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unknown - Communauté de communes - Les Balcons du Dauphiné -
unknown - Communauté de communes - Les Balcons du Dauphiné - DEL109 2025 Annexe 2 Diagnostic local de sante des Balcons du Dauphine
Document publié le Mardi 3 février 2026 à 00h09
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Les Balcons du Dauphiné - DEL109 2025 Annexe 2 Diagnostic local de sante des Balcons du Dauphine)
Thèmes du document : Environnement, Santé, Eau et assainissement,
Diagnostic local de santé
de la communauté de communes
des Balcons du DauphinéContexte 3
Axe I : Diagnostic socio-démographique 4
Démographie et population 5
Ménages et familles 7
Revenus et population allocataire 9
Bilan 11
Axe 2 : État de santé de la population 12
Public fragile et personnes en Affection Longue Durée (ALD) 13
Traitement médicamenteux 15
Hospitalisation et mortalité 16
Prévention vaccinale 18
Dépistage 19
Sujets spécifiques de santé 20
Santé de la petite enfance et de l’enfance 20
Santé des jeunes – 15 à 24 ans 21
Santé mentale 22
Bilan 24
Axe 3 : Santé environnement 25
Cadre de vie 26
Précarité énergétique 26
Mobilité 27
Sols pollués 28
Equipements sportifs 29
Eau 30
Qualité de l’air 31
Risques allergènes et espèces invasives 33
Bilan 35
Axe 4 : Santé agricole et alimentaire 36
Structuration agricole du territoire 37
Acteurs de l’alimentation 39
Habitudes alimentaires 41
Alimentation solidaire et précarité alimentaire 42
Bilan 43
Axe 5 : Accès aux soins 44
Médecins généralistes 45
Infirmiers 48
Masseurs-kinésithérapeutes 50
Dentistes 51
Sages-femmes 52
Orthophonistes 54
Ophtalmologues, orthoptistes et autres professions 55
Structure de santé de proximité 56
Distance et accès aux professionnels de santé 57
Bilan 59
Conclusion 60
Glossaire 62 2Hormis pour quelques communes, qui connaissent sur la période un recul de la population, l’augmentation de la population touche l’ensemble des communes de la communauté de communes. Les 6 communes polarités de bassin de services regroupent 40% des habitants. Si l’on considère aussi la population des polarités relais, 58,5% de la population des Balcons du Dauphiné se trouvent dans 13 communes. Il n’en demeure pas moins que 27% de la population habitent un village.
En dehors des communes de polarités de bassins de services, la population des Balcons du Dauphiné est légèrement plus concentrée à l’ouest. En cela, le territoire subit l’influence de l’agglomération lyonnaise. Au sud du territoire, les communes ont connu une plus grande augmentation de la population. Enfin, hormis sur la commune de Vertrieu, le nord du territoire connaît aussi une forte augmentation.
Ces projections démographiques révèlent l’importance pour la communauté de communes d’anticiper afin que ces infrastructures puissent répondre à cette augmentation de la population.
La population de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné représente 78 705 habitants en 2022 selon l’INSEE. Elle a connu une forte augmentation de +11,44% entre 2010 et 2021. A titre de comparaison, la population de l’Isère a augmenté de 6,5% sur la même période. Les projections de population réalisées par l’INSEE anticipent une population de 90 177 habitants en 2040 et 93 561 habitants en 2050. Toutes les tranches d’âges de la population seraient concernées entraînant une augmentation des besoins pour toute la population. Toutefois. Cependant, la part de la population de plus de 65 ans semblerait plus importante provoquant ainsi un vieillissement de la population.
Il faut noter que les projections de la population modélisées par l’INSEE s’appuient sur la population actuelle pour la faire évoluer. Cette approche ne prend donc pas en compte l’impact généré par l’évolution des infrastructures, notamment les infrastructures de transport. Or, la prolongation de la ligne T3 du tram lyonnais est prévue pour 2030. Avec un terminus envisagé à Crémieu et une station à Tignieu-Jameyzieu, cette ligne facilitant l’accès à l’agglomération lyonnaise pourrait entraîner une forte pression démographique à l’ouest du territoire. Ces projections ne prévoient pas non plus l’arrivée de population due aux projets de construction de deux EPR sur le territoire.
3AXE 1 : DIAGNOSTIC SOCIO-
DÉMOGRAPHIQUE
45
La pyramide des âges des Balcons du Dauphiné révèle
une part importante de familles sur le territoire avec une
sur-représentation des moins de 15 ans et des 15-20
ans. La tranche des 20-24 ans est sous-représentée
indiquant que les jeunes quittent le territoire,
potentiellement pour réaliser des études supérieures.
21%
10%
17%
35%
13%
4%
Répartition de la population par tranches d’âges en 2021
Sources : Insee, RP2010, RP2015 et RP2021, exploitations principales, géographie au 01/01/2024.
Moins de 14 ans
15-24 ans
25-39 ans
40-64 ans
65-79 ans
Plus de 80 ans
Entre 2010 et 2021, la répartition globale de la
population par tranche d’âge a peu évolué. Toutefois
on note un vieillissement de la population en lien avec
une augmentation plus importante des 65-79 ans
(+55%) et des plus de 80 ans de (+35%) par rapport
aux 40-54 ans (+11%), aux 55-64 ans (+19%) et aux
15-19 ans (+16,5%). Cette évolution indique que les
nouveaux arrivants sont surtout des couples avec
enfants déjà adolescents et des personnes plus âgées.
Cette dynamique entraîne un vieillissement de la
population. En Isère ce vieillissement est moins
important avec une augmentation des 65-79 ans de
+31% et des 55-64 ans de +11% pour une diminution
des 20-24 ans de -5%. Mais le département voit sa
part de 20-24 ans diminuer (-5%).
L’indice de jeunesse du territoire des Balcons du
Dauphiné est de 1,2 soit plus d’une personne de
moins de 20 ans pour une personne de plus de 60
ans. Ainsi, même si le territoire est sujet à un
vieillissement de sa population, une population jeune
est ancrée sur le territoire, favorisant un
renouvellement de la population. La communauté de
communes bénéficie d’un indice de jeunesse plus
important qu’en Isère (1,1) mais inégale sur le
territoire.
En effet, le pôle sud-est du territoire a un indice de
jeunesse faible, ainsi que Parmilieu et l’axe Crémieu-
Saint-Marcel Bel-Accueil. Ces communes abritent une
population d’aînés plus importante que de jeunes.
Elles doivent donc être vigilantes sur le
renouvellement de leur population et
l’accompagnement des personnes âgées qui ont des
besoins spécifiques et multiples (accessibilité,
mobilité, santé, dépendance, lien social).
En revanche, certaines communes ont un indice de
jeunesse important, comme Montcarra et Vénérieu.
Les besoins en termes d’infrastructures publiques
pour la petite enfance et l’enfance sont donc
susceptibles d’être plus importants (crèches, écoles,
collèges, équipements sportifs).6
6
Comme le soulignait l’indice de jeunesse, des communes de
Vénérieu, Leyrieu, Montcarra ont une forte population de
moins de 15 ans, qui représente plus de 23% de la
population. Les jeunes entre 15 et 24 ans représentent une
part importante des communes de Morestel, Brangues et
Crémieu. Quant à la part de personnes âgées de plus de 65
ans, on observe sur le territoire que les polarités des
Avenières, de Morestel et de Crémieu concentrent une part
importante des aînés du territoire. Ces polarités doivent donc
être particulièrement vigilantes sur les besoins des personnes
âgées, les risques de vieillissement et de dépendance. Ces
différences de structuration de la population s’expliquent
notamment par le maillage territorial (les familles ont
tendance à s’éloigner des centralités tandis que les
personnes âgées s’y ancrent).63% des ménages des Balcons du Dauphiné sont des couples avec ou sans enfant, contre seulement 54% en Isère. En opposition, 27% des ménages sont des personnes seules, contre 35% en Isère. La population est donc plus familiale, ce qui est cohérent avec l’importance de la tranche d’âge des 30 à 64 ans et la part plus faible de population jeune entre 20 et 30 ans (cf. page 5) davantage susceptible de vivre seule. Ainsi, le territoire abrite moins de personnes qui ont un risque d’être isolées, même si des couples notamment de personnes âgées peuvent souffrir d’isolement.
De plus, si l’on se concentre sur la population de plus de 65 ans, 45% vit seule. 39% des ménages des 65 à 79 ans sont des personnes seules, et cela s’aggrave avec le vieillissement de la population (59% de la population de plus de 80 ans) à cause des décès. Si ces habitants n’ont pas un fort tissu social de proximité, ils peuvent rapidement se retrouver isolés, notamment s’ils sont confrontés à des difficultés de santé, de mobilité, et d’indépendance.
Les familles monoparentales et les personnes seules sont davantage présentes dans les polarités bassins de vie. Cela peut s’expliquer par la typologie des logements (les logements type T1 à T3 sont plus nombreux dans les polarités, et adaptés pour les personnes vivant seules où les foyers monoparentaux). De plus, ces logements, souvent collectifs, sont davantage accessibles économiquement, notamment pour des jeunes. Les polarités assurent aussi une proximité des commerces et des services pour les usagers, notamment ceux ayant un fort besoin de services ou des difficultés de mobilité.
Parts des différents types
de ménages
Couples avec ou sans
enfants
Familles
monoparentales Personnes seules
Plusieurs personnes
sans famille
Isère 54% 9% 35% 2%
Balcons du Dauphiné 63% 9% 27% 1%
Polarités bassin de vie 57% 11% 31% 1%
Polarités de proximité 67% 9% 23% 1%
Polarités relais 65% 9% 25% 1%
Villages 70% 7% 22% 1%
Sources : Insee, RP2010, RP2015 et RP2021, exploitations complémentaires, géographie au 01/01/2024.
FOCUS
Des communes éloignées de la
moyenne des Balcons
0,00
10,00
20,00
30,00
40,00
50,00
60,00
70,00
80,00
90,00
Part Couple avec ou sans enfants
Part Famille monoparentale
Part Personne seule
Part Plusieurs personnes sans famille
7Une baisse de la part des couples mais pas une baisse du nombre de couples
Si la part des couples avec et sans enfants diminue de 68% à 63% des ménages entre 2009 et 2020, la part des familles monoparentales augmente de 7% à 9%. De plus, si les couples avec enfants sont en part moins importants depuis 2009 ( passage de 52% des familles à 47%), le nombre de couples avec enfant a tout de même augmenté passant de 10 453 à 10 812 face à la croissance de la population.
Les familles des Balcons
En 2021, les familles monoparentales représentent 12,4% des
familles contre 15% en Isère. 75% de ces familles sont
constituées d’une mère avec son/ses enfants.
La part des familles recomposées avec enfant est sensiblement
la même qu’à l’échelle du département, représentant 11% des
familles avec enfants. En revanche, la part de couples avec
enfants est plus importante qu’en Isère (+3,7 points).
Type de famille* Nombre Part
Ensemble 23 168 100
Couples avec enfant(s) 10 812 46,7
Familles
monoparentales 2 862 12,4
Hommes seuls avec
enfant(s) 700 3
Femmes seules avec
enfant(s) 2 162 9,3
Couples sans enfant 9 494 41
*Sources : Insee, RP2010, RP2015 et RP2021, exploitations complémentaires, géographie au 01/01/2024. ** Le seuil des bas revenu est égal à 60% de la médiane de la dispersion des revenus mensuels par unité de consommation. En 2021 ce seuil est de 1 167 euros. Source : CAF Isère 2022
*** Les allocataires aux revenus fragiles sont au dessus du seuil de bas revenus grâce aux prestations. CAF Isère 2020
-8,00%
-6,00%
-4,00%
-2,00%
0,00%
2,00%
4,00%
6,00%
Isère Balcons du Dauphiné polarite bassin de service polarite de proximite polarite relais village
Evolution des ménages par type de
2009-2020 en %
Couple avec ou sans enfants Famille monoparentale
Personne seule Plusieurs personnes sans famille
Mais une baisse de la part des couples
Peu importe l’échelle, on observe une baisse
plus ou moins importante de la part des
couples avec ou sans enfant depuis 2019.
Cette baisse s’accompagne naturellement
d’une augmentation des ménages constitués
de familles monoparentales et de personnes
seules. Ce dynamisme s’explique par une
évolution des comportements de vie à l’échelle
nationale avec une augmentation des
séparations et des personnes vivant seules
ainsi qu’un vieillissement de la population.
Cette évolution des ménages demande aux
services de s’adapter, avec une augmentation
des demandes pour des petits logements de T1
à T3. Les familles monoparentales ont souvent
besoin davantage de mode de garde, tandis
que les personnes seules ont besoin d’une offre
favorisant le lien social, notamment pour les
personnes âgées.
Petite enfance et précarité
Sur le territoire des Balcons du Dauphiné, 2 123 familles abritent des enfants de moins de 3 ans. 10% de ces familles sont à bas revenus**, et 11% ont des revenus fragiles***. En Isère ces chiffres sont respectivement de 20% et 13%. Ainsi, les familles de jeunes enfants sur nos territoires sont moins nombreuses a être touchées par des problématiques de précarité. Cependant, des familles peuvent être confrontées à des difficultés financières dues à d’autres causes (surendettement, crises familiales, accidents de la vie) moins repérées et repérables.
En étudiant les familles avec enfant de 0 à 5 ans, 493 familles allocataires sont à bas revenus, et 516 sont à revenus fragiles. Ces familles étant peu nombreuses sur le territoire, il peut être complexe de les repérer. Dans ce cadre, la Prévention Maternelle et Infantile du département (PMI), les crèches, Lieux d’Accueil Parent Enfant, Relais Petite Enfance (RPE) et les écoles maternelles sont des acteurs privilégiés pour repérer ces difficultés. Le Pôle Enfance Santé des Avenières Veyrins-Thuellin pourra faciliter le repérage et le maillage autour des familles. Il est a noté que pour les familles ayant un enfant de moins de trois ans avec un ou deux parents chômeurs ou inactifs (représentant 357 familles en 2021) la crèche des Avenières et la crèche de Tignieu gérées par la communauté de communes ont ouvert chacune deux places à vocation d’insertion professionnelle pour favoriser le retour à l’emploi des parents. Un projet est en cours pour étendre ce dispositif à trois autres crèches du territoire (Montalieu, Morestel, Crémieu).
8Le revenu médian des Balcons est de 24 070 euros en 2020. Il est supérieur au revenu médian national (22 320 euros) et départemental (23 580 euros). La population des Balcons a en moyenne un niveau de vie plus élevée que l’Isère, mais de fortes disparités existent en fonction du territoire. A l’ouest du territoire, touché par l’influence de l’aire Lyonnaise et de Bourgoin Jallieu, plusieurs communes ont un revenu médian supérieur à 28 000 euros. Dans ces communes les personnes précaires sont susceptibles d’être davantage isolées et d’avoir des dépenses essentielles plus importantes (prix du logement, des produits essentiels, etc.). De plus, les personnes avec de plus faibles revenus peuvent avoir des difficultés voire une impossibilité à s’installer dans ces communes face aux prix de l’immobilier. D’autres communes de l’autre côté du territoire ont un revenu médian inférieur à 22 000 euros (Montalieu-Vercieu, Morestel, Le Bouchage, Charrette) et abritent davantage une population fragile. Ces communes doivent donc avoir une vigilance accrue sur les risques de précarité.
Le taux de pauvreté** des Balcons du Dauphiné est de 7,3% contre 11,3% en Isère. Cependant, ce dernier varie très fortement en fonction des polarités bassins de services, il faut donc considérer ces écarts géographiques. En effet, Morestel observe un taux de pauvreté de 14%, Crémieu de 11% et Montalieu-Vercieu de 10%, alors que Tignieu- Jameyzieu et Saint Chef ont respectivement des taux de 6% et 8%. Ces écarts peuvent s’expliquer par la différence des prix de l’immobilier impacté par l’aire urbaine lyonnaise étendue, mais aussi par d’autres facteurs (part des personnes âgées, type de logements, parts des familles, proximité des aires urbaines et axes de transports, etc.).
En termes de services, les communes ayant un taux de précarité important (supérieur à 8%) sont dotées de structures pour accompagner la population mais ces dernières peinent à répondre à la demande. Une maison départementale (Crémieu), des centres médico-sociaux (Morestel, Les Avenières), des centres sociaux (Montalieu, les Avenières Veyrins- Thuellin, Morestel, Tignieu-Jameyzieu) ainsi que des Maisons de santé pluriprofessionnels et des pôles de santé (Montalieu, Morestel, Tignieu-Jameyzieu, Crémieu, Veyrins, Trept) ou de futurs projets de pôle de santé (le Pôle enfance santé des Avenières, la MSP de Morestel).
*Le revenu médian correspond au montant de revenu en-dessous duquel se trouvent 50% des ménages fiscaux et au-dessus duquel se trouve 50% des ménages fiscaux.
**Mesure du taux de pauvreté à 60%. Le taux de pauvreté est calculé au regard du revenu médian d'une unité territoriale.
9Population allocataire en 2021 Balcons du Dauphiné Balcons du Dauphiné Isère Isère Région Région
Caractéristiques sociales Effectif Taux (%) Effectif Taux (%) Effectif Taux (%)
Personnes couvertes par le RSA 1 357 1,8 46 516 3,7 327 717 4,1
Allocataires percevant l'allocation adulte
handicapé (AAH) 686 1,6 19 209 2,7 134 379 3,0
Enfants percevant l'allocation d'éducation enfant
handicapé (AEEH)* 358 1,7 6 535 2 43 395 2,2
Population couverte par les allocations de moins
de 65 ans et non étudiant à bas revenus 6 275 9,7 162 779 15,7 1 071
101 16,6
Allocataires dont le poids des prestations
représente 50 % à 99 % du revenu disponible** 681 5,6 19 866 8,8 139 008 9,7
Allocataires dont le poids des prestations
représente 100% du revenu disponible 619 5,1 24 648 10,9 171 548 12,0
Bénéficiaires du minimum vieillesse 214 1,7 387 569 3,3 52 459 3,3
Source : Cnaf, CCMSA (31/12/2021), Insee (Recensement - 2019); Carsat Auvergne, Carsat Rhône-Alpes (31/12/2021), Insee (Recensement - 2019).
Une population allocataire faible
Le taux de personnes allocataires est faible sur le territoire des Balcons du Dauphiné, en comparaison avec l’Isère et la Région, toutes aides confondues. Cependant, même si le taux est faible, le territoire abrite 1357 personnes couvertes par le RSA et 1 300 personnes dont les prestations représentent entre 50 et 100% de leurs revenus. La difficulté de repérage de ces publics est accrue dans les territoires ruraux. Les personnes en difficulté sont souvent éloignées des services d’accompagnement (services départementaux, France Travail, etc.) et peuvent avoir de véritables difficultés pour faire reconnaître leur situation de fragilité, puis pour suivre un parcours d’accompagnement et de réinsertion. Les problématiques de mobilité pour les publics ne pouvant se déplacer en véhicule motorisé privé sont importantes. Elles accroissent l’isolement des publics fragiles, tout en freinant, voire empêchant un retour vers l’emploi, où un processus d’accompagnement.
Prestations pour handicap
686 personnes perçoivent une allocation adulte handicapé sur le territoire. 358 enfants perçoivent l’allocation d’éducation enfant handicapé. Pourtant, peu de structures existent pour accompagner ces publics (ergothérapeutes, ESAT, IME, entreprises adaptées, sport adapté, etc.). De plus, de nombreux enfants et adultes sont susceptibles d’être éligibles à ces allocations mais ne sont ni repérés ni diagnostiqués. Pour les enfants, le temps du repérage, mais aussi le parcours d’acceptation par la famille peut être long, ralentissant l’accès à l’Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé (AEEH). Enfin, de nombreuses « pathologies » chez l’enfant ne sont pas éligibles à un accompagnement à travers l’AEEH. Afin de faciliter le dépistage des enfants présentant des troubles du neurodéveloppement (TND), la communauté de communes a recruter une cheffe de projet RPE et repérage des TND. Un groupe de travail sur le repérage des troubles du neurodéveloppement chez l’enfant a aussi été mis en place. Les CPTS ont aussi vocation à faciliter ces dépistages, notamment par exemple, avec des coconsultations avec une psychomotricienne et un médecin, qui ont été mis en place à travers la CPTS Pays des Couleurs.
*L'AEEH est versée sans condition de ressources aux familles ayant un enfant de moins de 20 ans justifiant d'un certain niveau de handicap, elle est composée d'une allocation de base et d'un complément (parmi six compléments possibles). **Les revenus disponibles correspondent aux ressources brutes déclarées et aux prestations. Les montants des compléments mode de garde sont exclus. La prime naissance/adoption est prise pour 1/9ème, l'allocation de rentrée scolaire (ARS) est prise pour 1/12ème. 1010
■ Tableau comparatif des populations allocataires en 2021 entre les Balcons du Dauphiné et l’Isère11
Le territoire abrite une population en augmentation, majoritairement constituée d’actifs, avec une part faible de jeunes entre 20 et 30 ans sur le territoire. Il est soumis au vieillissement de la population, tendance observée à l’échelle nationale. Les ménages sont majoritairement organisés en famille, avec ou sans enfants, même si la répartition des ménages évolue avec la société, avec une augmentation des personnes seules et des familles monoparentales. Cette nouvelle structuration demande une évolution de l’offre de logements (T1 à T3) plus accessibles aux personnes seules et aux familles monoparentales.
En termes de revenu de la population, le territoire subit des inégalités géographiques qui s’expliquent par l’impact de l’aire urbaine lyonnaise étendue, augmentant les prix de l’immobilier sur l’ouest du territoire et entraînant l’implantation d’une population en moyenne plus aisée. Malgré des taux de pauvreté plus présents dans certaines polarités, la population précaire est peu nombreuse sur le territoire, avec des ratios inférieurs aux moyennes de l’Isère. La faible part de population fragile demande donc une vigilance particulière pour la repérer, notamment dans un territoire rural, qui peut rendre plus complexe l’accès aux accompagnements à ces publics.
Pour accompagner les familles, nombreuses sur le territoire, le vieillissement de la population, et les public précaires, l’accès aux services est essentiel pour les habitants. Cet accès permet notamment le repérage des situations complexes avant qu’elles ne s’aggravent, mais favorise aussi un accompagnement de proximité et resserré de la population. Des services médico-sociaux, sociaux ou sanitaires sont présents sur le territoire, mais parviennent difficilement à répondre à la demande. Pour de nombreux services, les habitants se déportent sur la Tour du Pin et Bourgoin-Jallieu, voire même Lyon, Chambéry, Voiron et Grenoble pour couvrir leurs besoins.AXE 2 : ÉTAT DE SANTÉ
DE LA POPULATION
12Différentes données permettent d’étudier l’état de santé d’une population. Certaines données se réfèrent à la totalité de la population, tandis que d’autres vont être spécifiques à un public (sexe, tranches d’âges, bénéficiaires d’aides, etc.). Les données analysées dans ce chapitre du diagnostic proviennent de l’Observatoire régional de santé (ORS) qui regroupent des données de divers observatoires à travers l’outils Balises de l’ORS soutenu par de l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes, de la CPAM, et de l’Insee.
Mesurer l’état de santé d’une population
Peu de bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire
Sur le territoire des Balcons, seul 3 028 personnes sont bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (C2S), soit 3,7% de la population contre 8,3% en Isère et 9,5% à l’échelle de la région. La C2S est une aide visant à payer les dépenses de santé d’un foyer lorsque ses revenus sont modestes. Elle permet aux personnes avec de faibles revenus de ne pas payer les rendez-vous médicaux (médecin, dentiste, infirmier, kinésithérapeute) mais aussi certains services de santé essentiels (médicaments, services hospitaliers). Elle peut aussi dans certains cas couvrir les prothèses dentaires, auditives, les dispositifs médicaux et les lunettes. La C2S est accessible pour les personnes seules gagnant moins de 847 euros par mois, les foyers constitués de deux personnes gagnant moins de 1270 euros pas mois, etc. Le fait d’avoir un taux faible de bénéficiaires sur le territoire peut avoir plusieurs explications : Une plus faible population précaire sur le territoire (attesté sur le territoire) et/ou un faible recours à cette aide.
Bénéficiaires d’une Affection Longue Durée (ALD)
Le dispositif de reconnaissance d’une ALD favorise la prise en charge des patients ayant besoin d’un traitement prolongé et souvent particulièrement couteux dû à une maladie chronique. 30 affections sont comprises et reconnues en tant qu’ALD dont les cancers, diabètes, maladies cardio-vasculaires, maladies psychiatriques longues. Certaines personnes peuvent avoir plusieurs ALD pour plusieurs maladies différentes. Cependant, d’autres patients ne font pas de nouvelles demandes d’ALD alors qu’ils y sont éligibles. Ainsi, les indicateurs suivants sont à interpréter avec prudence.
En 2021, 14 855 habitants du territoire bénéficient d’une ALD, soit 17,9% de la population. Le territoire s’inscrit dans la moyenne régionale et départementale (17,8%). En France, une personne sur 6 est en affection longue durée. Cette part importante s’explique par l’augmentation de l’espérance de vie, le vieillissement de la population, mais aussi les risques de santé dus au travail. Ces maladies demandent aux patients de s’adapter (emploi, mobilité, activité, logement). De plus, certaines personnes en ALD ont fortement besoin de la présence d’aidants familiaux, mais aussi de services professionnels. Certaines ALD sont liées aux modes de vies, et les personnes peuvent y être moins confrontés en adoptant les bons comportements (alimentation, sport, sommeil), c’est le cas pour le diabète et les maladies cardio- vasculaires.
Etude des ALD par motifs
On observe sur le territoire des Balcons du Dauphiné (tout comme en Isère et en région) une part importante d’ALD pour diabète et maladies cardiovasculaires. Elles représentent respectivement 32% et 37% des ALD en 2021. Le taux standardisé (qui permet de comparer entre les territoires les taux d’ALD) des différentes ALD du territoire révèle que la population des Balcons est davantage touchée par ces deux affections. Il faut donc renforcer les actions de préventions et curatives pour ces deux pathologies. En revanche, les bénéficiaires d’une ALD pour psychiatrie représentent une part faible des ALD (10% contre 13% en Isère) et le taux est aussi très inférieur à l’Isère et la région. Ce taux peut s’expliquer par diverses causes et non uniquement la faible exposition de la population aux souffrances psychiques (non repérage, non installation des personnes concernées face aux manque de services de soins). On observe aussi peu d’ALD pour des maladies respiratoires en comparaison avec les autres échelles. La bonne qualité de l’air sur les Balcons pourrait être une piste d’explication.
13
* Le taux standardisé pour comparer entre les territoires les bénéficiaires d’ALD est calculé selon effectif de bénéficiaires détenteurs d'une ALD divisé par l'effectif de la population ayant eu au moins un remboursement d'une prestation sur les années de 2019 à 2021 par âge quinquennal (18 taux).Prévalence de bénéficiaires d'affections de
longue durée (ALD)
Balcons du Dauphiné Isère Auvergne Rhône-Alpes
Ensemble
Effectif
Ensemble
Taux *
Ensemble
Effectif
Ensemble
Taux *
Ensemble
Effectif
Ensemble
Taux *
Bénéficiaires d'ALD 13 142 15 858,2 220 101 15 653,4 1 432 534 15 768,6
Bénéficiaires d'une ALD pour tumeurs 2 816 3 411,3 44 409 3 135,1 289 670 3 139,6
Bénéficiaires d'une ALD pour maladies cardio-
vasculaires 4 271 5 250,4 72 742 5 074,4 474 492 5 036,6
Bénéficiaires d'une ALD pour maladies
psychiatriques 1 366 1 640,3 29 038 2 130,7 206 253 2 403,9
Bénéficiaires d'une ALD pour maladies
respiratoires 258 308,9 5 682 402,3 37 726 412,5
Bénéficiaires d'une ALD pour diabète 4 024 4 798,9 63 751 4 507,2 404 906 4 412,0
Bénéficiaires d'une ALD pour maladie
d'Alzheimer et autres démences chez les 75
ans et plus* (taux pour 100 000 hab. de plus
de 75 ans)
385 5 858,2 7 249 56 96,3 50 173 5 881,8
Les femmes et les hommes atteints différemment par les ALD
54% des personnes concernées par les ALD sont des hommes. Ces derniers sont particulièrement touchés par les maladies cardiovasculaires et 66% des ALD leur sont attribués pour ce motif. Les maladies cardiovasculaires sont dues à des facteurs personnels (âge, antécédents familiaux) à certains déterminants socio-environnementaux qui ont des conséquences sur les facteurs comportementaux (alimentation, tabagisme, activité physique, stress, consommation d’alcool, sommeil) et des facteurs métaboliques (hypertension, diabète, obésité, inflammation, etc.). Ainsi la prévention est un des éléments clé pour lutter contre ces maladies. Il est aussi important d’améliorer le dépistage et le repérage des maladies cardiovasculaires chez les femmes qui décèdent davantage de ces maladies à cause d’un manque de diagnostic. Les symptômes de maladies cardiovasculaires chez les femmes sont encore peu identifiés et connus par la population.
Les hommes sont plus exposés au risque de diabète. Cela est surtout dû à une prédisposition génétique et aux facteurs comportementaux. A savoir que la prévalence du diabète ne cesse d’augmenter en France.
Les femmes sont davantage exposées aux maladies psychiatriques et à la maladie d'Alzheimer et autres démences chez les plus de 75 ans.
Prévalence de bénéficiaires d'affections de longue
durée (ALD)
Balcons du Dauphiné
Hommes
Effectif
Hommes
Part des ALD
Femmes
Effectif
Femmes
Part des ALD
Bénéficiaires d'ALD 7 094 54% 6 048 46%
Bénéficiaires d'une ALD pour tumeurs 1 433 11% 1 383 11%
Bénéficiaires d'une ALD pour maladies cardio-
vasculaires 2 821 21% 1 450 11%
Bénéficiaires d'une ALD pour maladies
psychiatriques 641 5% 725 6%
Bénéficiaires d'une ALD pour maladies
respiratoires 127 1% 131 1%
Bénéficiaires d'une ALD pour diabète 2 369 18% 1 655 13%
Bénéficiaires d'une ALD pour maladie d'Alzheimer
et autres démences chez les 75 ans et plus 113 1% 272 2%
14
■ Tableau comparatif du nombre et part de bénéficiaires d’ALD en 2021
■ Tableau comparatif du nombre et part de bénéficiaires d’ALD en 2021 par sexe
* Taux pour 100 000 habitantsUne population peu consommatrice
Sur le territoire, la population est plutôt
peu consommatrice de traitements
médicaux. Seuls les traitements contre
le diabète et les anti-allergiques sont
davantage consommés par la
population des Balcons du Dauphiné.
Cela est plutôt cohérent au vu de la part
de la population avec une ALD pour
diabète sur le territoire. De plus, en tant
que zone rurale, avec de nombreuses
espèces allergènes et une importance
de l’implantation de l’ambroisie (cf.
P.32), il est cohérent que la population
soit davantage exposée aux risques
allergènes et consomme davantage
d’antihistaminiques.
0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000
Dont patients sous traitement antidépresseur
Dont patients sous traitement neuroleptique
Patients sous traitement psychotrope
Patients sous traitement antidiabétique (y
compris insuline)
Patients sous traitement anti-allergique
Patients sous traitement antiasthmatique
Taux standardisé de patients sous traitement régulier par type de
traitement pour 100 000 habitants.
Femmes Hommes
0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000
Dont traitement antidépresseur
Dont traitement neuroleptique
Traitement psychotrope
Traitement antidiabétique
Traitement anti-allergique
Traitement antiasthmatique
Taux standardisé de patients sous traitement régulier par type
de traitement pour 100 000 habitants.
Balcons du dauphiné Isère Aura
Une consommation inégale entre
les genres
Les hommes étant davantage atteint
par le diabète, leur consommation de
traitement antidiabétique est
importante. Les femmes en revanche,
peu importe le psychotrope, sont
beaucoup plus consommatrices que
les hommes, tout comme pour les
antidépresseurs. Or, il apparait que
même lorsque les conditions de vie et
les facteurs socio-économiques sont
identiques entre les genres, les
femmes sont tout de même plus
consommatrices. Il faut noter que plus
ces facteurs sont précaires, plus les
individus sont consommateurs de
psychotropes.
Selon la synthèse des résultats du Baromètre santé de 2014, la différence de genre sur la consommation de psychotrope, peut s’expliquer par une consommation de soins plus fréquente par les femmes, notamment pour des « souffrances psychiques réelles ou identifiées comme telles par les patientes ou leurs praticiens. En effet, l’attribution de problèmes psychiques, ou la requalification de problèmes liés aux conditions de vie ou aux relations professionnelles et familiales dans les termes d’une difficulté psychique, est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. De la sorte, on ne peut pas parler d’une surexposition objective des femmes aux troubles psychiques, en dépit de leur surconsommation de ces produits »*.
.
*LA SANTÉ EN ACTION – No 427 – MARS 2014, François Beck, responsable du département enquêtes et analyses statistiques, Inpes, Romain Guignard, chargé d’études et de recherches, Inpes, Claudie Haxaire, anthropologue, faculté de médecine de Brest, Labers ; Cermes3, université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité/CNRS/Inserm/EHESS. Philippe Le Moigne, sociologue, Cermes3, université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité/CNRS/Inserm/ EHESS.
FOCUS
En France, en 2014, 16 millions des 11-75 ans ont déjà pris des médicaments psychotropes en France. Les psychotropes les plus consommés sont les anxiolytiques, devant les hypnotiques et les antidépresseurs. Sur le territoire des Balcons du Dauphiné en 2023, 8,7% de la population avait un traitement par benzodiazépine anxiolytique de plus de 12 semaines selon la CPAM.
15Beaucoup de patients hospitalisés
13 943 personnes ont été hospitalisées en MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) quelque soit le motif en 2021 pour un taux de 18 781,7 pour 100 000 habitants sur le territoire des Balcons. Un taux supérieur à l’Isère (18 053) qui est déjà au dessus du taux régional (17 729). Cette part importante pourrait s’expliquer par le manque de services de soins de proximité sur le territoire entraînant une augmentation du flux au niveau des urgences et un retard de prise en charge de certaines pathologies. Le territoire est tout comme pour les ALD au dessus des taux de l’Isère et de la région sur l’hospitalisation pour maladies cardiovasculaires, et diabète.
Le taux de patients de plus de 65 ans hospitalisés pour traumatisme (548 hospitalisations en 2021) est aussi plus important. L’Agence Régionale de Santé (ARS) Haut de France expose que 50% des hospitalisations pour traumatisme chez les plus de 65 ans sont dues à une chute. 28% à 35% des personnes âgées de plus de 64 ans chutent chaque année, et cette proportion augmente avec l’âge. Il est possible de prévenir une partie des chutes à travers un domicile adapté (ergonomie quotidienne) en fonction des pathologies ou de la perte d’autonomie. Sur le territoire de nombreuses personnes âgées vivent dans des logements individuels peu adaptés à la perte d’autonomie (escaliers, niveaux, manque de traverse, etc.).
95 94
0
2000
4000
6000
8000
10000
12000
14000
16000
18000
Patients hospitalisés en médecine, chirurgie, obstétrique par motif en 2021 pour 100 000 hab.
Balcons du dauphiné Isère Aura
Les femmes davantage hospitalisées
Les femmes sont davantage hospitalisées que les hommes (17 877 hospitalisations pour 100 000 hommes contre 19 838 pour 100 000 femmes). La différence de l’espérance de vie entre les hommes et les femmes en est une des causes.
En 2021, 774 femmes du territoire ont été hospitalisées pour un accouchement, soit un taux de 4 706 égal au département (4796). En revanche, les femmes du territoire sont moins hospitalisées pour des interruptions volontaires de grossesses avec 103 femmes hospitalisées, pour un taux de 624, contre 851 en Isère. Les femmes sont aussi davantage hospitalisées pour cause de tentative de suicide. Trois quarts des habitants des Balcons hospitalisés pour tentative de suicide sont des femmes. Le taux d’hospitalisation pour 100 000 femmes est de 151 contre 57 pour 100 000 hommes. Cela s’explique notamment parce que les femmes sont davantage exposées aux facteurs associés aux comportements suicidaires : Épisode dépressif, situation financière difficile, situation difficile de célibat, divorce, veuvage, inactivité professionnelle, exposition aux violences, évènements traumatisants dans l’enfance. Cependant, si les femmes font davantage de tentative de suicide que les hommes, davantage d’hommes décèdent par suicide car les modes opératoires auxquels ils ont recours sont davantage létaux (pendaison, armes à feu). Alors que les femmes se tournent davantage vers des médicaments (un moyen qui présente plus de chance d’échec). 16La mortalité sur le territoire est principalement due aux tumeurs, aux maladies cardio-vasculaires et aux morts prématurées (toutes morts ayant lieu avant 65 ans). Ces décès prématurés représentent en moyenne 97 décès par an sur le territoire, pour un taux proche de l’Isère et de l’Auvergne Rhône-Alpes.
Sur la mortalité, la communauté de communes s’inscrit dans les tendances du département et de la région. On observe un écart seulement pour les décès par tumeurs qui ont un taux supérieur aux deux autres échelles (250 pour 100 000 contre environ 230 pour l’Isère et l’Aura). La situation est la même pour les maladies cardio-vasculaires, mais cela correspond à l’importance des maladies cardiovasculaires sur le territoire.
Les décès par suicide et accident de la circulation sont inconnus sur le territoire au titre du secret statistique. Seulement, ces décès correspondent respectivement à 11,6 et 4,4 décès pour 100 000 habitants en Isère. Ainsi, si on se projette avec des chiffres identiques sur le territoire, on obtient en estimation un nombre de décès moyen sur la période de respectivement 9 décès par suicide et 3 par accident de la circulation. Attention, ces chiffres ne sont que des projections pour proposer un ordre d’idée.
0 50 100 150 200 250 300
Décès avant 65 ans
Maladies cardio-vasculaires
Maladies respiratoires*
Tumeurs
Cancer du poumon
Cancer colorectal*
Maladies liées à l'alcool*
Suicide**
Accident de la circulation**
Comparaison décès par causes - taux pour 100 000 habitants entre 2013 et 2017
Balcons du Dauphiné Isère Auvergne Rhône-Alpes
*Françoise Péquignot, Alain Le Toullec, Martine Bovet, Eric Jougla, Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès, CépiDc-Inserm, Le Vésinet, BEH n° 30-31/2003
**Haut Conseil de la Santé Publique, indicateurs de mortalité « prématurée » et « évitable » avril 2013.
FOCUS : Les morts prématurées évitables
On parle de morts prématurées évitables pour les morts avant 65 pour les motifs suivants : Cancer du poumon, cancer des voies aéro-digestives supérieures (VADS), causes liées à l’alcool, accident de la circulation, chute accidentelle, suicide et sida. Les données suivantes proviennent de deux rapports du CepiDc-Insern* et du HCSPR**. Ils révèlent que le poids des comportements à risque (alcoolisme, tabagisme, conduites dangereuses, etc.) dans ces décès est très élevé et qu’une part de cette mortalité pourrait être évitée par une amélioration des pratiques de prévention.
En 1999 sur 110 000 décès avant 65 ans, 38 000 correspondent à des décès « évitables ». La mortalité évitable se caractérise par une surmortalité masculine importante (30 000 décès chez les hommes contre 8 000 décès chez les femmes) pour des motifs très différents. Pour les hommes, les cancers du poumon arrivent largement en tête, alors que pour les femmes, le suicide prédomine. Les causes de décès « évitables » les plus fréquentes sont, avant 25 ans, les accidents de la circulation, entre 25 et 44 ans le suicide, et entre 45 et 64 ans, le cancer du poumon. La part des décès « évitables » dans la mortalité toutes causes est maximale chez les 25-44 ans (42 %).
En 2009 « La part de la mortalité évitable par rapport à l'ensemble de la mortalité prématurée est plus élevée en France [que dans d’autres pays européens] : pour les hommes, elle est de 35% contre 24% en Suède et 26% au Royaume-Uni ; pour les femmes, la France arrive également en tête avec le Danemark (23% et 24%) alors que les pourcentages les plus faibles (15%) sont observés en Grèce, au Portugal et en Italie. La comparaison des indicateurs de mortalité prématurée et évitable met également en évidence pour la France, une forte surmortalité masculine et des disparités géographiques marquées. » **
Il apparaît qu’il manque fortement en France de prévention primaire pour limiter les décès évitables.
17Une couverture vaccinale positive
Malgré un contexte de « désertification
médicale » sur le territoire, la couverture
vaccinale sur les Balcons du Dauphiné est
proche ou supérieure à celle de l’Isère. Seule la
vaccination pour la grippe est inférieure à la
moyenne iséroise, et pourrait être à renforcer sur
le territoire.
Pour la vaccination du papillomavirus, il est
important de souligner que les filles se font
davantage vacciner que les garçons. Ainsi
37,5% des filles nées en 2005 sont vaccinées
contre le papillomavirus. Les campagnes
nationales pour favoriser la vaccination des
garçons ont commencé plus tardivement.
La réussite de ces taux de vaccination peut être
due à une communication large sur le territoire,
une sensibilisation accrue des professionnels de
santé, mais aussi aux campagnes portées par
les CPTS du territoire.
51%
55%
13% 11%
50%
44%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
Balcons du Dauphiné Isère
Taux de personnes vaccinées par type de
vaccin en 2023. Source : CPAM de l’Isère
Grippe (pour les +65 ans) Deux doses HPV (de 11 à 14 ans)
Deux doses ROR (de 12 à 24 mois)
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
3 ans 6 ans 9 ans 12 ans 15 ans 18 ans 21 ans 24 ans Femmes enceintes
Taux de personnes ayant bénéficié de M’T Dents, par âge*
Source CPAM
Balcons du dauphiné Isère
*Ces taux prennent en comptes les personnes ayant utilisé leur bon M’t Dents, mais ne prennent pas en compte les personnes ayant eu un examen bucco-dentaire sans avoir utiliser le courrier M’T Dent.
Un recours important à M’T Dents
Les recours à la prévention bucco-
dentaire à travers le courrier M’T
Dents (qui assure une visite gratuite
chez un dentiste pour une
vérification bucco-dentaire), sont
importants sur le territoire à toutes
les étapes de la vie. Cette dernière
ne semble donc pas à renforcer.
En vue de la couverture très
importante pour les femmes
enceintes, nous pouvons nous
interroger sur un relais
particulièrement efficace sur le
territoire à travers les professionnels
de santé qui les accompagnent
(PMI, sage-femmes, gynécologues,
etc.)
18Le dépistage s’adresse à toutes les personnes de 50 à 74 ans. Le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10 s’il est détecté tôt, selon l’assurance maladie. Sur le territoire, 35,5% des personnes ciblées sont dépistées, un chiffre proche de l’échelle départementale (36,1%) en 2023. 14 pharmacies distribuent des kits de dépistages et sont réparties sur l’ensemble du territoire (les 6 polarités sont couvertes). Ainsi, aucun habitant est particulièrement éloigné des moyens de dépistage. Cependant, en 2023 14 598 personnes qui auraient dues être dépistée ne l’ont pas été. On peut donc estimer qu’environ 8 000 habitants ont été dépistés en 2023. La répartition des personnes non dépistées par âge et sexe correspond à la répartition de la population par âge du public cible, ainsi aucune tranche d’âge est particulièrement peu consommatrice de dépistage.
25%
27% 23%
25%
Cancer colorectal :
répartition des non-dépistés
par âge
F 50-59 ans
F 60-74 ans
H 50-59 ans
H 60-74 ans
31%
53%
16%
Cancer du col de l’utérus :
répartition des non-dépistés
par âge
25-39 ans
40-59 ans
60-65 ans
47%
53%
Cancer du sein :
répartition des non-dépistés
par âge
50-59 ans
60-74 ans
FOCUS : Quelques chiffres à l’échelle nationale
Le dépistage des différents cancers en France est une étape essentielle de la prévention pour favoriser une prise en charge rapide, peu invasive et améliorer les chances de guérisons par rapport à des stades de cancer avancés. En France métropolitaine, l’institut national du cancer estime que 4 333 000 nouveaux cancers ont été diagnostiqués en 2023. En 2021, 162 400 personnes sont décédées d’un cancer. Chez l’homme, le cancer du poumon est le cancer le plus mortel, suivit du cancer de la prostate et du cancer colorectal. Chez les femmes, le cancer du sein est la première cause de décès suivi du cancer du poumon puis du cancer colorectal. L’étude VICAN 5 de l’institut national du cancer, entre 2012 et 2014, révèle que 63,5% des personnes ayant eu un cancer souffrent de séquelles dues a ce dernier ou aux traitements. Parmi les personnes en emploi lors du diagnostic, 20% ne sont plus en emploi 5 ans après. En 2018, on estime que 3,8 millions de personnes de 15 ans et plus ont eu un cancer au cours de leur vie.
Chaque année, ce cancer est dépisté chez 3 000 femmes en France et cause 1 100 décès selon l’assurance maladie. Le dépistage cible toutes les femmes de 25 à 65 ans. Le taux de dépistage ne peut être connu car les bases de données de la CPAM ont une durée de 2 ans et que le dépistage doit se faire sur 5 ans. Cependant sur les 2 dernières années (2022-2023), 41% des personnes ont été dépistées, soit davantage qu’en Isère où le taux est de 38,5% en 2023. Pourtant aucun gynécologue n’est présent sur le territoire et seulement 9 sages-femmes exercent. Ce bon résultat est certainement dû à une mobilisation importante des professionnels de santé du territoire, notamment à travers les deux CPTS qui portent des projets pour favoriser ces dépistages. Il est cependant important de renforcer ces dépistages pour la population de 40 à 65 ans qui a une fort part de personnes non dépistées.
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Chaque année 61 200 cancers du sein sont diagnostiqués en France selon l’institut national des cancers. Sur le territoire des balcons, 6 027 femmes ont été dépistées en 2023, soit 53,6% des personnes ciblées. Le taux est important mais inférieur au taux départemental (57,5%). Mais le territoire souffre de l’absence d’un cabinet de radiologie pour le dépistage organisé de ce type de cancer.
Le dépistage des différents cancers est plutôt bon sur le territoire au vu du manque de professionnels de santé. Les CPTS sont mobilisées ce qui favorise une bonne couverture de dépistage. Cependant, comme à l’échelle départementale, de nombreuses personnes ne se font pas dépistées sur les différents cancers. 19En 2023, 691 enfants sont nés domiciliés sur le territoire.
En 2021, 1596 enfants avaient moins de deux ans sur le
territoire des Balcons du Dauphiné. Entre 2019 et 2021, a
l’échelle de la région et du département 9 enfants sur 100
naissent prématurés (soit avant la 37ème semaine) ce qui
représente environ 1200 enfants par an en Isère.
En Isère, 1 enfant sur 100 naît d’une mère de moins de
vingt ans en 2021, ce qui représente 141 enfants. Le taux
est identique pour la région. Ces naissances demandent
souvent un suivi accru, notamment de la PMI, et d’autres
services de parentalité pour accompagner les parents
dans leur rôle.
En revanche, le taux d’enfants nés d’une mère de plus de
40 ans est plus faible sur la communauté de communes
(3,9 % des enfants) contre 4,4 en Isère et 4,6 pour la
région. Cependant, en vue de l’évolution des carrières et
des parcours de vie des couples, il est probable que le
nombre de ces naissances augmente dans les prochaines
années.
Le taux d’hospitalisation (en comprenant les naissances) des enfants de moins de 5 ans est faible sur le territoire des Balcons du Dauphiné. Entre 2019 et 2021, en moyenne 1 054 enfants sont hospitalisés chaque année ce qui représente 23,5% des enfants de cet âge. Le taux isérois est de 25,9, et celui de la région est de 26,8.
* De nombreuses données n’existent pas à l’échelle des Balcons du Dauphiné face au secret statistique. Elles seront données à l’échelle départementale et régionale
**La santé des élèves de grande section de maternelle en 2013 : Des inégalités sociales dès le plus jeune âge; ÉTUDES ET RÉSULTATS, N° 924, Paru le 16/06/2015, Olivier Chardon, Nathalie Guignon, Thibaut de Saint Pol (DREES), Jean-Paul Guthmann et Marine Ragot pour la partie vaccination, Marie-Christine Delmas pour l’asthme, Louis-Marie Paget, Anne-Laure Perrine et Bertrand Thélot (InVS)
*** Direction de la Recherche, des Etudes, de L’évaluation et des Statistiques ****Rapport d’information n° 659 (2022-2023) du Sénat.
Informations en chiffres :
19% des femmes en Auvergne Rhône-
Alpes continuent de consommer du tabac
lors du 3ème trimestre de grossesse.
90% des enfants de moins de 5 ans du territoire ont eu
recours à un médecin en 2021, contre 81% en Isère et
80% en Auvergne Rhône Alpes (AURA). Cela peut
s’expliquer par le manque de pédiatres sur le territoire. En
effet, seulement 26% des enfants de moins de 5 ans ont
eu recours à un pédiatre contre 34 % en AURA. Il semble
donc y avoir un glissement des consultations pédiatriques
sur des consultations de médecine générale.
FOCUS : Inégalité sociale de santé chez l’enfant : Obésité et soins bucco-dentaire
L’étude** menée par la Dress*** en 2012-2013 sur la santé des élèves en grande section de maternelle montre l’importance des problématiques bucco-dentaires et de surpoids. En 2013, 12% des enfants de grande section sont en surcharges pondérales et 3,5% obèses. Les indicateurs de santé et d’habitudes de vie montrent de fortes disparités de santé selon le milieu social. 7% des enfants de cadres sont en surpoids, contre 16% des enfants d’ouvriers. Il en est de même pour la santé bucco-dentaire. En moyenne 16% des enfants présentent au moins une dent cariée et dans les deux tiers des cas, elle n’est pas soignée. Cependant, la proportion d’enfant ayant une dent cariée s’élève à 8% chez les cadres contre 30% chez les ouvriers. Ces écarts peuvent s’expliquer par des habitudes de vies différentes ( 60% des enfants de cadres se brossent les dents plusieurs fois par jours contre 47% pour les enfants d’ouvrier). Il est intéressant aussi de noter qu’en moyenne 53,2% des enfants n’ont jamais consulté un dentiste en dehors de M’T Dent.
La part d’enfants diagnostiqués d’un trouble du neurodéveloppement augmente en France, notamment grâce à la sensibilisation des professionnels de santé et de la petite enfance qui favorise le repérage de certains marqueurs. On estime**** que les troubles du neurodéveloppement concernent 100 000 enfants en France par an. Au sein des structures petite enfance et enfance des Balcons en 2023, 23 enfants sont bénéficiaires d’une Allocation d’Education à l’Enfant Handicapé (AEEH), 16 sont en cours de détections, et 15 ont un développement atypique selon les premières observations effectuées en interne.
20En moyenne, les jeunes ont davantage recours à un
médecin généraliste une fois dans l’année (76,8% des
jeunes) qu’à l’échelle du département (73,6%) et de la
Région (74,4%) en 2021. Le recours aux dentistes (33%),
aux orthophonistes (1,2) et aux psychiatres (1,4) est proche
des moyennes de l’Isère et de la Région malgré le manque
de professionnels sur le territoire. Il est fortement probable
que les jeunes soient suivis dans les polarités ou à
l’extérieur du territoire ce qui demande d’avoir des solutions
de mobilité. Cela peut complexifier l’accès à un jeune à un
professionnel de santé s’il souhaite conserver la
confidentialité d’un rendez-vous.
348 jeunes des Balcons du Dauphiné sont en ALD en 2021 représentant 5% des personnes concernées par une ALD sur le territoire. 116 de ces ALD (soit 33%) sont dues à des affections psychiatriques. Elles atteignent 40% des ALD de cette tranche d’âge à l’échelle de la région. Enfin 12% des ALD chez les jeunes sont dues à des maladies neurologiques, 9% à des maladies cardio vasculaire et 9% au diabète.
FOCUS : Comportements à risque chez les jeunes de 12 à 18 ans en Auvergne Rhône-Alpes.
FOCUS : Hospitalisation et santé mentale en
Auvergne Rhône-Alpes
En 2021, à l’échelle de la région, 3 jeunes filles de
10 à 24 ans sur 1 000 sont hospitalisées pour
tentative de suicide, et 1 jeune garçon sur 1000.
En moyenne, 181 jeunes sur 100 000 ont eu
recours aux urgences pour tentative de suicide.
Jeunes de 17 ans déclarant fumer régulièrement (au moins 1 cigarette par jour) (2017) Part pour 100 jeunes de 17 ans 27%
Jeunes de 17 ans déclarant être usagers réguliers d'alcool (au moins 10 usages dans le mois) (2017) Part pour 100 jeunes de 17 ans 9,6%
Jeunes de 17 ans déclarant être usagers des alcoolisations ponctuelles importantes ( au moins 3 fois dans le mois) (2017)
Part pour 100 jeunes de 17 ans
18,2%
Jeunes de 17 ans déclarant avoir consommé du cannabis (expérimentation) (2017) Part pour 100 jeunes de 17 ans 41,6%
Hospitalisation pour intoxication éthylique aigue (IEA) chez les 15-24 ans (2019-2021) Taux brut pour 100 000 jeunes de 15 à 24 ans 200
Jeunes femmes de 15 à 24 ans ayant eu recours à une contraception hormonale (hors urgence) (2019- 2021)
Taux brut pour 100 jeunes femmes de 15 à 24 ans
35,2%
IVG réalisées par des jeunes femmes mineures (15 à 17 ans) en ville et à l'hôpital (2021) Effectif et taux brut pour 1 000 jeunes femmes de 15 à 17 ans 3,9
Davantage de jeunes déclarent avoir expérimenté le cannabis que de fumer régulièrement. Cependant 27% des jeunes de 17 ans déclarent fumer au moins une cigarette par jour. Hors la cigarette est un important facteur de risques pour la santé individuelle.
Le taux de femmes de 15 à 24 ans prenant des contraceptions hormonales hors d’urgence est fortement supérieur à l’échelle des Balcons (42%) qu’à l’échelle de la Région (35%). Notre population est donc plutôt consommatrice de contraception hormonale. Cela peut venir d’une forte campagne de prévention ou d’un manque d’information sur d’autres types de contraceptif. De plus, il n’existe aucun centre de santé sexuelle sur le territoire. Ils se situent sur Pont de Cheruy, la Tour du Pin et Bourgoin-Jallieu. Les jeunes doivent donc avoir des solutions de mobilités pour bénéficier de leur service.
21FOCUS : La santé mentale - tous concernés*
13 millions de français sont touchés par un problème de
santé mentale. 64% des français déclarent avoir déjà ressenti
une souffrance ou un trouble psychique (75% chez les moins
de 35 ans).
1 français sur deux déclare avoir dans son entourage une
personne concernée par un trouble de santé mentale* et 34%
des français déclarent avoir déjà été accompagnés pour une
souffrance en santé mentale.
1,3% des habitants du territoire ayant eu un
remboursement pour des soins médicaux a eu
recours à un psychiatre. Ce chiffre est de 2,1
pour le département et la région. On observe
bien un recours au psychiatre faible sur le
territoire. Cela peut-être dû à un manque de
professionnels sur le territoire. En effet, un seul
psychiatre exerce sur les Balcons du Dauphiné
et les Centre Médico Psychologique (CMP) du
territoire ne parviennent pas à absorber la
demande en soins pour la santé mentale. Il est
possible que le besoin en soin en santé mentale
se répercute sur les psychologues, qui sont
déjà en tension sur le territoire ainsi que les
médecins (notamment pour les traitements). Il
apparaît complexe d’être accompagné pour
des troubles psychiques sur le territoire. Or, au
vu des chiffres ci à coté, on réalise pourtant
l’importance d’une offre en santé mentale.
On estime que 23 mineurs de moins de 15 ans des Balcons ont été
pris en charge en établissement spécialisé en psychiatrie en temps
partiel ou complet, soit 141 pour 100 000 (192 pour 100 000 en
Isère). Pour les personnes de plus de 15 ans ou plus, cela
représente environ 417 personnes ( 670 pour 100 000 contre 621
en Isère et 727 en AURA). Pour une prise en charge en psychiatrie
exclusivement ambulatoire, les moins de 15 ans ont été 320 à
fréquenter un établissement spécialisé en psychiatrie pour 948
FOCUS : La santé mentale - tous concernés*
Le nombre de décès par suicide est 2,4 fois supérieur à celui par accidents de la route en 2016. Pourtant, peu de campagnes de prévention contre le suicide existent en France. D’ailleurs la France est un des pays d’Europe avec le taux de suicide le plus élevé avec plus de 8 400 décès par suicide en 2016 (soit un taux de 13,2 suicides pour 100 000 habitats). Cependant depuis 20 ans, le taux de décès par suicide est en baisse tendancielle, conséquence de la prévention notamment. Mais cette dernière demeure insuffisante.
Chez les jeunes adultes de 25 à 34 ans, le suicide représente la première cause de mortalité, devant les tumeurs. Chez les 15-24 ans, il constitue la seconde cause de mortalité après les accidents de circulation. Mais le suicide concerne aussi les personnes âgées : En Auvergne-Rhône-Alpes, 32% des suicides concernent des personnes de 65 ans et plus.
A l’échelle de la région, les taux de séjour hospitalier pour tentative de suicide sont particulièrement élevés chez les femmes de 15 à 19 ans, mais tendent à se stabiliser (387 séjours pour 100 000 femmes). Chez les 15-24 ans et les 25- 34 ans, ce taux a tendance à augmenter significativement sur la période 2014-2020 (+8% pour les 15-24 ans et +3,7% pour les 25-34 ans). Cette augmentation chez les 15-24 ans est concordante avec les alertes données par les professionnels de santé, notamment à Grenoble. Ces derniers alertent sur une augmentation du passage aux urgences de mineurs pour des motifs psychiatriques dans un contexte ou l’offre de soin en pédopsychiatre manque. Il est important de rappeler que selon une étude*** un suicide va impacter émotionnellement 135 personnes et entraîner un impact traumatique d’intensité variable à 6 à 14 personnes.
22 *source : NMF, Observatoire Place de la Santé, 2021 ; Santé Publique France – Enquête CoviPrev 2021 ** source : Bulletin de l’Observatoire Régional de la Santé Janvier 2022
***Andriessen et al. 2017.
de 15 ans et plus. Représentant respectivement un taux de 1 986 pour 100 000 (2380 en Isère) et 1 574 (1962 en Isère et 2300 en AURA). Les recours sur les Balcons sont inférieurs qu’aux deux autres échelles, avec un très fort écart pour les personnes de 15 ans et plus suivi en ambulatoire. Cet écart de recours peut advenir d’un manque de structures (pas d’hôpital sur le territoire, peu de structures sur le territoire et aux alentours) ou bien par un besoin moindre de la population.Pour lutter contre les risques suicidaires, de plus en plus de professionnels s’organisent et se forment, notamment aux Premiers Soins en Santé Mentale (PSSM) pour mieux repérer les personnes à risques. La MSA porte aussi des formations spécifiques au repérage pour les professionnels accompagnant les agriculteurs.
De nombreux dispositifs se mettent aussi en place pour favoriser la réduction des risques de suicide, comme le 3114, une plateforme d’appel pour les personnes qui ont une crise suicidaire ou des risques suicidaires, pour recueillir leur parole et les orienter. Ce numéro est ouvert aux mineurs. Il existe aussi le dispositif VigilanS qui permet de maintenir un lien avec une personne qui sort d’une structure de soins pour tentative de suicide. Un professionnel de VigilanS entre en contact avec la personne les jours suivants sa tentative (entre 5 et 21 jours) pour échanger puis la recontacte au bout de 3 mois et parfois une nouvelle fois à 6 mois. L’objectif est ré évaluer les risques suicidaires et l’évolution de la crise suicidaire. En cas de hauts risques d’autres appels sont planifiés, etc.
L’ORS* a conduit une classification des EPCI selon l’état de santé mentale de la population en lien avec les risques suicidaires. Les Balcons du Dauphiné sont enregistrés en Classe B, soit :
FOCUS : Les aidants sont essentiels**
L’âge est le premier facteur déclenchant un besoin d’aide, avant la maladie et le handicap. Ainsi, 1 français sur 5 est aidant, soit 15 millions de personnes. 60% des aidants sont des femmes. 1/5ème des aidants passe au moins 20h par semaine auprès de leur(s) aidé(s). 50% des aidants soutiennent un proche en situation de dépendance due à la vieillesse. Mais les aidants soutiennent aussi d’autres publics, dont les personnes en situation de handicap ou en souffrance psychique.
Au quotidien, les aidants apportent une aide domestique (60%), une aide administrative (44%), une aide aux déplacements (41%), une prise de nouvelles régulières (38%), mais aussi un important soutien moral (51%).
Mais ce soutien a des conséquences sur la vie des aidants, qui sont à 70% des actifs, et gèrent en parallèle leur vie professionnelle et familiale. Ainsi, l’investissement en tant qu’aidant, notamment émotionnel, a des conséquences négatives sur la santé et la vie sociale des aidants. En effet 31% ressentent un impact sur leurs loisirs, et 29% sur leur moral et la qualité de leur sommeil, 27% directement sur leur santé. Les aidants souffrent d’une sensation de solitude dans leur rôle (48%) et 80% des aidants demandent des solutions au quotidien pour leur faciliter la vie.
Les aidants, familiaux ou non, ont un rôle essentiel pour la santé mentale des personnes aidées (qu’elles soient déjà atteintes par un trouble psychique ou non). Cependant, les aidants sont aussi sujet à des souffrances psychiques (charge mentale, difficulté d’accompagner, fatigue). Le maintien au domicile de nombreux aidés est permis par le rôle de leur aidant. Il faut donc pouvoir aussi les soutenir dans leur rôle et leur assurer des tems répits afin de soulager leur santé mentale.
De plus, les aidants peuvent aussi être directement confrontés aux souffrances psychiques des personnes aidées, ce qui est particulièrement éprouvant. Les personnes âgées sont exposées aux souffrances psychiques, notamment lors d’une perte d’autonomie. Le rapport de l’Anesm*** de 2018 expose que « l’avancée en âge peut être à l’origine de questionnements (sur son passé, son avenir, le sens de la vie, etc.) voire d’une souffrance existentielle, particulièrement au grand âge. […] Malgré cela, la souffrance psychique des personnes âgées et ses différentes formes d’expression (tel le ralentissement psychomoteur, le repli sur soi, la somatisation, etc.) sont encore souvent banalisées et mises sur le compte du seul vieillissement. Pourtant, la dépression des personnes âgées est « une pathologie et en aucun cas la conséquence d’un vieillissement normal » ».
23
*Observatoire régional de la Santé en AuRA, Suicide et tentatives de suicide en AuRA, bulletin janvier 2025 **Les données proviennent de l’enquête BVA et fondation April - Juin 2022. *** Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM)- prise en compte de la souffrance psychique de la personne âgée : Prévention, repérage, accompagnement - 2018.
« Population jeune, socialement favorisée
(peu de ménages pauvres), caractérisée
par une part importante de catégories
socio-professionnelles intermédiaires à
supérieures et présentant des indicateurs
de santé mentale favorables en lien avec le
suicide. […]Le taux de séjours hospitaliers
pour tentative de suicide est le plus faible
de la typologie, la part de personnes prises
en charge pour dépression, la prévalence
de l’ALD 23 pour certaines pathologies
pouvant être en lien avec les conduites
suicidaires et le taux de recours aux
médicaments psychotropes sont inférieurs
aux valeurs observées sur l’ensemble des
EPCI et parmi les plus faibles de la
typologie, reflétant un état de la santé
mentale favorable dans les territoires de
cette classe. »24
En moyenne, les indicateurs de santé de la population des Balcons du Dauphiné correspondent à ceux de la région et du département.
Cependant, le territoire abrite de nombreux habitants touchés par les maladies cardio-vasculaires et le diabète. La prévention sur les comportements à adopter pour limiter les risques de maladies cardio-vasculaires et de diabète pourrait être renforcée sur le territoire. De plus, accompagner les personnes déjà touchées par ces pathologies pourrait faciliter leur quotidien et leur permettre d’être acteurs de leur santé.
Les deux premières causes de mortalités sur le territoire sont les maladies dues aux tumeurs et les maladies cardio- vasculaires à des taux supérieurs à ceux du département et de la région.
Le territoire observe de bons taux de vaccinations et de dépistage de la population malgré le contexte de « désert médical » certainement grâce à la mobilisation des professionnels de santé du territoire, et des CPTS.
En termes de suivi des enfants, la plupart sont accompagnés par des médecins généralistes face au manque de pédiatres sur le territoire. La médecine généraliste est donc essentielle pour le suivi des enfants, mais cela augmente la demande envers les médecins qui peuvent difficilement réorienter les familles vers des pédiatres.
Pour les autres tranches d’âge et publics étudiés, la santé mentale est très importante. Les jeunes sont de plus en plus exposés à des souffrances psychiques dans un contexte où le recours à un accompagnement est de plus en plus difficile face au manque d’offres et à l’explosion de la demande (même au-delà de cette tranche d’âge). Il est donc important de déployer des moyens de repérer les premiers signes de souffrance pour éviter une aggravation des situations. La vigilance est essentielle notamment à l’échelle de la région Auvergne Rhône-Alpes où les tentatives de suicides chez les jeunes filles sont plus importantes. Cependant, la vigilance sur la santé mentale doit toucher l’ensemble des publics. Le territoire des Balcons n’est pas identifié comme un territoire fertile pour les tendances suicidaires, cependant, que ce soit les jeunes, les parents, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap où les aidants, tous sont exposés à des souffrances psychiques à certaines étapes de leurs vies (contexte socio-économique, contexte familial, perte d’autonomie, burn-out, surmenage, questionnement sur soi, etc.).AXE 3 : SANTÉ
ENVIRONNEMENT
25D’après l’OMS les principaux facteurs de risques environnementaux sont les suivants :
Mesurer la santé environnement : Des facteurs de risques pour la santé
Logement et précarité énergétique
La précarité énergétique utilise
notamment l’indicateur du taux d'effort
énergétique qui correspond à la part des
dépenses d'énergie sur le revenu
disponible. Un ménage est considéré en
situation de précarité énergétique
logement lorsque ses dépenses
énergétiques représentent plus de 8 %
de ses revenus.
13,4% des ménages du territoire sont en
situation de précarité énergétique en
2018 (12,2 % en Isère). Cependant, à
l’échelle communale, on observe une
concentration de la précarité
énergétique à l’est du territoire.
Parc Privé Potentiellement Indigne
(PPPI)
• Cadre de vie (logement,
urbanisme, transport, déchets...)
• Pollution de l’air à l’intérieur des
habitations et dans l’air ambiant
• Changement climatique
(canicule, inondations, espèces
invasives)
• Pratiques agricoles (usage des
pesticides, recyclage des eaux
usées)
• Risques professionnels
(amiante, manipulation de
produits chimiques)
• Bruit (nuisances sonores,
musique amplifiée)
• Radiation (ultraviolet, radiations
ionisantes, champs
électromagnétiques)
• Accès insuffisant à l’eau, à
l’assainissement et à l’hygiène
(pollution eau potable et lieu de
baignades)
• Vecteurs nuisibles (moustiques,
tiques, rats, etc.)
Différentes données permettent d’étudier les facteurs de risques environnementaux. Ces données sont issues de différents organismes (INSEE, IGN, Atmo Aura, ARS, OFB, OiEau, agences de l’eau, Cerema, Acoucité, Atmo. Ces données sont regroupées à travers des portails nationaux et régionaux, comme Balises (ARS), Terristory, géorisques, observatoire des territoires, etc. Toutes les données présentes dans ce chapitre viennent de ces différents organismes.
735 logements du parc privé du territoire sont considérés comme potentiellement indignes en 2019 pour un total de 35 434 logements (soit 2%). Le Parc Privé Potentiellement Indigne (PPPI) est un outil de pré-repérage des logements indignes. Selon l’ORS, l’habitat indigne est un déterminant majeur de la santé, associé à de nombreuses pathologies comme les maladies respiratoires (dont l’asthme), le saturnisme, les troubles psychiques, et il accroît les risques d’accidents domestiques. La limite de cet indicateur sur l’EPCI est que le nombre de PPPI par commune ne peut être connu dû au secret statistique. 26Mobilité
L’organisation mondiale de la santé (OMS) décrit la
sédentarité comme le 4ème facteur de risque de décès au
niveau mondial. Elle a des conséquences avérées sur la
santé telles que le surpoids, le diabète ou les
cardiopathies. Pour lutter contre la sédentarité, le Plan
National Nutrition Santé (PNNS) recommande de pratiquer
30 minutes d’activité dynamique par jour pour améliorer le
bien-être, le moral et la qualité du sommeil, autant
d’éléments essentiels pour une bonne santé mentale.
Les moyens de mobilité peuvent favoriser la mise en
dynamique du corps. Les bénéfices de la marche et du
vélo ne sont plus à prouver. De plus, limiter le recours à la
voiture pour les déplacements permet aussi de favoriser la
Informations en chiffres*
Les transports routiers sont le 2nd facteurs des
émissions de gaz à effet de serres (10%) sur les
Balcons.
La mobilité est le 3ème facteur de la
consommation d’énergie (17%) sur le territoire.
santé-environnement en contribuant à une réduction d’émissions de particules polluantes mais aussi de bruits. L’observation des habitudes de déplacements se fait notamment à travers les données de déplacement domicile-travail. Ce type de déplacement représentent 27 % du total de la mobilité locale.
Données de mobilité de l’ORS - selon données Insee 2020 Les Balcons du Dauphiné Département Isère Région AuRA
Part de la population active se rendant au travail en transports en commun 2,7 11,1 12,7
Part de la population active se rendant au travail en marchant 2,3 5,4 7,1
Part de la population active se rendant au travail à vélo 0,6 4,5 3,5
Un profil de territoire rural.
Les données à l’échelle des Balcons révèlent le profil rural de la communauté de communes. Une très forte majorité de la population se rend au travail en véhicule motorisé individualisé. Le recours aux transports en communs est largement inférieur à la moyenne de l’Isère et de la Région. Cependant, ce chiffre est surtout dû au contexte, où aucune gare n’est implantée sur le territoire et les transports en communs (bus et cars) sont peu nombreux et surtout orientés vers les itinéraires scolaires. La population a aussi peu recours au vélo ou à la marche à pied. Mais ce comportement est potentiellement dû à une importante distance entre le domicile et le lieu de travail des habitants. De plus, les aménagements pour ce type de déplacement sont encore en déploiement sur le territoire. Enfin, ces habitudes de déplacement sont certainement encore peu ancrées dans les comportements des habitants du territoire. Il est donc pertinent de poursuivre le déploiement des aménagements sur le territoire pour limiter la sédentarité et la pollution qu’impose le déplacement en véhicule individuel motorisé (voie-verte, schéma-cyclable, covoiturage, etc.).
De plus, la dépendance au véhicule individuel motorisé pour se déplacer fragilise l’insertion et l’indépendance de certains publics. En effet, les personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap ne pouvant pas conduire se retrouvent dépendants en termes de déplacement et peuvent souffrir d’isolement. Des difficultés peuvent aussi apparaître pour mener un parcours d’insertion sociale et professionnelle ou pour répondre aux besoins essentiels (soins, accès aux commerces, accès aux services, etc.). Il faut noter qu’à l’échelle de la région 7% des ménages ne possèdent pas de voiture. Dans ce contexte, le déploiement du transport à la demande (TAD) par la communauté de communes pourrait permettre de répondre à de nombreux besoins pour limiter l’isolement et la dépendance de certains publics tout en favorisant l’insertion sociale et professionnelle.
Certaines associations ou CCAS se sont déjà mobilisés face à ces difficultés et vont chercher au domicile les bénéficiaires de leurs actions. De plus, le nord Isère bénéficie du Groupe d’Entraide Mutuel (GEM) itinérant, qui a été créé dans le cadre du Plan territorial de santé mentale de l’Isère. Il organise ses actions dans différentes communes en itinérance chaque mois afin d’être au plus près des usagers. 27
*Source : Plan Climat Air Energie (PCAET) des Balcons du Dauphiné - diagnostic air énergie climat et état initial de l’environnement 12/2022Anciens sites industriels et activités de services
Selon l’ORS, un site pollué est « un site qui, du fait d’anciens dépôts de déchets ou d’infiltration de substances polluantes, peut présenter une pollution du sol ou d’eau souterraine. Cette dernière est susceptible de provoquer une nuisance ou un risque pérenne, réel ou potentiel, pour l’environnement et la santé humaine. ». Sur ces sites, la pollution est concentrée, souvent avec des valeurs élevées sur des surfaces réduites. Or, les sols jouent un rôle central dans l’environnement (le transfert de contaminants dans l’eau, l’air, les plantes, conséquences sur la chaîne alimentaire, etc.). Ces contaminants peuvent alors se transmettre dans l’écosystème.
La base Basias permet de recenser depuis 1978 l’ensemble des sites industriels et activités de service en activité ou à l’arrêt susceptible d’engendrer une pollution de l’environnement. A l’échelle régionale 45 000 sites sont inscrits dans l’inventaire Basias. C’est la région française qui « répertorie le nombre le plus important de sites pollués ou potentiellement pollués en France » selon l’ORS. Sur le territoire des Balcons, 298 sites ont été identifiés et recensés par cet inventaire.
La Base ex-Basol recense les sites avec une pollution suspectée ou avérée, sur lesquels des actions de suivi ou de dépollution sont en cours. Selon cette base, 10 sites sont pollués ou potentiellement pollués sur le territoire appelant une action des pouvoirs publics. Ils sont identifiés par commune par la carte ci-dessous.
Il est essentiel d’être vigilant à la requalification des sites potentiellement pollués mais aussi à l’implantation de structures à proximité de ces sites. Il est important d’étudier les sites et sols pollués lors d’un projet d’installation d’un Etablissements Recevant des Publics Vulnérables (ERPV) que sont les crèches, les écoles, les lycées, les maisons de retraites, etc.
Accès aux bases de données Basias et ex-Basol
https://www.georisques.gouv.fr/donnees/bases-de-donnees/inventaire-historique-de-sites-industriels-et-activites-de-service https://www.georisques.gouv.fr/donnees/bases-de-donnees/sites-et-sols-pollues-ou-potentiellement-pollues
28Equipements sportifs
Sur le territoire des Balcons du Dauphiné, il existe une disparité dans la répartition des équipements sur l’intégralité du territoire. Ces derniers sont principalement regroupés autour des polarités et polarités intermédiaires. Il est nécessaire pour les habitants de se déplacer pour se rendre sur un équipement sportif si on ne réside pas dans la polarité. La communauté de communes a un taux d’équipements sportifs de 45,6 pour 10 000 habitants, équivalent à celui du département 46,2 et proche de celui de la région 53.
Le territoire des Balcons du Dauphiné compte 343 associations sportives, hors chasse et pêche, réparties sur ses 47 communes. Les activités les plus pratiquées sont la gymnastique douce et le yoga (17,7 %), suivis des boules (16,7 %) et du football (16,3 %). En région Auvergne-Rhône-Alpes, la course, la marche (33 %) et les activités de gymnastique ou de remise en forme (19 %) sont les plus populaires.
Les clubs peinent à inclure les personnes en situation de handicap, faute de demandes exprimées. Par ailleurs, les freins au développement des clubs résident principalement dans le manque d’infrastructures et de créneaux disponibles.
29L’eau, une ressource fortement dépendante du réchauffement climatique
Le territoire des Balcons du Dauphiné présente un réseau hydrologique complexe et particulièrement exposé au changement climatique. La question de la ressource en eau est essentielle pour le maintien de la quantité et de la qualité pour l’approvisionnement en eau potable des habitants du territoire dont l’augmentation sera dans les années à venir un facteur de pression supplémentaire.
La particularité géologique du territoire des Balcons du Dauphiné implique une grande complexité dans le fonctionnement du grand cycle de l’eau, où se côtoient de petits bassins versants avec celui du Rhône lui-même, des nappes perchées, des réseaux karstiques aux nappes alluviales du fleuve. Ces différentes ressources souterraines ont permis l’installation de nombreuses stations de prélèvement (38 stations) vouées principalement à l’adduction d’eau potable pour les habitants, mais aussi les process industriels et l’irrigation agricole.
Selon l’inventaire des zones humides mené et porté par la DDT en 2019, les zones humides représentent 18,5% du territoire. Le réseau hydrologique du territoire est dense. Il est réparti en deux bassins versants : celui de l’Isle Crémieu et celui de la Bourbe. L’état des lieux du SDAGE réalisé en 2019 fait état de pressions en termes de pollutions issus des nutriments agricoles et des pesticides ainsi qu’en termes de prélèvements sur au moins deux des cours d’eau principaux du territoire. L’ensemble du réseau hydrographique a été morphologiquement très modifié et une grande part des zones humides du territoire ont été drainées dans un objectif de valorisation agricole. Au-delà de leurs objectifs initiaux, ces aménagements ont participé à l’altération d’un certain nombre de fonctions essentielles pour les milieux naturels et les activités humaines : la rétention d’eau lors des crues, le soutien des cours d’eau et nappes souterraines à l’étiage par les zones humides, le pouvoir auto-épuratoire, l’accueil de biodiversité… Un plan de gestion stratégique des zones humides du territoire aboutira en 2025 à l’identification des zones humides à prioriser dans les actions de préservation et de réhabilitation en fonction de leur état et de leurs fonctions au sein du territoire.
En sus de ces modifications importantes des milieux humides, l’étude du département concernant l’impact du changement climatique sur la ressource en eau dans le département souligne la vulnérabilité du réseau. Sur le bassin versant de l’Isle Crémieu, le réseau hydrologique pourrait voir les débits d’étiage baisser de -12% en 2050 et -24% en 2070. Le bassin versant de l’Isle Crémieu fait l’objet d’une étude de ressources plus précise portée par la communauté de communes dont les résultats devraient en 2026 apporter des précisions quant aux perspectives d’évolutions de la ressource en eau.
Du fait de l’augmentation des besoins en eau de par l’augmentation de la population en cours et à venir (93 561 habitants prévus en 2050) mais aussi en lien avec une agriculture de plus en plus contraintes par des périodes de sécheresse (passant de 34 jours de sols secs en moyenne entre 1970 et 2005 à 41 jours en 2030), la pression sur la ressource sera de plus en plus importante. La gestion de l’eau du territoire est répartie en trois gestionnaires : la Régie des eaux de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné, le syndicat des eaux des Abrets et le syndicat des eaux du Catelan. D’un point de vue de la préservation des ressources, la communauté de communes ainsi que les deux syndicats des eaux délégataires travaillent à la recherche des fuites ainsi qu’à un programme de renouvellement des canalisations permettant de limiter les pertes sur le réseau. D’un point de vue qualité, les eaux souterraines sont plutôt bonnes, mais avec localement des pollutions diffuses et/ou accidentelles (nitrates, pesticides) notamment en lien avec des dispositifs d’assainissement collectifs et individuels pour partie non conformes. Sur ce dernier point, un rattrapage récent est en cours, suite à d’importants investissements des collectivités en charge. Si quelques points de contrôle présentent des décalages avec les constantes de référence, la qualité de l’eau potable reste de qualité de manière générale sur le territoire des Balcons du Dauphiné.
Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) et ressource en eau.
La communauté de communes des Balcons s’est engagée dans un PCAET avec un plan d’action de 2022 à 2028 où l’importance de la ressource en eau est identifiée à travers 6 actions. En effet les Balcons du Dauphiné pilotent un pan de gestion stratégique des zones humides stratégiques pour le territoire. Une étude de la ressource en eau va être réalisée pour améliorer la connaissance de l’état de cette ressource dans le cadre de l’évolution des besoins et de la disponibilité de la ressource. La communauté de communes porte aussi l’élaboration des schémas directeurs d’eau et d’assainissement à travers notamment un diagnostic d’eau potable. Une procédure de déclaration d’utilité publique des ressources en eau se met en place, ainsi que le renouvellement des infrastructures d’eau potable afin d’assurer une mise en conformité réglementaire des systèmes d’assainissement. La communauté de communes s’est aussi engagée pour renforcer les interconnexions et fiabiliser la distribution en eau sur le territoire.
30Exposition aux particules fines
Les particules fines désignent les particules de matière en suspension dans l’air. Les particules qu’étudient les pouvoirs publics sont surtout les particules d’une taille inférieur à 2,5 μm, soit les PM2,5. En effet, plus les particules sont petites, plus elles pénètrent dans l’arborescence pulmonaire, et donc dans la circulation sanguine. Elles peuvent engendrer des effets délétères sur l’ensemble de l’organisme. Il faut noter qu’aucun seuil n’existe en deçà duquel il n’y a aucun impact sanitaire à la respiration de ces particules. Ces dernières sont classées cancérigènes pour l’homme par le CIRC depuis 2013.
Sur le territoire des Balcons, selon les données de 2019 et 2021*, l’exposition moyenne de la population au PM2,5 est de 9,7 μm/m3 soit inférieur au seuil recommandé par l’OMS (10 μg/m3 ). Il n’existe pas de communes particulièrement exposée, tous les habitants sont exposés au PM2,5 entre 8 et 10 μm/m3. Seuls 2% de la population des Balcons est exposée à des niveaux de PM2,5 supérieurs à 10 μm/m3 alors qu’à l’échelle de la région, 16% de la population est exposée à une concentration de plus de 10 μm/m3.
Selon les méthodes de calculs de l’Evaluation Quantitative d’Impact sur la Santé (EQUIS) de la pollution de l’air environ 37 décès par an sur les Balcons seraient attribuables aux PM2,5 (pour 680 à l’échelle de l’Isère et 4 300 à l’échelle de la Région) entre 2016 et 2018. Ces décès représentent 7,5% des décès sur le territoire contre 7,8 à l’échelle de l’Isère.
Exposition au dioxyde d’azote (NO2)
Le dioxyde d’azote est un gaz toxique pour l’homme (irrite les yeux et les voies respiratoires) qui provient de combustions. Ce gaz peut augmenter l’asthme chez les enfants (notamment la fréquence et gravité des crises). C’est un traceur privilégié de la pollution routière. Or, les gaz d’échappement des moteurs diesels sont classés cancérigènes selon le CIRC. Ceux des moteurs à essences comme potentiellement cancérigènes. La valeur à ne pas dépasser recommandée pour la santé humaine par l’OMS est de 40 μm/m3, mais une révision de l’OMS est en cours et souhaite abaisser le seuil à 10 μm/m3.
*L’année 2020 a été exclue car non représentative en vue du COVID;
La pollution de l’air intérieur.
En dehors de ces données, il ne faut pas oublier
l’importance de la pollution de l’air intérieure
(combustible, produits ménagers, matériaux,
pollution atmosphérique, moisissures, tabagisme).
Cette dernière peut évoluer en fonction des
habitudes des occupants (aération, tabagisme,
produits sans solvants, parfum d’intérieur,
bricolage etc.). Or, en moyenne nous passons 14
heures par jour dans notre domicile.
31
A l’échelle de la région, selon l’ORS, les
concentrations moyennes annuelles de NO2 ont
baissé de 31% depuis 2007, ayant un fort impact
sur la qualité de l’air. 60% de la population
régionale est exposée à une concentration
annuelle moyenne de plus de 10 μm/m3 , alors
que cela ne concerne que 5% des habitants des
Balcons. L’exposition moyenne au dioxyde d’azote
sur le territoire est de 8,9 μm/m3. A l’échelle de la
région, le NO2 serait responsable de 1960 décès
par an entre 2016 et 2018, représentant 3,1% des
décès. A l’échelle du territoire, selon les méthodes
de calculs de l’Evaluation Quantitative d’Impact sur
la Santé (EQUIS) de la pollution de l’air cette part
est moindre : 2,3% des décès, soit 11 décès
attribuables par an.Exposition au bruit
La population de la communauté de communes est peu soumise aux bruits dus aux infrastructures de transports. 98% de la population est soumise à des bruits inférieurs ou égaux à 60 Lden* contre 95% en Isère. Seul 0,4% de la population est exposée à des niveaux de bruits supérieurs à 70 Lden, contre 2,8% en Isère et 3,3% en Auvergne Rhône-Alpes. Cependant, ces données ne prennent en compte que les bruits dus aux infrastructures routières, ainsi une part de la population peut tout de même souffrir de seuil de bruit important (industries, carrières, etc.).
*Cet indicateur nécessite au préalable la production de l'indicateur multi-exposition bruit (non-réglementaire) issu de l'observatoire Régional Harmonisé Auvergne-Rhône-Alpes des Nuisances Environnementales (ORHANE). L'indicateur multi-exposition bruit est calculé en croisant les données cartographiques des sources de bruits routières, ferroviaires et aériennes et en les convertissant en niveaux de bruits journaliers moyennés sur l'année, exprimés en Lden. Le LDEN est un indicateur européen représentatif de l’exposition au bruit sur une période complète de 24 heures. Il associe les niveaux sonores de jour (6h-18h), de soirée (18h-22h) majorés de 5 dB(A) et de nuit (22h-6h) majorés de 10 dB(A). Ces majorations sont représentatives de la gêne ressentie sur ces périodes particulières.
FOCUS : Exposition aux bruits et enjeux sanitaires. Manuel de l’ORS.
Les bruits de l’environnement ont des impacts sur les populations exposées. L’ORS se centre principalement sur les bruits dus aux infrastructures de transports (routier, ferroviaire et aérien). La perception de la gêne causée par ces bruits varie selon les individus, leur âge, activité, etc.) et leur environnement.
Le bruit entraîne deux types d’effet sur la santé :
« - des effets auditifs directs (lésions auditives) liés à des expositions de forte intensité (>80 dB(A)) croisés à leur durée. Ils sont limités aux milieux professionnels et aux lieux diffusant de la musique amplifiée ; - des effets extra-auditifs et indirects qui peuvent être immédiats (perturbations du sommeil, gêne) ou à plus long terme (pathologies cardiovasculaires, psychiatriques ou psychosomatiques, troubles de l’apprentissage scolaire) »
Cependant, les infrastructures de transports sont surtout à l’origine d’effet extra-auditifs.
Cartographie des enjeux sanitaire Atmo Aura
Atmo Aura produit une cartographie des enjeux
sanitaires de la qualité de l’air à l’échelle de la région,
basée sur la présence de NO2, PM2,5 et PM10.
Selon cet indicateur, seules quelques communes des
Balcons du Dauphiné sont concernées par le
dépassement des seuils OMS.
Co-Exposition air/bruit
La co-exposition au bruit et à la pollution de l’air
peuvent entrainer, selon des études, des risques accrus
de maladies cardiovasculaires ou d’AVC. Sur le
territoire, 0,1% de la population vit dans des zones très
ou hautement dégradées par la pollution
atmosphérique et sonore. Cependant, selon
l’observatoire ORHANE, 2 200 habitants vivent dans
des zones dégradées et 6000 dans des zones altérées.
La zone d’exposition la plus importante est située au
sud-est du territoire, le long de l’axe routier entre Aoste
et Morestel. Au vu de la faible exposition, Il n’est pas
nécessaire de se mobiliser massivement contre la
pollution sonore et atmosphérique directe. En revanche,
il est bon de conserver ces faibles expositions, en
limitant et en contrôlant les déplacements routiers
importants.
32FOCUS : Ambroisie et risques allergènes
L’ambroisie est une plante envahissante, en floraison de mi-juillet à octobre et qui produit un pollen particulièrement allergisant. Elle se développe sur les bords de route, les cultures, mais aussi dans les friches ou sur les bords des rivières. Son pollen est responsable de diverses pathologies, notamment respiratoires : Rhinite (90% des cas)*, écoulement nasal, conjonctivite (75% des cas), symptômes respiratoires (trachéite (50% des cas), toux), urticaire (10% des cas), eczéma. Les personnes allergiques voient leur qualité de vie affectée sur une temporalité importante. Selon l’OMS, dans « 50% des cas, l’allergie à l’ambroisie peut entraîner l’apparition d’asthme ou provoquer son aggravation. La fréquence de l’allergie est importante : 6 à 12 % de la population exposée y est allergique. Aujourd’hui, selon les zones infestées, entre 4 et 40 % des populations seraient allergiques, entraînant des coûts associés très importants ».
En effet, à l’échelle du département 115 000 personnes étaient allergiques à l’ambroisie en 2017, pour un coût de santé de 7 millions d’euros (consultation, traitement, arrêt de travail)**. A l’échelle nationale l’Anses a estimé en 2020 que les coûts de l’impact sanitaire de l’ambroisie sont entre 59 et 186 millions d’euros par an. A l’échelle de la région, Près de 70% de la population régionale est exposée à un risque moyen ou supérieur plus de 20 jours durant la saison pollinique. Cela représente environ 5,5 millions de personnes***.
Les données sur l’ambroisie
L’Isère est le département avec le plus de
signalement d’ambroisie depuis 2020, le secteur du
nord du département est particulièrement touché.
Sur le territoire des Balcons, l’ORS estime que
8 558 habitants sont potentiellement allergiques à
l’ambroisie, soit 12% de la population, contre 10,4%
dans la région. De plus, le nombre de personnes
allergiques est voué à augmenter dans les
prochaines années, face aux évolutions climatiques,
à la qualité de l’air et à l’expansion de l’ambroisie.
Face à ces réalités, le PRSE4*** porté par l’ARS se
mobilise contre l’ambroisie à travers plusieurs
objectifs (- Surveiller la présence de la plante -
Contenir l'expansion de la plante - Eradiquer
l'espèce sur les sites de faible présence - Réduire
les niveaux de pollens pour diminuer l'impact
sanitaire - Gérer les stocks semenciers présents
dans les sols). Les acteurs locaux sont les meilleurs
relais pour lutter contre l’ambroisie.
Carte réalisée par l’observatoire des ambroisies – FREDON France – Janvier 2019
Modélisation de l’exposition aux pollens d’ambroisie en 2024
Cartes issues du bilan de l’exposition de la population aux pollens
d’ambroisie 2024 d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
*Données issues de l’Anses, 2020.
**Rapport préfectoral de la préfecture de l’Isère sur le plan départemental d’action ambroisie
***Bilan de l’exposition de la population aux pollens d’ambroisie 2024 d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
33FOCUS : Espèces invasives ayant un impact sur la santé
Certaines espèces végétales ou animales exposent la population à des risques sanitaires. Les échanges internationaux et le changement climatique favorisent l’implantation de telles espèces. La région Aura se caractérise par la présence de nombreuses espèces invasives menaçant la santé humaine (l’ambroisie, le moustique tigre, les tiques, les chenilles processionnaires, ou encore le frelon asiatique).
Le moustique tigre : Aujourd’hui implanté partout en France, il est susceptible de transmettre plusieurs virus (Dengue, Chikungunya, Zinka). En 2022 a été observé une augmentation des cas autochtones de Dengue. Or la population métropolitaine à une naïveté immunologique.
La tique : Parasite vivant dans les forêts, hautes herbes et espaces verts. Sa morsure peut transmettre des maladies telle que la maladie de Lym ou l’encéphalite à tique. La région Rhône-Alpes est particulièrement exposée aux maladies transmises par les tiques avec un taux d’incidence supérieur à 150 cas pour 100 000 habitants entre 2017 et 2021*.
Le frelon asiatique : Particulièrement présent en Isère et dans l’Ain (départements les plus touchés en Aura), il est très implanté en nord Isère** et représente un risque pour l’homme en raison de son comportement agressif. Mais il menace surtout la biodiversité, notamment pour sa prédation dévastatrice pour les colonies d’abeilles. De plus, le frelon asiatique s’adapte et ses nids se multiplient sur le territoire, au détriment du frelon européen.
Les chenilles processionnaires : Larves de papillons de nuits, elles prolifèrent au point de menacer la santé humaine, mais aussi la flore à travers la défoliation des arbres. Leurs poils, volatiles, sont très urticants pour les hommes et les animaux. Ces derniers peuvent provoquer des réactions cutanées, des baisses de tension, des troubles respiratoires, ou des œdèmes.
*Selon SantéPubliqueFrance, 2023
** Selon FRGDS, janvier 2024, IGN.
Les pollens de graminées et d’arbres à feuilles sont aussi responsables d’allergies. Les pollens de bouleau sont particulièrement allergènes, et selon l’OMS « représentent l’un des principaux allergènes polliniques en France ». Ils entraînent des allergies importantes, dont « les rhumes des foins ». Selon l’OMS chaque année en France « 20% des enfants et 30% des adultes souffrent d’allergies au pollen ». Ces allergies demandent des réponses curatives, et donc mobilisent les professionnels de santé sur les périodes de pollinisation. A l’échelle de la région, selon l’OMS « le risque allergique lié aux bouleaux et aux graminées est relativement homogène sur l’ensemble de la région. Sur les années 2017-2019, l’ensemble des 12 départements est à risque élevé en regard des pollens de bouleaux et graminées. »
FOCUS : Les Zoonoses, objectifs stratégiques du PRSE4
Définition des Zoonoses dans le PRSE4 « Les zoonoses sont des maladies ou infections franchissant la barrière inter- espèce homme/animal. Les pathogènes en cause peuvent être des bactéries, des virus ou des parasites. La transmission de ces maladies se fait soit directement, lors d’un contact entre un animal et un être humain, soit indirectement par voie alimentaire ou par l’intermédiaire d’un vecteur (arthropodes, arachnides, insectes…).
Chez l’humain, 75% des maladies infectieuses émergentes sont d’origine zoonotique. Le réservoir de ces pathologies zoonotiques est majoritairement représenté par la faune sauvage, tandis que les animaux domestiques - principalement d’élevage – jouent un rôle d’amplificateur et de facilitateur du franchissement par ces pathogènes de la barrière inter- espèces.
L’érosion de la biodiversité, notamment sous la pression des activités humaines et du changement climatique, est un facteur essentiel à prendre en compte dans les mécanismes d’émergence et de transmission de ces pathologies.
À l’échelle régionale, des acteurs œuvrent, dans le champ de la santé humaine et animale, à la surveillance des zoonoses. Toutefois les dispositifs de partage d’informations et de coopération entre ces secteurs gagneraient à être renforcés, en créant des synergies et des actions concertées permettant une meilleure identification, surveillance, gestion et prévention du risque zoonotique.
En réponse aux besoins régionaux identifiés, le PRSE4 ARA vise à renforcer l’approche intégrée et intersectorielle de la prévention des risques zoonotiques. »
Les trois objectifs opérationnels :
• Renforcer l’interconnaissance des acteurs des 3 champs impliqués dans la prévention des risques zoonotiques ; • Améliorer la gestion des risques zoonotiques par une meilleure coordination des dispositifs de surveillance, de détection précoce et de réponse réactive des 3 secteurs ;
• Renforcer la mobilisation des acteurs en faveur de la prévention du risque zoonotique. 34Bilan
Le territoire des Balcons du Dauphiné est caractérisé par son profil rural. La population est fortement dépendante des véhicules motorisés individuels, notamment les voitures. Le transport routier est d’ailleurs le 2ème facteur d’émissions de gaz à effet de serre sur le territoire. Cette dépendance au moyen de transport ne favorise pas la qualité de l’air, mais surtout rend complexe aux personnes n’ayant pas de moyen de mobilité individuel, l’accès aux services, commerces, ou équipements sportifs qui sont regroupés autour des polarités et des polarités intermédiaires.
Malgré la circulation importante, le territoire bénéficie d'une bonne qualité de l'air. Nonobstant la proximité de l’aire urbaine de Lyon, la population est peu exposée aux particules fines et au dioxyde d'azote. En revanche, face à la précarité énergétique de certains logements et de la part importante de logements anciens sur le territoire, la pollution de l’air intérieure peut être très importante pour certains habitants, notamment les plus précaires. La précarité énergétique touche plus d’un habitant sur huit sur le territoire, et se concentre à l’Est du territoire, notamment sur Montalieu, Les Avenières Veyrins-Thuellin, Morestel et Corbelin.
Si la qualité de l’air est bonne sur le territoire, ce dernier est au cœur de l'expansion de l'ambroisie sur la région Auvergne Rhône Alpes. Un véritable enjeu est de maîtriser l'implantation de l'ambroisie, mais plus encore sa floraison fortement allergène. Au-delà, d’autres espèces invasives sont néfastes pour la santé (moustiques tigres, frelons asiatiques, etc.), et dans le cadre du Plan Régional de Santé Environnement, la lutte contre ces espèces est identifiée comme un enjeu de santé. Le rôle des collectivités est notamment d’informer et de permettre aux usagers de lutter contre ces espèces.
Un enjeu majeur sur le territoire est la protection de la ressource en eau. 18,5% du territoire sont constitués de zones humides qu'il faut préserver. Or il existe des risques de pollution, identifiés sur deux cours d’eaux principaux du territoire. Historiquement, l'objectif de valorisation agricole a fortement transformé les cours d’eau du territoire, amenant un ruissellement de l’eau plutôt que sa retenue. Ainsi, un véritable enjeu est de favoriser la rétention d’eau sur le territoire pour protéger la biodiversité mais aussi protéger les exploitations agricoles face au réchauffement climatique.
Protéger l’environnement pour
protéger la santé
Dans un territoire avec une forte valeur
environnementale (réserves naturelles
régionale et nationale, espaces naturels
sensibles, espaces Natura 2000, zones
humides, cours d’eau) , la qualité de
l’environnement et son adaptation au
changement climatique est essentiel pour
assurer une bonne santé aux habitants,
autant physique et psychique que social.
Le Plan Climat Air Energie Territorial , la
Stratégie Agricole et Alimentaire, ainsi que
les différentes collectivités et associations
se mobilisent pour favoriser la santé-
environnement sur le territoire.
35AXE 4 : SANTÉ AGRICOLE
ET ALIMENTAIRE
36Un territoire agricole
Le territoire des Balcons est constitué de
61 725 hectares, dont 47% de surfaces
agricoles utiles selon le RGP16 de 2021 (32%
en Isère). De plus ces surfaces sont réparties
sur l’ensemble du territoire. Ainsi, les paysages
sont profondément marqués par les terres
agricoles.
Le territoire s’inscrit dans une région marquée
par la culture intensive de céréales. Un tiers de
la Surface Agricoles utile (SAU) est consacrée
aux céréales, et 48% à la polyculture élevage.
Sylviculture
Elevage
Pèche
Cultures agricoles
- 298 cultures céréales,
légumineuses, graines
oléagineuses (hors riz)
- 48 activités de soutien aux
cultures
- 23 cultures de légumes,
melons, racines, tubercules
- 14 cultures non permanentes
- 10 cultures de vignes
- 9 cultures fruits à pepins et
noyaux
- 3 cultures autres fruits (arbres,
arbustes ou à coques)
- 7 reproductions de plantes
- 1 traitement des semences
- 1 culture de plante à épice,
aromatiques et autres ;
- 101 cultures et élevages
associés ;
- 32 élevages de chevaux
et équidés
- 30 élevages d’autres
bovins et buffles
- 29 élevages de vaches
laitières
- 24 élevages d’ovins et
caprins
- 21 élevages de volailles
- 3 élevages de porcins
- 117 élevages d’autres
animaux
- 5 activités de soutien à
la production animale
- 10 sylvicultures et
autres activités
forestières
- 10 exploitations
forestières
- 8 services de soutien à
l’exploitation forestière.
- 1 récolte de produit
forestiers non ligneux
poussant à l’état
sauvage
- 1 pêche en eau
douce
- 1 aquaculture
Mesurer la santé agricole et alimentaire
Toutes les données présentées au sein de cet axe sont issues du Diagnostic Alimentaire réalisé en 2023 par le Pôle Environnement de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné et finalisé le 01.09.2023. De nombreuses données et sources complémentaires sont consultables dans ce diagnostic.
37
■ Structures enregistrées sous l’appellation « Agriculture,
Sylviculture et Pêche » sur le territoire des Balcons du Dauphiné.
Au total, 807 structures sont enregistrées sous cette appellation.Evolution des surfaces agricoles
Selon la SAFER, les surfaces
« urbaines » et « autres urbains » ont
augmenté en moyenne de 38 hectares
par an entre 2016 et 2020 sur le
territoire des Balcons du Dauphiné.
Cette augmentation annuelle se fait en
moyenne au détriment de 35 hectares
de terres agricoles et 3 hectares
d’espaces naturels. Au-delà de cette
perte, l’observatoire foncier partenarial
de l’Isère estime que la consommation
« masquée » soit la perte d’usage
agricole suite à une acquisition par des
particuliers, s’élève à 59 hectares par
an. Ainsi, on observe un recul des terres
agricoles sur le territoire 96 hectares en
moyenne par an. Certaines communes
sont plus touchées que d’autres par ce
recul agricole. Trois polarités sont
fortement impactées (les Avenières
Veyrins-Thuellin, Saint-Chef, Tignieu-
Jameyzieu.
Evolution de l’agriculture biologique
La part de surface agricole biologique en Isère a augmenté de 68% entre 2016 et 2020, passant de 18 863 hectares à 31 754. Le nombre de producteurs a quasiment doublé sur la même période (de 458 à 832). Cette évolution apparaît aussi sur le territoire, avec quasiment deux fois plus de SAU en agriculture biologique en 5 ans par un passage de 2 231 hectares à 4 401 hectares). Cela représente 15% de la SAU totale des Balcons, soit davantage que la moyenne nationale qui est de 10,3% de la SAU. En 2021, 58 producteurs bio sont engagés sur le territoire contre 25 en 2016, représentant 13% des exploitants. L’agriculture biologique, ou raisonnée est favorable à une bonne santé environnementale (biodiversité, etc.) et alimentaire.
38
■ Implantation de l’agriculture
biologique par commune en
2021.Les acteurs de l’alimentation
Le système alimentaire d’un territoire se défini par ses acteurs, s’échelonnant du producteur jusqu’au consommateur, sans oublier le rôle des grossistes, de l’agro-alimentaire, de la distribution et des infrastructures de transports et d’entreposages. Il existe des acteurs de l’alimentation très locaux, à l’échelle des Balcons, mais aussi des acteurs régionaux, qui ont un impact sur notre territoire. La grande majorité des acteurs de l’alimentation du territoire (83%) est orientée vers l’agriculture, la sylviculture et la pêche.
39L’accès aux commerces.
Le tissu commercial est moins important qu’à l’échelle du département. Le niveau d’équipement est de 1,4 commerce alimentaire pour 1 000 habitants contre 1,7 en Isère. En revanche le territoire enregistre un taux de commerce de détail plus important que l’Isère. Ils constituent 86% des commerces alimentaires, contre 55% pour le département, le reste étant des Grands et Moyennes Surfaces (GMS).
Acteurs de l’alimentation par type
d’activité sur les Balcons
807 Agriculture, Sylviculture, Pêche
29 Grossistes alimentaires dont négociants en produits agricoles
13 Entrepôts, transports
24 Industrie Agroalimentaire
105 Commerces
Consommation des ménages
Le rapport détaillé de la 7ème enquête consommateur des Balcons du Dauphiné, réalisé en 2023*, révèle la répartition de l’offre commerciale sur les Balcons du Dauphiné. La restauration et l’alimentaire représentent 49% de l’offre, ce qui leur confère un rôle central dans l’animation et l’ancrage du territoire.
*Enquête réalisée via l’étude de 7 984 actes d’achats recueillis sur les 6 secteurs géographiques (les 6 polarités des BDD) via l’analyse de 45 produits de consommation courante
Répartition des activités des Balcons du Dauphiné par famille de produits. Source : 7ème enquête consommateurs 2023
Aucun habitant ne se situe à plus de 15 minutes en voiture d’un commerce de proximité, mais l’offre alimentaire reste modérée quantitativement sur le territoire. Beaucoup de communes n’ont plus qu’un seul commerce alimentaire, ou café restaurant, même si le tissu de commerce de proximité des petits centres-bourgs répond globalement aux besoins. De plus, les offres alternatives (tournées, ventes directes) restent limitées sur le territoire. 24 marchés de producteurs hebdomadaires rythment la vente en circuit court et de proximité sur le territoire. Deux structures proposent également des légumes en agriculture biologique à travers des abonnements AMAP : Les jardins d’Etienne à Saint-Romain de Jalionas et la ferme de Chalonne à Charette. Il existe aussi les « Voisins de Panier » qui consistent en une vente hebdomadaire sur un seul lieu de vente de produits proposés par des fermes alentours. 28 producteurs fermiers sont organisés de la sorte sur le nord Isère, huit se situent sur le territoire des Balcons.
40Les dépenses alimentaires
40% des dépenses alimentaire se font dans les
hypermarchés, mais le hard discount affiche
aussi un score important, tandis que le e-
commerce demeure en marge pour cette
catégorie de produits. On observe des
différences de consommations avec l’ensemble
du territoire du Nord-Isère (importance des
supermarchés et du hard discount, peu de
drive).
Les circuits courts
Au sein de la 7ème enquête consommateur,
77% des enquêtés « disent privilégier (toujours
et souvent) l’achat de produits locaux ».
Cependant, la part de consommation dans les
circuits courts ne représente que 2,2% des
achats, soit une part bien inférieure au nord
Isère. La place de ces circuits est encore faible
sur le territoire, avec un écart entre le déclaratif
des ménages et la réalité de consommation.
Les circuits courts demeurent des alternatives
qui peuvent être accentuées, avec des
produits de qualité et une provenance locale.
Les dépenses des ménages
Les ménages du territoire dépensent en moyenne pour les produits
courants environ 539 millions d’euros. 44% de ces dépenses se font
sur des produits alimentaires dont DPH (droguerie parfumerie
hygiène).
41Alimentation solidaire
Selon le diagnostic alimentaire réalisé en 2023 : « Les associations reconnues d’utilité publique telles que les Restos du Cœur, le Secours Catholique, le Secours Populaire ou encore la Croix-Rouge sont des relais de distribution d’aide alimentaire d’urgence attribuée gratuitement ou à un prix symbolique. La distribution alimentaire peut prendre différentes formes : Paniers, repas chauds, repas partagés, sandwichs, soupes, etc.
Six associations se chargent de distribuer des paniers hebdomadaires à 436 familles, soit environ 1038 personnes et près de 53 976 paniers alimentaires par an. Les Restos du Cœur couvrent la majorité des besoins exprimés sur le territoire des Balcons. La Croix rouge et le Secours populaire ne sont pas présents sur le territoire des Balcons mais le sont sur les EPCI limitrophes ».
Dynamique de l’aide alimentaire
Entre la crise de la Covid-19 en 2020 et 2023, la Banque Alimentaire Iséroise a observé une augmentation de 30% de la demande en Isère, contre une hausse de 15% à l’échelle nationale. A travers le diagnostic alimentaire du territoire, les responsables des deux centres de distribution des Restos du Cœurs sur le territoire ont identifié que la demande sera grandissante et qu’elle ne pourrait être contentée à l’avenir. Le centre de distribution de Morestel a constaté une augmentation de 37% de bénéficiaires en 2022 comparée en 2021 alors que la hausse est de 12% à l’échelle nationale. Cette augmentation du besoin serait en partie due à la modification des critères d’inscriptions, ou les factures auxiliaires à la charge des familles sont prises en comptes (eau, gaz, électricité). Ces différents champs de dépenses ont aussi subi une forte augmentation ces dernières années. Le rapport national de la banque alimentaire en 2023 présente le profil des bénéficiaires : 40% de personnes seules, 17% de personnes retraitées, 17% des personnes ont un emploi (dont 60% à temps partiel). 94% des personnes interrogées par l’enquête sont sous le seuil de pauvreté. 42Bilan
Le territoire des Balcons est défini par un profil agricole, avec de nombreuses surfaces agricoles utiles. Afin d’assurer une agriculture locale et durable, tout en assurant la résilience alimentaire sur le territoire, en rapprochant la production agricole de sa consommation, tout en soutenant les agriculteurs et en favorisant une alimentation accessible, la communauté de communes des Balcons élabore une Stratégie Agricole et Alimentaire.
Cette dernière a pour objectif d’identifier les besoins sur le territoire et les enjeux : Construire une gouvernance autour de l’alimentation et de l’agriculture pour mettre en place une stratégie et un plan d’action.
Ce plan d’action s’articule autour de 9 thèmes, regroupant les enjeux agricoles et alimentaires sur le territoire :
- L’économie en lien avec l’alimentation (soutien aux agriculteurs, identification des filières à développer et à soutenir, outils de débouchés, etc.) ;
- La culture et la gastronomie alimentaire locale (office du tourisme, Label pays d’art et d’histoire) ;
- L’éducation alimentaire (en lien avec le Contrat Local de Santé, la sensibilisation au gaspillage, et le projet Label Vie) ;
- La nutrition favorable à la santé (sport santé, prévention sur le sport, accessibilité au sport) ;
- La justice sociale et la précarité alimentaire (soutien alimentaire, maillage avec les aides alimentaires) ;
- L’environnement et la préservation des ressources (préservation de l’eau et de la biodiversité, accompagnement aux changements de pratiques) ;
- La restauration collective (mutualisation, favoriser une alimentation de qualité) ;
- L’urbanisme et la stratégie foncière (lien avec la SAFER, mise à disposition de foncier pour des expérimentations) ;
- La gouvernance (concevoir une gouvernance territoriale, consultation des agriculteurs, etc.).
43AXE 5 : ACCÈS AUX SOINS
44Mesurer l’offre de soins d’un territoire
L’offre de soins d’un territoire s’étudie à travers différentes données. Ces dernières sont éditées par la Caisse nationale de l’assurance maladie à travers le Système National des Données de Santé (SNDS), le Ficher National des Professionnels de santé (FNPS), et quelques autres sources telles que l’INSEE, l’ADELI, et le Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI). Celles présentées ci-après proviennent de ces différentes bases de données et peuvent être retrouvées sur Carto Santé ou l’outils Balises de l’ARS, la majorité des informations datant de 2023.
Peu de médecins sur le territoire
En 2023, 43 médecins spécialisés en médecine généraliste exercent sur les Balcons du Dauphiné, soit une densité de 5,5 médecins pour 10 000 habitants. En Auvergne Rhône-Alpes, la densité des médecins généralistes est de 8,7 pour 10 000 habitants et en Isère 8,8. Le territoire est particulièrement touché par la désertification médicale. Or, il faudrait 10 médecins pour 10 000 habitants pour assurer une bonne couverture médicale à la population. Cependant, le territoire est moins exposé à la décroissance de la densité des professionnels de santé, contrairement à l’échelle départementale, régionale ou nationale. Ainsi, le territoire ne subit pas une perte de l’offre de soins due à l’augmentation de sa population.
Un territoire identifié comme
prioritaire
Le zonage de la densité des
médecins généralistes produit
par l’ARS révèle le caractère de
désert médical du territoire (cf.
carte p.47).
79 % des communes sont
identifiées comme Zone
d’Intervention Prioritaire (ZIP)
contre 38% en Isère. Les zones
d’actions complémentaires
représentent 11% des
communes de l’EPCI, contre
51% de celles du département.
Il est essentiel de renforcer
l’offre de soins sur le territoire. 45Mais des médecins actifs
En 2023, les médecins des Balcons du Dauphiné ont un nombre moyen d’actes annuels de 4 938, contre 4 223 en Isère et 4 354 en Auvergne Rhône-Alpes. A travers cette activité importante, les médecins parviennent à absorber une partie des demandes de soins, malgré le manque de professionnels. Elle prouve aussi la pression qui s’exerce sur les professionnels de santé du territoire. Sur le territoire, le nombre d’habitants ayant bénéficié d’au moins un soin programmé est de 71 000 en 2023, pour un nombre d’actes de médecine générale annuels de près de 320 000.
91% de la population des Balcons du Dauphiné a été bénéficiaire d’au moins un remboursement d’une prestation de médecine généraliste dans l’année, contre 88% en Auvergne Rhône Alpes. Cependant, cela ne veut pas dire que les habitants peuvent avoir un suivi médical (cette consultation peut être exceptionnelle). De plus, ces consultations peuvent être faites par des professionnels de santé à l’extérieur du territoire et des professionnels n’étant pas médecin traitant.
Des besoins inégaux selon l’âge
Les habitants du territoire consultent
moins que ceux de la région. Mais
les besoins sont différents en
fonction de l’âge. Les personnes
âgées ont particulièrement besoin
d’accéder aux soins. Elles ont
notamment besoin d’avoir un
médecin traitant pour les suivre tout
au long de l’année et non
épisodiquement pour des soins non-
programmés.
Un risque de départ en
retraite
Les médecins sur le
territoire sont plus jeunes
que la moyenne
régionale. Cependant, 7
médecins ont 60 ans ou
plus, dont deux médecins
de plus de 75 ans sur les
Avenières Veyrins-
Thuellin. Les départs en
retraite signifient des
centaines d’habitants
sans médecin traitant et
le besoin de trouver de
nouveaux médecins pour
prendre le relais. Sur le
territoire des Avenières
Veyrins-Thuellin, deux
internes ont signé une
promesse d’installation
avec le département pour
2026.
Accès aux médecins traitants
Les données 2023 de la CPAM révèlent que 13,5% de la population n’a pas de médecin traitant (contre 12,5 en Isère) soit 9 825 personnes. 62,5% des personnes sans médecin traitant ont entre 20 et 59 ans. Seuls 4,5% des personnes sans médecin traitant ont plus de 74 ans. Cela représente environ 440 personnes. Les personnes âgées sont donc majoritairement accompagnées, par contre, il est possible que leur médecin se trouve éloigné de leur domicile, où à l’extérieur du territoire.
Les personnes en Affection Longue Durée (ALD) ont tout particulièrement besoin d’un suivi rapproché sans rupture. 565 personnes ayant une ALD n’ont pas de médecin traitant, contre 5,7% en Isère. Les CPTS du territoire sont très mobilisés pour parvenir à trouver des médecins traitants à ces patients. 46Un manque de médecins spécialistes
Très peu de médecins spécialistes pratiquent sur le territoire renforçant la pression médicale sur les médecins généralistes. Les habitants se tournent en effet vers la médecine générale pour des difficultés spécifiques qui reposent normalement sur les médecins spécialistes (pédiatrie, dermatologie, psychiatrie). Ainsi les médecins généralistes doivent être de plus en plus polyvalents et parvenir à répondre à ces demandes spécifiques. Le lien médecine de ville et médecine d’hôpital peut permettre d’accompagner les habitants malgré le manque de spécialistes mais doit être développé. À ce jour, la majorité des habitants doivent sortir du territoire pour être suivis par des médecins spécialistes, freinant l’accès aux soins des personnes ayant des difficultés de mobilité.
Nombre de médecins spécialistes sur
le territoire des Balcons
Psychiatrie 1
Radiodiagnostic et Imagerie
Médicale
2
Pédiatrie 1
Ophtalmologie 1
Aucun autre médecin spécialiste n’exerce
sur le territoire
■ Carte du zonage des médecins généralistes de l’ARS sur le territoire des Balcons du Dauphiné.
47Plusieurs cabinets infirmiers sur le territoire
En 2023, 80 infirmiers libéraux exercent sur le territoire, soit 10,3 pour 10 000 habitants. En Isère, la densité d’infirmiers libéraux est de 15,2 pour 10 000 habitants soit proche de la densité régionale (15,8), révélant le manque d’infirmiers sur le territoire. L’évolution de la densité des infirmiers sur les Balcons correspond aux tendances régionale et départementale. Le nombre d’infirmiers sur les 10 dernières années augmente légèrement mais de façon stable depuis 2014 (passage de 69 à 80 infirmiers). Mais avec l’augmentation démographique de la population, cela ne permet pas d’augmenter significativement la densité d’infirmiers.
Des infirmiers actifs
Les infirmiers du territoire ont un nombre d’actes moyens supérieurs de 8% à celui de l’Isère. Ils réalisent en moyenne 6 886 actes remboursés en 2023 contre 6 383 en Isère et 6 524 en Aura. Tous infirmiers confondus, 611 638 actes ont été réalisés en 2023.
En 2023, 15% de la population bénéficie de soins infirmiers* (part de bénéficiaires ayant été remboursé d’au moins un acte infirmier au cours de l’année). Ce taux est de 15,2 à l’échelle du département. Ainsi, malgré une densité inférieure les infirmiers parviennent à couvrir dans les même proportions la population. Cependant, cela se fait au détriment du nombre d’actes moyens par bénéficiaire qui est moins élevé aux Balcons du Dauphiné, 52,1 actes, qu’en Isère, 67,5.
Les évolutions de la part des bénéficiaires et de la moyenne du nombre d’actes par bénéficiaire prouvent que les conséquences de la crises COVID sur les soins infirmiers tendent à s’effacer, avec un retour à une situation proche de celle d’avant crise permettant un suivi rapproché des publics fragiles. Il est à noté que les bénéficiaires de plus de 75 ans ont particulièrement besoins de soins au quotidien, avec une moyenne de 118 actes par an sur le territoire des balcons. Ce public consomme en 2023 65,5% des soins infirmiers sur les Balcons, un chiffre proche de celui du département (63,5 %).
Nombre moyen d'actes par
bénéficiaire
Consommation moyenne d'actes infirmiers
par bénéficiaire par tranche d’âge
CCBD Isère
Total 52,1 67,5
Moins de 15 ans 7,4 12,3
15 à 44 ans 16,7 18,5
45 à 59 ans 19,1 32,4
60 à 74 ans 39,3 55,6
75 ans et plus 117,9 136,7
Source : SNDS - 2023
48
* part de bénéficiaires ayant été remboursés d’au moins un acte infirmier au cours de l’annéePeu de structures
La communauté de communes représente 8% de la superficie du territoire de l’Isère, et environ 6% de sa population. Cependant, elle n’abrite qu’un seul des 37 SSIAD (Services de soins infirmiers à domicile) du département, 1 CSIP (Centre de Soins Infirmiers et Polyvalents) sur 38.
Cependant, selon le zonage infirmier de l’ARS, le territoire n’est pas sous-doté en infirmiers.
FOCUS : Les Infirmiers en Pratique Avancée (IPA)
Le statut d’Infirmier en Pratique Avancée est récent et délivré après un master spécifique. Les IPA échangent avec le médecin traitant et viennent en complément pour permettre un suivi de l’état de santé du patient avec des consultations longues (entre 30 minutes et une heure). Les IPA peuvent se spécialiser dans plusieurs champs : les pathologies chroniques stabilisées, l’oncologie et hémato-oncologie, les maladies rénales chroniques – dialyse – transplantation rénale, psychiatrie et santé mentale, médecine d’urgence.
Les IPA suivent des pathologies chroniques stabilisées, patients en ALD, polypathologie, etc. Ils accompagnent les patients les plus fragiles. Ils permettent d’élargir l’offre de soins sur un territoire, tout en favorisant un exercice coordonné de la médecine et en déchargeant les médecins traitants. Ils offrent une réponse aux besoins de suivi des patients les plus fragiles dans un contexte de désertification médicale.
Mais l’exercice des IPA est encore fragile car ce métier encore peu connu. Les médecins et les patients ne sont pas encore tous familiarisés avec ce type d’exercice. La première promotion d’IPA en France a été diplômée en 2020, il existe donc peu d’IPA sur le territoire. En 2023, un IPA exerce sur le territoire des Balcons du Dauphiné, à Montalieu. En 2025 il semble que 3 autres IPA s’installeront sur le territoire.
■ Carte du zonage infirmier de l’ARS sur le territoire des Balcons du Dauphiné selon l’ARS.
49Une densité très faible
En 2023, 49 masseurs-kinésithérapeutes exercent sur le territoire des Balcons du Dauphiné. Soit une densité de 6,3 kinés libéraux pour 10 000 habitants, soit deux fois inférieure à celle de l’Isère (14,3) et de la région ( 13,2). En revanche, depuis 2014, le nombre de kiné a fortement augmenté (+ 53%) sur le territoire, bien plus que sur l’ensemble du département (+ 20%). Cependant, cette augmentation ne permet pas de rattraper la densité départementale de kinésithérapeutes sur le territoire, au vue du manque initial de ces professionnels de santé.
Des professionnels face à la demande
Les masseurs-kinésithérapeutes du territoire, comme de nombreux professionnels de santé, font face à une forte demande. Ainsi, en moyenne les kinésithérapeutes libéraux du territoire réalisent 4 996 actes par an, contre 4 241 en Isère. 11 817 habitants ont bénéficié d’au moins un remboursement de soin réalisé par un masseur-kinésithérapeute en 2023. En moyenne par an, les bénéficiaires consomment 26,8 actes kinés contre 28,6 en Isère. Cet écart n’est pas très important compte tenu des différences de densité. Il est possible que de nombreuses personnes ne parviennent pas à trouver un kiné et ne sont pas suivis. Cependant, cette hypothèse ne suffit pas pour expliquer cette proximité statistique car 15 % de la population est bénéficiaire de soins en kinésithérapie, soit un chiffre proche du département (18,4). Il est également probable que de nombreux habitants soient suivis à l’extérieur du territoire.
■ Carte du zonage des
masseurs-kinésithérapeutes de
l’ARS sur le territoire des Balcons
du Dauphiné.
50Une densité faible de dentistes
En 2023, 25 dentistes exercent sur
le territoire, pour une densité de
3,2 dentistes pour 10 000
habitants. Un taux faible comparé
au département (5,1) et à la région
(5,6). L’évolution de la densité de
dentistes sur le territoire, suit la
dynamique régionale, en étant
plutôt stable voire en légère
décroissance. Ainsi, si cette
tendance se poursuit, le nombre de
dentistes ne permettra pas de
suivre la dynamique
démographique du territoire.
Compte tenu de l’importance des
communes sous-dotées à l’intérieur
et à l’extérieur du territoire, les
habitants ont peu de possibilité de
se déporter vers les centralités
périphériques du territoire.
Compensée par une activité importante
En 2023, la moyenne d’actes par dentiste est de
2 827 contre 2 358 en AURA. Les dentistes
équilibrent le manque d’offre en augmentant leur
patientèle et le nombre de soins. Cependant, cela
ne permet pas de couvrir l’ensemble des besoins
sur le territoire.
En effet, 42,2% de la population bénéficie d’au
moins un acte dentaire en 2023, soit 32 953
bénéficiaires pour environ 90 000 actes dentaires
par an.
■ Carte du zonage des
chirurgiens-dentistes de l’ARS sur
le territoire des Balcons du
Dauphiné. 51Des sages femmes mobilisées pour la santé
En 2024, 9 sages-femmes exercent sur le territoire des Balcons du Dauphiné. La majorité d’entre-elles (67%) ont moins de 39 ans. Le nombre de sages-femmes est stable sur le territoire entre 2012 et 2024, alors qu’il a doublé sur la même période à l’échelle de la région. Ainsi, en AuRA, la densité a évolué de 2 sages-femmes pour 10 000 habitants en 2016 à 2,8 en 2023. A l’échelle de l’intercommunalité, la densité demeure à 2.
Cependant, l’activité moyenne des sages-femmes sur le territoire est bien supérieure à l’échelle régionale avec 2 153 actes en moyenne en 2023, contre 1 880. La forte augmentation du nombre d’actes par sages-femmes sur le territoire est corrélée au départ d’une sage femme en 2022. Les sages-femmes du territoire ont absorbé le départ d’une de leur collègue en augmentant leur nombre d’actes. Ainsi avec l’arrivée d’une nouvelle sage-femme en 2024, il est possible que la moyenne d’actes se rapproche du taux régional.
En 2023, 5 457 habitants ont bénéficié d’au moins un acte effectué par une sage-femme, pour une totalité de 25 578 actes. 14% des femmes des Balcons ont été bénéficiaires d’au moins un remboursement d’acte de sage-femme. Ce taux est supérieur à celui de l’Isère (11,4) et de la région (10,7). Certainement face au manque de gynécologues sur le territoire.
La part de bénéficiaires a plus
que doublée en 7 ans,
correspondant aux dynamiques
régionales. Mais face à la
stagnation du nombre de sage-
femme, la conséquence est la
baisse du nombre moyen de
consultation par an par
bénéficiaire, passant de 7 à 5
sur cette période. Les femmes
les plus suivies sont celles
entre 20 et 39 ans,
certainement pour les suivis de
grossesses.
■ Carte du zonage des
sages-femmes de l’ARS sur
le territoire des Balcons du
Dauphiné.
Le territoire n’est pas
sous-doté en sage-
femmes selon l’ARS.
Cependant, le manque
de gynécologues
entraîne une plus forte
sollicitation des sages-
femmes.
D’ailleurs ces dernières
sont davantage
consultées par la
population que d’autres
professionnels pour des
actes de gynécologie,
dépistage et
accompagnement
(cf. page suivante)
52■ FROTTIS
60% 15%
25%
CC Les Balcons du Dauphiné
0%
45%
16%
0%
39%
Auvergne-Rhône-Alpes
■ CONTRACEPTION
0%
30%
25%
0%
44%
CC Les Balcons du Dauphiné
0%
23%
24%
0%
53%
Auvergne-Rhône-Alpes
■ ECHOGRAPHIE OSTETRICALE
0%
47%
1% 0%
51%
CC Les Balcons du Dauphiné
0%
44%
5% 3%
47%
Auvergne-Rhône-Alpes
■ ECHOGRAPHIE GYNECOLOGIQUE
2%
12%
6%
47%
33%
CC Les Balcons du Dauphiné
2%
9% 3%
48%
38%
Auvergne-Rhône-Alpes
Répartition des consommations d’actes par type de praticiens
Source SNDS 2023
53Une forte augmentation des orthophonistes
En 2024, 22 orthophonistes exercent sur les Balcons du Dauphiné. 9 de plus qu’en 2015. Cette augmentation a fait fortement évoluer la densité d’orthophonistes sur le territoire en 10 ans : 1,78 pour 10 000 habitants en 2013 à 2,28 en 2023. Le territoire est donc attractif pour cette spécialité, et cette dynamique est à conserver. En effet, même si le nombre d’orthophonistes a fortement augmenté, la densité de ces praticiens reste inférieure à l’échelle départementale (3,74) et l’échelle régionale (3,85).
Mais un nombre d’actes et de
bénéficiaires qui augmentent peu
On observe qu’entre 2016 et 2023, le nombre
d’actes totaux pour la population des Balcons
du Dauphiné a peu augmenté (de 32 500 à
37 659), tout comme le nombre de
bénéficiaires (1 800 à 1 975). Cela peut
s’expliquer par le fait que le nombre d’actes
moyen des orthophonistes a diminué sur cette
période ( de 1 567 en 2015 à 1 392 en 2023).
Mais ceci s’explique aussi par le fait
qu’auparavant de nombreux bénéficiaires
étaient suivis par des orthophonistes en
dehors du territoire. On observe également
que davantage de patients ont recours à des
orthophonistes vivant dans leur commune de
résidence en 2023 qu’en 2015 (cf. cartes ci-
dessous).
54Un seul ophtalmologue
Le territoire est particulièrement dépourvu d’ophtalmologues libéraux. En effet, en 2024, sur les 66 ophtalmologues exerçant en Isère, un seul est implanté sur le territoire des Balcons du Dauphiné. Ce manque n’est pas dû à une diminution importante du nombre de professionnels : Depuis 2015 au maximum deux ophtalmologues exerçaient sur le territoire. Par conséquent la densité d’ophtalmologues sur le territoire est particulièrement faible avec un ratio de 1,3 ophtalmologue pour 100 000 habitants contre 6 à l’échelle de la région. Or, en 2023, 23 967 habitants des Balcons du Dauphiné sont bénéficiaires de soins d’ophtalmologie. Ainsi, les habitants doivent se déporter sur des professionnels à l’extérieur du territoire pour être suivis.
Une baisse du nombre d’orthoptistes
En 2024, deux orthoptistes libéraux exercent sur les Balcons du Dauphiné, soit deux fois moins qu’en 2017. Ceci n’est pas relié à une dynamique départementale et régionale puisqu’à ces deux échelles le nombre d’orthoptistes augmente sur la période (de 54 à 70 en Isère). La densité d’orthoptistes sur le territoire est donc moindre (2,6 pour 100 000 habitants) que celle du département (5,4). Cependant, 4 orthoptistes salariés exercent aussi sur les Balcons du Dauphiné. Il est difficile de mesurer si cela permet de répondre à la demande sur le territoire. En 2023, 1 892 habitants ont été bénéficiaires de soins d’orthoptistes mais il n’est pas possible de déterminer si ces soins ont été couverts par les orthoptistes implantés sur le territoire.
Densité des professionnels libéraux en cabinets
principaux pour 100 000 habitants. ■
■ Nombre de professionnels libéraux d’autres
professions
On observe le manque de professionnels de santé
sur le territoire, notamment spécialistes (pédiatrie,
neurologie, ergothérapeutes, podologues).
Cependant, le caractère semi-rural du territoire
explique ces écarts de données. D’autres
intercommunalités comme Entre Bièvre et Rhône
ont des profils proches des Balcons du Dauphiné
sur le nombre de professionnels libéraux. Ainsi, la
situation du territoire n’est pas exceptionnelle.
Il en est de même pour ces autres professions
libérales. Cela révèle surtout la nécessité pour la
population de sortir du territoire des Balcons pour
être suivie par des professionnels « spécialistes ».
Ces soins se déportent sur Bourgoin-Jallieu mais
aussi Chambéry, Lyon, Voiron puis Grenoble. Les
habitants du nord du territoire se déportent
également vers l’Ain.
Ce manque de professionnels spécialistes peut aussi
entraîner un report plus important sur les médecins
généralistes du territoire, augmentant la demande.
55Pharmacie
Depuis 2020, le territoire abrite 15 pharmacies. Ce nombre demeure stable jusqu’à 2024, alors qu’il est en diminution de 5% à l’échelle régionale et départementale. Cependant, la densité pour 100 000 habitants des pharmacies d’officine est très faible sur le territoire (19 en 2024) contrairement aux autres échelles (29). De plus cette densité a tendance à décroitre légèrement (moins fortement qu’aux deux autres échelles) à cause de la croissance démographique sur le territoire. La communauté de communes abrite 6% de la population et 4% des pharmacies de l’Isère . Cependant en 2023, 87% des habitants des Balcons ont été remboursés d’au moins un produit pharmaceutique dans l’année, contre 86% dans le département. Ainsi, les habitants parviennent à avoir accès aux pharmacies, cependant on ne peut savoir s’ils sont desservis par des pharmacies de proximité ou des pharmacies éloignées de leur domicile.
Maison de santé
Il existe une véritable dynamique de création de Maison de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) sur la communauté de communes depuis 2018. Quatre nouvelles MSP ont été créées depuis 2019, amenant leur nombre à 6 en 2024. Les maisons de santé sont des structures de santé pluriprofessionnelle qui assurent un exercice coordonné pour une meilleure prise en charge des patients. Les professionnels de santé rédigent un projet de santé labellisé par l’ARS. Les MSP permettent de renforcer l’offre de soins de proximité, d’avoir un lieu de prise en charge identifié avec un panel de professionnels, une continuité des soins tout au long de l’année et favorisent le parcours de soins.
Sur le territoire de la communauté de communes, les MSP sont réparties sur, où à proximité des 6 polarités bassins de services. Pour les deux bassins ayant un accès aux soins le plus complexe, la communauté de communes a lancé deux projets bâtimentaires qui abriteront chacun une maison de santé pluriprofessionnelle : La réhabilitation de l’ancienne cure médicale de Morestel et la construction d’un pôle enfance santé sur les Avenières Veyrins-Thuellin. Ces deux projets permettront de pérenniser les équipes de professionnels de santé sur ces deux communes mais aussi d’attirer de nouveaux professionnels pour répondre aux forts enjeux en matière de soins.
56■ Pôle d’attraction des médecins généralistes 2021, source
SNDS
Distances en km au plus proche d’un généraliste libéral
2024, Source SNDS-ARS
■ Pôle d’attraction des infirmiers 2021, source SNDS
Distances en km au plus proche d’un infirmier
libéral 2024, Source SNDS-ARS
Distance en kilomètre : Distance en kilomètre :
Une polarisation des offres de soins vers les structures de soins
Le territoire est marqué par des distances très variables entre les habitants et les professionnels de santé libéraux (hors spécialité). Cela s’explique par la polarisation de l’offre de soins autour des polarités bassins de vie ou des polarités de proximité. Cet effet s’explique notamment par l’ancrage des structures de soins. En effet, les centres de soins, pôles de santé, cabinets regroupés ou encore les maisons de santé pluriprofessionnelles sont majoritairement présents au sein des polarités bassin de vie.
On observe de très forts pôles d’attractions des bénéficiaires de certains soins, comme par exemple le cabinet de sage- femmes de Vézeronce-Curtin qui couvrent une partie importante du territoire, Les cabinets dentaires, ou encore les maisons médicales de Montalieu ou de Morestel qui captent des usagers de nombreuses communes. Cette polarisation peut s’expliquer par plusieurs facteurs : La concentration de l’offre médicale sur un seul site drainant la population alentour – le manque d’offres annexes – des professionnels de santé ouvrant également leurs soins à des patients éloignés géographiquement.
La population des Balcons du Dauphiné se déporte aussi à l’extérieur du territoire pour les soins. Cela est particulièrement le cas pour les spécialistes qui sont très peu nombreux voire absents du territoire en fonction des spécialités. On observe aussi un fort flux vers Bourgoin-Jallieu ou Lagnieu.
Enfin, il convient d’être vigilant lors de l’étude de la distance des usagers avec l’offre de soins. En effet, les données concernent la distance entre l’habitant et le professionnel de santé le plus proche. Or, les habitants ne sont pas forcement suivis par le professionnel le plus proche. Ainsi, en termes de pratique réelle, de nombreux habitants ont des distances à parcourir supérieures que la distance théorique. L’enjeu de la mobilité pour l’accès aux soins est donc essentiel sur le territoire.
57■ Pôle d’attraction des chirurgiens dentistes 2021,
source SNDS
Distances en km au plus proche de dentiste libéral
2024, Source SNDS-ARS
■ Pôle d’attraction des kinésithérapeutes 2021, source
SNDS
Distances en km au plus proche d’un
kinésithérapeute libéral 2024, Source SNDS-ARS
Distance en kilomètre : Distance en kilomètre :
■ Pôle d’attraction des sages-femmes 2021, source
SNDS
Distances en km au plus proche de sage-femme
libérale 2024, Source SNDS-ARS - Insee
■ Pôle d’attraction des orthophonistes 2021, source
SNDS
Distances en km au plus proche d’orthophoniste
libéral 2024, Source SNDS-ARS
Distance en kilomètre : Distance en kilomètre :
58Bilan
Le territoire est touché par une « désertification médicale » mais qui n’est pas moins due à un manque d’attractivité que par sa configuration et le contexte actuel, suite au numérus clausus notamment. Face au manque de professionnels de santé, l’exercice coordonné des professionnels de santé, à travers les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé et les Maison de Santé Pluriprofessionnelle, est un moyen privilégié pour favoriser le parcours des usagers, notamment des plus fragiles.
Face au manque d’offres de soins, les professionnels de santé du territoire sont tous en moyenne proactifs par rapport aux autres échelles (département et région). Ils ont des moyennes d’actes plus importantes. Ces dernières permettent d’absorber une part de la demande, due au manque de spécialistes (pédiatres, gynécologues, dermatologues) mais également de l’ensemble des professions. Cette activité importante traduit aussi la forte demande à laquelle font face les professionnels de santé, avec de nombreux habitants qui ne peuvent être suivis, ou du moins difficilement, ou loin de chez eux. Il faut donc pouvoir épauler les professionnels et leur permettre de poursuivre leur activité tout en prévenant un épuisement professionnel.
La conception de maisons de santé, de pôles de santé, mais aussi l’animation de projets par les CPTS permettent de renforcer l’attractivité du territoire pour des professionnels de santé, favorisant leur installation. Le territoire manque de professionnels de santé, mais n’est pas peu attractif : des professionnels se sont installés sur le territoire dans la dernière décennie, des émulations émergent et attirent de nouveaux professionnels : La MSP de Crémieu en septembre, la MSP modulaire de Morestel et la MSP de Veyrins ont capté des professionnels de santé en 2025. Le futur Pôle Enfance Santé, ou encore les projets des CPTS pour favoriser l’implantation de professionnels de santé renforceront cette attractivité.
59Le diagnostic local de santé met en évidence une pluralité de constats, dont découlent autant d’enjeux pour renforcer la santé des habitants, mais également l’environnement dans lequel ils évoluent.
Ces différents constats sont explicités ci-dessous, et doivent être un des points de départs de la définition des objectifs en matière de santé pour le territoire.
Constats socio-démographiques et socio-économiques :
• Un territoire rural de 47 communes se polarisant autour de 6 communes/polarités ; • Une croissance démographique, notamment due à l’arrivée d’actifs ; • Un territoire soumis au vieillissement de la population ;
• Un fort taux de familles avec ou sans enfant mais une augmentation de la part des ménages de personnes seuls ou monoparentaux ;
• Des inégalités géographiques de revenus face à l’influence de l’aire urbaine lyonnaise. Des taux de précarité plus important à l’est du territoire, mais en moyenne, une population peu précaire ; • Importance de l’accès aux services en territoire rural en vue du profil familial et du vieillissement de la population ; • Une offre de services médico-sociaux, sociaux et sanitaires sur le territoire mais qui ont des difficultés à répondre à la demande où qui sont éloignés de certaines polarités.
Constats concernant l’offre de soins et l’accès aux soins
• Un territoire touché par la « désertification médicale » avec une majorité de communes en zone d’intervention prioritaire du zonage de médecins ;
• Un manque de professionnels de santé, peu importe la discipline ou spécialité, qui reportent sur les médecins généralistes, infirmiers et sages-femmes, la forte demande ;
• Mais un territoire attractif, avec des installations de professionnels de santé et la création de structures d’exercice coordonné (MSP de Crémieu, MSP de Morestel, MSP de Veyrins) ;
• Des professionnels qui pallient aux manques d’offres en étant particulièrement actifs et en se mobilisant à travers les CPTS du territoire ;
• De nombreuses ressources d’accompagnement et de prévention présentes sur le territoire (PMI, Cellule Isère Santé du département, CSAPA Sitoni, GHND, CMP, CPTS, maison de garde) mais qui ne parviennent pas à répondre à la demande ;
• Des habitants qui doivent se déporter à l’extérieur du territoire pour de nombreux suivis (Centre de Santé Sexuelle, consultation de spécialistes, chirurgies, maternité, Etablissement de santé mentale porte de l’Isère).
Constats sur la santé clinique de la population :
Santé mentale :
• La santé mentale au cœur de la santé de toutes les tranches d’âges et publics étudiés, des jeunes aux personnes âgées, en passant par les actifs et les aidants ;
• Les jeunes sont de plus en plus exposés à des souffrances psychiques, avec une augmentation des tentatives de suicides chez les jeunes femmes ;
• Le territoire des Balcons du Dauphiné n’est pas un territoire fortement touché par les tendances suicidaires. • Dans un contexte de manque d’offres et d’une forte augmentation de la demande, les temps d’attentes pour les prises en charges augmentent fortement ;
• Une attention particulière à avoir pour les personnes âgées, en situation de handicap mais également les aidants.
Risques et prévention :
• Une population touchée davantage par les maladies cardiovasculaires et le diabète que la moyenne ; • Les premières causes de mortalités sont les tumeurs et les maladies cardio-vasculaires au-delà des taux isérois et régionaux ;
• Un territoire sans cabinet de radiologie et de mammographie, mais avec un bon taux de dépistage et de vaccination ;
• Une forte mobilisation des professionnels de santé et des CPTS pour les campagnes de dépistages ; • Une prévention et promotion à déployer sur les maladies chroniques, et l’éducation thérapeutique du patient à développer. 60Constat sur la santé environnement et la santé agricole du territoire
• Un territoire défini par un profil agricole, une articulation à venir entre pouvoirs publics, agriculture et acteur de l’alimentation à travers la Stratégie Agricole et Alimentaire ;
• Une attention à avoir sur la précarité alimentaire, qui augmente à l’échelle du territoire comme à l’échelle nationale ; • Un caractère rural qui entraîne une forte dépendance aux véhicules motorisés individuels, limitant la dépense des populations fragiles ou précaires ;
• Une bonne qualité de l’air, et une faible exposition aux particules fines ; • Un territoire fortement touché par la prolifération de l’ambroisie augmentant les risques allergènes ; • Un enjeu sur la rétention de l’eau, mais aussi sa qualité, en préservant les zones humides ; • Un territoire avec une forte valeur environnementale (zones humides, espaces naturels sensibles) a protéger mais aussi à faire connaître à travers l’éducation à la santé environnementale.
Ce diagnostic, à travers l’étude des différents déterminants de santé, soit « l’ensemble des facteurs personnels, sociaux, économiques et environnementaux qui déterminent l’état de santé des individus ou des populations »*, démontre l’importance d’une approche globale de la santé. La santé d’un individu doit être étudiée à travers la situation socio-économique, mais également l’environnement dans lequel il évolue. C’est dans cette approche systémique et pluridisciplinaire, correspondant à l’approche « une seule santé » qu’un Contrat Local de Santé est élaboré par la communauté de communes des Balcons du Dauphiné. Ce dernier prendra en compte les conclusions de ce diagnostic, avec une attention particulière pour l’accompagnement des publics vulnérables afin de lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé. Compte tenu de l’imbrication des différents déterminants de santé, le contrat local de santé, en tant qu’outil de concertation entre une pluralité d’acteurs assurera la coordination des actions de santé sur le territoire sur une pluralité de champs (prévention, promotion de la santé, accès aux soins, santé mentale, santé alimentaire, santé environnement) pour favoriser la santé, dans son sens large, de la population.
61
* OMS 1998Acronyme Définition
ALD Affection de Longue Durée
AMAP Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne
ANESM Agence Nationale de l’Évaluation et de la Qualité des Établissements et Services Sociaux et Médico-Sociaux
ARS Agence Régionale de Santé
AURA Auvergne-Rhône-Alpes
CAF Caisse d’Allocations Familiales
CCAS Centre Communal d’Action Sociale
C2S Complémentaire Santé Solidaire
CIRC Centre International de Recherche sur le Cancer
CLS Contrat Local de Santé
CNAF Caisse Nationale des Allocations Familiales.
CNAMTS Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés CPAM Caisse Primaire d’Assurance Maladie
CPTS Communauté Professionnelle Territoriale de Santé
CSAPA Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie CSIP Centre de Soins Infirmiers et Polyvalents
DDT Direction Départementale des Territoires
DPH Droguerie, Parfumerie, Hygiène
EPCI Établissement Public de Coopération Intercommunale
EQUIS Évaluation Quantitative d’Impact sur la Santé
ERPV Établissement Recevant des Publics Vulnérables
ESAT Établissement et Service d’Aide par le Travail
FNPS Fichier National des Professionnels de Santé
GEM Groupe d’Entraide Mutuelle
GHND Groupe Hospitalier Nord-Dauphiné
IGN Institut National de l’Information Géographique et Forestière. IME Institut Médicoéducatif
INPN Inventaire National du Patrimoine Naturel
INSEE Institut National de la Statistique et des Études Économiques. IPA Infirmier en Pratique Avancée
MSA Mutualité Sociale Agricole
MSP Maison de Santé Pluriprofessionnelle
OMS Organisation Mondiale de la Santé
OFB Office Français de la Biodiversité
ORS Observatoire Régional de Santé
PCAET Plan Climat-Air-Énergie Territorial
PMI
PNNS
Protection Maternelle et Infantile
Plan National Nutrition Santé
PPPI Parc Privé Potentiellement Indigne
PRSE Plan Régional Santé Environnement
RSA Revenu de Solidarité Active
SAFER Société d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural
SAU Surface Agricole Utile
SDAGE Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux
SNDS Système National des Données de Santé
SSIAD Service de Soins Infirmiers à Domicile
TAD Transport à la Demande
TND Troubles du Neurodéveloppement
ZIP Zone d’Intervention Prioritaire
62