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unknown - Communauté de communes - Puisaye-Forterre - ANNEXE 184 2025 Approbation du Plan Climat Air Energie Territorial PCAET
Document publié le Mercredi 1 janvier 2025
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Puisaye-Forterre - ANNEXE 184 2025 Approbation du Plan Climat Air Energie Territorial PCAET)
Thèmes du document : Environnement, Énergies, Changement climatique,
1
PLAN
CLIMAT-AIR-ÉNERGIE
TERRITORIAL
DIAGNOSTIC
2019
Mise à jour 2025
© Daniel Salem2
Sommaire
Synthèse pour les décideurs ................................................................................................. 3
1 Introduction .................................................................................................................... 6
2 Rappel de la loi ............................................................................................................ 18
3 Méthodologie ............................................................................................................... 20
4 Périmètre de l’étude ..................................................................................................... 21
5 Emissions de la collectivité .......................................................................................... 31
6 Consommations d’énergie et émissions de gaz à effet de serre du territoire ................ 35
7 Polluants atmosphériques ............................................................................................ 70
8 Utilisation des sols et séquestration du carbone........................................................... 80
10 Consommation énergétique finale du territoire, approche par vecteur ...................... 90
11 Réseaux de distribution d’énergie............................................................................. 92
13 État de la production des énergies renouvelables (EnR) .......................................... 96
14 Impact sur l’emploi local ......................................................................................... 110
15 Bilan matière .......................................................................................................... 112
16 Vulnérabilité énergétique du territoire ..................................................................... 115
17 Analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique ......... 124
19 En Conclusion ........................................................................................................ 151
20 Annexes ................................................................................................................. 153
21 Glossaire ................................................................................................................ 1703
Synthèse pour les décideurs
Le Plan Climat-Air-Énergie Territorial
(PCAET) comprend un état des lieux
des consommations d’énergies, des
émissions de gaz à effet de serre et des
polluants atmosphériques, afin de
dessiner une stratégie territoriale pour
les années à venir.
Cette analyse permet de regarder notre
territoire sous un jour nouveau, en
prenant en compte les grands flux
physiques dont dépendent toutes les
activités du territoire. Ces estimations
sont faites en ordre de grandeurs,
visant ainsi à comparer les secteurs
entre eux afin d’identifier les gisements
prioritaires sur lesquels agir.
Le PCAET est un document
réglementaire mais il serait réducteur
de ne voir dans cet exercice qu’une
simple réponse à une obligation. Face
aux enjeux énergétiques, climatiques,
sur la ressource en eau, la biodiversité,
la qualité des sols, le PCAET nous offre
surtout une occasion de prendre du
recul pour définir une stratégie à moyen
et long terme pour le territoire,
accompagnée d’indicateurs de suivi
afin d’assurer sa mise en œuvre.
Le PCAET a notamment pour objectifs de
répondre aux questions suivantes :
Où se situent les consommations d’énergies ?
D’où viennent les consommations de matières ?
Quels sont les flux physiques dont dépend notre
territoire ?
Quel est l’impact de nos activités sur le climat ?
Où agir en priorité, pour réduire cet impact
(mitigation) et nous préparer aux changements en
cours (adaptation) ?
Quelles actions mettre en œuvre, dans quel
ordre, avec quels objectifs et quels indicateurs
quantitatifs et qualitatifs ?
© Daniel Salem2
Climat
La priorité
→ Adapter les pratiques
agricoles
L’estimation des émissions de gaz à effet de
serre du territoire fait ressortir l’impact
prépondérant du secteur agricole qui totalise
presque les deux tiers des émissions,
notamment dues aux émissions de méthane des
ruminants et aux émissions de protoxyde d’azote
liées aux engrais. A eux seuls, l’agriculture et les
transports représentent 90% des émissions du
territoire.
FIGURES : EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE
SERRE DU TERRITOIRE DE PUISAYE-FORTERRE
EN % ET PAR SECTEURS, EN TONNES DE CO2
EQUIVALENTS, 2022, SOURCE OPTEER & ALDO
La forêt, les sols et les prairies jouent un rôle
majeur dans le cycle du carbone, dont ils stockent
des quantités très importantes mais également
dans le cycle de l'eau. La gestion des massifs
forestiers, des terres agricoles et des milieux
naturels associés constitue ainsi un levier
déterminant au regard des émissions de gaz à
effet de serre mais aussi de la capacité du
territoire à s'adapter aux changements annoncés.3
Energie
La priorité
→ isoler les logements et agir
sur la mobilité
La consommation d’énergie finale totale sur notre territoire
en 2022 est de 980 GWh et le diagnostic identifie parmi les
secteurs prioritaires le résidentiel, les transports et
l'agriculture. Les gisements d’économies d’énergies sont
considérables dans ces secteurs et la mise en place
d’actions de réduction des consommations - en particulier
sur le résidentiel - pourrait permettre la création de 1 500
emplois locaux à très court terme (soit l’équivalent du
nombre de chômeurs sur le territoire).
FIGURE : CONSOMMATION D’ENERGIE FINALE PAR
SECTEUR D’ACTIVITE EN PUISAYE-FORTERRE, 2022,
SOURCE OPTEER
FIGURE : FACTURE
ENERGETIQUE ANNUELLE
DU TERRITOIRE, 2016,
SOURCE OPTEER4
Renouvelables
La priorité
→ Favoriser les EnR thermiques
(bois, solaire thermique,
méthanisation…) et électriques,
pour devenir exportateur net.
En 2024, 230 GWh (150 GWh électrique et 80 GWh
thermique) d’énergie renouvelable ont été produits (bois
des ménages inclus). La production d’énergies
renouvelables représente 25 % des consommations
totales en énergie finale du territoire.
FIGURE : ÉVOLUTION DES PRODUCTIONS D’ENERGIES
RENOUVELABLES EN PUISAYE-FORTERRE, 2009-2024,
SOURCE OPTEER5
Polluants atmosphériques
La priorité
→ Agir sur les pratiques
agricoles
et la mobilité
En 2022, le territoire a émis 3 615 tonnes de polluants
atmosphériques. Les principaux polluants émis sont
l’ammoniac (NH3), les oxydes d’ozone (NOx), et les
composés organiques volatils (COVNM). Les émissions de
NH3 proviennent majoritairement du secteur agricole, les
COVNM sont principalement issus du secteur résidentiel et
les NOx rejetés sont répartis entre les secteurs du transport
et agricole.
FIGURE : ÉMISSIONS DE POLLUANTS ATMOSPHERIQUES
EN PUISAYE-FORTERRE, 2022, SOURCE OPTEER
PM10 = particules fines inférieures à 10 micromètres (μm)
PM 2.5 = particules fines inférieures à 2.5 micromètres (μm)
NOx = Oxydes d'azote
SO2 = Dioxyde de soufre
COVNM = Composé Organique Volatil Non Méthanique
NH3 = Ammoniac6
1 Introduction
1.1 Objectifs du PCAET
L’élaboration d’une stratégie climat-air-énergie a pour objectifs de :
● mieux connaître notre territoire, en regardant ses flux physiques ;
● anticiper et limiter les risques d’expositions à des prix élevés du carbone et à de
futures exigences réglementaires ;
● anticiper les impacts du changement climatique qui sont déjà visibles aujourd’hui et
dont le coût augmente d’année en année (inondations, grêle, gel et vagues de
chaleur…) ;
● se fixer des objectifs à long terme, mesurer et piloter un plan d’actions ;
● promouvoir notre engagement, être reconnu comme un acteur engagé en
communicant sur des objectifs ambitieux et alignés avec une trajectoire 2°C ;
L’élaboration d’un PCAET est également une source d’opportunités :7
1.2 Les projets portés par la Communauté de Communes de
Puisaye-Forterre
La CCPF mène depuis de nombreuses années des projets liés à la transition énergétique
notamment au travers de :
- L’élaboration d’un Plan Climat Energie Territorial (PCET) en 2011,
- Son engagement depuis 2013 à tendre vers un Territoire à Energie Positive (TEPOS),
- Sa labellisation Territoire à Énergie Positive pour la Croissance Verte (TEPCV) en 2015,
En 2009, le Pays a répondu à un appel à projet ADEME et Région Bourgogne pour
l’élaboration d’un plan climat énergie territorial (PCET) volontaire et a recruté une chargée de
mission spécifiquement dédiée. Validé en 2012, le PCET a permis l’élaboration d’un
diagnostic partagé qui identifiait déjà les principaux secteurs émetteurs : Mobilité, Habitat,
secteur Agricole.
En 2013, les communautés de communes Coeur de Puisaye, Portes de Puisaye-Forterre,
Charny Orée de Puisaye, Forterre Val d’Yonne et le Pays de Puisaye-Forterre ont répondu
collectivement à un appel à manifestation lancé par la Région et l'ADEME visant à devenir un
territoire à énergie positive (TEPOS). Dans le cadre d’un conventionnement établi avec
l’ADEME, le territoire a bénéficié de 2016 à 2018 d'un financement pour la réalisation d'un
programme d'animations, de sensibilisation et de communication dédié aux changements de
comportements.
En 2017, les communautés de communes précédemment citées et le Pays ont fusionné, en
incluant également le Syndicat mixte de déchets pour former une seule et unique entité : la
Communauté de Communes de Puisaye-Forterre (CCPF). Cette fusion a permis d'unifier les
efforts, les ressources et les compétences des différentes collectivités pour la mise en œuvre
de politiques cohérentes et concertées en matière de développement durable.
En 2018, la communauté de communes de Puisaye-Forterre a engagé l'élaboration d'un plan
climat air énergie territorial (PCAET), et choisit de le réaliser en interne par les services. Le
diagnostic rédigé en 2019 a bénéficié de la dynamique d’animations et de sensibilisation du
programme TEPOS. L’outil Destination TEPOS développé par Solagro et l’Institut négaWatt
par exemple a fait l’objet de plusieurs ateliers à destination des élus, des partenaires et du
grand public, servant de support participatif pour exprimer les scénarios envisageables de
réductions des consommations énergétiques et de mix énergétique renouvelable.
En 2019, la communauté de communes de Puisaye-Forterre a obtenu le label CAP Cit’ergie
pour la mise en œuvre de sa politique générale en matière d’énergie et de climat, jugée
prometteuse par la Commission nationale du label Cit’ergie.
Fin 2019, afin de poursuivre et de renforcer la démarche TEPOS, notre intercommunalité a
signé un Contrat d'Objectifs Territoire Énergie Climat (COTEC) pour une durée de 3 ans, dans
le but de mettre en oeuvre certaines des actions du programme d'actions Climat Air Énergie
(PCAET / Cit'ergie).
En 2020, la région Bourgogne-Franche-Comté a adopté son schéma régional
d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET).8
En 2021, pour réaliser le projet de territoire de la communauté de communes de Puisaye
Forterre, les élus des 57 communes membres se sont réunis à diverses reprises pour discuter
des enjeux, des ambitions et des actions à porter dans les années à venir dans le but partagé
d’améliorer la qualité et le cadre de vie des habitants.
En 2022, la communauté de communes de Puisaye-Forterre a finalisé l’élaboration de son
projet de territoire et signait avec l’État un contrat de relance et de transition écologique
(CRTE). Le projet de territoire constitue un cadre pluriannuel et concerté précisant une feuille
de route opérationnelle pluriannuelle et dans laquelle on retrouve un grand nombre des
actions liée à la transition écologique.
La CCPF a lancé courant 2024 une démarche de révision de son Schéma de cohérence
territoriale (SCOT).
En conséquence, des actions ont déjà été réalisées pour répondre à ces différents
programmes :
● Actions sur la rénovation des bâtiments publics : mise en place d’un poste de
Conseiller en Energie Partagé de 2016 à 2019; 179 pré-diagnostics énergétiques
réalisés, une trentaine de bâtiments rénovés ou en cours de rénovation.
● Construction de deux Bâtiments à Énergie Positive (BEPOS) à Charny Orée de
Puisaye et Saint-Privé.
● Programme d’accompagnement à la rénovation de l'habitat privé à destination des
habitants du territoire au travers de la mise en place d’une Plateforme Territoriale de
Rénovation Énergétique (PTRE) comprenant un Programme d'Intérêt Général (PIG)
qui aide les ménages les plus modestes à financer ces travaux.
● Programme d’animations de sensibilisation et de communication pluriannuel à
destination de l’ensemble des acteurs du territoire (habitants, professionnels,
collectivité…), intégrant des animations ponctuelles (stands lors des foires, ciné
débats, randonnées thématiques…) et des programmes sur le long terme (Mon école
Teposienne, Ecolo Crèche…)
● Développement des énergies renouvelables sur le territoire : parcs éoliens,
développement de la filière bois énergie locale. Création d’un poste d’animation pour
le développement des énergies renouvelables et notamment les réseaux de chaleur
au bois, ainsi que le soutien à l’émergence de la SCIC La Charbonnette.
L’élaboration du PCAET de notre collectivité va permettre de conforter et compléter la mise
en place d’actions pour les 6 années à venir.9
1.3 Comprendre les enjeux climatiques 1
Nous avons à faire face aujourd’hui à des risques climatiques majeurs dont l’intensité dépend
de la trajectoire que nous prendrons. Aujourd’hui, nous sommes installés sur une
trajectoire + 4°C 2.
● Au plus fort de la dernière ère glaciaire, il y a 20.000 ans, la température moyenne
planétaire n’était inférieure “que” de 5°C par rapport à l’époque actuelle. La
déglaciation a pourtant conduit, en Europe, au remplacement d’un paysage de toundra
Nord-sibérienne par celui que nous connaissons aujourd’hui, et cette transition s’est
étalée sur 10.000 ans, avec une population mondiale inférieure à 10 millions d’êtres
humains 3.
● Aujourd’hui nous suivons une hausse similaire, mais celle-ci se déroulera en
seulement 100 ans et avec plus de 8 milliards d’habitants. Cela se traduira très
certainement par un bouleversement de l’environnement d’une brutalité sans
précédent pour notre espèce et la biosphère.
● Pour la seule année 2017, 18 millions de personnes ont été déplacées sous le coup
de phénomènes climatiques extrêmes 4 et d’ici 30 ans, entre 200 millions et un milliard
de personnes devront migrer pour des raisons climatiques, selon les estimations de
l’ONU 5.
● Les engagements pris dans l’accord de Paris, même s’ils étaient tenus, nous
emmèneraient sur une hausse de température d’au moins 3°C 6.
● Toujours en hausse, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un
niveau record, en franchissant la barre des 55 milliards de tonnes d’équivalent CO2
en 2023, alors qu’il faudrait qu’elles plafonnent dès maintenant pour ensuite diminuer
rapidement.
● Notre budget carbone résiduel pour rester sous les 2°C est de l’ordre de 1100 GTCO2 7 pour les émissions de CO2 et nous en émettons environ 40 par an ce qui, à la vitesse
actuelle, nous fait l’épuiser dans les 25 années à venir 8.
● Ce budget carbone ne représente que 20% à 25% des réserves connues de
combustibles fossiles (sans parler de celles restant à découvrir). Autrement dit pour
conserver un monde “vivable”, 80% des réserves fossiles connues doivent rester sous
terre. Si tel était le cas, la valeur boursière des industries fossiles - actuellement basée
sur leurs réserves - serait donc divisée par 5. Cette perte de valeur serait en quelque
sorte équivalente à l'éclatement d'une immense bulle “carbone” 9.
1 Source : cette synthèse des enjeux climatiques reprend les conclusions émises par Alain
Grandjean, https://alaingrandjean.fr/2018/06/13/route-vers-4-degres/, publié le 13 juin 2018 2 Cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, Changements climatiques 2014, Résumé à l’intention des
décideurs
3 Quatrième Rapport d’évaluation, du GIEC, Changements climatiques 2007, Ch6 Paléoclimat
4 Global Report on Internal Displacement 2018, IDMC
5 Climate change and forced migration: Observations, projections and implications, UNDP, 2007
6 Rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions,
PNUE, 2015
7 Milliards de tonnes de carbone
8 Voir à ce sujet Figueres et al., Three years to safeguard our climate, Nature, 2017
9 Carbone non exploitable 2013 : capital gaspillé et actifs dévalorisés. Carbon Tracker. 2015.10
● Les pays en développement ont encore un long chemin de croissance de leur niveau
de vie pour rattraper le nôtre, dans des conditions où le découplage de cette
croissance et des émissions de GES est peu réaliste.
● Les USA, deuxième pays le plus émetteur, sont sortis de l’accord de Paris.
● Les niveaux des mécanismes de taxe carbone ou assimilés dans le monde sont,
quand ils existent, ce qui est encore trop rare, globalement très insuffisants par rapport
aux recommandations assez consensuelles concernant leur niveau minimum.
● Les actifs existants dans les énergies fossiles (centrales thermiques, infrastructures
de transport, cimenteries, etc.) induisent d’ores et déjà, si on les laisse produire jusqu’à
leur fin de vie économique, des émissions suffisantes pour élever la température de
2°C. En clair, sans fermeture anticipée des infrastructures existantes, toute nouvelle
construction après 2017 nous mettrait sur une trajectoire de réchauffement supérieure
à 2°C. La réussite de la transition énergétique passe donc nécessairement par des
fermetures d’actifs rentables dans les prochaines années. L’impact économique et
financier de ces dépréciations d’actifs serait évidemment considérable et pèserait
lourdement sur les marchés boursiers, donc sur l’économie mondiale dans son
ensemble 10.
● Si nous ne réalisons pas cette transition, ce qui est probable compte-tenu du modèle
économique actuel, nous nous apprêtons à vivre dans un monde à +4°C, puis à +5°-
8°C au XXII° siècle.
● En termes purement économiques, l’adaptation au réchauffement implique de réaliser
de très gros investissements improductifs. Les conséquences économiques sont
globalement négatives.
● Nous ne pouvons pas laisser aux seuls acteurs privés (entreprises ou ménages), la
responsabilité du bien commun.
FIGURE : HAUSSE PREVISIBLE DES TEMPERATURES EN FONCTION DES TRAJECTOIRES
D’EMISSIONS
10 World Energy Outlook 2011 (p229-234), AIE et Alain Grandjean, précédemment cité11
+4°C, +5°C… et alors ?
Une hausse de 4 ou 5 degrés de la température moyenne mondiale qui est de 15°C
actuellement 11, ne parle pas à grand monde. Une différence de quelques degrés de
température moyenne n’est pourtant pas un changement mineur, loin s’en faut : avec 5°C en
moins, au dernier maximum glaciaire, le niveau de la mer avait baissé de 100 mètres environ
(on passait à pied sec de France en Angleterre) et l’Europe du Nord était recouverte d’un
énorme glacier.
Pour illustrer ce qu’implique cette modification sur une période si courte, nous pouvons lister
les impacts pour le territoire de Puisaye-Forterre, d’un réchauffement déjà en cours (au moins
+1°C depuis les années 80, en Bourgogne) et à venir 12 :
- Hausse des températures par sauts et paliers successifs, le réchauffement n’est pas
progressif.
- Un réchauffement en Bourgogne plus rapide qu’en moyenne planétaire (+1 °C versus
+0,5 °C). Il est hautement probable que cette différence se prolonge sur le siècle à
venir.
- Un réchauffement plus marqué sur les températures diurnes et plus marqué lors de la
saison végétative (printemps et été).
- Vagues de chaleur, canicules, sécheresses, plus fréquentes et de plus grande
intensité,
- Diminution du nombre de jours de gel ; les très fortes gelées (T<-10°C) deviennent
très rares,
- Augmentation des pluies automnales (octobre-novembre), légère baisse des
précipitations printanières et estivales,
- Hausse de l’évapotranspiration et baisse des niveaux de nappes et des débits des
cours d’eau,
- Phénomènes phénologiques (germination, floraison, fructification...) plus précoces,
- Remontée générale des aires géographiques des espèces vers le nord et en altitude 13
- Modification des dynamiques des pathogènes : accélération des cycles de
développement voire augmentation du nombre de générations, désynchronisations
entre les ravageurs et leurs prédateurs et remontée des aires de répartition des
maladies.
Ces conséquences déjà visibles ont des effets parfois bénéfiques comme la diminution des
besoins de chauffage des maisons en hiver, ou la baisse des gelées, mais également négatifs
comme les vagues de chaleur ou les impacts sur les cultures. Les impacts négatifs
surpassent largement les bénéfices attendus.
Les dégâts aux biens et aux infrastructures et les effets sur la santé humaine entraînent des
coûts considérables pour la société, bien supérieurs aux montants à mettre en œuvre pour
décarboner l’économie.
11 Température moyenne à la surface de la Terre et effet de serre, Marie-Antoinette Mélières, CNRS.
12 Évolution des températures observées en Bourgogne (1961-2011), Richard, Castel et al., Nature,
2014
13 une augmentation de 1°C de la température décalerait les enveloppes géographiques d’environ
160km vers le Nord12
Les assureurs l’ont bien compris 14, car depuis les années 80, le nombre de sinistres causés
par les intempéries a triplé et le montant des sinistres corrigé de l’inflation est en moyenne
passé d’environ 10 milliards de dollars par an, à 50 milliards ces dernières années.
FIGURE : ÉVOLUTION DU COUT DES CATASTROPHES CLIMATIQUES, THE LANCET
COUNTDOWN 201715
Les secteurs qui dépendent fortement des températures et des précipitations, tels que
l'agriculture, la sylviculture, la viticulture, l'énergie et le tourisme, sont et seront
particulièrement touchés.
Le Rapport Stern 16 a été le premier à évaluer l’impact économique des effets du changement
climatique. Sa conclusion : le coût de l’inaction est bien supérieur au coût de la
prévention (le coût de l’inaction est estimé, selon les scénarios, à 5 % à 20 % du PIB mondial,
contre 1 % pour celui de l’action).
14 voir le discours prononcé par Mark Carney, Gouverneur de la Banque d'Angleterre à la Lloyd’s de
Londres en septembre 2015
15http://www.thelancet.com/pb/assets/raw/Lancet/Hubs/climate-
change/Lancet_Countdown_2017_Executive_Summary_French.pdf 16 Nicholas Stern, ancien chef économiste et vice-président de la Banque mondiale, directeur du
Budget et des Finances publiques au Trésor britannique lors de la rédaction de son rapport en 2006. Lire la Note du Trésor, 2008 à ce sujet.13
1.4 Comprendre les enjeux énergétiques
FIGURE : ÉVOLUTION DE LA CONSOMMATION D’ENERGIE PRIMAIRE 17 EN FRANCE DEPUIS
1970
Toute activité humaine consomme de l’énergie (transport, construction, transformation...). Le
travail humain, qui ne dépasse pas 100 kWh par an, est devenu anecdotique par rapport au
travail fourni par les machines que nous utilisons (les machines représentent 600 fois le travail
humain en France). Même la croissance “immatérielle”, grâce à l’échange d’informations
(employés de bureaux, administration publique, prestations intellectuelles, finance…), repose
en réalité sur une importante consommation d’énergie et de matières (ordinateurs, data-
centers, réseaux, etc.).
L’énergie n’est pas produite mais transformée : solaire, éolienne, fossile sont de l’énergie
issue de la fusion d’hydrogène dans le soleil, la géothermie provient de la fission de l’uranium,
du thorium et du potassium dans le manteau terrestre, le nucléaire de la fission d’uranium
dans un réacteur, l’énergie marémotrice et hydraulique proviennent de l’attraction
gravitationnelle.
L’humanité détourne donc une petite fraction de cette énergie pour son propre compte. Mais
actuellement, plus de 80% de l’énergie consommée provient de ressources fossiles, non-
renouvelables à l’échelle des temps humains et disponibles en quantités finies.
Avec un stock de départ fini, l'approvisionnement pétrolier passe forcément par un maximum
puis diminue, et cette conclusion s'applique aussi au charbon et au gaz.
17 Source : SOeS - « Bilan énergétique de la France 2014 » - juillet 201514
FIGURE : DECOUVERTES ET PRODUCTION DE PETROLE BRUT DANS LE MONDE
Au niveau mondial :
● Le maximum des découvertes de pétrole a été passé dans les années 60. Nous
découvrons actuellement 1 baril pour 4 consommés. Le maximum de la production
mondiale (le pic) de pétrole conventionnel a été passé en 2006-2007 18.
● En 2024, l'Agence internationale de l'énergie a estimé que la demande mondiale de
pétrole pourrait atteindre un maximum d’ici 2030.
● Le desserrement de la contrainte pesant sur le seul pétrole en se reportant sur le gaz
et le charbon ne permet donc pas de gagner quelques siècles de croissance de la
consommation, mais plutôt quelques décennies, au prix d’un accroissement de la dette
climatique qui risque d’être très difficilement gérable pour ceux qui auront à la
supporter (80% des réserves connues devant rester dans le sol, pour une trajectoire
à +2°C à horizon 2100).
En Europe :
● La production de la Mer du Nord est en déclin rapide désormais, après un maximum
historique en 2000. En conséquence, la quantité totale de pétrole dont l’Europe
dispose perd actuellement 2% par an en moyenne (-18% de 2006 à 2014).
En France :
● La France importe 99% de son pétrole et de son gaz, pour une facture énergétique
annuelle de 57,8 milliards d’euros en 2024, après un passage record à 117 milliards
d’euros en 2022, soit le même ordre de grandeur que le déficit commercial annuel…
Le pétrole représente les trois-quarts de cette facture. 19
18 World Energy Outlook 2010, Agence internationale de l'énergie
19 Chiffres clés de l'énergie - Édition 2025, SDES15
FIGURE : FACTURE ENERGETIQUE EN FRANCE PAR TYPE D’ENERGIE DE 1970 A 2024,
EN MILLIARDS D’EUROS 2024 20
Et la “croissance” décroît...
L’énergie disponible et notamment le pétrole ayant atteint un maximum, il y aura très
vraisemblablement de moins en moins de croissance économique en France (et en Europe)
comme le montre le graphique ci-dessous. Les grands chantiers à mettre en oeuvre pour
engager une transition énergétique (rénovation thermique du parc résidentiel ancien, mobilité,
pratiques agricoles…) devront donc être menés à budget constant voir en baisse. Tout plan
économique qui nécessite, pour se réaliser, le retour à une “croissance durable”, se soldera
donc par une crise majeure, “non anticipée” par ceux qui regardent juste l’économie passée.
FIGURE : ÉVOLUTION ANNUELLE EN VOLUME DU PIB FRANÇAIS (LA “CROISSANCE”) PAR
HABITANT 1960-2020 ET MOYENNE PAR DECENNIE 21, EN %.
20 Chiffres clés de l'énergie - Édition 2025, SDES
21 Source ELUCID sur données INSEE16
1.5 L’Anthropocène : la grande accélération
Les tendances décrites aux paragraphes précédents pour l’énergie et le climat se retrouvent
dans de nombreux indicateurs physiques et socio-économiques du système planétaire. Les
limites physiques ont été atteintes pour certains de ces indicateurs et sont en train d’impacter
fortement les activités humaines 22. Nous vivons un moment tout à fait nouveau dans l’Histoire
humaine, caractérisé par un monde d’exponentielles, à tel point que les géologues présents
lors du 35ème congrès géologique international en 2016 ont proposé l'intégration d’une
nouvelle époque géologique, l'Anthropocène, au sein de l'échelle des temps géologiques.
Cette proposition est motivée par le fait que les prélèvements et les rejets humains l'emportent
désormais sur les facteurs naturels, en particulier au niveau du climat planétaire et des grands
équilibres de la biosphère. Ainsi, l'homme déplace aujourd'hui plus de sédiments au travers
de ses activités (mines, carrières, constructions, etc.) que la totalité des rivières du globe, et
les paléontologues du futur découvriront beaucoup plus de déchets (notamment des
plastiques) que de restes humains fossilisés.
22 The trajectory of the Anthropocene: The Great Acceleration. Will Steffen, Wendy Broadgate, Lisa
Deutsch, Owen Gaffney, and Cornelia Ludwig. The Anthropocene Review. 201517
Pour en savoir plus
Le plein s'il vous plaît. Grandjean & Jancovici, 2006
Cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, 2015, Résumé à l’intention des décideurs Comment tout peut s’effondrer. Servigne & Stevens. 2015
L’Imposture économique, Steve Keen, 2014
La croissance, une affaire d'énergie, Gaël Giraud, 201518
2 Rappel de la loi
2.1 Loi de transition énergétique
La Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance
verte précise les obligations pour les établissements publics de coopération intercommunale
à fiscalité propre existant au 1er janvier 2017 et regroupant plus de 20 000 habitants devant
élaborer un plan climat-air-énergie territorial au plus tard le 31 décembre 2018.
Code de l'environnement - Article R229-51
I. – Le diagnostic comprend :
1° Une estimation des émissions territoriales de gaz à effet de serre et de polluants
atmosphériques, ainsi qu'une analyse de leurs possibilités de réduction ;
2° Une estimation de la séquestration nette de dioxyde de carbone et de ses possibilités de
développement, identifiant au moins les sols agricoles et la forêt, en tenant compte des
changements d'affectation des terres ; les potentiels de production et d'utilisation
additionnelles de biomasse à usages autres qu'alimentaires sont également estimés, afin que
puissent être valorisés les bénéfices potentiels en termes d'émissions de gaz à effet de serre,
ceci en tenant compte des effets de séquestration et de substitution à des produits dont le
cycle de vie est davantage émetteur de tels gaz ;
3° Une analyse de la consommation énergétique finale du territoire et du potentiel de réduction
de celle-ci ;
4° La présentation des réseaux de distribution et de transport d'électricité, de gaz et de
chaleur, des enjeux de la distribution d'énergie sur les territoires qu'ils desservent et une
analyse des options de développement de ces réseaux ;
5° Un état de la production des énergies renouvelables sur le territoire, détaillant les filières
de production d'électricité (éolien terrestre, solaire photovoltaïque, solaire thermodynamique,
hydraulique, biomasse solide, biogaz, géothermie), de chaleur (biomasse solide, pompes à
chaleur, géothermie, solaire thermique, biogaz), de biométhane et de biocarburants, une
estimation du potentiel de développement de celles-ci ainsi que du potentiel disponible
d'énergie de récupération et de stockage énergétique ;
6° Une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique.
Pour chaque élément du diagnostic, le plan climat-air-énergie territorial mentionne les sources
de données utilisées.19
2.2 Les objectifs fixés par la loi de Transition Énergétique
Pour donner un cadre à l’action conjointe des citoyens, des entreprises, des territoires et de
l’État, la loi fixe des objectifs à moyen et long termes :
● Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et diviser
par quatre les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 (facteur 4). La
trajectoire est précisée dans les budgets carbone ;
● Réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à la
référence 2012 en visant un objectif intermédiaire de 20 % en 2030 ;
● Réduire la consommation énergétique primaire d’énergies fossiles de 30 % en 2030
par rapport à la référence 2012 ;
● Porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute
d’énergie en 2020 et à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030 ;
● Porter la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 ;
● Atteindre un niveau de performance énergétique conforme aux normes « bâtiment
basse consommation » pour l’ensemble du parc de logements à 2050 ;
● Lutter contre la précarité énergétique ;
● Affirmer un droit à l’accès de tous à l’énergie sans coût excessif au regard des
ressources des ménages ;
● Réduire de 50 % la quantité de déchets mis en décharge à l’horizon 2025 ;
La loi de transition énergétique pour la croissance verte a pour objectif la création d’emplois
pérennes et non délocalisables :
● Elle table sur la création de 100 000 emplois à court terme (dont 75 000 dans le secteur
de la rénovation énergétique et près de 30 000 dans le secteur des énergies
renouvelables) et de plus de 200 000 emplois à l’horizon 2030 ;
● Le PIB devrait profiter des efforts réalisés à hauteur de 0,8% en 2020 et 1,5% en 2030.20
3 Méthodologie
La méthodologie appliquée est celle définie par le Pôle national de coordination des
inventaires territoriaux, issu du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de
l’Energie, en 2018, qui est également appliquée par la plateforme OPTEER 23.
Lorsque des hypothèses et des données particulières sont prises en compte, celles-ci sont
détaillées dans le présent document.
Pour en savoir plus
Guide méthodologique pour la réalisation des bilans d’émissions de gaz à effet de serre des
collectivités, Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer, 2016
Guide méthodologique pour l’élaboration des inventaires territoriaux des émissions
atmosphériques, DGEC, 2012
23 OPTEER est la plateforme de connaissance et de prospective territoriales Climat Air Énergie de
Bourgogne-Franche-Comté : www.opteer.org21
4 Périmètre de l’étude
4.1 Périmètres organisationnels
La collectivité peut agir à trois niveaux :
1. sur son périmètre interne : ce qui relève directement de sa responsabilité (patrimoine,
achats publics, activités en régie, délégation de service public, mobilité des agents...)
2. sur son domaine de compétences via ses décisions en matière d’investissements,
déplacements, urbanisme, gestion des déchets...
3. sur son territoire : en incitant les habitants et acteurs à agir, par des actions de
sensibilisation et des mesures facilitatrices.
Deux périmètres organisationnels sont pris en compte :
1. Les activités de la communauté de communes de Puisaye Forterre : les émissions
liées aux bâtiments possédés ou occupés par la collectivité, les déplacements des
agents, les achats, etc.
2. Le territoire de Puisaye-Forterre : l’ensemble des émissions des activités présentes
sur le territoire géographique des 57 communes, incluant le parc résidentiel et tertiaire,
les déplacements des habitants, le transport de marchandises, l’agriculture, l’industrie,
etc.
Communauté de communes de Puisaye-Forterre
La Communauté de communes de Puisaye-Forterre (CCPF) a été créée le 1er janvier 2017,
elle est issue de la fusion des structures suivantes :
● 3 Communautés de communes (CC) :
○ CC Cœur de Puisaye, qui comptait 24 communes (dont Toucy, Saint-Fargeau,
Bléneau, Pourrain…)
○ CC Forterre-Val d’Yonne, qui comptait 19 communes (dont Courson-les-
Carrières, Ouanne, Druyes-les-Belles-Fontaines…)
○ CC Portes de Puisaye-Forterre, à cheval sur l’Yonne et la Nièvre, qui comptait
18 communes (dont Saint-Sauveur-en-Puisaye, Saint-Amand-en-Puisaye,
Saints-en-Puisaye…)
● 2 structures dont le périmètre était à peu près le même que celui de la CCPF actuelle:
○ PETR Pays de Puisaye Forterre Val d’Yonne
○ Syndicat mixte de déchets de Puisaye, qui est devenu un pôle à part entière
de la CCPF
● La commune nouvelle Charny-Orée-de-Puisaye, ainsi que les communes de
Coulangeron, Migé, Charentenay et Val de Mercy, ont adhéré à la CCPF à la suite de
sa création.
M. Jean-Philippe Saulnier-Arrighi est président de la CCPF. Il est également maire de Moulins-
sur-Ouanne et conseiller régional.22
En 2023, la communauté de communes de Puisaye-Forterre compte 111 agents répartis sur
une trentaine de sites (dont 11 crèches, 6 centres de loisirs, 11 déchetteries).
Les communes et la Communauté de communes possèdent ou occupent environ 600
bâtiments (mairies, salles des fêtes, écoles, gymnases…)
Données clés du territoire
Données Clés Année Valeurs Source
Communes 2024 57 INSEE
Surface 2024 1 754 km2 INSEE / CLC
Population 2022 33 562 INSEE
Densité de population 2022 19 pers / km2 INSEE
Ménages 2022 16 505 INSEE
Personnes par ménage 2022 1,99 INSEE
Actifs ayant un emploi 2022 12 130 INSEE
Tx de chômage des 15 à 64 ans 2022 11,2 % INSEE
Nombre d'emplois dans la zone 2022 8 750 INSEE
Entreprises 2023 1 178 INSEE
Entreprises - Agriculture,
sylviculture et pêche
2023 195 INSEE
Entreprises - construction 2023 143 INSEE
Entreprises - industrie 2023 81 INSEE
Entreprises - Commerce,
transports, services divers
2023 567 INSEE
Entreprises - Administration
publique, enseignement, santé,
action sociale
2023 192 INSEE
Créations d'entreprises 2024 375 INSEE
Surface agricole utile 2018 98 802 ha ATMO / Agreste - RGA
Exploitations agricoles 2020 789 Agreste - RGA
SAU moyenne 2020 127 ha Agreste - RGA23
Compétences de la Communauté de communes de Puisaye-Forterre
COMPETENCES OBLIGATOIRES
Aménagement de l'espace
➔ Aménagement de l'espace pour la conduite d'actions d'intérêt communautaire
➔ Schéma de cohérence territoriale et schéma de secteur
➔ Plan local d'urbanisme, document d'urbanisme en tenant lieu et carte communale
➔ Zones d'aménagement concerté d'intérêt communautaire
Développement économique
➔ Actions de développement économique dans les conditions prévues à l'article L.4251
17 du code des collectivités territoriales
➔ Création, aménagement, entretien et gestion de zones d'activité industrielle,
commerciale, tertiaire, artisanale, touristique, portuaire ou aéroportuaire
➔ Politique locale du commerce et soutien aux activités commerciales d'intérêt
communautaire
➔ Promotion du tourisme, dont la création des offices de tourisme
Aménagement, entretien et gestion des aires d'accueil des gens du voyage
Collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés
Gestion des milieux aquatiques et prévention contre les inondations (GEMAPI)
COMPETENCES OPTIONNELLES
Environnement
➔ Protection et mise en valeur de l'environnement, le cas échéant dans le cadre de
schémas départementaux et soutien aux actions de maîtrise de la demande énergie
Logement et cadre de vie
➔ Politique du logement et du cadre de vie
Politique de la ville
➔ Elaboration du diagnostic du territoire et définition des orientations du contrat de ville
; animation et coordination des dispositifs contractuels de développement urbain, de
développement local et d'insertion économique et sociale ainsi que des dispositifs
locaux de prévention de la délinquance ; programmes d'actions définis dans le contrat
de ville
Voirie
➔ Création, aménagement et entretien de la voirie
Culture jeunesse et sport
➔ Construction, entretien et fonctionnement d'équipements culturels et sportifs d'intérêt
communautaire et d'équipement de l'enseignement préélémentaire et élémentaire
d'intérêt communautaire
Action sociale service à la population
➔ Action sociale d'intérêt communautaire24
COMPETENCES FACULTATIVES
Tourisme
➔ Délivrer des participations techniques et financières à des actions de mise en valeur
des richesses touristiques
➔ Actions de mise en valeur du patrimoine naturel ayant un rayonnement intercommunal
➔ Création, balisage et promotions de chemins de randonnées pédestres s'inscrivant
dans un schéma général de promotion touristique
➔ Réaliser ou accompagner des infrastructures hôtelières et d'hébergement et assurer
leur gestion
La contractualisation
➔ Développer l'ingénierie stratégique et opérationnelle nécessaire à l'élaboration et à la
mise en œuvre de contractualisations européennes, nationales, infrarégionales et infra
départementales des politiques de développement, d'aménagement et de solidarité du
territoire intercommunal
Communication
➔ Aménagement numérique et téléphonie mobile
Sport
➔ Actions sur la politique sportive à l'échelle communautaire, et soutien des actions
portées par les personnes publiques ou le tissu associatif ayant un rayonnement à
l'échelle supra communale
Culture
➔ Actions sur la politique culturelle à l'échelle communautaire
➔ Soutien des actions portées par les personnes publiques ou le tissu associatif ayant
un rayonnement à l'échelle supra communale
Fourrière animale25
Territoire
La Communauté de Communes de Puisaye-Forterre s’étend sur un territoire de 1 754 km²
entre les latitudes 47.89 au nord et 47.47 au sud et entre les longitudes 3.61 à l’est et 2.88 à
l’ouest, situé entre les vallées de l’Yonne et de la Loire, et à cheval sur les départements de
l’Yonne et de la Nièvre.
Au 1er janvier 2018, la CCPF comptait 58 communes.
Au 1er janvier 2019, suite à la fusion de deux communes Treigny-Perreuse et Sainte-
Colombe-sur-Loing, pour former la commune de Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe, la CCPF
compte désormais 57 communes.26
Commune Code
Postal
Population
municipale
2015,
Insee
Superficie
en km²
Altitude
Moyenne
en m
Nom du Maire en 2025
Andryes 89480 406 30 208 M. Jean-Marc LEGER
Arquian 58310 590 34 210 Mme Cécile BECKER
Beauvoir 89240 386 7 177 Mme Sophie CHANTEMILLE
Bitry 58310 311 17 255 M. Jean-Claude FOURNIER
Bléneau 89220 1 352 39 184 M. Alain DROUHIN
Bouhy 58310 448 36 273 M. Jean-Louis CHAMPAGNAT
Champcevrais 89220 321 33 187 M. Jean-Pierre SANCHIS
Champignelles 89350 1 042 53 191 M. Eric PAURON
Charentenay 89580 305 15 242 M. Gilles HOUBLIN
Charny-Orée-de-Puisaye 89120 5 056 230 167 Mme Elodie MENARD
Coulangeron 89580 210 9 285 M. Philippe VIGOUROUX
Courson-les-Carrières 89560 913 34 249 Mme THIEULENT Maryline
Dampierre-sous-Bouhy 58310 462 27 257 Mme Chantal REVERDY
Diges 89240 1 148 36 230 M. Jean-Luc VANDAELE
Dracy 89130 220 22 222 M. PROT Michel
Druyes-les-Belles-Fontaines 89560 286 39 227 M. Jean-Michel RIGAULT
Égleny 89240 453 8 175 Mme Micheline COUET
Étais-la-Sauvin 89480 640 45 244 M. Claude MACCHIA
Fontaines 89130 475 25 266 M. Yves FOUQUET
Fontenay-sous-Fouronnes 89660 75 12 213 M. André VANHOUCKE
Fontenoy 89520 298 16 251 M. Benoît PERRIER
Fouronnes 89560 166 18 240 M. Luc JACQUET
Lain 89560 179 10 265 M. Brice JOURDAN
Lainsecq 89520 342 25 283 Mme Nadia CHOUBARD
Lalande 89130 136 10 230 M. Claude FERRON
Lavau 89170 475 55 224 M. Gérard d’ASTORG
Les Hauts de Forterre 89560 536 33 302 Mme Patrice RENAUD
Leugny 89130 344 13 247 M. Gilles ABRY
Levis 89520 238 12 259 M. Etienne RAMEAU
Merry-Sec 89560 172 14 302 Mme Monique WLODARCZYK27
Mézilles 89130 588 52 243 M. Michel CARRÉ
Migé 89580 443 15 264 M. Yannick CORDET
Mouffy 89560 139 5 289 M. Jean DESNOYERS
Moulins-sur-Ouanne 89130
302 10 225 M. Jean-Philippe SAULNIER-
ARRIGHI
Moutiers-en-Puisaye 89520 287 31 250 M. Claude MILLOT
Ouanne 89560 622 38 302 Mme Catherine CORDIER
Parly 89240 798 21 241 Mme Chantal BROUSSEAU
Pourrain 89240 1 421 24 207 M. Roger PRIGNOT
Rogny-les-Sept-Écluses 89220 712 33 169 M. Géard FOUCHER
Ronchères 89170 98 11 226 M. Vincent DUFOUR
Sainpuits 89520 315 23 242 M. Denis POUILLOT
Saint-Amand-en-Puisaye 58310 1 297 42 232 M. Gilles REVERDY
Saint-Fargeau 89170 1 644 67 231 M. Dominique CHARPENTIER
Saint-Martin-des-Champs 89170 300 34 210 Mme Bernadette HERMIER
Saint-Privé 89220 554 41 199 M. Francis LETELLIER
Saint-Sauveur-en-Puisaye 89520 894 31 248 M. Yohann CORDE
Saints-en-Puisaye 89520 582 28 268 M. Jean MASSE
Saint-Vérain 58310 340 25 252 M. Jean-Luc CHEVALIER
Sementron 89560 117 12 282 M. Jacques BALOUP
Sougères-en-Puisaye 89520 324 27 239 Mme Mireille LHOTE
Tannerre-en-Puisaye 89350 285 29 211 Mme Claudine PESANT
Thury 89520 442 23 276 M. Claude CONTE
Toucy 89130 2 732 35 236 M. Michel KOTOVTCHIKHINE
Treigny-Perreuse-Ste-
Colombe 89520
842 53 265
M. Paulo DA SILVA MOREIRA
Val-de-Mercy 89580 393 13 199 M. Jean-Noël LOURY
Villeneuve-les-Genêts 89350 283 25 200 M. Richard JASKOT
Villiers-Saint-Benoît 89130 521 34 216 M. Patrick BUTTNER28
Population
POPULATION, INSEE, CC PUISAYE-FORTERRE
La population retenue pour le PCAET est le dernier chiffre connu de la population publié par
l’Insee, sur le périmètre des 57 communes, pour l’année 2022 soit : 33 562 habitants
Année 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2022
Population 38 642 35 444 34 693 33 773 34 594 35 673 36 204 35 068 33 562
Dynamique de population
Le nombre de personnes par ménage est passé de 2,44 en 2009 à 1,99 en 2022, imputable
en grande partie au vieillissement de la population. A cela s’ajoute le fait que depuis vingt ans,
la vie en couple cède du terrain et de plus en plus de personnes vivent seules. Cette
dynamique impacte les consommations d’énergie des logements, le nombre d’équipements
et la mobilité.
Le territoire connaît une installation de familles avec enfants et de personnes âgées mais un
départ des jeunes de 15-24 ans. Le solde migratoire par tranche d’âge quinquennal permet
de préciser pour quelles populations le territoire est toujours attractif. Sur la période la plus
récente, l’attractivité pour les familles avec enfants et les jeunes retraités s’est maintenue. On
continue cependant de constater un déficit prononcé sur les jeunes âgés de 15 à 24 ans en
lien avec l’offre de formation disponible sur le territoire, moins importante que dans les
départements limitrophes (pôles de formation d’Ile-de-France, de Dijon ou d’Orléans). Le
territoire a cependant un solde migratoire légèrement positif de 0,64% 24, composé à 36% de
nouveaux arrivants originaires de l’Ile-de-France.
24 source : Actualisation du Plan Départemental de l’Habitat de l’Yonne, 201729
FIGURE : SOLDE MIGRATOIRE ANNUEL PAR TRANCHE D’AGE 2008-2013
4.2 Gaz à effet de serre pris en compte
L’ensemble des gaz à effet de serre couverts par les engagements européens et
internationaux de la France sont pris en compte, ce qui inclut les émissions :
● de dioxyde de carbone (CO2) principalement issues de la combustion d’énergies
fossiles (transport, habitat, industrie) et de la production de ciment ;
● de méthane (CH4), issues principalement de l’élevage des ruminants ;
● de protoxyde d’azote (N2O) principalement provoquées par l’usage des engrais ;
● des gaz fluorés dont les émissions sont principalement dues à des fuites à partir des
équipements de climatisation. Ils comprennent notamment les hydrofluorocarbures
dits HFC, les hydrocarbures perfluorés dits PFC, l’hexafluorure de soufre dit SF6 et le
trifluorure d’azote (NF3)
Les gaz à effet de serre n’ont pas tous le même impact sur le climat. A titre d’exemple le
méthane CH4 a un potentiel de réchauffement global (appelé PRG) 28 fois supérieur à celui
du CO2, et l’hexafluorure de soufre SF6 (que l’on trouve dans les appareillages électriques à
haute tension pour sa forte rigidité diélectrique, par exemple) a un potentiel de 23 500 fois
celui du CO2.
1 kg de SF6 relâché dans l’atmosphère équivaut donc à 23,5 tonnes de CO2 émis.
Le PRG retenu est à 100 ans. La liste complète des PRG appliqués est définie en annexe.
Les résultats du potentiel de réchauffement global des gaz à effet de serre rapportés en CO2
sont exprimés en “CO2 équivalent”, noté eqCO2.
Rôle de la vapeur d’eau
La vapeur d’eau, qui est pourtant un puissant gaz à effet de serre, n’est pas prise en compte
dans nos calculs. En effet, l'eau présente dans l'atmosphère (sous forme de vapeur d'eau,
d'eau liquide, ou de glace) est l'élément chimique qui contribue le plus à l'effet de serre mais
cette contribution est un phénomène naturel : même si de nombreuses activités humaines
sont émettrices de vapeur d'eau, et même si l'homme influe de façon sensible sur le cycle de
l'eau sur Terre (par exemple en construisant des barrages), ceci n'a pas d'influence mesurable
sur la quantité d'eau présente dans l'atmosphère, ni donc sur l'effet de serre associé. Par
conséquent, l'eau n'intervenant pas dans l'effet de serre additionnel dû à l'homme, ces30
émissions d'origine humaine n'ont pas à être prises en compte dans le diagnostic des
émissions de GES.
La modification du climat en revanche perturbe le cycle de l’eau et cette dimension doit être
prise en compte dans l’analyse de vulnérabilité du territoire.
Carbone ou CO2 ?
Le carbone a une masse atomique égale à 12 et l’oxygène égale à 16. La molécule de dioxyde
de carbone CO2 a donc une masse atomique égale à 12 + 2 * 16 = 44.
La relation entre carbone et dioxyde de carbone est donc égale à 44/12 = 3,667.
En pratique, si on brûle 1 kg de carbone pur, on émet 3,7 kg de CO2 (très exactement 44/12
kg). Les calculs réalisés dans ce présent document sont exprimés en CO2.
Émissions importées
En France, les émissions moyennes d’un français tournent autour de 12 tonnes de CO2 equ.
par an en prenant en compte les émissions directes et le solde entre émissions importées et
émissions exportées. Les émissions importées correspondent aux émissions de GES dues à
la fabrication d’un produit ou d’un bien à l’extérieur du territoire mais dont l’usage ou la
consommation se font sur le territoire. Ces émissions augmentent le bilan des français de près
d’un tiers et sont donc non négligeables.
FIGURE : SCHEMA PRESENTANT LA REPARTITION DES EMISSIONS DIRECTES ET
INDIRECTES
EN FRANCE EN 2010 25
Pour en savoir plus
Les émissions induites en dehors du territoire, Alterre Bourgogne, 2009
Eco2Climat, Carbone 4, 2010
Réaliser son bilan carbone personnel avec l’outil MicMac, Avenir Climatique
25 SOeS, 201031
5 Emissions de la collectivité
5.1 Bâtiments (CCPF et communes) - 22 GWhEF - 3 800
teqCO2
Le parc des bâtiments publics des collectivités en incluant les bâtiments des communes et
ceux de la communauté de communes est estimé comme suit :
● 600 bâtiments ayant des consommations énergétiques (les églises non-chauffées ne
sont pas prises en compte par exemple)
● surface moyenne : 250m2
soit environ 150 000 m2 de surface totale
● 150 kWhEF/m2.an en moyenne soit 22 GWh en énergie finale26
● 230 kWhEP/m2.an en moyenne soit 34 GWh en énergie primaire
Parmi ces 600 bâtiments, 179 ont fait l’objet d’un pré-diagnostic énergétique par la société
Advanced Energie en 2015-2016 et 384 ont fait l’objet d’un diagnostic accessibilité en 2013.
L’analyse des bâtiments ayant fait l’objet d’un pré-diagnostic énergétique, fournit les 10
bâtiments suivants qui ont les factures énergétiques les plus élevées :
Facture
énergétique
(€ /an)
Consommation
initiale
(kWhEP/an)
Surface (en
m2)
Étiquette énergie
initiale
(kWhEP/m²/an)
Champignelles - Salle multisports 30 777 205 180 800 256
Pourrain - Groupe scolaire 30 620 509 747 2 410 212
Toucy - Ecole Primaire 27 106 479 679 2 100 228
Charny Orée de Puisaye –
Ecole de Grandchamp 22 299 114 676 355 323
Charny Orée de Puisaye -
Gymnase 21 980 270 868 1 300 208
Saint-Sauveur-en-Puisaye –
Mairie + école 21 393 276 613 2 000 138
Charny - Mairie 20 526 255 267 640 399
Charny Orée de Puisaye –
Ecole de Charny 18 373 204 360 1 160 176
Saint-Fargeau - Musée du son 17 291 257 092 1 150 224
Toucy - Salle Polyvalente 14824 235 584 1425 165
26 Une explication des notions d’énergie primaire et énergie finale est donnée en annexe 20.332
FIGURE : REPARTITION DES CONSOMMATIONS DES BATIMENTS PUBLICS PAR SOURCE
D’ENERGIE,
SUR LA BASE DES PRE-DIAGNOSTICS REALISES.
Cette donnée est à prendre avec précaution car elle porte sur un échantillon réduit.
Les émissions de gaz à effet de serre correspondant à ces consommations d’énergies
s’élèvent à 3 400 teqCO2 / an.
Les émissions liées à la consommation d’énergies et de matériaux pour la construction des
bâtiments, amorties sur la durée de vie de ces derniers, sont estimées à 370 teqCO2, soit
environ +10% des émissions d’origine énergétique.
5.2 Mobilité (CCPF et communes) - 3,4 GWhEF - 1250 teqCO2
Au 1er janvier 2018, la communauté de communes de Puisaye-Forterre (CCPF) compte 103
agents permanents et 25 saisonniers. Une moyenne de 4 mois est retenu pour les saisonniers.
Le personnel des communes n’est pas connu. Cependant l’INSEE précise les effectifs
communaux moyens en fonctions du nombre d’habitants par commune :33
En affectant ces moyennes aux 58 communes de Puisaye-Forterre, nous pouvons estimer
aux alentours de 440 personnes, le personnel communal (secrétaires de mairie, agents
techniques, etc…).
La distance domicile-travail moyenne des agents est d’environ 20 km27 soit 40 km aller-retour
par jour soit un total de :
● 1 000 000 km par an pour les déplacements domicile-travail des agents de la
communauté de communes
● 3 800 000 km par an pour les agents des communes
● A cela s’ajoute les déplacements professionnels à hauteur de 100 000 km par an.
La CCPF possède également :
- 2 véhicules électriques Nissan Leaf, basés à St-Fargeau
- 1 Partner Tepee basé à Toucy
- 1 véhicule thermique affecté au Relais Assistants Maternels
- 1 minibus pour les centres de loisirs, basé à Courson
- 1 minibus basé à ANIMARE à St Fargeau
- 2 véhicules thermiques, basés à Ronchères, avec le centre d’enfouissement
Les kilométrages par véhicules sont estimés à 6000 km par an, soit 36 000 km pour les
véhicules thermiques.
Consommations unitaires du parc automobile en France28
● 6,64 litres / 100 km pour les voitures diesel
● 7,84 litres / 100 km pour les voitures essence
Répartition des consommations du parc automobile français29
● 27% essence
● 73% diesel
Contenu énergétique
● essence : 9.6 kWh / Litre
● diesel : 10 kWh / Litre
27 Enquête 2012, CETE de Lyon
28 Base Carbone, Ademe, 2014
29 Les comptes des transports en 2016. Tome 1. 54e rapport de la Commission des comptes des
transports de la Nation. CGDD, 201634
carburant km par an litres MWh teqCO2
Dom-travail Essence 1 300 000 100 000 970 335
Dom-travail Diesel 3 500 000 230 000 2 300 880
déplacem. pro. Essence 27 000 2 100 20 7
déplacem. pro. Diesel 73 000 4 800 48 18
Voiture de services Diesel 36 000 2 400 24 9
TOTAL 1 136 000 343 000 3 360 1 250
Les émissions de gaz à effet de serre correspondant à ces consommations d’énergies
s’élèvent à 1 250 teqCO2 / an, en incluant l’amortissement de la fabrication des véhicules.
5.3 Achats
Les émissions liées aux produits et services achetés par la CCPF et les communes (véhicules,
fournitures de bureau, prestations intellectuelles, ...) ne sont pas estimées faute de données
suffisantes. Cependant ce poste serait probablement non négligeable.35
6 Consommations d’énergie et
émissions de gaz à effet de serre du
territoire
6.1 Total - 980 GWhEF - 313 000 teqCO2 - 100 M€
Émissions de gaz à effet de serre
FIGURE : REPARTITION DES EMISSIONS DE PUISAYE-FORTERRE, PAR SECTEUR, EN %,
OPTEER, 2022
FIGURE : EMISSIONS PAR SECTEUR, EN PUISAYE-FORTERRE, EN TeqCO2, OPTEER, 2022
Les émissions de gaz à effet de serre du territoire sont estimées pour l’année 2016 à
313 000 teqCO2 et la consommation d’énergie finale à 980 GWhEF, pour une facture de 100
m€ / an. La facture énergétique annuelle par habitant est de 2 800 € en moyenne.36
Les 3 principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre sont :
- l’agriculture
- le transport de personnes et de marchandises
- les consommations énergétiques des logements
Secteurs Principales sources d’émissions de GES
Agriculture Intrants chimiques, digestion et déjection des cheptels
consommations d’énergie (engins agricoles et bâtiments)
Transports de marchandise
et de personne
Combustion dans les véhicules thermiques
Résidentiel Chauffage, production d’eau chaude sanitaire et
d’électricité spécifique des résidences principales
Tertiaire Consommations de chauffage des bâtiments et
d’électricité spécifique
Industrie Consommations d’énergie des process et de chauffage
des bâtiments
Traitement des déchets Collecte et traitement des déchets (solides et liquides)
L’importance de l’activité agricole sur le territoire se reflète bien dans la prépondérance de ce
secteur dans les émissions de gaz à effet de serre. L’agriculture est le vecteur principal dans
les émissions de GES mais fait également partie des solutions.
Le graphique ci-dessous présente la répartition des émissions de gaz à effet de serre par
grands secteurs d’activités et par type de gaz :
FIGURE : REPARTITION DES EMISSIONS DE GES DU TERRITOIRE, EN % DE TeqCO237
Consommations d’énergie finale
Les consommations énergétiques sur le territoire de la Communauté de Communes Puisaye
Forterre en 2022 s’élèvent à 980 GWhEF avec une majorité des consommations provenant du
secteur du résidentiel, du transport et de l’agriculture.
FIGURE : CONSOMMATIONS D’ENERGIE FINALE PAR SECTEUR, PUISAYE-FORTERRE,
SOURCE OPTEER, 2022
Les activités du territoire dépendent fortement des consommations d’énergies fossiles,
majoritairement les carburants routiers pour le transport et l’agriculture et le fioul pour le
résidentiel.
Pétrole et gaz fournissent les deux-tiers de l’énergie consommée
L’électricité en fournit 20%
Le graphique ci-dessous présente la part des types d’énergies dans les consommations
d’énergie finale :
FIGURE : REPARTITION DES CONSOMMATIONS D’ENERGIE PAR VECTEUR, EN PUISAYE-
FORTERRE, SOURCE OPTEER, 202238
6.2 L’agriculture - 124 GWhEF - 160 000 teqCO2
L’agriculture est le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre du territoire avec 160
000 tonnes de CO2e émises par an soit 50% des émissions du territoire. Les émissions
liées à la consommation d’énergie sont minoritaires et l’impact sur le climat des pratiques
agricoles provient principalement des émissions de méthane (CH4) et de protoxyde
d’azote (N2O).
A l’échelon national, l’agriculture contribue pour près d’un cinquième des émissions.
FIGURE : EMISSIONS ISSUES DE L’AGRICULTURE, PAR GAZ, EN EQUIVALENT CO2
Méthane - CH4
Une grande partie du méthane provenant des exploitations agricoles est produite par les
ruminants (vaches, moutons...). Leur système digestif comporte un rumen qui permet la
digestion microbienne des fourrages et conduit à la production de méthane, ensuite éructée
par l’animal. Ces émissions de méthane varient selon le type d’animal et son alimentation. Le
méthane provient également du fumier et des lisiers composés d’excréments animaux.
Comme toute matière organique, ces produits sont décomposés par les microorganismes :
● lorsque le fumier est entassé, la décomposition se déroule dans un milieu pauvre en
oxygène produisant ainsi une grande quantité de méthane,
● lorsque le fumier est épandu sur le sol, la décomposition s’effectue au contact de l’air
et la plus grande partie du carbone de la matière organique est décomposée en
dioxyde de carbone (CO2).
Protoxyde d’azote - N2O
Le protoxyde d’azote est un puissant gaz à effet de serre qui subsiste longtemps dans
l’atmosphère : environ 120 ans. Son potentiel de réchauffement est 265 fois celui du CO2 à
l’horizon d’un siècle. Les émissions de N2O proviennent essentiellement de la
transformation des produits azotés (engrais, fumier, lisier, résidus de récolte) sur les terres
agricoles. L’agriculteur fournit au sol un complément d’azote par l’apport d’engrais minéraux
ou de matières organiques, mais une partie s’échappe dans l’atmosphère sous forme de
protoxyde d’azote. Plus les quantités ajoutées sont fortes, plus les pertes sont élevées.39
Contexte et données clés du secteur agricole
1988 2000 2010 2020 Evolution 1988 - 2020
Exploitations agricoles ayant leur siège
en CCPF 1 877 1 224 971 789 -58%
Travail total (ETP) 2 567 1 577 1 283 1 048 -59%
Superficie agricole utilisée en hectare 104 800 101 883 100 889 100 373 -4%
Production brute standard (PBS) en k€ 134 616 122 846
Unité de gros bétail (tous aliments) 53 207 56 974 51 822 50 415 -5%
SOURCE : RICA RECENSEMENTS AGRICOLES DE 1988, 2000, 2010 ET 2020.
La surface agricole utile (SAU) représente 60 % de la superficie totale du territoire. Les
terres labourables représentent 85 % de la SAU.
Le bio représente 4 % des surfaces et 3% appliquent les mesures agroenvironnementales et
climatiques (MAEC).
FIGURE : EVOLUTION DE LA SURFACE AGRICOLE EN PUISAYE-FORTERRE, SOURCE :
RECENSEMENT AGRICOLE 1988, 2000, 2010 - AGRESTE - MINISTERE DE L'AGRICULTURE.40
L’utilisation de la SAU en Puisaye-Forterre est répartie comme suit 30 :
2010 2020
total SAU 101 380 100 373 dont
céréales 49 270 50 536 oléagineux 18 747 12 741
protéagineux et légumes secs pour leur graine 2 145 4 897
plantes à fibres et plantes industrielles diverses 130 42
plantes à parfum, aromatiques, médicinales 4 23
pommes de terre 12 7
légumes frais, plants de légumes, melons ou fraises 25 57
fourrages annuels1 3 317 4 895
prairies2 23 236 23 712
fleurs et plantes ornementales 1 s
vignes 61 86
cultures fruitières 42 110
jachères 4 351 2 882
source : Agreste – recensement agricole 2020
champ : sièges dans le territoire
s : secret statistique
30 DRAAF BFC - SRISE - AGRESTE - Recensements agricoles 2010, 202041
Au niveau national, le nombre d’exploitations d’emplois agricoles a été divisé par 4 entre les
années 1950 et 200031. Sur notre territoire, une tendance similaire s’observe, alors que les
surfaces agricoles utiles restent relativement constantes autour de 100 000 hectares, le
nombre d’exploitations et d’emplois ont été divisé par 2 depuis 20 ans.
En conséquence, entre 1990 et 2010 la surface moyenne par exploitation est passée de
55 à 100 hectares.
31 Agreste, Desriers.42
FIGURE : EVOLUTION DE LA SURFACE AGRICOLE UTILE (ECH. DE DROITE), DU NOMBRE
D’EXPLOITATIONS ET DE L’EMPLOI DE 1988 A 2020 EN PUISAYE-FORTERRE32
Une telle réduction du nombre de travailleurs en quelques décennies n’a été possible que
grâce à la mécanisation et au développement des engrais minéraux. La force de travail
humaine et animale a été progressivement remplacer par des machines, alimentées en
énergie fossile. Un tracteur de 130 chevaux33 remplace 130 “vrais” chevaux pour une fraction
du coût et reste mobilisable 24h sur 24.
En parallèle, les tracteurs sont devenus plus grands, plus puissants et plus lourds, avec une
part de marché des tracteurs de plus de 5 tonnes en constante augmentation.
FIGURE : EVOLUTION DU NOMBRE DE CHEVAUX-VAPEUR DES TRACTEURS AGRICOLES MIS
EN VENTE SUR LE MARCHE FRANÇAIS DE 1956 A 2010, SOURCE SUPAGRO
32 Recensement agricole 1988, 2000, 2010 - Agreste - Ministère de l'Agriculture.
33 Un « cheval-vapeur » - symbole ch - est égal à la puissance développée par un cheval pour
remonter de 1 mètre une masse de 75 kg en une seconde, soit 736 W. A titre de comparaison, Lance Armstrong dans l'ascension du Mont Ventoux fournit 416 W pendant 30 minutes, record battu depuis. Il faut donc 230 "Lance pour 1 tracteur de 130 ch…43
La puissance moyenne des tracteurs a été multipliée par 5 en 50 ans !
Au niveau national, la moyenne s’établit à plus de 2 tracteurs par exploitation, avec un ratio
de 2 kW/ha.
Cependant les rendements agricoles plafonnent depuis une dizaine d’années après une
multiplication par 4 en 50 ans. L’explication pourrait être liée à l’augmentation des aléas
climatiques (grêles, pluies, sécheresses, etc.), à une baisse de la fertilité des sols, lié à un
trop faible apport de matière organique, dû à la pauvreté des apports de fumier, l'absence de
couverts végétaux et l'intensification des travaux du sol.34
FIGURE : RENDEMENTS ANNUELS MOYENS DES PRINCIPALES CEREALES EN FRANCE DE
1862 A 2007, SOURCE AGRESTE35
En 2016, les rendements agricoles se sont effondrés à cause des intempéries de 30% à
40% par rapport à la moyenne 2012-2016 pour le blé tendre, le blé dur, le seigle, le maïs,
l’orge de printemps…
34 Les rendements du blé et du maïs ne progressent plus, Agreste. 2008
35 Agreste, 200844
Consommations d’énergie par usages et par vecteurs
En 2022, les exploitations agricoles du territoire ont consommé 124 GWh d’énergie finale.
Le carburant utilisé en agriculture était essentiellement le fioul domestique jusqu’en 2011.
À partir de novembre 2011, le gazole non routier est devenu le carburant obligatoire pour les
tracteurs et les autres engins mobiles utilisés en agriculture.
FIGURE : REPARTITION DE LA CONSOMMATION PAR TYPE D’ENERGIE EN %, FRANCE,
SOURCE AGRESTE, 201636
Les exploitations agricoles restent très dépendantes
des carburants fossiles.
FIGURE : CONSOMMATIONS D’ENERGIE PAR USAGE, FRANCE, SOURCE AGRESTE, 2011 37
36 http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Gaf18p068.pdf
37 source: enquête sur les consommations et les productions d'énergie dans les exploitations
agricoles en 2011, Agreste45
54% de l’énergie consommée est destiné aux tracteurs et engins automoteurs,
essentiellement sous forme de gazole non routier. Environ le cinquième de l’énergie est utilisé
pour les bâtiments d’élevage et les serres, majoritairement sous les formes d’électricité et de
gaz naturel.
Les consommations d’énergie selon les productions sont très variables :
FIGURE : PART DES DEPENSES DIRECTES EN ENERGIE DANS LE CHIFFRE D’AFFAIRES EN
2016, EN FRANCE, SOURCE AGRESTE 38
Le “bio” consomme-t-il moins d’énergie et émet-il moins de GES que le conventionnel ?
Une méta-analyse 39 parue en 2017 rassemblant les résultats de 164 publications a fait la
synthèse des potentiels de gains entre agriculture biologique et conventionnelle selon 5
critères : les GES, l’occupation des sols, le potentiel d’eutrophisation, l’acidification des sols,
et les consommations d’énergies.
Les auteurs arrivent à la conclusion que les systèmes en agriculture biologiques nécessitent
par unité de nourriture produite plus de surfaces, causent plus d'eutrophisation, consomment
moins d'énergie, mais émettent des émissions de gaz à effet de serre (GES) similaires à celles
des systèmes conventionnels.
38 Rica France - Tableaux standard 2016
39 Comparative analysis of environmental impacts of agricultural production systems, agricultural input
efficiency, and food choice. Clark M, Tilman D, Environ Res Lett. 2017; 12: 06401646
Pistes de réductions
En conclusion, pour baisser les consommations d’énergies et les émissions de gaz à effets
de serre liées à l’agriculture et à l’alimentation, les leviers portent sur :
● manger moins de viande, notamment moins de viande rouge,
● la mise en place de mesures incitatives à la production de protéines végétales
● une réduction du travail du sol
● la formation et l’information sous diverses formes
● la réglementation
● envisager un durcissement de la directive nitrate
● une taxation des consommations d’énergie
● envisager une suppression des réductions fiscales agricoles compensée par des
aides aux pratiques vertueuses
Pour en savoir plus
Mémento de la statistique agricole de Bourgogne Franche-Comté, DRAAF, 2017
Pratiques et systèmes agricoles, Ademe, 2017
Quelle contribution de l’agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de
serre ? INRA, Ademe, 201347
6.3 L’habitat – 274 GWh – 20 000 teqCO2
Le secteur résidentiel comprend les émissions de GES engendrées par l’utilisation d’énergie
pour assurer le fonctionnement de l’ensemble du parc de résidences principales du territoire
(chauffage, production d’eau chaude sanitaire, consommations spécifiques et éventuellement
les fuites de fluides frigorigènes).
Ce secteur génère annuellement des émissions de GES correspondant à 20 000 teqCO2 soit
6 % des émissions du territoire.
Résidentiel / Contexte et Données clés40 :
En 2022 :
● 16 425 résidences principales (65%)
● 5 303 résidences secondaires (21%)
● 3 294 logements vacants (13%), en hausse depuis 2010
● Un parc de résidences principales peu diversifié avec 77% de propriétaires
occupants.
● 92% maisons individuelles, 8% collectifs
● 2 200 constructions neuves depuis 1999, soit environ +10% du parc, mais un rythme
en baisse depuis 2008 (90% de logements individuels)
● 75% du parc de logement est antérieur à la première réglementation thermique de
1975.
● Un taux de logements potentiellement indignes préoccupant dans le parc résidentiel
privé : 3000 logements potentiellement dégradés41
● Une vacance importante (13%) et en progression en valeur absolue
● Une isolation thermique des logements insuffisante : une étiquette énergétique
moyenne par logement comprise entre 243 et 411 KWh/m²/an soit très au-dessus de
la moyenne nationale (210 kWh/m²/an)
● 74% des logements potentiellement énergivores (en classe E, F ou G) en 2022
● Un revenu moyen annuel par ménage inférieur à 18000 € : 6 376 ménages
propriétaires occupants sont éligibles aux aides de l’Anah, soit 48 % des
propriétaires occupants42
● La moitié des locataires du parc privé sont précaires
● 10% des ménages dépensent plus de 10% de leur revenu disponible au
paiement de ses factures d’énergie.43
Le parc résidentiel de Puisaye-Forterre évolue comme suit :
40 INSEE et convention Anah - CCPF Programme d'intérêt général (PIG) sur l’habitat
41 Étude pré-opérationnelle Habitat sur le territoire de la CCPF, Urbanis, 2025
42 FILOCOM 2013
43 Étude pré-opérationnelle Habitat sur le territoire de la CCPF, Urbanis, 202548
FIGURE : EVOLUTION DU PARC RESIDENTIEL DE PUISAYE-FORTERRE, SOURCE INSEE
Le nombre de logements est en constante augmentation alors que la population reste stable.
13% du parc de logement est vacant, avec des disparités entre les centres et les périphéries,
les centres anciens ayant des taux de vacance de 20 à 25 %.
FIGURE : PART DES PROPRIETAIRES EN RESIDENCES PRINCIPALES, EN PUISAYE-
FORTERRE, INSEE, 2013
Les trois quarts des habitants de Puisaye-Forterre sont propriétaires de leur logement.
FIGURE : EVOLUTION DU NOMBRE DE LOGEMENT DANS LE PARC LOCATIF SOCIAL,
PUISAYE-FORTERRE, SOURCE INSEE49
Le taux de rotation au sein du parc locatif social de Puisaye-Forterre s'élève à 15% en 2010
et apparaît élevé en regard des taux de la Bourgogne (12,7%) et de la France (9,7%)44.
Le parc privé potentiellement indigne est conséquent en Puisaye Forterre.
FIGURE : LOGEMENTS DU PARC PRIVE POTENTIELLEMENT INDIGNE (PPPI) EN REGION BFC,
SOURCE : FILOCOM 2013 – SOES D’APRES DGFIP, TRAITEMENT CD ROM PPI 2015 ANAH ©
IGN - DREAL BFC 201645
Consommations d’énergie du résidentiel
Avec 274 GWh consommés par an, le résidentiel est le premier poste de consommation
d’énergie du territoire. Le bois est la première des sources de chauffage dans le résidentiel.
Viennent ensuite le fioul et le gaz en citerne, puis le chauffage électrique. Le gaz de ville
vient en dernier car seules 8 communes sont reliées au réseau.
44 DREAL
45 Le parc privé en Bourgogne-Franche-Comté, DREAL 201650
FIGURE : COMBUSTIBLES PRINCIPAUX UTILISES DANS LES RESIDENCES PRINCIPALES,
SOURCE OPTEER SUR DONNEES INSEE
La réduction des consommations énergétiques dans le résidentiel est un enjeu majeur pour
atteindre les objectifs de sobriété et d’efficacité énergétique du territoire. Cette évolution
s’inscrit dans un contexte de diminution et de vieillissement de la population de Puisaye-
Forterre.
Le SRADDET Bourgogne-Franche-Comté souligne la nécessité d’encourager en priorité la
densification urbaine dans les centralités existantes et la sobriété foncière, en lien avec les
prescriptions du SCoT (en cours de révision en 2025). Longtemps perçu comme un levier de
dynamisme territorial, l’étalement urbain, censé attirer commerces et habitants, perd de sa
pertinence dans un contexte de stagnation voir de déclin démographique et commerciale.
L’attractivité ne repose plus sur l’extension des zones urbanisées, mais sur la revitalisation
des cœurs de ville en y concentrant services, commerces et logements et sur la qualité des
espaces publics, intégrant nature urbaine et mobilités durables.
Compte tenu de la typologie du bâti ancien, il existe également en fort enjeu d’adaptation
des logements à la perte d’autonomie pour favoriser le maintien à domicile des personnes
âgées ou handicapées.51
Consommation de bois par les particuliers : 100 GWh ? 200 GWh ? La quantité d’énergie de chauffage issus du bois bûche réellement consommée sur le territoire par an est mal connue, notamment parce qu’une large part de ces consommations ne font pas l’objet d'échanges marchands. Cette valeur est donc soumise à une très forte incertitude alors qu’elle représente environ 10% à 15% des consommations énergétiques du territoire et environ la moitié de la production énergétique du territoire.
A titre d’exemple, le profil climat de 2014, produit par Alterre Bourgogne estimait le volume de
bois énergie à 300 GWh alors que OPTEER pour la même année 2014 fait état de moins de
100 GWh.
L’enquête réalisée par la Station de Recherche Pluridisciplinaire des Metz (SRPM) en 2014-
2015 auprès d’un échantillon réduit de 33 ménages de l’ancienne communauté de commune
Portes de Puisaye-Forterre donne également une estimation. L’enquête SPRM a établi une
consommation moyenne de 500 m3 (630 stères) pour 33 ménages se chauffant au bois. En
considérant un contenu calorifique de 1680 kWh / stère (valeur de l’arrêté du 15 septembre
2006 relatif au DPE) et un ménage par logement, cela équivaut à 32 000 kWh par logement
se chauffant au bois. 5800 résidences principales utilisent le bois comme chauffage principal46
soit 36% des résidences principales, ce qui donne un total de 186 GWh.
Afin de conserver une cohérence dans les données prises en compte dans ce diagnostic nous
resterons cependant sur la donnée issue d’OPTEER de 100 GWh.
Les émissions issues de la combustion du bois de chauffage ne sont pas prises en compte
dans le bilan des émissions de gaz à effet de serre, car le CO2 d’origine biogénique est
contrebalancé par une captation par le renouvellement du stock forestier.
Quelle économie financière réalisée après une rénovation BBC ? Considérons les hypothèses suivantes :
● Maison des années 80 avec chauffage électrique
● Surface : 110 m²
● Consommation initiale : de 150 à 400 kWh/ m².an
● Consommation après rénovation : 80 kWh/m².an
● un tarif bleu 9 kVA - résidentiel = 14.83 c€/kWh (+ 120 € abo) TTC47
● un coût de la rénovation à 700€ / m2 et un autre à 1200€ / m2 (ratios faibles)
● les aides publiques suivantes :
● CITE couple sans enfant : 4 800 €
● ANAH (revenu modeste) : 10 000 €
On constate sur le tableau suivant que :
● hormis pour les passoires énergétiques, et en réussissant à maintenir une enveloppe
budgétaire basse, une rénovation thermique est difficilement rentable, ce n’est donc
qu’avec des incitations réglementaires et financières très fortes que la
rénovation du parc ancien sera effectuée.
46 source OPTEER / INSEE
47 EDF52
Pour en savoir plus
PDALHPD 2014-2020 Nièvre
PDALHPD 2015-2020 Yonne
Les ménages et la consommation d’énergie, SOeS, 2017
Analyse des coûts de la rénovation énergétique des logements, Enertech, 2016
Plan de rénovation énergétique des bâtiments, Ministère de la transition écologique et
solidaire, 2018
http://www.bourgogne-batiment-durable.fr/
6.4 Le tertiaire - 60 GWh - 6 500 teqCO2
La consommation énergétique du secteur tertiaire, toutes branches confondues, est d’environ
60 GWh, et représente 2 % des émissions totales soit 6 500 tonnes équivalent CO2.
L’électricité fournit 70% des consommations énergétiques.
Les bâtiments du secteur tertiaire recouvrent une très grande diversité de situations : cela va
des locaux de supermarchés, au bureau d’architecte situé dans une maison début 19ème.
FIGURE : REPARTITION DU NOMBRE
D’ENTREPRISES PAR SECTEUR, EN PUISAYE-
FORTERRE, SOURCE INSEE, 201653
Le parc de bâtiments tertiaires (toutes branches confondues) de Puisaye-Forterre est estimé
à 360 000 m² avec les trois branches Santé, Enseignement et Commerces représentant près
des trois quarts des surfaces. A noter que certaines branches, comme l’Enseignement,
n’utilisent pas leurs bâtiments toute l’année.
A l’échelon national, les consommations du tertiaire ont augmenté de manière constante
autour de 2% par an depuis les années 50 jusqu’en 2008 et diminuent légèrement depuis
2018.
FIGURE : CONSOMMATION FINALE D’ENERGIE DU SECTEUR TERTIAIRE PAR BRANCHE, EN
FRANCE, SOURCE CEREN
6.5 Les transports de personnes et la mobilité - 240 GWh -
60 000 teqCO2
Les émissions de GES concernant le déplacement de personnes sont estimées annuellement
à environ 60 000 teqCO2. Ces émissions représentent 19 % du total des émissions du
territoire.
En 2012, le CETE de Lyon a conduit une enquête par téléphone sur les déplacements en
territoire rural, auprès de 1274 ménages du Pays de Puisaye-Forterre et de l'Aillantais. Cette
enquête fournit des renseignements concernant le taux d’équipement des ménages et leurs
habitudes de déplacement.
La Communauté de communes Puisaye-Forterre (CCPF) a initié en septembre 2020 une
démarche volontaire de réalisation d’un Plan de Mobilité Rurale. L’année 2021 a été
consacrée à la réalisation du diagnostic et à la formalisation des enjeux. Dans le même temps,
la CCPF s’est saisie de la compétence d’organisation de la mobilité et est devenue Autorité
Organisatrice de la Mobilité (AOM) depuis le 1er juillet 2021. Elle a alors fait le choix de
s’inscrire dans une démarche d’élaboration d’un Plan de Mobilité Simplifié (PMS), nouvel outil
créé par la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), conçu pour les villes moyennes et les54
territoires ruraux. Ce Plan de Mobilité Simplifié composé de 18 actions concrètes a été validé
à l'été 2023.
Suite à cela, la CCPF a également réalisé un Schéma Directeur des Modes Actifs (SDMA)
Contexte et données clés
● 10 % des ménages n’ont pas de voitures, 15% des personnes sont en situation
d’immobilité principalement pour des raisons économiques ou de vieillissement.
● Le parc de voitures particulières compte environ 25 000 véhicules
● 40% des ménages possède au moins 2 voitures 48.
● La distance moyenne domicile-travail est de 30 km soit 60 km aller-retour49.
● Une mobilité assez importante 3,9 déplacements/pers/jour, soit 129 000
déplacements quotidiens
● Les habitants des communes rurales consacrent 20% de leur budget au transport
(contre 17% au national), dépensent en moyenne 5 400 € / an pour le transport (soit
17% de plus que la moyenne française)50
● 33% de la dépense transport est liée à l’achat de carburants, 45% à l’amortissement
du véhicule.
● Au niveau national, la part budgétaire dédiée aux carburants des ménages ruraux les
plus pauvres est 4 fois supérieure à celle des ménages urbains les plus riches.
● La précarité énergétique porte également sur la mobilité : le taux d’épargne des
ménages des deux premiers déciles est négatif : ils s’endettent.
FIGURE : MOTIFS DE DEPLACEMENTS EN PUISAYE-FORTERRE 51
48 Les pratiques de déplacements des habitants du Pays de Puisaye-Forterre et de l'Aillantais, CETE
de Lyon 2012
49 INSEE 2015
50 Enquête Budget des Familles, INSEE, 2011
51 Enquête Ménages Déplacements, Puisaye-Forterre et Aillantais. CERTU. 2012.55
FIGURE : REPARTITION DU BUDGET
TRANSPORT PAR MENAGE, EN COMMUNE
RURALE, INSEE 2011
Consommations énergétiques de la mobilité
Les consommations énergétiques du transport de personnes sont pour 98% issues des
voitures particulières et pour 2% des deux-roues. Les véhicules utilitaires sont comptabilisés
dans le transport de marchandise. La mobilité est extrêmement dépendante du pétrole
puisque les carburants routiers, gazole et essence, alimentent la quasi-totalité des véhicules
des particuliers. Ces consommations énergétiques s’élèvent à 236 GWh pour les voitures et
5 GWh pour les deux-roues. En ordre de grandeur, ces 240 GWh correspondent à environ 24
millions de litres de carburants consommés par an sur le territoire soit une moyenne de
730 litres de carburant par personne et par an.
Prenons l’exemple d’une personne se déplaçant quotidiennement entre son domicile à Saint-
Fargeau et son travail situé à Auxerre, soit un aller-retour de 90 km. Avec une consommation
moyenne à 6 L / 100 km (autour de la moyenne nationale), cela représente donc une
consommation journalière de 5,4 litres de pétrole. Autrement dit cette personne - et la plupart
d’entre nous - “boit” plus de pétrole qu’elle ne boit d’eau sur une journée !56
FIGURE : CONSOMMATIONS UNITAIRES MOYENNES DES VOITURES EN FRANCE, SOURCE
COMPTES DES TRANSPORTS 52
Les déplacements domicile-travail ont des distances de trajet qui s’allongent et la voiture
individuelle comme mode privilégié en Puisaye-Forterre. L’étude du CETE de Lyon de 2012
montre que plus de 80% de ces trajets sont effectués en voiture. Et l’INSEE estime à 30 km
la distance moyenne entre domicile et lieu d’emploi dans nos communes.
Les personnes travaillant à temps partiel sont celles qui se déplacent le plus. Les personnes
travaillant à temps partiel assurent, en dehors des activités liées au travail, d'autres activités
en lien avec la famille notamment. Les retraités sont les moins mobiles.
FIGURE : MODE DE DEPLACEMENTS EN PUISAYE-FORTERRE, EN %, SOURCE ENQUETE
PLAN DE MOBILITE SIMPLIFIE, 2022
En moyenne, un habitant de Puisaye-Forterre consacre 45 min par jour à ses déplacements
quotidiens. Ce sont les déplacements en transports en commun qui prennent le plus de
temps par trajet.
Serait-il réaliste d’envisager le passage de l’ensemble du parc automobile thermique de Puisaye-Forterre en tout électrique ?
La réponse des industriels et des pouvoirs publics aux problèmes soulevés par la mobilité est
actuellement de faire la promotion des véhicules électriques. Nous avons donc cherché à
estimer ce que représenterait la consommation induite en électricité si l’ensemble des
déplacements de Puisaye-Forterre en voitures particulières était réalisé en voiture électrique.
Le calcul en ordre de grandeur suivant montre que cela supposerait de d’augmenter de moitié
les consommations actuelles en électricité du territoire (+50%). Si cette électricité devait être
fournie par la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, cela représenterait 0,6% de sa
production annuelle. Si cette électricité devait être fournie par des éoliennes, sans considérer
la question de l’intermittence ou du stockage, cela nécessiterait l’installation de 25 éoliennes
supplémentaires, de 2 MW chacune, soit un doublement du parc actuel.
Ce remplacement du parc automobile par des véhicules électriques permettrait l’économie de
près de 50 000 teqCO2 par an soit 5% des émissions du territoire.
52 Comptes des transports 1985, 1989, 1995, 2001 et 2006. France métropolitaine57
Parc actuel Parc 100% électrique
Consommation 6 L / 100 km 36 kWhEF / 100 km
km annuels 300 millions km 300 millions km
Volumes consommés 20 millions de litres de
carburants / 200 GWh
100 GWh électriques
Facteur d'émission 3 kgCO2 / L 0,048 kgCO2 / kWh
Emissions annuelles 54 000 teqCO2 4 800 teqCO2
Le train
Il n’y a plus de gare de transport de voyageurs en fonctionnement en Puisaye-Forterre. Les
gares les plus proches sont celles de Cosne-Sur-Loire, Briare, Joigny, Auxerre et Laroche-
Migennes (noeud ferroviaire local structurant).
Un train touristique circule principalement d’Avril à Juin, et exceptionnellement pour les jours
festifs (Noël, Halloween), entre Villiers-Saint-Benoît et Saint-Sauveur-en-Puisaye, il permet
de découvrir les paysages du territoires Puisaye-Forterre. Autrement, l'offre ferroviaire est
inexistante.
Un projet existe pour réhabiliter la voie ferrée située entre Saint-Sauveur-en-Puisaye et l'Étang
de Moutiers. Entre Druyes-les-Belles-Fontaines et Andryes, l’ancienne voie ferrée présente
un potentiel de réhabilitation.
Comme en témoigne les gares restantes, de 1885 à 1952 le territoire disposait d’une ligne
reliant Gien à
Auxerre, en passant
par Toucy.
Aujourd’hui ces voies
n’appartiennent plus
à RFF.58
Le bus
Le territoire est desservi par 4
grandes lignes du réseau
TransYonne, par la ligne 68 du
réseau de la Nièvre, et par une ligne
de bus de l’entreprise privée
Tisserand qui relie la région
Parisienne à Bléneau. Le sud de la
Puisaye-Forterre reste, en partie, peu
desservie par les transports en
commun.
CARTE : ACCESSIBILITE ROUTIERE
ET DESSERTE EN TRANSPORT EN
COMMUN.53
L’offre de transports en communs routiers se résume ainsi :
- Desserte par le réseau régional MOBIGO (orientée vers les polarités et gares
extérieures, hors Laroche Migennes)
- 4 lignes dont 2 régulières et 2 en TAD (Transport à la Demande) vers les principales
polarités externes (1 à 2 A/R par jour)
- L 805 : Auxerre ↔ Clamecy
- L 806 : Bléneau ↔ Auxerre
- L 861 : Auxerre ↔ Saint Amand en Puisaye
- L 864 : Villers Saint Benoît ↔ Joigny Gare
- 2 lignes de Marchés (LM 550 et 863 pour rejoindre le jour du marché (Cosne et
Toucy)
- 96 lignes scolaires ouvertes aux autres usagers
Pistes de réduction
La forte présence de personnes de plus de 65 ans, nécessite des aménagements, et des
services spécifiques (dans les transports entre autres). Etant donné la faible densité de
population par km2 sur notre territoire, la voiture particulière individuelle reste et restera
la solution privilégiée pour les déplacements de personnes.
53 Source : SCoT du Pays de la
Puisaye-Forterre Val d’Yonne59
Par conséquent la priorité doit être donnée à la diminution des consommations unitaires des
véhicules, ce qui passe par un allègement des véhicules et une électrification du parc.
Actuellement pour transporter 70 kg de matière utile, nous déplaçons 1,2 tonne de métal et
de plastique, le rendement final n’est forcément pas bon.
En 50 ans, la voiture moyenne française a évolué ainsi :
● le poids a presque doublé passant de 800 kg à 1,2 tonne ;
● sa puissance a triplé, passant de 38 ch à 109 ch ;
● elle est plus large de 20cm et plus haute de 30 cm ;
● en conséquence, les gains de performance des moteurs ont grosso-modo été
annulés par cette hausse du poids et de la puissance !
Or il serait techniquement envisageable de produire des véhicules consommant moins de 3
litres aux 100 km en divisant par 3 la masse à vide (de 1200 à 400 kg) et en divisant par 2 la
résistance aérodynamique. Ces véhicules seraient moins puissants et avec un confort plus
rudimentaire.
La CC de Puisaye-Forterre cherche à explorer cette idée et est lauréate du programme
Extrême Défi porté par l’ADEME pour l'expérimentation de véhicules intermédiaires légers.
Les pistes de réduction des consommations dans la mobilité portent donc sur :
● Augmenter le prix des carburants
● Réduire les consommations par véhicule.
○ Baisse importante du poids des véhicules
○ Réduire les vitesses de circulation automobile
● Diminuer les émissions par kilomètre parcourus
○ Changer de vecteur énergétique / électrifier le parc automobile
● Augmenter le taux de remplissage des véhicules
○ Auto-stop
○ Co-voiturage
○ Transport collectif
● Diminuer les kilomètres parcourus :
○ Développement du télétravail,
○ Faciliter l’accession à un logement proche de son emploi
Pour en savoir plus
Réflexions sur l’énergétique des véhicules routiers, Barreau & Boutin, 2009
Comptes des transports 2016, Statistiques développement durable
Les pratiques de déplacements des habitants du Pays de Puisaye-Forterre et de l'Aillantais,
CETE de Lyon, 201260
6.6 Les transports de marchandises - 250 GWh -
63 000 teqCO2
Les émissions de GES des transports de marchandises sont estimées annuellement à environ
63 000 teqCO2. Ces émissions représentent 20 % des émissions du territoire.
Contexte et données clés
● Le parcours annuel moyen des poids lourds immatriculés en France augmente de
4,3% en 2016 après de fortes baisses - 2,4 % en moyenne annuelle depuis 2011.
● Au niveau national, le transport routier représente 85% des tonnes.km, le ferroviaire
10%, les oléoducs 3%, et le fluvial 2%54
● Entre 2008 et 2014, les volumes de fret en France, ont fortement baissés :
○ Routier : - 12%
○ Ferroviaire : - 20%
○ Oléoduc : - 47%
○ Fluvial : + 3%
Concernant les transports non routiers de marchandises, le fret ferroviaire et fluvial
sont inexistants sur le territoire de Puisaye-Forterre. Jusqu'au début des années
1980, chaque année, environ 2.000 bateaux chargés de marchandises circulaient sur
le pont-canal de Briare, avant d'être interrompue ces dernières années.
FIGURE : EVOLUTION DES CONSOMMATIONS ENERGETIQUES DU FRET, EN PUISAYE-
FORTERRE,
SOURCE OPTEER
Les consommations d’énergie du transport de marchandises et les émissions de gaz à effet
de serre qui y sont liées ont connues un rebond entre 2020 et 2022. Les consommations
d’énergie des poids lourds et bus d’un côté représentent 170 GWh et les véhicules utilitaires
légers (VUL) représentent 80 GWh de l’autre.
54 Soes, 2014, France61
Pistes de réductions
● Diminuer les km parcourus, diminuer les volumes transportés (ce qui est déjà le
cas en Europe depuis 2006…)
● Alléger les camions, améliorer l’aérodynamisme, diminuer les consommations par km
parcouru
● Report modal (ce qui suppose de re-développer l’offre de fret fluvial et ferroviaire)
● Camions à pantographe et route électrique : alimentation des camions par caténair55.
● Travailler sur le “dernier kilomètre”
● Promouvoir l’éco-conduite
Pour en savoir plus
La transition énergétique du secteur des transports, Institut Negawatt, 2014
Ademe - Améliorer les performances des chaînes logistiques
6.7 L’industrie - 30 GWh – 2 300 teqCO2
Ce secteur génère annuellement des émissions de GES correspondant à 2 300 teqCO2 et
soit 1 % des émissions de GES du territoire.
En France, les consommations d’énergie de l’industrie ont diminué de 40 % en 40 ans,
grâce notamment à des actions de maîtrise des consommations beaucoup plus soutenues
que dans les autres secteurs (au cours de la même période, les consommations d’énergie
augmentaient de 20 % dans le bâtiment et doublaient dans les transports).
Mais la diminution du nombre d’entreprises dans ce secteur est également à l’origine de la
forte diminution des consommations énergétiques !
FIGURE : EVOLUTION DE L’EMPLOI PAR SECTEUR, DANS L’YONNE, SOURCE CHIFFRES CLES
2018 CCI YONNE
55 L’autoroute électrique, Carbone 4, mars 201762
L’industrie est un des secteurs ayant perdu le plus grand nombre d’emplois depuis 2008, avec
celui de la construction. Le nombre d’emplois dans l’industrie a diminué de 20% en 10 ans !
Même si le territoire de Puisaye-Forterre ne fait pas partie des grands pôles industriels comme
Auxerre ou Sens, une telle diminution de l’activité se voit dans l’évolution des consommations
énergétiques du secteur, puisque les machines consomment de l’énergie.
FIGURE : EVOLUTION DES CONSOMMATIONS D’ENERGIE DANS L’INDUSTRIE, SOURCE
OPTEER
La baisse régulière des consommations d’énergie de l’industrie s’explique principalement par
la crise économique, la délocalisation des secteurs gourmands en énergie, et la réorientation
vers des activités d’assemblage (et non plus de production) de biens d’équipement ou même
des activités tertiaires. Mais cette baisse reflète également la poursuite des progrès
d’efficacité énergétique à l’œuvre depuis des décennies dans les processus de production.
Il n’y a pas d’industrie de production et de transformation d'énergie (centrales électriques,
cokeries, raffineries, réseaux de chaleur, pertes de distribution, etc.) sur le territoire de
Puisaye-Forterre.
6.8 Voiries - 0,2 GWh - 5 teqCO2
Le territoire de Puisaye-Forterre comprend :
● 3000 kilomètres de routes56 dont :
○ 1200 kilomètres de routes départementales
○ 1800 kilomètres de routes communales
● Environ 4% de ces routes sont refaites chaque année (soit un renouvellement tous les
25 ans), sur une épaisseur de 5 cm pour la bande de roulement.
● largeur des chaussées départementales : 7 m
● largeur des chaussées communales : 6 m
● soit environ 40m3 d’enrobés chaque année, soit 90 tonnes / an avec une densité de
2,25 tonne / m3.
56 Data Gouv à partir des données OpenStreetMap 201463
● la fabrication, le transport et la mise en oeuvre de l’enrobé nécessite 680 MJ / tonne
et engendre 54 kgCO2e / tonne57 en émissions de GES, ce qui donne un total de 0,2
GWh pour la réfection des routes sur le territoire et 5 teqCO2 pour les matériaux et les
process.
La consommation d’énergie et les émissions de GES liées à l’entretien de la chaussée sont
négligeables par rapport à celles du trafic routier (moins de 1%).
Cependant certaines techniques ont moins d’impacts que d’autres :
● en chaussée neuve, les structures les moins polluantes sont celles à base de
techniques à l’émulsion de bitume;
● en renforcement, le recyclage de l’émulsion de bitume en place est de loin le moins
consommateur d’énergie et celui qui contribue le moins à l’effet de serre.
La quantité de fraisats pouvant être recyclés n’est cependant pas infinie et la limite semble
atteinte entre 35% - 40%. Autrement dit 60% des volumes issues de la réfection des routes
ne peuvent être valorisés et sont pour l’instant stockés…
Pistes de réductions
● Diminuer les linéaires de routes bitumées, comme le font déjà certaines communes
françaises (plus souvent pour des raisons budgétaires qu’écologiques mais le résultat
est le même)
● Diminuer les surfaces
● Augmenter la quantité de fraisats recyclés
● Utiliser des matériaux à faible énergie grise
Pour en savoir plus
La route écologique du futur, Colas, 2003
57 La route écologique du futur, Colas, 2003, Annexe V64
6.9 Les déchets - 2 GWh - 1 800 teqCO2
Le service déchets de la communauté de communes - l’ex Syndicat mixte de Puisaye -
organise la collecte et le traitement des déchets sur le territoire de Puisaye-Forterre. La
communauté de communes gère en régie directe 9 déchetteries réparties sur l’ensemble du
territoire, 1 centre de compostage, 1 ISDND (Installation de Stockage des Déchets Non
Dangereux) et 1 ISDI (Installation de Stockage de Déchets Inertes) situés à Ronchères.
Le service déchets fait appel à des prestataires privés pour les collectes (ordures ménagères,
biodéchets, points d’apport volontaire, bennes de déchetteries)
L’ISDND accueille :
- les ordures ménagères résiduelles (OMR) incluant tous les déchets restants après le tri
sélectif
- les encombrants issus des déchetteries ;
- les refus de tri des biodéchets ;
- les refus de tri des points d’apport volontaire.
Le centre de compostage accueille :
- les biodéchets du territoire ;
- les déchets verts issus des dix déchetteries du Syndicat.
La gestion et l’exploitation des déchetteries sont également en régie directe.
Au total environ 23 000 tonnes de déchets sont collectées chaque année, dont 67% sont
valorisés et 33% enfouies. Les capacités de stockages de l’ISDND autorisées en 2015, 2020
et 2021 sont de 15 000 tonnes.
FIGURE : TONNAGES COLLECTES EN 2024, SOURCE SERVICE DECHETS CCPF65
FIGURE : ÉVOLUTION DES TONNAGES ORDURES MENAGERES ET BIODECHETS,
SOURCE SERVICE DECHETS CCPF
FIGURE : ÉVOLUTION DES TONNAGES EN COLLECTE SELECTIVE,
SOURCE SERVICE DECHETS CCPF
FIGURE : KG PAR HABITANT, PAR AN, SOURCE SERVICE DECHETS CCPF66
La collecte
FIGURE : KILOMETRES PARCOURUS, PAR AN, SOURCE SERVICE DECHETS CCPF
FIGURE : LITRES GASOIL CONSOMMES, PAR AN, SOURCE SERVICE DECHETS CCPF
2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
kms parcourus 448 412 514 916 354 648 357 642 350 516 360 220 340 027 342 617
litres de gazole 249 976 284 716 185 826 185 680 192 472 197 055 197 708 183 761
conso moyenne
en L / 100 km 56 55 52 52 55 55 58 54
En 2024, les véhicules de collecte ont parcouru 342 000 kilomètres pour une consommation
totale de 183 000 litres de carburants soit une consommation moyenne de 54 l /100 kms.
On constate que la consommation unitaire des camions s’améliore chaque année, ainsi que
les kilomètres parcourus. Les consommations de gazole correspondent à 1.8 GWh et
engendrent les émissions de 500 teqCO2 par an.67
Le stockage
L’ISDND (Installation de stockage des déchets non dangereux) de Ronchères reçoit les
déchets ultimes. Il s'agit d'une Installation Classée pour la Protection de l’Environnement
(ICPE) soumise à autorisation et réglementée, prévue pour recevoir 15 000 tonnes de déchets
par an. Elle est exploitée en régie directe. Le site accueille en moyenne 56 bennes de déchets
par semaine.
PHOTO : ISDND (INSTALLATION DE STOCKAGE DES DECHETS NON DANGEREUX) DE
RONCHERES
En 2016, trois puits à biogaz de 15m de profondeur ont été forés sur le casier actuellement
en cours de fonctionnement. En 2017, 238 356 m3 de gaz ont été ainsi captés et alimentent
une chaudière pour évaporer les lixiviats (jus issus du stockage des déchets), évitant ainsi le
rejet dans l’atmosphère d’environ 100 tonnes de méthane. La valorisation énergétique du
biogaz ainsi capté évite les émissions de 2 400 teqCO2 par an.
Le recyclage
Pour l’année 2017, les habitants du territoire ont recyclé :
● 1 844 tonnes de verre
● 998 tonnes de papiers – cartons
● 264 tonnes de plastique
● 126 tonnes d’emballages en métal
D’après le logiciel fournit par Citéo, ce recyclage a permis les économies en matières
premières et énergie suivantes :
● Minerai de fer : 179 tonnes
● Charbon : 72 tonnes
● Bois : 2 605 tonnes68
● Pétrole brut en litre : 832
● Sable : 1 217 tonnes
● Eau en m3 : 17 977
● Energie en Mwh : 13 791
Le compostage
La production de compost évite l’emploi de fertilisants azotés de synthèse, ce qui permet
d’éviter les émissions de production de ces engrais (les émissions de N2O post épandage
sont considérées comme invariantes). Une fraction du CO2 contenu dans le compost épandu
sera séquestrée dans le sol, créant un puits organique.
1000 tonnes de compost ont été produites en 2024.
Pour en savoir plus
Rapports annuels service Déchets de la CCPF
État des lieux régional de la gestion des déchets issus des chantiers du BTP, État des lieux
environnemental et Rapport Final, iCare, 201369
6.10 Potentiels de réduction des émissions de gaz à effet de
serre par secteurs et par gaz
Les gisements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre sont étudiés secteur par
secteur. Il s’agit nécessairement d’un exercice de prospective qui peut varier fortement selon
les hypothèses prises et le niveau d’acceptabilité qui leur sont accordées. Le transport de
personnes, le résidentiel et l’agriculture présentent les potentiels de réduction les plus
importants.
Etat des
lieux
tCO2e Hypothèses pour une réduction conséquente à horizon 2050 (soit une mise en œuvre sur 30 ans) en % tCO2e
Agriculture CO2 23 000
Baisse du poids et de la puissance des engins agricoles,
Isolation des bâtiments agricoles,
Développement de la méthanisation à la ferme
Motorisation des engins agricoles au biogaz
75% 17 250
Agriculture CH4 85 000
Méthanisation des déjections d’élevage
Diminution de la fermentation entérique (CH4) des animaux, en
particulier les bovins :
modification de l'alimentation des bovins
diminution du cheptel
30% 25 500
Agriculture N2O 77 000 Diminution des apports d’engrais azotés (minéraux et organiques) 20% 15 400
Transport personnes 53 000
Réduction drastique de la masse des véhicules
Division par 3 ou 4 des consommations des véhicules
Electrification
75% 39 750
Transport marchandises 33 000 Réduction drastique de la masse des véhicules Baisse des tonnes.km 75% 24 750
Résidentiel 46 000 75% 34 500
Tertiaire 8 000 75% 6 000
Industrie 5 000
Isolation des bâtiments
Efficacité énergétique des process
récupération de la chaleur fatale
75% 3 750
Traitement des déchets 2 000 Captage du méthane Réduction des flux / travail à la source / prévention 50% 1 000
Séquestration carbone - 270 000
afforestation/ replantage de haies,
prairies permanentes,
apports organiques sur les sols cultivés
20% - 324 000
SOMME 62 000 Le territoire deviendrait largement séquestrateur net de carbone - 156 100
Rénovation BBC de la totalité du parc résidentiel
Pompes à chaleur
Bois-énergie
Potentiels de réduction70
7 Polluants atmosphériques
La pollution de l’air représente un risque environnemental majeur pour la santé. Les niveaux
de pollution atmosphérique impactent la morbidité imputable aux accidents vasculaires
cérébraux, aux cardiopathies, au cancer du poumon et aux affections respiratoires,
chroniques ou aiguës, y compris l’asthme.
7.1 Quantité de polluants atmosphériques
La pollution de l'air peut être d'origine naturelle mais nos activités humaines sont également
largement responsables de la mauvaise qualité de l'air. En l'occurrence le territoire bénéficie
d’une bonne qualité d’air, cependant des pics de pollutions aux particules ou à l’ozone ne
sont pas exclus58.
Rappel des seuils pour les particules fines :
En 2020, le nombre de jours avec un Indice de la Qualité de l’Air
médiocre ou mauvais a été de 12 jours sur l’année59.
En 2016, les concentrations annuelles moyennes de NO2, PM10 et PM2,5 ont été les
suivantes :
- NO2 : 5,9 μg/m3 (limite conseillée par l’OMS fixée à 40 μg/m3)
- PM10 : 13 μg/m3 (limite conseillée par l’OMS fixée à 20 μg/m3)
- PM2.5 : 8,5 μg/m3 (limite conseillée par l’OMS fixée à 10 μg/m3)
Polluants Principales sources60
NH3
Ammoniac
Rejets organiques de l’élevage, épandage de fertilisants
(majoritairement l’agriculture).
NOx
Oxydes d'azote
Mauvaise combustion (transport / industrie / résidentiel / tertiaire)
58 PAC (p29) OPTEER : qualité de l’air
59 source ATMO BFC, via OPTEER
60 origine-et-sources-de-pollution - Prevair71
COVNM
Composé Organique
Volatil Non
Méthanique
Phénomènes de combustion / évaporation de solvants
(peintures, vernis) ou de carburants. (Résidentiel / tertiaire /
transport)
PM10
particules fines
Le chauffage résidentiel, l’exploitation des carrières, les
chantiers et BTP ainsi que les labours. Mais aussi les feux de
forêt ou l’émission de pollens et des débris végétaux.
PM 2.5
particules fines
Utilisation du diesel comme combustible (transport / secteur
routier) et des sources similaires aux PM10.
SO2
Dioxyde de soufre
L’industrie du raffinage et la chimie et le secteur de
transformation d’énergie. (Industrie)
C6H6
Benzène
Solvant utilisé pour le dégraissage, la préparation des vernis,
l'industrie des matières colorantes, des parfums, etc. Peut être
également rejeté lors de combustions. (résidentiel / tertiaire /
industrie)
Les facteurs favorisant, amplifiant ou transformant la pollution de l'air sont :
● Les anticyclones favorisent la stagnation des polluants dans les basses couches de
l’atmosphère. Les vents les dispersent localement et peuvent les transporter sur de
grandes distances : on parle alors de pollution atmosphérique transfrontalière ;
● L’humidité et le rayonnement solaire peuvent favoriser leur transformation chimique ;
● La densité du trafic : une forte circulation par temps chaud favorise la formation
d’ozone polluant et la concentration des autres polluants automobiles ;
● La concentration industrielle sur une petite aire géographique.
Les conséquences sur l’environnement
● Les « pluies acides » (pluie, neige, brouillard, etc.) s’acidifient sous l’effet des oxydes
d’azote (NOx) et du dioxyde de soufre (SO2) qui impactent le patrimoine architectural
et l’environnement naturel.
● La contribution à l’effet de serre. Certains polluants produits par les activités humaines
contribuent à amplifier l’effet de serre.61
Les émissions de polluants sur le territoire
Les principaux polluants émis sur le territoire de Puisaye-Forterre sont l’ammoniac (NH3),
les oxydes d’azote (NOx), et les composés organiques volatils non méthanique (COVNM).
Les oxydes d’azotes et les composés organiques volatils sont des précurseurs gazeux liés à
la création d’ozone (O3).
61 Pollution de l'air - ADEME / Atmo-bfc / airparif.asso.fr72
Au total, le territoire a émis 3 600 tonnes de polluants
atmosphériques en 2022.
FIGURE : ÉMISSIONS DE POLLUANTS EN TONNES PAR AN
EN PUISAYE-FORTERRE EN 2022, SOURCE OPTEER
Entre 2008 et 2022, les émissions de polluants atmosphériques en Puisaye Forterre ont
diminuées, hormis pour l’ammoniac (NH3) qui a augmenté puis est revenu à son niveau de
2008 .
En termes d’origine anthropique, l’ammoniac est avant tout un polluant agricole, lié aux
activités d’élevage (formation à partir de l’urine et de la fermentation de la matière organique),
et émis lors de l’épandage des lisiers, mais aussi lors de l’épandage des engrais
ammoniaqués.
L’ammoniac a également une origine industrielle, puisque ses utilisations sont multiples :
synthèse d’engrais, d’explosifs, de carburants, de polymères, fabrication de produits
d’entretien, traitement des métaux, industrie du froid (l’ammoniac est un important réfrigérant),
des fibres textiles, du papier, etc. Le secteur du traitement des déchets émet également de
l’ammoniac (fermentation des boues de station d’épuration). Des vapeurs peuvent être
dégagées lors de l’emploi de produits de nettoyage ou certains shampooings colorants. On
trouve aussi de l’ammoniac dans la fumée de cigarette.
L’ammoniac est un gaz très irritant pour le système respiratoire, la peau et les yeux. Son
contact direct peut provoquer des brûlures graves. A forte concentration, ce gaz peut entraîner
des œdèmes pulmonaires. A très forte dose, l’ammoniac est un gaz mortel.
Les fermentations des marécages, les océans, les gisements de gaz et de pétrole sont des
sources naturelles d’ammoniac.73
L’ammoniac participe au phénomène des pluies acides. En contact avec les feuilles des
végétaux, il peut entraîner un ralentissement de leur croissance, une moindre tolérance et
résilience face à la sécheresse et au gel, une moindre résistance aux parasites, une
concurrence entre espèces au détriment de la biodiversité et en faveur des espèces
résistantes. La présence dans l’eau de l’ammoniac affecte la vie aquatique.
Dans les eaux douces, sa toxicité aiguë provoque chez les poissons des lésions branchiales
et une asphyxie des espèces sensibles. Si ces eaux sont stagnantes, le risque d’intoxication
aigüe est plus marqué en été car la hausse des températures entraîne l’augmentation de la
photosynthèse, conduisant ainsi au phénomène d’eutrophisation. En milieu marin, le brassage
de l’eau et l’importance de la dilution évitent les risques de toxicité aiguë. En revanche, dans
les eaux côtières, l’excès de nutriment favorise la prolifération de certaines algues, dont les
conséquences sont les marées vertes ou les eaux colorées.
FIGURE : EVOLUTION DES EMISSIONS DE POLLUANTS (PCAET) EN BASE 100,
EN PUISAYE-FORTERRE, SOURCE OPTEER
Ainsi, si l’on observe effectivement une diminution de la majorité des émissions de polluants
atmosphériques, bien visibles avec notamment le SO2 (-73%), on constate cependant sur la
période une stagnation des émissions de NH3 qui est le polluant pesant le plus lourd dans le
bilan total des émissions.74
FIGURE : POLLUANTS ATMOSPHERIQUES PAR POLLUANTS DE 2008 A 2022
EN PUISAYE-FORTERRE, SOURCE OPTEER
Lorsqu’on s’intéresse à la contribution de chaque secteur d’activité aux émissions de polluants
atmosphériques sur cette même période, on observe une baisse des émissions de polluants
dans l’ensemble des secteurs, à l’exception du secteur agricole par l’augmentation des
émissions d’ammoniac (NH3).
POLLUANTS ATMOSPHERIQUES PAR SECTEURS EN 2022
EN PUISAYE-FORTERRE, SOURCE OPTEER
L’agriculture est affectée par l’utilisation d’engrais azotés, de pesticides et par les émissions
animales. Les polluants peuvent impacter certaines espèces végétales, allant jusqu’à des
pertes de rendements sur les cultures, donc des conséquences économiques.75
Répartition des émissions de polluants en fonction des secteurs
Agriculture
Les émissions sont aux deux-tiers composées d’émissions liées à l’ammoniac (NH3).
L'ammoniac contribue à la formation de particules fines et en partie à l’eutrophisation des
milieux, même s’il n'est pas le premier contributeur (les apports excessifs en nutriments étant
la première cause). Un milieu eutrophisé (comme un étang) relargue du NH3 ainsi que du
NH4. Ceux-ci sont issus des bactéries anaérobies, seules résistantes à l'absence d'oxygène,
qui provoquent la fermentation de la matière organique accumulée.
L’agriculture est également le principal émetteur d’oxydes d’azote (NOx) et de particules sur
le territoire.
POLLUANTS - AGRICULTURE - PUISAYE-FORTERRE - 2022, SOURCE OPTEER
Résidentiel
Sa principale émission est liée aux composés volatiles non méthaniques (COVNM). Le
résidentiel est le secteur d’activité qui en émet le plus, ils sont issus des combustions
(chauffage et feux ouverts de déchets verts domestiques) mais aussi de l’utilisation de
peintures et de produits solvantés. C’est également le plus gros émetteur de benzène (C6H6)
et de dioxyde de soufre (SO2).
POLLUANTS - RESIDENTIEL - PUISAYE-FORTERRE - 2022, SOURCE OPTEER76
Transport
Le transport routier engendre des particules primaires émises à l’échappement des véhicules.
Celles-ci comprennent notamment du carbone suie qui, outre ses effets sanitaires, contribue
au réchauffement climatique. Les particules primaires issues des transports routiers sont
principalement émises par les moteurs Diesel non équipés de filtre à particules.
Les particules secondaires sont des particules ultrafines qui se forment dans l’air extérieur, à
partir de gaz précurseurs émis à l’échappement des véhicules Diesel et essence. Les
principaux gaz précurseurs sont les oxydes d’azote (NOx), qui contribuent à la formation de
nitrate d’ammonium particulaire et les composés organiques volatils (COV, dont les
hydrocarbures imbrûlés - HC). Parce qu’elles se forment après l’échappement des véhicules,
ces particules secondaires ne sont pas filtrables au niveau du véhicule et posent donc un défi
technique62.
POLLUANTS - TRANSPORT - PUISAYE-FORTERRE - 2022, SOURCE OPTEER
Usures et remises en suspensions des particules primaires : ces émissions ne sont pas prises
en compte dans le bilan des rejets du transport mais ne sont pas négligeables. Les principaux
polluants remis en suspension PM10 et PM2.5 par le passage des véhicules, proviennent en
partie de l’usure des infrastructures (usure des routes, autoroutes...) et des consommables
des véhicules (plaquettes de freins et pneus).
62 Emissions particules - véhicules - Ademe77
Tertiaire
Le secteur tertiaire émet majoritairement de l’oxyde d’azote (NOx) et du dioxyde de soufre
(SO2), ces émissions proviennent principalement de la climatisation des bâtiments, des
appareils de combustion fixes, et de l’utilisation de peintures et de produits solvantés.
POLLUANTS - TERTIAIRE - PUISAYE-FORTERRE - 2022, SOURCE OPTEER
Industrie
L’industrie est le troisième émetteur de composés volatiles non méthaniques (COVNM) après
le résidentiel et l’agriculture, et rejette également des particules PM10, PM2.5 et des oxydes
d’azotes (NOx).
POLLUANTS - INDUSTRIE - PUISAYE-FORTERRE - 2022, SOURCE OPTEER78
7.2 Analyse de leurs possibilités de réduction
Quelles seraient les actions de réductions d’émissions de polluants atmosphériques
applicables sur le territoire Puisaye Forterre ?
Le transport : favoriser l’achat de véhicules légers, consommant moins 4 ou 5 L / 100km et
encourager un entretien technique des véhicules et engins plus régulier. Stimuler le
développement des déplacements multimodaux ou encore, un meilleur remplissage des
véhicules en développant des services de voitures partagées et /ou de l’auto stop, adaptés à
la demande du territoire (ex : Rézo Pouce). Notons également que la priorité est accordée à
la lutte contre la précarité énergétique, avec notamment l’objectif de réduire la mobilité
contrainte dont le coût joue un rôle croissant dans la précarité et la vulnérabilité énergétique63.
Le résidentiel et le tertiaire : l’utilisation du bois énergie doit être réalisé dans de bonnes
conditions environnementales et sanitaires. Les principaux polluants émis par le chauffage au
bois sont les particules fines PM10* et PM2.5*, les oxydes d’azote (NOx) et le dioxyde de
soufre (SO2). Ces polluants migrent dans l’atmosphère et ont des conséquences sur l'air
ambiant et la santé. Ainsi, il est intéressant d’agir sur la rénovation thermique des bâtiments
et sur les appareils de chauffages (interdiction des foyers ouverts). La combustion du bois est
meilleure lorsque le foyer des cheminées est équipé d’insert, il est donc nécessaire de modifier
les cheminées avec foyer ouvert ou de les remplacer par des poêles à bois peu polluants.
Habitat : pour éviter les émissions de polluants, privilégier un insert labellisé qualiBois ou un
appareil « Flamme Verte » élaboré par l’ADEME qui garantit des performances élevées. Sans
oublier la qualité du combustible : utiliser un bois dur (labels NF Bois de Chauffage) qui a
séché au moins 15 mois, éviter les bois traités ou peinturés
L’agriculture : En s’associant à l’argile, les matières organiques accroissent la stabilité du sol
et jouent le rôle d’éponge pour retenir l’eau et de nombreux éléments nutritifs. L'objectif est
de réduire les pertes d’azote et de phosphore dans l’environnement liés aux épandages de
matières fertilisantes. L’ammoniac (NH3) est émis par le sol ou par les fertilisants à partir de
l’ammonium (NH4 +), en contact avec l’air ainsi 40 à 50 % du total des émissions d’ammoniac
se produisent le premier jour après l’épandage des effluents. Les techniques d’enfouissement
sont donc très efficaces pour réduire la volatilisation car les émissions d’ammoniac d’un fumier
enfoui dans l’heure sont réduites de 90 %, et 80 % pour un lisier ! Les digestats de
méthanisation ont un pH fréquemment plus élevé que celui des lisiers et accroît le risque de
volatilisation d’ammoniac après épandage : c’est pourquoi il est important d’injecter
directement les effluents sous formes liquides dans le sol.
L’épandage des matières fertilisantes (mafor) est encadré par la loi sur l’eau, la loi sur les
installations classées (ICPE) et les règlements sanitaires départementaux (RSD).
Les déchets :
En France, on estime qu’un million de tonnes64 par an de déchets verts provenant de
l’entretien du jardin des particuliers sont brûlés à l’air libre. Largement pratiquée, cette activité
63 Politique en vigueur - Transition énergétique - Ademe
64 Le brûlage à l’air libre des déchets verts : c’est interdit ! - Ademe79
est pourtant interdite depuis plusieurs années par le règlement sanitaire départemental, car
cette combustion dégage de nombreuses substances polluantes, toxiques pour l’homme et
néfastes pour l’environnement. Des solutions alternatives adaptées existent comme le
paillage (étendre sur le sol les déchets de tonte ou de taille, de façon à fertiliser les sols), le
compostage et / ou les déchetteries. La communauté de communes a mis en place sur le site
de Ronchères, le broyage et le compostage de déchets verts.
Mobilisation des acteurs locaux : sensibiliser sur les enjeux liés à la pollution
atmosphérique, faciliter l’accès aux connaissances et aux données en rapport avec la qualité
de l’air en mettant en place une journée dédiée à la qualité de l’air par exemple.
Pour en savoir plus
Pour connaître la qualité de l'air en France aujourd'hui et demain : le site Prévair
Plan nationales de réduction des émissions de polluants atmosphériques 2017 - 202180
8 Utilisation des sols et séquestration
du carbone
8.1 Occupation du sol
La superficie totale du territoire Puisaye Forterre est de 176 000 hectares, les espaces
naturels occupent 98 % de la surface et les surfaces artificialisés 1.5 %.
FIGURE : REPARTITION DES SURFACES EN PUISAYE-FORTERRE DE 1990 A 2012, SOURCE
CLC
Les données d’occupation des sols proviennent de CORINE Land Cover (CLC), qui est un
inventaire biophysique de l’occupation des sols et de son évolution selon une nomenclature
en 44 postes65. Cet inventaire est produit par interprétation visuelle d'images satellite.
L'échelle de production est le 1/100 000. CLC permet de cartographier des unités homogènes
d’occupation des sols d’une surface minimale de 25 ha. Cette base de données a été initiée
en 1985. Les millésimes 1990, 2000, 2006, 2012 et 2018 ont été réalisés.
65 Corine Land Cover - guide illustré de la nomenclature (pdf, 5.01 Mo)81
Entre 1990 et 2012, selon les estimations CLC66, l’évolution des surfaces a été la suivante :
Surfaces en hectares, source Corine Land Cover 1990 2012
évolution
1990 - 2012
Tissu urbain discontinu 2 347 2 494 147
Zones industrielles ou commerciales et installations publiques 59 85 26
Equipements sportifs et de loisirs 36 36 0
Terres arables hors périmètres d'irrigation 90 447 91 594 1 148
Vignobles 0 4 4
Vergers et petits fruits 64 64 0
Prairies et autres surfaces toujours en herbe à usage agricole 25 745 23 766 -1 979
Systèmes culturaux et parcellaires complexes 1 660 1 775 114
Surfaces essentiellement agricoles 7 306 7 548 241
Forêts de feuillus 46 506 46 723 217
Forêts de conifères 378 770 393
Forêts mélangées 566 658 92
Forêt et végétation arbustive en mutation 682 288 -394
Marais intérieurs67 37 0 -37
Plans d'eau 325 352 27
TOTAL Puisaye-Forterre 176 157 176 157 0
66 à noter que les résultats de Corine Land Cover et des recensements Agreste diffèrent
sensiblement, notamment pour les surfaces de prairies.
67 Donnée à considérer avec précaution / limites de la photo interprétation82
Les surfaces artificialisées ont augmenté de 7 %.
8.2 Sols agricoles
D’après les données des recensements agricoles menés par l’Agreste - Ministère de
l'Agriculture : la surface agricole utile (SAU) diminue depuis 1988, avec une perte de 4 000 ha
entre 1988 et 2010, soit -4%. La superficie en terres labourables a légèrement augmenté de
2 000 ha. En revanche la surface toujours en herbe a chuté de -32% avec 6 000 ha en moins.
La taille moyenne des parcelles a considérablement grandi, avec une diversité culturale
beaucoup plus faible (disparition des prairies).
En Puisaye, l’orientation des activités agricoles se tournent principalement vers la polyculture
et le polyélevage. La polyculture-élevage permet de compléter la culture céréalière ou même
les élevages entre eux. Tandis qu’en Forterre les exploitations agricoles favorisent plutôt les
grandes cultures.83
8.3 Forêt et tourbières
La biomasse et les sols forestiers stockent du carbone. Les zones humides assurent
également cette fonction de stockage. La productivité de l’écosystème permet de fixer le
carbone dans la matière végétale et le stockage est d’autant plus important que cette matière
ne se décompose pas ou peu.
Les tourbières sont considérées comme l'écosystème terrestre le plus efficace concernant le
stockage à long terme du carbone. Ces zones humides particulières empêchent la
dégradation complète de la matière organique morte (branches, feuilles, etc.) qui est stockée
sous la forme de tourbe. En comparaison, les tourbières représentent 3% des surfaces
mondiales contre 30% pour les forêts, mais stockent deux fois plus de carbone au final.
Toutefois lorsque les tourbières sont dégradées et qu'elles se minéralisent, ce stock est
relargué. Leur préservation, voir leur restauration est un enjeu majeur pour le climat.
Sur le territoire, l’intégralité des tourbières existantes n’a pas été recensée. Cependant, en
consultant la bibliographie spécialisée, il apparait que ce type de milieu ait déjà fortement
régressé (exemples : construction de plans d’eau, drainage, etc.).
La forêt recouvre 27% du territoire soit 48 000 hectares, composés à 97% de feuillus et 3%
de conifères.
Les propriétaires sont très majoritairement privés (94%) et nombreux avec 12 660
propriétaires, soit une moyenne de 3.8 hectares par propriétaires, ce qui complique
l’exploitation forestière. Le bocage comprend 3300 km 68 de linéaire de haies. Entre 1990 et
2012, les surfaces forestières sont en hausses dont principalement une augmentation des
conifères avec une surface qui a doublée en 22 ans.
Un arbre est un être vivant : chaque
année, il croît en diamètre et en
hauteur et son volume de bois
s’accroît au cours du temps. La
croissance annuelle des arbres
variant beaucoup avec les conditions
climatiques (pluviométrie notamment
et accès à la lumière). Enfin selon
son âge, la croissance en volume
d’un arbre se porte plus ou moins sur
sa hauteur ou sa grosseur en
diamètre (croissance en hauteur forte
dans sa jeunesse, plus faible quand il
est adulte).
En moyenne, l’accroissement-recrutement 69 en Puisaye-Forterre est de 7 m3 par hectare et
par an 70. Cela correspond à 332 000 m3 par an.
68 Donnée SRPM
69 Le recrutement : arbres passant le seuil de 7,5 cm de diamètre pendant une période donnée.
70 inventaire-forestier.ign - Accroissement84
La figure ci-dessous montre la répartition de la production en France, soit entre 6 et 7
m3/ha/an en région Bourgogne Franche-Comté :
SOURCE IGN
8.4 Bocage
Un diagnostic et un état des lieux du bocage (ressource-potentiel et fonctionnements-
dysfonctionnements) ont été réalisés par la Station de Recherche Pluridisciplinaire des Metz
(SRPM) qui a animée le programme Bocage, Richesses d’Avenir en Puisaye Forterre, de
septembre 2016 à janvier 2018.85
Pour en savoir plus
Programme Bocage, richesses d’avenir en Puisaye – Forterre, SRPM,
www.stationdesmetz.org
8.5 Changements d'affectation des terres
Les changements d'affectation des sols modifient les stocks de carbone contenus sur les sols.
Il peut en résulter soit une émission de CO2, soit une captation de CO2. Par exemple, d’un
point de vue majoritaire, le retournement d’une prairie et sa substitution par une culture
entraîne un déstockage du carbone des sols. A noter également que le processus de stockage
est un processus lent, deux fois plus long que celui de déstockage sur une échelle de 20 ans
(il est plus facile de déstocker du carbone des sols que l’inverse !)86
Selon les travaux d'Arrouays et al. 2002, les sols déstockent beaucoup plus vite qu'ils ne
stockent. Aussi, après un changement d'affectation des sols, les sols ne (dé)stockent pas de
façon linéaire : un stock dit "à l'équilibre" est atteint au bout d'un siècle environ.
Sur notre territoire, l’évolution sur 20 ans est la suivante :
de vers
change
ment
1990 -
2000
change
ment
2000 -
2006
change
ment
2006 -
2012
Terres arables hors périmètres d'irrigation
Prairies et autres surfaces toujours en herbe
à usage agricole 396 - 8
Prairies et autres surfaces toujours en herbe à
usage agricole Terres arables hors périmètres d'irrigation 1 546 - -
Forêt et végétation arbustive en mutation Forêts de feuillus 192 7 145
Forêt et végétation arbustive en mutation Forêts de conifères 331 - 55
Forêts de feuillus
Prairies et autres surfaces toujours en herbe
à usage agricole 10 - -
Forêts de feuillus Forêt et végétation arbustive en mutation 58 89 70
Prairies et autres surfaces toujours en herbe à
usage agricole
Zones industrielles ou commerciales et
installations publiques - 8 -
Terres arables hors périmètres d'irrigation Chantiers - - 22
Chantiers
Zones industrielles ou commerciales et
installations publiques - - 14
Terres arables hors périmètres d'irrigation Tissu urbain discontinu - - 17
Surfaces essentiellement agricoles, interrompues
par des espaces naturels importants Tissu urbain discontinu - - 6
CHANGEMENT D’AFFECTATION DES SOLS, SOURCE CORINE LAND COVER 1990 - 2012
Le plus important changement d’usage des sols en surface concerne le passage de prairies
en terres arables, celui-ci s’est ralenti dans les années 2000 puis a connu un regain depuis
2014 suite aux modifications de la PAC et à la crise du lait.87
Entre 2006 et 2012, principalement au profit de l’artificialisation, les terres arables hors
périmètres d'irrigation ont diminué de 47 hectares et les surfaces essentiellement agricoles
interrompues par des espaces naturels importants de 6 ha.
200 ha de forêt et de végétation arbustive ont évolué en forêt de feuillus et de conifères,
cependant 70 ha de forêt de feuillus ont été remplacés par de la forêt et végétation arbustive
en mutation.
Estimation de la capacité d'absorption des sols71 en CO2 Coeff tC/ha
Terres arables 63
Prairies Surfaces Toujours en Herbe 70
Forêts et bois 71
Autre occupations agricoles 56
Les coefficients sur l’occupation des sols ci-dessus ont été estimés par l’INRA à partir de 1678
données d’analyses de terre. Les incertitudes sont fortes, du fait de la variation des types de
sol, de l’historique parcellaire, des pratiques culturales opérées à la parcelle, des impacts
climatiques.
8.6 Séquestration carbone : - 200 000 teqCO2
A l’échelle globale, les sols et les forêts (y compris les produits issus du bois) stockent,
sous forme de biomasse vivante ou morte, 3 à 4 fois plus de carbone que l’atmosphère.
Toute variation négative ou positive de ces stocks, même relativement faible, peut influer sur
les émissions de gaz à effet de serre. L’ADEME propose un outil « ALDO » qui fournit à
l’échelle de notre territoire des valeurs par défaut pour :
- L’état des stocks de carbone organique des sols, de la biomasse et des produits bois
en fonction de l’aménagement de son territoire (occupation du sol) ;
- La dynamique actuelle de stockage ou de déstockage liée aux changements
d’affectation des sols, aux forêts et aux produits bois en tenant compte du niveau
actuel des prélèvements de biomasse ;
- Les potentiels de séquestration nette de CO2 liés à diverses pratiques agricoles
pouvant être mises en place sur le territoire.
71 Alterre bourgogne franche comte - stockage CO288
Les résultats de l’outil ALDO pour la Puisaye-Forterre sont les suivants :
REPARTITION DU STOCK DE CARBONE PAR OCCUPATION DU SOL, SOURCE ALDO
FLUX DE CARBONE EN TEQCO2 / AN, PAR OCCUPATION DU SOL, SOURCE ALDO
En Bourgogne-Franche-Comté, la biomasse forestière s’est comportée sur la dernière
décennie comme un puits de carbone, avec une séquestration moyenne nette de carbone de
l’ordre de 9,7 millions de tonnes de CO2 par an. A l’inverse, les changements d’usage des
sols ont entraîné un déstockage de CO2, estimé en moyenne à 1,1 million de tonnes par an.
La mise en cultures de prairies et l’artificialisation des sols constituent les deux principaux
changements d’usage des sols responsables de déstockage de carbone ces 20 dernières
années.
Le tableau suivant présente les coefficients de stockage de la forêt selon sa nature, la gamme
d’incertitudes des valeurs est de ± 15-20 % pour les feuillus, ± 20-25 % pour les résineux72.
72 inventaire-forestier.ign
Autre méthode forestlearning.edu.au89
Carbofor, 2004 : Coefficients intégrés
(en t/) pour
Résineux Feuillus Mélange
tC par m3 volume bois-fort tige IGN 0,364 0,535 0.448
tCO2 par m3 volume bois-fort tige IGN 1,18 1,91 1.60
Le détail de l’augmentation du stockage carbone par type de puits, fait ressortir le rôle
essentiel de la forêt qui représente 99,9% des flux de carbone séquestré.
Au total, le carbone séquestré annuellement est en ordre de grandeur, équivalent à 65% des
émissions territoriales.
Selon l'estimation donné par l’outil ALDO, en Puisaye-
Forterre, les émissions de CO2 séquestrées chaque
année par la forêt sont estimées à 200 000 teqCO2, soit
environ 65% des émissions du territoire90
10 Consommation énergétique finale du
territoire, approche par vecteur
10.1 Consommation finale d’électricité - 200 GWh
Le graphique ci-dessous présente la répartition de la consommation finale d’électricité par
grands secteurs d’activités :
FIGURE : CONSOMMATIONS D’ELECTRICITE PAR SECTEURS D’ACTIVITE, SOURCE OPTEER
Le résidentiel est le secteur qui consomme le plus d'électricité (62%), suivi par le tertiaire
(22%) et l’industrie (11%). L’usage de chauffage électrique reste un vecteur important dans la
part de la consommation finale des bâtiments résidentiels et tertiaires.
10.2 Consommation finale de gaz de ville - 15 GWh
Le résidentiel est le premier secteur de consommation de gaz.91
10.3 Consommation finale de bois – 75 ~ 100 GWh
Voir à ce sujet le paragraphe du chapitre 6.3 Habitat sur la consommation de bois par les
particuliers
10.4 Consommation finale de produits pétroliers - 630 GWh
La catégorie des produits pétroliers rassemble les consommations de carburants routiers
(essence, gazole, …), le gazole non-routier, le fioul domestique, ainsi que le gaz en citerne /
propane.
Le graphique ci-dessous présente la répartition de la consommation finale de carburant par
grands secteurs d’activités :
FIGURE : CONSOMMATION DE PRODUITS PETROLIERS PAR SECTEURS, SOURCE OPTEER
Le transport est scindé en deux catégories nécessiteuses en carburant, le transport de
personnes (38%) et de marchandises (40%) de ce fait le transport représente à lui seul les
deux tiers des consommations de produits pétroliers. L’agriculture vient en troisième
notamment avec la consommation de carburants par les engins agricoles.92
11 Réseaux de distribution d’énergie
11.1 Réseaux de distribution et de transport d'électricité, de
gaz et de chaleur
Capacités d'accueil pour le raccordement aux réseaux de transport et de distribution des installations de production d'électricité.
CHARNY, au S3REnR BOURGOGNE 73
SAINT-FARGEAU, au S3REnR BOURGOGNE
73 Source : RTE - http://www.capareseau.fr93
DIGES, au S3REnR BOURGOGNE
La carte ci-dessous présente le réseau électrique RTE du territoire. La tension utilisée est de
63 kV pour les lignes et les trois postes électriques. A ce jour aucun projet n’est programmé.
Carte : réseau électrique des énergies renouvelables du territoire Puisaye-Forterre (source :
RTE)
La Communauté de Communes Puisaye-Forterre bénéficie du déploiement du nouveau
compteur communiquant Linky depuis 2016.94
Réseau de gaz de ville
Sur le territoire, au 1 er janvier 2018, 8 communes sont raccordées au réseau de gaz :
● Andryes
● Charentenay
● Courson-les-Carrières
● Diges
● Migé
● Pourrain
● Toucy
● Val-de-Mercy
Le nombre de points de livraisons est en constante augmentation depuis 2010 et alimente
729 compteurs.
A fin 2018, l’installation du compteur communiquant GAZPAR n’est pas prévue sur le territoire
dans les 18 prochains mois.95
11.2 Réseau de bornes pour les véhicules électriques
D’ici 2030, l’État s’est fixé pour objectif d’installer 7 millions de points de recharge.
Sur le territoire de Puisaye-Forterre, 30 bornes ont été installées dans les communes
suivantes : Bléneau, Champignelles, Charny-Orée-De-Puisaye, Courson-Les-Carrières,
Druyes-Les-Belles-Fontaines, Leugny, Lindry, Ouanne, Pourrain, Rogny-Les-Sept-Ecluses,
Saint-Amand-en-Puisaye, Saint-Fargeau et Treigny.
Dans l’Yonne, le SDEY a déployé sur son schéma départemental de la mobilité électrique sur
la période 2015-2017, pour arriver à un taux d’équipement dans le département de 116 bornes
de charge dont 16 rapides. Dans la Nièvre, le SIEEEN a procédé au déploiement de 36 bornes
accélérées et de 72 points de charge.
Les bornes ont une puissance de 22 kVA. L'augmentation de la puissance de recharge permet
de décroître sa durée en proportion. Ainsi, pour une batterie de capacité moyenne (par
exemple 25 kWh /160 km d'autonomie), la recharge complète de la batterie complètement
déchargée à une durée théorique pouvant aller d'environ 8 heures pour la recharge normale
(3,7 kVA) à environ 30 minutes pour la recharge rapide (43 kVA) 74. Les prises disponibles
sont aux formats E/F + T2. L’accès à la borne est payant, accessible 24h/24 et 7/7 jours.
FIGURE : REPARTITION DES BORNES DE RECHARGES POUR VEHICULE ELECTRIQUE,
SOURCE SIEEEN ET SDEY, 2018
74 Avere France, 201796
13 État de la production des énergies
renouvelables (EnR)
13.1 Priorité aux EnR thermiques
En 2018, la Cour des Comptes a livré un rapport sur le soutien aux renouvelables montrant le
décalage entre le soutien accordé au développement des EnR électriques (éolien et
photovoltaïque en tête) par rapport aux EnR thermiques (bois, méthanisation, solaire
thermique, géothermie…) :
“La politique de soutien aux EnR s’articule principalement autour de deux leviers, celui des
subventions et des avantages fiscaux, et celui de la taxation des énergies fossiles. Les EnR
électriques bénéficient de subventions d’exploitation au travers d’obligations d’achat et de
mécanismes de compensation, les EnR thermiques bénéficient de subventions
d’investissement par le biais du fonds chaleur et les dispositifs fiscaux, le crédit d’impôt pour
la transition énergétique (CITE) notamment, bénéficient aux particuliers pour l’achat
d’équipements destinés à utiliser des EnR pour la production de chaleur ou de froid.
Les EnR électriques bénéficient de l’essentiel de ces dépenses publiques avec, en 2016, 4,4
Md€ contre 567 M€ pour les EnR thermiques. Ce dernier montant n’apparaît pas à la hauteur
des besoins correspondant aux objectifs fixés et donc à la réalisation des engagements
climatiques français. Ainsi, les EnR thermiques reçoivent aujourd’hui l’équivalent d’un
dixième du volume de soutien public consacré aux EnR alors qu’elles représentent 60
% de la production nationale, hors transports.”
Le développement des énergies renouvelables THERMIQUES est prioritaire devant celui
des renouvelables ÉLECTRIQUES car les premiers remplacent majoritairement des
énergies fossiles, ce qui n’est pas le cas des seconds.75
En Puisaye-Forterre, le constat est le même, avec un développement important de l’éolien
depuis 2012, tandis que le bois stagne et la méthanisation est quasi inexistante (1 seul site
recensé).
En 2024, 230 GWh d’énergie renouvelable ont été produits (bois des ménages inclus), dont
150 GWh électrique et 80 GWh thermique76, soit 23 % des consommations totales du territoire
en énergie finale.
75 Pour plus de détails : Rapport Le soutien aux énergies renouvelables - mars 2018. Cour des
comptes
76 source Opteer97
FIGURE : PRODUCTION D’ENERGIE RENOUVELABLES EN PUISAYE-FORTERRE, 2024,
SOURCE OPTEER
FIGURE : EVOLUTION DE LA PRODUCTION D’ENERGIE RENOUVELABLE DE 2009 A 202498
13.2 Production thermique issue des renouvelables
Biomasse solide / bois-énergie
En 2024, le territoire compte 28 installations de chaufferies et chaudières biomasse collectives
en activité77 :
La répartition des principales chaufferies collectives sur le territoire est la suivante :
77 Etude Création d’une SCIC bois-énergie et structuration de la filière, Espelia, Rémy Grovel, 201899
Les particuliers utilisent du bois bûches afin de chauffer leur logement, la consommation
énergétique de cette demande locale annuelle en bois énergie est estimée à 100 GWh dans
OPTEER. Les cheminées à foyer ouvert ne sont pas considérées comme un moyen de
chauffage compte-tenu de leur faible rendement énergétique (10 %).
La production d’énergie par le bois est stable, mais masque une baisse pour le bois individuel
qui traduit une diminution de la consommation en bois-bûche par les particuliers, presque
compensée par une hausse de la production des chaufferies collectives. La baisse chez les
particuliers est due à la fois à une baisse du nombre de ménages recourant au bois de chauffe
à une meilleure efficacité énergétique liée à une meilleure isolation des logements et à des
appareils de chauffage au bois de plus en plus performants78.
L’estimation de la production d’énergie couverte par le bois-bûche chez les particuliers est
très aléatoire car une grande partie des consommations ne font pas l’objet d’une déclaration
(légale ou informelle : il peut s’agir de personnes faisant leur bois eux-mêmes ou de bois
provenant des ventes non-déclarées)
Pour en savoir plus
Etude Création d’une SCIC bois-énergie et structuration de la filière, Espelia + R. Grovel, 2018
Pompes à chaleur
Le nombre de pompes à chaleur installées sur le territoire n’est pas connu.
Géothermie
Selon les études du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), le territoire
n’est pas sujet au développement de la géothermie profonde.
Quelques installations existent en Puisaye-Forterre :
- La salle des fêtes de Druyes-les-Belles-Fontaines,
- L’ancienne école de Charny-Orée-de-Puisaye réhabilitée en maison médicale et relais
de services publics
- le centre d’autisme “l’éveil du scarabée” à Champcevrais 79.
- la nouvelle salle des fêtes BEPOS de Saint-Privé
- un projet à l’étude à Treigny-Perreuse-Ste-Colombe
Concernant le potentiel de la géothermie, seul un objectif concernant la géothermie de surface
a été défini dans le cadre du SRCAE par manque de données sur le potentiel en géothermie
profonde, a priori faible.
78 Etat initial de l’environnement, DRAAF BFC, 2018
Ministère de la transition écologie et solidaire - Biomasse énergique 79 Yonne Républicaine100
Solaire thermique
De nombreuses petites installations en solaire thermique sont présentes chez les particuliers.
En 2017, la production énergétique est estimée à 0,6 GWh, soit moins d’un pourcent de la
production renouvelable totale. La surface du parc Puisaye-Forterre est estimée à 1 700 m².
EVOLUTION DE LA PRODUCTION DE CHALEUR A PARTIR DE SOLAIRE THERMIQUE,
SOURCE OPTEER
Biogaz
En 2024, le territoire comprend 5 méthaniseurs qui produisent ~5 GWh/an d’électricité et ~5
GWh/an de chaleur.
Une exploitation située à Saint-
Fargeau, membre du GAEC des
Baillys80 a installé une unité de
méthanisation d’une puissance de
190 kW (moteur de cogénération)
avec une capacité de valorisation
de 6 300 tonnes de biomasse par
an (4000 tonnes de fumier, 1500
tonnes d’ensilage d’herbe et 800
tonnes de purin). L’installation en
fonctionnement depuis l’automne
2013 produit 750 000 m3 de
biogaz, permettant d’injecter sur le
réseau 1 500 MWh électriques et
1 600 à 2 000 MWh thermiques
par an.
80 Fiche Ademe : GAEC Baillys101
L’investissement global a été de 1 600 000 € dont 29 % par subventions.
L’installation de méthanisation du GAEC des Baillys permet d’éviter les émissions de 1 000
tonnes d’équivalent CO2, principalement dû à la suppression des émissions de méthane et
de protoxyde d’azote qui auraient été rejetées naturellement par les effluents d’élevage sans
méthanisation et par la production d’énergies renouvelables.
13.3 Production électrique issue des renouvelables
Éolien terrestre
En 2024, l’éolien représente plus de la moitié des productions d’énergies renouvelables avec
134 GWh produits. En octobre 2017, 5 nouvelles éoliennes ont été installées dans la
commune de Dampierre-sous-Bouhy (58). Au total, 24 éoliennes sont présentes en Puisaye-
Forterre réparties sur six sites pour une puissance du parc de 60 MW.
FIGURE : IMPLANTATIONS DES PARCS EOLIENS EN PUISAYE-FORTERRE, OPTEER, 2017
En décembre 2018, le projet éolien “Forterre Val
d’Yonne” porté par la société RES sur les communes de
Coulangeron et Ouanne a reçu un avis de rejet sur la
base de l’avis défavorable de la Direction générale de
l’Aviation Civile en raison de l’implantation des éoliennes
sous le plan de servitudes de l’aérodrome d’Auxerre
Branches.
Le taux de charge moyen de l’éolien en Bourgogne-
Franche-Comté est de 23%.
Pour en savoir plus
Developpement durable.gouv :Les projets éoliens en
Bourgogne Franche Comté
Amorce : réponses aux questions les plus fréquemment adressées aux collectivités locales RTE - Facteur de charge Bourgogne Franche-Comté102
Solaire photovoltaïque
En 2024, la production énergétique est de 10 GWh, soit 4% de la production renouvelable
totale. La puissance du parc installé de Puisaye-Forterre est d’environ 13 MWc en très forte
augmentation depuis 2022.
PHOTOVOLTAÏQUE, PRODUCTION ELECTRIQUE EN MWH(GAUCHE)
ET PUISSANCE INSTALLEE EN MW (DROITE), SOURCE OPTEER103
Hydraulique
Le contexte hydrographique bourguignon est globalement peu propice à la production
hydraulique d’électricité :
- la région est située en tête de 3 bassins hydrographiques, avec un relief relativement
peu marqué et des débits généralement assez faibles.
- de nombreuses rivières sont «réservées» ou «classées», avec des enjeux de
biodiversité81.
La Puisaye-Forterre ne dispose pas d’un réseau hydrographique suffisant pour réaliser des
barrages hydroélectriques, mais elle comprend un réseau de petites rivières dont la faisabilité
d’exploitation pourrait être étudiée. Par exemple à Leugny, le vieux moulin82 produit de
l’électricité depuis mars 2017. D’une puissance maximale de 6 kW, le dispositif tourne à
environ 4 kW. Raccordé au réseau EDF, la micro turbine fournit en électricité la roue du moulin
et la maison d’habitation. Le surplus est injecté dans le réseau.
En 2024
EnR - Hydroélectricité - puissance installée : 0,38 MW
EnR - Hydroélectricité - production d'électricité réelle 394 MWh
Biogaz
Voir paragraphe Biogaz dans “Production thermique”.
Autres
Biomasse : Une centrale biomasse produit de l'électricité grâce à la vapeur d'eau dégagée
par la combustion de matières végétales ou animales, qui met en mouvement une turbine
reliée à un alternateur (comme pour les autres centrales électriques à énergie fossile ou
fission). Il n’y a pas d’installation de ce type sur le territoire.
Solaire thermodynamique : Des systèmes de production d'énergie permettent de concentrer
l'énergie solaire en un point précis qui peut alors atteindre une température considérable,
permettant une production électrique evia, entre autres, des turbines à vapeur ou d'autres
81 SRCAE Bourgogne
82 Moulin de Leugny104
moteurs thermiques. Des microcentrales à paraboles autonomes associées à un moteur
Stirling (10 à 25 kW) au foyer, avec des sources chaudes de plus de 500 °C permettraient une
production décentralisée de chaleur et d'électricité. Aucune installation de ce type n’est
présente sur le territoire.
Géothermie : La production d‘électricité à partir de géothermie s'obtient en faisant passer la
vapeur issue du sous-sol au travers d'une turbine à vapeur. Cette solution concerne
essentiellement les champs géothermiques moyenne et haute énergie, c'est-à-dire les
contextes géologiques où la température est comprise entre 90 °C et 250 °C. Ce type
d’installation nécessite des forages très importants pour atteindre des températures d’eau
souterraines très élevées, impliquant des coûts très importants, et donc une nécessité de
puissance très importante. Le potentiel est donc nul sur notre territoire.
13.4 Carburants
Biométhane
Dans les vapeurs des stations d’épuration, et dans les déchets des exploitations agricoles, se
cache un fort potentiel de production. Selon les estimations de l’Ademe et de GRDF le
potentiel de méthanisation en France s'élève à 2 TWh pour les stations d'épuration, et jusqu'à
1 TWh pour la méthanisation agricole.
La valorisation “carburant83“ du biométhane est identifiée par l’Ademe comme la valorisation
la plus efficace du point de vue environnemental :
FIGURE : GAIN GES OBTENU PAR LA VALORISATION DU BIOGAZ EN SUBSTITUTION D’UN
CARBURANT TRADITIONNEL [EN GEQ . CO2/NM3] RESULTATS DE L’ETUDE ACV ADEME –
GAZ DE FRANCE – 2007
83 GRDF_Gaz naturel véhicule comment porter un projet de station ouverte au public105
Agrocarburants
Les agrocarburants représentent 11 % de la production primaire d’énergies renouvelables en
France, ce qui en fait la troisième source renouvelable derrière la biomasse solide et
l’hydraulique. Plus des trois quarts des agrocarburants consommés en 2015 correspondent à
du biodiesel d’origine végétale84.
L’évolution de la consommation finale de biodiesel est en constante augmentation depuis
2004 / 2006 en France métropolitaine.
Dans l’Yonne, 66 700 hectares de parcelles agricoles sont utilisés pour la production de colza.
Cet oléagineux sert de tête de rotation dans les productions locales : elle permet, l'année
suivant son exploitation, de semer du blé par exemple. Face à la spécificité des terres locales,
le colza est l'une des plantes phares du département. L'huile de colza est utilisée pour la
production de biocarburant de première génération, à 60%85.
84 Datalab, Statistiques.developpement-durable.gouv-énergies-renouvelables-édition-2018
Draaf - biocarburant Bfc
85 L'yonne républicaine106
En Puisaye-Forterre, 17 000 hectares sont consacrés à la culture du colza. Le rendement en
huile du colza se situe entre 900 et 1600 litres par hectare.
La consommation totale de carburants routiers du territoire pour le transport de personnes et
de marchandises est de 30 ktep. En tenant compte de la densité énergétique du biodiesel, si
nous voulions produire avec du colza, l’équivalent des carburants routiers dont nous avons
besoin, soit 37 millions de litres, une surface agricole de 31 000 hectares serait nécessaire,
soit le double de la surface cultivée en colza actuellement, ou encore 37% de la surface
agricole utile actuelle.
13.5 Estimation du potentiel de développement
Les objectifs du SRCAE (ex-Bourgogne) annonce une baisse des consommations finales de
20 % avec un engagement porté sur l’augmentation des énergies renouvelables à 23 % d’ici
2020. En 2016, la production du territoire a atteint l’objectif de production d’énergie
renouvelable grâce au bois-énergie des ménages pour la production de chaleur domestique
et au développement de l’éolien.
Bois-énergie
En ce qui concerne l’énergie issue du bois, la forêt recouvre 27% du territoire soit 48 000
hectares, dont 8% de forêts communales et sectionales. Dans le secteur résidentiel, les
équipements au bois sont lentement renouvelés et leurs performances sont généralement
médiocres, de ce fait, leur amélioration est un levier de développement (ce qui n’entrainera
pas nécessairement une hausse des consommations). Les filières doivent également
répondre à des critères d’éco-gestion (flux et ressources). Sans oublier la création d’emplois
et d’économie à la clé.107
En 2018, les bureaux d’études FER et Espélia ont donné les résultats suivants :
● Forêts communales et sectionales: 4 042 ha pour 21 communes (11 communes >
100 ha 4 communes > 300 ha)
● Forêts privées : 44 300 ha (87% de chênaie avec taillis) pour 12800 propriétaires.
300 propriétaires (2,7% des propriétaires) > 25 ha chacun, représentant 26000 ha
(58% des surfaces).
● Une mobilisation de biomasse pour l’énergie de 30% de l’accroissement annuel sur
30% des forêts peut raisonnablement être réalisée pour soutenir 6000 à 12000 t/an.
● Bocage : densité de haies variable (de 0 à 11 km/100 ha), potentiel biomasse
réellement mobilisable de façon durable autour de 3000 t/an (à raison de 1,8 t/km
pour les haies hautes ou bouchures mûres)
Sur la base d’une estimation à 10 000 tonnes prélevées par an, le potentiel de production de
chaleur à partir de la biomasse est donc de 35 GWh/an sur le territoire.
L’étude inclut 3 scénarios de développement des chaufferies publiques
Éolien
Le territoire est favorable au développement de l’éolien, cependant il présente également des
enjeux faunistiques importants pour les oiseaux et les chauves-souris. Il convient de prendre
en compte ces enjeux lors du développement des projets éoliens afin de ne pas porter
préjudice au patrimoine naturel du territoire. La Bourgogne se trouve dans une partie du
territoire national moyennement à faiblement ventée.108
Les cartes ci-dessous sont issus du SRE Bourgogne et indiquent le potentiel et les objectifs
de développement.
CARTE : RESSOURCE EOLIENNE, SCHEMA REGIONAL ÉOLIEN DE BOURGOGNE 2015
CARTE : OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DE L’EOLIEN, SCHEMA REGIONAL ÉOLIEN DE
BOURGOGNE 2015
Solaire
Pour le solaire photovoltaïque, compte tenu du nombre d’exploitations agricoles et de leurs
surfaces en toiture disponible, le potentiel est intéressant. Néanmoins, l’intermittence et le
déphasage saisonnier de cette technologie implique une réponse partielle aux problématiques
de transition énergétique.109
Le solaire thermique est physiquement limité à la couverture des besoins en eau chaude de
chaque utilisateur et reste une solution d’appoint. Ce système ne bénéficie pas de tarifs de
rachats, cependant il est intéressant de promouvoir son utilisation dans les logements neufs,
les bâtiments collectifs et bâtiments spécifiques comme les piscines.
L’ensoleillement moyen en Bourgogne est de l’ordre de 1 800 heures par an, correspondant
à une énergie de 1 000 à 1 200 kWh/m² au sol.
Méthanisation
La méthanisation86 permet la production d’énergie selon plusieurs modes de valorisation
(électricité, chaleur, biogaz, bioGNV). Le territoire dispose de nombreuses exploitations
agricoles qui pourraient être une source d’intrants disponible.
Pour estimer le potentiel d’énergie issue du biogaz, il doit être pris en compte les biodéchets
issus :
- Des cultures
- Des EHPAD (biodéchets et huiles alimentaires usagées)
- De la restauration des écoles, des collèges et des lycées (biodéchets et huiles
alimentaires usagées)
- Des industries agro-alimentaires (IAA)
- Des déchets verts
- Des ménages (FFOM : Fraction Fermentescibles des Ordures Ménagères)
- Des stations d’épuration des eaux usées (STEU)
Le centre d’enfouissement de Ronchères traite déjà les biodéchets, un tri en amont des
biodéchets pourrait être redirigé vers la méthanisation.
86 https://www.sdey.fr/wp-content/uploads/2015/10/Schema-methanisation-2015.pdf110
14 Impact sur l’emploi local
Le Réseau Action Climat (RAC-France) et l’Ademe ont élaboré, avec la contribution du
CIRED, un outil Excel, intitulé « TETE » (Transition Écologique - Territoires- Emplois), qui
permet d’évaluer les emplois créés par les politiques climat-énergie à l’échelle territoriale.
Les évaluations en termes d’impact sur l’emploi de scénarios énergétiques, à l’échelle
nationale, montrent un effet net créateur d’emplois des politiques de transition énergétique et
écologique qui varie entre 280 000 et 400 000 emplois en 2030.
Ces études montrent que plusieurs secteurs d’activités profitent des dynamiques de la
transition : la rénovation des bâtiments, les énergies renouvelables, le recyclage, etc…
ainsi que les services qui y sont liés.
Cependant, bien que la transition énergétique si elle était mise en place ait un effet largement
positif sur l’emploi, certains secteurs vont perdre des emplois. Les secteurs concernés sont
notamment ceux fragilisés par leur dépendance aux énergies fossiles. Des secteurs seront
amenés à disparaître, d’autres secteurs verront leur production baisser telles les industries
manufacturières et d’autres secteurs devront se transformer, comme le secteur automobile ou
l’agriculture intensive.
Une rapide simulation sur la période 2018 - 2030 du potentiel de création d’emplois pour le
territoire de Puisaye-Forterre a été réalisée avec cet outil en prenant en compte les
hypothèses suivantes :
- rénovation thermique de l’ensemble des logements en résidences principales soit 16
000 maisons en 13 ans.
- rénovation thermique de la moitié du parc tertiaire soit 200 000 m2 et de l’ensemble
des bâtiments publics soit 100 000 m2
- remplacement de la moitié du parc automobile par des véhicules électriques ou basse-
consommation soit 12 000 véhicules
- installation de 50 bornes de recharges électriques
- achat de 3 000 vélos
- installation en 10 ans et maintenance de 30 éoliennes de 2,5 MW de puissance soit
grosso-modo un doublement du parc actuel
- installation de 300 000 m2 de photovoltaïque en toiture et 100 000 m2 au sol
- équipement de 5 000 logements en chauffe-eau solaire (CESI)
- équipement de 5 000 logements en appareils de chauffage au bois performants
(poêles, inserts, chaudières)
- production locale de 200 GWh annuels de bois-énergie, sous forme de bûches,
granulés et plaquettes, soit le prolongement de la production actuelle.
- installation de 100 GWh de production en méthanisation
- diminution à 80% des consommations de produits pétroliers et gaziers soit 460 GWh
en moins.111
SIMULATION DU NOMBRE DE CREATION D’EMPLOIS LIES A LA MISE EN PLACE D’UNE
TRANSITION ENEGETIQUE QUE LE TERRITOIRE, OUTIL TETE, 2018
Les résultats de cette simulation sont les suivants :
1. la mise en place d’une stratégie de transition énergétique génère beaucoup plus
d’emplois qu’elle n’en détruit
2. Le principal gisement porte sur la rénovation thermique du parc résidentiel, qui
est un marché essentiellement pour les petites et moyennes entreprises locales.
La mise en place d’un grand chantier de rénovation des logements anciens doit donc
s’accompagner d’une offre de formation aux petites et moyennes entreprises (PME).
3. En ordre de grandeur, environ 1 500 emplois pourraient être créés.
4. En 2014, le taux de chômage est de 13% en Puisaye-Forterre pour les personnes
âgées de 15 à 64 ans, soit environ 2 400 personnes. Une relance de l’économie locale
via un projet de transition énergétique pourrait donc s’accompagner d’une réduction
du taux de chômage de 13% à 4% sur le territoire.112
15 Bilan matière
Notre territoire est traversé de flux de matières qui sont aujourd’hui mal connus. Combien de
tonnes de matières de toutes natures sont extraites du sol ? Combien sont importées,
exportées ? Quel est le tonnage de matériaux de construction qui y est consommé ? Quelle
quantité de déchets du bâtiment et des travaux publics y est produite ? Quelle est sa
production et sa consommation de matières alimentaires ? Quelle est la quantité de matières
recyclées ? Que représente-t-elle par rapport aux ressources neuves ? Quels gisements de
ressources pourrait-on y identifier ? Ces questions, essentielles au regard des enjeux évoqués
en première partie, sont pour la plupart sans réponse.
C’est pourquoi, la Dreal Bourgogne et ses partenaires – la région, l’Ademe et Alterre
Bourgogne – ont engagé la réalisation d’une analyse des flux de matières à l’échelle des
quatre départements bourguignons87.
Les résultats pour l’Yonne et la Nièvre sont représentés sur les schémas ci-dessous.
La consommation de matière sur notre territoire se situe donc entre 17 et 23 tonnes par
personne et par an.
FIGURE : COMPTABILITE DES FLUX DE MATIERES DANS LES REGIONS ET LES
DEPARTEMENTS, 2014
87 DMC : Domestic Material Consumption ou Consommation intérieure apparente de matières =
Ensemble des matières consommées par le système étudié, au sens économique du terme. DMI : Direct Material Input ou Entrée directe de matière =
Ensemble des matières entrant directement et physiquement dans le système socio-économique étudié (extraites du territoire et importées) afin de répondre à la demande intérieure et à la production destinée à l’exportation.113
Le tableau ci-dessous propose des estimations de tonnages en ordre de grandeur pour
quelques flux et stocks à l’échelle du territoire de Puisaye-Forterre :
poids moyen
en kg nombre Stock en tonnes
Flux annuel en
tonnes
Humains88 54 36 700 1 982
Unité Gros bétail 600 51 690 31 000
Vers de terre89 ~ 300 000
CO2 170 000
CH4 84 000
N2O 76 000
véhicules particuliers 1100 25000 27 500
vente annuelle 1100 1250 1 375
tracteurs 4000 2000 8 000
vente annuelle 4000 130 520
VUL 1200 4590 5 508
vente annuelle 1200 270 324
Super 5 253
Gazole 25 886
Fioul domestique 4 945
Gazole non routier 3 053
GPL 1 579
Céréales 350 000
Oléagineux 60 000
Fourrages 80 000
Déchets 24 000
88 La prévalence de l’obésité est passé de 8% en 1981 à 13% en 2003 dans la région. Le poids
moyen des humains augmente...
89 L’habitat influence la densité des vers de terre allant 10-15 vers de terre / m2 pour une forêts de
sapins à 400-500 pour des pâturages extensifs. Les lombrics assurent le « labour biologique », assurant l'homogénéisation et l'aération du sol. En première approche, les lombrics “pèsent” 150 fois plus lourds que les humains en Puisaye-Forterre !114
Les matériaux de construction correspondent souvent aux flux de
matières mobilisées les plus importants sur les territoires. Ils restent
pourtant relativement absents des stratégies de réduction des
consommations de ressources.
Pour en savoir plus
Comptabilité des flux de matières dans les régions et les départements, P. Repellin (Alterre
Bourgogne), B. Duret (Mydiane), S. Barles (Sorbonne). 2014
La Bourgogne comptabilise ses flux de matière, Repères #64. Alterre Bourgogne, 2013115
16 Vulnérabilité énergétique du territoire
Afin d'appréhender la question rappelons quelques ratios :
● Facture énergétique annuelle du territoire : 100 000 000 €
● Facture énergétique annuelle par habitant : 2 800 €
○ dont 2 200 € pour le logement et les transports
● Poids de l'énergie dans le PIB local (en %) : 11%
La facture énergétique se répartit ainsi par secteurs :
Tandis que la répartition de la facture par vecteurs est la suivante :116
16.1 Vulnérabilité des populations
Les ménages les plus modestes (premier quintile des revenus) sont particulièrement
représentés en milieu rural et en ville-centre des pôles urbains de province, et sont
généralement les plus affectés par la précarité énergétique, puisque la part de leurs revenus
consacrée aux dépenses énergétiques telles que le chauffage et le carburant atteint en
moyenne 15%. Les quatre facteurs expliquant la précarité énergétique sont les bas revenus,
le coût des énergies, la qualité énergétique des logements, et leurs localisations engendrant
des mobilités dépendantes de l’automobile90.
TAUX DE PAUVRETE PAR TRANCHE D'AGE DU REFERENT FISCAL EN 2021, SOURCE INSEE
Précarité énergétique
La précarité énergétique constitue une forme de « double peine » : les 20 % des ménages les
plus pauvres consacrent à l’énergie une part de budget 2,5 fois plus élevée que les 20 % les
plus riches. En cause, l’état des logements dont la performance thermique est généralement
mauvaise. Les équipements de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire, souvent
vétustes, participent également à gonfler la facture énergétique des plus pauvres, surtout dans
le parc privé91.
Les restrictions de chauffage sont liées aux difficultés de paiement et ont des conséquences
sur le logement d’un point de vue technique tel que l’humidité et l’insalubrité.
Vis à vis de la santé, un logement froid engendre de la fatigue, des réactions pouvant
déclencher la transmission de pathogènes. Des soupçons de causalité existent pour un
certain nombre de pathologies (maladies respiratoires, maladies cardio-vasculaires, arthrites
et assimilées, dépression). L’utilisation de poêles à pétrole ou de poêle à gaz peut être à
l’origine d’incendies et d’intoxications au monoxyde de carbone.
90 L’exercice de prospective de l’ADEME « Vision 2030-2050 » (p22/297)
91 Précarité énergétique117
L’amélioration des logements peut être effectuée dans le cadre du « Programme Habiter
Mieux »92 de l’ANAH.
Sur le territoire le PIG et la PTRE mis en place par la Communauté de Communes, en
partenariat avec l’ADIL89, ont pour objectif l’amélioration de 243 logements.
Taux d’Effort Energétique - TEE
Le taux d’effort énergétique correspond à la part des dépenses d’énergie sur le revenu
disponible du ménage ; le seuil au-delà duquel un ménage est considéré en précarité
énergétique est de 10%. En Puisaye-Forterre, 4 000 ménages ont un taux d'effort
énergétique supérieur à 15%, soit 24% du total des ménages du territoire93.
La santé des populations vulnérable face aux consommation énergétiques
Fioul domestique pour les engins agricoles, taux d’usage des véhicules importants et
consommation de carburant accrue (diesel, essence…) principalement le long des axes
routiers à forte fréquentation sont les principales sources de pollutions sur le territoire Puisaye
Forterre.
Le mode de chauffage a également une influence très forte sur la vulnérabilité des ménages
ruraux. Les plus fragiles d’entre eux sont ceux qui se chauffent au fioul. Les particules en
suspension, PM10 et PM2,5 dont les émissions proviennent essentiellement du secteur
résidentiel, rarement équipé en système de traitement des fumées. Les particules émises par
le chauffage au bois sont de très petite taille, ce qui leur permettent de pénétrer profondément
dans les voies respiratoires puis dans le sang. Les enfants très jeunes, les personnes âgées
et celles souffrant d’asthme, ou de problèmes cardiaques sont les plus sensibles à cette
pollution de l’air. Le lien entre pollution de l’air et pathologies respiratoires et cardiovasculaires
a été établi par plusieurs études qui pointent également des conséquences sur la
reproduction, le développement du fœtus et du système nerveux.
Pour le chauffage au bois, selon AIRAQ, un feu de cheminée dans des inserts non
performants de 2 maisons individuelles émet autant de particules fines dans l’atmosphère que
25 voitures diesel parcourant chacune 15 000 km.
16.2 Vulnérabilité du tourisme
Le secteur touristique repose sur le paradoxe suivant : l’environnement est le premier
critère incitant les touristes à retourner en vacances au même endroit94, mais ce secteur
est source de pression forte sur l’environnement en terme d’artificialisation des sols,
ressources en eau, etc…
Avec près d’un milliard d’euros dépensés, les carburants et les péages d’autoroutes
constituent le premier poste de dépenses des touristes dans la Région. Ils captent 22 % de
92 HABITER MIEUX - Anah
93 TTE - CCPF
94 d’après l’Eurobaromètre sur les préférences des Européens en matière de tourisme réalisé en 2016118
leur budget, le double de la moyenne des touristes en province. La Bourgogne-Franche-
Comté est la région où le poids de ce poste est le plus conséquent. Le transport aérien, par
ailleurs très limité en Bourgogne-Franche-Comté, en renforce la primauté95.
Si le prix du carburant augmente, à budget égal, une partie des dépenses telles que la
restauration, l’achat de produits locaux et la durée des nuitées sont amenés à diminuer au
profit d’un volume de carburant inchangé. Les services de transports en communs et le
covoiturage pourraient voir une hausse de fréquentation mais au détriment des lieux les moins
fréquentés.
De par les besoins de mobilité des voyageurs et les infrastructures nécessaires pour les
accueillir, le secteur touristique dépend fortement de la disponibilité et du prix des ressources
énergétiques. Chaque crise pétrolière a un impact très négatif sur la demande touristique par
avion mais peut avoir des effets contrastés sur les choix de destination touristique. En effet,
lors du précédent choc pétrolier en 2008 un report du tourisme vers des destinations
européennes ou de proximités a été constaté96.
L’autoroute A6, est l’axe principal qui relie les métropoles parisienne et lyonnaise au
département de l’Yonne, elle dessert une majorité des touristes de Puisaye-Forterre.
95 Dépenses touristiques - BFC - Insee
96 The World Tourism Organization page 6119
En Puisaye-Forterre de novembre 2016 à décembre
2017 le nombre total de nuitées est de 102 000, pour
tous visiteurs et tous hébergements confondus. 32 521
personnes françaises et 3 538 personnes étrangères
sont venues demander des informations aux différents
guichets de la communauté de commune.97.
Top 5 des pays limitrophes : Top 5 des Pays distants ⥶ 1% :
1 - PAYS-BAS 28%
2 - BELGIQUE 21%
3 - ALLEMAGNE 16%
4 - ROYAUME UNIS 16%
5 - SUISSE 7 %
1 - ETATS-UNIS
2 - CANADA
3 - AUSTRALIE
4 - CHINE
5 - RUSSIE
Les touristes étrangers proviennent principalement des pays limitrophes, ainsi la tendance est
à l’utilisation des véhicules personnels (Vans, Camping-car, voitures familiales, deux
roues…). Les étrangers provenant des pays lointains sont moins nombreux et utilisent le
transport aérien comme mode de déplacement. L’augmentation du coût des énergies pourrait
favoriser le tourisme de proximité.
Comment diminuer la vulnérabilité ?
La connexion des principaux sites touristiques par bus permettrait de réduire la vulnérabilité
du secteur face à une hausse du prix des carburants.
Une réflexion plus globale avec les acteurs touristiques locaux (association des gîtes de
France, offices de tourisme …) sur cette dépendance doit être engagée.
La communauté de communes de Puisaye-Forterre porte 2 actions sur cette thématique :
1. poursuivre le développement de la véloroute
2. accompagner les projets structurants le long des voies d'eau
97 Données internes - CCPF120
16.3 Vulnérabilité de l’agriculture
Réduire la dépendance énergétique de l’agriculture est aussi un impératif économique : la
consommation directe et indirecte d’énergie dans l’agriculture représente 30 à 40 % de ses
charges économiques98. Une hausse de 10% du coût de l’énergie directe et indirecte réduit
de 5 % le revenu net du producteur.99
Au-delà de leur tendance haussière, la volatilité des cours de l’énergie fossile couplée à la
volatilité des prix des produits agricoles peut engendrer une situation extrême, avec « effet
ciseaux » entre des prix agricoles bas et des prix de l’énergie élevés.
Comme tout secteur économique, l’agriculture a besoin d’énergie pour développer la
production de biomasse et améliorer sa productivité. L’enjeu climatique, le contexte politique
avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et la hausse du coût des
énergies poussent les exploitations à optimiser leur consommation énergétique pour aussi
améliorer leur compétitivité.
Population croissante, demande alimentaire croissante, contexte de hausse des prix de
l'énergie, ces problématiques prennent une acuité particulière au fil des années. En 2009, le
montant total des charges liées à l'énergie, en France, directe et indirecte, s'élevait à 12.300
€/exploitation en moyenne, précise le rapport de l'Ademe sur la dépendance du secteur
agricole à l’énergie 100 :
"Le niveau de dépendance économique à l'énergie est d'autant plus critique que le taux
d'endettement moyen est élevé, pointe le rapport de l'Ademe, horticulture, maraîchage et
granivores, sont doublement pénalisés par leur taux d'endettement, significativement plus
important que les autres".
98 RICA, 2010
99 L’agriculture française face à une forte augmentation du coût de l’énergie, Académie d’Agriculture
de France, 2008
100 http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/85625_dependance_rapport.pdf121
La consommation d’énergie concerne en priorité :
• le carburant des tracteurs et engins agricoles,
• le chauffage et la ventilation des bâtiments d’élevage (porcs, volailles et bovins),
• le chauffage des serres maraîchères et horticoles.
Pic Phosphate
Beaucoup moins médiatisé que le
pétrole mais concerné par les mêmes
problématiques, le phosphate utilisé
en agriculture provient massivement
des ressources fossiles, finies et dont
la production est amenée à passer par
un maximum puis à décliner. Ce
maximum de production est estimé
pour 2030-2050, après quoi celle-ci
déclinera d’1% à 2% par an101.
1. Le phosphore (P) est le 11ème
élément le plus abondant de la croûte terrestre, mais les gisements pratiquement
utiles, avec une concentration suffisante pour être exploités, ne représentent qu’une
toute petite fraction (0,007%) et sont géographiquement concentrés dans quelques
pays;
2. le phosphore est considéré, avec l'azote (N) et le potassium (K), comme un constituant
fondamental de la vie des plantes, des animaux et des bactéries - c'est un composant
fondamental de l'ADN, de l'ARN et de l'ATP responsable du transport de l'énergie vers
le cerveau;
3. Il n'y a pas de substitut au phosphore dans la croissance des cultures et donc dans la
production alimentaire;
101 Peak Phosphorus: Clarifying the Key Issues of a Vigorous Debate about Long-Term Phosphorus
Security, Dana Cordell and Stuart White, 2011122
4. le phosphore ne peut pas être fabriqué (ou détruit);
5. le phosphore est un nutriment limitant dans la croissance des cultures et peut donc
limiter les rendements des cultures au niveau mondial;
6. contrairement aux autres éléments fondamentaux qui sous-tendent la vie (carbone,
azote, oxygène et hydrogène), le phosphore n'a pas de phase gazeuse significative et
ne peut pas circuler librement dans l'atmosphère;
7. Le phosphore est renouvelable dans le sens où il se recycle entre les organismes
morts et vivants. En revanche les roches phosphatées sont non-renouvelables, au
même titre que le pétrole, leur formation se réalisant sur plusieurs millions d’années.
L'industrie mondiale des phosphates est basée sur l'exploitation commerciale de certains
gisements de roches phosphatées. Malgré leur composition extrêmement variable, ces roches
sont la source commerciale de phosphore utilisée comme matière première pour la fabrication
des engrais phosphatés et de certains autres produits chimiques. A la différence d'autres
produits essentiels, tels que le fer (Fe), le cuivre (Cu) et le soufre (S), il y a peu de chance de
trouver une forme de substitution ou de recyclage. Le phosphate est au second rang (charbon
et hydrocarbures exceptés) en termes de tonnage et de volume bruts dans le commerce
international.
Suite à la guerre du Sahara occidental qui s'est déroulée entre 1975 et 1991, un seul pays,
le Maroc, détient désormais 75% des réserves mondiales de phosphate.102
Malgré l'incertitude sur la chronologie exacte de ce maximum de production des engrais
phosphate, il existe un consensus sur le fait que les réserves restantes sont de moins bonne
qualité, plus difficile d'accès, et nécessite plus d'énergie pour être extraites et raffinées,
devenant plus chères au passage. Les problèmes liés au pic de phosphate s’ajoutent donc
au changement climatique et à la diminution des ressources en énergie, en eau et en terres
arables qui menacent de limiter de façon conséquente la production agricole dans le futur,
pour une population mondiale en croissance exponentielle.
Les pratiques agricoles actuelles sont à l’origine de pertes importantes de phosphore dans
l’environnement et un meilleur recyclage du phosphore serait possible en épandant tous nos
déchets (urine, fèces, déchets organiques, résidus de cultures, fumier) au champ. Retarder la
pénurie de phosphore passe aussi par un changement de nos habitudes alimentaires: en une
année, un végétarien consomme 0,6 kg de phosphore (équivalent de 4,2kg de roches
phosphatées) alors qu’un consommateur de viande en ingèrera près du triple, soit 1,6kg
(11,8kg de roches phosphatées).103
102 USGS, 2018
103 Cordell, D. (2010). The Story of Phosphorus: Sustainability implications of global phosphorus
scarcity for food security, thèse de doctorat. Linköping Studies in Arts & Sciences No.509, Linköping University Press, ISBN 978-91-7393-440-4, Linköping, http://www.diva- portal.org/smash/get/diva2:291760/FULLTEXT01.pdf
Cordell, D., Drangert, J.-O., and White, S., (2009) The Story of Phosphorus: Global food security and food for thought. Global Environmental Change, 2009. 19(2009): p. 292-305123
16.4 L’industrie automobile
Le parc automobile français sature avec un plafond atteint autour de 32 millions de voitures
particulières.
L’industrie dans le département de l’Yonne dépend fortement de l’industrie automobile. Entre
2008 et 2015 l’emploi dans la filière automobile a diminué de 19% dans la région et 25% à
l’échelle nationale.
FIGURE : EVOLUTION DU PARC AUTOMOBILE FRANÇAIS
2,3 millions de véhicules ont été mis sur le marché en 2015104 correspondant à un
renouvellement du parc automobile en 14 ans.
FIGURE : ACCROISSEMENT ANNUEL DU PARC AUTOMOBILE FRANÇAIS
104 Comité des Constructeurs Français d’Automobiles124
17 Analyse de la vulnérabilité du
territoire aux effets du changement
climatique
3 dimensions sont à prendre en compte : :
● La vulnérabilité des populations (santé, solidarités, formation)
● La vulnérabilité des activités (Agriculture, Tourisme, Industries, Infrastructures)
● La vulnérabilité des milieux (Biodiversité, Risques naturels, Ressources en eau)
En Bourgogne, comme en France, la tendance au réchauffement est d’ores et déjà visible. Le
réseau de stations Météo France relevant la température est suffisamment dense depuis
1961 pour calculer une moyenne régionale. Au début des années 2010, la température est
supérieure d’environ 1,5°C à celle observée entre 1961 et 1987105.
MOYENNE CALCULEE SUR LES STATIONS METEO FRANCE EN BOURGOGNE106
Sur cette courbe, la tendance au réchauffement est attribuée au forçage radiatif d’origine
anthropique (augmentation des concentrations en gaz à effet de serre), tandis que la
variabilité interannuelle et décennale est d’origine naturelle.
105 Le changement climatique en Bourgogne (1961 - 2040), Richard & Castel, 2012
106 Le changement climatique en Bourgogne (1961 - 2040), Richard & Castel, 2012125
Evolution des températures minimales
Le nombre d’épisodes de gelée diminuent.
Évolution (1961-1987) → (1988-2009) du nombre moyen de jours par an :
● de gel (T<0°C) : 89 à 63
● de forte gelée (T°<-5°C) : 23 à 12
● de très forte gelée (T°<-10°C) : 5 à 1
FIGURE : SIMULATION A 2100 DU NOMBRE DE JOURS DE GEL EN BOURGOGNE
En Bourgogne, les projections climatiques montrent une diminution du nombre de gelées en
lien avec la poursuite du réchauffement. À l'horizon 2071-2100, cette diminution serait de
l'ordre de 22 jours en plaine par rapport à la période 1976-2005 selon le scénario RCP4.5107
(scénario avec une politique climatique visant à stabiliser les concentrations en CO2), et de
36 jours selon le RCP8.5 (scénario sans politique climatique)108.
Evolution des températures maximales
Mais le nombre de jours de fortes chaleur augmente.
Évolution (1961-1987 1988-2009) du nombre moyen de jours par an :
● doux (T>10°C) : 262 à 274
● chauds (T°>20°C) : 117 à 126
● très chauds (T°> 30°C) : 11 à 18
107 Les scénarios RCP sont quatre scénarios de référence de l’évolution du forçage radiatif sur la période 2006-
2300. Le RCP 8.5 est le plus pessimiste.
108 http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/climathd126
La même étude décompte les jours où la température maximale (ou diurne) dépasse :
● 10°C : valeur nécessaire à la croissance de nombreuses plantes
● 20°C : valeur importante en termes de chauffage des bâtiments
● 30°C : température devenant inconfortable pour les hommes comme pour certaines
plantes qui réduisent leur activité
L’évolution du nombre de jours doux (T>10°C), de 262 à 274, se traduit surtout par une plus
grande précocité printanière. En outre, et comme sur l'ensemble de la Bourgogne, les
températures maximales augmentent davantage que les températures minimales, ce qui se
signifie une augmentation des amplitudes thermiques.
À l'horizon 2071-2100, en Bourgogne, les projections climatiques montrent une augmentation
du nombre de journées chaudes en lien avec la poursuite du réchauffement. Cette
augmentation serait de l'ordre de 18 jours par rapport à la période 1976-2005 selon le scénario
RCP4.5 (scénario avec une politique climatique visant à stabiliser les concentrations en CO2),
et de 47 jours selon le RCP8.5 (scénario sans politique climatique)109.
FIGURE : SIMULATION A 2100 DU NOMBRE DE JOURNEES CHAUDES EN BOURGOGNE
Précipitations
Dans un contexte plus chaud, les sécheresses hydriques (qui concernent l’eau dans le
sol), et hydrologiques (qui concernent les nappes phréatiques) sont renforcées. Pour
les sécheresses hydriques, sont prises en compte l’évaporation et l'évapotranspiration via les
plantes. Pour les sécheresses hydrologiques, on doit également considérer l’intensité des
prélèvements anthropiques (irrigation, eau à usage urbain...). Ainsi, même si les sécheresses
109 http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/climathd127
météorologiques ne sont ni plus fréquentes ni plus intenses depuis 1988, les sécheresses
hydriques et hydrologiques, du fait du réchauffement et des besoins accrus, sont plus
préoccupantes qu’auparavant.
FIGURE : EVOLUTION DES PRECIPITATIONS ET SCENARIOS D’EVOLUTION EN BOURGOGNE
En Bourgogne, quel que soit le scénario considéré, les projections climatiques montrent peu
d'évolution des précipitations annuelles d'ici la fin du XXIe siècle. Cette absence de
changement en moyenne annuelle masque cependant des contrastes saisonniers110.
FIGURE : EVOLUTION DES PRECIPITATIONS, CUMUL DES PRECIPITATIONS 111
110 http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/climathd
111 Auxerre est la station de relevés météorologique la plus proche du territoire128
Les épisodes de précipitations n’affichent pas de tendances particulières, on peut noter tout
de même que l’année 2017 est nettement soulignée par un cumul des précipitations inférieur
à la référence Auxerroise et aux autres années. Ainsi l’année 2017 a subi des vagues de
sécheresse de Mai à Octobre, en parti expliqué par le manque d’eau entre janvier et Mai.
FIGURE : MOYENNE PLUVIOMETRIQUE MENSUELLE D’AUXERRE 2012-2017
Les mois qui sont les plus sujet aux fortes précipitations sont Mai, Juin et Octobre avec un
niveau moyen de précipitations noté entre 78 mm et plus sur la période 2012 - 2017.
Mai et Juin 2013 et 2016 rehaussent le niveau moyen avec des précipitations bien supérieures
à la normale 112.
17.1 Arrêtés de catastrophes naturelles
La Loi du 13 juillet 1982 couvre en catastrophes naturelles les événements naturels suivants
(non exhaustif) : inondations ; ruissellement d'eau, de boues ; mouvements de terrains
argileux ; glissements ou effondrement de terrain ; séismes, etc.
Sur le territoire de la Puisaye-Forterre, on dénombre 117 arrêtés de catastrophes naturelles
entre 1982 et 2018. Parmi ces arrêtés, 82 concernent des inondations avec coulées de
boues consécutives à des épisode pluvieux, 29 des mouvements de terrains
consécutifs à un épisode de sécheresse et 6 consécutifs à une tempête.
Seule la commune de Ronchères ne compte aucun arrêté de catastrophe naturelle sur la
période. La commune de Toucy en compte 6, les communes d’Arquian, de Saint-Amand-en-
Puisaye et de Dampierre-sous-Bouhy en comptent 5, les communes de Diges et Lainsecq
comptent 4 arrêtés113.
112 Bulletins hydrologiques - Dreal BFC
113 Source : GASPAR129
CARTE : ARRETES DE CATASTROPHE NATURELLE PAR COMMUNE ENTRE 1982 ET 2018
Les principales zones affectées par les catastrophes naturelles et particulièrement celles par
inondation se situent non loin des cours d’eau. En 1982, les six communes de la Nièvres
(Arquian, Bitry, Bouhy, St Verain, St Amand en Puisaye, Dampierre sous Bouhy) ont été
touchées par des tempêtes durant la saison hivernale.
Les communes de Champignelles, Charentenay, Coulangeron, Merry-Sec, Mézilles, Parly,
Pourrain et Val-de-Mercy sont liés au risque d’inondation par une crue à débordement lent de
cours d’eau. Les inondations par débordement sont des inondations de plaine, elles se
produisent lorsque la rivière sort lentement de son lit mineur et inonde la plaine pendant une
période relativement longue.
NOMBRE D’ARRETES POUR CATASTROPHE NATURELLES PAR MOIS DE 1982 A 2018 EN
PUISAYE-FORTERRE130
En décembre 1999, 58 communes ont subi des inondations avec 58 arrêtés publiés.
Durant la période estivale, le territoire est marqué par des mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, et par des inondations (la teneur
en eau des terrains argileux étant liée aux variations climatiques saisonnières).
Les 58 communes sont sur une zone de sismicité de niveau 1 (très faible).
Le “mouvement de terrain différentiel” est la deuxième cause de catastrophes naturelles en
Puisaye Forterre et en France après les inondations. Ce mouvement est un des effets de la
sécheresse amplifié par le réchauffement climatique qui provoque des fissures dans les murs
des maisons sur sol argileux et parfois des effondrements (voir paragraphe Retrait-
Gonflement des argiles).
17.2 La vulnérabilité des milieux
De manière générale, les milieux subissent déjà de fortes perturbations (majoritairement
d'origine anthropique) qui les ont fortement fragilisés (aussi bien eux-mêmes que les services
écosystémiques qu'ils procurent). Or le changement climatique va amplifier ces perturbations,
avec des effets de seuils. Il est important d’avoir à l’esprit que plus un milieu est diversifié
(notamment par sa biodiversité) et plus il sera capable d’absorber une perturbation, de se
réorganiser et de continuer à fonctionner de la même manière qu’avant. A l’inverse, si un
milieu est déjà fragilisé, il aura d’autant plus de difficulté à faire face à de nouvelles
perturbations.
La ressource en eau
L’eau accumulée pendant les périodes pluvieuses ou lors d’évènements météorologiques
exceptionnels peut alimenter progressivement les nappes phréatiques et les cours d’eau. Mais
avec la disparition des milieux humides, qui jouent le rôle d’éponge et facilitent le transfert de
l’eau, les nappes ont plus de difficultés à se remplir.
Les milieux humides disparaissent le plus souvent par destruction volontaire (drainage pour
faciliter l'exploitation agricole ou forestière et construction d'étang). Dans le cas de drainages,
l'eau est évacuée rapidement hors de la parcelle concernée pour se retrouver dans un fossé
ou/puis directement dans un cours d'eau. L'eau n'est donc pas "stockée" pour des périodes
plus sèches et ne peut remplir les nappes.
Dans le cas des étangs, qui sont la très grande majorité des retenues d'eau de notre territoire,
l'objectif de la plupart des gestionnaires n’est pas de jouer un rôle de tampon, mais de garder
un niveau le plus stable possible puisque leur utilisation est récréative, quitte à ouvrir les
vannes lors de grosses pluies puis à la fermer quasi-totalement lors de sécheresses. De plus,
les retenues d’eau favorisent l’évaporation et donc une perte de la ressource (environ 2l/s/ha
selon les conditions météorologiques).131
CYCLE ANNUEL D'HUMIDITE DES SOLS EN BOURGOGNE, SOURCE METEO FRANCE
La comparaison du cycle annuel d'humidité du sol sur la Bourgogne entre la période de
référence climatique 1961-1990 et les horizons temporels proches (2021-2050) ou lointains
(2071-2100) sur le XXIe siècle (selon un scénario SRES A2114) montre un assèchement
important principalement en fin de siècle.
En termes d'impact potentiel pour la végétation et les cultures non irriguées, cette évolution
se traduit par un allongement moyen de la période de sol sec de l'ordre de 1 à 3 mois tandis
que la période humide se réduit dans les mêmes proportions.
La pression exercée sur les nappes d'eau superficielles et souterraines est très forte dans
l'Yonne. 14 captages d'eau potable ont été identifiés comme prioritaires dans le cadre de la
Loi Grenelle et 18 autres au titre de la "conférence environnementale".
Pour en savoir plus
La gestion quantitative de l'eau en agriculture, Philippe MARTIN, député du Gers, mission
auprès du Gouvernement, juin 2013
La gestion et l’usage de l’eau en agriculture, CESE, Florence Denier-Pasquier, avril 2013
Les cours d’eau
Le Loing (rivière) prend sa source à Sainte-Colombe-sur-Loing et parcourt la Puisaye et le
Gâtinais, il a un débit moyen de 19 m3/s et passe, entre autre, à Saint-Fargeau. Le Loing est
rejoint par les affluents suivants, en descendant son cours depuis sa source :
- Le Ru du Bourdon qui prend naissance à Treigny et se jette dans le Loing à Saint
Fargeau
114 SRES-A2 : scenario de croissance continue des émissions.132
- Le Ru des perches qui prend naissance à Saint-Martin-des-Champs et se jette dans le
Loing à Saint-Martin-des-Champs
- La Chasserelle qui prend naissance à Septfonds et Saint-Fargeau et se jette dans le
Loing à Bléneau.
L'Ouanne (rivière) prend sa source dans la commune de Ouanne, son débit moyen est de
4,8 m3/s. L'Ouanne a cinquante tronçons affluent référencés dont de nombreux bras. Les
principaux affluents sont :
- Le Branlin, distant de 43,7 km, prend naissance à Saints-en-Puisaye et se jette dans
l'Ouanne à Saint-Martin-sur-Ouanne.
- Le Peruseau, distant de 9,4 km, prend naissance à Sommecaise et se jette dans
l'Ouanne à Charny.
- La Chanteraine, distant de 8,8 km, prend naissance dans la forêt de La Ferté-Loupière
et se jette dans l'Ouanne à Douchy.
- Le ru du Cuivre, distant de 23 km, prend naissance sur la commune de Champignelles
dans l'Yonne, et se jette dans l'Ouanne à Douchy dans le Loiret.
La majorité des communes de Puisaye-Forterre appartiennent au Bassin Seine-Normandie
excepté les communes suivantes :
- Rogny-les-sept-écluses, Bléneau, Saint-Privé, Saint-Martin-des-champs, Saint-
Fargeau, Lavau, Saint-Amand-en-Puisaye, Treigny, Sainte-Colombe, Lainsecq et
Etais-la-Sauvin qui sont situées en partie sur le basin-versant Seine-Normande et en
partie sur le bassin-versant Loire-Bretagne.
- Arquian, Saint-Vérain, Bitry, Dampierre-sous-Bouhy, Bouhy et Saintpuits qui sont
intégralement situés sur le bassin versant Loire-Bretagne.
La Directive Cadre sur l’Eau définit le “bon état” d’une masse d’eau de surface lorsque l’état
écologique et l’état chimique de celle-ci sont au moins bons. L’état chimique est déterminé au
regard au respect des normes de qualité environnementale (NQE) par le biais de valeurs
seuils.
BASSIN VERSANT DE PUISAYE FORTERRE, SOURCE : BD TOPO, TRAITEMENT E.A.U133
ÉTAT OU POTENTIEL ECOLOGIQUE DES MASSES D’EAU RIVIÈ RES,
SOURCE : QUALITE RIVIERE, 2023115
D’un point de vue écologique :
- l’Ouanne, le Branlin, le Loing, la Cheuille, le Tholon présentent un bon état ;
- l’Agreau, la Vrille, le Beaune, de même que le ruisseau d’Andryes sont classés en
qualité moyenne ;
- la Trézée, le ruisseau Bourdon, le ru de Genotte et le ru du Cuivre présentent des
eaux de qualité médiocre ;
- la Chasserelle ainsi que le Frossards présentent un état mauvais.
La Puisaye-Forterre a été qualifiée de zone vulnérable avant 2012 «au titre de la directive
nitrates»116.
Les cours d’eau et le changement climatique : la hausse des températures entraîne et
entraînera sur les cours d’eau une diminution des débits, variable selon les saisons et des
modifications de leur régime thermique. La température influence l’ensemble des processus
écologiques liés à l’eau que ce soit :
- De façon directe : niveau des plans d’eau, distribution des migrateurs, interactions
proie-prédateurs, survie des espèces, taux de croissance, métabolisme des espèces
aquatiques des rivières et fleuves, etc.
115 SCoT Puisaye-Forterre – État initial de l’environnement, E.A.U, 2025
116 DRAAF 2017134
- De façon indirecte : rétention de nutriments, décomposition de la matière organique,
taux de saturation en oxygène dissous des milieux aquatiques, etc.
Les inondations entraînent des particules de sols dans les eaux superficielles dont celles des
intrants agricoles (engrais, pesticides) et des polluants d'origine industrielle, urbaine, routière
qui à pour conséquence l’augmentation de la turbidité des eaux, la modification de l'équilibre
trophique et peut même entraîner l'asphyxie des espèces aquatiques. L'envasement a un effet
négatif sur le développement des espèces (exemple : les alevins) et le lit des rivières peut
être colmaté ce qui interrompt l'échange avec les nappes alluviales.
Ces perturbations risquent même d'être d'autant plus significatives qu'elles sont déjà
présentes du fait du nombre important de plans d'eau (hausse des températures, colmatage
des lits de rivières, impact sur l'écoulement, disparition des migrateurs, évaporation de l'eau
(environ 2l/s/ha), et pollution lors des vidanges mal contrôlées (déversement brutal des
sédiments stockés par le plan d’eau dans la rivière).
Avec le réchauffement climatique, la ressource en eau, très sensibles aux variations, verra
ses indicateurs de qualité atteindre ou dépasser les seuils minimum et maximum imposés.
Une augmentation du nombre ou de l’intensité des impacts directs ou indirects est attendue.
La baisse de la qualité ainsi que de la quantité de nos ressources hydriques se répercutera
nécessairement sur les disponibilités en eau potable.
Les inondations
Les changements climatiques en cours sont susceptibles d’augmenter les épisodes de fortes
précipitations sur des temps courts. Lorsque des précipitations intenses tombent sur tout un
bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans les cours d'eau, d'où
des crues brutales et violentes provoquant l'inondation de certaines zones du territoire. Ce
phénomène est d'autant plus renforcé par la disparition des zones humides qui, de manière
totalement naturelle et gratuite, permettent l’expansion des crues et favorise l’infiltration de
l’eau dans le sol (et donc le rechargement des nappes),
CARTE : ATLAS DES ZONES INONDABLES EN PUISAYE FORTERRE135
Traversé par plusieurs rivières et situé sur un sol argilo-calcaire, le territoire est exposé aux
crues, dont certaines concernent des zones urbanisées. Les communes les plus exposées se
situent au pourtour des cours d’eau principaux du territoire de la Puisaye Forterre.
Si les pluies deviennent plus erratiques et orageuses, les régimes hydriques deviendront plus
volumineux voire torrentiels. Les berges actuelles n’y sont absolument pas adaptées.
Pour limiter le risque de crues, plusieurs actions préventives peuvent être mises en place :
- La préservation et la restauration des milieux humides est la mesure la plus efficace
- L’entretien des cours d’eau,
- La préservation des Zones d’Expansion des Crues (ZEC), restauration des
fonctionnalités des cours d’eau et de leurs annexes hydrauliques ainsi que des zones
humides alluviales ;
- En zone rurale, aménagements d'hydraulique douce (haies, zones enherbées,
fascines,...) et pratiques favorables à des sols plus filtrants sur l’ensemble du territoire
;
- Désimperméabilisation de surfaces qui n'ont plus lieu d'être imperméables ;
- Compensation systématique des surfaces imperméabilisées dans les nouveaux
projets d'aménagement ;
- Réguler les débits par des ouvrages dédiés en respectant la continuité écologique;
- Eviter l’urbanisation sur les zones à risques.
Biodiversité
Les activités humaines, par leurs actions de destruction directes ou indirectes des
milieux naturels, des espèces sauvages et de la fragmentation des espaces naturels,
sont la première cause de vulnérabilité de la biodiversité (impactant tous les services
écosystémiques dont nous bénéficions), avant les impacts du changement climatique.
L’impact du changement climatique à plusieurs conséquences plus ou moins irréversibles sur
les fonctions écologiques et donc sur tous les services écosystémiques dont nous bénéficions
:
- Fragilisation et disparition des habitats naturels et semi-naturels et d’espèces
sauvages ;
- Prolifération d’espèces exotiques envahissantes ;
- Migration des espèces.
En toute évidence, les services écosystémiques (oxygène, biomasse, alimentation,
pollinisation, stock de carbone, ...) rendus par la biodiversité seront diminués.
Importance des milieux humides
Le territoire est riche en zones humides117 (prairies humides, marais, bois humides, tourbières,
…) et en zones aquatiques (plans d’eau). Pour la plupart, elles sont situées non loin des cours
117 « On entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés
d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année »136
d’eau principaux : le Loing, l’Ouanne et le Branlin. Les zones humides, en tant qu’interface
entre les l’eau et le milieu terrestre, ont la capacité de réguler le régime hydrologique. De plus,
elles possèdent une capacité importante de stockage du carbone. Ainsi, les tourbières sont
l’écosystème le plus efficace pour le stockage du carbone à long terme.
CARTE : INVENTAIRE DES ZONES HUMIDES DE PLUS DE 4 HA EN PUISAYE FORTERRE (NON
EXHAUSTIF).
D’après les données de la DREAL Bourgogne Franche-Comté, le territoire est recouvert par
environ 16 654 ha de zones humides supérieures à 4 ha et sont réparties dans les différents
milieux naturels (forêts, prairies, zones agricoles, etc.). Il ne s’agit toutefois pas d’un
recensement exhaustif. Dans ces espaces, on recense de nombreuses espèces dont un
grand nombre d’espèces rares et/ou protégées liées à la grande diversité des milieux humides
présents (exemples : amphibiens, oiseaux, etc.).
CARTE : INVENTAIRE DES MARES EN PUISAYE FORTERRE (NON EXHAUSTIF).137
Ces zones humides font face, depuis plusieurs décennies, à plusieurs facteurs anthropiques :
- L’extension des zones urbaines
- L’intensification des pratiques
- L’aménagement des cours d’eau
- Espèces invasives introduites par l’homme
Plus de 50% des zones humides de France ont disparu depuis 1960 du fait des activités
humaines. Il s’agit donc d’autant de zones qui ne peuvent plus produire leurs services
écosystémiques (exemple : régulation des crues, stockage du carbone, etc.). Aujourd’hui, si
le rythme de dégradation a ralenti, il se poursuit toujours et les zones humides et leurs
services, déjà fragilisées, ne peuvent par conséquent qu’être davantage vulnérables au
changement climatique.
Zonages en faveur de la biodiversité
Les modifications brutales des conditions climatiques, associées à la réactivité trop faible des
espèces pour s’y adapter, pourraient causer la disparition de celles qui n'auront pas réussi à
se déplacer suffisamment vite pour rester dans leur « zone de confort » climatique. De plus,
du fait que toutes les espèces ne se déplacent pas à la même vitesse, les équilibres des
écosystèmes, qu’ils soient ou non naturels, vont se trouver bouleversés.
Les sites intégrés au réseau Natura 2000 au titre de la directive "Habitats, Faune, Flore"
sont désignés par arrêté ministériel. Le territoire possède deux sites Natura 2000 pour une
surface de 3 256 ha118.
Les différents sites concernés sont :
- Le site « Milieux humides et habitats à chauves-souris de Puisaye-Forterre » (FR
2601011) qui est intégralement situé sur le territoire de la Communauté de communes
de Puisaye-Forterre et porté par la collectivité. D’une superficie totale de 2 349 ha, il
est divisé en 15 entités réparties en Puisaye et Forterre. Sa richesse est due à une
grande diversité de milieux humides (tourbières, landes humides, prairies humides,
berges exondées, etc.) ainsi qu’à la présence de plusieurs espèces (chauves-souris,
poissons, insectes, etc.).
Ce site Natura 2000 est issu de la fusion de trois sites Natura 2000 et de 9 entités de
deux autres sites Natura 2000 :
- Site FR 2600991 « Tourbières, marais et forêts alluviales de la vallée du Branlin »
- Site FR 2601009 « Landes et gâtines de Puisaye »
- Site FR 2601011 « Etangs oligotrophes à littorelles de Puisaye, à bordures paratourbeuses et landes »
- Entité Saint-Fargeau du site FR 2601012 « Gîtes et habitats à chauves- souris en Bourgogne »
- 8 entités du site FR 2600975 « Cavités à chauves-souris en Bourgogne » situées sur le territoire de la CCPF
118 source : DREAL BFC138
- Le site « Pelouses, forêts calcicoles et habitats à chauves-souris du sud de la
vallée de l’Yonne et de ses affluents » (FR 2600974) qui est situé en partie sur le
territoire. Constitué de 19 entités pour une surface totale d’environ 4 000 ha, seul 4
d’entre elles sont situées, entièrement ou partiellement, sur le CCPF (pour une surface
de 907 ha). Il est porté par la Communauté de communes Avallon-Vézelay-Morvan.
Sa richesse est dû à la présence de milieux calcicoles tels que pelouses ou des landes
sèches ainsi que plusieurs espèces (insectes, chauves-souris, etc.).
Ce site Natura 2000 est issu de la fusion de 2 sites Natura 2000 et de XX entités de 2
autres sites Natura 2000.
- Site FR 2600962 « Pelouses associées aux milieux forestiers des
plateaux de basse Bourgogne » (situé en partie sur le territoire de la
CCPF)
- Site FR 2600974 « Pelouses et forêts calcicoles des côteaux de la Cure
et de l’Yonne en amont de Vincelles » (situé en dehors de la CCPF)
- Entité d’Île-sur-Serein du site FR 2601012 « Gîtes et habitats à
chauves-souris en Bourgogne » (situées en dehors de la CCPF)
- X entités du site FR 2600975 « Cavités à chauves-souris en
Bourgogne » (situées en dehors de la CCPF)
CARTE : SITES NATURA 2000139
Les zones naturelles d'intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF)119
s’étendent sur une surface de 77 080 ha (source : DREAL BFC). La Puisaye-Forterre
possède de nombreuses Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique
(ZNIEFF) de type I120 et de type II121. Ce sont des zones géographiques ayant pour objectif
d’identifier et de décrire des secteurs présentant une biodiversité riche.
CARTE : LOCALISATION DES ZNIEFF ET APPB.
Enjeux milieux humides : les arrêtés préfectoraux de protection des biotopes (APPB)
d’une surface supérieure à 20 ha. :
● Site à écrevisses à pieds blancs du ruisseau de Maurepas à Toucy : 118 ha ;
● Site à écrevisses à pieds blancs du ruisseau des Gauthiers à Toucy : 228 ha
● Site à écrevisses à pieds blancs du ruisseau des Fours à Toucy et Dracy: 399 ha
119 INPN - Liste des ZNIEFF - Yonne
120 Les ZNIEFF de type I sont des sites particuliers généralement de taille réduite, inférieure aux ZNIEFF de type
II. Ils correspondent à un très fort enjeu de préservation voire de valorisation de milieux naturels. 121 Les ZNIEFF de type II sont des ensembles géographiques importants, incluant souvent plusieurs ZNIEFF de
type I et pouvant faire l'objet de certains aménagements sous réserve du respect des écosystèmes généraux140
Chauves-souris
Le territoire de la CCPF possède des enjeux nationaux et internationaux sur certaines
espèces de chauves-souris.
21 espèces différentes de chauves-souris, toutes protégées par la loi, sont connues sur
le territoire à l’heure actuelle, ce qui traduit un enjeu très fort. Ce groupe d’espèces a
connue des baisses importantes de leurs effectifs lors de la 2ème moitié du XXème siècle ce qui
a entrainé une fragilité de leurs populations en France. Avec le changement climatique, les
proies des chauves-souris pourraient se raréfier. Mais la principale menace est anthropique
avec la disparition de leurs gîtes souterrains et épigés (au-dessus du sol) qu’ils soient
artificiels et/ou naturels (grottes mais également bâti et forêts), disparition de terrains de
chasses par évitement (pollution lumineuse, impact des éoliennes). La prise en compte de
ces espèces dans les projets en cours et à venir (éclairage public, rénovation des bâtiments,
développement des énergies renouvelables, etc.) est indispensable afin de garantir leur survie
ainsi que ceux des services qu’elles rendent à l’homme (exemple : prédation d’insectes
ravageurs ou porteurs de maladies).
Enjeux migratoires
Principalement oiseaux dont les grues sont la partie la plus visible. Notre Communauté
de communes est en effet située dans l’un des principaux couloirs aériens
internationaux de l’avifaune.
Les oiseaux ne sont pas nécessairement réactifs à ces changements et requièrent un temps
d’adaptation. Par ailleurs, les variations des paramètres migratoires étudiés entre les années
ne traduisent pas nécessairement les effets du changement climatique mais peuvent être
influencés par d’autres facteurs (conditions environnementales locales ou sur les trajets
migratoires)122. Il est toutefois indispensable de prendre en compte cet enjeu majeur dans les
projets à venir (développement des énergies renouvelables, etc.)
Zones forestières
L’espace boisé en Puisaye-Forterre est estimée à 48 000 hectares, essentiellement
composée de feuillus. Cette forêt assez morcelée (10% de la surface est sous plan simple de
gestion) possède cependant de bonnes capacités de production en chêne. Les anciens taillis
sous futaie doivent être soit améliorés soit renouvelés ce qui n’est pas toujours réalisé pour
des questions de coût et de méconnaissance des techniques pour une partie des
propriétaires.
L’état d’une forêt est un indicateur de sa vulnérabilité face au réchauffement climatique, dans
le cas où elle est en bonne santé elle aura tendance à absorber de grande quantité de CO2.
122 http://epob.free.fr/spip/IMG/pdf/Avifaune_et_changement_climatique_2013.pdf141
CARTE : RESERVOIRS DE BIODIVERSITE, SOURCE SCOT PFVY
Les risques d’incendies
L’intensité du changement climatique et
sa rapidité peuvent se conclure par
l’occurrence de risques comme les
incendies. Cependant, le rapport
interministériel sur l’évolution des risques
d’incendies à l’horizon 2040 ne démontre
pas, une augmentation des incendies en
Puisaye Forterre123.
La carte de sensibilité aux feux de forêts
à l'horizon 2040 :
Les feux de champs sont bien plus
fréquents que les feux de forêts sur le
territoire. Le vecteur chaleur affecte les
engins agricoles et ont tendance à être la
source d’incendies.
123 Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts – Juillet 2010142
Les bio-agresseurs
Le changement climatique peut favoriser le développement des bio-agresseurs (insectes,
maladies)124 :
En 2017, la processionnaire du chêne a été observée ponctuellement sur des secteurs où elle
n’avait pas ou peu été détectée depuis de nombreuses années : en Haute-Saône (depuis
2007) et dans l’Yonne. Aucune forte pullulation avec défoliations totales n’a été notée.
Le sphaeropsis des pins (champignon), a été fortement signalé, particulièrement au cours de
l’été et de l’automne, sur les plateaux et coteaux calcaires de l’Yonne. C'est un champignon
endophyte capable de coloniser divers tissus des pins. Il est associé à une grande variété de
symptômes car il peut devenir pathogène sous l'effet de différents stress enclenchant un
déséquilibre temporaire au sein des arbres. Dans les cas présents, les épisodes de
sécheresses de 2017 en sont responsables. Par son développement, le champignon participe
ainsi localement à des dépérissements (tous les pins étant affectés : sylvestre, noir, laricio...).
Les dépérissements liés au stress hydrique lors des périodes de sécheresses125 :
Effet de la sécheresse sur les arbres : le déficit hydrique présent dans l’air et dans le sol
affecte l’alimentation en eau. La réponse de l’arbre peut être rapide et/ou à long terme ; elle
peut se traduire par une rupture hydraulique et/ou un manque de carbone. En cas d’action
prolongée, le stress peut conduire à la mort de tout ou partie de l’arbre126.
Les mouvements de terrain
Les systèmes culturaux intensifs et le tassement des sols argileux en zone d’élevage, du fait
d’une pression pastorale forte, d’un retournement des terres réguliers, de la suppression des
haies et des sols nus en période hivernale (associés à des pentes importantes) ainsi que
d’une mauvaise gestion de l’herbe, contribuent à l’imperméabilisation des sols. Ces derniers
absorbent moins les eaux de ruissellement, ce qui accentue les risques de coulées de boue
et d’inondation.
124 Bilan dsf 2017 Bourgogne Franche Compté
125 Changement climatique et forêts - academie-foret-bois
126 Source : Lefèvre et al, 2013143
L’érosion des berges est un phénomène régressif d’ablation de matériaux, dû à l’action d’un
écoulement d’eau turbulent. Elle provoque une instabilité des berges pouvant accroître la
vulnérabilité des terres avoisinantes face aux épisodes d’inondation. Les formations affectées
sont des alluvions (sables, limons et graviers). Le territoire est jonché de cours d’eau et il est
possible que ce phénomène les impacts.
Les glissements de terrain correspondent à des mouvements de masse, affectant
généralement tout un versant. Trois paramètres sont déterminants dans la survenance de
glissements de terrain : la nature géologique des terrains, la pente et la présence d’eau dans
le sol. Dans l’Yonne, les glissements de terrain représentent 8% des mouvements de terrain.
Ils sont caractérisés par un mouvement rotationnel très lent et une surface de rupture
profonde.
Plusieurs cavités souterraines d’origine naturelle, surtout dans le secteur de Saint-Fargeau et
le long de la vallée du Loing, peuvent engendrer un risque d’effondrement. La moitié des
mouvements de terrain en Bourgogne ont d’ailleurs pour origine les effondrements de cavités
souterraines. Ces cavités résultent de la nature du sous-sol qui se distingue dans la région
par la présence de calcaires massifs. Sous l’effet des circulations d’eau souterraines, le
calcaire se dissout pour laisser place à des vides souterrains nommés « karsts ». Lorsque ces
réseaux karstiques se rapprochent de la surface, le sol en surface peut s’affaisser
progressivement (créant des « dolines »), voire s’effondrer brutalement en provoquant des
mouvements de terrain. Ce même risque peut également découler de l’exploitation de
carrières, nombreuses sur le territoire127.
Le retrait-gonflement des argiles
Le phénomène de retrait-gonflement concerne exclusivement les sols à dominante argileuse.
Ce sont des sols fins comprenant une proportion importante de minéraux argileux et le plus
souvent dénommés “ argiles “, “ glaises “, “marnes “ ou “ limons “. Ils sont caractérisés
notamment par une consistance variable en fonction de la quantité d’eau qu’ils renferment :
plastiques, collant aux mains, lorsqu’ils sont humides, durs et parfois pulvérulents (poudreux)
à l’état desséché. Les sols argileux se caractérisent essentiellement par une grande influence
de la teneur en eau sur leur comportement mécanique
Ce phénomène est dû pour l’essentiel à des variations de volume de formations argileuses
sous l’effet de l’évolution de leur teneur en eau. Ces variations de volume se traduisent par
des mouvements différentiels de terrain suite aux variations de températures saisonnières,
susceptibles de provoquer des désordres au niveau des sols. Ainsi, avec le changement
climatique les sécheresses estivales risquent de s’intensifier, et parallèlement, la sinistralité
pourrait augmenter.
Sous une maison, l’évaporation ne peut se produire qu’en périphérie. Il apparaît dans un
premier temps un gradient entre le centre du bâtiment (équilibre hydrique) et les façades, et
dans un second des mouvements différentiels.
127 SCoT Puisaye-Forterre144
Gauche: schématisation de la dessiccation des sols argileux en période sèche
Droite: Schéma du risque de retrait et gonflement des argiles – Source : Yonne.gouv.fr
Le coût global des sinistres entre 1989 et juin 2010 sur le territoire de l’Yonne est de 4,5
milliards d’euros (dont 1,08 milliards en 2003) (2ème poste après les inondations). L’Yonne
se situe en 35ème position en coût indemnisé. Coût moyen d’un sinistre : 10 à 15 k€ (1 à 100
k€).128
C’est un risque naturel qui coûte très cher à la collectivité mais qu’on peut facilement prévenir
sans limiter la constructibilité des secteurs concernés.
128 Impact financier du phénomène145
CARTE DE SUSCEPTIBILITE ET NIVEAU D’ALEAS DE RETRAIT-GONFLEMENT DES ARGILES
SUR LE TERRITOIRE PUISAYE-FORTERRE129.
Le risque retrait-gonflement des sols argileux sur le territoire Puisaye Forterre se situe
majoritairement entre deux critères : faible et moyen. Huit communes présentent des secteurs
à risques de fort aléas (Yonne : Beauvoir, Diges, Fontaines, Leugny, Levis, Parly, Pourrain et
Toucy). Depuis 2018, l’article 68 de la loi Elan impose la réalisation d’une étude géotechnique
à partir de l’aléa moyen
17.3 La vulnérabilité des activités
L’adaptation au changement climatique porte sur de nombreux thèmes : agriculture,
viticulture, pêche, forêt, artisanat, industrie, habitat, urbanisme, bâtiment, énergie, transport,
santé, commerce, banque et assurance, formation, patrimoine, sport, loisirs, risques, eau,
biodiversité, montagne, littoral, tourisme....
L’agriculture
L’enjeu actuel est de satisfaire les besoins en alimentation d’une population à la hausse et se
repose sur l’augmentation des rendements de productions pour pallier à des surfaces
agricoles limitées.
129 GEORISQUES146
Par l’action des différentes composantes (température, rayonnement, pluies) et par l’effet de
l’augmentation du CO2, le changement climatique affectera la croissance et le développement
des espèces cultivées. A ce jour aucune étude certifie que les effets seront favorables ou
défavorables. Cependant, si la hausse de température est faible il sera possible d’observer
des effets bénéfiques, mais au-delà de +2 °C la tendance s’inversera car un climat chaud
deviendra instable. Autrement, l’accélération du déroulement des rythmes phénologiques,
avec le réchauffement, entraînera l’avancement quasi général des dates de récolte.
L’augmentation des températures et l’avancement de la phénologie auront chez les cultures
pérennes des répercussions particulières sur la qualité des produits. La baisse marquée des
précipitations printanières et estivales et l’accroissement de l’évapotranspiration potentielle
vont affecter à la hausse les besoins en irrigation des cultures de printemps et d’été. Le stress
hydrique aura des répercussions sur l’état de surface des sols cultivés. Plus précisément,
l’humidité dans les sols sera suffisamment faible pour permettre l’usage des engins agricoles
dans les parcelles. La conséquence directe sera une diminution des rendements130.
Néanmoins, dans le cas d’une faible élévation de température la diminution du taux d’humidité
des sols peut être bénéfique pour la Puisaye-Forterre qui souffre généralement d’excès
d’humidité.
En ce qui concerne l’élevage, les animaux sont dépendants de la disponibilité fourragère et
de la ressource en eau. Une élévation de la température, impactera le confort des animaux
durant la saison estivale et pourrait favoriser le développement des risques pathogènes.
Face à ce défi, de nouvelles pratiques culturales et de nouveaux intrants apparaissent :
engrais, bio stimulants, activateurs de sol, produits phytopharmaceutiques, semences et
plants, équipements, conduite… Ils sont nouveaux par leur technologie, ou par leur usage
parfois basés sur des principes millénaires.
Urbanisme et infrastructures
L’augmentation et l’accentuation des périodes de forte chaleur sont susceptibles de conduire
à la dégradation des infrastructures routières (ramollissement des routes, création d’ornières
etc.) et ferroviaires (déformation des voies). Les besoins d’entretien, plus importants,
entraînent un surcoût.
130 https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/20140519_projet-climator-cultures.pdf147
L’inconfort thermique dans l’habitat et dans les transports sera un enjeu important. Or, face à
cette situation, la tendance majeure est le recours massif à la climatisation individuelle, une
mesure d’adaptation spontanée en contradiction avec les enjeux d’atténuation des émissions
de gaz à effet de serre et de réduction des consommations d’énergie. Si les vieux bâtiments
en pierre ont une inertie thermique suffisante, le bâti de l’après-guerre est particulièrement
vulnérable. Les personnes fragiles vivant dans des zones de fort ilots de chaleur urbaine sont
les plus touchées.
Le déséquilibre des sols pourrait fragiliser les fondations des bâtiments et infrastructures, via
des phénomènes rapides (effondrement des cavités souterraines, coulées boueuses et
torrentielles) ou lents (retrait-gonflement des argiles, tassements et affaissements des sols).
Les zones urbanisées peuvent également être très vulnérables aux inondations et notamment
à des inondations de grande échelle.
Comment diminuer la vulnérabilité ?
- Eviter l’urbanisation des zones à risques (éviter les pressions foncières) ;
- Limiter le ruissellement : limiter l’imperméabilisation des sols, mettre en place des
aménagements de rétention, noues, fossés, haies, chaussées-réservoirs … ;
- Protéger les zones humides qui jouent un rôle de tampon ;
- En généralisant les études géotechniques.
La production énergétique
On observe déjà une augmentation de la consommation énergétique finale durant les saisons
estivales via des systèmes de climatisations de plus en plus nombreux.
De façon générale les installations sont exposées à des risques de pertes en cas
d'inondations, de tempêtes, d’incendies et de glissements de terrain.
- Activité des éoliennes : risque de variation des vitesses de vents ;
- Activité des centrales solaire PV et à concentration : probable augmentation du
potentiel (rayonnement direct) en Bourgogne-Franche Comté ;
- Activité des installations solaire PV : risque de diminution de l’efficacité, sous l’effet de
l’augmentation de la température ;
- Activité de la production de biomasse : risque de non disponibilité ou de prix élevé de
la ressource ;
- Le réseau de transport d’électricité aérien : risque de rupture du fait d'évènement
climatiques extrêmes ;
- Activité des centrales nucléaires : risque d'arrêt et de perte d'efficacité du fait de
l’augmentation de la température de l’eau et de l’air, et/ou de la diminution des niveaux
d’eau. Variabilité saisonnière importante.
- La production de biocarburant dépend des rendements des cultures, de la concurrence
sur l’usage des sols, des contraintes imposées à l’agriculteur et dépend de l'élévation
du prix de la matière première131.
131 http://etem-ar.ordecsys.com/base.php?code=31148
Le tourisme
Bien que le tourisme soit en partie responsable du réchauffement climatique, il le subit
également.
La baisse de disponibilité de l'eau et les sécheresses pourraient entraîner une concurrence
sur l'usage de l'eau, avec de nouvelles synergies à trouver entre les acteurs. La
consommation d'eau pour le tourisme est relativement modeste mais intervient à la période
où l'eau est la plus rare. L’influence peut être directe par l’augmentation des températures
spécialement marquée en été et avec une tendance à la hausse des températures maximales.
Les points d’eau et l’utilisation de l’eau intérieure sont importants pour le tourisme en saison
estival mais sont confrontés à des problématiques tel que les restrictions d’eau132, les
phénomènes d’eutrophisation et diverses formes de pollutions de l'eau (vulnérabilité du
département dû aux nitrates) peuvent apparaître. Les personnes les plus vulnérables aux
vagues de chaleur généralement sont les personnes âgées qui représentent 44 % des
visiteurs de l’Yonne133.
On peut anticiper une aggravation de la vulnérabilité de la santé humaine et du tourisme due
aux événements extrêmes (canicules, inondations, feux de forêt...). Les touristes sont
particulièrement vulnérables aux risques naturels, pour plusieurs raisons : culture du risque
différente, moindre accès à l’information sur les risques et les procédures d’urgence.
Pour l’industrie du tourisme, il est donc primordial non seulement d’avoir des mesures
d’atténuation du changement climatique mais aussi de prendre des mesures d’adaptation à
ce changement.
17.4 La vulnérabilité des populations
La santé des populations
L'introduction volontaire ou non de certaines espèces animales et végétales pourrait causer
de véritables problèmes de santé publique : apparition du frelon asiatique dans nos zones
urbaines, introduction de plantes à pollens allergisants... Ainsi, un réchauffement du climat
amènerait des déplacements vers le Nord de nombreuses espèces végétales dont certaines
très allergisantes. Par exemple, la répartition géographique du cyprès, arbre représentatif de
la flore méditerranéenne, pourrait rapidement s'étendre jusqu'en Bourgogne134.
Si les impacts sur l'agriculture sont trop importants, il faut s'attendre à une baisse de la qualité
nutritionnelle de nos repas et donc un affaiblissement de la santé générale.
Une possible augmentation des maladies liées à une plus forte exposition aux ultra-violets.
132 Les services de l'État dans l'Yonne
133 Yonne - les chiffres clés du tourisme, 2016 -2017
134 Wiklimat149
La moindre disponibilité de la quantité d’eau potable pourrait entraîner une détérioration des
conditions d’hygiène générale et conduire à une augmentation de pathologies spécifiques.
Une baisse de la qualité de l’eau potable est à craindre à cause de plusieurs phénomènes
(submersion de certains captages d’eau potable lors de fortes pluies, sécheresse suivie
d’épisodes pluvieux générateurs de pics de pollution par les nitrates, augmentation de la
température de l’eau froide dans les réseaux intérieurs d’immeubles propice à la prolifération
des bactéries (Legionella…). Les eaux de baignade pourraient être d’une moindre qualité,
entraînant des risques de contamination pour l’homme 135.
Comment diminuer la vulnérabilité ?
- La sensibilisation de la population : communiquer sur les risques sanitaires d’origine
climatique, les alertes météorologiques, diffuser des conseils de prévention, faire une
« éducation thérapeutique » des personnes à risque en leur conseillant les gestes à
faire… ;
- Surveillance sanitaire : surveillance épidémiologique des maladies, de leurs vecteurs
et des hôtes réservoirs (oiseaux, moustiques, tiques, acariens...) et des facteurs
environnementaux qui favorisent leur propagation ;
- Contrôle des installations et des lieux à risques : renforcement de la surveillance de la
chaîne du froid, contrôle sanitaire de la qualité des rejets et des eaux situées en aval
des points de rejets des effluents, renforcement de la protection des captages, suivi
des mesures de toxines algales, nitrates … ;
- Le bâti a un rôle important à jouer. Mais les échanges et la concertation existent peu
entre le monde de la santé et de l’urbanisme/bâtiment.
La mortalité et la morbidité liées à l’hyperthermie
L'augmentation des températures, n'est pas sans conséquence sur la santé des personnes.
Les températures caniculaires contribuent directement à la mortalité par maladies
cardiovasculaires ou respiratoires, en particulier chez les personnes âgées ou vulnérables.
Sur un plan météorologique, la vague de chaleur est souvent définie par au moins 3 jours
successifs de température ambiante supérieure à 32 °C
Comment diminuer la vulnérabilité ?
L’alerte météorologique devant une vague de chaleur permet de diffuser des messages
simples destinés à la population et aux personnels soignants : éviter l’activité physique, boire
de manière plus importante, consommer une nourriture salée, augmenter le temps passé dans
135 Bourgogne Ademe - publication changement climatique150
des structures disposant de l’air conditionné, éviter l’alcool, prendre régulièrement des
douches, porter des vêtements amples souples et clairs et ne pas s’exposer au soleil.
Pollution à l’ozone
L’ozone est formé à partir de réactions chimiques entre les oxydes d’azote (NOx) et les
composés organiques volatils (COV), sous l’effet du soleil. L'ozone peut également
s'accumuler progressivement dans les masses d'air des zones rurales situées sous les vents
par rapport aux rejets de polluants.
L’ozone a un impact important sur la santé : il peut pénétrer profondément dans l’appareil
respiratoire et provoquer une réaction inflammatoire bronchique au niveau cellulaire, d’où une
toux sèche et une gêne respiratoire. Des effets cardiovasculaires sont également constatés.
L’augmentation des niveaux d’ozone est corrélée à une augmentation des hospitalisations et
à des décès prématurés.
Des études menées dans 18 villes françaises ont montré que le risque de décès associé à
l’ozone et aux particules fines était plus important les jours chauds. Il y a ainsi une synergie
entre les effets négatifs des polluants et la température136.
Comment diminuer la vulnérabilité ?
- En réduisant les émissions de méthane, on contribue à réduire le réchauffement
climatique et on réduit également les niveaux d’ozone.
136 INVS - Ozone chaleur et santé151
19 En Conclusion
19.1 Les principaux éléments du diagnostic
1. Le territoire est fortement dépendant aux énergies fossiles, notamment pour la
mobilité et le logement. L’activité du territoire est donc vulnérable à une baisse de
l’approvisionnement.
2. Le secteur agricole est prioritaire si l’on souhaite agir sur les émissions de GES du
territoire
3. La pollution de l’air, de l’eau et des sols ne peut être synthétisée en un indicateur
unique. Les pratiques agricoles et forestières, l’artificialisation des sols et les rejets
des activités humaines (hydrocarbures, métaux, …) sont au cœur de cette
thématique qui impactent la biodiversité, la santé humaine et la qualité de vie.
4. La transition est un chantier colossal et il y a un décalage d’un facteur 10 à 100 entre
les actions réellement mises en œuvre et les engagements pris. Les expériences
menées sur le territoire avec l’outil Destination Tepos montrent que les actions mises
en place, même si elles vont dans le bon sens et doivent être continuées, ne répondent
pas aux ordres de grandeurs nécessaires à l’atteinte des objectifs affichés. L’exemple
le plus frappant étant la rénovation thermique du résidentiel qui nécessiterait
d’atteindre 500 rénovations thermiques performantes par an pour pouvoir réellement
espérer devenir un territoire à énergie positive.
19.2 Enjeux financiers
La transition nécessite de nombreux investissements, parfois peu ou non rentable.
En 2013, le PIB par habitant s’établit à 25 491 euros en Bourgogne-Franche-Comté. En
rapportant ce montant à la population de Puisaye-Forterre, il est possible d’estimer le PIB local
aux alentours de 900 millions d’euros. La facture énergétique du territoire s’élève à 100-120
millions d’euros par an, soit 11% à 13% du PIB local.
La rénovation BBC sur 30 ans de l’ensemble du parc de logement en résidence principale,
soit environ 500 logements rénovés par an, en prenant comme hypothèse 100 000 € par
rénovation (thermique et hors-thermique), s’élève à 50 millions d’euros par an, soit environ la
moitié de la facture énergétique annuelle du territoire. Celle-ci ne serait cependant pas
totalement réduite à zéro.
Une des questions centrales reste donc les mécanismes d’incitations et d’obligations à mettre
œuvre afin de flécher les flux économiques vers une transition du territoire.152
Dans un monde sous contrainte budgétaire, où la croissance ne reviendra pas, pour des
causes physiques - tous les projets ne pourront être financés. Pour répondre aux enjeux
du PCAET, il sera donc utile de cibler en priorité les actions ayant un impact réel sur :
les émissions de gaz à effet de serre
les consommations d’énergies fossiles
l’emploi
la balance commerciale du territoire
Le plan d’actions permettra de détailler et d’optimiser le fléchage des finances publiques.
19.3 Enjeux sociétaux et politiques
« Choisir » la sobriété est difficile dans notre société de consommation, car cela demande de piloter de manière délibérée des évolutions comme :
● diminuer la surface de logement par personne (à ne pas confondre avec la performance du bâtiment qui augmente à surface constante, ça c’est de l’efficacité), ● avoir des voitures plus légères, plus petites, moins puissantes, moins équipées (le low cost est donc une forme de sobriété),
● baisser le kilométrage annuel en voiture
● avoir des appareils électroménagers moins performants (frigo plus petit, aspirateur moins puissant, etc), les renouveler moins souvent
● moins prendre l’avion pour ceux que cela concerne ,
● manger moins de viandes rouges, proposer des menus végétariens dans les cantines ● acheter moins d’objets neufs
● etc…
Aucun scénario réaliste n’est tenable sans une modification profonde de nos modes de vie.
Néanmoins l’alternative est une dégradation successive des conditions de vie. La transition
est donc un projet politique complet.
Il sera nécessaire d’accompagner cette transition d’une vision positive pour le territoire.153
20 Annexes
20.1 Potentiel de Réchauffement Global (PRG) à 100 ans
Désignation (et/ou
formule chimique)
Valeurs du second
rapport du GIEC (1996),
utilisées pour les
inventaires nationaux
publiés avant 2014
Valeurs du quatrième
rapport du GIEC (2006),
désormais utilisées pour
réaliser les inventaires
nationaux
Valeurs issues du
cinquième
rapport d’évaluation
du GIEC (2013),
utilisées pour le
présent PCAET
Dioxyde de carbone
(d'origine fossile) CO2
1 1 1
Méthane (notamment
biogénique)137
21 25 28
Protoxyde d'azote N2O 310 298 265
Hexafluorure de
soufre SF6
23 900 22 800 23 500
HFC-125 2 800 3 500 3 170
HFC-23 11 700 14 800 12 400
HFC-152a 140 437 138
HFC-143a 3 800 4 470 4 800
HFC-227ea 2 900 5 310 2 640
HFC-365mfc 794 804
HFC-43-10 mee 1 300 1 640 1 650
HFC-134a 1 300 1 430 1 300
HFC-32 650 675 677
C2F6 9 200 12 200 11 100
CF4 6 500 7 390 6 630
C5F12 7 500 9 160 8 550
C3F8 7 000 8 830 8 900
C4F10 7 000 8 860 9 200
C6F14 7 400 9 300 7 910
Trifluorure d'azote NF3 17 200 16 100
137 On remarque l’évolution du PRG du méthane, qui était évalué à 21 fois celui du CO2 en 1996, puis
réévalué à 28 en 2013, soit une augmentation de +7% des émissions de notre territoire, contrebalancé par la baisse du PRG du protoxyde d’azote.154
20.2 Annexe - Facteurs d’émissions
Les facteurs d’émissions utilisés sont issus de la Base Empreinte de l’Ademe :
https://base-empreinte.ademe.fr/
20.3 Annexe - Facteurs de conversions pour l’énergie
Stères, baril, pieds cube, Tep, Joules, BTU, kWh, GWh,... les unités utilisées pour parler
d’énergie sont (trop) nombreuses, nous ne présentons ici que quelques ratios de conversions,
majoritairement pour le bois énergie :
Conversions Valeur Unité Définitions Source
1 stère 0,63 m3
Tronçonné en billons d’1 m de
longueur et empilé, 1 stère = 0,65 m3
en moyenne
CNPF
1 m3 1,5 stère 1 m3 réel = 1,3 à 1,6 stère (moyenne : 1,5) CNPF
1 stère 1,7 MAP Déchiqueté en plaquettes, 1 stère = 1,7 MAP environ CNPF
1 m3 2,5 MAP 1 m3 réel = 2,5 MAP environ CNPF
1 m3 frais 900 kg
1 m3 réel de feuillus « lourd » frais
pèse 900 kg et 1 stère du même bois,
650 kg environ.
CNPF
1 stère même bois 650 kg
1 m3 réel de résineux ou feuillus
tendres frais pèse 750 kg et 1 stère du
même bois, 550 kg environ.
CNPF
1 MAP frais 350 kg 1 MAP de bois frais pèse de 300 à 350 kg et CNPF
1 MAP séché (30%
hum.) 250 kg
1 MAP de bois ayant séché quelques
mois (25 à 30 % d’humidité) pèse
environ 250 kg.
CNPF
1 t bois 0% hum. 5000 kWh
1 tonne de bois à 0 % d’humidité après
passage en étuve produit environ 5000
kWh, avec peu d’écarts entre les
différentes essences de bois.
CNPF
1 tonne bois frais 2200 kWh 1 tonne de bois frais peut dégager 2200 kWh CNPF
1 tonne bois sec
max 30% hum 3650 kWh
1 tonne de bois sec (à 30% d’humidité
maximum) en produit 3650 kWh en
moyenne.
CNPF
1 stère bois sec 1500 kWh
1 stère de bois sec contient de 1500 à
2000 kWh d’énergie selon les
essences.
CNPF
1 MAP frais 730 kWh 1 MAP de plaquettes fraîchement déchiquetées dégage 730 kWh en CNPF155
moyenne et
1 MAP sec 1200 kWh
1 MAP de plaquettes sèches (à au plus
30 % d’humidité) en fournit 1200 en
moyenne.
CNPF
1 tonne granulés 8%
hum. 4600 kWh
Les granulés, à 8 % d’humidité
seulement, ont un pouvoir calorifique
de 4600 kWh la tonne en moyenne.
CNPF
1 tonne Plaquettes
d'industrie 2 200 kWh PCI
Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au
DPE
1 tonne Plaquettes
forestières 2 760 kWh PCI
Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au
DPE
1 tonne Granulés,
briquettes 4 600 kWh PCI
Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au
DPE
1 stère de Bûches 1 680 kWh PCI Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au DPE
1 tonne
d’équivalent
pétrole (tep)
41.9 gigajoules tonne d’équivalent pétrole AIE
1 tonne
d’équivalent
pétrole (tep)
11630 kWh tonne d’équivalent pétrole AIE
1 tonne propane 13 800 kWh PCI Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au DPE
1 tonne butane 12 780 kWh PCI Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au DPE
1 litre de butane 6.9 kWh PCI Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au DPE
1 litre de Pétrole
brut, gazole, fioul
domestique
9.97 kWh PCI
On pourra retenir qu’un litre d’essence
à la pompe contient environ 10 kWh
Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au
DPE
1 kWh PCS 1.11 kWh PCI Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au DPE
Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) donne le dégagement maximal théorique de la chaleur
lors de la combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur d'eau produite lors
de la combustion.
Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) des combustibles est exprimé en kilowattheures. Il exclut
de la chaleur dégagée la chaleur de condensation de l'eau supposée restée à l'état de vapeur
à l'issue de la combustion.
Les compteurs d'énergie affichent une quantité d'énergie finale PCS.
Les rendements des chaudières sont généralement exprimés en % sur le PCI. Ceci explique
pourquoi il est possible d'entendre parler de rendements de chaudières à condensation
supérieurs à 100 %. Dans ce cas, le rendement est calculé à partir du PCI, ce qui "gonfle"156
artificiellement le rendement affiché. Ce procédé, permet de réellement comparer tous les
types de chaudières (à condensation ou non) sur un pied d'égalité. Par contre, une valeur
supérieure à 100 % n'a aucun sens physique. Le rendement calculé sur PCS - qui est toujours
inférieur à 100 % - devrait être utilisé pour évaluer les rendements de toutes les chaudières.
Énergie primaire / énergie finale / énergie utile
● énergie primaire : énergie brute, c'est-à-dire à la source et non transformée (houille,
lignite, pétrole brut, gaz naturel, électricité d'origine hydraulique ou nucléaire) ; ce
critère sert à mesurer le taux d'indépendance énergétique national ;
● énergie finale (ou disponible chez l'utilisateur) : énergie qui se présente sous une
forme « raffinée » pour sa consommation finale (essence à la pompe, fioul ou gaz «
entrée chaudière », électricité aux bornes de l'appareil...) ; la consommation thermique
finale est donnée avec ou sans correction du climat ;
● énergie utile : énergie dont dispose effectivement l'utilisateur après la dernière
conversion par ses propres appareils (rendement global d'exploitation).
Par convention, les facteurs de conversion de l'énergie finale (exprimée en PCI) en énergie
primaire sont les suivants :
● 2,58 pour l'électricité ;
● 1 pour les autres énergies.
Pour en savoir plus
Energie primaire ou énergie finale ?, Enertech, 2009
Vous êtes plutôt primaire, ou plutôt final ? Jancovici, 2014157
20.4 Annexe - Scopes
Les principales normes et méthodes internationales définissent 3 catégories d’émissions :
- Émissions directes de GES (ou SCOPE 1)
- Émissions à énergie indirectes (ou SCOPE 2)
- Autres émissions indirectes (ou SCOPE 3)
Scope 1 - Émissions directes de GES
Émissions directes provenant des installations fixes ou mobiles situées à l’intérieur du
périmètre organisationnel, c'est-à-dire émissions provenant des sources détenues ou
contrôlées par l’organisme comme par exemple : combustion des sources fixes et mobiles,
procédés industriels hors combustion, émissions des ruminants, biogaz des centres
d’enfouissements techniques, fuites de fluides frigorigènes, fertilisation azotée, biomasses…
Scope 2 - Émissions à énergie indirectes
Émissions indirectes associées à la production d’électricité, de chaleur ou de vapeur importée
pour les activités de l’organisation.
Scope 3 - Autres émissions indirectes
Autres émissions indirectement produites par les activités de l’organisation qui ne sont pas
comptabilisées au scope 2 mais qui sont liées à la chaîne de valeur complète comme par
exemple : l’achat de matières premières, de services ou autres produits, transport amont et
aval des marchandises, utilisation et fin de vie des produits et services vendus, immobilisation
des biens et équipements de productions…
Les estimations du présent document sont basées sur le scope 2, selon la
méthodologie adopté par la plateforme OPTEER.
20.5 Annexe - Réseau de bornes pour les véhicules
électriques
Amenageur
et Opérateur id_station Adresse
SDEY FR*S89*P89046*A Place du 11 novembre 89220 BLENEAU
SDEY FR*S89*P89046*A Place du 11 novembre 89220 BLENEAU
SDEY FR*S89*P89073*A Rue Jean Jacques Rousseau 89350 CHAMPIGNELLES
SDEY FR*S89*P89073*A Rue Jean Jacques Rousseau 89350 CHAMPIGNELLES
SDEY FR*S89*P89086*A 40 Grande Rue 89120 CHARNY OREE DE PUISAYE
SDEY FR*S89*P89086*A 40 Grande Rue 89120 CHARNY OREE DE PUISAYE
SDEY FR*S89*P89125*A Place de l Eglise 89560 COURSON LES CARRIERES
SDEY FR*S89*P89125*A Place de l Eglise 89560 COURSON LES CARRIERES158
SDEY FR*S89*P89148*A Place du 8 Mai 89560 DRUYES LES BELLES FONTAINES
SDEY FR*S89*P89148*A Place du 8 Mai 89560 DRUYES LES BELLES FONTAINES
SDEY FR*S89*P89221*A Place de la Poste 89130 LEUGNY
SDEY FR*S89*P89221*A Place de la Poste 89130 LEUGNY
SDEY FR*S89*P89228*A Place de la Liberté 89240 LINDRY
SDEY FR*S89*P89228*A Place de la Liberté 89240 LINDRY
SDEY FR*S89*P89283*A Place du Village 89560 OUANNE
SDEY FR*S89*P89283*A Place du Village 89560 OUANNE
SDEY FR*S89*P89311*A Rue de la Maîtrise 89240 POURRAIN
SDEY FR*S89*P89311*A Rue de la Maîtrise 89240 POURRAIN
SDEY FR*S89*P89324*A Quai Sully 89220 ROGNY LES SEPT ECLUSES
SDEY FR*S89*P89324*A Quai Sully 89220 ROGNY LES SEPT ECLUSES
SDEY FR*S89*P89344*A Place de l'Hôtel de Ville 89170 ST FARGEAU
SDEY FR*S89*P89344*A Place de l'Hôtel de Ville 89170 ST FARGEAU
SDEY FR*S89*P89420*A Rue du Champs de Foire 89520 TREIGNY
SDEY FR*S89*P89420*A Rue du Champs de Foire 89520 TREIGNY
SDEY FR*S89*P89420*B Parking Château de Guedelon 89520 TREIGNY
SDEY FR*S89*P89420*B Parking Château de Guedelon 89520 TREIGNY
SDEY FR*S89*P89420*B Parking Château de Guedelon 89520 TREIGNY
SDEY FR*S89*P89420*B Parking Château de Guedelon 89520 TREIGNY
SDEY FR*S89*P89420*B Parking Château de Guedelon 89520 TREIGNY
SIEEEN Parking Champ de Foire à St Amand en Puisaye159
20.6 Annexe - Registre installations production d’électricité
Nom
Installation Commune Département
Mise en
service
Début
version
Tension
raccordement Raccordement Filière
Puis
Max
Rac
nb
Groupes Régime
PARC EOLIEN
DE BOUHY
Dampierre-
sous-
Bouhy
Nièvre 05/04/2017 01/08/2017 HTA DIRECT Eolien 11500 5 En service
LA FONTAINE
AUX LOUPS Ouanne Yonne 16/10/2014 01/11/2015 HTA DIRECT Eolien 11500 5
En
service
LE CHAMP
DES ANES Ouanne Yonne 16/10/2014 01/11/2015 HTA DIRECT Eolien 9200 5
En
service
LES
SENTIGNIS Merry-Sec Yonne 16/10/2014 01/11/2015 HTA DIRECT Eolien 11500 5
En
service
FERME
EOLIENNE DE
MIGE
Migé Yonne 21/01/2014 01/08/2017 HTA DIRECT Eolien 10250 1 En service
GAEC DES
BAILLYS
Saint-
Fargeau Yonne 18/12/2012 01/07/2015 BT DIRECT Bioénergies 200 0
En
service
SARL FC
ENERGIE
Étais-la-
Sauvin Yonne 16/02/2012 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 225 0
En
service
SARL
ALTERNATIVE
ENERGIE
Étais-la-
Sauvin Yonne 16/02/2012 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 225 0
En
service
SARL OPSYS Ouanne Yonne 28/10/2011 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 87 0 En service
SARL CUISSY Ouanne Yonne 28/10/2011 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 74 0 En service
BATIMENT
AGRICOLE LA
LANGUESERIE
Saint-
Fargeau Yonne 04/07/2011 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 108 0
En
service
HANGAR
AGRICOLE Lavau Yonne 22/06/2011 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 60 0
En
service
SARL BOIS
SOLAIRE Fontaines Yonne 08/04/2011 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 46 0
En
service
SARL FERME
SOLAIRE Toucy Yonne 17/03/2011 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 76 0
En
service
SARL COTE
NORD
Courson-
les-
Carrières
Yonne 08/11/2010 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 76 0 En service
Bléneau Yonne 24/08/2010 Solaire 40,2 0
MICHEL
JOZON Ouanne Yonne 20/08/2010 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 54 0
En
service
Toucy Yonne 22/12/2009 Solaire 99,1 0
SARL DE LA
FONTAINE
Val-de-
Mercy Yonne 13/05/2009 01/07/2015 BT DIRECT Solaire 56,9 0
En
service
Pourrain Yonne 01/09/2008 Solaire 114,88 0
Source : ENEDIS Open Data
Site web : https://data.enedis.fr/page/accueil/160
20.7 Annexe - Inventaire des catastrophes naturelles -
Puisaye-Forterre
Source : GASPAR
Numéro
INSEE
Communes Risques Date
début
Date fin Date
arrêté
Date journal
officiel
89007 Andryes Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
58012 Arquian Inondations et coulées de boue 28/05/2016 01/06/2016 15/06/2016 16/06/2016
58012 Arquian Inondations et coulées de boue 13/03/2001 16/03/2001 27/04/2001 28/04/2001
58012 Arquian Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
58012 Arquian Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 11/01/2005 01/02/2005
58012 Arquian Tempête 06/11/1982 10/11/1982 30/11/1982 02/12/1982
89033 Beauvoir Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89033 Beauvoir Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 27/05/2005 31/05/2005
58033 Bitry Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
58033 Bitry Tempête 06/11/1982 10/11/1982 30/11/1982 02/12/1982
89046 Bléneau Inondations et coulées de boue 13/05/2006 13/05/2006 15/01/2007 25/01/2007
89046 Bléneau Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89046 Bléneau Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 25/08/2004 26/08/2004
58036 Bouhy Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
58036 Bouhy Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 07/10/2008 10/10/2008
58036 Bouhy Tempête 06/11/1982 10/11/1982 30/11/1982 02/12/1982
89072 Champcevrais Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89072 Champcevrais Mouvements de terrain consécutifs Ã
la sécheresse
01/05/1989 31/08/1993 03/03/1995 17/03/1995
89073 Champignelles Inondations et coulées de boue 28/05/2016 01/06/2016 26/07/2016 12/08/2016
89073 Champignelles Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89073 Champignelles Mouvements de terrain différentiels 01/07/2003 30/09/2003 25/08/2004 26/08/2004161
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
89084 Charentenay Inondations et coulées de boue 08/04/1983 13/04/1983 16/05/1983 18/05/1983
89084 Charentenay Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89086 Charny-Orée-de-
Puisaye
Inondations et coulées de boue 28/05/2016 05/06/2016 08/06/2016 09/06/2016
89086 Charny-Orée-de-
Puisaye
Inondations et coulées de boue 19/06/2013 20/06/2013 10/09/2013 13/09/2013
89086 Charny-Orée-de-
Puisaye
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89117 Coulangeron Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89125 Courson-les-
Carrières
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
58094 Dampierre-sous-
Bouhy
Inondations et coulées de boue 13/08/2014 13/08/2014 04/12/2014 07/12/2014
58094 Dampierre-sous-
Bouhy
Inondations et coulées de boue 13/03/2001 13/03/2001 29/08/2001 26/09/2001
58094 Dampierre-sous-
Bouhy
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
58094 Dampierre-sous-
Bouhy
Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 25/08/2004 26/08/2004
58094 Dampierre-sous-
Bouhy
Tempête 06/11/1982 10/11/1982 30/11/1982 02/12/1982
89139 Diges Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89139 Diges Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 27/05/2005 31/05/2005
89139 Diges Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/04/2011 30/06/2011 11/07/2012 17/07/2012
89139 Diges Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/04/2011 30/06/2011 11/07/2012 17/07/2012
89147 Dracy Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89148 Druyes-les-Belles-
Fontaines
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89150 Égleny Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89158 Étais-la-Sauvin Inondations et coulées de boue 04/10/1995 04/10/1995 02/02/1996 14/02/1996
89158 Étais-la-Sauvin Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89173 Fontaines Inondations, coulées de boue et 25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999162
mouvements de terrain
89177 Fontenay-sous-
Fouronnes
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89179 Fontenoy Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89179 Fontenoy Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 11/01/2005 01/02/2005
89182 Fouronnes Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89215 Lain Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89216 Lainsecq Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89216 Lainsecq Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 09/01/2006 22/01/2006
89216 Lainsecq Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/04/2011 30/06/2011 11/07/2012 17/07/2012
89216 Lainsecq Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/04/2011 30/06/2011 11/07/2012 17/07/2012
89217 Lalande Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89220 Lavau Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89220 Lavau Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 16/06/2006 14/07/2006
89220 Lavau Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
22/05/2011 30/06/2011 20/02/2013 24/02/2013
89405 Les Hauts de
Forterre
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89221 Leugny Inondations et coulées de boue 01/05/2013 01/05/2013 08/07/2013 11/07/2013
89221 Leugny Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89221 Leugny Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 27/05/2005 31/05/2005
89222 Levis Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89222 Levis Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 09/01/2006 22/01/2006
89252 Merry-Sec Inondations et coulées de boue 08/06/1994 08/06/1994 08/09/1994 25/09/1994
89252 Merry-Sec Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999163
89254 Mézilles Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89256 Migé Inondations et coulées de boue 08/06/1994 08/06/1994 08/09/1994 25/09/1994
89256 Migé Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89270 Mouffy Inondations et coulées de boue 08/06/1994 08/06/1994 08/09/1994 25/09/1994
89270 Mouffy Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89272 Moulins-sur-
Ouanne
Inondations et coulées de boue 01/05/2013 01/05/2013 20/06/2013 27/06/2013
89272 Moulins-sur-
Ouanne
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89272 Moulins-sur-
Ouanne
Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 27/05/2005 31/05/2005
89273 Moutiers-en-
Puisaye
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89273 Moutiers-en-
Puisaye
Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/05/1989 31/08/1997 15/07/1998 29/07/1998
89283 Ouanne Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89286 Parly Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89286 Parly Mouvements de terrain differentiels
consécutifs à la sècheresse et à la
réhydratation des sols
01/04/2011 30/06/2011 27/07/2012 02/08/2012
89311 Pourrain Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89311 Pourrain Mouvements de terrain differentiels
consécutifs à la sècheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 25/08/2004 26/08/2004
89324 Rogny-les-Sept-
Écluses
Inondations et coulées de boue 29/05/2016 01/06/2016 26/07/2016 12/08/2016
89324 Rogny-les-Sept-
Écluses
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89324 Rogny-les-Sept-
Écluses
Mouvements de terrain differentiels
consécutifs à la sècheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 30/03/2006 02/04/2006
89331 Sainpuits Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
58227 Saint-Amand-en-
Puisaye
Inondations et coulées de boue 12/03/2001 14/03/2001 27/04/2001 28/04/2001
58227 Saint-Amand-en-
Puisaye
Inondations et coulées de boue 05/05/2012 05/05/2012 11/07/2012 17/07/2012
58227 Saint-Amand-en-
Puisaye
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999164
58227 Saint-Amand-en-
Puisaye
Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 30/03/2006 02/04/2006
58227 Saint-Amand-en-
Puisaye
Tempête 06/11/1982 10/11/1982 30/11/1982 02/12/1982
89340 Sainte-Colombe-
sur-Loing
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89344 Saint-Fargeau Inondations et coulées de boue 07/07/1987 08/07/1987 27/09/1987 09/10/1987
89344 Saint-Fargeau Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89344 Saint-Fargeau Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 27/05/2005 31/05/2005
89352 Saint-Martin-des-
Champs
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89365 Saint-Privé Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89368 Saint-Sauveur-en-
Puisaye
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89368 Saint-Sauveur-en-
Puisaye
Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/01/1990 31/12/1990 12/03/2002 28/03/2002
89367 Saints-en-Puisaye Inondations et coulées de boue 01/05/2013 01/05/2013 20/06/2013 27/06/2013
89367 Saints-en-Puisaye Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89367 Saints-en-Puisaye Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 25/08/2004 26/08/2004
58270 Saint-Vérain Inondations et coulées de boue 13/03/2001 13/03/2001 29/08/2001 26/09/2001
58270 Saint-Vérain Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
58270 Saint-Vérain Tempête 06/11/1982 10/11/1982 30/11/1982 02/12/1982
89383 Sementron Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89400 Sougères-en-
Puisaye
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89408 Tannerre-en-
Puisaye
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89416 Thury Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89419 Toucy Inondations et coulées de boue 15/01/2018 05/02/2018 14/02/2018 15/02/2018
89419 Toucy Inondations et coulées de boue 29/05/2016 01/06/2016 26/07/2016 12/08/2016
89419 Toucy Inondations et coulées de boue 13/03/2001 14/03/2001 27/04/2001 28/04/2001
89419 Toucy Inondations et coulées de boue 01/05/2013 01/05/2013 20/06/2013 27/06/2013
89419 Toucy Inondations, coulées de boue et 25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999165
mouvements de terrain
89419 Toucy Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 25/08/2004 26/08/2004
89420 Treigny Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89420 Treigny Mouvements de terrain différentiels
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols
01/07/2003 30/09/2003 02/03/2006 11/03/2006
89426 Val-de-Mercy Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89462 Villeneuve-les-
Genêts
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999
89472 Villiers-Saint-
Benoît
Inondations, coulées de boue et
mouvements de terrain
25/12/1999 29/12/1999 29/12/1999 30/12/1999166
20.8 Annexe - Atlas des zones inondables
Source : GASPAR
Code
INSEE Zones inondables lib_azi
Bassin
s Risques
Date
diffusion
89086 Charny Vallée de l'Ouanne Ouanne Inondation 01/12/1998
89147 Dracy Vallée de l'Ouanne Ouanne Inondation 01/12/1998
89221 Leugny Vallée de l'Ouanne Ouanne Inondation 01/12/1998
89272 Moulins-sur-Ouanne Vallée de l'Ouanne Ouanne Inondation 01/12/1998
89283 Ouanne Vallée de l'Ouanne Ouanne Inondation 01/12/1998
89419 Toucy Vallée de l'Ouanne Ouanne Inondation 01/12/1998
89472 Villiers-Saint-Benoît Vallée de l'Ouanne Ouanne Inondation 01/12/1998
89046 Bléneau Vallée du Loing Loing Inondation 01/12/1999
89273 Moutiers-en-Puisaye Vallée du Loing Loing Inondation 01/12/1999
89324 Rogny-les-Sept-Ecluses Vallée du Loing Loing Inondation 01/12/1999
89344 Saint-Fargeau Vallée du Loing Loing Inondation 01/12/1999
89352
Saint-Martin-des-
Champs Vallée du Loing Loing Inondation 01/12/1999
89365 Saint-Privé Vallée du Loing Loing Inondation 01/12/1999
89368
Saint-Sauveur-en-
Puisaye Vallée du Loing Loing Inondation 01/12/1999
89033 Beauvoir AZI Tholon Inondation 25/11/2005
89150 Egleny AZI Tholon Inondation 25/11/2005
89286 Parly AZI Tholon Inondation 25/11/2005
89311 Pourrain AZI Tholon Inondation 25/11/2005
89472 Villiers-Saint-Benoît AZI du Vrin Vrin
Inondation - Par
une crue de
débordement
lent de cours
d'eau 12/06/2007167
20.9 Annexe - ZNIEFF de niveau I168
20.10 Annexe - ZNIEFF de niveau II169
20.11 Annexe - Aléa Retrait gonflement des argiles
INSEE
commune Nom commune
Surface
(km2)
Surface
aléa
nul(%)
Surface aléa
faible(%)
Surface aléa
moyen (%)
Surface aléa
fort(%)
89007 ANDRYES 29,57 47,99 52,01 0 0
89033 BEAUVOIR 6,73 81,89 8,36 4,78 4,97
89046 BLENEAU 39,29 5,79 93,99 0,22 0
89072 CHAMPCEVRAIS 33,16 1 99 0 0
89073 CHAMPIGNELLES 53,44 1,51 84,56 13,93 0
89084 CHARENTENAY 14,71 71,86 28,14 0 0
89086 CHARNY 18,73 8,24 91,76 0 0
89117 COULANGERON 8,55 86,19 13,81 0 0
89125 COURSON-LES-CARRIERES 34,63 72,09 27,91 0 0
89139 DIGES 35,85 26,62 35,94 36,37 1,07
89147 DRACY 22,04 14,28 16 69,72 0
89148 DRUYES-LES-BELLES-FONTAINES 39,61 76,77 23,23 0 0
89150 EGLENY 8 71,31 5,9 9,44 13,35
89158 ETAIS-LA-SAUVIN 44,57 68,39 31,61 0 0
89173 FONTAINES 25,12 31,21 5,66 53,85 9,27
89177 FONTENAY-SOUS-FOURONNES 12,24 86,01 13,99 0 0
89179 FONTENOY 15,97 29,31 26,04 44,66 0
89182 FOURONNES 17,9 82,95 17,05 0 0
89215 LAIN 10,31 66,45 33,55 0 0
89216 LAINSECQ 25,13 65,82 34,18 0 0
89217 LALANDE 10,28 1,25 51,98 46,77 0
89220 LAVAU 55,4 0,97 79,02 20,01 0
89221 LEUGNY 13,4 21,35 54,36 24,05 0,24
89222 LEVIS 12,06 19,67 42,18 37,82 0,34
89252 MERRY-SEC 14,23 63,09 36,91 0 0
89254 MEZILLES 52,48 10,1 49,52 40,39 0
89256 MIGE 14,74 65,47 34,53 0 0
89270 MOUFFY 4,91 46,13 53,87 0 0
89272 MOULINS-SUR-OUANNE 10,07 3,47 40,89 55,64 0
89273 MOUTIERS-EN-PUISAYE 31,78 50,34 18,91 30,75 0
89283 OUANNE 38,63 55,26 43,64 1,11 0
89286 PARLY 20,87 54,17 4,35 30,62 10,86
89311 POURRAIN 23,97 55,96 3,03 38,51 2,5
89324 ROGNY-LES-SEPT-ECLUSES 32,57 2,24 97,63 0,12 0
89325 RONCHERES 29,25 3,51 91,98 4,51 0
89331 SAINPUITS 22,79 72,71 27,29 0 0
89340 SAINTE-COLOMBE-SUR-LOING 14,8 24,63 48,66 26,71 0
89344 SAINT-FARGEAU 50,96 11,41 63,58 25,01 0
89352 SAINT-MARTIN-DES-CHAMPS 34,24 9,51 88,7 1,79 0
89365 SAINT-PRIVE 41,36 6,9 90,28 2,82 0
89367 SAINTS 27,53 31,82 34,58 33,6 0
89368 SAINT-SAUVEUR-EN-PUISAYE 30,61 29,36 16,72 53,92 0
89383 SEMENTRON 11,77 38,18 60,86 0,95 0
89400 SOUGERES-EN-PUISAYE 26,73 92,2 7,8 0 0
89405 TAINGY 20,83 60,28 39,72 0 0
89408 TANNERRE-EN-PUISAYE 29,12 0,37 76,28 23,35 0
89416 THURY 23,26 60,98 39,02 0 0
89419 TOUCY 35,21 39,76 10,84 40,41 9
89420 TREIGNY 52,7 45,27 33,84 20,9 0
89426 VAL-DE-MERCY 13,41 80,11 19,89 0 0
89462 VILLENEUVE-LES-GENETS 24,99 0,31 99,69 0 0
89472 VILLIERS-SAINT-BENOIT 34,08 4,7 54,48 40,82 0
Sources : GASPAR; BRGM170
21 Glossaire
ADEME : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie
ADIL : Agence Départementale d’Information sur le Logement
Agreste : Site internet de la statistique agricole
BBC : Bâtiment Basse Consommation
BEGES : Bilans des Émissions de Gaz à Effet de Serre
BRF : Bois Raméal Fragmentée
CEP : Conseil en Énergie Partagé
CFC : ChloroFluoroCarbure
CH4 : Méthane
CNPF : Centre National de Propriétés Forestière
CO2 : Dioxyde de carbone
CRPF : Centre Régional de Propriétés Forestières
CUMA : Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole
DDT : Direction Départementale du Territoire
DJU : Degré Jour Unifié
DREAL : Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement
ECS : Eau Chaude Sanitaire
EES : Évaluation Environnementale Stratégique
EnR : Énergies Renouvelables
Enr&R : Énergie Renouvelable et de Récupération
EPCI : Établissement Public de Coopération Intercommunale
FEADER : Fonds Européen Agricole pour le DÉveloppement Rural
GES : Gaz à Effet de Serre
HFC : HydroFluoroCarbure (fluides frigorigènes)
INSEE : Institut National de la Statistique et des Études Économiques
LTECV : Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte
Mobilité contrainte : mobilité subie
N2O : Protoxyde d’azote
NH3 : Ammoniac
NOTRe : Nouvelle Organisation Territoriale de la République
NOx : Oxyde d’azote
OTEX : Orientations-Technico-économiques des Exploitations
PAC : Politique Agricole Commune
PCAET : Plan Climat Air Energie Territorial
PETR : Pôle d'Equilibre Territorial et Rural
PFC : PerFluoroCarbure
PIG : Programme d'Intérêt Général
PLU : Plan Local d’Urbanism
PLUI : Plan Local d’Urbanisme Intercommunal
PM 2.5 : particules en suspension de 2,5 micromètres de diamètre
PM10 : particules en suspension de 10 micromètres de diamètre
PRG : Pouvoir de Réchauffement Global
RT : Réglementation Thermique
SAU : Surface Agricole Utile
SCoT : Schéma de Cohérence Territoriale
SF6 : Hexafluorure de soufre
SRPM : Station de Recherche Pluridisciplinaire des Metz
Tep : Tonnes équivalent Pétrole
TEPCV : Territoires à Énergie Positive pour la Croissance Verte
TEPOS : Territoire à Énergie Positive
TeqCO2 ou teqCO2 : Tonnes équivalent CO2 (ensemble des GES rapportés au CO2)
VP : Véhicule Particulier
VUL : Véhicules utilitaires légers