYNTHESE DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX ......................................................................... 152
GLOSSAIRE ....................................................................................................................................... 1583 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
INTRODUCTION
1. Préambule
Ce document constitue l’Etat Initial de l’Environnement (EIE) de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole. Réalisé en 2021, sur la base des données les plus récentes à disposition, il a pour objectifs de dresser un état des lieux complet de la situation environnementale du territoire afin d’identifier et de mettre en évidence les enjeux environnementaux prioritaires.
La réalisation de l’EIE s’inscrit comme la première étape de l’évaluation environnementale stratégique, démarche réglementaire dictée par le Code l’environnement (articles L.122-4 et L.122-5) et s’appliquant, entre autres, aux Plans Climat Air Energie Territoriaux (PCAET). La finalité recherchée est d’aboutir au plan le moins dommageable pour l’environnement, renforçant ainsi sa sécurité juridique et son acceptabilité sociale.
L’évaluation environnementale se positionne également comme un outil d’aide à l’élaboration de politiques publiques, avec un triple objectif :
→ Aider à l’intégration de l’environnement dans l’élaboration du PCAET → Éclairer l’autorité administrative sur les choix faits et les solutions retenues → Contribuer à la bonne participation et information du public avant et après le processus décisionnel
2. Méthodologie
La réalisation de l’Etat Initial de l’Environnement débute par l’identification des sources de données nécessaires à la réalisation d’un profil environnemental. Elle s’appuie sur des données bibliographiques, SIG et des apports des partenaires ressources. Une analyse des grands documents cadres est également réalisée. Elle permet de prendre en compte les effets cumulés de ces programmes.
Ensuite, toutes les thématiques environnementales sont analysées de façon exhaustive. Le degré de traitement est néanmoins à adapter de façon proportionnée en fonction des données disponibles, des enjeux et pressions, et surtout des risques d’incidences du PCAET sur ce thème.
Une synthèse est réalisée présentant les principaux atouts/menaces/faiblesses/opportunités (Matrice AFOM) du territoire.
Enfin, l’EIE détaille les principales dynamiques des milieux et des pressions, et aboutit à la présentation des perspectives d’évolution du territoire en l’absence de la mise en œuvre du PCAET.
L’EIE définit et hiérarchise ensuite des enjeux en fonction des thématiques.
3. Thématiques abordées
Le socle géologique, paysager et patrimonial
Dans l’objectif de préserver et de valoriser la richesse naturelle et patrimoniale du territoire, celle-ci est prise en compte par :
→ L’identification et la mise en valeur (vues, chemins de randonnées…) des grands ensembles paysagers du territoire à préserver dans le cadre des projets du PCAET notamment vis-à-vis de l’implantation des dispositifs d’énergies renouvelables ;4 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
→ L’identification des spécificités paysagères : paysages d’eau et des vallées, massifs boisés, les paysages agricoles qui participent à la séquestration carbone du territoire, etc. ;
→ Le patrimoine historique remarquable (sites classés et inscrits, Monuments Historiques classés et inscrits…) et spécificités patrimoniales (patrimoine vernaculaire…) à préserver dans le cadre du changement climatique et des projets du PCAET et à concilier vis-à-vis des enjeux de rénovation énergétique ;
→ Les enjeux autour des nouveaux aménagements dans le contexte de maitrise de l’étalement urbain (extensions pavillonnaires, zones d’activités etc…) et des consommations énergétiques.
Les milieux naturels, la biodiversité et l’agriculture
La trame verte et bleue du territoire est analysée au profit de la résilience du territoire dans le contexte de changement climatique :
→ Analyse de la trame verte et bleue du territoire : réservoirs et corridors écologiques au travers du SRCE, périmètres d’inventaire et de protection de biodiversité, Espaces Naturels Sensibles…
→ Identification des sous-trames : boisée, aquatique, humide et ouverte à préserver dans le cadre du PCAET ;
→ Analyse de la nature en ville offrant des îlots de fraicheur dans le contexte de changement climatique ;
→ Analyse de la typologie des espaces agricoles et potentiel d’adaptation vis-à-vis du changement climatique (diversification des cultures, agriculture biologique, raisonnée…).
La gestion des ressources : eau et déchets
Les ressources (eau, déchets, sous-sols) sont analysées dans ce document sous le prisme de la vulnérabilité vis-à-vis du changement climatique. La diminution de l’impact énergétique lié à la collecte ou à la distribution ou au traitement de ces ressources ainsi que leur valorisation constituent des enjeux dans le cadre de l’élaboration du PCAET.
Pour ce faire, l’état des lieux détaille :
→ La ressource en eau (qualité, quantité…) et de son alimentation sur le territoire (captage, réseau) pour comprendre le degré de vulnérabilité dans le contexte de changement climatique ;
→ La gestion de l’assainissement sur le territoire dans le cadre des nouveaux besoins et des potentiels de développement de l’écologie urbaine ;
→ La gestion des déchets (collecte et traitement) et les potentiels de valorisation de la ressource sur le territoire.
La gestion des risques naturels et technologiques, de la pollution et des nuisances
Enfin, les risques naturels, technologiques et les nuisances seront également développés dans le cadre de l’Etat Initial de l’Environnement afin de maîtriser l’exposition des personnes et de biens dans le contexte de changement climatique :5 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
→ Identification des risques naturels vis-à-vis du changement climatique : risques d’inondations de plusieurs natures, de mouvements de terrain (cavités souterraines, retrait-gonflement des sols argileux, mouvements de terrain localisés…) ;
→ Identification des risques technologiques et pollutions à prendre en compte dans le cadre des projets du PCAET : Installations Classées pour l’Environnement dont SEVESO, risque de transports de matières dangereuses… ;
→ Identification des pollutions des sols (BASIAS, BASOL, SIS…), sites pouvant être reconvertis dans le cadre de projets ;
→ Identification des nuisances telles que les lignes THT et HT et nuisances sonores en lien avec les problématiques de réduction des consommations énergétiques et de préservation de la qualité de l’air.
4. Clés de lecture du document
Chaque thématique se lit selon une organisation similaire :
- Une présentation des principaux documents cadres qui la concerne - Une description exhaustive de la situation sur le territoire à partir des données à disposition - Une synthèse sous la forme d’une analyse « AFOM » (Atouts / Menaces / Faiblesses / Opportunités)
- Une vision des perspectives « au fil de l’eau » c’est-à-dire en l’absence de la mise en œuvre du PCAET
- Un résumé des enjeux6 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
PARTIE 1 :
SOCLE TERRITORIAL ET CLIMAT7 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
SOCLE PHYSIQUE
1. Topographie
a. Une topographie en étage
Le territoire de la Communauté urbaine (CU) Le Havre Seine Métropole (LHSM) présente une topographie en étage, qui s’étend du plateau à la plaine alluviale.
En effet, à partir de la Manche, qui constitue la frontière Ouest du territoire, se dessinent de grandes falaises littorales calcaires, hautes de 90 mètres, s’érigeant le long de la côte d’Albâtre. Elles constituent une rupture brutale entre le plateau de Caux et la mer. L’essentiel du territoire repose sur ce plateau, une vaste étendue horizontale, culminant entre 80 et 90 mètres au-dessus du niveau de la mer et composée de petites ondulations.
La transition entre le plateau et la plaine alluviale est marquée par un escarpement constitué d’une paléofalaise (50 à 70 mètres). A mesure que l’on s’éloigne du plateau, la topographie du territoire laisse place à la plaine alluviale, un large espace résultant de la consolidation des sédiments marins et fluviaux en banc compact au niveau de l’estuaire de la Seine, puissant fleuve à embouchure large.
b. Les petites vallées, incisions profondes dans le plateau
Le plateau de Caux est marqué par un relief constitué de deux principales vallées :
- La vallée de la Lézarde, au sud, a été façonnée par la rivière du même nom. Le cours d’eau a donné lieu à des pentes raides et des coteaux doux et boisés.
- La vallée sèche d’Etretat, au Nord, a accueilli un cours d’eau qui n’existe plus aujourd’hui. Elle dessine une valleuse qui débouche sur la côte d’Albâtre.
Carte topographique à l’échelle du territoire
(Source : topographicmap.com)8 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
2. Géologie
a. Le socle géologique du territoire
Le socle géologique du territoire est composé de craie. Les falaises de la côte d’Albâtre et les affleurements des vallées du plateau témoignent de cette composition crayeuse. Ailleurs, le socle est masqué par les sols constitués en surface : l’argile à silex.
Carte géologique à l’échelle du territoire
(Source : Atlas des paysages Haute Normandie)9 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. Une ressource en sols fortement exploitée par le passé
L‘exploitation de la craie, une activité passée
La ressource géologique, en particulier la craie, a particulièrement été exploitée au cours des siècles pour la construction des villes ou l’amendement des terres. Le Schéma départemental des carrières de Seine-Maritime fait état de nombreuses zones exploitées par le passé sur le territoire. On retrouve notamment les traces de cette exploitation lorsque survient des effondrements de cavités. Ces phénomènes impactent fortement le territoire métropolitain (cf. Partie 3, Risques naturels 2.at).
La dernière carrière du territoire1, la carrière des cimenteries Lafarge à Saint-Vigor d’Ymonville, en activité depuis les années 1970, était la plus importante des extractions de craie actives en Normandie. Catégorisée Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE), la carrière de 233 hectares n’est plus exploitée depuis 2016, du fait de la cessation d’activité de la cimenterie. La remise en état du site d’extraction étant obligatoire, des déblais des chantiers du Grand Paris y seront stockés et recyclés afin que la carrière soit comblée d’ici 2034 et soit réaménagée en terres agricoles, avec préservation de la zone humide présente sur le site pour recueillir les eaux de ruissellement.
L‘exploitation des granulats, entre inaccessibilité dans l’estuaire et extraction marine
Depuis la fin du XIXe siècle, et surtout depuis une cinquantaine d’années, ce sont les granulats de roche meuble, plutôt que la craie, qui sont utilisés pour la confection de bétons, la construction ou encore la voirie.
• Une abondance de granulats de roche meuble au niveau de l’estuaire, mais localisés en grande profondeur et donc inaccessibles2
Les granulats de roche meuble sont des matériaux qui sont fortement exploités en Seine-Maritime, du fait de leurs caractéristiques intrinsèques excellentes, notamment pour la confection de bétons à hautes performances.
Toutefois, si le gisement est exceptionnel et facilement accessible dans la vallée de la Seine, et notamment aux alentours de Rouen, les gisements sur le territoire de LHSM correspondent souvent à des zones à fortes contraintes. Ainsi, bien que présentant un énorme prisme sédimentaire (plus de 90 km² disponibles), les alluvions de l’estuaire de la Seine sont essentiellement constitués de sables et de vases en partie marines, avec quelques rares passées de galets. Celles-ci sont situées à grande profondeur (au-delà de – 20 m (Nivellement général de la France – NGF) au Havre) et deviennent « économiquement inaccessibles ». Leur intérêt en tant que granulat de roche meuble est donc mineur.
• Les granulats marins
Les granulats marins constituent une ressource intéressante, toutefois il reste difficile en l’état actuel des techniques et au vue de la ressource encore disponible sur le domaine terrestre, d’exploiter intensément ces gisements.
On note également que l’extraction de granulats marins relève du Code Minier. Les autorisations d’exploiter imposent un suivi environnemental des extractions destiné à vérifier les hypothèses de l’étude d’impact et dont les résultats sont adressés aux services de l’Etat.
On recense un producteur de sables et graviers d’origine marine sur le territoire: les Graves de l’Estuaire, établissement classé ICPE situé sur la commune du Havre.
On note enfin que les schémas départementaux des carrières deviendront schémas régionaux des carrières à horizon 2020, tel que prévu par l’article L. 515-3 du Code de l’environnement. En
1 Source : Article « Saint-Vigor-d'Ymonville : 14,5 millions d’euros d’investissement, Lafarge mise sur le Grand Paris », publié
dans Le Courrier cauchois le 29 septembre 2017, https://www.lecourriercauchois.fr/actualite-146563-saint-vigor-d-ymonville-14- 5-millions-d-euros-d-investissement-lafarge-mise-sur-le-grand-paris
2 Source : Schéma départemental des carrières de Seine-Maritime, BRGM10 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
cours de réalisation, le Schéma régional définira les conditions générales d’implantation des carrières dans chaque département.
3. Hydrographie
a. Un réseau hydrographique façonné par la Seine et ses affluents
Le territoire est traversé par un cours d’eau majoritaire, la Seine, d’est en ouest. Ce fleuve long de 740 km prend sa source en Côte-d’Or, et finit sa course dans la Manche, entre le Havre et Honfleur, où son embouchure crée un large estuaire. Des aménagements hydrauliques ont été façonnés, à l’image du canal de Tancarville qui relie la ville du Havre à la Seine sans passer par l’estuaire.
Le réseau hydrographique du territoire de la Communauté urbaine est constitué de 7 cours d’eau, pour une longueur totale de près de 40 km.
La rivière principale, la Lézarde, prend sa source à Saint-Martin-du-Bec au nord et trouve son exutoire au sud au niveau de la commune d’Harfleur. Elle est constituée de 3 affluents. Le premier, la Curande, s’écoule à Fontenay et conflue avec la Lézarde à Montivilliers. La Rouelles, ruisseau de 4,7 km, prend sa source à Fontaine-la-Mallet et se jette dans la Lézarde au niveau de la commune d’Harfleur. Enfin, le Saint-Laurent s’écoule depuis Saint-Laurent de Brévedent jusqu’à Harfleur, où il conflue avec la Lézarde au niveau du Parc de la Mairie.
L’Oudalle s’écoule quant à elle de Oudalle jusqu’au canal de Tancarville.
Le Rogerval, prend naissance dans un vallon préservé à cheval sur les communes de Rogerville et de Oudalle.
Enfin, la rivière de la Pissotière à Madame draine la vallée boisée entre Gonfreville-l’Orcher et Rogerville.
b. Une large façade maritime
Le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole possède une large façade maritime qui s’ouvre sur 30 km, à l’ouest et au sud, sur la Manche. La présence de la mer a favorisé les activités maritimes, en témoignent les nombreux aménagements portuaires situés sur le territoire (Port du Havre Haropa, port d’Antifer…)11 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202212 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
CLIMAT ET PERSPECTIVES
Cette partie s’appuie sur le diagnostic Climat-Air-Energie du PCAET. Pour approfondir cette partie, le lecteur est invité à se référer à ce document ainsi qu’à l’analyse de vulnérabilité du PCAET.
1. Climat local et perspectives
Selon les projections de Météo-France présentées dans ce chapitre, le climat dans toute la région normande évoluerait vers un climat méditerranéen. Les épisodes de canicule et de sécheresse deviendront plus fréquents sur tout le territoire. Les résultats des études les plus récentes publiées par le GIEC Normand (2021) sont alignés avec ces prévisions : le changement climatique est une réalité en Normandie.
Les données présentées dans ce chapitre sont issues du profil climat de la Normandie (2015) ou des données collectées et les modélisations publiées par le GIEC Normand (2021). La période de définition du climat de référence face auquel sont mis en perspective les résultats des modélisations est la période 1976-2005.
Les données de l’étude AgriAdapt correspondent au profil réalisé pour Saint-Valéry-en-Caux, qui aurait – d’après les projections du GIEC Normand et de Météo France pour le Pays de Caux – une évolution de son profil climat le plus proche de celui du Havre Seine Métropole.
Pour une appréciation plus locale de ces données, certains paramètres seront présentés à données mesurées prises sur le Cap de La Hève.
Les paramètres permettant d’analyser le climat sont la température, les précipitations, le vent et l’ensoleillement.
a. Climat de référence
Le territoire se situe sur la zone climatique 1 « Climat Maritime », qui intègre tout le Pays de Caux.
La température moyenne annuelle est de 11,3 °C sur le territoire, avec des températures maximales autour de 15,5 °C et minimales de 10 °C. Les données montrent une forme de stabilité des températures moyennes estivales et une trajectoire à la hausse sur les températures moyennes en automne et hiver notamment. Elles devront être prises en considération dans la conception des mesures d’adaptation pour les domaines énergétique et agricole en particulier.
Température moyenne annuelle (Source : Etude AgriAdapt, Solagro 2020)13 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Température moyenne par saison. Source : Etude AgriAdapt, Solagro 2020
Pour les précipitations, trois variables sont à prendre en compte par rapport aux présentations : le cumul annuel, le cumul saisonnier et le nombre de jours de précipitations significatives.
La moyenne pour le cumul annuel mesuré au Cap de La Hève est de 770 mm. Elle masque une assez forte dispersion des cumuls annuels et une trajectoire à la hausse de l’indicateur.
Cumul annuel mesuré sur le littoral.
Source : GIEC Normand, 2021
Cumul annuel pour la Zone climat Atlantique. Source : Etude AgriAdapt, SolAgro 2020
Le cumul saisonnier de précipitations est également très variable ; le cumul automnal est le plus important pour la recharge des nappes.
Cumul des précipitations saisonnières pour la zone climat Atlantique. Source : AgriAdapt, 202014 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Une moyenne de 2.4 jours de grand froid et 0.4 jours de très grand froid par an est mesurée à la station météorologique du Havre. Les jours de grand froid et de très grand froid sont ceux avec une température minimale inférieure à -5° C et -10 °C, respectivement. Ainsi, en moyenne, le territoire connaît environ 18.7 jours de gel par an, soit des journées avec une température minimale descendant en-dessous de 0°C.
De manière cohérente avec les observations sur les écarts dans les températures moyennes annuelles, le nombre de jours de gel par an est moins important sur les communes du littoral que dans les zones rétro-littorales et intérieures du territoire.
En revanche, un faible nombre de jours de chaleur et de forte chaleur (avec une température maximale dépassant les 25 °C et les 30 °C, respectivement) est constaté sur le territoire. Sur la période de référence (1976-2005) la moyenne annuelle observée est de 13.2 jours de chaleur sur la station météorologique du Havre. Pour la même période, la moyenne pour les jours de forte chaleur est de 0.5 jour seulement.
Concernant la ventilation du territoire, sur la période d’observation 1951-2019, les données enregistrées ne permettent pas d’établir une moyenne annuelle ou une tendance particulière pour le territoire. Un repère est indiqué dans la bibliographie (Profil climat de la Normandie) pour le Cap de La Hève : 129 jours de vents forts sur la Normale 1981-2010.
Le rayonnement solaire est défini par la quantité d’énergie solaire parvenant à la surface du sol. L’échelle la plus locale à laquelle les modélisations sont disponibles est celle du Pays de Caux. Pour celui-ci, le rayonnement solaire moyen était, pour la période de référence 1975-2005 de 39 jours pour la période hivernale, de 141 jours pendant le printemps, de 198 pendant l’été et de 78 jours l’automne.
b. Evolutions récentes et évolutions projetées du climat
Les données les plus récentes du GIEC (Rapport GIEC Normand, mars 2021) montrent une température moyenne annuelle de 14 °C à 15 °C sur le territoire LHSM pour l’horizon 2071-2100, ce qui représente une augmentation de + 3 °C, voire + 4 °C de la température moyenne annuelle pour le scénario pessimiste RCP 8.53.
Pour la période 1976-2005 présente dans le profil climat de Normandie, le cumul annuel de précipitations sur le territoire se situe autour de 800 mm.
Dans les scénarios décrits par le GIEC Normand pour 2100, cette valeur serait réduite à 700 mm voire 600 mm, pour les scénarios optimiste et pessimiste, respectivement. Si le scénario RCP8.5 est le plus probable, cela signifie que le territoire doit se préparer pour une réduction de 25 % des précipitations annuelles.
Le cumul annuel est une variable importante, mais l’intensité, la fréquence et la saisonnalité des précipitations sont aussi étudiées. Elles doivent être prises en compte pour la gestion des risques dans les activités agricoles et le cadre bâti (infrastructures, bâtiments et services urbains) en cas d’épisodes de forte pluie :
- Le nombre de jours de précipitations significative (plus de 1 mm/jour) pour la période 1976- 2005 est d’environ 130 jours. Dans le scénario optimiste, cette fréquence serait maintenue. Dans le cas du scénario pessimiste, l’estimation est de 110 jours.
- Si le cumul des précipitations pour la période automne-hiver (d’octobre à mars) semble stable dans les prévisions du GIEC Normand, celui de la période avril-septembre serait réduit à 250 – 300mm, représentant donc une réduction de - 15 % voire - 30 %, dans le cas extrême, par rapport au climat de référence (1976-2005).
3 Les RCP (Representative Concentration Pathway) sont des scénarios de trajectoire de forçage radiatif (différence entre la
puissance de rayonnement solaire reçue par la Terre, et la puissance émise par la Terre), développés par le GIEC. Ils permettent ainsi de modéliser la situation future du climat, en prenant compte des hypothèses d’émissions de gaz à effet de serre.
Le RCP8.5 constitue le scénario d’évolution sans politique climatique.15 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
La partie littorale du territoire bénéficie d’hivers plus doux, avec moins d’épisodes de gel que le reste du territoire. Cet écart s’efface dans les deux scénarios considérés. Dans le scénario optimiste, il y aurait une réduction du nombre de jours de gel à l’intérieur du territoire, pour arriver à 15-20 jours de gel par an. Dans le scénario pessimiste, le nombre d’épisodes de froid serait réduit sur l’ensemble du territoire havrais en 2100, pour arriver à une dizaine de jours/an seulement.
Pour l’agglomération havraise, le scénario optimiste prévoit, à l’horizon 2100, 10 jours de chaleur annuels. Mais le scénario correspondant au RCP 8.5 prévoit 40 jours de chaleur en moyenne.
Les données disponibles ne permettent pas d’établir une tendance claire pour les épisodes de vent. Dans l’hypothèse présentée dans le rapport sur les aléas météorologiques du GIEC Normand en mars 2021, les modifications dans la tendance des vents se feraient sur des périodes multi-décennales. Deux références sont proposées : une période particulièrement forte, avec quelques 40 occurrences annuelles de vents forts (plus de 58 km/h), observée entre 1980 et 1990 ; et une période plus calme avant et après cette décennie, avec, par exemple, « seulement » 25 occurrences de vent fort depuis l’année 2000. Les données de Météo France montrent aussi, pour la Pointe de La Hague, une moyenne de 12.1 du nombre de jours par an avec des vents violents dépassant les 100km/h, sur les 30 dernières années.
Suivant cette hypothèse, une nouvelle période où la fréquence des vents forts augmente considérablement devrait commencer dans le court terme – cela restera à confirmer au fur et à mesure que les observations météorologiques permettront de mieux décrire les tendances des vents sur le territoire. Les épisodes de vents violents (atteignant au moins 89 km/h) pourraient ainsi devenir plus fréquents.
L’analyse des données sur l’ensoleillement n’a pas permis d’établir des tendances pour la réalisation des scénarios.
Pour le rayonnement solaire, la projection (modélisation 2018 sur la base des données 1975-2005) est la suivante :
Saison Scénario optimiste
2100
Scénario
pessimiste 2100
Evolution
(scénario
pessimiste)
Hiver 41 37 -5% Printemps 150 149 +5% Eté 229 236 +19% Automne 80 87 +11%
Ensoleillement par saison. Prévisions 2070 – 2100. Source : Profil Climat Normandie, 2020
c. Evolution tendancielle des aléas et des évènements extrêmes
Le tableau ci-dessous synthétise les analyses du GIEC Normand par rapport aux tendances observées et aux événements extrêmes prévisibles, basées sur les dernières données collectées dans les stations météorologiques sur le territoire normand.
Aléas Évolution tendancielle* Évènements extrêmes
Variation du
régime de
températures
Augmentation de la température annuelle
moyenne de l’air (jusqu’à +3°C à la fin du
siècle)
Augmentation de la fréquence et de la
durée des épisodes caniculaires ?16 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Aléas Évolution tendancielle* Évènements extrêmes
Augmentation de la température maximale
Vagues de chaleur : 30°C atteints
environ 10 jours/an au Havre (2100)
contre 30 – 40 jours à Evreux.
Canicules : 1 - 4 jours/an au Havre
(2100)
Réduction du nombre de jours de gel par an. Episodes de gel précoces et/ou tardifs.
Evolution du
régime de
pluies
Augmentation du cumul pluviométrique en
octobre-mars
Une réduction du nombre de jours de
pluie, mais une augmentation des pluies
intenses et des très fortes pluies ?
Baisse du cumul pluviométrique en avril-
septembre
Episodes prolongés de sécheresse
pluviométrique
(jusqu’à 2 semaines en 2100)
Variation du régime des pluies
Episodes de pluies intenses : 10% plus
fréquents, été comme hiver.
Orages, tempêtes – Quelle serait leur
fréquence ?
Vents Aucune tendance confirmée
Episodes de vents violents : des cycles
multi-décennales, avec des valeurs
basses entre 2000-2020
Elévation du
niveau de la
mer
Elévation du niveau de la mer : au Havre, +
1.69 mm/an depuis 1938 et + 2.19 mm/an
depuis 1973, environ +14cm 1938 - 2021 Elévation de 1 m
Evolution tendancielle des aléas et événements extrêmes associés. Source : GIEC Normand, 2021
Sur la période 1983-2014, 69 événements météorologiques sont recensés, sur une ou plusieurs communes pour un total de 303 arrêtés catastrophes naturelles. Une première évaluation de ces données permet de faire deux constats :
• Les événements les plus fréquents sont liés aux inondations et coulées d’eaux boueuses (32 événements, 206 arrêtés) et les mouvements de terrain (13 mouvements ont fait l’objet de 13 arrêtés)
• Les risques inondations sont moins prégnants sur la période printanière que sur le reste de l’année.
La base permet cependant de repérer les risques sur une commune. Les communes d’Epouville (12 arrêtés CatNat), et de Manéglise (10 arrêtés CatNat), suivies des communes de Montivilliers et Saint- Jouin-Bruneval (9 arrêtés CatNat chacune), sont les plus fréquemment touchées par les catastrophes naturelles.
La période automne-hiver correspond à celle avec le plus grand nombre d’arrêtés CatNat recensés, notamment sur le mois de janvier. Mais les mois de juin et juillet représenteraient des niveaux de risque (de par le facteur probabilité) aussi importants que l’automne.
Les inondations sont plus fréquentes sur les périodes juin – août et octobre – décembre.17 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
2. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Un climat océanique doux Une baisse de l’ensoleillement en hiver (- 5%)
OPPORTUNITES MENACES
Réduction du nombre de jours de gel : 15-
20j./ an pour le scénario optimiste et 10j/an
pour le scénario pessimiste
Augmentation de l’ensoleillement en été
(+19%), en automne (+11%) et au printemps
(+5%)
Réduction des précipitations annuelles (-
25%) et cumul sur la période d’octobre à
mars ;
Augmentation du nombre de jours de
chaleur : 10j pour le scénario optimiste et 40
jours pour le scénario pessimiste ;
Augmentation de la température maximale ;
Augmentation des épisodes de vents
violents, à court terme
b. Perspectives au fil de l’eau
Forte probabilité que se réalise le scénario pessimiste RCP8.5
Une période d’épisodes de vents violents à court terme
Une augmentation de la fréquence d’épisodes d’inondation sur les périodes entre juin et août
et entre octobre et décembre ;
Une augmentation inexorable des températures moyennes sur le territoire, quel que soit le
scénario
ENJEUX
Prendre en compte les conséquences de l’élévation des températures moyennes sur la santé humaine et environnementale
Anticiper l’augmentation des risques naturels et aménager le territoire de manière résiliente18 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
PAYSAGE ET PATRIMOINE
Les liens entre Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) et environnement paysager naturel et bâti sont nombreux. Les enjeux de conservation du patrimoine (cadre naturel, aspect et typologie du patrimoine, vues et perspectives…) et d’intégration des nouveaux aménagements sont primordiaux. Toutefois, le PCAET constitue également une opportunité de donner à voir le territoire (à travers par exemple la multiplication d’aménagements « doux ») notamment au profit des habitants du territoire et de la région, ainsi que des touristes.
1. Les unités paysagères du territoire
L’Atlas paysager de la région Haute-Normandie
L’Atlas des paysages de la région Haute-Normandie4, réalisé en 2009, détaille l’ensemble des structures paysagères de la région (grands ensembles et unités paysagères) et définit des grandes orientations :
➔ Orientation n° 1 : pour des pratiques agricoles qui renforcent la diversité paysagère ;
➔ Orientation n° 2 : pour un développement urbain qui prolonge la qualité patrimoniale existante ;
➔ Orientation n° 3 : pour une reconnaissance de la richesse des espaces de nature ;
➔ Orientation n° 4 : pour une prise en compte des paysages existants dans l’aménagement des
nouveaux réseaux de transport et d’énergie.
Le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole est intégré dans 2 grands ensembles paysagers :
• Le Pays de Caux, grand ensemble correspondant au plateau de Caux, immense plateau entaillé de vallées, qui s’étend de la Manche à la Seine. L’habitat caractéristique est celui des clos-masures, isolés ou regroupés en villages et en bourgs.
• La Vallée de la Seine, grand ensemble paysager s’étendant de Rouen jusqu’au Havre. Il comprend les méandres sinueux du fleuve qui composent des paysages naturels, forestiers et agricoles aussi bien qu’urbains et industriels.
A l’intérieur de ces 2 grands ensembles, le territoire comprend 6 unités paysagères :
• L’estuaire de la Seine
• La pointe de Caux
• Le Caux Havrais
• Le Caux Maritime
• Les petites vallées affluentes de la Seine
• Les Vallées Littorales
Les différentes unités paysagères constitutives du territoire sont détaillées ci-après, à partir des fiches réalisées dans l’Atlas paysager.
4 Atlas des paysages de la Haute-Normandie, disponible sur http://www.normandie.developpement-
durable.gouv.fr/l-atlas-des-paysages-haute-normandie-r617.html19 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202220 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
a. L’Estuaire de la Seine
L’Estuaire de la Seine forme une immense étendue, bordée au nord et au sud par les coteaux du pays de Caux et du pays d’Auge. La zone industrialo-portuaire (ZIP) occupe une grosse partie nord de la plaine, tandis que la ville du Havre est implantée à son extrémité.
Un espace d’imbrication entre terre et mer
L’estuaire de la Seine est caractérisé par des grandes étendues d’eaux (terrains humides et marécageux), au cœur d’un réseau hydrographique dense, créant un écosystème d’un grand intérêt écologique et de grande valeur paysagère. L’espace est marqué par des aménagements hydrauliques conséquents, avec bassins et canaux portuaires, comme le canal de Tancarville. Le développement du port du Havre, engendrant une urbanisation forte, a fait diminuer les zones de marais.
L’Estuaire de la Seine au niveau du Canal de Tancarville
(Source : Even Conseil)
Des lignes de coteaux réguliers dans les horizons lointains
Les coteaux densément boisés dessinent les horizons de la vallée, avec des petites ouvertures formées par les petites vallées affluentes. Le coteau-parc est l’élément de paysage fort qui domine la ville du Havre. Il alterne succession de boisements et de jardins-ménages et offre de beaux points de vue sur la vallée. Les villas entourées de leur jardin ont créé un quartier à l’image balnéaire, qui lui vaut le nom de Nice-Havrais.
Vue sur la ZIP du Havre depuis les hauteurs du coteau du Havre, au niveau du cimetière Sainte-Marie (Source : Even Conseil)21 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Des espaces agricoles gérés en prairie
Les espaces agricoles de l’estuaire de la Seine sont constitués de prairies humides ou mésophiles (sur sol frais et sec), et quelques cultures dans le marais de la Hode. Ils sont structurés par des haies arborées, essentiellement constituées de saules, qui soulignent le découpage parcellaire.
Une zone industrielle imbriquée dans les espaces naturels
La zone industrielle du Havre est implantée au niveau de l’estuaire de la Seine, au milieu de la nature omniprésente (coteau, fleuve, marais, mares, roselières…). L’ensemble de bâtiments industriels, d’usines et de tuyauteries s’intègre aux grands espaces de prairies et de lignes arborées. Certains espaces restent toutefois peu qualitatifs, délaissés, minéralisés (aires de stationnement, de stockage…)
L’usine Omnova Solutions insérée dans un paysage de prairies humides, au niveau de la route du Noirot (Source : Even Conseil)
Le port du Havre, figure emblématique de la ville
La reconstruction du centre-ville, opérée par Auguste Perret, est aujourd’hui classée, depuis le 15 juillet 2005, au titre du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.
De nouveaux quartiers émergent autour des anciens docks et d’autres bâtiments portuaires sont renouvelés.
Le parc d’activités nautique de l’Escaut
(Source : Le Havre Seine Métropole)22 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. La pointe de Caux
La pointe de Caux est située sur la moitié est du territoire, délimitée par les vallées du Commerce, de la Ganzeville et de la Seine. Cette unité paysagère est un plateau creusé par de nombreux petits talwegs.
Un paysage semi-cloisonné
Le bâti de la pointe de Caux est diffusé au sein de la plaine agricole, entouré par une ceinture végétale, ce qui en fait un paysage semi-cloisonné. Des clos-masures sont éparpillés dans le paysage, composé de grandes parcelles labourées, de prairies se regroupant autour de fermes, accompagnées de quelques vergers, et de bosquets s’accrochant aux pentes naissantes des talwegs.
Un clos-masure émergent au milieu d’une parcelle cultivée, à proximité de Criquetot-L’Esneval (Source : Even Conseil)
Un secteur soumis à des pressions d’urbanisation grandissantes
Malgré le caractère rural de la Pointe de Caux et ses qualités paysagères, le secteur est soumis à une pression d’urbanisation. Certains villages, comme Criquetot-l’Esneval, connaissent une extension urbaine par taches successives de lotissements, aux dépens de l’épaisseur végétale.
La pression urbaine est également importante au niveau des communes situées le long des axes RD6015 (de Gonfreville-l’Orcher à Les trois Pierres) et RD81 avec un continuum urbain le long de la route.
Lotissement récent, créé au Nord de Saint-Romain-de-Colbosc, témoignant de l’étalement urbain que subit la Pointe de Caux (Source : Even Conseil)23 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Par ailleurs, de grosses infrastructures traversent les petits vallons en bords de plateau, à l’image de celui de Rogerville, absorbé par l’autoroute A29.
c. Le Pays de Caux au nord du Havre
Le Caux Havrais constitue la partie du plateau de Caux au nord du Havre, dominant l’estuaire de la Seine. Il est parcouru par un réseau de talwegs et de dépressions qui part vers la vallée de la Lézarde, à l’est, et vers les falaises naissantes de la côte d’Albâtre, à l’ouest.
Un paysage diversifié, façonné par les reliefs
Le Caux du Nord du Havre fait partie du plateau de Caux, mais l’horizontalité n’y prédomine pas. Les reliefs abritent une végétation abondante, qui s’est réfugiée dans les talwegs. La forêt de Montgeon est quant à elle isolée des espaces naturels voisins à cause de l’urbanisation.
Des accroches au littoral peu valorisées
Les bords de mer du littoral du Caux Havrais abritent des falaises abruptes, découpées par des valleuses. Les falaises sont occupées par une végétation prairiale, néanmoins soumises en partie à la pression urbaine. L’accès aux sites est parfois difficile, ce qui ne met pas en valeur ces paysages remarquables.
Des paysages agricoles riches, mais en sursis
Les territoires agricoles du nord du Havre présentent une grande diversité de pratiques culturales : maraichage, vergers, cultures céréalières… Ils offrent une qualité paysagère forte, avec quelques haies arborées et des petits boisements. Toutefois, l’espace agricole se fait grignoter petit à petit par le front bâti urbain qui s’avance.
Activités agricoles à Octeville-sur-Mer : maraichage
(Source : Even Conseil)24 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Activités agricoles à Octeville-sur-Mer : élevage bovin
(Source : Even Conseil)
Un plateau mi-urbanisé, mi-agricole, et de fortes pressions urbaines
L’agglomération du Havre s’est étendue à partir de noyaux préexistants sur le plateau au XXe siècle, essentiellement sous la forme de lotissements. L’extension rapide de la ville du Havre a mené au quasi- encerclement de la forêt de Montgeon.
La pression urbaine est forte au niveau de la transition entre la ville et le plateau agricole, du fait d’un développement urbain peu maitrisé. Ces zones font face à un étalement urbain par l’extension des gros bourgs, comme par exemple Octeville-sur-mer, qui mène à une banalisation des paysages.
L’écoquartier du Grand Hameau, au Havre
(Source : Even Conseil)25 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
d. Le Caux Maritime
Le Caux Maritime correspond au plateau de Caux au Nord, qui s’étend de Dieppe au Havre. L’unité paysagère est constituée de nombreuses vallées et valleuses, et des falaises crayeuses du littoral.
Un plateau ouvert sur les horizons maritimes
Le Caux Maritime est marqué par de grands horizons à mesure que l’on s’approche de la mer.
Plateau ouvert sur l’horizon de la mer, Saint-Jouin-Bruneval
(Source : Even Conseil)
L’horizontalité des champs laisse ensuite place aux spectaculaires falaises crayeuses, qui dominent le paysage du littoral. Elles restent difficilement accessibles en raison de leur nature instable et du manque d’aménagement.
Le contraste entre la plage du Cap d’Antifer et le terminal pétrolier à proximité est saisissant. Les récents aménagements, notamment une barrière végétale, permettent désormais de séparer ces deux entités distinctes.
Falaises crayeuses du littoral, Saint-Jouin-Bruneval
(Source : Even Conseil)
L’alternance entre plateau et vallées/valleuses, sources de contrastes
Le plateau de Caux Maritime est marqué par l’opposition entre les paysages ouverts des bords de falaise et les paysages de vallées et valleuses. Les lignes boisées de rebord de coteau forment des corridors écologiques précieux dans un paysage de monoculture.26 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Plage de Saint-Jouin-Bruneval
(Source : Even Conseil)
Une agriculture simplificatrice de paysage
Les champs d’agriculture intensive prédominent sur le plateau, avec toutefois un peu de diversité grâce aux cultures de lin et quelques parcelles de maraîchage.
Des clos-masures aux villages, une urbanisation croissante
L’habitat et les exploitations agricoles sont regroupés au sein de villages, au tissu urbain relativement lâche. Ces bourgs n’ont pas réellement de centre urbain, hormis le carreau, place du village.
La plupart des villages du Caux Maritime s’agrandissent sous l’effet de la pression immobilière. Ces extensions se font généralement aux dépens de la ceinture végétale qui entourait ces villages (haies d’arbres de haut-jet, jardins, etc…), et rendent les fronts bâtis très perceptibles sur le plateau.
e. Les petites vallées affluentes de la Seine
Cette unité de paysage regroupe sept vallées affluentes de la Seine, entre Rouen et Le Havre. Sur le territoire du Havre Seine Métropole, elle concerne la vallée de la Lézarde.
Des vallées sinueuses aux coteaux boisés
Les vallées forment l’interface entre le Pays de Caux et la Vallée de la Seine, elles s’enfoncent profondément dans le plateau et forment des tracés tortueux. Les coteaux raides entourant les vallées abritent des boisements qui coiffent les lignes de crêtes.
Des zones humides, sources de richesses écologiques et agricoles, compromises par l’étalement urbain
Les fonds de vallées comportent de nombreuses zones humides, accueillant une agriculture typique de ces milieux (prairies humides, cressonnières, maraîchage…). L’imbrication de l’agriculture dans les espaces naturels est source d’une grande richesse paysagère et biologique, et forme des micro- paysages typiques des vallées.27 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
L’étalement urbain important le long du cours d’eau de la Lézarde entrave l’écoulement des eaux et rompt les continuités naturelles.
Un site géographique clé occupé par les villes et marqué par l’industrie
La vallée de la Lézarde est un lieu stratégique entre la vallée de la Seine et le Plateau Cauchois, lieu de production agricole. Harfleur s’est ainsi implantée en aval, tandis qu’en amont, de petites et moyennes villes se sont développées (Montivilliers, Epouville, …). Leur développement soutenu le long des axes routiers, a fait naitre des continuums urbains.
L’industrialisation de la vallée de la Lézarde au XIXe siècle a accéléré son urbanisation avec l’arrivée de grosses infrastructures, à l’image de la ligne de chemin de fer de la Lézarde. L’urbanisation s’est allongée le long des routes, avec la création de quartiers ouvriers à proximité des usines.
L’extension de la ville de Montivilliers se fait très largement hors de la vallée, avec des zones d’activités et des lotissements qui s’implantent à proximité ou sur les lignes de crêtes (les ¾ de la surface urbanisée se situent sur le plateau).
La vallée de la Lézarde, témoin d’une urbanisation importante
(Source : Géoportail)
f. Les vallées littorales
Les fleuves côtiers du pays de Caux dessinent des vallées littorales, à l’interface entre terre et mer. Sur le territoire, la vallée d’Etretat appartient à cette unité paysagère.
Un relief en creux
La vallée d’Etretat n’est pas parcourue par un fleuve, c’est une vallée dite sèche. D’un profil en V au départ, elle adopte une forme en U à l’approche de la côte. Elle forme un lien entre le cœur du plateau et le littoral.
L’embouchure est dominée par les spectaculaires falaises de craies. Un cordon de galets forme une plage qui sépare l’estran de la vallée elle-même.28 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Les falaises crayeuses d’Etretat
(Source : Even Conseil)
Des façades maritimes durcies par le béton
A Etretat, le bord de mer a été aménagé par des gros ouvrages de béton, pour lutter contre les intrusions maritimes dans les vallées. Toutefois, ce bord de mer a été réaménagé il y a plus d’une dizaine d’années de manière à privilégier une relation plus douce entre la vallée et la mer.
Des paysages agricoles de fond de vallées
Les coteaux boisés entourent les fonds de vallées et renforcent son cadre. Ils forment d’importantes continuités écologiques et paysagères depuis le Pays de Caux jusqu’à la mer.
Les prairies de fond de vallées sont complétées par des parcelles de maraichage ou des exploitations horticoles.29 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202230 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
2. Une richesse patrimoniale très diversifiée
a. Le Havre Seine Métropole, territoire d’Arts et d’Histoire
La communauté urbaine a rejoint en 2019 le réseau national Pays d’art et d’histoire, démarche labellisée par le ministère de la Culture. Le territoire regorge en effet d’une grande diversité de patrimoines qui forgent son identité territoriale : architectural, civil et domestique, militaire, maritime et industriel, naturel et agricole, ou encore religieux et funéraire.
Les nombreux périmètres de protection du patrimoine témoignent de cette diversité exceptionnelle. En effet, le territoire possède 70 monuments historiques, dont 24 sont classés et 46 sont inscrits.
Par ailleurs, le territoire abrite 15 sites inscrits et 16 sites classés, ainsi que 4 sites patrimoniaux remarquables (SPR) : Le Havre, Harfleur, Etretat et Montivilliers.
Enfin, 1 zone de présomption de prescription archéologique (ZPPA) est recensée au niveau de la vallée de la Lézarde, sur les communes de Montivilliers et Harfleur.
Hôtel de ville du Havre, classé
monument historique
© Philippe Bréard
Les falaises d’Etretat, site patrimonial
remarquable
© Vincent Rustuel
Le château de Gonfreville-l’Orcher et
son parc, site classé
© Normandie tourisme
Une opération grand site de France, portée par 13 communes et aux côtés du département de la Seine-Maritime, est actuellement engagée pour protéger les falaises de la côte d’Albâtre, entre Saint- Jouin-Bruneval et Fécamp. 6 communes de la communauté urbaine sont concernées : Saint-Jouin- Bruneval, La Poterie-Cap-d’Antifer, Le Tilleul, Étretat, Bordeaux Saint-Clair et Bénouville.
Les falaises crayeuses de Saint-Jouin-Bruneval
(Source : Even Conseil)31 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. Une diversité de patrimoines
Un patrimoine naturel et agricole
Les espaces naturels, avec l’estuaire de la Seine et les majestueuses falaises littorales, mais aussi la Lézarde et les vallées, dessinent le territoire grâce à une variété de paysages entre terre et mer. Les vastes plaines agricoles ponctuées de clos-masures, éléments caractéristiques des paysages Normands, ont quant à elles contribué à forger l’identité rurale du territoire.
La biodiversité sauvage est préservée au cœur du Parc de Rouelles et du domaine du Colmoulins (classé Espace Naturel Sensible - ENS), tandis que des espaces de nature plus anthropisés, à l’image des jardins suspendus, du jardin japonais ou encore du square Saint-Roch sont présents dans les zones urbaines.
Clos-masure d’Epaville
© Jacques Refuveille-Altivolus
Champ de blé de la Point de Caux
© Philippe Bréard
Pont du jardin japonais, Le Havre
© Eric Levilly
Un patrimoine religieux et funéraire, témoin d’une histoire riche
Le territoire témoigne d’un riche patrimoine religieux acquis au cours de siècles d’histoire, à travers des époques variées et des mouvements architecturaux divers. La communauté urbaine compte aujourd’hui plus de 200 édifices religieux, parmi lesquelles églises, cathédrales, prieurés, cimetières, temples ou encore chapelles.
Parmi les plus emblématiques ressortent l’Abbaye de Montivilliers, le prieuré de Graville ou encore la cathédrale Notre-Dame au Havre.
L’Abbaye de Montivilliers
©Jacques Basile
La Cathédrale Notre-Dame
©Anne-Bettina Brunet
Le Prieuré de Graville
©Laurent Bréard
Un patrimoine civil et domestique
Le territoire est constitué d’une diversité de styles architecturaux, d’habitats et de modes de vie : châteaux, cités provisoires, caloges d’Etretat ou encore le quartier du Nice Havrais.
Les infrastructures et équipements de proximité sont le reflet de l’évolution sociale du territoire. Parmi eux, se trouvent l’auberge des portugais à Harfleur, le pont de Normandie ou encore les bains des Docks au Havre.32 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Le Nice Havrais à Sainte-Adresse
©Laurent Bréard
Le pont de Normandie
©Philippe Bréard
Les bains des Docks
©Le Havre
Un territoire maritime fortement industrialisé
La géographie du territoire Havrais, avec le littoral de la Manche, l’estuaire de la Seine et de nombreuses rivières, a été fortement propice aux activités maritimes, commerciales et industrielles.
Les activités traditionnelles sont liées aux paysages d’eau, comme les moulins implantés dans la vallée de la Lézarde, utilisant la force motrice du fleuve, ou encore la grotte aux galets (à Saint-Jouin- Bruneval), vestige de l’industrie des galets.
Les grands équipements industrialo-portuaires soulignent l’identité du territoire. La ZIP (Zone Industrialo-portuaire) du Havre en est la figure emblématique, ainsi que les ports du Havre et d’Antifer ou encore le phare de la poterie.
Enfin, des navires sont encore présents en tant que vestiges de l’histoire maritime du territoire : le cotre- pilote, le bateau-feu, l’USST 488 et le nez du paquebot France.
Le moulin de Rolleville, Montivilliers
©LHSM
Phare de la poterie – Cap d’Antifer
©LHSM
USST 488
©Laurent Bréard
Le Havre, un patrimoine mondial remarquable
Le Havre est la ville centre de la Communauté urbaine. Son centre, construit par Auguste Perret, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005 (une zone de 4 910 hectares).
Des monuments emblématiques façonnent le centre-ville, à l’image de l’Hôtel de ville, l’église Saint- Joseph ou encore les immeubles sans affectations individuelles (ISAI).
D’autres édifices soulignent la modernité de la ville : le musée d’art moderne André Malraux ou le Volcan.
Le Volcan, Le Havre
© Philippe Bréard
Musée d’art moderne André Malraux
© Philippe Bréard33 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202234 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
3. Une urbanisation à maitriser pour maintenir la qualité paysagère du territoire
Si elles ont façonné le riche patrimoine et la diversité des paysages du territoire, les activités humaines contribuent également aujourd’hui à leur fragmentation ou leur banalisation, et doivent être maîtrisées.
a. Une insertion paysagère des grands axes routiers à améliorer
Sur le territoire les grandes infrastructures routières et ferroviaires sont parfois sources de ruptures paysagères. En effet, le territoire est maillé par un réseau d’autoroutes et de voies rapides (A131, A29, D489, D6382, D6015, etc.), qui traversent notamment les grands espaces naturels et paysagers du territoire, comme l’estuaire de la Seine et la vallée de la Lézarde.
L’autoroute A29 (gauche) et l’autoroute A131 (droite)
(Source : Even Conseil)
Toutefois, certaines voies bénéficient d’une insertion qualitative. Plusieurs départementales sont en effet bordés par de hautes haies, qui les insère dans le paysage. En milieu plus urbain, les vois sont bordés par de la végétalisation et des alignements d’arbres qui permettent de d’améliorer leur qualité en diminuant leur caractère uniquement minéral.
La RD6015, avec des alignements d’arbres et des pieds d’arbres végétalisés35 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Dans le cadre du PCAET, l’aménagement de nouvelles voies, liaisons douces ou infrastructures de transport constituent un levier important de réduction des émissions liées aux mobilités. Le PCAET pourra donc être l’occasion de favoriser la qualité paysagère de ces projets d’aménagements en limitant les effets de ruptures, en valorisants les vues remarquables ou en intégrant une végétalisation qualitative.
Le réseau cyclable à l’échelle de la CU (gauche) et de la ville du Havre (droite) (Source : Le Havre Seine Métropole)
b. Une extension urbaine à maitriser
Par ailleurs, les paysages du territoire sont tout autant menacés par une forte extension urbaine. En effet, le développement urbain sur le territoire s’est fait à partir de noyaux pré-existants dans l’agglomération du Havre, qui continue aujourd’hui sous la forme d’un étalement urbain par extension par tâches successives. La pression urbaine est forte le long des axes routiers qui forme un continuum urbain, et contribue à la dénaturation des espaces paysagers et naturels, comme les zones humides en fond de vallée.
De plus, les extensions pavillonnaires récentes présentent des difficultés d’insertion visuelle. Majoritairement constitués par des maisons individuelles, ces nouveaux espaces sont particulièrement consommateurs d’espace et tendent à banalise l’architecture. Le PCAET devra donc prendre en compte ces problématiques dans ses projets d’aménagements en favorisant la densification de l’habitat également moins consommatrice d’énergie et en revalorisant les espaces délaissés ou dégradés.36 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
4. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM » : Atouts, faiblesses, opportunités, menaces
ATOUTS FAIBLESSES
Une importante façade littorale
contrastée
Des coteaux boisés qui offrent des
perspectives paysagères qualitatives sur
la vallée de la Seine et l’agglomération
Havraise ;
Des clos-masures ponctuant le paysage
du Pays de Caux ;
Des activités agricoles diversifiées
(polyculture, maraichage, élevage,
vergers, culture céréalière…) ;
Des falaises emblématiques de la côte
d’albâtre ;
Un paysage façonné par la Seine et ses
affluents, donnant lieu à des milieux
humides remarquables ;
Le centre-ville du Havre, patrimoine
classé à l’UNESCO ;
Un patrimoine culturel, architectural,
militaire et industriel témoin de l’histoire
du territoire ;
De nombreux périmètres de protection
du patrimoine paysager et architectural :
Site Patrimonial Remarquable,
monuments historiques, sites classés et
inscrits…
Une diminution des zones de marais au
niveau de l’estuaire de la Seine ;
La forêt de Montgeon, entourée par la
ville et isolée des autres espaces
naturels et paysagers par des ruptures
urbaines ;
Des coupures d’urbanisation en recul,
avec un étalement urbain se faisant le
long des routes ;
Des falaises difficiles d’accès et peu
valorisées ;
Le centre historique du Havre,
patrimoine qualitatif mais générateur de
consommations énergétiques
importantes.
OPPORTUNITES MENACES
L’Opération Grand Site engagée pour
protéger les falaises de la côte d’Albâtre
;
Des dynamiques agricoles locales
renforçant les cultures maraichères et la
diversification des cultures
Une banalisation des paysages en lien
avec une urbanisation et un étalement
urbain croissant ;
Des impacts possibles sur les paysages
avec l’installation de dispositifs de
production d’énergie renouvelable
(méthanisation, éolienne, panneaux
solaires…)
Des paysages menacés par le
changement climatique : accentuation
des évènements extrêmes ;
De nombreux périmètres de protection
du patrimoine, potentiels freins au
développement de dispositifs de
production d’énergie renouvelables37 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. Perspectives fil de l’eau
Des paysages remarquables qui seront affectés par les effets du changement climatique
(érosion du trait de côte, amplification des risques d’inondations par submersion marine…)
Une législation récente qui vise à contraindre drastiquement l’urbanisation sur terres agricoles
et naturelles, assurant de fait une meilleure préservation de ces richesses du territoire
Des pressions réduites sur les perspectives paysagères
Un patrimoine reconnu et protégé, symbolisé par le label « pays d’art et d’histoire », pérennisant
la valorisation de la diversité et de la richesse patrimoniale du territoire
La mise en œuvre de l’opération Grand Site, permettant d’assurer une protection
supplémentaire aux grands paysages de la côte d’Albâtre
c. Enjeux
ENJEUX
Limiter les impacts des extensions urbaines sur les espaces naturels et agricoles
• Assurer des transitions douces et homogènes entre les espaces aménagés et les milieux naturels et agricoles
• Maintenir les coupures d’urbanisation entre les villes, villages et les hameaux
Préserver et favoriser la diversité des éléments de nature en lien avec les enjeux d’adaptation au changement climatique
• Préserver strictement les espaces littoraux (vasières, shorres, falaises, cordon de galets…)
• Valoriser et protéger les zones humides (marais, roselières, tourbières, prairies humides, cressonnières, mares…) et les paysages de vallées (réseau hydrographique et ripisylves) soumises à de multiples pressions
• Préserver les boisements (forêt de Montgeon, coteaux boisés, coteau-parc, ceintures végétales, bosquets …) permettant de stocker du carbone et développer les structures végétales diversifiant le paysage et limitant les ruissellements
• Maintenir les espaces agricoles (cressonnières, maraichage, vergers, grandes cultures…) des pratiques agricoles diversifiées favorables au stockage carbone
• Renforcer l’offre de nature en ville (parcs, jardins…) en lien avec les îlots de chaleur urbain
Maintenir l’équilibre entre les paysages naturels de l’estuaire et l’insertion paysagère de la ZIP
Préserver et valoriser les perspectives paysagères notamment depuis le littoral, l’estuaire, le coteau-parc dans le cadre des nouveaux aménagements du PCAET
Permettre la rénovation énergétique et l’installation des dispositifs d’efficacité énergétique et de production d’énergie renouvelables tout en respectant la bonne insertion paysagère et patrimoniale
Prendre conscience de la sensibilité des paysages naturels et du patrimoine (retrait- gonflement des argiles) bâti vis-à-vis du changement climatique
Intégrer les infrastructures de transport du territoire au paysage (relief, végétation…), et développer les opportunités de pacification et de lecture du paysage depuis ces-dernières38 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
BIODIVERSITE ET TRAME VERTE ET BLEUE
1. Trame verte et bleue et érosion de la biodiversité
Biodiversité et crise écologique
Le terme de « biodiversité », popularisé par le sommet de la Terre de Rio (1992), désigne l’ensemble du vivant, en englobant la diversité des espèces, la diversité des écosystèmes et la diversité génétique au sein des espèces, des individus et des populations.
La biodiversité est aujourd’hui menacée par les activités humaines. En effet, du fait des perturbations anthropiques, comme la fragmentation de l’habitat via l’artificialisation des sols, la surexploitation des ressources, la pollution ou encore le changement climatique, les milieux naturels sont dégradés et les espèces ne sont plus capables de se déplacer et d’assurer leurs besoins primaires (se nourrir, se reproduire, etc.). Les milieux naturels se retrouvent fragmentés, sans possibilité de connexion entre eux, et l’isolement des espèces induit une perte de biodiversité.
La Trame Verte et Bleue (TVB)
Pour pallier ce problème, la Trame Verte et Bleue (TVB) a été instaurée au niveau national suite au Grenelle de l’environnement de 2007. Cet outil de politique publique d’aménagement du territoire et de protection de la biodiversité est aujourd’hui inscrit dans le Code de l’environnement et le Code de l’urbanisme. La TVB vise à préserver et améliorer la capacité de déplacement des espèces animales, qu’elles soient terrestres, aquatiques ou volantes, et ce, dans tous les espaces, depuis les espaces naturels jusqu’aux espaces urbains.
La TVB définit des termes règlementaires, inspirés de concepts scientifiques liés à l’écologie du paysage :
➔ Les réservoirs de biodiversité qui sont les espaces les plus riches en biodiversité, où les
espèces peuvent assurer tout ou une partie de leur cycle de vie. Ils comprennent notamment les espaces protégés et les espaces naturels importants, comme les cœurs de Parcs Naturels Régionaux (PNR) ou les sites Natura 2000.
➔ Les corridors écologiques, par lesquelles les espèces peuvent se déplacer entre les réservoirs
de biodiversité.
➔ Les continuités écologiques qui sont constituées des réservoirs de biodiversité et des corridors
écologiques.39 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
La Trame Verte et Bleue rend de nombreux services écosystémiques :
➔ Elle participe aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet-de-serre par le biais de la
séquestration carbone ;
➔ Elle constitue une ressource potentielle pour le développement des énergies renouvelables
(bois-énergie, filières agricoles…) ;
➔ Elle permet de lutter contre les ilots de chaleur et contribue plus globalement à la résilience des
territoires face aux changements climatiques.
La préservation des milieux naturels et de la Trame Verte et Bleue constitue donc un enjeu essentiel dans le cadre d’un PCAET qui pourrait venir impacter les milieux écologiques ordinaires ou les plus remarquables.
Bénéfices multifonctionnels de la Trame Verte et Bleue
(Source : EVEN Conseil)40 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
2. Le cadre règlementaire
a. Le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET) de la région Normandie
Le SRADDET de la région Normandie a été approuvé le 2 juillet 2020. Ce document de planification territoriale fixe, à l’échelle régionale, les grandes orientations stratégiques dans des thématiques diverses (habitat, transport, équilibre des territoires, lutte contre le changement climatique…), à moyen et long termes.
En matière de protection et de restauration de la biodiversité, il définit notamment deux règles (R) :
➔ R35 : Prévoir des mesures de préservation des espaces boisés et de leur fonctionnalité,
adaptés aux enjeux locaux (lisières de massifs forestières, petits bosquets...).
➔ R36 : Identifier les zones humides impactées ou potentiellement impactées par les projets
d’aménagement du territoire, afin de permettre la définition d’un programme en faveur de leur préservation et de leur restauration.
b. Le Schéma de Cohérence Ecologique (SRCE) de la Région Haute- Normandie
Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE) est le document stratégique qui vise à définir la TVB à l’échelle régionale.
Il permet d’identifier les composantes de la TVB (réservoirs de biodiversité, mares et cours d’eau…), d’identifier les enjeux régionaux de préservation et de restauration des continuités écologiques, et de définir les priorités grâce à un plan d’action stratégique. Il permet également de proposer des outils pour aider à la mise en œuvre de ce plan d’action et pour la préservation des milieux naturels.
Le SRCE de la région Haute-Normandie a été approuvé le 18 novembre 2014. Il a depuis été annexé au SRADDET de la région Normandie.
Sur la base de la carte analytique du SRADDET (page suivante), au niveau de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole, le SRCE identifie :
• Plusieurs réservoirs de biodiversité selon les milieux :
o Une majorité de corridors boisés, avec notamment la forêt de Montgeon, et les boisements le long des vallées (Etretat et la Lézarde).
o Des réservoirs aquatiques et humides, le long du littoral, de l’estuaire et de la Lézarde et de ses affluents
o Quelques réservoirs calcicoles et silicoles
• Plusieurs corridors écologiques :
o Une majorité de corridors pour espèces à fort déplacement
o Quelques corridors boisés pour espèces à faible déplacement
• Des obstacles à la continuité
o Des routes, nationales (RN12 et RN282) et départementales (D489, D925, D940 et D6015)
o Des autoroutes : A131 et A29
o Des voies ferrées : Ligne Paris St-Lazare – Le Havre
o Des digues
o Des zones urbaines, concentrées principalement autour du Havre, le long de la Lézarde, et dans les centres-bourgs.41 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Carte analytique des éléments de Trame Verte et Bleue du Schéma Régional de Cohérence Ecologique de Haute-Normandie, à l’échelle de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole42 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
3. Périmètres d’inventaires et de protection
La richesse du patrimoine naturel du territoire de la Communauté urbaine s’exprime à travers la présence de très nombreux périmètres d’inventaire et de protection de la biodiversité.
Les zones d’inventaires et des surfaces protégées couvrent 18 % du territoire.
Périmètre d’inventaire et de protection de la biodiversité à l’échelle de la Communauté urbaine
Type de périmètre Nombre de sites Surface (ha)
Zone Naturelle d’Intérêt
Ecologique, Faunistique et
Floristique (ZNIEFF) de type 1
36
8 800 Zone Naturelle d’Intérêt
Ecologique, Faunistique et
Floristique (ZNIEFF) de type 2
7
Zone d’Importance pour la
Conservation des Oiseaux
(ZICO)
1 -
Natura 2000 4 3 872
Espaces Naturels Sensibles
(ENS) 4 289
Réserve naturelle nationale 1 2 368
Parc Naturel Régional (PNR) 1 57,3
a. Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF)
Les Zones Naturelles d’intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) sont des espaces naturels inventoriés en raison de leur caractère remarquable. On en distingue deux types :
ZNIEFF de type 1 : espaces homogènes écologiquement, définis par la présence d'espèces,
d'associations d'espèces ou d'habitats rares, remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel régional. Ce sont les zones les plus remarquables du territoire.
ZNIEFF de type 2 : espaces qui intègrent des ensembles naturels fonctionnels et paysagers,
possédant une cohésion élevée et plus riches que les milieux alentours.5
Le territoire intercommunal possède 43 ZNIEFF, réparties en 36 ZNIEFF de type 1 et 7 ZNIEFF de type 2, qui s’étendent sur 8 800 ha.
ZNIEFF de type 2 sur le territoire
(Source : INPN)
Identifiant Nom
230000855 L'estuaire de la seine
230030958 La valleuse d'Etretat
230000876 Le littoral d’Antifer à Etretat, les valleuses de Bruneval et d'Antifer 230000295 Le littoral du havre à Antifer
230031042 La vallée du vivier en amont de tancarville
230000869 Le littoral et les valleuses d’Etretat à Fécamp
230031046 Les falaises et les valleuses de l'estuaire de la seine
5 INPN, https://inpn.mnhn.fr/programme/inventaire-znieff/presentation43 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
ZNIEFF de type 1 sur le territoire
(Source : INPN)
Identifiant Nom
230030634 La mare de la place ouest
230031203 La cavité de la maison du garde
230030633 La mare de la place nord
230000753 La valleuse d’Antifer - la falaise d'aval
230030849 Le belvédère, le musée
230031195 La cavité des trois Mathildes
230014809 Le marais du Hode
230030855 Le marais de Cressenval
230030627 Le coteau calcicole du fond de Bénouville et du petit val 230000309 Les falaises d’Oudalle
230030850 Les falaises d’Heuqueville
230031194 La cavité du parlement
230016047 Le cap d’Antifer - le front de falaise
230030853 Les falaises de la grande mare
230030631 La mare des pacages de la sauvagère
230031196 La cavité de la roncière
230015771 La valleuse du fourquet
230030851 Les falaises d'Ecqueville et de Cauville
230031193 La cavité et le parc du château de Fréfossé
230000288 Le coteau et les falaises du cap du Hode à Saint-Vigor-d’Ymonville 230030626 La falaise de la porte d'amont au fond d'étigue
230030852 Les falaises d’Octeville
230009259 Le vallon de Rogerville
230031197 Cavité du bois des guilleboudières
230009219 Le port pétrolier d’Antifer - le terre plein
230030628 Le bois des loges
230009263 Le fond de Nerval
230015768 Le cap de la Hève
230030629 La cavité des servains, les prairies et bois de pente de la callouterie et des moines
230016050 Les falaises de Saint-Jouin-Bruneval
230015772 La valleuse de Bruneval
230000891 Le vallon du vivier à tancarville
230030635 La mare de la place sud
230030854 Les pelouses de Dollemard
b. Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux (ZICO)
Les ZICO sont des sites identifiés par la présence de certaines espèces d'oiseaux (pour leurs aires de reproduction, d'hivernage ou pour les zones de relais de migration) lors du programme d'inventaires scientifiques lancé par l'ONG Birdlife International.
Un site ZICO est répertorié à l’échelle du territoire. Il s’agit du site Estuaire et Embouchure de la Seine.
c. Sites Natura 2000
Le réseau Natura 2000 rassemble les espaces naturels et semi-naturels d’intérêt patrimonial à l’échelle de l’Union Européenne. L’objectif est de conserver, voire restaurer les habitats et les espèces (faune et flore) et de manière plus générale, de préserver la diversité biologique tout en tenant compte du contexte économique et social de chaque secteur.44 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Le réseau Natura 2000 est fondé sur deux directives : les Directives Oiseaux et Habitats.
Le territoire est concerné par 4 sites Natura 2000, qui s’étendent sur 3 872 ha. Ils sont répartis en 2 ZPS et 2 ZSC.
Zones de protection spéciales (ZPS)
Les sites classés ZPS sont issus de la Directive européenne « Oiseaux ». Ce sont des sites appropriés à la survie et à la reproduction d’espèces d’oiseaux sauvages menacées et des zones servant d’aire de reproduction, de mue, d’hivernage ou de migration.
• Littoral Cauchois (FR2300139). D’une superficie de 6 303 ha, le site protège les falaises crayeuses du littoral du Havre jusqu’à Le Tréport, avec 2/3 de superficie marine.
• Estuaire de la Seine (FR2300121). Cette immense zone de 11 341 ha couvre l’estuaire de la Seine sur 3 départements (Eure, Calvados, Seine-Maritime). Elle est composée à 71 % de rivières, lagunes, vasières et estuaire.
Zones Spéciales de Conservation (ZSC)
Les sites classés Zones Spéciales de Conservation (ZSC) sont issus de la Directive européenne « Habitats, faune, flore ». Ce sont des sites répertoriés qui comprennent des types d’habitats naturels, d’espèces végétales et animales dont la conservation est d’intérêt communautaire.
• Littoral Seine-Marin (FR2310045). Ce site est constitué à 99 % d’habitat marin, pour une surface totale de 180 050 ha, s’étalant sur 70 km de linéaire côtier, depuis le port d'Antifer jusqu'au cap d'Ailly. Il comprend un grand nombre oiseaux marins d'intérêt communautaire, migrateurs pour l'essentiel.
• Estuaire et marais de la basse Seine (FR2310044). Ce site de 18 500 ha constitue un site exceptionnel pour les oiseaux, en raison de sa situation, de la richesse des milieux, et de la surface occupée par ces milieux.
d. Espaces Naturels Sensibles (ENS)
Un ENS est un site d’intérêt écologique, géré par le conseil départemental.
Le territoire dispose de 4 Espaces Naturels Sensibles,
répartis sur 289 ha.
• La falaise d’Amont
• La valleuse d’Antifer
• Le cap de la Hève / Plateau de Dollemard
• Le domaine du Colmoulins
e. Réserve Naturelle Nationale
Une réserve naturelle nationale est le plus haut statut de protection d’un espace naturel en France.
La réserve naturelle de l’estuaire de la Seine s’étend sur 8 528 ha, dont 2 368 ha au sein de la communauté urbaine. Elle accueille près de 500 espèces de plantes et 325 espèces d’oiseaux.45 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
f. Parc Naturel Régional
Les Parcs Naturels Régionaux (PNR) sont des territoires habités reconnus pour leurs richesses patrimoniales et crées par décret du premier Ministre dans un but de sauvegarde du patrimoine naturel et paysager.
Le Parc Naturel Régional (PNR) Boucles de la Seine Normande recouvre, en 2021, 77 communes, dont 45 sont situées en Seine-Maritime et 32 dans le département de l’Eure. Deux communes de la Communauté urbaine Le Havre-Seine Métropole sont intégrées au périmètre du PNR, Saint-Vigor d’Ymonville et La Cerlangue, ce qui représente une superficie de 57,3 ha, tandis que Sandouville est une commune associée.46 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202247 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202248 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
4. Une trame verte multifonctionnelle
La définition de la Trame Verte et Bleue à l’échelle de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole a été réalisée par l’Agence d’Urbanisme de la Région Havraise (AURH), dans le Diagnostic Espaces Naturels en mars 2021. La partie suivante s’appuie sur les éléments définis dans ce diagnostic.
La réalisation de la TVB intercommunale a été réalisée en prenant compte des différents milieux constitutifs du territoire identifiés par l’AURH ains que des réservoirs de biodiversité et corridors écologiques identifiés dans le SRCE.
La Trame verte est composée de deux principales sous-trames : la sous-trame boisée et la sous-trame prairiale.
a. La sous-trame boisée
A l’échelle du territoire, 7 % de la superficie est occupée par des surfaces boisées. La sous-trame boisée est ainsi composée de l’ensemble des surfaces boisées, comprenant les habitats naturels arborés ou arbustifs (forêts caducifoliés, forêts humides, landes et fruticées), mais aussi les éléments ponctuels comme les haies, bosquets et vergers.
Les habitats naturels
Les réservoirs de biodiversité constitutifs de la sous-trame boisé sont principalement les surfaces forestières dominant les reliefs du territoire (valleuses d’Oudalle, de Rogerval, de Bruneval…). En zone plus urbaine, la sous-trame identifie la forêt de Montgeon, grand réservoir de biodiversité au sein du Havre. Elle inclut également les zones arbustives ou arborées de la plaine alluviale.
Les forêts caducifoliées constituent le principal habitat de la sous-trame boisée, représentant 3 700 ha, soit 22 % des habitats de la TVB du territoire. Elles se concentrent essentiellement sur les crêtes des falaises et les coteaux des vallées. La strate arborée est composée de chênes pédonculés (Quercus robur), de charmes communs (Carpinus betulus), de châtaignier communs (Castanea sativa), d’Aulnes blancs (Alnus incana), d’Érables champêtres et sycomores (Acer sp.) et de Hêtres communs (Fagus sylvatica).
Chêne pédonculé (Institut
National du Patrimoine naturel -
INPN)
Aulne blanc (INPN) Charme commun (INPN)
Ces espaces forestiers assurent des refuges pour la biodiversité, abritant de grands mammifères, comme le blaireau (Meles meles), le chevreuil (Capreolus capreolus) ou le renard roux (Vulpes vulpes). Ils sont également des sites de nidification pour des rapaces tels que la buse variable (Buteo buteo) ou l’épervier d’Europe (Accipiter nisus). Les éléments humides ponctuels, comme les mares, attirent également des espèces d’amphibiens comme la grenouilles rousse (Rana temporaria) ou le triton palmé (Lissotrion helveticus).49 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Renard roux (INPN) Chevreuil européen (INPN) Blaireau européen (INPN)
Les forêts humides sont quant à elles constituées des ripisylves le long des cours d’eau du territoire et dans l’estuaire de la Seine. Les boisements sont dominés par l’Aulne (Alnus glutinosa) et les saules arbustifs (Salix sp.), avec la présence de quelques frênes communs (Fraxinus excelsior). La faune est surtout constituée d’oiseaux, ainsi que de quelques petits mammifères. Ces milieux sont toutefois réduits et très discontinus à l’échelle du territoire.
Aulne (INPN) Saule arbustif (INPN) Frêne commune (INPN)
En dehors de la richesse floristique et faunistique qu’elles abritent, les forêts humides et caducifoliées participent de manière significative à la régulation du climat, en fixant le CO2 atmosphérique afin de le stocker dans les sols et la biomasse aérienne. Leurs fonctions hydrologiques, favorisant la régulation des eaux, l’épuration et la temporisation des crues, participent aux cycles biogéochimiques et assurent en outre une protection contre les risques naturels.
Autre milieu constitutif de la sous-trame boisée, les landes et fruticées se situent à l’interface entre les prairies et les forêts. Elles forment des réservoirs de biodiversité importants le long des falaises de la côte d’Albâtre et dans l’estuaire de la Seine, où elles se composent de bruyères, d’ajoncs et de fourrés ligneux.
Les forêts caducifoliées (INPN) Les forêts humides (INPN) Les landes et fruticées (AURH)50 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Les autres composantes
Les nombreux éléments fragmentant les milieux forestiers (autoroutes, voies ferrées, zones urbaines…) font qu’il n’existe pas de corridor arboré continu entre les réservoirs boisés du territoire. En revanche, les éléments ponctuels, comme les haies, bosquets et vergers, constituent des véritables milieux boisés linéaires jouant un rôle de corridor écologique linéaire ou en « pas japonais » pour de nombreuses espèces. Les haies arbustives sont présentes essentiellement en zones urbanisées, et les haies d’arbres de haut jet et de talus plantés sur le plateau agricole, hérités des clos-masures.
L’importance de leur rôle dans la préservation de la biodiversité tient à plusieurs facteurs : le nombre de strates qui les compose, la diversité des espèces végétales au sein de chaque strate, et la présence ou non d’un talus ou d’un fossé.
Elles assurent en outre un grand nombre de services écosystémiques : amélioration du rendement des cultures (abris pour auxiliaires de cultures), gestions alternatives des eaux (drainage et infiltration des eaux de ruissellement, filtration), limitation de l’érosion des sols, fourniture de bois, ou en encore création d’un effet brise-vent.
>> L’enjeu de préservation des haies, bosquets et vergers est donc essentiel.
Les haies du Clos-Masure d’Epaville,
© Jacques Refuveille
La sous-trame boisée est ainsi constituée de massifs boisés (forêts caducifoliées) répartis principalement dans les hauteurs du territoire, de bosquets humides le long des rivières, ainsi que des landes et fruticées le long des falaises et dans l’estuaire de la Seine. Les haies, bosquets et vergers jouent quant à eux un rôle très important dans les continuités écologiques.
En plus de constituer des refuges pour la biodiversité, de stocker du carbone et de participer à la gestion des eaux, ces boisements pourraient également permettre le développement du bois énergie au sein du territoire comme alternative aux énergies fossiles, émettrices de gaz à effet de serre, sous réserve d’une bonne gestion de l’exploitation.
>> Le PCAET devra cependant s’assurer que ce développement ne nuise pas à la capacité de renouvellement des massifs forestiers.
La prise en compte de la sous-trame boisée est ainsi un enjeu essentiel dans le cadre du PCAET, qui devra veiller à assurer la protection des massifs forestiers identifiés comme réservoirs de biodiversité, et préserver, restaurer et développer les corridors boisés.51 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Eléments de la sous-trame boisée identifiés à l’échelle du territoire
(Source : Diagnostic Espaces naturels, AURH, Mars 2021)52 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. La sous-trame prairiale
La sous-trame prairiale est composée des habitats naturels dominés par des plantes herbacées. Elle se compose des pelouses calcicoles, des prairies humides, des prairies mésophiles et des landes et fruticées. Ces milieux abritent essentiellement des espèces d’insectes, d’amphibiens et d’oiseaux.
Milieux également constitutifs de la trame arborée, les landes et fruticées, d’une surface de 1 100 ha, se situent à l’interface entre les prairies et les forêts. Elles forment des réservoirs de biodiversité importants le long des falaises de la côte d’Albâtre et dans l’estuaire de la Seine, où elles se composent de bruyères, d’ajoncs et de fourrés ligneux. La diversité d’insectes au sein de ces habitats attire de nombreuses espèces de petits oiseaux.
Les prairies humides représentent une surface de 3 750 ha (23 % des habitats de la TVB), et dominent les réservoirs de la sous-trame prairiale. Ces habitats sont constitués de plantes hélophytes et mésohygrophiles, adaptées à ces milieux où l’eau est abondante.
Dactylorhize fistuleux
(INPN)
Vulpin bulbeux
(INPN)
Carpeau calamite (INPN) Râle des gênais
(INPN)
Les pelouses calcicoles sont des habitats caractéristiques du haut des falaises, qui constituent des réservoirs de la sous-trame prairiale. Leur superficie est de seulement 100 ha (1 % des habitats de la TVB). Les conditions particulières ont fait naitre une végétation composée de graminées, d’orchidées et de quelques espèces rares comme l’orpin réfléchi (Sedum rupestre) ou l’Anthyllide vulnéraire (Anthyllis vulneraria), adaptés au paramètres climatiques et géologiques. Des espèces de lépidoptères et d’insectes sont également caractéristiques de ces milieux.
Damier de la succise (INPN) Azuré bleu céleste (INPN) Mante religieuse (INPN)
Enfin, les prairies mésophiles constituent quant à elles les principaux corridors écologiques de la sous- trame prairiale et participent à la connexion écologique des habitats forestiers. D’une surface de 5 600 ha, elles représentent 35 % des habitats de la TVB.
Campagnol des champs (INPN) Mésange charbonnière (INPN) Trèfle rampant (INPN)53 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Eléments de la sous-trame prairiale identifiés à l’échelle du territoire (Source : Diagnostic Espaces naturels, AURH, Mars 2021)54 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
5. Une trame humide et aquatique constituée de véritables
réservoirs de biodiversité et participant à la gestion des eaux
La sous-trame aquatique et humide est définie par la prise en compte de l’ensemble des habitats aquatiques du territoire. Ces milieux abritent une richesse faunistique et floristique importante, et participent à la bonne gestion des eaux.
Le territoire de LHSM est situé près de la mer, et compte près de 30 km de littoral sur la Manche. Les zones côtières présentent une grande richesse faunistique, avec la présence de grands mammifères, d’espèces de poissons protégées mais aussi de nombreux oiseaux migrateurs.
Marsouin commun (INPN) Plongeon arctique (INPN) Raie bouclée (INPN)
L’essentiel des réservoirs de biodiversité est toutefois dominé par les habitats humides et aquatiques de la plaine alluviale de l’estuaire. L’embouchure de la Seine crée en effet un vaste estuaire à l’intérêt écologique, faunistique et floristique remarquable, en créant une interface entre terre et mer.
Les vasières situées dans l’estuaire jouent un rôle écologique essentiel en assurant des processus d’épuration des eaux et de recyclage des éléments. Toutefois, la surface de ces milieux a été considérablement réduite, passant de 130 km² en 1834 à 29 km² en 1992. Ces zones abritent une grande diversité d’espèces d’annélides, d’arthropodes et de mollusques, ainsi que de grands oiseaux.
La transition entre le milieu salé et le milieu d’eau douce correspond aux schorres, milieux végétalisés adaptés aux conditions salines. Ces zones sont particulièrement importantes dans la protection des rivages, en atténuant les vagues et la houle.
L’estuaire de la Seine abrite également les roselières, formations végétales se développant sur des terrains inondés. Ces milieux assurent des fonctions de filtration et d’épuration des eaux, et participent activement au cycle des nutriments. Les roselières jouent un rôle physique dans la stabilisation des berges et contribuent à protéger les milieux et les aménagements. Une diversité avifaunistique fréquente ces milieux.
L’essentiel de l’estuaire est dominé par les prairies humides, qui sont également présentes dans la vallée de la lézarde et de ses affluents. Les prairies humides interviennent dans des processus écologiques d’épuration et de gestion des eaux, en agissant comme des zones tampons. Ces milieux constituent un habitat de prédilection pour un grand nombre d’oiseaux, de petits mammifères et d’insectes.
Les forêts humides sont également au cœur de fonctions hydrologiques importantes (épuration des eaux, zones tampons, stabilisation des berges…). Réparties dans l’estuaire ainsi que le long des cours d’eau, elles concourent à la richesse écologique de ces derniers.
Le territoire comprend près de 35 km de réseau hydrographique, réparti en 7 cours d’eau. Ces milieux ont été dans l’ensemble fortement anthropisés pour permettre le développement urbain (canalisation, infrastructures de transport, berges bétonnées…), causant des perturbations hydrauliques et affectant la qualité physico-chimique de l’eau.55 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Enfin, le territoire est ponctué d’eaux douces et saumâtres stagnantes. Il compte plus de 2 000 mares d’eaux douces, majoritairement situées sur le plateau et la plaine alluviale. Les plans d’eaux stagnantes sont quant à eux situés dans la plaine alluviale et le long des canaux. L’ensemble de ces milieux constitue des refuges de biodiversité et participe à la gestion des eaux. Le réseau de mares peut par ailleurs servir de corridor écologique en pas japonais aux espèces caractéristiques de ces milieux (amphibiens, insectes…).
Triton palmé (INPN) Pélodyte ponctué (INPN) Libellule écarlate (INPN)56 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Eléments composant la sous-trame aquatique et humide de la CU LHSM (Source : Diagnostic Espaces Naturels, AURH, Mars 2021)57 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202258 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
6. Un milieu naturel faisant face à de nombreuses menaces
Bien que très riche en termes de milieux et d’espèces, le socle naturel du territoire fait face à de nombreuses menaces, naturelles ou anthropiques. Celles-ci constituent les cinq principales causes d’érosion de la biodiversité : les espèces exotiques envahissantes, les changements d’usages de terre et de la mer, l’exploitation directe, la pollution et le changement climatique.6
Les espèces exotiques envahissantes (EEE)
Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces introduites dans les milieux, volontairement ou non, en dehors de leur aire de répartition et qui colonisent le milieu local et constituent une menace importante pour la biodiversité. La communauté urbaine fait face à cette menace, avec près de 28 espèces exotiques envahissantes végétales recensées par le conservatoire botanique sur le territoire.
En termes de flore, ont été identifiées notamment la renouée asiatique (Reynoutria japonica), l’arbre aux papillons (Buddleja davidii), le séneçon du cap (Senecio inaequidens), la balsamine du cap (Impatiens capensis), le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), ou encore le solidage du Canada (Solidago canadensis). Ces espèces colonisent de nombreux milieux et peuvent également produire des composés toxiques.
En termes de faune, des espèces comme l’écrevisse rouge de Louisiane (Procambarus clarkii), le
ragondin (Myocastor coypus) ou le crabe sanguin (Hemigrapsus sanguineus) colonisent les milieux aquatiques ou ils sont sources de dommages sur les milieux naturels et les activités humaines. Le frelon asiatique (Vespa velutina) est également recensé et menace les abeilles communes. En termes d’avifaune, la perruche à collier (Psittacula krameri) a été identifiée sur le territoire.
La renouée du Japon (INPN) Le ragondin (INPN) Le crabe sanguin (INPN)
>> Le PCAET peut être une opportunité pour renforcer ou mettre en place des actions visant à éliminer les espèces exotiques envahissantes. Par exemple, l’utilisation d’éco-pâturage avec des brebis ou des chèvres, initiative déjà mise en place par la ville du Havre dans le cadre de leur politique publique Nature en ville7, permet de lutter contre la renouée du Japon tout en favorisant une alternative au désherbage mécanique.
Les activités humaines
Le territoire de la communauté urbaine est considéré comme très fortement industrialisé. En termes de superficie, le territoire est majoritairement rural. Les activités humaines à l’échelle du territoire ont un impact significatif sur les milieux naturels et les espèces y étant associées.
6 https://biodiversite.gouv.fr/les-causes-majeures-de-lerosion-de-la-biodiversite
7 https://www.lehavre.fr/actualites/un-air-de-nature-en-ville59 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
En effet, les activités nautiques et portuaires, avec notamment la pêche, le sport nautique et le trafic portuaire, mènent à des dérangements d’espèces (nuisances) et de la surexploitation. Par ailleurs, les activités industrielles induisent des pollutions (rejets de dragage, de substances polluantes dans le milieu, macro-déchets, pollutions diffuses…) qui altèrent signficiativement les milieux.
L’exploitation des ressources a une influence directe sur les milieux, avec notamment la sylviculture qui dégrade les milieux boisés. L’agriculture quant à elle, avec l’utilisation d’engrais ou de minéraux, expose les milieux aquatiques (estuaire, vasières, cours d’eau, mares…) à l’eutrophisation.
La fréquentation des milieux naturels peut avoir des impacts négatifs sur le milieu, avec notamment des piétinements, de la cueillette d’espèces parfois protégées, ou encore du dérangement d’espèces.
Enfin, près d’un quart du territoire (24 %) est artificialisé. Les aménagements portuaires ont mené à une destruction d’habitats, notamment dans l’estuaire de la Seine. L’artificialisation croissante menace directement les milieux qui se retrouvent fragmentés.
>> Le PCAET devra ainsi veiller à concilier les activités humaines avec la protection de la biodiversité marine et terrestre dans le cadre du développement du territoire.
La menace du changement climatique
Le changement climatique est aujourd’hui une menace significative qui pèse sur la biodiversité.
Concernant les milieux côtiers, le changement climatique menant à une amplification des évènements extrêmes (inondations, mouvements de terrains…) va accentuer le recul du trait de côte, dégradant ainsi les milieux naturels des falaises.
L’augmentation inexorable des températures modifie l’aire de répartition des espèces, qui migrent davantage vers le nord, et dont les habitats sont perturbés. Ces conséquences négatives peuvent être amplifiées par les sécheresses qui altère significativement les écosystèmes.
Par ailleurs, l’augmentation de la concentration en CO2 dans les eaux côtières mène à une acidification des océans, menaçant les écosystèmes marins particulièrement fragiles, et notamment la faune du bas de la chaine trophique (mollusques, crustacés, cnidaires…).
>> Le PCAET devra veiller à prendre en compte la sensibilité des milieux naturels vis-à-vis du changement climatique.60 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
7. Une nature en ville assurant un support de biodiversité
urbaine
c. Des espaces relais pour la biodiversité dans les milieux urbains du territoire
La trame verte du territoire ne se limite pas aux grands massifs forestiers, milieux humides et aux surfaces prairiales. En effet, bien que l’espace urbanisé du territoire constitue une rupture écologique importante du continuum boisé et herbacé, les espaces de nature en ville permettent le support d’une trame verte urbaine en « pas japonais ». Les jardins, parcs et cœurs d’ilots agissent ainsi comme espaces relais entre les différents composants de la TVB.
Les jardins, espaces verts urbains et parcs d’entreprises peuvent ainsi être des composantes fondamentales de la biodiversité en ville (ou en zone rurale), et contribuer au maintien de populations végétales et animales (oiseaux, insectes). Cependant leur contribution aux corridors écologiques dépend fortement de leur composition et des pratiques de gestion qui leur sont appliquées.
Exemple de jardins partagés dans l’écoquartier du Grand Hameau, au Havre (Source : Even Conseil)
d. De grands espaces de nature dans la ville du Havre
La nature en ville est principalement développée au sein de l’espace urbain de la ville du Havre. En effet, cette dernière compte 750 ha d’espaces verts, ce qui représente 41 m2 par habitant (Données 2013, Source : Ville du Havre), contre 31 m2 en moyenne dans les 50 plus grandes villes de France (UNEP, 2014).
Les espaces verts de la ville sont répartis en 6 jardins, 2 squares, 2 parcs, 2 promenades, 1 forêt, et 1 cimetière, abritant plusieurs espèces d’oiseaux, insectes et petits mammifères, ainsi qu’une grande diversité d’essences.
Le parc forestier de Montgeon constitue le principal poumon vert de la ville, avec 270 ha dont une grande majorité de boisements. En- dehors de ceux-ci, 24 000 arbres sont recensés dans l’espace urbain, avec environ 150 variétés différentes (Données 2013, Source : Ville du Havre).
La ville du Havre abrite la costière, un coteau long de 7 km s’étirant des Jardins Suspendus jusqu’à La Brèque. Cette bande verte mêle boisements et propriétés privées avec parc, offrant un abri privilégié pour la faune sauvage.
Forêt de Montgeon
(Source : Even Conseil)61 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
e. Actions en faveur de la biodiversité
La ville du Havre a engagé, entre 2013 et 2018, un Plan Biodiversité, défini selon 3 axes et déclinés en 9 orientations stratégiques ainsi qu’un programme de 25 actions.
• Axe 1 : Connaitre
o Identifier la Biodiversité
o Etablir une base de données
o Partager et évaluer les actions
• Axe 2 : Favoriser
o Diminuer les atteintes à la biodiversité
o Créer des espaces favorisant le maintien d’une biodiversité urbaine o Préserver et restaurer les milieux naturels
• Axe 3 : Sensibiliser
o Développer des partenariats et des actions d’information
o Encourager la participation de chacun
o Créer des outils de communication et de sensibilisation
Dans la continuité de ce plan, la commune a lancé en 2018 une politique de nature en ville intitulée « Le Havre Nature ». Le projet s'appuie sur les nombreuses initiatives déjà existantes et s'articule autour de trois grandes orientations :
- Proposer un cadre de vie attractif et propice au bien-être ;
- Permettre de ressentir la nature et de s’épanouir au Havre ;
- Diffuser une culture de la nature partagée et participative.
Dans ce cadre, la commune du Havre a notamment créé le dispositif « Verdissons Le Havre » qui permet à tous les Havrais de devenir acteur de l’amélioration du cadre de vie par le verdissement de l’espace public. Sous la forme d’un appel à projet citoyen, le dispositif encourage les projets d’espaces de pleine terre jardinés, de jardins de rue et de pieds d’arbres.
Zone de végétalisation au Havre
(Source : Ville du Havre - https://geolh.lehavre.fr/ 2021)62 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
A l’échelle de l’intercommunalité, Le Havre Seine Métropole élabore, en 2021, une stratégie nature et biodiversité, en co-construction avec les partenaires associatifs, institutionnels et techniques impliqués dans la gestion des milieux naturels et s’articulant autour d’axes stratégiques que sont :
→ L’amélioration de la connaissance (mise en place d’indicateurs d’état et de pression sur la biodiversité locale, réalisation d’Atlas communaux de la biodiversité), → La restauration de la trame verte et bleue,
→ La sensibilisation du grand public, des élus et acteurs du territoire, → La mise en œuvre d’un Plan local d’éducation à la nature.
8. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
De nombreux périmètres d’inventaires et
de protection (ZNIEFF, ZICO, ENS,
Natura 2000…)
Des corridors écologiques identifiés par
le SRCE et pris en compte dans la
définition de la TVB territoriale ;
Des milieux variés, abritant une grande
richesse spécifique, notamment en
termes d’avifaune ;
De nombreux milieux aquatiques et
humides, participant à la bonne gestion
des eaux et à la réduction des risques
naturels ;
Plusieurs espaces de nature en ville
assurant des supports de biodiversité au
sein du tissu urbain.
Une faiblesse concernant la continuité
arborée entre les réservoirs de
biodiversité ;
Une diminution drastique des milieux
occupés par les vasières depuis le siècle
dernier ;
Une diminution progressive des zones
humides du territoire, et notamment des
mares ;
De nombreux éléments fragmentants
des continuités écologiques (routes,
voies ferrées, zones urbaines, digues…),
en particulier dans la zone urbaine du
Havre.
OPPORTUNITES MENACES
Des actions engagées par la ville du
Havre en faveur de la biodiversité
urbaine (Agenda 21, Politique « Le
Havre Nature », projets de
végétalisation…)
Le développement de la filière bois-
énergie à partir des boisements
Des activités humaines impactant
particulièrement les milieux aquatiques :
pêche, sport nautique, trafic portuaire,
pollution, aménagement portuaire,
dragage, déchets…
L’arrivée d’espèces exotiques
envahissantes entrant en compétition
avec les espèces locales et participant à
l’érosion de la biodiversité locale ;
Des milieux naturels et des espèces
menacés par le dérèglement climatique :
recul du trait de côte, acidification des
eaux, hausse des températures,
augmentation des risques naturels ;
Une urbanisation croissante (étalement
urbain, création d’infrastructures…)
contribuant à la fragmentation des
milieux naturels.63 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. Perspectives fil de l’eau
Des espaces naturels remarquables faisant l’objet de protection forte (Natura 2000, réserve naturelle, PNR, ENS) qui pérennisent la protection de la biodiversité associée
La poursuite des activités industrielles, agricoles et nautiques, sources de pression importante sur les milieux naturels (pollutions, nuisances, dégradation des habitats…)
Un développement urbain du territoire sur les espaces naturels et agricoles qui devrait s’infléchir dans les prochaines décennies en lien avec les évolutions réglementaires liées à l’objectif du « zéro artificialisation nette »
Le développement de la stratégie nature et biodiversité de la Communauté urbaine, qui permettra d’assurer le maintien et le renforcement de la TVB intercommunale (d’autant plus à travers sa traduction dans le futur Plan Local d’Urbanisme intercommunal)
La mise en œuvre de l’opération Grand site, assurant la pérennité et l’enrichissement des milieux naturels le long de la côte d’Albâtre
L’accélération du changement climatique et de ses conséquences négatives sur la biodiversité et les milieux naturels
La poursuite de l’érosion de la biodiversité due aux activités humaines et à l’introduction d’espèces invasives
c. Enjeux
ENJEUX
Eviter et limiter les nouveaux projets en lien avec le PCAET dans les secteurs d’inventaire et de protection (ZNIEFF, ZICO, N2000, ENS…) de la biodiversité
Limiter l’impact des projets PCAET sur la consommation d’espaces naturels et les continuités écologiques et plus particulièrement :
• Limiter la dynamique d’aménagement, notamment aux abords de la Vallée de la Lézarde et de l’Estuaire de la Seine
• Porter une attention aux rejets de polluants dans les milieux aquatiques
Tirer profit du PCAET pour protéger, restaurer et développer les réservoirs d’intérêts écologiques, et les continuités et liaisons entre les réservoirs, qui en plus de préserver la biodiversité, luttent contre le changement climatique :
• Protéger et restaurer les milieux aquatiques et humides (shorres, vasières, roselières, marais, roselières, tourbières, prairies humides, cressonnières, mares…)
• Valoriser le rôle écologique et climatique des prairies (pelouses calcicoles, prairies mésophiles, landes…)
• Préserver les espaces boisés (forêt humides, haies, bosquets…) et renforcer leur fonctionnalité
• Maintenir et conforter les corridors écologiques
Préserver et renforcer les éléments naturels (arbres, bosquets et vergers), supports de respiration mais aussi régulateurs thermiques qui ponctuent le plateau
Développer la biodiversité urbaine en promouvant la multifonctionnalité des espaces de nature : bien-être de la population, rafraichissement de l’atmosphère, stockage de CO264 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
PARTIE 2 :
METABOLISME ET CONTRIBUTION
AU CHANGEMENT CLIMATIQUE65 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
CONTRIBUTION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Cette partie s’appuie sur le diagnostic Climat-Air-Energie du PCAET. Pour approfondir cette partie, le lecteur est invité à se référer à ce document ainsi qu’à l’analyse de vulnérabilité du PCAET.
1. Préambule
Les Gaz à effet de serre (GES) sont un ensemble de gaz ayant un impact sur le rayonnement infra- rouge émis par la surface de la terre, et qui contribuent par conséquent à l’effet de serre. Même si les émissions de GES sont souvent réduites aux seules émissions de dioxyde de carbone (CO2), il est important de souligner que de nombreux gaz contribuent au réchauffement climatique, comme le méthane (CH4), la vapeur d’eau, le protoxyde d’azote, l’ozone ainsi que les gaz fluorés. Les émissions de GES sont ainsi exprimées en équivalent CO2 (CO2eq)
L’objectif d’un état des lieux des GES pour un territoire donné est de comptabiliser les émissions de GES anthropiques (c’est-à-dire ayant pour origine l’activité humaine, de façon directe ou indirecte).
2. Bilan des émissions de Gaz à effet de Serre
f. Méthodologie
Les données présentées dans cette partie proviennent de l’Observatoire de l’Energie, de l’Air et du Climat de la Région Normandie (ORECAN).
g. Bilan global
En 2018, Le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a émis 3.8 MtCO2éq. Cela représente 14,3 tCO2éq/ habitant.
A titre de comparaison, à l’échelle de la France, le ratio est de 11,2 tCO2éq/ habitant (pour 2018) et à l’échelle de la région 9,57 tCO2éq/ habitant (année 2020).
Les émissions de CO2 sont toutefois globalement en baisse de 23 % comparé à 2005. Cette baisse est notamment attribuable à la baisse des émissions liées à l’activité industrielle.
h. Bilan par secteur
Le bilan par secteur montre que l’industrie est le secteur le plus émetteur du territoire, avec des émissions de gaz à effet de serre atteignant 2.12 MtCO2éq, soit 56 % des émissions du territoire. Les émissions d’origine non énergétique concernent principalement certains procédés industriels, la décomposition des déchets ainsi que la fermentation entérique des ruminants. Celles-ci représentent 10% des émissions de gaz à effet de serre du territoire et correspondent quasi-exclusivement aux secteurs de l’industrie et de l’agriculture.
La baisse des émissions du secteur industriel est toutefois importante entre 2005 et 2018. En regardant plus précisément l’évolution des émissions de Gaz à Effet de Serre hors industrie, les baisses tendancielles les plus fortes concernent les secteurs du transport routier et du résidentiel. Une baisse tendancielle des émissions de GES n’est pas observable pour les autres secteurs.
En comparant avec les échelles supérieures (Normandie et France), il est possible de dresser les constats suivants :
• L’industrie est le principal poste d’émissions de GES du Havre Seine Métropole et sa place
est bien plus centrale pour la communauté urbaine que pour d’autres territoires66 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
• Les tendances de baisse des émissions de GES dans les secteurs du transport routier et du
résidentiel sont observées quelle que soit l’échelle observée.
• La place du secteur de l’agriculture est bien plus faible sur le territoire du Havre Seine
Métropole que sur les autres territoires. En revanche, le secteur des déchets possède une place plus importante sur le territoire de la CU. Ceci est principalement dû au poids de l’industrie qui nécessite des sites spécialisés de traitement des déchets.
Répartition des émissions de gaz à effet de serre par secteur sur le territoire de la Cu Le Havre Seine Métropole (Source : ORECAN, 2018 ; réalisation : Algoé consultants)
i. Bilan par énergie
Elle met en lumière la responsabilité des combustibles fossiles (gaz naturel, produits pétroliers et autres énergies non renouvelables) dans les émissions de gaz à effet de serre du territoire. Ceux-ci représentent 3.2 MtCO2éq soit 94% des émissions d’origine énergétique de la CU.
La part des énergies renouvelables reste faible.
Répartition des émissions de gaz à effet de serre par secteur sur le territoire de la CU Le Havre Seine Métropole (Source : ORECAN, 2018 ; réalisation : Algoé consultants)
-
500 ktCO2éq
1 000 ktCO2éq
1 500 ktCO2éq
2 000 ktCO2éq
2 500 ktCO2éq
INDUSTRIE TRANSPORT
ROUTIER
TRANSPORT
NON ROUTIER
RESIDENTIEL DECHETS AGRICULTURE TERTIAIRE
Energétiques Non énergétiques
-
100 ktCO2éq
200 ktCO2éq
300 ktCO2éq
400 ktCO2éq
500 ktCO2éq
600 ktCO2éq
TRANSPORT
ROUTIER
TRANSPORT
NON ROUTIER
RESIDENTIEL DECHETS TERTIAIRE AGRICULTURE
Gaz Naturel Produits pétroliers Autres énergies non renouvelables
Electricité Chaleur et froid issus de réseau Bois-énergie
Autres énergies renouvelables
-
500 ktCO2éq
1 000 ktCO2éq
1 500 ktCO2éq
2 000 ktCO2éq
INDUSTRIE67 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Nb : correspondances des catégories Autres énergies renouvelables et autres énergies non renouvelables :
• Autre énergie renouvelable : Ordures ménagères (organiques), déchets agricoles, farines animales, boues d’épuration, biocarburant, liqueur noire, bio-alcool, biogaz, gaz de décharge, chaleur issue du solaire thermique et de la géothermie.
• Autre énergie non renouvelable : Ordures ménagères (non organiques), déchets industriels solides, pneumatiques, plastiques, solvants usagés, gaz de cokerie, gaz de haut fourneau, mélange de gaz sidérurgiques, gaz industriel, gaz d’usine à gaz, gaz d’aciérie, hydrogène.
3. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Une diminution des émissions de GES depuis
2005
Une dépendance aux énergies fossiles
Des émissions de GES importantes
OPPORTUNITES MENACES
Le développement des énergies
renouvelables sur le territoire et à proximité
Une augmentation des émissions de GES
avec le développement du territoire
b. Perspectives fil de l’eau
Une augmentation des émissions de GES avec l’arrivée de nouveau habitants
Une diminution des émissions de GES de chacun des secteurs grâce aux évolutions règlementaires et aux nouveaux procédés plus sobres et efficaces en énergies
c. Enjeux
ENJEUX
Diminuer les émissions de gaz à effet de serre en misant sur la sobriété et l’efficacité énergétique
Développer les énergies renouvelables pour assurer une production d’énergie locale peu carbonée68 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
CYCLE DE L’EAU
Ce chapitre traite des aspects qualitatifs et quantitatifs de la ressource, de sa gestion, ainsi que des incidences pour l’alimentation en eau de la population (disponibilité des ressources et enjeux sanitaires liés à la qualité). La question des inondations est quant à elle abordée dans le chapitre relatif aux risques naturels, et les aspects relatifs aux écosystèmes aquatiques dans le chapitre espaces naturels et biodiversité.
1. Une gestion de la ressource en eau encadrée par des
orientations et objectifs de référence
a. La règlementation nationale
Loi sur l’eau
La loi sur l’eau de janvier 1992 a instauré une gestion globale à l’échelle des bassins versants, à travers ses principaux outils de planification et de gestion (les Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux – SDAGE, et les Schémas d’aménagement et de gestion des eaux - SAGE) en associant préservation des milieux aquatiques et satisfaction des usages.
Directive Cadre sur l’Eau (DCE)
La Directive Cadre sur l’Eau d’octobre 2000 a établi un cadre pour une politique communautaire de l’eau et renforce les principes de gestion de l’eau par bassin versant hydrographique déjà adoptés par la législation française avec les SDAGE et les SAGE. Elle affirme l’objectif ambitieux d’atteindre un bon état des masses d’eau superficielle et souterraine à l’horizon 2015. Transposée en droit français en 2004, elle s’est traduite par la révision du SDAGE approuvé en novembre 2009 (cf. ci-après).
Loi sur l’eau et les milieux aquatiques
La loi sur l’eau et les milieux aquatiques de décembre 2006 vise notamment à se doter des outils pour atteindre les objectifs de la directive cadre et à améliorer le service public de l’eau et de l’assainissement. Elle instaure des dispositions en matière de gestion économe des ressources et de gestion à la source des eaux pluviales ; elle donne davantage de pouvoir réglementaire aux SAGE.
b. Les documents cadres
Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) Seine-Normandie
Le 12 Octobre 2020, le comité de bassin Seine Normandie a adopté le projet de SDAGE 2022-2027. Il a été approuvé le 6 avril 2022.
Ce nouveau SDAGE répond aux enjeux définis dans le cadre de l’état des lieux réalisé en 2019, et met l’accent sur la reconquête des milieux aquatiques et la lutte contre les pollutions diffuses en prenant en compte le changement climatique. Il fixe les objectifs suivants à horizon 2027 :
→ 52 % des masses d’eau superficielles continentales en bon état écologique et 36% en bon état chimique
→ 52 % des masses d’eau superficielles littorales en bon état écologique et 41% en bon état chimique
→ 32 % des masses d’eau souterraines en bon état chimique et 100% en bon état quantitatif en 202769 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Le SDAGE 2022-2027 est construit autour de 5 orientations fondamentales déclinées en 27 orientations, déclinées elles aussi en dispositions.
• Orientation fondamentale 1 : Pour un territoire vivant et résilient : des rivières fonctionnelles, des milieux humides préservés et une biodiversité en lien avec l’eau restaurée ;
• Orientation fondamentale 2 : Réduire les pollutions diffuses en particulier sur les aires d’alimentation de captages d’eau potable ;
• Orientation fondamentale 3 : Pour un territoire sain : réduire les pressions ponctuelles ;
• Orientation fondamentale 4 : Pour un territoire préparé : assurer la résilience des territoires et une gestion équilibrée de la ressource en eau face au changement climatique ;
• Orientation fondamentale 5 : Agir du bassin à la côte pour protéger et restaurer la mer et le littoral.
Le présent état initial de l’environnement expose les niveaux de connaissance issus de l’état des lieux de 2019.
Le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE)
Outil de gestion, le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) définit les modalités précises d’application des orientations du SDAGE au niveau local, pour un bassin versant superficiel et/ou souterrain. Le périmètre de Le Havre Seine Métropole (LHSM) est concerné par 1 SAGE : le SAGE de la Vallée du Commerce qui a été approuvé en octobre 2015. 10 communes du Sud-Est de la CU sont concernées : Angerville-l’Orcher, Etainhus, Graimbouville, Saint-Gilles-de-la-Neuville, Gommerville, Les Trois-Pierres, Saint-Romain-de-Colbosc, La Remuée, La Cerlangue, Vergetot.
Le SAGE de la Vallée du Commerce répond à 6 enjeux majeurs, décomposés en 20 objectifs et 76 dispositions :
Enjeux, objectifs et leviers du SAGE (approuvé en 2015) :
• Enjeu 1 – Reconquérir les milieux aquatiques et accroître la biodiversité
O1.1 Préserver et restaurer les zones humides
O1.2 Rétablir la continuité écologique des cours d’eau
O1.3 Préserver et restaurer la fonctionnalité et la biodiversité des milieux aquatiques
• Enjeu 2 – Maîtriser les ruissellements et lutter contre les inondations
O2.1 Améliorer la connaissance des phénomènes d’inondation
O2.2 Opérer la transition du curatif vers le préventif
O2.3 Limiter le ruissellement et l’érosion des sols
O2.4 Réduire la vulnérabilité des biens et des personnes face au risque inondation
O2.5 Apprendre à vivre avec le risque inondation
• Enjeu 3 – Améliorer la qualité des eaux souterraines et de l’eau potable
O3.1 Réduire les pollutions diffuses des eaux souterraines
O3.2 Réduire les pollutions ponctuelles des eaux souterraines
• Enjeu n°4 – Améliorer la gestion quantitative de la ressource en eau
O4.1 Garantir une répartition de la ressource en eau pour tous70 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
O4.2 Améliorer les ouvrages de production et de distribution d’eau
O4.3 Encourager les économies d’eau
• Enjeu n°5 – Améliorer la collecte et le traitement des rejets
O5.1 Améliorer l’assainissement collectif
O5.2 Améliorer l’assainissement des industriels et des artisans
O5.3 Améliorer la gestion des eaux pluviales
O5.4 Améliorer l’assainissement non-collectif
• Enjeu n°6 – Connaissance, communication et gouvernance
O6.1 Amélioration, centralisation et partage des connaissances
O6.2 La communication au service des objectifs du SAGE
O6.3 Une gouvernance adaptée pour la mise en œuvre du SAGE
Le SAGE fixe des orientations pour les documents d’urbanisme, comme les SCoT et les PLU, qui doivent être compatibles.
2. Les ressources en eaux souterraines et superficielles
a. Un territoire marqué par l’estuaire de la Seine
Le territoire est couvert par 4 unités hydrographiques :
• L’unité hydrographique SEINE ESTUAIRE AVAL au Sud du territoire ;
• L’unité hydrographique LEZARDE qui couvre la majeure partie du territoire ;
• L’unité hydrographique ETRETAT le long du littoral ;
• L’unité hydrographique COMMERCE à l’Est du territoire (toutefois aucun cours d’eau de cette
unité hydrographique ne traverse le territoire).
b. Des cours d’eau fortement soumis à l’urbanisation
Le réseau hydrographique principal est constitué de la Seine ; le territoire se trouvant en rive droite de l’estuaire.
On recense par ailleurs plusieurs cours d’eau secondaires sur le territoire ; issus de résurgences de nappes :
• La Lézarde (FRHR274), rivière principale qui s’écoule sur environ 15 km du Nord au Sud du
territoire, et pouvant atteindre 12 m de large. Elle prend sa source à Saint-Martin-du-Bec et
trouve son exutoire au canal d’Harfleur, en lien avec le canal de Tancarville. Elle reçoit les
écoulements de 3 affluents : La Curande, La Rouelles et Le Saint-Laurent. Les usages
principaux associés à La Lézarde sont les suivants : l’urbanisation, les industries, les
infrastructures portuaires et routières et les prélèvements.
• La Curande (FRHR274-H7320600), qui s’écoule à Fontenay et conflue avec la Lézarde à
Montivilliers.71 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
• Le ruisseau des Rouelles (FRHR274-H7340600), qui s’écoule à Fontaine-La-Mallet, et
conflue avec la Lézarde à Harfleur, en aval du Parc de Rouelles.
• Le Saint-Laurent (FRHR274-H7360600), qui s’écoule depuis Saint-Laurent de Brévedent
jusqu’à Harfleur, où il conflue avec la Lézarde au niveau du Parc de la Mairie. Un projet de
renaturation est en cours à Gonfreville-l’Orcher, avec des travaux prévus prochainement.
• L’Oudalle (FRHR274-H7305000) s’écoule à Oudalle jusqu’au canal de Tancarville, elle reçoit
un petit affluent.
• Le Rogerval (FRHR274-H7306000), qui prend naissance dans un vallon boisé préservé.
Ces cours d’eau ont été dans leur ensemble fortement modifiés, rectifiés et recalibrées (85 % de linéaire de rivières rectifié sur le territoire). Leur tracé est relativement rectiligne et les méandres sont rares ; plusieurs portions sont entièrement canalisées et couvertes, notamment au niveau des secteurs densément urbanisés et au passage d’infrastructures de transport. Les berges sont globalement artificialisées et de nombreux ouvrages entravent la circulation de l’eau et des sédiments. Différentes retenues d’eau ont été aménagées en dérivation des lits majeurs des cours d’eau, principalement sur la Lézarde et le ruisseau des Rouelles.
c. Un littoral fortement modifié
L’ouest du territoire est longé sur 30 km par le littoral de la Manche.
Accueillant une biodiversité riche et diversifiée, reconnue et protégée par plusieurs classements (Natura 2000, Espace Naturel Sensible, etc.), le littoral havrais est fortement urbanisé et modifié (habitat, aménagements portuaires, décharges, etc.). Cela représente un véritable enjeu de gestion pour le territoire.
On recense deux masses d’eaux côtières :
• La masse d’eau Le Havre-Antifer (FRHC16) qui correspond à la majeure partie du littoral du
territoire de Sainte-Adresse au Tilleul. Cette masse d’eau est marquée par les activités
nautiques et de baignades et les activités portuaires.
• La masse d’eau Pays de Caux (FRHC17) qui couvre une petite partie au Nord du territoire,
d’Etretat à Bénouville.
d. Deux principales masses d’eaux souterraines
Le territoire est principalement concerné par deux aquifères importants que sont la nappe de craie et la nappe alluviale de la Seine.
La nappe de craie (Craie altérée de la pointe de Caux – FRHG219), formation géologique dominante du sous-sol de la Haute-Normandie, est l’aquifère le plus important du Bassin parisien. Elle est alimentée par les précipitations qui traversent le sol et s’infiltrent dans la craie. Elle s’écoule des plateaux vers la vallée de la Seine ; les écoulements sont fortement influencés par les différentes vallées des affluents de la Seine qui la drainent, tous situés en rive droite.
La nappe alluviale (Alluvions de la Seine moyenne et aval – FRHG001), se développe essentiellement dans les cailloutis de base des alluvions de la Seine, grossiers et donc perméables. Cette nappe est en continuité avec la nappe de craie et constitue un axe de drainage. La présence d’alluvions plus récentes, de granulométrie plus fine, la protège des sources de pollution de surface. Les relations entre la Seine et ces deux nappes sont très étroites : les variations de niveau du fleuve ont une conséquence directe sur les niveaux des nappes.72 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Par ailleurs, une nappe profonde et captive, l’aquifère des sables de l’Albien (Albien Néocomien captif – FRHG218), s’étend sur l’ensemble du bassin parisien et concerne donc le territoire de la Métropole.
e. Un bon état quantitatif des masses d’eaux souterraines à nuancer face au fragile équilibre quantitatif des eaux superficielles
En 2019, l’état quantitatif des deux principales masses d’eau souterraines du territoire est estimé comme bon. Par ailleurs, l’état des lieux du bassin Seine-Normandie, réalisé par l’Agence de l’eau en 2019, indique que les masses d’eau souterraines du territoire ne seront a priori pas en déséquilibre quantitatif en 2027.
Toutefois, l’importance de l’étendue des masses d’eau souterraines masque des déséquilibres locaux. Une vigilance doit être portée sur des secteurs où l’équilibre quantitatif est fragile et sur lesquels les tensions pourraient s’accentuer dans les prochaines années en raison des probables baisses du débit et des cours d’eau et de la recharge des nappes, liées au changement climatique.
A ce titre, l’ensemble du territoire du Havre Seine Métropole se trouvant en secteur à l’équilibre quantitatif fragile en étiage sur les eaux superficielles, il est probable qu’à terme l’état quantitatif des masses souterraines soit impacté. On recense déjà localement plusieurs arrêtés départementaux de restrictions des usages de l’eau sur la période 2010-2018.
A noter que l’aquifère des sables de l’Albien, de forte épaisseur et productive, est une réserve stratégique pour l’eau potable. Elle est considérée comme une ressource ultime pour l’alimentation en eau potable en cas de crise majeure dans le SDAGE, et ce notamment en prévision des impacts du changement climatique sur l’évolution des ressources en eau potable et la potentielle recrudescence des épisodes de sécheresses. L’aquifère a été classé en Zone de Répartition des Eaux (ZRE), c’est- à-dire une zone caractérisée ou menacée à plus ou moins long terme par une insuffisance de la ressource en eau par rapport aux besoins. Toutefois le périmètre de la ZRE ne recouvre pas le territoire métropolitain.
f. Des ressources en eaux à la qualité dégradée
Des cours d’eau de moindre qualité mais dont l’état écologique progresse
Le bon état d’une eau de surface est atteint lorsque son état écologique et son état chimique sont au moins bons.
• L’état chimique est destiné à vérifier le respect de normes environnementales fixées pour 41
substances chimiques ; il comporte 2 classes : bon ou mauvais.
• L’état écologique est évalué sur la base de paramètres biologiques et de paramètres physico-
chimiques (oxygène, matières phosphorées et azotées…) sous-tendant la biologie : il comporte
5 classes de très bon à mauvais.
Les principaux cours d’eau du territoire présentent :
- un état chimique (avec ubiquistes) globalement mauvais ;
- une évolution lente mais positive de l’état écologique des cours d’eau du territoire ; ainsi,
bien que celui-ci reste globalement moyen, il n’y a plus de secteurs en mauvais état écologique
en 2019 par rapport à 2015.73 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Etat des masses d’eau superficielles du territoire
(Source : Agence de l’eau du Bassin Seine-Normandie 2019)
Code et nom de la
masse d’eau
superficielle
Etat chimique (avec
ubiquiste)
Etat écologique Pressions
significatives
FRHR274
La Lézarde de sa
source au confluent
du Canal de
Tancarville
Mauvais Moyen Hydromorphologie
FRHR274-H7320600
La Curande Mauvais Moyen Hydromorphologie
FRHR274-H7340600
Ruisseau des
Rouelles Mauvais Moyen
Macropolluants
ponctuels,
hydromorphologie
FRHR274-H7360600
Saint-Laurent Mauvais Moyen Phosphore diffus, hydromorphologie
FRHR524-H7305000
Oudalle Bon Bon -
FRHR524-H7306000
Rogerval Inconnu Bon -
Le SDAGE du Bassin Seine-Normandie 2022-2027 fixe les objectifs suivants d’amélioration de l’état des masses d’eau superficielles du territoire (à horizon plus ou moins lointain) :
Objectifs d'état des masses d'eau superficielles
(Source : SDAGE du Bassin Seine-Normandie 2022-2027)
Code et nom de la masse
d’eau superficielle
Naturelle ou
fortement
modifiée
Objectif Etat chimique Objectif état écologique
Objectif Délai Objectif Délai
FRHR274
La Lézarde de sa source au
confluent du Canal de
Tancarville
FM Bon état 2033 Bon potentiel 2027
FRHR274-H7320600
La Curande N Bon état 2033
Objectif moins
strict 2027
FRHR274-H7340600
Ruisseau des Rouelles N Bon état 2033
Objectif moins
strict 2027
FRHR274-H7360600
Saint-Laurent N Bon état 2033 Bon état 2027
FRHR524-H7305000
Oudalle N Bon état 2021 Bon état 2021
FRHR524-H7306000
Rogerval N Bon état 2027 Bon état
Depuis
201574 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Des masses d’eau (cotières et de transition) littorales dégradées
Les principales masses d’eau littorales présentent :
- un état chimique mauvais, notamment du fait d’une dégradation par les PCB (héritage des
pollutions historiques stockées dans les sédiments dans la Seine).
- un état écologique globalement moyen.
Etat des masses d’eau littorales du territoire
(Source : Agence de l’eau du Bassin Seine-Normandie 2019)
Code et nom de la
masse d’eau littorale
Etat chimique (avec
ubiquiste)
Etat écologique Pressions
significatives
FRHT03
Estuaire de Seine
Aval Mauvais Moyen
Micropolluants
ponctuels, nitrates
diffus, phytosanitaires
diffus,
hydromorphologie
FRHC16
Le Havre-Antifer Mauvais Moyen
Micropolluants
ponctuels, nitrates
diffus
FRHC17
Pays de Caux Mauvais Bon Micropolluants
ponctuels
Le SDAGE du Bassin Seine-Normandie 2022-2027 fixe les objectifs suivants d’amélioration de l’état des masses d’eau littorales du territoire (à horizon plus ou moins lointain) :
Objectifs d'état des masses d'eau littorales
(Source : SDAGE du Bassin Seine-Normandie 2022-2027)
Code et nom de la masse d’eau
superficielle
Naturelle ou
fortement
modifiée
Objectif Etat chimique Objectif état écologique
Objectif Délai Objectif Délai
FRHT03
Estuaire de Seine Aval
FM Objectif moins
strict
2027 Objectif
moins strict
2027
FRHC16
Le Havre-Antifer
FM Bon état 2033 Objectif
moins strict
2027
FRHC17
Pays de Caux
N Bon état 2033 Bon état Depuis
2015
Des masses d’eau souterraines dégradées, notamment par les activités agricoles
Les principales masses d'eau souterraines concernant le territoire, la craie altérée de l’estuaire de la Seine et les alluvions de la Seine moyenne et aval, présentent (Etat des lieux 2019 du SDAGE 2022- 2027) :
- un état chimique médiocre en raison de leur contamination par les nitrates, avec, de plus,
une tendance à la hausse des concentrations, et par les micropolluants ponctuels. La nappe
des alluvions de la Seine est également concernée par des pollutions par les produits
phytosanitaires.
- un bon état quantitatif, certains secteurs étant cependant soumis à une forte pression
quantitative qui pourrait s’aggraver avec de possibles situations de crise.
La nappe de l’Albien, profonde et captive, présente un bon état chimique et quantitatif (identifiée toutefois comme réserve stratégique ultime pour l’eau potable).75 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Objectifs d'état des masses d'eau souterraines
(Source : SDAGE du Bassin Seine-Normandie 2022-2027)
Code et nom de la
masse d’eau
Objectif état
chimique
Paramètres de
causes de non-
atteinte de
l’objectif
Objectif quantitatif
FRHG001
Alluvions Seine
Moyenne Aval
Bon état 2027
Micropolluants
ponctuels, nitrates
diffus,
phytosanitaires
diffus
Bon état depuis
2015
FRHG202
Craie altérée de
l’estuaire de la
Seine
Bon état 2027
Micropolluants
ponctuels,
phytosanitaires
diffus
Bon état depuis
2015
FRHG218
Albien Néocomien
captif
Bon état depuis
2015 -
Bon état depuis
2015
g. Projections des pressions sur la ressource en eau locale
Plusieurs pressions sur la ressource en eau sont à anticiper localement pour assurer le maintien, mais aussi parfois l’atteinte, d’un bon niveau qualitatif et quantitatif de celle-ci. Ces projections permettront de pouvoir répondre aux besoins futurs des populations et des activités, mais aussi préserver l’équilibre écologique du territoire dans un contexte de changement climatique.
On identifie plusieurs pressions à prendre en compte sur le territoire :
• L’amplification de l’urbanisation (imperméabilisation des sols) ;
• Bien que certains secteurs industriels comme la sidérurgie et la métallurgie soient en déclin,
réduisant l’exposition de la ressource aux pollutions induites, d’autres secteurs comme
l’industrie agro-alimentaire et la santé connaissent eux une croissance tendancielle et peuvent
générer aussi des pollutions pour le milieu ;
• L’augmentation tendancielle de l’évapotranspiration avec le changement climatique, pouvant
générer une demande croissante pour le développement de l’irrigation en agriculture.
• Une poursuite du retournement des prairies, de la disparition des haies, de l’augmentation de
l’usage des produits phytosanitaires et une stabilisation de l’usage des nitrates du fait du
contexte de changement climatique (baisse des rendements).76 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202277 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
3. Alimentation en eau potable
a. Une direction Cycle de l’eau dédiée à la gestion de l’eau potable
LHSM est autorité organisatrice pour la production et la distribution de l’eau potable sur son territoire.
Elle est exploitante des services publics de l’eau potable, soit en régie, soit via des Délégations de Service Public. Ainsi, l’exploitation des ouvrages de production et de distribution d’eau potable sur le territoire communautaire reprend la structuration des collectivités anciennement compétentes :
• 1 secteur Régie exploité directement par LHSM : Secteur CODAH - Régie (7 communes) ;
• 1 secteur exploité en Régie sous contrat de Prestation de Service (1 commune : Saint-Laurent-
de-Brèvedent) - commune passée en régie directe LHSM depuis 2020 ;
• 7 secteurs exploités en Délégation de Service Public (DSP) ;
‐ DSP du secteur CODAH – DSP ;
‐ DSP partielle de l’ex SIAEPA de la Région de Criquetot-l’Esneval ;
‐ DSP de l’ancien SIAEPA de Saint-Romain-de-Colbosc ;
‐ DSP de l’ancien SIAEPA de La Cerlangue ;
‐ DSP de l’ancien SIAEPA de Saint-Romain-Nord-Ouest ;
‐ DSP de la commune d’Etretat ;
‐ DSP partielle du SIAEPA de Fécamp Sud-Ouest (2 communes).
Tous les contrats de délégation ont été transférés à la CU Le Havre Seine Métropole.
LHSM est également concessionnaire de réseau, puisqu’elle distribue pour le compte de Haropa – Port du Havre de l’eau potable et de l’eau industrielle (DSP en vigueur jusqu’en 2032). Cette dernière est produite à partir d’un pompage en Seine situé à Norville.
b. Une importante capacité de production d’eau potable pour faire face à des besoins de plus en plus importants
Les données de cette partie sont issues du Rapport sur le Prix et la Qualité sur Service (RPQS) de l’eau, pour l’année 2019.
Pour son alimentation en eau potable, LHSM a produit en 2019 environ 20.3 millions de m3 d’eau, via l’exploitation de 14 points de captages d’eau (32 points de prélèvements), 12 internes et 2 externes au territoire, couvrant près de 450 km².
On recense 3 ressources stratégiques :
Saint-Laurent-de-Brèvedent ;
Radicatel (hors territoire) ;
Yport (hors territoire).
Viennent ensuite des secteurs de captages de moindre importance.
En 2019, 177 400 m3/j ont été produits. Les capacités techniques globales des installations de la CU sont globalement suffisantes pour faire face aux besoins croissants du territoire.
La consommation domestique moyenne par abonné varie sur le territoire de 84.8 à 118 m3/an. La consommation globale par habitant varie de 98.9 à 282 litres/jour (base 365 jours). A noter que la consommation journalière moyenne par habitant est supérieure à la moyenne nationale (145 litres/jour) pour les secteurs suivant :
> Secteur CODAH – Régie (77% des abonnés, 154l/j/hab.),78 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
> Secteur du SIAEPA de La Cerlangue (1.8% des abonnés, 189l/j/hab.),
> Secteur d’Etretat (0.9%, 282l/j/hab.).
La consommation domestique moyenne journalière globale est de 35 609 m3/j, soit 20% de la capacité de production journalière du territoire.
Par rapport à 2018, les prélèvements sont en hausse (+3%). Cela s’explique entre autres par une hausse du nombre d’abonnés (+0.3% entre 2018 et 2019), ainsi que par une hausse des consommations (augmentation de +0.7% du nombre de mètres cubes facturés entre 2018 et 2019).
La sécurisation de l’approvisionnement en eau potable est également portée par une capacité de stockage de 90 290 m3 en 2019.
A noter que le rendement est rendu plus performant du fait du déploiement par LHSM de compteurs de sectorisation sur l’ensemble des services d’eau pour localiser plus précisément les fuites et les interventions curatives nécessaires, et de la mise en œuvre d’opérations de renouvellement.
Bassins d'alimentation des captages LHSM, Source : SIGU & Topographie
Chacune des ressources du territoire permet de produire individuellement entre 1 000 à 63 000 m3/j. Les aires d'alimentation de la plupart de ces captages s'étendent bien au-delà des limites du territoire de LHSM.
Une petite partie de l’eau consommée est également importée à partir de captages gérés par d’autres structures (SIAEPA de Fécamp Sud-Ouest pour les communes de Bénouville et Bordeaux Saint Clair) et représente 13% des volumes consommés. D’autre part, le territoire exporte 8.3% des volumes produits sur des territoires externes à LHSM (Fécamp Caux Littoral, Caux Seine Agglomération, Communauté de commune Campagne-de-Caux).79 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
1 secteur géographique, celui du CODAH – Régie (Le Havre, Harfleur, Gainneville, Gonfreville- L’Orcher, Rogerville, Saint-Martin-du-Manoir, Sainte-Adresse, Saint-Laurent-de-Brèvedent) représentent 90% des volumes produits quotidiennement pour l’alimentation de LHSM :
Saint-Laurent-de-Brèvedent (23 %),
Radicatel (36 %),
Yport (28 %),
Saint-Martin-du-Manoir (3 %).
c. Une qualité de l’eau distribuée conforme aux normes en vigueur mais une forte vigilance à maintenir
Les bassins d’alimentation des captages de LHSM sont très étendus et les surfaces concernées sont majoritairement cultivées ; à ce titre, il faut veiller au maintien de la qualité de la ressource en eau face aux dégradations par les nitrates et les pesticides.
Selon l’ARS, l’eau distribuée par LHSM territoire est de bonne qualité bactériologique et physicochimique.
Taux de conformité des prélèvements microbiologique et physicochimiques sur les eaux distribuées (Source : ARS Normandie 2019)
Secteurs
Taux de conformité
des prélèvements
microbiologiques
Taux de conformité des
prélèvements
physicochimiques
Ex CODAH-Régie 99.8% 99.4%
Ex- CODAH – DSP 100% 98.1%
Ex SIAEPA Saint-Romain-Nord-Ouest 100% 100%
Ex SIAEPA Saint-Romain-de-Colbosc 100% 96.6%
Ex SIAEPA Région de La Cerlangue 100% 100%
Commune Saint-Laurent-de-Brèvedent 100% 100%
Ex-CC Criquetot-l’Esneval (ex SIAEPA de
Criquetot-l’Esneval) 100% 97.1%
Ex-CC Criquetot-l’Esneval (Commune d’Etretat) 100% 88.2%
Bénouville / Bordeaux Saint Clair 100% 97.0%
On observe toutefois des non-conformités par rapport aux limites de qualité identifiées pour des dépassements en : plomb, Dimétachlore, bactéries (Entérocoque et Escherichia Coli), turbidité.
LHSM dispose de 6 usines (4 internes et 2 externes au territoire) pour le traitement de l’eau potable :
• L’usine de Radicatel, pour le traitement de la turbidité par une filière de clarification via un traitement coagulation/floculation/décantation et une filtration rapide sur filtre sable (hors territoire) – l’usine de Radicatel assure également le traitement de l’eau pour les industries de la zone havraise ;
• L’usine de Saint-Laurent-de-Brèvedent, pour le traitement des pesticides et de la turbidité via des filtres bicouches et du charbon à grain (CAG). Une désinfection par ultraviolet (UV) est réalisée en complément du chlore gazeux ;80 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
• L’usine d’Yport, pour le traitement des pesticides via un réacteur avec injection de barbotine chlorure ferrique et polymère associé à un décanteur à floc lesté et une filtration bicouche sable anthracite (hors territoire) ;
• L’usine de Saint-Romain-de-Colbosc pour le traitement des pesticides et de la turbidité via des cuves à charbon à grain (CAG), une préfiltration et des membranes d’ultrafiltration ;
• L’usine d’ultrafiltration de Saint-Laurent-de-Brèvedent pour le traitement de la turbidité via un procédé d’ultrafiltration ;
• L’usine Saint-Martin-du-Bec, pour le traitement de la turbidité, des nitrates et des pesticides via un procédé d’ultrafiltration.
Les autres forages ou sources ne nécessitent pas de recours à des traitements particuliers. Les eaux brutes sont uniquement traitées par une désinfection avec du chlore gazeux avant mise en distribution.
Sur le territoire, la valeur globale de l’indice d’avancement de la protection de la ressource est de 60% ; on recense 13 arrêtés préfectoral de DUP instituant des périmètres de protection :
Sources de Saint-Laurent-de-Brèvedent (03/05/1991),
Forage de Saint-Laurent-de-Brèvedent (13/01/1992),
Forage de Saint-Laurent-de-Brèvedent (28/01/2013),
Forages de Radicatel (03/05/1991),
Forage d’Yport (11/03/1985),
Forages de Saint Martin du Manoir – Durecu (01/12/2009),
Forage et source de Rolleville (18/06/1987),
Forage de Montivilliers (15/02/2020),
Forage de Sandouville (15/04/2010),
Forage de Carouge (09/04/1987),
Forage de Saint-Vigor-d’Ymonville (12/10/1998),
Forage du Clos Pigeon (12/06/2018),
Forage du Bec (12/06/2018).
Pour les forages d’Etretat, cet indice est de 40 % : l’avis de l’hydrogéologue a été rendu. Aucun arrêté préfectoral n’a été publié face à la difficulté de la protection de la ressource et de la mise en œuvre des périmètres de protection des captages en milieu urbain.
Par ailleurs, en France, le Grenelle de l’environnement (2007) a amorcé une action forte de protection des 500 captages les plus menacés en France par les pollutions diffuses, notamment les nitrates et les produits phytosanitaires.
Leur mise en œuvre résulte d’une démarche volontaire des acteurs avec pour objectifs :
• La réduction d’intrants via le renforcement du conseil individuel et collectif aux agriculteurs afin
d’évoluer vers une agriculture durable et raisonnée ;
• La communication et la sensibilisation des prescripteurs agricoles, des agriculteurs, et des élus
locaux ;
• Le développement de partenariat avec des acteurs locaux et la participation à la structuration
des politiques agricoles vertueuses ;
• La mise en place d’aménagements d’hydraulique douce pour limiter les transferts vers le karst
et les captages.
Dans son bilan, l’ARS indique que LHSM doit mener des actions dans les aires d'alimentation des captages pour lutter contre les ruissellements et les pollutions diffuses par les nitrates et les pesticides (les bassins d’alimentation du territoire étant majoritairement couverts de surfaces cultivées).81 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
A ce jour, plusieurs programmes d’actions sur les Bassins d’Alimentation de Captage (BAC) ou Aires d’Alimentation de Captage (AAC), en cours ou en cours de validation, concernent LHSM :
• BAC de Saint-Laurent-de-Brèvedent – La Payennière (Arrêté préfectoral de délimitation de
la Zone de Protection de l’Aire d’Alimentation du Captage du 05/12/2016 ; élaboration du
programme d’actions 1 en cours) ;
• BAC de Rolleville (Arrêté préfectoral de délimitation de la ZPAAC du 05/12/2016 ; élaboration
du programme d’actions 1 en cours) ;
• BAC de Saint-Martin-du-Bec (Arrêté préfectoral de délimitation de la ZPAAC du 05/11/2012 ;
Arrêté préfectoral « programme d’actions n°1 » du 14/04/2015 ; Arrêté préfectoral «
programme d’actions n°2 » du 11/01/2019) ;
• BAC d’Oudalle Saint-Vigor (Arrêté préfectoral de délimitation de la ZPAAC du 05/12/2016 ;
Arrêté préfectoral « programme d’actions n°1 » du 28/12/2017) ;
• BAC d’Etretat (délimitation du BAC et analyse de la vulnérabilité en cours).
Chronologie de la démarche BAC
(Source : LHSM, 2019)82 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202283 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
4. L’assainissement collectif et non-collectif
a. Une direction Cycle de l’eau dédiée à l’assainissement
LHSM est autorité organisatrice pour la gestion de l’assainissement collectif et non collectif sur l’ensemble de son territoire, via sa Direction Cycle de l’Eau.
Cette Direction exploite les services publics de l’assainissement, soit en régie, soit via des Délégations de Services Publics.
Ainsi l’exploitation des ouvrages de collecte, de transfert et de traitement des eaux usées sur le territoire communautaire reprend la structuration des collectivités anciennement compétentes :
• 1 secteur Régie exploité directement par LHSM : Secteur CODAH - Régie (7 communes) ;
• 1 service exploité en Régie sous contrat de Prestation de Service (Station Edelweiss) – service
passé en régie directe LHSM depuis 2020 ;
• 8 secteurs exploités en Délégation de Service Public (DSP) ;
‐ DSP du secteur CODAH – DSP (10 communes) ;
‐ DSP partielle de l’ex SIAEPA de la Région de Criquetot-l’Esneval ;
‐ DSP de l’ancien SIAEPA de Saint-Romain-de-Colbosc ;
‐ DSP de l’ancien SIAEPA de La Cerlangue ;
‐ DSP de l’ancien SIAEPA de Saint-Romain-Nord-Ouest ;
‐ DSP de la commune d’Etretat ;
‐ DSP de la commune de Sainneville ;
‐ DSP partielle du SIAEPA de Fécamp Sud-Ouest (2 communes).
b. Des systèmes d’assainissement collectif globalement performants mais des dipositifs lagunaires dégradés
Les eaux usées collectées sur LHSM sont traitées via 24 ouvrages d’épuration (15 stations d’épuration (STEP) et 9 lagunes) avant rejet au milieu naturel.
La capacité globale d’épuration totalise environ 356 620 équivalent-habitant (EH)8, avec des dimensionnements variables, depuis quelques centaines d’EH pour certaines petites communes à 322 000 EH pour la station EDELWEISS au Havre, qui traite les eaux usées de 20 communes (Le Havre, Angerville-l'Orcher, Épouville, Fontaine-la-Mallet, Fontenay, Gainneville, Gonfreville-l'Orcher, Harfleur, Hermeville, Manéglise, Montivilliers, Notre-Dame-du-Bec, Rogerville, Rolleville, Sainte- Adresse, Saint-Laurent-de-Brèvedent, Saint-Martin-du-Bec, Saint-Martin-du-Manoir et Turretot).
Les eaux usées de 2 systèmes d’assainissement présents sur le territoire de LHSM sont traitées sur un ouvrage de dépollution d’une autre collectivité, ainsi les eaux usées des communes de Bénouville et Bordeaux-Saint-Clair sont traitées sur la station d’épuration des Loges (Fécamp Caux Littoral) et les eaux usées de la commune des Trois Pierres vers la station d’épuration de Gruchet (Caux Seine Agglo).
8 Equivalent-habitant (EH) = unité de mesure permettant d'évaluer globalement la pollution domestique et la
pollution industrielle d’un territoire. Elle se base sur la quantité de pollution émise par personne et par jour. Elle est utilisée pour exprimer la capacité des stations d'épuration.84 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Le système de collecte sur l’ensemble du territoire de LHSM est soumis à une surveillance constante de la part des équipes assurant son entretien. Le réseau et les différents ouvrages spécifiques (bassins, dessableurs, postes de relevage, etc.) font l’objet de visites de surveillance très régulières et d’actions d’entretien préventives. Les sables curés sont envoyés vers la station de traitement des eaux usées.
Conformément à l’article L.1331-10 du Code de la Santé Publique, tout déversement d'eaux usées, autres que domestiques, dans le réseau public de collecte doit être préalablement autorisé par le président de la collectivité compétente en matière de collecte. Dans ce cadre une stratégie de mise en place d’arrêtés d’autorisation de rejet est mise en place sur le territoire communautaire.
La station EDELWEISS, mise en service en 2011, respecte les exigences de traitement imposées par la réglementation que ce soit en temps sec ou en temps de pluie et va même au-delà de ces exigences dans la majorité des cas. Elle bénéficie notamment de la reconnaissance Haute Qualité Environnementale. Elle permet donc de rejeter une eau conforme en tout temps, hors situations exceptionnelles.
En 2019, plusieurs lagunes traitant les eaux usées du territoire ont été identifiées comme en non- conformité du fait notamment d’une capacité nominale de celles-ci inférieure à la pollution maximale reçue :
La Lagune d’Octeville-sur-Mer ;
La Lagune d’Epretot ;
La Lagune de La Poterie-Cap-d ’Antifer ;
La Lagune de Beaurepaire ;
La Lagune du Tilleul.
A noter que la construction en 2021 d’un commerce sur la commune de Montivilliers a engendré d’importants dommages sur une canalisation du réseau d’assainissement communautaire.
LHSM a procédé au dévoiement de la canalisation souterraine et au renforcement du réseau d’assainissement pour sécuriser l’écoulement des eaux usées depuis les communes Turretot, Notre- Dame-du-Bec, Saint-Martin-du-Bec, Rolleville, Hermeville, Angerville-l’Orcher, Manéglise, Epouville, le Fontenay et Montivilliers ; pour notamment protéger La Lézarde de toute pollution.
c. Des systèmes d’assainissement non collectif à améliorer
Si l’essentiel du territoire est desservi par un assainissement collectif, un certain nombre d’habitations restent assainies par des dispositifs individuels.
Le Service Public d’Assainissement non Collectif (SPANC) de LHSM est issu de la fusion de 5 SPANC. Le service est géré par LHSM depuis le 1er janvier 2019.
Sur le territoire, les compétences « contrôle », « réhabilitation » et « entretien » sont appliquées. Le SPANC a pour missions obligatoires le contrôle de conformité des projets d’assainissement non collectifs lié à l’urbanisme et le contrôle de bon fonctionnement des installations existantes. Le SPANC assure également sur une partie du territoire de LHSM la mission d’entretien pour les installations réhabilitées et la mission réhabilitation, proposées aux usagers via des conventions spécifiques.
Le SPANC est exploité en interne par régie directe pour l’ancien territoire CODAH ou via une prestation de service pour les secteurs de l’ancienne communauté de communes de Caux Estuaire et en délégation de service via un contrat d’affermage pour l’ancienne communauté de communes du Canton de Criquetot l’Esneval ainsi que pour le secteur Bénouville / Bordeaux-Saint-Clair.
Le nombre d’installations recensées est de 5 420 en 2019.
Ces dispositifs offrent des performances satisfaisantes lorsqu’ils sont bien conçus et entretenus, mais ils deviennent en revanche sources de pollutions diffuses lorsqu’ils fonctionnent mal. Sur le territoire, le taux de non-conformité est particulièrement élevé (de 50 à 84% de non-conformité selon les secteurs).85 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
d. L’hydraulique douce pour une préservation de l’eau avant son traitement
Face aux enjeux d’érosion, de ruissellement et de protection de la ressource, il est nécessaire de créer, restaurer et maintenir des aménagements d’hydraulique douce (aménagements végétalisés notamment, permettant de freiner les écoulements d’eau, de favoriser l’infiltration et d’augmenter la sédimentation).
Des études pour des aménagements d’hydraulique douce ont d’ores et déjà été menées sur les bassins versants de la Lézarde, de l’Oudalle et d’Étretat, et des Plans Communaux d’Aménagement d’Hydraulique Douce (PCAHD) ont été réalisés par le Syndicat Mixte des Bassins Versants Pointe de Caux Etretat – SBMV, dont les missions ont été intégrées par la Communauté urbaine au 1er janvier 2020.
LHSM, dans le cadre de sa compétence GEMAPI, poursuit cette dynamique et engage une démarche concertée avec les usagers concernés et notamment les exploitants agricoles pour la réalisation d’aménagements d’hydraulique douce (hors BAC Yport et Radicatel) sur l’ensemble de son territoire.
Pour cela, une procédure de Déclaration d’Intérêt Général (DIG) a été lancée en 2020. Des préconisations d’aménagements ont été formulées pour 9 zones différentes.86 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202287 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
5. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Une évolution lente mais positive de l’état
écologique des cours d’eau ;
Un bon état quantitatif des principales
nappes ;
Une forte capacité de production et de
stockage de l’eau potable ;
Plusieurs usines de traitement de l’eau ;
Une bonne qualité de l’eau potable
distribuée ;
Une bonne capacité globale d’épuration ;
Une station d’épuration reconnue Haute
Qualité Environnementale (HQE).
Un équilibre quantitatif des cours d’eau
fragile, ayant un impact sur le
renouvellement des ressources
souterraines ;
Le classement de la nappe captive
Albien-Néocomien en Zone de
Répartition des Eaux (ZRE) ;
Un mauvais état chimique des cours
d’eau et des masses d’eau littorales ;
Un état écologique moyen des masses
d’eau littorales ;
Un état chimique médiocre des masses
d’eau souterraines ;
Des pollutions issues principalement des
activités industrialo-portuaires et de
l’agriculture ;
Des non-conformités par rapport aux
limites de qualité de l’eau identifiées
ponctuellement ;
De nombreuses installations
d’assainissement collectif et non-collectif
en non-conformité.
OPPORTUNITES MENACES
Le recul des activités sidérurgiques et
métallurgiques particulièrement
polluantes ;
L’approbation prochaine du SDAGE pour
la période 2022-2027 ;
La protection de la ressource via la
définition de périmètres de protection et
de plans d’actions associés ;
Le déploiement d’une dynamique autour
de l’hydraulique douce via une procédure
de Déclaration d’Intérêt Général (DIG).
Une augmentation des consommations
en eau potable (avec des
consommations journalières par habitant
parfois supérieures à la moyenne) ;
La poursuite de l’urbanisation
(imperméabilisation) ;
Le développement des activités
industrielles agro-alimentaires et de
santé ;
L’augmentation de l’évapotranspiration
(changement climatique) et donc des
besoins en irrigation ;
La poursuite du retournement des
prairies, disparition des haies et
augmentation de l’usage des produits
phytosanitaires, et stabilisation de
l’usages des nitrates pour faire face à la
baisse des rendements (changement
climatique).88 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. Perspectives fil de l’eau
Usages de l’eau
Une augmentation de la demande en eau potable avec le développement du territoire
Des pressions croissantes sur la capacité d’approvisionnement en eau potable pour répondre aux besoins futurs des populations et des activités
La mise en œuvre du Schéma de Cohérence Territorial (SCoT), du Programme Local de l’Habitat (PLH) et du Plan de Mobilite (PDM ;ex « PDU »), qui fixeront les grandes orientations d’aménagement et de mobilité et l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) pour prendre en compte les questions de préservation de la ressource en eau
La menace du changement climatique sur la disponibilité de la ressource en eau et notamment l’état quantitatif des deux principales masses d’eau du territoire
Des impacts sur les rendements des cultures avec la moindre disponibilité en eau
Qualité de l’eau
Une pression croissante sur la qualité de la ressource en eau avec le développement du territoire, avec des pollutions liées aux activités industrielles et agricoles
La poursuite de l’imperméabilisation des sols, menant à des problématiques de ruissellement urbain et de pollutions diffuses
Les périmètres actuels de protection des captages permettant la préservation des masses d’eaux souteraines
L’accentuation du changement climatique et de ces conséquences sur le cycle de l’eau
c. Enjeux
ENJEUX
Diminuer l’impact énergétique lié à la collecte, au transport et au traitement de la ressource en eau dans le cadre du PCAET :
• Reconquérir la qualité des ressources en eau souterraine pour l’alimentation en eau potable, notamment en protégeant les captages d'eau potable et les ressources stratégiques
• Poursuivre la prévention des pollutions industrielles et agricoles (réduction de l’usage de produits phytosanitaires et de nitrate)
• Poursuivre la réduction de la consommation d’eau potable (sensibilisation, récupération de l’eau dans le cadre des projets...)
• Anticiper les projets au regard de leur desserte en eau potable et en assainissement pour limiter les extensions de réseaux…
• Poursuivre l’adaptation des dispositifs d’assainissement pour faire face au développement et réduire la pollution des milieux naturels
Assurer tous les usages en anticipant les effets du changement climatique sur la qualité et la quantité et la disponibilité de la ressource en eau
• Maintenir les équilibres quantitatifs de la ressource
• Poursuivre la sécurisation des approvisionnements pour une adduction d’eau potable de qualité89 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Amplifier la valorisation énergétique et l’économie circulaire dans le cadre de l’écologie urbaine
• Améliorer les niveaux de performance des réseaux (eau potable, eaux usées) …
• Moderniser les stations d’épuration pour répondre aux nouveaux besoins
Limiter les ruissellements des eaux pluviales :
• Maîtriser l’artificialisation par les réseaux
• Développer des pratiques d’hydraulique douce
• Promouvoir des pratiques agricoles adaptées (limitation du retournement des prairies, valorisation des haies, bosquets…90 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
GESTION DES DECHETS
1. Une gestion des déchets orientée vers des objectifs fixés par
des documents cadres
a. Le Plan National de Prévention des Déchets 2022 - 2027
Le Plan National de Prévention des Déchets est un document stratégique qui fixe les orientations à l’échelle nationale en matière de prévention des déchets, et décline les actions à mettre en œuvre pour réduire les quantités des déchets ménagers et des déchets issus des activités économiques, développer le réemploi, et lutter contre le gaspillage des ressources.
La 3e édition de ce plan est actuellement en cours de consultation. Elle définit les objectifs suivant, à atteindre d’ici 2030 :
→ Réduire de 5 % les déchets d’activités économiques ;
→ Réduire de 15 % les déchets ménagers et assimilés ;
→ Réduire de 50 % le gaspillage alimentaire ;
→ Atteindre l’équivalent de 5 % du tonnage des déchets ménagers en matière de réemploi et réutilisation.
b. Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV)
La Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV), promulguée le 15 août 2015, fixe des grands objectifs en matière de prévention et gestion des déchets :
→ Tri à la source des biodéchets et généralisation à tous les producteurs d’ici 2025 ;
→ 55 % de valorisation en matière des déchets non dangereux non inertes en 2020 et 65 % en 2025 ;
→ Réduction de 50 % des déchets non dangereux non inertes admis en installation de stockage entre 2010 et 2025.
c. Le Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets (PRPGD) de la région Haute-Normandie
Le Plan régional de Prévention et de Gestion des Déchets (PRGPD) est un document de planification élaboré à l’échelle de la région, faisant suite au décret n°2016-811 du 17 juin 2016 qui confie la compétence de planification des déchets aux collectivités.
Le PRGPD de la région Haute-Normandie fixe 3 grand objectifs en matière de recyclage et valorisation des déchets :
→ Atteindre un taux de valorisation matière des déchets non dangereux non inertes de 55% en masse à l’horizon 2020 et de 65 % à l’horizon 2025.
→ Réduire de 30 % les quantités de déchets non dangereux non inertes en stockage à l’horizon 2020, par rapport à 2010, puis de 50 % en 2025.
→ Atteindre un taux de valorisation matière de 70 % des déchets du secteur du bâtiment et des travaux publics à l’horizon 2020.91 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
2. Collecte et traitement sur le territoire
a. Organisation de la collecte
La collecte de déchets sur le territoire est effectuée par les services de la communauté urbaine ou par des prestataires de service. La fréquence des collectes varie entre 1 à 4 fois par semaine, selon les communes.
A l’échelle du territoire, des points d’apports volontaires permettent de collecter les déchets sur le territoire : 1300 colonnes de tri sélectif (dont 676 pour le verre), et 80 bornes textiles (Rapport annuel sur le prix et la qualité du service public de gestion des déchets - RPQS 2019)
Par ailleurs, 10 centres de recyclage sont présents sur le territoire.
Localisation des centres de recyclage à l’échelle du territoire
(Source : Direction des déchets)92 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. Des tonnages en baisse mais relativement importants
Tonnage global
La production de déchets sur l’ensemble du territoire de la communauté urbaine s’élevait à 158 642 tonnes en 2019, soit 585 kg/habitants. C’est moins qu’à l’échelle de la Normandie (674,4 kg/hab en 2018). Cela représente une baisse de 0,6 % par rapport à 2019.
Production totale de déchets sur le territoire de la communauté urbaine (Source : RPQS, LHSM, 2019)
2018 2019
Tonnage total (kg) 159 657 158 642
Production totale par habitants (kg/hab) 590 585
Ordures ménagères et résiduelles (OMR)
Les ordures ménagères résiduelles collectées en 2019 représentaient 71 290 tonnes, soit 263 kg/habitants. Cela représente une baisse de 2,5 % par rapport à l’année 2018 (73 142 tonnes).
Déchets recyclables
La collecte des emballages et papiers journaux magazines a atteint 12 901 tonnes en 2019, soit 48 kg/habitants. Cela représente une hausse de 5,2 % par rapport à l’année précédente (12 255 tonnes)
Le taux d’erreur de tri est de 30,7 % en 2019, contre 27,6 % en 2018.
Verre
La collecte sélectives des emballages en verre a atteint 6 136 tonnes en 2019, soit 22,6 kg/habitants. C’est une hausse de 4,65 % par rapport à 2018 (5 863 tonnes).
Déchets verts
La collecte des biodéchets et haies a représenté 5 175 tonnes en 2019, soit 73 kg/habitants. C’est une évolution de - 8,6 % par rapport à 2018.
Collecte des déchets sur le territoire de la communauté urbaine
(Source : RPQS, LHSM, 2019)
2018 2019
Tonnage Production totale (tonnes) Production par habitant (kg/hab) Production totale (tonnes) Production par habitant (kg/hab)
Ordures ménagères et
résiduelles 73 142 270 71 290 269
Verre 5 863 24 6 136 23
Emballages, journaux-
magazines et cartons
professionnels 12 555 46 12 901 48
Biodéchets et déchets
verts 5 363 76 5 175 73
Centre de recyclage 62 734 231 62 658 23193 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
3. Des déchets bien valorisés et traités localement
a. Un fort taux de valorisation malgré un faible taux de recyclage
Sur les 158 642 tonnes de déchets produites en 2019, 84,1 % ont été valorisées, dont 34,3 % par valorisation matière (recyclage + valorisation organique), et 48,8 % par valorisation énergétique.
Les déchets destinés à la valorisation énergétique concernent la quasi-totalité des ordures ménagères et résiduelles, ainsi que les refus de tri, les incinérables des centres de recyclage, et les déchets dangereux des ménages.
Les déchets destinés à la valorisation organique concernent quant à eux majoritairement les déchets verts, les biodéchets en porte-à-porte, et les ordures ménagères TMB (Tri mécano-biologique).
Taux de valorisation des déchets
(Source : RPQS, 2019 – Le Havre Seine Métropole)
Les 16,9 % du tonnés ont été destinés au stockage. Ces déchets concernent les ordures ménagères refus du tri mécano-biologique, les déchets inertes, les encombrants et les déchets fibro-amiantés.
b. Des déchets valorisés dans les centres du département
Les déchets recyclables collectés transitent sur la plateforme de tri Sein’estuaire, dans la commune du Havre. Ils sont ensuite distribués vers des centres de recyclage. Une partie des déchets papiers et cartons part vers la papeterie UPM de la Chapelle-Darblay par voie fluviale.
Le verre est trié à l’usine Sebelco à Saint-Ygor-d’Imonville, puis est recyclé à la verrerie Saverglass du Havre.
Les ordures ménagères résiduelles sont transportées par voie fluviale jusqu’à l’usine de valorisation énergétique Ecostu’air du SEVEDE (Syndicat d'Élimination et de Valorisation Énergétique des Déchets de l'Estuaire) à Saint-Jean-de-Folleville.
Les déchets verts sont transformés en compost dans les usines de Gonfreville-l’Orcher, Saint-Vigor- d’Ymonville et Tancarville (76).
Recyclage
17%
Valorisation
organique
17%
Valorisation
énergétique
49%
Stockage
17%94 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
4. Des initiatives portées par la communauté urbaine en faveur
de la réduction des déchets
La communauté urbaine Le Havre Seine Métropole est engagée dans une démarche zéro-déchets : elle développe un programme d’action « ambition zéro-gâchis », avec l’objectif de réduire de 10 % la production de déchets.
Pour cela, la CU organise tout au long de l’année des événements de sensibilisation et de communication, parmi lesquels :
- Les ateliers « jardinage durable » ;
- Plantes en fête ;
- Le salon du réemploi et du recyclage : Réinventif (6ème édition en 2021) ; - Des visites pédagogiques à destination des structures d’enseignement.
Par ailleurs, la collectivité met à disposition des guides visant à la réduction et la bonne valorisation des déchets, avec notamment le guide du tri, le guide du compostage, et le guide du réemploi : l’art de réemployer ses déchets.
Guides mis à disposition par la Communauté urbaine (Guide du tri, guide du compostage et guide du réemploi)
La réduction des déchets passe également par le développement d’infrastructures et de partenariats, ainsi une recyclerie, structure dédiée au réemploi des équipements déposés par les habitants puis redistribués par des associations partenaires, a été créée en 2018.
D’autre part, l’application TriPratik, à destination des habitants, permet de renseigner sur les consignes de tri, horaires de passage, etc.
Enfin, l’intercommunalité a mis en place une distribution de composteurs individuels et collectifs à destination des habitants du territoire. Ces dispositifs permettent de réduire significativement la quantité de déchets biodégradables, composant environ 30 % du poids des poubelles d’ordures ménagères. 15 000 composteurs ont été distribués depuis 2018 à l’échelle du territoire.
L’application TriPratik Le salon Réinventif95 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
5. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Une collecte des déchets opérationnelle
à l’échelle de l’intercommunalité ;
De nombreuses colonnes de tri sur le
territoire ;
Une production de déchets en légère
baisse en 2019 par rapport à l’année
précédente ;
Une production de déchets par habitant
inférieure aux moyennes française et
régionale ;
Une partie importante des déchets
collectés transportée par voie fluviale
vers les usines de valorisation ;
Des usines de traitement des déchets
situées en grande majorité sur le
territoire et alentours.
Des erreurs de tri fréquentes et un taux
de refus en augmentation en 2019 par
rapport à 2018 ;
Une augmentation des tonnages de
déchets recyclables ;
Une augmentation des couts nets de
gestion des déchets malgré une
diminution des tonnages ;
Une production de déchets par habitant
supérieure à la moyenne européenne ;
Une part de stockage des déchets
importante.
OPPORTUNITES MENACES
Le Programme Alimentaire Territorial
(PAT) en cours d’élaboration, visant à
réduire le gaspillage alimentaire ;
Une commune engagée dans une
démarche zéro-déchets, avec le
programme « ambition zéro-gâchis »
Une augmentation de la production de
déchets en lien avec le développement
du territoire (activités économiques et
industrielles…)
b. Perspectives fil de l’eau
Des capacités de collecte et de traitement des déchets opérationnelles à l’échelle du territoire qui perdureront dans le temps ;
Une hausse probable du tonnage de déchets avec le développement du territoire (des activités économiques et agricoles…) ;
La mise en œuvre du PAT, permettant de réduire certains déchets (agricoles, gaspillage alimentaire…) ;
La poursuite de la mise en place du programme d’action « ambition zéro-gâchis »96 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
c. Enjeux
ENJEUX
Diminuer l’impact énergétique et en termes de couts de la collecte et transport des déchets :
• Poursuivre la baisse de la production de déchets (actions d’information et de sensibilisation, programme ambition zéro gâchis….)
• Maintenir l’opérationnalité de la gestion des déchets : bornes apports volontaires, centre de recyclage…
• Augmenter la part de recyclage des déchets
• Réduire le taux de refus des déchets en sensibilisant sur l’importance du tri
Amplifier la valorisation performante des déchets ménagers :
• Diminuer la part de stockage dans le traitement des déchets
• Poursuivre la valorisation énergétique
• Améliorer la valorisation organique et de matière
Tirer profit de la valorisation pour le développement de filières locales renouvelables : chaufferies biomasses, alimentation de réseaux de chaleur, méthanisation agricoles, carburants alternatifs…
Anticiper la production de déchets en lien avec le développement des activités
Prendre en compte le traitement des déchets des autres secteurs en s’appuyant sur les dynamiques d’écologie industrielle qui se mettent en place (pour l’industrie, le bâtiment…)97 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 202298 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
AGRICULTURE
Les données suivantes sont principalement issues du recensement agricole (RA) réalisé par l’agreste en 2020 et mis à disposition en avril 2022.
1. Description du territoire
a. Un territoire agricole
Le territoire de la Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole est essentiellement dédié à l’agriculture, avec près des deux-tiers de sa surface (65 %), parmi lesquelles 349 exploitations agricoles sont recensées (Agreste 2020).
L’essentiel des cultures est situé sur le plateau de Caux, le sud du territoire au niveau de l’estuaire de la Seine et les vallées étant occupé par des surfaces artificialisées (Zones urbaines et ZIP).
Selon les données du registre parcellaire, l’ensemble des surfaces agricoles représente 27 462,8 ha en 2019. La culture principale est le blé (7 792 ha), suivie des plantes à fibres (3 167 ha) et du maïs (2 776 ha). Les prairies représentent 7 535 ha, soit la deuxième plus grande superficie.
Répartition des parcelles agricoles en 2019
(Registre Parcellaire Graphique - RPG, 2019)
Parcelles Surface (ha)
Autres céréales 50,8
Autres cultures industrielles 1381,4
Autres oléagineux 6,5
Blé tendre 7792,8
Colza 1238,2
Divers 80,2
Estives et landes 1,0
Fourrage 301,2
Gel (surfaces gelées sans production) 88,8
Légumes ou fleurs 1577,1
Maïs grain et ensilage 2776,2
Orge 832,7
Plantes à fibres 3167,4
Prairies permanentes 7535,4
Prairies temporaires 519,7
Protéagineux 57,6
Vergers 16,0
(vide) 39,9
Total 27462,899 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022100 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. Une agriculture en mutation vers des grandes cultures
L’agriculture au sein du territoire mute vers une agriculture avec des parcelles de plus en plus grandes (SUA moyenne de 17 ha en 1970 contre 72,8 ha en 2020), et une diminution extrêmement marquée du nombre d’exploitations (plus de 2000 en 1970 contre 349 en 2020).
Sur les 10 dernières années, le nombre d’exploitation agricole a chuté de 31 % (349 contre 509), tandis que la surface agricole utile a grimpé de 41 % (72,8 ha contre 51,6 ha).
Evolution du nombre d’exploitations et de la surface agricole utile moyenne sur le territoire de la CU Le Havre Seine Métropole (Agreste, 2020)
Cette évolution est illustrée ci-dessous par l’augmentation de la part de grandes cultures, passant de 20 % en 2010 à 34 % en 2020. Les microexploitations et les petites exploitations occupent quant à elles 25 % et 13 % en 2020, contre 36 % et 19 % en 2010, respectivement.
Part des exploitations selon le type (Agreste, 2020)101 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
c. Des exploitations spécialisées dans l’élevage et les grandes cultures
Les grandes cultures sont prédominantes sur le territoire, avec environ 5 % des exploitations spécialisées dans la culture des céréales et oléo protéagineux et 35 % des exploitations spécialisées dans les autres grandes cultures.
Toutefois, l’élevage représente une part importante, avec 20 % des exploitations spécialisées dans la polyculture/polyélevage, 20 % pour les bovins et 10 % pour les ovins/caprins et équidés et autres herbivores.
Orientation technico-économique9 des exploitations (Agreste, 2020)
Le cheptel moyen s’établissait en 2020 à 26 868 unité gros bétail (UGB) contre 30 174 en 2010. Il est composé principalement de bovins.
9 Les exploitations sont classées selon leur spécialisation : l'orientation technico- économique (OTEX). Ce classement se fait à
partir des coefficients de production brute standard (PBS). Une exploitation est spécialisée dans un domaine si la PBS de la ou des productions concernées dépasse deux tiers du total.
La production brute standard (PBS), par un jeu de coefficients attribués aux cultures et aux cheptels, donne une valeur au potentiel de production des exploitations.102 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Il est à noter que les cultures de plantes à fibre et autres plan tes industrielles connaissent un fort essor, avec une surface cultivée de 4 697,9 ha en 2020 contre 2 763 ha en 2010.
d. Evolution des paysages agricoles
Les paysages agricoles ont évolué d’une composition en plusieurs petites parcelles vers un territoire plus homogène avec des exploitations agricoles de moyenne à grande taille.
L’urbanisation, avec un étalement urbain croissant et la création d’infrastructures (de transports notamment), a grignoté les terres agricoles, à partir des centres-bourgs et des zones urbaines des vallées.
Comparaison du paysage agricole par photo aérienne dans la commune d’Octeville-sur-mer, en 1950-1965 (à gauche) et 2015 (à droite)
(Source : Géoportail)
e. Production bio et locale
Le réseau des AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) recense 11 AMAP sur le territoire de la Communauté Urbaine.
En 2020, 665 hectares (3 % de la surface agricole utile (SAU) du territoire) sont cultivés en agriculture biologique (AB), ce qui représente 7 % des exploitations. La répartition est la suivante :
- Prairies : 54.5%
- Céréales : 23.4%
- Lin et Cultures industrielles (betteraves, colza…) : 10.4%
- Légumes : 5.6%
- Pommes de terre : 5 %
- Fruits : 1.1%
Le nombre d’exploitations en Agriculture Biologique (AB) a bondi de +475 % entre 2010 et 2020.
55 % des cultures fruitières ainsi que 18 % de celles des légumes sont cultivées en Agriculture Biologique (AB).
2. Des emplois liés au secteur agricole en déclin
Bien que la Communauté Urbaine soit encore très rurale, le secteur agricole connait une baisse d’emplois notable depuis 10 ans (source : base de données de l’INSEE pour le département de la Seine- Maritime et de la CU LHSM).
En effet, 399 agriculteurs exploitants étaient recensés en 2018, contre 572 en 2008, soit une évolution de -30 % en 10 ans. Les agriculteurs représentent actuellement 0,2 % de la population de plus de 15 ans. A l’échelle du département, 5 426 agriculteurs sont recensés en 2018, représentant 0,5 % de la population. L’évolution 2008-2018 est de - 14 %.103 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
En termes d’emplois, la baisse est également notable, avec 658 emplois recensés dans le secteur agricole en 2018, contre 875 dix ans auparavant, soit une évolution de -25 %. Les emplois agricoles représentent actuellement 0,7 % des emplois totaux. A l’échelle du département, le secteur agricole représente près de 2 % des emplois totaux.
Enfin, en 2018, on comptait 137 établissements liés au secteur agricole, soit 2 % des établissements de la CU. À l’échelle du département, 5 % des établissements sont liés au secteur agricole.
3. Des initiatives locales pour redynamiser l’agriculture
Le territoire de la CU LHSM est engagé dans plusieurs initiatives pour maintenir et développer l’agriculture à l’échelle du territoire.
Test d’activité agricole
La Communauté Urbaine met en place depuis 2015 un « test d’activité agricole », afin d’accompagner la création, la reprise ou la diversification d’exploitations agricoles. Ce test, d’une durée de 1 à 3 ans, vise à « tester sa capacité à produire, gérer une exploitation et commercialiser sa production dans un cadre juridique et matériel sécurisé ».
A Cauville-sur-Mer, la CU met à disposition une ferme-test en maraichage biologique qui permet d’accueillir 3 exploitants.
Fonds d’Initative Locale Agricole (FILA)
La CU met par ailleurs en place un FILA, à destination d’agriculteurs ou de porteurs de projets agricoles, afin de maintenir et développer l’agriculture sur le territoire. Les projets éligibles sont les suivants :
• Alimentation des habitants en produits locaux et de qualité et développement de filières courtes d’alimentation.
• Développement de systèmes de culture et élevages agro-écologiques (utilisation intégrée des ressources et des mécanismes de la nature dans l’objectif de production agricole).
• Diversification de l’activité dans le cadre d’un projet pédagogique et/ou touristique (hors hébergement de type gîte ou chambre d’hôtes).
Le Projet Alimentaire Territorial (PAT)
La Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole porte actuellement un Projet Alimentaire territorial (PAT). Ce projet vise à développer une économie alimentaire de proximité, avec une consommation locale, en organisant la mise en réseau des acteurs de la chaine alimentaire locale (producteurs, transformateurs, négociants, logisticiens, grande distribution, etc.).
4. Une agriculture menacée par le changement climatique
A l’image des milieux naturels et des paysages, l’agriculture est également menacée par le changement climatique et ses conséquences.
Les parcelles agricoles se situant essentiellement sur le plateau de Caux devraient logiquement être préservées de la montée des eaux induites par le réchauffement climatique. En revanche, les exploitations se trouvant en fond de vallées sont quant à elles menacées par cette montée des eaux.
La hausse inexorable des températures moyennes peut également compromettre le rendement des cultures, avec une augmentation du stress hydrique causé par des sécheresses. Par ailleurs, la hausse104 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
des températures peut amener à augmenter les risques liés aux remontées d’espèces nuisibles pour l’agriculture et la sylviculture.
Enfin, le changement climatique peut causer l’accentuation des phénomènes extrêmes et renforcer la vulnérabilité des exploitations agricoles face aux risques (inondations, ruissellement, retrait- gonflement des sols argileux…)
>> Le PCAET sera ainsi l’opportunité de renforcer la résilience de l’agriculture face au changement climatique, en optimisant le potentiel de séquestration du carbone dans les sols, et en développant des nouveaux modes de production et de distribution alimentaire.
5. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Une agriculture diversifiée (maraichage,
culture céréalière, polyculture…) ;
La très bonne qualité agronomique des sols
du plateau de Caux permettant d’y faire
pousser un grand nombre de cultures ;
Un réseau de 11 AMAP ;
Une agriculture biologique en forte
expansion ;
La mise en place d’initiatives locales pour
maintenir et redynamiser l’agriculture : Test
d’activité agricole et FILA
Une diminution drastique du nombre
d’exploitations agricoles depuis 1970 ;
Des surfaces moyennes utiles de plus en plus
grandes ;
Un secteur agricole en pertes d’emplois,
d’exploitants et d’exploitations ;
L’absence de haies bocagères entre les
parcelles, sources de nombreux services
écosystémiques (gestion des eaux, support
de biodiversité, stockage de carbone…) ;
Une part d’exploitation en agriculture
biologique marginale
OPPORTUNITES MENACES
La qualité agronomique du plateau de Caux
permettant de diversifier et d’adapter les
espèces au changement climatique ;
Le développement du Projet Alimentaire
Territorial (PAT)
La suppression des haies restantes au sein
des parcelles agricoles
Des terres agricoles fragilisées par
l’urbanisation et notamment l’étalement
urbain
Une agriculture menacée par les
conséquences du changement climatique,
impactant les exploitations et leur rendement
b. Perspectives fil de l’eau
Des pratiques agricoles qui vont être affectées par le changement climatique (perte de rendement)
Une consommation de terres agricoles qui devrait s’infléchir suite à l’inscription de l’objectif de zéro artificialisation nette dans la loi Climat et résilience (2021)
De nouveaux modes de production (biologique, permaculture, etc.), plus respectueux des écosystèmes, et de consommation, plus responsables, avec la poursuite des initiatives pour le maintien de l’agriculture sur le territoire
Une transformation de l’agriculture avec la stratégie agricole105 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
c. Enjeux
ENJEUX
Concilier développement du territoire dans le cadre du PCAET et la pérennité des activités agricole, forestière, des milieux naturels et du grand paysage qui leur est associé
Favoriser l’agriculture alternative (au mode conventionnel) et de proximité en lien avec les défis de la transition écologique :
• Développer des nouveaux modes de production (biologique, permaculture, etc.) et de distribution alimentaire
• Renforcer les circuits courts afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements
• Soutenir le développement d’une agriculture plus durable permettant de limiter les intrants (biologique, raisonnée)
Favoriser le stockage du carbone par les sols agricoles en limitant la consommation d’espaces naturels et agricoles et en protégeant, voire développant le petit patrimoine naturel (haies, bosquets, talus…)
Poursuivre le développement de filières agricoles innovantes en lien avec le développement économique et la mise en valeur du territoire (variétés adaptées, économies d’eaux, etc.) :
• Orienter le développement du territoire et poursuivre les projets en cours vers la valorisation énergétique (déchets agricoles, bois-énergie)
• Utiliser les ressources agricoles pour le développement de filières locales telles que la rénovation thermique du bâti
Privilégier des formes d’agriculture qui atténuent l’aggravation des risques naturels (ruissellement, coulées de boue, etc.) en maintenant par exemple les prairies106 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
PARTIE 3 :
VULNERABILITE ET SANTE107 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
RISQUES NATURELS
1. Les risques d’inondations
a. Les orientations et objectifs de référence
Règlementation nationale
Parmi les textes réglementaires les plus importants, on citera la loi « Barnier » du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement, et la loi « Bachelot » du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages. Pour les territoires soumis aux risques naturels, des Plans de prévention des risques (PPR) sont élaborés en application de la loi « Barnier ».
La loi Grenelle 1 d’août 2009 préconise le renforcement des politiques de prévention des risques majeurs, notamment la réduction de l’exposition des populations au risque d’inondation par la maîtrise de l’urbanisation, la création de zones enherbées ou plantées associées aux zones imperméabilisées, ainsi que la restauration et la création de zones d’expansion des crues et par des travaux de protection.
La mise en œuvre de la Directive européenne du 23 octobre 2007 relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation, qui a été transposée en droit français à travers la loi portant engagement national pour l'environnement de 2010, fait évoluer profondément l’approche nationale sur la sécurité des personnes et des biens directement exposés. Elle fixe trois orientations stratégiques au niveau national : augmenter la sécurité des personnes exposées, stabiliser à court terme et réduire à moyen terme le coût des dommages potentiels liés aux inondations, et enfin raccourcir le délai de retour à la normale des territoires sinistrés. Elle complète ainsi les dispositifs nationaux en prenant davantage en compte l’aménagement et le développement économique des territoires (indemnisation des dégâts, interruption de l’activité…). La gestion du risque inondation ne se limite plus désormais aux seules zones inondables, mais s’étend aussi aux incidences des crues hors zones inondables, notamment sur le fonctionnement des réseaux (électricité, eau potable) et l’accessibilité aux services publics, de secours, de santé, etc.
Le Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI)
Le Plan de Gestion des Risque d’Inondation (PGRI), approuvé en avril 2022 sur le bassin Seine- Normandie, découle de l’application de cette directive européenne sur le territoire. Le PGRI fixe quatre grands objectifs pour le bassin Seine-Normandie afin de réduire les conséquences des inondations sur la santé humaine, l’activité économique, le patrimoine et l’environnement :
→ Objectif 1 : Aménager les territoires de manière résiliente pour réduire leur vulnérabilité ; → Objectif 2 : Agir sur l’aléa pour augmenter la sécurité des personnes et réduire le coût des dommages ;
→ Objectif 3 : Améliorer la prévision des phénomènes hydrométéorologiques et se préparer à gérer la crise ;
→ Objectif 4 : Mobiliser tous les acteurs au service de la connaissance et de la culture du risque.
Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE)
La problématique des inondations est également prise en compte dans le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) Seine-Normandie 2022-2027, dont le projet a été approuvé en avril 2022.108 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Le SDAGE fixe pour une durée de 6 ans les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau et les objectifs de qualité des eaux, selon l’article L212-1 du Code de l’environnement, à atteindre dans le bassin Seine Normandie.
Il définit des objectifs en termes de qualité et de quantité des masses d’eaux souterraines et superficielles, ainsi que des orientations fondamentales, déclinées en orientations et dispositions. Celles-ci sont détaillées dans le chapitre Cycle de l’eau, partie 1.b Documents cadres.
Certaines de ces problématiques sont liées aux risques naturels : la protection contre les crues, la limitation des dommages liés aux inondations et la limitation du ruissellement en zones urbaines et rurales ; mais également à l’amélioration de la sensibilisation, l’information préventive et les connaissances sur le risque d’inondation.
b. Un territoire fortement touché par les risques d’inondations
Le territoire est soumis à plusieurs types d’aléas « inondation » : des inondations par débordements de cours d’eau, des inondations par ruissellements urbains, périurbains et ruraux, des inondations par remontées de nappe et des inondations par submersion marine.
Les inondations par débordements de cours d’eau concernent principalement les territoires situés le long de la Vallée de la Lézarde et de ses affluents ;
Les inondations par ruissellements concernent principalement les axes de talweg et les zones d’expansion des eaux, et sont à l’origine, lors de ruissellements intenses et torrentiels, de phénomènes d’érosion et de coulées de boues ;
Les inondations par remontées de nappes sont notamment associées au domaine alluvial en vallées et fonds de vallées, et sont à l’origine d’inondations durables ;
Les inondations par submersion marine, relatives au caractère littoral du territoire.
Du fait de l’importance de ces aléas, le territoire a été identifié comme Territoire à Risque Inondation National (TRIN).
A ce titre, Le Havre-Seine Métropole s’est dotée d’une Stratégie Locale de Gestion du Risque Inondation (SLGRI), arrêtée le 19 décembre 2016 et faisant foi pour la période 2016-2021. La SLGRI fixe les quatre objectifs suivants, déclinés en 68 dispositions :
→ Objectif 1 : Réduire la vulnérabilité des territoires ;
→ Objectif 2 : Agir sur l’aléa pour réduire le coût des dommages ;
→ Objectif 3 : Raccourcir fortement le délai de retour à la normale des territoires sinistrés ;
→ Objectif 4 : Mobiliser tous les acteurs via le maintien et le développement de la culture du risque.
Le périmètre de la SLGRI compte 46 communes et se compose de 3 bassins hydrographiques.
Synthèse des principales données de l’Evaluation Préliminaire des Risques d’Inondations Seine-Normandie (Source : SLGRI)
ZONE INDONDABLE
(communes de la SLGRI)
COURS D’EAU
(Estimation de
l’Evaluation préliminaire
des Risques
d’Inondations – EPRI)
SUBMERSION MARINE
(Estimation de l’EPRI)
Population exposée 79 900 54 000
Nombre d’emplois exposés 65 000 71 000109 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Emprise des bâtiments d’habitation
sans étage exposés 33 ha 51 ha
Emprise des bâtiments d’activités
économiques (hors étages) exposés 405 ha 345 ha
Au sein des limites de la SLGRI (en noir sur la figure ci-dessous), le périmètre du TRIN (en rouge sur la figure ci-dessous) correspond à 20 communes, concentrant 88,5 % de la population et 94,4 % des emplois, sur 51,7 % de sa surface.
Cartographie du périmètre de la SLGRI et du TRI
(Source : SLGRI)
Pour faire face à ces aléas, le territoire s’est également doté de plusieurs plans de prévention des risques spécifiques :
Plan de Prévention des Risques d’Inondations (PPRi)
Un Plan de Prévention des Risques d’inondations (PPRi) du bassin versant de la Lézarde, approuvé le 6 mai 2013, portant sur 34 communes et prenant en compte les phénomènes suivants : débordements de cours d’eau, ruissellements, remontées de nappes, érosion et coulées de boues.
Ce plan délimite des zones exposées et définit des conditions d’urbanisme et de gestion des constructions futures et existantes dans les zones à risques. Il définit aussi des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde.110 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Zonage réglementaire, PPRi
(Source : Géorisques)
Plan de Prévention des Risques Littoraux (PPRL)
Un Plan de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) de la Plaine alluviale du Nord de l’Estuaire de la Seine (PANES) concerne la submersion marine. Prescrit le 27 juillet 2015, il porte sur 12 communes (soit une exposition d’une population de 54 000 habitants, de 71 000 emplois, de 51 hectares d’emprise d’habitation et de 345 hectares d’emprise d’activités économiques).
Le PPRL PANES définit des cartes d’aléas de submersion marine selon deux scénarios :
→ Scénario 1 : aléa de référence et rupture d’une partie des ouvrages de protection. Prend en compte une élévation de 20 cm du niveau de la mer, due au changement climatique (actuel) ;
→ Scénario 2 : aléa de référence et rupture d’une partie des ouvrages de protection. Prend en compte une élévation de 60 cm du niveau de la mer, due au changement climatique (horizon 2100).
Le PPRL PANES a pour objectif de définir des règles d’urbanisme dans les différents secteurs exposés aux aléas de submersion marine. Ce document est toujours en cours d’élaboration.
Périmètre du PPRL de la PANES
(Source : PPRL PANES)111 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
2. Les risques de mouvements de terrain
a. Un territoire principalement affecté par le risque d’effondrement de cavités
Le territoire de LHSM est touché par plusieurs risques de mouvements de terrain, comme présentés sur la carte ci-dessous : glissements de terrain, éboulements, coulées de boues, effondrements de cavités et érosion des berges.
Les mouvements de terrain sur le territoire
(Source : Géorisques)
Le territoire est principalement affecté par les risques de mouvements de terrain liés à la présence locale de nombreuses cavités, notamment des carrières et des cavités naturelles, engendrant des effondrements et des glissements de terrain.
Les cavités sur le territoire
(Source : Géorisques)112 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
L’exposition du territoire au retrait-gonflement des sols argileux est faible à l’échelle du territoire, avec une exposition toutefois moyenne le long du littoral Ouest et du Sud du territoire. Ces risques provoquent des dégâts considérables, pouvant endommager des bâtiments
Exposition du territoire au retrait-gonflement des argiles
(Source : Géorisques)
Par ailleurs, le territoire est très faiblement soumis au risque sismique ; il est en effet situé en zone 1 pour ce risque.
b. Deux documents relatifs aux risques de mouvements de terrain sur le territoire
On recense sur le territoire deux Plans de Prévention des Risques relatifs aux risques de mouvements de terrains liés à l’érosion du trait de côte :
Le PPRN (Plan de Prévention des Risques Naturels) Mouvement de terrain de Gonfreville- l’Orcher
Le PPRN Mouvement de terrain de Gonfreville-l’Orcher, approuvé le 22 avril 2016, est relatif au risque d’éboulement de falaise sur la commune de Gonfreville-L’Orcher.
En effet, la falaise de Gonfreville-l’Orcher, correspondant à l’horizon crayeux de la base du Cénomanien, subit une dégradation progressive sous l’action des agents climatiques extérieurs (gélifraction du fait du gel, lessivage par les eaux pluviales, infiltration d’eaux, déchaussement de pierres et de blocs par l’action du vent), des végétaux et des oiseaux, ainsi que des Hommes.
Le PPRN de Gonfreville-l’Orcher porte sur les secteurs suivants : avenue des Côtes Blanches et avenue Marcel Le Mignot et allée des Sept Mares.113 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Localisation de A) l’avenue des Côtes Blanches et de B) l'avenue Marcel Le Mignot et de l’allée des Sept Mares (Source : PPRN Eboulement de falaise de Gonfreville-l’Orcher)
Un seul événement a fait l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle concernant les mouvements de terrain sur la commune de Gonfreville-l’Orcher ; il s’agit de l’éboulement du 13 octobre 2012, qui a sinistré une habitation du 11 allée des Sept Mares, publié au journal officiel du 28 février 2013.
Principaux phénomènes historiques
(Source : Service risques majeurs de la mairie de Gonfreville-l'Orcher)
Années Situation Volume éboulé Désordres
Décembre 1999 Avenue M. Le Mignot Plusieurs m3 Evacuation temporaire d’une maison
Octobre 2000 89b, avenue M. Le Mignot Bloc de 1 m
3 parti du
haut de la falaise
Octobre 20004 87, avenue M. Le Mignot Plusieurs dizaines de m3 Dégâts matériels sur une habitation
Octobre 2012 11, allée 7 des Mares Plusieurs m3 Bloc de plus de 1 m3 percute
une habitation
Avril 2013 17, allée des 7 Mares Plusieurs m3
Chute de blocs sur une zone
en friche, proche du garage
du n° 19
Ainsi, le PPR de Gonfreville-l’Orcher vise les objectifs suivants :
→ Améliorer la sécurité des personnes exposées à un risque d’éboulement de falaise,
→ Limiter les dommages aux biens et aux activités soumis à un risque d’éboulement de falaise, en particulier en n’accroissant pas le nombre de personnes et de biens exposés à ce risque,
→ Faciliter l’organisation des secours et informer la population sur le risque encouru.
PPRN Mouvement de terrain de Sainte-Adresse
Le PPRN Mouvement de terrain de Sainte-Adresse, approuvé le 16 octobre 2019, est relatif aux aléas de glissement de terrain, d’éboulement rocheux et de recul du trait de côte sur la commune de Sainte-Adresse, et notamment des secteurs du Nice Havrais et de la façade maritime communale. Le PPRN traite principalement de l’aléa glissement de terrain, plusieurs événements d’importance s’étant produits sur ce secteur.114 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Evénements majeurs de l’aléa glissement de terrain ayant affectés la commune de Sainte-Adresse (Source : PPRN mouvements de terrain Sainte-Adresse)
Plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle ont été pris sur le territoire :
Les arrêtés de catastrophe naturelle sur la commune de Sainte-Adresse, (Source : PPRN mouvements de terrain Sainte-Adresse)115 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
3. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Des risques d’inondations pris en compte par
deux PPR : PPRI et PPRL ;
Deux PPRN encadrant les risques liés à
l’érosion du trait de côte ;
Une exposition majoritairement faible au
retrait-gonflement des sols argileux à l’échelle
de la communauté urbaine ;
Un territoire concerné par un risque sismique
très faible.
Un territoire soumis à d’importants risques
d’inondations, en particulier sur les
communes de la zone portuaire et celles le
long de la Lézarde et de ses affluents ;
Plusieurs mouvements de terrain liés à des
effondrements et des glissements ;
Des zones exposées à des aléas moyens de
retrait-gonflement des sols argileux.
OPPORTUNITES MENACES
/ Un risque de mouvement de terrain lié à la présence de cavités naturelles et de carrières
sur le territoire ;
Des risques naturels exacerbés par le
dérèglement climatique, en particulier dans
les communes du littoral et celles soumises à
TRI ;
Un territoire déjà soumis à la montée des
eaux, et aux risques de submersion marine,
qui devraient s’accentuer dans les années à
venir.
b. Perspectives fil de l’eau
L’augmentation de la population exposée aux différents risques naturels dans le cadre du développement du territoire mais aussi de l’accélération du changement climatique
Des risques naturels encadrés par la stratégie locale de gestion du risque inondation (SLGRI), le PPRi, le PPRL PANES en cours d’élaboration et les 2 PPR mouvement de terrain
Une augmentation du risque de ruissellement urbain avec la poursuite de l’artificialisation du territoire et la dynamique de renouvellement dans le cadre du développement urbain
c. Enjeux
ENJEUX
Limiter la vulnérabilité du territoire aux nombreux risques d’inondations dans le contexte de changement climatique :
• Prendre en compte les multiples sources d’inondations (submersion marine,
débordement de crue, remontées de nappes, ruissellement…) et différents documents (SLGRI, PPRi Bassin versant de la Lézarde, PPRL de la Plaine alluviale du nord de l’Estuaire de la Seine…) pour protéger la population et les biens exposés notamment dans le cadre du changement climatique
• Limiter l’artificialisation pour favoriser l’infiltration des eaux pluviales notamment dans
les vallées et les coteaux
Protéger les populations des aléas liés aux mouvements de terrain dans le cadre du PCAET :116 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
• Prendre en compte les aléas liés aux mouvements de terrain (glissements de terrain,
éboulements, coulées de boues, effondrements de cavités et érosion des berges, cavités souterraines)
• Prendre en compte les différents documents cadres (PPRn mouvements de terrain
de Gonfreville-l’Orcher et de Sainte-Adresse…)
• Anticiper l’amplification des retraits-gonflement des argiles dans cadre du PCAET
Mener une politique transversale en faveur de la prévention et la résilience face aux risques :
• Préserver les abords des cours d’eau, mares et zones humides vis-à-vis de l’imperméabilisation pour maintenir leurs fonctionnalités hydrauliques
• Préserver et protéger les éléments de la Trame Verte et Bleue pour accentuer la résilience du territoire
• Adapter les futurs aménagements face aux risques naturels exacerbés par le changement climatique : hausse du niveau de la mer, accentuation des épisodes pluvieux, des périodes de sécheresses et de canicules…117 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022118 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
RISQUES TECHNOLOGIQUES
1. Rappel des orientations et objectifs de référence
Parmi les textes réglementaires les plus importants en matière de gestion des risques industriels et technologiques, sont présents :
• La loi du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de
l’environnement (ICPE),
• La loi « Barnier » du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement
qui a créé notamment le fond Barnier et les Plans de Prévention des Risques (PPR),
• La Directive Seveso 2 du 24 décembre 1996 et la loi « Bachelot » du 30 juillet 2003 relative à
la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages.
La loi « Bachelot » du 30 juillet 2003, dit loi « Risques » a permis l’affirmation d’une politique concertée de prévention. Elle instaure de nouveaux outils pour réduire la vulnérabilité de territoires et résoudre des situations héritées du passé. Les mesures appliquées s’imposent aux documents d’urbanisme, et peuvent s’inscrire dans une logique de reconquête.
Par ailleurs, elle a renforcé l’information du public via la création de comités locaux d’information et de concertation. Ces derniers sont remplacés par des commissions de suivi de site, en application de la loi portant engagement national pour l’environnement de 2010.
A noter que la directive Seveso 3, adoptée le 4 juillet 2012, est entrée en vigueur depuis le 1er juin 2015. Elle s’appuie sur un nouveau système de classification des substances dangereuses et mélanges, et introduit des dispositions nouvelles pour l’accès à l’information et la participation du public.
Concernant le transport de matières dangereuses, les obligations ont été renforcées ces dernières années et traduites dans le Code de l’environnement. Certains sites de stationnement, chargement- déchargement (aires autoroutières, gares de triage…) ainsi que les canalisations doivent faire l’objet d’une étude de danger. Des servitudes d’utilité publique peuvent être instaurées aux abords des canalisations, interdisant ou conditionnant la construction d’établissements recevant du public ou d’immeubles de grande hauteur.
2. Des établissements à risque industriels majeurs
Certaines installations du territoire peuvent entraîner des risques, nuisances ou pollutions, et sont donc soumises à la législation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), conformément à la loi du 19 juillet 1976 et son décret d’application du 21 septembre 1977.
L’article L.511-1 du Code de l’environnement vient préciser ce qu’est une ICPE : « les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publique, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. »
Les différentes activités concernées sont répertoriées au sein d’une nomenclature qui définit, en fonction de différents critères de classement, si les installations sont soumises à déclaration, enregistrement ou si elles relèvent du régime d’autorisation. Certaines installations particulièrement dangereuses peuvent également faire l’objet servitude d’utilité publique.119 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
a. Une concentration d’ICPE sur la Zone Industrielle et Portuaire du Havre
Le territoire de LHSM constitue un pôle industriel majeur. Selon la base des installations classées en 2021, 183 établissements sont identifiés comme installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), qui génèrent ou peuvent générer un risque dépassant les limites de propriété.
La principale zone industrielle du territoire est la zone industrialo-portuaire (ZIP) s’articulant autour du Grand Port Maritime du Havre, aujourd’hui inscrit dans l’établissement HAROPA, le Grand port fluvio- maritime de l’axe Seine regroupant les ports du Havre, de Rouen et de Paris.
83% des ICPE (152) sont regroupés sur 6 communes, toutes concernées par la ZIP : Le Havre (62), Gonfreville-l’Orcher (24), Saint-Vigor (25), Rogerville (16), Sandouville (13), et Oudalle (12).
Tous les sites SEVESO (définition en partie b) sont également situés sur la ZIP, à l’exception d’un site ; celui de Saint-Jouin-Bruneval.
Enfin, 85 % des établissements de rejets de polluants sont sur la ZIP. Ces établissements sont identifiés au sein du registre des émissions polluantes (l’inventaire national, aussi appelé IREP), en raison des substances chimiques qu’ils produisent, traitent ou rejettent dans le milieu naturel, selon la liste constituant le registre.
Installations industrielles à l'échelle du territoire
(Source : Géorisques)
Etablissements déclarant des
rejets de polluants
Installations classées120 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
b. Les sites SEVESO
Les établissements implantés sur le territoire de la communauté urbaine, et inventoriés au titre des risques industriels majeurs sont au nombre de 27 (inventaire 2021). Ils sont implantés principalement sur la ZIP (à l’exception du site de Saint-Jouin-Bruneval).
Ces établissements doivent répondre à de nombreuses exigences en termes de sécurité, à la fois pour prévenir les accidents mais également les gérer au mieux. Parmi toutes ces mesures, ils ont notamment pour obligation de rédiger un Plan d'Opération Interne (POI) et de le mettre à jour a minima tous les 3 ans. Ce plan d’urgence détaille l’organisation et les moyens d’intervention mis en place par l’industriel pour faire face à un événement dont l’ampleur ne dépasse pas les limites de son site.
En cas d’événement plus importants, qui ne se limiteraient pas au périmètre du site industriel, le Préfet pourrait être amené à déclencher un Plan Particulier d’Intervention (PPI). Disposition particulière du dispositif ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile), ce plan organise notamment l’alerte et la mise en œuvre des moyens de secours permettant d’assurer la protection de la population, et précise la répartition des rôles entre les différents intervenants.
Les établissements à risques d’accidents majeurs se distinguent par ordre d’importance décroissante sur le plan du potentiel de nuisances et de danger
Les sites Seveso Seuil Haut
Les installations dites « seuil haut » de la directive Seveso 3 correspondent aux installations soumises à autorisation avec servitudes d’utilité publique pour la maîtrise de l’urbanisation : 18 installations sont recensées à ce titre sur le territoire (17 sur la ZIP du Havre et 1 sur la commune de Saint-Jouin-Bruneval).
Les établissements SEVESO « seuil haut » mettent en œuvre les plus grandes quantités de substances dangereuses. Les contraintes qui s’appliquent à elles sont les plus fortes.
Etablissements SEVESO « seuil haut » sur le territoire métropolitain
(Source : Base des installations classées, 2021)
Commune
d’implantation
Etablissements SEVESO
Seuil Haut Activité principale
Saint-Jouin-Bruneval COMPAGNIE INDUSTRIELLE MARITIME Entreposage et stockage non frigorifique
Le Havre
COMPAGNIE INDUSTRIELLE
MARITIME Entreposage et stockage non frigorifique
SHMPP Entreposage et stockage non frigorifique
SEPP Entreposage et stockage non frigorifique
Gonfreville-l’Orcher
SIGALNOR Activités de conditionnement
CHEVRON ORONITE SAS Fabrication d'autres produits chimiques n.c.a.*
NORGAL Entreposage et stockage non frigorifique
YARA FRANCE Fabrication de produits azotés et d'engrais
ALKION TERMINAL LE HAVRE Entreposage et stockage non frigorifique
ALKION TERMINAL LE HAVRE Entreposage et stockage non frigorifique
TOTAL RAFFINAGE FRANCE Fabrication d'autres produits chimiques organiques de base
Harfleur TOTAL RAFFINAGE FRANCE Fabrication d'autres produits chimiques organiques de base
Rogerville CARE Entreposage et stockage non frigorifique121 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Oudalle
LUBRIZOL FRANCE Fabrication d'autres produits chimiques n.c.a.*
TOTAL FLUIDES Raffinage du pétrole
Sandouville
OMNOVA SOLUTIONS Fabrication de caoutchouc synthétique
ERAMET Métallurgie des autres métaux non ferreux
SEDIBEX Traitement et élimination des déchets dangereux
* NCA est l'abréviation de « Non Classé Ailleurs ». Cette mention, qui se retrouve souvent dans la définition des codes APE, NAF et activités de l'INSEE, signifie que cette activité regroupe les entreprises qui ne sont pas mentionnées dans d'autres activités plus précises.
Les sites Seveso Seuil Bas
Les installations dites « seuil bas » de la directive Seveso II sont au nombre de 9 sur le territoire. Ces établissements ont des contraintes moindres mais doivent néanmoins élaborer une politique de prévention des accidents majeurs.
Etablissements SEVESO « seuil bas » sur le territoire métropolitain
(Source : Base des installations classées, 2021)
Commune
d’implantation
Etablissements Seveso
seuil haut Activité principale
Sandouville AIR LIQUIDE FRANCE INDUSTRIE Fabrication de gaz industriels
Oudalle BOLLORE LOGISTICS -
Le Havre
EDF Production d'électricité
Entrepôts et Transport BARBE (ex
SD’LOG) Entreposage et stockage non frigorifique
SEREP Collecte et traitement des eaux usées
SLAUR SARDET Production de boissons alcooliques distillées
Gonfreville-l’Orcher PPG COATINGS SA Commerce de gros (commerce interentreprises) de produits chimiques
Saint-Vigor-d’Ymonville
PROLOGIS -
PROLOGIS -
3. L’encadrement des risques par les plans de prévention des
risques technologiques (PPRt)
Face à ces aléas technologiques d’importance, et à la vulnérabilité des biens, des personnes et de l’environnement, plusieurs plans de prévention des risques technologiques (PPRt) ont été approuvés. Les moyens d’actions s’orientent sur la réduction du risque à la source, la maîtrise de l’urbanisation, l’organisation des secours et l’information du public.
Le territoire métropolitain est concerné par deux PPRT autour de sites SEVESO « seuil haut ».
a. Le PPRt de Saint-Jouin-Bruneval
Le PPRt de Saint-Jouin-Bruneval, approuvé le 12 juillet 2012, et lié au site SEVESO « seuil haut » de la Compagnie Industrielle Maritime, doit permettre de prévenir les risques et les phénomènes dangereux ayant pour origine les stockages de pétrole.122 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Vue depuis les falaises sur le port d’Antifer
(Source : Even Conseil)
Ce PPRt couvre les communes de La Poterie-Cap-d’Antifer et de Saint-Jouin-Bruneval sur lesquelles s’étend le plus grand port pétrolier géant à l’entrée de l’Europe du Nord, le port du Havre-Antifer, qui peut accueillir des pétroliers de 250 000 à 500 000 tonnes.
Le stockage de pétrole se fait à partir de 4 bacs de transit de 150 000 m3 et de 2 bacs de service de 20 000 m². Le pétrole est ensuite acheminé vers Le Havre via un pipeline de 26,5 km. Le port du Havre, station relais et d’expédition, réinjecte le pétrole dans un réseau de pipeline pour l’acheminer vers les raffineries de la vallée de la Seine.
Périmètre du PPRt,
(Source : PPR du Site CIM Antifer de Saint-Jouin-Bruneval)
b. Le PPRt de la zone industrialo-portuaire du Havre
Le PPRt de la ZIP du Havre, approuvé le 17 octobre 2016 et lié aux nombreuses ICPE de la zone, concerne 6 communes et regroupe 16 établissements classés SEVESO « seuil haut ».123 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Communes et industries concernées par le PPRt de la ZIP du Havre (Source : PPRT ZIP Le Havre)
Communes concernées Industries concernées
Le Havre
Gonfreville-l’Orcher
Harfleur
Oudalle
Rogerville
Sandouville
Total Raffinage France
Total Petrochimicals France
Total Fluides
Chevron Oronite
Eramet
Care
Omnova Solutions
Norgal
Sigalnor
Alkion Terminals dépôts 1 et 2
Lubrizol
Yara France
SEPP
SHMPP
CIM Le Havre
Vue sur la ZIP depuis la route du Noroît
(Source : Even Conseil)
Le PPRt participe à la prévention des risques industriels, en portant les objectifs prioritaires suivants :
- Contribuer à la réduction des risques à la source à travers la mise en place de mesures prises par les différents exploitants de sites SEVESO visant à diminuer la probabilité d’apparition d’un risque et en réduire les effets,
- Agir sur l’urbanisation existante et nouvelle afin de limiter et protéger les personnes des risques résiduels.
4. Un risque lié au transport de matières dangereuses
Le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole est concerné par les risques majeurs liés aux industries et au transport de matières dangereuses (TMD) en raison du regroupement de plusieurs établissements aux activités interdépendantes.
Si les aléas technologiques liés aux installations industrielles sont relativement concentrés, le risque lié au transport des matières dangereuses (TMD) est par nature plus diffus, et concernent une part importante des communes de LHSM, à des degrés divers en fonction de l’importance et de la densité des infrastructures de transport qui les traversent.124 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Le risque est logiquement accru au niveau de la ZIP du Havre et plus largement des communes se trouvant au Sud de LHSM, où se concentrent les quais de chargement/déchargement du port et des gares et où convergent :
Les réseaux routiers, parmi lesquels :
o Autoroutes (A131 et A29),
o Routes nationales (N12 et N282) et départementales (D489, D925, D940 et D6015),
Les axes ferroviaires, avec :
o La ligne Paris-Saint-Lazare – Le Havre
o La ligne Lézarde Express Régionale (LER)
Un axe fluvial : la Seine, par où transitent des nombreuses péniches ;
Un axe maritime d’envergure internationale : la Manche
De nombreuses canalisations de produits chimiques, d’hydrocarbures et de gaz naturel, et ce notamment entre Le Havre et la ZIP.
Comme pour le risque industriel, les enjeux humains en cas d’accident sont particulièrement forts dans les zones urbaines denses traversées par des voies de communication supportant un trafic important de matières dangereuses. Les enjeux environnementaux sont également significatifs, de tels accidents pouvant avoir un impact sur la santé environnementale (qualité des sols, de l’eau ou des milieux naturels, etc.).
Canalisations de transport de matières dangereuses à l'échelle de LHSM (Source : Géorisques)125 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022126 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
5. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Deux PPRt encadrant les activités
industrielles liées à la ZIP du Havre et au
dépôt pétrolier de Saint-Jouin-Bruneval ;
Des risques industriels et technologiques
essentiellement regroupés dans la ZIP du
Havre.
Un territoire fortement industrialisé soumis à
d’importants risques technologiques (sites
SEVESO, ICPE, IREP…) ;
Des canalisations de matières dangereuses
traversant le territoire ;
Des grandes infrastructures de transports
propices aux déplacements de marchandises
dangereuses ;
La présence d’un immense port pétrolier
(Antifer), source élevée de risque liés au
transport et au stockage d’hydrocarbures ;
Un trafic fluvial important, potentiel source de
pollutions.
OPPORTUNITES MENACES
/ Des aléas climatiques plus fréquents, pouvant accroitre les risques industriels et
technologiques ;
Un territoire déjà soumis à la montée des
eaux, et aux risques de submersion marine,
qui devraient s’accentuer dans les années à
venir et menacer les activités de la ZIP.
b. Perspectives fil de l’eau
La poursuite des activités industrielles et technologiques de la ZIP
L’encadrement par deux PPRt qui se poursuit
Un accroissement possible du trafic routier et du transport de matières dangereuses y étant associées
La poursuite des activités pétrolières du port d’Antifer
L’accentuation du changement climatique et de ses conséquences
c. Enjeux
ENJEUX
Limiter la vulnérabilité de la population, les biens et l’environnement face aux risques technologiques notamment dans le contexte de changement climatique :
• Prendre en compte les ICPE et différents PPRt (Saint-Jouin-Bruneval, Zone industrialo-
portuaire du Havre) dans le cadre des nouveaux projets et choix d’urbanisme
• Encadrer les nouvelles sources de risques technologiques dans le cadre du PCAET
(méthanisation, réseaux de chaleur…) populations à proximité de ces secteurs
Assurer la protection de la population et des milieux naturels vis-à-vis des transports de matières dangereuses (route, axes ferroviaires, fluvial, maritime et par les canalisations…)127 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Anticiper les effets du changement climatique sur les risques technologiques et industriels, notamment au niveau de la ZIP du Havre128 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
POLLUTION DES SOLS
1. De nombreux sites et sols pollués, ou anciennement pollués,
sur le territoire
Le développement urbain et industriel peut engendrer des pollutions, et notamment une pollution des sols, avec un risque sanitaire pour les populations exposées directement ou indirectement (ex : par l’eau potable, les cultures, etc.).
Afin de prévenir la contamination, la politique du gouvernement français vise à recenser les sites accueillant, ou ayant accueilli, des activités sources, ou potentiellement sources, de pollutions, à travers la mise en place de bases de données, comme les bases de données BASIAS et BASOL.
Sites BASIAS
Un site BASIAS (Base de données des Anciens Sites Industriels et Activités de Services) caractérise les anciens sites industriels et activités de service.
A l’échelle de l’intercommunalité, 788 sites BASIAS (base de données 2021) – sites industriels et activités de service, en activité ou non et pouvant avoir occasionné une pollution des sols, sont recensés. Le Havre Seine Métropole concentre ainsi sur son territoire 16 % des sites BASIAS du département de Seine-Maritime (4 926 sites départementaux recensés).
Parmi ces sites, 41% ne sont plus en activité (325), et 38% sont encore en activité (294).Pour 21 % des sites, il n’est pas possible de savoir s’ils sont encore en activité du fait d’un manque d’informations.
Etat d’occupation des sites BASIAS de LHSM
(Source : Géorisques)
Environ un quart de ces sites présente, ou présentait, une activité de dépôt de liquides inflammables.
A noter que si ces sites ne présentent qu’une potentialité de pollution, il s’agit de conserver la mémoire de ceux-ci pour pouvoir fournir par la suite des informations utiles dans le cadre de la planification urbaine et de la protection de l’environnement et de la santé publique. Ces sites doivent en effet faire l’objet d’une vigilance renforcée dans le cas d’un réaménagement.
41%
38%
21%
Etat d'occupation
Activité terminée
En activité
Ne sait pas129 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
A ce titre, 222 sites sont identifiés comme réaménagés totalement, et 12 partiellement. 47 sites sont par ailleurs identifiés comme en friche.
Ainsi, dans un contexte de maîtrise de l’étalement urbain et de recyclage du foncier, une anticipation de cette problématique le plus en amont possible dans l’élaboration des projets doit permettre d’intégrer les éventuelles contraintes et de prévoir les réhabilitations adaptées aux nouveaux usages envisagés.
Sites BASOL
Un site est classé BASOL s’il présente une pollution susceptible de provoquer une nuisance ou un risque pérenne pour les personnes ou l'environnement, du fait d'anciens dépôts de déchets ou d'infiltration de substances polluantes.
A l’échelle de l’intercommunalité, 23 sites BASOL, pollués ou potentiellement pollués, sont recensés, soit un quart des sites BASOL du département de Seine-Maritime (91 sites départementaux recensés).
2. Des sites et sols pollués concentrés sur Le Havre et la Zone
Industrialo-Portuaire (ZIP)
Territoire fortement industrialisé, avec la présence d’un port d’envergure mondial et de nombreuses industries, Le Havre témoigne ainsi de nombreux sites pollués ou anciennement pollués. (Cf carte de synthèse).
En effet, on dénombre 604 sites BASIAS rien que sur la commune du Havre, soit 77 % du total, ainsi que 13 sites BASOL, soit 54 % des sites.
Par ailleurs, 89 % des sites BASIAS (700 sites), sont concentrées dans 4 communes où est implantée la ZIP : Le Havre, Gonfreville-l'Orcher, Harfleur et Montivilliers.
3. D’autres problématiques liées aux déchets à prendre en
compte
Outre les sites liés aux activités industrielles, d’autres secteurs du territoire sont impactés par la problématique des déchets. Le plus emblématique sur le territoire est celui situé sur les falaises nord et qui accueille les anciennes décharges de Dollemard. Si le site est fermé depuis 20 ans, il y aurait environ 400 000 tonnes de déchets dont environ 30 à 80m3 de détritus qui se déversent annuellement dans la mer et sont rejetés le long des plages sur près de 200km de côtes. Cet état de fait est lié à des propriétaires et entreprises peu scrupuleux qui jetaient leurs volumes de déchets du haut des falaises constituant petit à petit une vaste décharge sauvage.
Des études sont en cours afin de traiter cette problématique. Un chantier-test s’est tenu à l’été 2021 afin de tester les techniques mobilisables sur ce site, difficile d’accès et contraint en termes de risques d’éboulement.
Si les anciennes décharges de Dollemard sont les plus connues, il est probable que d’autres sites de ce type, plus contenus, soient présents ponctuellement sur le territoire et entraînent des problématiques de pollutions des sols et des milieux aquatiques.130 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
4. Enjeux et perspectives
a. Analyse « AFOM »
b. Perspectives fil de l’eau
En lien avec les dynamiques de renouvellement urbain, une augmentation de la réhabilitation des sols pollués et une meilleure connaissance des impacts
Un traitement des sites officieux de décharges qui se poursuit
c. Enjeux
ATOUTS FAIBLESSES
Des communes rurales relativement
préservées des pollutions des sols
Un grand nombre de sites et sols pollués ou
anciennement pollués aux alentours du
Havre et de la ZIP ;
Un nombre important de sites BASIAS à
l’échelle du territoire ;
Des sites pollués liés à d’anciennes
décharges dont certains ne sont
probablement pas connus
OPPORTUNITES MENACES
Profiter de certaines friches industrielles
polluées pour développer les énergies
renouvelables (centrale solaire par exemple)
Une possibilité de dépollution des sols à
engager
Une population davantage exposée aux
pollutions avec le développement urbain
Un volume de terres polluées à traiter
ENJEUX
Traiter la problématique des pollutions des sols en profitant de projets innovants dans le cadre du PCAET pour :
• Amorcer la dépollution douce (phytoremédiation) des sites et secteurs pollués
• Promouvoir des opérations de développement des EnR sur ces secteurs
• Promouvoir des opérations de stockage carbone …
Veiller à garantir la santé des habitants vis-à-vis de l’exposition aux sites pollués dans le cadre du développement et du renouvellement du territoire131 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022132 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
POLLUTION DE L’AIR
Cette partie s’appuie sur l’analyse des émissions et concentrations effectuées dans le diagnostic Climat- Air-Energie du PCAET. Pour approfondir cette partie, le lecteur est invité à se référer à ce document.
1. Préambule
Les polluants à effet sanitaire sont des gaz ou particules, irritants ou agressifs, qui pénètrent plus ou moins loin dans l’appareil respiratoire, et qui sont néfastes pour la santé. Ils peuvent en effet induire des effets respiratoires ou cardiovasculaires.
Sont présentés dans ce rapport les principaux polluants atmosphériques représentant les principaux enjeux sanitaires et environnementaux. Ils concernent :
• Les oxydes d’azote (NOx)
• Les particules fines de diamètre inférieur ou égal à 2.5 micromètres (PM2.5)
• Les particules fines de diamètre inférieur ou égal à 10 micromètres (PM10)
• Les Composés Organiques Volatils non méthanogènes (COVnm)
• Le dioxyde de souffre (SO2)
• L’ammoniac (NH3)
2. Bilan global
a. Méthodologie
Les données d’émissions et de concentrations en polluants atmosphériques sur le territoire de la CU LHSM sont issues de l’inventaire version 3.2.7 réalisées par Atmo Normandie et diffusées par l’Observation Régional Energie Climat Air de Normandie (ORECAN). Atmo Normandie est l’Association Agréée pour la Surveillance de la Qualité de l’Air Atmosphérique (AASQAA) en région Normandie.
b. Bilan global
En 2018, les émissions de polluants s’élevaient à 36 947 tonnes sur le territoire de LHSM. Elles ont diminué de plus de la moitié, soit de 52 % depuis 2005.133 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
c. Bilan des émissions par polluants atmosphériques
Des émissions dominées par les NOx
Les émissions totales de polluants atmosphériques sur le territoire sont principalement dominées par les oxydes d’azotes (NOx), qui sont majoritairement issus de la combustion d’énergies fossiles dans le secteur des transports routiers.
Les deux polluants les plus émis après les NOx sont les Composés Organiques Volatils non méthanogènes (COVnm) et le dioxyde de souffre (SO2), respectivement émis par les activités de raffinage de pétrole et le fonctionnement de la centrale à charbon du Havre.
Les émissions de NH3 sont quant à elles principalement liées à l’utilisation des engrais chimiques dans le secteur agricole et à l’industrie chimique.
Enfin, les émissions les plus basses en 2018 étaient celles de particules fines (PM2.5 et PM10), émises par des sources diverses (chauffage au bois, énergies fossiles, chantiers, etc.).
Des émissions en baisse, à l’exception de l’ammoniac
L’évolution des émissions depuis 2005 montre une baisse pour tous les polluants atmosphériques à l’exception de l’ammoniac (NH3).
En effet, les émissions ont diminué de manière importante pour le NOx (- 43 %), les COVnm (- 33 %), et les particules fines (-44 % pour les PM10 et – 51 % pour les PM2.5). L’évolution est considérable pour le SO2 (- 74 %) notamment grâce à l’arrêt progressif de la centrale thermique du Havre. Ces évolutions peuvent s’expliquer par de nombreux phénomènes : amélioration des procédés énergétiques et industriels, rénovation et performance énergétique des logements, etc.
Les émissions d’ammoniac (NH3) quant à elles sont en fortes hausses depuis 2005, avec une augmentation de plus de 120 %.
Répartition des émissions de polluants sur le territoire de LHSM en 2018 (Source : Atmo Normandie)
Polluants SO2 NOx COVnm NH3 PM10 PM2.5 TOTAL
2018
Emissions
(tonnes) 8 161 16 234 7 999 2 427 1 327 799 36 947
% 22,1 % 43,9 % 21,6 % 6,6 % 3,6 % 2,2 % 100,0 %
2005
Emissions
(tonnes) 31 617 28 460 11 886 1 098 2 397 1 638 77 096
% 41,0 % 36,9 % 15,4 % 1,4 % 3,1 % 2,1 % 100,0 %
Evolution 2005-2018 -74,2% -43,0% -32,7% +121,0% -44,6% -51,2% -52,1%134 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
SO2 NOX
COVnm NH3
PM2.5 PM10
Evolution des émissions par polluants atmosphériques depuis 2005, en μg/m3 (Source : Atmo Normandie, réalisation : Algoé)
31 617
34 632
26 340
19 669
9 977 9 160
8 161
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000
40 000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
28 460
25 254
23 747
19 537
14 862 15 019
16 234
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
11 886
9 557
8 466
6 757 7 356 7 396
7 999
0
2000
4000
6000
8000
10000
12000
14000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
1 098 1 221 1 285
1 391 1 205
1 923
2 427
0
500
1000
1500
2000
2500
3000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
2 397
2 141 2 194
1 588
1 118 1 031
1 327
0
500
1000
1500
2000
2500
3000
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018
1 638
1 413 1 478
1 128
808
727 799
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
2005 2008 2010 2012 2014 2015 2018135 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
d. Bilan des émissions par secteurs d’activités
La répartition des polluants par secteurs d’activités met en évidence les secteurs d’activités les plus émetteurs et par conséquent responsables de la dégradation de la qualité de l’air.
En particulier, on peut noter que sur le territoire de la CU LHSM :
• Le secteur des transports (routier et non routier) émet la majorité des oxydes d’azote, et compte pour une grosse partie des émissions de particules fines ;
• La branche énergie est le secteur le plus émetteur de SO2 (centrale thermique du Havre) ;
• L’activité industrielle induit principalement des émissions de COVNM, de NH3 et de PM10.
Répartition des émissions de polluants atmosphériques selon les secteurs d’activités (Source : Atmo Normandie, réalisation : Algoé)
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
COVNM
PM2,5
PM10
NH3
NOx
SO2
AGRICULTURE BRANCHE ENERGIE DECHETS
PRODUCTION DE CHALEUR, FROID INDUSTRIE RESIDENTIEL
TERTIAIRE TRANSPORT ROUTIER AUTRES TRANSPORTS136 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
e. Concentrations annuelles en polluants atmosphériques
Les concentrations annuelles en polluants atmosphériques sont issues de plusieurs stations de mesures gérées par Atmo Normandie sur le territoire de la CU. Ces stations sont localisées principalement au sud du territoire et notamment autour de la ville du Havre et de la ZIP.
Bilan des concentrations
• SO2 : les concentrations sont importantes à Gonfreville l’Orcher, près de la ZIP.
• PM10 : les concentrations sont globalement en diminution depuis 2007, mais stagnent depuis 2016. Il est observé des pics journaliers aux heures de pointe car les PM10 sont principalement émises par les voitures.
• NOx : de la même manière, les concentrations diminuent légèrement depuis 2008 et oj observe un pic journalier aux heures de pointe.
• O3 : les concentrations en ozone augmentent depuis 2010.
Des concentrtions au-dessus des normes de qualité de l’OMS
Les concentrations de l’ensemble des polluants atmosphériques dépassent les nouveaux seuils de qualité fixés par l’OMS en 2021.
Concentrations annuelles pour les différents polluants atmosphériques sur le territoire de la CU LHSM. Les valeurs indiquent la concentration moyenne la plus basse et la plus haute enregistrée par les stations. (Source : Atmo Normandie)
SO2 NOx O3 PM2.5 PM10
Concentration
moyenne (μg/m3) 1,7 – 5,6 12,5 - 33 Environ 59 6,6 – 10,9 17 - 24
Seuil de l’OMS 2021
(μg/m3) - 10
60
(pic journalier) 5 15137 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
3. Enjeux et perspectives fil de l’eau
a. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Des émissions de polluants atmosphériques
en forte baisse depuis 2005 (- 52 %) ;
Des concentrations en baisse depuis 2008
pour les particules fines, oxydes d’azote et
SO2 ;
Une baisse particulièrement marquée pour le
SO2
Des émissions très importantes, notamment
dans les secteurs des transports, de
l’industrie et de l’énergie ;
Des concentrations annuelles dépassant
largement les seuils de qualité de l’OMS pour
tous les polluants
OPPORTUNITES MENACES
La mise en œuvre d’un plan Air Une population vieillissante plus vulnérable à la pollution atmosphérique ;
b. Perspectives fil de l’eau
Une forte baisse des émissions et concentrations moyennes de SO2 dans les années à venir grâce à la fermeture de la centrale à charbon du Havre en 2021 ;
Une baisse des polluants atmosphériques à venir grâce aux évolutions règlementaires et procédés efficaces en énergie (véhicules « propres », rénovation thermique, écologie industrielle, etc.) ;
Une population de plus en plus vulnérable à la pollution de l’air.
c. Enjeux
ENJEUX
Réduire fortement les émissions de polluants atmosphériques, notamment dans les secteurs de l’industrie, des transports routiers et de la production d’énergie
Respecter les seuils règlementaires de l’OMS en matière de concentrations en polluants
Limiter l’exposition des habitants à la pollution de l’air notamment les plus sensibles en anticipant la vulnérabilité future138 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
NUISANCES
Les nuisances sonores sont dénoncées par une majorité de français comme la première gêne à laquelle ils sont confrontés dans leur vie quotidienne. Il s’agit ainsi d’un enjeu de qualité de vie mais aussi de santé publique. La majeure partie des nuisances sont générées par les transports : c’est la principale question abordée ici, même si ponctuellement d’autres sources de bruit émanent d’activités industrielles, de loisirs ou du voisinage (dont le recensement exhaustif n’est pas effectué à l’échelle du territoire).
1. Rappel des orientations et objectifs de référence
La réglementation est organisée en fonction des environnements concernés (habitat et équipements sensibles, milieu de travail) et des sources de bruit (infrastructures de transport terrestre, aérodromes, activités économiques, équipements). Le seuil de danger du bruit est aux environs de 90 décibels (dB(A)). Au-delà de 105 décibels, des pertes importantes de l'audition peuvent se produire. On considère que le seuil de gêne est aux environs de 65 décibels et les valeurs limites imposées par la réglementation sont de 68 dB(A) pour la route et les voies ferrées à grande vitesse, 73 dB(A) pour les autres voies ferrées (valeurs mesurées en façade des bâtiments).
Premier texte global en la matière, la loi « bruit » du 31 décembre 1992 fixe des nouvelles règles pour l’urbanisme et la construction au voisinage des infrastructures de transports « classées » bruyantes ; elle réglemente également certaines activités bruyantes. La politique nationale de résorption des points noirs de bruit dus aux transports terrestres relancée en 2001, et réaffirmée par le Grenelle de l’environnement, prévoit la mise en place d’observatoires du bruit des infrastructures terrestres, le recensement des zones de bruit critique et des points noirs, ainsi que la mise en œuvre de mesures de rattrapage.
La Directive 2002/49/CE relative à l’évaluation et à la gestion du bruit dans l’environnement, et sa transposition dans le Code de l’Environnement français, imposent pour les gestionnaires des grandes infrastructures de transports terrestres, des aéroports et des industries la réalisation de cartes de bruit stratégiques (CBS) et de Plans de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) destinés à lutter contre les nuisances sonores et protéger les zones calmes.
Un PPBE Etat (réalisé par l’Etat français dans le cadre de la directive 2002/49/CE) dans la Seine- Maritime 2e échéance a été approuvé le 16 janvier 2015. Il définit les mesures prévues visant à prévenir ou réduire le bruit dans l’environnement des infrastructures de transports terrestres du réseau national dans le département (trafic supérieur à 8200 véhicules par jour et 82 trains par jour).
Le 27 mai 2016, la Préfète de la Seine-Maritime a approuvé la révision du classement sonore des infrastructures de transports terrestres (toutes les voies routières de plus de 5 000 véhicules/jour, lignes ferroviaires interurbaines de plus de 50 trains/jour, lignes ferroviaires urbaines de plus de 100 trains/jour et lignes de transport en commun en site propre de plus de 100 autobus/jour) en Seine- Maritime.
Un premier PPBE du département de la Seine-Maritime 2014-2018, prenant appui sur les cartes de bruit arrêtées par le Préfet le 23 septembre 2013, a été approuvé par l’Assemblée Départementale le 14 octobre 2014. Ce PPBE visait principalement à optimiser sur un plan technique, stratégique et économique les actions à engager, afin d’améliorer les situations critiques et préserver la qualité des endroits remarquables. Des cartes révisées ont été arrêtées par la Préfète de la Seine-Maritime le 14 septembre 2018, permettant l’élaboration d’un second PPBE départemental 2019-2023, ayant pour objectifs l’amélioration de la prise en compte du bruit et la résorption des situations critiques.
Enfin l’arrêté du 14 avril 2017, établissant les listes d’agglomérations de plus de 100 000 habitants pour l’application de l’article L. 572-2 du Code l’environnement, stipule que Le Havre, et plus largement l’ex-CODAH, est dans l’obligation d’établir une CBS et un PPBE.139 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Un projet de PPBE est recensé à l’échelle de LHSM ; il s’agit du PPBE de la Communauté d’Agglomération Havraise (CODAH) 2013-2018.
Soucieuse de la qualité de son environnement sonore et disposant de la compétence pour la réalisation de la cartographie stratégique du bruit dans l’environnement de son territoire, la Communauté de l’Agglomération Havraise a lancé en 2013 le projet de Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) du territoire, conformément au Décret n° 2006-361 du 24 mars 2006 et prévu par le code de l’environnement chapitre II du titre VII du livre V. (Art L572-6 & 7 et R572-8).
Ce document poursuit le travail de l’évaluation cartographique de l’environnement sonore de l’unité urbaine du Havre, publiée en novembre 2012.
Les principaux objectifs de ce plan sont :
• Des actions transversales de prévention sur des problématiques communes (circulation des deux roues à moteurs, bruit industriel, lieux d’activité...),
• Une réduction des nuisances sonores dans les zones à enjeux identifiées (partenariat d’actions avec les gestionnaires d’infrastructures bruyantes, études acoustiques ciblées, baisse des vitesses de circulation, entretien des réseaux routiers...),
• Une anticipation des enjeux acoustiques dans les projets d’aménagement (adaptation de la voirie aux contextes urbains traversés, développement des modes doux...),
• Une valorisation des zones calmes.
2. Des sources de bruits concentrées au sud du territoire
Les principales sources de bruit à l’échelle métropolitaine sont concentrées au sud du territoire, au niveau de l’ancienne Communauté d’agglomération havraise (CODAH).
En effet, les principales sources de bruit observées sont :
• Une infrastructure industrialo-portuaire d’envergure internationale située au niveau de l’estuaire de la Seine ; le Port du Havre est le 1er premier port à conteneurs pour le commerce extérieur et 5e port européen auprès des géants du range Nord.
• Un tissu d’Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) recouvrant le sud du territoire au niveau du Port.
• La ligne TER Paris-Le Havre qui traverse le sud du territoire d’est en ouest ; grande ligne radiale du réseau français reliant Paris - Rouen – Le Havre.
• Un réseau routier, particulièrement dense à proximité du Havre, constitué de :
- 2 principales autoroutes : A131 (traversant le sud du territoire depuis Le Havre vers l’est) et A29 (traversant l’est du territoire sur un axe nord-sud) ;
- Des routes nationales : N182, N282 et N1029 ;
- Un important réseau secondaire de routes départementales.
• Un aéroport à proximité directe du Havre : l’Aéroport de Le Havre – Octeville.140 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
3. Les transports terrestres, principales sources de nuisances
sonores
a. Le bruit routier
L’ambiance sonore peut varier selon les périodes (année, heure), les paramètres topographiques et météorologiques (vents). L’organisation du bâti, la qualité de l’isolation, le choix de matériaux peuvent également participer à l’atténuation des nuisances sonores.
Les indicateurs de niveau sonore représentés sur les cartes de bruit sont exprimés en dB(A) et traduisent une notion de gêne globale ou de risques pour la santé :
• Le Lden est le niveau d'exposition au bruit durant 24 heures : il est composé des indicateurs « Lday, Levening, Lnight », niveaux sonores moyennés sur les périodes 6h-18h, 18h-22h et 22h-6h, auxquels une pondération est appliquée sur les périodes sensibles du soir (+ 5 dB(A)) et de la nuit (+ 10 dB(A)), pour tenir compte des différences de sensibilité au bruit selon les périodes,
• Le Ln est le niveau d'exposition au bruit nocturne : il est associé aux risques de perturbations du sommeil.
Les zones où le bruit dépasse les valeurs limites (ou points noirs) doivent faire l'objet de mesures de résorption dans le cadre des PPBE et d'un suivi dans le cadre de l’observatoire départemental, mis en place par la DDTM de Seine-Maritime.
Le gestionnaire de la source incriminée devra mettre en place des actions pour réduire le bruit et abaisser les niveaux sonores en dessous des seuils, plus particulièrement dans les zones où les populations et établissements sensibles sont soumis à des niveaux excessifs. Ces seuils sont définis en façade extérieure des bâtiments. Dans certaines situations, il n’est pas possible techniquement ou économiquement d’abaisser les niveaux sonores de la source suffisamment pour permettre le respect des seuils extérieurs. Dans ce cas, des objectifs d’isolation des façades sont fixés pour permettre des niveaux sonores acceptables dans les bâtiments à défaut de les obtenir pour l’environnement extérieur.
Objectifs fixés par le Département dans le PPBE Seine-Maritime :
• Lden < 68 dB(A) ou LAeq < 70 dB(A) pour le seuil LAeq (6h-22h) • Ln < 62 dB(A) ou LAeq < 65dB(A) pour le seuil LAeq (22h-6h)
Afin de prendre en considération les nuisances sonores lors de la construction de bâtiments aux abords des infrastructures de transport, et conformément à la réglementation, l’Etat a élaboré un dispositif réglementaire de classement de ces voies en fonction de leur niveau sonore. Ce classement qui doit être pris en compte dans les documents d’urbanisme impose des règles d’isolation aux nouveaux bâtiments réalisés dans les secteurs affectés par le bruit. Ce classement a été révisé en 2016 en Seine- Maritime.
Classement des infrastructures de transports terrestres
(Source : Services de l’Etat en Seine-Maritime)
Catégorie
classement de
l’infrastructure
Niveau sonore de
référence LAeq (6h-
22h) en dB (A)
Niveau sonore de
référence LAeq
(22h-6h) en dB(A)
Largeur maximale
des secteurs
affectés par le bruit
de part et d’autre
de l’infrastructure
1 L > 81 L > 76 d = 300 m
2 76 < L < 81 71 < L 76 d = 250 m
3 70 < L < 76 65 < L 71 d = 100 m
4 65 < L < 70 60 < L 65 d = 30 m141 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
5 60 < L < 65 55 < L < 60 d = 10 m
Les transports terrestres constituent aujourd’hui la principale source de dépassements des valeurs réglementaires. D’après l’arrêté préfectoral du 27 mai 2016, 31 des 54 communes de la Métropole sont concernées par le classement sonore des infrastructures de transports terrestres en Seine-Maritime.
Les principales infrastructures de transport génératrices de bruit sont les voies routières suivantes :
• L’A29 (classée 2) et l’A131 (classée 1 à 2 selon les secteurs) : Epretot, Etainhus,
Gommerville, Gonfreville-l’Orcher, Graimbouville, Oudalle, Rogerville, Saint-Aubin-Routot,
Saint-Gilles-de-la-Neuville, Saint-Vigor-d’Ymonville, Sandouville ;
• La N182 (classée 2) et la N282 (classée 2 à 3 selon les secteurs) : Gonfreville-l’Orcher,
Harfleur, Le Havre ;
• Un réseau de départementales (classées 2 à 4) : D31, D32, D39, D52, D147, D481, D483,
D488, D489, D925, D940, D982, D6015, D6382 (les routes en gras sont également
concernées par le PPBE du Département de Seine-Maritime 2019-2023).
Les 31 communes identifiées dans l’arrêté sont toutes soumises, à une échelle plus locale, à la pollution sonore générées par le réseau routier départemental et communal.
En plus de la pollution sonore générée par les voies routières, une partie du territoire est concernée par la pollution sonore engendrée par le transport ferroviaire. En effet, la ligne TER Le Havre – Paris (classée 2) impacte les communes suivantes : Epretot, Etainhus, Gainneville, Gonfreville-l’Orcher, Graimbouville, Harfleur, Le Havre, Montivilliers.
La commune du Havre est particulièrement impactée par les nuisances sonores liées aux infrastructures de transports terrestres, avec des dépassements des seuils réglementaires sur plusieurs tronçons.
Les cartes ci-dessous sont issues des cartes de bruit élaborées par la base de données du département10
10 https://www.seine-maritime.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-et-prevention-des-risques/Bruit/Plan-de-Prevention-
du-Bruit-dans-l-Environnement-PPBE/Cartes-de-Bruit-Strategiques-CBS/Cartes-Statiques/Cartes-de-Bruit-Strategiques-du- Reseau-Routier-Concede142 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Carte de bruit stratégique présentant les voies communales principalement affectées par la pollution sonore sur le secteur du Havre,
(Source : IGN, CCI du Havre, SANEF-SAPN, Cerema, CD76, DDT de Seine-Maritime)
Carte de bruit stratégique présentant les dépassement du seuil réglementaire Lden – 68 dB(A) sur le secteur du Havre (Source : IGN, CCI du Havre, SANEF-SAPN, Cerema, CD76, DDT de Seine-Maritime)
b. Des actions pour la réduction et la prévention des nuisances sonores avec les PPBE
La réalisation de Plans de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) s’inscrit dans la continuité de la réalisation des cartes stratégiques du bruit. Il a pour objectif d’optimiser sur un plan technique, stratégique et économique les actions à engager afin d’améliorer les situations critiques, préserver la qualité des endroits remarquables et anticiper toute évolution prévisible du bruit dans l’environnement.143 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Le premier objectif du PPBE est de diminuer les niveaux sonores dans les zones où les populations et établissements sensibles sont soumis à des niveaux excessifs.
Concernant les principaux axes de transport du territoire :
• le PPBE 1ère échéance de l’Etat en Seine-Maritime a été approuvé en mai 2013. Il prévoit la
poursuite des actions préventives engagées depuis une quinzaine d’années (mesures de
protection : isolations de façades, mur anti-bruit…) ;
• Le PPBE 2ème échéance de l’Etat a quant à lui été approuvé en janvier 2015 et intègre
notamment des solutions de protection de l’exposition aux nuisances sonores des populations
vis-à-vis des voies ferrées ;
• Le PPBE 1ère et 2ème échéance du Département de Seine-Maritime a été approuvé en octobre
2014. Il prévoit :
- La résorption des situations critiques dans les zones à enjeux identifiées,
- La prévention du risque de création de nouvelles situations critiques,
- La communication auprès des administrés et des riverains,
- Le travail collaboratif avec les agglomérations et les autres gestionnaires,
L’amélioration de l’intégration de l’acoustique dès les phases chantiers.
Enfin, parmi les objectifs des PPBE, il s’agit de ne pas augmenter les niveaux de bruit dans les zones de calmes, ou de non bruit. Le PPBE de la CODAH 2013-2018 identifie plusieurs zones calmes sur son territoire. Il identifie les zones où les niveaux de bruit sont inférieurs à 45dB(A), tel que le littoral Ouest de la Manche, le Golf d’Octeville sur Mer, le Parc de Rouelles, la Forêt de Montgeon ou le Bois du Château de l’Orcher, ainsi que des zones où le bruit est compris entre 45 et 50 dB(A), comme le site du Fort du Petit Colmoulin ou les espaces extérieurs des espaces naturels et forestiers mentionnés précédemment.144 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Principales zones de calme (Source : PPBE CODAH 2013-2018)
4. Un aéroport qui affecte principalement trois communes
L’aéroport Le Havre – Octeville-sur-Mer est soumis à Plan d’Exposition au Bruit (PEB) au titre de l’article L112-5 du Code de l’urbanisme pour les aérodromes classés A, B ou C.
Le PEB de l’aéroport a été approuvé le 17 janvier 2017 par la Préfète de Région.145 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Cartographie du PEB de l'aéroport Le Havre - Octeville-sur-Mer
(Source : Services de l'Etat en Seine-Maritime)
L’aéroport Le Havre – Octeville-sur-Mer est un aéroport de moyenne envergure, présentant un trafic aérien de 22 719 mouvements en 2012 (Données du PEB) avec un trafic commercial inférieur à 10 000 mouvements annuels.
Le taux de croissance annuel envisagé pour cet aéroport est de 2 %, soit un trafic de 29 390 mouvements attendu en 2025. Toutefois, cette estimation ne prend pas en compte la crise sanitaire de la COVID-19 qui peut potentiellement avoir un impact significatif sur le trafic de l’aéroport.
80% des mouvements sont effectués de jour, 15% en soirée et 5% de nuit. La pollution sonore engendrée par l’aéroport est donc avant tout diurne.
Trois communes sont principalement impactées par l’activité de l’aéroport : Le Havre, Octeville-sur- Mer et Sainte-Adresse. Plus largement, c’est tout le périmètre de l’ex-CODAH qui est concerné.
L’objectif du PEB mis en place par l’aéroport est de maîtriser l’accroissement de la population dans les zones de nuisances potentielles tout en permettant aux communes de maintenir de bonnes perspectives de développement.
5. Une population exposée aux bruits industriels
Le bruit et les vibrations des installations classées pour la protection de l’environnement sont réglementées (arrêté du 23 janvier 1997).
Arrêté du 23 janvier 1997 relatif à la limitation des bruits émis dans l'environnement par les installations classées pour la protection de l'environnement
Niveau de bruit
ambiant existant dans
les zones à
émergence
réglementée incluant
le bruit de
l'établissement
Emergence admissible
pour la période allant
de 7 heures à 22
heures sauf
dimanches et jours
fériés
Emergence admissible
pour la période allant
de 22 heures à 7
heures ainsi que les
dimanches et jours
fériés146 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
35 dB(A) < L ≤ 45
dB(A) 6 dB(A) 4 dB(A)
L > 45 dB(A) 5 dB(A) 3 dB(A)
L’installation doit à ce titre être construite, équipée et exploitée de façon que son fonctionnement ne puisse être à l’origine de bruits transmis par voie aérienne ou solidienne susceptible de compromettre la santé ou la sécurité du voisinage ou de constituer une nuisance pour celui-ci.
La ZIP constitue une source de nuisances sonores. En effet, les principales nuisances sonores liées aux ICPE (L > 45 dB(a)) se concentrent sur l’ensemble de la zone portuaire, impactant principalement les communes du Havre, de Harfleur, de Gonfreville-l’Orcher, de Roger Ville et d’Oudalle.
Le reste de la communauté urbaine est préservé de ces nuisances.147 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022148 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022149 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
6. La prise en compte des nuisances électromagnétiques
Le territoire est soumis à des nuisances liées aux champs électromagnétiques notamment causés par la présence de lignes hautes et moyennes tensions et les antennes relais.
Le territoire présente plusieurs lignes hautes et moyennes tensions sur le territoire comprises entre 90 et 400kV, essentiellement situées à l’est et au sud, entre Sainneville, Montivilliers et la zone portuaire du Havre. C’est sur le port que l’on trouve les lignes avec la plus haute tension (400kV). A l’exception d’une ligne de 90kV reliant Sainneville à Antifer et une autre reliant Sainneville à Bléville, le reste du territoire est peu impacté par les lignes hautes tensions. On note que quelques-unes de ces lignes sont souterraines, mais la plupart restent encore aériennes.
Le territoire comptabilise également plus de 275 sites radioélectriques (téléphonie mobile, télévision, radio, réseaux mobiles privés, faisceaux hertziens, et autres stations) dispersés sur l’ensemble du territoire. A noter une forte concentration de ces sites sur la partie la plus urbaine (autour du Havre et de la zone industrialo-portuaire).
Le décret n° 2002-775 du 3 mai 2002, relatif aux valeurs limites d’exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les équipements utilisés dans les réseaux de télécommunication ou par les installations radioélectriques, transpose les valeurs limites d’exposition du public aux champs électromagnétiques préconisées par la recommandation 1999/519/CE du Conseil du 12 juillet 1999 pour l’ensemble des équipements émetteurs radioélectriques autres que les équipements terminaux ou assimilés. Il définit des dispositions pour la vérification du respect des valeurs limites par les équipements et installations radioélectriques concernés. Ces valeurs limites sont comprises entre 28 V/m et 87 V/m selon les fréquences.
Valeurs limites réglementaires fixées en France par le décret du 3 mai 2002 n°2002-775 (Source : Agence nationale des fréquences)
D’après l’agence nationale des fréquences, aucun des niveaux mesurés sur le territoire ne dépasse 3 V/m. Les valeurs limites d’exposition fixées par le décret du 3 mai 2002 sont ainsi respectées.
Les nuisances électromagnétiques doivent toutefois être bien prises en compte dans les stratégies et projets du territoire afin de limiter la vulnérabilité des populations, notamment les plus sensibles (personnes âgées, jeunes enfants…) dans le cadre des nouveaux aménagements.150 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
7. Enjeux et perspectives fil de l’eau
d. Analyse « AFOM »
ATOUTS FAIBLESSES
Une trame verte et bleue et des périmètres de
protection de la nature permettant le maintien
de zones calmes en termes sonores ;
Des zones calmes au sein des milieux
urbains du fait de la présence d’espaces de
nature en ville ;
Une grande partie du territoire (partie Nord)
peu impactée par les nuisances sonores.
Un territoire soumis à de nombreuses
nuisances sonores du fait des infrastructures
de transports terrestres (routes et voies
ferrées), notamment au niveau de la ZIP ;
Des nuisances sonores fortement liées aux
activités industrialo-portuaires ;
Des nuisances sonores liées à l’aéroport Le
Havre – Octeville-sur-Mer ;
L’absence de PPBE territorial.
OPPORTUNITES MENACES
Plusieurs PPBE à l’échelle supra-territoriale
pour les infrastructures routières ;
La mise en place du plan Vélo, permettant de
réduire les nuisances liées aux véhicules
motorisés Des actions engagées par la ville
du Havre en faveur de la nature en ville, et
donc du maintien de zones calmes en milieu
urbain ;
Une opportunité de réduction des nuisances
dues aux véhicules motorisés avec la mise en
place d’une zone à faible émissions (ZFE) ;
La mise en œuvre de documents de
planification territoriale prenant compte des
nuisances sonores : Plan de mobilité et PLUi
Impossibilité actuelle de déterminer le
développement prochain de l’aéroport Le
Havre – Octeville-sur-Mer (crise sanitaire) et
donc du niveau de nuisances sonores
associé ;
Poursuite et développement des activités
industrielles et portuaires.
e. Perspectives fil de l’eau
La poursuite de l’exposition des habitants aux nuisances liées au trafic routier, qui devrait s’intensifier avec le développement du territoire ;
La résorption, à termes, des situations critiques liées aux infrastructures de transport grâce à la prise en compte des PPBE ;
La révision prochaine du SCoT, PDU et PLH fixant pour les 10 prochaines années les grandes décisions en matière d’aménagement et de mobilité ;
La poursuite des activités industrielles et portuaires, maintenant des nuisances sonores pour les riverains de ces infrastructures ;
Une stabilité de l’activité de l’Aéroport151 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
f. Enjeux
ENJEUX
Informer les populations à enjeux des secteurs durablement impactés
Atténuer l’impact sonore des infrastructures existantes :
• Améliorer la qualité acoustique des espaces publics (végétalisation…)
• Limiter les besoins en déplacements routiers en lien avec les enjeux de réduction des
émissions de GES en promouvant les transports alternatifs à l’autosolisme, les transports en commun et les modes doux
Intégrer la lutte contre le bruit dans les nouvelles opérations d’aménagement en lien avec le PCAET (développement des énergies renouvelables… et les documents de planification territoriale)
Valoriser la trame verte et bleue comme espace contribuant à maintenir des zones de calme152 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
SYNTHESE DES ENJEUX
ENVIRONNEMENTAUX
ENJEUX Importance de l’enjeux
Paysage/ Patrimoine
Limiter les impacts des extensions urbaines sur les espaces naturels et agricoles
• Assurer des transitions douces et homogènes entre les espaces
aménagés et les milieux naturels et agricoles
• Maintenir les coupures d’urbanisation entre les villes, villages et
les hameaux
1
Travailler à l’acceptabilité d’un développement urbain par renouvellement et intensification, par exemple en s’appuyant sur
la trame verte urbaine
2
Préserver et favoriser la diversité des éléments de nature en lien avec les enjeux d’adaptation au changement climatique
• Préserver strictement les espaces littoraux (falaises, cordon
de galets…)
• Valoriser et protéger les zones humides (marais, roselières,
tourbières, prairies humides, cressonnières, mares…) et les
paysages de vallées (réseau hydrographique et ripisylves)
soumises à de multiples pressions
• Préserver les boisements (forêt de Montgeon, coteaux
boisés, coteau-parc, ceintures végétales, bosquets …)
permettant de stocker du carbone et développer les
structures végétales diversifiant le paysage et limitant les
ruissellements
• Maintenir les espaces agricoles (cressonnières, maraichage,
vergers, grandes cultures…) des pratiques agricoles
diversifiées favorables au stockage carbone
• Renforcer l’offre de nature en ville (parcs, jardins…) en lien
avec les îlots de chaleur urbain
1
Maintenir l’équilibre entre les paysages naturels de l’estuaire et l’insertion paysagère de la ZIP 3
Valoriser les perspectives paysagères notamment depuis le littoral, l’estuaire, le coteau-parc dans le cadre des nouveaux
projets de PCAET
3
Permettre la rénovation énergétique et l’installation des dispositifs d’efficacité énergétique et de production d’énergie
renouvelables tout en respectant la bonne insertion paysagère et
patrimoniale
1
Prendre conscience de la sensibilité des paysages naturels et du patrimoine bâti (retrait-gonflement des argiles) vis-à-vis du
changement climatique
1
Intégrer les infrastructures de transport du territoire au paysage (relief, végétation…), et développer les opportunités de
pacification et de lecture du paysage depuis ces-dernières
1153 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Trame verte et bleue
Eviter et limiter les nouveaux projets en lien avec le PCAET dans les secteurs d’inventaire et de protection (ZNIEFF, ZICO, N2000,
ENS…) de la biodiversité
1
Limiter l’impact des activités anthropiques sur la consommation d’espaces naturels et les continuités écologiques :
• Limiter la dynamique d’aménagement, notamment aux
abords de la Vallée de la Lézarde et de l’Estuaire de la Seine
• Porter une attention aux rejets de polluants dans les milieux
aquatiques
1
Prendre en compte la vulnérabilité des milieux naturels face au changement climatique : Protéger et restaurer les milieux
aquatiques et humides
• Protéger et restaurer les milieux aquatiques et humides
(shorres, vasières, roselières, marais, roselières, tourbières,
prairies humides, cressonnières, mares…)
• Valoriser le rôle écologique et climatique des prairies
(pelouses calcicoles, prairies mésophiles, landes…)
• Préserver les espaces boisés (forêt humides, haies,
bosquets…) et renforcer leur fonctionnalité
• Maintenir et conforter les corridors écologiques
1
Préserver et renforcer les éléments naturels (arbres, bosquets et vergers), supports de respiration mais aussi régulateurs
thermiques qui ponctuent le plateau
2
Développer la biodiversité urbaine en promouvant la multifonctionnalité des espaces de nature : bien-être de la
population, rafraichissement de l’atmosphère, stockage de CO2
1
Contribution au changement
climatique / Climat
Prendre en compte les conséquences de l’élévation des températures moyennes sur la santé humaine et
environnementale
1
Anticiper l’augmentation des risques naturels et aménager le territoire de manière résiliente 1
Diminuer les émissions de gaz à effet de serre en misant sur la sobriété et l’efficacité énergétique 1
Développer les énergies renouvelables pour assurer une production d’énergie locale peu carbonée 1154 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Ressources en eau
Diminuer l’impact énergétique lié à la collecte, au transport et au traitement de la ressource en eau dans le cadre du PCAET :
• Reconquérir la qualité des ressources en eau souterraine
pour l’alimentation en eau potable, notamment en protégeant
les captages d'eau potable et les ressources stratégiques
• Poursuivre la prévention des pollutions industrielles et
agricoles (réduction de l’usage de produits phytosanitaires et
de nitrate)
• Poursuivre la réduction de la consommation d’eau potable
(sensibilisation, récupération de l’eau dans le cadre des
projets...)
• Anticiper les projets au regard de leur desserte en eau
potable et en assainissement pour limiter les extensions de
réseaux…
• Poursuivre l’adaptation des dispositifs d’assainissement pour
faire face au développement et réduire la pollution des milieux
naturels
2
Assurer tous les usages en anticipant les effets du changement climatique sur la qualité et la quantité et la disponibilité de la
ressource en eau
• Maintenir les équilibres quantitatifs de la ressource
• Poursuivre la sécurisation des approvisionnements pour une
adduction d’eau potable de qualité
2
Amplifier la valorisation énergétique et l’économie circulaire dans le cadre de l’écologie urbaine
• Améliorer les niveaux de performance des réseaux (eau
potable, eaux usées) …
• Moderniser les stations d’épuration pour répondre aux
nouveaux besoins
3
Limiter les ruissellements des eaux pluviales :
• Maîtriser l’artificialisation par les réseaux
• Développer des pratiques d’hydraulique douce
• Promouvoir des pratiques agricoles adaptées (limitation du
retournement des prairies, valorisation des haies, bosquets…
3
Déchets
Diminuer l’impact énergétique et en termes de couts de la collecte et transport des déchets :
• Poursuivre la baisse de la production de déchets (actions
d’information et de sensibilisation, programme ambition zéro
gâchis….)
• Maintenir l’opérationnalité de la gestion des déchets : bornes
apports volontaires, centre de recyclage…
• Augmenter la part de recyclage des déchets
• Réduire le taux de refus des déchets en sensibilisant sur
l’importance du tri
2
Amplifier la valorisation performante des déchets ménagers :
• Diminuer la part de stockage dans le traitement des déchets
• Poursuivre la valorisation énergétique
• Améliorer la valorisation organique et de matière
2
Tirer profit de la valorisation pour le développement de filières locales renouvelables : chaufferies biomasses, alimentation de
réseaux de chaleur, méthanisation agricoles, carburants
alternatifs…
2
Anticiper la production de déchets en lien avec le développement des activités 3155 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Prendre en compte le traitement des déchets des autres secteurs en s’appuyant sur les dynamiques d’écologie industrielle qui se
mettent en place (pour l’industrie, le bâtiment…)
2
Agriculture
Concilier développement du territoire dans le cadre du PCAET et la pérennité des activités agricoles, forestières, des milieux
naturels et du grand paysage qui leur est associé
1
Favoriser l’agriculture alternative (au mode conventionnel) et de proximité en lien avec les défis de la transition écologique :
• Développer des nouveaux modes de production (biologique,
permaculture, etc.) et de distribution alimentaire
• Renforcer les circuits courts afin de limiter les émissions de gaz
à effet de serre liées aux déplacements
• Soutenir le développement d’une agriculture plus durable
permettant de limiter les intrants (biologique, raisonnée)
1
Favoriser le stockage du carbone par les sols agricoles en limitant la consommation d’espaces naturels et agricoles et en
protégeant, voire développant le petit patrimoine naturel (haies,
bosquets, talus…)
1
Poursuivre le développement de filières agricoles innovantes en lien avec le développement économique et la mise en valeur du
territoire (variétés adaptées, économies d’eaux, etc.) :
• Orienter le développement du territoire et poursuivre les projets
en cours vers la valorisation énergétique (déchets agricoles,
bois-énergie)
• Utiliser les ressources agricoles pour le développement de
filières locales telles que la rénovation thermique du bâti
2
Privilégier des formes d’agriculture qui atténuent l’aggravation des risques naturels (ruissellement, coulées de boue, etc.) en
maintenant par exemple les prairies
1
Risques naturels
Limiter la vulnérabilité du territoire aux nombreux risques d’inondations dans le contexte de changement climatique :
• Prendre en compte les multiples sources d’inondations
(submersion marine, débordement de crue, remontées
de nappes, ruissellement…) et différents documents
(SLGRI, PPRi Bassin versant de la Lézarde, PPRL de la
Plaine alluviale du nord de l’Estuaire de la Seine…) pour
protéger la population et les biens exposés notamment
dans le cadre du changement climatique
• Limiter l’artificialisation pour favoriser l’infiltration des
eaux pluviales notamment dans les vallées et les
coteaux
1
Protéger les populations des aléas liés aux mouvements de terrain dans le cadre du PCAET :
• Prendre en compte les aléas liés aux mouvements de
terrain (glissements de terrain, éboulements, coulées de
boues, effondrements de cavités et érosion des berges,
cavités souterraines)
• Prendre en compte les différents documents cadres
(PPRn mouvements de terrain de Gonfreville-l’Orcher et
de Sainte-Adresse…)
• Anticiper l’amplification des retraits-gonflement des
argiles dans cadre du PCAET
2156 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Mener une politique transversale en faveur de la prévention et la résilience face aux risques :
• Préserver les abords des cours d’eau, mares et zones
humides vis-à-vis de l’imperméabilisation pour maintenir leurs
fonctionnalités hydrauliques
• Préserver et protéger les éléments de la Trame Verte et Bleue
pour accentuer la résilience du territoire
• Adapter les futurs aménagements face aux risques naturels
exacerbés par le changement climatique : (hausse du niveau
de la mer, accentuation des épisodes pluvieux, des périodes
de sécheresses et de canicules…)
2
Adapter les futurs aménagements face aux risques naturels exacerbés par le changement climatique : hausse du niveau de
la mer, accentuation des épisodes pluvieux, des périodes de
sécheresses et de canicules…
1
Risques technologiques
Limiter la vulnérabilité de la population, les biens et l’environnement face aux risques technologiques notamment
dans le contexte de changement climatique :
• Prendre en compte les ICPE et différents PPRt (Saint-Jouin-
Bruneval, Zone industrialo-portuaire du Havre) dans le cadre
des nouveaux projets et choix d’urbanisme
• Encadrer les nouvelles sources de risques technologiques
dans le cadre du PCAET (méthanisation, réseaux de
chaleur…) populations à proximité de ces secteurs
1
Assurer la protection de la population et des milieux naturels vis- à-vis des transports de matières dangereuses (route, axes
ferroviaires, fluvial, maritime et par les canalisations…)
2
Anticiper les effets du changement climatique sur les risques technologiques et industriels, notamment au niveau de la ZIP du
Havre
1
Pollutions des sols
Traiter la problématique des pollutions des sols en profitant de projets innovants dans le cadre du PCAET pour :
• Amorcer la dépollution douce (phytoremédiation) des sites et
secteurs pollués
• Promouvoir des opérations de développement des EnR sur
ces secteurs
• Promouvoir des opérations de stockage carbone …
2
Veiller à garantir la santé des habitants vis-à-vis de l’exposition aux sites pollués dans le cadre du développement et du
renouvellement du territoire
2
Qualité de l’air
Réduire fortement les émissions de polluants atmosphériques, notamment dans les secteurs de l’industrie, des transports
routiers et de la production d’énergie
1
Respecter les seuils règlementaires de l’OMS en matière de concentrations en polluants 1
Limiter l’exposition des habitants à la pollution de l’air notamment les plus sensibles en anticipant la vulnérabilité future 2
Nuisa nces
Informer les populations à enjeux des secteurs durablement impactés 3157 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
Atténuer l’impact sonore des infrastructures existantes :
• Améliorer la qualité acoustique des espaces publics
(végétalisation…)
• Limiter les besoins en déplacements routiers en lien avec les
enjeux de réduction des émissions de GES en promouvant
les transports alternatifs à l’autosolisme, les transports en
commun et les modes doux
1
Intégrer la lutte contre le bruit dans les nouvelles opérations d’aménagement et les documents de planification territoriale 3
Valoriser la trame verte et bleue comme espace contribuant à maintenir des zones de calme 2158 LHSM – PCAET-SDE – Evaluation environnementale stratégique – Version de travail avril 2022
GLOSSAIRE
AFOM : Atouts, Faiblesses, Opportunités,
Menaces
AURH : Agence d’Urbanisme de la Région
Havraise
BRGM : Bureau de Recherches Géologiques
et Minières
CU : Communauté urbaine
DCE : Directive cadre sur l’Eau
DDT : Direction Départementale des
Territoires
EEE : Espèce Exotique Envahissante
EES : Evaluation Environnementale
Stratégique
ENS : Espaces Naturels Sensibles
EPRI : Evaluation Préliminaire des Risques
d’Inondation
IGN : Inventaire Géographique National
INPN : Inventaire National du Patrimoine
naturel
kV : KiloVolt
LHSM : Le Havre Seine Métropole
LTECV : Loi de Transition Energétique pour la
Croissance Verte
PANES : Plan Alluvial Nord de l’Estuaire de la
Seine
PBE : Plan d’Exposition au Bruit
PCAET : Plan Climat Air Energie Territorial
PGRI : Plan de Gestion des Risques
d’Inondation
PRPGD : Plan Régional de Prévention et de
Gestion des Déchets
PPBE : Plan de Prévention du Bruit dans
l’Environnement
PDU : Plan de Déplacements Urbains
PLH : Plan Local de l’Habitat
PLU : Plan Local d’Urbanisme
PPRi : Plan de Prévention des Risques
d’Inondations
PPRn : Plan de Prévention des Risques
Naturels
PPRt : Plan de Prévention des Risques
Technologiques
RPG : Registre Parcellaire Graphique
SAGE : Schéma d’Aménagement et de
Gestion des Eaux
SCoT : Schéma de Cohérence Territoriale
SDAGE : Schéma Directeur d’Aménagement
et de Gestion des Eaux
SLGRI : Stratégie Locale de Gestion du
Risque d’Inondation
SRADDET : Schéma Régional
d’Aménagement, de Développement et
d’Egalité des Territoires
SRCE : Schéma Régional de Cohérence
Ecologique
TMD : Transport de Matières Dangereuses
TRIN : Territoire à Risque Important
d’Inondation
TVB : Trame Verte et Bleue
UGB : Unité de Gros Bétail
ZICO : Zone Importante pour la Conservation
des Oiseaux
ZIP : Zone Industrialo-Portuaire
ZNIEFF : Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique,
Faunistique et Floristique
ZPPA : Zones de Présomption de
Prescriptions ArchéologiquesLe Havre Seine Métropole
Elaboration du Plan Climat Air Energie Territorial
et du Schéma Directeur des Energie de la
Communauté urbaine
DIAGNOSTIC DES VULNERABILITES CLIMATIQUES DU
TERRITOIRE
C O N S U LT A N T S
Alexandre ALLARD
alexandre.allard@algoe.fr
Isabel ALFONZO RIOS
isabel.alfonzo-rios@algoe.frNom du client • Nature du document •
M24672-LHSM_Vulnérabiliés climat_Rapport_v7.docx © Algoé 28 juin 2022 2 / 63
Sommaire
INTRODUCTION ........................................................................ 6
1. APPROCHE METHODOLOGIQUE ....................................... 6
1.1. Objectif ................................................................................................. 6
1.2. Méthodologie........................................................................................ 6
1.3. Périmètre et limites du diagnostic ........................................................ 7
2. CLIMAT LOCAL ET PROJECTIONS ..................................... 8
2.1. Climat de référence ............................................................................ 10
2.1.1. Températures ........................................................................................... 11
2.1.2. Précipitations ............................................................................................ 12
2.1.3. Jours de gel .............................................................................................. 13
2.1.4. Episodes de chaleur................................................................................. 13
2.1.5. Vents ........................................................................................................ 13
2.1.6. Rayonnement solaire ............................................................................... 13
2.2. Evolutions récentes et évolutions projetées du climat ........................ 14
2.2.1. Température ............................................................................................. 14
2.2.2. Précipitations ............................................................................................ 14
2.2.3. Episodes de froid ..................................................................................... 16
2.2.4. Vagues de chaleur ................................................................................... 17
2.2.5. Vent .......................................................................................................... 17
2.2.6. Ensoleillement .......................................................................................... 17
2.3. Synthèse : évolution tendancielle des aléas et événements
extrêmes ............................................................................................ 18
2.4. Historique des catastrophes naturelles .............................................. 19
3. IMPACTS DU CLIMAT ET VULNERABILITES DU
TERRITOIRE ....................................................................... 22
3.1. Services publics industriels et urbains ............................................... 23Nom du client • Nature du document •
M24672-LHSM_Vulnérabiliés climat_Rapport_v7.docx © Algoé 28 juin 2022 3 / 63
3.1.1. Cycle de l’eau ........................................................................................... 23
3.1.2. Distribution d’énergie ............................................................................... 26
3.1.3. Déchets .................................................................................................... 30
3.1.4. Réseaux et offres de transports de personnes........................................ 32
3.2. Activités productives .......................................................................... 34
3.2.1. Industrie.................................................................................................... 34
3.2.2. Agriculture ................................................................................................ 37
3.2.3. Pêche ....................................................................................................... 42
3.3. Cadre bâti........................................................................................... 44
3.3.1. Bâtiments / Habitat ................................................................................... 44
3.3.2. Infrastructures, espaces publics et voiries ............................................... 48
3.4. Milieux naturels .................................................................................. 49
3.4.1. Cours d’eau, littoral, zones humides… .................................................... 49
3.4.2. Forêt ......................................................................................................... 55
4. LES GRANDES QUESTIONS POSEES PAR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES PROJETES POUR LE
PROJET DE TERRITOIRE .................................................. 57
4.1. Aménagement du territoire ................................................................. 58
4.2. Ressources en eau ............................................................................ 59
4.3. Attractivité et activités ........................................................................ 59
5. LISTE D’ACRONYMES UTILISES DANS CE
DOCUMENT ........................................................................ 61Nom du client • Nature du document •
M24672-LHSM_Vulnérabiliés climat_Rapport_v7.docx © Algoé 28 juin 2022 4 / 63
Table de Figures
Figure 1 Réseau des stations météorologiques en fonctionnement en Normandie. Source : Profil Climat Normandie, 2020 ....................................................................................................................9 Figure 2 Zone de référence pour le profil climatique AgriAdapt. Source : SolAgro, 2020 ...............10 Figure 3 Température moyenne annuelle - Cap de La Hève. Source : GIEC Normand, 2021 .......11 Figure 4 Température moyenne annuelle - Zone climat Atlantique. Source : Etude AgriAdapt, 2020 .........................................................................................................................................................11 Figure 5 Température moyenne par saison. Source : Etude AgriAdapt, Solagro 2020 ..................12 Figure 6 Cumul annuel mesuré sur le littoral. Source : GIEC Normand, 2021 ................................12 Figure 7 Cumul annuel pour la Zone climat Atlantique. Source : Etude AgriAdapt, SolAgro 2020 .12 Figure 8 Cumul des précipitations saisonnières pour la zone climat Atlantique. Source : AgriAdapt, 2020.................................................................................................................................................13 Figure 9 Evolution prévue de la température moyenne annuelle. Source : GIEC Normand, 2021 .14 Figure 10 - Evolution 2040 - 2100 du cumul des précipitations annuelles. Source : GIEC Normand, 2021.................................................................................................................................................15 Figure 11Evolution 2040 - 2100 du cumul des précipitations saisonnières. Source : GIEC Normand, 2021 ................................................................................................................................16 Figure 12 - Episodes de froid. Evolution 2040 - 2100. Source : GIEC Normand, 2021 ..................16 Figure 13 - Episodes de chaleur. Evolution 2040 - 2100. Source : GIEC Normand, 2021 .............17 Figure 14 Répartition des catastrophes naturelles selon le type. Source : Data.gouv.fr .................20 Figure 15 Catastrophes survenues entre 1983 - 2014, répartition des données par mois. Source : Data.gouv.fr .....................................................................................................................................21 Figure 16 Les types de catastrophes recensées par mois (suivant les arrêtés CatNat 1983 - 2014) .........................................................................................................................................................21 Figure 17 Localisation des bassins d'alimentation du réseau d’eau potable ...................................24 Figure 18 Zones inondables avec des postes HTA/BT à risque. Source : Enedis - SDE76, 2019 .28 Figure 19 Réseaux à risque climatique - PAC Enedis 2016 - Source : SDE76 ..............................29 Figure 20 Localisation des centres de recyclage et déchetteries de LHSM. Source : lehavreseinemetropole.fr .................................................................................................................31 Figure 21 Flux de déplacements sur LHSM, un jour ouvré. Source : AURH, 2019.........................32 Figure 22 Un réseau de transports riche dans un Territoire à Risque Important d'Inondation. Sources : DRIEE IDF, Lia, 2019 ......................................................................................................33 Figure 23 Etablissements classés ICPE et sites SEVESO. Source : Atlas Seine-Maritime, 2020 ..34 Figure 24 La ZIP du Havre se situe sur une zone à risque d'inondation modéré à fort, voire très fort dans certains espaces .....................................................................................................................35 Figure 25 Plan de prévention des risques technologiques. Source : Atlas Seine-Maritime, 2020 ..37 Figure 26 Activités agricoles sur le territoire LHSM.........................................................................38 Figure 27 Surfaces agricoles par type de culture - Source : AURH ................................................38 Figure 28 Augmentation du nombre de jours chauds ( Tmax > 25°C) entre mi-mai et mi-juillet. Source : AgriAdapt, 2020 ................................................................................................................39 Figure 29 Réduction projetée du cumul des précipitations pour la période de semis et de levée...40 Figure 30 Projection du déficit hydrique pour la période de montaison et remplissage ..................40 Figure 31 Espèces piscicoles du bassin de la Seine et leur évolution entre 2014 et 2018. Source : AESN ...............................................................................................................................................43 Figure 32 Aménagements hydrauliques réalisés dans le cadre de la compétence protection de ressource en eau de la Communauté Urbaine. Focus sur le littoral nord du teritoire. Source : lehavreseinemetropole.fr .................................................................................................................45Nom du client • Nature du document •
M24672-LHSM_Vulnérabiliés climat_Rapport_v7.docx © Algoé 28 juin 2022 5 / 63
Figure 33 Occupation du sol - Les surfaces rouges et violettes et roses correspondent à des surfaces artificialisées .....................................................................................................................46 Figure 34 Sensibilité aux remontées de nappe en Normandie. Source : Portail géorisques ..........47 Figure 35 Tendance d'urbanisation des zones potentiellement humides. Source : AESN, 2019 ...48 Figure 36 Les espaces de richesse écologique reconnus ..............................................................50 Figure 37 Augmentation de la température de la Seine entre 1870 - 2017. Source : AESN ..........51 Figure 38 Qualité des eaux de baignade sur le littoral normand. Source : AESN, 2019 .................52 Figure 39 Bassins versants des cours d’eau risquant de ne pas atteindre les objectifs environnementaux en 2027 du fait de l’hydromorphologie. Source : AESN, 2021 .........................53 Figure 40 Nombre de rejets industriels significatifs. Source : AESN, 2019 .....................................53 Figure 41 Compétence GEMAPI ruissellement. Source : Département Seine-Maritime ................54 Figure 42 Protection des bassins de captage d'eau potable. Source : Département Seine-Maritime .........................................................................................................................................................55 Figure 43 Taux de boisement par commune de la CU LHSM. Source : DRAAF Normandie, 2021 56 Figure 44 Aléas climatiques et principaux risques ..........................................................................57 Figure 45 Aléas – Connaissance du risque - Stratégie d'action ......................................................58 Figure 46 Carte d'activités touristiques LHSM ................................................................................60Nom du client • Nature du document •
M24672-LHSM_Vulnérabiliés climat_Rapport_v7.docx © Algoé 28 juin 2022 6 / 63
Introduction
La bonne adaptation du territoire passe par la prise en compte des risques liés aux événements météorologiques (extrêmes) et au stress chronique dû aux changements climatiques, ainsi que par le développement d’une culture du risque bien ancrée dans le territoire. L’ensemble des parties prenantes, y compris les citoyens doivent pouvoir s’approprier cette culture et se préparer à agir de manière coordonnée en cas de crise. La première étape du développement de cette culture du risque est la connaissance et la compréhension des enjeux.
Les dernières publications du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat) mettent en avant deux scénarios pour l’évolution d’un nombre de paramètres climatiques : températures moyennes annuelles et saisonnières, températures maximales et minimales, nombre de jours de gel, de fortes chaleurs, élévation du niveau de la mer, entre autres. Ces paramètres sont déterminants pour le bon développement d’un nombre important – si ce n’est pas pour l’ensemble – d’activités économiques, ses impacts allant de la disponibilité de ressources (matières premières, eau) à la sécurisation des procédés industriels. Le GIEC Normand traduit les prévisions du GIEC international pour le territoire de la Normandie, en partant des données climatiques mesurées localement.
Les deux scénarios du GIEC Normand correspondent à l’évaluation des différents paramètres climatiques suivant deux hypothèses, liées à l’augmentation de la température moyenne de la surface terrestre par rapport à la température de l’ère pré-industrielle (1880 - 1900). Le scénario optimiste (RCP 2.6) considère une trajectoire économique durable qui entraîne un réchauffement de moins de 1.6°C. Le scénario pessimiste considère que le développement des activités économiques continuera sous le modèle actuel, entraînant un réchauffement supérieur à 4.4°C. Ces augmentations sont estimées à l’horizon 2100. Au vu des résultats des négociations internationales sur le climat dans les dernières années, la trajectoire la plus probable est celle du scénario RCP8.5. L’analyse des risques et des enjeux identifiés dans ce document prennent donc en compte cette trajectoire.
1. Approche méthodologique
1.1. Objectif
L’objet cette étude est de réaliser un état des lieux de la connaissance des vulnérabilités du territoire de Le Havre Seine Métropole – de ses ressources, de ses milieux, de ses activités et de sa population aux aléas climatiques, comme une étape préalable à l’élaboration d’une stratégie d’adaptation.
Le diagnostic réalisé doit appuyer une réflexion concertée au sein de la Communauté Urbaine LHSM et avec d’autres acteurs du territoire sur les enjeux d’une politique d’adaptation dans la perspective du changement climatiques à l’échelle locale et des projets de développement du territoire à court, moyen et long terme.
1.2. Méthodologie
La réalisation du diagnostic des vulnérabilités climatiques du territoire, volet du diagnostic PCAET dans sa définition réglementaire, s’inscrit dans le cadre méthodologique tracé par l’étude régionale réalisée en 2012 et par le diagnostic du SRADDET Normandie (2017-2018). Les vulnérabilités identifiées sont caractérisées autour des déterminants ci-dessous :Nom du client • Nature du document •
M24672-LHSM_Vulnérabiliés climat_Rapport_v7.docx © Algoé 28 juin 2022 7 / 63
• Exposition : elle correspond à l’ensemble des populations, milieux et activités qui peuvent être affectés par les aléas climatiques. C’est la « surface de contact » du système avec l’aléa. Elle est caractérisée par une nature d’exposition et par un niveau d’exposition qui définissent l’enjeu de la politique d’adaptation et l’approche à suivre par la collectivité (degré partenarial fort, approche réglementaire, etc.).
La nature d’exposition est la typologie de ce qui est exposé : une technologie/un processus industriel (par exemple le système de refroidissement d’une usine), des actifs de production (par exemple une turbine hydroélectrique) ; des infrastructures, des bâtiments, des sites touristiques naturels ; les habitants des zones rurales isolées/des zones urbaines denses, etc.
Le niveau d’exposition correspond à l’aspect quantitatif de ce qui est exposé : un unique bâtiment, un quartier ou une ville ; un hectare ou plusieurs milliers d’hectares de culture (etc.).
• Vulnérabilité : réaction du système à l’aléa climat/ressource (dégradation du fonctionnement), réaction de l’usager/l’utilisateur (dégradation de l’usage, rupture d’usage), dépendance à d’autres systèmes/ressources.
C’est l’interaction de l’exposition, la vulnérabilité et le ou les aléas qui permettront l’identification et l’analyse des risques « climatiques ».
Le SRADDET identifie en particulier six (6) secteurs d’intervention, abordés à travers un ensemble d’objectifs pour un projet de transition, dont un volet adaptation. Ces secteurs sont : l’agriculture, la ressource en eau, la sylviculture, l’urbanisme, le littoral et les fleuves et milieux estuariens. Ce diagnostic est en partie structuré autour des enjeux liés à des domaines. La recherche bibliographique et les entretiens qui ont servi de à la rédaction de ce document ont eu pour objectif de comprendre l’exposition et les enjeux du territoire sur ces différents secteurs.
Les conséquences du changement climatique ne seront pas toutes nécessairement négatives à court terme sur le territoire et ses activités : elles pourront être une source d’opportunités, pour le développement économique par exemple. Dans tous les cas, risques ou opportunités seront présentés en fonction de l’exposition (d’une partie) du territoire à un aléa climatique, et les enjeux décrits prendront en compte le risque de « mal-adaptation » du territoire, lorsqu’il est apparent. Le terme « mal-adaptation » fait référence à « toute action d’adaptation qui augmente la vulnérabilité au changement climatique au lieu de la réduire, ou qui demande des efforts et investissements disproportionnés » (ASC, 2011).
L’analyse s’est appuyée sur la bibliographie disponible aux échelles locale, régionale et nationale, les entretiens réalisés avec les acteurs du territoire, et une recherche de données auprès des organismes suivants : GIEC Normand, Météo France, DRIAS, DREAL Normandie, AESN. La liste intégrale de sources consultées est indiquée dans la section §6 Références bibliographiques.
1.3. Périmètre et limites du diagnostic
Ce diagnostic est réalisé pour le territoire de la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole et ses 54 communes.
Limites du diagnostic
L’analyse et la compréhension des limites de cette étude des vulnérabilités du territoire de la CU LHSM aux aléas climatiques et à leur évolution est fondamentale. Elle initie la réflexion sur les enjeux de court terme pour l’élaboration de la stratégie d’adaptation du territoire.Nom du client • Nature du document •
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Les premières limites identifiées concernent l’accès à une information documentée pour l’ensemble des milieux et activités « climato-vulnérables ». Certaines thématiques sont abordées de manière relativement « générique » (le tourisme et la santé notamment). Pour ces sujets très particuliers, mais aussi sur d’autres sujets traités, ce diagnostic propose une analyse des données collectées accompagnée d’un questionnement. L’objectif est de poser les bases d’une interrogation sur les pratiques et les orientations du territoire.
Partant de la notion de risque climatique comme l’interaction des 3 facteurs : l’aléa, l’exposition et la vulnérabilité, ces premières limites peuvent être synthétisées comme suit : • La disponibilité de données chiffrées sur l’impact des aléas climatiques identifiés à la maille du territoire (niveau d’exposition). Ex : quelle étendue des réseaux / infrastructures sensibles est exposée à un aléa donné ?
• L’exactitude des données et projections climatiques à l’échelle territoriale. D’un côté, car la fréquence de tous les aléas n’est pas connue (ex. vents forts, fortes pluies en été). D’autre côté, car les données bibliographiques disponibles décrivent les aléas ou les enjeux climatiques à l’échelle régionale ou nationale. Bien qu’utiles pour une première appréhension des évolutions climatiques à venir au niveau local, ces données peuvent rendre difficile l’analyse à un échelon infra-départemental.
Une dernière limite est celle de l’appréhension relativement hétérogène des enjeux climatiques par les différents acteurs rencontrés. C’est un premier constat, indépendant des résultats de l’étude : certains acteurs ont une vision avertie des impacts potentiels des aléas climatiques sur leur activité et s’engagent de manière proactive dans la recherche de pistes d’action ; pour d’autres, les problématiques « climat » se limitent au cadre réglementaire. Un effort particulier est ainsi à déployer sur les mesures de sensibilisation et de pédagogie à l’égard de l’ensemble des acteurs des collectivités, dans une approche intégrée favorisant le dialogue entre les différentes compétences. L’adaptation est en effet une thématique à aborder de façon systémique, pour laquelle les cloisonnements entre disciplines, compétences ou organismes sont à éviter. Une communication efficace et homogène peut aider à trouver les synergies locales.
2. Climat local et projections
Selon les projections de Météo-France présentées dans ce chapitre, l’évolution du climat dans toute la région normande évoluerait vers un climat méditerranéen. Les épisodes de canicule et de sécheresse deviendront plus fréquents sur tout le territoire. Les résultats des études les plus récentes publiées par le GIEC Normand (2021) sont alignés avec ces prévisions : le changement climatique est une réalité en Normandie.
Sur l’ensemble du territoire normand, le paramètre le plus fortement impacté est la température, mais des évolutions tangibles et « prononcées » des précipitations, du vent et de l’ensoleillement seraient attendues pour la 2ème moitié du XXIème siècle. Le territoire de la communauté urbaine LHSM, grâce à sa situation géographique, verrait des changements moins importants dans ses paramètres climatiques.
Les données présentées dans ce chapitre sont issues du profil climat de la Normandie (2015) ou des données collectées et les modélisations publiées par le GIEC Normand (2021). La période de définition du climat de référence face auquel sont mis en perspective les résultats des modélisations est la période 1976-2005.
La plupart des données disponibles sur les sites de Météo France, GIEC Normand et le portail DRIAS sont traitées pour l’ensemble du territoire normand. Pour une appréciation plus locale de ces données, certains paramètres seront présentés à données mesurées prises sur le Cap de La Hève. Sur les 3 postes de stations météorologiques suivies dans le territoire LHSM par les entitésNom du client • Nature du document •
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nommées ci-avant, celui-ci est le seul à mesurer l’ensemble de variables : précipitations, température, vent et insolation. (Cf. Fig. 1)
Figure 1 Réseau des stations météorologiques en fonctionnement en Normandie. Source : Profil Climat Normandie, 2020
D’autres données plus locales sont disponibles grâce à l’étude AgriAdapt1 réalisée pour évaluer les prévisions nécessaires d’adaptation du secteur agricole. Des données sont disponibles pour la zone du Cotentin, de Caen et de Saint-Valéry-en-Caux au nord-est du territoire LHSM. Les données affichées ci-dessous correspondent au profil réalisé pour Saint-Valéry-en-Caux, qui aurait – d’après les projections du GIEC Normand et de Météo France pour le Pays de Caux– une évolution de son profil climat le plus proche de celui du Havre Seine Métropole.Nom du client • Nature du document •
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Figure 2 Zone de référence pour le profil climatique AgriAdapt. Source : SolAgro, 2020
Selon les publications du projet AgriAdapt, le territoire LHSM se situe dans la zone climatique « Atlantique », qui sera mentionnée, tout comme la « Zone Climat maritime » décrite dans le rapport 2021 du GIEC Normand pour le Pays de Caux, dans les sections suivantes lors de l’analyse des vulnérabilités.
2.1. Climat de référence
LHSM se trouve sur la zone climatique 1 « Climat Maritime » qui intègre tout le Pays de Caux. Dans le Profil Climat de la Normandie, réalisé en 2015, les résultats suivants sont présentés pour les stations météorologiques de Goderville et de Dieppe, classées dans la même zone :
Tableau 1 Valeurs recensées sur les stations de Goderville et de Dieppe pour la zone Climat Maritime. Source : Profil Climat de la Normandie, 2015
Goderville Dieppe
Cumul de précipitations
annuelles* (mm) 1124 757 Température moyenne
annuelle* (°C) 11,2 11,3 Jours de précipitation (j/an) 147 128,4 Gelée (Tmin <=0°C) (j/an) 40,8 28,9 Chaleur (Tmax >=25°C)
(j/an) 25,9 10,2 Vent fort (rafales > 16 m/s)
(j/an) -pas de mesure- 108
*Données 2001-2010
Ces valeurs illustrent la variation (hors température moyenne annuelle) des paramètres climatiques sur le littoral et l’intérieur du territoire normand. A la maille du territoire de l’agglomération havraise, c’est une variation qui peut s’observer également, par exemple entre Sainte-Adresse et Angerville- l’Orcher ou Les Trois Pierres.Nom du client • Nature du document •
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2.1.1. Températures
La température moyenne annuelle est de 13°C sur le territoire LHSM, avec des températures maximales autour de 15,5°C et minimales de 10°C.
Les figures 3 et 4 montrent les valeurs de température enregistrées au Cap de La Hève et pour la zone climat atlantique (cf. Fig 2)
Figure 3 Température moyenne annuelle - Cap de La Hève. Source : GIEC Normand, 2021
Figure 4 Température moyenne annuelle - Zone climat Atlantique. Source : Etude AgriAdapt, 2020
Les températures sont décrites également pour chaque saison dans le climat de référence (Fig 5) sur l’étude AgriAdapt. Les données montrent une forme de stabilité des températures moyennes estivales et une trajectoire à la hausse sur les températures moyennes en automne et hiver notamment. Elles devront être prises en considération dans la conception des mesures d’adaptation pour les domaines énergétique et agricole en particulier.
T moyenne
T maximale
T minimaleNom du client • Nature du document •
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Figure 5 Température moyenne par saison. Source : Etude AgriAdapt, Solagro 2020
2.1.2. Précipitations
Trois variables sont à prendre en compte par rapport aux présentations : le cumul annuel, le cumul saisonnier et le nombre de jours de précipitations significatives.
La moyenne pour le cumul annuel mesuré au Cap de La Hève est de 770 mm. Elle masque une assez forte dispersion des cumuls annuels et une trajectoire à la hausse de l’indicateur.
Figure 6 Cumul annuel mesuré sur le
littoral. Source : GIEC Normand, 2021
Figure 7 Cumul annuel pour la Zone climat Atlantique. Source : Etude AgriAdapt, SolAgro 2020Nom du client • Nature du document •
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Le cumul saisonnier de précipitations est également très variable (Fig. 8) ; le cumul automnal est le plus important pour la recharge des nappes.
Figure 8 Cumul des précipitations saisonnières pour la zone climat Atlantique. Source : AgriAdapt, 2020
2.1.3. Jours de gel
En moyenne, le territoire de LHSM connaît environ 18.7 jours de gel par an, soit des journées avec une température minimale descendant en-dessous de 0°C.
Une moyenne de 2.4 jours de grand froid et 0.4 jours de très grand froid par an est mesurée à la station météorologique du Havre. Les jours de grand froid et de très grand froid sont ceux avec une température minimale inférieure à -5°C et -10°C, respectivement.
De manière cohérente avec les observations sur les écarts dans les températures moyennes annuelles, le nombre de jours de gel par an est moins important sur les communes du littoral que dans les zones rétro-littorales et intérieures du territoire.
2.1.4. Episodes de chaleur
Un faible nombre de jours de chaleur et de forte chaleur (avec une température maximale dépassant les 25°C et les 30°C, respectivement) est constaté sur le territoire. Sur la période de référence (1976-2005) la moyenne annuelle observée est de 13.2 jours de chaleur sur la station météorologique du Havre. Pour la même période, la moyenne pour les jours de forte chaleur est de 0.5 jour seulement.
2.1.5. Vents
Sur la période d’observation 1951-2019, les données enregistrées ne permettent pas d’établir une moyenne annuelle ou une tendance particulière pour le territoire.
Un repère est indiqué dans la bibliographie (Profil climat de la Normandie) pour le Cap de La Hève : 129 jours de vents forts sur la Normale 1981-2010.
2.1.6. Rayonnement solaire
Le rayonnement solaire est défini par la quantité d’énergie solaire parvenant à la surface du sol. L’échelle la plus locale à laquelle les modélisations sont disponibles est celle du Pays de Caux. Pour celui-ci, le rayonnement solaire moyen était, pour la période de référence 1975-2005 :Nom du client • Nature du document •
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Tableau 2 Moyenne du rayonnement solaire par saison. Source : Profil Climat de la Normandie, 2020
Saison Moyenne 1976-2005
Hiver 39
Printemps 141
Eté 198
Automne 78
2.2. Evolutions récentes et évolutions projetées du climat
Les projections climatiques présentées dans ce document sont issues des bases de données Drias, des données de Météo-France et des simulations réalisées en 2014. Dans tous les cas, le scénario « optimiste » présenté par le GIEC à l’époque et le scénario pessimiste, plus probable selon les dernières publications du GIEC, sont présentés. L’analyse des évolutions se fera donc entre la référence et ce-dernier scénario pessimiste « RCP 8.5 », qui correspond à ce qui est prévu en cas de poursuite sur la trajectoire d’émissions des gaz à effet de serre et des politiques environnementales actuelles. (cf. Introduction)
2.2.1. Température
Les donnes les plus récentes du GIEC (Rapport GIEC Normand, mars 2021) montrent une température moyenne annuelle de 14°C à 15°C sur le territoire LHSM pour l’horizon 2071-2100, ce qui représente une augmentation de +3°C, voire +4°C de la température moyenne annuelle pour le scénario RCP 8.5.
Figure 9 Evolution prévue de la température moyenne annuelle. Source : GIEC Normand, 2021
2.2.2. PrécipitationsNom du client • Nature du document •
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Pour la période 1976-2005 présente dans le profil climat de Normandie, le cumul annuel de précipitations sur le territoire LHSM se situe autour de 800 mm.
Dans les scénarios décrits par le GIEC Normand pour 2100, cette valeur serait réduite à 700 mm voire 600 mm, pour les scénarios optimiste et pessimiste, respectivement. Si le scénario RCP8.5 est le plus probable, cela signifie que le territoire doit se préparer pour une réduction de 25% des précipitations annuelles.
Figure 10 - Evolution 2040 - 2100 du cumul des précipitations annuelles. Source : GIEC Normand, 2021
Le cumul annuel est une variable importante, mais l’intensité, la fréquence et la saisonnalité des précipitations sont aussi étudiées. Elles doivent être prises en compte pour la gestion des risques dans les activités agricoles et le cadre bâti (infrastructures, bâtiments et services urbains) en cas d’épisodes de forte pluie :
- Le nombre de jours de précipitations significative (plus de 1 mm/jour) pour la période 1976- 2005 est d’environ 130 jours. Dans le scénario optimiste, cette fréquence serait maintenue. Dans le cas du scénario pessimiste, l’estimation est de 110 jours.
- Si le cumul des précipitations pour la période automne-hiver (d’octobre à mars) semble stable dans les prévisions du GIEC Normand, celui de la période avril-septembre serait réduit à 250 – 300mm, représentant donc une réduction de -15% voire -30%, dans le cas extrême, par rapport au climat de référence (1976-2005).Nom du client • Nature du document •
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Figure 11Evolution 2040 - 2100 du cumul des précipitations saisonnières. Source : GIEC Normand, 2021
2.2.3. Episodes de froid
La partie littorale du territoire bénéficie d’hivers plus doux, avec moins d’épisodes de gel que le reste du territoire. Cet écart s’efface dans les deux scénarios considérés. Dans le scénario optimiste, il y aurait une réduction du nombre de jours de gel à l’intérieur du territoire, pour arriver à 15-20 jours de gel par an.
Dans le scénario pessimiste, le nombre d’épisodes de froid serait réduit sur l’ensemble du territoire havrais en 2100, pour arriver à une dizaine de jours/an seulement.
Figure 12 - Episodes de froid. Evolution 2040 - 2100. Source : GIEC Normand, 2021Nom du client • Nature du document •
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2.2.4. Vagues de chaleur
Pour l’agglomération havraise, le scénario optimiste prévoit, à l’horizon 2100, 10 jours de chaleur annuels. Mais le scénario correspondant au RCP 8.5 prévoit 40 jours de chaleur en moyenne.
Figure 13 - Episodes de chaleur. Evolution 2040 - 2100. Source : GIEC Normand, 2021
2.2.5. Vent
Les données disponibles ne permettent pas d’établir une tendance claire pour les épisodes de vent. Dans l’hypothèse présentée dans le rapport sur les aléas météorologiques du GIEC Normand en mars 2021, les modifications dans la tendance des vents se feraient sur des périodes multi- décennales. Deux références sont proposées : une période particulièrement forte, avec quelques 40 occurrences annuelles de vents forts (plus de 58 km/h), observée entre 1980 et 1990 ; et une période plus calme avant et après cette décennie, avec, par exemple, « seulement » 25 occurrences de vent fort depuis l’année 2000. Les données de Météo France montrent aussi, pour la Pointe de La Hague, une moyenne de 12.1 du nombre de jours par an avec des vents violents dépassant les 100km/h, sur les 30 dernières années.
Suivant cette hypothèse, une nouvelle période où la fréquence des vents forts augmente considérablement devrait commencer dans le court terme – cela restera à confirmer au fur et à mesure que les observations météorologiques permettront de mieux décrire les tendances des vents sur le territoire. Les épisodes de vents violents (atteignant au moins 89 km/h) pourraient ainsi devenir plus fréquents.
2.2.6. Ensoleillement
L’analyse des données sur l’ensoleillement n’a pas permis d’établir des tendances pour la réalisation des scénarios.
Pour le rayonnement solaire, la projection (modélisation 2018 sur la base des données 1975-2005) est la suivante :Nom du client • Nature du document •
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Tableau 3 Ensoleillement par saison. Prévisions 2070 – 2100. Source : Profil Climat Normandie, 2020
Saison Scénario optimiste
2100
Scénario pessimiste
2100
Evolution
(scénario
pessimiste)
Hiver 41 37 -5% Printemps 150 149 +5% Eté 229 236 +19% Automne 80 87 +11%
2.3. Synthèse : évolution tendancielle des aléas et événements
extrêmes
Les dernières publications du GIEC Normand (mars 2021), en plus de décrire les prévisions pour les différents paramètres climatiques, présentent les tendances observées selon les données de Météo-France (et leurs projections basées sur le modèle Aladin) depuis 1975. Ces données ne représentent pas des prévisions mais plutôt des tendances possibles sur un espace géographique; leur extrapolation à une échelle plus micro doit donc être réalisée et interprétée avec précaution, en tenant compte des incertitudes liées à ce type de simulations.
Le tableau 4 ci-dessous synthétise les analyses du GIEC Normand par rapport aux tendances observées et aux événements extrêmes prévisibles, basées sur les dernières données collectées dans les stations météorologiques sur le territoire normand.
Tableau 4 Evolution tendancielle des aléas et événements extrêmes associés. Source : GIEC Normand, 2021
Aléas Évolution tendancielle* Évènements extrêmes
Variation du
régime de
températures
Augmentation de la température
annuelle moyenne de l’air (jusqu’à +3°C
à la fin du siècle)
Augmentation de la fréquence et de
la durée des épisodes caniculaires ?
Augmentation de la température
maximale
Vagues de chaleur : 30°C atteints
environ 10 jours/an au Havre (2100)
contre 30 – 40 jours à Evreux.
Canicules : 1 - 4 jours/an au Havre
(2100)
Réduction du nombre de jours de gel par
an.
Episodes de gel précoces et/ou
tardifs.
Evolution du
régime de
pluies
Augmentation du cumul pluviométrique
en octobre-mars
Une réduction du nombre de jours de
pluie, mais une augmentation des
pluies intenses et des très fortes
pluies ?
Baisse du cumul pluviométrique en avril-
septembre
Episodes prolongés de sécheresse
pluviométrique
(jusqu’à 2 semaines en 2100)Nom du client • Nature du document •
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Aléas Évolution tendancielle* Évènements extrêmes
Variation du régime des pluies
Episodes de pluies intenses : 10%
plus fréquents, été comme hiver.
Orages, tempêtes – Quelle serait leur
fréquence ?
Vents Aucune tendance confirmée
Episodes de vents violents : des
cycles multi-décennales, avec des
valeurs basses entre 2000-2020
Elévation du
niveau de la
mer
Elévation du niveau de la mer : au Havre,
+ 1.69 mm/an depuis 1938 et + 2.19
mm/an depuis 1973, environ +14cm 1938
- 2021
Elévation de 1 m
2.4. Historique des catastrophes naturelles
D’un point de vue historique, les données des arrêtés de catastrophes naturelles (arrêtés CatNat) fournissent des informations sur les types, l’ampleur et la fréquence des événements sur le territoire.
La constatation de l’état de catastrophes naturelles par arrêtés interministériels détermine les zones et périodes où se sont produites des catastrophes naturelles occasionnant des dommages aux biens, personnes et activités. L’état de catastrophe naturelle établit « l’intensité anormale » de l’agent naturel cause des dégâts.
Les arrêtés de catastrophes naturelles recensés sur le territoire LHSM entre 1985 et 2014 concernent l’un ou plusieurs (une combinaison) de ces événements : • Inondations
• Coulées de boue
• Chocs mécaniques liés à l'action des vagues
• Mouvements de terrain
• Effondrements et affaissement de terrain
• Eboulement
• Glissement
• Inondations par remontées de nappe phréatique
• Tassement de terrain
On comptabilise un évènement classé catastrophe naturelle pour un arrêté CatNat dans une commune; lorsque plusieurs communes sont concernées par un même évènement, alors plusieurs arrêtés CatNat seront pris. La figure 14 montre une répartition des catastrophes recensées sur les communes appartenant aujourd’hui à la Communauté Urbaine LHSM dans les arrêtés issus pendant la période (1983-2014).
Il est à noter que le terme « coulées de boue » utilisé ci-dessus correspond à celui utilisé dans le registre officiel des catastrophes naturelles. Dans le cas du territoire havrais, le terme « coulées d’eaux boueuses » sera préféré dans le reste du document pour décrire ce type de phénomène. Il faut également noter que ce registre CatNat n’inclut pas les épisodes de vents forts ou vents violents, la moyenne annuelle de vents violents étant de 12.1 jours/an depuis 1990 (cf. §2.2.5).Nom du client • Nature du document •
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Figure 14 Répartition des catastrophes naturelles selon le type. Source : Data.gouv.fr
Sur la période 1983-2014, 69 événements sont recensés, sur une ou plusieurs communes pour un total de 303 arrêtés CatNat. Une première évaluation de ces données permet de faire deux constats :
• Les événements les plus fréquents sont liés aux inondations et coulées d’eaux boueuses (32 événements, 206 arrêtés) et les mouvements de terrain (13 mouvements ont fait l’objet de 13 arrêtés)
• Les risques inondations sont moins prégnants sur la période printanière que sur le reste de l’année (Fig. 16).
La base permet cependant de repérer les risques sur une commune. Les communes d’Epouville (12 arrêtés CatNat), et de Manéglise (10 arrêtés CatNat), suivies des communes de Montivilliers et Saint-Jouin-Bruneval (9 arrêtés CatNat chacune), sont les plus fréquemment touchées par les catastrophes naturelles.
La période automne-hiver correspond à celle avec le plus grand nombre d’arrêtés CatNat recensés (voir Fig 15), notamment sur le mois de janvier. Mais les mois de juin et juillet représenteraient des niveaux de risque (de par le facteur probabilité) aussi importants que l’automne.
Les inondations sont plus fréquentes sur les périodes juin – août et octobre – décembre.
46%
19%
9%
6%
4%
4%
3%
2%
2%
1%
Catastrophes naturelles recensées (1983 - 2014)
Inondations et coulées de boue
Mouvements de terrain
Eboulement, glissement et affaissement de
terrain
Effondrement de terrain
Affaissement de terrain
Inondations par remontées de nappe
phréatique
Inondations et chocs mécaniques liés à
l'action des vagues
Inondations, coulées de boue, glissements et
chocs mécaniques liés à l'action des vagues
Inondations, coulées de boue et glissements
de terrain
Chocs mécaniques liés à l'action des vagues
Effondrements / éboulements
Tassement de terrain
Glissement de terrainNom du client • Nature du document •
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Figure 15 Catastrophes survenues entre 1983 - 2014, répartition des données par mois. Source : Data.gouv.fr
Figure 16 Les types de catastrophes recensées par mois (suivant les arrêtés CatNat 1983 - 2014)
12
3
8
2
4
7
6
2
4
8
7
6
0
2
4
6
8
10
12
14
Répartition des événements par mois
0
2
4
6
8
10
12
14
Types d'événements par mois
Autres cas d'inondations
Glissement de terrain
Effondrement de terrain
Tassement de terrain
Effondrements / éboulements
Chocs mécaniques liés à l'action des vagues
Eboulement, glissement et affaissement de
terrain
Mouvements de terrain
Affaissement de terrain
Inondations, coulées de boue, glissements et
chocs mécaniques liés à l'action des vagues
Inondations et coulées de boueNom du client • Nature du document •
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3. Impacts du climat et vulnérabilités du territoire
Dans ce chapitre, la présentation et l’analyse des vulnérabilités sera réalisée sur la base des 4 aléas climatiques majeurs identifiés et des principaux risques naturels qui y sont associés :
• l’élévation du niveau de la mer, avec les risques de submersion et d’érosion des côtes ; • la variation du régime de températures, entraînant la réduction ou un décalage du cycle des jours de gel, et d’un autre côté entraînant plus de jours de chaleur et des épisodes de canicule ;
• l’évolution du régime des pluies, avec les risques d’inondation et de sécheresse ; • les vents violents, qui favorisent l’érosion des côtes et viennent renforcer le risque de submersion lors des tempêtes. En effet, le phénomène à l’origine de ce risque lors des tempêtes dépendra de l’interaction entre le coefficient de marée, la baisse de pression et des vents dirigés vers la côte.
De manière générale, ces aléas peuvent être décomposés pour identifier, pour chaque tendance, les risques naturels associés. Le tableau 5 présente la correspondance aléas – risques naturels. Les aléas sont indiqués dans la colonne à gauche et peuvent être à l’origine d’un ou plusieurs risques naturels « types ». La matérialisation de ces risques aura des impacts sur les biens, les habitants du territoire, les milieux naturels et l’environnement, plus largement. D’autres risques pourront être décrits dans le document lorsqu’ils sont considérés spécifiques à un secteur d’activité.
Tableau 5 Aléas climatiques et risques naturels
Inondations Submersion marine
–
Retraite du trait de côte Ecoulement de boues Eboulement, effondrement, glissements Canicules Episodes de sécheresse Augmentation des rendements agricoles Baisse des rendements agricoles Epuisement de la ressource en eau et /ou dégradation de sa qualité
Elévation du niveau
de la mer
Augmentation de la
température moyenne
Augmentation de la
température
maximale
Réduction du nombre
de jours de gel
Hausse du cumul
pluviométrique
Baisse du cumul
pluviométrique
Variation du régime
des pluies
VentsNom du client • Nature du document •
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L’analyse des impacts du changement climatique sera faite sur la base de ces risques identifiés dans la bibliographie sur les événements météorologiques – risques NaTech inclus –, ainsi que sur les enjeux territoriaux qui sont associés à ces risques. Ces enjeux concernent la sécurisation des ressources (en eau, sylvicoles et agricoles, notamment), la continuité des services et des activités économiques, ainsi que les prévisions nécessaires pour garantir l’adaptation de l’habitat aux régimes de températures qui évoluent pour protéger les populations.
La vulnérabilité du territoire dépend de sa sensibilité aux différents risques naturels et à l’existence de stratégies ou de mesures d’adaptation visant chacun des enjeux identifiés – ces mesures ayant pour vocation de renforcer la robustesse du territoire face aux aléas. Quatre composantes de la vulnérabilité peuvent être évaluées grâce à la connaissance mobilisée dans la bibliographie sur le territoire et aux informations collectées lors des entretiens réalisés dans le cadre de ce diagnostic. Ces composantes sont :
- l’identification du risque, défini en fonction de la fréquence et magnitude de l’aléas, et des enjeux ( Risque = aléa * enjeux)
- la caractérisation des enjeux (les communes ou les zones concernées, l’urgence de l’action et, le cas échéant, l’évaluation de son impact d’un point de vue quantitatif), - l’existence d’actions en cours,
- l’existence d’une stratégie pluriannuelle en cours ou en cours de rédaction.
3.1. Services publics industriels et urbains
3.1.1. Cycle de l’eau
Présentation
Cette analyse prend en compte les différentes étapes du petit cycle de l’eau : pompage, traitement, stockage, distribution, traitement, retour au milieu naturel, afin d’être le plus exhaustive possible sur les mesures d’adaptation nécessaires pour la protection de cette ressource.
La production et la distribution d’eau potable se font en régie sur 8 des 54 communes. La Direction Cycle de l’eau est exploitante de ces services, via des DSP sur 7 secteurs qui rassemblent le reste des communes du territoire. Le Havre Seine Métropole gère ainsi plus de 2 086 km de réseaux pour l’extraction et distribution d’eau potable urbaine et industrielle. Le réseau d’eaux usées compte 28 centres de traitement d’eau et 1102 km de réseau.
La plupart des ressources sont puisées dans la nappe phréatique. Le réseau compte des captages dans et en dehors du territoire administratif de la communauté urbaine : - Saint-Laurent-de-Brévedent
- Rolleville
- Saint-Jean-de-Folleville (captage de Radicatel) (hors LHSM)
- Yport (hors LHSM)
- Etretat
- Saint-Martin du Bec
- Oudalle-Saint Vigor d’Ymonville
- Port-Jérôme (eau industrielle)Nom du client • Nature du document •
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Figure 17 Localisation des bassins d'alimentation du réseau d’eau potable
Pour le stockage, le territoire dispose de 42 réservoirs, avec une capacité totale de 83 000 m3. Des systèmes de détection et prévention de fuites sont en place sur le réseau de stockage et distribution pour assurer un minimum de pertes d’eau potable. En 2019, le rendement de ce réseau était de 74.75% dans le secteur au plus faible rendement et de 87.59% dans le secteur au rendement le plus élevé.
Aléas
Le petit cycle de l’eau est l’un des systèmes les plus sensibles aux aléas climatiques identifiés. L’analyse des risques pour le cycle de l’eau se basera sur l’évaluation de l’exposition et vulnérabilité du territoire à ces trois aléas :
• L’élévation du niveau de la mer impliquant une possible dégradation de la qualité de la nappe phréatique, où le territoire trouve une grande partie de ses ressources en eau ; ainsi que la submersion marine pouvant entraîner la salinisation des bassins de captage, ainsi que le déplacement du biseau salé.
• La hausse des températures et la diminution des précipitations pourraient, d’un côté, entraîner des phénomènes de sécheresse et une augmentation de la demande, avec un risque de pénurie d’eau potable.
• Les épisodes de précipitations plus importantes entraîneraient un risque accru de pollution des bassins de captage à cause des phénomènes de ruissellement plus importants.
Exposition et vulnérabilitéNom du client • Nature du document •
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Le système de captage et distribution d’eau dans l’agglomération havraise a une exposition réduite aux aléas de submersion marine et de variation des températures, et en même temps une vulnérabilité accrue à la variation du régime des précipitations.
L’exposition du système au risque de submersion est réduite grâce à la spécificité géologique du territoire : une nappe phréatique sur un plateau élevé (niveau piézométrique de 60 m). Un seul point de forage est situé au niveau de la mer (0 m). Grace à cette élévation et à la charge importante de la nappe, la probabilité de salinisation de cette source à cause des submersions marines est très faible.
L’élévation du niveau marin présente, par contre, un risque du point de vue du captage d’eau à utilisation industrielle. Le biseau salé, qui sépare les masses d’eau douce de l’eau salée se déplace et se rapproche du point de captage. Des actions seront nécessaires pour pouvoir assurer la continuité du captage d’eau douce pour utilisation industrielle.
La sensibilité observée au risque de sécheresse serait faible, selon les sources de LHSM et l’état des lieux réalisé par l’AESN en 2019 : la nappe dans ce plateau a une grande inertie et un volume d’eau très important, rendant les variations de son volume pluriannuelles. La nappe se recharge avant de s’épuiser jusqu’à un niveau qui serait critique pour le territoire. Les prévisions présentées par le GIEC Normand sur la ressource en eau confirment cette information, tout en mettant en évidence une tendance au rabattement du niveau de la nappe phréatique : en 2100, ce rabattement serait de l’ordre de 0.5 m au niveau du littoral et plus important -jusqu’à 7 m- vers l’intérieur du Pays de Caux. Les territoires environnants verraient un rabattement de jusqu’à 9 m, ce qui risque de créer des nouvelles demandes d’eau sur le territoire pour alimenter les communes voisines.
L’augmentation de la fréquence de précipitations intenses (en été comme en hiver) pose un autre risque important qui est le maintien de la qualité de l’eau. Le territoire est situé sur un plateau crayeux, dont les propriétés rendent plus facile le transfert des polluants de la surface vers la nappe (sol karstique). Le niveau de pollution est déjà important. Une augmentation du ruissellement et de l’érosion des sols (à cause de l’augmentation des précipitations intenses) entraînera une turbidité plus importante et une eau davantage contaminée par des particules métalliques, des molécules de produits phytosanitaires de synthèse, et des agents bactériens. Ce phénomène sera valide pour les eaux de surface et les eaux souterraines.
Enjeux :
• Maîtriser le risque d’inondation : les zones inondables par submersion marine, par débordement des cours d’eau et par ruissellement sont identifiées grâce à divers dispositifs en place : le TRI du Havre, réalisé par la DDTM de Seine-Maritime et la DREAL Haute Normandie en 2014 intègre une cartographie détaillée des zones à risque ainsi que des bâtiments et infrastructures qui s’y trouvent. S’ajoutent à cette cartographie : o Le PPRI du bassin versant de la Lézarde, réalisé en 2013, identifie les aléas débordement, ruissellement et érosion dans ce périmètre.
o Le décret érosion qui cartographie le risque érosion sur le territoire du bassin versant de la Lézarde (arrêté ZSCE érosion de 2006)
o Un PPRL PANES (Plan de Prévention des Risques Littoraux de la Plaine Alluviale Nord de l’embouchure de l’estuaire de la Seine) intégrant le risque de submersion marine porte sur 12 communes du territoire. Un porter à connaissance a été publié le 5 juillet 2021.
• Maîtriser la demande en eau : Dans le cadre de la réalisation du futur SDAGE, une consultation technique a été lancée en 2019 pour confirmer les pressions projetées à l’horizon 2027 sur 472 masses d’eau en Normandie.
• Suivre des indicateurs qualitatifs et quantitatifs sur la ressource disponible : une étude a été lancée par l’AESN pour améliorer la connaissance sur le niveau des nappes, identifier les tendances et les points de vigilance.Nom du client • Nature du document •
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• Faire de l’hydraulique douce, planter des haies, maintenir les prairies, restaurer les espaces naturels, et reverdir les campagnes et non seulement les villes. La nature du plateau devient de plus en plus minérale. Le phénomène de croûte de battance renforce celui de l’imperméabilisation des sols.
• Maintien de la qualité de l’eau : Des actions sont en cours pour gérer la qualité de l’eau dans les phases amont et aval de ce risque.
o LHSM a identifié des bétoires, voies privilégiées de transfert des polluants et des mesures de protection des entrées de ces couloirs sont en place. Cela concerne en particulier une politique de développement des zones enherbées, qui permettraient de retenir les polluants au niveau du sol et un travail avec les agriculteurs pour faire la transition vers la réduction du recours à l’utilisation de produits chimiques de synthèse.
o D’autre part, la restructuration de certaines stations d’épuration est envisagée : Des investissements conséquents devront être réalisés pour gérer le niveau de pollution élevée des ressources d’eau, avec un traitement de l’eau qui deviendra plus énergivore et plus coûteux.
o Les zones d’alimentation de captage sont protégées par la Communauté Urbaine, elles font l’objet d'un arrêté ZSCE auquel est adossé un programme d'actions de lutte contre les pollutions diffuses qui est animé par l'équipe d'animateurs protection de la ressource de LHSM. En 2019, ces zones représentaient 40% de la surface du territoire. Ceci permet d’atténuer le risque de développement d’activités favorisant la pollution des ressources en eau potable.
o Le périmètre de protection immédiat rapproché des captages fait l'objet d'une DUP. Les DUP de Radicatel et d'Yport sont en en cours de révision.
Le risque économique lié au ruissellement est conséquent : l’étude EVAPORE menée par l’Université de Rouen Normandie et deux partenaires prévoient une moyenne d’augmentation de 14% à 29% des investissement (ou frais de fonctionnement) liés aux dommages annuels pour le traitement de l’eau, liée à la contamination du BAC de Radicatel et du bassin versant de la Lézarde du fait de l’augmentation de l’intensité des pluies.
3.1.2. Distribution d’énergie
Présentation
Les informations communiquées sur le réseau électrique dans cette section ont été obtenues, en grande partie, grâce à des études cartographiées réalisées par Enedis pour le SDE76. Cela impose une certaine limite géographique car le périmètre du syndicat ne couvre pas la totalité des communes de LHSM. Cependant, 48 communes sont couvertes par cette étude, et parmi les 3 facteurs de risque (aléas, exposition et vulnérabilité) les aléas et l’exposition peuvent être considérés égaux pour les grandes communes ne faisant pas partie du périmètre SDE76. Seule l’exposition pourrait être considérée comme réduite pour certains aléas, grâce à la disponibilité de plus de ressources financières pour l’infrastructure.
Les aléas ont été identifiés grâce aux entretiens réalisés auprès de la CU LHSM et du SDE76, ainsi que le rapports d’Enedis (Schéma directeur des investissements) et d’autres ressources bibliographiques.
La résilience des territoires est fortement liée à celle des réseaux énergétiques et d’autres réseaux et infrastructures de service. La vulnérabilité des réseaux doit pouvoir être identifiée afin d’être réduite au minimum, soit en minimisant l’exposition du réseau à un aléa spécifique ou en maîtrisant la capacité de réponse du territoire pour une remise en service rapide en cas de crise.
Seront discutés dans ce sous-chapitre les réseaux de distribution d’énergie électrique, distribution de gaz, et les réseaux de chauffage urbain.Nom du client • Nature du document •
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Aléas
• Augmentation de la température (épisodes de forte chaleur, canicules) • Variation du régime des précipitations (inondations, coulées d’eaux boueuses) • Vents forts : selon les données du SDE76, des rafales de plus de 90km/h peuvent produire des incidents importants sur le réseau aérien. Des épisodes venteux peuvent entraîner aussi des risques de submersion marine, ce sera davantage le cas avec l’élévation du niveau de la mer.
Exposition et vulnérabilité
• Globalement, les réseaux enterrés (électricité, gaz ou chaleur) sont très peu exposés aux aléas de variation de températures, car le sol limitera cette variation au niveau du réseau – les températures très élevées peuvent générer des désordres sur les réseaux enterrés sous le bitume mais le territoire n’est pas concerné à court et moyen terme. • Inondations et réseau de distribution d’électricité : il existe un nombre de postes HTA en zones inondables. Pour le territoire havrais, l’étude réalisée par Enedis pour le SDE76 en 2016 (version finale publiée en 2019) n’a pas abouti à l’identification précise du nombre de postes concernés. D’autre part, les données publiées par Enedis pour la concession correspondant à la Ville du Havre situent 4 des 5 postes sources et 170 postes de transformation HTA/BT sur des zones inondables. 20 capteurs « DINO » ont été déployés sur ces postes, afin d’alerter les opérateurs sur l’augmentation du niveau de l’eau et d’identifier rapidement les postes où l’alimentation doit être coupée ou peut être rétablie. L’anticipation de ces actions permet de réduire les potentielles coupures tardives pouvant entraîner des pannes prolongées du réseau de distribution.Nom du client • Nature du document •
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Figure 18 Zones inondables avec des postes HTA/BT à risque. Source : Enedis - SDE76, 2019
• Le réseau basse tension (BT) souterrain est globalement moderne (seulement 6% du réseau intégrait encore des technologies anciennes, type câble CPI cuivre ou Aluminium à Neutre Périphérique). L’entretien régulier des infrastructures, prévu dans le programme d’investissements du SDE76 et d’Enedis, réduit fortement leur vulnérabilité. Cependant, lors des épisodes d’inondation, il existe un risque de ruptures de ventilation des postes sources sous chaussée immergée ainsi qu’un risque de détérioration accélérée des infrastructures atteintes lors des épisodes de submersion marine (liée, par exemple, à la salinité de l’eau)
• La vulnérabilité du réseau électrique aérien est définie par des critères tels que la longueur des tronçons du réseau, la qualité du conducteur et sa tenue mécanique (en particulier pour les risques vent et neige/givre). Concernant la qualité des conducteurs, la vulnérabilité du réseau BT aérien est considérée faible, grâce à la très faible quantité de fils nus (6% sur le périmètre SDE en 2016). Dans le périmètre de la Ville du Havre et autres grandes zones urbaines, la longueur du réseau aérien haute tension (HTA) est limitée et le réseau est composé de technologies considérées fiables. Le réseau basse tension est peu accidentogène. Pour les autres critères, Enedis a cartographié le réseau aérien de distribution d’électricité. Des risques « bois », « vent » et « faible section » ont été identifiés (voir Fig. 19).
o Risque « bois » : présence d’arbres pouvant chuter sur la ligne. Présent surtout dans les zones rurales. La ville du Havre n’est par exemple pas concernée par ce risque.Nom du client • Nature du document •
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o Risque « faible section » : section considérée fragile. Une très faible partie (autour de 1% du réseau HTA) rentrait dans cette catégorie en 2016, dans le périmètre SDE76 comme dans le périmètre des zones urbaines hors SDE76.
o Risque « vent » : le réseau sous dimensionné pour les vitesses de vent enregistrées dans la zone.
Le risque lié aux vents forts serait donc le risque le plus important concernant le réseau de distribution aérien sur le territoire. Les risques de neige collante et pluie verglaçante sont mentionnés dans les rapports d’Enedis mais ne sont pas considérés importants sur le territoire.
Figure 19 Réseaux à risque climatique - PAC Enedis 2016 - Source : SDE76
• Le réseau électrique enterré (en zones urbaines) est concerné par un programme d’investissements pour le renouvellement des câbles de haute et basse tension d’anciennes technologies. Plus largement, Enedis s’est engagé en 2019 à accentuer dès 2020 les investissements sur le réseau souterrain dans les agglomérations où les taux d’incidents sont les plus élevés. Les réseaux BT souterrains sont considérés à risque car composés majoritairement de matériel en technologies anciennes (CPI ou Alu). Le réseau HTA est aussi concerné. Par exemple, 25% du réseau souterrain du Havre était en CPI haute tension en 2019.
• Le réseau de distribution de gaz est peu vulnérable aux aléas climatiques, car enterré dans sa grande majorité. Les épisodes de forte chaleur ou de grand froid peuvent affecter les équipements en surface, mais l’impact sur le réseau est faible. Des inondations (lors des fortes pluies, en cas de crues ou de submersion marine) auraient aussi peu d’impact sur la distribution de gaz, sauf si des postes de détente étaient atteints et mis hors service. Dans ce cas, et particulièrement pendant la saison hivernale, ce risque est considéré fort car il peut entraîner une coupure prolongée du service.Nom du client • Nature du document •
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Dans les zones agricoles, le réseau pourrait être exposé aux aléas dans le cas de parcelles où l’érosion est très importante. Cette exposition, limitée (quelques mètres de réseau seulement) n’augmenterait pas de manière importante la vulnérabilité face aux aléas climatiques.
• Les enjeux à considérer pour les réseaux de chauffage urbain sont similaires à ceux décrits ci-avant pour le réseau de gaz, seulement considérés vulnérables aux risques d’inondation des postes principaux.
Enjeux
Les différentes sources consultées indiquent que le réseau de distribution d’électricité, bien que très exposé aux aléas de vents forts et d’inondations, est peu vulnérable aux différents aléas climatiques. Ceci est dû aux efforts réguliers d’investissement dans la maintenance et la modernisation du réseau. Le contrat de service public engage Enedis à sécuriser les réseaux face aux aléas tempête, neige collante, inondation et canicule. Les zones/tronçons fragiles et les actions pertinentes sont ainsi identifiées, et des objectifs quantitatifs sont figés pour la remise en fonctionnement du réseau en cas d’événement climatique. Les rapports Enedis 2019 pour le territoire indiquent que le réseau haute tension (HTA) est robuste et que des investissements sont prévus afin de les rendre plus résilients face aux aléas climatiques.
Quelques éléments doivent être vérifiés :
• La vulnérabilité des postes critiques doit être étudiée pour comprendre le degré de résilience du réseau global. Comme mentionné ci-avant, 4 des 5 postes sources indiqués par Enedis en 2019 sur la Ville du Havre se trouvent dans des zones inondables (suivant la carte du TRI au niveau du Havre). Le rapport précise que des investissements sont dédiés à sécuriser le fonctionnement de ces postes lors des événements climatiques, tout en mettant en avant la difficulté d’intervention sur une partie du réseau. Davantage de précisions sont nécessaires afin de connaître les évolutions dans la sécurisation des postes sources sur l’ensemble du territoire de la Communauté Urbaine.
• Le taux HIX (« hors incidents exceptionnels », lié aux événements climatiques exceptionnels entraînant la coupure d’électricité pour plus de 100 000 consommateurs finaux) était élevé sur la période 2012-2016 et au-dessus des valeurs moyennes nationales sur la chronique 2012-2016 du fait de l’année 2013.
• Le maillage des réseaux est un facteur clé pour garantir une bonne résilience lors des évènements climatiques.
Pour les réseaux de chaleur et de gaz, le risque de mouvements de terrain ne semble pas suffisamment étudié dans la bibliographie consultée.
Peu d’informations sont disponibles sur la vulnérabilité du réseau de chaleur urbain : • Son exposition aux aléas climatiques devra être davantage étudiée, notamment dans le cadre de son extension et des mesures prévues dans le nouveau PLH pour la mise en place un bonus/malus pour l’intégration des copropriétés au réseau, augmentant la dépendance d’une partie importante de la population à cette source de chaleur en hiver. • Les sources de chaleur devront également être étudiées du point de vue de leur vulnérabilité, afin d’assurer une remise en service rapide, même partielle, en cas d’événement climatique.
3.1.3. Déchets
Présentation
Le Havre Seine Métropole compte 110 000 foyers sur son territoire. Cela représente 166 000 tonnes collectées (biodéchets et encombrants inclus).
La communauté urbaine s’est fixée en 2016 un objectif de valorisation de 65% de ces déchets en 2025. Aujourd’hui, le taux de déchets qui pourraient être valorisés sous la forme de valorisationNom du client • Nature du document •
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matière (recyclage, réutilisation) est estimé à 55% du total des déchets reçus en centre de valorisation énergétique (UVE).
Le tri se fait grâce à des points d’apport volontaire : 1 300 colonnes de tri sélectif et verre (points d’apport volontaire), 80 bornes textiles et 15 000 composteurs personnels ou publics. Il existe 9 centres de recyclage de proximité, dont 2 au Havre (Nord et sud).
Aléas
Parmi les aléas identifiés sur le territoire, seule la variation du régime de précipitations, notamment par le risque de tempêtes et d’inondation, semble pouvoir impacter le service de collecte et de gestion des déchets.
Exposition et vulnérabilité
Quoique peu sensible à la plupart des aléas décrits dans ce document, le domaine des déchets présente des points de vulnérabilité bien identifiés vis-à-vis des inondations et des tempêtes : • Une partie de la collecte se faisant via des points d’apport volontaire, il existe une forte probabilité de pollution lors d’une inondation par des déchets qui sont emportés par l’eau. • Les macro-déchets générés lors des épisodes d’inondation, de coulée d’eaux boueuses ou de fortes tempêtes représentent parfois des tonnes de boues polluées qui doivent être collectés et traitées.
Un autre élément à considérer est celui de la capacité à assurer la collecte et le transport des déchets à la suite des épisodes mentionnés ci-dessous. Est-ce que le transport des déchets vers les centres de tri et de traitement peut être assuré ? Quelle proportion du parcours de collecte passe par des voies à fort risque d’inondation ?
Figure 20 Localisation des centres de recyclage et déchetteries de LHSM. Source : lehavreseinemetropole.fr
Enjeux
• Assurer la gestion efficace des déchets déposés dans les points d’apport volontaire, même en cas de tempête ou d’inondation : éviter les pollutions diffuses, permettre la continuité de la collecte des déchets ménagers et industriels.
Les installations servant la double fonction de déchetterie et centre de tri sont distribuées sur le territoire. Un habitant de LHSM serait à 15 minutes de trajet en voiture d’un de ces centres, selon les indications sur le site de la CU. La proximité immédiate de ces sites est un levier d’action pour faciliter la collecte et la gestion des déchets.Nom du client • Nature du document •
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• Stockage des déchets dangereux dans des locaux dédiés et d’huile de moteur, sources potentielles de pollution diffuse en cas d’inondation du site. La bonne gestion de ces déchets impliquera la prise en compte de leur exposition aux tempêtes et inondations afin d’éviter des risques de pollution diffuse.
• Stockage de déchets amiantés.
• Intégrer l’industrie dans la démarche d’économie circulaire. Ce sera une première étape pour identifier les flux prioritaires à gérer et prévoir un système de collecte et de gestion adapté aux risques climatiques.
• Gérer la collecte et le traitement des déchets produits en situation exceptionnelle : le PRPGD présente un choix de 19 sites, tous localisés dans la zone de l’ancienne Basse Normandie. L’infrastructure de collecte et de stockage est sous-dimensionnée par rapport aux volumes de macro-déchets générés par ces événements climatiques.
3.1.4. Réseaux et offres de transports de personnes
Présentation
Le territoire présente une offre de transport très développée au niveau des centres urbains et des multiples projets en cours pour favoriser le déplacement de la population. Il existe un véritable effort pour favoriser le transport bas carbone et multimodal. Cela implique l’entretien et le développement d’un réseau de transports vaste connectant les zones urbaines et les communes rurales, et donc un réseau plus exposé et plus vulnérable aux aléas climatiques.
Aléas
• Submersion marine
• Ruissellement et coulée d’eaux boueuses.
Exposition et vulnérabilité
Les flux de déplacements ont été étudiés par la CU et l’AURH, ils sont présentés ci-dessous :
Figure 21 Flux de déplacements sur LHSM, un jour ouvré. Source : AURH, 2019
La distance moyenne parcourue par jour est de 25 km, d’après les Cahiers PLUi.Nom du client • Nature du document •
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Pour une première appréciation de l’exposition des voies et des systèmes de transport, la Fig. 21 peut être comparée à la carte des TRI dans LHSM (cf. Fig 22, à gauche). Quatre types d’aléas inondations sont identifiés sur le territoire : débordement, ruissellement, remontées de nappe (fortement corrélés) et submersion marine.
Figure 22 Un réseau de transports riche dans un Territoire à Risque Important d'Inondation. Sources : DRIEE IDF, Lia, 2019
Une partie majeure du réseau serait donc exposée à ces risques d’inondation et de submersion marine.
La vulnérabilité sur cet aspect est jugée élevée, au vu de l’importante utilisation du réseau des transports en commun : 3 lignes de transports interurbaines en 2018 et 3 lignes prévues en 2025, 21 lignes de bus et 4740 voyageurs par jour dans les gares et haltes ferroviaires, selon les données 2018. Les 117 km d’itinéraires cyclables doivent aussi être pris en compte dans ces analyses du réseau.
Enjeux
• Intégration des problématiques liées aux risques climatiques (submersion, effondrement de cavités souterraines, éboulement de falaises littorales et fluviales) dans les contrats de concessions et dans les projets de développement de l’infrastructure de transports sur le territoire, y compris les axes piétons.
Une étude (en cours en 2022, par le BRGM) sur l’Etat des falaises de bord de Seine pourrait apporter des éléments concrets à renseigner dans les cahiers de charges et futurs contrats de concessions.
• HAROPA met en place sur le territoire un projet majeur de transport multimodal – pour le transport de marchandises essentiellement. Ce projet impliquera le développement de nouvelles voies de transport le long de la Seine sur des zones à fort risque d’inondation. Il devra intégrer, dès ses premières phases, des mesures d’adaptation. La baisse du niveau d’étiage de la Seine pourrait également représenter un risque à fort impact sur l’activité économique liée à HAROPA.
• Le territoire développe une offre de transport multimodale permettant d’assurer un réseau de service résilient face aux événements climatiques. Des actions sont en place dans ce sens dans le plan de mobilité et dans le PLUi.Nom du client • Nature du document •
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3.2. Activités productives
3.2.1. Industrie
Présentation
LHSM est un territoire à fort caractère industriel, avec une industrie manufacturière importante qui représentait en 2015 95% des établissements industriels recensés sur le territoire (source : DRAAF Normandie et INSEE, 2015) et un volet important de commerce international : le territoire abrite le Grand Port Maritime du Havre (HAROPA Le Havre), 5ème port européen et 1er port français pour le trafic des conteneurs. La zone industrialo-portuaire est particulièrement importante, avec des acteurs majeurs de l’énergie situés sur une zone à fort risque d’inondation. La Figure 24 montre la concentration de sites ICPE sur cette zone, où se retrouvent également 15 des 16 sites SEVESO classés seuil haut du territoire, ainsi qu’une quinzaine d’établissements non classés SEVESO mais qui ont été retenus dans le Plan Particulier d’Intervention, en révision début 2022. Ces établissements sont identifiés comme des infrastructures de Transport de Matières Dangereuses (TMD). Un autre site industrialo-portuaire classé SEVESO se trouve à Saint-Jouin-Bruneval.
Figure 23 Etablissements classés ICPE et sites SEVESO. Source : Atlas Seine-Maritime, 2020
Aléas
Les principaux facteurs climatiques pouvant impacter l’industrie sont : • Elévation du niveau de la mer et submersion marine.
• Augmentation de la fréquence des jours chauds et des périodes de fortes chaleurs. • Variation du régime des pluies : la réduction de la pluviométrie et épisodes de sécheresse.
• Vents forts et tempêtes.Nom du client • Nature du document •
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Exposition et vulnérabilité
• Elévation du niveau de la mer et submersion marine : comme l’affichent les Fig.23 et 25, la zone industrialo-portuaire est, de par sa caractéristique de zone basse, sa proximité immédiate avec l’estuaire de la Seine et la mer, un territoire où le risque de submersion marine est des plus importants. Un travail est en cours sur les PPRL entre la communauté urbaine, l’Etat et les industriels. Le PPRL PANES (Porter à Connaissance publié en juillet 21) en cours d’élaboration permettra à l’industrie d’avoir une vision claire des mesures d’adaptation qui devront être réalisées sur leurs installations. Des aménagements existants, réalisés en anticipation du risque de submersion marine, protègent déjà la zone industrielle. La réserve naturelle joue elle-même un rôle de protection de la zone industrielle et des zones urbaines, avec un effet « tampon » réduisant l’impact des épisodes de submersion marine sur ces zones.
Figure 24 La ZIP du Havre se situe sur une zone à risque d'inondation modéré à fort, voire très fort dans certains espaces
• Augmentation de la fréquence des jours chauds : les épisodes de canicule particulièrement forts et/ou longs peuvent provoquer des coupures dans le réseau de distribution d’électricité. La dépendance des certains procédés industriels à l’électricité du réseau peut entraîner le rejet accidentel de substances toxiques ne pouvant plus être stockées ou l’interruption d’un procédé, avec des conséquences importantes sur le plan sécuritaire. Un exemple de ce type d’incidents a été le rejet – limité – d’ammoniac lors d’un épisode de fortes chaleurs en juillet 2015 ayant entraîné une coupure de l’alimentation électrique. Réduction de la pluviométrie et épisodes de sécheresse : le captage d’eau à destination des industriels réalisé dans la Seine, l’industrie havraise serait peu vulnérable au risque de sécheresse. Cependant, un enjeu qualité peut exister : considérant l’augmentation du niveau de la mer, le point de captage d’eau douce de la Seine se voit progressivement déplacé en amont, ce qui impliquera des investissements en infrastructure. D’autre part, laNom du client • Nature du document •
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réduction de la pluviométrie tout au long du bassin entraînerait la baisse du niveau d’étiage de la Seine, entraînant des contraintes de plus en plus fortes pour la navigation.
Enjeux
• Sur le PPRT, la plupart de la ZIP serait classée comme une zone exposée à des aléas toxiques faibles ou « moyens plus » (entre moyen et fort), et dans des zones à risque moyen et fort de submersion marine. Pour engager un travail collectif sur l’adaptation, il est nécessaire de trouver des données et des indicateurs d’impacts environnementaux. LHSM a validé la création d’un poste d’Ecologie Industrielle Territoriale en 2022, dont la priorité est l’échange avec les industriels afin de créer un programme d’action coordonné permettant d’intégrer et de piloter les actions du secteur industriel vis-à-vis de la transition écologique et énergétique sur le territoire, dont les actions d’adaptation au changement climatique.
D’autre part, toutes les communes du périmètre du PPRT sont concernées par des concernées par des ZNIEFF type I ou type II, ou par une Zone de Protection Spéciale pour la protection des oiseaux. Elles sont inscrites dans un secteur NATURA 2000. • Les logements situés dans le périmètre des PPRT (cf. Fig 26) sont soumis à des prescriptions du PPRT concernant des renforcements face aux risques thermiques, toxiques et de surpression identifiés. Pour la ZIP et particulièrement les communes de Gonfreville-l’Orcher et Rogerville – les plus exposées –, LHSM a mis en place un dispositif d’accompagnement gratuit pour permettre aux logements de réaliser les travaux obligatoires prévus dans le PPRT. Ces travaux sont financés à 100%, par les collectivités, les industriels et l’Etat.
• La politique globale de ce PPRT de la ZIP du Havre est de privilégier la réduction du risque à la source. Selon le diagnostic des aléas réalisé en 2011, seule la partie sud du quartier des Neiges risque d’être impactée par les aléas technologiques de niveau « faible ». Le périmètre du PPRT, revu en 2021, inclus les communes de Gonfreville-l’Orcher, le Havre, Oudalle, Rogerville, Harfleur et Sandouville. 16 industriels SEVESO seuil haut sont concernés par ces recommandations : Total Petrochemicals, Total Fluides, Chevron, Oronite, Eramet, Care, Omnova Solutions, Norgal, Sigalnor, Alkion Terminals dépôt 1, Lubrizol, Yara France, SEPP, SHMPP, CIM Le Havre, Total Raffinage Normandie, Alkion Terminals dépôt 2.
Le futur PPI affiche un rayon de danger élargi par rapport au PPRT et au périmètre concerné par les risques SEVESO. Le PPRT touche à 5 communes, tandis que le rayon de PPI couvre 28 communes de la CU LHSM. L’intégration de ce périmètre dans l’évaluation des risques liés à l’industrie (sur la santé, la biodiversité, par exemple) est importante dans la démarche d’implication du secteur industriel dans les politiques de prévention des risques et d’adaptation au changement climatique de la Communauté Urbaine.
• L’accès à la ZIP est possible seulement via l’emprunt d’un pont (levant ou tournant). 6 ouvrages sont dans le périmètre du PPRT : quelle est la sensibilité de ces ouvrages face aux risques climatiques ?
• Face au risque de submersion de la ZIP, le futur PAPI représenterait une opportunité pour porter des actions de réduction de la vulnérabilité et d’accompagnement des industriels concernés.
• Une problématique qui ressort lors de la collecte d’informations est le manque d’éléments identifiés comme une contrainte règlementaire (ex. la taxe carbone qui entraîne des enjeux financiers) amenant l’industrie à prendre des mesures d’adaptation. Dans le cadre de sa stratégie d’Ecologie Industrielle, quelles mesures pourrait prendre LHSM pour favoriser des politiques RSE de compensation environnementale de l’industrie ? Comment pousser le secteur industriel à adopter une approche « éviter – réduire – compenser » ? • Réduction du niveau d’étiage de la Seine : les projections disponibles (GIEC Normand, 2021) ne concernent que le débit du bassin de la Seine : à l’horizon 2100, le débit d’eau serait réduit de 10% à 30% tout au long de l’année, pouvant aller en été jusqu’à 50%. LesNom du client • Nature du document •
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périodes d’étiage devraient se prolonger, commençant 1 mois plus tôt selon l’endroit et allant jusqu’à la fin octobre.
La navigabilité de la Seine étant au cœur d’une partie importante de l’activité commerciale du Port du Havre, le sujet est un sujet à traiter dans le court terme, pas suffisamment adressé dans les programmes d’action locaux : quelles projections pourraient prendre le territoire pour anticiper cette problématique ?
• Le caractère transversal des risques pose un enjeu de gouvernance et de maintien de la cohérence des actions des différents acteurs concernés. Dans ce sens, l’Office des Risques Majeurs de l'Estuaire de la Seine (ORMES) mobilise autour de lui toutes les parties prenantes à la gestion des risques technologiques : collectivités, Chambre de Commerce et d’Industrie, Université, Industriels et experts.
Figure 25 Plan de prévention des risques technologiques. Source : Atlas Seine-Maritime, 2020
3.2.2. Agriculture
Présentation
L’activité agricole est très importante sur le territoire : les terres agricoles représentent 65% de l’occupation du sol. L’évolution des pratiques a entraîné la perte progressive des prairies permanentes, remplacées par des prairies temporaires et par la culture des céréales, les cultures fourragères et cultures industrielles. Selon les données partagées par l’AURH, 23.6% des surfaces en herbe ont disparu entre 2000 et 2010 dans le périmètre de la Communauté Urbaine LHSM. Entre 1970 et 2010, ce chiffre s’élève à 66.5%. La plupart des cultures sont conduites de manière intensive (blé, pomme de terre, betterave, lin…) elles sont exigeantes en produits phytosanitaires et engrais minéraux de synthèse,
Malgré cette forte activité, le territoire est peu autonome et importe la majorité de son alimentation (plus de 95% des fruits, légumes, légumineuses, œufs, viande de porc et de volaille. Source : étude Afterres par Solagro, s’applique à la Normandie). Les cultures principales sont les cultures céréalières (maïs, blé, autres), de fourrage, estives landes, et maraîchères. Les figures 26 et 27 ci- dessous illustrent leur distribution sur le territoire et leur évolution depuis 2015.Nom du client • Nature du document •
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Figure 27 Surfaces agricoles par type de culture - Source : AURH
Aléas
L’adaptation du domaine agricole est un volet peu traité sur le territoire actuellement. Cependant il y a plusieurs aléas identifiés pouvant avoir des impacts sur le secteur : la submersion marine, entraînant par exemple le besoin de relocalisation de certaines exploitations vers des zones à moindre risque d’inondation ; les variations des températures et du régime des précipitations annuelles qui auraient des impacts sur les cycles et le rendement des cultures et sur l’accès à l’eau pour l’élevage ; les vagues de chaleur qui auraient également un impact sur les effectifs animaux.
Pour la zone climatique Atlantique, l’étude AgriAdapt met en particulier en avant les aléas de gel tardif, avec une fréquence faible mais un impact significatif pour les fermes et de l’augmentation de températures, avec une fréquence en hausse des jours de chaleur et des épisodes de sécheresse.
Exposition et vulnérabilité
Malgré les projections d’une variation de température limitée (deltas de température de +3°C et - 2°C) par rapport aux moyennes estivales et hivernales respectivement, les impacts prévus du changement climatique sur le secteur agricole pourraient être très forts. L’étude AgriAdapt sera citée
Figure 26 Activités agricoles sur le territoire LHSMNom du client • Nature du document •
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ci-dessous car les fermes pilote choisies dans le nord de la France sont des fermes dédiées aux grandes cultures ou à l’élevage bovin (lait et viande). Leurs profils et vulnérabilités peuvent être considérés similaires à ceux des fermes sur le territoire de l’agglomération havraise. Voici l’impact prévisible des aléas climatiques sur le secteur agricole de LSHM :
• Elévation du niveau de la mer et risque de submersion marine : l’exposition au risque de submersion marine est faible pour les des terres agricoles du territoire, principalement car elles ne se situent pas sur le littoral ou bien elles se trouvent sur un plateau élevé par rapport au niveau de la mer.
• Variation des températures : les températures plus chaudes de l'air, ainsi que l’augmentation du nombre de jours chauds affectent la durée du cycle de développement des plantes. Les dates de floraison et des récoltes avancent, et les jours de gel arriveront plus tard dans l’année, avec des impacts renforcés, en conséquence. Les cultures céréalières sont particulièrement vulnérables : l’étude AgriAdapt indique que des températures supérieures à 25°C pendant la phase de floraison et de remplissage entraîneraient un phénomène d’échaudage : les plantes se dessèchent sur pied et la taille et poids des graines sont réduits. Le risque de maladies et parasites augmente aussi avec les températures. La Figure 28 montre les projections climatiques pour la période 1987- 2047 étudiée par le GIEC Normand.
Figure 28 Augmentation du nombre de jours chauds ( Tmax > 25°C) entre mi-mai et mi-juillet. Source : AgriAdapt, 2020
Le bétail est aussi très sensible au stress thermique. Lorsqu’il est considéré modéré à grave, les vaches peuvent présenter des troubles de la respiration et du rythme cardiaque, ce qui entraîne une réduction dans leur consommation de fourrages, la baisse de leur fertilité et de la production de viande et/ou de lait. Ce stress thermique peut se produire dès que la température extérieure dépasse les 20°C, avec des impacts sur le métabolisme. Des conséquences observées sont notamment la baisse de la production laitière (et ralentissement de la croissance) et une moins bonne rumination des vaches pouvant entraîner des problèmes sanitaires. Les producteurs de lait étant également des cultivateurs de céréales et fourrage, ils doivent prendre en compte l’impact climatique sur ces cultures.
• Variation du régime de précipitations : Un risque de perte importante du rendement agricole est indiqué aussi pour les tempêtes et les inondations (en 2016, elles sont la cause de 50%Nom du client • Nature du document •
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de perte de rendement dans les fermes pilotes de l’étude AgriAdapt dans le nord de la France).
Les projections climatiques montrent aussi une baisse du cumul des précipitations. Les figures 29 et 30 affichent cette tendance à la réduction, évaluée pour la période de germination des nouvelles cultures (Fig. 30) et de montaison et remplissage (Fig 30). Toutes les deux entraîneront la baisse des rendements agricoles, avec un impact économique considérable sur le territoire.
Figure 30 Projection du déficit hydrique pour la période de montaison et remplissage
La production de fourrages en quantité suffisante dépend aussi des facteurs climatiques mentionnés.
Enjeux
• De par l’excellent rendement des terres ainsi que grâce à la facilité de l’export des produits agricoles, il existe une résistance à la transition agro-écologique dans le domaine de l’agriculture, pourtant essentielle pour la création à l’échelle territoriale d’une agriculture résiliente. Il existe plusieurs initiatives de travail et projets d’accompagnement pour la
Figure 29 Réduction projetée du cumul des précipitations pour la période de semis et de levéeNom du client • Nature du document •
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transition agro écologique des exploitations agricoles comme c’est le cas sur la conversion des systèmes (bio), avec un diagnostic et une étude technico-économique de chaque projet soumis. Les acteurs sont multiples : la Chambre Régionale d’Agriculture, l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la DDTM, de nombreux prestataires, … La Communauté Urbaine réalise, entre autres, des animations pour les agriculteurs dans les zones des bassins d’alimentation de captage, avec une étude financée à 100% pour la conversion à l’agriculture biologique. D’autre part, des feuilles de route nationales servent de leviers pour la réduction des vulnérabilités liées à l’agriculture « traditionnelle » dans le territoire : o Plan ecophyto II : directive européenne 2009/128/CE pour réduire de 50% l’usage des pesticides entre 2008 et 2025
o Directive cadre sur l’eau 2000, loi sur l’eau et les milieux aquatiques 2006. o Plan national nutrition santé (PNSS) de septembre 2009 avec des nouvelles recommandations alimentaires excluant les céréales contaminées par des pesticides.
LHSM s’inscrit dans les objectifs 2050 de l’étude Afterres pour une pratique de l’agriculture biologique sur 45% des surfaces agricoles de son territoire. En 2018, le département recensait entre 1.5% et 3% de surfaces en agriculture biologique. Le territoire a mis aussi en place depuis 2015 un « espace test » agricole de 4 hectares sur la commune de Cauville-sur-Mer, dans le but d’aider des porteurs de projets à adopter des pratiques agricoles certifiées biologiques. Les agriculteurs peuvent aussi bénéficier du Fonds d’Initiative Locale pour l’Agriculture.
L’efficacité de ces initiatives reste à évaluer dans les prochaines années : fin 2022, l’AURH compte 20 exploitations labellisées en agriculture biologique sur le territoire. Une autre initiative locale, Sensibio, vise à comprendre les appréhensions et/ou les obstacles, au-delà des facteurs technico-économiques, freinant l’adoption des pratiques d’agriculture biologique. Les leviers ainsi identifiés devraient permettre, par exemple, d’atteindre l’objectif de la CU LHSM autour des bassins de captage d’Yport, Radicatel et Oudalle-Saint-Vigor : convertir plus de 400ha de surfaces agricoles aux pratiques biologiques, entre 2021 et 2026.
• Plusieurs acteurs travaillent aussi sur cet autre volet de la transition agro-écologique, qui est la séquestration de carbone comme mesure de mitigation. Une des initiatives de la Communauté Urbaine est par exemple le projet « Carbolocal », proposant le financement privé de la haie. De nombreux financements publics existent aussi pour la mise en place de haies.
• Les Plan d'aménagements d'hydraulique douce identifient tous les aménagements d’hydrauliques douce à mettre en place sur les parcelles agricoles de la Communauté urbaine ET sur tous les Bassins d'alimentation de Captage pour réduire les phénomènes d’érosion ruissellement et protéger les zones à enjeux (habitations captages, infrastructures, bétoires, …)
Par ailleurs, la CU LSHM a répondu à un appel à projet de l’AESN « PSE Herbe » pour financer des exploitations agricoles qui maintiennent et augmentent leur surface en herbe ainsi qu’à l’Appel à projets « plantons des haies » pour intensifier la dynamique de plantation de haies sur le territoire.
• Les cultures industrielles (ex. pomme de terre) représentent une activité économique importante, notamment pour l’exportation, et sont liées à plusieurs externalités négatives. Deux sujets ressortent comme prioritaires : l’utilisation d’un volume important de produits phytosanitaires et les pratiques entraînant la déstructuration des sols, créant ou augmentant des problèmes d’érosion, de ruissellement et de coulées d’eaux boueuses. • Un axe de travail est dédié au sein de la Chambre d’Agriculture à la résistance des espèces d’herbes aux sécheresses, à l’identification et au développement de nouvelles cultures (ex. sorgho) et à l’augmentation de l’autonomie fourragère des élevages. Le réseau des CIVAM Normands propose du conseil et des formations sur l’adaptation des variétés herbacées à la sécheresse. En général, la diversification des activités agricoles est un sujet auquel le Département et la Région dédient un nombre important d’actions. Parmi celles-ci, peuventNom du client • Nature du document •
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être mises en avant les actions de la CRA Normandie pour la culture et valorisation du méteil et de la luzerne, l’observatoire régional de la croissance de l’herbe (en partenariat avec l’INRAE, Littoral Normand) et les plateformes de démonstration de cultures fourragères dérobées.
• La destruction des prairies permanentes, remplacées par des nouvelles surfaces agricoles, favorise l’érosion et le ruissellement et donc le risque d’inondations, ainsi que le transfert de polluants vers la nappe phréatique. La CRA Normandie met à disposition des informations pratiques pour la régénération des prairies, avec un objectif complémentaire d’amélioration de leur valeur fourragère.
L’étude Rivages Normands, lancée en 2019 pour la période 2019-2023, vise à bien cartographier les aléas entrainant des inondations.
• Le déclin des prairies pose également un risque important pour la rétention d’eau dans les sols. Si à cela s’ajoute la réduction de l’espace agricole à cause de la remontée des eaux marines, il existe un véritable enjeu à encourager et soutenir l’utilisation optimale (durable) des terres agricoles afin de protéger ce secteur.
• Un autre enjeu est celui de la préservation des corridors écologiques, menacés par la continuation des pratiques agricoles traditionnelles. La stratégie nature et biodiversité, dont un premier diagnostic de base a été publié en juin 2021, prévoit des actions dans ce sens. • Diversification des variétés et allongement de la rotation des cultures. Parmi les actions dans ce sens, se trouvent les diagnostics durabilité proposés par le réseau des CIVAM Normands pour améliorer la résilience des cultures.
• La préservation du confort thermique dans les fermes devient un enjeu de plus en plus important avec l’augmentation de la fréquence des jours chauds et des épisodes de sécheresse : ombrage insuffisant sur les parcours, confort thermique à assurer dans les bâtiments dédiés (avicoles, abris de bétail). Des programmes pour la mise en place de haie multifonctionnels (pour la biodiversité, abris pour les animaux, brise vent...) existent et devront être renforcés pour faire face aux évolutions des phénomènes climatiques. • Le recul du trait des falaises, conséquence de l’érosion, entraîne une réduction progressive des surfaces agricoles, avec un potentiel effet négatif d’utilisation de produits phytosanitaires pour amélioration du rendement, qui doit être anticipé et géré. • Des actions sont menées pour améliorer la connaissance des vulnérabilités et pour accompagner les agriculteurs dans la mise en place de mesures d’adaptation : veille et référence, collecte de données agro-climatiques, et des observatoires sur l’évolution passée du climat (Observatoire ORACLE, animé par la CRA Normandie). La précocité des cultures est l’un de leurs enjeux prioritaires depuis 2 ans.
• Enfin, la Communauté Urbaine s’est tracé l’objectif de construire une stratégie foncière qui reconnait les espaces, naturels, agricoles et forestiers pour leurs rôles économiques, environnementaux et sociaux – cette stratégie devrait permettre de stopper la consommation du foncier agricole et permettre aux acteurs concernés de concentrer leurs investissements sur les pratiques de transition.
3.2.3. Pêche
Présentation
Parmi les 5 ports de pêche commerciale du département, un seul se trouve sur le territoire : le port de pêche du Havre, dont la gestion est partagée entre le Département (délégation CCI Seine Estuaire) et la CU LHSM. La pêche moyenne annuelle est de 3 000 tonnes de produits aquatiques. Avec une activité artisanale importante, les produits de la pêche dans la région sont le homard, le hareng, la coquille Saint-Jacques, la crevette grise, les bigorneaux, les bulots, la sole, le turbot, la barbue, le carrelet, le maquereau, la truite de mer, la seiche, le merlan et l'étrille, parmi d’autres.Nom du client • Nature du document •
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Aléas
Les aléas climatiques impactant l’activité de pêche sont l’augmentation des températures et la variation du régime des précipitations, avec des tempêtes et pluies intenses.
Exposition et vulnérabilité
• L’augmentation des températures pourrait entraîner des changements chimiques (moins d’oxygène, variation du pH, concentration plus élevée de certains composants, …) dans le milieu aquatique, qui seraient défavorables pour les espèces piscicoles. Cependant, l’essentiel de l’activité de pêche étant réalisé sur le littoral, l’exposition à ces risques est réduite.
Figure 31 Espèces piscicoles du bassin de la Seine et leur évolution entre 2014 et 2018. Source : AESN
• La variation du régime des précipitations est un aléa auquel les cours d’eau dans le territoire sont très exposés et vulnérables : le ruissellement, les phénomènes de débordement, d’éboulement sont des sources de pollution diffuse et importante.
Cependant, le dernier rapport du GIEC Normand prévient que l’analyse des impacts ne doit pas se limiter à ces seuls facteurs. La complexité de l’analyse nécessaire est due à la difficulté de prédire l’impact (qu’il soit progressif ou immédiat) de facteurs multiples et non-linéaires. L’une des grandes difficultés dans la compréhension du fonctionnement des écosystèmes côtiers face au réchauffement climatique est le contexte multifactoriel. Le littoral normand présente déjà des évidences d’acidification, d’une réduction des apports via des fleuves et de la production primaire de phytoplancton. D’autres perturbations sont attendues à plus long terme : des changements des courants et des vagues et l’apparition de nouvelles espèces pouvant s’avérer invasives et/ou pathogènes.
Enjeux
• Selon les études réalisées par l’AESN dans le cadre du SDAGE, les espèces piscicoles du bassin de la Seine ne seraient pas très fortement impactées par le changement climatique, du fait de variations de température plus modérées que sur d’autres régions littorales en France. Les activités humaines auront probablement plus d’impact sur la population et la diversité des espèces que la variation des températures.Nom du client • Nature du document •
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Les activités locales de pêche seront nécessairement impactées par les changements plus globaux auxquels la filière française de pêche maritime est confrontée sur l’ensemble du littoral atlantique. Aussi, la redéfinition des zones de pêches dans le cadre du Brexit a un impact plus immédiat sur la filière locale.
Plusieurs actions sont envisagées dans le cadre du futur SDAGE 2022-2027 afin de protéger la faune aquatique dans l’ensemble des cours d’eau :
o Supprimer, ou aménager, les ouvrages qui barrent le lit de la rivière, en premier lieu les ouvrages prioritaires, en concertation avec l’ensemble des acteurs, et limiter la création de plans d’eau.
o Permettre la circulation des poissons migrateurs (saumons, anguilles, aloses…). o Restaurer le lit et les berges des cours d’eau, recréer des méandres, reconnecter des bras morts.
o Conserver suffisamment d’eau dans les rivières pour une vie aquatique diversifiée.
• Le futur SDAGE intègre dans ses objectifs la préservation des zones naturelles de débordement en cas de crue, en connexion avec le cours d’eau. Les actions menées par la CRA Normandie et LHSM sur le volet agricole, avec la protection des haies et des prairies, représentent également une opportunité pour la protection des espèces piscicoles vis-à-vis de la pollution.
3.3. Cadre bâti
3.3.1. Bâtiments / Habitat
Présentation
Le parc de logements, tel que présenté dans le Portrait de la Communauté Urbaine en 2019, était composé à 89.7% de résidences principales, 2.1% de résidences secondaires et 8.2% de logements vacants. Ces deux derniers chiffres sont en augmentation, d’après les publications les plus récentes de l’AURH.
D’un point de vue habitat, la tendance observée est celle d’une décroissance démographique, mais d’une augmentation des logements secondaires sur le territoire. Le taux d’occupation des logements reste à préciser, les effets de la pandémie de Covid-19 ayant pu réduire le taux de décroissance. Le nouveau PLH (2022) prendra en compte ce contexte, ainsi que des questions liées à la rénovation des bâtiments existants. La CU LHSM a une forte culture du risque d’inondation qui a permis de mettre en place des politiques d’urbanisme guidées par les différents plans de prévention de ces risques.
Il existe également des monuments classés historiques dans plusieurs communes, dont certaines sont exposées aux risques industriels et d’inondation : le château d’Orcher, le Prieuré de Graville, la cathédrale de Notre-Dame en sont quelques exemples. Il y a donc un enjeu de préservation d’un patrimoine historique important.
Aléas
Le secteur du bâti est particulièrement vulnérable aux aléas suivants : • Elévation du niveau de la mer
• Variation du régime des précipitations : spécifiquement aux épisodes de fortes pluies entraînant des inondations, des coulées d’eaux boueuses, l’effondrement des falaises. • Augmentation de la température, avec des épisodes de forte chaleur et des canicules plus fréquentes ou plus longues.
• Vents fortsNom du client • Nature du document •
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Exposition et vulnérabilité
• Des zones urbaines avec un taux élevé de sols artificialisés (cf. Fig 33). Ces surfaces représentent 24% de la surface du territoire selon les chiffres de l’AURH, les rendant particulièrement exposées aux inondations par ruissellement.
Dans le cadre des compétences GEMAPI de LHSM, de nombreux ouvrages hydrauliques sont réalisés qui permettent de réduire les dégâts et les gros épisodes d’inondation à cause des crues et du ruissellement. (cf. Fig. 32)
Figure 32 Aménagements hydrauliques réalisés dans le cadre de la compétence protection de ressource en eau de la Communauté Urbaine. Focus sur le littoral nord du teritoire. Source : lehavreseinemetropole.frNom du client • Nature du document •
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• Le taux d’artificialisation des sols va augmenter aussi le risque de formation d’ilots de chaleur dans les zones fortement artificialisées, les rendant très sensibles aux épisodes de canicule.
A ceci, il faut ajouter les caractéristiques du parc immobilier :
o Un patrimoine ancien, avec une part importante des logements construits avant 1945, peu rénovés. Une partie de ces logements présente une faible performance thermique et est plus sensible aux épisodes de chaleur. Un autre cas est celui des maisons à colombages, où l’impact de ces épisodes se traduit par des problèmes d’humidité.
o Prévisions des nouveaux aménagements (notamment à caractère résidentiel, dans les communes plus denses), avec des objectifs quantitatifs pour les nouvelles constructions sur le territoire.
Le parc de bâtiments anciens et/ou peu performants est identifié et ciblé dans les objectifs du nouveau PLH.
• Le territoire est également fortement exposé à la remontée de nappe (cf. Fig 34). Les zones « potentiellement sujettes aux inondations de cave » se retrouvent sur la quasi-totalité des communes. Cependant, l’historique d’arrêtés CatNat vu dans le chapitre §2.4 de ce document montre seulement 3 événements de ce type, dont 2 à Epouville et 1 à Saint- Martin-du-Bec.
• Le risque de concentration de population dans des zones au fort risque d’inondation est limité grâce à la culture de maîtrise du risque, bien ancrée dans la planification. Le PPRL PANES, dont un porter à connaissance a été publié en juillet 2021, permet de mettre à jour la caractérisation du risque de submersion et donc de réduire la vulnérabilité du territoire et des futurs développements face à ce risque. Un nouveau PAPI est en cours de préparation dans le but d’intégrer cette mise à jour des risques.
Figure 33 Occupation du sol - Les surfaces rouges et violettes et roses correspondent à des surfaces artificialiséesNom du client • Nature du document •
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Figure 34 Sensibilité aux remontées de nappe en Normandie. Source : Portail géorisques
Enjeux
• Le nouveau PLH intègre des objectifs chiffrés de rénovation énergétique, mais aussi de démolition du patrimoine existant et peu performant. La politique de rénovation concernera notamment une massification des rénovations en copropriété.
• Adopter une approche de zéro artificialisation nette dans le PLUi : LHSM doit prioriser ce type de projets, la renaturation des espaces (déconstruire et végétaliser), et non seulement la construction d’habitat.
• L’AURH met en avant dans les cahiers PLUi une offre de rénovation encore peu diversifiée dans les zones rurales. Le PLUi sera approuvé en 2025, se substituant aux documents d‘urbanisme existants et permettant de garder une approche homogène d’urbanisme dans les zones urbaines et rurales, qui articule les actions existantes et futures par rapport aux risques de submersion et d’inondation. Le PLUi sera également articulé avec le PLH pour renforcer les actions de réduction de l’artificialisation des sols.
• Un territoire qui deviendra plus attractif grâce à un climat qui s’adoucit (vers une tendance méditerranéenne), entraînant une forte augmentation de l’attractivité résidentielle et de constructions (y compris résidences secondaires). Ces projets de construction devront être conçus avec une priorisation des critères environnementaux et d’adaptation au changement climatique. Le futur PLUi et le PLH qui intègre ces critères « climat », seront clés dans ce sens.
• Le potentiel de recyclage urbain doit être étudié pour intégration dans le PLUi, étant une piste importante pour la réduction de l’artificialisation des nouvelles surfaces et la renaturation des espaces urbains.Nom du client • Nature du document •
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3.3.2. Infrastructures, espaces publics et voiries
Présentation
La gestion des voiries et des espaces verts est assurée par deux directions : la Direction Voirie et Mobilité et la Direction Espaces Verts de la Communauté Urbaine. Les espaces verts dans ce périmètre sont principalement quelques parcs interurbains dans la frontière nord de la commune du Havre.
Aléas
La variation du régime de précipitations est le principal aléa climatique impactant ces espaces et les infrastructures existantes.
Exposition et vulnérabilité
• Les épisodes de fortes pluies, la remontée des nappes et l’écoulement des boues lors des tempêtes sont des risques importants sur le territoire.
• Le risque de submersion marine est limité aux infrastructures longeant le littoral (pas sur les plateaux), les 12 communes sur la plaine alluviale de la Seine et notamment à la ZIP. La vulnérabilité du territoire à ces risques est accrue à cause du pourcentage d’urbanisation et de sols artificialisés (cf. Fig. 33 et Fig. 35), favorisant le ruissellement et des inondations importantes, tant dans les zones urbaines comme dans les zones rurales.
Figure 35 Tendance d'urbanisation des zones potentiellement humides. Source : AESN, 2019
Enjeux
• Le SDAGE 2022-2027 intègrera des actions pour favoriser l’infiltration de l’eau de pluie, aussi immédiate que possible. Cela réduira considérablement le risque de ruissellement, de pollutions diffuses des cours d’eau et de débordement du réseau des eaux urbaines et des stations de traitement d’eau.Nom du client • Nature du document •
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• Le PLUi qui intégrera des objectifs quantitatifs de désimperméabilisation et de renaturation des sols (objectif Zéro Artificialisation Nette). L’intégration de ces objectifs dans l’ensemble des projets d’aménagement et construction est clé.
Le SRADDET Normandie trace un objectif de 50% de réduction de la consommation d’espace entre 2030 et 2050 par rapport à l’artificialisation dans la période 2005-2015. La loi Climat et Résilience porte l’objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN), qui va être précisé par des arrêtés.
• Un PPRL est en phase de consultation avant l’enquête publique prévue en mars 2022. Avec une vision élargie et approfondie des aléas, le PPRL permettra de continuer avec la mise en place d’une stratégie d’adaptation, à prendre en compte dans tout nouveau développement d’infrastructure urbaine.
• Le nouveau plan stratégique 2020-2025 d’HAROPA présente une politique de développement « dans le port » afin de réduire tout besoin de nouvelle artificialisation des sols. Cependant, pour les projets de transport multimodal, ce critère doit être surveillé pour réduire leurs impacts environnementaux négatifs.
3.4. Milieux naturels
3.4.1. Cours d’eau, littoral, zones humides…
Présentation
Le territoire havrais est riche en diversité d’espaces naturels, sites paysagers. Ses cours d’eau s’étendent sur 35km linéaires, la Lézarde étant la rivière principale avec 3 affluents. La Seine, elle, s’étend sur 160 km du territoire. L’estuaire de la Seine s’ouvre sur 6km de large au niveau du Havre. Il présente un gradient de salinité qui a pour conséquence la production exceptionnelle de nourriture pour les phytoplanctons et zooplanctons, à la base de la chaîne alimentaire des espèces maritimes. Le littoral compte 30 km de falaises, qui sont source d’une grande attractivité touristique mais aussi des endroits riches en biodiversité.
Ensuite, il existe plusieurs sites protégés dans le territoire. L’ensemble des surfaces protégées et des zones d’inventaire et des surfaces protégées pour des raisons écologiques représente 26% du territoire :
• 4 sites Natura 2000, occupant 3872 ha,
• La réserve naturelle de l’Estuaire de la Seine, occupant 2368 ha, • 4 espaces naturels sensibles, sur 289 ha,
• Le parc naturel des Boucles de la Seine, dont 2 communes font partie, • 36 ZNIEFF type I et 7 ZNIEFF type II, sur 8880 ha
Il y a également des zones humides, et particulièrement des prairies humides réparties sur tout le territoire et qui ont une fonction hydrologique importante : la rétention d’eau dans les sols et l’épuration de l’eau qui s’y infiltre. Le territoire compte aussi plus de 2000 mares (d’eau douce et, sur la plaine alluviale, d’eau salée), qui ont aussi une fonction d’épuration des eaux et qui aident à limiter les phénomènes d’inondation sur les axes de ruissellement. Des zones de boisement humides sont présentes sur la plaine alluviale de l’estuaire de la Seine et dans les vallées.Nom du client • Nature du document •
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Figure 36 Les espaces de richesse écologique reconnus
Aléas
• Elévation du niveau de la mer
• Variation du régime des précipitations
• Augmentation de la température moyenne annuelle
• Vents forts
Exposition et vulnérabilité
• Tous les milieux naturels mentionnés sont fortement exposés aux impacts du changement climatique. La submersion marine, les inondations, la variation des régimes de pluie entraînent des changements dans le fonctionnement de ces écosystèmes dont les impacts sont difficiles à estimer. La Figure 37 met en évidence l’augmentation de la température d’eau de la Seine, qui dépasse tout au long de l’année les températures de référence (fin du XIXe siècle).Nom du client • Nature du document •
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Figure 37 Augmentation de la température de la Seine entre 1870 - 2017. Source : AESN
Enjeux
• L’artificialisation des sols impacte les milieux naturels en favorisant la destruction ou la pollution de ces espaces et la biodiversité associée. Des obligations d’évitement, de réduction et de compensation des impacts liés à l’artificialisation ont été intégrés dans la réglementation, dans le PLH et sont prévues dans les futurs documents d’urbanisme, avec l’objectif de viser la zéro artificialisation nette.
• Le Pacte de Transition écologique et industrielle prévoit également la création d’un observatoire du foncier dédié aux espaces naturels, agricoles et forestiers pour mieux préserver ces espaces, et atteindre le Zéro Artificialisation Nette.
• La CRA Normandie propose des aides à la mise en place de systèmes agro-forestiers, avec des appels à projets récurrents.
Normandie Forêver est une association portée par le Centre Régional de la Propriété Forestière (CRPF), l’ADEME Normandie, Biomasse Normandie et un nombre d’entreprises locales. Ces projets sont une opportunité de maintenir des réservoirs de biodiversité, mais aussi des infrastructures clés pour l’infiltration d’eau pluviale. D’autres dispositifs permettant de capter des financements privés pour protéger et restaurer ces espaces naturels existent, à l’image de Carbolocal, porté par la Communauté Urbaine, mais également le mécénaturel, qui permet aux entreprises locales de soutenir des projets de restauration écologique sur le territoire.
• Assurer l’intégration des espaces de continuité écologique dans l’aménagement du territoire.
• Le programme du futur SDAGE prévoit parmi ses principales actions la compensation de la dégradation d’une zone humide par la restauration d’une autre zone dégradée, en vue de retrouver les fonctionnalités perdues .
• Le littoral n’échappe pas aux problématiques d’eutrophisation et à la pollution générée par les nitrates. Le littoral de la côte havraise, comme l’ensemble du littoral normand, est classé comme zone sensible à l’eutrophisation, dans le cadre de la directive 91/271/CEE. La qualité des eaux de baignade est encore excellente ou bonne sur le territoire. Cependant, les données présentées par l’AESN dans le cadre de la rédaction du nouveau SDAGE montrent que la quasi-totalité des cours d’eau en Normandie n’auront pas atteint lesNom du client • Nature du document •
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objectifs environnementaux en 2027 (cf. Fig. 39). Ce constat servira de base à la définition d’une stratégie d’action dans le SDAGE 2022-2027.
Figure 38 Qualité des eaux de baignade sur le littoral normand. Source : AESN, 2019
• Le littoral, la Seine et les différents cours d’eau du territoire reçoivent des apports de macro- déchets à cause de l’envol des déchets abandonnés. Ce phénomène est davantage important lors des épisodes de tempête. L’AESN a estimé en 2015 que le gisement de macro-déchets littoraux et marins représente 7 400 tonnes annuelles pour la région Normande (cf. PRPGD). 15% de ces déchets s’échoueraient sur les côtes et 15% supplémentaires resteraient dans la colonne d’eau sur le littoral, en s’accumulant principalement autour de l’embouchure de la Seine. Le PRPGD prévoit des actions pour la gestion des déchets lors des catastrophes naturelles, mais cela n’est pas décliné au niveau du territoire. Un enjeu pour le littoral est la mise en place d’une stratégie locale de prévention et de gestion.Nom du client • Nature du document •
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Figure 39 Bassins versants des cours d’eau risquant de ne pas atteindre les objectifs environnementaux en 2027 du fait de l’hydromorphologie. Source : AESN, 2021
Une partie des apports est d’origine industrielle. La Figure 40 montre le nombre de rejets significatifs par branche de l’industrie. L’enjeu est d’identifier et quantifier ces flux et de travailler de manière coordonnée avec les industriels pour les réduire.
Figure 40 Nombre de rejets industriels significatifs. Source : AESN, 2019Nom du client • Nature du document •
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• La prévention et gestion des risques de ruissellement passe par la bonne gestion des compétences GEMAPI. La Figure 41 montre la répartition de ces compétences entre les différentes EPCI et syndicats du département. LHSM s’occupe de la gestion des rivières, des milieux aquatiques humides et des ouvrages hydrauliques qui sont au niveau des rivières. La CU gère aujourd’hui 350 ouvrages hydrauliques (certains ne rentrant pas dans le cadre des compétences GEMAPI). Son approche actuelle est de continuer avec des pratiques d’hydraulique douce, en complément des mesures « classiques » (ouvrages) pour lutter contre les risques de ruissellement, de plus en plus importants. LHSM porte aussi depuis 2010 la compétence pluviale rurale.
La compétence GEMAPI submersion marine a été transféré à un syndicat mixte qui gère ce risque de submersion marine sur tout le trait de côte. Un autre syndicat se crée sur la vallée de la Seine et des compétences seront transmises pour la gestion de cette partie du territoire.
Figure 41 Compétence GEMAPI ruissellement. Source : Département Seine-Maritime
• Enfin, la Communauté Urbaine met en place des actions en lien avec le travail de la CRA Normandie et l’AESN (parmi bien d’autres acteurs locaux) sur la transition vers une agriculture biologique, en particulier sur les des bassins de captage d’eau potable. La Figure 42 présente les aires protégées autour des bassins. Le succès de ces initiatives deNom du client • Nature du document •
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transition permettra de réduire significativement l’apport en polluants vers les ressources en eau potable (intrants chimiques du système conventionnel).
•
Figure 42 Protection des bassins de captage d'eau potable. Source : Département Seine-Maritime
3.4.2. Forêt
Présentation
La surface forestière du territoire de la Communauté urbaine correspond à 7% de sa surface. En 2015, cela représentait 3850 ha de forêt, dont 97% sont des forêts privées, selon les données IGN / SRISE (DRAAF). Le taux de boisement est plus élevé dans les communes du nord du territoire, mais la surface boisée se concentre surtout au sud, le long du bassin de la Seine (cf. Fig. 43)
Aléas
Le principal aléa climatique qui impacterait les forêts normandes est celui de l’augmentation de la température, avec une occurrence plus élevée des jours chauds. La variation du régime pluviométrique est l’autre aléa pour lequel les risques doivent être analysés.
Exposition et vulnérabilité
• La hausse des températures rendra les forêts vulnérables à l’action de nouveaux prédateurs (ex. la chenille processionnaire du pin, …).
• La variation de la pluviométrie pourrait réduire progressivement les zones de croissance des espèces importantes pour la sylviculture, si des périodes de sécheresse devaient devenir plus longues. D’un autre côté, une hausse des épisodes de fortes pluies et de ruissellement entraînent des risques d’érosion, défavorable aussi pour la bonne évolution des forêts.Nom du client • Nature du document •
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Figure 43 Taux de boisement par commune de la CU LHSM. Source : DRAAF Normandie, 2021
Enjeux
• Le diagnostic des espaces naturels réalisé en mars 2021 met en évidence le besoin d’approfondir dans la caractérisation des forêts sur le territoire. Il met en avant aussi leur rôle social, en plus de leurs fonctions écologiques liées à la biodiversité, la protection contre les risques, et la captation du CO2. Trois orientations stratégiques ont été mises en évidence dans ce diagnostic qui représente la première étape avant la rédaction de la Stratégie Nature et Biodiversité en 2021 :
o L’amélioration de la connaissance du territoire, en matière de faune de flore, et de caractérisation qualitative des forêts du territoire :
o La préservation et la restauration réservoirs de biodiversité dont les espaces boisés sont les plus représentatifs (acquisition foncière, etc.), notamment la vallée d’Etretat, réservoir le plus riche du territoire.
La définition d’objectifs chiffrés est déjà identifiée comme un sujet de travail par la CU LHSM pour la rédaction de cette stratégie. Des objectifs correspondant à chacun des trois enjeux cités ci-avant permettront de mesurer plus concrètement l’exposition et la vulnérabilité du secteur forestier au changement climatique et mettre en place des actions pour la gestion durable des forêts.
La plupart des forêts étant des forêts privées, la Communauté Urbaine a un rôle d’accompagnement des acteurs propriétaires forestiers. La manière dont la CU LHSM fera évoluer cet accompagnement en fonction du changement climatique sera essentielle pour anticiper ses impacts et réduire la vulnérabilité des forêts : les propriétaires devront principalement être accompagnés dans le choix des essences et dans l’adoption de pratiques de gestion durables. Quelle est la meilleure manière d’intégrer les propriétaires privés dans les prochaines étapes de la rédaction de la stratégie Nature et Biodiversité ?Nom du client • Nature du document •
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4. Les grandes questions posées par les changements
climatiques projetés pour le projet de territoire
Afin de faciliter une vue globale du contexte, les deux figures ci-dessous (Fig 44 et 45) ont pour objet de synthétiser l’essentiel du contenu des chapitres §2 (deux) et §3 (trois).
Le territoire fait donc face à 8 (huit) aléas climatiques principaux, qui seront associés à un ou plusieurs risques naturels, donc les inondations, l’écoulement de boues sont déjà les plus fréquents.
Figure 44 Aléas climatiques et principaux risques
La Communauté Urbaine LHSM met en place depuis longue date des actions pour agir dans la prévention du risque, la réduction de la vulnérabilité du territoire et sa population vis-à-vis du changement climatique. Des actions sont notamment renforcées grâce à des études menées pour caractériser le risque. Les derniers documents et stratégies de planification : le PLH, le futur PLUi, les différents plans de prévention, les stratégies de transition énergétique, agroécologique par exemple s’articulent pour orienter le projet de territoire vers les objectifs de transition énergétique et écologique.
Ci-après quelques exemples de cette démarche, en associant les études et les stratégies d’action aux différents aléas.
Hausse
du cumul
pluviomé-
trique
Hausse
Tmoy de
l’air
Augmenta-
tion de la
Tmax
Baisse du
cumul
pluviométri-
que
Réduction
du nombre
de jours
de gel
Variation
du régime
des pluies
Elévation
du niveau
de la mer
Vents
Episodes de sécheresse
prolongés.
Baisse des rendements
agricoles.
Dégâts matériels
(habitat, infrastructure)
Inondations.
Ecoulement de boues.
Baisse des rendements
agricoles.
Submersion marine
Erosion littorale
Inondations.
Coulées de boues.
Baisse des rendements
agricoles
Erosion des sols
Augmentation des
rendements agricoles.
Canicules.
Risques sanitaires.
Pression sur la ressource eau
(et les rendements agricoles)
Baisse des rendements
agricoles.Nom du client • Nature du document •
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Figure 45 Aléas – Connaissance du risque - Stratégie d'action
4.1. Aménagement du territoire
La réinvention du modèle d’aménagement du territoire est une priorité face aux aléas climatiques auxquels l’agglomération havraise – et son littoral en particulier – est confrontée. La montée du niveau de la mer, les dérèglements du régime des pluies et l’extension des risques d’inondation qu’ils impliquent, mais aussi les risques d’effondrement de falaises, vont contraindre le développement urbain. Directement, par la perte de territoires urbanisés existants soumis aux risques, et indirectement, par l’accentuation de la pression foncière sur les zones de développement. Quel doit être le juste équilibre entre stratégie d’aménagement de protection face au risque et stratégie d’aménagement d’assimilation du risque ? La première sera nécessaire pour préserver des enjeux existants à forte valeur patrimoniale ou stratégique pour le territoire ; la seconde doit être une priorité parce qu’elle est la plus compatible avec une approche de l’usage du territoire respectueuse des nouveaux équilibres naturels (solutions douces).
Dans cet enjeu d’aménagement du territoire, le secteur particulier de la Zone industrialo-portuaire se distingue par la criticité des activités qu’elle héberge et sa densité d’activités potentiellement polluantes. C’est vraisemblablement sur la ZIP et la partie urbaine du territoire que les arbitrages seront les plus complexes à poser, avec un enjeu d’innovation architecturale pour une surélévation de la zone ou de lourds aménagements de protection. L’Axe 1 du PACTE pour la transition industrielle et écologique face aux changements climatiques veut « Conduire les transitions du paysage industriel et portuaire ». La prise en compte des cartes d’enjeux des TRI, PPRT et PPRL sera un levier essentiel dans cette perspective. La compensation foncière, telle qu’envisagée par la Communauté Urbaine, sera un levier pour réussir l’adaptation de l’industrie du territoire – en même temps que sa transition. Cette approche peut être portée à un périmètre plus large pour viser également la réduction de la vulnérabilité du secteur agricole, menacé par la réduction des surfaces des exploitations, et par ce moyen impacter favorablement aussi la préservation de la ressource en eau, par exemple, grâce à des projets de transition agro-écologique.Nom du client • Nature du document •
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4.2. Ressources en eau
La préservation de la ressource en eau est un enjeu global dans la projection du territoire face aux changements climatiques. Elle est un déterminant de la capacité à se développer, à garantir et accroître l’activité touristique, à maintenir une agriculture forte. La Communauté urbaine et ses partenaires doivent organiser une gestion de l’eau sans conflits d’usages, garantir la préservation de l’eau dans la quantité et dans la qualité, avec un enjeu de maîtrise des coûts de traitement. Les modélisations climatiques projettent un recul des cumuls pluviométriques en été, mais aussi au printemps et en automne, vecteur d’un risque d’augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de sécheresse, impactant les activités agricoles.
De la même manière, le phénomène de ruissellement pourra devenir plus fréquent et plus important à travers le territoire, augmentant ainsi le risque de pollution des bassins de captage et de la nappe phréatique. La qualité de l’eau est déjà un indicateur surveillé et à propos duquel les différents acteurs interviewés dédient des actions de prévention. Cependant, les niveaux de pollution de la ressource (conséquence, entre autres, de l’érosion et de la perte de la capacité de filtration des sols) ne peuvent pas être inversés rapidement – les effets de certaines pratiques économiques passées et actuelles continueront à impacter défavorablement la qualité de l’eau pendant une période non déterminée. L’eau étant un service essentiel, les questions pour le projet de territoire sont les suivantes : Comment l’évolution de la disponibilité en eau de qualité impose-t-elle un cadre contraint à l’orientation des développements résidentiels et des activités économiques ? Pour agir encore en amont, comment la prévention de dégradation de la qualité de la ressource en eau peut être davantage intégrée dans les projets de développement ?
L’action pour la préservation de la qualité des ressources en eau est portée par la Communauté urbaine à travers différentes collaborations (Chambre régionale d’agriculture, Agence de l’Eau) pour accompagner des changements de pratiques dans l’activité agricole locale. L’Axe 2 du PACTE pour la transition industrielle et écologique face aux changements climatiques veut « Mettre en circularité les ressources produites sur le territoire et à proximité » avec un travail de promotion, via le levier de l’action foncière notamment, de pratiques agro-écologiques. Cet axe du PACTE affiche aussi l’ambition de renforcer de l’autonomie alimentaire locale : cela représente un levier additionnel pour promouvoir l’agriculture biologique et la diversification des cultures, qui trouveraient des débouchés au sein du territoire.
4.3. Attractivité et activités
L’attractivité du territoire est liée à plusieurs paramètres. L’analyse ci-dessous propose d’évaluer les impacts du climat sur 3 secteurs considérés comme déterminants de l’attractivité du territoire : le logement, les activités de loisir (ici représentées notamment par l’offre touristique) et la santé.
Le changement climatique pourrait avoir comme impact (favorable) de contribuer au renforcement de l’attractivité du territoire pour de nouvelles populations (un climat relativement attractif dans un contexte de réchauffement climatique global). Une attractivité vectrice de pression résidentielle et foncière qui, si elle n’est pas maîtrisée, accentuera, conjuguée avec la pression climatique, les dégradations causées aux milieux naturels.
Le secteur touristique serait aussi impacté favorablement par les évolutions climatiques prévues, ex. plus de jours d’ensoleillement, baisse du cumul pluviométrique pendant la période estivale, augmentation des températures moyennes… A exception de ces facteurs, l’évolution projetée des aléas climatiques aura des impacts défavorables et potentiellement forts sur le tourisme : risques de dégradation de paysages remarquables (ex. effondrement de falaises), de dégradation de laNom du client • Nature du document •
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qualité des eaux de baignade, d’érosion du trait de côte et des plages, etc. Certains de ces risques sont déjà – ou peuvent déjà être – caractérisés afin de mieux les maîtriser et établir, dans la mesure du possible, les mesures d’adaptation du secteur touristique (infrastructures, offres).
Comme l’illustre la figure ci-dessous, les activités touristiques ne sont pas restreintes à la zone du littoral ni aux centres urbains, mais une partie importante des nouvelles propositions pour développer le tourisme vise à mettre davantage en valeur le rétro-littoral ; cette répartition à travers le territoire représente un levier pour atténuer les impacts de la pression touristique.
Figure 46 Carte d'activités touristiques LHSM
L’enjeu de la santé et l’évaluation de l’impact du changement climatique sur la santé, qui exige une approche multifactorielle, intégré une vaste diversité de domaines. Dans les impacts directs, l’augmentation des températures – et du nombre d’épisodes de forte chaleur – est un enjeu bien identifié pour le moyen-long terme. La fragilisation des milieux naturels et l’augmentation tendancielle des températures peuvent avoir des conséquences indirectes sur la santé par le développement de maladies à vecteurs.
Dans ce contexte, quels doivent être les bons indicateurs pour « conscientiser » les limites au développement imposés par les changements climatiques et la pression sur les ressources et les milieux ?Nom du client • Nature du document •
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5. Liste d’acronymes utilisés dans ce document
Acronyme Description Première apparition
AESN Agence de l'eau Seine-Normandie p.7
ANBDD Agence Normande de la Biodiversité et du
Développement Durable
p.43
ASC Adaptation Sub-Committee : comité de conseil créé par le
gouvernement britannique, dédié au sujet d’adaptation
au changement climatique
p.7
AURH Agence d'urbanisme de la région du Havre et de l'estuaire
de la Seine
p.32
BT Basse Tension p.27
CCI Seine
Estuaire
CCI Chambre de commerce et d'industrie Seine Estuaire p.44
CIVAM Centre d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu
rural
p.41
CRA
Normandie
Chambre Régionale d'Agriculture Normandie p.42
CU LHSM Communauté Urbaine Le Havre Seine Métropole p.6
DDTM Direction départementale des Territoires et de la Mer p.25
DRAAF Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et
de la Forêt
p.33
DREAL Direction régionale de l'Environnement, de
l'Aménagement et du Logement
p.7
DRIAS Providing access to Data on French Regionalized climate
scenarios and Impacts on the environment and
Adaptation of Societies
p.7
DUP Déclaration d'utilité publique p.27
GEMAPI Gestion des milieux aquatiques et prévention des
inondations
p.46
GIEC Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du
Climat
p.6
GIEC
Normand
Groupe Normand experts GIEC p.6
HAROPA Etablissement réunissant les ports du Havre, Rouen et
Paris
p.33
HIX hors incidents exceptionnels p.29
HTA Haute Tension p.27
INSEE Institut national de la statistique et des études
économiques
p.33
ORMES Office des Risques Majeurs de l'Estuaire de la Seine p.36
PAPI Programme d’Actions de Prévention des Inondations p.36
PCAET Plan climat-air-énergie territorial p.6Nom du client • Nature du document •
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Acronyme Description Première apparition
PLH Programme local de l'habitat p.29
PLUi Plan local d'urbanisme intercommunal p.48
PPI Plan de Planification d'intervention p.36
PPRI Plan de Prévention des Risques d'Inondation p.25
PPRL Plan de Prévention des Risques Littoraux p.25
PPRL
PANES
Plan de Prévention des Risques Littoraux de la Plaine
Alluviale Nord de l’embouchure de l’estuaire de la Seine
p.25
PPRT Plan de Prévention des Risques Technologiques p.35
PRPGD Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets p.53
PSE Herbe Paiements pour Services Environnementaux Herbe p.41
RCP Representative Concentration Pathway, scénario de
trajectoire du forçage radiatif
p.6
RSE Responsabilité Sociale des Entreprises p.36
SDAGE Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux p.27
SDE76 Syndicat Départemental d’Energie de la Seine-Maritime p.27
SRADDET Schéma régional d'aménagement, de développement
durable et d'égalité des territoires
p.6
TMD Transport de Matières Dangereuses p.33
TRI Territoire à Risque d'Inondation p.25
UVE Unité de Valorisation Energétique de déchets p.30
ZIP Zone Industrialo-Portuaire p.36
ZNIEFF Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et
floristique
p.51
ZSCE Zone soumise à contrainte environnementale p.27Nom du client • Nature du document •
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