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Déliberation - 144B 2023 Politique documentaire tampon
Document publié le Mardi 21 décembre 2021 par la commune de Saint-Denis-de-l'Hôtel.
Lien du pdf (Déliberation - 144B 2023 Politique documentaire tampon)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Religion et laïcité, Banque,
Charte des acquisitions des bibliothèques de
Jargeau et Saint-Denis-de-l'Hôtel
La présente Charte, approuvée par délibération du Conseil Municipal de Jargeau en date du XXX
et du Conseil Municipal de Saint-Denis-de-l'Hôtel en date du XXX a pour objet de déterminer les
conditions d'acquisition selon lesquelles les bibliothèques en réseau de Jargeau et Saint-Denis-de-
l'Hôtel constituent leurs collections.
Elle édicte les règles fondamentales qui organisent le choix des collections, et est un point d'appui
essentiel pour justifier les dépenses publiques pour l'acquisition documentaire.
Avant de préciser plus avant les dispositions spécifiques aux deux bibliothèques, il convient de
rappeler les principes énoncés par la loi ROBERT du 21 décembre 2021, concernant les missions
des bibliothèques publiques :
« Les bibliothèques des collectivités territoriales ou de leurs groupements ont pour missions
de garantir l’égal accès de tous à la culture, à l’information, à l’éducation, à la recherche, aux
savoirs et aux loisirs ainsi que de favoriser le développement de la lecture. A ce titre, elles
constituent, conservent et communiquent des collections de documents et d’objets,[ ...] sous forme
physique ou numérique ; conçoivent et mettent en œuvre des services, des activités et des outils
associés à leurs missions ou à leurs collections. Elles en facilitent l’accès aux personnes en
situation de handicap. Elles contribuent à la réduction de l’illettrisme et de l’illectronisme. Par leur
action de médiation, elles garantissent la participation et la diversification
des publics et l’exercice de leurs droits culturels [...] .
Ces missions s’exercent dans le respect des principes de pluralisme des courants d’idées et
d’opinions,
d’égalité d’accès au service public et de mutabilité et de neutralité du service public.»
ARTICLE 1 – ACQUÉRIR
En médiathèque, acquérir, c'est mettre à disposition un choix de documents en engageant pour ce
faire, l'argent public et donc, la responsabilité intellectuelle des médiathécaires qui constituent lescollections.
QUI ACHÈTE ?
Il est important de rappeler que les collections sont constituées par le personnel des bibliothèques
qui a été formé à cet exercice selon les règles du métier de bibliothécaire. Il est dans ses missions
premières d'être garant de la cohérence des acquisitions. Cette charte est donc une garantie que
la constitution des collections se fait selon des règles professionnelles et en concertation entre les
deux structures.
LES CHOIX DES PROFESSIONNELS
Il existe une disparité entre la réalité du marché des produits culturels, et l'exigence des
professionnels de médiathèque en matière d'acquisition :
• proposer à la médiathèque des documents permettant un recul sur le monde
• défendre la « bibliodiversité » (proposer l'édition indépendante et/ou locale)
• tenir compte de la réalité des droits de propriété attachés aux œuvres (autorisation ou
interdiction de prêts et diffusion des films)
• assumer l'écart existant entre l'offre qualitative et la demande quantitative (engouement du
public pour certaines pratiques dominantes et indiscutable valeur d'œuvres moins
accessibles intellectuellement et commercialement)...
En d'autres termes, il s'agit de médiation ; c'est-à-dire, dans le vaste panorama de l'offre globale,
de montrer aussi ce qui n'est pas toujours mis en valeur, de rendre visible des œuvres qui le sont
peu dans le circuit marchand.
ARTICLE 2 – LES COLLECTIONS
Le principe de base des collections, quelles qu'elles soient, est de répondre au plus grand nombre
de lecteurs.
Pour ce faire, les collections doivent être représentatives de tous les champs du savoir et de la
connaissance.
Elles doivent être régulièrement renouvelées et respecter, par leur diversité, les différents niveaux
du public, depuis les lectures faciles jusqu'au public diplômé. Elles constituent un ensemble
encyclopédique et pluraliste.
Ces collections sont raisonnées, c'est-à-dire inscrites dans la durée, dans l'histoire, et constituées
d'œuvres sélectionnées, pour répondre à des besoins d'information, de documentation, deformation, de loisir, d'enrichissement personnel des individus.
A ce titre sont exclus des collections :
• les documents à caractère raciste ou portant atteinte à la dignité humaine
• les documents émanant directement d'un parti politique ou des différentes églises,
confessions, sectes
• les documents émanant de la propagande d'un état ou du marketing d'une entreprise
• également exclus les manuels scolaires au regard de leur limite de validité
• les documents à caractère évènementiel, (politique, people etc...) dont l'intérêt est limité
dans le temps.
• les documents qui ne correspondent pas au consensus scientifique (thèses validées par des
spécialistes du domaine) et qui ne garantissent pas une information vérifiée.
A contrario sont proposés par notre politique d'acquisition :
• les œuvres des auteurs et des créateurs peu présents dans le circuit commercial
• les œuvres plus confidentielles à diffusion lente
• le travail des éditeurs et labels indépendants qui portent à notre connaissance une
production plus originale et différente
C'est pourquoi sont proposés au public, les domaines de la création et de la pensée tels que les
essais, le théâtre, la poésie, les albums pour la jeunesse (esthétique de qualité, illustrations
originales ou innovantes, pop up...), le film d'animation et le documentaire de création.
On trouvera sur les rayonnages des deux bibliothèques des collections représentatives de la
production littéraire, documentaire, musicale, cinématographique, tout domaine, genre et style
confondus.
Ces collections sont équilibrées entre l'achat régulier de « nouveautés » et les achats dits «
rétrospectifs » (œuvres importantes rééditées, manques, rachats...etc). Les « doublons » entre
bibliothèques sont évités sauf pour les ouvrages très demandés.
Les bibliothèques peuvent constituer des fonds spécifiques selon des besoins identifiés et propres
à leurs publics distincts. En l'état, la bibliothèque de Jargeau propose un fonds d'ouvrages adaptés
au public DYS (Troubles spécifiques du langage et des apprentissages) et celle de Saint-Denis-de-
l'Hôtel un fonds Maurice Genevoix.
ARTICLE 3 – LES DONS DE DOCUMENTS PAR LES
LECTEURS
Les dons de documents sont étudiés par les bibliothécaires qui se réservent seuls le droit de les
accepter ou non. La parution des documents ne doit pas être antérieure à plus de trois ans. L'état
physique des documents ainsi que l'intérêt de leur contenu, sont scrupuleusement étudiés. Labibliothèque ne doit pas être une «poubelle publique» et ceux qui donnent des livres (films exclus
pour cause de droits), sont invités à se demander s'ils aimeraient trouver dans les rayonnages des
livres en l'état de ceux qu'ils s'apprêtent à léguer.
Il faut savoir que les dons ont un coût de traitement et d’équipement, et doivent, comme les
acquisitions courantes, satisfaire aux conditions énoncées dans la présente charte.
ARTICLE 4 – LE DÉSHERBAGE
Garder vivante une collection nécessite non seulement une politique d'acquisition clairement
définie, mais également une politique de pilon.
Dans une bibliothèque il ne s'agit pas d'accumuler les documents mais de créer une dynamique
entre les acquisitions et les éliminations.
Le fonds documentaire d'une bibliothèque ne doit pas rester figé : il doit correspondre à une
logique de service public et aux impératifs matériels de stockage, ce qui implique son
"désherbage".
Le désherbage consiste à retirer des collections les documents usés, salis, désuets, contenant des
informations erronées ou obsolètes. S'ils n'étaient pas régulièrement écartés, ces documents
nuiraient à la qualité des collections et au sérieux de la médiathèque, à sa fiabilité. Les opérations
de "desherbage" seront réalisées en concertation pour une meilleure harmonisation des
collections.
CONCLUSION
Les bibliothèques en réseau de Jargeau et Saint-Denis-de-l'Hôtel travaillent de concert pour fournir
aux usagers des fonds établis avec exigence pour répondre au mieux à leurs besoins.