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Document publié le Jeudi 30 octobre 2025
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Thèmes du document : Environnement, Énergies, Agriculture et alimentation,
Commentaires sur le projet de centrale PV de Naujac
Je m’oppose à la construction de la centrale PV de Naujac pour les raisons suivantes:
1. La production industrielle centralisée contre la production locale en auto-
consommation.
La production centralisée d’EnR intermittentes (éolien, solaire) ne pourra pas
remplacer le gaz et le nucléaire. Deux raisons majeures à cela; la consommation
d’espace et l’intermittence en l’absence de moyens de stockage de l’électricité
appropriés. La consommation d’espace boisé est préjudiciable à la biodiversité et au
puits de carbone. L’intermittence rend dépendant aux centrales à gaz ou au fioul en
cas de pic de consommation et nécessite l’extension du réseau de distribution, ce qui
a un coût.
L’artificialisation des sols n’est plus acceptable pour la production d’énergie.
L’installation de panneaux solaires a donc trois cibles possibles: les friches
industrielles, certains espaces agricoles et les toitures.
Le site de 18 ha pressenti pour héberger la centrale PV de Naujac n’est pas une friche
industrielle. Ce n’est pas parce que le terrain jouxte une zone industrielle, qu’il doit
avoir la même vocation. Cette zone est déjà fortement impactée par le Smicotom, la
gravière et l’entreprise de granulats. Est-ce une raison pour sacrifier les bois qui sont
autour et étendre la zone industrielle? Non au contraire, il faut circonscrire une zone
industrielle par une zone forestière tampon qui protège et dépollue l’environnement.
Construire une centrale PV n’est pas inéluctable, surtout dans un PNR, et il serait
temps de trouver des alternatives, moins dommageables pour l’environnement.
Faut-il alors se lancer dans l’agri-voltaïsme en Médoc? Non, même en période de crise
viticole, il vaut mieux relancer l’agriculture plutôt que de la remplacer par de la rente
énergétique dans une vision court-termiste. Ce serait aussi contraire à la protection
des paysages emblématiques, inscrits dans la Charte du PNR. La vigne, avec ses
harmonies de couleurs et de formes, ne peut être remplacée ni entachée par des
surfaces planes et grises sans porter atteinte à l’identité médocaine.
Restent donc en toute logique les toitures. Les tenants de la centralisation diront qu’il
n’est pas possible d’équiper les toitures pour fournir la même quantité d’énergie.
C’est exact mais il ne faut pas raisonner ainsi.
La centrale PV de Naujac est sensée produire 21 GWh/an, de quoi alimenter 1000
foyers (eq commune de Naujac). C’est une vue de l’esprit puisque cette énergie
intermittente circulera sur de grandes distances en été à midi et fera défaut la nuit et
l’hiver à Naujac. Il faut rappeler que le chauffage et l’éclairage constituent 80% des
besoins domestiques qui se manifestent l’hiver et la nuit.
Doit-on alors miser en priorité sur ce type d’énergie ? Non c’est une énergie d’appoint.
1De plus, l’énergie solaire est aussi thermique (eau chaude, cuisson).
Il serait urgent de réfléchir à un mix énergétique qui tienne compte de cette réalité.
Ce mix devant bien sur être conforme à l’objectif de neutralité carbone. Manquent
juste une stratégie et un pilotage cohérents qu’hélas le PNR Médoc n’est pas capable
de jouer ce rôle, contrairement à d’autres.
L’équipement des toitures (particuliers, bâtiments publics et entreprises) est la
solution. L’énergie solaire peut tout à fait remplir 20% des besoins journaliers (solaire
thermique pour l’eau chaude et solaire PV pour l’électroménager). Il suffit de consulter
Google map pour constater que très peu de toitures sont équipées de PPV en Médoc.
Il y a là un gisement inexploité. Qu’attendent les élus médocains pour montrer
l’exemple?
2. Le modèle économique mondialisé contre celui du local coopératif.
Le modèle économique des centrales PV est mondialiste et contraire à une économie
locale et vertueuse.
Le projet de Naujac est porté par la multinationale Axpo (groupe Suisse), qui va
bénéficier de subventions nationales et faire du bénéfice à la revente d’électricité. Elle
n’a aucun intérêt à faire de l’économie locale et circulaire. Une fois dans le réseau,
l’électricité sera acheminée où le besoin existe. Si au moins c’était EDF ou Engie,
multinationales certes mais françaises, ce serait un moindre mal puisque l’état
français est leur principal actionnaire.
Quitte à donner des subventions, autant les donner aux particuliers et aux
professionnels locaux pour installer des PPV sur leurs toitures.
3. Le toujours plus d’électricité contre un mix énergétique plus équilibré
entre thermique et électrique.
L’utilisation de la biomasse est une option très favorable en Médoc pour le chauffage
en particulier (granulés de bois, biogaz). Elle est tout à fait compatible avec une
économie locale et circulaire. Cela nécessite la réorganisation des filières agricoles et
forestières, qu’hélas le PNR n’arrive pas à dynamiser.
Enfin, il faut savoir que les EnR électriques ne résoudront pas le problème du CO2
puisque 40% des émissions ne sont pas liées directement à l’énergie mais à
l’agriculture intensive (élevage, engrais, déforestation), à la fabrication de ciment,
d’hydrogène et de plastiques.
Dans le cas du Médoc, se tourner vers une agriculture moins émettrice de CO2 serait
plus efficace que d’installer une centrale solaire, qui déplace le problème plus qu’il ne
le résout.
Brigitte BERTIN
Association BioRev
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