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unknown - Communauté d'agglomération - Provence Alpes agglomération - 16 synthese etudes prealables
Document publié le Lundi 1 janvier 2024
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Provence Alpes agglomération - 16 synthese etudes prealables)
Thèmes du document : Environnement, Aménagement du territoire, Eau et assainissement,
#Verdon2039
uN NOUVEAU
PROJET POUR
LE TERRITOIRE
Éd LPES DE HAUTE REÇU EN PREFECTURE
PROVENCE LE DÉPARTEMENT LE DÉPARTEMENT le 65/87/2824 DE-004-20006
RÉVISION DE LA CHARTE 2008-2023
SYNTHÈSE D'ÉTUDES
PRÉFET DE LA RÉGION
PROVENCE - ALPES
CÔTE D’AZUR
> ÉVOLUTIONS ET DÉFIS
Parc naturel régional du Verdon+
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La charte est la feuille de route de chacun des 56 Parcs
naturels régionaux français. Elle définit des objectifs de gestion,
de préservation et de valorisation des patrimoines et des
ressources naturelles, et de promotion d’un développement
harmonieux du territoire. Elle s’écrit en concertation avec les
élus, les acteurs associatifs et économiques, mais aussi les
habitants et est validée par l’État pour une durée fixée à 15 ans.
Celle du Verdon est valable jusqu’en 2023 et nous avons lancé
en 2019, une démarche pour l’actualiser, en lien avec la Région
Provence-Alpes Côte d’Azur, notre principal partenaire.
La révision d’une charte de Parc naturel régional pourrait être
envisagée uniquement sous un angle « administratif » avec ses
échéances, ses consultations officielles, son formalisme, ses
documents à produire… C’est un fait. Mais elle est également
une opportunité à saisir : celle qui permet à chaque citoyen
de débattre de l’avenir de son territoire, et par là-même de se
l’approprier. Elle permet de se poser, de prendre le temps de
faire un bilan et celui de se projeter vers l’avenir. Les chartes de
Parcs sont parmi les rares documents publics soumis à cette
obligation d’évaluation et cela nous engage politiquement !
C’est aussi une chance de pouvoir construire de manière
collective un projet pour notre territoire. Avant de démarrer
la rédaction de ce projet pour le Verdon, nous avons dans un
premier temps, réalisé une évaluation de la mise en œuvre de la
précédente charte et dressé un bilan de l’évolution du territoire.
Les résultats synthétiques de ces études préalables, présentés
dans les pages qui suivent, nous aideront à mieux imaginer le
Verdon de demain et permettront à chacun de s’impliquer dans
les meilleures conditions.
Préambule1 REÇU EN PREFECTURE À
le 05/87/2824
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393 _DE-004-20006
SOMMAIRE
3
Sommaire
Préambule / / 2
Sommaire / / 3
Qu'est-ce qu'un Parc ? / / 4
Le portrait du territoire / / 5
La révision de la Charte / / 6
Un territoire naturel / / 10
• La géologie et le patrimoine naturel / / 11
• Les milieux aquatiques / / 14
• La forêt / / 16
Un territoire façonné par l'homme / / 18
• Grandes étapes historiques / / 19
• Cultures et savoir-faire / / 21
• Agriculture et pastoralisme / / 23
Un territoire attractif / / 26
• Population, logement, éducation et
citoyenneté / / 27
• Activités économiques et emploi / / 29
• Occupation foncière et grandes dynamiques
d’aménagement / / 31
• Contraintes et nuisances / / 32
Un territoire de grande notoriété / / 34
• Tourisme / / 35
• Gestion des sites / / 37
Le Verdon demain / / 40
• Les effets du changement climatique / / 41
• Tensions sur les ressources / / 42
Enjeux et défis pour 2039 / / 43
Sources pour aller plus loin / / 44
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QU'EST-CE QU'UN PARC ?
4
Qu’est-ce qu’un Parc ?
Un Parc naturel régional protège et met en valeur un territoire à dominante rurale dont les patrimoines (paysages, milieux naturels, culture…) est exceptionnel et fragile. C’est à la fois un projet concerté de développement durable, et un label accordé par l’État.
LA CHARTE D’UN PARC
La charte concrétise le projet de protection et de développement du territoire. Résultat d’une large concertation, elle fixe les objectifs à atteindre et les mesures pour les mettre en œuvre. C’est aussi un contrat qui engage les communes et les communautés de communes, les départements et la Région qui le signent pour en respecter les mesures.
Elle est valable 15 ans. Passé ce délai, une procédure de révision est engagée pour définir un nouveau projet et reconduire le classement du territoire.
SES OUTILS
Réunis au sein du syndicat mixte, ce sont les élus des communes et des communautés de communes, de la Région et des départements qui mettent en œuvre la politique du Parc. Ils décident des actions à entreprendre en s’appuyant sur des instances de propositions (commissions, conseil de développement et conseil scientifique), et en confient la réalisation aux équipes techniques du Parc. Les moyens financiers dont ils disposent proviennent à la fois des cotisations des membres, et des subventions qu’ils obtiennent pour leurs projets.
SES MÉTHODES
Un Parc n’a pas de pouvoir réglementaire : on y
pratique la concertation et on cherche à convaincre,
pas à contraindre.
Son rôle n’est pas non plus d’agir seul, mais d’animer.
Il mobilise des moyens humains et financiers,
accompagne, aide au montage des projets, et
cherche solutions et financements. Il lui arrive
également d’assurer lui-même le portage d’actions
globales, quand aucun autre acteur du territoire ne
peut les prendre en charge.
Il place l’innovation et la création au cœur de ses
actions. Transcendant les frontières administratives
et agissant uniquement en fonction des enjeux, il
teste et expérimente avec une grande liberté.
Un réseau de
56 parcs naturels régionaux
Il existe aujourd’hui 56 parcs naturels
régionaux en France. Tous différents,
ils ont en commun de réinventer la
vitalité de leurs territoires en déve-
loppant une culture de nature pour
tous. Ils ont peu de pouvoir réglemen-
taire propre, mais une forte capacité
à faire autrement. Et ils disposent
d’une ingénierie de haut niveau,
instigatrice d’innovation pour un
avenir plus durable.
©B. Vacherand-Denandle 05/87/282
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PORTRAIT DU TERRITOIRE
5
1
2
3
4
5
6
Le Verdon, un territoire d’exception
Le Parc naturel régional du Verdon est un territoire d’exception, reconnu pour la qualité de ses patrimoines et de ses paysages. Son caractère rural est très marqué et son équilibre fragile. Mais, contrairement à un parc national, il n’a rien d’un sanctuaire : c’est un lieu qui vit et se développe, dans un rapport harmonieux entre l’homme et la nature.
UN PATRIMOINE REMARQUABLE
Le Verdon, c’est d’abord une rivière qui parcourt
165 km et traverse le territoire à la manière
d’une épine dorsale : elle est source d’énergie et
réservoir d’eau potable et agricole, et se prête
aux activités de loisirs, avec ses eaux vives, ses
gorges et ses grands lacs.
C’est aussi une mosaïque de paysages et de
cultures, entre Alpes et Méditerranée. Un livre
ouvert sur la géologie et la biodiversité. Une
terre agricole, où poussent la lavande, le blé et
l’olivier, qui porte l’empreinte d’un pastoralisme
bien vivant. Une terre d’histoire, qui résume
500 000 ans d’une présence humaine
persévérante. Et une terre austère bénéficiant
d’une vraie renommée touristique.
LE PARC EN 6 MISSIONS
Pour répondre aux missions qui lui ont été confiées,
le Parc est organisé autour de 6 grandes priorités :
Connaître, préserver et valoriser les patrimoines :
paysages, biodiversité, patrimoines culturels,
archéologiques ou bâtis… le Verdon possède
de multiples richesses qu’il a fallu étudier et
inventorier, pour mieux les protéger.
Assurer la gestion et l’utilisation équitable
de l’eau : indispensable à l’alimentation et à
l’irrigation, source d’électricité, terrain de jeu
des sportifs et des pêcheurs… l’eau est un
enjeu majeur qui exige de concilier de nombreux
usages.
Améliorer l’habitat sans sacrifier la qualité des
paysages et les espaces naturels et agricoles :
parce que la manière d’habiter le territoire et
de s’y déplacer ont un impact fort, le Parc veille
à protéger les spécificités locales du bâti et
l’intégrité des paysages, tout en accompagnant
l’évolution des besoins de la population.
Préserver la diversité du tissu économique,
structurer et valoriser les activités
emblématiques : l’agriculture et le tourisme
étant deux activités motrices pour le territoire,
le Parc agit pour préserver le foncier agricole et
accompagne les éleveurs face à la prédation du
loup. Il encourage la diversification touristique et
veille à l’entretien et l’amélioration des sites.
Impliquer tous les acteurs dans la gestion du
territoire : une gestion durable et responsable
passe par l’implication de tous. À travers des
actions concrètes et participatives, des débats,
des créations collectives et des animations pour
jeune public… le Parc transcende les frontières
et fait travailler ensemble tous les acteurs du
territoire.
Accompagner l’adaptation au changement
climatique et à la transition énergétique :
améliorer l’isolation des bâtiments, développer
les transports collectifs, encourager les pratiques
vertueuses et en expérimenter de nouvelles…
le Parc s’implique pour faire face aux défis qui
s’annoncent nombreux.
LE PARC EN
CHIFFRES
188 000 hectares
35 000 habitants
46 communes
1 Région
Provence-Alpes-Côte
d’Azur
2 départements
Alpes-de-Haute-
Provence et Var
Touristes :
Plus 4,6 millions
de touristes
dont 3,6 millions
d'excursionnistes
à la journée
Stockage de l’eau :
1 milliard de m3 de
capacité dans les
5 retenues artificielles
Production
d’électricité :
près de 600 millions
de kWh/an (équivalent de
la consommation annuelle
d’une ville comme Aix-en-
Provence)LL
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La révision de la charte
Depuis 2019, le Parc naturel régional du Verdon, sous la conduite de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, a entamé la procédure de révision de sa charte. Son objectif ? Obtenir le renouvellement de son label. Et proposer un nouveau projet de développement économique et social, tout en préservant et en valorisant les patrimoines naturels, culturels et paysagers emblématiques du territoire. Un projet construit au plus près des évolutions et des réalités nouvelles du territoire.
LE CALENDRIER
OBJECTIF 2039
Quatrième Parc naturel régional créé en Région Sud, le Parc du Verdon a vu le jour en 1997 sur la base d’une première charte (1997-2004) qui traitait trois enjeux majeurs du territoire : l’eau, le paysage et le patrimoine naturel, ainsi que les activités agricoles, forestières et touristiques. À l’issue d’une première période de révision, une nouvelle charte a été approuvée en 2008, entraînant le reclassement du Parc pour une durée de 12 ans, prolongée à 15 en 2016. Cette charte arrivant bientôt à son terme, le Conseil régional a lancé une procédure de révision. Débutée en 2019, elle aboutira à une nouvelle charte pour la période 2024-2039.
UNE RÉVISION EN QUATRE ÉTAPES
• La phase préparatoire : après avoir proposé une évolution du périmètre du Parc et fixé les méthodes du travail à venir, la révision est officiellement lancée sous l’impulsion de la Région et de l’État. Avant de définir une stratégie future, on commence par évaluer l’efficacité des actions passées et on dresse un bilan de santé du territoire.
• L’élaboration du projet : une large concertation est menée pour définir les nouveaux objectifs et rédiger le projet de charte.
2023 >
2024
Transmission à la Région et
à l’État du projet de charte -
Délibération des collectivités
et publication du décret de
classement
2022 >
2023 Présentation
du projet dans les
communes du Parc,
avis et enquête
publique
2020 >
2021
Concertation et
élaboration de la
nouvelle charte
2019
Évaluation de
la charte et du
diagnostic
de territoire
LA RÉVISION DE LA CHARTE
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REÇU EN PREFECTURE
• La validation intermédiaire : c’est une phase importante au cours de laquelle tous les partenaires sont consultés. Les avis d’instances comme le Conseil national de protection de la nature, de l’Autorité environnementale ou la Fédération des Parcs sont recueillis pour amender et enrichir le projet.
• La validation finale : après une enquête publique qui permet aux habitants de se prononcer sur le projet, vient le temps de l’adhésion des collectivités au nouveau projet et de son examen final par l’État. Après vérification de la procédure par le Préfet, le décret de classement par le Premier Ministre peut enfin être signé.
Le périmètre du Parc évolue
Première étape de la révision de la charte, le périmètre potentiel du Parc a été élar- gi aux communes de Brunet, Estoublon, Senez, Moriez, Lambruisse, La Mure-Argens, La Roque-Esclapon, Vérignon, Tourtour, Villecroze, Montmeyan, Artignosc-sur-Verdon, Baudinard-sur-Verdon… De 46 communes actuellement classées, on passerait à 59. Cette évolution représente 20,5 % d’augmentation de la superficie et 14 % d’augmentation de la population.
UNE PHOTOGRAPHIE DU TERRITOIRE
Pour faire le bilan des réussites et des échecs, une
évaluation des actions menées précédemment par le
Parc a été réalisée. Et parce qu’il vit et que ses besoins
évoluent sans cesse, un diagnostic complet
du territoire a également été conduit. Cette
photographie actuelle du Verdon comparée à celle
de la précédente charte en 2008, vient mettre
en évidence les bienfaits de la démarche collective
engagée et les points de vigilance à prendre en
compte pour les prochaines années. Elle permet aussi de
saisir les grandes tendances qui s’amorcent pour faire
ressortir les enjeux forts du territoire.
EN ROUTE VERS UN NOUVEAU PROJET
C’est sur cette base que le nouveau projet de territoire va pouvoir être rédigé. L’ensemble des acteurs du Parc, les élus, les institutions partenaires, le réseau associatif mais aussi les citoyens qui le souhaitent… peuvent alors s’impliquer. Leur objectif ? Définir collectivement les grands enjeux du territoire puis élaborer le projet de développement durable sur lequel tous les signataires de la charte 2023-2038 s’engageront.
LA RÉVISION DE LA CHARTE
7
Communes intégrées
au périmètre d'étude
Communes du
périmètre classé
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PROJET POUR LE TÉRRITOIRE
Les CAFÉS © DU PARC Co
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LA RÉVISION DE LA CHARTE
8
TOUS CONCERNÉS
• Les élus locaux : ils décident de l’ambition à donner
au territoire. Ils identifient les enjeux prioritaires,
impulsent la concertation, informent les citoyens,
représentent les valeurs du territoire et mènent la
stratégie du Parc.
• Les associations, les professionnels, les chambres
consulaires : parce qu’ils contribuent à la mise en
œuvre du projet de territoire, ils participent eux
aussi à sa révision et à son élaboration.
• Les habitants : la charte du Parc est le projet pour
le territoire, au service des personnes qui y vivent,
y travaillent et y séjournent. Ils ont donc toute leur
place dans ce travail de concertation.
De nombreux
contributeurs
Ce sont les équipes du Parc qui ont assumé
la rédaction de l’évaluation et du diagnostic.
Mais elles n’ont pas travaillé seules. Elles se
sont appuyées sur des données récoltées
avec l’aide de la Région Sud par des
organismes partenaires (Agence régionale
pour l’environnement, agences d’urbanisme,
INSEE, universités, chambres d'agriculture,
Groupement d’experts du climat…). Surtout,
dans une démarche de concertation, des
temps de débat et de partage des analyses
ont été organisés pour permettre à tous - élus,
conseil scientifique, association des amis du
Parc, conseil de développement et partenaires
institutionnels… d’apporter leur contribution.
LES CAFÉS DU PARC
Organisés dans 8 communes volontaires, les Cafés du Parc
avaient pour objectif de recueillir la parole des habitants.
Réalisés auprès de 80 personnes aux profils très divers, sous
la forme d’entretiens individuels ou semi-collectifs, ils ont été
organisés dans des bistrots ou improvisés en place publique.
Leurs contributions ont été intégrées au diagnostic.ites naturels fréquentés du Parc du Verdon
"PROJET DE REQVALIFICATION
DU POINT SUBLIME
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LA RÉVISION DE LA CHARTE
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UN TERRITOIRE NATUREL
11
Géologie et patrimoine naturel
Constitué d’une multitude de niches écologiques, le
Parc naturel régional du Verdon abrite une biodiversité
très riche, sur fond de paysages et de sites géologiques
grandioses. Il est dominé par les espaces naturels et
forestiers.
UNE BIODIVERSITÉ REMARQUABLE
Milieux rupestres (vautours, Aigle royal, Grand-duc d'Europe, Murin de Capaccini, Doradille du Verdon...), milieux forestiers (Circaète jean-le- Blanc, Barbastelle d'Europe, Rosalie des Alpes...), milieux aquatiques
(Apron du Rhône, Écrevisse à pattes blanches...), espaces ouverts (Lézard ocellé, Criquet hérisson) ou espaces agricoles (flore messicole, Outarde canepetière, Bruant ortolan, Chevêche d’Athéna, Criquet hérisson)…
le Parc du Verdon compte de nombreux réservoirs de biodiversité et de nombreuses espèces endémiques.
DES CONNAISSANCES MIEUX MAÎTRISÉES
Grâce à un effort soutenu d’inventaires et de suivis scientifiques, enrichis par les inventaires citoyens de la biodiversité (6 communes et un 1/3 des observations faunistiques réalisées sur le territoire entre 2012 et 2018), la connaissance de la biodiversité a été nettement améliorée.
Les programmes portés par le Parc ont permis d’effectuer le suivi et la préservation de populations d’espèces emblématiques et fragiles (Outarde canepetière, chauves-souris, Castor d’Europe, Écrevisse à pattes blanches, Apollon et Semi-apollon, Proserpine, flore rupestre…).
La cartographie des continuités écologiques a confirmé l’importance des espaces pastoraux et agricoles pour la préservation de la biodiversité. Elle interpelle sur la nécessité de préserver les forêts anciennes et matures qui pourraient contribuer à une meilleure résilience des forêts du territoire face aux changements climatiques.
UN PATRIMOINE GÉOLOGIQUE À PROTÉGER
Classé en partie dans le périmètre de protection de la Réserve naturelle nationale géologique de Haute-Provence et le Géoparc de Haute- Provence, le patrimoine géologique regorge de sites remarquables. Mais il subit la pression conjuguée de l’urbanisation, de la fermeture des milieux et du pillage de ses sites fossilifères. Comme la faune et la flore, il est fragile et nécessite de plus amples mesures de protection.
« PAYSAGES NATURELS »
Le Parc naturel régional du Verdon est
fait d’un assemblage remarquable de
paysages, entre influences alpines et
méditerranéennes. De la confluence de
la Durance aux sommets préalpins, il est
constitué d’une mosaïque de 7 entités
paysagères fédérées autour du Verdon,
véritable épine dorsale du Parc.
Avec 77 % de sa surface, les espaces
naturels - et particulièrement la forêt -
dominent. S’ils n’occupent que 3 % du
territoire, les milieux aquatiques sont
aussi une composante identitaire forte.
Véritable richesse naturelle, ils forment
un réseau complexe de grandes rivières
et de petits affluents, ponctué des
5 lacs artificiels qui ont été créés pour
la production d’électricité et d’eau
potable, agricole et industrielle., REÇU EN PREFECTURE !Î
le 65/87/2824
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À SAVOIR
Les inventaires sur le territoire, ce sont…
• plus de 74 000 observations réalisées sur la
faune (SILENE Faune),
• 1339 espèces faunistiques recensées lors des
inventaires citoyens de la biodiversité,
• 130 000 observations de la flore (SILENE Flore),
• 1174 espèces floristiques recensées,
• un inventaire des zones humides en cours
d’actualisation (déjà plus de 300 zones décrites),
• environ 400 sites d’intérêt géologique
recensés.
UN PATRIMOINE NATUREL
TRÈS RICHE, MAIS FRAGILE
L’Observatoire régional de la biodiversité met en
évidence que les piémonts et massifs de Haute-
Provence, longtemps considérés comme préservés
de la pression anthropique, subissent à leur tour
un déclin inquiétant de la biodiversité, en partie
dû au report de la pression humaine du littoral
vers l’arrière-pays. Le programme d’indicateurs de
suivi de la biodiversité qu’a cherché à initier le Parc
est donc particulièrement important à pérenniser
et à conforter. Et si les actions de gestion et de
sensibilisation menées patiemment par le Parc
portent leurs fruits... ces fruits restent fragiles.
UN TERRITOIRE NATUREL
12REÇU EN PREFECTURE
le 65/87/2824
39_DE-004-200067437-20240626-16_ 26062024
SUR LE TERRITOIRE, ON COMPTE :
59 zones humides
prioritaires identifiées,
dont 35 % avec mesures
de gestion/protection
6 sites Natura 2000
(65 000 ha) bénéficiant
d'actions de gestion
et de préservation
portées par le Parc
60% des sites d’intérêt
écologique
bénéficiant d’une
démarche
d’animation et de
préservation
1812 ha
et 52 agriculteurs/
éleveurs
engagés dans des mesures
agroenvironnementales
à enjeu biodiversité entre
2008 et 2020...
Des protections réglementaires
comme la création de la Réserve naturelle
régionale de Saint-Maurin, la Réserve biologique
dirigée de la forêt communale d’Aiguines ou les
arrêtés préfectoraux de protection de biotope de
la grotte d’Esparron (chauves-souris) et des grandes
gorges du Verdon (Apron du Rhône).
DES PRESSIONS QUI PERDURENT
Si la lutte contre l’artificialisation des sols s’est révélée efficace, les pressions sur les continuités écologiques et la biodiversité demeurent avec :
• la fermeture des milieux : les espaces forestiers en cours de formation ont augmenté de 14 % entre 1999 et 2015 ;
• le développement de l’urbanisation : s’il reste très inférieur à la moyenne régionale, (< 3 %), on observe cependant une augmentation du tissu urbain discontinu (+ 40 %) et du bâti diffus, ainsi que le développement des centrales photovoltaïques au sol au sein des espaces naturels;
• les pressions sur les milieux terrestres et aquatiques liées aux activités humaines trop concentrées ou trop intensives (activités de pleine nature, agriculture…).
Plus globalement, le changement climatique pourrait altérer durablement les milieux les plus sensibles comme les ressources pastorales et les zones humides, et entraîner à terme une modification profonde de la physionomie des espaces forestiers.
UN TERRITOIRE NATUREL
13
Des mesures
agroenvironne-
mentales efficaces
Le plateau de Valensole abrite
une des dernières populations
d'outardes canepetières encore
p r é s e n t e s d a n s l e s e s p a c e s
c u l t i vé s . G râ c e a u x m e s u re s
agroenvironnementales animées
p a r l e P a rc (2 0 0 8 -2 0 1 6) , 1 6
exploitations agricoles, réparties
sur 200 ha, se sont engagées dans
des pratiques favorables à cet
oiseau nicheur désormais disparu
de nombreuses plaines céréalières
de France. Après une chute de
moitié des effectifs des mâles
chanteurs à partir de 2008 (de
10-11 mâles à 5-6 mâles sur la
partie nord du plateau), 10 ans
plus tard la population est toujours
présente sur le plateau de Valensole
et un début de redressement des
effectifs (8-9 mâles chanteurs)
laisse espérer que cette petite
population pourra se maintenir.
©D. Allemand, REÇU EN PREFECTURE !Î
le 65/87/2824
2 Application agréte E-legalte com 1
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UN TERRITOIRE NATUREL
14
Les milieux aquatiques
Long de 165 km, le Verdon se caractérise par 5 grands
aménagements hydroélectriques qui modifient
profondément son fonctionnement. Les affluents et
les zones humides qui lui sont liés sont, comme lui,
indispensables au bon état des milieux naturels.
UNE GESTION GLOBALE, ÉQUILIBRÉE ET CONCERTÉE
Définie comme un objectif prioritaire de la charte dès la création du Parc en 1997, la gestion de l’eau et des milieux aquatiques est prise en charge par le Parc à l’échelle de tout le bassin versant du Verdon, et possède désormais un cadre, des outils et des moyens dédiés.
Le Parc anime plusieurs démarches de gestion concertée :
• le schéma d’aménagement et de gestion des eaux du Verdon
(SAGE Verdon), validé en 2014, qui conjugue satisfaction des
usages et préservation de la biodiversité ;
• le contrat de rivière Verdon, signé en 2008 puis en 2017, qui
établit des programmes pluriannuels d’actions ;
• la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations
(GEMAPI), confiée au syndicat mixte depuis 2020, qui structure
la gestion des cours d’eau et des zones humides.
Les grands enjeux de territoire liés à l’eau sont la gestion quantitative de la ressource, la préservation de sa qualité, la conciliation des usages, la préservation et la restauration des milieux aquatiques. Ils passent par la mise en œuvre des solidarités, dans un esprit de concertation et de compromis.
UNE EAU DE QUALITÉ
Sur le bassin du Verdon, 79 % des masses d’eau sont en
bon état ou en très bon état écologique.
Les sources de pollution sont assez circonscrites. En
surface, elles sont dues à des rejets ponctuels liés à
l’assainissement. Pour les eaux souterraines, les nappes
polluées se situent sur le plateau de Valensole (nitrates
et pesticides) : 5 captages y ont été classés prioritaires
et un programme de reconquête de la qualité des eaux a
été mis en place depuis 2013.
À SAVOIR
Production d’énergie, réserve d’eau potable et
d’irrigation, loisirs… le Verdon fait l’objet d’usages
multiples qui peuvent entrer en conflit, et son eau
est utilisée bien au-delà du territoire, puisqu’elle
alimente une grande partie de la population
régionale (notamment les agglomérations de
Marseille ou de Toulon).REÇU EN PREFECTURE
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UN TERRITOIRE NATUREL
15
DES MILIEUX NATURELS FRAGILISÉS
Parce qu’ils sont un vrai obstacle à la circulation des espèces, et
modifient le régime des eaux et la circulation des sédiments, les
barrages ont un impact fort sur la biodiversité et les habitats. Un
travail a donc été engagé en faveur des milieux aquatiques pour
assurer leur préservation et garantir leur prise en compte dans
la gestion des grands aménagements : par exemple, la définition
et la mise en œuvre en 2011 de nouveaux débits réservés (débit
minimum qui doit être laissé en permanence à l'aval du barrage
pour permettre la vie, la circulation et la reproduction des
espèces) ; un travail qui va démarrer en 2020 sur la gestion des
sédiments…
Plusieurs actions sont conduites en faveur du bon état des milieux
aquatiques telles que la restauration et l'entretien des ripisylves,
la gestion des prélèvements, des économies d'eau, des suivis
d'espèces patrimoniales (Apron du Rhône, Castor), la restauration
des continuités écologiques, la préservation des zones humides...
Mais des questions nouvelles se posent. Les espèces invasives qui
concurrencent les espèces endémiques se révèlent problématiques.
Et il est de plus en plus nécessaire d’assurer la circulation des
sédiments et d’enrayer l’érosion des habitats aquatiques en passant
par le rétablissement de la morphologie originelle des cours d’eau.
DES COMPROMIS ENTRE USAGES ET PROTECTION
Produire de l’électricité, fournir de l’eau pour l’alimentation,
les cultures et l’industrie, tout en garantissant les activités
touristiques ou de loisirs sur les retenues et les cours d’eau… les
barrages répondent à de multiples usages.
Les études réalisées ayant montré que la sauvegarde des milieux
aquatiques passe d’abord par l’augmentation du débit des cours
d’eau, le Parc a dû engager un vaste travail de concertation et de
compromis entre tous les acteurs pour en définir le niveau.
Toujours dans l’esprit de conciliation et de préservation des
usages, le Parc anime depuis 2010 un plan de gestion de la rivière
du Moyen-Verdon destiné à réduire l’impact des activités de
loisirs sur le milieu (piétinement et raclage des fonds, dégradation
des rives, dérangement de la faune…).
L’EAU EN CHIFFRES…
801 km
de linéaire de cours
d’eau entretenus
194 cours d’eau
prospectés pour
repérer les espèces
invasives
59 zones humides
classées
prioritaires
4 secteurs définis en
« secteurs sensibles
étiage »
79 % des masses d’eau
en bon état
écologique
18 études scientifiques
de groupes
d’espèces
aquatiques
Le SAGE
Outil de concertation et de compromis, le SAGE est élaboré
à la fois par les communes, les départements et la Région,
EDF, la Société du canal de Provence, les sociétés de
pêche, les professionnels du tourisme, les responsables de
préservation du milieu naturel, les représentants du monde
agricole… et les administrations. Il permet de s’accorder sur
des mesures de gestion et de préservation communes à tous.
L’augmentation des débits réservés
Jusqu’en 2011, les débits réservés étaient insuffisants au
bon fonctionnement des milieux aquatiques. Grâce à leur
relèvement, les températures maximales de l’eau sont plus
basses et des zones de fraie se sont rétablies, favorisant
ainsi les populations de poissons qui dépendent du Verdon,
comme la truite ou le chabot (photo ci-dessus).
©P. Baffieal
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UN TERRITOIRE NATUREL
16
La forêt
Les paysages forestiers prédominent sur le territoire.
Très limités par les activités agricoles et le pâturage
jusqu’au milieu du XXe siècle, ils connaissent
maintenant une période d’expansion, colonisant peu
à peu les secteurs agricoles délaissés.
LA FORÊT EN CHIFFRES
Une
propriété
morcelée, avec
79 % de forêts privées,
11 % de forêts communales
et 10 % de forêts
domaniales
160 000 ha de forêt,
qui représentent
69 % du territoire
Une forêt
diversifiée, avec
34 100 ha de
taillis (feuillus) et et
33500 ha de
futaies (feuillus
et résineux)
Avec 69 % de couvert forestier, contre 48 % pour la région, le territoire du Parc est fortement boisé. La répartition entre feuillus (prépondérants à l’ouest) et résineux (plus présents à l’est) y est relativement équilibrée, mais la composition des essences évolue.
UNE FORÊT EXPOSÉE
Issu de la reforestation du XXe siècle, le pin noir colonise peu à peu les espaces délaissés par le pastoralisme et contribue à la banalisation et à la fermeture du paysage.
Surtout, les premiers effets du changement climatique se font sentir. Les pins sylvestres subissent un taux de défoliation de près de 50 %, et des peuplements de sapins dépérissent à cause du stress hydrique.
Enfin, la forêt est plus exposée au risque d’incendie : la saison propice s’est allongée de 3 semaines durant les 60 dernières années, et les zones géographiques sensibles aux feux s’étendent vers le nord et en altitude.
©D. AllemandREÇU EN PREFECTURE
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UNE GESTION À REPENSER
Trois périmètres de charte forestière de territoire (CFT) recoupent
le territoire du Parc du Verdon, et conjuguent exigences sociales
et environnementales pour assurer une gestion durable de la forêt.
Mais, si les enjeux forestiers sont très présents dans la dernière
charte, la stratégie globale reste à revoir : une partie des
communes n’a toujours pas enclenché de dynamique de gestion
et de valorisation, et la prédominance de la forêt privée et son
morcellement compliquent la mise en place de plans d’actions
efficaces. Au même moment, les coupes s’intensifient pour
répondre aux besoins des gros opérateurs énergétiques régionaux
(centrales biomasse de Gardanne et de Brignoles notamment).
UNE VALORISATION
ET UNE DIVERSIFICATION À RENFORCER
Avec un tel couvert forestier, le bois constitue un potentiel de
ressource important. Le chêne est essentiellement valorisé en
bois de chauffage, et les pins le plus souvent en bois énergie
(plaquettes forestières) ou en pâte à papier.
Avec l’émergence de chaufferies bois ou de centrales biomasse,
la demande en bois énergie ne cesse d’augmenter sur l’ensemble
de la région et une tension pourrait bientôt se produire sur cette
ressource au détriment des besoins locaux.
Des réflexions autour d’une utilisation plus valorisante du bois
local en bois de construction émergent peu à peu, mais la mise
en valeur et la diversification des productions ne sont pas encore
allées assez loin.
SYLVOPASTORALISME ET CUEILLETTE
Parmi les pistes à explorer, le sylvopastoralisme figure en bonne
place. Il est actuellement freiné par l’embroussaillement et la
densification des forêts, qui empêchent les ressources pastorales
de pousser. Il est également remis en question par la prédation
du loup, la garde dans ces milieux ouverts et la mise en place de
clôtures étant plus compliquées qu’en milieux ouverts.
Mais dans un contexte de changement climatique et de ressources
en herbe qui souffrent de la sécheresse, les espaces boisés
pourraient offrir des zones de repli intéressantes, à la condition
que les peuplements forestiers et la ressource fourragère soient
gérés dans un juste équilibre.
Autre piste possible, mais peu envisagée : la cueillette de
coproduits forestiers comme les plantes à parfum ou médicinales,
ou le buis. Ces pratiques ancestrales ont quasiment disparu du
territoire, mais elles pourraient profiter de marchés de niches.
UN TERRITOIRE NATUREL
17
Les forêts anciennes et matures
Particulièrement importantes pour la biodiversité du terri-
toire, les forêts anciennes font l’objet de plusieurs contrats
Natura 2000. Elles sont également au centre de l’élabora-
tion de la sous-trame forestière dans le cadre de la démarche
d'élaboration de la Trame verte et bleue.
Le Parc du Verdon a accompagné la commune d’Aiguines
dans la création d’une réserve biologique forestière dans la
hêtraie méditerranéenne du Grand Margès. La récolte de
bois y sera interdite, et les effets du changement climatique
y seront étudiés de près.REÇGUEN PREFECTURE
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Un
territoire
façonné
par
l’homme
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UN TERRITOIRE FAÇONNÉ PAR L'HOMME
19
Grandes étapes historiques
Interface entre les Alpes et la Méditerranée, le territoire
du Verdon est une zone de passage et d’échanges culturels
très ancienne. Son histoire est riche et ses patrimoines
invitent à la découverte.
UNE PRÉSENCE HUMAINE TRÈS ANCIENNE
Les traces d’occupation humaine dans le Verdon remontent à 400 000 ans. Concentrées d’abord dans les basses gorges du Verdon, elle s'étend au reste du territoire avec la sédentarisation de l’homme.
À partir de 118 av. J.-C., les Romains y installent des cités, comme à Castellane et Riez, et lui donnent sa vocation agricole, créant des centaines d’établissements ruraux isolés.
La période du Moyen-Âge voit les villes et les échanges se développer, tandis qu’aux XVIIe et XVIIIe siècle, la population augmente et l’industrie locale apparaît (faïence, draperie, tournerie…).
Le XXe siècle est le temps des grands bouleversements. La mécanisation modifie les paysages et les pratiques agricoles. La création de 5 barrages qui noient les vallées agricoles ouvre sur une nouvelle vocation : le tourisme.
UNE AMÉLIORATION CONTINUE DE LA CONNAISSANCE
Particulièrement préservés grâce au caractère rural du Verdon et au faible impact de l’urbanisation, les vestiges et les traces d’occupation ancienne abondent, et leur potentiel de découverte intéresse chercheurs et universités.
La création des services archéologiques à l’échelle départementale a permis un développement croissant des prospections et des fouilles au fil des ans, et un travail multi-acteurs efficace entre la Région, les départements, le Parc et les musées existe désormais.
Dans ce cadre, le Parc participe à un accompagnement, un suivi et un soutien à l’ancrage local des projets de recherche. Il constitue un maillon local important, mais le lien avec les services de l’État et les collectivités mériterait d’être amélioré pour une coopération plus efficace.
« PAYSAGES RURAUX »
Le territoire du Verdon a un caractère
rural très marqué. Il est jalonné de
villages dont l’implantation révèle la
diversité des reliefs, tandis que de
nombreux édifices à la fois modestes
et remarquables - chapelles, murs en
pierre sèche, enclos apiés, cabanons,
pigeonniers… - témoignent d’une
nature contraignante.
Dans les massifs de moyenne montagne,
les activités pastorales assurent le
maintien des vastes pelouses rases
et fleuries, constituant des paysages
ouverts caractéristiques des massifs
préalpins. Ailleurs, les productions
agricoles - qui vont des cultures
irriguées (céréales, vergers) aux cultures
emblématiques de Provence (lavandes,
lavandins, oliviers, vignes et amandiers) -
offrent une grande diversité de paysages
authentiques.F REÇU EN PREFECTURE Î
le 05/87/2824
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LE PATRIMOINE HISTORIQUE S’EXPOSE
La valorisation de ces découvertes contribue à développer une offre culturelle et touristique importante. Grottes des gorges du Verdon, cité antique de Riez, diocèse de Senez, sites castraux d’Allemagne- en-Provence… des sites remarquables ont émergé grâce au travail de connaissance réalisé.
Plus globalement, c’est toute l’histoire et le patrimoine du Verdon qui sont mis en scène et valorisés. Faïence à Moustiers-Sainte- Marie, draperies à Saint-André-les-Alpes, tournerie à Aiguines… les activités liées au mode de vie rural du Verdon sont entrées à leur tour dans un processus de patrimonialisation, avec la création de musées, de parcours et de maisons thématiques qui leur sont consacrés.
Le nombre croissant de ces espaces muséographiques, associés aux labels - Pays d’art et d’histoire, Plus beaux villages de France, Cités et villages de caractère… - qui accompagnent la valorisation des patrimoines historiques, architecturaux et paysagers, contribue à enrichir l’offre touristique et culturelle du Verdon.
À SAVOIR
Diocèse de Senez, vallée du Jabron, sites castraux
d’Allemagne-en-Provence… les programmes de
recherche archéologique se multiplient, tandis que
les prospections dans les gorges du Verdon - haut
lieu de la Préhistoire - ont été relancées. Ici une
photo du chantier de fouilles préhistoriques aux près
de Laure - vallée du Jabron.
© Bruno Vacherand-Denand
UN TERRITOIRE FAÇONNÉ PAR L'HOMME
20
LA PRÉHISTOIRE
A SON MUSÉE
Les sites préhistoriques ont commencé à être
fouillés dans les années 1960, avant la mise en eau
du barrage de Sainte-Croix. La grotte de la Bonne
Baume en est l’un des plus beaux exemples. Elle
est aujourd’hui mise en valeur dans le parcours
de visite du musée de Préhistoire des gorges
du Verdon à Quinson, qui réunit à lui seul 74 000
visiteurs par an.RECU EN PREFECTURE
le 05/07/2624 Application agréce E-leq «om
UN TERRITOIRE FAÇONNÉ PAR L'HOMME
21
Cultures et savoir-faire
Outre ses richesses archéologiques et historiques, les cultures du Verdon s’incarnent à travers son art de bâtir, son patrimoine immatériel - avec ses savoirs, ses savoir- faire et ses techniques - et ses pratiques culturelles, à la fois vivantes et populaires.
CONNAÎTRE ET PRÉSERVER LE PATRIMOINE BÂTI
Très rurale, l’architecture du Verdon a su tirer parti des ressources
locales. Réalisés avec le concours de la Région et des associations
locales, des inventaires du patrimoine bâti (2010), des cabanons
et pigeonniers du plateau de Valensole (2012) et du bâti lié à l’eau
(2016) ont permis d’en révéler toute la richesse, et de nombreuses
pistes d’investigation restent encore à explorer.
Pour sensibiliser habitants et collectivités à la préservation des
paysages architecturaux et faire connaître les techniques et les
matériaux qui constituent l’identité du territoire, le Parc organise des
chantiers participatifs depuis 2006. Il édite également des guides
et des fiches conseils à destination des projets publics et privés, et
accompagne les communes dans la restauration et la valorisation de
leur bâti, en les aidant dans la recherche de financements et dans la
définition de leur projet.
LES CHANTIERS PARTICIPATIFS ET INVENTAIRES
DU BÂTI EN CHIFFRES
FAIRE VIVRE LES SAVOIR ET LES SAVOIR-FAIRE
Les usages d’aujourd’hui étant les traditions de demain… le Parc
s’est donné pour priorité de recueillir les patrimoines immatériels
qui font l’identité du Verdon, pour mieux les préserver et les
transmettre.
Migrations et transhumances (2013-2014), relation des hommes
à l’eau (2018-2019)… un travail de recherche sur la mémoire orale
a ainsi été engagé et devrait se poursuivre encore, avant que ces
savoirs ne tombent dans l’oubli.
Un projet collectif intitulé « Raconte-moi ton Verdon » - associant
travaux de recherche et création artistique - a également permis
de valoriser les connaissances des cultures et les identités
du Verdon, et des inventaires ont été réalisés, dont un sur le
patrimoine fruitier et les pratiques qui lui sont associées (2016).
UN TERRITOIRE FAÇONNÉ PAR L'HOMME
21
244 cabanons
et pigeonniers
recensés
39
chantiers et
29 édifices restaurés
dans 20 communes,
pour près de 800
participants
au total
Plus
de 300
édifices liés à
l’eau inventoriés,
une cinquantaine
d’édifices
restaurés.|
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UN TERRITOIRE FAÇONNÉ PAR L'HOMME
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PARTICIPER À LA VIE CULTURELLE DU TERRITOIRE
La vie culturelle du Verdon se structure majoritairement autour des associations et de leurs bénévoles : elles interviennent en appui aux municipalités dans ce domaine. Livres, spectacles vivants, cinémas, musiques… leur offre est à la fois riche et innovante, la part de ces manifestations représentant à elles seules 46 % de l’offre événementielle du Verdon. Mais le secteur reste fragile, malgré le soutien de plus en plus prégnant d’acteurs publics comme la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles).
Pour créer une dynamique locale et fédérer l’ensemble des acteurs, le Parc a mis en place un annuaire culturel (2008-2013) puis un portail culturel intitulé La Mescla (2014-2019). Malheureusement,
ces deux outils n’ont finalement pas trouvé l’écho attendu.
©Pierre Faugier
Focus
« Raconte-moi
ton Verdon »
À la fois programme de recherche sociologique
et ethnologique, enquête orale et projet artistique,
« Raconte-moi ton Verdon » a mobilisé la parole
et le regard des habitants sur leur territoire.
Lancé en 2013, il a permis de répondre à deux
questions majeures.
Que représente le Verdon pour ses habitants ?
Et de quelle manière l’habitent-ils ?
Retour sur une aventure
art istique, sociologique et
ethnologique.
Projet 2013 réalisé par le Parc naturel régional du Verdon
Raconte-moi
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UN TERRITOIRE FAÇONNÉ PAR L'HOMME
23
Agriculture et pastoralisme
L’occupation du sol agricole se répartit globalement
en deux grands espaces : les espaces agricoles
cultivables qui occupent 17 % du territoire avec
notamment à l'ouest du Parc les grandes parcelles
du plateau de Valensole, avec leurs longs rangs
de lavandin, de céréales et d’oléagineux et les
secteurs de polyculture (maraîchage, oliviers,
chênes truffiers…). Dans les secteurs de moyenne
montagne, les troupeaux d'ovins parcourent les
alpages qui représentent un espace pastoral de
plus de 83 000 ha, soit plus de 40 % du territoire
du Parc du Verdon.
Le territoire du Parc naturel régional du Verdon se scinde en deux
grands systèmes agricoles :
• à l’est, l’espace est dédié à l’élevage d’ovins. Les parcours
pastoraux et la production de fourrage y sont les principales
ressources ;
• à l’ouest, le plateau de Valensole est dominé par la
production de plantes à parfum : 90% de la production
mondiale d'huile essentielle de lavandin est produite sur le
plateau de Valensole. Plus de 1800 ha ont été conquis par
cette culture en 4 ans. Le Haut Var se caractérise davantage
par de la polyculture et de l’élevage avec des exploitations
moins spécialisées que sur le plateau de Valensole.
UNE AGRICULTURE QUI RESTE FORTE ET DYNAMIQUE
Avec le nombre de ses exploitations divisé par deux entre 2000
et 2010 (il en reste 589 en 2018), l’agriculture a connu un recul
très important comme partout ailleurs sur le territoire national.
Et la tendance pourrait s’aggraver, avec 360 exploitants qui
partiront à la retraite d’ici 20 ans.
Malgré tout, le secteur agricole reste un pourvoyeur d’emplois
(750 emplois) important pour le territoire (7 % de la totalité
des emplois), et une dynamique d’installation a permis de
stabiliser un peu la situation, grâce à 112 installations ou reprises
comptabilisées en 10 ans.
L’AGRICULTURE ET LE PASTORALISME EN CHIFFRES
85 000 ha d’espaces agricoles
déclarés à la PAC,
soit 36 %
du territoire
180 éleveurs et
45 000 brebis
7 % des emplois du
territoire
43 % du territoire en pâturage d’estive
ou parcours
pastoraux
589 exploitations
112 reprises ou installations en
10 ans
UN TERRITOIRE FAÇONNÉ PAR L'HOMME
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UN PASTORALISME QUI OCCUPE PLUSIEURS FONCTIONS
Avec 83 000 ha consacrés à la pratique extensive du pâturage, le pastoralisme est présent sur tout le territoire. Il façonne les paysages en les maintenant ouverts et constitue un des fondements de l’identité du Verdon.
Il participe au développement économique et au maintien du
patrimoine et des savoir-faire locaux (comme en témoignent les nombreuses fêtes de la transhumance) et rend de précieux services de lutte contre les feux de forêts, en limitant l’embroussaillement.
Par le pâturage extensif, la fauche et le débroussaillage, les éleveurs assurent l’entretien des parcours et des prairies, freinent la
fermeture naturelle du milieu, et participent pleinement à préserver la biodiversité du territoire.
DES PRODUCTIONS DE QUALITÉ
Viande d’agneau, fromages, plantes
aromatiques, huile d’olive, miel, truffes…
les productions emblématiques du
Verdon bénéficient de signes officiels de
qualité (IGP et AOP). Certaines profitent
aussi de la marque Parc comme le miel,
le safran ou le vin. Les milieux et les
ressources fourragères sont de grandes
qualité et révèlent des pratiques agricoles
et pastorales extensives, c'est à dire
valorisant au maximum la faune et la flore
de nos montagnes et collines.
ACCOMPAGNER
L’INSTALLATION DES
EXPLOITANTS AGRICOLES
Pour revitaliser le tissu agricole et encourager
la relocalisation de l’alimentation, des espaces-
tests ont été créés sur le territoire. Initiés par le
Parc et mis en place avec le concours des élus,
des habitants et des agriculteurs, ils permettent
d’évaluer les projets d’installation des futurs
exploitants agricoles et de les aider à lancer
progressivement leur activité.
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UNE VOCATION AGRICOLE ET PASTORALE À PÉRENNISER
Pour anticiper les effets du changement climatique, l’accès à
l’eau doit être sécurisé. Il passe par l’adaptation des pratiques
agricoles, par des investissements conséquents pour alimenter
les cultures (projets de réseaux d’irrigation en cours), et par la
création d’impluviums pour abreuver les troupeaux.
Une prise en compte de la prédation du loup qui ne cesse de
croître est également nécessaire, ce qui passe notamment par la
réouverture des zones embroussaillées pour offrir plus d’espaces
de pâturage sécurisés.
DES DÉBOUCHÉS PLUS NOMBREUX
Grâce à une dynamique lancée depuis 2010, et à la création de
nombreux marchés paysans ou des points de vente collectifs,
30 % des producteurs pratiquent les circuits courts ou la vente
directe. Ils trouvent là une plus-value économique, et une mise en
valeur touristique de leurs savoir-faire.
Certaines filières ont également fait l’objet d’un programme de
valorisation, dans le but de diversifier les revenus agricoles, créer
des identités régionales fortes et relocaliser l’alimentation. C’est
le cas par exemple de la trufficulture qui a sa maison de la truffe à
Aups depuis 2015, et des vergers paysans qui ont bénéficié d’un
travail conservatoire et dont les variétés anciennes fruitières du
Verdon sont petit à petit réimplantées dans des vergers publics
ou amateurs.
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LA DÉMARCHE REGAIN
Copilotée par le Parc, la chambre d’agriculture 04 et la Société
du canal de Provence, le projet REGAIN a vu le jour en 2014. Il
réunit 27 lavandiculteurs qui, après avoir évalué la qualité de
leurs sols, se sont lancés dans l’expérimentation de pratiques
agroenvironnementales, comme le semis de couverts végétaux
entre leurs rangs de lavandin. Leur objectif ? Être moins tributaires
des intrants, réduire l’érosion et améliorer la fertilité des sols.D > ; £
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UN TERRITOIRE ATTRACTIF
27
Population, logement,
éducation et citoyenneté
Le Verdon est un territoire peu dense (17,2 hab./km2),
au cœur d’une région très dense (160 hab./km2). 80 %
de sa population se concentrent à l’ouest, où l’on vit à
la campagne, non loin des sites urbains pourvoyeurs
d’emplois, contre seulement 20 % à l’est, où la vie est
marquée par une très grande ruralité.
« PAYSAGES URBANISÉS »
Au regard des pressions urbaines qu’on
peut observer partout, le Verdon est un
territoire préservé. Avec seulement 3 %
du territoire, ses surfaces artificialisées
restent faibles, ce qui souligne son
caractère profondément rural.
Mais les extensions pavillonnaires ont
démultiplié l’étendue des villages.
Si l’impression de campagne demeure
grâce aux reliefs et à la végétation qui en
limitent la visibilité, leur développement
banalise l’architecture et brouille
les limites entre espaces urbains
(ou construits), naturels et agricoles.
Quant aux espaces économiques,
composés surtout de petites zones
artisanales ou commerciales installées
à l’entrée des villages, bien que
leur densité soit faible, ils se sont
souvent développés sans souci de
qualité paysagère ni grande logique
d’aménagement et ne reflètent
guère l’identité du Verdon.
UN TERRITOIRE ATTRACTIF IMPACTÉ PAR LE VIEILLISSEMENT
Très attractif, le Verdon a vu sa population multipliée par 2,3 en moins de 50 ans. Toutefois du fait de sa grande ruralité - qui implique un accès aux équipements et aux services limités, des dynamiques de mobilité faibles et une offre de formations supérieures quasi inexistante… - il ne bénéficie pas d’un renouvellement naturel de sa population.
Cet essor démographique, il le doit à des migrations résidentielles en provenance de départements limitrophes, les nouveaux arrivants étant principalement de jeunes adultes entre 25 et 39 ans et des retraités. En l’espace de 15 ans, l’âge médian du Verdon est ainsi passé de 44 à 48 ans - avec des effectifs très importants entre 65 et 70 ans - tandis que la tranche des 18-24 ans se trouve sous-représentée.
À SAVOIR
Le niveau de vie dans le Verdon est proche de la moyenne régionale, mais la population y est soumise à des fragilités sociales, avec un taux de chômage plus élevé que la moyenne régionale notamment chez les jeunes adultes de 18 à 30 ans, et un niveau de diplômes particulièrement bas (1 personne sur 3 est sans diplôme).
©P. MurtasREÇU EN PREFECTURE
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UN ACCÈS AU LOGEMENT DIFFICILE
Si, jusque dans les années 1970, on s’installait surtout dans
le Verdon pour y construire sa résidence secondaire (elles
représentaient alors jusqu’à 74 % du parc de logements), c’est
d’abord une résidence principale que l’on vient y chercher
aujourd’hui (54 % du parc actuel, contre 38 % pour les résidences
secondaires).
Avec seulement 3 logements neufs commencés par an pour
1000 habitants (un rythme de construction plus de 2 fois
inférieur à la moyenne régionale), le parc de logement est très
largement dominé par la maison individuelle tandis que les
centres anciens sont délaissés et se dégradent, au profit de
l’habitat diffus.
Une partie de l’offre étant captée par la demande touristique,
le marché du logement permanent y est plus réduit qu’ailleurs.
Le parc locatif social est quasiment inexistant et le parc locatif
privé, lui aussi peu développé, peine à répondre aux besoins des
ménages aux revenus les plus modestes.
DES DYNAMIQUES CITOYENNES ANCRÉES
Primordiales sur un territoire rural tel que le Verdon, les associations
compensent l’éloignement des services et répondent à de nombreux
besoins. Loisirs, culture vivante, environnement, patrimoine, mémoire,
développement durable… elles assurent une vaste dynamique à la fois
sociale et citoyenne.
Présentes à l’échelle des communes, elles peuvent aussi s’emparer de
sujets plus vastes comme la protection de sites naturels, allant jusqu’à
engager des actions en justice. Moins pérennes ou évoluant dans le
temps, on assiste aussi au montage de collectifs autour d’enjeux
fédérateurs comme la mise en place de lignes à haute tension ou
l’implantation de parc éolien.
Soucieux de créer et d’animer des outils de participation à l’échelle
du territoire, le Parc est à l’origine de plusieurs débats publics et
démarches de consultation. Mais ce sont surtout les concertations
menées sur la durée qui semblent le mieux porter leurs fruits et
coller aux attentes, à l’image de celles animées par le conseil de
développement du Parc du Verdon sur l’épandage des boues
d’épuration, ou du travail de longue haleine réalisé avec les usagers de
la rivière à propos des débits réservés.
UN TERRITOIRE ATTRACTIF
28
LA MISSION ÉDUCATION DU PARC
Dans le cadre de sa stratégie éducative, le Parc réalise des
projets :
• avec les écoles, les collèges et les lycées, autour de l’eau, la
biodiversité, l’énergie ou l’agriculture, etc.
• avec le réseau Éducation populaire, proposant notamment des
dispositifs spéciaux d’immersion dans le territoire comme les
séjours jeunes interparcs ou l’opération 1001 nuits alpines ;
• avec le grand public, par des débats, conférences, sorties,
ateliers, spectacles… avec pour objectif la transmission des
savoirs et des connaissances et l’appropriation des enjeux
propres au territoire.
©P. Murtas! REÇU EN PREFECTURE !Î
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Activités économiques
et emploi
Porté par les services, le tourisme et
l’agriculture, le territoire bénéficie d’un taux
d’emploi relativement correct. Mais il peine
encore à créer des emplois qualifiés à l’année,
et la transformation ou la valorisation de ses
ressources restent limitées.
L’EMPLOI EN CHIFFRES
10 418 emplois pour
14 176 actifs
53 % de taux de féminisation
73,5 % d’emplois proposés
sur le territoire
et 26,5 % à
l’extérieur
85 % de postes salariés dans
la sphère présentielle
(activités de
services)
400 créations annuelles
d’entreprises
prioritaires
34 % d’emplois dans le
secteur public
RÉPARTITION DE L'EMPLOI PAR GRANDS SECTEURS
UNE ÉCONOMIE TOURNÉE VERS LES SERVICES
Avec une augmentation de 0,4 % des emplois par an entre 2010
et 2015 - contre 0,1 % pour Provence-Alpes-Côte d’Azur - le
Verdon semble avoir été plutôt résilient face à la crise financière et
économique de 2008-2010.
Le tourisme et l’agriculture sont ses deux grands piliers économiques,
mais l’emploi salarié public occupe aussi une place importante avec
34 % des emplois (12 des 20 plus grands employeurs du Verdon sont
du secteur public).
Largement dominée par les commerces et les services (85 %
des emplois), son économie est très fortement tournée vers la
satisfaction des besoins des habitants et des visiteurs, au détriment
de de l'industrie ou des produits finis (15 %).
UN TERRITOIRE ATTRACTIF
29
0,00,20,40,60,81,0
0
20
40
60
80
100
Verdon Référenciel* PACA
Tertiaire
Construction
Industrie
Agriculture
76 74 83
8 9
7
8 5 2
9 12
9
©B. Vacherand-Denand
*Comparaison avec la moyenne des ParcsLE Lieu de Ressources
L I Pour entreprises &
initiatives dans
D I T > le Verdon
, REÇU EN PREFECTURE 1!
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UN TERRITOIRE ATTRACTIF
30
Focus
Les migrations pendulaires
Les mobilités domicile / travail sont une caractéristique
importante du Verdon. Au total, 42 % des travailleurs
sortent du territoire chaque jour pour aller sur leur lieu
de travail. Orienté vers le bassin d’emploi de Manosque
et le Centre d’études nucléaires de Cadarache, l’ouest
est le plus concerné par le phénomène.
UN MARCHÉ DE L’EMPLOI DÉFORMÉ PAR LE TOURISME
Avec une part dans l'agriculture et dans les activités de première transformation plus importante qu’ailleurs, la population active est globalement plus diversifiée qu’en milieu urbain. Elle présente également une vraie vitalité due au solde migratoire, avec notamment une arrivée de plus de 700 habitants par an entre 2006 et 2011.
Mais le marché de l’emploi est déformé par l’emploi touristique
saisonnier qui représente 21 % de l’emploi total - contre seulement 6 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le maintien d’un tissu économique diversifié à l’année est donc une nécessité, et la création d’un modèle de développement rural apparaît un enjeu particulièrement fort pour le territoire, tout en restant appuyé sur le pilier touristique.
POUR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE EN MILIEU RURAL
Le Parc est engagé dans une longue étape de compréhension des enjeux du développement rural. Il a d’abord fait réaliser des portraits de territoire sociodémographiques et une étude sur le potentiel du télétravail. Il a contribué à la mise en place d’une plateforme de formation territoriale et à l’accompagnement de 50 porteurs de projets en création d’activité. En 2018, un tiers-lieu offrant un nouvel espace de travail partagé a été créé à Riez.
Mais avec la réorganisation territoriale et l’avènement de
l’intercommunalité, beaucoup d’acteurs sont devenus compétents pour se saisir de la question, et le rôle du Parc doit être repensé, dans le sens d’une meilleure coordination des initiatives et d’une plus grande plus- value sur la dimension durable des projets.
©David Tatin, REÇU EN PREFECTURE !
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UN TERRITOIRE ATTRACTIF
31
Occupations foncières
et grandes dynamiques
d’aménagement
Prépondérants sur le territoire, les espaces
naturels et forestiers sont à la fois des marqueurs
identitaires et des facteurs d’attractivité
incontournables. Mais, sans un développement
encadré, ces paysages et ces patrimoines
pourraient se déqualifier et perdre de leur attrait.
DES ESPACES ARTIFICIALISÉS EN PROGRESSION
Malgré leur faible part sur le territoire (3 %), les espaces artificialisés
sont en forte progression, avec plus 23 % entre 1999 et 2015.
Essentiellement réalisée au détriment des espaces agricoles (630 ha
perdus en 15 ans) et naturels (560 ha), cette consommation foncière
est d’abord dédiée à l’habitat. Beaucoup plus marquée dans le
Var (70 %) que dans les Alpes-de-Haute-Provence (30 %), cette
pression s’explique à la fois par les dynamiques démographiques qui
sont à l’œuvre, et par la proximité des agglomérations et des pôles
d’emplois qui caractérisent l’ouest du territoire.
UN INTERLOCUTEUR-CLÉ DE LA PLANIFICATION
Si la charte n’est pas directement opposable aux autorisations
de construire et d'aménager, elle s’impose en revanche aux
documents qui les encadrent. Depuis 2013, les plans locaux
d’urbanisme se sont multipliés sur le territoire, et deux schémas
de cohérence territoriale (SCoT) portant en partie sur le territoire
du Parc ont été approuvés. Le schéma régional d’aménagement,
de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET)
a été adopté en 2019, faisant du Parc un interlocuteur-clé de la
planification sur son territoire.
Depuis 2016, une trentaine de PLU, deux cartes communales, un
PLU intercommunal et quatre SCoT ont été suivis et accompagnés
par le Parc. Trente porter-à-connaissance multithématiques ont été
réalisés permettant de faire remonter entre autres, les enjeux de
préservation du patrimoine bâti, des zones humides ou encore des
gîtes à chauves-souris. Trente-deux avis ont également été émis
sur les documents d'urbanisme. Sur les communes de Quinson,
Peyroules, Saint-Julien-du-Verdon, Trigance, Ginasservis et La
Palud-sur-Verdon, des études paysagères et environnementales
ont également permis d’améliorer la connaissance des richesses et
des enjeux et ainsi de mieux les intégrer lors de l'élaboration des
projets communaux.
Peu attendu en matière de stratégie foncière (projets de
lotissements privés, création d’infrastructures publiques…), il est en
revanche associé à un grand nombre de projets d’aménagements
(travaux sur des sites sensibles, projets en cœur de village, projets
touristiques, installations photovoltaïques…) qui lui permettent
d’exercer une influence favorable au développement rural.
UNE PRÉSERVATION DES PAYSAGES SUR LE LONG TERME
En matière de paysages, le Parc est engagé dans une réflexion à
long terme dont les résultats seront progressivement visibles.
Des études pré-opérationnelles ont été menées, portant
notamment sur la requalification paysagère de secteurs naturels
et touristiques dégradés. C’est surtout l’aspect conseil qui a été
privilégié, avec la tenue de permanences conseils en architecture
et paysage - à Riez, Castellane, Vinon-sur-Verdon et Aups selon
les périodes, et adressées aux porteurs de projet publics et privés.
D’autres outils ont également été déployés pour la préservation du
cadre de vie, tels que l’animation d’une charte signalétique au sein
des communes du Parc, ainsi que l’édition de guides sur l’insertion
des bâtiments agricoles et sur les plantations aux abords des
maisons.
À SAVOIR
Le Parc intervient en conseil et en accompagnement dans le
suivi des démarches de planification. Il apporte aux collectivités
son expertise et son approche transversale (biodiversité,
agriculture, patrimoine, énergie…) et peut, selon les besoins,
transmettre des porter-à-connaissance, émettre des avis ou
offrir un soutien technique plus poussé.
©F. Dolambi, REÇU EN PREFECTURE 1!
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L Application agréée E-kegalte com n
UN TERRITOIRE ATTRACTIF
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Contraintes et nuisances
Les bouleversements récents, souvent liés
au développement des progrès techniques,
ont profondément transformé les territoires,
aboutissant parfois à des choix inadaptés. Comme
de nombreux territoires ruraux, le Verdon doit
aujourd’hui mieux prendre en compte l’existence
des risques naturels ou susceptibles d'impacter
les ressources et les milieux naturels, tels que les
inondations et les feux de forêt.
DES RISQUES D’INONDATION INÉGALEMENT RÉPARTIS
Les risques d’inondation sont surtout présents sur le haut Verdon en amont de Saint-André-les-Alpes, dans le moyen Verdon à Castellane et dans le bas Verdon en aval de la retenue d'Esparron.
L’arrivée de la compétence GEMAPI a permis de lancer une dynamique sur la mise en conformité et la gestion des ouvrages de protection contre les inondations, sans régler la question des moyens (peu de financements, et montant potentiel de la taxe GEMAPI insuffisant).
Des systèmes de prévision de crues, d’alerte et de gestion de crise, ont par ailleurs été mis en place pour anticiper les risques liés aux précipitations et répondre aux contraintes dans certaines des zones les plus rapidement inondables, comme des campings, mais un important travail reste à conduire.
À SAVOIR
Le cadre réglementaire et les questions de
responsabilité évoluent et construisent un
mode de prise en charge des risques que les
petites communes rurales du Verdon peinent à
assumer entièrement. La nouvelle organisation
à l’échelle intercommunale devrait permettre
de répondre progressivement à ces besoins.
©L.Courtil, REÇU EN PREFECTURE 1!
le 05/07/2024
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UN TERRITOIRE ATTRACTIF
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UN RISQUE DE FEU DE FORÊT PRÉSENT MAIS CONTENU
Les lisières forestières en continuité du tissu urbain constituant les
secteurs les plus sensibles face au risque incendie, des journées
d’information sur les obligations légales de débroussaillement
sont proposées par les services de l'Etat, posant ainsi le cadre
réglementaire qui s’impose aux propriétaires.
En parallèle, des plans intercommunaux de débroussaillement et
d’aménagement forestier assurent la planification et l’aménagement
des massifs forestiers sur des périodes de 10 ans, et des plans
intercommunaux d'occupation pastorale commencent à émerger
dans les zones touchées par le risque incendie pour associer
débroussaillement et agropastoralisme.
UNE GESTION DES DÉCHETS QUI SE STRUCTURE
Depuis 2017, la collecte et le traitement des déchets sont placés
sous la responsabilité des intercommunalités qui doivent faire face
à des problématiques communes, telles que la sur-fréquentation
touristique et le dimensionnement de leurs équipements, la gestion
des déchets verts et la mise en place de composteurs, ou encore le
traitement des déchets économiques qui ne peuvent être associés
aux ordures ménagères.
Acteur de proximité, le Parc est un acteur-clé pour aider ces
collectivités à se concerter et les accompagner dans la conception de
solutions innovantes. Animateur du territoire, il participe également à
la diffusion de l’information auprès du grand public et des scolaires.
Et grâce à ses écogardes qui sillonnent les sites naturels les plus
fréquentés depuis 2012, il effectue un vaste travail de sensibilisation
et d’information sur la réglementation et les comportements à risque.
NETTOYONS LE VERDON
Parce qu’il a un rôle essentiel à jouer en matière de veille
environnementale, le Parc a piloté plusieurs opérations de
dépollution de sites naturels de grande envergure. Les deux
principales, qui se sont déroulées en 2006 et 2019 dans
les grandes gorges, ont permis d’extraire près de 15 tonnes
d’encombrants. Ces actions sont un moyen de sensibilisation
massive des publics sur l’impact de nos déchets et de nos
comportements.Fe
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UN TERRITOIRE DE GRANDE NOTORIÉTÉ
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Tourisme
En dessinant les gorges du Verdon au rythme lent des
temps géologiques, les forces de la nature se sont montrées
généreuses. Mais si ce grand paysage lui assure une vraie
notoriété, il peut aussi masquer les multiples attraits du
territoire. À la croisée de plusieurs influences climatiques
et géographiques, le Verdon livre une diversité étonnante
qui invite à sortir des sentiers battus...
« PAYSAGES TOURISTIQUES »
Les paysages du Verdon appartiennent
à la catégorie des grands espaces et
impressionnent par leur démesure, alternant
profondeurs verticales et vastes horizons. Sous
l’influence de la Méditerranée et des Alpes, la
nature s’y exprime par une diversité étonnante,
et l’empreinte de l’homme y a largement
modelé le paysage, offrant en tête d’affiche
les perspectives colorées et parfumées du
plateau de Valensole et une succession de
lacs retenant les eaux du Verdon.
La fréquentation principalement resserrée sur
juillet et août et la concentration des flux sur
quelques sites-phares viennent cependant
compromettre l’intégrité paysagère à l'origine
de la renommée du Verdon. Son mode de
découverte privilégie les déplacements en
véhicule motorisé et offre une collection de
points de vue à saisir sans effort « au pied de la
portière, voire en baissant la vitre », provoquant
des phénomènes de saturation ponctuelle qui
créent problèmes de sécurité, conflits d’usage
et incivilités (abandon de déchets, camping
sauvage, feux de camp). Enfin, une attention
doit être accordée à la bonne intégration des
équipements touristiques, particulièrement
lorsqu’ils se situent à l’écart des villages.
.
NOTORIÉTÉ ET ATTRACTIVITÉ
À l’image des gorges du Verdon qui - avec leur réputation de plus grand canyon d’Europe - ont acquis une notoriété internationale, le territoire profite d’une grande attractivité paysagère. Il bénéficie d’une nature
de premier plan aux portes des grandes agglomérations, sa faune et sa flore comptant de nombreuses espèces endémiques qui génèrent une biodiversité d’exception.
Son caractère rural marqué se traduit par une faible densité de population et un tissu d’habitats regroupés autour de villages aux silhouettes remarquables. Les activités agricoles modèlent les paysages, prenant l’allure de cartes postales pour des visiteurs du monde entier. L’eau agit elle aussi comme une ressource précieuse : elle est bienfaisante par ses vertus thermales faisant la renommée de Gréoux-les-Bains, et les plans d’eau et la rivière occupent une part importante de l’offre touristique estivale.
À SAVOIR
Le tourisme génère 1780 emplois par mois en moyenne sur l’année, soit environ 1/5 de l’emploi total hors agriculture et fonction publique d’État. Durant la période estivale, il est près de 3,5 fois plus élevé qu’en janvier.
©D. Allemand€)
= VOIR LE VERDON EN
GRANDI PROGRAMME ESPACE VALLÉEN
REÇU EN PREFECTURE
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UN TERRITOIRE DE GRANDE NOTORIÉTÉ
36
SENSATIONS ET DÉCOUVERTE
L’offre d’activités touristiques est largement dominée par les
pratiques sportives de nature encadrées ou en liberté. Eau vive,
randonnée aquatique et canyons dans le cours du Verdon et ses
affluents, escalade dans les gorges, parapente et vol à voile dans
les airs, activités nautiques sur les lacs… les sites naturels du
Verdon sont souvent utilisés comme un vaste terrain de jeu et de
sensations.
Bien répartis sur l’ensemble du territoire, les sentiers de
randonnée occupent également une place de choix, avec des
circuits emblématiques comme le sentier Blanc-Martel ou de
l’Imbut, et plus récemment le sentier du Garde-canal dans les
basses gorges du Verdon. La randonnée se décline désormais en
parcours d’itinérance proposant un mode de découverte et de
séjours au rythme de la marche.
Le VTT et le tourisme à vélo complètent le potentiel de mobilité
douce et bénéficient d’une animation dédiée portée par
l’association Vélo Loisir Provence, soutenue par le Parc.
Quant aux sites de visite et de découverte, ils se sont multipliés
depuis la création du Parc et sont également bien répartis sur le
territoire, tandis que l’offre culturelle assure une vraie diversité
d’événements tout au long de l’année, sur tout le territoire.
Le Verdon s’inscrit dans une vision globale et concertée du
développement touristique.
Avec 4 parcs nationaux, 9 parcs naturels régionaux pour la seule
Région Sud, il est au cœur de la première zone d’espaces protégés
de France. Destination de tourisme rural par excellence, il trouve
sa place entre l’attrait balnéaire du littoral azuréen et les stations
touristiques des Alpes du Sud.
Grâce à des partenariats et des mutualisations, il a pu prendre
part à des stratégies touristiques dépassant son périmètre, à
la fois à l’échelle régionale via le réseau des Parcs, et à l’échelle
de la destination touristique Grand Verdon « des sources à la
confluence », ainsi qu’au travers du programme LEADER « le
Verdon réinvente sa ruralité » ou le programme « Espace valléen ».
Dans chacune de ces démarches de coopération, le Parc est
garant de la préservation et de la valorisation des sites attractifs
et place son expertise technique au service de la concertation.
Il cherche l’équilibre entre préservation des patrimoines et
développement de l’économie locale, et œuvre ainsi en faveur
d’une gestion solidaire des biens communs fondateurs de la
notoriété du Verdon (gorges, eau, paysages agricoles).
LE TOURISME EN CHIFFRES
4000 voies d’escalades
sur 41 sites
de 30000
à 50000 randonneurs par an sur les sentiers-
têtes d’affiche (Blanc-Martel,
Imbut-Vidal, Garde-canal) avec
des pics de 500/jour sur le
sentier « mythique » Blanc-
Martel
4,6
millions de visiteurs par an
(dont 1 million pour
les gorges du
Verdon)
1500
km de linéaire de
randonnée
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P. Murtasr REÇU EN PREFECTURE Î
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UN TERRITOIRE DE GRANDE NOTORIÉTÉ
37
Gestion des sites
Avec un million de visiteurs par an dans les gorges
du Verdon et jusqu’à 500 randonneurs par jour sur
les sentiers les plus emblématiques… l’afflux de
touristes est concentré à la fois dans le temps et
dans l’espace. Pour faire face à ce tourisme pouvant
être qualifié « de masse », il a fallu aménager les
sites et mettre en œuvre un tourisme plus durable.
LE TOURISME DURABLE EN CHIFFRES
48 000 personnes
sensibilisées par les
écogardes en 2019
50 entreprises
fédérées
en réseau autour
du vélo
300 km de sentiers de
grande itinérance
créés 3
sentiers
emblématiques
réhabilités
300 professionnels
d’activités de pleine
nature sensibilisés
aux enjeux
naturalistes
16 000 personnes
transportées en
navette
50 entreprises
mobilisées par la
marque Valeur
Parc
ORGANISER UNE QUALITÉ D’ACCUEIL
À LA HAUTEUR DE LA NOTORIÉTÉ DES SITES
Du fait de leur sur-fréquentation, certains sites naturels du Verdon
souffrent de dégradations qui déprécient leur notoriété.
Depuis 2014, une régie d’aménagement et de gestion adossée au
syndicat mixte du Parc accompagne les collectivités territoriales
pour assurer une meilleure gestion de ces sites. Grâce à cet outil,
le Parc est désormais en capacité d’assurer des opérations en
maîtrise d’ouvrage, parmi lesquelles on compte l’aménagement
des belvédères sur la route des Crêtes et sur des sites
emblématiques comme le Point Sublime, qui engagent l’obtention
du label Grand Site de France.
Parallèlement, l’opération écogardes assume la sensibilisation
du public aux enjeux et à la fragilité du territoire et contribue
à des opérations de police environnementale, tandis que des
programmes de formation sont proposés aux entreprises
d’activités d’eau vive pour les aider à adapter leurs prestations
aux fragilités écologiques des sites.
Travaux de réaménagement du belvédère du Col d'Illoire
(Aiguines).AT T2] Al
Navette
À PARTIR
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. GRAND SITE
Gorges du Verdon
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UN TERRITOIRE DE GRANDE NOTORIÉTÉ
38
L’OPÉRATION GRAND SITE
Destinée à garantir une meilleure qualité d’accueil dans les
gorges du Verdon, l’Opération Grand Site a été lancée en 2010.
Aménagements de belvédères (stationnement, cheminement,
signalétique…) ou de sites d’embarquements pour les activités
d’eau vive, équipements d’interprétation du patrimoine,
amélioration des solutions de mobilité avec navette... grâce à
elle, plusieurs actions concrètes ont pu être lancées.
VERS UNE MOBILITÉ DOUCE
Sur le plan de la mobilité, des déséquilibres existent dans la desserte des sites : l’offre de transport collectif est faible, et les déplacements individuels en voiture sont la règle. À la suite d’une première phase d’étude conduite en 2017 pour préciser les enjeux et identifier les solutions, un schéma de mobilité touristique durable a donc été élaboré en 2018.
Mené grâce à l’implication des autorités organisatrices de la mobilité durable - et particulièrement de la Région - il a notamment permis de densifier le cadencement de la LER 27, la principale ligne de transport collectif routier, et d’assurer la prise en charge par le Parc de la navette Blanc-Martel dédiée aux randonneurs du sentier du
même nom.REÇU EN PREFECTURE
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UN TERRITOIRE DE GRANDE NOTORIÉTÉ
39
POUR UN TOURISME DE VALEURS
Comme tous les Parcs naturels
régionaux, le Parc agit en faveur de
la préservation de l’environnement,
du bien-être des femmes et des
hommes, et pour l’économie locale
à travers la marque Valeurs Parc
naturel régional.
Instaurée en 2016 et animée par le
réseau inter-parcs, cette marque incite
les acteurs locaux (hôteliers, guides de
montagne, propriétaires de gîtes et de
chambres d’hôtes, gestionnaires de
musées, propriétaires de camping…) à
s’engager sur les valeurs du tourisme
durable auprès de consommateurs de
plus en plus sensibles à ces enjeux.
©B. Vacherand-Denand
©D. Berlioux
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« UN CLIMAT
EN PLEINE MUTATION »
Situé au carrefour d’influences
climatiques méditerranéennes et
montagnardes, le Verdon n’échappe
pas aux tendances d’évolution du
climat que l’on peut observer au
niveau national et mondial.
Comme le précise le rapport du Groupe
d’experts intergouvernemental sur
l’évolution du climat d’octobre 2018,
toute augmentation supplémentaire de
la température moyenne, aussi minime
soit-elle, est désormais susceptible
d’entraîner des bouleversements
pérennes ou irréversibles qui
engendreront une raréfaction des
ressources et affecteront aussi bien les
écosystèmes que la santé et les activités
des populations qui y vivent.
Adopter une trajectoire de transition
énergétique et écologique favorisant la
résilience du territoire du Verdon
est donc une nécessité urgente qui
s’impose à tous.
.
© D. Chavy
Le Verdon
demainr REÇU EN PREFECTURE Î
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ation agréée E- ke com
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LE VERDON DEMAIN
41
Les effets du
changement climatique
Grâce aux travaux du Groupe régional d’experts sur le climat (GREC
Sud) en Provence-Alpes-Côte d’Azur, on sait que le territoire connaîtra :
• une hausse substantielle des températures et une augmentation
des sécheresses estivales, à la fois en durée et en intensité,
• une fonte précoce du manteau neigeux en-dessous de 1500 m, qui
entraînera des problèmes d’alimentation régulière des cours d’eau
et une augmentation de la sévérité des étiages estivaux,
• une baisse potentielle du cumul des précipitations annuelles de 10
à 20 % qui devrait affecter plus particulièrement la saison estivale.
LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ET ÉCOLOGIQUE EN CHIFFRES
1 exposition consacrée à la
rénovation
énergétique
15 fiches
pédagogiques
autour de
l’énergie
7 communes
qui pratiquent
l’extinction
nocturne
72 opérations
de rénovation
énergétique de
bâtiments
publics
20 opérations de rénovation
énergétique
de l’éclairage
public
1 commune labellisée
« Villes et villages
étoilés »
15 visites
d’habitat
durable
7 animations sur
la lutte contre
la pollution
lumineuse
18 toilettes
sèches
installées
9 fiches conseils
d’optimisation des
usages de l’eau
UNE AGRICULTURE PLUS VULNÉRABLE
ET DES FORÊTS SOUS TENSION
Avec des sécheresses estivales plus intenses et plus longues, les
demandes en irrigation devraient se faire plus précoces et plus
fortes, tandis que l’augmentation des températures pourrait
modifier le rythme de développement des cultures et altérer
durablement la qualité des récoltes.
Quant aux forêts, des dépérissements dus au manque d’eau
s’observent déjà, à l’instar du pin sylvestre dont la croissance
moyenne s’est effondrée sur les 15 dernières années. Corollairement,
le risque incendie augmente, la période à risque s’étant déjà
allongée de 3 semaines au cours des 60 dernières années.
Problèmes de défoliation en forêt causés par une espèce
invasive, la pyrale du buis (ici au stade de chenille).
QUEL TOURISME POUR DEMAIN ?
Le caractère attractif du Verdon pourrait lui aussi être impacté.
L’intensité et la durée des vagues de chaleur pourraient compliquer
sa fréquentation durant l’été (ex. : flux supplémentaires vers
les bords de lac), surconsommation de l’énergie (climatisation),
tandis que le risque incendie pourrait limiter plus souvent l’accès
au territoire (randonnées vers les massifs).
Quant aux lâchers d’eau qui assurent une partie des activités de
sport et de loisirs, ils pourraient être remis en cause du fait de
conflits d’usage plus nombreux autour de la ressource en eau. Il
sera également plus difficile de maintenir les cotes touristiques
des lacs de retenue.
Au-delà des impacts sur les activités économiques et de loisirs,
d’autres effets sont à craindre pour la santé humaine et la
biodiversité : dégradation de la qualité des eaux, prolifération
d’espèces invasives et allergènes, impacts sur les écosystèmes
et les espèces…
©N. MaurelTERRITOIRE à ÉNERGIE POSITIVE pour La
CRDISSANCE VERTE
MINISTÈRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE
, REÇU EN PREFECTURE Î
le 05/87/2824
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Tension sur les ressources
Si le Parc a très vite intégré la gestion des ressources
en eau comme une priorité, la problématique du
changement climatique, est en revanche absente de
la dernière charte. Depuis, celle-ci s’est imposée et
trouve aujourd’hui une vraie place dans les actions
du Parc au travers d’études et de programmes
d’atténuation et d’adaptation.
RÉDUIRE LES CONSOMMATIONS D’ÉNERGIE
Le Parc a porté de nombreuses actions pour sensibiliser collectivités
et particuliers aux enjeux de l’énergie, lançant par exemple un appel
à communes volontaires pour la lutte contre la pollution lumineuse,
ou à travers une exposition sur la rénovation énergétique.
Il s’est aussi engagé en faveur de la réduction des consommations.
Dans le cadre de ses plans locaux énergie environnement (PLEE), il a
par exemple impulsé la visite d’habitats durables chez des particuliers
ayant réalisé des travaux de rénovation dans une approche écologique.
Dans le cadre du programme Territoire à énergie positive pour la
croissance verte (TEPCV), il a animé une démarche d’appui technique
et financier aux collectivités, pour des opérations de rénovation
énergétique, de mobilité douce ou sur la biodiversité.
Les actions plus spécifiques à la rénovation des bâtiments ont pris
en compte l’adaptation au changement climatique, notamment par
la pose d’une isolation renforcée à base de matériaux biosourcés
(laine de bois) plus efficaces pour l’amélioration du confort d’été.
DÉVELOPPER LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Outre les 5 barrages qui régulent la rivière et font du Verdon
un territoire largement excédentaire dans sa consommation
d’électricité, les centrales photovoltaïques y connaissent un
développement continu depuis 2008. Mais leur emprise au sol et
leur impact sur le paysage et l’environnement sont importants, et
il est désormais demandé aux collectivités de limiter leur accueil
au seul foncier communal.
Engagé en faveur du développement durable, le Parc a également
étudié en 2017 le gisement potentiel de méthanisation et
réalisé 3 notes d’opportunité bois-énergie en 2014-2015, mais
le développement de ces énergies renouvelables semble ne pas
vraiment répondre aux besoins actuels du territoire.
ENCOURAGER LES ÉCONOMIES D’EAU
En parallèle des plans de gestion de la ressource en eau et de
l’amélioration des dispositifs d’assainissement, un programme
sur les économies d’eau a été intégré au contrat de rivière.
Ainsi, les communes sont accompagnées dans la réduction de
la consommation des bâtiments publics, et les usagers sont
sensibilisés au travers de factures pédagogiques et de documents
de sensibilisation.
LE VERDON DEMAIN
42
Labellisé « Territoire à énergie positive pour la croissance verte »
(en partenariat avec la communauté de communes Alpes-
Provence-Verdon) par le ministère de la Transition écologique
et solidaire en 2016, le Parc a accompagné sur 3 ans plus
d’une centaine d’opérations de rénovation énergétique
des bâtiments et de l’éclairage publics, permettant ainsi à
26 communes de baisser significativement (- 30 % à 50 %)
leurs consommations électriques et de réduire leurs émissions
de gaz à effet de serre.
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LE TERRITOIRE
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€) Enjeux et défis pour 2039
Enjeu 1
Enjeu 2
Enjeu 3
Enjeu 4
Enjeu 7
Enjeu 8
Enjeu 6
Enjeu 5
Huit grands enjeux se dégagent aujourd’hui
du diagnostic de territoire. Huit enjeux dont
découlent les défis auxquels la nouvelle charte
devra répondre. Sept enjeux sous-tendus par un
enjeu global qui les réunit tous : le changement
climatique.
L'atténuation et l'adaptation aux effets du change-
ment climatique
La nouvelle charte devra se structurer autour d’une ambition : favo-
riser la résilience du territoire en boostant ses capacités à anticiper,
réagir et s’adapter pour faire face aux aléas qui le menacent.
Le défi de la charte : faire prendre conscience aux habitants des change-
ments en cours et de leur pouvoir d'agir.
La préservation et la valorisation concertées des biens
communs
Les ressources naturelles (eau, forêt, biodiversité, matières
premières) et humaines (savoir-faire, connaissances, patrimoines)
appartiennent à tous. Elles doivent être préservées et gérées de
manière concertée.
Le défi de la charte : porter collectivement la gestion des biens communs.
La réduction de la vulnérabilité du territoire face à
l’épuisement des ressources énergétiques.
Face aux impacts du changement climatique, la résilience du terri-
toire se résume en 3 mots : sobriété, efficacité et énergies renou-
velables.
Le défi de la charte : s’investir dans plus d’autonomie énergétique.
Le maintien de la vocation agricole et pastorale du
territoire et la relocalisation du système d’alimentation.
Relocaliser l’économie, renforcer la place des activités traditionnelles et
renouer des liens plus forts entre producteurs et consommateurs font
partie des grandes priorités économiques du territoire.
Le défi de la charte : se mobiliser pour la transition agricole et alimentaire
et le maintien d’un pastoralisme vivant.
La maîtrise des pressions anthropiques exercées sur le
territoire et la préservation de la qualité du cadre de vie.
Parce qu’ils ont un impact fort sur les ressources, les milieux, les pay-
sages, et sur les modes de vie et les déplacements des habitants, les
choix faits en termes d’aménagement du territoire sont cruciaux.
Le défi de la charte : réinventer de nouvelles formes d’aménagement et
d’habitat rural, plus respectueuses des ressources et des patrimoines,
et adaptées au réchauffement climatique et aux besoins.
L’organisation d’une économie touristique engagée
pour les biens communs et bénéfique au territoire.
Un tourisme durable passe par une meilleure gestion de la fré-
quentation estivale des sites naturels, une redistribution des re-
tombées économiques et le développement d’une offre de dé-
couverte basée sur les patrimoines et les déplacements doux.
Le défi de la charte : incarner un tourisme ancré au territoire, engagé dans
la gestion de ses ressources et le bien-être de ses habitants.
Le renforcement des liens sociaux nécessaires à
l’adaptation aux changements en cours.
Dans un contexte de crise globale et dans cette période de profonds
changements, le besoin de se recentrer et d’apporter des réponses
locales est fort et le renouveau du mode de vie rural peut apparaître
comme une réponse.
Le défi de la charte : soutenir des modes de vie favorisant les liens sociaux,
la solidarité et le bien-être.
Le renforcement du poids des élus ruraux et de la voix
des citoyens dans les politiques locales.
Face à un millefeuille administratif qui se complexifie et qui menace
l’avenir et la représentation des communes rurales, les enjeux
citoyens sont plus importants que jamais.
Le défi de la charte : donner une place aux citoyens et fédérer la population
et les élus locaux pour peser davantage à l’échelle régionale.
ENJEUX ET DÉFIS POUR 2039
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Résultat d’une large concertation entre les acteurs du territoire, la charte est le document qui concrétise les objectifs du Parc et les moyens qu’il se donne. C’est un contrat signé par les communes, les communautés de communes, les départements et la Région, par lequel chacun s’engage à respecter les mesures qui y sont détaillées.
Elle est approuvée par l’État, pour une durée maximale de 15 ans.
Signée pour la première fois en 1997, la charte du Parc a fait l’objet d’un renouvellement en 2008. Arrivant bientôt à son terme, le Conseil régional a lancé une procédure de révision. qui aboutira à une nouvelle charte pour la période 2024-2039.
Avant de définir la stratégie future pour le territoire, on commence par évaluer l’efficacité des actions passées et on dresse un bilan de santé du territoire sur l’ensemble des 59 communes du périmètre d’étude de la nouvelle charte.
Ce document synthétique a pour but de donner les grandes lignes de ces analyses.
Vous trouverez les documents complets (diagnostic et évaluation) sur le site Internet du Parc.
Pour suivre l’actualité de la révision de la charte et en savoir plus sur l'action du Parc : www.parcduverdon.fr/verdon2038
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Directeur de publication : Bernard Clap - Rédaction : Emmanuelle Ousset Comité de lecture : équipe technique, S. Gioanni, M. Economidès, A. Robert Conception : - Imprimé en France en septembre 2022