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Arrêté - pages 29 a 31 Vie du village
unknown - pages 20 a 23 Vie du village
unknown - pages 16 a 18 Vie du village 2 Web
Document publié le Mercredi 1 janvier 2042 par la commune d'Hesse.
Lien du pdf (unknown - pages 16 a 18 Vie du village 2 Web)
Thèmes du document : Religion et laïcité, Transports, Histoire et mémoire,
Le Népomouk de Hesse
Hesse a son Népomouk ! La statue du
personnage a été placée sur l'ossature de l'ancien pont
de chemin de fer qui enjambe le canal de la Marne-au-
Rhin. Cet ouvrage d'art de style Eiffel a été récemment
remis en service grâce à la création de la piste cyclable
Troisfontaines-Sarrebourg qui traverse à présent le
village. Sur la plaque vissée près de la sculpture, est
écrit ceci : « NEPO-MOUCK - Don de Mme Gertraut
Messerschmidt - Nepomuk est invoqué contre les
dangers de l'eau et les divulgations des secrets. »
L'artiste Gertraut Messerschmidt, de natio-
nalité allemande, demeure à Hesse, dans les apparte-
ments situés au-dessus de la Mairie. Elle a donné une
allure pour le moins originale à son Népomouk, per-
sonnage qui est d'habitude représenté bien différem-
ment dans les pays germaniques et slaves où il est
l'objet d'un véritable culte depuis le 18e siècle. Celui
dont les Lorrains germanisants et les Alsaciens disent
« De Nepomuk steht an jeder Brück ! » n'est autre que
Saint Jean de Népomucène, saint et martyr. Johannes
Nepomuk est parfois aussi nommé « Wasserheiliger »,
« le Saint des eaux », puisqu'il est réputé être le patron
des bateliers, des marins, des flotteurs de bois, des meuniers, en fait de tous les ponts, des lieux et des activités aquatiques. Il est également le protecteur des secrets de la confession. On s'adresse aussi à lui pour se protéger de la médisance. Cependant « Nepomuk » ou Saint Jean de Népomucène, présent sur de nombreux ponts ou fontaines, est toujours représenté sous la forme d'un homme portant l'habit de chanoine, cape et aube courte, la plupart du temps coiffé de la barrette des ecclésiastiques. Ses mains sont le plus souvent parées de la croix du prédicateur et de la palme du martyr. Parfois, une auréole à cinq étoiles brille autour de sa tête.
sur le pont de la Moldau à Prague à Saint Quirin, sur une fontaine
L'imaginaire de la sculptrice du Népomouk de Hesse a bien sûr été abondamment nourri par la dévo- tion que portent les peuples allemands et slaves à Sankt Johannes von Nepomuk, Saint Jean de Népomucène. Aux 15e et 16e siècles, le culte du saint martyr s'est tout d'abord répandu en Bohême et en Moravie, puis, de- venu universel par la canonisation en 1729 de celui que l'on nommait affectueusement « Népomouk », il a ga- gné tout l'Empire germanique et les territoires qui en dépendaient, dont la Lorraine et l'Alsace, alors terres d'Empire situées aux marges de la France. Le « Bitscherland » - le Pays de Bitche - possède en particulier un
HESSE-INFOS N° 42 / Août 2012 page 16patrimoine religieux très riche dédié à Nepomuk : Wiesviller, Achen, Rahling, Rimling, Hoelling, Rohrbach- les-Bitche, Sierstal, Schorbach, Montbronn, Soucht, Meisenthal, autant de lieux où l'on rencontre l'image du saint dans les églises ou les chapelles, sur les colonnes mariales élevées au cœur des bourgs, sur les fontaines et dans les simples oratoires de la campagne. A noter que la population de ces lieux a toujours été très attachée à ce saint protecteur, relevant systématiquement les statues renversées, vandalisées ou détruites par les guerres. Mais, surtout, Saint Jean de Népomucène est inséparable des ponts auxquels il est adossé, dont il commande l'accès et protège le passage. Les villes de Sarralbe et Saint-Avold possèdent également des statues de Népomouk, de même que Saint-Quirin. Dans ce village, ancienne possession de l'abbaye bénédictine de Marmoutier, ce sont, selon toute vraisemblance, les moines alsaciens qui ont introduit la dévotion au chanoine de Prague. En face du bel ensemble prioral, reconstruit par eux au 18e siècle, une élégante statue de Népomu- cène se dresse sur une fontaine qui débitait autrefois généreusement une eau qui passait pour guérir les mala- dies de la peau.
Qui était Jean de Népomucène, ce Népomouk, bienfaisant gardien des eaux, que Madame Messerschmidt, rompant avec la tradition hagiographique, a originalement représenté sous la forme d'un être bicéphale, difforme et un peu angoissant, mais cependant empreint de bonhomie majestueuse et olympienne ? La légende, tissée par le peuple de Prague, nous apprend que Johann naquit vers 1345 dans la petite ville de Pomuk ou Nepomuk, en Bohême occidentale. Ses parents avaient obtenu de la Sainte Vierge, par leurs ardentes prières, la grâce de sa naissance. De fortune modeste, mais très pieux, ils élevèrent leur fils chrétiennement. Après avoir fait des études appropriées, Jean fut ordonné prêtre et, grâce à son travail, ses compétences et ses vertus , il ne tarda pas à être remarqué par son évêque, qui le nomma prédicateur au chapitre de la cathédrale de Prague. Il s'y fit remarquer par ses admirables sermons contre les mœurs dissolues de la cour, l'ivrognerie, la débauche et autres vices du siècle. Le roi Wenceslas, monarque irascible et brutal, captivé par la science et l'éloquence du prédicateur, allait fréquemment l'écouter. Il lui proposa diverses dignités que Jean refusa, par humilité, acceptant seulement la fonction de directeur de conscience de la reine Sophie, personne de mœurs irréprochables et de grande piété. Mais, avec le temps, le roi s'enfonçait de plus en plus dans le vice, et la souveraine, désespérée, avait souvent recours au « saint tribunal ». Wenceslas en prit ombrage et voulut savoir de quels péchés la reine s'accusait. Comme Jean refusait de trahir le secret de la confession, Wenceslas lui fit appliquer la question sur le chevalet de torture, sans plus de succès. Le monarque le fit alors relâcher et le prêtre reprit ses prédications. Il annonça sa mort prochaine et prédit aussi les malheurs qui allaient fondre sur la Bohême. Puis il fit un pèlerinage au sanctuaire marial de Boleslavia, où était vénérée une icône de la Mère de Dieu, donnée par Cyrille et Méthode, les « apôtres du peuple slave ». C'est à son retour que se joua le dernier acte du drame. Jean revint à Prague. C'était le soir. Le roi qui, dit la légende, n'avait rien à faire et regardait par la fenêtre, aperçut Johann de Nepomuk et aussitôt, fut repris par son mauvais dessein. Il le menaça de mort s'il ne lui révélait pas la confession de la reine. Jean resta muet. Alors, de nuit, il fut emmené sur le pont Charles et fut jeté dans la Moldau, pieds et poings liés, un coin en bois enfoncé dans la bouche. Le corps ne sombra pas dans les profondeurs du fleuve, mais flotta doucement au gré des flots, entouré d'une étrange lumière, qui à l'aube, guida le peuple vers la berge, à l'endroit où il s'était échoué. On le trouva au petit matin, la tête nimbée d'une couronne de cinq étoiles, que des esprits savants rapprochèrent aussitôt des cinq lettres de l'expression latine TACUI, qui veut dire « Je me suis tu » ! On érigea son tombeau dans le déambulatoire de la cathédrale de Prague, dont la construction n'était pas encore achevée. Dès les premières décennies du siècle suivant, un culte lié à des miracles lui fut consacré et la légende du « Saint des eaux », protecteur du secret de la confession, prit son envol. Une statue de Jean de Népomucène, toujours en place de nos jours, fut érigée en 1683 sur le pont Charles de Prague, à l'endroit où le chanoine aurait été assassiné en 1393. Sur le socle, à gauche, le bas-relief montre la reine se confessant ; celui de droite représente le saint jeté depuis le pont. Le « Jan Nepomucky » est une des curiosités touristiques de la ville de Prague : la croyance populaire raconte que toucher du doigt les plaques en bronze au pied de la statue porte bonheur. A voir le lustre éclatant des plaques, nombreuses sont les mains qui s'y sont posées !
En quelques années, Johannes von Nepomuk devint un intercesseur quasi universel. On l'invoquait contre le déshonneur, la maladie des troupeaux, la peste et les fièvres, le manque ou l'excès de pluie. On demandait son secours sur les champs de bataille et dans les situations désespérées. Il protégeait tous les domaines liés à l'eau : les ponts, les bateaux, les moulins et les fontaines. La cause du Bienheureux prospéra rapidement et la canonisation fut proclamée en 1729. Le chanoine de Prague, devenu martyr du secret de la confession, connut alors une gloire sans pareille. A travers tout l'Empire, on éleva des églises et des chapelles sous son vocable, des autels et des statues en son honneur.
HESSE-INFOS N° 42 / Août 2012 page 17Grâce à la sculptrice Gertraut Messerschmidt, le village de
Hesse a maintenant son Népomouk, protecteur de ceux qui passent sur l'ancien pont de chemin de fer de style Eiffel, mais aussi de tous ceux qui naviguent sur le canal de la Marne au Rhin. Merci Madame l'artiste ! Certes, le saint chanoine a été transformé en génie à deux têtes par la magie du ciseau de la sculptrice, mais qui s'en plaindra ? Le seul à avoir le culot d'émettre une critique pourrait être le Henri Crochet ! Qui ça ? Comment, vous ne connaissez pas le Henri Crochet ? C'est un géant maléfique qui vit, paraît-il, dans la vase au fond du canal, guettant les téméraires qui oseraient s'approcher trop près de l'eau pour les attirer à lui avec son harpon …
Adressons donc une mise en garde à ce monstre aquatique :
Henri Crochet, prépare-toi à mourir de faim ou alors contente-toi de la chair des poissons ! Désormais, le Népomouk veille …
MAIS … il lui manque déjà deux bouts d'orteil ! Est-ce le
début d'un culte que l'on pourrait qualifier de tactile ? Ou serait-ce un premier acte de vandalisme ? A moins que ce ne soit un effritement naturel de la pierre …
Lundi de Pentecôte : pèlerinage à la chapelle Notre-Dame du Perpétuel Secours
Article paru dans le Républicain Lorrain
« Plusieurs conseils de fabrique du secteur, sous la responsabilité de Pierre-Paul Schmitt de Hartzviller ont participé à l'organisation de ce pèlerinage annuel fixé au lundi de Pentecôte, à la chapelle Notre-Dame du Perpétuel Secours. Cette chapelle est la propriété de la famille Danober. Elle est située dans un endroit de rêve, en bordure de la forêt, près de la ferme Jungforst, entre Schneckenbusch et Hesse.
L'accueil des pèlerins a été assuré par les membres des conseils de fabrique avec café-gâteau. La messe a été célébrée par l'abbé Francis Klaser assisté de J-Marie Schendler, de J-Claude Reibel et de plusieurs grands servants d'autel. Par une météo fort agréable, de nombreux fidèles de la vallée de la Bièvre et d'ailleurs ont fait le déplacement en voiture ou à pied, à travers la forêt. De nombreux membres de diverses chorales entonnaient les chants que toute l'assemblée reprenait en chœur. Le chant d'entrée, « Réjouis-toi Marie », de même que le « Veni Creator », ont été chantés à pleine voix, car connus par la plupart des assistants.A la fin de l'office, le célébrant fit appel au souffle de Dieu avec le chant « Esprit de Pentecôte » repris en chœur avec ferveur. Aucune fausse note n'a été signalée, ni en chant, ni en organisation de ce pèlerinage. »
HESSE-INFOS N° 42 / Août 2012 page 18