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Document publié le Mercredi 19 mars 2025
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Cambrai - D20260904 Finances Presentation du Rapport D Observations Definitif de la CRC)
Thèmes du document : Travail et emploi, Environnement, Eau et assainissement,
D20260904 : FINANCES - PRESENTATION DU RAPPORT D’OBSERVATIONS
DEFINITIF DE LA CHAMBRE REGIONALE DES COMPTES
Rapporteur : M. FRANCOIS,
1er Vice-Président
La Chambre Régionale des Comptes a ouvert un contrôle de la gestion de la Communauté par courrier du 19 mars 2025. La Chambre avait arrêté ses observations provisoires par délibéré du 27 octobre 2025 auxquelles l’ordonnateur avait répondu le 18 décembre 2025 ce qui a permis à la Chambre d’arrêter ses observations définitives lors de son délibéré du 29 janvier 2026.
Le rapport ayant été délibéré en période de réserve électorale il fut transmis au nouvel ordonnateur et à l’ancien ordonnateur après les élections pour réponse éventuelle à donner.
Le rapport ayant été communiqué et publié sur le site des Juridictions financières il est dès lors présenté au Conseil Communautaire.
La particularité de ce rapport réside dans la partie consistante réservée à la question des ressources humaines.
Le rapport comprend une partie de présentation de la Communauté, de ses services et de la gouvernance, une partie notant l’amélioration de la fiabilité des comptes et une partie indiquant une situation financière structurellement saine.
Le rapport comporte ensuite sa partie la plus importante dédiée aux ressources humaines. Cela résulte d’une enquête nationale pilotée par la Cour des Comptes qui est alimentée par les CRC au gré de leurs contrôles.
Cet important volet RH permet d’identifier les axes d’amélioration du pilotage RH tant sur le dimensionnement du service que la stratégie RH pour satisfaire au mieux, tant les obligations règlementaires que les attentes du personnel de la Communauté.
Le rapport comporte les recommandations (qui permet d'apporter des conseils et de contribuer à l'amélioration de la gestion de la collectivité) et rappels aux droits (qui signalent une irrégularité qu’il faut corriger) suivants :Le conseil communautaire a décidé, à l’unanimité, de prendre acte de la présentation du rapport annexé à la présente.
Fait et délibéré en séance
les jour, mois et an -susdits,
Suivent les signatures.....
Pour extrait conforme
La Présidente, Le Secrétaire de Séance,
Marjorie GOSSELET-CAMBRAI Benoit VAILLANT
Publié sur le site internet le 25 septembre 2026
Envoyé en préfecture le 25 septembre 2026
Reçu en préfecture le 25 septembre2026
Identifiant de télétransmission : ID : 059-200068500-20260925-D20260904-DE14, rue du Marché au Filé - 62012 – Arras cedex Téléphone : 03 21 50 75 00 www.ccomptes.fr
RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
ET SA RÉPONSE
COMMUNAUTÉ
D’AGGLOMÉRATION DE
CAMBRAI
(Nord)
Exercices 2019 et suivants
Le présent document, qui a fait l’objet d’une contradiction avec les destinataires concernés, a été délibéré par la chambre le 29 janvier 2026.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
1
TABLE DES MATIÈRES
SYNTHESE ............................................................................................................................... 3
RECOMMANDATIONS ........................................................................................................... 4
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 5
1 PRÉSENTATION DE L’ÉTABLISSEMENT ...................................................................... 6
1.1 Le territoire et le contexte socio-économique ................................................................. 6 1.2 La gouvernance et les services ........................................................................................ 6 1.3 Les compétences ............................................................................................................. 7 1.4 Les grands projets ........................................................................................................... 9
2 DES RESSOURCES HUMAINES À MIEUX PILOTER .................................................. 11
2.1 Périmètre d’activité et évolution globale des moyens humains .................................... 11 2.2 La direction des ressources humaines ........................................................................... 12 2.3 Connaissance et pilotage des effectifs .......................................................................... 13 2.3.1 L’absence de stratégie formalisée ................................................................................... 13 2.3.1.1 L’ajustement progressif des moyens humains ............................................................... 13 2.3.1.2 Des lignes directrices de gestion peu opérationnelles .................................................... 14 2.3.2 Le manque d’information des instances ......................................................................... 15 2.3.2.1 L’absence de rapport social unique................................................................................ 15 2.3.2.2 Des documents budgétaires incomplets ......................................................................... 15 2.3.2.3 Des délibérations de création et de suppression d’emplois imprécises .......................... 16 2.3.2.4 L’information dans les budgets annexes ........................................................................ 17
2.4 Les déterminants et incidences de l’évolution des effectifs.......................................... 17 2.4.1 L’accroissement des effectifs de non-titulaires............................................................... 17 2.4.2 La consolidation de la structure et la hausse du niveau d’activité .................................. 19 2.4.2.1 Le renforcement de l’administration générale et des services support .......................... 19 2.4.2.2 Les évolutions des services opérationnels ..................................................................... 20 2.4.2.3 La répartition des agents par filière ............................................................................... 21 2.4.3 Le recours à du personnel non permanent ...................................................................... 21 2.4.3.1 Près de 20 % des moyens humains en 2024................................................................... 21 2.4.3.2 Les renforts sur les sites culturels et touristiques ........................................................... 22 2.4.3.3 Les politiques RH en faveur des jeunes ......................................................................... 22 2.4.4 Les incidences de l’intercommunalité sur les effectifs ................................................... 22 2.4.4.1 Les évolutions des dispositifs de mutualisation ............................................................. 22 2.4.4.2 L’appui aux petites communes ...................................................................................... 23
2.5 L’incidence des rémunérations ..................................................................................... 24 2.5.1 L’absence de suivi des effets des mesures nationales..................................................... 24 2.5.2 La progression et la refonte du régime indemnitaire ...................................................... 24 2.5.2.1 Un déploiement du Rifseep avec des anomalies ............................................................ 25 2.5.2.2 Des versements sans délibération .................................................................................. 26 2.5.2.3 Un usage dévoyé du CIA ............................................................................................... 27 2.5.2.4 Une indemnité chaussures et vêtements à mieux encadrer ............................................ 27 2.5.2.5 Les primes en extinction ................................................................................................ 27
2.6 Égalité hommes-femmes ............................................................................................... 28 2.6.1 Des rapports annuels incomplets .................................................................................... 28 2.6.2 Un plan d’action pluriannuel peu opérationnel............................................................... 29RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
2
2.6.3 Une situation qui appelle des changements .................................................................... 29 2.6.3.1 Le déséquilibre des nominations aux emplois supérieurs .............................................. 29 2.6.3.2 Les inégalités salariales ................................................................................................. 30
3 UNE FIABILITÉ DES COMPTES QUI S’AMÉLIORE ................................................... 31
3.1 Le renforcement de la fonction financière et comptable............................................... 31 3.2 Un budget principal et 11 budgets annexes .................................................................. 31 3.3 Une connaissance du patrimoine en progrès ................................................................. 33 3.4 Des provisions constituées à partir de 2024 .................................................................. 34 3.5 Un traitement plus rapide des comptes d’imputation provisoire .................................. 34 3.6 Une comptabilité d’engagement perfectible ................................................................. 35 3.7 Les prémices d’un « budget vert » ................................................................................ 35
4 UNE SITUATION FINANCIÈRE CONFORTABLE ........................................................ 39
4.1 Les bonnes performances financières du budget principal ........................................... 39 4.1.1 Le fonctionnement .......................................................................................................... 39 4.1.1.1 Les produits de gestion .................................................................................................. 39 4.1.1.2 Les charges de gestion ................................................................................................... 39 4.1.1.3 La capacité d’autofinancement ...................................................................................... 40 4.1.2 Des investissements presqu’intégralement financés par les ressources disponibles....... 41 4.1.3 Une situation bilancielle avec des réserves de financement ........................................... 42 4.1.3.1 Un endettement aux risques maîtrisés............................................................................ 42 4.1.3.2 Des niveaux de fonds de roulement et de trésorerie élevés............................................ 43 4.1.4 Des perspectives d’investissement soutenables .............................................................. 44
ANNEXES ............................................................................................................................... 45COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
3
SYNTHESE
La communauté d’agglomération de Cambrai (CAC) est constituée de 55 communes qui regroupent 80 000 habitants. Outre les compétences habituellement exercées par ce type d’établissement, la CAC fournit des services à la population dans les domaines artistique et culturel.
Il n’y a pas de stratégie formalisée en matière de ressources humaines et les lignes de gestion sont peu opérationnelles. L’établissement public de coopération intercommunale ne produit pas le « rapport social unique » prévu par le code général de la fonction publique. Les informations fournies aux élus communautaires sont incomplètes, parfois erronées, et ne leur permettent pas de disposer d’une information globale sur l’évolution des moyens humains.
Les effectifs, qui étaient de 103 équivalents temps plein travaillés (ETPT) en 2019, ont atteint 131 ETPT en 2024, soit une hausse de 27 %. Cette dernière résulte du recrutement de personnel non titulaire et du recours aux agents non permanents, qui ont représenté 20 % des moyens humains pour cet exercice. La communauté d’agglomération a renforcé sa structure administrative et plusieurs services opérationnels tels que le conservatoire et la médiathèque. Les démutualisations avec la commune de Cambrai, intervenues en 2022, ont également contribué à l’augmentation du nombre d’agents.
Les dépenses de rémunération se sont accrues de près de 40 % entre 2019 et 2024 s’établissant à 4 M€ en fin de période. Sur ce dernier exercice, la rémunération brute annuelle par ETPT a été de 30 586 € en progression de 9 % par rapport à 2019. La hausse du régime indemnitaire (RI) a pesé dans l’évolution de la masse salariale. Elle a été de 37 %, avec des disparités entre les catégories A, B et C. L’écart est aussi marqué entre statuts : en 2024, le RI moyen par ETPT des titulaires était de 6 423 €, contre 1 867 € pour les contractuels. Le nouveau régime tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (Rifseep) a été déployé, mais sans une définition suffisante du périmètre des bénéficiaires conduisant à des versements irréguliers. En outre, le complément indemnitaire annuel (CIA) a été dévoyé de sa finalité en étant intégré aux autres éléments de rémunération récurrents, alors qu’il a vocation à récompenser les performances individuelles annuelles avec un versement en une ou deux fractions.
Sur le plan financier, la fiabilité des comptes est en amélioration depuis 2021. La CAC dispose de ressources suffisantes pour mener à bien ses projets. Sa capacité d’autofinancement a progressé chaque année, atteignant 8 M€ en 2024. À la fin de ce même exercice, elle disposait d’un fonds de roulement de 18 M€ et d’une trésorerie de 36 M€. Ces réserves ont vocation à financer un programme d’investissement évalué à 48 M€ sur la période 2025-2027. L’agglomération devra veiller à ne pas mobiliser trop précocement l’emprunt, comme cela a été le cas en 2022 et 2023, situation qui a eu pour conséquence le paiement de 350 000 € de frais financiers qui auraient pu être évités.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
4
RECOMMANDATIONS
(classées dans l’ordre de citation dans le rapport)
Recommandations (performance)
Degré de mise en œuvre
Totalement
mis en
œuvre
Mise en
œuvre
partielle
Non mise
en œuvre Page
Recommandation n° 1 : établir une
stratégie des ressources humaines dont la
mise en œuvre soit mesurable.
X 15
Recommandation n° 2 : analyser les
besoins préalablement aux créations,
suppressions et transformations de
postes.
X 17
Recommandation n° 3 : assortir la
convention de mutualisation d’objectifs,
afin d’évaluer les gains d’efficience.
X 23
Rappels au droit (régularité)
Degré de mise en œuvre
Totalement
mis en
œuvre
Mise en
œuvre
partielle
Non mis en
œuvre Page
Rappel au droit n° 1 : établir le rapport
d’activité annuel prévu à l’article
L. 5211-39 du code général des
collectivités territoriales.
X 9
Rappel au droit n° 2 : établir
annuellement les rapports sur le prix et la
qualité des services de l’eau et de
l’assainissement, conformément à
l’article L. 2224 5 du code général des
collectivités territoriales.
X 12
Rappel au droit n° 3 : établir le rapport
social unique, conformément à l’article
L. 231-1 du code général de la fonction
publique.
X 15COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
5
INTRODUCTION
Le contrôle des comptes et de la gestion de la communauté d’agglomération de Cambrai (Nord), pour les années 2019 et suivantes, a été ouvert par lettre du président de la chambre adressée le 19 mars 2025 à M. Nicolas Siegler, ordonnateur en fonctions. Le précédent examen de gestion avait fait l’objet d’observations de la chambre publiées en avril 2019.
Le présent rapport s’inscrit dans le cadre de deux enquêtes nationales des juridictions financières sur les thèmes des dépenses de rémunération des collectivités territoriales et de leurs groupements, pour la première, et du recours accru aux agents contractuels, pour la seconde. Le contrôle a également porté sur la fiabilité des comptes et la situation financière.
En application de l’article L. 243-1 du code des juridictions financières, un entretien de fin de contrôle avec M. Siegler s’est déroulé le 3 octobre 2025.
La chambre, dans sa séance du 27 octobre 2025, a formulé des observations provisoires qui ont été notifiées à l’ordonnateur.
Après avoir examiné les réponses reçues, la chambre, dans sa séance du 29 janvier 2026, a arrêté les observations définitives qui suivent.
Pour l’ensemble du rapport, l’ordonnateur cité est celui en fonctions au moment du délibéré final.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
6
1 PRÉSENTATION DE L’ÉTABLISSEMENT
1.1 Le territoire et le contexte socio-économique
Après plusieurs étapes de croissance de son périmètre et de ses compétences, la communauté d’agglomération de Cambrai (CAC) regroupe 55 communes comptant ensemble 80 000 habitants sur un territoire de 411 km² situé au sud du département du Nord (cf. annexe 1). En population, elle se positionne à la neuvième place parmi les 17 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du département. Elle présente la particularité de compter parmi ses membres trois communes enclavées dans le Pas-de-Calais.
La ville centre, Cambrai, compte près de 40 % de la population de l’établissement, tandis que 42 communes comptent moins de 2 000 habitants.
Au 1er janvier 2025, 29 % des habitants ont plus de 60 ans1. Depuis le recensement de 2016, ce taux a progressé de 13 %. La CAC compte dans sa population de 15 ans ou plus 31 % de retraités, 16 % de personnes sans activité professionnelle, 15 % d’employés, 15 % d’ouvriers, 13 % de professions intermédiaires et 6 % de cadres et professions intellectuelles supérieures.
Le taux de pauvreté de 16,8 % est inférieur à celui du département du ²Nord (19,5 %). Dans la zone d’emploi de Cambrai, le taux de chômage localisé s’élève à 9,8 % au deuxième trimestre 2025, proche de la moyenne départementale (9,7 %), et légèrement supérieur à celui de la région Hauts-de-France (9 %).
Sur les 4 600 entreprises économiquement actives2, 27 % interviennent dans le commerce de gros et de détail, les transports, l’hébergement et la restauration, 18 % dans l’administration publique, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale, 13 % dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, de services administratifs et de soutien, et 12 % dans les autres activités de services3.
1.2 La gouvernance et les services
L’EPCI est présidé par M. Nicolas Siegler, depuis le 22 décembre 2021, à la suite de la démission de M. François-Xavier Villain, en fonctions du 18 décembre 2008 au 10 décembre 2021. Le conseil communautaire compte 92 membres. Le bureau est composé du président, 15 vice-présidents et 16 conseillers communautaires délégués.
1 Source : Insee, dernier dossier paru le 2 septembre 2025.
2 Source : Insee, nombre d’unités légales économiquement actives en 2022, dernier dossier paru
le 2 septembre 2025.
3 10 % dans la construction, 7 % dans la finance et l’assurance, 6 % dans les industries manufacturière,
extractives et autres, 5 % dans les activités immobilières, et 2 % dans l’information et la communication.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
7
En décembre 2021, la CAC a adopté un pacte de territoire (« CAC 2030 ») ayant pour « volonté d’affirmer une identité spécifique au sein de la région Hauts-de-France et d’exprimer une ambition forte pour l’avenir ». Il se décline en cinq orientations stratégiques guidant l’action publique pour que la communauté investisse dans l’avenir et soit encore plus créatrice d’emplois, plus belle et attrayante, plus solidaire avec ses habitants et ses communes, et plus proche et plus sûre. Un pacte financier et fiscal entériné concomitamment vise à en assurer la soutenabilité.
Les services communautaires sont organisés en six pôles :
ressources et affaires générales ; ce pôle comprend notamment la direction des ressources humaines mutualisée avec la commune de Cambrai ;
affaires économiques et mobilités ;
stratégies territoriales (mission habitat, coordination du contrat local de santé, France service itinérants, recherche de financements) ;
environnement et développement durable ;
technique, dont le directeur est mutualisé avec la commune-centre ;
affaires culturelles et tourisme, dont la directrice et son adjointe sont mutualisées.
L’administration compte également une direction des partenariats, des relations institutionnelles et de la communication. Les services du golf, du personnel de l’université4, et de la politique de la ville mutualisée, sont directement rattachés au directeur général des services (DGS).
En 2024, les moyens humains ont représenté 131 ETPT5.
1.3 Les compétences
Les arrêtés préfectoraux successifs ont attribué à la communauté d’agglomération de multiples compétences obligatoires, facultatives et supplémentaires.
4 La CAC met à la disposition de l’antenne de l’université polytechnique Hauts-de-France et de l’antenne de
l’université de Lille des agents de catégorie C. 5
Les ETPT (équivalents temps plein travaillés) correspondent au nombre d’agents rémunérés, pondéré par leur quotité de travail et présence.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
8
Compétences de la CAC
Compétences
obligatoires
Le développement économique
L’aménagement de l’espace communautaire
L’équilibre social de l’habitat sur le territoire communautaire
La politique de la ville dans la communauté
L’accueil des gens du voyage
Collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés
Assainissement des eaux usées, à partir du 1er janvier 2020
Eau potable, à partir du 1er janvier 2020
Gestion des eaux pluviales urbaines, à partir du 1er janvier 2020
Compétences
optionnelles
Création ou aménagement et entretien de la voirie d'intérêt communautaire
Création ou aménagement et gestion de parcs de stationnement d'intérêt communautaire
Protection et mise en valeur de l'environnement et du cadre de vie
Construction, aménagement, entretien et gestion d'équipements culturels et sportifs d'intérêt communautaire
Action sociale d'intérêt communautaire
Compétences
supplémentaires
Service d’incendie et de secours
Accompagnement de l'État pour le développement de l'enseignement supérieur
Piscines de Cambrai : participation financière
TIC : accompagnement des aménagements pour l'amélioration des débits
Gestion des fourrières automobiles
Gestion des fourrières animales
Politique touristique
Accompagnement du développement des filières : culture et patrimoine, nature, fluvial et mémoire de la Grande Guerre
Valorisation du patrimoine naturel, culturel et touristique de la Vallée du Haut-Escaut
Accompagnement des initiatives et actions visant à la mise en place d’une trame verte et de trame bleue sur le territoire de la communauté
Actions concourant à la diversification des sources d’énergie telles que notamment les actions favorisant la promotion des énergies renouvelables et l’implantation des éoliennes
Réalisation des études spécifiques aux plans locaux d’urbanisme et des documents d’urbanisme sur le territoire communautaire en partenariat avec les communes membres Prévention des inondations par débordement des cours d’eau sur les communes de Cambrai, Cantaing-sur-Escaut, Fontaine-Notre-Dame, Marcoing, Noyelles-sur-Escaut et Proville
Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (GEMAPI)
Source : chambre régionale des comptes, à partir des statuts de l’établissement.
Au titre de la compétence gestion d'équipements culturels et sportifs d'intérêt communautaire, la CAC est chargée du conservatoire à rayonnement départemental de musique et de théâtre, et de la médiathèque. Les activités qui y sont gérées en régie mobilisent un peu plus de la moitié des moyens humains.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
9
Dans un bâtiment dont la rénovation s’est achevée en juin 2025, le conservatoire accueille tous les publics, de débutant à pré-professionnel, et propose aussi des classes à horaires aménagés en partenariat avec les établissements scolaires. Acteur important de la vie culturelle locale, il organise régulièrement concerts, spectacles et projets artistiques.
Une nouvelle médiathèque, « Le Labo », a ouvert au public en 2019. Elle permet d’assurer, au sein d’un même équipement, quatre missions culturelles relatives à la lecture publique, à la culture scientifique, technique et industrielle, ainsi qu’au numérique et à l’interprétation de l’architecture et du patrimoine.
En matière culturelle et touristique, l’EPCI gère aussi deux sites : le centre d’interprétation Cambrai Tank 1917, lieu de mémoire dédié à la bataille de Cambrai, et un site archéologique et pédagogique (Archéo’site).
Une douzaine de parcs d’activités est répartie du nord au sud de la CAC.
Les compétences des domaines de l’environnement (eau, assainissement, déchets, gestion des milieux aquatiques), des transports, de l’accueil des gens du voyage et du tourisme sont externalisées (cf. annexe 2).
La CAC, en tant qu’EPCI, est tenue de rendre compte de la mise en œuvre de ses compétences en produisant un rapport annuel d’activité. Ce dernier doit être transmis aux communes pour être présenté aux conseils municipaux. Cette obligation n’est pas remplie. Il convient d’y remédier.
Rappel au droit n° 1 : établir le rapport d’activité annuel prévu à l’article L. 5211-39 du code général des collectivités territoriales.
1.4 Les grands projets
Plusieurs projets de long terme sont portés par la communauté d’agglomération.
Elle accompagne le projet, dit « E-Valley », de reconversion en zone logistique de l’ancienne base aérienne 103 de Cambrai-Épinoy. Sur un secteur de 320 hectares, près de 600 000 m² de bâtiments accueillent des entreprises du secteur de la logistique et du commerce en ligne. Des aménagements liés à l’énergie et à l’environnement sont également envisagés, et il pourrait y avoir une implantation d’un Data Center. Le site est situé à proximité des autoroutes A2 et A26 et du tracé du futur canal Seine-Nord Europe6.
6 Le Canal Seine-Nord Europe est un projet de canal à grand gabarit de 107 km reliant Compiègne (Oise) à
Aubencheul-au-Bac (Nord). Traversant le Cambrésis, il doit permettre la navigation de bateaux de 4 400 tonnes, équivalents à 200 camions. Le projet vise à améliorer le transport fluvial de marchandises entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, et à connecter le bassin de la Seine au réseau fluvial européen.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
10
Ce dernier traversera le territoire de la CAC, qui accueillera un port intérieur7. Il est aussi prévu la création d’une maison du canal dans les anciens locaux de la chambre de commerce, pour un coût d’1,6 M€. Actuellement, le siège du syndicat mixte des ports intérieurs du canal Seine-Nord Europe est hébergé par l’EPCI, qui met des moyens à sa disposition.
Le site de Cambrai-Niergnies, ancienne base aérienne de l’OTAN, situé au sud de l’agglomération, et qui dispose déjà d’équipements, a vocation à se développer. L’aérodrome accueille des pratiques aéronautiques et en constitue le point central. Autour de cette infrastructure, un parc photovoltaïque renforce l’ancrage du site dans une logique de transition énergétique. Le golf du Cambrésis, propriété de la CAC, a été étendu de 9 à 18 trous en 2024. À terme, un village d’été, sur le site de l’« Aéroplaine », constituera une base de loisirs pour les activités aéronautiques et sportives. Le site comprend également des espaces naturels, sur 45 hectares, dont la gestion a été confiée à la Ligue de protection des oiseaux (LPO).
La CAC poursuit l’aménagement de voies vertes le long des berges des canaux de l’Escaut et de Saint-Quentin pour favoriser les mobilités douces sur le territoire et le développement touristique.
______________________ CONCLUSION INTERMÉDIAIRE ______________________
Située au sud du département du Nord, la communauté d’agglomération de Cambrai (CAC) compte 55 communes représentant 80 000 habitants. Sa situation socio-économique se situe dans la moyenne départementale. La population vieillit et compte 31 % de retraités. Le taux de pauvreté s’établit à 16,8 %, et celui du chômage à 9,8 %.
Un pacte de territoire, « CAC 2030 » a été adopté à la fin de l’année 2021, avec pour « volonté d’affirmer une identité spécifique au sein de la région Hauts-de-France et d’exprimer une ambition forte pour l’avenir ». Il a vocation à guider l’action de l’établissement sous la gouvernance d’un président appuyé de 15 vice-présidents, et mise en œuvre par des services communautaires qui sont structurés en six pôles dotés de moyens humains qui se sont élevés à 131 ETPT en 2024.
Ses statuts attribuent à la CAC de nombreuses compétences, obligatoires, optionnelles et supplémentaires. Parmi celles-ci, la gestion du conservatoire et de la nouvelle médiathèque, dénommée « Labo », mobilise plus de la moitié des effectifs. L’établissement est engagé dans plusieurs grands projets, notamment la poursuite de la transformation de deux anciennes bases aériennes, la création du canal Seine Nord Europe et les aménagements pour le développement des mobilités douces.
7 Port de Cambrai-Marquion.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
11
2 DES RESSOURCES HUMAINES À MIEUX PILOTER
2.1 Périmètre d’activité et évolution globale des moyens humains
Les effectifs ont progressé de 28 % entre 2019 et 2024, passant de 103 ETPT à 131 ETPT, et les charges de personnel ont globalement augmenté de façon analogue (+ 28 %) s’établissant en fin de période à 6 M€. En réponse aux observations provisoires de la chambre, le président précise, qu’en début de période, les services du siège étaient très resserrés avec un directeur général des services qui exerçait également les fonctions de directeur de l’environnement et que, de plus, la fonction finances était mutualisée.
Évolution des effectifs et de la masse salariale
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion et des données de paie.
Le périmètre statutaire des activités a peu évolué. La prise des compétences eau, assainissement, et gestion des eaux pluviales, le 1er janvier 2020, n’a pas conduit à une hausse significative des effectifs, hormis le recrutement, en 2021, d’un directeur chargé de l’environnement et du développement durable. Ce dernier assure également le pilotage de la compétence de collecte et de traitement des déchets.
4,7
6,0
2,9
4,0
103
131
0
20
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7,0
2019 2020 2021 2022 2023 2024
Millions
€
Charges de personnel Rémunérations du personnel Effectifs (ETPT)RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
12
Sur une large partie du territoire, les communes ayant adhéré au SIDEN-SIAN8 et au SIAC9, la prise des compétences ont conduit la CAC à siéger aux conseils syndicaux en leur lieu et place. Sur le reste du territoire, les compétences ont été déléguées aux communes10 ou sont exercées par l’EPCI dans le cadre de contrats avec des acteurs privés.
Les services de l’eau potable et de l’assainissement étant à caractère industriel et commercial, la communauté d’agglomération est tenue de produire, chaque année, un rapport sur le prix et la qualité du service. Au regard de la complexité de la situation de ce type d’activités, un tel document est de nature à permettre aux élus et aux citoyens d’en appréhender le fonctionnement.
Rappel au droit n° 2 : établir annuellement les rapports sur le prix et la qualité des services de l’eau et de l’assainissement, conformément à l’article L. 2224-5 du code général des collectivités territoriales.
Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, le président considère que les rapports sont produits. À l’observation, ceux établis ne portent que sur une commune pour l’eau potable et sur cinq communes pour l’assainissement collectif. Les rapports doivent couvrir l’intégralité du périmètre de la CAC, composé de 55 membres.
Les seuls budgets annexes comportant des dépenses de personnel, par remboursement au budget principal, portent sur les déchets ménagers, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (Gemapi), et le golf exploité en régie.
2.2 La direction des ressources humaines
La direction des ressources humaines (DRH) assure les missions :
de pilotage des process de recrutement ;
de suivi de la masse salariale ;
d’expertise et d’appui aux directions et services ;
d’accompagnement des agents dans leur carrière et parcours de mobilité ;
d’animation du dialogue social.
Il n’a pas été établi de projet de service ou de lettre de mission pour la DRH. Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, le président indique que cette dernière est en cours d’élaboration, dans la perspective du recrutement d’un nouveau responsable des ressources humaines.
8 Syndicat intercommunal de distribution d’eau du Nord – syndicat intercommunal d’assainissement du Nord.
Le SIDEN-SIAN exerce, pour le compte de ses adhérents, plusieurs compétences ayant trait à l’eau, principalement dans le Nord, mais aussi dans le Pas-de-Calais, l’Aisne et la Somme. 9 Pour l’assainissement, sur plusieurs communes, le service est aussi assuré par le Syndicat Intercommunal d'Assainissement de Cambrai (SIAC).
10 Dans le cadre de l’article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
13
Les moyens humains sont stables depuis 2022. L’effectif permanent (huit agents) est constitué de deux cadres A, deux cadres B et d’adjoints administratifs. La DRH est composée de la directrice et son adjointe, de deux agents chargés principalement des paies, de trois agents assurant la gestion des carrières, et d’une adjointe administrative assurant notamment l’accueil et le standard. Le personnel est employé par la commune-centre et travaille pour les deux entités dans le cadre de conventions de mutualisation.
Il n’existe pas d’outils de pilotage, ce qui a pour conséquence une absence de suivi régulier de la thématique RH par la direction générale et l’exécutif. Dans les tableaux dont elle dispose, la DRH ne distingue pas les emplois permanents, qui correspondent à une activité normale et habituelle, des non-permanents, qui permettent de faire face à un besoin temporaire, ce qui nuit à sa capacité à piloter les effectifs.
Le système d’information de la commune héberge les données de la CAC. La DRH ne dispose cependant pas directement des informations sur les absences des agents communautaires, alors qu’elle est chargée de la gestion de leurs comptes épargne temps (CET). Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, le président indique, qu’en janvier 2026, la mise en place d’un logiciel piloté par la DRH permettra à cette dernière de disposer d’une vision directe sur les absences des agents travaillant au siège de la CAC.
2.3 Connaissance et pilotage des effectifs
2.3.1 L’absence de stratégie formalisée
2.3.1.1 L’ajustement progressif des moyens humains
La stratégie relative aux ressources humaines est peu formalisée. L’établissement ne s’est pas fixé d’objectifs en termes d’évolution du nombre d’agents, de composition et d’affectation des effectifs, hormis la prévision des départs en retraite qui, pour la CAC, ne constituent pas un levier d’optimisation des effectifs11. Il n’existe pas de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), ni de suivi du glissement vieillesse technicité12.
À son arrivée en 2021, le nouveau président a retenu comme principe directeur la consolidation de l’organisation. À cette fin, l’EPCI s’est doté d’un DGS et de quatre directeurs généraux adjoints (DGA) dont un mutualisé avec la commune de Cambrai.
11 En 2021, la moyenne d’âge était de 45 ans.
12 Le glissement vieillesse technicité (GVT) correspond à l’augmentation annuelle de la masse salariale découlant
du déroulement de carrière (avancements d'échelon et de grade, changements de cadre d'emploi) et du vieillissement des agents.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
14
Les moyens ont ensuite été ajustés au fur et à mesure des besoins pour mettre en œuvre le pacte de territoire. Cependant, si ce dernier comporte des orientations, elles ne sont pas déclinées en projets concrets pouvant servir de base à des dimensionnements de service. Les recrutements sont lancés au fil de l’eau pour remplacer des départs, faire face à des accroissements d’activité, et mettre en œuvre les projets. Les cadres identifient leurs besoins, qui sont ensuite portés à la connaissance de l’autorité territoriale.
Le président estime qu’en 2025 l’effectif cible est atteint, sans pour autant l’avoir objectivé. Le nouvel objectif, non formalisé, est la maîtrise de la masse salariale.
2.3.1.2 Des lignes directrices de gestion peu opérationnelles
Les lignes directrices de gestion (LDG) sont un instrument juridique de gestion des ressources humaines créé par la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique13. Cet outil est conçu pour informer les agents des orientations et des priorités de leur employeur et guider les autorités compétentes dans la prise de décision. Leur mise en place devait intervenir au 1er janvier 2021.
Pour la CAC, les LDG ont été adoptées tardivement, en avril 2025, après plusieurs échanges avec les représentants du personnel entre 2021 et 2024.
Dans la partie relative aux orientations générales, l’établissement évoque la possibilité de mettre en place une stratégie en listant 14 leviers de nature assez générale :
développer une culture commune (intégration des nouveaux agents, travail sur la qualité de vie au travail) ;
adapter les ressources humaines aux évolutions des compétences et de l’organisation administrative de l’EPCI ;
maintenir l’employabilité par le biais notamment de la formation ;
accompagner les mobilités interne/externe ; etc.
Un document intitulé « plan d’action », liste ensuite des intentions par grande thématique : GPEC, recrutement, mobilité professionnelle, maintien dans l’emploi et handicap, formation, santé et risque, déroulé de carrière, rémunération, gestion de carrière et des données sociales, dialogue social, management, temps de travail, marketing RH.
Il ne contient pas d’adaptations spécifiques à la CAC. Le seul tableau propre à l’établissement fait état d’actions déjà réalisées. En l’état, le document n’est donc pas opérationnel, ne répond pas aux objectifs de lisibilité pour les agents des orientations et priorités de l’employeur, et ne peut pas servir de guide pour les autorités compétentes dans leurs prises de décision. Cette insuffisance est notamment due à l’absence de la base de données sociales qui constitue pourtant le fondement du rapport social unique et des LDG. Il convient d’y remédier en arrêtant des LDG concrètes et spécifiques à l’EPCI, pour être en mesure d’en dresser un bilan régulièrement. Un tel outil est d’autant plus nécessaire en l’absence de règlement intérieur du personnel auquel les agents pourraient se référer.
13 Pour la fonction publique territoriale, les LDG sont prévues aux articles L. 413-1 et suivants du code général
de la fonction publique. Le décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019 relatif aux lignes directrices de gestion précise, dans son chapitre II, les modalités de leur mise en œuvre.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
15
Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, le président indique que le travail de déclinaison concrète des lignes de gestion sera l’une des priorités du futur DRH.
La CAC doit se doter d’une stratégie des ressources humaines formalisée et assortie d’un plan d’action comprenant des indicateurs de suivi.
Recommandation n° 1 : établir une stratégie des ressources humaines dont la mise en œuvre soit mesurable.
2.3.2 Le manque d’information des instances
2.3.2.1 L’absence de rapport social unique
Le rapport social unique (RSU) prévu par le code général de la fonction publique s'est substitué au rapport sur l'état de la collectivité, au rapport sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, et au rapport sur l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés, à compter du 1er janvier 2021.
Il constitue le socle pour définir la politique des ressources humaines et permettre un débat dans le cadre du dialogue social, ainsi qu’au sein de l’assemblée délibérante.
La CAC n’a pas élaboré de RSU. Cette absence nuit à la capacité du comité social territorial à remplir pleinement ses fonctions. L’instance ne dispose pas de données précises, complètes et régulièrement actualisées. L’assemblée délibérante et le citoyen sont également privés d’informations clés dans un domaine qui représente le premier poste de dépenses de fonctionnement de l’EPCI. Il convient de corriger cette situation.
Rappel au droit n° 3 : établir le rapport social unique, conformément à l’article L. 231-1 du code général de la fonction publique.
En réponse aux observations provisoires de la chambre, le président confirme qu’il n’y a pas de rapport social unique, et il s’engage à le mettre en place.
2.3.2.2 Des documents budgétaires incomplets
Le code général des collectivités territoriales (CGCT) fixe les informations à faire figurer dans les rapports sur les orientations budgétaires (ROB) présentés chaque année aux assemblées délibérantes avant le vote du budget primitif. En matière de ressources humaines, il est prévu que le document comporte a minima quelques informations prospectives en matière d'évolution des dépenses et des effectifs. Il doit notamment préciser, pour l’exercice auquel se rapporte le projet de budget, l'évolution des effectifs, des dépenses de personnel, des rémunérations, des avantages en nature et du temps de travail.
Quelques brèves informations prospectives figurent dans les ROB de la CAC, mais elles sont succinctes, incomplètes, et ne répondent pas aux exigences du code précité.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
16
Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, le président indique que le contenu du dernier rapport sur les orientations budgétaires satisfait aux dispositions du code général des collectivités territoriales (CGCT). À l’observation, il manque les informations relatives aux rémunérations des agents.
Les instructions budgétaires prévoient la présence d’une annexe détaillée sur les moyens humains dans les budgets primitifs et dans les comptes administratifs. Cet état est indispensable à la bonne compréhension des données financières soumises à l’approbation de l’assemblée délibérante.
S’agissant des comptes administratifs (CA) des exercices 2019 à 2022, des états ont été joints, mais ils ne correspondent pas aux tableaux règlementaires attendus. Des informations essentielles manquent : la mention des emplois budgétaires créés par l’assemblée délibérante, les consolidations des données des emplois permanents à temps complet et à temps non complet, l’agrégation des informations relatives aux agents titulaires et non titulaires, et la présentation en ETPT. En outre, l’état spécifique aux agents non titulaires, sur emploi permanent et non permanent, qui a vocation à faire état des niveaux de rémunération et des fondements et de la nature des contrats, n’a été renseigné pour aucun des exercices.
Pour 2023 aucune donnée n’est fournie. Seul le CA pour 2024, qui correspond à l’année de passage au compte financier unique, comporte l’annexe règlementaire, mais les données sont erronées et il manque les éléments relatifs à la rémunération des agents non titulaires et le nombre de ceux occupant des emplois non permanents.
Pour les budgets primitifs, la situation est analogue. De 2019 à 2024, un état relatif aux ressources humaines est annexé, mais il ne correspond pas au tableau réglementaire requis. C’est à partir de 2025 que la trame est renseignée, mais elle demeure incomplète en ce qui concerne les rémunérations des agents non titulaires.
2.3.2.3 Des délibérations de création et de suppression d’emplois imprécises
Si l’ordonnateur et ses services sont chargés d’assurer les recrutements et la gestion du personnel, l’assemblée est seule compétente pour créer ou supprimer les emplois et ouvrir les crédits permettant de verser les rémunérations.
Des délibérations de création et de suppression d’emplois sont régulièrement votées par le conseil communautaire. Toutefois, celles-ci, en ne reprenant pas le tableau des effectifs budgétaires, ne permettent pas à l’assemblée délibérante de disposer d’une information globale de la situation des effectifs, ce qui la conduit à ne se prononcer qu’au coup par coup.
Les informations figurant dans les annexes aux comptes administratifs relatives aux postes autorisés ne sont pas toujours cohérentes avec les délibérations prises au cours de l’année écoulée.
Celles fournies aux élus pour décider de la création de postes budgétaires sont parfois imprécises en se cantonnant à mentionner le grade de recrutement, sans information sur la fiche de poste. Ce fut le cas en 2024 avec la création d’un poste de technicien territorial, sans précision sur les missions confiées à l’agent, en 2023, avec la création d’un poste d’attaché territorial principal à temps non complet (50 %) pour « renforcer les services centraux », et en 2022, pour renforcer les services techniques.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
17
Les décisions de supprimer, transformer ou créer des postes ne font pas l’objet d’une analyse de fond par les services. Dans le cadre de l’orientation actuelle de maîtrise des effectifs et de la masse salariale, la CAC aurait intérêt à mettre en place un processus formalisé d’analyse et de proposition de création / suppression / transformation de poste dont les conclusions seraient portées à la connaissance des élus communautaires lors du vote des délibérations.
Recommandation n° 2 : analyser les besoins préalablement aux créations, suppressions et transformations de postes.
2.3.2.4 L’information dans les budgets annexes
Les budgets annexes des activités spécifiques de la CAC comportent peu d’informations en termes de ressources humaines, ce qui nuit à la transparence des débats lors de leur vote.
Pour le golf, dont la gestion en régie directe a été décidée en décembre 2021, les charges de personnel sont comptabilisées dans le budget principal. Elles sont répercutées sur le budget annexe par une refacturation. Les montants de refacturation figurent dans les comptes administratifs sans qu’aucune indication ne soit fournie sur les effectifs concernés, leurs catégories et leur quotité de travail. En outre, les postes n’ont pas été créés par une délibération. Seul celui de directeur figure sur l’organigramme.
Pour la direction de l’environnement, la situation est similaire en ce qui concerne le budget portant sur la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations, créé en 2024. Les charges de personnel du directeur et de son assistante sont facturées par le budget principal, sans information dans le budget primitif et le compte administratif. Elles ont commencé à être mentionnées sur le budget des déchets ménagers et assimilés, à compter de l’exercice 2024.
Des agents des communes de Masnières et de Gouzeaucourt assurent également le fonctionnement des points de collecte de déchets sur leur territoire. Les conventions de mise à disposition prévoient le remboursement de la masse salariale de façon forfaitaire (5 000 € par an et point de collecte). Ce montant n’a pas été actualisé depuis 2017 et, en l’absence d’identification précise des agents, le coût réel de cette mise à disposition n’est pas connu.
2.4 Les déterminants et incidences de l’évolution des effectifs
2.4.1 L’accroissement des effectifs de non-titulaires
La progression des effectifs est due au recours aux agents non titulaires (+ 29 ETP). Leur représentation dans le nombre total d’agents passe de 30 % en 2019 à 46 % en 2024. Cette évolution tient notamment aux difficultés à recruter et à fidéliser le personnel, et à la pénurie de titulaires postulant sur des emplois dans la filière culturelle, en particulier sur les postes de professeur d’enseignement artistique.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
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Évolution des effectifs par statut et par catégorie (ETPT)
Statut / catégorie 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Évolution
2019-2024
En ETPT En %
Titulaires + stagiaires 71,9 65,2 66,1 66,1 69,2 70,5 - 1,4 - 2 %
A 19,6 20,0 22,4 22,5 23,3 23,1 3,6 18 %
B 17,9 13,9 13,8 13,2 14,4 14,4 - 3,5 - 20 %
C 34,4 31,3 29,9 30,4 31,5 33,0 - 1,4 - 4 %
Titulaires 69,5 62,8 63,0 62,0 63,9 64,8 - 4,7 - 7 %
A 19,1 18,6 21,1 22,3 23,3 21,8 2,7 14 %
B 16,6 13,7 13,6 12,0 11,7 13,6 - 3,0 - 18 %
C 33,7 30,5 28,3 27,7 29,0 29,3 - 4,4 - 13 %
Stagiaires 2,4 2,4 3,1 4,1 5,3 5,8 3,3 138 %
A 0,4 1,3 1,3 0,2 1,3 0,9 211 %
B 1,3 0,3 0,3 1,3 2,7 0,8 - 0,5 - 41 %
C 0,7 0,8 1,6 2,7 2,6 3,7 3,0 450 %
Non-titulaires 31,2 35,6 35,0 43,1 53,8 60,3 29,1 93 %
A 11,6 12,1 11,9 13,8 16,3 18,0 6,4 55 %
B 10,7 12,9 13,4 10,9 12,0 16,4 5,7 53 %
C 5,7 8,7 7,8 11,7 17,5 18,6 13,0 229 %
Autres (dont emplois aidés) 3,3 1,8 1,8 6,6 8,0 7,4 4,1 122 %
Total général 103,1 100,8 101,1 109,2 123,1 130,9 27,7 27 %
dont emplois non permanents 9,0 10,5 9,7 18,4 25,5 26,0 17,0 189 %
Total catégorie A 31,1 32,1 34,3 36,3 39,6 41,1 9,9 32 %
Total catégorie B 28,6 26,8 27,2 24,1 26,4 30,7 2,2 8 %
Total catégorie C 40,1 40,0 37,7 42,1 49,1 51,6 11,6 29 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données des fiches de paies de l’établissement (estimations arrondies).
La hausse intervient en catégorie A (+ 10 ETPT) et C (+ 12 ETPT), et dans une moindre mesure, en catégorie B (+ 2 ETPT).
Le volume d’emplois non permanents14 progresse chaque année (cf. infra). Il a été de 26 ETPT en 2024, contre 9 en 2019.
14 La DRH n’assurant pas un suivi distinguant les agents permanents des non permanents, ces derniers ont été
comptabilisés en prenant en compte les agents de catégorie C non titulaires, les apprentis, les emplois aidés, les services civiques, les intervenants extérieurs, les vacataires, et les étudiants en stage.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
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2.4.2 La consolidation de la structure et la hausse du niveau d’activité
Évolution des effectifs par activité (ETPT)
Services 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Évolution
de 2019 à 2024
En ETPT En %
Ressources et affaires générales 16,8 14,6 13,8 20,8 22,6 24,1 7,4 44 %
Culture 62,0 63,9 64,4 62,3 67,5 71,5 9,4 15 %
Développement économique /
mobilités 5,8 5,0 5,9 7,7 11,2 11,0 5,2 89 %
Stratégie territoriale 3,0 3,0 3,0 3,1 5,2 8,1 5,1 172 %
Environnement 6,8 6,6 7,2 8,6 9,8 9,4 2,6 39 %
Technique 8,8 7,7 6,8 6,7 6,7 6,8 - 2,0 - 22 %
Total général 103,1 100,8 101,1 109,2 123,1 130,9 27,7 27 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données de paie (cf. détail en annexe 3).
2.4.2.1 Le renforcement de l’administration générale et des services support
Le renforcement des services de la direction et des fonctions support entre 2019 et 2024 (+ 7,4 ETPT) a représenté 27 % de la hausse des effectifs. Il s’inscrit dans le cadre de démutualisations entre l’EPCI et la commune de Cambrai.
Lors du changement de président, en 2021, il a été mis fin à la mise à disposition du directeur général de la commune. La CAC dispose désormais d’un DGS en propre, appuyé de quatre DGA dont un mutualisé avec la commune de Cambrai, et de leurs secrétariats. En 2023, l’intercommunalité a également mis en place son secrétariat de l’exécutif, auparavant mutualisé, par des mises à disposition d’agents municipaux de Cambrai. Ces changements se sont traduits par une hausse des moyens humains en administration générale, passés de 12,4 à 16,6 ETPT entre 2019 et 2024 (+4,2 ETPT). Ils comprennent notamment la constitution d’une cellule communication, à partir de 2022, dont les moyens s’élevaient à 3,65 ETPT fin 2024.
La direction des finances constituait, jusqu’en 2021, un service commun doté d’un effectif compris entre 6 et 7 ETP selon les années. Au 1er janvier 2022, dans le contexte de changement d’exécutif et de constitution d’une direction générale en propre, il a été mis fin au dispositif. Des recrutements de trois agents sont intervenus entre 2021 et 2024, représentant + 3 ETPT en tenant compte de départs. Le cadre A, chef de service, a repris les missions en matière de finances précédemment exercées par le DGS mis à disposition. Un appui administratif et financier au syndicat mixte des ports intérieurs du Canal Seine Nord Europe (CSNE) a aussi été mis en place.
Le service des marchés publics demeure partiellement mutualisé, avec un agent affecté aux achats courants de fonctionnement. Il est employé par la commune et mis à la disposition de la CAC pour une quotité de travail qui a varié entre 25 et 30 % entre 2019 et 2024, et qui a été fixée à 35 % pour 2025. L’EPCI a par ailleurs, dans ses effectifs, deux agents à 80 % affectés aux marchés publics, dont l’un assure également d’autres missions administratives. Les moyens ont ainsi augmenté, passant de 0,8 ETPT en 2019 à 1,6 ETPT en 2024, soit + 0,8 ETPT.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
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L’organisation du service informatique a aussi évolué. Jusqu’en 2023, un agent de la commune intervenait pour la CAC, en sus du personnel de l’EPCI passé de 1 ETPT en 2019 à 1,7 ETPT en 2023. Il a été mis fin à cette mutualisation, et l’intercommunalité a décidé d’externaliser cette activité, à l’essai pour un an, ce qui s’est traduit par la baisse de 0,6 ETPT entre 2019 et 2024.
2.4.2.2 Les évolutions des services opérationnels
En 2025, plus de la moitié des agents travaillent à la mise en œuvre des activités culturelles, artistiques et patrimoniales, au conservatoire, à la médiathèque et sur les deux sites touristiques (55 %). Les effectifs ont augmenté de 15 % entre 2019 et 2024 (+ 9,4 ETPT).
Au conservatoire, la hausse s’établit à + 5 ETPT, du fait du renforcement des fonctions support (+ 3,8 ETPT). Le personnel d’enseignement artistique a augmenté (+ 2,1 ETPT) du fait d’une hausse du nombre de professeurs atténuée par une légère diminution du nombre d’assistants (- 0,9 ETPT). Durant cette période, le champ d’activité a été élargi à de nouvelles disciplines, à l’accueil d’élèves porteurs de handicaps, et à l’appui au développement des classes à horaires aménagés en musique (classes « Cham »).
Les moyens humains mobilisés à la médiathèque ont également augmenté (+ 2,6 ETPT). Une légère baisse est intervenue entre 2020 et 2022, du fait de la crise sanitaire, durant laquelle des postes ont été gelés pour tenir compte de la baisse de fréquentation. Des départs en retraite et des mobilités ont ensuite conduit à des vacances de postes longues à pourvoir en raison de difficultés de recrutement.
Les effectifs consacrés à l’attractivité du territoire ont été accrus, passant de 5,8 à 11 ETPT (+ 5,2 ETPT). La reprise en régie directe du golf, nécessitant une présence sur site 7 jours sur 7 et le recrutement de son directeur, a particulièrement pesé dans cette évolution (+ 2,7 ETPT). Un responsable a été recruté pour la Maison de la mobilité (+ 1 ETPT)15. À l’office du tourisme, un agent communal a été intégré aux effectifs de la CAC (+ 0,9 ETPT). La hausse a aussi eu pour objectif de permettre le portage des grands projets de l’établissement.
Les effectifs des services chargés de la stratégie territoriale, de la politique de la ville et de l’habitat, qui représentaient 8,1 ETPT en 2024, ont augmenté entre 2019 et 2024 (+ 5,1 ETPT). Les activités se sont développées et un chargé de mission a été recruté (+ 1 ETPT) pour piloter les opérations programmées d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain (OPAH-RU). Un guichet unique a été ouvert dans une Maison de l’habitat. Le manque de fonctionnaires présentant les compétences attendues sur ce type de poste a conduit au recrutement de cadres A contractuels16.
À compter de septembre 2023, l’EPCI a déployé France Services avec des permanences dans 17 communes nécessitant deux postes à temps complet relevant du grade d’adjoint administratif territorial (+ 2 ETPT). Une coordinatrice du contrat local de santé a pris ses fonctions en 2024 (+ 0,9 ETPT en 2024). La direction du pôle a enregistré une légère baisse de moyens du fait de temps partiels (- 0,4 ETPT).
Des moyens humains (1,6 ETPT) ont été mobilisés pendant les Jeux Olympiques, en 2024. Ils ont été redéployés en 2025 sur le village d’été Aéroplaine à Niergnies.
15 Accueil des usagers, notamment pour le financement des permis de conduire et de vélos.
16 Pilotage de l’OPAH-RU.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
21
Le pôle « Environnement et développement durable » a aussi été renforcé (+ 2,6 ETPT), en raison de la hausse du nombre d’agents intervenant au titre de la compétence déchets ménagers, notamment du fait du recrutement d’ambassadeurs du tri. En outre, un poste de chargé de mission prévention des déchets et économie circulaire a été créé. La montée en puissance du pilotage des compétences eau, assainissement et Gemapi a aussi contribué au renforcement de ce pôle qui s’est doté d’un directeur en 2021.
Une mutualisation des services techniques est intervenue à partir de 2023, déclenchée par la difficulté à recruter un directeur. Les effectifs de la CAC affectés au pôle technique ont diminué entre 2019 et 2024 (- 2 ETPT) pour s’établir à 6,8 ETPT. Un agent (1 ETPT) assure l’entretien du siège communautaire.
2.4.2.3 La répartition des agents par filière
Les effectifs ont progressé dans toutes les filières. La hausse est marquée pour les administratifs (+ 14 ETPT, soit 46 % entre 2019 et 2024), reflétant la structuration des fonctions support, de gestion de projets et d’encadrement.
Évolution des effectifs par filière (ETPT)
Filière 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Évolution
2019-2024 % représentation
En ETPT En % 2019 2024
Administrative 30 29 30 37 40 44 14 46 % 29 % 34 %
Technique 18 19 18 19 23 23 4 24 % 18 % 17 %
Culturelle 51 51 51 47 52 55 4 9 % 49 % 42 %
Animation 1 0 0 0 0 2 1 106 % 1 % 1 %
Autres 3 2 2 7 8 7 4 148 % 3 % 6 %
Total général 103 101 101 109 123 131 28 27 % 100 % 100 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données extraites des fiches de paie.
Les agents de la filière culturelle délivrant un service direct aux usagers demeurent prépondérants (42 % des effectifs en 2024). Les moyens humains ont crû de 9 % (+ 4 ETPT) (cf. annexe 4).
2.4.3 Le recours à du personnel non permanent
2.4.3.1 Près de 20 % des moyens humains en 2024
La hausse globale des effectifs intervenue entre 2019 et 2024 (+ 28 ETPT) est surtout due au recours aux emplois non permanents (+ 17 ETPT). Leur volume est en hausse depuis 2021. Ils ont représenté près de 20 % des moyens humains mobilisés par la CAC en 2024 (cf. annexe 5).
Le recrutement est intervenu principalement sur des emplois de catégorie C non titulaires dans les quatre filières administrative, technique, animation, et culture. Des titularisations, sur des emplois permanents, sont soumises à l’autorité territoriale.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
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2.4.3.2 Les renforts sur les sites culturels et touristiques
Les agents non permanents interviennent dans le fonctionnement des équipements culturels. Le conservatoire à rayonnement départemental a recours à du personnel extérieur pour les concerts et les jurys d’examens.
La modernisation et la diversification des activités de la médiathèque ont conduit à renforcer les équipes pour élargir les plages d’accueil du public. Le site, de 4 000 m2, est ouvert au public 6 jours sur 7, y compris le dimanche. Les moyens humains sont renforcés pour les missions d’accueil et lors d’expositions.
Ponctuellement, la CAC mobilise aussi du personnel supplémentaire pour l’Archéo’site et le musée Cambrai Tank 1917.
L’emploi de saisonniers est encadré par une délibération prise chaque année. Le volume s’élève en moyenne à 6 ETPT pour des renforts dans les activités culturelles et touristiques. L’enveloppe peut être augmentée lors d’évènements particuliers : cela a été le cas en 2024, dans le contexte des Jeux Olympiques.
2.4.3.3 Les politiques RH en faveur des jeunes
Depuis 2022, la CAC favorise l’embauche d’apprentis, dont le volume est passé de 1,5 ETPT en 2019 à 4,1 ETPT en 2024. Ils sont parfois recrutés sur emploi permanent à l’issue de leur scolarité. Actuellement, 5 apprentis, représentant 4,1 ETPT, sont répartis dans les services communication externe, stratégie territoriale et à la médiathèque.
L’accueil d’étudiants a aussi été favorisé à partir de 2022. Outre les services du pôle ressources, ils sont accueillis à la médiathèque, à l’office du tourisme, et sur l’Archéo’site.
Ces mêmes services ont accueilli des jeunes en service civique. Leur présence s’est réduite en 2024 (0,4 ETPT). Le personnel en contrats aidés17 tend également à se réduire, la DRH mutualisée privilégiant leur emploi dans l’activité d’accueil des jeunes enfants qui dépend de la commune de Cambrai.
2.4.4 Les incidences de l’intercommunalité sur les effectifs
2.4.4.1 Les évolutions des dispositifs de mutualisation
La CAC et la commune de Cambrai ont recours à la mutualisation, encadrée par une convention en formalisant le contenu et les modalités d’exécution et de financement. Des modifications de périmètre ont été actées par cinq avenants.
17 Contrats d’accompagnement à l’emploi, et parcours emploi compétences.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
23
Le document ne comporte pas d’objectifs, hormis une mention générale de « bonne organisation des services ». La mise en œuvre du dispositif entraînant un coût pour l’établissement doit se traduire par des gains d’efficience qu’il convient d’évaluer.
Recommandation n° 3 : assortir la convention de mutualisation d’objectifs, afin d’évaluer les gains d’efficience.
Les évolutions apportées aux dispositifs de mutualisation ont conduit à une hausse globale des effectifs de la CAC.
Pour la direction générale, jusqu’en 2021, l’établissement disposait de 2 ETP et mettait partiellement son DGS à la disposition de la commune-centre (15 %), qui faisait de même. Il a été mis fin à ces mises à disposition en mars 2021, et les moyens de la CAC ont été portés à 2,5 ETP en 2022 (+ 0,5 ETP). Ils s’élevaient à 4,5 ETP en 2024.
Pour les finances, il a été mis fin au service commun, et l’EPCI a repris intégralement la fonction en 2022. Le service mutualisé disposait de 6,6 ETP, dont 1,6 provenant de la CAC, qui comptait au total 2,9 ETP en 2021. Les moyens ont été portés à 4,4 ETP en 2022 (+ 1,5 ETP), et 5,6 ETP en 2024. La démutualisation a permis un accroissement du pilotage, notamment grâce à la présence d’un cadre A chargé des finances et d’un cadre B assurant le contrôle de gestion.
Il a été mis fin à la mutualisation de la communication interne, le 31 décembre 2024, (0,05 ETP mis à disposition par la commune-centre). Une cellule communication a été constituée au sein de la CAC, à partir de 2022 (+ 1,5 ETP, portés à 2,8 ETP en 2023 et 3,65 en 2024). La mutualisation de l’informatique a aussi été arrêtée (0,25 ETP mis à disposition par la commune jusque fin 2024), et l’EPCI a externalisé la fonction de façon expérimentale en 2025.
Certaines activités, totalement ou partiellement mutualisées, ont été conservées sans changements notables, notamment la fonction RH qui demeure intégralement assurée par les agents municipaux de Cambrai.
La mutualisation a été renforcée pour la direction du pôle des affaires culturelles, entre 2019 (1,5 ETP dont 0,5 issu de la CAC) et 2024 (3 ETP issus de la commune). En 2025, les moyens ont été portés à 4,8 ETP.
Un service commun pour la direction des services techniques a été mis en place à partir de 2023, du fait de difficultés de recrutement. Il est porté par trois cadres A, dont un ingénieur de la CAC, et deux techniciens, dont un de la CAC. Les effectifs de l’EPCI ont été maintenus à 5,7 ETP.
Hormis les délibérations prises pour faire évoluer la convention de mise à disposition, l’assemblée délibérante n’a pas de visibilité globale sur le dispositif. Le sujet pourrait être traité dans le rapport d’activité à mettre en place (cf. supra).
2.4.4.2 L’appui aux petites communes
La CAC apporte un appui à ses communes membres en matière de ressources humaines. C’est notamment le cas lorsque des postes de secrétaire de mairie peinent à être pourvus. L’EPCI a ainsi été amené à mettre à disposition un agent, parfois sur plusieurs mois.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
24
Cette mutualisation descendante au bénéfice des communes se traduit aussi par des conseils en matière de ressources humaines (réponses à des questions statutaires, aide à la rédaction de contrats, etc.).
2.5 L’incidence des rémunérations
Les charges annuelles de rémunération ont augmenté de près de 40 % entre 2019 et 2024 (cf. annexe 6). Cette hausse, qui s’élève à 1,1 M€, concerne majoritairement le personnel non titulaire (+ 0,7 M€ pour les non titulaires et + 0,4 M€ pour les titulaires). La rémunération moyenne mensuelle par ETPT s’établit à 2 549 € bruts. Elle est en progression de 9 % par rapport à 2019.
Les niveaux de rémunération des agents dépendent à la fois de déterminants externes à l’EPCI, en particulier les mesures décidées au niveau national, et internes, portant principalement sur le niveau du régime indemnitaire instauré localement, les conditions octroyées aux agents contractuels, et le glissement vieillesse technicité.
2.5.1 L’absence de suivi des effets des mesures nationales
Les mesures nationales à caractère général concernent la totalité des fonctionnaires et ont une incidence sur le traitement de base indiciaire, exprimé en nombre de points, et sur les éléments de rémunération ayant pour assiette le traitement de base (cf. annexe 7).
Les mesures catégorielles nationales correspondent à des dispositifs collectifs concernant uniquement certaines catégories d'agents. Il peut s'agir de l'attribution de points supplémentaires d’indice ou de primes (cf. annexe 8).
La CAC n’est pas en mesure de recenser les incidences financières des mesures nationales. Des éléments prospectifs sont établis lors de la préparation des budgets, et parfois fournis dans les rapports sur les orientations budgétaires, mais sans homogénéité d’une année sur l’autre, et sans bilan des effets réels constatés a posteriori.
Pour être en mesure d’identifier ses marges de manœuvre dans le pilotage de sa masse salariale, le suivi et les prévisions de l’incidence des mesures nationales portant sur les rémunérations des agents nécessitent d’être mis en place.
2.5.2 La progression et la refonte du régime indemnitaire
Le complément au traitement indiciaire accordé aux agents a augmenté entre 2019 et 2024. Au total, la progression par ETPT a été de près de 37 %, s’établissant en moyenne annuelle à 4 469 € / ETPT (cf. annexe 9). Les disparités sont fortes entre les titulaires et les non titulaires et, au sein de chaque groupe, selon les catégories (A, B et C).COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
25
Pour les titulaires, le montant moyen annuel a augmenté de 58 %. Il représentait 4 067 € par an en 2019 et s’est établi à 6 423 € en 2024. La progression est la plus élevée pour les agents de catégorie B (+ 158 %), suivis de ceux des catégories A (+ 44 %) et C (+ 14 %).
Pour les non titulaires, le montant moyen annuel a augmenté de 57 %, mais se situe à un niveau inférieur à celui des titulaires. Il représentait 1 191 € par an en 2019, et 1 867 € en 2024. La hausse est la plus élevée pour les agents de catégorie C (+ 233 %)18, suivie des catégories A (+ 95 %) et B (+ 51 %). La hausse du régime indemnitaire (RI) serait principalement due aux négociations de rémunération pour attirer et s’attacher des nouveaux agents, dans un contexte de difficultés à recruter. En outre, en 2021, l’EPCI a commencé à octroyer le RI aux non titulaires de catégorie C, alors qu’auparavant, il était exigé deux ans d’ancienneté. Historiquement, les emplois de catégorie C avaient une vocation sociale. Ils sont désormais davantage pourvus par des agents ayant des compétences particulières, dont le vivier de recrutement est limité.
La structure du régime indemnitaire a été modifiée avec la mise en place du « régime tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel » (Rifseep), qui s’est accompagnée de la suppression d’autres primes (IAT, ISS, PSR, et IFTS)19.
En 2024, le régime en vigueur de façon pérenne est composé des éléments de rémunération suivants : indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE), complément indemnitaire annuel (CIA), indemnité de suivi et d’orientation des élèves, prime de responsabilité, indemnité de vêtement et de chaussures. Des primes historiques sont en extinction : primes de fin d’année, de retraite, de vacances, de médailles (cf. annexe 10).
2.5.2.1 Un déploiement du Rifseep avec des anomalies
Le Rifseep, instauré par décret en 201420, concerne l’ensemble des fonctionnaires de l’État et les cadres d’emplois équivalents de la fonction publique territoriale. Il a vocation à se substituer aux régimes indemnitaires existants. Il a été mis en place progressivement. Si l’entrée en vigueur générale du dispositif était fixée au 1er juin 2014, son application était subordonnée à la parution d’arrêtés identifiant, pour chaque ministère, les corps et emplois concernés. Une grande partie des textes a été publiée.
Le dispositif est composé de deux éléments. Une première part, fonctionnelle, est liée au niveau de responsabilité ou d’expertise de l’agent (IFSE). Liée à son poste et à son expérience professionnelle, elle est versée mensuellement. La deuxième part, correspond à un complément indemnitaire annuel (CIA). Ayant vocation à valoriser l’engagement professionnel et la manière de servir appréciés lors de l’évaluation annuelle de l’agent, il est versé en une ou deux fois. Les plafonds de l’IFSE et du CIA, fixés par délibération, ne doivent pas dépasser ensemble le plafond global des primes octroyées aux agents de l’État.
18 La DRH explique cette hausse par la constitution des équipes au « Labo » (médiathèque), ayant nécessité le
recrutement d’agents contractuels positionnés en catégorie B. Le niveau de diplôme, de type Master, a conduit à octroyer des régimes indemnitaires élevés. Les services techniques ont aussi été concernés. 19 IAT : Indemnité administration et technicité - ISS : Indemnité spécifique de service – PSR : Prime service et rendement – IFTS : Indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires.
20 Décret n° 2014-513 du 20 mai 2014.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
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La CAC a mis en place le Rifseep par des délibérations prises entre 2017 et 2025, au fur et à mesure de la parution des décrets instaurant le nouveau régime dans les différents corps de référence des fonctionnaires de l’État. Les cadres d’emplois des professeurs territoriaux d’enseignement artistique et celui des assistants territoriaux d’enseignement artistique ne sont pas visés par le dispositif.
Les plafonds des deux composantes, IFSE et CIA, ont été respectés. En revanche, le Rifseep n’a pas toujours été déployé dans les délais requis. Pour la filière technique, un technicien a perçu la PSR et l’ISS jusqu’en juin 2022, pour des montants respectifs, depuis 2019, de 2 978 € et 26 751 €, alors que le nouveau régime était déjà entré en vigueur et devait se substituer à l’ancien.
Des agents de catégorie C ont également continué à percevoir l’IAT jusqu’en 2022. En 2019, ils étaient 27 dans cette situation, sur un effectif de 63 agents, représentant 28 882 €, et 12 en 2022, sur un effectif total de 67, pour un montant total versé de 7 782 €.
Des agents ont perçu l’IFTS sans l’encadrement juridique requis, et alors que le Rifseep aurait dû se substituer à cette prime. En 2019, 27 520 € ont été versés à 17 agents. L’anomalie a cessé au cours de l’année 2023 (deux agents ont perçu 743 €)21.
2.5.2.2 Des versements sans délibération
La délibération instaurant le Rifseep pour les agents de catégorie A de la filière administrative (attachés et administrateurs) précise que la prime peut être versée aux agents non titulaires de droit public. Cette précision sur le périmètre des bénéficiaires n’a pas été reprise dans les délibérations concernant les agents des catégories B et C, les agents de catégorie A de la filière technique, et le directeur d’enseignement artistique, alors que l’octroi du Rifseep à cette catégorie d’agent doit être expressément prévue et même si les contrats en font mention.
Des versements irréguliers ont ainsi eu lieu chaque année pour un nombre croissant d’agents et pour des montants en augmentation. En 2019, 10 agents non éligibles ont perçu au total 15 983 €, et en 2024, ils ont été 24 pour un montant total de 69 901 €.
Dans la filière culturelle, entre 2019 et 2024, un attaché de conservation du patrimoine et une bibliothécaire ont perçu l’IFSE pour un montant total de 23 812 € sans qu’une délibération ne l’ait prévu.
Les agents des cadres d’emplois des professeurs territoriaux d’enseignement artistique et d’assistants territoriaux d’enseignement artistique qui ne bénéficient pas du Rifseep peuvent se voir verser une indemnité de suivi et d’orientation des élèves. Elle a été instituée par délibération, en 2017. Cinq agents l’ont perçue en 2024, pour un montant total de 14 022 €. La délibération ne prévoyant pas expressément la possibilité de l’octroyer aux non titulaires, deux professeurs en bénéficient indûment.
Il appartient à l’exécutif de régulariser la situation en soumettant au conseil communautaire les délibérations requises.
21 En outre, des agents ne respectant pas les conditions prévues par la délibération instituant l’IFTS, qui la
réservait à certains rédacteurs, l’ont perçue (16 agents en 2019 pour un montant total de 24 756 €, et deux en 2023 pour 743 €).COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
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2.5.2.3 Un usage dévoyé du CIA
Au cours de l’évaluation professionnelle annuelle, obligatoire, sont appréciés pour l’attribution du CIA : la valeur professionnelle de l’agent, son investissement personnel dans l’exercice de ses fonctions, son sens du service public, sa capacité à travailler en équipe, et sa contribution au collectif de travail.
Les textes prévoient que le CIA est versé en une ou deux fractions.
Cinq agents l’ont perçu en 2024, pour des montants individuels compris entre 105 € et 6 390 €, en contravention avec les dispositions juridiques applicables : deux ne sont pas titulaires et n’entrent pas dans le champ des bénéficiaires visés par les délibérations, aucun n’a eu d’entretien professionnel en 2024, et les versements interviennent tous les mois.
Le CIA est utilisé comme un complément à l’IFSE, notamment à l’occasion de négociations de recrutement. Il a été dévoyé de sa vocation en étant utilisé comme variable d’ajustement salarial. La CAC doit utiliser le CIA selon sa finalité et ne le verser que sur la base d’entretiens professionnels effectivement menés.
2.5.2.4 Une indemnité chaussures et vêtements à mieux encadrer
L'indemnité de chaussures et de petit équipement fait partie des éléments de rémunération liés à une sujétion particulière, dont l’octroi aux fonctionnaires territoriaux est admis en dehors de tout principe d'équivalence avec les corps de la fonction publique de l’État. Cet avantage nécessite une décision de l'organe délibérant, qui désigne les bénéficiaires, parmi lesquels peuvent figurer les fonctionnaires titulaires et stagiaires, et les agents non titulaires. Les conditions d'attribution doivent également être déterminées par délibération.
La CAC a versé cette indemnité, en 2024, à 83 agents, pour un montant de 2 717 €.
S’il existe bien une délibération, elle est imprécise sur le périmètre des agents en bénéficiant et sur les modalités de sa détermination. Il convient de corriger la situation.
2.5.2.5 Les primes en extinction
En complément du régime indemnitaire, l’EPCI attribue des primes historiquement mises en place par la commune de Cambrai22. Elles ont concerné 38 agents en 2024 et représenté 19 254 € (cf. annexe 10).
Ces compléments de rémunération ne constituent pas des avantages collectivement acquis, dans la mesure où ils ne sont pas fondés sur une délibération antérieure au 28 janvier 1984. Seuls les agents provenant de la commune de Cambrai et ayant intégré la CAC à sa création, en 2013, en bénéficient. Ces avantages ont donc vocation à s’éteindre au fur et à mesure du départ des agents concernés.
22 Prime de fin d'année, prime de retraite, prime de vacances et prime médaille.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
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2.6 Égalité hommes-femmes
2.6.1 Des rapports annuels incomplets
Le rapport social unique (RSU), introduit par la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique a notamment vocation à favoriser l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes en faisant état de la situation et des évolutions durant l’année écoulée en matière de recrutement, de formation, de temps de travail, de promotion professionnelle, de conditions de travail, d’actes de violence, de harcèlement sexuel ou moral et d’agissements sexistes, de rémunération et d'articulation entre l'activité professionnelle et la vie personnelle et familiale. Il doit comporter les indicateurs synthétiques relatifs aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. Enfin, il est prévu qu’il détaille l'état d'avancement des mesures du plan d'action pluriannuel en matière d'égalité.
En outre, le CGCT prévoit que, pour les EPCI à fiscalité propre regroupant plus de 20 000 habitants, préalablement aux débats sur le projet de budget, le président présente un rapport sur la situation en matière d'égalité entre les femmes et les hommes intéressant le fonctionnement de la structure, les politiques qu'elle mène, et les orientations et programmes pour améliorer cette situation.
La CAC n’établit pas de RSU, ce qui la conduit à ne pas remplir ses obligations vis-à- vis du conseil communautaire. Elle présente, en revanche, le rapport sur l’égalité femmes- hommes prévu par le CGCT23, mais le document ne comporte pas les informations attendues. Il se cantonne à fournir des données chiffrées, sans analyse et sans référence à une politique qui serait menée en matière d’égalité professionnelle. Aucune information n’est présentée sur l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, sur les rémunérations, et sur la prévention des violences faites aux agents sur leur lieu de travail et la lutte contre toute forme de harcèlement.
Le rapport ne comporte pas de bilan des actions conduites en faveur de l'égalité dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques.
Alors que la CAC a délibéré sur un plan d’action en décembre 2022, les rapports pour les exercices 2023 et 2024 n’en font pas mention. Il lui appartient de présenter annuellement au conseil communautaire un rapport complet s’appuyant sur le RSU.
Le site internet de la CAC ne comporte pas les indicateurs relatifs aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et les actions mises en œuvre pour y remédier. L’établissement encourt une contribution forfaitaire de 45 000 €24.
Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, le président de la CAC s’engage à se conformer à ses obligations.
23 À l’exception des années 2023 et 2024 (les rapports ont été établis, mais n’ont pas été présentés).
24 Article 6 du décret n° 2024-801 du 13 juillet 2024.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
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2.6.2 Un plan d’action pluriannuel peu opérationnel
Pour assurer l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, les EPCI de plus de 20 000 habitants doivent élaborer et mettre en œuvre un plan d'action pluriannuel dont la durée ne peut excéder trois ans renouvelables. Cette obligation a pour objectif de parvenir à des actions concrètes pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique.
Le plan doit préciser, pour chacun des domaines précités, les objectifs à atteindre, les indicateurs de suivi et leur calendrier de mise en œuvre. Les agents doivent y avoir accès, notamment par voie numérique (site internet, intranet, etc.), et le préfet en être destinataire. En cas de manquement, le représentant de l’État, après mise en demeure, peut prononcer une pénalité pouvant atteindre 1 % de la rémunération brute annuelle globale de l'ensemble du personnel.
En 2022, la CAC a établi un « plan d’action pour l’égalité professionnelle hommes-femmes », qui a été présenté au conseil communautaire. Il comporte quatre parties correspondant aux thèmes prévus par les textes. Pour chacune, après un état des lieux succinct, une rubrique liste les nouveaux axes de l’établissement. Il s’agit davantage de déclaration d’intentions et de rappels de bonnes pratiques que de programmation d’actions concrètes, assorties de moyens, et planifiées. La durée du plan d’action n’est pas précisée. Il n’a pas été présenté annuellement aux instances de dialogue social, comme cela avait été prévu dans le document.
L’EPCI ne s’est pas doté du dispositif de signalement des violences sexuelles et sexistes requis. Il convient d’y remédier. Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, le président indique que les modalités de déploiement d’un tel registre seront posées lors de la prochaine réunion du comité social territorial.
La CAC a donc produit quelques documents relatifs à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes pour tenter, sans succès, de respecter les textes, et sans que des actions n’aient été réellement mises en œuvre depuis 2019, ce qui traduit un manque d’ambition en la matière.
2.6.3 Une situation qui appelle des changements
2.6.3.1 Le déséquilibre des nominations aux emplois supérieurs
Les nominations dans certains emplois de direction sont soumises à une proportion minimum de personnes de chaque sexe. Cette proportion devait être au moins égale à 40 % jusqu’au 31 décembre 2025 (50 % à partir de 2026). Pour la CAC, cette obligation concerne les emplois suivants : DGS, DGA, directeur général des services techniques, et certains emplois comportant des responsabilités d’encadrement, de direction de services, de conseil ou d’expertise, ou de conduite de projet.
Dans son dernier rapport sur l’égalité femmes-hommes, la CAC affiche un taux de présence féminine de 40 % pour les emplois fonctionnels, de 43 % pour les directions de pôle, et de 27 % pour les chefferies de service ou de direction d’équipement.
L’exécutif compte 15 vice-présidents, dont seulement cinq femmes. Il n’existe pas d’élu chargé de l’égalité.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
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2.6.3.2 Les inégalités salariales
Les écarts de rémunération brute se sont globalement creusés entre 2019 et 2024 entre les hommes et les femmes (cf. annexe 11). Tous grades et fonctions confondus, ces dernières perçoivent des salaires moindres.
Le constat est particulièrement marqué parmi les titulaires. En catégorie A, l’écart de 11 % en 2019 s’établit à 21 % en 2024, soit 873 € par mois. En catégories B et C, les femmes percevaient des rémunérations supérieures aux hommes en 2019. En 2024, la situation est inversée. Pour les non titulaires, en catégorie A, l’écart se creuse également, mais dans une moindre mesure, avec une différence de 87 €.
______________________ CONCLUSION INTERMÉDIAIRE ______________________
La CAC ne dispose pas à ce jour de stratégie formalisée en matière de ressources humaines, tout en faisant état d’une volonté de stabiliser désormais les moyens humains. Les lignes de gestion sont peu opérationnelles et le rapport social unique n’est pas produit. L’information donnée à l’assemblée délibérante nécessite d’être fiabilisée et complétée.
Les effectifs ont progressé de 28 % entre 2019 et 2024, passant de 103 ETPT à 131 ETPT, et les charges de personnel ont globalement augmenté de façon analogue, s’établissant, en fin de période, à 6 M€. La structure administrative a été étoffée, ainsi que plusieurs services opérationnels, en particulier le conservatoire et la médiathèque. Les démutualisations de la direction générale, du service des finances et de la communication avec la commune de Cambrai ont également contribué à l’augmentation du nombre d’agents.
La progression du régime indemnitaire a pesé dans la hausse de la masse salariale. Le nouveau régime tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (Rifseep) a été déployé, mais sans une définition suffisante du périmètre des bénéficiaires, conduisant à des versements irréguliers. En outre, le complément indemnitaire annuel (CIA) a été dévoyé de sa finalité en étant utilisé en tant que complément de rémunération.
En matière d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, l’établissement n’a pas de véritable ambition ni de plan d’action, malgré une situation qui appelle des progrès au regard de la proportion de femmes nommées aux emplois supérieurs et aux écarts de rémunération entre les deux sexes.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
31
3 UNE FIABILITÉ DES COMPTES QUI S’AMÉLIORE
3.1 Le renforcement de la fonction financière et comptable
À la suite de la démutualisation de la fonction finances, le 1er janvier 2022, un service propre à la CAC a été créé et s’est progressivement étoffé. En 2024, il comprenait cinq agents : le chef de service (cadre A), un responsable de la cellule « comptabilité et exécution financière » (cadre B), appuyé de deux agents (catégorie C), et une contrôleuse de gestion également chargée des régies et des assurances (catégorie B). Des formations ont été délivrées afin de permettre une montée en compétences.
Le service s’est doté d’un logiciel de gestion financière. Une dématérialisation des processus a été déployée (signature électronique des bordereaux, télétransmission des documents règlementaires au contrôle de légalité, parapheur électronique, etc.), et le circuit de validation des achats a été formalisé.
Fin 2023, et avec effet au 1er janvier 2024, la CAC a adopté l’instruction budgétaire et comptable M57, son règlement budgétaire et financier et le compte financier unique.
3.2 Un budget principal et 11 budgets annexes
L’EPCI dispose d’un budget principal et de 11 budgets annexes (BA), dont cinq à caractère industriel et commercial. Deux ont été créés récemment : le premier pour la gestion du golf du Cambrésis, à la suite de sa reprise en régie directe, le 1er janvier 2022, et, le second, le 1er janvier 2024, pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (Gemapi).
En 2024, le budget principal a représenté 57 % (29 M€) de l’ensemble des produits (51 M€). Cette part est restée globalement stable, entre 55 % et 59 %, sur la période (cf. annexe 12). Les BA des services à caractère administratif (SPA) portent 28 % des recettes et ceux pour des services à caractère industriel et commercial (SPIC), 15 %. Les plus importants sont ceux des déchets ménagers (12,7 M€) et celui des transports (6,7 M€). Les proportions sont similaires pour les charges de gestion.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
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Montant des produits de gestion en 2024
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.
Plusieurs subventions de fonctionnement sont prélevées sur le budget principal pour équilibrer les budgets annexes. Elles ont représenté 9 M€ sur la période 2021-202425.
Subventions de fonctionnement versées aux budget annexes
M€ 2021 2022 2023 2024 Total
Déchets ménagers (SPA) 0,9 2,3 2,0 1,5 6,7
Intervention économique (SPA) 0,5 0,5 0,2 0,3 1,6
Gemapi (SPA) 0,1 0,1
Golf du Cambrésis (SPIC) 0,2 0,3 0,3 0,8
Total 1,4 3,0 2,5 2,2 9,1
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.
25 Hors subventions ponctuelles d’investissement (0,8 M€ au BA déchets ménagers) et avances remboursables
(1,9 M€).
29 M€ 13 M€
7 M€
1,5 M€ 0,8 M€
Budget principal
Budget déchets (SPA)
Budget Transports (SPIC)
Autres budgets SPA
Autres budgets SPICCOMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
33
La compétence collecte et traitement des déchets ménagers et assimilés est mise en œuvre par une prestation de service couvrant l’ensemble du territoire. Entre 2021 et 2024, 6,7 M€ ont été affectés au budget des déchets pour compenser l’écart entre les recettes (taxe d’enlèvement des ordures ménagères, tarifs des déchetteries et autres) et les dépenses d’exploitation. L’augmentation plus rapide des produits que des charges a permis de réduire le montant de sa subvention, passée de 2,3 M€ en 2022 à 1,5 M€ en 2024. La politique de prévention des déchets a permis la réduction des quantités collectées et les coûts associés notamment en matière de traitement.
Le budget « intervention économique », qui enregistre des revenus d’immeubles et des produits de cessions d’immobilisations, a aussi été soutenu par des subventions d’équilibre pour couvrir les dotations aux amortissements des immobilisations. Elles ont représenté 1,6 M€ sur la période 2021-2024. Un abandon de créances à hauteur de 0,2 M€ a par ailleurs été pris en charge par une subvention exceptionnelle du budget principal.
Le budget relatif à la compétence gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (Gemapi) créé, le 1er janvier 2024, dont les produits se sont élevés à 0,55 M€ sur ce premier exercice, constitués principalement de la taxe Gemapi (0,33 M€), a aussi bénéficié d’une subvention de fonctionnement correspondant aux taxes enregistrées au budget principal (53 000 €)26.
Des subventions sont également attribuées pour le golf, géré en régie directe, alors qu’il relève du régime des Spic. La charge pour la CAC a été de près de 0,8 M€ sur les exercices 2022 à 2024 (cf. annexe 13). L’EPCI la justifie par « le risque d’une hausse excessive des tarifs », qui correspond à l’une des exceptions au principe d’interdiction de subvention des Spic par le budget principal prévues par l’article L. 2224-2 du CGCT. Si l’équilibre a été perturbé par un changement de mode de gestion27 et par l’extension de l’équipement28, il convient de planifier la mise à l’équilibre réel du budget, les subventions exceptionnelles n’ayant pas vocation à être pérennes. En réponse aux observations provisoires de la chambre, le président de l’intercommunalité indique que la mise à l’équilibre du budget annexe du golf est à l’étude.
3.3 Une connaissance du patrimoine en progrès
Depuis la démutualisation de la fonction financière, la CAC mène des actions pour améliorer la connaissance de son patrimoine à partir de l’actif tenu par le comptable, notamment en transférant sur des comptes d’imputation définitifs des travaux achevés en 2014, fiabilisant ainsi son bilan et ses dotations aux amortissements. En 2023, des sorties d’immobilisations ont été effectuées sur des matériels de transport anciens.
26 Depuis mars 2024, la fiscalité est directement constatée au budget annexe.
27 La gestion du golf et de son club house était assurée par un couple d’exploitants, et l’entretien par l’EPCI.
Une procédure de délégation de service public a été envisagée en 2019, mais les négociations n’ont pas pu aboutir. L’exploitation et la gestion ont donc été reprises en régie directe par la CAC. 28 En 2021, le conseil communautaire a décidé l’extension du golf, le faisant passer de 9 à 18 trous.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
34
Valeur nette comptable de l’actif du budget principal de la communauté d’agglomération de Cambrai
En M€ 2021 2022 2023 2024 Évolution
Total de l'actif du budget principal 117,8 121,5 121,6 122,3 4,5 4 %
dont « Immobilisations corporelles » (chapitre 21) 77,2 77,2 79,9 80,4 3,2 4 %
dont « Immobilisations en cours » (chapitre 23) 6,5 7,6 3,0 1,6 - 4,8 - 75 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des états de l’actif du comptable public.
L’EPCI ne dispose pas encore d’inventaires patrimoniaux finalisés, malgré le rappel au droit déjà formulé par la chambre lors du dernier contrôle en 2019. La CAC a initié la démarche par la mise en place d’inventaires physiques des immobilisations au siège de l’établissement, du matériel informatique, et des collections de la médiathèque. Il conviendra de généraliser ce chantier à l’ensemble du patrimoine et de dresser l’inventaire comptable nécessaire à la fiabilisation de l’état de l’actif.
L’intercommunalité a fixé les durées d’amortissement de ses biens par délibérations successives, au fur et à mesure de l’extension de son champ de compétence. Son règlement budgétaire et financier, adopté lors du passage à la nomenclature budgétaire et comptable M57, les a consolidées et a précisé les modalités de mise en œuvre.
3.4 Des provisions constituées à partir de 2024
Deux provisions ont été constituées en 2024. La première, d’un montant de 400 000 €, porte sur un risque de non recouvrement d’un titre émis en 2023 pour obtenir le remboursement d’une aide à une entreprise en liquidation judiciaire. La seconde, de 64 820 €, mise en place à la suite du passage à la M57, porte sur les comptes épargne temps.
En revanche, un litige ayant opposé la CAC à une entreprise de travaux publics entre 2022 et 2024 aurait dû la conduire à enregistrer une provision de 123 892 €. Il conviendra de veiller à en constituer, dès l'ouverture d'un contentieux en première instance, à hauteur du montant estimé de la charge qui pourrait en résulter, en fonction du risque financier encouru.
3.5 Un traitement plus rapide des comptes d’imputation provisoire
Des sommes importantes ont été en attente d’imputation définitive à la fin de chaque exercice : 7,4 M€ en 2021, 1,1 M€ en 2022, 1 M€ en 2023 et 1,2 M€ en 2024. La quasi-totalité porte sur des produits de cessions pour lesquels les régularisations sont intervenues tardivement et qui n’ont donc pas été rattachés aux bons exercices. Plusieurs cessions ont aussi été imputées sur le budget principal, alors qu’elles auraient dû être inscrites dans les budgets annexes. Ces anomalies ont affecté la sincérité des résultats comptables. Un travail de régularisation a été mené et le suivi a été amélioré.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
35
Les bonnes performances financières annuelles ont permis que les anomalies ne conduisent pas la CAC à des constats financiers erronés. Cependant, pour obtenir un résultat comptable fidèle et sincère, elle devra être vigilante à ventiler les opérations dans les budgets ad hoc et à régulariser les sommes qui transitent par les comptes d’imputation provisoire avant la fin de l’exercice, ou, à défaut, à procéder à des rattachements.
3.6 Une comptabilité d’engagement perfectible
Le précédent contrôle de la chambre avait relevé que la comptabilité d’engagement ne permettait pas d’assurer la fiabilité des restes à réaliser et des rattachements de charges et produits à l’exercice.
La mise en place d’un service des finances propre à la CAC, à compter du 1er janvier 2022, s’est accompagnée d’une amélioration. Chaque année, en fin d’exercice, une note est envoyée aux chefs de service et aux agents chargés des engagements, afin de rappeler les règles d’engagement, de visa et de service fait, et de fixer la date de fin des engagements. Une liste est envoyée aux responsables afin de préciser l’état des dossiers non soldés, notamment en termes de service fait.
Depuis 2024, à l’occasion du passage à la nomenclature budgétaire et comptable M57, l’EPCI assure un meilleur suivi des dépenses engagées, grâce à une mise en conformité des modalités de gestion des autorisations de programme et crédits de paiement (AP/CP). Pour les restes à réaliser, les contrôles effectués en recettes et en dépenses sur le budget principal de 2024 n’ont pas révélé d’anomalie.
S’agissant des rattachements, le contrôle d’un échantillon significatif29 a conduit à constater un taux de conformité de 72 % en dépenses, les anomalies portant sur l’absence de « service fait ». En recettes, le taux est de 70 %, les anomalies portant sur des recettes à la fois comptabilisées et rattachées. En outre, il a manqué des rattachements aux bons exercices de sommes inscrites aux comptes d’attente du budget principal et de budgets annexes.
Une amélioration des pratiques est nécessaire. Le service des finances a engagé des actions en ce sens et veille à la montée en compétence des agents chargés des opérations.
3.7 Les prémices d’un « budget vert »
La loi du 29 décembre 2023 de finances pour 2024 a prévu que le compte financier unique (CFU) des EPCI de plus de 3 500 habitants comporte un état intitulé « Impact du budget pour la transition écologique ». Ce dernier a vocation à présenter les dépenses d'investissement qui, au sein du budget, contribuent négativement ou positivement aux objectifs de transition écologique pris par la France au niveau européen :
Axe 1° atténuation du changement climatique ;
29 En dépenses, 76 % des rattachements de l’exercice 2024 ont été contrôlés, et 67 % en recettes.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
36
Axe 2° adaptation au changement climatique et prévention des risques naturels ;
Axe 3° gestion des ressources en eau ;
Axe 4° transition vers une économie circulaire, gestion des déchets, prévention des risques technologiques ;
Axe 5° prévention et contrôle des pollutions de l'air et des sols ;
Axe 6° préservation de la biodiversité et protection des espaces naturels, agricoles et sylvicoles.
Un décret de juillet 2024 fixe les modalités de mise en œuvre du dispositif, avec un étagement des obligations dans le temps, entre 2024 et 202730. Le texte prévoit que l’état soit annexé au CFU à compter de l'exercice 2024. Communément appelé « budget vert », le document ne constitue pas un autre budget, mais il correspond à une évaluation environnementale des dépenses d’investissement réalisées. Chacune est analysée au prisme de ses effets sur l’environnement, en la cotant selon une liste d’actions considérées comme globalement « favorables », « défavorables », « neutres » ou « mixtes », en vue d’apprécier son effet escompté (positif ou négatif) en matière environnementale, par rapport à la situation en l’absence de dépense. Le budget vert a ainsi vocation à permettre :
de comparer la « performance » des dépenses en matière environnementale d’une année sur l’autre, et faciliter le pilotage du budget en l’articulant avec l’ambition environnementale de la structure ;
d’améliorer la transparence du suivi des actions en matière environnementale ;
de sensibiliser en interne et mobiliser les services et élus sur les enjeux écologiques et climatiques, permettre des arbitrages budgétaires selon cette grille de lecture.
La CAC a engagé la démarche, en 2024, sur un champ ayant dépassé ses obligations : outre l’axe 1, des analyses ont été engagées sur les axes 3, 5 et 6, et les dépenses des budgets annexes gérés en M4 (SPIC) ont aussi commencé à être auditées. Finalement, seul un tiers des dépenses a été pris en compte, parmi lesquelles 85 % ont été cotées, et seul un état a été annexé au CFU du budget principal, sans information dans les budgets annexes.
30 Décret du 16 juillet 2024 pris en application de l'article 191 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de
finances pour 2024. Pour 2024, le champ des dépenses à analyser a été limité aux seuls budgets soumis à la M57, à une liste de comptes d’immobilisation restreinte. De plus, l’évaluation ne devait être menée que sur l’axe 1 (article 3 du décret susvisé).COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
37
Évaluation environnementale des dépenses exécutées au budget principal en matière de lutte contre le changement climatique (axe 1)
Source : chambre régionale des comptes, à partir du compte financier unique 2024 de la communauté d’agglomération de Cambrai.
Le traitement partiel des données limite la possibilité d’analyse des premiers résultats qui ont vocation à être comparés au fil des exercices.
Pour la suite de la démarche, il conviendra :
de définir une stratégie et des objectifs ;
de concentrer les efforts de cotation sur le périmètre fixé par les textes, en traitant intégralement les données afin de rendre possible une analyse des évolutions dans le temps ;
de présenter la démarche et le nouvel état aux élus.
La CAC pourra utiliser le budget vert en tant qu’outil d’aide à la décision dans le choix des projets et de leur mise en œuvre31.
31 Cf. guide méthodologique mis à disposition par la direction générale des collectivités locales.
696 840 €
80 065 €
2 145 813 €
Favorables Défavorables NeutresRAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
38
______________________ CONCLUSION INTERMÉDIAIRE ______________________
La CAC est dotée d’un budget principal et de 11 budgets annexes, dont cinq à caractère industriel et commercial. Ils représentent ensemble 51 M€ en recettes annuelles dont 57 % sont portées par le seul budget principal. L’établissement n’a pas une connaissance suffisante de son patrimoine pour garantir un actif comptable fiable et des dotations aux amortissements bien ajustées mais la démarche pour dresser un inventaire est engagée.
Des anomalies portant sur les comptes d’attente et les rattachements des charges et des produits à l’exercice ont affecté la sincérité des comptes jusqu’en 2023. Des actions d’amélioration ont été lancées.
En 2025, pour la première fois, les EPCI devaient procéder à une évaluation environnementale de certaines dépenses d’équipement réalisées sur l’exercice précédent. La CAC a partiellement rempli ses obligations. Il conviendra, pour les exercices à venir, de procéder au traitement exhaustif des données sur le périmètre délimité par les textes afin de rendre possible les comparaisons au fil des exercices, et pour que ce « budget vert » soit utile au suivi d’une stratégie environnementale qui reste à définir.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
39
4 UNE SITUATION FINANCIÈRE CONFORTABLE
4.1 Les bonnes performances financières du budget principal
4.1.1 Le fonctionnement
4.1.1.1 Les produits de gestion
Les produits de gestion ont représenté 29 M€ en 2024, provenant presqu’exclusivement de la fiscalité nette de reversement (16 M€) et des ressources institutionnelles (11 M€). S’y sont ajoutés quelques recettes d’exploitation et produits exceptionnels à hauteur de 2 M€.
Le produit de la fiscalité progresse sur la période (+ 12 %), du fait de la hausse des valeurs des bases (+ 15 % entre 2021 et 2024), directement liée aux revalorisations des valeurs locatives cadastrales. La fiscalité reversée diminue d’1 M€, principalement en raison de la réduction des attributions de compensation à partir de 2022.
Les ressources institutionnelles, qui représentent 38 % des produits de gestion en 2024, progressent sur la période (+ 1,3 M€), passant de 9,8 M€ à 11,1 M€. La hausse s’explique par les augmentations de la compensation au titre de la contribution économique territoriale (+ 0,7 M€), de l’attribution du fonds départemental de péréquation de la taxe professionnelle (+ 0,3 M€), et de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (+ 0,3 M€).
En 2024, les ressources d’exploitation représentent 7 % des produits de gestion (2 M€). Les revenus locatifs (près de 0,6 M€) et les remboursements de mise à disposition de personnel (0,8 M€) constituent les deux principaux postes. D’autres produits s’y ajoutent pour près d’0,6 M€ : ils portent principalement sur des régularisations de charges, des remboursements de sinistres et la cession du réseau fibre (0,3 M€).
4.1.1.2 Les charges de gestion
Les charges de gestion ont progressé de 28 %, passant de 15,9 M€ en 2019 à 20,3 M€ en 2024 (+ 4,4 M€). Celles de personnel en représentent près de 30 % en 2024.
Les charges à caractère général représentent 24 % des dépenses de gestion et ont progressé de près de 50 % (+ 1,6 M€) entre 2021 et 2024. Sur ce dernier exercice, les principaux postes concernent les services extérieurs (1,1 M€), l’entretien et les réparations (0,9 M€, dont la majorité pour les voiries), les achats (0,9 M€ principalement pour l’énergie, l’électricité, les achats de prestations de service et livres, disques et autres pour la médiathèque), et les contrats de prestations de services avec des entreprises (0,6 M€).RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
40
Les subventions de fonctionnement représentent 23 % et progressent également dans la même proportion. Les versements aux personnes de droit privé représentent 1,1 M€ en moyenne par an. Si ce montant est resté stable, le nombre d’entités subventionnées a progressé, passant de 30 en 2021 à 68 en 202432.
Les autres charges de gestion (24 %) s’élèvent à 4,8 M€ en 2024. La contribution au service incendie progresse de 0,4 M€, pour atteindre 3,3 M€. Les participations et contributions aux organismes de regroupement33 se réduisent sur la période à 0,7 M€ (- 0,5 M€).
4.1.1.3 La capacité d’autofinancement
Évolution de la capacité d’autofinancement et de ses déterminants de 2021 à 2024
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.
L’excédent brut de fonctionnement, calculé comme étant la différence entre les produits et les charges de gestion, progresse entre 2021 et 2024, passant de 6,9 M€ à 8,6 M€ (cf. annexe 14). À l’exception de l’exercice 2024, les produits augmentent plus rapidement que les charges, en valeur absolue.
32 Les entités les plus subventionnées en 2024 sont la SASP Cambrai Volley (0,4 M€), l’université polytechnique
(0,12 M€), l’association jeunesse rurale (0,09 M€), et Emmaüs (0,08 M€).
33 Syndicat Intercommunal de distribution d’eau du Nord – syndicat intercommunal d’assainissement du Nord
(SIDEN SIAN), syndicat intercommunal d’assainissement de Cambrai (SIAC), syndicat mixte Escaut et affluents, centre d'information sur les droits des femmes et des familles des Hauts-de-France (CIDIFF), syndicat mixte des ports intérieurs, etc.
6,9 7,8
9,2 8,6
6,2
8,1 8,5 8,0
3,2
5,2 4,7 4,8
23
29
16
20
0
5
10
15
20
25
30
35
2021 2022 2023 2024
Millions M
€
Excédent brut de fonctionnement CAF brute
CAF nette Produits de gestion
Charge de gestionCOMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
41
La capacité d’autofinancement (CAF) brute, qui correspond à l’excédent brut de fonctionnement diminué des intérêts de la dette34, passe de 6,2 M€ en 2021 à 8 M€ en 2024. Elle a principalement augmenté entre 2021 et 2023 (+ 2,2 M€) et s’est légèrement réduite en 2024 (- 0,5 M€).
La CAF nette, déterminée à partir de la CAF brute à laquelle est soustraite l’annuité en capital de la dette, est également en progression. De 3,2 M€ en 2021, elle atteint 4,8 M€ en 2024. Si l’annuité en capital a progressé de 6 %, l’augmentation de la CAF brute de l’ordre de 30 % permet l’accroissement de la CAF nette.
4.1.2 Des investissements presqu’intégralement financés par les ressources disponibles
La CAC a investi 25,3 M€ entre 2021 et 2024, en dépenses d’équipement (59 %), en subventions d’équipement (28 %) et dans des participations et investissements financiers (13 %).
Les principales opérations ont porté sur des travaux dans les zones d’activité (4,7 M€), l’extension à 18 trous du golf (1,9 M€), la réhabilitation du conservatoire (1,5 M€), des fouilles archéologiques pour le projet E-Valley (1 M€), l’aménagement d’une aire d’accueil des gens du voyage (1 M€), des travaux d’éclairage public (0,8 M€), les bacs de déchets, composteurs, broyeurs (0,7 M€), les moyens des services (matériels, mobiliers, informatique, etc. pour 0,6 M€), la maison de la mobilité (0,4 M€), l’Aéroplaine, la boucle de loisirs de Niergnies, Séranvillers-Forenville et Crèvecoeur-sur-Escaut (0,4 M€), la sécurisation des déchetteries (0,4 M€).
La CAC verse également des aides économiques aux entreprises (2,2 M€) et des fonds de solidarité aux communes, notamment rurales (aménagement du territoire, restauration et rénovation du patrimoine, et équipements sportifs des Jeux Olympiques pour 4,3 M€).
Des investissements financiers sont intervenus à hauteur de 3,3 M€, avec en particulier une participation au capital des sociétés SPES Cambrésis, dans le cadre du développement de l’énergie solaire35.
Pour financer ces investissements, l’EPCI a mobilisé sa CAF disponible de 17,9 M€ (cf. annexe 14). Les autres recettes d’investissement hors emprunt (7,3 M€ cumulés) sont constituées de subventions d’investissement reçues (3,6 M€), du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (2 M€), du produit des cessions (1,4 M€) et de la taxe d’aménagement (0,3 M€). Les dépenses sont ainsi couvertes, en quasi-totalité, par les recettes d’investissement hors emprunt.
34 Augmentation des mandats annulés, qui se sont élevés à 0,9 M€ en 2022, expliquant pourquoi la CAF brute
est supérieure à l’excédent brut de fonctionnement.
35 Les sociétés SPES, SPES 2 et SPES 3 gèrent l’exploitation du parc photovoltaïque de la CAC.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
42
Financement des dépenses d’investissement sur la période 2021 à 2024
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.
L’EPCI a souscrit deux nouveaux emprunts en 2022 et 2023, de 3 M€ chacun, qui ont abondé le fonds de roulement. Le niveau déjà élevé de ce dernier (12 M€ en 2022) ne le justifiait pas. La CAC a supporté des frais financiers, qui se sont élevés à 0,35 M€, de 2022 à septembre 2025, qui auraient pu être évités. Elle devra veiller à mobiliser l’emprunt au plus près de ses besoins pour réaliser son plan pluriannuel d’investissement.
Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, le président de la CAC estime que les emprunts étaient justifiés du fait croisé de taux d’intérêt bas et d’un potentiel déclenchement de projets structurants finalement décalés pour des raisons indépendantes de la volonté communautaire. Toutefois, le niveau élevé des réserves financières, qui représentaient 258 jours de charges courantes fin 2021 et 305 jours fin 2022, ne justifiait pas de souscrire de nouveaux emprunts.
4.1.3 Une situation bilancielle avec des réserves de financement
4.1.3.1 Un endettement aux risques maîtrisés
Fin 2024, l’encours de la dette financière consolidée auprès des établissements prêteurs s’élevait à 23,1 M€. La dette est affectée principalement au budget principal (81 %), et également aux budgets intervention économique (17 %) et assainissement (2 %).
Au 1er janvier 2025, la communauté compte 41 emprunts, dont 35, soit 94 % de l’encours, à taux fixe (en moyenne à 3,01 %), et six à taux variable sans risque de dérive significatif. La durée résiduelle actuelle est de 14 ans et 10 mois, avec une extinction en 2039.
0
2
4
6
8
10
12
14
16
18
20
2021 2022 2023 2024
Millions
€
Fonds de roulement net global
Nouveaux emprunts de l'année
Recettes d'inv. hors emprunt
CAF nette ou disponible
Total des dépenses d'investissement/équipementCOMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
43
L’encours de la dette compte également, en plus des emprunts, les dettes auprès des autres groupements (5 M €). Cette somme résulte d’écritures comptables issues de la fusion de la CAC avec une communauté de communes en 2014. Le précédent contrôle de la chambre avait déjà relevé cette anomalie. Une délibération budgétaire modificative a été votée en juillet 2024 pour régulariser la situation. Toutefois, les écritures comptables afférentes n’ont pas été passées. Il convient de solder ce dossier. L’ordonnateur s’est engagé à le faire en 2026.
La capacité de désendettement36 du budget principal est passée de 3,6 ans en 2021 à 2,3 ans en 2024. Pour la dette consolidée, elle s’établit à 2 ans, fin 2024. À titre de comparaison, la capacité de désendettement moyenne des EPCI de la région des Hauts-de-France, pour la strate 50 000 à 99 999 habitants, s’établit à 3,3 ans. La CAC dispose de marges de manœuvre financière.
4.1.3.2 Des niveaux de fonds de roulement et de trésorerie élevés
Le fonds de roulement net global progresse de 12 M€ en 2021 à 18 M€ en 2024, en prévision des investissements prévus dans les années à venir.
L’EPCI dispose par ailleurs d’une abondante trésorerie d’un montant moyen de 32 M€ en fin d’exercice 2021 à 2024, et qui atteint 36 M€ fin 2024, soit un peu plus d’un an et demi de charges courantes du budget principal. Sur toute la période examinée, son niveau instantané est resté supérieur à 20 M€.
Fonds de roulement et trésorerie
Au 31 décembre en M€ 2021 2022 2023 2024
Fonds de roulement net global 11,7 15,4 17,2 17,6
- Besoin en fonds de roulement global - 14,1 - 17,1 - 19,1 - 18,3
=Trésorerie nette 25,8 32,4 36,3 35,9
En nombre de jours de charges courantes du budget principal 567 643 650 627
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.
Sur la période 2021-2024, la moyenne du taux de paiement à 10 jours, qui s’élève à 90 %37, est satisfaisante.
36 Ce ratio de l’encours de la dette sur l’épargne brute permet d’apprécier le nombre d'années qui serait nécessaire
à une collectivité pour rembourser l’intégralité du capital de sa dette si elle devait y consacrer la totalité de son autofinancement brut. Un seuil de dix à douze années est considéré comme critique. 37 Source : comptable public.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
44
4.1.4 Des perspectives d’investissement soutenables
Le plan pluriannuel d’investissement (PPI), actualisé en juin 2024, prévoit des dépenses à hauteur de 14,8 M€ en 2025, 18,3 M€ en 2026 et 15,1 M€ en 2027, représentant un volume global d’investissement de 48 M€ (cf. annexe 15). Comme l’avait recommandé la chambre en 2019, le PPI, qui décrit les projets et leur financement est présenté aux élus communautaires. Une prospective financière lui est adossée.
Pour financer ses investissements, la CAC aurait recours à :
des subventions d’investissement évaluées à 10 M€ (DRAC, Région, Département, DSIL, fonds vert, Interreg, agence de l’eau, etc.) ;
la mobilisation de son épargne nette annuelle ; sur la base de la moyenne annuelle des quatre dernières années (4,5 M€), elle serait de 13,5 M€ sur la période 2025-2027 ;
son fonds de roulement (17,6 M€).
Le solde (6,9 M€) serait couvert par de nouveaux emprunts.
Au regard des réserves financières actuelles et de la capacité de désendettement de la CAC, le caractère soutenable de son PPI apparaît réaliste.
______________________ CONCLUSION INTERMÉDIAIRE ______________________
La CAC présente une bonne santé financière. Elle dégage chaque année une capacité d’autofinancement qui a progressé entre 2021 (6,9 M€) et 2024 (8,6 M€). Les recettes fiscales constituent la première ressource (16 M€ en 2024), suivies des recettes institutionnelles (11 M€). Les charges de personnel sont le principal poste de dépenses : elles ont augmenté de 30 % entre 2021 (4,6 M€) et 2024 (6 M€).
L’établissement a investi 25 M€ au cours de cette période, notamment dans des projets tels que l’aménagement de zones d’activité, la réhabilitation du conservatoire à rayonnement départemental et l’extension du golf. Il verse des aides aux entreprises et apporte son soutien aux communes membres. Des investissements financiers sont également intervenus pour le développement de l’énergie solaire. Le financement de ces opérations a été presqu’intégralement couvert par les recettes propres. L’établissement a souscrit deux emprunts de 6 M€ qui n’étaient pas justifiés et qui ont engendré 0,35 M€ de frais financiers de 2022 à septembre 2025.
Avec une capacité de désendettement consolidée qui s’établissait à 2 ans fin 2024, la CAC dispose de marges de manœuvre financière. Son programme pluriannuel d’investissement prévoit 48 M€ de dépenses de 2025 à 2027. Il apparaît soutenable, avec un recours à l’emprunt limité à 7 M€, au regard des réserves financières actuelles, de l’épargne dégagée et des subventions d’investissement attendues.
*
* *COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
45
ANNEXES
Annexe n° 1. Le territoire de la communauté d’agglomération de Cambrai ........................................ 46 Annexe n° 2. Services externalisés ....................................................................................................... 48 Annexe n° 3. Évolution des effectifs par activité.................................................................................. 49 Annexe n° 4. Évolution des effectifs par filière .................................................................................... 50 Annexe n° 5. Évolution des effectifs d’agents non permanents (ETPT) .............................................. 51 Annexe n° 6. Évolution des rémunérations........................................................................................... 52 Annexe n° 7. Mesures à caractère général décidées au niveau national entre 2019 et 2024 ................ 53 Annexe n° 8. Mesures catégorielles décidées au niveau national entre 2019 et 2024 ......................... 54 Annexe n° 9. Régime indemnitaire moyen par catégorie ..................................................................... 55 Annexe n° 10. Cartographie du régime indemnitaire ............................................................................ 57 Annexe n° 11. Écarts de rémunération entre les femmes et les hommes (brut mensuel) ..................... 58 Annexe n° 12. Architecture budgétaire ................................................................................................. 59 Annexe n° 13. Budget annexe « Golf du Cambrésis » .......................................................................... 61 Annexe n° 14. Évolution de la situation financière de 2021 à 2024 ...................................................... 62 Annexe n° 15. Programmation pluriannuelle d’investissements 2025-2027 ......................................... 64RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
46
Annexe n° 1. Le territoire de la communauté d’agglomération de Cambrai
La CAC au sein de la région des Hauts-de-France
Source : chambre régionale des comptes, à partir de la cartothèque des Hauts-de-France.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
47
Communes composant la communauté d’agglomération de Cambrai
Source : chambre régionale des comptes, à partir de la cartothèque des Hauts-de-France.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
48
Annexe n° 2. Services externalisés
Services externalisés
Type d'externalisation (établissement public, société publique locale,
délégation de service public à une entreprise privée ou à une SEM,
marché public)
Eau Établissements publics (syndicats), communes, DSP en direct
Assainissement Établissements publics (syndicats), communes, DSP en direct
Gemapi Établissement public (syndicat)
Déchets ménagers Déchetteries exploitées en marchés publics (4 / 6)
Transports DSP et marchés publics
Accueil des gens du voyage Marché public pour la gestion de l’aire d’accueil (24 places)
Tourisme Établissement public (EPIC : « agence d'attractivité »)
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données transmises par la communauté d’agglomération de Cambrai.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
49
Annexe n° 3. Évolution des effectifs par activité
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données de paie.
En ETPT En %
ADMINISTRATION GENERALE 9,9 8,2 7,1 10,8 11,5 11,9 2,0 21%
DIRECTION GENERALE SERVICES 2,0 2,0 2,0 2,5 3,1 4,5 2,5 123%
CABINET DU PRESIDENT 0,5 0,8 0,2 0,2 -0,3 -63%
Total Exécutif 12,4 10,2 9,1 14,0 14,8 16,6 4,2 34%
SERVICE FINANCIER 2,6 2,6 2,9 4,4 4,6 5,6 3,0 113%
MARCHES PUBLIC 0,8 0,8 0,8 1,0 1,6 1,6 0,8 100%
SERVICE INFORMATIQUE 1,0 1,0 1,0 1,3 1,7 0,4 -0,6 -59%
Total Ressources et Affaires générales 16,8 14,6 13,8 20,8 22,6 24,1 7,4 44%
CONSERVATOIRE 33,6 34,9 35,9 34,1 36,9 38,6 5,0 15%
LE LABO / MEDIATHEQUE 26,0 26,0 25,3 24,8 27,2 28,6 2,6 10%
ARCHEO SITE 1,4 2,1 2,0 2,4 2,6 2,7 1,2 88%
MUSEE CAMBRAI TANK1917 1,0 1,0 1,1 1,0 0,9 1,6 0,6 59%
Total Culture 62,0 63,9 64,4 62,3 67,5 71,5 9,4 15%
GOLF 0,2 1,3 2,2 2,7 2,7
TRANSPORTS URBAINS 0,3 1,0 1,0 1,0
OFFICE DU TOURISME 0,1 0,2 0,5 1,7 1,0 0,9 623%
CENTRE UNIVERSITAIRE 5,7 5,0 5,6 5,7 6,3 6,2 0,6 10%
Total Développement économique / mobilités 5,8 5,0 5,9 7,7 11,2 11,0 5,2 89%
STRATEGIE TERRITORIALE 2,0 2,0 2,0 1,8 3,3 4,5 2,5 129%
HABITAT - POLITIQUE DE LA VILLE 1,0 1,0 1,0 1,3 1,9 2,0 1 100%
TERRE DE JEUX 2024 1,6 1,6
Total Stratégie territoriale 3,0 3,0 3,0 3,1 5,2 8,1 5,1 172%
BRIGADES VERTES 0,6 -0,6 -100%
DECHETS MENAGERS 6,1 6,6 6,4 7,6 8,8 8,3 2,1 35%
DIRECTION 0,8 1,0 1,0 1,1
Total Environnement 6,8 6,6 7,2 8,6 9,8 9,4 2,6 39%
SERVICE TECHNIQUE 7,2 6,4 5,8 5,7 5,7 5,8 -1,4 -19%
SERVICE CAC ENTRETIEN 1,6 1,3 1,0 1,0 1,0 1,0 -0,6 -37%
Total Technique 8,8 7,7 6,8 6,7 6,7 6,8 -2,0 -22%
Total général 103,1 100,8 101,1 109,2 123,1 130,9 27,7 27%
2022 2023 2024
Evolution
de 2019 à 2024 Services 2019 2020 2021RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
50
Annexe n° 4. Évolution des effectifs par filière
Filière / catégorie 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Évolution
2019-2024
%
représentation
En
ETPT En % 2019 2024
Administrative 30 29 30 37 40 44 14 46 % 29 % 34 %
A 7 8 9 11 11 13 6 82 %
dont cabinet 1 0 0 0
dont emploi fonctionnel 1 1 1 2 4 4 3
B 7 6 7 6 7 8 2 26 %
C 17 16 14 19 22 23 6 37 %
Culturelle 51 51 51 47 52 55 4 9 % 49 % 42 %
A 22 23 24 23 26 26 4 16 %
B 21 20 19 17 19 21 0 0 %
C 7 8 9 8 7 8 1 13 %
Technique 18 19 18 19 23 23 4 24 % 18 % 17 %
A 2 1 2 2 3 2 1 33 %
B 1 1 1 1 1 2 1 58 %
C 16 17 15 16 19 19 3 20 %
Filière et grade non
précisés 3 2 2 7 8 7 4 148 % 3 % 6 %
Animation 1 0 2 1 106 % 1 % 1 %
C 1 0 2 1 106 %
Total général 103 101 101 109 123 131 28 27 % 100 % 100 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données de paie.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
51
Annexe n° 5. Évolution des effectifs d’agents non permanents (ETPT)
ETPT 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Évolution
2019-2024
En
ETPT En %
Catégorie C non titulaire 6,0 8,7 7,8 11,7 17,5 18,6 12,6 209 %
* dont filière administrative 3,6 4,6 5,1 9,0 11,6 9,0 5,4 149 %
* dont filière technique 2,4 4,1 2,7 2,7 5,8 7,0 4,6 194 %
* dont filière animation 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 1,6 1,6
* dont filière culturelle 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,9 0,9
Intervenants 0,4 1,0 0,9 2,3 2,1 1,6 1,3 364 %
Vacataires 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,01 0,01
Apprentis 0,0 0,0 0,0 1,5 3,8 4,1 4,1
Étudiants en entreprise 0,0 0,0 0,0 0,4 0,3 0,7 0,7
Services civiques 0,0 0,0 0,0 1,6 1,5 0,4 0,4
Emplois aidés 1,5 0,8 0,9 0,6 0,2 0,5 - 1,0 - 66 %
Autre (catégorie, statut, grade
non précisés / jury / Non titulaire
sans grade)
1,2 0,0 0,0 0,3 0,0 0,0 - 1,1 - 98 %
Total général 9 11 10 18 26 26 17 189 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données de paie.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
52
Annexe n° 6. Évolution des rémunérations
En € 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Rémunération principale (1) 1 791 709 1 644 970 1 703 997 1 792 310 1 886 992 1 959 764
+ Régime indemnitaire (2) 341 898 326 384 393 248 409 289 432 223 484 376
+ Autres indemnités (3) 32 111 28 712 29 722 33 682 46 178 82 866
= Rémunérations du personnel titulaire (a) 2 165 718 2 000 067 2 126 967 2 235 281 2 365 393 2 527 006
Rémunérations et indemnités (4) 623 794 703 669 679 104 867 574 1 048 009 1 245 128
+ Autres indemnités (5) 43 422 46 259 53 783 83 954 117 016 115 946
+ Indemnités de préavis et de licenciement 0 0 0 0 1 355 0
= Rémunérations du personnel non titulaire (b) 667 216 749 928 732 887 951 528 1 166 379 1 361 074
Autres rémunérations (c) 72 722 57 849 53 346 94 210 104 448 114 654
= Rémunérations du personnel (a+b+c) 2 905 655 2 807 843 2 913 200 3 281 019 3 636 220 4 002 734
ETPT 103 101 101 109 123 131
€ / ETPT 28 175 27 863 28 811 30 046 29 546 30 586
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données de paie.
Titulaires :
1 : Traitement indiciaire ; demi-traitement ; rappels ; vacations ; transfert primes points
2 : IFSE ; CIA ; Prime de fin d'année ; Indemnités ; heures supplémentaires et rappels
3 : NBI ; rappel NBI ; NBI - demi-traitement ; supplément familial de traitement (SFT) ; rappels SFT
Non titulaires :
4 : Traitement indiciaire ; vacations ; salaire ; heures supplémentaires et complémentaires et rappels
5°: Toutes les autres indemnitésCOMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
53
Annexe n° 7. Mesures à caractère général décidées au niveau national
entre 2019 et 2024
Point d’indice SMIC GIPA PPCR Cotisations sociales Autres
2019 + 1,5 % au 01/01
Oui (base
inflation
2,85 % sur
4 ans)
Revalorisation indiciaire au 01/01
pour l’ensemble des cadres
d’emploi (dernière année pour
catégorie B et première année
pour catégories A et C)
Deuxième année du transfert
prime point pour les agents de
catégorie A
+ 0,18 point par
agent CNRACL
Revalorisation des indemnités
kilométriques (obligatoire)
2020 + 1,2 % au 01/01
Oui (base
inflation
3,77 % sur
4 ans)
Revalorisation indiciaire au 01/01
des agents de catégorie A et C au
titre du PPCR (deuxième année
du protocole)
+ 0,27 point par
agent CNRACL
Mise en place de l’indemnité pour
rupture conventionnelle (facultatif)
2021
Attribution de points
d’indice majorés à
certains agents de
catégorie C au 01/01
Relèvement du minimum
de traitement à l’indice
majoré 340 au 01/10
+ 0,99 % au
01/01
+ 2,2 % au
01/10
Oui (base
inflation
3,78 % sur
4 ans)
Revalorisation indiciaire au 01/01
des agents de catégorie A et C au
titre du PPCR (dernière année du
protocole)
Versement d’une aide
exceptionnelle de 100 € pour les
salaires inférieurs à 2 000 €
(obligatoire)
Création des indemnités de fin de
contrat (obligatoire)
2022
Hausse de 3,5 % de la
valeur du point d'indice
au 01/07
Relèvement du minimum
de traitement à l'indice
majoré 343 à compter du
01/01
Relèvement minimum de
traitement à l'IM 352 à
compter du 01/10
+ 0,86 % au
01/01
+ 2,65 % au
01/05
+ 2,03 % au
01/08
Oui (base
inflation
4,36 % sur
4 ans)
2023
Hausse de 1,5 % de la
valeur du point d'indice
au 01/07
Relèvement du minimum
de traitement à l'indice
majoré 353 à compter du
01/01
Relèvement minimum de
traitement à l'IM 361 à
compter du 01/10
Attribution de points
d'indice majorés à
certains agents de
catégorie B et C à
compter du 01/07
+ 1,81 % au
01/01
+ 2,22 % au
01/05
Oui (base
inflation
8,19 % sur
4 ans)
Mise en place d’une prime pouvoir
d’achat (à l’appréciation de la
collectivité).
Revalorisation des frais de mission
(obligatoire)
Augmentation du taux de prise en
charge partielle du prix des titres
d'abonnement correspondant aux
déplacements effectués par les
agents publics entre leur résidence
habituelle et leur lieu de travail
(passage de 50 à 75 %).
2024
Attribution de 5 points
d'indice majorés à tous
les agents publics
+ 1,12 % au
01/01 et
+ 1,97 % au
01/11
Non
+ 1 point part
employeur
CNRACL
(compensée en
2024)
+ 0,12 points de
cotisations
vieillesse du
régime général
(contractuels)
Source : Cour des comptes.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
54
Annexe n° 8. Mesures catégorielles décidées au niveau national
entre 2019 et 2024
Mesures statutaires Mesures indemnitaires
2019
Passage en catégorie A de trois cadres d’emploi :
éducateurs territoriaux, assistants territoriaux socio-
éducatifs, conseillers territoriaux socio-éducatifs
2020 Passage en catégorie A de certains techniciens paramédicaux territoriaux
Création, à compter du 01/09, d’un complément de
traitement indemnitaire pour les agents concernés par la
Ségur de la santé travaillant en EPHAD à compter du
1er septembre
2021
Extension du bénéfice du complément de traitement
indemnitaire pour les agents concernés par la Ségur de la
santé pour certains agents paramédicaux (entre le 01/10
et le 01/11 en fonction de la structure)
2022
Transposition dans la FPT du Ségur de la santé :
revalorisation des cadres d'emploi de catégorie A de la
filière médico-sociale, des auxiliaires de puériculture et
des auxiliaires de soins territoriaux
Attribution d’une bonification exceptionnelle
d’ancienneté et revalorisation des échelles de
rémunération des agents de catégorie C au 01/01
Nouvelle organisation des carrières des cadres d’emploi
relevant de la catégorie B
Création d’une prime de revalorisation facultative au
01/01 pour certains agents publics paramédicaux et
professionnels de la filière socio-éducative de la fonction
publique territoriale, exerçant auprès des publics fragiles
et ne bénéficiant pas du complément de traitement
indiciaire (CTI).
Le montant de cette prime était équivalent au CTI
Suppression de la prime de revalorisation facultative en
contrepartie de l’extension du bénéfice du CTI pour ces
mêmes agents à compter du 01/04
2023 Revalorisation des cadres d’emploi directeurs de la police municipale et policiers municipaux
2024 Revalorisation du métier de secrétaire de mairie Revalorisation du métier de garde champêtre
Accord de branche validé par le Gouvernement
prévoyant, à compter du 01/01 l’extension de la prime
Ségur à l’ensemble des professionnels de la branche
sanitaire sociale et médico-sociale non concernés jusqu’à
présent (les « oubliés du Ségur »)
Source : Cour des comptes.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
55
Annexe n° 9. Régime indemnitaire moyen par catégorie
Agents titulaires (A)
2019 2020 2021 2022 2023 2024 Évolution 2019-2024
Catégorie A
Régime indemnitaire versé en € 143 719 142 881 190 093 215 314 228 299 244 640 70 %
Nombre d'ETPT 19,6 20,0 22,4 22,5 23,3 23,1 18 %
Montant moyen par ETPT en € 7 349 7 151 8 484 9 587 9 797 10 576 44 %
Catégorie B
Régime indemnitaire versé en € 46 742 43 830 47 961 53 705 72 461 96 972 107 %
Nombre d'ETPT 17,9 13,9 13,8 13,2 14,4 14,4 - 20 %
Montant moyen par ETPT en € 2 609 3 149 3 466 4 057 5 034 6 736 158 %
Catégorie C
Régime indemnitaire versé en € 101 853 102 648 89 661 93 132 100 032 111 338 9 %
Nombre d'ETPT 34,4 31,3 29,9 30,4 31,5 33,0 - 4 %
Montant moyen par ETPT en € 2 960 3 280 3 002 3 063 3 172 3 375 14 %
TOTAL
Régime indemnitaire versé en € 292 314 289 358 327 715 362 150 400 792 452 949 55 %
Nombre d'ETPT 71,9 65,2 66,1 66,1 69,2 70,5 - 2 %
Montant moyen par ETPT en € 4 067 4 438 4 957 5 479 5 789 6 423 58 %
Agents non titulaires (B)*
2019 2020 2021 2022 2023 2024 Évolution 2019-2024
Catégorie A
Régime indemnitaire versé en € 17 638 18 147 16 683 38 227 50 711 53 191 202 %
Nombre d'ETPT 11,6 12,1 11,9 13,8 16,3 18,0 55 %
Montant moyen par ETPT en € 1 522 1 498 1 397 2 766 3 115 2 961 95 %
Catégorie B
Régime indemnitaire versé en € 14 533 22 232 26 975 21 521 23 728 33 760 132 %
Nombre d'ETPT 10,7 12,9 13,4 10,9 12,0 16,4 53 %
Montant moyen par ETPT en € 1 364 1 720 2 015 1 973 1 971 2 065 51 %
Catégorie C
Régime indemnitaire versé en € 1 087 3 164 2 721 9 367 14 857 11 908 995 %
Nombre d'ETPT 5,7 8,7 7,8 11,7 17,5 18,6 229 %
Montant moyen par ETPT en € 192 362 347 799 848 639 233 %
TOTAL
Régime indemnitaire versé en € 33 258 43 543 46 379 69 115 89 296 98 859 197 %
Nombre d'ETPT 27,9 33,8 33,2 36,5 45,8 52,9 90 %
Montant moyen par ETPT en € 1 191 1 289 1 399 1 896 1 948 1 867 57 %RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
56
(A) + (B)
2019 2020 2021 2022 2023 2024 Évolution 2019-2024
TOTAL
(titulaires
et non
titulaires)
Régime indemnitaire versé en € 325 572 332 901 374 094 431 265 490 087 551 808 69 %
Nombre d'ETPT 99,8 99,0 99,3 102,6 115,1 123,5 24 %
Montant moyen par ETPT en € 3 262 3 363 3 768 4 205 4 259 4 469 37 %
Source : chambre régionale des comptes à partir des données de paie.
NB : Le régime indemnitaire est estimé à partir des lignes des fiches de paie. Celles-ci portent sur l’IFSE, le CIA, la prime de service et rendement, la prime de responsabilité, la prime de fin d'année, la prime de vacances, l’indemnité spécifique de service, l’indemnité de régisseur, l’indemnité chaussures et vêtements, ainsi que leurs rappels. Le nombre d'ETPT est estimé selon les quotités de travail présentes sur les fiches de paie.
* hors statuts particuliers (intervenants, vacataires, apprentis, étudiants en entreprise, service civique, emplois aidés, et jury).COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
57
Annexe n° 10. Cartographie du régime indemnitaire
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données de paie.
2019 2020 2021 2022 2023 2024 Évolution 2019-2024
En € 195 322 223 682 289 944 369 313 441 404 497 600 155%
Nombre d'agents 53 54 58 77 87 89 68%
En € 2 130 6 390 6 390 7 650 8 948 11 490 439%
Nombre d'agents 1 1 2 2 4 5 400%
En € 5 684 7 206 6 379 5 371 7 704 14 022 147%
Nombre d'agents 3 3 3 3 3 5 67%
En € 28 882 18 447 18 622 7 782 -100%
Nombre d'agents 27 14 13 12 -100%
En € 32 734 15 684 7 643 3 822 -100%
Nombre d'agents 3 2 1 1 -100%
En € 7 069 2 788 851 425 -100%
Nombre d'agents 3 2 1 1 -100%
En € 27 520 17 950 11 043 6 083 743 -100%
Nombre d'agents 17 4 4 3 2 -100%
En € 9 506 9 506 7 646 7 823 7 677 7 931 -17%
Nombre d'agents 1 1 2 2 1 1 0%
En € 1 801 1 735 1 833 2 128 2 390 2 717 51%
Nombre d'agents 55 53 56 65 73 83 51%
En € 24 698 22 282 21 942 20 961 19 186 16 997 -31%
Nombre d'agents 29 27 26 26 24 21 -28%
En € 687 687 1 374 1 206 76%
Nombre d'agents 1 1 2 2 100%
En € 1 990 1 797 1 788 1 452 1 245 1 051 -47%
Nombre d'agents 25 22 22 20 18 15 -40%
En € 710 886 710 1 602 -100%
Nombre d'agents 2 3 2 3 -100%
En € 397 1 278
€ / agent 397 426
En € 553 682 12 443 791 -100%
€ / agent 79 85 12 63 72 -100%
Prime de vacances
Prime médaille
Forfait mobilités durables
(prise en charge abonnement
de travail, prime vélo…)
Indemnité de responsabilité
régisseur
Prime service et rendement
Indemnité forfaitaire pour
Travaux Supplémentaires (IFTS)
Prime de responsabilité
Indemnité chaussures et
vêtements
Prime de fin d'année
Prime de retraite
IFSE
CIA
Indemnité de suivi et
orientation des élèves
Indemnité administration et
technicité
Indemnités spécifiques de
serviceRAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
58
Annexe n° 11. Écarts de rémunération entre les femmes et les hommes
(brut mensuel)
2019 2024
Femmes Hommes Écart Femmes Hommes Écart € % € %
Titulaires
A 2 990 3 351 - 361 - 11 % 3 271 4 144 - 873 - 21 %
B 2 280 2 192 88 4 % 2 525 2 635 - 110 - 4 %
C 1 809 1 644 165 10 % 2 062 2 093 - 31 - 1 %
Non-titulaires
A 1 424 1 391 33 2 % 1 560 1 647 - 87 - 5 %
B 1 324 1 112 213 19 % 1 665 1 249 416 33 %
C 1 097 1 133 - 36 - 3 % 1 710 1 740 - 30 - 2 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données de paie.
NB : l’effectif retenu ne comprend pas les agents non permanents avec des statuts particuliers (intervenants, vacataires, apprentis, étudiants en entreprise, service civique, emplois aidés, et jury).COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
59
Annexe n° 12. Architecture budgétaire
Produits de gestion
Libellé des budgets Nomenclature comptable
Produits de gestion par budget
2021 2022 2023 2024
Part des
produits en
2024
CA CAMBRAI 2017
M14 puis M57 à
compter du
1er janvier 2024
22 830 380 25 578 183 28 877 545 28 950 335 57 %
Gestion des déchets ménagers
M14 puis M57 à
compter du
1er janvier 2024
10 469 819 12 854 960 12 079 826 12 721 315 25 %
Intervention économique 1 123 576 1 137 333 940 111 846 707 2 %
Iwuy Ouest 0 0 25 939 83 248 0,2 %
Pôle multigare 0 1 0 0 0 %
PA du Lapin Noir 0 0 0 0 0 %
Gemapi (à compter de
l'exercice 2024) M57 550 020 1 % Budgets annexes des services publics à
caractère administratif (SPA) 11 593 395 13 992 294 13 045 876 14 201 291 28 %
Transports urbains M43 6 649 882 5 894 596 6 277 249 6 746 560 13 %
Assainissement M49 127 902 161 885 194 691 175 706 0,3 %
Distribution d'eau potable M49 14 555 56 960 6 464 34 473 0,07 %
Cafétéria Laboratoire Culturel
M14 puis M4 à
compter du
1er janvier 2024
4 567 9 542 10 592 13 053 0,03 %
Régie du golf du Cambrésis (à
compter de l'exercice 2022) M4 344 085 420 753 592 440 1 % Budgets annexes des services publics
industriels et commerciaux (SPIC) 6 796 906 6 467 069 6 909 749 7 562 231 15 %
Total des budgets annexes 18 390 302 20 459 363 19 955 626 21 763 522
Total des budgets (budget principal + budgets
annexes) 41 220 681 46 037 546 48 833 170 50 713 857
Part des budgets annexes dans le budget total 45 % 44 % 41 % 43 %
Part des budgets SPIC dans le budget total 16 % 14 % 14 % 15 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
60
Charges de gestion
Libellé des budgets Nomenclature comptable
Charges de gestion par budget
2021 2022 2023 2024
Part des
charges en
2024
CA CAMBRAI 2017
M14 puis M57
à compter du
1er janvier 2024
15 919 174 17 790 015 19 717 767 20 319 942 53 %
Gestion des déchets
ménagers
M14 puis M57
à compter du
1er janvier 2024
10 135 574 12 600 569 11 800 579 11 633 222 30 %
Intervention économique 28 070 49 198 9 138 33 523 0 %
PA du Lapin Noir 0 199 0 0 0 %
Pôle multigare 0 0 0 0 0 %
Iwuy Ouest 0 0 0 0 0 %
Gemapi (à compter de
l'exercice 2024) M57 109 999 0 % Budgets annexes des services publics à
caractère administratif (SPA) 10 163 644 12 649 966 11 809 718 11 776 744 31 %
Transports urbains M43 5 872 821 5 096 669 4 950 013 5 500 874 14 %
Cafétéria Laboratoire
Culturel
M14 puis M4 à
compter du
1er janvier 2024
2 218 4 405 4 971 6 446 0 %
Assainissement M49 40 387 14 258 38 536 0 %
Distribution d'eau potable M49 45 468 5 778 0 0 0 %
Régie du golf du
Cambrésis (à compter de
l'exercice 2022)
M4 285 828 396 990 531 674 1 %
Budgets annexes des services publics
industriels et commerciaux (SPIC) 5 920 507 5 433 066 5 366 232 6 077 530 16 %
Total des budgets annexes 16 084 151 18 083 032 17 175 949 17 854 273
Total des budgets (budget principal +
budgets annexes) 32 003 325 35 873 047 36 893 716 38 174 216 Part des budgets annexes dans le budget
total 50 % 50 % 47 % 47 % Part des budgets SPIC dans le budget
total 18 % 15 % 15 % 16 %
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
61
Annexe n° 13. Budget annexe « Golf du Cambrésis »
Indicateurs 2022 2023 2024
Ressources d'exploitation = produit total 159 085 128 264 243 780
Consommations intermédiaires 213 551 313 407 427 113
Valeur ajoutée - 54 466 - 185 143 - 183 333
Charges de personnel 72 221 79 077 98 735
Subvention d'exploitation versées par le budget principal 185 000 292 262 347 929
Excédent brut d'exploitation = CAF brute 58 257 23 535 60 538
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
62
Annexe n° 14. Évolution de la situation financière de 2021 à 2024
Les performances financières annuelles
En M€ 2021 2022 2023 2024 Variation simple Variation absolue
Ressources fiscales propres (nettes des restitutions) 24,5 25,7 27,7 27,5 12,4 % 3,03
+ Fiscalité reversée - 12,7 - 11,7 - 11,7 - 11,7 - 8,2 % 1,04
= Fiscalité totale (nette) 11,8 14,0 16,0 15,8 34,6 % 4,07
+ Ressources d'exploitation (dont produits exceptionnels
réels*) 1,3 1,4 2,5 2,0 59,9 % 0,75
+ Ressources institutionnelles (dotations et participations) 9,8 10,2 10,4 11,1 13,2 % 1,30
= Produits de gestion (A) 22,8 25,6 28,9 29,0 26,8 % 6,12
Charges à caractère général 3,3 3,8 4,3 4,9 48,9 % 1,62
+ Charges de personnel 4,6 5,1 5,5 6,0 30,0 % 1,39
+ Subventions de fonctionnement (dont subventions
exceptionnelles*) 3,1 4,4 5,2 4,6 48,8 % 1,50 + Autres charges de gestion (dont charges exceptionnelles
réelles*) 4,9 4,5 4,8 4,8 - 2,1 % -0,10
= Charges de gestion (B) 15,9 17,8 19,7 20,3 27,6 % 4,40
Excédent brut de fonctionnement (A-B) 6,9 7,8 9,2 8,6 24,9 % 1,72
En % des produits de gestion 0,0 0,0 0,0 0,0
+/- Résultat financier - 0,6 - 0,6 - 0,7 - 0,6 0,2 % 0,00
dont fonds de soutien - sortie des emprunts à risques 0,00
+/- Solde des opérations d'aménagements de terrains (ou +/-
values de cession de stocks) 0,00
+/- Titres et mandats annulés sur exercices antérieurs - 0,1 0,9 0,003 0,0 - 100,0 % 0,08
= CAF brute 6,2 8,1 8,5 8,0 28,8 % 1,80
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CAMBRAI
63
Le financement des investissements et les équilibres bilanciels
En M€ 2021 2022 2023 2024 Cumul
2021-2024 = CAF brute 6,2 8,1 8,5 8,0
- Annuité en capital de la dette 3,1 2,9 3,8 3,2 13,0
= CAF nette ou disponible (C) 3,2 5,2 4,7 4,8 17,9
Taxe d'aménagement 0,3 0,3
+ Fonds de compensation de la TVA (FCTVA) 0,3 0,5 0,8 0,4 2,0
+ Subventions d'investissement reçues hors attributions de
compensation 0,2 1,2 0,8 1,4 3,6
+ Produits de cession 0,0 1,3 0,2 1,4
= Recettes d'inv. hors emprunt (D) 0,4 3,3 1,8 1,8 7,3
= Financement propre disponible (C+D) 3,6 8,5 6,5 6,6 25,2
- Dépenses d'équipement (y compris travaux en régie) 2,7 4,2 4,6 3,5 15,0
- Subventions d'équipement (y compris subventions en nature)
hors attributions de compensation 0,8 1,8 1,9 2,8 7,2 +/- Dons, subventions et prises de participation en nature, reçus
ou donnés 0,1 - 0,1 - 0,1 - 0,1
- Participations et inv. financiers nets 0,4 2,1 1,0 - 0,2 3,3
+/- Variation autres dettes et cautionnements 0,003 0,003
= Besoin (-) ou capacité (+) de financement - 0,2 0,4 - 0,8 0,6 - 0,1
Nouveaux emprunts de l'année (y compris pénalités de
réaménagement) 3,0 3,0 0,04 Mobilisation (-) ou reconstitution (+) du fonds de roulement net
global - 0,2 3,4 2,2 0,6
Fonds de roulement net global 12 15 17 18
- Besoin en fonds de roulement global - 14 - 17 - 19 - 18
=Trésorerie nette 26 32 36 36
Encours de dette du budget principal au 31/12 22 23 22 19
Capacité de désendettement BP en année
(dette/CAF brute du BP) 3,6 2,8 2,6 2,3
Source : chambre régionale des comptes, à partir des comptes de gestion.RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
64
Annexe n° 15. Programmation pluriannuelle d’investissements 2025-2027
En M€ 2025 2026 2027 Total cumulé
Axe 1 : pour une communauté qui investit dans
l'avenir 0,6 1,8 0,3 2,6 Axe 2 : pour une communauté encore plus
créatrice d'emplois 2,9 2,1 2,1 7,0 Axe 3 : pour une communauté encore plus belle
et attrayante 7,1 10,6 9,0 26,8 Axe 4 : pour une communauté plus solidaire
avec ses habitants et ses communes 3,4 3,4 3,4 10,1 Axe 5 : pour une communauté plus proche et
plus sûre 0,6 0,3 0,2 1,1
Moyens généraux et projets transversaux 0,3 0,2 0,2 0,7
Total 14,8 18,3 15,1 48,3
Source : chambre régionale des comptes, à partir des données de la communauté d’agglomération de Cambrai.RÉPONSE AU RAPPORT
D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES
COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION
DE CAMBRAI
(Nord)
Exercices 2019 et suivants
1 réponse reçue :
- M. Nicolas SIEGLER, ancien président de la communauté d’agglomération de Cambrai.
Article L. 243-5 du code des juridictions financières :
« Les destinataires du rapport d’observations disposent d’un délai d’un mois pour adresser au greffe de la chambre régionale des comptes une réponse écrite. Dès lors qu’elles ont été adressées dans le délai précité, ces réponses sont jointes au rapport. Elles engagent la seule responsabilité de leurs auteurs ».Chambre régionale des comptes Hauts-de-France
14, rue du Marché au Filé – 62012 Arras cedex
Adresse mél. : hautsdefrance@ccomptes.fr
https://www.ccomptes.fr/fr/crc-hauts-de-france