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Procès Verbal - PV defintif du 30 mars 2023 signe light avec compr
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Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Justice et droit,
FOCUS
l’Hôtel de ville
SÉLESTAT
SÉLESTAT À LA LOUPE3
SOMMAIRE
3 L ’ANCIEN HÔTEL DE VILLE
Chancellerie et hôtel de ville : deux lieux de pouvoir
Description architecturale de l’ancien hôtel de ville
Une histoire mouvementée
5 LE NOUVEL HÔTEL DE VILLE
Une construction controversée (1787-1791)
Description architecturale
6 LES DIFFÉRENTES FONCTIONS
DE L’HÔTEL DE VILLE
Corps de garde et prison
Tribunal
Abri souterrain durant la Seconde Guerre mondiale
Commissariat de police
9 L’HÔTEL DE VILLE AUjOURD’HUI
La salle des mariages
Les salons
L’Office de tourisme
11 LES SymbOLES DE LA RÉPUbLIqUE
La devise : Liberté, Égalité, Fraternité
Le drapeau tricolore
Marianne
Les portraits des présidents
13 LES œUVRES D’ART DE L ’HÔTEL DE VILLE
Sculptures et bas-reliefs
Peintures
Vitraux
Mosaïque
18 GLOSSAIRE
Les mots suivis d’un astérisque * dans la brochure
sont expliqués dans le glossaire
19 bIbLIOGRAPHIE SÉLECTIVE
chancellerie et hôtel de ville :
deux lieux de pouvoir
À partir du 14 e siècle, Sélestat possède à la
fois une chancellerie* et un hôtel de ville. Le
premier lieu de pouvoir à Sélestat n’est autre
que la maison de la famille Waffler d’Eschery qui
comptait deux prévôts impériaux. En 1380, cette
famille s’éteint et la Ville rachète le site avant d’y
installer la chancellerie (actuelle Mairie).
Lorsque le rôle de Sélestat s’affirme au sein de la
Décapole*, la ville devient le lieu de réunion des
différents délégués ainsi que le dépôt officiel des
archives. Le Magistrat juge alors la chancellerie
trop exiguë et opte pour la construction d’un
nouvel hôtel de ville pour y tenir ses propres
assemblées. En 1424, des maisons privées
sont ainsi détruites à l’angle nord-ouest de
l’actuelle place d’Armes pour que naisse ce
nouveau projet peu après 1425. Cette double
présence d’une chancellerie et d’un hôtel de
ville est caractéristique de la région rhénane.
Elle peut également être observée à Mulhouse,
Guebwiller ou encore Francfort.
description architecturale
de l’ancien hôtel de ville
Construit en équerre, l’édifice, remanié en
1604 dans le style renaissance*, se composait
d’un pignon crénelé, de vastes salles à piliers
et était paré de fresques* et d’un dallage de
qualité. Selon Alexandre Dorlan, l’édifice était
accessible par un escalier couvert aboutissant
à une loggia* élevée sur des voûtes basses. Une
grande horloge astronomique, décorée d’un
ange jouant de la trompette, prenait place sur la
façade principale du bâtiment.
À l’intérieur, une chapelle, où l’on célébrait les
offices religieux avant toute assemblée, une
petite boucherie ainsi qu’une grande salle au
rez-de-chaussée, dédiée aux spectacles puis aux
bals, complétaient l’ensemble.
En 1999, des fouilles archéologiques ont révélé
l’emplacement précis de cet ancien hôtel de
ville, démontrant par ailleurs que le bâtiment
était avancé de 20 mètres de plus sur la place
que les maisons qui s’y trouvent aujourd’hui.
L’ancien
hôtel de ville les premiers hôtels de ville émergent au Moyen Âge. ces
« maisons de ville » ou « maisons communes », symboles
du pouvoir civil, s’établissent parallèlement au pouvoir
religieux et deviennent le siège du gouvernement de la
cité. elles servent de cadre aux réunions du Magistrat*
et aux cérémonies. avant leur création, les réunions
politiques se tenaient dans des maisons privées.
louis Muckensturm, maquette de l’ancien hôtel de ville, 2007
© Ville de Sélestat
3
en couverture :
L’hôtel de ville aujourd’hui
© Ville de Sélestat
emplacement de
l’ancien hôtel de ville
(en rose) sur un plan
des abords de la place
d’armes de 1696
© Alexandre Dorlan, 19114
une construction controversée
(1787-1791)
À la fin du 18e siècle, le besoin de reconstruire
un hôtel de ville se fait de plus en plus pressant.
Le Magistrat* se sent à l’étroit au collège des
Jésuites et « déplore d’être confondu avec les
écoliers ». Par ailleurs, le service du roi devient
plus insistant quant à l’édification d’un nouveau
bâtiment dédié aux affaires politiques et au
logement des troupes de passage, le corps de
garde* ayant été détruit avec l’hôtel de ville.
La nouvelle construction doit être financée
en partie par la vente de terrains de l’ancien
édifice et par le réemploi de matériaux. Or, les
maigres recettes de ces ventes sont rapidement
réinvesties.
Les premiers travaux réellement engagés sont
ceux du nouveau corps de garde, à l’angle
de la place d’Armes et de la rue de la Jauge.
Rapidement, le Magistrat prend conscience
qu’il ne possède pas les capitaux requis pour
construire en parallèle le nouvel hôtel de ville.
Il décide alors d’associer les deux projets pour
le nouvel
hôtel de ville
5
le bâtiment, fragilisé, s’effondre partiellement,
heureusement sans faire de victimes.
À la suite de cet incident, des projets de
rénovation sont soumis au Magistrat, mais la
Ville ne dispose pas des fonds nécessaires pour
entreprendre ces travaux. Par ailleurs, le style
de la bâtisse est jugé dépassé par le Magistrat.
L’édifice est donc totalement détruit en 1779.
C’est au collège des Jésuites que s’installe
temporairement le Magistrat dans l’attente
d’une nouvelle construction.
une histoire MouveMentée
En 1766, lors d’un bal organisé en l’honneur du
nouveau lieutenant du roi, le Magistrat* constate
combien la salle du rez-de-chaussée, consacrée
aux spectacles, se prête peu à l’organisation de
ces réceptions.
La volonté de réaménager l’espace se fait
alors sentir. Un projet est soumis à l’architecte
municipal qui l’accepte. En 1771, quelques
piliers soutenant les étages sont supprimés pour
offrir plus d’espace au lieu, transformant ainsi
la salle de spectacle en salle de danse. Or, en
1778, à l’occasion des festivités carnavalesques,
restitution de l’ancien hôtel de ville d’après alexandre dorlan © DR
détail d’une carte postale
ancienne de la place d’armes
où l’on peut voir à droite
l’hôtel de ville
© Collection privée
en haut : signature de l’architecte J.i. Gouget
© Archives municipales de Sélestat
4
ériger un seul et même bâtiment, réalisant ainsi
une économie d’environ 60 700 livres.
Malgré les réticences de l’inspecteur des Ponts et
Chaussées, Jean-Baptiste Alexandre Chassain,
le projet est accepté et confié à l’architecte
municipal Joseph-Ignace Gouget (1735-1795).
À la remise du projet, qui aboutit le 2 avril 1791,
l’édifice est d’ores et déjà critiqué du fait de
sa taille, trop petite pour accueillir à la fois les
services d’ordre et le Magistrat de la ville. Le
maire révolutionnaire Herrenberger le qualifie
d’ailleurs de pigeonnier et de poulailler.
description architecturale
Inscrit au titre des Monuments Historiques en
1937, cet édifice en grès rose, aux allures de
temple grec, présente 4 colonnes doriques*
surmontées au premier étage de quatre
pilastres* de même style, le tout couronné
d’un fronton* triangulaire sous lequel figure
aujourd’hui la devise française « Liberté, Égalité,
Fraternité ». Le porche central est encadré par
deux fenêtres à imposte* et corniche*.
Joseph-iGnace GouGet (1735-1795) architecte
Nommé architecte municipal de la ville de Sélestat en 1763,
il reprend le chantier du corps de garde* pour la construction
du nouvel hôtel de ville en 1786. Il dirige également plusieurs
projets à Sélestat tels que le remaniement de l’ancienne
chancellerie* (1765), la sacristie* de l’église Saint-Georges
(1769) ou encore le pavillon de cavalerie situé au sud du
collège des Jésuites (1769).
signature de l’architecte J.i. Gouget
© Archives municipales de Sélestat
56 7 6
corps de Garde et prison
L’effondrement de 1778 est à l’origine de
conséquences dramatiques pour la ville de
Sélestat : le Magistrat ne possède plus de lieu de
réunion convenable et la petite boucherie est
installée provisoirement dans le bâtiment des
porteurs de vins. La ville est aussi dépourvue
d’un corps de garde sur sa place principale
laissée sans surveillance.
Par ailleurs, lorsque le Magistrat décide de
construire un nouveau poste militaire sur la place
d’Armes, il entreprend la destruction de deux
maisons pour agrandir la zone constructible,
entraînant la démolition des prisons civiles et
criminelles attenantes où logeait le concierge.
La construction d’un nouveau lieu de sûreté est
par conséquent plus que nécessaire.
Érigé à l’angle sud-ouest de l’actuelle place
d’Armes, l’édifice est trois fois plus petit que
l’ancien hôtel de ville. Il accueille au rez-de-
chaussée le corps de garde, le logement du
concierge de la prison ainsi que trois cellules
qui font office de cachots. Ces petites salles
les différentes
fonctions
de l’hôtel de ville
dès l’origine prévu pour accueillir le corps de garde*, le Magistrat* et le concierge de la prison, l’hôtel de ville s’impose comme un bâtiment public polyvalent. en 1871, les allemands transforment le lieu en tribunal et ce jusqu’en 1900. en 1945, le commissariat y est installé. depuis 1989, l’hôtel de ville sert majoritairement aux réceptions et aux mariages.
voûtées, possédant chacune une baie modeste
munie de barreaux, laissent peu entrer la
lumière du jour. Des latrines sommaires,
aménagées et liées intrinsèquement au
bâtiment, permettent l’évacuation des déchets
organiques directement dans le Schlammbach.
Enfin, une prison bourgeoise à l’entresol
complète la distribution pénitentiaire.
deux condaMnations à Mort
sous la terreur
Le 12 décembre 1793, deux prisonniers en
attente de jugement sont transférés à Sélestat
et incarcérés dans les cellules de l’hôtel de
ville. Arrêtés sur dénonciation, puis jugés
coupables d’avoir proféré des paroles contre-
révolutionnaires à l’approche de l’ennemi et
applaudi aux progrès de l’avancée de l’armée
autrichienne, les deux Scherwillerois André
Gall et Gabriel Engel, tous deux vignerons, sont
soumis à la décapitation sur la place du Marché
aux Choux le 13 décembre 1793.
le schlaMMbach
Ce ruisseau, qui traverse Sélestat, coule à ciel ouvert jusqu’au début du 20e siècle. Selon les quartiers
qu’il traverse, sa dénomination évolue : Schlangbach à l’entrée de la ville, Predigerbach en longeant
le couvent des Dominicains, Saubach dans la rue du Foulon puis Gerberbach de la rue de l’Abattoir
à l’Ill. En 1912, la décision est prise de le recouvrir progressivement pour des raisons de salubrité et
de circulation. Passant sous l’hôtel de ville, son tracé est encore visible aujourd’hui dans la petite
cour intérieure du bâtiment, bien qu’il ait été recouvert dans les années 1960.
Parcourant la rue du Serpent, l’appellation Schlangbach (ruisseau à serpents) aurait tout d’abord
été privilégiée pour désigner ce cours d’eau. Lorsque l’eau devint douteuse, on préféra le nom de
Schlambach ou Schlammbach (ruisseau boueux). 7
plan d’aménagement d’un commissariat de police dans l’hôtel de ville (1947) avec le tracé du Schlammbach (en bleu)
© Archives municipales de Sélestat
ancienne configuration de la salle de réception en hémicycle, 1955
© DR
l’une des trois cellules
© Ville de Sélestat
68 9
la salle des MariaGes
Excepté entre 1871 et 1900, où cette salle fit
office de lieu de conservation des archives pour
le tribunal allemand, la salle des mariages a
toujours conservé sa forme et son usage originel.
les salons
Les salons représentent le cœur des hôtels de
ville. C’est en ces lieux que sont organisés les
assemblées municipales, les cérémonies, les
réceptions et les bals.
Hormis sous l’occupation allemande, le
Magistrat* y tient ses conseils municipaux de
1791 à 1989, date à laquelle la Ville privilégie
l’arsenal Sainte-Barbe. En 1871, les salons se
transforment en salle d’audience du tribunal
allemand, nouvellement affecté dans le
bâtiment de l’hôtel de ville.
En 1908, ils retrouvent leurs premiers usages.
Les salons sont alors réservés aux temps forts
politiques et aux événements festifs de la ville.
À l’origine divisés en quatre pièces distinctes,
dont trois plus petites appelées salles de
commissions, les salons comptaient une vaste
salle en hémicycle, la salle des conseils, propice
au dialogue politique et aux réceptions.
Entre 2001 et 2003, plusieurs travaux sont
menés à l’hôtel de ville. La salle de réception
est agrandie et rénovée. L’hémicycle disparait
et les cloisons sont abattues, créant un seul et
même espace pour les cérémonies données par
la municipalité.
l ’office de tourisMe
Situé au sein de l’ancienne commanderie
Saint-Jean, l’Office de tourisme ouvre un point
d’information supplémentaire en période
estivale au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville,
au cœur du centre historique de Sélestat.
l’escalier d’honneur
de l’hôtel de ville
© Ville de Sélestat
tribunal
À l’issue de l’annexion de l’Alsace et de la
Moselle en 1870 à l’Empire allemand, le tribunal
est remplacé par un Amstgericht (tribunal
de district) dont les compétences sont plus
accrues qu’un tribunal d’instance traditionnel
français en matière de tutelle ou par exemple
de succession. En 1871, cette instance judiciaire,
située jusqu’alors place du Marché aux Choux,
est déménagée dans les locaux de l’hôtel de
ville. Les cellules du rez-de-chaussée sont alors
réutilisées pour y placer les détenus. En 1900,
le nouveau tribunal est construit rue de la
Première Armée.
abri souterrain durant la seconde
Guerre Mondiale
Sélestat, comme le reste de l’Alsace, n’est
pas épargnée par l’Occupation et la menace
allemande liée à la Seconde Guerre mondiale.
Ainsi, il semblerait que les sous-sols de l’hôtel de
ville aient servi de refuge pour les Sélestadiens
lors d’attaques.
coMMissariat de police
Après la Seconde Guerre mondiale, les espaces
sont partiellement réaménagés et le rez-de-
chaussée accueille le commissariat de police
jusqu’en 1965, date à laquelle la police natio-
nale emménage dans un nouveau bâtiment,
boulevard du Général Leclerc.
l’hôtel
de ville
aujourd’hui
panneaux « extincteurs » et « abri » datant
de la seconde Guerre mondiale
au sous-sol de l’hôtel de ville
© Ville de Sélestat
9
blason du reichsland
alsace-lorraine
© DR
la salle des mariages
© Ville de Sélestat
une police nationale avant tout !
En 1952, l’État retire les effectifs de la police nationale à Sélestat, demandant la création d’une
police municipale. Or, deux ans plus tard, sous l’insistance du Préfet, la ville retrouve une équipe de
police nationale à laquelle sont intégrées les recrues locales. Il faut attendre janvier 1988 pour qu’un
corps de police municipale soit à nouveau créé.
810 11
10
reproduction de l’affiche « à tous les français »
dans le hall d’entrée de l’hôtel de ville
© Ville de Sélestat
les travaux de réfection des salons
de l’hôtel de ville en 2003 © DR
la devise : liberté, éGalité, fraternité
Hérités du siècle des Lumières et mis au goût du
jour sous la Révolution, ces trois mots, présents
sous le fronton* triangulaire de l’édifice, s’imposent
sous la IIIe République.
Inscrite dans la Constitution de 1958, cette
devise fait aujourd’hui partie du patrimoine
national en rappelant les principes et les valeurs
fondatrices de la France.
le drapeau tricolore
Flottant sur la façade du bâtiment, le drapeau
tricolore est officiellement l’emblème national
de la Ve République depuis la Constitution de
1958. Il est né de la réunion, sous la Révolution
française, de la couleur du roi, le blanc, et celles
de la ville de Paris, le rouge et le bleu.
Marianne
Tout comme la devise ou le drapeau tricolore,
Marianne est devenue l’un des emblèmes de
la République. Symbole de rébellion, de lutte
pour la liberté et de sagesse, ce personnage
portant le bonnet phrygien est une allégorie de
la République. Deux bustes de Marianne sont
visibles à l’hôtel de ville dans chacune des deux
salles du premier étage.
les portraits des présidents
Comme dans tout édifice de l’administration
municipale, les portraits des présidents de la Ve
République sont mis à l’honneur dans les salons
de l’hôtel de ville.
les symboles
de la
république
11
vue aérienne
de l’hôtel de ville
© 4event
la façade
de l’hôtel de ville
aujourd’hui
© Ville de Sélestat
l ’affiche du Général de Gaulle
Dans le hall d’entrée, une représentation en laiton de l’affiche
« À tous les Français » signée par Charles de Gaulle est un
symbole fort de la Résistance et donc des droits républicains
français. Souvent confondue avec l’appel du 18 juin 1940, elle
est placardée dans les rues de Londres à partir de juillet de la
même année.
Cette affiche a été inscrite au registre Mémoire du Monde de
l’Unesco* le 17 juin 2005. 11
vue actuelle des salons de l’hôtel de ville
© Ville de Sélestat12 13
sculptures et bas-reliefs
Dès l’entrée dans le hall de l’hôtel de ville,
deux statues féminines encadrent l’escalier
d’honneur.
Évoquant telles deux muses des allégories aux
valeurs républicaines, elles sont issues d’un
dépôt des œuvres d’art de l’État en 1954 et 1956.
À gauche, se tient La Justice d’Antoine Orlandini
(1886-1956), statue en plâtre datée de la fin des
années 1940. Munie d’un glaive et d’une balance,
cette représentation de la déesse grecque
Thémis évoque la capacité de la République
à protéger ses citoyens en leur accordant un
jugement équitable. La balance fait référence
à l’idée d’impartialité, d’équilibre et de mesure
nécessaire à toute délibération judiciaire,
tandis que le glaive symbolise la puissance,
en rappelant que la justice n’est rien sans la
force qui permet de la faire appliquer. Juger
ne consiste pas seulement à examiner, peser et
équilibrer, cela implique aussi de « trancher » et
de sanctionner.
À droite, une seconde figure féminine d’auteur
inconnu se dresse dans le hall d’entrée. Cette
effigie, à l’allure humble, remplace une ancienne
statue de Paul Simon (1892-1979), La sagesse,
qui prit place dans cette niche entre 1954 et
1956. Une lampe à la main, cette muse pourrait
symboliser la République guidant le citoyen.
Le sein découvert évoque quant à lui la figure
nourricière et n’est pas sans rappeler La Liberté
guidant le peuple (1830) de Delacroix.
Sur les murs du hall d’entrée, deux bas-reliefs en
plâtre se font face. Réalisés par Louis-Georges
Leygue (1905-1992), ils sont également issus
de la politique d’embelissement de l’hôtel de
ville de 1954, voulue par Albert Ehm. L’un d’eux
représente un homme et une femme portant
l’enfant tandis que le second met en exergue un
homme donnant un poisson à une femme.
Enfin, dans le corridor, La Muse aux fleurs de
Léon Pilet (1836-1916) prend place devant
l’entrée de la salle des mariages.
peintures
Deux peintures exposées dans l’escalier
d’honneur résultent également du projet
d’embellissement de la ville et du premier
dépôt d’œuvres d’art de l’État en 1954. Il s’agit
de copies d’œuvres illustres de la Renaissance*
telle que La Madone de Sixte d’après Raphaël
(1512), peinte par Victor Mottez (1809-1897)
en 1873, et Le Martyre de saint Georges d’après
Véronèse (1564), réalisée par Louis-Édouard
Fournier (1857-1917) en 1885. Le choix de ces
œuvres n’est pas anodin puisque le personnage
de sainte Foy, patronne des artilleurs, est
représenté sur la première œuvre, évoquant
sans doute la fonction première du bâtiment
comme corps de garde*, de même que l’église
Sainte-Foy. Enfin la seconde réalisation est un
rappel évident à l’église placée sous le vocable
du même saint : l’église Saint-Georges de
Sélestat.
Les Œuvres
d’art de
l’hôtel de ville
dès les années 1950, le maire albert ehm lance un
projet d’embellissement de la ville. des demandes
de prêt d’œuvres sont alors soumises à l’état afin de
mettre en valeur cet édifice. La Madone de Sixte d’après raphaël, 1873
Victor Mottez. Dépôt du Musée
du Louvre, Paris © Ville de Sélestat
dans l’escalier d’honneur figure, sur une plaque de plexiglas, le nom des maires de la ville de sélestat
qui se sont succédés de la révolution à nos jours. © Ville de Sélestat
12
buste de Marianne présent dans la salle
des mariages de l’hôtel de ville
© Ville de Sélestat
tout un syMbole !
Symbole de liberté, le bonnet phrygien était
autrefois porté par les esclaves nouvellement
affranchis en Grèce et dans la Rome antique. Il
semblerait que certains marins et galériens de
la Méditerranée portaient également cette coiffe
avant qu’elle ne soit reprise par les révolution-
naires du 18e siècle.
1214 15
albert ehM (1912-1983), homme politique et enseignant
Professeur de philosophie et grand amateur d’art, Albert Ehm
débute sa carrière politique au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale. Engagé auprès du Mouvement Républicain Populaire,
il est élu sénateur du Bas-Rhin et Conseiller Général du canton de
Marckolsheim en 1947. Deux ans plus tard, il devient le plus jeune
élu parlementaire français au Conseil de l’Europe.
Natif de Sélestat, il devient maire de cette ville en 1953, poste qu’il
occupera jusqu’en 1965. Cette fonction lui permet de multiplier les
initiatives culturelles et patrimoniales pour valoriser et embellir la
ville.
14
La Justice, vers 1949
Antoine Orlandini
Dépôt de l’État
en 1954
Le Martyre de saint
Georges d’après
véronèse, 1885
Louis-Édouard Fournier
Dépôt de l’École
Nationale Supérieure
des Beaux-Arts, Paris
© Ville de Sélestat
projet d’aménagement du hall
d’entrée de l’hôtel de ville, 1955
© Archives municipales de Sélestat
Sans titre
Auteur inconnu
Dépôt de l’État
en 1956
© Ville de Sélestat
15
à gauche :
deux bas-reliefs
en plâtre de louis-
Georges leygue
situés dans le hall
d’entrée de l’hôtel
de ville
Dépôt de l’État
depuis 1955. Centre
National des Arts
Plastiques, Paris
© Ville de Sélestat
ci-contre :
La Muse aux fleurs
Léon Pilet
© Ville de Sélestat
© DR16 17
Millerand, pour citation à l’Ordre de l’Armée.
La ville se voit également remettre la Croix de
guerre de 1939-1945, avec étoile vermeil, le 19
décembre 1948 pour citation à l’Ordre du Corps
d’Armée.
Il semblerait que ce soit ici la Croix de guerre
de 1914-1918 qui est représentée, la palme
de bronze se devinant sur le ruban vert à raies
rouges.
vitraux
Le premier étage de l’hôtel de ville est décoré
d’un vitrail* de René Waltz (1924-2004), réalisé
en 1955 lors du projet d’embellissement. Il met
en exergue les armoiries de Sélestat ainsi que le
blason de l’Alsace.
La Ville de Sélestat fera à nouveau appel
à l’artiste pour la réalisation du vitrail Les
Clochers de Sélestat (1979), visible à l’entresol
du bâtiment. Cette œuvre haute en couleur,
composée de trois panneaux d’environ 200 kg
chacun, est un éloge au patrimoine sélestadien.
Les églises Sainte-Foy et Saint-Georges y sont
représentées ainsi que la Tour Neuve, la Tour
des Sorcières, l’arsenal Sainte-Barbe et l’hôtel
d’Ebersmunster.
Mosaïque
Le lion, emblème de la ville de Sélestat, est
représenté sous la forme d’une mosaïque* dès
l’entrée dans le hall de l’hôtel de ville. Cette
composition n’est pas sans évoquer celle visible
rue du 17 novembre à Sélestat.
Sur la partie inférieure de cette œuvre, une croix
pattée en bronze à quatre branches, traversée
par deux glaives, peut être observée. Il s’agit
de la Croix de guerre, créée en 1915, qui honore
les soldats français qui se sont particulièrement
distingués durant le premier conflit mondial,
mais aussi les civils, les étrangers, les institutions
et les collectivités. En effet, près de 3000 villes
ont été décorées à la suite de ces combats armés.
Sélestat reçoit cette récompense, le 29 mai
1923, du Président de la République, Alexandre
la tour neuve
Au premier plan, la poste
construite au temps de l’annexion
(1871-1918)
© C. Dumoulin / ADAC
le château d’eau
En arrière plan, Kintzheim
et le château du Haut-Kœnigsbourg
© C. Dumoulin / ADAC
17
rené WaltZ (1924-2004), artiste peintre et vitrailliste
Né à Fouchy en 1924, il étudie à Sélestat au collège Koeberlé. Petit neveu
de Jean-Jacques Waltz, dit Hansi (1873-1951), il est passionné de dessin et
devient l’élève de Jacques Waltz, son père, et de René Kuder (1882-1962).
En 1946, il entre à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg, puis intègre
l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1948.
Après l’obtention de son diplôme en 1953, il s’installe à Châtenois et y
établit son atelier de vitraux d’art. Tout comme l’hôtel de ville, la chapelle
Notre-Dame des Neiges ainsi que la chapelle de l’ancien hôpital sont
ornées de vitraux de René Waltz.
la corporation des Jardiniers à l ’honneur
Cet élément en bois, sculpté par l’artisan d’art Pierre Petrovic,
rend hommage à la corporation des jardiniers, importante à
Sélestat. Réalisée en 2003 à l’occasion de la fête des maraîchers,
qui met à l’honneur saint Roch, le saint patron de la corporation,
cette œuvre est aujourd’hui déposée à l’hôtel de ville.
Chaque année, le 16 août, les membres de la corporation
reprennent possession de cette arche sculptée et la portent à
travers la ville.
blason de sélestat en
mosaïque dans le hall
d’entrée de l’hôtel de ville
© Ville de Sélestat
la croix de guerre
de 1939-1945
© Ville de Sélestat
17
Les clochers de
Sélestat, 1979
René Waltz
© Ville de Sélestat
élément en bois
sculpté, 2003
Pierre Petrovic
© Ville de Sélestat
rené Waltz
© Photo DNA - Bernard Schmildé18 19
loGGia Pièce à l’étage d’un bâtiment,
largement ouverte sur l’extérieur par une
colonnade, des arcades ou des baies libres.
MaGistrat En Alsace, ensemble de bourg-
mestres et échevins, constitués en conseil, qui
dirigent une ville libre et autonome.
Mosaïque Assemblage de petits fragments
de matière multicolores, juxtaposés de façon à
former un dessin.
pilastre Support vertical rectangulaire ou carré
portant parfois un décor sculpté et formant une
faible saillie sur un mur. Comme la colonne, il est
muni d’une base, d’un fût* et d’un chapiteau*.
renaissance Grande période de renouveau
culturel qui s’est produite dans l’Europe des 15e
et 16e siècles dans les domaines des idées, de la
littérature, des arts et des sciences.
sacristie Annexe d’une église où sont
conservés les objets du culte et où s’habille le
prêtre avant les cérémonies.
unesco Organisation des Nations Unies pour
l’Éducation, la Science et la Culture.
vitrail Panneau constitué de morceaux de
verre le plus souvent colorés, mis en plomb,
maintenu par des barres métalliques et rigidifié
par de petites baguettes de fer.
bas-relief Sculpture adhérant à un fond, sur
lequel elle se détache en faible saillie.
chancellerie Lieu où on scelle les actes avec
le sceau du souverain, de l’État.
chapiteau Le chapiteau est l’extrémité supé-
rieure d’une colonne ou d’un pilastre*.
corniche Couronnement continu en saillie
d’un élément ou d’une construction.
corps de Garde Local assigné à une troupe
assurant la garde d’un bâtiment militaire.
décapole Regroupement en 1354 de dix villes
libres et autonomes en Alsace, dont les plus
importantes sont Haguenau, Sélestat et Colmar.
dorique Le plus ancien des ordres de
l’architecture classique, caractérisé par une
colonne cannelée à arêtes vives, sans base, un
chapiteau* épuré et un entablement à triglyphes
et métopes alternés.
fresque Peinture murale caractérisée par
l’application sur l’enduit frais de pigments de
couleurs détrempés à l’eau.
fronton Couronnement de forme généra-
lement triangulaire sur une base horizontale,
constitué d’un tympan et d’un cadre mouluré.
fût Corps principal de la colonne.
iMposte Correspond à la partie supérieure d’une
fenêtre pouvant être fixe ou mobile, pleine ou vitrée.
glossaire
18 19
docuMents d’archives
Archives municipales de Sélestat (AMS), 102 W 87
AMS, 104 W 137, projet de transformation du hall de l’hôtel de ville, 1955
AMS, 110 W 1, plan d’aménagement du commissariat de police dans l’hôtel de ville, 1947
AMS, 110 W 24, inventaires des œuvres d’art de la ville de Sélestat, 1961 - 1994
AMS, 1025 W 1986-1989, rapport n°681 du Maire, séance du Conseil Municipal du 23 novembre 1987
AMS, BB 12, délibération du Magistrat du 9 août 1786
AMS, DD 87, plan de l’hôtel de ville, 6 août 1786
AMS, DD 87, liasse XII Bis, 6 septembre 1787
AMS, DD87, liasse XVIII, 20 septembre 1788
AMS, DD 88, n°13, 1886-1938
dossier d’inventaire
SCHEURER (Marie-Philippe), Dossier d’inventaire de l’Hôtel de ville de Sélestat, Strasbourg, 1993
ouvraGes spécialisés
DORLAN (Alexandre), Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat, Tomes I et II, Le Livre d’Histoire,
Paris, 2003 (1912)
EHM (André), Albert Ehm, une vie passionnée au service des autres. La mission exaltante de premier
magistrat de Sélestat (1953-1965), Pamélys, Gresswiller, 2011, pp.69-79
GOY (Corinne) et BILLOIN (David), La fouille archéologique de la place d’Armes à Sélestat (67) : évolution du
XIIIe siècle à nos jours, Annuaire des Amis de la Bibliothèque Humaniste (ABH), n°50, 2000, pp. 81-94
KUBLER (Maurice), Deux sombres anniversaires en cette année 1993 : Le Bundschuh de Sélestat de
printemps 1493. La guillotine du Marché aux Choux les 22 et 23 frimaire de l’an II, ABH, n°43, 1993, pp.95-96
MULLER (Marthe), Son nom : Schlambach, in Bulletin d’Alsacollections, n° 12, 1999, pp.20-27
SPIES (Antoine), L’hôtel de ville de Sélestat au XVIIIe siècle, ABH, n°6, 1956, pp.141-154
VATIN (Prosper), Une exécution sous la Terreur, Revue d’Alsace, 1857, pp.395-434
bibliographie
sélective20
« liberté, égalité,
fraternité » Hérités du siècle des Lumières et mis au goût du jour sous la Révolution, ces trois mots,
présents sous le fronton triangulaire de l’hôtel de ville de Sélestat, s’imposent sous la IIIe République. Inscrite dans la Constitution de 1958, cette devise fait aujourd’hui partie du patrimoine national en rappelant les principes et les valeurs fondatrices de la France.
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toutes les facettes de Sélestat
et vous donne les clefs de
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